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CANADA

PROVINCE DE QUEBEC LE COMITE DE DISCIPLINE DU COLLEGE


DES MEDECINS DU QUEBEC
CAUSE NO: 24-94-00353

DOCTEUR MARGUERITE DUPRÉ,


ès-qualités de syndic adjoint du Collège des
médecins du Québec

Plaignante

-et-

DOCTEUR GUYLAINE LANCTOT, médecin

Intimée

LE COMITE:

Me Guy Lafrance, président


Docteur Yves Dagenais, membre
Docteur Jean C. Maillette, membre

DECISION
Lors d'une audience disciplinaire tenue le 21 aoOt 1995, dans les locaux du Collège des
médecins du Québec, l'intimée enregistra un plaidoyer de non culpabilité à la plainte
disciplinaire suivante:

"Je, soussignée, Marguerite Dupré, médecin, agissant ès-qualité de Syndic


adjoint du Collège des médecins du Québec, sis au numéro 2170, boulevard
René-Lévesque Ouest, à Montréal, district de Montréal, affirme solennellement
et dis:

Que je suis croyablement informée, ai raison de croire et crois véritablement que


le Docteur Guylaine Lanctôt, une professionnelle membre du Collège des
médecins du Québec, a commis des actes dérogatoires à l'honneur et à la
dignité de la profession médicale:

1. En trompant le public, en sa qualité de médecin, par la communication


d'informations inexactes, trompeuses, intempestives et contraires aux
données de la science médicale actuelle, lors d'une émission télédiffusée
le 19 septembre 1994 sur le réseau TVA, sans· informer la population des
opinions généralement admises en médecine sur le sujet, exposant des
opinions à l'effet que:

a) les vaccins sont responsables de la montée du cancer, du sida, des


maladies auto-immunes et des maladies dont on ne connaît pas
l'origine;

b) les vaccins épuisent le système immunitaire et provoquent chez les


enfants des otites, des allergies et de la fatigue;

de nature à engendrer ainsi une campagne de peur auprès de la population


et à décourager le recours à la vaccination, particulièrement chez les
enfants, contrairement aux articles 2.02.01, 2.02.04,2.02.07,2.03.17 et
2.03.39 du Code de déontologie;

2. En communiquant intempestivement au public, en sa qualité de médecin,


des informations inexactes et contraires aux données de la science
médicale actuelle, lors d'une émission télédiffusée le 22 septembre 1994
sur le réseau TVA, négligeant d'informer la population des opinions
généralement admises en médecine sur le sujet, exposant de façon
irresponsable des opinions sur la vaccination à l'effet que:

a) "l'establishment" médical est responsable de la plus grande


machination contre l'humanité qui dure depuis 150 ans;

b) les vaccins ne protègent pas, ils détruisent le système


immunitaire;

c) en raison de la vaccination, des enfa.;,ts naîtront avec des queues


de souris et du poil de lapin;

d) le vaccin contre l'hépatite B est un vaccin extrêmement dangereux


et c'est lors d'une grande campagne de vaccination contre
l'hépatite B qu'est partie l'épidémie du sida sur les homosexuels
de New York;

trompant ainsi la population, provoquant une atteinte à la crédibilité de


la profession médicale et risquant d'engendrer un impact sur les
campagnes de vaccination, chez les enfants en particulier, contrairement
2

aux articles 2.02.01, 2.02.04, 2.02.07, 2.03.17 et 2.03.39 du Code de


déontologie;

3. En communiquant intempestivement au public, en sa qualité de médecin,


des informations inexactes et contraires aux données de la science
médicale actuelle, lors d'une émission radiodiffusée le 28 septembre 1994
sur les ondes de cru, négligeant d'informer la population des opinions
généralement admises en médecine sur le sujet, exposant de façon
irresponsable des opinions à l'effet que:

a) la vaccination ne comporte pratiquement pas de bienfait et qu'il est


faux de croire que la vaccination protège, puisqu'il s'agit de
croyances populaires aussi farfelues que des contes de grand-mère;

b) on ne peut contracter l'hépatite B qu'à la suite d'Une transfusion


sanguine;

trompant ainsi la population par des déclarations de nature à miner la


confiance du public envers la médecine, les médecins et la vaccination en
particulier, le tout au préjudice de la santé et du bien-être de la
collectivité, contrevenant ainsi aux articles 2.02.01, 2.02.04, 2.02.07,
2.03.17 et 2.03.39 du Code de déontologie;

4. En communiquant intempestivement au public, en sa qualité de médecin,


des informations inexactes et contraires aux données de la science
médicale actuelle, à l'occasion de la publication de son livre intitulé "La
mafia médicale" négligeant d'informer la population des opinions
généralement admises en médecine sur les sujets qui y sont abordés,
exposant de façon irresponsable des opinions notamment à l'effet que:

a) la vaccination "fait exploser le sida silencieux";

b) "la vaccination engendre la violence et le crime";

c) "la vaccination permet la sélection des populations à décimer.


Elle facilite les génocides ciblés. Elle permet de tuer les gens
d'une certaine race, d'un certain groupe, d'un certain pays ... et de
laisser les autres indemnes... au nom de la santé et du bien-être
de tous";

d) "que la vaccination soit obligatoire ou non, vacciner de force, c'est


violer, y collaborer est meurtrier";

e) "la vaccination sert d'expérimentation pour tester de nouveaux


produits sur un grand échantillonnage de population"; que "sous
le couvert de la santé, on vaccine les gens contre des pseudo-
épidémies avec les produits que l'on veut étudier" et que "le
vaccin de l'hépatite B semble être le choix des autorités pour
accomplir ce but";

f) "la vaccination est une arme biologique au service de la guerre


biologique" ;

g) la médecine enlève au patient le sens profond de la douleur et de


la maladie et le rend plus malade;

h) la médecine scientifique mène à l'aggravation; que "comme la


guerre, la médecine scientifique est dévastatrice, extrêmement
coûteuse et ne règle rien"; qu'elle "ne devrait être utilisée qu'en
3
. dernier ressort lorsque tout le reste a échoué, aussi bien pour le
diagnostic que pour le traitement"; .

i) le by-pass cardiaque pour les maladies cardiaques peut être


remplacé par la chélation;

j) il existe une trilogie du mensonge à savoir que "les vaccins nous


protègent", que "le sida est contagieux" et que "le cancer est un
mystère";

k) les femmes enceintes devraient passer une grossesse normale,


c'est-à-dire sans médecin, sans échographie et sans test;

trompant ainsi la population par des déclarations de nature à miner la


confiance du public envers la médecine, les médecins et la vaccination en
particulier, le tout au préjudice de la santé et du bien-être de la
collectivité, contrevenant ainsi aux articles 2.02.01, 2.02.04, 2.02.07,
2.03.17 et 2.03.39 du Code de déontologie et à l'article 152 du Code des
professions;

5. En trompant le public, en sa qualité de médecin, à l'occasion de la


publication de son livre intitulé "La Mafia Médicale", par la
communication d'informations inexactes, trompeuses, intempestives et
contraires aux données de la science médicale actuelle, décourageant les
patients porteurs de cancer de suivre les traitements reconnus, soit la
chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, les incitant plutôt à
suivre des traitements non reconnus tel ·le 714X, exposant ainsi des
opinions médicales non généralement admises en médecine, au préjudice
de la santé et du bien-être de la collectivité, le tout en contravention des
articles 2.02.01, 2.02.04, 2.03.14, 2.03.17 ·et 2.03.39 du Code de
déontologie ainsi qu'à l'article 152 du Code des professions;

En conséquence, vu ce qui· précède, je porte la présente plainte contre


le Docteur Guylaine Lanctôt.

ET J'AI SIGNÉ:

Montréal, ce 9ième jour de décembre 1994

DOCTEUR MARGUERITE DUPRÉ, ès


qualité de Syndic adjoint"

La plaignante est représentée par Me Jacques Prévost.

L'intimée n'est pas représentée par avocat. Au cours de l'audition, le Comité lui a suggéré
à plusieurs occasions de se constituer un procureur ou d'en consulter un. Le Comité a ajourné
certaines audiences pour lui permettre de ce faire. Vers la fin, elle avait un procureur dans la
salle mais se représentait elle-même.
4
Après onze (11}jours d'audition, alors que l'intimée présentait sa défense, elle décida de quitter
les lieux et de démissionner du Collège des médecins du Québec. Le Comité compléta
l'audition en l'absence de l'intimée.

Cette absence de procureur a fait que le Comité a accordé, par esprit de justice, une liberté plus
grande que dans un cas usuel, ce qui a eu à l'occasion l'effet d'amener certaines disgressions.

Le Comité tient à souligner le climat exceptionnel d'émotivité dans lequel les audiences se sont
tenues. Cette émotivité existait chez les deux parties et dans l'assistance. La lecture des notes
sténographiques et des rapports de certains experts démontre qu'on a débordé parfois de
l'aspect scientifique du dossier.

L'assistance s'est montrée partisane à l'égard de l'intimée soit par des applaudissements lors.
des témoignages rendus par les témoins de la défense, soit par des remarques après le
témoignage des témoins de la plaignante, soit en demeurant assis lorsque le Comité entrait dans
la salle et en se levant pour accueillir les témoins de la défense, etc.

TI Y a eu une manifestation en face de l'édifice du Collège des médecins du Québec où se


tenaient les auditions organisées par les supporteurs de l'intimée. La couverture médiatique
qu'a connue cette audition a aussi ajouté au climat d'émotivité.

Les infractions reprochées à l'intimée font suite à la publication en 1994 par l'intimée d'un
livre intitulé "La Mafia médicale" et à sa participation à des émissions télédiffusées les 19
et 22 septembre 1994 et une autre radiodiffusée le 28 septembre 1994.

Les infractions reprochées à l'intimée sont portées en vertu des articles 2.02.01, 2.02.04,
2.02.07, 2.03.14, 2.03.17 et 2.03.39 du Code de déontologie ainsi que l'article 152 du Code
des professions qui se lisent comme suit:

"2.02.01. Le médecin a le devoir primordial, à l'occasion de l'exercice de


ses fonctions médicales, de protéger la santé et le bien-être des individus qu'il
dessert tant sur le plan individuel que collectif.

. Le médecin doit avoir une conduite irréprochable envers toute


personne avec qui il entre en relation dans l'exercice de sa profession."

"2.02.04. Le médecin, exposant des opinions médicales par la voie de


quelque médium d'information que ce soit s'adressant au public, doit:

a) (paragraphe supprimé)
b) (paragraphe supprimé)
c) informer la population des opinions généralement admises en
médecine sur le sujet;
d) éviter toute publicité intempestive en faveur d'un médicament,
d'un produit ou d'une méthode de diagnostic ou de traitement."
5
"2.02.07. Le médecin peut communiquer, dans tout médium d'information
s'adressant au public, toute information factuelle, exacte et vérifiable, à la
condition que l'information ne contienne aucun témoignage ou déclaration de
nature superlative ou comparative relié à la qualité des services, des produits ou
des professionnels mentionnés dans cette information. "

"2.03.14. Le médecin doit exercer sa profession selon des principes


scientifiques. "

"2.03.17. Le médecin doit s'abstenir de faire des omissions, des manoeuvres


ou des actes intempestifs ou contraires aux données de la science médicale
actuelle. "

"2.03.39. Le médecin ne doit ni directement, ni indirectement tromper son


patient ou le public, qu'il agisse seul ou avec le concours d'autrui. n doit
notamment éviter toute fausse représentation quant à son niveau de
compétence. "

"152. Le Comité décide privativement à tout tribunal, en première


instance, si l'intimé a commis une infraction visée à l'article 116.

En l'absence d'une disposition du présent code, de la loi


constituant l'ordre dont l'intimé est membre ou d'un règlement adopté
conformément au présent code ou à cette loi et applicable au cas particulier, le
Comité décide de la même manière:

10 si l'acte reproché à l'intimé est dérogatoire à l'honneur ou à la


dignité de la profession ou à la discipline des membres de l'ordre;
20 si la profession, le métier, l'industrie, le commerce, la charge ou
la fonction que l'intimé exerce est incompatible avec l'honneur, la dignité ou
i' exercice de la profession. "

Ces différents articles du Code de déontologie des médecins démontrent que la diffusion des
connaissances médicales fait partie intégrante de la pratique médicale et ce, depuis toujours.
"Sous la désignation d'Hippocratiques nous ont été conservés cinquante-neuf ouvrages
remontant tous au moins au IVe siècle et rassemblés au début du me siècle· par une
commission de savants alexandrins. Dans ce corpus figurent non seulement des écrits
appartenant à Hippocrate et à son école mais encore des textes ·des autres écoles médicales
grecques des IVe et Ve siècles (Max Wellman en distingue en tout dix, y compris celle de Cos,
illustrée par Hippocrate.). n (Histoire de la science, Volume publié sous la direction de Maurice
Dumas, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, 1957, p. 214.)

n n'est pas interdit à un médecin d'informer ses patients et le public; au contraire, il a


l'obligation d'informer correctement ses patients et s'il veut le faire sur une plus grande échelle,
il doit s'assurer de transmettre le plus exactement possible les données de la science médicale
existant à ce moment.

La transmission des données médicales peut d'une façon générale être divisée en trois
catégories. La première est celle qui existe dans la relation patient-médecin, le seconde est
celle qui s'adresse à un groupe choisi, étudiants en médecine, cours de spécialisation etc., et
6
la troisième est celle qui s'adresse à un public plus large et non défini qu'il s'agisse de
causeries, de conférences, .;d'émissions radiodiffusées et télédiffusées, de brochures, de
livres, etc.

Chacune de ces catégories comporte aussi ses limites. Habituellement pratiquée et faite avec
confiance, la relation patient-médecin peut même conduire ce dernier à suggérer la participation
à un programme de recherche et pour ce faire, les informations transmises devront être
extrêmement précises de façon à permettre au patient de prendre une décision éclairée, d'y
participer ou non. Les tribunaux se sont déjà prononcés à cet effet.

Au niveau de l'enseignement à un groupe choisi, il est essentiel que le tout soit précédé d'une
préparation adéquate, que la présentation soit complète, bien documentée et conforme aux
normes scientifiques.

