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Sécurité incendie bâtiment

par Jean-Michel d’HOOP


Ingénieur ETP (École des Travaux publics)
Agréé CNPP, Expert près de la Cour d’appel de Paris

1. Incendie ...................................................................................................... SE 2 050 - 2


1.1 Feu et combustion ....................................................................................... — 2
1.2 Inflammation................................................................................................ — 2
1.3 Paramètres de l’incendie............................................................................. — 4
1.4 Effets du feu ................................................................................................. — 4
1.5 Propagation du feu ...................................................................................... — 5
1.6 Phases de l’incendie .................................................................................... — 5
1.7 Courbe ISO ................................................................................................... — 5
2. Construction.............................................................................................. — 5
2.1 Comportement au feu des matériaux et éléments de construction........ — 5
2.2 Réaction au feu ............................................................................................ — 6
2.3 Résistance au feu......................................................................................... — 6
2.4 Comportement au feu des structures ........................................................ — 7
3. Prévention - protection .......................................................................... — 7
3.1 Moyens techniques ..................................................................................... — 7
3.2 Moyens humains ......................................................................................... — 14
4. Assurance incendie ................................................................................. — 15
5. Réglementation ........................................................................................ — 16
5.1 Code du travail............................................................................................. — 16
5.2 Code de la construction et de l’habitation................................................. — 17
5.3 Code de l’environnement............................................................................ — 19
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. SE 2050

et article a pour objectif de préciser les éléments nécessaires aux choix et


C aux décisions qui incombent aux responsables d’établissements, respon-
sables d’usines ou d’ateliers en matière de sécurité contre l’incendie.
La maîtrise du risque d’incendie nécessite l’intégration de tous ses paramè-
tres dans la conception des installations et des établissements, dans la
construction et l’aménagement des locaux et dans leur exploitation.
On ne trouvera donc pas dans cet article, les éléments concernant le matériel
et les procédures d’intervention des spécialistes de la lutte contre le feu
(secours extérieurs ou équipiers d’usine professionnels de l’intervention).
On trouvera résumés les principaux points suivants :
— la connaissance du risque d’incendie en général ;
— les moyens techniques de prévention et de protection ;
— les moyens humains et l’organisation à mettre en place ;
— les principes des exigences réglementaires et contractuelles (assurances)
vis-à-vis du risque d’incendie.
L’incendie reste un risque majeur pour l’homme et pour les activités écono-
miques.

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Diminuer ce risque nécessite d’agir dans deux domaines d’action :


— la prévention, ensemble d’actions ayant pour objectif la diminution de la
probabilité de naissance d’un incendie ;
— la protection, ensemble d’actions ayant pour objectif la diminution des
conséquences d’un incendie.
Pour que les actions entreprises soient efficaces, il faut connaître les origines
et les causes des incendies, mais aussi les conséquences réelles pour les
hommes, pour les biens et pour la société en général.
Quelques statistiques recueillies de différentes sources françaises ou inter-
nationales (cf. [Doc. SE 2 050]) permettent d’orienter le choix des actions en
fonction de chaque situation.
La sécurité contre les risques d’incendie nécessite une connaissance de ce
phénomène et des moyens de prévention et de protection appropriés.

Le lecteur pourra se reporter également à l’article SE 5 020 Risque d’explosion de gaz.

1. Incendie
Énergie
d'activation
1.1 Feu et combustion
Le feu est une réaction de combustion qui est due à la réaction Combustible Comburant
de deux corps : un combustible et un oxydant (ou comburant) qui
est généralement l’oxygène de l’air.
Mais cette réaction ne peut avoir lieu que dans des conditions
bien définies, et en particulier à partir d’une température qui varie Figure 1 – Triangle du feu
d’un corps à l’autre. Cette réaction est exothermique.
La combustion, et donc le feu, ne peut se produire que lors de
la réunion des trois éléments qui sont le combustible, le combu- Certains corps peuvent dégager de l’oxygène, ce sont des oxy-
rant et une source d’énergie (chaleur, surpression, ...). dants. Les plus fréquemment rencontrés sont : les nitrates, les
chlorates, les peroxydes.
Ce principe fondamental est souvent représenté sous la forme
du « triangle du feu » (figure 1).
1.1.3 Source d’énergie - Énergie d’activation
1.1.1 Combustible Ainsi que le rappelle le triangle du feu, la seule présence d’un
combustible et d’un comburant n’est pas suffisante pour provo-
Tous les corps susceptibles de s’unir avec l’oxygène sont dits quer le phénomène de combustion.
« combustibles ». De nombreux corps ont cette propriété mais tous Un apport d’énergie, dite « énergie d’activation », est nécessaire
ne brûlent pas si facilement et aussi vite les uns que les autres ; pour « démarrer » ce phénomène, qui s’entretiendra de lui-même
cela tient à leur nature, à leur état de division. Généralement, les par la suite, en raison de la quantité de chaleur (très supérieure à
solides et les liquides ne brûlent pas en l’état ; ce sont les gaz et l’énergie d’activation nécessaire) que dégage cette réaction exo-
vapeurs qu’ils émettent qui brûlent. thermique.

1.1.2 Comburant
1.2 Inflammation
En pratique, il n’existe qu’un seul comburant : c’est l’oxygène ;
mais cet oxygène peut se trouver soit à l’état pur, soit en mélange
avec d’autres gaz, soit provenir de la décomposition de certains 1.2.1 Gaz
produits chimiques.
Pour que s’effectue la combustion d’un gaz, il faut que le
Dans la plus grande partie des cas, l’oxygène qui alimente une mélange gaz combustible/gaz comburant soit dans des proportions
combustion se trouve dans l’air en mélange avec de l’azote et adéquates.
d’autres gaz rares. L’air contient en volume 21 % d’oxygène et 78 %
d’azote, mais il s’agit là d’une composition moyenne. Dans certains Dans le cas du mélange gaz combustible/air, il faut que la
cas, la teneur en oxygène peut être inférieure. Il faut savoir que concentration de gaz dans le mélange soit comprise entre deux
l’air ne peut être considéré comme comburant que s’il contient suf- limites que l’on appelle limites d’inflammabilité qui sont :
fisamment d’oxygène, soit plus de 15 % en volume pour les — la limite inférieure d’inflammabilité (LII) ;
combustibles courants. — la limite supérieure d’inflammabilité (LSI).

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Lorsque la combustion présente les caractères de l’explosion, on


(0)

parlera de limites inférieures et supérieures d’explosivité (LIE et Tableau 3 – Point d’éclair


LSE). de quelques liquides inflammables courants
Ces valeurs limites sont exprimées en pourcentages volumiques
(tableau 1). Point d’éclair
Produits
(0)
(oC)
Essence – 40
Tableau 1 – Limites d’inflammabilités Kérosène + 40
de quelques gaz courants
Gazole + 70
Limites d’inflammabilité Acétone – 18
Gaz Éthanol + 13
Inférieure Supérieure
(%) (%) Éther – 45
Butane 1,9 8,5
Propane 2,2 9,5
1.2.3 Solides
Essence (vapeur) 1,4 7,6
Éthanol (vapeur) 3,3 19 La combustion des solides ne répond pas à des lois aussi pré-
cises que celles des gaz ou des liquides. Les matériaux tels que le
Éther (vapeur) 1,9 36 bois et autres matériaux cellulosiques émettent des gaz inflamma-
bles. Pour les matériaux de synthèse, on peur repérer une tempé-
rature de décomposition à partir de laquelle il y a production de
gaz inflammables ; on voit alors une similitude avec la notion de
Lorsque le mélange est compris entre les limites d’inflam-
point d’éclair des liquides. Certains matériaux brûlent en formant
mabilité, la source d’énergie d’activation devra être en mesure de
des braises : il s’agit d’un mode de combustion particulier qui se
porter le mélange à une température minimale appelée tempéra-
produit lentement et directement depuis l’état solide : les braises
ture d’auto-inflammation (tableau 2).
(0) peuvent se consumer très lentement, sans gros apport d’oxygène ;
cela donne lieu à des feux couvants qui posent souvent de gros
problèmes d’extinction.
Tableau 2 – Températures d’auto-inflammation L’état de division du solide a une très grande influence sur le
de quelques gaz courants déroulement de la combustion d’un même matériau. Plus la sur-
face de contact entre le matériau et l’air est importante, plus vive
Température sera la réaction de la combustion, pouvant aller, dans le cas de
Gaz d’auto-inflammation poussières, jusqu’au phénomène de déflagration : c’est le cas de
(oC) poussières très dangereuses comme la sciure de bois, la farine, le
sucre, le charbon, etc.
Butane 405
On assiste parfois à des phénomènes de combustion spontanée
Essence 450 pour certains matériaux qui peuvent être le siège, en ambiance
Gazole 270 ordinaire, d’une lente oxydation dégageant de la chaleur. Dans cer-
tains cas de stockage (mise en tas, par exemple), la dispersion de
Éthanol 365 chaleur n’est pas suffisante pour refroidir les matériaux, et l’éléva-
Éther 160 tion de température peut conduire à l’inflammation (tableau 4). Ce
phénomène peut avoir pour origine la fermentation de produits
agricoles.

1.2.2 Liquides
Un liquide inflammable est, en fait, un liquide dont les vapeurs, Tableau 4 – Températures d’inflammation
dans certaines conditions, sont inflammables. de quelques solides courants
En atmosphère normale, si la vapeur émise par un liquide
Températures d’inflammation
constitue un mélange trop riche (concentration supérieure à la Solides
limite supérieure d’inflammabilité), la flamme se décollera de la (oC)
nappe de liquide et le mélange pourra récupérer l’air susceptible
Bois De 280 à 340
d’abaisser la concentration pour ramener le mélange entre les limi-
tes d’inflammabilité. Charbon 250
Pour qu’un liquide soit considéré comme inflammable, il suffit Charbon de bois De 250 à 350
donc que les valeurs limites soient à une concentration supérieure
à la limite inférieure d’inflammabilité. Coton 450
Pour chaque liquide, cette condition correspond à une certaine Papier journal 185
température que l’on appelle point d’éclair (tableau 3), les vapeurs Papier à lettre 360
peuvent être enflammées par une source d’énergie.
Polyéthylène 350
Lorsque la température d’un liquide est à peine supérieure au
point d’éclair, la source d’inflammation ne pourra provoquer qu’un Polystyrène 490
allumage fugitif (éclair ou flash). Pour que la flamme subsiste, il Polyamide 425
faut que la température dépasse de quelques degrés la valeur du
point éclair. Mousse polyuréthane 330

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1.3 Paramètres de l’incendie Le potentiel calorifique s’exprime donc en MJ/m2. On ramène


parfois cette mesure à l’équivalent de la quantité de chaleur déga-
gée par 1 kg de bois et on exprime alors le potentiel calorifique
Le principal effet de l’incendie est évidemment de dégager de la
en kg de bois/m2.
chaleur ; la quantité de chaleur dégagée est fonction de trois
paramètres :
— le pouvoir calorifique ; 1.3.3 Débit calorifique
— le potentiel calorifique ;
— le débit calorifique. C’est la quantité de calories produite par unité de temps par la
quantité de masse d’une matière combustible. Le débit calorifique
est l’élément essentiel caractérisant l’élévation de température.
1.3.1 Pouvoir calorifique
Il dépend de différents facteurs qui permettent d’analyser le
Le pouvoir calorifique d’un combustible est la quantité de cha- risque d’incendie :
leur dégagée par la combustion complète de 1 kg de ce combus- — l’alimentation en comburant du combustible (ventilation des
tible s’il est solide ou liquide, de 1 m3 s’il est gazeux. locaux) ;
— l’état de division des matériaux combustibles ;
Le pouvoir calorifique du bois est de 17 MJ/kg (soit 4 000 kcal/kg)
— le mode de rangement des combustibles.
(tableau 5).
(0)

