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Sport et mondialisation

Daniel Dufourt
Professeur honoraire de Sciences Economiques
SCIENCES PO-LYON

Programme égalité des chances


Séance du 16 mai 2012
PLAN
Nota Bene : envoi du Powerpoint à la demande.
M’écrire à l’adresse: daniel.dufourt@sciencespo-lyon.fr

 Introduction : De la mondialisation du sport au sport dans la


mondialisation
La mondialisation du sport: Aperçus empiriques de la genèse d’actives sportives mondialisées
1) Aperçus centrés sur les territoires
2) Aperçus centrés sur les média et le droit à l’image
Ière Partie: La mondialisation du sport
A – la mondialisation du sport à travers l’Olympisme: le mouvement olympique agent et bénéficiaire de la
mondialisation du sport
B- La mondialisation économique du sport: le sport professionnel pris en otage par les enjeux
économiques
C- Effets de la mondialisation des activités annexes liées aux pratiques sportives: corruption et criminalité
financière
II ème Partie: Les pratiques sportives, comme correctifs aux dérives de la
mondialisation
A- Sport et intégration: le partage de valeurs communes au service d’activités économiques et sociales
variées
B- Sport, culture et solidarité : le renforcement de la cohésion sociale
C- Sport et relations internationales: le sport comme bien public, auxiliaire d’un développement durable et
vecteur de pacification des conflits
Conclusion : L’asservissement du sport professionnel aux aux impératifs de la
marchandisation, source d’inquiétudes majeures.
Introduction
 De la mondialisation du sport au sport dans la mondialisation
Si l’on s’interroge sur ce que peut représenter la mondialisation des activités
sportives, on s’intéressera nécessairement aux effets d’un processus, à savoir
l’internationalisation des économies sous l’effet de la mobilité des facteurs de
production, sur les pratiques sportives. Mais cette conception valable pour le
sport moderne, oublie en grande partie l’olympisme. Néanmoins la restriction
de l’examen au sport au sens moderne permet de dresser un bilan empirique
éloquent de la mondialisation des activités sportives. (Cf. Ière Partie)
Si, en revanche on s’interroge sur la situation du sport, c’est-à-dire d’une pratique
sociale caractérisée par des valeurs, des règles, des institutions, dans la
mondialisation contemporaine, on découvre alors que les valeurs du
mouvement sportif, les principes à l’origine de son autonomie, le caractère
universel et massif du sport amateur constituent autant de leviers pour les
sportifs en général et les citoyens en particulier, pour les gouvernements et
pour les institutions internationales en vue d’une action destinée à corriger les
travers de la mondialisation (cf. IIème Partie)
Introduction
1 – La mondialisation du sport, aperçus empiriques: aperçus
centrés sur les territoires
 Les foyers sportifs à la fin du XXème siècle
 Source: J-P Augustin Les variations territoriales de la mondialisation du sport, Mappemonde, 1996, n° 4, p.17.

