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Table des matière

s
Sigles...........................................................................................................................................2

.....................................................................................................................................................2

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Présentation de COOPI...............................................................................................................5

A. Introduction.........................................................................................................................5

B. Notre vision.........................................................................................................................5

C. Notre mission
0.Intervention de l’ONG COOPI au Niger.................................................................................5

1 Nos principaux secteurs d’interventions..............................................................................5

1.1 Protection.........................................................................................................................5

1.2 Education.........................................................................................................................6

1.3 Santé mentale et soutien psychosocial.............................................................................6

1.4 Soutien psychosocial par les Psychologues ....................................................................8

II Les différents contextes d’interventions..........................................................................8

2.1 La crise du Lac Tchad-Boko-Haram dans la région de Diffa...............................................8

2.2 Les flux migratoires dans la région d’Agadez et Niamey............................................9

2.3 Les déplacements forcés dans la région de Trois frontières (Tillabery-Tahoua).........9

2.4 ...........................................................................................................................................11
Sigles
AICS : Agence Italienne pour la Coopération
COOPI : Coopération Italienne
CPIMS+ : Child Protection Management System
CSM : Centre Spécialisé pour les soins aux Migrants
CSI : Centres de Santé Intégrés
DDC : Direction du Développement et de la Coopération (Coopération Suisse)
DIAP/ DIAP ADO : Dispositif Itinérant d’Appui Psychosocial pour enfant ; ADO : pour
adolescent.
DRPF/PE : Direction Régionale de la Promotion de la Femme et de la Protection de
l’Enfance
DIAP : Dispositif Itinérant d’Appui Psychosocial
EAFGA : Enfant Associé aux Forces ou Groupes Armés
EAR : Enfant à Risque de Protection
ENA : Enfant Non Accompagné
ES : Enfant Séparé
ETM : Emergency Evacuation Transit Mechanism
FDS : Force de Sécurités et de Défense
GANE : Gens Armes Non Etatique
GBVIMS : Gestion des Informations sur les Violences Basées sur le Genre
GTPE : Groupe de Travail Protection de l’Enfance
G5 : Groupe de 5
IST/VIH : Infection Sexuellement Transmissibles ; Virus d’Immunodéficience
PDR : Plan de Développement Régional
PSP : Premier Secours Psychologique
RECOP : Relais Communautaires de Protection
RRM : Mécanisme de Réponse Rapide
RAT : Réduction des Accidents Traumatiques
SMSPS : Santé Mentale et Soutien Psychosocial
UE : Union Européenne
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
UNHCR : Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
UNFPA : Fonds des Nations Unies pour la Populations
USAID/OFDA : Agence des Etats Unies pour le Développement International

VBG : Violences Basées sur le Genre

VGMS : Violences de Genre en Milieu Scolaire


I-PRESENTATION COOPI

COOPI est une organisation non gouvernementale italienne, indépendante et laïque, engagée
dans la lutte contre les injustices sociales et la pauvreté dans le Sud du monde et dans la
construction d’un futur dans lequel soient garantis pour tous de bonnes conditions de vie, le
respect des droits et la parité des opportunités. Depuis 1965, COOPI a réalisé plus de 600
projets de développement et interventions d’urgence dans 50 pays, employant plus de 30 mille
opérateurs locaux et assurant un bénéfice direct à plus de 50 millions de personnes. En
Afrique, en Amérique Latine, dans le Caraïbes et au Moyen Orient, COOPI favorise l’accès à
l’eau et le droit à la santé et à l’instruction des communautés les plus pauvres. COOPI assure
aussi une assistance immédiate et à long terme aux populations touchées par les guerres ou les
catastrophes naturelles. Le siège central de COOPI est à Milan (Italie), mais pour la
réalisation des projets, COOPI s’appuie sur un réseau de sièges périphériques (régionaux et
nationaux) dans les pays où ses activités sont plus importantes.

La mission de COOPI au Niger s’inscrit dans une coopération pour lutter contre la pauvreté à
travers l’engagement, la motivation, la détermination et le professionnalisme des
collaborateurs sur le terrain. La stratégie est ainsi basée sur la collaboration étroite avec les
autorités et les acteurs de la société civile à travers la coordination et la concertation avec tous
les acteurs impliqués dans le développement au Niger (Institutions internationales et ONG).

La première intervention de COOPI au Niger date de 2012. Aujourd’hui, COOPI intervient


dans six régions du Niger dont : Niamey, Tillabéry, Diffa, Agadez, Tahoua et Maradi à travers
plusieurs projets.

A- INTRODUCTION

COOPI, Cooperazione Internazionale est une organisation non-gouvernementale italienne,


fondée à Milan le 15 avril 1965 par Père Vincenzo Barbieri. Depuis plus de 50 ans elle
s’engage à rompre le cycle de la pauvreté et à accompagner les populations frappées par les
guerres, les crises socio-économiques ou les catastrophes naturelles vers la reprise et le
développement durable, en faisant recours au professionnalisme des opérateurs locaux et
internationaux et au partenariat avec des acteurs publics, privés et faisant partie de la société
civile. COOPI est une fondation de participation présente en 2019 dans 31 pays d’Afrique, du
Moyen-Orient, d’Amérique Latine et des Caraïbes, avec 225 projets humanitaires touchant
5.233.639 personnes. En 2019 COOPI a étendu sa présence à trois nouveaux pays : la
Jordanie, la Mauritanie et le Venezuela. Engagée dans certaines des crises humanitaires les
plus graves de la planète et de plus en plus active dans l’assistance aux migrants et aux
réfugiés en Afrique et au Moyen-Orient, COOPI se distingue sur la scène internationale pour
le traitement de la malnutrition maternelle et infantile, pour les interventions de sécurité
alimentaire, pour la protection des victimes des conflits, pour la promotion des droits des
peuples autochtones, pour la réalisation des projets qui introduisent l’énergie renouvelable
dans des contextes difficiles et pour son travail dans le domaine de la réduction du risque de
catastrophes et bien évidemment dans la santé mentale et soutien psychosocial. COOPI
planifie ses interventions selon une approche régionale multi-pays qui s’accompagne de plus
en plus d’une forte décentralisation vers les zones d’intervention, ce qui lui permet d’être
toujours plus efficace et d’impliquer les bénéficiaires dans les décisions et les activités.

