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LES ASTUCES POUR

ALLER LOIN EN
PIANO
Jean-Baptiste Voinet

www.debuter-au-piano.fr
LES ASTUCES POUR ALLER
LOIN EN PIANO
I. LE CHOIX DE L’INSTRUMENT

Le piano droit

J’ai pris la décision pour vous, j’ai éliminé d’entrée le piano à queue. Il existe
bien des demi-queue et des quart-de-queue, mais, à moins que vous en ayez hérité un
d’un aïeul, ces pianos sont très onéreux et prennent une place conséquente dans le
salon. Il faudra compter 25 000€ pour un quart-de-queue de bonne qualité. Ceci n’a
aucun intérêt quand on débute, vous en conviendrez.
Nous nous arrêterons donc sur le piano droit, qui peut se pousser contre un mur,
qui peut lui-même servir de meuble (pour un vide-poche, une plante, des partitions…)
et qui est bien plus abordable. Dans quel cas est-il intéressant d’acquérir un piano droit,
un piano analogique et non un piano numérique.
Eh bien premièrement, si vous avez de l’attirance pour l’objet en lui-même, c’est
un premier indice. Deuxièmement, si c’est essentiel pour votre professeur de piano qui
ne transige pas avec ça et troisièmement, si vous comptez jouer principalement du
classique et que vous n’avez nullement l’intention de bouger l’instrument.

L’occasion

Il n’est pas difficile de trouver un piano droit d’occasion ; certains les donnent,
c’est pour dire ! Mais plusieurs questions se posent alors :
- Le transport
- La situation du logement
- L’état de l’instrument
Si vous n’avez pas quatre gars costauds et une grosse camionnette à portée de
main, cela occasionnera de l’organisation et des coûts supplémentaires. Si vous habitez
en étage, sans ascenseur, ça devient très difficile de faire cela entre amis, si ce ne sont
pas des professionnels du déménagement. Et ensuite, vient la question la plus
importante, celle de l’état du piano. Dans tous les cas (tout le monde ne le sait pas), il
faudra accorder votre piano une fois arrivé chez vous, si possible après une pause d’au
moins trois semaines. Mais l’accord ne fait pas tout : il faut bien souvent régler et
même parfois réparer le piano, qui a peut-être souffert de mauvaises conditions
d’entretien, d’être resté trop longtemps dans un garage ou simplement des années
pour un vieil instrument.
Comment s’en rendre compte ? Si vous avez une bonne oreille, vous allez vite
entendre les fausses notes, mais ça n’est pas l’essentiel. Il faudra plus regarder :
- L’alignement des touches dans le sens haut/bas
- L’alignement des touches dans le sens avant/arrière
- L’alignement des tampons, des feutres
- L’état des tampons
- Si la pédale fonctionne pour toutes les touches
Voilà pour l’essentiel, pour ce qui est visuel. Si l’on a aucune vraiment connaissance,
ce n’est pas du tout évident d’être sûr de ne pas se tromper. Avez-vous moyen
d’emmener avec vous un pianiste ou encore mieux, un accordeur (après tout, vous
allez lui donner du travail d’ici trois semaines !)
Ce qui est sûr, c’est que le prix qui vous sera demandé n’est absolument pas un
indicateur pour l’occasion, tout simplement parce que les vendeurs n’y connaissent
peut-être rien du tout et sont peut-être très pressé de se débarrasser au plus tôt de ce
meuble encombrant et sont prêts à brader le prix. Pour toutes les raisons citées
précédemment, un piano droit se vent très mal d’occasion, alors il y a de bonnes
affaires à réaliser.
Au pourra vous demander 500€ à 1000€ pour un piano tout à fait intéressant et qui
en valait bien plus neuf.

