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Réf.

: J3943 V2

Traitement anaérobie des


Date de publication :
10 novembre 2017 effluents industriels liquides

Cet article est issu de : Procédés chimie - bio - agro | Opérations unitaires. Génie de la
réaction chimique

par Diana GARCIA-BERNET, Jean-Philippe


STEYER, Nicolas BERNET

Mots-clés Résumé Dans un premier temps les aspects théoriques de la méthanisation des
Méthanisation | Biogaz | effluents industriels sont abordés en détaillant les processus réactionnels associés. Sont
Dépollution
ensuite présentés les critères technologiques de choix du procédé de méthanisation en
fonction des caractéristiques de l’effluent à traiter, ainsi que les principales difficultés
opérationnelles liées au traitement d’effluents complexes. Certaines technologies de
méthanisation y sont exposées, avec leurs avantages et inconvénients respectifs. Enfin, la
mise en œuvre d’une unité industrielle de méthanisation est décrite. Le dimensionnement
et les principaux choix sont détaillés, que ce soit pour le réacteur anaérobie lui-même, le
contrôle, ou les aspects de valorisation du biogaz produit. [...]

Keywords Abstract First, the theoretical aspects of the methanisation of industrial effluents are
anaerobic digestion | biogas | discussed by detailing the associated reaction processes. Then, the technological criteria
cleanup
for choosing the methanization process are presented according to the characteristics of
the effluent to be treated, as well as the main operational difficulties related to the
treatment of complex effluents. Some methanisation technologies are exposed, with their
respective advantages and disadvantages. Finally, the implementation of an industrial
methanation unit is described. The sizing and the main choices are detailed, whether for
the anaerobic reactor itself, for the control, or for the valorization aspects of the biogas
produced. Examples of industrial implementations illustrate the different implementation
options.

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Traitement anaérobie des effluents


industriels liquides

par Diana GARCIA-BERNET


Ingénieur de recherche
Laboratoire de biotechnologie de l’environnement INRA, Narbonne, France
Jean-Philippe STEYER
Directeur de recherche
Laboratoire de biotechnologie de l’environnement INRA, Narbonne, France
et Nicolas BERNET
Directeur de recherche
Laboratoire de biotechnologie de l’environnement INRA, Narbonne, France

Cet article est la réédition actualisée de l’article [J 3 943] intitulé « Méthanisation des
effluents industriels liquides » paru en 2007, rédigé par Sylvain FRÉDÉRIC et Aurélien
LUGARDON
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1. Principe de méthanisation : flux métabolique


et microbiologie.................................................................................... J 3 943v2 - 2
1.1 Hydrolyse et acidogenèse ....................................................................... — 3
1.2 Acétogenèse ............................................................................................. — 3
1.3 Méthanogenèse........................................................................................ — 3
1.4 Autres réactions ....................................................................................... — 3
2. Technologies de méthanisation des effluents industriels........ — 4
2.1 Contraintes de mise en œuvre de la méthanisation ............................. — 4
2.2 Différentes technologies de méthanisation ........................................... — 7
3. Mise en œuvre industrielle de la méthanisation
des effluents .......................................................................................... — 10
3.1 Dimensionnement d’une installation de méthanisation....................... — 10
3.2 Contrôle automatique d’une installation de méthanisation ................. — 12
3.3 Production et valorisation du biogaz...................................................... — 13
3.4 Coût d’investissement et de fonctionnement........................................ — 14
3.5 Intégration dans une filière de traitement ............................................. — 14
4. Exemples industriels ........................................................................... — 14
4.1 Digesteur infiniment mélangé ................................................................ — 14
4.2 Digesteur UASB ....................................................................................... — 16
4.3 Digesteur à lit fixe .................................................................................... — 18
5. Conclusion.............................................................................................. — 18
6. Glossaire ................................................................................................. — 18
11 - 2017

Pour en savoir plus ....................................................................................... Doc. J 3 943v2

a digestion anaérobie ou méthanisation est un processus biologique


L naturel qui, réalisé au sein de procédés maîtrisés, permet de traiter effica-
cement la pollution organique et de produire du biogaz dont le composé
J 3 943v2

majoritaire, le méthane, peut être valorisé énergétiquement sous forme


d’électricité, de chaleur, de GNV ou être injecté dans le réseau de gaz naturel.
Appliquée d’abord à la valorisation des sous-produits d’élevage, la méthanisa-
tion est aujourd’hui largement utilisée pour l’épuration et la valorisation des
effluents industriels chargés en matière organique.

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TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES __________________________________________________________________________

La méthanisation transforme la matière organique, sous forme soluble ou


solide, conduisant à la formation de biogaz, mélange gazeux composé principa-
lement de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2). Elle est réalisée en
absence d’oxygène par une communauté microbienne diverse dans des écosys-
tèmes naturels variés : les sédiments marins et d’eau douce, les tractus digestifs
d’animaux, les décharges, les sols, etc. Elle est notamment à l’origine de phéno-
mènes spontanés tels que les feux follets ou les émissions de gaz des marais.
Le biogaz issu de la méthanisation est un mélange inflammable qui peut
contenir, en plus du CH4 (50 à 70 % en volume) et du CO2 (25 à 45 % en
volume), des quantités variables de vapeur d’eau, de H2S et de traces d’H2 et
d’autres composés minoritaires.
Valorisé, le biogaz est une source d’énergie renouvelable dans la mesure où
il est issu de matières organiques d’origine végétale ou animale, dont les
cycles de renouvellement sont courts. Utilisée au service de l’Homme, la
méthanisation s’avère être un outil efficace de réduction des pollutions orga-
niques et de production d’énergie.
Sa première application, qui reste à l’heure actuelle la plus importante en
nombre d’unités, a été la valorisation énergétique à la ferme des sous-produits
d’élevage et de l’agriculture. Des pays tels que l’Allemagne ou la Chine
comptent de très nombreuses sources délocalisées d’énergie sous forme de
biogaz agricole.
Depuis le début des années 1970, de nombreux travaux de recherche et de
développement dans le domaine de la méthanisation ont contribué à une
application toujours plus performante du processus à l’épuration et à la valori-
sation des effluents industriels chargés en matière organique. Le
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succès de l’application de la méthanisation au traitement des eaux usées


industrielles tient particulièrement au fait qu’elle engendre une production
nette d’énergie, contrairement aux procédés d’épuration aérobies classiques
dont l’aération requiert de fortes dépenses électriques. Un autre avantage de la
méthanisation est la faible production de boues comparativement aux stations
aérobies. Enfin, le traitement anaérobie des effluents s’effectue généralement à
plus forte charge que les procédés aérobies, ce qui permet une réduction de
l’encombrement des ouvrages.
Le lecteur trouvera en fin d’article un glossaire des termes et expressions
importants de l’article.

Symbole Développé 1. Principe de méthanisation :


AGV Acide gras volatil flux métabolique
BMP Biochemical Methane Potential et microbiologie
CMV Compression mécanique à la vapeur
CNTP/STP Conditions normales de température et pression La digestion anaérobie ou méthanisation est une réaction
(standard temperature and pressure) de dégradation de la pollution organique. Par matière polluante
organique, on entend matière constituée de molécules conte-
DBO Demande biochimique en oxygène nant des liaisons carbone-hydrogène (C—H). L’objectif de la
DCO Demande chimique en oxygène digestion anaérobie est de minéraliser le carbone provenant de
molécules complexes, en phase liquide ou solide, en méthane
EGSB Expanded Granular Sludge Blanket (CH4) et gaz carbonique (CO2) présents dans le biogaz [12].
GNV Gaz naturel véhicule
Le processus de digestion anaérobie est effectué en plusieurs
MES Matières en suspension étapes biochimiques correspondant à l’action de différents
groupes de micro-organismes. En réalité, ces groupes de micro-
MS Matière sèche organismes, présents dans le digesteur grâce à l’ensemencement
PCI Pouvoir calorifique inférieur réalisé lors du démarrage de l’installation, interagissent entre eux
pour leurs besoins physiologiques. Ils sont étroitement interdépen-
TAC Titre alcalimétrique complet dants les uns des autres, à des degrés divers, allant jusqu’à la
dépendance obligatoire, c’est-à-dire ne pouvant pas vivre l’un sans
UASB Upflow Anaerobic Sludge Blanket l’autre.

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que les AGV, en hydrogène et en dioxyde de carbone. Les bacté-


Polymères ries impliquées dans ces réactions d’acidogenèse ont des temps
(protéines, lipides, glucides…) de réplication très courts (de trente minutes à quelques heures). Les
Bactéries hydrolytiques bactéries du genre Clostridium constituent souvent une fraction
importante de la population anaérobie qui participe à l’étape
Hydrolyse et Monomères d’acidogenèse, bien que d’autres groupes bactériens comme les
acidogenèse (monosaccharides, acides aminés…) Enterobacteriaceae, Bacteroides, Bacillus soient également présents.
Bactéries acidogènes En condition dite de « surcharge organique », c’est-à-dire lorsque la
quantité de matière organique introduite dépasse la capacité de trai-
Acides gras volatils, tement de la biomasse microbienne présente dans le réacteur, le
acides organiques, alcools… métabolisme plus rapide de ce groupe de bactéries, en comparaison
Acétogenèse aux autres groupes de micro-organismes, entraîne une accumula-
Bactéries acétogènes tion d’intermédiaires de la réaction de méthanisation tels que les
Acétate CO2 + H2 AGV et l’hydrogène. Ces métabolites, plus particulièrement les AGV,
Bactéries homoacétogènes ont un effet inhibiteur sur les micro-organismes acétogènes et
Archaea Archaea méthanogènes et peuvent être responsables de l’arrêt de la diges-
Méthanogenèse méthanogènes méthanogènes tion anaérobie. Ces deux premières étapes sont le fait de bactéries
acétoclastes hydrogénotrophes mixtes aérobies et anaérobies.
CH4 + CO2 CH4

Figure 1 – Schéma métabolique des composés organiques 1.2 Acétogenèse


lors de la digestion anaérobie
Les intermédiaires métaboliques produits lors de l’acidogenèse
(AGV, alcools, acides organiques, CO2, H2) sont transformés en
Selon un consensus général, les auteurs s’accordent pour acétate, H2 et CO2, par deux groupes de bactéries :
décrire la méthanisation en 3 ou 4 étapes majeures (figure 1) – les acétogènes productrices obligées d’hydrogène (APOH) qui
[27] : produisent de l’acétate, de l’hydrogène et du dioxyde de carbone ;
– hydrolyse des composés organiques complexes ; – les homoacétogènes du groupe 1, qui produisent de l’acétate
– acidogenèse des monomères en acides gras (majoritairement par la réduction de H2 et de CO2, ou du groupe 2, qui produisent
des acides gras volatils) en certains acides organiques (lactate, de l’acétate à partir d’AGV et d’alcool.
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succinate), en alcools (éthanol), en hydrogène et dioxyde de Les vitesses réactionnelles d’acétogenèse sont généralement
carbone ; lentes et dépendantes de la concentration en H2 qui modifie l’équi-
– acétogenèse qui conduit, à partir des produits de l’hydrolyse libre thermodynamique des réactions impliquées dans cette étape.
ou de l’acidogenèse, à la formation d’acétate, de H2 et de CO2 ; L’association entre les bactéries productrices obligées d’H2 et les
– méthanogenèse stricto sensu qui, à partir de H2 et de CO2 ou méthanogènes est la clef de voûte de la réaction globale de méthani-
de l’acétate, conduit à la formation de méthane. sation. En effet, les réactions des APOH sont thermodynamiquement
défavorables dans les conditions habituelles de méthanisation (pH
Les deux premières étapes peuvent être regroupées en une
neutre, température mésophile et pression proche de la pression
seule car elles sont réalisées par les mêmes communautés micro-
atmosphérique) et les produits de la réaction doivent donc être en
biennes.
très faibles concentrations (H2 sous la pression partielle de 10–4 atm
Si nous nous basons sur la dégradation du glucose, cela soit 100 ppm volume en conditions mésophiles, 35 à 40 °C) pour per-
conduit à la réaction globale suivante : mettre la réaction. Cela est réalisé grâce à la présence de micro-orga-
nismes utilisateurs d’H2 comme les méthanogènes et
(1) homoacétogènes [26].

