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Master Sciences Juridiques

Le droit fiscal -semestre 3

Thème sur : L’impôt sur le revenu

Encadré par  : Pr. Mzouri Amine

Réalisé par  : BAHOUR Boutayna


EL KHADIR Rim
HAMDAI Salma
Sommaire :

I-L'impôt sur le revenu au Maroc : un champ d’application appréciable

A- L’étendue de recouvrement de l’impôt sur le revenu  


B- Intervention de nouvelles exonérations :

II- Le régime de l’impôt sur le revenu  : une contribution inégale et la nécessité d’une
réforme

A- L’évaluation de catégories de l’impôt sur le revenu  : une contribution inégale

B- Nécessite d’une réforme adéquate.


Introduction  :

L’impôt sur le revenu est un impôt direct annuel et déclaratif qui porte sur tous les
revenus des personnes physiques, ayant bien évidemment leur domicile fiscal au Maroc,
quelle que soit leur nature et quelles que soient les activités qui les procurent. Adopté par
le parlement en juin 1989, sous l’appellation de l’impôt général sur le revenu, il est entré
en vigueur en 1990, et a été intégré au code général des impôts du 27 septembre 2007.

L’impôt sur le revenu marque la volonté de synthèse de simplification et d’harmonisation


de la fiscalité directe. C’est désormais le revenu global, résultat de l’addition des différents
revenus catégoriels qui est soumis à des règles d’imposition, avec en particulier un barème
unique de taux progressifs et des déductions pour charges de familles unifiées. À noter
que, le rôle de l’impôt est inévitable dans le financement des besoins de l’Etat, en effet, la
mise en place d’un impôt sur les revenus et les bénéfices demeure tout à fait normal.

Toutefois, la question de la conciliation de l’impôt sur le revenu avec les défis économiques
et sociaux reste un but à ne pas négliger, c'est -à -dire augmenter et améliorer la
contribution sans élargir la pression fiscale. En fait, l’impôt sur le revenu s’applique au
revenu global réalisé par les personnes physiques, et les personnes morales n’ayant pas
opté pas pour l’impôt au cours d’une année donnée à l’exclusion des revenus
expressément exonérés par les textes législatifs.

Le projet de loi de finances 2021 apporte deux nouveautés à l’impôt sur le revenu:
l’exonération pendant 24 mois de l’IR pour les entreprises qui embauchent un jeune en
CDI, et l'institution d’une contribution professionnelle unique pour les personnes
physiques soumises au régime forfaitaire1.

On ne peut en aucun cas nier que, l’arme fiscale semble dépassée dans le sens ou l’impôt
sur le revenu va devenir progressivement non plus une arme politique mais une arme
technique entre les mains du ministère des finances pour s’efforcer de réaliser non plus
totalement l’idéal de justice fiscale, mais simplement de faire en sorte que cet impôt ne
soit plus fraudé et qu’il produise un rendement suffisant.

Sous l’effet du choc de la pandémie, les impôts directs ont accusé une baisse de 3,9
milliards de dirhams, soit une diminution de 4,2% par rapport à l’exercice précédent. Ce
recul résulte surtout d’un repli des recettes au titre de l’impôt sur le revenu (IR) de 6,5%,

1https://fr.le360.ma/economie/impot-sur-le-revenu-deux-nouveautes-majeures-attendues-en-2021-
225277
d’une contraction des majorations de retard de 46,9% et d’une baisse de la taxe
professionnelle et de la taxe d’habitation de 27%2.

Le sujet de l’impôt sur le revenu est important dans le point où il nous permettra de
cerner le dispositif juridique relatif à cet impôt, ainsi que le champ de son application. En
outre, il nous permettra de relever quelques lacunes relatives à son application. Pour cela
il est nécessaire de poser la problématique suivante: le système de recouvrement de l’IR
au Maroc est-il équilibré et efficace ?

