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COURS :

Economie monétaire et Techniques bancaires


Présenté par Pr. Mustapha BOUACHOUCH1
Partie I: Economie Monétaire

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Introduction

Economie

La littérature est marquée par l’existence de plusieurs définitions de l’économie, mais la


plupart font intervenir les notions de choix, ressources et objectifs.
L’économie peut être défini « comme une science qui étudie les choix des agents
économiques (individus, ménages, firmes, Etat) dans l’utilisation des ressources rares
en vue de satisfaire leurs objectifs (ex : besoin/désir de consommation, objectif de
profit,…) »,

L'économie étudie les choix de agents économiques généralement en trois types de marchés:
• Le marché des biens et services
• Le marché du travail
• Le marché des capitaux
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Le marché des capitaux : est un marché sur lequel se rencontrent les offres et les demandes de
capitaux. C-à-d entre les agent qui ont une capacité de financement et les agents qui ont besoin
de financement.

L'économie monétaire est une branche de l’économie qui étudie l'influence de


la monnaie sur l'économie du pays.

Monnaie?????
4
Définition de la monnaie

La définition de la monnaie ne fait pas l’unanimité des économistes. En se basant sur la


définition de François Perroux, la monnaie « est un instrument de paiement intermédiaire
général, immédiat et indéterminé ».

 Général : elle est accepté par tout le monde, en tout lieu, et en tout temps pour le
règlement des achats et les dettes;
 Immédiat : elle permet de régler instantanément et de manière définitive les chats et les
dettes.
 Indéterminée : elle permet de payer n’importe quel achat ou dette;

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Chapitre 1: Monnaie: fonction, formes et mesure

Section 1 Fonctions de la monnaie

 Fonction de compte : divisibilité


 Fonction de paiement : acceptabilité
 Fonction de réserve de valeur : durabilité

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1- La monnaie est une unité de compte: divisibilité

« La monnaie est une unité de mesure qui permet d’exprimer la valeur des différents
produits en une seule unité ».

 Dans une économie de troc : La valeur d’un produit est exprimée par rapport aux autres
produits, on parle de prix relatifs, ainsi : P = n(n-1)/2 : rapports d’échange (prix relatifs).
 Dans une économie monétaire: La monnaie permet de mesurer les différents produits en
une seule unité (établissement d’un système général des prix), ainsi de réduire les multiples
évaluations. Elle permet. On parle de prix absolus, ainsi : P = n : prix absolus

Exemple:
Pour 100 biens, calculez le nombre des prix dans une économie de troc et dans une économie
monétaire?

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Economie de troc:
Prix relatifs

Economie monétaire :
Prix absolus

Exemple:
Si parmi les 100 produits un va jouer le rôle de la monnaie, calculez le nombre des prix?

Le nombre de prix: n-1=100-1=99 8


2- La monnaie est un moyen de paiement: acceptabilité

« La monnaie est un bien intermédiaire qui permet de dissocier les opérations d’achat et de
vente ».
 Dans un système de troc les opérations d’achat et de vente sont confondues et l’échange ne
peut avoir lieu que s’il y a double coïncidence des besoins : L’agent doit trouver quelqu’un
qui soit prêt à lui vendre les biens et qui accepte en échange les biens dont l’agent dispose. En
pratique, il est très difficile de réaliser la coïncidence entre l’acteur et le vendeur ce qui se
traduit par des coûts : les coûts de recherche, de stockage et de transport :
 Dans une économie monétaire: La monnaie permet d’établir l’équivalent générale= tous
les biens s’échangent contre la monnaie qui, à son tour, s’échange contre des biens.  cette
échange est assuré par le cours légal : la monnaie ne peut être refusée dans les paiements.

 Ainsi l’introduction de la monnaie comme un intermédiaire dans les échanges permet de =


Scinder l’opération de troc en deux + Disparition du problème de la double coïncidence.

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3- La monnaie est une réserve de valeur

« La monnaie est un moyen de transfère de pouvoir d’achat dans le temps. Elle représente
un lien entre le présent et le futur, c’est un instrument d’épargne ».
Selon Keynes, il y a 3 motifs de détention de la monnaie :
•Motif de transaction: détention dans un délai bref pour payer les achats courants ;
•Motif de précaution: détention pour faire face aux imprévus que le revenu courant ne serait
pas capable de financier ;
•Motif de spéculation: détention en attendant une appréciation de la valeur ou une apparition
des conditions de placement favorables.

 Il est à noter que certains biens ou actifs (terrains, actions, obligations, etc.) peuvent remplir
la fonction de réserve de valeur. Par exemple: un bien immobilier constitue une réserve de
valeur puisqu'il peut être acheté aujourd'hui et revendu dans le futur en procurant un pouvoir
d'achat à son détenteur

Question: Comparaison entre monnaie / Actif en tant que moyenne de réserve de valeur en
termes de Liquidité/Valeur nominale/Valeur réelle ?
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Réponses:
 Liquidité: La monnaie est parfaitement liquide / l’actif est plus ou moins négociable alors leur
liquidité est conditionnelle

 Valeur nominale: la monnaie conserve sa valeur nominale / l’actif est exposée à des
variations au niveau de sa valeur nominale en fonction de l'équilibre du marché
 Valeur réelle: la valeur réelle ( pouvoir d’achat) de la monnaie et de l’actif est variable.

La valeur nominale (VN) et réelle (VR) de la monnaie ?

•La VN d'un bien est sa valeur en monnaie actuelle. La valeur nominale d’une monnaie ne
change jamais. 1 DH vaut toujours 1 DH.
•La VR est la valeur corrigée de la variation générale des prix par rapport à une base. Elle
exprime le pouvoir d’achat et elle varie dans le temps. Pour mesurer la valeur réelle de la
monnaie, on peut utiliser l’indice des prix à la consommation (IPC)

IPC?
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L’IPC) : mesure du coût du panier des biens et services achetés. Il nous indique l’évolution de coût
de la vie: Si l’IPC augmente le coût de la vie aura augmenté.

VR t = VNt0 (IPC t/IPC t0) t0: la période de base


t: la période de actuelle

Le taux d’inflation peut être mesuré par l’IPC

Pour mesurer l’inflation, au Maroc, l’HCP utilise l’indicateur d’inflation sous-jacente. Il exclut:
•les produits à prix volatiles qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs
climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux (produits pétroliers, produits frais, viandes,
fleurs et plantes,...)
• les produits à tarifs publics dont les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac...)
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Exemple 1.
On a les données suivantes :
Salaire 2017= 4500 DHS
IPC 2017 =114,8
IPC 2021 = 96,7
• Que vaut 1 DHS de 2017 en 2021 ?
• Que vaut le salaire de 2017 en 2021 ?

1- Alors 1 DHS de 2017 en 2021 vaut:

Valeur réelle 2021 = (1 DH 2017 * IPC 2021)


IPC 2017

Valeur réelle 2021 = (1* 96,7) = 0,842 dhs


114,8

2- Alors un salaire de 4500 DHS de 2017 en 2021 vaut:


Valeur réelle 2021 = (salaire 2017 * IPC 2021)
IPC 2017

Valeur réelle 2021 = (4500* 96,7) = 37 90,5 de salaire de 2020


114,8
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Exemple 2

Considérons le tableau ci-dessous qui exprime les prix d’un panier composé de 3 biens (B, R
et G) en 2017 et 2021,

Année 2017 Année 2021


Panier Prix Qté Prix Qté
B 2 dh 100 2 dh 100
R 40 dh 10 60 dh 10
G 1 dh 200 2 dh 200
(Base 100 :2017)

1) Déterminer le coût du panier (B, R et G) en 2017 et en 2021?


2) Calculer l’IPC en 2017 et en 2021 ?
3) Calculer le taux d’inflation ?
4) Analyser l’évolution du pouvoir d’achat d’un dirham entre les années 2017 et 2021 ?
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Réponse:

1) le coût du panier : CP= ∑ P*Q


en 2017 : 2*100+40*10+1*200=800 dh
en 2021 : 2*100+60*10+2*200=1200 dh
2) L’IPC = CPn/CPb
en 17 : 800/800*100 = 100 ;
en 21 : 1200/800*100 = 150 ;

3) Le taux d’inflation = (150-100)/100*100 = 50%


4) Le coût de vie a augmenté de 50%
 Le prix en 2021 est 1,5 fois plus élevé que le prix en 2017.
 La valeur réelle d’1 DH de 2017 est donc égale à 1,5 DH de 2021

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HAUT COMMISSARIAT AU PLAN
Exemple 3 RELATIVE A L’INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION (IPC)
2020/2021

Indices des 8 premiers mois


Divisions de produits
2020 2021
Produits alimentaires 102,1 102,3
01 - Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 101,4 101,4
02 - Boissons alcoolisées et tabac 120,5 125,4
Produits non alimentaires 102,3 103,9
03 - Articles d'habillements et chaussures 102,6 104,1
04 - Logements, eau, électricité et autres combustibles 101,7 102,4
05 - Meubles,articles de ménages et entretien courant du foyer 100,7 101,5
06 - Santé 101,6 101,7
07 - Transport 99,9 105,5
08 - Communication 103,9 103,7
09 - Loisirs et culture 99,5 99,8
10 - Enseignement 108,5 110,3
11 - Restaurants et hôtels 103,4 104,4
12 - Biens et services divers 103,9 105,4
Ensemble 102,3 103,3
(Base 100 :2017)

1- Calculez le taux d’inflation de chaque division de produits (A, 01,02, B, 03…12) et global?
2- Analyser l’évolution de l’IPC Globale ?
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HAUT COMMISSARIAT AU PLAN
Réponses RELATIVE A L’INDICE DES PRIX A LA CONSOMMATION (IPC)
2020/2021

Indices des 8 premiers mois


Divisions de produits
2020 2021 Var.%
Produits alimentaires 102,1 102,3 0,2
01 - Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 101,4 101,4 0,0
02 - Boissons alcoolisées et tabac 120,5 125,4 4,1
Produits non alimentaires 102,3 103,9 1,6
03 - Articles d'habillements et chaussures 102,6 104,1 1,5
04 - Logements, eau, électricité et autres combustibles 101,7 102,4 0,7
05 - Meubles,articles de ménages et entretien courant du foyer 100,7 101,5 0,8
06 - Santé 101,6 101,7 0,1
07 - Transport 99,9 105,5 5,6
08 - Communication 103,9 103,7 -0,2
09 - Loisirs et culture 99,5 99,8 0,3
10 - Enseignement 108,5 110,3 1,7
11 - Restaurants et hôtels 103,4 104,4 1,0
12 - Biens et services divers 103,9 105,4 1,4
Ensemble 102,3 103,3 1,0

(Base 100 :2017)

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Section 2 formes de la monnaie

 La monnaie abstraite
 La monnaie marchandise
La monnaie métallique
La monnaie fiduciaire: monnaies divisionnaires + billets de banque
La monnaie scripturale
La monnaie électronique

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La monnaie abstraite
Dans les sociétés primitives (où l’homme s’adonnait à des activités destinées à satisfaire la quasi
totalité de ses besoins) la seule forme d’échange était = le troc. C’est l’opération élémentaire
d’échange d’une marchandise contre une autre.
Dans ces sociétés : l’échange n’était pas une nécessité. Il ne concernait que le surplus.
Avec l’augmentation du nombre de biens, le troc devient une opération difficile.