Quant à la présentation d'informations au grand public, elle doit être faite dans une langue
accessible à un public sans formation médicale préalable, elle doit être exacte et claire, c'est-à-
dire représenter l'état actuel de la science médicale. Cela n'a pas pour effet d'empêcher par
contre un médecin de discuter publiquement de sujets controversés, s'il le fait, il se doit de
transmettre toute l'information, tant son point de vue que celui des autres. On devrait être en
mesure d'y retrouver les arguments, les références, les données scientifiques, etc., et le tout
doit être fait dans le respect du public et de ses confrères.

La science médicale incorpore des notions de diverses sciences, de sciences pures (telles que
la chimie, la physique, la physiologie), et de sciences appliquées (telles que la thérapeutique,
la diététique, etc.) La science médicale est un consensus d'opinions et de connaissances. Elle
est donc évolutive. C'est ce que les Anglais appellent "the State of the Art".

Par nécessité, le législateur a balisé la pratique médicale et en a confié le contrôle à une


corporation comme il l'a fait pour d'autres disciplines.

La vulgarisation des connaissances médicales doit être encouragée mais cet enseignement
implique une rigueur intellectuelle et c'est à ce niveau que se situent les infractions reprochées.
L'intimée s'est adressée au public, utilisant son statut de médecin, ce qui lui accorde une plus
grande crédibilité, elle se devait donc de transmettre des informations précises, exactes et
vérifiables.

Le médecin doit toujours se rappeler de l'influence qu'il exerce sur le public du simple fait de
son statut de médecin et de ses connaissances médicales que peu de personnes possèdent.
Lorsqu'il exprime son point de vue sur un sujet donné, des gens prendront des décisions
touchant leur santé ou celle de leurs proches en fonction des informations transmises.
7
Rien n'empêche un médecin d'être dissident et de penser que l'état de la science médicale n'est
pas celle que l'ensemble de ses confrères reconnaît. À ses patients, il doit donner "the state
of the Art."

Par contre, le médecin doit, lorsqu'il exprime sa dissidence, vérifier à quel public il s'adresse.
S'il s'adresse à un public de scientifiques qui connaît bien le sujet, il n'aura pas à expliquer
l'état de la science médicale reconnue, il lui suffira d'exprimer son point de vue et de le
prouver par des données scientifiques. La crédibilité de son exposé ou de son texte sera jugée
en fonction des règles scientifiques reconnues et connues du public à qui l'information est
transmise.

Si le médecin s'adresse à un public non informé de l'état de la science médicale sur le sujet
traité, il se doit de l'en informer. Quant à sa dissidence, il a l'obligation de dire sur quelle base
scientifique elle se fonde. En fait, il se doit d'être précis, exact et de fournir toute l'information
afin de permettre au lecteur de prendre une décision éclairée.

Pour un médecin, exprimer sa dissidence dans un cadre autre que celui des congrès scientifiques
ou toute publication qui s'adresse à un public averti constitue un défi beaucoup plus grand.

Si un médecin veut publier un article dans une revue médicale reconnue, il devra soumettre son
texte à des spécialistes en la matière,· texte qui ne sera publié que s'il respecte certaines normes
scientifiques. Par contre, s'il veut publier un livre qui s'adresse au public en général par une
compagnie d'édition qu'il contrôle comme le fait l'intimée, il se doit d'être très prudent et
d'éclairer correctement les lecteurs.

Le Dr Marie-Dominique Beaulieu écrivait dans son rapport du 6 juin 1995:

"1. La démarche scientifique en médecine

Avant de commenter la bibliographie présentée par le Dr Lanctôt, je


crois utile de résumer les critères scientifiques utilisés en médecine pour
établir le lien de causalité entre deux phénomènes et les règles de l'art
en ce qui concemela production de travaux de rescension(sic) des écrits
sur un sujet puisque c'est surtout de cela dont il est question dans toute
cette affaire.

ru Comment établir le lien de causalité entre deux phénomènes


awaremment associés

Établir le lien de causalité entre deux observations apparemment associées


est l'essence même de la recherche, mais une tâche très difficile compte
tenu de la complexité des phénomènes qui nous entourent.
Classiquement, huit critères sont considérés.
8
1) L'expérimentation

Le facteur causal présumé est alors distribué aléatoirement par le


chercheur, les autres variables étant contrôlées. C'est la façon idéale,
presque incontestable, de prouver la causalité mais elle est très
difficilement réalisable chez l 'humain, surtout lorsqu'il est question de
vérifier les risques associés à un facteur donné. La plupart des
connaissances que nous avons sur les facteurs de risque des maladies ne
s'appuient pas sur des données obtenues de façon expérimentale.

L'essai clinique randomisé est la méthode reconnue pour évaluer


l'efficacité des interventions médicales. Dans le cas de phénomènes très
rares, l'étude cas-témoin est souvent la seule accessible, mais elle est
sujette à bien des biais. Dans tous les ~, on doit exiger que le groupe
prétendument exposé au facteur à l'étude (un traitement, un facteur de
risque, etc.) soit comparé à un groupe contrôle comparable non-exposé.
En effet, plusieurs problèmes de santé évoluent spontanément de façon
favorable, si bien qu'une guérison pourrait être attribuée à l'intervention
alors qu'elle serait survenue de toute façon. Ceci vaut tout autant pour
l'évaluation de traitements traditionnels que de traitements non-
traditionnels.

L'exigence de méthodes d'évaluation rigoureuses des interventions


médicales est cependant relativement récente dans l'histoire de la
. médecine (20 ans environ) si bien qu'il est vrai· d'affinner que certains
traitements couramment utilisés n'ont pas fait l'objet d'une évaluation
rigoureuse. Cependant, il ne me semble pas que cela justifie que l'on
accepte l'empirisme et l'anecdote pour supporter le recours à d'autres
types de traitements non traditionnels.

2. La force de l'association

TI s'agit du seul critère statistique proprement dit, puisque la force de


l'association s'exprime généralement sous la forme de coefficient
d'association, de risque relatif ou de ratio de cotes. Ces indices mesurent
le degré avec lequel deux phénomènes sont associés. Si le risque de
développer une maladie associé à une exposition est 10 fois supérieur
dans le groupe exposé que dans le groupe contrôle cela est beaucoup plus
suggestif d'une association causale que si ce risque n'est que 1.5 fois.
Dans cette deuxième situation, il est possible que d'autres facteurs
méconnus aient un rôle beaucoup plus important à jouer.

3. Le gradient biologique

On s'attend à ce qu'il y ait une relation directe entre le degré d'exposition


à la cause présumée et l'effet observé, c'est-à-dire la force de
l'association ou la gravité de la maladie.

4. La séquence dans le temps

La cause présumée doit précéder le facteur étudié par une période de


temps relativement constante. Une difficulté accrue se pose lorsque
l'exposition précède de plusieurs années, voir des décennies, la survenue
du phénomène. Plus le temps entre l'exposition et la survenue de la
maladie est long, plus il est difficile d'évaluer la causalité de l'association
car plusieurs autres facteurs peuvent être entrés en jeu.
9
. 7.(sic) La constance de l'association

Une association causale comparable est mise en évidence par plusieurs


études de conception différente.

6. La plausibilité biologique

L'association observée concorde avec les connaissances actuelles. On


comprend que ce critère n'est pas essentiel. Souvent une nouvelle
découverte viendra bouleverser un modèle déjà accepté.

7. La spécificité

L'association observée est exclusive aux deux phénomènes étudiés. U


encore, ce critère est plus ou moins important Bien des problèmes de
santé sont multi-factoriels et un même agent causal peut être impliqué
dans le(sic) genèse de plusieurs maladies différentes.

8. L'analogie

Le problème ressemble à un autre où l'association causal(sic) a déjà été


bien établie.

La rigueur de la démarche scientifique exige aussi que l'auteur ait


l'honnêteté intellectuelle de considérer toutes les données disponibles sur
le sujet et non pas seulement celles qui supportent sa thèse. Enfin, tout
chercheur doit soumettre ses résultats à des pairs qui ont la capacité de
critiquer sa démarche. C'est pour cette raison que l'on attache de
l'importance au fait que les recherches d'un auteur soient publiées dans
des journaux soumettant les manuscrits à la révision par des pairs car ces
journaux ont un standard scientifique plus élevé. Ceci ne signifie pas
qu'il n'y a pas de mauvaise recherche de publiée dans des journaux
reconnus.

bl Critères de révision de la littérature scientifique

Les ouvrages de rescension(sic) des écrits ont pris beaucoup d'importance


ces dernières années compte tenu de la quantité des informations
publiées. Cependant, la qualité de tels ouvrages est plus difficile à
évaluer que celle d'un article original puisque le lecteur dépend du travail
de synthèse de l'auteur et qu'il n'est pas toujours en mesure d'évaluer si
ce travail de synthèse a été bien fait. Pour éviter que les lecteurs soient
à la merci d'auteurs plus ou moins rigoureux, la plupart des journaux
scientifiques exigent maintenant des auteurs qui soumettent des ouvrages
de rescension(sic) qu'ils expliquent clairement la démarche qui a été
suivie. Les étapes cruciales de cette démarche sont les suivantes:

1. L'identification des puplications(sic) et écrits antérieurs

TI s'agit de démontrer qu'on s'est assuré que toutes les informations


pertinentes sur le sujet ont été répertoriées. Généralement les auteurs
expliquent leur stratégie de révision de la littérature (recherche
informatisée, bibliographies d'artic1es-clés, discussion avec des
collègues) .

2. L'explication des critères utilisés pour évaluer la qualité des travaux


rescensés. (sic)
10
L'auteur développe une hiérarchie de critères qu'il ou elle entend utiliser.
Depuis plusieurs années des chercheurs de l'Université McMaster on(sic)
largement diffusé une série de critères pour évaluer la littérature
médicale pour différentes question(sic) cliniques. On peut dire sans se
tromper que ces critères ont été acceptés en Amérique du Nord. On
trouvera ci-joint une copie des principaux articles produits par ce groupe.

3. L'évaluation comme telle

TI s'agit de résumer ce que l'on a trouvé dans la littérature et de faire une


évaluation de la qualité des renseignements disponibles. Les études
rescensées(sic) sont-elles bien faites? Reste-t-il des zones grises? Quelles
sont les forces et les limites de nos connaissances?

c) Stratégie de révision de la littérature utilisée pour les fins de ce rapport

J'ai interrogé la base de données MEDLINE pour les ânnées 1984-1995


en utilisant les mots-clés suivants: Vaccins / Immunisations et Cancer,
SIDA, Maladie d'Alzheimer, Sclérose en plaques, Autisme, Stress et
Cancer, Cancer du sein, Dépression, Cholestérol, Obésité.

Je n'ai trouvé aucune citation reliant la vaccination à la Maladie


d'Alzheimer, la Sclérose en plaques ou l'Autisme. Les seuls(sic)
références sur le SIDA et le Cancer et la vaccination relataient des
expériences où les vaccins étaient utilisés comme traitements potentiels.
Je n'ai trouvé qu'un article reliant la vaccination contre la rage à une
forme de sarcome chez le chat. J'ai gardé tous ces renseignements qui
peuvent être mis à votre disposition si vous le souhaitez.

La littérature reliant le stress aux pathologies mentionnées plus haut est


volumineuse. Je n'ai produit qu'une liste d'articles de révision de qualité
sur le sujet.

2. À propos de la bibliographie du livre "La MarIa Médicale"

L'auteure se garde bien d'affirmer qu'elle appuie ses dires et opinions sur
une démarche scientifique reconnue. "Ne chercher(sic) pas ici les preuves,
les références, les chiffres: vous ne les trouverez pas [... ]. Mon but n'est
pas de vous convaincre mais de vous informer, vous qui ne devez suivre
qu'un seul maître, votre moi profond" (Prologue, p4). Et plus loin: "Je
ne recommande pas forcément le contenu ou le message de ces livres que
je mentionne. Certains, je les ai lus de bout en bout; d'autres, je les ai
seulement feuilletés; d'autres enfin, je ne les ai pas lu(sic) du tout"
(Prologue, p4).

On peut classer les références selon trois thèmes. D'abord, il y a les


essais à caractère socio-politique décriant "l'establishment médical"
actuel: la façon avec laquelle certains groupes ont été victimes de
discrimination (particulièrement les femmes et les pauvres); l'inefficacité
relative et les dangers de certaines interventions; les conflits d'intérêts et
les enjeux financiers parfois phénoménaux, pour n'en citer que certains.
Madame Lanctôt reprend, moins habilement, des thèses très bien
développées par des auteurs comme lllitch, dont j'apprécie
particulièrement la pensée.

Puis on retrouve une série d'ouvrages portant sur des expériences


personnelles spirituelles reliées à des phénomènes de guérison et dont les
livres de Siegel et Fontaine sont les archétypes. "Tout n'étant que
perception", comme le disait si bien Carlos Castaneda, il faut accepter ces
11

récits expérientiels pour ce qu'ils sont et je ne remets pas en question


l'honnêteté de ceux qui les ont écrits. Manifestement, on ne peut
soumettre le partage d'expériences spirituelles aux mêmes contraintes que
des expériences scientifiques. Mais il semble que Madame Lanctôt
extrapole un peu trop lorsqu'elle suggère que ces expériences
personnelles démontrent que l'approche spirituelle est la seule qui soit
efficace et qu'elle n'est possible que si le malade abandonne l'approche
médicale traditionnelle (sauf dans des cas d'extrêmes(sic) urgence comme
l'appendicite aiguë, par exemple). Pourtant, Monsieur Siegel lui-même
dit: "Bien sûr, il ne s'agit pas de rejeter cette dernière [la médecine
traditionnelle] en bloc, mais plutôt de cesser d'y voir notre unique
ressource. De notre potentiel personnel aux dernières découvertes de la
science, nous devons exploiter. toutes les solutions dont nous disposons
pour nous guérir" (Messages de vie. De l'amour à l 'auto-guérison ,
1988). Une affirmation à laquelle je ne peux que me rallier.