Contrairement aux réactions aérobies qui s’accompagnent d’un


fort dégagement de chaleur, les fermentations anaérobies ne sont 1.3 Méthanogenèse
que très faiblement exothermiques.
Lors de cette dernière étape, les produits de l’acétogenèse
(essentiellement acétate, formate, dioxyde de carbone et hydro-
1.1 Hydrolyse et acidogenèse gène) sont convertis en méthane. Les micro-organismes impli-
qués dans ces réactions appartiennent aux domaines des Archaea
Durant les premières étapes de la méthanisation, les bactéries et sont anaérobies strictes. Les méthanogènes utilisant l’acide
hydrolysent les substrats organiques (polysaccharides, protéines acétique pour former du méthane sont appelés acétoclastes ou
et lipides) en oligo ou monomères (monosaccharides, acides gras, acétotrophes (Methanosarcina, Methanosaeta) tandis que celles
acides aminés), généralement sous l’action des enzymes extracel- réduisant le CO2 par de l’hydrogène pour produire du méthane
lulaires et de l’eau. Cette transformation permet de rendre assimi- sont nommées hydrogénophiles. La voie acétoclaste peut utiliser
lable le substrat par les bactéries. Selon le substrat et la d’autres métabolites tels que le formate, le méthanol et les méthy-
température, les bactéries hydrolytiques intervenant dans ce lamines. On considère généralement que 70 % du méthane produit
processus sont différentes. L’étape d’hydrolyse est l’étape limi- provient de la voie acétoclaste.
tante dans le processus global de méthanisation par rapport aux
autres étapes, lorsque la matière organique présente est difficile-
ment hydrolysable (composés solides, substances de structure 1.4 Autres réactions
chimique particulière telles que les dérivés des industries Le seul impact de la méthanisation sur l’élimination de l’azote et
chimiques ou pharmaceutiques). Dans le cas de molécules du phosphore est lié à l’assimilation de ces éléments pour la crois-
solubles facilement hydrolysables, il faut contrôler cette étape pour sance des micro-organismes (boues) anaérobies. Étant donné les
éviter une acidification rapide. faibles rendements de croissance des micro-organismes anaéro-
Au cours de l’acidogenèse, les monomères issus de l’hydrolyse bies comparés à ceux des bactéries aérobies et les faibles propor-
sont métabolisés en acides gras volatils (AGV) (acétate, propionate, tions d’azote et de phosphore dans les boues, on estime l’impact
butyrate, isobutyrate, etc.), en alcools, en acides organiques autres dépolluant de la seule méthanisation sur ces pollutions comme

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étant inférieur à 5 % de la demande biologique en oxygène (DBO5)


éliminée. Cependant, il a été montré que les flores des digesteurs • Réduction dissimilatrice : réduction d’un composé inor-
présentent certaines capacités dénitrifiantes, ce qui peut permettre ganique sans incorporation dans la matière organique, par son
de réaliser des couplages réacteur anaérobie/station aérobie avan- utilisation comme accepteur final d’électrons (oxydant à la
tageux du point de vue du traitement de l’azote. Les réactions de place de l’oxygène) dans une respiration anaérobie [23].
nitrification et de déphosphatation conduisant à l’abattement de la
pollution azotée ou phosphorée n’ont en effet pas lieu dans les
réacteurs anaérobies et requièrent, pour s’effectuer, des milieux
aérés caractérisés par des potentiels d’oxydoréduction plus élevés.
D’autres réactions biochimiques peuvent se produire dans les
2. Technologies
conditions anaérobies et réductrices prévalant dans les digesteurs de méthanisation
anaérobies, certaines pouvant avoir des conséquences impor-
tantes sur les performances des méthaniseurs. des effluents industriels
■ Sulfato-réduction : en présence de sulfates, sulfites ou thiosul-
fates, une fraction de la matière organique sera transformée par 2.1 Contraintes de mise en œuvre
les bactéries sulfato-réductrices avec pour conséquence une de la méthanisation
production de H2S au détriment de la production de méthane :
2.1.1 Type d’effluents
(2)
Les applications principales de la méthanisation sur effluents sont
Étant donné qu’une molécule d’oxygène peut accepter 4 élec- liées au traitement des pollutions issues d’industries agroalimen-
trons, la capacité de 2 moles d’O2 équivaut à 1 mole de sulfate, soit taires, papetières, chimiques ou cosmétiques. En raison de leurs
0,67 g d’O2 par g de sulfate. La production de H2S au sein des caractéristiques, les effluents provenant de ces différentes industries
méthaniseurs, source de diverses complications dans la conduite peuvent présenter des difficultés de traitement particulières.
des installations, sera abordée dans la section suivante.
Exemple : effluents à haute teneur en sulfates, en azote, en
■ Réactions de transformation de l’azote : l’azote organique est
matières en suspension, en DCO (ou en DCO non biodégradable) ;
minéralisé en azote ammoniacal au cours de la digestion anaérobie.
effluents contenant des composés inhibiteurs pour les micro-orga-
La part d’azote assimilé par les micro-organismes est beaucoup plus
nismes ou bien effluents carencés en micro ou macronutriments.
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faible que dans les procédés aérobies en raison des faibles rende-
ments de croissance observés en conditions anaérobies. Lorsque du
La majorité des effluents issus des industries agroalimentaires
nitrate est présent, il est généralement réduit en azote ammoniacal
sont considérés comme étant particulièrement aptes au traitement
par réduction dissimilatrice, la dénitrification en N2 ne pouvant se
anaérobie en raison de leurs caractéristiques : teneur en matière
produire que dans certains cas particuliers tels que des rapports
organique, rapport massique C/N équilibré, présence de macro et
massiques DCO/N-NO3 faibles ou de fortes concentrations en AGV.
micronutriments, absence de composés toxiques, etc.
Cette voie métabolique est à proscrire car elle restitue l’azote ammo-
niacal initial au lieu de l’éliminer sous forme de N2 [4]. Certaines molécules organiques synthétiques sont biodégra-
dables.
Par conséquent, dans les effluents contenant des accepteurs
d’électrons tels que le nitrate, le sulfite ou le sulfate, la production Exemple : les effluents chargés en polyéthylène, en glycolate de
de méthane est diminuée car une partie de la DCO est déviée vers sodium ou en acides organiques peuvent par exemple être traités effi-
ces réactions qui sont thermodynamiquement plus favorables que cacement par méthanisation [9].
la méthanisation [5].

■ Réactions minoritaires : un certain nombre de molécules Des exemples d’industries et d’effluents sont donnés dans le
minoritaires, appelées également composés traces organiques, tableau 1 [28] ainsi que le nombre de méthaniseurs installés dans
peuvent être dégradés en conditions anaérobies par certains le monde par chaque type d’industrie.
groupes de micro-organismes. Ces réactions minoritaires peuvent
s’avérer importantes pour le traitement de certaines pollutions 2.1.2 Conditions physico-chimiques
(déhalogénation, hydrolyse de certains surfactants et HAP, etc.)
durant le processus de digestion anaérobie [2]. Les principaux facteurs physico-chimiques qui affectent le pro-
cédé de digestion anaérobie sont le pH, la température et le poten-
tiel d’oxydoréduction, mais d’autres conditions physico-chimiques
• Demande chimique en oxygène (DCO) : quantité d’O2 doivent être réunies pour que le processus de la méthanisation
nécessaire pour l’oxydation des substances organiques et puisse avoir lieu.
minérales (en présence d’un oxydant fort) présentes dans – pH : il peut affecter la croissance des micro-organismes et
l’effluent. La DCO s’exprime en mgO2 · L–1. La DCO est un bon l’activité enzymatique. Le pH optimal pour la digestion anaérobie
indicateur de la charge polluante d’un effluent et on l’utilise se situe entre 6,5 et 7,3.
par abus de langage pour quantifier la matière organique et
minérale d’un effluent. On parle de kgDCO · m–3 · j–1. – Potentiel d’oxydoréduction : la méthanisation se réalise en
anaérobiose stricte. Outre l’absence d’oxygène, le potentiel d’oxy-
• N-NO3 (azote nitrique) : azote dû aux nitrates (N-NO3 = doréduction doit être proche de – 330 mV vs ENH (électrode nor-
NO3 × 0,22). male à hydrogène).
• Demande biochimique en oxygène (DBO) : quantité – Température : la méthanisation a lieu préférentiellement sur
d’O2 nécessaire pour oxyder par voie biologique les matières les gammes de température mésophile (35 à 40 °C) ou thermophile
organiques biodégradables. Elle s’exprime en mgO2 · L–1 et est (55 °C) (§ 3.1.2). Afin de maintenir ces températures dans l’enceinte
mesurée à 20 °C et à l’obscurité. En France, on parle de DBO5 du réacteur, une partie du biogaz produit par la réaction peut, le
car l’analyse standard est réalisée sur 5 jours. Pour être cas échéant, être autoconsommée. Cette part d’autoconsommation
complète, l’analyse demande environ trois semaines à 20 °C. du biogaz dépend directement de la température de l’effluent en
On obtient alors la DBO ultime ou DBO21. On parle aussi de entrée du méthaniseur et de la concentration de l’effluent en pollu-
DCO biodégradable. tion organique. En effet, plus l’effluent est concentré, plus la

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___________________________________________________________________________ TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES

Tableau 1 – Installations de méthanisation dans le monde par type d’industrie en 2015 [28]
Réacteurs installés
Secteur industriel Type d’effluent
en 2007 (% du total)
Industries sucrière, laitière et fromagère, de la transformation de la
Agro-alimentaire pomme de terre et de fruits et légumes, de la production de levure, 36
d’acide citrique, de la conserverie et confiserie, boulangerie
Boissons Brasserie, malterie, softdrinks, vin, jus de fruits, café 29
Mélasses de canne, mélasses de betterave, distillerie de vin, distillerie
Alcool-distillerie 10
de grain et de fruits
Industrie de la pulpe et du papier Recyclage du papier, pulpe, NSSC, bagasse 11
Industries chimique, pharmaceutique, minière, boues résiduaires,
Autres 14
lixiviats de décharge, etc.

production de biogaz est importante par rapport au volume de


liquide à réchauffer. En revanche, plus l’effluent est dilué, plus la En général, on admet que la méthanisation présente un inté-
production de biogaz est faible et le volume à chauffer important. Il rêt pour les DCO supérieures à 2 000 mgO2 · L–1 en ce qui
est à noter que certains effluents d’industries agroalimentaires concerne les effluents à température ambiante dans les pays
étant chauds du fait du procédé primaire les produisant, cela est tempérés. Dans les pays chauds, certains effluents plus dilués
très bénéfique pour l’installation d’un méthaniseur d’un point de (par exemple, les eaux usées urbaines au Brésil et au Mexique)
vue énergétique. peuvent faire l’objet de traitements par méthanisation [7].