 Nécessité de trouver un bien qui peut jouer un rôle d’un intermédiaire unique de l’échange :
c’est la monnaie marchandise.

La monnaie marchandise

La monnaie sous son aspect primitif a pris la forme d’une marchandise: pièces de tissus, bétail,
moutons, sel, thé… Ce type de monnaie a fini par révéler ses limites : elle est pondéreuse, périssable
et non homogène.

 La découverte des métaux a permis le passage à une autre forme de monnaie : la monnaie
métallique : les marchandises sont remplacées par le fer, cuivre, le bronze, l’or, l’argent. 19
La monnaie métallique

Au début: les principaux métaux utilisés étaient le bronze et le cuivre.


Ensuite: les principaux métaux utilisés étaient l’or et l’argent
Avantages : la monnaie métallique est durable, divisible et de faible encombrement.
Inconvénients :
 Hétérogénéité de la monnaie métallique : qualité et valeur de la monnaie inégales  les
agents économiques gardent la bonne monnaie et utilisent la mauvaise dans les paiements = la
loi de Gresham, « la mauvaise monnaie chasse la bonne ».
 Pillage liés au transport de l’or.

 La monnaie métallique devient insuffisante pour les besoins de l’économie  Création de


billets de banque.

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La monnaie fiduciaire: billets de banque et monnaies divisionnaires

Les billets de banque ou monnaie papier

Les billets de banque sont des coupures émises par la banque centrale
 Avant 1914: tous les billets sont convertibles en or. Les monnaies sont définies par un poids d’or.
 Après 1914, les Etats abandonnent progressivement le régime de l’étalon or. Le stock d’or
détenu par les banques est insuffisant pour faire face aux demandes de conversion. Les billets sont
devenus inconvertibles en or.

Les monnaies divisionnaires : pièces

Les monnaies divisionnaires sont des pièces métalliques généralement émises par le trésor, jouant
le rôle d’appoint dans les transactions. Elles représentent un faible pourcentage de la masse
monétaire. 21
La monnaie scripturale

La monnaie scripturale: la monnaie ne circule pas matériellement. Elle est transférée par
écritures d’un compte à un autre. Autrement dit, c’est l’ensemble des comptes à vue gérés par les
institutions financières (banques, postaux, …).
 «à vue»: les avoirs sont disponibles à tout moment pour un retrait de billet.
Les principaux instruments de la monnaie scripturale sont: Chèque, virement, carte bancaire, effets
de commerce, prélèvements

La monnaie électronique

La monnaie électronique = pièces + billets sous forme électronique. Donc, elle doit être
utilisable directement, sans avoir besoin de donner des instructions à son banquier et sans
avoir besoin de prélever les sommes sur un compte bancaire : les unités de monnaie
électronique sont transférées directement du porte-monnaie électronique du client à la caisse
du commerçant - à condition d'avoir les équipements nécessaires pour cela.
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Section 3 4- Les mesures = les agrégats de la monnaie

Les agrégats monétaires (AM) sont des indicateurs qui mesure la quantité de monnaie en
circulation dans une économie. ∑ Monnaie en circulation=la masse monétaire.

On peut distinguer 3 agrégats de monnaie (M) et 3 agrégats de placements liquides (PL).

La liquidité de l’économie = M3+ ∑PL

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Les agrégats de monnaie (M) : « ensemble des moyens de paiements immédiats, ou différés et
d’actif financiers, dont leurs conversions en monnaie n’implique pas un risque important de
perte en capital, détenus par les agents non financiers résidants à un moment donné »
L’agrégat M1: regroupe les moyens de paiements utilisables dans le règlement des transactions:
 Monnaies divisionnaires
 Billets de la BAM;
 Dépôts à vue ouverts auprès de la banque centrale, des banques commerciales (y compris la
banque postale) et du Trésor.
L’agrégat M2 : M2= M1+ Placements à vue. Placement à vue: épargne liquide :
 Avoirs en comptes sur carnets auprès des banques ;
 Avoirs en comptes sur livrets chez la Caisse d’Epargne Nationale (CEN)..
L’agrégat M3 : M3= M2+ autres actifs monétaire. Il regroupe en plus de M2, les autres actifs
monétaires moins liquide non transférable et ou non divisible et rapportant un rendement, il s’agit de
l’épargne réservé à une tache bien précise :
 Comptes à terme auprès des banques
 Les dépôts à termes auprès de trésor
 Bons de caisse auprès des banques
 Certificats de dépôt (au plus de 2 ans)
 Titres OPCVM Monétaires (OPCVM=organismes de placement collectif en valeurs
mobilières: le SICAV et FCP)
 Les dépôts en devise
 Les valeurs donnés en pension
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Les agrégats de placements liquides (PL) : les PL constituent une réserve de pouvoir d’achat
rapidement mobilisable en instruments monétaires.
L’agrégat PL1 : comprend tous les actifs constitués par auprès d’entités autres que les banques
(État, sociétés de financement et entreprises non financières) et pouvant être aisément transformés
en instruments monétaires. Il est composé des:
 Bons du Trésor négociables
 Billets de trésorerie
 Bons des sociétés de financement
 Les OPCVM contractuels
L’agrégat PL2 : Ils sont constitué des titres émis par:
 Les OPCVM obligations (court, moyen et long terme),
Les agrégats PL3:
 Les OPCVM actions et diversifiés,

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Chapitre 2: LA CREATION MONETAIRE

 La création monétaire est la mise en circulation d’une nouvelle quantité de monnaie dans
le marché monétaire. Elle augmente la monnaie en circulation (masse monétaire).
 La création monétaire fait intervenir trois principaux acteurs: les banques commerciales,
la banque centrale et le Trésor public
 La création monétaire a 3 sources donc 3 contreparties de la masse monétaires :

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Section 1 Les mécanismes de la création monétaire

Introduction
Il y a création de monnaie  lorsque les agents financiers (banques, Banque Centrale, Trésor)
transforment les créances en monnaie :

Monétisation de la créance par la banque

« Les crédits font les dépôts » 27


Le mécanisme de la création monétaire met en œuvre deux documents comptables : le bilan
de la banque et le bilan de client.

Bilan de la banque est un document qui établit l’équilibre entre:


 L’Actif : Elle a
 Le Passif : Elle est engagé à financier

Bilan client (établi par la banque) : est un document qui présente l’équilibre entre l’actif et du
passif du client

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A- La création monétaire à l’échelle d’une seule banque
La banque crée de la monnaie à travers :

 1- Achat des actifs réels


Actif  2- Achat des devises
 3- Achat des effets
 4- Accord de crédit
Passif  5- Achat des titres financiers
 6- Achat des titres de créances négociables

1- L’achat d’un actif réel


Une banque achète un bien immeuble d’un particulier X. La banque a réglé l’achat en créditant
son compte. Supposant que la valeur de l’immeuble = 100.000.
TAF: Etablir les documents comptables?

Actif Bilan Banque Passif Actif Bilan X Passif


Immeuble + 100.000 DAV/X + 100.000 Immeuble - 100.000
DAV/bq + 100.000
 Cette opération représente à la fois:
 Une sortie de l’immeuble de l’entreprise (transformé en DAV dans l’actif)
 Une acquisition de l’immeuble à la banque (inscrite à l’actif). 29
2- L’acquisition de devises

La même banque peut procéder à l’acquisition des devises d’un autre particulier Z du même
montant. TAF: Etablir les documents comptables?

Actif Bilan Banque Passif Actif Bilan Z Passif


Devises + 100.000 DAV/z + 100.000 Devises - 100.000
DAV/bq + 100.000
 Cette opération représente à la fois:
 Une sortie des devises pour l’entreprise (transformé en DAV dans l’actif)
 Une entrée des devises pour la banque (inscrite à l’actif).

 Dans les deux cas, il y a création monétaire définitive car elle sera suivie ni de remboursement,
ni de destruction de la monnaie mise en circulation.
 On dit qu’il y a création monétaire: monétisation d’un actif non monétaire (devises ou
immeuble) = La banque a acheté quelque chose qui n’était pas monétaire et il l’a transformé en
quelque chose de monétaire. C’est l’acquisition qui fait le dépôt. 30
3- Escompte d’un effet

Une entreprise X escompte (vende) un effet de commerce auprès de sa banque à 100.000 avant
l’échéance.
TAF : Etablir les écritures comptables de la banque et du client X

Actif Bilan Banque Passif Actif Bilan X Passif


Effet + 100.000 DAV/X + 100.000 Effet - 100.000
DAV/bq +100.000
 Cette opération représente à la fois:
 Une sortie de l’effet de l’entreprise (transformé en DAV dans l’actif)
 Une entrée de l’effet pour la banque (inscrite à l’actif).

A l’échéance le souscripteur de l’effet rembourse la banque,  la monnaie émise auparavant


est alors détruite :  Ceci ne signifie pas que la monnaie créée disparait de la circulation car
les opérations bancaires donnent lieu à un flux discontinu de prêts et de remboursements
31
4- Accord de crédit

Exemple 1 : Cas d’un prêt


Supposons qu'une entreprise Y demande un prêt de 100.000 à la banque.
TAF : Etablir les documents comptables?

Actif Bilan Banque Passif Actif Bilan Y Passif


Créances/ y + 100.000 DAV/y + 100.000 DAV/bq + 100.000 Dette/bq + 100.000

 Cette opération représente à la fois:


 Une dette pour l’entreprise (inscrite au passif) et
 une créance pour la banque (inscrite à l’actif).

32
Exemple 2: L’accord d’une avance
Le client X ait reçu une avance de 10 000 dirhams sur son compte courant de sa banque B pour
payer un fournisseur (Y).
TAF : établir les écritures comptables de la banque et du client X

Actif Bilan Banque Passif Actif Bilan X Passif


Créances/x + 100.000 DAV/x + 100.000 DAV/bq + 100.000 Avance /bq + 100.000

 Cette opération représente à la fois:


 Une avance pour l’entreprise (inscrite au passif)
 Une créance pour la banque (inscrite à l’actif).

33
5-L’achat d’un titre financier (action ou obligations)

La banque B achète des actions de l’entreprise E.


TAF : Etablir les écritures comptables de la banque et de l’entreprise E?

Actif Bilan Banque Passif


Titres financiers + 100.000 DAV/E + 100.000

Actif Bilan E Passif


DAV/B + 100.000 Titres financiers + 100.000

 Cette opération représente à la fois:


 Acquisition (entrée) des actions pour la banque (inscrite à l’actif)
 Vente (sortie) des actions par l’entreprise E (inscrite au passif). 34
6- L’achat d’un titre de créance négociables

Supposant que le trésor T a vendu un bon de trésor à la banque B.


TAF : Etablir les documents comptables?

Actif Bilan Banque Passif


Créance/T +1000 DAV/T +1000

Actif Bilan Trésor Passif


DAV/B +1000 Dette en vers /B +1000

 Cette opération représente à la fois:


 Une dette pour le trésor (inscrite au passif)
 Une créance pour la banque (inscrite à l’actif).

Exercice : Etablir les documents comptables dans le cas de billet de trésorerie et de


certificat de dépôt?
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REMARQUES :
• Fuite?
• La création monétaire est- elle limitée ou illimitée?
• La création monétaire est-elle retracée par l’actif ou le passif?
• Quelle est la forme de la monnaie crée par la banque commerciale?
• Création / destruction?

