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INTRODUCTION :

Ce stage ouvrier de quatre semaines intervient dans le cadre de ma formation à l’école


supérieure d’ingénieurs d’Annecy. Un stage obligatoire qui a pour objectif de nous faire vivre une
expérience purement professionnelle et de découvrir le monde de travail qui est très différent de
celui de l’école.

J'ai choisi de réaliser mon stage au sein de l'entreprise SOMACA : Société marocaine de
constructions d’automobiles tout d’abord pour sa réputation internationale qui va me permettre à la
fois d’être entouré par des gens expérimentés et pouvoir enfin travailler dans le secteur
d’automobiles qui m’a toujours passionné.

Cette entreprise est la seule société au Maroc qui travaille dans le secteur de montage
d’automobiles. Son activité principale est le montage des voitures.

Le but de ce stage est de me permettre de vivre une expérience humainement enrichissante,


mettre en pratique les connaissances théoriques que j’ai pu acquérir au cours de ma formation,
développer mes connaissances de l'entreprise, du rapport entre les ouvriers, leur relation avec les
supérieurs, et vivre une expérience professionnelle. Etre présent aux cotés des ouvriers pour voire
de prés comment le message passe du chef aux ouvriers, leurs sentiments en recevant l’ordre de
leur supérieur, leurs réactions, les différentes difficultés qu’ils peuvent rencontrer et qui nécessitent
soit un savoir faire et une expérience suffisante, soit une intervention d’un supérieur.

Pour mon rapport j’ai choisi de le présenter comme suit : dans un premier temps je vais
présenter l'entreprise (sa fiche signalétique, son historique), puis j’étudierai dans une seconde partie
l'organisation de travail au sein de l’entreprise (Horaires, Rémunération, etc.). Dans une troisième
partie je parlerai des différentes missions qui m’ont été confiées pour les réaliser individuellement,
ou pour donner un coup de main à mes collègues ouvriers pour les accomplir. Enfin, j'analyserai les
relations sociales entre les ouvriers et entre ouvrier et chef en espérant de cette manière effectuer un
compte rendu complet, clair et bien détaillé de mon expérience.

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I – Présentation générale de la SOMACA

1- Fiche signalétique :

 FORME JURIDIQUE : Société Anonyme

 CAPITAL SOCIAL : 60.000.000 DHS

Répartis comme suit :


20% AUTOMOBILES PSA
66% RENAULT
14% PARTICULARITERS

 DATE DE CREATION : juillet 1959

 DEMARRAGE DE LA PRODUCTION : mars 1962 avec :

3 modèles FIAT

2 modèles SIMCA

2.247 voitures produites

 CAPACITE DE PRODUCTION : 14 véhicules / heure.

SUPERFICIE TOTAL DE SOMACA : 316.144 m² dont 110.000 m² bâtis

 ANNEE DE LANCEMENT DES DIFFERENTES MARQUES :


1962 : FIAT et SIMCA
1966 : RENAULT
1970 : OPEL
1980 : PEUGEOT

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1986 : CITROEN
1995 : Voitures économiques (FIAT UNO)
1996 : V. U. L. économique (RENAULT EXPRESS et C15)
1997: WORLD CAR (FIAT SIENA)
1998: WORLD CAR (FIAT PALIO)
1999 : V. U. L. économique (RENAULT KANGOO)
2000 : V. U. L. économique (PEUGEOT PARTNER)
V. U. L. économique (CITROE BERLINGO)
2004 : Les véhicules Fiat ne se montent plus au sein de SOMACA.
2005 : LOGAN DACIA (BY RENAULT)
COMPLEXE INDUSTRIEL DE SOUS - TRAITANCE AUTOMOBILE SOMACA :
 Coût d’investissement : 75 millions de DHS
 Groupes étrangers implantés au complexe :

o O. M. R : Tambours et disques de freins - Supports Moteurs - Mentons -


Collecteurs.

o PROMA : Sièges - Pédaliers - Panneaux de portes - Volants - Réservoirs


- Leviers de freins à main - Cricks.

o SOFANO: Câblage entre autre.

FIAT AUTO MAROC : Distribution véhicules FIAT.

