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Chapitre 3 Conduction en régime variable 28

CHAPITRE 3
CONDUCTION EN REGIME
VARIABLE

Sommaire
3.1 Critères d’instationnarité………………………….…….......................................... 28
3.2 Nombres de Biot et de Fourier………………………………………………….… 28
3.3 Régimes transitoire et périodique…………………………………………….…… 30
3.4 Méthode des différences finies …………………………………………………… 39
3.5 Thermocouple …………………………………………………………………... 45

3.1 Critères d’instationnarité


Dans les machines thermiques, le transfert de chaleur n’est en régime stationnaire que pendant
certaines phases de fonctionnement. Avec le temps, leur rendement est altéré. En plus, les
machines comme les échangeurs de chaleur fonctionnent à différents régimes selon le besoin.
Il est donc important d’étudier le transfert de chaleur en régime instationnaire car il
correspond à des situations réelles. La température du milieu externe qui varie dans le temps
entraine la variation de la température des solides qui sont en contact avec ce milieu ambiant.

3.2 Nombres de Biot et de Fourier


Dans le cas où un solide de volume V et de surface As reçoit de la chaleur par convection du
milieu ambiant, cette chaleur est égale au changement de l’énergie interne du solide pendant
ce temps. On néglige la conduction devant la convection.

Fig.3.1 Echange de chaleur entre un solide et le milieu ambiant.

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Donc :

(3.1)
Pour trouver la température à un instant t, on intègre en introduisant la grandeur suivante pour
faciliter les calculs :

(3.2)
L’équation devient :

(3.3)
Donc :

(3.4)
En intégrant :

(3.5)

(3.6)

(3.7)
C’est une relation valable dans le cas du chauffage. Dans le cas du refroidissement :

(3.8)
Le flux de chaleur dans le solide est donné par la loi de la conduction :

(3.9)

est la différence de température dans le solide.


Le flux de chaleur dans le fluide est donné par :

(3.10)
En écrivant l’égalité :

(3.11)

(3.12)

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Ce nombre sans dimension est appelé nombre de Biot. Il représente le rapport des résistances
thermiques du flux interne et du flux externe.
hV
Bi= (3.13)
λS
Quand le nombre de Biot est petit (<0,1) les gradients de la température interne sont petits et
le problème est traité en utilisant la capacité calorifique en considérant qu’il y a une seule
température massique moyenne. Ce modèle ne peut être utilisé que si Bi<0,1.

La quantité peut être réarrangée :

(3.14)
α est la diffusivité thermique et Fo est un nombre sans dimension appelé nombre de
Fourier :

(3.15)
Le nombre de Fourier signifie la profondeur de pénétration de la chaleur pendant un temps t
en tenant compte des dimensions du solide.

3.3 Régimes transitoire et périodique

3.3.1 Régime périodique


Dans certains cas, la température environnante varie d’une façon périodique comme dans le
cas des moteurs à combustion interne. Dans ces cas, il est nécessaire de connaitre :
- la variation de la température du solide
- le délai de décalage entre la variation de la température du milieu ambiant et celle du
solide
Dans certains cas, toute variation de température dans le milieu ambiant provoque une
variation de température dans le solide comme le montre la figure 3.2. dans cette figure, la
courbe A montre la variation de la température du milieu ambiant et la courbe B la variation
de la température dans le solide.
Les deux grandeurs à connaitre sont :
- le rapport des amplitudes a2/a1
- la différence de phase δ en degré ou radian.
Si les variations sont sinusoïdales, alors :

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(3.16)

(3.17)

Fig.3.2 Variation de la température avec le temps.

τ0 est la durée d’un cycle en s, Ss est la surface du solide et V son volume. c est la capacité
calorifique du solide.

Exemple 3.1
Le câble d’une résistance thermique qui a 0,5 mm de diamètre est utilisé pour mesurer la
température qui varie sinusoïdalement de 2 cycles par seconde. La conductivité thermique du
matériau est 69 W/mK. La diffusivité thermique est 2,42.10-5 m2/s. Le coefficient de
convection est 280 W/m2K. Déterminer la variation de température dans le câble si la
température du milieu ambiant varie entre 1500 °C et 500 °C. Trouver le déphasage entre les
deux températures.

Solution 3.1

On calcule le rapport des amplitudes :

Pour cela, il faut calculer δ :


La durée d’un cycle est τ0 = ½ =0,5 s.

