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LES EFFETS DE LA CRISE

COVID19 SUR LA POLITIQUE


ÉCONOMIQUE
Le cas du Maroc

01 JUIN 2021
MOHAMED YOUNOUSSI
Sous encadrement de M. FATEM BOUTALEB
1

Sommaire :
Introduction……………………………………………………………………………………….2

PARTIE I : la situation au Maroc avant la crise COVID19…………………..4


CHAPITRE 1 : la dette extérieur………………………………………………4
CHAPITRE 2 : Le chômage et La croissance économique au Maroc….5
CHAPITRE 3 : La répartition des richesses et les inégalités sociales...7
Partie II : Réactions du Gouvernement et de la Banque Centrale face à
la crise sanitaire ………………………………………………………………...8
Chapitre 1 : Politique Monétaire………………………………………………8
Chapitre 2 : Politique Budgétaire…………………………………………...19
CONCLUSION…………………………………………………………………..25
2

Introduction
Le monde a connu vers fin Mars 2020 la propagation du virus COVID 19 ce qui a engendré une
crise économique jamais connu, les frontières ont été fermés dans les premières semaines
presque dans tous les pays, la plupart des pays, dont le Maroc a décidé de se confiner malgré les
conséquences.

Dans le Maroc , le confinement a pénalisé le système économique principalement par la


fermeture de la majorité des entreprises ( dont PME qui représentent presque 95% du tissu
productif national , contribuent à 40% des investissements privés HCP) et ça a affecté les
investisseurs , les salariés et les finances de l’Etat ( PIB et les impôts ) ce qui a doublement
aggravé la situation au Maroc ; on s’est trouvé avec une crise sanitaire obligeant l’Etat à se
mobiliser pour fournir le maximum d’aide possible et de fournir des compensations aux salariés.
Tout ça alourdi le déficit financier de l’année 2020 ce qui va forcément être plus lourde dans le
résultat budgétaire de l’année 2021 en dépit des mesures prise par l’Etat et principalement la
création du fond spécial COVID par sa majesté le roi Mohamed VI.

Aujourd’hui – plus d’un an après la crise – le Maroc est encore handicapé par les effets de cette
crise et on discute toujours des nouvelles lois alors que la plupart des pays développées ont
passé aux actions.

On est amené à travers cette étude à identifier la situation économique au Maroc avant et après
la crise et les mesures prises par l’Etat (ministère de finance et la banque centrale marocaine
BAM). Dans ce cadre il est favorable de définir certains concepts ;

Politique monétaire : « est un instrument de politique économique qui consiste à fournir les
liquidités nécessaires au bon fonctionnement et à la croissance de l’économie tout en veillant à
la stabilité de la monnaie. » selon : dictionnaire des sciences économiques et sociaux Ed hâtier

Politique budgétaire : « politique économique qui consiste à utiliser le budget de l’Etat pour
atteindre certains objectifs » même source

Banque centrale : pour un pays comme le cas du Maroc ou plusieurs pays comme les pays
d’Europe est une institution généralement indépendante de l’Etat qui veille que la politique
monétaire est bien exécutée, elle peut être nommée « banque des banques »
3

On a commencé notre recherche par la définition de la situation au Maroc Just avant le


déclanchement de la crise dans une première partie, après on s’est intéressé aux conséquences
et aux réactions du gouvernement et de la BAM

L’objectif principal de cette étude est d’analyser le rôle de l’Etat pour apaiser les effets de la
crise, et on va essayer de répondre à la problématique suivante : l’état marocaine, arrivait-t-il à
gérer économiquement la crise COVID 19 ?
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Partie I : la situation au Maroc avant la crise


COVID19
Cette petite partie nous met en situation du Maroc avant le
déclanchement de la crise.
Avant Mars 2020, Le Maroc n’était guère un paradis, on avait des problèmes économiques et
sociaux et les indicateurs souvent relevaient d’une crise dans l’horizon mais on ne savait ni
Quand ni Comment.

CHAPITRE 1 : LA DETTE EXTERIEUR


En considérant la politique monétaire au Maroc, l’Etat ne peut pas « créer de l’argent » ça veut
dire que si on est en situation de besoin on n’a que s’endetter et ses dettes prennent souvent la
forme d’empreints de l’Etat d’auprès du publique plus précisément des dettes extérieures, ce
qui aggrave le déficit budgétaire de chaque année, et comme ça s’accumule le Maroc devient
moins libre et plus dépendent des autres pays et de la FMI.
Selon le rapport de la dette publique publié par le gouvernement ; vers le dernier trimestre du
2019, l’encours de la dette extérieure publique s’est établi à 339,9 milliards DH, soit une hausse
de 13,3 milliards DH ou 4,1% par rapport à fin 2018.
À rappeler que, l’encours de la dette extérieure publique est composé de l’encours de la dette
extérieure du Trésor, des EPS, du Secteur bancaire public et des emprunts extérieurs garantis
par l’État des Cts et des IUP.
L’évolution constatée de l’encours de la dette extérieure publique s’explique, principalement,
par la hausse de l’encours de la dette extérieure du Trésor de 9,1% et la baisse de celui de la
dette extérieure publique hors Trésor de 0,1%.
En effet, l’encours de la dette extérieure du Trésor a enregistré une hausse de 13,5 milliards DH
passant de 148 milliards DH à fin 2018 à 161,5 milliards DH à fin 2019. Le ratio d’endettement
extérieur du Trésor a ainsi atteint 14,0% du PIB à fin 2019 contre 13,4% du PIB en 2018.
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Graphe : Évolution de l’encours de la dette extérieure publique

Ce graphe nous montre l’évolution de la dette extérieure publique dont on peut


aisément remarquer la croissance des encours et leur portion en PIB. Cela ne sonne pas dans le
bien de l’Etat marocaine et il fallait agir en création des richesses supplémentaires pour couvrir
les déficits et rembourser ses dettes, cela nous amène à un autre problème ; la croissance
économique au Maroc