1- La monnaie reste dans le même circuit bancaire alors il n’y a pas de fuite: la monnaie créée
circulera d’un compte à un autre dans le même circuit bancaire par des simples virements
2- L’absence de fuites vers d’autres circuits bancaires rend  la création monétaire illimitée.
3- La création monétaire implique aussi bien le passif que l’actif des banques:
 Le passif retrace la monnaie créée
 L’actif retrace les causes de sa création
4- Les banques ne créent que de la monnaie scripturale : Elles créent de la monnaie par simple jeu
d’écriture
5- La banque crée de la monnaie chaque fois qu’elle monétise un actif. Alors, on dit que la banque
détruit de la monnaie quand elle procède :
 A la vente d’un actif réel ou des devises,
Au remboursement d’une avance, un effet de commerce ou un crédit par le débiteur.
36
B- La création monétaire à l’échelle de deux ou plusieurs banques

Exercice:
Un client X achète par crédit d’un fournisseur Y un produit de 100.000 DH. Supposons X et Y
ont respectivement 2 banques différentes A et B.
1- Etablir les bilans des différents acteurs?
2- Déterminer les parts de marché de A et B?
1- Date : t0
Actif Bilan X Passif Actif Bilan Banque A Passif
DAV/A +100.000 Dette/A +100.000 Créance/X+100.000 DAV/X +100.000

-Date t1: Après compensation

Actif Bilan X Passif Actif Bilan Banque A Passif


DAV/A +100.000 Dette/A +100.000 Créance/X+100.000 DAV/X +100.000
(- 100.000)
Dette/B +100.000
Fuite de DAV/X au DAV/Y
Actif Bilan Y Passif
Actif Bilan Banque B Passif
Créance/B - 100.000
DAV/B +100.000 Créance/A +100.000 DAV/Y +100.000
37
2- Les parts de marché sont les suivantes (les dépôts) :
Supposition 1: Date t0
-Part de A=DAV/Ʃ DAV =100.000/100.000=100%.
-Part de B=DAV/Ʃ DAV =0/100.000=0%;
Supposition 2: Date t1
- Part de A=DAV/Ʃ DAV =0/100.000=0%.
- Part de B=DAV/Ʃ DAV = 100.000/100.000=100% ;

REMARQUES :
• Les Fuites?
• L’équilibre des bilans bancaires?
• La part de marché de la banque?

 Dans un système bancaire composé de plusieurs banques, la création monétaire se trouve face au
risque de fuite entre les différents circuits bancaires : une monnaie créée par une banque peut se
retrouver dans les comptes des autres banques.
 La multiplication des fuites pose à la banque un problème de trésorerie (contrainte d’équilibre
du bilan) et le besoin de refinancement qui en résulte. Ainsi, il faut organiser des séances
quotidiennes de compensation entre eux pour le règlement de leurs dettes respectives.
 La monnaie gardée par la banque après avoir compensée toutes ses fuites constitue sa part de
marché: Plus cette part est grande, plus ses marges de manœuvre à l’égard des autres établissements
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sont larges. Part de la banque A=DAV de A / Ʃ DAV de marché
C- La création monétaire en présence de la BC

 Au sommet d’un système bancaire hiérarchisé, on trouve une BC qui a 2 fonctions


principales :
 Contrôler les banques ;
 L’émission de la monnaie fiduciaire demandée par les ANF
 Cette monnaie est parfaitement substituable avec la monnaie scripturale = conversion de la
monnaie scripturale en monnaie fiduciaire. Il en résulte:  Des fuites  Réduction des parts
de marché des banques.

La BC crée de la monnaie en cas de :


 Achat des devises et de l’or
 Financement de trésor.
 Refinancement des banques
39
Exemple d’un bilan de la BC

 Or et devise: regroupent les actifs admis en règlement des transactions internationales


dont la banque centrale a la responsabilité de gestion
 Créances sur le trésor: regroupent l’ensemble des créances nettes que la banque
centrale détient sur l’état chez le trésor
 Refinancement: regroupe l’ensemble des prêts que la BC a consenti aux banques
(avance de 24h à 7j)
 Réserves: Compte à vue des banques commerciales auprès de la BC. R= RO+ RE
 Billets : constituent la monnaie fiduciaire émise par la BC
 Base Monétaire = Billets + Réserves. Elle est équivalente au passif de la BC

40
D- La création monétaire par le Trésor

Le trésor est une institution qui transite l’ensemble des flux financiers et comptables de l’Etat
et des collectivités territoriales. Il contribue à deux forme de création monétaire:
 La création directe de la monnaie
 La création indirecte de la monnaie

1- La création directe de la monnaie par le Trésor


Le Trésor crée de la monnaie chaque fois que l’Etat paie ses dettes envers les agents non
financiers détenteurs des dépôts. Le Trésor gère les dépôts suivants:
 Avoirs des entreprises non financières et des ménages auprès du Trésor ;
 Les fonds des entreprises et des particuliers au près des comptables publics (la
perception)
 Les dépôts dans les CCP (compte chèque postal),
 La conversion de ces avoirs en monnaie fiduciaire ou en monnaie scripturale aboutit à
des fuites en dehors du circuit du Trésor  ce qui l’oblige à chercher la liquidité pour
rééquilibrer sa trésorerie.

2- La création indirecte de la monnaie par le Trésor


Pour financer le déficit budgétaire, le Trésor peut
 soit demander une avance de la BC: Facilités de caisse ; Avances conventionnelles ou
extraordinaires…
 soit vendre des titres publics. 41
Section 3 Multiplicateur et Diviseur de crédit

1. Multiplicateur de crédit

 Les crédits font les dépôts qui font les crédits…  Comment mesurer ce processus de
création monétaire?  Le multiplicateur de crédit : il est un outil d’analyse qui permet à
partir des réserves excédentaires dont dispose une banque de calculer le montant global des
crédits pouvant être distribué.
 Dans l’hypothèse du multiplicateur la banque doit disposer des réserves excédentaires
antérieures pour pouvoir distribuer de nouveaux crédits C= k.RE
 Le multiplicateur établie la relation entre base monétaire et masse monétaire: Si la base
monétaire augmente d’une unité  la masse monétaire augmente de K unités:  Ainsi la
BC peut contrôler la croissance de la masse monétaire en contrôlant la base monétaire
- C= k.RE= Quantité de la monnaie nouvellement crée
- RE = réserves excédentaires= dépôt initial où R=RO+RE
- K: Multiplicateur de crédit: Il indique la capacité potentielle de création monétaire des
banques qui n’est pas nécessairement atteint. Pour une unité de RE, les banques peuvent créer
k unités de crédit.
- b= B / M1= B/(B+DAV) : taux de préférence pour la liquidité (ou taux de fuite en billets).
La proportion de conversion de la monnaie scripturale (DAV) en monnaie fiduciaire (billet)
pour répondre aux besoins quotidiens des ANF en billets.
- r = RO/DAV: taux de réserves obligatoires. la banque centrale impose aux banques de
déposer chez elle dans un compte courant non rémunéré une fraction des dépôts restant.
- Ʃ fuites = B+RO : Constituent des fuites monétaires hors circuit bancaire
 B: fuites naturelles qui sont le résultat de la conversion des dépôts en billets
 RO: fuites institutionnalisées par les autorités monétaires afin de contrôler
l’activité bancaire.
Ces fuites constituent des limites à la création monétaire:
43
EXERCICE

On suppose que le système bancaire d’un pays est composé des banques commerciales (BC) et
d’une Banque Centrale (BAM) dont les bilans sont (Situation initiale) :
Bilan agrégé des BC Bilan de la BAM

Actif Passif Actif Passif


Réserves 270 Refinancement 270 Or /Devises 360 Réserves 270
Crédits 2700 Dépôts à vue 2700 Créance/T 180 Billets 540
Refinancement 270

RE= 170
1- Indiquer brièvement la signification des postes de la BC
2- Déduisez la masse monétaire et ses contreparties ?
3- Calculez le taux de préférence pour billets (b) et le taux de réserves obligatoires (r)
4- Calculez le multiplicateur de crédit (K). Interpréter le résultat ? 44
1- Or et devise: regroupent les actifs admis en règlement des transactions internationales
dont la banque centrale a la responsabilité de gestion
- Créances sur le trésor: regroupent l’ensemble des créances nettes que la banque
centrale détient sur l’état chez le trésor
- Refinancement: regroupe l’ensemble des prêts que la BC a consenti aux banques
- Réserves: Compte à vue des banques commerciales auprès de la BC. R= RO+ RE
- Crédits: regroupe l’ensemble des crédits distribuée par les banques commerciales
- Billets : constituent la monnaie fiduciaire émise par la BC

La masse monétaire (MM) = billet + DAV


= 540+2700=3.240

Les Contreparties de la masse monétaire = Devises + trésor + DAV


= 360+180+2700=3.240

45
b= B / M1= B / (B + DAV)
= 540/(540+2700)= 1/6= 0,1666666=16,66%

r = RO/DAV
=100/2700=3,70%

K= 1/(r+b-rb)= 1/(0,03+0,16-0,004)=1/0,194=5,15

Interprétation:
 Chaque u.m distribuée sous forme de crédit créera 5,15 nouvelles u.m
 Si RE=1000  C= k*RE= 5,15*170=875,5. Les RE de 170 u.m distribués en crédit
créeront 875,5 nouvelles u.m

Question : si la banque ne dispose-t-elle pas des RE comment va-t-elle répondre à la


demande de ses clients en termes de crédits ?

Réponse est montrée par  le Diviseur de crédit


46
2. Diviseur de crédit

Si les banques ne disposent pas des réserves excédentaires, elles peuvent obtenir des crédits
supplémentaires C auprès de la BC. Mais elles devront se procurer une fraction H de monnaie
centrale (après l’expansion de crédit) calculée en fonction de diviseur de crédit ou en fonction
des fuites. Dans l’hypothèse du diviseur la banque constitue des réserves ex post pour
pouvoir distribuer de nouveaux crédits C
H = C/D = Ʃ fuites=RO + B

B = C*b
RO=(C-C*b)*r

47
Exemple :

On suppose que le système bancaire d’un pays est composé des banques commerciales (BC)
et d’une Banque Centrale (BAM) dont les bilans sont :

Bilan agrégé des BC Bilan de la BAM


Actif Passif Actif Passif
Réserves 1000 Refinancement 3000 Devises 2000 Réserves 5000
Crédits 22000 Dépôts à vue 20000 Trésor 1000 Billets 1000
Refinancement 3000

On suppose que le taux de réserve obligatoire r= 5% :


1- Calculer les Ro et les Rx
2- Calculer le diviseur du crédit, commenter le résultat obtenu

48
Réponse

1-RO=?
RO= DAV*r= 20000*0,05= 1000
RE= R-RO= 1000-1000=0
2- D=? D= 1/(b+r-br)
b=5000/5000+20000=0,2
(b+r-br)= 0,2+0,5-(0,2*0,05)=
 D= 1/0,24=4,16 pour chaque 4,016 Dhs distribués sous forme de crédit, il faut procurer une
fraction H=1dh de monnaie centrale
 Si C=1000  H= C/D= 1000/4,16=240,38. Pour distribuer 1000dh de crédit il faut procurer
une fraction H=240,38dh de monnaie centrale

49
Chapitre 3. Politique monétaire

 La politique monétaire est l'ensemble des décisions prises et mises en œuvre par les
autorités monétaires à court terme afin d'atteindre un ensemble des objectifs (croissance
économique, emploi, stabilité des prix et équilibre extérieur) en agissant sur l'offre de
monnaie.
 Au Maroc,
 La prise des décisions : revient au gouvernement (ministère de finance). Il détermine les
orientations de la politique monétaire,
 La mise en place des décisions : revient à la BAM

50
Politique monétaire

- Les instruments de contrôle


-La croissance économique
Direct:
-L’emploi
• L’encadrement du crédit
-La stabilité des prix
• Sélectivité du crédit
-L’équilibre extérieur
Objectifs finaux • Le contrôle de change
• Le contrôle bancaire

- Les instruments de contrôle


Objectifs Instrument
intermédiaires Indirect:
monétaires
• Le réescompte
• Les réserves obligatoires
• Plancher d’effets publics
-Les agrégats monétaires
• L’open Market
-Le taux d’intérêt
• Swaps de change
-Le taux de change;
• Opérations de mise en pensions
-L’inflation
I- Les objectifs finaux

Ils représentent les buts ultimes poursuivis par la politique monétaire. Ce sont des variables qui
traduisent la fonction-objectif des autorités monétaires.