Mais là où le bât blesse, c'est lorsqu'il est question de faire la preuve des
dangers des vaccins qui sont littéralement la cause de tous les maux selon
Madame Lanctôt. Car nous sommes désormais en terrain scientifique et
on doit s'attendre qu'un médecin responsable applique une démarche
scientifique reconnue et, surtout, honnête. Aucune des références citées
ne sont des travaux scientifiques originaux mais plutôt des pamphlets
rédigés par des auteurs, pour la plus part(sic) sans formation scientifique,
partageant les wes de Madame Lanctât. J'ai d'ailleurs été incapable de
mettre la main sur certains volumes, dont celui de Snead que vous me
demandez de commenter et qui fera l'objet d'une annexe à ce rapport
lorsque je l'aurai reçu.

En fait l'ouvrage le plus honnête de ce groupe est celui de Harris Coulter


et Barbara Loe Fischer, "A Shot in the Dark", relatant l'histoire de la
vaccination contre la coqueluche et les lenteurs à reconnaître que ce
vaccin comportait plus de risque qu'initialement estimé. La discussion
sur les limites des études cas-témoins (on cite Alvan Feinstein) et sur les
problèmes du dénominateur de l'étude UCLA-FDA démontre une bonne
compréhension de l'épidémiologie. Le livre cite abondamment des
articles publiés dans des journaux scientifiques avec révision par les
pairs. D'ailleurs, l'auteur explique clairement que seul le vaccin de la
coqueluche est en cause et qu'il ne remet pas en question l'efficacité des
vaccins contre la Variole, la Tuberculose, la Diphtérie, la Poliomyélite,
l'Influenza, la Fièvre Jaune, la Typhoïde et le Tétanos. De plus, dans
ce livre, les auteurs se gardent bien d'extrapoler au delà des accidents
immédiats attribués au vaccin contre la coqueluche puisqu'il n'y a aucune
données scientifiques valables(sic) pour supporter de telles extrapolations.

On ne peut pas en dire autant de l'ouvrage suivant de Coulter,


"Vaccination, Social Violence and Criminality - the medical assault on the
American brain", et de celui de Simone Delarue, "La rançon des
vaccinations" où on passe du domaine de l'information (ie: la
connaissance basée sur les faits) au domaine de la présomption et de
l'opinion. Dans ce dernier ouvrage, l'auteure qui affirme que " ...
Personne ne peut apporter la preuve scientifique que l'accident est bien dû
à la vaccination pas plus que la preuve du contraire" (p 18), développe
à pleines pages une thèse voulant que la vaccination soit la cause de tous
les maux en s'appuyant sur des opinions sans fondement scientifiques(sic),
si on prend en compte les critères nécessaires mentionnés plus tôt, pour
prétendre à l'apparence d'un lien de cause à effet entre deux facteurs
(études avec groupes contrôles, correction pour les variables
confondantes, recherche d'explications alternatives, force de l'association,
constance de l'association, spécificité de l'association).
12

La plupart des affirmations ne sont que des oplntOflS affirmées


péremptoirement. "Par les vaccinations, on introduit des modifications
caractérielles dans des générations entières; on altère le pouvoir de
concentration et le pouvoir critique en même temps qu'on accentue
l'émotivité et l'anxiété" (DeIarue, p. 40). Les faits invoqués pour
supporter de telles affirmations sont anecdotiques. Les affirmations sont
simplistes et ne tiennent compte d'aucune explication alternative, comme
on devrait s'y attendre. Par exemple, les taux les plus élevés de troubles
d'apprentissage et de violence aux États-Unis se retrouvent dans les
populations défavorisées où on observe depuis des années les taux de
vaccinations les plus faibles de tous les pays industrialisés! Bien sûr,
cette observation ne cadre pas avec la thèse des auteurs, alors on
l'élimine de la discussion. Et madame Lanctôt d'affirmer "La vaccination
engendre la violence sociale et le crime. Quelle meilleure façon de
déstabiliser un pays, de désarmer ses habitants et de renforcer les
contrôles policiers et militaires?" (p. 125).

J'ai personnellement réalisé une recherche informatisée sur la base de


données MedIine sans trouver aucune publication confirmant les thèses
avancées sur les liens entre les vaccins et l'autisme, la sclérose en
plaques, la maladie d'Alzheimer, les troubles de comportement, la
personnalité anti-sociale, la leucémie chez l'enfant, et j'en passe.
Madame Delarue présente cependant ces conséquences comme des effets
certains, thèse reprise par madame Lanctôt (tableau p. 117).
L'affirmation que la vaccination épuise le système immunitaire ne semble
pas supportée par les recherches actuelles où on a démontré à plusieurs
reprises que l'utilisation de vaccins pour stimuler le système immunitaire
peut être utile dans la lutte contre certains cancers comme le mélanome
malin, le cancer du foie et celui de la vessie. Enfin, l'affirmation que le
virus du SIDA n'est pas contagieux et que ce virus n'est "qu'un petit
minou" n'apparaît supportée par aucuns travaux scientifiques.

Pour conclure, on peut dire que Madame Lanctôt, qui a pourtant une
formation médicale lui permettant d'avoir accès et d'évaluer la littérature
scientifique, propose un ouvrage ayant pour objectif d'informer les gens
sur les risques de plusieurs interventions médicales dont la vaccination
sans avoir utilisé une démarche conforme aux règles de l'art. ElIe
occulte toutes les données publiées qui ne supportent pas sa thèse. "
(P-23)

L'intimée, lors de son témoignage, a affirmé que de la liste des lectures apparaissant à la fin
de son livre, elle en avait lu certaines, d'autres n'avaient été que feuilletées et d'autres n'ont
pas été lues.

Cette façon de procéder ne rencontre par les standards auxquels l'on peut s'attendre d'une
professionnelle. Citer des références que l'on n'a pas lues pour justifier le contenu d'un livre
est malhonnête et risque de fausser la vérité.

C'est aussi ce qu'elle écrit dans le prologue de son livre:

"Ce livre est le fruit d'études, d'apprentissage et de réflexions mûries au cours


de vingt-cinq années de pratique et d'activités médicales.
13
Pour certains, cet ouvrage semblera aller de soi. Pour d'autres, il apparaîtra
comme un non-sens, une aberration. n plaira à l'uri. n choquera l'autre.

C'est en partie avec son cerveau que l'on comprendra ce livre et en partie avec
son coeur qu'on le percevra. Certains domaines s'explorent par la logique,
d'autres grâce à l'intuition. Mes études médicales m'ont appris la rigueur, les
lois, les preuves. Le temps m'a permis de me. rendre compte que la vie ne
fonctionnait pas toujours comme dans les traités. Je ne m'exprimerai pas d'une
manière universitaire. Je vais raconter ce que j 'ai vu, lu, entendu, vécu, conclu.
Évitant les statistiques auxquelles on peut faire dire ce que l'on veut, je me
contenterai de fournir des ordres de grandeur approximatifs (avec toute la marge
d'erreur qu'ils autorisent). Ne cherchez pas ici les preuves, les références, les
chiffres: vous ne les trouverez pas - je ne suis ni statisticienne, ni archiviste, ni
journaliste, ni chargée de recherche, ni économiste... Mais le bon sens et
l'amour, çaje connais. Mon but n'est pas de vous convaincre, mais bien de vous
informer, vous qui ne devez suivre qu'un seul maître, votre moi profond.

De trois choses l'une:

ou votre voix intérieure vous dit que c'est la réalité que je


rapporte... et vous n'avez pas besoin de· preuve;

ou votre voix intérieure vous dit que ce n'est pas la réalité... et


des preuves ne vous convaincront pas davantage;

ou votre voix intérieure se questionne et veut en savoir


davantage... et je citerai des livres déjà pleins de références.

Je ne recommande pas forcément le contenu ou le message de ces livres que je


mentionne. Certains, je les ai lus de bout en bout; d'autres je les ai seulement
feuilletés; d'autres enfin, je ne les ai pas lus du tout. Ça n'a pas d'importance:
c'est vous qui tirerez votre propre conclusion. Je me contente de vous informer
de leur existence. La seule vérité qui puisse compter pour vous, c'est la vôtre. ft
(P-ll page 4).

L'intimée ne nie pas les paroles ni les textes qu'on lui reproche. Elle a plutôt tenté au niveau
de sa défense de démontrer que ce qu'elle dit et écrit est vrai.

Le Comité croit important de citer en partie le résumé d'une rencontre qui a eu lieu entre le
docteur Guylaine Lanctôt et les docteurs Guy Legros et Marguerite Dupré, le 10 novembre
1994, lors de laquelle l'intimée a décrit ses activités professionnelles de la façon suivante:

Le Docteur Dupré demande au Docteur Lanctôt de lui décrire ses activités ·1


professionnelles.
1f
,~

Cette dernière indique qu'elle a fermé ses cliniques de phlébologie à la fm de


juillet 1994. Au début, elle affirme qu'elle ne pratique pas depuis 3, 4 ou 5 ans,
elle ne le sait pas. Puis, elle dit qu'elle voit des patients à l'occasion «on and
off» mais pas depuis juillet. .Questionnée au sujet de ses activités de
perfectionnement, elle répond que jusqu'à, il ya trois ans, elle avait une pratique
limitée à la phlébologie. Elle a donné de nombreuses conférences à la FMOQ.
Elle a formé des médecins. Lorsqu'elle assistait à des congrès auxquels elle
14
donnait des conférences, elle s'est instruite en participant aux autres sessions de
ces congrès. Elle n'est pas capable d'indiquer un congrès auquel elle aurait
assisté depuis trois ans. Questionnée aussi à propos de ses abonnements à des
revues médicales particulières, autres que celles qu'elle reçoit par le courrier,
elle répond par la négative. Elle prétend avoir suivi des cours de formation avec
des professeurs reconnus ou non. Elle cite un congrès sur le SIDA à Amsterdam
en 1992. Elle n'est pas abonnée à la revue Immunology and Allergy. A-t-elle
une formation en médecine sociale et préventive? Elle répond qu'elle s'y
intéresse.. A-t-elle suivi des activités dans cette sphère sous l'égide de sociétés
médicales? Elle répond par la négative. A-t-elle une formation particulière en
pédiatrie ou en santé publique? Elle répond aussi par la négative. Elle ajoute
qu'elle s'est intéressée à tout cela mais, pas nécessairement à ce qui est donné
par une corporation ou un corps médical. (P-8)

Plusieurs témoins experts ont été entendus par le Comité, tous sont d'accord pour affirmer que
les vaccins peuvent engendrer des effets secondaires
, plus ou moins graves dont la fréquence est
moindre que le mal que l'on veut éviter. Cette affirmation a aussi été reconnue par les témoins
experts de l'intimée.

Le docteur Lanctôt a présenté onze témoins devant le Comité, certains ont été admis à
témoigner à titre d'experts mais la majorité était des personnes qui prétendaient avoir vécu ou
connu quelqu'un qui, selon elles, avait subi des séquelles graves dues à un vaccin.

Le Comité n'a pas permis à ces personnes de témoigner sur des cas d'espèces dont elles
n'étaient en mesure de démontrer leurs avancées par des dossiers médicaux complets. Cette .
façon de procéder de l'intimée a obligé le Comité à insister auprès d'elle pour qu'elle consulte
un avocat et à lui accorder des ajournements pour ce faire. Malgré cela, l'intimée a décidé de
ne pas être représentée par avocat.

Le Dr Yves Robert, dans son rapport d'expertise rédigé en 1995, souligne:

"CIT #30: "Les complications dues aux vaccins... "

À ce chapitre, les trois colonnes mentionnées à la page 117 sont présentées de


façon "un peu" biaisée. TI Ya, en plus, des faussetés:

"Infarctus vaccinal" chez les 3040 ans

Hépatite B- (aucune vaccination n'a été associée à la cause d'une hépatite B)

Autisme- on cherche encore la cause de l'autisme qui est beaucoup plus complexe

Leucémies- aucune association démontrée

Infections à répétition- aucune association démontrée

Altération permanente de l'ADN- complètement farfelu

Sclérose en plaques, leucémies, cancers, SIDA- Aucune association démontrée


15

Syndrome de fatigue chronique- le seul au monde à avoir mentionné une


association avec l'immunisation contre l'hépatite B est le monsieur Byron Hyde
de la fondation Nightingale en Ontario. TI n'a jamais pu démontrer son
affirmation.

TI n'y a pas de pondération et on ne distingue pas les effets mineurs des autres.
TI est clair que l'effet souhaité sur le lecteur est de l'impressionner par le nombre.
On laisse croire également que tous les syndromes listés sont uniquement causés
. par les vaccins ce qui est loin d'être le cas.

Enfin on ne met pas en perspective ces quelques effets avec les informations
actuellement disponibles sur la probabilité d'une relation causale avec les effets
des maladies prévenues par les vaccins ce qui ne peut être que la juste
perspective permettant un consentement éclairé.

Les meilleures revues exhaustives sur les événements temporellement


associées(sic) à l'immunisation sont celles publiées par l'Institute of Medicine
américain (9,10). Si on a reconnu que les antigènes vaccinaux peuvent
engendrer des réactions locales ou allergiques comme n'importe quelle autre
injection ou médicament, très peu de réactions graves ont été associées de
façon causale à un vaccin. Même dans le cas du vaccin contre la coqueluche
que l'on a voulu incriminer comme responsable d'encéphalopathies chroniques,
on n'a jamais pu démontrer une relation causale et on levait récemment des états
qui étaient auparavant des contre-indications, notamment la survenue de fièvre
dans les 48 heures après l'injection, la. survenue de convulsions afébriles et les
pleurs et cris persistants davantage reliés à la douleur temporaire au site
d'injection (6,7).

TI n'est pas inutile de rappeler les critères de causalité en médecine qui ne sont
pas limités à la seule association temporelle. Ces critères· sont présentés dans
la référence 3, p.I66:

1 - L'association temporelle

2 - La force de l'association (risque relatif)

3 - La spécificité

4 - Le gradient biologique (plus d'exposition = plus d'association)

5 - La reproductibilité et la constance

6 - La plausibilité biologique

Ces critères doivent être appliqués. dans des études épidémiologiques bien
structurées et contrôlées permettant d'améliorer la fiabilité des résultats' et
l'obtention de résultats valides.ft

(P-29, p. 30 à 32)

Chef 1
al Les vaccins sont responsables de la moitié du cancer. du sida. des maladies auto-
immunes et des maladies dont on ne connaît pas l'origine

Plusieurs spécialistes sont venus témoigner devant le Comité pour nous exprimer leur point de
vue entre la relation qui existerait entre les vaccins et le cancer, les vaccins et le Sida, les
16

vaccins et des maladies aut<rimmunes, mais tous nous confirment que l'ensemble des données
médicales connues démontre que l'affirmation de l'intimée est fausse et contraire aux données
dè la science médicale.