CHAPITRE 2 : Le chômage et La croissance économique au


Maroc :
En observant la situation économique du Maroc et les problèmes qu’il fait face ; la croissance –
à côté du chômage- se montre comme le problème le plus perturbant et le défi ultime. Ayant
des ressources naturelles et humaines, le Maroc ne s’est jamais montré à la hauteur d’un pays
relativement ayant les mêmes ressources (à l’exception des périodes des Almoravides et des
Almohades où le Dinar marocain était comme le Dollar de nos jours). Le chômage est élevé, en
particulier chez les jeunes et les femmes (taux de 10.2 avant la crise selon le HCP). Des gains de
productivité supplémentaires étaient obligatoires pour stimuler la croissance et lutter contre le
chômage et donc renforcer la situation économique.
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Le problème est légèrement remarquable, c’est que le Maroc n’arrivait pas -depuis 1996-
d’atteindre un taux de croissance supérieur à 10% et il s’est stagné en 3% à 4%. Le problème qui
résulte systématiquement un autre problème ; le chômage.
Depuis l’année 2006 , le statut de BANK AL-MAGHRIB définit la stabilité des prix comme objectif
fondamental de la politique monétaire comme prévu dans l’article 6 du statut de la BAM dans
cet article il n’y a pas d’autres missions comme le financement du développement de l’économie
marocaine ni la croissance économique, ni le plein emploi et ça à cause de la nature de la
politique monétaire du Maroc , c’est le courant monétariste qui se base principalement sur la
neutralité de la monnaie dont on parlera dans la partie post-crise .
On connait que la stabilité des prix-selon les rapports de la BAM- représente une condition
cruciale pour un climat plutôt favorable à la croissance et la création des richesses, elle encourage
plus les investisseurs et garde le pouvoir d’achat, mais la question la plus importante est « est ce
que les autorités monétaires sont prêts à sacrifier des milliers de post de travail pour la stabilité
des prix ? »
On est d’accord que pour le long terme la BAM fait de son mieux, mais on ne peut pas négliger
ou sacrifier le court et le moyen terme. Comme disait Keynes : « ce long terme est une mauvaise
référence pour les affaires courantes. À long terme, nous serons tous morts »
En plus il n’est guère difficile de prouver la non coordination entre la politique monétaire menée
par la BAM et la politique financière menée par le gouvernement. Ce qui pose un autre problème,
l’indépendance du BAM du gouvernement, doit-t-il rester 100% ou doit-t-on le réexaminer et le
réguler ?
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CHAPITRE 3 : La répartition des richesses et les inégalités


sociales :
Comme on le sait, Le Maroc possède le niveau d’inégalités le plus élevé d’Afrique du Nord selon
OXFAM (une organisation internationale qui travaille avec plis de 66 pays dont l’ultime objectif
est d’attaquer la pauvreté et aux inégalités sociales). C’est un problème universel dont le Maroc
n’a pas pu s’échapper ; toujours selon l’OXFAM, « Trois milliardaires marocains les plus riches
détiennent à eux seuls 4,5 milliards de dollars, soit 44 milliards de dirhams. Leur richesse est
telle que la croissance de leur fortune en une année représente autant que la consommation de
375.000 Marocains parmi les plus pauvres, sur la même période. » Et « Les 10% les plus riches
ont un niveau de vie en moyenne 12 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, un écart qui
n'a guère reculé depuis les années 1990. » ces inégalités peuvent avoir des conséquences
catastrophiques dont la stagnation de la croissance économique ainsi que ma stabilité politique
, tenant l’exemple de l’Inde , ce pays est supposé être l’un des pays les plus riches mais il ne l’est
pas , la raison la plus pertinente c’est que les 1 % les plus riches détiennent quasiment 60 % du
patrimoine ! la Chine et les Etat Unis aussi . Le gouvernement, par la politique budgétaire et
financière est strictement responsable pour ce problème.

Voici en gros la situation au du Maroc et comment le gouvernement et la BAM agissaient


avant la crise, déjà ça ne sonnait pas mieux !
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Partie II : Réactions du Gouvernement et de la Banque


Centrale face à la crise sanitaire et conséquences sur
les politiques monétaire et budgétaire
NB : Toutes les informations inscrites dans les prochains
paragraphes proviennent à 100% de sources directes venant depuis
les articles gouvernementaux ainsi que les revues de notre banque
centrale, aucune information n’est biaisée mais chacune émise est
vérifiée.

Cette partie sera donc décomposée en deux chapitres principaux, le


premier discutant les états de notre politique monétaire et les
différents indicateurs englobant cette dernière ainsi que les effets du
Covid sur les nouvelles prises de décisions, puis un second chapitre
portant sur la politique budgétaire qui discutera de même que le
premier volet les états actuels et les réponses du gouvernement à la
crise.

Chapitre 1 : Politique Monétaire


Nous allons dans ce chapitre traiter les réactions de la banque centrale « BAM » face au
covid-19 en analysant les dernières revues explicitant la situation post-covid tout en
mettant en avant quelques effets qui déclenchèrent ces derniers mois de nouveaux
plans décisionnaires de notre politique monétaire.
Les différentes revues dont je me suis inspiré se référencient aux périodes de Janvier et
Février 2021.
Je vous souhaite une bonne lecture.
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Janvier 2021 :
L’allégement des restrictions appliquées pour contrecarrer la propagation du Covid-19 a
permis une atténuation de la contraction de l’activité économique mondiale au troisième
trimestre.

Dernières Données des Comptes Nationaux


Economies Avancées : Economies Emergentes :
• Etats-Unis : • Chine :
2.8% du PIB face à 9% au Amélioration : 4.9% face à 3.2% au
trimestre dernier (baisse de trimestre dernier
consommation et d’investissement) • Inde :
• Zone Euro : Croissance établie à -7%
-4.3% au lieu de -14.7%, évolution • Brésil :
due aux replis de : 4% en Croissance établie à -3.9%
Allemagne ; 3.9% en France ; 5% • Russie :
en Italie ; 9% en Espagne Croissance établie à -3.4%
• Royaume Uni :
8.6% du PIB au lieu de 20.8%