2.1.3 Concentration et composition de l’effluent Les variations dans la composition ou les volumes d’effluents
produits (par exemple productions hebdomadaires sur 5 jours,
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productions saisonnières ou sujettes à des variations importantes


dans la journée) doivent être prises en compte dès la conception
Pour qualifier la charge polluante de matière organique des
de l’installation, pour adapter le dimensionnement et les condi-
effluents à traiter, on utilise traditionnellement le rapport
tions d’opération du méthaniseur (§ 3.1.1).
DCO/DBO (cf. glossaire du § 6) qui est un bon indicateur de la
biodégradabilité d’un effluent : plus il est faible, plus l’effluent
est biodégradable. 2.1.4 Matières en suspension
La présence de matières en suspension dans l’effluent d’entrée a
des conséquences directes sur le choix du procédé de méthanisation,
Dans les effluents issus de l’industrie agroalimentaire, ce rapport
ainsi que sur le dimensionnement du réacteur. Il est tout d’abord rap-
est généralement inférieur à 2, ce qui traduit une pollution carbonée
pelé que les matières en suspension (MES) inertes ou organiques non
particulièrement biodégradable. Dans les eaux résiduaires domes-
biodégradables ne sont pas abattues par le procédé de méthanisa-
tiques, il est compris entre 2 et 2,5 [13], tandis que les effluents issus
tion. Les MES biodégradables sont constituées de grosses molécules
des industries telles que la chimie, pétrochimie et la pharmacie ont
organiques insolubles. Afin d’être assimilables par les micro-orga-
des valeurs plus élevées.
nismes des étapes d’acidogenèse, d’acétogenèse et de méthanoge-
nèse, ces molécules doivent préalablement subir une hydrolyse.
Si dans un effluent, toutes les matières organiques étaient bio-
Cette hydrolyse se réalise sous l’action combinée de l’eau et
dégradables le ratio DCO/DBO21 (pour DBO21, cf. glossaire du § 6)
d’enzymes spécifiques sécrétées par des bactéries hydrolytiques qui
devrait être égal à 1, mais ce n’est pas le cas des effluents indus-
permettent la catalyse de la réaction. Pour les effluents très chargés
triels, pour lesquels une fraction de la pollution organique est
en MES, l’hydrolyse est l’étape cinétiquement limitante de la métha-
réfractaire à la dégradation par voie biologique. On parle alors de
nisation. On en déduit que le temps de séjour d’un effluent très
DCO dure ou récalcitrante et sa proportion par rapport à la
chargé en MES doit être significativement plus long que celui d’un
DCO biodégradable peut varier en fonction de la nature de
effluent dont la DCO se trouve principalement sous forme soluble.
l’effluent.
La seconde conséquence de la présence de MES dans l’effluent
alimenté est d’ordre physique. L’abondance de MES, conjuguée à
Les sels quaternaires d’ammonium comme la bétaïne ne un temps de séjour ne permettant pas leur hydrolyse, conduit à
sont pas oxydés dans les conditions de l’analyse de DCO utili- leur accumulation en régime stationnaire. Cette accumulation peut
sant le bichromate de potassium [27], ce qui peut conduire à induire des phénomènes de colmatage, particulièrement dans les
sous-estimer la quantité de biogaz qui sera produite par m3 procédés à boues granulaires et à biomasse fixée.
d’effluent traité. Des prétraitements physico-chimiques tels que la sédimentation,
la filtration ou la flottation peuvent être utilisés pour diminuer la
Pour les effluents froids qui présentent de faibles teneurs en teneur en MES des effluents [1].
DCO, la méthanisation présente un bilan énergétique défavorable,
c’est-à-dire que le biogaz produit par la réaction est intégralement 2.1.5 Composés inhibiteurs
autoconsommé, voire qu’un apport extérieur de combustible est
nécessaire. En revanche, lorsque les effluents à traiter sont chauds Certaines molécules, au-delà de seuils de concentration détermi-
ou très chargés, le maintien de la température de réaction ne nés, peuvent entraîner des inhibitions de l’activité des micro-orga-
nécessite aucun apport extérieur d’énergie et une partie du biogaz nismes impliqués dans la méthanisation. Ces molécules
peut être récupérée pour les besoins du site et le reste est valorisé inhibitrices peuvent être apportées dans l’effluent d’entrée ou
à l’extérieur (§ 3.3.3). générées par les réactions biochimiques au sein du méthaniseur.

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Les points suivants donnent des informations indicatives sur les


principaux types d’inhibitions rencontrées et de plus amples infor-
mations peuvent être trouvées en bibliographie [6].
[H2S](g)
■ Acides gras volatils (AGV) et processus d’acidification Phase gaz
Comme évoqué précédemment, les acides gras volatils sont des KH
intermédiaires réactionnels de la méthanisation résultant de la
phase d’acidogenèse. Leur cinétique de formation particulièrement
rapide doit être compensée par leur consommation par les Phase liquide [H2S](aq)
espèces méthanogènes. Les acides gras volatils sont inhibiteurs à
partir de 3 g · L–1 environ d’acide propionique, les seuils étant tou-
tefois très dépendants des capacités d’adaptation communautés Ka1
microbiennes. Ce seuil d’inhibition peut être atteint si la charge
organique appliquée au réacteur excède la capacité de consomma-
tion des espèces méthanogènes. [HS–]
On observe alors une inhibition de la méthanogenèse qui accen-
tue encore l’accumulation d’AGV. Ce processus, la plupart du Ka2
temps consécutif à une surcharge organique, est appelé acidifica-
tion et se traduit par une baisse du pH et du rendement épuratoire
du réacteur. Il peut être évité par la diminution de la charge appli- [S2–]
quée et le contrôle du pH ou de l’alcalinité.
■ Azote ammoniacal M2+ ↔ Ksp
Pendant la digestion anaérobie, une partie de l’azote organique
est minéralisée et transformée en azote ammoniacal . Un
Phase solide MS(S)
effluent trop riche en azote peut donc causer une accumulation
d’azote ammoniacal et un dysfonctionnement du réacteur. Ce pro-
cessus, consécutif à un rapport C/N de l’effluent d’entrée déséquili-
bré, se traduit par une augmentation anormale du pH (> 8) et une Ksp produit de solubilité
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chute du rendement épuratoire. À ces valeurs de pH, l’équilibre de KH constante de Henry


dissociation tend vers une proportion supérieure de NH3 dissous Ka1 et Ka2 constantes d’acidité
et comme il a été vu, ce sont les molécules neutres non dissociées
qui sont toxiques pour les micro-organismes, notamment les Figure 2 – Équilibre du H2S au sein d’un digesteur anaérobie [10]
méthanogènes acétoclastes. Ces dysfonctionnements peuvent être
évités en complémentant l’effluent d’entrée par une source plus
carbonée jusqu’à atteindre un rapport DCO/N de l’ordre de 400/7. l’activité sulfato-réductrice sur les micro-organismes méthano-
En fonction du pH et de la température, une partie du NH3 peut gènes, est la précipitation de métaux essentiels à leur croissance,
également être « strippé » (c’est-à-dire, volatilisé) avec le biogaz, de par la production de H2S [29].
diminuant ainsi le problème de toxicité. En plus des problèmes liés à la toxicité du H2S, l’activité sulfato-
■ Sulfure réductrice au sein des méthaniseurs peut provoquer d’importants
problèmes opérationnels, tels que :
Durant le traitement anaérobie d’effluents chargés en sulfate,
l’activité des bactéries sulfato-réductrices (BSR) va interférer avec – la diminution de la quantité de CH4 produit par kg de DCO éli-
le processus de méthanisation, étant donné que BSR et méthano- minée, en raison de la déviation du flux de DCO vers la sulfato-
gènes sont en compétition pour les mêmes substrats [8]. Or, les réduction. Pour oxyder 1 g de sulfate il faut 0,67 g de DCO, ce qui
BSR possèdent un avantage cinétique et thermodynamique net sur est équivalent à une perte de 0,23 m3 de CH4 (STP) par chaque kg
les méthanogènes, ce qui implique que dans les méthaniseurs de sulfate réduit ;
traitant des effluents chargés en sulfate, la sulfato-réduc- – le coût de traitement élevé du biogaz produit pour éliminer le
tion ne peut pas être évitée. Néanmoins, la compétition entre H2S. En plus des mauvaises odeurs, s’il n’est pas éliminé, le H2S
BSR et méthanogènes va être influencée par de nombreux facteurs peut provoquer des problèmes de corrosion de tuyauteries,
tels que la nature de l’inoculum, le temps de séjour hydraulique moteurs et chaudières, entraînant une augmentation des coûts
(TSH), le procédé, le pH, la température et surtout le ratio d’opération ;
. Le traitement anaérobie des effluents avec un ratio – la diminution de l’efficacité du système car une partie des sul-
risque de poser des problèmes d’opération, car fures dissous va rester dans l’effluent sortant du méthaniseur
dans ces conditions, l’activité sulfato-réductrice est très élevée (au (figure 2) [10]. Du fait de leur état de réduction, les sulfures contri-
détriment de la méthanisation). buent à augmenter le DCO de l’effluent (2 moles d’O2 pour oxyder
une mole de sulfure en sulfate). De plus, les sulfures peuvent favo-
La toxicité du H2S envers les micro-organismes impliqués dans
riser des dysfonctionnements dans l’étape aérobie qui très souvent
le processus de méthanisation se traduit par une diminution du
suit l’étape anaérobie : surconsommation d’O2, foisonnement
rendement d’épuration. Le H2S a un effet inhibiteur sur toutes les
(bulking) dû à une mauvaise décantation des boues, présence de
populations anaérobies : les méthanogènes (surtout les hydro-
mousses, etc.
génotrophes), mais aussi sur les acidogènes et les acétogènes. On
considère que la toxicité du H2S dépend du pH car seule la molé- La suppression de la sulfato-réduction et la conversion complète
cule neutre non dissociée H2S peut passer à travers la membrane de la DCO biodégradable en méthane dans les digesteurs traitant
cellulaire [26]. Néanmoins, le mécanisme exact de sa toxicité est des effluents chargés en sulfates ne sont pas réalisables dans la
mal connu. Une explication possible serait la dénaturation de cer- pratique. Néanmoins, des solutions technologiques pour diminuer
taines protéines par la formation des liaisons sulfuriques croisées la concentration de H2S dans le réacteur existent actuellement à
entre les chaînes de polypeptides. Il y aurait aussi une interaction l’échelle industrielle (figure 3) [27]. D’autres solutions, comme
avec certaines coenzymes (A et M), toujours par la formation de l’ajout de métaux (sels de fer) pour capter les sulfures dissous ont
liaisons sulfuriques [22]. De plus, la molécule de H2S provoque la aussi été testées avec de bons résultats, mais, ont un inconvénient
modification du pH interne de la cellule. Un autre effet négatif de majeur : la dégradation de la qualité de l’effluent traité.

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Biogaz

Effluent à traiter Lavage


Méthanogenèse
Effluent traité du biogaz
Sulfato-réduction

Recirculation du biogaz lavé

a stripping du H2S par recyclage du biogaz (dans ligne gaz)

Recirculation de l’effluent traité sans H2S

Effluent à traiter
Méthanogenèse Élimination
Effluent traité
Sulfato-réduction des sulfures

Stripping
Absorption
Oxydation biologique en S

b élimination du H2S par post-traitement (micro)aérobie et recirculation de l’effluent traité

Effluent à traiter
Acidification Élimination
Méthanogenèse Effluent traité
Sulfato-réduction des sulfures
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c pré-acidification et sulfato-réduction combinées avec élimination des sulfures pour diminution des teneurs
de S dans le méthaniseur

Figure 3 – Solutions technologiques pour diminuer la concentration de H2S dans les méthaniseurs industriels traitant des effluents
à forte teneur en sulfates [27]

