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Scriptorium

Bulletin codicologique

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Bulletin codicologique. In: Scriptorium, Tome 61 n°2, 2007. pp. 145-292;

https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_2007_num_61_2_4235

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bulletin codicologique 2007, 2

BULLETIN CODICOLOGIQUE

publié par le Centre International de Codicologie asbl


avec le soutien de la région de Bruxelles-Capitale

Comité de rédaction
Pierre Cockshaw et F. O. Büttner

avec la collaboration de
S. Bernardinello, B. Van den Abeele
et Chr. Van den Bergen-Pantens

Renaud Adam. Bruxelles, Bibliothèque sité (UCL).


royale de Belgique. Hélène Haug. Louvain-la-Neuve.
Ulrike Bauer-Eberhardt. München, Baye- Guido Hendrix. Gent.
rische Staatsbibliothek. L.A.J.R. Houwen. Bochum,
Catherine Bel-Schockaert. Antwerpen, Uni- Ruhr-Universität.
versiteit. Michel Huglo. College Park (MD), USA.
Silvio Bernardinello. Padova, Università. Marco Iuliano. Napoli, Università.
Paul Bertrand. Orléans, Institut de Re- Ria Jansen-Sieben. Fernelmont.
cherche et d'Histoire des Textes. Ursula Köpf. Bamberg, Universität.
Sergio Boffa. Bruxelles, Université (ULB). Erik Kooper. Utrecht, Universiteit.
Régis Boyer. La Varenne Sainte-Hilaire. Wilfried Krings. Bamberg, Universität.
Herman Braet. Antwerpen, Universiteit. Claudine Lemaire. Bruxelles.
Beate Braun-Niehr. Berlin, Staatsbibliothek. Danielle Lippens. Bruxelles.
Anne-Marie Bultot-Verleysen. Louvain- Mgr. Jindrich Marek. Praha, Národní́
la-Neuve, Université (UCL). Knihovna Ceské republiky.
Jean-Marie Cauchies. Bruxelles, Facultés Christian Meyer. Paris, CNRS.
Universitaires Saint-Louis. R.P. Guibert Michiels. Leuven, Abdij
Micheline Chary. Bruxelles. Keizersberg.
Pierre Cornil. Charleroi, Centre interuniver- Bernd Monhaupt. Bamberg, Universität.
sitaire. Ralf G. Päsler. Heidelberg, Universität.
Stéphane Cuypers. Bruxelles. Stanislav Petr. Praha, Archiv Akademie.
José Declerck. Gent, Universiteit (UG). Lucien Reynhout. Bruxelles, Bibliothèque
Albert Derolez. Oostakker. royale de Belgique.
Alexandra Dignef. Louvain-la-Neuve, Uni- Catherine Reynolds. London, National
versité (UCL). Gallery.
Isabelle Draelants. Nancy, CNRS. Philipp W. Roseman. Dallas, University.
Frédéric Duval. Paris, Institut de Nikolaus Ruge. Trier, Universität.
Recherche et d'Histoire des Textes. Christine Sauer. Nürnberg, Stadtbibliothek.
Benoíˆ t Gain. Grenoble, Université. Anne Schoysman. Siena, Università degli
Brigitte Gullath. München, Bayerische Studi.
Staatsbibliothek. Irmgard Siede. Mannheim, Reiss-Engelhorn-
Barbara Haggh. College Park (MD), Univer- Museen.
sity of Maryland. An Smets. Leuven, Universiteit (KUL).
Pierre Hamblenne. Bruxelles. Pavel Spunar. Praha.
Jeffrey Hamburger. Cambridge (Mass.), Claude Sterckx. Bruxelles, Institut des
Harvard University. Hautes Études (ULB).
André Haquin. Louvain-la-Neuve, Univer- François Suard. Lille.

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Sandrine Thieffry. Bruxelles, Bibliothèque Céline Van Hoorebeeck. Bruxelles, Biblio-


royale de Belgique. thèque royale de Belgique.
Claude Thiry. Louvain-la-Neuve, Université Peter Verbist. Leuven, Universiteit (KUL).
(UCL). Michiel Verweij. Bruxelles, Bibliothèque
Martine Thiry-Stassin. Liège, Université. royale de Belgique.
Benoíˆ t-Michel Tock. Strasbourg, Université. Alessandro Vitale Brovarone. Torino,
Alain Touwaide. Washington, Smithsonian Università.
Institution. Lori J. Walters. Tallahassee, FL, Florida
Madeleine Tyssens. Liège, Université. State University.
Baudouin Van den Abeele. Louvain-la- Jeffrey Robert Webb. Cambridge (Mass.),
Neuve, Université (UCL). Harvard University.
Christiane Van den Bergen-Pantens. Martin Wittek. Bruxelles.
Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique. Jean-Marie Yante. Louvain-la-Neuve, Uni-
Tania Van Hemelryck. Louvain-la-Neuve, versité (UCL).
Université (UCL).

Les livres et les articles sont classés par ordre alphabétique des noms d'auteurs ou, s'il s'agit
d'ouvrages collectifs, des titres. Les noms des auteurs anciens sont présentés dans leur forme
française. Les Mélanges sont classés au nom de leur dédicataire; les catalogues de ventes au
nom de la ville où ils sont émis, suivis du nom du libraire et de la mention de l'année (pour les
catalogues à prix marqués) ou de la date précise (pour les catalogues de ventes aux enchères).
Principales abréviations; voir aussi l'Index annuel des manuscrits et le site internet:
www.scriptorium.be - courriel: scriptorium@kbr.be
A. / a. = auteur / author / Autor
B / B. / b = Biblioteca / Bibliotheca / Bibliotheek / Bibliothek / Bibliothèque
BAV = Biblioteca Apostolica Vaticana
BC = Bibliothèque communale / Biblioteca comunale
BL = (Londres) British Library
Bodl. Libr. = (Oxford) Bodleian Library
BML = (Florence) Biblioteca Medicea Laurenziana
BM = Bibliothèque municipale / Biblioteca municipale
BN = Bibliothèque nationale / Biblioteca nazionale / Biblioteca Nacional
BNF = Bibliothèque nationale de France
BNU = Bibliothèque nationale et universitaire
BP = Bibliothèque publique
BR-KBR = Bibliothèque Royale de Belgique
Bay.SB = Bayerische Staatsbibliothek München
BU = Biblioteca universitaria / Bibliothèque universitaire
c. = century
CCC = Corpus Christi College, Cambridge
Hs. / hs. / Hss / hss = Handschrift(en) / handschrift(en)
HAB = Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel
Jh. = Jahrhundert (s, e)
KB = Kongelige Bibliotek / Koninklijke Bibliotheek
KK = Kupferstichkabinett, Berlin
LB = Landesbibliothek
Ms. / ms. / Mss / mss = manuscript(s) / manuscrit(s) / manoscritto(i)
s. = saeculum / secolo / siècle
NK = Národní́ Knihovna Ceské republiky
StB = Staatsbibliothek, Stadsbibliotheek
SBB = Staatsbibliothek zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz
SuStB = Stadt- und Staatsbibliothek
SuUB = Staats- und Universitätsbibliothek
UB = Universitätsbibliothek / Universiteitsbibliotheek
UL = University Library
ZB = Zentralbibliothek

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351. [Abbeville-Vienne]. Devaux (Dom Au- 352. « Ad Ingenii Acuitionem »: Studies in


gustin). Catalogue des manuscrits des de´poˆts pu- Honour of Alfonso . Edited by Stefano
Maierù
blics français concernant l'ordre des Chartreux. Caroti, Ruedi Imbach, Zénon Kaluza, Gior-
T. 1: Abbeville-Lyon. T. 2: Marseille-Vienne. gio Stabile and Loris Sturlese. Louvain-la-
Salzburg, Institut für Anglistik und Amerika- Neuve, Collège Cardinal Mercier - Turnhout,
nistik Universität Salzburg, 2007, 24 cm, 211/ Brepols, 2006, 24 cm, VIII-595 p., index. ( Fe´-
438 p. ( Analecta Cartusiana, 217). Prix: EUR. de´ration Internationale des Instituts d Études
'
80,00, 2 vol. ISBN: 978-3-900033-72-9 / 978-3- Me´diévales. Textes et e´tudes du Moyen aˆge
, 38).
90007-73-6. Prix: 49,00. ISBN: 978-2-503-52532-7.
À coˆté de la catalographie classique, les répertoi- This hotchpotch of articles on different topics pre-
res thématiques de mss constituent une source im- sents itself as a Festschrift in honor of Alfonso
portante pour l'étude scientifique des codices mé- Maierù. It contains no preface, no attempt at an ap-
diévaux. Celui qui est présenté ici traite des mss an- preciation of Professor Maierù's work, and no bi-
ciens et modernes en relation avec l'Ordre des Char- bliography of the honoree. Nonetheless, the volume
treux conservés dans les dépoˆts publics français. La includes several articles that are of potential interest
date de la publication ne doit pas faire illusion: il to the codicologist.
s'agit en fait de la reproduction imprimée du catalo- It is standard practice to establish the biographies
gue dactylographié établi par dom Augustin Devaux of medieval thinkers by considering their careers in
et achevé en 1964, lorsqu'il était chartreux à Séli- light of official university statutes. In his contribu-
gnac. Meˆme l'introduction méthodologique est de tion, « The Course of Studies in the Faculty of
lui. On doit cette transcription au labeur de Pierre- Theology at Paris in the Fourteenth Century », Wil-
Aelred Henel, que l'humilité de sa profession monas- liam J. Courtenay emphasizes that new sources —
tique (il se qualifie lui-meˆme de « scribe de dom De- in particular, the recently edited « Rotuli Pari-
sienses: Supplications to the Pope from the Univer-
vaux ») a amené à se dissimuler presque complè-
sity of Paris » (Brill, 2002-2003) — cast doubt on
tement sous l'autorité scientifique du chartreux éru-
this practice. For the actual experience of individual
dit. Par ailleurs, il ne s'agit pas, meˆme dans le chef
students and masters could vary significantly from
de ce dernier, d'un travail original de description des
what one would expect from the statutes. Most im-
mss, mais plutoˆt d'une reproduction presque littérale
portantly, secular and religious students had to ful-
de toutes les notices qui, dans les quelque cent cin-
fill very different sets of requirements; only the
quante volumes du « Catalogue général des manu-
scrits des Bibliothèques publiques de France et des
lectures on the Sentences proceeded in the same
way for the two groups. Studies could also take con-
catalogues de la Bibliothèque nationale de France,
siderably longer than the statutes suggest. « The im-
concernent l'histoire de l'Ordre ». Ce dépouillement
plications of these revisions for the understanding of
a été effectué suivant différents critères: mss d'ori-
texts as well as the reconstruction of biographies of
gine ou de provenance cartusienne, œuvres d'auteurs
chartreux, documents en relation avec l'histoire de
sic
Parisian scholars is [ ] considerable » (p. 71). Cour-
tenay's article is a mine of information; anyone
l'Ordre,... Les notices sont classées dans l'ordre al-
phabétique des lieux de dépoˆt actuels avec, à
dealing with the Sentences
literature, for example,
will read his reflections on the still largely obscure
chaque fois, la série alphanumérique des cotes, puis
suivant une subdivision entre les fonds cartusiens
practice of the opening lectures, or principia
, with
the greatest interest.
avec des provenances assurées et les mss d'origine Jacqueline Hamesse, the well-known expert on
non cartusienne ou incertaine, où l'on retrouve entre
autres les mss en relation avec les auteurs cartusiens
the Auctoritates Aristotelis , describes the fate of this
florilegium in the transition from manuscript to
et les documents de toutes sortes intéressant les print culture. In her article, « Du manuscrit à l'im-
Chartreux. Dans la première rubrique, les docu- primé: l'évolution d'un florilège philosophique du
ments sont en outre classés d'après la chartreuse de e e
XIII au XVII siècle », she points out that the Auc-
provenance. Les deux volumes reproduisent donc au
total environ 2000 notices auxquelles s'ajoute un in-
toritates Aristotelis were printed in 28 incunabular
editions between 1487 and 1498, appearing 50 more
dex général de 1.400 articles reprenant principale- times between 1500 and 1698, the date of the last
ment les noms d'auteurs, les titres d'ouvrages printing of the work. Identifying three different
anonymes, les chartreuses, les religieux de l'Ordre families of printed editions of the florilegium, Ha-
les plus connus,... À partir de la p. 80 du premier messe points out their principal differences. The ar-
volume, l'éditeur actuel a adopté une double numéro- ticle ends with a striking juxtaposition of the
tation, la seconde correspondant à la pagination du chapter on the Poeticsfrom the medieval Auctori-
ms. original de dom Devaux. Voilà donc un ouvrage tates Aristotelis and a 1553 edition of Aristotelis sen-
utile pour l'heuristique des mss liés à la mouvance tentiae omnes .
cartusienne, meˆme si la prudence doit eˆtre de mise In « Les cours communs sur l' Éthique à Nicomaque
dans l'appréciation des informations fournies par à l'Université de Paris » Zénon Kaluza attempts to
cette reproduction d'un catalogue de 1964 compilant reconstruct the shape that the lectures on the Ethics
lui-meˆme des notices de mss produites, pour certai- took at Paris in the fifteenth century. In this cen-
e
nes, à la fin du XIX s.! L. Reynhout tury — and apparently only in this century — the

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task of lecturing on the Ethics was institutionally taines, and Peter Auriol on the Principle of Indivi-
separated from the rest of the philosophy curricu- duation »; Leonardo Sileo, « ‘‘Utrum Deus sit
lum. Each of the four nations in turn elected a spe- nominabilis''. Da Guglielmo d'Auxerre a Odo Rigal-
cial lector Ethicorum for the duration of the two-year di »; Loris Sturlese, « Meister Eckhart e la « cura
course. (The list of these lectores from 1392 to 1508 monalium ». Osservazioni critiche su un mito storio-
appears in an appendix to Kaluza's contribution.) grafico »; Luisa Valente, « Ens, unum, bonum »: ele-
The Ethics lectures were based upon the translation menti par una storia dei trascendentali in Boezio e
by Robert Grosseteste — at least until around 1440 nella tradizione boeziana del XII secolo »; Albert
when, as the records of the library of the Sorbonne Zimmermann, « Erinnerung an Lehren mittelalterli-
surprisingly show, the work was no longer being cher Denker über Grundsätze der Naturforschung. »
borrowed. At this time, two new translations gained P. W. Rosemann
ascendancy, one by Leonardo Bruni and the other
by John Argyropoulos. A similar observation applies
353. Alertz (Ulrich). Vom Leeren und Vollen
to Thomas Aquinas's commentary, which until 1440
was an important aid in the hands of the lectores — vom Leichten und Schweren. Aristotelische
Ethicorum , but in the second half of the century suf- Physik in einem Ingenieurtraktat des frühen 15.
fered a marked decline in popularity.
The final article in the volume which bears on in-
Jahrhunderts. (Inquirens subtilia diversa...,
p. 297-316).
stitutional history and material culture is a piece by
Olga Weijers entitled, « Un exemple de la cérémonie Questo articolo è dedicato a un trattato di inge-
e
de l'« inceptio » à Oxford au début du XV siècle ». gneria riferibile al terzo decennio del XV secolo,
Similar in its methodology to Professor Courtenay's conservato dal Vaticano, BAV, Vat. lat. 5961, che
contribution, Weijers's essay compares what can be affronta in particolare i temi legati all' idraulica,
gathered from the university's statutes with the senza richiami evidenti agli idraulici prevalente-
practices that obtained « on the ground ». For this mente senesi, come Mariano di Jacopo Taccola,
task, she employs two mss from the mid-fifteenth Francesco di Giorgio, Giovanni Fontana, collegan-
century which contain detailed descriptions of the dosi piuttosto alla pneumatica antica, greca in par-
modus faciendi of the inceptio itself as well as of ticolare. Il testo, conservato soltanto nel ms. citato,
the vesperie preceding it: Ms. Oxford, Magdalen è dovuto ad un autore di origine tedesca, ma attivo
Coll., 38, fols. 32-48, and Ms. London, Lambeth principalmente presso signori dell' Italia Settentrio-
Pal., 221, fols. 262-309. In the conclusion of her nale, ed è già stato oggetto di studio da parte dello
study, the author notes that the information which stesso U. Alertz (cfr. n. 1). I problemi esaminati so-
can be gleaned from these two mss shows that the no messi in relazione con il contesto storico-scientifi-
inceptio took a different shape in the fifteenth cen- co (in particolare, per gli aspetti più complessi,
tury than it did in the thirteenth, and that even the pp. 313-316), anche sulla base di un' ampia docu-
contemporary university statutes do not reflect its mentazione su testi inediti, i cui mss sono puntual-
precise form. mente citati. A. Vitale Brovarone
The remaining articles are devoted to the follow-
(Isabella). L'esegesi del libro
ing topics: Louis Jacques Bataillon, « ‘Sortes cvrrit'.
354. Andorlini
Une satire des écoles médiévales »; Stefano Caroti,
tecnico: papiri di medicina con scoli e commenti.
Firenze, Leo S. Olschki, 2003 (Papiri filosofici.
« La « reactio » in Italia: Jacopo da Forlí̀ »; Iacopo
Costa, « Principio di finalità e fine nella Monarchia
dantesca »; Sten Ebbesen, « ‘Transcasus'—A Change Miscellanea di Studi IV Studi e Testi per il Cor-
of Mind »; Barbara Faes de Mottoni, « Il ms. Douai,
BM, 434/I e le questioni no. 230 e 260 ‘De raptu' »;
pus dei papiri filosofici greci e latini, p. 9-29 +
Simo Knuuttila, « How Theological Problems Influ- 7 pl.).
enced the Development of Medieval Logic »; Alain From author's introduction: « Questo contributo
De Libera, « Les actions appartiennent aux sujets. intende considerare due aspetti che sono apparsi uti-
Petite archéologie d'un principe leibnizien »; Olga li a delineare lo sviluppo della produzione letteraria
Lizzini, « L' Epistola sulle divisioni delle scienze intel- e libraria del ‘commentario' alle sue origini, quando
lettuali di Avicenna: alcune note sulla definizione e la pratica erudita e didattica degli esegeti prese for-
la collocazione della profetologia e della psicologia »; ma scritta negli spazi offerti dal supporto scrittorio
Costantino Marmo, « La funzione del contesto: te- tradizionale, il rotolo di papiro prima, il codice di
orie ‘continentali' e ‘inglesi' a confronto sull'elimina- papiro o di pergamena in seguito.
zione dell'equivocità tra fine XIII e inizio XIV Un primo aspetto riguarda l'osservazione dei cri-
secolo »; Claude Panaccio and Ivan Bendwell, « Le teri organizzativi e delle forme materiali in cui
nominalisme d'Oresme et la sémantique de la conno- ‘commentari continui' e ‘annotazioni dotte' funzio-
tation dans les Quaestiones in Aristotelis De anima »; nali alla lettura e alla comprensione del testo specia-
Pasquale Porro, « Intelligenze oziose e angeli attivi. listico vennero materialmente approntate, e fisi-
Note in margine a un capitulo del Convivio dantesco camente collocate accanto al testo primario, da anti-
(II, iv) »; Thomas Ricklin, « Das missglückte Gast- chi editori e fruitori del libro, talvolta coincidenti
mahl. Philosophiehistorische Hinweise zum späten con quei lettori professionisti che commissionavano
Publikumserfolg des Convivio »; Irène Rosier-Ca- ad uso privato i libri di studio.
tach, « Le parler des anges et le noˆtre »; Lambertus Un secondo aspetto della presente ricerca indaga
Marie De Rijk, « Giraldus Odonis, Godfrey of Fon- il rapporto che sussiste tra quanto è sopravvissuto

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nei margini dei codici di papiro e pergamena e la Volpilhac-Auger. Avec les contributions de
tradizione letteraria dei corpora di scholia
di forma-
Annie Charon-Parent, Massimo Danzi, Isa-
zione tardoantica. La possibilita' di istituire dei col-
legamenti, o di non trovarne alcuno, tra il materiale belle Diu, Martine Furno, Philippe Hour-
frammentario conservato dai papiri e la tradizione cade, Claire Lechevalier, Nicole Masson,
medievale, emergerà dalla contestualizzazione dei James Mosley, James Raven, John Ren-
dati che risultano dallo studio dei supporti materiali
wick, Étienne Rouzies, Vanessa Selbach,
nel campo della letteratura medica antica, un
complesso di generi compositivi sul quale a lungo Dominique Varry, Catherine Volpilhac-Au-
esercitarono la loro erudizione lessicografi, commen- ger. Lyon, ENS Éditions — Institut d'histoire
tatori e professori di scuola... ». du livre, 2006, 23 cm, 230 p., index. ( Me´tamor-
A. Touwaide
phose du livre ). Prix: EUR. 24,00. ISBN: 2-
84788-092-5.
o
Andrés Sanz (Maria Adelaí̈da). Voir n 500. Commmunications présentées au colloque de l'Ins-
titut d'histoire du livre, qui s'était tenu à Lyon, en
(Claire). Lectures d 'un manuscrit
mars 2003. Sur la recherche de modèles dans l'anti-
355. Angotti

de droit canon à la fin du moyen aˆge. (Me´die´va- quité, on lira d'abord une étude intitulée « La lettre

les, 45, 2003, p. 135-158).


antique », où, pour les années 1700 à 1830 environ,
James Mosley fait ressortir les influences du double
alphabet (majuscule et minuscule latines) des huma-
Durant les six siècles de son existence, le monas-
nistes, en Angleterre, sur l'écriture monumentale et
tère de la Grande Chartreuse a constitué une riche
la typographie; Vanessa Selbach suit le (lent) déve-
bibliothèque, laquelle a ensuite intégré les fonds de
loppement des gravures à l'antique depuis 1500, et
la BM de Grenoble. L'objet de la présente étude, le e
leurs succès à partir de la seconde moitié du XVI s.
codex 37 de la BM, en fait partie. Il s'agit d'un co-
e (« La place de l'antique dans les collections d'estam-
dex de droit canon du premier quart du XIV s.
Appa-
e e
pes (XVI -XVIII siècle) »). Pour l'inspiration et les
L'étude porte sur le premier texte contenu, l'
rat sur les Cle´mentines de Jean d'André (f. 1-68v), et
emprunts encore, Isabelle Diu évoque le roˆle assumé
par Érasme dans la réception de l'héritage intellec-
plus précisément sur les marques des propriétaires
qui accompagnent ce texte. Deux ex-libris , qui figu-
tuel et moral des Anciens, le traitement (similaire)
qu'il appliqua aux textes des Pères et, brièvement,
rent également dans le ms. 54 de la BM, nous révè-
la mise au service de l'orthodoxie des moyens ainsi
lent leur identité: Louis Roux, qui n'est pas connu
éprouvés (« D'une Antiquité l'autre: Érasme trans-
autrement, et François du Puy, docteur en droit ci-
metteur de textes antiques, des classiques aux Pères
vil et en droit canon, official et vicaire auprès de
er de l'Église »). Une attention particulière est accordée
l'éveˆque de Grenoble, Laurent I Allemand, entre
ici à deux écrivains classiques (Eschyle, Salluste)
1487/88 et 1500 et entré en Chartreuse en 1500.
seulement: voir, par Étienne Rouziès, « Salluste
François du Puy a apporté sa bibliothèque lors de e
dans les bibliothèques du XV siècle », et, de Claire
son entrée au monastère, laquelle comprenait au
Lechevalier, « L'atelier du traducteur: La Porte Du
moins 210 incunables et 10 mss. Sept d'entre eux se
Theil [† 1815], traducteur d'Eschyle ». A fait im-
trouvent toujours à Grenoble, sous les cotes 37, 488,
pression lors de ce colloque l'examen global du
490, 491, 492, 494 et 498, les cotes des trois autres
contenu de diverses bibliothèques du passé: celles
mss ne sont pas données. Le but de cette étude est
de: Pietro Bembo (Massimo Danzi); Conrad Gesner
de saisir sur le vif la pratique de lecture d'un ms.
(Martine Furno); de collèges (oratoriens de Riom et
concret par l'étude des annotations marginales des de Pézenas; École militaire d'Effiat; jésuites de
deux propriétaires. Louis Roux se montre très minu- Rennes) et de particuliers (Massillon; J.-Th. d'Es-
tieux, il ajoute beaucoup de références, surtout au
De´cret de Gratien, intègre l'opinion d'autres juristes
e
pinchal (1748-1823) (John Renwick); Saint-Simon
(Philippe Hourcade); Bourgevin de Norville
du XIV s. et assimile bien le texte et la glose qu'il († 1770), et quelques bibliophiles de son temps, dont
commente. Pour sa part, François du Puy insiste on a conservé les catalogues (cinq de 1750-1753, un
sur la structuration du texte par l'ajout des manicu- de 1774, textes antiques lus alors dans des traduc-
les, mots repères et titres. En outre, il est possible tions ou adaptations italiennes: « Habiller l'antique
de cerner quelques-uns de ses thèmes préférés, en costumes italiens: la mode des cabinets choisis »,
comme le statut de l'éveˆque, la gestion des biens de par Nicole Masson); Randon de Boisset (1708-1776)
l'Église et des événements contemporains comme la (ou « Comment peut-on eˆtre bibliophile? R. de B.,
croisade et les hérésies. Deux lecteurs différents, deux collectionneur et ami de Diderot », par Catherine Vol-
lectures différentes: le ms. en question montre bien pilhac-Auger); cinq architectes français du XVIII s.,
e

« qu'à partir d'un texte unique, officiel et fixe, les lec- dont Soufflot (« L'Antiquité dans quelques bibliothè-
tures sont particulièrement complexes et variées » e
ques d'architectes français du XVIII siècle », par An-
(p. 157). A. Smets nie Charon-Parent: pourcentage assez faible (15,5%
en moyenne) prédilection pour Vitruve et pour tou-
356. D'une Antiquite´ l'autre. De la litte´raturee tes illustrations représentant des monuments an-

antique classique dans les bibliothe` ques du XV ciens); quelques émigrés de l'Eure (« L'intéreˆt pour

au XIXe sie` cle. Sous la direction de Catherine


l'Antiquité dans les bibliothèques confisquées sous
la Révolution chez les émigrés de l'Eure », par Do-

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minique Varry: livres saisis chez six ecclésiastiques du grand nombre de textes publiés depuis 1924 et
et neuf chaˆtelains: prédominance « écrasante » de la des progrès réalisés dans les domaines de la codico-
langue française dans les ouvrages, et faveur mar- logie et de la paléographie. Les préparations qui ont
quée pour les auteurs contemporains). En fin de vo- mené au volume contenant les descriptions des mss
lume, James Raven a résumé ses notes sur le 1 à 102, furent entamées par E. Lamberz dès 1970.
développement des bibliothèques publiques et pri- Le délai peut sembler long, mais il s'explique:
vées dans les anciennes colonies anglaises d'Amé- d'abord par le fait que les activités ont duˆ eˆtre sus-
rique du Nord, ainsi que sur les relations entre les pendues pendant de longues périodes, indépendam-
maisons d'édition d'Angleterre et leurs clients du ment de la volonté de l'a., et ensuite par la qualité
Nouveau Monde (« La circulation du livre et les remarquable du travail, lequel excelle tant par les
classiques: l'Antiquité et les bibliothèques américai- analyses détaillées du contenu que par les observa-
nes avant 1820 » (art. traduit par Bruno Krebs); pé- tions minutieuses faites sur les écritures, le matériel
riode envisagée: les années antérieures à l'Indépen- et l'exécution.
e e
dance, la fin du XVIII s. et le début du XIX . — M. L. s'est conformé aux normes introduites jadis
La part faite aux mss dans l'ouvrage se limite à par H. Hunger pour les mss théologiques grecs de
quelques rappels concernant la tradition de Salluste l'Österreichische Nationalbibliothek, en affinant la
(art. d'É. Rouziès), pour son abondance (780 codi-
ces), le témoin unique de Sall., Hist.
e
et Epist.(ms.
description des mss sur papier: ainsi, il signale la
façon dont le papier a été plié, le type et le système
Vatican, BAV, Vat. lat. 3864-III; IX s., Corbie) et de réglure (d'après la classification d'Irigoin) et les
e
les somptueux apographes du XV s. (voir les p. 29- filigranes (paires, localisation exacte). En ce qui
33). P. Hamblenne
concerne les copistes, les caractéristiques de chaque
main sont analysées sous la rubrique « Schreiber » et
Aprile (Marcello). Voir n
o
570. — luxe inédit — illustrées par au moins une repro-
duction photographique sur le CD qui accompagne
le volume. Quelques copistes, parmi lesquels Georges
357. Archi Verbi
. Yearbook for the Study of Galésiote, Athanase (collaborateur d'Isidore de
Kiev), Constantin Laskaris, Constantin Rhésinos et
Medieval Theology, 3, 2006. Münster, Aschen-
Pacoˆme Rousanos, ont pu eˆtre identifiés sur base
dorff Verlag, 2006, 24 cm, 224 p. ISBN: 978-
de l'écriture.
3-402-10210-7. La plupart des mss décrits dans le présent volume
Aucune des sept dissertationes de ce troisième vo- transmettent des ouvrages patristiques (Athanase
lume ne met à contribution de mss. Le « Rapport d'Alexandrie, Basile de Césarée, André de Césarée,
2006 » de la Société internationale pour l'étude de Maxime le Confesseur, Barsanuphe et Jean), des flo-
la théologie médiévale (Internationale Gesellschaft rilèges (par exemple, le corpus ascétique conservé
für Theologische Mediävisitik / International Society dans le ms. 57) ou des textes hagiographiques (Cy-
for the Study of Medieval Theology (parmi les nun- rille de Scythopolis, la Vie d'Irène, abbesse du mo-
tii p. 170-174) fait mention des recherches de Pavel nastère de Chrysobalanton à Constantinople, la Vie
Soukup (Prague, Univerzita Karlova v Praze Filo- de Sabas le Jeune, quelques ménologes métaphrasti-
zofickáfakutta, Fac. Lettres). Il prépare un doctorat ques anciens). On y trouve également des ouvrages
autour des 14 sermons (ca. 1405-1406) dans le ms. remontant à l'Antiquité (Aelius Aristide, Aristo-
Prague, NK, IV.G.6: « Reformpredigt in Böhmen phane, Eschyle, Sophocle, Homère, Euripide, Aris-
um 1400: die ältesten Predigten des Jakobell von tote, Aphthonius, Hermogène). Pour les époques
Mies » (Jakoubek zu Støibra, contemporain de Jean byzantines et post-byzantines, on peut signaler des
Hus). G. Hendrix ouvrages inédits de Constantin Asanès, Vincent Da-
modos, Gennade Scholarios, Alexandre Mavrogorda-
o tos, Sébastos Kuminitès, Macarios Patmios (?),
Armstrong (Karen). Voir n 610. Théophile Kaí̈rès, Grégoire Kalliergès, Ignace de
Trébizonde, ainsi que la « Vie et miracles de S. Nil
358. [Athos ]. Lamberz (Erich). Katalog der l'Athonite ».

griechischen Handschriften des Athosklosters Va- L'intelligence et le soin avec lesquels les descrip-

topedi. Band 1. Codices 1-102 ( Katàlogoi ÉEl-


tions ont été faites, marquent également les instru-
ments de travail terminant le volume: les incipit des
lynikw˜ n jeirogràfwn ÉAgìou ² Orouq 2). Pa- textes non imprimés et moins connus, un index des
triarjikón Ì Idruma Paterikw˜ n Meletw ˜ n. auteurs et des choses (avec des rubriques telles
que « Auszeichnungsschriften », « Autographa », « Be-
Thessalonique, 2006, p. 508 + 374 ill. sur CD.
schreibstoff », « Einbände », « Handschriften, datierte
ISBN: 960-8062-13-6. zitierte », « Illumination », « Lagensignierung », « Li-
Le catalogue en usage jusqu'ici pour les mss du nienschemata », « Liniensysteme », « Notizen », « Pro-
monastère de Vatopédi au Mont Athos est issu venienz », « Schriftstile », « Wasserzeichen ») et une
d'une collaboration entre l'hiéromoine Arkadios, au- concordance des cotes actuelles avec celles utilisées jus-
teur des analyses, et l'éveˆque de Léontopolis, So- qu'en 1924.
phronios Eustratiadès, qui se chargea de la Signalons, pour terminer, qu'une version en grec
rédaction (Paris, 1924). Malgré les services que l'ou- moderne du premier volume est en préparation, et
vrage a rendus, une mise à jour s'imposait, en raison que le travail déjà accompli sur les mss 103 à 133

150*
bulletin codicologique 2007, 2

permet d'espérer que le deuxième volume pourra pa- taire, du monastère de S. Nicola di Casole; ce per-
raíˆ tre d'ici quelques années. sonnage est connu pour avoir rapporté des mss
J. Declerck d'Orient et comme auteur d'une Diàlexiq katá Ê Iou-
daìwn (inédite).
Ayant examiné et décrit en bonne et due forme
359. Aulisa (Immacolata), Schiano (Claudio).
Dialogo di Papisco e Filone giudei con un mo- 35 (voir la liste ci-dessous) des 46 mss connus, ju-
geant que le temps n'est pas encore muˆr pour une
naco. Testo, traduzione e commento. Bari, édition critique, les a. ont repris le texte de McGif-
Edipuglia, 2005, 25 cm, 399 p., index. (Quader- fert, en l'épurant de ses défauts majeurs (une trans-

ni di « Vetera Christianorum », 30). Prix: EUR. position tout à fait arbitraire d'une partie du chap.
15 et l'absence des chap. 17-21, lesquels sont donc
30,00. ISBN: (10) 88-7228-478-3. publiés ici pour la première fois). Le texte est ac-
Publié en 1889 par A. McGiffert, le dialogue sur compagné d'une traduction italienne ainsi que d'un
la foi chrétienne et la loi juive, défendues respecti- commentaire détaillé, portant aussi bien sur la doc-
vement, du moins selon une partie de la tradition trine que sur les éléments historiques.
manuscrite, par un moine chrétien anonyme et les Mentionnons encore qu'une partie importante de
Juifs Papiskos et Philon, a enfin bénéficié de l'étude l'introduction est dédiée à l'histoire de la controverse
exhaustive qu'il méritait, car en dépit de son appa- entre Chrétiens et Juifs et aux retombées que la
rence modeste, l'opuscule a exercé une influence querelle des images a eues sur les rapports entre
profonde et durable sur le camp chrétien, auquel il ces deux groupes.
fournissait une panoplie d'arguments preˆts à eˆtre À la fin du volume, on trouve une bibliographie
utilisés lors de toute confrontation avec des repré- abondante, ainsi que trois index, l'un reprenant les
sentants de la religion juive. On mesure son impact passages scripturaires, le second les mss cités, le
à sa diffusion: quarante-six mss grecs actuellement troisième les noms de personnes; ce dernier index
connus, une traduction latine faite par Pasquale Ro- est subdivisé en deux groupes, selon que les person-
mano en 1158 ou 1163 (publiée en 1967 par G. Da- nages sont antérieurs ou postérieurs à 1700.
han), laquelle a servi de base à une version en Vatican, BAV, Archivio di S. Pietro C 149, Vat.
moyen-allemand, et une traduction slave datant du gr. 676, 687, 725, 1128, 1753, 2518, Ottob. gr. 192,
e
début du XIV s.; de plus, l'ouvrage a été la source 267 et Reg. gr. 43; Cracovie, BU Jagiel, gr. qu. 46;
privilégiée du Ps.-Anastase le Sinaí̈te, auteur de la
Disputatio adversus Iudaeos (publiée en 1833 par.
Dresde, SLUB, A 109 (perdu); El Escorial, B. Mon.,
V.II.20; Florence, BML, plut. LIX. 13; Jérusalem,
A. Mai). Les ressemblances entre le dialogue et d'au-
Trophe´es de Da-
tres ouvrages anti-juifs, tels que les
Patriarjiký bibliohỳky, Oikoum.Patr., S. Sobos,

mas , laQuaestio 137 ad Antiochum ducem d'un Ps.-


697; Milan, B. Ambros., A 56 sup., B 39 Patr. gr.

Anastase et l'Apologie de Léonce de Néapolis (dans


sup. et F 23 sup.; Moscou, Gos. Ist. Muz., gr. 325,
331, 427, 445; Naples, BN, II.C.33 (avec spécimen
sa section sur le culte des images) semblent, par
de l'écriture); Oxford, Bodl. Libr., Cromwell 10; Pa-
contre, trouver leur origine dans l'exploitation de
ris, BNF, Coislin 193, gr. 854, 1000, 1111 (avec spé-
quelque source commune.
cimen de l'écriture), 1302, 1330 et 1788; Sinaí̈, Mone
Tel qu'il nous est parvenu, le texte semble
Hag. Aikatenines, gr. 461; Venise, BN Marciana, gr.
composé d'unités différentes — les a. proposent
498 et 505; Vienne, ÖNB, Hist. gr. 119.
d'en distinguer huit — à l'origine indépendantes,
J. Declerck
qui ont été soudées l'une à l'autre à des époques dif-
férentes, s'échelonnant entre 650 pour le noyau le
e
plus ancien et la seconde moitié du VIII s. pour 360. Bailey (Terence) and Santosuosso (Al-
les dernières couches; les sections relatives au culte
ma). Eds.Music in Medieval Europe. Studies
des images ont selon toute probabilité été ajoutées
vers 750. Il est difficile de dire où ce matériel a vu in Honour of Bryan Gillingham. Aldershot,
le jour et où a eu lieu la rédaction finale, mais on Ashgate, 2007, 24 cm, 456 p., pl., index. Prix:
peut songer à quelque région de l'Orient soumise à GBP. 55,00. ISBN: 978-0-7546-5239-7.
la domination arabe.
La transmission du texte n'est pas moins com- Bryan Gillingham (publications on pp. 393-401),
plexe que sa genèse: face à un ouvrage anonyme, general editor of the publications of the Institute of
de structure assez laˆche, presque tous les copistes Mediaeval Music, is honored in this volume with
se sont, en effet, sentis autorisés soit à introduire twenty essays on diverse topics in the history of
des éléments étrangers, soit à omettre ou à transpo- Gregorian chant and early polyphony, of which
ser des sections entières. Les mss se répartissent en most, but not all, concern mss (listed on pp. 177-
trois groupes: l'un d'entre eux (a) est assez homo- 180, 363-366, and 435-437). Mss cited more than
gène et ses témoins ne semblent pas avoir circulé three times are: Apt, Ste-Anne, 17 and 18; Brussels,
en dehors de la partie orientale de l'empire, les deux KBR, II 266; Montecassino, Archivio dell'Abbadia,
autres (b et g), dont la nature est beaucoup plus dif- 318; Montpellier, BU Fac. Médecine, H. 159; Paris,
ficile à déterminer, comptent également quelques BNF, nouv.acq. fr. 13521 (La Clayette); Salamanca,
mss italo-grecs. La diffusion du dialogue en Italie A. Cat., 5, 6, 7; Sydney, Fisher Library, Rare Book
méridionale est mise en rapport avec la présence de Room, add. 327 and 335; Trier, BistumsA., 480;
Juifs dans le Salento et avec l'activité de Nicolas Vatican, BAV, arch. di S. Pietro B 79; Wrocñaw,
d'Otrante (mort en 1235), abbé, sous le nom de Nec- Ossolineum, IV 120.25.

151*
bulletin codicologique 2007, 2

The essays do not follow a chronological or topi- Theodore Karp shows that the German graduale
cal order. In the first, László Dobszay draws upon Herbipolense printed in 1583 contains sequences
his experience as conductor and researcher to claim (many Notkerian) and tropes, the latter listed on
that what have been construed as different prob- pp. 80-81. Earlier trope collections from Würzburg
lems of Gregorian chant are in fact about one essen- are compared (Würzburg, UB, M p th f 165 and a
tial issue: the way memory was used before writing printed gradual of the city published by Reyser in
and the repercussions of the early paradigms on 1496), and six tropes of limited diffusion are tran-
medieval chant, which in mss can also give evidence scribed and discussed.
of « Zersingen » and « Zerkopieren ». He argues that Three articles on polyphonic genres include useful
the transition from unwritten to written transmis- transcriptions, tables, and facsimiles. William Sum-
sion is not significant, because musicians did not mers considers English Glorias with the Spiritus et
sing from mss. Yet the mss confirm the fixity of alme trope and a Gloria which survives both with
the oral tradition. He distinguishes the early office and without the trope. One source, Brussels, KBR,
as an usus ; the mass propers as an ars. He explores II 266 suggests that its polyphony was performed
the ‘musical essence' preceding text and genre in with interpolated improvised polyphony. Inventories
chant. of the manuscript and of concordant sources are on
Next, Jane Hardie discusses two ms. choirbooks pp. 100-106; a black and white facsimile of fol. 1r-v
in Sydney from 1572-82 with Toledan chant for the is on pp. 98-99; and musical transcriptions from
Lamentations of Jeremiah , which were almost cer- London, BL, Cotton XXIV and Oxford, Bodl. Libr.,
Bodley 384 are on pp. 110-111.
tainly part of a series of choirbooks made for Sala-
manca Cathedral. She provides a summary descrip- Rebecca Baltzer examines and edits the texts of
th
tion of the mss and their bindings and examines several 13 -century motets with Marian texts in the
their origin, destination, and provenance, finally sit- upper voices, but non-Marian tenors, from Wolfen-
uating them within the known ms. and printed büttel, HAB, Helmstedt 1099 (‘W2') and in Floren-
sources in Spain for the Lamentations .
ce, BML, Plut. 29.1 (‘F'), sources of ‘Notre Dame'
polyphony. She concludes that Mary was included
Ruth Steiner considers the Gregorian responsories
as often as possible in these motets to affirm her
with texts from the book of Judith, which corre-
role in mankind's salvation in the same way as the
spond to Matins lessons also from Judith. The
artistic program of Notre Dame cathedral.
sources of the responsories and corresponding verses
Later in the book, Thomas Payne discusses a sub-
often differ: texts are from the Old Latin Bible, the
group of motets known as conductus prosulae , which
Vulgate, and the Roman Psalter, perhaps also from
a Gallican collection of Rogations antiphons. The
set texts to the music of the caudae conductus
of .
Three of the five examples taken from the ‘Notre
music is more conventional and uses standard Gre-
Dame' repertory have texts by Philip the Chancel-
gorian formulas. Sources for the chant discussed in-
th lor. The texts of the anonymous pieces are edited
clude a 12 -century antiphoner from Florence
and compared to his. Musical transcriptions of the
cathedral (p. 24-25) and mss cited in the notes on
pp. 28-29 that are indexed and available online at
anonymous Anima iuge lacrima from ‘F' are in-
cluded on pp. 232-33.
the CANTUS database website: http://publish.uwo.
James Boyce examines the ms. Wrocñaw, BU, Os-
ca/~cantus.
solineum, IV 120.25 as a witness to the Carmelite
Several essays drawing on medieval theoretical
ceremony for the Dedication of the church in Kra-
and literary sources give only fleeting mention of kow. Its chants (a responsory, Benedic domine do-
mss: John Caldwell considers early Gregorian modes
and modality in Old Roman and Gregorian chant;
mum istam , is transcribed on p. 137) reveal a
distinctive local practice. A table on pp. 138-143
Dolores Pesce analyzes Guido of Arezzo's use of the compares the chants assigned to the Dedication in
word ‘distinctio' in its historical context; and Philip the Ordinal of Sibert de Beka and in Carmelite mss
th th
Weller considers vocality through 12 and 13 -cen- from Mainz, Krakow, Wrocñaw, and Pisa.
tury writings and passages in Augustine's works. Two articles take different approaches to the
Barbara Haggh and Michel Huglo use the mss Se- problem of chant variants. David Hughes compares
mur-en-Auxois, BM, 1 and Vatican, BAV, Reg. Lat.
493 as witnesses to contact between the abbeys of
the introit for Easter Sunday, Resurrexi, in 150 mss.
Whereas the beginning of the chant is stable and
St. Jean of Réoˆme, St. Bénigne of Dijon and Cluny. certain melodic figures seem inviolable, others invite
Also notable are abbots affiliated with more than variants. Andrew Hughes develops methods for
one of these abbeys, among which Guillaume de comparing variants which take paleography (era-
Volpiano. A table compares the repertory of chant sures, marginalia, changes of scribe) and codicology
cited in Musica disciplina by Aurelian of Réoˆme into account. He presents a masterly succession of
with that in mss associated with Dijon (Montpellier, caveats and an equally useful list of sample ques-
H.159) and Cluny (Paris, BNF, lat. 12044 and tions (pp. 310-11) for the investigation of variants.
12601). In the first of two articles on Roman topics,
Alma C. Santosuosso's topic is the mid or late James Borders compares the texts and music for
th
11 -century Vocabularum musicum on the last three four masses in the Editio princeps of the Pontificale
pages of Montecassino, B. Abb., 318 and its sources Romanum of 1485: for the consecration of a bishop,
(Isidore and others). She includes a table of its mu- abbot and an altar, and the mass for the reconcilia-
sical terms and a review of the scholarship on the tion of a church or cemetary. The ideosyncrasies the
ms. chants for the consecration of an altar and dedica-

152*
bulletin codicologique 2007, 2

tion of a church may be significant, because the par les Perses, se caractérise par des tracés allongés
men who edited the « Editio princeps » had super- en hauteur; ceci oblige le calligraphe à revenir à la
e
vised the inauguration of the Sixtine Chapel two position verticale du folio. Au cours du X s. le cal-
years earlier. Musical transcriptions from Paris, ligraphe commence à écrire le Coran sur papier en
BNF, Lat. 733, fol. 23r (p. 188) and Vatican, BAV, utilisant une écriture cursive, la nashk, comme il le
e
Ottob. Lat. 501, fol. 43r (p. 191) and 90r (p. 197) faisait déjà à partir du VIII s. pour les textes admi-
are included. nistratifs, commerciaux e.a. sur support-papier.
Joseph Dyer asks why the third Sunday in Ad- L'occident islamique continue l'ancienne tradition:
e
vent should receive a double office, a uniquely Ro- le parchemin (jusqu'au XIV s.) et l'écriture maghri-
man practice dating from the late eighth century bi, issue de la coufique utilisée en Tunisie.
when the need arose to solemnize the veneration of Généralement le texte du Coran est divisé en trois
translated saints with both a Vigil of one nocturn volumes, quoique les plus beaux spécimens en
and full matins with three nocturns. The date of ori- comportent sept, richement décorés, pourvus en
gin or motivation for the office is found neither at frontispice de pages-tapis, qui introduisent le texte
the papal court or at St Peter's: it is attested only sacré. Les noms du calligraphe, de l'enlumineur et
for a short time in the twelfth century. Liturgical éventuellement celui du commanditaire sont men-
and architectural evidence for the office is comple- tionnés dans le colophon; calligraphe et enlumineur
mented by discussion on pp. 216-217 of its chant in peuvent eˆtre la meˆme personne.
the two ‘Old Roman' antiphoners (Vatican, BAV, Un grand nombre des photos agrémentent ce livre
Arch. di S. Pietro B 79 and London, BL, add. agréable à feuilleter. Une bibliographie restreinte
29988) and in the Silos antiphoner (London, BL, (p. 110), un index de mss (p. 111) et un index ono-
add. 30850). mastique (p. 111-112) complètent le volume.
Terence Bailey uses the twelfth-century ordinal of P. Cornil
Beroldus to reconstruct Ambrosian processions on
the eve and morning of saints' festivals, and also
o
considers the order of individuals processing as well Baker (Colin F.) Voir n 610.
as the ceremonial objects. These processions are of
interest, because more than 500 psallendaefor them
362. Balard (Michel). La Me´diterrane´e médié-
vale. Espaces, itine´raires, comptoirs. Paris,
are found in Ambrosian antiphoners.
Alejandro Planchart's analyses of Notkerian
sequences in Aquitanian mss includes musical Picard, 2006, 24 cm, 200 p., pl., index. (Les
transcriptions, translations, lists of concordances
(pp. 325-328), lists of sequences in particular mss
Me´diévistes français, 6). Prix: EUR. 32,00.
(pp. 332-342)344-349), 354-362), and comparisons of
ISBN: 2-7084-0773-2.
the Aquitanian transmission with the West Frankish Cet ouvrage regroupe et condense une série de
and Germanic. travaux dispersés de M. Balard, spécialiste renommé
Completing the volume is David Hiley's study de l'espace méditerranéen; champ d'unité, de divi-
and complete edition of the historiaof St. Magnus sions et de contacts commerciaux et politiques, il
of Füssen (6 September) from St. Gall, StiftsB, 388 est partagé à l'origine entre l'Occident, l'Orient byz-
o e
and Munich, UB, 2 166-167 (facsimile of codex 167, antin et le Proche-Orient musulman. Dès le IX s.,
e
fol. 171v on p. 371). This office is securely attribu- les navigateurs vénitiens, puis au XI s. leurs con-
ted to the composer and music theorist of Reiche- currents geˆnois, assurent les liaisons navales indis-
nau, Hermannus Contractus (d. 1054). pensables meˆme aux puissances qui possèdent leur
B. Haggh propre flotte. Dans le monde balkanique ou égéen,
graˆce aux améliorations technologiques, leurs navi-

(Colin F.). Qur'an manuscripts.


res sont en mesure de transporter tant commer-
361. Baker
Calligraphy, Illumination, Design. London, çants que matières premières, pèlerins et esclaves,
armées et matériel de guerre. Leurs comptoirs s'éta-
The British Library, 2007, 25 cm, 172 p., ill. gent de la Corona d'Aragon à Marseille, le long des
coˆtes adriatiques et égéennes jusqu'à Byzance; leurs
index. Prix: GBP 20,00. ISBN: 978-0-7123-
bateaux mouillent à Famagouste, à l'íˆ le de Chio, à
0689-8. Acre et à Antioche. Les Geˆnois s'installent sur le
Colin Baker, conservateur de la collection du Pro- port de Caffa en Crimée, d'où partent les routes vers
che et Moyen-Orient au British Library, édite un l'Asie centrale et l'Extreˆme-Orient (où prendra nais-
petit volume de toute beauté consacré aux mss du sance également la terrible épidémie de Peste noire
Coran. Relevons-en quelques points qui intéresseront qui ravagera l'Europe en 1348). L'expansion ne se
leBC e
. Les fragments les plus anciens (fin VII s.) du limite pas à de simples escales; les italiens obtien-
Coran sont écrits sur parchemin; chaque folio est nent des pouvoirs locaux des concessions parfois im-
placé verticalement et ne comporte qu'une seule co- portantes et établissent de vraies colonies de
e e
lonne de texte. Au IX -X s. l'écriture coufique, ori- peuplement jusque dans les campagnes. Cette popu-
ginaire de la ville Al-Kufah en Iraq-sud, marque le lation latine entretient des rapports continus entre
début de l'enluminure: l'écriture décorée impose les mondes latin, grec et juif que les événements po-
l'utilisation horizontale du folio, tandis que les si- litiques altèrent peu et les colonies se comporteront
gnes diacritiques sont indiqués en rouge et vert. parfois comme un état dans l'État vis-à-vis des
e
L'écriture coufique orientale, par contre, développée Francs occidentaux. Dès le XIV s., dans le domaine

153*
bulletin codicologique 2007, 2

du droit, cette efflorescence donne naissance à une L'a. s'intéresse à l'activité du tribunal de l'hérésie
formulation assez homogène du droit maritime, des mis en place le 22 avril 1547 pour lutter contre la
actes notariés et des assurances omniprésents. réforme (luthériens et anabaptistes), mais aussi,
Aujourd'hui, l'exploitation de ces archives permet dans une mesure moindre et seulement à partir de
de concevoir l'histoire du monde méditerranéen de 1580, contre la magie et l'hermétisme apparemment
façon globale, ce qui est un fait nouveau. L'avancée répandus dans la pratique quotidienne de toutes les
des Musulmans contraint les Occidentaux à organi- classes des Vénitiens graˆce à la mode intellectuelle
e
ser ou à prévoir de nouvelles croisades: les XIV et
e
du néoplatonisme. La parution de la Demonomania
XV s. voient la naissance d'ordres militaires et d'or- de Bodin par Aldus Manutius semble avoir marqué
dres de chevalerie ayant celles-ci comme objectif. le coup d'envoi de cette chasse à la magie, tandis
Littérature et musique n'y sont pas étrangères et qu'une « congrégation » du Saint-Office était créée
on ne s'étonnera pas que dans les terres lointaines pour organiser dès 1571 une censure avant toute im-
les peuples latins qui s'y installent reprennent une pression, et que paraissait la bulle Caeli et Terrae
administration et une vie culturelle fort semblable qui confirmait le lien entre les pratiques magiques
à celle qu'ils ont laissée « au pays ». Peuvent com- et les livres magiques. L'a. en repère les différents
pléter ceci le livre recensé dans le BC 1997/2 modes d'expression à travers, par exemple, les usa-
o
n 471, consacré au scriptorium d'Acre, le catalogue ges de la Clavicula Salomonis (aux fins d'exorcisme
d'exposition: « 1204, la quatrième croisade: de Blois ou autre) et les volumes qui la conservent encore.
à Constantinople et éclats d'empires », Musée-chaˆ- Cette collection de textes existait à Venise dans tou-
teau de Blois et Paris, BNF, octobre 2005-janvier tes les langues . À partir de cette époque, la produc-
2006) et ci-dessous BC o o
n 444 et n 568. tion libraire de l'hermétisme et de la magie cessa
Cet ouvrage très dense est complété par une belle presque complètement à Venise, après avoir été
bibliographie et deux index (noms de personnes et fructueuse, mais l'a. note cependant les mouvements
de lieux). Chr. Van den Bergen-Pantens sollicités à l'étranger par les éditeurs pour se procu-
rer des livres et la continuation de la circulation de

(Nicoletta). Riflessi dell 'Arbor


e e
ces livres au cours des XVII et XVIII s., notam-
363. Baldini
Vitae di Ubertino da Casale nella pittura del ment graˆce aux apports des clercs étrangers. Pour

Trecento. (Studi Francescani, 104, 2007, 147-


le reste, la circulation des volumes de magie, surtout
pratique, se fit essentiellement sous forme manus-
165). crite (à l'exception du De occulta philosophia de A.

Arbor Vitae
L' du prédicateur Ubertin de Casale
de Nettesheim). Il s'agit la plupart du temps de vo-
lumes de petite dimension reprenant un ensemble de
est sans nul doute son œuvre la plus répandue. Il recettes, « d'expériences » ou de formules de conjura-
s'inscrit dans la mouvance des ‘spirituels' francis- tion des démons. L'a. cite nombre de cas de person-
e
cains. Datant du début du XIV s., son contenu nages connus, possesseurs de certains d'entre eux,
imagé a influencé nombre d'artistes italiens du comme M. Monteverdi. I. Draelants
« Trecento ». L'a. considère tout particulièrement
des lettrines enluminées, présentes dans le ms. As-
o
sise, S. Francesco, 328, qui contient cet écrit Barigazzi (Adalmo). Voir n 588.
d'Ubertin. Cinq d'entre elles, d'un grand raffine-
ment, font ici l'objet d'une reproduction en couleur:
o
f. 1r, 4v, 39v, 68v, 148v. Elles s'inspirent manifeste- Barrette (Paul). Voir n 393.
ment du contenu de l' Arbor témoignant, comme
bien d'autres réalisations iconographiques de l'Italie o
de l'époque, de l'attrait de cet écrit franciscain. Bartoletti (Guglielmo). Voir n 472.
G. Michiels
o
o Bataillon (Louis-Jacques). Voir n 648.
Baldwin (Spurgeon). Voir n 393.

(Francesco). La sconosciuta reda-


364. Baltes (Matthias).Anonymos, « In Pla- 366. Bausi

zione originaria delle Invective contra medicum


tonis Parmenidem commentarium » (Cod. Taur. di Francesco Petrarca (Libro I) in un codice di
F VI 1): Anmerkungen zum Text. (Papiri filo- Danzica. (Rinascimento 45, 2005, pp. 91-115).
sofici. Miscellanea di Studi IV (Studi e Testi
per il Corpus dei papiri filosofici greci e latini). From author's introduction: « Nel 1999, il Comita-
to nazionale per le celebrazioni del settimo centena-
Firenze, Leo S. Olschki, 2003, pp. 31-40).
rio della nascita di Francesco Petrarca (2004) mi
Analysis of the variant readings of ms. Torino, affidò l'edizione delle Invective contra medicum
. Co-
BNU, F. VI. 1 of the anonymous commentary on me tutte le altre destinate a confluire nella cosiddet-
Plato's Parmenides. A. Touwaide ta « Edizione del centenario », non si trattava di uan
vera e propria edizione critica, ma di una edizione

(F.). La letteratura magica di


provvisoria e ‘criticamente rivista', che cioè avrebbe
365. Barbierato

fronte all'Inquisizione veneziana fra '500 e '700. dovuto rivedere e migliorare — grazie ad una larga
ex
(Magia, alchimia..., p. 135-184).
e tuttavia ancora parziale esplorazione, condotta
novo , della tradizione manoscritta — il testo vulgato

154*
bulletin codicologique 2007, 2

dell'opera, fermato da Pier Giorgio Ricci nel 1950, F. Palmer goes well beyond the bounds of the genre
corredandolo inoltre di una nuova edizione italiana. by providing, not simply judicious summaries of the
Il Ricci si era fondato su nove codici e cinque various contributions, but also, if briefly, a discus-
stampe quatto-cinquecentesche; io ho collazionato sion of the « place of the vernacular and the liturgy
un'altra ventina di manoscritti, giungendo — o al- in the consideration of twelfth-century monastic re-
meno cosí̀ mi sembrra — sia ad apportare non irri- form ». Some of these same issues are also taken up
levanti migliorie al testo Ricci, sia a tracciare un in a second introductory essay by Rodney Thomp-
quadro complessivo delle vicende redazionali dell'o- son, « The Place of Germany in the Twelfth-Century
pera (in sostiutuzione di quello, ormai del tutto in- Renaissance », which underscores the importance of
adeguato, proposto dall stesso Ricci). Nel frattempo, female religious as quasi-professional scribes in the
allo scopo di approdare alla definitiva edizione criti- context of a call for further comparative work
ca del testo, ho proseguito lo studio della tradizione, across modern national boundaries.
con l'obiettivo di estenderlo a tutti i quarantuno co- A bibliography and an index round out the volume,
dici a me noti delle Invettive ... ». but there is, alas, no index of mss cited. Those re-
A. Touwaide produced or discussed include the following: Ad-
mont, StiftsB, mss 18, 58, 62, 89, 273, 282, 292,
o
324, 399, 446, 506, 638, 672; Baltimore, Walters
Bayer (Clemens M. M.). Voir n 481. Art Mus., W. 72; Bamberg, SB, Patr. 21, 92; Ber-
lin, SBB, theol. Lat. qu., theol. lat. qu. 140 (neu

(Alison I.). Ed. Manuscripts and


794); Erlangen, UB, 227, 230, 232, 233, 426; Ghent,
367. Beach

Monastic Culture. Reform and Renewal in UB, 92; Graz, UB, 760, 811, 820, 828, 835; Heili-
genkreuz, StiftsB, 100, 105, 148, 153; Kassel,
Twelfth-Century Germany. Turnhout, Brepols, o o o o
StuLB, 4 theol. 14, 8 theol. 2, 8 theol. 3, 8 theol.
2007, 24 cm, XIV-347 p., ill., index. (Medieval
o
4, 8 theol. 14, fol. theol. 59 (lost); Klosterneuburg,

Church Studies, 13). Prix: EUR. 60,00. ISBN: StiftsB, 311, 354, 762; Kremsmünster, StiftsB, CC
35; Linz, StudienB, 15. 30, 68; Marburg, SA, H77;
978-2-503-51528-1. Munich, Bay. SB, Clm 2572, 2573, 2575, 2574a,
This admirable collection of essays, the proceed- 2577, 5254, 7632, 9643, 12611, 12636, 13031,
ings of an international conference held at Admont 13601, 14042, 14159, 14166, 14471, 14731, 15823,
in 2002, presents an interdisciplinary constellation 18379, 18412, 18527, 21570, 22030, 22303, 26325;
of studies all of which draw on the well-preserved Reun, StiftsB, 12, 35; Salzburg, St Peter StiftsB, a
riches of the double monastery of Admont. Perhaps V 46, a VIII 23; Schlägl, Klosterbibliothek, 2; Seit-
the only subject that is not adequately represented tenstetten, StiftsB, 184; Vienna, ÖNB, Cod. 383,
is that of double monasteries per se, one that, de- 811, 870, 948, 1041, 2219, 4433, 4913 and CVP
spite recent contributions, remains insufficiently un- 776-777; Zwettl, StiftsB, 171, 231, 258, 367. Places
derstood. The focus is the place of manuscript of origin or provenances represented by these mss
production in monastic reform, but the essays touch include not only Admont, but also Aldersbach,
on many other subjects as well. Part I (« Seeing, Bamberg (Domkapitel), Baumgartenberg, Garsten,
Hearing, Believing ») includes Adam S. Cohen, Heiligenkreuz, Heilsbron, Herrenchiemsee, Inders-
« Art, Exegesis, and Affective Piety in Twelfth-Cen- dorf, Klosterneuburg, Lambach, Lippoldsberg,
tury German Manuscripts »; Ellen Joyce, « Speaking Mondsee, Oberaltaich, Ranshofen, Regensburg (St.
of Spiritual Matters: Visions and the Rhetoric of Emmeram), Reun, Salzburg (Domkapitel, St. Peter),
Reform in the Liber visionum of Otloh of St. Em- Schlägl, Seckau, Tegernsee, Weihstephan, Wesso-
meram »; and Stefanie Seeberg, « Illustrations in brun, Windberg, Zwettl -- in short, much of the to-
the Manuscripts of the Admont Nuns from the Sec- pography of monastic reform in southwestern
ond Half of the Twelfth Century: Reflections on Germany and Austria during the twelfth century.
their Function ». Part II (« Preaching, Eduction, J. F. Hamburger
and Reform ») includes Alison I. Beach, « The Multi-

(Patrice). Arche´ologie d 'un document


form Grace of the Holy Spirit: Salvation History
368. Beck

d'archives. Approche codicologique et diploma-


and the Book of Ruth at Twelfth-Century Ad-
mont »; Julie Hotchin, « Women's Reading and
Monastic Reform in Twelfth-Century Germany: tique des cherches des feux bourguignonnes
The Library of the Nuns of Lippoldberg »; and
Christina Lutter, « Christ's Educated Brides: Lit-
(1285-1543). Préface d'Olivier Guyojeannin .
Paris, École des Chartes — Genève, Librairie
Droz, 2006, 24 cm, 245 p., pl. (Études et ren-
eracy, Spirituality, and Gender in Twelfth-Century
Admont. » Part III (« Changing Intellectual Land-
scapes ») includes Constant Mews, « Scholastic
Theology in a Monastic Milieu in the Twelfth Cen-
contres, 20). Prix: EUR. 30. ISBN: 2-900-791-
83-9.
tury: The Case of Admont »; Ralf M. W. Stamm-
berger, « Diligens scrutator sacri eloquii
: An Intro- Les cherches des feux sont, dans le duché de
duction to Scriptural Exegesis by Hugh of St. Vic- Bourgogne, des listes de chefs de familles tenant
tor Preserved at Admont Library (MS 672) »; and feu, constituées par bailliage et, à l'intérieur des
Lisa Fagin Davis, « Bernard of Clairvaux's Sermones bailliages, par lieux habités. Pour chaque feu le sta-
Super Cantica Canticorum in Twelfth-Century Ad- tut personnel du chef de famille (sa liberté éven-
mont ». A wide-ranging introduction by Nigel tuelle) est indiqué, de meˆme que sa capacité

155*
bulletin codicologique 2007, 2

économique. Le but de ces documents est d'établir une bibliographie critique du cycle, se propose ici de
l'assiette des fouages, impoˆts généraux extraordinai- relire cette geste à travers des grilles de lecture que
res votés par les états généraux pour le duc. Plu- le titre laisse deviner seulement en partie: réparti-
sieurs dizaines de ces cherches ont été conservées, tion trifonctionnelle des héros; intrusion du carnava-
la plus ancienne datant de 1285, la plus récente de lesque; intertextualité; évolution, au fil des rema-
1544. Les documents originaux sont conservés aux niements et de l'organisation du cycle, du regard
archives de la Coˆte-d'Or, des mentions ayant été fai- porté par narrateurs et publics sur les personnages
tes de cherches aujourd'hui perdues par des érudits et les événements.
e
comme Peincedé au XVIII s. La perspective trifonctionnelle se réclame, bien
Ces cherches sont utilisées depuis longtemps par entendu, de Dumézil: les guerriers relèvent par na-
les historiens de la fiscalité, des institutions bourgui- ture de la deuxième fonction, mais il y a lieu de dis-
gnonnes ou de l'anthroponymie. Mais précisément tinguer le « guerrier d'Odin », stratège adroit,
elles sont utilisées comme une source parmi d'autres, marqué de pondération et de spiritualité, et le
sans attention particulière à leur forme. C'est le « guerrier de Thor », colosse vigoureux, simple et
grand mérite de P. B. que d'avoir compris que ces brutal, le premier attiré vers la première fonction
vulgaires registres sur papier méritaient une étude (sagesse, justice, fonction sacerdotale), le second
approfondie. Et de vouloir appliquer aux registres vers la troisième (abondance, fertilité). Quant au
d'archives les travaux habituellement menés à pro- carnavalesque, la perspective de Dumézil, qui met
pos des mss littéraires, en faisant le pari qu'une étu- en évidence dans les rites folkloriques l'inspiration
de codicologique et diplomatique fine permettra de conservatrice, garante du renouveau cyclique,
mieux comprendre la fonction de ces documents. semble plus appropriée que celle de M. Bakhtine
Sans prendre en compte ici les résultats de l'en- pour l'examen des chansons d'un cycle où le rire
queˆte pour notre connaissance de l'administration « se transforme enfin en célébration euphorique de
fiscale, on peut noter quelques éléments de l'enqueˆte la communauté héroí̈que de l'épopée » (p. 26).
codicologique. Sauf la première, toutes les cherches Cette double perspective informe la lecture de la
conservées sont des registres en papier. Celui-ci, narration dans les cinq chapitres de la première par-
pour autant que les filigranes permettent de l'affir- tie. Bennett analyse successivement le noyau cy-
mer, vient d'abord d'Italie, ensuite de France (un Chan-
clique centré sur le désastre de L'Archamp (
peu la Bourgogne, mais surtout Troyes). Le com- son de Guillaume Chevalerie Vivien Aliscans
, , ); le
merce du papier est en tout cas très largement ré- noyau centré sur la carrière héroí̈que de Guillaume
pandu, ce qui permet aux commissaires de s'en (Couronnement de Louis Charroi de Níˆmes
, ); le noyau
procurer partout. Les scribes étaient parfois les com- des chansons narbonnaises ( Aymery de Narbonne,
missaires eux-meˆmes, des aristocrates, mais plus Narbonnais Mort Aymery
, ); les poèmes consacrés
souvent des scribes professionnels, qui n'hésitent aux Enfances (celles de Guillaume, celles de Vivien)
pas à tracer à l'occasion des lettrines ornées, voire
l'un ou l'autre dessin de plume. Il n'y a en revanche
et aux Moniages (celui de Guillaume, celui de Rai-
nouart); enfin les prolongations tardives que sont les
aucune harmonisation de la mise en page. À partir Enfances Renier Foucon de Candie Girart de Vienne
, , ,
de 1420 environ la réglure au trait est remplacée par Guibert d Andrenas Sie` ge de Barbastre
' , le Ba- et la
la réglure au pli, qui permet de délimiter quatre co-
lonnes à l'intérieur desquelles les données sont inscri-
taille Loquifer. D'un épisode à l'autre, les héros ma-
jeurs — principalement Guillaume — sont renvoyés
tes. Enfin, on notera que ces registres étaient d'Odin à Thor ou meˆme à la troisième fonction. Le
éventuellement plusieurs fois mis à jour, les mal-
heurs des temps rendant les informations rapide-
chapitre suivant ( Des personnages en creux ) trace
l'image que, dans son état actuel (accumulation de
ment obsolètes. ces épisodes contrastés organisés en cycle par les re-
D'une lecture claire, cet ouvrage se distingue aussi manieurs), la geste donne des protagonistes.
par sa richesse en tableaux et en illustrations (plus Desramé et Thibaut, qui, à l'origine, mouraient
d'une centaine!). Y figurent aussi quelques trans- dès leur première confrontation avec les chrétiens
criptions, soit en légende des illustrations, soit en (Desramé dans la Chanson de Guillaume , Thibaut
annexe. B.-M. Tock dans la Prise d Orange
' primitive) échappent à ce
destin pour reparaíˆ tre dans les actions ultérieures:
o ils apparaissent ainsi comme d'éternels fuyards; Thi-
Bel (Catherine). Voir n 415.
baut, de surcroíˆ t, est absent pour la défense de sa
ville et néantisé dans les Enfances Guillaume . La
369. Bennett Carnaval historique
(Philip. E.). guerre incessante qui oppose les paí̈ens aux Narbon-

et e´criture cyclique dans la geste de Guillaume nais est une vendetta familiale et non le choc de

d'Orange. Paris, Honoré Champion éd. 2006, deux religions. Guillaume n'incarne totalement l'idéal
du héros épique que dans le Couronnement de Louis
22 cm, 430 p., index. (Essais sur le Moyen Moniage Guillaume
Aˆge, 34). Prix: EUR. 70. ISBN: 2-7453-1375-
et dans les derniers épisodes du .
Ailleurs son image est plus ou moins gravement
brouillée par diverses failles: travestissements multi-
4.
ples (avec leur implication carnavalesque), marques
Ph. Bennett, qui a, de la geste de Guillaume, une de faiblesse, retraits découragés, qui laissent mo-
longue pratique et une connaissance approfondie, mentanément l'initiative à Guibourc, aux neveux
mise en œuvre dans une importante série d'articles, Bertrand et Guielin, puis à Rainouart; les propos
dans une édition de la Chanson de Guillaume
et dans de certains personnages laissent entendre que la ré-

156*
bulletin codicologique 2007, 2

putation du maíˆ tre d'Orange est, pour une bonne Par ailleurs, il s'attache à recueillir dans la mise
part, fondée sur les exploits des siens. en texte des copies (vers de transition, présence ou
Cette lecture est orientée, on le voit, mais c'est absence d'incipit, de rubriques ou de miniatures) des
une lecture pointue, soucieuse de tirer parti de indices de la réception des chansons par les copistes
chaque détail, attentive aux effets que pouvaient et les destinataires.
produire certaines scènes sur des auditeurs ou des On appréciera le rapprochement entre la pratique
lecteurs qui avaient en mémoire d'autres scènes tra- des copistes de vastes romans en prose ( Lancelot-
ditionnelles; attentive aussi aux interférences des Graal Tristan
, ), où le récit forme un tout, balisé seu-
genres (roman, fabliau), qui naissent à coˆté de l'épo- lement par une division en chapitres, et l'architec-
pée au long du développement du cycle.
e
ture qui apparaíˆ t dans C , où les limites des chan-
S'agissant de remaniements mis en place au XIII sons, comme le début de certains épisodes, ne sont
e
et au XIV s., les fonctions ‘duméziliennes' sont, se- pas signalés par des incipit-intitulés mais par des
lon nous, des moyens herméneutiques plutoˆt que des vignettes accompagnées de rubriques (pp. 351-352).
objets de recherche archéologique, si épaisses sont En revanche, l'examen des copies appelle quelques
les couches culturelles que l'histoire et la littérature précisions.
ont superposées aux mythes fondateurs. Bennett le Le sous-groupe A est constitué par quatre copies:
reconnaíˆ t d'ailleurs à l'occasion: « ... la transposition A A A
1, 2, 4, contemporaines et issues au XIIIe s.
du mythe en épopée estompe en quelque sorte la d'un meˆme atelier — le fait, admis par tous pour
distinction entre les trois fonctions » (p. 279); « la A A1 et 2, est plus que probable pour 4; 3 a été
e
A A
distinction entre la première et la deuxième fonction compilé au XIV s. dans un autre milieu. Ces quatre
témoins reproduisent fidèlement le texte d'un meˆme
A
n'est pas toujours essentielle en dehors de la mytho-
subarchétype A. Pour l'articulation de ces textes,
3
logie de base: dans les récits épico-mythologiques
ne comporte, aux charnières, que des intitulés ( Ci
dérivés, les héros combinent souvent dans leur per-
sonne deux d'entre les trois fonctions » (p. 292, n. 2). commence ...) et une lettrine ornée; les trois autres
marquent plus nettement la frontière: un explicit
Certains jugeront peut-eˆtre qu'il n'échappe pas tout
(Ci faillent Ici fenist
... ...), assorti parfois d'un inci-
à fait, néanmoins à l'esprit de système. Ainsi, par
exemple, quand, rapportant que Clarion, Sarrasin et commence
pit ( ...), insérés par le copiste, qui a pré-
converti, est amené à passer trois lignes successives vu, à la suite, l'espace nécessaire pour une vignette,
d'assiégeants paí̈ens, il suggère que « ce triple pas- qui a effectivement été réalisée.
sage [...] se présente comme une espèce de trajet ini- Il importe de distinguer ce qui est imputable à
tiatique » (p. 289); quand il rapproche le meˆme chacun des copistes et des décorateurs, ce qui figu-
rait dans le modèle de l'atelier et ce qui appartient
Clarion d'Odin ou de Loki (p. 291, n. 1), ou encore
quand il commente (p. 258) les parties d'échecs de au remanieur A. Le rubricateur de A 2 inscrit, après
Guillaume dans la Chevalerie Vivien . la vignette qui représente le couronnement de Louis,
un incipit-programme (« Ci commance le coronement
Mais tous ces chapitres offrent avant tout un
Looys Si comme Guillaume le coronna Maugré touz
commentaire littéraire stimulant. On a souligné
ses barons ») qui fait double emploi avec l'explicit-
depuis longtemps le caractère protéiforme de
incipit déjà inscrit par le copiste (« Ci faillent les en-
Guillaume, le substrat folklorique des épisodes de
fances Guillaume et commence le coronement de
Rainouart. L'étude de Bennett organise plus systé-
Looys »). Conformément aux théories de K. Busby,
matiquement les données et porte un vif éclairage
un tel « seuil », qui n'annonce qu'une partie de la
sur les traits caractéristiques de cette geste singu-
chanson, tendrait à manipuler le lecteur, ainsi
lière.
amené à minimiser les thèmes de la « légitimité de
Le dernier chapitre devrait retenir plus particuliè-
rement les lecteurs de Scriptorium . L'a. examine
la succession impériale, de la pacification du Midi,
de la croisade » et « à ne pas tenir compte des élé-
l'organisation des corpus, réalisés à l'intention de pu- ments carnavalesques impliqués dans l'épisode de
blics différents, échelonnés de 1200 à 1350. L'exa- Corsolt » (p. 325). Ph. Bennet reconnaíˆ t que ce
men se concentre sur le traitement du noyau
cyclique formé par le Couronnement de Louis , le
« seuil » pourrait n'eˆtre qu'un simple repère matériel;

Charroi de Níˆmes et laPrise d Orange


' .
dans le cas d'une manipulation intentionnelle, le jeu
de l'intertextualité aurait amené un lecteur du XIII s.
e

Éditeurs et critiques ont déjà bien analysé la ma- à remettre en cause le programme du rédacteur.
nière des quatre remanieurs auxquels on doit les Mais on soulignera que cet incipit-programme relève
versions A (dite ‘vulgate') et B, toutes deux dérivées A, 2 qui en inscrit
x
de la pratique du seul décorateur
du meˆme subarchétype , et les versions conservées encore un autre, dans la meˆme formulation, après la
par le ms. D C
et le ms. . Bennett s'accorde en géné- vignette de la Bataille Loquifer (« Ci commance la
ral avec les conclusions de ces analyses, tout en les bataille de Loquifer/ d'Avalon et de Renoart »); on
replaçant dans la perspective des chapitres précé- ne trouve rien de pareil dans A 1 A.
et
4 L'hypothé-
dents (soulignant entre autres l'atténuation du car- tique « manipulation » concerne donc le seul ms. A 2
navalesque dans B et C); il évoque aussi les et non « le compilateur des MSS cycliques de la fa-
e
contextes historiques et littéraires d'où émergent les mille A au XIII s. » (p. 324). La mention de deux
versions de C (version romanesque mais « dépoéti- intitulés du seul A 3 (« Ci commence les enfances Vi-
sée » et soucieuse de logique) et de B (d'esprit histo- vienz si comme la merchiande l'acheta desus mer »
riographique). Pour D , en revanche, il s'efforce de — « Ci commence la bataille d'Arlechans et la grant
déceler un projet d'auteur conscient là où d'autres destrucions ») n'autorise pas davantage la conclu-
ne voient que restitution brouillonne et corrompue. sion: « les MSS de la famille A occultent systémati-

157*
bulletin codicologique 2007, 2

quement des éléments importants de la narration » Braun-Niehr. Wiesbaden, Harrassowitz Ver-


(pp. 326-328), ni l'attribution, meˆme virtuelle, de
Aliscans lag, 2007, 28 cm, 368 p., index. (Staatsbiblio-
l'intitulé d' à la plume du « compilateur du
prototype immédiat de la famille A » (p. 332); là où thek zu Berlin Preussischer Kulturbesitz. Erste
la comparaison est possible, on voit que les copistes Reihe, 3). Prix: EUR. 78,00. ISBN: 978-3-
de A A A.
1 , 2 et 4 se contentent d'explicit et d'incipit
447-05183-5.
portant sur des intitulés généraux.
Pourquoi, à l'inverse, attribuer au copiste qui a Après avoir publié les mss théologiques latins in
transcrit dans C la plus grande partie des chansons quarto (édition complète) et les mss in folio (édition
partielle), la SBB entame la série des mss in octavo
du cycle, ou à son chef d'atelier (p. 365) des varian-
tes rédactionnelles qui révèleraient « deux concep- (cote: Ms. theol. lat. oct. 66-125): nous avons relevé
tions distinctes des chansons [ Couronnement et parmi les 60 mss décrits, 45 antérieurs à 1500. Le
Charroi ] »? Il faut les imputer au remanieur à qui ms. le plus ancien, Ms. theol. lat. oct. 96, du IX s.,
Vitae Sanctorum
e

on doit la rédactionC(E) Cou-


du noyau cyclique comporte 74 folios de écrites en
ronnement-Charroi-Prise d Orange.
' France (la première partie, de 1 à 51, dans le cou-
Homogène dans ses pratiques de mise en texte, C vent bénédictin de St-Germain-des-Prés). La plus
ne l'est pas dans ses sources. Ainsi, après la Prise grande partie de ces mss datent du XV s. (29
e

d Orange
' En-
, il présente une version particulière des mss); ils concernent surtout la liturgie du jour.
fances Vivien et de la Chevalerie Vivien , qu'il em- Presque tous ces mss sont exécutés simplement;
l'index onomastique mentionne sous « Buch-
prunte — ou que son modèle empruntait — à un
autre remaniement, nettement caractérisé par ses schmuck » et « Ikonographie » les quelques mss qui
particularités métriques, changement de source qui présentent des initiales fleuronnées et historiées, des
résulte de l'omission des Enfances Vivien dans son dessins etc. Signalons quelques mss exceptionnels:
Ms. theol. lat. oct. 80, un livre de prières de la fin
premier modèle (M. Tyssens, « La tradition manus- e
crite de la geste de Guillaume d'Orange », pp. 177- du XV s. en latin et espagnol, réalisé en Espagne,
178 et 219). C'est donc à cet autre remanieur que porteur de plusieurs miniatures en rouge, bleu, vert
revient le mérite d'avoir « [réintégré] la chronologie et or; sont aussi enluminés les Ms. theol. lat. oct. 97,
de la chanson [ Enfances Vivien ] à celle du cycle »
e
livre de prières de la fin du XV s. en latin et ita-
lien, réalisé à Ferrare dans l'atelier de Giorgio d'Al-
(Bennett, p. 375) en écartant le détail anachronique
lemagna; Ms. theol. lat. oct. 98, Horarium cum
de la capture de Garin à Roncevaux; c'est donc lui,
C orationibus variis , de 1445/50 de Gand (?); Ms.
et non , qui mérite à cet endroit la palme du « tra-
vail conscient et intelligent » (p. 376). theol. lat. oct. 121, biblia sacra (497 f.) de 1250/75,
Trois détails encore. Les deux lignes qui, dans , C attribué à l'atelier Mathurin de Paris.
cloˆturent les Enfances Vivien ne sont ni de la prose, Les origines de ces mss sont très variées; puisque
ni des vers de transition (p. 367), mais l'hexasyllabe la SBB n'a pas profité de la sécularisation des
féminin de fin de laisse — hypermétrique, il est vrai bibliothèques des couvents, sa collection est due à
— qui achève l'annonce de la chanson suivante, une politique d'acquisition planifiée par ses conser-
,
« canchon ... (Bien) Faite de vraie estoire » suivi de vateurs auprès du marché et des antiquariats; il
la rubrique qui, comme partout, commente — au faut y ajouter quelques donations.
présent de l'indicatif — la scène de la miniature, Introduction, p. 7-22; bibliographie, p. 23-38; des-
« Ensi come Guill' fait Vivien chevalier ». Au cription des mss selon les « Richtlinien », p. 39-286;
contraire, aucune marque extérieure ne signale la registre des incipit, p. 287-315; tableaux de concor-
frontière entre le Charroi et laPrise ; les trois vers dance, p. 316-324; index onomastique, p. 325-365.
qui les relient (« Huimais commenche canchon en- P. Cornil
luminee Par jougleor n'ert ja mellor cantee Si
com Orange fu prise et conquestee ») ne sont qu'une
371. Bernhard ( Michael). Die Thomas von
Aquin zugeschriebenen Musiktraktate. München,
annonce textuelle et non « une rubrique versifiée »;
et le dernier de ces vers, avec son verbe au passé,
n'est nullement « [destiné] à servir de légende à une Verlag der Bayerischen Akademie der Wissen-
schaften, 2006. VIII-165 p. (Bayerische Akade-
vignette [...] qu'on pourrait croire annoncée »
(p. 367). Enfin, contrairement à ce qui est dit p. 377,
Foucon de Candie mie der Wissenschaften. Veröffentlichungen der
Muskhistorischen Kommission, 18).
le texte du long poème est réparti
entre deux copistes et orné non de 13, mais de 25 vi-
gnettes (M. Tyssens, op. cit. , pp. 377-379).
Ce nouveau volume qui paraíˆ t dans la collection
Ces quelques remarques, dont on voudra bien ex-
publiée par la Musikhistorische Kommission de
cuser l'inévitable longueur, ne concernent, on le
l'Académie des Sciences de Bavière propose une ré-
voit, que le dernier chapitre d'un exposé, qui est
édition de deux petits traités de musique faussement
par ailleurs — il faut le répéter — neuf et stimu-
attribués à Thomas d'Aquin par leurs premiers édi-
lant. M. Tyssens
teurs, Guerrino Amelli et Mario di Martino (1880,
1933). Le premier traité (Pavie, BU, 450, f. 1-10v;
]. Die theologischen lateinischen
e
370. [Berlin seconde moitié du xiv s.) a été attribué à Thomas

Handschriften in Octavo der Staatsbibliothek zu d'Aquin sur la foi d'un titre factice, de seconde main

Berlin Preussischer Kulturbesitz. Teil 1: Ms. (« Toma de Aquino. Presbiter (?) de arte musica »),

theol. lat. oct. 66-125. Beschrieben von Beate


le second (Vatican, BAV, Vat. lat. 4357, f. 57r-64r;
e e
fin xiii , début xiv s.) pour la seule raison, semble-

158*
bulletin codicologique 2007, 2

t-il, qu'il était relié avec des œuvres de Thomas entre litterae textuales simplifiées et les premières
d'Aquin. La présente édition et les analyses de Mi- cursives humanistiques; suit une période de matu-
e
chael Bernhard écartent désormais et définitivement rité (milieu du XV s.) où la production manuscrite
tout doute quant à ces attributions. L'Éditeur a augmente sensiblement, avec l'introduction de quel-
clairement mis en évidence le caractère compilatoire ques nouveaux éléments (comme la réclame verti-
e e
de ces deux traités qui puisent dans diverses tradi- cale); à la fin du XV s. et au début du XVI ,
tions d'enseignement, françaises et italiennes, de la suite à l'apparition de l'imprimerie, la production
e
seconde moitié du xiii et de la première moitié du manuscrite est en déclin, mais se nivelle sur un mo-
e
xiv siècle, attestés, par ailleurs, par plus d'une tren- dèle de luxe, répondant à la demande de commandi-
taine de mss. Le commentaire accorde une large taires exigeants. Le catalogue des mss étudiés (pp.
place à l'étude des textes en concordance véhiculés 105-270, avec 89 reproductions) est précédé d'un
par cette abondante tradition manuscrite. Ces der- Appendice documentaire contenant la liste des mss
niers, minutieusement collationnés, donnent une de la Commedia e
du XIV s., conservés surtout à Flo-
forte autorité au texte établi par l'Éditeur qui livre rence (avec 13 reproductions), afin de permettre la
ainsi un aperçu exemplaire de la complexité des ré- comparaison avec la tradition postérieure. Suit une
seaux textuels sur lesquels reposent une bonne part liste des mss écartés, ne répondant pas aux critères
des compilations de musique élaborées au Moyen du corpus de l'étude, une bibliographie, et les index
Aˆge. Chr. Meyer des mss cités, des auteurs et des œuvres, des noms
propres et des illustrations. Si l'a. déclare que son

(Sandro). La Commedia all'anti-


travail ne représente qu'un premier pas et un stimu-
372. Bertelli lus pour poursuivre la recherche, il nous offre une
ca. Firenze, Mandragora, 2007, 27 cm., 301 p., vue d'ensemble originale et étoffée, un instrument
qui restera longtemps indispensable pour l'étude de
ill. Prix: EUR. 50,00. ISBN: 978-88-7461-592-1.
la tradition manuscrite tardive de la Commedia et,
Dans l'histoire des études consacrées à Dante, la plus généralement, du livre humaniste.
Commedia n'a été considérée dans une perspective A. Schoysman
codicologique que relativement récemment. Le mo-
numental répertoire publié par Marcella Roddewig
(« Dante Alighieri. Die göttliche Komödie. Verglei- 373. Bertrand (Paul) — Meriaux (Charles).
chende Bestandsaufnahme der Commedia-Hand- Cambrai-Magdebourg: les reliques des saints et
schriften », Stuttgart, Hiersemann, 1984), qui recen- l'inte´gration de la Lotharingie dans le royaume
se pas moins de 827 témoins dans 19 pays, a été
suivi de quelques nouvelles découvertes, et surtout
de Germanie au milieu du Xe sie` cle. (Me´die´vales,
d'un examen codicologique approfondi de l'ensemble 51, 2006, p. 85-96).
de la tradition la plus ancienne du poème, celle du e
Au X s., le duché de Saxe connaíˆ t une renais-
e er
XIV s. (Marisa Boschi Rotiroti, « Codicologia tre- sance carolingienne sous Henri I l'Oiseleur († 936)
centesca della Commedia. Entro e oltre l'antica vul- et surtout sous son fils Otton Ier († 973). Celui-ci
gata », Roma, Viella, 2004). C'est dans le sillage de entretint des relations étroites avec l'éveˆque Fulbert
ces travaux que S. B. étudie ici, du point de vue de Cambrai († 956), ce qui explique sans doute la
codicologique et paléographique, la tradition plus ré- diffusion du culte des saints cambrésiens (dont
cente des mss de la Commedia : un corpus de 86 té-
e
s. Aubert, s. Géry et ste Madelberte, originaire de
moins datés ou datables entre la fin du XIV et la Maubeuge) à Magdebourg. Mais la translation des
e
première moitié du XVI s., et caractérisés graphi- reliques contient également un aspect politique, à
quement par l'usage de la littera antiqua (minuscule savoir l'ancrage de la Lotharingie dans le duché
ronde que les humanistes opposaient à la littera mo- saxon d'Otton I .
er

derna ou littera textualis) et de la cursive humanis-


antiqua
Cette étude est e.a. basée sur deux calendriers
tique, dérivée de l' et utilisée surtout dans maintenant conservés à la KBR de Bruxelles (cote
e
la seconde moitié du XV s. Sur la base de fiches 1814-16) et à la BAV du Vatican (cote Pal. lat.
descriptives complètes (datation, provenance, sup- 1447). A. Smets
port, cahiers, dimension et forme, mise en page, ré-

(Paolo). « Gnomologia » siriaci:


glure, copistes, décoration), S. B. fournit une étude
codicologique détaillée (pp. 15-38) et brosse l'histoire 374. Bettiolo
de la réception de la Commedia e
au XV s. (pp. 39- un censimento. (Aspetti di letteratura gnomica
76), démontrant que la réforme humaniste a déter-
miné une modification évidente de la physionomie
nel mondo antico II. A cura di Maria Serena
Funghi. Florence, Leo S. Olschki Editore,
2004, 24 cm, 468 p. (Union Acade´mique Inter-
du texte dantesque, qui ne conserve pratiquement
rien de l'héritage codicologique de la tradition ini-
tiale du poème, si ce n'est la disposition du texte nationale — Unione Accademica Nazionale —
en pleine page, introduite suite à l'œuvre de Boc- Accademia Toscana di Scienze e Lettere « La Co-
cace: mise en page qui, du reste, est commune chez
les artisans du livre en écriture humanistique. Cette
lombaria », « Studi », CCXXV, pp. 289-304).
évolution comprend trois phases: la période de la fin Census of the texts and their mss, with the fol-
e e
du XIV et du début du XV s. se caractérise par lowing items:
un changement radical des techniques de confection 1. Theanus: Sin. Syr. 16; London, BL, Add. 14658,
et par l'effacement de la distinction, dans l'écriture, BL, Add. 14614; Vatican, BAV, Borg. syr. 17.