Au niveau des comptes extérieurs, les données à fin novembre font ressortir la poursuite
de la reprise des échanges extérieurs avec une atténuation des baisses à 15,9% pour
les importations et à 8,4% pour les exportations. Dans ce contexte, le déficit commercial
s’est allégé de 49,2 milliards par rapport à la même période de 2019 pour s’établir à
138,8 milliards de dirhams. Le recul des exportations a concerné l’ensemble des
secteurs à l’exception de ceux agricole et agroalimentaire et celui des phosphates et
dérivés. Ainsi, le repli des ventes a été de 10,8% pour le secteur automobile, de 18%
pour celui du textile, et de 30,1% pour celui de l’aéronautique. Pour sa part, la
diminution des importations reflète essentiellement l’allégement de 35,7% de la facture
énergétique, et des reculs de 19,3% des achats de produits finis de consommation et de
16,6% pour les biens d’équipement. Pour les autres principales rubriques du compte
courant, les recettes de voyage se sont chiffrées à 30,8 milliards, en diminution de
57,7%, et les transferts des MRE ont affiché une amélioration de 3,9% à 61,9 milliards.
Quant aux principales opérations financières, le flux d’IDE a connu un repli de 20% à
13,8 milliards et le flux des investissements directs des marocains à l’étranger a baissé
de 54,2% pour s’établir 3,9 milliards. À fin novembre, l’encours des avoirs officiels de
réserve a atteint 291,8 milliards de dirhams, représentant l’équivalent de 7 mois et 4
jours d’importations de biens et services.
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Sur le volet des finances publiques, les données au titre des onze premiers mois de
2020 font ressortir une accentuation du déficit, hors privatisation, à 59,2 milliards, contre
45 milliards un an auparavant et ce, compte tenu du solde positif de 8,3 milliards du
Fonds spécial de gestion de la pandémie de la Covid-19. En effet, les recettes
ordinaires ont reculé de 6,3% à 217,2 milliards, recouvrant une baisse de 7,6% des
rentrées fiscales et un accroissement de 9,1% de celles non fiscales. En regard, les
dépenses ordinaires se sont accrues de 3,5% à 231,6 milliards, reflétant principalement
des hausses de la masse salariale et des dépenses au titre des autres biens et services.
Le déficit ordinaire s’est établi ainsi à 14,4 milliards, contre un excédent de 8 milliards à
fin novembre 2019. De leur côté, les dépenses d’investissement ont régressé de 4,1% à
55,5 milliards, portant ainsi les dépenses globales à 287,1 milliards, en alourdissement
de 1,9%. Tenant compte de la réduction des dépenses en instance d’un montant de 1,4
milliard, le déficit de caisse hors privatisation s’est établi à 60,6 milliards, au lieu de 53,3
milliards durant la même période en 2019. Ce besoin a été couvert par des ressources
intérieures d’un montant net de 47,2 milliards et par un flux net extérieur positif de 13,4
milliards.
Sur le plan monétaire, l’agrégat M3 a augmenté de 7,7% en novembre au lieu de 7,3%
en octobre. Cette évolution traduit notamment une accélération de 9,8% à 10,6% de la
progression des dépôts à vue suite à l’amélioration de 11,2% après 10,6% de ceux des
entreprises non financières privées et de 21% contre une diminution de 13,2% de ceux
du secteur public. De même, les titres des OPCVM monétaires ont vu leur taux
d’accroissement passer de 6,9% en octobre à 7,4% en novembre.
En revanche, la monnaie fiduciaire s’est accrue de 20,6% au lieu de 22,6% et les dépôts
à terme ont accusé un repli de 12,9%, après celui de 12%, avec notamment une
accentuation de la baisse de 11,8% à 17,8% des dépôts des entreprises privées.
Quant au crédit bancaire, sa progression est passée de 4,3% en octobre à 5,2% en
novembre, recouvrant un ralentissement de 4,9% à 4,7% pour celui destiné au secteur
non financier et une hausse de 9% après 0,1% des prêts au secteur financier. Par
secteur institutionnel, la croissance du crédit aux entreprises non financières privées est
revenue de 6,9% à 6% tandis que les concours aux entreprises publiques ont progressé
de 4,4% contre 4% un mois auparavant. Quant au crédit aux ménages, son taux
d’accroissement est passé de 2,3% à 2,7%.
Au niveau sectoriel, le début de la campagne agricole 2020/2021 a été caractérisé par
un déficit pluviométrique atteignant, au 31 décembre 2020, 21,4% par rapport à la
campagne précédente. Pour sa part, le taux de remplissage des barrages à usage
agricole est revenu sur la même période à 35,8%, contre 47,6% un an auparavant.
Toutefois, le début de l’année a connu des précipitations abondantes qui ne
manqueraient pas d’affecter la campagne et les réserves en eau des barrages.
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Concernant l’industrie, après la forte diminution de 22% au deuxième trimestre, l’activité


s’est nettement redressée au troisième trimestre avec un recul limité de sa valeur
ajoutée à 2,6%. Cette reprise s’explique notamment par la bonne performance de
l’industrie chimique et para chimique, qui a vu sa valeur ajoutée augmenter de 13%, et
la forte atténuation de la baisse de l’activité dans la branche textile et habillement à -2%,
après -46,7%, et celle mécanique et métallurgique à -14%, au lieu de -53,6%. Cette
atténuation se serait poursuivie au quatrième trimestre comme l’atteste les résultats de
l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib qui indiquent une nouvelle
amélioration du TUC à 71% en moyenne en octobre et novembre. Dans le BTP, la
valeur ajoutée s’est contractée de 12,5% au troisième trimestre, après un repli de 17,1%
au deuxième trimestre. Ce recul aurait continué au quatrième trimestre avec une
ampleur toutefois moindre, les ventes de ciment ayant régressé de 1,3% au lieu d’une
baisse de 3,7% un trimestre auparavant. Concernant la branche « électricité et eau », sa
valeur ajoutée s’est accrue de 0,7% au troisième trimestre, après un repli de 12,3% au
trimestre précédent, reflétant une reprise graduelle de l’activité économique avec le
déconfinement graduel. Au quatrième trimestre, les indicateurs infra-annuels relatifs au
secteur montrent un repli, en octobre et novembre, de 3,5% de la production de
l’électricité globalement, de 32,9% pour l’hydraulique, de 23,5% pour l’éolienne, de 0,4%
pour la thermique, et une progression de 36,6% pour le solaire. Compte tenu d’une
amélioration de la demande de 0,5%, les importations ont augmenté de 162% et les
exportations ont chuté de 30,7%. Concernant les industries extractives, elles ont montré
une forte résilience avec une amélioration de leur valeur ajoutée de 4,3% au troisième
trimestre, après 7,9% un trimestre auparavant. Au quatrième trimestre, l’accroissement
de 8,5% en octobre et novembre de la production marchande de phosphate en
glissement annuel laisse présager une poursuite de la performance de cette industrie.
De son côté, la branche « hôtels et restaurants » a accusé une nouvelle contraction au
troisième trimestre avec toutefois une ampleur moindre à 65,2% à la faveur de la reprise
partielle du tourisme interne et, dans une moindre mesure, de la réouverture partielle du
trafic aérien et maritime de passagers. Cette contreperformance se serait maintenue au
quatrième trimestre compte tenu de la poursuite des restrictions notamment celles
imposées aux trafic aériens et maritimes de passagers. Concernant les services de
transport, la baisse de 55,7% de leur valeur ajoutée observée au deuxième trimestre
s’est atténuée à 32,8% au troisième trimestre à la faveur de la reprise de l’activité de
certains secteurs. Au cours des mois d’octobre et de novembre, les données infra-
annuelles disponibles indiquent des replis, en glissement annuel, de 81,6% du trafic
aérien de voyageurs et de 2,4% de celui de marchandises pour le maritime hors Tanger-
Med. Reflétant les contreperformances de l’activité économique, la situation du marché
du travail a été marquée par une perte nette de 581 mille emplois au troisième trimestre
2020 par rapport au même trimestre de 2019, particulièrement dans les services et
l’agriculture avec des reculs respectifs de 260 mille et de 258 mille postes, seul le BTP
ayant connu une légère création de mille postes. Tenant compte d’un retrait net de 213
mille demandeurs d’emplois, le taux de chômage s’est aggravé de 9,4% à 12,7%
globalement, de 12,7% à 16,5% dans les villes et de 4,5% à 6,8% dans les campagnes.
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Pour ce qui est du besoin de liquidité des banques, il s’est atténué à 83,4 milliards de
dirhams en moyenne hebdomadaire, contre 95,2 milliards en novembre, reflétant
notamment l’amélioration des réserves de changes. Dans ce contexte, les injections de
liquidité par Bank Al-Maghrib ont atteint 97,3 milliards de dirhams, incluant 42,4 milliards
à travers les avances à 7 jours, 19,6 milliards sous forme d’opérations de pension livrée,
29,1 milliards via les prêts garantis et 6,2 milliards au titre des opérations de swap de
change. Dans ces conditions, le taux interbancaire s’est établi à 1,5% en moyenne. Sur
les autres marchés, les taux des bons du Trésor se sont globalement orientés à la
hausse en décembre sur le marché primaire et n’ont pas connu des variations
significatives sur le marché secondaire. Pour les taux de rémunération des dépôts à
terme, ils ont marqué en novembre une baisse de 5 points de base à 2,26% pour ceux à
6 mois et une hausse de 27 points à 2,75% pour ceux à un an. S’agissant des taux
débiteurs, les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib auprès des banques relatifs au
troisième trimestre 2020 laissent indiquer une poursuite de la baisse des taux reflétant
notamment l’effet de la décision du Conseil de la Banque en juin d’abaisser le taux
directeur de 2% à 1,5%.
Ainsi, le taux moyen global est revenu à 4,3%, en recul de 28 points de base par rapport
au trimestre précédent. Par secteur institutionnel, les taux assortissant les prêts aux
entreprises ont connu un recul de 33 points, recouvrant des diminutions de 74 points
pour les crédits aux TPME et de 26 points pour ceux aux grandes entreprises. De même
les taux appliqués aux particuliers ont accusé un repli de 38 points, avec des baisses de
32 points pour les prêts à l’habitat et de 62 points pour les crédits à la consommation.
Au niveau des marchés des actifs, l’indice de référence de la bourse de Casablanca, le
MASI, a enregistré au cours du mois de décembre une hausse mensuelle de 2,7%,
terminant ainsi l’année 2020 sur une contre-performance de 7,3%. Dans ces conditions,
la capitalisation boursière a augmenté de 3%, d’un mois à l’autre, pour atteindre 585
milliards de dirhams et le volume des échanges s’est élevé à 17 milliards de dirhams,
dont 11,3 milliards réalisé sur le marché des blocs. Sur le marché de la dette
souveraine, les émissions de bons du Trésor se sont établies à 9,5 milliards de dirhams
en décembre, après 24,1 milliards en novembre et 12,7 milliards en moyenne mensuelle
durant l’année 2020. Tenant compte des remboursements, d’un montant de 24,3
milliards de dirhams, l’encours des bons du Trésor a atteint 600,7 milliards à fin
décembre, en hausse de 7,8% depuis le début de l’année. Sur le marché des titres de
créances négociables, les levées se sont établies à 2,5 milliards de dirhams contre 3
milliards en octobre et à 3,9 milliards en moyenne durant les dix premiers mois de
l’année. Au niveau du marché obligataire, les émissions ont atteint en novembre 23,3
milliards de dirhams depuis le début de l’année contre 14,6 milliards à la même période
en 2019. Tenant compte des remboursements, l’encours obligataire s’est établi à 147,5
milliards, en hausse de 7,4% depuis le début de l’année. S'agissant de l'inflation, elle a
décéléré, en glissement annuel, de 1,3% en octobre à 0,2% en novembre en lien
essentiellement avec le ralentissement du rythme d’accroissement des prix des produits
alimentaires à prix volatils de 7,8% à 0,8%.
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Février 2021 :
Dans un contexte marqué par la résurgence des contaminations et par des retards dans
les compagnes de vaccination, l’activité économique dans les principales économies
avancées a continué de fléchir au quatrième trimestre 2020.