Tableau 5 – Pouvoir calorifique 1.4 Effets du feu


de quelques produits courants
Matériaux Pouvoir calorifique 1.4.1 Gaz de combustion
Bois 17 MJ/kg La combustion des matériaux s’effectue en dégageant un certain
Charbon 35 MJ/kg nombre de gaz qui peuvent avoir des effets toxiques et corrosifs.
Par ailleurs, portés à température élevée, ces gaz vont contribuer
PVC rigide 15 à 22 MJ/kg à la propagation du feu. La nature des matériaux combustibles
Polystyrène 31 à 40 MJ/kg peut permettre de prévoir les caractéristiques des principaux gaz
de combustion.
Polyuréthane (mousse) 27 MJ/kg
Les principaux gaz susceptibles de se dégager sont :
Papier, carton 16 MJ/kg CO : oxyde de carbone très toxique, mortel à 0,3 % dans
Caoutchouc 44 MJ/kg l’air ; provoque des réactions irréversibles sur le sang.
Sa formation est particulièrement importante dans les
Butane 49 MJ/m3 feux couvants, par manque d’oxygène.
Propane 50 MJ/m3 CO2 : dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) n’est pas
Méthane 55 MJ/m3 toxique, mais n’entretient pas la vie.
HCl : gaz chlorhydrique toxique produit par la combustion
Hydrogène 125 MJ/m3 des PVC (polychlorures de vinyle), des matériaux igni-
fugés. Il est irritant et donc détecté rapidement par
l’odorat. Très soluble dans l’eau, il pollue les eaux
1.3.2 Potentiel calorifique d’extinction.
HCN : gaz cyanhydrique produit par la combustion des maté-
Le potentiel calorifique (ou charge calorifique) d’un local est la riaux azotés (laine, soie, polyamide, butadiène, polyuré-
quantité de chaleur totale susceptible de se dégager par la thane, etc.). Émis à partir de 250 oC, il est très toxique
combustion de l’ensemble des éléments combustibles se trouvant et dangereux en début d’incendie. Hydrosoluble, il est
dans ce local, ramenée à l’unité de surface (tableau 6). entraîné par l’eau sous forme d’acide cyanhydrique
(0)
dilué.
NOx : divers gaz formés par la combustion des composés
azotés :
Tableau 6 – Potentiel calorifique moyen
— NO monoxyde d’azote, le plus toxique,
selon l’occupation des locaux
— NO2 peroxyde d’azote (vapeurs rousses).
Potentiel calorifique
Bâtiment ou activité
(en MJ/m2)
1.4.2 Fumées
Logement 780
Les fumées sont constituées de gaz de combustion et sont
Hôpital 230 chargées de particules solides de produits imbrûlés. Elles pré-
Hôtel 310 sentent donc tous les dangers des gaz de combustion mais sont
opaques du fait de la présence de particules solides.
Bibliothèque 1 500
Les fumées comportent souvent des gaz imbrûlés, portés à
Bureau 420 température élevée. Ce mélange est souvent à l’origine de la pro-
École 285 pagation du feu.
Centre commercial 600 Les fumées dégagées par l’incendie ont par ailleurs pour effet
de gêner et même souvent d’empêcher toute intervention des
Théâtre 300 secours.

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1.5 Propagation du feu


Température
Rayonnement : lorsqu’un feu a pris naissance par la réunion en D
milieu comburant, d’un combustible et d’une source de chaleur, la C
combustion produit de la chaleur, des gaz et de la fumée et le feu
tend à se propager ; la chaleur, souvent considérable, dégagée par B
le foyer, peut communiquer le feu à tout combustible qui se trouve
A
à proximité : c’est la propagation par rayonnement.
Conduction : suffisamment chauffés par le foyer initial, des Temps
matériaux bons conducteurs de la chaleur (métal en particulier) 0 1 2 3 4 5
peuvent à leur tour échauffer suffisamment des matières combus-
tibles, même placées à distance (exemple du tuyau de chauffage Figure 2 – Les cinq phases de l’incendie
propageant le feu de l’autre côté d’un mur) : c’est la propagation
par conduction.
Convection : les gaz émis lors d’une combustion sont chauds ; ils
tendent à s’élever et à s’étendre surtout s’ils rencontrent un obsta-
cle horizontal. Lorsqu’une température voisine de 600 oC est 1 200
atteinte, ces gaz chauds qui sont répandus, soit à des niveaux ∆θ (°C)
supérieurs, soit à d’autres locaux contigus, peuvent, à leur tour, 800
s’enflammer ou enflammer des matières combustibles : c’est la
propagation par convection. 400

La propagation du feu peut se faire aussi : 0


0 100 200 300
— par projection de matières combustibles enflammées après t (min)
éboulement, explosion, flammèches portées par le vent, étincelles,
etc ;
— par écoulement accidentel de liquide inflammable sur le sol Figure 3 – Courbe ISO
ou par des caniveaux, des égouts, etc ;
— par rupture accidentelle de canalisations de liquides ou de
gaz combustibles. gramme est celui précisé par la courbe ISO (figure 3) dite « courbe
température-temps » dans la phase déclarée de l’incendie dont la
Afin d’éviter la propagation d’un incendie non maîtrisé à son ori- formule est :
gine, on peut utiliser différents moyens de compartimentage : ∆θ = 345 lg (8 t + 1)
planchers coupe-feu, murs coupe-feu, portes coupe-feu, clapets et
d’une manière générale, toute disposition constructive fixe ou avec ∆θ (oC) élévation de température,
mobile offrant des caractéristiques de résistance en feu suffisantes t (min) temps mesuré à partir du début de l’incendie.
(voir § 2.1).

1.6 Phases de l’incendie 2. Construction


Dans le déroulement d’un incendie, ont peut distinguer cinq
phases qui se déroulent successivement. La courbe de la figure 2 La construction des bâtiments, le comportement au feu des
représente le développement d’un incendie en considérant qu’il matériaux mis en œuvre, la résistance au feu des structures et des
était suffisamment alimenté en comburant, en combustible et en principaux éléments de la construction sont des paramètres extrê-
énergie. mement importants à prendre en compte vis-à-vis du risque incen-
die.
Phase 1 : feu couvant ; après allumage par un point chaud (ciga-
rette, allumette, court-circuit, soudure...), il y a début
de combustion avec formation de fumées (OA).
Phase 2 : combustion ; apparition de flammes avec dégagement
2.1 Comportement au feu des matériaux
de gaz chauds et incomplètement brûlés (AB). et éléments de construction
Phase 3 : embrasement généralisé ou « flash over » ; les gaz
chauds (combustibles) et les particules imbrûlées des On trouve encore dans certains ouvrages techniques publiés par
fumées portés à température d’auto- inflammation les assureurs une classification des « matériaux » qui n’est plus uti-
provoquent l’embrasement (BC). lisée aujourd’hui. On parlait en effet de « matériaux durs », de
« matériaux légers » ou de « matériaux semi-légers », qu’il s’agisse
Phase 4 : développement de l’incendie ; cette phase dépend de d’un matériau au sens strict du terme ou d’un produit composé de
l’aliment du feu en combustible et en comburant (CD). différents matériaux.
Phase 5 : décroissance ; soit du fait de l’intervention, soit du fait La législation a défini un mode de classement beaucoup plus
de la disparition du combustible. précis et plus rigoureux qui est maintenant adopté dans les réfé-
rentiels techniques de l’Assemblée Plénière des Sociétés d’Assu-
rances Dommages (APSAD).
1.7 Courbe ISO On distingue, en effet, la notion de « matériau » et celle
« d’élément de construction » :
L’incendie étant un phénomène comportant de nombreux aléas, — par « matériau », on entend toute matière ou produit entrant
il s’est révélé indispensable, pour pouvoir effectuer la comparaison dans la construction ou la fabrication d’éléments de construction :
du comportement au feu des éléments de construction, de déter- la pierre, le béton, l’acier, le bois, les matières plastiques, les tis-
miner un programme de référence en fonction du temps. Ce pro- sus, etc. sont des matériaux de construction ;

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— par « élément de construction », on entend tout élément pré- Quelques exemples pratiques de classement sont donnés
fabriqués ou non, jouant un rôle dans le bâtiment, soit en assurant ci-après.
la stabilité, l’étanchéité, la résistance aux intempéries, etc. : la (0)

structure, les planchers, les portes, les murs et les cloisons sont
des éléments de construction.
Produits de la construction Euroclasses Classement M
Face aux effets du feu, les matériaux et les éléments de
construction sont considérés sous deux aspects différents : Laine de Roche, panneaux ou
— pour les matériaux, on parle de « réaction au feu » ; la réac- rouleaux nus ou voile de verre A1 M0
tion au feu, et le classement qui en découle, est fonction de l’ali- revêtu aluminium
ment que ce matériau est susceptible d’apporter à l’incendie et de Dalle de plafond en laine
de roche A1 M0
la façon dont il peut contribuer à son développement ;
— pour les éléments de construction, on parle de « résistance au Plaque de plâtre spécial feu A1 M0
feu » ; la résistance au feu est définie comme étant la durée pen-
dant laquelle, malgré l’action de l’incendie, l’élément peut conti- Plaque de plâtre cartonnée A2 M1
nuer à jouer le rôle qui lui est dévolu. Laine de roche sur plaque
de plâtre A2 M1

Polystyrène sur plaque de plâtre B M1


2.2 Réaction au feu
Polyuréthanne sur plaque
de plâtre B M1
Dans l’actuelle réglementation française, la réaction au feu des
matériaux est établie en fonction de critères de comportement au Panneau de particules, ignifugé B M1
feu : Papier peint vinylique sur plaque C M1 ou M2
— la combustibilité, donc la quantité de calories (d’énergie) de plâtre
susceptible de se dégager par combustion, (référence au pouvoir Panneau de mousse phénolique C M1
calorifique) ;
— l’inflammabilité, liée au dégagement de gaz plus ou moins Panneau de particules,
non ignifugé D M3
inflammables au cours de la combustion.
Lambris sapin non verni D M3
Le classement officiel ou classement M de réaction au feu Contreplaqué ordinaire D M3
est : Papier peint sur panneau
de particules D M1 ou M2
MO : incombustible
le matériau n’alimente pas l’incendie Polystyrène extrudé ou expansé,
M1 : le matériau est combustible mais non E ou F M1
ignifugé
inflammable.
Polystyrène extrudé ou expansé, E ou F M3 à non classé
il peut alimenter le feu mais ne favorisera non ignifugé
pas sa propagation.
Polyuréthanne, ignifugé E ou F M2 à M4
M2 - M3 - M4 : les matériaux sont combustibles et inflam-
mables. Polyuréthanne, non ignifugé E ou F M4 à non classé
l’inflammabilité augmente de M2 à M4.

Le système de classement européen prend en considération des On peut, dans certains cas, améliorer la réaction au feu d’un
paramètres réglementaires liés à l’opacité des fumées et surtout au matériau, par ignifugation.
risque de « flash over ». C’est un procédé qui, chimiquement, permet de diminuer
l’inflammabilité d’un matériau ou de diminuer la vitesse de propa-
gation de la flamme à sa surface. Mais l’ignifugation ne diminue
Des essais européens normalisés permettent de préciser les pas la combustibilité.
« Euroclasses » des matériaux :
Autrement dit, un matériau combustible classé de M1 à M4 (ou
— les Euroclasses A1, A2, B, correspondent aux classes des de B à F) ne pourra pas, par ignifugation, être classé M0 (ou A1).
produits pas ou peu combustibles ; ils ne provoquent de flash
over ; De plus, le traitement par ignifugation augmente la teneur en
— les Euroclasses C, D et E, correspondent aux produits produits halogènes des gaz de combustion, notamment en chlore,
combustibles, pouvant provoquer un flash over ; ce qui en augmente la toxicité.
— les Euroclasses F correspondent aux produits ne pouvant
pas être l’objet de mesures de performances ;
— le critère d’opacité des fumées est pris en compte pour les
classements de A2 à D ; 2.3 Résistance au feu
— le critère des gouttes inflammables est pris en compte par
les classements de A à E. La réglementation française classe les éléments de combustion
en trois catégories de résistance au feu :
Il n’existe pas de relation, et encore moins d’équivalence entre — stable au feu (SF) : respect du critère de résistance méca-
les classements M et les Euroclasses. nique ;
L’entrée en vigueur des Euroclasses en France est envisagée en — pare-flamme (PF) : respect du critère supplémentaire d’étan-
2002, mais il faudra une période transitoire importante en atten- chéité aux flammes et gaz ;
dant la modification des textes réglementaires sur la sécurité — coupe-feu (CP) : respect du critère réglementaire supplé-
incendie. mentaire d’isolation thermique.