Puisque l’on a que la diffusivité thermique α :

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donc :

donc :

Si le solide est considéré comme semi-infini et que la variation de la température du milieu


ambiant est sinusoïdale, le rapport des amplitudes à n’importe quelle profondeur x dans le
solide est donné par :

(3.18)
α est la diffusivité thermique. La différence de phase est alors :

(3.19)
δ a une unité de temps. Dans ce cas, la variation de la température ne va pas atteindre toute la
profondeur du solide. La profondeur de pénétration dans laquelle le rapport des amplitudes est
0 est donnée après établissement de l’équilibre par :

(3.20)

Exemple 3.2
La température de surface d’un sol varie durant une période de 24h. La température minimale
est -40°C. Déterminer la température minimale à la profondeur de 0,2m et l’instant où cette
température est atteinte. La température minimale de la surface est atteinte à 03h. La
diffusivité thermique est 1,26.10-6 m2/s. La température moyenne est 0°C. Calculer également
la profondeur atteinte par ces variations de température.

Solution 3.2

La durée de chaque cycle est :

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Donc, cette température est atteinte à 7h.

La profondeur atteinte par ces variations de température :

3.3.2 Régime transitoire

Le régime transitoire a de multiples applications dans le domaine du chauffage et de la


réfrigération. Le but en général est d’estimer la température à un point précis dans l’épaisseur
du solide après que ce dernier soit exposé à des variations de la température du milieu
ambiant.

3.3.2.1 Cas d’un mur en régime transitoire

Soit un mur de longueurs infinies suivant y et z et de largeur 2e suivant l’axe x comme le


montre la figure 3.3. Ses deux faces externes sont exposées à de la convection. L’équation
générale de la chaleur dans ce cas est :

(3.21)
A l’instant t=0, la température dans le mur est constante et égale à Ti.

-e e

Fig.3.3 Cas d’un mur exposé à de la convection.

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La condition aux limites est : à x= - e et x=e.


L’équation différentielle peut être résolue en utilisant la méthode de séparation des variables,
ce qui est long et complexe. La solution finale est de la forme :

(3.22)

Dans cette équation, est la température à l’abscisse x à l’instant t, la température

initiale, la température du fluide environnant et la solution de l’équation .


On remarque que la température dépend essentiellement de Bi, Fo et x/e, c’est-à-dire que :
T=f(Bi, Fo, x/e).
Heisler en 1947 a établi une méthode basée sur des diagrammes. On décompose la
température de la manière suivante :

(3.23)

indique la température au milieu du mur. Le rapport est obtenu en


utilisant un diagramme.

Fig.3.4 Calcul des écarts de température en utilisant les diagrammes.

3.3.2.2 Cas d’un cylindre long

Dans le cas d’un cylindre long, le nombre de Biot est :

(3.24)

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et le nombre de Fourier
αt
Fo= 2
R

3.3.2.2 Flux de chaleur total

Le flux de chaleur total transféré durant t est :

(3.25)
Des diagrammes donnent les valeurs de Q/Q0 comme le montre la figure 3.5. L’énergie
initiale est donnée par l’expression suivante :

(3.26)

Fig.3.5 Calcul du flux total en utilisant les diagrammes.

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3.4 Méthode des différences finies


La méthode des différences finies a été introduite par Richardson en 1910. L’idée de cette
méthode est d’obtenir des valeurs approchées de la fonction solution du problème continu en
un certain nombre de points. La technique de discrétisation consiste à établir des relations
permettant d’évaluer approximativement les dérivées aux nœuds de la fonction représentée
par les valeurs nodales à partir de ces valeurs et à exprimer l’équation différentielle dans
laquelle on a remplacé les dérivées par leur expression approchée. Chaque nœud est identifié
par deux indices i et j, i étant la position du nœud suivant l’axe des x et j suivant l’axe des y.

Δx

(i, j+1) Δy

(i-1, j) (i, j) (i+1, j)

(i, j-1)

Fig.3.6 Maillage en différences finies.

3.4.1 Approximation aux schémas des différences finies

Soit T(x, y) la fonction solution d’une équation différentielle. Le développement de cette


fonction en séries de Taylor donne :

(3.27)

(3.28)

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(3.29)
Si on choisit un développement du 2e ordre :

(3.30)
donc :

(3.31)

dans les équations, on remplace par


Ce schéma est appelé schéma aux différences finies centré d’ordre 2.
d’autre part :

(3.32)

schéma aux différences finies avant d’ordre 1 (3.33)

(3.34)

schéma aux différences finies arrière d’ordre 1 (3.35)


L’ordre de précision des formules de différences finies n’est pas limité. En prenant un pas = h
c’est-à-dire : Δx = h, on obtient :
Pour un schéma avant par exemple :

(3.36)
Les points d’abscisse x+h sont les points i+1, les points d’abscisse x-h sont les points i-1, les
points d’abscisse x sont les points i.
On aura donc pour un schéma avant :

(3.37)
Dans le sens de l’axe des ordonnées, on obtient de la même manière :

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(3.38)

(3.39)
Pour avoir un schéma centré :

(3.40)
donc :

(3.41)
Si la fonction g dépend de x et y :

(3.42)

