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Diagnostic et optimisation des installations frigorifiques en matière

d’efficacité énergétique dans les installations de production du froid


Diagnostic et optimisation des installations frigorifiques en
matière d’efficacité énergétique dans les installations de
production du froid
I. Introduction

La production est responsable de 17% de la consommation électrique mondiale : 2% froid


industriel alimentaire, 7% le tertiaire et 8% pour le résidentiel. Le fonctionnement de ces
installations est basé sur l’utilisation de fluides frigorigènes qui sont nocifs pour l’environnement
et ont un effet direct sur le réchauffement global

Le froid produit doit satisfaire 3 conditions primordiales :

- Pas de contamination : Produit sain


- Réfrigération précoce : après cueillette (F&L) ou abattage (viandes)
- Niveau de température de conservation adaptation aux produits : frais, surgelés, etc.

Les installations de production de froid sont de grandes consommatrices d’énergie électrique. Les
constituants les plus énergivores dans ces installations sont : les compresseurs frigorifiques, Les
les évaporateurs et les condenseurs (échangeurs de chaleur), les conduites et les fluides
frigorigènes.

II. Les éléments constitutifs d’une installation de production de froid


II.1. Principe de fonctionnement des machines frigorifiques

Le fonctionnement des machines frigorifiques est basé sur la propriété de certains fluides
(frigorigènes) à s’évaporer et à se condenser à des températures et des pressions différentes.
L’évolution des différentes propriétés sont représentés sur :
- Diagramme des frigoristes log(P) – h (pression / enthalpie)
- Diagramme T – s (température / entropie)



Figure 1 : Principe de fonctionnement d’une Figure 2 : Cycle frigorifique sur un
installation frigorifique diagramme P-H
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Les éléments principaux des installations frigorifiques sont 4 (compresseur, évaporateur,
condenseur, détendeur), mais l’installation nécessite plusieurs autres éléments pour garantir un
fonctionnement optimal (Figure 3).


Figure 3 : Schématisation d’une installation frigorifique complètes

II.2. Les constituants d’une installation impactant sur la consommation d’énergie
a. Les compresseurs
Les différents types de compresseurs frigorifiques
- Moto-compresseur à piston hermétique non accessible,
- Moto-compresseur à piston hermétique accessible ou semi-hermétique,
- Compresseur à piston ‘ouvert’,
- Moto compresseur hermétique non accessible Scroll
- Compresseur à vis hermétique accessible ou semi-hermétique ou ouvert,
Le compresseur (coté basse pression) va initialement aspirer le gaz frigorigène à basses pression
et température (1). Le compresseur va rajouter une énergie mécanique pour augmenter la
pression et la température du gaz frigorigène. L’enthalpie augmentera en résultat.
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Figure 4: Fonctionnement du compresseur
b. Les évaporateurs

L’évaporateur est un échangeur de chaleur à travers lequel circule le fluide frigorifique, qui
extrait de la chaleur du milieu à refroidir en s’évaporant. Un évaporateur peut fonctionner
selon deux modes :


Figure 5 : Principe de focntionnement d’un évaporateur

- Le mode sec durant laquelle la totalité du réfrigérant est vaporisée et surchauffée à la sortie. La
quantité de réfrigérant nécessaire est moins importante qu’avec les évaporateurs noyés. Ce
mode est majoritairement utilisé dans les installations de froid commercial.
- Le mode noyé est en permanence rempli de réfrigérant à l’état liquide, offrant une surface
maximale pour l’échange de chaleur. Un système de séparation des phases liquide/gaz est
nécessaire pour éviter toute intrusion de liquide dans le compresseur.
c. Le condenseur

Le condenseur est un échangeur de chaleur permettant de transmettre la chaleur interne


emmagasinée par le réfrigérant vers un milieu externe, (généralement l’air ou l’eau). Trois types
de condenseurs existent sur le marché :
• le condenseur à air (ou aérorefroidisseurs) utilisés pour les petites et moyennes puissances. Ces
systèmes sont équipés par des ventilateurs qui forcent le passage de l’air ou de l’eau le long des
conduites remplis de vapeur frigorigènes. Ces systèmes ont l’avantages d’une consommation
d’eau nulle. Vu que l’air ayant une capacité thermique spécifique plus réduite que l’eau, ces
condenseurs ont une consommation énergétique plus importante que les condenseurs à eau.
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• le condenseur à eau et le condenseur à évaporation sont utilisés pour les installation


importantes.


