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DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS

Maisons et bâtiments à ossature


en bois : évolutions des règles
professionnelles
Laetitia PASCALE,
Ingénieure à l’ENSTIB
DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles 2

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sommaire
Introduction ................................................................................................................................... p. 3
1. Domaine d’application .................................................................................................... p. 4
1.1 Ouvrages du domaine d’application .........................................................................p. 4
1.2 Zones climatiques ................................................................................................p. 5
1.3 Conditions de réalisation des bâtiments de grande hauteur...........................................p. 5

2. Justification mécanique des ouvrages ............................................................. p. 6


2.1 Règles générales ................................................................................................................ p. 6
2.2 Règles simplifiées ............................................................................................................... p. 6
2.2.1 Conditions architecturales .......................................................................................... p. 6
2.2.2 Ossature bois ............................................................................................................. p. 8
2.2.3 Voiles travaillants ....................................................................................................... p. 8
2.2.4 Ancrages en pied de mur ........................................................................................... p. 10

3. Conception et mise en œuvre des parois verticales .............................. p. 11


3.1 Structure bois ..................................................................................................................... p. 11
3.1.1 Interface avec le soubassement ................................................................................. p. 11
3.1.2 Fixations des parois ................................................................................................... p. 12
3.2 Choix et mise en œuvre du pare-vapeur.............................................................................. p. 12
3.2.1 Mise en œuvre des membranes pare-vapeur en film .................................................. p. 12
3.2.2 Mise en œuvre des panneaux à usage de pare-vapeur ............................................... p. 12
3.3 Choix et mise en œuvre du pare-pluie ................................................................................. p. 12
3.3.1 Mise en œuvre des membranes pare-pluie en film ..................................................... p. 13
3.3.2 Mise en œuvre des panneaux à usage de pare-pluie .................................................. p. 13
3.4 Conception des ouvertures.................................................................................................. p. 13
3.4.1 Cas des ouvertures sans encadrement de baie ............................................................... p. 13
3.4.2 Cas des ouvertures avec encadrement complet .............................................................. p. 14
3.4.3 Cas des ouvertures avec appui de baie et retour de bardage en tableau ...................... p. 14
3.4.4 Étanchéité à l’eau au niveau des linteaux ........................................................................ p. 14

4. Matériaux ................................................................................................................................... p. 15
4.1 Films pare-vapeur............................................................................................................... p. 15
4.2 Films pare-pluie .................................................................................................................. p. 15
4.3 Bandes, mastics-colles et autres accessoires adhésifs........................................................ p. 15

5. Conclusion................................................................................................................................. p. 15
6. Références ................................................................................................................................ p. 17

Maisons et bâtiments à ossature en bois :


évolutions des règles professionnelles
La révision du DTU 31.2 parue en avril 2019, dont la dernière version datait de 2011, amène des
évolutions importantes dans la conception des bâtiments à ossature bois, avec notamment sa possible
application aux bâtiments jusqu’à 28 m de hauteur, la définition d’une règle de justification des transferts
d’humidité dans les parois, la modification des règles simplifiées de justification des ouvrages, et la
mise en place d’exigences relatives aux pare-pluie, pare-vapeur et adhésifs de jointoiement.

K Chronique de Laetitia Pascal


Ingénieure de l’École nationale supérieure des technologies et industries du bois (Enstib),
responsable technique nationale dans les domaines de la construction en bois et des dégâts
biologiques pour Dekra Industrial SAS. Membre des commissions de normalisation chargées
de la rédaction et des révisions des DTU bois et des normes relatives aux matériaux bois.
Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles (Article paru en
Janvier/Février 2020 dans le Complément technique des Editions du Moniteur)
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1. Domaine d’application
Le DTU 31.2 révisé [1] limite son domaine d’application aux bâtiments à ossature bois stabilisés par des panneaux
de diaphragmes, communément appelés «  bâtiments à ossature plateforme » (fig. 1). Ainsi, les bâtiments à
ossature bois de type poteaux-poutres n’entrent plus dans son domaine d’application et sont désormais couverts
par le DTU 31.1 [2].
Le DTU 31.2 [1] s’applique aux bâtiments jusqu’à 28 m de hauteur (hauteur du plancher bas du dernier niveau),
sous réserve de la mise en œuvre d’un bardage adéquat et de dispositions d’intégration des menuiseries
extérieures adaptées.

1.1 Ouvrages du domaine d’application


Le DTU 31.2 [1] s’applique aux bâtiments dont les parois verticales sont constituées d’éléments d’ossature
espacés d’au plus 60 cm stabilisés par un panneau sur un côté ou des deux côtés. Ces parois verticales peuvent
être édifiées sur site ou au moins partiellement préfabriquées en usine, ou l’ouvrage peut être constitué de
modules tridimensionnels entièrement préfabriqués.
Comme dans sa version précédente, le DTU 31.2 [1] ne s’applique pas :
- aux constructions à pans de bois à remplissage maçonné, torchis ou paille ;
- aux constructions en rondins ou madriers ;
- aux murs sandwich ;
- aux parois en panneaux porteurs ;
- aux fondations en bois ;
- aux locaux à ambiance agressive
et aux locaux frigorifiques.

Dalle bois jouant le rôle


de diaphragme

Fig.1 - Principe constructif des bâtiments à ossature bois (source : partie1-1 de la norme NFDTU31.2[1]).
5 DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles

Remarque
Relèvent ainsi d’autres normes ou réglementations :
• les cloisons à ossature bois sont traitées dans le DTU 36.2 [3] ;
• les structures poteaux-poutres et charpentes montées sur chantier relèvent du DTU 31.1 [2] ;
• les planchers à solivage édifiés sur site sont traités dans le DTU 51.3 [4] ;
• les murs à remplissage en paille et en chanvre et les murs en rondins et madriers font l’objet de règles professionnelles ;
• les murs sandwichs et les parois en panneaux porteurs relèvent de la procédure d’avis

1.2 Zones climatiques


Si le DTU 31.2 [1] ne couvre toujours pas les départements et régions d’outre-mer, il peut maintenant être
appliqué, pour la seule justification de structure, aux bâtiments de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion
et Mayotte. Les spécificités des climats tropicaux et équatoriaux nécessitent en effet une étude particulière de
la fonction « enveloppe » du bâtiment et imposent des exigences de durabilité (durabilité des bois ou traitement
préventif efficace sur les agents de dégradation biologiques locaux tels que les termites) qui ne sont pas traitées
dans le DTU 31.2 [1].

