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SEMIOLOGIE DU COUDE

PAR

Dr Coulibaly Kalifa

Chirurgien orthopédiste et traumatologue

Au CHU de Kati

Maître Assistant/FMOS/USTTB
Objectifs pédagogiques

1- Connaitre les repères anatomiques du coude

2- Citer les différents mouvements du coude, leurs amplitudes et les muscles


responsables.

3- Citer quatre pathologies traumatiques possibles au niveau du coude

5- Citer quatre pathologies non traumatiques possibles au niveau du coude

Introduction

Le coude comporte trois articulations : l’articulation huméro-ulnaire, et


l’articulation huméro-radiale qui sont responsables de la flexion-extension,
l’articulation radio-ulnaire proximale qui participe dans la pronosupination.
Elle est superficielle et facile à explorée.

I- Examen normal du coude

1- Inspection : en extension complète du coude il existe une déviation externe


de l’avant-bras par rapport au bras appelée cubitus valgus qui est physiologique
(10 – 20°).

En avant du coude on note une saillie au dessus du pli c’est le relief du biceps.
De part et d’autre du biceps nous avons les gouttières bicipitales externe et
interne. En bas du pli du coude se trouve les reliefs des muscles épicondyliens et
épithrochéens.

En arrière du coude il ya une saillie au milieu de sa face postérieure, c’est le


sommet de l’olécrane.

2- Palpation : elle permet de déterminer les repères anatomiques du coude,


perceptibles sur sa face postérieure. Il s’agit de l’épicondyle latéral en dehors,
de l’épicondyle médial en dedans et de l’olécrane en arrière.
En extension complète du coude, les trois repères anatomiques, en arrière se
trouve sur une même ligne transversale appelée ligne de Malgaigne.

Quand le coude est fléchi, ses repères dessinent en arrière un triangle isocèle
appelé triangle de Nelaton.

Sur la face antérieure du coude, nous pouvons palper le tendon terminal du


biceps brachial ainsi que l’artère radiale.

En arrière, on peut palper le nerf ulnaire dans la gouttière épitrochléo-


olécranienne.

3- Les mouvements du coude : le coude autorise quatre mouvements, la


flexion, l’extension, la pronation et la supination.

- la flexion se fait dans le plan sagittal. Elle ramène l’avant-bras vers le bras.
Son amplitude varie de 140 à 150°. Les muscles responsables sont le biceps
brachial, le brachial antérieur et le brachio-radial.

- l’extension se fait dans le plan sagittal aussi. Elle ramène l’avant-bras vers en
rectitude. Son amplitude varie de +15° à -10°. Le muscle responsable est le
triceps brachial.

- la pronation : la pronation est un mouvement de rotation des os de l’avant-


bras l’un par rapport à l’autre. Il se fait le coude fléchi à 90°, le pouce regardant
au zénith. Son amplitude va de 0 à 85°. Les muscles responsables sont : le rond
pronateur, le fléchisseur radial du carpe et le carré pronateur.

- la supination : la supination est un mouvement de rotation des os de l’avant-


bras l’un par rapport à l’autre. Il se fait le coude fléchi à 90°, le pouce regardant
au zénith. Son amplitude va de 0 à 90°. Les muscles responsables sont : le
biceps brachial, le supinateur et le brachio-radial.

4- La mensuration : elle permet de savoir :


- le degré d’amyotrophie du membre supérieur. Elle se fait au niveau du 1/3
moyen du bras et du 1/3 supérieur de l’avant-bras. On peut constater une légère
différence de périmètre d’un centimètre environ au membre dominant.

- la longueur du bras qui va de l’acromion en haut à l’épicondyle latéral en bas.

- la longueur de l’avant-bras qui va de l’épicondyle latéral en haut à la styloïde


radiale en bas.

5- La radiographie : elle se fait de face et de profil. Elle permet de visualiser


l’extrémité inférieure de l’humérus, les extrémités supérieures des deux os de
l’avant-bras et l’interligne du coude. Chez l’enfant, elle permet de voir les
cartilages de croissance.

II- L’examen du pathologique

1-Traumatisme récent du coude : l'interrogatoire permet de nous renseigner


sur le mécanisme du traumatisme. Ce traumatisme peut être indirect suite à une
chute sur la paume de la main ou une chute sur l'avant-bras. Le traumatisme
peut-être également direct il s'agit de choc direct sur le coude en flexion ou en
extension. En cas de traumatisme il existe toujours une déformation plus ou
moins accentuée associée à un œdème empêchant de visualiser les repères
osseux les repères osseux le coude. Les traumatismes du coude sont caractérisés
par les luxations, les fractures, les plaies articulaires et les entorses.

a- luxation du coude : on peut citer

- luxations postérieures du coude : ce sont les luxations les plus fréquentes.


Elles sont consécutives à une chute sur la paume de la main ou à une chute sur
l'avant-bras. Il se produit un déplacement postérieur de l’olécrane avec une forte
déformation du coude. les éléments antérieurs du coude en particulier l'artère
radiale et l’artère humérale peuvent être atteintes par ce déplacement
provoquant une ischémie ou souvent une rupture de l'artère. Cette luxation
postérieure du coude peut être associés a une fracture de l'épicondyle ou de
l'épitrochlée.

- luxations antérieures du coude : elles se produisent suite à un traumatisme


sur la face antérieure du bras. Il s'agit le plus souvent de traumatisme par
mécanisme direct. Ce traumatisme peut provoquer une fracture du bec de
l'olécrâne.