B-VISION

COOPI aspire à un monde sans pauvreté, où puissent se réaliser concrètement les idéaux
d’égalité et de justice, de développement durable et de cohésion sociale, grâce à l’union et à la
coopération entre tous les peuples.
C-MISSION

À travers l’engagement, la motivation, la détermination et le professionnalisme de ses


collaborateurs, COOPI veut contribuer à la lutte contre la pauvreté et à la croissance des
communautés avec lesquelles elle collabore dans le monde, intervenant là où des situations
d’urgence se présentent, ou lorsqu’il existe des nécessités de reconstruction et de
développement, afin d’obtenir un équilibre meilleur entre le Nord et le Sud, entre zones
développées et zones sous-développées ou en voie de développement.

1-INTERVENTIONS DE COOPI AU NIGER


COOPI, une ONG italienne humanitaire et de développement est présent au Niger depuis
2012, avec un bureau de coordination à Niamey et des bases actives à Diffa, Agadez, Tahoua
Tillabéri et Maradi. Les secteurs d’intervention sont : Nutrition/sécurité alimentaire, santé
incluant santé mentale, éducation et protection. Depuis 2017, COOPI intervient aussi au
niveau du soutien des migrants qui transitent par le Niger sur leur route vers la Lybie et
l’Europe. Les principaux bailleurs de fond de COOPI au Niger sont ECHO, l’Union
Européenne, UNICEF, UNHCR, UNFPA, la Coopération Suisse (DDC), USAID/OFDA et la
Coopération italienne (AICS). COOPI implémente ses projets en coordination avec les
autorités Nigériennes, et en partenariat avec le système des Nations Unies et les ONG
internationales et nationales.
Depuis 2014, COOPI s’engage à répondre à la crise du lac Tchad par une approche régionale
et opérationnelle au Niger, Tchad, Nigeria et Cameroun. COOPI dispose d’un bureau
régional pour l’Afrique de Ouest basé à Dakar, Sénégal. L'objectif de COOPI au niveau
régional est de répondre aux besoins fondamentaux et les plus urgents des communautés
touchées par la violence de Boko Haram et d'apporter une réponse multisectorielle et une
approche intégrée aux populations de la communauté d'accueil, déplacées internes et
réfugiées. Malgré les défis de cet environnement complexe, COOPI a mis en place un
programme multisectoriel axée sur la sécurité alimentaire, la nutrition, la protection,
l’éducation en urgence, l’appui psychosocial et la santé mentale. COOPI a développé une
approche intégrée d’intervention couvrant plus de 300.000 personnes y compris les
communautés d'accueil, les personnes déplacées (PDI) et les réfugiés. En 2017 et 2018,
l'accent a été mis davantage sur cet effort dans le but de mieux relier les objectifs de réponse
d’urgence et de relèvement.
1-NOS PRINCIPAUX SECTEURS D’INTERVENTIONS
Au Niger où elle est présente, COOPI mène un programme de renforcement des services de
base sur la protection, l’éducation en situations d’urgence et la santé/santé mentale sont les
axes prioritaires d’un vaste programme.
Dans le bassin du lac Tchad, COOPI continue d’être présente dans les quatre pays riverains
du lac - le Niger, le Tchad, le Nigéria et le Cameroun - avec un programme multisectoriel
destiné aussi bien être des bénéficiaires dont : les déplacés internes, les communautés
d’accueil et les réfugiés. COOPI avec ses différents projets a déjà atteint plusieurs centaines
de milliers de personnes avec des interventions de lutte contre la malnutrition, la sécurité
alimentaire, la protection, l’éducation, le soutien psycho-social et la formation psychiatrique
de base pour le personnel des centres de santé en collaboration avec les services étatiques.
1.1- La Protection
En tant qu’organisation humanitaire, COOPI inclut la protection parmi ses valeurs principales
et la place au centre de ses actions sur le terrain. A la lumière de la complexité du discours
théorique sur la protection et de ses multiples utilisations au niveau du terrain il s’est avéré
nécessaire l’élaboration d’une approche plus transparente et cohérente afin de définir la
spécificité et la valeur ajoutée de COOPI dans ce domaine. Sa vaste expérience sur le terrain
et son expertise diversifiée entre zone géographiques si différentes a amené COOPI à se
concentrer sur ces atouts et bonnes pratiques afin d’assurer la qualité de ses interventions, la
satisfaction des personnes assistées et le partage des connaissances.
La protection consiste à faire en sorte que tous, les femmes, les filles, les hommes et les
garçons puissent jouir de leurs droits dans des conditions d’égalité, dans la sécurité et la
dignité, y compris en période de déplacement interne, des guerres, des conflits, et /ou
désastres naturels.
Les interventions de COOPI en protection, sont implémentées dans plusieurs régions dont :
Diffa, Tillabéri et Niamey, et Maradi à travers une approche communautaire visant le
renforcement, la dynamisation et une participation active des communautés à travers les
Relais Communautaires de Protection (RECOP), les agents de santé communautaires, les
leaders communautaires dans les actions de prévention et d’identification de toute personne
exposée aux risques de protection (Protection de l’enfance, VBG et personnes à besoin
spécifique). Plusieurs activités sont mises en place dans ce sens :
 La prise en charge holistique des cas de protection identifiés dans les volets de la
protection de l’enfance, et des Violences Basées sur le Genre ;
 Le renforcement du système de référencement des cas de protection identifiés, vers
les structures de prise en charge spécialisées, pour une réponse appropriée ;
 L’appui et le renforcement des capacités des acteurs étatiques de protection ;
 La promotion de la résilience des communautés affectées. Une attention particulière
est portée aux adolescents et adolescentes à travers des activités de prévention et
réponse aux violences de genre en milieu scolaire (VGMS) et à la formation sur les
compétences de vie courante ;
 L’appui et le renforcement des capacités des acteurs communautaires (Leaders
communautaires) ;

Figure 1 Mobilisation Communautaire Diffa-Niger


En 2018 COOPI a participé activement à l’Initiative Child Survivor promue au Niger par le
Sous Clusters Protection de l’enfance et VBG et continue à appuyer l’initiative et capitaliser
l’expérience dans ce domaine, dont COOPI est reconnu comme un acteur clé dans la région
de Diffa.
Les activités de protection sont également mise en place à travers les Dispositifs D’Appui
Psychosocial (Diap et DIAPado) , qui sont des espaces sûrs et équitables ou les enfants des
différentes communautés affectés par la situation sécuritaire participent à des activités socio-
récréatives  (football, basket-ball, chant, théâtre, art-thérapie) afin d'enrichir leur créativité et
leur imagination, de favoriser la confiance en soi et l'autonomisation, mais aussi de
développer les relations et la coopération avec les autres afin de soulager le stress.