Si certains sports sont très tôt mondiaux comme le football, d’autres se propagent vers des régions où ils n’étaient pas
présents, où l’économie du sport trouve de nouveaux marchés. C’est le cas du baseball au Japon et en Corée, du
cricket en Inde, du soccer aux États-Unis, etc
 Aperçus centrés sur les territoires: la part prépondérante des joueurs extra-européens dans les joueurs
étrangers en Europe
 Source: Raffaele Poli « Migrations de footballeurs et mondialisation: du système monde aux réseaux
sociaux » M@ppemonde, 2007, vol. 88, n°4, p. 4.
 D’après l’étude Légisport « Sport et Nationalités » (9ème édition, Décembre 2011) qui vient d’être
réalisée par Maîtres Serge et Michel Pautot, avocats au barreau de Marseille, en France la part de
joueurs étrangers évoluant dans les championnats nationaux oscille entre 27,80 % et 60,31%* des
effectifs globaux, pour la saison 2011-2012:
Introduction
2) La mondialisation du sport, aperçus empiriques: aperçus centrés sur les
médias et le droit à l’image
 Certains Championnats français connaissent une augmentation du pourcentage des joueurs étrangers :
- Top 14 Rugby : 19.54% (2003-2004) contre 43.18% (2011-2012)
- D1 Handball Hommes : 26% (chiffre LNH 2010-2011) contre 30.31% (2011-2012)
- Ligue A Volleyball Femmes : 47.73% (2003-2004) contre 52.11% (2011-2012)
- Ligue A Volleyball Hommes : 34.29% (2003-2004) contre 37.43% (2011-2012)
- Ligue 1 Football : 32.11% (2002-2003) contre 32.81% (2011-2012)
- Ligue féminine de Handball : 22.50% (2006-2007) contre 27.80% (2011-2012)
 2) Aperçus centrés sur les médias et le droit à l’image
La mondialisation économique du sport passe d’abord par le développement de la diffusion
télévisuelle. Le nombre des spectacles sportifs mondiaux passe de 20 en 1912 à 315 en
1977 et 1 000 en 2005. Les grands prix de Formule 1 en 2000 atteignent une audience
cumulée de 53,3 milliards de téléspectateurs, la Coupe du Monde de football en 2002 de
30 milliards. La mondialisation se polarise ainsi sur certains sports. Cependant, la
croissance de l’audience (la demande) est moins rapide que celle des temps d’antenne
consacrés au sport (l’offre) à la télévision.
 La médiatisation du sport ne date pas d’aujourd’hui. Pour créer l’évènement il faut
d’abord l’annoncer: ainsi pendant le millénaire au cours duquel les J.O. antiques prirent
place de 776 avant JC à 393 de notre ère, des hérauts – les spondophores- vont annoncer
dans toutes les cités grecques la tenue des jeux. Après l’avoir annoncé il faut le célébrer:
« Le sport est une histoire qui se donne en spectacle à ses initiés et chaque compétition est
inédite. Pendant son déroulement elle suscite la passion de l’amateur et le lendemain
elle excite la curiosité du lecteur. A cette époque (fin du XIXème siècle) ce sont le plus
souvent les mêmes. Mais ces premiers journalistes chantres du sport moderne ne font
pas qu’honorer les exploits comme leurs ancêtres de l’antiquité, ils les organisent eux-
mêmes ou avec leur groupe de presse.
C’est la première innovation de cette presse qui se bâtit. Au XXe siècle, les pionniers se
nomment Henri Desgranges ou Victor Goddet, pères fondateurs du Tour de France
cycliste. Jules Rimet a lancé ensuite l’idée de la Coupe du monde de football et en 1956
Gabriel Hanot proposera de dynamiser les ventes de l’Equipe en milieu de semaine avec
une Coupe d’Europe de football, innovation qui sera prolongée deux ans plus tard par
des épreuves similaires en basket-ball, volley-ball et handball… » Extrait , ainsi que celui
de la page suivante, de la publication du Comité National Olympique et Sportif Français intitulée,
« La raison du plus sport. De la contribution du mouvement sportif à de la société française ».
Septembre 2006 pp.111-112
 « Dès ses débuts le sport emporte les journalistes : dans sa roue d’abord, les
succès du sport cycliste sont une vague déferlante qui prend une dimension
sociale. Le vélo est présenté comme un véritable outil d’émancipation. La
bataille fait rage pour gagner le public sportif, mais il n’y a pas que le vélo
pour faire tourner la tête à la presse.
 Frantz Reichel, jeune journaliste revenu des JO d’Athènes de 1896, a été
impressionné par le marathon, épreuve sportive sans précédent. Reichel le dit
à Giffard, son patron, qui crée dans la foulée le premier marathon de Paris :
Paris - Conflans Sainte Honorine. Le Figaro, L’Aurore et L’Humanité font de
même avec leur propre cross. La presse a tout compris : elle est le seul secteur
d’activité qui peut créer son propre événement sportif afin de pouvoir le
raconter. Ainsi la boucle est bouclée. Les mêmes causes produisent les mêmes
effets. L’engouement pour le sport dépasse les frontières et Frantz Reichel
après avoir inventé en 1921 le syndicat de la presse sportive et touristique
crée en 1924 l’Association internationale de la presse sportive (AIPS qui
compte 180 associations à ce jour).
 La radio ajoute le direct qui fait voyager le public au-delà des océans avant
que la télévision ne forme avec le sport, ou du moins avec certaines
disciplines, un couple fusionnel. »
Ière Partie: La mondialisation du sport

