Vous êtes sur la page 1sur 199

MEMOIRE PRESENTE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME

D’EXPERTISE COMPTABLE

___________________________________________________________________
Diplôme d’expertise comptable –Session mai 2016
___________________________________________________________________

LA CONDUITE D’UNE MISSION DE COMPILATION, ACCOMPAGNEE


D’UNE MISSION D’ASSISTANCE EN MATIERE DE DECLARATIF
FISCAL, POUR UNE FILIALE FRANÇAISE DE SOCIETE ETRANGERE

PROPOSITION DE GUIDE METHODOLOGIQUE

Nadhem Elacheche
57 Rue de la Fontaine Grelot
92340 Bourg la Reine, France
N° inscription : 140001447801
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

NOTE AU JURY
Modifications apportées au plan
Par souci de clarté, des modifications mineures ont été apportées par rapport au
projet de notice du mémoire qui avait été agréé.
La première sous-section en Partie 1, Chapitre 2, Section 2, a été supprimée car
celle-ci était redondante avec la section qui la précède.
Certains titres ont été revus pour employer des termes plus précis ou plus
appropriés, notamment le titre de la sous-section 5, Partie 1, Chapitre 1, section1 ;
celui de la première section de la Partie 2, Chapitre 1 ; celui de la section 2 de la
Partie 2, Chapitre 2 ; et celui de la sous-section 3 Partie 3, Chapitre 1, section 1.
Les sous-sections 1 et 2 de la Partie 3, Chapitre 1, section 1 ont été inversées pour
des raisons de cohérence de présentation des spécificités, dans la démarche
d’établissement de la liasse fiscale annuelle, des sociétés filiales de groupes
étrangers.
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier les personnes suivantes qui m’ont accompagné tout au long de
mon travail de recherche et de réflexion :
- Monsieur Walid Moussa, Associé dans un cabinet d’expertise comptable
tunisien, spécialisé dans le développement de services comptables destinés aux
sociétés étrangères s’implantant en Tunisie, et ancien Directeur de Mission dans un
cabinet d’expertise comptable à Paris ;
- Monsieur Thibault Gianati, Associé dans un cabinet d’expertise comptable
français, avec une compétence spécifique, dans l’assistance aux sociétés étrangères
installées en France ;
- Monsieur Sidney Barclais, Managing Director dans un cabinet d’expertise
comptable aux États-Unis spécialisé dans l’assistance aux filiales de sociétés
européennes et françaises implantées aux États-Unis ;
- toute l’équipe de la Chambre de Commerce Franco-Américaine (FACC)
situé à New York, avec qui j’ai eu l’opportunité de collaborer pendant 3 ans. Merci
pour leur accueil et leurs apports durant les divers évènements et réunions auxquels
j’ai pu participer ;
- les clients et collaborateurs des cabinets d’expertise comptable, avec
lesquels j’ai travaillé en France et à l’étranger, pour leurs conseils durant toute la
phase d’élaboration du mémoire et de sa rédaction.
Je tiens également à remercier toutes les personnes de mon entourage pour leurs
encouragements.
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Table des matières


NOTE DE SYNTHESE........................................................................................................4
INTRODUCTION ................................................................................................................6
PARTIE 1 : LA PRISE DE CONNAISSANCE DE L’ENVIRONNEMENT ET LA
MISE EN PLACE DE LA LETTRE DE MISSION ..........................................................9
CHAPITRE 1 : PRISE DE CONNAISSANCE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’ENTITE...9
Section 1 : Prise de connaissance de l’environnement ..............................................9
1. Prise de connaissance générale de l’entité et de son environnement ............................. 9
2. Les obligations légales applicables à la société française en matière de nomination de
commissaires aux comptes .................................................................................................... 11
3. Les obligations comptables françaises applicables ...................................................... 13
4. Les obligations fiscales générales applicables selon les articles 206 à 209 du Code
général des impôts ................................................................................................................. 18
5. Les obligations comptables et fiscales spécifiques rattachées à la situation d’entité liée
à une société étrangère .......................................................................................................... 20
Section 2 : Organisation de la production comptable .............................................29
1. Organisation de la chaîne de décision et des différentes parties prenantes .................. 29
2. Système comptable et administratif ............................................................................. 29
3. Le centre de service partagé (CSP) : fonctionnement et intérêt ................................... 30
CHAPITRE 2 : DEFINITION DES CONTOURS DE LA MISSION, ACCEPTATION ET MISE
EN PLACE DE LA LETTRE DE MISSION .............................................................................33
Section 1 : Le contexte réglementaire de la mission de compilation. Norme
professionnelle NP 4410 (arrêté ministériel du 20 juin 2011) ....................................33
1. Nature de la mission .................................................................................................... 33
2. Obligations requises .................................................................................................... 34
3. Mise en perspective avec la réglementation internationale .......................................... 35
4. Missions complémentaires à la mission principale de compilation ............................. 36
Section 2 : L’acceptation de la mission, la rédaction de la lettre de mission et
l’établissement de la note d’orientation générale .......................................................38
1. Procédure à mettre en œuvre afin de matérialiser l’acceptation de mission – phase
d’identification des risques significatifs et des moyens nécessaires au sein du cabinet ........ 38
2. Mise en place d’une lettre de mission adaptée, l’évaluation des responsabilités des
parties et des honoraires ........................................................................................................ 39
3. Etablissement de la note d’orientation générale de la mission..................................... 42

PARTIE 2 : LA CONDUITE DE LA MISSION DE COMPILATION ...................43


CHAPITRE 1 : LA PHASE PRELIMINAIRE DE MISE EN PLACE EST UN ELEMENT
INDISPENSABLE A LA REUSSITE DE LA MISSION ..............................................................43
Section 1 : Organiser la mission en amont permet de s’assurer du bon déroulement
de l’assistance apportée au client ...............................................................................43
1. La mise en place et la communication d’un calendrier d’intervention permettent d’une
part de s’assurer que les besoins des clients sont pris en compte et d’autre part de répartir les
responsabilités de chacun ...................................................................................................... 43
2. La phase de collecte de l’information financière et non financière - Liste
d’informations requises (« Accounting and tax pack ») ........................................................ 44
Section 2 : Transformer le fichier comptable reçu des normes américaines en
normes françaises ........................................................................................................45
1. Vérification préalable du respect des règles de tenue comptable ................................. 45
2. Etablir un tableau de correspondance des comptes avant intégration des données dans
le système de l’expert-comptable .......................................................................................... 51
CHAPITRE 2 : LA CONDUITE DE LA MISSION COMPTABLE......................................55
Section 1 : Identifier les différences en matière de normes comptables ..................55

1
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

1. Les principales divergences entre les normes comptables américaines et les normes
comptables françaises............................................................................................................ 55
2. Mode de traitement des différences comptables d’un exercice à l’autre...................... 61
Section 2 : Les travaux spécifiques à mener par cycle ............................................66
1. Cycle capitaux propres ................................................................................................ 67
2. Cycle trésorerie et financement ................................................................................... 70
3. Cycle immobilisation................................................................................................... 72
4. Cycle achat – fournisseurs et clients – ventes .............................................................. 73
5. Cycle personnel ........................................................................................................... 73
6. Cycles stocks et en-cours............................................................................................. 74
7. Cycle impôts et taxes ................................................................................................... 75
8. Bouclage des travaux ................................................................................................... 75
Section 3 : L’annexe aux comptes annuels ..............................................................76
1. Cadre normatif et communication des obligations comptables à l’attention du groupe.
Adapter la communication avec le client afin de partager les annexes.................................. 76
2. Les points d’attention dans l’élaboration des annexes aux comptes annuels ............... 77
3. La coordination avec les commissaires aux comptes en charge de la certification des
comptes sociaux de l’entité française .................................................................................... 78

PARTIE 3 : LA CONDUITE DE LA MISSION ANNEXE ET L’ELABORATION


DU RAPPORT DE FIN DE MISSION AFIN D’IDENTIFIER LES RISQUES
SPECIFIQUES ET LES LEVIERS DE MISSIONS COMPLEMENTAIRES.............80
CHAPITRE 1 : LA CONDUITE DE LA MISSION FISCALE – SPECIFICITES LIEES A LA
CLIENTELE ETRANGERE ..................................................................................................80
Section 1 : Etablissement de la liasse fiscale annuelle ............................................80
1. La sensibilisation des clients sur les délais et les obligations fiscales françaises ......... 80
2. La sensibilisation des clients sur les informations non financières figurant dans la
liasse fiscale annuelle ............................................................................................................ 81
3. Règles en matière de déductibilités des intérêts. Appréhender le principal point de
difficultés spécifique aux sociétés étrangères dans la détermination du résultat fiscal. ......... 82
Section 2 : L’établissement des autres taxes application à la situation spécifique de
la société ...............................................................................................................86
1. Déclaration simplifiée de prix de transfert (2257) ....................................................... 86
2. DAS 2 .......................................................................................................................... 87
3. Déclaration de TVA, déclaration d’échanges de biens et déclaration d’échanges de
services.................................................................................................................................. 88
4. Autres taxes : contribution sociale de solidarité, IFU, déclaration de prêts ................. 88
5. Les principaux crédits d’impôts (CICE, CIR, crédit d’impôts apprentissage) ............. 89
CHAPITRE 2 : LE RAPPORT DE L’EXPERT-COMPTABLE DOIT ETRE VU COMME UN
OUTIL DE SENSIBILISATION DU CLIENT FACE AUX RISQUES IDENTIFIES DURANT LA
MISSION ...........................................................................................................90
Section 1 : Le cadre normatif ..................................................................................90
1. Obligation des experts-comptables .............................................................................. 90
2. Intérêt du rapport dans la relation commerciale........................................................... 90
3. Intérêt du rapport dans la délimitation de la responsabilité de l’expert-comptable ...... 91
Section 2 : Le rapport de l’expert-comptable comme un outil servant à
l’amélioration de la qualité de l’information financière et à la maîtrise des risques .91
1. Principes généraux d’élaboration ................................................................................ 91
2. Indications spécifiques d’élaboration du rapport de l’expert-comptable ..................... 93
CHAPITRE 3 : LES RISQUES RECURRENTS IDENTIFIES SUR CES CLIENTS
CONSTITUENT AUTANT DE VIVIERS DE MISSIONS COMPLEMENTAIRES DE LA PART DU
PROFESSIONNEL EXPERT-COMPTABLE ...........................................................................95
Section 1 : Politique de prix de transfert .................................................................95
1. Règle applicable : l’article L13 AA du Livre des procédures fiscales, complété de
l’article 223 quinquies B du Code général des impôts .......................................................... 95
2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable ................................................... 96

2
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Section 2 : Réglementation TVA et champs d’application des opérations


intragroupes ...............................................................................................................98
1. Règle applicable .......................................................................................................... 98
2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable ................................................... 99
Section 3 : Fichier des écritures comptables et tableau de passage......................100
1. Règle applicable : l’article L47 A-1 du Livre des procédures fiscales....................... 100
2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable ................................................. 101
Section 4 : Provisions fiscales ...............................................................................104
1. Règle applicable : article 39-1, 5° du Code général des impôts ................................. 104
2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable ................................................. 104

CONCLUSION.................................................................................................................106
BIBLIOGRAPHIE ...........................................................................................................107
LISTE DES PRINCIPALES ABBREVIATIONS .........................................................112
ANNEXES.........................................................................................................................113

3
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique
NOTE DE SYNTHESE

NOTE DE SYNTHESE
L’enjeu de ce mémoire est de proposer aux professionnels de l’expertise
comptable, un guide méthodologique, pour assister des sociétés étrangères
installées en France.
Afin d’aider ces entreprises à remplir leurs obligations réglementaires comptables
et fiscales françaises, l’expert-comptable peut recourir soit à une mission de
présentation (NP 2300), soit à une mission de compilation (NP 4410) selon le
référentiel normatif et déontologique du professionnel de l’expertise comptable.
Selon le référentiel NP 4410, la mission de compilation est définie comme ayant
« pour objectif de permettre au professionnel de l’expertise comptable d’utiliser
ses compétences en vue de recueillir, classer et présenter la synthèse
d’informations financières sous une forme compréhensible et exploitable ».
Aucune opinion n’est exprimée à l’issue de ces diligences et le champ
d’application de la mission de compilation est strictement limité aux informations
financières en provenance d’entités qui entrent dans le périmètre de consolidation
d’un groupe, faisant l’objet d’un audit et dont les comptes sont tenus en interne.
Le cas utilisé dans l’élaboration de ce mémoire est un groupe disposant déjà d’un
centre de services partagés, en charge de la tenue comptable. Considérant
l’organisation interne comptable du groupe, ce dernier est à la recherche d’une
solution lui permettant d’assurer à la fois la maîtrise de ses coûts et le respect de la
règlementation du pays d’accueil. La mission de compilation, accompagnée d’une
mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, s’imposent alors comme les
plus appropriées pour répondre aux objectifs du client.
Afin de répondre aux obligations comptables françaises, il existe une autre manière
d’aborder la mission de compilation, à savoir la saisie intégrale des écritures
comptables du CSP dans le logiciel de l’expert-comptable. Ce mémoire n’abordera
pas cette approche pour deux raisons. La première est d’ordre économique, car elle
nécessite un temps considérable de la part du professionnel comptable et limitera
ainsi les avantages en matière de coût pour le client. La deuxième raison repose sur
le fait qu’une tenue intégrale des comptes, suivie de la compilation des comptes
annuels, pourrait prêter à confusion sur la nature même de la mission rendue par
l’expert-comptable et créer l’apparence d’une mission de présentation avec
assurance.
Ce mémoire est structuré de manière à aborder le cycle de vie complet d’une
mission de compilation, avec conversion des comptes accompagnée d’une mission
de déclaratif fiscal. Le tableau synthétique présenté à la page suivante récapitule
l’organisation de ce mémoire et permet au lecteur d’identifier ses apports.
4
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique
NOTE DE SYNTHESE

Tableau de synthèse :
Partie Contenu détaillé du mémoire Apports Références en
annexe
 Connaître l’environnement économique du  Fiches de prise de  Annexe 1
client ; connaissance de
 Apprécier l’environnement règlementaire l’environnement
dans lequel évolue la société, du fait de sa  Modèle d’acceptation  Annexe 3
situation spécifique d’entité faisant partie client
d’un groupe étranger ;  Modèles de paragraphes  Annexe 4
1  Comprendre la mission de compilation et de lettre de mission
les enjeux autour des travaux à mener ;  Tableau de répartition  Annexe 5
 Bien évaluer le périmètre de la mission et des tâches
les honoraires correspondants ;  Etablissement de  Annexe 6
 Rédiger correctement la lettre de mission ; budget des honoraires
 Mettre en place une note d’orientation  Modèle de note  Annexe 7
générale adaptée. d’orientation générale

 Organiser la mission générale avec le  Calendrier  Annexe 8


client ; d’intervention
 Etablir une liste de demande  Liste d’informations  Annexe 9
d’informations adaptée à la structure ; requises: “Accounting
 Définir un calendrier partagé et approuvé and tax pack”
par les parties ;  Programme de travail  Annexe 10
 Etablir un tableau de passage de plan de de conversion des
2 compte du client au plan de compte PCG ; comptes

 Identifier les différences en matière de  Modèle de tableau de  Annexe 11


normes comptables ; passage des normes

 Mener les diligences pour certains cycles ; comptables du groupe


aux normes comptables
 Etablir les annexes aux comptes annuels ;
françaises
 Liste des différences  Annexe 13
US Gaap – FR Gaap

 Prendre en compte les spécificités du


client dans la réalisation de la mission
fiscale ;
3
 Rédiger le rapport de fin de mission et  Modèles d’observations  Annexe 12
mettre en évidence les risques en français et en anglais
significatifs.

5
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

INTRODUCTION

 
INTRODUCTION
La France, malgré la situation économique délicate qu’elle traverse actuellement
représente une destination importante des investissements internationaux. En 2013,
les entrées de flux d’investissements directs étrangers ont représenté 12,7 milliards
d’euros1. Par ailleurs, environ 20 0002 entreprises françaises étaient contrôlées par
des capitaux étrangers et plus de 6502 entreprises étrangères s’installent tous les ans
en France. Enfin, environ 2 millions2 de salariés étaient employés par des sociétés
étrangères implantées en France. Parmi ces entreprises, nombreuses sont celles qui
disposent déjà dans leur pays d’origine d’un service comptable structuré et
organisé, mais méconnaissent la réglementation locale française en matières
comptable, fiscale et sociale.
De plus, l’environnement des affaires en France se complexifie pour de
nombreuses sociétés étrangères. D’un côté, les pouvoirs publics encouragent
l’investissement en France par le biais de mesures d’incitations3, mais d’un autre
côté l’évolution de la réglementation fiscale crée de nouvelles incertitudes pour ces
sociétés.
En effet, deux exemples de nouveaux défis se présentent à ces sociétés.
Premièrement, la réglementation relative à la politique de prix de transfert s’est
étoffée par le biais de l’article L13 AA du Livre des procédures fiscales (LPF),
complété de l’article 223 quinquies B du Code général des impôts (CGI). Cette
règlementation crée de nouvelles obligations en matière de documentation de prix
de transfert et de déclaratif fiscal, notamment à destination de sociétés dépassant
certains seuils de chiffre d’affaires ou de total de bilan.
Deuxièmement, l’introduction de la remise du fichier des écritures comptables lors
des contrôles fiscaux menés en France, peut créer de réelles difficultés à des
sociétés qui ne tiennent pas leur comptabilité conformément aux prescriptions de
l’article L47 A-1 du LPF.
Ainsi, les spécificités de la gestion des sociétés étrangères qui s’implantent en
France, requièrent pour celles n’ayant pas les moyens de recruter du personnel en
France, afin de créer un service administratif et comptable local, de recourir à des
professionnels externes locaux. Ceci représente un important vivier de missions
pouvant être menées par l’expert-comptable.
                                                            
1
Source Banque de France – Direction des enquêtes et statistiques sectorielles. Service des
investissements directs – 2014 (prochaine mise à jour prévue en avril 2016)
2
Rapport annuel 2013 – Agence française pour les investissements internationaux
3
Investing in France, Chapitre 11. Fidal - 14ème édition – Juillet 2014
6
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

INTRODUCTION

 
Ce mémoire a pour objectif d’inscrire l’intérêt de ce sujet dans une offre de
services d’accompagnement d’une filiale de société étrangère en France, dont les
comptes audités sont tenus dans un centre de service partagés en normes
comptables américaines, et qui désire d’une part, satisfaire aux obligations
comptables françaises et de l’autre, répondre aux exigences en matière de déclaratif
fiscal.
Ce mémoire se veut être un guide méthodologique à destination des professionnels
de l’expertise comptable. Afin de garder tout au long du mémoire cette portée
générale, des règles et des méthodes seront énoncées pouvant s’appliquer à un
large éventail de sociétés, filiales de groupes étrangers. Néanmoins dans les
illustrations des cas et des chiffres, le choix a été fait de présenter une société
faisant partie d’un groupe international opérant dans le domaine de l’industrie
alimentaire, dont la comptabilité est tenue dans un centre de services partagés en
Hongrie4 selon les normes comptables américaines, et la paye gérée via un
prestataire externe (ADP). La société française est contrôlée par une société
holding basée aux Pays-Bas. Le groupe dispose d’un progiciel de gestion
permettant de suivre l’ensemble de son activité (avec différents modules : ventes,
achats, paye, logistique, etc..). Cette organisation est typique des grands groupes
internationaux.
Dans ce cadre, l’assistance menée par l’expert-comptable consiste en une mission
de compilation accompagnée d’une mission de déclaratif fiscal.
La première partie du mémoire permet de situer le contexte du client, les
différentes obligations légales, comptables et fiscales qui lui incombent ainsi que la
prise de connaissance de l’environnement économique. A l’issue de cette étape,
l’expert-comptable sera en mesure d’établir une note d’orientation générale
adaptée.
La deuxième partie analyse les étapes de la mission de compilation des comptes.
L’expert-comptable doit collecter les informations nécessaires auprès du client afin
de pouvoir établir les comptes annuels de la société. Les comptes étant tenus en
normes comptables américaines (US Gaap), l’expert-comptable doit réaliser,
préalablement, le passage aux normes comptables françaises afin de pouvoir mener
la mission de compilation des comptes annuels individuels de l’entité française.

                                                            
4
L’activité exacte, ainsi que les pays d’opération ont été changés afin de conserver
l’anonymat, cependant ceci ne remet pas en cause l’esprit ou les objectifs du mémoire.
7
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

INTRODUCTION

 
Enfin, la troisième partie s’intéresse à la mission d’assistance fiscale, annexe à la
mission principale, ainsi qu’à l’établissement du rapport de fin de mission à
destination du client. Ledit rapport doit récapituler la mission réalisée par l’expert-
comptable et attirer l’attention du client sur les enjeux et les risques identifiés
durant la mission. Ce rapport a ainsi un double objectif : d’une part, de répondre
aux obligations du référentiel normatif applicable à la profession comptable et
d’autre part, d’initier des opportunités de missions complémentaires en mettant
l’accent sur les risques spécifiques inhérents à ce type de client.

8
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de
la lettre de mission

Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité


Section 1 : Prise de connaissance de l’environnement
1. Prise de connaissance générale de l’entité et de son environnement
Selon le référentiel normatif des professionnels de l’expertise comptable
« préalablement à l’acceptation (ou au maintien) de la mission, le professionnel de
l’expertise comptable acquiert (ou met à jour) une (sa) connaissance globale des
activités de l’entité, du secteur dans lequel elle opère, ainsi que des documents
requis par le référentiel comptable qui lui est applicable », et « la prise de
connaissance s’acquiert notamment par des entretiens avec la direction et avec le
personnel de l’entité» 5. La prise de connaissance de l’environnement permet à
l’expert-comptable d’assimiler, d’une part, le contexte externe de l’entreprise tel
que la situation juridique, l’environnement économique, le marché desservi, les
clients, les fournisseurs etc… et d’autre part, l’environnement interne, à savoir
l’activité et l’organisation générale de l’entreprise.
Les annexes 1 du présent mémoire présentent des fiches types de documentation de
la prise de connaissance de l’entité et de son environnement.
Ces annexes amènent les commentaires suivants :

 Les dirigeants6 :
Le questionnaire relatif aux dirigeants doit être mené avec les membres de la
direction générale de l’entité française ainsi que des dirigeants du groupe à
l’étranger. L’objectif est d’obtenir une idée de la réputation de ces personnes dans
leurs milieux d’affaires et de manière plus générale de leur parcours.

 Le marché, les produits ou les services7 :


L’intérêt de l’étude générale du marché dans lequel opèrent la société et le groupe
est de prendre connaissance de la pression concurrentielle existante, savoir s’il
existe une saisonnalité dans l’activité exercée, connaître la dépendance de la
société vis-à-vis de ses clients ou ses fournisseurs ou encore apprécier si l’activité

                                                            
5
Guide de l’Ordre des Experts-Comptables – Mise à jour Juin 2013
6
Annexe 1a
7
Annexe 1b

9
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
exercée relève d’une réglementation particulière (ex : industrie pharmaceutique
etc…).
Cette étude doit également s’intéresser à l’activité de la société en amont et en aval
de sa chaîne de production : qui sont les fournisseurs de la société (intragroupe ou
non) ? Et qui sont ses clients (intragroupes ou non) ?

 Le personnel8 :
L’aspect « personnel » relève de la prise de connaissance de l’activité générale
réalisée, de la convention collective applicable au sein de la société et de
l’existence, éventuelle, d’organes de représentants du personnel ou encore
d’éventuels conflits sociaux.
La compréhension du rôle du personnel au sein de la société doit être mise en
perspective avec l’activité réalisée par la société (cf. paragraphe précédent).

 Les systèmes de gestion9 :


La prise de connaissance des systèmes doit amener à identifier les différents outils
utilisés par le client (marque et version), en matière de comptabilité générale, de
contrôle de gestion, de gestion budgétaire, de gestion des stocks, de gestion des
ressources humaines etc…, les responsables de leur mise en place et de leur
maintenance, les services utilisateurs et les normes comptables en vigueur. Cette
analyse doit permettre d’identifier si les systèmes utilisés sont adaptés pour
l’environnement réglementaire en vigueur en France10. Dans le cadre de filiales de
sociétés étrangères, très souvent, ces systèmes sont gérés de manière centralisée à
l’étranger et en la matière il conviendra de s’intéresser à la réglementation
française relative au stockage des données informatisées en dehors du territoire
français11. Le système comptable et l’organisation de la production comptable
seront détaillés en section 2 du présent chapitre.

                                                            
8
Annexe 1c
9
Annexe 1d
10
Notamment en matière de prescriptions du Code de Commerce et de réglementation
relative au fichier des écritures comptables (Art L47AI du LPF)
11
Les règles fiscales relatives au stockage des données comptables en dehors du territoire
français ne seront pas développées dans ce mémoire, mais je cite que le Code général des
impôts le permet dans la mesure où celui-ci ne constitue pas un obstacle à un contrôle fiscal
et le lieu de stockage se situe dans un Etat ayant signé un traité d’assistance mutuelle avec
la France (article 289 du CGI)

10
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 L’outil de production12 :
L’appréciation de l’outil de production de la société permet de comprendre si celui-
ci est adapté à son activité et au marché auquel elle s’adresse. Elle permet
également d’identifier si la société est propriétaire de son outil ou si elle a recours à
de la location (location simple ou location-financement).

 Le financement13 :
Enfin, la prise en compte des besoins et des modes de financement permet de
compléter la connaissance générale de la société et de son activité. Il est
intéressant, dans cette démarche, d’identifier si la capacité d’autofinancement de la
société permet de couvrir ses besoins de financement, et le cas échéant de
comprendre comment elle subvient à ses besoins. Dans le cadre de sociétés
intégrées dans un groupe étranger, le financement intragroupe entraîne des
conséquences importantes en matière de déductibilité des intérêts14 et de
déclarations de transactions intragroupes15.
La phase de prise de connaissance générale de l’entité et de son environnement est
la première étape d’analyse de risques contribuant à la démarche globale
d’acceptation de la mission par l’expert-comptable. Suite à cette étape, l’expert-
comptable devra définir les contours de sa mission et décider de l’acceptation ou
non du client.

Par la suite, ce mémoire s’intéresse aux règles légales, comptables et fiscales


incombant aux sociétés et plus particulièrement celles relatives aux filiales de
sociétés étrangères.

2. Les obligations légales applicables à la société française en matière de


nomination de commissaires aux comptes
Selon le statut juridique de la société étrangère, les règles de nomination des
commissaires aux comptes ne sont pas les mêmes.
Ainsi, il est possible de distinguer trois cas généraux souvent utilisés par les
sociétés étrangères :

                                                            
12
Annexe 1e
13
Annexe 1f
14
Partie 2, Chapitre 2, section 2
15
Partie 2, Chapitre 3

11
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 Succursale
Les succursales n’ont aucune obligation, légale en France, de nommer un
commissaire aux comptes.

 Société à responsabilité limitée (SARL)


Les SARL dépassant à la clôture de l’exercice deux des seuils suivants sont tenues
de nommer un commissaire aux comptes16:
 1 550 000 € de total de bilan ;
 3 100 000 € de chiffre d'affaires HT ;
 50 salariés.

 Société par actions simplifiée (SAS) :


Les SAS dépassant à la clôture de l’exercice deux des seuils suivants, sont tenues
de nommer un commissaire aux comptes17 :
 1 000 000 € de total de bilan ;
 2 000 000 € de chiffre d'affaires HT ;
 20 salariés.
Toutefois, quelle que soit sa taille, une SAS est tenue de désigner au moins un
commissaire aux comptes lorsqu’elle contrôle ou est contrôlée au sens des II et III
de l’article L. 233-16 du Code de commerce par une ou plusieurs sociétés18.
En cas de franchissement des seuils, l'obligation entre en vigueur dès l'exercice
suivant.
Cette situation est typique des clients visés dans ce mémoire.

À l'inverse, la société n'est plus tenue de nommer un commissaire aux comptes, dès
lors qu'elle ne remplit plus ces conditions à la clôture des deux exercices précédant
l'expiration du mandat du commissaire aux comptes.
Ce n'est qu'à l'expiration du mandat du commissaire aux comptes, d'une durée de 6
ans renouvelable, soit après l'assemblée annuelle qui statue sur les comptes de la
sixième année, que la société est autorisée à ne pas le renouveler. Le commissaire
aux comptes doit rester en fonction pendant toute la durée de son mandat, même si
la société cesse, peu de temps après sa nomination, de répondre aux conditions de
désignation d'un commissaire aux comptes.
                                                            
16
Code de commerce art. L. 223-35
17
Code de commerce art. L. 227-9-1 et R. 227-1
18
Code de commerce art. L. 227-9-1

12
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
La désignation d'un commissaire aux comptes peut, par ailleurs, être réalisée de
manière facultative, même si les seuils légaux ne sont pas atteints, dans les cas
suivants :
 sur décision des associés (selon les mêmes modalités que pour une désignation
obligatoire) ;
 par voie judiciaire sur action des associés minoritaires (représentant au moins
le 1/10e du capital dans les SARL et les SAS et sans condition de participation
dans les SNC et les SCS, où un seul associé peut en faire la demande).
L'avantage de la SAS par rapport à une SARL, une SA ou une autre forme de
société consiste, essentiellement, en la latitude qu'elle offre, en vertu de la loi,
d'organiser la gestion de la société et le fonctionnement de ses organes sociaux.
Cette forme de société est particulièrement conseillée pour les entreprises
intragroupe (pour celles détenues à 100%), étant noté qu’une SAS peut n’avoir
qu'un seul actionnaire.

3. Les obligations comptables françaises applicables19


Il est à noter ici que les succursales n’ont pas d’obligations comptables à
proprement parler car elles ne sont pas des entités ayant une autonomie juridique,
et elles n’ont donc aucune personnalité morale propre. En conséquence, les
succursales françaises d’entreprises étrangères ne sont pas soumises à l’obligation
d’établissement de comptes annuels imposée par le Code de commerce.
Toutefois, une société étrangère qui crée une succursale en France est redevable de
l’impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés dans les entreprises
exploitées en France20. Elle est donc tenue à ce titre de souscrire une déclaration de
résultats et de présenter à l’administration fiscale, sur demande de celle-ci, tous les
documents comptables et justificatifs à l’appui des résultats déclarés21. En
conséquence, même si cette sous-section est destinée principalement aux sociétés
ayant une personnalité morale propre (en l’occurrence SARL et SAS en général
dans le cas de filiales de sociétés étrangères), les règles relatives à la tenue d’une
comptabilité régulière selon le plan comptable général devraient en pratique être
appliquées aux succursales.

                                                            
19
Les informations mentionnées dans cette sous-section proviennent du Code de commerce
et du Code général des impôts et sont synthétisées pour la plupart sur le site internet
service-public-pro.fr (dernière consultation le 2 décembre 2015)
20
Code Général des impôts article 209-I
21
Conformément à l’article 53 A du CGI et à l’article 54 du CGI

13
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 Les obligations générales22 :
Le commerçant est tenu d'établir une comptabilité régulière (en application des
dispositions légales), sincère et fidèle à la réalité de l'entreprise. Les entreprises
peuvent tenir elles-mêmes leur comptabilité ou décider de la confier à un
professionnel.
Le commerçant doit23 :
 enregistrer, de façon chronologique, les mouvements (achats, ventes, etc.)
du patrimoine de l'entreprise ;
 établir une facturation dans certains cas ;
 procéder à un inventaire, obligatoire au moins une fois par an, qui permet
de contrôler physiquement l'existence et la valeur des éléments portés à
l’actif et au passif du patrimoine de l'entreprise ;
 établir les comptes annuels à la fin de chaque exercice au vu des
enregistrements comptables et de l'inventaire (bilan, compte de résultat et
annexe) ;
 détenir un compte bancaire, soit dans un établissement de crédit, soit dans
un bureau de chèques postaux24 ;
 conserver, au moins dix ans après la clôture de l'exercice, toutes les pièces
comptables (livre journal, grand livre, livre d'inventaire, bon de commande,
de livraison ou de réception, facture client et fournisseur...) ;
 s'il est constitué sous forme de société, procéder chaque année au dépôt des
comptes annuels auprès du greffe du Tribunal de commerce25 ;
 les documents comptables doivent être tenus en euros, en langue française
et conservés pendant 10 ans ;
 les comptes annuels (ou comptes sociaux) comprennent :
 le bilan qui présente les éléments actifs et passifs de l'entreprise, et fait
apparaître, de façon distincte, les capitaux propres ;

                                                            
22
Code Com. articles L123-12 à L123-24
23
Tenir des documents comptables inexacts ou fictifs est sanctionné pénalement : le chef
d'entreprise encourt une amende de 500 000 € et 5 ans d'emprisonnement.
24
Dans certains groupes, une convention de centralisation de trésorerie est mise en place
permettant, à la société française, de ne pas avoir besoin de détenir de compte en son nom
propre car l’ensemble des dépenses sont payées via la convention centralisée, par une autre
entité du groupe.
25
Depuis les exercices clos à compter du 31 décembre 2013, les sociétés commerciales
répondant à la définition de micro-entreprises ont la faculté de déclarer que les comptes
annuels qu’elles déposent en annexe du registre du commerce et des sociétés ne seront pas
rendus publics.

14
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 le compte de résultat qui rassemble les produits (ventes, intérêts de
capitaux placés, etc.) et charges (achats, salaires, impôts, etc.), et fait
apparaître le bénéfice ou la perte de l'exercice, après déduction des
amortissements et des provisions ;
 l'annexe qui commente et complète le bilan et le compte de résultat.
Les mentions obligatoires de l'annexe varient selon la taille de
l'entreprise. Les comptes doivent apparaître, sous forme électronique
ou papier, dans les documents suivants : le livre-journal26, le grand
livre27 et le livre d’inventaire28. S'ils sont sous format électronique, ces
documents n'ont plus à être numérotés dès leur établissement, mais
simplement identifiés et datés.

 Obligations spécifiques29 :
Les entreprises ayant au moins 300 salariés et un chiffre d'affaires de 18 millions
d'euros minimum doivent présenter :
 l'actif réalisable et disponible et le passif exigible ;
 un compte de résultat prévisionnel (prévisions des gains et des pertes de
l'entreprise) ;
 un tableau de financement et un bilan annuel ;
 un plan de financement prévisionnel.
 Les groupes de sociétés (une maison mère qui contrôle plusieurs filiales)
doivent présenter30 :
 des comptes consolidés (les comptes de l'ensemble des sociétés sont
regroupés comme si elles ne formaient qu'une seule entreprise). Les
comptes consolidés comprennent le bilan, le compte de résultat
consolidés et une annexe, qui sont indissociables. Ils peuvent être
établis à une date différente de celle des comptes annuels de la société
mère ;
 un rapport de gestion du groupe qui doit indiquer :
o la situation du groupe et son évolution prévisible ;

                                                            
26
Enregistrement chronologique de toutes les opérations : achats, ventes, etc.
27
Rassemble tous les comptes
28
Eléments chiffrés de l'actif et du passif de l'entreprise
29
Code Com. articles L123-25 à L123-28
30
Code Com. articles L233-16 à L233-28. Des exemptions existent, dans le Code de
commerce, relatives à l’établissement des comptes consolidés

15
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
o les événements importants survenus entre la date de clôture de
l'exercice de consolidation et la date d’approbation des
comptes ;
o la date à laquelle les comptes consolidés sont réalisés ;
o les activités de recherche et de développement du groupe.

Les personnes physiques ou morales assujetties au régime réel simplifié


d'imposition, peuvent adopter une présentation simplifiée des comptes annuels.
Le régime comptable simplifié consiste à enregistrer les créances et les dettes
uniquement à la clôture de l'exercice.
Les commerçants qui remplissent deux des critères suivants peuvent simplifier la
présentation comptable. De plus, les micro-entreprises n'ont pas l'obligation
d'établir d'annexe.

Figure 1 : Condition requise pour la présentation comptable simplifiée


Micro-entreprises Petites entreprises
Total du bilan inférieur à 350 000 € 4 000 000 €
Chiffre d'affaires inférieur à 700 000 € 8 000 000 €
Nombre moyen de salariés 10 50
permanents
Simplification Bilan et compte de Bilan et compte de
résultat simplifiés + résultat simplifiés
dispense de l'annexe
Source : site internet service-public-pro.fr consultation le 26 septembre 2015

Le bilan simplifié doit notamment indiquer l'actif immobilisé (fonds de commerce,


équipement informatique, immobilier par exemple), l'actif circulant (stocks en
cours, acomptes versés sur commande, créances sur les clients, etc.), les capitaux
propres, les charges et les produits constatés d'avance, les provisions, les dettes
(emprunts, avances et acomptes sur commandes en cours et les fournisseurs).
Le compte de résultat simplifié doit préciser notamment les charges d'exploitation
(impôts, salaires, etc.) et les produits d'exploitation (ventes réalisées par exemple).

16
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 Sanctions31 :
Est puni des peines prévues à l'article 1741 du CGI, quiconque :
 a sciemment omis de passer ou de faire passer des écritures ou a passé ou
fait passer des écritures inexactes ou fictives au livre-journal prévu par
les articles L. 123-12 à L. 123-14 du code de commerce, ou dans les
documents qui en tiennent lieu.
 en vue de faire échapper à l'impôt tout ou partie de la fortune d'autrui,
s'entremet, soit en favorisant les dépôts de titres à l'étranger, soit en
transférant ou faisant transférer des coupons à l'étranger pour y être
encaissés ou négociés, soit en émettant ou en encaissant des chèques ou
tous autres instruments créés pour le paiement des dividendes, intérêts,
arrérages ou produits quelconques de valeurs mobilières.

 Dépôt des comptes32 33 :


Le dépôt des comptes annuels et de leurs documents connexes au greffe du
Tribunal de commerce est obligatoire pour plusieurs catégories de sociétés.
Concrètement, la formalité de dépôt vise à présenter des états, établis de façon
régulière et sincère, reflétant à la date de clôture de chaque exercice comptable, une
image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat comptable de
l'activité de ces sociétés.
Les sociétés qui ont l’obligation de dépôt de leurs comptes annuels sont notamment
les SARL, les sociétés par actions ou encore les sociétés en nom collectif. Les
succursales françaises de sociétés étrangères n’ont pas d’obligation de dépôt des
comptes, cependant, le siège de ces entités a certaines obligations spécifiques qui
seront détaillées ci-après34.
Les documents sociaux à déposer sont :
 les comptes annuels de l’exercice écoulé, la proposition d’affectation du
résultat de l’exercice soumise à l'assemblée générale ordinaire annuelle (ou
à l'associé unique d'une EURL ou d'une SASU lorsque celui-ci n'est pas le
dirigeant de la société) et la résolution d'affectation votée (ou la décision de

                                                            
31
Code général des impôts articles 1741 et 1743 : 5 ans d’emprisonnement et 500 000
euros d’amendes
32
Code Com. article L232-21 et suivants
33
Dans cette partie je ne détaillerai pas tous les cas et plus particulièrement ceux relatifs
aux sociétés côtées en France, dans la mesure où la majeure partie des entités opérées par
des sociétés étrangères en France ne sont pas côtées en France.
34
En paragraphe 5 de la présente section

17
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
l'associé unique dans le cas d'une EURL ou d'une SASU lorsque celui-ci
n'est pas le dirigeant de la société) ;
 le rapport du conseil de surveillance. Seules les sociétés anonymes à
directoire et à conseil de surveillance ou les sociétés en commandite par
actions doivent déposer ce document.
 le rapport général du (des) commissaire(s) aux comptes sur les comptes
annuels.

 Dans le cas où les sociétés en France ont recours à la consolidation, des


documents spécifiques sont également à déposer.

Le dépôt des comptes annuels et de leurs documents connexes doit avoir lieu une
fois par an et au plus tard sept mois après la clôture de l'exercice écoulé. En effet,
le dépôt doit intervenir au plus tard dans le mois suivant l'approbation (ou le refus
d'approbation) des comptes, selon le cas, par l'assemblée des associés, des
actionnaires ou par l'associé unique. Or, cette approbation doit, elle-même,
impérativement intervenir dans les six mois de la date de clôture de l'exercice
écoulé.
Cependant, une prorogation du délai de six mois pour approuver les comptes peut
être accordée par le président du Tribunal de commerce sur requête du représentant
légal de la société, présentée de préférence avant l'expiration dudit délai.