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Le classement doit préciser la durée du respect des critères Plus récemment, les Eurocodes permettent de déterminer les
considérés en fonction du programme thermique normalisé moyens à mettre en œuvre pour répondre à une exigence de résis-
(courbe ISO). tance au feu des structures. Les textes sont les suivants :
Cette durée est exprimée en temps normalisé : 1/4 h, 1/2 h, 1 h, — Eurocode 1 : précision des paramètres à prendre en compte
1 h 1/2 , 2 h, 3 h, 4 h, 6 h. dans les calculs
Au niveau européen, le CEN TC 127 précise les critères qui sont — Eurocode 2 : calcul des paramètres en béton ;
très proches de ceux utilisés en France : — Eurocode 3 : calcul des structures en acier ;
— Eurocode 4 : calcul des structures mixtes ;
R : stabilité mécanique
— Eurocode 5 : calcul des structures bois ;
E : étanchéité aux gaz chauds
— Eurocode 6 : calcul des structures en maçonnerie.
I : isolation thermique
Dans chaque Eurocode, on trouve un chapitre consacré aux
D’autres critères sont définis et utilisés pour certains types de
« actions sur les structures en cas d’incendie ».
produits :
W : rayonnement (maxi 15 kW/m2)
S : étanchéité aux fumées froides
D : concerne les cartons de désenfumage
F : concerne les ventilations de désenfumage
3. Prévention - protection
B : concerne les exutoires des fumées
La prévention et la protection contre le risque d’incendie repo-
PH : concerne les câbles électriques sent essentiellement sur des moyens humains et des moyens
un poteau SF 1 h devient un poteau R 60 techniques. Les moyens n’agissent pas tous de la même manière
une porte PF 1/2 h devient une porte E 30 sur l’incendie, que ce soit par leur mode d’extinction ou que ce soit
par leur utilisation.
un mur CF 1 h 30 devient un mur REI 90
La formation et l’organisation de l’intervention jouent un grand
Exemples rôle dans l’efficacité des moyens, y compris les systèmes automa-
Une paroi pare-flamme pouvant admettre un rayonnement s’élevant tiques à travers leur maintenance.
jusqu’à 15 kW/m2 pendant 1/2 h sera classée EW 30.
Un exutoire de fumées opérationnel à 600 oC pendant 1/2 h sera Les classes de feu correspondent aux caractéristiques de
classé B 600. combustion des produits :
Un ventilateur de désenfumage opérationnel à 200 oC pendant une A : feux de matières solides (bois, papier, tissus...) produi-
1/2 h sera classé F 200.
sant des flammes et des braises ;
Un câble électrique résistant à l’incendie pendant une 1/2 h sera B : feux de liquides produisant uniquement des flammes ;
classé PH 30. C : feux de gaz ;
D : feux de métaux.

2.4 Comportement au feu des structures


3.1 Moyens techniques
Tous les matériaux constituant les structures des bâtiments sont
détruits ou altérés lorsqu’il sont exposés à des températures supé- Afin de garantir les performances des systèmes installés, il
rieures à 600 oC ; à cette température, en effet : existe en France :
— l’acier des charpentes a perdu 50 % de sa résistance méca- — la certification des produits qui garantit les qualités mini-
nique ; males exigées d’un produit pour qu’il réponde aux exigences des
— le béton subit des transformations chimiques irréversibles normes (AFNOR) ou des règles (APSAD) ;
altérant ses caractéristiques mécaniques ; — la qualification des installateurs en fonction des obligations
— le bois brûle. fixées par un règlement (APSAD) ;
Différents paramètres permettent d’améliorer la résistance au — l’agrément des entreprises par l’APSAD, notamment pour les
feu d’une structure : installateurs de sprinkleurs.
— en ce qui concerne l’acier, le bois (massif ou lamellé-collé), on
peut jouer sur la massiveté, sur les matériaux de protection, etc. ; 3.1.1 Agents extincteurs
— en ce qui concerne le béton armé, on peut jouer sur l’épais-
seur d’enrobage des aciers par le béton.
3.1.1.1 Eau
Les documents techniques unifiés (DTU) permettent la prévision
par le calcul du comportement au feu des structures. Ce sont : L’action de l’eau a pour effet :
— un DTU d’octobre 1987 intitulé « Règles FB - Méthode de pré- — d’abaisser la température : 1 litre d’eau transformée en
vision par le calcul du comportement au feu des structures en vapeur absorbe 2,3 MJ ;
béton » ; — d’étouffer le foyer par production de vapeur : en se vapori-
— un DTU de juillet 1982 intitulé « Règles FA - Méthode de pré- sant, le volume de l’eau est multiplié par 1 700.
vision par le calcul du comportement au feu des structures en L’action de l’eau est d’autant plus rapide que l’échange thermi-
acier » ; que entre la masse de l’eau et le foyer peut se faire rapidement.
— un DTU de février 1988 intitulé « Règles BF 66 - Règles Bois - Plus les gouttes sont de petit diamètre, plus la surface d’échange
Feu 88 - Méthodes de prévision par le calcul de la résistance au feu est élevée, à masse égale.
des structures en bois » ;
— un DTU de septembre 1988 intitulé « Règles FPM 88 - Exemple : l’eau en goutte de diamètre 120 µm développe une sur-
Méthodes de prévision par le calcul du comportement au feu des face d’échange de 43 m2/L.
poteaux mixtes (acier + béton) ». En gouttes de 20 µm, cette surface devient 170 m2/litre.

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Mais si les gouttes sont d’un diamètre inférieur à 50 µm, l’eau se — les gaz inhibiteurs, constitués de substances chimiques
comportera plus comme un gaz que comme un liquide dans le (halogènes) qui agissent sur les flammes à faible concentration ;
local sinistré. — les gaz inertes ou le CO2 qui agissent par étouffement du
Les « grosses gouttes » (utilisées dans certains sprinkleurs) sont foyer en diminuant la teneur en oxygène de l’air ambiant.
plus lourdes et seront moins sensibles aux courants d’air ascen- Les halons ont été les gaz inhibiteurs les plus utilisés jusqu’à ce
dants, aux phénomènes de convection et pourront plus facilement que l’on découvre leur effet sur l’environnement (notamment sur la
atteindre un foyer. couche d’ozone).
Du fait de son efficacité et de son faible coût, l’eau est l’agent
extincteur le plus utilisé sous différentes formes :
Les halons
— extincteurs manuels ;
— robinets d’Incendie Armés (RIA) ;
L’utilisation de ces gaz est progressivement supprimée selon
— lances à eau ;
le calendrier suivant :
— sprinkleurs ;
— brouillards d’eau, etc. — 1993 : interdiction de fabrication des halogènes ;
— 2000 : interdiction d’utilisation des halogènes autres que
Il est important de pouvoir exprimer la quantité d’eau nécessaire ceux récupérés et recyclés, uniquement pour des
pour lutter contre l’incendie prévisible sur un site. Cette estimation installations critiques (« usages essentiels ») ;
permet de dimensionner les réserves et arrivées d’eau et égale- — 2003 : (1er janvier) démantèlement des installations, sauf
ment de résoudre le problème de la rétention des eaux d’extinction utilisation critiques ;
qui risquent d’être polluées. collecte des halons par entreprise spécialisée
Un « guide pratique » pour le dimensionnement des besoins en certifiée ;
eau résulte d’une étude conduite conjointement par la Sécurité — 2004 : (1er janvier) fin du démantèlement de toutes les
civile et la Fédération française des sociétés d’assurance, permet installations ;
de dimensionner les besoins en eau d’un site industriel. Ce docu- récupération des halons pour destruction.
ment est maintenant édité par le CNPP (Centre national de préven-
tion et de protection) sous la référence D9 Document Technique. La
base de calcul est de 30 m3/h pour 500 m2 de surface à protéger, Les gaz inhibiteurs actuellement utilisables sont des hydrocar-
valeur fonction de paramètres tels que : bures halogénés dont les appellations commerciales sont FM 200,
FE 13, CEA 410, etc. La concentration nécessaire de ces gaz pour
— l’activité ; une action réelle est supérieure à celle qui était nécessaire pour le
— la hauteur de stockage ; halon, ce qui entraîne des installations de stockage plus importan-
— le type de construction ; tes. Ils sont généralement utilisés en noyage complet (extinction
— le type d’intervention interne ; automatique à gaz).
— la présence de protection par sprinkleurs.
Les gaz inertes sont essentiellement à base d’azote et d’argon,
autrement dit d’air plus ou moins privé d’oxygène. L’azote pur est
3.1.1.2 Mousses utilisé pour inertage dans des volumes biens délimités : cuves,
La projection d’une mousse à la surface d’un liquide à éteindre réservoirs, gaines, machines confinées, etc. Les gaz inertes utilisés
a pour effet de constituer un écran entre la surface du liquide et les dans des volumes plus importants, susceptibles d’être occupés par
vapeurs enflammées. des personnes, sont des produits contenant une proportion d’oxy-
gène pouvant être tolérée temporairement par un homme, mais
Les mousses sont constituées d’un mélange d’eau et d’émulseur
qui arrête la réaction de combustion des feux de surface. Il s’agit
(ou solution moussante).
des produits dont l’appellation commerciale est Inergen, Argonite,
Le foisonnement d’une mousse est le rapport du volume de la Argotec, etc. Ces gaz sont généralement utilisés en noyage
mousse au volume de la solution à partir de laquelle elle a été complet (extinction automatique à gaz).
obtenue. Il existe trois niveaux :
Le dioxyde de carbone (CO2) agit à la fois par étouffement et par
— bas foisonnement ; refroidissement. Il est utilisé en noyage total, en noyage partiel ou
— moyen foisonnement ; en extincteurs manuels. C’est l’agent extincteur généralement
— haut foisonnement. recommandé pour les feux dit « électriques », c’est-à-dire pour
éteindre un incendie prenant naissance dans un appareil pouvant
3.1.1.3 Poudres être sous tension (armoire électrique notamment).
Les poudres ont pour effet d’arrêter presque immédiatement les
flammes mais n’ont aucun effet sur les braises ; elles sont donc 3.1.2 Extincteurs
essentiellement efficaces sur les feux de classes B et C.
Elles sont généralement à base de bicarbonate de sodium ou de Le Code du travail (article 232.12.17) précise « il y a au moins un
potassium et sont le plus souvent utilisées en extincteurs porta- extincteur portatif à eau pulvérisé de 6 L pour 200 m2 de plancher,
bles. Elles ne sont pas toxiques mais sont légèrement piquantes avec un minimum d’un appareil par niveau ».
pour les yeux et ne doivent pas être respirées. La règle R4 de l’assemblée plénière des sociétés d’assurance
Elles constituent des nuages diminuant fortement la visibilité et dommage (APSAD) précise la quantité et la répartition des extinc-
se déposent partout, après extinction, nécessitant un nettoyage teurs en fonction des types de feu susceptibles d’être combattus.
très minutieux ultérieur. Les installateurs qualifiés doivent respecter cette règle. L’extincteur
Les poudres A, B, C, appelées parfois « poudres polyvalentes » portatif fait l’objet de la norme NF S61-900, obligatoire en France.
sont à base de sels d’ammonium, phosphates et sulfates ; l’effet L’extincteur doit être clairement signalé dans un lieu accessible,
sur les feux de classe A est obtenu par formation d’une sorte de près des issues des locaux.
gangue sur les braises.
L’accès à l’extincteur ne doit pas être encombré, donc ne doit pas
être facilement « encombrable ».
3.1.1.4 Gaz
L’agent extincteur est à choisir en fonction du risque, c’est-à-dire
Les gaz extincteurs peuvent être classés en deux catégories : en fonction des classes de feu A, B, C...

