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DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE

CHAPITRE 1 : UNE DEFINITION DU DIH

Définition générique :

Le DH est représenté par l’ensemble des règles – internes et internationales (traités, conventions, coutumes mais elles sont dans la plupart des cas intégrés en droit interne soit par l’effet du monisme, soit parce que l’E a intégré dans son arsenal législatif interne ces règles du DIH) qui régissent les situations (peuvent être variables : CAI ou CANI) et comportements (des combattants et ceux qui se battent mais ne sont pas formellement des combattants, càd les participants, personnes ne participant pas ou plus au conflit) dans les conflits armés (il ne s’applique que dans ce cas : il faut savoir ce qu’est une guerre, son début et sa fin) qu’il s’agisse de personnes ou de biens protégés en raison de leur absence de participation au conflit (1 er volet du DIH : ils bénéficient d’un régime juridique particulier, avec leurs biens, notamment les biens culturels) ou qu’il s’agisse des moyens et méthodes de combat que les belligérants peuvent ou non employer (2 e volet (= droit des conflits armés) ; « même dans la guerre, il y a des limites » : on ne peut utiliser n’importe quel moyen pour arriver à n’importe quelle fin).

Au départ, les militaires ne s’intéressaient qu’aux moyens et méthodes de combat. Maintenant, ils sont obligés d’intégrer la protection des personnes et des biens.

Il se trouve au confluent d’autres matières, le DI public par exemple. Pourquoi ce droit ne fonctionne-t-il pas ? « Le DIH n’est pas humanitaire ! » (Sassoli). Le DIH sont les règles qui imposent aux E des interdits, des autorisations mais il faut faire une distinction fonda entre le droit humanitaire et l’action humanitaire. Au fond, il y a une dissociation entre les règles qui concernent les comportements dans les conflits armés et l’action humanitaire dans les conflits armés. Il existe des règles mais elles sont très limitées.

Une autre raison qui explique cet échec est que ce droit est un droit sans sanction : il n’existe pas de sanctions pour poursuivre des E qui le violeraient (même s’il existe les mécanismes de Ré I par exemple). Si un E refuse l’application du DIH au moment où ça se déroule, on ne peut pas le sanctionner, même s’ils ont signé.

Il existe tout de même un droit commun qui s’applique. L’article 3 commun fixe les garanties minimales du DIH.

Transformations du DIH :

Le droit applicable (Conventions de 1949, le protocole date de 1977) s’applique à des conflits armés qui se sont radicalement transformés. Les textes étaient pris pour les conflits de la WW2 et pour le problème de la décolonisation. On a aujourd’hui très peu sur la guerre asymétrique (ex : Talibans). Les textes n’ont pas non plus intégrés le fait que les conflits armés modernes se déroulent également avec les moyens qui n’existaient pas il y a 30 ans (ex : informatique).

Transformations de l’environnement du DIH :

On a de nouveaux lieux de conflits : les guerres se déroulent tjrs sur la terre, dans les airs et dans les mers mais elles ne se déroulent plus sur les champs de bataille. Elles se situent en zones civiles. Toutes les techniques de

combat ayant pour objet de modifier l’environnement nous confrontent à des difficultés qu’on n’avait pas imaginées.

Diversification des acteurs :

Au début, la guerre se faisait entre E. Jusqu’au Pacte Briand-Kellog, il n’y avait pas d’interdiction de faire la guerre. Après la WW2, on voit apparaitre des acteurs non étatiques et ceux qui aspiraient à devenir étatiques (mouvements de libération nationale). Ils n’étaient pas pris en compte et c’est l’art 3 commun le 1 er qui les prend en compte. Les protocoles additionnels portent l’un sur les CAI, l’autre sur les CANI. Certains acteurs sont publics et d’autres privés. Ex : Al Qaeda n’est pas défini juridiquement. Ses actions sont armées mais on ne sait pas où sont ses dirigeants et on a une nouvelle façon de mener la guerre. Ex : compagnies privées de sécu qui font la guerre au nom des forces de défense officielles.

Le premier problème est de savoir comment, avec des règles juridiques, on peut obtenir un système efficace ?

1) LES DEFIS LIES A LA FORMATION DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE : PERSPECTIVE HISTORIQUE

1859 : c’est né à travers un droit coutumier (textes coutumiers africains, textes romains). A la bataille de Solferino,

Henry Dunant, banquier publie un ouvrage « Un souvenir de Solferino » et l’envoie à tous les dirigeants de la

planète. Il faut une protection et un secours aux malades et aux blessés.

1863 : Comité I de secours aux militaires blessés devient le CICR en 1876. C’est la 1 e structure qui s’occupe des

malades et des blessés sur les champs de bataille. Puis, création de comités nationaux de secours aux militaires

blessés.

1864 : avec l’aide du général Dufour, Dunant réussi à réunir une Conférence I intergouvernementale pour faire

adhérer les différents E. Cette 1 e Convention de Genève date de 1864 (pour l’amélioration du sort des militaires

blessés dans les armées en campagne). Si tout le monde accepte d’épargner les malades, on le fera pour eux. C’est une préoccupation égoïste mais qui va les convaincre.

1868 : déclaration de Saint-Pétersbourg s’intéresse à la 2 e branche du DIH, càd le droit des moyens et méthodes de

combat. C’est une déclaration donc elle n’a pas de valeur normative. Deuxièmement, c’est un texte dans lequel les E vont accepter de limiter le type d’armes qu’ils vont utiliser sur les champs de bataille en estimant que certaines armes provoquent des effets indiscriminés et ont pour but de tuer ou de faire souffrir l’adversaire (et non pas simplement de l’arrêté). C’est donc l’introduction de l’idée que la guerre ne permet donc pas l’emploi de toutes les

armes. La déclaration réclame une série d’armements causant des dégâts considérables.

1899 à 1907 : on voit se développer une série de Conventions de la Haye (celle sur le droit de l’occupation est

encore en vigueur. Ces conventions ont été développées à l’initiative du Tsar russe. On met sur pied le corpus moderne du DIH en commençant par codifier les lois et coutumes de la guerre : l’idée était de transformer les coutumes en droit formel. On le fait concernant le combat sur terre mais aussi concernant le conflit naval, la

guerre maritime. Il n’existe tjs pas de textes spécifiques au combat aérien.

La Convention de La Haye de 1907 continue à codifier les lois et coutumes de la guerre en donnant une protection minimale à la population civile. On admet qu’il doit y avoir une protection des populations civiles. La clause Martens est développée sur cette base : elle a pour particularité de dire que même quand il n’y a pas de droit, il y en a encore. Elle dit qu’en cas d’absence de règle spécifique du DIH, les E doivent faire preuve de retenue dans leur

comportement et dans l’emploi des moyens et méthodes de combat (= principe d’humanité). Elle aujourd’hui encore invoquée car elle fait partie du droit coutumier.

1925 : protocole signé à Genève sur l’emploi des armes aux moyens bactériologiques. Cette convention est

intéressante car elle interdit l’emploi d’une arme.

1929 : on révise les Conventions de Genève et on signe une 1 e convention qui protège les prisonniers de guerre

(POW). Elle offre un statut spécial à ces prisonniers. Le problème est que ces conventions ne seront pas ratifiées par tous (ex : Japon). Il existait un projet d’une 4 e convention sur la protection des civils. Cela explique que durant

la WW2, les civils seront particulièrement visés (WW1 : 80% de militaires/20% civils, WW2 : 50% de militaires, aujourd’hui : 20% de militaires/80% civils).

1949 : 4 conventions ont été signées à Genève (à connaitre).

- Blessés et malades sur terre (en campagne),

- Blessés et malades en mer,

- Prisonniers de guerre,

- Civils.

Les 4 conventions comportent l’art 3 commun permet une protection des victimes dans les CANI.

1976 : Convention sur la protection de l’environnement. On s’est rendu compte dans les années 70 qu’il y avait

certains moyens et techniques de combat qui modifiaient l’environnement. On les interdit lorsqu’elles sont

utilisées à des fins militaires. Ex : marée noire et puits de pétrole en mer durant la guerre du Golfe.

1977 : ce sont 2 protocoles additionnels aux Conventions de Genève. Le 1 er porte sur les CAI et le 2 nd CANI. Au

départ, les 2 textes faisaient la même longueur. Aujourd’hui, le 1 er fait une 100aine d’articles alors que le 2 nd en fait

une 20aine. On est donc dans un déséquilibre manifeste entre les 2 types de conflits armés. Si un E signe le protocole additionnel 1 ou 2, il signe automatiquement les conventions. Autant les Conventions de Genève sont universelles (193 E) : c’est donc du jus cogens. Les protocoles eux sont moins ratifiés, il en manque une 20aine dans chaque cas. Ces E les considéraient comme inacceptables car le protocole 1 intègre les guerres de libération nationale (ils sont soumis au régime des CAI alors qu’ils sont internes) et le protocole 2 embête ce qui sont imbriqués dans un CANI (ex : Israël).

1980 : Convention sur l’interdiction ou limitation de certaines armes classiques qui produit des effets dramatiques

ou excessifs (Convention CCW). Elle est très courte mais est affublée de protocoles évolutifs qui ont permet

d’encadrer et limiter l’emploi de certaines armes (incendiaires, mines, pièges et autres dispositifs).

On a à partir de 1980 une batterie de conventions qui portent sur l’interdiction ou la limitation des armements (1992, 1993 sur les armes chimiques, 1995 sur les armes à laser aveuglantes). Le protocole 2 de la Convention de

1980 ne visait que les CAI, elle a été étendue en 1995.

La Convention d’Ottawa interdit l’utilisation des mines anti-personnelles. Les ONG ont été à l’origine de cette interdiction, elles ont forcé les E à adopter cette convention.

2006 : 3 e protocole additionnel aux Conventions de Genève sur les signes distinctifs. Il y en a traditionnellement 2 :

la croix et le croissant rouge. Cela a débouché sur un 3 e emblème : le cristal rouge. On l’a adopté car certains E (Israël en l’espèce) refusait d’utiliser la croix ou croissant pour ses sociétés de secours (crois de David était utilisée).

On permet donc aux sociétés nationales de mettre leur propre emblème à l’intérieur du cristal rouge.

2008 : Convention d’Oslo de 2008 sur l’interdiction de l’utilisation des armes à sous-munitions.

Toutes ces conventions ont été adoptées par certains E mais pas par tous. Dans une situation concrète, la 1 e chose à faire est de chercher quel est le droit applicable. On est loin d’avoir un droit uniforme.

Conclusion historique :

Ce droit conventionnel a pris la suite des règles coutumières. Il faut également retenir qu’on a pdt longtemps eu 2 droits : le DI et le droit des conflits armés. Cette distinction a disparu avec l’adoption du protocole 1 de 1977. Enfin l’histoire du DIH doit nous faire prendre conscience que ce droit humanitaire a évolué avec l’histoire (WW1, WW2, décolonisation). On pourrait presque établir une origine à chaque convention par un évènement historique.

La date et le titre exact des principaux instruments conventionnels du DIH (4 conventions + 2 protocoles).

Le contexte historique qui a présidé à l’adoption des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles ? WW2.

2) LES RELATIONS ENTRE LE DIH ET LE DI

Caractéristiques générales :

Il faut connaitre les règles du DI public pour comprendre celle du DIH.

La 2 e caractéristique générale est le fait que le DIH est que c’est un droit de coordination et non de subordination, càd que les E adhèrent au traité, l’appliquent. C’est donc un droit à géométrie variable parce que les E peuvent ou non signer, ce qui peut poser problème en termes d’efficacité.

La 3 e caractéristique est que les règles du DIH constituent une mise en œuvre des règles du DI général. Il faut connaitre le droit des sources, le droit des traités, le droit de la Ré, le droit du maintien de la paix. Concernant la sanction, le DIH et le DI des DH n’ont rien à voir l’un avec l’autre mais ils entretiennent tout de même des relations. En cas de conflit armé par exemple, ils s’appliquent en même temps. Le DIH intervient dans un contexte mouvant avec des règles qui sont souvent ancienne et elles ne bougent, ni n’évoluent pas avec le temps. Il y a une difficulté :

il n’a pas de réponse, il faut donc inventer.

Les sujets de droit :

Si on remonte aux origines, on retrouve le sujet primaire du DI public : l’E. Encore aujourd’hui, la codification du DIH est fondée sur ses sujets.

Mais les bénéficiaires du DIH sont les personnes. Ils ne sont cependant jamais titulaires/bénéficiaires des articles des conventions du DIH. Lorsqu’on lit les articles, il est dit que les E doivent garantir un droit mentionné. En DI des DH par contre, le titulaire du droit est l’individu. Le DIH est un droit d’obligations pour les E. Concrètement, dans la réalité, les E ne considèrent jamais que se produit un conflit armé sur leur territoire. Ils jouent souvent un jeu de dupes qui se traduit par une volte face lorsqu’il faut interpréter les textes. Lorsqu’il s’agit d’appliquer une obligation, ils font mine de ne pas comprendre.

Si cette situation pouvait se comprendre dans la 1 e moitié du XXe siècle, aujourd’hui on voit une multiplication des conflits et de leur intensité. Tout d’abord, la transformation de la nature des conflits : on est passé de CAI à des CANI. Ensuite, il y a eu une transformation du champ d’application du DIH parce qu’avec la naissance des conflits armés internes, on voit apparaitre des mouvements de guérilla, des belligérants non nationaux, qui ne sont pas des

E alors que les conventions de Genève parle de « hautes parties contractantes ». On a dû étendre la notion de sujet du DIH : on arrive à la notion de « partie au conflit » qui inclut tous les mouvements internes. On a vu apparaitre un phénomène nouveau : les parties qui ne sont pas des E se réclament du DIH pour se faire reconnaitre sur la scène internationale (auprès du SG NU). L’art 3 a été le point de départ d’une prise de conscience de l’abandon de la théorie traditionnelle selon laquelle les sujets du DIH n’étaient que les E.

L’extension et la protection du DIH invoquée directement par les individus : les sanctions des violations graves du DIH commises par les individus contre les individus. Cela correspond au DI pénal. Ce n’est pas cependant parce qu’on a créé des tribunaux ad hoc, une cour internationale et des tribunaux mixtes que le droit est plus efficace. Un individu ne peut pas tjrs pas se prévaloir d’une disposition du DIH pour voir sanctionner un E.

DIH et théorie des sources du DI public :

Le DIH fonctionne de la même manière avec l’art 38 du Statut de la CIJ. Le DIH de base est un droit conventionnel. La dernière en date est celle de 2008 sur les bombes à sous-munitions, d’Oslo. Il y a des conventions universelles (ex : les 4 de Genève de 1949) et d’autres qui ne comptent que qq participants (ex : Oslo). Au-delà d’une liste impressionnante de textes et de traités, elle est à relativiser en fonction du lieu où l’on se trouve.

La Convention de Vienne de 1969 (= droit des traités) est pleinement applicable à des traités. Sauf disposition contraire, les E peuvent appliquer toutes les procédures citées dans la convention en question (ex : réserves). Par exemple sur les traités techniques, comme celui de 1980 sur les armes conventionnels, il y a certains E qui ont émis des réserves sur son protocoles 2, ce qui limite largement son champ d’application.

Un autre élément important est les sources coutumières. Dans l’art 38 du Statut CIJ, on cite les traités, les coutumes, la jspdce, les PGD et la doctrine. Les coutumes sont applicables mais elles sont souvent reprises par un traité lorsqu’elles sont suffisamment reconnues par les E. En DIH, c’est ce qu’il s’est passé : pendant lgtps, ce n’était que des accords coutumiers, oraux, tacites ou explicites. Depuis 2005, la coutume est devenue une source très importante alors qu’avant elle était appliquée à tout va. Il y a eu un projet lancé par le CICR : en réunissant des groupes de travail, ils ont lancé aux E différentes questions pour savoir quelles règles ils appliquaient automatiquement, sans même être liés par un traité. Le CICR a rassemblé ces études nationales, les a étudié, comparé et a décidé de rassembler ce qui était commun aux différents E. 172 règles ont été reconnues comme faisant partie du DIH coutumier, sauf objecteur persistant. La coutume est venue suppléer le développement non- développement conventionnel du DIH. Cependant, cette étude du CICR n’a aucune valeur juridique mais c’est la 1 ere fois que l’on essaie d’écrire des règles non-écrites. La coutume est une pratique comportementale et permanente/généralisée et reconnue/considérée comme règle de droit par l’E. Ils l’ont vérifié dans l’étude du CICR. Cette étude a été un pas important dans l’évolution du DIH car la plupart des règles qui figurent dans cette étude sont en réalité des règles conventionnelles des CAI qui sont des règles coutumières en CANI. Les règles de droit interne ont créé une règle de droit I.

La jurisprudence n’est pas très importante en DIH mais il y a qq décisions de la CIJ (affaire du NICARAGUA). La jspdce de la CIJ est assez politique. Dans les avis consultatifs, c’est moins vrai car ici, elle est moins tenue par des contraintes politiques au sein des Nations Unies (1986 sur la licéité de l’emploi ou la menace de l’emploi de l’arme nucléaire ; l’avis sur l’édification d’un mur entre Israël et la Palestine de 2004). La CIJ s’occupe surtout du maintien de la paix et de la sécurité I (= jus ad bellum, càd une sorte de droit de faire la guerre, pas le droit dans la guerre). Les juges naturels du DIH sont les juges pénaux ou I. Les décisions TADIC ont fait considérablement avancer certaines q° en DIH. Le juge pénal I qui juge les violations du DIH est au cœur de la matière par l’interprétation de ses règles.

Les PGD existent mais ils sont rares (ex : principe d’humanité = clause Martens). Il y a des principes consubstantiels à la matière : même s’il n’y a pas de règles formelles, ils s’appliquent.

Existe-t-il des règles de jus cogens, càd les règles supérieures qui s’appliquent même sans traité qui sont applicables à tous ? Il en existe comme « Pacta sunt servanda ». Ce sont celles qui posent les bases du DI public. En existe-t-il des spécifiques au DIH ? Certains auteurs disent que les conventions de Genève sont universelles donc elles devraient avoir un statut de jus cogens. Sur le terrain, une règle de JC n’est pas suffisante pour être opérationnel, même si elle a été admise, même si elles sont protectrices de la personne humaine.

Le droit de la responsabilité internationale en DIP :

Il existe des règles non formalisées sous forme de codes regroupés comprenant les principes applicables à la Ré I des E pour fait internationalement illicite. Il y a d’une part la Ré pénale des E et il y a la Ré pénale de l’individu. Le droit général de la Ré I est souvent contrôlé à travers les décisions de la CIJ alors que la Ré pénale est contrôlée par les tribunaux ad hoc et la CPI. Ces règles rattachées aux 2 types de Ré doivent être connues.