4. Les obligations fiscales générales applicables selon les articles 206 à 209
du Code général des impôts
Selon les articles 206 à 209 du CGI, un certain nombre de sociétés sont soumises à
l’impôt sur les sociétés quel que soit leur objet. Ces sociétés sont notamment les
sociétés par actions (SA et SAS), les sociétés en commandites par actions, ou
encore les sociétés à responsabilité limité n’ayant pas opté pour le régime fiscal des
sociétés de personnes35.
Un autre critère de l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés est selon la nature
de l’activité de la société. En effet, certaines personnes morales sont soumises à
l’impôt sur les sociétés, même si elles n'appartiennent pas à la catégorie des

                                                            
35
Dans les conditions prévues au IV de l'article 3 du décret n° 55-594 du 20 mai 1955
modifié

18
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
sociétés de capitaux. C'est le cas des sociétés civiles qui ont une activité industrielle
ou commerciale, et des associations réalisant des opérations lucratives.
Enfin, la soumission à l’impôt sur les bénéfices peut également faire l’objet d’une
option dans le cas de personnes morales soumises à l’impôt sur le revenu au nom
de chaque associé de société de personnes (par exemple une SNC).
Les succursales françaises de sociétés étrangères sont également soumises à
l’impôt sur les sociétés en France au titre des activités menées en France.
Pour les sociétés étrangères, l’enjeu est plus particulièrement celui relatif à
l’existence ou non d’un établissement stable en France36 distinct de la société
contrôlée en France. La notion d’établissement stable est communément admise en
droit fiscal international et elle est régie par les conventions fiscales internationales.
Les conventions fiscales en vigueur, et conclues par la France, sont bilatérales et
les situations envisagées sont en principe celles de personnes morales qui sont
résidentes d'un État et qui ont des sources de revenus dans l'autre État. Leur objet
est essentiellement de répartir les droits fiscaux entre les deux États et d'éviter les
doubles impositions. Cette répartition est faite en se référant principalement aux
notions de « résidence » et « d'établissement stable ». Les principes habituellement
applicables sont les suivants:
 bénéfice d'un établissement stable : imposition exclusive dans l'État où
l'établissement stable est situé, cette imposition étant calculée conformément à
la législation de cet État ;
 bénéfices non rattachés à un établissement stable : imposition exclusive dans
l'État de résidence de la personne morale, la liquidation étant effectuée
conformément à la législation de cet État.
La règle énoncée ci-dessus comporte toutefois des exceptions. Ainsi les revenus
immobiliers et les gains tirés de l'aliénation des immeubles sont toujours imposés
au lieu de situation des immeubles. Quant aux revenus dits passifs (intérêts,
dividendes et redevances), ils sont parfois soumis dans l'État de la source à un
prélèvement fiscal à un taux fixé ou plafonné par la convention. L'État de la
résidence impose alors en second (dans les conditions prévues par sa législation) et
il élimine la double imposition en accordant un crédit d'impôt. De nombreuses

                                                            
36
Les développements proviennent essentiellement du BOI-INT-DG-20-20-10-20120912 et
d’une publication de M. Hervé Lachaise, année 2000 Université Robert Schuman de
Strasbourg. L’objet du mémoire ne repose pas sur une analyse exhaustive de l’enjeu de la
qualification d’un établissement stable, c’est pourquoi seuls les points essentiels nécessaires
à la compréhension du contexte fiscal des sociétés étrangères sont exposés ici.

19
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
conventions comportent, en outre, des dispositions particulières applicables aux
entreprises de navigation aérienne ou maritime. Elles réservent généralement
l'imposition des bénéfices qui proviennent du trafic international à l'État où
l'entreprise a son siège de direction effective.
Un établissement stable désigne, en général, une installation fixe d’affaires par
l’intermédiaire de laquelle une entreprise exerce tout ou partie de son activité. En
l’absence d’une installation fixe d’affaires, une entreprise étrangère peut avoir un
établissement stable là où elle est représentée par un agent dépendant qui traite des
contrats en son nom. L’agent en question doit alors être dans la capacité de
conclure des contrats d’entreprises, c’est-à-dire d’en négocier tous les éléments37.
L’importance de la qualification de l’établissement stable réside dans
l’indépendance fiscale que confère ce statut. En effet les bénéfices de
l’établissement stable doivent alors être calculés comme si ce dernier était une
entreprise distincte de celle dont il dépend, selon le principe dit « de pleine
concurrence ».
Ceci revêt une importance particulière pour une filiale ou une succursale d’une
société étrangère. En effet, le fait pour l’entreprise étrangère de contrôler une
société en France, ne fait pas de l’une d’elles l’établissement stable de l’autre38.
Néanmoins, les dispositions de l’OCDE ne créent pas pour autant une présomption
contraire irréfragable. Il est donc primordial, lorsque l’expert-comptable a un client
étranger, de se poser la question de savoir quelle est l’activité réelle menée par
l’entité en France, et quels sont les établissements stables potentiels existants etc…
afin de pouvoir se prémunir contre un risque d’activité occulte de la part de son
client et les conséquences fiscales et pénales associées.

5. Les obligations comptables et fiscales spécifiques rattachées à la situation


d’entité liée à une société étrangère
 Taxation des dividendes39
Les dividendes payés par une société française peuvent bénéficier du régime des
sociétés mères-filles, qu’ils soient distribués en France ou au sein de l’Espace
Economique Européen40.

                                                            
37
Le seul fait de traiter des affaires pour le compte de l’entreprise étrangère n’est donc pas
constitutif d’un établissement stable
38
Selon le paragraphe 7 de l’article 5 du modèle de convention fiscale de l’OCDE
(respectivement paragraphe 8 du modèle de convention fiscale des Nations Unies)
39
Hors-série RF 2013-2 - Dividendes - Distributions (07/2013)

20
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
Pour les dividendes versés en dehors de l’Espace Economique Européen (EEE)41,
de la retenue à la source peut s’appliquer. Sont soumis à une retenue à la source les
produits des actions, des parts sociales et les revenus assimilés, c'est-à-dire des
sommes ou valeurs qui présentent le caractère de revenus mobiliers distribués42.
Sont soumis à la retenue à la source les produits payés43 à des personnes morales
qui n'ont pas leur siège en France, sous réserve de l'exonération prévue en faveur
des sociétés mères établies dans l'EEE.
Sont ainsi soumis à la retenue à la source44 :
 les produits des actions et parts sociales (dividendes, répartitions de
réserves, boni de liquidation…) ;
 les jetons de présence et autres rémunérations allouées aux administrateurs
de SA, sauf s'ils présentent le caractère de salaire ;
 les revenus réputés distribués au plan fiscal, sous réserve des autres
distributions considérées comme hors champ d’application de retenue à la
source (sommes versées à titre de prêts ou acomptes etc… ou distributions
occultes soumises à la pénalité prévue à l’article 1759 du CGI).
Le fait générateur de la retenue à la source intervient au moment de la mise en
paiement effectif des produits45. Ainsi dans le cas d’une société étrangère ayant une
filiale en France, la retenue à la source doit être liquidée à la date d’inscription de
la distribution au crédit du compte d'une société mère étrangère ouvert dans les
comptes de la filiale, et sur la fraction excédentaire du compte courant d’associé46.
Le taux de droit commun de la retenue à la source est :
 21 % lorsque des revenus éligibles à l'abattement de 40 % sont versés à des
personnes physiques dont le domicile fiscal est situé dans un autre État de
l'EEE ;
 30 % pour tous les autres revenus distribués et assimilés ;
 un taux de 15 % peut être appliqué à certains OPCVM.
Ce taux de retenue peut être supprimé ou réduit par les conventions fiscales
internationales. Dans le cas de sociétés étrangères, il conviendra donc de revoir en

                                                                                                                                                       
40
Les modifications récentes à ce régime seront abordées ci-après
41
En lieu et place de l’Union Européenne (UE) depuis la loi de finance rectificative 2015
pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2015
42
Au sens des articles 109 à115, 116, 117 et 117 bis du CGI (CGI art. 119 bis-2)
43
BOFiP-RPPM-RCM-30-30-10-12/09/2012
44
BOFiP-RPPM-RCM-30-30-10-10-§§ 30 à 50-12/09/2012
45
BOFiP-RPPM-RCM-30-30-10-40-§ 60-12/09/2012
46
Selon la décision du Conseil d’Etat du 29 septembre 1982, n° 22688

21
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
détail la convention fiscale applicable afin de déterminer le régime de retenue à la
source applicable.
Les dividendes peuvent également être soumis à la taxe de 3% sur les dividendes
distribués et ce quel que soit le lieu de localisation de la société-mère.
Les sociétés ou organismes français ou étrangers passibles de plein droit ou sur
option de l'impôt sur les sociétés, sur tout ou partie de leur activité, sont assujettis à
une contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés égale à 3 % des
distributions qu'ils mettent en paiement. Cette contribution n'est pas déductible du
résultat imposable47. Sont toutefois exonérés de la contribution les PME au sens de
la réglementation européenne et les organismes de placement collectif48.
Les distributions concernées sont celles définies aux articles 109 à 117 du CGI
(distributions résultant d'une délibération ou d'une décision officielle des organes
compétents de la société : les dividendes principalement, mais aussi les sommes
réputées distribuées). Elles concernent les distributions réalisées au profit des
associés ou porteurs de parts quelle que soit leur qualité (personnes physiques ou
morales) et leur lieu d'implantation ou de résidence (France ou étranger). Sont
exclus de l’assiette49 :
 les montants distribués entre sociétés d'un même groupe fiscalement
intégré, y compris les distributions mises en paiement par une société du
groupe au cours de l'exercice de sortie du groupe si la distribution a lieu
avant l'événement qui entraîne cette sortie ;
 les distributions payées en actions50 ou encore en certificats coopératifs
d’investissement ou d’associés51.
Concernant les succursales, la règle suivante doit être observée : les bénéfices
réalisés en France par des sociétés étrangères, qui sont réputés distribués à des
associés n'ayant pas leur domicile fiscal ou leur siège social en France, ne sont

                                                            
47
Article 213 du CGI
48
Mentionnés à l'article L 214-1, II du Code monétaire et financier
49
Des exonérations existent pour les distributions entre sociétés d’un même groupe
bancaire mutualiste remplissant certaines conditions ou encore des sociétés
d’investissements immobiliers cotées existent également, mais celles-ci ne seront pas
abordées.
50
En application de l'article L 232-18 du Code de commerce
51
L'exonération est subordonnée à la condition que l'entreprise ne procède pas, dans le
délai d'un an suivant la distribution, à un rachat de titres en vue notamment d'une réduction
de capital non motivée par des pertes.

22
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
soumis à la contribution que s'ils cessent d'être mis à la disposition de l'exploitation
française52.
La contribution est égale à 3% du montant distribué et doit être payée
spontanément au service des impôts des entreprises (ou la direction des grandes
entreprises) lors du premier versement d'acompte d'impôt sur les sociétés suivant le
mois de mise en paiement de la distribution.
Il est à noter que la commission européenne avait lancé une procédure d’infraction
contre ce prélèvement instauré en 201253, en raison de son incompatibilité avec la
directive européenne sur les relations entre les sociétés mères et leurs filiales.
L'article 4 de la directive impose que les dividendes reçus des filiales européennes
ne doivent pas être imposés ou, s'ils le sont, seulement sur une quote-part qui ne
doit pas excéder 5 % des dividendes distribués. Or, en France, où les dividendes
reçus des filiales sont imposés sur une quote-part de frais et charges de 5 %, ce
plafond est déjà atteint. Ainsi la loi de finance pour 2016 vient aménager le régime
mère-fille en :
 supprimant la neutralisation de la quote-part de frais et charges dans
l’intégration fiscale ;
 abaissant à 1% du taux la quote-part de frais et charges afférente aux
dividendes éligibles au régime mère-fille que perçoivent les sociétés
membres d’un groupe d’intégration fiscale d’autres membres du groupe
d’intégration fiscale ou de sociétés établies dans un autre Etat de l’UE ou
de l’EEE.
Désormais54, et en pratique:
La quote-part de frais et charge de 1% s’applique :
 aux dividendes perçus par une société membre d’un groupe intégré en
France, d’une autre société membre du groupe intégré ;
 aux dividendes perçus par une société d’une filiale intégrable, i.e. une
société située dans l’UE ou EEE, détenue à au moins 95 % et soumis à un
impôt équivalent à l’impôt sur les sociétés.
La quote-part de frais et charge de 5% s’applique :
 aux dividendes perçus par une société mère située en France d’une société
filiale française détenue à au moins 95 % mais non intégrée ;

                                                            
52
Article 235 ter du CGI
53
Article Le Figaro du 19 mars 2015 « la taxe sur les dividendes visée par Bruxelles »
54
Pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2016

23
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 aux dividendes perçus par une société mère située en France d’une filiale
française détenue à moins de 95% ;
 aux dividendes perçus par une société mère d’une filiale située dans l’UE
ou l’EEE non intégrable (ne remplissant pas les conditions de l’intégration
fiscale : détenue à moins de 95 % ou non soumise à un impôt équivalent à
l’impôt sur les sociétés) ;
 aux dividendes perçus par une société mère d’une filiale située hors UE et
hors EEE.

 Taxes indirectes (TVA)55


En matière de TVA, les règles de droit commun s’appliquent à toute entité filiale
ou succursale de société étrangère.
Concernant les sociétés étrangères plusieurs points relatifs à la TVA sont abordés
ci-après.
 Tout d’abord concernant les succursales étrangères :
Une succursale peut être considérée comme étant un établissement stable en
matière de TVA sous certaines conditions. Un établissement stable TVA est
caractérisé par un degré suffisant de permanence et une structure apte, du point de
vue de l’équipement humain et technique, à rendre possible :
 soit la fourniture par cet établissement d’un service – établissement
stable « prestataire » (cas des succursales mixtes) ;
 soit l’utilisation par cet établissement des services qui lui sont rendus
– établissement stable « preneur ».
Exemples (doctrine administrative) : les bureaux de représentation d’entreprises
étrangères, les succursales qui ne rendent que des services à leur siège ou les
chantiers ne présentent pas, en principe, le caractère d’établissement stable
« prestataire » mais peuvent néanmoins avoir une consistance suffisante pour
constituer des établissements stables au regard de l’utilisation des services
(établissement stable « preneur »).

Il est remarqué à ce titre plusieurs points :


 l’existence d’un établissement stable au regard de l’impôt sur les sociétés
n’implique pas nécessairement l’existence d’un établissement stable en
matière de TVA ;
                                                            
55
BOI-TVA-CHAMP-20-50-10-20120912

24
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 l’identification à la TVA : le simple fait d’être identifié à la TVA ne génère
pas automatiquement l’existence d’un établissement stable.
Les services internes rendus par une succursale française à l’établissement
principal (le siège), sont hors champs d’application de la TVA56. Ceci ne fait
néanmoins pas forcément entrave aux succursales qui rendent exclusivement des
services à leur siège de déduire la TVA ayant grevé les dépenses supportées57.
En effet, sur le plan de la TVA française, la succursale française d’une entité
établie au sein de l’Union Européenne, n'effectue pas d’opérations imposables en
France. Par conséquent, et sur le principe, cette succursale française ne devrait pas
produire de déclarations de TVA en France et devrait pouvoir obtenir le
remboursement de la TVA française engagée sur ses coûts (tels que la TVA sur le
loyer, les frais généraux du bureau) par le biais de la procédure de remboursement
de TVA sous la Directive Européenne 2008/9/CE du 12 février 2008 relative aux
entités imposables de l'Union Européenne non établies dans l'État membre du
remboursement. Dans la pratique, c'est une procédure électronique par le biais de
laquelle la succursale française procède à la demande de remboursement auprès du
site internet du pays d’établissement du siège.
La doctrine fiscale française58 mentionne toutefois que, si la succursale française
est assujettie à la TVA française pour les services achetés à l'étranger (via le
mécanisme d'autoliquidation en France – c'est-à-dire la collecte et la déduction de
la TVA sur la même déclaration de TVA), alors ladite succursale française a le
droit de récupérer la TVA française grevant les dépenses par le biais de sa
déclaration de TVA française, à l'aide de la procédure générale de remboursement
de TVA.

En matière de territorialité de la TVA, sont rappelés les principes suivants :


 pour les prestations de services, lorsque le client étranger est un assujetti, la
taxation s’effectue au lieu de l’établissement du preneur. Lorsque ce client

                                                            
56
BOI-TVA-CHAMP-10-10-20 §280 ; CE, 9 janvier 1981, n°10145 ; CJUE, 23 mars 2006,
C-210/04
57
En principe et à partir du moment où la qualification d’établissement preneur peut être
démontrée. Cette affirmation doit être nuancée au regard de la récente jurisprudence rendue
par la Cour d’Appel Administrative de Versailles, le 27 janvier 2015 N° 10VE01053.
Affaire Morgan Stanley.
58
BOI-TVA-CHAMP-20-50-10-20120912 § 150 et BOI-TVA-DED-50-20-30-10-
20130304 § 40 à 60

25
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
est non assujetti, la taxation des services est réalisée au lieu
d’établissement du prestataire.
Des exceptions existent pour les prestations matériellement localisables qui
sont taxables au lieu de localisation du bien qui fait l’objet de prestations
(exemple : travaux sur un immeuble).
 pour les biens, la taxation se fait au lieu de livraison.

 Autres taxes et déclarations


Concernant les autres taxes, il conviendra de relever deux points spécifiques
relatifs à la contribution sociale de solidarité (C3S) concernant les sociétés
étrangères :
 la première concerne l’assiette de cotisations de la C3S, qui sur la base des
textes et de la doctrine en vigueur ne devrait pas inclure les prestations de
services facturées par une société française à des clients établis dans
d’autres Etats membres que la France ou hors de l’Union européenne. Ces
opérations sont en principe déclarées en ligne 05 de la déclaration de
chiffre d’affaires CA3.
 la deuxième concerne le régime de commissionnaire. Dans certains cas, les
filiales de sociétés étrangères agissent en tant que commissionnaire en
France, sachant que la production est réalisée sur un autre site.
Dans ce cadre, le chiffre d'affaires des intermédiaires agissant en leur nom propre
mais pour le compte d'autrui est diminué de la valeur des biens ou des services
qu’ils sont réputés acquérir ou recevoir. L’assiette imposable est donc constituée
par la commission perçue prévue dans le mandat préalable de commissionnaire.
Les conditions afférentes à la qualité de commissionnaire étaient celles figurant à
l’article 273 octies du CGI. Celui-ci ayant été rendu sans objet, l’article L.651-5,
5ème alinéa du Code de la sécurité sociale mentionne, à droit constant, les
conditions de l’assiette spécifique des commissionnaires (article 12 de la loi de
Financement de la Sécurité sociale pour 2013)
Il est néanmoins précisé que concernant la C3S l’abattement qui sera prévu en
2016 sur le chiffre d’affaires s’élève à 19 millions d’euros, avec une disparition
prévue l’année suivante.

26
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 Obligation de dépôt des états financiers du siège pour une succursale de société
étrangère (décret du 16 juin 1992 – article 55-4)
La directive CEE 11 en date du 21 Décembre 1989 inclut certaines règles relatives
à la présentation des succursales enregistrées dans un état membre de la CEE. Ces
règles ont été incluses dans la loi française sur un décret en date du 16 Juin 1992,
qui a mis à jour un décret en date du 30 mai 1984.
Conformément à l'article 55-4 dudit décret, toute entité commerciale établie en
France avec son siège social à l'étranger doit déposer au greffe du Tribunal de
commerce, deux copies de ses propres comptes annuels (de l’établissement
principal – le siège) et publié dans l'Etat où elle a son siège. Le dépôt des
documents comptables doit être fait dans le délai requis par la législation du siège.
Ces états financiers annuels déposés doivent être traduits en français.
En cas de non présentation de ces états financiers, une pénalité de 1 500 € pourrait
être appliquée.

 Politique prix de transfert et obligations déclaratives correspondantes. Article


L13AA du LPF et article 57 du CGI59
Depuis le 1er janvier 2010, de nouvelles obligations en matière de documentation
des prix de transfert sont applicables en France lorsqu’une société réalise un chiffre
d’affaires hors taxes supérieur ou égal à 400 millions d’euros ou lorsque son actif
brut figurant au bilan est supérieur à 400 millions d’euros, ou si plus de la moitié
de son capital social ou de ses droits de vote est détenue, à la clôture de l’exercice,
directement ou indirectement, par une entité juridique satisfaisant à l’une des
conditions mentionnée ci-dessus. Ces règles requièrent, d’une part, que la
documentation prix de transfert soit disponible, complète et contemporaine60, et
d’autre part, qu’une documentation allégée61 soit fournie annuellement au centre
des impôts des entreprises.
La récente loi de finance 2016 a introduit des nouveautés dans le domaine des prix
de transfert, évoquées brièvement ci-après :
 la documentation allégée des prix de transferts sera obligatoirement
transmise par voie électronique.

                                                            
59
Cf. développements spécifiques en Partie 3, Chapitre 3, Section 1
60
Article L13AA du LPF
61
Article 223 quinquies B du CGI

27
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
 La déclaration de chaque société membre d'un groupe, tel que défini à
l'article 223 A du CGI, sera déposée par la société mère62 ;
 introduction du “country by country reporting” (CBCR): le projet
international de lutte contre l'érosion des bases de l'impôt sur les sociétés et
les transferts de bénéfices (Base Erosion and Profit Shifting : BEPS) a
conduit à l'adoption par l'OCDE d'un ensemble de mesures comportant 15
actions. L'action n° 13 de ce plan consiste à élaborer de nouvelles règles de
documentation des prix de transfert afin d'accroître la transparence pour les
administrations fiscales. Cette action comporte notamment la création
d'une déclaration d'informations pays par pays (« country by country
reporting »), qui devra faire l'objet d'un échange automatique entre les
Etats.
Le nouvel article 223 quinquies C du CGI, impose une obligation de
souscrire, dans les douze mois de la clôture de l’exercice une déclaration
comportant la répartition pays par pays des bénéfices du groupe et des
agrégats économiques, comptables et fiscaux, ainsi que des informations
sur la localisation et l’activité des entités le constituant63.
La personne morale établie en France qui est détenue ou contrôlée,
directement ou indirectement, par une personne morale établie dans un Etat
ou territoire ne figurant pas sur la liste des Etats rendant obligatoire la
déclaration pays par pays, serait tenue au dépôt de cette déclaration si elle
était établie en France, et si :
 elle a été désignée par le groupe à cette fin et en a informé
l’administration fiscale ;
 elle ne peut démontrer qu’une autre entité du groupe, située en France
ou dans un Etat rendant obligatoire la déclaration pays par pays a été
désignée à cette fin.
Les décrets d’application n’étant pas encore rédigé à la date de rédaction de ce
mémoire, ce dernier point ne sera pas évoqué dans ce mémoire.

                                                            
62
La modification apportée n'affecte en aucune manière l'étendue de l'obligation déclarative
(en particulier s’agissant du seuil de 100 000 € par nature de transactions effectuées avec
une société étrangère du groupe). La société mère devra donc établir une déclaration pour
chaque filiale concernée en appréciant distinctement pour chacune d'elles les
renseignements à porter.
63
Entrée en vigueur pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2016

28
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
Section 2 : Organisation de la production comptable
1. Organisation de la chaîne de décision et des différentes parties prenantes
Dans la phase de prise de connaissance de l’entité, il est important de comprendre
l’organisation de la production comptable dans son ensemble64.
La première étape consiste à identifier la répartition des responsabilités au sein du
groupe. A titre d’exemple, la société utilisée dans l’illustration de ce mémoire fait
partie d’un groupe opérant dans le domaine de l’industrie alimentaire. Le groupe
réalise deux types d’activités bien distinctes, à savoir la production d’amidon et les
édulcorants à haute intensité. Un siège européen, pour le groupe, est établi aux
Pays-Bas, et la comptabilité est tenue en normes comptables américaines, dans un
centre de services partagés en Hongrie65.
Ainsi, la tenue comptable générale est réalisée en Hongrie. La reconnaissance du
revenu est gérée au Pays-Bas. Des chefs comptables en charge de la revue des
comptes par zone géographique et des responsables fiscaux sont également établis
dans ce pays.
Le groupe dispose d’un progiciel de gestion permettant de suivre l’ensemble de son
activité (avec différents modules : ventes, achats, paye, logistique, etc.)
Cette organisation est typique des grands groupes internationaux, mais celle-ci
présente également des défis majeurs relatifs à la méconnaissance des
environnements réglementaires (comptable, fiscal et social des pays où les
établissements du groupe sont implantés).

2. Système comptable et administratif


L’une des phases primordiales dans la prise de connaissance de l’entité et de son
environnement était la compréhension du système de gestion utilisé.
En l’occurrence, la société traitée dans ce mémoire utilise un progiciel de gestion
intégré (en anglais « entreprise ressource planning » - ERP) dénommé SAP.
Un ERP peut être défini comme un système dans lequel les différentes fonctions de
l'entreprise (comptabilité, finances, production, approvisionnement, marketing,
ressources humaines, qualité, maintenance, etc.) sont reliées entre elles par
l'utilisation d'un système d'information centralisé sur la base d'une configuration
client/serveur.

                                                            
64
Cf. Partie 1, Chapitre 1, Section 1, sous-section 1.
65
L’activité exacte, ainsi que les pays d’opération ont été changé afin de conserver
l’anonymat, cependant ceci ne remet pas en cause l’esprit ou les objectifs du mémoire.

29
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
La mise en œuvre d'un système complètement intégré permet de répondre de
manière précise et en temps réel aux implications d’un événement sur l’ensemble
de la chaîne de valeur d’une entreprise. Par exemple, si une entreprise reçoit
une commande de marchandises, il est possible de savoir presque instantanément
les conséquences de cette demande sur les capacités de production, sur les besoins
d'approvisionnement, sur le personnel nécessaire pour accomplir cette tâche, sur les
délais requis pour satisfaire cette demande, sur les besoins de financement, sur la
profitabilité de cette opération, etc.
Les modules sont les composants fonctionnels du système SAP ERP. On peut
distinguer trois familles de modules fonctionnels : logistique, gestion comptable et
ressources humaines.
En matière comptable (module « FI » de SAP), le groupe tient les comptes de
l’ensemble de ses sociétés en normes comptables américaines selon un plan de
compte propre au groupe.
Ce système permet la génération de journaux d’écritures ou encore de grands livres
permettant de répondre aux exigences en matière de droit commercial français.
Cependant la génération d’un fichier des écritures comptables66 présente un défi en
matière de format d’extraction67 et de contenu.

3. Le centre de service partagé (CSP) : fonctionnement et intérêt


Le centre de service partagé est une entité chargée de la gestion en commun des
services nécessaires à plusieurs sociétés ou divisions d’un même groupe, dont par
exemple la comptabilité, la fiscalité, le juridique, la trésorerie, les assurances68… Il
peut être interne à l’entreprise ou bien externalisé.
Dans de nombreux groupes internationaux, la pression sur les coûts a suscité une
course à la performance qui s’est traduite notamment par la création de CSP. Le
CSP a un coût mais aussi une valeur qui est mesurée, souvent contractualisée et
vendue au sein du groupe. Les défis que présentent les CSP sont multiples et plus
particulièrement de quatre natures69.
 Le pilotage de la performance d’un CSP : afin de pérenniser le CSP, il est
nécessaire pour le groupe d’être en position de mesurer la performance du

                                                            
66
Conforme à l’article L47AI du Livre des Procédures Fiscales
67
Point abordé en Partie 3 de ce mémoire
68
Définition Actufinance
69
Source : Centres de Services Partagés – De nombreux défis à relever pour plus de valeur
ajoutée. Publication KPMG par Anne-Claude Tessier et Philippe Grandclerc. Mai 2013

30
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
centre dans l’organisation globale. Cette mesure de la performance passe par
une analyse de la productivité, une appréciation de la qualité de service, une
mesure des coûts et in fine de la « valeur générée ». La mesure de ces
performances se fait via des indicateurs de performance (KPI70). Ces KPI ont
une pleine utilité lorsqu’il est possible d’identifier des acteurs qui peuvent avoir
des leviers d’action sur ces indicateurs. La valeur créée se mesure dans le
niveau de facturations intragroupes des services par rapport à la mesure
qualitative et quantitative de ces indicateurs.
 La gestion des talents : la gestion des talents dans les CSP repose d’une part sur
la définition du modèle organisationnel et le processus de recrutement et de
formation des collaborateurs.
La définition de l’organisation repose sur deux principaux modèles :
l’organisation par processus qui favorise la standardisation des tâches et les
gains de productivité. L’organisation par métier permet de mieux répondre à la
compréhension des besoins des clients du CSP, mais nécessite des
qualifications plus élevées et ne permet pas des gains de productivité aussi
importants.
 Une réflexion d’ensemble sur les questions fiscales : de nombreux pays
émergents encouragent les investissements étrangers par le biais d’avantages
fiscaux et des taux d’impositions moins élevés. Ainsi certains groupes qui
mettent en place des CSP peuvent être tentés de profiter de telles opportunités
en transférant les profits des pays à forte taxation vers ces pays où s’installent
les CSP. Ces transactions créent de vrais défis au niveau global dans un groupe
sur les sujets relatifs aux prix de transferts et aux éventuelles retenues à la
source.
 Organisation d’un CSP et incidence sur l’audit des comptes : la mise en place
d’un CSP nécessite une coordination renforcée entre les auditeurs du CSP et les
auditeurs des différentes entités locales.
A cet effet, et en règle générale, des auditeurs au niveau du CSP réalisent des
diligences minimum convenues avec l’ensemble de leur réseau, afin de leur
permettre de satisfaire aux exigences minimum locales en matière de
certification des comptes. Par la suite, en France, les commissaires aux comptes
de la filiale mèneront des travaux spécifiques leur permettant de respecter les
normes d’exercices professionnels leur incombant.
                                                            
70
Key Performance Indicator

31
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 1 : Prise de connaissance de l’environnement et de l’entité
 
Ces organisations requièrent par ailleurs la mise en place d’une documentation
détaillée et précise des processus du CSP et leur intégration dans
l’établissement des états financiers au sein des différentes filiales. Cette
documentation est une source importante d’information également pour
l’expert-comptable dans le cadre de sa mission de compilation.

La phase de prise de connaissance de l’entité et de son environnement, permet au


professionnel de l’expertise comptable de pouvoir lancer la définition de sa
mission.

32
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en
place de la lettre de mission
Section 1 : Le contexte réglementaire de la mission de compilation. Norme
professionnelle NP 4410 (arrêté ministériel du 20 juin 2011)
1. Nature de la mission
L'Ordre des Experts-Comptables (OEC) a adopté un nouveau référentiel normatif
et déontologique du professionnel de l'expertise comptable en juin 2011, qui est
applicable aux missions des experts-comptables depuis le 1er janvier 2012. Tout
professionnel comptable doit appliquer le schéma général du référentiel normatif et
déontologique71.
Le cadre de référence distingue trois natures de missions :
 les missions normalisées sur les comptes complets historiques donnant lieu à
une expression d'assurance de la part du professionnel de l'expertise comptable;
 les autres missions d’assurances donnant lieu à une expression d'assurance de
la part du professionnel et portant sur des données autres que les comptes
complets;
 les autres missions et prestations du professionnel sans assurance. Parmi ces
dernières il convient de distinguer celles faisant l’objet d’une norme
professionnelle spécifique de celles sans.
Etant membre de l'International Federation of Accountants (IFAC), l'OEC a
transposé dans ce nouveau référentiel la mission de compilation72.
Selon le référentiel normatif des professionnels de l’expertise comptable73, la
mission de compilation s’inscrit dans les missions dites « sans assurance », faisant
l’objet d’une norme professionnelle spécifique et à l’issue desquelles le
professionnel de l’expertise comptable n’exprime pas d’opinion.
L’objectif de cette mission consiste, « pour le professionnel de l’expertise
comptable, à mettre au service de la direction de l’entité ses compétences pour
recueillir, classer et faire la synthèse sous une forme préalablement définie,
d’informations comptables et financières communiquées par la direction sans
toutefois évaluer les assertions retenues qui sous-tendent ces informations ».

                                                            
71
Cf. annexe 2
72
NP 4410
73
Référentiel normatif de 2012, mise à jour de juin 2013

33
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Le champ d'application de la mission de compilation est strictement limité en
France, contrairement à la norme internationale74. Cette mission est applicable dans
les conditions cumulatives suivantes, aux entités:
 qui entrent dans le périmètre de consolidation d'un groupe (périmètre
comprenant toutes les entités contrôlées par le groupe) ;
 membres d'un groupe faisant l'objet d'un audit;
 qui assurent en interne la production de leur comptabilité directement par la
maison mère, ou par le biais d'un Centre de Services Partagés (CSP) ;
 qui requièrent un travail de mise en forme des documents de synthèse de ces
filiales (établissement de comptes annuels) dans le respect de la législation
française.

2. Obligations requises
Le cadre normatif des professionnels de l’expertise comptable définit la nature des
différentes missions de l'expert-comptable ainsi que les règles professionnelles de
comportement et de travail applicables à ces missions.
Plusieurs obligations s’appliquent aux professionnels réalisant une mission de
compilation, parmi lesquelles des règles générales et des règles spécifiques à la
norme.
De manière générale, tout expert-comptable se doit de respecter les principes
définis par :
 le Code de déontologie relatif à l'exercice de l'activité d'expertise comptable,
intégré au décret du 30 mars 2012 ;

 la norme relative à la maîtrise de la qualité des missions75 (NPMQ) : « l'objectif


de cette norme est de mettre en place et d'assurer le suivi d'un système de
contrôle qualité visant à fournir à la structure d'exercice professionnel
l'assurance raisonnable:
 qu’elle-même et son personnel se conforment aux normes professionnelles
et aux obligations légales et réglementaires applicable ;
 que les rapports émis par elle-même ou par les professionnels de
l’expertise comptable responsables de missions sont appropriés aux
circonstances ».

                                                            
74
Cf. ci-avant
75
Norme NPMQ : Maîtrise de la qualité des missions au sein des structures d'exercice professionnel

34
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 

 la norme de lutte Anti-blanchiment76 : les professionnels de l'expertise


comptable doivent mettre en œuvre les obligations relatives à la lutte contre le
blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme77 et :
 faire preuve de « vigilance à l'égard de l'identification du client et du
bénéficiaire effectif » ;
 être attentif aux « opérations réalisées par le client » ;
 établir une déclaration à Tracfin en cas de soupçons ;
 mettre en œuvre « les procédures et mesures de contrôle interne à mettre
en place au sein de leur structure d'exercice professionnel ».
Par ailleurs, des normes professionnelles spécifiques s’appliquent à la mission de
compilation des comptes. Dans ce contexte, la norme NP 4410 précise que l’entité
cliente reste «responsable à l'égard des tiers de l'exhaustivité, de la fiabilité, et de
l'exactitude des informations comptables et financières concourant à la
présentation des comptes ainsi que des procédures de contrôle interne concourant
à l'élaboration de ces comptes ».

3. Mise en perspective avec la réglementation internationale


La norme NP 4410 est une transcription en droit français de la norme ISRS 4410.
La norme ISRS 4410 ne permet pas de fournir une assurance quelconque sur les
comptes établis. Selon le guide d’application de l’IFAC78, la mission de
compilation peut être utilisée :
 lorsque l’expertise d’un professionnel est requise pour compiler des états
financiers, mais le bénéficiaire n’a pas besoin d’une assurance sur lesdits états ;
 lorsque la direction requiert un compte-rendu sur les états financiers compilés
pour ses besoins internes et qu’il n’existe pas de tiers intéressés (prêteur,
assureur ou encore client) ;
 pour des besoins spécifiques de restructuration, par exemple, des états
financiers sont nécessaires pour justifier des données dans le cadre d’un
changement dans le capital et la structure de financement ;
 afin de compiler des états financiers intérimaires pour des besoins de revue ou
de missions d’audit.

                                                            
76
Norme agréée par arrêté ministériel le 7 septembre 2010
77
Définies aux sections 2 à 7 du chapitre 1er du titre VI du livre V du Code monétaire et
financier
78
Guide to Compilation Engagements ISRS 4410, IFAC, Septembre 2015

35
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Ainsi, cette mission est prévue dans des cas plus larges que ne l’est la mission de
compilation en France. Ceci tient en fait à une exception culturelle française dans
les missions de l’expert-comptable en France par rapport à de nombreux pays et
notamment les pays anglo-saxons. En effet, la mission de présentation n’existe pas
dans les modèles anglo-saxons.
Par ailleurs, dans plusieurs pays, un nombre important d'entités et particulièrement
les petites et moyennes entités ne sont pas tenues de produire des états financiers
audités (par exemple aux Etats-Unis pour les sociétés non cotées79).
Ces entités font appel aux professionnels comptables afin de les aider à compiler et
à présenter leurs informations financières.
En 2009, l’IFAC a également entrepris une révision de la norme ISRS 4410, afin
de répondre à des objectifs d’harmonisation des pratiques internationales au regard
des missions de compilation, plus particulièrement au sein des petites et moyennes
entreprises.

4. Missions complémentaires à la mission principale de compilation


Les limitations définies par le référentiel normatif à la mission de compilation
explicitées au paragraphe 2 ci-dessus, sont à mesurer. En effet, à l’article 155 du
code de déontologie il est spécifié que « dans la mise en œuvre de chacune de leurs
missions, les personnes mentionnées à l'article l4l80 sont tenues vis-à-vis de leur
client ou adhérent à un devoir d'information et de conseil qu’elles remplissent dans
le respect des textes en vigueur».
Selon la jurisprudence les termes de « devoir de conseil » et d’obligation de
conseil » sont indifféremment utilisés. Le devoir de conseil peut être défini comme
l’obligation mise à la charge du professionnel (l’initié) qui le doit au bénéfice du
profane81. Le devoir de conseil se décompose en devoir d’informer, devoir
d’alerter, devoir d’exiger, et devoir de refuser. C’est le manquement à l’un de ces
devoirs qui constitue le manquement au devoir de conseil.
                                                            
79
Sauf dans des secteurs spécifiques tels que par exemple la banque de détail
80
Article 141 du décret du 30 mars 2012 : « Les dispositions du présent chapitre
constituent le code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable. Elles
s'appliquent aux experts-comptables stagiaires et aux salariés mentionnés respectivement à
l'article 83 ter et à l'article 83 quater de l'ordonnance du 19 septembre 1945 susvisée. A
l'exception de celles qui ne peuvent concerner que des personnes physiques, elles
s'appliquent également aux sociétés d'expertise comptable et aux associations de gestion et
de comptabilité»
81
Selon Alain Fauquet, «le devoir de conseil de l’expert-comptable », Revue Française de
Comptabilité, septembre 1998

36
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Ceci explique la raison pour laquelle même dans une mission de compilation
l’expert-comptable doit faire preuve de jugement professionnel et d’un esprit
critique. Ceci est d’autant plus vrai que lors d’une mission de compilation, l’entité
cliente ne s’estimera pas être tenue de communiquer des informations étendues sur
son activité, ou ses données comptables.
Ainsi, dans le cadre de la mission de compilation, la valeur ajoutée de l'expert-
comptable se traduit par sa capacité à déceler les anomalies à la lecture et au regard
des comptes établis par l'entité, et par l'exercice de son esprit critique.
Ces obligations mises à la charge du professionnel comptable représentent de réels
défis mais également des opportunités importantes de missions complémentaires
destinées aux clients. Ces opportunités dans le cadre de filiales de sociétés
étrangères sont les suivantes :
 mission de conversion des comptes dont la comptabilité est tenue dans un CSP
en normes comptables étrangères. Le professionnel comptable a le devoir
d’informer son client sur :
 la nécessaire mise aux normes françaises des comptes tant en matière de
règles et méthodes comptables, mais également en matière de plan de compte ;
 la conversion des documents comptables internes afin de disposer des
documents comptables obligatoires82 ;
 la nécessaire possibilité d’extraction des données comptables afin de se
conformer aux dispositions fiscales du L47 A I du LPF83.
 mission d’établissements de déclarations fiscales : en tant qu’acteur privilégié
dans la préparation des comptes annuels de l’entité française, l’expert-
comptable se doit de porter un regard critique sur l’accomplissement par son
client de l’ensemble de ses obligations déclaratives fiscales. Contrairement à la
France, dans les pays anglo-saxons, les seuls déclarations fiscales requises sont
la liasse fiscale annuelle84 (accompagnée de l’impôt sur les sociétés
correspondant) et la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée (TVA)85.

                                                            
82
Tel que requis par le code de commerce cf. Partie 1, Chapitre 1, Section 1, sous-section
2.
83
Fichier des écritures comptables
84
Dite généralement « Corporate income tax »
85
Inexistante aux Etats-Unis mais pouvant être comparée à la « Sales and Use tax »

37
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Section 2 : L’acceptation de la mission, la rédaction de la lettre de mission et
l’établissement de la note d’orientation générale
1. Procédure à mettre en œuvre afin de matérialiser l’acceptation de mission –
phase d’identification des risques significatifs et des moyens nécessaires au sein du
cabinet
La phase d’acceptation de la mission est définie dans la norme générale NPMQ.
Afin d’obtenir une assurance raisonnable que la mission envisagée puisse être
acceptée, les trois conditions cumulatives suivantes doivent être respectées par la
structure d’exercice professionnel de l’expert-comptable:
 avoir la compétence et les aptitudes pour réaliser la mission, y compris le temps
et les ressources nécessaires : ceci suppose que la structure d’exercice mette en
place des politiques et des procédures permettant de s’assurer qu’elle dispose
de personnels professionnels en nombre suffisant, que ces derniers ont les
qualifications et les compétences nécessaires à la réalisation de la mission et
qu’ils ont le souci de respecter les principes fondamentaux de déontologie
nécessaires à leur mission.
A cet effet l’expert-comptable doit s’assurer de la mise en place de procédures
de recrutement adéquates et de formations adaptées aux besoins de sa clientèle.
Les membres de l’équipe doivent également avoir une connaissance suffisante
du secteur d’activité ou des sujets sur lesquels ils sont susceptibles d’intervenir.
Le cas échéant l’expert-comptable doit s’assurer que le recours à des experts
tiers est possible.
 pouvoir se conformer aux règles déontologiques pertinentes. La conformité aux
règles déontologiques appropriées passe par la mise en place des actions de
recherches d’éventuelles interdictions ou incompatibilités86 : « l’activité
d’expertise comptable est incompatible avec toute occupation ou tout acte de
nature à porter atteinte à l’indépendance de la personne qui l’exercice en
particulier ». Ces recherches d’interdictions et d’incompatibilités sont à réaliser
non seulement auprès de l’expert-comptable membre de l’Ordre, mais
également auprès de ses employés salariés ou encore toute personne agissant
pour leur compte ou ayant avec eux des liens ou intérêts communs. Les
incompatibilités et interdictions concernant par exemple des emplois salariés
auprès des clients (même à titre accessoire, ne devant pas être de nature à porter
atteinte à la mission menée), de mandat de recevoir, conserver ou délivrer des
                                                            
86
Article 22 de l’Ordonnance n°45-2138 du 19 septembre 1945

38
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
fonds ou de donner quittance, d’agir en tant qu’agent d’affaires, d’assumer une
mission de représentation devant les tribunaux de l’ordre judiciaire ou
administratif ou de réaliser des missions dans des entreprises dans lesquelles ils
détiennent des intérêts substantiels.
La recherche des indépendances et incompatibilités éventuelles doit être
matérialisée via un questionnaire qui doit être inséré dans le dossier permanent
de l’expert-comptable. La confirmation d’indépendance des membres de
l’équipe peut se faire via papier ou format électronique ;
 prendre en considération l’intégrité du client et ne pas avoir connaissance
d’informations qui conduiraient à conclure à un manque d’intégrité. L’intégrité
du client passe par l’identification du bénéficiaire effectif des prestations et par
des recherches quant à sa réputation en affaire et ses pratiques commerciales.
L’expert-comptable devra également apprécier le comportement de la direction
quant à des interprétations agressives de normes comptables et de
l’environnement de contrôle interne, une éventuelle pression excessive du
client sur le niveau des honoraires, ou encore, une limitation inappropriée dans
les travaux confiés.