Dernières Données des Comptes Nationaux


Economies Avancées : Economies Emergentes :
• Etats-Unis : • Chine :
2.5% du PIB face à -2.8% au Amélioration : 6.5% face à 4.9% au
trimestre dernier (hausse des trimestre dernier
investissements & exportations) • Inde :
• Zone Euro : Croissance établie à -7%
-5.1% au lieu de -4.3%, régression • Brésil :
due aux replis de : 3.9% en Croissance établie à -3.9%
Allemagne ; 5% en France ; 6.6% • Russie :
en Italie ; 9.1% en Espagne Croissance établie à -3.4%
• Royaume Uni :
7.8% du PIB au lieu de 8.6%
• Japon :
5.7% au 3ème trimestre

Au niveau sectoriel, la campagne agricole 2020/2021 se déroule dans des conditions


favorables. Les précipitations abondantes et généralisées enregistrées début janvier ont
plus que compensé le déficit pluviométrique observé à fin décembre. Le cumul
pluviométrique s’est en effet élevé, au 31 janvier 2021, à 189,5 mm, en hausse de
26,1% par rapport à la campagne précédente et de 18,8% par rapport à la moyenne des
cinq dernières années. Le taux de remplissage des barrages à usage agricole s’est
établi pour sa part à 44,9% au 31 janvier 2021 contre 37,1% à fin septembre 2020 et
47,3% un an auparavant.
Concernant l’industrie, après la forte diminution de 22% au deuxième trimestre, l’activité
s’est nettement redressée au troisième trimestre avec un recul de sa valeur ajoutée
limité à 2,6%. Cette reprise s’explique notamment par la bonne performance de
l’industrie chimique et para chimique, qui a vu sa valeur ajoutée augmenter de 13%, et
la forte atténuation de la baisse de l’activité dans la branche textile et habillement à -2%,
après -46,7%, et celle mécanique et métallurgique à -14%, au lieu de - 53,6%. Cette
amélioration se serait poursuivie au quatrième trimestre comme le laissent présager les
résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib qui indique une
nouvelle hausse du TUC, qui est revenu à un niveau proche de sa moyenne historique,
à 71% en moyenne, contre 67% au trimestre précèdent.
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Dans le BTP, la valeur ajoutée s’est contractée de 12,5% au troisième trimestre, après
un repli de 17,1% au deuxième trimestre. Ce recul se serait poursuivi, les ventes de
ciment ayant connu des régressions de 1,3% au quatrième trimestre et de 12,3% en
janvier 2021 S’agissant de la branche « électricité et eau », sa valeur ajoutée s’est
accrue de 0,7% au troisième trimestre, après un repli de 12,3% au trimestre précédent,
reflétant la reprise graduelle de l’activité économique. Au quatrième trimestre, la
production d’électricité a diminué de 3% contre une hausse de 0,3% un trimestre
auparavant. En regard, la demande nationale s’est améliorée de 2,3%, les importations
de 205,4%, alors que les exportations ont chuté de 32%. Pour les industries extractives,
elles ont marqué une amélioration de leur valeur ajoutée de 4,3% au troisième trimestre
après 7,9% au deuxième trimestre. Cette évolution devrait se confirmer au quatrième
trimestre comme le laisse indiquer l’accroissement de 9,9% de la production marchande
de phosphate.
De son côté, la branche « hôtels et restaurants » est restée en contraction au troisième
trimestre avec un taux de 65,2% moins important qu’un trimestre auparavant et ce, à la
faveur de la reprise partielle du tourisme interne et, dans une moindre mesure, de la
réouverture partielle du trafic aérien et maritime de passagers. Cette contreperformance
se serait maintenue au quatrième trimestre compte tenu de la poursuite des restrictions
notamment celles imposées aux trafic aériens et maritimes de passagers. Les arrivées
de touristes enregistrées durant les mois d’octobre et novembre se sont en effet
contractées en moyen de 83% en glissement annuel, de 94,1% pour les touristes
étrangers et de 61,8% pour l’effectif des MRE. De même, les nuitées recensées dans
les établissements classés se sont repliées de 85%, résultat des reculs de 95,3% pour
les non-résidents et de 56,8% pour les résidents.
Concernant les services de transport, la baisse de leur valeur ajoutée s’est atténuée de
55,7% au deuxième trimestre à 32,8% au troisième en raison de la reprise de l’activité
de certains secteurs. Cette évolution se serait poursuivie au dernier trimestre de l’année,
les données infra-annuelles disponibles indiquant des replis de 77,6%, après 89,1% du
trafic aérien de voyageurs et de 0,3%, après une hausse de 5,8%, de celui maritime de
marchandises hors Tanger-Med.
Sur le marché du travail, les données du HCP pour l’ensemble de l’année 2020 font
ressortir une nette dégradation de la situation, avec une perte globale de 432 mille
emplois par rapport à 2019. La baisse s’est élevée à 273 mille postes dans l’agriculture,
forêt et pêche, 107 mille dans les services, 37 mille dans l’industrie y compris l’artisanat,
et 9 mille dans le BTP. Parallèlement, le taux d’activité a de nouveau reculé, revenant
de 45,8% à 44,8% et le taux de chômage s’est nettement aggravé, passant globalement
de 9,2% à 11,9%, de 12,9% à 15,8% dans les villes et de 3,7% à 5,9% en zones
rurales. Pour les jeunes de 15 à 24 ans en particulier, ce taux a augmenté de 6,3 points
à 31,2% globalement et de 6,1 points à 45,3% dans les villes.
15