52
Selon Nicholas Kaldor, 4 objectifs paraissent particulièrement importants :

La croissance économique: revient à la recherche d’une variation positive de la production


de biens et de services dans une économie sur une période donnée. Elle est mesuré par le PIB.
Ce dernier mesure la richesse créée au niveau national. PIB= Somme des valeurs ajoutées
marchandes et non marchandes = Activités primaires + Activités secondaires + Activités
tertiaires+ les services non commercialisés (produit des administrations, services des salariés
des ménages)  La croissance économique = (PIB1- PIB0 /PIB0)* 100

L’emploi revient à la lutte contre le chômage. Il est évalué par le taux de chômage = (Nombre
de chômeurs / population active)* 100.

53
La stabilité des prix revient à la lutte contre l’inflation, elle est mesurée par le taux
d’inflation (hausse des prix). On peut utiliser l’indice des prix à la consommation (IPC) :
L’IPC est la mesure du coût du panier des biens et services achetés. Si l’IPC augmente le coût
de la vie aura augmenté.

L’équilibre extérieur : évalué par le solde de la balance commerciale


(exportations/importations) = la différence, en termes de valeur monétaire, entre les
exportations et les importations de biens et de services dans une économie sur une période
donnée. On parle de solde commercial.
 Si la balance commerciale est positive  le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en
importe : « balance excédentaire ».
 Si la balance commerciale est négative  on parle de « balance déficitaire ».

54
La théorie:
 L’objectif final pour les Keynésiens est d’assurer la croissance économique et la réduction du
chômage.
 L’objectif final pour les monétaristes est la stabilité des prix.

La réalité : l’objectif principal poursuivi par la plupart des BC est la stabilité des prix; mais une
fois cet objectif est atteint  les BC doivent apporter leur soutien aux politiques économiques
générales :
 La BC Européenne a un objectif principal la stabilité des prix, mais non exclusif. Elle est
censée concourir à la bonne marche de l’économie réelle (croissance, emploi…etc.) à condition
que la stabilité des prix soit garantie.
 La BAM a un objectif final « préserver la valeur de la monnaie en maîtrisant le taux
d’inflation à un niveau proche de celui observé dans les pays partenaires et concurrents ».

 La politique monétaire ne peut viser directement ces objectifs car les BC n'ont qu'un
contrôle très indirect de ces grandeurs économiques, des objectifs intermédiaires s’avèrent
nécessaires.
55
II- Les objectifs intermédiaires

Ils sont représentés par des variables monétaires que la politique monétaire cherche à contrôler
afin de réaliser les objectifs finaux. Ils constituent de ce fait des cibles intermédiaires dites
également opérationnelles pour la politique monétaire.
Il existe quatre catégories d’objectifs intermédiaires :
 L’action sur les agrégats monétaires
 L’action sur le taux d’intérêt
 L’action sur le taux de change
 L’action sur l’inflation

56
1- Les agrégats monétaires (M)

Le but est de réguler la croissance de la masse monétaire ou éventuellement d’un agrégat


monétaire significatif. En général, les autorités monétaires cherchent à proportionner la
croissance monétaire à la croissance économique.
Exemple : Fixer un taux de croissance de la masse monétaire annuelle (3% pour un agrégat
particulier).

57
2- Le taux d’intérêt (TI)

Le taux d’intérêt peut être défini comme le coût de l’argent emprunté par un agent financier ou
non à un autre agent financier ou non.
L’action de Bank Al Maghrib permet d’orienter le taux d’intérêt :
 Une augmentation du taux d’intérêt (i) permet de
 Réduire une consommation jugée trop importante ;
 Diminuer la liquidité et par conséquent diminuer l’inflation ;
 Augmenter l’épargne des ménages.
 Une diminution du taux d’intérêt (i) permet de :
 Stimuler la croissance à travers l’investissement

 Avant le choc pétrolier des années 70, les TI étaient en partie administrés (fixés par la BC).
 Après le choc les TI ont été abandonnés au profit de taux de marché
 Au Maroc, après les années 80 (le PAS) la Banque Mondiale a forcé le Maroc à mettre fin
à la fixation de TI par la BAM 58
3- Le taux de change (TC)

Le taux de change exprime le prix de la monnaie nationale en fonction d’une autre


monnaie. Il représente la quantité d’une devise étrangère que l’on peut acquérir avec une
unité d’une autre monnaie, il exerce une influence décisive sur les échanges extérieurs. Ainsi,
il constitue un élément important de la compétitivité des exportations nationales :

 La stabilité du TC est généralement considérée comme une condition favorable à


l’expansion des échanges extérieurs.
 Le TC influe également sur les mouvements de capitaux. La politique monétaire tente
d’orienter l’évolution du taux de change dans le sens souhaité.
59
On distingue deux systèmes de change:
 Change fixe: système de change dans lequel un pays maintient la parité stable entre sa
monnaie et les monnaies étrangères. La banque centrale intervient sur le marché des
changes pour défendre la parité de sa monnaie;
 Change flexible ou flottant: système de change dans lequel la banque centrale d’un
pays n’intervient pas pour fixer la valeur de sa monnaie par rapport aux pays étrangers.
Le taux de change est déterminé par le jeu de l’offre et de la demande.

60
3- Le taux d’inflation (TIN)

Le TIN peut être un objectif intermédiaire et final. Comme un objectif intermédiaire le


TIN aide la BC à déterminer les mesures de politique monétaire à prendre à court terme pour
favoriser une relative stabilité des prix.
Le ciblage de l’inflation se caractères par la fixation d’objectifs quantitatifs pour le taux
d’inflation et par la prééminence d’une inflation faible et stable sur tout autre objectif final. Il
consiste non seulement à annoncer une cible d’inflation, mais aussi à publier les prévisions
d’inflation et à adopter des mesures correctrices à chaque fois que l’inflation anticipé différé
de la cible.
Une politique monétaire axée sur le taux d’inflation tend à exercer un effet stabilisateur sur la
croissance. Le maintien d’un taux d’inflation à un taux base et stable encourage les
investissement à long terme qui sont de nature à stimuler la croissance économique future et
la création d’emplois.

61
III- Les instruments de la politique monétaire

1- Les instruments de contrôle direct

Les instruments de contrôle direct sont des actions réglementaires qui limitent le jeu des
mécanismes de marché et qui agissent sur les quantités:
 L’encadrement du crédit
 Sélectivité du crédit
 Le contrôle de change
 Le contrôle bancaire

62
A- L’action direct sur le crédit: L’encadrement du crédit + sélectivité du crédit

L’encadrement du crédit : est une procédure administrative de contrôle de la création


monétaire. Il consiste à limiter l’extension des capacités des banques à octroyer des crédits en
leurs fixant un taux maximum d’expansion au cours d’une période donnée.
En cas de son dépassement les banques en question seront sanctionnées à travers la diminution
du plafond de réescompte on l’augmentation de la réserve obligation ou les deux à la fois.
 Remarque : L’encadrement du crédit a été abandonné en Janvier 1991

La sélectivité du crédit : Les autorités monétaires autorisent l’ouverture de crédit à des


secteurs d’activité qu’elles cherchent à promouvoir : agriculture, grande industrie, tourisme,…

63
C- Le contrôle de change

Le contrôle de change consiste à soumettre tout achat et toute vente de devises étrangères à
autorisation. Le but recherché est de limiter les sorties de capitaux des résidents afin de:
- sauvegarder 1a valeur de la monnaie nationale
- conserver l’épargne intérieure pour le financement national ;
- autonomie à la politique monétaire en isolant les marchés extérieurs,
- taux d’intérêt bas

64
D- Le contrôle bancaire : les règles prudentielles

Afin de préserver leur liquidité et leur solvabilité ainsi que l’équilibre de leur structure
financière, les établissements de crédit doivent respecter les règles prudentielles suivantes :
1 – Le capital minimal des EC
2 – Le coefficient minimum de solvabilité
3 – Le coefficient minimum de liquidité
4 – Le coefficient maximum de division des risques
5 – Les coefficients maximums des positions de change
6 – Les règles de prises de participation
7 – Les provisions des créances en souffrance

65
1 – Le capital minimal des EC : A partir 2006, il y avait relèvement du capital minimal des
établissements de crédits bancaires de 20 millions de DH à 200 millions de DH.
2 – Le coefficient minimum de solvabilité (ratio de Bâle III): imposer aux EC de couvrir
leurs risques de non-remboursement à hauteur  de 10,5% au moins par leurs fonds propres
nets (FPN)
3 – Le coefficient minimum de liquidité: Les exigibilités à court terme  doivent être
couverts = par les actifs à court terme. Le rapport doit au moins égale à 100%
4 – Le coefficient maximum de division des risques: Les risques pondérés encourus sur un
même bénéficiaire autre que l’Etat  ne doivent pas excéder 20% des FPN de la banque,
5 – Les coefficients maximums des positions de change : La position de change dans chaque
devise et le total des positions de change pour l’ensemble des devises  ne doivent pas
excéder respectivement 10% et 20% des FPN des EC.
6 – Les règles de prises de participation: Le montant total du portefeuille des titres de
participation  ne doit pas excéder 50% des fonds propres nets + une participation dans une
société donnée ne doit pas excéder 10% des FPN et 30% du capital de ladite société,
66
7 – Les provisions des créances en souffrance : il sont les provisions des créances qui
présentent un risque de non recouvrement total ou partiel, eu égard à la détérioration de la
capacité de remboursement immédiate et/ou future de la contrepartie.
 20% de provisions pour les créances pré-douteuses (ne sont pas honorés 90 jours
après leur terme);
 50% de provisions pour les créances douteuses (ne sont pas honorés 180 jours après
leur terme);
 100% de provisions pour les créances compromises (ne sont pas honorés 360 jours
après leur terme);.

67
1- Les instruments de contrôle indirect

Les instrument indirects: Ce type d'instrument regroupe toutes les interventions des autorités
monétaires dans le domaine de la liquidité bancaire, en d'autres termes il s'agit du rôle que
joue la banque centrale dans l'équilibrage de liquidité bancaire. Donc, il y'a lieu d'agir sur
l'offre de la monnaie.

Les actions qui visent à orienter le marché en jouant sur la monnaie centrale et en agissant sur
les prix:
 Le réescompte
 Les réserves obligatoires
 Plancher d’effets publics
 L’open Market
 Swaps de change
 Opérations de mise en pensions

68
A- Le réescompte: Taux de réescompte (TR) + Plafond de réescompte

Le réescompte consiste à acheter un effet de commerce avant son échéance par une banque
commerciale qui l'a déjà escompté auprès d’un client pour se refournir en liquidité auprès de la BC.

