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C'est un vrai bonheur pour moi de revenir à Nantes,

de vous retrouver.
Voilà.
Avant de parler d'un poète écoutant le.
Recueillement.
Sois sage,
ô ma douleur!
Et tiens toi plus tranquille!
Tu réclamé le soir?
Il descend,
le voici.
Une atmosphère obscure enveloppe la ville.
Aussi important,
la paix.
Aux autres,
le souci.
Pendant que des mortels la multitude de villes sous le fouet du plaisir,
ce bourreau sans merci va cueillir des remords dans la fête servile Ma douleur,
donne moi la main.
Vient par ici.
Loin de.
Voit se pencher les défuntes années sur les balcons du ciel en robe surannée.
SURGIR du fond des eaux,
le regret souriant.
Le soleil moribond s'endormir sous une arche.
Et comme un long linceul traînant à l'Orient.
En tant.
En temps,
la douce nuit qui marque.
A sonné ou se marquent toute la manière dont Baudelaire reçoit et transforme
l'héritage des romantiques.
La douceur,
la douleur personnifiée comme une amie,
une amante.
Mais c'est dans la ville,
au cœur de la multitude,
que le poète s'isole pour descendre en lui même rejoindre cette douleur devenue
familière,
comme la nuit et la mort.
Et c'est avec la ville et la douleur qu'il crée de la beauté.
Tu m'as donné tabou et j'en ai fait de l'or.
Aujourd'hui nous situeront cet événement Baudelaire dans le 19e siècle poétique.
La semaine prochaine,
nous nous concentrons sur Les fleurs du mal.
Vous pouvez feuilleter Les fleurs du mal d'ici là.
Fin avril,
nous nous demanderons ce qu'est le beau pour Baudelaire et nos creuseront la
notion de modernité à la fois dans les thèmes et dans les formes.
Et la dernière séance sera centrée sur les petits poèmes en prose au Spleen de
Paris.
Et cette séance nous amènera à voir l'unité de l'œuvre et le creusement de la
double question éthique et esthétique dans la quête douloureuse d'un salut.
Alors,
cet événement Baudelaire,
une ville brève,
relativement brève 1821 1867.
Nous sommes au centre du siècle.
De ce siècle inauguré par une révolution politique et une révolution littéraire et
qui se cherche à la fois du point de vue politique et du point de vue littéraire,
en tentant d'explorer des terres nouvelles exactement comme les autres arts.
Comment être poète quand on a vingt ans,
dans les années quarante et trente ans,
à cette fracture du siècle que représente la période 1848 1851?
Autrement dit,
comment trouver sa place juste après les grandes années du romantisme triomphant,
celui des années 30?
Et qu'est ce que la poésie a encore à dire?
Après l'échec de tous les espoirs du premier demi siècle?
Et avec la mise en place de cette étouffoir qu'est le Second Empire.
Aux antipodes de toutes les aspirations poétiques.
Deux questions auxquelles je vais tenter de répondre et c'est cela qui nous permet
de situer Baudelaire,
mais ne vous inquiétez pas,
je lirai aussi des poèmes qui sont en écho avec ce que je vais dire.
Alors,
on va voir d'abord que Baudelaire fait partie de ceux avant 1848.
Avant,
cette fracture fait partie de ceux qu'on appelle les petits romantiques.
Je vais les situer et montrer ce que Baudelaire est dans ces années là.
Il ne publie aucun recueil.
Disons le tout de suite.
Première édition des Fleurs du mal 1857,
donc,
de l'autre côté de la fracture du siècle.
Puis nous situeront.
Et c'est.
C'était la seconde question que j'annonçais,
nous situeront Baudelaire,
par rapport à cette mélancolie du second romantisme.
Et nous verrons puisqu'il s'agit de le situer au carrefour du siècle.
Nous verrons comment il ouvre la poésie moderne.
Alors,
on a dit que Baudelaire tournait le dos au romantisme pour ouvrir la voie de la
modernité poétique.
Mon maître en matière de 19e siècle,
Jacques Sébacées,
qui fut un maître extraordinaire,
disait toujours Non,
non!
Vous prenez toute la poésie romantique,
vous la vous la fait brûler de manière à regarder la quintessence et cette
quintessence dans une petite cuillère,
une petite cuillère en or.
C'est Baudelaire,
tu m'as donné tabou et j'en ai fait de l'or et.
Je crois que je suis de plus en plus d'accord avec cela.
Baudelaire recueille et c'est ce que je vais essayer de montrer tout l'héritage
romantique et c'est ainsi qu'il invente la poésie moderne.
Les grands poètes ne sont pas ceux qui tournent le dos radicalement à ceux qui les
ont reçus,
mais c'est ce qui,
j'allais dire,
digère.
Ils font leur miel de l'héritage et,
à partir de là,
inventent des voies nouvelles.
Baudelaire lui même se revendique comme romantique.
Il a cette phrase extraordinaire dans un texte de réflexion sur la littérature
qu'il intitule Qu'est ce que le romantisme?
Pour dire qu'il en est.
Et il dissocie.
Et pourtant,
nous sommes vingt ans après la grande floraison du romantisme.