Afin de répondre à cette problématique une réflexion globale d'interpeller sur deux
aspects : l’impôt sur le revenu au Maroc : un champ d’application appréciable (I) et le
régime de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale et la nécessité d’une réforme (II)

2des études et des prévisions financières, Tableau de bord des finances publiques, décembre 2021, p.5.
Disponible sur : http://www.finances.gov.ma/depf/depf
I- L’impôt sur le revenu au Maroc : un champ d’application appréciable
La loi de finance 2022 au Maroc a introduit plusieurs mesures fiscales modifiant et
complétant le Code général des Impôts ; qui définit l’étendue du recouvrement de l’impôt
sur le revenu et les nouveautés y afférentes (A), ainsi que les exonérations qui ont été
introduites par la loi de finances n° 76-21 (B) .

A. L’étendue de recouvrement de l’impôt sur le revenu :

1/Les personnes assujetties :


Le code général des impôts (CGI) définit, dans son article 21, les personnes assujetties «
l’impôt sur le revenu s’applique aux revenus et profits des personnes physiques et des
personnes morales visées à l’article 3 et n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés. »

2/Revenus et profits imposables:


L’article 22 du C.G.I adresse la liste des revenus soumis à l’impôt sur le revenu, il s’agit des :
1°- les revenus professionnels : représentés par les résultats imposables des activités
exercées par les personnes physiques ou les sociétés de personnes
2°- les revenus provenant des exploitations agricoles :tirés sur les exploitations agricoles

3°- les revenus salariaux et revenus assimilés : provenant de l'exercice d'une profession
salariée

4°- les revenus et profits fonciers : provenant des locations et des cessions d'immeubles

5°- les revenus et profits de capitaux mobilier:en provenance de la cession et le rachat des
actions.

3/ Territorialité de l’IR:
La territorialité désigne l'État dans lequel un contribuable doit être imposé. L'étendue des
obligations fiscales d'un contribuable varie selon que celui-ci a ou non son domicile fiscal
au Maroc. Par conséquent, si le contribuable dispose d'un domicile fiscal au Maroc, il est
imposé sur l'ensemble de ces revenus, qu'ils soient de source marocaine ou étrangère.
Dans le cas contraire, il n'est imposé que sur ses seuls revenus de source marocaine.
Le principe de la territorialité à l'IR en droit fiscal marocain implique la soumission à l'IR des
revenus réalisés au Maroc par des personnes physiques ainsi que par certaines personnes
morales n'ayant pas opté à l'IS.
Au sens du CGI, il faut que deux conditions soient satisfaites pour qu’une personne
physique soit considérée comme ayant un domicile fiscal au Maroc :
-Lorsque la personne au Maroc son foyer d'habitation permanent ou le centre de ses
intérêts économiques (CIE)3;
-Ou lorsque la durée continue ou discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours
pour toute période de 365 jours4

4/ Mesures spécifiques à l’impôt sur les revenus (IR):


I. Révision de l’abattement forfaitaire appliqué aux revenus salariaux des sportifs
professionnels, entraîneurs, éducateurs et membres de l’équipe technique:
- Dans le cadre de la restructuration du secteur sportif et afin de lui permettre d’assurer sa
conformité fiscale en matière des revenus salariaux, la loi de finances a prolongé la durée
des abattements applicables à titre transitoire en ajoutant 2 années supplémentaires.
- Les nouveaux abattements se présentent comme suit :
● 90% au titre de l’année 2021, 2022 et 2023 ;
● 80% au titre de l’année 2024 ;
● 70% au titre de l’année 2025 ;
● 60% au titre de l’année 2026 ;
● 50% à partir de 2027.

II. Prorogation du régime d’amnistie pour le secteur informel:


- Dans le cadre de la poursuite des efforts pour intégrer l’informel dans l’économie
formelle, la loi de finances 2022, a prorogé pour une année supplémentaire, l’application
des mesures d’incitation fiscales en faveur desdits contribuables qui s’identifient pour la
première fois et peuvent bénéficier de l’amnistie sur les années antérieures.
- Cette prorogation est applicable du 1er janvier au 31 décembre 2022 5.