Taux de réescompte:
 Pour limiter la création monétaire: augmentation du TR  augmentation du taux d’escompte
 diminution de la demande de liquidité
 Pour favoriser la création monétaire: diminution du TR  diminution du taux d’escompte 
augmentation de demande de liquidité

Plafond de réescompte: La BC peut fixer un plafond de réescompte: en terme de volume global du


réescompte possible en fonction des dépôts collectés.
Remarque : Elle a été abandonnée au Maroc depuis Juin 1995 69
B – Les emplois obligatoires : Les réserves obligatoires + Plancher d’effets publics

a- Les réserves obligatoires


 Les RO sont constituées des dépôts des banques auprès de la BC. Elles sont calculées en
proportion de dépôts à vue des banques (au Maroc sont généralement entre 10% et 15%).
 La BC contrôle le taux de réserve pour réguler la création monétaire.
 Si les RO augmentent  diminution de distribution des crédit  diminution de la M.M
 Si les RO diminuent  augmentation de distribution des crédit  augmentation de la M.M

b- Plancher d’effets publics


 Un effet public est une reconnaissance de dette émis par l’Etat (notamment les bons du
Trésor). Les banques doivent constituer chaque mois un portefeuille minimum de bons de trésor
à 6 mois + une proportion minimale des dépôts collectés à un an.
 La BAM pousse les banques à acheter un ensemble de titres (bons de trésor) dans le cadre de
«plancher d’effets publics » dans objectif contrôler la liquidité des banques et financer l’Etat
 Remarque: Le « plancher d’effets publics » a été supprimé au Maroc en 1998. 70
C – L’open Market »

 Les opérations d’open Market sont des interventions de la BAM sur le marché monétaire en
achetant et vendant des titres (bons de trésor essentiellement).
 La BAM exerce une influence sur le taux monétaire (taux d’intérêt) en vue d’agir sur
l’affectation des liquidités excédentaires des banques et par conséquent sur leurs capacités à
créer de la monnaie.
 Si la BC met en vente des titres :  elle absorbe des liquidités sur le marché  ces
liquidités deviennent plus rares et plus chères  le taux d'intérêt s'élève.
 Si la BC achète les titres :  elle accroît le volume des liquidités  ces liquidités
deviennent plus abondants et moins chères  le taux d'intérêt baisse

71
D- Swap de change

Un swap de change est la conclusion simultanée, par deux parties, de la vente (ou de l'achat)
de devises au comptant et de l'achat (ou de la vente) de ces mêmes devises à terme.
 Pour la BC, cette opération prend la forme d'un échange de DH contre une autre monnaie.
Les cours de change applicables aux opérations au comptant et à terme sont définis dans un
contrat.
 Principe: Si une personne détient des devises dont il n'a pas l'utilité immédiate : Le SWAP
de change lui permet d'échanger temporairement ces devises contre des DH ou d'autres
devises, tout en ayant la certitude de pouvoir refaire l'opération inverse à une date et à
un cours déterminés par avance.
 Comment la BC peut-elle contrôler la liquidité par le swaps de change ?
 En cas d’excédents de liquidités: la BC vente des devises au comptant suivie de rachat à
un taux de change et une échéance prédéterminée
 En cas de besoins de liquidités : la BC achète des devises au comptant suivie de cession à
un taux de change et échéance prédéterminé
72
E- Opérations de mise en pensions

La BAM refinance les banques en leur accordant des crédits à court terme garantis par des
titres tels que les bons de trésor. Ce type de crédits est appelé des pensions. Il s’agit d’un type
de contrats de gé à gré entre la BAM et les banques commerciales, par lesquelles les deux
parties se mettent d’accord pour céder en pleine propriété des titres moyennant un engagement
de rétrocession, à un prix déterminé à l’avance.
 Par les pensions, la BAM tend à décourager le refinancement et donc à limiter les liquidités
des banques et inversement.
 Il en existe trois catégories :
 Les pensions à une semaine sur appel d’offre,
 Les pensions à cinq jours, à l’initiative des banques (supprimé au Maroc en 2004)
 Les pensions à 24 heures.

73
Partie II: Techniques bancaires
Chapitre 1: Banque: définition, historique et typologies

I- Banque: Définition

 Le mot « banque » dérive de l’italien « banca » : désigne un banc en bois où les banquiers
réalisaient leur travail dans des lieux ouverts et s'installaient sur des bancs,
 La banque = établissement bancaire = établissement de crédit: est un intermédiaire financier
dont l’activité essentielle est de gérer la liquidité.
 Elle gère : les dépôts + collecte l'épargne + accorde des crédits + offre des services
financiers.
 Sa fonction principale : ajustement entre les excédents et les besoins de financement des
ANF.
 La banque est un acteur de création monétaire par la distribution des crédits : principe du
multiplicateur de crédit (C = k. RE) + principe du diviseur (H=C/D).

La banque: est un établissement de crédit dotée d’une personnalité morale qui exerce une
ou plusieurs des activités suivantes :
 Réception de fonds du public,
 Opérations de crédit,
 Mise à disposition et gestion des moyens de paiement.
II- Banque : Histoire

Contexte international

1- La Banque dans l’Antiquité


 2 ème millénaire avant J.-C: L’origine de la banque remonte à Babylone où le crédit se
fait sur particulièrement les céréales: elles sont pratiquées dans un cadre religieux dans les
temples.
 7ème siècle avant avant J.-C: Avec l’apparition de la monnaie, les opérations de prêts et
de caisse (déposer ou retirer son argent) se sont développées : elles sont pratiquées par des
personnes civiles.
 4ème apr. J.-C= Empire romain: poursuite des activités de crédit et de caisse + l’apparition
de l’intérêt.
 5ème siècle après J.-C: les activités bancaires se limitent à des opérations de caisse. Le
crédit est encore rarement pratiqué par les banques.

2- La Banque dans le Moyen-âge


 10 ème siècle après J.-C : Les échanges commerciaux s’accélèrent et les banques y
participent en facilitant les achats et les ventes
 11ème siècle, création de la première banque à Venise en 1151,
 12ème siècle, le développement du commerce a permet la profération des banques en
Europe + l’utilisation des effets de commerce par une lettre de change
76
3- La Banque dans la Renaissance :
 18 ème siècle, l’activité bancaire est favorisée par trois facteurs :
 La monnaie fiduciaire ;
 La monnaie scripturale ;
 Les titres de participation (actions).
 Création de grandes banques : Société Générale et le Crédit Lyonnais en France, Deutsche
Bank en Allemagne, Barclays Bank en Grande-Bretagne.
 Les premiers pas de l’Etat dans l’encadrement des activités bancaires

4- La Banque dans le 20ème siècle :


 Renforcement de l’autorité et de contrôle de l’Etat sur les banques:
 En 1929 (crise boursière): les États-Unis séparent les banques d’affaires
(destinées aux grandes entreprises) des banques de dépôts (pour les particuliers et
les petites entreprises).
 En 1945, la France nationalise un certain nombre de banques, (le propriétaire
devient l’Etat= la Banque de France)
 À partir1960: les banques connaissent un nouvel essor:
 Grossissement des groupes bancaires au niveau internationale.
 Élargissement des secteurs d’intervention pour les banques : investissement dans
l’industrie et l’immobilier, présence sur les marchés financiers
 Élargissement de la clientèle de la banque: les femmes, les jeunes et les enfants
par l’intermédiaire de leurs parents peuvent posséder un compte bancaire
 Développement des TIC bancaires: la carte bancaire, monnaie électronique,
banque en ligne, banque à domicile,,, 77
Contexte national

L’Acte d’Algésiras: signé en 1906 par les délégués de douze pays européens, des États-Unis et
du Maroc, a institué la Banque d’État du Maroc, dont le capital était réparti entre les pays
signataires, à l'exception des États-Unis.

Protectorat français: Création des filiales des banques européennes notamment de France au
Maroc et des institutions financières marocaines

1943: loi relatif à la réglementation et à l'organisation de la profession bancaire. Elle a donné


une compétence générale au Directeur des Finances en matière de réglementation, de pouvoir
de sanction et de contrôle des banques.

1959: Création de la banque centrale : Banque du Maroc au lieu de la Banque d'État du Maroc.
Créée sous forme d'établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie
financière. Sa fonction principale est d’émettre de la monnaie fiduciaire et de veiller au bon
fonctionnement du système bancaire.

1987: Dénomination de « Bank Al-Maghrib » a été substituée à celle de « Banque du Maroc ».

1967 : Elaboration d’une nouvelle la loi relatif à la profession bancaire et au crédit:


définition plus précise de l'activité des banques + la délimitation des attributions des autorités
monétaires + l'institution d'une réglementation plus appropriée
1989: Création des banques de promotion des projets d'investissement initiés par les MRE;
 Bank Al-AMAL, chargée en particulier d’octroyer des prêts participatifs ou subordonnés,
 DAR AD-DAMANE qui a pour objet de garantir les prêts consentis par la première entité.

2006: (loi bancaire 2006) relatif à l'exercice et la supervision de l'activité bancaire:


1. Unifier le cadre juridique applicable aux banques
2. Elargir les bases de la concertation entre les autorités monétaires et les banques
3. Renforcement des attributions de Bank Al-Maghrib en matière prudentielle
4. Mettre en place des fonds de garantie des dépôts destinés à indemniser les déposants en cas
d’indisponibilité de leurs dépôts.

2014: (Loi bancaire 2014) lancement de nouveaux services et produits en matière de finance
participative, de micro-crédit et de nouveaux moyens de paiement. La loi:
• Répond aux besoins des MRE d’avoir une offre bancaire ou de moyens de paiement plus
ciblée que les offres traditionnelles : moins chères et plus faciles à gérer à distance.
• Pose également un cadre réglementaire pour les offres à destination des ménages à revenus
limités.
• Permet d’intégrer les segments de population soucieux de financer leurs projets ou achats
immobiliers avec des offres conformes à la sharia
III- Structure du système bancaire

A- Banques: banque de détail, banque de réseau, ou encore banque commerciale


 Banques à capital majoritairement étranger
 Banques à capital majoritairement public
B- Banques participatives
C- Sociétés de financement:
 Sociétés de financement des particuliers
- Sociétés de crédit à la consommation
- Sociétés de crédit immobilier
- Sociétés de gestion de moyens de paiement
 Sociétés de financement des entreprises
- Sociétés de crédit-bail
- Sociétés de cautionnement
- Sociétés d’affacturage
D- Banques offshore
E- Associations de micro-crédit
F- Etablissements de paiement
 Etablissements de paiement fournissant les services de paiement
 Etablissements de paiement spécialisés (transfert de fonds)
80
A-Banque :

 Banques à capital majoritairement public: Banques publiques ou semi publiques


 Banques à capital majoritairement étranger: Banques privés

 Les établissements bancaires à caractère public ou semi-public :

Créés initialement par l'Etat pour remplir des missions spécifiques en matière de financement:
Bank Al Amal, Banque Centrale Populaire (B.C.P), Crédit Agricole du Maroc (CAM),
Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) …

 Les banques privées :

Ces banques ont pratiquement toutes une participation étrangère dans leur capital: Attijariwafa
Bank ; BMCE, BMCI,SGMB, Crédit du Maroc (CDM) …..