■ Salinité L’effet toxique des métaux lourds est attribué à la disruption de


L’effet toxique de la salinité sur la digestion anaérobie a été la fonction enzymatique et à la formation d’une liaison covalente
amplement étudié depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, on du métal avec les thiols et autres groupes ou par le remplacement
sait que des teneurs élevées en sel vont favoriser la déshydratation des métaux dans les groupements prosthétiques des enzymes.
cellulaire des micro-organismes en raison de la pression osmotique.
Le tableau 2 dresse une liste d’inhibiteurs associés aux
Exemple : des expériences en laboratoire ont montré un effet concentrations critiques correspondantes. Ces informations
négatif sur l’activité méthanogène à partir de 1 gNaCl · L–1 et une inhi- sont indicatives et les seuils peuvent varier entre différents
bition supérieure à 90 % au-delà de 10 gNaCl · L–1 sur un réacteur trai- réacteurs.
tant de la vinasse de distillerie [18]. Ces auteurs ont néanmoins
observé une grande différence dans les seuils d’inhibition avec des
substrats simples : sur éthanol, ils ont observé un niveau d’inhibition
Les micro-organismes ont une faculté d’adaptation si le temps
similaire (90 %) de l’activité méthanogène à partir de 60 gNaCl · L–1.
leur en est laissé, mais elle n’est pas sans limite. Cela explique les
Bien que les cations des sels en solution soient toujours asso- différences de seuils d’inhibition qui peuvent être observés pour un
ciés aux anions, il a été reconnu que la toxicité des sels est majori- même composé mais dans des digesteurs différents. La présence
tairement déterminée par le cation [6]. simultanée de plusieurs composés inhibiteurs ou des conditions
particulières de salinité, pH et température ont pour conséquence
■ Métaux lourds une modification du seuil de tolérance des micro-organismes vis-à-
La présence de métaux lourds dans l’effluent peut être à l’ori- vis de la toxicité de certains composés. Dans le cas de l’azote
gine de nombreux dysfonctionnements dans les méthaniseurs ammoniacal et du H2S, la toxicité dépend essentiellement du pH et
industriels, mais l’effet réel des métaux envers les micro-orga- de la température car seules les molécules neutres non dissociées
nismes anaérobies va dépendre de divers facteurs : leur concentra- peuvent passer à travers la membrane cellulaire.
tion et spéciation, mais aussi des paramètres de fonctionnement
tels que le substrat, le pH, le potentiel d’oxydoréduction, le type et
surtout la concentration de biomasse [6]. Les métaux identifiés 2.2 Différentes technologies
comme étant les plus importants dans le suivi de méthaniseurs de méthanisation
sont : chrome, cobalt, cuivre, zinc, cadmium et nickel, en plus du
fer [16]. D’après les travaux de Lin [19] [20], les sensibilités des Les réacteurs de méthanisation d’effluents sont majoritairement
populations acidogènes et méthanogènes envers ces métaux alimentés en mode continu. Le développement de générations suc-
seraient les suivantes : cessives de réacteurs de méthanisation a porté principalement sur
le perfectionnement de la rétention de la biomasse et sur l’optimi-
sation des conditions hydrodynamiques.

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■ Contact anaérobie (figure 4b)


Tableau 2 – Liste des inhibiteurs connus
et de leurs concentrations seuils Il s’agit d’un réacteur complètement mélangé dans lequel on
pour la méthanisation réintroduit une partie de la biomasse récupérée en sortie par
décantation statique. Les charges acceptées varient entre 1 et
Modérément Fortement 6 kgDCO · m–3 · j–1 et les temps de séjour de plusieurs jours, en
Substance inhibitrice inhibitrice fonction de la composition de l’effluent (5 à 12 jours).
(mg · L–1) (mg · L–1)
Chlorure de 10 000 40 s000 ■ Réacteurs à lit de boues (figure 4c) et lagunes anaérobies
sodium (figure 4d)

Sodium 3 500 à 5 500 8 000 Il s’agit de réacteurs à flux ascendant dans lesquels la biomasse
décantable est sélectionnée naturellement en appliquant des
Potassium 2 500 à 4 500 12 000 vitesses ascensionnelles faibles, de l’ordre de 0,5 m · h–1. Ce flux
piston traverse la biomasse décantée très lentement, ce qui permet
Calcium 2 500 à 4 500 8 000 un contact prolongé entre substrat et bactéries. La rétention de la
biomasse s’effectue grâce à la décantabilité des flocs formés. Le
Magnésium 1 000 à 1 500 3 000
procédé est en fait la synthèse d’un réacteur anaérobie et d’un cla-
Azote ammoniacal 1 500 à 3 000 > 3 000 rificateur. Le procédé à lit de boues est simple et peut être appli-
qué sous forme extensive, c’est-à-dire avec de très grands
Sulfure 200 volumes de réacteur. On parle alors de lagunes anaérobies. Ces
lagunes ne sont généralement pas réchauffées par autre chose que
Cuivre 50 à 70 l’effluent alimenté. Une bâche flottante permet le maintien du sys-
Chrome (VI) 200 à 600 tème en anaérobiose et la récupération du biogaz produit. Les
boues anaérobies s’accumulent dans la lagune au fur et à mesure
Chrome (III) 180 à 420 de leur production, ce qui implique un curage régulier. L’avantage
des réacteurs à lit de boues tient à leur simplicité et au fait que la
Nickel 30 décantation soit incluse dans le réacteur anaérobie. Leur inconvé-
nient principal est leur faible performance. La lagune peut accepter
des charges entre 0,1 à 2 kgDCO · m–3 · j–1 ; les temps de séjour
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En régime stationnaire, la croissance nette de micro-organismes sont par conséquent assez élevés (plusieurs semaines en fonction
anaérobies est compensée par la dilution liée à l’introduction de de la nature de l’effluent).
l’effluent à traiter et la sortie d’effluent épuré. Ces phénomènes de
croissance et de dilution fixent la concentration de biomasse
microbienne disponible pour le traitement de l’effluent en régime 2.2.2 Réacteurs à boues granulaires
permanent. L’augmentation des charges organiques appliquées
est rendue possible par l’atténuation du facteur de dilution, c’est-à- Les réacteurs à boues granulaires (figure 5) sont basés sur la
dire par la mise en œuvre de dispositifs de rétention de la bio- capacité naturelle que présentent certains types de bactéries à
masse. Plusieurs techniques de rétention peuvent être utilisées, s’agréger pour former entre elles des granules. Le diamètre de
parmi lesquelles la décantation-recirculation, la formation de bio- ces granules varie de 1 à 5 mm. L’avantage des procédés à boues
films sur des supports, la granulation. granulaires par rapport aux réacteurs à boues libres tient en plu-
sieurs points :
Par ailleurs, l’efficacité des réactions biologiques anaérobies est
liée à l’accessibilité de la biomasse aux substrats organiques – leur forte surface spécifique permet de maximiser les
contenus dans l’effluent à traiter. Les conditions hydrodynamiques échanges bactéries/substrats organiques ;
doivent donc permettre des concentrations homogènes de pollu- – le fait que ces granules ont une répartition spatiale opti-
tion dans les réacteurs ainsi qu’une mise en contact optimisée des male des bactéries impliquées dans chacune des étapes de la
bactéries et des molécules organiques. Différentes conditions méthanisation permet l’accélération des voies métaboliques ;
hydrodynamiques peuvent être mises en place en fonction de la
technologie utilisée : recirculation, répartition, fluidisation, etc. – la densité des granules donne aux boues une bonne décan-
tabilité et permet la formation des boues concentrées.
Enfin, il est utile de rappeler que les réacteurs anaérobies
doivent être hermétiquement clos afin d’éviter l’inhibition des bac- Cependant, les réacteurs à boues granulaires présentent égale-
téries par l’air et la formation de mélanges explosifs méthane/oxy- ment certains risques :
gène.
– la dégranulation ; sous l’influence de perturbations affectant
l’alimentation du réacteur (conditions hydrodynamiques ou phy-
2.2.1 Réacteurs à biomasse libre sico-chimiques défavorables, effluents à haute teneur en lipides ou
protéines, carences nutritionnelles, présence de composés ten-
■ Réacteur complètement mélangé (figure 4a) sioactifs, etc.), il arrive que les granules se désagrègent, ce qui
peut conduire à un lessivage complet du réacteur ;
Il s’agit d’une cuve brassée dans laquelle les effluents sont mis
en contact avec la biomasse. L’alimentation peut être effectuée par – l’entraînement des boues ; les flux ascendants conjoints de
le bas (réacteur à flux ascendant ou upflow ) ou par le haut (réac- biogaz et de liquide entraînent les granules vers la sortie du réac-
teur à flux descendant ou downflow). Le brassage peut être effec- teur (exemple effluents à haute teneur en DCO), d’où la nécessité
tué par voie mécanique (une ou plusieurs hélices), par voie d’une bonne architecture intérieure du réacteur et d’un contrôle fin
pneumatique (compression et recirculation du biogaz) ou par voie des conditions hydrodynamiques afin de permettre une séparation
hydraulique (recirculation d’effluent). Étant donné l’absence de triphasique optimale et la rétention des granules dans l’enceinte
rétention de la biomasse, les charges organiques sont faibles, de du réacteur ;
l’ordre de 0,5 à 5 kgDCO · m–3 · j–1), suivant la biodégradabilité de – la minéralisation des boues ; en présence de fortes concen-
l’effluent. Cependant, le procédé présente l’avantage de sa grande trations de certains minéraux, notamment le calcium, une partie
simplicité et est particulièrement adapté dans le traitement des boues granulaires peut tendre à devenir minérale, entraînant
d’effluents fortement chargés en matières en suspension. des diminutions d’activité spécifique.

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Biogaz Biogaz

Entrée Entrée Sortie


Sortie Décanteur
liquide liquide liquide
liquide

Recyclage boues

a réacteur complètement mélangé b contact anaérobie

Biogaz

Sortie
liquide
Biogaz
Entrée Sortie
liquide liquide
Entrée
liquide Lit
de boues
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c réacteur à lit de boues d lagune anaérobie

Figure 4 – Réacteurs à biomasse libre

Séparateur Biogaz
gaz/solide

Sortie Biogaz
liquide

Liquide

Lit de boues

Entrée
Entrée liquide
liquide

a réacteur de type UASB b réacteur à recirculation interne (IC)

Figure 5 – Réacteurs à boues granulaires

■ Réacteurs UASB (Upflow Anaerobic Sludge Blanket) et modifié (ratio hauteur/diamètre plus élevé) dans lequel les gra-
EGSB (Expanded Granular Sludge Blanket) (figure 5a) nules sont fluidisés par le recyclage de l’effluent à des vitesses
ascensionnelles de liquide jusqu’à 5-6 m · h–1, conditions qui per-
Il s’agit des réacteurs les plus répandus dans le traitement des mettent des transferts massiques supérieurs à ceux observés dans
effluents industriels liquides. L’effluent est réparti de façon homo- les UASB. Les charges volumiques applicables pour les UASB et
gène en bas du réacteur et traverse un lit de boues granulaires les EGSB se situent entre 5 et 20 kgDCO · m–3 · j–1 et les temps de
(vitesse ascensionnelle de liquide : 0,7 à 1,5 m · h–1). Dans la partie séjour sont généralement inférieurs à 1 jour, selon les caractéris-
supérieure du réacteur, une cloche permet de recueillir le biogaz et tiques de l’effluent (teneur en DCO, biodégradabilité, présence
assure la rétention des granules. Le réacteur EGSB est un UASB d’inhibiteurs, etc.).