 INTRODUCTION : L’héritage des jeux antiques (Source Moses I. Finley, 1000


ans de jeux olympiques, Perrin, 2004)
 Pendant mille ans les cités grecques ont su sans interruption organiser les jeux olympiques et leur
donné une diffusion internationale remarquable compte tenu des voies de communication, des
difficultés pour organiser et accueillir de vaste mouvements de population.
Les cérémonies religieuses occupaient une bonne partie des 5 jours que duraient normalement ces jeux à
partir du Vème siècle avant J.C., époque à laquelle ils avaient acquis leur configuration définitive.
Olympie où se déroulent les jeux resta toute son histoire un lieu sacré. Pendant toute la durée des
jeux une trêve devait être respectée: En 420 avant J.C., Sparte se vit exclure pour l’avoir enfreinte.
Les jeux étaient, en dépit de l’intérêt de certains empereurs romains, panhélléniques plutôt
qu’internationaux au sens ou y participent les descendants des cités grecques: enfants légitimes de
sexe masculin, citoyens grecs libres.
Après s’être installés en Sicile, sur la côte méditerranéenne jusqu’à Marseille, en Afrique du nord (Lybie)
et sur les côte de la mer noire les émigrés grecs s’établirent après Alexandre le Grand en Egypte
Syrie et babylonie. Dans toutes ces zones ils fondèrent des communautés grecques indépendantes.
Au IIIème siècle après JC un champion olympique s’identifiait encore à sa cité (et réciproquement)
comme ses prédecesseurs, mille ans auparavant. En 393, l’empereur chrétien Théodose mit fin aux
jeux.
Dans la religion polythéiste des grecs, il n’y avait aucune incohérence à ce qu’activités de culte et sport
pratiqué avec un esprit de compétition très développé, coexistent au sein d’une même fête religieuse.
Seule la victoire apporte la gloire et la récompense est une couronne fabriqué avec les branches d’un
olivier sacré.
Les équipements représentaient des dépenses considérables qui incombaient aux cités et au riches
donateurs: ainsi les athlètes devaient rejoindre Olympie un mois avant l’ouverture des jeux. D’où un
problème de logement. Par ailleurs s’agissant d’une fête religieuse il fallut construire des sanctuaires,
des temples. Sur le plan sportif il fallait disposer d’un stade, d’un gymnase et d’un hippodrome. Rien
d’autre n’était prévu pour les athlètes. Quant aux spectateurs ils devaient dormir à la belle étoile,
s’approvisionner auprès de marchands ambulants. Et pourtant les spectateurs affluaient par dizaine de
milliers vers le plus grand rassemblement récurrent du monde grec: spectateurs, vendeurs de boissons
et de nourriture, représentants officiels des nombreuses cités grecques, parieurs, maquereaux
accompagnés de ribambelles de filles (qui exerçaient leur activité à l’extérieur de l’enceinte sacrée,
puisque celle-ci était interdite aux femmes) chanteurs, danseurs, orateurs etc..
Le stade pouvait accueillir quarante mille personnes. Olympie devint une destination touristique pour les
Romains. Les citoyens de la cité- Etat Elis qui avait la responsabilité des jeux était considérée
comme « peuple sacré » puisqu’il lui revenait d’organiser les nombreuses manifestations religieuses
essentielles du point de vue de la notoriété des jeux et du respect des règlements édictés pour
encadrer leur déroulement.
 Il n’y avait pas de discrimination sociale, alors qu’un nombre croissant de compétiteurs d’origine
modeste se présentaient. Tous les concurrents disposaient officiellement des mêmes droits, devaient
se plier aux mêmes règles et pouvaient prétendre à la même récompense en cas de victoire; seul leur
talent et leur force entraient en ligne de compte. Dans un monde profondément inégalitaire, c’était là
une exception remarquable.
 Au début, les athlètes n’étaient pas des professionnels. Ils étaient issus pour la plupart de familles
riches, mais provenaient aussi de couches sociales plus modestes. Avec le temps, la situation se
modifia et les athlètes devinrent en majorité des professionnels. Après la conquête de la Grèce par
Rome, en 146 avant J.-C., des Romains pouvaient se joindre aux athlètes grecs. Plus tard, la
participation s’est également étendue aux athlètes d’origine étrangère, suite à la concession de la
citoyenneté romaine à tous les habitants des provinces lors de la 248ème Olympiade (213 après. J.-
C.).
Ière Partie: La mondialisation du sport
A – Le mouvement olympique agent et bénéficiaire
de la mondialisation du sport
 En se transformant dans la deuxième moitié du XXème siècle en sports, les jeux
physiques vont changer de nature, vont changer de logique interne: alors que dans les
jeux antiques, seule la victoire compte, apparaît désormais le culte de la performance,
des records.
 « La démocratie libérale, berceau du sport moderne, ne se présente cependant pas
comme un régime lisse et cohérent ; elle est pénétrée d’intentions contradictoires qui
s’entrechoquent en permanence dans les pays qui la mettent en application. Et sans
doute faudra-t-il alors s’attendre à retrouver ces contradictions dans le phénomène
sportif lui-même, pour autant que toute motricité est bien une ethnomotricité.
 La perspective libérale favorise la franche compétition, la libre circulation des
personnes, la soumission aux lois de la concurrence et du marché, l’apparition d’une
élite performante. L’option démocratique prône l’égalité des chances et la similitude
des conditions ; elle met en avant le contrat social, elle se préoccupe davantage des
faibles que des triomphateurs, elle tempère la brutalité des compétitions en
amoindrissant les disparités interindividuelles, elle impose les arbitrages de l’Etat.
D’un côté une sorte de "darwinisme sportif", de l’autre une régulation centralisatrice.
 La démocratie libérale est une démarche délicate, en quête de son équilibre sur une
ligne de crête qui menace en permanence de provoquer la chute vers l’un des deux
versants opposés, l’un valorisant la liberté et les pouvoirs de l’individu, l’autre les
contraintes et le contrôle de la société. » Pierre Parlebas « Du jeu traditionnel au sport :
l’irrésistible mondialisation du jeu sportif » Vers l’Education Nouvelle n°496, septembre 2000
 Le mouvement olympique reflète très exactement la recherche de cet équilibre sur une
marche de crête: en veillant sur les valeurs du sport dont il se revendique, il trouve les
fondements de son autonomie, mais son exceptionnelle réussite (204 Etats et territoires
participent aux JO de 2008 (Pékin) alors que l’ONU a 193 membres en 2011) lui impose
d’établir la pérennité du mouvement en s’appuyant sur des formes diverses de
partenariats avec les Etats, garants de biens communs qui ne sont pas de son ressort a
priori (ordre public, diversité culturelle, respect des minorités, sauvegarde du sport
amateur)
 La pérennité du mouvement olympique repose sur les fédérations internationales. Le
lieu d’implantation de leurs sièges reflète une double prépondérance: des sports
d’équipes européens à la diffusion internationale, et de ce fait celles des pays du Nord
sur les pays en développement liées aux disparités en termes de richesse, d’équipements
et de possibilité de valorisation des évènements sportifs. Le cas de la Suisse est à cet
égard significatif.
 Le mardi 20 octobre 2009, l'Assemblée Générale des Nations Unies a accordé au Comité
International Olympique (CIO) le statut d'observateur auprès de l'Organisation des Nations Unies, en
reconnaissance des efforts remarquables du CIO, qui travaille à contribuer à la réalisation des
objectifs de développement du Millénaire. L'Assemblée Générale a reconnu le rôle que le sport peut
jouer pour contribuer à un monde meilleur et plus pacifique grâce au partenariat entre le CIO et
l'Organisation des Nations Unies dans l'assistance humanitaire, la consolidation de la paix,
l'éducation, l'égalité des sexes, l'environnement et la lutte contre le VIH/SIDA dans le monde. Avec
ce nouveau statut d'observateur, le CIO sera en mesure de participer officiellement à toutes les