159*
bulletin codicologique 2007, 2

2. Pythagoras: BL, Add. 14658, Sin. Syr. 16; Vati- A.-M. Legaré, Le « Pe` lerinage de vie humaine en
can, BAV, Borg. syr. 17. prose de la reine Charlotte de Savoie », 2004, BC
o
3. Menander: BL, Add. 14658, Add. 14614. 2005 n 530) et fut traduite en plusieurs langues: la-
4. Sestus: BL, Add. 17166, Add. 12169, Add. 12166, tin, espagnol, anglais, allemand et moyen néerlan-
Add. 14616, Add. 12160, Add. 12167, Add. 17168, dais. Les traductions médionéerlandaises nous sont
e
Add. 18817, Add. 17218, Add. 14583, Add. 17262, parvenues dans trois mss complets datant du XV s.
Add. 14728; Vat. syr. 126. C'est le texte U (= Utrecht, Rijksmuseum Catharij-
Extracts: BL, Add. 14612, Add. 17173, Add. 12160, nenconvent, BMH 93, « ghescreven te Brussel van
Add. 14577, Add. 14535, Add. 14613, Add. 17178; eenen scriver gheheeten Gielijs vanden Inde,
Paris, BNF, syr. 201; Sin. syr. 16. 1463 ») qui est présenté en édition critique (publica-
5.Gnomologion : Sin. syr. 16; BL, Add. 14618, Add. tion commerciale d'une dissertation soutenue à
l'Université de Leyde). Le traducteur a ajouté une
14614; Vat. syr. 144, Vat. syr. 14; Add. 17178; Ox-
ford, Bodl. Libr., Liber syriacus 331; Cambridge, morale supplémentaire ou un avertissement etc.;
Add. 2012, Birmingham, Selly Oaks College, Minga- par ailleurs, il supprime des passages du texte en an-
na 4; Vat. syr. 596; K.V. Hiersemann, Katalog 487; cien français. Dans le passé on a dit du ms. Berlin,
Diyarbakir 114, Mardin 81. SBB-PK, germ. fol. 624 (= B, Flandres vers 1460),
qu'il offrait une traduction similaire à celle des mss
6. Plato, Diogenes, Socrates and others Vat. syr.
U et H; cette idée s'est averée fausse. Le ms. B né-
135; Dublin, Trinity Coll., 1505.
7. Platonic Definitions glige complètement la première des trois soi-disant
ajournements (moments dans le texte où le narra-
Group A: Sin. syr. 16; BL, Add. 14658, Add. 17193
teur interrompt son récit pour permettre à son pu-
Group B: BL Add. 14658, Add. 14614
blic de se reposer jusqu'au lendemain). Le
Group C: Sin. Syr. 16, BL, Add. 14658, Add. 14618, traducteur de B a eu à sa disposition une copie de
Add. 14614 la traduction moyen-néerlandaise dans U et H (= La
8. Golden Verses: Paris, BNF, syr. 197, syr. 215, Haye, KB, 76 E 6, Hollande, milieu du XV s.) en
e

syr. 300; Oxford Bodl. Libr., Marsh 20; Vatican, plus du texte original.
BAV, Borg. syr. 17. A. Touwaide
Deux des trois mss sont accompagnés d'un grand
nombre de miniatures. Les représentations de la fi-
375. Beullens (Pieter). L'e´tude de l 'Histoire gure allégorique Avarice (une femme à six bras et

des animaux durant l 'occupation latine de Cons- six mains tenant toutes sortes d'attributs (la fig. 29

tantinople et sous les Pale´ologues. (Philosophie et à la p. 171 ainsi que la photo de la couverture, ré-
pétée à la p. 173 fig. 30, montrent 8 bras et 8
sciences à Byzance..., p. 113-125). mains) sont très complexes. Les miniatures ne pré-
sentent aucun lien avec la tradition iconographique
e
Dans deux mss datant du XIII s., le texte de
Histoire des animaux
l' porte la marque des efforts
dans les mss français. G. Hendrix

d'un éditeur, désireux de compléter le contenu ou


o
d'éclaircir le sens là où cela lui semblait nécessaire: Birkhan (Helmut). Voir n 627.
le Vatican, BAV, lat. 2095, témoin de la version la-
tine faite par Guillaume de Moerbeke et révisé en o
partie avec l'aide de la traduction latine de Michel Bischoff (Georges). Voir n 529.
Scot; le Venise, BN Marciana, gr. 212, copié sur

(Marie). Poznámka k recepci


l'ordre de Bessarion et corrigé d'après la traduction
Bláhová
Ceske´ kroniky Jana Margnoly z Florencie ve
377.
de Guillaume de Moerbeke, telle qu'elle se lit dans le

stredove¹kých Cechách. Bemerkung zur Rezeption


Vatican, BAV, Vat. lat. 2095. À son tour, le ms. de
Venise fut un des trois modèles utilisés par Georges
de Trébizonde pour sa traduction de l' Histoire des der Böhmerchronik Johann Margnolas aus Flo-
animaux , qu'il acheva en 1450 et qui allait eˆtre éclip-
renz im mittelalterlichen Böhmen. (Querite pri-
sée par celle de Théodore Gaza. J. Declerck
mum regnum Dei..., S. 333-341, mit dt. Zu-
376. Biesheuvel Die pelgrimage van-
(Ingrid).
sammenfassung).

der menscheliker creaturen. Een studie naar over- Die Böhmerchronik des italienischen Minoriten

levering en vertaal- en bewerkingstechniek van de und Juristen Johann Marignola aus Florenz

Middelnederlandse vertalingen van de Pe` lerinage


(† 1359) hat in der böhmischen Historiographie eine
spezifische Stellung. Obwohl Marignola von Karl IV.
de vie humaine (1330-1331) van Guillaume de persönlich mit der Verfassung dieses Werkes beauf-

Digulleville met een kritische editie van hand- tragt wurde, entspricht die Chronik mit ihrer Kon-

schrift Utrecht, Museum Catharijnenconvent zeption nicht der böhmischen historiographischen

BMH 93. Hilversum, Verloren, 2005, 24 cm,


Tradition. In Böhmen fand sie auch nur einen
schwachen Nachhall, cfr. die Hs. Prag, NK, I D
511 p., pl. (Middeleeuwse studies en bronnen, 10. Historiker haben sie nicht benutzt, mehr Ver-
ständnis fand sie in Schlesien oder in Süddeutsch-
89). Prix: EUR. 49. ISBN: 90-6550-876-7.
land. Doch existiert noch ein weiterer Beleg für die
La version française du Pe` lerinage de vie humaine Kenntnis der Chronik in Böhmen (Prag, NK, I C
a été adaptée en prose française (v. notre c.r. de 24), es handelt sich um die Exzerpten, die der Pro-

160*
bulletin codicologique 2007, 2

paganda des Hofes Karls IV. dienen sollten. Interes- mier chapitre méthodologique qui clarifie la notion
sant ist das Erzählen vom Pfeffer und seinem An- et l'histoire des encyclopédies médiévales, le ch. 2
bau; jedoch ist die Funktion des Textes unklar, offre un état de la question sur le DPR , documenté
vielleicht spiegelt sie nur das höfische Interesse für et fondé sur la recherche la plus récente. Le ch. 3
die exotische Vegetation. P. Spunar présente en détail la traduction néerlandaise, parue
en 1485 à Haarlem sur les presses de Jacob Bellaert

(Renate). Jean
et dont on ne connaíˆ t pas de mss. Le choix éditorial
378. Blumenfeld-Kosinski
Gerson and the Debate on the ‘Romance of the est mis en perspective, et il est question des ex.

Rose'. (A Companion to Jean Gerson, p. 317-


conservés, de leur décoration et de leur usage, ce
dernier point étant fondé sur l'examen détaillé d'un
356). grand nombre d'ex. repérés dans les bibliothèques
d'Europe et des États-Unis. Le ch. 4 étudie le
In this detailed and informative chapter Blumen-
feld-Kosinski treats Gerson's part in the early fif-
VPD en relation à son original latin, les procédés
de traduction et le bilan qui peut en eˆtre tiré. Une
teenth-century debate about the literary and ethic-
al merits of the thirteenth-century allegorical Ro- consultation judicieuse de la filmothèque des mss du
DPR
mance of the Rose . Allying himself with the secular
à Münster a mené l'a. sur la piste du ms. latin
qui est le plus proche: il s'agit du ms. Glasgow, UL,
writer Christine de Pizan (although the latter was
more concerned with the work's antifeminism, Ferguson 234, qui se caractérise par quelques lacu-
nes et quelques leçons particulières ayant un exact
whereas he saw it as corrupting morals), Gerson
took on the cleric Jean de Montreuil and the brothers correspondant dans le VPD . Les deux ch. suivants
comparent le cas du texte néerlandais avec la tra-
Pierre and Gontier Col. Blumenfeld-Kosinski draws
upon the close manuscript research of Eric Hicks duction flamande du Liber de natura rerum de Tho-
(« Le Débat sur le Roman de la Rose », Paris, mas de Cantimpré par Jacob van Maerlant (ca
1977) to give a clear and perceptive chronology of 1270), et avec la version anglaise du
e
DPR réalisée
the development of the debate, while emphasizing par John Trevisa (XIV s.). Le ch. 7 noue en gerbe
Gerson's participation in it. L. Walters les acquis de cette recherche en les mettant en pers-
pective. Le livre se cloˆt par une séquence de huit
o annexes (p. 177-220), dont la seconde est particuliè-
Blumenfeld-Kosinski (Renate). Voir n 662. rement intéressante: un catalogue des 58 exemplai-
res conservés de l'incunable du VPD (collation,
379. Bogaart Geleerde kennis in de
(Saskia).
reliure, présence de gravures et de décoration, pro-

volkstaal. Van den proprieteyten der dinghen venance, traces d'utilisation et bibliographie). La
de visu
(Haarlem 1485) in perspectief. Hilversum, Ver- moitié de ces ex. a été examinée ou sur mi-
crofilm. Cette analyse des incunables se situe dans la
loren, 2004, 24 cm, 252 p., index. (Arteslitera- droite ligne des études codicologiques, et la prise en
tuur in de Nederlanden, 4). Prix: EUR. 22. compte des annotations et des traces d'usage s'avère
fructueuse. On y saisit tout l'intéreˆt d'une bibliogra-
ISBN: 90-6550-815-5.
phie matérielle bien comprise. En l'occurrence, elle a
L'encyclopédie De proprietatibus rerum (par la mis en lumière que l'intéreˆt des lecteurs s'est porté
suite DPR ) du franciscain Barthélemy l'Anglais, ré- principalement dans deux directions: les parties
digée dans les années 1230-1245, est un « best- théologiques, et les indications médicales, fortement
seller » de l'édition manuscrite avec plus de 300 mss glosées, soulignées, pourvues de manicules ou de si-
recensés et des traductions médiévales en sept lan- gnes d'attention dans les marges. Le point a été re-
gues. Le texte latin a fait l'objet de nombreux tra-
vaux les dernières décennies, comme la synthèse de
levé également pour la version latine du DPR, ainsi

Heinz Meyer publiée en 2000 (voir


o
BC , 2002,
que pour d'autres encyclopédies, et relève donc
d'une tendance de fond.
n 217) et les actes du colloque de Münster de 2003,
« Bartholomaeus Anglicus. De proprietatibus rerum .
Une remarque parfaitement marginale pour finir.
Les éditeurs ont placé en couverture une miniature
Texte latin et réception vernaculaire », Turnhout,
2005 ( De diversis artibus , 74). L'édition critique du
extraite du ms. Paris, BNF, fr. 135 (f. 285): pour-

DPR est en cours, et deux volumes viennent de pa-


quoi donc avoir choisi un ms. de la traduction fran-
DPR
raíˆ tre, couvrant les livres I-IV et XVII ( De diversis çaise du , alors que l'incunable néerlandais est
artibus , 78 et 79). Pour ce qui est des versions en
illustré de splendides gravures, généralement colo-
riées à la main dans les ex. conservés?
langue vulgaire, on dispose de travaux importants
B. Van den Abeele
sur les textes anglais (édité), français et anglo-nor-
mand, tandis que les versions provençale, espagnole
et italienne sont en cours d'étude. o
Boissavit-Camus (Brigitte). Voir n 560.
Il est dès lors tout à fait opportun qu'ait été prise
en main la traduction néerlandaise du DPR , long-
temps restée terra incognita Van den
ou presque, le (Václav). Svatováclavská legenda
proprieteyten der Dingen VPD
380. Bok
(par la suite ). Le livre
Men lest van Wenselaus z düsseldorfske´ho ruko-
recensé ici résulte d'une thèse de doctorat soutenue
pisu Zlate´ legendy. Die Wenzelslegende Men les
van Wenselaus aus der Düsseldorfer Handschrift
à Nimègue. Bien structuré et bien informé, il offre
une analyse en profondeur du dossier. Après un pre-

161*
bulletin codicologique 2007, 2

der Legenda aurea. (Querite primum regnum book, however, is of major importance for future

Dei, S. 323-331, mit dt. Zusammenfassung). scholars because many fallacies in modern literature
on early medieval chronology are based precisely on
Der Aufsatz beschäftigt sich mit der Wenzelslegen- ignorance or inaccurate editions of computistical
de Men lest van Wenselaus, die in einer Hs. der süd- texts.
mittelniederländischen Legenda aurea erhalten ist The extensive introduction deals with the ars
(Düsseldorf, UuLB, C 23). computi as a scientific discipline, the history of me-
Neben der Edition der Legende und ihrer überset- dieval chronology and the study of time in later
zung ins Tschechische wurden erste Beobachtungen centuries. In this regard, it is surprising but refresh-
zu diesem Text zusammengebracht. Es geht, offen- ing to read ideas in this book on aspects of time by
sichtlich, um die Übersetzung einer bisher unbe- Umberto Eco, Milan Kundera and Italo Calvino.
kannten lateinischen Vorlage, die in schlichtem Stil Unfortunately, every comprehensive introduction is
geschrieben ist. Einige Motive und Formulierungen deemed to be incomplete. It is, for instance, striking
entsprechen eher der ersten Etappe der Wenzels- that in his chapter on critical computists (p. 96-108)
legenden. Der Vf. der angenommenen lateinischen
Vorlage war ein guter kenner der lat. Wenzelshagio-
Borst did not mention Gerlandus Computista
(d. after 1093), who raised a huge controversy
graphie; man kann vermuten, dass er einen Text among computistical authors by making a clear dis-
schuf, der verschiedenartig beeinflusst wurde. tinction between his computus usualis (based on cal-
P. Spunar culation) and his computus naturalis (based on
observation). At the end of his introduction, Borst
(Tomá). Svatojakubská knihov-
provides a detailed list of 135 mss, containing at
381. Borovský

na v Brne¹ na konci 15. století´. The Library of least one of the texts for his edition (p. 205).

St. James Church in Brno in the late 15th Centu- At the end of the third volume, one can find five
useful indices. The first index consists of 251 mss
ry. (Querite primum regnum Dei..., p. 545-550, and the second one of over 300 primary sources
with references sorted per chapter. In the third in-
with E. summary).
dex one can find over 1330 incipits, i.e. the first 5-
Analysis of a neglected catalogue of the library of 10 words of every single chapter edited in this book,
St. James parish church in Brno (Czech Republic). which will be extremely helpful for anyone who
The catalogue is included in a church inventory wants to identify a computistical piece of text. Fi-
from 1487 with additions from 1489 and contains nally, one can find the more usual indices, covering
63 volumes, mainly liturgical books. P. Spunar persons/places and subjects.
Though I regret the lack of illustrations, this book
382. Borst (Arno). Schriften zur Komputistik is the result of diligent and adequate research.

im Frankenreich von 721 bis 818. Teil 1-2-3. Therefore, it must be considered a reference work
for anyone who wants to study the field of chronol-
Hannover, Hahnsche Buchhandlung, 2006, 23 ogy in the Early Middle Ages.
cm, LIV-526/1020/1643 p. (MGH Quellen zur
P. Verbist

Geistesgeschichte des Mittelalters, 21). Prix: 383. Bottari(Guglielmo). Prime ricerche su


EUR. 150. ISBN: 3-7752-1021-0. Giovanni Antonio Panteo. Messina, Centro In-
More than half a century after the publication of terdipartimentale di Studi Umanistici — Ro-
his general survey on Catharism (1953), Arno Borst
finished his very last opus magnum . From 1990 on-
ma, Ed. Viella, 2006, 22 cm, 185 p., index.
(Università degli Studi di Messina, Centro In-
Quader-
wards, Borst published several influential studies on
medieval chronology, e.g. « Die karolingische Kalen- terdipartimentale di Studi Umanistici.
derreform » (1998) and « Der karolingische Reichs-
kalender und seine Überlieferung bis ins 12. Jahr-
ni di Filologia Medievale e Umanistica , 7).
Prix: EUR. 40,00. ISBN: 88-7541-27-2.
hundert » (2001).
In this substantial work, Arno Borst provides an Ioannes Antonius Pantheus Veronensis, vulgo
edition of twenty computistical texts, written in the Giovanni Antonio Panteo, natus A.D. 1440 circiter,
West-European Continent between AD 721 and primum ab epistolis fuit Hermolai Barbari (senioris)
AD 818, accompanied by over 300 pages of intro- episcopi Veronensis, deinde Pataviae docebat ius ca-
ductory remarks. Among these compustistical texts nonicum in studio generali. A.D. 1484 coronatus
we find relatively small and unknown tracts, but poeta laureatus, mortuus est A.D. 1496. Liber de
also extensive anthologies or encyclopedias made in quo loquimur se ornat modesto titulo « Prime ricer-
Cologne (805), Aachen (809) and Salzburg (818). che su Giovanni Antonio Panteo », cum revera uni-
The main virtue of this book is beyond doubt pro- cus fere videatur qui de Veronensi poeta tractat,
viding the reader an integral edition based on the certe tam effuse. Non tamen solam vitam Panthei
study of all availabe mss. Each edition is preceded narrat effusius, temptat etiam imaginem praebere
by an introduction, wherein Borst manages to pre- eius amicorum, patronorum, concivium. Fundamen-
sent a valuable status quaestionis without discussing tum huius circuli imaginis est carmen Virgilii Zava-
ongoing problems at great length. Inevitably, due to risii ‘cum enumeratione poetarum oratorumque
diverging textual traditions, the critical apparatus is Veronensium' necnon codex manuscriptus 1366 in
sometimes overloaded and difficult to read. This Bibliotheca publica Veronensi conservatus qui et

162*
bulletin codicologique 2007, 2

continet aliquot Panthei carmina. Ad vitam Panthei ailleurs aussi initiateur de l'impression de la « Nan-
narrandam (praesertim de primis annis) auctor uti- céide » dès 1518, parce que soucieux d'entretenir le
tur alio codice, Venetiis in Bibliotheca S. Marci culte de la victoire au-delà de la mort de son père.
conservato, qui continet seriem Panthei ipsius manu Cette forme de tradition devait participer de ma-
scriptorum carminum iuvenilium (lat. XII, 161 nière durable à l'entreprise de mémoire et de propa-
(4456)). Enumeratio carminum et descriptio argu- gande des deux ducs lorrains successifs dont elle
menti invenitur in libello pp. 50-54. Eruditum opus chante la gloire et la légitimité en évoquant sur le
certe, sed prae eruditione non semper facile lectu, mode poético-épique les événements de 1477. Une
praesertim cum auctor non tantum notas in ima pa- description codicologique détaillée et une identifica-
gina positas addit (et eas eruditas!), sed saepe etiam tion des images rapportée aux usages allégoriques et
inter parentheses in textu. Quod carmina episto- aux faits historiques en sont fournies. Près de
lasque tantum Latine citat (et non etiam vernacule soixante miniatures sont reproduites, dont onze en
redditas), mea sententia est optimum. couleurs. Le livre de Ch. Brachmann, d'une grande
Verona, B. Civ., 1366; Venezia, BN Marciana, clarté, comporte au total 232 illustrations en noir et
lat. XII, 161 (4456). M. Verweij blanc et vingt planches en couleurs (miniatures et
vitraux). J.-M. Cauchies
os
Bousmanne (Bernard). Voir n 531, 582.
o
Braet (Herman). Voir n 415.

(Christoph). Memoria Fama


(Jozef) (†). Traductions et traduc-
384. Brachmann

Historia. Schlachtengedenken und Identitäts- 385. Brams

stiftung am lothringischen Hof (1477-1525) teurs latins dans l'empire de Nice´e et sous les Pa-
nach dem Sieg über Karl den Kühnen. Berlin, le´ologues. (Philosophie et sciences à Byzance...,
Gebr. Mann Verlag, 2006, 28 cm, 391 p., ill., p. 101-112).
pl. Prix: EUR. 98,00. ISBN: 3-7861-2533-3. M. B. a résumé l'activité de quatre savants, qui
e
pendant le XIII s., ont traduit du grec en latin des
La victoire retentissante remportée le 5 janvier
ouvrages philosophiques et scientifiques, à savoir
1477 sous les murs de Nancy, aux dépens du duc
Robert Grosseteste, Barthélemy de Messine, Nicolas
de Bourgogne Charles le Hardi, par le duc de Lor-
de Sicile et Guillaume de Moerbeke. Ayant examiné
raine René II († 1508) a donné lieu dans la suite de
d'où provenaient les modèles grecs utilisés par les
son principat et sous celui de son fils Antoine II, dit
traducteurs de cette époque, l'a. a constaté que,
le Bon, à un foisonnement d'initiatives d'exaltation, e
contrairement au XII s., on se procurait des livres
de commémoration et de souvenir. Tout un pro-
grecs en Italie méridionale ou en Sicile. Ceci est par-
gramme à l'appui d'une propagande princière cen-
ticulièrement clair dans le cas de Guillaume de
trée ici sur un événement déterminé. Toute une
Moerbeke, pour lequel M. B distingue entre une
culture de cour aussi (Anjou/Lorraine/Bar) que l'a.
« période grecque » et une « période italienne ».
du livre entend présenter comme réceptacle de
Mss cités: Vatican, BAV, Vat. gr. 276; Paris,
l'œuvre de mémoire. Celle-ci contribue à donner à
BNF, suppl. gr. 1156; Venise, BN Marciana, gr.
la symbolique utilisée, parfois plus ancienne, un ca-
196, 226 et 258; Vienne, ÖNB, phil. gr. 100.
ractère proprement « national » renforcé. Elle
J. Declerck
comporte un ensemble exceptionnellement étoffé de
fondations (églises, chapelles, croix) à Nancy et dans
les parages, jusqu'au célèbre centre de pèlerinage de 386. [
Bratislava ]. Veselovská (Eva). Mit-
Saint-Nicolas-de-Port, le tout programmé à terme
telalterliche liturgische Kodizes mit Notation in
plutoˆt que spontané, ne serait-ce qu'en raison de
contraintes financières. Mais la pierre ou la brique den Archivbeständen von Bratislava I. Bratisla-
ne sont pas seules sollicitées. Des plumes attachées va, Slowakisches Nationalmuseum — Musik-
à la cour, productrices de travaux littéraires et his- museum, 2002, 20,5 cm, 134 + [71] p., pl. [nn.
toriques, prennent part à l'œuvre ducale et à la dé-
1-70], index. ISBN: 80-8060-093-7.
marche panégyrique. À coˆté d'une bien nommée
« Desconfiture de Monseigneur le Duc de Bourgo- This is a catalogue of 12-16th-c. notated sources,
gne... » et d'une « Chronique de Lorraine », ou en- mostly fragmentary, from archives and libraries in
core d'une épopée un peu plus tardive baptisée Bratislava (Pressburg), which belonged to the arch-
« Nancéide », la palme revient, au point de vue de diocese of Gran (Esztergom). A thorough historio-
l'histoire du livre, au « Songe du Pastourel ». Cet graphy cites contributions by Dobroslav Orel,
écrit de nature allégorique, composé par Jean du Richard Rybari (« Die slowakische Neume », 1955;
Prier, poète mais aussi officier ducal, vraisemblable- « Vývoj európskeho notopisu », 1982), László Dobs-
ment entre 1484/85 et 1490, est contenu dans un zay and Janka Szendrei, Zsuzsa Czagány, Gábor
e
ms. richement illustré du XVI s. (Vienne, ÖNB, Kí́ss, Julius Sopko and others. Readers will find
2556), témoin de haute tenue des arts à la cour de the introduction useful for its review of scholarship
Lorraine. Le « Songe » fut d'abord conçu pour le on the mss, ecclesiastical history of Bratislava, 9th-
théaˆtre, avant d'eˆtre adapté quelque trente ans plus 15th c., and discussion of its medieval libraries and
tard sous la forme du codex enluminé par lequel il scriptoria (Cistercians, Dominicans, Charterhouse,
nous est connu, sur l'ordre d'Antoine le Bon, par Praemonstratensians, but no Franciscans). The de-

163*
bulletin codicologique 2007, 2

scriptions of mss with musical notation, which in- 389. Broun (Dauvit) et Harrison (Julian).
cludes tables of neumes for each ms. (pp. 60-101)
The Chronicle of Melrose Abbey. A Stratigra-
are followed by a table of concordances of sigla, in-
phic Edition. Volume I: Introduction and Fac-
dices of mss. by notational type, book type, prove-
nance, and century of production, an index of simile Edition. Woodbridge, The Boydell Press
incipits, conclusions, and the bibliography. 70 black — Scottish History Society, 2007, 24 cm,
and white facsimiles of fair quality show that some XIV-269 p., index, CD-ROM. Prix: GBP 70.
fragments have decorated or illuminated initials and ISBN: 978-0-90624-529-3.
that most are from the archdiocese of Gran if not
local, though some use German notation. The mod- On connaíˆ t depuis longtemps (la première édition
est appearance of the book belies its interest. date de 1684!) la chronique de l'abbaye cistercienne
B. Haggh
et écossaise de Melrose, dont le noyau date de 1173-
1174 mais connut de nombreuses additions jusqu'en
1286-1291. Les AA. proposent ici le premier volume,
387. [Bratislava]. Veselovská (Eva). introductif, d'une nouvelle édition, qui offre une
Mittelalterliche liturgische Kodizes mit Notation meilleure compréhension de cette célèbre chronique,

in den Archivbeständen von Bratislava. II. Bra- mais est aussi l'occasion de se livrer à une réflexion
sur les techniques d'édition de ce genre de texte et
tislava, Institut für Musikwissenschaft der Slo- de proposer des choix éditoriaux inédits.
wakischen Akademie der Wissenschaften, Le premier acquis des AA. est d'avoir montré
qu'il n'y avait pas un, mais deux mss constituant la
2006, 20,5 cm, 118 + [74] p., pl. [nn. 71-139 +
chronique originale (il y a de nombreuses copies
4 pl. Anhang]. ISBN: 80-89135-10-2. modernes): au ms. bien connu, Londres, BL, Cotton
Volume 2 inventories a further 400 11th-16th c. Faustina B. IX, fol. 2-75, qui couvre la période
music fragments from archives, museums and insti- commençant en 731, il faut ajouter le ms. Londres,
BL, Cotton Julius B. XIII, fol. 2-47, qui est une co-
tutes in Bratislava. The introduction critiques the
pie de la chronique d'Hugues de Saint-Victor. Les
conclusions of Rybari and examines the six types
deux mss ont en fait été conçus ensemble avant
of neumes in the fragments at some length: 1. Ger-
man in campo aperto
, 2. Messine-Gothic, 3. Square,
d'eˆtre séparés. Il ne faut cependant pas mettre les
deux textes sur le meˆme plan: la chronique de Hu-
4. Bohemian, 5. from Gran, 6. Gothic. Bohemian gues de Saint-Victor est en fait une série de listes de
rhombic signs are most characteristic of Bratislava. souverains, papes, etc., servant d'aide-mémoire fa-
The book includes 74 black and white facsimiles; cile. La chronique de Melrose proprement dite est
these fragments are modest, with no illuminations. une vraie chronique, développant les faits années
B. Haggh après années, et dont le point de départ n'est pas
choisi au hasard: comme le dit le prologue du ms.
Faustina, il s'agit de prendre le relais de Bède le Vé-
Historia ecclesiastica gentis
o
Braun-Niehr (Beate). Voir n 370.
nérable, qui arreˆte son
Anglorum en 731. Quoi qu'il en soit, le rapproche-
388. Brisson (Luc). Ple´thon et les Oracles chal- ment entre ces deux mss, déjà opéré en partie par

daí¨ques. (Philosophie et sciences à Byzance ..., Joseph Stevenson en 1835, est une découverte fon-
damentale. Les AA. se livrent, pour étayer leur hy-
p. 127-142). pothèse et pour disposer d'une compréhension la
De tendance médio-platonicienne, les Oracles chal- plus large possible du support du texte qu'ils veulent
co-
daí¨ques constituaient le pilier principal du système
éditer, à une étude très approfondie de ces deux
dices (parchemin, constitution des cahiers, reliure,
de Pléthon; ils étaient pour celui-ci la pierre de tou-
identification des scribes...).
che pour la validité de toute affirmation philoso-
Au choix traditionnel d'éditer la chronique dans
phique. Selon la tradition, ils avaient pour auteur
l'ordre chronologique, qui correspond en fait à
Julien « le théurge », qui vivait sous Marc-Aurèle,
l'ordre du ms. et à un ordre simplement logique, les
mais Pléthon les attribue aux disciples de Zoroastre. AA. annoncent une édition par strate. Qu'entendre
Les extraits qu'il cite dans son ouvrage intitulé par là? Une strate, c'est une campagne d'écriture
« Oracles magiques des mages de la tradition de Zo- réalisée souvent par un, parfois par plusieurs scribes.
roastre » ont tous été repris au commentaire que Mi- Car la chronique de Melrose fourmille d'additions,
chel Psellos à consacré aux Oracles chaldaí¨ques , ce que les AA. distinguent en deux groupes: les addi-
dernier dépendant à son tour du commentaire perdu tions linéaires (paragraphes rédigés, intercalés entre
de Proclus. M. B. réfute donc l'accusation lancée ja- deux paragraphes, ou placés à la suite d'un para-
dis par Georges Scholarios et reprise par certains graphe) et les additions marginales (additions géné-
chercheurs contemporains, selon laquelle Pléthon ralement plus brèves, complétant le texte relatif à
aurait été initié à la doctrine de Zoroastre par un une année). Ainsi la première strate correspond évi-
Juif nommé Élissaios, qui enseignait à la cour du demment au noyau initial de la chronique (Hugues
sultan à Andrinople. J. Declerck de Saint-Victor et Melrose) et est due à sept scribes.
La deuxième strate consiste en une série d'annota-
tions marginales écrites peu après l'écriture de la
o
Brodkorb (Clemens). Voir n 449. chronique par un huitième scribe, tandis que la troi-

164*
bulletin codicologique 2007, 2

sième est composée de deux annotations relatives à tions, évidemment, compte tenu de la nature de
l'année 1171 écrites sans doute peu après 1173/1174 l'ouvrage) de quelques-unes des pièces maíˆ tresses de
par un neuvième scribe. Au total, 50 strates et 52 cette production. Sont repris ici les noms et les cotes
scribes ont été mis en lumière. des principaux d'entre eux (les noms sont donnés
La nouvelle édition, que D. B. et J. H. annon- tels que Mme Brown les cite, meˆme si parfois il y a
cent, ne permettra donc pas une lecture facile des une différence avec la dénomination retenue par
événements dans l'ordre chronologique où ils se sont Wilma Fitzgerald, « Ocelli nominum : names and
déroulés (pour cela, on pourra toujours recourir aux shelf marks of famous/familiar manuscripts ». Toron-
éditions existantes), mais facilitera la compréhension to, Pontifical Institute of Mediaeval Studies, 1992):
du travail des chroniqueurs. D'ores et déjà, on trou- Aelfric Pentateuch (London, BL, Cotton Claudius
vera en annexe à ce livre, gravée sur un CD-Rom, B.IV), Aelfwine Prayerbook (London, BL, Cotton Ti-
des reproductions photographiques de grande qua- tus D.XXVII), Aethelstan Psalter(London, BL, Cot-
lité de l'ensemble des deux mss. On ne peut donc ton Galba A.XVIII), Bald s Leechbook
' (London, BL,
que se réjouir de ce travail, qui montre la vitalité Royal 12.D.XVII), Barberini Gospels (Vatican,
d'une culture historiographique qui a fait intervenir BAV, lat. 570), Benedictional of St Aethelwold (Lon-
des dizaines d'acteurs dans une seule abbaye en un don, BL, Add. 49598), Beowulf Manuscript / Nowell
peu plus d'un siècle. Codex (London, BL, Cotton Vitellius A.XV), Bod-
min Gospels Book of Cerne
B.-M. Tock
(London, BL, Add. 9381),
Book of Deer
(Michelle P.). Manuscripts from
(Cambridge, UL, LI.I.10), (Cambridge,
390. Brown UL, II.6.32), Book of Durrow (Dublin, Trinity Coll.,
the Anglo-Saxon Age. London, The British Li- 57), Book of Kells
worth Psalter
(Dublin, Trinity Coll., 58),
(London, BL, Add. 37517),
Bos-
Boulogne
brary, 2007, 25 cm, 184 p., ill., index. Prix:
Gospels (Boulogne, BM, 11), Bury Gospels (London,
GBP 25,00. ISBN: 978-0-7123-0680-5. BL, Harley 76), Caligula Troper (London, BL, Cot-
Il ne s'agit pas ici à proprement parler d'un ou- ton Caligula A.XIV), Cambridge-London Gospels
vrage de recherche — encore que son auteur soit (Cambridge, CCC, 197B; London, BL, Cotton Otho
une chercheuse de renom international —, mais plu- C.V), Ceolfrith Bibles (London, BL, Add. 45025), Co-
toˆt d'un livre de vulgarisation ou, pour mieux le dex Amiatinus (Firenze, BML, Amiatino I), Copen-
dire, de valorisation de la recherche scientifique au- hagen Gospels (Copenhague, KB, G.K.S. 10, 20),
près d'un public cultivé. Il n'empeˆche: on dispose ici Coronation Gospels (London, BL, Cotton Tiberius
d'une « introduction, qui fait autorité, à l'art de la A.II), Cutbercht Gospels (Wien, ÖNB, 1224), Douce
production livresque pendant la période anglo- Apocalypse (Oxford, Bodl. Libr., Douce 140), Dur-
ham Gospels (Durham, Cath. Libr., A.II.17), Durham
saxonne et un aperçu historique de la période à tra-
Ritual (Durham, Cath. Libr., A.IV.19), Eadui Codex
vers la culture du livre ». L'ouvrage est divisé en ef-
(Hannover, Kestner-Mus., WM XXIa 36), Eadui
fet en chapitres courts qui survolent différentes
Psalter (London, BL, Arundel 155), Echternach Gos-
périodes de cette histoire: le monde insulaire avec
pels (Paris, BNF, lat. 9389), Encomium of Queen
l'interaction entre les Celtes et les Anglo-saxons (de
e Emma (London, BL, Add. 33241), Exeter Book
550 environ jusqu'au milieu du IX s.); la montée en
(Exeter, Cath. Libr. 3501), Gospels of Judith of
puissance, en Southumbrie, des royaumes de Mercie
e e Flanders (New York, PML, M. 709), Grimbald Gos-
et de Wessex (VIII -IX s.); l'unification anglaise du
pels (London, BL, Add. 34890), Harley Psalter (Lon-
règne d'Alfred le Grand (871-899) à l'abbatiat du
don, BL, Harley 603), Hereford Gospels (Hereford,
grand érudit Ælfric abbé d'Eynsham (v. 955-v.
Cath. Libr., P.I.2), Lindisfarne Gospels (London,
1010); les invasions des Vikings danois et leur accul-
BL, Cotton Nero D.IV), Missal of Robert of Jumie` ges
turation, du roi Cnut jusqu'à la conqueˆte normande
e (Rouen, BM, Y.6 [274]), Moore Bede (Cambridge, UL,
du XI s. Chaque fois, ce sont les faits de l'histoire
KK.V.16), New Minster and Hyde « Liber uitae »
politique, culturelle et de celle de la culture du livre
(London, BL, Stowe 944), Paris Psalter (Paris, BNF,
et de l'écrit (un peu sous l'angle de vue de la codico-
lat. 8824), Ramsey Psalter (London, BL, Harley
logie, davantage sous celui de la paléographie, mais
2904), St Augustine Psalter (Cambridge, CCC, 286),
surtout sous celui de la décoration, souvent d'une
St Chad Gospels / Lichfield Gospels / Llandeilo Fawr
très grande richesse dans ces chefs-d'œuvre de l'art
Gospels (Lichfield, Cath. Libr., I), St Dunstan's Class-
mondial) qui servent de trame à l'exposé, montrant
book (Oxford, Bodl. Libr., Auct. F.4.32), St Margaret
les relations culturelles entre les principaux acteurs
Gospels (Oxford, Bodl. Libr., lat. liturg. F.5), Stock-
de cette histoire: les Celtes sous l'influence des mo-
holm Codex Aureus (Stockholm, KB, A.135), Tiberius
dèles de l'Antiquité chrétienne tardive, les Anglo-
Psalter (London, BL, Cotton Tiberius C.VI), Trier
saxons formant avec eux une culture insulaire
scriptoria Gospels (Trier, Domschatz, 61), Vercelli Book (Vercel-
li, B. Cap., CXVII), Vespasian Psalter (London, BL,
commune, l'influence des grands carolin-
giens, les perturbations occasionnées par les inva-
sions des Vikings qui provoquèrent d'abord un bref
Cotton Vespasian A.I), Winchcombe Psalter (Cam-
bridge, UL, Ff.I.23). L. Reynhout
recul de la civilisation, puis une affirmation forte de
l'identité anglaise naissante et enfin une accultura-
tion profitable aux deux groupes de populations, 391. [ Brugge, 2004 ]. Genealogica & Heraldica.
juste avant la conqueˆte normande. Un atout impor-
tant du livre, meˆme pour le chercheur, et en tout
Patrimoine du futur. Actes du XXVI Congrès e

cas pour l'enseignant, est constitué par son illustra- International des Sciences Généalogique et Hé-
tion: quelque 140 images polychromes (des sélec- raldique. André Vandewalle, Lieve Viaene-

165*
bulletin codicologique 2007, 2

Awouters, Luc Duerloo éd. Brussel, Vlaam- cette nouvelle édition, non sans virulence lorsqu'il
s'agit de F. J. Carmody, pourtant bien méritoire
se Overheid, 2006, 471 p., ill. ISBN: 90-403-
comme le reconnaissent les auteurs p. xlviii. Si la
0261-8. nécessité d'une édition meilleure du Tresor s'impose,
Intéressent plus particulièrement les mss, les arti- celle de S. Baldwin et P. Barrette y répond en par-
cles suivants: Steen Clemmensen « The armorials, tie seulement: elle met à la disposition du lecteur un
groups and relations » p. 163-173. Il établit le stem- état du texte, tout en accusant certaines limites. Les
auteurs ont travaillé précédemment sur les versions
Tresor
ma de 7 armoriaux Paris, BNF, fr. 23076; B. Arse-
nal 4790 et 5256; Nancy, BM, 1727; Londres, BL, ibériques du , et publié conjointement une
Add. 11542; Stokholm, RA, Codex Bergshammar; traduction anglaise du texte en 1993.
Bruxelles, KBR, II 6567. Anthony Wood « The art En une cinquantaine de pages d'introduction, les
éditeurs présentent Brunet Latin et son œuvre, le
Tresor
of heraldry in illuminated manuscripts » p. 467-472,
ill. London, BL, Add. 49622. plan du , les éditions précédentes, le ms. choi-
Chr. Van den Bergen-Pantens si pour celle-ci (Escorial, B. Monasterio, L-II-3), sa
langue et ses particularités, et enfin les principes
d'établissement de l'édition actuelle. Le ms. de l'Es-
392. [Brugge]. Marc van de Wiele, Anti- corial représente la seconde version du texte, qui
quariaat, Groeninge, 34, 8000 Brugge]. Vente comporte d'importantes additions historiques. Il a
été choisi comme ms. de base en raison de son an-
publique Livres et Gravures, 10 mars 2007. Ca- e
cienneté (XIII s.), de sa qualité linguistique et de
talogue de vente, 64 pages. sa complétude textuelle. C'est donc lui qui est repro-
Ms. relevé: duit, avec des corrections mineures inspirées des
o
N 192: Antiphonaire des Croisiers, latin, parch., deux éditions précédentes, ou des interventions édi-
Pays-Bas méridionaux, vraisemblablement Kolen toriales destinées à rectifier le texte ou à lever des
en Limbourg. En usage chez les Croisiers dans le équivoques. Il ne s'agit donc pas d'une édition
diocèse de Liège. Initiales calligraphiées avec teˆtes critique proprement dite, fondée sur un choix rai-
de moines et droˆleries, initiales ornées. 6 grandes ini- sonné de plusieurs témoins privilégiés. Les auteurs
tiales historiées attribuées à Johannes Van Deven- se justifient en arguant du caractère fluctuant de la
ter, Croisiers de la ville de Nimègue (1465-1537) tradition manuscrite, mais cela reste néanmoins dis-
(avec prix, bibliographie, illustrations). cutable.
M. Chary Dans l'introduction, on s'attendrait à une étude
en profondeur du ms. choisi comme base de travail.

393. Brunetto Latini. Li livres dou Tresor


.
Or, pour des raisons mystérieuses, les auteurs n'y
ont pas procédé: « we were unable to carry out a
Edition and Study by Spurgeon Baldwin and more detailed codicological description in situ , as
Paul Barrette. Tempe, Arizona, Arizona we would have preferred ». En définitive, ils repro-
duisent en p. xxxiii la description assez sommaire
Center for Medieval and Renaissance Studies,
2003, 23 cm, LI - 392 p. ( Medieval and Renais- du catalogue de A. Garcí́a de la Fuente (1933), telle
quelle, tout en observant qu'elle comprend diverses
sance Texts and Studies , 257). Prix: $ 38,00. erreurs. On reste songeur devant une solution aussi
ISBN: 0-86698-300-7. insatisfaisante: pourquoi ne pas avoir corrigé et

Au sein du genre encyclopédique médiéval, le Li-


complété cette notice par une solide description co-

vre dou Tresor de Brunet Latin occupe une position dicologique et paléographique? Un des points esca-
motés est l'illustration du ms. Les quelques initiales
charnière: écrit par un laí̈c italien mais en langue historiées auraient pu apporter des éléments confir-
française, dans les années 1260, il marque une étape mant l'hypothèse avancée en p. xxxiv, que le ms.
décisive dans la vulgarisation des connaissances. Ou- pourrait avoir été réalisé peu après le retour de Bru-
tre un aperçu historique et un panorama de la Créa- net en Italie, et destiné au roi Alphonse le Sage. Ce
tion, avec une large attention au monde animal rattachement reste donc à étudier, et ce n'est pas la
(livre I), le texte inclut d'importants développe- reproduction exécrable du f. 25 donnée en couver-
ments sur la morale (livre II) et la politique (livre ture qui pourra servir de point de départ: il s'agit
III), ce qui le singularise au sein du genre littéraire. manifestement d'un tirage effectué à partir d'un mi-
Sa grande diffusion (environ 80 mss) et les traduc- crofilm usé et rayé. Une photo en couleurs n'aurait
tions médiévales en italien, castillan, catalan et ara- pas été un luxe superflu.
gonais témoignent de son succès et de son influence
durables.
Pour ce qui est des autres mss du Tresor , l'intro-
duction y fait allusion par les seuls sigles, en discu-
On disposait de deux éditions à ce jour: celle de tant à titre exemplaire certaines leçons et variantes.
Polycarpe Chabaille en 1863 et celle de Francis Ja- Afin de comprendre pleinement l'information, le lec-
mes Carmody en 1948. La première offre le texte du teur est donc obligé de recourir en parallèle à l'édi-
Tresor initial, rédigé entre 1260 et 1267, la seconde tion de F. J. Carmody, gymnastique dont il se serait
celui de la version remaniée, sans doute par Brunet bien passé. Une liste de référence des mss, basée sur
lui-meˆme, après son retour à Florence en 1267. Tou- le travail de Carmody, mais complétée et corrigée
tes deux fournissent un large apparat de variantes, (nouveaux mss signalés par J. Bolton Holloway,
ainsi que de sources pour la seconde. Chacune est par ex.) n'aurait occupé que quelques pages, tout
soumise à une critique sévère dans l'introduction de en livrant un service appréciable.

166*
bulletin codicologique 2007, 2

Quant au travail éditorial proprement dit, les édi- tout sur l'image peu positive du vilain dans le Lai
teurs ont choisi de respecter le plus possible les gra- d oiselet
' : il s'agit de quelqu'un qui entend, mais
phies du texte, ce qui est un parti cohérent. Ils ne comprend pas. En d'autres termes, « c'on dit que
procèdent à des corrections ponctuelles, en un appa- cil n'entent qui ot »; ce dernier proverbe reprend
rat parcimonieux de une à six brèves notes par page d'ailleurs un thème biblique, à savoir l'incapacité
(ils le qualifient généreusement en p. xxi de « an ex- des personnes non éclairées de comprendre la vérité
tensive apparatus of textual variants in the footno- (cf. Isaiah 6.9-10 et Lc 10.21-24). A. Smets
tes » pour tenter de se justifier de ne pas inclure de

(Claude). Le roˆle des traduc-


variantes d'autres mss). Pour certains cas de figure,
les éditeurs semblent cependant hésitants: ainsi, ils 395. Buridant
desplisables desprisables
corrigent en (p. 172), et mul- tions me´diévales dans l'e´volution de la langue
tiprier multiplier
en (p. 363), mais ils laissent pla- française et la constitution de sa grammaire.
tique pratique
(Me´die´vales, 45, 2003, p. 67-84).
au lieu de en p. 1 et 4, alors que la
graphie correctepratique apparaíˆ t par ex. en p. 4.
Il reste diverses autres graphies erratiques, dont La naissance et l'élaboration d'une nouvelle lan-
une correction n'aurait pas été injustifiée, mais c'est
gue entraíˆ nent le développement des instruments di-
là une question d'appréciation. En revanche, nous
dactiques, comme des grammaires. Mais des
ne voyons aucun avantage à l'usage systématique
du signe & et
pour , abrégé dans le ms. il est vrai,
recherches scientifiques récentes ont également fait
connaíˆ tre des exercices de traduction spécifiques,
mais par l'abréviation courante en forme du chiffre
comme celui contenu dans le ms. Oxford, Magdalen
‘7', et donc pas par l'esperluette choisie pour l'édi-
tion. Puisque les autres abréviations ont été résolues
Coll., lat. 88, composé de laSomme le Roi accompa-
dans l'édition, l'option éditoriale pour &
est opaque, gnée d'une version latine et d'une traduction en
moyen anglais. Par ailleurs, à coˆté de ces exercices
et elle a pour effet d'alourdir inutilement la lecture.
On aurait pu souhaiter que soit inclus l'un ou l'au- de traduction, une étude des traductions en général
tre des outils philologiques facilitant l'utilisation et peut contribuer beaucoup à une meilleure connais-
la compréhension du texte: une liste des chapitres sance des systèmes sous-jacents au développement
du texte, des notes relatives aux sources ou aux d'une nouvelle langue. Dans l'analyse de quelques
parallèles, un glossaire, des index onomastique et phénomènes de résistance ou d'émergence qui ap-
thématique. Rien de tout ceci n'est présent dans puient cette thèse, l'a. mentionne encore un autre
cette édition. On reste donc sur sa faim devant une codex, à savoir le ms. Vatican, BAV, Reg. lat. 624,
publication qui est assurément le fruit d'un travail contenant une version de La chronique des rois de
prolongé et intensif, et qui livre un état du Livre France .
dou Tresor de grand intéreˆt, mais qui ne peut pas A. Smets
eˆtre considéré comme une édition critique du texte.

(Nathanael). Zur Regensburger


B. Van den Abeele
396. Busch
,Väterbuch'-Handschrift. Mit einem neu aufge-
fundenen Fragment aus dem Bayer. Haupt-
o
Bugani (Fabrizio). Voir n 447.

(Sally L.). The Lai d'oiselet, the


staatsarchiv München. (Handschriftenfunde zur
394. Burch

Proverbes au vilain and the parable of the sower. Literatur des Mittelalters, 176. Beitrag. Zeit-
(French Studies, 58, 1, 2004, p.1-14).
schrift für deutsches Altertum und deutsche Lite-
Le Lai d oiselet
'
e
, du début du XIII s., est une ver-
ratur, 136, 2007, S. 356-358).
sion développée du De rustico et avicula , un exem- In der Sammlung von Einbandfragmenten des
plum figurant dans la Disciplina clericalis de Pierre
Bayerischen Hauptstaatsarchivs finden sich unter
der Signatur « Fragmentensammlung, Oberster Le-
Alphonse. Mais c'est également une réaction polé-
mique aux Proverbes au vilain et au soi-disant savoir henhof Obermünster Nr. 5 » neben lateinischen
Fragmenten zwei Stücke eines Fragments des Väter-
qui est accordé au vilain dans ce genre de textes.
Réagissant contre les Proverbes au vilain , les diffé- buchs, die der sog. ,Regensburger' Hs. (Sigle B) zu-
rents remanieurs du Lai d oiselet
' puisent eux-meˆmes geordnet werden können. Folgende weitere
aussi dans le riche trésor des proverbes, surtout po- Fragmente dieser Pergament-Hs. werden genannt:
pulaires, bien que le nombre puisse varier d'un ms. à Braunau, StiftsB., Bruchstück 2 und o. Sign. (Ver-
l'autre. Ce texte nous est en effet connu dans cinq bleib unbekannt); München, Bay. SB, Cgm 5249
versions différentes, connues comme les mss A (Pa- (16 a), Cgm 5249 (16 b), Cgm 5249 (17 a), Cgm
ris, BNF, fr. 837), B (Paris, BNF, n.a.fr. 1104), C 5249 (17 b); Nürnberg, germ.NMus., 18066.
(Paris, BNF, fr. 25545), D (Paris, BNF, fr. 24432)
B. Gullath
et E (Paris, BNF, fr 1593); les cotes sont tirées de
l'édition de Wolfgang (1990), parce qu'elles ne figu-
rent pas dans l'article. Étant donné que tous les pro- 397. Cacouros (Michel). La philosophie et les
verbes ne sont pas repris dans les recueils, l'a. donne
sciences du Trivium et du Quadrivium à By-
le résultat de ses relevés. Elle constate une grande
Lai d oiselet zance de 1204 à 1453 entre tradition et innova-
tion: les textes et l'enseignement, le cas de l'e´cole
ressemblance entre les proverbes du ' et
ceux des Proverbes aux vilains , mais insiste sur-

167*
bulletin codicologique 2007, 2

du Prodrome (Pe´tra). (Philosophie et sciences à d'Outremeuse. Genève, Droz, 2006, 24 cm, 280
Byzance..., p. 1-51). p. (Bibliothe` que de la Faculte´ de Philosophie et
Les événements désastreux qui à partir de 1204 Lettres de l 'Universite´ de Lie` ge, 288). Prix:
entraíˆ neront la fin de l'empire byzantin, ont eu des EUR. 38,00. ISBN: 2-87019-288-6.
Le Livre IV du Tre´sorier de Philosophie naturelle
conséquences pour l'enseignement de la philosophie
et des Arts libéraux. À travers l'activité de Nicé-
phore Blemmyde (la génération qui a reçu son ins-
des pierres pre´cieuses de Jean d'Outremeuse regroupe
des recetttes pour l'imitation des gemmes et la colo-
truction à Nicée), de Georges Pachymère (la
ration du verre en surface.
génération du retour à Constantinople) et de Jean
Jean d'Outremeuse (1338-1400), chroniqueur lié-
Chortasménos (la dernière génération avant la
geois et personnage mystérieux, a fait l'objet d'une
chute) M. C. examine comment les Byzantins ont
impressionnante bibliographie. Il est surtout connu
su préserver l'essentiel de leur programme d'in-
struction, tout en admettant, faute d'autres ma-
pour Ly Myreur des Histors et la Geste de Lie` ge
, ou-
vrages imposants, édités jadis par les soins de Bor-
nuels, des modifications concernant les textes
enseignés: ainsi, par exemple, Aristote est récupéré
gnet et Bormans. Quant au Tre´sorier
, il n'a jusqu'ici
pu trouver éditeur.
et reste la base de la formation philosophique (voir
L'ouvrage présent, élargissement d'une thèse de
les collections conservées dans les mss Florence,
BML, plut. LXXXV, 1 et Paris, BNF, gr. 1917),
doctorat, est consacré au Livre IV du Trésorier,qui

mais l'Hypotyposis de Proclus a été réintroduite


nous a été transmis dans trois mss: Paris, BNF, fr.
2
12.326 (XV s.); Bruxelles, KBR, II 2761 (anno
dans les cours d'astronomie. En ce qui concerne les
1520) et le ms. perdu de la bibliothèque de Raphaël
institutions, on constate que l'école théologique s'ou-
de Marcatellis (1484) (les descriptions et historiques
vre à la philosophie et aux sciences profanes, évolu-
de ces mss se trouvent aux pages 37-43). Aucun de
tion qui a abouti à la création d'une nouvelle
ces trois mss n'est l'holographe de l'a. Le Paris et le
charge, celle de « katholikos didaskalos » (professeur
Bruxelles semblent avoir eu un modèle commun,
à la fois des dogmes de l'Église et de sciences
puisqu'ils ne présentent que des variantes insigni-
« paí̈ennes »).
fiantes.
Le deuxième volet de la présente étude est consa-
Le Livre IV est édité d'après le ms. de Paris,
cré à la diffusion manuscrite du savoir philosophique
étant le plus ancien, avec un apparat critique du
et scientifique entre 1204 et 1453 (manuels scolaires
ms. de Bruxelles et une traduction en français mo-
et textes destinés aux érudits). Deux tendances ca-
derne. Il se compose de 74 chapitres avec, dans une
ractérisent la production manuscrite: la première est
grande diversité de procédés, 280 recettes techni-
celle d'abréger et de restructurer des commentaires
ques pour le travail et la contrefaçon des gemmes
existants, ce qui aboutit à la rédaction de synopses,
d'épitomés (comme l' Épitome´ de Blemmyde), de col-
et la coloration du verre. Chaque procédé décrit a
été étudié minutieusement par l'éditrice quant aux
lections de définitions et de tables du contenu; la
sources, la lexicologie, le contexte historique et a
seconde consiste à rassembler le plus de savoir pos-
été soumis à une analyse technique.
sible dans de vastes compilations (comme les « cor-
À l'important chapitre consacré à la littérature
pora » organisés par Néophytos Prodromènos). Ces
des recettes (pp. 57-103) est joint un tableau récapi-
compilations supposent disponible un ensemble
tulatif des principales sources consultées, manuscri-
considérable de sources et elles demandent une mise
tes et imprimées, offrant ainsi un très beau survol
en page particulière (le plus souvent, l'exégèse en-
chronologique.
toure le texte commenté de trois coˆtés). M. C. aver-
Le chapitre sur les gemmes (pp. 111-357) redistri-
tit les éditeurs modernes d'un certain nombre de
bue et regroupe les recettes de Jean d'Outremeuse
difficultés que présentent les textes « réactivés » à
dans un ordre plus logique, en y adjoignant de mul-
l'époque des Paléologues.
tiples recettes comparables d'autres origines.
C'est avant tout à l'école du monastère du Pro-
Ce travail, exemplairement approfondi, comporte
drome, situé dans le quartier de Pétra à Constanti-
une impressionnante bibliographie (détail curieux:
nople, que la philosophie et les Arts libéraux ont été
plusieurs volumes d'Actes sont repris sans mention
enseignés, comme en témoigne l'activité des « katho-
du rédacteur scientifique, donc difficilement retrou-
likoi didaskaloi » qui y ont été attachés: Michel Bal-
vable en bibliothèque). R. Jansen-Sieben
samon, Jean Chortasménos, Georges Scholarios et
Jean Argyropoulos. J. Declerck
o
Caroti (Stefano). Voir n 352.
o
Cacouros (Michel). Voir n 583.
399. Casebier (Karen). Re-Writing Lucretia:
o Christine de Pizan's Response to Boccaccio's ‘De
Caldelli (Elisabetta). Voir n 646.
Mulieribus Claris'. (Fifteenth-Century Studies,
398. Cannella (Anne-Françoise). Gemmes, 32, 2007, p. 35-52).
La Cite´ des Dames
verre colore´, fausses pierres pre´cieuses au Moyen de Christine de Pizan constitue

aˆge. Le quatrie` me livre du « Tre´sorier de Philo- un défi lancé aux propositions misogynes de Jean de

sophie naturelle des pierres pre´cieuses » de Jean


Meun, Matheolus et autres critiques du comporte-
ment et de l'éthique féminine. K. Casebier met en

168*
bulletin codicologique 2007, 2

lumière deux techniques littéraires utilisées par perti delle collezioni di Firenze, Vienna e soprattut-
Christine pour subvertir ce discours misogyne pré- to Ercolano: inedite queste ultime, costituiscono
sent dans les sources qu'elle utilise. Premièrement, l'aspetto più ghiotto della nuova redazione di questa
le statut de compilator, d auc-
par opposition à celui ' miscellanea di studi sul libro di papiro. Le 58 tavole
tor, lui confère l'autorité d'un critique qui jauge la del corredo iconografico riproducono complessiva-
valeur de ses sources; deuxièmement, la forme du mente frammenti di 109 papiri (una ventina da Er-
débat juridique lui permet de forger des arguments colano); in qualche caso raggruppati in due o più
irréfutables. H. Haug per tavola, sono di ottima lettura grazie anche al-
l'accurata resa tipografica. In sovracoperta il PSI
o IX.1091 (Firenze, BML) della tav. XXVII.
Castaldi (Lucia). Voir n 406. Non è questa tutta la produzione strettamente
papirologica del Cavallo. Basti pensare ad esempio
o alle riflessioni paleografiche e codicologiche dei « Pa-
Cavalli (F.). Voir n 440.
piri greci letterari della tarda antichità », pubblicate
negli atti del XIII Congresso internazionale di Papi-
400. Cavallo (Guglielmo). Il calamo e il papi- rologia, ai « Papiri greci letterari di età tardo anti-

ro. La scrittura greca dall'età ellenistica ai primi ca » o al più recente (1987) « Greek Bookhands of

secoli di Bisanzio. Firenze, Edizioni Gonnelli, Early Byzantine Period. A.D. 300 - 800 » in collabo-
Scriptorium
2005, 31 cm, IX-256 p., LXIII pl. (Papyrologi-
razione con Herwig Maehler (cfr. 1988,
o
n 632), oppure a molte pagine di « Libri scritture
ca Florentina, 36). Prix: EUR. 150. ISBN: 88- scribi ad Ercolano » (1983). Del resto anche le stesse
« Ricerche sulla maiuscola biblica », punto di riferi-
7468-027-9.
mento paleografico e metodologico imprescindibile e
Il saggio del 1970 sull' « Unità e particolarismo fondamentale nell'ampia letteratura su questa tipo-
grafico nella scrittura greca dei papiri » apre questa logia scrittoria, sfruttano ampiamente materiale li-
silloge dei principali studi papirologici di Guglielmo brario vergato su papiro. Non poteva essere
Cavallo, presentando una panoramica della scrittura altrimenti per chi si è formato da un lato a Firenze
greca dal IV al VII secolo dopo Cristo, minuziosa- alla scuola di Vittorio Bartoletti, dall'altro con
mente e sinteticamente esaminata nelle due fonda- Agostino Pertusi ed Enrica Follieri per completare
mentali recensioni al primo e secondo tomo della rispettivamente con la papirologia e la bizantinistica
« Paläographie der griechischen Papyri » di Richard la sua precedente formazione di studi sulla tradi-
Seider. Altre quattordici ricerche di varia consisten- zione testuale. Proprio per questo la miscellanea tro-
za — da quattro a trenta pagine e più — ma tutte va naturale sede editoriale nei prestigiosi
parimenti significative per i puntuali contributi ai « Papyrologica Florentina » che hanno accolto anche
singoli temi paleografici trattati, affrontano lo « stu- più volte monografie di Rosario Pintaudi, fin dall'e-
dio dei papiri come prodotti scritti » (p. VIII). Gli sordio nel 1976.
articoli qui ristampati sono stati pubblicati dal Molteplici le tematiche ricorrenti in queste pagine,
1965 al 1996 su Atti congressuali, Miscellanee e alcune delle quali sono già state recensite nel BC di
prestigiose riviste specialistiche a carattere interna- Scriptorium
o
o
: cfr. 1971 notices n 68 e 690, 1974 no-
o o
zionale: di queste purtroppo alcune non risultano tice n 629, 1975 notice n 132, 1983 notice n 78;
immediatamente reperibili nelle biblioteche delle 1978, p. 251-255 e 1980, p. 239-240. Gioverà a que-
Università italiane, siano esse dei Dipartimenti o le sto proposito ribadire alcuni aspetti di notevole in-
Statali di definizione ‘universitaria'. Di qui l'utilità teresse, presentati in sede di recensione. Ad esem-
della ristampa, ma non solo. La bibliografia è arric- pio nella difficoltà di reperimento di manufatti data-
chita da aggiornamenti opportunamente scelti con ti in maiuscola calligrafica greca ai quali potersi ri-
ponderato equilibrio a rafforzare tesi già sostenute ferire Cavallo molto opportunamente sottolinea la
dall'a. nella precedente redazione testuale. Anche maggior resistenza all'evoluzione della calligafica ri-
nelle citazioni delle note si rilevano adeguate modi- spetto alla coeva maiuscola corsiva e ricorre all'ana-
fiche nell'esposizione e, in qualche caso, nel merito. lisi stilistica comparata del canone grafico per
È inoltre rimarchevole la rielaborazione formale del- ridatare con maggior precisione i codici in ‘onciale
l'apparato bibliografico: le citazioni dei papiri sono romana', categoria nella quale Daniel Serruys rag-
correttamente uniformate alle regole abbreviative gruppò manufatti attorno all' Iliade di Hawara
pubblicate su rete web (2003). (= P. Haw. 24-28). Cosí̀ l' Iliade Ambrosiana (Milano,
La presentazione delle singole tematiche talvolta B. Ambros., F 205 inf. olim B 88 sup. [= 1019 Mar-
è stata oggetto di revisione di non poco conto con tini-Bassi]) è « ringiovanita » al s. VI nel 1967, ma
eliminazione nel contesto anche di interi blocchi di sei anni più tardi questa maiuscola rotonda con pro-
riferimenti ad esemplificazione formale oppure ag- prie particolarità tecniche e stilistiche è riferita al
giunta di nuova letteratura inserita fra [ ] nell'appa- s. V-VI, individuandola giustamente come imitativa
rato delle note a pie' di pagina. Si tratta di rilevanti di scrittura del s. II-III. D'altro canto un rotolo
modifiche di esposizione paleografica, a testimonian- Odissea
dell' gli consente una interessante verifica
za del progresso metodologico, raggiunto dal Cavallo dell'evolversi dell'angolo dei grassi dal testo origina-
in oltre un trentennio d'insegnamento accademico di rio (s. I d. C.) a quello restaurato ‘ ab antiquo ' (s. II
Paleografia greca. d. C.).
Alle illustrazioni originali degli articoli riprodotti In una conferenza all'Università di Londra nel
se ne aggiungono alcune nuove, provenienti da re- 1971 sono poste le basi per una sintesi grafica della

169*
bulletin codicologique 2007, 2

minuscola greca papiracea, il cui studio fin dal 1902 tana — antiochena, formulate (1983) da Colin H.
era giustamente ritenuto da Frederic G. Kenyon Roberts e Theodor C. Skeat, nel 1996 con nuove da-
« uno degli obiettivi fondamentali della ricerca pa- tazioni dei manufatti Cavallo sostiene una terza ipo-
leografica ». Tuttavia accanto alla scrittura documen- tesi di ‘spinta dal basso' di una più vasta cerchia di
taria (s. IV-VI) in questa miscellanea di paleografia lettori socialmente meno elevati, a seguito di fattori
papirologica sono approfondite numerose forme di economici e storico-sociali.
maiuscola libraria nelle sue varie fenomenologie sti- La letteratura ‘di consumo', o quanto meno non
listiche, canoniche, mimetiche: bacchilidea, ogivale di toni retoricamente elevati, sembra dunque essere
(già onciale slava), biblica, alessandrina (già onciale presentata al lettore nella forma libraria del codice.
di tipo copto), stile epsilon-theta (eccezionale ad Er- L'indagine sul genere narrativo/romanzo, già pubbli-
colano, ma ben attestato in Egitto), epigrafica gre- cata negli atti del convegno su « La letteratura di
ca, capitale romana, koiné greco-latina. La latino- consumo nel mondo greco-latino » (Cassino 1994), è
ercolanese presenta incidenze reciproche soltanto oc- riproposta a conclusione di questa miscellanea di ris-
casionali: infatti nella Villa dei papiri esistevano due tampe. Sarà opportuno ricordarne i dati principali.
biblioteche distinte e separate anche nella conserva- La lettura del romanzo si incentra nel s. II d. C.,
zione logistica, l'una latina, l'altra greca, tuttavia parallelamente all'affermarsi di una più larga fascia
gestite e accresciute in uno scriptorium interno alfabetizzata e ad una lettura estensiva che senza
comune. Esclusivamente alla cultura latina, anche difficoltà affronta testi narrativi di autori molto di-
se nella bilingue Villa dei papiri, ci riconduce l'ana- versi fra loro. Prevale la forma libraria del rotolo
lisi (1996) del frammento Ryland III.473 dell' Histo- (33) sul codice (8) accanto a una notevole (37%)
ria di Sallustio, rotolo in capitale libraria dall'Egitto presenza di manufatti documentari di riutilizzo. Il
importato in Italia. Retrodatato dal s. II-III d. C. a codice in questo tipo di letteratura si afferma nella
non oltre il s. I, il frammento sallustiano se da un metà del s. II d. C. ed è sempre di livello paleogra-
lato è suffragato dall'inedito confronto proprio con fico e codicologico più basso del coevo rotolo. Nella
manufatti ercolanesi del s. I, dall'altro reca al verso ‘letteratura di consumo' sono annoverati anche trat-
uno spezzone di trattato astronomico in greco, nuo- tati di grammatica, caccia, biografie e grýlloi in
va testimonianza di maiuscola alessandrina esempla- scritture nelle quali sono presenti in forma massiccia
ta non già nel s. III, bensí̀ « al più tardi nei decenni le documentarie o grafie « di più basso livello ». Ri-
centrali del II ». Interessante anche l' ulteriore preci- marchevole altresí̀ la lettura lepido susurro di questi
sazione dei principi di datazione dei frammenti pa- testi (non ad alta voce, come per la letteratura più
piracei di reimpiego stabiliti nel 1954 da Eric dotta), mentre gli stessi autori appartengono a quel
G. Turner. E questa analisi coinvolge tutta una serie mondo della burocrazia di Stato o degli hypogra-
di manufatti collaterali che vengono cosí̀ ridatati o phèis segretari privati che sono impegnati nella co-
appaiono suscettibili di ridatazione. pia e diffusione della ‘letteratura di consumo'. Le
Nell'evoluzione della scrittura greca dei papiri osservazioni paleografiche in ultima istanza sfociano
dalle fasi più antiche alla minuscola importante nella codicologia sociale, sottolineando l'interdipen-
contributo sulla distinzione grafica dei manufatti di denza storica delle due discipline, il cui valore scien-
origine non egiziana è lo studio del 1970 su « Unità tifico assoluto quando è collegato alla filologia
e particolarismo grafico », entrambi attestati nei re- testuale nell'analisi della tradizione manoscritta ri-
perti papiracei di Ercolano (di molto anteriori al 79 compone l'umano nella sua intierezza. Al Cavallo
d. C.), oltre che rispettivamente da quelli di Dura tutto il merito dell'approfondimento paleografico e
Europos presso l'Eufrate e di Avroman (Kurdistan metodologico nell'approccio al manufatto papiraceo
persiano) o della Licia e della Palestina: nel s. II a. fino a Giustiniano. S. Bernardinello
C. inizia il processo del particolarismo e si protrae
fino al s. VI d. C., quando la ricostruita unità scrit-
toria va di pari passo con l'unità politica e culturale 401. Cazal (Yvonne), Gabriella Parussa, Cin-
della Bisanzio di Giustiniano. zia Pigniatelli, Richard Trachsler. ' L ortho-
La cancelleresca greca del P. Berol. 11532 graphe: du manuscrit me´diéval à la linguistique
(27.12.209) non appare influenzata dalla coeva can-
celleresca latina, come riteneva Medea Norsa, ma
moderne. (Me´diévales, 45, 2003, p. 99-118).
solo caratterizzata da un'occasionale interferenza, Avec quelques collègues, les a. de la présente
mentre la koiné scrittoria fra le due civiltà si attua contribution collaborent à un projet de recherche
non prima del s. IV d. C. Nello stato di multigra- dans lequel ils étudient « les usages orthographiques
e
fismo assoluto ad Ercolano, sia pur in casi limitati, médiévaux au sein des mss littéraires du XV siè-
è attestata una recezione formale e di tratteggio del- cle » (p. 101). Par le recours aux documents meˆmes,
la scrittura latina in quella greca, mentre nella pras- ils veulent relever certains traits qui restent souvent
si burocratica dell'Egitto bizantino si afferma la cachés lorsqu'on consulte une édition critique. Ils
koiné scrittoria a partire da Diocleziano e nell'Italia sont partis d'un corpus de travail composé de textes
gota il contatto fra onciale latina e maiuscola bibli- attribués (ou attribuables avec beaucoup de proba-
ca greca vede prevalere quest'ultima. bilité) à quelques copistes connus de la période
Se l'interesse primario del Cavallo è palesemente 1400-1450. Plus précisément, il s'agit des textes sui-
paleografico, non disdegna tuttavia l'attenzione al vants: Antoine de la Salle, Livre de Tournois (Paris,
supporto materiale della scrittura. È cosí̀ che accan- BNF, fr. 1997) et Réconfort (Bruxelles, KBR, 7827
to alle due ipotesi sulla nascita del codice, l'una oc- et 10748); Raoul Tanguy, traduction de Tite Live,
cidentale/alessandrina, l'altra orientale/gerosolimi- Ab urbe condita (Paris, BNF, fr. 248; extraits) et

170*
bulletin codicologique 2007, 2

Le Roman de Pontus (Cambridge, UL, Hh 3.16; ex- s'impose comme le plus étendu mais aussi le plus
traits) et Christine de Pizan, Cite´ des Dames et Epis- doctrinal. Une édition critique en a été présentée
tre Othea (Londres, BL, Harley 4431). Le but en 2006 par T. Mertens dans la série « Continuatio
premier des a. était d'abord d'identifier le système mediaevalis » (t. 105) du « Corpus christianorum ».
graphique de chaque scribe, afin de pouvoir établir Son genre de composition, sans doute fort gouˆté
une norme supra-individuelle par la suite. Il est bien des contemporains, moins accessible aujourd'hui, té-
connu que l'orthographe médiévale présente une moigne d'une réelle originalité. De la description du
grande variété et cela s'est confirmé lors de l‘étude tabernacle des Juifs, empruntée à Exode, ch. 28, le
du système graphique de chaque scribe pris indi- mystique brabançon a voulu expliciter les moindres
vuellement. Toutefois, il y a toujours l'un ou l'autre détails tant dans un sens littéral qu'allégorique.
trait qui permet de distinguer les différents usages, Dans cette thèse de licence universitaire fort appré-
bien qu'il soit parfois difficile de déterminer exacte- ciée, l'a. s'est intéressée plus particulièrement au
ment le trait en question. Dans la présente contribu- passage du traité consacré au rationale
, l'ornement
tion, les a. avancent quelques arguments en faveur de forme carrée — ainsi dénommé — que le grand-
de l'existence d'un système supra-individuel pour la preˆtre biblique portait sur sa poitrine et qui était
période 1400-1450. À ce sujet, ils examinent deux orné de douze pierres. Elle établit combien dans un
phénomènes particuliers, à savoir les consonnes dites effort de mémorisation et de méditation Jan van
étymologiques et des éléments de la morphologie Ruusbroec a tenu à faire ressortir de la présentation
verbale. L'étude des consonnes étymologiques a de cet habit sacré toute la valeur didactique, tou-
mené à la conclusion que celles-ci aident à marquer jours actuelle, de transmission du credo apostolique.
graphiquement les mots appartenant à la meˆme Outre une bibliographie sélective et plusieurs appen-
« famille », celle des morphèmes verbaux a relevé dices, cette étude reproduit en couleur, à titre de
une évolution, bien que hésitante, du système mé- documentation, deux folios: 's-Gravenhage, KB,
e
diéval au système moderne. A. Smets 128 C 8, fol. 8r (XV s.) présentant l'ornement d'Aa-
ron d'après le texte vetero-testamentaire et Paris,

(Romolo). Magistri Jacobelli De


e
BNF, fr. 920 fol. 13v (XVI s.) avec une table de
402. Cegna
iuramento. Ms. Bibl. Pal. Vindobonae 4936, concordance scripturaire. G. Michiels

ff. 185r-186v, codex unicus. (Querite primum


regnum Dei..., S. 561-566).
o
Charon-Parent (Annie). Voir n 356.

Textedition mit Fussnoten, ohne Einleitung und


405. Chaˆ telet (Albert) avec la collaboration
Visages d antan. Le Recueil
Kommentar. P. Spunar
de Jacques Paviot. '

403. C esková (Lenka).Mirabilia urbis Romae d Arras (XIVe-XVIe s.).


' 74210 Lathuile-

a Mirabilia Rome z rukopisu XIV H 33 Ná- Haute-Savoie, éd. du Gui, 2007, 475 p., pll.

rodní´ knihovny v Praze. Mirabilia urbis Romae ISBN: 13-978-4176-8.

und Mirabilia Rome aus der Handschrift XIV C'est évidemment avec impatience qu'historiens

H 33 der Nationalbibliothek in Prag. (Querite de l'art et historiens ont attendu la parution de ce

primum regnum Dei..., S. 233-240, mit der dt. célèbre recueil qui est présenté ici avec toute l'atten-
tion qu'il mérite. A. Ch. introduit le sujet en bros-
Zusammenfassung). sant l'évolution du portrait qui, substitut d'une
absence, est aussi le symbole d'une personne, d'un
Der Artikel beschäftigt sich mit einer Variante
der Schrift Mirabilia urbis Romae , die in der hs.
pouvoir ou d'un évènement. En Europe, à partir du
e
XIII s., les gisants tentent de s'individualiser; ceci
Prag, NK früher U Knih. erhalten ist, und ver- e
est encore plus probant en peinture: au fil des XIV
gleicht sie mit dem « Urtext » der Mirabilien. Der e
et XV s., ils font de plus en plus la part du carac-
Prager Text, dessen Provenienz nicht bekannt ist,
tère physique et moral et les collections de portraits
stammt aus dem 13. Jht. Die Prager Abschrift
à titre politique ou généalogique apparaissent dans
weicht vom « Urtext » sehr viel ab. Man wartet auf
les collections princières et aussi privées.
die neue Edition des Textes und dessen ausführliche
Le recueil d'Arras (Arras, Médiathèque, 266) ap-
Analyse. P. Spunar
partient à ce mouvement. Le filigrane d'Edmon De-
nise qui est celui du papier employé, situe immédia-
404. Ceulemans (Hadewijch). Memorabele tement l'exécution des dessins dans la seconde moi-
Mystiek. De rationale-passage uit Jan van e
tié du XVI s. (d'après Briquet attesté entre 1556 et
Armorial uni-
Ruusbroecs Vanden geesteliken tabernakel. Leu- 1579); il est donc contemporain de l'
versel
ven, Peeters, 2006, 24 cm, VI-210 p., ill. (Ant-
qui servit de modèle à Corneille Gailliard, roi
d'armes de Charles Quint, peint sur le meˆme papier
werpse Studien over Nederlandse Literatuurge- (Bruxelles, KBR, 18088-106) et précède les Me´mo-
schiedenis, 13). Prix: EUR. 45,00. ISBN: 90- riaux d'Antoine de Succa que les Archiducs envoyè-
rent à la recherche des effigies des anceˆtres de nos
429-1759-8.
princes territoriaux (Bruxelles, KBR, II 1862) et le
Parmi la douzaine d'écrits attribués à Jan van Costume Book de Rubens auquel il servit parfois de
Ruusbroec, le traité Vanden geesteliken tabernakel modèle (Londres, BL, Prints and Drawings, inv.