Le neuf

Trouver un piano neuf n’est pas en soi très difficile, si vous n’habitez pas dans
un endroit reculé. Il existe de nombreux magasins de musique un peu partout, y
compris dans les villes moyennes, qui vous donneront satisfaction. La livraison est
toujours proposée (évidemment !) ; certains l’intègrent même automatiquement dans
le prix.
Quel prix ? Là, tout dépendra de votre budget mais vous pouvez vous rassurer
en vous disant que plus vous mettrez cher, plus vous aurez de la qualité (sauf
exceptions, très peu nombreuses). Je ne rentre pas dans le détail sur ce qui fait la
qualité d’un piano. Je citerai le choix des matériaux et le temps passé à installer et
régler toute la mécanique intérieure (du simple au décuple !).
Mais je vais être un peu précis dans les tarifs, pour que y voyiez clair.
- Entre 1000€ et 1500€, vous avez un char à bœuf, qui ne sonnera pas très bien
et qui vous réservera de mauvaises surprises assez vite.
- Entre 1500€ et 3000€, vous avez un piano d’étude. Certains sont très
intéressants et commenceront à sonner pas mal du tout.
- Plus de 3000€, vous avez un piano (pas d’étude). Il n’y a pas de limite de prix, ça
peut monter très loin, même pour un piano droit.

Le piano électronique

Quand on passe dans les pianos électroniques, le choix n’est pas tellement
plus simple. Il existe des centaines de modèles. Quand on rajoute l’occasion et les
modèles qui n’ont plus court sur le marché, on parle de centaines de centaines de
modèles. Alors comment y voir clair ? Et quel est l’intérêt d’un tel piano ?
Se pose d’abord la question du déplacement. Avez-vous une place fixe en tête
pour ce piano, dans votre salon, votre chambre ou votre bureau ? Dans ce cas vous
pouvez envisager un modèle meuble.

Modèle meuble
Si vous avez besoin ou que vous pensez que vous aurez besoin de déplacer
souvent cet instrument, soit parce que vous déménagez souvent, soit parce que vous
avez en tête de jouer de la musique en groupe, il vous faudra envisager un modèle sur
pied.

Modèle sur pied


Le premier a l’avantage d’être très stable, de trouver plus aisément sa place
dans une maison ou un appartement car visuellement plus esthétique. En outre, il
possède souvent une amplification intéressante car les constructeurs se permettent
souvent de faire des instruments lourds, du fait de leur aspect fixe. Mais, vous l’avez
compris, son transport est un gros casse-tête. Il faut jouer du tournevis pour détacher
les différents éléments (amplification, clavier, pieds) et transporter tous ces éléments
bien lourds, séparément.
Le second est en un seul bloc, hors pupitre, pédales et alimentation, mais ces
éléments tiennent dans un sac ; ils ne sont pas un fardeau. Par contre, un clavier de
petite taille, plutôt léger est agréable pour le transport mais ne possèdera pas une
grosse amplification. À l’inverse, les claviers ayant une amplification de 20 W ou plus
pèsent souvent très lourd (au-delà des 25Kg) et posent un réel problème de transport
pour une personne seule. Les claviers modernes, bourrés d’électronique, sont les
pires !
Comme pour les pianos droits, la question du neuf ou de l’occasion se pose.

L’occasion

À nouveau, les claviers d’occasion se trouvent assez facilement grâce aux


bonnes résolutions qui ne terminent pas l’année, mais il ne faut pas compter sur de
réelles bonnes affaires. Je n’en vois que très rarement, personnellement, et plusieurs
me sont passées sous le nez car je ne suis pas le seul à m’y intéresser, vous pensez
bien !
Ensuite, il y a un argus non officiel des claviers qui se met en place. Un
instrument récent, vendu après 2 ans d’utilisation perdra assez peu de sa valeur. Des
pièces plus anciennes, pourtant de qualité pourront perdre 60% de leur valeur
originale.
Les questions posées précédemment, sur le poids et les fonctions de
l’instrument se poseront de la même façon pour l’occasion. Il faudra se déplacer,
essayer, tester. Quelques noms dans lesquels vous pouvez avoir confiance, pour un
prix moyen :
- Yamaha P-120
- Yamaha P-155
- Roland FP-10
- Kawai MP-5
- Korg SP-250
Yamaha P-120

