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ASSAINISSEMENT PLUVIAL

Présenté par:
Dr. Harinaivo A. ANDRIANISA
Enseignant-chercheur en Eau et Assainissement Urbain
Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement,
Ouagadougou, Burkina Faso
Septembre 2016, Ouagadougou, Burkina Faso
« La gestion des eaux pluviales est de la responsabilité de
tous. Les règles qui s’appliquent et les solutions
techniques sont plutôt simples et de bon sens, mais elles
doivent être considérées dès le début d’un projet pour une
meilleure intégration et un moindre coût. »

2
OBJECTIFS DU COURS

3
A l’issue de ce cours, l’étudiant doit être capable de:

• Connaître les différentes techniques d’évacuation des


eaux pluviales en milieu urbain
• Déterminer le débit maximum à l’exutoire d’un ou de
plusieurs bassins versants associés en série, parallèle
ou en combinaison
• Dimensionner un réseau d’assainissement pluvial
• Dimensionner les ouvrages alternatifs de stockages ou
de rétention d’eaux pluviales
CONTENU

5
1. Introduction
2. L’assainissement pluvial par réseau:
 Evaluation des débits
 Modélisation des écoulements
 Dimensionnement des réseaux
3. Contrôle des eaux pluviales par les techniques
alternatives:
 Description des différentes techniques
 Evaluation des volumes à stocker

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INTRODUCTION

7
LE CYCLE DE L’EAU

8
IMPACT DU DEVELOPPEMENT URBAIN SUR LE RUISSELLEMENT

ANCIENNE PLAINE INONDABLE

Drainage naturel des eaux pluviales

FORET NATUREL ZONE RESIDENTIEL ZONE COMMERCIALE


EVAPOTRANSPIRATION 40% 35% 20%
RUISSELLEMENT 10% 30% 75%
INFILTRATION 50% 35% 5% 9

IMPERMEABILITE 0% 30-50% 100%


IMPACT DU DEVELOPPEMENT URBAIN SUR LE RUISSELLEMENT - Suite

Dans le cas d’un bassin versant développé avec une densité moyenne, l’urbanisation se traduit
directement par une série de modifications aux conditions hydrologiques. Parmi les principales
conséquences, on retrouve notamment:

• Un débit de pointe deux à cinq fois supérieur aux niveaux antérieurs à l’urbanisation;

• L’augmentation du volume des eaux de ruissellement à chaque événement pluvieux;

• La diminution du temps de concentration;

• Des inondations pouvant être plus fréquentes et plus importantes;

• Une baisse du débit de base des cours d’eau durant les périodes de sécheresse prolongées,
en raison de la baisse de l’infiltration dans le bassin versant;

• L’augmentation de la vitesse de l’écoulement.


IMPACT DU DEVELOPPEMENT URBAIN SUR LE RUISSELLEMENT - Suite
QUALITE DES EAUX PLUVIALES

Les eaux de pluie ont été pendant très longtemps considérées comme quasiment pures.

Avec le développement les eaux pluviales ont transporté de l’atmosphère vers le sol, poussières
et polluants divers provenant de la combustion des hydrocarbures ou des émissions
industrielles.

Les émissions d’oxyde de carbone, d’azote et de soufre se transforment dans l’atmosphère en


acides sulfuriques ou nitriques qui abaissent le pH de la vapeur d’eau, donc des gouttes de
pluie. Ces gouttes dissolvent aussi les gaz polluants et peuvent entrainer certains composés
polluants jusqu’au sol.

Au sol, les eaux vont arracher puis transporter les matières qui se trouvent sur les chaussées,
parkings, trottoirs et toitures :

• Rejets des échappements et des fuites des moteurs (suies, hydrocarbures, etc.)
• Particules de pneumatiques, de métaux,
• Terres, boues, pertes de matériaux transportés ou provenant des chantiers
• Déjection des animaux et déchets divers
• Produits d’usure et de dégradation des déchets
PRINCIPES MODERNES DE L’ASSAINISSEMENT PLUVIAL

Avec les impacts du développement urbain sur le ruissellement et le cycle


hydrologique de l’eau, l’état de la pratique pour la gestion des eaux
pluviales a évolué rapidement au cours des dernières décennies. Les
critères de contrôle qui sont aujourd’hui à privilégier pour une gestion
adéquate des eaux pluviales peuvent être regroupés en quatre principales
catégories :

• le contrôle quantitatif,
• le contrôle qualitatif,
• le contrôle pour minimiser l’érosion des cours d’eau et
• le contrôle de la recharge de la nappe phréatique pour protéger les eaux
souterraines et le maintien des débits de base.
PRINCIPES MODERNES DE L’ASSAINISSEMENT PLUVIAL - Suite

PRINCIPE FONDAMENTAL:

PRIVILEGIER OU REPRODUIRE LE MIEUX POSSIBLE , LE CYCLE HYDROLOGIQUE


NATUREL POUR TOUS TYPES DE DEBITS

• Mettre en place un bon système d’assainissement pour préserver la santé et le bien-être de


la population et contribuer au développement socio-économique.

• Abandonner le système de Tout-à-l’égout : Systèmes Séparatifs

• Développer les techniques dites « ALTERNATIVES »

• Disposer de données permanentes et fiables pour la planification de nouvelles installations.

• Les données utilisées doivent être acceptées par toutes les parties.

• DANS LA LIMITE DU POSSIBLE, EXPLOITER LE DRAINAGE NATUREL EXISTANT.

• Evaluer la capacité du milieu récepteur, favoriser le « principe fondamental ».


TECHNIQUES ALTERNATIVES DE GESTION DES EAUX PLUVIALES
PARKING ENHERBES NON-ETANCHES TOITURES ENGAZONNEES

NOUES VALORISATION PAYSAGERE


TECHNIQUES ALTERNATIVES DE GESTION DES EAUX PLUVIALES

TRANCHEE BASSIN DE RETENTION ETANCHE PUITS D’INFILTRATION

CHAUSSEE A STRUCTURE RESERVOIR


ENJEUX ET PROBLEMATIQUES – REGIONS SUB-SAHARIENNES

INTENSITE DE PLUIE

INTENSITE MAXIMALE (mm/h)


Durée moyenne 5 min 15 min 30 min

Niamey 160 110 97


Ouagadougou 184 110 92
Abidjan 171 142 104

Montpellier 126 69 48
Paris 82 41 27

APPORT DE DECHETS SOLIDES


ENJEUX ET PROBLEMATIQUES – REGIONS SUB-SAHARIENNES
CANAL DE OUAGA (SAISON SECHE) CANAL DE OUAGA (SAISON PLUVIEUSE)
ASPECTS TECHNIQUES DE L’ASSAINISSEMENT PLUVIAL

• Comme dans le cas de tout projet d’aménagement hydraulique, la plupart des


formules utilisées, surtout pour le calcul des débits de projet, sont des formules
empiriques.

