Vous êtes sur la page 1sur 12

Brütsch/Rüegger AG

Tubes acier
Althardstrasse 83
CH-8105 Regensdorf
Tél. 01/871 34 34
Fax 01/871 34 99
www.b-r.ch
Email : info@brr.ch
Certification ISO 9001:2001

05
Cahier technique 05
Influence des traitements thermiques sur la structure

• Traitements de recuit
• La trempe
• La trempe en surface (trempe superficielle)
• L’affinage
• Diagrammes TTT
Influence des traitements
thermiques sur la structure (DIN 17014)
L’acier est la seule matière Tous les traitements thermiques
pouvant subir des traitements comportent les étapes suivantes :
thermiques aussi diversifiés. la pièce usinée ou le métal brut
est chauffée à l’état solide jusqu’à
La raison réside en particulier une température définie, que l’on
dans les transformations du maintient ensuite pendant un
réseau lors de l’augmentation de temps équivalent à la durée des
la température. opérations que l’on souhaite
réaliser. Ensuite, on refroidit à
- augmentation de la une vitesse déterminée.
résistance : trempe, affinage
(revenu) Les fours utilisés doivent être
- Diminution de la résistance : réglables pour permettre une
recuit d’adoucissement, sélection exacte de la
recristallisation température. Ils contiennent, si
- Meilleure préparation à une possible un gaz protecteur ou
transformation ultérieure : peuvent être sous vide pour éviter
recuit d’adoucissement, le calaminage ou la
normalisation décarburation. On distingue
- Elimination des défauts : différents modèles de four : à
divers recuit, normalisation. enfournement continu (fours
continus, tournants, roulants et à
longerons) ou à enfournement par
postes (fours à cloche, fours à
sole mobile, fours de recuit en
chaudron).