3CIE: Il s'agit du lieu où les contribuables ont effectué leurs principaux investissements ou leurs activités
professionnelles, où ils possèdent le siège de leurs affaires. Ce peut être également le lieu d'où ils tirent,
directement ou indirectement, la majeure partie de leurs revenus.

4Hasnaoui Rachid, Alaoui OmariLallaZhor, La technique fiscale au Maroc, éd 2021, imprimerie Sipama, Fès,
2021.p77.
5 Mouchir Hicham, Mesures fiscales et douanières (note de loi de finance 2022)
B- l’intervention de nouvelles exonérations :
Mise à part les exonérations édictées par le code général des impôts, la nouvelle loi de
finance annuelle a maintenu une exonération spécifique qui était édictée par la loi de
finance de 2021 : « XXXIII. – A titre transitoire, est exonéré de l’impôt sur le revenu, le
salaire versé par une entreprise, association ou coopérative à un salarié à l’occasion de
son premier recrutement, et ce, pendant les trente-six (36) premiers mois à compter de
la date dudit recrutement. L’exonération visée ci-dessus est accordée au salarié dans les
conditions suivantes : – le salarié doit être recruté dans le cadre d’un contrat de travail à
durée indéterminée, conclu durant la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre
2021. »

La loi de finance 2022 a reconduit l’exonération en matière d’IR du salaire versé par une
entreprise, association ou coopérative, quelle que soit la date de sa création, à un
salarié à l’occasion de son premier recrutement, et ce, pendant les 36 premiers mois à
compter de la date dudit recrutement.

Cette exonération est accordée dans les conditions suivantes: le salarié doit être recruté
dans le cadre d’un contrat de travail à durée indéterminée, conclu durant la période
allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2022 et l’âge du salarié ne doit pas dépasser
35 ans à la date de conclusion de son premier contrat de travail.

Pour le bénéfice de l’exonération de 36 mois, le salarié doit présenter à son employeur


tout document attestant qu’il n’a jamais été identifié en tant qu’assuré auprès de la CNSS
par un employeur. L’exonération précitée bénéficie également aux stagiaires inscrits à
l’agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, qui viennent d’achever
la période de stage de 24 mois. Par ailleurs, il convient de préciser que les
employeurs doivent produire une déclaration comportant la liste des salariés
bénéficiant de l’exonération susvisée conformément aux dispositions de l’article 79-V du
CGI. Les employeurs qui ne respectent pas les conditions d’exonération précitées, sont
régularisés d’office sans procédure, conformément aux dispositions de l’article 200-III du
CGI6.

6https://www.indicac.ma/articles/ir-exon%C3%A9rations-jeunes-salari%C3%A9s
L’exonération de l’impôt sur le revenu est aussi accordée à titre provisoire aux salariés
ayant perdu involontairement leur emploi à cause de la crise et recrutés au cours de
2021 par la loi de finance.

Cette exonération de l’IR est plafonnée à un salaire mensuel brut de 10 000 MAD versé
par un employeur à un salarié qui a perdu de manière involontaire son emploi pour des
raisons économiques liées aux répercussions de la pandémie du Coronavirus durant la
période allant du 1er mars 2020 au 30 septembre 2020.Elle est accordée au salarié
pendant les 12 premiers mois à compter de la date de son recrutement.

Cette exonération est accordée dans les conditions suivantes :

● Le salarié doit être recruté au cours de l’année 2021,


● Le salarié doit avoir bénéficié de l’indemnité pour perte d’emploi,
● Le salarié ne peut bénéficier deux fois de cette exonération.
● L’employeur doit exiger du nouveau salarié de produire tout document attestant la
perte d’emploi entre le 1er mars et le 30 septembre 2020 à cause des répercussions de la
crise sanitaire et justifiant le bénéfice de l’indemnité pour perte d’emploi.

