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INTRODUCTION

GENERALE
 Contexte de la recherche

Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) constituent aujourd’hui la base du tissu


économique du Sénégal. Comme dans de nombreux pays africains, elles sont non seulement
le moteur de la croissance, mais également un levier puissant du secteur privé dont l’impact
en matière de développement n’est plus à démontrer.

Les Petites et Moyennes Entreprises représentent près de 90 % des entreprises au Sénégal.


Elles concentrent aujourd’hui environ 30 % des emplois, 25 % du chiffre d’affaires et 20 % de
la valeur ajoutée nationale. (Source : LOI D’ORIENTATION n° 2008-29 du 28 juillet 2008 relative à la
promotion et au développement des petites et moyennes entreprises)

Le nombre des PME s’est fortement accru ces dix dernières années au Sénégal, notamment au
niveau des micro et petites entreprises (MPE) évoluant souvent dans le secteur non structuré.
Différentes études ont souligné le dynamisme de ce secteur qui occupe plus de 60 % de la
population active.

Le Sénégal ne disposant pas d’une tradition industrielle marquée, son expansion économique
doit s’appuyer sur un développement durable des petites et moyennes entreprises, aux
activités diversifiées et novatrices.

Ce développement ne peut s’effectuer sans un soutien des établissements financiers, incluant


le support des pouvoirs publics pour leur mise à niveau par rapport à la concurrence
internationale.

Malgré l’importance du rôle des PME et cette nécessité de développement, des contraintes
majeures freinent leur croissance, notamment la difficulté d’accès au financement bancaire.

En effet, en Afrique et particulièrement au Sénégal, les dirigeants des PME font face à
d’énormes difficultés pour accéder au crédit. Le taux de financement de l’économie est de
31% du PIB, ce qui est très faible, comparé à ceux des pays émergents tels que l’Afrique du
Sud (80%), le Brésil (110%), le Maroc (114%) et la Chine (155%)… Le taux global de rejet
des requêtes de financement des entreprises est de l’ordre de 72%. (Source : DG BNDE)

Des études ont révélé qu’environ 51% des PME, qui constituent 90% du tissu économique
sénégalais, n’ont pas accès au crédit pour défaut de garantie et 35% de leurs demandes sont
rejetées pour cause de dossiers incomplets. Les PME ne représentent alors que 16% du
portefeuille des banques (Source : DG BNDE). Cette difficulté d’accès au financement se
confirme par les chiffres ci-dessous issus du rapport sur les conditions de banque de
l’UEMOA 2016 :

Ces chiffres mettent en évidence la hausse des crédits accordés par les établissements de
financement. Celle-ci est essentiellement due à l’augmentation des crédits accordés aux
grandes entreprises. Malgré cette hausse générale, nous constatons clairement une baisse des
crédits accordés aux PME.

 Problématique et questions de recherche

Ce mémoire s’inscrit dans le prolongement des travaux de recherche sur les difficultés d’accès
au financement des PME. Le terrain expérimental est celui des PME sénégalaises. Ce
mémoire vise donc d’une part à mieux cerner les environnements dans lesquels évoluent les
PME, d’autre part, à identifier les facteurs susceptibles d’expliquer les difficultés d’accès au
financement et, pour finir, à proposer un ensemble de recommandation qui permettront de
faciliter l’accès au financement bancaire desdites PME.

La revue de la littérature permet de constater que même s'il existe une multitude de travaux
dans le domaine du financement des PME, proposant une certaine richesse des résultats, très
peu de ces recherches ont été menées directement sur les PME sénégalaises. Or nous avons
pourtant vu que le financement de cette catégorie d'entreprise est un enjeu majeur, pour leur
développement et plus généralement pour l'emploi et l’économie sénégalaise. La majeure
partie de la littérature existante traite la question du financement des PME dans un
environnement internationale. Elle intègre rarement les variables relatives aux
environnements africains, plus particulièrement à l’environnement sénégalais.

Ainsi, ce mémoire analyse les difficultés d’accès au financement bancaire des PME évoluant
au Sénégal. Plus précisément, il répond aux questions suivantes :

- Dans quels environnements évoluent les PME ?


- Quel est l’intérêt pour les PME d’accéder aux financements bancaires ?
- Par quel moyen les établissements de financement pourraient-ils financer les PME ?
- Quelles sont les causes des difficultés d’accès au financement ?

En répondant à ces questions, ce mémoire examinera la principale hypothèse qui est la


suivante :

- L’environnement dans lequel évolue la PME a une répercussion sur son accès au
financement bancaire.

 Organisation du mémoire

Nous tenterons d’apporter notre contribution à ces questions et vérifier notre hypothèse à
travers les deux parties qui composent ce mémoire :

- La première partie intitulée « Relation entre les banques et les établissements de


financement » est divisée en deux (2) chapitres. Nous examinerons tout d’abord les
généralités sur les PME en termes de définition et d’environnements d’évolution selon
les critères sénégalais ; ce qui nous permettra de détecter leur besoin en financement
en fonction desdits environnements. Nous étudierons ensuite les relations existantes
entre PME et établissement de financement.

- La deuxième partie intitulée « Causes des difficultés d’accès au financement des PME
et solutions envisageables » est répartie en deux (2) chapitres. Dans le premier
chapitre, nous étudierons les raisons pour lesquels les PME ont des difficultés d’accès
au financement. Après l’étude de ces causes, nous suggérons un ensemble de solutions
pour y remédier.
PREMIERE PARTIE
Relation entre les
PME et les
établissements de
financement
CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LES PME

SECTION 1 : Définition selon les critères sénégalais

Depuis des années, la définition du concept de PME a été sans doute à l’origine de beaucoup
de controverses. Les analystes les plus avertis ont eu du mal à s’entendre sur une même
définition. L’on s’aperçoit que la taille d’une entreprise est une grandeur relative. Les petites
et moyennes entreprises regroupent diverses réalités qu’on parvient difficilement à lier à une
définition, néanmoins leurs manifestations concrètes peuvent être aisément identifié dans un
cadre géographique bien déterminé.

