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Le Rachis Cervical

Anatomie & Radiologie

Dr Benmebarek N.Y

Neurochirurgie
Situation
 Il fait jonction entre le crâne en haut et le
rachis dorsolombaire en bas.

 Il est constitué de 7 vertèbres.

 Assure la mobilité et la stabilité du port de


tête.
 1 – Arc antérieur de C1
 3 – Odontoïde
 4 – Arc postérieur de C1
 6 – Apophyse épineuse
 7 – Corps de C2
 9 – Apophyse transvers
 11 – Facette articulaire
supérieure
 12 – Facette articulaire inférieure
 13 – Plateau vertébral supérieur
 14 – Plateau vertébral inférieur
 15 – Articulaire
 16 – Espace intervertébral
 17 – Lame
 19 – Apophyse épineuse
 1 – Trou occipital
 3 – Odontoïde
 5 – Apophyse transverse
 9 – Apophyse épineuse de C2
 13 – Pédicule
 A – Ligament vertébral commun antérieur
 B – Disque intervertébral
 C – Ligament vertébral commun postérieur
 D – Capsule articulaire
 E – Ligament jaune
 F – Ligament interépineux
 G – Ligament sus épineux
Interprétation Radiologique
Critères :

 Profil strict

 Position neutre

 Bien pénétré

 Du trou occipital à C7
 La colonne antérieure :

¾ antérieurs du corps vertébral et du


disque + LVC antérieur

 La colonne moyenne :

¼ postérieur du corps vertébral et du


disque + LVC postérieur

 La colonne postérieure :

Apophyses articulaires et épineuses +


le complexe ligamentaire
postérieur
 Le mur antérieur [1]

 Le mur postérieur [2]

 La ligne joignant les lames [3]

 Doivent rester parallèles entre-


elles le long du rachis cervical et
signer la lordose cervicale
physiologique.
 Espace lamaire :

Espace entre le bord postérieur


de l’articulaire [1] et la ligne
des lames [2].

 Il est régulier le long des 7


vertèbres sur un cliché de
profil strict.

 Son irrégularité signe une


lésion en rotation du rachis
cervical.
 Le trait noir représente …
Le mur antérieur

 Le trait blanc …
Le mur postérieur

 Les pointillés en noir …


Les plateaux vertébraux sup & inf

 Le cercle jaune …
Le pédicule

 Les pointillés blancs & jaunes…


Les surfaces articulaires sup & inf
 La ligne joignant les lames de C1 et C3 doit passer par celles de C2

 Un déplacement de plus de 2 mm est pathologique.


 L’espace atloïdo-odontoïdien n’excède pas 3 mm chez l’adulte et
5mm chez l’enfant.

 En flexion-extension il est fixe chez l’adulte et variable chez l’enfant.


 [ C2 ] = [ C3 ] en largeur.

 Cette largeur augmente en faveur de C2 en cas de fracture.

 C’est le « Fat C2 sign ».


 Les parties molles prévertébrales : < 7 mm [ C3 ]
< 20 mm [ C6 ]

 Il augmente en cas d’hématome dans le cas d’une lésion cervicale.


Quand demander une
radiographie ?
 Patient conscient, se plaignant de cervicalgies
mais sans signes neurologiques, ou scanner
indisponible.
Face + Profil + Bouche ouverte
Quand réaliser une TDM cervicale ?
 Patient conscient, avec cervicalgies et paresthésies.

 Patient inconscient.

 Patient sous influence de drogues/alcool avec ou sans signes


neurologiques.

 Patient à haut risque de lésion cervicale : - Accident > 55 Km/h


- Chute > 3 mètres
- Fracture du bassin
- Fractures multiples

 Doute radiologique ou radio incomplète : TDM de l’étage suspecté.


Traumatologie cervicale
Entorse bénigne
Définition
 Les entorses bénignes du rachis cervical sont
secondaires à un traumatisme disco-ligamentaire du
segment mobile rachidien qui n’entraîne pas de
déstabilisation rachidienne. Au minimum il s’agit d’une
distension ligamentaire, et au maximum une déchirure
peut se produire sans toutefois atteindre le ligament
longitudinal postérieur.

 On distingue les traumatismes en flexion qui peuvent


entraîner une rupture des éléments ligamentaires
postérieurs (ligaments sur-épineux, inter-épineux, jaunes
et capsules articulaires), et les traumatismes en
extension qui peuvent entraîner une rupture du ligament
longitudinal antérieur.
Mécanisme
 Le mécanisme le plus fréquent est le traumatisme crânio-cervical en
extension-flexion survenant chez un automobiliste ceinturé.

 Le risque de souffrir d’une entorse du rachis cervical est plus


important chez les sujets ceinturés que chez les sujets non ceinturés
(risque relatif ceinturé/non ceinturé de 1,58). Les lésions les plus
graves sont en revanche plus fréquentes chez les sujets non
ceinturés.

 Les auteurs préconisent la présence des coussins gonflables de


protection en plus de la ceinture de sécurité.

 Les entorses bénignes peuvent aussi survenir dans d’autres


circonstances telles que des accidents sportifs ou domestiques
(chute de sa hauteur ou chute dans un escalier).
Diagnostic

 Clinique : Cervicalgies, raideur.

 Radiologique : Rectitude ou inversion de la lordose.


Traitement
 Un anti-inflammatoire
 Un myorelaxant
 Un antalgique
 Un collier cervical

 Un arrêt de travail

 Un rendez-vous en consultation avec clichés dynamiques


Evolution
 Elle peut être longue et marquée par la persistance des cervicalgies
postérieures, céphalées occipitales, de vertiges, d’acouphènes, de
troubles visuels, de troubles mnésiques entrant parfois dans le
cadre d’un véritable syndrome dépressif.