Qui dit romantisme dit art moderne,
c'est à dire intimité,
spiritualité,
couleurs,
aspiration vers l'infini exprimée par tous les moyens que contiennent les arts.
Alors pour voir.
Ce que Baudelaire fait de l'héritage,
du romantisme quelque tout petit rappel sur ce romantisme triomphant.
C'est celui de 1830 qui,
contre le classicisme,
revendique la liberté en littérature comme.
La liberté est revendiquée au même moment en politique,
puisque nous avons la même année la révolution des Trois Glorieuses 1830,
la révolution des Trois Glorieuses qui fait passer de la Restauration à la
monarchie de Juillet.
Ce n'est pas qu'un changement de roi,
c'est un changement de régime.
Et la bataille d'Hernani?
Il y a à peine trois mois,
entre ces deux faits qui,
j'allais dire,
mettent à bas des décennies et même pour ce qui est de la littérature des siècles
de,
j'allais dire,
de règles et de réglementations,
un extraordinaire enthousiasme porte cette génération de 1830.
Je vous rappelle la date de naissance de Baudelaire 1821.
Autrement dit,
il ne connaît pas ce qui va rester pour tous les romantiques,
même quand ils vont diverger leur heure de gloire.
Qui était cette bataille d'Hernani?
Ils y étaient tous.
Nerval,
Gautier et bien sûr Hugo,
puisque c'était pour lui.
Et ils,
ils ont été portés longtemps par cette cette fois de leurs vingt ans.
La foi dans cette littérature nouvelle qu'ils voulaient sur tous les fronts
instaurer,
c'est à dire au théâtre en été avec Hernani,
mais aussi en poésie dans le roman.
Bref,
c'était on va inventer une littérature nouvelle pour cette France nouvelle qui est
la France d'après la Révolution.
Ils ne sont pas forcément républicains,
mais ils disent il faut une littérature nouvelle à cette France nouvelle.
Alors,
autour de Victor Hugo se réunit une un ensemble de gens autour qui se donnent à
eux mêmes le nom de Cénacle.
J'insiste là dessus parce qu'on va voir que les petits romantiques et je vais y
venir vont se poser.
À la fois contre en face d'eux au moins ce cénacle des romantiques,
mais cela va se passer dans les années 40.
Dans ces années 40 où ce romantisme triomphant des années 30 est un peu en déclin.
D'une part,
reconnaissons le,
les romantiques de 1830 sont devenus des gens qui cherchent un peu les honneurs.
Victor Hugo est très content de devenir pair de France et d'entrer à l'Académie
française.
En plus,
ils ont de pâles imitateurs qui,
j'allais dire,
dégradent cette espèce d'élan qu'était le romantisme qui le dégrade en
épanchements sentimentaux contre lesquels des gens,
comme plus tard Rimbaud ou Lautréamont,
auront toutes les critiques.
Et c'est le moins qu'on puisse dire,
tout est satire du monde.
Et puis,
surtout,
des divergences sur la fonction de l'art se font jour à l'intérieur même du
romantisme.
Alors pourquoi je vous dis tout cela?
C'est que Baudelaire,
je répète qu'il y a vingt ans,
en 1840,
va arriver avec son désir d'être poète au milieu de cela,
c'est à dire au milieu de ce déclin du romantisme et de ces tensions qui se font
jour à l'intérieur du romantisme,
en particulier avec cette affirmation de l'art pour l'art qui va profondément
marqué.
Qu'est ce que c'est que l'art pour l'art?
C'est l'idée,
tout simplement,
que l'art ne doit être au service de rien.
C'est à dire que là où les romantiques de 1830 ont quand même eu tendance à dire
l'art au service de la liberté,
l'art au service du progrès de l'humanité.
Le poète comme prophète.
Le poète comme mage.
Les tenants de l'art pour l'art,
mais ils sont à l'intérieur du romantisme disent attention.
L'art doit conserver cette splendide gratuité qui lui permet l'art pour l'art,
c'est à dire l'art pour la beauté,
de ne pas se dégrader en se mettant au service d'une pensée,
d'une idée,
d'une idéologie.
Alors,
bien sûr,
le débat va courir à travers tout le 19ème et tout le vingtième siècle.
Mais se rappelle,
et c'est Théophile Gautier qui porte la contradiction à l'intérieur du romantisme.
Et c'est la tension entre Théophile Gautier et Victor Hugo.
Ils sont portés par la même foi dans la littérature.
Mais des gens comme Théophile Gautier rappellent la nécessité de la forme belle,
de la forme impeccable du travail du verre et se battent contre la tendance.
Je l'ai dit de mettre le lard au service de quelque chose,
mais aussi contre cette tendance qui se fait jour du laisser aller sentimental.
Et Théophile Gautier va de plus en plus vers une une exigence personnelle que l'on
voit très bien dans son œuvre même où il dit Le poème doit se ciseler comme une
belle coupe.
C'est me dire mais pourquoi parle t elle de Théophile Gautier?
Eh bien!
A qui sont dédiés Les fleurs du mal à Théophile Gautier?
Et c'est pour ça que c'est important,
parce que ce geste de maître de dédier une oeuvre,
c'est quand même se mettre sous le signe de cette exigence là.