171*
bulletin codicologique 2007, 2

1841.12.11.8); témoignant des meˆmes préoccupa- Vulgarius, Fructuosus de Braga, Jean Scot Erigène,
tions. Jonas de Bobbio, Isidore de Séville, Charlemagne et
Tant le Recuei l que les Mémoriaux sont incom- le pape Léon, Léon l'archipreˆtre, le comte Marcellin,
plets et montés sans suite logique. Le Recueil est an- Martin de Braga, Maximien, Paschase de Dume,
noté par plusieurs mains (alors que Succa est Paul Diacre, le Poète Saxon, Priscien, Tajon de Sa-
l'auteur de son travail) et montre une double numé- ragosse, Venance Fortunat, Waltharius, Wigbodus.
rotation. Leur caractère partiel est preuve des fré- Un index des mss, un index des auteurs et des
quentes manipulations dont ils furent l'objet et de œuvres anonymes puis un index des chercheurs
leur succès. Le Recueil appartint à Jacques le complètent un instrument de travail encore peu
Boucq, héraldiste valenciennois (actif 1548-†1573); connu dans le monde des historiens, mais qui gagne-
il en identifia certains portraits mais rien ne prouve rait à l'eˆtre! Certaines contributions sont réellement
qu'il en fut le dessinateur. A. Ch. a choisi d'en pré- remarquables par leur ampleur et par leurs démons-
senter les planches, non dans l'ordre dans lequel elles trations stemmatiques; chaque notice est traitée
sont reliées actuellement mais par ordre chronolo- souvent par un des meilleurs spécialistes du sujet.
gique des personnages représentés et par groupes ar- Assurément de la belle ouvrage. P. Bertrand
tistiques auxquels les modèles semblent se référer.
Cette approche qui diffère d'une simple édition ne
407. Claire (Jean) Saint Ambroise et le
[†].
facilite pas particulièrement la lecture, seul le cons-
tat d'une évolution artistique y trouve un avantage. changement de style de la psalmodie. (Études
L'identification des sources des portraits reste sou-
vent difficile; selon nous, les croquis d'Antoine de
Gre´goriennes..., p. 13-57).
Cette étude du Careˆme milanais dont les conclu-
Succa, localisés, authentifiés et datés, sont plus
sions avaient été présentées par l'a. en 1997 au
complets et plus précis (notamment dans l'annota-
« Congrès international de Chant ambrosien » exa-
tion systématique des couleurs) que ceux d'Arras; si
Succa connut le Recueil en décembre 1601 et janvier
mine la transformation de la psalmodie in directum
en psalmodie responsoriale (avec refrain) qui semble
1602, il ne le copia pas nécessairement. Il faut évi-
bien l'une des contributions majeures de saint Am-
demment tenir compte du caractère incomplet des
broise à l'histoire du chant liturgique d'Occident.
deux volumes qui ne permet de tirer aucune conclu-
Les analyses de l'a. portent sur divers segments du
sion définitive. Ces réflexions prouvent l'intéreˆt de
répertoire des chants des jeudis (le timbre de psal-
cette très belle publication qui aura certainement
de nombreux échos; les notices historiques qui ac-
mellus pour le psautier de la Messe des cathéchu-
mène à Tierce), vendredis (tractus, graduel, timbres
compagnent chaque portrait et leurs armoiries sont
suivies par une bibliographie, une table des concor-
de psalmelli des veˆpres vigiliaires), samedis et di-
manches de Careˆme ainsi que de la Semaine sainte.
dance et un index onomastique.
Cette étude montre en particulier qu'il est possible
Chr. Van den Bergen-Pantens e
de tirer d'une analyse de la musique du xii s. une
e
confirmation des usages du iv s. — Le lecteur trou-
Chausson (François). Voir n
o
560. vera dans cette meˆme livraison des « Études Grégo-
riennes » un « In-memoriam Dom Jean Claire »,
décédé en l'abbaye de Solesmes le 25 avril 2006 (si-
406. Chiesa (Paolo) e (Lucia). La
Castaldi gné fr. Louis Soltner). Une bibliographie des tra-
trasmissione dei testi latini del medioevo. Te. vaux de D. J. Claire (80 numéros) a paru dans

Tra.2, Firenze, SISMEL, Edizioni del Galluzo, « Requirentes modos musicos. Mélanges offerts à

2005, 25 cm, XI-609 p., index (Millennio Me-


dom Jean Claire », éd. D. Saulnier et M. Albert (So-
lesmes, 1995), p. 369-375. Chr. Meyer
dievale, 57. Strumenti e studi, n.s 10. TeTra, 2).
Prix: EUR. 75. ISBN: 88-8450-164-4. 408. Clément-Dumas (Gisèle). L'impact du po-
Voici le second volume de la série consacrée à la litique dans l 'organisation liturgique et musicale.
Transmission des textes latins du Moyen Aˆge orga-
L'exemple de Narbonne à la fin du xie sie` cle.
(Études Gre´goriennes..., p. 59-99).
nisée par P. Chiesa et L. Castaldi, sous les auspices
de la fondation Ezio Franceschini et de la SISMEL,
un an et demi après la publication du premier. Sorte Cette étude se propose de « montrer comment la
de méga- clavis , cet instrument veut faire le point liturgie a été perçue et utilisée comme expression
sur les œuvres de grands auteurs du Moyen Aˆge la- du politique » (p. 59), partant du répertoire proces-
tin et sur leur transmission manuscrite. Chaque au- sionnal transmis par un graduel de la cathédrale de
teur voit son œuvre traitée assez largement, pièce Narbonne (Paris, BNF, Lat. 780) copié autour de
par pièce, les éditions y sont passées en revue et les 1100 (après 1090). Elle retrace sommairement l'his-
traditions manuscrites présentées avec plus ou moins toire de la liturgie « catalano-languedocienne » (litur-
d'ampleur et de détail. Les différents chercheurs qui gie romano-franque avec survivances hispaniques,
traitent chacun (ou à plusieurs) un dossier écrivent puis influencée, au moment de la Réforme dite
dans leur propre langue. Adhémar de Chabannes, « grégorienne », par la liturgie pontificale) et analyse
Agius de Corvey, Alcuin, Ambroise Autpert, Anas- plus précisément, au sein de ce vaste répertoire, ce-
tase le Bibliothécaire, Atto de Verceil, Audrade de lui des processions du transport des reliques, du
Sens, Auxilius, Beatus de Liebana, Cassiodore, rituel du Vendredi-Saint, de la Purification, du Di-
Dhuoda, Dungal, Ermenric d'Ellwangen, Eugenius manche des Rameaux, enfin du rituel de la Dédi-

172*
bulletin codicologique 2007, 2

cace. Selon l'a., l'insertion de quelques antiennes is- est une traduction réalisée à partir des sources an-
sues du Pontifical romano-germanique, la suppres- glo-normandes dans les années 1327-1338. Elle est
sion d'antiennes de « tradition catalano-languedo- souvent considérée comme un des premiers exemples
cienne », enfin la « grégorianisation » de certaines affirmant une identité anglaise, et par conséquent,
mélodies témoignent ainsi de l' « affirmation du pou- anti-normande et anti-écossaise. Mais c'est surtout
voir de l'Église romaine sur l'Église narbonaise » à partir de l'étude du prologue, qui est seulement
(p. 74). Le lecteur trouvera en annexe (p. 79-93) conservé dans le ms. Londres, Inner Temple L., Pe-
des tableaux synoptiques relevant la présence de tyt 511, que l'a. indique qu'il faut apporter quelques
ces chants de procession dans un ensemble représen- nuances à certaines opinions généralement acceptées
tatif de livres notés originaires du Sud-Ouest et du par rapport à ce texte. Tout d'abord, Robert Man-
Midi de la France (graduels, processionnaux, tropai- nyng emploie un style assez simple, mais le prologue
res-prosaires, pontificaux, etc.): Albi, BM, 20, 44; nous apprend que cela n'est pas son propre choix.
Bruxelles, KBR, II 3823; London, BL, Harley En effet, il loue les vers compliqués qui se présen-
4951; Madrid, BN, 136; Montpellier, BM, 20; Paris, tent dans les ouvrages de Thomas of Kendal et de
BNF, Lat. 776, 903, 909, 933, 1086, 1120, 1121, Thomas of Erceldoune, surtout dans le Sir Tristem ,
1136, 1217, 1240, 1248, 2293, 2819. rédigé par Thomas of Erceldoune et conservé dans
Chr. Meyer le ms. Auchinleck (Edinburgh, NL of Scotland, Ad-
vocates' 19.2.1). Ce dernier poète était d'ailleurs un

(Jeremy). Synagoga conversa: Ho-


prophète de la cause écossaise, comme en témoigne
409. Cohen le ms. Londres, BL, Harley 2253. On peut donc dif-
norius Augustodunensis, the Song of Songs, and ficilement décrire Robert Manning comme un auteur
Christianity's « Eschatological Jew ». (Specu- anti-écossais, alors qu'il loue les ouvrages d'un au-

lum, 79,2, 2004, p. 309-340). teur bien connu pour son combat nationaliste. L'ori-
gine de certains passages anti-écossais, qui se
e
Au XII s. l'intéreˆt pour (et la haine contre) les présentent bel et bien dans la Story of England , tout
juifs dans le monde occidental s'accroíˆ t considérable- comme la raison de l'adoption d'un style assez sim-
ment. Cette contribution mise sur un aspect particu- ple, doivent probablement eˆtre cherchées ailleurs, et
lier lié à ce phénomène, à savoir le roˆle croissant du c'est ici qu'interviennent les sources mais aussi les
juif dans la vision eschatologique, et cela à partir de commanditaires. Beaucoup d'encre a déjà coulé sur
Expositio in Cantica canticorum
l' d'Honorius. L'a. le public envisagé de la Story of England , selon l'a. il
base son étude de ce texte, qui est rédigé après faut chercher les commanditaires dans la bourgeoisie
1132, sur l'édition par Migne dans la « Patrologie la- ou la petite noblesse locale, d'origine anglo-nor-
tina » et sur cinq mss, à savoir les codex Clm 4550, mande. Le fait de devoir tenir compte des comman-
5118 et 18125 du Bay. SB de Munich, le ms. lat. ditaires anglo-normands peut expliquer certaines
942 de l'ÖNB de Vienne et le ms. 29 du Walters angoisses exprimées par Manning dans le prologue,
Art Mus. de Baltimore. Il constate que le chiffre mais malgré leur présence, il fait quand meˆme l'ef-
quatre joue un roˆle symbolique important. Ainsi, fort d'établir l'anglais comme langue littéraire, avec
Honorius distingue quatre personnages à l'intérieur les moyens dont il disposait. A. Smets
de la figure de la mariée, dont la troisième est la
synagoga conversa ou l'ensemble des juifs qui se
411. Collin-Roset (Simone). L'ordinaire e´pis-
convertissent au christianisme. Il donne un portrait
innovateur de cette Synagogue à la fin des temps, copal de Nicolas Psaume: le manuscrit 91 de la
comme il résulte du texte, mais aussi des images,
comme celles des mss 29 du Walters Art M. de Bal-
bibliothe` que de Verdun. (Annales de l'Est, 2004,
1, p. 87-114, ill., tableaux).
timore (fol. 89v) et Clm 4550 du Bay. SB de Munich
(fol. 77) qui sont reproduites ici. Ensuite, l'a. Éveˆque et comte de Verdun de 1548 à 1575, le
compare cette image positive que donne Honorius prémontré Nicolas Psaume est connu pour la fer-
— au moins pour les juifs convertis — avec l'exé- meté de ses interventions au concile de Trente en
gèse chrétienne du Cantique des cantiques, avec l'at- faveur de la réforme catholique et les efforts dé-
titude chrétienne envers les juifs et le judaí̈sme au ployés pour restaurer l'autorité épiscopale dans son
e
XII s. et avec la vision prophétique de Joachim de diocèse. S. C.-R. livre une description et le contenu
Fiore sur les juifs, qui développe les idées d'Hono- de l'ordinaire épiscopal que fit réaliser le prélat, à
rius. Il termine avec une comparaison entre celles-ci une date et en un lieu non précisés (Verdun, BM,
et les images chrétiennes contemporaines, comme le 91). Le ms. est orné de douze « grandes peintures
vitrail anagogique dans l'abbaye royale de Saint-De- d'assez faible exécution ». Un tableau permet la
nis. A. Smets comparaison de son contenu et de celui de l'ordi-
naire épiscopal composé quelques décennies plus toˆt
pour l'éveˆque d'Évreux, Raoul du Fou (1479-1511),
410. Coleman (Joyce). Strange Rhyme: Proso- et conservé à Paris (BNF, lat. 963).
dy and Nationhood in Robert Manning's Story J.-M. Yante

of England. (Speculum, 78,4, 2003, p. 1214-


1238). 412. [Colmar ] (Christian). Collections
Meyer

Story of England d'Alsace, de Franche-Comte´ et de Lorraine. I.


Colmar, Bibliothe` que municipale, Brepols,
La par Robert Manning of
Brunne, parfois aussi appelée Chronicle of England
,

173*
bulletin codicologique 2007, 2

Turnhout, 2006, 27 cm, XXXII-176 p. ( Collec- férence à l'édition des versets d'alleluia de Karlheinz

tion des manuscrits note´s du Moyen Aˆge conser- Schlager (« Monumenta monodica medii aevi », VII

ve´s dans les Bibliothe` ques publiques de France, & VIII) et au répertoire des offices rythmiques d'An-
drew Hughes, « Late Medieval Liturgical Office »,
I). Prix: EUR. 70,00. ISBN: 978-2-503-52379-8. Volume 2: « Texts » (Toronto, 1994) euˆt été souhai-
table. Néanmoins, la somme considérable de référen-
Après vingt ans de travail pour l'analyse des mss
ces rassemblée sur chaque ms. dépasse largement
de théorie musicale du « Répertoire international des
celle des autres répertoires liturgiques actuellement
Sources musicales » (RISM), Christian Meyer vient
disponibles. À titre d'exemple, il suffit de consulter
d'inaugurer une collection de catalogues de mss no-
les processionnaux dominicains, qui contiennent au
tés des bibliothèques publiques de France, avec l'ap-
Jeudi-Saint un répertoire de pièces propres à chaque
pui de la Direction du CNRS pour la mise en valeur
couvent pour le lavage des autels, fournissant ainsi
des richesses artistiques du patrimoine français. Bien
un indice d'identification d'origine et d'usage de ce
que le catalogue des mss de Colmar duˆ à Pierre
livre: la liste de ces chants et oraisons avaient été
Schmitt (1969) soit le plus récent de la série ‘Catalo-
sommairement indiqués dans le RISM B XIV 2,
gue général des manuscrits des bibliothèques publi-
mais elle a été ici soigneusement reportée sur ta-
ques de France', il était absolument nécessaire de
bleau en Annexe (p. 145-148). De meˆme, sont enre-
reprendre en détail l'analyse minutieuse des dizaines
gistrées sur tableaux: la liste des séquences domi-
de mss notés provenant des centres prestigieux de
Murbach et Munster (bénédictins), Pairis et Lucelle nicaines (p. 183-184), les hymnes de Murbach
(cisterciens), Marbach et Colmar (chanoines augus- (p. 141-143), des cisterciens (p. 138-141), et des Hos-
tins), des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem pitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (p. 144-145),
(Mss 446 et 447), et enfin les 25 mss notés prove- avec référence pour chacune à l'édition des mélodies
publiées par Bruno Stäblein dans les MMMAE, I.
nant des trois couvents dominicains de Colmar et
d'Unterlinden, auxquels s'ajoutent ceux qui ont émi- Hymnen .
e
gré ailleurs dès le XVIII s. L'utilité de ces dépouillements pour l'histoire du
L'introduction retrace brièvement l'histoire de ces chant liturgique est très appréciable du fait que
collections et signale aussi les mss les plus impor- Murbach a utilisé antérieurement un hymnaire béné-
e e
tants conservés surtout en Allemagne depuis les ‘vi- dictin du VIII -IX s. (Oxford, Bodl. Libr., Junius
sites' de J. B. Maugérard, nommé Commissaire du 25). D'autre part, l'hymnaire cistercien, copié à Mi-
gouvernement par Chaptal, Ministre de l'Intérieur, lan par ordre d'Etienne Harding (ca. 1113-1118), sur
en juillet 1802. L'importance des collections domini- l'hymnaire de la liturgie ambrosienne (M. Huglo et
caines (35 mss, dont un pulpitarium , le ms. 303) a al., « Fonti e paleografia del canto ambrosiano », Mi-
lano, 1957, p. 93-101) est le plus ancien témoin de
donné lieu dans l'Introduction, à un exposé sur les
caractéristiques communes à tous leurs livres liturgi- ces mélodies antiques et les deux mss de Paris
ques, qui devaient en principe eˆtre collationnés comptent parmi les plus anciens témoins de la copie
avant usage sur l'un des exemplaria conservés à Bo- cistercienne du XII s.
e

Le catalogue des 91 mss notés de Colmar contient


logne, Paris et Salamanque. La rubrique de la
p. XV concernant les « collections franciscaines » une bibliographie détaillée (p. XXVII-XXXII): il se
n'est suivie d'aucun texte, mais concerne évidem- termine par un index des chants cités dans le cata-
ment les mss 450, 452 et 463. logue et par l'Index des noms propres. Cet indispen-
À la suite de ces pages historiques, Chr. Meyer sable instrument de recherche, très bien imprimé,
précise les normes de description qu'il a adoptées porte en première de couverture une initiale en cou-
pour les notices des mss notés, mais non applicables leurs tirée de l'antiphonaire de Pairis (Ms. 318). Il
aux divers mss — parfois très anciens, tel la Regula fait partie des publications de l'UMR « Moyen-
Pastoralis de Grégoire le Grand, ms. 40, du VIII s.
e Aˆge » de l'Université de Nancy 2. Le second volume
de la collection, en cours d'impression, contiendra le
— qui ne comportent que des additions de chants
notés en neumes ou sur portée: description de la re- catalogue des mss notés de Besançon, Épinal et Ver-
liure, constitution des cahiers, caractéristiques de dun, inaugurant ainsi une ère nouvelle dans la re-
l'écriture et indication du type de notation: à propos cherche sur la culture artistique et musicale du
des notations neumatiques, il semble préférable de Moyen Aˆge. M. Huglo
ne pas employer le terme de notation sangallienne
pour les mss neumés sans portée, et d'adopter plutoˆt
413.A Companion to Jean Gerson. Ed. B. P.
le terme spécifique de notation de Haute-Alsace
Brill's
McGuire. Leiden/Boston, Brill, 2006. (
Companions to the Christian Tradition 3).
(v.g. pour les mss 443 et 444) ou, à la rigueur, de
notation allemande. Enfin, pour l'analyse du conte-
nu, Chr. Meyer indique qu'il a privilégié les éléments XXVI- 431 p. List price EUR. 95; US$ 124.
susceptibles d'éclairer l'histoire et l'usage du livre:
ISBN: 90-04-15009-9; 978-90-04-15009-6.
de ce fait, il a analysé jusque dans les moindres dé-
tails le répertoire des mss notés, soit par incipit des As a complement to the publication of his biogra-
pièces, soit par simple référence aux sources impri- phy of Jean Gerson (« Jean Gerson and the Last
mées, tel lesAnalecta hymnica , le « Corpus antipho- Medieval Reformation », University Park, Pennsyl-
nalium officii » de René-Jean Hesbert, ou les vania State University Press, 2005), Brian Patrick
« Responsories and Versicles of the Office of the McGuire has assembled an impressive collection of
Dead » de Knud Ottosen (1993), en cours de réédi- essays on the early fifteenth-century theologian and
tion actuellement. Pour les pièces rythmiques la ré- preacher by leading scholars. A common thread run-

174*
bulletin codicologique 2007, 2

ning through the collection is the insufficiency of son's thought remained influential for centuries after
the ten-volume edition of Palémon Glorieux his death.
(« Œuvres complètes de Jean Gerson », Paris, 1960- See below Ouy (Gilbert), Blumenfeld-Kosinski
73), which did not entirely replace the five-volume (Renate). L. Walters
edition of L. E. du Pin (« Joannis Gersonii Doctoris

(Marie-Hélène). La me´de-
Theologi et Cancellarii Parisiensis Opera Omnia », 5
414. Congourdeau

cine à Nice´e et sous les Pale´ologues: e´tat de la


vols., Antwerp, 1706).
The volume comprises 10 contributions. In the
opening piece, « In Search of Jean Gerson: Chronol-
ogy of His Life and Works », Brian Patrick McGuire
question. (Philosophie et sciences à Byzance...,
p. 185-188).
revisits Glorieux's earlier summary of Gerson's life
and works. He also indicates two areas for future L'a. indique les aspects les plus novateurs mar-
development that are not dealt with extensively in quant les recherches actuelles sur la médecine des
the present essay collection, Gerson's role as preach- Byzantins telle qu'elle était pratiquée entre 1204 et
er and as reformer of the University of Paris. In 1453: étude de l'histoire des mss (surtout des « iatro-
« Gerson on Lay Devotion », Daniel B. Hobbins sophia », c'est-à-dire des recueils de recettes, particu-
studies the way Gerson tries to reconcile the spiri- lièrement nombreux durant cette période) afin de
tual insights of a new type of laity with his fear reconstituer l'usage quotidien qu'en faisaient les mé-
that those insights might degenerate into supersti- decins; étude des hoˆpitaux (« xénons »), tels ceux du
tious practice. Mentioning, like McGuire, that Ger- Pantocrator, des Manganes et du Kralj de Pétra, ce
son's French works merit further investigation, dernier ayant joué un roˆle très important dans l'en-
Hobbins adds two other areas ripe for future study: seignement de la médecine et la copie des mss médi-
Gerson's works on magic and superstition and his caux; étude des relations interculturelles avec
promotion of the cult of St Joseph. According to l'Occident et les pays musulmans. J. Declerck
Hobbins, basic research on the dates of Gerson's
texts, their manuscript context, and the conditions o
Congourdeau (M.-H.). Voir aussi n 583.
of their circulation and diffusion are also to be de-
sired. Gilbert Ouy's « Discovering Gerson the Huma-
nist: Fifty Years of Serendipity » outlines the many 415. « Contez me tout ». Me´langes de langue et
ways in which Ouy's discoveries supplement and
correct Glorieux's work on Gerson. D. Zach Flana-
de litte´rature me´die´vales offerts à Herman
gin's « Making Sense of It All: Gerson's Biblical Braet. Ed. Catherine Bel. Louvain-Paris-
Theology » focuses upon Gerson as an interpreter of Dudley, Ma., Editions Peeters, 2006, 24 cm,
sacred texts. In « Gerson as Conciliarist » Francis
Oakley examines Gerson's thoughts on the govern-
XXIII-967 p. ( La Re´publique des Lettres
, 28).
ISBN: 90-429-1718-0.
ment of the Church, in particular his idea that the
pope was not an infallible authority but should Cet imposant volume offre, après un hommage à
rather be seen as a constitutional ruler. Jeffrey Herman Braet (par Christian Berg et Frank Wil-
Fisher's « Gerson's Mystical Theology: A New Pro- laert) et une liste de ses publications (par Catherine
file of its Evolution » traces the development of Ger- Bel), un ensemble de soixante-trois articles répartis
son's mystical theology. Fisher discerns three en cinq grandes rubriques: 1. Littérature médiévale
distinct periods: the first, extending from 1400- (elle-meˆme subdivisée en quatre: Théaˆtre, Textes
1415, was characterized by Gerson's faith in the af- narratifs, Textes lyriques, Textes didactiques et allé-
fectus to provide knowledge of God; the second, goriques), 2. Iconographie et Histoire médiévales, 3.
going from 1415-1425, was marked by his role at Éditions, études philologiques et codicologiques, 4.
the Council of Constance, in which he tried to give Littérature et philologie occitanes, 5. Littérature
consolation to members of the Church; during the médiévale: continuité et postérité. On retrouve dans
third and last period, stretching from 1425 to his la variété de ces contributions celle des axes de re-
death in 1429, Gerson adopted a Dionysian negative cherche et des curiosités du récipiendaire.
theology. Nancy McLoughlin's « Gerson as a Preach- Il ne peut eˆtre question ici de passer en revue
er in the Conflict between Mendicants and Secular tous ces travaux, ni meˆme de reproduire la table
Priests » deals with Gerson's dual concerns for the des matières, mais de présenter brièvement, à l'in-
laity and for the University, the latter with particu- tention plus particulière des lecteurs de Scriptorium ,
lar reference to his position as chancellor of the Uni- ceux qui entretiennent un rapport direct avec les
versity of Paris. In a chapter dedicated to « Gerson's mss. (Cela ne signifie pas que ceux-ci soient absents
Stance on Women » Wendy Love Anderson finds a d'autres contributions, mais ils y figurent plutoˆ t
Gerson relatively free of the gender bias that has comme des rappels (le plus souvent en note) des vo-
been recently ascribed to him by other, by-and-large lumes (et parfois des sigles) recensés dans les édi-
feminist critics. Renate Blumenfeld-Kosinski's « Jean tions utilisées en vue de la rédaction. L'index de la
Gerson and the Debate on the Romance of the Rose » revue ne devrait pas en eˆtre surchargé).
treats Gerson's part in the early fifteenth-century de- Il en est ainsi dans « Adenet le Roi and the Coats
bate about the literary and ethical merits of the thir- of Arms of Charlemagne and His Twelve Peers in a
teenth-century allegorical romance. In the concluding Medieval Roll » par Gérard J. Brault (p. 115-128)
contribution to the volume, entitled « Gerson's Leg- qui, comme on sait, est orfèvre en la matière. Le
acy », Yelena Mazour-Matusevich shows how Ger- roˆle en question est conservé dans quatre mss,

175*
bulletin codicologique 2007, 2

e e
compilations héraldiques des XV et XVI s., et l'a. Graal, 1286); Würzburg, UB, M. ch. f. 24 (Trojaner-
en fournit une édition d'après celui qu'il a siglé A
o o
krieg, milieu du XIV s.); New York, PML, M 638
e

e
(ms. Paris, B. Arsenal, 5027, fol. 191v -192r ). Pour (bible en images, milieu du XIII s.), et enfin La
chaque item donné séparément (i. e. la description Haye, Mus. MW, 10 A 11 (Cite´ de Dieu, c. 1475-
des armes de Charlemagne, Roland, Olivier de 1480). Un riche panorama bien illustré, à propos
Vienne, Turpin, Richard de Normandie, Naimes de d'un épisode aux structures fixes mais aux nombreu-
Bavière, Guyon de Bourgogne, Ogier le Danois, ses « variations dans la similitude » (p. 661).
Thierry d'Ardenne, Godefroy d'Anjou, Hoel de Nan- C'est à un ms. bien précis qu'est consacré le tra-
tes, Eudes de Langres et Hugues du Mans), on trou- vail de Gregor Weyer, « The Roman de la Rose in
vera, à la suite du texte de A, les variantes Frankfurt. Stadt- und Universitätsbibliothek, Ms.
significatives des autres témoins, une traduction (an- lat. qu. 65 » (p. 685-703, avec 8 figures). On y trou-
glaise) du blason, le rapprochement, quand faire se vera une description codicologique (p. 686-687) et
peut, avec les vers des Enfances Ogier d'Adenet le une étude textuelle et iconographique de ce qui est
Roi, qui ont duˆ servir de point de départ aux des- en fait l'une des plus anciennes copies du célèbre ro-
criptions, et un commentaire héraldique que G. B. man, enluminé ici par le Maíˆ tre de Thomas de Mau-
qualifie modestement de « brief », mais qui se révèle beuge.
à la lecture assez approfondi. Il en va de meˆme dans « Un inédit anglo-nor-
Marc-René Jung, dans « À propos de la Moralite´ mand: Le tens joyus est venu » par Keith Busby
dans Li Livres estrais de Philosophie et de Moralite´ (p. 707-712). Il s'agit cette fois du ms. 7 de Shrews-
e
d'Alart de Cambrai » (p. 489-505), reprend certes bury School (milieu du XIII s.; description p. 707-
un texte déjà connu et édité, mais il en étudie plus 708), contenant essentiellement des textes édifiants
spécialement quelques rubriques (avec ajouts chré- et pieux en latin, avec à la fin un poème anglo-nor-
tiens ou exempla ), d'après un ms. particulier, siglé mand de 50 vers sur le Christ, composé « sous la
F, le plus ancien (Paris, B. Arsenal, 3516, copié à forme d'une hymne à la Vierge » (p. 707; édition
Saint-Omer en 1267 ou 1268), en en reproduisant p. 709-711).
de larges extraits qui illustrent l'apport d'Alart à Anna Cornagliotti choisit de présenter « Une nou-
ses sources. velle édition du poème vaudois Lo despreczi del mont
Malgré son intitulé, « A Boethian Bestiary and (p. 713-722), texte de 115 vers à la versification par-
Laelius Misunderstood. Moral and Textual Corrup- fois hésitante, conservé dans deux mss (simplement
e
tion in the Stijevoort-Manuscript » (p. 527-542), l'ar- mentionnés): Dublin, C.5.21 (fin du XV ou début
e
ticle de Annelies Van Gijsen n'est pas de caractère du XVI s.), qui sert de base à l'édition, et Genève,
e e
codicologique: l'a. renvoie pour les textes à une édi- 207 (2 moitié du XV s.), dont les principales va-
tion moderne, sans accorder davantage d'attention riantes sont fournies.
au codex (qui n'est meˆme pas localisé). On peut en Piotr Tylus pour sa part fait connaíˆ tre « Quelques
dire autant de Roy Rosenstein, « Miquel de la Tor's nouveaux manuscrits français religieux et didacti-
Songbook in Sixteenth-Century France: From Bar- ques dans la collection ‘berlinoise' à la Bibliothèque
bieri's Mss via Corbinelli to Nicot's Thresor » Jagellone » [de Cracovie] (p. 783-795). Il s'agit de:
(p. 925-943), où l'a. se borne à faire état de sigles Krakov, BU Jagiel., Gall. fol. 156, copie de laLé-
sans autre identification. gende dore´e en français (c. 1440; description p. 784-
En revanche, celui de Jacqueline Thibault-Schae- 786); Gall. quart. 141, copie de la traduction fran-
fer, « Le bain et l'épée ébréchée, des témoins médié- çaise de l'Horologium Sapientiae
e
de Henri Suso (2
e

vaux à la tenture bruxelloise de Tristan. Évolution moitié du XV s.; description p. 786-787); Gall.
d'un iconème tristanien ou histoire de cuves » quart. 159, copie de laPassion selon Gamaliel , ver-
(p. 647-673, avec 10 figures), constitue une étude at- sion longue et non encore publiée de la Passion-
tentive de la représentation du bain de Tristan dans Evangile de Nicode` me Vengeance de Nostre-
, et de la
plusieurs mss, assortie d'une comparaison avec d'au- Seigneur e
en prose (dernier tiers du XV s.; descrip-
tres scènes analogues d'une part, et avec les tapisse- tion p. 787-789); Gall. quart. 154, jusqu'ici inconnu
e
ries de Wienhausen (XIV s.) et la tenture de Tris- des chercheurs, constitué de deux mss à l'origine in-
tan exécutée à Bruxelles vers 1530-1560 d'autre dépendants et transcrits à des moments différents
e
part. Le texte de l'épisode est cité d'après le ms. du XV s., l'un, malheureusement incomplet, du
e
Carpentras, BM, 404 (XIII s.); les miniatures exa- Jeu sur l Anticlaudien
' , version française inédite du
minées figurent dans les mss suivants: Munich,
e
Ludus super Anticlaudianum d'Adam de la Bassée,
Bay. SB, Cgm 51 (milieu du XIII s.); Londres, dont le codex ainsi découvert devient la quatrième
BL, Add. 11619 (c. 1300); Los Angeles, Paul Getty copie recensée, l'autre, de la traduction par Jean
Museum, Ludwig XV, 5 (1330-1340); Paris, BNF,
e
Courtecuisse de la Formula honestae vitae de Martin
fr. 100 (fin XIV s.), et Bruxelles, KBR, 14697 de Braga (description p. 789-790); Gall. quart. 153,
(c. 1447-1449), ainsi que l'incunable Paris, BNF, Vé- copie, jusqu'à plus ample informé unique (cf.
lin 623 (1494-1495) sont évoquées, à titre compara- p. 791), d'une traduction du De doctrina cordis attri-
tif, des scènes de bapteˆme ou de guérison dans bué à Hugues de Saint-Cher (dans le ms., à Gérard
quelques autres mss: Vienne, ÖNB, 2554 ( Bible mo- e
de Liège), suivie de divers textes brefs (2 moitié du
ralise´e, c. 1220); Douai, BM, 280 Anchin (œuvres de
e
XIV s.; description p. 790-791); enfin, Gall. oct. 35,
e
saint Augustin, XII s.); Castres, BM, (sans cote) copie ancienne de la Somme le Roi de Laurent du
(Grandes Chroniques de France , c. 1330); La Haye,
e
Bois (fin du XIII s.; description p. 791-794).
KB, 71 A 24 ( Miracles de Notre Dame de Gautier Les sujets traités dans ce vaste recueil se concen-
de Coinci, c. 1320-1340); Bonn, UB, 526 ( Lancelot- trent dans l'ensemble sur les littératures française et

176*
bulletin codicologique 2007, 2

e e
occitane, du XIII au XV s., et soulignent une fois liennes des ouvrages français, l'existence d'une litté-
de plus la richesse de domaines dont Herman Braet rature « franco-vénitienne », notre connaissance de
a fait et continue à faire ses sujets de prédilection. certains textes français graˆce à des copies présentées
Cl. Thiry en Italie, ... Parmi les nombreux exemples qui illus-
trent ces différents aspects, un seul ms. est cité, à
savoir le codex Vatican, BAV, Vat. lat. 3793.
416. Corbellini (Sabrina), Goudriaan A. Smets
(Koen), Mol (Johannes A.) & Tervoort (Ad).
Wonderen voor alledag. Elf opstellen over gods-
dienst en samenleving in de Middeleeuwen door
o
Corradini (Richard). Voir n 631.

Jaap van Moolenbroek opnieuw uitgegeven


bij zijn afscheid van de Vrije Universiteit. Hil- Corrigan (Vincent). Voir n
o
436.
versum, Verloren, 2006, 24 cm, 320 p., index.
ISBN: 90-6550-987-2. 418. Corti e Città. Arte del Quattrocento nelle
Le présent ouvrage est édité par quatre anciens Alpi occidentali. Ed. Enrica , Elena
Pagella
élèves de l'a., Jaap van Moolenbroek, spécialiste de Rossetti Brezzi, Enrico Castelnuovo. Tori-
l'histoire de la religion médiévale aux Pays-Bas, à no, Fondazione Torino Musei — Skira, 2006,
l'occasion de son éméritat à la « V.U. » (il s'agit
d'Amsterdam, dont le nom ne figure nulle part!).
28 cm, 513 p., ill.
e
Outre la bibliographie de l'a., il s'agit de la réédition La Savoie du XV s. occupe une position char-
avec mise à jour de onze publications parues dans nière sur l'échiquier international, zone de passage
des revues néerlandaises, belge (à propos de la fon- obligé entre la France et l'Italie, et souvent aussi
dation de l'abbaye norbertine de Tongerlo en 1124), entre les pays du Nord et la Péninsule. La dynastie
française (à propos de l'abbaye de Savigny), alle- des comtes puis ducs de Savoie, aux ramifications
e
mandes et anglaise. Seuls cinq mss sont cités dans importantes, préside le territoire depuis le XIV s.
l'index: ceux dont des illustrations figurent dans le De 1391 à 1439, Amédée VIII y mène une politique
texte (où ils sont reproduits sans leur cote!). culturelle de grand éclat, après avoir réuni le Pié-
Un article est consacré à l'histoire (miraculeuse) mont à la Savoie. Il se retira ensuite de ses fonctions
de la fondation de l'abbaye bénédictine de Saint- pour embrasser une carrière ecclésiastique, comme
Servais à Utrecht, qui existait déjà antérieurement antipape Félix V, puis, après sa soumission à Nico-
à 1137. Le seul ms. dans lequel figure le récit, à sa- las V en 1449, comme cardinal et légat de Savoie.
voir le « Cathalogus abbatum Campensium » n'est Ses successeurs au duché ne furent pas moins entre-
pas mentionné, uniquement son édition par
H. Keussen en 1869. D'après la Chronographia de
prenants dans les domaines artistiques, et ce catalo-
gue vient en apporter un témoignage éclatant. Il
Jan de Beka, l'abbaye devint cistercienne en 1225. accompagnait une exposition qui s'est tenue de fé-
Dans un autre chapitre, Jaap van Moolenbroek vrier à mai 2006 à Turin, et dont l'initiative a été
s'interroge sur le problème que Jacob van Maerlant prise par le Museo Civico.
aurait eu avec les autorités religieuses, à laquelle il
fait allusion dans le prologue de sa Rijmbijbel , un
Cet épais volume de format carré, richement illus-
tré, est structuré en neuf parties, après une intro-
poème de 27000 vers résumant la Bible, terminé en e
duction historique sur la Savoie du XV s. En voici
1171 (pas de cote de ms.). Il pense que les problè-
mes viennent, non de la Rijmbijbel
, mais plutoˆt
les titres: « L'architettura; L'arredo nelle dimore si-
gnorile; Le arti al tempo di Amedeo VIII; Commit-
d'un texte antérieur, le « Drievuldigheid », un sujet tenza vescovile tra Aosta e Sion; Il ducato di Savoia
dont le pape Innocent III et deux théologiens issus e le Fiandre; Antoine de Lonhy, un artista itine-
du diocèse de Tournai et professeurs en Sorbonne, rante in Piemonte; Maestri e botteghe sui due ver-
Henri de Gand et Guillaume de Tournai jugeaient santi alpini; Verso il Mediterraneo, i confini meri-
qu'il n'était pas souhaitable d'en offrir une traduc-
dionali del ducato; Aspetti della committenza da
tion aux laí̈cs ... et aux femmes (les béguines, proba-
Amedeo IX a Carlo II ». Parmi les sous-sections de
blement). Remarquons toutefois que la miniature
ornant le premier feuillet du ms. de la Rijmbijbel re-
ces parties, deux intéressent exclusivement les mss
et seront présentées sous les noms de M. Jacob et
produit (Berlin, SBB-PK, germ. fol. 622A), s'orne
G. Saroni. Des mss font l'objet de notices dans d'au-
d'une représentation de la Trinité! Cl. Lemaire
tres sections: Milano, B. Ambros., D 269 inf. (cat.
1); Asti, Arch. Storico, s.c. (« Codex astensis », enlu-
417. Cornish (Alison). Translatio galliae: ef- miné en partie par Giovannino de' Grassi) (cat. 2);
fects of early franco-italian literary exchange. Torino, A. Stato, J.b.IV.4 (cat. 5); Genève, BPU,

(Romanic Review, 97, 3/4, 2006, p. 309-330).


146 (cat. 7); Lausanne, BU, IS 4254 (cat. 9); Sion,
B. Cantonale, S. 103 (cat. 10); quatre reliures mé-
Contrairement à ce qui arrivera quelques siècles diévales des mss suivants: Lausanne, BU, 350; To-
e
plus tard, au XIII s. c'est la France qui exerce une rino, Arch. Storico, Carte sciolte 390; Alba,
grande influence sur l'Italie. Les éléments qui témoi- B. Seminario, s.c.; Casale Monferrato, B. Civ., 26
gnent de ce phénomène sont très divers: des auteurs (cat. 61-64); Aosta, B. Capitolo, 20 (cat. 147); Sion,
comme Aldebrandin de Sienne et Brunet Latin qui A. Chapitre, 19 (cat. 156); Chieri, A. Storico Com.,
rédigent leurs textes en français, les traductions ita- art. 1 n. 2 (cat. 163); Torino, Mus. Civico d'Arte An-

177*
bulletin codicologique 2007, 2

tica, inv. 448/M (cat. 164); Mondovi, A. Capit., s.c. rituels en moyen-anglais. Plusieurs folios du ms.
(« Messale di Mondovi »); Torino, B. gia Reale, Va- analysé sont reproduits en fin d'ouvrage.
ria 186 (cat. 166); Baltimore, Walters Art Mus., W La présente étude s'inscrit parfaitement dans
206 (cat. 188); London, BL, Add. 27697 (cat. 189); cette série intitulée « The Medieval Translator »
Torino, BN, D.VI.2 (cat. 190); ibid
., D.VI.11 (cat. dans laquelle sont regroupées depuis quelques an-
191); Vevey, Mus. historique, vol. II (cat. 221); Zü- nées des communications traitant de divers aspects
rich, Landesmus., s.c. (Bréviaire de Josse de Sile- théoriques et pratiques de la traduction au moyen
nen) (cat. 223); Aosta, B. Capitolo, 19 (cat. 226), aˆge. Déjà à cette époque des traducteurs s'effor-
ibid., s.c. (affiche des reliques) (cat. 225); ibid
., 43 çaient de rendre des textes latins plus accessibles en
(cat. 227). Une bibliographie commune cloˆt ce su- langue vernaculaire. Il est bon de faire connaíˆ tre
perbe volume, qui offre un éclairage convergent sur leur travail. G. Michiels
des réalisations fort dispersées.
B. Van den Abeele
421. La Croisade Albigeoise. Actes du Colloque
(Lambros). Platonismes
du Centre d'Études Cathares, Carcassonne, 4, 5
419. Couloubaritsis

et aristote´lismes à Byzance dans l'empire de Ni- et 6 octobre 2002 organisé avec le concours du

ce´e et sous les Pale´ologues. (Philosophie et scien- Conseil Général de l 'Aude. Sous la présidence

ces à Byzance..., p. 143-156). de Michel Roquebert. Carcassonne, Centre


d'Études Cathares, 2004, 24 cm, 409 p., index.
L'a. donne un historique du débat entre platoni- Prix: EUR. 35. ISBN: 2-9521024-0-6.
ciens et aristotéliciens à l'époque byzantine. Il dis-
tingue six étapes successives: 1. les précurseurs La croisade albigeoise est un événement emblé-
(Michel Psellos et Jean Xiphilin); 2. les philosophes matique non seulement de l'histoire française mais
de Nicée (Nicéphore Blemmyde, Georges Acropolite, aussi de l'histoire en général. Malheureusement, les
Georges Pachymère et Maxime Planude, lequel re- passions régionalistes, qu'elles représentent le sud
présente déjà la génération postérieure à Nicée); 3. ou le nord de la France, ont trop souvent influencé
les acteurs des premières oppositions (Nicéphore le jugement des historiens et des amateurs qui se
Choumnos et Théodore Métochite); 4. la lutte anti- sont intéressés à cet épisode. Le mal n'est pas irré-
hésychaste (Barlaam de Seminara, Nicéphore Grégo- parable. En 2002, un important colloque consacré à
ras, Grégoire Acindynos); 5. le triomphe de l'aristo- cette croisade fut organisé à Carcassonne. Si les his-
télisme par le rayonnement de Thomas d'Aquin toriens français étaient présents en nombre, on trou-
(Démétrios Cydonès et son frère Prochore); 6. le dé- vait aussi des spécialistes allemands, anglais, italiens
bat entre Gémiste Pléthon et Georges Scholarios. et espagnols. Graˆce à cette grande diversité, l'étude
J. Declerck de la croisade albigeoise se fit dans une perspective
internationale, ce qui permit au débat de s'élever au

(Marleen). Vernacular Mysticism in


dessus de toutes les passions régionalistes.
420. Cré Les actes de ce colloque forment un ouvrage im-
the Charterhouse. A Study of London, British posant. Les vingt et une communications, l'introduc-
Library, Ms. Additional 37790. Turnhout, Bre- tion et le compte rendu de la table ronde cloˆturant

pols, 2006, 23 cm, 373 p., index. (The Medieval


le colloque occupent plus de quatre cents pages. Ha-

Translator — Traduire au Moyen Age, 9).


bituellement, les actes d'un colloque sont utiles aux
chercheurs, mais ils ne donnent qu'une vision frag-
Prix: EUR. 65,00. ISBN: 2-503-52132-0. mentée du sujet traité. Ce n'est pas le cas cette
fois-ci. Le nombre important des communications
Le ms. London, BL, Add. 37790 qui fut la pro-
et le choix intelligent des sujets permettent au lec-
priété de Lord Amherst avant d'eˆtre acquis en 1910
teur d'embrasser la croisade albigeoise dans son en-
par le British Museum, est digne d'intéreˆt. Il se pré-
semble.
sente comme une anthologie de textes mystiques de
Les communications sont réparties en quatre
Richard Rolle, de Julienne de Norwich, de Jan
grands thèmes: Les sources pour l'étude de la croi-
Ruusbroec, de Marguerite Porète et de fragments
sade, Les causes et les événements de la croisade,
d'autres textes spirituels. Tous ces textes, traduits
Les acteurs de la croisade et Les conséquences de
du latin ou meˆme du français, s'y présentent en
la croisade. Ainsi, au fil des textes, les événements
moyen-anglais. Cette collection possède une logique
historiques sont rappelés à la mémoire, les enjeux
interne qui porte à croire qu'elle a été ainsi consti-
religieux et politiques sont analysés en profondeur
tuée à dessein.
et les conséquences politiques, économiques et socia-
Ce ms. qui compte 236 folios est écrit d'une seule les de cette invasion militaire du sud de la France
e
main du XV s. en une élégante anglicana formata
. sont détaillées. Signalons encore le traitement parti-
Il provient vraisemblablement d'une chartreuse an- culier accordé aux principales sources narratives qui
glaise. On sait que plusieurs scriptoria cartusiens sont cataloguées et décrites avant d'eˆtre étudiés
étaient fort actifs à l'époque. La main du scribe de dans le détail. Plusieurs communications font aussi
ce ms. se retrouve également dans deux autres mss: abondamment usage des sources archéologiques.
London, BL, Egerton 2006 et Cambridge, S. John's Les chercheurs participant à ce colloque semblent
Coll., 189 qui contiennent également des textes spi- n'avoir négligé aucune des sources à leur disposition.

178*
bulletin codicologique 2007, 2

La transcription des propos échangés lors de la et 1247; datation un peu plus précise, 1235 et 1245
table ronde est tout aussi intéressante. Elle permet (p. 183).
non seulement de clarifier certains points de détail, 4) La Le´gende ombrienne semble eˆtre écrite sur
mais elle ouvre aussi plusieurs nouvelles pistes de re- commande pour soutenir la position parfois contes-
cherches. Un index extreˆmement détaillé cloˆture tée de frère Élie, un proche de s. François (p. 234-
l'ouvrage. L'initiative est heureuse et permet de 235 e.a.); son auteur tente de concilier la vision du
s'orienter facilement dans la masse colossale d'infor- fondateur de l'ordre et celle de l'ordre, dont Élie
mations disséminées dans ce travail. Si plusieurs car- était devenu responsable.
tes locales et régionales accompagnent certaines des L'a. a ajouté à son livre une bibliographie (p. 329-
communications, nous regrettons l'absence de cartes 350), un index des mss (p. 351-355) et un index des
plus générales des régions concernées par les événe- noms de personnes et de lieux (p. 357-366).
ments. En effet, le lecteur n'est pas toujours au fait Il s'agit d'une œuvre détaillée, érudite et précise
de la géographie historique de ces régions. Un outil qui ne perd de vue à aucun moment le fil de son
cartographique rudimentaire aurait été le bienvenu. raisonnement. P. Cornil
Cette petite faiblesse n'enlève rien à la qualité
d'un ouvrage qui permet à la fois aux chercheurs o
Dal Poz (Lorenz). Voir n 640.
de bénéficier des dernières découvertes scientifiques
et aux novices de découvrir la croisade albigeoise
o
dans toute sa complexité. Ce travail est à mettre Danzi (Massimo). Voir n 356.
dans toutes les mains et nous sommes convaincu
qu'il deviendra rapidement une référence bibliogra-
o
phique incontournable. S. Boffa Davies (Wendy). Voir n 578.

o o
Cropp (M.). Voir n 536. Debae (Marguerite). Voir n 531.

Cusick (Barbara I.). Voir n


o
438. 423. Le de´bat sur le Roman de la Rose
. Traduit
en français moderne par Virginie Greene. Pa-
(Jacques). Vers une re´solution ris, Honoré Champion, 2006, 24 cm, 348 p., in-
422. Dalarun

de la question franciscaine. La le´gende ombrienne dex. ( Traductions des classiques du moyen aˆge
,
de Thomas de Celano. Paris, Fayard, 2007, 24 76). Prix: EUR. 25,00. ISBN: 2-7453-1418-1.

cm, 366 p., index. Prix: EUR. 25. ISBN: 978- Le présent volume propose pour la première fois
la traduction en français moderne d'un « classique »
2-213-63354-1.
de la littérature polémique opposant rodophiles et
Le but de l'a., est 1) d'établir le texte de la Lé- e
rodophobes à l'aube du XV s. Originellement édité
gende ombrienne, 2) d'identifier son auteur, 3) d'en par le regretté Eric Hicks, le De´bat sur le Roman de
préciser la datation et 4) d'en comprendre le sens la Rose met en scène cinq des plus grands esprits
historique. Disons tout de suite que la Légende om- humanistes du Paris renaissant, à savoir: Jean Ger-
brienne est la seule du corpus franciscain à se son, Pierre et Gontier Col, Jean de Montreuil et
concentrer sur les deux dernières années de la vie Christine de Pizan. Outre la traduction des premiers
du saint, sa mort (1226) et son destin posthume échanges des années 1401-1402 (lettres de Christine
(voir p. 57). adressée à Isabeau de Bavière et à Guillaume de Ti-
gnonville (?); lettres et répliques de Gontier Col,
1) L'édition de cette légende (p. 250-311) se fonde
Jean de Montreuil et Christine de Pizan), l'ouvrage
sur les mss de Terni, BC, 227 bis, f. 231 ra-236 ra;
propose aussi la traduction (due à Éric Hicks) de
Naples, BN, VI. E. 16, f. 485 va-487 va; VI. E. 20,
quinze lettres latines de Jean de Montreuil, telles
f. 399 ra-401 rb; Assise, BC (Sacro Convento), 338,
qu'elles se présentent dans le ms. autographe élaboré
f. 44 r-48 r (voir p. 245). L'a. en présente le texte et vers 1405-1407 pour Nicolas de Clamanges (Paris,
la traduction, en preˆtant attention à l'apparat cri- BNF, lat. 13062). Le volume se cloˆt sur ce qu'Hicks
tique et en donnant les passages d'autres textes qui a nommé le « dossier d'un rodophile » et qui consiste
rapportent les meˆmes épisodes. Dans la traduction en cinq pièces (deux lettres de Christine de Pizan,
les notes identifient les personnages, les lieux, les deux lettres de Pierre Col et le traité de Jean Ger-
événements marquants et commentent, éventuelle-
ment, une particularité du lexique ou du récit.
son: Traite´ d une vision contre le Roman de la Rose
' )
contenues dans le ms. Paris, BNF, fr. 1563 aux coˆ-
2) L'a. soutient que laLégende ombrienne est la Roman de la Rose
Vita prima
tés d'une copie complète du . En
récriture par Thomas de Celano de la et annexe figurent des extraits d'œuvres composées
de la Legenda ad usum chori qu'il avait déjà compo- par Christine et Gerson dans les trois années qui sui-
sées. virent le débat, et dans lesquelles on trouve des
3) Vu que la Le´gende ombrienne Vita
réutilise la échos à ce dossier polémique.
prima Legenda ad usum chori
, la Vita sancti
et la On mesurera le tribut duˆ à Eric Hicks dans cette
Francisi de Julien de Spire (1232/35), mais qu'elle édition; ainsi, chaque note qui agrémente la traduc-
Vita secunda
préfigure la Traite´ des
(1246/47) et le tion est attribuée à son auteur original: comme il se
miracles (1247/53), l'a. situe sa rédaction entre 1232 doit, une multitude de « EH » (Eric Hicks) parsè-

179*
bulletin codicologique 2007, 2

ment les bas de pages. Outre le mérite d'avoir tra- onesses; the convent of Saint Gertrude in ‘s Herto-
duit ce dossier passionnant, Virginie Greene a rendu genbosch, Augustinian Canonesses; the abbey of
un vibrant hommage à Eric Hicks et à son travail Vorst (Forest), Benedictine Nuns.
d'érudition incomparable tout en agrémentant son All what has been written about this series in pre-
ouvrage d'un bel esprit de synthèse. vious reviews in Scriptorium
can be repeated regard-
T. Van Hemelryck ing the present issue: this is manuscript cataloguing
of a very high level. A. Derolez
o
De Crécy (Marie-Claude). Voir n 504.
425. Desmond (Marilynn). Ovid's Art and The

De Robertis (Teresa). Voir n


o
472.
Wife of Bath. The Ethics of Erotic Violence.
Ithaca and London, Cornell University Press,
2006, 24 cm, XIII-206 p., ill., index. ISBN:
424. Deschamps (Jan) (†), Mulder (Herman).
Inventaris van de Middelnederlandse hand- 978-0-8014-7317-3.

schriften van de Koninklijke Bibliotheek van After a book devoted to Christine de Pizan's
Epistre Othea (together with Pamela Sheingorn)
Belgie¨. Negende aflevering (voorlopige uit- Marilynn Desmond has turned her attention to
gave). Brussel, Koninklijke Bibliotheek van Chaucer's Wife of Bath, but before she does so in
the penultimate chapter, the reader is introduced
België, 2007, 29 cm, XVII-156 p.
to the ethics of erotic violence and three of the
It is impossible to write a review of the ninth is- seminal texts in which these ethics are promulgated.
sue of the Inventory of Middle Dutch manuscripts Ovid's Ars amatoria forms the (misinterpreted) basis
in the Royal Library at Brussels without expressing of a tradition that informed the letters of Abelard
the heartfelt regret that one of the most glorious and Heloí̈se and which reaches its apotheosis in
items in this field will never be described in this Jean de Meun's continuation of the Roman de la
outstanding catalogue: the Gruuthuse codex, for Rose .
centuries in private property in Flanders, has re- Desmond argues that Ovid's Ars amatoria consti-
cently been acquired by the Royal Library at the tutes an ironic discourse on imperial and colonial
Hague. While congratulating our Dutch friends with Roman power in general, and on the Augustan leg-
this extraordinary testimony to their activity and islation on marriage (and reproduction) which
alertness in the field of Middle Dutch literature, sought to reverse a declining birth rate in particu-
one cannot forget that this literature is for its major lar. Central in the ‘heterosexual script' of the Ars is
and earliest part Flemish literature, that the Gruut- the praeceptor
's discourse of sexual domination and
huse manuscript has its origin in Bruges and that, conquest and it is precisely this parodic discourse
next to many other texts of extraordinary value, it that was raised to a ‘heteronormative paradigm' la-
contains one of the most amazing pieces of early ter when the Ars is turned into a straight pedagogi-
Flemish poetry, the Kerelslied. It is in a sense fortu- cal treatise on love and seduction for use in the
nate that the founder of the inventory under discus- medieval classroom.
sion, to whose initiative the acquisition of so many Desmond argues that it is thanks to this misinter-
Middle Dutch mss by the Brussels Royal Library is pretation of the Ars
that Abelard is able to eroticise
due, has not lived to witness this shameful and irre- violence towards Heloise and that it enables Heloise
parable loss of our patrimony. to take on the role of the submissive lover. Unlike
In the meantime this library remains the largest some critics who argue Heloise is a repressed wom-
repository of Middle Dutch mss in the world, and an, Desmond maintains Heloise merely enacts the
deserves the highest praise for the quality of the in- role of ‘the female heterosexual subject' (61) and ac-
ventory under review and the speed with which its tually enjoys the power her submissive role as mere-
publication proceeds. This is the more commendable trix and ancilla
to Abelard's dominusbrings. Their
at a time in which so many libraries have altogether correspondence shows above all how rhetoric in the
given up cataloguing their manuscripts on the false form of the ars dictaminis can help structure gender.
pretext that on-line catalogues and digitizing pro- The two central chapters around which the whole
jects will soon offer the users all the information on book revolves, however, are those devoted to the
their holdings they ever may need. Roman de la Rose and the Wife of Bath. More speci-
Forty five mss are described in the present issue. fically, the discussion centres on two passages in
An unusually large number of these have a monastic whichla Vieille and the Wife of Bath respectively
provenance: Amsterdam, Tertiary Nuns; Bergen-op- express their love for the one lover who had also
Zoom, the convent of Saint Margaret « in het dal van behaved violently towards them. This violence is in-
Josaphat », Augustinian Canonesses; the convent of terpreted by Desmond as enhancing the erotic di-
Bethlehem near Louvain, Augustinian Canons; the mension. The basic assumption is that if violence
Guillelmites in Bruges; the convent of Eemsteyn near and love appear in close proximity (the former
Dordrecht, Augustinian Canons; perhaps Ghent, tends to precede the latter) then the latter eroticises
Saint Bavo, Benedictines; perhaps Ghent, Bijloke ab- the former. This is not a position that everyone
bey, Cistercian Nuns; Gistel, Saint Godelieve, Bene- might necessarily agree with, even if one does ac-
dictine Nuns; Groenendaal, Augustinian Canons; the cept Desmond's rather open-ended definition of ero-
convent of Saint Agnes in Maaseik, Augustinian Can- tic violence as ‘the construction of desire or pleasure

180*
bulletin codicologique 2007, 2

around violence, pain, or abuse' (6). In fact, one o


Dubruck (Edelgard E.). Voir n 438.
could argue that when la Vieille and the Wife of
Bath refer to the domestic violence of their lovers/
husbands they tend to contrast this violence unfa- Duerloo (Luc). Voir n
o
391.
vourably with the love that follows, rather than see-

(Olga Anna). Vernacular Transla-


ing it as an enhancement, and that both women
427. Duhl

tion and the Sins of the Tongue: From Brant 's


only put up with the violence because their lovers
make up for their behaviour in bed. Similar objec-
tions might be raised with respect to Desmond's in-
Ars amatoria
‘Stultifera Navis' (1494) to Droyn's ‘La Nef des
terpretation of Ovid himself. The
be a parody, but that does not mean that Ovid also
may
Folles' (c.1498). (Fifteenth-Century Studies, 32,
satirises the eroticisation of violence towards wom-
2007, p. 53-67).
e
en. It is one thing to argue that he occasionally con- À l'aube du XVI s., la publication de traductions
dones violent behaviour in order to achieve sexual vernaculaires d'œuvres latines, liée à l'essor de l'im-
dominance, but it is quite another to claim that he primerie, est régie par une logique de spéculation fi-
does so in order to enhance the sexual experience. nancière et non de rigueur intellectuelle. Ainsi, la
The mere juxtaposition of the one to the other does Nef des folles (1498), adaptation des Stoltiferae Naves
not make that so, just as Jean de Meun's use of de Badius, présente une version du texte plus « tren-
terms belonging to the domain of siege warfare dy » que son original latin, qui paraíˆ tra pourtant
when he describes the winning of the rose turns that trois ans plus tard. O. A. Dull analyse les stratégies
act into one of erotic violence. du traducteur des Stoltiferae Naves pour rendre son
In Ovid s Art
' Desmond raises interesting questions texte plus adapté aux gouˆts du public. Elle montre
about the (mis)interpretation of one author by an- à la fois les avantages et l'écueil de cette entreprise,
qui fait sombrer le traducteur dans les défauts que
loquacitas stultiloquium
other (or, if you prefer, the (ab)use of one text by
another), but I am less convinced that Jean de son œuvre dénonce: et .
Meun and Chaucer were inspired by the medieval H. Haug
misreading of the Ars in their descriptions of vio-
(Axinia). L'enluminure des manu-
lence, nor has Desmond managed to convince me
428. Durova
that the domestic violence in the « Prologue » to
Wife of Bath s Tale Wife scrits grecs de Sofia, du Vatican et de l'Escurial,
the ' is eroticised. If the
emplifies anything it is not so much a predilection
ex-
comprenant l 'histoire e´difiante de Barlaam et
towards sado-masochism as a mercantile attitude to- Joasaph. Le cod. D. Gr. 270, le Vat. gr. 2025 et
wards love and sex. L.A.J.R. Houwen
l 'Esc. T. III. 3 (163). (Erytheia, 25, 2004, pp.
29-54).
426. Deutinger (Roman). Sutri 1155. Miß-
verständnisse um ein Mißverständnis. (Deutsches
Author's abstract: « The purpose of this paper is
to analyse the illumination of three important
Archiv für Erforschung des Mittelalters, 60, manuscripts of the « Story of Barlaam and Joa-
saph » (Vatican, BAV, Dujcev Centre and El Esco-
2004, S. 97-133).
rial). The three mss are extremely interesting
In dem Beitrag wird das Treffen von König especially because of the affinity of the text that
Friedrich I. und Papst Hadrian IV. bei Sutri am 8. they contain. The author has consequently tried to
Juni 1155 analysiert. Anders als bisher angenommen study the relationship in the kinds of illumination
habe Friedrich dem Papst nicht den Marschalldienst featured in the mss. Although the absence of mar-
verweigert, sondern ihn nur ungenügend ausgeübt. ginal glosses is usually a hinder for establishing with
Damit ließe sich der Eklat von Sutri eher aus einem security the relationship between them, the formal
Mißverständnis als aus vorsätzlichem Handeln erklä- characteristics of illuminations and the quality of
ren. Bilder aus folgenden Hss. werden erwähnt: the ink allow the identification of the place of pro-
München, Bay. SB, Cgm 51, fol. 30r; Paris, BNF, duction of these mss as Southern Italy ». The article
fr. 6465, fol. 443r, fr. 19093, fol. 24r. Außerdem wer- includes 9 black and white reproductions of the mss
den genannt: Florenz, B. Riccardiana, 228; Paris, under study. A. Touwaide
BNF, lat. 15619; Vatikan, BAV, Ottob. lat. 3057,

(Frédéric). Lectures françaises de


Vat. lat. 8486. B. Gullath
429. Duval

la fin du moyen aˆge. Petite anthologie commente´e


Devaux (dom Augustin) Voir n
o
351. de succe` s litte´raires. Genève, Librairie Droz,
2007, 18 cm, 474 p. (Textes litte´raires français,
o
Diu (Isabelle). Voir n 356. 587). ISBN: 978-2-600-01097-9.
Comme le rappelle Frédéric Duval dans son intro-
o duction, l'idée d'éditer cette anthologie est née d'un
Doyle (Kathleen). Voir n 610.
constat fait auprès des étudiants en lettres: l'ensei-
gnement universitaire s'est trop longtemps concentré
o e
Dubois (Anne). Voir n 531. autour de textes redécouverts et canonisés au XIX s.,

181*
bulletin codicologique 2007, 2

(Amy C.). The


e e
mais peu diffusés aux XIV et XV s. Dans son ou- 431. Eichhorn-Mulligan
vrage, plus que dénoncer une situation, l'a. souhaite
Anatomy of Power and the Miracle of King-
en réalité répondre à une question simple au demeu-
rant, mais oˆ combien complexe: quelles étaient les ship: The Female Body of Sovereignty in a Me-
œuvres en langue française les plus lues durant la dieval Irish Kingship Tale. (Speculum, 81, 4,
période du Moyen Aˆge tardif? Pour ce faire, Frédé- 2006, p. 1014-1054).
ric Duval a guidé son choix sur les témoignages ma- e e
tériels de cette littérature parvenus jusqu'à nous. Le Plusieurs textes irlandais des XI -XII s. comp-
seuil de diffusion d'une œuvre considérée comme un tent parmi leurs personnages « dame souveraineté »,
« best-seller » a été placé à 50 copies conservées. L'a. une sorcière jouant un roˆle important dans le choix
reconnaíˆ t les limites de sa démarche, mais souligne, du nouveau roi. Ces femmes sont généralement très
tout en rappelant les travaux de codicologie quanti- laides, mais deviennent belles après eˆtre embrassées
tative d'Ezio Ornato, que les mss et/ou les imprimés par le (futur) roi. Une analyse de plusieurs de ces
constituent la seule donnée objective à notre dispo- « dames souveraineté » apprend que la description
sition. Il est à ce sujet dommage qu'il ait d'emblée de leurs corps monstrueux ne contient pas d'images
rejeté les inventaires de livres. Les récentes recher- stéréotypées, mais qu'il s'agit d'une accumulation de
ches consacrées aux habitudes de lectures à la fin du traits qui doivent souligner la laideur de ces person-
Moyen Aˆge, précisément basées sur ce type de sour- nages. En outre, l'analyse de l' Echtra mac nEchach
ces, ont produit des résultats des plus intéressants. Muigmedóin , un texte en moyen irlandais du XI s.
e

Quoiqu'il en soit, la « bibliothèque idéale » qu'il pro- conservé dans le ms. Oxford, Bodl. Libr., Rawlinson
pose est formée de 37 textes qu'il a commentés et B.502 et dans le « Book of Leinster » (Dublin, Trini-
qu'il a classés en 5 genres: lectures religieuses, lectu- ty Coll., 1339), permet d'aller plus loin et d'identifier
res morales, lectures scientifiques, lectures histori- plusieurs de ces traits comme des caractéristiques
ques et lectures de fiction. Frédéric Duval nous physiques d'un lépreux. Ainsi, l'a. peut établir un
dévoile ainsi tout un pan de littérature française en lien entre ce texte et des images hagiographiques et
circulation à la fin du Moyen Aˆge. Nul doute que bibliques comme le Christ lépreux ou la guérison des
cette anthologie viendra combler non seulement les lépreux par des saints. A. Smets
étudiants, mais aussi les chercheurs chevronnés, sou-
cieux de se plonger dans l'univers intellectuel des fa- o
milles princières ou des membres de la haute Eleuteri (Paolo). Voir n 649.
noblesse. R. Adam

432. Engelhart (Helmut). Der St. Marientha-


Duval (Frédéric). Voir n
o
476. ler Psalter. Im Auftrag der Zisterzienserinnen-
abtei Klosterstift St. Marienthal. Mit einem
430. Duval (Frédéric). Les sources du ‘Se´jour Geleitwort von Äbtissin Sr. M. Regina Woll-
d'Honneur' d'Octovien de Saint-Gelais. (Roma- man OCist und Beiträgen von Sr. M. Hilde-

nia, 121, 2003, p. 164-191). gard Zeletzki OCist, Helmut Engelhart

Le Séjour d Honneur
' d'Octovien de Saint-Gelais,
und Gisela Kornrumpf. Regensburg, Schnell
& Steiner, 2006, 22 cm, 88 p., 32 ill. Prix:
qu'a édité F. Duval en 2002 dans les « Textes litté-
raires français », n'a pas livré tous ses secrets. EUR. 29,90. ISBN: 3-7954-1827-5.
L'étude des sources de l'œuvre s'est souvent conten-
Auf ein Geleitwort und zwei kurze Beiträge zur
tée des noms explicitement cités, et a mis en avant
Geschichte von Kloster und Bibliothek folgt eine
la part de grands auteurs antiques ou médiévaux.
ausführliche kunsthistorische Würdigung des in der
Cet article entend attirer l'attention sur trois sources
Klosterklausur aufbewahrten und damit öffentlich
majeures de l'auteur, qui ont nourri en profondeur
nicht zugänglichen Psalters Ms. F 5 von Helmut
sa réflexion sur la destinée et la condition humaines,
Engelhart. Es handelt sich bei dem Aufsatz um ei-
lui ont fourni des « cadres-types » et ont influencé la
nen nahezu unveränderten Wiederabdruck eines
construction de la narration. La première, inédite,
Estrif de Science, Nature et de Fortune 2004 bereits publizierten Textes (in: « Hortulus flori-
est l' de Jac-
ques de Saint-Gelais. C'est en 1488 qu'Octovien tra-
dus Bambergensis ». Studien zur fränkischen Kunst-
und Kulturgeschichte. Renate Baumgärtel-Fleisch-
duisit en français ce texte latin de son frère, peu de
temps avant de rédiger son propre Se´jour d Honneur
' .
mann zum 4. Mai 2002, Fulda 2004, S. 371-392), al-
Le texte de l' Estrif est conservé dans le ms. Paris,
lerdings bereichert um Reproduktionen
Psalterseiten mit Buchschmuck sowie zahlreiche
aller
BNF, fr. 1155. Les deux autres sources, également
des songes allégoriques, sont le Pe` lerinage de la vie Vergleichsabbildungen. Für die eigenwilligen Bild-
humaine de Guillaume de Digulleville et la Consola- themen der sieben erhaltenen, ganzseitigen Miniatu-
tion de philosophie de Boèce. Il est également ques- ren nennt Engelhart Vergleichsbeispiele unter frän-
kischen Buchmalereien. Als stilistisch eng verwandt
tion dans ces pages de sources mineures du texte,
tant latines qu'italiennes et françaises. bezeichnet er den Buchschmuck im « Komburger
o
B. Van den Abeele Psalter » (Stuttgart, Württ. LB, Cod. bibl. 2 46
und Bamberg, SB, I Q a 2); angeschlossen wird
noch ein Missale in London (BL, Arundel 156). Un-
o
Ehrle (Michael). Voir n 511. ter Heranziehung von Litanei und Kalendar wird

182*
bulletin codicologique 2007, 2

die Handschriftengruppe in die Bamberger Diözese Boulogne, BM, 14; Cambrai, BM, 234; Darmstadt,
oder nach Bamberg lokalisiert und um 1230/35 da- HofB, 1640; München, Bay. SB, clm 4453; Paris,
tiert. Zu den handschriftlichen Zusätzen des späte- BNF, lat. 819 et lat. 17325; Praha, NK, XIV A
ren 13. Jahrhunderts auf leeren Blättern zählen 13; Stuttgart, Württ. LB, HB II 24; Trier, Dom-
o
drei bisher unbekannte und unikal überliefert Sang- bibl., 142; Wolfenbüttel, HAB, 105 Noviss. 2 .
sprüche, die Gisela Kornrumpf untersucht und C'est le cas aussi de l'article de Philippe George sur
ediert. Chr. Sauer les sources iconographiques et stylistiques des fonts,
mais les mss ne font pas ici l'objet d'un signalement
o précis, leurs cotes étant omises. La contribution de
Errani (Paola). Voir n 445. Robert Halleux, « Le bapteˆme du philosophe Cra-
ton. Origine et sens d'une image sur les fonts baptis-
o maux dits de Saint Barthélemy à Liège » (p. 199-
Esch (Anke). Voir n 531.
210; aussi parue en 2005 dans les mélanges en l'hon-
neur de Guy Philippart, « Scribere sanctorum ges-
433. Études sur les fonts baptismaux de Saint- ta »), convoque, parmi les témoignages textuels se

Barthe´lemy à Liège. Rassemblées et publiées rapportant à cette figure, deux légendiers hagiogra-
phiques de l'époque, ceux de Stavelot et de Lobbes
par Geneviève Xhayet et Robert Halleux. (Bruxelles, KBR, II 1181 et 14924-34).
Liège, Editions du Céfal, 2006, 24 cm, 306 p. En définitive, l'ancrage mosan des fonts sort ren-
ISBN: 2-87130-212-X. forcé de la confrontation de ces points de vue, mais
surtout, leur lecture en est considérablement enri-
Les fonts baptismaux attribués traditionnellement chie. B. Van den Abeele
à Renier de Huy, conservés à l'église Saint-Barthé-

Études Gre´goriennes
lemy de Liège, sont un des chefs-d'œuvre incontes-
tés de l'art médiéval. Cette pièce monumentale, 434. , XXXIV. Revue pu-
prouesse de la métallurgie, fait à nouveau l'objet de bliée avec le concours de l'Institut de Recher-
discussions: « En 1984, des esprits audacieux mirent
che Fondamentale et Appliquée (Université
en doute l'origine des fonts. Seraient-ils byzantins,
coulés quelque part en Italie, vers l'an mil? La Catholique de l'Ouest). Solesmes, Abbaye
controverse a eu le mérite de raviver les multiples Saint-Pierre de Solesmes - S.A. La Froidfon-
questionnements suscités par la cuve ». Les thèses taine, 2006-2007, 24 cm, 174 p., pl. ISBN:
de P. et B. Colman ont suscité les plus vifs débats
978-2-85274-314-4.
mais, comme le rappellent les éditeurs, là n'est pas
le point essentiel: c'est le sens des fonts qui importe. La présente livraison des EG contient en outre
Ce volume de belle présentation, abondamment il- des contributions d'Andreas Pfisterer, « Une tradi-
lustré, offre une dizaine de contributions sur les tion française du chant grégorien? » (p. 101-115),
fonts, étudiés de divers points de vue: les témoigna- Louis-Marc Suter, « Des graduels en ‘‘IIa'' » (p. 117-
ges et les traditions sur les fonts (J. L. Kupper, 134) et Olivier Guillou, « Histoire et sources musica-
G. Xhayet); les inscriptions (C. M. M. Bayer); les les du Kyriale Vatican (suite) » (p. 135-169).
images (M. Close-Dehin, Fr. Boespflug, R. Halleux Voir aussi sous Claire (Jean), Clément-Dumas
et Ph. George); la technique de fabrication (R. Hal- (Gisèle). Chr. Meyer
leux, Ph. Tomsin). Cette confrontation se révèle
éclairante, car elle croise les disciplines. Du point
Bulletin
o
de vue de ce , on lira avec un intéreˆt tout Falkenstein (Ludwig). Voir n 498.
particulier l'article de Clemens M. M. Bayer, « Les
(Thomas). Le scriptorium et la
fonts baptismaux de Liège: qui les bœufs soutenant
435. Falmagne
la cuve figurent-ils? Étude historique et épigra-
bibliothe` que de La Rame´e au XIIIe sie` cle: des
le´gendes au manuscrit Bruxelles, B.R. 8895-96.
phique » (p. 665-728). Son intéreˆt dépasse le motif
des douze bœufs qui soutiennent la cuve, dont l'a.
interroge le sens à partir d'une exégèse serrée des (La Rame´e, abbaye cistercienne en Brabant Wal-
inscriptions sur la cuve. Il interprète l'ensemble de
l'œuvre, en reprenant l'examen de toutes les inscrip-
lon. Sous la direction de Thomas ,
Coomans

tions, qui sont transcrites, traduites et commentées Bruxelles, Editions Racine, 2002, p. 32-40).
en annexe. Leur écriture est une majuscule mixte Comme le rappelle en introduction à ce volume
Mischmajuskel
( ) à prédominance capitale, dont les Th. Coomans, « La renommée de La Ramée, an-
caractéristiques s'inscrivent pleinement dans le déve- cienne abbaye de moniales cisterciennes en Hesbaye
loppement de l'écriture sur métal dans la région rhé- brabançonne, repose sur deux faits: la vie spirituelle
e e e
no-mosane des XI et XII s. mystique de ses fondatrices au XIII s. Ide de Nivel-
L'article de François Boespflug, « Quand Dieu le les et Ide de Léau, et les baˆtiments de la ferme ab-
e
Père s'incline vers son fils. À propos des fonts bap- batiale du XVIIII s., surtout la grange aux díˆ mes,
tismaux de Saint-Barthélemy de Liège et du bap- la plus vaste du pays ». Dans ce livre qui regroupe
teˆme du Christ comme théophanie dans l'art médié- une quinzaine d'articles consacrés à l'histoire du lieu
e e
val d'Occident (IX -XIII s.) » (p. 169-197), tire par- (M. E. Henneau), son architecture (Th. Coomans),
ti de nombreux mss pour commenter la scène cen- les sondages archéologiques qui y ont été entrepris
trale des fonts: Berlin, KK, 78 A 4 et 78 A 6; (V. Van Oeteren), l'héraldique de l'abbaye (R. Lau-

183*
bulletin codicologique 2007, 2

rent), ainsi qu'à l'histoire plus récente des lieux, la l'institution de la feˆte (cf. J.-P. Delville, « Feˆte-Dieu
contribution de Th. Falmagne intéresse directement (1246-1996), vol. 2 ». « Vie de Sainte Julienne de
le Bulletin. Partant du constat d'une extreˆme pau- Cornillon. Édition critique », Louvain-la-Neuve, Pu-
vreté de la documentation sur les mss des abbayes blications de l'Institut d'Études Médiévales, 1999).
de cisterciennes en Belgique et en France, l'a. ana- Cette partie, bien documentée, est attentive à la di-
lyse le cas du ms. cité en titre, du dernier tiers du mension socio-historique et aux « réseaux » comple-
e
XIII s., modeste ms. non illustré contenant les Vies xes de la cité liégeoise. Le monde des religieux et
latines d'Ide de la Ramée et d'Ide de Lewes (ou de des chanoines, à dominance française notamment, y
Gorsleeuw). Une notice descriptive est fournie en fin est très présent; de meˆme la théologie savante y est
d'article. B. Van den Abeele représentée tandis que des lettrés moins savants,
parmi lesquels les ‘mulieres religiosae', se font re-

436. The Feast of Corpus Christi


. By Barbara
marquer par leur foi et leur liberté spirituelle. La
documentation manuscrite est ensuite présentée:
R. Walters, Vincent Corrigan, and Peter mss liturgiques de l'office et de la messe de la feˆte,
T. Ricketts. University Park, Penn State sans compter les poèmes religieux en langue verna-
culaire insérés dans les psautiers mosans.
University Press, 2006, 26 x 18 cm, xviii-562
La seconde partie « Matériaux pour l'étude de la
p. Prix: USD 70. ISBN: 0-271-02924-2/978-0- feˆte du Corps du Christ: sources manuscrites »,
271-02924-5. (p. 77-425) présente les documents tant textuels
La feˆte du Corpus Christi , appelée par après Feˆte- que musicaux ainsi que les trois offices de la feˆte:
Animarum cibus
l'office liégeois et les deux états de
Dieu et aujourd'hui feˆte du Saint-Sacrement du
corps et du sang du Christ, est l'unique nova sollem- l'office romain Sapiencia et Sacerdos . Le premier, le
nitas inscrite dans le cycle temporal du calendrier
e
plus ancien est sans doute marqué par la théologie
e
eucharistique du XII s., tandis que l'office romain
romain au cours du XIII s. C'est dire la place
qu'elle a tenue non seulement en Occident mais (dont l'état final est duˆ à Thomas d'Aquin) est plus
dans les territoires colonisés (cf. Antoinette Molinie, manifestement représentatif de la théologie universi-
e
« Le Corps de Dieu en Feˆtes », Paris, Cerf, 1996). taire du XIII s. marquée par Aristote; de plus, les
Née en terre liégeoise (1246) au terme de nombreu- références bibliques explicites distinguent l'office ro-
ses années de controverses, elle sera promulguée par main de l'office primitif, comme les analyses de Za-
le pape Urbain IV comme feˆte de l'Église universelle willa le laissent penser. V. Corrigan présente les sept
latine (Bulle Transiturus , 1264).
e e
principaux mss (XIII -XIV s.), avant de livrer l'édi-
tion critique (et la traduction anglaise) des textes li-
Trois chercheurs anglophones se sont unis pour
scruter le dossier littéraire et musical de la feˆte: turgiques et de leur partition musicale (en transcrip-
tion moderne): 1) La Haye, KB, 70.E.4, 128 fol.
Animarum cibus
une sociologue de la religion qui s'est ouverte à la
médiévistique et à la musicologie (B. R. W., profes- (Tongres, 1337): office liégeois ; 2)
Prague, Strahov Knih., Prémontrés, D.E.I.7, 329
Sapiencia edificavit
seur associé en sociologie à The City University of
New-York), un musicologue (V. C., professeur à fol.: office ; 3) Paris, BNF, lat.
l'université Bowling Green State en Ohio) et un spé- 1143, 33 fol.: officeSacerdos in aeternum ; 4) Graz,
cialiste du français médiéval (P.T. R., professeur UB, 134, 548 fol.: office Sacerdos in aeternum ; 5)
émérite de l'Université de Birmingham). Cette ap- Bruxelles, KBR, 139, 219 fol.; 6) Brigham Young
proche pluridisciplinaire se justifie parfaitement. University, Special Collections, Vault, Harold B.
D'une part, la sociologie historique apporte un pré- Lee Library) B.Y.U. 091 R263 1343 (222 fol.; 7)
cieux éclairage sur le milieu liégeois de l'époque tant Edinburgh, UL, 211.IV Inchcolm Antiphonary, 2 bi-
politique qu'ecclésiastique, comme l'avait déjà souli- folia. Chaque ms. fait l'objet d'une Table analytique
e
gné le Colloque du 750 anniversaire (Cf. A. Haquin tandis qu'une Table finale présente les différentes
(éd.), « Feˆte-Dieu (1246-1296). Actes du colloque de pièces par ordre alphabétique et en vérifie la pré-
Liège, 12-14 septembre 1996 », Louvain-la-Neuve, sence dans les divers témoins.
Publications de l'Institut d'Études médiévales, La troisième partie comporte une « Introduction
1999, 244 p.). Outre l'étude de la Vita de Julienne aux psautiers mosans » (B. R. W.) puis l'édition cri-
et son édition critique par Jean-Pierre Delville, le tique (et la traduction anglaise) des Poèmes insérés
colloque a permis de mettre en évidence la théologie dans les psautiers (P. T. R.). Ces psautiers sont utili-
e
et la spiritualité spécifiques du XIII s. sans oublier sés dans les béguinages et chez les femmes du cercle
la dimension iconographique étudiée par J. Oliver); de Julienne de Cornillon: ils font connaíˆ tre l'office li-
d'autre part, l'étude musicale des textes liturgiques turgique (parfois en abrégé) utilisé dans ces groupes
de la feˆte n'a peut-eˆtre pas reçu jusqu'à présent l'at- ainsi que des poèmes religieux rédigés en langue du
tention qu'elle mérite; enfin, les psautiers et livres pays et marqués par la piété christologique et eucha-
d'heures liégeois font écho à la fois à la vie litur- ristique mais aussi mariale. Les poèmes 1 à 8 sont
gique du clergé et des ordres religieux et à la dévo- centrés sur la vie du Christ et la compassion; les poè-
tion du monde laí̈cal en particulier féminin, toute en mes 10 à 12 sont des quatrains qui commencent par
empathie avec la théologie eucharistique plus sa- Ave , chacun comprenant trois groupes de cinquante
vante pratiquée par les clercs. quatrains, correspondant aux 150 psaumes; hormis
La première partie « La feˆte et sa fondatrice », les poèmes 16 et 17, les autres sont des poèmes narra-
(p. 3-54) dresse le décor et fait connaíˆ tre les prota- tifs qui chantent les épisodes de la vie du Sauveur. Le
gonistes, en particulier Julienne de Cornillon dont volume s'achève par la Table des manuscrits et une
les « visions » et « révélations » sont à la source de Bibliographie essentielle (p. 534-547).