II. LES COURS QUI ME CORRESPONDENT

Les écoles de musique

Trouver une place en école de musique municipale ou en conservatoire,


lorsqu’on est adulte n’est pas une mince affaire. La plupart n’en propose pas du tout
car cela coûte très cher, et celles qui en proposent (j’en ai vu quelques unes) fait payer
sensiblement plus cher que les enfants, ce qui se comprend. Il y aura alors quelques
places, et il faudra se battre pour en profiter.
Pour la majorité d’entre vous, cette possibilité ne sera pas offerte. Il restera les
écoles de musique associative ou les MJC. Les places seront peut-être un peu
supérieure aux écoles municipales mais comme les structures associatives
fonctionnent avec des subventions des mairies ou des communautés de communes
pour une grosse part de leur budget, les mêmes questions vont se poser. Il faut
regarder.
Les écoles de musique privées seront beaucoup plus ouvertes, forcément. Les
tarifs demandés seront plus conséquents, entre 500€ et 1200€ (et même le double
dans certains quartiers riches), suivant l’emplacement et la durée du cours. Il faut alors
faire le point sur son budget.
Nous avons l’habitude d’avoir des activités culturelles et sportives très
subventionnées, ce qui est une bonne chose, mais il n’est pas inutile de se rappeler
qu’un professeur, ça coûte cher. Le cours d’instrument d’accueille qu’un élève,
exceptionnellement deux, ainsi, les coûts ne sont pas partagés comme pour un cours
de gymnastique, de yoga ou de basket.
Les cours particuliers

Assurément la solution la plus souple, surtout si le professeur se déplace à


domicile. Vous pourrez trouver leurs annonces sur internet, sur les sites spécialisés
dans les cours particuliers et sur Le Bon Coin.
Il vous en coûtera entre 20€ et 50€ de l’heure, suivant la région, le temps de
déplacement et surtout, le type de professeur.

Un bon professeur

Car oui, nous y voilà. Que ce soit pour les cours particuliers ou les cours en école,
la question se pose de la même manière. Est-ce que tous les professeurs se valent ?
Au-delà des qualités pianistiques, le bon ou le très bon professeur fera montre de deux
qualités indispensables :
1. Il sera là pour vous, pour vous servir. Oui, le professeur est à votre service,
comme n’importe quel artisan qui vient chez vous à votre demande. Il sera
à votre écoute, pour connaître votre personnalité, vos demandes, vos
attentes et vous apporter ce dont VOUS avez besoin. Et attention ! Ce dont
vous avez besoin n’est pas toujours ce dont vous avez envie sur le moment.
Mais là il s’agit de votre rôle d’élève dont nous reparlerons bientôt. Le
professeur de piano est à votre service en tant qu’enseignant, bien sûr, pas
en tant que larbin.
2. Il vous donne les meilleures bases pour débuter le piano. Et quelles sont ses
bases ? Elles tournent autour de la notion : Ne pas prendre de mauvaises
habitudes, pour ne pas être bloqué plus tard dans sa progression et pour ne
pas se blesser. Une tension, une tendinite ou un vrai problème musculaire
peuvent arriver bien vite (ou lentement mais ce n’est pas la question),
surtout chez l’adulte.
Alors il faut essayer. N’hésitez pas à parler, à poser des questions, à insister sur
les points qui vous tiennent à cœur.