Et qui plus est,
il dédie Les fleurs du mal à Théophile Gautier,
poète impeccable.
De la littérature française doit être impeccable,
c'est à dire la part,
la perfection de la forme.
Et alors?
Ce qui va être étonnant.
Disons le tout de suite,
c'est que Baudelaire va recueillir l'héritage,
ce qu'a de meilleur l'héritage du romantisme tel qu'on l'a pu le voir en 1830.
Mais j'allais dire peut être sur le revers et l'héritage de l'art pour l'art,
c'est à dire l'exigence de perfection.
Là où c'est vécu en tension à l'intérieur de ce cénacle,
disons grand,
avec des guillemets romantiques.
Baudelaire va intégrer ces deux tendances.
On le sait maintenant est sonné.
Qui est vraiment typiquement de l'art de l'art pour l'art dans cette direction là
et qui sera publiée dans Les fleurs du mal.
Il l'a écrit entre 42 et 44 d'envoyer dans cette décennie avant la fracture du
demi siècle.
Je ne voulais que les deux quatrains de ce sonnet que vous connaissez,
qui s'appelle la beauté.
Ce n'est pas l'hymne à la beauté sur lequel je reviendrai et c'est d'ailleurs très
intéressant qu'il y ait deux textes comme celui là dans Les fleurs du mal,
à quelques poèmes d'intervalle.
Ici,
c'est la beauté.
Je suis belle au mortel comme un rêve de Pierre et mon sein,
où chacun s'est meurtri tour à tour et fait pour inspirer au poète un amour
éternel et muet,
ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris.
Je dis à cœur de neige à la blancheur des signes.
Je hais le mouvement qui déplace les lignes et jamais je ne pleure et jamais je ne
ris.
Alors attention,
vous lirez les deux Disney.
Attention,
ça ne veut pas dire que c'est définitivement la conception que Baudelaire a de la
beauté,
mais c'est ce qu'il écrit dans ces années 840.
Où?
Il est tenant de cet art pour l'art,
c'est à dire d'une beauté impersonnelle et d'une recherche totale de perfection.
On est dans la ligne de Théophile Gautier,
mais encore une fois,
j'ai cité cet autre poème,
Hymne à la beauté,
où l'on verra.
Et ce sera le propos de notre troisième rencontre,
où l'on verra que sans sa conception de la beauté a beaucoup évolué.
Alors,
j'ai parlé de ces petits romantiques qui,
dans les années 40,
forment une sorte de micro au milieu dans Paris.
Une vie de bohème.
Ils n'ont pas d'argent du tout.
Loin des honneurs.
Et ils se retrouvent dans les cafés,
dans les petites revues.
Ils essayent de survivre tant bien que mal,
plutôt mal que bien.
Un moment,
ils sont à plusieurs.
Nerval et Baudelaire y est aussi dans un vieux palais à moitié en ruines,
derrière ce qui l'actuel arc de triomphe du Carrousel,
dans un quartier lépreux.
Et il y a des récits extraordinaires sur cette ambiance qui est une ambiance de
grandir,
d'entraide,
comme on a pu le voir au début du vingtième siècle à Montmartre pour les peintres
d'entraide dans La Bohème et en même temps de croyance absolue dans dans leur
capacité à créer alors ces petits romantiques qu'on ne les connaît plus beaucoup.
Mais c'est quand même intéressant de savoir que Gautier a cédé à Gautier.
Y est passé aussi et surtout Nerval.
Mais je voudrais quand même citer leurs noms Xavier Forneret,
Pétrus Borel,
Aloysius Bertrand,
dont Baudelaire admirera le recueil Gaspard de la nuit.
Ce sont quelques noms.
Et alors,
tous,
c'est tous ces gens là sont du côté d'un romantisme noir,
du côté du pessimisme,
voire du désespoir,
mais parce qu'ils n'ont pas la notoriété dans le champ littéraire.
Ils ont une totale liberté liberté des formes,
liberté des thèmes.
Ils ne risquent pas de choquer des éditeurs ou un public puisque il ne publie pas
de recueil.
Il leur arrive de publier un poème de ci de là,
dans la danse ou dans des revues.
C'est dans ce milieu là que Baudelaire passe ses années 40.
Je répète,
il a vingt ans,
il est né en 1821.
Il veut être poète,
mais il n'a pas et n'a pas cette place que d'autres peuvent avoir dans le champ
littéraire.
Et en même temps,
il est pauvre parce qu'il a dilapidé sa fortune dans une période de grand
dandysme.
Il garde d'ailleurs l'allure du dandy qui fait que même dans la pauvreté,
on garde son allure.
Et tous les contemporains ont témoigné de l'allure extraordinaire de Baudelaire,
dont on savait par ailleurs qu'il était très pauvre.
Baudelaire avait des yeux noirs,
très,
très noirs et on le voit un peu sur les photographies de Nadar.
Petite parenthèse sur Nadar,
ce photographe qui,
au tout début de la photographie,
a eu le génie.