Elles sont difficiles à mettre en œuvre, même si les Ré d’E ont pu être reconnues (l’affaire du Nicaragua a été la raison pour laquelle les USA ont retiré la clause facultative).

3) LE DIH ET LE DROIT DU RECOURS A LA FORCE ET LE REGLEMENT PACIFIQUE DES DIFFERENDS

La distinction jus ad bellum / jus in bello :

Le jus ad bellum est le droit de faire ou de ne pas faire la guerre. Le jus in bello est le droit dans la guerre, dans un conflit armé. Il existe une étanchéité totale entre les 2 notions. Le droit du règlement des différends non pacifiques et le droit des comportements au sein du conflit armé n’ont rien à voir. Il ne faut jamais utiliser les règles de l’un pour l’autre.

Le droit de faire la guerre n’existe plus puisque la règle du DI. C’est une règle qui a vu le jour avec l’intervention du Pacte Briand-Kellog de 1928, réitéré dans la Charte des NU. Les règles concernant le DIH sont uniquement celles qui sont dans le conflit. Le DIH ne juge pas. La question n’est pas de savoir qui a tort ou raison, on est là pour observer seulement. La raison de l’action est uniquement liée aux comportements dans le conflit. C’est difficile de ne pas prendre partie mais la mission de s’occuper des individus qu’on doit considérer comme égaux. On ne protège pas les idées qu’ils défendent mais les individus en tant qu’êtres humains. C’est le principe de l’égalité des belligérants, quelques soient les faits observés.

Le CS NU, organe principal chargé du MP et de la sécu I :

La Ré de surveiller les conflits est confiée par la Charte au CS NU. Il en a la Ré principale au titre de l’art 24 §1. Il faut tout de même rappeler que le CS comporte 5 MP qui disposent d’un droit de veto pour bloquer les décisions du Conseil. Les considérations géostratégiques et géopolitiques interviennent donc largement.

- Un département des NU est chargé de surveiller le maintien de la paix, la situation sur le terrain ;

- Le CS a aussi un rôle, lorsque le conflit surgit, d’établir et de superviser les forces de maintien de la paix et à consolider la paix ;

- Enfin, il peut décider de mesures coercitives et de l’emploi de la force (exception du chap 7).

Si le CS exerce une f° primordiale dans le cadre de cette activité, l’AG NU peut avoir un rôle résiduel dans le maintien de la paix et de la sécu I (résolution ACHESON de 1950).

Le droit du recours à la force dans le cadre de la Charte des NU :

Le droit du recours à la force est limité par le Pacte Briand-Kellog. L’art 2§4 de la Charte des NU prohibe ce recours à la force (jus contra-bellum). Il existe 2 exceptions ½ à l’interdiction :

- Le droit naturel de LD individuelle ou collective (art 51, Charte). Il existe aussi la LD préventive et la préemptive : alors qu’on n’a pas été attaqué, on invoque la LD contre l’autre parce que l’on sait qu’on va être attaqué ;

- Le chap VII fonde un système de sécurité collective centré autour du CS NU;

- En cas de menace à la paix, la sécu ou rupture de la paix ou acte d’agression, le CS peut prendre des mesures, comme des mesures éco (art 39, Charte), ou autoriser à conduire une action militaire collective (chap 6,5).

Le droit du recours à la force en dehors des hypothèses prévues par la Charte :

Reconnait la légitimité des luttes d’émancipation menées par des mouvements de libération nationale. Les E ont le droit de reconnaitre. Résolution 2625 (XXV). Ils sont arrivés au pouvoir par la force de façon illégitime. En DI, pour qu’un E soit reconnu par la communauté I, il faut remplir certaines conditions, au-delà du territoire, de la population et du gouvernement.

Les interventions dites « d’humanité » sont des interventions destinées au départ à assurer la protection des ressortissants nationaux se trouvant dans un E voisin (self-help). L’idée est que si une minorité dans un pays voisin où la population est minoritaire, on reconnait qu’ils ont droit à une protection. Elle a donné naissance à une autre doctrine baptisée de façon maladroite d’ingérence humanitaire (Kouchner). C’est ce qu’il ne fallait pas faire parce qu’on parle d’action humanitaire, on parle d’action neutre dans le conflit. On doit pouvoir accéder à toutes les parties au conflit et il faut donc montrer qu’on traitera l’ennemi également. La mission humanitaire ne peut s’exercer que si on est crédible devant toutes les parties. Lorsqu’on parle d’ingérence humanitaire, on signifie qu’on peut mener une action armée, recourir à la force en le justifiant par des raisons humanitaires. Inévitablement donc, l’usage de la force n’est plus neutre. Le mot guerre et humanitaire sont incompatibles. L’idée d’utiliser la force à des fins humanitaires est injustifiable.

Dans cette notion d’ingérence humanitaire, on s’est rendu compte que c’était problématique. Elle a été invoquée pour établir Restore hope et Provide comfort. La « Ré de protéger » (R2P) vient d’un rapport que les NU ont essayé de transformer en doctrine : idée que les E se surveillent mutuellement. Le problème est que cette Ré est un mauvais mélange de jus ad bellum, jus in bello et de jus contra-bellum (DIH et droit du maintien de la paix).

Ces interventions d’humanité ne sont pas prévues mais pas complètement illégales. Elles ont donné lieu au débat sur le droit d’ingérence humanitaire. Ce concept est dangereux donc il faut être vigilant.

Est-ce que la guerre mondiale contre le terrorisme est un conflit armé ? A-t-elle changé le DIH ? Oui, et pas en bien car elle a bcp compliqué les choses.

4) LE DIH ET LE DI DES DH : CONCURRENCE OU COMPLEMENTARITE ?

Rappel sur le DI des DH :

Si on fait remonter le DIH moderne à 1864 (Convention de Genève), le DI des DH un droit né bcp plus tard de la

Charte des Nations Unies et initié par un texte déclaratoire à valeur universelle : la DUDH de 1948. Ces

corps de règles sont nés de façon indépendante en s’ignorant l’un l’autre. Il n’y a eu aucun contact entre la conférence intergouvernementale qui a préparé la Convention de Genève de 1949 et les groupes de travail de la Convention de 1948, à 6 mois d’écart. Le contenu du DIH et du DI DH sont souvent les mêmes : ils cherchent à protéger les personnes dans leurs droits leurs plus élémentaires. La Convention UDH est une déclaration et elle n’a aucune valeur normative. La majorité des E ont ratifié les Pactes de

1966.

Le DI des DH est un droit composé de deux branches :

- La branche universaliste : elle est composée des Pactes des Nations Unies de 1966 (relatifs au droit civils et po, relatif aux droits éco, culturels et sociaux) qui sont applicables et invocables par les bénéficiaires de ces droits qui sont directement les individus. Il y a aussi traités spécifiques (convention contre la torture de 1984…). Le problème de ces conventions universalistes est qu’elles sont laissées à l’appréciation de chaque E. Ces comités dont les actes ressemblent à des décisions de justice sont des communications, des recommandations faites aux E ;

- La branche régionaliste : la plupart du temps, elles reprennent les conventions universalistes et les appliquent dans un cadre régional. Ces conventions régionales de protection avec mécanismes de contrôle : CEDH, Convention interaméricaine des droits de l’Homme, Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples. Elles sont assez précises. Ces conventions régionales sont bénéfiques pour la protection des DH dans un cadre supra territorial ou transnational.

Mais au regard des situations de troubles et de violences massives, les mécanismes universalistes ou régionalistes sont assez limités. Il ne peut y avoir un contentieux de masse devant ces J° régionales, une punition universaliste des crimes commis. Ces mécanismes sont donc plus élaborés que le DIH mais l’efficacité de leurs règles ne doit pas être surestimée ou surévaluée. Cette garantie des droits fonctionne en temps de paix, mais pas en temps de conflit armé. A tel point que la CEDH a condamné certaines violences dans les conflits armés en invoquant la CESDH mais sans jamais citer les Conventions de Genève.

C’est un droit protégeant directement les individus eux-mêmes (titulaires des droits!). Les E ont des droits et des obligations de mise en œuvre mais le DI des DH ne s’adresse pas directement aux E.

Le positionnement du débat :

Le DIH est né avant le DIDH qui reste un droit récent (1945 -1948 DUDH). Elles ont continué à vivre jusque dans les années 90 de façon totalement indépendante car leur origine est différente et parce que leurs mécanismes de protection sont différents. Le DI des DH s’applique en tout temps. Le DIH est en revanche un droit à éclipse, ne s’applique que lorsqu’il y a un conflit. Il faut que le droit soit efficace, que ce soit l’un ou l’autre qui protège.

Entre le DIH et le DI des DH, on assiste depuis ces 20 dernières années à une situation où le DIH est doublé par le

DI

des DH mais où l’efficacité est plus régionale qu’internationale. Le DIH a inspiré le DIDH en termes de protection

de

l’individu en étendant certaines règles de protection en dehors de conflits armés (lien de parenté indéniable).

Le DIH et le DIDH se sont développés indépendamment l’un de l’autre et ont généré des mécanismes de protection et de contrôle complètement différents (DIH : universaliste ; DIDH : universaliste et régionaliste).

Les distinctions majeures :

DIH

DIDH

Droit à éclipses

Droit permanent

Droit universel (CG)

Droit plus régionalisé qu’universalisé

Sanctions inorganisées : le DIH ne s’occupe pas de la répression et des sanctions. Les Conventions de Genève ne sont pas des textes pénaux !

Sanctions organisées

Impose des obligations à l’État, pas aux individus. De toutes manières, la sanction n’est pas efficace, il faut de la prévention.

Crée des droits au profit des individus

Régime dualiste asymétrique (CAI/CANI) : droit à géométrie variable

Régime unifié et, le plus souvent, dupliqué (Conventions régionales sont souvent copiées pour une protection nationale)

CHAPITRE 2 : LE SEUIL DAPPLICABILITE DU DIH : LA DISTINCTION ENTRE

CAI OU CANI ET LES TTI

Les conflits ont changé de visage car de plus en plus, on ne se bat sur plus sur un terrain où il n’y a que des militaires et on utilise les faiblesses de l’autre partie, notamment par les civils. Certains corps de règles s’appliquent tjrs, d’autres non. Le rôle de la qualification du droit est très important pour savoir si le DIH est applicable ou pas. Il y a une démarche progressive de la qualification :

- Conflit et « conflit armé » ;

- CAI et CANI ;

- Transformation et dynamique des conflits : les conflits armés ne restent pas nécessairement tels quels :

certains conflits internes s’internationalisent et vice-versa.

Aujourd’hui, les conflits peuvent perdurer avec des pics d’intensité dans la violence. C’est donc difficile de dire quand le conflit armé s’arrête. Du jour au lendemain, on peut se trouver avec des règles qui changent. La question de la qualification du conflit est donc très délicate.

1) LA QUALIFICATION DU CONFLIT

Les principes directeurs :

- Le DIH ne donne pas de définition précise du conflit armé alors qu’il en parle à tout bout de champ.

- Il y a une distinction entre les CAI et les CANI qui existe à l’art 2 commun des Convention de 1949. Il n’y a pas davantage de critères qui nous permettent de dire si c’est un CAI ou un CANI. C’est donc difficile d’opérationnaliser la distinction entre DIH des CAI et DIH des CANI.

- Le DIH n’envisage pas plus la transformation de la dynamique des conflits. Dans le cas de la crise au RDC, il y a tous les types de conflits possibles. Comment connaitre le « seuil de violence » mentionné dans la définition ?

- Le DIH n’en dit pas plus sur la méthode d’évaluation pour savoir si on est en face d’un conflit ou d’un conflit armé. On n’a pas de définition des TII.

Les conséquences de la qualification des conflits :

Elle permet de déterminer s’il s’agit d’un conflit armé dans lequel le DIH s’applique : distinction TTI/CA. Ex : dans le conflit Inde/Pakistan, on considère que ce n’est pas un CA donc on n’autorise pas les opérations humanitaires car c’est aussi un œil sur le conflit. Le seul de violence est difficile à apprécier.

La 2 e conséquence de la qualification des conflits est de savoir si on applique le droit des CAI ou le droit des CANI. Concrètement, par exemple au Congo, un jour on applique toutes les Conventions de Genève et l’autre, on n’applique plus en fonction de cette qualification (ex : obligation/offre de service). Cela n’est pas possible, on est tjrs à la merci d’une qualification juridique, d’où le rôle important des juristes sur le terrain qui vont convaincre les dirigeants qu’on ne peut pas changer de protection pour les civils, malades, blessés ou prisonniers du jour ou lendemain, sous prétexte que la nature du conflit a changé.

Il y a également une difficulté pour savoir quand commence et finit le conflit. Il n’y a plus de traité, ni même parfois de vainqueur et de vaincu. Chacun campe sur ses positions et on discute parfois, on menace parfois de reprendre le conflit. On arrive à des pics de violence qui monte et descendent. On ne sait plus si on est en situation de conflit ou non. L’intensité du conflit varie sans cesse : le DIH moderne est donc confronté à de nouveaux défis auxquels on ne peut pas tjrs répondre.

Les situations « infra-DIH » :

On est en dessous du seuil d’applicabilité du DIH. On n’est dans une situation de violence mais le seuil de violence du conflit armé n’est pas encore dépassé. On les qualifie donc de TTI ou de violences sporadiques. Cela peut inclure des situations fortement déstabilisées et durables (ex : émeutes). Les organisations humanitaires sont présentes sur le terrain mais ne peuvent pas invoquer les règles du DIH. Leur rôle consiste essentiellement à convaincre les autorités de convaincre un certain nombre de règles. Ils font donc des droits de l’Homme à vocation humanitaire car le DI des DH s’applique.

La difficulté est de savoir sur quels critères on apprécie ce seuil de violence. La tentation d’un E sur lequel se déroulent les éléments de cette nature est de se dire qu’il n’y a pas de CA, que les fauteurs de troubles sont des terroristes. Il ne faut pas oublier qu’on ne doit pas prendre partie mais donner la possibilité aux victimes d’être protégées. Il faut toujours privilégier le droit national sur le DI car souvent, ce droit national reprend le DI, il est connu des personnes auxquelles ont aura à faire. Souvent, ce ne sont donc pas les E qui admettent que c’est un CA (ex : Côte d’Ivoire), quoi qu’on fasse, les E ne bougent pas. Donc qui dit que c’est un CA ?

Les méthodes d’évaluation des conflits armés :

La qualification d’une situation de CA impose d’adopter une méthode d’évaluation en plusieurs étapes pour évaluer la nature et l’intensité d’un conflit.

Une première étape consiste à qualifier la situation d’une présomption liée à une reconnaissance du « seuil de violence » par les différentes parties et acteurs. Ce sont des éléments très factuels qui vont permettre de déterminer ce seuil de violence. C’est grâce au réseau que l’on a que l’on aura une idée de la situation. Il faut écouter tout le monde, chaque personne peut fournir des informations clés.

Deuxièmement, on fait un recensement de tous les E qui, dans une situation donnée, milite en faveur ou en défaveur du CA. C’est la méthode du faisceau d’indice qui consiste à appréhender une situation à partir d’un certain nombre d’indice : fonctionnement des commerces, des transports…

Enfin, on évalue ce faisceau d’indices en tenant compte du caractère qualitatif ET quantitatif, et on arrive à une qualification. Il faut avoir l’honnêteté de dire si c’est une situation de CA ou non. Même lorsqu’on n’est pas dans le cas d’une situation du CA, on peut essayer de les convaincre mais on ne peut appliquer le droit. Il ne faut pas nier la nature du conflit, sinon on perd toute crédibilité face aux parties.

Ex : cas du Daghestan, on analyse les degrés d’organisation du gvt (est-on face à une structure organisée ?), combien de personnes sont engagées dans le conflit et qui y est engagé ? Quel est le niveau d’équipement/entrainement de ces troupes ? Contrôle-t-on la situation, le territoire ? Le problème est qu’aujourd’hui dans les CA internes, une technique consiste à intervenir à n’importe quel moment, y compris la nuit, sur tout le territoire. En général, ils essaient de prouver qu’ils peuvent tuer, intervenir n’importe quand, quand contrôle possible. Cela ne rentre pas dans la qualification classique normalement. Les conflits sont ils motivés par des objectifs politiques ? En général, oui mais dès que l’adversaire se rend compte que le conflit po n’est plus valable, on le fait passer pour un conflit éco pour s’en mettre plein les poches. La partie adverse a-t-elle la capacité de mener des organisations militaires ? Pratiquement, il est donc difficile d’évaluer un conflit.

2) LA TRANSFORMATION DES CONFLITS

Qualification des CAI et des CANI :

Un CAI est un conflit dans lequel au moins 2 E font face et utilisent la force pour régler leurs différends. La nature des parties impliquées détermine si c’est un CAI ou CANI. TPIY, 2 oct 1995 PROC C/ TADIC reprend cette nature des parties impliquées. Lorsque les américains sont intervenus en 2003 en Irak, c’était un CAI. Mais lorsque G. Bush dit que la guerre est finie qq mois plus tard, elle ne l’est pas vraiment, les troupes restent sur le territoire. On n’est pas revenu à une situation de paix car la déclaration de Bush ne suffit pas.

Le problème majeur est la qualification plus complexe lorsqu’un E étranger intervient dans le cadre d’un CANI. On a une guerre civile dans laquelle, le plus souvent, une ou plusieurs parties s’opposent à l’E. Lorsqu’on est face à un CANI, il arrive souvent qu’un E externe soutienne soit une force gouvernementale, soit une partie adverse (rebelles). La réponse à question dépend du côté que l’E extérieur choisit pour intervenir.

- Si l’E étranger intervient aux côtés des forces gouvernementales (un E aide un autre E car les E ont souvent entre eux des accords de défense (ex : de coopération technique), cela ne transforme pas le conflit car la puissance invitée répond aux accords de défense conclus. Dans certains cas, l’E tiers/extérieur mène le conflit. Lorsque l’action est demandée, cela ne change pas la nature du conflit.

- En revanche, lorsque l’E tiers aide les rebelles, on se trouve devant un cas de figure où aux côtés des rebelles se trouve un autre E qui n’est pas celui représenté par les forces gvtales : c’est alors un conflit armé interne internationalisé. L’intervention d’un E tiers aux côtés des forces rebelles transforme la nature du conflit et le fait passer d’un CANI à un CAI. C’est la position adoptée par la CIJ dans l’affaire du NICARAGUA C/ USA du 27 juin 1986.