1.3 Conditions de réalisation des bâtiments de grande hauteur


Le DTU 31.2 [1] précise les solutions de conception des façades permettant d’assurer l’étanchéité à l’eau des
murs pour des bâtiments de hauteur jusqu’à 28 m (hauteur du plancher bas du dernier niveau). Au-delà, des
essais spécifiques de validation des solutions proposées doivent être menés.
La pluie, sous les effets de la pression dynamique de vent, peut en effet présenter pour la façade en bois des
risques de pénétration d’eau dans le bâtiment et d’humidification de la paroi, avec toutes les conséquences liées
à ces désordres (déformation des structures ; dégradation des bois, des panneaux et des matériaux isolants ;
développement de moisissures…).
Afin de répondre aux exigences particulières des façades pour les bâtiments les plus exposés à ces risques, les
solutions de conception indiquées dans le DTU 31.2 [1] sont classées en :
- solutions courantes : étanchéité à l’eau de niveau 1 (Ee1) ;
- solutions élaborées : étanchéité à l’eau de niveau 2 (Ee2).
Le niveau d’étanchéité à l’eau exigé est défini selon la zone de vent, la catégorie de rugosité du terrain et la
hauteur du bâtiment (tab. 1).
Tab.1 - Exigence de résistance des façades à la pénétration de la pluie battante (source : NFDTU31.2[1]).

Région Catégorie de rugosité Hauteur du plancher bas du dernier niveau H (m)


de vent(a) du terrain(a) H£9 9 < H £ 18 18 < H £ 28
IV Ee1 Ee1 Ee1
IIIb Ee1 Ee1 Ee1
1 IIIa Ee1 Ee1 Ee1
II Ee1 Ee1 Ee1
0 Ee2 Ee2 Ee2
IV Ee1 Ee1 Ee1
IIIb Ee1 Ee1 Ee1
2 IIIa Ee1 Ee1 Ee2
II Ee1 Ee1 Ee2
0 Ee2 Ee2 Ee2
IV Ee1 Ee1 Ee2
IIIb Ee1 Ee1 Ee2
3 IIIa Ee1 Ee2 Ee2
II Ee1 Ee2 Ee2
0 Ee2 Ee2 Ee2
IV Ee1 Ee1 Ee2
IIIb Ee1 Ee1 Ee2
4 IIIa Ee2 Ee2 Ee2
II Ee2 Ee2 Ee2
0 Ee2 Ee2 Ee2
(a)
Définies conformément à la norme NF EN 1991-1-4 [6] et son annexe nationale [7].
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Ainsi, les façades comportant un écran rigide en panneau à fonction pare-pluie ne sont compatibles qu’avec le
type Ee1. Le DTU 31.2 [1] précise également, pour tous les modes de réalisation des ouvertures dans les murs,
les solutions permettant d’assurer un niveau Ee2, telles que :
- la continuité du pare-pluie par des angles plastiques préformés collés par bande adhésive en périphérie des
chevêtres ;
- l’étanchéité de la bavette de capotage d’appui assurée par soudure entre les oreilles et le rejingot, etc.

2. Justification mécanique des ouvrages


Les dispositions constructives courantes permettant de s’affranchir de tout calcul pour justifier la stabilité des
bâtiments simples, telles qu’elles étaient définies dans la précédente version du DTU 31.2, ont été remplacées
par une règle simplifiée de vérification de la stabilité des bâtiments. Celle-ci permet désormais de couvrir toutes
les zones de vent et de balayer tous les types de panneaux de contreventement existants, mais nécessite de
vérifier systématiquement par calcul la résistance des murs et des ancrages.

2.1 Règles générales


Lorsque les règles simplifiées ne s’appliquent pas, les justifications de solidité et de stabilité doivent être menées
selon les règles de l’Eurocode 5 [5].

2.2 Règles simplifiées


Les règles de justification simplifiée ne peuvent être utilisées que pour certains types de bâtiments :
- les maisons individuelles isolées ou en bande, en simple rezde- chaussée ou avec un étage, avec éventuellement
un comble aménageable ;
- les bâtiments avec un étage et une toiture-terrasse non accessible de hauteur d’acrotère limitée à 70 cm (fig. 2).
Dans tous les autres cas, une justification complète de la solidité et de la stabilité doit être effectuée selon les
règles de l’Eurocode 5 [5].

2.2.1 Conditions architecturales


Pour pouvoir utiliser les règles simplifiées du DTU 31.2 [1], l’ensemble des conditions suivantes (représentées
sur les figures 3, 4, 5, 6, 7 et 8) doivent être respectées :
- chaque niveau est indépendamment contreventé et les contreventements sont alignés verticalement sur la
hauteur du bâtiment ;
- la hauteur maximale de chaque niveau est de 3,4 m ;
- chaque façade comporte a minima 2,40 m de partie pleine (elle était du double dans la version précédente du
DTU), constituée de deux panneaux de largeur d’au moins 1,20 m ;
- le rapport entre longueur et largeur de prise au vent du bâtiment est inférieur à 2,5 ;
- la distance entre deux murs parallèles résistant à des efforts horizontaux dans leur plan est inférieure ou égale
à 10 m (elle était de 9 m dans la version précédente du DTU) ;

Toit terrasse
non accessible Combles non aménagés

R+1 R+1 Combles aménagés


ou non

R R R

Fig.2 - Représentation des modèles de bâtiment pouvant être justifiés selon les règles simplifiées
(source : d’après NFDTU31.2[1]).
7 DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles

10 m maxi
10 m maxi

3,40 m
maxi

1,20 m
1,20 m
2,40 m de partie
pleine mini

Fig.3 - Conditions architecturales permettant d’utiliser les règles simplifiées (source : NFDTU31.2[1]).