Comme le disait le Dr Marie-Dominique Beaulieu, à la page 10 de son rapport:

"Selon moi un médecin a le devoir d'informer correctement la population en


transmettant des informations exactes et complètes qui. sont basées sur des
connaissances scientifiques obtenues en respectant les règles de l'art (cf point 1
de mon rapport) .. Je crois que lorsqu'un médecin s'exprime sur les connaissances
médicales, la population s'attend implicitement à ce que ce médecin appuie ses
dires sur une démarche scientifique.

L'univers scientifique n'est cependant pas monolithique. Compte tenu du


caractère toujours limité de nos observations scientifiques et de la complexité des
phénomènes étudiés nos connaissances sont fragmentaires et apparaissent
souvent contradictoires. D'où l'abondance des controverses en médecine. Ces
controverses sont saines et doivent être exprimées sur la place publique afin que
la population puisse prendre des décisions éclairées.

Madame LanctÔt a le droit à ses opinions personnelles lorsqu'elle s'inquiète de


la croissance d'un important complexe médico-industriel et qu'elle prêche pour
que l'on mobilise nos ressources spirituelles pour lutter contre les maladies qui
nous affligent. Cependant, lorsqu'elle affirme que le SIDA n'est pas contagieux,
que les vaccins causent la sclérose en plaques, le cancer, la maladie d'Alzheimer,
la violence sociale, et j'en passe, c'est le médecin qui parle et ces affirmations
sont sans fondement scientifique et risquent de faire beaucoup de tord(sic) à la
population. ft
(P-23)

Dans l'ensemble de la preuve présentée devant le Comité, tant de la part de la plaignante que
de l'intimée, celui-ci n'a pu déceler d'élément de preuve pouvant justifier les affirmations de
l'intimée.

Le Docteur Richard Massé, MD, MSc, CSPQ, FRCPC, nous souligne aux pages 17 à 20 de
son rapport:

Au cours des dernières années, plusieurs personnes ont tenté des hypothèses
ft

sur l'origine du sida et sa transmission supposée à différentes personnes ou


communautés secondairement à l'utilisation du vaccin anti-poliomyélite oral
(VPTO) ou encore du vaccin contre l'hépatite B.

Le plus célèbre de ceux-ci est probablement Walter S. Kyle, un avocat du New


Hampshire, qui a publié sa théorie dans le Lancet en 1992: "What 1 propose is
a link between HIV-related retroviruses from the African green monkey in
poliovaccine lots, the use of this vaccine by homosexuals in a manner
unanticipated when the vaccine was licensed, and the onset of the AIDS epidemic
in the United States" (Kyle, WS: Simian retroviruses, poliovaccine and origin of
AIDS. Lancet 1992: 600-01.) TI base son hypothèse sur les faits que, en 1976.
17
certains lots de VPTO aurait(sic) été contaminés par des virus à RNA de type
C. Par ailleurs, il a été démontré que les singes verts d'Afrique, dont les
cellules sont utilisées pour la production de la plupart du VPI'O aux États-Unis,
étaient souvent porteurs du virus de l'immunodéficience simienne (VIS), bien que
cette infection soit asymptomatique chez eux (contrairement au macaque africain).
Ce virus (VIS), bien que distinct, possédefait des propriétés en commun avec le
virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Cette contamination de certains lots
par un virus de type C (retrovirus) pourrait bien alors être le VIH? D questionne
l'éthique de la compagnie (Lederle) et du Bureau des produits biologiques
américains d'avoir accepté de mettre en circulation ces vaccins et propose
l'analyse d'échantillon(sic) de ces lots pour vérifier la présence du VIH par la
technique d'analyse PCR ("Polymerase Chain Reaction").

Les propos de monsieur Kyle ont été repris par plusieurs détracteurs de
l'immunisation, sans prise en considération des réponses apportées à son
hypothèse. Par exemple, Peter Kom, dans un article publié dans la revue ·1
populaire "Redbook" en juillet 1994 reprenait les arguments de monsieur Kyle
pour tenter d'expliquer certains cas de sida chez lesquels aucun facteur de risque
n'avait pu être identifié chez des enfants. (Kom, P: The new AIDS mystery.
Redbook, Juillet 1994) Les arguments de monsieur Kyle ont été rejetés
complètement pour plusieurs raisons par Garret et ses confrères du National
Institute for Biological Standards and Control (Hertfordshire, UK).

"Using the polymerase chain reaction (PCR), we found no evidence of mv or


simian immunodeficiency virus (SIV) gene sequences in fifteen pools of oral
poliovaccine prepared on monkey kidney-cell cultures and released for use by
your manufacturers in Europe and North America between 1975 and 1984"
(Garrett AI, Dunham A, Wood DJ: Retroviruses and poliovaccines. Lancet
1993; 342: 932-3).

Par ailleurs, ceux-ci ont aussi évalué la capacité des cultures faites à partir de
ces mêmes cellules de supporter la réplication du VIH et du VIS. Ds ont montré
que ce type de culture en monocouche ne pouvait supporter la croissance du VIH.
De plus, ils ont confirmé le fait que la Trypsin utilisée dans la préparation des
cultures était un inhibiteur efficace de l'infectivité du VIH.

"We conclude that there is no evidence for HIV or SN contamination in the


poliovaccines we examined and that SN from infected monkeys would be
unlikely to survive the procedures involved in the production of monolayer
substrates or to replicate under the conditions required for the growth of
poliovirus" (Garrett Al, Dunham A, Wood DJ: Retroviruses and poliovaccines.
Lancet 1993; 342: 932-3).

D'autres personnes, dont Tom Curtis dans la revue Rolling Stone et plus tard
dans la revue Science (mai 1992, p. 1260), ont émis l'hypothèse que l'épidémie
du VIH en Afrique a débuté par la contamination du vaccin antipolio oral
administré entre 1957 et 1960 à quelques(sic) 325 000 personnes du Rwanda, du
Burundi et de l'ancien Congo belge (Zaïre).

Ces affirmations ont été contredites par le fait que les zones mentionnées par
Curtis sont significativement moins infectées que d'autres en Afrique et que les
régions rurales (où la vaccination a été concentrée surtout) ont été plutôt
contaminés(sic) par les zones urbaines que l'inverse. Par ailleurs, le même lot
vaccinal utilisé au Congo belge a aussi été utilisé en Pologne. Hors(sic), ce
pays a actuellement la plus faible incidence de cas de sida en Europe alors que
la prévalence du sida à Kinshasa est entre 25 et 30% de la population adulte.
Dans sa réponse à la lettre de monsieur Curtis, Hilary Koprowski du Wistar
Institute et du Jefferson Medical College (philadelphie, USA) reprend le fait qu'il
a été bien démontré que ni le tissu embryonnaire ni le tissu rénal prélevé sur
18

des singes verts d'Afrique infecté(sic) par le VIS ne contenait ce virus.


Deuxièmement, "The same material in which he detected the presence of an
unknown agent was retested in our laboratory and in two other Iabs, and no
extraneous virus was found" (Koprowski, H: AIDS and the Poliovaccine. Science
1992; 257: p. 1024-26).

En ce qui concerne les vaccins contre l'hépatite B autour desquels toutes sortes
de théories ont aussi été élaborées, Stevens et collaborateurs rejètent(sic) ces
arguments. "The worldwide use of many millions of doses of inactivated or
recombinant hepatitis B vaccine bas confirmed their safety. Serological testing
ruled out the theoretical possibility that plasma-derived vaccines may cause mv-I
infection or acquired immuno-deficiency syndrome (AIDS)" (Stevens CE, Taylor
PE, Rubinstein P et al. Safety ofhepatitis B. vaccine, N Engl J Med 312: 375-6,
1985 (from Plotkin SA et al (1994). Ibidem p. 429).

Dans le domaine du sida, plusieurs personnes développent "leur" théorie. Poser


une question correctement, clairement, intelligemment est essentiel pour faire
avancer la science médicale. Énoncer des hypothèses sans fondement pour
impressionner, pour confondre ou pour apeurer relève cependant plus du
charlatanisme que de la médecine. Aucun fondement ni moléculaire, ni
biologique ni même épidémiologique ne supporte donc actuellement l'hypothèse
de monsieur Kyle, de monsieur Curtis et de leurs supporteurs."
(P-25)

L'ensemble des experts présenté par la plaignante confirme les dires du Dr Richard Massé.
En défense, l'intimée n'a présenté aucune preuve pour démontrer un tel lien. Elle a démontré
qu'il existe certains cas très miDimes, si l'on compare à l'ensemble de la population qui a été
vaccinée, où l'on prétend que suite à un vaccin, ils ont subi une dégénérescence physique
grave. Mais aucune preuve scientifique n'a démontré de lien de causalité direct entre le vaccin
et la maladie dont souffrent ces personnes.

Même si cette relation causale existait, est-ce que cela pourrait justifier un médecin de faire
l'affirmation qu'a faite l'intimée sans énoncer les bienfaits de la vaccination? Le Comité pense
que non.

bl Les vaccins épuisent le système immunitaire et provoquent chez les enfants des otites,
des allergies et de la fatigue.

Les Docteurs Jean-François Chicoine, Anne-Marie Beaulieu, témoins experts de la plaignante


ont affirmé que cette théorie était fausse et que la vaccination n'entraîne pas de déficience
immunitaire.

Le Dr Jean-François Chicoine, dans son rapport produit sous la cote P-21, mentionne aux pages
6 et 7:
19

" ... "Ce qu'il faut savoir", pouvait-on également y lire, "c'est qu'un enfant, un
-adulte qui se fait vacciner, est en bonne santé et on lui donne la maladie, on le
rend malade et tellement malade qu'il en meurt parfois". Aucun vaccin ne
contient la maladie d'origine; aucun vaccin ne fait mourir "parfois"; des
ressemblances existent effectivement entre les réactions secondaires au vaccin et
la maladie à prévenir, notamment la réaction fébrile qu'on peut observer suite
au vaccin de la rougeole ou encore les arthralgies trois semaines après celui de
la rubéole ou les très rares cas de parotidites constatées suite à celui des
oreillons, mais ces réactions sont attendues chez un faible pourcentage de
vaccinés et ne sont d'aucune commune mesure avec la sévérité d'une rougeole,
de la rubéole congénitale ou des méningites ourliennes, d'ailleurs inexistantes
avec l'actuel produit contre les oreillons.

"Les maladies étaient déjà presque disparues lorsque les vaccins firent leur
apparition", aurait-elle encore déclaré. Grossièreté il va sans dire. Coudon,
quel langage parle-t-elle? Parmi les maladies les plus célèbres, il n'y a que la
variole qui soit décidément confirmée comme disparue de la planète depuis la
déclaration d'éradication du 8 mai 1980 et elle n'a d'ailleurs pu y être enrayée
que grâce à la vaccination. En 1921, on rapporte aux États-Unis 102,791 cas de
variole; puis 30,151 en 1931; enfin en 1967, soit plus de 150 ans après la
découverte des bienfaits de la vaccine par Jenner et des décennies après la mise
en marché du vaccin anti-variolique, il ne reste de variole sur le continent
-américain que sur le territoire brésilien. Comme quoi! Succès comparable du
côté du tétanos qui, grâce au toxoide disponible dès 1941 passe de 0.5/100,000
à cette date à 0.011100,000 en 1990; même situation pour la diphtérie qui chute
de 2000/100,000 en-1940, soit quelques années après les débuts de l'utilisation
de l'anatoxine jusqu'à aussi peu que 0.011100,000 au début des années 70. Et
tant qu'à nager dans l'évidence: "in 1950, there were 33,000 reported cases of
poliomyelite in North America. In 1988, there were two".

La pornographie scientifique de Madame Lanctôt est sans limite et pourrait


couvrir -des pages entières si l'ennui générait du plaisir. Encore à propos des
vaccins et à la question "y a-t-il aussi des effets à long terme?", elle aurait
répondu "oui et c'est ce que le monde ignore, y compris les médecins. Les
effets à long terme, c'est la fatigue, l'épuisement du système immunitaire qui est
sans cesse sollicité". C'est faux: rien n'indique que le système immunitaire
n'est pas capable d'en prendre puisque son rôle est justement d'en prendre à
chaque seconde de notre vie. Pas d'analyses, pas de références, pas de
statistiques, pas de méthodologie, pour Guylaine Lanctôt qui n'a pas été
introduite à la méthode scientifique de Claude Bernard, ou qui n'y voit pas son
profit, rien n'est à prouver, à documenter ou à illustrer; seul compte son soi-
disant libre arbitre, qu'elle clame partout à tort et à travers et en véritable "yusr"
islamiste qui signifie: libre cours de la conscience.
(P-21)

TI s'agit de la part de l'intimée d'une affirmation gratuite, non vérifiée, et contraire aux
opinions qui sont généralement admises en médecine.

En conséquence, le Comité déclare l'intimée coupable sur le premier chef de la plainte


telle que rédigée.

Chef 2
20
al L'establishment médical est responsable de la plus grande machination contre
l'humanité qui dure depuis 150 ans

Cette affirmation de l'intimée n'est aucunement documentée.

bl Les vaccins ne protègent pas, ils détruisent le système immunitaire

Cette affirmation de l'intimée qui n'est aucunement documentée, est niée par l'ensemble des
témoins experts présentés devant le Comité.