Aujourd’hui, l’adoption de la charte des PME au Sénégal du décembre 2003 vient régler
définitivement ce problème qui empêchait de circonscrire cette catégories d’entreprise dans
un cadre précis, facilement maitrisable et favorisant leur promotion et par conséquent leur
développement. la charte définie les petites et moyennes entreprises en ce terme : on entend
par PME, toute personne physique ou morale, productrice de biens ou de services marchands ;
ce qui implique que le concept PME englobe d’une part, la petite entreprise qui inclut la micro
entreprise et la très petite entreprise et, d’autre part, la moyenne entreprise dont les critères
distinctifs sont les suivants :

 Les Petites Entreprises (PE) :


o L’effectif compris entre un (01) et vingt (20) employés ;
o Le chiffre d’affaires annuel hors taxe annuel n’atteignant pas les limites
suivantes définies dans le cadre de l’impôt :
 50 millions de FCFA pour les PE qui effectuent des opérations de
livraison de biens ;
 25 millions de FCFA pour les PE qui effectuent des opérations de
prestations de services ;
 50 millions de FCFA pour les PE qui effectuent des opérations mixtes
telles que définies par les textes relatifs audit impôt.
o Tenue d’une comptabilité allégée ou de trésorerie certifiée par une structure de
gestion agréée (CGA) selon le système comptable en vigueur au Sénégal.
 Les Moyennes Entreprises (ME) :
o Effectif inferieur à deux cent cinquante (250) employés ;
o Tenu d’une comptabilité selon le système normal en vigueur au Sénégal et
certifiée par un membre inscrit à l’ordre national des experts comptables et
comptables agréés (ONECCA) ;
o Investissement net inférieur ou égal à 1milliard de FCFA ;
o Chiffre d’affaire hors taxes annuel compris entre les limites fixées à pour les
PE cités ci-dessus et 15 milliards de FCFA ;

SECTION 2 : Environnements des PME

1. Environnement politico-économique

Tous les pays de l’UEMOA comme les autres Etats du monde entier ont connu des troubles
économiques dus à la flambée du prix du baril de pétrole qui a dépassé la barre des 100
Dollars US au début de l’année 2007. Pour la même année, les Etats membres de l’union ont
dû faire d’énormes efforts pour faire face à la demande sociale et aux déséquilibres engendrés
par la conjoncture économique. Malgré la forte baisse du cours du baril, le prix du carburant à
la pompe a certes baissé mais pas de manière significative.

L’inflation qui sévit depuis l’année 2007 (avec un taux supérieur à 3% entrainant une baisse
de la demande et un faible pouvoir d’achat) ne contribue pas positivement au développement
de la PME.

L’acceptation des Accords de Partenariats Economique (APE) semblent être un couteau à


double tranchant dans la mesure où les APE visent à établir un accord de « libre-échange »
entre les pays africains et l’Union européenne ; ce qui signifie une mise en compétition des
PME sénégalaises contre les entreprises européennes aguerries et bénéficiant d’énormes
moyens financiers et logistiques pour gagner des marchés. Cela sera d’autant plus facile
compte tenu du fait que les investisseurs européens bénéficieront du statut de « traitement
national », en vertu duquel, ils seront traités sur le même pied d’égalité que les investisseurs
nationaux, sénégalais.

Par ailleurs, l’on pourrait dire que le caractère démocratique de l’État sénégalais est favorable
à l’entreprenariat même si les changements de régime entrainent quelques fois des périodes de
flottement qui peuvent ralentir le développement de l’activité.
Un point très important à ne pas omettre est le recul persistant des promoteurs dans la région
de la Casamance marquée par des conflits de la rébellion indépendante.

La concurrence déloyale avec les asiatiques constitue également un frein au développement


des PME sénégalaises à cause de leur politique de bas prix avec des produits de mauvais
qualité.

C’est dans ce contexte économique qu’évoluent les PME qui font face à de nombreuses
difficultés liées à leur nature et à au climat des affaires dans la le pays et la sous-région.

Cet environnement économique crée tout naturellement des besoins en financement


d’investissement pour renforcer leur compétitivité et leur performance ou encore des besoins
financiers liés aux cautions d’avance, de démarrage ou caution sur marché. Ces différents
besoins seront développés dans les chapitres qui suivront.

2. Environnement socio-culturel et familial

Le cadre familial occupe une place très importante au sein de la société senegalaise.il peut
être vu comme cause de faillite prématurée dans la mesure où très souvent le patrimoine de
l’entreprise et celui du dirigeant sont confondus. Le dirigeant a alors tendance à régler ses
dépenses avec le budget de la société. Ou encore, dès que l’affaire commence à prospérer, le
dirigeant est sollicité à régler des problèmes d’ordre financier ou matériel de ses parents.

Les entrepreneurs confondent chiffre d’affaires et bénéfice. Ils ont tendance à vouloir paraitre
lorsque le résultat net atteint un certain niveau.de ce fait, les distributions de billets de banque
viennent à l’œuvre dans les cérémonies de mariages, baptêmes, etc. l’entrepreneur ressent un
besoin constant d’avoir de l’argent, ce qui entraine des besoins de confort tels que vêtements
de valeur, voitures de luxe, etc.

En ce qui concerne le management du staff, la politique de sanction est différente d’une


personne à une autre et elle n’existe pas pour les parents proches du dirigeant.

Aussi, en cas d’incapacité ou de décès du dirigeant, la succession peut être source de non
croissance parce qu’on ne cherche pas de dirigeant compétant mais plutôt de successeur
parent du défunt ou de l’incapable. Le caractère personnel ou familial de la PME entraine des
conflits de personnes ou de succession.