Figure 6 : Fonctionnement d’un condenseur

d. Détendeur

La pression du circuit doit revenir à sa pression initiale pour compléter le cycle frigorifique.
Ceci est réalisé par le détendeur. Les principaux détendeurs, pour les évaporateurs de type sec,
sont :

- Les détendeurs thermostatiques sont les modèles les plus répandus. Ils sont bien connus des
installateurs et leur prix sont raisonnable. Ils ont l’inconvénient d’être mal adapté aux importantes
variations de charge thermique et de pression de condensation. Pour éviter ces problèmes, des
détendeurs à orifices multiples ont été développés, permettant l’ouverture en cascade de
plusieurs orifices.

- Les détendeurs électroniques, plus chers, permettent d’obtenir une régulation précise, même
lors d’un fonctionnement en puissance réduite, et n’ont pas les inconvénients cités du détendeur
thermostatique. En raison du coût élevé des détendeurs électroniques, ils ne sont utilisés que pour
des installations de puissance importante. Le fluide frigorigène se vaporise partiellement dans le
détendeur pour abaisser sa température.


Figure 7 : Fonctionnement d’un détendeur
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III. Outil de mesure de l’efficacité énergétique des installations frigorifiques


- COP (Unité en kW frigo / kW électrique): COefficient de Performance froid :C’est le rapport en
ce que l’on obtient (froid) et ce que l’on paie (électricité) à un instant fixé.

Pour un équipement frigorifique : c’est le rapport de la puissance produite frigo et de la puissance


absolue.

Valeurs standards de COP froid


COP froid (+) ou EER = 2,5 à 3
COP froid (-) ou EER = 1,2 à 2


Figure 8 : Illustration du COP d’une machine frigorifique

- SEER Seasonal Energy Efficiency Ratio ou SCOP (COefficient Performance Saisonnier),
Il s’agit de la performance kW frigo/W électrique sur une année en prenant en compte :
- les conditions fonctionnelles variables Po et/ou Pk (condenseur à air) été, hiver, mi-saison
- les évolutions de la performance selon la réduction de la capacité frigorifique (part load),
notamment pour les compresseurs à vis.

IV. Démarche d’optimisation de l’efficacité énergétique

Les démarches d’optimisation sui seront proposées dans ce paragraphe sont basés sur les
consignes de l’Agence Nationale de Maitrise de l’Energie (ANME). Les différentes procédures sont
appliqués actuellement dans l’industrie Tunisienne sous la tutelle de l’ANME.

IV.1. La HP flottante

Cette fonction permet de faire varier tout au long de l'année le point de consigne de régulation HP
des ventilateurs de condenseur en fonction de la température extérieure. En effet, le fait de baisser
la pression de condensation augmente le coefficient de performance (COP) de la centrale ; ce qui
a pour effets directs :
- Augmentation de la puissance frigorifique de la centrale
- Diminution de la puissance électrique absorbée
- Diminution de l'intensité absorbée
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Régulation

Variateur de
vitesse

Pressostat HP

Sonde
extérieure

Figure 9 : Mise en place de la Hp Flottante

Il s’agit d’adapter la pression de condensation en fonction de l’évolution des températures du


milieu à refroidir (général la température de l’air). En effet, la réduction du taux de compression
entraine une réduction très sensible de la puissance absorbée. Cette application aura sa raison
d’être essentiellement en hiver, en mi-saison voire la nuit en été.
Autres opérations conduisant à une meilleure gestion de la pression de condensation :
• Réduction de la température de consigne de condensation
• Ajout d’un condenseur sec ou remplacement du condenseur par un condenseur plus grand
• Remplacement du condenseur à air par un condenseur évaporatif
Ces gains de puissances sont importants, particulièrement en période de demie saison et en
période hivernale. Le fait d'obtenir des températures de condensation de 20 à 25 °C une grande
partie de l'année permet de générer de 15 à 25% d'économie d'énergie.

IV.2. Opérations portant sur le sous-refroidissement

Dans l’univers des techniques du froid, le sous-refoidissement d’un fluide consiste à abaisser sa
température en dessous de la température de condensation, à pression de vapeur associée.


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Figure 10: Sous refroidissement du fluide frigorigène

Le sous-refroidissement, non seulement assure la bonne alimentation du détendeur en liquide,


mais participe à augmenter l’efficacité frigorifique. Ceci peut être amélioré par :
• La mise en place d’un sous refroidisseur de liquide pour les CF négatives (le sous refroidissement
est alors assuré par une production frigo positive)
• L’isolation éventuelle des conduites de liquide si celles-ci sont installées dans des combles.