184*
bulletin codicologique 2007, 2

L'intéreˆt croissant des dernières années pour les étude démontre l'impact de la tradition, des travaux
études médiévales et notamment pour le monde fé- des prédécesseurs sur la pensée historique.
minin au moyen aˆge permet de mieux connaíˆ tre le Ce livre fondamental pour tout historien s'ac-
milieu qui a vu grandir la piété eucharistique et la compagne d'une bibliographie, unique selon l'a., de
feˆte liturgique du Corpus Christi . La présente édi- notes en bas de page pour chaque époque considérée
e
tion critique, très soignée, a le mérite de mettre à avec mention des premiers imprimés des XV et
disposition l'intégralité des textes principaux ayant e
XVI s., mais aucun ms. n'est cité. Un index didac-
trait à la Feˆte-Dieu ainsi que les mélodies de l'office tique synthétise les principaux concepts.
et de la messe. On ne peut qu'en féliciter les au- D. Lippens
teurs. A. Haquin

437. Ferguson (Wallace K.). The Renais- 438. Fifteenteenth-Century Studies. 32. Essays

sance in Historical Thought: Five Centuries of in Honor of Edelgard E. Dubruck. Ed. Bar-

Interpretation. Toronto, Toronto University bara I. Cusick and Edelgard Dubruck.

Press, 2006, 23 cm, XV-429 p., index. (Renais-


Woodbridge, Camden House, 2007, 24 cm,

sance Society of America reprint texts). Prix: XX-221 p. Prix: GBP 45,00. ISBN: 978-1-
57113-364-9.
S. 27,50. ISBN: 0-8020-9415-5.
Voir aussi sous Casebier (Karen), Duhl (Olga
Ce travail gigantesque sur la Renaissance entre-
Anna), Lean˜ os (Jaime), Raynaud (Christiane), Re-
pris par W. Ferguson depuis les années 39-40 a été
cio (Roxana), Sargent-Bauer (Barbara N.), Van-
publié une première fois en 1948 et fait partie des
derjagt (Arjo), Wade-Sirabian (Elisabeth I.),
textes réimprimés par la « Renaissance Society of
o Zaenker (Karl A.). H. Haug
America », n 16, en 2006. Ce livre est avant tout
un livre d'historiographie et de philosophie de l'his-
toire, échelonnant les interprétations de la Renais- o
e
Fingernagel (Andreas). Voir n 606.
sance depuis le XV s. jusqu'à aujourd'hui, en Italie,
France, Angleterre et pays germaniques, mais il ne
concerne pas directement les mss. 439. Fiorilla (Maurizio). Marginalia figurati
L'analyse très fine sur le développement histo- nei codici di Petrarca. Florence, Leo S. Olschki
Editore, 2005, 24 cm, 96 p. (Biblioteca di « Let-
rique de l'idée de la Renaissance, les concepts,
controverses, impacts des théories et différentes éco-
les, se base sur les textes d'innombrables historiens, tere italiane », Studi e Testi, LXV). Prix: EUR.
historiens d'art, philosophes, théologiens, écrivains, 91,00. ISBN: 88-222-5426-0.
intellectuels, poètes, artistes, qui ont marqué chaque
époque. Une large place a été donnée à l'interpréta- From author's preface (p. 5): « ... Il materiale rac-
tion de J. Burckhardt, lequel à partir des traditions colto, frutto di una nuova ricognizione compiuta sui
humanistes, protestantes, rationalistes, romantiques, codici della biblioteca di Petrarca, è stato diviso e
presentato in due sezioni. Nella prima sono analizza-
libérales et idéalistes, créa une nouvelle synthèse co-
hérente basée sur les concepts d'individualisme et de ti i diversi tipi di graffe e maniculae che caratteriz-
périodisation qui ont marqué le début d'une époque zano il sistema di annotazione petrarchesco e le
moderne. piccole figure con cui Petrarca era solito incorniciare
alcune sue postille (sono compresi nell'indagine an-
marginalia
Si la majorité de cette étude est consacrée à l'his-
toriographie humaniste, des Lumières et roman- che di dubbia autografia e apografi). Al-
tique, à la confrontation entre civilisation médié- tre pagine sono dedicate a note figurate presenti in
vale et renaissante, d'importants chapitres mettent codici di Petrarca ma non attribuibili a lui: si tratta
e
en valeur le retour, au XX s., à une plus sympa- di interventi di Landolfo Colonna, Ildebrandino
thique appréciation du Moyen Aˆge, en l'occurrence Conti, Giovanni Boccaccio ed alcuni anonimi anno-
à deux courants complémentaires de réaction contre tatori, anteriori o di poco posteriori a Petrarca. Nel-
la tradition burckhardtienne: soit trouver les racines la seconda parte sono invece riesaminati alla luce di
de la Renaissance dans la culture médiévale, soit dé- nuovi elementi i disegni marginali, già oggetto dalla
montrer la continuation ou meˆme un déclin des élé- fine dell'Ottocento di numerosi contributi, sulla cui
ments médiévaux à travers la Renaissance. L'a. paternità si è aperto nella seconda metà del secolo
étudie également les facteurs de cette nouvelle ten- scorso un vivace dibattito tra chi vi ha riconosciuto
dance de la recherche actuelle à réhabiliter le Moyen la mano di Boccaccio e chi invece ha continuato,
Aˆge, ainsi que les nouveaux critères de jugement. come avevano fatto gli studiosi precedenti, ad attri-
Cet essai très bien documenté peut eˆtre considéré buirli al Petrarca... ». A. Touwaide
avant tout comme une leçon de relativisme histo-

(Klaus-Dietrich). An edition and


rique. Ces interprétations de la Renaissance présen-
tées génération après génération, et dans chacune 440. Fischer
d'elle un historien après l'autre, montre comment la translation of the pseudo-Hippocratic ‘Epistula
reconstruction historique du passé est conditionnée
de virginibus'. (Testi medici latini antichi. Le
par l'environnement intellectuel de leur temps, les
idées de l'époque et aussi leur propre caractère, leurs parole della medicina: Lessico e storia. Atti del
intéreˆts et leurs expériences. En meˆme temps, cette VII Convegno Internazionale, Trieste, 11-13

185*
bulletin codicologique 2007, 2

ottobre 2001, dir. S. Sconocchia e F. Caval- bruar 2007). St. Gallen, Verlag am Klosterhof,
li, Bologna, Patron Editore, 2004, p. 211-226). 2006, 24 cm, 111 S., Abb. ISBN: 3-906616-81-9.
Un petit traité gynécologique remontant au haut Im Toggenburgerkrieg von 1712 unterlag der
Moyen Aˆge, édité par H. E. Sigerist en 1943 d'après Fürstabt von St. Gallen den Orten Zürich und Bern.
un ms. incomplet conservé à Vendoˆme, est ici repris Die Sieger führten nach ihrem Einmarsch in das
en main. D'autres témoins mss sont apparus depuis, Kloster St. Gallen die B. und weitere Kulturgüter
plus complets mais assez divergents, si bien qu'une weg unt teilten sie untereinander auf. Nach dem
nouvelle édition est opportune. L'a. a choisi d'éditer Friedensschluss von 1718 verblieb eine Anzahl wert-
le texte des trois versions identifiées d'après les mss voller Hss. in Zürich. Der deswegen entstandene
e
connus, qui s'échelonnent entre la 1 moitié du IX
e « Kulturgüterstreit » zwischen St. Gallen und Zürich
e konnte im Frühling 2006 unter der tatkräftigen Ver-
et le début du XIII s., et dont voici les cotes: Ber-
mittlung des Bundes beigelegt werden. Vierzig Hss.
lin, SBB-PK, Phillipp. 1790; London, BL, Harley
aus der ZentralB. Zürich, die seit dem frühen Mit-
4977; Montecassino, B. Abb., 69; Vendoˆme, BM,
telalter in der St. Galler KlosterB. entstanden sind
175; Vicenza, B. Civ., 287. Il offre ensuite une tra-
oder hier gesammelt wurden und herausragende
duction anglaise de ces versions.
Zeugnisse der Schreib-, Mal- sowie Buchkunst und
B. Van den Abeele
Wissenschaft für St. Gallen und den Bodenseeraum
darstellen, kehren als Leihgaben (S. 110-111: « Ver-
441. Fischer (M.). Neue Funde zur Biblio- zeichnis aller als Leihgaben aus Zürich zurückge-

theksgeschichte Buxheims. (Studien und Mittei- kehrten Kulturgüter ») auf unbestimmte Zeit zurück

lungen zur Geschichte des Benediktinerordens (das Leihverhältnis kann erstmals nach 38 Jahren,
im Jahr 2044, aufgelöst werden). Aus diesem Anlass
und seiner Zweige 116, 2005, p. 437-457). hat die StiftsB. eine Auswahl der wichtigeren Zür-
cher Hss. aus Mittelalter und früher Neuzeit gezeigt
Anders als das in der Abtei Ottobeuren vollstän-
(S. 110: « Ausgestellte Hss »: St. Gallen, StiftsB; Zü-
dig erhaltene Archiv der ehemaligen Kartause Bux- rich, Staatsarchiv; Zürich, ZentralB.). Sie waren
heim hatte die B. ein trauriges Schicksal. Die nach Themen zusammengestellt (« Notker der Deut-
B.schätze werden noch im 18. Jh. in vielen Berich- sche – Texte der klassischen Antike – Liturgica –
ten von Bibliotheksreisenden mit höchstem Lob be- Der gelehrte St. Galler Mönch Gall Kemli – Hagio-
dacht; heute muß ihre nahezu vollständige Zerstreu- graphica und Poetica – Frühneuzeitliche Festschrif-
ung beklagt werden. G. Hendrix ten und Gelegenheitsdichtungen ») und wurden
durch eigene St. Galler Hss. Ergänzt.
o G. Hendrix
Flambart-Hericher. Voir n 534.

(Jaroslav). Crusader art in the Ho-


442. Floriánová (Hana). Nefrolitiáza a uroli- 444. Folda

ly Land: from the Third Crusade to the fall of


tiáza pohledem stredove¹ke´ medicí¹ny podle kodexu Acre, 1187-1291. Cambridge, Cambridge Uni-
NK I D 39, NK I G 23 a NK I F 35. Nephro-
lithiasis und Urolithiasis aus dem Gesichtspunkt versity Press, 2005, 31 cm, LXVII-714 p., pl.,

der mittelalterlichen Medizin im Kodex NK I D ill., index, CD-Rom. Prix: GBP 85.00. ISBN:

39, NK I G 23 und NK I F 35. (Querite pri- 0-521-83583-6.

mum regnum Dei..., p. 463-473, mit dt. Zusam- Bereits 1995 hatte Jaroslav Folda eine umfangrei-
che Studie über « The Art of the Crusaders in the
menfassung). Holy Land 1098-1187 » vorgelegt (s. Rezension von
Walter Cahn, in: « Speculum » 74, 1999, 162-164).
Die Hss I D 39, I G 23, I F 35 der Nationalbiblio-
Nur relativ wenige illuminierte Handschriften waren
thek (NK) früher UB (U. Knih.) in Prag beinhalten
damals zu behandeln, darunter als herausragende
medizinische Texte böhmischer Herkunf. In den Ab-
Stücke der so genannte Melisenda-Psalter (London,
schriften werden auch Nieren- und Harnkrankheiten
BL, Egerton 1139) und die Bibel in San Daniele
behandelt. Die Behandlung dieser Krankheiten
del Friuli (B. Civ. Guarneriana, Cod. III).
weist eine bis in die antike Medizin reichende Tradi-
In seinem neuen Opus magnum analysiert Folda
tion auf. Der Medizinunterricht in den böhmischen
das Phänomen « Crusader art » im Zeitraum zwi-
Ländern stand völlig in den Geistesströmungen der schen der Eroberung Jerusalems durch Saladin
westlichen medizinischen Bildung. 1187 und dem Untergang der Kreuzfahrerstaaten in
P. Spunar Syrien-Palästina nach dem Fall von Akkon 1291.
Die umfassende Darstellung bezieht Sakral- und
Profanarchitektur, Bauskulptur, Wand- und Buch-
443. Flury (Theres), Karl Schmuki, Ernst malerei, Ikonen, Goldschmiedekunst, Münzen, Kera-
Tremp. Von der Limmat zurück an die Stei- mik und Textilien mit ein. Recht breit angelegte
nach. St. Galler Kulturgüter aus Zürich. Kata- Abschnitte über die historischen Zusammenhänge
mit zahlreichen Zitaten aus zeitgenössischen Quellen
log zur Sonderausstellung in der Stiftsbiblio- bilden die Einleitung zu den einzelnen Kapiteln.
thek St. Gallen (2. Dezember 2006 - 25. Fe- Folda stellt seinem Buch einen ausführlichen For-

186*
bulletin codicologique 2007, 2

schungsbericht voran (S. 1-20: Kap. 1). Er unter- Style » fassbar, « the sophisticated synthesis of
streicht darin das besondere Verdienst Hugo Buch- French Gothic with Byzantine formal characteris-
thals und Kurt Weitzmanns für unser heutiges tics » (S. 308) - ein Stil, der seine Wurzeln vielleicht
Verständnis von « Crusader art ». Nachdem die in in Konstantinopel hat (S. 309) und der in den bei-
der 2. Hälfte des 19. Jahrhunderts einsetzenden Un- den folgenden Jahrzehnten weitere Handschriften
tersuchungen zur Kunst der Kreuzfahrer sich zu- prägen sollte. Als verwandt mit der Arsenal-Bibel
nächst überwiegend den architektonischen Zeugen betrachtet der Verfasser ein Missale in Perugia
zugewandt hatten, rückten mit Buchthals « Miniatu- (B. Cap., 6), eine Handschrift mit Büchern des AT
re Painting in the Latin Kingdom of Jerusalem » in Padua (B. Cap., C. 12) sowie das Kanonbild eines
(1957) und Weitzmanns Studien zu « Crusader Missales in London (BL, Egerton 3153) (S. 295-299;
Icons » (erschienen zwischen 1963 und 1986) Werke S. 301-303; vgl. mit abweichenden Datierungen der
der Buch- und Tafelmalerei ins Blickfeld, die gerade liturgischen Codices Dondi, op.cit., S. 75f. bzw. 88f.).
für den hier behandelten Zeitabschnitt Fragen etwa Der « Franco-Byzantine Crusader Style » kenn-
zu Auftraggebern, Herkunft und Zusammenwirken zeichnet auch die im 3. Viertel des 13. Jahrhunderts
von Künstlern und stilistischen Einflüssen heraus- im Heiligen Land geschaffenen narrativen Illustra-
fordern. tionen zu den damals beliebten, volkssprachigen,
Im ersten Teil des Buchs für die Jahre 1187-1244 historischen Werken, der Histoire d Outremer
' , einer
(S. 21-228: Kap. 2-5) spielen Handschriften, bedingt altfranzösischen Übersetzung des lateinischen Textes
durch die nicht sonderlich reiche Überlieferung, nur aus der Feder des Erzbischofs Wilhelm II. von Ty-
eine untergeordnete Rolle. Allerdings geht der Ver- rus, sowie der Histoire Universelle , die auch unter
fasser auch indirekten Hinweisen nach, wie dem um dem Namen Histoire ancienne jusqu à Ce´sar
' bekannt
1200 zu datierenden Bibliotheksverzeichnis eines ist. Die frühesten Exemplare der Histoire d Outre-
'
« conventus Nazarene ecclesie » (Erfurt, Universi- mer : Paris, BNF, fr. 9086 (ohne Miniaturen) und fr.
täts- und Forschungsbibl., B. Amploniana [Leihgabe 2628 (mit einem von westlichen Vorlagen unabhän-
o
der Stadt Erfurt], CA 4 102, 167v), das möglicher- gigen Illustrationszyklus) bzw. der Histoire Univer-
weise mit dem Heiligen Land in Verbindung zu selle: Dijon, BM, 562 entstanden in Akkon.
bringen ist (S. 92f. u. S. 402). Die Zeichnungen des Dagegen lokalisiert Folda die Histoire d Outremer
'
Freiburger Musterbuch-Blatts (Freiburg im Breis- der Vaticano, BAV, Pal. lat. 1963 nach Antiochia
gau, Augustinermuseum, Inv.Nr. G 23) interpretiert (S. 345-350). An Paris, BNF, fr. 2628 sind weitere
Folda als Reflexe von Malereien an jenen heiligen Codices der Histoire d Outremer
' aus den späten
Stätten, die trotz der politischen Veränderungen 1270er Jahren anzuschließen, die er dem « St. Pe-
weiterhin von Pilgern aufgesucht werden konnten tersburg-Lyon Master » (früher « Leningrad-Lyon
(S. 99-102). Neben einigen liturgischen Handschrif- Master ») zuschreibt: Sankt-Petersburg, GPB, fr.
ten aus der ersten Hälfte des 13. Jahrhunderts (Na- F.V.IV.5 (2 Bde) und Lyon, BM, 828 sowie Paris,
poli, BN, VI.G.11; London, BL, Egerton 2902; BNF, fr. 9085 (Miniaturen bis auf eine Initiale ver-
London, BL, Add. 57528), die im Buchschmuck an loren). In die gleiche Zeit gehört die Histoire Univer-
Traditionen des 12. Jahrhunderts anknüpfen (S. 93- selle Brüssel, KBR, 10175, für die ein mit Dijon,
95; S. 210-212), schreibt Folda dem von Jerusalem BM, 562 gemeinsames französisches Vorbild er-
nach Akkon übergesiedelten Skriptorium vom Heili- schlossen wurde (S. 404-412).
gen Grab auch den Riccardiana-Psalter zu (Florenz, Mit Überlegungen zur Werkstattorganisation ver-
B. Riccard., 323). Diesen bringt er vorsichtig mit sucht Folda genauer zu fassen, was unter dem Be-
der Heirat Isabellas von Brienne und Kaiser Fried- griff « Acre Scriptorium » zu verstehen ist. Unter-
richs II. im Jahr 1225 in Verbindung (S. 212-217). suchungen von Mary und Richard Rouse über die
Ähnlich argumentiert übrigens Cristina Dondi, Buchproduktion in Paris seit 1200 aufgreifend, ent-
« The Liturgy of the Canons Regular of the Holy wickelt der Verfasser seine Arbeitshypothese. Er
Sepulchre of Jerusalem [...] » (Bibliotheca Victorina, geht davon aus, dass Schreiber und Miniatoren in
16), Turnhout 2004, S. 83-85. Hinsichtlich der Tech- Akkon zwar in unterschiedlichen Skriptorien, teils
nik bemerkenswert ist die aus Pergament gefertigte, für den kirchlichen Bedarf, teils für weltliche Auf-
mit Miniaturen versehene Mitra des Jacques de Vi- traggeber tätig waren, dabei allerdings zueinander
try (Oignies, Trésor), die Folda gleichfalls einer in Kontakt standen und auch mit jenen Malern
Werkstatt in Akkon zuschreibt (S. 142-145). Austausch pflegten, die Kreuzfahrer-Ikonen im
Im zweiten Teil für die Jahre 1244-1291 (S. 229- « Franco-Byzantine Crusader Style » schufen
510: Kap. 6-8) gilt die Aufmerksamkeit zuerst Kö- (S. 303-310). Neben den Skriptorien am Sitz des Pa-
nig Ludwig IX. von Frankreich, der von Mai 1250 triarchen von Jerusalem (seit 1191 an der Kathe-
bis April 1254 im Heiligen Land weilte. Einen Auf- drale Heilig Kreuz) bzw. im Dominikanerkonvent
trag Ludwigs zu Beginn dieser Zeitspanne postuliert dürften kommerziell ausgerichtete Werkstätten
der Verfasser für die so genannte Arsenal-Bibel (Pa- « along a common street in Acre » bestanden haben
ris, B. Arsenal, 5211). Deren kostbare Frontispiz-Mi- (S. 411), die sich auf die Ausstattung bestimmter
niaturen und Initialen zu einer Auswahl ins Altfran- Texte spezialisiert hatten und in der Lage waren,
zösische übersetzter Bücher des AT eröffneten dem den Buchschmuck dem wechselnden Anspruchsni-
königlichen Kreuzfahrer einen sehr persönlichen Zu- veau ihrer Kunden entsprechend auszuführen. Am
gang zur biblischen Geschichte von der Erschaffung weitesten fortgeschritten sieht Folda die Arbeitstei-
der Welt bis zu den Kämpfen der Makkabäer gegen lung bei der Histoire Universelle London, BL, Add.
die Ungläubigen (S. 282-295). Zum ersten Mal wird 15268, die er um 1286/87 ansetzt. Aus seinen Beo-
hier der so genannte « Franco-Byzantine Crusader bachtungen zieht er den Schluss, dass hier auf

187*
bulletin codicologique 2007, 2

beachtlichem künstlerischen Niveau « ‘standardized' spaltigen Seiten zuweilen reichlich Geduld. Eine ge-
components » den Herstellungsprozess bestimmt wisse Langatmigkeit, zahlreiche Wiederholungen
hätten. Entsprechend den Anweisungen eines ge- und didaktisch eingesetzte Fragen lassen an den Stil
samtverantwortlichen Leiters könnten demnach von Vorlesungen denken. Vielleicht wären mehrere
Spezialisten für Rahmenformen, Landschafts- und bunte Einlegebändchen hilfreich gewesen, um die
Architekturelemente sowie Figurentypen jeweils ge- Orientierung in Haupttext und Endnoten (S. 561-
meinsam die einzelnen Miniaturen geschaffen haben 682), dem Abbildungsverzeichnis (S. XIX-LIII), der
(S. 419-424). annotierten Liste der Kreuzfahrer-Ikonen im Katha-
Damals war bereits der « Paris-Acre Master », der rinenkloster auf dem Sinai und in anderen Samm-
in der älteren Forschung als « Hospitaller Master » lungen (S. 531-559) sowie der mehrteiligen Biblio-
bekannt ist, in Akkon tätig. Der namentlich nicht graphie (S. 683-711) zu erleichtern. Das Nachschla-
bekannte Buchmaler kam um 1280 nach Akkon gen der Literatur gleicht einem Abenteuer: Quellen,
und blieb dort für etwa 12 Jahre seinem « Parisian Monographien und Aufsätze sind jeweils getrennt
Gothic Style » selbst dann treu, wenn er Miniaturen verzeichnet; Kurztitel wurden unter den Abkürzun-
zu solchen Bänden beisteuerte, die dem « Crusader gen (S. LIX-LXII) notiert. Das Register (S. 713)
Style » verpflichtet sind. In der Analyse seiner führt lediglich die zitierten Handschriften an. Leider
Werke berücksichtigt Folda auch jene Arbeiten, an sind SW-Abbildungen und Farbtafeln nicht durch-
denen der Meister in Paris kurz vor seiner Reise be- weg von guter Qualität. Auch die SW-Wiedergaben
teiligt war (Paris, AN, Pièce S 1626 / Paris, BNF, aller Miniaturen (auf CD-Rom) können oft nicht
lat. 5334 / New York, PML, M. 494). Als die beiden mehr als ein erster Anhaltspunkt sein. Wer sich ein-
ersten Aufträge in Akkon gelten die Miniaturen zu gehender mit den Stücken beschäftigen will, wird
einer volkssprachigen Handschrift mit Büchern des auf Abbildungen in Buchthals « Miniature painting »
AT (Paris, BNF, n.a.fr.1404) und zur 1282 von Jean (s.o.), Jaroslav Folda, « Crusader manuscript illumi-
d'Antioche für den Johanniter Guillaume de Saint-
Etienne geschaffenen Übersetzung von Ciceros De nation at Saint-Jean d'Acre 1275-1291 » (1976) so-

inventione und der Rhetorica ad Herennium ins Alt-


wie in den Spezialstudien zurückgreifen müssen.
B. Braun-Niehr
französische (Chantilly, Mus. Condé, 433 [590]) (S.
412-419).
Um bzw. bald nach 1286 sind zwei Handschriften
der Histoire d Outremer
' zu datieren, die wohl für
445.

cone].
[Forlí̀, Cesena, Savignano sul Rubi-
I manoscritti datati della Provincia di
weltliche Auftraggeber bestimmt waren: Paris,
BNF, fr. 9084 mit 5 Miniaturen im « Crusader Sty- Forlí`-Cesena. A cura di Paola e Marco
Errani
le » und 17 Miniaturen vom « Paris-Acre Master » Palma, con il contributo di Davide Gnola,
sowie Boulogne-sur-Mer, BM, 142, in der alle Minia- Arturo Menghi Sartorio, Daniela Savoia,
turen der Hand dieses Künstlers zugewiesen werden,
der etwa gleichzeitig auch die Illustrationen zu den Vanni Tesei, Paolo Zanfini. Firenze, SIS-
Faits des Romains (Brüssel, KBR, 10212) schuf (S. MEL Edizioni del Galluzzo, 2006, 29 cm, 131
424-429). Für die Histoire Universelle (Paris, BNF, p., index, CD-ROM, ill. ( Manoscritti datati
fr. 20125) hält Folda — nach Abwägung verschiede-
ner Forschungsmeinungen — an einer Entstehung in
d Italia
' , 13). Associazione Italiana Manoscritti
Akkon um 1287 fest und schreibt sie einem Schüler Datati, Istituzione Biblioteca Malatestiana,
des « Paris-Acre Master » zu (S. 429-433). Es gelingt Società Internazionale per lo Studio del Medie-
dem Verfasser, die Tätigkeit des « Paris-Acre Ma- vo Latino. Prix: EUR. 130,00. ISBN: 88-8450-
ster » bis in die letzten Jahre vor dem Fall Akkons
194-6.
im Mai 1291 zu verfolgen: Außer einer Miniatur
zum Livre des Assises des Jean d'Ibelin (Venedig, Treizième de la série des « Manuscrits datés d'Ita-
BN Marciana, fr. app. 20 [=265]) nimmt er eine wei- lie », commencée en 1996, le présent volume décrit
tere Histoire d Outremer
' (Florenz, BML, Plut. les mss datés conservés à la Biblioteca Comunale
LXI.10; die letzte Miniatur im 1. Drittel des 14. Aurelio Saffi, à Forlí̀, à la Biblioteca Comunale Ma-
Jahrhunderts in Venedig hinzugefügt) und die latestiana, à Cesena, et à la Biblioteca della Rubico-
Zeichnungen zum Credo -Kommentar des Jean de nia Accademia dei Filopatridi, à Savignano sul
Joinville (Paris, BNF, lat. 11907) für ihn in An- Rubicone. L'histoire de ces trois bibliothèques est
spruch (S. 495-503). Speziell für die seit 1268 bis ge- retracée aux p. 3-33, respectivement par Vanni Te-
gen 1289 geschaffenen Werke der Buchkunst lenkt sei, Daniela Savoia et Arturo Menghi Sartorio.
der Verfasser den Blick auf die möglichen Auftrag- La BC de Forlí̀ fut ouverte au public sous le ré-
geber (vgl. auch die Einführung und das zusammen- gime napoléonien, en vertu d'une loi de 1798
fassende Kap. 9) — und schließt (partiell confiant à l'administration communale les fonds de
spekulative) Überlegungen zu Akkon als intellek- livres et d'archives provenant des monastères sup-
tuellem Zentrum an, wobei außer den über- primés, ainsi que le legs du comte Marcantonio Albi-
lieferten Texten auch solche zur Sprache kommen, cini. Après quelques années de crise, la bibliothèque
deren Existenz im Heiligen Land nur zu vermuten fut réorganisée et connut un constant développe-
ist (S. 393-404). ment. Un de ses directeurs fut Giuseppe Mazzatinti
Die Handhabung des Bandes verlangt nicht nur (nommé en 1888, décédé en 1906), éditeur de la sé-
wegen des beträchtlichen Gewichts einiges an Mühe rie monumentale des « Inventari dei manoscritti
und erfordert beim Lesen der großformatigen zwei- delle biblioteche d'Italia », dont le premier volume,

188*
bulletin codicologique 2007, 2

consacré précisément aux mss de la BC de Forlí̀, pa- constituée à partir des sécularisations successives.
rut en 1890. À une époque plus récente, un événe- Elle bénéficia de nombreux legs, parmi lesquels on
e
ment marquant fut le transfert au cours de la découvre une dizaine de mss antérieurs au XVI s.
seconde guerre mondiale des livres légués par Carlo La B. della Rubiconia Accademia dei Filopatridi,
os
Piancastelli en 1938. Cinq mss datés (cat. n 5-9) à Savignano sul Rubicone, est issue de la fusion de
appartiennent à ce fonds, qui recèle une vingtaine la Rubiconia Simpemenia dei Filopatridi avec la B.
de mss de la collection Phillipps acquis chez Sothe- Comunale, dont la fondation remonte au milieu du
e e
by au début du XX s. XVI s. Les deux bibliothèques n'ont cessé de s'ac-
e
La BC Malatest., à Cesena, conserve des mss mé- croíˆ tre depuis le dernier quart du XVIII s., soit par
diévaux non seulement dans son fonds propre, mais des legs ou des dons, soit par leurs propres ressour-
héberge également plusieurs collections distinctes, ces: ainsi, des cinq mss datés conservés à Savignano
dénommées Piana (bibliothèque du pape Pie VII sul Rubicone, deux ont été offerts en 1985 par le
Chiaramonti), Corali del Bessarione, Corali del Duo- professeur Luigi Amaduzzi.
mo et Comunale. Intervenant dès 1450 dans une ini- Le catalogue proprement dit (p. 37-92) rassemble
tiative dont le mérite revient aux franciscains de les descriptions détaillées de 111 mss, tous anté-
Cesena, Domenico Malatesta Novello fit édifier et rieurs à 1501, qui se répartissent comme suit: a.
équiper de 1452 à 1454 l'incomparable bibliothèque e
mss portant une date de copie: XII s.: 1; XIV s.:
e

à laquelle son nom reste attaché. Celle-ci recueillit 11; 1


ère e e e
moitié du XV s.: 13; 2 moitié du XV s.:
les mss que Malatesta avait fait exécuter par une 43; b. mss non datés portant une mention de copiste
équipe bien organisée, qui comptait quelques copis- e e
ou de lieu d'origine: IX s.: 1; XIII s.: 1; XIV s.:
e

tes fixés à Cesena ainsi que de nombreux collabora- 3; 1


ère e e
moitié du XV s.: 1; milieu du XV s.: 32; 2
e

teurs itinérants. Les productions de cette officine, e


moitié du XV s.: 5. Comme les précédents, ce vo-
dont l'activité fut particulièrement intense de 1452 lume comporte une ample bibliographie (p. 93-112),
à 1460, présentent des caractéristiques communes:
suivie de plusieurs index: index des mss décrits ou
grand format, parchemin blanc très fin, encadre-
cités (p. 115-116); index chronologique des mss
ment décoratif à entrelacs blancs, initiales MN et
(p. 117-118); index des auteurs et des œuvres
armoiries des Malatesta richement peintes en bas
(p. 119-124); index des noms de personnes et de
de page. Certains copistes ont également joué le roˆle
lieux (p. 125-127). L'ouvrage se termine par 115
de conseiller et d'assistant auprès de Malatesta, tels
planches (liste aux p. 129-131) et est accompagné
le frère Francesco da Figline (de Fighino), chapelain
d'un CD-ROM offrant des reproductions en couleurs.
depuis 1450 et premier bibliothécaire au moins de-
Les lieux d'origine des mss relevés dans 24 colo-
puis 1461, et Jean d'Épinal (Johannes de Spinalo),
phons sont pour la plupart italiens, Cesena et Berti-
réviseur, correcteur et compilateur de tables des
noro, localité voisine, étant mentionnés respective-
mss. À partir de la mort de son fondateur, survenue
en 1465, la bibliothèque cessa de s'enrichir en mss, si ment 5 et 3 fois.
l'on excepte l'important legs de Giovanni di Marco Hors d'Italie, cinq mss ont été exécutés en France
(† 1474), médecin de Rimini, bibliophile et huma- (à Paris, Évreux, Lyon) et un en Suisse (à Root,
niste comme Malatesta. La constante vigilance des Lucerne).
autorités communales de Cesena a permis de conser- Quant aux 49 copistes qui ont signé leur travail,
ver intact à travers les siècles ce joyau inestimable la moitié sont italiens; nous nous bornerons à citer
de la cité. deux copistes au service de Malatesta Novello et
Logée dans une salle adjacente à la B. Malatest., d'autres commanditaires: Francesco da Figline
la collection personnelle des livres rassemblés par le († 1472) et Giacomo da Pergola. Parmi les copistes
pape Pie VII Chiaramonti (né à Cesena en 1742, au nom étranger qui exercèrent leur activité en Ita-
† 1823), dite Piana, reflète les intéreˆts extreˆmement lie, un des plus productifs est sans conteste Jean
variés du souverain pontife. Certains des mss médié- d'Épinal (Johannes de Spinalo), qui exécuta, pres-
vaux qu'elle conserve furent offerts au pape en 1814 que toujours pour les Malatesta, non moins de 30
par le marquis Giacomo Lepri. mss décrits ici.
Par ailleurs, les huit Corali de Bessarion représen- Le plus ancien codex recensé remonte à la pre-
e
tent moins de la moitié d'une collection de livres li- mière moitié du IX s. (Cesena, BC Malatest.
turgiques donnés par le cardinal († 1472) aux frères
o
S.XXI.5, cat. n 77, Isidore de Séville, Etymologiae );
mineurs de l'Observance de Cesena. Primitivement non moins de trois types d'écriture s'étagent sur la
destinée aux Observants de Constantinople, dont le dernière page du ms.: minuscule caroline (fin du
couvent de rite latin avait été achevé en 1451, la texte), capitale (une pièce de quatre vers) et onciale
série de 18 volumes monumentaux commencée vers (colophon mentionnant le nom du copiste, Petrus).
cette date continua à eˆtre exécutée, sans doute à Viennent ensuite une minuscule tardive du début
e o
Bologne, en dépit de la chute de Byzance et de la du XII s. (Piana 3210, cat. n 98, évangéliaire daté
destruction du couvent. de 1104) et une minuscule de transition assignée à la
e
Un fonds similaire, celui des Corali del Duomo, première moitié du XIII s. (BC Malatest. D.III.6,
comprend la série encore presque complète des mss
o
cat. n 15, Pseudo-Jéroˆme, Breviarium in Psalmos ,
liturgiques splendidement enluminés qui furent exé- ms. copié par Reinerius). Les pl. 2-12, 74, 78 et
e
cutés dans les années 1481-1490 pour l'éveˆque de 106 reproduisent des écritures gothiques du XIV
Cesena Giovanni Venturelli, originaire d'Amelia. s., parfois de très haut niveau calligraphique. Le
Située dans une salle adjacente à l'ancienne BC reste de l'album offre un large panorama des divers
e
Malatest., la B. Comunale, inaugurée en 1807, fut types d'écriture pratiqués en Italie au XV s.; go-

189*
bulletin codicologique 2007, 2

thique, gothico-humanistique, humanistique, huma- pectivement par un frater Hieronymus et par Savi-
nistique courante. Parmi les écritures manifeste- nus Faventinus (de Faenza).
ment non italiennes, on remarquera une gothique Le présent tome 13 est le fruit d'un travail
courante très caractéristique pratiquée à Lyon en d'équipe: outre Paola Errani (BC Malatest.) et Mar-
o
1476 (BC Malatest. S.XXVI.6, cat. n 82, ms. de co Palma (professeur de paléographie latine à l'Uni-
mathématique, en français, copié par Matthieu Pre- versité de Cassino), qui ont assumé la direction et la
houde), ainsi que deux gothiques courantes de style coordination du travail, il faut citer Davide Gnola
germanique, datées respectivement de 1417 (BC Ma- (directeur de la B. Marino Moretti de Cesenatico),
o
latest. S.XVI.3, cat. n 71, Boccace, De casibus viro- Daniele Savoia (directrice de la B. Malat.), Vanni
rum illustrium , copié par Nicolas Prutenus, dit Tesa (directeur de la BC de Forlí̀), Paolo Zanfini
Kabenkop, de Königsberg) et de 1476 (Piana 3214, (B. de Cesenatico), Arturo Menghi Sartorio (Rubico-
o
cat. n 99, Bible copiée à Root par Johannes Hilt- nia Accademia dei Filopatridi di Savignano). La
prand de Lucerne, preˆtre du diocèse de Constance). préparation du volume a également bénéficié des ef-
Du point de vue du support de l'écriture, on sera forts de nombreuses personnes qui sont mentionnées
frappé par l'absence quasi-totale de mss de papier dans la note de présentation. Comme les précédents
dans le fonds Malatesta, bien conforme aux exigen- de la meˆme collection, le présent catalogue enrichit
ces de qualité du fondateur de la bibliothèque. Une substantiellement notre documentation relative aux
exception à la règle et fournie par le BC Malatest. écritures italiennes. Il faut féliciter les nombreux au-
o
S.I.11 (cat. n 50), contenant les Lettres de Léonard teurs de nous avoir procuré dans un délai aussi bref
un outil de travail parfaitement homogène. La place
Bruni copiées sur papier à Cesena par Antonio Ru-
bellutti. Celui-ci note dans le colophon qu'il a exceptionnelle qu'occupe la BC Malatest. dans l'his-
achevé sa transcription le jour de la mort du prince, toire des bibliothèques et de l'humanisme confère à
soit le 20 novembre 1465. ce travail un intéreˆt qui dépasse largement celui de
Non moins de 44 mss ont été commandés ou ac- la paléographie. M. Wittek

quis par Domenico Malatesta Novello, tandis qu'une


dizaine d'autres, conservés dans le fonds Piana, por- o
Fox (Everett). Voir n 610.
tent une note de propriété de l'abbaye de Santa Ma-
ria del Monte, à Cesena. Par ailleurs, les armoiries
des Malatesta apparaissent dans près de 50 mss, 446. Fried (Johannes). Papst Leo III. besucht
contrastant avec l'unique exemplaire du blason de Karl den Großen in Paderborn oder Einhards
Bessarion peint dans un graduel de grand format
o
(Corale Bessarione 5, cat. n 102). Ajoutons que des
Schweigen. (Historische Zeitschrift, 272, 2001,
armoiries non identifiées se rencontrent dans 8 mss S. 281-326).
o
(une référence au cat. n 105 devrait eˆtre ajoutée Durch eine Sichtung des gesamten Quellenmate-
dans l'index, s.v. « Stemmi »). rials zu den Ereignissen um die Kaiserkrönung
La BC Malatest. est particulièrement riche en Karls des Großen entsteht eine deutlich modifizierte
classiques latins, ainsi qu'en traductions latines de Sichtweise der Ereignisse. Es ergeben sich — entge-
textes grecs, tant profanes que chrétiens. Les grands gen der herrschenden Meinung — eine mißlungene
auteurs chrétiens de langue latine (en particulier Blendung, aber eine geglückte Absetzung des Pap-
S. Augustin) sont également bien représentés, à l'in- stes Leo. Die neu bewertete Kölner Notiz weist auf
verse des humanistes contemporains. Plus dissémi- ein vom Papst unabhängiges, längerfristig mit by-
nés sont les mss bibliques, liturgiques, scholasti- zantinischer Hilfe vorbereitetes Kaisertum Karls
ques, juridiques, alchimiques ou médicaux. Quant des Großen hin. Am Rande geht der Verfasser auf
II
aux mss de langue italienne, nous n'en avons repéré folgende Hss. ein: Köln, DomB., 83 ; Wien, ÖNB,
x
que trois, dont une Vie du b Galeotto Roberto, 515. B. Gullath
frère de Malatesta Novello (BC Malatest. S.I.1, cat.
o e e
n 48, 2 moitié du XV s.). À noter la présence in- os
solite d'un recueil de traités de mathématique en Funghi (Maria Serena). Voir n 374, 551.
langue française daté de 1476 (BC Malatest.

« OCI » Voci
o
S.XXXVI.6, cat. n 82).
447. Gallo (Franco Alberto).
Un tiers au moins des mss décrits sont enrichis de
lettrines historiées ou d'enluminures plus simples, d 'uccelli in testi medievali.
Redattore degli
sans sujet. Des miniatures particulièrement somptu- esempi musicali Fabrizio Bugani. Ravenna,
o
euses ornent les mss suivants: cat. n 4. Forlí̀, B. Longo Editore, 2007, 24 cm, 83 p. ill. ( Le Tes-
Com., s.s., livre d'heures copié en 1385 en une écri-
ture gothique de grand luxe par Barthélemy, recteur
sere
, 14). Prix: EUR. 14,00. ISBN: 978-88-
o
de l'église Sainte-Croix, à Ferrare; cat. n 25. BC 8063-553-6.
Malatest. D.IX.1, S. Augustin, De civitate Dei, ms. This short and learned book brings together a
copié à Fano en 1450 par Giacomo da Pergola pour broad selection of texts and music referring to bird-
o
Malatesta Novello; cat. n 62. BC Malatest. S.XII.2, song in three chapters, with tables and an appendix:
version latine de Polybe, ms. enluminé vers 1450 1. Latin texts ( Nomina vocum , philosophers and
os
par Giovanni da Rimini; cat. n 104 et 105. Corali grammarians, Mirabilia auditu ), 2. Texts in Ro-
Duomi E et F, deux mss liturgiques monumentaux
e
mance languages (chansons, Itinerari d Amore
' ,
enluminés au cours du dernier quart du XV s. res- images), 3. Musical texts (« oci », villains and

190*
bulletin codicologique 2007, 2

knights, « cucu »). In an appendix, he considers re- it is impossible to ascertain the identity of this com-
ferences to birdsong in Japanese court poetry of cir- missioner. However, by examining some of the more
ca 1000. (On the title, « Oci », see pp. 23-24.) interesting miniatures, having determined the text-
Readers may also consult Elizabeth Eva Leach, image transposition procedure, an attempt is made
« Sung Birds: Music, Nature, and Poetry in the La- to demonstrate how it is possible to venture an ex-
ter Middle Ages » (Ithaca: Cornell University Press, planation on the particular function that was as-
2007), and Richard Jensen, « Birdsong and the Imi- signed to the list of illustrations in the execution of
tation of Birdsong in the Music of the Middle Ages the codex and to recreate an atmosphere of belong-
and the Renaissance, » « Current Musicology 40 » ing ». A. Touwaide
(1985), pp. 50-65.
In a short introduction, Gallo explains that me- o
dieval writers considered birdsong a language com- Gasch (Stefan). Voir n 478.
parable to that of the sounds of musical instru-

(Erwin) hrsg. Die Wappen der


ments, but Latin writers (Pliny, Macrobius) describe
449. Gatz
birds as musicians. He gives examples of medieval
Hochstifte, Bistümer und Diözesanbischöfe im
Heiligen Römischen Reich 1648-1803. Unter
compositions ‘sung' by birds and dogs. In the follow-
ing chapters, the subject is divided by topic: the vo-
cabulary of animal sounds and of birdsong (Sue- Mitwirkung von Clemens Brodkorb, Reinhard
tonius — quoted p. 20, n. 4; Isidore, Carmina bura-
na ), the variety and classification of bird and hu-
Heydenreuter und Heribert Staufer. Re-
gensburg, Schnell und Steiner Verlag, 2007,
man song (the meaning of ‘vox', for Priscian
articulate, inarticulate, literate, illiterate, and for 28 cm, 680 p., ill., index. Prix: EUR. 99,00.
Marchetto of Padua literate as notatable music), ISBN: 978-3-7954-1637-9.
birdsong as a signal of the miraculous or marker of
liturgical time, birdsong in gardens of Love, the ca- Nous avons déjà rendu compte de l'intéreˆt que
pacity of birdsong to elicit emotion, birdsong as la- présente, meˆme pour le médiéviste, la parution d'ou-
ment, birds in heaven or Paradise, birds in the vrages traitant d'une matière qui reste confiden-
tielle, à savoir celle des armoiries ecclésiastiques
illuminations of the Montpellier manuscript, compo-
sitions of the 13th to early 16th century with bird- (cfr. BC o
, 1997 n 356, BC o
2006 n 548). Cet ou-
song (which include the English Sumer is icumen in vrage-ci, œuvre d'un auteur aussi érudit, illustre en
and a polyphonic Missa cucu ). Interesting in the couleurs les armoiries des diocèses et des éveˆques in-
stallés dans les domaines dépendants des Habsbourg
third part of the book is also the commentary of
Jean de Condé's La messe des oiseaux. après la Réforme de 1648. Les armoiries de qua-
rante-huit sièges épiscopaux (dont celles de Liège),
There is no discussion of Aristophanes here, or of
the many references to birds in medieval hagiogra- introduites chacune par une brève notice historique,
phy, as in the chant for saints' offices. This is a fas- sont décrites ainsi que celles de leurs dirigeants res-
cinating introduction to a subject deserving further pectifs (détaillées quartier par quartier dans le cas
attention. d'écartelés). Le titre du livre est un peu trompeur,
car les notices et la bibliographie qui les accompa-
Included in this book are color facsimiles of Ox- e
gnent prouvent leur origine médiévale (XIII et
ford, Bodl. Libr., Bodley 602, fol. 10r (front cover) e
XIV s.) et les armoiries familiales de leurs diri-
and Montpellier, BU, Fac., Médecine, H 196, fols.
geants sont toujours combinées avec elles et peu-
1r, 23v, 152r-v, 273r, 350r (insert). B. Haggh
vent encore se voir aujourd'hui. Il est donc
précieux de pouvoir s'y référer, par ex. dans le cas
448. Gasbarri (Giovanni). Retorica e imma- d'identifications d'armoriaux européens médiévaux
gine: le Omelie figurate di Giovanni Crisostomo (e.a. Bruxelles, KBR, II 6563). Une solide introduc-

nel codice Athen. gr. 211. (Nuovi Annali della tion comprenant l'examen des ornements extérieurs

Scuola Speciale per Archivisti e Bibliotecari, (p. 17-24), est suivie de plusieurs index onomastique,
héraldique, géographique, d'une carte des territoires
19, 2005, pp. 21-40). impliqués, d'un glossaire et d'une bibliographie par-
ticulièrement utiles.
Author's summary: « The codex Athen. Gr 211 of
Chr. Van den Bergen-Pantens
the Ethnike B. Hellados in Athens (IX-X centuries)
represents an extremely interesting case within the
o
limited panorama of illustrated Byzantine homiletic Gemenne (Louis). Voir n 605.
codices. It is almost certainly the only ms. that, to

(Hélène). Le livre saisi


the present day, has conserved an anthology of min-
iatures created exclusively to illustrate a collection 450. Gentil-Brasseur
of Giovanni Crisostomo's sermons. The often ‘cryp- en Picardie sous la Re´volution française. (Bulle-
tic' character of the iconography and the complex
relation that individual images establish with the
tin du Bibliophile, 2007, p. 38-69).
verbal medium , allow us to envisage the existence La saisie des livres et de bibliothèques s'inscrit
of a specific editorial project aimed at creating a dans le cadre plus large de la confiscation des biens
‘textual device' that was to accomplish a precise meubles des communautés religieuses, des émigrés et
function probably restricted to hic et nunc of a de diverses autres catégories de personnes ou d'insti-
high-ranking selected commissioner. As things stand tutions.

191*
bulletin codicologique 2007, 2

L'a. étudie d'une manière approfondie les problè- (par Julia C. Crick) à cataloguer les deux cent
mes complexes et souvent embarrassants liés à l'ap- quinze mss connus (en 1989, et quatre autre ont
plication des décrets révolutionnaires dans le dépar- été signalés depuis: voir p. vi n.5). Tout ce travail
tement de la Somme, dont le résultat positif reste la a permis enfin de donner une édition du texte origi-
création d'une École centrale à Amiens, dotée d'une nal et un bon exposé des ajouts, tant de Geoffrey
bibliothèque publique. lui-meˆme que de ses copistes, qui ont donné naissan-
Celle-ci fut d'emblée organisée et gérée par un bi- ces aux « variantes » susmentionnées. Cette édition
bliothécaire officiel, le citoyen Jean Baron, dont le est fondée sur dix-sept mss soigneusement sélection-
salaire était égal à celui des professeurs. À coˆté des nés après collation de tous: Alençon, BM, 12;
multiples taˆches qu'il dut assumer (regroupement Berne, BurgerB, 568; Cambridge, Gonv. Caius Coll.,
des livres saisis, tris, catalogage, échanges, ventes, 406/627, Sidney Sussex Coll., 75, UL, Dd 6.12, Ii
transports, rapports avec les autorités), Baron par- 1.14 et Mm 5.29, Londres, Lambeth Pal., 503;
vint à rassembler à Amiens un patrimoine de plus Leyde, BPL, 20; Londres, BL, Cotton Titus, C
de cent mille volumes sélectionnés. Relevons quel- XVII et Royal 13 D II; Oxford, Bodl. Libr., Raw-
ques détails en rapport avec les mss médiévaux: linson C152; Paris, BNF, lat. 6040 et 13710, B. Ste-
(p. 40, n. 1) « La B. mun. d'Amiens conserve 177 Geneviève, 2113; Salisbury, Cath. Libr., 121; Vati-
mss de l'abbaye royale de Corbie »; (p. 40) « Le re- can, BAV, Vat. lat. 2005. On ne peut qu'applaudir
levé des bibliothèques des 83 départements, daté du le résultat et signaler l'édition de M. C. Reeve
23 février 1791, recense pour l'Aisne 691 mss, pour comme celle à laquelle il conviendra désormais de
l'Oise 273 mss, pour la Somme 135 mss, soit au total se référer en premier, tant pour son texte que pour
pour la Picardie 1099 mss »; (p. 42) « Dans le dis- l'introduction qui expose, enfin, clairement l'état du
trict d'Amiens, une commission est nommée le 26 problème et les conclusions auxquelles l'entreprise a
floréal an II [15 mai 1794] pour rechercher, trans- mené. On ne manquera pas, à bon droit, de recom-
porter, inventorier et organiser la conservation des mander aussi la traduction anglaise de N. Wright,
monuments des arts. ... Le juge Levrier s'affaire à alliant qualité et justesse de la langue à une
la description des mss. Le citoyen Baron, commis connaissance incomparable de l'œuvre et de la per-
bibliothécaire, est sélectionné comme bibliothécaire sonnalité de son auteur. Cl. Sterckx
officiel de l'École centrale »; (p. 53) « L'École cen-
trale est remplacée par un lycée et on sait que le
30 aouˆt 1804, le logement du proviseur est agrandi 452. Gerard Zerbolt de Zutphen. La mon-
au détriment de la salle des manuscrits »; (p. 54) te´e du cœur. De spiritualibus ascensionibus. In-
« Pour que la B. d'Abbeville ait un fonds conve- troduction par Nikolaus Staubach. Édition
nable, le ministre de l'Intérieur y ordonne, le 13 fé-
critique et traduction par Francis Joseph Le-
vrier 1817, le versement d'un certain nombre de
grand. Turnhout, Brepols, 2006, 21 cm, 434
Sous la Re` gle de Saint Augustin).
livres ayant appartenu à l'abbaye de Saint-Riquier
et qui n'avaient point été transportés pendant la ré- p., Index. (
volution, parmi lesquels on peut citer l'Évangéliaire Prix: EUR. 45. ISBN: 2-503-51909-8.
dit de Charlemagne ». M. Wittek
Quoique Gérard Zerbolt de Zutphen (1367-1398)

The History of
soit moins bien connu que les représentants les plus
451. Geoffrey of Monmouth. notoires de la Devotio moderna, comme Gérard
the Kings of Britain. Ed. Michael D. . Reeve Grote, prédicateur charismatique en vue ou son
An Edition and Translation of the De gestis
élève Florent Radewijns qui est à l'origine du mou-

Britonum (Historia regum Britanniae); trans- vement semi-religieux des ‘Frères de la Vie commu-
ne', il n'en mérite pas moins d'eˆtre rangé en leur
lation by Neil . Woodbridige, Boydell
Wright compagnie comme propagateur de ce mouvement
Press, 2007, 24 cm, lxxvi + 307 p., index (Ar- de réforme religieuse. Comme membre et bibliothé-
thurian Studies LXIX) Prix: GBP 50,-. ISBN: caire d'une communauté de clercs et de laí̈cs à De-
venter, Zerbolt s'est appliqué à la transcription de
978-1-84383-206-5. mss. Mais ce sont surtout son érudition et sa pro-
Historia regum Britanniae
L' de Geoffrey de Mon- duction littéraire qui lui ont procuré une influence
mouth — qu'il conviendrait plus justement de dési- durable. L'importance de son œuvre mérite cepen-
gner par son titre original De gestis Britonum — dant d'eˆtre mieux considérée en plus des deux mo-
constitue l'un des textes majeurs du Moyen Aˆge, à nographies qui lui ont déjà été consacrées par
la fois comme version « authentique » — tenue en J. van Rooij (Nijmegen, 1936) et G. H. Gerrits (Lei-
tout cas comme telle jusqu'au dix-huitième siècle! den, l986). Une condition indispensable devait en-
— de la première histoire de la Grande-Bretagne et core eˆtre réalisée, une présentation critique de ses
comme caution de l'historicité d'Arthur, de Merlin et écrits. SonTractatus de reformatione virium animae
de leur entourage. Pour autant, il a pu eˆtre long- a dès lors pu faire l'objet d'une édition critique par
temps déploré que cette œuvre n'était accessible F. J. Legrand en 2001. À présent c'est son traité
qu'à travers des éditions très imparfaites, basées sur majeur que l'a. édite, l'accompagnant d'une traduc-
tel ou tel ms. quitte à se qualifier de « variante ». tion. On connaíˆ t 125 mss qui l'ont transmis, en tout
Fort heureusement, une équipe s'est attachée depuis ou en partie. Une trentaine de ceux-ci ont été rete-
1984 à produire tous les outils nécessaires pour une nus pour cette édition, faisant l'objet d'une brève
approche fiable, dont un volume entier consacré description. Ce sont Aubel, B. du Val-Dieu, 4

192*
bulletin codicologique 2007, 2

o e
(1469); Berlin, SBB, lat. f 687 (XV s.); Bruxelles, de M. G. montre bien l'extreˆme malléabilité des tex-
e
KBR, 11851-53 (XV s.); Cambrai, BM, 206 et 263 tes médiévaux, et la difficulté de leur édition. On
e
(XV s.); Darmstadt, Hess. HochschulB, 675 (ca. trouvera en annexe une étude des éditions existan-
e
1450), 1015 (ca 1400) et 1090.2/2 (XV s.); Hanno- tes de la Vita Bernwardi
, une présentation des inter-
e
ver, Niedersäch. LB, 184 (1447); Köln, Hist.A, polations dues au début du XVI s. à Henning Rose,
e
GB.8.61 (XV s.), GB.8.83 (1416) et GB.8.145 et l'édition de deux textes relatifs à la canonisation
(1400); Liège, B. Grand Sém., 6 M 10 (ca 1428) et de Bernward. B.-M. Tock
e e
6 M 22 (XV s.); Mainz, StB, I 150 (début du XV s.),

(Anne-Véronique). Le
II 160 (1431), I 170 (1423-32), II, 93 (1453-57), I 621
e e
(1423); Melk, StiftsB, 297 (XV s.), 613 (XV s.) et 454. Gilles-Raynal
e
768 (XV s.); München, Bay. SB, Clm 4727 (1459) dossier hagiographique de saint Saturnin de
et Clm 18423 (1458); Paris, B. Mazarine, 930 et
Toulouse. (Miracles, vies et re´e´critures dans l'oc-
cident me´die´val. Sous la direction de Monique
e e
954 (XV s.), Paris, B. Ste-Geneviève, 3467 (XV
e e
s.-XVI s.); Sankt Gallen, StiftsB, 972c (XV s);
Sankt-Peterburg, GPB, lat.O.v. I N 174 (1425); Goullet et Martin Heinzelmann. Ostfildern,
Trier, StB, 784/1366 (1442); Utrecht, UB, 399
e Jan Thorbecke, 2006, p. 341-405).
Passio
(XV s.) et 313 (1400). En hors-page est reproduit
le fol. 1v du ms. Berlin, SBB, theol. lat. fol 227 Gregory of Tours cites the fifth-century
avec une illustration de la Scala Paradisi de Jean Saturnini, the account of the martyrdom of the
Climaque. Signalons encore que la vingtaine d'an- founding bishop of Toulouse, to provide the chrono-
ciennes éditions latines parues du De ascensionibus
e
logical grounding for his famous seven missionaries,
a été établie sur un seul ms. Dès le XV s., ce traité thereby placing them in the mid-third century, at
a été traduit en moyen-néerlandais, lui assurant une the time of Decius ( Libri historiarum decem
, I. 30).
plus vaste diffusion. In the Carolingian period, when dioceses began to
La présente édition contient en outre une biblio- claim apostolic origins for their founders, this bit of
graphie des sources citées dans l'apparat, ainsi que information from Gregory had to be willfully igno-
des index scripturaire, des sources et des personnes. red to make their founders missionaries sent by St
G. Michiels Peter. In Saturnin's case, the alterations of the pas-
sio in service of apostolic ambitions come not from

(Martina). Die Textfassungen der


Toulouse but from its two closest metropolitans,
453. Giese
Lebenbeschreibung Bischof Bernwards von Hil- Auch, where the Gesta Saturnini
were composed in
passio
desheim. Hannover, Hahnsche Buchhandlung,
900, and Narbonne, where a refined, rhymed ,
commissioned by the archbishop of Narbonne fol-
2006, 23 cm, XXVIII-137 p., index (Monumen- lowed shortly thereafter. Gilles-Raynal, the world's
ta Germaniae Historica. Studien und Texte, 40). expert on the cult of Saturnin, provides a compre-
hensive examination of the various texts, including
Prix: EUR. 18,69. ISBN: 3-7752-5700-4.
ms. lists for each version. The tenth-century ver-
L'éveˆque d'Hildesheim Bernward (993-1022) fut sions of the legend never overshadowed the wide
un personnage très important: non seulement diffusion of the early passio
, which exists in over
éveˆque, mais aussi chapelain royal, conseiller poli- 40 mss, the oldest being two eighth-century codices:
tique. De sa
e
Vita il existe 26 mss, du XI au
e
e
Torino, BN, D.V.3, f. 244v-248r, and München, Bay
XVII s., dont 17 pour le seul XV s. 13 de ces mss SB, clm 4554, f. 51v-54r (the full list is on pp. 357-
sont directement ou indirectement liés à Hildesheim.
La Vita a connu plusieurs versions, mais jusqu'à
363). Gilles-Raynal has discovered a previously un-
known step in the compilation of the legend, which
présent aucun travail n'avait réellement cherché à she terms the Passio interpolata
, because it contains
faire la différence entre celles-ci. C'est cette lacune
que M. G. entend combler. Il ressort de cette étude
episodes borrowed from the Passio Potiti
(BHL
6908). The earliest witness to this version, Paris,
que onze versions différentes peuvent eˆtre distin-
BNF, lat. 17002, f. 182r-184r, from Moissac (early
guées (sans d'ailleurs que les mss d'une meˆme ver-
eleventh century), also contains the unedited rhym-
sion concordent entièrement: la première version
fut entamée (mais peut-eˆtre pas achevée) peu après
ed passio
, f. 232v-239r. This much-needed reexami-
nation of the dossier of Saturnin will now serve as
la mort de Bernward; il n'en subsiste plus de texte.
e the point of departure for future explorations into
Vers le milieu du XII s. une deuxième version fut
some of the still unresolved questions regarding Sa-
mise au point, appelée par l'a. version de Gotha, qui
turnin's biography. J. R. Webb
connut deux autres avatars. La cinquième version
(Hanovre, Niedersächs. Hauptstaatsarchiv (HSA),
Ms. F 5, utilisé par l'édition de référence au t. 4 o
des « MGH Scriptores ») fut mise par écrit à l'occa- Gillingham (Bryan). Voir n 360.
sion du procès en canonisation de Bernward initié à
Rome en 1192 par Thierry, abbé de St-Michel
(C.). Un bel trattato ermetico del pa-
e
d'Hildsheim. Au XIV s. deux autres versions se dé- 455. Gilly
tachèrent, appelées l'une la version proto-Siegfrid, la
racelsismo: il De tribus facultatibus di Alexan-
seconde version Siegfrid, par référence à l'éveˆque
d'Hildesheim Siegfrid (mort en 1310). Les autres der von Suchten. (Magia, alchimia..., p. 185-
versions sont rattachées à des légendiers. Le travail 198).

193*
bulletin codicologique 2007, 2

C. G., bibliothécaire de la « Bibliotheca philoso- Mylius, Fludd). L'a. considère les éditions de 1510,
,
phica hermetica » consacre plusieurs articles d'une 1531, 1550 et 1565 comme des fantoˆmes, car la pre-
grande richesse bibliographique et érudite à l'étude mière réimpression serait contenue dans l'éd. de
de personnages ou d'œuvres en rapport avec l'her- Lyon, chez les frères Bering [=Basel, Thomas Gua-
métisme de la Renaissance. Chacun de ces articles rin, 1579], vol. I, p. 705-740, des œuvres de Agrippa
est pourvu de longues citations des œuvres, ac- de Nettesheim. Les éditions « c. 1600 », soi-disant
compagnées d'utiles traductions en italien et en an- chez les meˆmes frères Bering, cachent d'autres lieux
glais. Dans le premier, il est question de l'attribution d'impression comme Strasbourg, Lazarus Zetzner, en
des œuvres de Suchten. Ainsi, un ms. copié en 1542, 1600, ou les éditions à pagination identique entre
maintenant conservé à la B. Phil. Herm. mais ayant 1605 et 1630. Les quelques copies manuscrites, par-
appartenu au spécialiste de Paracelse Walter Pagel, fois attribuées à Paracelse, reproduisent des éditions
contient l'œuvre De tribus facultatibus de Alexander imprimées (ex. Bremen, SuUB, c. 49 et Praha, Stra-
von Suchten de Gdansk (c. 1520 - p. 1576), meˆme hov Knih., D.F.IV.59, f. 193v-217v), l'exception
s'il a été diffusé sous le nom de Paracelse. Cette étant la retraduction en latin à partir de l'allemand
œuvre est la plus radicale critique de la théologie dans le ms. London, BL, Harley 514, f. 1r-122v.
traditionnelle et de la science de son temps et milite Cette traduction a été faite sur la version allemande
pour l'expérience personnelle en vue d'atteindre l'il- « c », la plus diffusée du texte en 49 aphorismes. L'a.
lumination à travers Dieu et la nature. Elle montre donne les noms divers sous lesquels le texte a circulé
que Suchten avait embrassé des thèses spiritualistes, en latin et les mss qui en témoignent (un certain
sans pour autant quitter l'Église traditionnelle ou se nombre sont conservés à la B. Phil. Herm. dans dif-
montrer ouvert au protestantisme. L'œuvre fut pu- férentes langues). Une version allemande très diffé-
bliée dans Pandora en 1608. D'autres œuvres de l'al- rente, datée de 1580, contiendrait, d'après le titre,
chimiste paracelsien Suchten ont circulé ainsi de 3440 aphorismes (Berlin, SBB, Germ. Fol. 903, f.
manière manuscrite et anonyme ou pseudépigra- 1r-892v) mais elle ne présente en réalité que les cinq
phique suite à la négligence de l'a. à les faire impri- livres de laSumma Magica de Berengarius Ganellus.
mer (ex.:
e
XVIII Propositiones dans les mss du L'a. démeˆle l'écheveau très compliqué des copies
XVI s. Erlangen, UB, 999; Vaticano, BAV, pal. partielles et parfois disséminées dans les éditions
lat. 1892; Gdansk, Bibl. Gdanska, 1318, mais aussi d'autres œuvres, du reste de l' Arbatel. Il reprend en-
la Clavis Alchemiae De secretis Antimonii
et le ). Un suite brièvement la question de l'a. réel resté incon-
ms. du De tribus facultatibus copié en 1597 est attri- nu, dont l'œuvre fit scandale dès la publication. La
bué à Paracelse: Greifswald, UB, Theol. Quart. 8, date de composition proposée par l'a. est postérieure
III, 1-34). Les 156 Regulae seu Canones de lapide à la publication de laPhilosophia sagax en 1571, car
philosophico, publiées par Penot anonymement en Arbatel
l'a. de l' en connaissait la troisième partie
1582 sont bien de Suchten d'après l'a., comme le maintenant perdue, où il est question des esprits
Dialogus entre Alexandre et Bernhard conservé dans olympiens. Une autre innovation de l'œuvre réside
le ms. Wolfenbüttel, HAB, Guelf. 11 Aug. fol. 124- dans l'usage des mots « théosophie » et « anthroposo-
130v. En revanche, l' Explicatio Tincturae Physico- phie » comme subdivisions de la sciencia boni,
rum Theophrasti n'est pas une œuvre de Suchten concepts qui n'apparaissent ensuite plus avant l' Am-
malgré l'attribution par Figulus dans Pandora ; il en phitheatrum de Heinrich Khunrath en 1595. En pa-
va de meˆme pour les Concordantia Chymica , éd. à rallèle sont formés les mots de « cacosophia » et de
Mulhouse en 1606 et pour le Colloquia chymica dont cacodemonia comme divisions de la « scientia mali » .
seul le premier dialogue ( Ein freundlich Gespräch I. Draelants
zwischen einem Leyen und einem hocherfahrnen Artis-
ta und Künstler) est à lui attribuer. Paracelsien, 457. Gilly (C.). Paracelsismo per filosofi: Pe-
trus Severinus (Magia, alchimia..., p. 219-240).
Suchten rechigna à citer le nom d'Hermès, dont l'a.
a retrouvé très peu de mentions dans ses œuvres.
L'a. termine sur l'examen du contenu du De tribus
facultatibuset souligne l'opposition des anti-paracel-
Severinus est un philosophe et médecin danois pa-
racelsien, Peter Sørensen (1542-1602), qui fit l'admi-
sien comme le chimiste Libavius, défenseur de l'al-
ration d'humanistes comme Paolo Sarpi, Pierre
chimie transmutationnelle, qui reprochaient à Such-
ten le mysticisme de son alchimie . Asselineau, Francis Bacon, Johannes Moller. Il assis-
ta aux leçons d'Antonio Fracanzani et fut le premier
I. Draelants
médecin paracelsien de Venise; ses écrits sont un
combat constant contre Galien et Aristote et pour
456. Gilly (C.). Il primo prontuario di magia la reconnaissance de l'importance de l'expérience

in Germanica. (Magia, alchimia..., p. 199-218). duˆe à la doctrine hippocratique. En ce sens, il fut,


dit l'a., le premier dans l'histoire de la médecine à
C. G., dans une contribution très documentée en mettre en évidence les dissensions entre le galénisme
manuscrits et en éditions imprimées, étudie les ver- et l'hippocratisme, ce qui lui valut l'opposition de
Arbatel de
sions manuscrites et imprimées du texte médecins et théologiens contemporains. La présence
Magia Veterum. Summum Sapientiae studium, édité Idea Medicinae Philosophi-
d'Hermès dans ses écrits (
pour la première fois à Baˆle en 1575 et dont les in- cae) ne peut pas eˆtre déduite du petit nombre de
novations dans la théorie de la magie connurent un mentions, mais du contexte philosophique. L'a. met
succès très important chez tous les auteurs de trai- en évidence les principes de la doctrine de la « litur-
tés de magie (Wecker, Zefiriele Bovio, Godelmann, gie mécanique » chez Severinus (semence, propor-
Hildebrand, Boissard, Figulus, Großschedel, Nagel, tions, nombres, masses, quantités, qualités) et

194*
bulletin codicologique 2007, 2

montre que sa théorie des semences a influencé lar- dans un grand nombre d'œuvres, sur une durée de
gement ses successeurs paracelsiens ainsi que la « ré- 15 ans; Zwinger les arrangea d'après la division aris-
volution scientifique ». Il regrette en conséquence totélicienne de la philosophie trouvée dans l' Ethique
qu'il n'existe pas à ce jour d'édition critique de à Nicomaque qu'il édita en meˆme temps. Le premier
Idea philosophica
l' et que les autres œuvres de Seve- livre duTheatrum couvre les arts libéraux, le second
rinus, redoutant la controverse, n'aient pas été édi- les arts mécaniques, les 17 autres traitent de l'action
tées par lui ou ses héritiers, la plupart ayant disparu éthique et politique de l'homme. Pour les aspects
e
au cours du XVII s. Tous les mss de Severinus sont pratiques de la théologie et la magie, il utilise le
encore à retrouver, meˆme si l'on connaíˆ t le début de terme commun de divinatio. e
Dans la 2 éd. (Froben,
leur histoire: ils aboutirent dans la bibliothèque du 1571), Zwinger place les sciences théoriques et prati-
médecin Ambroise Rhodius, marié avec la petite- ques sous un dénominateur commun: elles existent
fille de Severinus, Anna. Le couple fut déporté pour collectivement sur la base de « praecepta universa-
raisons religieuses dans la région polaire (Finnmar- lia » formés par l'esprit sur la réflexion, et sur la
ken). Quand Ambroise revint d'exil en 1667, les base de faits singuliers appelés « exempla particula-
mss avaient disparu. Le catalogue dressé en 1662 ria », observés par les sens à partir de l'expérience.
par un notaire ne fait pas mention des mss. Les termes « experiencia », « historia » (en grec),
I. Draelants « cognitio sensitiva » sont utilisés comme synony-
mes. L'histoire des faits humains, comme la philoso-
(C.). Pena di morte per i paracelsis-
phie, est donc pour Zwinger source de connaissance.
458. Gilly

ti: il grande sogno di Thomas Erastus. (Magia, La perception par les sens surpasse pour Zwinger la

alchimia..., p. 241-252).
compréhension en termes de preuve et de certitude
(alors que pour les aristotéliciens, plus la science est
C. G. situe dans son contexte ce théologien et mé- abstraite, plus elle atteint de hauts degrés de certi-
decin ennemi de l'hermétisme et du paracelsianisme tude). En vertu de cette conception, la partie dévo-
né à Baden en Suisse, formé à Baˆle et pilier de l'uni- lue aux arts mécaniques augmenta de manière
versité d'Heidelberg. Il s'engagea dans de nombreu- impressionnante d'édition en édition: un exemple
ses polémiques théologiques contre Calvin, Beza, d'évolution de l'œuvre au cours de ses différentes
Olevianus, contre le luthérien Johann Marbach, publications, qui n'a pas été prise en compte par
contre Jacob Schenck, contre l'astrologie de Stath- bon nombre d'historiens des sciences pour compren-
mion, contre les alchimistes transmutationnistes, dre les conceptions de Zwinger, qui en réalité préfi-
contre Johann Wierius et ses chasses aux sorcières, gure Francis Bacon sur ce point. L'a. évoque en
contre Comes Montanus de Vincenza et surtout outre les lecteurs et les utilisateurs célèbres de Zwin-
ger, comme Montaigne, Comenius, Pierre Bayle, et
Theatrum
contre Paracelse et contre ses opinions araianistes
et photiniennes, au point de demander la peine ca- Laurens Beyerlinck qui dénatura le en le
pitale pour ses sequaces Disputationes
( I, 24-25, III, mettant en ordre alphabétique et l'arrangea d'après
15). Ses polémiques Disputationes contre Paracelse,
e
les dogmes catholiques (1 éd. 1631) en en censurant
parues sans date et prévues en quatre volumes fu- des passages, notamment à propos d'Hermès pre-
rent probablement publiées, pour la première partie, mier découvreur de la Trinité. Pour le reste, l'her-
en 1571 ou 72, et pour la fin à l'automne 1573. L'a. métisme de Zwinger doit surtout eˆtre cherché dans
retrace l'histoire de la publication à partir des lettres sa très abondante correspondance. En 1548, quin-
envoyées par Erastus aux éditeurs et à ses savants quagénaire, Zwinger s'établit chez les frères Berin-
amis. Il voit l'origine de l'anti-paracelsianisme de gen à Lyon pendant trois ans, puis voyagea à
l'aristotélien Erastus dans la publication, chez Per- Paris, à Baˆle, à Padoue en 1553 où il devint secré-
na, de l'Hermotimus par son collègue d'Heidelberg taire du médecin philosophe Bassiano Lando et ex-
Jacob Curio Hofemianus y combattant l'école de plora le platonisme. Sa vie compte autant d'étapes
Galien et d'Aristote qui imprégnait l'enseignement que de découvertes philosophiques. Ainsi, lors de
médical d'alors. Les deux hommes s'engagèrent éga- son édition d'Hippocrate, il se montra très intéressé
lement dans une dure controverse sur l'astrologie. À par Paracelse. En conséquence, l'a. insiste sur la ré-
noter: Erastus ne nomme pas plus explicitement Cu- évaluation nécessaire de son aristotélisme dans ses
rio que ses autres adversaires (Suchten, Severinus) liens avec le paracelsianisme et l'hermétisme.
dans ses Disputationes, et considère les doctrines I. Draelants
magiques hermétiques comme paracelsiennes et éga-
lement condamnables . I. Draelants
460. Gilly (C.). Tra Paracelso, Pelagio e Ga-

(C.). Il Theatrum humanae vitae di


nello: l'ermetismo in John Dee. (Magia, alchi-
459. Gilly

Theodor Zwinger: da una ‘historia naturalis' mia..., p. 275-294).


del 'uomo ad un ‘Novum Organum' delle scienze. C. G. évoque les récents progrès de l'étude de ce

(Magia, alchimia..., p. 253-275).


mage et mathématicien anglais bibliophile. Nombre
de sites Internet fleurissent à son propos en meˆme
C. G. reprend l'histoire de cette immense somme, temps que se poursuit l'examen et le microfilmage
passée de 1428 à 3455 pages in-folio au cours de ses de sa bibliothèque (son catalogue de 1583 comptait
éditions successives. La première fut celle d'Opori- 2292 volumes imprimés et 199 mss, auxquels il faut
nus en 1565. Elle consistait en une série d'exemples ajouter 162 mss et 23 imprimés dont on connaíˆ t
historiques collectés par le beau-père de Zwinger avec suˆreté la meˆme provenance). L'a. cite de très

195*
bulletin codicologique 2007, 2

nombreux imprimés et mss latins et grecs compre- soulignées par l'a. dans les imprimés, sans annota-
nant des notes qui témoignent de la connaissance tions. Ses publications et ses œuvres sont ainsi pas-
de l'hermétisme chez Dee, sans parler des mss conte- sées en revue, ainsi que les mss tardifs du calendrier.
nant des textes hermétiques en sa possession. Par Le calendrier est suivi de textes en latin et en alle-
ailleurs, il s'intéressa à Paracelse et à son agéloma- mand et de dessins, tous de la main de Großschedel,
nie suite à son intéreˆt pour Trithème, ainsi qu'à la que l'a. sort de l'inconnu, comme le Liber Magiae
magie de « Bugarius » Ganellus. Konrad Gessner, dédié à l'Archiduc Maximilien, où Großschedel re-
qui l'a rencontré, le décrit comme un grand admira- jette la necromantia comme de la magie supersti-
teur de Paracelse; il possédait en effet 92 éditions tieuse et élève la magie comme première des scien-
de ses œuvres en allemand, flamand ou latin, parfois ces, créée par Dieu. Après elle, pour suivre la na-
en deux ou trois copies, ainsi que des portraits et il ture, vient la cabbale. À noter que la présence
chercha meˆme à obtenir à prix d'or un autographe. d'Hermès dans le Calendarium est plus discrète et
Il connut également les œuvres du mage Pelagius plus indirecte que dans les autres œuvres de Groß-
Eremita (mort à Majorque en 1480), dont l'a. dé- schedel. I. Draelants
plore le peu d'intéreˆt porté à lui par la recherche

(C.). Philippe Du Plessis Mornay:


anglo-saxonne. Aucun ms. de ses œuvres ne figure
462. Gilly
dans le catalogue, alors qu'on doit déduire qu'il en
ugonotto, diplomatico ed ermetico. (Magia, alchi-
mia..., p. 317-324).
posséda; il en va de meˆme pour un ms. de magie
illustré de nombreux diagrammes, contenant une
Summa sacre magice magistri Berengarii Ganelli phi-
losophi que l'a. prouve lui avoir appartenu et qui a Ph. Mornay fut, comme son nom l'indique, fran-
çais. Il publia De la vérite´ de la religion chrestienne,
pour l'instant échappé à toute l'historiographie de la chez Plantin à Anvers en 1581; l'ouvrage parut en-
o
magie: Kassel, StuLB, Ms. 4 astron. 3, c. 300 ff., suite en latin, anglais, allemand, néérlandais et ita-
divisé par Dee lui-meˆme en livres et en chapitres et lien; cette œuvre est la seule à donner au Corpus
annoté. Dee a noté également une date qui semble
eˆtre celle de la rédaction de la somme: 1346. L'a.
hermeticum un roˆle central dans l'argumentation sur
l'acceptabilité de la religion chrétienne. Pour ses ci-
montre que ce ms. a probablement été celui utilisé tations (dont il est donné plusieurs exemples), il s'est
par Trithème lui-meˆme dans son répertoire des tex-
tes magiques inclus dans son antipalus Maleficiorum. davantage fié à la version grecque du Pimandre qu'à

La Somme de Berenger Ganell, catalan ou venu de


la traduction latine de Ficin; il traduisit meˆme le
Pimandre en français et en latin. I. Draelants
Valence, est une compilation de textes magiques

(C.). L'Amphitheatrum Sapientiae


traitant principalement des anges et des démons,
e
textes qui ont circulé en Espagne depuis le XIII s. 463. Gilly
et qui témoignent de la connaissance de l'espagnol, Aeternae di Heinrich Khunrath. (Magia, alchi-
du latin, de l'hébreu, de l'arabe et d'un peu de grec
de la part de Ganell. Son objectif était de démontrer
mia..., p. 325-350 avec de superbes reproduc-
le pouvoir et les effets de la parole et des mots. Ses
tions p. 182-184).
sources et son influence sont encore à étudier, ce C. G. commence par dénouer les problèmes du
que se propose de faire plus tard C. Gilly. Il souligne très grand nombre d'éditions fantoˆmes de cette
e
néanmoins déjà la découverte suivante: c'est dans œuvre. La 1 éd., 1595, peut-eˆtre imprimée à Baˆle,
e
cette œuvre de Ganell (l. IV, ch. 6) que Dee a est très rare (4 ex. connus). La 2 éd. sortit en 1609
trouvé le modèle du grand sceau en cire conservé et fut rééditée trois fois: «Anno M.D.C.II. » ,
au British Museum et qui était connu en Espagne «Magdeburgi, apud Levinum Braunss Bibliopolam...
comme amulette des quatre « sectes » Iudaicae, Anno M.D.C.VIII Francofurti, apud Tobiam
» et «
Christianae, Mahumetanae et Paganae. L'a. termine gundermannum, Bibliopolam Hamburgensem, anno
en soulignant par une solide argumentation que de- 1653 ». L'a. examine ici une éd. présentée comme
puis l'ouvrage de Yates « The Rosicrucian Elighten- déjà publiée dans le catalogue annonçant la foire
ment » en 1972, on a faussement attribué à Dee une de Francfort de 1602, et plus tard offerte à la vente
influence majeure sur la recherche rosicrucienne, par plusieurs libraires, et meˆme répertoriée comme
mais qu'il faut lui reconnaíˆ tre une influence à long nouvellement imprimée en 1710. U. Eco ajouta qua-
terme chez les hermétistes. I. Draelants tre fantoˆmes aux douze précédents, comptés par
e
Moller au XVIII s. En revanche, l'éd. de Hanoviae

(C.). Il ritrovamento dell 'originale


(Hanau), Wilhelm Antonius, de 1609 n'est pas un
461. Gilly fantoˆme, mais a été notée erronément comme sortie
del Calendarium naturale Magicum Perpetuum e
à Hannovre par Szulakowska. La 1 éd. présente un
Sapientia Salomo-
di Großschedel. (Magia, alchimia..., p. 295-317). prologue contenant 306 vers de la
nis, en deux « traductions ». Parmi eux, bon nombre
C. G. tranche le long débat historiographique sur de citations hermétiques, mais aussi des sentences
l'attribution de ce Calendarium, en réalité l'œuvre d'Atheneus, Morienus, Senior Zadik, Reuchlin, Para-
de Johann Baptista Großschedel comme le montre celsus, Agrippa, Cardanus, Scaliger, Zwinger et « Vi-
l'a., qui en a retrouvé l'autographe daté de 1614: gelius » (Valentin Weigel). En revanche, pas trace
London, BL, Harley 3420, 90 ff., f. 1-68 (plusieurs de Pelagius Eremita ou de John Dee, que Khunrath
illustrations du Calendarium sont reproduites). Les connaissait tous deux, ni du magique Arbatel.
C'est
figures du ms., annotées en allemand et en latin, se pourtant de cette œuvre que Khunrath tire l'idée
retrouvent avec des différences et des pertes de sens centrale de l'Amphitheatrum, à savoir la theosophia
196*
bulletin codicologique 2007, 2

o
comme la science la plus haute et l'épitomé des au- le ms. Wolfenbüttel, HAB, cod. Guelf. 912 Novi 4 ,
physica, physicomedici-
tres « vraies sciences »: la la f. 1r-27v, du moins pour la première oratio, les deux
na, Physicochemia, Mageia, Physicomageia
la la la , autres étant encore à découvrir. L'a. a découvert en
hyperphysicomageia, cabala,
l' la qui ne peuvent eˆtre 1997 le ms. München, Bay. SB, Cod. germ. mon.
acquises qu'à « l'université de Dieu » et non par le 4416/11, f. 1-12 qui conserve une autre traduction
biais de l'étude des paí̈ens comme Aristote. Ceci est allemande du texte latin. Ce dernier a bien existé,
pour Khunrath le fer de lance d'une bataille anti- car diverses mentions anciennes attestent sa posses-
académique, contre la sapientia mundana . L'a. exa- sion chez des savants célèbres (dont l'a. reprend et
mine et commente plusieurs gravures philosophico- examine les citations de cette œuvre). L'œuvre est
symboliques complexes qui témoignent de ces opi- à situer en 1581/2 à Baˆle, où Arndt étudiait alors
nions. L'a. évoque aussi les débats dans le contexte la médecine et essayait de se faire admettre dans le
rosicrucien et examine l'attitude de trois rosicruciens cercle de Zwinger. Arndt insistait sur l'expérience et
Amphitheatrum
qui furent enthousiastes vis-à-vis de l' la pratique enseignées par Hippocrate et Galien et
: le banquier juriste Friedrich Jung de Strasbourg combattait l'aristotélisme et le galénisme en préconi-
(éditeur de Zetzner), le médecin de Weissenburg An- sant l'action de la foi et du travail en parallèle
ton Frey, lecteur enthousiaste de Ficin, d'Agrippa, comme le faisait Paracelse. Pour Arndt, la théologie
de Pelagius Eremita et de livres magiques comme est sujette à la meˆme condition que les sciences na-
Raziel etArbatel, et Johannes Bureus, tuteur de turelles: la théorie doit toujours eˆtre subordonnée à
Gustav Adolph de Suède. En revanche, Johann Va- l'expérience et non l'inverse ( Von Wahrem Christen-
lentin Andreae, auteur des manifestes rosicruciens, thum, 1605, I, 37, 7). C'est dans cette attitude empi-
tenait Khunrath pour un pseudo-chimiste et l' Am- rique que se situe toute sa modernité, meˆme si
phitheatrum pour un livre blasphématoire, probable- beaucoup de chercheurs n'ont pas réussi à situer
ment par crainte que Khunrath présente un danger Arndt, entre luthéranisme, spiritualisme (parascel-
pour son propre programme de réforme hermétique siens, rosicruciens), mysticisme et piétisme. Lui-meˆ-
et rosicrucien. L'a. enchaíˆ ne avec des éléments bio- me se définissait comme « théosophe » qui recher-
graphiques et bibliographiques, notant qu'un catalo- chait Dieu par la connaissance de la nature, mais
gue complet des œuvres et des éditions de Khunrath qui tenait à rester dans les rangs des évangélistes.
n'existe pas encore. Il termine avec une liste de mss De cette manière, il réussit à glisser dans le luthéra-
localisés par ses soins et identifiés avec certains nisme une certaine connaissance du christianisme
items du catalogue de vente de 1617. Parmi eux, hermétique. Il a entretenu une correspondance ser-
deux autographes: Halle, UuLB, 14.A.12 (1) et (2), rée avec Weigel, dont l'étude contribuerait à distin-
ainsi que le ms. Karlsruhe, BLB , Allerheiligen 3, guer les œuvres authentiques des pseudépigraphes
f. 403-405 et le ms. New York, Cornell UL, Witch- de Weigel. Le meˆme travail doit eˆtre fait pour les
o
craft BF.A.32, le Kobenhavn, KB, Thott 213 2 , premières œuvres de Arndt, très déformées dans les
auxquels il faut ajouter un grand nombre de copies e e

manuscrites de l' Amphitheatrum et des traductions


éditions du XVIII au XX s., qui ne donnent qu'un
reflet paˆli et dénaturé (trop dévotionnel) du ton et
manuscrites dans diverses langues. I. Draelants des éléments originels de la rédaction (passages en
grec et en latin, annotations, emblèmes, etc. ont le