Les informations obtenues par le professionnel de l’expertise comptable peuvent


provenir de :
 recherches dans des bases de données ou l’actualité ;
 communications avec des professionnels comptables rendant ou ayant rendu
des services au client87 ;
 demande d’informations provenant d’autres professionnels ou de tiers tels que
des banquiers, avocats ou encore d’autres entités du secteur d’activité.
Les procédures décrites, ci-avant, sont synthétisées en annexe 3 du présent
mémoire.

2. Mise en place d’une lettre de mission adaptée, l’évaluation des


responsabilités des parties et des honoraires
La mise en place d’une lettre de mission est requise selon l’article 151 du décret du
30 mars 2012. Celle-ci ne doit pas être vue comme une simple obligation
déontologique, mais également comme une opportunité de définir les

                                                            
87
En particulier via la communication prévue à l’article 163 du décret 2012-432 du 30 mars
2012

39
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
responsabilités et devoirs de chacun afin de répondre au mieux aux besoins de son
client.
Des lettres de mission type sont disponibles sur le site de l’Ordre des experts-
comptables. Dans le cadre de ce mémoire, je m’intéresse aux spécificités relatives
aux missions de compilation.
Dans une mission de compilation, il est utile d’ajouter les éléments suivants à la
lettre de mission88 :
 la nature et les objectifs de la mission : il conviendra ici de préciser que la
mission de compilation n’est ni un audit, ni un examen limité, ni une mission
de présentation et qu’elle ne conduit pas à l’émission d’une assurance
quelconque sur les comptes ainsi établis ; la référence à la norme 4410 du
nouveau référentiel normatif des professionnels de l’expertise comptable ; et le
fait que la mission ne comprend pas de contrôle de substances des comptes ;
 les responsabilités respectives de chaque partie, et le rappel de l’obligation
générale de moyens de l’expert-comptable dans la réalisation de sa mission ;
 le fait que la mission envisagée ne permet pas de déceler des erreurs, actes
illégaux ou frauduleux ;
 la définition des normes comptables, selon lesquelles les comptes seront établis
et la forme desdits comptes ;
 la nature des informations à communiquer par la direction et le fait que celle-ci
est responsable de l’exactitude et de l’exhaustivité des informations fournies au
professionnel de l’expertise comptable ;
 un paragraphe détaillant la liste des travaux considérés comme hors du
périmètre d’intervention de l’expert-comptable. En effet, le client est basé à
l’étranger et méconnait les règles et usages français. Il sera donc indispensable
de bien délimiter les travaux qui seront menés. A ce titre, comme services
exclus, je recommande de citer en matière comptable : la fourniture du fichier
des écritures comptables, la réponse aux demandes d’informations financières
de la Banque de France ou de l’INSEE, ou encore la traduction et le dépôt des
comptes de la société principale (dans le cas d’une mission réalisée pour une
succursale française). En matière fiscale : l’établissement de la documentation
prix de transfert ou encore l’assistance à des contrôles fiscaux.

                                                            
88
Ces éléments sont repris également en détail dans le référentiel normatif de 2012. Des
exemples de paragraphes types à ajouter à la lettre de mission type de l’OEC sont attachés
en annexe 4

40
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Il conviendra dans ce paragraphe de ne pas seulement exclure les services, mais
indiquer que, si besoin est, ceux-ci pourront faire l’objet d’une mission séparée
(que l’expert-comptable réalisera lui-même ou confiera à un tiers).

Par ailleurs, il est utile de mettre en place un tableau de répartition des tâches avec
son client. Un exemple de tableau de répartition des tâches est joint en annexe89. Je
propose dans ce dernier de suivre certaines règles d’élaboration :
 les tâches doivent être classées non seulement par nature (comptable, fiscale),
mais également par ordre d’importance, du plus général au plus détaillé ;
 la périodicité dans laquelle les tâches doivent être réalisées peut être
mentionnée ;
 un tableau de répartition détaillé permettra de répondre à la demande de clients
étrangers qui connaissent peu ou pas du tout le système comptable et fiscal
français.
A la suite du tableau de répartition des tâches, il conviendra également d’attacher
les conditions générales d’intervention.
Pour terminer, je propose de mettre en place un tableau d’élaboration des
honoraires. A cet effet, il est inséré en annexe 6 un tableau permettant d’établir des
estimations d’honoraires par type de service et selon la complexité de la société
cliente. Cet outil est présenté en anglais, car il peut faire l’objet d’un échange avec
les clients potentiels (notamment pour le détail des temps ou les hypothèses à
retenir).
Je fais remarquer, ici, une différence culturelle qui est importante pour comprendre
le mode de tarification des clients anglo-saxons comparé aux clients français.
Dans la culture anglo-saxonne, les remises sur tarifs dans le cadre de relations
commerciales entre professionnels est monnaie courante voire même attendue.
C’est pourquoi, je recommande d’établir un mode de tarification qui tienne compte
du fait qu’une réduction devra être accordée. De manière générale, la remise
standard90 est de 20%. Cette remise peut ensuite atteindre jusqu’à 50% en fonction
de l’étendue des services réalisés (par exemple si l’expert-comptable se voit confier
des travaux fiscaux en sus de la mission de compilation des comptes), ou encore en
fonction du nombre d’années négocié.

                                                            
89
Annexe 5
90
Sur la base de mon expérience personnelle et de propositions de missions réalisées à plus
de 40 groupes anglais et américains

41
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 1 : La prise de connaissance de l’environnement et la mise en place de la lettre de mission


Chapitre 2 : Définition des contours de la mission, acceptation et mise en place de la lettre de mission
 
Ainsi je suggère dans le cadre de la négociation tarifaire, de proposer 20% de
remise uniquement pour des services liés à la compilation et ensuite de définir des
stratégies de réductions progressives en fonction des services complémentaires
pouvant être demandés par le client.

3. Etablissement de la note d’orientation générale de la mission91


A l’issue de la conclusion de la lettre de mission, l’expert-comptable peut alors
établir une note d’orientation générale de sa mission.
Un modèle de note d’orientation générale est annexé au présent mémoire.
La note d’orientation générale de la mission poursuit plusieurs objectifs :
 établir les données principales de la société faisant l’objet de la mission
(dénomination sociale, SIRET, siège social, nombre d’établissements..) ;
 décrire l’historique de l’entité et du groupe ainsi que leurs activités respectives.
Il est important à ce niveau de bien comprendre ce que fait l’entité française.
Ceci permettra de pouvoir exercer son esprit critique à la vue des comptes qui
seront communiqués par le CSP ;
 comprendre les flux de refacturation intragroupes, accompagnés de l’obtention
des contrats sous-jacents ;
 identifier les principales règles et méthodes comptables appliquées par le
groupe ;
 identifier les logiciels (ERP et module comptable) et extraction disponible via
le système ;
 prendre connaissance des chiffres clés du groupe et de la société ;
 définir la mission menée ;
 identifier les particularités du client : mode de rémunération, problématique
préalable mise en évidence en matière de prix de transfert, statut TVA etc… ;
 apprécier les risques d’anomalies significatives dans les comptes qui seront
compilés ;
 inscrire la planification de la mission : équipe mise en place, planning
d’intervention et budget de la mission.
La note d’orientation générale a pour objectif de partager les informations
essentielles concernant le client avec l’ensemble des membres de l’équipe, et de
fixer les travaux et les budgets en amont. Une fois la mission mise en place
l’expert-comptable peut alors lancer la mission de compilation.
                                                            
91
Annexe 7

42
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
Partie 2 : La conduite de la mission de compilation
Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément
indispensable à la réussite de la mission
Section 1 : Organiser la mission en amont permet de s’assurer du bon
déroulement de l’assistance apportée au client
1. La mise en place et la communication d’un calendrier d’intervention
permettent d’une part de s’assurer que les besoins des clients sont pris en compte et
d’autre part de répartir les responsabilités de chacun
Dans le cadre des missions apportées à des clients étrangers, il est important de
prendre en compte deux facteurs qui vont avoir une influence dans l’organisation
proposée au client : la fragmentation des responsabilités au sein du groupe et les
circuits de validation (contrôle interne).
Très souvent, dans les groupes internationaux, il existe une organisation par métier
des responsabilités, voire parfois matricielle. Ceci signifie qu’un individu ou un
service est responsable d’un ensemble de tâches pour le groupe tout entier. Par
exemple, un directeur taxe qui supervisera la bonne conduite de l’ensemble des
déclaratifs fiscaux dans l’ensemble des pays couverts par le groupe, ou encore un
contrôleur financier Europe, responsable de la production comptable dans
l’ensemble de la zone qui est sous sa responsabilité.
Dans certains cas, ces responsabilités reposent sur une granularité encore plus fine,
notamment dans des groupes dans lesquels il existe des activités différentes qui
font l’objet d’une gestion autonome. Ainsi, il est possible d’avoir deux personnes
ou bien deux services responsables de la production comptable sur deux activités
distinctes, qui sont de surcroît logés ensemble dans une même structure juridique.
En l’espèce, la société française loge deux activités distinctes en France, dont la
comptabilité est tenue par un CSP, mais dont la supervision est réalisée en partie au
sein du CSP et en partie aux Pays-Bas.
Ensuite, en matière de circuits de validation et en raison de procédures de contrôle
interne plus strictes et complexes au sein de ses filiales que dans des PME
indépendantes92 il n’est pas rare de voir plusieurs niveaux de validation avant
l’approbation des comptes ou d’une déclaration fiscale.

                                                            
92
Dans des groupes internationaux, les procédures de contrôle interne sont généralement
imposées par le groupe à l’ensemble de ses filiales.

43
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
L’ensemble de ces éléments nécessitent une organisation rigoureuse de la mission
confiée à l’expert-comptable. A ce titre deux propositions de solutions
méthodologiques sont proposées ci-après :
 la mise en place d’un calendrier d’intervention avec le client nécessite de tenir
compte des éléments suivants93 :
 le client a besoin de recevoir un projet de livrable, pour discussion, avant
l’envoi du document final ;
 les noms et coordonnées des personnes responsables au sein du groupe
doivent être annotés sur le calendrier mis en place. Pour cela, les
responsabilités suivantes doivent être clairement identifiées :
 le fournisseur d’information ;
 le responsable de la validation du projet préparé ;
 le signataire (si différent du responsable de la validation) ;
 le contact d’escalade en cas de difficultés rencontrées à l’une des
étapes précédentes ;
 le calendrier doit laisser suffisamment de temps pour la revue, les
commentaires du client et l’étape de validation : à cet effet, je suggère
d’établir les dates d’interventions en partant de la dernière action et
remonter en arrière pour établir un rétro-planning.
Dans un deuxième temps, ce planning doit faire l’objet d’une transcription dans un
tableau de bord interne au cabinet permettant l’anticipation des travaux et la
définition d’un planning adapté.

2. La phase de collecte de l’information financière et non financière - Liste


d’informations requises (« Accounting and tax pack »)
Dans le calendrier d’intervention défini plus tôt, une étape importante est celle de
la collecte des informations nécessaires à la réalisation de la mission comptable et
fiscale.
Ces informations, à collecter, sont regroupées dans un outil dénommé « Accounting
and tax pack », qui représente une liste d’informations requises. Un exemple de cet
outil est présenté en annexe 9. Celui–ci est présenté en anglais, afin de pouvoir être
échangé avec les clients et est organisé de la manière suivante :

                                                            
93
Un exemple de trame de calendrier est inséré en annexe 8 en anglais, car ce dernier est
échangé habituellement avec les clients anglophones.

44
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
 partie comptable : les informations d’ordre comptable recueillies via cet outil
vont permettre de recueillir:
 les informations relatives aux règles et méthodes comptables appliquées
par la société, en matière de règles de comptabilisations et d’amortissement
des immobilisations, reconnaissance de revenu etc… ;
 Les informations nécessaires à la conduite de la mission comptable :
 informations comptables chiffrées complémentaires : tableau de
variation des immobilisations, tableau de variation des provisions
etc… ;
 Informations nécessaires à la préparation des annexes aux comptes
annuels (honoraires commissaires aux comptes, hors-bilan etc…) ;
 partie fiscale : les informations d’ordre fiscale recueillies via cet outil vont
permettre l’élaboration de :
 la liasse fiscale annuelle : les données à recueillir ici sont notamment celles
non comptables, tels que le détail des frais pour les 5 ou 10 salariés les
mieux rémunérés, ou encore le détail des véhicules utilisés par la société ;
 les autres déclarations fiscales qui sont dues avec la liasse fiscale annuelle,
à savoir : déclaration des honoraires, commissions DAS2 et déclaration
1330 – CVAE94 etc…
Lors de la réalisation de la mission il conviendra de demander une balance
provisoire (par exemple au 30 novembre, pour une clôture au 31 décembre), afin de
pouvoir adapter la liste des informations requises à la situation précise du client.

Section 2 : Transformer le fichier comptable reçu des normes américaines en


normes françaises
1. Vérification préalable du respect des règles de tenue comptable
Pour la réalisation de la mission de conversion des comptes, la démarche décrite ci-
après part de la balance générale issue de SAP communiquée par le CSP et auditée
au niveau du groupe.
Cette balance générale est communiquée en euros (le cas où elle serait
communiquée en devise étrangère est exposé ci-après). Une fois la conversion de la

                                                            
94
Cette déclaration est due à une date fixe quelle que soit la date de clôture de la société,
mais néanmoins je conseille fortement de l’associer à l’établissement de la déclaration
fiscale annuelle, en raison du lien entre la valeur ajoutée déterminée en formulaire 2059-E
et celle mentionnée dans la 1330-CVAE.

45
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
balance en normes comptables françaises l’expert-comptable pourra établir la
conversion des autres documents comptables.
Comme explicité en amont de ce mémoire, l’article R123-173 du Code de
commerce impose un certain nombre de documents comptables obligatoires à
destination des personnes morales. Les ERP communément utilisés par les groupes
étrangers (tels que SAP ou Oracle) ne permettent pas, en général, de répondre à ces
exigences95. En effet, les différentes écritures comptables d’un ERP proviennent du
déversement de ses différents modules dans le module comptable (FI pour SAP).
Néanmoins, il est possible de reconstituer un grand livre via une extraction du
« transaction ledger »96 de l’ERP et ensuite de reconstituer les autres livres
comptables obligatoires. Il conviendra également de s’assurer que la « transaction
ledger » contient les écritures d’à nouveaux. Souvent cette extraction n’est pas
possible en tant que telle, et requiert alors une compilation de deux fichiers
distincts extraits des ERP afin d’obtenir un grand-livre dans le sens du Plan
Comptable Général (PCG).
Par la suite, il conviendra de prendre connaissance des principes comptables
généraux suivis au CSP. Cette prise de connaissance passe par l’identification des
méthodes de comptabilisation suivies par le CSP.

 En quelques rares occasions, et particulièrement dans le cas de structures de


petites tailles, le CSP tient une comptabilité de trésorerie. Dans ce cas, il
conviendra d’analyser et de mettre en place les conditions de passage à une
comptabilité d’engagements : comptabilisation des règlements émis et reçus
non encore matérialisés dans le relevé bancaire et passation des écritures
d’inventaires ;

 Lorsque les comptes sont tenus en devises étrangères, il conviendra dans un


premier temps, d’alerter le client sur l’obligation faite aux entités en France97
de tenir leurs comptes en euros. Par la suite, l’expert-comptable doit évaluer la
possibilité existante de reconstituer les transactions comptables en euros, sur la
base d’un grand-livre, tout en gardant en tête les principes suivants :

                                                            
95
Sauf en cas de développements spécifiques dans le module finance de ces logiciels
96
Le « transaction ledger » est un terme provenant du logiciel SAP et représente un grand
livre des mouvements d’une période uniquement.
97
Selon le Code de commerce article L123-22

46
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
 de considérer, selon le principe d’intangibilité, que les comptes de bilan à
l’ouverture ont la même valeur qu’à la clôture de l’exercice précédent ;
 les mouvements de l’exercice doivent être retranscrits au cours de change
du jour de l’opération (ceci concerne notamment les enregistrements
comptables portés en comptes de résultat) ;
 certains comptes de bilan doivent être convertis selon le cours d’origine
(historique). Il en est ainsi en particulier des comptes d’immobilisations,
d’amortissements, des comptes de capitaux propres et d’emprunts ou de
tout compte de bilan présentant un solde de bilan antérieur à l’ouverture de
l’exercice faisant l’objet de la mission menée par l’expert-comptable.

 Au niveau du compte de résultat, et en normes comptables américaines les


dépenses sont généralement comptabilisées par nature et non par destination.
Cette présentation reflète davantage une optique de contrôle de gestion que de
comptabilité générale et permet de voir, en continu, la contribution de
différents services et départements de l’entreprise.
Dans le cas des normes comptables américaines, ce compte de résultat est normé de
la manière suivante :
En matière de revenus et de coûts des ventes, il convient de distinguer :
a) Les produits et marchandises
b) Les revenus de location
c) Les services
d) Les autres produits
Par la suite, les lignes suivantes doivent être mentionnées :
e) Autres charges opérationnelles
f) Dépenses de ventes et d’administration générale
g) Provision sur créances clients et autres créances
h) Charges non opérationnelles
i) Charges et produits financiers
j) Charge d’impôt
k) Résultat net

Une fois ceci établi, il est nécessaire de s’interroger sur la manière de passer d’une
comptabilité par destination à une comptabilité par nature.

47
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
En effet, étant donné notre référentiel en France, et afin d’avoir une certaine
comparabilité, il serait judicieux d’identifier une méthodologie permettant de
parvenir à un passage des comptes par destination aux comptes par nature.
Ceci est généralement possible dans la pratique aux États-Unis, car lors de
l’établissement des comptes annuels, il est admis d’ajouter en annexe (après les
états comptables actif, passif et compte de résultat), un détail des dépenses de
ventes et d’administration générale par nature.
Afin de pouvoir établir cet état et de satisfaire aux besoins d’analyse des comptes
de la société mère, le plan de compte mis en place doit comprendre deux numéros
de comptes comptables.
Ceux-ci sont généralement dénommés compte majeur et compte mineur.
Le plan de compte majeur est organisé par fonction (production, commercial,
marketing, administratif, recherche et développement etc.). Le plan de compte
mineur est, quant à lui, organisé par nature.
Le schéma suivant permet d’illustrer un exemple :

Figure 2 : Illustration du système à double compte


Major Account Minor Account Description CY Balance
COS :
500 60000 Depreciation 23 032,00
G&A :
620 60000 Depreciation 9 000,00

J’ai pris ici l’exemple des comptes d’amortissements.


En prenant la somme des comptes mineurs « 60000 », nous obtenons notre total par
nature.
Le compte majeur servant uniquement à pouvoir présenter les comptes de la
manière prescrite par les normes comptables locales américaines (i.e. par
destination).
L’illustration suivante permet de mettre en évidence comment les comptes de
résultats sont présentés dans les états financiers.

48
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
Figure 3 : Illustration du haut du compte de résultat en US Gaap

 Au niveau du compte de résultat, l’une des différences notables en termes de


présentation repose sur le coût des ventes (« cost of sales »).
Il est nécessaire de distinguer le coût des ventes, des coûts des produits vendus.
Le coût des ventes correspond au prix payé, ou à la contrepartie donnée pour
acquérir un actif, c'est-à-dire la somme de toutes les dépenses directes ou indirectes
engagées afin d’amener un article en état d’être vendu.
Les dépenses s’entendent des dépenses d’acquisition, de production ou de
transformation.
Les coûts des produits vendus s’entendent uniquement des dépenses directes.
Dans le cas de notre entreprise, les coûts des ventes doivent donc inclure :
 les frais d’achat des produits auprès de la société mère. Ceux-ci se
matérialisent de manière assez simple par la prise en compte des factures
intragroupe ;
 les frais de transports, douanes et taxes des produits jusqu’à l’entrepôt en
France ;
 les frais d’entreposage, qui peuvent également être considérés comme des
coûts de ventes ;
 une quote-part du salaire de la personne en charge de la gestion des stocks
entrants, qui peut également être considérée comme des coûts des ventes.
L’imputation des coûts variables est relativement simple à analyser (via le système
de classification comptable des comptes cité plus haut) en revanche, l’allocation
des coûts fixes peut présenter un défi.
Pour comprendre parfaitement la problématique ici je rappelle que la comptabilité
est tenue au sein du CSP selon les normes US Gaap.

49
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
Il est nécessaire, avant d’aborder le sujet des coûts indirects, de comprendre que la
comptabilisation des stocks et des coûts des ventes est bien différente de la
méthode communément admise en France en comptabilité générale.
Selon les US Gaap, la charge liée aux coûts des ventes ne peut être comptabilisée
dans le compte de résultat que lorsque la vente est réalisée.
Ainsi, en matière de comptabilisation voici le schéma qui est suivi :
 A l’entrée de marchandise (réception de facture concomitante) :
Débit Crédit
Stock (Bilan) X
Fournisseur (Bilan) X

 A la vente des produits :


Revenu (Compte de résultat) Y
Client (Bilan) Y

Coût des ventes Z


Stock (Bilan) Z

Il est également nécessaire d’avoir une idée précise du coût unitaire total de chaque
produit en stock, afin de pouvoir correctement reconnaître le coût des ventes.
Dans ce contexte, les coûts fixes, en l’espèce les frais d’entreposage et la quote-
part de salaire, ne sont pas affectés dès l’entrée en stock mais uniquement en coût
des ventes98.

 Au niveau du bilan, trois pratiques comptables américaines doivent attirer


l’attention du professionnel comptable :
 Comptabilisation des dettes sociales et fiscales (autres que l’impôt sur les
sociétés) en dettes fournisseurs : les comptes en normes américaines ne
font généralement pas la distinction entre les dettes sociales et les dettes
fournisseurs (et dans une moindre mesure les dettes fiscales). Les dettes
sociales s’entendent des charges sociales et non des dettes de personnel
qui, elles, sont généralement bien identifiées.

                                                            
98
Ceci rejoint les enjeux liés à la comptabilisation des stocks en coûts standards en Partie 2,
Chapitre 2, Section 2, sous-section 6

50
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
 Comptabilisation des reprises de provisions devenues sans objet : dans le
référentiel comptable US Gaap, la notion de reprise de provisions n’est pas
prévue par les textes. Lorsque la sortie de ressources est effective, la
dépense est comptabilisée au bilan, en débit du compte de provision. Seule
la différence avec le montant de la provision affecte le compte de résultat.
 Comptabilisation des acomptes d'impôts et taxes au compte de résultat : les
acomptes des impôts et taxes versés durant l'exercice sont inscrits en
charge. Ainsi, dans la balance comptable reçue il est possible que la
variation du compte de charge d'impôt sur les sociétés d'une année sur
l'autre soit nulle ou incohérente.

2. Etablir un tableau de correspondance des comptes avant intégration des


données dans le système de l’expert-comptable
La mise en place d’un tableau de passage fiable passe par l’élaboration d’un
programme de travail.
Ce programme de travail, dont un exemple est fourni en annexe 10, doit permettre
de :
 s’assurer de l’intégrité des informations financières de départ ;
 mettre en place une table de correspondance fiable des comptes ;
 identifier et apprécier les différences comptables99.

Avant d’aborder le tableau de passage, il est nécessaire de préciser un point relatif


à la clôture des comptes. Il est important de distinguer le processus de clôture des
comptes de la mise sous format français des comptes. En effet, les démarches
entreprises pour élaborer le tableau de passage ne doivent pas être confondues avec
la phase de clôture des comptes du groupe qui reste de la responsabilité du CSP.
Ainsi, les travaux entrepris ne doivent pas avoir pour objectif une révision des
comptes US Gaap à ce stade.

Pour les étapes de la mission, je préconise ainsi le cheminement suivant :

                                                            
99
Ce point sera détaillé en Partie 2, Chapitre 2

51
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
Figure 4 : Étapes d’élaboration d’un tableau de passage

Clôture des comptes en US 
Gaap

Clôture du système comptable 

Élaboration du tableau de 
passage à partir des US Gaap

Ainsi l’assistance du professionnel comptable en France s’inscrit dans la troisième


partie de la figure ci-dessus.
La clôture du système comptable est une étape importante, dans le sens où elle
permet de s’assurer de l’intégrité des données comptables utilisées et de sécuriser
la piste d’audit.
La deuxième étape consiste en la mise en place d’une table de correspondance
fiable des comptes. Afin de réaliser cette tâche, je conseille d’établir une table de
correspondance en plusieurs étapes de la manière suivante :

Figure 5 : Étapes d’élaboration d’une table de correspondance


Au bilan :

Compte US Gaap  Classification  Analyse de la  Affectation des 


numéro et  classification  comptes comptables 
français 
description  US Gaap au Bilan  réalisée par le CSP 
correspondant 

Responsabilité du CSP Responsabilité de l’expert‐
Au compte de résultat : comptable

Compte US Gaap  Regroupement  Compte français 


numéro et  par compte  correspondant 
description  mineur 

Responsabilité de l’expert‐
Responsabilité du CSP 
comptable 
52
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 
Dans la démarche globale de conversion des comptes, la première année
d’établissement de la table de correspondance est celle qui est la plus
consommatrice de temps, car il est nécessaire de revoir l’ensemble des comptes de
manière individuelle.
Il est spécifié, ci-dessus, deux situations différentes selon qu’il s’agisse de comptes
de bilan ou de comptes de résultat. Ainsi, dans le cas de comptes de résultat et
comme exposé dans la sous-section précédente, la démarche consistera à identifier
la nature du compte mineur et de procéder à la reclassification sur cette base.

Concernant les comptes de bilan, il est plus facile, comme le montre le schéma
précédent, de faire réaliser la classification des comptes US Gaap, au niveau des
agrégats du bilan et du compte de résultat, par le CSP.
Ainsi, au moment de l’identification de la correspondance adéquate, il conviendra
de commencer par le faire de l’agrégat de bilan US Gaap à l’agrégat de bilan
français, et ensuite d’analyser les comptes présentant des différences en matière de
normes comptables100.
Cette méthodologie permet dans un premier temps de se focaliser sur des agrégats
qui sont moins nombreux car regroupant plusieurs comptes.
Ceci ne veut pas dire que l’ensemble des agrégats des comptes annuels américains
trouvent une correspondance parfaite avec ceux des comptes annuels français.
Cependant, la plupart sont aisément rattachables à des agrégats de comptes du
PCG.

L’identification et l’appréciation des différences comptables sont plus fastidieuses


la première année, car elles supposent de revoir l’ensemble des principes et
méthodes comptables mis en œuvre.
Les années suivantes, je suggère la démarche suivante permettant d’identifier les
potentiels ajustements comptables :

                                                            
100
Cf. Partie 2 Chapitre 2

53
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 1 : La phase préliminaire de mise en place est un élément indispensable à la réussite de la mission
 

Figure 6 : Étapes d’identification des différences de normes comptables

Mise en évidence  Comparaison  Détermination 


des nouveautés  avec les normes  des ajustements 
comptables  françaises  correspondants 

Responsabilité du CSP  Responsabilité de l’expert‐comptable 

Ainsi après la première année, le professionnel de l’expertise comptable peut


s’intéresser uniquement aux nouveautés comptables, afin de pouvoir mettre à jour
sa connaissance des ajustements de conversion de normes à réaliser.

54
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
Section 1 : Identifier les différences en matière de normes comptables
1. Les principales divergences entre les normes comptables américaines et les
normes comptables françaises
La mise en évidence des nouveautés comptables applicables aux normes
comptables américaines doit être demandée au CSP. L’identification seule des
nouveautés comptables américaines est relativement aisée, car il suffit de revoir les
normes publiées selon la codification FASB ASU (« Accounting Standard
Update ») : cependant l’implication du CSP permet d’identifier quel changement a
pu avoir un impact dans les comptes préparés et dans quelle mesure.
Je rappelle également l’importance du suivi de l’actualité comptable applicable en
France. Car même si aucun changement aux États-Unis n’affecte les comptes
groupes, des changements au niveau du PCG peuvent avoir un impact sur les
retraitements comptables à réaliser dans la conduite de la mission de compilation
des comptes.
Enfin, la documentation des travaux dans un dossier annuel permet de garder une
trace et une piste d’audit fiable du tableau de passage final obtenu. La
documentation de travaux ne consiste en aucun cas en une revue de compte,
cependant les comptes sont analysés dans la mesure où ils génèrent des ajustements
de conversion des normes américaines aux normes comptables applicables en
France.
Les principales divergences d'évaluation entre le référentiel comptable américain et
le référentiel du PCG applicable aux PME, les plus fréquemment rencontrées
auprès des filiales françaises de groupes étrangers101 sont les suivantes102 :

                                                            
101
Et en l’occurrence celles rencontrées dans le cas utilisé dans ce mémoire
102
Malgré de nombreuses recherches et entretiens menés, il n’existe pas de manuel
recensant de manière exhaustive, les différences en matière de normes comptables entre les
normes américaines et les normes comptables françaises. En conséquence, ces différences
ont été établies par le recoupement des différences entre normes françaises et IFRS (selon
les Editions Francis Lefebvre IFRS 2016) et des différences entre les normes IFRS et les
normes américaines (selon le manuel KPMG « IFRS compared to US Gaap : an
overview », de Julien Santoro et Mark M. Bielstein, Novembre 2014). Dans le corps du
mémoire les principales divergences applicable au cas présent sont explicitées, et j’ai
récapitulé en annexe 13, les principales différences qui ont pu être identifiées entre les
normes comptables françaises et américaines.

55
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
 Traitement comptable des corrections d'erreurs :
 en normes comptables françaises103 (ci-après dénommées FR Gaap),
l’impact d’une correction d’erreur est comptabilisé en résultat de la
période, et sauf exceptions il n’est pas possible de retraiter des périodes
antérieurement présentées104 ;
 en normes comptables américaines (ci-après dénommées US Gaap), il est
obligatoire d’entreprendre une application rétrospective avec retraitement
des montants comparatifs de la ou des périodes antérieures présentées, et
au cours desquelles l'erreur est intervenue.

 Présentation des états financiers105 :


 en FR Gaap :
 pas de classement au bilan en éléments courants et non courants ;
 pas de notion d’ « Other comprehensive Income106 » ;
 compte de résultat classé par nature107 ;
 résultat exceptionnel pouvant inclure notamment des plus ou moins-
values de cessions d’actifs, certaines dépréciations d’actifs ou encore
des provisions et charges de restructurations.
 en US Gaap :
 classement au bilan en éléments courants et non courants ;
 existence des « Other comprehensive Income » ;
 compte de résultat classé par fonction108 ;

                                                            
103 L’article 122-5 du PCG définit les corrections d’erreurs et l’avis CNC n°97-06 distingue
clairement les corrections d’erreurs des changements d’estimation.
104 Selon le bulletin CNCC n° 119, septembre 2000, EJ 2000-99, p. 385

105 Les règles comptables françaises, applicables aux comptes annuels, proviennent de la 4e directive

européenne 78/660/CEE, transposée en 1982 et 1983 en France. Cette directive a aujourd'hui été
remplacée par la directive n° 2013/34/UE du 26 juin 2013 (transposée en France par l'ordonnance n°
2015-900 et le décret n° 2015-903 du 23 juillet 2015). Les directives comptables européennes fixent
les grands principes en matière de comptabilisation et de présentation des comptes mais ont toujours
permis une assez grande souplesse de transposition, notamment du fait des options laissées aux Etats
membres. La présentation des comptes annuels en droit français est fixée par les articles L 123-12 à L
123-28 résultant de la loi du 30 avril 1983 et des articles R 123-172 à R 123-208 et du règlement
ANC n°2014-03, homologué le 8 septembre 2014 (PCG 2014)
106 Sont limitativement énumérés dans les normes américaines et correspondent à des éléments tels

que les ajustements relatifs à la conversion de comptes consolidés tenus en devises étrangères ou
encore les gains ou pertes non réalisés sur des titres de placement détenus (ne constituant pas des
actifs immobilisés – titres de participations) etc…
107 Cf. annexe 13.

56
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
 résultat exceptionnel beaucoup plus limitatif que la définition du PCG
et uniquement destiné à des éléments totalement indépendants et
externes à l’activité de l’entreprise (comme par exemple la destruction
d’une usine suite à une tornade…).

 Coûts d’entrée des immobilisations (traitement des coûts d’emprunts et des


frais d’acquisition) :
 en FR Gaap : il est permis, au choix, de constater les dépenses
d’acquisition des immobilisations précitées en charge de l’exercice ou de
les incorporer au coût d’entrée de l’actif109 ;
 en US Gaap : l’activation de ces dépenses est obligatoire.

 Location-financement :
 en FR Gaap : dans les comptes individuels, interdiction de comptabiliser à
l'actif du bilan les contrats de location-financement (comptabilisation
comme un contrat de location simple)110.
Dans les comptes consolidés, le retraitement des contrats de location-
financement constitue la méthode préférentielle mais n'est pas obligatoire ;
 en US Gaap : retraitement obligatoire au bilan des contrats de location-
financement (y compris lors d'un regroupement d'entreprises) :
 chez le preneur : par constatation d'une immobilisation et d'une dette
financière correspondant à l'obligation de payer les loyers futurs ;
 chez le bailleur : comme une « vente » à crédit, par décomptabilisation
de l'immobilisation louée et par constatation d'une créance pour un
montant égal à son investissement net dans le contrat de location.

 Location simple :
 en FR Gaap : la possibilité de linéariser les loyers sur la durée du contrat
existe111, même si en règle générale la comptabilisation des loyers se fait
selon les échéances contractuelles (même en cas de franchise) ;

                                                                                                                                                       
108
Un détail des charges en annexe des états financier par nature étant néanmoins requis
lorsque la présentation unique par fonction est retenue
109
PCG article 213-8
110
PCG articles. 212-5 et 946-61/62
111
En ce sens voir l’avis OEC n° 29

57
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
 en US Gaap : il est prévu la comptabilisation en charge des loyers sur la
période couverte par le contrat de location (FASB ASC 840-20-25). Si les
paiements de loyers ne sont pas réalisés de manière linéaire, alors les
charges de locations doivent dans tous les cas être reconnues de manière
linéaire au compte de résultat, à moins qu’une autre méthode systématique
(dégressive ou progressive par exemple) ne représente de manière plus
fidèle l’utilisation des bénéfices tirés de la location, et auquel cas ladite
méthode devra être utilisée.
Ceci est particulièrement applicable aux contrats prévoyant non seulement des
franchises, mais également des ajustements de prix à la hausse d’une année sur
l’autre afin de refléter l’inflation par exemple.
Néanmoins, Il existe deux différents types de variations :
 des augmentations prédéterminées de loyers qui ne dépendent pas
d’évènements futurs. Ces montants sont comptabilisés selon la méthode
mentionnée ci-avant, et les loyers sont « linéarisés » sur la durée de vie du
contrat à moins qu’une autre méthode, plus représentative de la manière
dont les bénéfices économiques issus de la location, ne soit identifiée.
Cependant, il est précisé que l’utilisation de facteurs tels que l’inflation
future ne peuvent représenter des méthodes d’allocation des charges de
loyers acceptables, car ils ne pourraient refléter de manière appropriée
l’usage dans le temps des locaux loués ;
 des augmentations prédéterminées de loyers mais qui sont dépendantes
d’évènements futurs tels que les volumes de ventes ou l’inflation à venir.
Dans ce cas, les loyers futurs ne pouvant être anticipés, ils ne peuvent être
linéarisés.

Une illustration détaillée de ce cas précis fait l’objet de l’exemple suivant :


Contrat de location sur 2 ans ;
Loyer annuel année 1 : 1200 ;
Loyers années suivantes en augmentation de 120 par an ;
Franchise de loyer les 3 premiers mois ;
Dans l’exemple ci-dessus (ci-après en figure 7), nous voyons bien la différence
entre les loyers linéarisés et les loyers tels que prévus contractuellement au mois le
mois.

58
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Ainsi, le différé de loyer représente le montant de charge ou de produit à constater
dans les comptes afin de pouvoir ajuster le montant de la charge.
La dernière colonne indique en cumul le stock de loyers différés à constater au
bilan à chaque période.
Comptablement, cette situation se matérialise de la manière suivante. Chaque
année, la société comptabilise la différence entre le montant facturé et le montant
de loyer linéarisé calculé en crédit d’un compte de dettes (« deferred rent » -
produit constaté d’avance) et au débit du compte de charges de loyers afin
d’atteindre ledit montant théorique.

Figure 7 : Tableau d’amortissement des loyers


Période Loyers facturés Loyers linéarisés Différés de loyers Cumul différés
1 - € 92,50 € - 92,50 € - 92,50 €
2 - € 92,50 € - 92,50 € - 185,00 €
3 - € 92,50 € - 92,50 € - 277,50 €
4 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 270,00 €
5 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 262,50 €
6 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 255,00 €
7 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 247,50 €
8 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 240,00 €
9 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 232,50 €
10 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 225,00 €
11 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 217,50 €
12 100,00 € 92,50 € 7,50 € - 210,00 €
13 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 192,50 €
14 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 175,00 €
15 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 157,50 €
16 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 140,00 €
17 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 122,50 €
18 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 105,00 €
19 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 87,50 €
20 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 70,00 €
21 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 52,50 €
22 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 35,00 €
23 110,00 € 92,50 € 17,50 € - 17,50 €
24 110,00 € 92,50 € 17,50 € - €
Total 2 220,00 € 2 220,00 € - € - 3 870,00 €

59
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Dans ce cas précis, le compte de bilan augmentera durant les 3 premiers mois, et à
partir de la période 4 il diminuera en contrepartie du compte de charges (un crédit
qui viendra réduire la charge de loyers).

 Constatation d’impôts différés :


 en FR Gaap : la comptabilisation d’impôts différés sur les différences
temporelles entre les déductions comptables et fiscales des charges n’est
pas prévue. En pratique celle-ci reste néanmoins possible112. Dans les
comptes consolidés113 elle est obligatoire.
 en US Gaap : la comptabilisation de ces différences temporaires est
obligatoire. Par ailleurs, pour tout ajustement avec impact résultat
comptabilisé, il sera nécessaire de constater selon qu’il s’agit d’une charge
ou d’un produit, respectivement un impôt différé actif (produit futur
d’impôt) ou un impôt différé passif (charge future d’impôt).

 Gains de change latents :


 en FR Gaap : la comptabilisation des gains latents de change est interdite
dans les comptes individuels.
En effet, les créances et les dettes en monnaies étrangères sont converties
et comptabilisées en monnaie nationale sur la base du dernier cours de
change114.
Lorsque l'application du taux de conversion à la date de l'arrêté des
comptes a pour effet de modifier les montants en monnaie nationale
précédemment comptabilisés, les différences de conversion sont inscrites à
des comptes transitoires, en attente de régularisations ultérieures115.
Dans les comptes consolidés, la comptabilisation en résultat constitue la
méthode préférentielle.
 en US Gaap : la comptabilisation en compte de résultat de ces gains est
obligatoire.

                                                            
112
Même si il est rare de voir ces différences comptabilisées dans les comptes sociaux
113
CRC 99-02
114
PCG article 420-5
115
C. com. art. R 123-182, PCG, art. 420-5 et art. 944-47

60
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
2. Mode de traitement des différences comptables d’un exercice à l’autre
Certains ajustements de conversion entraînent une différence au niveau du résultat
de l’exercice, selon qu’ils soient aux normes US Gaap ou en FR Gaap.
Le schéma ci-après reprend les différents types d’ajustements
Figure 8 : Organisation des différents types d’ajustements comptables

Reclassement de 
compte à compte 

   

Ajustement avec  Ajustement 
impact résultat  avec impact 
réserves 

Les reclassements de compte à compte sont des reclassements de présentations de


compte de bilan à compte de bilan, et de compte de résultat à compte de résultat,
qui ne peuvent avoir d’influence sur les capitaux propres de l’exercice en cours.
Par contre, tous les autres types d’ajustements (y compris les combinaisons de
plusieurs ajustements) avec impact réserve et avec impact résultat peuvent créer
des distorsions entre les capitaux propres d’origine et ceux convertis.
Ces faits étant établis, nous allons nous intéresser au traitement d’une année sur
l’autre de ces différences de méthodes.
En effet, il existe deux possibilités de traitements des ajustements de conversion
d’une année sur l’autre.
La première méthode que j’aborde est celle du traitement extracomptable des
écritures de conversion des US Gaap aux FR Gaap, sous un tableur Excel.
Les tableaux suivants illustrent la problématique qui se présente.

61
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Figure 9 : Illustration de l’impact sur les capitaux propres des ajustements de
normes comptables
Bilan (situation année N avant conversion)
Actif N Passif N
Capitaux propres
Actif immobilisé 35 20
hors résultat
Résultat 35
Dettes
Actif circulant 65 45
d’exploitation

Compte de résultat
Charges Produits
Coûts marchandises 70 Ventes 130
Autres charges 25

Résultat net 35

Supposons que la conversion des US Gaap aux normes françaises nécessite


d’ajuster le montant des charges de loyers116 en le diminuant de 10. Les
changements sont mentionnés en caractère gras.