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(0)
cations du tableau, le détecteur ou le groupe de détecteurs
Classes de feu concernés, autrement dit « l’adresse » du local, de l’atelier ou la
zone où à lieu le phénomène détecté.
A B C
Il existe différents types de détecteurs en fonction :
Eau pulvérisée ......... Très bon Pas utilisable Pas utilisable — du phénomène à détecter comme étant le premier signe d’un
événement pouvant être à l’origine d’un incendie ;
Eau + Additifs........... Très bon Bon Pas utilisable — du mode de fonctionnement de l’installation.
Les détecteurs de fumée analysent en permanence la nature de
Poudres ABC ............ Moyen Très bon Moyen l’air ambiant et sont sensibles aux particules formant les fumées et
aux aérosols de combustion.
CO2 ........................... Pas utilisable Très bon Pas utilisable
Les détecteurs ioniques comparent l’air ambiant avec l’air
contenu dans la « chambre de référence ». Une anomalie entraîne
une modification du courant électrique du circuit sur lequel le
Contrairement à ce qui est fréquemment recommandé, les détecteur est raccordé.
extincteurs à eau sont utilisables sur les appareils électriques Les détecteurs optiques de fumée sont sensibles à l’opacité de
courants. La règle R4 recommande de préférence l’utilisation de la chambre d’analyse provoquée par la présence de fumée. Les
CO2 qui ne salit pas, ne conduit pas l’électricité et n’est pas cor- détecteurs de fumée sont à installer là où le risque d’incendie le
rosif. plus probable est un « feu couvant », après, dans une première
phase, production de fumées.
3.1.3 Robinets d’incendie armés (RIA) Les détecteurs de flamme sont des détecteurs optiques, sen-
sibles aux rayons ultraviolets. Ils sont à prévoir dans les locaux
L’installation des RIA, leur nombre, l’alimentation en eau sont contenant des liquides inflammables.
définis à la fois par la norme NF S62-201 et dans la règle R5 de Les détecteurs thermiques sont sensibles à la chaleur et aux
l’APSAD. rayonnements infrarouges.
Il existe deux diamètres nominaux : DN20 et DN40 correspon- Les détecteurs thermovélocimétriques sont sensibles à la
dant à 20 mm et 40 mm. vitesse d’élévation de température. Ils sont à utiliser par exemple
Les RIA sont placés à l’intérieur des bâtiments, près des accès. à proximité de sources de chaleur « normales » comme des hottes
Tout point du local doit pouvoir être atteint simultanément par le de cuisine.
jet de deux RIA. Pour cela, on admet les portées suivantes en jet Dans les installations de détection, le principe de détection peut
plein : être appliqué suivant différentes techniques mises en œuvre :
— portée 12 m pour le RIA DN 20 ;
— un ensemble de détecteurs ponctuels, à envisager pour la
— portée 20 m pour le RIA DN 40. plupart des locaux ;
Les sources d’eau doivent être calculées pour alimenter simulta- — un système « linéaire optique », sensible aux fumées, pou-
nément pendant 20 min, la moitié des RIA, avec toutefois un mini- vant couvrir une zone de 100 m, pouvant être utilisé dans les
mum de deux RIA et un maximum de quatre RIA DN40 ou huit grands volumes ;
RIA DN20. Dans ceux-ci, doit se trouver le RIA le plus défavorisé à — un système multiponctuel : une seule « chambre d’analyse »
l’entrée duquel il doit y avoir au moins 2,5 bar. reçoit l’air prélevé par un réseau d’aspiration.
Les détecteurs de très haute sensibilité (DTHS) sont des détec-
3.1.4 Bouches et poteaux d’incendie teurs optiques de fumées, soit ponctuels, soit à aspiration, qui sont
capables de déceler une très petite quantité de fumée, quantité
Ce sont des installations composées d’une canalisation métal- parfois imperceptible par l’homme.
lique d’alimentation en eau terminée : Ces systèmes sont utilisés pour surveiller des zones ou espaces
— pour la bouche par un raccord de 110 mm ; très sensibles tels que salles blanches, salles informatiques, salles
— pour le poteau, par un raccord de 70 mm et deux raccords de d’assemblage de composants électroniques, de satellites, etc.
40 mm. La sensibilité des différents types de détection suivant les phases
Ils font l’objet des normes NF S61-211 et 61-213. de l’incendie est donnée sur la figure 4.
Il s’agit d’un matériel de professionnels qui doit être implanté en
concertation avec les services de secours concernés (pompiers).

3.1.5 Détection automatique d’incendie Température Détection


thermique
Le meilleur détecteur des premières manifestations d’un début
d’incendie est certainement l’homme. Encore faut-il qu’il soit Détection
de flamme
présent, ce qui est loin d’être toujours le cas.
Détection
Les systèmes de détection incendie permettent donc de détecter de fumée
les premiers phénomènes de l’incendie et doivent ensuite trans- DTHS
mettre une alarme à un tableau de signalisation qui à son tour
pourra :
— déclencher l’alarme auprès d’intervenants ;
— déclencher la mise en sécurité du bâtiment en agissant sur
0 Temps
des asservissements ;
— déclencher un système d’extinction automatique.
Ces installations sont maintenant souvent de type « adres- Figure 4 – Sensibilité des différents types de détection
sables », ce qui signifie que l’on peut repérer, à travers les indi- suivant les phases de l’incendie

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Le système de détection incendie est une installation constituée — le manque de coordination entre les divers corps d’état
d’un ensemble de capteurs (ou détecteurs) reliés à un « tableau » concernés (électricité, ventilation, climatisation, fermetures, désen-
de détection incendie. Ce tableau reçoit les alarmes « feu » ou fumage, etc.).
« dérangement » et les « traite » en les localisant par un signal Les normes de 1993 portent donc sur les caractéristiques des
sonore et un signal lumineux. équipements pouvant constituer un SSI et impose qu’un coordon-
Cet ensemble est constitué d’éléments techniques qui font nateur SSI soit, au frais du maître d’ouvrage, chargé de la cohé-
l’objet de normes NF. La conception de l’installation fait l’objet de rence de la conception et de la réalisation de l’ensemble du
la règle R7 de l’APSAD, texte technique souvent utilisé comme système.
référence. Un SSI doit être totalement indépendant des autres systèmes
Depuis 1993, les organes techniques asservis à la détection pouvant exister dans l’établissement (GTC, gestion technique
incendie doivent être également conformes à des normes centralisée, par exemple).
(NF S61-930 à 61-962) dites « normes SSI ». Le SSI doit, en effet, être disponible indépendamment des éven-
tuels dysfonctionnements des autres systèmes et son exploitation
doit être séparée.
3.1.6 Système de sécurité incendie (SSI) Un système SSI est présenté sur la figure 5.

Avec l’évolution des ensembles immobiliers de plus en plus


complexes, on a constaté de nouveaux dysfonctionnements dans
3.1.7 Sprinkleurs
la chaîne logique détection-asservissement.
Ces dysfonctionnements venaient essentiellement de deux Le rôle d’une installation sprinkleurs est de détecter un foyer
raisons : d’incendie et de l’éteindre à ses débuts ou au moins de le
— le montage de matériels ou équipements entraînant des contenir de façon que l’extinction puisse être menée à bien par
incompatibilités de « dialogue » ; les moyens de l’établissement protégé ou par les pompiers.

ACQUISITION TRAITEMENT ACTIONS


DES INFORMATIONS DES INFORMATIONS

SDI SMSI

Alimentation
Fonctions :
de sécurité
Détecteur Alimentation . compartimentage
d'incendie de sécurité . désenfumage
. évacuation

CMSI UGIS Ligne de contrôle


Tableau
de
signalisation US DAS
UCMC
Ligne de télécommande
UGA

. CMSI : centraliseur de mise


Déclencheur en sécurité incendie
manuel . UGIS : unité de gestion des
issues de secours
Témoin . US : unité de signalisation
passage Système d'aide . UGA : unité de gestion
d'eau à l'exploitation d'alarme
sprinkleurs . UCMC : unité de commande
manuelle centralisée
. DAS : dispositifs actionnés
de sécurité
. SDI : système de détection
Détecteur
incendie
de gaz
. SMSI : système de mise
inflammables
en sécurité incendie

Figure 5 – Système de sécurité incendie (SSI)

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3.1.7.1 Règles de référence


Sous eau La règle de référence en France est essentiellement la règle R1
de l’APSAD.
Sous eau
Sous eau Cette règle est en évolution permanente et fait l’objet de mises
à jours périodiques en fonction de nouvelles technologies, de
Sous eau en
faux plafond nouveaux essais et surtout en fonction de l’évolution des produits
industriels, des modes de stockage, etc.
La règle R1 a servi de base à la rédaction de la norme
NF S62-210 de décembre 1985 qui reprend rigoureusement les
données techniques des données de l’époque.
Système
antigel À partir de 2001 ou 2002, la référence devient la norme CEN
(Comité européen de normalisation), portant la numérotation
EN 12845.
Système
d'alimentation Une autre référence technique est celle de la NFPA (National Fire
(cf. figure b) Protection Association ), qui constitue une référence reconnue dans
de nombreux pays ne disposant pas de textes de références
a vue générale de l'installation locales.
Bien que pour l’essentiel, les règles de calcul et les principes de
Maintien de pression conception soient les mêmes, on note des différences pouvant
Poste de contrôle Poste de Source A :
contrôle électropompe Électropompe concerner les locaux à protéger, les dimensionnements de certains
alternatif (air/eau)
à eau équipements, etc.
L’essentiel est de ne pas mélanger différentes règles et de suivre
les prescriptions d’une seule règle et de s’y tenir.
Les assureurs accordent une très grande importance à ce mode
de protection, mais les avantages toutefois ne sont consentis que
si la règle de référence est parfaitement respectée.