- luxations latérales : elles concernent les luxations médiales ou latérales. Le


déplacement des deux os de l’avant-bras se fait vers l'intérieur dans les luxations
médiales et vers l’extérieur dans les luxations latérales. Ces déplacements
peuvent être à la base de rupture ligamentaire plus ou moins importante.

- luxations isolées de la tête radiale : elles se voient en cas de traumatisme du


coude. Elle est souvent associée à une fracture diaphysaire du cubitus et porte le
nom de fracture de Monteggia.

b- Fractures du coude

- fracture supra-condylienne : ce sont les fractures les plus fréquentes du


coude il s'agit de fracture non articulaire dont le mécanisme et surtout indirect.
Ce mécanisme peut-être également direct suite à un choc violent sur la face
postérieure du bras. Elles peuvent être déplacées ou non.

- fracture de l’épicondyle latérale : il s’agit de fracture extra-articulaire


intéressant le bord externe de l’extrémité distale de l’humérus. Leur
déplacement est fréquent suite à la traction des muscles épicondyliens.

- fracture de l’épicondyle médiale : il s’agit également de fracture extra-


articulaire intéressant le bord interne de l’extrémité distale de l’humérus. Leur
déplacement est du à la traction des muscles épitrochléens.
- Fractures sus et inter-condyliennes : ce sont des fractures articulaires dont le
trait de fracture atteint l’épicondyle latéral et l’épicondyle médial puis rentre
dans la surface articulaire. On les rencontre sous forme de fractures en T, Y, V
renversé. Ces fractures sont difficiles à réduire et leur traitement peut se
compliquer par une raideur ou une ankylose.

- Fracture de l’olécrane : il s’agit de fracture par choc direct ou indirect sur le


bord externe du coude. Leur déplacement est fréquent suite une traction du
muscle triceps. Leur réduction et contention se fait orthopédiquement en
extension ou chirurgicalement.

- Fractures de l’extrémité supérieure du radius : chez l’enfant elles


concernent le col radial, la tête ou cupule radiale étant cartilagineuse. Chez
l’adulte elle concerne électivement la cupule radiale.

- Autres fractures du coude : fractures du condyle médial, fractures du


condyle latéral, fracture de la trochlée, fracture du capitulum, fracture de
l’apophyse coronoïde etc.

c- Contusion ou entorses du coude : il s’agit de traumatisme fermé avec des


lésions ligamentaires plus ou moins importantes. Elles sont fréquentes surtout
chez les enfants. Leur traitement ne doit pas être négligé car elle peut être à la
base de raideur ou de l’ankylose du coude.

2-Traumatismes anciens du coude :

a- Raideurs et ankylose : les luxations, les fractures et les contusions peuvent


être à la base de la raideur ou de l’ankylose. Il s’agit :

- de luxations négligées non réduites ou mal traitées

- de fractures passées inaperçues ou traitées traditionnellement

- le massage intempestif des contusions ou d’entorse du coude


b- Cals vicieux du coude : ils sont consécutifs à des fractures mal réduites et
consolidées en attitude vicieuse. Le cal vicieux peut être en valgus, en varus, en
rotation, en flessum , en recruvatum, avec chevauchement ou mixte.

c- Syndrome de Volkmann : il s’agit d'une rétraction d'origine ischémique des


muscles fléchisseurs de la main et des doigts. Il se manifeste cliniquement par
une déformation en griffe caractéristique de la rétraction musculaire : avant bras
en pronation, poignet fléchi, griffe digitale en flexion des interphalangiennes,
pouce adductus rétropulsé. La mise en rectitude à la fois des doigts et du
poignet est douloureuse et impossible. Seule la flexion aiguë de celui-ci autorise
une flexion plus ou moins complète des chaînes digitales. Inversement,
l'extension du poignet exagère la griffe. Ces deux manœuvres sont
caractéristiques de la rétraction des fléchisseurs.

c- Coude ballant : il s’agit des pseudarthroses du coude avec atrophie des


extrémités osseuses rendant le coude inutilisable.

d- Ostéomes musculaires : ils sont fréquents. Il s’agit de calcification au


niveau des insertions musculaires ou au corps musculaire à la suite le plus
souvent des contusions hémorragiques.

3- Lésions rhumatismales du coude :

a- la tuberculose du coude : C'est la plus fréquente des tuberculoses du


membre supérieur. cette tuberculose provoque une destruction des extrémités
articulaires du coude avec limitation des mouvements sous forme de raideur ou
ankylose.

c- hygroma du coude : c'est une irritation avec augmentation du volume et la


couche sérieuse retro-olécranienne. Il s'agit d'une tuméfaction molle fluctuante
sous une peau normale.
d- Ostéochondromatose : c'est la présence de petit corps étranger d'origine
cartilagineuse au niveau de l'articulation du coude. Ils sont mobiles pouvant
bloquer les mouvements du coude. Le nombre souvent important est à la base
d'un coude volumineux dont les mouvements en plus de leur limitation,
produisent des craquements. Ces corps étrangers sont visibles à la radiographie.

e- Epitrochléite et épicondylite : ce sont des lésions siègeant au niveau des


insertions tendineuses sur l’épicondyle et l'épitrochlée.

f- Arthrose du coude : c'est un rhumatisme dégénératif avec abrasion du


cartilage articulaire au niveau du coude. L'arthrose peut être consécutive à des
fractures articulaires ou à une ostéochondromatose. Elle s'accompagne de
douleur plus ou moins invalidante.

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