Comment a t il su qu'il ne fallait photographier Baudelaire,
Nerval,
qui n'était pas connu et en a deux,
ces deux poètes en particulier,
les plus beaux clichés qui soient et qui disent tellement tellement vous les
trouverez très facilement.
Vous tapez Nadar,
Baudelaire,
Nadar,
Nerval et vous les trouverez.
Ce sont des portraits à une époque où il faut poser 10 minutes pour arriver à
avoir une image.
Et il arrive à capter quelque chose de ces êtres là qui s'est tout à fait
extraordinaire.
J'ai refermé sur Nadar,
mais c'est toujours.
Chaque fois que je regarde ces photos de Baudelaire,
je me dis Mon Dieu,
mais c'est extraordinaire d'avoir ça alors.
Baudelaire dans ces années là,
d'une part,
il écrit.
Il écrit beaucoup.
C'est à dire que les fleurs du mal vont être le résultat de de très longues années
où il est,
où il écrit,
où il polit cette forme pour que,
justement,
ça devienne une forme parfaite.
Il publie donc de temps en temps dans des revues confidentielles.
Et comment gagne t il sa vie?
Par des articles de critique d'art.
Baudelaire a eu la chance de vivre dans son enfance,
au moins dans un milieu très cultivé du point de vue artistique,
son père était un collectionneur et un esthète.
Malheureusement,
ce père est mort quand Baudelaire était encore très jeune.
Sa mère s'est remariée.
Ça s'est mal passé,
laissant.
Mais Baudelaire a un.
Dirait une connaissance de l'art,
il a.
Il a vécu au milieu d'oeuvres d'art,
il collectionne dès qu'il le peut les gravures,
les et il.
Donc il écrit sur la peinture,
sur les expositions,
sur ce qu'on appelle les salons à l'époque.
Et l'on est étonné de voir combien le jeune homme d'une vingtaine d'années a un
sens esthétique aiguisé et un style extraordinaire pour rendre compte des tableaux.
Alors,
tous les écrits esthétiques de Baudelaire ont été rassemblés et il faut tout de
suite que j'avoue que ma qu'on va dire maintenant aussi que le Baudelaire ne porte
que sur les fleurs du mal est un poème en prose.
Dans les œuvres complètes,
c'est un dixième du volume de ses œuvres complètes.
Parce que ces essais esthétiques et d'autres essais,
par exemple Les paradis artificiels sont c'est autre chose et je ne pouvais pas
parler de tout.
Mais je tenais à le dire parce qu'on ne peut pas réduire Baudelaire seulement à
ces deux recueils,
même si ce sont des sommets.
Et les écrits esthétiques sont qui ont été vraiment réunis,
y compris dans des éditions de poche sont tout à fait tout à fait intéressants.
Donc,
je vous invite à aller y voir de plus près et donc à vous dire que l'écriture de
ces essais esthétiques précède la publication des Fleurs du mal,
ce qui est en même temps une manière de côtoyer la beauté et d'essayer d'en percer
les secrets.
Et il y aura dans Les fleurs du mal un poème qui est écrit plus tard,
mais vers la fin des années 40,
et qu'il intitule qu'il intitule RA les phares,
les phares.
Ce sont des artistes qui éclairent l'humanité,
mais là,
ce ne sont pas les poètes.
Il prend les peintres.
Et il est là,
ce défi d'écrire toute une succession de quatrains et,
dans chaque quatrain,
d'essayer de pas de résumer,
mais de donner la tonalité dominante de certains poètes.
Alors,
je vous en lis quelques uns.
Léonard de Vinci,
miroir profond et sombre où des anges charmants avec un doux sourient,
tous chargés de mystères,
apparaissent à l'ombre des glaciers et des pins qui ferme leur pays.
Rembrandt,
triste hôpital tout rempli de murmures et d'un grand crucifix décoré seulement,
où la prière en pleurs s'exalte des ordures et des rayons divers,
traversé brusquement.
Va tout ce carnaval ou bien des choeurs illustres comme des papillons flamboyants,
décors frais et légers éclairés par des lustres,
qui verse la folie à ce bal tournoyant et l'on continue à Nagoya,
on a de la croix et ça se termine par ces très beaux verres que je n'ai pas
marqués ici,
mais quand même,
car c'est vraiment Seigneur,
le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité.
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge et vient mourir au bord de votre
éternité.
C'est le tout dernier de ce qui résume tout cela l'art,
c'est donc ce qui jouxte l'éternité.
Et Bien mourir en sanglots,
qui roule d'âge en âge et vient mourir au bord de votre éternité,
on est déjà dans ce que j'essaierai de voir avec vous dans la dernière séance.
C'est à dire comment?
De quoi l'art est porteur en termes d'éternité et de salut.
Même si,
sur la foi de Baudelaire,
la foi religieuse.
Les points d'interrogation sont absolument multiples.
Donc,
vous voyez ces années 40 ou tout en écrivant des vers qu'ils ne cessent de polir
et de corriger.
Ils,
ça me permet de vivre aussi.
Il écrit des articles esthétiques et ils essaient de creuser ce que peut être la
beauté.
Arrive la fracture fracture.
Le terme,
je le pèse.
1848 1851.
Baudelaire a 27 ans.