réunions de l'Assemblée Générale des Nations Unies où il peut prendre la parole, promouvoir le sport
à un niveau plus élevé, ce qui renforce encore le partenariat entre le CIO et le système des Nations
Unies.
 Le siège du Comité International Olympique se trouve à Lausanne depuis 1915. La ville n’a jamais
accueilli les Jeux, mais le Baron de Coubertin choisit la cité vaudoise pour sa tranquillité, alors que la
Première Guerre mondiale faisait rage.
 La présence du CIO à Lausanne produit un effet boule de neige. De nombreuses fédérations sportives
ont installé leur siège dans la capitale vaudoise ou plus largement en Suisse. La ville abrite également
le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui joue dans l’univers olympique le même rôle que la Cour de
La Haye dans le concert des nations, le Conseil international de l’arbitrage en matière de sport
(CIAS) et également l’Association des fédérations internationales olympiques d’été.
 25 fédérations sportives internationales ont établi leur siège et secrétariat administratif dans le canton
de Vaud, profitant ainsi de la proximité géographique des institutions olympiques et des possibilités
très faciles de contact avec leurs responsables. C’est la région du monde qui compte le plus de sièges
d’organisations et de fédérations sportives internationales. La Ville de Lausanne et le Canton de
Vaud mènent depuis plusieurs années une politique publique d’accueil des fédérations et
organisations sportives internationales.
 « Une telle concentration d’acteurs majeurs du sport mondial dans notre région génère un impact
économique, touristique et d’image considérables. Une récente étude évalue les retombées
économiques de la présence du CIO, ainsi que des fédérations et organisations sportives
internationales sur sol vaudois à plus de 200 millions de francs par an. »
 La neutralité de la Suisse, sa stabilité politique et sa position centrale au sein de l’Europe en font un
choix logique pour les fédérations et organisations sportives qui cherchent à installer leur siège. Sans
oublier l’argument économique qui est décisif pour attirer les fédérations sportives en Suisse.
Ière Partie
B- La mondialisation économique du sport: le sport
professionnel pris en otage par les enjeux économiques
 Le marché mondial de tous les biens et services sportifs se chiffre à environ
600 milliards d’euros (en 2006) estime Wladimir Andreff, dont 250 milliards
pour le football, 150 milliards pour les articles de sport et 60 milliards pour
les droits de retransmission télévisée d’événements sportifs. En France, le
poids de l’économie du sport en 2005 est évalué à 30,4 milliards d’euros, soit
1,77 % du PIB, et dans la plupart des pays développés il s’établit entre 1,5 %
et 2 % du PIB. Le coût d’investissement des Jeux olympiques de Pékin est
d’environ 36 milliards d’euros, celui de la Coupe du Monde de football 2006
de 6 milliards d’euros.
 Les retombées économiques des grands événements sportifs mondiaux (Jeux
olympiques, Coupe du Monde) sont souvent surestimées, en raison de doubles
comptages, d’effets de substitution (les spectateurs de la Coupe du monde
auraient occupé différemment leurs loisirs), d’effets d’éviction
(l’investissement dans des stades s’est fait au détriment d’autres projets) mais
aussi en raison des intérêts de la ville ou du pays d’accueil qui peuvent
orienter les résultats des études qu’ils commanditent.
 Les Dossiers de la Mondialisation - 1 - n° 11 – août 2008
 www.rdv-mondialisation.fr
 « S’agissant du commerce international des articles de sport. Les plus grandes zones exportatrices
sont l’Asie puis l’Union européenne ; les régions importatrices sont l’Union européenne puis
l’ALENA. L’Asie est exportatrice nette, à l’inverse de l’UE. Les avantages comparatifs sont
différents selon le niveau de développement des pays. Les pays développés se spécialisent dans les
articles de sport dont la pratique exige des instruments techniques (ski, voile, surf, etc.). Les pays
émergents ont des avantages comparatifs dans des produits banalisés, ou qui peuvent servir à la
pratique de plus d’un sport (vêtements, chaussures, raquettes, ballons, etc.).
 La mondialisation affecte aussi la géographie de la production des articles de sport, qui est
délocalisée massivement dans des pays en développement qui les exportent ensuite vers les pays
développés. Cette délocalisation se fait soit par des investissements directs dans des pays à bas
salaires, c’est le modèle « Adidas », soit par des liens de sous-traitance avec les entreprises de ces
pays, c’est le modèle « Nike ».
 Wladimir Andreff examine la mondialisation du sport professionnel à partir de deux modèles : celui
de ligue fermée, à l’américaine, qui se mondialise peu, et celui de ligue ouverte, telle la ligue
européenne, qui est très propice à la mondialisation du sport professionnel.
 Une ligue fermée est un cartel de clubs qui a un pouvoir de monopole sur les produits qu’il vend. Les
revenus et les profits sont redistribués à ses membres.
 Un tel cartel maintient des barrières à l’entrée (le nombre de clubs est constant) et échappe à la loi
antitrust aux États-Unis (Sport Broadcasting Act, 1961).
 Ces clubs détiennent un pouvoir certain sur le marché des sportifs : plafonnement salarial,
classement des joueurs et des clubs, réglementation des mouvements de joueurs, etc. Ainsi, le club
classé dernier à la fin d’une saison a priorité pour acheter le meilleur nouveau joueur, ce qui tend à
rééquilibrer les forces. »
 « La ligue ouverte est fondée sur la promotion et la relégation. Si, en ligue
fermée, le but est la maximisation du profit, un club ouvert (européen) doit
maximiser le nombre de ses victoires sportives, sous contrainte budgétaire.
Les ligues ouvertes sont soumises au droit européen de la concurrence, les
clubs ne peuvent donc pas s’organiser en cartel ni réglementer les achats de
sportifs.
 Dans ce cadre, les clubs de haut niveau se transforment en firmes
multinationales, tel Manchester United : les spectateurs sont internationaux,
tout comme les joueurs et les entraîneurs ; les produits dérivés se vendent
partout dans le monde ; le financement est totalement international ; la
propriété des clubs est étrangère. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes
de gouvernance ».
 Les Dossiers de la Mondialisation - 1 - n° 11 – août 2008
 www.rdv-mondialisation.fr
Ière Partie
C- Effets de la mondialisation des activités annexes liées aux pratiques
sportives: corruption et criminalité financière
 Fraude, corruption et blanchiment constituent les principales dérives de la
mondialisation du sport passibles de sanctions pénales. La fraude consiste à détourner de
l’argent légal pour se l’approprier ; le blanchiment est un flux d’argent illégal qu’on fait
entrer dans une structure légale (Pablo Escobar, célèbre baron de la drogue du cartel de
Medellin, possédait plusieurs clubs de football et de basket-ball, ainsi que les meilleurs
chevaux de course de l’époque) ; enfin, la corruption implique le paiement de joueurs ou
d’arbitres pour s’assurer de l’issue d’un match et faciliter ainsi le blanchiment.
 L’exemple type est celui de la surfacturation. Le criminel détenteur d’un club achète un
joueur brésilien à un prix bien supérieur à celui du marché et la différence lui revient
ensuite, moyennant commission au club brésilien. Il peut aussi facturer un joueur
beaucoup plus cher que le prix de vente réel ce qui lui permet de blanchir d’autres
revenus.
 La prévention de la corruption s’intéresse avant tout aux pays en développement et aux
petits clubs, comme récemment en Serbie, où se mêlent drogue et contrefaçons. L’achat
de clubs permet de bénéficier de tout le réseau de soutien du club, qui assure la revente
de drogue et d’armes essentiellement. De plus, les sommes sont moins importantes mais
les gains sont plus assurés.
La réalité des dérives et les formes de prévention efficaces