 PROJET DE PRIVATISATION DE LA SOMACA :


Privatisation : an 2001

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2- Historique de la SOMACA :

SOMACA « Société Marocaine de Construction Automobile » a été créée en 1959 pour


répondre à un certains nombre de besoins économiques. En effet, cette entreprise est spécialisée
dans le montage d’automobiles, les principaux modèles montés ces cinq dernières années sont
Citroën, PEUGEOT et RENAULT.

La SOMACA assure seulement le montage des voitures, et les concessionnaires


s’occupent de toutes les étapes qui suivent (tout ce qui est commercialisation), qui le facture
en forfait de montage à la charge des constructeurs étrangers qui délivrent toutes les
modalités de production à suivre.
En effet la SOMACA ne fait que des sous - traitants qui est payée par les constructeurs des
marques pour service de montage.

Cette production de composants est destinée en premier lieu au marché local des
pièces de rechange et à l’exportation.

Les constructeurs étrangers s’occupent de la commercialisation de toutes les


marques par l’intermédiaire de RENAULT MAROC et SOPRIAM (PEUGEOT /
CITROEN).

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3 – Moyens humains de l’entreprise :

P.D.G

D.G

DIRECTEUR TECHNIQUE

Dépt. Maintenance

Sécurité Etudes & *Dépt. Services Dépt.


incendie Travaux neufs Maintenance généraux Approvisionnement

Maintenance Gardiennage Achats


Etudes
Peinture Maintenance &
Investissements
Transport
Installation et Mécanique
plan de masse
Transit Transport
Electrique

*Maintenance
Assemblage

Tôlerie

Montage

*Maintenance
Centrale

Méthode
Maintenance

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Cet organigramme contient les différents départements qui existent au sein de l’entreprise
sachant que chaque département contient un grand nombre d’ouvriers qui travaillent sous la
direction directe ou indirecte de leur chef.
Effectif TOTAL=746
Le département où je travaillais, il y’avait :
6 op. dans la maintenance des chaudières.
6 op. dans la maintenance mécanique auto.
18 op. dans la maintenance électromécanique.
TOTAL=30

Effectif :

Effectifs

1000

500

0
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

Effectifs 903 889 888 909 906 899 890 823 782 746

4– Moyens matériels de gestion de l’entreprise :

SOMACA possède comme moyen de production :

 Atelier de tôlerie : Où on assemble les CKD (Completely knocked Down : les pièces

détachées que SOMACA reçoit des constructeurs représentés ou des sociétés de montage)

importées par les constructeurs.

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 Ateliers de peinture : Où on traite les surfaces : (rinçage du véhicule et dépôt de couches de
produits de protection), la cataphorèse (protection contre la corrosion), les apprêts (protection
avant la laque) et la laque (peinture).

 2 chaînes de montage, l’une pour les véhicules particuliers et l’autre pour les
véhicules utilitaires : habillage, carrosserie, contrôle des véhicules (test géométrique…).

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 Equipements périphériques : production de l’énergie, air comprimé, poste de
transformation…

 Trois énormes robots bien programmés pour des missions bien précises :
(Le premier est destiné pour la peinture intermédiaire (Apprêt), le deuxième pour la peinture de
finition (Laques), et le troisième pour le brillant des voitures en respectant le code et les
dimensions de chaque type de véhicule vu qu’il s’agit soit de la LOGAN, la BERLINGO,
PARTENER, ou la KANGOO) et c’est un technicien qui s’occupe de la validation de ces codes
sur un logiciel programmé pour identifier les caisses avant leur passage dans la cabine de
peinture.

NB : Toutes les photos que j’ai mises dans mon rapport m’ont été fournit par un ingénieur qui
travaille à SOMACA, vu que le responsable de sécurité m’a interdit de prendre des photos à
l’intérieur de l’entreprise.

II – L’organisation de SOMACA

1 – Gestion du travail :

Depuis 1999, SOMACA a mis en place une nouvelle organisation du travail basée sur les

« Unités Elémentaires de Travail », dans chaque département où j’ai travaillé j’appartenais à une de

ces unités. Depuis sa création cette organisation en UET a permis de :

• Créer une dynamique de progrès au sein d’une équipe de travail réduite (20 personnes
maximum par UET) sous une responsabilité hiérarchique unique.