Le Dr Jean-François Chicoine écrivait à la page 4 de son rapport d'expertise:

"Du point de we des sciences fondamentales, impossible de faire pire. "Où


diable avez-vous étudié votre "microbiologie?" lui demandait Jean Barbeau,
professeur de microbiologie et d'immunologie à l'Université de Montréal,
consterné qu'il était à l'idée que le docteur Lanctôt prétendait qu'on pouvait
observer le Yersinia Pestis au moyen du somatoscope de Gaston Naessens, une
patente parascientifique parmi tant d'autres, et dont regorge l'histoire mondiale
de la supercherie: l'oscilloclaste, la trousse de Lesourd, les plaques métalliques
de Mesmer et autres. "Quelque chose a visiblement échappé à Madame Lanctôt
dans son cours de médecine", ajoutait-il, " il est tout à fait faux de prétendre que
la vaccination épuise le système immunitaire....La vaccination n'appauvrit pas
le système immunitaire, elle l'éduque. Elle prépare notre système iinmunitaire
à réagir plus rapidement et plus efficacement aux agressions extérieures. Tout
comme pour la microbiologie, Madame Lanctôt n'a jamais rien compris à
l'immunologie et elle le prouve. Elle n'a rien retenu de l'histoire non plus."

En fait, quand Guylaine Lanctôt prétend que l'immunité naturelle est supérieure
à celle du vaccin, elle avance quelque chose de partiellement vrai en omettant
pertinemment, on imagine pour vendre sa salade, d'ajouter que cette immunité
naturelle est elle aussi imparfaite - notamment en ce qui a trait au zona après la
varicelle, à la coqueluche en vieillissant et à l'influenza qui, d'années en années,
risque de se répéter; également elle se garde bien de préciser que l'immunité
naturelle ne s'établit souvent qu'après une maladie dont les risques sont
infiniment plus sérieux et plus attendus que ceux qui sont normalement mais
rarement reliés au vaccin et que tel est là justement l'intérêt de vacciner des
populations entières. Globalement on peut dire qu'il y a entre 1000 et 5000 fois
plus de complications graves chez les personnes non vaccinées que chez celles
qui sont protégées par un vaccin. Plus précisément, l'encéphalite rougeoleuse
"naturelle" qui complique la rougeole passe de 1/1,000 décès ou encéphalite
grave à moins de 1/1,000,000 suite au vaccin; également la paralysie post polio
va de 1/100 suite a la maladie à 1/6.5 millions suite au vaccin Sabin, cette
"soupe aux singes" dont Guylaine Lanctôt fait l'une de ses chimères préférées,
malgré les données existantes qu'elle se donne le droit de nier sur la base de ses
révélations et de ses prétendues recherches porteuses de peurs, de préjugés et
de rumeurs.

Une des qualités du scientifique, c'est l'autocritique: "la responsabilité de


vérifier, de revérifier et de faire vérifier les résultats de leurs travaux par leurs
pairs. TI en a toujours été ainsi. Malheureusement, Madame Lanctôt et
Monsieur Naessens ne sont pas tenus à cette responsabilité. Ils n'ont jamais
soumis leurs travaux (et Madame Lanctôt n'en a aucun) ni à l'autocritique ni au
21

droit de regard de leurs pairs à travers le monde. TI est trop facile de prétendre
que le monde scientifique complote pour les faire taire. C'est hélas! se donner
une bien grande importance. D'ailleurs, les divagations de Madame LanctOt
seraient justement de moindre importance si elle n'était pas diplômée médecin
et donc moralement responsable de ses affirmations devant le public en général
et devant les parents et les enfants en particulier - des enfants qu'elle méprise
d'ailleurs au-dessus de tout, comme le verrons, menaçant ici et là leurs droits
fondamentaux pour ses satisfactions philosophiques à elle. "
(P-21)

Le docteur Marie-Dominique Beaulieu mentionnait dans son rapport d'expertise:

"L'affirmation que la vaccination épuise le système immunitaire ne semble pas


supportée par les recherches actuelles où on a démontré à plusieurs reprises que
l'utilisation de vaccins pour stimuler le système immunitaire peut être utile dans
la lutte contre certains cancers comme le mélanome malin, le cancer du foie et
celui de la vessie." (P-23, pages 6 et 7)

Les docteurs Richard Massé et Anne-Marie Bourgault, lors de leur témoignage et dans leurs
rapports d'expertise produits respectivement sous les cotes P-25 et P-27 en arrivent à la même
conclusion, à savoir que la vaccination n'entraîne pas de déficience immunitaire.

Tous et chacun de ces experts fondent leurs affirmations sur des textes scientifiques reconnus
comme l'état de la science médicale alors que l'intimée fonde la sienne sur des affirmations
gratuites aucunement documentées.

cl En raison de la vaccination des enfants nm"traient avec des queues de souris et du poil
de lapin

Cette affirmation aucunement documentée de l'intimée, n'a d'autre but que de créer dans la
population un effet de panique chez les parents de façon à les inciter à ne pas faire vacciner .
leurs enfants.

Le Dr Jean-François Chicoine, aux pages 55 à 57 de son rapport d'expertise s'exprimait ainsi:

""Je commence à avoir des sueurs froides ... " commentera une journaliste à la
sortie d'une entrevue avec le docteur Lanctôt. "Je viens de faire vacciner ma
fille de 3 ans contre la méningite et elle a évidemment déjà reçu toute la
kyrielle de vaccins de routine. Ai-je hypothéqué son avenir? Suis-je moi-même
menacée de sclérose en plaques?" De la même manière, il ne faudra pas
interpréter les questions surprenantes récemment décuplées des parents et
glanées dans ma pratique à l'urgence ou en clinique externe, et selon les
témoignages des infirmières en CLSC ou à Info-santé comme une "bonne
nouvelle" et une volonté accrue de "vouloir s'informer sur les dangers de la
vaccination" , comme on entend trop souvent dire. La plupart de ces
interrogations ne sont basées ni sur la connaissance, ni sur le bon sens et sont
essentiellement véhiculées par une charge émotionnelle aucunement en rapport
22

avec le désir positif d'informations des parents. Rarement aura-t-on vu autant de


papas et de mamans intelligents et sensés poser autant de questions stupides et
idiotes: c'est cela la peur. Pour les nihilistes acharnés à détruire les nobles
desseins de notre médecine, c'est réussi. Autrement, et du point de vue de
l'horreur, on n'est pas très avancé: c'est cela de l'extrémisme.

L'eugénisme

Parmi les détracteurs de Jenner - dont la science qui imprégna tout le 1ge siècle
est en quelque sorte l'un des grands jalons de la santé publique en matière de
vaccination - on en retrouve certains qui, avec 200 ans d'avance sur le retard de
Madame Lanctôt, tentaient d'accréditer le bruit que les enfants soumis à la
vaccination étaient appelés à se transformer en animal. Cela venait en grande
partie du fait que c'est la vaccine, maladie de la vache, qui était à l'origine de
la protection efficace contre la variole, maladie beaucoup sévère avec laquelle
elle partageait en l'occurrence certaines particularités immunologiques. Au nom
de sa morale transcendantale, le philosophe Emmanuel Kant, s'était à cet effet
permis d'écrire: "Pour la médecine de Jenner, l'humanité s'abaisse trop vers
l'animalité, du fait qu'on inocule une sorte de bestialité. "Les enfants vaccinés",
rapporte l'historien de la médecine J.A. Baudet, "se seraient mis à marcher à
quatre pattes, à meugler comme des bovins cependant que leurs pieds se
transforment en sabots et que leur corps se couvre d'une toison épaisse." Facile
donc d'y reconnaitre le bestiaire ravivé par Madame Lanctôt pour décourager
un quelconque recours à la vaccination à coup de "poils aux pattes" de "queues
de souris" et bien entendu "d'ailes de poulets", des "protéines étrangères
transmissibles au code génétique. d'une espèce". "Des nouvelles formations",
dit-elle, "qui sont menacées d'extinction de la race humaine" .•. et par
conséquent "the biggest crime against humanity" évidemment soi-disant perpétré
tout spécialement contre les pauvres de l'Alaska, les noirs du Sénégal, les
homosexuels de San Francisco et les autochtones et "frogs" du Québec.

"Au milieu des années 1980, on a commencé à utiliser des vaccins produits
grâce au génie génétique", écrira le docteur Bernard Duval. "On a réussi à
introduire dans le génome de levures de boulanger les fragments du génome du
virus de l'hépatite B qui engendrent la production de l' AgHBs. On favorise en
usine la multiplication des levures productrices d'AgHBs. On "récolte" alors
celui-ci et on le met dans les flacons de vaccin. Cette. technique originale permet
d'avoir un produit extrêmement sûr puisqu'il ne s'y trouve aucun virus tué ou
atténué. TI est également plus facile de produire le vaccin en quantité importante
sans avoir à recourir à un grand nombre de porteurs. Cela permet ainsi de
diminuer le coût du vaccin." TI n'en fallait pas moins pour que Madame Lanctôt
catapulte cette nouveauté àsa théorie antihépatite B où la levure du boulanger
devient pour l'occasion l'étudiant de 4e année.

"Tout ce que nous savons sur le code génétique nous indique qu'il ne peut pas
incorporer une information extérieure" dira par ailleurs Stephen Gould,
paléontologue à Harvard. "Et pourtant" écrira Guy Sorman à propos du
transformisme tant décrié par Gould "la conception lamarckienne de l'évolution"
- qui consiste à nier la génétique au profit d'une théorie de l'incorporation dans
la procréation des espèces - "est toujours populaire... Comment est-il possible
qu'une théorie fausse reste aussi répandue dans le grand public, et jusque dans
la communauté scientifique?" se demande-t-il. "Parce que c'est une théorie
rassurante", lui répondra GouId, "elle récompense l'effort: le caractère est
réputé s'acquérir. Elle satisfait la morale: le caractère est réputé se
transmettre ... " . Elle satisfait ainsi, et il va sans dire, le substrat régressif des
théories immorales antivaccinales de la santé illimitée. "Rien n'est plus
meurtrier que la fausse science" déclarera aussi Gould. Après avoir troqué
Pasteur pour Béchamp, Madame Lanctôt que la parascience du 1ge siècle inspire
décidément plus que tout, aura troqué Darwin pour Lamarck en s'inspirant du
23
coup des nouveaux modes de fabrication des vaccins et pas impunément, comme
nous allons le voir: sa thérapie génique vieux genre qu'il ne faudrait surtout pas
confondre avec les nouvelles peut mener loin, très loin.

"Le pape Léon xn qui régna au· 1ge siècle après la mort de Jenner", rapporte
encore l'historien Barret s'éleva violemment contre la vaccination qui avait fait
la preuve de son innocuité et son efficacité depuis des lustres: "Quiconque
procède à la vaccination cesse d'ê~ le fils de Dieu ... la variole est un
châtiment de Dieu ... La vaccination est un défi à l'adresse du ciel. Au XIXe
siècle, nombreux furent les chefs de famille qui eurent à choisir entre
l'excommunication et le risque de variole pour leurs proches." La menace qui
pèse sur" les enfants vaccinés du Québec n'en est pas moins grande, selon
Madame Lanctôt, qui, au-delà de l'animalité annoncée, va jusqu'à déraper, et
alors là carrément, sur une extrême droite dangereuse - à laquelle elle pourrait
avoir bien droit si elle n'était pas si haineuse - mais qui est de toute manière
irrecevable en sa qualité de médecin. "
(P-21 )

Rien dans le livre de l'intimée ne permet de démontrer la véracité de cette affirmation ni même
de démontrer l'existence d'un seul cas où un tel phénomène se serait produit suite à la
réception d'un vaccin.

dl Le vaccin contre l'hépatite B est un vaccin extrêmement dangereux et c'est lors d'une
grande campagne de vaccination contre l'hépatite B qu'est partie l'épidémie du sida sur
les homosexuels de New York

Le Dr Jean-François Chicoine écrivait à la page 11 de son rapport d'expertise:

"TI faut dire que Madame Lanctôt est experte dans le listing trompeur et le
faisceau de preuves qui consistent à faire croire que la réunion de plusieurs
arguments, dont chacun pris à part est suspect ou faible, constitue une preuve
solide, ce qui est évidemment intolérable de la part d'un médecin. En fait, un
faisceau de preuves incertaines demeure incertain et ne fait que rejeter des
arguments inconfortables qui ne cadrent pas avec l'opinion que l'on entretient.

Non seulement cette manière d'établir la vérité n'est pas scientifique, mais elle
est également dangereuse, car cette forme de raisonnement peut conduire à des
actions préjudiciables pour la vie de nombreux individus, et surtout dans le
domaine de la médecine préventive, par exemple dans l'accueil que réservera
une population à une nouvelle campagne d'immunisation en fonction des
bénéfices et des risques annoncés. L'acharnement intempestif de Madame
Lanctôt contre l'hépatite B n'est pas étranger à la surutilisation qu'elle fait de
ce sophisme payant dans l'opinion publique bien -que truffé de commentaires
déséquilibrés.