81
B- Banques participatives

Les banques participatives au Maroc désignent communément les banques qui se réclament de
la finance islamique. Umnia Bank ‫أُمنية بنك‬, BTI Bank (Bank Al Tamwil wal Inmaa) ‫بنك التمويل‬
‫ ;واالنماء‬Bank Al Yousr ‫ ;بنك اليسر‬Bank Assafa ‫بنك الصفاء‬: Al Akhdar Bank ‫… البنك األخضر‬..

Les principaux produits bancaires « halal »:


• Mourabaha et Ijara: concernent les offres de financement offertes par les banques en
matières de biens meubles et immeubles.
• Moucharaka et Moudaraba: produits d’investissement

82
 La Mourabaha : la banque agit comme un intermédiaire entre le vendeur, auprès duquel elle
achète un bien, qu’elle revend à l’acheteur par la suite avec une marge bénéficiaire.

 La Ijara est une forme de crédit-bail : la banque mis à disposition du client un bien sous forme
de location. Cette location peut être:
 simple où l’utilisateur restitue le bien pendant une durée de temps
 assortie d’une option d’achat à la fin de la durée définie (Ijara mountahia bitamlik )

 La Moucharaka permet à la banque de prendre une participation dans un projet soumis par son
client, en participant à la fois aux pertes et aux bénéfices,

 La Moudaraba: la banque (Rab El Mal) apporte le capital à un entrepreneur (Moudarib) en vue


de la réalisation d’un projet. L’entrepreneur est entièrement responsable de la gestion du projet,
auquel il n’apporte que son art et son expertise:
 En cas de succès, les bénéfices sont répartis entre la banque et l’entrepreneur.
 En cas d’échec, la banque assume la totalité des pertes subies, sauf cas de fraude commise, de
mauvaise gestion, de négligence, ou de non respect des clauses contractuelles par les
entrepreneurs 83
C- Sociétés de financement

Une société de financement est un établissement de crédit qui exerce les activités de
financement des investissements. Elle ne peut pas exercer les opérations des banques. Elles ne
peut pas recevoir des fonds du public d’une durée inférieur ou égal à deux ans et il ne peuvent
pas créer de la monnaie scripturale.
On peut distinguer deux types de sociétés de financement:
 Sociétés de financement des particuliers
- Sociétés de crédit à la consommation
- Sociétés de crédit immobilier
- Sociétés de gestion de moyens de paiement
 Sociétés de financement des entreprises
- Sociétés de crédit-bail
- Sociétés de cautionnement
- Sociétés d’affacturage
84
 Sociétés de financement des particuliers

Sociétés de crédit à la consommation sont des établissements de crédit qui exercent une
activité de crédit spécifique, pour laquelle elles sont agréées. Cette activité réside dans l'octroi
de crédits à la consommation (automobiles, électroménagers…). Acred ; Assalaf Chaâbi ;
BMCI Crédit Conso, Crédit Eqdom ; Wafa Cash.

Sociétés de crédit immobilier: sont des établissements de crédit qui exercent une activité de
crédit immobilier, pour laquelle elles sont agréées : WAFA IMMOBILIER, ATTIJARI
IMMOBILIER,

Sociétés de gestion de moyens de paiement: elles permet aux particuliers d’utiliser les
ressources qui parviennent sur leur compte bancaire (salaire, prestations et autres revenus) par
les moyens de paiement :le chèque, le virement, la carte bancaire, les effets de commerce, les
prélèvements.
Actuellement, la gestion des moyens de paiement est au cœur de l’activité de la banque. 85
 Sociétés de financement des entreprises

Sociétés de crédit bail : Le crédit-bail ou leasing = location avec option d'achat. Il peut
concerner les fonds de commerce, de l'outillage, une voiture, biens immobiliers…: Wafasalaf,
Wafaimobilier, Maghrebail…

Société de cautionnement: elle sert à garantir le paiement d'une dette contractée sur des biens
immobiliers. Elle s'engage à se substituer au débiteur en cas de défaillance de ce dernier. En
contrepartie, l'emprunteur doit verser à la société de cautionnement, dès le déblocage des
fonds, une contribution proportionnelle au montant de son prêt.: Caisse Marocaine des
Marchés (CMM) ; Dar Ad-Damane (DAD)…

Société d’affacturage est un établissement de crédit qui finance principalement la trésorerie


des entreprises : dans le cadre d'un contrat (contrat de factoring). Elle gère les postes clients
des entreprises pour se protéger contre les différents aléas en finançant ses factures clients, en
recouvrant ses créances, en garantissant les créances sur ses débiteurs: Maroc Factoring; Rci
Finance Maroc; Attijari Factoring Maroc 86
D- Banques offshore

Banque offshore : est une banque qui exercice ses activités dans un territoire où elle se trouve
des avantages particuliers : faible imposition qui fournit des avantages financiers et juridiques.
Elles existent en Zone Franche De Tanger: BMCE Banque Offshore, Chaabi International Bank
Offshore, BMCI Bank Banque Offshore

E- Associations de micro-crédit

Associations de microcrédit consiste à prêter de petites sommes d'argent à des personnes ou à


des familles qui n'ont pas accès au système bancaire classique : Elbaraka

F- Etablissements de paiement

Un établissement de paiement offre les services de paiement + exerce les opérations de


change
 Etablissements de paiement fournissant les services de paiement: BARID CASH, CASH
PLUS, DAMANE CASH…
 Etablissements de paiement spécialisés, exclusivement, en matière de transfert de fonds:
EUROSOL MAROC,TRANSFERT EXPRESS… 87
2014 2015 2016 2017 2018 2019
Banques 19 19 19 19 19 19
Banques à capital majoritairement étranger 7 7 7 7 7 7
Banques à capital majoritairement public 5 5 5 5 5 5
Banques participatives 5 5 5
Sociétés de financement 34 34 33 32 28 27
Sociétés de crédit à la consommation 16 16 15 14 12 12
Sociétés de crédit-bail 6 6 6 6 7 7
Sociétés de crédit immobilier 2 2 2 2 2 2
Sociétés de cautionnement 2 2 2 2 2 1
Sociétés d’affacturage 2 2 2 2 2 2
Sociétés de gestion de moyens de paiement 3 3 3 3 0 0
Autres sociétés 3 3 3 3 3 3
Banques offshore 6 6 6 6 6 6
Associations de micro-crédit 13 13 13 13 13 12
Etablissements de paiement 10 10 10 9 13 19
Autres établissements 2 2 2 2 2 2
Total 84 84 83 86 86 90
88
89
Actif Montant
BILAN DES Valeurs en caisse, banques centrales, trésor public, service des chèques postaux 42 706 848
BANQUES Créances sur les établissements de crédit et assimiles 157 609 971
- A vue 27 165 588
2018 - A terme 130 444 383
Créances sur la clientèle 771 220 626
En milliers de DH - Crédits de trésorerie et à la consommation 233 427 743
- Crédits à l'équipement 204 758 923
- Crédits immobiliers 265 787 034
- Autres crédits 67 246 926
Créances acquises par affacturage 31 293 319
Titres de transaction et de placement 199 667 135
- Bons du trésor et valeurs assimilées 118 428 153
- Autres titres de créance 16 918 069
- Certificats de Sukuks 713 806
- Titres de propriété 63 607 107
Autres actifs 24 895 822
Titres d'investissement 32 200 771
- Bons du trésor et valeurs assimilées 28 682 974
- Autres titres de créance 3 517 797
- Certificats de Sukuks 0
Titres de participation et emplois assimiles 49 574 290
- Participation dans les entreprises liées 39 236 623
- Autres titres de participation et emplois assimilés 6 275 906
- Titres de Moudaraba et Moucharaka 0
Créances subordonnées 1 161 128
Dépôts d'investissement placés 0
Immobilisations données en crédit-bail et en location 2 078 587
Immobilisations données en Ijara 1 365
Immobilisations incorporelles 5 178 162
Immobilisations corporelles 31 452 850
Passif Montant
Banques centrales, trésor public, service des chèques postaux 88
Dettes envers les établissements de crédit et assimiles 130 673 983
- A vue 14 053 247
- A terme 116 620 736
Dépôts de la clientèle 929 472 617
- Comptes à vue créditeurs 567 881 987
- Comptes d'épargne 158 759 868
- Dépôts à terme 169 723 274
- Autres comptes créditeurs 33 080 319
Dettes envers la clientèle sur produits participatifs 77 260
Titres de créance émis 61 737 706
- Titres de créance négociables émis 53 473 562
- Emprunts obligataires émis 7 662 179
- Autres titres de créance émis 601 965
Autres passifs 32 203 165
Provisions pour risques et charges 15 031 213
Provisions règlementées 1
Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie 3 227 708
Dettes subordonnées 43 674 743
Dépôts d'investissement reçus 1 261 535
Écarts de réévaluation 420
Réserves et primes liées au capital 89 846 820
Capital 28 127 592
Actionnaires. Capital non versé (-) -223 000
Report à nouveau ( /-) 2 842 790
Résultats nets en instance d'affectation ( /-) -293 156
Résultat net de l'exercice ( /-) 10 770 077
Total 1 348 431 562 91
Hors Bilan Montant
Engagements donnés 306 914 376
- Engagements de financement donnés en faveur d'établissements de crédit et assimilés 3 869 546
- Engagements de financement donnés en faveur de la clientèle 139 610 905
- Engagements de garantie d'ordre d'établissements de crédit et assimilés 51 505 271
- Engagements de garantie d'ordre de la clientèle 103 633 340
- Titres achetés à réméré 4 071 378
- Autres titres à livrer 4 223 936
Engagements reçus 90 564 465
- Engagements de financement reçus d'établissements de crédit et assimilés 3 716 358
- Engagements de garantie reçus d'établissements de crédit et assimilés 66 550 273
- Engagements de garantie reçus de l'etat et d'organismes de garantie divers 20 122 285
- Titres vendus à réméré 0
- Autres titres à recevoir 175 549
- Titres de Moucharaka et Moudaraba à recevoir 0

92
VI- Les conditions d’exercice de l’activité bancaire

L'activité bancaire est soumise à des règles de fonctionnement et des conditions d’exercice
spécifiques.
 Agrément des établissements de crédit
 Règles prudentiels (instruments de la politique monétaire= contrôle bancaire)

A- Agrément des établissements de crédit


Aux termes de l'article 21 du dahir portant loi du 6 juillet 1993, « toute entreprise considérée
comme établissement de crédit, doit, avant d'exercer son activité sur le territoire du Royaume
du Maroc, avoir été préalablement agréée, soit en qualité de banque, soit en qualité de société
de financement ».
L'agrément est donné par le gouverneur de Bank Al-Maghrib après avis du Comité des
établissements de crédit, soit en qualité de banque soit en qualité de société de financement. La
décision d'octroi de l'agrément prend en compte:
 Moyens humains: qualité des fondateurs et des dirigeants
 Moyens techniques
 Moyens financiers: Capital minimum.
 Plan d'action.
Le capital minimum des banques est fixé par: Le gouverneur de Bank Al-Maghrib
Le capital minimum intégralement libéré doit être égal au moins à DH 200.000.000,00
Toutefois, lorsque la banque ne recueille pas de fonds du public, le capital minimum est de
DH 100.000.000,00 DH
Pour les société de financement doit justifier à son bilan d’un minimum de:
 50.000.000,00 DH pour les sociétés de crédit immobilier, de crédit-bail ou les opérations
de crédit autres que celles visées par le présent article
 30.000.000,00 DH pour les sociétés d’affacturage
 40.000.000,00 DH pour les sociétés de cautionnement autres que le cautionnement mutuel
 20.000.000,00 DH pour les sociétés de crédit à la consommation;
 10.000.000,00 DH pour les sociétés de gestion des moyens de paiement;
 1.000.000,00 DH pour les sociétés cautionnement mutuel.