Concernant les comptes extérieurs, les échanges commerciaux ont été marqués en
2020 par les répercussions de la crise liée à la pandémie du Covid-19. En effet, et
malgré la reprise enregistrée durant les derniers mois, les données provisoires portant
sur l’ensemble de l’année indiquent une diminution de 11,7% des échanges de biens.
Le recul a été de 14,1% pour les importations, et de 7,5% pour les exportations,
induisant un allégement de 23,1% du déficit commercial à 158,7 milliards de dirhams et
une hausse du taux de couverture de 4,5 points de pourcentage à 62,4%. La baisse des
exportations a été généralisée à l’ensemble des secteurs, à l’exception des ventes des
phosphates et dérivés et des produits agricoles et agro-alimentaires. Ainsi le repli des
ventes a été de 9,3% pour le secteur automobile, de 19,2% pour celui du textile, et de
28,9% pour celui de l’aéronautique. En parallèle, la diminution des importations est
imputable à l’allégement de 34,7% de la facture énergétique et aux reculs de 15,9% des
achats de produits finis de consommation et de 13,6% pour les biens d’équipement.
Pour les autres principales rubriques du compte courant, le solde excédentaire des
services s’est dégradé de 31,2%, suite à la diminution de 53,8% des recettes de voyage
et les transferts des MRE ont affiché une amélioration de 5% à 68 milliards. Quant aux
principales opérations financières, le flux net d’IDE a progressé de 1% à 15,5 milliards
résultat d’un repli plus accentué des cessions par rapport aux recettes, et celui des
investissements directs des marocains à l’étranger a baissé de 53,1% pour s’établir 4,7
milliards. À fin 2020, l’encours des avoirs officiels de réserve a atteint 320,8 milliards de
dirhams, représentant l’équivalent de 7 mois et 25 jours d’importations de biens et
services.
Sur le volet des finances publiques, les données au titre de l’année 2020 font ressortir
un déficit, hors privatisation, de 82,4 milliards, contre 46,9 milliards un an auparavant et
ce, compte tenu du solde positif de 5,3 milliards du Fonds spécial de gestion de la
pandémie de la Covid-19. En effet, les recettes ordinaires ont reculé de 7,6% à 253,1
milliards, recouvrant des baisses de 6,8% des rentrées fiscales et de 12,4% de celles
non fiscales. En regard, les dépenses ordinaires se sont accrues de 2,1% à 255,9
milliards, reflétant principalement des hausses de la masse salariale et des dépenses au
titre des autres biens et services. De leur côté, les dépenses d’investissement ont bondi
de 18,8% à 85,9 milliards, portant ainsi les dépenses globales à 341,8 milliards, en
alourdissement de 5,8%. Tenant compte de la constitution de stock des opérations en
instance d’un montant de 14,7 milliards, le déficit de caisse, hors privatisation, s’est
établi à 67,6 milliards, au lieu de 51,4 milliards à fin 2019. Ce besoin a été couvert par
des ressources intérieures d’un montant net de 24,7 milliards et par un flux net extérieur
positif de 42,9 milliards.
Sur le plan monétaire, l’agrégat M3 a clôturé l’année avec une croissance de 8,5% au
lieu 3,8% en 2019. Cette évolution reflète des accélérations de 7,1% à 20,1% de la
monnaie fiduciaire et de 4,7% à 10,6% pour les dépôts à vue, avec en particulier des
expansions de 10,2% de ceux détenus par les entreprises non financières privées et de
9,9% de ceux des ménages, après des hausses de 4,5% et de 4,9% respectivement
une année auparavant.
16

De même, après avoir connu une baisse de 3,4% en 2019, les titres des OPCVM
monétaires se sont renforcés de 19,4%. En revanche, les dépôts à terme ont accusé un
repli de 9,6% plus accentué que celui de 7% observé en 2019, traduisant des
contractions de 15,2% après celle de 11,4% de ceux des entreprises privées et de
7,3%, contre une augmentation de 1,8%, de ceux des ménages.
Quant au crédit bancaire, sa progression a décéléré de 5,3% à 4,5%, recouvrant un
ralentissement de 5,5% à 3,9% de l’accroissement du crédit destiné au secteur non
financier et une accélération de 4,4% à 7,8% de la hausse des prêts au secteur
financier. Par secteur institutionnel, la croissance des crédits est revenue de 7,2% à
4,7% pour les prêts aux entreprises non financières privées et de 3,9% à 2,1% pour
ceux aux ménages. Quant aux concours aux entreprises publiques, ils ont marqué une
baisse de 0,5%, après celle de 0,8% un an auparavant.
Pour ce qui est du besoin de liquidité des banques, il s’est atténué en janvier 2021 à 66
milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire contre 83,4 milliards en décembre
2020, reflétant notamment l’amélioration des réserves de change de Bank Al-Maghrib.
Dans ce contexte, les injections de liquidité de la Banque ont atteint 78,9 milliards,
incluant 33,6 milliards à travers les avances à 7 jours, 15,4 milliards sous forme
d’opérations de pension livrée, 25,3 milliards pour les prêts garantis et 4,6 milliards de
dirhams au titre des opérations de swap de change. Dans ces conditions, le taux
interbancaire s’est établi à 1,50% en moyenne.
Sur les autres marchés, les taux des bons du Trésor se sont globalement orientés à la
baisse en janvier aussi bien sur le compartiment primaire que secondaire. Pour les taux
de rémunération des dépôts à terme, ils ont marqué en décembre des hausses de 25
points de base à 2,51% pour ceux à 6 mois et de 5 points à 2,80% pour ceux à un an.
S’agissant des taux débiteurs, les résultats de l’enquête de Bank Al Maghrib auprès des
banques relatifs au troisième trimestre 2020 laissent indiquer la poursuite de la baisse
des taux reflétant notamment l’effet de la décision du Conseil de la Banque en juin
d’abaisser le taux directeur de 2% à 1,5%. Ainsi, le taux moyen global est revenu à
4,30% en recul de 28 points de base par rapport au trimestre précédent. Par secteur
institutionnel, les taux assortissant les prêts aux entreprises ont connu un recul de 33
points, recouvrant des diminutions de 74 points pour les crédits aux TPME et de 26
points pour ceux aux grandes entreprises. De même les taux appliqués aux particuliers
ont accusé un repli de 38 points, avec des baisses de 32 points pour les prêts à l’habitat
et de 62 points pour les crédits à la consommation.
Au niveau des marchés des actifs, après avoir terminé l’année 2020 sur une baisse de
7,3%, l’indice de référence de la bourse de Casablanca, le MASI, s’est apprécié en
janvier 2021 de 3%. Dans ces conditions, la capitalisation boursière a augmenté de
2,8% d’un mois à l’autre pour atteindre 601,1 milliards de dirhams.
17