Source B : eau de ville


Compresseur d'air avec système antipollution 3.1.7.2 Classes de risques

b système d'alimentation de l'installation Les classes de risques sont établies en fonction du risque
d’incendie que représentent les chantiers à protéger.
Ainsi, on trouve les classes suivantes, avec leurs équivalences
Figure 6 – Installation de sprinkleurs dans la règle CEN :
(0)

Telle est la définition donnée par la règle APSAD, définition Classe de risque Classe de risque
conforme par ailleurs à celle de la norme NF S62-210. APSAD (R1) EN 12845
Une installation (figure 6) se présente sous forme d’un réseau de RFPC : risque à faible potentiel LH : Light Hazard
canalisations permettant l’arrosage rapide par de l’eau sous calorifique
pression d’un foyer d’incendie qui se déclare ; les rampes portent
des « sprinkleurs » qui s’ouvrent sous l’effet de la température et RC : risque courant OH : Ordinary Hazard
déclenchent l’arrosage. RTDA : risque très dangereux HHP : High Hazard Production
La densité des sprinkleurs, le débit d’eau nécessaire, la quantité (activité)
d’eau en réserve, les pressions, etc., obéissent à des règles très RTDB : risque très dangereux HHS : High Hazard Storage
précises. (stockage)
Pour être efficace et fiable, une installation de protection par
sprinkleurs doit être en permanence en mesure de répondre aux Les classes de risque sont définies comme suit :
exigences : RFPC : locaux non industriels, à faible charge calorifique et fai-
— de débit d’eau à la tête, exprimé en L · m–2 · min–1 ; ble combustibilité. Exemples : remises, bureaux, hôtels...
— de durée d’arrosage ; RC : locaux contenant des activités industrielles ou
— de surface impliquée. commerciales dans lesquels les matériaux ou marchan-
La surface impliquée est la surface maximale sur laquelle l’ins- dises ne risquent pas de donner lieu à un incendie à
tallation est dimensionnée pour assurer le débit requis pendant la développement rapide.
durée exigée. RTD : locaux où les matériaux ou les marchandises et leurs
conditions d’utilisation peuvent donner lieu à un feu de
La combinaison de ces trois paramètres conditionne le dimen- développement rapide.
sionnement des sources d’eau nécessaires à l’alimentation des
systèmes de protection automatique. En ce qui concerne les stockages, les classes sont précisées
suivant les modes de stockage de S1 à S7 dans la R1, de ST1 à ST6
Les caractéristiques d’une installation sont donc essentiellement dans la règle EN 12845.
déterminées à partir de la nature (ou de la classe) du risque
d’incendie, c’est-à-dire en réalité en fonction du potentiel calori- Exemple : pour un stockage de type S3 (palettes sur structures
fique supposé. métalliques en rampes multiples), la règle R1 précise, en classe
RTDB3.
De nombreux essais, effectués en vraie grandeur, ont permis de
déterminer les caractéristiques nécessaires pour les installations Hauteur maximale : 3,20 m
de sprinkleurs en fonction de différents types d’activité, et donc de Débit : 12,5 L · m–2 · min–1
potentiel calorifique. Surface impliquée : 260 m2

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C’est sur ces bases que peuvent être déterminées les caractéris-
tiques des sources d’eau nécessaires. vers les
sprinkleurs
3.1.7.3 Sources d’eau Manomètre
aval
Les sources d’eau doivent être constamment en mesure de fonc-
tionner de manière autonome et sont placées sous la responsabi-
Cloche d'alarme
lité du propriétaire de l’installation ; une source d’eau peut
cependant être commune à plusieurs propriétaires.
Les sources, pour l’APSAD, sont les sources A et les sources B.
Source A : source limitée, pouvant assurer le débit requis pour
5 têtes de sprinkleurs pendant 30 min.
Elle peut être constituée par : Soupape
— un bac de pression ; d'alarme
— un réseau d’eau public ;
— un groupe électropompe.
Source B : source devant pouvoir, alimenter la surface impliquée
avec le débit requis, pendant au moins une heure.
La source B est donc dimensionnée en fonction de la classe du Vanne d'essai
risque à protéger le plus contraignant de l’établissement. du dispositif
d'alarme
La norme CEN ne prévoit pas de source A comme dans les Vanne
repères NFPA, seules les sources B sont prises en considération. d'arrêt
Une source B peut être constituée par : Vanne de
vidange
— une réserve d’eau gravitaire ou avec pompe à démarrage
automatique ;
— un réseau d’eau public lui-même alimenté par deux réser-
voirs. Manomètre
amont
3.1.7.4 Postes de contrôle
C’est le dispositif permettant le passage de l’eau vers le réseau de la
de sprinkleurs en donnant l’alarme. source
d'eau
Un poste comporte (figure 7) :
— une vanne d’arrêt ; Figure 7 – Schéma d’un poste à eau
— une soupape d’alarme ;
— des manomètres enregistreurs ;
— une vanne de vidange ;
— éventuellement un accélérateur ou un exhausteur.
Les postes doivent être dans des zones protégées par les sprin-
kleurs, et contre les risques mécaniques et être facilement acces-
sibles pour la maintenance et le contrôle.

3.1.7.5 Réseau
Le réseau de sprinkleurs est constitué de la tuyauterie d’alimen-
tation des têtes et à partir des postes.
Les tuyaux ne doivent pas traverser les locaux non protégés ; ils a vue d'ensemble
ne doivent pas être encastrés dans du béton ; le réseau doit per-
mettre la vidange et le rinçage de l’installation.
Ressort
Les caractéristiques des tuyaux sont précisées dans les règles Siège Joint d'étanchéité
techniques de référence. Obturateur
Chapeau
Bouchon
3.1.7.6 Têtes de sprinkleurs Ampoule
Corps
L’orifice de la tête des sprinkleurs (figure 8) est normalement
obturé par un bouchon maintenu en place par un dispositif dont la
Diffuseur Cône
partie essentielle est constituée par un élément (fusible ou
ampoule) qui fond ou éclate à une température prédéterminée, b vue éclatée
assurant ainsi l’ouverture rapide et complète du sprinkleur.
Le jet d’eau sortant par l’orifice vient se briser sur un diffuseur
qui assure une pulvérisation et une diffusion. Figure 8 – Tête de sprinkleur

Le diamètre minimal de l’orifice est de 10 mm et les possibilités


d’obstruction par des impuretés sont pratiquement nulles.
Les différents types de sprinkleurs se distinguent par la forme et Le type « conventionnel » assure une projection d’eau, à la fois
la position du déflecteur, leur orifice, leur température de fonction- vers le haut et vers le bas, protégeant ainsi la structure du bâti-
nement : ment.

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Dans le type « spray », l’eau n’est projetée que vers le bas ; il Système « grosses gouttes » (ou « Large Drop ») : les sprinkleurs
existe un type fonctionnant en position debout (le plus couram- « grosses gouttes » sont conçus pour produire un débit important
ment utilisé), l’autre en position pendante pour le cas où le sprin- à travers les courants de gaz ascendant produits par l’incendie. Ces
kleur doit être placé sous la canalisation qui l’alimente : c’est le cas installations nécessitent des sources d’eau plus importantes que
par exemple des sprinkleurs disposés sous un plafond alimentés les installations conventionnelles et entraînent des contraintes
par une conduite placée au-dessus du plafond. concernant l’architecture de bâtiments et les modes de stockage.
Le sprinkleur « side wall » est disposé contre le mur lorsqu’il Système ESFR « Early Suppression Fast Response » : le système
n’est pas possible d’installer de sprinkleur au plafond ou que cela ESFR est destiné, à partir d’une « réponse rapide », à éteindre le
peut présenter des inconvénients. feu, et non pas seulement à le contenir comme une installation
Les sprinkleurs « antigel » peuvent être placés dans des locaux classique. Ce système est conçu pour permettre de protéger, sans
où il y a risque de gel si la canalisation qui les alimente est dans réseau intermédiaire, des stockages de hauteur importante en pro-
un local chauffé. duisant rapidement une projection d’eau violente. La hauteur de
stockage peut aller jusqu’à 10,60 m, dans un bâtiment d’une hau-
Les sprinkleurs « décoration » ont été conçus dans un souci teur maximale de 12,10 m. La notion de surface impliquée disparaît
d’esthétique pour les locaux tels que les bureaux, salles de et est remplacée par le principe que de 12 à 16 têtes à fort débit
réunion ; ils peuvent être à diffuseurs fixes ou escamotables et cer- doivent pouvoir être alimentées simultanément pendant 60 min.
tains types sont cachés en position normale. Une installation ESFR n’est compatible qu’avec certaines disposi-
Les sprinkleurs doivent toujours être installés à la partie haute tions architecturales et exclut certains stockages, notamment des
des locaux où se manifeste rapidement une élévation de tempéra- matières plastiques alvéolaires, des pneumatiques, des aérosols,
ture par suite du mouvement naturel ascendant de l’air chaud. des huiles, etc.
Les températures ambiantes des locaux, industriels en particu-
lier, pouvant être très diverses et assez élevées, il existe des sprin- Statistiques
kleurs fonctionnant à des températures différentes comprises entre
57 oC et 343 oC ; pour éviter toute erreur sur les températures de Sur une période de 25 ans, en Europe, on constate que sur
fonctionnement, les sprinkleurs doivent être repérés par des cou- 7 651 incendies, 73 % sont maîtrisés avec cinq têtes de sprink-
leurs conventionnelles. Le type courant fonctionne à 68o/74 oC. leurs ou moins, 95 % avec trente têtes ou moins.
En France, on constate que (statistiques APSAD) :
3.1.7.7 Différents types d’installation — 50 % des sinistres sont maîtrisés par une tête ;
Dans un certain nombre de cas, la protection par un réseau de — 85 % des sinistres sont maîtrisés par cinq têtes ou moins ;
sprinkleurs traditionnels ne peut pas être utilisé, par exemple : — 97 % des sinistres sont maîtrisés par trente têtes ou
moins.
— dans les locaux exposés au gel ;
— dans les stockages en hauteur ;
— face au risque de feu de liquides inflammables, etc.
3.1.8 Extinction automatique à gaz
Pour faire face à ce type de situations, il existe plusieurs types
d’installations. Ces installations sont destinées à protéger l’ensemble du volume
Installation sous air : à partir du poste, le réseau n’est pas rempli d’un local en fournissant la concentration de gaz suffisante pour
d’eau mais d’air sous pression. obtenir l’extinction.
L’ouverture d’une tête déclenche une baisse de pression dans le À la suite de l’arrêt de l’utilisation du halon 1 301, la question se
réseau, ce qui entraîne l’ouverture du clapet et le remplissage du pose de savoir par quoi remplacer les installations existantes.
réseau par l’eau depuis le poste « sous-air ». Du fait de la nécessité Les gaz susceptibles d’être utilisés sont ceux indiqués dans le
d’essais périodiques entraînant des opérations de remplissage- paragraphe 3.1.1.4 et sont classables en trois catégories :
vidange, les phénomènes de corrosion peuvent être accélérés. — gaz inhibiteur : FM 200, FE 13, CEA 410 ;
Installation alternative : c’est une installation pouvant être alter- — gaz inerte : Argonite, Inergen, Argotec, azote ;
nativement « sous eau » ou « sous air », par exemple selon la — anhydride carbonique (CO2).
saison. Le poste correspondant est un « poste alternatif ». Les deux premières catégories font, depuis fin 2000, l’objet d’une
Installation à préaction : ce type d’installation fonctionne en règle technique de l’APSAD (R13), alors que pour le CO2 c’est tou-
deux temps : jours la règle R3 qui sert de référence.
— 1er temps, envahissement du réseau par l’eau ; Les grands principes à respecter sont les suivants :
— 2e temps, fonctionnement d’un système à eau classique. — les parois du local à protéger doivent être coupe-feu au cas
Le premier temps est déclenché par un système de détection où le feu se déclarerait dans un local contigu ;
incendie, ce qui peut laisser le temps nécessaire à une intervention — le local doit être étanche pour pouvoir maintenir une
avant l’ouverture des têtes. concentration suffisante pendant 10 min.
Installation « déluge » : dans une installation « déluge », le Ce mode de protection peut être envisagé pour des locaux :
réseau est équipé de têtes de sprinkleurs ouvertes. L’envahisse- — d’électronique ;
ment du réseau, et donc l’arrosage, est déclenché par une détec- — de stockage de liquides inflammables ;
tion incendie ou par un réseau classique pilote de sprinkleurs — de certains produits chimiques.
conventionnels. Ce type d’installation est destiné à la protection
Les gaz autres que le CO2 sont inadaptés pour les feux des
vis-à-vis de feux à développement rapide et intense.
matières solides (en particulier le papier ou les matières plasti-
Réseaux intermédiaires : dans de nombreux entrepôts, la hau- ques) pouvant devenir des feux profonds.
teur de stockage ne permet pas d’avoir une protection efficace à
partir d’une seule nappe de sprinkleurs conventionnels. Une solu-
tion consiste à disposer des réseaux intermédiaires de sprinkleurs 3.1.9 Désenfumage
en général au milieu des racks de stockages. Cette solution pré-
sente l’inconvénient de « figer » l’implantation des racks de stoc- Les systèmes de désenfumage permettent d’éliminer les fumées
kage. et gaz chauds et toxiques qui se dégagent de l’incendie ; le désen-

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exemple à proximité immédiate des accès, sorties de secours, etc.