Au regard de ce qui précède, les coutumes et traditions constituent un obstacle au critère


rationnel de l’entreprise.
Cette situation crée un besoin constant et en croissance continu de financier son besoin en
fond de roulement.

3. Environnement réglementaire

Le droit des affaires et règlement des litiges ainsi que son libre champ d’interprétation ne
fournissent pas assez de sécurité aux transactions du secteur privé. Les PME ne disposent
donc pas ainsi de nombreux moyens extrajudiciaires pour défendre leurs intérêts.

Par ailleurs, un comité de réforme est mis en place par la Banque Mondiale pour mener un
vaste programme d’évaluation, d’étude, de proposition sur le code des douanes, la caution
douanière, le droit de transit, la continuité de l’entreprise, l’allégement du droit foncier et des
procédures correspondantes ; bref tous les éléments pouvant entrer dans le cadre de la
promotion du secteur privé.

4. Environnement technique

Le Sénégal ne disposant pas d’une tradition industrielle marquée, les PME ne sont pas dotées
de matériels lourds appropriés à leurs activités et peuvent être amenées à utiliser généralement
des outils de production qui ne répondent pas aux normes ou qui sont vétustes.

Cette environnement n’est pas chaleureux pour les PME et crée un besoin d’investissement
pour renouveler l’outil de production. En effet, la vétusté de l’appareil productif entraine des
coûts de production élevés et donc l’avènement de produits concurrentiels (produits chinois).
CHAPITRE 2 : RELATION ENTRE PME ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS

L’histoire des rapports entre banques et PME ressemble fort à celle des vieux couples qui se
font des reproches incessants mais doivent pourtant vivre ensemble. Cette situation est sans
doute encore plus vraie au Sénégal où les systèmes financiers sont jusqu’ici totalement
dominés par les banques, ce qui laisse aux PME peu de marge de manœuvre dans la recherche
de financements alternatifs aux concours bancaires. Comme souvent dans ces cas, les torts
sont en réalité partagés et chacun des deux acteurs présente de réelles faiblesses par rapport
aux exigences que l’autre formule au regard de ses besoins et de ses habitudes.

Nous verrons donc succinctement les besoins en financement des PME et les types de
financement proposés par les banques.

SECTION 1 : Les besoins de financement des PME

Les PME sont pour la plupart confrontées à des besoins divers allant des besoins de marchés,
de personnel qualifié aux besoins de matières premières et de financements.

Ces besoins sont en fonction de la PME selon qu’elle soit une start-up ou qu’elle exerce
depuis des années. Dans le cadre de cette section, nous allons nous intéresser aux besoins
financiers que nous classerons en trois (3) catégories.

1. Les besoins d’investissement

Les environnements politico-économique et technique du Sénégal confrontent les PME plus


ou moins à un besoin d’investissement surtout dans ce contexte imminent de haute
compétitivité (APE).

A ce niveau on distingue des investissements d’implantation (start-up), de renouvellement des


équipements et des investissements de capacité pour améliorer la production et agrandir la
part de marché.

La satisfaction de ce besoin est indispensable à la pérennité de l’entreprise qui doit avoir une
bonne politique d’investissement à moyen et long terme.

2. Le besoin de financer le fonds de roulement

Les PME en général vendent à crédit leurs produits ou services à leur client et cependant ne
bénéficient que rarement de délais de paiement du côté des fournisseurs. Il y a donc, souvent
des décalages entre les décaissements et les encaissements obligeant les PME à recourir à
l’usage des fonds propres ou des découverts bancaires pour financer leur cycle d’exploitation.

D’ailleurs l’orthodoxie financière veut que le besoin en fonds de roulement soit supporté par
l’excédent de fonds propres après le financement du haut du bilan.

Mais, comme constaté dans l’environnement socio-culturel et familial, la constitution de


fonds propres est assez utopique ; ce qui entraîne un besoin constant et exagérer (qui aurait pu
être évité) de financer le fond de roulement.

3. Les besoins financiers liés aux cautions d’avance, de démarrage ou caution sur
marché

Ces cautions sont exigées en général lors d’un appel d’offre. En effet les clients exigent
souvent lorsqu’il s’agit d’un marché très important, des garanties financières pour s’assurer de
la bonne issue de l’opération. C’est en général le cas dans le milieu du BTP.

On remarque cependant que l’obtention de financements auprès des établissements financiers


pour faire face à ces besoins financiers, est fastidieuse et coûteuse pour les PME.

Après avoir exposé les principaux besoins en financement des PME, nous allons nous
intéresser aux types de financement que proposent les établissements financiers.

SECTION 2 : Les types de financement proposés aux PME

Le financement est la mise en disposition de capitaux au profil de l’entreprise pour la


couverture de ses besoins financiers. Il existe différentes méthodes de financement pour
mettre ces fonds à disposition des entreprises. Parmi ces voies de financement on peut citer :

1. Crédit d’investissement

Selon la loi en finance « à emplois durables, ressources durables », les PME au risque de faire
faillite, sont contraintes de financer leurs investissements par des ressources financières de
longues durées.

Répondant à cet impératif, les banques offrent une série de crédit a et moyen terme (crédit
d’investissement) aux entreprises pour le financement des investissements. Le crédit
d’investissement est donc un crédit qui permet à l’entreprise de réaliser des investissements
professionnels à moyen (3 à 7 ans) ou à long terme (7 à 20 ans) dont le taux d’intérêt, les
modalités d’utilisation et le plan de remboursement sont fixés dans le contrat. Il correspond
généralement au financement du haut du bilan de l’entreprise, avec pour principale objectif, le
développement ou le renouvellement des immobilisations et de l’outil de travail de
l’entreprise. Ils sont octroyés pour financer d’importants achat se rattachant aux actifs
immobilises. Ce type de crédit sert souvent à reconstituer le fonds de roulement afin de
conférer à l’entreprise une structure financière relativement stable.