Les méthodes et les sites internet

Vous serez très nombreux à être concernés par le dernier point, car, apprendre seul
est de loin là solution la plus souple. Ce n’est pas la meilleure mais chacun fait avec les
moyens qu’il a à disposition, c’est ainsi. Vous n’avez pas d’école ni de professeur
particulier à proximité, vous ne pouvez pas sortir une somme aussi importante pour
des cours d’instrument, alors apprendre avec une méthode ou un site internet est une
idée à considérer car les tarifs sont hautement plus accessibles. On me même se
permettre de changer d’avis et d’essayer quelque chose d’autre.
Je vais me permettre de vous donner mon avis sur la question.
Les méthodes sont nombreuses et pas toutes intéressantes. À vrai dire, elles ont
souvent toutes le même défaut, celui de vouloir avancer trop vite. J’en ai consulté
plusieurs dizaines et on retrouve presque systématiquement les mêmes travers : après
une longue introduction générale, on commence avec do, ré, mi, fa, sol, puis un petit
morceau facile, un troisième morceau pas trop dur et hop ! le quatrième franchit une
étape très importante et on est perdu au cinquième. Ceux qui ont déjà essayé
d’apprendre une langue via une méthode livresque ont sans doute été confronté à ce
phénomène.
Les sites web peuvent avoir les mêmes défauts. Que ce soit l’un ou l’autre, si
vous faites confiances au titres du genre « Apprendre le piano facilement », « 30 leçons
pour devenir pianiste. » ou autres titres racoleurs du genre, vous risquez d’être
confrontés aux difficultés mentionnées plus haut. Apprendre une langue, apprendre
un instrument, progresser dans un sport technique, ça prend du temps.
Et je vais me permettre une tautologie pour terminer. Si vous avez bien travaillé
seul pendant une année, vous aurez un niveau de… première année. Si l’on vous
promet davantage, on se moque de vous. Gardez votre argent.
Une autre mise en garde. J’ai plusieurs fois croisé des cours en ligne où l’on vous
promet un professionnalisme certain avec les meilleurs professeurs et des vidéos très
précises. C’est vrai (pour ce que j’en connais). Seulement, ce ne sont pas vraiment des
cours mais plutôt des master class pour apprendre à mieux jouer du piano. Les
débutants n’y trouveront pas leur compte.

III. LA MUSIQUE QUI ME CORRESPOND

Des partitions pas trop difficiles

Si vous avez choisi de travailler avec un professeur, pour que la relation


fonctionne, il faudra absolument lui faire confiance. Rien ne vous empêche de lui
parler, de lui faire part de vos goûts, de vos attentes, de vos difficultés mais votre
professeur saura choisir le morceau ni trop facile ni trop difficile qui vous fera
progresser.
Pour ceux qui travaillent seuls, nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre
précédent, des morceaux trop difficiles à jouer posent un réel problème. Suivant la
personnalité, on laisse tomber ou on insiste. Les personnes qui insistent sur une
partition trop difficile feront quelques progrès supplémentaires par rapport à ceux qui
abandonneront très vite. Cela semble positif mais il y a le retour de bâton. Quand
l’overdose arrive, elle est forte et elle peut même être très violente alors un rejet total
de l’instrument, mêlé de plus ou moins de culpabilité à base de : « Je m’étais pourtant
promis de… », « Je ne devrais pas laisser tomber… ». Oui, les conséquences peuvent
être assez lourdes. D’ailleurs cela ne concerne pas que la musique, mais je vais rester
dans mon propos.
La pratique instrumentale devrait toujours rester agréable. Il y a tant de raison
de se tendre dans notre monde moderne, que la musique devrait toujours rester du
côté de la détente. Le choix des partitions y participe.
Si vous effectuez ce choix vous-même, il sera important de ne pas trop vous en
demander, de choisir des partitions de votre niveau, à peu plus si possible mais ce n’est
pas toujours évident à trouver. Alors vous pouvez essayer, jauger… que se passe-t-il
après un premier déchiffrage ? C’est votre sensation qui primera.

Des morceaux que j’aime

Au-delà de la difficulté, il y aussi la question du type de morceaux à choisir.


Internet, de nos jours, nous rend des services immenses avec un répertoire pianistique
colossal et de tous les genres. Voici quelques idées :
- Pour les classiques et les chansons libres de droits, vous avez
https://www.partitionsdechansons.com. Des partitions à un euro.
- Pour les chansons modernes, visez le site https://www.noviscore.fr/, qui a le
très bonne idée de proposer plusieurs niveaux pour une même chanson. Des
partitions à 5€ environ.
- Pour tous types de partitions et pour des recueils, intéressez-vous à la boutique
généraliste https://www.di-arezzo.fr/
- Pour les musiques d’anime japonais, il y a https://ichigos.com/
- Pour des tarifs attractifs sur des recueils pour piano, des musiques de film, des
chansons Disney… préférez https://www.amazon.fr.
Et une foule d’autres sites web très utiles, certains payants, certains gratuits. Je
vous laisse vous renseigner sur les droits d’auteur avant d’utiliser une partition
gratuite.