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■ Réacteurs à recirculation interne (IC Reactor) (figure 5b)


Il s’agit de réacteurs à boues granulaires présentant verticale- Biogaz
Sortie
ment plusieurs compartiments. Au fur et à mesure que l’on s’élève Biogaz liquide
dans le réacteur, la concentration en boues se fait plus faible,
jusqu’à obtenir un effluent épuré quasi dépourvu de granules en Sortie
liquide
tête de réacteur. Le procédé s’appuie sur l’effet d’entraînement du
mélange effluent/boues par le biogaz (gaz-lift). En haut du réacteur, Phase liquide
les différentes phases sont séparées et l’effluent issu d’un compar-
timent inférieur est réintroduit dans le compartiment supérieur.
Les différents compartiments correspondent aux états de l’effluent
après plusieurs séparations. Les charges et les temps de séjour Particules solides
applicables sont similaires à ceux des EGSB. (support + biofilm)
fluidisées
Entrée Entrée
2.2.3 Réacteurs à biomasse fixée liquide Recirculation
liquide
Recirculation

L’introduction dans un réacteur anaérobie d’un garnissage per-


met l’augmentation des charges volumiques appliquées par amé- a réacteur à lit fixe ascendant b réacteur à lit fluidisé ascendant
lioration de la rétention de la biomasse qui forme un biofilm sur
les matériaux supports. Ce type de système (figure 6) a l’avantage Figure 6 – Réacteurs à supports
de présenter une grande robustesse par rapport aux perturbations
d’alimentation et permet de traiter de fortes charges organiques.
Les réacteurs à supports sont, en revanche, à proscrire dans le trai-
tement de la pollution partiellement particulaire (< 70 % de DCO 3. Mise en œuvre industrielle
soluble), afin d’éviter les risques de colmatage par rétention des
matières en suspension. de la méthanisation
■ Réacteurs à lit fixe ou filtre anaérobie (figure 6a) des effluents
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Dans ce type de réacteur, un support immobile permet la fixa-


tion de la biomasse par formation d’un biofilm mais également par
rétention dans la porosité du support (piégeage). Le support peut
3.1 Dimensionnement d’une installation
être disposé de façon aléatoire (vrac) lorsque ses dimensions sont de méthanisation
de l’ordre du centimètre. C’est le cas des supports en plastique
moulés tels que le Flocor®, les anneaux Rachig® ou le Bioflow®. Il
peut être orienté, ce qui permet de ralentir le colmatage inhérent à
3.1.1 Choix de la charge appliquée
ce type de procédés, comme dans le cas du Cloisonyle®, déve- Il convient avant tout de caractériser la production de l’effluent à
loppé initialement pour les procédés aérobies (lits bactériens). Une traiter par :
recirculation doit être effectuée afin d’éviter la formation des gra-
dients de température dans le réacteur, pour favoriser le bon – sa concentration moyenne et en pointe en DCO, qui est utilisée
mélange (homogénéité) de la phase liquide dans le lit fixe. Dans le préférentiellement à la DBO pour les dimensionnements d’installa-
cas des supports vrac, des systèmes d’agitation intermittente tions anaérobies ;
peuvent être mis en œuvre afin de prévenir les risques de colma- – ses débits en moyenne et en pointe ;
tage. – sa charge organique en moyenne et en pointe ;
– sa répartition sur une journée, une semaine, une année : un
■ Réacteurs à lit fluidisé ou turbulé (figure 6b) mètre cube de digesteur coûte plus cher qu’un mètre cube de cuve
Ce type de réacteur est caractérisé par la présence d’un support de stockage. Aussi est-il souvent préférable, en termes d’investis-
granulaire de petite taille qui est mis en mouvement de façon per- sements, de niveler au mieux les volumes d’effluents produits ;
manente par une recirculation du liquide (lits fluidisés) ou du bio- – le rendement épuratoire et la qualité de rejet souhaitée en sor-
gaz (lits turbulés). Cette agitation permet notamment l’élimination tie.
par attrition du biofilm excédentaire formé et limite ainsi les limita- Le dimensionnement du volume du réacteur est effectué en divi-
tions diffusionnelles liées aux recouvrements successifs des sant la charge organique de pointe de l’effluent (avant méthanisa-
couches de biofilm. La recirculation liquide nécessite d’impor- tion mais après stockage en tête) par la charge volumique
tantes vitesses ascensionnelles (densité des supports > 1) ou des- applicable, et en multipliant ce résultat par un coefficient de
censionnelles (densité des supports < 1) et implique une forte surdimensionnement :
consommation énergétique. La recompression du biogaz permet la
mise en fluidisation par diminution de la pseudo-densité du
mélange liquide/gaz au-dessous de celle du lit de supports (3)
(densité < 1). Elle implique l’utilisation d’un compresseur adapté
au biogaz, qui est saturé en eau et est susceptible de contenir du
sulfure d’hydrogène H2S. avec V volume du réacteur à dimensionner,
COpointe (kgDCO · m–3 · j–1) charge organique pointe,
2.2.4 Récapitulatif des technologies Cva (kgDCO · m–3 · j–1) charge volumique applicable,
s coefficient de surdimensionnement, qui varie selon
Les différentes technologies présentent des avantages et des les constructeurs et le type de procédé.
inconvénients qui déterminent leur application selon le type
d’effluent et le contexte. Le tableau 3 est une synthèse des caracté- La charge volumique applicable est fonction de nombreux
ristiques de ces technologies. Une excellente synthèse de ces diffé- paramètres parmi lesquels :
rentes technologies peut également être trouvée dans [28]. – les performances de la technologie choisie (tableau 3) ;

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Tableau 3 – Récapitulatif des différentes technologies de méthanisation


Performances
(charges applicables Inconvénient
Type Nom Caractéristiques Avantage principal
exprimées en principal
kgDCO · m–3 · j–1)

Réacteur
Système d’agitation
complètement Simplicité Performances très
Boues libres mécanique ou 1à5
mélangé et contact Accepte les MES faibles
pneumatique
anaérobie

Simplicité
Lit de boues et Procédés souvent Performances très
Boues libres 0,5 à 2 Accepte les MES
lagunes anaérobies extensifs faibles
Décanteur intégré

Décantabilité des
Boues Flux ascendant Dégranulation
UASB 5 à 20 boues
granulaires Cloche de séparation Robustesse
Performances

Vitesse Décantabilité des


Boues Dégranulation
EGSB ascensionnelle 5 à 30 boues
granulaires Robustesse
élevée Performances

Empilement de
Décantabilité des
Boues plusieurs Dégranulation
IC 15 à 30 boues
granulaires compartiments de Robustesse
Performances
traitement

Performances
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Présence de supports
Simplicité modestes
Biomasse fixée Lit fixe vrac ou orienté 5 à 15
Robustesse Possibilité de
immobiles
colmatage

Complexité du
Présence de supports
Biomasse fixée Lit fluidisé 15 à 30 Performances procédé
mobiles
Instabilité

– la qualité nécessaire du rejet en sortie : plus la charge orga- Néanmoins, certaines des conditions (notamment hydrodyna-
nique appliquée est importante, moins le rendement épuratoire est miques) appliquées en réacteur industriel sont difficilement repro-
élevé ; ductibles dans les réacteurs de laboratoire (études de scale-down).
– le régime de température du méthaniseur.
Le coefficient du surdimensionnement est facteur de plusieurs 3.1.2 Choix de la température de digestion
paramètres :
– la robustesse de la technologie choisie : plus la technologie La méthanisation peut s’effectuer sur trois gammes de tempéra-
accepte les chocs de charge organique, plus le coefficient est ture.
faible ; • Le régime psychrophile correspond à des températures com-
– les moyens mis en œuvre pour le suivi du réacteur : un métha- prises entre 10 et 25 °C. Il présente l’avantage de limiter ou d’éviter
niseur peu suivi ou non automatisé doit impérativement être surdi- l’implémentation d’un système de maintien de la température
mensionné. potentiellement coûteux. Il est particulièrement adapté dans le cas
Des moyens existent pour la détermination de la charge orga- des procédés extensifs de type lagunage anaérobie. Il peut égale-
nique applicable : ment être utilisé avec d’autres procédés en prenant garde de dimi-
– des études en laboratoire ; un réacteur de laboratoire de nuer la charge organique appliquée de 50 % tous les 10 °C perdus
quelques litres est alimenté avec l’effluent réel considéré. Une par rapport au régime mésophile (35 °C). Ainsi, on considère qu’un
montée en charge est réalisée en suivant le rendement épuratoire réacteur fonctionnant à 25 °C peut tolérer une charge organique
et une courbe, qui représente le rendement épuratoire en fonction appliquée deux fois plus faible qu’un réacteur fonctionnant à 35 °C.
de la charge appliquée, est tracée ; • Le régime mésophile correspond à la gamme de température
– des études au stade pilote ; un réacteur de quelques dizaines la plus couramment utilisée, comprise entre 35 et 40 °C. Les popu-
ou centaines de litres est installé sur site industriel ou en labora- lations bactériennes correspondantes présentent de très bonnes
toire mais alimenté avec l’effluent réel. Une montée en charge est cinétiques de dégradation et les espèces vivant à ces températures
réalisée en suivant le rendement épuratoire et une courbe, qui sont nombreuses, impliquant une biodiversité importante et une
représente le rendement épuratoire en fonction de la charge, est bonne robustesse de l’écosystème.
tracée. • Le régime thermophile correspond à des températures de
De nombreux exemples peuvent être trouvés dans la littérature. l’ordre de 55 °C. Ces températures permettent, dans certains cas,
de favoriser l’hydrolyse des matières en suspension et peuvent
Exemple, l’étude de Ganesh et al. [11] qui compare le rendement permettre une élimination rapide des pathogènes. Le régime ther-
en épuration de vinasse de distillerie obtenu en lit fixe avec différents mophile est ainsi avantageusement utilisé pour les effluents
types de garnissage. chauds, ou chargés en MES thermolysables, ou nécessitant une

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hygiénisation. Néanmoins, les températures thermophiles ne per- 3.1.5 Production de boues