Parmi les crédits d’investissement, on peut noter :

Le crédit-bail : Quiry & Yann définissent le crédit-bail ou leasing comme étant un contrat


par lequel une des parties (leaseur) s’engage à fournir à une partie la jouissance d’un bien
meuble corporel a un prix déterminé que cette dernière s’engage à payer périodiquement avec
une option d’achat à la fin du contrat.
Ce type de financement permet d’éviter un décalage important de TVA. Il est donc une
technique de financement d’une immobilisation par laquelle une banque acquiert un bien
meuble ou immeuble pour le louer à une entreprise, cette dernière ayant la possibilité de
racheter le bien loué pour une valeur résiduelle généralement faible en fin de contrat.

Les crédits à moyen terme : Selon Prouvost, le crédit à moyen terme est un crédit d’une
durée moyenne qui peut aller de 2 à 7 ans. Il doit exister une liaison entre la durée du
financement et la durée de vie du bien financé. La banque s’assure que la durée de
remboursement ne dépasse pas la durée de vie du bien financé.
Les crédits à moyens terme s’appliquent donc à des investissements de durée moyenne tels
que véhicules et machines et, de façon plus générale, à la plupart des biens d’équipement et
moyens de production de l’entreprise.

Le crédit à long terme : Le crédit à long terme est un crédit dont la durée est supérieure à
sept (7) ans. Il est destiné à financer les investissements lourds des entreprises.
Selon Bernait-Rolland, les banques ne jouent, la plupart du temps, qu’un rôle de relais avec
toutefois, dans certains cas, une participation en risque avec l’établissement préteur dans les
opérations de crédit à long terme. Les institutions financières spécialisées assurent le
financement de ces crédits sur ressources provenant principalement d’emprunts obligataires.

2. Le crédit de trésorerie

Il est la forme de concours la plus simple qu’un banquier puisse consentir à sa clientèle. C’est
un crédit à court terme (de quelques jours à quelques mois) et relatif au cycle d’exploitation
de l’entreprise.
BERNARD Arnaud et BEGUIN Jean-Marc font une catégorisation de crédits à court terme :
le découvert, la facilité de caisse, l’escompte commercial.

Le découvert : c’est un crédit de trésorerie mis à la disposition d’une entreprise dont les BFR
dépassent les possibilités du fonds de roulement. Le découvert est consenti pour une durée
maximale de douze (12) mois. Par le découvert, la banque offre aux entreprises la possibilité
de présenter temporairement un solde débiteur. De façon classique, la banque fixe le montant
plafond et la durée du découvert consenti. La caractéristique principale du découvert est qu’il
ne comporte aucune garantie intrinsèque.

La facilité de caisse : ce sont des crédits consentis pour remédier à un décalage de courte
durée entre les recettes et les dépenses des entreprises. Elles ont pour but d’équilibrer la
trésorerie d’une entreprise en comblant les quelques jours par mois qui séparent les échéances
de paiement et les échéances d’encaissement. Elle est souvent accordée pour une période de
plusieurs mois et se caractérise par des utilisations brèves et successives. Le bénéficiaire a
donc un compte alternativement débiteur et créditeur.

L’escompte commercial : il est une opération de crédit par laquelle la banque met à la
disposition du client le montant d’un effet de commerce (document matérialisant une créance)
sans attendre l’échéance. Il s’agit donc pour la banque d’acheter l’effet et d’anticiper
l’encaissement de sa créance au profit de son client contre déduction d’agios (frais bancaire).
Pour les entreprises, l’escompte des effets est un mode de financement simple et facile car la
banque accorde ce crédit auto-liquidatif rapidement et avec le minimum de formalité.
DEUXIEME PARTIE
Causes des difficultés
d’accès au
financement des PME
et solutions
envisageables
CHAPITRE 2 : CAUSES DES DIFFICULTES D’ACCES AU FINANCEMENT DES
PME

La revue des chiffres du rapport sur les conditions de banque de l’UEMOA 2016 mettent
clairement en évidence les difficultés d’accès au financement des PME.

Après analyse des différentes informations relatées dans les chapitres précédents, nous
arrivons faire ressortir le fait que la difficulté d’accès des PME au financement relève autant
de la responsabilité des entreprises que de celle des banques.
Si les PME présentent des lacunes importantes par rapport aux exigences du secteur bancaire,
les établissements de financement pourraient déployer plus de moyens pour pénétrer le
segment des PME.

En effet, l’histoire des rapports entre banques et PME ressemble fort à celle des vieux couples
qui se font des reproches incessants mais doivent pourtant vivre ensemble. Cette situation est
sans doute encore plus vraie au Sénégal où les systèmes financiers sont jusqu’ici totalement
dominés par les banques, ce qui laisse aux PME peu de marge de manœuvre dans la recherche
de financements alternatifs aux concours bancaires. Comme souvent dans ces cas, les torts
sont en réalité partagés et chacun des deux acteurs présente de réelles faiblesses par rapport
aux exigences que l’autre formule au regard de ses besoins et de ses habitudes.

Sous l’influence de leur actionnariat, de leurs méthodes de travail et de leurs règles de gestion,
autant que sous l’effet de réglementations de plus en plus contraignantes, les banques sont à
l’aise avec des états financiers fiables et validés par des commissaires aux comptes. Elles
souhaitent en outre trouver chez leurs clients (PME) des structures bien organisées et
encadrées, ce qui requiert que les PME exposent en permanence une vision claire et précise de
leur avenir. Aussi, les établissements de financement demandent que celles-ci disposent de
fonds propres substantiels capables de faire face aux imprévus. Enfin, les banques espèrent
toujours appuyer leurs concours sur des garanties solides leur permettant de satisfaire les
exigences de leurs autorités de tutelle.
Ces nombreuses caractéristiques sont très difficiles à réunir par les PME, quels que soient les
secteurs d’activité et les pays que l’on considère.