Figure 2 : Activité Socio-récréative N'Guigmi /Niger

1.2- Education
Les interventions de COOPI dans le domaine de l'éducation couvrent à la fois le secteur de
l'éducation formelle (enseignement primaire et secondaire) à travers les activités de
formations des enseignant, d’appui en matériels scolaire et fournitures, et le secteur de
l'éducation non formelle à travers cette fois ci des DIAPado et clases passerelles.
Depuis 2014, COOPI a implémenté plusieurs interventions intégrées d'éducation et de
protection, en particulier par la création des DIAPado. Ces dispositifs constituent des espaces
sûrs et protecteurs, où se déroulent des activités d'apprentissage et de soutien psychosocial
pour préparer les enfants et adolescents non-scolarisés ou déscolarisés à entrer dans le
système scolaire formel ou les réintégrer, en leur permettant d'acquérir à la fois des
compétences de base (lecture, écriture, calcul) et celles nécessaires dans la vie courante à
travers la formation professionnalisante. COOPI collabore avec les différentes directions
régionales d’éducation dans la mise en œuvre de ses activités. COOPI soutient l'enseignement
primaire et secondaire formel par le renforcement des capacités d'accueil des écoles primaires
et la création d'une plate-forme d'enseignement à distance pour les élèves réfugiés nigérians.
Dans la région de Diffa par exemple, COOPI a ainsi développé une expérience approuvée
dans la gestion de projets éducatifs pour les réfugiés, les personnes déplacées et les enfants de
la communauté hôte.

Figure 3 : Activité Education Kindjandi/Diffa

1.3- Santé Mentale et Soutien Psychosocial (SMSPS)


Concepts clés et définitions :
« Santé mentale et soutien psychosocial » : L’expression « santé mentale et soutien
psychosocial » décrit tout type de soutien endogène ou exogène visant à protéger ou
promouvoir le bien-être psychosocial et/ou à traiter des troubles mentaux
« Santé mentale » : la santé mentale est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé
comme un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face au stress
normal de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté.
« Psychosocial » : renvoie au lien qui relie une personne (c’est-à-dire ses réactions, ses
sentiments et ses processus internes, émotionnels et de raisonnement) à son environnement,
son entourage direct, sa communauté et/ou sa culture.
« Soutien psychosocial » : fait référence aux actions relatives aux besoins sociaux et
psychologiques des personnes, des familles et des communautés
Depuis 2015, Les interventions de COOPI en SMSPS mettent l'accent sur l'intégration des
soins de santé mentale à tous les niveaux du système de santé publique et sur la ramification
des services communautaires à Diffa, Agadez, Tahoua, Tillabery, Maradi et Niamey avec
l’appui des différents bailleurs de fonds tels l’Unicef, ECHO.AICS, UNHCR, USAID,
COOPERATION SUISSE, etc. Cette stratégie est mise en place à travers différentes actions :
 Premièrement, à travers la formation des agents de santé étatiques (au niveau des
hôpitaux de districts, des centres de santé et des cases de santé) sur la prise en charge
médicale des patients à travers l’approche mhGAP, mais également la formation des
Agents de Santé Communautaires (ASC), les Enseignants étatiques, les relais, et les
leaders communautaires sur l'identification, le référencement et le suivi des cas de
santé mentale.
 Deuxièmement, COOPI appui en collaboration avec les directions régionales de la
santé publique, de Population et des Affaires Sociales, les supervisions techniques des
agents formés, COOPI appui également l’organisation des réunions de coordination
des activités santé mentale avec la participation des tous les acteurs impliqués (Etat et
ONG) au niveau départemental et régional ; réunion de coordination régionale , à
travers laquelle, COOPI mène une campagne de plaidoyer aux près des autorités afin
que le district s’appropriation des activités de santé mentale par l’intégration de la
santé mentale dans le système de santé publique à tout le niveau, en faisant en sorte
que les coûts associés pur ces activités : formations, supervisions, approvisionnement
en psychotropes soient intégrés dans le plan financier de différents districts sanitaires.
A cet, dans la région de Diffa, le DRSP sortant Dr Saley Daouda l’actuel Directeur
Général de la santé publique, de la population et des affaires sociales, a écrit une
correspondance à tous les districts de la région leur demandant d’intégrer les
psychotropes dans leur commande des produits.
 Troisièmement, COOPI appui les directions régionales de la santé en produits
psychotropes, mais aussi n matériaux et consommables pour mener leurs activités de
prise en charge.
Figure 4 : Supervision Agents CSI

1.4- Le Soutien Psychosocial par les Psychologues


La santé mentale et le soutien psychosocial désignent tout type de soutien local ou extérieur
visant à protéger ou à favoriser le bien-être psychosocial et/ou à prévenir ou traiter les
troubles mentaux. Le Cadre commun décrit dans les pages suivantes est donc important pour
les intervenants des secours ou du développement qui participent directement ou
indirectement à des programmes destinés à agir sur la santé mentale et le bien-être
psychosocial d'autres personnes. Ces intervenants peuvent être (entre autres) des
professionnels de la santé mentale, des acteurs de la protection de l'enfance ou des éducateurs,
des prestataires de santé, des nutritionnistes, des communautaires...
Le domaine de la santé mentale et du soutien psychosocial dans un contexte humanitaire
évolue rapidement, et plusieurs activités de SMSPS font désormais partie des interventions
humanitaires standards.

Les conflits et les catastrophes peuvent avoir un grand impact sur l’environnement d’une
personne. Suite à un évènement traumatisant, la situation sociale, psychologique et même
existentielle de certaines personnes est parfois ébranlée.
Perdre un proche, un emploi ou même un revenu peut être bouleversant. Les conséquences
des conflits violents et des catastrophes sont terribles : destruction du domicile, blessures
graves, violences sexuelles.

La plupart des personnes confrontées à des situations d’urgence présenteront des troubles
(par exemple anxiété et tristesse, désespoir, troubles du sommeil, lassitude, irritabilité ou
colère et/ou douleurs).