II- Le régime de l’impôt sur le revenu : une contribution inégale et la


nécessité d’une réforme
Pour cerner l’impact financier du système d’évaluation de la base imposable à l’impôt
sur le revenu, il est opportun de procéder à l’évaluation de la part de chacune de ses
catégories et d’en déduire les raisons de ses incidences financières positives ou
négatives en corrélation avec le régime d’imposition en vigueur (A), ce qui nous mène
à penser à une réforme adéquate (B).

A- L’évaluation de catégories de l’impôt sur le revenu  : une contribution inégale


L’un des résultats évident est que les revenus agricoles sont exonérés et ne participent
pas de ce fait aux charges de l’Etat.

Pour les autres catégories qui composent l’impôt sur le revenu, à savoir, les revenus
salariaux, les revenus provenant des activités professionnelles et celles provenant
d’activités financières et immobilières, leur contribution aux recettes globales de l’impôt
est très inégale.

D’autant plus grave que cette inégalité concerne dans une large mesure les revenus
salariaux qui représentent environ les trois quarts des recettes générées par les
différentes catégories.
Ainsi, les données relatives à la structure des recettes de l’IR par catégories de revenus
sur les cinq années allant de 2000 à 2004 permettent de constater qu’en moyenne les
seuls revenus salariaux sont à l’origine de 76,2% des recettes en question. Encore que
cette part semble en retrait par rapport à ce qu’elle a été dans les années 90 pendant
lesquelles elle atteignait 88%7.

En 2007, le nombre des contribuables soumis à l’impôt sur le revenu s’est élevé à 3 536
147. Dans le secteur privé, 58% des salariés sont au-dessous du seuil imposable, tandis
que dans le secteur public, les personnes imposées au taux zéro ne représentent que 5%
de la population des fonctionnaires de l’Etat.

En 2008, les revenus salariaux ont un pourcentage de 66% de contribution aux recettes
de l’impôt sur le revenu, ce qui traduit de manière évidente la prédominance de la
contribution des revenus salariaux aux recettes de l’IR, alors qu’on constate que la part
des revenus professionnels et fonciers dans les recettes de l’IR décroît d’une année à une
autre. Quant aux revenus de capitaux mobiliers, leur contribution s’est stabilisée autour
d’une moyenne de 6,5%.

Les rentrées engendrées par l’IR se sont comptabilisées à hauteur de 40,2 milliards de
dirhams en 2020, en baisse de 6,5% par rapport à l’exercice précédent, en raison de la
crise sanitaire qui a eu pour effet la mise en chômage (total ou partiel) de centaines de
milliers d’employés du secteur privé.8 Ce qui prouve le poids des revenus salariaux en la
matière.

Le faible nombre de contribuables effectif pose le problème de la répartition inéquitable


de la charge fiscale entre les différentes catégories assujetties à l’IR. Les employés dont le
prélèvement au titre de l’impôt sur le revenu est opéré à la source contribuent à hauteur
de 89% des recettes de l’IR.

Ainsi, les activités qui normalement doivent drainer d’importantes recettes ne


contribuent que modestement à l’effort fiscal. Il s’agit des activités où la logique de
l’actionnariat favorise les détenteurs de capitaux au détriment des salariés. Par ailleurs,
nous remarquons qu’une réduction de la contribution des revenus salariaux dans les
recettes de l’IR s’est opérée en 2008. Cette période, rappelons-le, s’est caractérisée par
les réaménagements des barèmes de l’IR, ce qui a provoqué des mutations au niveau de
la structure fiscale. Cet état de fait est la conséquence de plusieurs facteurs liés à la
définition de l’assiette de chaque catégorie d’impôt, au mode de détermination du

7 AKESBI (N.), Evaluation d’un système fiscal controversé , La revue ECONOMIA n°3 / juin - septembre
2008.
8 Direction des études et des prévisions financières, Tableau de bord des finances publiques, décembre 2021,
p.6. Disponible sur : http://www.finances.gov.ma/depf/depf
revenu imposable, aux taux d’imposition, au mode de paiement de l’impôt, aux
possibilités de fraude ou d’évasion fiscale.