L’expérience montre en effet que pratiquement toutes les sociétés privées à capitaux locaux, y
compris celles de grande taille, existant déjà depuis une longue date, affichant un chiffre
d’affaires régulier et bénéficiant d’une bonne rentabilité, sont dans l’incapacité de présenter
l’ensemble des attributs qui leur permettraient de respecter les critères classiquement requis
par les banques. L’insuffisance de structure augmente donc les difficultés de financement des
PME au Sénégal : à qui la faute ?

L’insuffisance de structuration concerne ainsi la plus grande partie de l’appareil économique


Sénégal ; ce qui se justifie par le fait que le secteur informel représente 41,6% du PIB et
emploie environ 48,8% de la population active du Sénégal. Cette situation explique l’étendue
des difficultés rencontrées à la fois par les banques et les PME pour travailler ensemble et leur
insatisfaction mutuelle permanente.

Face à cette quadrature du cercle, quelles sont les principales responsabilités qui pourraient
être honnêtement imputées à chacun des deux “partenaires” ?

SECTION 1 : Causes des difficultés d’accès au de financement des PME imputables aux
PME elles-mêmes

Du côté des PME, nous pouvons citer cinq (5) aspects qui constituent une préoccupation
prédominante pour les banques.

1. La faiblesse généralisée des fonds propres

La faiblesse généralisée des fonds propres des PME apparaît comme la première difficulté.
Cette faiblesse s’explique à la fois par

- les réticences des promoteurs à rechercher d’autres actionnaires compte tenu de


l’environnement familial de la firme ;
- la rareté ou la dilapidation de la trésorerie disponible comme vu également dans
l’environnement socio-culturel ;
- les sous-évaluations fréquentes des coûts de fonctionnement et d’investissement dans
les budgets, ainsi que la sous-estimation du capital nécessaire pour réaliser le chiffre
d’affaires envisagé.
En conséquence, le poids des emprunts dans les plans de financement apparaît souvent trop
important, ce qui d’une part conduit les banques à durcir une position déjà naturellement
réservée ou à multiplier les demandes de garanties, et d’autre part, freine les PME dans
l’atteinte de l’équilibre financier structurel, les faisant ainsi redoubler de fragilité.

2. L’insuffisance de structuration

Le deuxième obstacle important rencontré par les banques est l’insuffisance d’organisation
des PME, notamment en ce qui concerne les ressources humaines, la comptabilité, la gestion
administrative et les fonctions de contrôle.

Le chef d’entreprise, y compris pour des PME de grande taille, est souvent le seul décideur de
la société. La formalisation modeste, voire parfois balbutiante, favorise les erreurs, les fraudes
et nuit à la régularité des processus, ce qui peut particulièrement pénaliser les PME.

L’action est trop rarement précédée d’une réflexion qui permettrait de garantir la stabilité des
processus de production et de commercialisation.

Le contrôle, tant au niveau interne qu’au niveau des auditeurs, est relégué au second plan.
Cela empêche la détection rapide des faiblesses de la société, facilite les éventuelles velléités
de non transparence de certains promoteurs et amenuise la sérénité des banquiers face aux
PME.

3. Le manque de vision future

Le manque de vision du futur de l’entreprise constitue le troisième principal obstacle. Trop de


sociétés naissantes sont issues d’une initiative plutôt impulsive de l’entrepreneur, sans analyse
approfondie du marché et de la concurrence.

Ceci entraîne fréquemment des désillusions sur le chiffre d’affaires, et, en conséquence, sur
les capacités de remboursement des concours bancaires.

Trop d’entreprises nouvelles surdimensionnent leurs investissements au démarrage, au lieu de


concevoir leur projet par étapes, compromettant ainsi presque à coup sûr leur rentabilité.

Trop de PME en développement analysent de façon très approximative leur potentiel et leur
rythme de croissance et handicapent donc leur futur, même si elles avaient été exemplaires
dans une première phase de leur existence.
4. L’insuffisance où le manque de garantie

La garantie est ce avec quoi la banque pourra se faire rembourser en cas de défaillance ou de
non-exécution de l’entreprise. Elle a un caractère accessoire et même si elle est indispensable
dans le processus de financement, elle ne suffit pas à assurer le financement.

L’impact de la garantie sur l’obtention du financement bancaire est bien documenté dans
plusieurs études dont celles d’Inderest, Mueller, RAM, Bukvic et Barlett pour qui « offrir ses
biens en garantie est considéré comme une condition indispensable mais non obligatoire dans
plusieurs banques ».

Ces garanties permettent aux banques de réduire significativement leur risque de pertes
monétaires en exerçant leur droit de liquidation de ces actifs matériels en cas de défaut de
paiement de la part de l’emprunteur. La garantie procure donc aux banquiers une certaine
marge de sécurité pour parer aux éventuels risques (risque de crédit essentiellement).

Elle peut être analysée comme une fonction inverse du problème de financement en ce sens
que plus la garantie proposée est élevée, moins il se pose un problème de financement.de
même une garantie faible posera toujours un problème de financement ; la préoccupation
principale de la banque étant de s’assurer que les remboursements seront effectués.

C’est pourquoi en général, 37% des problèmes de financement sont dus au manque ou à
l’insuffisance de garanties proposées. Ce facteur est d’autant plus important pour les crédits
d’investissement avec 50% des crédits d’investissements rejetés aux PME pour absence de
garantis comme le montre l’extrait du tableau ci-dessous :

Source :
La question de la garantie bancaire demeure un problème fondamental suscitant de vifs débats
entre les acteurs de financement. Si pour les uns, elle est perçue comme une source de
démotivation de la PME, les autres la considèrent comme l’élément clé faisant le crédit.