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• Confier une responsabilité au groupe de travail en développant et en organisant
l’engagement personnel de chaque individu.
Etant un ouvrier qui appartenait à une de ces unités, je sentais cette responsabilité quand mon chef
ne vérifiait pas tout mon travail pas à pas, une liberté qui me permettait de travailler à l’aise mais
qui me faisait peur au même temps. Je sentais que c’est une énorme responsabilité que je n’était pas
encore sur si je pouvais l’assumer ou pas.
Gestion du temps de travail :
je travaillais chaque jour de 7h45 à 12h et de 13h à 17 h30 du lundi au vendredi, des horaires que
tout le monde respectait sans faute en pointant en rentrant et en sortant de l’entreprise.
Chaque matin à 7h10 le transport de l’entreprise passait devant chez nous pour nous emmener au
travail, à 17h30 de nouveau mais cette fois pour nous rendre chez nous, tous les ouvriers
bénéficiaient de cet avantage à part ceux qui étaient motorisés.
En offrant aux ouvriers ce moyen de transport, ça leur permettait d’être à leur poste chaque jour à
l’heure en toute forme pour commencer leur travail habituel, une initiative que tout les employés
appréciaient énormément.

2-Qualité :

La SOMACA a été certifiée :


ISO 9002 par UTAC en mars 2001
Par NORME EAQF en fin 2002
Par ISO 9001 en 2005.
Pendant que je travaillais dans mon poste dans la maintenance centrale, il y’avait les auditeurs qui
passaient devant moi pendant toute une journée, tout les chefs d’équipe stressés répétaient les
mêmes paroles « Que Dieu nous aide à gagner ce défit… ».
Après une semaine, mon chef nous informe que les auditeurs ont apprécié les conditions de travail,
le fonctionnement de notre atelier et surtout la communication au sein de notre département.
Cette appréciation concernait la plupart des départements.
Toute l’équipe de SOMACA contente des appréciations des auditeurs compte continuer sur la
même voie m’ont confirmé tous les employés de l’entreprise à qui j’ai posé la question.

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3- Rémunération :
Le salaire d’un ouvrier à SOMACA est l’équivalent de 150 euros par mois, un salaire qui reste bas
pour pouvoir vivre et fonder une famille me confirmaient tous les ouvriers à qui j’ai posé la
question. Et pour l’augmenter ils essayent tous de travailler pendant les vacances, les week-ends et
les heures de nuits pour avoir des primes qui leur permettront de faire des économies pour les mois
prochains, une vie qui parait dur mais qui est de plus en plus dur en réalité et c’est pour cela que
tous les ouvriers font de leur mieux pour réaliser leurs missions comme il faut au sein de
l’entreprise en craignant le licenciement qui serait un désastre pour eux. Que le travail soit
épuisant ou pas, ennuyant ou pas, tout ce qui les intéresse c’est le salaire à la fin du mois, en
répétant à chaque fois la même parole qui fait mal au cœur « si je pouvais, j’aurais bien aimer
continuer mes études pour devenir médecin ou ingénieur… », mais il y’a quelques uns qui disent
que « nous au moins, quand on rentre chez nous le soir, on dort tranquillement vu qu’on a pas
autant de responsabilités que les chefs ».

III - Description des taches effectuées dans les ateliers :


1- Mon expérience dans l’atelier de la Maintenance
centrale :
a- Maintenance mécanique (menuiserie, soudure) :
Le premier jour, le responsable de sécurité et de l’environnement de l’entreprise était à mon attente
ainsi que le responsable des ressources humaines qui m’ont fait signer quelques papiers après
m’avoir donné un T-shirt écris dessus : SOMACA, RENAULT en me disant qu’il faut
impérativement le porter a l’intérieur de l’entreprise pour faciliter la communication et pouvoir se
différencier des autres. Chaque personne avait un uniforme particulier à porter suivant son grade :
(les ingénieurs portent une blouse blanche par exemple).
Ils m’ont expliqué le règlement intérieur de l’entreprise que je dois impérativement respecter ainsi
que les horaires que je dois respecter sans faute, en me disant que chaque retard ou absence doit
être justifié dans un délai de 24 heures, un règlement avec lequel je me suis rapidement adapté vu
que mon école appliquait le même.
Après trente minutes de mise au point avec les deux responsables, le responsable de sécurité m’a
accompagné jusqu’au point de regroupement en cas d’incendie en me montrant le chemin qu’il faut
suivre en cas de déclenchement d’une alarme.
Après, il m’a accompagné jusqu'à mon poste dans le département de la maintenance centrale où on
a rencontré le chef d’atelier qui s’occupera de moi.
Vu mon poste dans ce service de maintenance centrale, chaque jour j’avais une mission différente
qui dépendait des pannes dans l’entreprise, et tant qu’il n’y a pas de panne, il y’avait mon chef qui

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me confiait une mission particulière.