La Lettre à Elise, un classique chez les pianistes !

Se diriger vers les morceaux que l’on aime, c’est chercher à se faire plaisir, à trouver
de la motivation à se mettre au piano, mais en aucun cas, je ne vous encourage à vous
fermer aux autres styles, ce serait dommage et vous perdriez l’occasion de trouver une
partition qui correspond justement à votre niveau. Avec un niveau de première ou
deuxième année, si vous cherchez à coller pile poil au style que vous recherchez, vous
risquez de tomber presque systématiquement sur quelque chose de très difficile ; ce
serait dommage.
IV. UN RYTHME DE TRAVAIL ADAPTÉ

Lorsque l'on débute un instrument, surtout en tant qu'adolescent ou adulte, la


motivation est là. C'est elle qui nous pousse à faire le premier pas, à faire l'acquisition
d'un instrument (pas toujours donné), à rechercher un professeur ou des méthodes ou
des cours en ligne. Elle est importante. Pendant cette première étape, c'est cette
motivation qui va nous aider à nous rapprocher de notre instrument et le travail
quotidien sera facile. La petite phrase "travailler son instrument tous les jours" vous
semblera une évidence car il vous sera facile de dégager 30 minutes ou plus pour ce
faire. Mais au bout de quelques temps, même si l'instrument vous plaît toujours,
d'autres centres d'intérêt vont refaire surface. Vous remarquerez peut-être que vous
avez été moins présent, dernièrement, pour votre jardin, votre famille, vos amis, vos
autres violons d'Ingres et vous allez à nouveau leur céder de la place. Il n'y a aucun
problème avec ça. Il s'agit simplement de choix. Mais que va devenir la petite phrase
« Pour progresser, il FAUT travailler son instrument tous les jours » ? Elle va devenir
source de tension et devenir : « Si je ne travaille pas mon instrument tous les jours, il y
a quelque chose qui ne va pas » avec le risque qu'elle se transforme en fin de compte
en : « Je ne peux pas travailler mon instrument tous les jours, donc, je ne progresserai
pas, et donc, il est inutile d'insister ». Je pense que l’on peut toujours garder à l’idée que
l’instrument doit être un loisir, un plaisir et non une source de tension, encore moins
une source de souffrance.

Travailler son instrument tous les jours est indispensable à l'étudiant de


conservatoire en période de concours, mais même en dehors de ces périodes, les
musiciens des dernières classes des conservatoires s'accordent des breaks, et leurs
professeurs également. Pour vous, l'essentiel sera de progresser à un rythme qui vous
convient et vous progresserez si vous adoptez une méthode intéressante et que vous
choisissez une certaine régularité. La quantité n'est que secondaire. Par méthode
intéressante, j'entends un VRAI travail. Chaque semaine je rajoute une difficulté et
j'essaie de la surpasser sans brûler les étapes. Par régularité, j'entends au moins une fois
par semaine sur un créneau fixe (si possible), deux fois si vous travaillez sans professeur.

Travailler son instrument tous les jours est formidable et source de gros progrès
lorsqu'on arrive à tenir la distance mais pour un adolescent qui va au lycée ou en fac,
pour un adulte qui a une famille et un emploi, c'est difficilement réalisable. Se fixer cet
objectif devient plus dangereux que profitable. Restons réaliste et raisonnable.
Travailler son instrument une ou deux fois par semaine ou 15 minutes tous les jours, si
on en a la possibilité, permet déjà de faire de jolis progrès. Je ne peux pas jouer
aujourd’hui… je jouerai demain.
V. APPRENDRE PAR CŒUR OU NON, UNE VRAIE
QUESTION

Cet article sera valable pour tous les instruments mais étant pianiste, je ne souhaite
parler que de ce que je connais. En tant que professeur de piano, la question m'est
souvent posée, sous une forme ou sous une autre. Je trouve le sujet très intéressant de
par ses liens avec la psychologie cognitive. Dans tous les cas, les personnes ayant la
chance d'avoir un professeur devront lui faire confiance ; cet article pourra toutefois les
éclairer sur leur propre apprentissage mais pour les autres, plus nombreux que les
précédents, la question mérite d'être posée. Je partirai du principe que toutes ces
personnes n'ont pas pour objectif de devenir pianiste professionnel.