Cela étant, les situations sont tellement complexes aujourd’hui si cela entraine automatiquement la transformation du conflit. Il existe 2 théories qui s’opposent :

- Théorie de la « contamination » : le CANI s’internationalise et automatiquement, il y a changement de régime ;

- Théorie du « fractionnement » : cependant il arrive qu’un E tiers n’intervienne que dans une partie du CANI. A ce moment là, le CANI s’internationalise mais uniquement dans la zone où l’E tiers intervient contre les forces gvtales. Le régime est donc différent suivant la zone. Ex : RDC. On a le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi qui interviennent dans la partie Est de la RDC où on peut parler de CANI internationalisé. Au Sud en revanche, il y a tjrs un CANI mais il n’y a pas d’intervention donc cela reste un conflit armé interne.

Il n’y a donc pas l’une ou l’autre théorie qui s’applique. Ce sont des règles de bon sens qui doivent prévaloir. La contamination s’applique lorsqu’il est impossible de déterminer si l’intervention de/des E tiers est sporadique ou non. En revanche, lorsqu’on est face à des conflits suffisamment isolés sur le territoire, la théorie du fractionnement peut rester applicable. Lorsqu’on ne connait pas les règles du DIH, il suffit de faire preuve de bon sens.

L’internationalisation du conflit par l’exercice du contrôle :

Il a été théorisé par la CIJ tout d’abord. Elle a dégagée la notion de contrôle effectif : si l’internationalisation permet un contrôle effectif de l’E tiers sur le territoire. La notion de « contrôle effectif » a été donnée par affaire NICARAGUA.

Elle a ensuite été théorisée par le TPIY, 15 juil 1999, ch. d’appel, TADIC a transformé la notion de contrôle effectif en notion de « contrôle global ». La partie tierce tire les ficelles et commande la partie rebelle qui s’oppose aux forces gouvernementales. Globalement, il contrôle donc parlera d’internationalisation du conflit. Dans un autre arrêt, le TPIY est revenu à la notion de contrôle effectif.

A partir du moment où il y a un élément d’engagement suffisant d’un E tiers dans un CAI, celui-ci peut être qualifié de CANI internationalisé.

La logique des J° I fait que la CIJ n’est pas dans la même logique que le TPIY car elle juge des E qui ont consenti à la compétence de la Cour donc elle se prononce dans un droit de coopération pour régler des différends entre E. Elle est donc tjrs très diplomate. Pour les TPI, on impose une décision et ils jugent des individus et non des E. Une J° qui juge des E n’a pas la même liberté qu’une J° qui juge des individus.

Questions : Ce n’est jamais blanc ou noir. Il faut tjrs recontextualiser, et appliquer à une situation concrète.

3) LE CORPS DES REGLES APPLICABLES EN CAS DE CONFLIT ARME

Le champ d’application du DIH (3 niveaux) :

Rationae temporis (étendue temporelle) : le DIH s’applique quand il y a CA, pas avant. Il cesse de s’appliquer quand il n’y a plus de conflit. Il ne faut jamais dire que l’art 3 commun est applicable en tout temps. Il ne l’est qu’en cas de CA.

Rationae loci (étendue spatiale) : le 2 e critère est le champ d’application spatial. Le DIH ne s’applique pas partout, même s’il y a CA. S’applique-t-il en dehors du terrain de conflit ? La réalité du terrain fait qu’il intègre aussi les zones où les belligérants mènent leurs opérations militaires (même si ce territoire n’est pas le leur). Le principe est que c’est uniquement le territoire sur lequel le conflit se déroule mais il peut y avoir des extensions sporadiques à des parties/espaces qui ne font pas partie du territoire des belligérants.

Rationae materiae (étendue matérielle) : il faut qu’il y ait un lien de rattachement suffisant entre les actes incriminés et le conflit armé. Les comportements illégaux qui ne sont pas rattachables au CA n’entre pas dans le champ d’application du DIH.

Le champ d’application du DIDH :

Il s’applique tout le temps, dès lors qu’on a signé et ratifié un traité, peu importe s’il s’agit d’un CA ou non. Les classifications des droits de l’homme sont diverses : droits civils et po, éco et sociaux, droits « verts » = à un environnement sain, au développement durable etc. Il faut tout d’abord regard à quoi l’E est partie. On est dans une situation particulière car souvent, l’E a dans son propre système juridique une déclaration des DF.

La CIJ s’est prononcée sur l’applicabilité du DIDH en période de conflit armé (CIJ, Conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le territoire palestinien occupé, avis consultatif du 9 juillet 2004, §106) : même si il n’a aucune valeur normative, la CIJ a été claire sur la q°. Elle dit que ce droit reste applicable en tout temps. Mais les traités prévoient 2 tempéraments :

- Il existe la possibilité pour un E de limiter certains DH ou DF pour lesquelles la limitation est consubstantielle au fonctionnement du système. Dans un E, les droits ne sont jamais absolus (ex : liberté d’expression/respect de la vie privée). Cette théorie de la limitation existe en tout temps. La q° de la hiérarchie/classification va jouer.

- En cas d’urgence, les E peuvent temporairement suspendre l’application de certains DF ou DH

progressivement admis. Cependant, il doit respecter ses propres engagements et lorsque des clauses de dérogations figurent dans un traité international des droits de l'homme (chaque traité en admet une liste différente), un certain nombre de droits, les droits indérogeables, ne peut faire l'objet d'aucune dérogation :

o

Le droit à la vie (inclut soins, alimentation, abri) ;

o

La prohibition de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (les USA considèrent que la torture peut être admise lorsqu’il présente des risques importants) : dès lors qu’on admet des dérogations, il sera très difficile d’y poser des limites et cela peut très vite se dégrader ;

o

La prohibition de l’esclavage et de la servitude : les conventions de Genève les mentionne ;

o

La liberté de pensée, de conscience et de religion ;

o

La non-rétroactivité des lois pénales.

Le DIDH, même s’il est applicable en tout temps, comporte des dérogations, dont certains auxquels on ne peut jamais toucher (noyau dur).

Interaction entre le DIH et les droits de l'homme :

Pour pallier le « Meron Gap » (vide DIDH/DIH), Theodore Meron s’est aperçu qu’il y a des situations où il y a un vide. Les E n’appliquent pas encore le DIH mais appliquent peu ou pas le DI des DH. Il a essayé de créer certains instruments, notamment la Déclaration de Turku sur les standards minimum d’humanité qui essaie de rassembler les droits indérogeables en tout temps. Cette liste n’a aucune valeur, c’est de la soft law. On constate que si on met bout à bout l’art 3 commun applicable en cas de CANI, qui a valeur universelle, et la liste des droits indérogeables, il est possible de considérer que les 2 corps permettent de donner naissance à un certain nombre de garanties qui se traduiraient par ces « standards fondamentaux d'humanité ». L’art 3 commun n’est pas applicable en tout temps mais on peut dire que sa substance, comparé au DI des DH et aux droits indérogeables, est applicable en tout temps ; le fondement juridique est cependant différent.

La substance du DIH a été profondément influencée par les dvpts du DI des DH qui s’est développé plus vite et plus en profondeur que le DIH, qui en a au fond bénéficié. Cela se trouve, notamment les articles 75, 76 et 77 du Protocole Additionnel I aux Conventions de Genève (à connaitre) qui énoncent les garanties fondamentales ainsi que la protection accordée aux femmes et aux enfants. Elles sont le résultat de l’influence du DIDH sur le DIH.

On retrouve la même chose aux articles 4, 5 et 6 du Protocole Additionnel II (= CANI, dans lequel on ne peut pas parler de « combattant ») qui réitèrent les garanties fondamentales accordées à ceux qui ne prennent pas (ou plus) directement part aux hostilités, les droits de ceux qui sont privés de liberté et les garanties relatives aux poursuites pénales.

Le droit international des réfugiés :

Les conflits armés (CAI et CANI) sont des causes directes d'importants déplacements de population. Il faut connaitre la différence entre le DIR, le DI des personnes déplacées et le droit des apatrides (déchus de leur nationalité, donc n’ont plus de protection consulaire ou diplo de leur E d’origine).

La distinction entre réfugiés et personnes déplacées est importante : le DIR est relativement bien validé (Convention de 1951 et protocole de 1967). La différence est le franchissement de frontière : cela permet le déclenchement du DIR. Le droit international des réfugiés est définit comme le droit ayant pour but de protéger et assister les individus ayant franchi une frontière internationale parce qu'ils sont victimes ou risquent d'être victimes - de persécutions dans leur pays d’origine. Les NU ont mis en place le HCR qui a pour mission de s’occuper des réfugiés, dont le DIH ne s’occupe plus. En réalité, c’est différent (ex : déplacés au Tchad/réfugiés internes au Darfour). Leur problème est finalement identique.

Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, art 1er, A. §2 Une personne bénéficie de ce statut dès lors qu'elle craint: « avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ». La question de la Nté influe sur la qualité de réfugié mais si on craint pour notre propre vie, ce critère peut être mis à l’écart.

Caractéristiques de la Convention de 1951 :

Elle ne mentionne pas explicitement la crainte des effets indiscriminés d'un conflit armé ou d'évènements perturbant sérieusement l'ordre public comme une raison justificatrice pour que les individus qui traversent une frontière bénéficient du statut de réfugié. Une guerre n’est pas en soit une raison suffisante pour prétendre à la qualité de réfugié.

Selon les « clauses d'exclusion », le statut de réfugié ne peut pas être accordé à un individu s’il :

- A commis un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l'humanité ;

- A commis un crime grave de droit commun en dehors du pays d'accueil avant d'y être admis comme réfugié ;

- S'est rendu coupables d'agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Ces clauses sont importantes car certains dirigeants à l’origine de crises/conflits, essaient d’obtenir le statut de réfugié. Il ne peut normalement pas le réclamer au titre de la Convention de 1951.

Le DIR consacre le Principe du non-refoulement qui prohibe le retour forcé d’un réfugié dans son pays d’origine (art. 33 Convention 1951). C’est la principale règle à retenir (!). C’est le principe d’acceptation des personnes qui se présentent à la frontière. Ce sont généralement des demandeurs d’asile : on le naturalise ou on lui octroie le statut de réfugié. Cela pose des problèmes logistiques, matériels et sanitaires énormes pour certains pays qui ne peuvent pas accueillir autant de monde.

Réfugiés et déplacés internes :

DIH (lors de conflit armé non international) et DIDH sont applicables à ceux qui fuient d’un endroit à un autre au sein des frontières de leur propre pays et qui de ce fait deviennent des déplacés internes (acronyme anglais IDP). C’est un faux réfugié car il ne traverse pas la frontière. Mais il est de ce fait bcp moins protégé par le DI. Ils sont soumis au droit national.

Le Secrétariat des Nations Unies a mis en place texte sur les « Principes directeurs du droit des déplacés internes ». Ce DI des déplacés internes n’a pas de valeur contraignante. Il reste de la soft law. Quand les personnes sont encore à l’intérieur de l’E, c’est souveraineté qui prime. Le problème est que sur un champ de conflit armé, les civils fuient leurs habitations situés sur la zone de combat et risquent de se retrouver sur le camp adversaire donc ici les principes dérivés par analogie du DIH, des droits de l'homme et du droit des réfugiés jouent leur plein rôle.

CHAPITRE 3 : LES PERSONNES PROTEGEES : MALADES, BLESSES, NAUFRAGES

1) LA PROTECTION OFFERTE PAR LE DIH AUX MALADES, BLESSES ET NAUFRAGES

Les Conventions de Genève de 1949 (4) regroupent ces 3 catégories. Les 2 premières ne visent que les blessés et malades mais dans tous les cas, on parlera des CAI et des CANI alors que les Conventions n’en visent qu’une partie.

Les blessés et malades sont des personnes, aux termes des Conventions I et II, hors de combat. En raison d’un traumatisme, maladie ont besoin de soins médicaux et qui s’abstiennent de tout acte d’hostilité (art 8 (a) du protocole 1 (!). Si elles commettent un acte d’hostilité, elles perdent ipso jure et ipso facto leur protection. Dans les conflits classiques avec forces de défense et logistique, cela ne pose pas de pb. Mais en cas de CANI où il existe de mouvements de résistance, guérillas, c’est plus difficile. Le protocole 1 de 1977 a une perception qui dépasse les seuls membres des forces armées.

Les naufragés se trouvent dans une situation périlleuse en mer ou en d’autres eaux, par suite de leur infortune qui les frappe, et qui s’abstiennent de tout acte d’hostilité (art 8 (b) du protocole 1 de 1977).

Quels sont les éléments et les principes de protection qui pèsent sur les parties et les catégories ? Les règles fonda de protection sont à l’art 12 de la Convention de Genève I, à l’art 10 §1 PA 1 et l’art 13 CG I.

- L’art 12 mentionne les « membres de forces armées et les autres personnes mentionnées à l’article suivant, qui seront blessés ou malades devront être respectés et protégés en toutes circonstances ». On retrouve l’idée d’H. Dunant : à partir du moment où une personne est sur un champ de bataille, hors combat, elle a droit à une protection. Il n’est pas question d’achever les blessés. La consigne pas de quartiers est prohibée par le DIH, et c’est même considéré comme un crime de guerre. A partir du moment où une personne est hors de combat, elle devient ipso facto et ipso jure une personne protégée.

Il ne peut y avoir d’exécution sommaire des malades et des blessés. La 2 e obligation est de les protéger, en plus de les respecter.

- L’art 10 a rajouté une précision importante : tous les BMN sont uniquement les anciens combattants BMN mais à quelle que partie qu’ils appartiennent. C’est une obligation générale qui oblige à soigner et protéger les personnes dans la mesure des moyens dont on dispose. Il est évidemment hors de question de faire un tri à l’entrée de l’hôpital en sélectionnant les personnes.

- L’art 13 couvre les populations civiles. Sachant qu’aujourd’hui, 90% de la population touchée est civile, on n’exclurait une grande partie de la population sinon.

Respecter signifie épargner, ne point attaquer : il est donc interdit d’attaquer le BMN, de le tuer, le maltraiter ou le nuire. Protéger signifie qu’il faut porter secours et assistance, de lui venir en aide. Si l’E ne peut pas remplir l’obligation d’assistance, il doit la déléguer dans le respect du contrôle qu’il peut exercer sur la délivrance de l’aide humanitaire.

Ces obligations comportent les obligations de soin, de traiter ces personnes avec humanité et de ne pas porter à leur vie ou leur personne, ne pas effectuer sur eux des expériences biologiques/expériences et ne pas les laisser de façon préméditée sans secours médical. En réalité, ces obligations dépendent du contexte. Ex : guerre des Malawien essentiellement sur mer (accueil indifférent des argentins et des anglais).

2) LA PROTECTION DU PERSONNEL SANITAIRE ET RELIGIEUX

Ces personnes et ces biens vont être spécifiquement protégés lors de la mise en œuvre de cette obligation. S’il y a des ressources humaines à protéger, il faut aussi protéger des biens. La protection offerte par le DIH englobe ces moyens : de transport, matériel nécessaires.

Le personnel sanitaire (art 8 c) du protocole 1) :

C’est le personnel exclusivement affecté à la recherche, l’évacuation, le transport, le diagnostic ou le traitement, ainsi qu’à la prévention des maladies. Cela ne comprend donc pas seulement ceux qui ont des compétences médicales (brancardiers, chercheurs de blessés…). Quand on met en place un camp de réfugiés/déplacés, l’objectif n°1 des ingénieurs est de mettre en place des mesures d’hygiène (évacuation des eaux, sanitaires à l’écart). Il ne faut pas que le mode de vie auquel on soumet les personnes à protéger soit vecteur de transmission de maladies.

Inclut également :

- Le personnel chargé de l’A° d’unités et de moyens de transport sanitaires ;

- Le personnel sanitaire des sociétés nationales de la Croix Rouge ou du Croissant Rouge ou d’autres sociétés de secours volontaires/bénévoles dûment reconnus et autorisées par une partie au conflit : ce sont ceux qui connaissent le terrain, des personnes qui habitent, des habitudes locales. Leur travail est donc indispensable pour exercer les activités sanitaires du DIH. Ce sont les associations, les ONG. Il faut tjrs se rappeler que si ces groupes sont protégés par l’art 8 (c), il faut qu’ils soient acceptés et autorisées par les parties au conflit. Plus on est transparent, plus on sera accepté.

Le personnel religieux :

Ce sont les personnes exclusivement voués à un ministère religieux (quelle que soit la religion qu’elles servent). Il ne faut pas qu’elle prenne les armes ou qu’elle prenne partie au conflit. Le problème se trouve dans les conflits où la raison d’être du conflit a une origine religieuse.

Les unités sanitaires :

Ce sont des biens protégés de façon absolue. Cela vise les établissements hospitaliers mais également toute autre formation fixe ou mobile organisée pour assurer une tâche sanitaire. Ils sont marqués d’une croix rouge. Cela est vrai pour les immeubles, les navires et les aéronefs. Sur le terrain, souvent ces unités de soin sont mobiles et de fortune. Ces hôpitaux de campagne sont rarement identifiables donc il faut le faire. Ou il existe des lieux initialement pas des lieux de soins (ex : lieux de culte) utilisés comme un lieu de protection sanitaire. C’est moins évident à faire qu’à dire. Lorsqu’on parle des unités sanitaires, on parle des hôpitaux, des centres de transfusion sanguine, des instituts de médicine, des dépôts de médicament, de matériel ou produits pharmaceutiques (art 8 (e) PA 1). Ce n’est pas une garantie absolue mais c’est une garantie. Et, sans ce matériel, le personnel ne fera rien.

Les moyens de transport sanitaires :

Ce peut aussi être un lieu de soins. Ce sont des ambulances, navires hôpitaux, aéronefs sanitaires. Il n’y a rien en ce qui concerne les combats aériens.

Le régime juridique de protection :

Il faut retenir le terme d’accès aux victimes, aux populations. La contrepartie est que le personnel sanitaire pourra se rendre sur les lieux… La partie ou les parties peuvent tjrs contrôler le rôle de ces acteurs et leur interdire temporairement l’accès à un site si la sécurité l’exige. Ce n’est jamais permanent, c’est apprécié en f° du contexte.

Enfin, principe de libre circulation soumis à 2 réserves :

- Première réserve fonctionnelle: la liberté de déplacement du personnel sanitaire limitée aux « lieux où ses services sont indispensables » ;

- Deuxième réserve : mesures de contrôle (d'identité notamment) et de sécurité (contre l'espionnage ou le sabotage par exemple) peuvent être imposées par la Partie au conflit.