Ceux-ci sont normaux et, chez la plupart des gens, ils s’estomperont avec le temps.
Cependant, la prévalence des troubles mentaux courants, comme la dépression et l’anxiété, est
généralement multipliée par plus de deux dans les situations de crise humanitaire. C’est
conscient de cette prévalence des troubles mentaux que COOPI met en en place des services
de prise en charge psychologique par des psychologues expérimentés. Le soutien
psychologique d’urgence apporte une aide affective et pratique de première intention aux
personnes confrontées à une détresse aiguë due à un événement traumatique.

Des soins cliniques de base en santé mentale couvrant les affections prioritaires (par exemple
dépression, troubles psychotiques, épilepsie, abus d’alcool et de substances psychoactives)
sont dispensées dans chaque établissement de soins de santé par un personnel de santé formé
par COOPI à l’exemple de la région de Diffa où il est pratiquement difficile de trouver un
centre de santé qui n’a pas au moins un agent formé dans la prise en charge médicale à travers
la stratégie mhGAP.

Les interventions psychologiques counselings ,groupe de parole, des interventions fondées sur
les principes de la thérapie cognitivo- comportementale) pour les personnes souffrant d’une
détresse sont dispensées par des psychologues de COOPI sur les différents d’interventions où
des communautaires sont formés pour le signalement et référencement des cas, mais
également dans les structures des santé en collaborations avec les agents et les relais de santé
qui font des référencements pour une meilleure prise en charges des patients à travers un
système de référencement mise en place au niveau communautaire par COOPI.
Figure 5 : Groupe de parole

II LES CONTEXTES D’INTERVENTION


2.1- La crise au Lac Tchad (Diffa)
La problématique de santé mentale dans les situations d'urgence est préoccupante, souvent
liées aux actes de violence, aux déplacements forcés, à la précarité socio-économique, aux
pertes en vies humaines et à l’incertitude quant à l'avenir. Bien qu'aucune étude de prévalence
approfondie n'ait été réalisée pour évaluer l'impact du conflit lié à Boko Haram sur la santé
mentale des populations de la région de Diffa, à travers une estimation basée sur les données
recueillies de COOPI et l'observation de données des autres situations de conflit, nous
pouvons estimer que les besoins en SMSPS sont très accentués. En fait, l'OMS signale que la
prévalence des troubles mentaux graves et modérés peut doubler à la suite d'une urgence
humanitaire. En général, la dépression, l'anxiété et l'état de stress post traumatique (ESPT)
sont les affections les plus fréquentes parmi les populations touchées par la crise. Cela
correspond aux données recueillies dans le cadre des interventions de COOPI en matière de
santé mentale, qui montrent que l’ESPT et la dépression sont les troubles les plus couramment
déclarés, représentant respectivement 32% et 23% des cas de santé mentale. La psychose est
la troisième sur la liste. Elle est aggravée et potentiellement déclenchée par des expériences
traumatisantes et représente 22% des consultations en santé mentale. L'épilepsie et les
troubles liés à l'utilisation de substances psychoactives ont également montré qu'ils
contribuaient de manière substantielle au fardeau des troubles mentaux dans la région. Les
effets directs de la violence et de la guerre ne représentent qu’une partie du problème, car les
besoins psychosociaux de ceux qui n’ont pas été témoins directs d’actes de violence, mais qui
se sont retrouvés déplacés, dans des conditions d’insécurité et de précarité socio-économique,
et l’incertitude quant à ce que l’avenir pourrait apporter constitue également une
préoccupation majeure pour tous les acteurs œuvrant pour le bien-être des habitants de la
région de Diffa. En fait, les souffrances de 53% des personnes vues par les psychologues de
COOPI au cours des dernières années étaient directement liées à la violence de Boko Haram,
le reste étant la cause de problèmes plus structurels et psychosociaux qui ont pu être exacerbés
par la violence et le conflit.
Avant l’intervention de COOPI dans le domaine de la santé mentale, le coordonnateur
régional de la santé mentale de Diffa était le seul professionnel capable de fournir des soins
psychiatriques. Depuis 2015, COOPI a formé des dizaines de psychologues et assisté 4’000
personnes atteintes de problèmes de SMSPS (dont 1800 femmes, 1200 hommes, 600 filles,
400 garçons, 153 porteurs d’handicap, 73 survivants de VBG et 220 caregivers) et mis en
place un système global de SMSPS associant des membres de la communauté, des
enseignants, des agents de soins de santé primaires, des services publics spécialisés et des
acteurs humanitaires. Les soins de santé primaire (SSP) ont été mis au centre de ce système,
agissant en tant que premier point de contact pour les patients potentiels, à partir desquels le
référencement à différents acteurs est assuré (voir Figure 1 pour une représentation graphique
du système.
NB : les flèches indiquent la direction du référencement.

Figure 6 : Système SMSPS de référencement Diffa

Les acteurs principalement responsables de l'identification et de l'orientation sont les membres