(C.). Ermete o Lutero? Alla ricerca


plus souvent disparu). Quant à l'hermétisme de
464. Gilly

del De antiqua philosophia et divina veterum Arndt, il faut noter qu'il le manifesta souvent à tra-

magorum sapientia recuperanda di Johann


vers les formulations de Paracesle et de Severinus.
I. Draelants
Arndt. (Magia, alchimia..., p. 351-398).
Le luthérien J. Arndt (= J. Aquila) est générale- 465. Gilly (C.). La ‘quinta colonna' nell 'erme-
ment appelé, à bon droit, le « réformateur de la ré-
forme »; ses Vier Bücher von Wahrem Christentum tismo: Andreas Libavius. (Magia, alchimia...,
(Liber scripturae, L. vitae, L. conscientiae, L. natu- p. 399-416).
rae ,
) qui avaient suscité aussitoˆt la méfiance des lu- C. G. montre combien ce partisan aristotélicien et
thériens, connurent le plus large succès pour un livre
e
conservateur de l' alchemia transmutatoria combattit
de dévotion dans la littérature mondiale aux XVII contre les paracelsiens, les hermétistes et les rosicru-
e
et XVIII s. et furent traduits dans toutes les lan- ciens, notamment dans la collection d'œuvres polé-
gues européennes. Dans un premier temps, les sour- miques dont la parution commença en 1611, suivi
e
ces non-orthodoxes de l'ouvrage furent tenues du 2 vol. en 1613 et du troisième en 1615 (dont
secrètes (Tauler, Paracelse, Weiger, Angela de Foli- Examen Philosophiae Novae, quae Veteri abrogandae
l'
gno, Sabundus, Schwenckfeld, Franck, Valdés, Cas- opponitur ). Ces œuvres n'épargnent pas non plus So-
tellio, Severinus) mais elles provoquèrent rapide- crate et Platon, commemagi . Son attitude vis-à-vis
ment les débats. Les petites œuvres précoces, com- de l'hermétisme ne fut pas toujours aussi haineuse,
me leDe antiqua philosophia: Et divina veterum ma- comme le montrent ses premiers travaux parmi les-
gorum Sapientia recuperanda, deque Veritate Scientia- quels le commentaire de la Tabula smaragdina en
rum et artium huius Seculi Oratio (que l'a. lui 1595. Son opinion se modifia lors de son commen-
attribue graˆce à divers indices historiques indiscuta- taire au premier chap. de la Genèse (De Universitate
bles et qu'il examine en particulier), tombèrent rapi- et originibus rerum conditarum libri VII, Frankfurt,
dement dans l'anonymat et restèrent à l'état de 1610), où les hermetici chymici sont encore exclus de
manuscrits. L' antiqua philosophia est conservée dans la critique mais où le Pimandre Ascle´pius
et l' sont

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accusés de fournir la base du paracelsianisme. Dans vellum autographe de Figulus, revu de la main d'Ha-
ses Syntagma II, en 1613, il doute qu'il s'agisse du brecht, dont le contenu reproduit ici aux p. 461-4).
meˆme Hermès que celui de la Table d émeraude
' ; il y Habrecht avait notamment prévu une bibliographie
dirige dorénavant ses flèches sur le mage égyptien exhaustive des mss et livres alchimiques dans toutes
plutoˆt que sur Platon comme racine des thèses para- les langues, qui ne vit jamais le jour. L'a. remplit ce
celsiennes (notamment sur la doctrine du micro- souhait bibliographique en offrant une impression-
cosme et de l'homme summum de l'univers) ensei- nante table des titres inclus et rejetés du Theatrum
gnées par Suchten, Bodenstein, Dorn, Severinus et dans toutes ses éditions, jusqu'à la dernière en 1559-
par les plus jeunes Crollius, Khunrath, Scheune- 1562. L'article est ainsi suivi d'une très utile table
mann et Johann Hartmann son ex-ami (réfutation (éd. Th. Hofmeier) des 80 œuvres reproduites dans
de ses Disputationes ). Pour Libavius, la science était les différentes versions du Theatrum et des référen-
arrivée à son summum; il ne pouvait donc adhérer à ces de chacune des éditions qui a servi de base pour
la reconnaissance qu'avaient les hermétistes des pou- chaque texte, ainsi que des références à la Bibliothe-
voirs illimités de l'homme créatif. I. Draelants ca chemica curiosa de Manget. S'y joint la bibliogra-
e
phie des références complètes des œuvres de la 6
Theatrum.
466. Gilly Sulla genesi del Theatrum Che-
(C.).
colonne de la table des p. 435-441 du
I. Draelants
micum di L. Zetzner a Strasburgo. (Magia, al-
chimia..., p. 417-468). 467. Gilly (C.). Ermestismo per turisti, ovvero
C. G. reconstitue l'élaboration de cette célèbre come fare di Ermete un pezzo da museo: Athana-
collection alchimique et hermétique de près de 200
textes (liste p. 435-441) à partir de la documenta-
sius Kircher. (Magia, alchimia..., p. 483-508).
tion conservée à la Kongelige Bibliotek de Copenha- C. G. montre que les volumes consacrés à l'hermé-
gue. Il expose également les étapes des entreprises tisme dans les langues orientales, publiés par Kir-
antérieures qui ont tracé le chemin. L'idée de la col- cher, représentaient le premier retour de l'hermé-
lection est née de Petreius à Nuremberg, comme le tisme dans les bibliothèques jésuites. Cependant, ils
prouve le catalogue des mss alchimiques qu'il impri- se justifièrent par la volonté de montrer que l'Ordre
ma à la fin du De alchemia publié en 1541 (reprint disposait d'un panorama exhaustif de la science et
non pour servir à la formation dans les écoles, tou-
par Matthias Apiarius à Bern en 1545 et par Kon-
rad Gessner dans sa Bilbiotheca Universalis ). Aux 34 jours dominées par la philosophie aristotélicienne.
Kircher y fait montre d'une habileté philologique
mss qu'il possédait lui-meˆme s'ajoutèrent les dons de
ses lecteurs, comme les 53 mss envoyés par G. A. inédite à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, non
Belisomus, un chanoine de Pavie, qui arrivèrent sans avoir profité avec ruse du savoir de Peiresc
à destination un an après la mort de Petreius. La qui était plus compétent que lui en la matière. Son
deuxième collection de textes alchimiques parut le autre objectif fut de comprendre le copte, qui ne se-
22 mars 1550, imprimée par Cyriacus Jacobus à rait autre que l'ancien égyptien, pour atteindre les
Francfort. La troisième vit le jour en 1561 par les œuvres d'Hermès originellement écrites, pensait-il,
mains de Heinrich Petri et de Pietro Perna à Baˆle; dans cette langue. L'hermétisme fut donc pour lui
son éditeur fut le médecin calviniste de Bergame un outil pour la compréhension des hiéroglyphes.
Guglielmo Grataroli. En 1572, Perna réédita le tout Polygraphe extreˆmement doué et sorte de touche-à-
o
en deux volumes in-8 comprenant 27 œuvres, sous tout de la philosophie antique, il ne visait pas
le titre modifié Alchemiae, quam vocant, Artisque me- l'étude de la langue — il détestait la philologie —
tallicae, doctrina, certusque modus, scriptis tum novis, mais travaillait avec un certain utilitarisme, n'hési-
tum veteribus, duobus his Voluminibus comprehensus. tant pas à réemployer sans le souligner le travail de
prédécesseurs illustres comme J. Dee. Ce faisant, il a
Cinq autres volumes parurent dans la meˆme année
extrait de la littérature orientale un très grand nom-
pour compléter cette collection. La longue préface,
bres d'indices jusque là inconnus sur Hermès, qu'on
ici éditée et traduite (p. 454-6), est très explicite
sur les intentions programmatiques de Perna. À la
retrouve entre autres dans son Oedipus Aegyptiacus.
foire de Francfort en 1578, Perna présentait un In- L'a. montre aussi que Kircher ne fut en aucun cas
dex librorum prometteur sur son intention de publier
représentatif de la Renaissance, mais bien un savant
de l'aˆge baroque qui cherchait à « momifier » le sa-
une collection alchimique qui ne vit pas le jour car
voir hermétique déjà retrouvé par des humanistes
il mourut avant de la réaliser (quoique son beau-fils
spiritualistes de la Renaissance, qu'il jugeait avoir
Waldkirch la présentaˆt comme réalisée en 1582,
sous le nom deTurba magna philosophorum in-folio).
flirté avec le diable. I. Draelants

Ces initiatives préparèrent la voie à Zetzner, qui pu-


blia leTheatrum avec l'aide du juriste et de l'artiste Gilly (Carlos). Voir n
o
540.
strasbourgeois, aussi éditeur, Johann Friedrich
Jung. Les deux premiers volumes sortirent en sep-
tembre 1602; l'a. suit les circonstances de la consti- 468. Gionta (Daniela). Per i convivia mediola-
tution de chacun des quatre suivants (1602, 1613,
1622) et l'influence sur cette entreprise de savants
nensia di Francesco Filelfo. Messina, Centro In-
terdipartimentale di Studi Umanistici —
comme Benedictus Figulus et comme l'astronome
et médecin Isaac Habrecht II (cf. ms. Kobenhaven, Roma, Ed. Viella, 2005, 22 cm, 145 p., pl., in-
o
KB, Gl. Kgl. 1733, 4 : plan du Chrysotheatrum no- dex. (Università degli Studi di Messina, Centro

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bulletin codicologique 2007, 2

Interdipartimentale di Studi Umanistici. Qua- immer noch Naturstudium und Naturnachahmung.

derni di Filologia Medievale e Umanistica, 11). Dabei spielen sie seit dem späten 12. Jahrhundert
auch in der mittelalterlichen Bildwelt eine wichtige
Prix: EUR. 25,00. ISBN: 88-87541-25-6. Rolle, wie schon seit langem bekannt ist. In ihrer
Poeta et orator Franciscus Philelphus (1398-1481) Studie geht Jean A. Givens aber endlich einmal
variis in oppidis Italiae laborabat, praesertim autem über das bloße Konstatieren dieses Tatbestands hin-
Florentiae et Mediolani. Magna pars eius operum aus und fragt detailliert nach Ausmaß, Grenzen und
consistit in epigrammatibus et epistolis, ut moris vor allem Funktion der genannten Phänomene in
erat humanistis, altera pars in libris eruditis vete- der gotischen Kunst. Als eine Art Leitbeispiel die-
rum sapientia plenissimis. Inter haec Convivia me- nen ihr dabei die Kapitelle des nach 1288 erbauten
diolanensia in duobus libris scripta sunt, ut nomen Kapitelsaals des Münsters in Southwell, die wegen
indicat, in capite Lombardiae et in forma colloquii, ihrer teilweise überaus präzisen Pflanzendarstellun-
ut in operibus Athenaei et Macrobii, veram sum- gen berühmt sind. Die Autorin kann nicht nur zei-
mam scientiarum necnon philosophiae praebent en- gen, dass es hier unterschiedliche Grade der « Natur-
cyclopaedicam. In libro Danielae Gionta autem treue » gibt, sondern weist vor allem nach, dass die
Convivia mediolanensia desunt. Liber est velut editio aufgrund der Genauigkeit der Darstellung identifi-
critica, at sine editione: est sola praefatio seu intro- zierbaren Pflanzen, fast alle in der Umgebung des
ductio quae agit de auctore et circulo eius amicorum Klosters, eine wichtige ökonomische Rolle gespielt
et patronorum, de operis inventione et dispositione, haben — meist als Nutzpflanzen im weitesten Sinn.
de codicibus manuscriptis quorum duodeviginti ex- Auf diese Weise werde die Lebenswelt der Säkular-
tant, et de editionibus typis excusis, haec omnia se- kanoniker von Southwell thematisiert, eine Hypo-
cundum optimas philologicae scientiae regulas et these, die die Autorin durch Vergleiche mit den
consuetudines, at deest textus. Kapitelsälen von Westminster und York noch schär-
Cum opus quod inscribitur Convivia mediolanensia fen kann.
Mediolani scriptum sit, primi lectores (et amici Phi- Durch Beobachtungen an zahlreichen Beispielen
lelphi) praesertim erant Veneti, ita ut opus aliquot der gotischen Buchmalerei kann die Autorin eine
vacillet inter curiam Lombardicam et eruditos Ve- weitere zentrale Hypothese ihrer Arbeit erhärten:
netos. Inter omnia autem conspicuum est hoc opus Naturbeobachtung und Naturnachahmung seien im
Mediolanense non extare in codice Mediolani conser- Spätmittelalter niemals « wertfreie » ästhetische Prä-
vato. Duodeviginti codices recensuit auctor, impri- missen gewesen — in vielen Fällen handele es sich
mis in Italia, at etiam in Germania et Brittannia. bei den Darstellungen um Kompromisse zwischen
Descriptiones autem inter se differunt quod attinet einer relativen Treue der Nachahmung und dem
ad qualitatem. Desunt e.g. mensurae aliquot codici- durch den unmittelbaren Kontext (Funktion der
bus, etiam Italicis. Cum alibi adsint ut pro codicibus Handschrift, Aussageabsicht des Textes) vorgegebe-
Florentinis, Vaticanis, Veneto, auctor non videtur nen Informationsgehalt. Folgende Handschriften
omnia volumina ipsa vidisse. Numerus duodeviginti werden dabei behandelt: Cambridge, CCC, 16; Fitz-
codicum autem non elevatior est quam ut inspectio william Mus., 51, 242, 2-1954, Magdalene Coll.,
videatur difficillima. 1916; Canterbury, Christ Church, Lit. D.10; Kopen-
o
Contra, quod originem unde proveniant codices hagen, KB, G.K.S. 227.2 ; London, BL, Add.
quaerit diligentissime, optimum mihi videtur consi- 24686, Add. 27376, Cotton Claudius D.VI, Cotton
lium. Codices habent suum valorem textualem, Julius D.VII, Cotton Nero D.1, Egerton 747, Eger-
certe, at sunt imprimis res historicae quae suam ton 2020, Harley 391, Sloane 1975, Westminster
narrent fabulam. Ut cognoscatur eruditio et huma- Abb., 22; Oxford, Bodl. Libr., Auct. F.3.13; Paris,
nitas alicuius regionis, civitatis, temporis, inspician- BNF, fr. 12400, fr. 19093; Vatican, BAV, Pal. Lat.
tur codices qui legantur et a quibus legantur vere 1071; Venedig, BN Marciana, Lat. VI 59; Wien,
necesse est. ÖNB, 93. B. Mohnhaupt
o
Codices autem sunt hi: Augsburg, SuStB, 2 Cod.
109; Bergamo, B. Civ., Delta VI 16; Firenze, BML, o
Givens (Jean A.). Voir n 658.
53, 5, 53, 6, 90 sup. 9, BN Centr., VIII 19, B. Ric-
card., 153; Leipzig, UB, 1292; London, BL, Arun-
del 5; Manchester, J. Rylands UL, lat. Add. 361; o
Gnola (David). Voir n 445.
Modena, B. Estense e U, lat. 783 (a Q 8, 19); Par-
ma, B. Palat., 206, BU, Aldini 395; Treviso, BC,
ms. 57, ms. 225; Vaticano, BAV, Ottob. lat. 1665, 470. [Gorizia ]. Inventari dei manoscritti delle
Vat. lat. 3370, Vat. lat. 13697; Venezia, BN Marcia-
Biblioteche d 'Italia, CXII. Gorizia. Biblioteca
na, lat. X 1 (3245). M. Verweij
Civica. Biblioteca Statale Isontina. Catalogo a
469. Givens(Jean A.). Observation and Image-
cura di Simone Volpato. Firenze, Leo S.
Making in Gothic Art. Cambridge, University Olschki, 2007, 30 cm, 264 p., index. Prix:
EUR. 74,00. ISBN: 978-88-222-5612-6.
Press, 2005, 25 cm, XIII-231 p., 8 pl., ill., in-
Ce catalogue décrit les mss de la Biblioteca Civica
dex. Prix: GBP 45,00. ISBN: 0-521-83031-1.
et de la Biblioteca Statale Isontina de Gorizia. La
e
Als zwei zentrale Kriterien, die die Kunst der plupart de ces mss date du XIX s., parfois du
e e
Renaissance von der des Mittelalters trennen, gelten XVIII et XX s. Relevons les quelques exceptions:

199*
bulletin codicologique 2007, 2

Civ. 32, un bréviaire, XIV


e
s., Civ. 33 et 34, Offi- sive remarks of the Author, e.g. that Utraquists
cium beatae Mariae Virginis, XV e
s.; les trois mss, used the same printed Prague missal as Catholics
sur parchemin, ont de nombreuses lettrines poly- and that the Czech language was not used in Utra-
chromes. Civ. 35 et une bulle du pape Sixte IV quist liturgy until 1539. The concrete examples from
(1471-1484), émise à l'occasion de l'année jubilaire the praxis of the church in Hradec Králové are de-
de 1475. En ce qui concerne la deuxième biblio- scribed on pp. 41-42. The Utraquist Mass is treated
thèque signalons le ms. St. 1, une
e
legenda aureasur in the fifth section. The liturgy of some important
parchemin, du XV s. et St. 84 contenant quelques liturgical feasts is described in detail here. The
membra disiecta e
du XIII -XIV s.
e
Sponsors of the graduals are considered in the sixth
Le catalogue contient un index de titres d'œuvres section. The graduals are sorted chronologically in a
anonymes (p. 227-231), un index onomastique table providing the evidence of sponsorship if avail-
(p. 233-241) et un index chronologique des mss able. On p. 51, there are is an edition of the costs
(p. 253-255). P. Cornil for creating the manuscript catalogue No. 111 as
preserved in a list on its lifted pastedown. The role
o
of the literary guilds and fraternities is described in
Goudriaan (Koen). Voir n 416. the seventh section. The relationship of the munici-
palities to the graduals is shown here; preserved
o portraits of the municipalities' representatives are
Goullet (Monique). Voir n 454. analyzed. The next section is analogically devoted
to the role of the local nobility for the creation of
(Barry Frederic Hunter). Bohe-
the graduals. Many concrete examples of such inter-
471. Graham

mian and Moravian graduals 1420-1620. Turn- vention are recorded here. It is noted that before
1538 a relatively simple process of manuscript crea-
hout, Brepols, 2006, 28 cm, 641 p., ill. tion prevailed; the Temporal and the Sanctoral
(Manuscript Studies & Book History). Prix: have a very similar form to the later current Prague
Missal and the feasts of saints are inserted rather
EUR. 150,00. ISBN: 2-503-51718-8.
individually: the main saints are listed in all grad-
The main aim of the book reviewed is to describe uals, the others variably. The content of Czech
all Bohemian and Moravian graduals from the pe- language graduals (after 1538) varies in many as-
riod 1420-1620. The project had been running for pects. The tenth section which describes the icon-
twenty years. Three quarters of the book are de- ography of the graduals is organized by the
voted to mss descriptions (pp. 129-593). The rest of liturgical feasts, beginning with the start of the li-
the book contains: Map Showing the Places of the turgical year. Some changes of the decoration con-
Graduals, Abbreviations, Catalogue Numbers of tent are determined by the year 1538. The eleventh
Named Graduals, Graduals Included and the intro- section handles the departure of the rule in some of
ductory study divided into twelve sections (pp. 21- the texts included in the graduals. The twelfth sec-
128). At the end of the book, there are registers and tion considers « censorship » in Utraquist graduals
photo plates. A list of mss used is on pp. 6-9. after 1620. The word « censorship » means for the
In the first section, an overview tries to define a Author especially cutting of the leaves, denigrating
manuscript gradual as a liturgical book especially in of the text and agglutination of the leaves with
its function for the liturgy. The fact that most grad- « faulty » passages of the text. Special attention is
uals were ordered by a municipal choristers guild for devoted to the texts containing the memory of the
the purposes of a concrete church is also empha- « Czech Utraquist martyr » John Hus. The Author
sized. Further, it is highlighted that local variants thinks that deleting his memory was part of an ex-
of the contents and of the decoration rather than plicit campaign.
uniformity are characteristic for Bohemian graduals The manuscript catalogue (section 13) contains
from this period. The second section deals with the 134 numbers. Most of the mss described here are
historical background of graduals production and preserved in the Prague National Library. Many
use. The approach of the Author is relatively sim- others are stored in the library of the Museum in
plistic, seeking to familiarize foreign reader with Hradec Králové and in the Prague Strahov Monas-
th th
the situation in Bohemia during the 15 -17 centu- tery Library, as well as in the Austrian National Li-
ries. He expresses a traditionally protestant (or brary in Vienna and in other libraries. Manuscript
Marxist) view of this period of Czech history. New descriptions in the Catalogue are sorted by locations
findings of the scientific research are not included; and shelf marks. Records in this Catalogue are quite
only some older and/or popular historical works are detailed, describing the following elements: ID
cited in the notes. The text contains some factual Marks (all shelf marks of the manuscript described),
errors. The third section deals with the structure of Summary (a literary summary of the manuscript
the graduals. It is a statistic survey of all preserved content), History (with dating in literary form),
graduals. The mss are divided into chronological Cover (binding), Leaves (dimensions and collation),
groups and groups defined by the confession of the Layout, Script, Decoration, Contents, Bibliography.
gradual users. 61 vols. were created until 1538. All When talking about lacks of the current book, we
of them are written in Latin. From the 73 vols. dat- must mention that a) the map included is not accu-
ing from 1539 to 1620, 15 vols. are written in Czech rate when showing locations in Bohemia; b) biblio-
and 58 vols. in Latin. The fourth section is devoted graphic citations of Czech books contain errors; c) it
to the language of liturgy. One notes some impres- contains some particular failures. For example, ms.

200*
bulletin codicologique 2007, 2

listed as No. 61 (Prague, NK VII A 13) has a pro- Il commento di Gaetano da Thiene al De anima
venance note on fol. 1r: « Bibl. minoris ». This does aristotelico nel ms. di Venezia, BN Marciana, lat.
not mean this ms. was in a Franciscan library as VI.317 (= 10169) fu esemplato nel 1455 da Giovanni
declared on p. 338 but it is a special provenance « di Lyvonia », copista che nel 1451 aveva sotto-
note of the Prague Jesuit library, as referred in the scritto nello Studio di Ferrara la miscellanea medica
standard Truhlár's catalogue. On the other hand, di un altro ms. attualmente a Padova, B. Civ.,
the great worth of the present volume is the fact C.M.172. Nel Marciano una serie di ex libris
e di an-
that the Author struggles to present a complete notazioni autografe ne attestano il possesso dappri-
Catalogue of Bohemian graduals. He listed mss from ma del docente di logica a Ferrara Matteo Bruno
less accessible locations, too. This evidence is a re- dal 1465 (non già 1455, come indicato nell'autografo
sult of the Author's long and exhaustive study and stesso), poi di Ermolao Barbaro il Giovane che lo
therefore should be appreciated by the scientific acquistò a Padova dalla Camera dei pegni nel 1476
community. J. Marek in relazione ai suoi interessi scientifici e d'insegna-
mento allo Studio. La ricostruzione della vita del
o codice stesso consente importanti precisazioni sulla
Granata (Leonardo). Voir n 640. biografia del Bruno e su squarci di vita accademica
degli Studi di Ferrara e di Padova, giungendo alla
o definizione dell'origine ferrarese del manufatto.
Greene (Virginie). Voir n 423.
S. Bernardinello

472. Gregorio Magno ritrovato[...] sotto le righe.


Il ciclo del libro e il suo riciclo. Firenze, Biblio- Grillo P.). Voir n
o
533.
teca Riccardiana, 20 ottobre — 16 dicembre
2005. Catalogo a cura di Giovanna Lazzi e Te- Groff (Silvano). Voir n
o
640.
resa De Robertis. Schede a cura di Guglielmo
Bartoletti e Maria Luisa Migliore. Firenze,
o
SISMEL — Edizioni del Galluzzo, 2005, 21 Gros (Pierre). Voir n 569.
cm, 34 p., ill., index. (Ministero per i Beni e le
Attività Culturali. Bibl. Riccard., Comitato Na- (Rossana E.). La tradi-
zionale per le Celebrazioni del XIV Centenario 474. Guglielmetti
zione manoscritta del Policraticus di Giovanni
della morte di Gregorio Magno). Prix: EUR. di Salisbury. Primo secolo di diffusione. Fi-
10,00. ISBN: 88-8450-173-3.
renze, SISMEL — Edizioni del Galluzzo,
2005, 25 cm, XIII-255 p., index. (Millenio Me-
L'an 2005 correspondait au quinzième centenaire
de la mort de Grégoire le Grand. La bibliothèque
florentine fondée par les Riccardi, ouverte au public dievale, 60. Strumenti e studi, n. s., 13). Prix:
depuis 1815, s'associa à la commémoration en expo- EUR. 52. ISBN: 88-8450-171-7.
sant une soixantaine de ses pièces (mss surtout, édi-
Issu d'une thèse soutenue à Florence en 2004, cet
tions rares). Était mis en évidence le ms. Florence,
B. Riccard., 1221.2, où, sous le texte d'une Ilias la- ouvrage se présente comme une étude aussi rigou-

tina e
copiée à la fin du XII s. (minuscule dite de
reuse que technique de la tradition manuscrite du
Policraticus de Jean de Salisbury. L'a. met en avant
transition), Mme Teresa De Robertis a récemment
une famille « anglaise », dite du ms. C (Cambridge,
découvert six 1/2 folios couverts d'une belle onciale
e CCC, 46), dont descendent essentiellement les mss
romaine du VII s., en l'occurrence un passage des
Homiliae in Hiezechielem prophetam de Grégoire le
Londres, BL, Royal 13.D.IV; Oxford, Bodl. Libr.,
lat. misc. c. 16 et Londres, BL, Royal 12.F.VIII.
Grand. Le catalogue dont nous rendons compte, en
Une autre famille, « française », a pour base le ms.
format de poche et avec 10 illustrations en couleurs,
Soissons, BM, 24, dont dépendent de très nombreux
vise le tout grand public; il esquisse une histoire du
mss. Enfin, un troisième groupe, plus restreint,
livre, évoque les principaux lieux de production
comprend les mss Oxford, Bodl. Libr., Auct. F.I.8
(monastères, universités; artisanat de luxe). Des no-
et Barlow 6. Pour distinguer ces familles, l'a. étudie
tes présentent quelques alphabets, des reliures, les
de façon minutieuse les variantes, mais regarde aussi
travaux des copistes et l'art de la miniature. Sont
de très près, lorsqu'il y a lieu, le travail des correc-
dégagés enfin les services rendus par la fabrication
teurs. Les conclusions de son travail sont de deux
des codices (enseignement; liturgie; les réutilisa-
types. Il y a d'une part la mise au point d'un stem-
tions). Un très bref signalement a été donné de
chaque pièce exposée. P. Hamblenne
ma codicum , mais il y a aussi quelques réflexions sur
la diffusion de l'œuvre.
Jean de Salisbury travailla à son Policraticus en
473. Griguolo (Primo). Notizie sul Marciano 1156-1159, et lui donna sa forme finale durant l'été

lat. VI.317 appartenuto ad Ermolao Barbaro il 1159. Il dédia l'œuvre à Thomas Becket, alors chan-

Giovane. (Quaderni per la storia dell 'Università celier d'Angleterre, ainsi qu'à Guillaume le Breton,

di Padova, 38, 2005, p. 131-137).


sous-prieur de Canterbury et à Pierre de Celle, alors
abbé de Moutier-la-Celle. Mais la diffusion de l'œu-

201*
bulletin codicologique 2007, 2

vre sur le continent fut surtout liée à l'exil de Tho- larités de Tardif (notamment l'adjonction de
mas, parfois accompagné par Jean. Ce n'est certes moralités), de la description et du classement des
pas un hasard si deux des plus anciens mss de la impressions anciennes, justifiant le choix de la base,
famille française sont liés à Sens et à Pontigny, les et de remarques sur la langue, « sans empreinte dia-
deux principaux lieux d'exil de l'archeveˆque de Can- lectale particulière » (p. 65).
torbéry. L'a. termine son travail en appelant à une Meˆme dans la base, le texte est très détérioré et a
nouvelle édition du Policraticus, puisqu'il est désor- requis de nombreuses interventions (duˆment signa-
mais plus facile de déterminer ce que l'a. a réelle- lées); encore certaines erreurs parmi les plus fré-
ment voulu écrire, et les corrections qu'il a lui- quentes (syntaxe d'accord, désinences verbales,
meˆme apportées. B.-M. Tock confusion se / ce ses / ces
, ...) ont-elles été maintenues
pour ne pas multiplier les corrections. On est néan-

(Augusto). Note di lettura sullo


moins en droit d'estimer que le texte donné à lire
475. Guida
scambio epistolare tra Procopio de Gaza e Mege-
est satisfaisant.
Le volume se cloˆture avec des notes critiques
zio. (Prometheus, 33, 2007, p. 79-88). abondantes et judicieuses et un glossaire peut-eˆtre
un peu trop sélectif.
Dans sa description récente (1992) du ms. Venise, On remerciera les éditeurs d'avoir ainsi fait
BN Marciana, gr. 521 (coll. 316), Elpidio Mioni connaíˆ tre, en consultation aisée, une œuvre majeure
avait révélé l'existence dans le meˆme codex (folios pour une bonne compréhension du développement
110 s.), à coˆté d'une lettre laudative adressée à Pro- de la nouvelle française. Cl. Thiry
cope de Gaza par un rhéteur nommé Megethios et
qu'A. Fabricius déjà avait identifiée, de six autres
pièces appartenant à la correspondance entre les o
Guyojeannin (Olivier). Voir n 368.
deux sofistaì. L'édition qu'a donnée de cet
échange E. Amato (« Byzantinische Zeitschrift »,
98, 2005, p. 367-382; avec photographies) semble o
avoir été trop rapide: notre a. a jugé nécessaire de Haas (Elisabeth). Voir n 481.
revoir le ms. meˆme, d'autant plus que l'écriture des
e
missives n'est pas fort nette (minuscule de la 2 m.
(Alena). Recepce Hyginova
e
du XIII s., aux caractères grassouillets et de petit 477. Hadravová
format [« Fettaugen-Mode »], compliquée par des dí´la o astronomii. Reception of Hyginus's treatise
abréviations). Le support aussi est irrégulier (papier
d'origine orientale; taches d'humidité). Diverses mé-
De astonomia. (Querite primum regnum Dei...,
lectures sont ici rectifiées, de meˆme que des erreurs p. 151-159, with E. summary).
dans le choix de certains mots et dans la syntaxe. This study deals with eight old prints of Hygi-
Une quarantaine d'écarts par rapport à l'éd. Amato
ont été proposés, et un bref commentaire ad sensum nus's treatise De astronomia kept in Czech libraries.
The A. also calls the attention on the correspon-
éclaire les améliorations proposées. dences between illuminations in mss. and engravings
P. Hamblenne in old prints. See e. g. the woodcut of Milky way
Venezia, ed. Sessa-Ravani, 1517 that corresponds

. Les Facecies de Poge.


to the color illumination of the Ms. Modena C. A.
476. Guillaume Tardif

Traduction du Liber facetiarum de Poggio Brac- 275, 16th c. P. Spunar

ciolini. Édition critique par Frédéric et


Duval
o
Sandrine Heriche-Pradeau . Genève, Droz, Hageman (Marielle). Voir n 596.
2003, 18 cm, 314 p., index. (Textes litte´raires
français, 555). ISBN: 2-600-00838-1. 478. Haggh (Barbara). Singing for the Most
Entreprise vers 1492, la traduction de Guillaume Noble Souls: Funerals and Memorials for the
Tardif, dédiée à Charles VIII, propose 115 facéties
Liber facetiarum Burgundian and Habsburg Dynasties in Dijon
sur les 273 que compte le et a
and Brussels as Models for the Funeral of Phi-
lip the Fair in 1507. (Tod in Musik und Kul-
e
connu un vif succès à travers tout le XVI s. Pu-

tur, Zum 500. Todestag Philipps des Schönen,


bliée seulement par Anatole de Montaiglon en 1878,
l'œuvre attendait une édition plus conforme aux cri-
tères scientifiques. herausgegeben von Stefan Gasch und Birgit
Malgré leur date de composition, les Facecies ne
Lodes. Tutzing, Hans Schneider, 2007, p. 57-
sont conservées dans aucun ms. et ne subsistent
e
que dans cinq éditions du XVI s., meˆme si l'exis- 85).
tence d'au moins une impression incunable est attes- À l'occasion du cinquième centenaire de la mort
er
tée (p. 53): la plus ancienne conservée (qui sert de de Philippe I le Beau, archiduc d'Autriche et roi
base à l'édition critique) a été produite par la Veuve de Castille, le 25 septembre 2006, l'Université de
Jean Trepperel à Paris entre 1517 et 1525 (descrip- Vienne organisa un Symposium le 26 septembre
tion pp. 54-55). 2006 pour commenter l'évènement. Les funérailles
Le texte est précédé d'une très copieuse introduc- solennelles, célébrées à Malines les 18 et 19 juillet
tion littéraire due à F. Duval, qui dégage les singu- 1507, ont été décrites par Jean Lemaire de Belges,

202*
bulletin codicologique 2007, 2

dans sa Chronique récemment éditée à Bruxelles par Halleux (Robert). Voir n


o
433.
Anne Schoysman et Jean-Marie Cauchies, et par
celle de Rémy Dupuy, conservée dans la collection
o
Chifflet à Besançon (Ms. 68), sont largement Halsall (Guy). Voir n 578.
commentées par Barbara Haggh graˆce à l'apport de

(Michelle M.). Rereading the


nombreuses sources d'archives sur l'histoire du rituel
480. Hamilton
pour les morts à Dijon et à Bruxelles: il en ressort
une suite de tableaux grandioses et pittoresques, Widow: A Possible Judeo-Iberian Model for
non sans détails parfois curieux, tel que, par exem- the Pseudo-Ovidian De Vetula and the Libro de
ple, la présence des chevaux de l'archiduc dans buen amor. (Speculum, 82, 1, 2007, p. 97-119).
l'église. Après convocation du haut clergé, des che-
valiers de l'Ordre de la Toison d'or et des dignitaires Le Libro de buen amor compte parmi les plus im-
e
par le ministère du fourrier, les funérailles commen- portants ouvrages ibériques du XIV s. Ce texte
pseudo-autobiographique, probablement rédigé par
cèrent par le chant des Veˆpres des défunts le 18 juil-
Juan Ruiz de Cisneros (1295/96-1351/52), est
let 1507 à 2 heures de l'après-midi, autour d'une
conservé dans 3 mss complets (Madrid, BN, Va-6-1
‘chapelle ardente' au milieu du chœur, éclairé par
et Real Acad. Hist., 19 et Salamanca, BU, 2663) et
1800 cierges. Le lendemain, après Matines et Laudes
un fragment portugais (Oporto, BM, 785). L'a. étu-
et après plusieurs messes votives, la messe solennelle
die ici l'histoire de don˜ a Endrina, qui présente des
des défunts fut célébrée par l'éveˆque d'Arras, assisté
rapports clairs avec les textes pseudo-ovidiens Pam-
d'un abbé et les chants furent exécutés par les chan-
teurs de la chapelle du prince. Après le sermon et la
philus de amore De vetula
et , mais encore plus avec
quelques textes hébraí̈ques de la péninsule ibérique
procession de l'offrande, les chevaliers de la Toison
d'or s'inclinèrent devant Charles, « archiduc d'Austri-
e
du XIII s., à savoir les maqāmat d'Ibn Shabbetai
et d'al-Harí̄zí̄. Le premier de ceux-ci, « Offre de Ye-
che et prince des Espaignes » (p. 75). Le corps de huda », est e.a. conservé dans le ms. El Escorial B.
Philippe le Beau fut transféré à la Chartreuse de Mi- Mon., G-4-5. D'autres mss cités sont Toledo, A. y B.
raflore avant d'eˆtre transféré à Grenade. En fin d'ar- Cap., Z-86-25; Oxford, Bodl. Libr., Pocock 280 A et
ticle, B. H. relève les usages concernant les anni- Opp. Add. 4to, 156; Paris, BNF, hébr. 1284 et Lon-
versaires et les obits des ducs de Bourgogne y don, BL, Add. 27113. A. Smets
compris celui de la messe de saint Antoine, le 17
janvier de chaque année, en mémoire des ducs de
Bourgogne défunts (cf. p. 80-81). 481. Die Handschriften von St. Vitus. Text-
Mss et documents cités: Besançon, BM, Coll. Chif- band bearbeitet von Christine Winkelmann-
flet, 64 (p. 65, n. 36), 68 (p. 57, n.1; p. 64, n. 32, Giesen unter Mitwirkung von Clemens M. M.
p. 66, n. 37 etc.); Bruxelles, AGR, 46939 (p. 78,
Bayer eingeleitet von Raymund Kottje. Ab-
n. 107), 8 (p. 85, n. 131), 15 (p. 183, n. 123), 17
bildungsband bearbeitet von Kristine Weber.
(p. 82 n. 121), 135 (p. 69, n. 52, 80, n. 117 & 118, 82,
n. 120), 2422 (p. 80, n. 117), 4162, 4180, 4184 (p.84, Die Drucke von St. Vitus bearbeitet von Bea-
n. 124), 4195 (p. 78 et 84), 4187 (p. 83, n. 122), KBR, trix Veit, Brigitte Schürmann, Elisabeth
1870 (p. 84), 3442 (p. 78), 8544 (p. 84, n. 129) 9215 Haas. Hrsg. von Ernst Manfred Wermter.
(p. 67, 77 et 79), 11799-11800 (p. 60, n. 6, 67, n. 40);
Köln, Rheinland-Verlag — Bonn, Dr. Rudolf
Cape Town, PL, Grey Coll., 4.c.7 (p. 77, n.101); Di-
Habelt, 1998, 28 cm, XXXIX-223 / 371 pl.,
jon, AD Cote d'Or, G. 1128 (p. 68, n. 50), G. 1166
(p. 68, n. 51, 69, n. 56 etc.); Montpellier, BU, Fac. XX ill. / 320 p., 43 pl. (Der Bücherbesitz des
Médecine, 309 (p. 61); Paris, B. Arsenal, 114 (p. 70, Klosters St. Vitus in Gladbach von der Grün-
n. 101). M. Huglo dung bis zur Auflösung des Klosters (974-
(John). « The Battle of Anesin »:
1802). Bd. 1,1 Textband, 1,2 Abbildungen,
479. Haines
Bd. II. Die Drucke von St. Vitus). Prix: EUR.
A Parody of Songs in Praise of War. (Specu-
lum, 82, 2, 2007, p. 348-379). 62/68/62. ISBN: 3-7927-1646-1 / 3-7927-1647-
X / 3-7927-1451-5.
Le ms. Londres, BL, Royal A XVII est le seul
codex connu à nous livrer le texte du Battle of Ane- Das dreibändige, bereits 1998 erschienene und

sin (fol. 176v-177r). Ce poème, de la main de Thu-


hier deshalb nur anzuzeigende Werk wurde aus Mit-
teln einer Firmenstiftung finanziert; auf ausdrück-
mas de Bailloel, est une parodie sur les narrations lichen Wunsch des Geschäftsführers entstand dabei
racontant la bataille de Bouvines de 1214. L'a. kein populärwissenschaftlicher Bildband, sondern
donne ici une nouvelle édition critique, une repro- ein wissenschaftliches Grundlagenwerk. Ziel ist die
duction fac-similé et une analyse du texte en ques- Rekonstruktion der Bibliothek des Benediktinerklos-
tion, en insistant sur le caractère interdisciplinaire ters St. Vitus in Gladbach, die nach der Aufhebung
(combinaison de texte, musique et art visuel) et pa- 1794/5 zerstreut wurde. Im ersten Teilband werden
cifique du message. Parmi les éléments de comparai- die 61 erhaltenen Handschriften mit gesicherter Pro-
son figurent les mss Oxford, Bodl. Libr., Douce 308 venienz und die 57 nicht eindeutig Gladbach zuzu-
et Paris, BNF, fr. 1593 et 24406. weisenden Codices und Fragmente in ausführlichen
A. Smets Katalogisaten vorgestellt (erarbeitet unter Berück-

203*
bulletin codicologique 2007, 2

o
sichtigung der DFG-Richtlinien für die Handschrif- maintenant Bruxelles, KBR, 10066-77, fol. 144 v ,
tenkatalogisierung). Der zweite Teilband enthält die qui illustre l'aigle montant vers le ciel et plongeant
zahlreichen Illustrationen, die gleichzeitig der Doku- dans une source, accompagné dans la pièce liégeoise
mentation des Buchschmucks dienen. Im dritten d'un citation textuelle provenant du psaume 102 —;
Band werden Titelangaben von 519 in rheinischen elle rassemble ce qui concerne la lecture et l'inter-
Bibliotheken aufgespürten Drucken aus St. Vitus prétation de la Bible dans la période du Moyen
mitsamt einer exemplarspezifischen Beschreibung Aˆge contemporain, en intégrant les aspects pédago-
verzeichnet und verschiedene Bücherverzeichnisse giques, que ceux-ci concernent les jeunes à éduquer
zur Klosterbibliothek ediert. Chr. Sauer ou les moines adultes (chap. 4); elle identifie et éva-
lue l'apport de la patristique et des commentaires

(Kristine). The St. Albans Psalter.


théologiques contemporains (chap. 5); elle s'inter-
482. Haney roge sur le public que visait le psautier (chap. 6).
An Anglo-Norman Song of Faith. New York — Le chapitre 7 rassemble diverses conclusions dont
Washington, D.C. — Baltimore — Bern — on pourrait retenir particulièrement deux orienta-
tions: les deux mains — des scribes de Saint-Alban
Frankfurt am Main — Berlin — Brussels —
— qui ont écrit les psaumes ont duˆ s'inspirer d'un
Vienna — Oxford, Peter Lang, 2002, 23 cm, modèle existant à Canterbury, les rapprochements
XVI-683 p., Index. ( Studies in the Humanities. avec d'autres documents reconnus comme le psau-
Literature— Politics Society
— , 60). Prix: tier dit d'Utrecht et d'autres mss sortis des ateliers
de Christchurch en attestent. Le choix de l'illus-
EUR. 89,90. ISBN: 0-8204-5720-5. tration des psaumes est de tonalité christolo-
Le Psautier de Saint-Alban, conservé à Hildes- gique — un Christ miséricordieux, protecteur et
heim, DomB, St. Godehard 1, est considéré comme sauveur — influencée par saint Anselme, abbé du
le premier chef-d'œuvre survivant de l'enluminure Bec et ensuite archeveˆque de Canterbury, et par
anglaise produit après la conqueˆte normande. Il pro- son biographe Eadmer, actif dans le scriptorium de
vient de l'abbaye bénédictine de Saint-Alban et Christchurch qu'il a dirigé dans les années 1120.
contient quatre sections distinctes: un calendrier, Ces considérations signent les données tant artisti-
un cycle de 40 miniatures pleine page illustrant des ques que spirituelles en meˆme temps que se date le
scènes de l'Ancien Testament, de la vie du Christ et psautier. L'intéreˆt de cette brillante étude dépasse le
de celle de saint Martin de Tours, le meilleur témoin domaine de l'art.
de la Vie de saint Alexis en décasyllabes assonancés Cette étude, longue (355 pp.) et fouillée, conduit
en ancien français, et un psautier biblique gallican aux illustrations en noir et blanc des psaumes
accompagné de cantiques, litanies et collectes; il (pp. 357-437), accompagnées, s'il est nécessaire, de
s'agit donc d'un ms. composite. Il a appartenu, reproductions d'autres mss pour visualiser les rap-
comme le démontre K. Haney et ainsi que l'attes- prochements suggérés, et à la description minutieuse
tent des mentions personnelles dans le calendrier, à et très documentée des miniatures (pp. 439-654). On
Christina de Markyate, épouse fugitive qui désirait pourrait émettre un seul regret, à savoir que l'édi-
se consacrer à Dieu comme recluse puis ermite teur n'ait pas jugé indispensable de donner à voir
(1120-1130) à Markyate, ancien ermitage à 13 km au lecteur une seule miniature en couleurs. Le tra-
de Saint-Alban, et première supérieure (1145) de vail est soutenu par une imposante bibliographie,
Markyate lorsque l'endroit devint prieuré, relevant un index général et un index des mss cités. Ceux-ci
de la collégiale Saint-Paul de Londres. sont trop nombreux pour eˆtre énumérés; on se bor-
Ce célèbre ms. a déjà fait l'objet de nombreuses nera à reprendre ici les mss dont des extraits sont
études d'historiens, d'iconographes et de philologues; reproduits (pp. 406-437): Utrecht, BU, 32; London,
l'a., qui enseigne l'histoire de l'art à Amherst, Massa- BL, Harley 603; Vatican, BAV, Reg. lat. 12; Stutt-
chusetts, se consacre dans cet imposant volume au gart, Württ. LB, Biblia folia 23; London, BL, Har-
corpus de 211 miniatures des psaumes, litanies, col- ley 624, Cotton Claudius E. V.; Cambridge, Trinity
lectes, en combinant les approches anciennes avec Coll., B. 5. 28. M. Thiry-Stassin
l'examen renouvelé des sources textuelles et pictura-
les pour déboucher sur une évaluation des pratiques o
Harrison (Julian). Voir n 389.
pédagogiques, intellectuelles et dévotionnelles des
Anglo-Normands et sur la réception du psautier au-
près des contemporains. 483. Hartzell (Karl Drew). Catalogue of
En cinq chapitres richement documentés — que
Manuscripts written or owned in England up to
l'on ne pourra résumer ici —, K. H. étudie divers
aspects des problèmes posés par le psautier. Elle 1200 containig Music. Woodbridge, The Boy-
examine le programme thématique des initiales dell Press in association with The Plainsong
(chap. 2); elle opère la distinction entre la dépen- and Medieval Music Society, 2006, 24 cm, 717
dance partielle de ces initiales vis-à-vis des illustra-
p., pl., index. Prix: GBP 90,00. ISBN: 1-
tions antérieures et la part d'innovation que les
initiales instaurent (chap. 3) — un exemple parmi
84383-281-X.
d'autres, tiré de l'imagerie animale, illustre l'acuité C'est après avoir examiné plus de 1500 mss
des propos: existence d'un parallèle frappant entre conservés en Angleterre, en Europe continentale, en
la figure 68, p. 392, inaugurant le psaume 102, et Scandinavie et aux États-Unis que Karl Drew Hart-
le Physiologus de Saint-Laurent de Liège, XI s.,
e
zell a conçu le projet de ce monumental catalogue.

204*
bulletin codicologique 2007, 2

Le fil conducteur en est la musique, meˆme si nom- 485. Hemmes-Hoogstadt (Annette C.) 'Sies
bre des sources mentionnées ne sont pas des œuvres
stricto sensu mijn vlien, mijn jaghen'. Over vorm en inhoud
musicales
e
. L'ouvrage couvre une période
van een corpus Middelnederlandse spreukachtige
s'étalant du IX s. aux environs de l'an 1200, au
moment où, en Angleterre, la notation musicale hoofse lyriek: Lund, U.B., Mh 55 en Brussel
commence à refléter les nouveaux styles polyphoni- KB, Ms IV 209/11. Hilversum, Verloren,
ques développés en France, et où les neumes cursifs 2005, 24 cm, 314 p., index. (Middeleeuwse Stu-
évoluent vers des formes plus carrées.
L'a. a répertorié 364 documents, ordonnés alpha-
dies en Bronnen, LXXXVI) Prix: EUR. 30.
bétiquement selon la ville ou l'institution qui les ab-
ISBN: 90-6550-846-5.
rite. Pour chacun, une ligne de titre identifie la Il est hors de doute que, comparé aux pays envi-
nature de la source et offre une date inférée par l'a. ronnants, Angleterre, Allemagne et France, le pas-
Une meˆme succession de paragraphes précise le sage de l'oral à l'écrit dans la littérature thioise
contenu, propose des commentaires spécifiques, re- s'est effectué tardivement. En outre, le nombre de
prend les incipits en latin, décrit l'écriture du texte, mss anciens conservés se réduit à peu de chose, la
puis de la musique. Enfin, les informations codicolo- plupart des textes connus se retrouvent en effet
giques se cloˆturent par une estimation du lieu d'ori- dans des copies plus tardives, ce qui sous-entend,
gine de la source. L'agencement des feuilles et des malgré tout, l'existence d'une tradition continue.
feuillets est également donné. Les mss antérieurs à 1300 ne sont souvent que des
fragments récupérés dans des reliures, tels ces qua-
Le catalogue est organisé de manière à extraire
aisément les possibles affinités entre sources. Dans
tre double feuillets du roman
e
Floris ende Blancefloer
datables de la fin du XIII s. en dialecte west-fla-
ce but, il reprend dans sa totalité tout pontifical ou
mand (Leiden, BU, Ltk 2040), leur liste pourrait
autre ouvrage contenant de la musique. Puisque les
eˆtre longue. Le ms. Van Hulthem de la KBR (ms.
modèles des livres de messes sont bien connus et lar-
15589-623), un corpus de 37386 lignes dont 185 piè-
gement similaires d'une source à l'autre, la liste de
ces versifiées, écrit vers 1410, contient de nombreu-
chaque feˆte y est comparée à celle équivalente du ses œuvres plus anciennes connues, uniquement,
e
graduel de Corbie (Paris, BNF, lat. 12050, IX siè- graˆce à ce ms., notamment, les trois célèbres « abele
cle) qui constitue la base de l'Antiphonale Missarum spelen », en dialecte brabançon, (le terme « abele »
Sextuplex de Dom R. J. Hesbert. Les livres de ser- n'est peut eˆtre pas d'origine, il signifierait — mais
vice y ont été reconstitués à partir de nombreux la question n'est pas totalement résolue — jeux no-
fragments provenant de milliers de codex éparpillés bles). Il s'agit de pièces de théaˆtre sur un sujet cour-
dans le monde (en particulier en Scandinavie). tois, chaque fois suivies d'une farce (« sotternie »)
Outre une brève description des neumes anglo- annoncée dans le texte à la fin de la pièce sérieuse.
saxons, des neumes identifiés par John Bersagel et On ignore à partir de quand elles ont été jouées.
de ceux de Fleury, l'ouvrage comprend une biblio- L'unique ms. connu du grand mystique brabançon,
e
graphie des livres imprimés, un index des incipits et Jan Ruusbroec, qui vécut au milieu du XIII s., est
e
un index des sujets. Il se termine par huit photos en une copie exécutée au début du XV s. à l'abbaye
noir et blanc de mss conservés en Angleterre. de Groenendael, proche de Bruxelles, où Ruusbroec
S. Thieffry a vécu (Bruxelles, KBR, 19295-97). L'unique ms.
des poèmes de la mystique brabançonne Hadewijch,

(Dalibor). Nález zlomku Rehole sv.


e
qui vécut au milieu du XIII s., a été copié à l'ab-
e
484. Havel baye de Rouge-Cloíˆ tre, proche de Bruxelles au XIV
N-Benedikta z 11. století´ v prazske´m Klementi- s. (Bruxelles, KBR, 2877-78 et 2879). Ses « Visions »
nu. Entdeckung eines Benediktregel-Fragments sont conservées dans un seul ms. (Gand, UB, 941),

vom 11. Jh. In Prager Klementinum. (Querite


e
datant du milieu du XIV s.
Sente Servas-legende
primum regnum Dei..., S. 345-355, mit dt. Zu-
La du plus célèbre poète écri-
vant en thiois (ici, il s'agit du dialecte du comté de
sammenfassung). Looz en Limbourg), Hendrik van Veldeke, compo-

Das neuentdeckte Fragment der Regula s. Bene-


sée vers 1164 en strophes de cinq vers à la demande

dicti RB VII, 7-31 diente als die hintere Deckelrück-


d'Agnes de Metz, comtesse de Looz, n'est conservée
que dans un ms. de ca 1473, provenant d'un cou-
seite der Sammelhandschrift Prag, NK, XII. B. 16 vent de Maestricht et retrouvé dans les toilettes
(ca 1400) und ist heute abgelöst. d'un notaire à Aubel en province de Liège (Leiden,
Das Fragment, stammt aus der ersten Hälfte des BU, BPL 1215). L'unique roman courtois de Velde-
11. Jh. Wo die Abschrift der Regula s. Benedicti
her- ke, l'« Eneit » ainsi que ses poèmes ne figurent que
gestellt wurde, kann man nicht mit Sicherheit be- dans un seul ms. dans une version en dialecte
stimmen. Vielleicht könnte man auf ein Bene- moyen-allemand rhénan. On sait que Veldeke fré-
diktiner-Skriptorium im Peripheriegebiet denken. quentait les cours princières rhénanes, il est d'ail-
Die tragende Hs. XII. B. 16 wurde im Skriptorium leurs représenté, sous le nom de Heinrich von
des Zisterzienserstiftes Goldkron (Zlatá Koruna) ge- Veldig, assis, méditant, entouré d'oiseaux et de
schrieben. P. Spunar fleurs, parmi les « Minnesinger » allemands dans le
célèbre « Heidelberger Liederhandschrift » ou « Ma-
nessische Handschrift » (Cod. Pal. Germ. 848, fol.
o e
Heinzelmann (Martin). Voir n 454. 30 r), datant du début du XIV s. Le duc de Bra-

205*
bulletin codicologique 2007, 2

er
bant Jean I figure également dans ce codex en d'un meˆme texte, dont la première (Deventer, Jacob
tant qu'auteur de quelques poèmes courtois, mais il van Breda) ne porte ni date, ni nom d'auteur, ni
est représenté comme un chevalier en armes (fol. nom d'imprimeur et s'intitule: « Incipiunt proverbia
182). seriosa i theutonice » (un exemplaire à la KBR, Inc.
À notre connaissance, la (longue) liste englobant A 1633). Il s'agit d'une collection d'environ 800 pro-
tous les « unica » de la littérature en moyen néerlan- verbes d'une seule ligne, suivis de leur traduction la-
dais n'a jamais fait l'objet d'une publication. Aussi, tine: Pieter Brueghel n'est pas loin! Le meˆme
lorsque l'on découvre l'un ou l'autre fragment d'un ouvrage a connu, en outre, deux éditions parues en
texte inconnu, les germanistes s'empressent de l'étu- Allemagne. Le ms. Van Hulthem, cité ci-dessus,
dier sous toutes les coutures. Il s'agit le plus souvent contient lui aussi, trois collections de proverbes ver-
de feuilles de parchemin plus ou moins découpées, sifiés. Il s'agit, dans les cas ci-dessus de dictons po-
ayant servi à renforcer une reliure. C'est le cas de pulaires, parfois très crus, qui existent également
deux fragments ayant fait, en 2005, l'objet d'une dans d'autres langues, évidemment très éloignés de
thèse de doctorat à Leiden présentée ci-dessous. Le la tradition courtoise. Lorsqu'ils évoquent la femme,
premier fragment a été découvert en 1895 à la Bi- celle-ci n'a jamais le beau roˆle, bien au contraire. Le
bliothèque royale de Bruxelles (Ms. IV 209/11) par contenu des incunables hollandais a fait l'objet d'un
le célèbre germaniste néerlandais Willem De Vreese ouvrage magistral de Richard Yente édité en 1947
et a fait l'objet de plusieurs éditions; le second, un par l'Indiana University (Bloomington). En 1824 dé-
seul bifeuillet, a été trouvé dans les collections de jà, J. F. Willems publiait « Keur van Nederlansche
l'Université de Lund par le germaniste suédois spreekwoorden » et en 1856, G. J. Meyer « Oude Ne-
E. Rooth en 1926 et publié par lui en 1928. Malheu- derlandsche spreuken en spreekwoorden ».
reusement, les deux fragments figuraient dans des À notre connaissance, il n'existe pas d'édition in-
liasses de fragments non encore classés et on ignore cunable de proverbes français, mais nombreux sont
donc dans quel ms. ils ont été découverts. Ils les romanistes qui ont publié les « topoi » figurant
contiennent tous les deux des poèmes d'un type in- dans la littérature courtoise. On citera, entre autres,
connu dans la littérature médiévale néerlandaise. Ils les travaux de A. Kadler relatifs aux proverbes dans
sont considérés comme datant de vers 1300 et pro- les romans arturiens (1886), J. Morawski pour les
e
viennent de deux mss différents, tous deux de très proverbes antérieurs au XV s., O. Wandelt pour
petit format (ms. de poche d'un trouvère ou d'un ceux qui figurent dans les pièces de théaˆtre (1887),
jongleur?). E. Langlois « Anciens proverbes français » en 1899,
Les huit poèmes du Bruxellensis se décomposent F. Schepp « Altfranzösische Sprichwörter » en 1905
en quatre éléments: deux vers formant, comme on et, plus récemment, Grace Frank « Proverbes en ri-
voudra les nommer, adages, dictons, proverbes ou sen- mes » (1937 et 1940). Cet aspect de la question n'a
tences notés en rubrique, suivis de six vers de style toutefois pas été pris en compte par Annette
didactique construits sur le schéma a a b c c b, sui- C. Hemmes-Hoogstadt, dont la recherche s'est limi-
vis d'un poème (ou d'une chanson?) de style courtois tée à l'étude approfondie des formes grammaticales
de dix vers sur une seule rime (pour autant que les et du vocabulaire des « topoi »; elle ne cite donc au-
lacunes permettent d'en juger), ils se terminent par cun des ouvrages ci-dessus. Son analyse ne lui a tou-
deux vers formant, à nouveau, un dicton ou un pro- tefois pas permis de localiser les deux fragments, car
verbe. Une majuscule en rubrique marque les subdi- on y on retrouve, aussi bien, des termes utilisés par
visions. Certains poèmes présentent un hiatus au Hadewijch que d'autres figurant dans le « Sint Ser-
début ou à la fin du vers, suivant les découpages vaas » de Hendrik van Veldeke. De plus, l'a. consi-
du support. dère que le fragment de Lund n'est pas l'original,
Les seize poèmes du ms. de Lund débutent et se mais une copie comportant nombre d'erreurs de
terminent par six vers de contenu didactique cons- transcription.
truits selon des schémas de deux ou trois rimes, tels On peut regretter que l'ouvrage ne comporte pas
que b a b a b b. Le poème central, comportant éga- une liste alphabétique des proverbes à partir du pre-
lement dix vers, utilise une succession de deux rimes mier terme significatif, telle que l'a établie Richard
plates. Les majuscules n'ont pas été exécutées. Yente, le lecteur peut se demander en effet si tous
Dans les deux fragments, le poème central s'ins- ont été imaginés par le (ou les) auteurs ou si cer-
crit dans la tradition courtoise française, le thème tains ont été puisés à d'autres sources. Tous ont,
étant celui de l'amoureux déçu. La littérature alle- bien entendu, un rapport avec le thème de l'amour
mande de l'époque connaíˆ t par ailleurs des prover- déçu...
bes chantés appelés « höfische Sangspruch », rap- Le titre de l'ouvrage est le onzième vers du cin-
pelant les « proverbes au vilain » de la cour de Phi- quième poème du fragment de Lund. Il peut se tra-
duire: « vois comme je vole, vois comme je
lippe d'Alsace (A. Tobler, « Li proverbes de vilain »,
1895), mais une combinaison entre ces deux élé- m'empresse »: on admirera la concision du vers, ob-
tenue par l'emploi nominal des deux verbes, une
ments n'est pas connue par ailleurs. L'a. de l'ou-
concision très caractéristique des proverbes fla-
vrage considère cependant que rien permet de
mands. Cl. Lemaire
supposer qu'il s'agissait de textes chantés.
Le recours aux proverbes est typique de la littéra-
ture médiévale et, peut-eˆtre, plus spécialement, de o
Henrard (Louis). Voir n 605.
la littérature en moyen-néerlandais. On connaíˆ t, en
effet, pas moins de huit éditions incunables parues
o
à Deventer et à Nimègue entre ca 1480 et 1497 Henrard (Nadine). Voir n 605.

206*
bulletin codicologique 2007, 2

Heriché-Pradeau (Sandrine). Voir n


os
476, chiv für Erforschung des Mittelalters, 61, 2005,
504. S. 435-480).
Die Schreiber der Diplome der Ottonen nennen
Herrera (Maria Esthera). Voir n
o
543. sich gewöhnlich nicht, doch konnten einzelne Notare
identifiziert werden. Besonderes Interesse erweckten
jene Notare, die später Kanzler oder Bischöfe wur-
o
Heydenreuter (Reinhard). Voir n 449. den. In dem Beitrag überprüft der Verfasser einen
Versuch Wolfgang Huschners zur Identifizierung ei-

(Vinko). « Die eilende Hündin wirft


ner größeren Zahl der Notare, indem er die Kandi-
486. Hinz daten von Abraham, Bischof von Freising bis
blinde Junge » und einige andere antike Sprich- Willigis, Erzbischof von Mainz in alphabetischer
wörter bei Michael Apostolios und Erasmus. Reihenfolge durchgeht. Demnach sind drei Bischöfe,

(Antike und Abendland. Beiträge zum Ver-


Ambrosius von Bergamo, Heinrich von Parma und
Hugo von Parma, vor ihrer Erhebung auf die cathe-
ständnis der Griechen und Römer und ihres dra Kanzler gewesen, möglicherweise eine italieni-
Nachlebens, L, 2004, Walter de Gruyter, Ber- sche Sonderentwicklung. Nicht bestätigt hat sich
dagegen die These, daß Bischöfe, die einmal Notare
lin, p. 124-148).
oder Kanzler gewesen waren, auch in ihrem höheren
L' Autore segue, attraverso la tradizione scritta, Amt diktiert oder mundiert haben. Folgende Hss.
alcuni proverbi, o espressioni topiche, in particolare werden in dem Beitrag erwähnt: Bamberg, SB,
legate a Michael Apostolios ed alle raccolte di adagi, Bibl. 126; Mainz, StB, I 77; München, Bay. SB,
proverbi, facezie (Erasmo, Poliziano ed una note- Clm 6388, 6421, 6426, 27305. B. Gullath
vole serie di altri autori, anche minimi), risalendo

(Hartmut). Zum 2. Band von


anche a testimonianze anche alquanto antiche,
489. Hoffmann
1800 a. C. per il proverbio cui è dato particolare
Bernhard Bischoffs « Katalog der festländischen
Handschriften des 9. Jahrhunderts ». (Deutsches
spazio nell' articolo, « La cagna (gatta) frettolosa fa
i canini (gattini) ciechi ». Le interferenze con la tra-
dizione orale aumentano l'interesse di questo contri-
buto, che oltre all' aspetto tematico sviluppa
Archiv für Erforschung des Mittelalters, 61,
2005, S. 53-72).
specificamente anche gli aspetti legati alla storia
delle edizioni. Der Beitrag enthält Hinweise auf unfertige Ein-
I temi collaterali, sviluppati più brevemente, so- träge, mangelnde Autopsie und fehlende Hand-
no: la lettera di Diogene come fonte; la lettera di schriften sowie Berichtigungen und Ergänzungen zu
Falaride (con in particolare il detto Culicem elephas dem genannten, von Birgit Ebersperger aus dem
Indus non curat ); l' adynaton lykou ptera . Nachlaß herausgegebenen Band, dazu einige kriti-
sche Anmerkungen des Verfassers. Zahlreiche Hss.
A. Vitale Borvarone
und Fragmente werden erwähnt, ausführlicher wer-

(Hartmut). Die Translationes


den behandelt: Marburg, StA, Hr 5,4; Vatikan,
487. Hoffmann Arch. di S. Pietro, D 167 und Wolfenbüttel, HAB,
et Miracula s. Mennatis des Leo Marsicanus. Guelf. 35 Weiss. (jeweils mit Abbildung) sowie Mer-

(Deutsches Archiv für Erforschung des Mittel-


seburg, DomstiftsB., 9. B. Gullath

alters, 60, 2004, S. 441-481). 490. Hofmeier (Th.). Varianti esotiche della
Zu den kleineren Werken des Leo Marsicanus
gehört ein Zyklus, der dem heiligen Mennas gewid- Tabula smaragdina. (Magia, alchimia...,
met ist: eine Vita , zwei Translationen und mehrere p. 509-562).
Miracula. In dem Beitrag werden die historischen L'a. étudie d'abord l'œuvre de W. C. Kriegsmann,
Ereignisse um die zwei Translationen dargestellt, e
théologien et humaniste orientaliste du XVI s. qui
die 1094 bzw. 1102 bis 1107 stattfanden und die tenta une édition philologique de la Table d Eme-
'
Hintergründe für das Werk des Leo Marsicanus, Bi- raude « originale » à partir de textes latins divers
bliothekar des Klosters Montecassino beleuchtet. (Hermetis Trismegisti Phoenicum Aegyptiorum sed et
Die Werke sind in vier Hss. und einem Druck über- aliarum Gentium Monarchae conditoris sive Tabula
liefert; nur eine der Hss. stammt aus der Entste- Smaragdina a situ temerarijsque nunc demum pristino
hungszeit und wurde anscheinend vom Autor Genio vindicata [1657]. Kriegsmann essaya meˆme de
überarbeitet und ergänzt (Montecassino, Archivio livrer une version « originale » en hébreu et une au-
dell'Abbazia, 413), die übrigen sind neuzeitliche tre en phénicien (en réalité plutoˆt de l'hébreu en al-
Abschriften. Folgende Hss. werden außerdem er- phabet samaritain ou araméen). Pour Kriegsmann,
wähnt: München, Bay. SB, Clm 4623; Vatikan, il existait une ligne directe partant du Canaan bi-
BAV, Vat. lat. 4939. B. Gullath blique, via l'Egyptien Taaut (Thot) vers le gréco-ro-
main Taaut, qu'il identifiait avec le dieu paí̈en

(Hartmut). Notare, Kanzler


Hermes ou Mercure. Il fallait battre en brèche
488. Hoffmann
und Bischöfe am ottonischen Hof. (Deutsches Ar-
l'« égyptianisme » pour retrouver les racines bibli-
ques de l'hermétisme. Il est à l'origine de la nouvelle

207*
bulletin codicologique 2007, 2

propagation de la légende de Sarah, identifiée avec montrer que les racines du monothéisme pouvaient
la femme d'Abraham, qui aurait trouvé dans une se trouver dans l'ancienne Egypte. Contrairement à
grotte près d'Hébron le corps d'Hermès portant les Casaubon, il considérait (en historien de l'hermé-
tables dans ses mains. L'a. se penche aussi sur diver- tisme et non en hermétiste) le corpus hermeticum
ses tentatives historiques de découverte ou de recons- comme une compilation interpolée par des mains
titution du texte de la Table, et notamment sur chrétiennes mais véhiculant une pensée authentique-
l'alchimie allégorique de Abuˆ ‘Adb Allaˆh Muham- ment égyptienne. Il était convaincu de l'existence
e
mad Ibn Umayl au X s. qui, dans son œuvre deve- d'un sage égyptien appelé Thot, Theut ou Taut,
nue chez les Latins le « livre de Senior », dit avoir connu comme Hermès chez les Grecs et Mercure
retrouvé la Table d Emeraude
' dans un temple chez les Latins, mais dont les écrits de l'époque des
d'Egypte et présente des données d'origine « égytia- Pharaons avaient pour la plupart disparu, en dépit
nisante ». Son œuvre ne fut imprimée que dans la des allusions qu'y firent les pères de l'Église. Il divi-
e
seconde moitié du XVI s. L'a. en examine diverses sait le personnage en deux, l'un ayant inventé les
éditions. Il étudie aussi la présentation et le contenu sciences et les lettres, le second ayant transmis et
des ouvrages suivants: Tabula aurea Salomonis et préservé le savoir. L'argument philologique de Ca-
Hermetis , Leipzig, Johann Samuel Heinsius, 1739 saubon sur le caractère chrétien de la langue du cor-
(étude des gravures); Projet d explication de l estampe
' ' pus hermeticum est battu en brèche par Cudworth en
intitule´e image du Macrocosme & du Microcosme, se- vertu de la grande culture des preˆtres égyptiens et
lon cequi a ete´ ecrit dans un manuscript d'environ de la succession des traductions. L'a. note en outre
1112 pages de plus... Lignes (...), manuscrit, vers que dans ses recherches, le corpus alchimique est to-
1751-1755 (BPH M212), et la Tabula smaragdina talement laissé de coˆté. I. Draelants
du Suédois Johannes Thomas Bureus, qui est un
commentaire de l'Apocalypse imprimé à Uppsala o
par Aeschillus Matthias en 1639. I. Draelants Horner (Patrick J.). Voir n 538.