Le matériel médical :

Il bénéficie d’une protection spéciale. Il vaut très cher et c’est un moyen commode pour les parties aux conflits de l’exploiter et le revendre à des fins non médicales mais plutôt financières. C’est pourquoi il est protégé par l’art 33 CG1. Cela vise ce qui est consommable (médicaments…) mais également les bâtiments, les dépôts des établissements sanitaires fixes et ne pourront être détournés de leur emploi en tant qu’ils seront nécessaires aux blessés et aux malades.

Il n’y a jamais de protection complètement absolue. Il est possible de le désaffecter et les réaffecter à une fin militaire et vice versa. Donc les commandants des armées en campagne pourront les utiliser en cas de nécessité militaire urgente. Il arrive que les belligérants ne disposent plus des bonnes cartes (des cibles militaires qui ne le sont plus). Il faut systématiquement vérifier la réalité du terrain.

Toutes ces règles sont applicables en CAI. Mais dans les textes cités, il n’y a rien concernant les CANI. Il y en a dans le protocole 2 mais très peu donc il faut chercher dans les règles coutumières. La Convention G 2 protège les combats maritimes mais ne concerne que les malades et les blessés. Les droits et moyens de méthodes de combat sur terre n’est pas le même régime qu’en mer. Voir Manuel de San Remo pour les navires hôpitaux. Ce texte n’a pas de portée juridique contraignante en soi (soft law). En revanche, il contient des règles coutumières. Les avions sanitaires sont des appareils protégés car ils sont des moyens de transport mais également des lieux de soin. Donc la protection est double.

3) LES DROITS ET DEVOIRS DU PERSONNEL SANITAIRE ET RELIGIEUX

Les devoirs :

Concernant le personnel sanitaire qui fait partie des forces armées, ce sont des militaires qui effectuent des f° sanitaires. Ils sont protégés mais sont tout de même rattachés aux forces armées. Ils ne sont pas neutres comme le personnel de la CR ou de Médecins du Monde. Il est donc d’abord militaire, puis sanitaire. Il y a 3 règles qui constituent leurs devoirs :

- L’obligation de respecter et de protéger les malades et les blessés : ce personnel a donc une obligation de soin donc un personnel sanitaire qui laisserait délibérément mourir une personne ou un groupe à des fins volontaires perdrait sa protection (CC° néerlandaise sur le chirurgien qui refuse de soigner) ;

- Il ne peut pas participer aux hostilités : il s’engage à une forme de neutralité. Il n’a donc le droit de porter que des armes légères pour sa propre protection ou les personnes qu’il a en charge. Mais cela est souvent régi par le Statut de l’organisme auquel il est rattaché Ex : pour le CICR, ils n’ont le droit de porter aucune arme. Pour les véhicules de la CR, on n’a pas le droit de monter une personne avec une arme.

- Il doit porter un signe distinctif pour être facilement identifiable. Les emblèmes reconnus sont la croix, le croissant et le cristal rouges qui font bénéficier d’une présomption de protection. Il existe l’acte de perfidie qui est l’utilisation d’une protection reconnue par le droit pour tromper l’adversaire (parfois, cela peut être reconnu comme crime de guerre).

Les droits :

- Il ne peut être sanctionné pour avoir exercé une activité de caractère médical conforme à la déontologie ou aux autres règles médicales qui protègent les blessés et les malades, peu importe la partie au conflit à laquelle il appartient.

- Il ne peut être contraint d’accomplir des actes ou d’effectuer des travaux contraires à la déontologie médicale. Il ne peut non plus être sanctionné pour cela.

- Il ne peut être contraint de s’abstenir d’accomplir des actes exigés par ces règles et dispositions (art 16 PA 1), dans la limite de ses compétences.

Définition d’une « activité de caractère médical » :

C’est l’acte de soin d’une façon générale, que ce soit urgent ou que ça corresponde au maintien de l’état de santé d’une population (suivi des enfants, nutrition…). Le critère qui permet de déterminer ce qu’est une activité médicale est le but de l’action menée : elle doit avoir pour finalité d’améliorer la santé ou de diminuer la souffrance du blessé (exclut les activités accomplies dans rapport avec l’état de santé du blessé).

Il est interdit de contraindre une personne, à quel que stade de la chaine qu’il se trouve, à donner des renseignements concernant les malades et les blessés sur leur pathologie, l’origine de cette pathologie… C’est la personne touchée qui estime que les renseignements demandés vont ou peuvent porter préjudice à ces malades ou à leur famille. Cela signifie concrètement qu’il y a une obligation de réserve qui se manifeste par le secret médical. Cela se limite lorsqu’on est face à une pathologie susceptible de se propager (épidémie). Le droit humanitaire prend en compte l’individu mais le groupe également.

Il existe un ordre de priorité dans le soin : la prévention des risques médicaux et le soin des blessés passent avant le reste.

Atteintes portées à la « mission médicale » :

Elle concerne tout ce qui gravite autour de la protection des malades et des blessés. L’interdiction de porter atteinte aux malades et aux blessés à l’obligation de respecter, et celle de protéger. Cette obligation de mission médicale porter sur :

- L’interdiction de protéger à des mutilations, expériences médicales ou expériences scientifiques : les populations ne sont pas des cobayes. Souvent dans les CA, les hôpitaux et les prisons ont souvent été des champs d’expérimentation (camps nazis). Il faut tjrs contextualiser les problèmes : un médicament dont on ne connait pas les effets par exemple mais qui est le seul à portée de main, on peut l’employer mais tjrs avec le consentement de la personne. Ce n’est plus une expérience à des fins statistiques.

- L’interdiction de soumettre ces blessés/malades à des procédures médicales non-nécessaires face à l’état de santé ou contraire aux standards médicaux généralement acceptés. Parfois des progrès ont été faits en terrain de conflits, notamment en chirurgie de guerre mais on n’avait pas le choix.

Les limites et les prohibitions :

Il est interdit de contraindre le personnel médical lorsqu’il est soumis à un environnement coercitif : il est interdit de proférer des menaces, brimer, tuer maltraiter. Cette pression peut être directe (contre la personne médicale à mais aussi indirecte (contre la famille de cette personne). Dans les CANI, le problème est que les gens se connaissent, et les familles sont aussi connues.

La difficulté est d’identifier la menace. C’est ici qu’il faut distinguer la menace d’une simple pression qui serait celle de retirer ou de ne pas accorder certains avantages matériels. Ex : lorsqu’une ONG humanitaire s’installe sur le terrain, cela implique parfois des conditions de la part d’une partie en guerre. Ici, ce n’est pas parce que cette partie impose des conditions que cela constitue des menaces mais il faut savoir refuser car cela peut vite tourner au chantage. Ex : donner des médicaments, corruption. Il faut être clair face à l’interlocuteur sur ce qu’on peut faire et qu’on ne peut pas faire.

Droits des personnels sanitaire et religieux en cas de capture :

Cela ne doit pas arriver normalement puisqu’il est neutre. Quelle que soit son appartenance, le personnel médical permanent (art 24 CG1) ne bénéficie pas du statut de prisonnier de guerre. Le PG est un qq qu’on retient pour qu’il ne participe plus aux hostilités donc ici, le personnel n’y participe déjà pas donc la non-attribution du statut de PG est normal. Il y a un traitement réservé au personnel sanitaire et religieux : ils doivent pouvoir continuer à exercer leurs f°.

Le permanent est celui donc c’est le métier. Lorsqu’il s’agit de médecins des forces armées de la partie adverse capturés en même temps que les combattants, on peut les retenir pour protéger les prisonniers de guerre. Pour le personnel sanitaire et religieux qui ne font pas partie des forces armées et qu’ils ne sont pas utiliser à ces fins, ils doivent être rendus.

Le personnel temporaire en revanche, et uniquement s’il est employé pour des missions sanitaires en raison du conflit, sera considéré comme un PG (art 25 CG1). Parfois, la distinction est facile mais dans les CANI, le personnel sanitaire temporaire fait tout (combat, brancardier, cuisiner etc). Ici encore, le bon sens veut que si la personne à la qualité de PG, elle doit être retenue en priorité.

Le DIH a bcp évolué sur ce point mais pendant des années, il n’y a pas eu d’efforts de la part de organisations humanitaires pour traiter la q°. Puis, ils sont devenus un véritable sujet de préoccupation car les vivants cherchent ces morts. Le programme Mission du CICR a donné lieu à l’adoption d’une Convention I en 2008. C’est une des activités majeures des organisations humanitaires. Les personnes disparues constituent aujourd’hui un problème épineux. Ex : dans le conflit en Azerbaïdjan ou en Bosnie, ce problème empêche le règlement du conflit.

Les obligations des parties au conflit à l’égard des disparus et des morts :

Un mort est un disparu retrouvé. Il existe 2 types d’obligations :

- Prendre toutes les mesures possibles pour rechercher et recueillir les membres de forces armées blessés, malades et naufragés et les protéger contre le pillage et les mauvais traitements, qu’elles soient mortes ou vivantes (art 15 CG1 et 18 CG2) ;

- Les parties doivent entreprendre de rechercher les morts pour empêcher qu’ils ne soient dépouillés (art 15 CG1 et 18 CG2).

Le tracing :

Cette obligation de rechercher se traduit par une activité : le « tracing » (enregistrer, informer et transmettre). C’est une obligation d’identification des blessés/disparus de notre propre camp mais également de la partie adverse. Chaque combattant a une carte ou un livret d’identité, ce qui doit permettre de retrouver l’identité des personnes mortes. Dans certains cas, on ne retrouve que des bouts de personnes et il est alors difficile de les identifier (dispersés au combat ou en décomposition). De nombreux progrès ont été faits pour identifier les restes humains et les personnes (photographies, vêtements), notamment grâce aux archéologues qui sont capables de travailler sur des restes humains récents. Ils peuvent identifier de nombreuses informations vues la position du corps, les vêtements… L’obligation est donc d’identifier et d’enregistrer.

Les informations doivent être communiquées dans un bref délai au « Bureau officiel des renseignements sur les prisonniers de guerre ». Chaque partie au conflit dispose d’un bureau qui enregistre toutes les personnes qu’elle détient en son pouvoir.

Enfin, il y a une obligation de transmission des informations à la puissance (partie adverse) dont dépendent ces personnes par l’intermédiaire de la Puissance protectrice et de l’Agence centrale (= Agence de tracing) des prisonniers de guerre (art 16 CG1 et 19 CG2). Cette agence est un bureau au sein du CICR qui centralise toutes les infos. Dans le système originaire des conventions de Genève, chaque pays neutre devait désigner des puissances protectrices qui font transiter les infos données par l’une et l’autre partie. Mais cela n’a jamais fonctionné.

Obligations matérielles à l’égard des morts :

L’inhumation ou l’incinération des morts doit être faite individuellement, si possible. Ils doivent prioritairement enterrés, si l’on n’a pas d’obligation explicite de l’incinérer. Car s’il faut un jour retrouver certaines informations, on pourra accéder au corps.

Il faut le précéder d’un examen attentif et si possible médical du corps, en vue de constater la mort, pour établir l’identité et rendre compte. Il y a un débat pratique sur l’utilisation des tests ADN : ils deviennent de moins en moins fiables avec le temps et sont parfois moins probants. De plus, ils coûtent cher. Ils ne sont faits que si l’on n’a pas d’autres solutions.

Enfin, il faut veiller à ce que les morts soient enterrés honorablement : si possible, selon les rites et croyances de ces personnes décédées et que leurs tombes soient respectées, rassemblées, entretenues si possible selon la nationalité des décédés. Dans les CA modernes, la religion est souvent un facteur du conflit lui-même donc ne pas enterrer les corps honorablement devient souvent une méthode de combat. L’idée est de notamment permettre le rapatriement du corps et d’identifier le lieu où il se trouve pour que les proches puissent s’y rendre.

Les disparus :

Ce sont des personnes dont on est sans nouvelles et il est rapporté, à partir d’infos fiables, qu’elle est disparue soit en raison du conflit armé, soit d’une situation de violence interne. Soit elles sont mortes, soit elles sont enlevées. 80% des disparus en pratique sont morts. Bcp de personnes veulent croire que la personne est encore en vie donc, sans exclure que la personne soit encore en vie, il faut faire comprendre à la personne qui la cherche qu’elle est probablement morte.

Le DIH prévoit une obligation de prendre toutes les mesures possibles pour élucider le sort de toutes les personnes dont la disparition a été signalée. Les parties au conflit doivent rechercher et ouvrir une enquête pour rechercher cette personne dont la disparition a été signalée par la partie adverse. Ce n’est pas une obligation formelle mais active (art 33§1 PA1). L’art 32 PA 1 reconnait aux familles le droit de connaitre le sort de leurs morts. L’avantage de la Convention de 2008 est qu’elle découle directement de ces obligations dans le cadre du CA.

Le dossier des disparus est amplifié par le fait que dans certains conflits, la disparition devient une méthode de combat. On assiste à des chantages sordides où l’on trafique le corps et on ouvre un marché pour de l’argent en échange du corps.

5) LES EMBLEMES ET LES SIGNES DISTINCTIFS (!)

Historique :

Ils protègent principalement les personnes mais également les biens, notamment culturels. L’historique de l’emblème pose problème. La 1 e Convention de Genève de 1864 prévoyait un emblème unique destiné à faciliter l’identification du personnel et des ambulances des forces armées sur terre.

C’était une Croix Rouge qui fut choisie. La première raison est qu’H. Dunan a voulu faire un signe distinctif pour les blessés et a faire une croix avec du linge. La 2 e raison est que c’est assez facile de faire une croix rouge. Enfin, c’est un signe qui se voit à très longue distance. La CR étant un mouvement né en Suisse, c’est l’inversion du drapeau suisse.

Autour de cet emblème, il pose un problème religieux pour certains malgré l’absence total de caractère religieux de cet emblème. Le Croissant rouge a été reconnu par une Convention de Genève. Il a existé aussi le lion Rouge (Iran) et le soleil rouge. Régulièrement, ces reproches sont problématiques sur le terrain (ex : intervenants considérés comme des croisés). La CR est plus connue que le croissant pour des raisons historiques. Le problème est qu’on ne peut pas utiliser les 2 en même temps. Cela posait un problème avec Israël qui a employé l’étoile de David alors qu’elle n’est pas reconnue par une Convention de Genève.

Les conflits diplomatiques ont duré jusqu’en 2005. Le cristal rouge a été choisi car on a les initiales CR qui permettent de conserver CICR en cas de disparition des 2 autres emblèmes. Il a été adopté le 8 déc 2005 par un PA III. A l’intérieur du cristal, on n’a le droit d’ajouter n’importe quel emblème. Cela a pu résoudre le conflit entre les territoires occupés et Israël. Un autre problème s’est posé au Kazakhstan : ils mettaient la croix et le croissant à

coté. Ce n’est pas possible car il faut un seul emblème. Maintenant, ils ont mis la croix et le croissant dans le cristal.

Les problèmes d’emblèmes sont importants car on est identifiés à travers lui.

Les fonctions de l’emblème :

Elles ont un usage à titre protecteur et un usage à titre indicatif. A titre protecteur car il faut une manifestation visible de la protection accordée par les CG aux personnes, unités ou moyens de transport. Il faut montrer qu’on est impartial, qu’on ne prend pas part au conflit.

Un autre usage de la CR est l’usage à titre indicatif. C’est en temps de paix. La CR n’a dans ce cas aucun f° protectrice, elle permet juste d’identifier.

Effets protecteurs de l’emblème :

Les effets protecteurs de l’emblème sont destinés à identifier les personnes protégées des parties au conflit. Ils figurent sur les drapeaux, brassards, le matériel du service sanitaire (ex : peintures blanche et rouge, autocollants tout près). Il faut qu’ils soient visibles, notamment la nuit. Tout moyen est bon pour identifier la personne. Aujourd’hui, les unités sanitaires sont équipées d’une puce.

L’idée est que les personnes et les biens bénéficient d’une protection I spéciale et ne peuvent donc pas faire l’objet d’une attaque. Le problème est que certains biens protégés sont transformés en méthodes et moyens de combat. C’est une utilisation indue et abusive : on appelle cela les actes de perfidie sous certaines conditions (crimes de guerre).

CHAPITRE 4 : LES COMBATTANTS DETENUS PAR LENNEMI ET STATUT DES PRISONNIERS DE GUERRE (POW)

Introduction :

C’est une catégorie de personnes protégées strictement délimitée. Ce n’est une notion que l’on peut utiliser que dans les CAI. Il y a une protection spé du PG car c’est un ancien combattant. Il existe un privilège au §2 art 43 PA 1 : les combattants ont le privilège de participer aux hostilités, càd qu’ils sont autorisés à tuer. C’est le privilège du combattant. En contrepartie, il constitue des cibles légitimes d’attaque lors des opérations militaires. C’est évidemment contraire au droit pénal des E.

Cela est reprise au §57 du Code Lieber Dès qu'un homme est armé par un gouvernement souverain et prête, comme soldat, le serment de fidélité, il est un belligérant ; le fait de le tuer, le blesser ou commettre envers lui tous autres actes de guerre ne constitue pas un crime ni une infraction individuels ») : les combattants ne peuvent pas être poursuivis sur le plan de l’exercice de leurs f°. Ils existent tout de même une limite : le respect des règles du droit humanitaire (droit I pénal), les CG. On sort du privilège et on commet alors un crime de guerre ou un crime contre l’humanité. C’est important à comprendre car les PG ne peuvent pas être poursuivis ou jugés pour avoir simplement combattus.

Statut du PG :

Le but, en faisant des PG, est de réduire la puissance de la partie adversaire en les empêcher de reprendre part aux hostilités, ce n’est pas de le tuer. Les combattants capturés par l’ennemi vont bénéficier d’un statut spécial du fait qu’ils ne sont plus combattants. Ils ne constituent alors plus une menace pour la partie adversaire et bénéficient d’un traitement spécial. Cela a été codifié une 1 e fois en 1929, que certains E ont ratifiés et d’autres pas (ex :

Japon). La 3 e CG de 1949 précise ce statut dérivé de PG.

Le statut de PG n’est pas réservé au seul combattant capturé. La CG 3 et les pratiques y ont intégrés des personnes qui n’étaient pas formellement des combattants. Les choses se compliquent lorsqu’on est face à des forces armées non régulières ou des milices qui portent appui à une partie. Ex : guerre d’Afghanistan ou guerre d’Irak.

Il ne faut pas oublier que le statut de PG ne s’applique qu’en cas de CAI. Les personnes participant directement aux hostilités sont, elles, protégés en cas de CANI.

1) LES MEMBRES DES FORCES ARMEES

On définit le PG par la définition du combattant. Mais qu’est un combattant ?