≤ 15 °
Fig.4 - Conditions architecturales
permettant d’utiliser les règles simplifiées
B (source : NFDTU31.2[1]).
A : longueur du rectangle dans lequel
B
peut être inscrite la construction.
A B : largueur du rectangle dans lequel
A A peut être inscrite la construction.
≤ 2,5
B

≥ 0,75 × A
Fig.5 - Conditions architecturales
≥ 0,75 × B ≥ 0,75 × B permettant d’utiliser les règles simplifiées
B (source : NFDTU31.2[1]).
≥ 0,75 × A B
A : longueur de la façade telle que A’ £ A × 0,75.
B : longueur de la façade telle que B’ £ B × 0,75.
A A’, B’ : distance entre deux voiles de
contreventement parallèles les plus éloignés,
A
considérée au centre du voile.

Espacement entre montants ≤ 60 cm

Panneaux de contreventement (voile travaillant) :


- contreplaqué type 3S d’épaisseur ≥ 7 mm ;
- OSB 3 d’épaisseur ≥ 9 mm ;
3,40 m - OSB 4 d’épaisseur ≥ 8 mm ;
- panneaux de particules type P5 d’épaisseur ≥ 10 mm ;
- lamibois (LVL) avec au minimum 5 plis dont deux croisés,
d’épaisseur ≥ 15 mm.

Couture : type et espacement


des fixations selon le projet et le site
1,20 m

Fig.6 - Conditions de conception des voiles permettant d’utiliser les règles simplifiées (source : NFDTU31.2[1]).
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- les murs de refend sont centrés dans le bâtiment à plus ou moins 25 % près ;
- les deux faces opposées comportent entre la moitié et le double de surface de voiles de contreventement ;
- les retraits en plan sont admis, dans les conditions illustrées à la figure 7 ;
- une seule trémie traverse les planchers, dans les conditions illustrées à la figure 8 ;
- les percements de plancher ne dépassant pas une surface de 20 × 20 cm sont placés à une distance au bord
du panneau d’au moins la plus grande dimension du percement.

Fig.7 - Conditions architecturales


5 1
permettant d’utiliser les règles simplifiées
2 (source : NFDTU31.2[1]).
1, 2, 3, 4, 5 : retraits par rapport au polygone convexe
Sp circonscrit au niveau du plancher.
4 Sp : surface du plancher.
Les retraits sont admis dans les conditions suivantes :
- nombre de retraits ≤ 6,
- surface des retraits ≤ 10% de la surface du plancher,
3 - somme des surfaces des retraits ≤ 30% de
la surface du plancher.

L L Fig.8 - Conditions de réalisation des trémies


permettant d’utiliser simplifiées
(source : NFDTU31.2[1]).
a
l
L : dimension du bâtiment parallèle à a.
l : dimension du bâtiment parallèle à b.
b a : dimension de la trémie parallèle au mur de
dimension L telle que a ≤ min [0,5 × L ; 4m].
b : dimension de la trémie parallèle au mur de
dimension l telle que b ≤ min [0,5 × l ; 4m].

2.2.2 Ossature bois


La section des montants de l’ossature bois est définie par le type de bâtiment et la région de vent, comme
indiqué au tableau 2. Dans tous les cas, l’espacement des montants est au plus de 60 cm et leur hauteur est
comprise entre 2,5 et 3,4 m. L’épaisseur minimale des lisses basses est de 45 mm.

2.2.3 Voiles travaillants


Les voiles de contreventement doivent résister aux efforts de vent et leurs ancrages aux extrémités doivent
résister à l’arrachement. Trois vérifications doivent donc être menées :
• vérification de résistance des voiles de contreventement :
La résistance totale d’un mur est la somme des résistances de chaque panneau de contreventement calculées
par la formule suivante :
Fv,i,Rd = 7,07 . b . Cfix
2

h
avec h : hauteur du panneau (en m) et b largeur du panneau (en m).
Le coefficient Cfix est déterminé par le type de fixation tel qu’indiqué au tableau 7.
• vérification de la résistance à l’arrachement des ancrages des voiles :
L’effort d’arrachement à reprendre est donné par la formule suivante :
F .h
Fax,vent,Ed = v,Ed
btot
avec h : hauteur du mur (en m) et btot : longueur totale du voile (en m).
Le poids propre du mur s’opposant à son soulèvement, l’effort d’ancrage à reprendre est cet effort d’arrachement,
réduit de la charge permanente descendante Gd. Cette charge peut être évaluée par la formule suivante :
b
Gd = M . hsup . diap
2
9 DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles

avec M : poids linéique moyen du mur (en kN/ml), bdiap : longueur du voile (en m) et hsup : hauteur totale de mur
au-dessus de la fixation (en m).
• vérification complémentaire des voiles préfabriqués en caissons.
Les efforts de vent auxquels les voiles sont soumis dépendent de la zone de vent, de la rugosité du terrain et de
la hauteur du bâtiment. Les tableaux 3, 4, 5 et 6 indiquent les efforts de vent à reprendre selon ces critères, qui
peuvent être majorés ou minorés dans les cas particuliers suivants :
• Majoration de 10 % des efforts de vent pour les hauteurs de niveau supérieures à 2,8 m ;
• Majoration de 25 % des efforts de vent dans le cas des ouvrages à combles habitables avec réhausse ;
• Minoration des efforts repris par les façades dans le cas de présence d’un mur de refend, et majoration des
efforts repris par ce dernier dans les conditions suivantes :
- sur les façades parallèles au refend : Fv,Ed / 1,3 ;
- sur le refend : Fv,Ed × 1,25.