5. L’inexpérience des dirigeants dans la gestion des entreprises

La gestion des PME repose dans la majorité des cas sur le promoteur qui détient les pouvoirs
de décision et qui souvent confond le patrimoine de l’entreprise avec son propre patrimoine.
Les patrons des PME sont des individus isolés. Ces derniers doivent faire face simultanément
aux problèmes de politiques et aux questions opérationnelles. Ses décisions sont prises
souvent à partir des données très insuffisantes. Diriger une PME se caractérise alors par une
multitude de responsabilité.

Malheureusement, les dirigeants de PME ne disposent toujours pas des compétences requises
pour mener à bien leurs multiples fonctions. Préoccupés par leurs produits, ces derniers ne
voient pas l’intérêt de mettre en œuvre un système de planification et de contrôle au sein de
l’entreprise. L’absence d’une politique financière affaiblit la structure financière et rend
l’activité très vulnérable aux mouvements d’une conjoncture économique déjà très difficile.

Par ailleurs, les contraintes familiales pèsent lourdement sur la gestion de l’entreprise. Selon
Barro, elles entrainent le recrutement d’un personnel souvent incompétent avec principal
critère l’appartenance à la famille. Cette situation conduit souvent à une gestion très peu
compatible avec les plus élémentaires du management.

Ce manque de compétences est le plus souvent lié à un déficit de formation et d’expérience


dans la gestion d’entreprise. Les graphiques suivants permettent de mettre en évidence cet état
de fait :

Source : Etude sur la diversification des instruments de financement des PME intégrant
l'épargne des émigrés
Il apparait que dans 35% des PME, le dirigeant principal n’a pas dépassé le niveau d’études
primaires tandis que seuls 13% ont effectué des études supérieures. Ceci dénote un déficit en
ce qui concerne l’acquisition des outils élémentaires de la gestion d’entreprise.

La même tendance est remarquée en ce qui concerne l’expérience avec le nombre d’années
passées à la tête de l’entreprise :

Le nombre d’années passées à la tête de l’entreprise

Source : Etude sur la diversification des instruments de financement des PME intégrant l'épargne des
émigrés

Pour 61% des PME le dirigeant principal a passé moins de cinq ans à la tête de l’entreprise.
Dans le même temps, les PME dont le dirigeant est à la tête de l’entreprise depuis plus de 10
ans ne représentent que 18% de l’ensemble. Cela est révélateur d’un manque d’expérience en
gestion qui s’explique certainement par la multiplication exponentielle de la création de PME
ces dernières années.

Ces deux éléments peuvent avoir, selon les institutions financières, un effet sur la
compétitivité de l’entreprise et par conséquent sur la décision d’octroyer un crédit ou pas.
Comme on peut le constater, le portail du petit entrepreneur ne rassure pas le préteur
rationnel.

Après avoir étayé les principaux obstacles imputables à la PME, nous allons passer en revue
les causes de difficultés imputables aux établissements de financement.

SECTION 2 : Causes des difficultés d’accès au de financement des PME imputables aux
établissements de financement

Du côté des banques, il faut reconnaître au moins trois insuffisances notables.

1. L’insuffisance des moyens dédiés aux PME


La première est la faiblesse du suivi des concours mis en place. La fragilité « normale » des
PME en termes d’organisation et de projection dans le futur contraint les banquiers à
surveiller de près le fonctionnement quotidien de l’entreprise, la pertinence de ses
investissements et les difficultés qu’elle rencontre. Les PME étant naturellement peu enclines
à donner une vraie place de conseiller à leurs banquiers, ceux-ci devraient prendre
systématiquement l’initiative. Or, ce rôle demeure mal assumé.

La récente intensification des exigences de suivi des principales clientèles traditionnelles


(grandes entreprises et particuliers) imposées par les réglementations, le manque de temps
face aux nombreux dossiers de PME souvent tous différents les unes des autres ainsi que la
faible rentabilité de telles actions d’encadrement par rapport à d’autres activités sont autant de
facteurs qui peuvent expliquer l’insuffisance de suivi de la part des banques.

Cela peut créer un cercle vicieux dans la mesure où cette insuffisance de suivi est précisément
à l’origine de la dégradation de nombreux dossiers, ce qui renforce alors l’aversion des
banques aux PME.

2. Absence de staff spécialisé PME

La deuxième insuffisance des banques, partiellement responsable de la précédente, est la


pénurie au sein des équipes bancaires de cadres de référence spécifiques ayant une expérience
approfondie de la gestion des dossiers de financement des PME.

La diversité des PME, que ce soit en termes de taille, de secteurs, de caractéristiques ou


d’appuis requis, est bien sûr à l’origine de cette situation. Elle explique les difficultés
rencontrées pour mettre au point des solutions. Les efforts d’amélioration restent cependant
insuffisants. Les banques continuent dans la plupart des cas de souffrir d’une pénurie de
départements spécialisés sur les PME, d’un manque de procédures bien adaptées à la modestie
des informations financières et des quelques indicateurs de suivi disponibles, d’une faible
capacité d’innovation en ce qui concerne les garanties acceptables et de l’inexistence de
formations spécifiques au financement des PME pour les analystes de crédit et les chargés de
clientèle.

Ces facteurs sont autant de handicaps pour que les banques accroissent leur intérêt pour les
PME.

3. Taux de défaut élevé et faible taux de recouvrement des crédits accordés aux
PME
Enfin, la troisième insuffisance des banques est liée à l’environnement institutionnel dont les
déficiences pénalisent l’action de ces dernières. En effet, malgré les réels progrès apportés par
l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA), certaines
faiblesses persistantes du cadre juridique (par rapport à la réalisation des garanties par
exemple) et les carences graves et généralisées des appareils judiciaires rendent très difficile
la récupération des crédits défaillants. Du coup, cette situation fait que l’essentiel des créances
en souffrance sont issues des PME.