Il est préférable, dans le cas d’ouverture manuelle, de regrouper
Exutoire sous une seule commande, les dispositifs d’ouverture de plusieurs
exutoires ou même de l’ensemble des exutoires d’un même
h' Fumée canton.
h'
h
h 3.1.9.2 Système mécanique
Air frais Air frais
Le système comporte une extraction mécanique des fumées en
Écrans de partie haute des locaux ; le débit de cette extraction est calculé sur
cantonnement
la base de 1 m3 (100 m2 · s)–1.
h hauteur moyenne (dépend du cantonnement considéré) Ce système nécessite des dispositions aérauliques adaptées : air
h' hauteur de la zone enfumée (dépend du cantonnement considéré) de compensation, arrêt de ventilation, etc.
h -- h' hauteur libre de fumée

Figure 9 – Principe de désenfumage 3.2 Moyens humains


L’efficacité des moyens de prévention et de protection repose
essentiellement sur le comportement humain, et plus précisément
fumage est maintenant rendu obligatoire dans certains locaux, par sur le respect des procédures, de consignes et sur la formation des
le Code du travail (article R 235.4.8 du décret no 92.332 du 31 mars intervenants [SE 3 500].
1992).

3.1.9.1 Système naturel


3.2.1 Procédure de permis de feu

Ce système a évolué depuis l’application systématique de ce que C’est une procédure mise au point par des assureurs qui
l’on appelait « la règle du 1 % » ; le mode de calcul de la surface consiste à autoriser l’exécution de travaux par points chauds, que
des exutoires est maintenant précisé par la réglementation l’opération soit effectuée par l’entreprise ou par une société exté-
(IT 246) pour les ERP, par la R17 de l’APSAD pour bâtiment indus- rieure.
triels. Les principes (figure 9) en sont les mêmes et la surface des Le document « permis de feu » est signé par :
exutoires est calculée en fonction de :
— le responsable de l’atelier ou des locaux où sont effectués les
— la nature du risque ou de l’activité ; travaux (celui qui commande les travaux) ;
— la dimension des cantons (< 1 600 m2) ; — le chargé de sécurité ;
— la hauteur de référence h ; — le responsable de l’exécution des travaux.
— la hauteur de la zone enfumée h′. Le permis de feu est délivré par le chef d’entreprise ou par son
Du fait de la surface nécessaire pour les exutoires, ce système représentant qualifié.
est plus particulièrement adapté aux bâtiments à simple rez-de- La procédure du permis de feu, qui n’est pas prescrite dans le
chaussée. Il est plus contraignant à mettre en œuvre dans les bâti- Code du travail, l’est parfois dans certains arrêtés ou certaines
ments à plusieurs niveaux, et a fortiori en infrastructure. circulaires du ministère de l’Environnement. Mais le respect de
La surface utile d’exutoire (SUE) est obtenue à partir des tables cette procédure est systématiquement demandé par les assureurs.
de l’IT 246 ou de la R17.

Exemple : 3.2.2 Consignes


Activité : stockage (groupe 5)
Hauteur utile h :8m Les consignes sont faites pour rappeler la conduite à tenir en cas
Hauteur des fumées h′ : 2,50 m de début d’incendie.
On distingue :
Les tableaux donnent un coefficient α = 1,65 % qui va permettre le
calcul de la SUE. — les consignes générales, qui indiquent la conduite à tenir à
Pour un canton de 1200 m2, la SUE sera de 19,80 m2. l’ensemble du personnel ;
— les consignes particulières, qui indiquent la conduite à tenir,
Cette surface sera concrètement réalisée avec des exutoires dont on les manœuvres à effectuer, les personnes à avertir, etc., aux per-
devra corriger la SUE à partir de la section réelle d’ouverture, en sonnes concernées.
fonction du coefficient de rendement aéraulique de l’exutoire déter-
miné par essai en laboratoire ; en l’absence de tels essais, le coefficient
sera de 0,3. 3.2.3 Intervention
Ainsi, avec un exutoire à coefficient aéraulique certifié de 0,6, la sur-
face effective sera de : Le Code du travail rappelle que :
SUE « toute personne apercevant un début d’incendie doit donner
---------------- = 33 m 2
0,6 l’alarme et mettre en œuvre les moyens de premiers secours, sans
attendre l’arrivée du personnel spécialement désigné. »
Dans le cas contraire, cette surface sera de :
On distingue les « équipes de première intervention » (EPI) qui
SUE sont constituées d’un personnel désigné et formé, et les « équipes
---------------- = 66 m 2 de seconde intervention » (ESI) qui sont constituées du personnel
0,3
spécialement entraîné.
L’ouverture des exutoires est soit automatique, soit manuelle. Dans un établissement du secteur tertiaire (bureau), on consi-
Les commandes manuelles doivent être placées de façon à être dère que 10 % du personnel doit pouvoir constituer une équipe de
accessibles quel que soit le développement de l’incendie, par première intervention.

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3.2.4 Maintenance et vérifications Les règles de l’APSAD constituent le référentiel pouvant devenir
une exigence contractuelle. Le respect des règles APSAD, règles
De nombreux sinistres ont leur origine dans des défauts de privées, répond donc à un engagement contractuel entre l’assureur
maintenance (installation électrique notamment). et l’assuré.
La vérification et la maintenance des équipements de sécurité Comme dans le cadre de tout contrat, le non-respect d’une
sont clairement prescrits par différents textes : Code du travail, clause peut entraîner des conséquences importantes sur d’autres
règles des assureurs, règlement de sécurité, etc. clauses.
On peut noter en particulier : Ainsi, par exemple, le non-respect d’une règle de l’APSAD que
l’assureur s’était engagé contractuellement à respecter peut
(0)
entraîner des conditions défavorables d’indemnisation en cas de
sinistre.
Équipement Périodicité Texte de référence
Extincteurs 1 an Code du travail - R4 APSAD Règles de sécurité incendie de l’APSAD
RIA 6 mois Code du travail - R5 APSAD Règle R1 : extinction automatique à eau de type sprinkleurs.
Sprinkleurs 6 mois NF S62-612 - R1 APSAD D’importants rabais sur le montant des primes d’assurance
peuvent être consentis dans l’hypothèse du respect de cette
Extinction auto à gaz 6 mois R2 R3 R13 APSAD
règle.
Règlement de sécurité Règle R2 : extinction automatique au halon 1301.
Détection incendie 1 an R17 APSAD
Cette règle correspond à la mise en œuvre d’un agent extinc-
Règlement de sécurité teur de moins en moins utilisé.
Désenfumage 1 an R4 APSAD La fabrication du halon 1301 est maintenant interdite.
Portes, clapets, Règlement de sécurité Règle R3 : extinction automatique au CO2 .
1 an
volets, etc. IT 247 - R16 APSAD
Règle R4 : extincteurs mobiles.
Le respect de cette règle constitue une sorte de base minimale
de prise en considération par l’assurance.
Le respect de cette règle n’entraîne aucun rabais, mais le non-
4. Assurance incendie respect de cette règle peut entraîner une augmentation de la
prime.
Règle R5 : robinets d’incendie armés (RIA).
L’assurance incendie garantit les dommages matériels causés
par l’incendie aux biens. En supplément, cette assurance peut Règle R6 : service de sécurité incendie (SSI).
garantir les préjudices consécutifs au sinistre (perte de loyers, frais Règle R7 : détection automatique d’incendie.
divers, perte d’exploitation). Ce service est rémunéré par la prime Cette règle constitue souvent un référentiel imposé dans les
d’assurance dont le montant est le résultat de l’application d’un cahiers des charges. C’est le texte technique le plus élaboré
taux à un montant de capitaux assurés ; il est important de concernant la conception et la mise en œuvre d’une installation
connaître les grands principes de prévention et de protection pou- de détection automatique d’incendie.
vant influer sur le montant de la prime. Règle R8 : service de gardiennage et de surveillance incendie.
■ Principe de tarification Règle R9 : rideaux d’eau.
Le taux de base (exprimé en ‰) est un taux statistique fonction Règle R12 : règle d’installation concernant l’extinction auto-
de l’activité exercée par l’assuré. matique à mousse.
Règle R13 : extinction automatique utilisant des gaz de substi-
Ce taux est ensuite modifié du fait des différentes mesures de tution au halon 1301.
prévention et de protection mis en œuvre ou non, et cela en fonc-
tion du respect des spécifications des différentes règles techniques Règle R15 : ouvrages séparatifs coupe-feu.
de l’Assemblée plénière des sociétés d’assurances dommages Règle R16 : portes coupe-feu.
(APSAD). Règle R17 : exutoires de fumées et de chaleur.
■ Règles techniques Les prescriptions techniques de cette règle sont très proches
de celles de l’instruction technique IT 246 du règlement de sécu-
L’APSAD élabore des règles techniques précisant les caracté- rité.
ristiques des moyens de prévention et de protection pris en Règle R18 : installations électriques.
considération par les compagnies d’assurances. Ces règles
constituent un référentiel technique servant d’éléments aux Il existe également des cahiers de spécifications de l’APSAD :
contrats liant l’assureur et l’assuré en matière de risque de dom- CS1 : ossatures en bois lamellé collé ou en bois massif.
mage, et en particulier d’incendie. PR/f : couvertures et bardages en plaques et rouleaux de poly-
Dans le cadre européen, on trouve également les règles établies ester armé de fibres de verre.
par le CEA (Comité européen des assurances). D’autres pays se CB2 : toitures composées de supports rigides ligno-cellulo-
réfèrent à leurs propres règles techniques (NFPA aux États-Unis, siques associés à des revêtements souples continus ou discon-
VDS en Allemagne, etc.). tinus.
Les règles NFPA (National Fire Protection Association ) sont sou- CC2 : couvertures isolantes en acier revêtues d’étanchéité.
vent celles prises en référence dans les marchés internationaux ou
par les entreprises multinationales disposant d’implantations dans
différents pays. ■ Déclaration du risque
Contrairement à ce qui est fréquemment mis en avant, le respect L’entreprise doit déclarer exactement, lors de la souscription du
des prescriptions des règles APSAD n’est pas en soi une obligation contrat, puis en cours de contrat, tous les éléments permettant
réglementaire. d’évaluer les valeurs à assurer.