IV.3. La variation de vitesse

Sur de nombreuses machines, la variation de vitesse par variation de fréquence permet


d’améliorer les performances en charge thermique partielle, ce qui est le cas de toutes les
installations.
• Le gain énergétique varie de 10 à 25%
• Le variateur de vitesse sert à un démarrage progressif (intensité de démarrage réduite)
• Les régimes transitoires et vibratoires sont éliminés au maximum
• Le coût est d’environ 200 euros par kW électrique (en fonction de la puissance du moteur). Si le
système est d’ores et déjà équipé de réduction de puissance, vérifier la performance du
compresseur au régime de fonctionnement (vis, piston).
IV.4. Système économiseur

L’économiseur est un sous-refroidisseur qui a deux rôles principaux :


- Evaporer 10 à 20% du réfrigérant à une température d’évaporation supérieure à la
température de l’évaporateur principale.
- Sous refroidir le reste du débit du réfrigérant.
Il permet d’augmenter la puissance frigorifique de 10 à 50% selon le fluide et le taux de
compression, et limite dans le même temps les puissances absorbées.
• Le gain de COP va de 8 à 35%
• Il s’utilise souvent en régime basse température mais le gain énergétique mérite une installation
systématique
• Il est courant sur les compresseurs à vis
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Figure 11 : Schématisation d’une installation frigorifique équipée d’un économiseur
IV.5. Récupération de chaleur de réjection

La quantité de chaleur récupérable, comme la puissance, peuvent représenter tout ou partie de la


chaleur de condensation (chaleur latente de condensation = 80% de la chaleur rejetée ;
désurchauffe = 20%).


Figure 12 :
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Le niveau de Température de la chaleur récupérée sera toutefois variable. En effet, elle sera faible,
si la récupération se fait sur la chaleur latente de condensation, mais élevé, si elle est réalisée sur
la désurchauffe des gaz de refoulement. Si les besoins de chaleur sont discontinus, il est
intéressant de prévoir un stockage sensible, par l’usage de réserve d’eau.

IV.6. Le déroulement de l’expertise est en 2 phases

L’expertise touche tous les éléments qui permettront de constater le bon ou mauvais
fonctionnement de l’installation.
- Nature du fluide frigorigène utilisé
- Températures et pressions d’utilisation - Mode de régulation
- Intensités et puissances consommée par les moteurs (en regard des données
constructeurs)
Pour cela, il sera nécessaire avant toute chose de connaître la finalité de l’installation, son concept,
sa puissance et ses conditions de fonctionnement.

a. Phase 1. Etat des lieux

Avant toute chose, il est nécessaire d’obtenir des renseignements préalables au déplacement. Ces
éléments permettront :

• d’évaluer le temps ouvré de la visite sur site, qui peut être de ½ jour à plusieurs jours selon
la taille du site et de la complexité de l’installation et de son ancienneté,
• connaître la typologie du matériel :
- taille de l’installation,
- architecture,
- présence d’une GTC (traçabilité), mode de compression et nombre de compresseur (vis,
piston)

Tableau 1: Questionnaire premier niveau état des lieux


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b. Analyse et Diagnostic

Reprenant chaque point de la phase 1, l’expert analyse la situation existante, argumente ses avis,
et propose les solutions applicables visant les Efficacités énergétiques. Celles-ci concernent :

• Les équipements,

• La régulation en termes de réglage ou de modification

- HP flottante,

- BP flottante…,

• Ou des pratiques de travail du personnel d’exploitation.

Il s’agit de prendre en compte les solutions proposées, d’évaluer les économies réalisables, et
d’estimer les dépenses nécessaires à leur mise en place. Le temps de retour sur investissements
est appréhendé. Un tableau indique pour l’installation concernée :

Tableau 2 : Résumé de l’état des lieux et des projets


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V. Conclusions
- Un gros travail sur l’efficacité énergétique des cycles existants (85% de l’empreinte d’un
système frigorifique vient de sa consommation énergétique)
- Une recherche sur des cycles plus performants, adaptés aux « nouveaux » fluides CO2
trans-critique, compression parallèle, éjecteurs, …
- Développement de nouveaux composants : Mini-canaux, compression linéaire,
récupération du travail de détente, …
- Ingénierie des cycles à sorption, Notamment sur leur contrôle-commande et leur
adaptation à des variations de charge importantes.


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Annexe : Fiches d’action de l’ANME


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