de la communauté (y compris ceux qui sont touchés par l'effort de sensibilisation, les leaders
d'opinion, les personnes âgées et les enseignants locaux) et les acteurs humanitaires
communautaires, comme le personnel de DIAP et DIAPado ou d'autres organisations
intervenant dans les communautés, les psychologues ayant également la possibilité de référer
les patients vers les soins de santé primaires en cas de besoin de pharmacothérapie. D'autre
part, le personnel des soins de santé primaires est assisté à la fois par les psychologues
spécialisés et par l'unité des services psychiatriques de l'hôpital régional de Diffa, auquel ils
peuvent référer des cas en fonction des besoins.
Dans le cadre de la collaboration avec la Direction Régionale de la Santé Publique (DRSP),
L’ONG COOPI a organisée plusieurs sessions de formations, sur le MHGap, la toxicomanie
et le soutien psychosocial et la détection des signes de détresse psychologique dans la
communauté et en milieu scolaire au profit des agents de santé à savoir : les Médecins des
différents districts, les infirmiers, les agents de santé communautaire, les relais
communautaires de centre des santés.
Ces différentes formations ont pour objectifs des doter la direction régionale de la santé avec
un personnel capables d’assurer la prise en charge au niveau communautaires, il s’est
principalement agit de renforcer la capacités des agents sur les techniques de prise en charges
psychosociale, mais également la prise en charge médicale à travers le guide d’intervention
humanitaire MHGap, afin de prendre correctement en charge les personnes souffrantes de
troubles mentaux ou liés à l’utilisation des substances psychoactifs.
Quant aux relais communautaires des centre de santé intégrés (CSI), ils ont reçu des
formations sur le soutien psychosocial a basse intensité et ont été édifier sur le circuit des
référencements des personnes atteintes des troubles mentaux vers les structures des prises en
charge psychosociale et ou psychiatrique. Les formations sur la détection de signes de
détresse dans les communautés et en milieu scolaires et le soutien psychosocial sont
organisées au profit de 250 leaders communautaires constitués de : chefs de village, les
leaders de groupement féminin, les leaders de jeunes, les marabouts, les guérisseurs
traditionnels... L’objectif de la formation est l’implication de ces personnes influentes de la
communauté dans le cadre de la collaboration avec les structures de santé pour mettre en
place des activités de sensibilisations dans leurs communautés respectives. Les thématiques
de la sensibilisation sont en lien avec la santé mentale en vue de détecter et orienter les
éventuels cas des troubles mentaux vers les services de prise en charge appropriée à travers un
système de référencement mis en place par COOPI.
En plus des leaders communautaires, la formations sur la détection de signes de détresse a
également concernée le milieu scolaire où 150 enseignants des écoles primaires et secondaires
sont formés dans le but de détecter et d’orienter les élevés qui manifestent des signes détresses
psychologiques vers les services de prise en charge.
Les agents de santé et des relais communautaire des zones difficiles d’accès en raison de la
situation sécuritaires de la région ont en plus des autres formations, bénéficier des formations
en Premier Secours Psychologique (PSP) afin de répondre efficacement aux différentes
sollicitations de la communauté. L’objectif de la formation est d’outiller ces relais qui sont
toujours avec la communauté sur le PSP pour répondre promptement au besoin. Outre ces
catégories de personnes formées, COOPI à initier l’organisation des sessions d’atelier avec les
guérisseurs traditionnels, qui pendant des siècles, au moyen de plantes médicinales et du
spiritisme, ont soulagé les maux de millions d’Africains. La médecine traditionnelle africaine
est le principal recours en matière de soins de santé, et souvent le seul, qui soit accessible à la
vaste majorité des personnes vivant en Afrique subsaharienne.
C’est dans ce sens que ces ateliers sont organisés avec 40 guérisseurs traditionnels, afin
d'initier une discussion entre les systèmes de soins formels et traditionnels sur le thème de la
SMSPS. L'atelier cherchera à développer un plan commun pour la collaboration entre les
systèmes de services de santé traditionnels et modernes qui peuvent bénéficier aux deux
parties, qui ont actuellement très peu de contacts formels.
A la fin de l'atelier, un plan d'action décrivant les objectifs communs visés par les deux
systèmes de soins et les mesures que chaque partie devrait prendre pour atteindre ces objectifs
est élaboré.
L'approche de COOPI vise à faire tomber les barrières entre les secteurs formel (structures de
santé moderne) et informel (traditionnel), en encourageant le dialogue et la formation afin
d'accroître les synergies et la communication permettant une meilleure implication
communautaire dans les activités santé mentale et soutien psychosocial pour le bienêtre des
bénéficiaires.

Figure 7 : Atelier Tradipraticiens

A partir de septembre 2021, COOPI dans le but de renforcer la santé mentale communautaire,
a mis en place la stratégie de groupe PM+ dans le département de Diffa.
Le Problème Management plus de groupe est une sorte de Soutien psychosocial à faible
intensité pour des adultes affectés par la détresse dans les communautés exposées à
l’adversité. La stratégie est composée de sept séances dont : 2 séances d’évaluation (pré et
post-intervention) et 5 séances d’accompagnement en groupe. Le PM+ est une intervention
psychologique évolutive qui cherche à atténuer ou résoudre des problèmes d’ordre
psychologiques (problèmes familiaux) et émotionnels (dépression, d'anxiété et de stress) ;
sont exclu du PM+ les personnes qui ont un plan pour mettre fin à leurs vies dans un avenir
proche ou qui ont une déficience grave liée à un trouble mental, neurologique ou de
toxicomanie (par exemple psychose, alcool ou drogue, dépendance, déficience intellectuelle
sévère, démence).
Le PM+ est composée de quatre Stratégies de base :
1. Gestion du stress
2. Gestion des problèmes pratiques
3. Commencer et continuer à faire
4. Renforcer les liens sociaux, a fin de regarder vers l’avenir