• Chaque pays, chaque région, chaque organisme, voir même chaque bureau
d’étude utilise ou a adapté les méthodes existantes d’estimation en fonction du
contexte avec des résultats approuvés.

• L’ingénieur doit utiliser ces méthodes là où elles ont été appliquées. L’utilisation de
plusieurs méthodes pour comparer les résultats obtenus est à éviter car elle peut
conduire à une plus importante erreur d’estimation.

• Tout dépend de l’estimation des débits, les méthodes ne doivent être rediscutées
ou changées que quand il y a évidence qu’une erreur importante est commise et
que en continuant ainsi, les risques pour la population deviennent plus importants.
ASPECTS TECHNIQUES DE L’ASSAINISSEMENT PLUVIAL – RISQUES ET
PERIODE DE RETOUR
La sélection du niveau de service et de la période de retour pour la conception des réseaux de
drainage doit nécessairement prendre en compte la notion de risque puisqu’il n’est pas
économiquement possible de se protéger contre des événements qui sont rarissimes. En
hydrologie urbaine, les deux principaux risques considérés sont le risque d’inondation et le
risque de pollution.

Période de retour/fréquence d’occurrence et probabilité d’occurrence:

Un évènement qui a une période de retour de 1 dans 50 ans a une probabilité 0,02 ( 2%) de se
produire dans une année donnée. Le risque qu’un évènement avec une probabilité P soit atteint
ou dépassé au moins une fois en N années s’exprime par: R = 1 – (1-P) N

Période de Probabilité Risque d’occurrence pour une période de N années


retour moyenne N = 100 N = 50 N = 25 N = 10 N=1
(Années) d’occurrence
par année
100 1% 64% 40% 22% 9% 1%
50 2% 87% 64% 40% 18% 2%
25 4% 98% 87% 64% 34% 4%
10 10% 100% 99% 93% 65% 10%
5 20% 100% 100% 100% 89% 20%
ASPECTS TECHNIQUES DE L’ASSAINISSEMENT PLUVIAL – RISQUES ET
PERIODE DE RETOUR

Le choix de la période de retour doit s’établir en s’appuyant sur :

• Le degré de protection à assurer résultera d’un nécessaire compromis entre


l’aspiration à une protection absolue, pratiquement irréalisable, et le souci de
limiter tant le coût d’investissements que les sujétions d’exploitation.

• Un accroissement du coût global d’un projet ne serait acceptable que s’il était
inférieur au montant des dommages qu’il permet d’éviter (capitalisés sur la
durée de vie des ouvrages à construire), mais sans négliger l’aspect
psychologique des problèmes.
RAPPEL D’HYDROLOGIE:
PLUIE ET BASSIN VERSANT

22
PLUIE

La connaissance de la pluie ou de la pluviométrie constitue la base de tout projet


d’Assainissement pluvial. Tous les ouvrages sont dimensionnés en fonction de la pluviométrie.

Les paramètres à maitriser sont :

• La hauteur de pluie:

• Durée de la pluie:

• La fréquence de la pluie ou la période de retour

• L’intensité de pluie:

• Pluie de projet:

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PLUIE – Hauteur de pluie

La HAUTEUR DE PLUIE est la quantité de pluie (Litre) tombée au cours d’une averse sur une
surface déterminée (m2), et exprimée en mm.
Ex: 1 L/m2 = 10-3 m3/m2 = 1 mm

On détermine les hauteurs de pluie à l’aide de pluviomètre (cumul journalier) ou de


pluviographe (mesure instantané).

Pluviomètre Pluviographe
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PLUIE – Fréquence et période de retour

La PERIODE DE RETOUR est la durée théorique moyenne, exprimée en année, qui sépare
deux occurrences de pluies identiques: intensité, hauteur, durée.

Ex: Une pluie de 120 mm de période de retour de dix ans est une pluie de 120 mm qui se
produit statistiquement à la fréquence d’une fois tous les dix ans. Ceci n’élimine toutefois pas le
risque que cette pluie revienne plusieurs fois dans une même année.

En assainissement pluvial, le choix de la période de retour repose sur le type d’ouvrage à


mettre en place, de la vulnérabilité de la zone, mais aussi de facteurs économiques. En
général:

PERIODE DE RETOUR TYPE D’INFRASTRUCTURES


2 – 5 ans Zones peu vulnérables : Périphérie, peu habitées,
sans valeurs économiques…
Réseaux mineures
5 -10 ans Zones commerciales, industrielles…
> 10 ans Zones très vulnérables: Centre ville
> 50 ans Réseaux majeurs, barrages, digues, etc….

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PLUIE – Durée et Intensité de pluie

La DUREE DE PLUIE est le temps d’occurrence de l’averse.

L’INTENSITE DE PLUIE est la quantité de pluie qui tombe sur une surface délimitée pendant
une unité de temps. Elle est généralement exprimée en mm/h ou mm/min.

L’intensité de pluie i, pendant une durée t et une fréquence F(T=1/F) est estimée à partir des
courbes de maxima annuels pour différentes durées (courbes IDF)

Formule de Montana: i t, F = a F × t b F

Où: i(t, F): intensité de pluie moyenne pendant une durée t (min) avec une fréquence F, mm/h
a(F) et b(F) : coefficients d’ajustement ou coefficients de Montana, pour une zone donnée.
Si b(F) donné >0, alors i t, F = a(F)t −b(F)

a(F)
Formule de Talbot: i t, F =
(t+b F )c(F)

a(F)
Formule de Keifer et Chu: i t, F =
tb(F) +c(F)

a(F), b(F) et c(F) paramètres d’ajustement.


I (mm/h), t en min

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PLUIE – PLUIE DE PROJET

Pour prévenir et se protéger des inondations dues au ruissellement, des ouvrages doivent être
mis en place. Ces ouvrages sont dimensionnés en choisissant judicieusement une pluie et en
évaluant le ruissellement qui en résulte.

PLUIES HISTORIQUES:
• Il s’agit de dimensionner les ouvrages à partir d’une pluie qui a été observée et mesurée. On
veillera à choisir une pluie parmi les plus violentes enregistrées et ayant un maximum de
dégâts.
• Il est souvent difficile d’associer une période de retour à cette pluie.