Parmi les nombreuses idées truquées en partie capables d'expliquer comment des
gens relativement sensés risquent dangereusement, et même sur une base
cognitive, de se farcir les théories de Madame Lanctôt, impossible de passer sous
silence la notion de risques absolus et relatifs, si primordiale dans le domaine de
la vaccination. Le risque relatif reflète la force d'une association entre un facteur
de risque éventuel et une maladie. Mais il n'a aucune influence sur la
probabilité pour un individu d'attraper cette maladie. La plupart des pilotes
24
d'avion, comparés aux communs des mortels ont un risque relatif d'être tués
dans un accident d'avion de l'ordre de plusieurs milliers contre un. Cependant,
ni eux ni nous ne devons en déduire qu'il faut refuser de prendre l'avion, puisque
le risque absolu est extrêmement faible. Pour vivre pleinement sa vie, il faut
maintenir un équilibre entre les risques raisonnables et les risques déraisonnables.
Comme cet équilibre est affaire de jugement, le dogmatisme de la santé illimitée
ne peut pas y tenir de place. Ainsi la température observée chez 1 % à 6 % des
individus recevant le vaccin de l'hépatite B ainsi que les rarissimes syndromes
de Guillain-Barré documentés autour de son utilisation mais à la fréquence
identique à celle de la population en général et nullement décrits avec les
vaccins recombinés sont, sur une base de santé publique, des risques relatifs
totalement négligeables si on les compare aux risques absolus de contracter
l'hépatite B qui regroupe actuellement au Québec 0.5% de porteurs chroniques
soit environ 33,000 personnes. Les seuls effets secondaires sérieux qui ont été
rapportés sont de rares réactions anaphylactiques, à raison d'environ une par
million de doses administrées. Chez nous, on a également évoqué une
association entre les vaccins contre l'hépatiteB et le syndrome de fatigue
chronique, à la suite d'une émission télévisée sur le sujet. "Ces allégations ont
été examinées par un comité d'experts qui a conclu qu'elles étaient dénuées de
tout fondement. Aucun autre pays n'a rapporté cette association." Rappelons-
nous que le quart des porteurs d'hépatite B vont développer dans les 0 à 40 ans
une maladie sévère du foie comme l'hépatite chronique active, la cirrhose ou
l'hépatocarcinome. C'est d'autant plus inquiétant que la population jeune, les
jeunes ados et les jeunes immigrants sont extrêmement à risque. À notre clinique
de pédiatrie·internationale à l'Hôpital Sainte-Justine, de 3% à 5% de la clientèle
est déjà porteuse ou malade de l'hépatite B. Selon une remarque de H.L.
Manclœn: "n existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe
et fausse." En fait si une explication est si simple qu'elle explique tout en
général, le plus souvent, elle n'explique rien en particulier. Le risque relatif
gonflé par Madame Lanctôt et qui consiste à faire du vaccin de l'hépatite B un
transmetteur ipso facto de tout et de rien, y compris du SIDA est décidément,
et de la même manière, trop simple pour expliquer et l'épidémiologie du vm:
et les multiples modes de transmission du virus de l'hépatite B, vrn dont la seule
possibilité d'être transmissible par vaccination supposerait l'usage d'une aiguille
et d'une seringue usagées, ce qui n'est pas l'usage.

Parmi les biais stratégiques frauduleusement utilisés pour négocier avec la vérité
quand les données ne correspondent pas aux théories, Martin souligne à peu près
tout ce qu'il nous faut pour compléter notre bref tour d'horizon de la santé
illimitée. Prenez pour exemple le refus pur et simple ("ce ne sont pas les vaccins
qui ont stoppé les grandes épidémies, mais bien les conditions de vie et
d'hygiène"), ce qui tombe bien mal dans le cas du Pérou où on répertoriait
récemment, et malgré une pleine épidémie de choléra, le tout dernier petit
garçon atteint de poliomyélite dans toutes les Amériques, comme quoi la
vaccination avait frappé dans le mille au même moment où on assistait à une
détérioration absolue des conditions d'hygiène, conséquence du stoppage de la
chlorification de l'eau potable; également Martin mentionne le scepticisme sur
l'origine de la donnée jugée maudite et non recevable pour souscrire à la théorie
recherchée; l'imputation d'une arrière pensée à l'origine de la donnée ("nous
avons été formés à l'école de la médecine où le dogme et l'obéissance aux
autorités passaient bien avant le discernement et le bon sens. Nous sommes les
instruments d'un système médical contrôlé"); l'isolement de la donnée hors de
son contexte; la mauvaise compréhension de la donnée. Enfin l'affaiblissement
de l'importance de la donnée ("Non il n'y avait pas d'épidémie. De plus, le
vaccin ne protégeait pas contre l'infection à méningocoque de type B,
responsable de 45% des cas de méningite"). C'est vrai qu'il n'y a jamais eu
d'épidémie de méningocoque en 1992-1993 au Québec et que le vaccin ne
protégeait pas contre le méningocoque de type B qui n'était pas le principal visé
par la campagne de vaccination. La décision de vacciner s'est prise non pas en
25
raison d'une épidémie mais bien parce que les données épidémiologiques
indiquaient des foyers d'éclosion parmi la population des adolescents avec un
taux de mortalité de l'ordre de 10% à 15 %, un virage qui en termes de santé
publique pouvait justifier une campagne d'immunisation, au-delà du faux
problème de l'épidémie si cher à la couverture médiatique et que· Madame
Lanctôt ne manque pas d'abriller(sic) en se servant à sa manière de la télé, des
radios, des journaux et des magazines. Pour citer Marcel Gauchet: "Les médias
peuvent dire absolument n'importe quoi, sur n'importe quoi. Pour assurer leur
propre légitimité, tous les autres pouvoirs dépendent maintenant du pouvoir
médiatique." Ainsi Madame Lanctôt ne se satisfait pas de déroger à l'honneur
de la profession: elle se sert du pouvoir des hauts-parleurs pour la déshonorer et
de mon point de vue, pour communiquer son propre déshonneur."
(P-21)

Le Dr Richard Massé quant à lui s'exprimait ainsi à la page 13 de son rapport d'expertise::

"Discutons maintenant de la question de l'hépatite B.

Chaque année, au Québec, plus de 3000 personnes s'infectent avec le virus de


l'hépatite B, chaque personne ayant environ 5% des chances d'acquérir cette
infection durant sa vie. Ce risque d'infection varie en fonction de l'exposition:
soit, par exemple, par l'utilisation de drogues par voie intraveineuse, soit par des
relations sexuelles non protégées avec une personne porteuse du virus ou encore
lors de la grossesse et de l'accouchement si la mère. est porteuse du virus. Un
certain nombre de personnes seront exposées au virus de l'hépatite B suite à une
piqûre d'aiguille accidentelle ou par des contacts étroits avec une personne
infectée. Près de 10% des personnes infectées pourront présenter une infection
chronique et la transmettre à d'autres, souvent sans le savoir. Vingt-cinq pour
cent des porteurs développent des séquelles tardives, notamment une cirrhose ou
un cancer du foie. Près de 1% des personnes infectées décéderont de l'infection
en phase aiguë.

Le vaccin actuellement utilisé est efficace à 99% pour prévenir la maladie et la


transmission ultérieure de cette infection chez les pré-adolescents rejoints par le
programme de vaccination en vigueur au Québec. Son efficacité est légèrement
inférieure chez les jeunes enfants (mais de plus de 90%), chez les adultes
(environ 95 %) et diminué(sic) chez les personnes âgées et immunodéprimées.
La durée de protection conférée est encore indéterminée mais, dans une étude,
95% des personnes ayant développées(sic) une immunité primaire avaient encore
des anticorps décelables après 10 ans.

Les vaccins disponibles au Québec sont fabriqués par une technique de


recombinaison génétique où un segment du génome codant pour l 'HBsAg
(antigène de surface du virus de l'hépatite B) est introduit dans une levure qui
produit alors des antigènes d'une grande pureté, pratiquement libres de toute
contamination (sauf quelques fragments de levure qui peuvent être présents).

La ;;œurité du vaccin, remis en question dans le texte du Dr Lanctôt comme


pouvant être "extrêmement dangereux", est excellente. Sauf quelques rares
réactions anaphylactiques, dont le taux estimé est d'environ 1/1 000 000 de
doses, aucune autre réaction sévère n'a été rapporté(sic) pour ce type de vaccin.

Les premiers vaccins contre l'hépatite B (non disponible au Québec depuis la fin
des années '80) étaient dérivés du plasma purifié de personnes infectées. Chez
ces vaccins, on a rapporté initialement quelques cas du syndrome de Guillain-
Barré (SGB). Actuellement, les évidences sont insuffisantes pour affirmer ou
rejeter qu'il puisse y avoir une relation causale entre le vaccin pour l'hépatite B
et le SGB.
26

Les mêmes conclusions s'appliquent pour les rares cas de névrite optique, de
sclérose en plaques et de .myélite transverse rapportés dans la littérature, de
même que pour certains cas d'arthrite aiguë ou chronique. La fréquence de ces
maladies étant très faible, il sera probablement très difficile d'en arriver à une
réponse plus précise dans un avenir proche. TI n'y a pas (non plus) de données
épidémiologiques probantes qui permettent d'établir un lien entre le syndrome
de fatigue chronique et la vaccination contre l'hépatite B et même les données
actuelles contredisent cette assertion.

En conclusion, l'immunisation contre l'hépatite B ne peut être comparée à la


vaccination antigrippale. Les associer pour en tirer une conclusion commune
relève d'un manque de rigueur scientifique complet. L'utilité de ces vaccinations
a été bien démontrée dans la littérature scientifique, le contraire resterait à
prouver. La sécurité de ces vaccins est bien établie et ne justifie pas le
qualificatif "d'extrêmement dangereux".
(P-25)

On pourrait sur le même sujet citer le rapport du docteur Anne-Marie Bourgault.

TI apparaît évident au Comité que l'intimée tant au niveau de ses déclarations à la radio que
dans son livre n'a pas eu le souci de vérifier les critères scientifiques qu'elle devait appliquer
à titre de médecin.

Elle avait le devoir, si elle voulait exprimer sa dissidence, de l'indiquer et aussi de préciser quel
était le consensus établi scientifiquement.

Dans ce dossier, les déclarations de l'intimée s'éloignent de la vérité scientifique pour


satisfaire son autosuffisance.

Elle fait des affirmations à caractère scientifique sans preuves ou en déformant la réalité des
faits reconnus.

Elle préfère mal informer la population et par la suite leur dire que cela n'a pas d'importance
car "la seule vérité qui puisse compter pour vous, c'est la vôtre". (P-ll page 4)

En conséquence, le Comité déclare l'intimée coupable sur le deuxième chef de la plainte


telle que rédigée.

Chef 3

al La vaccination ne comporte pratiquement pas de bienfait et qu'il est faux de croire que
la vaccination protège, puisqu'il s'agit de croyances populaires aussi farfelues gue des
contes de grand-mère
27

Le Dr Jean-François Chicoine donne quelques statistiques à la page 51 de son rapport


d'expertise sur les bienfaits de la vaccination:

"En 1993 au Canada, 95% de tous les enfants avaient été vaccinés contre la
rougeole, 85 % contre la polio et 83 % contre la coqueluche. La variole n'existe
plus. La polio a disparu des Amériques et l'OMS espère bien pouvoir la faire
disparaître de toute la planète d'ici l'an 2000. Selon l'Unicef, les décès par
rougeole ont baissé de 80% par rapport au niveau précédent(sic) les campagnes
de vaccination. À Montréal, environ 90% des femmes susèeptibles d'être
enceintes ont une sérologie positive pour la rubéole. Je n'ai jamais vu, moi, un
bébé atteint de diphtérie, de tétanos ou de rage. Aussi depuis l'utilisation du
vaccin contre Haemophilus influenza de type B, le nombre de méningites
bactériennes et d'épiglottites rencontrées en salle d'urgence a littéralement
baissé en chute libre. Décriée, contestée voire même traînée dans la boue par
des groupes extrémistes des sociétés industrielles, où le taux d'immunisation
permet l'intellectualisation des faux problèmes, la vaccination est de tous les
sujets médicaux certainement celui qui est le plus victime de ses succès et de ses
coups de maître. En pandémie de polio, en éclosion de méningo, tout le monde
veut se faire vacciner. Mais la panique infectieuse a toujours tôt fait de virer à
la panique vaccinale. Au Québec, on a pu récemment le constater avec la
compagne de la vaccination antiméningoccocique dont l'oeuvre de Madame
Lanctôt, selon ses propres dires, serait l'un des avatars. Peut-être même que
viendra le jour où un vaccin contre le SIDA n'intéressera plus personne. Qui
sait encore aujourd'hui pourquoi Franklin Roosevelt marchait avec une canne?

Dans le contexte de ces réussites, décourager le recours à la vaccination n'est


pas pour autant plus tolérable, très loin de là. Sans vaccination, et contrairement
à ce qu'en pense Madame Lanctôt, les cas de diphtérie et de tétanos ne
prendraient que quelques années pour nous frapper de plein fouet; en Russie où
la mauvaise conservation du vaccin antidiphtérique amenuise la couverture
vaccinale, la diphtérie est encore un problème important de santé publique qui
semble actuellement gagner une partie de l'Europe. Sans le vaccin de la rubéole,
comme nous le propose la doctoresse, la rubéole congénitale reviendrait à ses
taux passés; aux États-Unis où la dernière épidémie majeure remonte à 1963-
1965, on a alors dénombré 12.5 millions de cas de rubéole et 20,000 enfants
atteints de rubéole congénitale, sans compter les avortements provoqués ou
spontanés; plus exactement 1,600 enfants sourds, 3,500 aveugles, et 1,800
retardés; personne ne doit perdre de vue que le taux de transmission de la
rubéole pendant le premier trimestre de la grossesse est de 90%, c'est-à-dire très
élevé. Tel qu'expérimenté en Angleterre et au Japon, stopper le vaccin de la
coqueluche, bien que sa protection soit encore insuffisante, serait également une
catastrophe, particulièrement pour les nourrissons qui peuvent en mourir ou en
souffrir dangereusement une fois sur cent. Au Japon, où on vaccinait contre la
coqueluche depuis 1950, on avait constater(sic) une diminution de 99% des cas
de coqueluche en 1970; en 1975, à cause des peurs non justifiées reliées aux ..
effets secondaires du vaccin, la cessation de la vaccination devait multiplier
l'incidence des cas de coqueluche par vingt et faire passer le nombre de décès
de 3 par an en 1975 à 41 par an en 1979, date à laquelle on réintroduisait, pour
des raisons évidentes, la vaccination anticoquelucheuse. Expertise semblable en
Angleterre, où deux à quatre ans après la diminution de l'emploi de vaccin (75),
soit entre 77 et 79, on note tout plein d'épidémies, 100,000 cas de coqueluche,
et encore 36 décès prouvant sans contredit l'utilité incontestée depuis lors et
partout dans le monde, de ce vaccin imparfait mais essentiel dont une version
acellulaire plus efficace devrait sous peu nous parvenir.

Autre anecdote chargée de sens sur la couverture vaccinale empreinte de


faiblesse: les deux dernières épidémies de polio en pays industriel, l'une ayant
28
sévi dans l'ouest(sic) canadien, l'autre en Hollande, toutes deux chez les
membres d'une même secte opposée à l'immunisation.