Pour ce qui est du volume mensuel des échanges, il s’est établi à 3,3 milliards de
dirhams, après 17 milliards le mois précédent. Sur le marché de la dette souveraine, les
émissions de bons du Trésor se sont établies à 9,5 milliards de dirhams en décembre
2020, après 24,1 milliards en novembre. Tenant compte des remboursements, d’un
montant de 24,3 milliards de dirhams, l’encours des bons du Trésor a atteint 600,7
milliards à fin décembre, en hausse de 7,8% depuis le début de l’année. Sur le marché
des titres de créances négociables, les levées ont atteint 2,9 milliards de dirhams en
décembre contre 2,5 milliards en novembre. Au niveau du marché obligataire, les
émissions se sont chiffrées à 9,9 milliards de dirhams et tenant compte des
remboursements, l’encours des obligations privées a atteint 155,1 milliards, en hausse
de 13% depuis décembre 2019.
S'agissant de l'inflation, elle a décéléré de 0,2% en novembre à -0,3% en décembre en
lien essentiellement avec la baisse de 4%, après une hausse de 0,8%, des prix des
produits alimentaires à prix volatils. Les prix des carburants et lubrifiants ont connu une
atténuation de leur repli à 12,1% au lieu de 15,3% tandis que les tarifs des produits
réglementés ont évolué au même rythme qu’en novembre, soit 1,9%. Quant à l’inflation
sous-jacente, elle est ressortie à 0,3% après 0,2% un mois auparavant. Sur l’ensemble
de l’année 2020, l’inflation s’est située à 0,7% alors que l’inflation sous-jacente s’est
stabilisée à 0,5%.
Ceci résume donc les tenants principaux de notre banque centrale marocaine, et
maintenant après avoir explicité dans une première partie la politique monétaire, nous
passons de suite aux réactions gouvernementale, c’est-à-dire la politique budgétaire.
Face à ces conséquences, la banque centrale a mobilisé ses moyens principalement
pour aider les TPE et PME et a baissé le taux directeur plus qu’une fois ; selon un
communiqué de presse daté le 16 juin 20. Tenant compte de ces évaluations, le Conseil
a décidé, après la baisse de 25 points de base en mars 2020, de procéder à une
deuxième réduction du taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 1,5%, et de
libérer intégralement le compte de réserve au profit des banques. Dans le même sens,
Bank Al-Maghrib a mis en place des dispositions spécifiques pour fournir un appui au
refinancement des banques participatives et aux associations de microcrédit. Ces
nouvelles décisions, conjuguées aux différentes mesures d’assouplissement déjà mises
en œuvre, notamment l’élargissement du collatéral éligible à ses opérations de
refinancement, le renforcement de ses programmes non conventionnels, ainsi que
l’allègement temporaire des règles prudentielles, devraient contribuer, avec celles prises
par le Comité de Veille Economique, à atténuer l’impact de la pandémie et à soutenir la
relance de l’économie et de l’emploi. Au regard de la conjoncture particulière qui prévaut
actuellement, la Banque veillera, plus que par le passé, à la transmission de ses
décisions à l’économie réelle et fera le point régulièrement à ce sujet avec le plus haut
management du système bancaire, mais déjà, elle a affiné le cadre de ses opérations
de refinancement pour favoriser davantage les banques qui déploient le plus d’efforts
dans ce sens.
18

Je vous souhaite une bonne fin de lecture, après cette seconde partie mon projet
touchera bientôt à sa fin, j’en profite pour vous remercier à nouveau de votre attention
ainsi que pour votre temps accordé.

Chapitre 2 : Politique Budgétaire


Face à la pandémie du COVID-19, un plan d’action a été établi autour de trois axes
: santé, économie et ordre social. Dans chacun de ces champs, le concours des
institutions publiques, du secteur privé et des membres de la société civile a
permis jusque-là de limiter les dégâts et d’avoir un certain contrôle sur la
pandémie.

La Réponse Sanitaire :
Des actions ont été très rapidement lancées pour minimiser la portée de la chaîne de
contamination de l’épidémie : des « Postes de Commandement Coronavirus » ont été
mis en place aux échelles territoriales appropriées pour assurer la veille et la
coordination avec les services sanitaires de l’identification et de la localisation de
l’épidémie.
Cette initiative a été renforcée par un verrouillage des frontières, une interdiction des
rassemblements, la fermeture des écoles, puis des mesures drastiques incitant à un
confinement volontaire puis obligatoire.
Parallèlement, Sa Majesté le Roi a créé un « Fonds spécial pour la gestion de la
pandémie du coronavirus 19 « Covid 19 ». (10 milliards DH).
Doté initialement de ressources budgétaires puis abondé par des contributions du privé
et du public, le Fonds devait servir à :
1. La « prise en charge des dépenses de mise à niveau du dispositif médical »,
2. Le soutien de l’économie nationale pour faire face au choc,
3. La préservation des emplois et l’atténuation des répercussions sociales de
la pandémie.
Les ressources du fonds affectées au secteur de la santé ont servi essentiellement à
1. L’achat d’équipement médical et hospitalier,
2. L’achat de médicaments et de consommables médicaux,
3. Le renforcement des moyens de fonctionnement du ministère de la Santé.
Ceci fut principalement intégré dans la réaction anticipée depuis la part du
Gouvernement, réaction étant à double détente, à la fois sanitaire et financière.
Néanmoins le Royaume se devait d’être réactif en mettant au point un plan d’actions sur
plusieurs et différents niveaux, ainsi nous retrouverons également des plans
décisionnaires visant ;
19

L’accroissement de l’offre en infrastructures, matériels et produits de santé, une


prise en charge des patient, l’implication solidaire des acteurs de la société civile
ainsi qu’une adaptation de notre gouvernance et politique de communication.