Je rappelle d'abord ce qu'est cette fracture est pourquoi elle peut être aussi
capitale pour des gens comme Baudelaire,
mais aussi pour Flaubert,
mais aussi pour Nerval,
mais aussi pour Hugo,
mais aussi pour.
Tout ce qui est un peu de sensibilité dans la France de l'époque.
À la révolution de 48 février 48,
c'est le grand enthousiasme et la monarchie de Juillet,
instaurée en 1830,
s'écroule et on installe,
j'allais dire enfin la Seconde République.
Et il y a une sorte d'enthousiasme avec l'idée que ça y est,
la France se réconcilie bourgeoisie,
classe ouvrière et que cette Seconde République va être absolument merveilleuse.
Février 48,
juin 48 le gouvernement.
Provisoire fait tirer sur des manifestations d'ouvriers qui réclamaient du travail
et du pape.
C'est juin 48,
l'histoire a effacé.
Cela,
mais tous les écrivains et on a les lettres que Baudelaire écrit en juin 48 à sa
mère.
La correspondance de Baudelaire avec sa mère.
On n'a pas les lettres dans l'autre sens,
mais on a les lettres qu'il a écrites à sa mère.
C'est un document extraordinaire sur Baudelaire au jour le jour.
Or,
son horreur de juin 48 ou la classe possédante a eu peur.
Et donc,
on enterre pas les morts pendant trois jours.
Les morts restent sur le trottoir parisien et je n'ai pas fait de recherches sur
ce qui s'est passé en province,
mais ça a dû être pareil.
C'est une sorte de comédie d'horreur qui reste marquée et qui fait que par rapport
au réel tel qu'il s'impose,
des gens comme Baudelaire sont en distance complète.
Alors la Seconde République continue pourtant avec un président élu,
Louis-Napoléon Bonaparte,
qui fait une dérive autoritaire et qui,
à partir de 50,
veut tous les pouvoirs et on aboutit au coup d'État.
Du 2 décembre 1851,
qui aboutira à l'instauration du Second Empire 48 51,
la parenthèse se referme et on a le Second Empire qui oblige les poètes.
Je rappelle que le Second Empire.
Maintenant,
on réhabilite beaucoup Napoléon 3 en disant la prospérité de la France.
C'est tout à fait vrai,
mais c'est quand même un régime où,
pour devenir fonctionnaire,
il faut faire serment d'allégeance à l'empereur.
Excusez du peu.
Bon,
et les comment dire?
Les poètes,
on les voit pas seulement les poètes.
Les écrivains sont tous obligés de se situer par rapport à cela.
Alors,
vous le savez,
Victor Hugo part en exil.
Mais il était aux premières loges de la contestation puisqu'il a appelé au
soulèvement contre le coup d'Etat.
Mais quelqu'un comme Michelet,
le grand historien,
il perd tous ses posts et il ne part pas à l'étranger parce qu'il veut continuer à
travailler dans les archives.
Mais il fait une sorte d'exil intérieur,
c'est à dire qu'il reste en France,
mais il n'est plus là pour personne.
Nerval se bat avec la folie,
mais tous continuent à écrire,
continuer à travailler.
Il continue à croire dans ce qu'ils font,
mais dans une sorte de de silence et d'ombre.
C'est une période très féconde,
mais très douloureuse dans laquelle on veut voir.
Je dis non parce qu'on est beaucoup à le penser comme ça.
Un second romantisme,
mais un romantisme de de la perte,
un romantisme.
On a les mêmes aspirations,
mais on ne pense plus,
comme dans les années trente,
qu'on pourra qu'elles pourront être exaucés.
Et donc,
il y a c'est l'envers sombre,
quelquefois désespéré.
C'est le moment du deuil,
du deuil,
de tous ces espoirs là.
Et c'est cela,
la mélancolie,
la mélancolie,
que ce second romantisme va mettre partout dans sa poésie.
C'est la certitude qu'on a perdu l'essentiel et qu'on ne le retrouvera pas.
Et ce terme de mélancolie et est absolument capital dans ce second romantisme.
Et il est au centre des fleurs du mal.
Il faut dire qu'après le coup d'État,
là,
police les grands empires et non seulement un régime oppressif du point de vue
politique,
mais aussi d'un point de vue idéologique.
Nous sommes dans le positivisme,
nous sommes dans la référence aux sciences et au rationnel.
Bref,
dans ce climat le plus anti poétique possible.
Cette mélancolie et j'y reviens à ce que je voudrais l'illustrer.
Elle se traduit par cette gravure que vous connaissez sans doute cette gravure de
Dürer,
donc une gravure bien plus ancienne qui remonte à la Renaissance et que l'on
trouve beaucoup chez beaucoup d'écrivains.
Ils l'ont chez eux et ils en parlent,
ou bien en référence à travers tout le siècle.
Cette mélancolie là,
c'est comme ça que durèrent l'appel.
Elle fixe une image de cette espèce de poids qui pèse la mélancolie et est une
femme manifestement très,
très,
très,
très,
très belle,
très grande.
Mais qui est qui?
Qui semble succomber sous un poids?
Eh bien,
elle.