 La physiopathologie de ces troubles décrits à la suite d’entorses


bénignes met en jeu diverses lésions non visibles radiologiquement.
Ce sont des déchirures musculaires des longs du cou, des lésions de
la chaîne sympathique antérieure, des déchirures capsulaires, des
hémorragies articulaires, voire de véritables fractures articulaires
dont le diagnostic n’est pas réalisable sur des clichés standard de
rachis cervical.
Entorse maligne
Définition
 Les entorses graves du rachis cervical inférieur résultent de la
rupture traumatique des moyens d’union intervertébraux conduisant
à un déplacement vertébral au delà des limites physiologiques.

 Les moyens d’union intervertébraux forment le Segment Mobile


Rachidien (SMR), constitué de l’ensemble des structures disco-
ligamentaires réunissant deux vertèbres entre elles.
Mécanisme
 Au cours d’un traumatisme en flexion la déchirure ligamentaire se
produit d’arrière en avant. Dans un premier temps ce sont les
structures ligamentaires de la colonne postérieure qui sont
déchirées : Ligament Supra-Spinal (LSS), Ligament Inter-Spinal
(LIS), Ligament Jaune ou Flavum (LF) et Capsules Articulaires (CA).
A ce stade on parle encore d’entorse bénigne car ces lésions sont
stables. C’est la rupture du Ligament Longitudinal Postérieur (LLP)
et de la partie postérieure du disque, réalisant une atteinte de la
colonne moyenne, qui va provoquer la gravité de l’entorse.

 Au cours d’un traumatisme en extension la lésion se fait d’avant en


arrière avec dans un premier temps atteinte de la colonne
antérieure, Ligament Longitudinal Antérieur (LLA) et partie
antérieure du disque, puis de la colonne moyenne. Les
traumatismes en coup de fouet ou whiplash associent les deux
mécanismes avec la séquence extension puis flexion.
Diagnostic
 Peut être posé devant l’apparition d’une «subluxation» d’une
vertèbre sus-jacente sur une vertèbre sous-jacente soit au décours
immédiat d’un traumatisme, soit à distance du traumatisme.

 Cette subluxation témoigne de la rupture de la colonne moyenne qui


n’a aucune tendance à la cicatrisation.

 Toute la gravité de ce type d’entorse réside dans la difficulté


diagnostique de la lésion : des radiographies de rachis cervical
réalisées immédiatement après un traumatisme peuvent ne pas
montrer de signe pathologique alors qu’il existe déjà une entorse
grave.

 C’est la répétition des clichés dans le temps ou la pratique de clichés


dynamiques selon des conditions bien précises qui permettront de
faire le diagnostic.
Critères radiologiques :
 1 : Bâillement inter-épineux supérieur
à l’espace inter-épineux sus et sous-
jacent.

 2 : Perte de parallélisme des facettes


articulaires.

 3 : Antélisthésis supérieur ou égal à


3,5 mm au dessus de C4 et 2,5 mm en
dessous, mesuré au bord antérieur des
vertèbres.
 4 : Rupture angulaire de l’alignement
corporéal appréciée sur la ligne de
projection du mur postérieur des corps
vertébraux, avec une angulation
supérieure ou égale à 15°.

 5 : Perte du contact des facettes


articulaires égale ou supérieure à 50%
3 des 5 critères suffisent pour affirmer le
diagnostic d’entorse maligne.
Des signes indirects peuvent aussi être recherchés :

 L’augmentation de l’épaisseur des parties molles prérachidiennes


par hématome est un bon signe de lésion disco ligamentaire, mais
uniquement si la lésion siège de C1 à C4, et si la radiographie
diagnostique est réalisée dans les quinze jours qui suivent le
traumatisme.

 Une fracture d’épineuse peut témoigner de l’arrachement du


ligament interspinal et être contemporaine d’une entorse grave. Elle
peut cependant aussi être isolée : c’est alors la fracture des
terrassiers.
Traitement

 Le traitement orthopédique des entorses graves n’a pas fait preuve


d’efficacité, c’est pourquoi toutes les entorses graves diagnostiquées
sont traitées chirurgicalement.

 Ce traitement consiste en une fixation ou arthrodèse de l’étage


lésé.
Que voyez-vous ?
Ceci est une entorse maligne avec
accrochage des articulaires C6 – C7 donnant
l'aspect caractéristique du « Bonnet d'âne »
de Roy Camille.
Conduite à tenir ?
CONCLUSION
 Les entorses du rachis cervical inférieur sont un motif fréquent de
consultation en neurochirurgie.

 Dans ce lot de patient souffrant de cervicalgies persistantes, le


diagnostic d’entorse grave n’est pas réalisable par un simple
examen clinique.

 La radiographie du rachis cervical de profil, au repos et en flexion


maximale, reste l’examen de référence pour démasquer une telle
lésion. Son utilisation ne doit pas cependant être systématique.

 En cas d’entorse grave le traitement est résolument chirurgical et


consiste en une fixation de l’étage lésé sous peine de voir la lésion
évoluer vers un cal vicieux.
Références
 http://www.maitrise-orthop.com/
 Spinal Trauma : Imaging, diagnosis &
management
 Pocket Atlas of radiographic anatomy 2nd Ed
 Le PU, le négato, mon appareil photo et mon
poto dr_mangaka pour les scribouillis sous
Paint ! ^^