(3.43)
On peut aussi exprimer :

(3.44)
donc :

(3.45)
Quand la fonction dépend du temps :

(3.46)

(3.47)
donc :

(3.48)

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(3.49)
et :

(3.50)
En prenant un pas = h c’est-à-dire : Δt = h, on obtient :

schéma aval implicite (3.51)

schéma centré (3.52)

3.4.2 Schémas des différences finies

Dans les EDP, nous pouvons donc remplacer les dérivées partielles par les schémas aux
différences finies. Selon le remplacement qu’on effectue, il existe plusieurs schémas : centré,
avant ou arrière en espace, implicite ou explicite en temps. Le point (x, y) étant identifié par (i,
j,) on remplace la fonction
T(x, y, t) par T n(i, j)
T (x+h, y, t) par T n(i+1, j)
T (x, y+k, t) par T n(i, j+1)
T (x, y-k, t) par T n(i, j-1)
T (x, y, t+Δt) par T n+1(i, j)
Les formules qu’on obtient et qu’on utilisera ensuite sont les suivantes :
- Schémas temporels :

schéma avant temporel (3.53)

arrière (très peu utilisé) (3.54)

centré (3.55)
- Schémas spatiaux :

Centré : (3.56)

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(3.57)

(3.58)

(3.59)
Arrière ou amont :

(3.60)

(3.61)
Avant :

(3.62)

(3.63)
- Schémas spatiaux et temporels :
Explicites temporels et centrés spatiaux :

(3.64)

(3.65)

(3.66)
Implicites temporels et centrés spatiaux :

(3.67)

(3.68)
Implicite temporel et avant spatial :

(3.69)

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3.4.3 Consistance, précision, stabilité et convergence d’un schéma


aux différences finies

Un schéma aux différences finies doit satisfaire 02 conditions au moins : la consistance et la


stabilité, pour être convergent.

- Consistance : un schéma est consistant si l’équation approchée ressemble à l’équation


continue que l’on veut résoudre. La consistance est une propriété facile à vérifier : soit

E(T, …)=0 l’équation que l’on veut résoudre et E(Gi, Gj, Gi+1, Gj+1 …)=0
l’équation approchée par un schéma aux différences finies.

Le schéma est consistant si la différence entre la solution exacte et la solution approchée tend
vers 0 quand le maillage h→0.

- Ordre de précision : L’ordre de précision ε d’un schéma aux différences finies est
l’ordre du reste o(hε). On l’appelle aussi la précision.
-
Stabilité : Pour les problèmes instationnaires, le schéma aux différences finies doit

être stable : si l’on annule les termes sources, la solution reste bornée au cours du

temps. Lorsque le schéma ne vérifie pas cette propriété, les erreurs s’amplifient très

rapidement d’un pas de temps à un autre et la solution « explose », c’est-à-dire qu’elle

prend des valeurs infinies.

- Convergence : Un schéma est convergent s’il est consistant et stable.

3.4.4 Analyse de la stabilité : critère de Von Neumann

Soit M la matrice de passage telle que : Tn+1 = M(Gin) (nous devons isoler T(t+Δt) et T(t). la

condition de stabilité de Von Neuman est une condition de stabilité simple et suffisante : la

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somme des valeurs absolues de chaque ligne et de chaque colonne doit être inférieure ou égal

à 1.

Exemple 3.3

Soit l’équation discrète suivante :

Déterminer le critère de stabilité.

Solution 3.3

On pose .

somme des valeurs absolues de chaque ligne et chaque colonne.


On résout cette inéquation :

0 1

-C C C

1-C 1-C C-1

Quand C ]-∞,0 ] :

etc… donc la stabilité est quand

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3.5 Thermocouple

Le thermocouple est un appareil de mesure de la température qui est très utilisé. Son

coût est peu élevé. Sa principale limite est la précision obtenue dont l’incertitude est de 0,1°C.

Lorsque deux métaux sont utilisés pour former une boucle ouverte (pas de courant circulant

dans les fils), un potentiel électrique peut être produit entre les deux bornes non reliées de la

boucle s’il existe un gradient de température dans la boucle. Le potentiel électrique produit

peut être calculé par la relation suivante :

dV =S ab (T ) dT (3.70)

Sab est appelé coefficient de Seebeck (les indices a et b représentent la nature différente des
métaux employés) ou coefficient de sensibilité.
Le temps de réponse τ d’un thermocouple correspond à 99% de la température lue, c’est-à-
dire que
θ (3.71)
=0,01
θ0

Si le nombre de Biot est inférieur à 0,1, alors :

−hS
τ (3.72)
e ρcV =0,01

−hS (3.73)
τ=ln 0,01
ρcV

Le temps de réponse est donc

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ρcV
τ =−ln 0,01 ×−
hS
(3.74)

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