Tab.2 - Section minimale des montants de l’ossature permettant l’utilisation (source : d’après NFDTU31.2[1]).
Section minimale des montants de l’ossature bois par région (mm)

Type d’ouvrage

R + combles R+1 + combles


Région (a) R + combles non R+1 + combles non
aménageables (pente de aménageables(pente de
aménageables (pente de aménageables(pente de
toiture entre 50 % et toiture entre 50 % et
toiture inférieure à 50 %) toiture inférieure à 50 %)
100 %) 100 %)
Région 1 36 × 95 45 × 95 45 × 120 45 × 145
Région 2 36 × 95 45 × 120 45 × 120 45 × 170
Région 3 36 × 95 45 × 120 45 × 145 45 × 220
Région 4 45 × 95 45 × 145 45 × 220 45 × 220
(a)
Les régions 1 à 4 du présent tableau sont définies dans la norme NF EN 1991-1-4 [6] et son annexe nationale NF EN 1991-1-4/NA [7].

Tab.3 - Valeur de Fv,Ed pour un bâtiment en RDC + combles perdus avec une pente de toiture < 50%
(source : d’après NFDTU31.2[1]).

Type de Zone Valeur de l’effort de vent de calcul (Fv,Ed) selon la rugosité du terrain
terrain de vent 0 II IIIa IIIb IV
1 20,1 15,4 11,4 10,6 10,2

Terrain plat 2 23,9 18,4 13,6 12,6 12,1


(CO = 1,00) 3 28,0 21,6 15,9 14,8 14,2
4 32,5 25,0 18,5 17,2 16,5
1 26,5 20,4 15,1 14,0 13,5

Relief varié 2 31,6 24,3 18,0 16,7 16,0


(CO = 1,15) 3 37,1 28,5 21,1 19,6 18,8
4 43,0 33,1 24,4 22,8 21,8

Tab.4 - Valeur de Fv,Ed pour un bâtiment en RDC + combles perdus ou habitables


avec une pente de toiture > 50% (source: d’après NFDTU31.2[1]).

Type de Zone Valeur de l’effort de vent de calcul (Fv,Ed) selon la rugosité du terrain
terrain de vent 0 II IIIa IIIb IV
1 34,9 27,7 21,02 17,0 16,3

Terrain plat 2 41,5 33,0 25,3 20,3 19,4


(CO = 1,00) 3 48,7 38,7 29,7 23,8 22,8
4 56,5 44,9 34,4 27,6 26,5
1 46,2 36,6 28,1 22,5 21,6

Relief varié 2 54,9 43,6 33,4 26,8 25,7


(CO = 1,15) 3 64,5 51,2 39,2 31,5 30,2
4 74,8 59,4 45,5 36,5 35,0
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Tab.5 - Valeur de Fv,Ed pour un bâtiment en R+1 +combles perdus avec une pente de toiture < 50%
(source : d’après NFDTU31.2[1]).

Type de Zone Valeur de l’effort de vent de calcul (Fv,Ed) selon la rugosité du terrain
terrain de vent 0 II IIIa IIIb IV
1 42,2 33,6 25,8 20,4 19,6

Terrain plat 2 50,2 39,9 30,7 24,3 23,3


(CO = 1,00) 3 58,9 46,9 36,1 28,5 27,4
4 68,3 54,4 41,8 33,1 31,7
1 55,8 44,4 34,1 27,0 25,9

Relief varié 2 66,4 52,8 40,6 32,1 30,8


(CO = 1,15) 3 77,9 62,0 47,7 37,7 36,2
4 90,3 71,9 55,3 43,7 42,0

Tab.6 - Valeur de Fv,Ed pour un bâtiment en R+1 +combles perdus ou habitables


avec une pente de toiture > 50% (source : d’après NFDTU31.2[1]).

Type de Zone Valeur de l’effort de vent de calcul (Fv,Ed) selon la rugosité du terrain
terrain de vent 0 II IIIa IIIb IV
1 65,4 53,1 41,7 32,3 28,8

Terrain plat 2 77,9 63,2 49,7 38,4 34,3


(CO = 1,00) 3 91,4 74,2 58,3 45,1 40,2
4 106,0 86,0 67,6 52,3 46,6
1 86,5 70,2 55,2 42,7 38,1

Relief varié 2 103,0 83,6 65,7 50,8 45,3


(CO = 1,15) 3 120,8 98,1 77,1 59,6 53,2
4 140,2 113,7 89,4 69,1 61,7

Tab.7 - Valeur du cœfficient Cfix (source : NFDTU31.2[1]).


Cfix Pointes Agrafes

Diamètre Important
Ø 2,1 2,5 2,8 3,1 1,5 1,8
(mm)
Lorsque le contreventement
150 1 1,2 1,4 1,6 1,5 1,8 est assuré par des caissons
Espacement préfabriqués (panneau +
100 1,5 1,8 2,1 2,3 2,3 2,7
(mm)
75 2 2,4 2,8 3,1 3 3,6
montants) assemblés sur
chantier, ou si les voiles
Tab.8 - Modalités de fixation des montants de voile définies sont constitués de plusieurs
dans les règles simplifiées (source : d’après NFDTU31.2[1]). panneaux sur montants
juxtaposés, la continuité entre
Type
Diamètre minimal Nombre minimal de les montants est assurée
des fixations fixations sur la hauteur par des fixations adaptées,
de fixations
(mm) du montant d’extrémité
calculées selon les règles de
Boulons 8 4 l’Eurocode 5 [5] ou respectant
les dispositions indiquées au
Pointes 3,1 23
tableau 8.
Vis 6 6

2.2.4 Ancrages en pied de mur


Les ancrages en pied de mur, à chaque niveau, reprennent l’effort de vent indiqué aux tableaux 3, 4, 5 et 6.
La résistance de calcul en simple cisaillement d’un ancrage dépend du diamètre de l’organe et du support
d’ancrage (tab. 9). L’entraxe des fixations est limité à 1 m.
Tab.9 - Résistance de calcul en simple cisaillement des ancrages de fixation (source : d’après NFDTU31.2[1]).