Bilan (situation année N après conversion)


Actif N Passif N
Capitaux propres
Actif immobilisé 35 20
hors résultat
Résultat 45
Dettes
Actif circulant 65 35
d’exploitation

                                                            
116
cf. sous-section précédente

62
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Compte de résultat
Charges Produits
Coûts marchandises 70 Ventes 130
Autres charges 15

Résultat net 45

Lorsque la période N sera clôturée et la période N+1 ouverte, la situation issue de


l’ERP sera la suivante.

Figure 10 : Illustration de l’impact sur les capitaux propres des ajustements de


normes comptables (comptes du groupe)
Bilan
Actif N+1 N Passif N+1 N
Capitaux
Actif immobilisé 30 35 propres 55 20
hors résultat
Résultat 20 35
Dettes
Actif circulant 95 65 50 45
circulantes
Compte de résultat
Charges Produits
Coûts
60 70 Ventes 110 130
marchandises
Autres charges 30 25

Résultat net 20 35

Cet exemple permet de voir que les capitaux propres hors résultat varient de 35
entre N et N+1. Afin de simplifier notre cas, considérons qu’aucune opération en
capital n’est réalisée entre ces périodes et que le résultat d’une période est
systématiquement affecté en report à nouveau. En conséquence la variation des
capitaux propres en N+1 est bien en ligne avec le résultat de N.
Maintenant, remplaçons les chiffres de la colonne N par ceux qui sont obtenons
après conversion.

63
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 

Figure 11 : Illustration de l’impact sur les capitaux propres des ajustements


de normes comptables (comptes repris en normes françaises)

Bilan
Actif N+1 N Passif N+1 N
Capitaux
Actif
30 35 propres 55 20
immobilisé
hors résultat
Résultat 20 45
Dettes
Actif circulant 95 65 50 35
circulantes
Compte de résultat
Charges Produits
Coûts
60 70 Ventes 110 130
marchandises
Autres charges 30 15

Résultat net 20 45

Nous pouvons remarquer dans ce dernier exemple que la variation des capitaux
propres n’est plus réconciliée avec le résultat retraité de N. En effet, la variation
des capitaux propres est du montant du résultat non converti de N. Si cet exercice
est répété sur plusieurs périodes successives, l’écart représentera le cumul des
écarts sur résultats précédents dû à la conversion. Ainsi en matière de suivi, je
propose comme première méthode un tableau de ce type sous le tableur Excel.
L’exemple se situe dans le courant de l’année N+2

64
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Figure 12 : Illustration d’un tableau de passage avec ajustements des années
précédentes en capitaux propres

Les colonnes F et G de ce tableur reflètent les ajustements sur les périodes


précédentes qui sont cumulés au fur et à mesure.
Comme nous pouvons le voir, les ajustements des périodes précédentes sont
mentionnés en contrepartie du report à nouveau (RAN), et ce afin de pouvoir
réconcilier la variation des capitaux propres d’une année sur l’autre.
Ainsi, dans le cas où les ajustements ne sont pas repris dans l’ERP du CSP, il sera
nécessaire d’effectuer un suivi extracomptable dont un exemple de format a été
donné ci-dessus.
L’avantage du suivi extracomptable, par rapport à une reprise des écritures, réside
dans la visibilité des ajustements et plus particulièrement lorsque plusieurs années
se sont écoulées.
Cette traçabilité donne également la possibilité de revoir plus aisément si lesdits
ajustements nécessitent d’être maintenus ou non sur la période en cours.
Par contre, le désavantage majeur réside dans le fait de constituer une manipulation
manuelle, qui nécessite donc la mise en place d’un contrôle permettant de s’assurer
de l’exhaustivité et de l’intégrité des données ajustées sur les périodes précédentes.

65
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Une seconde méthode est celle relative à la comptabilisation dans le logiciel
comptable (de l’expert-comptable ou dans le module comptable de l’ERP du client)
des écritures de conversion des normes US Gaap aux normes françaises dans un
journal spécifique.
Cette méthode permet l’extraction d’un même système de la balance avant et après
ajustement (excluant et incluant les écritures comptabilisées dans ce journal
spécifique). L’avantage de cette méthode réside également dans le fait que suite à
la clôture de l’exercice et l’ouverture de la période suivante, les données de l’à-
nouveau donnent la possibilité d’obtenir des capitaux propres, à l’ouverture de la
nouvelle période, qui sont réconciliés avec ceux de la balance de clôture de la
période précédente.
Cependant, comme mentionné précédemment le recours à cette méthode comporte
un inconvénient qui réside dans la difficulté de la traçabilité des écritures
antérieures. En effet, il est nécessaire de faire des extractions sur les années
précédentes afin d’avoir le détail des ajustements comptabilisés et la contrepartie
en résultat.
Afin de pallier à cette difficulté, il est souvent mis en place, parallèlement à la
passation d’écritures dans le logiciel comptable, un tableau de passage synthétique
au niveau des capitaux propres (cf. section suivante).

Section 2 : Les travaux spécifiques à mener par cycle


La mission de compilation avec établissement d’un tableau de passage requiert des
diligences spécifiques par section détaillées ci-après. Il est primordial de se
rappeler, à ce stade, que la mission menée n’est ni une mission de revue ni une
mission de présentation et que les travaux menés ont pour objectifs de :
 permettre la mise sous format français des comptes de la société afin de
compiler des comptes annuels ;
 satisfaire au devoir de conseil de l’expert-comptable conformément au code de
déontologie117.
L’une des difficultés majeures dans la mission de compilation des comptes, telle
que présentée ici, est le bouclage des capitaux propres.
A cet effet, il est indispensable pour tout professionnel de commencer par le cycle
capitaux-propres dans ses travaux. Ceci permettra d’identifier en amont toute
difficulté dans le bouclage des capitaux propres118.
                                                            
117
Pour rappel l’expert-comptable ne peut se satisfaire d’être un « scribe »

66
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 

1. Cycle capitaux propres


Les principaux contrôles de cohérence à mener sur le cycle des capitaux
propres sont exposés ci-après.

 Contrôle de la situation nette à l’ouverture.


La vérification de la situation nette à l’ouverture a pour objectif de s’assurer du
mode de reprise des ajustements de l’année et de l’absence d’anomalies liées au
non-respect de la clôture des périodes.
Cette procédure consiste à vérifier que les capitaux propres à l'ouverture, issus de la
balance de l'exercice N communiquée par l'entité, sont identiques aux capitaux
propres à la clôture de N-1 des comptes annuels déposés.
Un écart peut être identifié lorsque les ajustements comptables français constatés
dans le compte de résultat en N-1 n'ont pas été repris dans le système comptable de
l'entité sur la même période, mais sur l'exercice N (décalage temporel).

Le contrôle de la balance d’ouverture est illustré par l’exemple qui suit. Cet
exemple est issu d’un cas dans lequel la société n’enregistre pas dans son système
comptable les écritures de conversion de normes comptables.

                                                                                                                                                       
118
Cf. section précédente

67
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Figure 13 : Tableau de variation de capitaux propres (incluant les ajustements
de normes comptables)
Balance 
Augmentation Diminution Reclassement Balance de clôture
d'ouverture
Données sociales
Capital social 100 000 50 000 150 000
Report à nouveau 20 000 75 000 95 000
Résultat de l'exercice 75 000 56 000 ‐75 000 56 000

Capitaux propres sociaux 195 000 106 000 0 0 301 000

Retraitement
Loyers 45 000 20 000 65 000
Valorisation du stock 185 000 34 000 27 000 246 000
Impôt ‐92 000 ‐13 600 ‐18 800 ‐124 400

Total retraitements 138 000 20 400 28 200 0 186 600

Capitaux propres retraités 333 000 126 400 28 200 0 487 600

Lorsque la société ne comptabilise pas les ajustements de conversion dans ses


comptes, il est important de s’assurer que :
 les capitaux propres d’ouverture issus de l’ERP sont identiques aux
capitaux propres de clôture, de l’exercice précédent, communiqués par le
client à partir de son ERP ;
 après addition des ajustements de conversion de normes cumulés N-1, le
total des capitaux propres retraités d’ouverture correspond au total des
capitaux propres de clôture, figurant dans les comptes annuels déposés
l’année précédente.
Afin de pouvoir réaliser le bouclage de la situation nette à l’ouverture, il est
nécessaire d’identifier les pratiques de la société concernant les ajustements de
l’exercice précédent.
Selon le cas, le cadrage des capitaux propres nécessitera de tenir compte ou non
des ajustements antérieurs. Le tableau synthétique suivant permet de différencier
les cas et d’identifier lesquels nécessitent des traitements spécifiques dans le
contrôle de la situation nette d’ouverture.

68
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Figure 14 : Tableau synoptique des traitements comptables des ajustements de
conversion de normes des exercices précédents

Traitement comptable des écritures Traitements à réaliser en N+1


de conversion N dans l’ERP par le
CSP
Comptabilisation dans l’ERP en N des Aucun traitement spécifique n’est requis,
écritures de conversion situation nette à l’ouverture en N+1 du
système doit être identique à la clôture N
telle que présentée dans les comptes
annuels français.
Comptabilisation dans l’ERP en N+1 Neutralisation des impacts en résultat
des écritures de conversion N (en raison (uniquement) des écritures de conversion
d’une procédure de clôture du système ainsi constatées par le CSP en contrepartie
irréversible) des réserves
Non comptabilisation des écritures de Constatations dans le système de l’expert-
conversion N dans l’ERP comptable des ajustements N au bilan avec
en contrepartie les réserves (en lieu et place
du compte de résultat)
Comptabilisation partielle de certaines Combinaison des 3 cas précédents à
écritures de conversion N dans le appliquer au cas le cas pour chaque
système en N et/ou en N+1 ajustement

Deux précisions importantes sont apportées au point soulevé ci-dessus :


 la constatation des ajustements N en N+1 lorsque le CSP n’a procédé à
aucune comptabilisation de ces écritures, vient affecter la balance de
clôture. Ces ajustements doivent ensuite être systématiquement réévalués,
afin de déterminer s’ils ont lieu d’être extournés ou maintenus ;
 les ajustements de conversion auxquels je fais référence ci-dessus sont
uniquement ceux ayant eu un impact résultat. Il est totalement inutile de
reprendre des reclassements de compte à compte sans impact en résultat,
que ce soit au bilan ou au compte de résultat.

69
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
 Contrôle de la variation des capitaux propres.
Les procédures à mener, ici, consistent à s’assurer que l’affectation de résultat a été
correctement réalisée au niveau du CSP selon les dispositions de l’assemblée ayant
approuvé les comptes de l’exercice précédent, et de procéder au reclassement
nécessaire si besoin est. En effet, il est fréquent de voir des affectations réalisées
intégralement dans un compte de report à nouveau sans prise en compte des
éventuelles réserves légales, ou encore d’affectation en compte d’autres réserves.

 Contrôle de la comptabilisation de la subvention d’investissement.


En normes US Gaap, il n’existe pas réellement de distinction entre subvention
d’investissement et subvention d’exploitation. Les groupes tenant leurs comptes
selon ces principes comptables ont tendance à constater l’ensemble en résultat. En
conséquence, il sera nécessaire de procéder aux ajustements permettant de
dissocier les subventions d’investissement des subventions d’exploitation.

 Contrôle de la variation des provisions pour risques et charges.


La cohérence de la variation des provisions pour risques et charges peut souffrir de
pratiques comptables divergentes telles que présentées précédemment dans ce
mémoire, qui consistent pour des sociétés tenant une comptabilité en US Gaap de
constater les reprises de provisions directement en net de la charge survenue. Ainsi,
seul l’excédent ou l’insuffisance de charge impacte le résultat.

2. Cycle trésorerie et financement


 Le contrôle du rapprochement bancaire doit permettre d’identifier s’il existe
des écritures inscrites en rapprochement, qui correspondraient à des éléments
figurant dans le relevé bancaire mais non comptabilisés par le CSP. Cette
pratique peut sembler inhabituelle, mais elle existe et est plus particulièrement
répandue aux Etats-Unis.

 L’annulation de la constatation des produits latents sur valeur mobilière de


placement et réintégration extracomptable au niveau du résultat fiscal.

 La correction de la comptabilisation des écarts de change latents. En normes


US Gaap comme explicité dans la section précédente, ces écarts sont
comptabilisés en compte de résultat, comme le sont les écarts de change

70
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
réalisés. Cependant, et très souvent, les comptes utilisés en résultat sont
identifiés par le terme « Unrealized ». Ainsi il est nécessaire:
 pour les pertes de change latentes, de classer le compte de « Unrealized
exchange loss » en dotation aux provisions pour risques et charges
financières (compte 6865 du PCG) : reclasser le montant de la provision de
l’exercice précédent (qui a dû être constatée en perte de change réalisée
« Realized »), en reprise de provisions pour risques et charges financières
de l’exercice (compte 7865 du PCG) ; et enfin constater un écart de
conversion actif (compte 476 du PCG) du montant de la provision
(indiquée en 6865 précédemment) de l’exercice avec une contrepartie en
compte de provision au bilan (compte 1515 du PCG) ;
 pour les gains de change latents, de reclasser le montant inscrit par le CSP
en produits de changes latent (« Unrealized exchange gain ») en écart de
conversion passif (compte 477 du PCG). Lors de la comptabilisation de ces
corrections, il est important de procéder au contrôle de cohérence des
montants ainsi reclassés, par l’analyse des comptes de tiers en devises
étrangères à la clôture de l’exercice et par un calcul théorique du montant
de gains ou de pertes de change latents à la clôture. En effet, il est fréquent
en US Gaap de voir des compensations de compte à compte entre pertes et
gains, sans que cela soit nécessairement justifié d’un point de vue
comptable français119 ;
 identifier les comptes courants intragroupes, et s’assurer de leur
confirmation par le groupe. Il est important d’identifier à ce stade si des
compensations ont été réalisées sans être permises par le droit comptable
français120, et de s’assurer dans les groupes ayant des politiques de
centralisation de trésorerie, que le solde du compte intragroupe de
trésorerie est correctement justifié et confirmé, en devise d’origine.

                                                            
119
Le lecteur est renvoyé aux règles générales de compensation entre perte et gains de
change latents selon le PCG, et plus particulièrement ceux relatifs aux créances ou dettes
ayant des échéances et devises similaires ou encore lors d’opérations de couverture. En
effet le principe de base en comptabilité est celui de la non-compensation : « Les éléments
d'actif et de passif doivent être évalués séparément. Aucune compensation ne peut être
opérée entre les postes d'actif et de passif du bilan ou entre les postes de charges et de
produits du compte de résultat » (C. com. art. L 123-19 et PCG, art. 112-2 et 112-3).
120
Le cas des compensations conventionnelles, légales ou judiciaires

71
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
3. Cycle immobilisation
 Le contrôle des immobilisations revient, dans un premier temps, à s’assurer
qu’il n’existe pas de contrat de location financement ayant fait l’objet d’une
inscription à l’actif et à la reconnaissance d’un emprunt. Si tel est le cas, les
écritures constatées par le CSP doivent être annulées et il conviendra de
constater à nouveau les charges de location financement en charge de loyer.

 Vérification de la constatation des amortissements minimum fiscaux121. Selon


les règles fiscales françaises, « à la clôture de chaque exercice, la somme des
amortissements effectivement pratiqués depuis l'acquisition ou la création d'un
élément donné ne peut être inférieure au montant cumulé des amortissements
calculés suivant le système linéaire et répartis sur la durée normale
d'utilisation» 122. Les sociétés étrangères méconnaissent en générale cette règle
française laquelle, faute d’être respectée, conduit à la perte définitive au droit à
déduction des amortissements irrégulièrement différés. Ainsi, il conviendra de
comparer les durées d’amortissement pratiquées au sein de la société avec les
durées de référence publiées par l’administration fiscale et de pouvoir justifier
par une documentation suffisante toute « durée normale d’utilisation »
supérieure au sein de la société.

 Vérification de la cohérence de l’enchaînement des dotations aux


amortissements et des cessions d’immobilisations.
A l’instar de la validation de la cohérence de l’enchaînement des provisions
pour risques et charges, il s’agit ici de s’assurer que la variation des
amortissements au bilan est cohérente avec les montants constatés en compte
de résultat.
A cet effet, il est très souvent constaté dans des CSP appliquant les US Gaap,
une comptabilisation en nette de la valeur comptable des immobilisations
cédées avec le prix de cession, de sorte qu’il n’est pas possible de recouper les
montants de reprises d’amortissements dans la valeur des immobilisations
cédées.

                                                            
121
Selon l’article 39B du CGI
122
BOI-BIC-AMT-10-50-30-20150204 du 4 février 2015

72
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
En conséquence, il est essentiel de constater une écriture de reclassement,
permettant de réconcilier globalement la variation des amortissements avec les
cessions d’immobilisations.

4. Cycle achat – fournisseurs et clients – ventes


 Compensation créances et dettes.
La compensation des créances et dettes sont des opérations courantes en US Gaap ;
par exemple, les clients créditeurs ou fournisseurs débiteurs sont compensés
respectivement au sein des clients débiteurs et des fournisseurs créditeurs.
En normes comptables françaises le raisonnement doit être mené par tiers et non
par compte comptable. En conséquence il sera indispensable d’obtenir la balance
des tiers par clients et fournisseurs afin de pouvoir isoler les éléments devant être
reclassés.

 Revue de la méthode de comptabilisation des créances douteuses et des


provisions pour créances irrécouvrables.
Il n’existe pas à proprement parler de réelle différence entre les méthodes de calcul
ou d’estimation des provisions pour créances irrécouvrables. J’attire l’attention du
lecteur sur le fait que dans les pays anglo-saxons c’est, très souvent, une méthode
statistique pure qui prévaut dans ces analyses (par exemple créances au-delà de 30
jours provisionnées à 15%, au-delà de 60 jours à 50% et au-delà de 90 jours à
100%). Ces méthodes ne sont pas proscrites en droit comptable français. En effet,
selon le bulletin CNCC n° 79, avis n° 38, octobre 1989, une dépréciation doit être
constatée dès qu'apparaît une perte probable. Il s'agit en principe d'une estimation
individuelle par créance, mais l’estimation forfaitaire est admise par la doctrine
comptable française123 à condition qu'elle procède d'une méthode appropriée et
qu'elle soit faite avec une approximation suffisante basée sur une analyse de
données historiques, fiables et représentatives de la réalité économique124.

5. Cycle personnel
 Distinction des dettes sociales et des dettes fournisseurs.
Il n’existe pas réellement de notion de dettes sociales (de sécurité sociale, retraite
etc..) distinctes des dettes d’exploitation et plus particulièrement des dettes

                                                            
123
Recommandation OEC n° 1.18
124
Dans la dernière partie, la déductibilité fiscale de ce type de provision est abordée

73
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
fournisseurs, dans les environnements anglo-saxons. Il conviendra donc de
demander un détail des comptes de dettes fournisseurs au bilan afin de pouvoir
faire apparaître les dettes sociales distinctement au bilan.

 Distinction des charges de personnel et des charges sociales.


De manière similaire, les charges sociales patronales sont généralement
soit incluses dans les comptes de salaires au compte de résultat, soit regroupées
avec les charges sociales salariales dans un compte séparé. Ainsi, il conviendra de
procéder aux reclassements adéquats.
Par ailleurs, il sera important afin de pouvoir valider la cohérence de l’ensemble
des charges de salaires et des charges sociales, et de procéder à des réconciliations
sociales qui consisteront à :
 réconcilier les soldes au bilan des dettes de personnel et des dettes sociales,
respectivement avec les salaires payés en M+1 (si tel est le cas) et les
DUCS faisant l’objet d’un paiement sur des périodes ultérieures au mois de
clôture des comptes ;
 réconcilier les montants des salaires au compte de résultat avec la DADS et
le livre de paie annuel (ou uniquement le livre de paie annuel de l’exercice
social en cas d’exercice décalé) ;
 réconcilier les montants des charges sociales au compte de résultat avec le
total des charges patronales de l’état résumé des cotisations sociales de
l’exercice social.

 Constatation des provisions pour congés payés et plus particulièrement des


charges sociales sur congés payés ou autres provisions variables (commissions,
bonus etc..) qui pourraient être non correctement appréhendées et enregistrées.

6. Cycles stocks et en-cours


 Contrôle de la valorisation des coûts standards par la sélection d’un échantillon.
La comptabilité anglo-saxonne est par nature une comptabilité de gestion (la
présentation par destination en compte de résultat vient confirmer cette approche).
En conséquence, il est très fréquent, même pour des structures d’entreprises
modestes, de voir la méthode des coûts standards utilisée. Il conviendra, ici, de
demander le mode de calcul de ces coûts standards et de vérifier leur correcte
application d’un point de vue comptable français (affectation des coûts de sous-

74
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
activité éventuels au compte de résultat etc…). Les coûts standards retiennent les
niveaux normaux d'utilisation de matières premières et de fournitures, de main-
d'œuvre, d'efficience et de capacité. En fin d'exercice, une comparaison avec les
coûts réels doit alors permettre de réintégrer globalement dans la valeur des stocks
les écarts entre coûts réels et coûts standards125. Comme le précisait le PCG 1982
(p. III.98) dans le volet consacré à la comptabilité de gestion, les entreprises qui
tiennent une comptabilité analytique, comportant une évaluation des coûts de
revient par la méthode des « coûts standards prévisionnels » doivent prendre toutes
les mesures, comptables ou autres, nécessaires pour incorporer les « écarts sur
coûts préétablis » dans le coût de revient des stocks, de sorte que ce coût,
déterminé à la clôture de chaque exercice, puisse être regardé comme représentant
le coût de production moyen pondéré126. Le calcul des écarts positifs ou négatifs
doit alors s’effectuer en deux étapes, d’abord par la détermination de l’écart global
de l’exercice, puis par la détermination de l’écart à réintégrer au stock final127.

7. Cycle impôts et taxes


 Vérification de l’absence d’impôts différés et annulation des montants le cas
échéant.
 Vérification de la cohérence des comptes de dettes et créances fiscales, avec les
avis d’impositions correspondants établis ou avec les estimations de dettes
devant faire l’objet d’un paiement courant de l’exercice suivant (ex : taxes
assises sur les salaires, taxe sur les véhicules de sociétés etc...).

8. Bouclage des travaux


Le bouclage des travaux de revue consiste à tenir compte de l’ensemble des
ajustements précédemment identifiés, afin de :
 ajuster le chiffre d’affaires des entités françaises ayant uniquement le rôle de
rendre des services au sein du groupe128, et sur la base des ajustements avec
impacts résultats constatés ci-avant ;

                                                            
125
Fiscalement, il en est de même (BOI-BIC-PDSTK-20-20-10-10 n° 20)
126
Ceci représente également la position des Editions Francis Lefebvre – Mémento
Comptable 2016
127
Le lecteur est renvoyé vers les paragraphes 1163 et suivants des Editions Francis
Lefebvre – Mémento Comptable 2016
128
Et en conséquence avec un revenu constaté sur la base d’une marge prédéterminée de
leurs charges.

75
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
 corriger la charge de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et d’impôt
sur les sociétés ;
 corriger le montant de la participation sur les salaires, le cas échéant.

Section 3 : L’annexe aux comptes annuels


1. Cadre normatif et communication des obligations comptables à l’attention
du groupe. Adapter la communication avec le client afin de partager les annexes.
L’obligation de présenter des annexes aux comptes annuels est prévue par la Code
de commerce (à l’exception de certaines petites entreprises, comme celles qui
bénéficient du régime de la micro-entreprise).
L’objectif de l’annexe comptable est d’apporter de l’information et d’aider à la
compréhension du compte de résultat et du bilan comptable de l’entreprise. Elle
doit être produite annuellement et est une partie de l’intégralité des comptes
annuels129.
Les informations figurant dans l’annexe comptable130 sont de trois natures :
 les informations prescrites par le Code de commerce, qui sont à fournir selon le
PCG131 que si elles sont d’importances significatives pour la société
concernée ;
 les informations dites d’importance significative, prescrites par le PCG ;
 les informations non expressément prescrites par les règles comptables, mais
qui peuvent s’avérer nécessaires à l’obtention d’une image fidèle.
Il est important, en amont dans la mission, d’attirer l’attention de la société cliente
sur l’obligation en matière d’établissement et de dépôt des comptes annuels
complets. En effet, dans les pays anglo-saxons et plus particulièrement aux Etats-
Unis, les sociétés non cotées n’ont aucune obligation d’établissement d’états
financiers annuels132 ; par conséquent, faute de communication adéquate, cette
partie peut ne pas être traitée de manière diligente par le client. Enfin, il est
conseillé également de mettre en place une traduction libre des annexes en anglais,

                                                            
129
Selon le PCG art. 112-4 : « L'annexe complète et commente l'information donnée par le
bilan et le compte de résultat. L'annexe comporte toutes les informations d'importance
significative destinées à compléter et à commenter celles données par le bilan et par le
compte de résultat. Une inscription dans l'annexe ne peut pas se substituer à une
inscription dans le bilan et le compte de résultat ». C. com. art. L 123-13, al. 4
130
Dans le cas traité dans ce mémoire je ne parlerai ni des annexes simplifiées ni des
annexes abrégées
131
Article 831-1 s. du plan comptable général
132
Sauf exception liée à une réglementation sectorielle spécifique

76
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
afin de pouvoir les partager avec le client, et ainsi, l’associer dans l’élaboration des
comptes annuels. Cette participation du groupe et du CSP en particulier est
d’autant plus importante qu’il existe des spécificités à appréhender correctement
lors de la rédaction des annexes.

2. Les points d’attention dans l’élaboration des annexes aux comptes annuels
La préparation des annexes aux comptes annuels des filiales de sociétés étrangères
présente des points d’attention dans plusieurs domaines.
Tout d’abord, au niveau des règles et méthodes comptables133, je suggère de
détailler le plus possible ces sections avec l’aide du client. Après les travaux
d’identification des différences en matière comptable, de préparation du tableau de
passage des normes américaines aux normes françaises et des travaux de contrôles
menés spécifiquement sur les différents cycles, ces travaux d’élaboration des
annexes permettront de s’assurer qu’il n’existe pas de règles comptables
divergentes avec le droit français et ayant un impact significatif dans les comptes
utilisés dans l’élaboration des comptes annuels.
Ensuite, dans l’élaboration des annexes, la section relative aux opérations
intragroupes est généralement, dans ce type de société, d’importance significative
et il est nécessaire de :
 obtenir une confirmation des montants au bilan par le CSP ;
 distinguer au bilan les montants relatifs aux créances d’exploitation et ceux
relatifs au financement ;
 inscrire les montants des produits et charges financières intragroupes.
Par ailleurs, il sera également nécessaire de mentionner si les transactions ont été
conclues à des conditions normales de marché.

Un dernier point important se situe au niveau des engagements hors-bilans. Il est


essentiel de comprendre qu’au niveau de la filiale française, la direction locale
basée en France n’a que peu de contrôle et de vision sur les états financiers de
l’entité juridique. Par ailleurs, du fait de l’atomisation des centres de responsabilité
au sein du groupe, des engagements peuvent être pris par d’autres individus ou
services pour le compte de la société française. Ainsi, il sera nécessaire de
confirmer lors de la phase finale de compilation des comptes annuels, avec le

                                                            
133
Selon C. com. art. R 123-196 1° et 2°

77
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
responsable comptable de la zone (Europe par exemple) ou encore du groupe, les
éléments devant figurer en engagement hors-bilan.

3. La coordination avec les commissaires aux comptes en charge de la


certification des comptes sociaux de l’entité française
Comme indiqué dans la première partie, en matière d’organisation dans ces
groupes, et en règle générale, des auditeurs au niveau du CSP réalisent des
diligences minimum convenues avec l’ensemble de leur réseau ; ensuite les
commissaires aux comptes de la filiale française mènent des travaux spécifiques
leur permettant de respecter les normes d’exercices professionnels leurs
incombant134.
Dans le cadre de la mission de compilation, le CSP et le groupe solliciteront
l’expert-comptable afin de les assister dans les réponses à apporter à leurs auditeurs
et à leurs commissaires aux comptes135.
A ce titre, je suggère l’organisation suivante en matière de communication avec les
commissaires aux comptes de la société française et les auditeurs du groupe.

Figure 15 : Organisation de la communication dans le cadre de l’audit des


comptes de la filiale française
Phase de la mission d’audit Réponses devant être apportées par
Prise de connaissance de l’activité de Direction locale et le CSP
l’entité et des évènements significatifs
de l’exercice
Phase d’intérim (réalisée en partie au Direction locale et le CSP
niveau du CSP)
Audit final (tests substantifs etc...) et CSP
validation de la balance US Gaap
Revue des écritures d’ajustements US Expert-comptable
Gaap à FR Gaap
Revue des comptes annuels Expert-comptable et CSP

                                                            
134
Le groupe peut également ne pas recourir à un réseau international d’audit et travailler
en local avec des commissaires aux comptes indépendants. Dans ce cas la relation avec les
commissaires est classique et c’est la raison pour laquelle je ne l’aborderai pas dans ce cas.
135
Qui pourra être proposée en assistance complémentaire sur la base des temps passés

78
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 2 : La conduite de la mission de compilation


Chapitre 2 : La conduite de la mission comptable
 
Cette organisation permet d’identifier clairement les responsabilités de chacun dans
le processus d’élaboration des comptes annuels. Ainsi, l’expert-comptable ne
menant pas une mission de présentation, il ne peut et ne doit pas s’impliquer dans
l’ensemble du processus d’audit car étant noté son niveau de diligences, il ne
pourra répondre de manière efficiente à l’ensemble des demandes des auditeurs /
commissaires aux comptes.

A l’issue de la mission de compilation des comptes annuels, ce mémoire aborde la


phase d’assistance fiscale, et la rédaction du rapport de fin de mission, en se
focalisant sur les spécificités des filiales de sociétés étrangères.

79
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin
de mission afin d’identifier les risques spécifiques et les leviers de missions
complémentaires
Dans le cadre de la mission de compilation et en complément de sa mission
principale, l’expert-comptable peut être amené à mener une mission
d’établissement de la liasse fiscale annuelle et des autres taxes directes136. Cette
partie s’intéresse aux déclarations présentant un intérêt spécifique pour les filiales
de sociétés étrangères et les difficultés qu’il conviendra d’appréhender
correctement.
La troisième partie de ce mémoire s’achèvera sur la préparation du rapport de fin
de mission de l’expert-comptable, qui est une mission de procédure convenue sans
assurance.

Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale – spécificités liées à la clientèle


étrangère
Les filiales de sociétés étrangères, de par certaines transactions particulières qui
transitent par leurs comptes, doivent accorder une attention spécifique aux
déclarations fiscales leur incombant.

Section 1 : Etablissement de la liasse fiscale annuelle


1. La sensibilisation des clients sur les délais et les obligations fiscales
françaises
Dans des pays tels que le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, les délais de dépôt des
liasses fiscales annuelles sont dé-corrélées de l’établissement des comptes annuels.
Par ailleurs les comptes annuels présentent souvent une provision d’impôt sur les
sociétés qui est estimée, car l’impôt définitif ne sera calculé que plusieurs
semaines, voire plusieurs mois après la finalisation des comptes annuels.
Cette situation créé chez les interlocuteurs de l’expert-comptable une
méconnaissance des enjeux en matière de délais dans l’environnement
réglementaire et fiscal français.
En conséquence, il est fortement conseillé d’alerter les clients bien en amont sur
ces enjeux et organiser un calendrier, avec toutes les parties prenantes, qui tienne
compte des prérequis nécessaires à l’établissement et au dépôt de la déclaration
                                                            
136
Pour des raisons de simplification et d’allègement de ce mémoire, les déclarations
indirectes telles que la taxe sur la valeur ajoutée ne seront pas abordées ici. Seuls les
principes généraux décrits en première partie de ce mémoire sont conservés.

80
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
fiscale annuelle, qui doit être conforme aux comptes annuels, et dans les délais
légaux requis137.

2. La sensibilisation des clients sur les informations non financières figurant


dans la liasse fiscale annuelle
La liasse fiscale annuelle comporte des états comptables (bilan, compte de résultat,
état des créances et dettes etc…) qui sont établis sur la base des comptes annuels
certifiés par les commissaires aux comptes précédemment émis pour le compte de
la société française, et comporte également des états dits non comptables138.
Lors de l’établissement de la liasse fiscale annuelle, certaines rubriques et
informations doivent faire l’objet d’une attention particulière pour les clients visés
dans ce mémoire.
 Etat 2065 bis : les montants indiqués au niveau des distributions payables aux
associés et aux actionnaires doivent être mis en relation, d’une part, avec les
montants de charges financières indiqués comme payés à des sociétés liées (dans
l’état 2053 renvoi bas de page) et d’autre part, avec le tableau des transactions
intragroupes reporté en annexe comptable.
 Etat 2067 : une attention particulière doit être portée sur les éléments hors
salaires à indiquer pour les 5 ou 10 salariés les mieux rémunérés. Dans les sociétés
anglo-saxonnes, il existe de nombreux moyens de rétribuer des salariés de haut
niveau et une explication détaillée de ce feuillet au client sera nécessaire, afin de
s’assurer de récolter les informations nécessaires à son remplissage ;
 Etat 2058B Cadre II139 : le montant de la provision pour indemnités de congés
payés, doit être indiqué incluant la provision charges sociales (cf. partie précédente
sur l’identification de ces provisions et l’ajustement, si besoin est, dans les comptes
fournis par le CSP).

                                                            
137
4 mois après la clôture pour exercice clos au 31 décembre et 3 mois le cas échéant.
138
Même si pour la plupart, des éléments comptables chiffrés sont nécessaires pour les
compléter, ces états ne font pas partie intégrante des comptes annuels.
139
Ou encore plus rarement observés lorsque la société a opté pour la déduction fiscale des
indemnités de congés payés pris durant l’exercice en application de l'article 39-1-1° bis, 2e
alinéa, du CGI. La société doit alors procéder à la réintégration fiscale des indemnités de
congés payés provisionnés dans les comptes à la clôture de l’exercice.

81
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
 Etat 2058C :
 le tableau d’affectation du résultat de l’exercice doit être mis en relation
avec le bouclage des capitaux propres réalisé lors de l’établissement des
comptes annuels140 ;
 les engagements de crédit-bail doivent être mis en relation avec les
retraitements comptables réalisés lors de la conversion des comptes en
normes françaises141 ;
 le loyer des biens pris en location pour une durée supérieure à six mois
n’est en général pas une information suivie de manière rigoureuse au
niveau du CSP. A cet effet, il conviendra de demander en amont la tenue
d’un état de suivi des contrats de location accompagné des durées inscrites
dans les contrats. Cette information est relativement importante car elle
aura un impact sur la détermination de la valeur ajoutée (état 2059 E) ;
 le taux d’intérêt le plus élevé servi aux associés doit, quant à lui, être mis
en relation avec les travaux réalisés sur le calcul des intérêts non
déductibles fiscalement (cf. paragraphe 3 ci-après).
 2059 A : la détermination des plus ou moins-values doit faire l’objet d’une
revue attentive, en fonction des travaux de reclassement comptable, menés au
niveau du cycle immobilisation142.

La détermination du résultat fiscal des filiales de sociétés étrangères (états 2058 A


et B de la liasse fiscale annuelle) suit les mêmes règles que les sociétés
domestiques françaises. Néanmoins, sont détaillés ci-après des mesures qui
concernent, plus particulièrement, les filiales d’entreprises étrangères.

3. Règles en matière de déductibilités des intérêts. Appréhender le principal


point de difficulté spécifique aux sociétés étrangères dans la détermination du
résultat fiscal.
Un des enjeux, les plus importants, à appréhender dans la détermination du résultat
fiscal des filiales de sociétés étrangères, concerne la déductibilité des intérêts. En
effet, dans les groupes internationaux, le financement des filiales locales est géré,
en général, de manière centralisée au sein du groupe. Ainsi, une ou plusieurs entités
du groupe agissent en tant que prêteur(s) de fonds afin de financer l’activité des
                                                            
140
Partie 2, Chapitre 2, section 2, sous-section 1
141
Partie 2, Chapitre 2, section 2, sous-section 2
142
Partie 2, Chapitre 2, section 2, sous-section 3

82
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
différentes filiales. Ces financements ont ainsi un coût, qui est souvent supporté par
les sociétés bénéficiaires des fonds. Le législateur a prévu deux dispositifs,
permettant de s’assurer que ces charges inscrites au niveau des sociétés
bénéficiaires établies en France ne sont pas excessives, et qu’elles n’ont pas pour
objectif de transférer des bénéfices dans des pays où la fiscalité serait plus
favorable. Les dispositifs concernés sont tout d’abord en matière de règles de prix
de transferts et dans un second temps en matière de limitation de la déduction des
intérêts constatés en charges des sociétés françaises. Le paragraphe qui suit
s’intéresse particulièrement aux limitations en matière de déduction des intérêts143.

Les règles, ci-après, seront développées dans l’ordre dans lesquelles celles-ci
doivent être mises en œuvre par l’expert-comptable.
 Dispositifs relatifs aux taux d’intérêt144 : sur le principe, pour les emprunts
intragroupes reçus par l’entité française et à condition que le capital social soit
entièrement libéré par les associés145, il y a lieu d'appliquer le taux de référence
prévu à l’article 39 1-3° pour déterminer le seuil au-delà duquel les intérêts des
sommes mises à la disposition de la société par les associés sont fiscalement non
déductibles.
A titre d'exception, et pour les entreprises liées, l'application d’un taux d’intérêt
supérieur au taux de référence est possible sous conditions.
En effet, dans ce dernier cas le groupe doit être en mesure de démontrer, sur la base
d’une offre bancaire (d’un organisme externe au groupe) similaire en termes de
montant, durée et conditions (garantie etc..), que le taux d’intérêt appliqué au sein
du groupe correspond à un taux de marché ;

 Dispositifs relatifs aux emprunts hybrides146 : le montant des intérêts


comptabilisés en charge de la société française sont déductibles dans la mesure où
les produits d’intérêts correspondants ont été soumis à un impôt sur les bénéfices
ou sur les revenus dont le montant est au moins égal au quart de l’impôt sur les
sociétés français déterminé dans les conditions de droit commun ;

                                                            
143
Les règles en matière de prix de transferts sont abordées en première partie pour les
règles générales applicables et au dernier chapitre de cette partie pour les risques identifiés
dans le rapport de l’expert-comptable.
144
Articles 39-1-3°et 212-I-a du CGI
145
Le cas échéant les intérêts d’emprunts sont non-déductibles
146
Article 212-I-b du CGI

83
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
 Dispositif de lutte contre la sous-capitalisation147: le dispositif de lutte contre la
sous-capitalisation a pour objectif de « faire obstacle à ce que les groupes ne
transforment les apports en fonds propres qu’ils consentent à leurs filiales en de
simples prêts ou avances, et ce, dans le but d’augmenter le montant des charges
financières déductibles des résultats imposables des sociétés bénéficiaires de ces
fonds »148. Cet énoncé de l’objectif des règles permet de comprendre plus aisément
le fonctionnement.
Une entreprise est réputée sous-capitalisée, si le montant total des intérêts dûs à des
entreprises liées, excède simultanément les trois ratios suivants :
 ratio d’endettement: le montant moyen des sommes laissées ou mises à
disposition par des entreprises liées excède 1,5 fois le montant des capitaux propres
de la société emprunteuse ;
 ratio de couverture d’intérêts: le montant des intérêts servis à des
entreprises liées excède 25 % du résultat courant avant impôts retraité – RCAI ;
 ratio d’intérêts servis par des sociétés liées : le montant des intérêts servis à
des entreprises liées excède le montant des intérêts servis par des entreprises liées.
Si une seule de ces limites n’est pas atteinte, alors aucune limitation de
déductibilité des intérêts en matière de règle de sous-capitalisation ne s’applique.
Ainsi l’entreprise est qualifiée de sous-capitalisée uniquement lorsque les trois
limites sont atteintes simultanément.
Par la suite, le montant total des intérêts déductibles se détermine par la limite la
plus élevée des trois montants calculés selon les trois critères ci-dessus.
Ainsi, le montant d’intérêts excédant la plus haute de ces limites est non déductible
(i.e. non déductible fiscalement au titre de l’exercice de leur engagement mais
restant déductible sous conditions au titre des exercices suivants149).
Deux exceptions existent à ce mécanisme, et permettent de rendre les intérêts
totalement déductibles du résultat imposable. Le premier concerne le montant
minimum d’intérêts calculé via les règles de sous-capitalisation. Si ce dernier est
inférieur à 150K€, l’intégralité des intérêts sont déductibles sans exceptions. Le
deuxième est relatif à l’endettement de l’entité française comparé à l’endettement
global du groupe ; si le ratio d’endettement global du groupe est au moins égale au
                                                            
147
Article 212-II du CGI
148
Extrait de revue de presse Investisseurs & Capitaux – Paroles d’Experts – Gestion
fiscale de l’entreprise « Lutte contre la sous-capitalisation : objectifs et enjeux pratiques »,
Marie –Laure Bruneel et Emmanuel Chauve, Mars 2011
149
Moyennant une décote de 5% des intérêts dont la déduction a été ainsi différée, et sous
réserve d’absence de situation de sous-capitalisation durant l’exercice fiscal concerné.