Figure 8 : Session de Groupe PM+ CSI ASSAGA/DIFFA

2.2- Les flux migratoires dans la région d’Agadez et Niamey


Les répercussions des expériences vécues pendant le voyage migratoire sur la santé mentale et
le bien être psychosocial peuvent être destructrices, surtout pour ceux qui sont passé par la
Libye et l’Algérie, ayant vécu et subi des violences inhumaines. Pour ce qui concerne les
migrants de retour vers le pays d’origine, lors du travail fait en 2016 et 2017 dans les centres
de transit de l’OIM, nous avons constaté que le sentiment d’échec, le sentiment de honte et
celui de culpabilité sont les sources de souffrances les plus fréquentes. Cette typologie de
migrants, en particulier, présente des problématiques affectives et cognitives très spécifiques,
considérant que non seulement ils ont subi toutes les atrocités propres du voyage vers
l’Europe, mais qu’ils n’ont même pas réussi à arriver à leur destination. Cet échec est souvent
très douloureux et très émotionnellement chargé, tenant en compte que beaucoup d’entre eux
ont emprunté des larges sommes d’argent à leurs familles qu’ils ne pourront pas rembourser,
ou encore pire que certains d’entre eux, dans le désespoir, ont volé l’argent à leurs familles
pour pouvoir s’embarquer dans le voyage, et que, pour la grande majorité, celle-ci représentait
une opportunité unique de sortir de la pauvreté chronique. Pour ces raisons, le retour à mains
vides représente une énorme source de souffrance et de honte surtout pour les hommes, qui
selon la culture ont plus de responsabilités envers la famille qu’ils ont laissé au pays.
Pour ce qui concerne les femmes, par contre, les conditions de sécurité instables, le travail
forcé et le haut risque d’être victime d’abus sexuel représentent des facteurs de stress
spécifiques. En effet, les séquelles psychosociales de la migration sur les femmes sont souvent
très spécifiquement liées à leur genre. De manière générale, on retrouve une méfiance
sélective envers les hommes, surtout chez les victimes d’abus sexuel. Pour cela, il peut être
très difficile pour les staffs hommes de gagner leur confiance, requérant beaucoup de temps et
d’effort. De plus, les femmes qui ont entrepris leur voyage avec leur bébé, ou qui ont
accouché pendant le voyage, ont la tendance à développer des comportements dysfonctionnels
avec des-dernier, surtout si le bébé est issu d’un viol ou s’il/elle a été torturé/e devant sa mère.
Ces comportements peuvent se manifester à travers un attachement ou une négligence
exagérée envers leurs enfants, entre autres.
Les enfants, de leur part, sont souvent trop jeunes pour comprendre et élaborer les expériences
traumatisantes vécues. Cela peut faire en sorte que la souffrance se manifeste à travers des
comportements négatifs accentués, par exemple l’agressivité, la délinquance ou l’attachement
exagéré envers toutes personnes qui l’entourent. En outre, les comportements auto-lesionistes
et l’abus de substances sont souvent observés, surtout chez les adolescents.
Pour les migrants ayant vécu la détention forcée, nous savons que cette-dernière augmente le
sentiment d’anxiété, de peur et de frustration et peut exacerber les expériences traumatisantes
antérieures que les demandeurs d'asile et les migrants ont subies pendant leur voyage. Leur
vulnérabilité est encore aggravée par l'incertitude quant à leur avenir, la limitation des
mouvements et la durée incertaine de la détention. Les conditions de vie difficiles, le
surpeuplement, le bruit constant propre des centres de détention, le manque d'activités et la
dépendance à l'égard des décisions d'autrui contribuent tous à des sentiments de défaite et de
désespoir, qui alimentent les troubles psychiatriques.
En outre, les incidents de torture ont un impact important sur les problèmes de santé mentale,
même si la symptomatologie conséquente à ce type d’abus reste très compliquée à déchiffrer.
En plus des symptômes de stress post-traumatique, les survivants de la torture ont des taux
élevés d'anxiété, de dépression et des problèmes d'adaptation, qui peuvent se manifester à
travers des explosions de colère et de violence envers les membres de la famille et de la
communauté. Aucune terminologie diagnostique ne reflète la méfiance profonde des autres
que de nombreux survivants de la torture ont développé, ni la destruction de tout ce qui
donnait du sens à leur vie. La culpabilité et la honte de l'humiliation pendant la torture et de
l'incapacité du survivant à la résister, ainsi que la culpabilité de survivre, sont des problèmes
communs qui découragent la victime à en parler. Certaines conditions sont identifiables
comme des facteurs de risque supplémentaires : l'isolement social, la pauvreté et le chômage
peuvent tous prévoir des niveaux plus élevés de détresse émotionnelle chez les survivants de
la torture.
Plus de 2000 réfugiés et demandeurs d’asile les plus vulnérables des centres de détention
libyens, qui ont été amenés à Niamey et Agadez par le projet ETM en 2018 afin de leur
faciliter la réinstallation dans des pays tiers, ont souvent été victimes de toutes sortes d’abus
pendant la détention, y compris la torture physique et psychologique, le viol, l’extorsion, etc.
Cela implique un fort besoin en appui psychologique et psychiatrique pour la plupart des
bénéficiaires. Les données recueillis par COOPI montrent que le 62% des demandeurs d’asile
souffraient d’ESPT, avec 26% souffrant de troubles anxieux et une minorité souffrant de
schizophrénie, trouble de la personnalité et dépression. Dans ce contexte, le CSM est devenu
un pilier dans la réponse aux besoins de ces bénéficiaires, pour la plupart venant de
l’Érythrée, la Somalie et l’Éthiopie, étant le seul endroit où les cas les plus graves peuvent
bénéficier d’une prise en charge appropriée, digne et qui les insère dans un processus
d’empowerment et de préparation à la réinstallation dans les pays tiers.
C’est dans ce contexte que Depuis 2015, COOPI apporte des soutiens psychosociaux aux
migrants à Agadez et Niamey. Afin de fournir abri et protection aux personnes évacuées de
Libye pendant leur voyage de transit au Niger, COOPI collabore avec le UNHCR dans le
cadre du programme ETM ("Emergency Evacuation Transit Mechanism") depuis 2017. Le
programme ETM permet d'identifier les réfugiés et demandeurs d'asile les plus vulnérables
dans les centres de détention libyens afin de faciliter leur évacuation vers les pays de transit
en attendant d'être transférés dans des pays tiers d’accueil. COOPI gère actuellement 6 cases
de passage à Agadez et 17 dans la capitale Niamey, où plus de 2000 personnes ont été
accueillies à ce jour. Les migrants accueillis ont accès à l'hébergement, à la nourriture et aux
soins médicaux, qui sont assurés par la présence constante d'une équipe de professionnels,
ainsi qu'à des activités socio-récréatives et éducatives organisées quotidiennement dans
chaque centre, par exemple le sport, la sensibilisation, l'alphabétisation, le théâtre, l’art
plastique et la danse.
Des activités de soutien psychologique sont également proposées dans les cases de passage.
Parmi eux, des « espaces de conversation » spéciaux permettent à ceux qui ont vécu des
expériences similaires de se sentir en sécurité et de partager leurs émotions, ce qui favorise le
rétablissement des expériences passées, le contact avec ses propres peurs et la mise en place
d'un réseau de soutien mutuel. De plus, un centre spécialisé pour les soins aux migrants
souffrant de problèmes de santé mentale les plus graves a été inauguré à Niamey en 2017 avec
un financement de la Coopération Suisse.
Le CSM offre des soins psychiatriques et psychothérapeutiques spécialisés aux migrants les
plus vulnérables, y compris les victimes de torture, de violences sexuelles, de traite, les
mineurs, etc. Aujourd'hui, le centre représente un véritable point de référence pour tous les
acteurs œuvrant dans le domaine de la migration au Niger.
A partir de juin 2019, avec les fonds de la coopération suisse, COOPI a mis en œuvre un
projet visant à améliorer les services de santé mentale dans la région d’Agadez à travers le
renforcement matériel et en ressources humaines du pavillon psychiatrique de l’Hôpital
Régional d’Agadez.
En plus, dans l’optique de garantir l’accès des soins de santé mentale de qualité tout au long
de la route migratoire pour les populations autochtones et migrants dans la région d’Agadez,
en collaboration avec les services étatiques, le projet a déployé 3 équipes dont 2 mobiles,
réparties comme suit :
1 Coordinateur terrain basé à Agadez.
1 Psychologue et 1 technicien supérieur en santé mentale basés à Agadez, travaillant dans le
pavillon psychiatrique et dans les cases de transit des migrants/demandeurs d’asile ETM.
1 Psychologue et 1 technicien supérieur en santé mentale basés à Arlit couvrant l’axe Arlit –
Assamaka (frontalier avec l’Algérie).
1 Psychologue et 1 technicien supérieur en santé mentale basés à Dirkou couvrant l’axe
Dirkou-Seguedine (frontalier avec la Lybie).