Les missions particulières :

En menuiserie : les premiers jours, j’ai assisté à des séances de formation ou le chef d’équipe
de
l’UET où j’étais m’a appris à fabriquer des supports pour les étagères des ateliers
et des bureaux. Au début, mon rôle était juste d’observer et donner un coup de
main à mon collègue ouvrier et l’aider à réaliser sa mission en lui préparant tous
les outils dont il aura besoin pour économiser le temps et l’effort qu’il va fournir.
(lui approcher les grands morceaux de bois, les outils nécessaires : les rabots à
main et en faisant marcher la lame électrique avec laquelle il coupait les
morceaux de bois).
La lame électrique était sous forme d’un disque denté attaché à une
table en métal qui tournait automatiquement après avoir brancher la prise.
Le deuxième jour, mon chef ma confié la mission de réaliser le même type de supports que mon
collègue réalisait, un même travail que je devais refaire en changeant juste les mesures, un travail
que j’ai fait sans le moindre souci avec des encouragements de la part de mon chef qui venait à
chaque fois pour voir ce que j’ai fait et pour me redire que pour un débutant :
« C’est la qualité qui compte, et non pas la quantité, donc concentre toi et n’essaye pas de faire vite
mais plutôt essaye de faire ce qu’on te demande juste ».
Mon travail consistait à tourner dans les bureaux et les ateliers pour vérifier si toutes les étagères,
tous les panneaux d’affichage sont en place et qu’il ne manque aucun morceau de bois à un placard
et qu’il n’y a aucune étagère cassée et sinon je devais prendre les mesures (largeur et longueur des
placards) pour retourner à l’atelier pour en fabriquer. Chaque jour je répétais la même activité sans
aucune modification mais de jour en jour je remarquais que mon travail devenait de plus en plus
rapide et de plus en plus juste. J’ai fabriqué aussi plusieurs petits boîtiers (de forme carré) pour
ranger les vis, les tournevis et les petites pièces de rechanges pour faciliter le travail des ouvriers de
notre atelier. Une idée que mon chef a énormément apprécié.

En soudure : je devais faire des opérations simples qui ne demandaient ni précision ni


expérience
pour les réaliser comme il faut, rien que suivre un modèle que j’avais sous les yeux
Il s’agissait de percer deux trous dans des cotés bien précis avec un foret de
diamètre bien précis que j’utilisais à chaque opération et un bout de bois que je
mettais au dessous de la pièce qui m’indiquait la fin du perçage. Des pièces qu’on

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voulait les distribuer dans tous les locaux de l’entreprise pour que les employés
puissent raccrocher leurs vestes, blouses et tous leurs affaires sur le mur.

Avec des gans, un casque pour protéger nos visages et une soudeuse on devait
souder des pièces sous forme de « L » sur des grands poteaux, qu’on avait posé sur
une très grande table en métal pour pouvoir travailler à l’aise, et en demandant à
mon collègue l’intérêt de ces pièces, il m’a répondu que c’est pour faciliter le
changement des ampoules grillées sans avoir besoin de chariot élévateur pour arriver
jusqu’en haut. On avait dix poteaux à faire pendant deux journées, on devait aussi
peindre les poteaux une fois notre travail est terminé.

b- Maintenance électricité :