Les critères d’identification des PG :

Ils sont définis par la 3 e CG. Il y a tjrs 4 critères qui permettent cette identification :

- L’appartenance à une partie étatique ou à une force armée régulière d’une des parties étatiques au conflit ;

- L’organisation sous un commandement responsable : la force armée doit être organisée, hiérarchisée sous forme de chaine de commandement. Cela permet de faire le lien à propos de la Ré du commandant et du supérieur hiérarchique. Il faut également se méfier des apparences. Lorsque l’on est dans un conflit armé, on se retrouve parfois devant des situations surprenantes (ex : commandant responsable très jeune et armé) ;

- Les méthodes de combat sous lesquelles ces personnes opèrent : les personnes doivent officier dans le respect des lois et coutumes de la guerre. Ces personnes doivent être identifiables, porter les armes ouvertement.

- Enfin, l’importance qu’il y a à qualifier la situation de CAI ou de CANI. Il y a toujours une protection mais l’intensité est différente selon les CAI et les CANI

Les catégories de combattants :

Les membres réguliers des forces armées d’une partie à un conflit (terre, mer, air).

Les autres personnes qui se battent pour le compte d’un E partie à un conflit I, sans toutefois être membre formellement des forces armées. Cela peut être des milices, des corps de volontaires ou les membres des mouvements de résistance organisés. Ces derniers doivent atteindre un certain degré d’organisation pour être considérés comme des combattants. Lorsqu’ils utilisent des moyens et méthodes de combat illégaux, ils peuvent être accusés de crimes de guerre ou contre l’humanité. Il y a eu un problème dans l’affaire BARBIE. Il a été poursuivi pour CH mais aurait aussi dû être poursuivi pour crime de guerre. Le problème est qu’il y avait prescription en tant que crime de guerre (alors que le CH est imprescriptible). A partir du moment où une force armée étrangère est invitée et prend part à un CAI, elle est considérée comme constituée de combattants.

Appréciation du niveau d’organisation (CG 3) (à connaitre) :

- Avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés ;

- Avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance (ex : en Afghanistan, ils n’avaient pas d’uniforme mais ils portaient un chapeau plat qualifié de signe distinctif) ;

- Porter ouvertement les armes pour se distinguer des civils ;

- Se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de la guerre, ce qui est plus difficile à vérifier sur le terrain.

2) LES PG AUTRES QUE LES MEMBRES DES FORCES ARMEES

Ce sont des personnes qui a priori ne font pas partie des forces armées.

Les membres d’une levée de masse :

C’est le fait pour les populations civiles de se soulever à l’approche de l’armée ennemie afin de défendre le territoire national (ex : affaire BLASKIC : le fait pour une population civile de se défendre alors qu’elle n’est pas membre de forces armées lui offre une protection. On a reproché à Blaskic d’avoir massacré ces populations car elles n’avaient pas les moyens de se défendre).

3 conditions cumulatives sont nécessaires à la levée en masse :

- Il faut d’abord respecter les lois et coutumes de la guerre ;

- Porter ouvertement les armes ;

- Cette transformation opérée par la levée en masse n’est possible qu’à l’approche de l’ennemi et pendant la période qui précède l’attaque du territoire par l’envahisseur. Il y a donc une limitation temporelle.

Les membres d’une levée en masse ne peuvent pas arguer de l’appartenance à cette LM pour continuer la lutte. Ils changent donc de catégorie suivant le fait que la partie ennemie gagne ou non. En général, les LM sont vouées à l’échec et débouche donc souvent sur une application de la CG 3.

Les autres catégories de personnes bénéficiant du statut de PG :

Ce sont d’abord les personnes accompagnant les forces armées étatiques sans en faire partie (membres d’équipage des aéronefs militaires, correspondants de guerre, fournisseurs, membres d’unité de travail ou de services chargés du bien-être des forces armées…). Il y a la q° de savoir si on peut inclure les compagnies militaires privées ou les compagnies de sécurité, P privées qui prêtent main forte aux forces armées. Elles font cela généralement pour de l’argent.

Il y a également les membres de la marine marchande et de l’aviation civile d’une partie étatique à un CAI car ils sont généralement requis pour transporter des troupes ou du matériel militaires (raisons logistiques), même si elles ne prennent pas directement part au conflit.

3) LES PERSONNES NE BENEFICIANT PAS DU STATUT DE PG

Elles participent directement aux hostilités mais ne bénéficient pas du statut.

2 statuts particuliers : espion et mercenaire :

L’espion est « personne qui, en secret, déguisée ou sous une fausse identité, recherche des renseignements avec l’intention de les communiquer à l’ennemi ». Ne correspond pas aux services de renseignement. L’espionnage

suppose le recours à une forme de perfidie, de tromperie vis-à-vis de l’ennemi. L’espion perd ipso facto et ipso jure la qualité de PG. Ex : USA/Iran et q° d’espionnage a abouti à des exécutions. Il y a une protection de l’espion tout de même mais elle est très réduite. La particularité est que ce principe ne s’applique pas si l’espion appartient aux forces armées en conflit et qu’il est en uniforme.

Le mercenaire est défini à l’art 47 PA 1 : toute personne qui conduit 5 conditions énoncées. Une force armée d’une puissance invitée peut ne pas être considérée comme mercenaire. Le problème est de déterminer à partir de quand on est à la recherche d’une lutte. En Afghanistan en 2001, les américains ont arrêté des personnes étrangères venues rejoindre les groupes de talibans (y compris des US et des occidentaux). Les membres des forces armées US ont dit qu’ils étaient des mercenaires. Ils étaient payés comme les autres membres de forces armées :

cela ne permet pas de les qualifier de mercenaires car ils ne se battaient pas pour l’argent (il faut que ça rapporte plus qu’un simple salaire) mais pour des raisons idéologiques. Les compagnes militaires de sécu sont des entreprises d’anciens miliaires à la retraite le plus souvent. Elles sont noyées dans de nombreuses activités (ex :

escorte de personnes). Concernant les sous-traitants, tout dépend du rôle qu’ils ont (ex : observation ou action réelle).

4)

LES REGLES DE PROTECTION DES PG

Système de protection :

Le 1 er principe est le principe d’humanité (clause de Martens) : un PG est un individu comme tout autre et il n’y a donc aucune raison de le maltraiter.

Il existe donc des conditions de détention (logement, communications, dispositions en cas de décès). Il faut leur permettre de vivre normalement, sans contraintes, sans humiliations, dans des conditions acceptables. Il faut simplement ne pas les maltraiter. Même si leurs conditions de vie sont déplorables, elles ne sont pas forcément illégales suivant le contexte. Ex : Iran/Irak 1984 1988, certains kurdes ont demandé à être gardés car ils étaient bien mieux traités chez ceux qui les détenaient.

La Convention 3 comprend un règlement sur le transfert des PG relativement claire. Ils ne peuvent être retenus que s’ils présentent un danger pour la partie qui le retient (ex : s’il est malade, il ne sert à rien de le garder). Puisque qu’il va être bien traité, il conduit à des coûts financiers importants. Le DIH oblige les parties au conflit qui détiennent à les traiter décemment.

Il y a d’autres dispositions concernant les conditions de travail, leurs ressources pécuniaires… mais l’idée reste la même : il faut des conditions légales d’existence. Ex : droit à faire connaitre sa position de PG, travail forcé interdit. Nom, rang, grade et appartenance à la force armée à laquelle il est rattaché sont les seules infos qu’un PG a à donner.

Ce n’est pas pour autant qu’un PG ne peut pas être condamné s’il commet un crime. Mais il existe des conditions précises. On ne peut pas le condamner parce qu’il est PG mais parce qu’il a commis un crime.

Le système de protection est donc assez largement développé mais ce sont surtout des règles de bon sens. Le spectre de la protection s’étend à partir du moment où ils sont retenus, jusqu’à qu’ils ne soient plus retenus.

Droit de visite :

Le plus important pour un PG est de faire savoir qu’il est en vie et qu’il ne soit pas l’objet de chantages. L’art 126 CG 3 prévoit un droit de visite des PG au bénéfice de représentants des puissances protectrices et des délégués du CICR. Il y a une obligation de les laisser rendre visite aux PG. La convention précise également la nature, la fréquence et la durée de ces visites : elles sont déterminées par le CICR et ne peuvent être limitées ou interdites qu’à titre exceptionnel. Il y a un minimum de garanties fonda prévues à l’art 3 commun et l’art 75 du PA 1 (à lire).

Vidéo sur les délégués PROT : « En détention, l’humanité entre les murs ». Grande différence entre la théorie et la pratique. Le rôle du CICR est de vérifier que le détenu est bien aux mains de la puissance occupante et vérifier les lieux de détention. Il existe souvent des lieux de détention secrets. Il n’y a aucun moyen de les connaitre pour le CICR. Deuxièmement, en pratique, lorsque le CICR, au titre de l’art 126 de la CG 3, il a à faire face à une autorité qui est souvent très délicate. Ce qui compte est la façon dont on va pouvoir avoir accès aux détenus, peu importe les signatures émises par les dirigeants. Il faut montrer à l’interlocuteur que notre rôle est d’apporter qqch et non de rajouter de la bureaucratie qui complique et alourdit les choses. Ex : il faut un minimum d’hygiène et des conditions sanitaires dans les cuisines qui n'existent pas. Il n’est pas question de sanctionner et de juger simplement la situation mais plutôt d’apporter une aide. Lorsqu’on a sur le terrain un « droit à », il ne faut jamais le considérer comme dû. Il faut tenter de comprendre la position/situation de l’interlocuteur. Il ne faut pas oublier que ce que l’on veut obtenir est l’accès au lieu de détention. Il faut que l’autorité sache que l’on sait pour pouvoir contrôler les flux d’entrée et de sortie des PG. C’est plus une q° de compréhension de la psychologie des interlocuteurs.

Conditions de cessation de captivité des PG :

Le statut de prisonnier de guerre cesse avec la fin des hostilités. Cependant, lorsqu’ils sont sérieusement blessés ou malades, ils doivent être rapatriés. La règle générale est que les PG doivent être relâchés à la fin des hostilités actives car il n’y a plus de raison de les détenir. Relâcher signifie aussi rapatrier. La CG 3 prévoit également le cas de certains prisonniers qui ne voudraient pas revenir dans leur pays d’origine. Cela arrive régulièrement lorsque les CAI sont motivés pour des raisons ethniques, raciales ou religieuses. Il faut cependant des démarches dans le pays d’accueil pour les légaliser et qu’ils ne soient plus PG. Il faut établir un bureau de renseignement sur les PG en leur donnant un nom, un matricule et qu’on puisse les décompter. Le CICR joue souvent le rôle d’Agence centrale de recherche qui comptabilise les PG. C’est particulièrement le but des entretiens sans témoins. Un logiciel, par un système de tracing, comptabilise tous les PG de la planète. C’est un système puissant qui fonctionne pas mal.

5) LES PERSONNES PARTICIPANT DIRECTEMENT AUX HOSTILITES DANS LE CADRE DES CANI

Il existe tout d’abord des personnes qui se battent dans le cadre d’un CANI mais d’un type particulier : elles participent à une guerre de libération nationale dans le cadre d’un CANI. Ces parties d’un CANI, par l’effet d’une disposition de l’art 1§4 du PA1 de 1977, seront considérées comme celles d’un CAI car ces conflits, par l’effet de la disposition, vont être considérés comme un CAI dans leur régime juridique. Ils sont donc considérés comme des prisonniers de guerre et bénéficient des garanties fonda de l’article.

Il faut donc savoir si on se trouve dans le cadre de ce PA1. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux E ont émis des réserves. Juridiquement, la conséquence directe de cet art 1 §4 est que le conflit reste un CANI mais son régime juridique est celui des CAI. Il n’y a pas de statut de PG pour les autres qui participent au conflit sans être rattachés à une partie au conflit. Seulement les garanties de l’art 75 PA 1 seront applicables.

Les personnes participant directement aux hostilités dans un CANI :

Cette participation est subordonnée à la définition donnée à l’adverbe « directement ». Dans un CANI, on ne peut pas arguer du statut ou traitement du PG. Cependant les personnes participant aux hostilités bénéficient du même traitement que toutes les autres personnes qui ne participent pas ou plus directement aux hostilités, sans égard aux raisons de cette absence de participation (hors de combat, dépôt des armes, maladie, blessure, membre de la population civile, etc…). Cela n’aura simplement aucun effet direct sur leur régime juridique.

Le régime de protection minimal de l’art 3 commun CG :

Le régime de protection minimal de l’art 3 commun CG qui inclut 4 principes est tjrs valable. Si l’E a signé le PA 2, c’est une protection complémentaire. Ces 4 principes sont celui d’humanité, de non-discrimination (égalité), le respect des droits indérogeables (protection contre les atteintes à la vie et à l’intégrité corporelle, contre les mauvais traitements et la torture, contre la prise d’otages, contre les atteintes à la dignité (incluant la prostitution forcée), contre l’expérimentation médicale, contre les peines collectives) et la garantie de certaines garanties judiciaires fondamentales par l’exécution sommaire (« droit à un procès équitable » de la CEDH).

La protection du PA 2 (à lire !) :

Ils comportent des précisions sur les garanties de l’art 3 commun et ajoute des protections qui ne sont pas spécifiquement prévues. Il existe des protections spéciales : les femmes (en détention, mères d’enfants en bas âge ou enceintes), les enfants et les personnes âgées. Les femmes participent de plus en plus aux hostilités aujourd’hui. Il y a en plus des dispositions spécifiques aux déplacements forcés et aux opérations de secours humanitaire.

Dans le cadre des CANI, il n’y a pas de droit à l’assistance humanitaire : il faut être accepté par la partie au conflit sur lequel on veut entrer. Alors que dans les CAI, on a un « droit à ».

CHAPITRE 5 : LES CIVILS AU POUVOIR DE LENNEMI

1) LA PROTECTION DES PERSONNES CIVILES PAR LE DIH

Introduction :

Aujourd’hui, 80% des victimes des CA sont des civils. Ils ont été protégés relativement tardivement en DI parce qu’au départ, les CA se dérouler hors des zones pour les populations civiles. Aujourd’hui on a 90% de civils touchés face à 10% de militaires.

Ce qui a réveillé le système conventionnel I est que la protection de civils correspondait à une dimension particulière du DI. La raison pour laquelle le DIH s’appelle humanitaire est principalement à cause de la protection de la population civile. La clause de Martens avait pour origine la protection population civile mais il n’a pas été suivi. Puis certains universitaires se sont rendu compte qu’ils allaient être la cible des CAI/CANI.

La CG 4 n’a pas pu être mise en œuvre avant la WW2. Elle a finalement été signée en 1949. Elle a été complétée abondamment par le PA1 de 1977 et par le DI coutumier. L’idée est la protection contre l’arbitraire de la puissance ennemie au pouvoir de laquelle elle se trouve. Lorsque le territoire est occupé, le territoire occupé doit impliquer pour les personnes civiles un minimum de changement par rapport à ce qu’elles connaissent.

L’art 4 CG 4 :

On n’y trouve pas de définition réelle : « Sont protégées par la Convention les personnes qui, à un moment quelconque et de quelque manière que ce soit, se trouvent, en cas de conflit ou d'occupation, au pouvoir d'une Partie au conflit ou d'une Puissance occupante dont elles ne sont pas ressortissantes ». L’expression « au pouvoir » n’a pas forcément de sens matériel : la personne se trouve dans un territoire dont la puissance en q° est maitresse.

Au critère juridique traditionnel de la nationalité vint donc se substituer un critère alternatif découlant de la condition d’allégeance à une Partie au conflit. A ce sujet, voir notamment les affaires TADIC, jugement du 15 juillet 1999 (§166), CELEBICI, jugement du 16 novembre 1998 (para. 266) et BLASKIC, jugement du 3 mars 2000 (§126). Dans certains CA internes internationalisés, la Nté n’est plus suffisante. Ex : en BH, si on utilise le critère classique de la Nté, notamment lorsque la Serbie a été considérée comme partie au conflit, on a 2 parties au conflit. On s’est servi d’un critère alternatif qui a considéré que le civil était protégé ou pas.

Champ d’application de l’art 4 CG 4 :

L’art vise à protéger les civils dans 2 grandes catégories de situations où ils sont plus vulnérables :

- Les ressortissants ennemis qui se trouvent sur le territoire national de chacune des parties au conflit ;

- Les territoires occupés, l’ensemble de la population sur ledit territoire est protégée, à l’exception de toutefois des nationaux de la puissance occupante.

2) PRINCIPES DE PROTECTION COMMUNS A TOUS LES CIVILS AU POUVOIR DE LENNEMI

Principe d’humanité :

Le principe d’humanité (article 27 §1) est le fondement de la protection complexe des civils : « Les personnes protégées ont droit, en toutes circonstances, au respect de leur personne, de leur honneur, de leurs droits familiaux, de leurs convictions et pratiques religieuses, de leurs habitudes et de leurs coutumes. Elles seront traitées, en tout temps, avec humanité et protégées notamment contre tout acte de violence ou d'intimidation, contre les insultes et la curiosité publique »

Droits et obligations fondamentaux :

Protection minimale des civils :

- Interdictions du viol,

- De toute contrainte d'ordre physique ou moral notamment pour obtenir des renseignements,

- Des punitions collectives,

- Du pillage,

- De la prise d'otage,

- Des mesures de représailles.

Les parties au conflit peuvent prendre, à l'égard des personnes protégées, les mesures de contrôle ou de sécurité qui seront nécessaires du fait de la guerre.

Il faut distinguer la protection de la personne civile en temps de guerre et lorsque les actions d’hostilités ont eu lieu.

Règles CG 4 applicables :

L’idée centrale sur laquelle reposent ces règles particulières est que l’acquisition d’un territoire par la force ne doit pas être autorisée. En effet, une occupation militaire est anormale et temporaire.

Elle est temporaire donc ne doit donc pas engendrer de changements dans le système juridique. Elle ne peut pas substituer son système juridique à celui de la puissance occupée. La condition est de s’abstenir de modifier le droit existant. Si la population civile a des droits particuliers, il appartient à la puissance occupante de répondre aux conditions minimales de vie de la population civile.

Elle ne peut pas non plus modifier la géographie physique à son profit, d’exploiter les ressources naturelles à son profit…

Une catégorie particulièrement vulnérable est souvent les personnes âgées qui ne peuvent pas suivre par manque de capacité physique. L’une des activités du CICR est notamment de vérifier dans les maisons s’il ne reste pas des personnes âgées.