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En cas de sous-estimation des valeurs à assurer, les assureurs « les dangers ou inconvénients, soit pour la commodité du voi-
peuvent être conduits à appliquer la « règle proportionnelle », sinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, soit
c’est-à-dire à ne régler un sinistre même partiel que dans la pro- pour l’agriculture, soit pour la protection de la nature et de
portion globale de la valeur déclarée. l’environnement, soit pour la conservation des sites et des
monuments. »
■ Assurance perte d’exploitation Le risque d’incendie est largement pris en compte dans cette
En cas d’incendie, l’interruption de l’activité concernée entraîne législation.
un arrêt ou une baisse de production, donc une baisse de recettes
alors que beaucoup de frais continuent à s’exercer : salaires,
loyers, frais fixes divers.
5.1 Code du travail
L’assurance perte d’exploitation garantit le paiement des frais
fixes et du bénéfice réel d’exploitation non réalisé, ainsi que les
frais supplémentaires permettant le redémarrage de l’activité. 5.1.1 Domaine d’application
■ Sinistre maximal possible et sinistre raisonnablement Les dispositions du Code du travail, vis-à-vis du risque d’incen-
escomptable die, s’appliquent aux établissements suivants :
Le sinistre maximal possible (SMP) est celui qui peut survenir — établissements industriels, commerciaux et agricoles et leurs
lorsque : dépendances, de quelque nature que ce soit, privés, publics, laï-
— les conséquences les plus défavorables se trouvent excep- ques ou religieux ;
tionnellement réunies ; — établissements à caractère coopératif ;
— le sinistre n’est pas ou mal combattu et n’est arrêté que par — établissements d’enseignement ou de bienfaisance ;
un obstacle infranchissable ou faute d’aliment combustible. — établissements publics ou ministériels ;
Le sinistre raisonnablement escomptable (SRE) correspond à — professions libérales, sociétés civiles, syndicats profes-
l’étendue du sinistre susceptible de se produire dans les conditions sionnels ;
normales d’activité, d’occupation et de défense de l’établissement. — travailleurs indépendants ;
— établissements de soins privés ;
■ Risque hautement protégé — établissements publics à caractère industriel et commercial
(EPIC) ;
La notion de risque hautement protégé (RHP) est une notion
venant des assureurs américains qui ne fait l’objet d’aucune norme — ateliers d’enseignement technique ou professionnel.
précise mais qui, cependant, peut répondre aux critères suivants : En matière de sécurité incendie, les décrets de 1992 ont apporté
— être protégé par un système d’extinction automatique du type d’importantes modifications ; il s’agit des textes suivants :
sprinkleurs ; — décret no 92.333 du 31 mars 1992 applicable aux établis-
— disposer de procédures du type permis de feu, inspections sements existants, non transformés ;
systématiques, vérifications, etc. ; — décret no 92.332 du 31 mars 1992 applicable aux établis-
— disposer des moyens traditionnels de prévention et pro- sements à construire ou à transformer ;
tection : extincteurs, alarmes, etc. ; — arrêté du 5 août 1992 relatif aux dispositions pour la préven-
— faire l’objet d’une visite systématique d’un représentant de la tion des incendies et le désenfumage de certains lieux de travail
compagnie d’assurance. (bâtiments dont le dernier niveau est situé à plus de 8 m du sol
Chaque compagnie s’appuie sur ses propres critères précis. notamment), également applicable aux établissements à construire
ou à transformer.
L’application de ces textes est du ressort et de la responsabilité
du « chef d’établissement ». Il faut noter que la notion « d’établis-
5. Réglementation sement » n’est précisée nulle part et que le périmètre de la respon-
sabilité du « chef d’établissement » n’est pas toujours facile à
définir.
Les codes regroupent l’ensemble des textes (lois, décrets, L’Inspecteur du travail est chargé de veiller à l’application des
arrêtés, circulaires...) relatifs à un même sujet, sous une forme articles du Code du travail.
structurée (livres, titres, chapitres, section...).
Le Code du travail est l’ensemble réglementaire contenant les
dispositions relatives à l’organisation du travail ; le chapitre III 5.1.2 Établissements existants
(Hygiène et sécurité) du livre II (Réglementation du travail) contient
les prescriptions relatives à la sécurité contre les risques d’incendie Dans les établissements existants, c’est-à-dire ceux n’ayant fait
des travailleurs. l’objet d’aucune transformation postérieure au 1er janvier 1993
(date d’application du décret du 31 mars 1992), les principales
Le Code de la construction et de l’habitation fixe les principes
mesures sont les suivantes.
généraux visant à assurer la sécurité des personnes :
— dans les établissements recevant du public (ERP) ; ■ Mesures antérieures au 31.03.92
— dans les immeubles de grande hauteur (IGH) ; — dégagements et portes permettant d’assurer l’évacuation
— dans les bâtiments d’habitation ; rapide des occupants (articles R 232.12.2 à 332.12.6) ;
— dans les parcs de stationnement. — prescriptions spécifiques aux locaux présentant des dangers
À travers le règlement de sécurité incendie, l’objectif est d’assu- d’incendie ou d’explosion ;
rer aux personnes une protection efficace dans des situations où — installations électriques réalisées et contrôlées conformément
ces personnes ne peuvent pas être totalement maîtresses de la au décret du 14 novembre 1988 ;
situation ni totalement responsables des conditions de sécurité. — prescriptions concernant les installations de chauffage ;
Le Code de l’environnement regroupe les dispositions législa- — éclairage de sécurité ;
tives (loi du 19 juillet 1976) et les dispositions réglementaires pré- — moyens de secours : essentiellement des extincteurs portatifs
cisant les dispositions à prendre pour protéger contre : (1 appareil pour 200 m2 de plancher).

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■ Mesures prescrites au 31.03.92 5.2.2 Établissements recevant du public (ERP)


Il s’agit essentiellement d’un système d’alarme sonore pour tout
Nota : le lecteur pourra se reporter à l’article [C 3 280].
établissement pouvant réunir plus de cinquante personnes, ou pré-
sentant des dangers d’explosion.
5.2.2.1 Classement des établissements
Le système d’alarme prescrit peut être de « type 4 », c’est-à-dire
de tout système sonore (sirène, cloche, sifflet, trompe...) et doit L’article R 123.2 du Code de la construction et de l’habitation pré-
être audible de tout point du bâtiment pendant le temps nécessaire cise que :
à l’évacuation, avec une autonomie minimale de cinq minutes.
« Constituent des établissements recevant du public tous bâti-
ments, locaux et enceintes dans lesquels des personnes sont
5.1.3 Établissements à construire admises soit librement, soit moyennant une rétribution ou une par-
ticipation quelconque, ou dans lesquels sont tenues des réunions
ou à transformer ouvertes à tout venant ou sur invitations, payantes ou non. Sont
considérées comme faisant partie du public toutes les personnes
Les dispositions du décret no 92.232 du 31.03.92 et de l’arrêté du
admises dans l’établissement à quelque titre que ce soit en plus du
5 août 1992 sont applicables, que l’opération nécessite ou non
personnel. »
l’obtention d’un permis de construire.
Si l’établissement est soumis également à d’autres réglemen- La question fréquemment posée concerne les bâtiments à usage
tations (ERP, IGH, Installations classées), le Code du travail s’appli- de bureaux pouvant accueillir des visiteurs extérieurs à l’entre-
que en complément de la réglementation correspondante. En cas prise.
de contradiction, les dispositions les plus contraignantes sont Dans un tel cas, on peut considérer que le visiteur est pris en
celles à mettre en œuvre. charge par la personne invitée. En cas de nécessité d’évacuation,
le visiteur ne sera pas livré à lui-même comme cela risque d’être
■ Bâtiments dont le dernier niveau est à moins de 8 m du sol le cas dans un centre commercial. Un tel bâtiment ne sera pas
classé ERP et ne sera soumis qu’aux prescriptions du Code du tra-
Les prescriptions essentielles portent sur :
vail.
— les dégagements, les dispositions des dégagements et des
sorties étant comparables à celles exigées dans les ERP (établis- Si une partie du bâtiment est susceptible de recevoir du public
sements recevant du public) ; (centre de formation, restaurant interentreprises), l’établissement
— le désenfumage (naturel ou mécanique) dans les locaux de sera classé ERP et donc soumis à la réglementation correspon-
plus de 300 m2. dante.
Si un accès du public ne représente qu’une situation exception-
■ Bâtiments dont le dernier niveau est à plus de 8 m du sol nelle (par exemple une opération « portes ouvertes »), l’établis-
sement pourra ne pas être classé ERP, mais des dispositions
Des dispositions complémentaires concernent ces bâtiments qui,
particulières devront être prises à l’occasion de cet événement.
en général abrite des activités tertiaires (bureaux).
Les exigences sont proches de celles que l’on trouve pour les Le classement des ERP s’effectue selon deux paramètres :
ERP, à savoir : — la taille de l’établissement qui est délivré à partir de l’effectif
— la résistance au feu des structures ; total (public et personnel) admis : ce classement s’exprime en
terme de « catégorie » ;
— le compartimentage ;
— la ou les activités abritées par l’établissement : ce classement
— le désenfumage ; s’exprime en terme de « type ».
— l’isolement des locaux à risques particuliers (locaux tech-
niques notamment). Ainsi, les catégories sont les suivantes :
Ces dispositions sont précisées dans l’arrêté du 5 août 1992. — 1re catégorie : au-dessus de 1 500 personnes ;
— 2e catégorie : de 701 à 1 500 personnes ;
— 3e catégorie : de 301 à 700 personnes ;
— 4e catégorie : 300 personnes et au-dessous jusqu’au seuil de
5.2 Code de la construction la 5e catégorie ;
— 5e catégorie : effectif inférieur à un chiffre variable selon
et de l’habitation chaque type d’exploitation.
Les différents « types » sont essentiellement :
5.2.1 Domaine d’application L : salles de spectacles, de réunion ;
M : magasins, centres commerciaux ;
Le Code de la construction et de l’habitation regroupe les dispo- N : restaurants ;
sitions législatives et réglementaires relatives à la construction et O : hôtels ;
aux conditions d’exploitation des bâtiments en général et plus spé- P : salle de danse, de jeux ;
cifiquement à la protection des personnes vis-à-vis du risque R : enseignement, colonies ;
d’incendie. S : bibliothèques, archives ;
Ce code comprend : T : expositions ;
— le règlement de sécurité des bâtiments d’habitation : arrêté U : hôpitaux, maisons de retraite ;
du 31.01.1986 ; V : culte ;
— le règlement de sécurité des établissements recevant du W : bureaux, administration ;
public (ERP) : arrêté du 22.06.1990 modifié le 02.02.1993 ; X : sportifs, concerts ;
— le règlement de sécurité des immeubles de grande hauteur Y : musées ;
(IGH) : arrêté du 22.10.1982. etc. (établissements spéciaux).
Dans le cadre des entreprises ou collectivités, ce sont naturelle- Pour chaque type, il est précisé le mode de détermination de
ment ces deux derniers textes qui sont les plus applicables. l’effectif à prendre en compte pour définir le classement.