 L'éthique du sport et les droits des sportifs renforcés


 Paris, le 19 janvier 2012
 Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) se félicite de l’adoption par les députés, la
nuit dernière, de la proposition de loi visant à renforcer l'éthique du sport et les droits des sportifs,
déposée au Sénat à l’origine par M. Yvon Collin, appartenant au groupe « Rassemblement
démocratique et social européen », et votée à l’unanimité par la Chambre haute en 1ère lecture le 30
mai 2011.
 Ce texte contient plusieurs dispositions attendues par le mouvement sportif depuis de nombreuses
années. Même s’il est dommage que plusieurs amendements déposés améliorant le texte n’aient pu
être votés favorablement du fait du calendrier parlementaire contraint en cette fin de législature, il
n’en demeure pas moins qu’il constitue une importante avancée.
 Comme le précise l’exposé des motifs de la proposition de loi, ce texte prévoit, notamment, que «les
fédérations édictent des règles et conditionnent la participation aux compétitions qu'elles organisent
au respect de comportements vertueux et de l'équité », dans le droit fil des travaux menés par le
CNOSF.
 La disposition permettant de lutter contre la revente illicite de billets rend aux fédérations et
organisateurs de compétitions la maîtrise de leur politique tarifaire, au bénéfice de l’accès au sport
pour tous.
 La création d’un délit de manipulation de compétition sportive permettra de lutter plus efficacement
contre la corruption.
L’élargissement des aménagements de scolarité dont bénéficiaient les sportifs de haut niveau et
espoirs aux sportifs présents dans les centres de formation permettra ainsi à l’ensemble des jeunes
sportifs de concilier les impératifs liés à leur entraînement avec les exigences éducatives qui
faciliteront leur insertion professionnelle ou leur reconversion.
 Enfin, la modification des pouvoirs de l'Agence française de lutte contre le dopage, notamment dans
les domaines de la prévention et de la recherche contre le dopage, constitue assurément une avancée
dans la lutte contre le dopage.
IIème Partie: Les pratiques sportives, comme correctifs
aux dérives de la mondialisation

 Les valeurs du mouvement sportif: La Charte olympique.