La Riposte Economique :
En répondant à la crise sanitaire par des mesures de confinement strict dans le cadre
de l’état d’urgence, les autorités ont fait un choix fort et sensé, tant la pandémie a pris
des proportions démesurées à travers le monde. En conséquence, l’économie
marocaine s’est retrouvée partiellement à l’arrêt avec d’importants coûts économiques à
couvrir. L’impact de cette crise peut être catégorisé en trois champs : d’abord du côté de
l’offre, les chaînes de valeurs nationales sont suspendues ou fortement ralenties du fait
de problèmes de trésorerie, du recul de la demande et de la faillite de certaines TPME.
Ensuite, sur le terrain de la demande, comme effet de second ordre, le ralentissement
engendre la perte de certains emplois, notamment dans les services, et donc une perte
de revenus. Cela engendre un recul de la consommation nationale. Enfin, sur le terrain
externe, la suspension des chaînes de valeurs internationales entraîne un recul de la
demande internationale adressée aux produits marocains mais également, sur le plan
financier, un recul des IDE, des transferts courants et des recettes du tourisme, pesant
sur les réserves internationales. Face à cette situation, une récession semble
aujourd’hui inévitable, et les autorités l’ont vraisemblablement compris. A travers la mise
en place du Comité de Veille Economique2 s’exprime alors un souhait de répondre à
cette crise en contenant la brutalité de l’atterrissage de l’économie marocaine.
Dans sa note de conjoncture, publiée le 8 avril 2020, le Haut-Commissariat au Plan
(HCP) présente l’évolution de l’économie marocaine au T1 2020 et les perspectives
pour le T2 2020 dans le cadre du choc COVID-19. Sur le premier trimestre, il est
question d’un possible ralentissement de la croissance du secteur secondaire, qui aurait
crû de 0,5% contre les 1,6% initialement prévus. Aussi, la demande extérieure adressée
au Maroc aurait régressé de 3,5%. Les exportations auraient connu un repli marqué de
22,8% au premier trimestre tandis que les importations auraient reculé de 4,8%.
Concernant la demande intérieure, étant donné les mesures de confinement prises par
les autorités, le HCP observerait une décélération du rythme de croissance de la
consommation des ménages qui s’établirait à 1,2% en variation annuelle. En revanche,
la consommation publique aurait crû de 3,2%, par rapport au premier trimestre 2020,
consolidant les efforts des autorités pour répondre à la crise. Ces évolutions conduisent
l’institut statistique du Royaume à revoir son chiffrage de la croissance. Ainsi l’économie
marocaine aurait crû de 1,1% au T1 2020 et devrait se contracter de -1,8% au T2 2020,
contre 1,8% et 2,1% prévus initialement. Du côté de Bank Al Maghrib, les derniers
chiffres présentés à l’issue de son conseil du 17 mars 2020 font état d’une croissance
du PIB de 2,3% pour 2020. Cette prévision, ne tenant pas compte de la progression de
la pandémie au Maroc, sera sans doute revue à la baisse.
20

A l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la première mesure de soutien fut la


création d’un fonds spécial initialement doté de 10 milliards de dirhams pour
contrecarrer les effets négatifs liés à la pandémie du coronavirus. A la date du 9 avril,
près de 34 milliards de dirhams de dons d’entités publiques et privées ainsi que
d’initiatives personnelles des citoyens ont été cumulés.
Ces montants seront déductibles du résultat fiscal. La dotation du fonds a pour objectif
d’une part d’augmenter les capacités du système de santé et prendre en charge les
dépenses de santé qu’engendre la pandémie et, d’autre part, de permettre de soutenir
l’économie face à la récession qui s’annonce ; le fonds servira également à la
sauvegarde des emplois et au lissage de l’impact social de la crise à travers des
transferts ciblés. Les pouvoirs publics ont également appelé toutes les administrations et
les entreprises et établissements publics à un rationnement/ rationalisation des
dépenses, exception faite des secteurs de la santé, de l’éducation et de la sûreté
nationale.
Ainsi des mesures d’aides aux ménages et aux entreprises furent nécessaire depuis la
part des aides gouvernementales afin d’encourager cette initiative, ces aides-là se
décomposent principalement en deux parties principales :
A. Soutien à la Demande
• Chaque salarié, en arrêt temporaire de travail, recevra une indemnité forfaitaire
de 2000 dirhams en complément des allocations familiales et de l’AMO.
• Report d’échéance des crédits à la consommation et des crédits immobiliers
contractés par les ménages, jusqu'au 30 juin 2020.
• Dans une première phase, les ménages inscrits au registre du RAMed recevront
des transferts à hauteur de 800 dirhams pour un ménage de deux personnes,
1000 dirhams pour un ménage de trois à quatre personnes et 1200 dirhams au-
delà de quatre personnes.
• Dans une seconde phase, les ménages précaires non affiliés au registre RAMed
opérant dans le secteur informel recevront également des transferts équivalent
aux montants arrêtés dans la première phase. Etant donné le manque
d’information sur les revenus de cette catégorie, les autorités marocaines ont
prévu un dispositif de collecte de données afin de bien cibler les transferts.

B. Soutien à l’Offre
• Pour assurer la continuité de la production et sauvegarder les emplois, la CNSS a
acté un report du paiement des cotisations sociales employeurs pour les mois de
mars au mois de juin sans pénalité.
• Sous l’égide du GPBM et de Bank Al Maghrib (BAM), un moratoire sur les
crédits bancaires a été mis en place jusqu’au 30 juin 2020, sans pénalités.
21

• La Caisse Centrale de Garantie (CCG) a mis en place le produit « Damane


Oxygène » à destination des TPME dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 200
millions de dirhams et des entreprises intermédiaires dont le CA est compris
entre 200 et 500 millions de dirhams.
• Le ministère de l'Economie, des Finances et de la Réforme de l'administration a
également appelé à la régularisation de tous les arriérés de paiement au bénéfice
des TPE et PME.