Diamètre de l’ancrage Résistance en cisaillement des ancrages définie dans l’EC 5 [5] (Fv,ancrage,Rd)
(mm) Bois/bois (kN) Bois/béton (kN)
8 3,2 4,2
10 3,9 5,7
12 4,6 7,4
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3. Conception et mise en œuvre des parois verticales


Le DTU 31.2 [1] définit les murs à ossature bois comme étant constitués de montants et traverses assemblés
entre eux et avec des panneaux de contreventement (fig. 9). Ces murs peuvent être isolés thermiquement
et/ou acoustiquement par le remplissage des vides entre montants, éventuellement complété d’une isolation
extérieure et/ou intérieure. Les ouvertures sont renforcées et leurs linteaux sont justifiés par calcul.

3.1 Structure bois Montants d'ossature

Le DTU 31.2 [1] définit les murs à ossature bois


comme étant constitués de montants et traverses
assemblés entre eux et avec des panneaux de
contreventement (fig. 9). Ces murs peuvent être
Linteau
isolés thermiquement et/ou acoustiquement
par le remplissage des vides entre montants, Traverse de linteau
éventuellement complété d’une isolation Montants de renfort
extérieure et/ou intérieure. Les ouvertures sont
renforcées et leurs linteaux sont justifiés par
calcul.

3.1.1 Interface avec le soubassement


Afin d’éviter toute remontée capillaire et tout Traverse basse
mouillage de l’ossature par des projections
Panneau Traverse d'appui
d’eau de pluie, la traverse basse (ou l’éventuelle
lisse basse) est à plus de 20 cm au-dessus Fig.9 - Schéma de principe d’un mur à ossature bois
du sol, sur une barrière d’étanchéité à l’eau, (source : NFDTU31.2[1]).
tandis qu’un cordon de mousse pré-comprimée
assure l’étanchéité à l’air entre l’ossature et le
soubassement (fig. 10).

Ossature Ossature

Membranne Lisse basse Membranne Lisse basse


d'étanchéité d'étanchéité

h = 20 cm mini Terrain naturel


Terrain naturel

Caniveau raccordé au réseau


d'évacuation des eaux pluviales
Lisse basse de profondeur et de largeur
supérieures à 20 cm
Bande
d'arase

Calfeutrement

Fig.10 - Hauteur au-dessus du sol ni et protection contre l’eau en pied de mur (source: NFDTU31.2[1]).

3.1.2 Fixations des parois


Les parois sont assemblées sur l’éventuelle lisse basse ou directement sur l’assise (plancher béton ou plancher
bois) par des fixations dimensionnées et positionnées selon les charges à reprendre. Les assemblages entre
les parois verticales doivent être correctement dimensionnés et les continuités des parepluie et pare-vapeur
doivent être assurées. L’ensemble des murs est couronné d’un chaînage constitué de lisses hautes fixées sur les
traverses hautes des parois par pointes en quinconce tous les 30 cm, ou un dispositif équivalent.
DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles 12

3.2 Choix et mise en œuvre du pare-vapeur


Lorsque le mur n’est pas positionné entre deux locaux chauffés en permanence, une barrière à la diffusion de
vapeur d’eau est nécessaire.
Traditionnellement, cette barrière est constituée par une membrane souple de Sd ≥ 18 m (sur le paramètre Sd,
voir ci-après) disposée du côté intérieur du mur, mais il est maintenant possible d’optimiser la perméance de
cette barrière en tenant compte de celle des panneaux constitutifs de la paroi, par l’application de la règle de
moyen indiquée au DTU 31.2 [1] appelée règle du « facteur 5 » : Sd(int) ≥ 5 × Sd(ext).

Important
La valeur Sd représente l’épaisseur en mètre d’une couche d’air telle qu’elle ait la même perméance qu’une
couche de matériau d’épaisseur e donnée. Elle peut être déterminée à partir du facteur de résistance à la
diffusion de vapeur d’eau m et de l’épaisseur du matériau : Sd = m.e. Sd(int) est la somme des Sd des membranes
et panneaux côté intérieur, tandis que Sd(ext) est la somme des Sd des panneaux, membrane parepluie ou écran
rigide placés côté extérieur des montants. Seuls les panneaux d’épaisseur comprise entre 7 et 16 mm (entre
12 et 16 mm pour les panneaux OSB) peuvent être pris en compte.

3.2.1 Mise en œuvre des membranes pare-vapeur en film


Afin d’assurer parfaitement sa fonction, la membrane parevapeur doit être tendue sur son support et ne pas
laisser passer l’air. Pour cela, elle est prise en pince entre les montants d’ossature du mur et une ossature
secondaire rapportée ou fixée par des pastilles sur l’ossature. Les lés de pare-vapeur se recouvrent d’au moins
10 cm et sont collés entre eux par bande adhésive ou par mastic-colle.

3.2.2 Mise en œuvre des panneaux à usage de pare-vapeur


Les panneaux sur l’ossature doivent respecter les exigences de fixation nécessaires lorsqu’ils participent à la
stabilité du bâtiment, et a minima être couturés sur l’ossature tous les 30 cm en périphérie et sur les montants
intermédiaires. La continuité de la barrière à la diffusion de vapeur d’eau est assurée par une bande adhésive
collée sur la périphérie de chaque panneau. En cas de jeu entre panneaux supérieur à 10 mm au raccordement
entre murs (fig. 11) et en partie basse des murs (fig. 12), une bande pare-vapeur souple collée est rapportée.