Elle dit tout ce qui pèse sur ces poètes.
Et pourtant,
ils écrivent et je voudrais simplement vous donner pour illustrer cela,
une strophe d'un poème sur lequel je reviendrai beaucoup.
Le signe de Baudelaire dans Les fleurs du mal.
Et puis,
parce que parce que j'aime bien Nerval,
mettre en face une strophe aussi de son magnifique poème des Chimères,
Elle,
David tchado.
Alors Baudelaire d'abord,
je reviendrai dans Ligue 1 Quatrains du cygne,
Paris change.
Mais rien dans ma mélancolie n'a bougé.
Pas les neuf échafaudages bloquent le vieux faubourgs,
tout pour moi devient allégorie.
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.
Et simplement pour la beauté Nerval.
Je suis le ténébreux,
le veuf.
L'un consolé?
Le prince d'Aquitaine,
à la tour,
abolit.
Ma seule étoile est morte et mon luth constellé porte le soleil noir de la
mélancolie.
Voyez le terme de mélancolie qui est mis à la rime à chaque fois,
c'est c'est central dans ce second romantisme et 1854,
Les Chimères de Nerval 1856 et Contemplations de Victor Hugo 1857,
Les fleurs du mal,
la grande réponse de la poésie française à la désespérance de ce milieu de siècle.
Et quand on n'est pas dans un moment très gai actuellement,
je crois qu'il faut retourner à cette réponse de poète très différent.
Cette réponse qu'il donne par la poésie de Hugo fait des déclarations.
Les autres n'ont pas la poésie et disent voilà,
voilà ce que l'on peut dire de la désespérance du siècle.
Et voilà ce que l'on peut dire à la désespérance de ce siècle.
Baudelaire,
plus particulièrement,
veut,
essai explicite chez lui,
inventer la poésie qui va permettre de dire la vie moderne et l'homme moderne tel
qu'il est.
Parce que pour lui,
la poésie,
mais tous les poètes le disent,
doit prendre en compte tout le réel.
Donc,
elle doit prendre en compte la ville dans sa beauté et sa laideur.
Et j'y reviendrai.
A propos de la modernité,
elle doit prendre en compte cette société mercantile,
non pas pour la pour la célébrer,
mais pour dire le réel.
Et puis elle doit prendre en compte le mal.
Et d'abord,
le mal à l'intérieur de l'homme.
Et on reviendra,
mais relisez le poème au lecteur qui ouvre Les fleurs du mal.
Pour cela,
il faut inventer un nouveau lyrisme.
Ça veut dire qu'on mettra le jeu au centre de la poésie,
mais en lieu et excusez moi,
de ce néologisme très peu élégant,
mais il dit bien ce qui veut dire en le débit,
au graphisme,
en c'est à dire quand Baudelaire,
dis je.
Je suis comme le roi d'un pays pluvieux et il ne dit rien du jeu.
Mais je hais le sujet de la parole.
C'est ça,
le vrai lyrisme.
Qu'est ce que ce jeu dit de la perception que l'homme moderne a de lui même et du
monde dans lequel il vit?
Il faut,
pour inventer ce nouveau lyrisme,
rendre compte de la profondeur du réel à travers l'usage du symbole.
Et j'y reviendrai à plusieurs reprises.
Là,
je ne fais que lancer les éléments que je reprendrai aussi la semaine prochaine.
Et pour cela,
il faut actualiser des mythes anciens et créer les mythes du monde moderne.
Et je vais revenir à ce poème.
Le signe,
c'était i gn.
Mais bien évidemment,
on en entend signes s.
Gn et c'est là que j'allais dire.
Mais à travers un poème merveilleux,
il donne son art poétique non pas en disant voilà ce qu'il faut faire,
mais en le faisant.
Et que fait il?
Il superpose l'image d'un signe.
L'oiseau perdu dans Paris,
donc exilé de son lac.
L'image d'Andromaque voyait le mythe ancien exilé de Troie et exilé de son amour
pour Hector,
puisque Hector est mort.
Et à partir de là,
il crée un mythe moderne de l'exilé et évidemment,
j'y reviendrai aussi à propos de la modernité.
Mais je voudrais simplement parce que je crois que c'est un sommet.
C'est un long poème en deux parties.
Je voudrais simplement vous lire la première partie pour vous montrer comment il
prend en compte le monde moderne,
puisque ces images qu'il va nouer ensemble,
elles lui viennent à l'esprit,
non pas devant le signe qui est là,
mais devant un bric à brac de Paris,
le Paris de Haussmann,
en plein travaux.
Et c'est devant ce bric à brac moche,
plein de poussière,
qui est là,
l'image à la fois du signe d'Andromaque et qu'il va construire une représentation
du monde moderne.
Et c'est là qu'on voit que c'est une nécessité absolue de parler de cela,
de parler de la laideur du monde moderne.
Mais encore une fois,
quand il y a le signe Andromaque qui se superpose,
cela donne ceci c'est la première partie du poème.
Je ne sais plus à quel moment je vous dirais la seconde partie,
mais pas aujourd'hui.
Ça commence comme cela.
Andromaque,
je pense à vous.