491. Hofmeier Filologia contro immagi-


(Th.). Hourcade (Philippe). Voir n
o
356.
nazione: Isaac Casaubon e il mito di Ermete
Trismegisto. (Magia, alchimia..., p. 563-573). (Michel). L'e´tude des diagrammes
d'harmoniques de Calcidius au Moyen Aˆge. Re-
493. Huglo

L'histoire a gardé du protestant Casaubon (1559-


o
1614) l'image d'un gréciste de qualité, alors qu'il se vue de Musicologie, tome 91, 2005, n 2,
décrivait comme un théologien et un historien de p. 305-318. ISSN: 0035-1601.
l'Église. Son dernier ouvrage fut d'ailleurs une cri-
tique de l'histoire de l'Église du cardinal Baronius Pour Platon, la musique préside à l'éducation de
(Annales ecclesiastici en 12 vol.): De rebus sacris et l'Aˆme du monde, assimilée à une harmonie univer-
ecllesiasticies exercitationes XVI. L'a. montre qu'à selle. Exprimée dans l'abstrus dialogue du Timée,
cette conception a été étudiée, débattue et sans
cette occasion, Casaubon met les œuvres herméti-
ques à l'épreuve d'une rigoureuse critique philolo- cesse élargie pendant près de deux mille ans. Sa
gique. À propos de l'histoire des prophètes qui ont compréhension dépend essentiellement de la pré-
précédé le Christ, Casaubon se montre suspicieux sence de diagrammes — figures géométriques asso-
vis-à-vis de l'authenticité des écrits hermétiques et ciées à des nombres et représentant des échelles
utilise notamment l'argument du silence (pourquoi harmoniques.
les auteurs pré-chrétiens n'ont-ils pas parlé des Certains, qualifiés de lambdoí̈des, ont connu un
œuvres de Mercure?). Il tient donc les œuvres du succès sans égal. Apparus pour la première fois au
Corpus hermeticum pour des écrits forgés par des
e
cours du II s. dans le traité de Théon de Smyrne,
ils seront peaufinés quelque 300 ans plus tard par le
chrétiens pour attirer les paí̈ens vers la foi à partir
de trois grands groupes de textes: des extraits des grammaticus Calcidius, qui les insèrera dans les
œuvres de Platon, des platonistes et de la Bible. Il commentaires adjoints à sa propre traduction des
y détecte les anachronismes et la modernité de la paragraphes 17a à 53c du Timée. Ces schémas s'im-
e e
langue, qui ne peut eˆtre archaí̈que. I. Draelants poseront jusqu'au tournant des XII et XIII s., lors
de l'éclosion de la multitude de traités sur les pro-
portions destinés à classifier les consonances et les
492. Hofmeier (Th.). Cudworth e Casaubon: dissonances en usage dans la polyphonie de Notre-
critica storica contro critica testuale. (Magia, al- Dame de Paris.

chimia..., p. 573-587). On connaíˆ t quelque 140 mss comprenant, en tout


ou en partie, le texte et les schémas de Calcidius.
Th. H. met en évidence l'activité du professeur Citons le ms. HAB, 4420 de Wolfenbüttel, du
e
d'hébreu Ralf Cudworth, « platoniste » calviniste de XI s., qui renferme seulement les commentaires,
e
l'université de Cambridge (1617-1688) qui s'attachait ou le ms. de la BAV, Reg. Lat. 1068 de la fin IX s.,
à combattre le matérialisme de Hobbes et de Des- qui ne reprend que la traduction du Timée. Leur in-
cartes dans son ouvrage The True Intellectual System ventaire a permis à Michel Huglo d'en discerner la
of the Universe (...), dont la première partie fut pu- lente diffusion dans la Gaule toute entière et de
bliée en 1671. Il y mettait à l'honneur les œuvres mettre en exergue l'importance accordée aux dia-
antiques, parmi lesquelles les écrits hermétiques que grammes lambdoí̈des dans l'étude élémentaire des
combattait si durement Isaac Casaubon, et tendait à consonances. Ces derniers apparaissent ainsi dans

208*
bulletin codicologique 2007, 2

l'opuscule De institutione musica (Cambrai, BM, B 496. [ IJmuiden, Asher Rare Books ]. Some
Highlights at the 28th Amsterdam Antiquarian
e
490, ff. 110v-112, XII s.) de Symon qui s'inspire
de Boëce. L'un d'eux est repris par Loup de Ferriè-
e
res (Paris, BNF, lat. 6370, IX s.); un autre figure Book, Map & Print Fair, 25-27 October, 2007,
dans la Musica et Scolastica enchiriadis
e
de Macrobe IJmuiden, 2007, 30 cm, [8] p.
(fin du IX s.). Plus tard, les membres de l'École de o
N 11: Livre d'heures en néerlandais, à l'usage du
Chartres (Guillaume de Conches et Bernard de Char-
diocèse d'Utrecht, ms. exécuté à Haarlem ou dans la
tres) en useront pour commenter à l'envi l'Aˆme du
région vers 1480-1490, écrit sur parchemin à l'encre
Monde, sans toutefois chercher à influencer les théo-
brun foncé, 19 cm x 14 cm, 6 grandes initiales enlu-
riciens de la musique.
minées à décor floral de fantaisie; provient de la
En Espagne, l'a. ne trouve aucune mention di-
collection Abbey, vendue en 1959.
recte de la traduction du Timée et des commentai- o
N 12: Livre d'heures en néerlandais, décrit précé-
Catalogue
e
res de Calcidius avant le IX s. Mais, il y distingue o o
demment sous le n 41 dans le n 39 du
une tradition différente: dans neuf mss rédigés en
e meˆme libraire.
écriture wisigothique entre la fin du VIII s. et le
e
o
N 17: Thomas à Kempis, Imitation de Je´sus
début du IX , un copiste a interpolé un diagramme
lambdoí̈de dans le livre III des Etymologies d'Isidore Christ, « reproduction en fac-simile du manuscrit au-
de Séville (reproduit dans cet article). Conçu par tographe de 1441 avec une introduction par Charles
Porphyre, dans son propre commentaire du Timée Ruelens ». Nijmegen (Nimègue), H.C.A. Thieme,
(perdu), celui-ci définit l'échelle du chant hispanique 1879, 10 cm x 8 cm. Il s'agit apparemment du seul
e
du VIII s. — une échelle qui disparaíˆ t de la Pénin- exemplaire connu d'un fac-similé de ce célèbre ms.
e
sule ibérique vers la fin du XI s., sauf au Portugal qui a été imprimé sur parchemin. Reliure exécutée
e
(début du XIII s., Porto, BP, 21). Meˆme si cette à Londres par John Ramage. Rappelons qu'en la
dernière n'a jamais franchi les Pyrénées, elle s'avère meˆme année 1879, le libraire bruxellois Fr. J. Oli-
identique à celle du chant carolingien: cette équiva- vier publia un fac-similé dudit ms. (KBR 5855-61),
lence traduit en fait une communauté d'origine. précédé de la meˆme introduction, tiré sur du papier
S. Thieffry Van Gelder; cf. Claudine Lemaire, dans « Manuscrits
et imprimés anciens en fac-similé de 1600 à 1984,
er

(Ingeborg). Der Nachlass des Orien-


exposition à la Bibliothèque Royale Albert I »,
o
494. Huhn Bruxelles, 1984, p. 41-42 (n 22b). M. Wittek
talisten Johann Gottfried Wetzstein in der
Handschriftenabteilung der Staatsbibliothek zu (Wolfgang-Valentin). Martin von
Berlin Preussischer Kulturbesitz. Wiesbaden,
497. Ikas
Troppau (Martinus Polonus), O.P. († 1278)
Harrassowitz Verlag, 2006, 29 cm, XIV-249
p., pl., index. (Staatsbibliothek zu Berlin —
in England. Überlieferungs- und wirkungsge-
Preussischer Kulturbesitz. Zweite Reihe, Nach- schichtliche Studien zu dessen Papst- und Kai-
lasse, 9). ISBN: 978-3-447-05231-3. serchronik. Wiesbaden. Dr. Ludwig Reichert
Verlag, 2002, 8 , XIV-417p., index, ill. (Wis-
o

Signalons brièvement ce catalogue: l'orientaliste


Wetzstein, consul à Damas entre 1849-61, a consti-
sensliteratur im Mittelalter. Schriften des Son-
derforschungsbereichs 226 Würzburg/ Eich-
tué une collection importante de mss arabes légués à
l'époque à la Königliche Bibliothek de Berlin (ac- stätt, 40). Prix: EUR. 58. ISBN: 3-89500-
tuellement: Staatsbibliothek). Le catalogue cité ci- 313-1.
dessus décrit des documents officiels, des brouillons
Die Papst- und Kaiserchronik, nach ihrem Urhe-
et des notes prises en vue des articles, des lettres,
ber, dem Dominikaner Martin aus dem schlesischen
etc. P. Cornil
Troppau, der auf Grund der Angehörigkeit der
tschechischen und mährischen Dominikanerkonven-
o ten zur polnischen Provinz den Beinamen Polonus
Hulková (Marta). Voir n 654.
erhielt, auch Martinianagenannt, wurde zum ver-

(R. B. C.). Editorisch Verfehltes


breitetsten historischen Werk des späten Mittel-
495. Huygens alters. Die Anzahl der bekannten Exemplare ihrer
zum Hospital von Jerusalem. (Deutsches Archiv Abschriften nähert sich 500 Handschriften. Wolf-
für Erforschung des Mittelalters, 61, 2005, gang-V. Ikas gelangte zur Zahl 484 (bzw. 487), aber
es werden immer neue bisher unbekannte Abschrif-
S. 165-167). ten gefunden. Die Chronik war schon im Mittelalter
Im Jahr 1998 hatte der israelische Historiker so beliebt, dass sie in verschiedene Sprachen über-
B. Z. Kedar einen nur in einer Hs. aus Benedikt- setzt wurde: ins Deutsche, Französische, Italieni-
beuern (München, Bay. SB, Clm 4620) überlieferten sche, Kastilianische, Griechische, aber auch Arme-
Text über das Hospital des hl. Johannes in Jerusa- nische und Persische. Die meisten Handschriften er-
lem herausgegeben. Im Jahr 2004 erschien eine neue hielten sich im Lande ihrer Herkunft, in Italien
Ausgabe von Alain Beltjens, die der Verfasser als (mehr als 100), in England (mehr als 80), in Frank-
ausgesprochene Amateurarbeit charakterisiert, die reich (über 60) und in Deutschland (mehr als 50).
besser unterblieben wäre. B. Gullath Wenn man aber die Grenzen der Länder des dama-
ligen mittelalterlichen Europas in Erwägung zieht,

209*
bulletin codicologique 2007, 2

stammen die meisten erhaltenen Handschriften der Giorgio), documentaria (in particolare Ralf Kreiner,
Chronik aus den Ländern des ehemaligen Heiligen « Die Nutzung von Wind- und Wasserkraft auf Kre-
Römischen Reichs deutscher Nation, wo W.-V. Ikas ta seit dem Beginn der venezianischen Herrschaft
177 Handschriften feststellte. (1212). Eine Einführung in das Forschungsfeld »,
Ikas richtete sich in seiner an der Julius-Maximi- pp. 445-466, con valore metodologico), non tralascia
lian-Universität Würzburg in Jahre 2001 verteidig- riferimenti alla tradizione letteraria (Karl Leo Noet-
ten Dissertation auf die in England entstandenen lichs, « ‘... es wäre besser, ein Mühlstein würde ihm
Handschriften der Chronik, wo ihre Anzahl mit Ikas' um den Hals gehängt...' — Einige Bemerkungen zu
neuen Funden auf 83 gewachsen ist. ‘Mühle' und ‘Mahlen' in der Bibel und bei lateini-
Auf kodikologischer und inhaltlicher Basis ver- schen Kirchenvätern », pp. 401-410) e lessicografica
sucht Ikas, die auf den britischen Inseln entstande- (Wesley Stevens, « Addo et subtraho . Medieval Glos-
nen Handschriften zu identifizieren. Aus diesem ses to Modern Lexicography », pp. 237-260, con im-
Grund schliesst er auch von den 73 heuzutage in portanti osservazioni sulle differenti qualità delle
britischen Bibliotheken aufbewahrten Handschriften trattazioni di lemmi apparentemente semplici e sta-
14 Kodizes aus, da sie nach seinen Kriterien zweifel- bili, anche nel corso delle fasi di elaborazione dei
los im kontinentalen Europa entstanden. Im Gegen- lessici). Gli articoli citati, pur non fondandosi sem-
teil fand er in französischen, deutschen, belgischen pre direttamente su fonti manoscritte, sono di note-
und weiteren Bibliotheken einige in England ent- vole aiuto per lavori editoriali ed esegetici. Di
natura più direttamente connessa con gli interessi
standene Abschriften der Chronik, so dass ihre An-
zahl jetzt 83 beträgt. dei lettori di Scriptorium si segnalano due studi,
Ikas verfolgt und belegt an Graphiken und Tabel- per i quali si veda ai nomi Alertz e Van den Abeele.
len sowohl die geographische als auch die institutio- La presenza di un indice dei mss. citati avrebbe
nelle Zerstreuung der Handschriften. Den Inhalt probabilmente aumentato il pregio di questo vo-
analysierend befasst er sich mit den einzelnen Re- lume. A. Vitale Brovarone
zensionen des Textes und verfolgt ausführlich, auf
welche Art und Weise die Chronik im Mittelalter
von den englischen Geschichtschreibern und in ano-
499. Ireland and Wales in the Middle Ages.
nymen Chronistenwerken benutzt wurde, was er an Jankulak (Karen) & Wooding (Jonathan
den betreffenden aus der Chronik stammenden M.) Eds. Dublin, Four Courts Press, 2007, 23
Textpassagen dokumentiert. cm, 296 p., index. Prix: EUR. 55,00. ISBN:
Am Schluss dieses gelungenen Werkes findet man
978-1-85182-748-0.
Quellen- und Literaturverzeichnisse, Register der
zitierten Handschriften, Namens-, Orts- und Sach- L'idée que les petites nations celtes du haut
register und eine Bildbeilage, die 9 Tafeln mit Pro- Moyen Aˆge n'étaient que des íˆ lots de barbarie isolés
ben aus den Chronikabschriften der Bodleian Library et coupés du reste de l'Europe a depuis longtemps
in Oxford, der Gonville & Caius College Library in perdu tout crédit. Le beau recueil d'études ici ras-
Cambridge und der British Library in London ent- semblé par deux celtologues de l'université de Galles
hält. S. Petr à Lampeter met particulièrement en lumière les in-
teractions, plus précoces et plus intenses encore
qu'on ne les imaginait, entre l'Irlande et le Pays de
o
Imbach (Ruedi). Voir n 352. Galles.
Après une présentation générale du dossier, de
o très grande qualité, par le regretté P. Mac Cana
Inglebert (Hervé). Voir n 560. (Ireland and Wales in the Middle Ages: An Over-
view, p. 17-45), de nouvelles preuves en sont appor-
498. Inquirens subtilia diversa. Dietrich Lohr- tées à partir de l'étude de la toponymie (I. Wmffre,

mann zum 65. Geburtstag. Hrsg. von Horst Post-Roman Irish Settlements in Wales, p. 46-61),
de l'épigraphie en oghams (C. Swift, Welsh Oghams
Kranz und Ludwig Falkenstein. Aachen, from an Irish Perspective, p. 62-79) ou de la diffu-
Shaker Verlag, 2002, 24 cm, 558 p., pl. ISBN: sion des fibules penannulaires (S. Young, Britain,
Wales and Ireland: Holding Things Together,
3-8322-0397-4.
p. 80-101). Les événements historiques sont peréci-
Questa eccellente miscellanea dedicata a D. Lohr- sés par A. Woolf (The Expulsion of the Irish from
mann si articola in cinque sezioni (Storia del me- Dyfed, p. 102-115) pour le cinquième siècle, par
dioevo, Storia delle scienze, Storia dell' economia, C. Etchingham (Viking-Age Gwynedd and Ireland,
Acqua ed energia, Storia Moderna) seguite, pp. 551- p. 149-167) pour les temps subséquents et par R. S.
558, da una bibliografia del dedicatario. I temi Babcock (Rhys ap Gruffydd and Ruaidrí́ ua
connessi con irealia sono studiati in una prospettiva Conchobair Compared, p. 229-245) qui dégage re-
archeologica (p. es. Klaus Grewe, « Neues zur Herr- marquablement les principes de la politique d'Henri
stellung von Holzrohren », pp. 467-476, Reinhold II vis-à-vis des rois et princes celtes voisins de l'An-
Kaiser, « Mittelalterliche Tuchplumben », pp. 375- gleterre. D'autres études se penchent sur des figures
390), iconografica (p. es. Uta Lindgren, « En- légendaires ou passées en légende: les paronymes ir-
ergienutzung durch den Verkehr im Mittelater », landais et gallois Bran et Braˆn (J. Carey, Bran son
pp. 477-497, con importanti richiami agli idraulici of Febal and Braˆn son of Llyr, p. 168-179), saint
di matrice senese, Mariano Taccola e Francesco di Carantec (K. Jankulak, British Saints, Irish Saints

210*
bulletin codicologique 2007, 2

and the Irish in Wales, p. 116-148) et Marie en in- Isidore dans sa maturité, soit autour de 600, les no-
tercession auprès de Dieu dans l'iconographie gal- tes étant colorées d'une touche antiarienne. Très fré-
loise et irlandaise du bas Moyen Aˆge (M. Gray — quentes, les évocations scripturaires ne renvoient
S. Ryan, The Virgin Mary and the Last Judgment point à un texte homogène: elles sortent tantoˆt de
in Welsh and Irish Tradition, p. 201-228): peut-eˆtre la Vulgate, tantoˆt de diverses ueteres latinae , ou re-
ces derniers auraient-ils pu se dispenser de rappro- produisent les formules d'un modèle (Lactance, Au-
cher préférentiellement le motif de l'ostension de gustin, Jéroˆme, Grégoire d'Elvire, à coˆté du pape
ses seins nus des légendes grecques d'Hécube ou de Grégoire). Après ces précisions sur l'œuvre et le
Bellérophon: le geste est non seulement universel contexte, l'introduction s'ouvre largement aux exa-
mais il est meˆme bien attesté dans le monde celte mens de la tradition manuscrite: l'« Estudio lingüí́s-
depuis César. Deux articles touchent enfin des sujets tico » des p. 65*-117* offre un inventaire des écarts
à part. L'un, remarquable, montre que les analogies des mss de Diff. [II] relativement au latin clas-
entre le droit irlandais et les lois galloises relatifs sique: les traitements des lettres et des flexions chez
aux médecins et aux obligations légales des agres- les scribes du recueil sont comparés à ceux qu'ont
seurs en matière de soins de leurs victimes, révèlent mis en évidence les éditions critiques récentes d'au-
un héritage conceptuel commun (M. E. Owen, Early tres travaux isidoriens. Mais la grande masse des al-
Irish and Welsh Law, p. 180-200). L'autre expose térations ne transcende pas le niveau de la simple
que le choix de zones littorales ou insulaires pour orthographe, et l'éditrice, qui, avec bon sens, ren-
l'installation d'établissements religieux ne répond voie occasionnellement à Orig. 1,27 (leDe orthogra-
pas nécessairement à des motivations profondes phia du Sévillan), ne s'est pas laissée prendre au
(J. M. Wooding, Coastal Churches in Medieval Ire- mirage d'un « latin wisigothique » (ou « -gothisant »),
land and Wales, p. 201-228). matérialisé selon certains dans les errances des co-
Quelques considérations codicologiques éparses pistes, après avoir hypothétiquement terni la langue
touchent les mss suivants (p. 103 et 116): Cam- d'Isidore meˆme. Quant aux irrégularités perçant
bridge, CCC, 139; Durham, Dean & Chap. Libr., dans la morphologie (voir les p. 92*-96*) et la syn-
B.II.35 et Londres, BL, Cotton Vespasian A.xiv. taxe (p. 96*-112*), elles sont attestées en bien d'au-
Cl. Sterckx tres régions et à des époques diverses: parfois
préclassiques, elles relèvent sans plus de la lente
évolution que connaíˆ t tout idiome (ex. de Diff.
[II]
o
Irigoin (J.). Voir n 583.
: l'extension de l'accusatif comme complément
d'objet; insistance sur se , avec inuicem ou -me-
500. [Isidor(us) Hispalensis]. Liber Differen- tips(e) quia
; introduisant une complétive). Pour la

tiarum [II] . Cura et studio Marí́a Adelaí̈da


rédaction (« Estilo », p. 114*-117*), Isidore, par sou-
ci de lauariatio , a joué ici sur quatre de ses regis-
Andrés Sanz. Turnhout, Brepols Publishers, tres: la concision, le recours à des formules typées,
2006, 25 cm, 324 p. numérotées avec astéri- les développements didactiques, les esquisses. —
ques + 126 p., index. ( Corpus Christianorum. L'édition proprement dite a été établie sur les té-

Series Latina
e
moins antérieurs au XI s., qu'ils fussent complets
, 111 A). Prix: EUR. 200,00.
(26 codd.) ou fragmentaires (7 pièces). Énoncé à la
ISBN: 2-503-01113-6 HB. 1
p. 118 *, en teˆte du bon catalogue (signalements;
À coˆté de l'Inter aptum et utile, le livre des Diffe- particularités ad rem ; bibliographie) des « Manuscri-
rentiae rerum d'Isidore qu'a édité récemment Mme C. tos incluidos en el aparato crí́tico » (p. 118*-149*),
Codon ˜ er (ou, par convention, Isid., Diff. [I]; 1992), ce principe n'a pas été pour nous suivi avec une lo-
on connaissait une composition analogue dont l'inci- gique rigoureuse: l'élaboration du stemma utilisera
pit est Inter Deum et Dominum. D'un plan heurté, ce sans constance 6 mss incomplets exclus de l'app.
second livre (Diff. [II]) est centré d'abord sur le crit. (description aux p. 149*-153*), et un des deux
vocabulaire de la théologie et de la Création (caté- Parisini au texte altéré, présentés aux p. 155*-157*:
gories d'eˆtres; facultés de l'homme: son comporte- d'où d'agaçants flottements dans les décomptes du
ment, son anatomie, ses pulsions; graˆce et libre lecteur. Pour l'ensemble de la tradition de Diff.
arbitre), puis sur celui des types de vie, des sciences, [II] , on connaíˆ trait, selon les notes antérieures de
de l'éthique; l'authenticité de la pièce est établie par l'éditrice, une centaine de témoins copiés après le
e
les biographies médiévales du Sévillan, par la quasi- X s.: les sondages n'auraient rien révélé de signifi-
e
totalité des témoins du texte antérieurs au XI s. catif. Finalement, un total (approché) des codices
(deux exceptions) et meˆme par quelques citations utilisés sera donné au bout de l'introduction
anciennes explicites. La référence habituelle des mo- (p. 277*): l'a. y rappelle les 33 mss réservés à l'app.
dernes à Diff. [II] était l'éd.Opera omnia d'Isidore,
e
crit., et 6 autres, antérieurs au XI s.; sera mention-
publiée à Rome par F. Arévalo (1797-1803; abrégé née la revision partielle de 84 témoins de la période
e e
Ar.), ou, bien plus souvent, sa reproduction dans la XII -XVI s. Mais reprenons les pièces majeures de
PL 1
(83, 1850 , 9-98). Mme M.A. Andrés Sanz pro- la transmission de Diff. [II] : les témoins les plus
pose ici la première lecture réellement critique de anciens proviennent fort probablement des íˆ les: ce
Inter Deum et Dominum
l' : l'ensemble de ses dossiers sont les mss Saint-Pétersbourg, GPB, Q.v.I.15
o
est entré dans le « Corpus Christianorum ». Ayant (CLA VIII, n 1618), en écriture anglo-saxonne
comme terminus post quem Moralia in Iob
les de
e
(VIII s.; sigle:
o
C ), et Baˆle, UB, F III 15 l (CLA
e
Grégoire le Grand (ca. 595-598; maintes références), VII, n 849), de la meˆme écriture (VIII s.; sigle:
lesDiff. [II] doivent avoir été confectionnées par b ); s'y adjoignent les deux folios subsistant dans

211*
bulletin codicologique 2007, 2

l'actuel ms. Milan, B. Ambros., *D 23. sup. (catal.


o os
47 dans 5 témoins (dont fBF ), et 33 dans P . Les
SP Arm. 9.12) (CLA III, n 329), f en majuscule listes liminaires d'intitulés sont apocryphes. D'après
e
irlandaise (VIII s.; sigle: a
; lectures d'A. Ratti, les critères que nous venons d'énumérer, et au terme
1910, parfois). Une copie de Diff. [II]
arriva assez d'une longue revue des variantes communes et des
toˆt à Saint-Gall, où on la reproduisit plusieurs fois écarts (p. 204*-258*), Mme Andrés Sanz dégage un
e e
dans la 2 moitié du VIII s.: voir, dans l'ordre des stemma où elle a identifié plusieurs subarchétypes:
CLA, les mss Saint-Gall, StiftsB: 2 (CLA VII, en dérivent ainsi: un groupe v, avec 5 mss (dont P
o
n 894), un codex à trois composants, auquel a col- f [jugé mixte] BF ; 1 frg.); un groupe z, avec 4 mss
laboré Winithar (sigle: H o
); 189 (CLA VII, n 914), (dont Cbf a
; 2 frg., dont ); un groupe l, de 12 mss
S
en minuscule alémanique (sigle: ); 230 (CLA VII, (2 sous-groupes: a, de 6 mss; b, de 5 mss); un
o
G
n 933), prod. locale (sigle: ). De l'origine ibérique G
groupe r, de 4 mss (dont ), avec 5 pièces fragmen-
des Differentiae on trouverait des échos dans deux
e
taires, et un groupe g de 3 mss (dont L ), plus un
Parisini: le ms. Paris, BNF, lat. 2994 A (IX s.; si- frg. Et l'histoire du texte de s'esquisser ainsi
gle: P ), composite (2 parties), copié en minuscule (p. 258*-272*): le type v s'est répandu vers le nord-
wisigothique, entaché d'hispanismes, et portant une est de l'Espagne et la moitié sud de la France,
note liée à la liturgie mozarabe; le ms. Paris, BNF, avant de toucher le nord de l'Italie et la Suisse:
e
lat. 12236, produit à Lyon (déb. IX s.), en minus- mais le modèle fut sérieusement altéré (voir fBF );
cule caroline, passé très toˆt à Corbie (sigle: ),B parti des íˆ les, le groupe z rayonna rapidement sur le
marqué par le parler péninsulaire (voir le nombre continent (contamination à Bobbio); les nombreux
d'étudiants espagnols regroupés alors à Lyon). Le témoins de l sont éparpillés sur une bonne partie
texte de B a été enrichi de quelques lemmes et de de l'Europe occidentale, ceux de r couvrant la
cinq chapitres terminaux: en procède suˆrement le
e
Suisse, et le groupe g émanant de scriptoria du nord
ms. Paris, BNF, lat. 12237 (dernier quart du IX s.; et du centre de la France (Laon, Fleury, Saint-
F
minusc. carol.; sigle: ). L'éd. Ar. a la particularité Thierry). Des essais d'identification des mss (ou
d'offrir deux numérotations indépendantes: l'une par groupes de codd.) de Diff. [II] employés dans les
e
chapitres, alignée sur les mss (voir ci-dessous), et citations les plus anciennes (actes du XV Concile
l'autre originale, en 17O paragraphes: appliquée par de Tolède, 688; pièces de Julien de T., d'Élipand;
Ar. à sa vulgate [agencée graˆce à ses codd. (voir l' Anonymus ad Cuimmanum ) entreront dans une
plus bas) et aux éditions antérieures], la seconde af- étude collective (Madrid; à paraíˆ tre) des recensions
o
fecte d'un n propre (soit celui du §) tout élément multiples des écrits d'Isidore. Quant aux éditions an-
sujet à éclipses, simplifiant ainsi l'évocation des la- térieures de l'Inter Deum et Dominum , elles avaient
cunes et des interversions. D'après son collationne- été intégrées à quelques publications Opera omnia
ment des 33 mss sélectionnés et de l'éd. Ar., du Sévillan: celles de Margarin de la Bigne (Paris,
l'éditrice a dégagé six séquences dans la transmis- 1580; bases probables: des mss du sous-groupe b de
sion de Diff. [II] : la formule Ar., la plus fournie, l); de Juan Grial (Madrid, 1599), sur une ébauche
quoique dépourvue de la cauda de BF
; la sélection de Ro(e)land Van Wi(n)kele, où l'éditrice a reconnu
présentée par L , ou le ms. Laon, BM, 265 (IX s.,
e
les mss El Escorial, e.IV.14 et f.IV.9 (texte baˆtard);
avant 875; minusc. carol.; prod. locale), où une de Jacques du Breul (Paris, 1601, puis Cologne,
trentaine de passages ont été délibérément négligés; 1617); d'Ar. enfin, ou celle de Fausto Arévalo
la version majoritaire (21 témoins), avec un texte (Rome, 1802), lequel s'est vraisemblablement servi
proche de celui de L , mais plus complet, avec no- des Vaticani disponibles et de codd. Florentins:
tamment les § 47-72 [moins une section (b) du l'éd. fut reprise à Paris, en 1862, par J.-P. Migne.
§ 61], sur les parties du corps; la recension de ,P Sauf erreur de notre chef, l'édition donnée ici
qui contient les § 61 b et 98 b, absents de Let des
o
(p. 276*, n 5) comme sortie à Madrid, en 1778, est
21 codd. évoqués; le texte de BF
, avec la partie du la reproduction par l'imprimeur Bartolomé Ulloa de
§ 46 donnée par Ar. et aussi la finale: y manquent l'éd. de J. Grial: l' auctor des « mí́nimas correcció-
les § 47-72, 61, 120-122, 142, 144-146; la version de nes » et des quelques écarts dans la numérota-
f, soit celle du ms. Sankt Paul im Lavanttal,
e
tion des chapitres n'est nulle part nommé. Ces dos-
StiftsB, 5/1 (25.2.35), copié au IX s. à Reichenau siers sont suivis d'une « Bibliografí́a » abondante
(écrit. italienne, avec traces de bénéventaine): pro- (p. 283*-312*). — Survient, au terme de cette pré-
che de BF , ce texte est contaminé par un dérivé paration complexe, le texte latin de Diff. [II] : il
du groupe insulaire, mais on y retrouve au plus près s'offre sagement sous ce plus grand commun déno-
la forme de l'éd. Ar., avec le § 46, et, en sus, les 5 minateur: Incipit liber differentiarum : selon une
f
chapitres terminaux: mais ne contient pas les § 98 constante dans la tradition isidorienne, le nom de
b et 120 s., ni l'élément caduc du § 142. La forme et l'éveˆque de Séville a été omis ou estropié, et l'app.
le contenu des différences examinés, l'éditrice con- crit. fait état d'une trentaine d'intitulés divergents.
clut que la rédaction initiale de Diff. [II]ne D'emblée la mise en page et le traitement des matiè-
comprenait pas les 5 notices de la fin, celles-ci ayant res nous ont séduit. Les Differentiae se trouvent ré-
été partiellement improvisées (montages apocry- parties en chapitres, marqués par des chiffres
phes), ou démarquées de Diff. [I]
; on y trouvait romains tirés de la tradition (voir les « Tablas de nu-
par contre les § 61-98, 122 et 144-146; la réélabora- meración de los capí́tulos », aux p. 313*-323*, et sui-
tion du texte est évidente dans PfBF . Sont exa- vre l'app. crit.); le découpage en paragraphes d'Ar.
minés enfin le découpage (formel ou pratique) en n'a pas été oublié (chiffres modernes, inscrits dans
chapitres et la numérotation de ceux-ci dans les les marges de droite); un grain de sable, dans le sys-
mss: on en compte de 40 à 42 dans l'ensemble, mais tème: les renvois au texte sont, dès l'introduction,

212*
bulletin codicologique 2007, 2

os os
faits en chiffres modernes (n des chapitres, n des presse le « produit fini », soit le texte refait, précédé
lignes par chapitre: voir la [trop discrète] note 94, d'un condensé sur l'a., l'œuvre et son histoire?
p. 52*), mais ils correspondent toujours au décou- P. Hamblenne
page de la nouvelle édition: un alignement provi-
soire sur Ar./PL nous euˆt semblé plus adéquat.
501. Jacob (Marie). Jean Colombe, un pittore
Pareil détail est largement racheté par l'équilibre as-
suré systématiquement entre le haut des pages (res- di Bourges familier e miniatore del duca Carlo
titution de l'original latin) et la partie analytico-
critique: celle-ci s'étage avec netteté: les références
I di Savoia (Corti e città..., p. 463-469).
scripturaires; les testimonia ; les sigles pour la Tra- Le miniaturiste Jean Colombe fut un temps au

d(itio) text(us) ad loc.


er
service du duc Charles I de Savoie et de sa femme
: familles des mss avec, , détail
des témoins, leçons d'Ar.; puis l'apparat critique sen- Blanche du Montferrat, dans les années 1485-1488.

su proprio , soit le relevé généreux des variantes,


Il y réalisa entre autres des miniatures additionnel-
les dans les Très riches Heures du duc de Berry
l'éditrice n'ayant écarté que les graphies à la fois
(Chantilly, Mus. Condé, 65), qui étaient pour lors
grossières et isolées: les additions apocryphes sont
dans les collections ducales à Turin, ainsi que des
intégrées à cet app. crit., avec les altérations poin-
pages peintes dans d'autres mss non terminés, telle
tées dans leurs copies (cas le plus notoire: les chapi-
tres terminaux 43-47 des seuls fBF ). En gros, cette
l'Apocalypse de l'Escorial, B. Mon., E. Vit. 5. L'a.

restitution pro manuscriptis des Diff. [II] , purgée


attire l'attention sur l'influence du séjour alpin dans
sa production successive, comme l' Hystoire de la des-
d'a priori et résultant de tris raisonnés, apparaíˆ t truction de Troyes la Grant (Paris, BNF, fr. 24920) et
bien comme l'ouvrage du savant lexicographe qui
composa les Origines . Nous y relèverions à peine
le Romuleon de Louis Malet de Graville (Paris,

quelques minora . Ainsi nous déclinons le -i- (pour - BNF, fr. 24920). Notices descriptives, assorties de
Es-
y- ) conservé dans mysterium etphysic(us) : pour le
reproductions, des mss Bruxelles, KBR, 9246 (
toire del saint Graal e
Fleur
premier * misteria [(chap.) 3, (l.) 11],mys- est donné des hystoires
) et 9260 (4 volume de la

Ct
de Jean Mansel).
par 9 témoins de 4 groupes, et, en 17,105, por-
tent au moins phisicis : pour les deux formes correc-
B. Van den Abeele

tes, voir d'ailleurs (éd., p. 71*, n. 12) la réf. à Orig.


2,24,3 s. Lindsay. Fréquemment bousculé (voir
ThLL , s.u.), le nom collyrium (17,91: imprimé ici
502. Jacob van Maerlant . Over vogels
. Ver-

colli- , ex cons. codd. corr. Ar.) a pu réellement deve-


taald en ingeleid door Ludo Jongen, met me-
nir collir- , à cause d'un contresens sur Orig. 4,9, dewerking van Martine Meeuwese. Amers-
10, Collyria latinum sonat Lindsay. En revanche, foort — Brugge, Bekking & Blitz Uitgevers,
point d'hésitation sur < > h ebdoma(s) (18,4 et s.): cf. 2005. 16,5 cm, 120 p. (Miniaturen Reeks, 6).
Orig. hebdomada dicta a numero septem dierum,
5,32:
Der naturen bloeme DNB
... eÉptáenim Graeci septem dicunt (voir ici la p. 78*,
Le (par la suite ) du

avec, à la n. 47, contre l' ebdo- h-


de l'éd., le de l'éd.
poète flamand Jacob van Maerlant (vers 1270) est

J. Fontaine d'Isid., Nat. an-


En 18,20, nous écririons
une traduction partielle et adaptée de l'encyclopédie
Liber de natura rerum
helans BF
, d'après : assez fréquent chez les poètes
latine de Thomas de Cantim-

de l'époque impériale, le terme ( eo loco an tempore? )


pré (vers 1240). Il en existe onze mss complets, dont
sept sont illustrés de vignettes pour la plupart des
était devenu obsolète (voir les 6 variantes de l'app.
crit., la mieux représentée étant ...alienans ). Dom-
chapitres. Le plus ancien est le ms. de Detmold

mage enfin pour * fisica


( )
(38,2 et s.) et l'horripilant
(Lipp. LB, 70) qui a fait l'objet récemment d'un vo-
BC
( )
* rethorica rheto- N m
(39,2:
2
rheto- N
1
; 5:
2
), qui
lume collectif fort intéressant (voir
o
, 2007,

tranchent sur le choix, proche et répété, de philoso- n 171). Le livre présenté ici offre une traduction

phia arithmetica
(37,8 et s.), mechanica
(38,8 et s.),
en néerlandais moderne des chapitres sur les oiseaux
DNB
(38,9 et s.), mathematici (38,22)! Mais ceci n'a point
dans le , et qui en constituent le livre III. Les

altéré le plaisir que nous avons eu de lire des Diffe- notices retenues sont illustrées chacune d'une repro-

rentiae classicisantes, dégagées méthodiquement des


duction en couleurs de la miniature correspondante

solécismes issus de scriptoria lointains. — Une note


dans le ms. Den Haag, KB, KA XVI, réalisé dans

d'intendance: les dimensions de CCL 111 A (quelque


les années 1340-1350. Ce sont de belles petites vi-
gnettes généralement sur fond d'or, et on les trouve
450 p., pour une édition de 105 p.) freinent matériel- aussi sur l'excellent site internet de la KB de La
lement la consultation de la partie la plus instruc- Haye. Le texte est précédé d'une introduction qui
tive. C'est en effet pour le latin d'Isidore et, comme situe l'auteur et son œuvre, esquisse la tradition ma-
l'a bien noté l'éditrice, celui (ou « les latins ») des nuscrite du DNB et commente les miniatures du
e e
scribes des VII -X s. que l'on ouvrira ces Diff. ms. cité ci-dessus. A noter, ce dernier a servi de base
[II] , avec leur précieux apparat critique. Que la pour une copie postérieure d'un siècle, également
complexité de la tradition d'un texte ancien néces- conservée à la Haye (KB, 76 E 4), et illustrée de
site le dépouillement serré d'un nombre élevé de té- répliques des vignettes du KA XVI. Quelques exem-
moins, on le comprend et on le souhaite. Quand la ples sont reproduits.
matière est surabondante, ne serait-il pas plus Ce petit volume a pour but principal de rendre
commode, tant pour l'a. que pour les utilisateurs fu- accessible à un public plus large les notices pleines
turs, qu'un volume préparatoire présente le produit d'attrait que Maerlant a consacrées aux oiseaux, et
brut de ces recherches, avant que ne soit mis sous il ne s'agit pas d'un ouvrage d'érudition. Un choix

213*
bulletin codicologique 2007, 2

nous paraíˆ t cependant discutable. Parmi les 114 no- à ses travaux en qualité de compilateur. Quant à D.
tices du livre III du DNB figurent neuf oiseaux qua- Wrisley, on lui doit une étude sur les représentations
lifiés par les auteurs de fabuleux, « fabeldieren » de l'Orient dans l'ensemble de la production du clerc
(« harpya, cinumolgus, feniks, griffioen, lagopus, de Mons. Enfin, le roˆle joué par Wauquelin dans la
mennonides, pellicanus, trogopalis, zelentides »). Ou- conception et l'élaboration matérielle descodices sor-
tre que la notion d'animal fabuleux est sujette à dis- tis de son « atelier » ou de son « officine » (termes
cussion pour certains d'entre eux, elle est au sens volontiers utilisés dans plusieurs articles mais qui
propre anachronique pour l'histoire naturelle du mériteraient d'eˆtre davantage explicités) est envi-
e
milieu du XIII s. Le fait d'exclure ces notices est sagé par M.-H. Tesnière, A. van Buren, C. Roussel,
une atteinte au texte et empeˆche le lecteur d'en sai- C. Blondeau, G. Parussa et R. Trachsler.
sir pleinement la portée. Par ailleurs, ces quelques On trouve en fin de volume une bibliographie re-
notices n'auraient guère alourdi le volume, si bien lative à Jean Wauquelin et qui s'articule autour de
que leur exclusion semble dénuée de justification. trois axes: documents d'archives et informations
B. Van den Abeele biographiques sur Wauquelin; histoire, langue et lit-
térature; manuscrits et enluminures. À noter: à la

(Christine). Buchmale-
page 262, lire « Joseph » et non « Jean » Barrois; à
503. Jacobi-Mirwald
rei. Ihre Terminologie in der Kunstgeschichte. la page 289, l'article « Books for a Burgundian cour-
tier... » doit eˆtre rendu à A. van Buren (et non à
Vollständig überarbeitete und erweiterte P. Valvekens).
Neuauflage. Berlin, Reimer Verlag, 1997, 21 L'ouvrage propose également un cahier d'illustra-
tions n/b présentant des mss conservés à Bruxelles
cm, 255 p., pl. Prix: EUR. 25,50. ISBN: 3-
(KBR, 9043, 9242 et 11040), à Paris (BNF, fr.
496-01159-9. 2810, fr. 9342, fr. 15103 et fr. 23279) et à Vienne
A. Touwaide a fait l'éloge de la première édition (ÖNB, 2549). C. Van Hoorebeeck
parue en 1991 ici meˆme BC o
1992, n 460. La deu-
xième édition revue et augmentée (de 195 à 255 pa-
ges) de ce dictionnaire thématique et alphabétique 505. Jeauneau (Édouard). « Tendenda Vela ».
du vocabulaire de langue allemande relatif à l'illus- Excursions litte´raires et digressions philosophi-
tration du livre, ms. ou imprimé, avec les termes
ques à travers le moyen aˆge. Turnhout, Brepols,
2007, 24 cm, XVII-786 p., ill. (Instrumenta Pa-
classés selon un système analytique, est unilingue:
on regrettera que les termes techniques ne soient
donné qu'en allemand. Bibliographie thématique ac-
tualisée. G. Hendrix
tristica et Mediaevalia, 47). Prix: EUR. 160,00.
ISBN: 978-2-503-51918-0.
Le titre du recueil est, on ne s'en étonnera pas,
o emprunté à Jean Scot Érigène: Tendenda uela naui-
Jankulak (Karen). Voir n 499.
gandumque Periphyseon
( , IV, 744 A; CCCM 164,
p. 5), telle est l'exhortation d'un philosophe pour

504. Jean Wauquelin. De Mons à la cour de qui la raison ne redoute pas d'affronter la haute

Bourgogne. Publié sous la direction de Marie- mer, en l'occurrence l'Écriture sainte. De fait, on
trouve réunis ici deux thèmes de recherche auxquels
Claude de Crécy avec la collaboration de Ga- Édouard Jeauneau accorda sa prédilection et dont
briella Parussa et de Sandrine Hériché-Pra- le point de convergence est la confiance en la raison
humaine: Jean Scot et l'École de Chartres, ports
deau. Turnhout, Brepols, 2006, 25 cm, IX-318
p., pl. (Burgundica
, 11). ISBN: 2-503-52021-9.
d'attache d'un auteur qui au long de sa carrière na-
vigua entre les deux périodes de renaissance médié-
e e
Ce volume, qui constitue les Actes d'un colloque vale, le IX et le XII s.
international tenu à Tours en septembre 2004, ras- Fort de 36 études qui s'échelonnent de 1973 à
semble une vingtaine de contributions consacrées à 2003, cet ouvrage fait suite aux recueils d'articles
Jean Wauquelin, un artisan du livre de premier plan parus respectivement en 1973 (« Lectio philosopho-
dont la carrière s'est déroulée - pour reprendre le ti- rum », centré sur l'École de Chartres) et en 1987
tre du volume - de Mons à la cour de Bourgogne. Ce (« Études érigéniennes »). Il s'ouvre avec la repro-
véritable homme-orchestre est ici envisagé sous des duction de la conférence donnée à Toronto en 1995
angles très divers avec, toutefois, un accent pro- sur la translatio studii , avec en appendice l'édition
noncé pour les aspects philologique et littéraire. du court traité De tribus sensibus sacrae scripturae
L'activité de traducteur de Wauquelin est analysée de Thomas d'Irlande, sur base du ms. Paris, BNF,
dans les articles de T. Van Hemelryck et C. Thiry lat. 16397, texte qui fait également l'objet d'une
(Chroniques de Hainaut ), O. Merisalo ( Gouvernement étude reproduite plus loin dans le volume.
des princes ), M. Colombo Timelli (la Manekine et la Trois sections sont consacrées aux sources bi-
Belle He´le` ne de Constantinople ), G. Roussineau (His- bliques, patristiques et profanes des auteurs. La pre-
toria regum Britannie ) et G. Veysseyre tandis que les mière débute par l'analyse d'une prière de Jean Scot
contributions de R. Brown-Grant, S. Hériché-Pra- pour obtenir l'intelligence des Écritures. L'a. aborde
deau ( Girart de Roussillon ), L. Harf-Lancner, C. ensuite son attitude par rapport au texte sacré et
Syoen et M. Pérez-Simon (ces trois dernières consa- démontre notamment, sur base de l'examen des ma-
crées aux Faits et conqueˆtes d Alexandre
' ) s'attachent nuscrits Reims, BM, 875 et Bamberg, SB, Msc. Phil.

214*
bulletin codicologique 2007, 2

2/1, qu'il qualifie l'Écriture d' artifex — artiste —, fluence réelle de ces œuvres sur la pensée de
terme plus fort et plus riche en connotation biblique l'époque. Apparaissent ensuite quelques-uns des thè-
que celui d'artificiosa, « correction » introduite par le mes favoris d'Érigène: la métaphysique des nom-
premier copiste-éditeur du Periphyseon (ce disciple bres, la « Procession » et le « Retour », le « Cogito »
surnommé Nisifortinus par É. Jeauneau en raison et sa spécificité par rapport au cogito cartésien, le
de sa propension à commencer ces commentaires « Filioque », l'art comme mystagogie. La postérité
marginaux par Nisi forte ) et transmise par les édi- de Jean Scot fait l'objet de plusieurs chapitres qui
teurs modernes de l'œuvre. L'emploi du mot sensus évaluent la dette de ses disciples, tels le Nisifortinus
dans l'exégèse biblique du haut moyen aˆge est éga- évoqué plus haut ou Heiric d'Auxerre. C'est aussi
lement étudié. l'occasion pour l'a. de compléter la liste des mss de
Parmi les sources patristiques, une place de choix la Vox spiritualis découverts depuis son édition de
est faite aux Pères grecs que Jean Scot a traduits, 1969 et de jauger l'impact des traductions érigénien-
Grégoire de Nysse et Maxime le Confesseur, mais nes de Denys l'Aréopagite et de Maxime le Confes-
surtout Denys l'Aréopagite: cinq études sont consa- seur sur le vocabulaire philosophique médiéval.
crées à son œuvre et au roˆle de l'abbaye de Saint- Les quatre dernières études nous ramènent à
Denis dans la transmission de celle-ci. Un chapitre Chartres: elles concernent Bernard de Chartres, Gil-
examine sans complaisance les mérites et les défi- bert de la Porée, Thierry de Chartres et Guillaume
ciences des traductions érigéniennes. Un seul article de Conches, ainsi que l'éveˆque Jean de Salisbury,
concerne un père latin, saint Ambroise, très apprécié par ailleurs source de précieux renseignements sur
e
par Jean Scot parce que, selon lui, il se rapprochait les maíˆ tres chartains de la première moitié du XII
davantage des pères grecs: l'a. repère des extraits du s. Un chapitre illustre les centres d'intéreˆt communs
De paradiso dans le Periphyseon . Enfin le dernier entre ces derniers et les Victorins à travers la des-
e
chapitre de cette partie est un essai de rétroversion cription d'un recueil du XIII s., Berkeley, Universi-
de prières grecque à la Vierge à partir de la version ty of California, Bancroft Library 95 (et non Ms. 2,
latine du ms. Paris, BNF, lat. 10307. comme l'indique erronément le titre de l'article ori-
Après un article d'introduction sur les gloses et ginal paru dans « Mediaeval Studies », 50, 1988,
commentaires de textes philosophiques du IX au
e
p. 438-456), contenant entre autres la Philosophia
e
XII s., la section suivante, qui traite des sources de Guillaume de Conches et son remaniement ( Sum-
profanes, présente deux chapitres sur Jean de Salis- ma philosophiae ) et leDidascalicon d'Hugues de
bury, bon exemple d'une lecture attentive et intelli- Saint-Victor. Dans le dernier article, l'a. s'interroge
gente des philosophes, ainsi que d'un intéreˆt critique sur une possible influence du Songe de Scipion sur
pour les traductions latines d'Aristote et du Pseudo- l'artiste qui conçut le portail de la cathédrale de
Denys. Mais l'accent est surtout mis sur les ouvrages Chartres.
qu'on lisait à Chartres dans la première moitié du Ainsi s'achève le troisième volet de la trilogie de
e
XII s., notamment le Time´e de Platon et la Conso- recueils d'articles d'Édouard Jeauneau qui, modeste,
lation de Philosophie de Boèce, et leur fortune aux espère que « les chercheurs à venir pourraient y pui-
siècles suivants. L'a. édite ainsi les extraits desGlo- ser des matériaux pour la synthèse [qu'il a] été im-
sae super Platonem de Guillaume de Conches, conte- puissant à produire ». Nous y voyons en fait une
nues dans le ms. Londres, BL, Add. 22815. Un véritable somme consacrée à l'histoire de la philoso-
autre chapitre met en valeur quelques mss rencon- phie médiévale. Si l'érudition de l'a. impressionne,
trés lors de recherches effectuées dans les bibliothè- nul doute que les multiples et riches pistes d'investi-
ques de Prague et d'Olomouc: ils contiennent des gation qu'il ouvre continueront longtemps à stimuler
traductions latines du Time´e par Calcidius et de di- la recherche dans ce domaine.
verses œuvres de Platon par Leonardo Bruni et Deux pages d'addenda et de corrigenda complè-
Marsile Ficin. Trois œuvres de Guillaume de tent le volume, ainsi que des tables de citations et
Conches sont aussi représentées dans les bibliothè- de mss dressées par A. Hicks.
Philosophia
ques pragoises: La accompagnée du L'ouvrage est orné de cinq magnifiques planches
Dragmaticon Glosae super Boetium
, les et les Glosae hors texte extraites des mss: Valenciennes, BM,
super Platonem. Les principaux mss examinés sont: 197, f. 7r; Paris, BNF, lat. 6734, f. 3v et Munich,
Prague, NK, III.A.13 (398), IV.B.24 (626), IV.F.14 Bay. SB, Clm 14000, f. 5v, 6r et 6v.
(720), IX.A.4 (1669), XIV.H.8 (2653), Roudnicky A.-M. Bultot-Verleysen
VI.Ef.11; Prague, KMK, L.64 (1309), M.147 (1508),

(Madeleine). Le commerce des mots.


N.31 (1555), O.71 (1655), Prague, KNM, XVIII.E.4;
506. Jeay

L'usagee dese listes dans la litte´rature me´die´vale


Olomouc, Státni Archiv, CO 565.
Les deux dernières parties sont consacrées l'une à
Jean Scot, l'autre à l'École de Chartres. La pre- (XII -XV sie` cles). Genève, Librairie Droz,
mière, qui compte plus de 200 pages, constitue le
2006, 23 cm, 552 p., index. (Publications roma-
cœur du volume: ses 11 chapitres (reproduisant es-
sentiellement des contributions à des colloques ou à nes et françaises, XXXLI). ISBN: 2-600-01065-
des volumes d'hommage, de 1987 à 2003) abordent 3.
e
en premier lieu le renouveau érigénien du XII s. qui On s'accorde bien souvent à reconnaíˆ tre que les
se traduit par une redécouverte ou une plus large « historiens » et les « romanistes » sont deux races
diffusion du Periphyseon Vox spiritualis
, de la et de chercheurs qui ne se rencontrent, n'interfèrent
des Expositiones in Hierarchiam Caelestem. L'a. re- hélas que fort peu. C'est souvent bien dommage:
connaíˆ t toutefois qu'il est difficile d'apprécier l'in- les deux approches, on en convient, sont éminem-

215*
bulletin codicologique 2007, 2

ment complémentaires. Voici un des livres qui pour- 508. Kaiser (Wolfgang). Die Epitome Iuliani.
raient faciliter la chute du rideau de fer entre les
Beiträge zum römischen Recht im frühen Mittel-
deux « blocs ». « L'usage des listes dans la littérature
médiévale » est un vrai livre de « romaniste »: son alter und zum byzantinischen Rechtsunterricht.
auteur, Madeleine Jeay, y passe en revue avec l'em- Frankfurt am Main, Vittorio Klostermann,
phase qui convient de grandes œuvres de la littéra- 2004, 24 cm, XXIV-1006 p., index. (Studien
ture française médiévale: les textes des jongleurs, les
e e
« dits » des XIII -XIV s., le Clige` s de Chrétien de
zur Europäischen Rechtsgeschichte, 175). Prix:
EUR. 149,00. ISBN: 3-465-03297-7.
Troyes, Guillaume de Machaut, Jean Froissart, Eus-
tache Deschamps et enfin François Villon, au tra- L'intégration des Nouellae de Justinien à la juris-
vers du thème de la liste qu'ils utilisent les uns et prudence des parties romanisées de l'Occident fut
préparée très toˆt, à Constantinople meˆme: une inter-
autres. Listes d'armes ou de mets, listes d'instru-
ments de musique ou d'objets de ménage... Je n'in- pretatio latine de ces constitutions y fut élaborée du
sisterai pas sur l'intéreˆt du thème pour l'historien de vivant de l'empereur. Dès le haut moyen aˆge, à
la littérature, tant il est évident, avec ses résonances l'Ouest, on recopia maintes fois le travail, en tout
jusqu'aux écrits de Georges Pérec. Mais j'attirerai ou en partie, avec la fréquente addition de gloses,
l'attention des historiens de la société sur le thème de notes marginales, d'appendices. Le texte complet
ne connut à ce jour qu'une seule édition à intentions
esquissé ici: il a été fort peu étudié, or tout reste à
critiques: celle de G. Haˆnel (1873). W. Kaiser a dé-
faire. Listes de biens, listes d'hommes, listes de ter-
cidé de retraiter intégralement le dossier: s'aidant
res, listes de messes... au Moyen Aˆge la liste est om-
des catalogues actuels des bibliothèques, et avec re-
niprésente, notamment dans les sources d'archives.
cours à d'innombrables études d'envergure variable,
L'historien trouvera donc grand plaisir et grand in-
l'a. a privilégié, comme bases de son édition future,
téreˆt à chercher son miel dans l'introduction et le
et quelles qu'en soient les lacunes, les dix codices
premier chapitre de l'ouvrage de Madeleine Jeay, à
qui, pour lui, rendent le mieux compte des inten-
tout le moins: s'il le peut, il consacrera quelques
tions didactiques originelles: ils sont tous antérieurs
heures à la lecture de l'œuvre entière. Depuis les ré-
flexions de Jacques Goody sur les listes, on avait
e
à la fin du IX s. S'offrent comme antiquiores : le
ms. (composite) Saint-Gall, StiftsB, 1395 (CLA VII,
peu repris le sujet: c'est chose faite, dans un tout os

autre registre. Quant au lecteur de Scriptorium,


n 984-991), pour l'insertion (vers 1800) de quelques
folios de l'Ep(itome) Iul(iani) , remontant aux VII /
e

avide de mss, il ne trouvera pas de grain à moudre e


VIII s., et copiés peut-eˆtre en Italie du Nord; le ms.
o e e
ici: l'a. a travaillé à partir d'éditions. Paris, BNF, lat. 4568 (CLA V, n 557), VIII /IX s.,
P. Bertrand Italie du Nord; le ms. Milan, B. Trivulz., 688 (CLA
o e e
III, n 366), VIII /IX s., Novare. Un autre témoin

(Christopher A.). Monastic Identity


er
majeur, le ms. Berlin, SBB, lat. fol. 269 (1 quart
507. Jones
Ep.
and Sodomitic Danger in the Occupatio by Odo
e
du IX s., Bourgogne) réunit deux copies de l' ,
ainsi qu'une partie d'un troisième codex, laquelle
of Cluny. (Speculum, 82, 1, 2007, p. 1-53). porte la fin des Institutiones et le début des
— Dans une première section (« Handschriften-Stu-
Digestes .

En 1049, Pierre Damien s'attarde longtemps à la


sodomia dans son Liber Gomorrhianus , terme qu'il
dien », p. 11-171), l'a., avec minutie, a décrit l'état
actuel de chaque témoin, détaillant systématique-
interprète comme la sexualité entre deux personnes ment le contenu, l(es) écriture(s), l'orthographe, les
du meˆme sexe. Toutefois, il n'est pas le premier a. abréviations, les corrections, les additions; retour
monastique à écrire sur ce sujet, comme en témoi- est fait aussi sur l'aˆge des codices, leur origine, les
gnent de nombreux pénitentiaires et textes canoni- liens de parenté. Cette analyse a permis de dégager
ques du haut moyen aˆge. Toutefois, il y a un texte quatre groupes dans la tradition. En A figurent le
qui a peu attiré l'attention des chercheurs jusqu'à Parisinus 4568 (cité; Codex pragmaticus Tiberii Au-
maintenant, alors qu'aucun autre texte du IX ou
e
e
gusti , selon la mention de trois catalogues de Corbie,
e e
du X s. ne traite tellement en détail le problème des XI /XII s.), le ms. de Milan (Trivulz.; cité), un
de la sodomie. C'est l' Occupatiod'Odon de Cluny autre Parisinus (ms. Paris, BNF, lat. 4418; IX s.;
e

† 942), un poème latin de 5755 vers rédigé à une contient les leges des envahisseurs germaniques), et
date inconnue. Le seul ms. conservant ce poème a un bifolio conservé dans les archives de l'église pa-
été divisé en deux, les deux parties se trouvant roissiale de Guttaring (Pfarrarchiv; pas de cote),
e e
maintenant toutes deux à Paris, la première à la B. identifié en 1967 (3 quart du IX s.; Italie du Nord,
Arsenal (ms. 903), la seconde à la B. Ste-Geneviève selon B. Bischoff). Les mss complets du groupe A
(ms. 2410). Malgré des différences très nettes entre portent en appendice une novelle de Tibère II (a.
les textes d'Odon de Cluny et de Pierre Damien, 582); c'est sur les pièces de ce groupe A que Hänel
l'emploi des meˆmes images et figures de rhétorique
e e
avait baˆti son édition. Le groupe B comprend les
suggère qu'il existe aux IX et X s. tout un dis- restes conservés du Sangallensis 1395 (cité), et le
cours monastique sur la sodomie, dont cependant Berolinensis lat. fol. 269 (cité), qu'avait redécouvert
Hänel. Le représentant le plus intéressant du groupe
peu de traces sont parvenues jusqu'à nous.
A. Smets C est le ms. Leipzig, UB, Hänel 8 + 9, fait de deux
codices: les actuelles p. 1-198 ont été copiées au pre-
e
mier tiers du IX s., à Vérone, les p. 199-354 datant
o
Jongen (Ludo). Voir n 502. de 850 environ (meˆme origine, ou, au moins, Italie

216*
bulletin codicologique 2007, 2

du Nord). Au groupe D appartiennent ces mss: Ver-


ère e
115 et 119 de l' Ep. ; — le De ordine ecclesiastico
e e
du
celli, B. Cap., CXXII (1 m. du XI s.; centre de ms. Berlin, SBB, Phillipps, 1735, VIII /IX s., Bour-
e
l'Italie); Leipzig, UB, Hänel 6 (XI s.; écriture béné- gogne), avec reproduction du texte, et aussi des pré-
ème e
ventaine), et Vienne, ÖNB, 2160 (3 quart du IX tendus compléments (altérations pseudoisidoriennes)
s.; longtemps à Salzbourg, mais orig. incertaine). apportés à Corbie, vers 850, par Benoíˆ t le Lévite);
L'a. ensuite situe l' Ep. dans le système de l'enseigne- — des Capitula legis Romanae (ou une Lex Romana
ment du droit, à Byzance (« 2. Abschnitt. Die Epi- canonice compta ), essentiellement d'après le ms. Pa-
er e
tome Iuliani im byzantinischen Rechtsunterricht », ris, BNF, lat. 12448 (1 quart du X s.; Italie du
p. 173-386). Le nom du traducteur fut tiré par Hä- Nord), soit un assemblage des éléments canoniques
nel d'une note présente dans trois des mss cités de l'Ep. Iul. , achevé en 836; — diverses Regulae ec-
(Vercelli; Leipzig, UB, Hänel 6; Vienne, ÖNB, clesiasticae Ep.
, tirées de l' et des livres I et III du
2160): c'est l' antecessor Iu-
(ou professeur de droit) Codex Iustinianus meˆme (témoins: voir, pour l'en-
lianus , un uir eloquentissimus , qui a traduit du grec semble, le ms. Milan, B. Ambros., G 58 sup. (IX /
e

en latin les Nouellae de Justinien. La date de son


e
X s.; Bobbio), et le ms. Livourne, BC Labronica,
e e
travail peut eˆtre approchée, car Justinien, puisque P.B. 243.40 (XI /XII s.; reprod. partielle, mais
désigné comme imperator princeps noster
(ou ) , ré- texte parfois plus soigné); — la Collectio Anselmo de-
terminus
gnait encore, et la dernière novelle insérée ( dicata , conservée dans des codd. italiens (mss Vati-
post quem ) remonte au 1
er
juin 555. La formation can, BAV, pal. lat. 580 et 581, IX s., Italie du
e

des juristes était alors acquise en deux vagues: Nord): c'est une large sélection de passages de l' Ep.
d'abord par une introduction au texte, suivie de la Iul. , de canons fort divers, et de sententiae scriptu-
lecture approfondie de l'original grec, puis par l'ex- raires commentées par les Pères: en cet Anselme,
posé en latin de la structure générale du recueil, dit archipraesul , on a vu un archeveˆque de Milan
avec explication de termes singuliers ou de passages (a. 882-896); — trois compilations de Capitula ex
entiers. En bonne logique l'a. insiste sur les aména- lege Iustiniani
ère
, dont les témoins datent du X s. ou
e
e

gements didactiques donnés à la matière, soit, pour de la 1 moitié du XI s.: voir ces mss: Rome, B.
e
les 124 novelles des mss retenus, l'économie du Vallicell., T. XVIII (écrit. bénéventaine, XI s.),
e
texte, avec ses rubriques (« constitutions ») dégagées mutilé; Vatican, BAV, Vat. lat. 1349 (XI s.; Italie
et les titres donnés aux chapitres: ces découpages du Sud), et Rome, B. Casanat., 2010 (B.V. 17), ces
auront été l'œuvre des copistes, sinon celle des ante- deux derniers permettant de suppléer partiellement
cessores . Quant à la mise en lumière des stipulations, aux lacunes du premier cité; — un bifolio du XI-
e
elle pouvait croíˆ tre en raison directe de renvois à V s., inséré dans le ms. Klagenfurt, Kärntner Lan-
d'autres traitements d'une matière analogue (tituli e
desarchiv, GV-Hs. 10/2/2 (IX s.; Nonantola, peut-
competentes ), ou à cause de l'insertion de scholies eˆtre): l'a. reproduit ici (p. 642-644) les passages
(paragraphae ). Les mss des groupesBD offrent en communs de l' Ep. (chap. 36, 136, 146, 292) et de la
plus un Dictatum de consiliariis (conseils aux asses- Lex Visigothorum (8,3,16 s. et 4,1-6), en parallèle
seurs) et une Collectio de tutoribus de diuisa
(thème: aux extraits correspondants de la vulgate à laquelle
seu indiuisa tutela ). Selon toute probabilité, des no- il travaille (commentaires développés). — La pré-
tes explicatives marginales ( paratitla ) avaient été sente histoire du texte de l' Ep. Iul. se cloˆt sur une
apposées dans des mss du temps de Justinien déjà, dernière compilation, où l' Ep. Cod. Iust.
, le et des
Ep.
mais leur intégration à l' ne fut jamais systéma- constitutions germaniques ( Lex Visigothorum , sur-
tique. À en juger par le collationnement des té- tout) ont été abondamment mises à contribution: il
moins, l'insertion de résumés des chapitres fut tout s'agit de la Collectio dite Gaudenziana (« 5. Absch-
aussi variable: sur cette pratique, voir l'exemple nitt. Die C. G., p. 655-846): A. Gaudenzi, en 1886,
(positif) de la Summa Perusina (ms. Pérouse, B. avait attiré l'attention sur un codex juridique mé-
Cap., 19). D'autre part, l' Ep. Iul. allait servir de connu, le ms. Londres, BL, Add. 46676: la descrip-
carrière à des compilateurs aux intéreˆts divers (voir tion de ce Londinensis, témoin unique, est refaite
ci-dessous). — L'a. aligne ensuite les résultats du par l'a. avec les plus grands égards pour le docu-
pointilleux examen paléographique (formes et tracés ment, dont le contenu n'a pas encore été édité; le
e
des lettres) qu'il a pratiqué sur l'énigmatique ms. de Gaudenzianus remonte à la fin du X s., époque à
Berlin, SBB, lat. fol. 269 (« 3. Abschnitt. Epitome laquelle la synthèse doit avoir été réunie, en Italie
Iuliani, Institutionen und Digesten in Burgund. — du Sud, et, pour l'a., le ms. de Londres serait l'ar-
Zum Berliner Institutionen- und Digestenfragment », chétype de la Coll. Gaud. ; de nombreux extraits,
p. 387-415): le scribe de ce Berolinensis, qui travail- avec exégèse de la forme et des constitutions, illus-
lait en Bourgogne (Flavigny), aura duˆ avoir sous les trent ici déjà les méthodes des compilateurs. — Un
yeux un codex de parchemin portant un texte en résumé (« Ergebnisse », p. 847-860) rappelle que les
onciale (2 col./p., 28 lettres/ligne), lequel remontait dix codices de l' Ep. Iul. que l'a. a identifiés et rete-
peut-eˆtre aux temps meˆmes de la composition. — nus, soit les témoins majeurs, conservent ensemble
Et de passer alors aux extraits de l' Ep. e
retrouvés les parts à la fois les plus larges et les plus homogè-
dans quelques recueils antérieurs au X s. (« 4. nes de la traduction latine d'époque, donnée aux
Abschnitt. Exzerpte aus der Epitome Iuliani in Nouellae de Justinien. En dehors de ces dix mss, la
Sammlungen bis zum Ende des neunten Jahrhun- matière n'a été enregistrée que par pièces, dans des
derts », p. 417-653): — les Constitutiones de rebus ec- recueils souvent hétéroclites. La forme première du
clesiasticis (mss: Leipzig, UB, Hänel 8 + 9 [t. noyau commun, soit de l' Ep. Iul. originel, doit eˆtre
partiel]; Saint-Gall, StiftsB, 722; Stuttgart, Württ.
o
l'archétype du groupe B actuel. La plupart des té-
LB, iur. 4 134, apparemment), sur les const. 111, moins majeurs subsistants ont été confectionnés

217*
bulletin codicologique 2007, 2

dans la péninsule italique (Italie du Nord, surtout); 509. Kaltwasser (Franz-Georg). Bayerische
Staatsbibliothek. Wechselndes Rollenverständnis
e
pour la Gaule, c'est au début du IX s. que remonte
antiquior
l' régional, aujourd'hui le Berolinensis lat.
im Lauf der Jahrhunderte. Wiesbaden, Harras-
fol. 269: son modèle serait indigène. La comparaison
avec ce que l'on sait de l'original grec (contenu, sowitz Verlag, 2006, 25 cm, XI-384 p., index.
structure) et de ses commentaires reste difficile: (Beiträge zum Buch- und Bibliothekswesen, 49).
l'état le plus ancien des Nouellae en grec comptait
115 constitutions, alors que les mss de l' Ep. Iul. en
Prix: EUR. 98,00. ISBN: 978-3-447-05322-8.
présentent 111, 121 ou 124 (flottements entre les ru- L'a., directeur honoraire de la Bay. SB, présente
briques des chapitres et celles des constitutions): les son ouvrage en trois parties: l'évolution de la biblio-
paragraphae Ep.
de l' suivent couramment le texte thèque (= bibl.) depuis sa fondation jusqu'aujour-
latin, tandis que les notes brèves desparatitla , égre- d'hui (p. 9-186), un plaidoyer pour la vocation
nées au long de l'original grec, se fondent souvent, scientifique de la Bay. SB (p. 187-315) et enfin des
dans l' Ep. , en des summaria capitum (explica- extraits de documents officiels (p. 317-372).
tions suivies, linéaires, étrangères aux habitudes des La bibl. de Munich fut fondée en 1558 comme
enseignants byzantins). Et l'a. de reprendre briève- bibl. de la cour; en 1571 la collection de Johann Ja-
ment les étapes les plus notoires de l'utilisation, du kob Fugger (1516-1575) s'y ajouta; autour de 1600
e e
VIII au XI s., d'extraits de l' Ep. Iul. dans les syn- il y avait ± 17000 volumes. Les motifs de la fonda-
thèses juridiques montées en Occident (Italie sur- tion étaient politico-religieux, la recherche de pres-
tout; Gaule). — À cette impressionnante somme tige et, enfin l'utilité pour la science; cette collec-
sont joints in fine des mises au point de détail et tion ne s'y trouvait pas seule; s'y ajoutaient aussi
des compléments bibliographiques (« Nachträge », des images, partitions, objets d'art, monnaies, sta-
p. 861-866); des modèles d'écriture en fac-similé tues antiques, curiosités, etc.; mais la bibl. fut très
(« Tafeln », p. 867-870), avec leur transcription vite estimée comme d'utilité publique et scienti-
(p. 871-875); une bibliographie générale (« Quellen- fique; son accessibilité était cependant limitée. En
und Literaturverzeichnis », p. 877-901), avec, sub 1759, le prince électeur Maximilien III Joseph
« I.1. Quellen » (p. 877-879), « 1. Handschriften » (1727-1777) fonda la Bayerische Akademie für Wis-
(p. 877-879), une liste de 111 codices et, sub « I,2 » senschaften, dans le but de favoriser l'histoire de
(p. 879), 6 réf. de papyri, puis, sub « I,3. Autoren toutes les sciences, le développement des bibl. et la
und Werke » (p. 879-885), les éditions de textes an- conservation des mss. Cette académie influença for-
ciens, et enfin, sub « II. Literatur » (p. 885-901), les tement la bibl.: en 1789, ou la déclara officiellement
travaux modernes: la majorité de ces derniers ouverte à tous les scientifiques, qui pouvaient doré-
concerne la tradition des textes juridiques anciens. navant consulter les livres sur place.
e
Suivent, pour la lecture courante, des index dont Au courant du XIX s. on admit aussi les lecteurs
l'utilité réelle fera comprendre l'amplitude: « Auto- sous des conditions assez larges et on permit des em-
ren und Werke » (p. 903-952), cette fois pour les prunts, meˆme aux élèves du gymnase. En 1826,
renvois précis aux écrivains et œuvres de l'antiquité l'université de Landshut déménagea à Munich;
et du (haut) moyen aˆge (voir en particulier les re- quoique cette université disposait de sa propre bibl.,
cueils impersonnels dénommés « Collectiones », les professeur et étudiants préfèrent fréquenter la Bay.
actes [en latin] des conciles, diverses « Leges » SB et accélérèrent par leur fréquentation grandis-
(Francs, Wisigoths) et « Regulae » [recueil grégorien; sante « sa ruine » (terme utilisé par von Lichtenha-
des « Excerpta Bobiensia » spécifiques]; « Hand- ler, directeur de la Bay. SB, dans sa lettre du 25
e
schriften [ordre alphabétique des dépoˆts actuels] mars 1828; voir p. 59). Au début du XX s. on en
und Papyri » (p. 953-959: renvois directs aux tex- était arrivé à une situation absurde: les bibl. univer-
tes]; en dernier lieu, une longue liste « Personen sitaires exigeaient la présence physique des lecteurs,
und Sachen » (p. 961-1006), un moindre mal suˆre- tandis que la Bay. SB était utilisée comme bibl.
ment, malgré l'hétérogénéité (départ: « Abbo von d'emprunt. En 1958, 65% des utilisateurs de la
Fleury » — « Abkürzungen » — « Admonitio genera- Bay. SB étaient des étudiants. Le nombre d'étu-
lis Karls d. Gr. » — « Admont (Rechtsbuch) » — diants a, depuis lors, augmenté et dépasse actuelle-
«Africa »... ): s'offre ainsi au lecteur une « boíˆ te à ment les 100000 unités. Quand l'a. devint directeur,
outils » multifonctionnelle, présentant, à coˆté de dé- en 1972, il plaida pour une bibl. de présence, un ser-
tails en tous genres sur les « Collectiones » ou les vice rapide attirant un public scientifique spécialisé
« Glossen » (entre autres), un inventaire peu com- et pour une bibl. universitaire plus développée, qui
mun des termes techniques qu'emploient les paléogra- prendrait en charge ses étudiants et libérerait ainsi
phes (de « Abkürzungen » à « Stenographie », « Un- la Bay. SB. Mais rien ne changea! L'a. constate
ziale »). — Les longues enqueˆtes de G. Hänel, le qu'au milieu des années 90 la Bay. SB est restée
pionnier de l' Ep. Iul. , sont maintenant complétées une bibl. fréquentée par des étudiants utilisant des
quant à l'identification des témoins et des extraits livres de base, et une bibl. de livres généraux pour
les plus anciens de cette interpretatio , leur classement
e
un public non défini; sa fonction essentielle — à sa-
par groupes et leurs utilisations en deçà du XI s. voir la recherche scientifique — en souffre.
Nous n'avions jamais eu à traiter d'un élément du Suite à cette contradiction, l'a. imagine pour la
dossier de l' Ep. , et l'accès à quelque témoin que ce Bay. SB deux grandes options: 1) bibl. virtuelle di-
fuˆt nous a été impossible: nous espérons voir encore gitalisée de livres de base accessible à chacun et de
l'édition complète que W. Kaiser donnera du corpus partout (mais hors des locaux de la Bay. SB), 2) une
redéfini de l'Epitome Iuliani . P. Hamblenne bibl. de présence pour les scientifiques avec accès à

218*
bulletin codicologique 2007, 2

la littérature spécialisée, qui ne viserait pas le nom- chen Anteilen aus staatlichen Mitteln, Sponsorengel-
bre de lecteurs, mais leurs qualités: la Bay. SB joue- dern und den Kulturetats sollte ein Vergleich mit
rait un roˆle de bibl. de recherche universelle pour la dem Haus Baden herbeigeführt werden. Da aber
formation d'une élite: « Elite statt Masse » (p. 260- am Beispiel eines Gemäldes (der Markgrafentafel
261). von Hans Baldung Grien) nachgewiesen werden
Dans la troisième partie, l'a. consacre ± 50 p. à la konnte, dass weder die Adelsfamilie noch die Regie-
description d'autres bibl.: la UB de Götttingen, la rung über fundierte Kenntnisse der Eigentumsrechte
SBB de Berlin, l'ÖNB de Vienne, la BNF de Paris, verfügte, ist nun eine Expertengruppe mit der Klä-
la BL de Londres, la Library of Congress (p. 267- rung dieser Fragen beauftragt worden. Es ist damit
315). nach wie vor nicht sicher, dass der Handschriftenbe-
Le livre contient en outre nombre de documents stand der Badischen Landesbibliothek unangetastet
(p. 317-372), un index des noms de personnes bleibt.
(p. 373-376), un registre des organisations scientifi- Der Band bietet fünf gut lesbare Beiträge, etwa
ques (p. 377-384). Ouvrage est bien documenté et zur Geschichte des Hauses Baden (Annette Bor-
riche en réflexions. P. Cornil chardt-Wenzel) oder zu den Ursachen für die unge-
klärten Eigentumsfragen (Winfried Klein). Auf
knapp 40 Seiten mit 24 Abbildungen stellt die Lei-
510. Kaluza (Zénon). Une Lettre ine´dite du pe´- terin der Handschriftenabteilung, Ute Obhof, die
nitencier pontifical Guillaume de Moerbeke. (Ar- aus ehemaligen markgräflichen Sammlungen und

chivum Fratrum Praedicatorum, 76, 2006, Säkularisationsgut gespeisten Handschriftenfonds


der Badischen Landesbibliothek vor und charakteri-
p. 31-38). siert deren kulturhistorische Bedeutung und euro-
Le dominicain Guillaume de Moerbeke (ca. 1215- päischen Rang. Bibliotheksdirektor Peter Michael
1286) est surtout connu pour ses traductions latines Ehrle zieht eine offene und kritische Bilanz des
d'ouvrages d'Aristote et de ses commentateurs. Mais Streitverlaufs, während der Journalist Michael Hübl
il fut aussi pénitencier et chapelain pontifical. On einen Wandel in der Kulturpolitik der letzten Jahre
est certes peu renseigné sur ses fonctions romaines nachzeichnet. Ihnen zufolge verfolgt die Politik
en dehors des quatre lettres connues, envoyées de nicht mehr Erhaltung und Akquisition von Kultur-
sa pénitencerie apostolique entre les années 1272 et gütern als Ziel; Bücher und Kunstobjekte gelten
e
1276. L'a. a découvert une copie d'une 5 lettre, en- nun als Dispositionsmasse, deren Verkauf zur Ent-
voyée le 26 mars 1278 à des moniales de Metz, lastung des Haushaltes herangezogen werden kann.
conservée dans le ms. Paris, BNF, lat. 10027 f. 7v- Der Band soll dazu beitragen, das in der Karlsru-
8v. Il présente une édition de cette lettre plus tar- her Landesbibliothek aufbewahrte Kulturgut im öf-
dive que les précédentes qui renseigne davantage fentlichen Bewusstsein zu verankern - laut P.M.
sur sa taˆche de pénitencier. G. Michiels Ehrle der wirksamste Schutz vor eventuellen Verlus-
ten. Das Beispiel lehrt, dass Bibliotheken mit Altbe-
ständen in ihren Aktivitäten zur breitenwirk-
o
Kaluza (Zénon). Voir n 352. samen Vermittlung von Altbeständen nicht nachlas-
sen dürfen, wobei selbstverständlich konservato-
rischer Belange stets zu berücksichtigen sind.
]. Die Handschriftensamm-
Chr. Sauer
511. [ Karlsruhe
lung der Badischen Landesbibliothek. Bedrohtes
Kulturerbe? Ehrle(Michael) und Obhof 512. Karten und Atlanten. Handschriften und
(Ute). Hrsg. Gernsbach: Katz, 2007, 23 cm, Drucke vom 8. bis zum 18. Jahrhundert, Kata-
160 p., 44 ill. Prix: EUR. 19,80. ISBN: 978-3- log zur Jahresausstellung in der Stiftsbiblio-
938047-25-5. thek St. Gallen (3 März bis 11. November
Mitarbeiter der Badischen Landesbibliothek als 2007). St. Gallen, Verlag am Klosterhof, 2007,
Hauptbetroffene sowie Journalisten und ein Rechts-
24 cm, 136 p., ill. ISBN: 3-906616-83-5.
historiker tragen in dem schmalen, aber flüssig ge-
schriebenen und reich illustrierten Band ihren Pubblicato in concomitanza con la ventiduesima
Standpunkt und ihr vorläufiges Fazit zum « ba- conferenza di Storia della Cartografia — che dopo
dischen Kulturgüterstreit » vor. Am 20.9.2006 wurde l'edizione del 2005 a Budapest quest'anno si tiene a
publik, dass die Landesregierung Baden-Württem- Berna (8-13 luglio) — il volume è il catalogo della
bergs einen Ausverkauf der Handschriftensammlung mostra di carte e atlanti conservate presso la Biblio-
in Karlsruhe plane, um mit dem Haus Baden einen teca di San Gallo. L'esposizione presenta ben 136
Vergleich über ungeklärte Eigentumsfragen an in öf- opere, tra carte a stampa e manoscritti, divise ed
fentlichen Institutionen aufbewahrten Kulturgütern ordinate con ineccepibile criterio scientifico in 10
zu erzielen und um einen Beitrag zur Sanierung des Vitrinen. Il catalogo presenta scritti di Anton von
im Besitz der Adelsfamilie befindlichen Klosters Sa- Euw, Theres Flury, Ernst Tremp, Karl Schmuki ed
lem zu leisten. Infolge der zahlreichen nicht nur lo- una selezione critica delle opere in mostra.
kalen, sondern auch nationalen und internationalen Le 47 schede pubblicate sono corredate da un im-
Proteste schwenkte die Regierung um und verkün- magine a colori del manoscritto e da un'attenta di-
dete stattdessen ein « Drei-Säulen-Modell ». Mit glei- dascalia. Per una maggiore scorrevolezza del testo la

219*
bulletin codicologique 2007, 2

bibliografia è posta in calce al volume, ed è ordinata ferungszweige werden entsprechend einbezogen:


secondo il criterio dell'allestimento espositivo. Darmstadt, HochschulB, 3762, ist durchgehend als
Di grande interesse pare la scelta dei curatori di Parallelhs. berücksichtigt, der älteste Textzeuge der
esporre allo stesso tempo i materiali cartografici Überlieferungsklasse, Jena, UB, El. f. 57, ist vollstän-
(manoscritti e a stampa) ed i codici miniati, nell'ot- dig mit abgedruckt. Signifikante Varianten der rest-
tica della divulgazione di questi patrimoni e di lichen sieben Hss. (Celle Oberlandesgericht C 4,
o
un'informazione più articolata. Rinviando alla lettu- Dresden, SLUB, M 23, M 35; Halle, UuLB, Yd 2
ra del catalogo, sembra importante segnalare alcuni 18; Leipzig, UB, 1095; München, Bay. SB, Cgm
o
manoscritti cinquecenteschi di Aegidius Tschudi 517; Stuttgart, Württ. LB, theol. et phil. 2 84) sind
conservati presso la Stiftsbibliothek, analizzati alle im Apparat verzeichnet. Alle 10 für die Edition ver-
pp. 55-63 (si veda, in particolare, la carta della Gran wendeten Hss. sind den Usancen der Reihe entspre-
Bretagna, 1550-70). Le opere sono contestualizzate chend beschrieben.
nel tempo, anche attraverso l'analisi dei manuali di Soweit sich dies aus einem Abgleich mit den der
rilevamento dell'epoca, come la Cosmografia di Pe- Edition hilfreicherweise beigegebenen SW-Abbildun-
r r r
trus Apianus, schedata da Davide Scruzzi. Di gen (Leipzig, UB, 950, f. 95 , f. 193 , f. 261 ; Darm-
grande attualità nella sesta vitrine le carte regionali v r
stadt, HochschulB, 3762, f. 8 , f. 72 ; Jena, UB, El.
r r r
del Settecento (pp. 75-89 nel catalogo), precise nella f. 57, f. 126 , f. 201 ; Dresden, SLUB, M 23, f. 11 )
definizione dei centri abitati, nell'uso dei suoli. Le beurteilen lässt, ist die Ausgabe im Rahmen ihrer
carte topografiche dovrebbero divenire strumento Textgestaltungsprinzipien absolut zuverlässig und
fondamentale per la conoscenza del territorio per schließt somit eine seit langem bestehende For-
gli attuali professionisti della pianificazione urbanis- schungslücke. Ergänzt wird sie durch ein Verzeich-
tica. nis sämtlicher Lehnrechts-Textzeugen, durch eine
Una piccola e marginale critica, che non inficia Synopse des Textbestands der einzelnen Überliefe-
assolutamente l'alto contenuto scientifico del vo- rungsträger der Kürzeren Lehnrechtsglosse sowie
lume, va fatta alla copertina: pur condividendo la durch Namen- und Quellenregister. N. Ruge
scelta dell'oggetto (il mappamondo contenuto nel
De natura rerum di Isoro da Siviglia), la ricca raccol-
ta esposta in questa occasione sembrava offrire
514. Kennedy (John). Translating the Sagas.
spunti più accattivanti. Nella civiltà dell'immagine
e, soprattutto, in una mostra cartografica, l'occhio Two Hundred Years of Challenge and Response.
vuole la sua parte. M. Iuliano Turnhout, Brepols, 2007, 24 cm, IX-219 p., in-
dex. (Making the Middle Ages, 5). Prix: EUR.

513. Kaufmann Glossen


(Frank-Michael) Ed.
60,00. ISBN: 978-2-503-50772-9.

zum Sachsenspiegel-Lehnrecht. Die kürzere Avant tout, il faudrait modifier l'intitulé de cet

Glosse, I-II. Hannover, Hahnsche Buchhand- ouvrage: non pas « translating the sagas », mais
« translating the sagas into English ». On pourra ac-
lung, 2006, 23 cm, LXIV-313 / 717 p. (Monu- cuser le rapporteur d'hypocondrie, mais il est las, le
menta Germaniae Historica. Fontes Iuris rapporteur, de ces ouvrages anglo-saxons qui parais-
res scandinavica
Germanici Antiqui nova series VIII). Prix: sent considérer que la , notamment
ancienne, est une sorte de monopole anglo-saxon. Il
EUR. 84,11. ISBN: 3-7752-2108-5. est vrai que la Grande-Bretagne compte parmi ses
Die anzuzeigende Ausgabe ist im Rahmen eines « racines », comme on jargonne à présent, un solide
Leipziger Akademieunternehmens entstanden, des- apport nordique, en particulier danois, vrai aussi
sen Gegenstand nach der im Jahre 2002 publizierten que les Américains qui manquent de traditions anti-
Edition der ältesten Sachsenspiegel-Landrechtskom- ques se cherchent à tout prix des anceˆtres receva-
mentierung, der so genannten Buch'schen Land- bles (sans parler de la « découverte » de ce conti-
rechtsglosse, nun die Herausgabe der weniger breit nent par les Islandais du Groenland autour de l'an
bezeugten, später entstandenen und von der For- mille!), mais on finit par se lasser de constater que
schung traditionell etwas vernachlässigten Glossie- toute étude traitant du vieux norois, langue, littéra-
rungstradition des Lehnrechts ist. Anders als noch ture ou civilisation semble chasse anglo-saxonne gar-
die monumental angelegten Editionsvorhaben des dée! Ce n'est pas dire, par là, que ces travaux ne
19. Jahrhunderts beschränkt sich die vorliegende méritent pas l'intéreˆt, bien au contraire, mais si l'on
Publikation auf eine Überlieferungsklasse der Lehn- peut analyser l'art de traduire les sagas islandaises,
rechts-Kommentierung, nämlich die in 10 Hss. des des origines à nos jours, j'estime qu'il faudrait tout
15. Jhs. bezeugte Kürzere Glosse. Die Längere Glos- de meˆme, par simple honneˆteté intellectuelle, tenir
se (18 Hss. des 14.-16. Jhs.), die Wurm'sche Glosse compte aussi des remarquables efforts et progrès
(zwei Hss. des 14./15. Jhs.) und dt.-lat. Stendaler qui ont été accomplis surtout depuis un bon demi-
Bilingue (Anfang 15. Jh.) werden hier also explizit siècle en France (où il existe meˆme une « école » dite
nicht berücksichtigt. Der überlieferungsgeschichtlich de Paris!), Italie, Espagne — et il va de soi que je
orientierten Praxis der MGH entsprechend geht der ne parle pas ici de l'Allemagne qui fut pionnière en
Hg. nach dem Leithandschriftenprinzip vor und er- la matière et reste exemplaire. D'autant plus que le
stellt den Text weitgehend nach Leipzig, UB, 950, domaine anglo-saxon relève de la meˆme « famille »
der besten Hs. der Vulgatfassung. Die wichtigsten linguistique que le scandinave, ancien comme mo-
bzw. ältesten Textzeugen der beiden anderen Überlie- derne, et donc qu'il existe une manière d'affinités in-

220*
bulletin codicologique 2007, 2

trinsèques entre les diverses manifestations du ger- menclature sera utile au traducteur non anglo-saxon
manique ainsi envisagées. Cela nous vaut donc une dans la mesure où elle lui fournira des points de re-
sorte de tautologie que dit parfaitement la bibliogra- père ou de comparaison souvent bienvenus. Le
phie, in fine, où, par exemple, des travaux fonda- grand nom, ici, est évidemment celui de George
mentaux comme le numéro spécial des « Études Webbe Dasent dont on peut dire que sa Saga de
Germaniques » de 2001/4, octobre-décembre 2001, Njáll aura fait école. Suit la période 1869-1913, do-
« Traduire du scandinave. Réflexions et témoigna- minée par William Morris et Eirí́kr Magnússon. En-
ges » est simplement ignoré, au sens anglais du tre 1914 et 1950, une sorte de demi-temps mort
terme! s'instaure qui tient évidemment à la richesse de la
La rançon est immédiate: elle s'appelle naí̈veté. période précédente. Mais je confesse avoir toujours
Ce livre est fort bien fait: l'a. — Australien — se eu un faible pour les rendus de Gwyn Jones, par ail-
demande d'abord pourquoi traduire les sagas? Puis leurs remarquable historien. Reste la seconde moitié
e
il examine la taˆche du traducteur avant de passer du XX s. où, en quelque sorte, on compense les
à l'examen des grandes traductions qui ont été faites manques! C'est, pour moi, l'aˆge d'or des extraordi-
des sagas islandaises, des origines à nos jours. On naires traductions du regretté Hermann Pálsson qui
nous précise que traduire de l'islandais ancien a sut sortir des sentiers battus pour renouveler un
« des raisons de nation et de race », que ce travail genre qui avait tendance à s'enliser dans les tics
fait vibrer des fibres patriotiques et qu'une indé- d'un certain académisme.
niable fierté (pride) préside à ce type de travail! Au total, cette nomenclature a quelque chose de
Peut-eˆtre l'étude des appréciations proprement litté- confondant: il ne reste pour ainsi dire pas de textes
raires de cette occupation, ou des retombées sur la en islandais ancien qui n'ait vu le jour, souvent sous
littérature comparée, sinon sur l'anthropologie au- plusieurs formes, en anglais. Et John Kennedy a
rait-elle davantage intéressé? raison de signaler que, d'ordinaire, ces traductions
On peut s'arreˆter un peu sur le travail du traduc- furent le fait des meilleurs savants spécialisés dans
teur tel qu'il est présenté ici — quoique, encore une le domaine de l'ancien norois.
fois, bien des portes ouvertes soient, ici, enfoncées. L'ouvrage s'achève sur une impressionnante bi-
Il va sans dire que le bon traducteur se doit d'eˆtre bliographie de dix-huit pages où, pour y revenir
fidèle, si faire se peut, aux possibles intentions de une dernière fois, on ne relève qu'extreˆmement peu
l'a., connu ou anonyme, que l'effet recherché devrait de noms « étrangers », comme celui du « philosophe »
e
correspondre à celui qu'il avait à l'époque de la français P. H. Mallet (XVIII s.) ou de l'Italien
composition de l'original, que le but plus ou moins contemporain F. D. Rachella. Une sorte de petit
avoué devrait eˆtre de rendre heureux le lecteur mo- manuel à usage interne, si l'on peut dire, qui honore
derne autant que, on le suppose, son homologue mé- plus le sens « patriotique » de l'a. que son ouverture!
diéval, etc. J'aurais aimé, pour ma part, que les R. Boyer
questions, très actuelles en cette occurrence, de

(Alan E.). Les Myste` res de la pro-


mentalités aient été abordées avec plus d'insistance.
515. Knight
Traduire revient à tenter de retrouver l'émotion
créatrice qui a animé l'a. ancien et cela suppose cession de Lille. tome IV, Le Nouveau Testa-
une intime connaissance de la culture, de la civilisa- ment. Genève, Droz, 2007, 18 cm, 608 p.,
tion dudit auteur. Je passerai ici puisque tel est le glossaire. (Textes litte´raires français, 588).
propos que j'ai combattu d'entrée de jeu, sur les
ISBN: 978-2-600-01145-7.
équivalences linguistiques entre langues germani-
ques, ou sur les problèmes que peut soulever la On ne répétera pas ici ce qui a été écrit dans ces
transcription des noms propres, sans parler de l'irri- colonnes sur les tomes précédents de cette monu-
tante question des inévitables généalogies! Je re- mentale entreprise d'édition. Il suffira d'annoncer
grette un peu que les strophes scaldiques qui, on le que ce t. IV regroupe les 21 mystères tirés du Nou-
sait émaillent volontiers les sagas, n'aient pas eu veau Testament.
l'honneur d'un traitement plus approfondi: c'euˆt Le volume contient les pièces 44 à 64 du recueil
pourtant été un domaine où les équivalences entre déjà présenté (Wolfenbüttel, HAB, Guelf. 9 Blan-
anglais et islandais pouvaient faire merveille, kenburg, décrit dans le t. I), allant de la naissance
comme en témoignent, d'ailleurs d'excellents rendus de Jean-Baptiste à l'arrestation de Pierre.
comme ceux de Lee M. Hollander. Ici, les langues Comme dans les tomes précédents, chaque pièce
romanes sont bien contraintes de confesser leur im- comporte son introduction (avec étude de versifica-
puissance, tant leurs lois internes diffèrent des ger- tion) et ses notes explicatives propres, le tout se cloˆ-
maniques. Et par excellence, ce terrain euˆt été turant par un index des noms propres et un
propice à des analyses comparatives propres à déga- glossaire adaptés au volume. On signalera simple-
ger les spécificités des diverses familles de langue... ment, en espérant qu'il ne s'agit là que d'un accident
L'étudiant sera sans doute davantage intéressé de fabrication, que, dans l'exemplaire reçu pour re-
par les quatre chapitres successifs où John Kennedy cension, certaines pages ont été inversées ou meˆme
recense et analyse les divers stades qu'aura connus omises (p. 594, remplacée par la p. 504).
la traduction anglaise des sagas islandaises. Soit, Annoncia-
À l'égard de l'édition, il faut noter que l'
sans trop nous appesantir, d'abord une période de tion a été copiée deux fois de la meˆme main dans le
pionniers qui va de 1770 à 1868: l'a. se livre à un ms., « ce qui fait penser que la pièce fut représentée
inventaire minutieux des ouvrages relevant de son une deuxième fois à une occasion différente et qu'on
étude, et, je le note une fois pour toutes, cette no- a gardé une copie de chaque représentation » (p. 47).