Panneau pare-vapeur

Adhésif
Bande pare-vapeur rapportée Bande pare-vapeur
Adhésif Bande d'arase rapportée
et calfeutrement
Panneau pare-vapeur

Fig.11 - Raccordement entre murs de panneaux


à fonction pare-vapeur (source : NFDTU31.2[1]).

Fig.12 - Raccordement des panneaux à fonction


pare-vapeur avec la dalle béton en pied de mur
(source : NFDTU31.2[1]).

3.3 Choix et mise en œuvre du pare-pluie


Sauf dans le cas d’un bardage extérieur en panneaux de bois contreplaqué avec finition en pose à joints verticaux
garnis ou revêtus, un pare-pluie doit toujours être mis en œuvre pour protéger le mur des pénétrations d’eau.
Le pare-pluie restant à l’air libre pendant la phase chantier avant mise en œuvre du revêtement de façade, il
est exposé aux UV qui peuvent le dégrader. Le choix de la membrane pare-pluie dépend du type de revêtement
(tab. 10), mais également de sa durée d’exposition en phase chantier. Celle-ci est traditionnellement de 3 mois
(ce qui correspond à un test 1 000 h UV), mais peut être réduite à 15 jours (test 336 h UV) ou rallongée jusqu’à
6 mois (test 5 000 h UV).
13 DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles

Tab.10 - Choix du pare-pluie ou de l’écran rigide en fonction de la contribution à l’étanchéité à l’eau du


revêtement extérieur (source : d’après NFDTU31.2[1]).
Pare-pluie pouvant être mis en œuvre

Pare-pluie souple avec Pare-pluie souple avec


Type de revêtement extérieur étanchéité de niveau W1 étanchéité de niveau W1 Écran rigide
après vieillissement après vieillissement en fibre de bois
336 h ou 1 000 h UV 5 000 h UV

Bardage à joints fermés y compris Oui pour les façades


Oui Oui
au niveau des points singuliers de type Ee1 uniquement

Bardages à joints ouverts (1)


Non Oui Non
ou bardage à claire-voie (2)

Autres types Cas de figure non visé par le DTU 31.2 [1]

(1)
Joints £ 8 mm et somme de la surface des joints 1,5 % de la surface totale de la façade.
(2)
Tel que défini à l’annexe A du DTU 41.2 P1-1 [8].

3.3.1 Mise en œuvre des membranes pare-pluie en film


Les films pare-pluie peuvent être mis en œuvre selon l’un des trois procédés suivants :
- procédé 1 : recouvrement entre lés d’au moins 10 cm pincé sous tasseaux ;
- procédé 2 : recouvrement entre lés d’au moins 10 cm pincé sous tasseaux et jointoyé avec bande adhésive ;
- procédé 3 : recouvrement d’au moins un entraxe d’ossature secondaire pincé sous tasseaux.

Remarque
Le procédé 1 n’est pas adapté aux cas des bardages à joints ouverts et bardages à claire-voie.

3.3.2 Mise en œuvre des panneaux à Écran rigide Tasseau


usage de pare-pluie
Les panneaux à fonction pare-pluie d’épaisseur
entre 15 et 22 mm sont couturés sur l’ossature par Bande
pare-pluie
agrafes, pointes ou vis, tous les 30 cm maximum. Les
souple
panneaux plus épais (de 23 à 35 mm) sont maintenus
par une ossature secondaire prenant l’écran rigide
en pince au droit des montants d’ossature. Le Tasseau
diamètre des vis et le poids du revêtement extérieur
définissent l’entraxe des fixations.
En angle de deux murs extérieurs, la continuité de
la fonction pare-pluie peut être assurée par un film Fig.13 - Recouvrement de l’écran rigide par
rapporté (fig. 13). une bande pare-pluie (source : NFDTU31.2[1]).

3.4 Conception des ouvertures


Trois types d’ouvertures peuvent être réalisés dans les murs à ossature bois :
- la baie sans encadrement (sur simple chevêtre à ossature bois) ;
- la baie avec encadrement complet ;
- la baie avec appui de baie uniquement.
La continuité des pare-pluie garantissant l’étanchéité à l’eau de la façade peut être réalisée selon plusieurs
procédés ; ils permettent d’atteindre les niveaux d’exigence d’étanchéité à l’eau Ee1 et Ee2 définis précédemment.

3.4.1 Cas des ouvertures sans encadrement de baie


Le pare-pluie est rabattu (débord de plus de 10 cm) et collé sur le chevêtre. Dans le cas d’un calfeutrement avec
une menuiserie en applique extérieure, la continuité du pare-pluie dans les angles est normalement assurée.
Dans les autres cas, la continuité du pare-pluie dans les angles peut être réalisée selon l’un des procédés
indiqués au tableau 11.
DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles 14

Tab.11 - Niveau d’étanchéité à l’eau des modes de protection contre l’eau dans les angles de baies sur
chevêtre (source : NFDTU31.2[1]).
Modalité d’étanchéité à l’eau dans les angles de baies sur chevêtre Niveau d’exigence d’étanchéité à l’eau
Angles plastiques préformés collés par bandes adhésives sur le film pare-pluie Ee1 et Ee2
Pièces de pare-pluie souple rapportées collées par bandes adhésives sur le film pare-pluie Ee1
Bandes adhésives larges et extensibles collées sur le film pare-pluie Ee1

3.4.2 Cas des ouvertures avec encadrement complet


Les encadrements sont calfeutrés sur le pare-pluie et la mise en œuvre d’une bavette d’appui étanche est
nécessaire. La sousface de cette bavette est ventilée par une lame d’air d’au moins 5 mm. La bavette peut être
monobloc ou constituée d’éléments linéaires à recouvrement avec calfeutrement (tab. 12).
Tab.12 - Niveau d’étanchéité à l’eau des bavettes d’appui selon leur type (source : NFDTU31.2[1]).
Bavette d’appui Niveau d’exigence d’étanchéité à l’eau
Bavette avec soudure dans les angles et pente d’au moins 3 % Ee1 et Ee2
Bavette avec oreilles collées sur le rejingot et pente d’au moins 10 % Ee1

3.4.3 Cas des ouvertures avec appui de baie et retour de bardage en tableau
Cette conception d’ouvertures ne permet pas d’atteindre le niveau d’exigence Ee2.
L’étanchéité à l’eau de la baie est assurée par un retour dans le tableau d’un film pare-pluie ou d’une membrane
souple éthylène- propylène-diène monomère (EPDM) recouvrant le film pare-pluie et collé au mastic-colle.