Conséquences juridiques pratiques :

On trouve 4 grandes interdictions qui découlent de la CG 4. La 1 e est l’interdiction de transférer sa propre population civile dans les territoires occupés (ex : WW2 où les nazis ont commencé à coloniser les territoires occupés). Ensuite, il est donc interdit de déporter la population civile. Mais il est possible de les déplacer pour des raisons de sécurité. Troisièmement, il est interdit de détruire ou de s’approprier les biens civils dans le territoire occuper et également de changer fondamentalement la législation applicable. Enfin, il est interdit de s’approprier les ressources naturelles du territoire occupé.

L’autre conséquence est que la puissance occupante devra également respecter ses propres obligations au titre du DIDH, qui seront également applicables dans le territoire occupé. Si elle a adhéré à certains instruments internationaux, elle pourra appliquer ces mêmes règles au territoire qu’elle occupe. L’interdiction précédente est donc asymétrique : elle n’a pas le droit d’importer son système juridique sur le territoire occupé mais elle doit appliquer les mêmes règles qu’elle applique dans son propre territoire national.

Droits de la puissance occupante :

La protection offerte par la CG 4 n’est pas unilatérale. En effet, la puissance occupante a des obligations mais aussi des droits. Elle peut premièrement détenir des membres de la population civile dans certaines circonstances, mais tjrs dans les règles et conditions prévues par la CG et notamment l’art 68 :

- La première catégorie de personnes correspond à celles qui ont commis des actes nuisibles à la puissance occupante et pouvant être jugées à ce titre. Elles ont méconnu leur obligation de ne pas participer aux hostilités (transgression des règles de non-intervention). Ces personnes transgressant ces règles peuvent demander à avoir le statut de prisonnier de guerre. Ce sont des détenus de sécurité. Pour les détenus de sécu qui ont commis des actes particulièrement nuisibles à la puissance occupante, elle a la possibilité de faire juger la personne. Le DIH prévoit même dans certains cas que la peine de mort puisse être applicable au regard du principe de non-intervention des personnes civiles.;

- La 2 e catégorie correspond aux personnes internées non pour d’impérieuses raisons de sécu mais ne sont coupables d’aucune infraction envers la puissance occupante (art 78 CG 4). On n’a aucune preuve d’infraction du droit pénal national, du DIH ou du DIP contre eux. La puissance occupante les a préventivement internés. Leur régime est relativement proche du régime des prisonniers de guerre. Ils

sont automatiquement relâchés à l’issue du conflit. Cependant, face à une population civile, tout le monde est souvent suspect (ex : proches des membres des forces armées).

Obligations de la puissance occupante à l’égard de la détention :

Les internés civils doivent être libérés par la puissance détentrice dès que les conditions justifiant leur internement ont cessé d’exister, et au plus tard à la fin des hostilités. Les civils ne peuvent jamais être détenus au-delà.

Les internés sous le coup de poursuites pénales pourront toutefois être gardés en détention jusqu’à la fin de la procédure, ou, le cas échéant, de la peine.

Les civils en territoire occupé soupçonnés notamment d’intelligence avec l’ennemi (= espion) pourront se voir restreindre certains droits en cas de détention (ex : droit de la communication) en vertu de l’art 5 de la CG 4.

Certaines règles de la Convention de la Haye de 1907 sont encore applicables aujourd’hui. Tout n’est pas dans la CG et le PA.

4) LES RESSORTISSANTS ENNEMIS SE TROUVANT SUR LE TERRITOIRE DE LA PARTIE ADVERSE

Droits et limitations :

La CG 4 reconnait certains droits importants aux étrangers qui se trouvent sur le territoire d’une E en guerre avec un autre : on a le droit de quitter le territoire. De plus on a une protection contre certaines activités, notamment la contribution aux efforts de guerre de la partie sur le territoire duquel ils se trouvent.

Si ces étrangers possèdent la Nté de la partie adverse peuvent être détenus mais seulement si c’est absolument nécessaire. Les USA, pendant la WW2, ont mis sur pied certains camps où ils ont transféré la population américaine d’origine japonaise. Il faut que la détention soit absolument nécessaire.

Enfin, on observe le même régime de détention que pour les internés en territoire occupé.

5)

DIH ET ASSISTANCE HUMANITAIRE A LA POPULATION CIVILE

Lorsqu’un conflit armé éclate, la protection armée n’a de sens qu’accompagnée d’une aide humanitaire. Il n’y a qu’une dizaine d’articles sur ce droit à l’assistance humanitaire, qui sont donc exploitées à fond. Il faut simplement convaincre les autorités du bien-fondé de l’assistance humanitaire et de garantir la sécu.

Signification et contenu du droit à l’assistance :

La signification du droit à l’assistance est traduite par un droit : celui de recevoir de l’aide humanitaire. Premièrement, cela signifie que les E sont dans l’obligation de fournir cette assistance humanitaire au titre du DIDH mais aussi du DIH. Deuxièmement, les populations civiles ne peuvent pas être la cible de mesures militaires qui provoquent la famine. Il s’agit de la famine au sens large, càd des moyens d’existence et de subsistance (nourriture, vêtements, abris de fortune).

Les parties au conflit ont l’obligation de fournir cette assistance. Mais en général les parties au conflit n’ont pas les moyens de délivrer cette aide humanitaire. On est obligé de laisser passer le passage de cette assistance, on ne peut pas la refuser aux acteurs qui livrent comme le CICR. On subit parfois certaines pressions, comme celui de ne pas livrer l’adversaire de cette aide humanitaire. Il faut refuser. Dans le CAI, c’est un droit, une obligation. Alors

que dans le CANI, c’est une offre de service : la partie peut refuser, elle n’est pas obligée de laisser- passer. En pratique, cela ne change pas grand-chose car la méthode utilisée avec l’interlocuteur est la même. La partie étatique reste organisée et soudée. Parfois, on envoie même quelqu’un pour négocier mais qui ne peut pas prendre de décision. C’est parfois un test à l’égard des humanitaires. Il faut faire preuve de psychologie et non se braquer.

Une fois sur le territoire protégé, il faut pouvoir s’y déplacer librement avec des convois et le personnel humanitaire dans l’exercice de leurs f°. Il peut cependant y avoir des restrictions temporaires ou non. Il existe souvent plusieurs check points à passer. Il y a chaque niveau de hiérarchie avec un chef avec qui il faut négocier.

Protections spéciales accordées à certaines catégories de civils :

Certains civils sont surprotégés, càd qu’ils ont la protection générale offerte à tous les civils plus la protection particulière en f° de leurs besoins. Ces civils surprotégés sont les femmes, les enfants et les journalistes.

- Les femmes et les enfants sont prioritaires pour les moyens de subsistance ;

- Les journalistes doivent être protégés de façon particulière parce qu’ils n’appartiennent pas aux forces armées et qu’on va leur soutirer des informations ou les empêcher d’en donner. Le DIH va tenter de leur permettre de continuer à exercer leur activité d’information. Les correspondants de guerre exercent une f° journalistique à l’intérieur des forces de défense, alors qu’ici ils sont à l’extérieur. Il y a tout de même des limites à cette protection. Cette protection peut aussi se transformer en manipulation.

Au-delà des personnes catégorisées objectivement, les CG et les PA proposent également des accords complexes pour la protection de droits de certains groupes.

- Il y a notamment des dispositions sur les personnes déplacées internes (alors que les droits des personnes réfugiées sont bien développés). Les personnes sont parfois à la fois réfugiées et déplacées. Le HCR n’a pas le droit d’intervenir auprès des personnes déplacées. Leur sort est donc pris en charge par les organisations humanitaires sur le terrain. Il est plus difficile sur le terrain de garantir la sécu des personnes déplacées car on est encore sous la Sté de l’E dont les personnes déplacées sont ressortissantes ;

- Il y a également les personnes disparues et décédées;

- D’autres personnes sont affectées dans ces situations, notamment les familles, donc on peut être amené à faire du tracing ou du RLF (Rétablissement du Lien Familial). L’activité humanitaire consiste à regrouper les familles, notamment par des messages Croix Rouge (dire qui on est, s’identifier et écrire au dos certaines choses). Ces messages sont offerts aux familles, aux détenus et aux PG. Cela montre l’importance de l’Agence centrale de renseignement. Ces messages CR sont tjrs contrôlés. Ex : une personne a voulu attaché une photo d’elle qui avait en fond des infos sur le lieu de détention. Or, les informations du message doivent être à caractère strictement familial. Il faut donc tjrs vérifier les messages avant de les fournir aux autorités pour vérification.

Enfin, le DIH prévoit la possibilité de créer certaines zones protectrices pour augmenter la protection de la population civile dans certaines circonstances (zones de sécu, démilitarisées, sanitaires…). Dans les zones de sécu, on accueille que des civils pour les protéger. Certaines terminent très mal (ex : Srebrenica). Attention, il n’y a pas de correspondance automatique entre le droit des NU et le DIH ! Les zones démilitarisées sont celles où il n’y a pas d’armes. Les militaires peuvent y entrer mais ne peuvent y mener d’opérations militaires. Les zones sanitaires sont dédiées aux seuls malades et blessés, largement entendus (femmes enceintes, enfants en bas âge…). Un autre

élément ne devrait pas donner lieu à des combats : lorsqu’une ville se déclare ville ouverte, càd que la population civile a décidé de ne pas résister et les parties aux conflits peuvent donc traverser mais pas d’y mener des combats.

En cas de CAI ? :

Il y a l’art 3 commun, le PA 2. La protection est plus faible sur le terrain car en cas de CANI, la population civile est souvent bcp plus proche des combats. Il est donc difficile pour la population civile de rester complètement neutre. Ex : Colombie. FARC/gvt de Colombie et les forces para militaires. Les FARC avaient une technique d’obligation de la population civile à fournir tous les renseignements. La population était de ce fait considérée par le gvt comme alliée des FARC. Dans les méthodes et moyens de combat, on ne peut jamais soumettre une population à des représailles car elle est contrainte, donc ne perd pas son statut.

Pour répondre aux q°, il faut généralement contextualiser, ce n’est jamais noir ou blanc.

Partie 2 : Le droit des moyens et des méthodes de combat

CHAPITRE 6 : LA CONDUITE DES HOSTILITES

C’est la façon de mener les opérations militaires. Il existe tout d’abord des principes généraux qui s’appliquent partout, en tout temps. Et il y a le droit des conflits armés. La règle générale à la base des droits et méthodes de combat réside dans un principe de distinction. Cela étant, tous les objectifs militaires ne peuvent pas être visés de la même façon. Le DIH protège aussi spécialement certains biens. Certains biens, si on les prenait comme des objectifs militaires, seraient un risque pour l’environnement (centrale nucléaire).

1) LE DROIT DE LA CONDUITE DES HOSTILITES

Ce sont des principes qui demandent à être interprétés dans le contexte où ils sont appliqués. Il y a 5 règle fonda :

- Les parties n’ont pas un choix illimité quand aux moyens et méthodes de guerre. La fin ne justifie pas les moyens. Lorsqu’on vise un objectif militaire, il faut utiliser des moyens appropriés pour le détruire, sans toucher ce qu’il y a autour ;

- Elles ne peuvent utiliser des MMC de natures à causer des maux superflus (art 35 § PA 1). Le but de tout opération militaire est d’affaiblir l’adversaire mais pas l’éradiquer complètement ;

- Interdiction de déclarer qu’il ne sera pas fait de quartier. Lorsqu’on mène un combat, le but est de prendre l’objectif militaire fixé mais pas de détruire les combattants de la partie adverse et de les massacrer ;

- Interdiction de s’attaquer aux personnes connues comme étant hors de combat : cela vise les combattants hors de combat et les catégories qui n’ont jamais participé aux combats ;

- Interdiction de la perfidie, càd une autorisation illégale du DIH pour tromper l’ennemi à des fins militaires.

Interdiction de déclarer qu’il ne sera pas fait de quartier :

Cela vient de l’art 23 (d) du règlement annexé à la 4 e convention de la Haye de 1907, reprise mot pour mot à l’art 40 du PA 1 (réaffirmer les règles est nécessaire car les parties aux conventions ne sont pas tjrs les mêmes). Le principe interdit d’ordonner qu’il n’y ait pas de survivants, mais également d’en menacer l’adversaire (ex : pour hâter sa reddition) ou de conduire les hostilités en f° de cette décision.

La « capitulation sans condition » (unconditional surrender) n’implique pas que l’on puisse tout faire avec l’adversaire et ça n’implique jamais qu’on a le droit à un refus de quartier.

Les commentaires sur le site du CICR n’ont pas de valeur juridique mais aident à comprendre les règles : « Tout ordre de « liquidation » est interdit, qu’il s’agisse de commandos, de commissaires politiques ou autres -, de combattants irréguliers ou dits irréguliers, de saboteurs, de parachutistes, de mercenaires ou de personnes considérées comme telles ou d'autres cas. Et non seulement l'ordre de mise à mort est interdit, mais aussi la menace et l'exécution, avec ou sans ordres. » Des ordres sont parfois donnés mais ne sont pas tjrs clairs et peuvent être interprétés de façon différente. Le commentaire de l’art 40 PA 1 considère que dès qu’il y a un doute, cela bénéficie aux personnes pouvant être victimes de cet ordre. Sur le plan pratique, la hiérarchie doit être claire, sinon elle engage sa Ré.

Interdiction de s’attaquer aux personnes reconnues comme étant hors de combat :

L’art 41 du PA 1 indique que doit être considérée comme hors de combat :

- Toute personne qui est au pouvoir d’une partie adverse ; ou

- Toute personne qui est sans défense du fait qu’elle a perdu connaissance ou du fait de naufrage, blessures ou malades ; ou

- Toute personne qui exprime clairement son intention de se rendre, à condition dans les 3 cas, qu’elle s’abstienne de tout acte d’hostilité et ne tente pas de s’évader. La personne a donc manifesté son intention de cesser le combat.

Il existe une présomption sur le fait que cette catégorie inclut aussi bien les combattants réguliers que les

combattants irréguliers. Cela s’applique aux militaires et aux civils. Elle est soumise à la condition de s’abstenir de

toute acte d’hostilité ou de toute tentative d’évasion car cela la transformerait en perfidie.

Interdiction de la perfidie :

A la fin de la WW2, les nazis ont infiltré les troupes américaines en lançant une série de fausses infos (affaire

CORDITZ : ils avaient utilisé l’uniforme de la partie adverse). Elle se définit comme « le fait de faire appel, avec l’intention de la tromper, à la bonne foi d’un adversaire pour faire croire qu’il a le droit de recevoir ou l’obligation

d’accorder la protection prévue par les règles du DI applicable dans les conflits armés ».

C’est une interdiction non absolue, càd qu’elle est limitée aux cas où elle est utilisée en vue de tuer, de blesser ou de capturer un ennemi. Sinon ce n’est pas une perfidie au sens du DIH.

Elle est essentiellement destinée à protéger les combattants mais également dans certains cas la population civile

si

certaines personnes commettent des actes hostiles.

La

grande difficulté que l’on rencontre sur le terrain est de distinguer la perfidie des ruses de guerre qui ont pour

but d’induire l’adversaire en erreur ou de lui faire commettre des imprudences (ex : laisser trainer de fausses

cartes).

Q° sur la règle cout : Les règles coutumières en DIH sont souvent coutumières car les règles enseignés aux combattants sont les mêmes donc un grand nombre de ces règles sont coutumières.

Le principe de distinction (fonda !!!) :

Le droit des moyens et méthodes de combat est fondé sur un principe : le principe de distinction entre la population civile et les combattant. Il figure à l’art 48 du PA 1 : « En vue d'assurer le respect et la protection de la population civile et des biens de caractère civil, les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu'entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires ». On associe à la protection des personnes à la protection des biens. On fait une distinction nette entre biens à caractère civil et ceux à caractère militaire. Les méthodes de combat ne peuvent viser que des objectifs militaires sinon c’est illégal ! Ni la population civile dans son ensemble, ni les personnes civiles, ni mêmes les biens civils de peuvent faire l’objet d’une attaque directe (art 51 (2) et 52 (1) PA 1).

Dans un conflit asymétrique où la partie faible s’attaque à la population civile, c’est une violation manifeste de ces articles. Et même en cas de CANI, ces règles ont valeur coutumière donc dans tous les cas, c’est la commission d’un CG. Le droit humanitaire, si on veut lui donner un minimum d’effectivité, on doit utiliser une certaine force de persuasion pour éviter cette attaque directe.

Les notions de « personnes » et de « population » civiles :

La personne est un individu, la population est un groupe. L’art 50 § 1 PA 1 : « est considérée comme civile toute personne n’appartenant pas à l’une des catégories visées à l’article 4 A. 1), 2), 3), et 6) de la IIIe Convention et à l’article 43 du présent Protocole ». La personne civile est une catégorie négative, résiduelle mais avec une catégorie majoritaire. Cet art a la capacité de simplifier les choses : si c’est ni un combattant, ni un PG, ni un blessé/naufragé, c’est une personne civile.

Le §2 dit que « la population civile comprend toutes les personnes civiles ». Cela veut dire que la population civile est un groupe indéfini. C’est une forme de présomption : si ce n’est pas une personne combattant, naufragé etc, on ne la touche pas. En cas de doute, il faut la protéger.

Ce sont également ceux qui n’appartiennent pas à une force armée (régulière ou irrégulière) ou une levée en masse. C’est une définition par exclusion.

En pratique, c’est difficile à mettre en œuvre. Dans l’extrait sur la République Centrafricaine, malgré le fait qu’ils ont des armes, ce sont des populations civiles qui ont droit à protection car elles n’ont les armes que pour se défendre, pas pour attaquer.

L’interdiction d’attaque directe contre les personnes civiles ou la population civile :

C’est une attaque directe, distinctes des attaques indirectes qui sont les dommages collatéraux. Ici, les civils n’ont pas le droit de participer directement aux hostilités. Si ces civils participent aux hostilités, leur protection est suspendue pour la durée de cette participation (art 53 (1) PA 1). C’est donc une suspension temporaire de la protection et elle n’entraine pas la perte du statut de la personne car ils sont souvent obligés de se défendre. La protection est simplement remplacée par celle du combattant. De toute façon, ils retrouveront leur protection générale contre les attaques directes dès qu’elle cessera de participer directement aux hostilités.