Ce petit fleuve pauvre et triste miroir où jadis resplendit l'immense majesté de
vos duels,
de vos douleurs de veuves,
ceci Moïse,
un menteur qui,
par vos pleurs,
grandit.
A fécondé soudain ma mémoire fertile comme j'ai traversé le nouveau carrousel.
Le vieux Paris n'est plus.
La forme d'une ville change plus vite,
hélas,
que le cœur d'un mortel.
Je ne vois qu'un esprit où ce camp de baraques,
c'est pas de chapiteaux ébauché et de fu les herbes où les gros blocs verdit par
l'eau des flaques et brillantes aux carreaux,
le bric à brac confus.
Là,
c'est déjà jadis une ménagerie.
Là,
je vise un matin,
à l'heure où,
sous les cieux froids,
éclaire le travail s'éveille,
où la voirie pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux.
Un signe qui s'était évadé de sa cage et de ses pieds palmés.
Frottant le pavé sec sur le sol raboteuse,
traînait son blanc plumage.
Près d'un ruisseau sans eau,
la bête ouvrant le bec baignait nerveusement ses ailes dans la poudre et disait le
coeur plein de son beau lac natal au camp Pleuvra tu cantonnera,
tu foudres?
Je vois ce malheureux est étrange et fatal vers le ciel,
quelques fois comme l'homme d'Ovide,
vers le ciel ironique et cruellement bleu sur son cou,
convulsifs,
tant dans sa tête vide comme s'il adressait des reproches à Dieu.
Fin de la première partie du signe et dans la seconde partie,
tout cela va être repris et j'en parlerai plus tard,
mais vous aurez eu envie d'aller le lire entre deux la commune.
A partir de cela,
il va créer le mythe moderne de l'exilé.
A partir de cette double image,
mais pour dire la vie moderne de l'homme moderne,
il faut inventer ce nouveau lyrisme.
Mais je n'oublie pas tout ce que je vous ai dit tout à l'heure sur l'art pour
l'art.
Il faut une forme impeccable.
Il faut une pratique rigoureuse du verre pour contenir les excès du romantisme.
Et quand nous viendrons au poème en prose,
il y a la même rigueur dans le poème en prose.
Le poème en prose,
je vous le redirai cent fois,
n'est pas une solution de facilité.
C'est même une solution de difficultés.
Aussi étrange que cela puisse paraître et il faudra la même rigueur viser la
nécessité et viser la condensation du verre,
même si l'on est dans la prose travaillée,
le rythme interne de la prose comme on travaille,
le rythme du verre.
Alors quand on regarde de près et là,
je n'ai pas le temps de faire l'explication de ces alexandrins.
Il y a un travail,
du rythme.
Un travail aussi,
de la sonorité que j'essaye de faire passer dans la lecture,
mais qui est tout simplement prodigieux.
Et quand on voit,
on n'a pas beaucoup de brouillons,
de manuscrits de Baudelaire.
En revanche,
on a des épreuves corrigées par lui et il reprend absolument tout la disposition
typographique de l'adjectif.
Une majuscule?
Le détail?
Absolument.
Alors,
je vous ai dit aujourd'hui,
je me contente avec guillemets,
je me contente de placer l'évènement Baudelaire dans son siècle et donc voilà,
j'ai mis tout,
tout ce cadre des années 40,
ce cadre du second romantisme.
Mais je vous le disais,
Baudelaire ouvre la poésie moderne avec tout ce qu'il arrive à nouer dans Les
fleurs du mal et les petits poèmes en prose.
Il ouvre cette poésie moderne à sa mort,
en 1867.
Il meurt à Bruxelles.
Il a 46 ans.
Il était allé à Bruxelles pour essayer de faire éditer ses œuvres complètes parce
qu'il n'avait plus d'argent du tout.
Et il n'y réussissait pas.
Il meurt dans la solitude,
il meurt dans la pauvreté et peut être pire que tout.
Il meurt le cerveau rongé par la syphilis,
en sentant venir la folie,
et il meurt aphasique.
Mais pendant,
ce dernier séjour est pathétique à Bruxelles.
Il apprend,
mais avec une amertume très grande,
que se développe à Paris une école qui se réclame de lui,
c'est à dire que des jeunes poètes se regroupent dans l'admiration de Baudelaire.
Mais j'allais dire pour lui,
c'est trop tard pour lui en tant qu'homme Baudelaire.
Mais sa réévaluation posthume est absolument éclatante.
Avant même qu'il ne meure,
Verlaine et de ses jeunes poètes qui se réclament de lui en 1865,
donc deux ans avant la mort de Baudelaire,
Verlaine,
qui a 21 ans parmi eux,
écrit un article étonnant de profondeur sur Baudelaire.
Il souligne.
Et c'est d'une justesse totale que Baudelaire a su rendre la sensibilité souvent
maladive de l'homme du siècle tout en faisant entendre son aspiration à l'idéal.
Alors,
je n'ai pas le temps de le dé,
de le développer,
mais il y a une justesse dans ce tout jeune homme qui lui aussi veut devenir
poète.
Et Verlaine?