84
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
ratio d’endettement de l’entité examinée, alors la charge d’intérêts de la société
pourra être considérée comme intégralement déductible fiscalement ;

 Amendement Carrez150: les charges financières brutes afférentes à l’acquisition


de titres de participation exposées par une entreprise ne sont pas déductibles
lorsque la société détentrice des titres ne peut démontrer que le pouvoir de gestion
sur ces titres et sur la société détenue, est exercé par elle-même, par sa société mère
(ou par une société la contrôlant directement ou indirectement) ou par une société
sœur établie en France.
Afin de déterminer le montant des charges d’intérêts non déductibles, il conviendra
d’appliquer un rapport déterminé de la manière suivante :
 au numérateur : prix d’acquisition des titres de participations ;
 au dénominateur : montant moyen, au cours de l'exercice, de la dette de
l'entreprise les ayant acquis.
Les intérêts sont non déductibles pendant les huit exercices suivants l’acquisition
des titres de participation, étant noté qu’à la date de l’opération le groupe dispose
de deux exercices pour démontrer que les charges d’intérêts ne sont pas soumises
aux limitations décrites dans cet article (i.e. la réintégration peut donc débuter en
pratique lors du deuxième exercice suivant l’acquisition des titres de participation,
et pendant une durée de huit ans).
Les exceptions à l’application de l’amendement Carrez sont de trois natures :
 lorsque la valeur totale des titres de participations détenus par la société est
inférieure à 1 million d’euros ;
 lorsque les acquisitions de titres de participation n’ont pas été financées par
des emprunts dont elle, ou une autre société du groupe auquel elle
appartient, supportent les charges ;
 ou enfin, lorsque la société apporte la preuve que le ratio d’endettement du
groupe est supérieur ou égal à celui de la société acquéreuse.

 Mécanisme du plafonnement général de déduction des charges financières


nettes151: les charges financières nettes supérieures à 3 millions d’euros doivent être
réintégrées au résultat imposable pour une fraction forfaitaire égale à 25 % de leur

                                                            
150
Article 209 IX du CGI et BOI-IS-BASE-35-30-20-20130329 du 29 mars 2013
151
Article 212 bis du CGI et BOI-IS-BASE-35-40-20140430 du 30 avril 2014

85
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
montant pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2014 (auparavant au taux
de 15 %).
Pour terminer, je précise que dans le cas de prêts intragroupes consentis par l'entité
française, le groupe doit être en mesure de justifier que les avances/prêts qu'elle a
consenti à d'autres sociétés du groupe sont rémunérés à un taux de marché.
En complément des enjeux pour les filiales de sociétés étrangères dans
l’établissement de la liasse fiscale annuelle et l’évaluation du résultat imposable, il
existe certaines autres spécificités qui sont abordées dans la section suivante
relative aux autres taxes et déclarations fiscales.

Section 2 : L’établissement des autres taxes application à la situation spécifique


de la société
Les spécificités relatives aux filiales de sociétés étrangères vont au-delà de la
déclaration fiscale annuelle et concerne également d’autres taxes et déclarations
fiscales.

1. Déclaration simplifiée de prix de transfert (2257)152


Pour les sociétés dont la date de dépôt de la liasse fiscale annuelle arrive à
échéance à compter du 8 décembre 2013, et qui réalisent elle-même ou via une
entité du groupe qui les contrôle153 directement ou indirectement un chiffre
d’affaires hors taxes supérieur ou égal à 400 millions d’euros ou lorsque l’actif brut
figurant au bilan est supérieur à 400 millions d’euros154, il existe une obligation de
dépôt d’une documentation allégée en matière de prix de transfert.
Cette documentation se fait via la déclaration 2257, qui doit être déposée dans les 6
mois suivant le dépôt de la déclaration de résultat.
Cette déclaration permet de synthétiser les éléments suivants :
 les principales activités menées par le groupe et la localisation géographique
des droits incorporels éventuels ;
 une description générale de la politique de prix de transfert, à savoir la ou les
méthodologie(s) de fixation de prix de transfert utilisée(s) ;

                                                            
152
Article 223 quinquies B du CGI
153
Plus de la moitié des droits de vote
154
Le seuil au niveau des entités qui contrôlent la société française est apprécié au niveau
de leurs comptes individuels

86
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
 les transactions supérieures à 100 000 € sur l’exercice concerné réalisées avec
des sociétés liées. Ces transactions étant classées par nature (vente produits,
commissions etc…) ;
 les pays concernés par les flux en matière de prix de transfert ;
 l’indication si des changements qui concernent la société française ont eu lieu
tant au niveau de la politique de prix mise en œuvre par le groupe, que de la nature
et la localisation des actifs.
Lors de la préparation de cette déclaration il est important de faire le lien avec :
 les données comptables inscrites dans les comptes de la société française ;
 la politique prix de transfert applicable au sein de la société et les contrats
intragroupes en place.
Je suggère ici, au professionnel de l’expertise comptable, de clairement
communiquer avec le groupe et de lui indiquer que l’assistance à la préparation de
cette déclaration ne concerne que la transcription des éléments comptables relatifs
à la politique de prix de transfert applicable, et ne relève pas de conseil ou avis tant
dans le fond que dans la forme des contrats intragroupes et de la politique de prix
de transfert dans son ensemble.

2. DAS 2
La déclaration DAS 2 est l’état des honoraires, vacations, commissions, courtages,
ristournes et jetons de présence, droits d’auteur et d’inventeur payés durant l’année.
Un des points importants dans l’établissement de cette déclaration est de s’assurer
que les dépenses de « managements fees » (honoraires intragroupes) y ont bien été
inscrites.
Ces dépenses intragroupes correspondent aux refacturations de charges et dépenses
communes à toutes les entités du groupe, à destination des différentes filiales,
comme par exemple des frais de gestion informatique (serveurs, licences logiciels
etc…) ou encore des dépenses de CSP.
Etant donné le risque sur les montants non déclarés au niveau de la DAS 2 (50%
des sommes non inscrites), je suggère de répertorier en détail ces montants avec
l’aide du CSP afin de s’assurer que l’ensemble des éléments a bien été inscrit.
Aussi, pour des raisons de simplification, étant donné qu’il n’existe pas de
pénalités pour des montants trop déclarés, et en cas de doute je préconise de faire
inscrire tout montant payé qui se rapprocherait d’honoraires ou de refacturation de

87
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
frais intragroupes, inscrits en compte 611 (sous-traitance), 621 (personnel extérieur
à l’entreprise) ou 622 (rémunérations d'intermédiaires et honoraires).

3. Déclaration de TVA, déclaration d’échanges de biens et déclaration


d’échanges de services
En matière de déclaratif TVA, j’attire l’attention du lecteur sur les spécificités
suivantes relatives aux filiales de sociétés étrangères :
 ces entreprises ont très souvent des transactions intragroupes hors France, que
ce soit hors UE ou intra UE. Ces transactions requièrent d’être correctement
déclarées dans les CA3 et le cas échéant faire l’objet d’autoliquidation de la TVA
lorsque cela est applicable. La pénalité pour absence d’autoliquidation s’élève à 5%
de la TVA non déclarées ;
 les échanges intracommunautaires de biens doivent également faire l’objet
d’une inscription en déclaration d’échanges de biens (DEB). L’absence de DEB
entraine une pénalité de 750 euros par défaut de déclaration155 et 15 euros par
omission ou inexactitude dans la déclaration produite ;
 les prestations de services intracommunautaires rendues par l’entreprise
française doivent faire l’objet d’une inscription en déclaration d’échanges de
services (DES). L’absence de DES entraine une pénalité de 750 euros par défaut de
déclaration156 et de 15 euros par omission ou inexactitude dans la déclaration
produite.

4. Autres taxes : contribution sociale de solidarité, IFU, déclaration de prêts


La contribution sociale de solidarité devrait être supprimée progressivement, après
application d’un abattement de 19 millions d’euros en 2016. Néanmoins il est
important de noter que certaines opérations qui sont prises en compte
automatiquement par le RSI (organisme qui gère la collecte de la C3S), doivent en
réalité, sur la base des textes et de la doctrine en vigueur, être exclues de l’assiette
de la C3S. Il s’agit notamment de toutes les prestations de services facturées par
une société française à des clients établis hors de la France. Ces opérations sont en
principe déclarées en ligne 05 de la déclaration de chiffre d’affaires C3S.

                                                            
155
Selon un arrêt du Tribunal administratif de Paris du 23 janvier 2013, ces pénalités
peuvent être considérées comme disproportionnées et en conséquence être réduites.
156
Selon un arrêt du Tribunal administratif de Paris du 23 janvier 2013, ces pénalités
peuvent être considérées comme disproportionnées et en conséquence être réduites.

88
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 1 : La conduite de la mission fiscale
 
En pratique, il existe deux méthodes pour éviter l’inscription de ces montants. Le
premier consiste à les occulter et, en cas d’interrogation du RSI, de justifier la
position du contribuable. Le deuxième consiste à faire une réclamation auprès du
RSI du trop payé.
En matière de déclarations de contrats de prêts et des déclarations IFU, j’attire
l’attention des professionnels quant au suivi permanent à réaliser sur les
transactions financières et la nécessaire obtention de tous les contrats et de la
documentation juridique correspondante afin d’être en mesure de préparer ces
déclarations dans les délais requis et de manière complète. Par ailleurs, les
montants déclarés en IFU doivent aussi être mis en relation avec l’état 2065-Bis de
la liasse fiscale annuelle et d’éventuelles retenues à la source pourraient être
exigibles selon le pays de résidence de la société bénéficiaire des paiements.

5. Les principaux crédits d’impôts (CICE, CIR, crédit d’impôts


apprentissage)
Enfin, conformément à l’obligation générale de conseil reposant sur le
professionnel comptable, je recommande de réaliser une revue des différents
crédits d’impôts potentiellement applicables à la société française. En effet, la perte
d’opportunité en matière de crédit d’impôt peut (par exemple) être considérée
comme de la responsabilité de l’expert-comptable conformément au code de
déontologie applicable. En conséquence je préconise de :
 s’assurer dans l’ « Accounting and tax pack » que les informations nécessaires
à l’identification des potentiels crédits d’impôts soient bien indiquées ;
 s’assurer de pouvoir faire appel à un prestataire externe dans le cas où l’expert-
comptable n’est pas en mesure d’assister le client directement (par exemple en
matière de crédit d’impôt recherche, plus particulièrement en matière d’évaluation
des dépenses éligibles au crédit impôt).

Cette partie s’achèvera sur la méthodologie de rédaction du rapport de l’expert-


comptable.

89
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 2 : Le rapport de l’expert-comptable doit être vu comme un outil de sensibilisation du client face aux
risques identifiés durant la mission
 
Chapitre 2 : Le rapport de l’expert-comptable doit être vu comme un outil de
sensibilisation du client face aux risques identifiés durant la mission
Section 1 : Le cadre normatif
1. Obligation des experts-comptables
L’obligation faite à l’expert-comptable d’établir un rapport est codifiée dans
l’ordonnance n°45-2138 du 19 septembre 1945 au titre 1, section article 2.
« Est expert-comptable ou réviseur comptable au sens de la présente ordonnance
celui qui fait profession habituelle de réviser et d’apprécier les comptabilités des
entreprises et organismes auxquels il n’est pas lié par un contrat de travail. […]
Il fait rapport de ses constatations, conclusions et suggestions ».
Cette règle est ensuite précisée et renforcée par la doctrine comptable et les
publications de l’Ordre des Experts-Comptables.
L’obligation incombant aux professionnels de l’expertise comptable à ce jour est
notamment précisée dans le référentiel normatif des professionnels de l’expertise
comptable de 2012157.
Ainsi, conformément à la norme professionnelle 4410158, le professionnel de
l’expertise comptable se doit d’établir un rapport à l’issue de sa mission.

2. Intérêt du rapport dans la relation commerciale


Comme indiqué ci-dessus, l’émission d’un rapport est une obligation incombant à
l’expert-comptable. Cependant celle-ci peut également être vue comme un outil de
gestion de la relation commerciale avec les clients.
Tout d’abord, le rapport de l’expert-comptable permet de matérialiser la fin de la
mission qui a été confiée. En effet, les travaux sont menés par l’expert-comptable
conformément à une lettre de mission qui définit les obligations et les
responsabilités de chaque partie.
Ainsi, le rapport de fin de mission permet d’acter la fin de la mission qui a été
confiée au professionnel comptable, entraînant ainsi l’obligation à l’autre partie de
satisfaire à ses obligations (paiement des honoraires relatifs à la prestation
réalisée).
Ensuite, le rapport de l’expert-comptable permet également de repréciser les
diligences menées et les constats réalisés durant la mission. Ainsi, le rapport de fin

                                                            
157
Dernière mise à jour de juin 2013
158
Au paragraphe 18

90
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 2 : Le rapport de l’expert-comptable doit être vu comme un outil de sensibilisation du client face aux
risques identifiés durant la mission
 
de mission peut être vu comme un moyen permettant de synthétiser les constats,
identifier les zones de risques pour le client et ainsi apporter sa valeur ajoutée.
Enfin, le rapport de l’expert-comptable peut être utilisé comme un outil de
développement de la relation commerciale avec le client. En effet, les constats et
risques relevés permettent soit de proposer une assistance complémentaire de la
part du professionnel de l’expertise comptable, soit d’introduire un tiers spécialisé
permettant de répondre aux problématiques du client (exemple : avocats spécialisés
en prix de transfert etc…).

3. Intérêt du rapport dans la délimitation de la responsabilité de l’expert-


comptable
Le rapport de l’expert-comptable, au-delà de l’intérêt commercial, permet
également de repréciser la responsabilité du professionnel comptable dans la
mission qui a été menée.
En effet il conviendra donc d’indiquer les objectifs de la mission menée (i.e.
mission sans assurance), les diligences réalisées et les limites qui sont matérialisées
d’une part par les constats relevés et d’autre part en ce que l’expert-comptable est
soumis à une obligation de moyen et non à une obligation de résultat.

Section 2 : Le rapport de l’expert-comptable comme un outil servant à


l’amélioration de la qualité de l’information financière et à la
maîtrise des risques
1. Principes généraux d’élaboration
Dans ce paragraphe, sur la base des préconisations du référentiel normatif de 2012
et à l’aide des objectifs visés plus haut, je commente et je développe les indications
à mentionner dans le rapport de l’expert-comptable.
La mission menée par l’expert-comptable étant une mission sans assurance ne
menant pas à une attestation, il conviendra d’indiquer clairement dans le titre qu’il
s’agit d’un « Rapport de l’Expert-Comptable ».

Afin d’éviter tout malentendu sur le destinataire du rapport et dans le cas où le


rapport doit être envoyé à une personne ne se trouvant pas au sein de la société
française ayant fait l’objet de la mission de compilation, je préconise d’indiquer :
 dans la page de garde du rapport la dénomination juridique exacte de l’entité
ayant fait l’objet de la mission, l’adresse de son siège social et le numéro

91
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 2 : Le rapport de l’expert-comptable doit être vu comme un outil de sensibilisation du client face aux
risques identifiés durant la mission
 
SIREN tels qu’ils figurent dans un relevé K-Bis qu’il conviendra de récupérer
au moment de l’émission du rapport ;
 dans le courrier (ou le courriel d’envoi), de mentionner le nom, adresse
(physique ou électronique) de celui qui doit recevoir le rapport.

Ensuite, un paragraphe devra indiquer que la mission a été menée conformément à


la lettre de mission signée avec son client consistant en une mission de compilation
réalisée conformément à la norme professionnelle 4410. De plus, le professionnel
peut également indiquer qu’en complément de la mission de compilation, une
mission d’établissement d’un tableau de passage entre les normes groupes et les
normes françaises a été réalisée, ainsi que l’établissement des déclarations fiscales
applicables à l’entité française159.
Par ailleurs, il est nécessaire de préciser que la mission menée ne constitue ni une
mission de présentation, ni un examen limité, ni un audit et qu’en conséquence,
aucune assurance n’est donnée sur les comptes compilés par le professionnel de
l’expertise comptable.
Par la suite, il est préconisé également de rappeler le fait que, dans la réalisation de
sa mission, l’expert-comptable est soumis à une obligation de moyens.
Enfin, il est nécessaire de porter identification des comptes qui ont été compilés et
qui font l’objet du rapport ainsi établi. En indiquant le total de bilan, total chiffre
d’affaires et résultat net.
En matière de contenu, le rapport devra faire état des observations relevées par le
professionnel de l’expertise comptable et qui représentent :
 des divergences significatives avec l’application du référentiel comptable
français160 ; et
 des risques que le professionnel souhaite porter à l’attention du client dans le
cadre de son rapport.
Pour terminer le rapport devra être daté, indiquer le nom de l’expert-comptable
signataire et être signé.

                                                            
159
Etant noté que la référence à la lettre de mission est faite, et du moment où cette dernière
indique bien dans un tableau de répartition des tâches les travaux couverts par la mission de
l’expert-comptable et ceux en dehors de son périmètre, cette formulation ne doit pas induire
le lecteur en erreur sur l’étendue de la mission du professionnel comptable.
160
Ceci est explicitement prévu par la norme 4410

92
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 2 : Le rapport de l’expert-comptable doit être vu comme un outil de sensibilisation du client face aux
risques identifiés durant la mission
 
Concernant la date du rapport, je suggère celle de la dernière information reçue
ayant permis la compilation des comptes annuels et la réalisation de la mission
annexe fiscale (le cas échéant).
2. Indications spécifiques d’élaboration du rapport de l’expert-comptable
Concernant les observations, je suggère d’y inscrire non seulement tel que
l’indique la NP 4410, les points de divergences des comptes établis avec le
référentiel comptable applicable, mais également les points d’attention que le
professionnel de l’expertise comptable souhaite amener à son client. Comme
indiqué dans la section précédente, ce rapport doit être vu comme un livrable de fin
de mission, permettant à l’expert-comptable de faire une synthèse de ses travaux et
d’amener des éléments à valeur ajoutée à son client. Par ailleurs, culturellement les
clients de groupes internationaux sont dans l’attente de commentaires de la part des
professionnels de l’expertise comptable avec lesquels ils travaillent. Contrairement
au rapport du commissaire aux comptes en mission d’audit, pour lequel les clients
souhaitent ne pas avoir de qualification dans l’opinion, le rapport d’une mission de
procédure convenue est davantage perçu comme un document informatif qu’ils
pourront utiliser en interne pour alerter sur des sujets précis.
Un terme fréquemment utilisé pour faire référence à ce rapport en anglais est le
« Highlight Memorandum » qui se distingue clairement de l’ « Audit Report », que
constitue le rapport d’une mission d’audit.
En conséquence, lors de l’élaboration du rapport de l’expert-comptable je suggère
de suivre les deux règles suivantes :
 établir le rapport ou tout du moins les observations relevées en français et en
anglais, ce qui permettra d’échanger sur les sujets avec son client avant
signature du rapport ;
 s’assurer, pour chaque point relevé à l’attention de son client, que la question
de l’importance significative ou du risque significatif a été posée.

Si les conséquences ne sont pas significatives pour le client ou qu’il n’existe pas de
risque161, alors le point relevé ne mérite pas d’être mentionné.

                                                            
161
De préférence chiffrable afin de confirmer ou non le caractère significatif, mais le cas
échéant, le professionnel de l’expertise comptable pourra également citer des points
comportant par exemple des pénalités ou des risques importants pour les représentants
légaux, même si leur chiffrage exact n’est pas possible.

93
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 2 : Le rapport de l’expert-comptable doit être vu comme un outil de sensibilisation du client face aux
risques identifiés durant la mission
 
Afin de terminer sur cette troisième partie, le dernier chapitre s’attardera sur quatre
risques souvent rencontrés dans des missions similaires, et je propose des
formulations pour les observations à porter à l’attention du client en anglais et en
français en annexe 12 de ce mémoire.

94
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent
autant de viviers de missions complémentaires de la part du professionnel
expert-comptable
Section 1 : Politique de prix de transfert
1. Règle applicable : l’article L13 AA du Livre des procédures fiscales,
complété de l’article 223 quinquies B du Code général des impôts
Des obligations spécifiques en matière de documentation des prix de transfert sont
applicables en France lorsqu’une société réalise un chiffre d’affaires hors taxes
supérieur ou égal à 400 millions d’euros ou lorsque son actif brut figurant au bilan
est supérieur à 400 millions d’euros, ou si plus de la moitié de son capital social ou
de ses droits de vote est détenu, à la clôture de l’exercice, directement ou
indirectement, par une entité juridique satisfaisant à l’une des conditions
mentionnées ci-dessus:
 documentation disponible, complète et contemporaine (article L13AA du LPF):
les sociétés remplissant les seuils indiqués ci-dessus doivent, pour les exercices
ouverts à contrôle fiscal, tenir à la disposition de l'administration fiscale une
documentation complète et contemporaine (documentation permettant de justifier
le caractère de pleine concurrence des prix de transfert au moment où ceux-ci sont
fixés) permettant de justifier la politique de prix de transfert appliquée dans le
cadre de toutes les transactions réalisées avec des sociétés liées. La loi de finances
pour 2014 stipule que la documentation sur les prix de transfert doit comprendre
les décisions opposables (« rulings ») émises par les administrations fiscales
étrangères à l’égard des entreprises associées. Les inspecteurs appliquent un
principe de “Tolérance zéro” lorsque le contribuable n’est pas en mesure de fournir
une documentation conforme dans le délai de trente jours suivant la réception
d’une mise en demeure. Afin d’éviter tout risque sur le sujet, il est fortement
recommandé que la documentation soit disponible au premier jour du contrôle
fiscal. Le défaut ou l’insuffisance de documentation est sanctionné par
l’application, pour chaque exercice vérifié, de pénalités allant de 10 000 € au plus
élevé des montants suivants : soit 0,5% du montant des transactions non couvertes
par une documentation appropriée (article 78 de la Loi de finances pour 2015), soit
5% des bénéfices transférés ;
 documentation allégée (article 223 quinquies B du CGI) : les sociétés
remplissant les seuils indiqués ci-dessus doivent, pour les exercices dont la date de
dépôt de la liasse fiscale annuelle arrive à échéance à compter du 8 décembre 2013,

95
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
transmettre dans les 6 mois de la date limite de dépôt de leur liasse fiscale une
documentation allégée relative à leur politique de prix de transfert (déclaration
n°2257). Le défaut de production de cette déclaration est sanctionné par une
amende de 150 €. Sauf cas de force majeure, les omissions ou inexactitudes
constatées dans cette déclaration sont sanctionnées par l’application d’une amende
de 15 € par omission ou inexactitude, sans que le total des amendes applicables aux
documents devant être produits simultanément puisse être inférieur à 60 € ni
supérieur à 10 000 €.

Dans le cas où les seuils précités ne sont pas satisfait, le client reste tenu de
justifier, à l'aide d'une documentation appropriée, que les transactions intragroupes
dans lesquelles la société est impliquée ont été réalisées conformément aux
principes de pleine concurrence, en application de l'article 57 du CGI.

2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable


Dans la mission menée par le professionnel de l’expertise comptable, ce dernier
devra tout d’abord s’assurer de l’identification des obligations incombant au
groupe (selon la règle des seuils explicitée ci-dessus) et ensuite déterminer la
nature des transactions intragroupes existantes.
Selon la nature de la transaction les conséquences pour le client et les risques
encourus sont différents.
S’agissant des facturations intragroupes réalisées par la société française, celle-ci
peut :
 facturer ses biens ou ses services à des sociétés du groupe. Dans ce cas il peut
s’agir d’honoraires de services administratifs rendus, de facturations de biens ou de
services productifs ou encore de royalties (dans le cas où une licence ou un droit de
propriété intellectuelle est détenu par l’entreprise française et que ce dernier était
utilisée par d’autres membres du groupe).
Dans le cas de services supports facturés au sein du groupe, un cas très
fréquemment observé est celui de le refacturation de l’ensemble des charges (voire
des charges d’exploitations), auquel un taux de marge prédéfini est appliqué. Cette
spécificité ne change pas la règle applicable en matière de politique de prix de
transfert.
Ainsi dans le cadre des règles applicables l’ensemble de ces flux doivent faire
l’objet d’une documentation prix de transfert, être documentés par des contrats, des

96
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
factures et des détails de calculs appropriés (base de calcul des coûts refacturés,
feuille de temps etc…)
Dans le cas où ces refacturations n’étaient pas justifiées, les conséquences
suivantes sont induites pour les clients :
 en matière d'impôt sur les sociétés, et si le prix des services ou des biens a
été sous-estimé, l’administration fiscale pourrait redresser la société à
hauteur de l'insuffisance de revenu constatée ;
 au titre des autres impôts et taxes : les rectifications proposées au titre des
refacturations pourraient entraîner des suppléments de taxe de 3% sur les
dividendes, de la retenue à la source (sous réserve des dispositions de
conventions fiscales applicables), de la CVAE (assortis de pénalités et
d'intérêts de retard au taux de 0,4% par mois) et éventuellement un
supplément de participation des salariés au résultat de l'entreprise (assorti
d'intérêts de retard).
Le taux des pénalités pourrait être porté à 40% en cas de manquements délibérés.

 recevoir des biens ou des services de la part de sociétés du groupe. Dans ce cas
il peut également s’agir d’honoraires de services administratifs rendus, de
facturations de biens ou de services productifs ou encore de royalties (dans le cas
où une licence ou un droit de propriété intellectuelle est détenu par une autre
entreprise du groupe).
L’ensemble de ces flux doivent également faire l’objet d’une documentation prix
de transfert, être documentés par des contrats, des factures et des détails de calculs
appropriés (base de calcul des coûts refacturés, feuille de temps etc…) et les
risques encourus par la société française en cas de mauvaise application de la
réglementation en matière de prix de transferts sont similaires à ceux relevés pour
les facturations réalisées par la société, dans le cas où les charges reçues seraient
considérées comme surestimées.
De plus, en matière de TVA, la société doit s’assurer que la TVA a bien été
autoliquidée à raison de ces opérations (le défaut d'autoliquidation est sanctionné
par une amende de 5%, sous réserve d'une régularisation possible sous conditions)
et qu'il peut justifier par une documentation appropriée de la réalité d'une partie au
moins des services couverts par ces management fees (à défaut, l'administration
fiscale pourrait remettre en cause la récupération de la TVA grevant le prix de
revient de ces services) ;

97
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
 disposer en son bilan de solde créditeur intragroupe. La justification de ces
soldes créditeurs passe par la réconciliation avec les comptes réciproques des
autres membres du groupe et l’obtention des confirmations de soldes.
Le cas échéant, et en cas de contrôle fiscal, et si tel n’était pas le cas, les
transactions non justifiées entraineraient une variation d'actif net au sens de l'article
38-2 du CGI pouvant conduire à un rehaussement du résultat imposable de la
société à due concurrence. Toute rectification à ce titre entraînera des suppléments
d'impôts sur les sociétés, de taxe de 3% sur les dividendes, de retenues à la source
(sous réserve des dispositions de conventions fiscales applicables) et
éventuellement un supplément de participation des salariés au résultat de
l'entreprise (assorti d'intérêts de retard). Le taux des pénalités pourrait être porté à
40% en cas de manquements délibérés.
Dans le cadre de la mission menée, il est important de préciser que sauf dans le cas
rare où le cabinet possède des compétences en interne, en général la revue de la
politique de prix de transfert est de l’affaire d’avocats spécialisés dans le domaine.
Cependant, alerter le client sur ce point d’attention rentre pleinement dans le cadre
du devoir de conseil de l’expert-comptable, qui pourra alors l’orienter vers un
spécialiste en la matière.

Section 2 : Réglementation TVA et champs d’application des opérations


intragroupes
1. Règle applicable
Le déclaratif TVA entraîne des écritures comptables qui nécessitent de réaliser des
réconciliations adaptées afin de s’assurer de la correcte application des règles de
collecte et de déduction de la TVA afférente respectivement aux ventes et achats de
biens et de services.
A cet effet, des contrôles ont été exposés en deuxième partie de ce mémoire. Ceux-
ci consistent en : la réconciliation annuelle de la TVA collectée et la justification
des soldes de TVA collectée et déductible au bilan. A ces derniers, il est possible
d’ajouter la justification de la règle d’application de l’autoliquidation de TVA sur
les opérations transfrontalières.
Dans ce cadre je précise que :
 concernant les achats de prestations de services immatériels
transfrontaliers, il existe pour l’assujetti TVA en France une obligation générale
d’autoliquidation ;

98
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
 concernant les achats de biens transfrontaliers, deux situations sont à
distinguer :
 achats intra UE : il existe une règle générale d’autoliquidation pour les
achats de biens transportés et consommés en France ;
 achats hors UE : les biens achetés font l’objet d’une procédure de
dédouanement, durant laquelle la TVA est versée à l’administration des douanes et
refacturée par le transitaire à la société française.
En conséquence, il conviendra de demander le registre des achats de biens et de
services, mentionnant le pays de provenance de ces transactions afin de pouvoir
s’assurer arithmétiquement d’un contrôle de cohérence quant au montant total
d’opérations ayant fait l’objet d’une autoliquidation de TVA sur la période.
Concernant les ventes intragroupes, lorsque celles-ci sont réalisées à des sociétés
du groupe hors France, il existe une règle générale de facturation hors TVA France,
à charge pour le preneur (lorsque cela est applicable notamment dans les pays de
l’UE) de procéder à l’autoliquidation domestique.

2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable


Ainsi, la mise en œuvre des trois contrôles mentionnés ci-dessus, permet à l’expert-
comptable de pouvoir alerter son client dans le cas où le cycle TVA présente des
anomalies apparentes. Etant donné la difficulté qui réside dans l’analyse des
comptes de TVA (à savoir la nécessité d’identifier les écarts entre les montants
théoriques à déclarer et ceux portés en CA3), et étant noté que la mission menée ici
n’est pas une mission de présentation, je préconise au professionnel de l’expertise
comptable de demander ces réconciliations et analyses au CSP.
Dans le cas où ces éléments n’ont pu être produits, le professionnel de l’expertise
comptable pourra alerter sur les risques encourus :
 en matière de réconciliation de la TVA collectée avec le chiffre d’affaires,
en cas d’insuffisance de déclaration des opérations imposables sur les déclarations
de TVA, la société pourrait encourir, outre des rappels de TVA, des pénalités à
hauteur de 10 %, avec application d’intérêts de retard au taux de 0,40% par mois.
Au contraire, une insuffisance de chiffre d'affaires comptabilisé par rapport à celui
déclaré en matière de TVA pourrait entraîner des rectifications en matière d'impôt
sur les sociétés (assorties d'intérêts de retard au taux de 0,4% par mois). Le taux
des pénalités pourrait être porté à 40% en cas de manquements délibérés ;

99
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
 En matière d’opérations d’autoliquidation, l’insuffisance de déclaration
pourrait entraîner des pénalités de 5% des montants non déclarés
Par ailleurs, une attention particulière devra être apportée par l’expert-comptable
dans le cas où sa mission contient une composante en matière de déclaratif de
TVA, afin de s’assurer, sur la base d’un sondage, que les factures émises par la
société française comportent les mentions obligatoires relatives à l’autoliquidation
de TVA (« art. 259B, ou art 283-1 et 2 du CGI, TVA due par le preneur »).
L’ensemble des contrôles exposés ci-avant peuvent, lors de l’alerte du client, faire
l’objet d’une mission complémentaire de la part du professionnel de l’expertise
comptable.

Section 3 : Fichier des écritures comptables et tableau de passage


1. Règle applicable : l’article L47 A-1 du Livre des procédures fiscales
Dans le cadre des vérifications de comptabilité engagées par l’administration
fiscale à compter du 1er janvier 2014, la loi de finances rectificative pour 2012 a
rendu obligatoire la présentation des documents comptables sur support
dématérialisé pour l’ensemble des contribuables tenant leur comptabilité au moyen
de systèmes informatisés (Article L47 A-1 du LPF).
Aussi, pour les exercices visés par un avis de vérification adressé après le 1er
janvier 2014 :
 pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2013 : le contribuable doit
remettre à l’administration le fichier des écritures comptables (FEC) unique par
exercice conforme au format prévu par l'article L47 A-1 du LPF ;
 pour les exercices clos avant le 1er janvier 2013 (ouverts à contrôle fiscal) :
le contribuable a la possibilité de présenter sa comptabilité sur support
informatique accompagné d’un tableau de passage entre les normes comptables du
groupe et les normes comptables françaises.
Conformément au paragraphe de l'article 47 A-1 du LPF, le FEC doit être remis à
l’administration lors de la première intervention sur place.
Les données concernées sont les écritures informatiques de la comptabilité
générale. Il s’agit en principe du grand-livre, du livre journal et des journaux
d’inventaires. En revanche, les fichiers informatiques contenant les pièces
justificatives (facturations, recettes, etc.) ne sont pas concernés par cette mesure.
L’article L47 du LPF définit le format du FEC sous forme de fichiers à plat par
exemple en «.txt ». Les données figurant dans le FEC doivent obligatoirement

100
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
respecter la nomenclature française, le plan comptable français et être en langue
française.

Note importante :
Les succursales françaises d’entreprises étrangères ne sont pas soumises à
l’obligation d’établissement de comptes annuels posée par le Code de commerce.
Toutefois, une société étrangère qui crée une succursale en France est redevable de
l’impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés dans les entreprises
exploitées en France conformément au I de l’article 209 du CGI. Elle est donc
tenue, à ce titre, de souscrire une déclaration de résultats et de présenter à
l’administration fiscale, sur demande de celle-ci, tous les documents comptables et
justificatifs à l’appui des résultats déclarés, conformément à l’article 53 A du CGI
et à l’article 54 du CGI.
Ainsi, en cas de vérification de comptabilité engagée par l’administration fiscale à
compter du 1er janvier 2014, les établissements permanents français d’entreprises
étrangères sont tenus, lorsqu’ils tiennent leur comptabilité au moyen de systèmes
informatisés, de remettre une copie des fichiers des écritures comptables sous
forme dématérialisée conforme aux dispositions de l’article L. 47 A-1 du LPF.
Conformément à cet article, en cas de contrôle fiscal, le FEC doit être remis à
l’administration lors de la première intervention sur place.
Toutefois, la conformité de la copie de ces fichiers des écritures comptables à la
nomenclature du PCG n’est pas exigée, en particulier le numéro et le libellé de
compte162.
Par ailleurs, en application du dernier alinéa de l’article 54 du CGI, lorsque la
comptabilité est tenue en langue étrangère, le fichier des écritures comptables devra
être présenté en langue française lors d’un contrôle.

2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable


En matière de risque et pour le client, selon l’article 1729 D du CGI, le défaut de
présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l’article L47 A
du LPF est passible d’une amende de 5 000 euros ou, en cas de rectification et si le
montant est plus élevé, d’une majoration de 10% des droits mis à la charge du
contribuable. Elle s’applique dès lors que le manquement à cette obligation est
constaté par l’administration. Le défaut de présentation du FEC, dans un format
                                                            
162
BOI-CF-IOR-60-40-20 au III § 130 à 150 et au BOI-CF-IOR-60-40-20 au V § 350

101
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
satisfaisant, pourrait également être considéré comme une opposition à contrôle
fiscal, pouvant conduire à une procédure de taxation d’office et l'application de
pénalités de 100%.
Dans le cas de SAP tel que précisé dans ce mémoire, la « transaction ledger »
permet d’avoir une structure de fichier la plus proche possible du format requis par
l’administration fiscale.
La correspondance des champs est la suivante :
N° Champ Libellés FEC Libellés SAP
1 Journalcode Type
2 JournalLib Non prévu - Modification manuelle
3 EcritureNum DocumentNo
4 EcritureDate Pstng Date
5 CompteNum Account
6 CompteLib Text
7 CompAuxNum Reference
8 CompAuxLib Reference / Account
9 PieceRef Reference
10 PieceDate Doc. Date
11 EcritureLib Text
12 Debit Amount in local cur. (+)
13 Credit Amount in local cur. (-)
14 EcritureLet Clrng doc.
15 DateLet Clearing
16 ValidDate Doc. Date
17 MontantDevise Amount in doc. curr.
18 iDevise Curr.

Par la suite les modifications suivantes doivent être menées :


 Le progiciel SAP ne permet pas la génération des écritures d’à-nouveaux
automatiquement dans les données d’origines du FEC.
En conséquence une extraction distincte des à-nouveaux doit être réalisée pour les
besoins du FEC, sous format Excel.
Ces pièces comptables doivent être rendues identifiables au sein du fichier dans un
journal « A Nouveaux».

102
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
Les écritures manuelles d’à-nouveaux doivent être générées avec les comptes
auxiliaires associés et être intégrées aux écritures du « transaction ledger »;
 Le logiciel d’établissement de la liasse fiscale de l’expert-comptable doit
comprendre les écritures d’ajustement de fin d’exercice permettant de réconcilier le
passage de la comptabilité groupe aux normes comptables françaises.

Les contrôles complémentaires à mener sont les suivants:


 Séquence des écritures
Le progiciel SAP numérote de façon automatique les écritures comptables au
moment de leur saisie (champ « EcritureNum »). Le système comprend plusieurs
contrôles automatiques rendant impossible :
 l’attribution de numéros d’écritures en doublon ;
 l’existence de trous de séquence.
Il existe des exceptions à la séquence continue des numéros d’écritures pour les
raisons suivantes :
 le système ne permet pas la génération de numéros de séquences continues
pour les écritures d’à-nouveaux. Ces dernières ayant été ajoutées manuellement
avec un numéro d’écriture spécifique ;
 des écritures présentant un montant débiteur et créditeur à 0 ont été
éliminées afin de rendre le fichier conforme au logiciel test du FEC de
l’administration fiscale.

 Correction manuelle du fichier pour le rendre compatible


Le Fichier FEC généré par SAP sous Excel doit être transformé en fichier texte
avec séparateur tabulation.
Dans le cas où le système du CSP ne permet pas la création de comptes en FR
Gaap secondaires et la comptabilisation des écritures de conversion de normes,
alors le transcodage163 du plan comptable groupe vers les comptes comptables
français doit être effectué manuellement à l’intérieur du fichier FEC extrait par le
CSP, et être dûment expliqué lors de la remise du fichier à l’administration.

                                                            
163
i.e. établissement de la table de correspondance

103
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
 Equilibre des écritures comptables
Le système SAP comprend des contrôles automatiques empêchant l’enregistrement
comptable de pièces déséquilibrées.
Le test sur les écritures des exercices concernés devra néanmoins être réalisé par
numéro d’écriture, par mois et par journal selon un modèle de tableau croisé
dynamique.
Les contrôles et procédures précédentes peuvent être apportés par le professionnel
de l’expertise dans le cadre d’une mission complémentaire.

Section 4 : Provisions fiscales


1. Règle applicable : article 39-1, 5° du Code général des impôts
Sur le plan fiscal, la déduction fiscale des provisions est subordonnée au respect
des conditions suivantes (article 39-1, 5° du CGI) :
 la provision doit être destinée à faire face à une perte ou à une charge
déductible ;
 la perte ou la charge doit être nettement précisée. Non seulement la nature de la
charge doit être précise mais le montant de la charge doit pouvoir également être
évalué avec une approximation suffisante ;
 la perte ou la charge doit être probable ;
 la probabilité de la perte ou de la charge doit résulter d’évènements en cours.
Par ailleurs selon une jurisprudence récente du Conseil d’Etat « SAS Foncière du
Rond-Point » en date du 23 décembre 2013, celui-ci a considéré que lorsqu’une
provision a été comptabilisée, elle doit nécessairement être déduite fiscalement,
sauf si les règles propres au droit fiscal y font obstacle. Ainsi, dès lors que la
constitution d’une provision répond aux conditions de déduction fiscale de l’article
39-1, 5° du CGI, et qu’aucune disposition légale n’interdit sa déduction, cette
dotation doit obligatoirement être déduite fiscalement. En conséquence, la reprise
subséquente d’une telle provision doit être taxée et donc comprise dans le résultat
fiscal de l’entreprise.
2. Conséquences sur la mission de l’expert-comptable
Dans le cadre de sa mission, l’expert-comptable devra exiger de la société
l’établissement d’un tableau détaillé de suivi des provisions et de vérifier
l’application des critères ci-dessus.
En tant qu’assistance complémentaire, l’expert-comptable pourra assister son client
à effet de :

104
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

Partie 3 : La conduite de la mission annexe et l’élaboration du rapport de fin de mission


Chapitre 3 : Les risques récurrents identifiés sur ces clients constituent autant de viviers de missions
complémentaires de la part du professionnel expert-comptable
 
 s'agissant des provisions considérées comme non déductibles fiscalement :
réunir, au vu de la jurisprudence précitée, la documentation justifiant le caractère
non déductible de ces provisions ;
 s'agissant des provisions considérées comme déductibles fiscalement :
documenter l'objet et la méthode de détermination de ces provisions.
S’agissant des méthodes statistiques de détermination des créances douteuses
exposées ci-avant164, les règles fiscales suivent la doctrine comptable165. En
principe, en effet, le risque de non-recouvrement doit être justifié créance par
créance et ne peut pas être déterminé selon un mode forfaitaire (BOI-BIC-PROV-
40-20 n° 170). Toutefois, la jurisprudence fiscale admet en général166 la valeur d'un
calcul statistique, à condition qu'il présente un caractère d'approximation suffisante,
qu'aucune autre méthode ne puisse être retenue, et que celle retenue apparaisse
appropriée aux données du problème et fondée sur des données statistiquement
tirées de l'expérience passée de l'entreprise167. En revanche, il n'est pas admis un
calcul par application d'un coefficient forfaitaire déterminé d'après l'ancienneté des
créances, en l'absence de tout examen de la situation particulière de chaque
débiteur168 ou l'emploi d'une méthode statistique fondée, non sur des données tirées
de l'expérience, mais sur des techniques de calcul s'apparentant à celles de
l'assurance (probabilité de survenance des événements)169.