Précisions sur la protection offerte à la population et aux personnes civiles contre les effets des hostilités :

La présence au sein de la population civile de personnes isolées ne répondant pas à la définition de l’art 50 (1) ne peut aboutir à priver l’ensemble du groupe de la protection dont elle doit bénéficier : s’il y a des combattants

réguliers ou irréguliers qui se cache au milieu d’une foule de civils, on ne peut pas priver l’ensemble du groupe de protection. Cela se voit souvent dans les zones de combat, notamment lorsque la partie étant en train de perdre cherche à se faire évacuer le plus lentement possible. Cela conduit à des convois de civils (ex : WW2, convois de civils bombardés par l’aviation allemande ; 1 e guerre de Tchétchénie). L’argumentation souvent utilisée par l’armée est qu’ils ont des armes assez sophistiqués pour viser seulement les personnes combattantes. La précision des armes n’est en réalité pas celle fournie par le constructeur.

Le principe, face à un convoi de civils, est qu’il est interdit d’y porter atteinte. Il y a une présomption de caractère civil d’un individu, même s’il y a le principe de distinction. On n’a pas 2 chances lors de la conduite des hostilités donc il faut prendre des précautions. C’est une condition sine qua non.

La protection des biens civils :

Le principe de distinction fait la nette distinction entre les biens de caractère civil, les combattants et les objectifs militaires. Les biens civils sont définis de façon négative. Un objectif militaire est « limité aux biens qui, par leur nature, leur emplacement, leur destination ou leur utilisation apportent une contribution effective à l’action militaire et dont la destruction totale ou partielle, la capture ou la neutralisation offre un avantage militaire précis » (art 52 (2)). Le bien civil se définit par opposition à celle-ci.

1° La contribution effective signifie que l’on bien que l’on attaque présente un avantage militaire (et non politique). C’est plus facile à comprendre par sa nature que par son degré qui est précisé à partir de 4 critères :

- La nature du bien : c’est relativement objectif par leur destination première (ex : caserne militaire/maison de campagne). Le problème est qu’en cas de conflit armé, le bien de caractère militaire par sa nature ne répond pas à ce caractère premier ;

- Utilisation du bien : c’est un critère plus mouvant, subjectif. Ex : une école peut changer de destination temporairement. Certains biens ne peuvent changer, comme les hôpitaux. L’utilisation du bien est fonctionnelle car il peut être utilisé pour les forces armées mais si, par exemple, c’est un entrepôt pour nourriture destinée aux militaires, est-ce militaire ? C’est ici qu’intervient le 3 e critère ;

- Destination du bien : sans moyens de subsistance, on ne peut mener une opération militaire donc on prend en compte cette destination pour qualifier la nature du bien ;

- Emplacement du bien : souvent, c’est facile à déterminer mais aujourd’hui, les conflits sont surtout urbains. Le problème est que la guérilla urbaine rend la délimitation civil/militaire délicate (ex : bâtiment où un seul étage est occupé par des militaires => le dernier étage était susceptible d’attaques et les dommages collatéraux ne rendent pas invalide l’attaque).

Tous ces critères sont alternatifs. Il faut les replacer dans le contexte, le conflit pour apprécier leur nature. Le fait que l’objectif soit militaire ne suffit pas. Il faut qu’il y ait contribution effective. Il y a donc 2 éléments subjectifs à apprécier !

2° La destruction totale ou partielle (le but est de prendre le bien) ou la capture ou la neutralisation offre en l’occurrence un avantage militaire précis : il faut démontrer que l’objectif visé correspond à qqch de nécessaire et important dans notre stratégie pour prendre l’ascendant sur l’adversaire.

- Précis : avantage perceptible et concret, et s’oppose donc à l’hypothétique et spéculatif (ex : détruire pour casser le moral de l’adversaire n’est pas précis alors que casser la chaine de commandement l’est) ;

- Militaire : il s’agit de prouver qu’en visant cet objectif militaire, on va pouvoir mettre l’adversaire dans une position d’infériorité pour pouvoir négocier avec (voire l’éradiquer). Elle ne peut être limitée à la seule recherche du gain politique ;

- Cadre temporel : il faut contextualiser avant de pouvoir prendre une décision car la situation évolue chaque jour très rapidement. Bcp plus que l’opération militaire, il faut des renseignements fiables. Lorsqu’il y a de grosses cata, c’est souvent par manque de/mauvais renseignements. La partie qui perd aujourd’hui, c’est souvent celle qui a la technologie.

Le principe de distinction doit guider notre analyse ! Mais il existe aussi des sous principes souvent dérivés des règles coutumières.

3) LES REGLES ASSURANT LA PROTECTION DES PERSONNES ET BIENS CIVILS

Quelles cibles sont légitimes et peuvent être attaquées ?

Les attaques indiscriminées :

Elles sont complètement interdites. Elles se distinguent conceptuellement d’une attaque directe contre la population : du fait que l’attaquant ne tente pas de porter délibérément atteinte à ces derniers mais n’accorde manifestement aucune attention aux dommages dont ils pourraient être victimes. Ex : 85 000 personnes ont été sacrifiées pour rien en Allemagne nazie (embauche d’enfants) ; boucliers humains comme la technique utilisée par Saddam Hussein (rassemblement de population civile pour se protéger). Le principe est que de tirer dans le tas est prohibé par le DIH (art 54, §4 PA 1). Pour un militaire, il doit réaliser sa mission coûte que coûte. Pendant longtemps, ils n’avaient pas du tout la notion d’attaque indiscriminée. Le principe de discrimination est de se demander si l’attaque va causer plus de dégâts civils que militaires. C’est difficile à vendre à des forces de défense mais il faut les amener à se demander si les dégâts que cela va cause vaut le coup, après l’attaque, à plus long terme.

L’article 54, §4 PA 1 donne une définition abstraite des attaques indiscriminées :

- Les attaques qui ne sont pas dirigées contre un objectif militaire déterminé (al a) ;

- Les attaques dans lesquelles on utilise des méthodes ou moyens de combat qui ne peuvent pas être dirigés contre un objectif militaire déterminé (al b) : c’est le cas du tapis de bombes à sous-munitions (au début, on n’avait pas relevé les conséquences indiscriminées car au début, c’était utilisé pour les pistes d’avion) ;

- Enfin, les attaques dont les effets ne peuvent pas être limités comme le prescrit le Protocole (al c) : ce sont des attaques dans lesquelles on utilise notamment des armes nouvelles dont on ne connait pas totalement les effets.

Le PA 1 intègre également le concept d’attaques indiscriminées en intégrant 2 cas concrets (art 51 §5) :

- L’interdiction des bombardements en tapis, puisqu’ils sont considérés comme effectués sans discrimination ;

- L’interdiction des attaques disproportionnées.

Le DIH n’interdit donc pas les attaques contre des cibles militaires lorsque de telles attaques ont pour conséquence des dommages en vies ou bien civils qui ne sont pas excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu de l’attaque. Il faut faire un bilan pour déterminer si le nombre de biens civils sera plus important. C’est difficile à mettre en œuvre. Ce qui est prohibé par le DIH est la disproportion. L’armée la plus concernée/visée par le DIH est l’armée aérienne.

Analyse de la proportionnalité :

C’est une forme particulière qui permet d’apprécier/interpréter ce principe de discrimination. Il signifie qu’une partie au conflit ne peut pas utiliser des moyens disproportionnés pour atteindre son but. Il faut une proportionnalité dans l’action qui s’apprécie au regard du résultat visé. Cela relève de l’évaluation prospective antérieure à sa conduite de laquelle dépend l’équation proportionnelle entre l’avantage militaire escompté et les pertes civiles. On évalue la proportionnalité en amont. Ne peut être véritablement sanctionnée l’utilisation de la disproportion dans l’attaque. Il est important de faire attention et de ne pas savoir à l’avance (bonne foi) ce qui est disproportionné et ce qui ne l’est pas. La proportionnalité s’apprécie au moment où on doit réagir. Plus on est dans une situation d’urgence, moins la notion de proportionnalité va être apprécié strictement.

Il y a donc 2 critères : la notion de proportion doit être évaluée surtout dans la disproportion et elle doit être appréciée en f° du degré d’urgence des opérations militaires menées. S’ajoute à cela les renseignements.

Le principe de précaution dans l’attaque :

Il signifie que les opérations militaires doivent être conduites en veillant constamment à épargner la population civile et biens civils (art 57 PA 1). Toutes les précautions pratiquement possibles doivent être adoptées.

Ces précautions impliquent les devoirs de :

- Vérifier que la cible est bien un objectif militaire (en particulier si ça l’est tjrs car il peut changer en qq minutes). Ex : attaque d’Israël contre le Hezbollah au Sud Liban en 2006 : le Hezbollah avait tiré sur Israël avec des roquettes russes mais changeait de poste de tir. L’identification des objectifs militaires était donc impossible. C’est donc une q° difficile à apprécier ;

- De choisir les méthodes et moyens de combat avec pour objectif de minimiser les dommages collatéraux :

les dommages collatéraux ne sont pas interdits par le DIH car ils sont inévitables parfois mais il faut les minimiser ;

- D’annuler ou d’interrompre une attaque lorsqu’il apparait que l’objectif n’est pas/plus militaire ou que son déroulement risque de violer le principe de proportionnalité. Ex : un pilote peut se rendre compte que la cible qu’on lui a annoncée ne correspond pas. Il y a donc dans le jugement humain une subjectivité de la part de celui qui va tirer ;

- De donner, lorsque les circonstances le permettent, un avertissement préalable à une attaque pouvant affecter la population civile. Ex : une attaque dans une zone de refuge de population, il faut la prévenir qu’une attaque va être lancée.

Analyse du principe de précaution :

On l’évalue avec les infos à la disposition des parties au conflit. Le renseignement doit il être fait à la louche ou y a- t-il une obligation d’affiner les renseignements dont on dispose ? Le principe de précaution impose-t-il une obligation de diligence ? L’évaluation donnée/exigée est une information raisonnable. Il faut qu’elle fasse un effort même si elle ne peut pas tout savoir. C’est ici que vont jouer les ruses de guerre (fausses infos).

Les obligations de précaution ne sont pas absolues, elles ne s’appliquent que dans la mesure du possible. On exige des parties une forme de diligence mais pas d’infaillibilité.

Les parties doivent également prendre toutes les précautions pour protéger les civils contre les effets des attaques (obligation d’éloigner les personnes et les biens civils du voisinage militaire). Ex : lors de la guerre d’Iran/Irak, les

armées européennes avait un principe de précaution très développé alors que les USA appliquaient le texte et considérer qu’il fallait tirer si c’était un bouclier humain. Cela montre que sur un même principe, on peut avoir des interprétations différentes de la part des forces armées.

Interdiction d’utiliser des boucliers humains :

Ce sont des personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités et donc la présence ou les mouvements sont utilisés pour mettre certains points ou certaines zones à l’abri d’opérations militaires, ou pour tenter de couvrir, favoriser ou gêner des opérations militaires.

On considère de façon intentionnelle (colocation intentionnelle), par une volonté spécifique qu’on mélange les populations civiles et militaires. Si c’est interdit juridiquement, peut on cibler un objectif militaire protégé par un bouclier humain? La réponse juridique serait oui (il n’y a pas d’infraction grave au DIH). En réalité, la réponse est liée à la q° de savoir si l’objectif est indispensable. Ex : Iran/Irak, Saddam avait utilisé un bouclier humain et il communiquait avec les armées. Les européens avaient considéré qu’il n’y avait pas besoin de viser cet objectif car ils avaient des moyens supérieurs. Le bon sens implique que ce n’est pas nécessaire donc il vaut mieux protéger la population civile. Le but du DIH est en effet de protéger l’être humain : il faut réfléchir à la finalité de la règle, lus qu’à son interprétation normative stricte.

Interdiction des représailles à l’encontre des personnes et des biens civils :

Lorsque les personnes/biens civils sont au pouvoir de la puissance ennemie, cela ne fait aucun doute. Il n’y a aucune raison qu’il y ait des représailles. Elle concerne la population/biens civils hors de combat. C’est ainsi même si des opérations sont menées en réponse à une attaque préalable. Cela conduit à un phénomène de spirale de la violence et de la violation du DIH. Cette interdiction est transposable à certains biens protégés (culturels, sanitaires, environnement naturel et installations dangereuses).

Cette interdiction fait l’objet d’objections résolues, permanentes de certaines E (ex : USA) qui disent que les représailles ne sont pas interdites par le DIH ou le droit des conflits armés. De toutes manières, même si elles ne sont pas parties au PA 1, elles n’ont pas le droit de le faire n’importe comment et l’interdiction de l’attaque contre les catégories civiles subsiste.

4) LES BIENS SPECIALEMENT PROTEGES

Les biens culturels et lieux de culte (cultuels) :

Ils sont d’abord protégés contre les attaques par le PA 1 de 1977 mais aussi par des Conventions spécifiques pour les biens culturels (Convention de la Haye de 1954). Ces biens sont considérés comme étant des chefs d’œuvre :

leur destruction n’apporte rien au conflit et qu’ils sont irremplaçables (œuvres d’art, musées, monuments historiques). Aujourd’hui, la religion joue un rôle fonda dans certains conflit. Il devient donc très tentant pour les parties au conflit de viser ces biens pour des raisons ethniques. Cela vise à saper le moral de l’ennemi.

Un bien cultuel est-il culturel ? La Convention de 54 est claire pour dire qu’elles sont différentes mais il existe en pratique des monuments ayant les 2 natures (ex : Notre Dame de Paris). Dans cette Convention, des mesures, des emblèmes doivent permettre de reconnaitre à distance ces biens. Il est possible de les marquer mais même sans ces emblèmes, ces biens sont protégés. L’arrêt MARTIC est le premier cas où un crime est reconnu pour avoir bombardé un centre historique inscrit au patrimoine à l’UNESCO. Ces biens spécifiquement protégés ont besoin

d’être protégé mais cela n’empêche pas leur attaque dans l’histoire moderne (ex : les nazis ont bombardé Saint- Pétersbourg). L’avantage militaire est généralement faible ; ce sont surtout des cibles psychologiques.

Les ouvrages ou installations contenant des forces dangereuses :

Certains ouvrages, publics le plus souvent, limitativement énumérés (barrages, digues et centrales nucléaires de production d'énergie électrique) ne doivent pas être attaqués dès lors que ces attaques peuvent provoquer la libération des forces dangereuses et, en conséquence, causer des pertes sévères dans la population civile. Ils ne peuvent en fait être attaqués que s’ils ne provoquent pas les conséquences précédentes. Dans le cas de la centrale nucléaire, ça ne peut que causer une cata donc c’est un ouvrage qui ne peut pas être attaqué.

Pour les autres ouvrages, cette protection ne cessera que si certaines conditions cumulatives sont remplies :

- à une fin autre que sa fonction normale

- pour l'appui régulier, important et direct d'opérations militaires

- si l’attaque est le seul moyen pratique de faire cesser cet appui

Concrètement, face à de tels ouvrages, on n’attaque pas. Si une partie au conflit se sert d’un tel ouvrage comme appui militaire, le barrage peut devenir une cible militaire. En DIH, il y a souvent superposition d’un objectif militaire avec un ouvrage protégé. A priori, la protection de ces biens et installations susceptibles de libérer des forces dangereuses reste effective même si le barrage, la digue ou la centrale nucléaire deviennent un objectif militaire. Mais en réalité, on apprécie au cas par cas. Empêche-t-on une voie de communication visée sans pour autant détruire l’ouvrage protégé ? Si oui, le barrage reste protégé.

L’environnement naturel :

Pendant longtemps, on n’y a pas prêté une attention spéciale. L’environnement est le milieu biologique dans lequel vit une population, soit l'ensemble des conditions et influences affectant la vie et le développement des personnes et autres organismes vivants. On l’a protégé pour assurer la survie de la population civile et de protéger sa santé ; vise également à protéger l'environnement naturel en tant que tel.

Depuis la Convention Enmod en 1976, on a ajouté une préoccupation purement environnementale : l’interdiction de se servir de l’environnement naturel comme une arme. Il y a également l’interdiction de lancer une attaque contre un objectif militaire si on peut s'attendre à ce qu’elle cause incidemment des dommages à l’environnement qui seraient excessifs Ex : Saddam Hussein a fait sauter des puits de pétrole pour créer une marée noire. Les dommages environnementaux sont potentiels.

Les parties au conflit doivent prendre - dans la conduite des opérations militaires toutes les précautions pratiquement possibles en vue d'éviter et de réduire au minimum les dommages qui pourraient être causés.

Atteintes à l'environnement naturel susceptibles de causer des dommages à la fois « étendus, durables et graves ». Le but serait de modifier à long terme l’environnement (ex : dévier un cours d’eau pour empêcher un E d’être irrigué).

La famine :

Il est interdit d'utiliser la famine comme méthode de guerre contre les civils. Cela consiste à priver de nourriture une population. Il y a une autre technique qui consiste à attaquer, détruire, enlever ou mettre hors d'usage des biens indispensables à la survie de la population civile.

Ces biens comprennent les denrées alimentaires et les zones agricoles qui les produisent, les récoltes, le bétail, les installations et réserves d'eau potable ainsi que les ouvrages d'irrigation (art 54 PA 1). En Angola, on s’est servi des mines anti-personnelles dans les champs. On censé faire un plan pour les enlever et indiquer les emplacements par un panneau. Cela a conduit à des famines et des mutilations lors de récoltes dans ces champs. L’utilisation d’un moyen peut donc engendrer des conséquences quant aux conséquences employées. C’est illégal du point de vue de la mine et du point de vue de la méthode de combat. Elle inclut tous les biens indispensables à la survie :

subsistance.

Cette prohibition ne suffit pas à interdire la guerre de siège, ni les blocus ou embargos comme méthode de combat à condition qu'il s'agisse d'accomplir un objectif militaire et non d'affamer la population civile. Cela a en effet des conséquences sur le mental/moral des populations.

CHAPITRE 7 : LES MOYENS DE COMBAT : LES REGLES D’INTERDICTION ET DE LIMITATION DE LEMPLOI DES ARMES DANS LES CONFLITS ARMES

Introduction :

Ce sont les principes et règles qui encadrent l’emploi de ce que l’on appelle communément les armes (« moyens et méthodes de combat »). Les règles existent depuis longtemps (déclaration de St Pétersbourg). Le problème est que toutes les armes n’ont pas les mêmes effets. Les moyens de combat sont donc inévitablement liés aux méthodes. Il arrive que des armes autorisées produisent des effets indiscriminés. Le problème est que l’utilisation de ces armes implique de connaitre les règles juridiques qui régissent ces armes et les normes matérielles et l’évolution technologique de ces armes. La technologie garantit qu’on touche la cible et uniquement cette cible. La dichotomie la plus fondamentale au sein de cet édifice normatif étant la distinction entre, d’une part, les principes généraux (l’arme est elle légale) et, d’autre part, les règles spécifiques (effets indiscriminés d’une arme autorisée).