I. Tous différents
En musique, comme dans tous les autres domaines, nous fonctionnons tous de façon
différente. Nous avons tous entendu parler de mémoire visuelle et mémoire auditive. Il
existe bien d'autres types de mémoire, certaines peu connues, certaines à découvrir et
chaque combinaison est différente. Je prends l'exemple de la lecture de livres. L'un sera
très fort pour retenir les titres des livres et les noms des auteurs, un autre plus porté
sur l'histoire, un autre retiendra un fait marquant, un autre ne sera capable de retenir
que ce qui l'a touché, un autre saura parfaitement quelle est sa place dans la
bibliothèque ou se souviendra très bien des circonstances et du jour d'achat, un autre
se rappellera uniquement d'avoir lu tel livre tel jour sur tel canapé... C'est la même chose
en musique.
Et c'est parce que nous avons tous une manière différente de fonctionner que nous
ne pouvons pas espérer apprendre tous le piano de la même façon. C'est la même chose
pour les apprentissages scolaires, bien entendu, mais je ne rentrerai pas dans le détail,
par peur d'y passer la nuit (et ce n'est pas le sujet...). Pour l'apprentissage du piano, il
vous faudra mettre tous les atouts de votre côté et vous accorder à vous-même toute
la bienveillance du monde si tout ne fonctionne pas comme vous l'auriez souhaité.
Appuyez-vous sur vos qualités :
II. S’appuyer sur ses qualités

Tout devient plus facile pour vous avec un enregistrement ? Parfait, cherchez à
écouter la pièce. Repassez l'enregistrement plusieurs fois. Avec les moyens actuels
d'écoute de musique en ligne, ça n'a jamais été aussi facile. Il reste la possibilité de
demander à un ami plus aguerri de vous la jouer, puis de l'enregistrer, ou de passer par
un logiciel d'édition de partitions ou un séquenceur qui vous donnera la possibilité
d'écouter le résultat.
Vous n'êtes pas très sûr(e) de vous, c'est dans votre nature. Vous préférez garder
toujours le support de l'écrit. Parfait ! Ça vous ralentit peut-être un peu dans votre
exécution mais gardez ce support. Un jour, peut-être, vous arriverez à vous en détacher
et vous gagnerez en assurance sur tous les plans.
La lecture des notes est pour vous difficile alors que la mélodie rentre rapidement
dans vos doigts ? Parfait. Vous progressez peut-être un peu moins vite qu'un autre en
lecture de partitions mais vous ferez davantage travailler votre mémoire digitale.
Vous êtes plutôt perfectionniste, vous avez besoin de temps ? Parfait ! Vous n'êtes
pas du tout perfectionniste et même s'il reste quelques défauts dans votre
interprétation, vous avez envie de jouer un autre morceau ? Parfait ! Vous n'êtes motivé
que par la difficulté ? Parfait ! Pour vous si ce n'est pas moderne, ce n'est pas motivant.
Parfait !