mettent pas d’éliminer tous les pathogènes et, selon le règlement
européen n° 1069/2009 qui abroge le n° 1774/2002), ce régime La production de boues des réacteurs anaérobies est faible par
intervient en tant que prétraitement et doit être suivi par des traite- rapport à celle des réacteurs aérobies, étant donné les vitesses de
ments en autoclave pour les déchets dits à risques ou par une pas- croissance relativement lentes des espèces concernées. On consi-
teurisation pour les autres sous-produits [9]. Ce régime possède dère généralement que la masse de boues en excès correspond à
par ailleurs l’inconvénient d’être moins robuste face aux composés 0,05 à 0,15 kg de MS (matière sèche) par kg de DCO abattue, en
inhibiteurs. fonction des caractéristiques de l’effluent. En régime stationnaire,
les boues en excès peuvent soit décanter à l’intérieur du réacteur
(réacteurs à boues granulaires, lit de boues, etc.), soit sortir en par-
3.1.3 Complémentation des effluents carencés tie conjointement à l’effluent soutiré, d’où la nécessité d’un décan-
teur externe dans les réacteurs de type contact anaérobie.
Comme pour toute espèce vivante, le métabolisme des micro-
organismes anaérobies nécessite un apport exogène de carbone, Les boues en excès peuvent être traitées par :
d’azote et de phosphore. On considère que le rapport optimal – épandage sans chaulage ni déshydratation (caves vinicoles,
DCO/N/P est de 400/7/1 pour la biomasse anaérobie, avec une tolé- par exemple) ;
rance jusqu’à 1 000/7/1. Pour des valeurs supérieures, le ratio car-
bone/azote/phosphore est déséquilibré et l’effluent est carencé. Un – déshydratation avant épandage par filtre-bande, centrifugation,
effluent carencé ne permet pas un développement et un renouvel- ou plus rarement séchage thermique. Parfois, les boues sont
lement optimal des micro-organismes impliqués. Un effluent dura- ensuite envoyées sur des plateformes de compostage [9].
blement carencé se traduit par une instabilité du réacteur et une
chute du rendement épuratoire. La complémentation des effluents
carencés peut s’effectuer, par exemple, par ajout d’azote sous 3.2 Contrôle automatique
forme d’urée ou bien de phosphore et d’azote sous forme de phos- d’une installation de méthanisation
phate d’ammonium.
La croissance bactérienne nécessite également la présence de La mise en place d’un système de supervision impliquant le
certains oligoéléments, notamment si l’effluent est de nature syn- contrôle et l’optimisation du procédé est très souvent utile, voire
thétique. Les principaux éléments traces nécessaires pour la nécessaire lorsque les temps de séjour dans les installations sont
méthanisation sont le fer, le nickel et le cobalt et dans une moindre courts et inférieurs à la journée [25]. Cela passe par le déploiement
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proportion zinc, magnésium, tungstène, molybdène, bore et sélé- de capteurs dont les principaux sont :
nium. La présence de ces éléments traces (ou l’ajout) dans – la mesure de température permettant sa régulation afin de
l’effluent ne garantit pas leur biodisponibilité (part d’un nutriment garantir le maintien des gammes d’opération optimales ;
pouvant être absorbée et assimilée par les organismes vivants)
pour les micro-organismes ; ils peuvent se trouver sous forme de – la mesure du pH permettant sa régulation pour par exemple
précipités ou de chélates [26]. contrer les effets de l’accumulation d’AGV liés à des surcharges
organiques.
Il est à noter que la mesure et le suivi de la quantité de base
3.1.4 Stabilisation du pH ajoutée pour éviter les chutes de pH – de même que celle de la
température du réchauffeur pour réguler la température du diges-
Les réactions de méthanisation tendent à acidifier naturellement teur – donnent une très bonne indication de l’activité de l’écosys-
le milieu. Cela est dû à la présence d’acides gras volatils (AGV) tème bactérien et fournit des indications tout à fait pertinentes
comme intermédiaires des réactions de fermentation anaérobie. quant à la détection de variations des performances des installa-
L’accumulation des AGV, pouvant résulter d’une surcharge orga- tions.
nique ou d’inhibitions des espèces méthanogènes, peut impliquer
l’acidification et l’arrêt du réacteur. Pour éviter cela, les accumula- Bien évidemment, la mesure du biogaz produit (directement ou
tions doivent être évitées et le pH stabilisé. Cela peut être effectué : indirectement via la puissance délivrée par le système de cogéné-
ration) est également une indication fort utile qui renseigne sur
– en réduisant la charge organique appliquée ; l’état du digesteur. Combinée à la mesure du pourcentage de
– en maintenant un haut niveau d’alcalinité dans le réacteur. En méthane dans le biogaz produit, elle renseigne précisément sur le
effet, la présence des espèces dans le milieu réaction- niveau épuratoire du procédé, sous réserve que les variations de la
nel augmente sa capacité tampon. Elle permet la stabilisation du quantité et qualité des substrats introduits en entrée ne varient pas
pH et le maintien des AGV sous forme ionique (acétate, propio- de manière importante.
nate, butyrate, etc.) assimilable par les espèces méthanogènes. Le
Une information complémentaire est la mesure de la teneur en
maintien de l’alcalinité est réalisé naturellement si l’effluent pos-
hydrogène dans le biogaz. En effet, l’hydrogène est un intermé-
sède un TAC (titre alcalimétrique complet) suffisant ou, artificielle-
diaire réactionnel qui, lorsqu’il s’accumule, traduit de manière pré-
ment, par ajout de carbonates dans le réacteur. Dans ce dernier
coce une déstabilisation du fonctionnement du digesteur liée à des
cas, il est important d’éviter la formation de précipités liés à l’ajout
perturbations comme la présence de composés toxiques ou une
de cations dans le réacteur (exemple : Ca2+ pour CaCO3). Le ratio
surcharge organique [21].
AGV/TAC est un bon indicateur de la stabilité du digesteur :
Il existe par ailleurs des développements récents de capteurs en
• < 0,2 : sous-régime, ligne comme les mesures de l’alcalinité et des AGV par
• > 0,4 : surrégime ; titration [24] ou par spectrométrie infrarouge [17] ou fluorescence
3D [15] qui fournissent des renseignements autorisant la com-
– en corrigeant artificiellement le pH dans le réacteur par ajout mande en temps réel des digesteurs. Une revue exhaustive de ces
d’une base forte concentrée, de type lessive de soude, lorsque le approches peut être trouvée dans la revue de Jiménez et al. [15]
pH descend au-dessous d’une valeur critique (exemple : pH infé- avec des développements méthodologiques tout à fait innovants
rieur à 6,5). Le volume journalier de soude à ajouter peut être quant aux systèmes de contrôle/commande permettant l’ajuste-
déterminé de façon expérimentale sur pilote ou réacteur de labora- ment de la production de biogaz à la demande, l’optimisation de la
toire, ou en extrapolant les résultats d’installations traitant le charge organique appliquée et/ou la réduction de consommation
même type d’effluent à la même charge. des réactifs (soude, nutriments).

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3.3 Production et valorisation du biogaz 3.3.3 Valorisation du biogaz


Le biogaz peut être utilisé selon plusieurs modes de valorisation.
On distingue quatre types de filières :
3.3.1 Potentiel méthane BMP (biochemical
methane potential) – thermique en chaudière ;
– électrique et thermique par turbine à vapeur ou moteur de
cogénération ;
– biocarburant ;
Le potentiel méthane est le volume de méthane produit – injection dans le réseau de distribution de gaz.
lors de la dégradation d’un substrat, rapporté à la quantité de La saturation en eau du biogaz ainsi que la présence de CO2 et
substrat initialement introduit, exprimé dans les conditions nor- de H2S éventuel sont susceptibles de rendre le biogaz très corrosif.
males de température et de pression CNTP (0 °C, 1 013 hPa). Le transport du biogaz s’effectue généralement par des canalisa-
tions en polyéthylène haute densité ou en acier inoxydable 316. En
amont de sa valorisation, le biogaz doit a minima inclure une étape
La mesure du potentiel méthane permet de connaître la quantité de condensation de la vapeur d’eau. La désulfurisation du biogaz
maximale de méthane, donc d’énergie, susceptible d’être obtenue par ajout d’oxygène ou passage sur limaille de fer est également
à partir de la dégradation d’un gramme de DCO d’un substrat une étape courante d’épuration.
donné. La biodégradabilité d’un effluent peut être estimée à partir Pour des valorisations plus poussées, de type biocarburant ou
de la production de méthane obtenue à la fin du test, comparée à injection dans un réseau de distribution du gaz, une épuration plus
la production théorique. La quantité théorique de méthane produit importante est nécessaire afin de rendre la composition du biogaz
à partir d’un gramme de DCO est de 350 NmL, si le substrat est proche de celle du gaz naturel.
totalement consommé.

Le principe de ce test repose sur le protocole standardisé de la La désulfurisation du biogaz par ajout d’oxygène
norme ISO 11734. La méthode est basée sur la mesure de la pro- nécessite un contrôle permanent de la concentration en oxy-
duction de méthane par un réacteur fermé dans lequel sont mises gène et de la surpression, le mélange air-biogaz pouvant être
en contact une quantité connue de l’échantillon à tester et une explosif, selon sa teneur en méthane [3]. Dans les digesteurs
quantité connue de micro-organismes anaérobies dans des condi- en acier et en absence de protection contre la rouille, il existe
tions physicochimiques favorables pour la dégradation dudit aussi un risque d’oxydation au niveau de l’interface liquide/
échantillon.
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solide. Pour l’aspect risques des installations de méthanisa-


tion, voir les sites de l’INRS et de l’INERIS.

3.3.2 Propriétés du biogaz


La chaleur de combustion du biogaz peut servir pour la produc-
tion d’eau chaude, de vapeur à moyenne ou haute pression, ou
Le biogaz est principalement constitué de méthane combustible
bien dans des fours de procédés. La pression nécessaire pour l’ali-
et de gaz carbonique inerte. D’autres gaz peuvent venir s’ajouter
mentation des appareils au gaz est généralement faible : 20 à
de façon minoritaire dans la composition du biogaz : H2 , N2 , H2S.
100 mbar. D’une manière générale, les valorisations thermiques
La teneur de ces gaz dépend étroitement du substrat à méthaniser
en fours ou chaudières nécessitent des débouchés de proximité : il
(tableau 4).
peut s’agir de consommateurs externes au site de production
Le pouvoir calorifique d’un combustible est la quantité de cha- (industries, réseau de chaleur...) ou d’usages internes. Sur les sta-
leur dégagée par la combustion complète de l’unité de quantité de tions d’épuration, une partie du biogaz produit est ainsi en général
combustible. Le PCI est le pouvoir calorifique inférieur lorsque utilisé pour maintenir le digesteur à la température de fermenta-
l’eau produite par cette combustion reste à l’état de vapeur. Le PCI tion (37 ou 55 °C). Cette consommation interne du procédé repré-
du biogaz dépend de sa composition en méthane (PCI du méthane sente environ 15 à 30 % de la production.
à 15 °C à pression atmosphérique : 9,42 kWh · m–3). Le biogaz peut alimenter un moteur à gaz (ou une turbine),
qui produit de l’électricité. Lorsque l’électricité est produite seule,
celle-ci est le plus souvent exportée via le réseau public. La cogé-
Exemple nération produit de l’électricité et de la chaleur. La chaleur peut
Calcul du PCI du biogaz en fonction de la teneur en méthane être utilisée pour le chauffage des digesteurs et le reste peut servir
(70 %) : à tout autre usage : séchage du digestat, séchage de foin, produc-
tion d’eau chaude, alimentation d’un chauffage domestique... Dans
le cas de la solution « moteur à biogaz », une désulfurisation et
une déshydratation sont en principe nécessaires, dont les perfor-
mances dépendent des spécifications des motoristes. Dans le cas
Tableau 4 – Composition moyenne du biogaz de la solution turbine à vapeur, on peut se contenter d’un traite-
ment par simple filtre dévésiculeur à l’entrée du surpresseur, de
Proportion (volume) façon à enlever les particules solides ou liquides en suspension
Nature du gaz dans le biogaz. La chaudière est munie de tubes de fumée dont le
(%)
matériau pourra résister aux fumées de biogaz, éventuellement à
Méthane (CH4) 50 à 80 forte teneur en dioxyde de souffre, chlorures ou fluorures.
Dioxyde de carbone (CO2) 20 à 40 Assez répandue en Suède, la valorisation du biogaz sous forme
de carburant automobile après épuration poussée ne fait l’objet
Dihydrogène (H2) 1à3 en France que de quelques installations pilotes en cours
d’optimisation : Lille, Sonzay (près de Tours), Chambéry. Elle est
Diazote (N2) 0,5 à 2 destinée, pour l’instant, à l’alimentation des flottes captives de
Sulfure d’hydrogène (H2S) 0 à 0,5 véhicules des collectivités locales : collecte des ordures ména-
gères, transport en commun ; son intérêt est à la fois économique
La teneur en H2S peut être plus élevée (jusqu’à 5 % en volume) dans le et environnemental, compte tenu de la qualité des rejets des
cas des effluents chargés en sulfate. moteurs à gaz.