                                                            
164
Partie 2, Chapitre 2, Section 2 sous-section 2
165
Celles exposées dans les recommandations OEC 1.18
166
CE 20 mai 1985, n° 42581 et CE 11 décembre 1991, n° 70727 ; BOI-BIC-PROV-20-10-
20 n° 100
167
CAA Paris 11 mai 1995, n° 94-248 rendu définitif par CE (na) 20 novembre 1996, n°
170988
168
CAA Bordeaux 16 novembre 1999, n° 97-201
169
CAA Lyon 27 septembre 1995, n° 93-1690 rendu définitif par CE (na) 24 mars 1997, n°
175735

105
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

CONCLUSION
 
CONCLUSION
La conduite d’une mission de compilation pour une filiale française d’une société
étrangère, associée à une mission d’établissement du déclaratif fiscal, présente de
nombreux enjeux qu’il convient d’appréhender correctement afin de pouvoir mener
la mission à bien :
 évaluer correctement l’environnement règlementaire et fiscal permet de situer
l’assistance de l’expert-comptable à un niveau approprié et de prendre en compte
les besoins du client.
Ces besoins sont tout d’abord ceux qu’il exprime de manière concrète :
établissement des comptes statutaires, accomplissement des déclaratifs fiscaux
obligatoires etc… et aussi ceux que le client méconnait : traduction des comptes
groupe en comptes en normes françaises, alerte sur l’existence manifeste d’un
établissement stable distinct de l’entité faisant l’objet de la mission requise etc... ;
 l’identification des différences en matière comptable doit être menée de
manière méthodique à l’aide de la démarche présentée dans ce mémoire et des
outils en annexes afin de pouvoir convertir les comptes groupes en comptes en
normes françaises et ainsi compiler les comptes annuels et établir la liasse fiscale
annuelle ;
 identifier les risques significatifs et de les synthétiser correctement dans le
rapport de fin de mission, afin de pouvoir satisfaire aux règles applicables à la
profession et d’apporter de la valeur ajoutée au client.
La mission de compilation des comptes est relativement nouvelle170, et peut
sembler être une mission nécessitant moins de valeur ajoutée que la mission de
présentation. Ce mémoire a pour finalité de rompre avec cette idée reçue, et de
montrer les nombreuses implications et sujets devant être abordés dans le cadre
d’une mission conduite à destination de filiales de sociétés étrangères.

Ces implications peuvent mener selon les cas à de nombreuses autres opportunités
de missions, notamment en matière de fichier des écritures comptables, de revue de
déductibilité fiscale des provisions, ou encore de la revue comptable des flux de
transactions intragroupes.

                                                            
170
Introduite par le référentiel de 2012

106
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

BIBLIOGRAPHIE
 
BIBLIOGRAPHIE
Articles de loi :
 Code Commerce, articles relatifs aux obligations comptables françaises
 Articles L123-12 à L123-24
 Articles L123-25 à L123-28
 Articles D123-200 à R123-202
 Articles L233-16 à L233-28
 Articles L223-35, L227-9-1 et R227-1
 Article L123-24
 Article 1743
 Plan comptable général 1999 et règlement ANC 2014-03
 Décret n°2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l’exercice de l’activité d’expertise
comptable
 Code de commerce : articles L223-1, L225-1 et L227-1 relatifs à différentes
formes juridiques de sociétés
 Décret du 16 juin 1992 – article 55-4, relatif à l’obligation de dépôt des
comptes
 Article L47 A-1 du Livre des procédures fiscales relatif au fichier des écritures
comptables
 Code monétaire et financier :
 Article L151-1 relatif à la liberté des relations financières entre la France et
l’étranger
 Article R153-1 et suivants et décret n° 2014-479 du 14 mai 2014 (publié au
Journal Officiel n°0112 du 15 mai 2014) relatifs aux activités soumises à
autorisations ministérielles préalables
 Article 1729 D du Code général des impôts relatif aux sanctions en cas
d’absence du fichier des écritures comptables au sens de l’article L47 A-1 du
Livre des procédures fiscales
 Article 57 du Code général des impôts et Article L13 AA du Livre des
procédures fiscales concernant la documentation des transactions intragroupes
et la politique de prix de transfert

 Article 223 quinquies B du Code général des impôts relatif à la documentation


allégée des prix de transferts

 Article 39-1, 5° du Code général des impôts relatif aux conditions de


déductibilité fiscale des provisions

107
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

BIBLIOGRAPHIE
 
 Code général des impôts : articles 206 à 209

 Code général des impôts article 209-I, relatif aux obligations des
établissements stables

 Code général des impôts article 212 Bis, relatif au mécanisme du Rabot

 Code général des impôts articles 39-1-3°et 212-I-a, relatifs aux taux d’intérêts

 Code général des impôts article 212-II relatif à la sous-capitalisation

 Publications du Bulletin officiel des impôts (les références ont été directement
insérées dans le corps du mémoire)

 Paragraphe 7 de l’article 5 du modèle de convention fiscale de l’OCDE

Sources professionnelles :
 Présentation de l’Ordre des Experts-Comptables, Le nouveau référentiel
normatif et déontologique du professionnel de l’expertise comptable, mise à
jour juin 2013.
 Code de déontologie des professionnels de l’expertise comptable

 Norme ISRS 4400 (précédemment norme ISA 920), Missions d’examens


d’informations financières sur la base de procédures convenues, Handbook
2013, 435 pages

 Norme ISRS 4410 (précédemment) Norme ISA 930, Missions de compilation


d’informations financières, Handbook 2013, 435 pages

 Revue du CSOEC, le référentiel normatif des professionnels de l’expertise


comptable. Edition juin 2013, 189 pages

 SIC :

 Le nouveau référentiel normatif et déontologique du professionnel de


l’expertise comptable, n° 298, juillet-août 2011, page 14 à page 15
 Les normes professionnelles applicables aux missions de l’expert-
comptable, n° 253, mai 2007, page 22 à page 24
 Référentiel comptable américain US Gaap : « Accounting Standard
Codification » et les « Concepts Statements »
 Revue Fiduciaire, Hors-série RF 2013-2, « Dividendes – Distributions », juillet
2013
 Edition Francis Lefebvre, Mémento Comptable, 2016
 Edition Francis Lefebvre, Mémento IFRS, 2016

108
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

BIBLIOGRAPHIE
 
Etudes et publications :
 Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Rapport
sur l’investissement dans le Monde, 2013, 53 pages
 Agence Française pour les Investissements Internationaux, Rapport annuel
2013, avril 2014, 138 pages

 Carol Marteau, Emmanuelle Rausch et Sandrine Coquelard, La France, un


pays ouvert aux investissements et talents étrangers, Agence Française pour les
Investissements Internationaux, janvier 2014, 40 pages

 Dominique Nivat et Bruno Terrien, Les investissements directs étrangers en


France de 2005 à 2011, Bulletin de la Banque de France N° 191, 1er trimestre
2013, 11 pages

 Dominique Nivat, Les profils des groupes du CAC40 : quelle contribution des
revenus d’investissements directs à l’étranger ? Une évaluation sur la période
2005 – 2011, Bulletin de la Banque de France N° 192, 2ème trimestre 2013, 12
pages

 Banque de France, Direction des enquêtes statistiques sectorielles, Service des


investissements directs, 2012, 12 pages

 KPMG International, Taxation of Cross-Border Mergers and Acquisitions,


Numéro de publication 131036, juin 2014, 788 pages

 Anne-Claude Tessier et Philippe Grandclerc, Centres de services partagés. De


nombreux défis à relever pour plus de valeur ajoutée, mai 2013, 4 pages

 Fidal, Investment in France, 14ème édition, juillet 2014, 114 pages

 Conseil des prélèvements obligatoires, Entreprises et « niches » fiscales et


sociales, des dispositifs dérogatoires nombreux, octobre 2010, 372 pages

 Eurostat, Taxation trends in the European Union, Data for the EU Member
States, Iceland and Norway, Publications Office of the European Union,
collection statistical books, Edition 2014, 314 pages

 Romain Duprat, Pansard et Associés, Introduction aux normes IFRS.


Principales divergences avec les normes françaises, Publication interne, 16
pages

 Y. Soler, Planification et suivi d’un projet, guide méthodologique, CNRS/DSI,


18 juin 2001, 10 pages

109
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

BIBLIOGRAPHIE
 
Ouvrage :
 Robert Obert : Pratique des normes IFRS, Normes IFRS et US Gaap – Edition
Dunod, 2013, 622 pages

Articles de presse :
 Sébastien Jean et Farid Toubal, Centre d’études prospectives et d’informations
internationales (Cepii), Les investissements étrangers en France : biais
statistiques et astuces comptables, Le Monde, 3 février 2014
 Marie-Laure Bruneel et Emmanuel Chauve, Lutte contre la sous-
capitalisation : objectifs et enjeux pratiques, Décideurs : Stratégie Finance
Droit, mars 2011

Site internet :
 Lafinancepourtous.com : article intitulé « l’Europe et la concurrence fiscale »
du 22 avril 2013 par Jacques le Cacheux (consultation le 15 février 2015)
 Metiseurope.eu : article intitulé « Dumping social en Europe : mythe ou
réalité ?» du 1er juillet 2013 par Laurène Faucounier (le 9 février 2015)

 Pwc.fr : article intitulé « Centre de services partagés » (consulté le 15 février


2015)

 Tresor.economie.gouv.fr : données relatives à l’investissement étranger en


France (consulté le 12 février 2015)

 Ifac.org : site de l’International Federation of Accountants (consulté le 1 février


2016)

 Service-public-pro.fr : informations relatives aux obligations légales des


sociétés (consulté le 2 décembre 2015)

 Ifrs.org : site de l’IASB (consulté le 2 janvier 2016)

 Focusifrs.com : site des normes IFRS (consulté le 11 novembre 2015)

 Aicpa.org : site de l’ordre des experts-comptables américains (consulté le 27


octobre 2015)

 Fasb.org : site des normes comptables américaines (consulté le 27 octobre


2015)

 Huddle.com : site internet de l’éditeur de solutions de gestion documentaire


dématérialisée « Huddle », (consulté le 5 août 2015)

110
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

BIBLIOGRAPHIE
 

Mémoires :
 Duy Anh, Hong, La conduite de la mission de compilation auprès de filiales
françaises de sociétés étrangères : proposition d’un guide d’application
destiné à l’expert-comptable, session mai 2014, 208 pages
 Ursule Tadka Tonke, Mission de compilation en France : enjeux pour
l’expert-comptable, session novembre 2010, 152 pages

Présentations professionnelles :
 KPMG et Agence de développement de la région de Lyon (Aderly), Projet
d’implantation à Lyon : Interrogations vs Solutions, décembre 2014, 6 pages
 Fidal, Facturation et facturation électronique, nouvelles règles et enjeux, 9
juillet 2014, 27 pages

 Fidal, Les lois de finances de fin d’année, 3 février 2016, 87 pages

 KPMG, IFRS Compared to US Gaap : An overview, novembre 2014, 125


pages

Entretiens professionnels :
 Thibault Gianati, Expert-comptable, Commissaire aux comptes, cabinet
DG&A, Paris
 Walid Moussa, Expert-comptable, Commissaire aux comptes, cabinet Mourad
Guellaty, Tunis
 Philippe Le Goater, Directeur de mission en cabinet d’expertise comptable,
Alter Domus, Paris
 Divers responsables comptables et fiscaux auprès de clients, dont les noms ne
peuvent être divulgués pour des raisons de confidentialité

111
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ABBREVIATIONS
 
LISTE DES PRINCIPALES ABBREVIATIONS
Sigle Description
K€ '000 euros
M€ '000 000 euros
Art. Article
BOI Bulletin Officiel des Impôts
C. Com. ou Code
Code de commerce
Com.
C3S Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés
CAA Cour d'Appel Administrative
CBCR Country by country reporting
CE Conseil d'Etat
CGI Code Général des Impôts
CNCC Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes
CSP Centre de service partagé
DEB Déclaration d'échanges de biens
DES Déclaration d'échanges de services
Espace Economique Européen (UE + Islande, à la Norvège et au
EEE
Liechtenstein)
ERP "Entreprise Ressource Planning" : Progiciel de Gestion Intégré
Etats et territoires non coopératifs au sens de l'article 238-0 A
ETNC
du Code général des impôts
FASB Financial Accounting Standards Board
Financial Accounting Standards Board - Accounting Standards
FASB ASC
Codification
Financial Accounting Standards Board - Accounting Standards
FASB ASU
Update
FEC Fichier des écritures comptables
"Generally accepted accounting principles" : Normes
GAAP
comptables généralement admises
FR GAAP Normes comptables françaises
US GAAP Normes comptables américaines
IFAC International Federation of Accountants
KPI "Key Performance Indicator" : Indicateur clé de performance
LPF Livre des procédures fiscales
N Année N
NP Norme professionnelle
Norme professionnelle "Maîtrise de la qualité des missions au
NPMQ
seins des structures d'exercice professionnel"
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
OEC Ordre des Experts-Comptables
OPCVM Organisme de placement collectif en valeurs mobilières
RAN Report à nouveau
RCAI Résultat courant avant impôt
RSI Caisse nationale du régime social des indépendants
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
UE Union Européenne

112
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
ANNEXES
TABLE DES MATIERES PAGE
Annexe 1 - Prise de connaissance de l’environnement – Fiches pratiques 114
Annexe 2 - Schéma général du référentiel normatif et déontologique du 123
professionnel de l’expertise comptable
Annexe 3 - Modèle d’acceptation client 124
Annexe 4 : Modèles de paragraphes de lettre de mission en français et en anglais 128
Annexe 5 - Tableau de répartition des tâches 132
Annexe 6 - Modèle d'établissement des honoraires - Pricing model 138
Annexe 7 - Modèle de note d’orientation générale 139
Annexe 8 - Modèle de calendrier d'intervention - Accounting and tax calendar 142
Annexe 9 - Liste d'informations requises - Accounting - Tax Pack Template 143
Annexe 10 - Programme de travail de conversion des comptes 144
Annexe 11 - Modèle de tableau de passage des normes comptables 146
du groupe aux normes comptables françaises
Annexe 12 - Modèles d’observations en français et en anglais 147
Annexe 13 - Liste des différences US Gaap – FR Gaap 161

113
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1a – Le dirigeant
NOM PRENOM
SITUATION FAMILIALE
Année de naissance
Marié, veuf, célibataire, divorcé
Régime matrimonial
Nombre d'enfants
Enfants travaillant dans l'entreprise (nom, année de naissance, formation, fonctions)

Nom Année de naissance Formation Fonction

Patrimoine personnel
-
DONNEES HISTORIQUES
Formation
Année d'entrée dans l'entreprise

Le dirigeant est-il le créateur de l'entreprise ?


L’entreprise s'est-elle beaucoup développée sous sa direction ? (Donner quelques chiffres
significatifs)
-
ACTIVITES EXTERIEURES
Le dirigeant joue-t-il un rôle :
- Dans la ville / la région ?
- Dans l’organisation professionnelle ?
Quelles sont ses relations à l'extérieur de l'entreprise ?
(Dans la vie politique, l'Administration, les associations diverses)
-

114
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1a – Le dirigeant (suite)

ETAT DES RELATIONS


Qui est, dans le cabinet, l'interlocuteur du dirigeant ? Depuis quand ?
-
Le dirigeant est-il demandeur de conseils ? Lesquels ?
-
Le dirigeant entretien des liens particuliers avec des membres du cabinet? Lesquels ?
-
Documenter les recherches sur la réputation du dirigeant dans le dossier de travail
-

AUTRES INFORMATIONS
-

115
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1b - Le marché, les produits et les services
- L'ACTIVITE - LES PRODUITS
Chiffre d'affaires par produit ou famille

Chiffre d'affaires total


Caractère saisonnier
- LE MARCHE
Etendue géographique Chiffre d'affaires export
Force de vente
-
Circuit de distribution
-
Nombre de clients
-
Conditions de paiement
-
Les 3 plus gros clients avec % approximatif dans le chiffre d'affaires :
-
- LA PLACE DE L'ENTREPRISE SUR LE MARCHE
Nombre d'entreprises sur le marché
-
Le ou les concurrents principaux
-
Commentaires du dirigeant sur le marché
-

116
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1b - Le marché, les produits et les services (suite)

Dernier exercice Entreprise Secteur Source d'information


Chiffre moyen Secteur
par entreprise
Chiffre d'affaires (hors
taxes)
Marge brute
d'autofinancement
Marge brute
d'autofinancement
Chiffre d'affaires
Chiffre d'affaires
Nombre de salariés
Si les chiffres officiels du secteur ne sont pas disponibles, indiquer par +, – ou = si, d'après vos
informations, le secteur est + ou – performant ou d'égale performance.

Indiquer les sources d'informations.


-

117
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1c - le personnel
- EFFECTIFS
A la date du Direction Production Commercialisation Total
et administration

A la date du Cadres Agents de Employés Total


maîtrise ouvriers

Moyenne d'âge
Répartition par sexe
H
F
Personnel intérimaire
- REPRESENTATION DES SALARIES
Délégué du personnel
. appartenance syndicale
. influence au sein de l'entreprise
- MOUVEMENTS SOCIAUX RECENTS OU MARQUANTS
-
- AUTRES POINTS
Convention collective
-
Politique de formation
-
Autres
-

118
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1d - Les systèmes de gestion

Pour chacune des applications suivantes, donner :


 une description brève du système indiquant la périodicité, l'outil utilisé, l'origine du
système, le responsable,
 une appréciation sur l'ensemble du système (adapté, insuffisant, mal appliqué, sur-
dimensionné, inefficace, délais trop longs, documents de sortie mal présentés).
- COMPTABILITE GENERALE
-
- COMPTABILITE ANALYTIQUE
-
- BUDGETS
-
- GESTION DES APPROVISIONNEMENTS ET DES STOCKS DE MATIERES
-
- GESTION DES VENTES ET DES STOCKS DE PRODUITS FINIS
-
- PREVISION DE TRESORERIE
-
- GESTION DES LIQUIDITES
-
- TABLEAU DE BORD
-
- PAIE
-
- AUTRES SYSTEMES
-

119
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1e - L’outil de production
- DESCRIPTION
Localisation Activité ou Date de construction Visité le
production ou d'acquisition

- COMMENTAIRES
Capacité de production utilisée
-
Vétusté
-
Obsolescence
-
Qualité de l'entretien
-
Contrôle qualité de la production
-
- REGIME JURIDIQUE
Indiquer si l'entreprise est propriétaire, locataire ou locataire en crédit-bail de son outil.
Indiquer les biens qui font exception au régime usuel.
-

120
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1f - Le financement
- ENDETTEMENT A COURT TERME
Crédit fournisseur moyen
-
Autres créditeurs significatifs
-
- BANQUES DE L'ENTREPRISE
1- 2-
3- 4-
5- 6-
- LES AUTORISATIONS DE CREDIT A COURT TERME (en milliers d’euros)
Escompte d'effets de commerce
Crédit de trésorerie
Découvert
Obligations cautionnées
Crédits en devises
Autres crédits
- FRAIS FINANCIERS (en milliers d’euros)
Montant total Montant hors Chiffre a/b Marge brute
coût du d'affaires d'autofinance-
financement hors taxes ment
(a) à long terme (b)
Année
Année
Année

121
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une
filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 1f - Le financement (suite)
Montant Montant Durée Taux Objet Garanties Observa-
initial dû finance tions
au
Nature et origine
(orga-nisme et date
d'obtention)

Subventions

Emprunts

Autres

122
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide
méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 2 : Schéma général du référentiel normatif et déontologique du professionnel de l’expertise comptable
Source : Ordre des experts-comptables – Référentiel normatif des professionnels de l’expertise comptable – Mise à jour juin 2013

123
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 3 : Modèle d’acceptation client
1. PRISE DE CONNAISSANCE GLOBALE DE L'ENTREPRISE

1.1 Eléments relatifs à la structure de l'entité

Raison sociale :
Forme juridique :
Date de sa constitution :
Durée de la société :
Capital social :
Numéro Siret :
Numéro RCS :
Code NAF :
Activité :
Adresse :
Code postal :
Ville :
Téléphone :
Site internet :
Groupe (dénomination) :
Maison mère / Groupe :

Filiales :
Nom Nationalité CAC / Auditeur % détention % contrôle

Actionnariat :
Identité Actions détenues Droits de vote
Qtés % Qtés %

Total

124
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
1.2 Eléments relatifs à son mode de direction et à la politique des dirigeants en matière de
contrôle interne et d'informations financières

Informations relatives aux dirigeants :


Nom Fonction au sein de la société Expérience professionnelle

Sensibilité de la direction au contrôle interne :

Particularités en matière de principes comptables et d'information financière :

1.3 Informations relatives à l'expert-comptable

Nom :
Cabinet :
Travaux envisagés :

2. RESPECT DES REGLES DEONTOLOGIQUES

2.1 Indépendances, interdictions et incompatibilités Oui Non N/A Réf.


FDT

L’expert-comptable est-il dans une situation pouvant


mettre en cause son indépendance ?

Oui Non N/A Réf.


FDT

Chacun des membres de l'équipe intervenant au cours de


la mission est-il dans une situation pouvant mettre en
cause son indépendance ?
- absence de liens familiaux ou personnels
- absence de liens financiers
- absence de liens professionnels concomitants

125
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
2.2 Intégrité du client Oui Non N/A Réf.
FDT

Les recherches menées sur le client conduisent-elles à


conclure à une remise en cause de l’intégrité du client ?
Oui Non N/A Réf.
FDT

Des risques spécifiques en matière d’infractions aux lois,


litiges/fraudes actuels ou passés, comportements douteux
dans les affaires ont-ils été identifiés?

2.3 Compétences et aptitudes


Oui Non N/A Réf.
FDT

L’expert-comptable et l’équipe intervenant au cours de la


mission ont-ils les compétences et les qualifications
nécessaires pour réaliser les travaux envisagés ?
- Nouvelle mission ?
- Utilisation de nouvelles technologies ?
Oui Non N/A Réf.
FDT

Le niveau d'honoraires est-il en adéquation avec


l'importance des diligences à accomplir ?

Oui Non N/A Réf.


L’expert-comptable aura t-il recours à un sous-traitant : FDT

Documenter les travaux qui seront réalisés par le sous-


traitant
Mise en place d’un contrat de sous-traitance
Réf.
Oui Non N/A FDT

Le cabinet réalise-t-il cette mission en sous-traitance


Oui Non N/A Réf.
FDT

La part des honoraires de la mission dans le total des


revenus professionnels ou du chiffre d'affaires a-t-elle été
vérifiée?

126
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

3. RESPECT DES OBLIGATIONS RELATIVES A LA LUTTE CONTRE LE


BLANCHIMENT DES CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Oui Non N/A Réf.


FDT

Le client (récurrent ou occasionnel) correspond-il à l’un


des cas d’exemption de l’obligation d’identification du
client ?

Oui Non N/A Réf.


FDT

La qualité du client permet-elle d’être exonéré de


l’obligation d’identification du bénéficiaire effectif ?
Oui Non N/A Réf.
FDT

Le bénéficiaire effectif a t-il été identifié ?

Oui Non N/A Réf.


FDT

L’évaluation des risques de blanchiment de capitaux et de


financement du terrorisme a-t-elle été menée ?
- Risque lié au client (absence d’identification, refus de
communication, changement fréquent de l’équipe de
management etc…)
- Risque lié à l’activité (Secteur ou opérations à risque
selon Tracfin, activités ayant fait l’objet de rapport du
GAFI), proportion élevé de transaction en liquide,
localisation des activités dans des pays à risques)

4. CONCLUSION DU QUESTIONNAIRE

 Sur la base des renseignements ci-avant quel est le niveau de risque associé au
client : Faible / Moyen / Elevé ;
 Détailler les mesures de sauvegardes mises en place Ref. FDT
 Acceptation client et mission : OUI / NON
Questionnaire préparé par : le :
Questionnaire validé par : le :

127
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française
de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

Annexe 4 : Modèles de paragraphes de lettre de mission en français et en anglais


Version française Version anglaise
 Le Cabinet est chargé, auprès de La Société,  The assignment entrusted to our firm, on
d’une mission de compilation des comptes, selon la behalf of The Company, consists in a compilation
définition de la norme 4410 du nouveau référentiel asssignment as defined in standard 4410 of “nouveau
normatif des professionnels de l’expertise comptable et référentiel normatif des professionels comptables” and
d’une mission d’établissement des déclarations fiscales, the preparation of the tax returns, on the basis of the
en tenant compte des documents et informations que documents and information provided to us by The
vous nous fournirez. Cette mission est réalisée Company. This assignment is performed in accordance
conformément aux dispositions du Code de with the Code of Ethics of the French Professional
Déontologie de la Profession d’Experts-Comptables Institute (“Ordre des Experts-Comptables”) which is
intégré aux articles 141 à 169 du décret du 30 mars included in the 30 March 2012 decree, decree related to
2012 relatif à l’exercice de l’activité d’expertise CPA business, in its articles 141 to 169 and according
comptable et selon les dispositions de la norme to the professional standards of the “Conseil Supérieur”
professionnelle du Conseil Supérieur de l’Ordre des of the French Professional Institute (“Ordre des
Experts-Comptables applicable à cette mission. Experts-Comptables”) which apply to this assignment.
Elle conduit à l’établissement d’un rapport qui fait It leads to the preparation of a report which forms part
partie des documents de synthèse qui vous sont remis ; of the summary documents which shall be delivered to
ledit rapport reprenant uniquement des résultats you each year; this report includes only information
factuels issus de nos travaux. gathered from our work.
Ce rapport vous est principalement destiné et peut ne This report is prepared for your benefit and information
pas répondre à l’attente des tiers avec lesquels votre only and may not meet the expectations of third parties;
entreprise est en relation ; aussi, notre rapport vous sera as a result, our report will be sent to you for your sole
communiqué pour votre seule information et ne pourra information and should not be forwarded, in part or in
être distribué, en partie ou dans sa totalité, sans notre whole, to any third party without our prior written
accord écrit préalable. agreement.
Enfin, cette mission n’est ni une mission de Lastly, this assignment is neither a presentation, nor an
présentation, ni un audit, ni un examen limité des états audit nor a limited review of the annual financial
financiers et en conséquence, aucune expression statements and consequently, no assurance will be
d’assurance ne sera donnée dans notre rapport. Elle n’a given in our report. It is neither a tax review, nor the
pas pour objectif l’établissement d’une revue fiscale, ni systematic search for fraud and embezzlement or illegal
la recherche systématique de fraudes et de acts that might exist or having existed within The
détournements ou actes illégaux pouvant ou ayant Company.
existé au sein de La Société. Toutefois, nous vous en We will, however, inform The Company of any such
informerions si nous étions conduits à en avoir matters that come to our attention.
connaissance.

128
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française
de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

Version française Version anglaise


 La Société aura la responsabilité des  The Company is responsible for the data entries
données et informations enregistrées dans ses and information in its accounting systems. The Company
systèmes comptables. La Société sera responsable de is responsible for the accuracy and completeness of its
l’exactitude et de l’intégralité de ses données accounting records and for providing complete and correct
comptables, de fournir des informations complètes et information and reasonable access to relevant Accounting
correctes et l’accès au personnel autorisé du Cabinet, firm Staff so that the tax returns can be prepared.
afin d’établir les déclarations fiscales.  The Company retains ultimate responsibility for
 La Société aura la responsabilité ultime de its own accounts and tax returns. The Company’s director
ses comptes et de ses déclarations fiscales. Le is therefore responsible for ensuring that he has taken all
directeur de La Société est donc tenu de s'assurer relevant steps to check that the accounts and tax returns
qu'il a pris toutes les mesures nécessaires pour for The Company are correct and complete before they are
veiller à ce que les comptes et les déclarations signed and submitted to the relevant French
fiscales dont il a la charge soient corrects et administration. The Company will provide the Accounting
complets avant de les signer et les soumettre aux firm with sufficient information and underlying
autorités compétentes. La Société est également documentation, and any other appropriate source, to
tenue de fournir au Cabinet toutes les informations enable Accounting firm to prepare the returns for The
et tous les documents relatifs à ses comptes, ainsi Company in compliance with reporting requirements;
que toute autre source d’information pertinente, afin  The payment of tax debts will be made directly
de permettre au Cabinet d'établir les états qui by The Company.
répondent à ces exigences ;
 Le paiement des dettes fiscales sera
effectué directement par La Société.
 Le Cabinet aura la responsabilité de  The Accounting firm will be responsible for
l’établissement des déclarations fiscales, basées the preparation of tax returns, based on information
sur les informations fournies par La Société ; le provided by The Company; the Accounting firm will
Cabinet sera responsable uniquement de la revue only be responsible for reviewing the accuracy of
de la cohérence des informations fournies par La information provided by The Company, such as set out
Société, telles que mentionnées dans le Tableau in Breakdown of Tasks of the Contract;
de répartition des tâches de ce Contrat ;  Accounting firm will only be responsible for
 Le Cabinet ne sera responsable des delays in filing of tax returns, prepared by itself
retards dans le dépôt des déclarations fiscales, triggering penalties, fines, late interests incurred by
établies par la Cabinet, engendrant des pénalités, The Company, to the extent that Accounting firm has
amendes, intérêts de retard supportés par La not performed its obligations as set out in this Contract.
Société, que dans la mesure où le Cabinet n’a pas This would not be the case if Accounting firm was
respecté ses obligations telles que décrites en unable to perform its obligations as a result of an act or

129
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française
de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

Version française Version anglaise


annexe 2 du Contrat. Ce ne sera pas le cas si le omission from The Company or as a result of any
Cabinet n’était pas en mesure de remplir ses cause slipping out of Accounting firm’s reasonable
obligations résultant d’un acte ou d’une omission control. For material items where there is uncertainty
de La Société, ou résultant de toute cause on the interpretation of tax and social legislation or
échappant au contrôle du Cabinet. Pour les administrative guidelines, this will be discussed
éléments significatifs, dès lors qu’il y a between The Company and Accounting firm prior to
incertitude sur l’interprétation d’un texte de loi au the filing of the tax returns to the relevant French
plan fiscal et social ou des directives des autorités administration; The Company ultimately taking on the
administratives, cela sera discuté entre La Société decision related to the chosen tax option;
et le Cabinet avant le dépôt des déclarations  Accounting firm will not be under the
fiscales auprès des autorités compétentes ; La obligation to advise or recommend on any matters not
Société assumant in fine la décision de l’option set out in Breakdown of Tasks of the Contract; we are
fiscale prise ; not bound to intervene in any way on any bookkeeping
 Le Cabinet n’est pas dans l’obligation de tasks, unless we have beforehand received a written
donner des conseils ou des recommandations dans agreement from you or within the framework of an
un domaine non mentionné dans le Tableau de amendment to the present Contract.
répartition des tâches du Contrat ; nous ne devons The tasks mentioned in this Contract shall be provided
en aucun cas intervenir en matière de tenue des on the basis of our understanding of laws and practices
comptes, à moins de recevoir au préalable une in force on the date our recommendation is expressed;
instruction écrite de votre part ou dans le cadre the recommendations will not be modified by future
d’un avenant au présent Contrat. changes of laws and practices;
Les travaux mentionnés dans ce Contrat seront  The present Contract is regulated under
fournis sur la base de notre compréhension des French legislation
lois et pratiques en vigueur à la date où notre
recommandation a été formulée ; les
recommandations ne seront pas modifiées pour
des changements ultérieurs de lois et pratiques ;
 Le présent Contrat est régi par les lois
françaises
 Nous attirons votre attention sur le fait  We draw your attention that as per article L
que conformément à l’article L 123-14 du Code 123-14 of the French Commercial Code, the accounts
de commerce, les comptes de votre entité doivent of the entity must be regular, sincere and give a fair
être réguliers, sincères et donner une image fidèle image of Company’s assets, financial situation and
du patrimoine, de la situation financière et du result. Thus the Company remains responsible vis-à-vis

130
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française
de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

Version française Version anglaise


résultat de votre entité. Vous restez ainsi third parties with regards to the completeness,
responsables à l’égard des tiers de l’exhaustivité, reliability and accuracy of the accounting and financial
de la fiabilité et de l’exactitude des informations information used for preparation the annual accounts as
comptables et financières concourant à la well as internal control procedure. This implies notably
présentation des comptes ainsi que des procédures the respect of rules applicable to bookkeeping in
de contrôle interne concourant à l’élaboration de France and the use of the appropriate accounting
ces comptes. Cela implique notamment le respect standards applicable.
des règles applicables à la tenue d’une
comptabilité en France et du référentiel comptable
applicable à votre secteur d’activité.

131
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 5 : Tableau de répartition des tâches - version française
Nature des travaux Responsabilité Responsabilité Périodicité
de La Société du Cabinet
Note : toute opération non annotée ci-dessous sera considérée comme étant de la responsabilité de La Société

1 Remarques générales
- Informer de tout changement de méthodes comptables ou de compte X PE
comptable actuellement utilisés au niveau du groupe
- Informer de tout renseignement ou événement significatif relatifs aux X PE
activités de La Société et qui pourraient avoir des impacts sur la mission menée
- Fournir tous les documents et informations en conformité avec le format X PE
(Accounting and tax pack) et le calendrier convenu
- Conserver tout document, registre légal, journaux comptables pour une X PE
période de dix ans suivant la date du dernier enregistrement comptable dans les
journaux et/ou sur les registres légaux
2 Assistance en matière comptable
2.1 Réception, et classement des documents comptables, contrats etc…. J
2.2 Etablissement des factures de ventes P
2.3 Enregistrement comptable des factures d’achats et de ventes, des payes, J
des immobilisations, des taxes, des opérations diverses et des transactions
bancaires
2.4 Encaissement des règlements reçus J
2.5 Emission des paiements et enregistrement comptable correspondant J
2.6 Tenue et suivi de la caisse et de la banque X J
2.7 Réconciliation de la caisse et de la banque J
2.8 Analyse des comptes clients, des comptes fournisseurs et des comptes M
de frais généraux
2.9 Suivi des immobilisations P
2.10 Etablissement des écritures d’inventaire (amortissements, autres M
provisions, écritures mensuelles d’abonnement, etc…)
2.11 Communication des éléments permettant la compilation des comptes X A
annuels
2.12 Revue de cohérence des comptes au 31 décembre XXX sur la base d’un X A
Accounting Pack
2.13 Etablissement d’un tableau de passage des comptes en normes du X A
groupe à des comptes aux normes françaises servant à la compilation des comptes
annuels de la société
2.14 Accord de la Société sur le projet de comptes annuels X A
2.15 Compilation des comptes annuels aux normes comptables françaises X A
PT : Permanent J : Journalier M : Mensuel A : Annuel P : Ponctuel

132
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 5 : Tableau de répartition des tâches - version française (suite)
Nature des travaux Responsabilité Responsabilité Périodicité
de La Société du Cabinet
3 Assistance en matière de déclaratifs fiscaux
3.1 En matière de TVA
- Vérification du formalisme des factures conformément à la législation en X PT
vigueur
- Demande d’informations permettant l’établissement des déclarations de TVA X M
via un VAT pack
- Remplissage du VAT pack et communication des copies de factures devant X M
être déclarées dans les déclarations de CA3
- Contrôle d’un échantillon de X factures par déclaration afin de vérifier la X M
correcte inscription dans le VAT pack des éléments à déclarer
- Etablissement de la déclaration de TVA X M
- Etablissement de la réconciliation de TVA (établissement du rapprochement X A
entre les revenus déclarés sur les déclarations mensuelles de TVA et les revenus
enregistrés en compte de résultat, explication des différences)
- Etablissement des déclarations d’échanges de biens (DEB) et des déclarations X P
d’échanges de services (DES)
- Réconciliation des DEB et DES avec les données déclarées dans les CA3 X A
3.2 En matière de Contribution Economique Territoriale (CET)
- Revue du calcul de la valeur ajoutée de La Société à l’effet de calculer la X A
CVAE et déterminer si La Société peut bénéficier du mécanisme de dégrèvement
lié au taux d’imposition
- Calcul des acomptes de la CVAE à payer au 15 juin et au 15 septembre, si X P
applicable
- Etablissement de la déclaration 1330-CVAE, à établir au plus tard le 15 mai X A
- Etablissement de la déclaration de solde de la CVAE 1329-DEF à payer au X A
3 mai
- Etablissement de la déclaration CFE (« 1447C »), si nécessaire X P
- Contrôle du calcul de la CFE établie par l’administration fiscale française X A
- Paiement de l’acompte CFE au 15 juin, si applicable, et du solde CFE au 15 X P
décembre
PT : Permanent J : Journalier M : Mensuel A : Annuel P : Ponctuel

133
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

Annexe 5 : Tableau de répartition des tâches - version française (suite)

Nature des travaux Responsabilité Responsabilité Périodicité


de La Société du Cabinet

3 Assistance en matière de déclaratifs fiscaux (suite)


3.3 Etablissement des autres déclarations fiscales, lorsqu’applicables
- Taxe sur les véhicules des sociétés (TVS) X A
- Contribution Sociale de Solidarité (C3S) X A
- Déclaration annuelle des honoraires (DAS2) X A
- Déclaration des contrats de prêts (imprimé n°2062) X A
- Déclarations des intérêts et dividendes (imprimé n°2561) X A
Déclaration des taxes assises sur les salaires :
- Formation professionnelle continue X A
- Taxe d’apprentissage X A
- Participation à l’effort construction X A
- Taxe handicapé X A
3.4 Impôt sur les sociétés :
- Calcul et établissement des bordereaux d’acomptes de l’impôt sur les X T
sociétés
- Calcul et établissement du bordereau de liquidation de l’impôt sur les X A
sociétés
3.5 Sur un plan général et concernant les points 3.1 à 3.4
- Inscription sur un site dédié de l’administration fiscale, lorsqu’applicable, les X P
autres déclarations fiscales locales
- Approbation (par courriel) des déclarations établies par le Cabinet X P
- Si applicable, envoi par télétransmission des déclarations fiscales X P
- Le cas échéant, signature et envoi des déclarations mentionnées X P
- Paiement des taxes ci-dessus mentionnées X P
3.6 Etablissement de la déclaration fiscale annuelle
- Transmission des informations nécessaires à la justification des montants X A
portés sur la déclaration fiscale annuelle (Tax Pack)
- Etablissement d’un projet de déclaration fiscale annuelle sur la base d’un X A
Tax Pack
- Accord de La Société sur le projet de déclaration fiscale annuelle X A
- Finalisation de la déclaration fiscale annuelle X A
- Télétransmission de la déclaration fiscale annuelle avec les pièces jointes X A
(s’il y a lieu) auprès de l’administration fiscale, par voie électronique, avant la
date limite
4 Etablissement du rapport de l’expert-comptable X A
PT : Permanent J : Journalier M : Mensuel A : Annuel P : Ponctuel 

134
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 5 : Tableau de répartition des tâches - version anglaise
Nature of work performed The Accountant’s Frequency
Company's responsibility
responsibility
Note: any procedure not noted below shall be considered to be the responsibility of The Company.
1 General remarks
- Informing of any changes in the accounting methods or chart of account X PE
presently used
- Disclosing all information or significant events related to the activities of X PE
The Company which may impact on the services provided
- Providing all information and documents in line with the agreed format X PE
(Accounting and tax pack) and timetable
- Retaining books, registers, documents or papers for a period of ten years X PE
starting from the date of the last transaction recorded in the books or registers or
from the date on which the documents or papers were prepared
2 Assistance for accounting matters
2.1 Collection, and filling of accounting documents and contracts etc.. D
2.2 Preparation of revenue invoices P
2.3 Recording suppliers’ and customers’ invoices, payroll entries, fixed D
assets, taxes, bank and other transactions
2.4 Cashing incoming payments D
2.5 Issuing payments and recording corresponding payment entries D
2.6 Recording and follow up of petty cash and bank X D
2.7 Reconciliation of petty cash and bank account D
2.8 Analysis of accounts receivable, accounts payable, administrative and M
miscellaneous expenses
2.9 Follow up of fixed assets P
2.10 Recording cut-off journal entries (depreciations, other provisions, M
monthly entries, etc.)
2.11 Communication of documents allowing the compilation of the accounts X A
2.12 Review of the accounts as at 31 December XXXX on the basis of an X A
Accounting Pack
2.13 Preparation of a mapping between the group accounts and French X A
accounts which will serve as a basis for the compilation of the accounts
2.14 Agreement on the draft annual statutory accounts X A
2.15 Compilation of the annual accounts X A
PT: Permanently D: Daily M: Monthly A: Annual P: Punctually

135
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 5 : Tableau de répartition des tâches - version anglaise (suite)
Nature of work performed The Accountant’s Frequency
Company's responsibility
responsibility
3 Assistance for tax matters
3.1 VAT matters
- Control of the formalism of invoices, in order to be in conformity with the X PT
regulation in force
- Request for information allowing the preparation of the VAT returns (VAT X M
pack)
- Filling in the VAT pack and provding copies of invoices which need to be X M
declared in the VAT return
- Review of a sample of X invoices per declaration in order to check the correct X M
disclosure of items to be declared in the VAT pack
- Preparation of the VAT returns X M
- Preparation of the VAT reconciliation (preparation of the reconciliation X A
between the revenues declared on monthly VAT returns and the revenues
recorded in the profit and loss account, explanation of the differences)
- Preparation of Intrastat and EC-Sales returns X P
- Reconciliation of Intrastat and EC-Sales returns to the items declared in the X A
VAT returns
3.2 "Contribution Economique Territoriale (CET)" tax returns matters
- Reviewing the calculation of The Company’s added value, in order to assess X A
the CVAE and to determine if The Company may benefit from the tax relief
mechanism on the taxation rate
- Calculation of the CVAE estimates to be paid on X P
15 June and on 15 September, if applicable
- Preparing the 1330-CVAE tax return, to be prepared at the latest on 15 May X A
- Preparation of the CVAE balance 1329-DEF to be paid on X A
3rd May
- Preparing the CFE tax return (“1447C”), if necessary X P
- Checking the calculation of the CFE made by the French tax authorities X A
- Payment of the CFE instalment on 15 June, if applicable, and the CFE balance X P
on 15 December
PT: Permanently D: Daily M: Monthly A: Annual P: Punctually

136
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

Annexe 5 : Tableau de répartition des tâches - version anglaise (suite)


Nature of work performed The Accountant’s Frequency
Company's responsibility
responsibility
3 Assistance for tax matters (continued)
3.3 Preparation of other French local tax returns, when applicable
- Tax on company cars "TVS" X A
- Tax on turnover "C3S" X A
- Annual fees returns "DAS2" X A
- Loans form (n°2062) X A
- Interests and dividends paid forms (n°2561) X A
Taxes based on payroll:
- Professional training tax returns X A
- Apprenticeship tax returns X A
- Construction effort tax returns X A
- Handicap tax returns X A
3.4 CIT:
- Calculation and preparation of corporate income tax instalments returns X Q
- Calculation and preparation of corporate income tax balance return X A
3.5 From a general standpoint and concerning items 3.1 to 3.4
- Registration on the tax administration specific website, in order to be able to X P
submit online, when applicable, the other French local tax returns
- Approving (by email) the tax returns prepared by the Accountant X P
- When applicable, sending via electronic data, the above local tax returns X P
- If any, signing and sending hard copies of the tax returns X P
- Payment of the above mentioned taxes X P
3.6 Preparation of the annual tax returns
- Providing with a Tax Pack including all information and documents to be X A
prepared
- Preparing a draft of the annual tax returns based on a completed Tax Pack X A
- Agreement on the draft of the annual tax returns X A
- Finalization of the annual tax returns and preparation of a transmittal letter X A
- Online submission of the annual tax returns with the accompanying documents X A
(if any), via electronic data, to the relevant French tax administration, by the filing
date
4 Preparation of the CPA report X A
PT: Permanently D: Daily M: Monthly A: Annual P: Punctually

137
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 6 : Modèle d'établissement des honoraires - Pricing model
Se référer au support Excel joint sur CD-ROM : « Modèle d'établissement
d'honoraires - Pricing model.xlsx »
Fonctionnement :
 Le modèle d’établissement de budget d’honoraires est présenté en anglais afin
de permettre l’utilisation des hypothèses et données chiffrées dans la
communication avec les clients et les prospects ;
 Seule la partie en bleu de l’onglet 1 est à compléter ;
 Le fichier s’utilise comme une feuille de travail permettant de documenter la
procédure d’établissement des honoraires aux clients ;
 Les taux horaires sont présentés sans remises. Selon les cas des remises sur ces
tarifs peuvent être accordées ;
 Le niveau de complexité à retenir doit être analysé de manière individuelle
pour chaque tâche à réaliser. Une entité peut être considérée comme « petite »,
mais présenter par exemple une complexité pour la CET « moyenne ». Dans ce cas
il conviendra de retenir pour chaque tâche le niveau qui lui est approprié dans
l’établissement du budget d’honoraire
 Enfin, cet outil est une aide à la décision destinée à une PME et non d’une
portée générale. L’expert-comptable devra exercer son jugement professionnel
avant toute chose.