Sous le titre "les maladies infectieuses résistent encore aux progrès de la


médecine", l'agence France-presse de Dakar nous rappelait également et très
justement ceci: "les succès de la médecine ont été si souvent spectaculaires que
l'opinion publique, notamment dans les pays riches, a pu se bercer d'illusions que
les maladies infectieuses disparaîtraient bientôt de la planète, comme
l'éradication de la variole nous encourageait à le croire. Or il n'en est rien ... "
Non seulement certaines maladies persistent - 12 millions de lépreux dont 3000
aux États-Unis; une centaine de milliers de personnes à risque pour la
draconculose(sic), 250,000 morts chaque année dans le monde à cause de
l'hépatite B, 1 million à cause de la rougeole et surtout des enfants, 50,000 à
cause de la rage et 400,000 encore des suites de la coqueluche - mais d'autres
maladies réapparaissent avec force, et non pas à cause de la vaccination, n'en
déplaise aux calculs truqués de Madame Lanctôt: le choléra, par exemple et
surtout la tuberculose dont on rapporte chaque. année 8 à 10 millions de
nouveaux cas avec une estimation de 2 à 3 millions de décès annuellement; près
de 2 milliards de personnes sont en fait infectées par la tuberculose dont la
recrudescence accompagne la pauvreté et la progression de l'épidémie de SIDA.
Madame Lanctôt a beau faire ses frauduleuses "constatations effroyables", sa
médecine de riche à ornières appliquée aux populations d'ici ou du monde
qu'elle souhaiterait ainsi détourner de la vaccination serait dans les faits une
catastrophe où en l'espace de quelques mois des milliers de petits et de grands
crèveraient sans raison sinon pour le bon plaisir de son "facies hermetica" et de
sOn droit à elle de placer ses vertus illimitées au-dessus du bien-être des autres.
"La vertu infuse c'est le propre des héros", disait Confucius. Alors que cette
expertise médicale nous conduit à constater toute autre chose, plus exactement
"une médecin" qui trompe la population, engendre la terreur et décourage le
recours à la vaccination, le contraire d'une héroïne."
(P-21)

Là encore, il s'agit d'affirmations gratuites contraires aux données de la science médicale qui
ont pour effet d'alarmer la population, de lui donner de faux renseignements qui peuvent
l'entraîner à prendre des décisions qui vont à l'encontre de son bien-être et du bien-être de
ses proches.

h) On ne peut contracter l'Hépatite B qu'à la suite d'une transfusion sanguine

Les docteurs Richard Massé et Jean-François Chicoine ont exprimé dans leurs rapports
d'expertise précités qu'il est faux de prétendre que l'Hépatite B ne peut être contractée qu'à
la suite d'une transfusion sanguine.

Ds indiquent que 1'Hépatite B peut être contractée par des relations sexuelles non protégées
avec une personne porteuse du virus ou lors de la grossesse si la mère est porteuse du virus, par
des contacts étroits avec une personne infectée par l'utilisation de drogues par voie
intraveineuse, etc.

En conséquence, le Comité déclare l'intimée coupable sur le troisième chef de la plainte


telle que rédigée.
29
Chef 4

a) La vaccination fait exploser le sida sllencieux

Aucune preuve scientifique n'a permis de faire ce lien, au contraire, le Dr Richard Massé nous
indique:

"Quant à l'éclosion du Sida Silencieux, il reste à prouver qu'elle puisse être liée
d'aucune façon à la vaccination. L'âge des personnes infectées par le vm et
celui où l'on reçoit la majorité des vaccins, la petite enfance, sont relativement
éloignés. Aucune évidence ne semble les rapprocher. ft (P-25, page 25)

Le docteur Anne-Marie Bourgault nous spécifie qu'il n'y a aucune donnée dans la littérature
qui permette d'affirmer que la vaccination a fait exploser le Sida silencieux. (P-27, page 13)

TI s'agit encore d'affirmations gratuites de l'intimée qui ne se fondent sur aucune donnée
scientifique et dont l'effet est de miner la confiance du public envers la vaccination.

h) La vaccination engendre la violence et le crime

Sur cette affirmation, le Dr Jean-François Chicoine s'exprime ainsi à la page 10 de son rapport
d'expertise:

"Lorsque deux événements sont régulièrement associés, tels que feu et fumée,
ou coït et grossesse, il est tentant de considérer comme logiquement justifié d'en
conclure qu'ils sont reliés par un rapport de cause à effet. TI ne s'agit cependant
que d'un non-sens logique: la vie n'est pas la cause de la mort parce qu'elle la
précède toujours. En logique appliquée, il n'est jamais possible de prouver une
relation de cause à effet à partir d'une simple association quelque parfaite qu'elle
puisse sembler, ce qui n'est malheureusement pas toujours évident pour le grand
public. Si une association est logiquement plausible, elle peut suggérer un lien
causal, mais seule l'expérimentation peut en fournir la preuve. Dans un même
ordre d'idée(sic), parmi les associations erronées les plus fréquentes en
épidémiologie improvisée figurent celles qui reposent sur une corrélation dans
le temps. N'importe quel couple de variables indépendantes qui se modifient de
manière linéaire avec le temps montrent une corrélation parfaite, par exemple,
l'étude statistique on ne peut plus sérieuse rapportée par Skrabanek et
McCormicksur la corrélation entre le prix de la bière et le salaire des prêtres
à Chicago ou chez Guylaine Lanctôt, et toujours en la qualité de docteure, la
corrélation entre la violence dans la rue et le programme d'immunisation .1
1
universelle de l'OMS." i
(P-21)

Comment l'intimée peut-elle prétendre une telle chose?


30
cl La vaccination permet la sélection des po.pulations à décimer. Elle facilite les génocides
ciblés. Elle permet de tuer les gens d'une certaine race. d'un certain groupe. d'un certain
pays... et de laisser les autres indemnes... au nom de la santé et du bien-être de tous

Faire de tels énoncés pour un médecin, sans apporter d'éléments pour prouver ce qu'on
avance, n'a d'autre effet que de semer la panique dans la population.

dl La vaccination soit obligatoire ou non. vacciner de force, c'est violer. y collaborer est
meurtrier

Le Docteur Richard Massé, lors de son témoignage, disait:

"La vaccination n'est pas obligatoire au Québec. Dans un sondage récent fait
pour le ministère de la santé et des services sociaux du Québec (décembre
1994), 82% des 1 000 parents adultes interviewés étaient d'accord pour la
vaccination régulière des jeunes de 16 ans et moins, 6% étaient contre toute
forme de vaccination, 6 % disaient que ça dépend des circonstances et 6 %
n'avaient pas d'idées. Les gens choisissent eux-mêmes de se faire vacciner ou
non; la majorité le désire pour leurs enfants.

Par ailleurs, si l'immunisation n'est pas obligatoire, le rapport d'accident adverse


relié à l'administration d'un vaccin est une des responsabilités éthiques d'un
médecin. ft

el La vaccination sert d'expérimentation pour tester de nouveaux produits sur un grand


échantillonnage de population. gue sous le couvert de la santé, on vaccine les gens contre
des pseudo-épidémies avec les produits gue l'on veut étudier et le vaccin de l'hépatite B
semble être le choix des autorités pour accomplir ce but

Sur ce sujet, le Docteur Yves Robert mentionnait à la page 48 de son rapport d'expertise:

"Encore une belle démonstration d'ignorance. La fabrication de l'antigène de


surface du virus de l'hépatite B n'en fait pas un vaccin beaucoup plus dangereux,
bien au contraire. Tout ce que l'on fait c'est d'introduire l'épitope du
chromosome du virus de l'hépatite B qui code la production de l'antigène de
surface et d'introduire cet épitope dans le chromosome d'une levure inoffensive,
Saccharomyces ·cerevisiae (qui est notamment utilisée dans la production de la
bière... ) Ainsi la levure développe la capacité de produire dans le surnageant de
la culture, l'antigène de surface du virus de l'hépatite B "pur". Par ailleurs,
tout(sic) les microbes qui nous colonisent possèdent un code génétique étranger
à celui de nos cellules (espérons-le, sinon nous serions des microbes ... ) et nous
ne nous en portons pas plus mal bien au contraire. Ce n'est pas un antigène de
plus, qui n'a aucune propriété biologique active qui va changer quoique ce soit.

Quant au (sic) virus cultivés sur des ovaires de hamster de Chine, aucun des
vaccins contre l'hépatite B utilisés dans le monde utilise ou n'a utilisé un tel
substrat. J'aimerais bien savoir d'où cette information erronée a été tirée.
31

Enfin, je suis plutôt confiant que nos descendants vont nous ressembler
étrangement. .. " (P-29)

f) La vaccination est une arme biologique au service de la guerre biologique

TI s'agit-là encore une fois d'une affirmation gratuite, non fondée et sans référence.

1) La médecine enlève au patient le sens profond de la douleur et de la maladie et le rend


plus malade

Encore là, l'intimée fait une affirmation gratuite sans justification..

hl La médecine scientifique mène à l'aggravation, que"comme la guerre, la médecine


scientifique est dévastatrice. extrêmement coûteuse et ne règle rien-,Qu' elleÏle devrait être
utilisée qu'en dernier ressort lorsque tout le reste a échoué, aussi bien pour le diagnostic
que le traitement •.

Sur ce sujet, le Docteur Jean-François Chicoine s'exprime ainsi à la page 26 de son expertise:

"Le docteur Lanctôt a quant à elle la gnose réductrice si pure, si dure et si


déconnectée de la vie quotidienne, qu'elle ne fait exclusivement de place qu'au
parallèle: "ne vous laissez pas prendre ni par la médecine, ni par des
pharmaciens "complémentaires", dit-elle, "à moins qu'ils n'aient abandonné leur
pratique de médecine scientifique" . À cet effet, ses prescriptions sont très claires:
"Commençons toujours par le traitement zéro: ne rien faire. Si jamais il fallait
envisager un traitement, réserver le traitement de médecine scientifique pour la
toute fin, une fois que tous les autres traitements de médecine douce .... "

Même audace morbide alliée à la menterie du côté de la prévention: "la


meilleure immunité, c'est l'immunité naturelle... La contamination vaccinale
court-circuite toutes les premières dépenses. L'immunisation artificielle se fait
dans le désordre. Pas étonnant qu'elle exige des rappels fréquents ... Aussi
inutiles que les vaccins eux-mêmes". Non sans briser toute espèce de relation
de confiance envers les professionnels de la santé: "Quand vous faites ce que les
autres vous disent, vous ne vous écoutez pas. Vous tombez malade parce que
vous donnez votre pouvoir à autrui. Récupérez-le ... Ce n'est ni votre médecin,
ni votre ministre qui souffrira des effets des vaccins. C'est vous!" .

On ne peut plus extrémiste aussi est son endossement idéologique pour la mission
des médecins du ciel qui, somme toute, est trop remarquable et provocateur pour
ne pas avoir été intentionnellement placé là. "La médecine n'appartient à
personne", écrit-çlle, "et peut-être pratiquée par des médecins, des thérapeutes,
des guérisseurs... même des médecins du cieU". En mars 1994, soit
probablement à peu près au moment où le docteur Guylaine Lanctôt écrivait ou
pensait ces lignes, trois médecins-guérisseurs dits "médecins du ciel"
enregistraient des plaidoyers de culpabilité suite au décès de trois femmes
insuffisamment "libérées de leurs émotions négatives et trop peu injectées
32

d'énergie" et auxquelles ils avaient recommandé la cessation de leur traitement


contre l'asthme et le cancer. Le sommeil de la raison produit des monstres, nous
dit Bensaid, et de mon point de vue, il est encore plus inacceptable qu'un
médecin leur fournisse les cacahuètes. "
(P-21)

il Le by-pass cardiaque pour les maladies cardiaques peut être remplacé par la chélation

j) Il existe une trilogie du mensonge à savoir que "les vaccins nous protègent", que Je "sida
est contagieux" et que "le cancer est un mystère"

Le Docteur Yves Robert dans son rapport d'expertise a écrit un chapitre sur ce sujet et il Y a
lieu ici d'en reproduire une partie:

"3.3. "La trilogie du mensonge": immunisation, SIDA, Cancer.

3.3.1. Les immunisations

Visiblement l'auteure a besoin d'informations relatives à l'immunisation.

Notons au point de départ que sa démarche antivaccinaIiste n'est pas nouvelle.


Déjà en 1885, la même année où Pasteur vaccinait Joseph Meister contre la rage
et où la théorie microbienne en était encore à ses débuts, au moment de
l'épidémie de variole qui frappait Montréal, un groupe de médecins
antivaccinaIistes publiait un petit journal incitant la population à ne pas se faire
vacciner contre la variole (Annexe 1). Le fait est que ce discours antivaceinaIiste
était plus important dans la communauté francophone qu'anglophone et
l'historien Michael Bliss (13) nous informe que la maladie avait frappé davantage
la communauté francophone qu'anglophone en fonction de la couverture
vaccinale. Depuis ce temps, un discours antivaccinaIiste est toujours latent. TI est
repris épisodiquement et défraie la manchette. C'est ainsi qu'au milieu des
années 1960, c'est le docteur Chèvrefils qui partait en croisade.

TI n'est donc pas étonnant de retrouver son nom dans les références citées par
l'auteure à la fin de son livre. D'ailleurs son garçon, naturopathe, poursuit le
discours amorcé par son père. TI n'est pas étonnant non plus d'observer que les
arguments apportés par les antivaccinalistes n'ont pas évolué au cours des
années et que les références apportées en preuve sont toujours les mêmes. Au
point de présenter les vaccins actuels comme identiques à ceux utilisés il y a
trente ans.

En ce sens, le discours antivaccinaliste de l'auteure, loin d'être une découverte


comme elle le prétend, reprend de vieux arguments proposés notamment par la
ligue antivaccinaliste française. La seule chose qui ait changé c'est la
réceptivité de la population qui cherche à remettre en question les autorités, tout
en poursuivant une spiritualité nouvelle valorisant "la force intérieure" et
"l'énergie créatrice". Elle a soif de croire en quelque chose. Dans le cas de
l'auteure, sa croisade très ciblée contre les vaccins permet en même temps de
passer son discours Nouvel Age qu'une proportion non négligeable de la
population souhaite entendre allant même jusqu'à accepter de payer pour
l'entendre.