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Lorsqu’une unité de méthanisation se trouve à proximité d’une 3.5 Intégration dans une filière
canalisation de gaz naturel, l’injection du biométhane dans le
réseau de gaz naturel est autorisée depuis 2011 moyennant un
de traitement
certain nombre de traitements physico-chimiques. La composition
finale du biogaz injectable ainsi que sa pression dépendent des Le méthaniseur est souvent le point central de la filière de traite-
spécifications imposées par le gestionnaire du réseau. Ces der- ment d’effluents industriels car il permet d’éliminer la majeure par-
nières portent principalement sur les teneurs en méthane, en gaz tie de la charge organique polluante (DCO) à moindre coût par
carbonique, en sulfure d’hydrogène et en oxygène, avec des rapport à un traitement aérobie. Néanmoins, il ne permet pas
contraintes supplémentaires sur la teneur en composés organo- d’obtenir le même niveau d’épuration que le traitement aérobie.
halogénés. Le gaz injecté doit, en outre, être odorisé avant l’injec- Ainsi, l’étape de méthanisation est généralement suivie d’un post-
tion. Comme la transformation en carburant, l’injection dans le traitement aérobie pour atteindre une élimination maximale de la
réseau présente l’avantage d’être une valorisation totale, qui n’est DCO biodégradable afin de produire un effluent avec la DCO
affectée par aucun rendement de combustion. La chaîne de prépa- ultime la plus faible possible et une élimination de l’azote et du
ration et les canalisations de raccordement représentent néan- phosphore compatible avec les normes de rejet au milieu naturel.
moins un investissement très lourd et il est admis que l’opération Dans le cas des effluents possédant une fraction de DCO peu ou
ne peut trouver de rentabilité qu’à partir d’un débit de biogaz brut pas biodégradable (aussi appelée DCO dure ou récalcitrante), un
d’environ 1 000 m3 · h–1. À l’étranger, l’injection dans le réseau est traitement tertiaire physico-chimique peut être nécessaire pour
courante dans certains pays comme le Danemark, les Pays-Bas et atteindre les normes de rejet [G 1 310].
la Nouvelle-Zélande. D’une façon générale, le traitement anaérobie est appliqué en
complément d’autres traitements (pré- ou post-traitements). Une
Exemple : la décharge de Tilburg, aux Pays-Bas, injecte filière de traitement d’effluents industriels « type » comprend les
1 000 m3 · h–1 de biogaz dans le réseau de gaz de la ville. étapes suivantes :
– les prétraitements : séparation, décantation, correction pH/tem-
pérature, etc. ;
3.4 Coût d’investissement – l’unité de méthanisation ;
et de fonctionnement – les post-traitements (ou traitements de finition) : phase aérobie
et clarification ; éventuellement : dénitrification, traitement de la
Le coût d’investissement pour une solution de traitement des DCO dure, etc. ;
effluents par méthanisation dépend : – la gestion et le traitement de boues ;
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– des contraintes sur les valeurs de rejets de l’effluent traité – la valorisation du biogaz.
(convention de rejet, milieu naturel) ;
– de la nature des effluents ;
– de la quantité de DCO à traiter ;
– de la technologie utilisée ; 4. Exemples industriels
– du contexte géographique et industriel.
Les investissements dans une installation de méthanisation des
effluents se composent généralement des postes suivants : cuve- 4.1 Digesteur infiniment mélangé
rie, tuyauterie, pompes et compresseurs, installations électriques
et automatismes, valorisation du biogaz, génie civil, ingénierie et
études. Revico, Site de Saint-Laurent de Cognac
L’exploitation d’une installation de méthanisation génère les Sources : ATEE Club Biogaz et Revico
postes de coûts suivants : réactifs (soude, nutriments), consomma-
tion électrique, remplacement des équipements d’usure, filière
boues, maintenance des équipements de valorisation du biogaz, Le site de Saint-Laurent de Cognac possède un des plus
temps de suivi. gros et plus anciens méthaniseurs industriels en France. Les
vinasses de distillerie constituant une importante source de pollu-
Les ordres de grandeur de coûts communément admis sont les tion organique, dès 1984 une filière de traitement anaérobie a été
suivants : mise en place afin de traiter les vinasses issues des distilleries du
– de 1 000 à 5 000 € de coûts d’investissement par tonne de DCO vignoble de Cognac (environ 1 400).
annuellement rejetée ; Cette installation, constituée au départ de 2 méthaniseurs infini-
– de 200 à 1 000 € de coûts d’exploitation par tonne de DCO ment mélangés à circulation downflow (constructeur : SGN, Saint
annuellement rejetée. Gobain Technologies Nouvelles), a par la suite vu sa capacité aug-
Les revenus d’exploitation potentiels sont liés à la valorisation menter avec la construction de 2 autres méthaniseurs en 1990.
du biogaz produit par l’installation. La description technique de l’installation (figure 7) est la sui-
vante.
Exemple d’une première estimation de ces revenus
Réception, stockage des effluents : les vinasses, collectées
On utilise les ordres de grandeur suivants : par des camions-citernes dans les distilleries des environs de
– 0,35 Nm3 de méthane par kilogramme de DCO traitée par Cognac (90 % sont situées à moins de 40 km du site), sont stockées
l’installation ; sur site. Volume de vinasses traité : 400 000 m3/an.
– 10,2 kWh d’énergie gaz par Nm3 de méthane obtenu ; Prétraitement : après sédimentation, les vinasses sont concen-
– pour chaque kWh d’énergie gaz obtenu, on compte 0,35 kWh trées par CMV (compression mécanique de vapeur) avec obtention
électrique et 0,5 kWh thermique. de 2 fractions : le condensat (essentiellement de l’eau) qui est
On peut ainsi calculer le nombre de mégawattheures électriques et traité dans une lagune aérée de traitement aérobie et le concentrat
thermiques annuellement obtenus et, pour estimer les revenus qui contient l’essentiel de la charge organique. Ces vinasses
d’exploitation, on compte de 150 à 225 €/MWh électrique obtenu concentrées sont envoyées vers les méthaniseurs, après récupéra-
(tarif du 13 décembre 2016) et on valorise l’énergie thermique issue tion de l’acide tartrique qu’elles contiennent (par précipitation au
du biogaz au coût du combustible auquel elle se substitue. carbonate de calcium).

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Vinasses

Sédimentation

Bourbes Surnageant

Fonctionnement
évapo-concentrateurs

Concentration

Maintien température 37 °C
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Méthanisation

Chaleur/Vapeur
Traitement Biogaz
aérobie

Décantation
Production Production
de vapeur d’électricité
et de chaleur

Fonctionnement Chauffage
colonnes à distiller serres
Lagunage

Boues Rejet dans Serres


Distillerie
déshydratées le milieu naturel ville de Cognac

Figure 7 – Filière de traitement et valorisation Revico des vinasses e distillerie du vignoble de Cognac (www.revico.fr)

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Digestion anaérobie : les vinasses alimentent quatre méthani- • 7 200 MWhth/an via la cogénération,
seurs mésophiles (37 °C) de type infiniment mélangé à recircula- • 6 300 MWhth/an via la chaufferie ;
tion downflow. Le temps de séjour est de 3 à 4 semaines.
Paramètres de fonctionnement et performances : – 5 300 MWhel/an d’énergie électrique via la cogénération.
– débit moyen de l’effluent : 600 m3 · j–1 ; Consommation d’électricité et chaleur :
– charge de la DCO en entrée : 60 kgDCO · m–3, soit entre 30 000 – 600 MWhth/an de vapeur pour la distillation ;
et 40 000 kgDCO · j–1 ; – 12 500 MWhth/an de chaleur consommée sur le site dont :
– charge volumique appliquée (kgDCO · m–3 · j–1) : 2 kgO2 · m–3 · j– • 500 MWhth/an chauffage des serres de la ville de Cognac et
1) ;
des bureaux,
– taux d’abattement de la DCO aux alentours de 95 % ;
– production de biogaz : 4,4 Mm3/an. • 3 000 MWhth/an maintien de la température des méthani-
seurs,
Problèmes rencontrés : deux des quatre méthaniseurs ont été
équipés de supports de colonisation. Ces éléments se sont colma- • 3 800 MWhth/an préchauffage des systèmes d’évaporation,
tés rapidement et l’ensemble des réacteurs ont été transformés en • 4 700 MWhth/an chauffage des systèmes d’évaporation,
réacteurs infiniment mélangés. • 500 MWth/an chauffage de la bâche alimentaire.
Post-traitements de l’effluent : après traitement anaérobie, Investissement global : l’ensemble des installations a été éva-
les effluents subissent un traitement aérobie par boues activées, lué à environ 30 M€ en 2010 (partie méthanisation estimée à
suivi d’une décantation puis d’un lagunage. Le rendement épura- 9,3 M€) ; la valeur de la cogénération est estimée à 2,0 M€ car une
toire global du site est voisin de 99 % concernant le paramètre cinquième turbine a été rajoutée depuis la création de la plate-
DCO. forme d’investissements pour l’unité de cogénération.
Traitement des boues : les boues issues de la méthanisation Subventions : le site a bénéficié de nombreuses aides depuis
et du traitement aérobie (production 1 200 à 1 500 t de MS/an) sont sa création en 1970. Parmi les institutions qui ont contribué à aider
séparées de l’eau par décantation puis par centrifugation. Ces le site à se développer :
boues déshydratées sont expédiées en centre d’enfouissement.
– l’Agence de l’eau Adour Garonne ;
Valorisation du biogaz : environ 65 % du biogaz est valorisé – le Fonds régional pour l’excellence environnementale Poitou-
au moyen d’un outil de cogénération pour produire de l’électricité. Charentes ;
En amont de cette cogénération, le biogaz subit différents traite- – l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
ments. Une tour de lavage à la soude permet l’élimination de l’H2S ADEME ;
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et de déshydrater de gaz par condensation. Enfin, une cuve mobile – le Fonds européen de développement régional FEDER.
contenant du charbon actif permet d’affiner le traitement et d’assu-
rer l’élimination de la quasi-totalité des polluants. Le biogaz est Le chiffre d’affaires lié à la vente de l’électricité est d’environ
ensuite compressé puis valorisé au moyen de 5 microturbines 400 000 €.
Capstone® de 200 kW chacune (figure 8). L’électricité produite est
entièrement revendue à EDF. Le rendement de conversion énergie
primaire/électricité est de 33 %. La combustion permet également 4.2 Digesteur UASB
de produire de l’énergie thermique avec un rendement de conver-
sion énergie primaire/chaleur de 45 % (figure 9). Cette chaleur est
envoyée sur le réseau « eau chaude » du site. Elle sert à chauffer Coopérative fromagère les bergers du Larzac.
les locaux, des serres et les quatre digesteurs. Le reste du biogaz Sources : ATEE Club Biogaz, Valbio et Coopérative froma-
produit (35 %) est exploité sur les générateurs de vapeur du site. Il gère les bergers du Larzac.
est brûlé au niveau de la chaufferie, permettant ainsi la production
de la vapeur nécessaire, entre autres, au fonctionnement des
concentrateurs CMV et des colonnes à distiller. La coopérative des Bergers du LARZAC est spécialisée dans la
fabrication de fromages à partir de lait de brebis collecté auprès de
Production d’électricité et chaleur : production de biogaz de 23 fermes. Elle produit des effluents industriels issus de ses
23 500 MWh convertie en : activités : 3 500 m3/an de sérum + 7 500 m3/an d’eaux blanches, qui
– 13 500 MWhth/an d’énergie thermique : sont traités sur une installation de méthanisation METHACORE®

Biogaz
300 mbar
440 m3/h

Électricité
Séchage Filtre à charbon + Compresseurs Micro-turbines
Tour de lavage du Biogaz Filtre à particules 6 bar Capstone*

Eau chaude

Cogénération

Figure 8 – Traitement du biogaz, site de Saint-Laurent de Cognac (www.revico.fr)

J 3 943v2 – 16 Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés

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___________________________________________________________________________ TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES

Biogaz

23 500 MW · h/an

Gaz
naturel
Chaufferie Cogénération

28 % soit 6 500 MW · h/an 63 % soit 14 800 MW · h/an

Rendement conversion Rendement conversion Rendement conversion


Énergie Primaires → Énergie Primaire → Énergie Primaire →
Vapeur = 90 % Chaleur = 45 % Électricité = 45 %

Vapeur 5 800 MW · h/an


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Production Production Production


580 MW · h th/an
chaleur chaleur électrique

6 300 MW · h th/an 7 200 MW · h th/an 5 300 MW · h th/an

Usages de la chaleur sur le site ……………………………………… 12 500 MW · h th/an


dont :
Chauffage des serres de la ville de Cognac et des bureaux 500 MW · h th/an
Maintien de la température des méthaniseurs ……………… 3 000 MW · h th/an
Préchauffage des systèmes d’évaporation ……………………… 3 800 MW · h th/an
Évapo-concentrateur vapeur ……………………………………… 4 200 MW · h th/an
Chauffage bâche alimentaire ……………………………………… 500 MW · h th/an

Figure 9 – Gestion des énergies, site de Saint-Laurent de Cognac (www.revico.fr)

Valbio depuis janvier 2010. Avant la mise en service de la méthani- Digestion anaérobie : deux digesteurs UASB mésophile de
sation, les eaux blanches étaient rejetées dans le réseau communal technologie VALBIO METHACORE® (figure 10) de 4,3 m de diamètre
des eaux usées et le lactosérum était épandu sur les terres des et 9,5 m hauteur, pour un volume unitaire de 135 m3 sont alimentés
adhérents proches de la coopérative (ces pratiques se sont progres- en continu. Production de boues anaérobies : 250 t/an à 10 %.
sivement heurtées à des interdictions). Lors de l’extension de ses Post-traitements de l’effluent : l’effluent prétraité par métha-
ateliers en 2010, la coopérative a fait le choix de valoriser ses nisation est ensuite envoyé sur un traitement aérobie de finition,
effluents in situ, dans une unité de méthanisation, pour pérenniser dans un bassin aéré de type SBR.
son activité.
Traitement des boues : les boues aérobies issues du bassin
La description technique de l’installation est la suivante. aéré sont extraites vers le silo à boues, afin de les épaissir avant
Réception, stockage des effluents : les effluents sont stoc- envoi sur l’unité de déshydratation par filtre à bandes. Représen-
kés dans un bassin tampon puis envoyés par l’intermédiaire de tant 180 t par an à 15 %, les boues déshydratées sont stockées
deux pompes immergées vers l'aéroflottateur. dans des bennes agricoles de 20 m3, avant d'être épandues dans
Prétraitements : l’aéroflottation est un traitement physique les champs.
permettant de faire remonter les matières grasses contenues dans Valorisation du biogaz : le biogaz est brûlé dans une chau-
les effluents grâce à l’injection de microbulles d’air. Les boues dière Weishaupt de 135 kW (fonctionnant en moyenne 6 h/j), pro-
ainsi formées sont raclées en surface grâce à trois racles, et sont duisant de l’eau chaude utilisée pour le chauffage des digesteurs
collectées dans un réservoir où une pompe les envoie vers le silo à et pour satisfaire les besoins thermiques du site, ce qui permet de
graisses. L’effluent dégraissé est évacué gravitairement vers la faire une économie d’énergie pour l’eau chaude sur la fromagerie
cuve de reprise. de 50 à 70 %. Énergie thermique produite : 2 300 kWh/j.