PLUIES DE PROJETS:
• Il s’agit de définir une pluie fictive à partir des ajustements statistiques des pluies
enregistrées sur une période déterminée. Les ouvrages seront alors dimensionnés par
rapport à cette pluie. On pourra l’associer à une période de retour donnée.

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BASSIN VERSANT

• Le bassin versant correspond en principe à l’unité géographique sur laquelle se base


l’analyse du cycle hydrologique.
• Le bassin versant est une surface élémentaire hydrologiquement clos : aucun écoulement
de l’extérieur n’y pénètre et tous les excédents de précipitations s’évaporent ou s’écoulent
par une seule section, l’exutoire.

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BASSIN VERSANT - Caractéristiques
Un bassin versant est caractérisé par:

 Son exutoire à partir duquel on peut


tracer la ligne de partage des eaux qui
délimite le bassin versant.

 Sa surface: Influence le débit

 Sa forme: allongée, circulaire ou en


éventail. Influence les débits
maximums à l’exutoire.

 Son relief (Pente): Influence les


vitesses d’écoulement vers l’exutoire.

 La couverture du sol (degré


d’urbanisation, couverture végétale,
plans d’eau): Influence l’écoulement
de surface, et les débits maximaux à
l’exutoire. La couverture peut-être
évaluée par le coefficient de
ruissèlement.

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BASSIN VERSANT – Surface et forme
• La surface d’un bassin versant peut varier de quelques hectares à des centaines de
millions d’hectares (Bassin de l’Amazone). Plus le BV est étendu, plus la quantité d’eau
qu’il récolte est importante.
• En assainissement pluvial, on limite les superficies généralement à 200 ha. Si le bassin est
plus important, on le subdivise en sous-bassins versants.

• Pour une même superficie du BV, le temps moyen d’évacuation des eaux vers l’exutoire
sur un BV de forme ronde/éventail est plus court que sur un BV de forme allongé.

30
BASSIN VERSANT – Pente

• La pente du bassin versant influence la vitesse d’écoulement de l’eau vers l’exutoire. Plus
la pente est importante, plus la vitesse est élevée, ce qui aura un impact sur l’intensité de
pluie et par conséquent les débits de pointe à l’exutoire.

• Le pente moyenne est déterminée par:

D×L
I=
A

Où:
I: pente moyenne du BV, m/km ou %o
D: Equidistance entre deux courbes de niveau, m
L: Longueur totale des courbes de niveau, km
A: Surface du bassin versant, km2

31
BASSIN VERSANT – Coefficient de ruissellement
Volume ruissellé (parvenant à l′ exutoire)
Le coefficient de ruissellement est le rapport : C = ; 0≤ C ≤ 1
Volume précipité (sur la surface)

Formules de détermination de C:

Relation de Shaake, Geyer et Knapp (1967):

C = 0,14 + 0,65 IMP + 0,05 I

Où: IMP: Fraction de surface imperméabilisée et I la pente en %.


Valable pour IMP>0,08 et 0,5% < I < 6%,

Relation SOGREAH (Normand, 1987):

C = 0,10 + 0,65 IMP + 0,015 I

Le coefficient de ruissellement est fonction de la pente de terrain , de la nature du sol et du degré


d’urbanisation de la surface à considérer. Pour plusieurs types de surfaces sur un même BV,

considérer les diverses surfaces homogènes présentes sur le BV et calculer une moyenne
Aj Cj
pondérée: C =
Aj

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BASSIN VERSANT – Coefficient de ruissellement – Valeurs typiques

COEFFICIENT C, FONCTION DE LA PENTE DU TERRAIN


TYPE DE SURFACE
Plat < 2% Moyenne 2-10% Raide >10%
Pavées, toitures 0,90 0,90 0,90
Centres urbains 0,80 0,85 0,85
Habitations très denses 0,60 0,65 0,70
Zones suburbaines 0,45 0,50 0,55
Terre naturelle 0,60 0,65 0,70
Zones engazonnées 0,25 0,30 0,30
Zones cultivées
Terre argileuse 0,50 0,55 0,60
Terre sablonneuse 0,25 0,30 0,35
Prairies 0,25 0,30 0,35
Zones boisées 0,10 0,15 0,20

33
DEBIT MAXIMUM A L’EXUTOIRE D’UN
PETIT BASSIN VERSANT

34
HYPOTHESES

• Intensité de pluie uniforme sur toute la surface du bassin versant.


• Débit à l’exutoire = Débit de ruissèlement maximal
• Surface de bassins versants < 200 ha.

35
HYPOTHESES - Suite

• Les ajustements statistiques des courbes IDF sont souvent définis pour des
période de retour T = 10 ans et les données ne sont pas toujours disponibles
pour T ≠ 10 ans.

• A partir de Q (T=10ans), on peut extrapoler le débit à d’autres périodes de retour:

T (années) Rapport
Q(T)/Q(T=10 ans)
1 0,45
2 0,57
5 0,80
10 1
20 1,25
50 1,60
100 2,0

36
METHODE RATIONNELLE

1
Q= C. i. A
360
Où:
Q : Débit maximum à l’exutoire du BV, m3/s
C : Coefficient de ruissèlement
i : Intensité de pluie pendant un temps de concentration tc, mm/h
A: Surface du bassin versant, hectare

LIMITES DE LA METHODE :
• Surfaces de BV inférieures à 200 ha
• Une averse présente rarement une intensité constante
• C n’est pas constant durant une averse et C varie avec la pente (or la pente n’est
n’intervient pas dans la formule)
• L’intensité i est rarement la même sur l’étendue de la surface réceptrice
• La méthode ne prend pas en compte les stockages dans les dépressions et dans le réseau

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METHODE RATIONNELLE – Temps de concentration

QUELQUES FORMULES EMPIRIQUES:

3
AL
Formule de Passini: t c = 0,108 tc : Temps de concentration, heure
I

L 0,77 A: Surface BV, km2


Formule californienne: t c = 3,98
I
L: Longueur du plus long cheminement hydraulique, km

A 0,3 I: Pente moyenne, m/m


Formule de Nash: t c = 29,3
I

Formule de Kirpich:
tc : Temps de concentration, min
L0,77 A: Surface BV, hectare
t c = 0,01947 × 0,385 ou
I L: Longueur du plus long cheminement hydraulique, m
1 L1,15
tc= × 0,385 I: Pente moyenne, m/m
52 H
H: Dénivelé entre l’exutoire et le point le plus éloigné du
bassin, m
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METHODE RATIONNELLE – Temps de concentration - Suite

METHODE PHYSIQUE:

Décomposer le temps de concentration tc en deux temps:

• Un temps de ruissellement en surface (ts): avant de rejoindre le réseau ou le talweg

• Un temps de ruissellement en réseau (tr): jusqu’à l’exutoire

tc = ts + tr

39
METHODE RATIONNELLE – Temps de concentration - Suite

Estimation de ts:
• On peut utiliser les formules empiriques
• On peut le déterminer à partir de valeurs prédéfinies:

Type de terrain ts (min) Référence


Agglomération urbaine 5 min Nonclerc, 1982
Agglomération semi-urbaine 5 – 15 min
Terrain non-bâtis, culture, bois Déterminé à partir d’une vitesse
d’écoulement : V = (1 – 1,5) x C x I
BV de surface inférieur à 5ha 15 min OMS, 1992
BV jusqu’à 20ha avec pente > 0,5% 15 min
BV jusqu’à 20ha avec pente < 0,5% 15 min + 1 min par ha additionnel à 5ha
Agglomération d’habitat très dense 5 min ENPC, 1978
Agglomération d’habitat dense à faible pente 10 – 15 min
Agglomération d’habitat à type résidentiel 20 – 30 min

40
METHODE RATIONNELLE – Mise en œuvre

ASSEMBLAGE DES BV EN SERIE: Découpage deux BV en série

BV1 BV1 BV2


BV2
P1 P2
P1 P2

En P1: Q1(T) = C1 x i(T,tc1) x A1

En P2: Pour calculer Q2 (au point P2) par la formule rationnelle, considérer:

La surface des BV associé: A = A1 +A2

Cj Aj
Le coefficient de ruissellement: C =
Aj

Le temps de concentration: tc = max[(tc1+tp1-2); tc2]

41
METHODE RATIONNELLE – Mise en œuvre

ASSEMBLAGE DES BV EN PARALLELE: Découpage deux BV en parallèle

BV1 BV1

Exutoire
BV2
P1/2
BV2

En P1/2: Pour calculer Q (au point P1/2) par la formule rationnelle, considérer:

La surface des BV associé: A = A1 +A2

Cj Aj
Le coefficient de ruissellement: C =
Aj

Le temps de concentration: tc = max[(tc1; tc2]

42
METHODE SUPERFICIELLE DE CAQUOT

Evolution de la méthode rationnelle.


Intègre deux autres phénomènes qui interviennent dans le ruissellement urbain:
• Stockage temporaire de l’eau dans le réseau
• Le temps de concentration du BV dépend du débit

1 v 1 w
Q brut = ku × Iu × Cu × Au Q (m3/s): Débit maximal à l’exutoire
I (m/m): Pente moyenne du BV
0,5b × a C: Coefficient de ruissellement
k= A: Superficie du BV en ha (en m2 pour
6,6
u = 1 + 0,287b le calcul de l’allongement)
v = −0,41b a, b: coefficients de Montana
w = 0,95 + 0,507b k, u, v, w: coefficients d’ajustement
M: Allongement du BV
L(m) m: facteur correctif en fonction de la
M= ≠ 2 alors Q cor = m. Q brut morphologie du BV
A(m2)

M u 0,84b
m= et u = 1+0,287b
2

43
METHODE SUPERFICIELLE DE CAQUOT - Suite

VALEURS DE M:

La formule de Caquot est généralement présentée pour M=2 d’où: μ = 0,34

Une correction (m) devra être appliquée à la valeur trouvée si M ≠ 2


La formule de Caquot s’écrit :
1
b(T) 1−b(T)×f c×b(T) 1 d×b T +1−ε
a T × μ(M) 1−b(T)×f 1−b(T)×f
Q(T)M=2 = × I × C × A 1−b(T)×f
6 × (β + δ)

0,84
μ(M) 0,19 × M0,84 M
= =
μ(2) 0,19 × 20,84 2

b(T)
0,84×
Q(T)pour M≠2 M 1−b(T)×f
m= =
Q(T)pour M=2 2

Q(T)pour M≠2 = m Q(T)pour M=2

Pour M<0,8, les résultats ne sont pas satisfaisants. Donc , 0,8 constitue la limite inférieure de
M. SI M<0,8, alors M=0,8

44
METHODE SUPERFICIELLE DE CAQUOT - Suite

Dans le cas de bassins hétérogènes, il est proposé dans le méthode de Caquot de


décomposer le bassin initial en sous bassins, qui sont ensuite assemblés, en série ou en
parallèle. La procédure à mettre en œuvre est la suivante :

• Positionner en plan les canalisations


• Définir des tronçons de longueur de l’ordre de 300 mètre
• Rechercher les bassins versants associés à chaque point caractéristique

B2
B3

B1

B5
B4

45
METHODE SUPERFICIELLE DE CAQUOT - Suite

Le point caractéristique:

Le point caractéristique est celui qui va caractériser le tronçon de canalisation en terme de


dimension. On considérera que s’écoulera dans l’ensemble du tronçon le débit calculé sur la
base de la superficie du bassin versant déterminé au point caractéristique.

Ainsi, si le point caractéristique est situé à l’amont du tronçon, alors le bassin versant sera petit,
le débit correspondant réduit, et le diamètre du tronçon étudié faible. La partie basse du
tronçon sera donc sous-dimensionnée.

Au contraire, si le pont caractéristique est à l’aval du tronçon, alors le bassin versant pris en
compte sera plus important et le diamètre retenu pour la canalisation globalement
surdimensionné.

Pour positionner le point caractéristique, et sachant que le niveau d’eau dans la canalisation
sera régi par les pertes de charges, on choisit le point tel que les pertes de charges dues au
surplus de débit rentrant dans le tronçon au point caractéristique (entrée ponctuelle) soient
égales aux pertes de charges que l’on aurait en faisant rentrer continuellement le surplus de
débit, tout au long du tronçon considéré. Le calculs d’hydraulique à surface libre indiquent que
ce point est situé au 5/9 de l’amont du tronçon. Dans la pratique, on placera le point
caractéristique au milieu de la canalisation, sauf pour les tronçons situés à l’amont du bassin
versant, pour lesquels le point caractéristique est situé à 55% de l’amont du tronçon.
46
METHODE SUPERFICIELLE DE CAQUOT – Mise en œuvre

ASSEMBLAGE DES BV EN SERIE: Découpage deux BV en série

Surface Coefficient de Pente Allongement Débit maximum


ruissellement
Cj × Aj 2 Lj
( Lj ) Si Qeq. < Max(Qj)
Aeq = Aj Ceq = Ieq = Meq =
Aj 2 Alors Qeq = Max(Qj)
Lj Aj
Ij