 A) rappel historique
 « La décision de rétablissement est prise à l’unanimité et les premiers Jeux Olympiques de l’ère
moderne auront bien lieu à Athènes, le 25 mars 1896, coïncidant avec la fête nationale grecque et la
Pâques orthodoxe. Lors de l’ouverture, « on joua l’hymne olympique de Samaras et Palamas qui ne
deviendra officiellement l’hymne des Jeux qu’en 1960. » Cette première Olympiade eut un grand
succès avec la participation de 50 000 spectateurs. Ce succès pousse alors la Grèce, par la bouche
même du roi Georges 1er, à souhaiter que le pays devienne « le rendez-vous pacifique des nations, le
siège stable et permanent des Jeux Olympiques ».
 Cette perspective grecque ne fut pas retenue. Les Jeux Olympiques de 1900 et de 1904 eurent lieu,
respectivement, en France à Paris, et aux Etats-Unis à Saint-Louis. Par contre, il y eut, en 1906, une
Olympiade intermédiaire qui revint de nouveau à Athènes et eut encore un immense succès.
 On peut mieux voir, aujourd’hui, que le surgissement de Jeux Olympiques modernes mondiaux
constituait alors, un incroyable défi éthique au seuil de deux Guerres mondiales aux violences
extrêmes. Des sociétés incompatibles s’opposaient. D’un côté, royaumes et empires – entretenant
une gymnastique à visée militaire – sont fondés sur l’association privilégiée des acteurs du religieux
et du politique. D’un autre côté, les nations marchandes– qui ont réinventé le sport institué – sont
fondées sur l’association privilégiée des acteurs de l’économie et de l’information.
 L’exemple de Pierre de Coubertin représente ainsi, à l’évidence, l’exceptionnel d’un engagement
individuel anticipateur dans l’exceptionnel moment collectif de transition qui va s’avérer si tragique.
Pierre de Coubertin assuma la présidence du CIO jusqu’à la fin des jeux de 1924. Seule la France
refusa de se joindre au concert de louanges. La presse sportive française passa pratiquement les
jeux sous silence, non seulement en 1896, mais aussi au cours de plusieurs olympiades suivantes.
Lorsque Coubertin mourut en 1937 il était ruiné et, comme l’a exprimé un biographe « il devait être
l’un des rares Français non décorés » Jacques Demorgon « Les sports et les Jeux Olympiques dans le devenir
des sociétés. Des Grecs à la mondialisation olympique actuelle ». Synergies Chine, n° 4 – 2009, pp. 173-186
 B – Les principes fondamentaux de l’Olympisme
 1- L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les
qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation,
l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du
bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentauxuniversels.
 2- Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de
l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine.
 3- Le Mouvement olympique est l’action concertée, organisée, universelle et permanente, exercée
sous l’autorité suprême du CIO, de tous les individus et entités inspirés par les valeurs de
l’Olympisme. Elle s’étend aux cinq continents. Elle atteint son point culminant lors du
rassemblement des athlètes du monde au grand festival du sport que sont les Jeux Olympiques. Son
symbole est constitué de cinq anneaux entrelacés.
 4- La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du
sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension
mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play. L’organisation, l’administration et la gestion
du sport doivent être contrôlées par des organisations sportives indépendantes.
 5- Toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des
considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec
l’appartenance au Mouvement olympique.
 6-L’appartenance au Mouvement olympique exige le respect de la Charte olympique et la
reconnaissance par le CIO.
IIème Partie:
A- Sport et intégration: le partage de valeurs communes au
service d’activités économiques et sociales variées
 L’intégration par l’économique:
 La dépense liée aux pratiques sportives qui s’élève en 2003 à 27,4 milliards d’euros (soit 1,73 % du
PIB, hors valorisation du bénévolat), est de 6 à 7 fois supérieure à celle liée au spectacle sportif (sport
professionnel 3,5 milliards d’euros), ce qui tranche avec les idées préconçues sur les poids
économiques respectifs du sport professionnel et des pratiques sportives.
 En englobant toutes les fonctions inhérentes à l’organisation du secteur sportif (administration,
enseignement, encadrement, etc.), on dénombrait 400 000 emplois en 2002, dans les secteurs du sport
ou en relation avec le sport en France. Bien que cela ne représente qu’environ 1,5 % de la population
active, il s’agit d’un secteur en extension que le Ministère de la jeunesse, des sports et de la vie
associative qualifie de « secteur socio-économique à part entière [qui] constitue un véritable vivier
d'emplois » et pour lequel à été mis en place, en 1996, le plan Sport-Emploi. Ce dispositif permet de
financer les formations des jeunes, même si certains restent sceptiques.
 En tant que joueur professionnel, les possibilités d’intégration sont très limitées, voire nulles. C’est
particulièrement vrai sur le cas étudié. Ainsi, même l’ASVEL, dont on pourrait penser qu’il soit une
pépinière de joueurs professionnels, n’exerce cette fonction que de manière marginale, si on la
rapporte à l’ensemble de son activité. « En réalité, aujourd’hui, on sait que ce n’est pas le centre de
formation qui permet de recruter des professionnels. On en sort un tous les cinq ans »(Directeur de
l’ASVEL).
 De nombreux métiers à côté du terrain
 De fait, il existe un mythe – celui du sportif qui a « réussi » – mythe constitué et entretenu par la
médiatisation et la starisation de quelques sportifs. Mais ce parcours est celui de l’exceptionnalité au
moins autant que celui de l’excellence. Le sport de haut niveau est la partie émergée d’un secteur où
les possibilités d’emplois sont beaucoup plus vastes que la carrière sportive elle -même, plus
pérennes aussi car on peut rester entraîneur beaucoup plus longtemps que joueur. Ainsi le directeur
de l’ASVEL estime que la « réussite » peut se manifester à plusieurs niveaux : « Bien sûr que la
réussite est intégratrice ! Mais la réussite à tous les niveaux. Et pas seulement dans l’élite. Ça peut
être comme arbitre, comme encadrant, etc. En contribuant à l’épanouissement de l’individu on
contribue à sa réussite et donc à son intégration. Il y a beaucoup d’autres débouchés,
encadrement,arbitre, etc. » (Directeur de l’ASVEL).
 Autrement dit, on peut réussir à intégrer l’univers professionnel du sport, donc « réussir », sans être
un sportif de haut niveau (on retrouve un processus similaire en art : il est tout à fait possible de vivre
de la musique sans être une vedette). Le parcours de plusieurs de nos interlocuteurs en atteste
clairement : « J’ai commencé à jouer à 12 ans, j’en ai 33 aujourd’hui : j’ai d’abord été joueur, puis
entraîneur, puis arbitre, aujourd’hui, je suis manageur général. Donc j’ai vu pal mal de choses »
(manageur général ASV) / « Je suis aujourd’hui secrétaire générale, mais je joue encore au basket !
J’ai aussi été arbitre et j’ai été la première femme présidente de la commission des arbitres au niveau
national»
 Ludovic Viévard Le sport : outil d’intégration et de mixité ? L’exemple du basket à Villeurbanne
Janvier 2006
L’intégration par le social