138
 
Annexe 6 ‐ Modèle d'établissement d'honoraires ‐ Pricing model
Pricing
Company Name ABC Company
Year‐end 31 December 2016 Full scale rate, annual fee

Rate € /  Dormant Small Medium


Tasks Level
hour Hours Amount € Hours Amount € Hours Amount €
Junior        50,00 € 4      200,00 €             ‐ €             ‐  €
Senior      100,00 €             ‐ € 16   1 600,00 € 24   2 400,00 €
Preparation of the mapping to the accounts Manager      200,00 € 2      400,00 € 4      800,00 € 8   1 600,00 €
Partner      300,00 € 0,25         75,00 € 2      600,00 € 4   1 200,00 €
Total      675,00 €   3 000,00 €   5 200,00 €
Junior        50,00 € 4      200,00 €             ‐ €             ‐  €
Senior      100,00 €             ‐ € 8      800,00 € 16   1 600,00 €
Compilation of the annual accounts Manager      200,00 € 1      200,00 € 4      800,00 € 6   1 200,00 €
Partner      300,00 € 0,25         75,00 € 1      300,00 € 2       600,00 €
Total      475,00 €   1 900,00 €   3 400,00 €
Junior        50,00 € 2      100,00 € 8      400,00 € 48   2 400,00 €
Preparation of VAT returns
Senior      100,00 €             ‐ €             ‐ €             ‐  €
Dormant : annual VAT returns
Manager      200,00 €             ‐ € 4      800,00 € 12   2 400,00 €
Small : Quarterly VAT returns
Partner      300,00 € 0,25         75,00 € 0,5      150,00 € 0,5       150,00 €
Medium : Monthly VAT returns
Total      175,00 €   1 350,00 €   4 950,00 €
Junior        50,00 € 1         50,00 € 4      200,00 €             ‐  €
Senior      100,00 €             ‐ €             ‐ € 8       800,00 €
Preparation of CET returns Manager      200,00 €             ‐ € 1      200,00 € 2       400,00 €
Partner      300,00 € 0,25         75,00 € 0,25         75,00 € 0,25         75,00 €
Total      125,00 €      475,00 €   1 275,00 €
Junior        50,00 €             ‐ € 8      400,00 € 16       800,00 €
Preparation of other local tax returns: Senior      100,00 €             ‐ €             ‐ €             ‐  €
TVS, C3S, DAS2, 2062, 2561, Taxes based on payroll Manager      200,00 €             ‐ € 2      400,00 € 4       800,00 €
Partner      300,00 €             ‐ € 0,5      150,00 € 0,5       150,00 €
Total             ‐ €      950,00 €   1 750,00 €
Junior        50,00 € 4      200,00 €             ‐ €             ‐  €
Senior      100,00 €             ‐ € 8      800,00 € 16   1 600,00 €
Preparation of annual CIT returns Manager      200,00 € 1      200,00 € 4      800,00 € 6   1 200,00 €
Partner      300,00 € 0,25         75,00 € 1      300,00 € 2       600,00 €
Total      475,00 €   1 900,00 €   3 400,00 €
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 7 : Modèle de note d’orientation générale
A. PRESENTATION DU CLIENT
a) Identification
Dénomination :
Adresse siège :
SIRET :
Code APE :
Téléphone :
Télécopieur :
Forme :
Associé :
Date clôture :
Contacts :

b) Activité et environnement économique


- Historique
Historique de la société et plus précisément de l’entité dont on s’occupe
- Activité
Quelle est l’activité de la société ?
Si on parle d’une succursale ou d’un groupe, bien préciser l’activité de l’entité
Ne pas rester trop général
- Activité du groupe
Le groupe opère dans les domaines suivants :
[Récupérer les éléments liées à l’activité sur le site internet du groupe]
[A compléter par un entretien avec le client]
- Activité de la [société (ou succursale)] française
[A compléter par de la recherche documentaire et un entretien avec le client]

139
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 

- Organigramme du groupe et flux de refacturation


[Insérer un organigramme incluant les flux de refacturations à demander au
client/à compléter avec le client]
[Insérer un tableau de synthèse des contrats de refacturation intragroupe
existants]
Flux de facturation Convention Copie Revue fiscale Langue
intragroupe Obtenue par
[faire référence à
l’organigramme par une
xref]

c) Points clés relatifs à l’organisation du client :


Normes comptables appliquées
Logiciels comptable/gestion utilisés / conformité FEC
Contacts clients

B) CHIFFRES CLES EN EUR

N N–1
Chiffre d’affaires
Résultat net
Total Bilan

C) DEFINITION DE LA MISSION
Préciser si 1er exercice d’intervention

La mission confiée selon le contrat de service du XX/XX/XX ref : LM XXX consiste


en :

[Insérer le tableau des honoraires du contrat de service]

[Indiquer si le dossier a été repris de chez un confrère auparavant]

140
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
[Indiquer les principaux intervenants extérieurs au dossier : Avocats, etc…]

D) PARTICULARITES
Le cas échéant, préciser si 1er exercice d’intervention
Préciser les particularités organisationnelles du client qui apportent des
particularités techniques.

E) RISQUES

F) ORIENTATION DE LA MISSION

G) PLANIFICATION DE LA MISSION
Budget
[Insérer le tableau des fees du contrat de service]
Intervenants
Associé :
Chef de mission :
Assistant :
Planning

141
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 8 : Modèle de calendrier d'intervention - Accounting and tax calendar
Se référer au support Excel joint sur CD-ROM : « Modèle Calendrier
d'intervention - Accounting and tax calendar.xls »

142
 
French Accounting and Tax Calendar ‐ YE 31 March 2016
Any information request must be provided to the accounting firm within 5 business days, unless mentioned otherwise
A – Annual financial statements
Steps Due Date Owner Information request to be sent on Draft version to be provided on To be validated by / on
SSC and Group auditors / 15 
Trial balance 15 April 2016 Shared Service Center (SSC) April 2016
SSC and Group auditors / 15 
General ledger 15 April 2016 SSC April 2016
SSC and Group auditors / 15 
Accounting and tax pack completed 15 April 2016 SSC 15 March 2016 April 2016
SCC and local auditors 20 May 
Mapping to the accounts 15 May 2016 Accounting firm 20 April 2016 15 May 2016 2016
SCC and local auditors 20 May 
Annual financial statements 30 September 2016 Accounting firm 20 April 2016 15 May 2016 2016
The annual statutory accounts (balance sheet, profit and loss and footnotes to the accounts) must be approved by the shareholders within 6 months after the year end (i.e. 30 September 2016 for YE 31 March 2016 at the latest) and filled in front of the French 
B ‐ Tax filings and payments due during the calendar year
Tax Type Tax Return/Payment Due Date Details Declaration electronical data  Electronical payment  Website
Corporate Income  Annual tax returns 30 June 2016 The annual tax returns are composed of approximately 30 pages https://portail.etafi.fr or 
Tax (CIT) Compulsory N/A https://www.mtae.net/, as an 
example
Corporate Income Tax Payment (1) 15 July 2016 Final balance tax payment for the initial year ending 03/31/2015
Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

Corporate Income Tax Payment 15 June 2016 First CIT installment payment for the FY N (1/4 CIT due for 2016 + additional contribution 


of 3.3%) and submission of the form  Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

Corporate Income Tax Payment 15 September 2016 Second installment payment for the year ending 03/31/2017  (1/4 CIT due for 2015)


Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

Corporate Income Tax Payment 15 December 2016 Third installment payment for the year ending 03/31/2017 (1/4 CIT due for 2015)


Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

Corporate Income Tax Payment 15 March 2017 Fourth installment payment for the year ending 03/31/2016 (1/4 CIT due for 2015)


Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

VAT Value added Tax ‐ "Taxe sur la valeur ajoutée"  Between 19 and 24  Monthly filling and/or payment (as an example July 2015 VAT returns has to be submitted 


of the following  between the 19 and 24 August 2015). Compulsory Compulsory http://www.impots.gouv.fr/
month
CET Local Economic Contribution ‐ Cotisation Foncière des Entreprises  31 December 2016 Filing of the form no. 1447‐C‐SD only if the company has created a new establishment 
(CFE) ‐ Provisional return during the calendar year.
Tax is assessed on the rental value of properties calculated by the French tax authority N/A N/A http://www.impots.gouv.fr/

Local Economic Contribution ‐ Cotisation Foncière des Entreprises  15 June 2017 Installment payment equal to 50% of the CFE 2015


(CFE) Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

Local Economic Contribution ‐ Cotisation Foncière des Entreprises  15 December 2017 Final payment of CFE ‐ Payment as from 1 December 2016 (depending on the date of tax 


(CFE) roll issued by the FTA) Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/

Local Economic Contribution ‐ Cotisation sur la Valeur Ajoutée des  3 May 2017 Filing of the CVAE tax returns (form no. 1329‐DEF and no. 1330‐CVAE) and payment of the 


Entreprises (CVAE) (2) CVAE due for the FY 2016 Compulsory Compulsory http://www.impots.gouv.fr/

Local Economic Contribution ‐ Cotisation sur la Valeur Ajoutée des  15 June 2016 1st installment payment based on 50% of the CVAE 2016


Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/
Entreprises (CVAE)
Local Economic Contribution ‐ Cotisation sur la Valeur Ajoutée des  15 September 2016 2nd installment payment based on 50% of the CVAE 2016
Compulsory  Compulsory  http://www.impots.gouv.fr/
Entreprises (CVAE)
Other Local Taxes Interest payments statement 15 February 2017 Information statement only, no payments due with return filing Compulsory if for the previous FY 
the number of statements exceeded 
N/A http://www.impots.gouv.fr/
100 or if the total of the interest paid 
were equal to or higher than € 15k
Loan agreements statement 15 February 2017 Information statement only, no payments due with return filing Not compulsory N/A Paper submission
Declaration of commissions and fees (DADS 2) 30 June 2010 Information statement only, no payments due with return filing (filing with CIT return) Compulsory if > 200 suppliers for the 
previous FY ‐
N/A Paper submission
Possible to declare electronically at 
per company election
Organic contribution ‐ C3S (Tax on turnover) 15 May 2017 Based on the turnover when up to € 3 250 000 Compulsory Compulsory http://www.net‐entreprises.fr/
Tax on Company Cars 30 November 2015 Tax is based on annual period as from the date of incorporation to Sept 30 2015
Not compulsory Not compulsory Paper submission

Taxes based on  Apprenticeship tax 28‐Feb 2016 Based on the prior year salaries and annual wages (Calendar year 2015)


wages (for company  The tax to be paid is equal to 0,68% of the gross wages mentioned in the annual salaries 
unless than 20  returns submited on 31st January N (as we understand that the company average yearly 
employees) number is less than 250 employees)  Not compulsory Not compulsory N/A

Professional training tax 28‐Feb 2016 Based on the prior year salaries and annual wages (Calendar yeas 2015)


The tax to be paid is equal to 1,517% of the gross wages mentioned in the annual salaries 
returns submited on 31st January N  (as we understand that the company average yearly 
number is more than 20 employees)  Not compulsory Not compulsory N/A
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 9 : Liste d'informations requises - Accounting - Tax Pack Template
Se référer au support Excel joint sur CD-ROM : « Liste d'informations requises -
Accounting - Tax Pack Template.xls »
Fonctionnement :
 Les données de la société doivent être complétées dans l’ « Instructions sheet »
 Raison sociale
 Date de clôture
Ceci mettra à jour automatiquement les données dans l’ensemble des onglets
restants ;
 L’onglet instruction permet également de donner des indications de
remplissage de l’Accounting and tax pack ;
 L’onglet index répertorie les différents cycles et données demandées au client ;
 L’onglet F1 permet de récupérer les autres données comptables non présentes
dans la balance générale telles que : les règles et méthodes comptables, les
réconciliations de paye ou de TVA ;
 L’onglet F2 enfin, permet de récupérer les données relatives aux données non
financières permettant de compléter la liasse fiscale annuelle (données des frais
généraux par exemple) ;
 Lors du partage de cette liste avec le CSP, il conviendra de demander
également une balance générale auditée au niveau du groupe.

143
 
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

Tax sensitive area:


GL account range: Example - xxx and xxx - xxx

General guidance notes on preparation of balance sheet and income statement analysis

1) Each tab should be completed (if not applicable, mention N/A on the relevant spreadsheet)

2) The analysis completed for each General Ledger account should reconcile to the total of that account per the Trial Balance.

3) A separate spreadsheet should be completed and provided when requested in the tab and when necessary.

4) All relevant supporting documentation/information should be provided along with the analysis (additional spreadsheets, copies of tax forms
copies of legal documentation…)
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

INDEX

Schedule reference Schedule heading

Accounting items
EQ/PROV Equity / Provisions
TF Treasury / Financing
INV / FA Investments / Fixed assets
INV Inventory / cost of sales
AR Account receivables / revenue
AP Account payables / expenses
PAY Payroll
TAX Tax

OP/OR Other payables / Other receivables


EXC Exceptional items
UNR Unrealized exchange gain / losses
IC Intercompany

Further information
F1 Notes to the accounts and other non ledger items
F2 Tax returns
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

EQ/PROV Equity / Provisions


GL account: [please insert]

GL account Description of item Opening balance Increase Decrease Final balance


101300 Share Capital -4 950 000,00 -4 950 000,00
104100 Additional paid in capital -12 076 847,06 -12 076 847,06
119000 Retained earnings 10 460 959,85 -2 067 874,54 8 393 085,31

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided -6 565 887,21 0,00 -2 067 874,54 -8 633 761,75

Please provide:
Copy of minutes of ordinary or extraodinary AGM

Decrease
GL account Description of provision Opening balance Increase Used Not used Final balance
Tax regulated provisions, such as
-Provision for investment
-Provision for price increases
-Exceptional depreciation

Provisions for risks and future costs, such as


-Provisions for litigation (please detail) -149 312,60 -149 312,60
-Provision for losses on hedge transactions 0,00
-Provision for penalties/fines (please detail) 0,00
-Provision for exchange rate losses -12 319,49 -241 499,81 12 319,49 -241 499,81
-Prov. for retirement costs and similar obligations -3 499 121,00 -960 967,54 48 861,54 -4 411 227,00
-Provisions for taxes (please detail) 0,00
-Provision for fixed asset renewal 0,00
-Provision for risk on studies -355 000,00 -10 000,00 80 000,00 275 000,00 -10 000,00
-Provision for major renovations 0,00
-Provision for risk with employees -69 518,10 -230 000,00 30 013,00 880,00 -268 625,10
provision for restructuring plan -401 000,01 244 349,89 -156 650,12
Provisions for depreciation, such as 0,00
Depreciation provision on fixed assets: 0,00
- intangible fixed assets -505 257,62 -256 225,22 -761 482,84
- tangible fixed assets -623 423,66 62 293,36 -561 130,30
- investments (equity method) 0,00
- marketable securities 0,00
- other financial fixed assets (please detail) 0,00
Depreciation prov. on inventories & work-in-progress -12 634,31 1 730,44 -10 903,87
Depreciation provision on trade receivable accounts -7 620,20 1 640,20 5 980,00 0,00
Other depreciation provisions (please detail) 0,00

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided -5 635 206,99 -1 698 692,57 481 207,92 281 860,00 -6 570 831,64
A B

Reconciliation with profit and loss


P&L GL account Description ofprovision Allowance Reversal Final balance
1 -355 000,00 -355 000,00
2 -7 620,20 -7 620,20
3 -12 319,49 -12 319,49
4 -48 861,54 -48 861,54
5 -1 730,44 -1 730,44
6 -244 349,88 -244 349,88
7 -30 893,00 -30 893,00
8 -62 293,36 -62 293,36
9 256 225,22 256 225,22
10 10 000,00 10 000,00
11 960 968,00 960 968,00
12 230 000,00 230 000,00
13 241 499,81 241 499,81
Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 1 698 693,03 -763 067,91 -700 774,55
C D
A should equal to C and B should equal to D / Explain any discrepancy

Please provide:
Detailed supporting documentation and computation related to all provisions
Example: final notification of tax audit, restructuring, dismantling…
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

TF Treasury / Financing
GL account: [please insert]

TREASURY

Total reconciling
GL account Description of Treasury and other securities investments Account balance Bank balance items

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0

Please provide:
Schedule related to the follow-up of the securities/other investments mentioning amounts and quantities per
security/investments (including opening balances, additions and disposals)
Copy of the documents received from the bank related to valuation of securities/investments at YE

FINANCING
Principal amount movements Principal outstanding
Amount
refunded
during Amount Amount
Duration Principal Interest previous Opening refunded borrowed Amount at > 1 year < Check
GL Account Date of loan Lender Intercompany Y/N (months) amount rate YE balance during YE during YE YE < 1 year 5 years > 5 years Total must be 0
0 0 0
Existing loans AAAAA Y 2,79% ######### -2360000 ######### ######### ######### 0
0 0 0
0 0 0
New loans 0 0 0
0 0 0
0 0 0
(With split between Group and Third parties) 0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 (750 000) 0 ######### ######### 0 ######### 0 #########

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided

Please provide:
Copy of the agreements for loans received
Policy regarding the costs directly linked to loans/creation of loan and related accounting treatment (balance sheet or profit and loss)
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

INV / FA Investments / Fixed assets


GL account: [please insert]

FIXED ASSETS
Gross values

GL account Description of asset Opening balance Addition Disposal Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0

Amortization

GL account Description of asset Opening balance Increase Decrease Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0
A B

Reconciliation of depreciation with profit and loss


Depreciation of the
P&L GL account Description of asset year Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0
C
A should equal C / Explain any discrepancy

Disposals
Sale Gain/(loss) on
Description of asset proceeds Net Book Value disposal
Date of acquisition Asset category Gross book value disposed of Amount Amount Amount

0 0 0
E F
Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided

Reconciliation of disposals with profit and loss


P&L GL account Description Final balance
Sale of asset income G
Net book value H
0

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided; E=G, H=F

Please provide:
Copy of depreciation policy
Copy of baillif's certificate when assets destroyed
Copy of invoice when assets sold
Reconciliation between variance in balance sheet accounts and profit and loss accounts
Details regarding extraordinary depreciations

FINANCIAL ASSETS
Gross values

> 1year <


GL account Description of asset Opening balance Addition Disposal Final balance < 1year 5years > 5 years Total
Deposit
Shares in subsisiaries
Shares in other companies 516835,82 83019,6 433816,22 433816,22
Acquisition costs on shares

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 516835,82 0 83019,6 433816,22 0 0 ##### 0

Provisions

GL account Description of asset Opening balance Increase Decrease Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0
A B

Reconciliation with profit and loss


P&L GL account Description of asset Allowance Reversal Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0
C D
A should equal to C and B should equal to D / Explain any discrepancy

Disposals
Sale Gain/(loss) on
Description of asset proceeds Net Book Value disposal
Date of acquisition Asset category Gross book value disposed of Amount Amount Amount

0 0 0
E F
Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided

Reconciliation of disposals with profit and loss


P&L GL account Description Final balance
Sale of asset income G
Net book value H
0

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided; E=G, H=F
Please provide:
Copy of depreciation policy
Regarding shares in subsidiaries or other companies: documents/reports related to the evaluation of shares at YE
Details regarding the computation of depreciation of shares, copy of legal documents related to the acquisition of the shares
Details regarding the amortization of the acquisition costs
Reconciliation between variance in balance sheet accounts and profit and loss accounts

LOANS GRANTED
Principal amount movements Principal outstanding
Amount Amount
Duration Opening refunded granted Amount at > 1 year < Check
GL Account Date of loan Borrower Intercompany (Y/N) (months) Principal amount Interest rate balance during YE during YE YE < 1 year 5 years > 5 years Total must be 0
0 0 0
Existing loans 0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
New loans 0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided

Please provide:
Copy of the agreements for loans granted
Interest computation schedule
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

INV Inventory / cost of sales


GL account: [please insert]

Gross values

GL account Description of inventory / Inventory reserve Opening balance Final balance Variance Related Cost of Sales accounts
WWW 442 773,47 163 494,49  -279 278,98 a revoir après posting JRA
XXX 650 929,33 435 128,71  -215 800,62 a revoir après posting JRA
YYY 33 447,72 13 120,94  -20 326,78 a revoir après posting JRA
ZZZ 302 513,70 347 803,77  45 290,07

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 1 429 664,22 959 547,91 -470 116,31

Depreciations

GL account Description of inventory Opening balance Increase Decrease Final balance


YYY -12 634,31 -1 730,44 -10 903,87

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided -12 634,31 0,00 -1 730,44 -10 903,87
A B

Reconciliation with profit and loss for depreciation of inventory


P&L GL account Description of inventory Allowance Reversal Final balance
YYY -1 730,44

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 -1 730,44 0
C D
A should equal C and B should equal to D / Explain any discrepancy

Please provide:
Copy of inventory reserve policy
Detail of inventory written of during the period
A reg stocks681730
A reg stocks
A reg stocks
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

AR Account receivables / revenue


GL account: [please insert]

Account receivables
Please provide: AR aging details

Decrease

GL account Description of bad debt reserve Opening balance Increase Used Not used Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0
A B

Reconciliation with profit and loss


P&L GL account Description of bad debt reserve Allowance Reversal Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0
C D
A should equal to C and B should equal to D / Explain any discrepancy

Please provide:
Detail of bad debt written off during the period
Split between specific and general/statistic reserve
With respect to statistic provision: method for computation and policy
With respect to specific provision: summary schedule with relevant supporting documentation
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

AP Account payables / expenses


GL account: [please insert]

Account payable
Please provide: AP Aging details

GL account Description of expense Amount

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

PAY Payroll
GL account: [please insert]

Description of social payables and receivables per > 1 year <


GL account category Final balance < 1 year 5 years > 5 years Total

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0

Social to be detailed

Payable to be detailed

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0

Please provide: Detail of accruals computation


Copies of social returns
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

TAX Tax
GL account: [please insert]

Description of taxes payables and receivables per > 1 year <


GL account category Final balance < 1 year 5 years > 5 years Total

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0

Tax to be detailed

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0

Please provide: Detail of accruals computation


Copies of tax returns
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

OP/OR Other payables / Other receivables


GL account: [please insert]

Description of other current asset / other current > 1 year <


GL account liabilities per category Final balance < 1 year 5 years > 5 years Total

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

EXC Exceptional items


GL account: [please insert]

Analyse expense between:


a) CY expense or;
b) expense pertaining to prior
GL account Description of operation tax years Amount

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0

Please provide: Copies of supporting


documentation
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

UNR Unrealized exchange gain / losses


GL account: [please insert]

Unrealized exchange loss/gain per nature (suppliers,


GL account clients, intercompany, loans, …) Final balance

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0

Please provide: Schedule of receivables and payable at original currency as


of the closing date
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

IC Intercompany
GL account: [please insert]

> 1 year < 5


GL account Description of intercompany Final balance < 1 year years > 5 years Total

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0,00 0,00 0,00 0 0

Please provide: Copies of IC agreements

Total to agree to General Ledger account total per final Trial Balance provided 0 0 0 0 0

Please provide:
Copies of I/C confirmations (balance and movements)
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

Tax sensitive area: Further information


GL account range: n/a

General guidance notes on provision of further Information required

1) The further information required is noted on the following "F" sheets.

2) Please provide responses to the questions raised in the space provided.

3) Where more detailed responses are required please insert a separate worksheet to provide such responses.
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

F1 Notes to the accounts and other non ledger items


GL account: n/a

ABC Company SAS answer


Number Further information required Documentation required (please insert additional worksheet if required)

1) Accounting method Detailed list of accounting methods followed in the preparation of


the trial balance

2) Reconciliation between salaries recorded in the profit and loss Relevant reconciliation sheet and copies of supporting documents
account and the ones mentioned on the annual payroll documents (copy of relevant DADS form, payroll ledgers…)
(DADS, payroll ledgers)
3) Holidays paid days accrual and related social charges Amount of holidays paid days accrual and related social charges,
detailed computation

4) Income tax computation Detailed data of the exceeding depreciation of the cars (owned,
leased and rented), copies of lease company documents and/or
detailed computation
Details of any non tax deductible provision, if any

5) Somptuary expenses Detailed data of the somptuaries expenses (ie: expenses related
6) VAT Total amount of the output VAT recorded during the tax year
Total amount of the input VAT recorded during the tax year

Annual VAT reconciliation: reconciliation between turnover


recorded in the profit and loss accounts and the one mentioned
on the VAT returns for the period
Copies of VAT returns for the period
7) Other Off balance sheet commitments
Statutory expenses of the year
Legal entity details consolidating the accounts of the French entity
Cabinet Expertise Comptable
Accounting and tax pack

Name of company: ABC Company SAS


Accounting period: 31/12/2015
Currency used: Local currency (EUR)

F2 Tax returns
GL account: n/a

ABC Company SAS answer


Number Further information required Documentation required (please insert additional worksheet if required)

1) Rental / lease List of all rental and lease commitments for both equipment and
property along with a copy of the rental / lease agreement.
Detailed data of the lease agreements ("crédit-bail"):
- Original value per rented item
- Duration of the agreement
- Hire purchase paid during the previous years, the current,
for next year and for the following years
- Depreciation calculation, if the material has been hired and
not rented
2) Duration of rents Split between the rents for more than six months and less;
3) Nr. of employees Average yearly number of employees
4) Cars Detailed data regarding the use of the private cars (name, function,
services involved, power and brand of the cars used, mention if the
cars are used or owned)
5) Most well paid employees Detailed data regarding the five or ten (ADJUST AS PER SIZE OF
COMPANY) persons who are the most well paid by the company:
name, first name, gross wages, benefit in kind, travel, trip costs,
expenses occured by the utilisation of the private cars used by the
mentioned persons, if any

6) Added value Analysis of capital gain/loss after sale of assets: Is this a normal
business transaction or an extraordinary operation?
Detail of the reinvoicing expenses account: breakdown of what is
recorded in these accounts (insurance reimbursement, benefit in
kind...)
Detailed analysis of rental accounts: breakdown of lease contracts
(cars, Xerox machines…), distinguishing rent from other costs such as
insurance and maintenance costs
Detailed analysis of personnel costs: split of personnel costs by
temporary and permanent staff.
Total amount of company restaurant costs and the corresponding
account number
Total amount of long-time rentals subleased to another company

Waive of debt
7) Tax credit Detailed computation of tax credits, if any, with relevant tax forms
(apprenticeship tax credit, familly tax credit, R&D tax credit, tax credit
on gift and sponsorship, CICE Tax credit along with Dec 2015 DUCS)

8) Shareholders Detailed list of shareholders, mentioning nr. of shares and %, and


registered address of shareholders

9) Subsidiaries Detailed list of subsidiaries, if any, mentioning nr. of shares and %,


and registered address of subsidiaries

10) DAS2 form (annual fees return) List of the amounts paid, including VAT, during the year end 2014 (the
calendar year) to each supplier for fees, commissions, royalties, etc…

11) Interest rate Highest interest rate on borrowings from partners


La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 10 : Programme de travail de conversion des comptes
Travaux Fait Réf
par, Le FDT
A. Travaux de bases
1. Extraire une balance générale sous Excel ;
2. S’assurer que la balance générale correspond à celle des comptes
arrêtés/audités. Contrôle du résultat et du total des capitaux propres ;
3. Contrôle de l’équilibre de la balance générale obtenue ;
B. Correspondance des comptes
1. Revue des comptes pour rattachement à des comptes PCG. Il s’agit ici de
rechercher la correspondance la plus pertinente d’un compte US Gaap avec un
compte PCG. A cet effet il peut s’avérer nécessaire de demander au comptable local
la nature des éléments comptabilisés dans un compte ou un schéma de
comptabilisation;
2. S’assurer que les comptes de bilan US Gaap sont rattachés à des comptes de
bilan en PCG et que les comptes de résultat US Gaap sont rattachés à des comptes
de résultats en PCG;
3. S’assurer que l’ensemble des comptes ont été rattaché. Les comptes non
rattachables car sans correspondances cohérentes en PCG et dont les montants
devront ensuite être reclassés doivent être positionnés en compte d’attente ;
4. S’assurer que le résultat de la balance générale d’après les comptes PCG est
identique à celle de la balance US Gaap (cf. A.2) ;
C. Conversion des comptes US Gaap aux normes françaises
1. Identifier si les ajustements avec impacts résultats des périodes précédentes ont
été comptabilisés dans le système comptable du client. Afin de réaliser ce contrôle il
est nécessaire de procéder à une réconciliation des capitaux propres ;
Dans le cas où les ajustements antérieurs n’ont pas été comptabilisés, il conviendra
de :
a. Les indiquer dans le tableau de passage de l’année en cours avec une
contrepartie en report à nouveau (en lieu et place de leur contrepartie en résultat) ;
b. Identifier les ajustements qui n’ont plus lieu de figurer au bilan de l’année en
cours et les extourner par le compte de résultat d’origine (sans impacter le report à
nouveau) ;
c. Contrôle de la correcte réconciliation des capitaux propres ;

144
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif
fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 10 : Programme de travail de conversion des comptes (suite)

Travaux (suite) Fait Réf


par, Le FDT
C. Conversion des comptes US Gaap aux normes françaises (suite)
2. Revue des principes comptables utilisés dans le cadre de la préparation des
comptes en US Gaap. Il conviendra dans ce cadre de s’intéresser plus
particulièrement aux nouvelles normes, et aux changements de normes intervenus au
cours de la période ;
3. Identification des différences entre les normes US Gaap et les normes
françaises applicables dans le groupe;
4. Calcul des différences de valeurs et mention dans le tableau de passage des
différences comptables (ajustements avec impact résultat et sans) ;
5. Documentation des ajustements comptabilisés
D. Contrôle et validation
1. Contrôle de l’équilibre de chaque ajustement comptabilisé ;
2. Contrôle du correct enchainement des charges et reprises de provisions,
dépréciations et amortissements avec les variations au bilan;
3. Contrôle final de la réconciliation des capitaux propres;
4. Contrôle de l’équilibre global de la balance générale française;
5. Supervision d’ensemble et contrôle des travaux menés.

145
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide
méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 11 : Modèle de tableau de passage des normes comptables du groupe aux normes comptables françaises
A B C D E F G H I J K
Ajustements N
Ajustement Ajustement
1 Account Number Account Description Comptes PCG Description Quickbooks N-2 N-1 a) Loyers b) Impôts différés c) Commissions Balance finale
2 1050-00-00-00-00 Cash 512000 Banque 4 501 842                    4 501 842
3 1100-00-00-00-00 Accounts Receivable 411000 Client 10 540 017                  10 540 017
4 1205-00-00-00-00 Prepaid Insurance 486000 CCA 183 034                       183 034
5 1430-00-00-00-00 Inventory 371000 Marchandises 2 457 452                    2 457 452
6 2202-00-00-00-00 Accd Commissions 408100 FNP Commissions (212 100)                      (212 100)
7 2215-00-00-00-00 Accrued Payroll 428100 CAP - Salaires (864 904)                      (864 904)
8 2216-00-00-00-00 Accd Vacation-General 428200 CAP - Vacances (90 564)                        (90 564)
9 2217-00-00-00-00 Deferred Rent-General 408199 Autres FNP (130 634) 52 000 30 000 48 634                               ‐
10 2400-00-00-00-00 Incomes taxes 444000 IS (900 000)                      (900 000)
11 2410-00-00-00-00 Deferred taxes 444100 Impôts différés 591 500 (591 500)                               ‐
12 3100-00-00-00-00 Paid in Capital 101300 Capital social (10 900 000)                 (10 900 000)
13 3200-00-00-00-00 Retained Earnings 110000 RAN (2 403 987) (52 000) (30 000) -                   (2 485 987)
14 4000-00-10-10-10 Gross Sales- DEF 707100 Ventes marchandises (8 083 141)                   (8 083 141)
15 4200-00-10-10-10 Returns- DEF 707110 Retour marchandises 36 301                         36 301
16 4800-00-10-10-10 PCOGS-DEF 607100 Achat marchandises 1 313 101                    1 313 101
17 5602-40-00-00-10 Line Fees 613200 Frais stockage 271 501                       271 501
18 5620-40-00-00-00 Freight Warehouse-LOG 624100 Frais transport 11 370                         11 370
19 6000-54-00-00-00 Salaries-HO 641000 Salaires 3 043 769 (450 000)                    2 593 769

20 7200-54-00-00-00 Professional fees 622600 Honoraires 197 028                       197 028


21 6400-54-00-00-00 Rent-HO 613200 Loyers 129 915 (48 634)                         81 281
22 9000-54-00-00-00 Taxes 695000 Impôts et taxes 308 500 591 500                       900 000
23 622200 Commissions s/ ventes -                    450 000                       450 000
24 Contrôle équilibre                      0                  ‐                  ‐                            ‐                            ‐                            ‐                                 0
Résultat net     (2 771 655)                  ‐                  ‐                    (48 634)                    591 500                            ‐               (2 228 789)

146
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
FEC Dans le cadre des vérifications de comptabilité engagées par l’administration In the scope of a tax audit incurred by the French Tax Authorities as from 1st
fiscale à compter du 1er janvier 2014, la loi de finances rectificative pour January 2014, the amended finance Act 2012 has made mandatory the
2012 a rendu obligatoire la présentation des documents comptables sur submission of accounting records in a dematerialized format for all taxpayers
support dématérialisé pour l’ensemble des contribuables tenant leur using IT systems to keep their accounts (Article L47 A-1 of the French Tax
comptabilité au moyen de systèmes informatisés (Article L47 A-1 du Livre Procedure Code - FTPC).
des Procédures Fiscales). As a result, for the years covered by an audit notice sent as from 1st January
Aussi, pour les exercices visés par un avis de vérification adressé après le 1er 2014:
janvier 2014 : '- For the Years ended as from 1st January 2013: the taxpayer must remit to
- Pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2013 : le contribuable doit the French Tax Authorities one single accounting entries file (FEC) per fiscal
remettre à l’administration le fichier des écritures comptables (FEC) unique year complying with the format requirements provided by Article L47 A-1 of
par exercice conforme au format prévu par l'article Article L47 A-1 du Livre the FTPC,
des Procédures Fiscales, '- For the Years ended before January 1, 2013 (opened to a tax audit): the
- Pour les exercices clos avant le 1er janvier 2013 (ouverts à contrôle fiscal) : taxpayer has the possibility to remit its accounting records on IT storage
le contribuable a la possibilité de présenter sa comptabilité sur support media along with a mapping between Group GAAP and French GAAP.
informatique accompagné d’un tableau de passage entre les normes In accordance with paragraph I of the article 47 A-1 of the FTPC, the FEC
comptables du groupe et les normes comptables françaises. must be remitted to the French Tax Authorities during the first meeting on
Conformément au paragraphe de l'article 47 A-1 du Livre des Procédures site.
Fiscales (LPF), le FEC doit être remis à l’administration lors de la première The data involved by this new requirement are the computerized entries of the

147
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
intervention sur place. Les données concernées sont les écritures general accounting. In principle, this means the general ledger, journal ledger
informatiques de la comptabilité générale. Il s’agit en principe du grand-livre, and inventories ledgers. However, the IT files containing the supporting
le livre journal et les journaux d’inventaires. En revanche, les fichiers documents (invoices, receipts etc.) are not involved by this measure. The
informatiques contenant les pièces justificatives (facturations, recettes, etc.) ne article L47 of the FTPC defines the format of the FEC as flat files or
sont pas concernés par cette mesure. L’article L47 du LPF définit le format du structured files encoded in XML. The data mentioned in the FEC must
FEC sous forme de fichiers à plat ou sous forme de fichiers structurés codés comply with the French nomenclature.
en XML. Les données figurant dans le FEC doivent obligatoirement respecter In the present case and as in the past, the group continues to prepare the
la nomenclature française. accounts which are the basis for the preparation of the annual tax returns of
Au cas présent et comme par le passé, le groupe continue de tenir les comptes the Company under _________ software under two charts of accounts (CoA):
servant de base à l’établissement de la liasse fiscale de la société sous le one CoA specific to the group and a second CoA complying with French
logiciel __________ selon deux plans de comptes : un plan comptable propre nomenclature. Thus, it is possible to automatically extract from the software a
au groupe et un deuxième plan comptable respectant la nomenclature trial balance and a general ledger according to the French CoA. However it is
française. Ainsi, il est possible d’extraire automatiquement du logiciel une not possible to extract the accounting data under the format required by the
balance générale et un grand livre selon le plan de comptes français. French Tax Authorities; moreover the description of the accounting entries is
Cependant il n’est pas possible d’extraire les données comptables selon le available in English.
format des fichiers requis par l’administration fiscale ; de plus la description Therefore, the accounting documents (general ledger, trial balance, etc.)
des écritures comptables est faite en anglais. extracted from the accounting software of ________ would not meet the
Ainsi, les éditions comptables (grand-livre général, balance générale,…) obligation to remit the FEC in a dematerialized format (Article L47 A-1 of the

148
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
extraites du logiciel comptable de CLIENT ne permettraient pas de satisfaire à FTPC). We recommend that ________ takes necessary actions to comply with
l’obligation de remise du FEC sur support dématérialisé (Article L47 A-1 du this new obligation.
Livre des Procédures Fiscales). Nous recommandons à CLIENT de prendre In addition, the accounting ledgers are not in accordance with the annual tax
les mesures nécessaires pour se conformer à cette nouvelle obligation. returns (to be adapted).
Par ailleurs, ces éditions comptables ne correspondent pas à la liasse fiscale (à As provided by article 1729 D of the French Tax Code (FTC), the failure to
adapter). submit the accounting records within the meaning of the article L47 A, I of
Selon l’article 1729 D du Code Général des Impôts, le défaut de présentation the FTPC, is subject to a fine of € 5 000, or in case of tax reassessment and if
de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l’article L47 A du LPF said amount is higher, to a 10% penalty on the amount claimed from the
est passible d’une amende de 5 000 euros ou, en cas de rectification et si le taxpayer. It applies since failure to comply with this obligation is noted by the
montant est plus élevé, d’une majoration de 10% des droits mis à la charge du French Tax Authorities. The failure to submit the FEC in a compliant format
contribuable. Elle s’applique dès lors que le manquement à cette obligation est could also be considered as an obstacle to tax audit, which could lead to a
constaté par l’administration. Le défaut de présentation du FEC dans un procedure of assessment "ex nihilo" (“taxation d’office”) and the application
format satisfaisant pourrait également être considéré comme une opposition à of 100% penalties.
contrôle fiscal, pouvant conduire à une procédure de taxation d’office et
l'application de pénalités de 100%.
Prix de Nous vous rappelons que [ou nous portons à votre connaissance que] depuis le We remind you that [or we draw your attention to the fact that] since January
Transfert / 1er janvier 2010, de nouvelles obligations en matière de documentation des 1, 2010, new transfer pricing documentation requirements apply in France
Rappel des prix de transfert sont applicables en France lorsqu’une société réalise un when a French company has at least a 400 million Euros turnover excluding

149
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
règles chiffre d’affaires hors taxes supérieur ou égal à 400 millions d’euros ou tax or in case its total gross assets is at least 400 million Euros, or if more than
générales lorsque son actif brut figurant au bilan est supérieur à 400 millions d’euros, ou half of its share capital or voting shares belonging directly or indirectly, at
si plus de la moitié de son capital social ou de ses droits de vote est détenu, à financial year end, to a corporate entity meeting the conditions outlined here
la clôture de l’exercice, directement ou indirectement, par une entité juridique above:
satisfaisant à l’une des conditions mentionnées ci-dessus: 1. Available, complete and contemporary documentation (article L13AA of
1. Documentation disponible, complète et contemporaine (article L13AA du the FTPC): The companies satisfying the above-mentioned thresholds must,
LPF) : Les sociétés remplissant les seuils indiqués ci-dessus doivent, pour les for financial years still open to tax audit, keep at the tax authorities' disposal, a
exercices ouverts à contrôle fiscal, tenir à la disposition de l'administration complete and contemporary documentation (documentation including
fiscale une documentation complète et contemporaine (documentation elements demonstrating that the transfer prices are in line with the arm’s
permettant de justifier le caractère de pleine concurrence des prix de transfert length principle at the time when they are set) allowing to justify the transfer
au moment où ceux-ci sont fixés) permettant de justifier la politique de prix de pricing policy applied to all transactions realized among related companies.
transfert appliquée dans le cadre de toutes les transactions réalisées avec des The 2014 finance bill provides that the transfer pricing documentation must
sociétés liées. La loi de finances pour 2014 stipule que la documentation sur include rulings issued by foreign tax administrations for related companies.
les prix de transfert doit comprendre les décisions opposables (« rulings ») Tax inspectors have a “zero tolerance” approach when the taxpayer is not in a
émises par les administrations fiscales étrangères à l’égard des entreprises position to provide appropriate documentation within 30 days following the
associées. Les Inspecteurs appliquent un principe de “Tolérance zéro” lorsque receipt of the formal notice to provide it. In order to avoid any risk, it is
le contribuable n’est pas en mesure de fournir une documentation conforme stressed that documentation must be available on the first day of the tax audit.
dans le délai de trente jours suivant la réception d’une mise en demeure. Afin Failure or shortfall in the documentation is punished by the application for

150
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
d’éviter tout risque sur le sujet, il est fortement recommandé que la each audited financial year, of penalties ranging from 10 000 € to the
documentation soit disponible au premier jour du contrôle fiscal. Le défaut ou following higher amounts: either 0.5% of the amount of the transactions
l’insuffisance de documentation est sanctionné par l’application, pour chaque which are covered by the relevant documentation (article 78 of the 2015
exercice vérifié, de pénalités allant de 10 000 € au plus élevé des montants finance law) or 5% of the profits transferred.
suivants : soit 0,5% du montant des transactions non couvertes par une 2. Abridged documentation (article 223 quinquies B of the FGTC): The
documentation appropriée (article 78 de la Loi de Finances pour 2015), soit companies satisfying the above-mentioned thresholds must, for financial years
5% des bénéfices transférés. for which the deadline for submission of the annual tax returns is after 8
2. Documentation allégée (article 223 quinquies B du CGI) : Les sociétés December 2013, provide within 6 months of the deadline to submit the annual
remplissant les seuils indiqués ci-dessus doivent, pour les exercices dont la tax returns, an abridged transfer pricing documentation covering their transfer
date de dépôt de la liasse fiscale annuelle arrive à échéance à compter du 8 pricing policy (return n° 2257). Failure to provide this return is punished by a
décembre 2013, transmettre dans les 6 mois de la date limite de dépôt de leur € 150 fine. Except “force majeure” cases, the omissions or inaccuracies
liasse fiscale une documentation allégée relative à leur politique de prix de recorded in the supporting documentation will lead to the application of a fine
transfert (déclaration n°2257). Le défaut de production de cette déclaration est of € 15 per omission or inaccuracy, while the total of the fines applicable to
sanctionné par une amende de 150 €. Sauf cas de force majeure, les omissions the documents to be produced at the same time cannot be less than € 60 or
ou inexactitudes constatées dans cette déclaration sont sanctionnés par higher than € 10 000.
l’application d’une amende de 15 € par omission ou inexactitude, sans que le
total des amendes applicables aux documents devant être produits In the present case:
simultanément puisse être inférieur à 60 € ni supérieur à 10 000 €.