ASSEMBLAGE DES BV EN PARALLELE: Découpage deux BV en parallèle

Surface Coefficient de Pente Allongement Débit maximum


ruissellement
Cj × Aj Ij × Q j L(Q j max) Si Qeq. < Σ(Qj)
Aeq = Aj Ceq = Ieq = Meq =
Aj Qj Alors Qeq = Σ(Qj)
Aj

47
ASSAINISSEMENT PLUVIAL PAR
RESEAU: DIMENSIONNEMENT

48
DEBIT DE PROJET

Débit de projet = Débit maximal à évacuer (Déterminé à partir des méthodes précédentes)

HYPOTHESE: Ecoulement permanent et uniforme


1 2/3 1/2
V= R I
n
1 2/3 1/2 S 5/3 I1/2
Q = V. S = R I S =
n nP 2/3

Où:
V : vitesse d’écoulement, m/s
Q : Débit, m3/s
R : Rayon hydraulique, m
I : pente de l’ouvrage, m/m
n : Coefficient de rugosité de Manning
S : Section mouillée, m2
P : Périmètre mouillé, m

49
PENTE DE L’OUVRAGE

• La pente de l’ouvrage est dictée par la pente du terrain naturel:

• Une pente faible (<0,3%) induira:

• Dimension importante de la section d’écoulement.


• Des vitesses faibles: favorisant les dépôts, réduisant la section d’écoulement et
provoquer des exhaussement de la ligne d’eau

Sections types de canal en terrain à faible pente


50
PENTE DE L’OUVRAGE

• Une pente forte (>5%) induira:


• Vitesses importantes et problèmes d’érosion des berges.

Aménagement de pentes raides


51
VITESSE D’ECOULEMENT

• Pour éviter les dépôts: V > 0,3 m/s


• Vitesse idéale: 0,6 m/s < V < 1,2 m/s

• Vitesse limite maximale en fonction de la nature de la canalisation:


Pour éviter l’érosion des talus

Nature canalisation Vitesse maximale admissible


(m/s)
Béton 5,4
Empierrement 3,6
Gazon (sur sol érosif) 1,5
Gazon (sur sol stable) 2,1

52
SECTION D’ECOULEMENT – Géométrie des canaux

53
SECTION D’ECOULEMENT – Section efficace

A partir de Manning, on a: S 5/3 I1/2


Q = V. S =
nP 2/3
La section droite la plus efficace d’un canal ouvert est celle qui a la plus grande capacité, pour
une pente, une aire et un coefficient de rugosité donnés. Si ces paramètres demeurent
constants, la vitesse (et donc le débit) sera maximale quand le périmètre mouillé sera
minimal.

• Ainsi, la plus efficace de toutes les sections est le demi-cercle qui a le plus faible périmètre
mouillé pour une aire donnée.
• Pour une section rectangulaire, la plus efficace a une profondeur égale à la moitié de la
largeur. Pour une section trapézoïdale, la plus efficace est celle du demi-hexagone régulier
(côtés égaux et angles intérieurs de 120°).
• Pour une section triangulaire, la plus efficace a une pente égale à 1 (angle des côtés =
90°).

54
SECTION D’ECOULEMENT – Nature de revetement

CANAL NATUREL

Les canaux naturels sont des canaux sculptés para la nature avant la venue de l’urbanisation.
Ils ont souvent des pentes assez faibles et raisonnablement stables. Au fur et à mesure du
développement urbain, ces canaux naturels sont confrontés à l’érosion, et on assiste à leur
dégradation progressive.

55
SECTION D’ECOULEMENT – Nature revetement

CANAL ENGAZONNE

Les canaux engazonnés sont les plus sélectionnés de par leur intégration dans le
paysage mais aussi leurs fonctionnalités car ils favorisent le stockage de l’eau, des
vitesses d’écoulement faible et encore d’autres avantages.
Ce type de canal doit être stabilisé avec de petits aménagements pour prévenir la
dépression du niveau d’eau ou la dégradation de la végétation naturelle.

56
SECTION D’ECOULEMENT – Nature de revetement

CANAL COMPOSITE

Les canaux composites disposent d’un canal distinct spécialement destiné à évacuer les débits
moins importants et qui est recouvert d’une mixture de végétaux locaux et de lit planté.

57
SECTION D’ECOULEMENT – Nature revetement

CANAL EN BETON

Le canal en béton est destiné à recevoir des écoulements à vitesses élevées, particulièrement
les courants de type torrentiels. Ils ne sont pas généralement recommandés en milieu urbain.
Toutefois, là ou des problèmes d’inondations persistent, et pour renforcer des infrastructures
existantes, les canaux en béton constituent souvent la solution la plus avantageuse.

58
SECTION D’ECOULEMENT – Nature de revetement

CANAL A EMPIERREMENT

Compromis entre le canal gazonné et le canal en béton.


• Il peut gérer des vitesses et des profondeurs plus importantes par rapport au canal gazonné,
sans pour autant atteindre les vitesses admissibles pour le canal en béton.
• Les canaux en empierrement sont plus difficile à maintenir que la plupart des autres types de
canal et sont surtout recommandés pour renforcer des structures existantes ou des
problèmes d’inondations existant.
• Il peut aussi être avantageux pour la protection de talus potentiellement soumis à l’érosion
comme à la sortie de passages hydrauliques.
.

59
SECTION D’ECOULEMENT – Nature de revetement

CANAL « BIOLOGIQUE ARTIFICIEL»

• Utilise différentes variétés de végétaux et autres matériaux naturels en combinaison avec des
mesures structurelles pour stabiliser les canaux existants en zones urbaines, ou dans les
zones en phase d’urbanisation, dans le but de reconstruire un environnement naturel stable et
qui résiste à l’érosion
• Couts d’investissement élevé et maintenance intensive jusqu’à maturation des plantes

60
SECTION D’ECOULEMENT – Nature de revêtement

CANAL PREFABRIQUE

• Plusieurs variétés de canaux préfabriqués sont disponibles sur le marché.


• Ils sont généralement conçus pour protéger les talus et le fond du canal contre l’érosion pour
des vitesses d’écoulement élevées.
• On considère les gabions, les blocks de béton à emboitement, tapis de revêtement en béton
consistant à injecter du béton entre deux couches de tissus, et différents types en fibres
synthétiques.
• Ces types de conceptions sont surtout utilisés pour renforcer des systèmes existants pour la
résolution de problèmes fréquents d’inondations et ne sont pas recommandés dans le cadre
de nouveaux projets.