En effet, en matière de revenus professionnels, la loi fiscale a adopté, depuis l’institution


de la loi sur l’I.G.R., le régime du bénéfice net réel comme régime de droit commun au
lieu du régime forfaitaire. Elle a, en outre, introduit le régime du résultat net simplifié
comme régime intermédiaire.

C’est un régime qui se veut plus adapté aux contribuables à faibles et à moyens revenus.
Certes, le régime du bénéfice net réel s’avère plus rigoureux et reflète plus ou moins la
capacité contributive réelle du contribuable ; or, du moment que son adoption suppose la
tenue d’une comptabilité dans les formes prescrites par la loi n° 9-88 relative aux
obligations comptables des commerçants, la grande majorité des personnes physiques et
des petites et moyennes entreprises trouvent des difficultés à honorer leurs engagements
en la matière ; ce qui les pousse à opter pour des régimes spécifiques tels le régime du
bénéfice net simplifié et le régime du forfait. Ainsi, malgré cet apport novateur, ce
système d’évaluation souffre toujours de problèmes d’équité et ne procure pas, dans
certaines situations, les mêmes économies d’impôt à des contribuables ayant une
capacité contributive égale.

B- Nécessité d’une réforme adéquate :

L’observation attentive du fonctionnement et de la performance du système fiscal


marocain actuel laisse apparaître la persistance de plusieurs inefficiences et iniquités qui
l’empêchent d’atteindre ses objectifs incitatifs et redistributifs, d’impulsion du régime de
croissance de l’économie marocaine.9 De plus, la qualité de la dépense publique est la
première source de légitimation des recettes fiscales auprès des contribuables.

La fiscalité du travail, qui représente la plus importante contribution en matière d’impôt


sur le revenu est considérée comme relativement lourde et injuste à l’égard de cette
catégorie et décourage aussi la création d’emploi tout en favorisant le développement
des activités informelles. D’où la question de savoir comment répartir la charge fiscale en
fonction du pouvoir contributif de chacun (équité et solidarité) grâce notamment à
l’élargissement de l’assiette, à la lutte efficace contre la fraude et l’évasion fiscales et à
une meilleure intégration du secteur informel ?

A ce titre, lors des troisièmes assises nationales sur la Fiscalité organisée le mois Mai
2019, il a été proposé d’augmenter la réduction pour enfant scolarisé à charge ou bien
accorder une déduction au titre des frais de scolarité et encore instaurer un abattement
de la base imposable pour le conjoint sans emploi et de mettre en place une politique
9 Note du cadrage des troisièmes assises nationales sur la Fiscalité, élaborée par la DGI. page 1
globale et intégrée pour l’intégration de l’informel. 10 Ainsi que dans le cadre de la
poursuite des efforts pour intégrer l’informel dans l’économie formelle, la loi de finances
2022, a prorogé pour une année supplémentaire, l’application des mesures d’incitation
fiscales en faveur desdits contribuables qui s’identifient pour la première fois et peuvent
bénéficier de l’amnistie sur les années antérieures.

En fait, le prélèvement fiscal doit respecter deux principes : l’universalité : tous doivent
payer ; la proportionnalité : chacun selon ses capacités. L’article 39 de la Constitution de
2011 prévoit que « Tous supportent, en proportion de leurs facultés contributives, les
charges publiques que seule la loi peut, dans les formes prévues par la présente
Constitution, créer et répartir. »

Une lecture approfondie dudit article permet d’en conclure que personne n’est exonéré
de la contribution aux charges publiques et que la loi ne peut que créer et répartir
lesdites contributions sans que personne n’y soit exclu, ce qui soulève la question des
exonérations en matière de l’IR.

Quant à l’article 40 de la Constitution, il prévoit que « Tous supportent solidairement et


proportionnellement à leurs moyens, les charges que requiert le développement du pays »

Ce qui veut dire que tout traitement fiscal inégalitaire ou favoriste qui n'est pas offert à
tout citoyen se trouvant dans la même situation devient injuste et inéquitable. Il s’agit
donc d’une égalité relative. Elle s’applique aux personnes placées dans une même
situation fiscale. La capacité contributive est également relative puisque le barème de
calcul de l’IR n’est pas objectif et efficient. Ainsi, le coût de vie différant d’une ville à une
autre influence la capacité contributive 11.