La Préservation de l’Ordre Social :


Le choc de l’épidémie et le confinement auquel a été astreinte la population ont été à
l’origine d’un arrêt des activités de nombreuses entreprises, d’une perte d’emplois et des
revenus des travailleurs. Une large fraction de la société, composée des salariés du
secteur formel, des actifs (salariés ou entrepreneurs individuels) du secteur informel ont
été privés de leurs sources de subsistance. L’identification de ces millions de personnes
est une tâche complexe. Un registre social unique est en cours de constitution pour
mieux cibler les personnes pauvres, vulnérables, précaires ou à besoins spécifiques. Il
n’est pas encore opérationnel. Le défi était d’identifier les personnes éligibles à une aide
sociale d’urgence, de les catégoriser en fonction des mécanismes de protection sociale
en vigueur, et de prendre les dispositions adéquates pour assurer la continuité de la vie
sociale dans une situation de crise.
Les mesures imposées pour faire face à la propagation du coronavirus ont confronté la
population à un mode de vie inhabituel, caractérisé par des routines répétitives, et des
situations de sevrage par rapport aux habitudes professionnelles et sociales d'usage.
Les effets secondaires de la distanciation sociale varient d’une catégorie à l’autre,
puisque nous avons constaté qu’un certain nombre de confinés ont développé une
détresse psychologique associée à la crainte de perdre leur emploi ou leur rôle
professionnel et social, alors que des symptômes d’anxiété grave liés à la maladie sont
apparus chez ceux qui ont continué à exercer leur travail. Ces nouveaux cadres font que
les individus sont confrontés à de nouveaux défis qui leur imposent le fardeau de
l’adaptation et de la rupture avec leurs anciens comportements. La situation impose
alors de faire des compromis avec les membres de son microcosme, avec soi-même, et
faire preuve d’un réalisme positif pour tenir (Jaidi, 2020). Comme le degré d’adaptation
varie certainement d’une personne à l’autre, le développement de services de conseil
psychologique et social apparaît comme un besoin ultime pour aider la population à
développer de nouvelles stratégies pour faire face aux contraintes du confinement, mais
aussi pour fournir une assistance psychologique professionnelle aux plus vulnérables.
L’ordre public, synonyme de paix et de cohésion sociale, est sensible aux perturbations
générées soit par l’action d’individus ou de groupes d’individus qui outrepassent les
règles de cet ordre ; soit par l’avènement de catastrophes naturelles qui créent, au sein
de la population, des mouvements de panique susceptibles d’éprouver les moyens et
capacités de l’Etat et par conséquent sa maîtrise de l’ordre public. A l’instar de ses pairs
22

dans le monde, l’Etat marocain s’est organisé pour faire face au fléau du COVID-19,
aussi bien en venant au chevet des citoyens atteints par le virus et en prenant les
mesures pour en épargner les autres, que pour préparer le climat serein nécessaire à la
conduite des actions sanitaires. Ce deuxième objectif impose de protéger l’ordre public
contre toute atteinte. La stratégie marocaine de maintien de l’ordre public dans ces
temps de crise pandémique s’est appuyée sur deux socles : La capitalisation sur les
atouts structurels de sa politique en matière d’ordre public d’une part et, d'autre part, sa
capacité organisationnelle en termes de gestion de crise.
Il existe, historiquement, au Maroc une tradition de forte adhésion à l’ordre public, qui
dans le langage commun est opposé à la situation de ‘’Siba’’. Dans un lexique plus
religieux, l’ordre public est opposé au chaos ‘’Fitna’’. Plusieurs adages populaires dont
celui très connu préférant une gouvernance injuste à une situation d’anarchie et de
chaos, illustrent cette tendance du Marocain à préférer l’ordre et la stabilité au désordre
et à la confusion. Cet atout historique a également eu un grand impact sur le maintien
de l’ordre public face à la pandémie actuelle.
Le caractère imprévisible, brutal et sans précédent du virus Covid 19 a laissé la
Communauté internationale désarmée et indécise sur l’approche à adopter pour y faire
face. Devant la propagation du virus et au vu des ajustements apportés par les
gouvernements dont les pays sont sévèrement affectés, le Maroc a adopté dès le début
de la pandémie une approche préventive pour limiter au maximum le nombre des
victimes. Ainsi deux jours après l’enregistrement du premier cas, la décision a été prise
de fermer les frontières. Dans la foulée, le Maroc a appelé à une Conférence de Haut
Niveau sous l’égide de l’OMS sur “la diplomatie, la sécurité sanitaire et la
préparation aux situations d’urgence”. Cette initiative a été coparrainée par le
Rwanda et la Banque mondiale. Par ailleurs dans le cadre de sa coopération avec ladite
Organisation, le Maroc avait tenu à inclure dès 2014 dans sa stratégie de coopération
2017-2021, un volet dédié justement à la mise à niveau de ses capacités en matière de
surveillance épidémiologique, et de préparation et de riposte aux urgences de santé
publique. Cette mise à niveau a permis de mieux préparer le Maroc au choc de Covid
19.
Pour parer à toute éventualité, le Maroc a entrepris des démarches dès le mois de
février pour bénéficier de l’expérience des pays qui ont pu gérer avec succès le virus et
pour identifier des fournisseurs potentiels d'équipements et de médicaments. C’est ainsi
qu’après avoir sécurisé un stock suffisant de Chloroquine, le Maroc a entrepris des
démarches auprès de la Chine, de la Corée du Sud et de la Turquie pour sécuriser
l’acheminement au Royaume de l’équipement indispensable pour faire face à la
première étape du développement de la pandémie, en attendant la mise en place de
l’infrastructure nécessaire à sa fabrication sur place.
23

Cet exercice de coopération internationale sur des bases aussi bilatérales que
multilatérales répond aux vœux du système onusien et notamment de l’OMS pour
promouvoir une réaction collective et solidaire de la Communauté internationale à ce
fléau (Belghiti Alaoui, 2020). Sur le plan humain, le Maroc s’est attaché à faciliter le
rapatriement des ressortissants étrangers se trouvant sur son territoire lors de la prise
de décision concernant la fermeture des frontières marocaines et à soutenir et secourir
ceux des Marocains qui n’ont pas pu retourner à temps au pays. Vis-à-vis de la
première catégorie, des facilités ont été accordées aux représentations diplomatiques
accréditées à Rabat pour faciliter le rapatriement de leurs ressortissants.
24

CONCLUSION :
Tous ces données descriptives indiquent l’intensité de cette crise et les différentes
réactions par notre Gouvernement et la BAM qui ont arrivé à gérer la crise peut
être du côté de la régularisation des banques, choses qui est en faveur de la BAM.
Mais pas du tout dans le coté économique ou sociale ; on a vu pas mal de fois des
décisions frivoles et pas suffisamment étudiés ce qui a causé beaucoup des
insatisfactions auprès du peuple. On ne peut pas dire que le Maroc a bien géré la
crise mais en se comparant avec nos voisins de région on peut être un peu
satisfait.
Ma motivation la plus profonde a part ma passion pour tout c’est qui est macro-
économique et relaté à la politique économique et la littérature économique est
ma volonté de pointer un point très important et qui peut être clé pour que le
Maroc puisse dépasser la majorité de ses problèmes. C’est la non coordination
exacte entre le gouvernement et la banque centrale, oui ! on espérait une banque
centrale indépendante du gouvernement mais ils doivent être à la même page,
par exemple, au lieu de s’endetter, la banque centrale peut le financer bien sûr
dans un cadre régulé pour ne pas engendré un déséquilibre. La BAM peut
également aider à stimuler la demande …
Merci de votre lecture, et n’oubliez pas ; IL NE FAUT PAS ÊTRE LIBERAL PLUS QUE
LES LIBERAUX.

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