61
SECTION D’ECOULEMENT – Pente de talus

Type de canal Pente de talus recommandé

< (4H : 1V)


Canal gazonné, canaux « biologiques » Exceptionnellement (3H : 1V) dans des zones déjà
urbanisées
Canal en béton < (1,5H : 1V)
Canal en enrochement < (2,5 H : 1V)
Canal en enrochement avec couverture végétal < (4H : 1V)
Zones résidentielles ou à fortes circulation < (3H : 1V)
piétonnes

62
COEFFICIENT DE RUGOSITE n DE MANNING

63
AUTRES PARAMETRES – REGIME D’ECOULEMENT

Le régime d’écoulement est déterminé par les effets balancés de la vitesse et de la


gravité par rapport à l’inertie.

Le nombre de Froude, Fr, qui définit le régime d’écoulement, est un nombre


adimensionnel qui donne le ratio de la force d’inertie par rapport aux forces
gravitationnelles.
V Fr = 1, écoulement est critique
Fr =
gdh Fr < 1, écoulement fluvial
Fr > 1, écoulement torrentiel
Où:
Fr : nombre de Froude
V : vitesse d’écoulement, m/s
g: accélération de la pesanteur, g = 9,81 m2/s
dh : Profondeur hydraulique normale, m
dh = S/T où S est la section mouillée et T la largeur de la surface libre (miroir)

64
AUTRES PARAMETRES – PROFONDEUR D’ECOULEMENT

Pour les fossés ou noues:


Considérer les conditions de profondeur et de vitesse d’eau qu’un enfant (pesant environ 20
kg) pourrait soutenir en se tenant sur le pavage ou dans un canal en béton ou un fossé.

Pour les ouvrages majeurs:


• La profondeur maximum doit considérer la possibilité d’érosion du canal et du talus.
• La puissance d’érosion de l’eau croit avec la profondeur de l’eau et est aussi fonction de la
durée de l’écoulement. Une profondeur d’environ inférieure à 1,5 m est souvent
recommandée pour une pluie de période de retour de 10 ans. Les valeurs généralement
admises sont entre 1 et 1,5 m.

65
AUTRES PARAMETRES – COURBURES

• Plus la courbure d’un canal est faible, plus il fonctionne correctement. Un rayon de
courbure calculé à partir de la ligne de centre du canal équivalent ou supérieur au double
du miroir du canal est souvent préconisé.

• D’autre part, les courbures d’un canal font que la vitesse est plus importante sur les parois
externes du canal en raison de la force centrifuge et profondeur d’eau est aussi plus
importante. Ce phénomène est particulièrement important dans le cas d’un écoulement
torrentiel. Cette augmentation de la profondeur peut être estimée par la relation :

V2T
∆y =
2grc

Où :
Δy : Variation de la profondeur d’eau, m
V : Vitesse d’écoulement, m/s
T : largeur du miroir, m
rc : rayon de courbure, m

66
AUTRES PARAMETRES – REVANCHE

• La revanche est la distance verticale entre le plan d'eau et les berges. Elle peut varier de
0,10 m pour les petits canaux à 1,5 m pour les grands canaux.

• La hauteur de la revanche dépend du type de canal et de la localisation et la hauteur des


structures adjacentes au canal. En préservant les zones inondables existantes, on dispose
d’une revanche naturelle.

• Dans la pratique, la revanche est généralement supérieure à 10 cm et varie entre 5 à 30%


de la profondeur d’eau estimée.

• La revanche peut-être calculée à partir de la formule de Lacey:

67
RESUME – CONCEPTION DE BASE ( A TITRE INDICATIF)
Paramètre Engazonnés Engazonnés Empierrement Béton
(Sol érosif) (Sol stable à
l’érosion)
Vitesse maximum 1,5 m/s 2,1 3,6 5,4
(100 ans)

n minimum 0,03 0,03 0,03 0,011


(Stabilité)
n maximum 0,035 0,035 0,04 0,013
(Capacité)
Nombre de Froude 0,5 0,8 0,8 NA
(max)
Profondeur 1,5 m 1,5 m NA NA
maximale
Pente longitudinale 0,6% 0,6% 1,0% NA
maximale
Pente de talus 4H : 1V 4H : 1V 2,5 H : 1V 1,5 H : 1V

Centre de rayon 2 x Miroir 2 x Miroir 2 x miroir 2 x miroir


hydraulique
minimum
Revanche 30 cm 30 cm 60 cm 60 cm

68
RESOLUTION

• Les paramètres à déterminer avec l’équation de Manning-Strickler sont de 4 types :

• Les paramètres géométriques : rayon hydraulique Rh(h) et la surface mouillée Sm(h)


qui sont des fonctions de la profondeur d’eau h;
• Les paramètres hydrauliques : vitesse moyenne V et débit Q
• Le paramètre de rugosité : Ks ;
• Le paramètre de pose : pente du canal Ic.

D’autre part, dans le cas des canaux trapézoïdaux, b est souvent imposé par la
disponibilité de l’espace , et m par la nature du revêtement . Le seul paramètre pour lequel
l’équation de MANNING-STRICKLER n’est pas explicite est donc a profondeur d’eau h

Les calculs consisteront donc à déterminer un des paramètres connaissant les autres mais
seul le calcul de la profondeur normale hn peut poser des difficultés.

Pour le calcul de hn, on peut utiliser:


- La méthode graphique, consistant à déterminer la débitance en fonction de hn
- La méthode des abaques
- Détermination de la pente limite: Vitesse , (m) et b imposés.

69
RESOLUTION - SUITE

70
TECHNIQUES ALTERNATIVES
D’ASSAINISSEMENT PLUVIAL:
Bassin de retenues d’eau

71
DEFINITIONS

En fonction de (i) leur objectif de conception: on distingue généralement les bassins


de retenues pour les débits et les bassins de retenues pour la qualité de l’eau ou (ii)
de leur « portée », on distingue les bassins sur sites ou régionales, (iii) ou de leur
emplacement par rapport au réseau, on distingue les bassins en ligne ou hors-ligne.

Bassins de détention: Détention temporaire de l’eau pour réguler les débits au


cours d’une période pluvieuse. Le débit de fuite est régulé en fonction des besoins

Bassins de rétention : Retient l’eau pendant une période plus longue pour
l’amélioration de la qualité des eaux. Disposent d’une sortie à très faible débit.

Bassins d’infiltrations: Ressemblent aux bassins de rétention. Ils favorisent la


rétention des eaux sur une longue période pour favoriser la rétention vers la nappe
phréatique. Plus difficiles à concevoir car beaucoup de paramètres interviennent.