Or, ce critère n’est pas pris en considération dans la détermination des taux d’imposition
de l’IR. Deux citoyens recevant un même revenu mais habitant dans des villes différentes
ne profitent pas de la même marge utilitaire de leurs revenus. D’ailleurs, le citoyen
payant -bon gré mal gré- l’impôt a le droit d’être informé du sort des recettes fiscales. De
là, il a été recommandé, à la clôture des troisièmes assises nationales sur la fiscalité,
d’établir un rapport annuel sur la fiscalité accompagnant les lois de finances et de publier
périodiquement les données fiscales et juridiques.

10LES RECOMMANDATIONS DE LA TROISIEME EDITION DES ASSISES NATIONALES SUR LA FISCALITE TENUE A
SKHIRAT LE 03 ET 04 MAI 2019. Page1 (Document publié sur https://www.finances.gov.ma/)
.‫ تقرير المجلس االقتصادي واالجتماعي والبيئي‬.‫ من أجل نظام جبائي يشكل دعامة أساسية لبناء النموذج التنموي الجديد‬11
https://participer.ma/wp-content/uploads/2019/12/.pdf  .156 ‫ ص‬، ‫ (منشور‬2019
D’où résulterait plus de transparence, de suivi et d’accessibilité du système fiscal
marocain.

CONCLUSION :

Le Maroc est appelé à opérer certaines réformes vitales pour sa stabilité économique
et sociale .En tête de celles-ci figure la réforme de la caisse de compensation, laquelle
ne manquera pas d’ébranler le pouvoir d’achat des classes moyennes déjà
paupérisées par l’augmentation du coût de la vie et la stagnation des revenus.

Il est, par conséquent, de la plus grande urgence d’envisager une véritable réforme
du système de l’I.R., non seulement dans l’objectif d’instaurer un climat économique
et social propice à l’investissement et au développement économique mais
également afin d’instaurer une justice sociale plus que nécessaire dans le contexte
régional actuel.

Bibliographie
● Hasnaoui Rachid, Alaoui OmariLallaZhor, La technique fiscale au Maroc, éd 2021,
imprimerie Sipama, Fès, 2021
● Mouchir Hicham, Mesures fiscales et douanières (note de loi de finance 2022)
● AKESBI (N.), Evaluation d’un système fiscal controversé, La revue ECONOMIA n°3 /
juin - septembre 2008.

● Des études et des prévisions financières, Tableau de bord des finances publiques,
décembre 2021, p.5. Disponible sur : http://www.finances.gov.ma/depf/depf

● Note du cadrage des troisièmes assises nationales sur la Fiscalité, élaborée par la
DGI.
● LES RECOMMANDATIONS DE LA TROISIEME EDITION DES ASSISES NATIONALES SUR
LA FISCALITE TENUE A SKHIRAT LE 03 ET 04 MAI 2019. (Document publié sur
https://www.finances.gov.ma/)
‫ تقرير المجلس االقتصادي‬.‫من أجل نظام جبائي يشكل دعامة أساسية لبناء النموذج التنموي الجديد‬ ●
:،‫ (منشور‬. 39/2019 ‫واالجتماعي والبيئي إحالة ذاتية رقم‬
https://participer.ma/wp-content/uploads/2019/12/.pdf

Webographie :

● https://www.cese.ma/media/2020/10/%D8%A7%D9%84%D8%AA
%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%B1-%D9%86%D8%B8%D8%A7%D9%85-%D8%AC
%D8%A8%D8%A7%D8%A6%D9%8A.pdf

● https://fr.le360.ma/economie/impot-sur-le-revenu-deux-nouveautes-majeures-
attendues-en-2021-225277
● https://www.indicac.ma/articles/ir-exon%C3%A9rations-jeunes-salari%C3%A9s

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