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Un établissement peut contenir des activités de plusieurs types. Que les travaux nécessitent ou non une procédure de demande
de permis de construire, il y a lieu, dans un ERP, de faire une
Exemple : un centre commercial pourra constituer un établisse-
demande d’autorisation de travaux auprès de l’autorité publique
ment classé ERP de 1re catégorie (effectif supérieur à 1500 per-
(mairie) qui prendra l’avis de la commission de sécurité concernée
sonnes) de type M (magasins), N (restaurants), L (cinémas).
pour donner son autorisation.
Pour un tel établissement, on devra appliquer :
— les dispositions générales concernant les ERP de 1re catégorie ; 5.2.2.5 Structure de la réglementation concernant les ERP
— les dispositions particulières propres à chaque type.
Le règlement de sécurité (arrêté du 22.06.1980 modifié le
5.2.2.2 Principes généraux 02.02.93) comporte les éléments suivants :
— un ensemble de dispositions générales applicables à tous les
Les grands principes du règlement concernant les ERP sont les ERP des quatre premières catégories. Ces dispositions générales
suivants : comportent différents chapitres :
— le bâtiment doit pouvoir résister aux effets du feu pendant le • généralités (GN),
temps nécessaire à l’évacuation du public et à l’arrivée des • dispositions constructives (CO), aménagements (AM),
secours, ce qui implique des règles concernant les dispositions • désenfumages (DF),
constructives. • chauffage (CH),
Le public doit pouvoir évacuer l’établissement, ce qui implique : • installations de gaz (GZ),
— des systèmes d’alarme ; • installations électriques (EL),
— des dégagements et des sorties de secours balisés, éclairés, • éclairage (EC),
désenfumés, etc. • ascenseurs (AS),
Les services de secours doivent pouvoir attaquer et maîtriser le • cuisines (EC),
feu, ce qui implique des accès et des moyens d’intervention. • moyens de sécurité (MS) ;
— des instructions techniques IT auxquelles se réfèrent les
articles précédents concernés :
5.2.2.3 Responsabilité de l’exploitant - Directeur unique
• désenfumages (IT 246 et IT 247),
L’article R 123.43 précise que : • systèmes d’alarme (IT 248),
« Les constructeurs, installateurs et exploitants sont tenus, cha- • façades (IT 249) ;
cun en ce qui le concerne, de s’assurer que les installations ou — des dispositions particulières s’appliquant à chaque type
équipements sont établis, maintenus et entretenus en conformité d’établissement ; un règlement de sécurité spécifique aux ERP
avec les dispositions de la présente réglementation. » 5e catégorie (arrêté du 22.06.1990).
Par ailleurs, l’article R 123.21 précise la nécessité d’une direction
unique d’établissement : 5.2.2.6 Services de sécurité
« La répartition en types d’établissements ne s’oppose pas à Le règlement de sécurité concernant les ERP prévoit et précise
l’existence, dans un même bâtiment, de plusieurs exploitations de (articles MS) le rôle, la composition et la qualification du service de
types divers ou de types similaires dont chacune, prise isolément, sécurité incendie.
ne répondrait pas aux conditions d’implantation et d’isolement
prescrites au règlement de sécurité. Ce groupement ne doit toute- Selon le type de ERP, selon sa catégorie, le règlement précise les
fois être autorisé que si les exploitations sont placées sous une qualifications et les effectifs des membres du service de sécurité
direction unique, responsable auprès des autorités publiques des qui doit être opérationnel aux heures d’ouverture au public.
demandes d’autorisation et de l’observation des conditions de L’arrêté du 21 février 1995 précise la formation nécessaire pour
sécurité, tant pour l’ensemble des exploitations que pour chacune chaque niveau de qualification (ERP 1 - ERP 2 - ERP 3).
d’entre elles. »
Les articles MS 46 et suivants reprennent l’arrêté du 21 février
Dans l’exemple précédent d’un centre commercial comportant un 1995 et précisent la définition de fonction du service sécurité
cinéma, deux solutions sont possibles : incendie d’un ERP et la qualification du personnel.
— ou bien le cinéma est isolé du centre commercial conformément
aux exigences du règlement de sécurité. Dans ce cas, le cinéma aura 5.2.2.7 Commissions de sécurité
sa propre direction responsable vis-à-vis des autorités publiques ;
— ou bien le cinéma est intégré au centre commercial, et dans ce Les articles R 123.29 à R 123.42 du Code de la construction et de
cas c’est le directeur du centre commercial qui a la responsabilité du l’habitation définissent le rôle et les missions des différentes
respect du règlement de sécurité vis-à-vis des autorités publiques. commissions de sécurité.
Les commissions de sécurité sont des organes techniques
5.2.2.4 Travaux modificatifs d’étude, de contrôle et d’information des autorités administratives
auprès desquelles elles sont placées.
Les prescriptions concernant les modifications des établis-
sements figurent dans les articles GN 9 et suivant du règlement de Leurs membres ont un droit de visite dans tous les ERP de leur
sécurité. circonscription dans les conditions prévues par le Code de la
construction et de l’habitation.
L’essentiel peut être résumé ainsi :
La commission centrale de sécurité donne son avis sur :
— GN 9, lorsqu’il est procédé à un nouvel aménagement de
l’ensemble des locaux ou à la création d’un ERP dans un bâtiment — les modifications et les interprétations de la réglementation ;
existant, les dispositions du règlement sont applicables ; — toute question transmise par le ministère de l’Intérieur ;
— GN 10, les dispositions réglementaires sont applicables aux — les dossiers transmis par le préfet, à la demande de la
seules parties de la construction ou des installations modifiées. commission départementale.
« Toutefois, si ces modifications ont pour effet d’accroître le ris- La commission départementale donne son avis :
que de l’ensemble de l’établissement, des mesures de sécurité — sur les projets de construction ou d’aménagement soumis au
complémentaires peuvent être imposées après avis de la permis de construire ;
commission de sécurité ». — sur les chantiers périodiques ;

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— sur les questions posées par le préfet, les maires et les autres Les IGH sont classés en différents types selon les activités :
commissions ; — GHA : habitation ;
— sur un dossier déjà examiné par une autre commission, à la — GHO : hôtels ;
demande du constructeur ou de l’exploitant ; — GHR : enseignement ;
— sur toute demande d’adaptation ou de dérogation à une règle — GHV : sanitaire (hôpital) ;
de sécurité ; — GHN : bureaux ;
— sur tous les établissements de 1re catégorie. — GHZ : usage mixte.
La commission communale, intercommunale ou d’arrondis- Le règlement IGH repose sur les mêmes principes que le
sement a sa mission et sa composition fixées par un arrêté préfec- règlement ERP auquel il se réfère souvent. Mais la différence
toral de constitution. essentielle réside dans le fait que la notion d’évacuation de
Les commissions sont chargées des visites des établissements. l’ensemble de l’établissement est remplacée par le concept de
compartimentage : chaque compartiment d’un IGH est, en cas
Leurs propositions de prescription, les dérogations éventuelles
d’incendie, isolé et autonome des compartiments voisins.
doivent recevoir l’accord de la commission départementale.
Ce concept entraîne un certain nombre de dispositions telles
que :
5.2.2.8 Bureaux de contrôle
— l’isolement « coupe-feu 2 heures » entre les compartiments
Concernant la sécurité des personnes contre le risque d’incendie, (planchers, façades, gaines, etc.) ;
l’intervention d’un bureau de contrôle agréé par le ministère de — la gestion spécifique de tous les flux : air climatisé, désenfu-
l’Intérieur est obligatoire lors de la construction ou de l’aména- mage, circulations (ascenseurs, escaliers), alimentation électrique,
gement de certains bâtiments. etc.
La « mission S » confiée à un bureau de contrôle a pour objet de La sécurité contre l’incendie en IGH est techniquement très exi-
vérifier la conformité de l’ouvrage au règlement de sécurité et de geante et nécessite une maintenance et une surveillance perma-
prévenir les aléas techniques déroulant d’un défaut dans l’appli- nente.
cation de la réglementation, et ce, jusqu’à la réception des ouvrages.
Cette intervention est obligatoire :
— pour les ERP de 1re, 2e et 3e catégorie (donc à partir de 5.3 Code de l’environnement
301 personnes) ;
— pour les IGH (immeubles de grande hauteur) ; Les incendies constituent un risque important d’atteinte à l’envi-
— pour les bâtiments spéciaux. ronnement du fait essentiellement :
Le bureau de contrôle est mandaté par le maître d’ouvrage. — de la nature des gaz, des fumées et des produits résidus de
combustion ;
Au cours de la phase de conception, le bureau de contrôle vérifie
— de la nature des eaux d’extinction pouvant contenir des
la conformité du projet et émet un avis sur le dossier de permis
produits toxiques entraînant une pollution des eaux.
de construire ; dans la pratique, les commissions de sécurité
s’appuient sur cet avis. La loi du 19 juillet 1976 et ses dispositions réglementaires lais-
sent une large part aux mesures de prévention et de protection
Au cours de la phase d’exécution, le bureau de contrôle vérifie
vis-à-vis du risque d’incendie.
la conformité des ouvrages.
À la réception, il contrôle l’efficacité des équipements et des ins-
tallations et collecte les procès-verbaux d’essais des matériaux et 5.3.1 Domaine d’application
des éléments de construction mis en œuvre par les entreprises.
Le domaine d’application de cette loi sur la protection de l’envi-
5.2.2.9 Sanctions ronnement est défini par « les ateliers, usines, dépôts, chantiers,
carrières et toutes installations qui peuvent présenter des dangers
L’inobservation par l’exploitant du règlement de sécurité dans ou des inconvénients pour la sécurité, la salubrité, soit pour la
les ERP ou les IGH peut entraîner des sanctions pénales de 457,35 commodité du voisinage » (article 1er de la loi de 1976).
à 914,69 euros (3 000 F à 6 000 F) d’amende, de 1 à 2 mois de pri- Cette loi vise les « activités » et non pas directement les bâti-
son en cas de récidive. ments. Les prescriptions découlant de cette loi viendront souvent
Mais l’autorité administrative peut à tout moment, sur demande compléter celles émanant du permis de construire.
de la commission de sécurité, faire fermer un établissement et en Les activités susceptibles de présenter des risques sont réperto-
interdire l’exploitation jusqu’à réalisation des mesures prescrites riées dans une liste appelée « nomenclature des installations
par cette commission. classées » [G 4 100]. Cette nomenclature comporte environ
450 rubriques.
5.2.3 Immeubles de grande hauteur Pour chaque rubrique (ou activité), la nomenclature précise dans
quelle mesure l’activité est « non classée », soumise à « décla-
Nota : le lecteur pourra se reporter à l’article [C 3 282]. ration » ou soumise à « autorisation ».
Sont classés « Immeubles de Grande Hauteur » (IGH), les Exemple : la rubrique 1510 concerne les entrepôts couverts desti-
immeubles dont le dernier niveau normalement accessible est nés au stockage de matières, produits ou substances combustibles
situé à plus de 28 m du niveau de référence. (pratiquement tous les entrepôts).
Le « niveau de référence » est le niveau de la voirie d’accès des
On trouve dans la nomenclature les « seuils de classement »
secours extérieurs.
suivants :
Pour les bâtiments d’habitation, le classement IGH ne concerne — volume de l’entrepôt inférieur à 5 000 m3 : NC (non classé) ;
que les bâtiments dont le niveau le plus élevé est à plus de 50 m — volume de l’entrepôt compris entre 5 000 et 50 000 m3 : D
du niveau de référence. (soumis à déclaration) ;
La réglementation spécifique aux IGH est née à la fin des années — volume de l’entrepôt supérieur à 50 000 m3 : A (soumis à
soixante. Le texte aujourd’hui applicable est l’arrêté du 22.10.1982. autorisation).

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5.3.2 Procédures Les « arrêtés types » sont regroupés dans un recueil qui, comme
la nomenclature, est édité par les journaux officiels.
Pour un même établissement, on peut trouver plusieurs rubri-
ques d’installations classées dans la nomenclature. 5.3.2.2 Procédure d’autorisation
Si une seule des rubriques dépasse le seuil d’autorisation, la pro-
cédure de demande d’autorisation s’applique à l’ensemble des La demande d’autorisation fait l’objet d’une procédure ouverte et
activités classées de l’établissement. contradictoire, après enquête publique.
Si aucune rubrique ne dépasse pas ce seuil, la procédure à Le dossier de demande d’autorisation est donc déposé en pré-
appliquer est celle de la simple déclaration. fecture et comporte :
— une étude d’impact et de l’implantation de l’activité sur
l’environnement ;
5.3.2.1 Procédure de déclaration
— une étude des dangers présentés par les activités, étude pré-
La procédure est une déclaration à la préfecture comportant les cisant la nature des dangers et les mesures envisagées face à ces
renseignements suivants : dangers.
— nom et adresse, raison sociale, etc., du pétitionnaire ; Le dossier est techniquement étudié par la DRIRE (Direction
— adresse de l’établissement ; régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement), qui
— nature des activités ; elle-même prendra l’avis de la Direction départementale des servi-
— procédés de fabrication, matières utilisées ; ces d’incendie et de secours (DDSIS).
— quantités mises en œuvre ou stockées ; Sur avis de la DRIRE, le préfet signe un « arrêté d’autorisation »
— traitement des effluents. qui est le document de référence décrivant les activités et les
Les dispositions prévues pour faire face aux risques présentés mesures à respecter vis-à-vis des risques d’atteinte à l’environne-
par les activités doivent être conformes à celles décrites dans les ment.
« arrêtés types ». Un tel arrêté peut nécessiter des remises à jour selon l’évolution
En effet, à chaque rubrique, la nomenclature précise le numéro des activités. Les inspecteurs de la DRIRE sont chargés du contrôle,
d’un « arrêté type » précisant les mesures à mettre en œuvre et à du respect de cette procédure et de l’application des prescriptions
appliquer dans le cadre des installations soumises à déclaration. des arrêtés d’autorisation.

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