3.4.4 Étanchéité à l’eau au niveau des linteaux


La protection du calfeutrement au niveau du linteau peut être assurée par plusieurs solutions dont les
performances d’étanchéité sont indiquées au tableau 13. Ces solutions sont représentées par les figures 14,
15 et 16.
Tab.13 - Niveau d’étanchéité à l’eau des solutions de protection du calfeutrement des linteaux
(source : NFDTU31.2[1]).
Modalités de protection des linteaux Niveau d’exigence d’étanchéité à l’eau
Revêtement extérieur recouvrant d’au moins 3 cm le calfeutrement entre le linteau
Ee1 et Ee2
de la menuiserie et le chevêtre du mur ossature bois
Larmier vissé sur le chevêtre et recouvrement du larmier par un pare-pluie collé continu
Ee1 et Ee2
sur la hauteur du mur
Larmier vissé sur le chevêtre et collage du pare-pluie sur le larmier par bandes adhésives Ee1

Revêtement Revêtement
extérieur extérieur
Linteau Linteau
Tasseau Tasseau
Pare-pluie Pare-pluie
Adhésif

Larmier

Menuiserie Menuiserie
Calfeutrement Calfeutrement

Encadrement Encadrement
de baie de baie

Fig.14 - Protection du calfeutrement de linteau par Fig.15 - Protection du calfeutrement de linteau par
le revêtement extérieur (source : NFDTU31.2[1]). larmier jointé par bande adhésive
(source : NFDTU31.2[1]).
15 DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles

Revêtement
extérieur
Linteau
Tasseau
Pare-pluie
Bande pare-pluie rapportée
Collage
Larmier

Menuiserie
Calfeutrement

Encadrement
de baie

Fig.16 - Protection du calfeutrement de linteau par larmier et


pare-pluie rapporté (source : NFDTU31.2[1]).

4. Matériaux Important
La révision du DTU 31.2 [1] n’intègre pas de nouveaux
matériaux pouvant être mis en œuvre de façon traditionnelle, Les isolants biosourcés tels que la laine
mais définit les caractéristiques minimales des films pare- de bois et la ouate de cellulose, comme
tous les isolants non minéraux rigides
pluie et pare-vapeur, ainsi que de tous les matériaux (mastics,
ou semi-rigides, doivent toujours être
fonds de joints, mousses de calfeutrement, bandes, colles,
sous AT (ou DTA) pour être mis en
etc.) contribuant à la continuité de fonction de ces films. œuvre en mur à ossature bois.

4.1 Films pare-vapeur


Le DTU 31.2 [1] intègre les barrières souples à la diffusion de vapeur d’eau (membranes de Sd < 18) qui doivent
être mises en œuvre selon la règle du « facteur 5 » (§ 3.2). Les caractéristiques de résistance minimale de ces
films n’ont pas évolué, et les bandes de raccordement entre films doivent présenter les mêmes propriétés :
- résistance en traction 100 N/5 cm ;
- résistance à la déchirure au clou 40 N.
Les membranes à Sd variable n’ont pas été intégrées et doivent toujours bénéficier d’un avis technique ou d’un
document technique d’application pour être mises en œuvre sur mur à ossature bois.

4.2 Films pare-pluie


Les caractéristiques des films pare-pluie ont été redéfinies et précisées pour tenir compte des divers types de
revêtements de façade, des types de pare-pluie et de la durée d’exposition aux UV pendant la phase chantier
(tab. 14). Ces pare-pluie et les bandes de raccordement doivent faire l’objet d’une procédure d’acceptation
particulière sur chantier, ou bénéficier de la certification de qualité « QB 38 ».

4.3 Bandes, mastics-colles et autres accessoires adhésifs


Ces matériaux étant utilisés pour assurer la continuité entre films pare-vapeur et entre films pare-pluie, ils ont
un rôle important et leur qualité doit être maîtrisée. Le DTU 31.2 [1] précise les essais à réaliser pour valider
leurs performances. Ces matériaux doivent faire l’objet d’une procédure d’acceptation particulière sur chantier
ou bénéficier de la certification de qualité « CTB Composants et Systèmes Bois ».

5. Conclusion
La révision de ce DTU intègre plusieurs dispositions constructives des recommandations professionnelles RAGE
(Règles de l’Art Grenelle Environnement 2012) de mars 2013 « Systèmes constructifs à ossature bois – Maîtrise
des performances thermiques », qui peuvent maintenant être considérées comme techniques courantes. Cette
révision va également permettre à la commission de normalisation en charge de la rédaction du DTU 31.4
« façades à ossature bois » de reprendre ses travaux pour une parution du texte prévue courant 2020.
DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles 16

Tab.14 - Caractéristiques des pare-pluies (source : d’après NFDTU31.2[1]).