221*
bulletin codicologique 2007, 2

Les variantes, essentiellement graphiques, de la ist das bisher älteste Zeugnis für das Paenitentiale
deuxième copie sont données à la suite (pp. 73-74); Cummeani . Folgende weitere Hss. werden genannt:
sont livrées également, parce que très proches, les Milano, B. Ambros., C 28 sup.; München, Bay. SB,
versions correspondantes de l'épisode dans la Pas- Clm 6283, Clm 12888; Oxford, Bodl. Libr., Bodl.
sion d Arras
' (directement d'après le ms. Arras, BM, 311; St. Gallen, StiftsB, 150; Vatikan, BAV, Ottob.
625, avec renvoi à la numérotation de l'éd. Ri- lat. 3295, Vat. lat. 5751; Wolfenbüttel, HAB,
chard), et dans la Passion de Valenciennes , plus tar- Helmst. 565. B. Gullath
dive et inédite (d'après le ms. Coll. Rothschild I. 7.
3, avec les variantes du ms. Paris, BNF, fr. 12536). o
On ne reprendra pas non plus ici les remarques Kottje (Raymund). Voir n 481.
générales (bénignes) émises dans le compte rendu
(Pavel). Vizitacní´ interrogatorium z
des tomes antérieurs, et on se bornera à quelques
518. Krafl
observations ponctuelles sur les pièces proposées ici.
olomoucke´ho kodexu M II 130 — Edice pra-
mene. Visitation Instructions of the M II +30
Ainsi, le v. 44/302, non relevé comme hypermé-
trique, peut se rétablir aisément par l'élision du pro-
nom personnel (« t(u)'es benoite ») attestée par Codex — Source Edition. (Querite primum reg-
ailleurs au v. 309 (« T'as de grace »). Le v. 54/342,
noté hypermétrique (p. 280), peut s'accommoder de
num Dei..., S. 496-505, with E. summary).
la suppression de la conjonction de coordination Only one copy of visitation instructions from the
(« C'est ung perilleux (et) mauvais sos »). En 55/ Middle Ages has been found in Moravia. These in-
242, non cité comme hypométrique, on pourrait lire structions are included in the MS M. II. 130 of the
« de [ce]s » deniers, qui viennent d'eˆtre soulignés par Scientific Library (U. Knih.) in Olomouc. The in-
le Samaritain (à moins d'admettre une diérèse sur structions were published with minor inaccuracies
« dení̈ers », peu probable notamment au vu de la by Augustin Neumann in 1926. A new critical edi-
rime, et que l'éditeur n'indique de toute façon pas). tion is presented by P. K. P. Spunar
Au demeurant, les corrections apportées et duˆment
signalées sont tout à fait judicieuses. o
Kranz (Horst). Voir n 498.
Il s'agit là, répétons-le, de broutilles, face à un
travail extreˆmement soigné. On attend, bien enten-
du, la parution du dernier volume, qui devrait 519. Krause (Karin). Venedigs Sitz im Para-
comprendre les huit derniers mystères, tirés de l'his-
dies. Zur Schöpfungskuppel in der Vorhalle von
toire romaine et du légendier chrétien, avec « un
San Marco. (Mitteilungen des Kunsthistorischen
Institutes in Florenz, 48, 2004, S. 9-54).
CD-ROM contenant les photos en couleur de toutes
les miniatures du manuscrit », et que l'on ne man-
quera pas de mentionner dans ces pages.
Die Studie ist dem Mosaikzyklus zum Buch Gene-
Cl. Thiry
sis aus dem 13. Jahrhundert gewidmet, der sich in
der Vorhalle von San Marco befindet. Die Mosaiken
(Bozena). Pí´semnosti z pozu°s- wurden schon länger als direkte oder mittelbare Ko-
516. Kopicková

talostní´ho rí´zení´ po úmrtí´ ceske´ královny-vdovy pien der Cotton Genesis (London, BL, Cotton Otho

Zofie. Schriftstücke aus der testamentarischen B. VI) erkannt, die durch einen Brand im Jahr

Verfügung der Königin-Witwe Sophie. (Querite


1731 schwer beschädigt ist. Die Verfasserin zeigt,
dass einer Rekonstruktion der spätantiken Miniatu-
primum regnum Dei..., S. 483-495, mit dt. Zu- ren anhand der mittelalterlichen Mosaiken Grenzen
gesetzt sind. Bei der Darstellung der Ereignisse im
sammenfassung).
unteren Ring der Schöpfungskuppel nahm man viel-
Die Vf. hat sich auf die Edition des Testaments, mehr von einer wortgetreuen Illustration des bibli-
cfr. Jakub Ví́tovský, « Lampa z pozu
° stalosti král'ov- schen Textes und einer einfachen Kopie der Minia-
nej Zofie Bavorskej v Metskom múzeu v Bratisla- turen Abstand und unterstrich die Bedeutung der
ve », Ars 1991, 54-57, gestützt. Die Edition weist alttestamentlichen Ereignisse vor dem Hintergrund
161 Inventarteile auf, darunter 13 Bücher. Die Kö- des gesamten christlichen Heilsplans. Folgende wei-
nigin ist am 4.11.1428 gestorben. P. Spunar tere Hss. werden erwähnt: Paris, BNF, gr. 923, n.
a. lat. 2334; Vatikan, BAV, Vat. gr. 394, Vat. gr.

Raymund). Das älteste Zeugnis


747, Vat. lat. 5729; Wien, ÖNB, 2576, theol. gr. 31.
517. Kottje (

für das Paenitentiale Cummeani. (Deutsches Ar-


B. Gullath

chiv für Erforschung des Mittelalters, 61, 2005, 520. Krmí́cková (Helena). Petri Clarificatoris
S. 585-589).
Vita domini Iohannis, Pragensis archiepiscopi
Ein von Bernhard Bischoff im Hessischen SA zu
Marburg entdecktes Pergamentfragment (Hr 4,7),
tercii. (Querite primum regnum Dei ..., S. 441-
das vielleicht aus Mainz stammt, enthält das letzte
461, mit dt. Zusammenfassung).
Kapitel des irischen Paenitentiale Cummeanisowie Obwohl die Biographie des dritten Prager Erzbi-
auf der zweiten Blatthälfte einen Teil aus dem Er- schofs schon zweimal herausgegeben wurde (1793
sten Kapitular Bischof Theodulfs von Orléans. Das von J. Dobrovsky, 1873 in FRB I von J. Emler),
Fragment aus dem 2. Viertel des 9. Jahrhunderts konnte erst H. K. eine neue textkritische Edition

222*
bulletin codicologique 2007, 2

vorbereiten. Die einzige verschollene Hs. codex uni- comme il apparaíˆ t p. ex. dans le commentaire inédit
cus wurde entdeckt in Prag, National-Museum XVI. sur le Cantique des Cantiques par Stephen Langton
E. 19 und von der Vf. vollständig ausgenützt. (ms. Paris, B. Arsenal, 64). Il fut conservé dans 70
P. Spunar mss, dont les codex Hereford, Cath. Libr., P. I. 8
(Dove éd. 1997) et Laon, BM, 74. A. Smets
o

(Stavros). La production nouvelle


Krmí́cková (Helena). Voir n 593.
524. Lazaris

Kulturgutverluste, Provenienzforschung, en me´decine ve´te´rinaire sous les Pale´ologues et


521.

Restitution. Sammlungsgut mit belasteter Her- l'œuvre de De` me` trios Pe´pagoˆme´nos. Philosophie
kunft in Museen, Bibliotheken und Archiven. et sciences à Byzance..., p. 225-267).
Partant des éditions anciennes, de la traduction
München-Berlin, Deutscher Kunstverlag,
2007, 24 cm, 180 S., Abb. (MuseumsBausteine,
latine faite par Pierre Gilles et des mss Munich,
Bay. SB, gr. 390 et Paris, BNF, gr. 2323, l'a. exa-
10). Prix: EUR. 19,90. ISBN: 978-3-422- mine minutieusement comment, depuis Ange Ver-
06575-8. gèce, des doutes ont pu planer sur l'œuvre de
Dèmètrios Pépagoˆménos et sur l'époque de cet au-
Mehrere Aufsätze (z.B. Thomas Jahn, « Bücher teur. Sans aucun doute ce personnage doit eˆtre iden-
im Zwielicht. Die Bayerische Staatsbibliothek und tifié au médecin qui vécut et mourut à Constan-
ihr Umgang mit zweifelhaften Erwerbungen der e
tinople durant la première moitié du XV s. et qui
Jahre 1933-1955 », S. 157-165) dieses Buches können était en correspondance épistolaire avec Jean Chor-
nützlich sein beim Studium mittelalterlicher Hss. tasménos, Bessarion et Jean Eugenikos. Il a rédigé
« mit belasteter Herkunft », d.h. im Rahmen der une monodie en l'honneur de Cléopa Malatesta,
Arisierung erworben. Arisierung heißt die Überfüh- épouse de Théodore II Paléologue (despote de Mis-
rung von Vermögen aus nichtarischer in arische tra), un traité sur la goutte et deux ouvrages cyné-
Hand. gétiques, l'un sur les faucons et l'autre sur les chiens.
G. Hendrix Dèmètrios ne s'est pas contenté de reprendre des
textes de l'Antiquité, comme le traité sur la chasse
o d'Arrien de Nicomédie (ouvrage dont il a peut-eˆtre
Lamberz (Erich). Voir n 358.
pris connaissance graˆce à l'actuel Vatican, BAV,
Pal. gr. 398), mais il y intègre des connaissances
522. Landau (Peter). Der Entstehungsort des nouvelles, en partie reprises aux littératures arabe

Sachsenspiegels. Eike von Repgow, Altzelle und et occidentale, en partie tirées de sa propre expé-

die anglo-normannische Kanonistik. (Deutsches rience. M. L. fournit également quelques renseigne-


ments sur le Paris, BNF, gr. 2256, copié par
Archiv für Erforschung des Mittelalters, 61, Dèmètrios, mais refuse de lui attribuer également le
2005, S. 73-101). Florence, BML, Plut. LVII, 2. J. Declerck

In dem Beitrag über die Biographie Eikes von


o
Repgow, über seine theologischen und juristischen Lazzi (Giovanna). Voir n 472.
Quellen und über den Entstehungsort des Sachsen-
spiegels führt der Verfasser in zwölf Punkten Argu-
(Jaime). ‘La Celestina': ¿Philo-
Sachsenspiegel 525. Lean
˜ os
captio o apetito carnal? (Fifteenth-Century Stud-
mente dafür an, daß der mit
Benutzung der Bibliothek der Zisterzienserabtei Alt-
zelle geschrieben worden ist. Folgende Hss. werden
dabei erwähnt: Dresden, SLUB, J 38, J 48; Halle,
ies, 32, 2007, p. 68-82).
L'article porte sur la définition du roˆle de la ma-
UuLB, Qu. cod. 81, Ye 52, Ye 80; Leipzig, UB, 13-
14, 38, 40, 78, 79, 86, 103, 195, 197, 201, 207, 342,
gie dans Celestina de Fernando de Rojas (1499). La
critique se divise traditionnellement en deux bas-
781, 782, 795, 956, 968, 1242; München, Bay. SB,
tions. L'un (formé entre autres de Joseph Snow et
Clm 4502, Clm 5503; Paris, BNF, lat. 3922 A.
Dorothy Severin) soutient que Melibea, héroí̈ne du
B. Gullath
roman, est victime d'ensorcellement; l'autre (Menén-
dez Pelayo, Laza Palacios,...) affirme que les prati-
o
Langlands (Alex). Voir n 578. ques occultes n'ont qu'un roˆle d'apparat dans l'œu-
vre. J. Lean ˜ os choisit une position intermédiaire en

(Suzanne). From Contemplation


soulignant les implications de la magie dans la so-
e
523. La Vere ciété castillane de la fin du XV s. H. Haug
to Action: The Role of the Active Life in the
Glossa ordinaria on the Song of Songs. (Specu- Lechevalier (Claire). Voir n
o
356.
lum, 82, 1, 2007, p. 54-69).
Alors que le Cantique des Cantiques
est générale- Lefèvre (Sylvie). Voir n
o
531.
ment considéré comme un texte contemplatif, la
Glossa ordinaria met clairement l'accent sur l'action.
e o
Ce texte était assez influent au XII s. (et après), Legrand (Francis Joseph). Voir n 452.

223*
bulletin codicologique 2007, 2

526. Le Lech-Charton (Sylvie). Les manu- diverses modifications apportées au texte-source. Il

scrits et leurs proprie´taires à la fin du Moyen faut noter en particulier les pages consacrées à la

Aˆge (« Les Hospices de Beaune ». Art & Me´tiers réduplication synonymique et à la création lexicale.

du Livre, n 262, oct-nov. 2007, p. 22-27).


L'étude linguistique décrit une langue sans grande
o
particularité graphique ou phonétique et fait une
place à la syntaxe. L'a. n'est pas parvenu à identi-
Dans un petit dossier sur les Hospices de Beaune
fier le témoin, manuscrit ou imprimé, dont aurait pu
figure un article fort utile, qui attire l'attention sur
se servir le traducteur, mais penche plutoˆt pour
quelques mss conservés dans cette institution, et
l'utilisation d'une édition incunable.
dont l'existence n'est guère signalée. Il s'agit d'une
e L'édition proprement dite semble digne de con-
Bible d'origine parisienne, de la fin du XIII ou du
e fiance. Les retouches apportées aux textes sont jus-
début du XIV s., donnée à l'Hoˆtel-Dieu en 1488, de
tifiées dans des notes abondantes, malheureusement
sept livres d'heures qui s'échelonnent entre 1450 et
e rejetées en fin de volume alors qu'elles avaient leur
le début du XVI s., et d'un exemplaire du roman
Girard de Roussillon daté de 1469 et commandé par
place en bas de page. L'a., soucieux d'apporter un
maximum d'éléments à la connaissance du lecteur,
Martin Besançon, conservé dans sa reliure d'origine
a multiplié les remarques propres au texte de Picco-
à petits fers, boulons et étiquette sous corne. Les
lomini, notamment sur ses sources et sa méthode de
mss sont désignés ici sous des appellations du type
o compilation. Il aurait peut-eˆtre fallu songer à utili-
« livre d'heures n 1 », mais leur cotes sont, pour
o ser un artifice typographique pour distinguer les no-
ceux qui sont cités, L 122 n 3 (livre d'heures dit
o tes intéressant exclusivement le texte latin de celle
de Rolin), L 123 n 5 (livre d'heures de sœur
o
Guyotte), L 123 n 12 ( Girard de Roussillon ). Diver-
qui s'attachent à commenter la traduction. En l'ab-
sence d'une édition critique du texte-source, les no-
ses photos agrémentent cet article, qui permet de
tes sur le latin sont loin d'eˆtre superflues, mais
prendre connaissance d'une petite collection digne
risquent parfois d'entraíˆ ner une confusion des plans
d'attention. B. Van den Abeele
herméneutiques.
Le glossaire, qui « ne comprend, en principe, que
527. Lemaire (Jacques Charles). La traduction les mots et les formes dont l'intelligence pourrait
en moyen français de la lettre anticuriale ‘De Cu- présenter des difficultés au lecteur non spécialiste

rialium miseriis epistola ' d'Æneas Silvius Picco- d'aujourd'hui » est extensif (p. 179-217). Il réussit à

lomini. Villeneuve d'Ascq, Presses Universitai- lever la plupart des difficultés de nature lexicale,
mais son exploitation lexicographique est délicate,
res du Septentrion, 2007, 24 cm, 240 p., index. faute de lemmatisation suffisante (notamment pour
(Documents et te´moignages). Prix: EUR. 22. les formes verbales) et de catégorisation grammati-
cale systématique. Les gloses s'apparentent davan-
ISBN: 978-2-85939-972-6.
tage à des traductions qu'à des définitions. Heu-
Après l'édition de la traduction par Octovien de reusement, l'éditeur a bien pris soin de commenter
Saint-Gelais du De duobus amantibus historia , voici en note et dans son introduction les formes et lexè-
une seconde traduction en moyen français d'une let- mes qui lui semblaient linguistiquement dignes d'in-
tre d'Aeneas Sivlius Piccolomini. Il s'agit d'un traité téreˆt. L'ensemble se cloˆt par un index et par une
sous forme épistolaire adressé le 30 novembre 1444 bibliographie.
par le futur pape Pie II à Johannes von Eych, secré- Au total, l'a. nous offre l'édition fort bien faite
taire-conseiller de l'empereur Frédéric III. Ce traité d'une traduction intéressante par sa « médiocrité ».
anticurial n'est précédé à l'époque humaniste que Sans eˆtre un verbum pro verbo illisible, elle n'est pas
du De infelicitate principum de Poggio Bracciolini, l'œuvre d'un des grands traducteurs de la fin du
dont il s'inspire. Son succès fut grand, comme l'at- Moyen Aˆge. Si elle se laisse lire, elle est surtout un
testent les traductions française et allemande de la témoignage passionnant de la difficulté de traduire
e
seconde moitié du XV s., suivies de versions an- en français le latin humaniste. Ses maladresses font
e
glaise et espagnole dans le premier quart du XVI s. ressortir davantage les tours de traduction. Elle ap-
La traduction française est conservée par un porte ainsi une pierre non négligeable à notre
unique témoin, le ms. Paris, BNF, fr. 1988, réalisé connaissance de la langue de traduction à la fin du
entre septembre 1458 et juillet 1477. Jacques d'Ar- Moyen Aˆge, une langue qui a sensiblement influencé
magnac, duc de Nemours, qui posséda le ms., pour- le français écrit spontané. Fr. Duval
rait eˆtre le commanditaire de la traduction, mais l'a.
se contente d'émettre l'hypothèse sans vouloir tran- o
cher. L'édition ne renferme aucune présentation du Lemaire (Jacques-Charles). Voir n 531.
ms. Pour des précisions codicologiques, on se repor-

(J.-L.). Un nouveau manuscrit


tera à Jacques Charles Lemaire, « À propos de la
528. Lemaitre
traduction en français d'œuvres humanistes: compa-
raison matérielle entre les mss Paris, BNF, lat. des Flores Chronicorum de Bernard Gui et la bi-
A
6783 et fr. 1988 », dans « Miscellanea codicologica bliothe` que des dominicains de Limoges. (Archi-
F. Masai dicata », Gand, Story-Scientia, 1979, t. 2,
p. 439-449.
vum Fratrum Praedicatorum, 76, 2006, p. 79-
101).
L'analyse de la traduction est principalement
consacrée à une typologie détaillée des insuffisances Alors qu'on ne connaissait jusqu'à présent que
et des négligences de la traduction, mais aussi des quatre mss en provenance de l'ancienne bibl. des do-

224*
bulletin codicologique 2007, 2

minicains de Limoges, à savoir Limoges, BM, 1 de Ravenne et connu pour son éloquence (1007 -
e
(XII s.) et BM, 8 (1459); København, KB, Thott † 1072).
e
(XV s.) et Limoges, Bibl. de la Société archéolo- Léon IX fut donc bien soutenu dans les réformes
e
gique et historique du Limousin, 25 (XIV s.), l'a. qu'il entreprit avec zèle, fidèle aux prescriptions ca-
croit pouvoir identifier un cinquième ms. — du noniques, en combattant principalement la simonie,
moins un fragment — ayant appartenu à cette bibl.. les mariages interdits (concubinage ou mariage des
Il s'agit de deux folios des Flores Chronicorum, preˆtres, liens de consanguinité ou d'affinités non res-
l'œuvre la plus répandue du dominicain Bernard pectés...) et le rachat des autels. Tout en gardant de
Gui. Ils ont servi de couverture à un registre de ren- bons contacts avec la cour impériale, il proˆna vigou-
tes du collège de Limoges, établi dans les dernières reusement la priorité de l'autorité du pape dans les
e
années du XVI s. Actuellement coˆté Limoges, matières ecclésiastiques sur le pouvoir laí̈c et dans
Arch. Dép. de la Haute-Vienne D 20, ce ms. frag- ce sens veilla à la consécration de nombreux lieux
mentaire daterait de 1320. Malgré cette découverte, de culte et à la délimitation des propriétés ecclésias-
il faut certes constater que les couvents dominicains tiques, ces « espaces de paix » qui marquaient égale-
de France, contrairement à ceux d'autres pays ment les terres de Saint Pierre. Durant son bref
comme l'Italie, n'ont guère laissé de mss ou d'inven- pontificat il se déplaça inlassablement au nord et
taires médiévaux. G. Michiels au sud des Alpes pour promouvoir ses idées. Deux
échecs, que les hagiographes ont transformés en

529. Le´on IX et son temps . Actes du colloque


guerre sainte et en « martyre », marquèrent la fin
de son existence: en 1053, la défaite de Civitate, où
international organisé par l'Institut d'Histoire le contingent armé qu'il dirigeait fut battu par les
médiévale de l'Université Marc Bloch, Stras- Normands installés en Italie méridionale et avides
bourg-Eguisheim, 20-22 juin 2002. Ed. Georges de marquer leur territoire au détriment des posses-
sions de l'Église latine. Confiné sinon prisonnier à
Bischoff et Benoíˆ t-Michel Tock. Turnhout,
Brepols, 2006, 24 cm, 687 p., pl. ( ARTEM, Civitate, Léon IX, rongé par le remords, ne regagna
Rome que pour y mourir; cette campagne entraíˆ na
Atelier de Recherches sur les Textes me´die´vaux, la rupture avec l'Église d'Orient, qui elle aussi re-
8). ISBN: 2-503-51627-0. vendiquait des droits dans ces régions; en 1053, les
églises latines de Constantinople furent fermées, et
Ce volume de mélanges particulièrement docu- l'échec des négociations qui s'en suivirent mena à
menté est de portée essentiellement historique. La l'excommunication du patriarche par le pape: le
commémoration du millénaire de la naissance de schisme des deux Églises était amorcé.
Bruno d'Eguisheim en Alsace (21.06.1002 - † 19.04. Ce très riche volume s'achève avec un index ono-
1054), fournit un heureux prétexte pour passer au mastique, et un index des mss cités (p. 685-687 —
crible les sources archivistiques, doctrinales, hagio- la BAV y figure sous Rome -); des arbres généalogi-
graphiques ou manuscrites, cernant la biographie et ques, quelques cartes, plans et photos (dont celles
l'époque de ce brillant prélat. Élevé à la papauté le
12.02.1049 par l'empereur Henri III sous le nom de
des mss: Berne, BurgerB, 292, Vita Leonis du ps.
Wibald: Léon IX consacrant l'église abbatiale St-
Léon IX, il fut canonisé en 1087 par Victor III le e
Arnoul de Metz, fin XI s; Strasbourg, B. Grand
bienheureux, un de ses adeptes. Sém., 37: calendrier du Guta-Sintram, XII s.).
e

Bruno, nommé éveˆque de Toul en 1027 par l'em- Chr. Van den Bergen-Pantens
pereur Conrad II, avait fait toutes ses études dans

(J.). Herme´tisme et alchimie:


cette ville. Apparenté à la lignée impériale, il s'en-
toura de personnes capables, issues de grandes fa- 530. Letrouit
milles aristocrates souvent d'origine lorraine ou contribution à l 'e´tude du Marcianus graecus
italienne, qui dès leur plus jeune aˆge, comme cadets,
avaient reçu une solide formation dans le Trivium, à
299. (Magia, alchimia..., p. 85-112).
Toul ou Langres par ex. En y acquérant une grande Cette contribution interessera des lecteurs de
expérience de gestion, devenus éveˆques, ils meˆlaient Scriptorium. Après des données codicologiques qui
l'érudition et l'action, et se trouvaient en mesure de contredisent l'analyse antérieure de Saffrey (la table
faire appliquer les idées de réforme qu'ils parta- conservée n'est pas celle d'un état antérieur du ms.)
geaient avec le pape et d'exiger leurs applications et soulignent les lacunes textuelles subies par le ms.,
lors de synodes régionaux ou généraux. Parmi ces il donne une édition du Discours ome´ga de Zozime
intimes, on compte Hugues Candide de Remiremont de Panopolis contenu dans ce ms., ainsi qu'une tra-
(v. 1020 - † v. 1098), Frédéric de Liège, futur pape duction française richement annotée qui dépasse en
Etienne IX, fils de Gozelon duc de Lotharingie, qui acuité les commentaires antérieurs et montre avec
suivit Léon IX à Rome et devint son bibliothécaire, clarté que les six derniers extraits sont postérieurs.
Udon, éveˆque de Toul, Humbert de Moyenmoutier, Cette œuvre polémique d'alchimiste et de faiseur
futur cardinal, éveˆque de Silva Candida dans la ban- d'or faisait suite, vers 270, à la critique des astrolo-
lieue romaine, qui, spécialiste de l'Église orientale, gues et des alchimistes de l'ouvrage Sur les four-
connaissait le grec et était auteur d'un ouvrage neaux sur les teintures opportunes (où Zozime
contre les simoniaques, enfin, Hildebrand, le futur n'avait pas tenu compte des astres pour désigner les
pape Grégoire VII. Léon IX fut aussi en rapport moments opportuns de fabrication). Elle a bénéficié
avec Hugues de Cluny († 1109), Halinard, arche- de l'usage de la bibliothèque d'Alexandrie détruite en
veˆque de Lyon († 1052) et Pierre Damien, originaire 391 et livre un témoignage important sur l'hermé-

225*
bulletin codicologique 2007, 2

tisme spéculatif. À noter: de splendides illustrations literary critics cannot sensibly ignore the physical
du ms. et, p. 110, de pentacles salomoniens de la Cla- manifestations of the texts they study, with particu-
vicula(ASV, Sant'Uffizio, b. 111). I. Draelants lar reference to the Christine de Pizan manuscripts
covered by this volume. Her essay also coincides

531. La Librairie des ducs de Bourgogne. Ma- with the modified intentions of the project outlined

nuscrits conserve´s à la Bibliothe` que royale de


by Bernard Bousmanne in his « Avant-propos »: to
direct the descriptive inventory of the surviving
Belgique. III. Textes litte´raires. Collection diri- works towards ‘une analyse globale du « phénomène
littéraire bourguignon' », stressing the interdiscipli-
gée par Bernard Bousmanne, Tania Van He-
nary approach necessary to include all aspects of
melryck et Céline Van Hoorebeeck. Textes form and content, of word and image. To this end,
rédigés par Bernard Bousmanne, Marguerite a greater number of prefatory essays will be in-
Debae, Anne Dubois, Anke Esch, Sylvie Le- cluded in the fourth volume on historical texts.
Thirty-six mss are presented in Volume III, in-
fèvre, Jacques-Charles Lemaire, Marie-Laure
cluding six with the prose re-workings of verse ro-
Savoye, Pascal Schandel, Tania Van He- mances that are a particular feature of literary
melryck, Céline Van Hoorebeeck, Domi- culture at the Burgundian court (mss 6 to 9, mss
nique Vanwijnsberghe, Lieve Watteeuw et 3576-77, 7235, 9631, 9967, 10387). Its roots in
French court culture are exemplified by the signifi-
Hanno Wijsman. Turnhout, Brepols, 2006, 25
cant body of work by Christine de Pizan that will
cm, 327 pp, ISBN: 2-503-31625-4. make the volume essential for the very wide reader-
The library of the dukes of Burgundy was formed ship interested in this proto-feminist. No less than
by the four Valois dukes from Philip the Bold fourteen copies of ten texts are catalogued; four
(1364-1404) to Charles the Bold (1433-1477) and are written by the hand often identified as Chris-
then passed to the care of their Habsburg succes- tine's own (mss 9508, 10476, 10982, 11034), while
sors. By the end of the fifteenth century, the collec- three have interventions by the same hand (mss
tion comprised a thousand or so volumes: around 9393, 10309, 10983). Christine cultivated the patron-
four hundred have survived to be identified, of age of Philip the Bold, to whom she gave the copy
which the Royal Library in Brussels houses about of Le livre de la mutacion de Fortune (ms. 9508).
two hundred and seventy-five. While the losses are There are also two contenders for his presentation
lamentable, they are less than those of the Louvre copy of Le livre du chemin de longue estude (mss
library: about one hundred volumes survive of the 10982 and 10983), although the arguments in favour
some twelve hundred left by Charles V. Unlike the of ms 10982 appear only under ms 10983, without
Louvre library, dispersed in the fifteenth century, cross-reference from the preceding entry. The li-
the « Bibliothèque de Bourgogne » has a continuous brary has a pre-history before Philip the Bold in
history that has generated valuable written source the Flemish and Artesian inheritance of his wife,
material, although it should be borne in mind that Margaret of Flanders, conceivably represented here
the fifteenth-century inventories have no preten- by the early fourteenth-century Roman de Cassi-
sions to completeness. The combination of a com- dorus (ms. 9401). The earliest items in this catalo-
paratively high survival rate and rich documen- gue, dated to around 1260-1270, are first found in
tation makes the library of one of the greatest and the inventories of 1467-1469: the Arthurian ro-
most influential European courts an essential and mances (ms. 9627-28), certainly acquired under
rewarding field for the history of European culture. Philip the Good, and Gautier de Coincy's Miracles
The value of full catalogues of the mss in Brussels de Nostre Dame (ms. 10747). The latest work in-
has already been demonstrated by the first two vol- Histoire de Charles Martel
cluded is the copied by
umes of « La Librairie des ducs de Bourgogne », David Aubert for Philip the Good between 1463
covering the liturgical, theological and philosophical and 1465 (mss 6 to 9) and illuminated by Loyset
texts and didactic texts respectively. This third vo- Liédet for Charles the Bold between 1467 and 1472.
lume of literary texts follows the same format of de- Although only a few well-chosen illustrations enli-
tailed descriptions to a standard pattern, accom- ven the catalogue, illumination, at all levels, is care-
panied by commentaries of variable content and fully described. The attention paid to image as well
length and an « Orientation bibliographique ». as word is justified by the importance of illustra-
Although each volume can be used alone, the in- tion, whether as miniature or historiated initial.
troductory essays extend to subjects relevant to the Only seven of the thirty-six manuscripts were
whole collection: the history of the library and its planned with no illustration; in three, spaces left
founders in Volume I and the library compared with for miniatures were left empty (mss 3576-77,
other Netherlandish collections in Volume II. Here, 11074-78, 11102). Illustration was evidently impor-
« Six siècles de préservation et de conservation » by tant to Christine de Pizan and the manuscripts asso-
Lieve Watteeuw presents valuable archival and ar- ciated directly with her provide an important
chaeological evidence for the maintenance of the insight into illumination in Paris c. 1400: among
collection from its earliest days and bravely con- them is one of the name works of the Master of
fronts the less happy interventions of the last cen- the Cité des dames (ms. 9393). It is unfortunate that
tury. As an introduction to the literary texts, the bibliographies could not be updated to include
« Regards croisés de la littérature et de l'histoire du the new insights offered by the great exhibitions of
livre » by Tania Van Hemelryck demonstrates that 2004, « Paris 1400 » (Paris, Musée du Louvre) and

226*
bulletin codicologique 2007, 2

« L'art à la cour de Bourgogne » (Dijon and Cleve- This may have been the way Philip acquired
land), where mss 9508 and 10982 were exhibited. some, if not all, of his five volumes once owned by
For example, discussion of ms. 10982, Elisabeth Ta- Humfrey, duke of Gloucester, Jacqueline's former
buret-Delahaye and François Avril, « Paris 1400 », husband, of which the late thirteenth-century vol-
Paris, 2004, p. 232; « L'art à la cour de Bour- ume of Arthurian romance is catalogued here (ms
os
gogne », Paris, 2004, n 38 and 39. The œuvre of 9627-28). An addition can be suggested to the very
the recently identified Jean Semont of Tournai (d. full discussion of the books acquired from Humfrey
1414) is extended by the attribution to him and his and Jacqueline. In 1441 the illuminator Jean de
workshop of the copy of the Roman des Sept Sages Pestivien was paid for work on a Livre du Tre´sor ,
and the Voeux du Paon (ms. 1190-91), which first where he had replaced the arms of the king of Eng-
appears in the inventories of 1467-69. Loyset Lié- land with those of the duke and duchess of Burgun-
det, much employed by Philip the Good and Charles dy and executed their figures in place of those of
the Bold, is appropriately well represented not only the king and ‘Madame de Hollande'. Cf. Alexandre
by the documented and signed Charles Martel but Pinchart, « Archives des arts, sciences et letters »,
also by La Belle He´le` ne de Constantinople (ms. III, Ghent 1860, pp. 99-101. Since this seems a
9967) and the adaptation of Christine de Pizan's strange way of referring to Edward III and Philippa
Epistre d Othea
' by Jean Miélot, Philip's retained of Hainault, the book may have contained the por-
author/translator, scribe and book designer (ms. traits and arms of Humfrey and Jacqueline. The
9392). There are two manuscripts illustrated with bordure argent with which Humfrey differenced the
the superb colour-washed drawings of the Master of English royal arms could easily have been over-
Wavrin, the Histoire de Ge´rard de Nevers (ms. 9631) looked as a decorative frame, while Burgundian of-
and his name work, the Histoire des Seigneurs de ficials, and illuminators, would have been familiar
Gavre (ms. 102380), and one of the name works of with the arms of Jacqueline, who was referred to
the Master of Guillebert de Mets, a compilation in- over the years by various of her several titles, who
cluding Guillebert's own Description de la ville de clung to power for longest in Holland and who lived
Paris (ms. 9559-64). there after her surrender to Philip. If this identifica-
Researchers into individual illuminators, scribes, tion is correct, the book probably came to Philip
authors, texts and, indeed, any aspect of the history from Jacqueline, possibly after her death in 1436.
of the book will find a wealth of information in each Humfrey, who did not die until 1447, is unlikely to
entry. As a whole, they primarily constitute a con- have made such a tactless gift to his former adver-
tribution to the study of patronage since the « Li- sary.
brairie des ducs de Bourgogne » defines the content Provenance deduced from authorship, dedication
of the volume. This makes provenance a crucial or patronage of authorship is more problematic.
question, both for the recognition of books from The presumed author, Jean de Wavrin is reasonably
the library and for deductions about the means of claimed to have owned the copy of the Histoire des
acquisition and their motivation. It would, there- Seigneurs de Gavre , since his arms appear in the
fore, have been helpful if the identifying incipits opening initial (ms. 10328). Evidence is given for
and explicits quoted from the various Burgundian Jean de Wavrin's authorship of Ge´rard de Nevers
inventories had been routinely cited in the descrip- but not for the statement that ms. 9631 was owned
tions and if other contemporary documentation had by him; the absence of his name from the prove-
always been quoted or precisely summarised. Evi- nance introduces a doubt not evident in the com-
dence for the origins of the manuscripts is sparse. mentary, where the possible role of the dedicatee,
Five works are identifiable as having been copied Charles of Nevers, Philip the Good's cousin and
especially for the dukes: the two presented by stepson, is not explored. There is, however, careful
Christine to Philip the Bold and the three certainly consideration of Charles d'Albret as the probable re-
made for Philip the Good (mss 6 to 9, 9392, 9967), cipient from Christine de Pizan herself of the De´bat
although the illumination of the first, and possibly des deux amants with its poem of dedication to the
of the second, was executed for Charles the Bold. Constable (ms. 11034), a provenance which en-
Earlier owners are known for six volumes that con- courages identification of the copy of L Avision
'
veniently include representatives of the purchases, Christine (ms. 10309) with that listed in his inven-
gifts and seizures that augmented the library. The tory of 1409. There seems less reason to consider
copy of Christine de Pizan's Livre des trois vertus Jean V de Créquy, recorded as the commissioner of
(ms. 10973) was bought from the governor of Lille, the prose version of Othovien, as the owner of ms.
probably Baudouin d'Oignies, who sold at least four 10387. The argument that this very thick paper
other works to Philip the Good. A copy of her Epis- copy is a minute
, not intended for permanence, be-
tre d Othea
' (ms. 11102) was a gift to Philip from comes less convincing if put beside the even thicker
‘messire Joffroy', identified as Geoffroy de Thoisy; paper volumes of Pierre de Hauteville, carefully
it had been written in 1447 for Guillart Poinceot, itemised in his will; his paper Le Livre du tre´sor
seigneur d'Eguilly. When Philip ousted Jacqueline was apparently copied from a parchment volume al-
of Bavaria as countess of Hainault, he took posses- ready in his possession (see mss 10386, 10394-414,
sion of the books of the counts of Hainault; in 1435 catalogued in volume II of « La Librairie des ducs
he had five volumes delivered to his keeper of the de Bourgogne »). Doubts about the criteria for de-
jewels, among them the early fourteenth-century fining a minute undermine the discussion of their
Sept sages de Rome (ms. 9245) and the copy of Des importance in the library, although the choice of pa-
cleres et nobles femmes (ms. 9509). per or parchment for a manuscript clearly merits

227*
bulletin codicologique 2007, 2

consideration. It is not surprising to find the eight ally, the French thefts and confiscations that re-
paper manuscripts in this sample all dating from main in Paris, around seventy-five volumes, will be
the middle decades of the fifteenth century and the published in equally ambitious catalogues, to be fol-
two Wavrin manuscripts, illustrated by the epon- lowed by the fifty or so Burgundian mss scattered
ymous Master, are a reminder that cheaper works elsewhere. In the real world of limited time and fi-
on paper can rival illuminated parchment for aes- nance for scholarly projects, the Brussels catalogues
thetic appeal (mss 9631, 10328). should be gratefully saluted for the unprecedented
Levels of luxury, quality and quantity of illumi- access they offer to the « Bibliothèque de Bour-
nation as well as chances of inheritance or confisca- gogne », providing both the material and the ideas
tion may all have played a part in the accumulation to fuel further studies. The next volume is eagerly
of duplicate copies of the same text. The question of anticipated. C. Reynolds
multiple copies, immediately raised by the list of
contents to this volume, is not often discussed, per-
532. Libri, Biblioteche e letture dei Frati Mendi-
canti (secoli XIII-XIV). Atti del XXXII
haps because answers are so often hypothetical. Did
the two copies of Le Livre du chemin de longue estude
come together in the library under John the Fear- Convegno internazionale Assisi, 7-9 ottobre
less because Christine de Pizan had presented both
father and son with copies? Many duplications were
2004. Spoleto, Fondazione Centro Italiano di
Studi sull'Alto Medioevo, 2005, 25 cm, X-501
p., index. Ill. (Società Internazionale di Studi
doubtless accidental and too little is known about
the use of the library to go beyond speculation on
the possible desirability of duplicates for supplying Francescani. Centro Interuniversitario di Studi
the needs of spouses and children, legitimate and il-
Francescani. Atti dei Convegni della Società in-
legitimate, as well as favoured courtiers. In any
ternazionale di studi francescani e del Centro in-
teruniversitario di studi francescani. Nuova
event, a full investigation would go beyond the
scope of this project to consider lost items as well
as works preserved elsewhere, as exemplified by the serie, 15). Prix: EUR. 55. ISBN: 88-7988-929-
three copies of Christine de Pizan's Epistre d Othea
' .
X.
There is no way of knowing whether the gift from
‘messire Joffroy' of the paper copy with empty On connaíˆ t le roˆle majeur que les Ordres men-
spaces for illustrations was welcome to Philip the diants ont joué – malgré leur idéal premier de pau-
Good, who probably already owned the copy in vreté évangélique – dans la culture du bas Moyen
what seems to have been a specially commissioned Aˆge, tant par leur présence au sein des universités
compilation written by Guillebert de Mets (mss – parfois contestée d'ailleurs par les maíˆ tres et les
11102, 9559-64). The priorities of active ducal col- étudiants laí̈cs –, que par leur influence sur la
lecting perhaps emerge more clearly from Jean Mié- culture théologique et pastorale et dans le dévelop-
lot's adaptation (ms. 9232), a profusely illustrated pement de ce nouvel « Art rhétorique » que consti-
copy where content was subordinated to appear- tuait la prédication. Ceci supposait, bien suˆr, un
ance, as Miélot shortened or expanded Christine's accès à la culture intellectuelle de leur temps, c'est-
text to produce a book of uniform openings. Dedu- à-dire au livre manuscrit, et donc la constitution de
cing the degree of Philip's involvement and his mo- bonnes bibliothèques de référence. On trouvera,
tivations becomes even more complicated if the dans ce volume d'actes d'un colloque tenu à Assise
lavish version illuminated by Willem Vrelant (Er- en 2004, les contributions d'un panel de chercheurs,
langen, UB, ms. 2361) is to be identified with one surtout italiens, qui comptent parmi les meilleurs
of the two further copies owned by the duke. Cf. spécialistes du moment des bibliothèques médiéva-
Bernard Bousmanne, « Item a Guillaume Wyelant les. Les Franciscains, les Augustins et les Frères
aussi enlumineur », Brussels, KBR, 1997, p. 178. Preˆcheurs sont principalement concernés, quand il
Whereas Christine's presentation copy to Philip the ne s'agit pas de considérations sur les bibliothèques
Bold was missing by 1404, his grandfather's magni- des Ordres mendiants en général. Sont étudiés diffé-
ficent copy of Des cleres et nobles femmes (Paris, rents aspects de la place du livre et des bibliothè-
BNF, fr. 12420) had passed to Philip the Good ques au sein de ces communautés religieuses, tant
when he had a markedly inferior copy taken from l'attitude des Fondateurs à l'égard du livre, ou la
the collections of the counts of Hainault in 1435 place du codex dans la formation identitaire de ces
(ms. 9509). A useful addition to the bibliography Ordres « nouveaux », que l'étude des lectures de ces
for Ms. 9509 is Vittore Branca ed., « Boccaccio vi- moines érudits et des sources littéraires de leur pro-
o
sualizzato », III, Turin, 1993, n 11, pp. 47-48, pre production, celle des sources documentaires de
where the entry by Marie-Hélène Tesnière refines notre connaissance du domaine que sont les inven-
the attribution of the miniatures to a follower of taires médiévaux et enfin les modèles « bibliothéco-
the Master of Berry's Cleres femmes and where illus- nomiques » adoptés par eux en relation avec les
trated copies are easily compared. prescriptions régulières ou les schémas intellectuels
The presence of Philip the Bold's Des cleres et no- contemporains. Cela donne un peu plus d'une di-
bles femmes in Paris is a reminder that the mss in zaine de contributions, ce qui peut paraíˆ tre peu.
Brussels are not necessarily an accurate reflection Mais lorsque l'on considère l'importance relative de
of the surviving library as a whole, since the French ce que l'on hésite, pour certaines d'entre elles, à ap-
in 1746 and 1794 naturally tended to remove, and peler encore des « conférences » ou meˆme des « arti-
then tried to retain, the most splendid books. Ide- cles », on ne peut qu'eˆtre impressionné par l'apport

228*
bulletin codicologique 2007, 2

que constitue ce volume à la bibliographie du sujet: per Alessandria e Tortona e la non riconducibilità a
avec une moyenne de près de quarante-trois pages sistematizzazioni semplificatrici. Osservazioni sulla
par article, trois d'entre eux qui dépassent les cin- forma del ms. di Tortona (Torino, BNU, K. V. 26),
quante pages et un qui atteint presque la centaine, p. 10, con note sull' uso di posporre le rubriche ris-
on peut affirmer que ces « actes » de colloque font petto ai documenti piuttosto che anteporle. In alter-
davantage que synthétiser les débats d'une réunion nativa alle soluzioni proposte dall' A. si può ipotiz-
scientifique, ils actent en fait une dynamique de re- zare una soluzione di tipo meccanico: le rubriche
cherche importante. On gage qu'ils encourageront à potrebbero essere state copiate da un elenco dei do-
poursuivre, sous la forme de colloques ou par d'au- cumenti, e collocate, dalla prima all' ultima, spos-
tres moyens scientifiques et académiques, des cam- tate di una posizione, senza che il copista delle
pagnes de recherches « transversales » sur l'histoire rubriche verificasse la loro congruenza. Osserviamo
du livre et des bibliothèques dans un milieu intellec- inoltre che l' indicazione delle dimensioni va inverti-
tuel et spirituel donné, qui constitueraient progressi- ta: non 100x180, ma 180x100; il ms. non ha forma-
vement une synthèse de nos connaissances autori- to di album.
sant à terme des perspectives comparatistes inno-
P. Merati, « Il nucleo
originario del Rigestum
vantes. L'ouvrage se cloˆt par un « Indice dei nomi »
qui comprend aussi les cotes des mss cités. Détail
comunis Albe » (p. 23-36): molto interessanti le os-
servazioni sulle modalità di autentificazione dei tre
des contributions: Enrico Menesto, « Francesco, i
copisti che intervengono nel lavoro, e del graduale
Minori e i libri » (p. 3-27); Paolo Vian, « Le letture
sforzo di uniformazione grafica. Ms. citato: Milano,
dei maestri francescani. Tre casi nel secondo Due-
Archivio di Stato. Biblioteca, non inventariato.
cento » (p. 29-78); Giorgio Pini, « Le letture dei
A. Vitale Borvarone
maestri dei frati agostiniani: Egidio Romano e Gia-
como da Viterbo » (p. 79-113); Louis-Jacques Ba-
taillon, « Le letture dei maestri dei Frati o
Lienert (Elisabeth). Voir n 594.
Predicatori » (p. 115-140); Donatella Nebbiai, « Mo-

Les lieux de pouvoir au Moyen Aˆge en


delli bibliotecari pre-mendicanti » (p. 141-169); Pie-
tro Maranesi, « La normativa degli Ordini mendi- 534.
canti sui libri in convento » (p. 171-263); Simona
Gavinelli, « Per una biblioteconomia degli Ordini
Normandie et sur ses marges. Ed. Anne-Marie
Flambard-Hericher . Caen, Publications du
CRAHM, 2006, 24 cm, 245 p., pl. (Tables ron-
mendicanti (secc. XIII-XIV) » (p. 265-300); Donatel-

des du CRAHM). Prix: EUR. 31,80. ISBN: 2-


la Frioli, « Gli inventari delle biblioteche degli Ordi-
ni mendicanti » (p. 301-373); Nicoletta Giove
Marchioli, « Il codice francescano, L'invenzione di 902685-32-7.
un'identità » (p. 375-418); Massimiliano Bassetti, « I
libri « degli antichi » » (p. 419-451); Jacqueline Ha- Ce volume réunit les actes d'une Table ronde te-
messe, « Les livres ‘‘des moderni'' » (p. 453-477). nue à Caen en novembre 2003. Il s'agit d'un en-
L. Reynhout semble de onze communications, portant sur des
chaˆteaux (ceux des Néel, vicomte dans le Cotentin;

Libri Iurium e organizzazione del territorio


des éveˆques normands; de l'apanage d'Alençon, la
533. forteresse de Boves en Picardie), des marchés, du
in Piemonte. a cura di P. e F.
Grillo .
Panero Pont de Londres, des abbayes, du palais archiépis-
copal de Rouen. Il y est meˆme prévu une excursion
Cuneo, Società per gli Studi Storici, Archeolo-
gici ed artistici della Provincia di Cuneo (Bol-
lointaine vers les résidences aristocratiques du

lettino della Società per gli Studi Storici,


Rouergue et des Cévennes. La conclusion souligne
la nécessité de croiser les recherches sur les lieux de
Archeologici ed Artistici della Provincia di Cu- pouvoir laí̈ques et ecclésiastiques, tous niveaux
neo, 128, 2003). confondus, et de réfléchir ces lieux en fonction des
réseaux dans lesquels ils étaient inscrits. Il n'y a
Importante insieme di studi presentati nell'omoni- pas d'étude de mss. B.-M. Tock
mo convegno tenuto a Mondoví̀ il 29 marzo 2003. I
« Libri iurium » sono essenzialmente delle raccolte di
norme e documenti riguardanti i singoli comuni, dis- 535. Litterae Caelestes. Rivista annuale interna-
poste o no secondo un ordine. La scelta, a partire zionale du paleografia, codicologia, diplomatica e
dai primi momenti (il primo esempio, per la regione
esaminata, è costituito dal Liber Crucis di Alessan-
storia delle testimonanzie scritte, 2005/1. Roma,
dria, 1205), è quella di raccogliere i testi in formato Aracne Editrice, 2005, 24 cm, 232 p., fig. Prix:
di libro, atto non privo di valore simbolico e fon- EUR. 20,00. ISSN: 1825-9189.
dante (cfr. R. Bordone, « Dei ‘‘Libri iurium'' del Une nouvelle revue dédiée à l'écrit sous toutes ses
comune di Asti e in particolare del ‘‘Codex Asten- formes, les plus matérielles du moins, cherchant à
sis'' », in « Le miniature del Codex Astensis. Immagi- donner de nouvelles lettres de noblesse aux sciences
ni del dominio per Asti medievale », a cura di G. G. fondamentales de l'histoire, soit la paléographie, la
Fissore, Asti, 2002, p. 27). codicologie, la diplomatique, l'ecdotique: l'initiative
P. Grillo, « I libri iurium del Piemonte sud-orien- est assez importante pour eˆtre signalée, surtout pour
tale: Alessandria e Tortona » (p. 9-22) pone in evi- les lecteurs de Scriptorium. Initiative italienne sur-
denza le differenze delle ragioni costitutive dei testi tout (meˆme si elle est soutenue largement du coˆté

229*
bulletin codicologique 2007, 2

citramontain), cette fondation ressemble à s'y mé- Entre 1230 et 1477 (date d'une édition incunable),
prendre à une refondation: « Scrittura e civiltà » ne la Consolatio Philosophiae de Boèce fut translatée
renaíˆ trait-elle pas de ses cendres? Cette tentative est douze fois en français, soit par des traducteurs de
de toute façon louable: elle vise à sortir les discipli- renom — comme Jean de Meun, Renaut de Lou-
nes déjà citées hors de leur discours autoréférentiel, hans, Pierre de Paris, Bonaventure de Demena —
hors de leur autojustification traditionnelle déjà lar- soit par des anonymes. La majeure partie de ces
gement condamnée par ailleurs (on se souvient du traductions demeure à ce jour inédite; on saura
cinglant essai de Peter Rück, « La diplomatique face donc gré à G. M. Cropp d'avoir livré l'édition cri-
à la codicologie triomphante », dans « Gazette du li- tique d'une de ces traductions anonymes: Le livre
vre médiéval », t. 17, 1990, p. 1-7). En ce sens, les de Boece de consolacion o
, qui porte le n VI dans l'in-
ventaire dressé par A. Thomas et M. Roques (« Tra-
Consolatio Philosophiae
quatre axes présentés dans le manifeste liminaire de
ce premier numéro (on notera d'ailleurs que la tra- ductions françaises de la de
duction anglaise de ce manifeste est singulièrement Boèce », dans « Histoire littéraire de la France », 37
différente: sa lecture complète fort bien la version (1938), pp. 419-488 et 543-547; spéc. pp. 452-454).
Conservé dans 65 mss (voir à ce sujet: G. M.
italienne et permet de mieux la comprendre) ne lais-
Cropp, « Les manuscrits du Livre de Boece de Conso-
sent pas de toute sur les orientations ni sur la disci-
pline-mère, l'« Integral Palaeography » (dont Fabio lacion », dans « Revue d'histoire des textes », 12-13
Troncarelli parlera dans le premier article): une pa- (1982-83), pp. 263-352), le texte (dont le ms. Dijon,
léographie plus axée que jamais sur des études mor- BM, 525 est le plus ancien témoin) doit avoir été
phologiques, une codicologie quantitative remise en rédigé dans les années 1350, vraisemblablement à
Paris. Outre la traduction du texte de Boèce en vers
selle, une étude de la lecture, de la relation de l'écrit
au public, enfin une étude de la transmission des et en prose, la genèse textuelle du Livre
se caracté-
textes (qui va plus loin que la transmission manus- rise par la présence du prologue de Jean de Meun en
crite). Riche programme, qui fait la part belle à la teˆte de la traduction ainsi que par l'adjonction pro-
gressive de nombreuses gloses explicatives, brèves
paléographie — mais ce n'est pas un défaut! Les
ou longues; le Livre entretient également des rap-
quelques articles qui composent le premier numéro
ports étroits avec la traduction Boeces: De Consola-
sont tous écrits en italien et touchent à l'écrit à
toute époque et dans des contrées très diversifiées:
cion o
(n V selon la typologie Thomas-Roques), qui
lui est antérieure comme l'avait déjà établi l'a.
Fabio Troncarelli (le père fondateur, il semble),
(J. K. Atkinson et G. M. Cropp, « Trois traductions
« Paleografia bianca e paleografia nera: chi a paura
del paleografo integrale »; Antonino Mastruzzo,
de la Consolatio Philosophiae de Boèce », dans « Ro-
mania », 106 (1985), pp. 198-232). La version glosée
« Problemi metodologici e prospettive di ricerca nel-
a parfois été agrémentée de miniatures, dont la plus
lo studio della tradizione grafica corsiva »; Angelo
intéressante est à coup suˆr celle du ms. de base de
Michele Piemontese, « Traccia araba su codice lati-
l'édition, Auckland, City Libraries, Med. MS. G119
no »; Michele Bernardini, « Circa gli alfabeti figurati
(reproduite sur la couverture) où l'on voit l'a. dic-
sui metalli islamici medioevali »; Kate Fleet, « I do-
tant son texte à un copiste; mais s'agit-il de l'a. de
cumenti finanziari ottomani »; Giancarlo Lacerenza,
la traduction ou de Boèce...?
« Lo studio del manoscritto ebraico medievale »;
La tradition textuelle est longuement explicitée
Maurizio Scarpari, « Aspetti formali e tecniche di re-
dans l'introduction, qui détaille les relations entre
cupero dei codici manoscritti cinesi antichi »; Attilio
les différents mss, notamment en fonction du traite-
Andreini, « Nuove prospettive di studio del pensiero
ment réservé au texte (avec ou sans glose; complet,
cinese antico manoscritto »; Mauro Maggi, « L'im-
partiel ou composite). L'éditrice édite la version glo-
portanza del manoscritto T III S 16 per la storia
della letteratura cotanese »; Andrea Piras, « Paleo-
sée du Livre sur la base du ms. Auckland, City Li-
braries, Med. MS. G119. Sept autres mss, avec et
grafia e Filologia dei testi avestici ». On y ajoutera sans gloses, ont été convoqués pour enrichir l'appa-
un petit article à l'orientation plus érudite, sous la
subdivision Il discorso sul Metodo , de François Plo-
rat critique: Paris, BNF, fr. 1092 (glosé); Paris,
BNF, fr. 1652 (glosé); Aberystwyth, NLW, 5031D
ton-Nicollet, « Septime Sévère et le christianisme ». (glosé); Palmerston North, Massey University Libra-
Essai d'étude critique des sources. La revue devrait ry, 1 (glosé); Dijon, BM, 525 (sans gloses); Paris,
également contenir des comptes-rendus de colloques, BNF, nouv. acq. fr. 20001 (sans gloses); Paris,
des recensions bibliographiques et un essentiel index BNF, fr. 1728 (sans gloses); Paris, B. Arsenal, 737
des manuscrits cités. Drapée dans des atours d'une (sans gloses). T. Van Hemelryck
élégance toute italienne, graˆce à une maquette origi-
nale, publiée par une maison d'édition peu connue
o
mais qui a fait ici un très beau travail, l'entreprise Lodes (Birgit). Voir n 478.
commence sous les meilleurs auspices. Souhaitons-lui
bon vent et grand succès! o
P. Bertrand Lohrmann (Dietrich). Voir n 498.

536. Le livre de Boece de consolacion. Edition Loncke (Jeremy). Voir n


o
642.
critique par Glynnis M. . Genève, Librai-
Cropp
rie Droz S.A., 2006, 18 cm, 480 p. (Textes litte´- 537. [London, Sokol Books Ltd], Catalogue
raires français, 580). ISBN: 2-600-01028-9. 51, London, 2007, 29,7 cm, 76 p., ill.

230*
bulletin codicologique 2007, 2

o
N 18: livre d'heures, ms. de petit format (9,5 cm Siegfried Wenzel discussed the peculiar nature of
e
x 7,4 cm), 170 f. de parchemin, milieu du XV s.; 13 these sermons (and others) in his 1994 book « Ma-
miniatures à pleine page, encadrement décoratif caronic Sermons: Bilingualism and Preaching in
d'inspiration végétale (notamment feuilles d'acan- Late-Medieval England ». Wenzel characterised truly
the); des cultes locaux relevés dans le calendrier macaronic texts as engaging in code-switching, i.e.
orientent vers Bourges; reliure de maroquin du the switching between one language and another
e
XVI s., au monogramme HCC entouré d'une cou- across linguistic boundaries, and it is his definition
ronne de laurier. that Horner adheres to in his edition. In these ser-
o
N 60:Aaz apprehendens [Interpretatio Hebraico- mons code-switching results in such intriguing sen-
rum nominum] , glossaire attribué à s. Jéroˆme, ms. tences as ‘Iste Vlixes ... quando venit a bello
Troiano, he was dryue with stormes super mare et
de parchemin, 32 f., 16,8 cm x 12,1 cm, 2 colonnes,
ca. 1280 selon le catalogue (cette minuscule pourrait detinetur ibi' [‘This Ulysses...when he came from
se révéler plus ancienne); provient de la collection the Trojan war, was driven by storms on the sea
Adam (vente Helmut Tenner, 6 mai 1980, cat. n 5).
o and delayed there'] (Sermo 4, 299-301), or ‘Et sine
M. Wittek dubio habebis quia ad istum finem abiit Iesus trans
mare to payn vur damagis, to haue mercy on vs
o
ouer se sue passionis abiit Iesus' [‘And without
Luscombe (David). Voir n 580. doubt you will have it because for this purpose Je-
sus went across the sea to pay our debts, to have

A Macaronic Sermon Collection from late mercy on us over the sea of his passion Jesus has
538. gone '] (Sermo 9, 435-37).
Medieval England: Oxford, MS Bodley 649. The twenty-three sermons all belong to the genre
Edited and Translated by Patrick J. Horner. of the university sermon in that they follow ‘the
structural and rhetorical principles laid out in the
Toronto: Pontifical Institute of Mediaeval
Studies — Turnhout, Brepols, 2006, 24 cm,
artes praedicandi ' (1). The various types of direct ad-

Studies and Texts


dress used in these sermons suggest that they may
VIII-544 p., index. ( , 153). well have been intended for a university audience
Prix: EUR. 95,00. ISBN: 0-88844-153-3. consisting of masters and students. The most coher-
ent group among them is made up by the fourteen
Oxford, Bodl. Libr., MS. Bodley 649 is a parch- Lenten sermons (1-14), all of which are highly struc-
ment ms. of some 216 folios written by a single tured. Horner tentatively suggests they ‘form a de-
hand in a cursive combination of an Anglicana and votional course for Lent with multiple sermons' (7).
Secretary script. The hand may well have belonged All sermons are characterised by their vehement
to the John Swetstock whose abbreviated name ap- anti-Lollard stance and their strong support for
pears on one of the folios and whose full name, ac- Henry V who is depicted as the celestis miles
and
cording to the « Summary Catalogue », could once scourge of the Lollards. Together they present an
be read on another. Horner suggests the author interesting corpus of university sermons, a fascinat-
was probably a Benedictine monk trained at Oxford ing example of large-scale code-switching, and a
(3-4). The manuscript can be dated on both paleo- wonderful window on late medieval English society
graphical grounds and internal evidence to the first from the perspective of an otherwise very orthodox
half of the fifteenth century. A missing quire sepa- preacher. L.A.J.R. Houwen
rates the two collections of sermons it contains. The
first collection consists of twenty-five sermons, o
twenty-three of which are in a mixture of English Macé (Caroline). Voir n 626.
and Latin. The second group numbers a further
twenty sermons, of which all but three are in Latin.
539. La Maestà della Lettera antica. L'Ercole
Unlike the first set, these sermons are only loosely
organised, popular in style and contents, and they Senofontio di Felice Feliciano (Padova, Biblio-
lack the macaronic features of the first group. With teca Civica, B.P. 1099). Ed. Gilda .
Mantovani
this edition Patrick Horner makes the twenty-three Padova, Il Poligrafo, 2006, 24 cm, 160 p., ill.,
index. (Humanitas, 5). Prix: EUR. 20,00.
macaronic sermons from the first collection avail-
able to a wider audience for the first time. The two
sermons entirely in Latin from the first collection ISBN: 88-7115-399-5.
have been omitted. Nineteen of the twenty-three Erst seit kurzem sind Schrift und Dekoration ei-
sermons are unique; three also survive in Oxford, nes Hercules in bivio
in Padua (Biblioteca Civica,
Bodl. Libr., Laud misc. 706. The edited texts are ms. B.P. 1099) als eigenhändige Arbeit des veronesi-
all accompanied by facing-page translations. schen Antiquars Felice Feliciano (1433-1479) er-
The editorial principles adhered to by the editor kannt worden. Am 29. November 2003 widmete
are not too intrusive, although abbreviations have man in Padua diesem Manuskript einen Studientag,
been silently expanded and the text has been dessen Ergebnisse von drei einander ergänzenden
emended slightly ‘where grammar or sense required' Spezialisten der Paläographie bzw. Buchgeschichte,
(23). The four sermons (5, 12, 15, 19) which also ap- der Kunstgeschichte sowie der Restaurierung hier
pear in the Laud manuscript have been checked vorgelegt werden. Für die Diskussion von wesentli-
against this manuscript and readings from the latter cher Bedeutung ist dabei die etwa gleichzeitig ent-
have been used to clarify difficulties in the former. standene und ebenfalls autographe Zwillingshs. in

231*
bulletin codicologique 2007, 2

Rom (BAV, Reg. lat. 1388), die Felice für den eige- Formant une prestigieuse publication bilingue
nen Gebrauch angefertigt hatte, wogegen das Pa- (toutes les contributions sont imprimées et italien
duaner Exemplar wohl als Geschenk gedacht war. et en anglais), ces deux volumes richement illustrés
Beide Hss. enthalten eine Widmung an Alessandro prennent leur source dans une exposition organisée à
Gonzaga (S. 15). la Bibliothèque Marciana (BN Marciana) de Venise,
Der Beitrag von Stefano Zamponi (S. 11-27: « Il du 30 juin au 27 juillet 2002; elle réunissait autour
paradigma e la fine della scrittura: l'Ercole senofon- de l'hermétisme un grand nombre de mss et d'édi-
tio del Feliciano »; Neuabdruck einer quasi identi- tions précoces issues de la Marciana de Venise et de
schen früheren Publikation des Autors aus dem la Biblioteca Philosophica Hermetica (BPH) d'Ams-
Jahr 2003) beinhaltet u.a. eine kodikologische Be- terdam. Cette magnifique exposition, abondamment
standsaufnahme der Paduaner Hs., der vorne ein annotée d'indications sur les mss et les éditions, ré-
Blatt fehlt: Vermutlich trug es einst die Eingangs- pond elle-meˆme à une autre, consacrée à l'hermé-
miniatur, die man sich als « Herkules mit Voluptas tisme de Marsile Ficin, qui avait eu lieu à Florence
und der Tugend » vorstellen kann (so jedenfalls in en 1999. Cette publication représente un apport très
Vatikan, BAV, Reg. lat. 1388, fol. 17v). Besondere significatif à l'histoire de la diffusion européenne de
Aufmerksamkeit gilt der Schrift, jener Capitalis in l'hermétisme, tant manuscrite (tardive) qu'imprimée.
antikischer Manier, wie sie im Veneto — im Raum Le thème des contributions de spécialistes réunies
zwischen Verona und Padua — zwischen 1450 und dans le premier volume collectif est la diffusion de
1460 ausgeprägt wurde. Felice, der sich um 1460-65 l'hermétisme à travers la triple voie de la magie, de
ausführlich mit der Capitalis auseinandersetzte, l'alchimie et de la science, du cardinal Bessarion
schuf die beiden Ercole -Hss. um 1463. (donateur de milliers de volumes à la Marciana) jus-
Susy Marcon befaßt sich dagegen in ihrer kunst- qu'au siècle des Lumières. L'accent est mis à la fois
historischen Würdigung mit Feliciano als Zeichner sur des figures individuelles marquantes et sur les
(S. 29-50: « Felice, disegnatore eclettico »), insbeson- aléas de la publication de leurs œuvres, comme au-
dere mit dem rahmenden Flechtwerk, das frühe tant d'éléments pour une histoire du livre et des
Vorbilder der Buchmalerei aufgreift. Die Autorin écrits hermétiques à la Renaissance. Nous souli-
bezeichnet Padua als Keimzelle jener neuen Ten- gnons surtout les apports relatifs aux mss et à la
denzen und verweist beispielhaft auf einen Eusebius, vie du livre ou des œuvres, meˆme si l'ouvrage pré-
Chronicon , in Venedig (BN Marciana, Lat. IX,1). sente aussi des attraits du point de vue de l'histoire
Diese Hs. war 1450 von Biagio Saraceno geschrie- de la spiritualité, et de l'histoire littéraire. Le pre-
ben worden und ähnelt im Layout der Buchseite, mier vol. rassemble ainsi des contributions comme
aber auch mit ihrer Schriftform (Capitalis) einem autant de mini-monographies de M. Zorzi (2), J. R.
karolingischen Eusebius der Reichenauer Schule Ritman, F. A. Janssen, C. Gilly (14), C. Vasoli, A.
(Oxford, Merton Coll., ms. 315: 9. Jh.), der sich da- Rigo, J. Letrouit, F. Barbierato, A. L. Puliafito,
mals in der bedeutenden Bibliothek des paduani- Th. Hofmeier. Le second vol. est conçu comme un
schen Bischofs Pietro Donato befand. catalogue détaillé illustré, bilingue, des 34 mss et
Das umfangreichste Kapitel stammt von Frances- des 72 imprimés hermétiques exposés et comme un
co Piovan (S. 51-111: In cauda codicis. « Appunti guide de l'exposition dont les pièces viennent, sauf
sul libro di famiglia dei Carrari (1512-1623) e sulla rares exceptions, pour moitié de la Marciana, et
memorialistica familiare padovana fra Tre e Cinque- pour moitié de la BPH. Les descriptions de mss sont
cento) », es präsentiert und analysiert einen später pour certaines pièces les premières disponibles.
beigebundenen Teil der paduanischen Hs.: ein vor Après une nouvelle note introductive, le volume
allem historisch interessantes Memoriale der Familie commence avec une très claire « chronologie hermé-
Carrari aus dem 16. Jh. tique » (p. 9-12), suivie par le catalogue de l'exposi-
Weitere zitierte und abgebildete Hss.: Modena, B. tion, richement illustré et doté d'une large biblio-
Estense e U., a L.5.15; Venedig, BN Marciana, lat. graphie ainsi que d'indications sur les auteurs et les
II,39 (= 2999), lat. X,117 (= 3844); Venedig, Mus. œuvres (p. 13-254). Suit une liste des illustrations,
Civ. Correr, ms. Cicogna 609; Wien, ÖNB, med. gr. une importante bibliographie et de précieux index
1. Außerdem: 32 Abb., Orts- und Personenregister, (noms anciens et modernes ensemble; manuscrits).
Bibliographie sowie Index der zahlreichen zitierten Il faut saluer l'extreˆme qualité des reproductions et
Hss. und archivalischen Dokumente. le soin apporté à la typographie.
U. Bauer-Eberhardt L'intéreˆt des contributions qui précèdent le cata-
logue va de pair avec la richesse de la documenta-

Magia, Alchimia, Scienza dal '400 al '700.


tion produite. Une quadruple introduction ouvre
540. l'ouvrage. M. Zorzi retrace dans la préface le destin
L'influsso di Ermete Trismegisto. Magic, Alche- ,
du « Corpus hermeticum » évoquant la culture reli-
my and Science 15th-18th Centuries. The in- gieuse des Pharaons égyptiens, l'œuvre théologique
Asclepius,
fluence of Hermes Trismegistus. A cura di / de Lactance, le texte de l' Proclus, l'huma-
nisme de Cosimo de Medici, les noms de Giorgio
Edited by Carlos Gilly, Cis Van Heertum. Trapezunzio, George Gemiste (Pléton), Jamblique,
I-II. Firenze, Centro Di — Venezia, Biblioteca etc., et soulignant la place qu'occupa Bessarion dans
o cette transmission. Le cardinal personnifie en effet
Nazionale Marciana, 2002, 8 , 588 + 334 p.,
le rapprochement entre l'Église grecque et romaine
ill., index. ISBN: 88-7038-359-8 (I), 88-7038- (notamment par sa participation au Concile de Fer-
385-7 (II). rare-Florence), à l'époque où la chute de Constanti-

232*
bulletin codicologique 2007, 2

nople renforce le poids de Florence et de Venise. J. passage d'Andronicos de Rhodes, cité, avec les exem-
R. Ritman, fondateur de la BPH (1957), insiste éga- pla en grec des envois, dans les Nuits attiques d'Au-
lement ensuite, non sans lyrisme, sur cette figure ex- lu-Gelle (20,5; t. gr. aux § 11 s.). L'addition portée
ceptionnelle comme fondateur spirituel de la Mar- dans le Marc. gr. 203 relève ainsi de la tradition de
ciana, dans une introduction axée sur la spiritualité quelque école aristotélicienne, bien plutoˆt que d'une
de l'hermétisme et sur ses liens avec la philosophie des biographies du corpus de Plutarque.
et la théologie dans sa conception de la nature hu- P. Hamblenne
maine et de la connaissance (« Bessarione e l'influen-
za di Ermete Trismegisto »). F. A. Janssen (« La o
galassia ermetica »), directeur de la BPH, rappelle Mantovani (Gilda). Voir n 539.
le roˆle supreˆme, reconnu par maints historiens, de
l'hermétisme dans la construction de la Renaissance;
Oratio de ho- 542. Manuscrits grecs re´cemment de´couverts en
ainsi, le manifeste de la Renaissance, l'
minis dignitate de Pic de la Mirandole, unifie philo- Re´publique Tche` que. Supplément au Catalogue
sophie et religion dans un humanisme aussi typique des manuscrits grecs de Tche´coslovaquie par
de l'hermétisme. Les buts de la BPH, à la fois ins- Jean-Marie Olivier Marie-Aude Monégier
titut de recherche et fonds de bibliothèque ouvert
du Sorbier. Paris, Éditions du Centre Natio-
au public depuis 1984, répond à cet idéal, puisqu'elle
est consacrée à la collecte et à l'étude de textes nal de la Recherche Scientifique 2006, 484 pp.,
d'hermétisme, d'alchimie, de mysticisme et de rosi- 35+XLV pl. ISBN: 2-271-06397-3, ISSN:
crucianisme. C. Gilly cloˆt l'introduction en présen- 0073-8212.
tant ensuite les objectifs de l'exposition et de la
publication: documenter la longue présence d'Her- Le supplément au Catalogue des mss grecs dépo-
mès dans la culture occidentale comme contribution sés dans les bibliothèques et collections des mss en
essentielle à la formation de la pensée moderne, République tchèque, publié par Jean-Marie Olivier
avant et depuis Ficin, à partir des mss et des impri- et Marie-Aude Monégier du Sorbier, chercheurs de
més conservés dans les deux bibliothèques, à Flo- l'Institut de recherche et d'histoire des textes au
rence et Amsterdam. Centre Augustin-Thierry à Orléans, s'enchaíˆ ne au
Le seul regret qui puisse eˆtre exprimé sur ces catalogue des mss grecs conservés dans les bibliothè-
deux beaux volumes est de ne pas avoir ajouté un ques de l'ancienne Tchécoslovaquie qui fut publié
index des œuvres, qui aurait constitué un outil de par les meˆmes auteurs déjà en 1983.
recherche supplémentaire. I. Draelants Le présent volume consacré aux suppléments
contient les descriptions de 24 mss déposés dans
o
cinq bibliothèques: la Bibliothèque Nationale, celle
Maierù (Alfonso). Voir n 352. du Musée National et celle de l'Académie des Scien-
ces à Prague et, en province, celles des chaˆteaux de

541. Manfredini (Mario). Un excerptum non


‘ '
.
Mikulov et de Nelahozeves Le catalogue répertorie
quinze mss datant du Moyen Aˆge et neuf codex plus
plutarcheo. (Prometheus , 32, 2006, p. 250-252). e e
tardifs, exécutés entre le XVII et le XIX s. Neuf
À l'extreˆme fin d'un recueil aristotélicien du mss proviennent des monastères macédoniens de
e
XIV s., le ms. Venise, BN Marciana, gr. 203 (coll. Kosinitsa et de Serrés. La présence de cinq autres,
746), soit aux dernières lignes du folio 230v, une dont deux du Moyen Aˆge, est attestée à Prague
main qui n'est pas intervenue précédemment dans pendant la deuxième guerre mondiale. Ceux-ci pro-
le codex a copié un billet qu'aurait envoyé Alexan- viennent de la bibliothèque du collectionneur de
dre le Grand à Aristote, ainsi qu'une courte réponse Leipzig Dr. Junkelmann.
attribuée au Stagirite. Le prince aurait là reproché à Deux mss comprennent les textes du Nouveau
son illustre maíˆ tre la publication indifférente des Testament. L'un d'eux, sur parchemin, contenant
leçons acroatiques, destinées à une élite en forma- les quatre évangiles avec le petit Synaxaire et le
tion, et celle de l'enseignement dispensé à la masse Ménologue avec les extraits (lectiones) de la semaine
(messages exotériques). Selon la courte mise au des Paˆques, est antérieur à 1232 et est déposé de
point d'Aristote, pareille distinction était purement nos jours dans la Bibliothèque de l'Académie des
formelle, puisque tous ses livres, qu'ils fussent édités Sciences (Knih. Akademie ms. 1 TG 3). Le second,
ou non, ne devaient servir qu'à ceux qui auraient as- un commentaire de l'Évangile par Jean de Nicétas
similé son message (toi˜q mònoiq yÉmw˜n aÊkoùsasin) d'Héraclée, écrit sur papier et datant de la fin du
e
Les deux pièces rappellent presque mot pour mot XIV s., est conservé dans la bibliothèque du chaˆ-
un passage de la Vie d Alexandre
' de Plutarque teau de Mikulov (ms. 6370). Originairement, le ms.
(Plut., V.Alex. 7,7): mais, pour notre a., les lignes faisait partie de la collection de l'humaniste-biblio-
finales du Marc. gr. 203, de toute façon apocryphes, phile Ferdinand Hoffmann von Grünbüchel, mais
e
participent plutoˆt des intentions systématisantes des dans les années 70 du XVII s., il se trouvait déjà
successeurs du Stagirite. D'autre part, le texte grec dans la bibliothèque de la famille Dietrichstein à Mi-
du ms. est plus proche encore d'une note de Simpli- kulov. Un ms. médiéval en papier, datant de la fin
In phys.
cius ( 1,1, p. 8,16-30 Diels), un des commen-
e
du XV s. et offrant un compte-rendu du compen-
tateurs du Maíˆ tre, et ce, malgré un renvoi [cavalier, dium des dialectes grecs de Manuel Moschopule, ain-
et unique] dans l' In phys. à la V. Alex. Alex. de si qu'une épigramme de Giovanni Crastoni (?)
Plutarque. L'anecdote enfin se retrouve dans un dédiée à l'humaniste italien Francesco Filelfo (?) de

233*
bulletin codicologique 2007, 2

Ferrare (II A 18), se trouve dans la Bibliothèque du la Bibliothèque de l'Académie des Sciences (Knih.
chaˆteau de Roudnice, aujourd'hui conservée au chaˆ- Akademie) (1 TG 1) avec l'anthologie des œuvres
e
teau de Nelahozeves. Il appartenait originairement à de Constantin Dapontès, compilée dans la 2 moitié
e
la bibliothèque de l'humaniste Bohuslav z Lobkovic. du XVIII s.
Le ms. X F 50 du Musée National (KNM), un dic- La structure de la description des mss suit un
tionnaire explicatif écrit sur papier et datant du schéma qui aligne, après l'en-teˆte de chaque chapi-
e e
XIII au XV s., comprend des œuvres littéraires tre, la description textuelle et la description codico-
du patriarche de Constantinople Photios et du lexi- logique externe. Celle-ci contient les données con-
cographe Hésychios. cernant le matériau employé, la composition, les fili-
La majorité des mss décrits ici — 19, dont 11 du granes, la mise en page du texte (surface écrite, co-
Moyen Aˆge — sont déposés dans la section XXV de lonnes, nombre de lignes), les caractères, la déco-
la Bibliothèque Nationale à Prague (U. Knih.). Le ration, la reliure, de meˆme que les renseignements à
ms. sur parchemin XXV C 25 contient un psautier,
des chants ( kantika ), des hymnes et textes liturgi-
e
propos des bibliothécaires et des propriétaires, de
l'origine du ms., de ses possesseurs respectifs et de
ques. Il date du milieu du XI s. Celui-ci, ainsi que son histoire. La bibliographie du ms. est présentée
quatre autres, provient de la bibliothèque du monas- à la fin de chaque description codicologique. La liste
tère de Kosinitsa. Le ms. XXV C 20 date de 1168.
Il contient le Menologium metaphrasticum avec des
des mss répertoriés est précédée par la table de ma-
tières, l'introduction, la liste des titres cités en
légendes au sujet des saints de l'époque paléochré- abrégé ainsi que par les abréviations utilisées pour
tienne, écrites par Eusèbe Pamphyle (la vie de saint les bibliothèques où sont conservés les codex décrits.
Silvestre), des légendes de l'éveˆque Amphiloche Le volume se cloˆt par les index d'incipit, des matiè-
d'Iconium (la vie de son ami Basile le Grand), des res, des filigranes et des planches photographiques
légendes du grand hagiographe byzantin Syméon
(au nombre de 45), puis les reproductions elles-
Métaphraste et deux homélies de Basile le Grand.
meˆmes. S. Petr
La légende au sujet de Basile le Grand par l'éveˆque
Amphiloche d'Iconium fait partie, avec onze homé-
o
lies de Jean Chrysostome, du ms. XXV C 21, qui Maraite (Hubert). Voir n 632.
e
date du XII s. Le ms. sur parchemin XXV C 24,
Scala paradi-
. Lapidario Liber
avec deux textes de s. Jean Climaque (
si et Liber ad pastorem cum scholiis ), date de la fin 543. Marbodo de Rennes
du meˆme siècle. Le ms. sur papier XXV C 26, du
e
XIV s., contient les copies de deux tragédies d'Eu-
Lapidum. Edición, traducción y commentario
por Maria Esthera Herrera. Paris, Les Belles
ripide — Oreste et Les Phéniciennes et de quatre
lettres, 2005, 19 cm, CXVIII-226 p., index.
Auteurs latins du moyen aˆge). Prix: EUR. 45.
pièces de Sophocle — Oedipe, Ajax, Électre et Anti-
gone. (
Le ms. sur parchemin XXV C 22, qui comporte ISBN: 2-251-33642-7.
onze discours de Grégoire de Nazianze, date du
e
XII s., et fut déposé originairement dans le monas- Il faut saluer la parution de cette édition notable,
tère de Saint-Jean-Prodrome de Serrés. C'est le cas accompagnée d'un commentaire introductif en cas-
aussi du codex sur papier XXV C 31, avec l' Etymo- tillan et d'une traduction dans la meˆme langue. Elle
logium Symeonis dans la préface, contient des textes est le fruit d'un travail longtemps attendu, commen-
cé pendant la thèse de l'a., publiée en 1986: « La
grammaticaux et lexicographiques, un traité de Mi-
chel Syncellus de Jérusalem sur la syntaxe, des ex- tradition manuscrite du Liber lapidum de Marbode
de Rennes d'après les manuscrits conservés en
traits des œuvres de Polybe de Sardes et quelques
traités grammatiques anonymes. À la fin du codex , e
France » Doctorat 3 cycle, Paris IV Sorbonne,
figurent des extraits du lexique encyclopédique Sou- 1986 (reproduction microfilmée des thèses, Lille
da et la vie d'Apollonios par Flavius Philostrate. III). La présente édition remplace désormais celle,
Le ms. sur parchemin XXV C 37 contient les controversée, de J. M. Riddle, accompagnée de la
Doctrinae de Dorothée de Gaza, copiées vers le
e
traduction de C. W. King, « Marbode of Rennes's
De lapidibus : considered as a medical treatise »,
milieu du XII s. Il est question aussi de deux frag-
ments, dont l'un (XXV C 30) contient les vers notés Wiesbaden, 1977 (Sudhoffs Archiv. Beihefte, 20),
pour les jours de la semaine avant le dimanche de dont un des défauts était d'attribuer trop généreuse-
Pentecoˆte, et l'autre (XXV C 38) les textes liturgi- ment à Marbode plusieurs autres traités (Cf. le
ques - idiomèles pour les jours particuliers de la se- compte rendu de H. Boch dans « Speculum » 57 ,
maine avant les dimanches Quinquagésime et
e
(1982), p. 915, et de H. Silvestre dans Scriptorium,
Quadragésime. Datant du XIV s., ils ont abouti à t. 35, 1981, p. 144-146). L'a. se fonde surtout sur
Prague pendant la Seconde guerre mondiale, issus l'examen de la tradition « française » du Liber lapi-
de la bibliothèque de Junkelmann.
e
dum, œuvre en vers terminée vers 1096, moment
Les sept mss modernes datant du XVII au XI- où son auteur devient éveˆque de Rennes.
e
X s. et qui sont déposés dans la section XXV de Marbode est mort en 1123 aˆgé de 88 ans. Son
la Bibliothèque Nationale (XXV C 18, XXV C 23, poème connut un succès énorme en Occident, où il
XXV C 27, XXV C 28, XXV C 29, XXV C 33, prenait le relais, en matière de minéralogie, du De
XXV C 36), contiennent pour la plupart des textes natura rerum Etymolo-
d'Isidore de Séville et de ses
liturgiques et lexicographiques. À ces mss modernes gies e
, rédigés au début du VII s. pour rassembler les
conservés dans la BN, il faut ajouter aussi le ms. de connaissances antiques. Il a connu une très large dif-