 L’intégration par le social


 Ainsi, l’Union Européenne déclarait en 2000 que : « Le sport est une activité humaine qui repose sur
des valeurs sociales éducatives et culturelles essentielles. Il est un facteur d'insertion, de participation
à la vie sociale, de tolérance, d'acceptation des différences et de respect des règles », un objectif qui
doit guider l’organisation du sport.
 Les règles sportives sont indispensables à la pratique du sport, mais ne suffisent pas à produire de
l’intégration si elles ne font pas partie d’un cadre qui leur donne sens.
 Autrement dit, il faut créer du lien social à l’intérieur même de la pratique sportive. Pour que le
processus fonctionne, il faut que la pratique sportive suive un certain nombre de règles — les règles
du jeu — et un cadre « socialisant », le club, qui permette de construire des relations sociales et
notamment la relation jeune/adulte. C’est la raison pour laquelle l’encadrement est considéré comme
un élément essentiel pour la réussite du processus d’intégration
 Du discours des responsables de club, il ressort que « l’intégration » suppose beaucoup plus que la
seule pratique sportive. Il faut accepter de faire activement partie de la vie du club. Un glissement est
perceptible ; à la question de l’intégration par le sport dans la société qui leur a été posée semble se
substituer celle de l’intégration au club, comme s’il s’agissait de deux problématiques identiques. Or
tenir une place dans un groupe social qui vous accueille est une chose, se faire accepter dans une
société qui produit de la ségrégation en est une autre. On a longtemps considéré qu’intégrer c’était
combler « un déficit de socialisation » sans mettre en avant les processus d’exclusion. S’intégrer dans
un club sportif local, où l’on retrouve une partie de la diversité sociale de son quartier, ne suppose
pas que l’on échappe à la ségrégation qui marginalise les jeunes et les freine dans l’accès à l’emploi,
au logement, etc., dans les autres sphères de la société.
IIème Partie:
B - Sport, culture et solidarité