Support discontinu Support continu
Spécifications
des pare-pluie conformément Pare-pluie Pare-pluie
à la norme NFEN13859-2[9] Pare-pluie posé derrière Pare-pluie posé derrière
posé derrière posé derrière
pour application sur construction un bardage à joints un bardage à joints
un bardage à un bardage à
à ossature bois ouverts (1) fermés (2)
joints ouverts (1) joints fermés (2)

Entraxe des lignes de fixation (mm) e £ 450 450 £ e £ 650 e£ 450 450 £ e £ 650 £ 650

Résistance à la Neuf W1 W1 W1 W1
pénétration de l’eau Vieilli W1(4) W1(3) W1(4) W1(3)

Perméance à la vapeur d’eau (VDF) ≥ 0,5 g/(m2.h.mmHg) (soit ≥ 1,04.10-9 kg/(m2.s.Pa))

Valeur Sd (VDF) £ 0,18 m

Stabilité dimensionnelle (VDF) £ 1,5 %

Souplesse à basse température T £ -5 °C

Résistance mécanique - Option 1 : Cas général

Résistance en traction Neuf ≥ 100 ≥ 140 ≥ 100 ≥ 140 ≥ 100


(VDF) (N/5 cm) Vieilli ≥ 70 (4) ≥ 100 (4) ≥ 70 (3) ≥ 100 (3) ≥ 70 (4) ≥ 70 (3)

Résistance à la déchirure au clou


≥ 75 ≥ 100 ≥ 75 ≥ 100 ≥ 75
(VDF) (N)

Résistance mécanique - Option 2 : Cas des pare-pluies produits selon la technologie dite de « filage éclair » en PE-HD
dont la masse surfacique est comprise entre 55 et 90 g/m2

Résistance en traction Neuf ≥ 150


(VDF) (N/5 cm) Vieilli ≥ 135 (4) ≥ 135 (3) ≥ 135 (4) ≥ 135 (3)

Résistance à la déchirure au clou


≥ 30
(VDF) (N)

W1 : résistance à la pénétration de l’eau (voir méthode A et alinéa 5.2.3 de la norme NF EN 1928 [10])
VDF : valeur déclarée par le fabricant
PE-HD : polyéthylène haute densité
(1)
Un bardage est défini comme « à joints ouverts » lorsque :
- ces joints ont une largeur 8 mm et la surface des joints ouverts entourant l’élément de peau de bardage est 1,5 % de la surface
de l’élément ;
- il s’agit d’un bardage à claire-voie tel que défini dans l’annexe A de la norme NF DTU 41.2 P1-1 [8].
(2)
Joints fermés en partie courante et au droit des points singuliers, notamment les entourages de baies
(cf. § 10.3 de la norme NF DTU 31-2 P1-1 [1]).
(3)
Essai de vieillissement : annexe C de la norme NF EN 13859-2 [9] (336 h UV ou 1 000 h selon l’exposition en phase chantier).
(4)
Essai de vieillissement : annexe C de la norme NF EN 13859-2 [9] (5 000 h UV).
17 DOSSIER THÉMATIQUE CONSTRUCTIONS BOIS • Maisons et bâtiments à ossature en bois : évolutions des règles professionnelles

6. Références
[1] NF DTU 31.2 (mai 2019 – indice de classement : P 21-204) : Construction de maisons et bâtiments à ossature
bois – Partie 1-1 : cahier des clauses techniques types (CCT) – Partie 1-2 : critères généraux de choix des
matériaux (CGM) – Partie 2 : cahier des clauses administratives spéciales types (CCS).
[2] NF DTU 31.1 (juin 2017 – indice de classement : P 21-300) : Charpente en bois – Partie 1-1 : cahier des
clauses techniques types – Partie 1-2 : critères généraux de choix des matériaux – Partie 2 : cahier des clauses
administratives spéciales types.
[3] NF DTU 36.2 (mai 2016 – indice de classement : P 23-202) : Menuiseries intérieures en bois – Partie 1-1 :
cahier des clauses techniques types – Partie 1-2 : critères généraux de choix des matériaux – Partie 2 : cahier
des clauses administratives spéciales types.
[4] NF P 63-203 (novembre 2004 – indice de classement : P 63-203) : DTU 51.3 – Planchers en bois ou en
panneaux à base de bois – Partie 1-1 : cahier des clauses techniques – Partie 1-2 : critères généraux de
choix des matériaux (CGM), complétée par l’amendement A1 (janvier 2015) – Partie 2 : cahier des clauses
administratives spéciales.
[5] NF EN 1995-1-1 (novembre 2005 – indice de classement : P 21-711-3) : Eurocode 5 – Conception et calcul
des structures en bois – Partie 1-1 : généralités – Règles communes et règles pour les bâtiments. Complété par
les amendements A1 (octobre 2008) et A2 (juillet 2014).
[6] NF EN 1991-1-4 (novembre 2005 – indice de classement : P 06-114-1) : Eurocode 1 – Actions sur les
structures – Partie 1-4 : actions générales – Action du vent. Complété par l’amendement A1 (octobre 2010).
[7] NF EN 1991-1-4/NA (mars 2008 – indice de classement : P 06-114-1/NA) : Eurocode 1 – Actions sur les
structures – Partie 1-4 : actions générales – Action du vent – Annexe nationale à la NF EN 1991-1-4:2005.
Complété par les amendements A1 (juillet 2011), A2 (septembre 2012) et A3 (avril 2019).
[8] NF DTU 41.2 (août 2015 – indice de classement : P 65-210) : Revêtements extérieurs en bois – Partie 1-1 :
cahier des clauses techniques types (CCT) – Partie 1-2 : critères généraux de choix des matériaux (CGM) – Partie
2 : cahier des clauses administratives spéciales types.
[9] NF EN 13859-2 (juillet 2014 – indice de classement : P 84-147-2) : Feuilles souples d’étanchéité – Définitions
et caractéristiques des écrans souples – Partie 2 : écrans souples pour murs extérieurs.
[10] NF EN 1928 (juillet 2000 – indice de classement : P 84-118) : Feuilles souples d’étanchéité – Feuilles
d’étanchéité de toiture bitumineuses, plastiques et élastomères – Détermination de l’étanchéité à l’eau.

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