234*
bulletin codicologique 2007, 2

fusion manuscrite en latin et de nombreuses traduc- communes. Beaucoup de mss n'ont été reliés à au-
tions (française, provençale, castillane, deux italien- cune famille.
nes, hébraí̈que, une anglaise d'après une version Le Liber lapidum a circulé sous forme versifiée,
française, une irlandaise, une danoise, une islandaise mais aussi dans plusieurs états extrapolés par d'au-
tirée d'une version norvégienne perdue qui a aussi tres lapidaires et dans des versions en prose. Dans
donné lieu à une danoise, etc.). Il est composé d'un toute la tradition, cette œuvre est souvent confon-
prologue et de soixante chapitres suivis de deux épi- due avec le lapidaire de Damigéron-Evax, avec le-
logues et d'un chapitre additionnel sur l'anneau. Le quel il partage une transmission mouvementée et
texte compte 732 hexamètres dactyliques. obscure. Dans sa thèse, M. E. Herrera (p. 18) consi-
Notre recension portera surtout sur l'examen des dérait déjà que la source essentielle de Marbode
mss et sur un complément concernant les sources était le Damigéron-Evax latin, qui transmet une
du Liber lapidum . De lapidibus
matière analogue celle, présumée, du
L'ouvrage s'ouvre avec une introduction (p. XI à d'Aristote perdu. Les autres sources duLiber lapi-
LXXXVIII) présentant d'abord la vie de Marbode dum Naturalis historia
sont Pline, (peut-eˆtre à tra-
dans le contexte intellectuel et institutionnel de son vers des auteurs médiévaux), Solin, Collectanea
époque, puis une étude du Liber lapidum, écrit pro- rerum memorabilium, Explanatio Apocalypsis,
Bède,
bablement alors qu'il était archidiacre d'Angers. Il y et surtout le livre XVI desEtymologies d'Isidore de
est très rapidement question des sources p. XVII, Séville, auxquels il est fait référence, quoique de
puis du contenu de l'œuvre. Suit, p. XXII-XXIX, manière irrégulière, dans les notes explicatives de la
un survol des lapidaires latins, puis, p. XXIX- traduction.
XXXVII, une liste détaillée des éditions précédentes Le lapidaire de Marbode commence par un prolo-
et des mss qui leur ont servi. À propos de l'édition gue avec ces mots: Euax, rex arabum. C'est proba-
de Alardus d'Amsterdam ( Marbodaei Gelli Caenoma- blement la raison pour laquelle beaucoup d'auteurs
nensis de gemmarum lapidumque pretiosorum formis, s'y sont référés sous ce nom, quand ils ne l'ont pas
naturis atque viribus, eruditum cum primis opuscu- nommé simplement Lapidarium. Certains mss du
lum, Cologne, Alopecius, 1539), Halleux et Schamp, Damigéron-Evax conservent également l'œuvre de
« Les lapidaires grecs », p. 203, disaient qu'il avait Marbode, précédée des deux lettres que Evax aurait
utilisé un ms. de Trèves, qu'ils n'avaient pas retrou- prétenduˆment écrites à Tibère, et qui servent d'ordi-
vé. D'après M. E. Herrera, p. XXXI, Alardus dé- naire d'introduction au lapidaire de Damigeron-
clare qu'il aurait utilisé un ms. de l'abbaye Evax. Cet ensemble de mss constitue chez M.-E.
d'Egmont (en Hollande). Il y a en effet bien eu un Herrera une « sous-famille de d » parmi les mss
ms. transcrit sous l'abbatiat d'Ascelin (1121-1129), conservés en France. Ils partagent les caractéristi-
o
qui porte le n 105 dans la liste éditée par G.N.M. ques du ms. Paris, BNF, lat. 873 (stade ancien,
Vis des mss dont la liste dit: Sub eodem abbate asce- constitué de deux codex reliés) ou lat. 8454. Ces ca-
lino fredericus monachus hos libros scribi fecit In
(Vis, ractéristiques sont, entre autres: 1. Le lapidaire de
het spoor van Egbert. aartsbisschop Egbert van Trier, Marbode anonyme, 2. une contamination de Mar-
de bibliotheek en geschiedschrijving van het klooster bode avec le lapidaire de Damigéron-Evax, le plus
Egmond, 1997, p. 164). La liste dit pour le n 105: o
souvent sous forme de vers ajouté à la suite du trai-
Item libellum in quo continentur decem abcedaria il- tement de chaque pierre, 3. le voisinage, dans le
lius Et libellus de lapidibus vercifice compositus. Un ms., d'autres lapidaires, dont celui de Damigéron-
ms. de Marbode se trouvait encore à Egmont au Evax et parfois celui de Thetel (Paris, BNF, 873 no-
e
XVI s. mais ne s'y trouve plus aujourd'hui (Vis, tamment) et, 4. une addition notable: Sardius at
p. 165). presens si sit, tibi non nocet onix (thèse, p. 102-103,
P. XXXVII-XLXIX de l'introduction se trouve le 246 et 249, éd. de 2005, p. XLVI-XLVII) .
classement des mss d'après les cinq familles princi- Toujours du point de vue des sources, le De phy-
pales. a représente la famille la plus ancienne, sans sicis ligaturis ,
de Quˆstaˆ ibn Luqaˆ la « Lettre sur les
attribution à Marbode. b est une famille d'origine incantations », souvent transmis dans les mss et les
cistercienne où le texte est anonyme. Le ms. de base incunables avec l'œuvre de Constantin — qui fut
de l'édition, P, serait à la jonction de la famille g et peut-eˆtre son traducteur — ou parmi les œuvres de
d, dont il aurait toutes les caractéristiques, venues Galien, fut rendu populaire à travers son utilisation
d'un archétype commun de l'ouest de la France qui présumée dans le Liber lapidum. Il faut cependant
attribue le texte à Marbode et présente d'autres noter que l'usage par Marbode est antérieur à toute
œuvres de cet auteur. g est une famille originaire utilisation d'une œuvre de Constantin l'Africain en
de la moitié nord de la France et de Belgique, où Occident. On a dit que Marbode avait fondé son in-
le texte est anonyme ou attribué à Hildebert de La- spiration sur une traduction latine du De physicis li-
vardin. La famille d contient le plus grand nombre gaturis — sans le citer toutefois —, qu'il pourrait
de mss, elle est d'origine anglo-normande et présente avoir consultée dans une copie anonyme. En réalité,
anonymement le texte parmi d'autres lapidaires il est probable, comme l'ont montré de récentes re-
Cives celestis pa-
dont les incipits sont les suivants: cherches de Ch. Burnett, que la traduction du De
trie Iaspis est primum fundamentum ecclesia Iaspis
; ; physicis ligaturis ne soit pas de Constantin, mais ait
contra fulgura et tonitrua , ainsi qu'une liste addition- une origine britannique. Le manuscrit-source de
nelle de douze pierres. Le second groupe de la fa- Marbode devait eˆtre une version du Damigéron-
mille d est contaminé avec l'Evax-Damigéron latin. Evax contaminée avec le Dioscoride alphabétique,
La « famille » e ne contient que deux mss qui attri- le De gradibus de Constantin et le de physicis ligatu-
buent le texte à Marbode et contiennent des lacunes ris (cf. p. XVII, basé sur Halleux-Schamp, « Les la-

235*
bulletin codicologique 2007, 2

, .
pidaires grecs » Paris, 1985, p. 208-215) NB: Il
o
comme pour le n 11 énigmatique « Bologna, Coll.
existe une édition critique récente du De ph.lig., o
Span. 154 », sans plus, ou pour le n 20, Cambridge,
non mentionnée par l'a.: J. Wilcox - J. M. Riddle, CCC, 466, « p. 101 sq. » sans plus (comme chez
«Qustaˆ ibn Luˆqaˆ s ' Physical Ligatures and the Riddle); beaucoup de mss apparaissent dans la liste
Recognition of the Placebo Effect », in « Medieval sur la seule foi de catalogues parfois vieillis, et leur
Encounters. Jewish, Christian and Muslim Cultures notice ne donne pas la foliotation, ou ne présente
o
in Confluence and Dialogue », 1 (1995), p. 1-50. pas la cote actualisée (comme pour le ms n 38, Fi-
Par ailleurs, l'a. mentionne seulement de manière renze, B. Riccard. L.II, in-4to XXVI d'après le ca-
anecdotique (note 1, p. LXI) que le Macer floridus talogue de Lami de 1756, dont la nouvelle cote n'est
d'Odon de Meung est uni au Liber lapidum de Mar-
o
pas donnée, ou pour le n 47, provenant de la Fa-
bode dans un grand nombre de mss (environ 25). culté de philosophie de Leipzig, coté seulement
o
Or, ceux-ci forment la famille d, anglo-normande, d'après un catalogue de 1686). Pour le n 10, Bolo-
de la tradition manuscrite de Marbode. Certains gne, 135 (101), la foliotation est f. 1-14, le ms. est
mss attribuent d'ailleurs le Liber lapidum à Macer
o
conservé dans le fonds Caprara. Le n 14, Bruxelles,
comme le fait l'édition de Ianus Cornarius, Macri, KBR, 8883-8894, vient de Saint-Jacques de Liège et
De materia medica, Frankfurt, Egenholf, 1540 (Liber o
non de Saint-Laurent. Le n 18, Bruxelles, KBR, II
lapidum = livre V de Macer). Ceci a fait dire à J. M.
e e
2546, est à dater du XII et non du XIII s. Pour le
o
Riddle qu'il est possible que les deux œuvres soient n 23, lire Cambridge, Trinity Coll., O.IX.10
o
du meˆme auteur (éd. 1977, p. 131 sq.). Cette affir- (cat.1422). Pour le n 28, Krakow, lire Bibl. Jagel-
o
mation a été rapidement mise en cause, ne fuˆt-ce lonska. Pour le n 35, Firenze, BML, Ashb. 1520,
e
que sur des critères stylistiques (notamment par B. XIV s., dont l'a. ne donne pas la foliotation, il
B. Kaplan, in Isis, 70, 1979, p. 464). s'agirait du f. 30a (commençant par la deuxième let-
La description des mss utilisés dans l'édition vient tre de dédicace d'Evax), d'après L. Thorndike, « De
aux p. L-LXXXVII. L'introduction se cloˆt sur un lapidibus
o
», Ambix, 18 (1960), p. 8, n. 10. Pour le
stemma simplifié où l'on ne retrouve pas le ms. n 53, London, BL, Arundel 295, la datation est le
e
Tours, BM, 789 (p. XLII), qui est le premier de la début XIV s. et la foliotation f. 260r-264v. Pour le
o
famille g et ne reçoit pas de sigle. Inversement, on n 60, London, BL, Harley 3353, la foliotation,
ne retrouve pas dans l'introduction les « manuscrits » omise par l'a., est 39-48v (d'après Riddle). Pour le
o
Y et X qui se trouvent dans le stemma mais qui n 61, London, BL, Harley 3969, la datation est le
e e
représentent peut-eˆtre l'accord entre les familles g XII s. et non le XIV s., d'après Thorndike-Kibre
o
et d? Une bibliographie commentée des éditions col. 819. Pour les mss n 63 à 67, de la collection
précédentes et de quelques études importantes sur Sloane, la mention « Birch » est inutile. Pour les
os
la tradition des lapidaires suit l'introduction n 88 à 97, ajouter « Library » après « Oxford,
os
(p. LXXXIX-XCIX). En vertu des critiques qu'a Bodl. ». Les n 199 et 120 reprennent deux fois le
suscitées l'édition de Damigéron-Evax par R. Hal- meˆme ms., sans spécifier que le Liber lapidum de
.
leux et J. Schamp, « Les lapidaires grecs » (...); Da- Marbode se trouve d'abord aux f. 170-175v de ma-
migeron-Evax (trad. latine), Paris, 1985, il est utile nière incomplète, puis que ce qu'on trouve aux
de rappeler les références des éditions précédentes f. 176r-176v est une copie incomplète du Liber lapi-
du Damigéron-Evax: J.-P. Pitra, « Spicilegium So- dum contaminé par Damigéron-Evax. Le texte
lesmense », III, Paris, 1855, p. 324-335 (Paris, continue ensuite avec le Damigéron-Evax alphabé-
e
BNF, lat. 7418, XIV s.); Id., Analecta sacra , t. 2,
e
tique précédé des deux lettres de dédicace à Tibère.
o
Tusculum, 1884, p. 644-647 (Ms. Cava, 3, fin XI Pour le n 121, dont l'a. dit avoir obtenu la cote (ab-
s., plus complet: 80 pierres); E. Abel, « Orphei Lithi- sente du catalogue) par l'IRHT, et dont elle ne
ca. Accedit Damigeron de Lapidibus », Berlin, 1881 donne pas la foliotation, nous pensons qu'il s'agit
(ms. Paris, BNF, lat. 7418). Une dernière édition du ms. Pommersfelden, Schloss. B, 178, f. 155-157
s'est ajoutée en 1989, dont nous ne connaissons pas (sinon, ce dernier serait un témoin supplémentaire
la qualité: « Damigeron, De virtutibus lapidum . The du L. Lapidum o
à ajouter à la liste). Pour le n 122,
.
virtue of stones. Attributed to Damigeron » Transl. il s'agit du ms. Praha, Národní́ NK, VII.G.25 (1375)
o
by P. P. Tahil, éd. J. Radcliffe, Seattle, Ars obscu- et non VII.6.25. Le n 123 ne reçoit pas de foliota-
ra, 1989. tion alors que l'a. a vu le ms. sur microfilm (signe
os
Aux p. CI-CXVIII vient un appendice contenant +). Les n 142 et 142 mériteraient explication car
la liste des 165 mss connus de l'a. (qui dit p. XVIII ils désignent le meˆme ms., Vaticano, BAV, Reg.
« que debe de haber muchos más »). Cette liste aug- lat. 2115, dont les f. 35-38 seraient à situer « finales
mente notablement les listes antérieures, mais ne les del s. XIII o comienzos del XIV, de origen italia-
corrige pas souvent, sauf pour les mss français, vus no », et les f. 44-54, du « s. XIII, de origen francés »:
o
de « première main ». Elle ajoute ensuite des correc- est-ce un recueil factice? Au n 157 (lire Würzburg
tions très utiles aux mss d'œuvres erronément attri- et non Würtzburg), que signifie « prov. de la cate-
buées à Marbode par Riddle. Les cotes de mss sont dral de Würtzburg, pero escrito en Amplón »? Le
classées d'après les noms de ville en espagnol, et non ms. a-t-il été écrit au collège amplonien d'Erfurt?
o
d'après la langue originelle, ce qui est parfois un peu Le n 158, de Winchester, aurait mérité plus que la
perturbant (pourquoi aussi « Berkley » plutoˆt que simple mention de la cote (Cathedral Library V,2),
« Berkeley »? pourquoi Nueva York et cependant car il pourrait s'agir d'un ms. copié pour l'éveˆque
New Haven?); les cotes ne sont pas toujours homo- de Winchester, personnage que Marbode a connu.
gènes. Pour certains mss, on aimerait disposer de On peut ajouter en outre, sous réserve de vérifica-
détails sinon complémentaires, du moins suffisants, tion, les mss Dresden, Sächsische Landesbibl., J. 43,

236*
bulletin codicologique 2007, 2

e o
XII s., originaire du monastère cistercien d'Altzelle, Masson (Nicole). Voir n 356.
et Valenciennes, BM, 152, originaire de Saint-
e
Amand, XII s., ainsi que Praha, NK, VII.G.25, f.
Macer floridus (Pavlí́na). Rekomendace Jana z
e e
0v-13r, XII -XIII s., contenant aussi 545. Mazácová
et déjà signalé par Riddle; Basel, UB, AN. VI.53, f. Mýta na prazske´ univerzite sklonku 14. století´.
Die Rekommendationen von Johann von Maut
ère e
f. 258r-269v, 1 moitié du XV s. (réorganisé al-
phabétiquement); Verona, B. Cap., 273, f. 85-100
(renseignement B. Van den Abeele). M. Steinschnei- an der Prager Universität am Ende des 14.
der, « Die hebräischen Übersetzungen des Mittel-
alters und die Juden als Dolmetscher », t. 2, p. 957,
Jahrhunderts. (Querite primum regnum Dei...,
S. 313-321, mit dt. Zusammenfassung).
signalait en outre le ms. Oxford, Bodl. Libr., Ash-
mol. 1384. Der Aufsatz behandelt das Leben und die Tätig-
keit des Prager Universitätsmeister Johann von
L'édition critique commence p. 6 après une note
introductive. Elle prend pour base le ms. P (Paris, Maut — Iohannes de Muta dictus Sophista, ca 1360-
e e
BNF, lat. 2887, 2 quart XII s., f. 159r-170v), le 70 - 1402? —. Die Vf. veröffentlicht die tschechi-
sche Übersetzung der Rekommendation für Lauren-
plus ancien, et présente un apparat positif con-
tius de BrzyezowaDignus est et philosophus vocetur ,
tenant les sigles de neuf autres mss français, dont
Quantum ad tercium restat nostrum inceptorem re-
inc.
cinq de la bibliothèque nationale. D'après l'a.
(p. XXXVII), les trente-cinq mss français conservés commendare , Prag, NK, X C 3, f. 125v-127r; cfr.
représentent toutes les familles textuelles du texte Spunar, « Repertorium » I, No. 204. Die Rekommen-
(cinq familles classées a, b, g, d, e, P appartenant dation wird vom literar-historischen und literar-
theoretischen gesichtspunkt bündig charakterisiert.
à la famille a) et l'examen des mss conservés dans
les autres pays ne paraíˆ t donc pas nécessaire. Der lat. Text der Rekommendation wurde bisher
L'édition est suivie de quelques notes explicatives nicht herausgegeben. P. Spunar
aux p. 187-199 et d'un index des mss, d'un index
rerum memorabilium index lapidum
et d'un en latin
Mazzucco (Gabriele). Voir n
o
649.
et en castillan qui cloˆt l'ouvrage.
Pour résumer, cette nouvelle édition critique de
qualité doit figurer dans les bibliothèques des spécia- os
Mc Guire (Brian Patrick). Voir n 413.
listes des lapidaires, qui y trouveront un texte latin
de référence sérieusement établi d'après la tradition
o
des mss conservés en France (et sur la base d'un té- Mc Kendrick (Scot). Voir n 610.
moin jamais utilisé dans les éditions antérieures),

(Catherine). Performing Pen-


mais ne doivent pas attendre de ce volume de nou-
veaux éclaircissements sur les sources du traité (ni 546. McKenna
sur sa postérité et son utilisation, mais ce n'est pas ance and Poetic Performance in the Medieval
l'objectif de la collection). La connaissance de la tra-
dition manuscrite « étrangère » laisse sérieusement à
Welsh Court. (Speculum, 82, 1, 2007, p. 70-96).
désirer, choix qui devrait davantage eˆtre expliqué Les poètes qui étaient actifs à la cour galloise aux
e e
dans l'introduction. I. Draelants XII et XIII s. nous ont également laissé 24 « poè-
mes à Dieu », conservés e.a. dans les mss Aberyst-

(Dana). Hlavní´ prameny


wyth, NLW, 6680 B et Oxford, Jesus Coll., 111.
544. Martí́nková Ces textes pénitentiaires sont à mettre en rapport
Admontske´ho quadragesimale a Johlí´novy Zde- avec les pratiques pénitentiaires contemporaines,
razske´ postily. Die Hauptquellen des Quadragesi- qui étaient publiques, et témoignent ainsi des prati-

male Admontense und der Postilla Zderaziensis. ques religieuses en dehors du contexte ecclésiastique.

(Querite primum regnum Dei..., S. 301-306, mit


A. Smets

(Kathleen). Annotations in
dt. Zusammenfassung).
Die Vf. hat sich den Quellen des berühmten Qua- 547. McNamée
Greek and Latin texts from Egypt. Oxford, Ox-
dragesimale Admontense und der Postilla Zderaziensis bon Books Limited, 2007, 28, cm. XVII-577
p., XXXIII pl., index. (American Studies in
gewidmet. Beide Schriften, die um die Mitte des 14.
Jh. entstanden sind, wurden von dem Prädiger Ioh-
linus von Vodòany verfasst. Was ihre Quellen be-
trifft, hat D. M. erwiesen, dass Iohlinus das
Papyrology, 45). Prix: GBP 100,00. ISBN:
978-0-9700591-7-8.
enzyklopädische Werk des Benediktiners Peter Ber-
choriusReductorium morale und Simons Fidatis de Mme McN. vient de publier la somme d'une vie
Cassia Gesta domini nostri salvatoris benutzt hat. dédiée à la recherche scientifique: une édition cri-
Wichtig ist auch das Suchen nach dem Verhältnis tique des notes, marginales ou interlinéaires, qui se
desQuadragesimale Postilla
mit der . D. M. unter- lisent dans 293 mss véhiculant des textes littéraires
e e
stützt die ältere Meinung F. M. Bartos, dass das et s'échelonnant du III s. av. J.-C. au VII s. Les
Quadragesimale ein erhaltener Teil der ursprüngli- mss (201 rouleaux de papyrus, 69 codices de papy-
chen Version von Johlins Predigte sei, die er später rus, 19 codices de parchemin et 4 tables de bois) ont
in derPostilla Zderaziensis literarisch bearbeitet hat. été retrouvés en Égypte, ce qui explique qu'il
P. Spunar s'agisse presque exclusivement de documents grecs;

237*
bulletin codicologique 2007, 2

les quelques textes latins proviennent d'ouvrages de tes ne permettent pas à elles seules d'écrire l'histoire
Cicéron, Juvénal, Salluste, Térence et Virgile, ainsi de l'érudition antique, mais elles jettent une lumière
que d'une vingtaine de livres juridiques. La compila- utile sur les conditions dans lesquelles on apprenait
tion des marginalia , faite ici pour la première fois, à étudier des ouvrages littéraires.
permet non seulement de mieux apprécier la valeur Le livre est muni de plusieurs index: mots et chif-
des notes individuelles mais aussi de se faire une fres grecs et latins (et quelques formes hybrides) fi-
idée plus précise de la pratique d'annoter les textes, gurant dans les notes publiées, une liste à part pour
laquelle a largement contribué à transmettre les les mots et les chiffres grecs et latins mentionnés
connaissances acquises à la Bibliothèque et au Mu- dans l'introduction, et un registre général (noms et
sée d'Alexandrie. choses). J. Declerck
Lesmarginalia apparaissent surtout dans des mss

(Rob). Sanctuary, Penance, and


destinés à l'usage scolaire au niveau secondaire et
548. Meens
Dispute Settlement under Charlemagne: The
leur contenu reflète les objectifs de la « Grammati-
kè » telle qu'on la concevait alors. D'après Denys
de Thrace, elle comprenait six étapes: déclamer le Conflict between Alcuin and Theodulf of Orle´ans
texte, repérer les tropes, expliquer les mots difficiles
et les faits (mythologie, histoire, géographie,...), élu-
over a Sinful Cleric. (Speculum, 82, 2, 2007,
cider les étymologies, découvrir les analogies et ju- p. 277-300).
ger les qualités littéraires de l'ouvrage (ce dernier En 801-802, un clerc condamné pour un crime in-
stade n'est pas documenté dans les notes). Ces notes connu par Théodulf, l'archeveˆque d'Orléans, réussit
étaient probablement prises en classe, sous la dictée à s'échapper et se réfugie à la basilique de Saint-
du professeur, lequel n'exposait pas ses opinions per- Martin de Tours. Il s'ensuit un conflit entre l'arche-
sonnelles, mais passait à ses élèves ce qu'il avait ap- veˆque, soutenu par Charlemagne, d'une part, et Al-
pris lui-meˆme. D'autres mss, moins nombreux et cuin de York, alors abbé du monastère de Saint-
datant des trois premiers siècles de notre ère, ont Martin, d'autre part. Le dernier met en relief la
été annotés par des savants: ceux-ci s'intéressaient confession et la pénitence, alors que le premier suit
à des variantes textuelles, en mentionnant parfois plutoˆt la voie légale et met l'accent sur le caractère
leurs sources, ils se servaient de sigles représentant public de la condamnation et de la punition.
probablement les noms des auteurs utilisés et ils in- Ce conflit, dans lequel le droit d'asile occupe une
troduisaient des explications plus longues et d'un ni- place centrale, nous est connu à travers cinq lettres
veau plus élevé que celles qu'on rencontre dans les rédigées par ou destinées à Alcuin. Ces lettres ont
livres scolaires. été éditées par E. Dummler dans la collection
Meˆme si les marges offraient l'espace nécessaire à MGH (Epp. 4), sous les numéros 245 à 249. Elles
e
les recevoir, jusqu'à la fin du IV et au début du sont conservées dans les mss suivants: Brugge, StB,
e
V s. les notes (le plus souvent situées à droite du 394; London, BL, Harley 208; München, Bay. SB,
texte et ne dépassant pas huits mots) y étaient peu Clm 14742; Paris, BNF, lat. 2718 et 5577 et nal.
fréquentes. Signe de luxe, les marges n'étaient pas, à 1096; Vaticano, BAV, Vat. lat. 69 et Wien, ÖNB,
l'origine, conçues pour héberger des textes. Un chan- lat. 808. A. Smets
gement s'est produit à partir de 395: dans les écoles
de droit apparaissent alors des codices d'un nouveau
o
format, lequel laissait délibérément des marges Meens (Rob). Voir n 631.
royales pour permettre aux étudiants d'y apporter
des notes. Très vite cette innovation a été adoptée o
pour la confection des chaíˆ nes exégétiques (Procope Meeuwese (Martine). Voir n 502.
de Gaza) et pour les ouvrages d'auteurs classiques.

(Christel). Ovid-Rezeption in Text


Mme McN. apporte de nouveaux arguments en fa-
549. Meier
veur de la théorie selon laquelle les collections de
scholies que nous connaissons à partir du IX s.,
e
und Bild. Der Eurichthonius-Mythos von Ber-
ont leurs racines dans les notes marginales de l'Anti- chorius bis Rubens. (Querite primum regnum
quité tardive: ainsi, quelques-unes de ces notes sem-
blent contenir des données compilées à partir de
Dei..., S. 135-149).
Die Vf. Behandelt die Bearbeitung des Mythos
deux sources différentes et présentées séparément,
von Erichthonius Metamorphoses II, 533 sq im
ce qui est un procédé caractéristique des scholies
médiévales; contre ceux qui ont avancé que ces Traktat Ovidius moralizatus von Petrus Berchorius
scholies supposaient l'existence de l'écriture minus- und vergleicht diese Interpretation mit der künstle-
cule, l'a. montre que certaines notes anciennes richen Rezeption des Werkes in der Zeitspanne von
étaient écrites dans un corps plus petit que beau- Gotha ForschungsB, Kodex Memb. 198 bis zum
coup de scholies ou de chaíˆ nes. grossen Ölgemälde Rubens'. Weiter wurden z.B. die
Les notes varient très fort selon les époques et le Hss. Rouen, BM, 0.4 und Paris, B. Arsenal, 5069
contenu du texte, comme il ressort d'une comparai- erwähnt. P. Spunar
son des commentaires (hypomnemata) et des notes
marginales relatifs à l'œuvre des poètes datant des
550. Meistererzählungen vom Mittelalter. Epo-
époques archaí̈que (surtout Pindare) et hellénistique
chenimagination und Verlaufsmuster in der Pra-
xis mediävistischer Disziplinen. Hrsg.
(tel Callimaque) ainsi que de quelques prosateurs
(Isocrate, par exemple). De ce point de vue, les no- Rexroth

238*
bulletin codicologique 2007, 2

(Frank). München, R. Oldenbourg Verlag, Union Acade´mique


tore, 2004, 24 cm, 468 p. (
2007, 23 cm, VII-122 p. ( Historische Zeitschrift
, Internationale Unione Accademica Nazionale
—
46). Prix: EUR. 29,80. ISBN: 978-3-486- — Accademia Toscana di Scienze e Lettere « La
64450-0. Colombaria », « Studi »
CCXXV), p. 339-368.
2
Methodischer Bezugsrahmen des vorliegenden, als Discusses the following papyri: PSI II 120 (Pack
Beiheft zur « Historischen Zeitschrift » publizierten 1994; LDAB 5633); PEES (= Oxford, Sackler Li-
2 3
Bandes sind ,,die jüngeren Debatten über die Pro- brary, Cupb. 2) (Pack 1574; MP 1574; LDAB
2 3
bleme der Narrativität in den Kulturwissenschaf- 1055) Table 1; PBEROL 16369 (Pack 2574; MP
ten‘‘ (S. 2). Die hier versammelten Beiträge folgen 2574; LDAB 4563) Table 2; PBEROL 21312 +
2
damit der 1965 formulierten Einsicht A. Dantos, PSCHUBART 27 (Pack 1570; LDAB 4984) Table
2 3
der zufolge narrative Strukturen in der Geschichts- 3; PBEROL 7426 (Pack 1992; MP 1248 + 1992;
schreibung nicht erst den Text des Historikers glie- LDAB 2548) Table 4. A. Touwaide
dern, sondern bereits dessen Erkenntnisprozesse
präfigurieren. Die « grands récits » bilden die Achsen o
und Pole, entlang derer und um die herum sich hi- Mews (J.). Voir n 580.
storisches Wissen sinnhaft ordnet, weswegen ihre
(Chr.). Le tonaire des fre` res Preˆ-
Fortschreiber von Seiten antipositivistischer Histori-
552. Meyer
kerschulen wie der « Annales »-Gruppe nicht selten
methodischer Sorglosigkeit verdächtigt wurden. cheurs. (Archivum Fratrum Praedicatorum, 76,
Narrativen Fassungen des Mittelalters kommt für 2006, p. 117-156).
die konstitutiven re´citsder europäischen Moderne La réforme dominicaine du chant liturgique, ini-
besondere Bedeutung zu, schwanken letztere doch tiée sous l'impulsion du maíˆ tre général Iohannes
in ihrer Perspektivgebung zwischen den Polen — Teutonicus (1241-52) et mise en œuvre par une
deren systematische Betrachtung liefert der ab- commission de quatre membres nommés au Chapitre
schließende Beitrag von P. Geary (S. 107-120) — ei- général de Cologne de 1245, fut achevée sous l'auto-
ner positiv oder negativ konnotierten Alterität rité d'Humbert de Romans (1254-63). Elle visait à
gegenüber einer Kontinuität. garantir une diffusion homogène du chant liturgique
Im Anschluss an die grundsätzliche Erkenntnis à travers l'ensemble des communautés des Frères
der Multiplizität der Erzählungen von Mittelalter Preˆcheurs, à l'instar de la réforme conduite un siècle
untersuchen die Einzelbeiträge zum einen, eingelei- plus toˆt par les cisterciens. Le seul texte normatif
tet durch programmatische Ausführungen des Hrsg. qui subsiste de cette réforme dominicaine est une
(S. 1-22), die Selektionsmechanismen von « Meiste- sorte de tonaire réparti dans plusieurs livres liturgi-
rerzählungen » ausgewählter mediävistischer Teildis- ques, plus particulièrement dans l'antiphonaire. Le
ziplinen. Th. Haye (S. 43-55) unternimmt dies für
die mittellateinische Literaturgeschichte, K. Grub-
tonaire ( tonale ) se présente comme un texte destiné
à compléter la formation pratique du chantre. Il in-
müller (S. 57-68) zeichnet biologistisch geprägte Er- dique les tons psalmodiques avec leurs différences.
zählfiguren in der deutschen Literaturgeschichte Une liste des antiphonaires de l'Ordre accompagnés
nach, der Beitrag von O. Huck (S. 69-85) schließlich d'une copie du tonaire a déjà pu eˆtre établie par M.
betont die Abhängigkeit der mediävistischen Mu- Huglo, dans son ouvrage « Les tonaires. Inventaire
sikologie von den Interpreten. Weitere Beiträge sind analyse, comparaisons » (Paris, 1971). Après avoir
epochenfokussiert (W. Pohl (S. 23-41) zum Frühmit- présenté ce tonaire, l'a. s'intéresse ici tout particuliè-
telalter) bzw. konzentrieren sich auf nationale Wis- rement à sa recension dans une compilation sur la
senschaftskulturen (M. Bojcov (S. 87-105) zu narra- musique, figurant dans un Ordinaire anonyme, ré-
e
tiven Mustern der russischen bzw. sowjetischen Hi- digé vers la fin du XV s., en provenance du cou-
storiographie). vent des dominicains de Sainte-Catherine de Pise et
Bei aller Entfernung zu Kodikologie und Überlie- actuellement conservé sous la cote Pise, B. Cateri-
ferungsgeschichte wird jeder an der Reflexion und niana, 60 (f. 6r-10r). Une étude qui intéresse tout
Kontextualisierung der eigenen wissenschaftlichen particulièrement les musicologues. G. Michiels
Praxis interessierte Historiker gleich welcher Diszi-
plin die hier versammelten Beiträge mit Gewinn zu o
Kenntnis nehmen. N. Ruge Meyer (Christian). Voir n 412.

Menghi Sartorio (Arturo). Voir n


o
445. 553. Meyer (Elisabeth). Ein neues Fragment
des ‘Leben Jesu' in Salzburg. (Handschriften-
o funde zur Literatur des Mittelalters, 178. Bei-
trag. Zeitschrift für deutsches Altertum und
Meriaux (Charles). Voir n 373.

551. Messeri (Gabriella). Osservazioni su alcu-


deutsche Literatur, 136, 2007, S. 362-375).
ni gnomologi papiracei. Aspetti di letteratura Ein Fragment aus der Universitätsbibliothek

gnomica nel mondo antico II. A cura di Maria Salzburg (M II 387) konnte als Bruchstück einer
Evangelienharmonie, des ‘Leben Jesu', identifiziert
Serena Funghi. Florence, Leo S. Olschki Edi- werden. Das Pergament-Doppelblatt entstammt ei-

239*
bulletin codicologique 2007, 2

ner aufwendigen Hs. des 14. Jahrhunderts aus dem tions dont les mots équivoques ne traduisent pas
nordbairischen Sprachraum. Das Fragment wird im toujours très clairement les meˆmes réalités graphi-
Kontext der ‘Leben Jesu'-Forschung untersucht, ein ques.
Textabdruck beschließt den Beitrag. Folgende Hss. Les particularités du travail de copie en Char-
werden in dem Beitrag erwähnt: Berlin, SBB, mgq treuse sont étudiées dans le chapitre I. Il est effecti-
167, mgq 503, mgq 987; Hamburg, SuUB, theol. vement possible de présenter des tendances stylis-
o
1066; Köln, Hist. Arch. (StA), GB 4 198; Mün- tiques selon les périodes considérées. L'influence de
chen, Bay. SB, Cgm 532; Nürnberg, StB, Cent. VI, certains copistes sur d'autres est inévitable. Si quel-
o
51; Stuttgart, Württ. LB, theol. et phil. 8 140; Zü- ques mss présentent entre eux une réelle parenté,
rich, Zentral B, C 170; außerdem werden die zwei l'identité de l'exécutant en est souvent la raison.
verschollenen Fragmente Graz, UB, o. Sign. und Seules deux tendances semblent caractériser au
Lemberg, Dominikanerkloster, o. Sign. genannt. mieux la production cartusienne: la simplicité géné-
B. Gullath rale de l'ornementation et la forte proportion des
mss réalisés par un seul artiste, conséquences de
l'austérité de la vie en Chartreuse.
554. Mielle de Becdelièvre (Dominique). Le chapitre II, « La bibliothèque de la Grande
Preˆcher en silence. Enqueˆte codicologique sur les Chartreuse », esquisse la dispersion des mss et pré-
manuscrits du XIIe sie` cle provenant de la sente un témoignage sur la composition de la biblio-
Repertorium librorum
Grande Chartreuse. Saint-Etienne, Publications
e
thèque au XV s., à savoir le
domus Cartusie (Grenoble, BM, 1243 / Y 107). Sui-
de l'Université Jean Monet, 2004, 29 cm, 589 vent les marques d'appartenance repérables sur les
p., CXXII pl. ( Cercor. Travaux et recherches, mss: les ex-libris et les cotes de bibliothèque qui
sont témoins des migrations des mss. L'a. a décou-
17). Prix: EUR. 60. ISBN: 2-86272-280-4.
vert quatorze mss ayant sur le dernier feuillet ou la
L'importance de l'apostolat par la plume a été re- dernière garde la mention d'un prix. Ces mss prisés
connue à toutes les époques dans les milieux monas- sont repris dans la table « Evaluation du prix d'un
tiques. Le plus ancien témoignage est celui de manuscrit » (p. 99): nombre de peaux / prix en flo-
Cassiodore dans ses Institutiones : « Heureuse vo- rins, nombres de lignes écrites / prix en florins. La
lonté, de preˆcher aux hommes avec la main; d'ou- majorité des mss sont recouverts d'une reliure aux
vrir les langues avec ses doigts; de donner aux plats cartonnés recouverts de basane. De nombreux
mortels le salut, mais en silence... Le scribe, tout volumes ont encore des ais de bois et certains ont
en restant au meˆme endroit, s'en va en diverses pro- conservé tout ou partie de leur couverture ancienne.
vinces par la dissémination de son ouvrage... ». La Aux p. 107-108 on peut suivre l'identification pro-
De villa
gressive d'un artisan qui a signé son travail:
cuius sanctus pater est asianus / Michael hunc librum
copie des mss se présente comme l'activité manuelle
la plus conciable avec la garde de la cellule, élément
essentiel du propositum (mot employé souvent par peraravit vernasianus. Si ce Michel a ressenti le be-
er
Guigues I pour désigner l'ensemble des observances soin de se faire connaíˆ tre de la postérité, il n'a pas
de Chartreuse) cartusien que les dispositions les plus apporté suffisamment d'informations pour que sa
spécifiques ont comme raison première de protéger. présence en Chartreuse soit réellement comprise. Ce
chapitre déjà bien fouillé nécessite « d'eˆtre enrichi
Cet ouvrage constitue l'édition remaniée de la
par l'examen des volumes plus récents qui permet-
thèse pour le doctorat en histoire soutenue devant
trait de compléter et, peut-eˆtre, préciser certains as-
l'Université de Grenoble II, le 25 novembre 2000
e pects encore bien flous, tel le rapport chronologique
sous le titre « Les manuscrits du XII siècle prove-
entre l'inscription des marques de possession et la
nant de la Grande Chartreuse. Enqueˆte codicolo-
gique sur le fonds de la Bibliothèque municipale de
rédaction du Repertorium librorum domus Cartusie »
(p. 109).
Grenoble ».
Dans son chapitre III l'a. étudie la Bible de No-
Pour alléger un exposé basé essentiellement sur la
description minutieuse d'éléments observés, trois
tre-Dame de Casalibus ( casalibus est le nom donné
au premier ermitage de Chartreuse) qui constitue le
parties distinctes, mais complémentaires, ont été
joyau des plus anciens mss cartusiens, les premiers
constituées. L'étude synthétique ne retient que les
mss de Chartreuse, de nombreux mss en marge du
éléments significatifs nécessaires pour étayer la dé- regroupement (mss ornés, mss à simples initiales de
monstration. Un catalogue regroupe les singularités couleur, mss conservés à la Grande Chartreuse). Elle
de chaque ms. du fonds — la BM de Grenoble confronte les données de l'observation aux marques
conserve deux cent cinquante-neuf mss en parche- de bibliothèque; quarante-deux volumes de la BM
min provenant de la Grande Chartreuse dont à peu de Grenoble sont cités dans ce chapitre. Parmi
e
près la moitié remonte au XII s. — et des quelques ceux-ci, vingt-trois sont identifiés de façon certaine.
mss qui ont pu y eˆtre rattachés. La présentation Il a été possible de repérer dix-huit copistes dont la
chronologique suit rigoureusement celle du texte et plupart ont travaillé, avant l'avalanche de 1132,
facilite ainsi l'aperçu de l'évolution des techniques et dans les cabanes du premier ermitage. Cette avalan-
des styles. Enfin, un recueil de CXXII planches che a produit de lourdes pertes qui rendent difficile
(dont 31 en couleurs) offre un échantillon représen- de se représenter l'importance réelle de la biblio-
tatif de la production. Il permet d'apprécier les rap- thèque sans doute bien fournie: Bible de Notre-
prochements effectués et de visualiser des descrip- Dame de Casalibus, homiliaires, Vitae Patrum , tex-

240*
bulletin codicologique 2007, 2

tes des Pères de l'Église, commentaires bibliques, Face à cette interrogation fouillée, qui mérite un
vies de saints... respect profond, j'hésite de signaler quelques remar-
Le chapitre IV étudie les mss des
er
Méditations de ques. Les mss Grenoble, BM, 1579 (6276) et Berlin,
Guigues I , probablement écrit entre 1109 et 1120. SBB, Phill. 1866, cités dans les notes infrapaginales
La première section rassemble les nombreux vestiges 131 et 133, ne figurent pas dans l' « Index des ma-
d'un centre de copie où ont été actifs le copiste des nuscrits cités », p. 451-452. — Note 45 « Le micro-
Me´ditations (un recueil de trente-quatre feuillets, film de ce manuscrit, commandé par les services de
BM, 264 / 219), le copiste d'Augustin, le copiste de l'I.H.R.T., n'a pas encore été reçu ». Il s'agit du co-
Jéroˆme, le copiste et le décorateur du Pontifical, le dex A 33 conservé à la chartreuse de Parkminster,
copiste de Raban Maur, le copiste de Fulgence et le un graduel partiellement palimpseste, ce qui néces-
décorateur du Nouveau Testament. En marge de site une autopsie avancée in situ. — A la p. 9 ligne
cet ensemble, quatre groupes de bien moindre im- artistes
18 il faut lire trois au lieu de trois
e
articles
. —
portance peuvent eˆtre composés: le copiste de Remi P. 15 (suite de la note 10) 3 ligne: « ...les sillons
d'Auxerre, le copiste d'Orose, un copiste « aux for- tracés par lui sur le papier »: traduction erronée
mes archaí̈ques », deux mss apparemment d'origine que l'a. a trouvé dans Dom J. Leclercq, « Pierre le
chartraine. Viennent ensuite « quelques mss isolés ». Vénérable », 1946, p. 268. G. Hendrix
Une fois de plus les données de l'observation sont
confrontées aux marques de bibliothèque. À la fin
o
de ce chapitre exemplaire l'a. note sèchement Migliore (Maria Luisa). Voir n 472.
« Soixante-huit volumes de la BM de Grenoble, trois

(Matthias). Der welsch Parcefall,


volumes provenant d'autres fonds, ont été étudiés
555. Miller

perment, reimen, bretter, braun leder. Zum ‘Rap-


dans ce chapitre ».
La « Bible de Chartreuse » est contenue dans qua-
tre volumes de grand format qui justifient le nom polsteiner Parzifal' aus der Bibliotheca Palatina.
de « Grosse Bible »: Grenoble, BM, 12 (2), 15 (6),
(Zeitschrift für deutsches Altertum und deutsche
13 (5), 14 (4). L'agencement de ces volumes selon
l'ordre des lectures fixé par les Ordines romani n'est Literatur, 136, 2007, S. 307-311).
pas courant, il ne peut cependant eˆtre relevé comme Unter den deutschsprachigen Palatina-Hand-
une caractéristique cartusienne. Onze des vingt-neuf schriften befand sich einst mit der heute nicht mehr
volumes étudiés dans le chapitre V ont été regrou- besetzten Signatur Cod. Pal. germ. 317 eine ‘Parzi-
pés autour du travail de trois copistes (le nombre val'-Handschrift. Diese in den Verzeichnissen der
total de personnes impliquées pour la transcription Vaticana noch um 1800 aufgeführte Hs. fehlte be-
de l'ensemble est difficile à estimer) et de trois artis- reits 1796 und auch 1816/1817 bei der Rückgabe
tes: l'artiste de la Genèse, l'artiste du prologue des der deutschsprachigen Palatina-Handschriften. Sie
Epíˆ tres de Paul, l'artiste de l'argument de l'Évangile ist mit der zweiten Hs. des sog. ‘Rappoltsteiner Par-
selon saint Matthieu. La nouveauté essentielle réside zifal' in der heutigen B. Casanat. in Rom (Mss.
dans la présence d'un décor orné ou illustré, dont 1409) identisch, die Friedrich Heinrich von der Ha-
l'existence tient au caractère meˆme des livres qu'il gen dort 1816 entdeckt hatte. Folgende Hss. werden
met en valeur. Graˆce à ce décor, il devient possible außerdem erwähnt: Heidelberg, UB, Cod. Pal.
d'effectuer des comparaisons stylistiques et de situer germ. 339 und 364. B. Gullath
la production cartusienne dans les grands courants
d'échanges et d'influences qui ont parcouru l'Europe
o
médiévale. Ainsi l'ornementation de l'artiste princi- Mol (Johannes A.). Voir n 416.
pal de la Grosse Bible est totalement imprégnée des

(Marina). Due manoscritti


éléments du « Channel Style », né dans des régions
plus septentrionales. L'étude matérielle des mss met 556. Molin Pradel
en valeur le travail manuel quotidien des solitaires,
praedicatio mutua
greci conservati nel convento di S. Francesco del-
leur . L'observation du travail de
vingt-quatre copistes de la Grande Chartreuse (dont
la Vigna a Venezia. (Nea Rome, I, 2004,
dix-huit pour le premier tiers du siècle) et de dix-
p. 255-265).
sept copistes de la chartreuse de Portes (le fonds de Ms. AF V 2: Isocrate, Basilio di Cesarea, Batrao-
Portes, tel qu'il est parvenu jusqu'à nous, se pré- miomachia, s. XV, e ms. AF. V. 3: Manuele Mosco-
sente comme totalement complémentaire de celui pulo, Ps.-Cirillo Alessandrino, s. XV.
de Chartreuse) permet d'ajouter quelques complé-
ments aux prescriptions des Coutumes et de retrou-
A. Touwaide

ver dans les mss l'esprit de Chartreuse: esprit de


simplicité et de pauvreté, esprit d'équilibre et de Monégier du Sorbier (Marie-Aude). Voir
juste mesure, fidélité à la cellule, enfin, qui explique o
n 542.
certainement le grand nombre de livres réalisés par
un seul scribe.
« Preˆcher en silence ... » Les mss interrogés par 557. Monfasani (John). Aristotle as Scribe of
Dominique Mielle de Becdelièvre comme seuls té-
Nature: The Title-Page of Ms Vat. Lat. 2094.
(Journal of The Warburg and Courtauld Insti-
moins du labeur des solitaires sont devenus source

tutes, 69, 2006, p. 193-205).


d'informations bien que, paradoxalement, ils soient
dépourvus de noms, faits et dates.

241*
bulletin codicologique 2007, 2

L'attention de J. M. s'est portée sur une miniature jà une idée des avatars subis par ce codex. Pour no-
du ms. Vatican, BAV, Vat. lat. 2094, de la fin du tre a., Armand de Saint-Michel, pénitentier aposto-
e
XV s., figurant au fol. 8r comme page titre de la lique (1333), et maíˆ tre à son tour du Saint-Palais,
traduction latine par Théodore Gaza de l' Historia acquit le ms. et y fit recopier les notes et brouillons
animalium d'Aristote. Reproduite en pleine page de Belvézer, en particulier la forme actuelle de la
dans le présent article, elle présente un scribe en Collatio , dont on ne connaíˆ t pas d'autre témoin. Ce
costume d'apparat qui, assis devant son pupitre, type de collatio par ailleurs doit s'entendre comme
porte son regard sur une variété d'animaux terres- un exercice de bachelier débutant (commentaire ini-
tres, aériens et aquatiques, ainsi que deux représen- tial et à livre ouvert de sententiae
, ou introduction à
tants du genre humain, qui sont présents devant lui. quelque disputatio , sans revision ou réécriture), ras-
Plusieurs interprétations de cette scène ont été pro- semblant des notes prises au vif lors d'exercices sco-
posées, parfois comme une scène de l'Eden, mais en laires: d'où les imprécisions et les inexactitudes de
fait il s'agit plutoˆt d'une représentation imaginaire tout genre, les erreurs dans les citations. En bref,
d'une ancienne métaphore. S'appliquant à retracer la composition n'a guère été soignée, et les défauts
le contexte historique de cette miniature, se ran- qui affectent celle-ci se retrouvaient alors communé-
geant d'ailleurs à un identification déjà proposée ment dans les reportationes(ou démarquages d'un
confrère), dans des essais ou des premières façons.
Collatio
par Giorgio Stabile, l'a. y découvre une représenta-
tion d'Aristote, qui comme ‘philosophe de la nature' — Passons aux références de la : les extraits
s'impose comme l'autorité supreˆme concernant les de Platon et d'Aristote n'apparaissent point chez Ar-
connaissances de la nature. G. Michiels mand dans leur littéralité, mais ils y sont adaptés au
contexte; le Stagirite est connu à travers Averroès;
De intellegentia
Une certaine ide´e de la
des souvenirs surnagent aussi du de
558. Morard (Martin). Witelo (ou Vitellion; Silésie, 1220/1230-1270; cf. la
science sacre´e: la Collatio super Sacram Scriptu- certitudo que donne la foi, le « rayon de lumière »
ram d'Armand de Belve´zer, O.P. (Recherches de émanant de l'Écriture) et de Proclus; les évocations

The´ologie et Philosophie me´die´vales, 73,1, 2006, scripturaires sont flottantes, et les Pères n'ont guère
été mis à contribution. La Collatio pourtant présente
p. 99-174). un éloge de l'Écriture, laquelle y apparaíˆ t comme
Que le dominicain Armand de Belvézer (1
ère
m.
scientia première pour ses valeurs historique, tropo-
logique, allégorique, anagogique. Quant au livre de
Sentences Collatio
e
du XIV s.) fuˆt un thomiste convaincu (voir entre
inséré à la , il résume l'histoire de
autres le jugement du Père M.-H. Laurent, en
1930), une Collatio super Sacram Scripturam inédite,
l'humanité (création de l'homme, la faute, la ré-
demption par le Christ, le retour à Dieu). Qu'en
que l'a. a dégagée d'un Parisinus, permet de mieux
de Bello uisu
en cerner l'engagement. Né en un ( ) du
est-il finalement du « thomisme » d'Armand? La dis-
tinction essence/existence (cf. le De ente et essentia
Rouergue (région de Millau) dans le dernier tiers du
e de Thomas) est commune aux deux dominicains.
XIII s., Armand entra chez les dominicains avant
D'autre part, c'est pour Armand la capacité origi-
1303. Nommé maíˆ tre en théologie par le pape Jean
nelle de connaíˆ tre Dieu qui éclaire l'homme, non les
XXII, il rédigea principalement un commentaire sur
connaissances utilitaires d'un sujet faillible (cf. la
l'évangile de Matthieu, un autre (sélectif) sur les
Tractatus de declaratione difficilium dic- Summa theol. ). Loin de faire d'Armand un « disciple
psaumes, un
torum theologiae militant de Thomas », l'a. verrait plutoˆt dans la Col-
, lequel, dédié à un Jean de Brixen
ou de Brescia, fut souvent reproduit (plus de 80
latio super Summam Scripturam « le miroir terni de
la formation initiale d'un bachelier sentenciaire ».
mss). Il avait rédigé aussi (vers 1323/1326, selon
Laurent) une exégèse du De ente et essentiade Tho-
Une première annexe propose (p. 157 s.) le tableau

mas d'Aquin, puis (1330-1340?) une Expositio hymni allégorique de l'organisation du savoir chrétien »
o

Veni creator . Promu maíˆ tre du Sacré-Palais, en Avi-


(d'après le ms. Paris, BNF, lat. 2584, f 40 r b), puis
(p. 160-174) le texte de la Collatio... in generali, mu-
gnon, il eut à aménager les baˆtiments voués à l'en- ni d'un apparat critique et d'un index des citations
seignement de la théologie. Ceci ne lui évita point scripturaires, d'une liste des autres testimonia (éven-
d'eˆtre exclu de la Curie à cause de vues opposées à tuellement corrigés), et des références aux loca simi-
celles de Jean XXII, à propos de la vision béati-
fique. La Collatio s. S.S. que nous évoquions au dé-
lia que Thomas aurait précédemment pris en
compte. P. Hamblenne
part est conservée aujourd'hui par le seul ms. Paris,

(Hubert). Karls des Großen zwei-


BNF, lat. 2584. Ce codex apparaíˆ t en 1369 dans
l'inventaire de la bibliothèque pontificale d'Avignon, 559. Mordek
dressé sous Urbain V; passé dans les acquisitions de tes Kapitular von Herstal und die Hungersnot
Colbert (1680), il aboutit dans la Bibliothèque
der Jahre 778/779. (Deutsches Archiv für Erfor-
schung des Mittelalters, 61, 2005, S. 1-52).
o
Royale. Un des textes (f 93v b) indique comme
t. post quem de l'ensemble le mois d'octobre 1333:
quoique homogène (écriture, mise en page), le livre Bei dem vorgestellten Stück handelt es sich um
est un recueil composite, et l'a. en détaille l'évolu- ein Kapitular des Königs an breite Schichten der
tion avec une description matérielle minutieuse des Bevölkerung, durch religiöse wie finanzielle Mittel
folios et de leurs agencements successifs. La compa- ihn und das fränkische Heer zu unterstützen, die
raison entre un inventaire connu de 1375 (détaillé Bedrängnis der Massen zu mildern und den hung-
ici aux p. 117-121) et l'état actuel du ms. donne dé- ernden Armen zu helfen. Für die Entstehungszeit

242*
bulletin codicologique 2007, 2

in den Jahren 778/779 führt der Verfasser eine Rei- différentes parties du corps, surtout les cheveux,
he von Gründen an, die Herstaler Provenienz ist mais il existe également des cas plus remarquables
durch Überlieferung und Überschrift nachgewiesen. comme des recettes pro decoratione faciei leprosiou
Eine Edition beschließt den Beitrag. Folgende Hss. de fetore oris , qui figurent dans le ms. Vatican,
werden herangezogen: Avranches, BM, 145; Barce- BAV, Pal. lat. 1320. Le présent article est essentiel-
lona, Archivio de la Corona de Aragón (ACA), Ri- lement consacré à deux grands traités de chirurgie,
poll 40, Cambridge, CCC, 190, Gotha, ForschungsB, de la main de Henri de Mondeville (décédé vers
Memb. I 84; Ivrea, B. Cap., XXXIII, XXXIV; 1320) et de Guy de Chauliac (décédé en 1368). L'a.
München, Bay. SB, Clm 19416; Nürnberg, StB, constate que ces deux maíˆ tres mentionnent certaines
Cent. V. App. 96; Paris, BNF, lat. 4404, 4634, recettes cosmétiques qui figurent également dans un
4635, 4636, 4637, 9654; St. Gallen, StiftsB, 727, ouvrage gynécologique bien connu, à savoir le Tro-
733; Vatikan, BAV, Pal. lat. 582, 583, Reg. lat. tula . Il est possible que ces trois ouvrages aient uti-
291, 447, 520, 974; Wolfenbüttel, HAB, Blanken- lisé les meˆmes sources, étant donné que plusieurs
burg, 130. B. Gullath recettes cosmétiques, tirées surtout des textes d'Avi-
cenne et peut-eˆtre de Rhazès, circulaient sous forme

La mort du souverain entre Antiquite´ et de compilations ou d'extraits, comme en témoigne le

haut Moyen Aˆge. Textes réunis par Brigitte


560.
ms. Vatican, BAV, Vat. lat. 2418. Mais il est encore
plus probable que le Trotula constitue une source di-
Boissavit-Camus, François Chausson et recte de Henri de Mondeville et de Guy de Chauliac.
Il est en effet connu que certains mss contenant
Hervé Inglebert. Paris, Picard, 2003, 24 cm,
191 p., pl. (Themam-UMR 7041, Textes, His- l'ouvrage gynécologique étaient conservés dans le

toire et Monuments de l Antiquite´ tardive et du


'
milieu universitaire, comme c'est le cas des mss lat.

Moyen Aˆge
6964, lat. 16191 et lat. 16222 de la BNF de Paris.
). Prix: EUR. 28. ISBN: 2-7084- A. Smets

0711-2. o
Mulder (Herman). Voir n 424.
Ce petit ouvrage est issu d'une rencontre multidis-
ciplinaire organisée le 2 et 3 avril 2002 à l'université
562. Muller (Jean-Claude). « faites-moi la
de Paris X-Nanterre, maison de l'Archéologie et de
graˆce de ne pas de´daigner mon envoi »: Re´quisi-
l'Ethnologie. Tous les articles sont basés sur des
sources éditées et ne concernent que peu l'époque tions de manuscrits et trafic d'incunables à Metz,
médiévale. à Luxembourg et au pays de Tre` ves par Jean-
Outre l'analyse des objets caractéristiques ou Baptiste Mauge´rard sous le Consulat. Édition
symboliques qui accompagnent le défunt et exhumés
de sa correspondance avec van Praet (1802-
par les archéologues, plusieurs articles se penchent
sur le mode du décès des souverains: mort violente, 1803) et d'un inventaire complet des manuscrits
mystérieuse, suicide ou intentions suicidaires, pré- d'Echternach et d'Orval re´quisitionne´s à Luxem-
maturées ou suivies d'une apothéose. Deux exposés
BC bourg au profit de la Bibliothe` que nationale de
intéressent plus précisément le : Hervé Inglebert
Paris (Hemecht. Zeitschrift für Luxemburger Ge-
« La mort des empereurs persécuteurs dans les sour-
e e
ces chrétiennes des III -V siècles » (p. 139-153) et schichte, 52, 2000, 1, p. 5-80, ill., tableaux).
Jean- Pierre Callu « Le jour où le prince mourut » En aouˆt 1794, à l'approche des troupes françaises,
(p. 157-166); l'auteur y souligne deux poˆles du deuil des moines d'Echternach se réfugient au-delà du
e
dans la deuxième moitié du IV s.: sa commémora- Rhin et emportent dans cette fuite leurs biens les
tion présentée dans les chroniques et les almanachs plus précieux. En octobre et novembre de la meˆme
et sa célébration festive, concernant les martyrs ou année, l'abbaye et sa bibliothèque sont pillées par
les souverains d'Orient, mentionnées dans la liturgie les soldats et la « populace ». Un an après les faits,
chrétienne et la littérature romanesque. le commissaire du Directoire près l'Administra-
Chr. Van den Bergen-Pantens
tion d'arrondissement de Luxembourg, Jean-Georges
Willmar, fait récupérer chez des particuliers des mss
Mosley (James). Voir n
o
356. volés et rédiger un catalogue des ouvrages jugés les
plus intéressants de la bibliothèque. Après avoir
temporairement réintégré l'abbaye, la communauté
o
Mostert (Marco). Voir n 596. abandonne définitivement celle-ci en janvier 1797.
C'est au monastère bénédictin de Saint-Pierre à Er-

(Laurence). Esthe´tique
furt, où de précieux mss avaient été déposés en sé-
561. Moulinier-Brogi curité, qu'un groupe de moines, dont le biblio-
et soins du corps dans les traite´s me´dicaux latins thécaire Käuffer (ou Keiffer), entrent en relations
à la fin du moyen aˆge. (Me´diévales, 46, 2004, avec Jean-Baptiste Maugérard, religieux-enseignant
depuis 1758 de l'abbaye Saint-Arnoul de Metz. Ce-
p. 55-72).
lui-ci établit le contact avec le duc Ernest II de Go-
e
Entre le XII s. et la fin du moyen aˆge, la place tha qui se porte acquéreur de la majorité des
qu'occupent les soins de beauté dans les traités mé- pretiosa Epternacensia. Depuis que la Constitution
dicaux s'accroíˆ t considérablement. Sous le nom de civile du clergé l'a obligé à quitter son monastère,
decoratio
, les a. donnent des recettes pour soigner Maugérard mène en Allemagne des pérégrinations

243*
bulletin codicologique 2007, 2

secrètes pour s'approprier des mss et des incunables 564. Murano (Giovanna). Copisti a Bologna
et en assurer la commercialisation. En 1802, il est
(1265-1270). Turnhout, Brepols, 2006, 24 cm,
211 p., pl., index. (Fe´de´ration Internationale des
nommé par le ministre français de l'Intérieur « com-

Instituts d'Études me´diévales. Textes e´tudes du


missaire des Sciences et Arts dans les quatre Dépar-
tements de la rive gauche du Rhin », avec mission
de sélectionner les meilleures pièces (mss, livres mais
aussi inscriptions sur pierre, sculptures, vitraux...)
Moyen aˆge, 37). Prix: EUR. 40.00. ISBN:
978-2-503-52468-9.
pour les collections nationales centralisées à Paris,
et est pourvu d'une place de chanoine de la cathé- En 1265 a été institué à Bologne l'Ufficio dei me-
drale de Metz. Il prend sa retraite administrative moriali, chargé d'enregistrer, intégralement ou par-
quatre ans plus tard, sans pour autant cesser le tiellement, toutes les formes de contrats. Cette ins-
e
commerce de mss et d'incunables, et meurt en 1815. titution fut très active jusqu'à la fin du XIV s. et
Alors que les vies multiples de cet étonnant per- ne sera supprimée qu'en 1453. Nous conservons plus
sonnage ont déjà attiré l'attention des chercheurs, de 2400 registres originaux, reliés en 322 gros volu-
on doit à J.-C. M. la découverte à la B. nationale à mes, jusqu'à la date de 1436: une riche mine qui
o r v
Paris (n. a. fr. 3230, f 151 -175 ) et l'édition de n'est aujourd'hui que très partiellement éditée, no-
onze lettres autographes de Maugérard, rédigées en- tamment pour les années 1265-1270. Le présent vo-
tre septembre 1802 et avril 1803, au départ de Metz, lume recense plus de 270 copistes actifs à Bologne
Trèves ou Wittlich, et adressées à Joseph Basile pendant ces cinq années, et décrit minutieusement,
Bernard Van Praet, directeur de la B. nationale. sur la base des études précédentes et de toutes les
Elles éclairent d'un jour particulièrement bienvenu informations documentaires disponibles, leur car-
mais peu édifiant l'action de l'ancien bénédictin. rière, leur origine, les conditions de leur activité. Il
L'a. retrace aussi l'histoire, depuis 1860, de l'iden- en ressort que ces copistes travaillaient pour une po-
tification des mss d'Echternach à la B. nationale à pulation d'étudiants que l'on évalue, pour la seconde
e
Paris et livre l'édition d'une liste détaillée en latin moitié du XIII s., à plus de 2000 personnes, que 20
(document conservé aux archives de la BNF) des % de ces copistes sont ou deviendront notaires, que
84 mss réquisitionnés à Luxembourg (81 en prove- la moitié des copistes actifs à Bologne proviennent
nance d'Echternach et 3 originaires d'Orval). Pour d'autres villes de l'Italie du Centre-Nord (Modène
chacun d'entre eux, renvoi est fait à la cote actuelle surtout), que moins d'une dizaine sont étrangers,
et au numéro d'ordre dans la liste-quittance délivrée que des femmes travaillaient à la production des li-
par Maugérard aux autorités luxembourgeoises le 19 vres et que l'on ne trouve pratiquement pas de trace
vendémiaire an XI (11 octobre 1802). de copistes itinérants, tous provenant de familles
Mss concernés: Paris, BNF, lat. 8847, 8912, 8915, bien implantées à Bologne. G. M. étend aussi son
8917, 8919, 8922, 8960, 8996, 9344-9346, 9382, étude aux artisans (papetiers, relieurs, enlumineurs
9389, 9421-9422, 9433, 9488, 9521, 9525-9530, etc.) qui contribuaient à la fabrication des livres,
9532-9534, 9536, 9538-9539, 9541, 9554-9558, 9560, aux conditions contractuelles et économiques du
9565-9569, 9571, 9666, 9737-9738, 9740, 9749, 9765, marché libraire, aux diverses taˆches assignées (co-
10158, 10184, 10195, 10275, 10290-10291, 10314- pies, corrections, gloses), aux colophons et subscrip-
10315, 10317, 10399-10400, 10437, 10440, 10443- tions apposées aux actes, enfin aux indications
10444, 10463, 10510, 10597, 10600-10601, 10618, relatives à lapecia et aux sigles des libraires et sta-
10768, 10837, 10852, 10862, 10864, 10866, 10870, tionnaires, afin de préciser les techniques des ate-
11104, 11123, 11126-11129, 11242, 11273, 11275, liers. Les résultats de cette vaste enqueˆte (p. 13-96)
11328, 11334, 11338; fr. 12457. J.-M. Yante sont accompagnés de la liste des 278 copistes identi-
fiés pour les années 1265-1270, avec les informations

Jean-Claude). Catalogue et e´tude


biographiques et documentaires ainsi que la biblio-
563. Muller ( graphie dont nous disposons pour chacun (p. 97-
codicologique des quinze manuscrits de l'Institut 173). Deux index (des noms de personnes et de
arche´ologique du Luxembourg à Arlon. (Bulletin lieux, des mss) ainsi qu'une vingtaine de reproduc-

trimestriel de l'Institut arche´ologique du Luxem- tions de pages de mss complètent le volume.

bourg — Arlon, 78, 2002, 3-4, p. 43-64). A. Schoysman

(Petra). Vybrane´ prmeny k exis-


e o
Le seul ms. antérieur au XVII s. (n 1) provient
565. Mutlová
de l'abbaye cistercienne d'Orval, consiste en un re-
tenci drázdanske´ skoly; Selected Sources on the
Existence of the Dresden School. (Querite pri-
cueil de textes franciscains et était jusqu'à présent
inconnu de la littérature scientifique. Il réunit des
sermons, l'un daté de 1305, et quarante-cinq Quaes- mum regnum Dei..., p. 553-560), with E. sum-
tiones disputatae du franciscain anglais ou français
e mary.
Richard de Mediavilla, décédé au début du XIV s.
(« identification à vérifier » pour les Quaestiones ), The so-called Dresden school concerns several
ainsi que le texte des Verba fratris Egidii, à savoir scholars who were active in Prague and Germany
th
Gilles d'Assise, disciple de saint François. Ce ms. de at the beginning of the 15 century. Its history
e
la première décennie du XIV s. pourrait eˆtre d'ori- caused a number of frictions among the researchers.
gine universitaire parisienne et avoir été amené à The paper questions the existence of the Dresden
Orval par un membre de la communauté. School and summarizes the arguments for and
J.-M. Yante against the main opinions. P. M. acknowledges the

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bulletin codicologique 2007, 2

program of the school whose leading member was Le ms. Exeter, Cath. Libr., 3501, qui date d'envi-
Nicholas of Dresden. His opinions were accepted ron 975, contient aux fol. 115-115v le poème en an-
among his immediate followers. Several sources cien anglais The Wife s Lament
' . Ce poème pose
show this spread and influence, for example a par- plusieurs problèmes d'interprétation, et l'a. étudie
ody of the confession composed around 1418. The ici la fin du texte, à savoir les lignes 42-52a. En
edition of the text (inc.: Primo Confiteor, quia con- combinant une approche philologique avec une ana-
fessus fui credens, quod sacerdos posset me absolvere
) is lyse inspirée de l'anthropologie historique, il arrive à
based on two mss: 1. Wien, ÖNB, 4314, f. 134v- la conclusion que ces lignes ne contiennent pas de
135r; 2. Prag, Narodní́ Knihovna (NK), früher Uni- réflexions philosophiques sur les peines liées à la vie
versitni Knihovna (U. Knih.), XI. F. 30, f. 40v-41v. humaine, mais au contraire un ‘cri du cœur' d'une
femme isolée et blessée. Il s'agit de propos blasphé-
P. Spunar
matoires et l'a. insiste largement sur la place du
blasphème dans le monde médiéval et sa présence
o dans des textes écrits, à partir de la Bible (psaume
Nersessian (Vrej). Voir n 610. 108). À ce sujet, il compare les formulations du
poème avec d'autres trouvées dans des textes d'ex-

(Martha G.). Real Men and


communication (ms. Cambridge, CCC, 303), de ma-
566. Newman numissions (Cambridge, CCC, 140) ou encore des
Imaginary Women: Engelhard of Langheim « ex-libris » contenant des passages vitupérant
Considers a Woman in Disguise. (Speculum, d'éventuels voleurs (ms. Londres, BL, Cotton Otho
B.ix). A. Smets
78,4, 2003, p. 1184-1213).

(Pierre). La Bible d'Acre. Gene` se et


Au moment où ils préparent son corps pour l'en-
568. Nobel
terrement, les moines du monastère de Schönau
s'aperçoivent que leur frère Joseph était une femme, Exode. Édition critique d'apre` s les manuscrits
qui sera connue plus tard sous le nom de Hildegund
de Schönau. Cette histoire curieuse, dont on ne sait
BNF nouv. acq. fr. 1404 et Arsenal 5211.
Besançon, Presses universitaires de Franche-
Comté, 2006, 22 cm, XCVII-263 p. (Litte´rai-
pas si elle a vraiment eu lieu, nous est relatée pour
la première fois par Engelhard de Langheim, peu
après 1188, dans un livre d' exempla . Il existe deux res). Prix: EUR. 33. ISBN: 2-84867-156-4.
versions complètes de cette histoire, lesquelles sont P. Nobel nous donne ici l'édition critique de deux
contenues dans les mss Munich, Bay. SB, Clm
13097 et Poznan, Miejska B., 173 (éd. J. Schwarzer,
livres de la Bible d Acre
' , la Genèse et l' Exode
. Cette
traduction du texte sacré est connue par sept mss.
1881). Des fragments se retrouvent dans les codex Font l'objet d'une notice les mss Paris, B. Arsenal,
Zwettl, StiftsB,13 et Heiligenkreuz, StiftsB, 177 et 5211 (sigléA ) (reproduction des f. 15v et 30); Paris,
le ms. Paris, BNF, n.a.lat. 2627 la mentionne dans
la table des matières. Plus tard, d'autres auteurs la
N
BNF, nouv. acq. fr. 1404 ( ) (reproduction d'un dé-
tail du f. 2, des f. 6v et 8); Chantilly, Mus. Condé, 3
reprennent: il en existe des versions anonymes en
vers (mss Munich, Bay. SB, Clm 22227 et Zwettl,
C
( ); Paris, BNF, fr. 2426 ( N 2
) (reproduction du
f. 3). Notices sommaires pour les mss Paris, BNF,
StiftsB, 24) et en prose (mss Heidelberg, UB, Sal. fr. 6447; Gardner A. Sage Library, fragment; Paris,
X 1 et Bruxelles, KBR, 7508-18 (3178)), elle figure
dans le Dialogus miraculorum de Caesarius de Heis-
B. Mazarine, 54 qui ne renferment pas les livres bi-

terbach, dans une vita d'un moine cistercien ano-


bliques faisant l'objet de la présente édition. À ces

nyme et dans une autre vita , d'Eberard de Com-


mss, il faut ajouter le ms. aujourd'hui perdu jadis
possédé par François de Gonzague, capitaine de
meda, dont une version courte est conservée dans le Mantoue (inventaire de 1407).
ms. Paris, BNF, lat. 3338. Les mss de Zwettl (13) et
de Poznan cités ci-dessus contiennent également
L'a. confirme que la Bible d Acre
' est une étape
importante vers la constitution d'une Bible intégrale
quelques lettres d'Engelhard de Langheim et nous
avons également conservé une vita de sa main, ra-
en langue vulgaire sous forme de recueil de parties
préalablement traduites. L'origine géographique de
contant l'histoire d'une femme nommée Mathilde,
qui est devenue abbesse au couvent d'Edelstetten.
la source de la Bible d Acre
' est finement discutée.
Rappelant, d'une part, que les traductions du Livre
À partir de ces écrits, il est possible de savoir plus des Juges et du Livre des Rois sont d'origine an-
sur les idées d'Engelhard. Il en ressort clairement glaise, et, d'autre part, que tous les livres historiques
que, meˆme si dans de rares cas des femmes sont les de l'Ancien Testament, y compris le Livre des Ju-
protagonistes de ses histoires, il conserve une vue ges, présentent des similitudes avec la Bible anglo-
masculine de l'ordre cistercien, ce qui explique éga- normande , qui pourrait donc partager un anceˆtre
lement une certaine confusion par rapport à l'his-
toire d'Hildegund, qu'il présente cependant comme
commun avec la Bible d Acre
' , la source de cette der-
nière est vraisemblablement insulaire. L'absence de
un modèle pour les autres moines cisterciens. lexèmes typiquement anglo-normands dans la Genèse
A. Smets Exode
et l' s'explique sans doute par la réécriture de
la traduction-source dans la langue en usage à Acre.

(John D.). The Problem of the End-


Le ms. retenu comme base est N , alors que la cri-
567. Niles

ing of The Wife's Lament. (Speculum, 78,4, tique voyait jusqu'à présent dans A le meilleur
texte. En fait, A, produit à Acre, tout comme ,N
2003, p. 1107-1150). mais 30 ans après lui, modernise la langue, élimine

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bulletin codicologique 2007, 2

les tournures régionales et multiplient les interven- beaucoup plus vaste de pérennisation du savoir, tant
tions visant à livrer une histoire sainte dans une sur le plan concret — la rédaction du traité est qua-
version accessible et facilement compréhensible. No- si-contemporaine de la création par Auguste de la
tons que A a fait lui-meˆme l'objet d'une révision par bibliothèque publique bilingue du Temple d'Apollon
un correcteur qui en modernise et harmonise la Palatin —, qu'au plan plus symbolique d'un monu-
scripta C. , copié directement sur N, n'est pas utilisé mentum littéraire destiné à survivre à son auteur et
pour l'établissement du texte. En revanche, l'a. met ouvert sur l'universalisme, car compris comme un
à contribution la traduction occitane N
2 en cas de héritage pour tous les peuples et toutes les généra-
leçon divergente entre A etN , d'autant que N 2 tions futures. Par ce biais, le sapiens scriptor auquel
semble se rattacher à la famille de N
, choisi comme Vitruvius Pollio s'identifie se rend utile à l'humanité
base. tout entière et se coule ainsi dans une forme de sa-
L'introduction démontre notamment que les glo- cralité de l'« opus scriptum ». Selon l'a., c'est donc
ses marginales disposées autour de la justification une « philosophia Italica » de l'écrivain — dont la
dans N remontent à l'original et que le scribe du filiation intellectuelle remonte en fait à Pythagore,
ms. de l'Arsenal les a omises. Si l' Historia scolastica Démocrite et Archimède — que développe Vitruve
de Petrus Comestor en est une source majeure, l'a. à travers les préfaces d'un traité technique destiné
souligne surtout la multiplicité des sources, rarement à l'architecte « amateur », en l'occurrence son dédi-
reproduites ad verbum , souvent remaniées et abré- cataire, le princeps Auguste. À ce titre, la présente
gées de manière cohérente. La capitulation, très dif- publication, œuvre d'une philologue et historienne
férente de A N et , est également étudiée. L'étude de de la littérature latine peut apporter à l'archéologue
la langue apporte des éléments intéressants pour la du livre, toujours très près de ses sources, un point
connaissance de la scripta des mss réalisés dans le de vue plus philosophique ou anthropologique sur le
royaume franc. Sans que les abréviations utilisées livre et la bibliothèque antiques comme métaphores
par le scribe de N soient originales, on appréciera culturelles. L. Reynhout
les pages consacrées à leur relevé analytique.
L'édition est exemplaire. On regrettera simple-
570. Nuove riflessioni sulla lessicografia. Pre-
sente, futuro e dintorni del Lessico Etimologico
ment que les notes critiques, fort nourries, aient été
rejetées en fin de volume, ce qui les rend difficile-
ment consultables en l'absence d'appel de notes. Le
glossaire est riche. Peut-eˆtre aurait-il fallu le faire
Italiano. Atti del Seminario, Lecce, 21-22
Aprile 2005. A cura di Marcello Aprile. Gala-
précéder de quelques lignes exposant les principes
qui ont guidé sa confection (sélection des lexèmes, tina, Congedo Editore, 2007. 332 p. Prix:
relevé complet ou non des occurrences...). Sa lisibi- EUR. 28,00. ISBN: 9788880867 159.
lité aurait pu eˆtre facilement améliorée par le rejet Ce volume, dont la publication coí̈ncide avec les
en fin d'article des variantes graphiques ainsi que 75 ans de Max Pfister, figure centrale du grand pro-
par la lemmatisation des substantifs et adjectifs sur jet international « Lessico Etimologico Italiano »
les modèles des verbes avec présentation entre cro- (abrégé LEI), initié voici trente ans à Saarbrücken,
chets droits de la forme restituée. rassemble 17 textes touchant à divers aspects de la
Cette belle édition, qui vient compléter les études lexicographie italienne. Certains articles gravitent
des historiens d'art sur les mss produits en Terre autour du projet du LEI en illustrant la richesse de
o
Sainte (cf. dans ce BC, le n 444), est une réussite: cet instrument de travail, en interrogeant quelques
elle a permis de donner la place qui lui revenait au registres sémantiques ou exemples, et en posant des
ms. Paris, BNF, nouv. acq. fr. 1404 et de répondre questions de méthodologie. D'autres concernent les
à des interrogations restées pendantes parfois depuis apports étrangers à la langue italienne, secteur qui
e
la fin du XIX s. Fr. Duval a beaucoup intéressé le jubilaire (grécismes, lusis-
mes, hispanismes, germanismes, étymons gallo-ro-
569. Novara Auctor in Biblio-
(Antoinette). mans). Du point de vue de ce Bulletin
, on notera la

theca. Essai sur les textes pre´faciels de Vitruve contribution de Martin-Dietrich Glessgen, « Bases

et une philosophie latine du Livre. Préface de de données textuelles et lexicographie historique:


l'exemple des ‘Plus anciens documents linguistiques
Pierre . Louvain, Peeters, 2005, 24 cm,
Gros de la France' » (p. 157-167), qui propose, à l'aide de
XIV-188 p., index. (Bibliothe` que d'e´tudes classi- l'exemple d'une charte de l'abbaye de Salival datée

ques, 46). Prix: EUR. 40. ISBN: 90-429-1679-6. de 1234 ou 1235 et conservée aux Archives Départe-
mentales de Meurthe-et-Moselle, une réflexion mé-
Ce livre ne traite ni de codicologie, ni d'histoire thodologique sur l'encodage électronique de tels
des bibliothèques. Pourtant, il y est question de li- documents et sur leur analyse lexicologique. On re-
vre et de bibliothèque à toutes les pages... Par une lève aussi l'article d'Alessandra Coco, « Il Lessico
lecture très serrée des préfaces aux dix livres du De Etimologico Italiano e i trattati di ippiatria: alcuni
Architectura , l'a. établit d'abord de manière assez contributi da nuove fonti » (p. 41-68), qui éclaire le
probante la date de la recitatiode l'œuvre de Vi- domaine du lexique hippiatrique, et montre l'apport
truve devant Auguste, son dédicataire, durant l'été de deux textes non encore pris en considération
24 avant J.-C. Elle rattache ensuite le traité de l'ar- dans le LEI: un Pseudo-Aristote sur les chevaux,
chitecte romain au genre de ce qu'elle appelle un transmis par les mss Firenze, BN centr., II.IV.225,
« co-mémoire » ( com-mentarium ; à rapprocher des Pal. 533 et Landau Finaly 127, ainsi que Firenze,
hypomneˆmata grecs), ce qui l'inscrit dans un projet B. Riccard., 2216 et Modena, B. Estense, alpha.

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P.6.20; une Practica attribuée à Bonifacio di Cala- Städten die jeweilige, als « Spinnerin am Kreuz » be-
bria, et conservé dans les mss Bologna, B. Archigin., zeichnete gotische Wegsäule als ein Element der
1525 et 1543; Firenze, BN centr., Magl. XV 26; Darstellung verwendet, weil das eigentliche biblische
London, BL, Add. 15097; Modena, B. Estense e Thema auf einen Schauplatz extra muros festgelegt
U., alpha J.3.13 et alpha O.3.6; New York, PML, ist. Den Farbfotos der Originalzeichnungen sind to-
M 735. Cette contribution reflète l'apport d'un pro- pographische Interpretationsskizzen zur Seite ge-
jet de recherche sur la riche tradition manuscrite stellt, auf denen die unterscheidbaren Elemente mit
des textes hippiatriques italiens, initié à Lecce par Ziffern belegt sind. Im Text ist nachzulesen, was
Riccardo Gualdo, et qui a livré déjà des resultats darüber herauszufinden war.
o
appréciables (cf. BC, 2005, n 588). Die New Yorker Handschrift stammt aus der
B. Van den Abeele Fürstlich Liechtensteinischen Bibliothek in Wien,
wo sie sich bis 1983 befand. Es handelt sich um die
o Abschrift eines Werks, das der Kleriker Ulrich, der
Obhof (Ute). Voir n 511.
von 1345 bis 1351 Abt des Zisterzienserstifts Lilien-
feld bei St. Pölten war und 1358 starb, zu didakti-
o
Olivier (Jean-Marie). Voir n 542. schen Zwecken verfaßte. Es ist in der StiftsB
Lilienfeld (Codex 151) als Pergamenthandschrift in
fast vollständigem Umfang überliefert. Eine erste
571. Opll (Ferdinand), Roland (Martin). Abschrift liegt vor auf Papier (Budapest, Zentralbi-
Wien und Wiener Neustadt im 15. Jahrhundert. bliothek der Piaristen, Központi Könyvtár (Keg.
Unbekannte Stadtansichten um 1460 in der New Köz. Kön.) Codex CX 2), im Jahr 1413 angefertigt

Yorker Handschrift der Concordantiae caritatis durch den Wiener Bürger Stephan Lang, der zu die-

des Ulrich von Lilienfeld. Innsbruck-Wien-Bo- ser Zeit Grundbuchsverweser war. Dessen beide
Testamente (Wiener Stadt- und Landesarchiv, Hs.
zen, Studien Verlag, 2006, 24 cm, 135 p., pl., 285/3) sind als Anhang wiedergegeben. Eine zweite
index. (Forschungen und Beiträge zur Wiener Abschrift (Paris, BNF, nouv. acq. lat. 2129) ist die

Stadtgeschichte, 45). Prix: EUR. 19,90. ISBN: 1471 hergestellte Kopie der Budapester Abschrift
und stammt von dem Wiener Priester Hans Jarall-
978-3-7065-4341-5. ter. Das Exemplar der Pierpont Morgan Library be-
In einer Handschrift der New Yorker Pierpont ruht ebenso wie das Budapester auf dem Lilienfelder
Morgan Library (M 1045) fanden sich frühe Ansich- Codex. Es handelt sich um eine luxuriöse Ausferti-
ten von Wien (1, Deckfarbenminiatur) und Wiener gung auf Pergament, die mit Bildern in Deckfarben-
Neustadt (3, in Federzeichnung). Für Wien ist es malerei ausgestattet werden sollte, die allerdings
nach derjenigen auf dem Albrechtsaltar im Augusti- einen schwankenden Fertigstellungsgrad aufweist,
ner-Chorherrenstift Klosterneuburg, um 1435/40, die so dass es zum Teil bei kolorierten Federzeichnun-
zweitälteste bildliche Darstellung der Stadt. Im Fall gen geblieben ist. Auftraggeber war sehr wahr-
Wiener Neustadt sind es die absolut ältesten erhal- scheinlich der Salzburger Kleriker und Notar
tenen Ansichten. Bisher galt, dass ein Holzschnitt Leonhard Dietersdorfer. Er muß zwischen 1456 und
von Michael Ostendorfer aus der Serie « Der Heeres- 1473 verstorben sein. Daraus und aus anderen — li-
zug Karls V. im Jahre 1532 » die älteste Ansicht turgiegeschichtlichen, stilistischen und realienkundli-
bot. Bei den angestellten Analysen konnten sich die chen — Überlegungen ergibt sich die Datierung der
beiden Autoren, ein Historiker und ein Kunsthistori- Abschrift « um 1460 ». Die naheliegende Frage, war-
ker, nicht auf das Original, sondern nur auf Fotos um ein Salzburger nun gerade die Städte Wien und
stützen. Der Betrachter sollte an die « unbekannten Wiener Neustadt für sein Exemplar wählte, müssen
Stadtansichten » ke