72
PRINCIPES ET INTERETS

• Les bénéfices tirés de la mise en place des bassins de détention/rétention sont


nombreux.

• Si ils ont été mal conçus, ils peuvent entrainer des effets négatifs très importantes
(inondations, destructions de biens, pollutions de la nappe, etc.)

• La décision de mettre en place et la mise en place même d’un bassin de


détention/rétention exige une réflexion et des études approfondies.

• Les principaux objectifs :


 l'adaptation au tissu urbain dans lequel se situe le bassin;
 l'objectif de qualité pour l'utilisation prévue;
 l'objectif de qualité pour le milieu récepteur aval.

73
CLASSIFICATION PAR GROUPE

74
CLASSIFICATION PAR GROUPE

75
PROCESSUS DE TRAITEMENT PAR TYPES DE TECHNIQUES

76
PROCESSUS DE TRAITEMENT PAR TYPES DE TECHNIQUES

77
CHOIX DU TYPE DE BASSIN

• La forme du bassin est souvent imposé par le relief

• Le choix entre « bassin sec » (vides sauf pendant quelques jours) et « bassin en
eau » (plan d’eau permanent même en période sèche) dépend de plusieurs
considérations:
 Le « bassin sec » est plus économique en termes d’investissement et O&M
 Aspect hydrogéologique : connaissance du comportement de la nappe
phréatique
 Aspects hydrologiques : Alimentation et pollutions potentielles du bassin en
eau

• Choisir l’emplacement après avoir réalisé les études approfondies, avec des
résultats satisfaisants.

78
DISPOSITIONS TECHNIQUES D’ENSEMBLE

Un « bassin à sec » ou « bassin en eau » est constitué :

1. Par une partie aval constituée en général d'une digue avec ouvrages de sortie
comportant un dispositif d'évacuation des eaux en fonctionnement normal et un
déversoir superficiel pour crues exceptionnelles

2. Par un corps de bassin (fond et berges)

• Dans le cas de bassin « sec » le fond sera dressé avec des pentes suffisantes
pour éviter la formation de zones marécageuses, alors que, pour les talus des
berges, il conviendra d'adopter des pentes maximales de 1/6 si le bassin est
accessible au public et de 1/2 dans le cas contraire (site sans intérêt pour
l'animation urbaine).
• Dans le cas d'un bassin « en eau », il est recommandable de prévoir un tirant
d'eau minimum de 1,50 m en période sèche, afin d'éviter le développement
des plantes aquatiques et d'assurer la vie des poissons.

79
DISPOSITIONS TECHNIQUES D’ENSEMBLE

Si un bassin « en eau »- est intégré dans un site urbain il conviendra :

• de tenir compte d'un marnage (variation maximale du niveau de plan d'eau) de l'ordre de
0,50 m pour la pluie de fréquence retenue;

• d'aménager les berges en prévoyant par exemple, un talus gazonné en très faible pente (1/6)
du parement vertical; un parement vertical de 0,75 m (le long duquel s'exercent les variations
de niveau), réalisé avec un souci esthétique, soit en maçonnerie, soit en planches de bois, :
ce parement vertical est indispensable pour éviter qu'une bande de la rive se trouve tantôt à
sec, tantôt sous l'eau, circonstances favorables à la pullulation des moustiques; une
banquette horizontale immergée de 2 à 4 mètres de largeur au pied de ce parement vertical
(essentiellement pour des raisons de sécurité);

• de tenir compte de l'influence des vents dominants qui peuvent éventuellement contribuer à
diriger les corps flottants tels que les feuilles d'arbres vers les zones mortes.

80
CALCULS HYDRAULIQUES
BILAN HYDRAULIQUE:

Débit entrant = Débit de ruissellement amont + Débit précipitations locales + Débit nappes
Débit sortant = Débit de restitution compatible avec les possibilités d’évacuation de l’exutoire
+ Evapotranspiration (Régions tropicales et sahéliennes) + Infiltrations

VOLUME UTILE DE RESERVOIR :

Ventrée = (CIA/360) T
Vsortie = k Qout T

Le volume de stockage
est la plus grande
différence entre le
volume qui entre et le
volume qui sort

81
DIMENSIONNEMENT

HYPOTHESES:

• Le vidange des BV se réalise à débit constant. En partie réaliste que dans le cas d’ouvrages
permettant d’avoir un débit de vidange constant (seuil flottant par exemple)
• La pluie parvient instantanément dans le bassin.

82
DIMENSIONNEMENT - Suite

METHODE DES PLUIES:

• Découle directement des courbes IDF:


• Intensité de pluie: i t, F = a F × t b F
• Hauteur de pluie: h t, F = a F × t b F × t = a(F) × t b T +1

• Soit Ca coefficient de ruissellement


• A surface du BV drainé.
• Aa (ha) = A x Ca , surface active ou surface d’apport.
• Soit Qv (m3/s) le débit de vidange du bassin de rétention, constant par hypothèse.
• Débit spécifique de vidange: qv (mm/h) = 360 Qv/Aa (hauteur d’eau par unité de temps)

• La hauteur d’eau vidangée au cours du temps décrit Hv = qv x t est le plus grand écart entre
la courbe HDF et la hauteur maximale Hmax à stocker (en hauteur de pluie)
• Le volume à stocker se déduit par la formule V (m3) = 10 x Hmax (mm) x Aa (ha)

1/b
b × qv qv
Hmax = −
b + 1 a × (b + 1)

83
AVANTAGES ET INCONVENIENTS

AVANTAGES INCONVENIENTS
Tous types de bassin: Tous types de bassin:
• Diminution des réseaux à l’aval du projet • Entretien régulier spécifique
• Gain financier à l’aval de la zone assainie • Risque d’accidents en période de remplissage
• Diminution du risque d’inondation • Emprise foncière importante
• Intégration dans l’espace urbain comme • Risques sanitaires (moustiques, pollution,
espace vert etc…)
• Autre(s) utilisation(s) possible(s)

Bassins d’infiltration: Bassins d’infiltration:


• Alimentation de la nappe • Risque de pollution de la nappe
• Pas besoin d’exutoire • Problème de colmatage
TECHNIQUES ALTERNATIVES
D’ASSAINISSEMENT PLUVIAL:
Structures réservoirs enterrées

85
PRESENTATION

Permettent de stocker momentanément l’au avant de la restituer, soit par infiltration, soit vers le
milieu aval.