On a l'impression qu'il s'est imbibé des fleurs du mal comme moyen d'accéder à la
poésie.
Et il est évident qu'on dit souvent que c'est Verlaine qui invente le symbolisme.
Mais je suis persuadé que le symbolisme de Verlaine prend sa source dans l'usage
que Baudelaire fait du symbole.
1871 Quatre ans après la mort de Baudelaire,
Rimbaud,
il a 17 ans dans une des lettres qu'on appelle les lettres du voyant qu'il écrit à
son ami Paul Domani,
fugueur,
etc.
Vous savez tout de ce jeune Rimbaud,
mais les lettres du voyant sont extraordinaires parce qu'il montre qu'il a lu et
intégré toute la poésie du siècle.
Rimbaud devient Rimbaud entre 15 ans et 17 ans.
Il commence même avant parce qu'il a lu.
Tout Hugo,
tout Baudelaire,
tout,
tout,
tout et il les a complètement intégrés et alors,
dans une des deux lettres du voyant avant la fameuse phrase,
il faut se faire voyant par tous les moyens,
etc.
Il donne son avis extrêmement péremptoire sur les grands poètes du siècle.
Voici ce qu'il dit de Baudelaire.
Baudelaire est le premier voyant roi des poètes,
un vrai Dieu,
c'est souligner encore a t il vécu dans un milieu trop artiste,
et la forme si vantée en lui est mesquine.
Les inventions d'inconnu réclament des formes nouvelles.
Un jeune homme de 17 ans écrit cela de Baudelaire,
un vrai Dieu,
parce qu'il est le voyant,
c'est à dire un.
Il a un regard sur le monde qui va au delà des apparences et nous sommes dans
cette théorie du symbole sur laquelle nous reviendrons.
La nature est un temple,
etc.
Les correspondances,
mais vous voyez qu'il dit nous donnons la forme n'est pas assez moderne,
il faut aller au delà.
Autrement dit,
il intègre Baudelaire.
Il intègre Hugo pour aller au delà et pour devenir l'année d'après.
Celui qui écrit Le bateau ivre et l'année d'après.
Celui qui écrit Une saison en enfer arrête tout et crée les illuminations et a 18
ans et demi.
Arrête d'écrire complètement.
À 17 ans,
il écrit cela,
Baudelaire.
Reconnaissance de tous les grands poètes à la fin du siècle,
celui qui a,
excusez moi la familiarité tirait le diable par la queue en 1892.
C'est pas très loin.
C'est 25 ans après sa mort.
Tous les grands poètes lancent une souscription pour un monument à Baudelaire qui
sera sculpté par Rodin.
Excusez du peu.
Et pour publier une plaquette où chacun des membres du comité et ils sont une
trentaine écrira un poème en l'honneur de Baudelaire.
Qui est président d'honneur de cette de ce comité,
le comte de Lille,
qui en est le président?
Mallarmé,
autrement dit toute la génération d'après Baudelaire,
salue Baudelaire.
Il y a ce monument Rodin,
le grand sculpteur de l'époque,
et cette plaquette.
Il ne s'agit pas de republier les œuvres de Baudelaire.
Il s'agit pour chacun d'écrire un poème en l'honneur de Baudelaire et Le tombeau
pour Baudelaire,
écrit Mallarmé.
Et Une splendeur à la Mallarmé.
Mais une splendeur quand même.
d'Adamo parce que ça nous mènerait trop loin des surréalistes au début du XX
siècle,
qui sont très,
très,
très sévères avec la poésie du 19ème siècle,
reconnaissent Mallarmé comme un des précurseurs du surréalisme.
Baudelaire est comme un des précurseurs du surréalisme.
Cette réévaluation posthume de Baudelaire,
qui n'avait été et je reviendrai à la réception des Fleurs du mal,
qui n'avait été saluée que par quelques uns et vilipendée par beaucoup.
La presse de l'époque n'a pas supporté les fleurs du mal.
Il a la reconnaissance la plus éclatante qui soit dans les trente ans qui suivent
sa mort.
Voilà comment je vous l'ai posé un peu,
Baudelaire.
Mais avant de tomber Oui,
j'ai pas du rétro,
excusez moi,
mais ma conférence est plus courte que ce que je pensais,
mais j'espère que nous pourrons.
Je ne déteste pas.
Mais avant de.
De passer à ce dialogue,
je voudrais que nous écoutions encore Baudelaire et j'avais envie de vous dire un
autre poème.
À une passante.
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longues,
minces,
en grandes feuilles.
Douleur majestueuse,
une femme passa.
D'une mère fastueuse,
soulevant,
balançant le festons et l'ourlet,
agile et noble avec sa jambe de statue.
Moi,
je buvais,
crispé comme un extravagant dans son œil,
ciel livide où germe l'ouragan,
la douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair.
Puis la nuit.
Fugitive Beauté,
dont le regard m'a fait soudainement renaître,
ne devrait plus que dans l'éternité.
Ailleurs.
Bien loin d'ici.
Trop tard?
Jamais,
peut être.
Car j'ignore où tu fuis,
tu ne sais où je vais ou toi que je sais,
mais.
OTTAWA Qui le savait?
Je remercie.

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