Ces difficultés, amenuisent encore l’attrait des concours aux PME et poussent en même temps
les banques à durcir leurs conditions. De même, la multiplicité, la complexité et le caractère
parfois peu orthodoxe des pressions de l’administration (police économique, administration
fiscale, sécurité sociale) fragilisent encore davantage les PME prêtes à intégrer le secteur
formel sous la pression des banques.

Après avoir analysé et identifié l’essentiel des causes des difficultés d’accès au financement,
nous allons proposer dans le chapitre suivant un ensemble de solutions permettant d’améliorer
la relation PME et établissement financement.
CHAPITRE 2 : SOLUTIONS ENVISAGEABLES POUR FACILITER L’ACCES AU
FINANCEMENT DES PME

L’amélioration du niveau de financement des PME suppose la résolution des causes de


difficultés citées dans le chapitre précédent.

Ceci étant dit, l’éradication de ces causes ne pourra être complète que si certaines dispositions
sont prises pour garantir une efficacité des solutions à mettre en œuvre. C’est dans cet optique
que nous allons suggérer un certain nombre de solutions envisageables d’une part à l’endroit
des PME et d’autre part à celui des établissements de financement.

SECTION 1 : Solutions envisageables à l’endroit des PME

Il est important que les PME se formalisent à travers une éducation financière de base et
sachant ce qui est attendu de la part des établissements de financement avant d’entrer en
relation eux afin de pouvoir mieux formuler les demandes de crédit.

Pour se faire, l’état du Sénégal a mis en place un dispositif d’appui afin d’améliorer le cadre
normatif PME-Banque et donc stimuler le taux de financement. Ce dispositif d’appui est
constitué d’un certain nombre de structure d’accompagne qui seront énumérés ci-après.

Ceci étant, il y a lieu de mentionner que les PME doivent aller vers ces structures ; ce qui
implique la nécessité de vastes campagnes de communication pour que ces structures puissent
être connues.

1. Agence de Développement et d'Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises


(ADEPME)

L'Agence accueille et informe les promoteurs et les opérateurs sur les différents services
d'appui aux entreprises. Elle leur offre un ensemble d'informations pratiques sur la création
et / ou le développement d'entreprise, les sources de financement et d'intermédiation
financière locales et internationales accessibles aux MPE et PME etc.

L'ADEPME aide les promoteurs à mieux cerner leurs besoins et leur offre : des services
préliminaires d'analyse de projet d'entreprise, d'évaluation des motivations et compétences
entrepreneuriales, d'analyse de la faisabilité financière et commerciale des projets; plans
d'affaires.

L'Agence assiste et accompagne les promoteurs tout au long du processus de mise en place de
leurs entreprises.
L'Agence organise des séances périodiques de formation sur des thèmes visant l'amélioration:
de la compétence des entrepreneurs; de la compétitivité des entreprises; de l'intégration des
PME dans un environnement professionnel.

2. Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP)

Le FONGIP est une structure qui a été mise sur pied pour agir en complémentarité avec les
autres entités publiques de l’écosystème financier afin de mobiliser les ressources financières
publiques et privées destinées aux PME en apportant un meilleur confort aux établissements
de financement. Il constitue dès lors une réponse innovante et adaptée à la demande sociale en
permettant :

- D’atténuer les risques liés à l’octroi des crédits aux PME par des établissements de
financement ;
- De compléter le dispositif d’intervention des institutions financières en faveur des
PME ;

A cet effet, le FONGIP a trois (3) missions principales :

- Garantir des crédits bancaires pour le financement des PME ;


- Refinancer des institutions de micro finances pour leur permettre d’accorder des
crédits aux PME ;
- Mettre en place un dispositif permanent d’accompagnement et de suivi des porteurs de
projets sur tout le territoire national.

3. Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS)

Le FONSIS a pour mission de promouvoir le rôle de l'Etat du Sénégal, en tant qu'investisseur,


partenaire et complément du secteur privé, ceci dans le but de soutenir les investissements
directs afin d'accélérer le développement économique et social du pays, en créant de la
richesse et des emplois pour les générations présentes et futures.

Pour s’atteler à sa mission, le FONSIS oriente ses actions principalement vers :

- des investissements directs ou indirects permettant d’accélérer le développement du


tissu économique national ;
- le développement de PME champions nationaux dans les secteurs clés ;
- la revalorisation des actifs, qui lui sont transférés par l’Etat du Sénégal ;
- l’accélération du développement de l’activité de capital-investissement au Sénégal.
4. Fonds de Développement de l’Enseignement technique et de la Formation
professionnelle (FONDEF)

Le FONDEF est un instrument au service de l’entreprise mis en place par l’Etat pour l’appui
technique et le financement de la formation professionnelle continue. Il a pour mission de :

- Contribuer au développement de la formation professionnelle continue en vue de


répondre à la demande de l’économie (soutenir l’adéquation des profils des employés
au poste de travail) ;
- Promouvoir la structuration de l’offre et de la demande en formation professionnelle
continue ;
- Financer les projets de formation professionnelle continue ;
- Faire de la recherche et développement sur la formation professionnelle continue.

5. Fonds National de Promotion de la Jeunesse (FNPJ)

Le FNPJ) permet, aux nombreux jeunes disposant de projets ou d’idées de projet visibles et
confrontés à un problème de financement, d’accéder aux ressources de la Banque Régionale
de Solidarité (BRS), grâce à la garantie du FNPJ.

6. Bureau de Mise à Niveau (BMN)

Le Bureau de Mise à Niveau (BMN) est l’institution chargée d’exécuter et de suivre les plans
de mise à niveau des entreprises. Il constitue l’interface opérationnelle pour la définition et la
mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de mise à niveau.