Ce qu’il faut retenir est que comme pour les méthodes, on a une série de règles. Une 1 e série de règles régit les moyens de combat. On encadre aujourd’hui aussi les munitions. C’est l’analyse du projectile qui détermine parfois si l’arme/moyen de combat est légal. Faut il uniquement se fier aux principes généralement ou faut il une règle spécifique d’interdiction ? Tout le monde n’est pas d’accord.

1) REMARQUES PRELIMINAIRES RELATIVES A LA REGLEMENTATION DES MOYENS DE GUERRE

Transdisciplinarité de l’analyse des moyens de guerre :

L’étude des armes en DIH, des moyens de guerre ne relève pas seulement du droit pur mais implique plusieurs autres disciplines, notamment la balistique, le fonctionnement des armes ou la médecine.

Nombreuses règles en la matière sont construites et formulées sur la base de normes générales mais aussi de normes techniques dans des domaines où le droit n’a pas l’habitude d’entrer. Ex : On développe aujourd’hui les armes à uranium appauvri (déchet, qui se distingue l’uranium enrichi) qui compose le projectile. Ces armes sont très dures et peuvent donc être utiles d’un point de vue tactique. Ces balles blessent plus qu’elles ne tuent. Le problème de l’uranium appauvri est qu’on ne connait pas ses conséquences sur la santé humaine. La q° du projectile rend conforme ou non conforme l’utilisation de ces armes. Il y a un mélange entre ce qui strictement juridique et ce qui est technique. Le 2 e point est que les armes nouvelles sont également soumises au DIH mais

elles ne sont pas tjrs inclues dans les conventions. On ne connait de plus pas toujours leurs effets, notamment sur la santé. Ex : l’interdiction des armes à laser aveuglantes qui créent une cécité permanente.

Dans le domaine des armes, on a 2 logiques sur le caractère humanitaire ou pas des armes : du point de vue de la balistique ou du point de vue médical.

Les critères de distinction des moyens de combat :

Le principe de distinction au sein de la réglementation des armes entre, d’une part, l’interdiction et, d’autre part, la limitation de l’emploi d’une arme. Cette distinction entre l’interdiction et la limitation se fait au sein de conventions spécifiques.

Le problème est qu’une même arme peut, si plusieurs régimes conventionnels coexistent, relever des deux logiques : être à la fois interdite et à la fois limitée. Ex : La Convention d’Ottawa prohibe l’emploi, le stockage et l’utilisation des mines anti-personnel. Certains E ont ratifié la Convention de 1997 et cette règle s’applique. Mais d’autres E, qui ne l’ont pas signé, ont signé et ratifié le Protocole 2 de la Convention de 1980 sur les armes légères. Ce PA 2 détermine les cas précis dans lesquels les mines peuvent être utilisées. Donc, pour certain, on peut utiliser les armes, pour d’autres non, en f° de la Convention qu’ils ont ratifié. Il n’y a pas de problème de réciprocité.

Malgré l’argument logique tenant à affirmer qu’une arme interdite en raison de ses effets, a, par définition les mêmes effets quelle que soit la nature du conflit, les traités internationaux pertinents ont le plus souvent vu leur champ d’application limité aux conflits internationaux.

Distinction quant à la gravité provoquée par les armes :

C’est une distinction traditionnelle et commune entre armes de destruction massive (atomique, bactériologique, chimique) et armes conventionnelles ou classiques. Les 1 e recoupent normalement la distinction précédente (interdite par leurs effets indiscriminés), sauf pour la menace de l’arme nucléaire (avis de la CIJ). Les 2 ndes comportent l’armement léger avec des effets qui respectent les exigences du protocole 1. La distinction ne repose pas sur des définitions du DIH mais sur la gravité, l’étendue et la nature des effets des armes.

Armes classiques :

- Sont définies négativement : toutes les armes qui ne sont pas atomiques, chimiques ou bactériologiques ;

- Recouvrent un très grand nombre d’armes aux effets divers, allant des effets communs (souffle (mettent hors de combat l’adversaire par le souffle qu’elles produisent) et fragmentation (faire exploser le projectile destinée à arrêter l’adversaire), aux procédés à microondes de certaines armes non ou moins létales. Les effets sont donc potentiellement dévastateurs.

Distinction quant aux effets des armes :

C’est la distinction entre les armes ayant des effets anti-personnel et armes ayant des effets anti-matériel.

- L’arme anti-personnel : concernent les armes qui vise les combattants et dont l’utilité militaire consiste alors à la mise hors de combat des soldats par opposition. Ce sont des armes de petite taille qui visent l’adversaire ;

- L’arme anti-matériel : but de neutraliser, détruire ou rendre inutilisable le matériel ennemi (équipement, véhicule, abris etc…). Elles sont donc dirigées contre des biens mais il y a souvent tentation de les utiliser contre des personnes.

Cette distinction permet de comprendre qu’on peut classifier et qu’on peut écarter un certain nombre d’armes si l’objectif est militaire/matériel. De nombreuses armes ont des effets combinés : elles sont conçues pour remplir ces deux fonctions. Ex : une mine ayant un effet anti-matériel ET anti-personnel (ex : mine anti-char). Une arme anti-matériel peut être réglée pour être anti-personnel. La difficulté est de distinguer les effets : doit s’apprécier non pas seulement au regard des caractéristiques objectives mais également dans un cadre temporel (évolution des armes et des méthodes de combat).

Distinction liée au fonctionnement des armes :

La distinction entre effet primaire et effet secondaire d’une arme.

- L’effet primaire vise l’effet pour lequel l’arme a été conçue ou encore vise le procédé principal qui intervient pour que l’arme remplisse son utilité militaire visant à blesser, tuer, neutraliser ou détruire. C’est celui que l’arme produit en raison de sa conception ou du but pour lequel elle a été créée. Normalement, au regard du DIH, elle ne doit jamais avoir pour but de tuer.

- L’effet secondaire est celui qui n’intervient qu’indirectement :

o

Parfois non-voulu : ne constitue pas un des effets qui permet de remplir la fonction de l’arme et qui n’est pas lié à l’utilité militaire propre de l’arme. Doit-on prendre en compte, au moment de la conception de l’arme, les effets sur la santé ? Les Conventions règlementent aussi la fabrication des armes, notamment au vu de leurs effets indiscriminés ou contraires au DIH.

o

Ce type d’effets est ainsi rarement considéré : certains considèrent que seul l’effet primaire doit être pris en compte. Cela est en train de changer. On commence à exiger des E que ces effets soient pris en compte dans l’évaluation du caractère compatible ou non avec le DIH. Quand les effets ne sont pas détectables, on ne peut le leur reprocher.

Conclusion sur la réglementation des armes :

C’est un domaine de la réglementation des armes qui est voué, plus que tout autre en DIH, à l’évolution technologique. Les MMC du 20 e siècle ne sont plus ceux d’aujourd’hui. Il y a une évolution considérable au sein même des différentes guerres du 20 e . Ex : lorsque les USA ont envahi l’Irak contre le régime de Saddam, on a utilisé des armes jamais utilisées jusque là (destruction moyens de communication, court circuits des armes électroniques, des armes ennemies…).

De nombreuses armes nouvelles sont mises au point chaque année donc les normes élaborées pour des moyens de guerre spécifiques sont vite dépassées technologiquement, même si elle est au point juridiquement ; d’où l’intérêt d’élaborer des règles générales.

La raison d’être de la réglementation reste intrinsèquement humanitaire et imprègne tout le droit des conflits armés et s’applique à toutes les formes de guerre et à toutes les armes, celles du passé, comme celles du présent et de l’avenir (CIJ, avis de 1996, Licéité de l’emploi ou de la menace de l’emploi de l’arme nucléaire § 86). Le but est de savoir si le moyen de combat utilisé ne va pas engendrer une cata humanitaire : c’est le but de la règlementation.

2) LES PRINCIPES GENERAUX ET INTEMPORELS REGISSANT LES MOYENS (ET METHODES) DE GUERRE

L’absence de choix illimité quant aux moyens et méthodes de guerre :

C’est l’idée selon laquelle, même dans la guerre, il y a des limites. On ne peut l’utiliser n’importe comment, contre n’importe qui, n’importe quand. Elle a été codifiée par l’art 22 du Règlement de La Haye de 1907 sur les lois et coutumes de la guerre sur terre et est reprise à l’article 35 §1 du PA 1. Le choix des moyens de combat n’est donc pas laissé à la libre appréciation des parties.

Se matérialise sous la forme de principes plus précis qui jouent le rôle de critères pour apprécier la licéité d’une arme. Il existe 2 grands principes :

- L’interdiction d’utiliser des armes de nature à causer des maux superflus, à prioriser sur la 2 nde ;

- L’interdiction d’employer des armes ayant des effets indiscriminés : elle est par définition inemployable. Très souvent l’effet indiscriminé ne peut se déterminer que lorsqu’on est sur le terrain. Dans certains contextes, elle aura des effets indiscriminés donc sera interdite, dans d’autres non.

Définition d’une arme : projectile, lanceur (= point d’origine) ? On a longtemps considéré le lanceur mais aujourd’hui, en f° du projectile utilisé, l’arme est légale ou illégale. Les lanceurs peuvent lancer des projectiles incendiaires, explosifs ou à gaz. On sait que notre ennemi est dans un bâtiment. Peut-on utiliser le lanceur ? Les armes à gaz sont normalement complètement interdites (depuis 1925). L’arme incendiaire n’est pas interdite en tant que telle mais ici, elle le sera car on sait qu’ici, dans le bâtiment, il y a des personnes qui n’ont aucun moyen d’en réchapper. Une arme incendiaire pourra être utilisée contre un bâtiment contenant du matériel électronique de la partie adverse si on sait que les humains ont dégagé le bâtiment. La tête explosive pose un problème :

normalement, lorsqu’elle est lancée, elle fait un trou dans le mur. Simplement, lorsqu’elle est tirée dans un bâtiment fermé, elle a un effet explosif ET automatiquement incendiaire. Ici, elle est donc illégale. En f° du contexte, certaines armes sont donc incompatibles avec les principes du DIH.

Il existe un principe plus spécifique : il prohibe le recours à des armes de nature à causer des dommages étendus, graves et durables à l’environnement (PA 1 de 1977 qui est une conséquence de la guerre du VN avec le napalm).

Le principe de l’interdiction des maux superflus :

C’est l’expression du compromis entre les grands principes qui ramènent aux considérations d’humanité et impératifs militaires. « Superflus » implique l’acceptation de maux qui eux sont pas nécessaires.

C’est un principe qui, sur le champ de bataille, ne peut se concevoir qu’en partant du postulat que des souffrances, blessures et autres effets dommageables sont licites au regard du DIH. Le caractère superflu est admissible mais dans le cadre particulier où l’on se trouve. Il y a une appréciation objective et subjective : l’objective est la relation entre l’importance de la blessure ou des souffrances infligées (aspect humanitaire = effets) et la subjective la nécessité plus ou moins grande de choisir telle ou telle arme (aspect militaire = évaluation du choix des moyens).

Concrètement, on a des problèmes d’évaluation. Deux interprétations différentes existent concernant la détermination du type de rapport entre ces deux éléments :

- Interprétation, « utilitaire », dominante, vise à considérer les maux excessifs ou disproportionnés par rapport à l’avantage militaire recherché. Cela signifie que l’on fait une évaluation globale (perte chez les civils excessive ?). L’interprétation militaire est faite à la louche. Mais elle prend en compte la relation entre la blessure et l’arme choisie, et permet parfois d’interdire l’emploi de certaines armes.

- Interprétation « médicale », vise les maux excessifs ou disproportionnés par rapport au mal que subit la victime pour être mise hors de combat, conception correspondant davantage au but humanitaire de la

règle. Ce n’est plus du point de vue global que l’on s’interroge mais sur le degré de souffrance causé par une arme dans une opération militaire pour chaque personne qui en sera la victime.

Entre les 2 interprétations, il y a de sacrées distorsions : la 2 nde est bcp plus humanitaire. Le CICR avait lancé le Projet SIRUS qui militait auprès des E pour que l’interprétation médicale soit privilégiée. Ce projet est resté à l’état de projet. Aujourd’hui, on reste largement dans la 1 e interprétation.

La distinction entre l’arme anti-personnel et l’anti-matériel pourrait nous aider à distinguer les maux superflus et les autres. Mais cela reste une réflexion et une volonté des organisations humanitaires d’élever une réflexion sur la q°.

Le principe de l’interdiction des effets indiscriminés :

C’est une norme d’application plus spécifique du principe de distinction entre combattants et objectifs militaires d’une part et population civile et biens de caractère civil d’autre part. On applique ce principe aux armes. 2 types :

- Arme qui en raison de ses caractéristiques, notamment le vecteur (= cible), ne permet pas de viser un objectif militaire précis. Cette cible doit pouvoir être atteinte avec certitude. Certains effets d’armes ne peuvent être prévus (ex : armes aériennes). Mais la précision des armes est de plus en plus grande aujourd’hui. On ne prend pas en compte le taux d’échec des armes lorsqu’on les utilise. C’est ce qui a justifié l’accord d’Oslo de 2008 sur les bombes à sous-munition ;

- Armes dont on ne peut pas contrôler les effets une fois qu’elles sont utilisées (ex : métal à tungstène, débat sur l’arme nucléaire). L’utilisation de ces armes est prohibée.

Il y a obligation de précaution dans l’attaque qui s’applique au choix des moyens de guerre art 57 § 2 a) (ii) PA 1. Si on ne sait pas, on ne tire pas. Pour les armes autorisées (ou pas interdites), elles peuvent être bannies si elles ne répondent pas aux règles générales du DIH. Cette non-discrimination s’applique pour le passé, le présent et le futur.

Portée des principes :

La problématique centrale de la réglementation des armes en DIH : une arme non couverte par une norme particulière demeure licite tant qu’une règle précise n’a pas été créée ? Ces principes généraux (interdiction des maux superflus et des effets indiscriminés) sont suffisants pour empêcher l’utilisation d’une arme sur un terrain de conflit ou faut il que ce soit constaté par une convention I qui va bannir définitivement cette arme ou en règlementer l’utilisation. 2 doctrines s’opposent :

- Une doctrine majoritaire considère qu’en raison du caractère vague et imprécis des principes généraux, ils ne peuvent fonder l’interdiction d’une arme non spécifiquement réglementée tant qu’une norme coutumière ou conventionnelle particulière n’est pas apparue. Il faut donc pour la règlementation une norme générale et une norme spécifique.

- La doctrine minoritaire reconnait la valeur normative autonome des principes généraux en s’appuyant notamment sur l’avis de 1996 de la CIJ (sur emploi ou menace de l’emploi de l’arme nucléaire) dans lequel la Cour, après avoir constaté l’absence de règles spécifiques interdisant l’emploi des armes nucléaires, s’est appuyée sur les principes généraux. Ce courant considère que dès qu’une arme est utilisée, elle peut être illicite au regard du DI général et du DIH sans qu’il y ait besoin d’une règle spécifique.

Sur la question de la portée normative des principes, elle n’est pas purement théorique à la lumière des nombreuses armes mises au point à l’heure actuelle et qui sont contestées. Il faut mettre en œuvre sur le terrain en négociant avec les parties. L’argument choc à utiliser est de rappeler que le but du combat n’est pas de tout éradiquer, de voir les effets post guerre : en effet, la reconnaissance par la communauté I est le plus important, ce qui ne sera pas le cas, si on a employé excessivement la force sans prendre en compte les règles du DI. Il faut faire prendre conscience. Au fond, la q° a une portée pratique pour l’emploi des armes mais aussi pour leur mise au point actuelle. Cela a tout de même des effets : certains E ont renoncé à certains projets de construction de certaines armes.

3) LES MOYENS DE GUERRE DONT LEMPLOI EST SPECIFIQUEMENT LIMITE OU INTERDIT

Les armes de destruction massive prohibées :

Un grand nombre de conventions ou instruments internationaux prohibent l’emploi d’armes particulières :

- Déclaration de 1899 interdit les balles qui s'épanouissent ou s'aplatissent facilement dans le corps humain, dites balles « Dum-Dum » : elles s’épanouissent et s’aplatissent dans le corps humain. Elles ne blessent pas mais tuent. Elles contiennent du cuivre et ont un aspect champignonné une fois éclatées. Leur nom provient de la ville où elles étaient fabriquées en Inde. On arrive à produire des balles où la densité du métal est plus forte d’un côté que de l’autre. Le centre de gravité est donc modifié. Puisqu’il n’y a qu’un seul métal et qu’elle ne s’aplatit pas, elle n’est pas interdite. Le problème est que sa trajectoire provoque des impacts bien plus dangereux ;

- Art 23 a) du Règlement annexé à la Convention IV de La Haye de 1907 interdit d'employer du poison ou des armes empoisonnées : pour le poison, c’est une règle coutumière. Il s’agit d’interdire l’emploi du poison dans les armes mais aussi d’utiliser le poison comme arme (ex : dans les réserves d’eau potable), que ce soit un poison très fort/dangereux ou non ;

- Protocole de 1925 prohibe l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et des moyens bactériologiques. Il a ensuite été complété : la Convention de 1972 vise l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et la Convention de 1993 concerne l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques : elles interdisent l’emploi mais également la fabrication, stockage et emploi de telles armes. Le Protocole de 1925 reste d’actualité car certains E n’ont signé aucune des 2 conventions récentes. La distinction entre les armes bactériologiques et les armes chimiques se distinguent. Les 1 e ne nécessitent pas transformation humaine et sont assez peu couteuses. L’arme chimique se caractérise par l’emploi de produits chimiques et a nécessité transformation humaine. Elle demande bcp de moyens dans sa mise au point mais l’inconvénient est qu’elle ne périt pas, elle perd peu d’efficacité avec le temps. Ex : des armes bactériologiques avaient été utilisées pour gazer les kurdes sous les autorités irakiennes de Saddam Hussein.

Les armes prohibées par les E :

Elles n’apportent rien au combat et créent des maux superflus :

- Protocole I de la Convention 1980 sur certaines armes classiques relatif aux éclats non localisables par rayon X (ex : shrapnell = lames de rasoir) ;

- Protocole IV de la Convention 1980 sur certaines armes classiques sur les armes à laser aveuglantes qui créent une cécité permanente ;

- Convention d’Ottawa de 1997 qui interdit en toutes circonstances l’emploi des mines anti-personnel et la Convention d’Oslo de 2008 portant interdiction de l’emploi des bombes à sous-munition ont été signées par les E sous la pression des ONG. Elles ont réussi à convaincre les E qu’ils pouvaient mener des conflits sans utiliser de telles armes.