Le vendredi, mon chef m’annonce que je dois changer de poste le lundi parce qu’il y’a le service
du département maintenance électricité qui a besoin d’un coup de main, vu que ses opérateurs
devaient éclairer le stade de foot de l’entreprise.
Le lundi après avoir saluer mon nouveau chef, il a mis à ma disposition un moteur de 3800w, un
relais thermique, un temporisateur, des fils pour câbler, des auxiliaires, des schémas de commande
et des schémas de puissance de différents démarreurs qu’il m’a demandé de réaliser le temps qu’il
répare une panne d’un clark.
Face à des câbles, un moteur d’une puissance énorme, j’avais à réaliser un démarreur direct (son
circuit de commande et son circuit de puissance : démarrer le moteur) ce qui n’était pas difficile
pour moi vu que j’avais les schémas sous les yeux, et cela me rappelait les séances de TP d’EEA
qu’on avait à l’école.
Après la vérification de ce que j’ai réalisé de la part de mon chef, il m’a demandé de passer au
circuit inverse que j’ai réalisé aussi avec succès.
Après avoir réaliser tous mes câblages, j’ai rejoins l’équipe de travail au stade où j’ai participé à
mettre en place les échelles et identifier les ampoules grillées des ampoules qui sont en bon état.
Le lendemain mon chef m’a expliqué pourquoi toutes les usines aujourd’hui utilisent les
démarreurs « étoile triangle inverseur » pour démarrer leurs moteurs et il m’a demandé de réaliser
dans un premier temps son circuit de commande.
Dans ce service j’ai profité de l’occasion qu’il y a peu ou presque pas de panne annoncée, pour
apprendre à réaliser ce genre de montage que je n’ai jamais entendu parler.

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Après plusieurs heures de montage et de démontage le chef est venu pour vérifier ce que j’ai fait, il
a trouvé que le relais thermique que j’ai utilisé n’était pas convenable à mon circuit et que le bon
était le 95 96 fermé ouvert fermé ouvert, et c’était à cause de cela que mon moteur ne voulait pas
démarrer.
En rebranchant le montage et en utilisant le relais thermique qu’il m’a proposé, la commande
fonctionna.
En branchant le montage de puissance, le moteur de nouveau n’a pas démarrer, en demandant au
chef, il a refusé de me répondre en me disant que c’est à moi de résoudre le problème.
En le rebranchant pour la quatrième fois, j’ai remarqué que je confondais les trois bornes du moteur
(le marron celui de la neutralité, le bleu et le rouge : d’entrée et de sortie) entre eux.
Ce qui était le plus dur, c’est que je devais réaliser tout le montage sans être sur que ma façon de
câbler est bonne ou pas et il fallait à chaque fois attendre la fin du montage pour alimenter mon
circuit pour voire si mon moteur fonctionnera ou pas.
Et dans le cas ou mon moteur ne marchait pas, je devais refaire tout mon montage, me rassurer des
schémas et les ré-appliquer de nouveau.
Après avoir réaliser tous les montages, mon chef m’a confirmé que pour être un bon ouvrier de
maintenance électricité il faut connaître le son de toutes les machines quand ils fonctionnent dans
leur état normal pour pouvoir détecter n’importe quelle anomalie rien qu’en entendant leur bruit
quand ils fonctionnent. Cela permettrait de minimiser les dégâts, et d’économiser les frais de
réparation.

Au terrain de foot, pendant une journée on a changé toutes les lampes des projecteurs halogènes de

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1500W qui ne fonctionnaient plus, tracer le terrain en utilisant de la poudre blanche car SOMACA
organisait la finale du championnat de la coupe des équipes des entreprises.

Chaque soir, je devais aider mon collègue à conduire tous les chariots élévateurs et les faire entrer
dans notre atelier, pour pouvoir fermer les portes. Des chariots qui sont chaque jour abandonnés,
n’importe où dans l’usine, par les ouvriers qui se précipitent le soir à rentrer chez eux.
Avant de conduire ce type de chariots, je devais avoir le permis CASSES mais mon chef m’a
accordé la permission de le faire vu que j’avais mon permis de conduire.

b- Dans le département de montage :

Ce que j’ai remarqué en visitant tous les départements de l’entreprise, que cette dernière suit le
principe des 5s dans son activité :
La notion s’inspire des initiales de 5 actions de base indispensables à toute démarche de progrès :
SEIRI
SEITON
SEISO
SEIKETSU
SHITSUKE

Les effets de l’application de ce nouveau principe ont été très clairs et impressionnants me
confirmant tout le personnel de l’entreprise à qui j’ai posé la question.
Ils m’ont dit que le désordre et la saleté entraînaient avant :
 Des pertes de temps énormes