151
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
Case nr.1 (seuils < 400M€): We understand that the thresholds provided by
Au cas présent : Article L13AA of the FTPC are not reached, therefore the requirements with
respect to the transfer pricing documentation and return do not apply to
Cas n°1 (seuils < 400M€): Nous comprenons que les seuils prévus par CLIENT. Nevertheless, CLIENT must be in a position in any case, in case of
l'article L13AA du LPF ne sont pas atteints au cas présent de sorte que les a tax audit, to evidence, based on a proper documentation that the intragroup
obligations documentaires et déclaratives indiquées ci-dessus ne s'appliquent à operations involving the French Company comply with the arm's length
CLIENT. Néanmoins, CLIENT reste tenu en cas de contrôle fiscal, de justifier principles, pursuant to Article 57 of the FTC.
à l'aide d'une documentation appropriée que les transactions intragroupes dans
lesquelles la Société est impliquée ont été réalisées conformément aux Case nr.2 (seuils >400M€): We understand that the thresholds provided by
principes de pleine concurrence, en application de l'article 57 du CGI. Article L13AA of the FTPC are reached, therefore CLIENT must comply
with the requirements with respect to the transfer pricing documentation and
Cas n°2 (seuils >400M€): Nous comprenons que les seuils prévus par l'article return . In case of a tax audit, CLIENT must be able to present to the tax
L13AA du LPF sont atteints au cas présent de sorte que CLIENT est soumis authorities in addition to a complete and contemporary transfer pricing
aux obligations documentaires et déclaratives indiquées ci-dessus. Ainsi et en documentation, the contracts concluded with other entities in the group.
cas de contrôle fiscal, CLIENT devra être en mesure de présenter à CLIENT needs as well to file annually a nr.2257 transfer pricing return.
l’administration outre une documentation prix de transfert complète et
contemporaine mais également les contrats conclus avec les autres entités du In case of absence or shortfall of documentation justifying the transfer pricing
groupe. CLIENT doit en outre souscrire annuellement une déclaration n°2257 policy applied within the group, the French tax authorities could adjust the

152
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
en matière de prix de transfert. French company's taxable results derived from the alledged non arm's length
transactions which would result in an additional corporate tax, a 3% tax on
En l'absence ou en cas d'insuffisance de documents justifiant la politique de dividends, withholding taxes (subject to the applicable tax treaty provisions),
prix de transfert appliquée au sein du groupe, l’administration fiscale pourrait CVAE together with penalties and late payment interests at a 0.4% monthly
rectifier le résultat imposable de la société française _________ au titre des rate) and potentially additional employee profit sharing reserve (together with
transactions considérées comme n'étant pas conclues à des conditions de late payment interests).
pleine concurrence, ce qui générerait des suppléments d'IS, de taxe de 3% sur The penalties rate could be increased to 40% in case of deliberate failure to
les dividendes, de retenues à la source (sous réserve des dispositions de submit the documents.
conventions fiscales applicables), de CVAE (assortis de pénalités et d'intérêts
de retard au taux de 0,4% par mois) et éventuellement un supplément de
participation des salariés au résultat de l'entreprise (assorti d'intérêts de
retard).
Le taux des pénalités pourrait être porté à 40% en cas de manquements
délibérés.

Réconciliation La réconciliation entre le chiffre d’affaires mentionné sur les déclarations de We have not been provided with the reconciliation of the turnover mentioned
de TVA / TVA et celui comptabilisé en compte de résultat au titre de l’exercice clos le in the VAT returns and the one recorded in the profit and loss accounts for the
chiffre YE ne nous a pas été fournie. Ainsi nous n’avons pas été en mesure de vérifier year end ____________. Consequently, we were not in a position to confirm

153
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
d'afffaires que l’ensemble des opérations imposables et non imposables ont correctement that all taxable transactions and non taxable transactions have been correctly
été déclarées sur les déclarations de TVA. En cas d’insuffisance de declared on VAT returns. In case of under declaration of taxable transactions,
déclaration des opérations imposables sur les déclarations de TVA, la société the company might be liable to penalties up to 10% (late filing and payment
pourrait encourir, outre des rappels de TVA, des pénalités à hauteur de 10 % - Article 1728 of the FGTC) and late interests at the 0,40% monthly rate. At
(déclaration et paiement tardif - article 1728 du CGI) , avec application contrary, a lower turnover with respect to the one recorded for VAT purposes
d’intérêts de retard au taux de 0,40% par mois. Au contraire, une insuffisance could involve adjustments for CIT purposes (together with late payment
de chiffre d'affaires comptabilisé par rapport à celui déclaré en matière de interests at the 0,40% monthly rate).
TVA pourrait entraîner des rectifications en matière d'IS (assorties d'intérêts The penalty rate could be increased to 40% in case of deliberate failure.
de retard au taux de 0,4% par mois).
Le taux des pénalités pourrait être porté à 40% en cas de manquements
délibérés.

Provisions CLIENT a constaté au bilan de l'exercice clos le _______ les provisions CLIENT has recorded for the year end _____ the following provisions at
suivantes: balance sheet level:
'- provision pour dépréciation des comptes clients pour un montant de - provision for depreciation of clients receivables in the amount of ___ ,
_______, considérée comme [non] déductible fiscalement treated as non tax-deductible
'- provision pour dépréciation de stock pour un montant de_______, - provision for depreciation of inventory in the amount of ____, treated as
considérée comme [non] déductible fiscalement non-tax-deductible,

154
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
'- [etc] - etc
Nous vous rappelons que sur le plan fiscal, la déduction fiscale des provisions We remind you that from a French tax standpoint, a provision is tax
est subordonnée au respect des conditions suivantes (Article 39-1, 5° du CGI): deductible only if the following conditions are met (article 39-1-5° of the
- La provision doit être destinée à faire face à une perte ou à une charge FGTC):
déductible ; - The provision must be recorded to cover a deductible loss or charge;
- La perte ou la charge doit être nettement précisée. Non seulement la nature - The nature of the loss or charge must be detailed. The nature of the charge
de la charge doit être précise mais le montant de la charge doit pouvoir must not only be precise but the amount of the charge must also be estimated
également être évalué avec une approximation suffisante ; with sufficient approximation;
- La perte ou la charge doit être probable ; - The loss or charge must be probable;
- La probabilité de la perte ou de la charge doit résulter d’évènements en - The probability of the loss or charge must result from currents events.
cours. We also draw your attention to a recent case law from the Highest Tax Court.
Nous attirons également votre attention sur une jurisprudence récente du By a decision “SAS Foncière du Rond Point” of December 23, 2013, the
Conseil d’Etat. Par une décision « SAS Foncière du Rond Point » en date du Highest Tax Court has decided that when a provision is recorded, it must also
23 décembre 2013, le Conseil d'Etat a considéré que lorsqu’une provision a be deducted for tax purposes, unless rules from the tax law decide otherwise.
été comptabilisée, elle doit nécessairement être déduite fiscalement, sauf si les Then since recording a provision satisfies the condition allowing a tax
règles propres au droit fiscal y font obstacle. Ainsi, dès lors que la constitution deduction in the meaning of article 39-1, 5° of the FGTC, and that no legal
d’une provision répond aux conditions de déduction fiscale de l’article 39-1, provision forbids its deduction from the taxable result, this provision had to be
5° du CGI, et qu’aucune disposition légale n’interdit sa déduction, cette deducted for tax purposes. As a consequent subsequent reversal of this

155
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
dotation doit obligatoirement être déduite fiscalement. En conséquence, la provision must be taxable and included in the taxable result of the company.
reprise subséquente d’une telle provision doit être taxée et donc comprise dans Therefore,
le résultat fiscal de l’entreprise. - concerning the provisions treated as non tax deductible: The CLIENT must
Par conséquent: gather, the documentation justifying the non-tax-deductible character of these
'- S'agissant des provisions considérées comme non déductibles fiscalement: Il provisions in compliance with above-mentioned case law
appartient à CLIENT de réunir, au vu de la jurisprudence précitée, la - concerning the tax-deductible provisions: The CLIENT must document the
documentation justifiant le caractère non déductible de ces provisions purpose and method of determintaion of these provisions. In this respect, in
'- S'agissant des provisions considérées comme déductibles fiscalement: Il the absence of a documentation put at our disposal and with your agreement,
appartient à CLIENT de documenter l'objet et la méthode de détermination de the allocations to the provisions for depreciation of the clients receivables for
ces provisions. A cet égard, faute de documentation mise à notre disposition et said financial year have been fully tax reinstated in the amount of € ____
conformément à votre accord, la dotation aux provisions pour dépréciation des
comptes clients au titre dudit exercice a été intégralement réintégrée
fiscalement à hauteur de __________.

156
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
FEC Les succursales françaises d’entreprises étrangères ne sont pas soumises à The French branch of foreign companies are not subject to the obligation of
(succursale) l’obligation d’établissement de comptes annuels posée par le code de issuing annual statutory accounts as per “Code de Commerce”.
commerce. However, a foreign company which registers a French branch is liable to
Toutefois, il est rappelé qu’une société étrangère qui crée une succursale en corporate income tax based on profits realized on by enterprises operated in
France est redevable de l’impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés France in compliance with the I of the article 209 of the “CGI” (Code Général
dans les entreprises exploitées en France conformément au I de l’article 209 des Impôts – French tax code). As such, it has the obligation to subscribe an
du CGI. Elle est donc tenue à ce titre de souscrire une déclaration de résultats annual tax return and submit to the French tax authorities (FTA), upon
et de présenter à l’administration fiscale, sur demande de celle-ci, tous les request, all accounting documents and documentary evidence, in compliance
documents comptables et justificatifs à l’appui des résultats déclarés, with the article 53 A of the CGI (“French Tax Code”) and article 54 of the
conformément à l’article 53 A du CGI et à l’article 54 du CGI. CGI (“French Tax Code”).
Ainsi, en cas de vérification de comptabilité engagées par l’administration Thus, in case of a tax audit by the Tax Authorities started as from
fiscale à compter du 1er janvier 2014, les établissements permanents français January 1, 2014, French permanent establishments of foreign companies,
d’entreprises étrangères sont tenus, lorsqu’ils tiennent leur comptabilité au when keeping accounting books by means of electronic systems, have to
moyen de systèmes informatisés, de remettre une copie des fichiers des provide a copy of the accounting entries files under a form in compliance with
écritures comptables sous forme dématérialisée conforme aux dispositions de the article A. 47 A-1 of the “Livre des Procédures Fiscales”. In accordance
l’article A. 47 A-1 du Livre des Procédures Fiscales. Conformément à cet with said article, in case of tax audit, FEC file must be remitted in hand to the
article, en cas de contrôle fiscal, le FEC doit être remis à l’administration lors tax inspector during the first meeting on site.
de la première intervention sur place. However, the compliance of said electronic files with the French Chart of

157
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
Toutefois, la conformité de la copie de ces fichiers des écritures comptables à Accounts is not requested, in particular for the account number and account
la nomenclature du Plan Comptable Général (PCG) n’est pas exigée, en description (BOI-CF-IOR-60-40-20 at III § 130 à 150 and at BOI-CF-IOR-60-
particulier le numéro et le libellé de compte (BOI-CF-IOR-60-40-20 au III § 40-20 at V § 350).
130 à 150 et au BOI-CF-IOR-60-40-20 au V § 350). In the framework of a tax audit, the French branches of foreign companies can
Dans le cadre du bon déroulement du contrôle, les succursales françaises submit to the tax inspector a mapping table with French GAAP. They can also
d’entreprises étrangères peuvent remettre au service vérificateur une table de choose to submit to the FTA a copy of the accounting entries files after
correspondance avec les normes comptables françaises. Elles peuvent conversion into French GAAP.
également choisir de remettre à l’administration une copie des fichiers de In any case, in application of the last paragraph of article 54 of the CGI
leurs écritures comptables après avoir converti ces dernières aux normes (“French General Tax Code”), when the books are kept in a foreign language,
comptables françaises. the accounting entries file will have to be submitted in French in case of a tax
Dans tous les cas, en application du dernier alinéa de l’article 54 du CGI, audit.
lorsque la comptabilité est tenue en langue étrangère, le fichier des écritures
comptables devra être présenté en langue française lors d’un contrôle. In the present case: we have noted that in case of tax audit, the submission of
Au cas présent : Nous avons constaté qu'en cas de contrôle fiscal, la remise a copy of the accounting file under the dematerialized format extracted from
d’une copie des fichiers des écritures comptables sous forme dématérialisée the ________ software would not allow to satisfy the obligation of
extraites du logiciel ___________ ne permettrait pas de répondre de manière submission of the files under the dematerialized format in compliance with
complète à l’obligation de dépôt des fichiers sous format dématérialisé the law. We recommend that CLIENT takes the necessary actions to comply
conformément à la loi. Nous recommandons à CLIENT de prendre les with this new obligation.

158
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
mesures nécessaires pour se conformer à cette nouvelle obligation. In addition, the accounting ledgers are not in accordance with the annual tax
Par ailleurs, ces éditions comptables ne correspondent pas à la liasse fiscale (à returns (to be adapted).
adapter). Indeed, as provided by article 1729 D of the French Tax Code (FTC), the
En effet, selon l’article 1729 D du Code Général des Impôts, le défaut de failure to submit the accounting records within the meaning of the article L47
présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l’article A, I of the FTPC, is subject to a fine of € 5 000, or in case of tax
L47 A du LPF est passible d’une amende de 5 000 euros ou, en cas de reassessment and if said amount is higher, to a 10% penalty on the amount
rectification et si le montant est plus élevé, d’une majoration de 10% des claimed from the taxpayer. It applies since failure to comply with this
droits mis à la charge du contribuable. Le défaut de présentation du FEC dans obligation is noted by the French Tax Authorities. The failure to submit the
un format satisfaisant pourrait également être considéré comme une FEC in a compliant format could also be considered as an obstacle to tax
opposition à contrôle fiscal pouvant conduire à une procédure de taxation audit, which could lead to a procedure of assessment "ex nihilo" (“taxation
d’office et à l'application de pénalités de 100%. d’office”) and the application of 100% penalties.
Non- Nous vous rappelons (informons) que la société est tenue d’établir ses We remind you (inform you) that a Corporate entity is subject to the
conformité de comptes annuels conformément au PCG 99 et en conformité avec les preparation of its annual financial statements as per PCG 99, and in
règles dispositions du Code de Commerce (articles L123-12 à L123-18) et des conformity with the French Commercial Code (articles L123-12 to L123-18)
comptables règlements du Comité de la Réglementation Comptable (CRC), (nouvellement and with regulations issued by the Comité de la Réglementation Comptable
règlement ANC 2014-03). (CRC) (newly ANC 2014-03).
Cas 1 : Dans le cadre de la compilation des comptes annuels nous avons mis
en évidence l’utilisation des règles et méthodes comptables suivantes qui sans Cas 1: In the framework of the compilation of the annual financial statements,

159
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 12 : Modèles d’observations en français et en anglais
Thème Version française Version anglaise
remettre en cause la régularité, la sincérité, et l’image fidèle du patrimoine, we identified the use of accounting methods that, without impairing the
de la situation financière et du résultat de votre entité, ne sont pas conforme regularity, sincerity and fair image of the Company’s assets, financial
aux règles précitées : [lister les règles en question avec impact le cas échéant] situation and result, are not compliant with regulation stated above : [lister les
Cas 2171 : Dans le cadre de la compilation des comptes annuels nous avons règles en question avec impact le cas échéant]
mis en évidence l’utilisation des règles et méthodes comptables suivantes qui
remettent en cause la régularité, la sincérité, et l’image fidèle du patrimoine, Cas 2: In the framework of the compilation of the annual financial statements,
de la situation financière et du résultat de votre entité : [lister les règles en we identified the use of accounting methods that, impair the regularity,
question avec impact le cas échéant]. sincerity and fair image of the Company’s assets, financial situation and
Nous vous rappelons (informons), que conformément aux dispositions du result: [lister les règles en question avec impact le cas échéant]
Code de Commerce, est sanctionné d'un emprisonnement de cinq ans et d'une
amende de 500 000 euros le fait pour les gérants, le président, les
administrateurs ou les directeurs généraux de société de publier ou présenter We remind you (inform you), that as per the French Commercial Code, is
aux associés ou actionnaires, même en l'absence de toute distribution de punished by an imprisonment of five years and a 500 000 euros fine, the fact
dividendes, des comptes annuels ne donnant pas, pour chaque exercice, une for a legal representative to publish/present to shareholders, even without
image fidèle du résultat des opérations de l'exercice, de la situation financière distribution of dividends, annual financial statements that do not provide, for
et du patrimoine. each year end, a fair and fair image of the Company’s assets, financial
situation and result.

                                                            
171
Ce deuxième cas extrême doit conduire l’expert-comptable à s’interroger, voire à remettre en cause la continuité de sa mission avec l’entité cliente.

160
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap
# Nature FR Gaap US Gaap
Règles et méthodes comptables
0 Bases de - Les comptes sont établis selon un principe général de continuité - Les comptes sont établis selon le principe de continuité d’exploitation à moins
préparation d’exploitation, à moins que la direction entend ou n’a pas d’autres que la liquidation soit imminente.
des états solutions que de liquider l’entité ou d’arrêter l’activité.
financiers
1 Règles et - Sauf dans le cas où une règle comptable le prévoit expressément, les - L’application homogène des règles et méthodes comptables à des éléments de
méthodes règles et méthodes comptables adoptées par une entité sont appliquées de natures similaires n’est pas requise.
comptables manière homogène à tous les éléments similaires.
2 Correction - Impact comptabilisé en résultat de la période, sauf exceptions. Application rétrospective avec retraitement des montants comparatifs de la ou
d’erreur - Pas de retraitement des périodes antérieures présentées. des périodes antérieures présentées au cours desquelles l'erreur est intervenue.
3 Changement - Impact calculé de manière rétrospective et comptabilisé au sein des - Impact calculé de manière rétrospective et comptabilisé au sein des capitaux
de méthode capitaux propres à l'ouverture de l'exercice. propres à l'ouverture de l'exercice de la période la plus ancienne présentée en
comptable Exception : possibilité de comptabiliser l'impact en résultat de la période comparatif ;
172
si justifié pour des raisons fiscales .- Pas de retraitement des périodes - Retraitement de toutes les périodes antérieures présentées et établissement d'un
antérieures présentées. état de situation financière à l'ouverture de l'exercice le plus récent présenté en
comparatif.
Aucune exception possible à cette règle.

                                                            
172
Divergence spécifique aux comptes individuels. Non applicable dans les comptes consolidés.

161
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Etats financiers
4 Bilan Pas de classement obligatoire en éléments courants et non courants. Classement obligatoire des actifs et passifs dans l'état de situation financière
(bilan) en éléments courants et non courants, sauf lorsqu'une présentation en
fonction de la liquidité apporte des informations fiables et plus pertinentes.
5 Compte de - Pas de notion d'« other comprehensive income » (OCI). - Présentation des autres éléments du résultat global (« other comprehensive
résultat et du - Comptabilisation d'éléments en capitaux propres limitée aux seuls income »/ OCI) : - dans le même état que le compte de résultat (état unique du
résultat global changements de méthode et corrections d'erreurs selon les situations. résultat global) ; - ou dans un état distinct, présenté juste après l'état détaillant
les composantes du résultat.
6 Présentation du Obligation de présenter les charges au sein du compte de résultat par Possibilité de présenter les charges comptabilisées au sein du compte de
résultat global nature. résultat soit par nature soit par fonction. Aucune obligation spécifique.
7 Résultat Résultat exceptionnel pouvant inclure notamment : La présentation de certains éléments en résultat exceptionnel est permise
exceptionnel - certaines plus ou moins-values de cession d'actifs non courants, seulement si des critères précis sont réunis. En pratique ceci est rare, car
corporels ou incorporels ; lesdits éléments doivent être à la fois inhabituel dans leur nature et rare dans
- certaines dépréciations d'actifs non courants, corporels ou leur fréquence.
incorporels ;
- les provisions et charges de restructuration.

162
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Etats financiers
8 Informations en Informations moins développées qu'en US Gaap. Existence de -
annexe modèles simplifiés pour les petites entreprises et certaines
informations parfois non requises sous certains seuils.
9 Coûts d’emprunt Deux méthodes de comptabilisation possibles, aucune ne constituant Activation obligatoire de ces coûts par incorporation dans le coût d'entrée des
une méthode préférentielle: actifs éligibles.
- en charge de la période au cours de laquelle ils ont couru ;
- à l'actif par incorporation au coût de l'actif concerné.
Immobilisations corporelles/contrats de crédit-bail/locations
10 Frais Deux méthodes de comptabilisation possibles, aucune ne constituant Activation obligatoire et comptabilisation dans le coût d'entrée des
d'acquisition une méthode préférentielle : immobilisations.
d'immobilisations - en charge de la période au cours de laquelle ils sont encourus173 ; Les frais de remise en état (pour des raisons environnementales) ne sont pas
- à l'actif par incorporation dans le coût d'entrée de l'immobilisation. des dépenses pouvant faire l’objet d’activation

                                                            
173
Divergence spécifique aux comptes individuels. Non applicable dans les comptes consolidés

163
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Immobilisations corporelles/contrats de crédit-bail/locations
11 Dépenses de Deux méthodes de comptabilisation possibles, aucune ne constituant Les dépenses de révision périodique ou de gros entretien auxquelles il est
gros entretien une méthode préférentielle: - constitution d'une provision pour gros possible de se soustraire ne peuvent donner lieu à provision.
et grosses entretien et grosses réparations anticipant les dépenses à venir qui
réparations seront, selon cette méthode, comptabilisées en charges; -
comptabilisation selon l'approche par composants.
12 Amortissements Possibilité de comptabiliser des amortissements dérogatoires (en sus des Obligation d'amortir les actifs sur leur durée d'utilisation (durée d'utilité). Le
dérogatoires amortissements économiques) au titre de la différence entre la durée mode d'amortissement dégressif est autorisé uniquement si ce mode reflète le
174
d'utilisation et la durée d'amortissement fiscalement admise . mieux le rythme attendu de consommation des avantages économiques futurs
représentatifs de l'actif.
13 Réévaluation Autorisation de réévaluer de façon ponctuelle à condition que cette La réévaluation est un choix de principe comptable, qui s'opère par catégorie
des réévaluation porte sur l'ensemble des immobilisations corporelles (et d'immobilisation corporelle de manière permanente.
immobilisations des immobilisations financières). En cas de plus-value latente, comptabilisation de l'écart de réévaluation positif
corporelles au sein des autres éléments du résultat global (OCI).
L'écart de réévaluation est comptabilisé, en présence de plus-values En cas de moins-value latente, comptabilisation de l'écart de réévaluation
latentes uniquement, dans un compte spécifique de capitaux propres. négatif en résultat net de la période, après imputation préalable sur l'écart de
Une dépréciation est à constater en cas de moins-value latente. réévaluation créditeur pour ce même actif.

                                                            
174
Divergence spécifique aux comptes individuels. Non applicable dans les comptes consolidés

164
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Immobilisations corporelles/contrats de crédit-bail/locations
14 Location- Dans les comptes individuels, interdiction de comptabiliser à l'actif du Retraitement obligatoire au bilan des contrats de location-financement (y
financement bilan les contrats de location-financement (comptabilisation comme un compris lors d'un regroupement d'entreprises) : - chez le preneur : par
contrat de location simple). constatation d'une immobilisation et d'une dette financière correspondant à
Dans les comptes consolidés, le retraitement des contrats de location- l'obligation de payer les loyers futurs ; - chez le bailleur : comme une « vente »
financement constitue la méthode préférentielle mais n'est pas à crédit, par décomptabilisation de l'immobilisation louée et par constatation
obligatoire. Ce retraitement est identique à celui à effectuer en IFRS. d'une créance pour un montant égal à son investissement net dans le contrat de
location.
Immobilisations corporelles/contrats de crédit-bail/locations (suite)
15 Location En général, enregistrement des loyers selon les échéances contractuelles Obligation de linéariser la charge de location estimée.
simple (même en cas de franchise) mais possibilité de linéariser des loyers sur
la durée du contrat.
Immeubles de placement
16 Evaluation des Seul le modèle du coût est autorisé pour valoriser les immeubles de Seul le modèle du coût est autorisé pour valoriser les immeubles de placement,
immeubles de placement, lesquels ne sont en outre pas distingués séparément des lesquels ne sont en outre pas distingués séparément des immobilisations
placement au immobilisations corporelles au bilan. Sur les possibilités de corporelles au bilan. Sur les possibilités de réévaluation, voir divergence ci-
bilan réévaluation, voir divergence ci-avant. avant.

165
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Immobilisations incorporelles
17 Frais de Deux méthodes de comptabilisation possibles : Comptabilisation en charges obligatoire. Excepté dans les cas de projet R&D
développement - en immobilisations incorporelles (méthode préférentielle) ; acquis dans le cadre de restructuration, des publicités à réponses directes, des
- en charges de la période au cours de laquelle ils sont encourus. logiciels développés pour un usage interne ou pour une commercialisation à
des clients externes, ou encore les coûts de développement de productions
audiovisuelles.
18 Frais Deux méthodes de comptabilisation possibles : Obligatoirement en charges de la période au cours de laquelle ils sont
d'établissement - en charges de la période au cours de laquelle ils sont encourus encourus.
(frais de (méthode préférentielle) ;
constitution, de - en immobilisations incorporelles.
transformation
ou de premier
établissement)

166
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Immobilisations incorporelles
19 Frais Trois méthodes de comptabilisation possibles : Imputés sur le montant des primes d'émission et de fusion de la société mère
d'augmentation - imputés sur le montant des primes d'émission et de fusion (méthode ou en déduction des capitaux propres consolidés pour les autres sociétés du
de capital, de préférentielle) ; groupe.
175
fusion, de - en charges de la période au cours de laquelle ils sont encourus ;
scission, - en immobilisations incorporelles176.
d'apport
20 Réévaluation des Impossible. Impossible.
immobilisations
incorporelles

                                                            
175
Divergence spécifique aux comptes individuels. Non applicable dans les comptes consolidés
176
Divergence spécifique aux comptes individuels. Non applicable dans les comptes consolidés

167
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Dépréciation des immobilisations
21 Méthodologie de La valeur d'usage servant de base aux dépréciations est définie comme La valeur d'utilité se calcule selon des règles précises qui définissent les flux
dépréciation des devant être calculée sur la base des flux futurs de trésorerie sans plus de futurs de trésorerie :
immobilisations précision. Il peut en résulter des dépréciations moins systématiques et - les actifs sont regroupés par unités génératrices de trésorerie selon des
en général moins élevées qu'en IFRS, compte tenu des dispositions modalités précises (regroupement des actifs, affectation de la perte de valeur
d'IAS 36. aux actifs de l'UGT, etc.)
- affectation obligatoire du goodwill aux unités génératrices de trésorerie pour
les besoins des tests de dépréciation avec possibilité de regroupements d'UGT
selon le niveau de suivi du goodwill pour les besoins du reporting interne.
Impôts différés
22 Comptabilisation Dans les comptes individuels, non prévue par les règles françaises mais Obligatoire
d'impôts différés possible en pratique. Dans les comptes consolidés, obligatoire.
Provisions pour risques et charges
23 Actualisation Possible lorsque l'effet de la valeur temps de l'argent est significatif Obligatoire lorsque l'effet de la valeur temps de l'argent est significatif.
mais non obligatoire.

168
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Avantages du personnel
24 Engagements Provision possible des engagements de retraite (méthode préférentielle) Obligation de provisionner en totalité ces engagements de retraites et
de retraites et mais non obligatoire. Obligation de fournir une évaluation des engagements assimilés.
avantages engagements dans l'annexe lorsqu'ils ne sont pas provisionnés.
similaires
25 Méthode L'utilisation d'une méthode d'évaluation rétrospective actuarielle, en Obligation d'utiliser une méthode d'évaluation rétrospective actuarielle, en
d'évaluation l'occurrence la méthode des unités de crédit projetées, avec salaire de fin l'occurrence la méthode des unités de crédit projetées, avec salaire de fin de
des de carrière (identique à l'évaluation en IFRS) est recommandée mais non carrière.
engagements obligatoire.
26 Ecarts Deux méthodes de comptabilisation possibles : Comptabilisation obligatoire en autres éléments du résultat global (OCI).
actuariels - comptabilisation immédiate et en totalité en résultat de la période au
cours de laquelle ils sont générés ;
- comptabilisation étalée en résultat selon la méthode du corridor (ou
toute autre méthode permettant de comptabiliser plus rapidement en
résultat les écarts actuariels générés).
27 Coût des Deux méthodes de comptabilisation possibles : - en résultat de manière Comptabilisation obligatoire en résultat immédiatement.
services étalée ; - ou immédiatement en résultat.
passés

169
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Capitaux propres
28 Autres fonds Existence d'une rubrique intermédiaire « autres fonds propres » entre Absence de rubrique intermédiaire entre dettes et capitaux propres.
propres dettes et capitaux propres, qui permet de classer certains instruments
financiers (titres participatifs, ORA classiques, TSDI non reconditionnés,
etc.).
29 Dettes Définition juridique des dettes et des capitaux propres. Définition en substance des dettes et des capitaux propres (obligation de classer
financières / Les instruments financiers composés sont intégralement comptabilisés les instruments conformément à des critères précisément définis en US Gaap,
Capitaux soit en dettes soit en « autres fonds propres ». selon les caractéristiques des instruments).
propres Les dérivés incorporés des instruments financiers hybrides ne sont pas Obligation de comptabiliser séparément la composante « dette » de la
comptabilisés séparément de l'instrument hôte. composante « capitaux propres » des instruments composés.
Obligation d'analyser les instruments financiers hybrides et d'enregistrer
séparément l'instrument hôte et le dérivé incorporé.

170
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Instruments financiers
30 Evaluation initiale Pour toutes les catégories de titres définies par le PCG (titres de Selon leur classification, les titres sont évalués comme suit :
et en date de clôture participation non consolidés, titres immobilisés de l'activité de - actifs évalués en juste valeur en contrepartie du résultat : à la juste valeur
des actifs portefeuille, autres titres immobilisés et valeurs mobilières de avec comptabilisation des variations de juste valeur en résultat (plus et
financiers placement), seules les moins-values affectent le résultat de l'exercice moins-values latentes) ; - actifs disponibles à la vente : à la juste valeur avec
et doivent être comptabilisées sous forme d'une dépréciation au comptabilisation des variations de juste valeur (plus et moins-values latentes)
compte de résultat. en « other comprehensive income » (OCI) jusqu'à la date de sortie ou de
Aucune compensation n'est, en principe, pratiquée avec les plus- dépréciation. Les dépréciations sont comptabilisées en résultat ; - actifs
values des titres en hausse, mais des exceptions peuvent concerner détenus jusqu'à l'échéance et prêts et créances : comptabilisation au coût
certaines catégories de titres (notamment les autres titres immobilisés amorti et comptabilisation d'une dépréciation en résultat si l'actif est identifié
et valeurs mobilières de placement). comme étant déprécié.
Au coût amorti, sur la base de l'échéancier contractuel. A la juste valeur.
Evaluation des Au coût amorti pendant toute la durée du contrat, sur la base de Après la comptabilisation initiale, évaluation de tous les passifs financiers au
31 passifs financiers : l'échéancier contractuel. coût amorti en utilisant la méthode du TIE « taux d'intérêt effectif »
initiale/ ultérieur (indépendamment du plan d'amortissement), sauf : - les passifs financiers à la
juste valeur par résultat sur option ; - et d'autres exceptions.
32 Intérêts liés En charges de la période conformément au plan d'amortissement Etalés sur la durée de vie de l'instrument selon la méthode du taux d’intérêt
contractuel. effectif.

171
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Instruments financiers
33 Frais d'émission Deux méthodes de comptabilisation possibles : Etalés sur la durée de vie de l'instrument selon la méthode du TIE et
d'emprunt - soit inscrits à l'actif et répartis sur la durée de l'emprunt (méthode directement déduits de la juste valeur initiale de la dette, si la dette est
préférentielle) ; évaluée au coût amorti.
- soit maintenus en charges pour la totalité dans l'exercice où ils sont Enregistrés immédiatement en résultat, si la dette est évaluée à la juste valeur
exposés. par résultat.
34 Décomptabilisation Sortie du bilan si transfert juridique de propriété (par exemple via Sortie en fonction de critères précis (incluant le transfert de la quasi-totalité
une cession Dailly) sans nécessité d'une analyse du transfert des des risques et avantages). La sortie ne se fait donc pas en fonction du seul
risques et avantages. transfert de la propriété juridique de l'instrument.
Dans certaines situations, le cédant maintient au bilan les actifs transférés à
hauteur de son implication (« continuing involvement »).
35 Gains latents de Interdiction de les comptabiliser en résultat dans les comptes Comptabilisation obligatoire en résultat.
change individuels.
Dans les comptes consolidés, la comptabilisation en résultat constitue
la méthode préférentielle.
36 Actualisation Possible lorsque l'effet temps est significatif mais non obligatoire. Obligatoire lorsque l'effet temps est significatif.
37 Dérivés et dérivés Engagement hors bilan. Comptabilisation au bilan à la juste valeur.
incorporés

172
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Instruments financiers
38 Variations de - Provision en cas de moins-value latente. Intégralité des variations de juste valeur en résultat.
juste valeur - En général, pas de comptabilisation des plus-values latentes en
résultat sauf lorsque l'instrument financier est négocié sur un marché
organisé.
Comptabilité de couverture
39 Documentation - Documentation plus succincte qu'en US Gaap, qui doit être suffisante - Documentation à fournir plus complète qu'en règles françaises. - Degré
et d'efficacité pour démontrer la réduction du risque de variation de valeur affectant d'efficacité attendu suffisant pour justifier la qualification en instrument de
de la l'élément couvert. - Pas de degré d'efficacité minimal requis. couverture (80 % à 125 %).
couverture
40 Couvertures de L'élément de couverture n'est généralement pas comptabilisé, il s'agit L'élément couvert et l'instrument de couverture sont comptabilisés à leur juste
juste valeur : d'un engagement hors bilan. valeur.
- risque de taux L'élément couvert continue à être comptabilisé selon les règles qui lui Les variations de juste valeur de l'élément couvert et de l'instrument de
d'intérêt fixe sont propres (avec prise en compte le cas échéant de la couverture pour couverture sont entièrement comptabilisées en résultat. Elles se compensent en
d'un déterminer les dépréciations correspondantes). résultat pour la part efficace de la couverture.
instrument Les variations de valeur sont différées et comptabilisées en résultat en
financier même temps que l'élément couvert.
comptabilisé ;

173
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Comptabilité de couverture
41 Couvertures de L'élément de couverture n'est généralement pas comptabilisé, il s'agit L'élément couvert ne fait l'objet d'aucune écriture comptable spécifique à la
flux de d'un engagement hors bilan. couverture.
trésorerie : L'élément couvert continue à être comptabilisé selon les règles qui lui L'instrument de couverture est comptabilisé à sa juste valeur.
- risque de taux sont propres (avec prise en compte le cas échéant de la couverture pour - Pour la part efficace de la couverture, les variations de juste valeur de
d'intérêt déterminer les dépréciations correspondantes). l'instrument de couverture sont comptabilisées en autres éléments du résultat
variable d'un Les variations de valeur sont différées et comptabilisées en résultat en global (OCI). Ces variations de juste valeur sont recyclées en résultat lorsque
instrument même temps que l'élément couvert. les flux de trésorerie prévus couverts affectent le résultat.
financier - Pour la part inefficace de la couverture, les variations de juste valeur de
comptabilisé ; l'instrument de couverture doivent en revanche être comptabilisées directement
- risque de en résultat, sauf lorsque les gains et pertes globaux constatés sur l'instrument de
change ; couverture sont inférieurs (en valeur absolue) aux gains et pertes de l'élément
- risque de prix couvert.
d'une
marchandise
lors d'une
transaction
future

174
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Produits et charges : Produits des activités ordinaires
42 Reconnaissance Possibilité de comptabiliser un produit dont le recouvrement n'est pas Interdiction de comptabiliser un produit dont le recouvrement n'est pas probable
du revenu probable à la date de réalisation de l'opération. à la date de réalisation de l'opération.
43 Contrats de Contrats traités comptablement selon leur forme juridique, pas Obligation de traiter les contrats de prestations de services ayant la substance de
location cachés d'obligation d'identification de contrats de location cachés dans un contrats de location comme tels (accords d'externalisation, accords dans
contrat global. l'industrie des télécommunications, contrats d'achat ferme, etc.).
44 Escomptes En charges financières. En déduction du chiffre d'affaires.
accordés en cas
de paiement
anticipé
45 Contrats de Deux méthodes de comptabilisation possibles : Obligatoirement comptabilisés à l'avancement lorsque le résultat du contrat de
construction et - comptabilisation à l'avancement (méthode préférentielle) ; construction peut être estimé de manière fiable. Sinon la méthode à
contrats de - comptabilisation à l'achèvement. l’achèvement doit être utilisée.
prestations de
services sur
plusieurs
exercices

175
 
La conduite d’une mission de compilation, accompagnée d’une mission d’assistance en matière de déclaratif fiscal, pour une filiale française de société étrangère – Proposition de guide méthodologique

ANNEXES
 
Annexe 13 : Liste des différences US Gaap – FR Gaap (suite)
# Nature FR Gaap US Gaap
Subventions
46 Comptabilisation Interdiction de les comptabiliser en moins de l'actif. Elles sont en Il n’existe pas de règles spécifiques en US Gaap, et ces dernières peuvent
des subventions général comptabilisées au passif (capitaux propres) et reprises en suivre les IFRS pour la comptabilisation. Les subventions publiques liées à des
d'investissement résultat au rythme des amortissements des immobilisations qu'elles actifs peuvent être présentées soit en produits différés, soit en déduction de la
financent. valeur de l'actif.
Paiements en actions
47 Paiement en En cas d'attribution aux salariés de nouvelles actions émises, aucune Obligation de reconnaître une charge pour toutes transactions payées en actions
actions charge n'est comptabilisée. En cas d'attribution d'actions existantes, (plans de stock-options, attributions gratuites d'actions,) reflétant la juste valeur
seule la moins-value latente entre la valeur nette comptable des titres du coût des services rendus.
et le prix d'attribution est provisionnée.

176
 

Vous aimerez peut-être aussi