2.3- Déplacements forcés dans la région de Trois frontières (Tillabery-Tahoua)


Les régions de Tillabéri et de Tahoua sont touchées de plein fouet par les effets négatifs de
l'insécurité croissante et des conflits à la jonction des frontières du Mali, du Niger et du
Burkina Faso. Dans ce qu'on désigne communément par la zone des « 3 frontières », et ce
depuis le début de l’année 2018, le nombre d'acteurs armés a augmenté en raison de la
prolifération de groupes armés non étatiques au Mali et au Burkina Faso et des réactions
militaires menées par des forces internationales et nationales (Opération Dongo, Coalition
Barkhane, armées régulières nigérienne et malienne). Face à cette situation, le gouvernement
nigérien a pris une série de mesures sécuritaires rigoureuses dans les régions de Tillabéri et de
Tahoua. Actuellement, 10 districts de la région de Tillabéri (Ouallam, Banibangou, Abala,
Ayorou et Bankilare, Say, Torodi, Tera, Tillabéri et Gotheye), ainsi que Tilia et Tassara dans
la région de Tahoua sont en état d’urgence. Et pour cette raison, plusieurs marchés ont été
fermés, des points de contrôle érigés et un couvre-feu déclaré, sans oublier l’interdiction de
motocyclette et les restrictions de circulation.
Avec la propagation de l'insécurité et des conflits (incidents d'attaques transfrontalières et
menaces de groupes armés non étatiques, cas d’extorsion/vol, d’attaques physiques et
d’enlèvements ciblés), ainsi que l'intensification des tensions intercommunautaires et les
mesures liées à l’état d’urgence, l’on a assisté à des déplacements massifs de population, alors
que la région reste toujours confrontée à des problèmes structurels, aux risques d’épidémies (y
compris le choléra, la rougeole, la méningite et la fièvre jaune) et à la malnutrition. Les
incursions à Inatès, Abala et Banibangou sont fréquentes. A fin avril 2019, les chiffres
actualisés du Groupe thématique sur la Protection donnent 49 078 PDI à Tillabéri et 21 227
dans la région de Tahoua, soit un total de 70 305. Pour 2019, les projections, sur la base des
scénarios les plus probables, indiquent que ce nombre pourrait atteindre 150 000 IDP (100
000 pour Tillabéri et 50 000 pour Tahoua).
Ainsi, COOPI, en consortium avec l'Alliance pour l'action médicale internationale (ALIMA)
et Première Urgence Internationale (PUI) met en œuvre un projet financé par USAID pour
répondre aux besoins urgents en matière de santé somatique et mentale des personnes
déplacées internes touchées par la crise et vulnérables et les populations hôtes dans les régions
de Tillabéri et de Tahoua au Niger (frontalières du Burkina Faso et du Mali) à travers des
alertes RRM et un soutien aux services existants.
Selon l’approche des cliniques mobiles, les soins d'urgence en SMSPS sont fournis par une
équipe de psychologues et deux infirmières psychiatres travaillant au sein des équipes des
cliniques mobiles. Ils recevront une formation en premiers soins psychosociaux, en débriefing
psychologique et en techniques de soutien psychosocial axée sur les traumatismes et les
violences. Les psychologues seront chargés de fournir un soutien psychosocial et une
psychothérapie, tandis que les infirmières psychiatries fourniront des soins psychiatriques aux
cas les plus graves. De plus, des séances de sensibilisation seront organisées afin de donner
aux membres des communautés les moyens de détecter les problèmes de SMSPS en eux-
mêmes et chez les autres et de les référer vers les services disponibles. Les psychologues de
COOPI ont recours à différents types d’interventions, en fonction des besoins et des
caractéristiques des patients : des conseils élémentaires à la psychothérapie systémique de
groupe, en passant par la désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires, ainsi
que la réduction des accidents traumatiques (RAT).
La formation de tous les nouveaux professionnels de la santé mentale aux techniques de
soutien psychosocial de base fait partie de la politique des ressources humaines de COOPI au
Niger. C’est pourquoi, avant leur déploiement sur le terrain, les professionnels de la santé
mentale reçoivent une formation technique complémentaire (par exemple, des techniques de
psychothérapie spécialisées) afin de continuer à renforcer leurs compétences techniques et
leurs capacités sur le terrain. Toute la formation et la supervision sont assurées par les
responsables techniques de COOPI, composés de psychologues et de psychiatres
expérimentés qui travaillent avec COOPI Niger depuis plusieurs années. Afin de s’occuper
des références faites par des professionnels de la santé, le temps des psychologues est réparti
entre les cliniques mobiles et les centres de santé. Et pour garantir une gestion optimale du
temps, des plans de déplacement hebdomadaires sont élaborés pour permettre aux
psychologues de partager efficacement leur temps entre les deux cadres d’intervention. De
plus, une communication constante est maintenue entre les agents de santé et les
psychologues afin d'assurer la coordination et de planifier les mouvements à l'avance. Les
problèmes de santé mentale sur lesquels les psychologues sont appelés à travailler varient, car
les avantages de la psychothérapie en tant que complément à la pharmacothérapie sont très
variés. Les psychologues travaillent sur tous les aspects, des troubles de l'humeur (dépression,
anxiété, etc.) aux troubles psychotiques, en passant par le trouble bipolaire et même les cas
d'épilepsie dans le but d'améliorer le bien-être psychosocial des patients. Les psychologues et
infirmières psychiatres de COOPI sont formés et supervisés à travers un dispositif bien établi
mis au point au fil des ans. Après une phase de formation initiale, ils sont suivis de près par le
personnel technique de haut niveau, qui organise des réunions régulières pour contrôler leur
travail et des cours de recyclage, si nécessaire. Cet effort de surveillance permet de superviser
leur travail dans la prise en charge des cas, afin de s'assurer qu’ils tiennent autant de sessions
de suivi nécessaires avec chaque patient. D'un point de vue logistique, des plans de
déplacement seront élaborés en collaboration avec ALIMA et PUI afin de s'assurer que les
cliniques mobiles reviennent sur les mêmes sites pour la tenue des séances de suivi.
En plus, le personnel soignant (infirmières, médecins et sages-femmes) reçoit une formation
sur le module mhGAP-HIG, pour l’aider à détecter les personnes ayant des problèmes de
SMSPS et à leur fournir des soins pharmaco thérapeutiques et psychosociaux de base, y