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 Une détérioration de la qualité des produits et services
 Une mauvaise image de marque
 Un personnel démotivé
 Une perte d’information importante
 Des problèmes de communication interne

Le but de l’application du principe 5s (Voir annexe 1)

La troisième semaine, le chef d’atelier m’a proposé si je voulais visiter les autres départements
pour mieux comprendre l’activité de l’entreprise.
J’ai choisi de comprendre d’abord les différentes étapes du montage du véhicule de la réception des
pièces jusqu’à la livraison des caisses aux concessionnaires. (Voir annexe 2).
Et dans chaque département j’assistais aux différentes étapes par lesquelles passe la caisse en
donnant un coup de main aux ouvriers dans chaque étape pour réaliser leurs missions (leur
approcher les pièces et les outils dont ils auront besoin et nettoyer leur poste le soir).

Dans le département de montage :

J’ai travaillé à la chaîne en occupant le poste « où je devais serrer les quatre roues de chaque
voiture.

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Présent dans mon poste, les caisses attachées à des convoyeurs aériens arrivent devant moi l’une
après l’autre avec une faible vitesse qui me permet de choisir la taille des pneus que je dois utiliser
(Taille 14 ou 15) et de les serrer à l’aide d’une visseuse automatique. Un travail facile qui ne
demande ni formation ni expérience pour pouvoir le réaliser sans faute.

2 – Mon expérience humaine et sociale :

a- le travail ouvrier : Travail indispensable :

Les trois derniers jours, avant de commencer mon stage au sein de l’entreprise, j’avais peur
de me décevoir et de décevoir les gens qui ont une idée particulière sur les élèves ingénieurs, vu
que je n’avais aucune idée de ce que pouvais être un travail ouvrier ni de la nature des missions
qu’ils vont me confier.

Dès que j’ai commencé mon stage, j’ai compris que pour être un bon ouvrier il faut d’abord
être une personne ponctuelle, sérieuse, patiente et ordonnée.

En sachant que ta présence est indispensable dans l’entreprise et que ton absence peut causer des
dommages énormes. Tu sens que tu es obligé d’être le plus ponctuel possible en se réveillant au
moins de deux heures avant l’heure de travail pour ne pas risquer d’être en retard, surtout quand on
travaille à la chaîne. C’est une grande responsabilité qui fait peur mais qui fait plaisir au même
temps en sentant que ta présence est indispensable, que tout le monde compte sur toi et que tout le
monde est à ton attente.

Un travail ouvrier est un travail qui demande une concentration et une précision surtout en sachant
que le produit qu’on va assembler sera utilisé par une autre personne qui dépensera son argent pour
pouvoir l’utiliser sans soucis.

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Pour cela comme chaque opérateur, je devais remplir une fiche appelée « fiche des opérations CSR
(contraintes système Renault) » qui contient les opérations réalisées sur la caisse ainsi que le n°du
moteur : son identifiant, et je devais respecter toutes les contraintes de qualité imposées.

Le soir, en terminant mon travail je devais nettoyer mon poste en rangeant les pièces et les vis qui
restaient, dans les même armoires où elles étaient sans mélanger ceux qui sont de diamètre différent
pour faciliter la tache à l’opérateur qui reprendra le poste.

b- schéma descriptif du travail d’un ouvrier :

3- Les rapports sociaux :

a- Entre ouvriers

Ce que j’ai ressentit en vivant avec eux, c’est une amitié intime et une ambiance particulière au
sein de chaque département. Tout le monde salue tout le monde soit parce qu’ils ont déjà travaillé
ensemble soit parce qu’ils savent qu’ils travaillent pour le même intérêt (l’intérêt de l’entreprise).

A chaque fois je remarquais que quelques ouvriers, généralement ceux qui sont nouveaux venir
demander l’aide à ceux qui sont un peu plus anciens pour réussir leurs missions, ces derniers qui
n’hésitent pas à répondre à leurs demandes sans attendre de remerciements.