 Selon des enquêtes faites dans l’agglomération lyonnaise « les clubs des quartiers sensibles sont des
lieux d’expression et d’épanouissement privilégiés pour des jeunes issus de l’immigration et
principalement pour les jeunes filles. Aux côtés des enseignants et des animateurs les clubs savent
aussi s’ouvrir à d’autres missions pour accompagner les jeunes. Nombreux sont ceux qui en plus des
activités sportives pratiquent le soutien scolaire, renforçant ainsi le lien entre le club et l’école.
 Ils sont inséparables comme des frères. Mamadou Niakaté, 24 ans, et Karim Mariko, 26 ans, ont
grandi dans l’une des plus anciennes cités HLM de France, celle de l’Abreuvoir, à Bobigny. En 2004,
les deux amis décident de fonder « Oxmoz », une association dédiée à la solidarité internationale (2)
mais aussi au sport, à la culture et à la citoyenneté. « Oxmoz vient d’osmose et signifie bien l’esprit
qui nous anime. Nous voulons rassembler les jeunes, leur donner certaines valeurs pour qu’ils ne
restent pas enterrés dans leur cité et sortent de la peau d’éternelle victime. Notre but est de faire
participer le plus grand nombre et d’éveiller les consciences à travers des projets sportifs, éducatifs,
humanitaires et culturels », affirment les cofondateurs de l’association. Oxmoz compte aujourd’hui
une centaine d’adhérents, de l’Abreuvoir et d’ailleurs, âgés entre 15 et 30 ans. Ses actions touchent
des centaines d’enfants et de jeunes de la Seine Saint Denis. En trois ans d’existence, l’association
s’est rapidement professionnalisée et n’est pas peu fière de compter aujourd’hui comme un acteur
local à part entière.
 La solidarité, Oxmoz choisit de l’appliquer en premier lieu dans son environnement, en
utilisant un vecteur attractif : le football. Depuis l’enfance, Karim et Mamadou le
pratiquent avec passion. Aujourd’hui, le premier entraîne les juniors du club de foot de
Bobigny tandis que le second est responsable du sponsoring au sein du même club. Les
premières actions de l’association sont donc logiquement footballistiques. « Nous nous
sommes beaucoup investis dans l’encadrement des stages « Animateurs Football de
Quartier » (AFQ) (3), raconte Mamadou. Ces stages sont importants. Ils redonnent
espoir à des jeunes qui ne connaissent que la galère. En se formant à l’animation
sportive, ils retrouvent confiance en eux, entrevoient un avenir possible. Le fait que nous
soyons issus des mêmes quartiers nous donne un avantage par rapport aux autres
encadreurs. Ils nous écoutent plus facilement. »
 Dans le même esprit, Oxmoz organise l’an dernier un Tournoi de l’amitié de football en
salle entre huit équipes de la Seine Saint Denis. Aimé Jacquet, l’ex-sélectionneur
national des champions du monde en 1998, appuie l’initiative et rend visite aux
participants. Grand moment d’émotion et de fierté… Quelques mois plus tard, on
retrouve Oxmoz aux côtés des associations Souliers du cœur et Banlieues du Monde
dans le cadre d’un prestigieux tournoi de solidarité à Bercy parrainé par le joueur
international Didier Drogba. But de l’opération ? Une vaste collecte de chaussures de
sport destinées à être envoyées à des clubs de foot en Afrique. De la solidarité locale à
l’entraide internationale…
 Source: Altermondes N°12 - Décembre 2007
IIème partie
C -Sport et relations internationales: le sport comme bien public, auxiliaire
d’un développement durable et vecteur de pacification des conflits
 « Les idéaux olympiques sont également ceux de l’Organisation des Nations Unies :
tolérance, égalité, fair-play et, surtout, paix. Ensemble, les Jeux Olympiques et
l’Organisation des Nations Unies peuvent former une équipe gagnante. Mais la victoire
ne sera pas facile. La guerre, l’intolérance et le dénuement sont loin d’avoir disparu de
la surface de la terre. Nous devons nous battre. Tout comme les athlètes s’efforcent
d’atteindre des records mondiaux, nous devons lutter pour la paix dans le monde. »
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies de 1997 à 2006.
 De par ses caractéristiques, le sport constitue un instrument idéal pour promouvoir le
développement. Il convient en effet à toutes les activités: à l’aide humanitaire axée sur le
court terme ou sur les mesures d’urgence, aussi bien qu’aux projets à long terme de la
coopération au développement, quel que soit le niveau d’intervention (local, régional ou
mondial). Le sport est donc à même de contribuer largement à la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement.
 Le sport offre un cadre d’apprentissage, qui permet à chacun et à chacune d’acquérir de
manière ludique et amusante des compétences sociales fondamentales telles que le
travail en équipe, la reconnaissance de règles contraignantes, le sens de l’organisation, la
gestion du temps libre ou la maîtrise d’émotions fortes (en cas de victoire ou de défaite,
par ex.). Les activités sportives peuvent contribuer à mieux intégrer dans la société
toutes sortes de groupes marginalisés : jeunes ayant quitté l’école, enfants des rues,
enfants-soldats, handicapés, minorités ethniques, migrants, séropositifs, etc.
L’UNESCO et le sport pour la paix et le
développement
 L’UNESCO est l’agence spécialisée des Nations Unies chef de file pour l’éducation physique et le
sport (EPS).
Le programme de l’UNESCO pour l’éducation physique et le sport aborde un certain nombre de thèmes,
notamment :
- La promotion du sport comme vecteur de paix, de réconciliation et de développement.
- L’amélioration de la qualité et de l’accès aux programmes d’éducation physique et sportive.
- La promotion et la préservation des jeux et sports traditionnels et de leur rôle dans le dialogue
interculturel.
- La promotion de l’égalité des genres dans le sport en encourageant la pleine participation des femmes et
l’égal accès aux programmes d’éducation physique et sportive.
- La lutte contre toutes les formes de discrimination, en particulier les comportements ou expressions
racistes à tousles niveaux.
- La mobilisation des gouvernements pour combattre le dopage dans le sport
 Dans le cadre de ses efforts en vue de permettre au sport de jouer pleinement son rôle de facteur de
paix et de développement, l’UNESCO apporte son soutien à plusieurs initiatives :
- Sport pour la paix dans les pays d’Amérique Centrale, initié au Salvador. Ce programme sous-régional a
été élaboré pour promouvoir l’éducation physique et la pratique du sport afin d’en faire un moyen de
prévention contre la violence, la délinquance et la consommation de drogues.
- Sport pour la paix dans les pays membres de la CEDEAO. Ce projet vise à utiliser le sport pour
promouvoir une meilleure cohésion et une coopération dans les régions de l’Afrique de l’Ouest.
- DIAMBARS est un projet promouvant le sport et le social. Il s’agit d’un centre de football pour former
(composante éducative, scolaire et sportive) les enfants au Sénégal. (www.diambars.org)
- VIH/SIDA et le sport. Le programme de l’EPS a initié un projet pilote au Mozambique qui vise à
mobiliser les jeunes par des activités d’éducation physique et sportive, en vue de les sensibiliser aux
problèmes du VIH et du SIDA. L’UNESCO s’engage dans une action de lutte contre le VIH/SIDA
avec le sport. L’objectif de ce projet « jeunesse à la jeunesse » est de sensibiliser les jeunes aux
conséquences dévastatrices du SIDA.
CONCLUSION
L’asservissement du sport professionnel aux aux impératifs
de la marchandisation, source d’inquiétudes majeures.
 Pendant que foot espagnol flambe sur les terrains, ses comptes prennent feu : cinq clubs
dans les derniers carrés de la Ligue des champions et de la Ligue Europa – une première
- mais douze en redressement judiciaire, Liga et Segunda Division confondues, et vingt-
trois lourdement endettés - 3,530 milliards d'euros pour les seuls clubs de Liga, selon
José Maria Gay de Liebana, spécialiste football à l'Université de Barcelone ! Parmi les
clubs sous pression, l'Espanyol Barcelone (148 millions d'euros de dettes financières)
vient de céder à un fonds de pension une partie des "droits sportifs" de quatre joueurs
(Alvaro, Moreno, Amat et Marquez). Un moyen de rentrer rapidement de l'argent frais
au moment où l'étau financier se resserre sur les clubs, sur fond de grogne sociale et
politique.
 En mars, l'ardoise fiscale des clubs pros (752 millions d'euros) a scandalisé l'Espagne,
plombée par la crise de la dette souveraine et qui compte 4,7 millions de chômeurs.
 «Le dû des clubs au fisc représente 0,1% de la dette publique espagnole, c'est dire que
la dette du foot devient significative dans les comptes du pays», relève l'économiste du
sport Bastien Drut. Les clubs se sont engagés auprès du ministère des Sports à
rembourser sur dix ans à partir de la fin de la saison. Une nouvelle loi adoptée en janvier
autorise en outre les instances à reléguer un club en cessation de paiement. La vente de
joueurs par tranches serait-elle une bonne solution pour aider les clubs à assainir leur
bilan ? «Il s'agit au mieux d'une rustine de court terme, cela ne changera rien à la dette
structurelle des clubs, répond Bastien Drut. La seule solution est de renforcer la
régulation via une DNCG espagnole et surtout de mutualiser enfin les droits TV alors
que le Real et le Barça captent aujourd'hui 55% des revenus totaux de la Liga.»

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