compris la psychoéducation. Cette formation est toujours dispensée par un formateur
expérimenté du PNSM sur une version du module mhGAP-HIG adaptée au contexte des
régions de Tillabéri et de Tahoua. De plus, des médicaments psychotropes essentiels sont
fournis aux districts sanitaires ciblés afin de permettre au personnel soignant de les prescrire
aux patients. Les autorités sanitaires locales, y compris le district sanitaire, participeront à la
supervision du personnel formé.
Au niveau communautaires, les prestataires communautaires de services de soins non
professionnels (notamment les relais de protection et de santé) reçoivent une formation sur les
questions relatives aux soins de SMSPS, notamment la conduite des sessions de
sensibilisation en matière de SMSPS, la détection des cas, et l’intégration des principes de
SMSPS dans leur travail quotidien, ainsi que les premiers soins psychologiques et les
techniques fondamentales de soutien psychosocial ; la formation intègre la communication
efficace et l'établissement de relations, l’écoute active, la psychoéducation, la collaboration
avec la famille et la communauté des personnes pour faciliter les soins psychosociaux et la
réadaptation. Ceci permet de créer un groupe constitué des membres de la communauté
capable d'identifier et de fournir des soins de base aux personnes dans le besoin, tout en ayant
la possibilité de référer les cas plus graves au personnel de COOPI (qui est formé aux
techniques de soutien psychosocial plus avancées et à la psychothérapie), ou directement au
centre de santé local. Cette formation est souvent dispensée pendant 5 jours et réalisée en
collaboration avec le PNSM et la supervision post-formation est assurée par les psychologues
de COOPI.
L’expression ‘’prestataires de services non professionnels’’ s’entend des volontaires
communautaires identifiés et motivés par les ONG, ainsi que des ‘’agents de santé non
professionnels’’ déjà existants et faisant partie du système sanitaire publique. Ces derniers
sont principalement employés par le ministère de la Santé pour la surveillance des épidémies
et les activités de santé publique ponctuelles telles que les campagnes de vaccination de
masse. Lorsqu'ils sont appelés à effectuer des activités ponctuelles, ils reçoivent une petite
rémunération et bénéficient d'une formation de base. Les premiers, toutefois, ne sont pas liés
aux structures de l'État et ont seulement des contacts formels avec les ONG qui interviennent,
qui leur allouent une prime de motivation pour la réalisation d'activités de base telles que la
sensibilisation, l'identification et la référence des cas. En conséquence, les premiers sont des
volontaires/bénévoles, alors que les derniers peuvent être définis comme des para-
professionnels. Ces prestataires de services non professionnels ne reçoivent t aucune
motivation de la part du consortium pour la réalisation des activités de sensibilisation,
d'identification et de référence, même s’il est prévu pour eux une compensation pour chaque
journée de formation.
CONCLUSION
Au Niger, l'engagement de COOPI dans le domaine de la santé mentale a commencé en 2015
à Diffa, dans la région du lac Tchad, pour apporter une réponse aux répercussions
psychologiques des attaques terroristes, telles que la peur, la dépression, les cauchemars, les
sentiments d'impuissance et la difficulté d'adaptation aux nouvelles réalités, en particulier
pour les enfants et les femmes, lorsque la santé mentale était encore automatiquement
associée à la folie.
A ce jour, COOPI mène des projets de soutien psychologique dans presque tout le pays pour
les personnes déplacées, les victimes d'attaques terroristes, les migrants et les demandeurs
d'asile qui ont subi des traumatismes de diverses natures sur la route de la migration. L'aide
directe aux victimes s'accompagne d'un travail de sensibilisation et d'éducation sur les
troubles mentaux et psychologiques qui regroupe plus de 250 responsables communautaires et
dont le but ultime est de lutter contre les principales conséquences sociales, à savoir la
stigmatisation et les préjugés, et de faciliter l'identification des cas de protection.
Des résultats très positifs ont été enregistrés dans ce domaine on peut citer l'élaboration des
Lignes Directrices Nationales pour rendre opérationnel le programme mhGAP de Santé
Mentale, Guide d'intervention; la formation d'environ 700 professionnels de santé travaillant
dans les Centres de Santé Intégrés de tout le pays; l'identification et le traitement adéquat des
nombreux cas d'épilepsie, également pour les familles des patients ; la création d'un Centre de
santé mentale pour les migrants.
En définitive, depuis 2016, COOPI assure la mise en œuvre d’un programme intégré en santé
mentale et soutien psychosocial (SMSPS), conjointement avec le Programme Nationale de la
Santé Mentale du Ministère de la Santé Publique (PNSM) au Niger, à travers le
développement des activités visant :
• le renforcement des capacités du personnel soignant pour une meilleure prise en
charge de cas avec des problèmes mentaux, neurologiques et induits par l’abus des substances
à travers le guide mhGAP-HIG de l’OMS
• le renforcement du mécanisme de référencement à travers la formation des RC sur la
détection, le référencement et le suivi des cas de santé mentale ;
• la mise à disposition de psychotropes aux structures sanitaires appuyées ;
• les différentes activités psychothérapeutiques mise en place dans les communautés et
au niveau des structures sanitaires par les psychologues en collaborations avec les
coordinations régionales de santé mentale.
• La prise en charge en santé mentale et soutien psychosocial en faveurs des réfugiés,
migrants et demandeurs d’asile dans la région d’Agadez et au Centre de santé mentale (CSM)
géré par COOPI
Les évaluations d’impact en santé mentale et soutien psychosocial afin contribuer à la mise au
point d’interventions fondées sur des normes et des pratiques en matière de santé mentale et
de soutien psychosocial internationalement reconnues et étayées par des données probantes, à
travers des travaux de recherche, dans différents contextes culturels, sur la compréhension
locale et l’expression de la détresse psychologique, ainsi que sur l’efficacité des interventions
pour le traitement et la réadaptation, la prévention et la promotion.
Au Niger, COOPI assure la coordination du groupe de Travail Santé mentale et soutien
psychosocial.

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