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b- Entre ouvriers et chefs :
Au sein du département de la maintenance centrale, on avait un chef un peu nerveux qui criait tout
le temps et qui méprisait les ouvriers qui travaillaient sous sa direction.
Il donnait des ordres qui nous paraissaient irraisonnables dans la plupart des fois et je sentais bien
que tous les ouvriers ne l’aimaient pas et qu’ils attendent le jour ou il changera de département
avec impatience.
Un environnement qui ne donnait pas l’envie de travailler, tout le monde travaillait en attendant le
soir avec impatience pour quitter l’entreprise.
Je croyais que c’était le cas dans tous les autres départements et que c’est un comportement normal
d’un chef d’atelier pour imposer son système et obliger ses ouvriers à le respecter et obéir à ses
ordres.

En changeant de poste, j’ai trouvé plusieurs choses qui sont différentes, un chef
compréhensible, une ambiance très agréable, toute l’équipe vivait en famille.

Les ordres des chefs de ces départements étaient chaque jour affichés sur des panneaux avec
quelques mots pour motiver toute l‘équipe genre «on compte sur vos compétences et votre
motivation pour accomplir telle ou telle mission ».

J’ai compris que ce n’est pas en criant qu’on gagne la confiance, l’obéissance, et le respect du
membre de ton équipe mais plutôt en s’approchant d’eux, en écoutant parler, en les motivant et en
leur montrant l’importance de chacun d’eux au sein de l’équipe du travail et qu’il faut considérer
chaque mission comme un défit qu’il faut relever.

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4- Mon point de vue sur le travail des ouvriers :
Après avoir vécu ces quelques semaines au cotés et aux contacts des ouvriers, j’ai compris en quoi
consiste le travail ouvrier, ce qui me force aujourd’hui à les respecter de plus en plus pour leur
courage, leur volonté et leur attachement à leur travail : leur seule source pour vivre. Au sein de
SOMACA, j’ai remarqué l’existence d’une école appelée « Ecole de Dextérité », qui a pour but de
re-former les ouvriers qui répétaient le même travail pendant des années et que leurs résultats
commencent à ne pas être conforme à ce qui est demandé dans le cahier des charges. Une
formation de quatre heures par semaine qui a été très bénéfique pour SOMACA vu que tous ces
opérateurs ont accepté de participer pour leur intérêt (une formation gratuite) et pour l’intérêt de
l’entreprise (une production conforme à ce qui est demandé dans le cahier des charges).

Conclusion
Voila les quatre semaines se sont écoulées et je dois quitter l’entreprise, quitter tous mes collègues
avec qui j’ai passé quatre semaines très enrichissantes.

Avec eux j’ai appris à respecter le travail, à respecter mon chef, à ne pas avoir peur des missions
pénibles qui demandent une énorme énergie pour les accomplir, tout ce qu’il faut avoir c’est la foie,
la volonté et se fixer des objectifs qu’on veut atteindre. Des gens dont la plupart n’ont pas un
niveau scolaire élevé mais qui ont une expérience qui peut parfois être mieux que les connaissances
d’un ingénieur qui a peu ou pas d’expérience.

Des gens simples qui peuvent travailler beaucoup plus que ce qu’ils travaillent normalement s’ils
trouvent quelqu’un qui les comprennent et qui respecte leur travail et essaye d’être a leur coté en
cas de besoin, qui prennent les ordres de leur supérieur sans discuter mais qui se plaignent parfois
en discutant entre eux. J’ai remarqué que pour que le message passe dans les meilleures conditions
possibles il faut qu’il soit affiché sur des panneaux quelques jours avant l’exécution de la mission
pour que les ouvriers s’adaptent moralement avec les nouvelles conditions tout en les motivant
avec des expressions de respect pour le travail qu’ils vont fournir. Cet aspect de la communication
intra personnel est, à mon sens, fondamental pour mon futur métier d'ingénieur, qui nécessite
souvent de diriger une équipe, d'être à l'écoute et de comprendre les demandes des ouvriers, pour
mieux se faire écouter et respecter.

En plus de ce que j’ai appris au niveau humain et social, ce stage m’a permis de voire de prés
plusieurs grosses machines ainsi d’apprendre à comment les utiliser et comprendre leur
fonctionnement, ce qui pourra m’être utile dans mon futur métier d’ingénieur. Enfin je peux
conclure que j’étais très heureux de vivre une telle expérience.

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