V. PARTAGER

Jouer pour les autres


Si vous avez un tempérament solitaire, que vous êtes très à l’aise seul avec votre
piano, que vous n’êtes pas dans votre assiette quand il s’agit de jouer devant d’autres
personnes, premièrement, ce n’est pas un problème, mais deuxièmement, ce chapitre
ne vous concernera pas.
Pour les autres, ce que j’entends par partager, c’est d’abord jouer pour les autres.
Jouer pour sa famille, pour commencer, sans avoir peur de déranger. Jouer un morceau
de temps en temps, pour qu’ils se rendent compte de vos progrès. Jouer devant vos
parents, votre conjoint.e, vos enfants. Ils seront même fier de pouvoir dire qu’ils
comptent un pianiste dans leur rang. Et pourquoi pas viser également des scènes
ouvertes où tout le monde peut partager un texte, une chanson, un morceau. Personne
ne vous jugera et vous serez encouragées dans votre pratique. Cela vous donnera un
but à atteindre. Si je sais que je joue un morceau samedi soir dans deux semaines, je
rejoins volontiers mon clavier pour travailler.
Nous avons une chance énorme avec le piano, que n’ont pas d’autres
instruments, c’est celui de pouvoir rapidement sortir quelque chose de sympathique.
Les violonistes, les hautboïstes, les trompettistes (toutes les cordes frottées et tous les
vents, en somme !) n’ont pas cette chance. Ils ont des instruments magnifiques, ils
pourront travailler le son dans des proportions plus importantes que nous, mais en
retour, ils devront être patients et les premières notes (les premières années) ne
donnent pas toujours des résultats très gratifiants à l’oreille.

Partager, ça peut être aussi à distance, grâce à internet. Il existe des forums, des
pages Facebook ou Instagram où vous pourrez échanger sur vos pratiques, poser des
questions, voir les difficultés des autres et pourquoi pas les aider, d’ailleurs. Et puis il y
a Youtube. De très nombreux pianistes de tous niveaux partagent leurs interprétations
et leurs créations sur cette plateforme. C’est gratuit, c’est une chance ; pourquoi ne pas
en profiter pour obtenir des avis extérieurs.

Jouer ensemble

Former en duo, en groupe, accompagner un.e chanteur.se, bref, jouer ensemble


est un réel moyen de garder la motivation pour l’instrument. C’est ce qui va nous obliger
mais de façon agréable à nous plonger dans d’autres partitions, à découvrir de nouvelles
musiques, à trouver de nouvelles façons de travailler.
Pour certains instruments (ceux cités dans le chapitre précédent par exemple),
c’est presque automatique. Jouer seul n’a pas beaucoup d’intérêt, alors on cherche un
groupe, un trio, un orchestre, une harmonie. Pour nous, pianistes, ce n’est pas aussi
facile.
Jouer ensemble, c’est presque une autre façon de faire de la musique. Il faut
partir ensemble, s’écouter, réagir, interagir. Ce sont des relations humaines
particulièrement intéressantes dont on aurait tort de se priver.
VI. ÉCOUTER DU PIANO

Cela va peut-être sans dire pour vous mais c’est loin d’être évident pour tout le
monde. Écouter du piano vous mettra dans une ambiance, dans une énergie compatible
avec l’apprendre de l’instrument. Il vous sera plus facile d’imiter, ayant entendu de très
bons pianistes jouer.

Avec Youtube, c’est une collection incroyable de morceaux pour piano, sonates
ou concertos joués par les plus grand.e.s disponibles gratuitement. Nous aurions
vraiment tort de nous en priver.

Voici quelques références à ne pas manquer :


- Toutes les sonates de Mozart : https://www.youtube.com/watch?v=Wcgd1oCbW4g
- Les huit derniers concertos de Mozart : https://www.youtube.com/watch?v=jvRhkZLM__E
- La chaîne de Deutsche Gramophon : https://www.youtube.com/channel/UC34DbNyD_0t8tnOc5V38Big
- La chaîne Pianiste Magasine : https://www.youtube.com/channel/UCDlQlU-W8Ydk5yC6Kc3WgyQ

Vous trouverez rapidement les chaînes ou les vidéos qui vous conviennent.

VII. UN EXEMPLE CÉLÈBRE


J’aimerais vous offrir la partition de La Lettre à Elise, telle que je l’utilise avec
mes propres élèves, c’est-à-dire dans trois versions différentes : Une version abrégée
et simplifiée, une version abrégée et enfin la version complète de cette barcarolle,
qui s’étale tout de même sur 4 pages, avec des difficultés assez importantes dans la
partie centrale. Attention, ce morceau, même dans sa version abrégée n’est pas pour
débutants ; il faudra attendre la deuxième année pour pouvoir apprendre ce morceau
correctement.
LETTRE À ELISE
Ludwig van Beethoven

Arr. J-B Voinet

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Version simplifiée

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