94
B- les règles prudentiels
1 – Le capital minimal des EC
2 – Le coefficient minimum de solvabilité
3 – Le coefficient minimum de liquidité
4 – Le coefficient maximum de division des risques
5 – Les coefficients maximums des positions de change
6 – Les règles de prises de participation
7 – Les provisions des créances en souffrance
Chapitre 2: Les opérations bancaires

La banque exerce 3 activités:


 1- Réception des fonds du public,
 2- Distribution des crédits,
 3- Gestion des moyens de paiement.

Section 1 : Réception des fonds en provenance du public = Dépôts

Selon la loi bancaire « Sont considérés comme fonds reçus du public, les fonds qu’une
personne recueille de tiers sous forme de dépôt ou autrement, avec le droit d’en disposer
pour son propre compte, à charge pour elle de les restituer ».

Les caractéristiques des dépôts :


 Remise de fonds,
 Tiers= public
 Droit de disposer pour son propre compte des sommes reçus
 Obligation de restitution. 96
1- LA REMISE DE FONDS: La réception de fonds implique:
 une remise de monnaie (dirhams ou devise ) par un particulier ou sollicitée par
l’établissement de crédit.
 Le moyen : espèce ou chèque ou d’un virement...
 la durée : à terme (épargne) ou à vue (dépôt à vue).

2. LE PUBLIC :est défini à travers la notion de tiers pour indiquer que proviennent du public
tous les fonds recueillis de personnes dotées d’une personnalité juridique distincte de celle de
la personne qui reçoit les fonds.

3. LE DROIT DE DISPOSÉ DES FONDS POUR SON PROPRE COMPTE: Les


établissements de crédit sont libres de disposer des fonds reçus du public = elles « travaillent
avec l’argent des autres ».

4. L’OBLIGATION DE RESTITUTION
Les établissements de crédit ont l’obligation de restituer les fonds reçus du public. La
restitution se traduit par la remise de pièces métalliques, billets de banque, de chèque ou de
virement.
97
On distingue 4 types de dépôts de fonds :
 Dépôts à vue, dont le contenu peut être retiré en totalité ou partiellement à tout moment.
 Compte d’épargne sur lequel les fonds sont disponibles à vue sous forme de retrait
d’espèces ;
 Comptes à terme et les plans d’épargne (Le plan d'épargne est souvent affecté à la
constitution d'épargne pour un objectif spécifique: exemple pour la retraite);
 Dépôt de titres: Le compte-titres est dédié aux valeurs mobilières (actions, obligations) du
client et où sont effectuées les opérations de transfert et conservation des titres, par
exemple les paiements de dividendes

98
Section 2- Opérations de crédit

Le crédit peut être défini comme « tout acte par lequel une personne agissant à titre onéreux
met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ou prend, dans
l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel le cautionnement (garantie
personnelle) ».

99
Les crédits aux particuliers Les crédits aux entreprises
A- Facilité de caisse A- Le financement de la trésorerie (les crédits à CT):
B- Découvert  Crédits de caisse :
C- Avances sur titres - Facilité de caisse
D- Crédit à la consommation - Découvert
E- Crédits immobiliers - Crédit de campagne
 Les crédits de financement des créances ;
- Escompte
- Crédit de mobilisation des créances
commerciales (CMCC)
-Affacturage
 Crédits sur marchandises ;
 Crédits par signature
 Financement des marchés publics.
B- Le financement des investissements
 Crédit bancaire classique
-Crédit à moyen terme
-Crédit à long terme
- Crédit-bail
 Financement des opérations effectuées avec l’étranger
- Encaissement documentaire
- Crédit documentaire
100
1- Crédits aux particuliers

A. La facilité de caisse : C’est une autorisation sur une période de quelques jours vers la fin de
chaque mois (généralement entre le 25 du mois et le 5 du mois suivant) ;

B. Le découvert : accordé pour une période plus longue (de quelques semaines à quelques
mois) ;

C. Les avances sur titres: est un prêt d'argent dont le remboursement est garanti par le
nantissement de titres au profit du créancier. L'avance sur titres a pour objet de faire face à des
décalages temporaires ou périodiques

D. Le crédit à la consommation: est crédit pour financer les achats de biens et services,
comme les grosses dépenses en biens d'équipement (automobile, équipement de la maison).

E. Les crédits immobiliers


 Le crédit immobilier peut être consenti pour une résidence principale ou secondaire. Il peut
être aussi consenti pour des travaux à effectuer dans l’une ou autre des résidences.
 La banque peut financer la totalité du projet immobilier.
 Ce type de crédit allant de 2 ans jusqu’à 25 ans peut être remboursé à échéance fixe
(mensuellement le plus souvent mais aussi trimestriellement ou semestriellement) avec
généralement des traites fixes et rarement avec des montants progressifs.
2- Les crédits aux entreprises

A- Le financement de la trésorerie (les crédits de court terme)

a. Les crédits de caisse


On distingue, au sein des crédits de caisse, trois variantes :
 La facilité de caisse : c’est une autorisation sur une période de quelques jours vers la fin
de chaque mois (généralement entre le 25 du mois et le 5 du mois suivant) ;
 Le découvert : accordé pour une période plus longue (de quelques semaines à quelques
mois) ; le découvert peut être autorisé dans le cas où l’entreprise est en attente d’une
entrée d’argent ;
 Le crédit de campagne : certaines entreprises opèrent dans des secteurs saisonniers (le
secteur agricole ou de tourisme par exemple) ; il lui est indispensable pour arriver au
terme de sa campagne se disposer de fonds nécessaire au processus de production.
b. Les crédits de financement des créances: Les crédits par mobilisation de créance se
réalisent par la cession des créances que le client a sur un tiers. En contrepartie de cette
cession au banquier, celui-ci accorde à son client un crédit d’un montant équivalent à celui des
créance, moins les frais et les commissions:
- L’escompte: est une opération qui consiste pour le banquier à racheter à une entreprise les
effets de commerce dont elle est porteuse (bénéficiaire final) avant l’échéance et moyennant
le paiement d’agios
- Le crédit de mobilisation des créances commerciales: technique qui offre à l’entreprise
la possibilité de mobiliser (obtenir des fonds avancés par la banque) l’ensemble des
créances sur ses clients, quel qu’en soit le mode de règlement et ceci bien entendu, dans la
limite du montant du crédit autorisé par la banque.
- L’affacturage: est un moyen dont bénéficie le fournisseur et qui lui permet d’encaisser les
sommes dues à ses clients avant l’échéance moyennant des frais d’affacturage. Le vendeur
élimine ce faisant tout risque de non paiement puisque la société d‘affacturage s’engage à
payer au vendeur les factures qu’il a émises.
c. Les crédits sur marchandises: La banque peut avancer à une entreprise des fonds sur des
marchandises qu’elle détient en stock au moyen d’une avance sur marchandises. Dans ce
dernier cas, l’entreprise voulant une avance est amenée à confier ses marchandises à un tiers.
Ces marchandises seront déposées dans un magasin général (entrepôts placés sous le contrôle
de l’État).

d. Les crédits par signature: ou un engagement par signature est une garantie (sous forme de
caution par exemple) que donne une banque à un client, utilisée couramment dans les relations
clients-fournisseurs en lui fournissant des crédits sous forme d’engagements et non pas sous
forme liquide.

e. Le financement des marchés publics: Les entreprises décrochant un marché public


(contrat de fournitures de travaux, de biens ou de services passé avec une personne publique
ou une personne privée remplissant une mission de service public, peuvent bénéficier des
cautions octroyées par une banque ou des paiements à titre d’avance, etc.
B- Le financement des investissements

a. Le crédit bancaire classique


- Le crédit à moyen terme: L’échéance varie entre 2 et 7 ans.
- Le crédit à long terme: L’échéance varie entre 7 et 20 ans.
- Le crédit-bail : est un contrat de location avec option d’achat. On peut distinguer: crédit-bail
mobilier (véhicules, ordinateurs…) et crédit-bail immobilier (terrain, appartement…)

b- Le financement des opérations effectuées avec l’étranger


Pour limiter les risques d’import-export (non paiement, paiement tardif, expédition tardive,
expédition non conforme...) les banques ont mis deux techniques :
- L’encaissement documentaire: L’exportateur ne livre la marchandise qu’en contrepartie du
paiement. Il adresse ces documents (titre du transport, documents douaniers, etc.) à la banque
de l’acheteur qui ne pourra les remettre à ce dernier que contre paiement;
- Le crédit documentaire: est l’engagement pris par la banque de l’importateur de garantir à
l’exportateur le paiement des marchandises contre remises des documents attestant de
l’expédition. Le crédit documentaire est donc un crédit par signature.
Section 3- Gestion des moyens de paiement

Le système de paiement peut être défini comme l’ensemble des moyens permettant:
 le règlement d’une transaction ou d’une l’extinction de dettes
 transferts de fonds réalisés par les unités économiques nationales et internationales.
Les acteurs de ce système = BAM+ Banques+ les sociétés de gestion de moyens de paiement+
Etablissements des paiements+ le Trésor + les services de la Poste (CCP) + le dépositaire
central de titres.
 SRBM= Système des Règlements Bruts du Maroc: permet d’effectuer les opérations
relatives aux interventions monétaires de Bank Al Maghrib, aux virements interbancaires, au
règlement des soldes des opérations sur titres ainsi que des soldes issus des systèmes de
compensation (chèques, cartes bancaires et virements).
 SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) = Le réseau SWIFT
est un système de traitement des opérations bancaires internationales.
 HPS= Hightech Payment Systems
 SIMT= Groupement de Système Interbancaire Marocain de Télé-compensation : a pour objet
d’automatiser les procédures de traitement, de compensation et de règlement des valeurs
échangées au niveau des chambres de compensation.
 Chambre de Compensation de la Bourse de Casablanca
 Switch Monétique Interbancaire HPS
 Maroclear = Dépositaire Central : a pour mission la dématérialisation des titres et leur
conservation, la gestion de la circulation de ces titres de comptes à comptes et
l’administration de ces titres
107
Le système de paiement marocain est composé :
- Monnaie fiduciaire (billets de banque +pièces métalliques) ;
- Monnaie scripturale :(chèque + carte + virement + prélèvement + effet de commerce…).
109
Les instruments de paiement scripturaux

110
Le chèque: est un écrit qui permet au tireur (celui qui émet le chèque, titulaire ou mandataire
du compte) de donner l’ordre au tiré (établissement qui tient le compte) de payer une certaine
somme à un tiers ou bénéficiaire dans la limite des avoirs déposés chez le tiré).
La carte bancaire : permettent de régler les achats avec possibilité d'un crédit gratuit via le
débit différé. Elles sont principalement de deux types :
les cartes de retrait, permettant exclusivement le retrait d'espèces auprès des distributeurs
automatiques et guichets,
les cartes de paiement, qui permettent en plus du retrait d'espèces de régler des achats
auprès des commerçants.