Au-delà des appuis classique à l’entreprise, le BMN promeut et renforce les capacités de
l’expertise locale, réalise des études sectorielles à la demande du secteur privé et assure la
promotion et la communication du BMN auprès des bailleurs de fonds.

7. Centre de Gestion Agrée (CGA)

Un CGA est une structure associative qui a pour mission de conseiller et d’accompagner les
PME principalement sur les aspects suivants :

- Optimiser la gestion
- Prévenir les risques fiscaux
Intégrer ces structures selon leur besoin permettra aux PME de répondre aux attentes des
établissements financement en ces termes :

- Mise en place d’une très bonne structuration de la PME avec possibilité de se projeter
dans le futur afin de pouvoir estimer les retombées en Cash-flow ;
- Renforcer les fonds des propres des PME et leur constituer des garanties ;
- Contribuer à la formation professionnelle des dirigeants des PME.

Après avoir énumérée les solutions envisageables par à l’endroit des PME, nous allons nous
atteler à voir celles envisageables par les établissements de financement.

SECTION 2 : Solutions envisageables à l’endroit des établissements de financement

Des efforts sont déjà en train d’être entrepris au niveau des établissements de financement
avec la mise en place du « Dispositif PME » par la BCEAO courant 2018. Ce dispositif est un
soutien au financement des PME-PMI qui vise à créer les conditions pour un meilleur
accompagnement des entreprises éligibles et la constitution d’une masse critique de sociétés
performantes.

Le « Dispositif PME » s’adresse aux entreprises non financières qui obéissent aux
caractéristiques suivantes :

- être une entreprise autonome ;


- productrice de biens et/ou services marchands ;
- immatriculée au Registre du commerce et du crédit mobilier ou à tout autre registre
équivalent en tenant lieu ;
- avoir un chiffre d’affaires hors taxes annuel n’excédant pas un milliard de FCFA ;
- se conformer à l’obligation légale de produire des états financiers selon les
dispositions en vigueur ;
- et être suivi par une structure d’appui et d’encadrement.

Les établissements de financement devront donc suite à ce dispositif agir sur les conditions
d’offre de financement aux PME, en rendant plus attractifs les crédits bancaires à ces
entreprises. En sus, ils devront rendre compte de l’évolution du Dispositif aux plus hautes
autorités de l’Union (BCEAO/COBA).
Au-delà de ce dispositif PME, diverses autres solutions susceptibles d’améliorer en
profondeur les relations PME-Banque pourront être envisagées :

1. Le partage des risques avec d’autres institutions

Outre son intérêt direct pour les banques qui minimisent ainsi les pertes potentielles, le
partage des risques avec d’autres institutions favorise aussi la prise de conscience par d’autres
bailleurs de fonds du caractère essentiel de ce public (PME) mais aussi des difficultés
inhérentes à la satisfaction de ses besoins. Deux principales approches sont envisageables :

- L’une, globale, consiste à utiliser des lignes de garantie de portefeuille, accordées pour
un montant donné et pouvant être affectées à un portefeuille de PME librement choisi
par la banque. La Société Financière Internationale (SFI) a ainsi accordé une telle
ligne de garantie, couvrant 50 % des risques pris par certaines banques de la place.
- L’autre approche s’appuie sur des garanties individuelles. Les dossiers sont alors
soumis par les banques à des fonds de garantie qui les étudient au cas par cas. Ces
fonds se sont multipliés au fil des ans : FAGACE, FSA, GARI en Afrique de l’Ouest
ou ARIZ (créé par l’AFD) FONGIP et FNPJ pour le Sénégal.

2. Création de département ou service spécialisé PME

La création de départements spécialisés au sein des banques constitue un deuxième exemple


de solution envisageable pour rapprocher les banques des PME. Encadrée par un spécialiste
de ce segment, une équipe pourra redéfinir les critères d’analyse des dossiers et de suivi des
financements en les adaptant spécifiquement aux PME. Ces critères pourront prendre
davantage en compte l’activité des PME et les revenus attendus que les garanties offertes.

Nous pensons que ces approches sont aptes à apporter un début de solution à la
problématique du financement des PME et va créer un effet d’émulation auprès des autres
établissements de crédit. Une véritable révolution est bien possible si tous les acteurs ont la
volonté, l’engagement et la détermination de faire changer les choses. Car c’est à l’aune d’une
convergence et d’une coalition de tous que les établissements de financement pourront
ensemble entreprendre l’avenir du pays et en faire une économie émergente.
CONCLUSION
GENERALE
Acteurs importants de l’économie, les PME subissent les effets de leur environnement qui
rejaillissent sur leur structure organisation et créent des contraintes d’accès au financement.

Notre étude nous a ainsi permis de valider notre hypothèse selon laquelle l’environnement
dans lequel évolue la PME a une répercussion sur son accès au financement bancaire. Un
certain nombre de causes a pu être identifié :

- Insuffisance généralisée des fonds propres


- Insuffisance de structuration
- Manque de vision future
- Manque ou insuffisance des garanties
- Inexpérience des dirigeants

L’approfondissement des informations traitées durant notre étude nous a, par ailleurs, permis
également de constater que les responsabilités entre PME et banque sont partagées dans la
mesure où les banques ont en leur sein des causes constituant un frein au financement des
PME :

- Insuffisance des moyens dédiés aux PME ;


- Absence de staff spécialisé ;
- Taux de défaut élevé et faible taux de recouvrement des crédits accordés aux PME.

Nous avons, au terme de notre analyse, proposé des solutions autant que faire s’est pu pour le
couple PME-Banque puissent être opérationnel et jouer un rôle majeure dans le
développement des PME.

Bien vrai que nous avons vu le rôle de l’Etat à travers les structures mises en place pour lever
les contraintes d’accès au financement des PME, mais ne serait-il pas encore plus opportun si
l’Etat créait un cadre légal, juridique et fiscal plus précis, moins contraignant et résolument
tourné vers le développement ?

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