À la première ligne sur ce sujet à la p. 115, on lit:


33

CIT #20: "les vaccins nous protègent contre les virus et microbes agresseurs
éventuels et préviennent ainsi les maladies contagieuses et les épidémies nous
enseignent les autorités. "

C'est le dernier mot que j'aimerais corriger. Évidemment le mot "autorité" est
choisi à dessein puisque tout le livre propose de se révolter contre toute forme
d'autorité pour n'accepter que la suprématie de soi-même, mais le mot est
inapproprié en l'occurence(sic). En effet ce n'est pas d'autorité que la
prévention des infections par l'immunisation s'est avérée efficace, ce sont les
faits eux-mêmes. Les pages 37, 70, 85, 95, 115 du Guide canadien
d'immunisation illustrent respectivement la chute de l'incidence (sinon la
disparition) de la diphtérie, de la rougeole, de la coqueluche, de la poliomyélite
et du tétanos. Les antivaccinalistes prétendent que c'est l'amélioration des
conditions d'hygiène qui a fait chuter l'incidence de ces infections qui avaient
commencé à chuter avant l'introduction de l'immunisation. À cet argument il y
a quatre réponses:

1- La variole a été éradiquée de la surface du globe (et je défie l'auteure d'en


diagnostiquer un cas) depuis 1980. Le dernier cas a été recensé au Soudan en
1977. Le seul facteur qui explique cette éradication est le vaccin et ceci en dépit
de conditions d'hygiène différentes à travers le monde.

2- En Angleterre, à la fin des années 1970, à la suite d'une controverse sur les
effets secondaires du vaccin coqueluche, le taux de vaccination a chuté de 80 %
à 30%. De 1977 à 1979, une épidémie de coqueluche atteignait 100 000
personnes et était responsable de 36 décès et de nombreuses complications
neurologiques, en dépit de conditions d'hygiène semblables. Dès que les taux
de couverture vaccinale se sont améliorées(sic), l'incidence de la coqueluche a
chuté et est demeurée faible depuis. Une situation similaire s'est produite au
Japon peu de temps après, confirmant par la reproductibilité l'hypothèse de
l'effet de la vaccination.

3- TI n'y a plus de poliomyélite sauvage dans les Amériques depuis septembre


1994 et ceci en dépit de situations socio-économiques et d'hygiène très variables
entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Le seul facteur invocable est
l'effet du vaccin.

4- En dépit d'un contrôle de la diphtérie pendant plus de 30 ans dans l'ancienne


Union Soviétique, une nouvelle épidémie de diphtérie a cours présentement dans
la Communauté des États Indépendants depuis 1990, directement attribuable à
l'augmentation du nombre d'enfants non vaccinés et de l'absence de mise-à-jour
du statut immunitaire des adultes. (5)

L'auteure prétend que l'effet protecteur des vaccins est un énorme mensonge
pour trois raisons: l'inefficacité, l'inutilité et leurs complications.

Quant à l'inefficacité elle dit que:

CIT #21: "la vaccination peut provoquer la maladie qu'elle est censée prévenir. "
(p. 115)

Pour affirmer cela il faudrait que l'agent microbien utilisé dans la fabrication du
vaccin soit identique au microbe "sauvage". Or par définition ce n'est pas la
défInition d'un vaccin, et madame Lanctôt fait la démonstration de son
ignorance. Un vaccin est un produit biologique fait à partir d'un microbe tué ou
atténué, d'une de ses parties (antigènes de surface) ou d'un de ses produits (ex.
toxine) dont on a enlevé la capacité de provoquer une maladie tout en lui
conservant sa capacité à stimuler le système immunitaire. Un vaccin qui
donnerait la maladie à prévenir ne serait tout simplement pas un vaccin.
34

Plusieurs d'entre eux sont incapables d'effectuer une réplication chez l'hôte soit
parce qu'ils sont tués (ex. coqueluche, poliomyélite inactivé), soit parce que ce
ne sont pas des particules vivantes mais seulement des antigènes (ex.
polysaccharides de surface: hépatite B, Haemophilus influenzae type b,
méningocoque, pneumocoque). Les seuls qui seraient théoriquement aptes à le
faire sont les vaccins vivants atténués (ex. rougeole, rubéole, oreillons,
_poliomyélite:oralsic). Le seul vaccin ou(sic) on a démontré une faible
probabilité (1 cas sur 11,7 million(sic) de doses chez le vacciné et 1 cas sur 3,1
million(sic) de doses chez les contacts) est le vaccin poliomyélite oral. D'ailleurs
compte tenu de la disparition de la poliomyélite sauvage des Amériques, son
usage va être remplacé par le vaccin inactivé qui n'est pas associé à ce type de
complications. ft
(P-29, p.23 et 24)

kl Les femmes enceintes devraient passer une grossesse normale. c'est-à-dire sans médecin,
sans échographie et sans- test

Cette affirmation de l'intimée va dans le même sens que ses autres affirmations à l'effet qu'il
faut abandonner les soins offerts par la médecine scientifique et ne plus s'y référer même à
titre préventif. Elle propose plutôt une thérapeutique irresponsable où la démission et la mort
sont envisagées comme des solutions privilégiées. (P-29, page 31)

L'ensemble de la preuve démontre clairement que l'intimée en sa qualité de médecin a transmis


au public .des informations inexactes et contraires aux données de la science médicale qui sont
de nature à miner la confiance du public envers les médecins et la vaccination.

En conséquence, le Comité déclare l'intimée coupable sur le quatrième chef de plainte


telle que rédigée.

Chef no 5: En trompant le public. en sa qualité de médecin, à l'occasion de la publication


.
de son livre intitulé "La MarIa Médicale", par la communication d'informations inexactes,
trompeuses. intempestives et contraires aux données de la science médicale actuelle,
décourageant les patients porteurs de cancer de suivre les traitements reconnus, soit la
chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, les incitant plutôt à suivre des traitements
non reconnus telle 714X. exposant ainsi des opinions médicales non généralement admises
en médecine, au préjudice de la santé et du bien-être de la collectivité

Le Docteur Marie-Dominique Beaulieu mentionne à la page 8 de son rapport d'expertise:

À mon avis, de tous les problèmes de santé que vous m'avez demandés(sic) de
ft

commenter, c'est au sujet du cancer du sein que les propos de Madame Lanctôt
sont les plus faux et les plus pernicieux et qu'ils sont susceptibles de faire le plus
de tard(sic). Affirmer que le cancer du sein "est une maladie de l'âme" est une
fausseté et est un manque de respect envers toutes les femmes qui se battent
actuellement contre cette maladie.
35

Vous trouverai(sic) ci-joint une liste d'articles de révision traitant des liens entre
le stress et le cancer en général et le cancer du sein en particulier. n ne fait
aucun doute que les stresseurs psychologiques, s'ils provoquent des mécanismes
d'adaptation inadéquats et répressifs, affectent l'immunocompétence. Les
sentiments de dépression et de désespoir semblent les plus' délétères à ce
chapitre. Cependant, la plupart des données sur les liens entre stresseurs et
immunité ont été établis dans des conditions expérimentales sur des modèles
animaux ou chez des adultes sains. Les données cliniques confirmant le rôle réel
de ces facteurs dans la genèse d'un cancer et surtout dans le traitement sont
encore manquantes. Levenston et Bemis concluent leur revue de la littérature
ainsi: "Much of the existing research is tlawed by poor study design and analysis
that have limited the reliability and validity of both negative and positive studies.
While some psychological factors can he associated with cancer onset and
progression, no direct links have been established. "

n est tout simplement mensonger d'affirmer qu'on vaincra le cancer du sein en


"stimulant la confiance des femmes en elles et en leur toute puissance(sic)" sans
proposer des traitements ou des interventions sur les facteurs de risque. Aucun
chercheur ne propose des interventions de nature psychologique ou spirituelle
comme seule intervention contre le cancer. Les recherches actuelles dans ce
domaine se font conjointement avec des interventions médicales traditionnelles
et, on doit le dire,elles n'ont pas donné les résultats escomptés. Cela ne
signifie pas que l'on doive négliger d'offrir des ressources aux personnes atteintes
de cancer pour rencontrer leurs besoins psychologiques et spirituels.

Enfin, Madame Lanctôt semble vouloir inciter les femmes à refuser la


mammographie de dépistage. Elle a raison lorsqu'elle dit que la mammographie
n'est pas de la véritable prévention mais du dépistage précoce, si on considère
uniquement la "prévention primaire" comme de la vraie prévention. Cependant,
si l'objectif de la prévention primaire est de prévenir l'apparition de la maladie,
celui de la prévention secondaire est de prévenir les conséquences néfastes d'une
maladie en intervenant à un stade précoce, ce qui n'est pas négligeable. n est
bien établi que la mammographie permet de réduire de 30% à 40% la mortalité
par cancer du sein chez les femmes de 50 à 69 ans. C'est un outil imparfait
puisque la majorité des femmes qui s'y soumettent n'en bénéficieront pas toutes
autant mais c'est la seule intervention dont on dispose actuellement. n est
cependant (sic) de laisser entendre que les radiations associées à la
mammographie de dépistage comportent des risques pour les femmes appartenant
à ce groupe d'âge.

3.5. Impact de ces déclarations sur la pratique de la médecine familiale

La médecine familiale propose une approche' globale aux problèmes de santé et


consacre une importante proportion de la formation des futures(sic) médecins de
famille à la reconnaissance des facteurs psychologiques et sociaux dans
l'apparition et l'évolution des maladies. À cet effet, les appels de Madame
Lanctôt à la prise en considération des besoins psychologiques et spirituels des
personnes malades n'a rien de révolutionnaire.

Cependant, Madame Lanctôt semble incapable de proposer une véritable


approche globale à la prise en charge des problèmes de santé auxquels nous
faisons face et trompe la population a(sic) en suggérant que les interventions
médicales sont inefficaces et quelles n'ont pour raison d'être que l'enrichissement
d'une clique select(sic) alors que les interventions de nature spirituelle sont, selon
elle, "miraculeuses". On ne peut s'empêcher de penser au nombre de
thérapeutes qui s'enrichiront en proposant toutes sortes de traitements sans
fondement. Pour le moment, les seules(sic) impacts directs des déclarations de
Madame Lanctôt que j'ai eu l'occasion de constater concernent ses exhortations
36
contre les vaccinations de toutes sortes. D'autres experts se prononceront sur ce
sujet.

Par contre, la mise en application des préceptes suggérés aurait un impact très
néfaste en incitant les gens à abandonner des traitements efficaces au profit
d'approches n'ayant jamais fait leurs preuves. N'oublions pas que le taux de
survie au cancer du sein, par exemple, est de 75%, c'est à dire(sic) que la
majorité des femmes atteintes en guérissent avec les traitements actuels. "
(P-23)

Le Docteur Jean Latreille, dans son rapport d'expertise, mentionne:

"La page 145 nous réserve de belles surprises. L'auteure nous parle de
Monsieur Gaston Naessens et elle nous expose sa théorie sur le cancer. Dire que
l'anablaste et le GN-24 ont eu un succès énorme allant jusqu'à alerter les
autorités est un peu charrié. On se. souvient très bien, dans les années '60, du
jeune enfant décédé de leucémie à l'hôpital Ste-Justine. Monsieur Naessens
n'avait pas réussi à le sauver. De plus, en ce qui concerne le 714-X, Madame
Lanctôt semble avoir la mémoire courte. Monsieur Naessens a refusé que
soit(sic) inspecté(sic) les dossiers de ses patients traités avec le 714-X. n ne
pouvait pas prouver que les patients, traités avec le 714-X, en avaient bénéficié.
n ne faisait aucun suivi sur ses patients. On peut donc conclure que le succès
était plutôt associé à un engouement pour ce produit mais pas à un succès réel.
Monsieur Naessens s'est avoué coupable de pratique illégale de la médecine
évitant ainsi un procès. n aurait trop à perdre si le procès avait eu lieu.
Depuis, le gouvernement fédéral permet aux gens, qui veulent obtenir le 714-X,
de s'en procurer. Nombreux(sic) de mes patients ont reçu le 714-X et aucun
d'entre-etix n'y a répondu. Cette information aurait dft être mentionnée dans le
livre si Madame Lanctôt voulait donner un portrait juste et véridique. Dans le
bas de cette page, lorsqu'elle aborde "Qu'est-ce que le cancer?", il Y a vraiment
trop d'énormités. Elle mélange encore des demi-vérités. Oui, il Y a une
faiblesse dans le système de défense et oui, il peut y avoir aussi une incapacité
de l'organisme à se défendre mais lier ceci à l'apparition d'un cancer est
trompeur. Souvent, c'est plutôt le contraire qui se produit à savoir que le cancer
a déjoué notre système de défense qui essaie tant bien que mal de se défendre.
Lorsqu'on arrive au stade N, de la maladie, oui la cachexie peut occasionner une
faiblesse mais la majorité des gens avec le cancer ont un système de défense
adéquat, ne sont pas cachectiques, n'ont pas fièvre(sic), ni d'infection.

Le SIDA, quant à lui, est une infection par un organisme prouvé, le


HLTV, et il infecte les cellules du système de défense. n va même jusqu'à
détruire le système de défense qui réagit tant bien que mal à ce virus. n y a
une grosse différence avec le cancer. La majorité des cancers n'ont·pas ou très
peu de symptômes à l'origine. Lorsqu'elle affirme que la soumission, la peur,
la pauvreté et les drogues peuvent être des causes de la déficience du système
immunitaire elle a, en partie, raison mais elle cite tout cela hors contexte. "
(P-31)

Aucune preuve ne fut présentée par l'intimée pour justifier ses allégations.

Les informations transmises par l'intimée sont inexactes et ont pour but de décourager les
patients porteurs de cancer de suivre les traitements reconnus par la science médicale actuelle.
-, '

37
En conséquence, le Comité déclare l'intimée coupable sur le cinquième chef de la plainte
telle que rédigée.

~on~, ce 12 mai 1997

~ '1--Y! Z5 c; j~ ~
bocteur Yves Dageiîâi?,ffiembre

de).~
Docteur Jean-C. Maillette, membre
Me Jacques Prévost
procureur pour ]a plaignante

COPIE CONFORME
Le 12 mai 1997

JOCELYNE NEVEU-GAUDREAU
Secrétaire du Comité de discipline

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