Les avis de prélèvement: le titulaire d’un compte peut utiliser le système du prélèvement
automatique.
Par cette procédure, il autorise un créancier à prélever sur son compte toute somme due à ce
dernier. Il faut préciser que l’autorisation est en principe générale et est rarement déterminée
quant aux échéances ou au montant: pour le règlement des mensualités d’un crédit, et, de
manière générale, pour les créances à caractère répétitif.

112
Le virement

Le virement est le mécanisme permettant le transfert d’une somme d’argent d’un


compte vers un autre via une écriture comptable. La réalisation nécessite 2 conditions :
un ordre écrit et signé émanant du titulaire du compte.
l’existence de deux comptes : celui du donneur d’ordre et celui du bénéficiaire.
Le virement peut être :
 un virement intra-bancaire : lorsque les deux comptes sont ouverts chez la même
banque.
 un virement inter-bancaire : lorsque les deux comptes sont ouverts chez deux banques
différentes.
 un virement ordinaire: le client donne l’ordre à sa banque de virer une somme
d’argent
 un virement permanent : le client donne l’ordre à sa banque de virer une somme
déterminée à une date déterminée au profit d’un bénéficiaire (paiement du loyer,…).
 un virement télégraphique : Il repose sur les mêmes bases qu’un virement ordinaire.
Mais, il présente l’avantage de la rapidité dans son exécution. 113
Les effets de commerce

La lettre de change : ou traite est un titre par lequel une personne appelée tireur donne l'ordre
à l'un de ses débiteurs, appelé tiré, de payer une certaine somme, à une certaine époque
appelée échéance, à une troisième personne appelée bénéficiaire et à l’ordre de celui-ci.

114
Le billet à ordre : est un effet de commerce conférant à celui qui en est le porteur, le droit de se
faire payer une somme d'argent par l’émetteur (souscripteur).

115
Les circuits interbancaires de règlement
F-3.1. Chambres de compensation
Les chambres de compensation ont pour objet de faciliter à leurs adhérents, par
compensation journalière, le règlement des valeurs qu’ils détiennent les uns sur les autres.
Les valeurs échangées sont les chèques, les effets, les virements et les avis de
prélèvement.

A part sa qualité de membre à la chambre de compensation, Bank Al- Maghrib est


chargée notamment :
- d’organiser et de contrôler les séances de compensation ;
- de veiller au règlement des soldes créditeurs et débiteurs qui résultent de la
compensation par imputation des montants des soldes aux comptes des banques et du
Trésor tenus sur ses livres.
F-3.1.1. Les séances de compensation dans les sièges de Bank Al-
Maghrib pour les valeurs sur place
F-3.1.1.1. Les séances de compensation dans tous les sièges
Les séances de compensation se déroulent en deux séances : l’une
normale, l’autre spéciale.
a- La séance normale organisée chaque jour
Cette séance a pour rôle de traiter deux types d’opérations ; il s’agit de :
- le règlement des effets remis l’avant veille ouvrable et les autres
valeurs présentées le même jour ;
- la remise des effets à échéance du lendemain ouvrable.

b- La séance spéciale réservée aux effets à échéance de fin de


mois
Elle s’occupe de deux opérations essentielles :
- la remise a lieu généralement 3 jours ouvrables avant la fin du mois ;
- le règlement intervient en principe, le dernier jour du mois.
F-3.1.1.2. Les séances de compensation à Rabat et à Casablanca
Une séance est organisée quotidiennement pour le règlement des
rejets des chèques qui ont été remis et réglés la veille au cours de la
séance normale

F-3.1.2. Les séances de compensation des valeurs déplacées


Une séance quotidienne est tenue à la succursale de Bank Al- Maghrib à
Casablanca pour la compensation des valeurs déplacées et ce, en vertu
d’une convention interbancaire du 27 février 1997. Bien qu’il ne soit pas
signataire de cette convention, Bank Al- Maghrib contrôle les séances de
compensation et veille à l’apurement des soldes qui en résultent.
F-3.2. Le Système Interbancaire Marocain de Télécompensation
(SIMT)
Le système interbancaire marocain de télécompensation, qui s’inscrit
dans le cadre de la modernisation du système de paiement, a pour objet
d’automatiser les procédures de traitement, de compensation et de
règlement des valeurs échangées au niveau des chambres de
compensation.
Depuis janvier 2002, le SIMT est en phase de test au niveau de la
chambre de compensation de Casablanca où transitent plus de 60 % des
valeurs compensées à l’échelle nationale. Une fois opérationnel, ce
système qui concerne dans un premier temps les chèques sera
progressivement étendu à l’ensemble des chambres de compensation.
Le SIMT a pour objectifs :
- la sécurisation des échanges ;
- la centralisation des soldes des règlements ;
- l’amélioration de la gestion de la trésorerie des participants.
Les procédures afférentes au SIMT permettent l’imputation automatique
des soldes issus de la compensation aux comptes des participants,
tenus sur les livres de Bank Al-Maghrib. Toutefois, à titre transitoire, les
échanges physiques vont être maintenus, parallèlement, aux échanges
électroniques des valeurs.
F-4. Règlements relatifs aux transactions internationales
Les banques marocaines sont présentes sur les marchés internationaux, soit
par leur réseau de filiales et succursales, soit par le biais de leurs
correspondants à l'étranger.
Les paiements internationaux et le financement du commerce extérieur, sont
conformes aux pratiques et usages courants.
Le principal canal de transmission de l'information sur les règlements
internationaux est le système SWIFT[1].

[1] Society of Worldwide (global, mondial) Interbank Financial


Telecommunications.
F-5.1. - Système d’échange et de
règlement de titres
Le dépositaire central a pour mission :
- la conservation des dépôts de titres
physiques ;
- le dénouement des opérations sur
titres.
F-5.2. Le système de garantie de
bonne fin de séance ?
Dans le prolongement des réformes
que connaît le marché boursier
marocain, la Bourse des Valeurs de
Casablanca a mis en place un
« système de garantie de bonne fin ».
Ce système apporte aux sociétés de
bourse, la garantie du dénouement de
leurs transactions dans un délai
normalisé quelle que soit la situation
de la contrepartie.
Ce dispositif s’articule autour de deux volets : système de
compensation et système de garantie.
Le système de compensation détermine les transactions de chaque
société de bourse sur la base des opérations réalisées sur le
marché central et ce par le calcul des positions nettes titres et des
positions nettes espèces. Les sociétés de bourse sont tenues
d’adhérer au système de garantie et d’accepter les conditions de
son fonctionnement.
Le système de garantie appelle des dépôts de garantie. Ces
dépôts de garantie assurent la couverture des pertes résultant de
la liquidation des positions de l’adhérent défaillant qui ne sont pas
mutualisées.
N.B. Il convient de noter que dans le nouveau système de
règlement/livraison, les sociétés de bourse auront deux types de flux à
dénouer :
- les flux SBI (sociétés de bourse intermédiaires). Ce sont des flux des
transactions ajustées et dénouées mais qui ne sont pas garanties,
dans la mesure où la société de bourse choisit elle-même sa
contrepartie et dispose, de ce fait, d’une meilleure visibilité du risque
qu’elle encourt ;
- les flux ISB (inter sociétés de
bourse). Ce sont des opérations
ajustées et dénouées sans que les
sociétés de bourse choisissent leur
contrepartie. Le risque de contrepartie
est ainsi pris en charge par le système
de garantie qui assure le mécanisme
de couverture et de résolution des
défauts de livraison ou de règlement
sur ces flux.
F-6. La Banque Centrale et le système de règlement
interbancaire
F-6.1. Les missions générales
Les responsabilités de Bank Al-Maghrib dans la gestion des moyens
de paiement et les systèmes de règlement interbancaire peuvent
être résumées ainsi:
- contrôler l'accès à la profession bancaire et donc à l'émission et la
gestion des moyens de paiement;
- faciliter les mouvements de fonds ;
- assurer la création et le fonctionnement des chambres de
compensation ;
- Veiller au bon fonctionnement du système bancaire.
F-6.2. L’élaboration de règles
Bank Al-Maghrib contribue à la
sécurité du système bancaire par la
mise en oeuvre d'un dispositif
réglementaire visant à garantir la
solvabilité et la liquidité des banques.
En outre, la Banque Centrale a
toujours piloté les conventions qui
instituent des règles générales que les
banques doivent observer dans les
échanges et le règlement de moyens
de paiement scripturaux.
F-6.3. Les actions visant à faciliter le règlement
En vue de faciliter les règlements, Bank Al-Maghrib permet aux
comptes des banques d’être en position débitrice durant la journée.
Toutefois, ces positions doivent être couvertes avant la fin de la
journée comptable. A défaut, Bank Al-Maghrib, leur accorde des
avances à 24 heures garanties exclusivement par des bons du
Trésor. Au cas où la banque concernée ne disposerait pas d’un
montant suffisant de bons du Trésor à nantir, Bank Al-Maghrib
procèdera d’office à l’annulation des écritures comptables ayant
entraîné l’apparition des soldes débiteurs.
De même, Bank Al-Maghrib assure aussi un service de virement
permettant le transfert de liquidité entre les banques et entre celles-
ci et leurs agences.
F-6.4. Le système de règlement
interbancaire
Le système de règlement net est
appliqué par Bank Al-Maghrib, pour
l’apurement des soldes liés à la
compensation. Ce système de
règlement est prévu dans les statuts
des chambres de compensation
F-7. La tarification des services bancaires
Les relations entre les banques et leur clientèle se développent
dans un environnement libre et concurrentiel. Les banques sont
tenues d’afficher les conditions applicables aux opérations
bancaires. Bank Al-Maghrib pratique ses propres tarifs qui sont,
au demeurant, inférieurs à ceux pratiqués par les banques. Par
ailleurs, elle assure gratuitement les services liés au
fonctionnement tant du compte du trésor que des chambres de
compensation.
F-8. La politique monétaire et le système de
paiement
F-8.1. La constitution de la réserve monétaire
La réglementation en vigueur impose aux banques
de maintenir auprès de Bank Al-Maghrib en dépôts
appelés « réserve monétaire », un montant égal à
10 % (dix pour cent) au moins de leurs exigibilités à
vue libellées en dirhams à l’exception de celles
libellées en dirhams convertibles.
F-8.2. La régulation de la liquidité
Depuis 1999, Bank Al-Maghrib intervient sur le marché
monétaire de plusieurs façons :
- les avances à 7 jours sur appel d’offres à l’initiative de Bank
Al- Maghrib : chaque mercredi, la Banque Centrale arrête
l’enveloppe qu’elle décide d’allouer aux banques
soumissionnaires, sur la base des facteurs autonomes de la
liquidité bancaire.
- les avances à 5 jours à l’initiative des banques : ces avances
sont accordées deux fois par semaine par Bank Al-Maghrib.
Elles permettent de corriger les écarts éventuels par rapport
aux prévisions des facteurs autonomes de la liquidité bancaire.
- les avances à 24 H : ces avances sont destinées à couvrir en
fin de journée, les soldes débiteurs des comptes des banques
tenus sur les livres de Bank Al-Maghrib. Elles sont consenties à
la demande des banques ou à l’initiative de Bank Al-Maghrib.
- les reprises de liquidités : cet instrument est utilisé en vue
d’absorber les excédents de liquidités et réguler les taux sur le
marché monétaire interbancaire.
- les opérations d’open market : cet instrument permet le
réglage fin des liquidités bancaires par le biais des opérations
de cession ou d’acquisition des bons du Trésor sur le marché
secondaire.

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