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TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES __________________________________________________________________________

Biogaz Réseau
eau chaude

Effluent
Torchère
épuré
Biogaz
Chaudière

Soude
Méthaniseur
Nutriment

2
Séparateur Effluent
triphasique
Égout

Pompe Vanne

Échangeur Débitmètre

Condenseur d’eau Pressostat

Figure 11 – Digesteur à lit fixe


Effluent
entrant
Valorisation du biogaz : le biogaz est brûlé dans une chau-
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dière de 25 kWth pour la fourniture d’eau chaude à l’usine via un


L’effluent prétraité est dirigé à débit régulé vers le réacteur et dispersé réseau de chaleur de 50 m.
à l’intérieur de celui-ci.
L’hydraulique interne associée au séparateur triphasique, retient dans
le réacteur les boues granulaires.
En sortie, on obtient deux flux distincts : les effluents traités et le biogaz
produit.
5. Conclusion
Figure 10 – Digesteur METHACORE® (Valbio.com) La loi relative à la Transition énergétique pour la croissance
Verte (LTECV) promulguée en 2015 fixe un objectif national ambi-
tieux de 10 % de gaz renouvelable dans les consommations à
4.3 Digesteur à lit fixe l’horizon 2030. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)
qui découle de cette loi, précise par exemple, à travers le décret du
27 octobre 2016, des objectifs de production pour l’injection de
biométhane de 1,7 TWh/an en 2018 et de 8 TWh/an en 2023. Ces
NP PHARM exemples soulignent la très forte dynamique de croissance qui
Source : http://naskeo.com entoure la méthanisation dont l’application aux effluents des
industries agroalimentaires devrait bénéficier d’une croissance
importante dans les années à venir.
La société Naskeo Environnement a réalisé la station de traite- Au niveau européen, la directive EU d’avril 2009 sur la promo-
ment des effluents de la société NP PHARM, en exploitation depuis tion des énergies renouvelables (EnR), fixe l’objectif de 20 % d’EnR
2007. NP PHARM est spécialisé dans la production de formes dans la consommation énergique totale européenne à l’horizon
sèches en microgranules, utilisées comme excipient par l’industrie 2020 et le biogaz fait partie des sources d’énergie renouvelable qui
pharmaceutique. Les microgranules sont produits à partir de sucre, peuvent contribuer à atteindre cet objectif.
de sirop de saccharose et d’amidon de maïs. Le nettoyage des
machines et des sols du site NP PHARM génère des effluents vis-
queux fortement chargés en polymères de sucre. Le réacteur de
méthanisation permet la dépollution de cet effluent. 6. Glossaire
La description technique de l’installation est la suivante.
Réception, stockage des effluents : 1 000 t d’effluents char- Demande chimique en oxygène (DCO) ; chemical oxygen
gés en sucre par an. demand (COD)
Quantité d’O2 nécessaire pour oxyder les substances organiques
Digestion anaérobie : lit fixe. Le schéma de l’installation est
et minérales (en présence d’un oxydant fort) présentes dans
donné en figure 11.
l’effluent. Elle s’exprime en mgO2 · L–1.
Les performances du digesteur sont :
Demande biochimique en oxygène (DBO) ; biochemical oxy-
– débit moyen de l’effluent : 3,5 m3 · j–1 ; gen demand (BOD)
– charge de la DCO entrée : 50 kgDCO · m–3 soit entre 100 et Quantité d’O2 nécessaire pour oxyder par voie biologique les
250 kgDCO · j–1 ; matières organiques biodégradables. Elle s’exprime en mgO2 · L–1
– réduction de la DCO > 90 %. et est mesurée à 20 °C et à l’obscurité. En France on parle de DBO5

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___________________________________________________________________________ TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES

car l’analyse standard est réalisée sur 5 jours. Pour être complète, Biogaz ; biogaz
l’analyse demande environ trois semaines à 20 °C. On obtient alors
la DBO ultime ou DBO21. Gaz résultant du processus de dégradation biologique des
matières organiques en absence d'oxygène (méthanisation). Le
Azote nitrique (N-NO3) ; nitrate biogaz issu de la méthanisation est un mélange inflammable qui
peut contenir, en plus du CH4 (50 %-70 % en volume) et du CO2
Azote dû aux nitrates (N-NO3 = NO3 × 0,22). (25 %-45 % en volume), des quantités variables de vapeur d’eau,
de H2S et de traces d’H2 et d’autres composés minoritaires. Valo-
Réduction dissimilatrice ; dissimilatory reduction risé, le biogaz est une source d’énergie renouvelable dans la
Réduction d’un composé inorganique sans incorporation dans la mesure où il est issu de matières organiques d’origine végétale ou
matière organique, par son utilisation comme accepteur final animale, dont les cycles de renouvellement sont courts.
d’électrons (oxydant à la place de l’oxygène) dans une respiration
anaérobie [23]. Potentiel méthane ; methane potential

Digestion anaérobie ; anaerobic digestion Volume de méthane produit lors de la dégradation d’un substrat,
rapporté à la quantité de substrat initialement introduit, exprimé
Processus biologique de transformation de la matière organique, dans les conditions normales de température et de pression
sous forme soluble ou solide, conduisant à la formation de biogaz, (CNTP : 0 °C, 1 013 hPa). La mesure du potentiel méthane permet
mélange gazeux composé principalement de méthane (CH4) et de de connaître la quantité maximale de méthane, donc d’énergie,
dioxyde de carbone (CO2). Elle est réalisée en absence d’oxygène susceptible d’être obtenue à partir de la dégradation d’un gramme
par une communauté microbienne diverse dans des écosystèmes de DCO d’un substrat donné. La quantité théorique de méthane
naturels variés : les sédiments marins et d’eau douce, les tractus produit à partir d’un gramme de DCO est de 350 NmL, si le subs-
digestifs d’animaux, les décharges, les sols, etc. trat est totalement consommé.
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P
O
U
Traitement anaérobie des effluents R
industriels liquides
E
par Diana GARCIA-BERNET
Ingénieur de recherche
Laboratoire de biotechnologie de l’environnement INRA, Narbonne, France
N
Jean-Philippe STEYER
Directeur de recherche
Laboratoire de biotechnologie de l’environnement INRA, Narbonne, France S
et Nicolas BERNET
Directeur de recherche
Laboratoire de biotechnologie de l’environnement INRA, Narbonne, France
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P TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES __________________________________________________________________________


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Documents techniques
O Fiches exemples de sites de méthanisation du Club BIOGAZ Fiche technique Méthanisation ADEME
http://atee.fr/biogaz https://www.ademe.fr
I Technologies du traitement des effluents par méthanisation, par René
Moletta
Exemples de réalisations constructeur Valbio
http://www.valbio.com
http://www.moletta-methanisation.fr
R Memento Degremont® de Suez
https://www.suezwaterhandbook.fr
Exemples de réalisations constructeur Waterleau
http://www.waterleau.com
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Quelques thèses récentes


P CHARNIER (C.) – Caractérisation rapide de la matière organique, instrumen- HABOUZIT (F.) – Rôle des matériaux-supports sur la mise en place du

L tation et modélisation pour la prédiction des performances des procédés


de digestion anaérobie. Thèse de doctorat, Université de Montpellier
(2016).
biofilm : application au démarrage d’un procédé de méthanisation. Thèse
de doctorat, Université Montpellier (2010)
http://prodinra.inra.fr/record/37799

U PEU (P.) – La gestion des effluents d’élevage et la production d’hydrogène


sulfuré, cas particulier de la méthanisation. Thèse de doctorat, Université
BATTIMELLI (A.). – Potentialités d’un procédé combinant ozone et
biodégradation : application au traitement de la DCO dure et colorée d’un
de Rennes 1 (2011). effluent d’origine agroalimentaire. Thèse de doctorat, Université Montpel-
S lier (2009)
http://prodinra.inra.fr/record/39262

Annuaire
Fournisseurs Documentation – Formation – Séminaires (liste non
BIOENTECH
exhaustive)
https://www.bioentech.eu Carte des unités de méthanisation
BIOTHANE http://carto.sinoe.org
http://technomaps.veoliawatertechnologies.com Risques des installations de méthanisation
NASKEO Environnement Méthanisation de déchets issus de l’élevage, de l’agriculture et de l’agroali-
http://naskeo.com mentaire. Risques et prescriptions de sécurité
OTV DBI http://www.inrs.fr
http://www.otv.fr Règles de sécurité des installations de méthanisation agricole
PAQUES http://www.ineris.fr
http://fr.paques.nl
SUEZ-ENVIRONNEMENT – DEGREMONT Laboratoires – Bureaux d'études – Écoles – Centres de
http://www.degremont-industry.com recherche (liste non exhaustive)
VALBIO LBE – Laboratoire de biotechnologie de l’environnement à Narbonne
http://www.valbio.com http://www6.montpellier.inra.fr
WATERLEAU Business unit INRA Transfert Environnement
http://www.waterleau.com http://www6.montpellier.inra.fr
OPAALE – Optimisation des procédés en Agriculture, agroALimentaire et
Organismes – Fédérations – Associations (liste non Environnement à Rennes
exhaustive) http://www.irstea.fr
ATEE Club Biogaz HBAN – Hydrosystèmes et bioprocédés à Antony
http://atee.fr http://www.irstea.fr
AILE INSA de Lyon DEEP – Laboratoire déchets eaux environnement pollutions
https://www.aile.asso.fr http://deep.insa-lyon.fr

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___________________________________________________________________________ TRAITEMENT ANAÉROBIE DES EFFLUENTS INDUSTRIELS LIQUIDES


P
O
INSA de Toulouse LISBP – Laboratoire d’ingénierie des systèmes biolo- Institut Polytechnique Lasalle Beauvais
U
giques et des procédés
http://www.lisbp.fr
https://www.unilasalle.fr
SOLAGRO R
https://solagro.org

Données économiques E
Le tableau 1 de [J 3 943] présente le nombre de méthaniseurs traitant des
effluents industriels installés dans le monde suivant le type d’industrie. Le
nombre total des méthaniseurs référencés en 2015 sur effluents indus-
triels liquides reste inférieur à 4 000 [28] N
Normes
ISO 11734 Water quality – Evaluation of the « ultimate anaerobic sludge – Method for measurement of the biogas pro-
S
biodegradability of organic compounds in digested duction
A
V
O
I
R
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P
L
U
S

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