On distingue:
• Les tranchées
• Les citernes : cas particulier de tranchée
TRANCHEE

• Fossés remplis de matériaux suffisamment poreux pour pouvoir stocker de l’eau (porosité de
30-40%)

• Sont linéaires, superficielles (1m de profondeur) et drainent des surfaces relativement faibles
(toitures, parcelles, parkings, places publiques.

• Alimentation par ruissellement direct, par alimentation à partir d’un mini-réseau, ou


combinaison des deux systèmes.

Mini-réseau
tranchée

• Vidange par infiltration au droit de la tranchée (tranchée d’infiltration), ou bien par


restitution vers un milieu récepteur (tranchée de rétention)

tranchée tranchée
Vidange à
débit limité
Infiltration Sol non perméable
TRANCHEE - CRITERES DE CHOIX

• Perméabilité du sol support:

• Nature du sol support (sensibilité à l’eau): Ne doit pas être soluble (gypse)

• Qualité des eaux de ruissellement (Apport solide): Problèmes de colmatage

• Qualité des eaux de ruissellement (Polluants): Utilisation de la nappe ;laisse r au moins


un mètre entre fond de tranchée et toit de la nappe

• Position de la nappe: Risques de remontée en saison pluvieuse

• Existence d’un exutoire: Sur sol imperméable, prévoir l’évacuation des eaux
CITERNE

• C’est un « récipient » dont le principe de fonctionnement est le même que pour les
tranchées. Sa particularité est d’avoir une porosité de 1, et ainsi d’avoir un encombrement
plus réduit.

• Généralement enterrée, elle draine une faible surface.

Couverture légère
Alimentation

Infiltration si surverse

MATERIAUX GROSSIERS
RESERVE

INFILTRATION
AVANTAGES ET INCONVENIENTS

AVANTAGES INCONVENIENTS
• Diminution des réseaux à l’aval du projet • Entretien régulier spécifique
• Gain financier à l’aval de la zone assainie • Contrainte de mise en œuvre en cas de fixe
• Diminution du risque d’inondation pente
• Intégration dans le tissus urbain (non visible à • Contraintes liées à l’encombrement du sous-
priori) sol
• Peu d’emprise foncière
• Peu couteux
• Mise en œuvre facile

Cas de l’infiltration: Cas de l’infiltration:


• Alimentation de la nappe • Risque de pollution de la nappe
• Pas besoins d’exutoire • Problèmes de colmatage
TECHNIQUES ALTERNATIVES
D’ASSAINISSEMENT PLUVIAL:
Structures réservoirs ouvertes

91
PRESENTATION

• Les structures ouvertes permettent de stocker momentanément l’eau avant de les restituer
soit par infiltration , soit vers un milieu aval à débit limité.

• La structure type est le FOSSE. On désigne parfois le terme de NOUE.


• Une noue est juste un fossé très évasé, avec des pentes de berges très faible
FOSSE

• Les fossés sont linéaires et drainent des surfaces faibles, pouvant être plus importante que
pour les tranchées.
• L’alimentation se fait par ruissèlement direct tandis que le vidange se fait préférentiellement
par infiltration au droit du fossé ou par restitution à débit limité vers un milieu récepteur aval.
CRITERES DE CHOIX

Différentes critères doivent être analysés avant la mise en place d’un fossé:

• Perméabilité du sol support:


L’éventualité d’une infiltration est fortement liée à ce paramètre

• Qualité des eaux de ruissellement (transport de fines):


Pour limiter les problèmes de colmatage, le dimensionnement devra intégrer des
coefficients de sécurité vis-à-vis des quantités prévisibles de fines

• Qualité des eaux de ruissellement (en termes de polluants):


Eviter de polluer la nappe

• La position de la nappe:

• Existence d’un exutoire:


Dans le cas où l’infiltration n’est pas possible
AVANTAGES ET INCONVENIENTS

AVANTAGES INCONVENIENTS
• Diminution des réseaux à l’aval du projet • Entretien régulier spécifique
• Gain financier à l’aval de la zone assainie • Contrainte de mise ne œuvre en cas de forte
• Diminution du risque d’inondation pente
• Délimitation de l’espace urbain • Risque d’accident en période de remplissage
• Espace vert et paysager dans le cas des • Emprise foncière qui peut être importante
noues
• Peu couteux
• Mise en œuvre facile

Cas de l’infiltration: Cas de l’infiltration:


• Alimentation de la nappe • Risque de pollution de la nappe
• Pas besoins d’exutoire • Problèmes de colmatage
TECHNIQUES ALTERNATIVES
D’ASSAINISSEMENT PLUVIAL:
Puits d’infiltration

96
PRESENTATION

• Ce sont de ouvrages d’infiltration des eaux pluviales. Drainent des surfaces de l’ordre de
quelques milliers de m2.

• Deux applications sont principalement intéressantes:


• Place indisponible (occupation urbaine)
• Couche de sol superficiel peu perméable ou sous-sol perméable.

• Alimentation par ruissellement direct ou par mini réseau.

Mini-réseau

Puits

Puits comblé

Puits vide
CRITERES DE CHOIX

• Capacité d’absorption du sous-sol qui va conditionner les possibilités d’infiltration

• Nature du sous-sol (sensibilité à l’eau)

• Qualité des eaux de ruissellement (transport de fines): problèmes de colmatage

• Qualité des eaux (en termes de polluants): Pollution de la nappe


LUTTES CONTRE COLMATAGE

PUITS CREUX:

L’eau n’arrive pas directement dans le puits mais passe d’abord par une décantation.

Zone de
décantation Puits
LUTTES CONTRE COLMATAGE

PUITS COMBLE:

L’eau arrive généralement au droit du puits par ruissellement.

L’eau passe par une surface très perméable constituée de:


• Dallage aux larges joints. Le sable assure l’interception des fines.
• Erre végétale recouverte de plantations. Un géotextile assure la filtration des fines.

Terre
végétale
Dallage
Sable

Géotextile
Géotextile
AVANTAGES ET INCONVENIENTS

AVANTAGES INCONVENIENTS
• Diminution des réseaux à l’aval du projet • Entretien régulier spécifique
• Gain financier à l’aval de la zone assainie • Capacité de stockage limitée
• Diminution du risque d’inondation • Contrainte liées à l’encombrement du sous-
• Intégration dans le tissu urbain (non visible à sol
priori) • Risque de pollution de la nappe
• Peu d’emprise foncière • Problème de colmatage
• Pas besoin d’exutoire superficiel
• Permet de s’affranchir d’une couche de sol
imperméable
• Pas de contraintes de pente
• Alimentation de la nappe
• Pas besoin d’exutoire

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