Les différents procédés de


traitement thermique peuvent être
regroupés dans les catégories
suivantes : recuit, trempe et
revenu.
Traitements de recuit La structure « anormale » d’origine
peut apparaître sur de grandes pièces
Le recuit doit éviter des différences de forgées et des soudures de
concentration des éléments et donc raccordement (structure fortement
empêcher les ségrégations, en irrégulière) sur de l’acier en barres, des
particulier de soufre, phosphore, tôles brutes et intermédiaires (dont le
carbone et manganèse. En principe, refroidissement est relativement lent et
tous les atomes tendent à se répartir qui ont donc de gros grains) ou sur des
régulièrement dans la substance pièces de fonte d’acier. Les aciers
ferreuse de base si la température et le hypo-eutectoïdes jusqu’à 0,8 % de C,
temps de diffusion sont suffisants. sont chauffés à une température juste
C’est pourquoi ces deux paramètres au-dessus de la ligne G-O-S (A3) dans
sont réglés le plus haut possible : la le diagramme fer-carbone, donc à une
température est fixée juste en dessous température de 750 à 950 °C en
du solidus (1100 à 1300 °C, en fonction fonction de la teneur en C. Ils y sont
de la teneur en carbone de l’acier), et maintenus juste le temps nécessaire,
est maintenue pendant plusieurs et sont ensuite refroidis à l’air. Pour
heures (jusqu’à 40 en fonction de éviter la formation de gros grains, on
l’épaisseur de paroi de la pièce). On ne doit ni surchauffer l’acier, ni
réussit à empêcher la micro- dépasser le temps prescrit. Un
ségrégation, mais difficilement la dépassement par deux fois des lignes
ségrégation majeure car les voies de de transformation produit une structure
diffusion des éléments sont trop ferrite-perlite à grains fins.
longues pour cela. Les aciers hyper-eutectoïdes titrant à
plus de 0,8 % de C ne sont pas recuits
Ce procédé connaît des applications dans la zone austénitique mais à une
très variées, en particulier pour les température plus basse : juste au-
aciers de décolletage et la fonte dessus de la ligne S-K (A1) aux
d’acier. alentours de 750 °C. Cela provoque
aussi la formation de cémentite
En raison des valeurs très élevées de grossière autour des joints des grains.
température et de temps, la substance Les trains de laminoirs modernes
diffuse également aux joints des offrent de plus en plus la possibilité de
grains. Les grains perdent alors de leur régler précisément les températures
finesse. C’est pour cela qu’il faut, en finales de laminage et le
général, enchaîner avec un recuit refroidissement. Ceci afin que le recuit
normal. normal puisse être remplacé par ce
« laminage à guidage régulé de
Le recuit doit aussi réduire les tensions température ».
contenues dans l’acier. Celles-ci
apparaissent en particulier du fait d’un L’adoucissement doit préparer l’acier
refroidissement irrégulier qui est de façon optimale à un usinage
difficile à éviter après une soudure ultérieur par enlèvement de copeaux. Il
après la coulée, la déformation à chaud faut pour cela, en réduire la dureté. On
ou un traitement thermique, ou aussi y parvient en transformant la cémentite
suite à un cintrage irrégulier ou à un lamellaire pour la rendre granuleuse.
autre type de déformation à froid. La température de recuit se situe juste
en dessous de la ligne P-S-K (721 °C =
Les conséquences de tensions A1), ou autour de cette valeur. Pour les
résiduelles dans l’acier sont des aciers hyper-eutectoïdes, elle peut la
modifications de forme (distorsion) ou dépasser également un peu afin de
une fissuration, qui peut former de la cémentite grossière aux
éventuellement apparaître bien plus joints des grains Le temps de maintien
tard. La température de recuit est fixée doit être de plusieurs heures et le
aux environs de 600 °C afin que la refroidissement doit se faire lentement.
structure ne subisse pas de L’application de ce recuit à des aciers à
modification. Il faut ensuite laisser moins de 0,4 % de C ne serait pas
refroidir dans le four suffisamment judicieuse. Cela les rendrait trop
longtemps pour que de nouvelles tendres, de sorte que lors de leur
tensions ne puissent apparaître. usinage par enlèvement de copeaux,
ils auraient tendance au
La normalisation (recuit normal) doit « surgraissage ». Pour ces aciers, on
permettre d’obtenir une structure préfère faire un recuit à gros grains.
régulière à grains fins combinant les
meilleures propriétés de résistance et
de ténacité (« structure normale »).
Le recuit à gros grains ou « recuit
intégral » facilite l’usinage des aciers La trempe
tendres. Par un réglage à des hautes
températures de recuit, bien au dessus
de A3 (950 à 1150 °C), et un Globalement, il s’agit, pour ce procédé
refroidissement lent, on obtient des de traitement thermique, de la trempe de
grains beaucoup plus gros. transformation, car il existe parallèlement
Cela évite le « surgraissage » lors de de nombreuses autres possibilités pour
l’enlèvement de copeaux. La surface améliorer la résistance de l’acier:
reste lisse et les copeaux sont plus court. - écrouissage à froid par déformation,
- trempe à solution solide par
Le but du recuit par cristallisation est, adjonction d’éléments, en particulier
une fois de plus, d’éviter les effets d’une carbone, manganèse et chrome,
déformation à froid antérieure, c’est à - trempe à retassure dispersée ou à
dire l’écrouissage et l’allongement des particules.
grains.
La température de recuit dépend La structure atomique interne pour une
essentiellement du degré de dureté supérieure est fondamentalement
déformation, elle se situe en général la même dans tous les cas : les
entre 500 et 700 °C, et donc en dessous dislocations sont bloquées, ce qui
du niveau inférieur de transformation. En empêche toute diffusion. La trempe
faisant attention aux rapports entre la dominante dans la pratique, est la
température, le degré de déformation et trempe de transformation.
la durée du recuit, on peut obtenir un
grain fin et très régulier. En particulier, la Comme son nom l’indique, on ne peut la
recristallisation est la seule possibilité de réaliser que sur des aciers
réduire la taille des grains pour les aciers transformables ; c’est le cas de la plupart
austénitiques et ferritiques fortement des aciers, mais pas des aciers
alliés. ferritiques et austénistiques fortement
alliés.

Le procédé consiste, pour les aciers


hypo-eutectoïdes jusqu’à 0,8 % de C, à
chauffer la pièce d’acier jusque dans la
zone austénistique, donc au dessus de
la ligne G-O-S = A3 dans le diagramme
fer-carbone (750 à 900 °C selon la
teneur en C).Ensuite la pièce est
refroidie (trempée) à haute vitesse.

Comment peut-on expliquer


l’accroissement de la dureté pendant
cette étape?

Dans le fer  à surface cubique centrée,


tous les atomes de C sont dissous
régulièrement. Lors d’un refroidissement
lent, deux phénomènes se produisent : le
réseau se rabat autour de la ferrite en
réseau cubique centré et, les atomes de
C ont le temps de diffuser à partir de ces
zones et de former des lamelles de
perlite. Par contre, lors d’un
refroidissement rapide, les voies de
diffusion du carbone deviennent de plus
en plus courtes du fait que l’énergie
nécessaire à cet effet est dissipée sous
forme de chaleur, alors que la
transformation du réseau démarre de
toute façon.

On distingue ensuite les trois phases


suivantes de transformation à partir de la
zone austénistique, au fur et à mesure
de l’augmentation de la vitesse de
refroidissement:
Figure 1: Vitesse critique de refroidissement Figure 2: Niveau de dureté pouvant être atteinte
pour différentes teneurs en carbone de l’acier pour différentes teneurs en carbone de l’acier

1)Phase pertitique: Il n’y a déjà plus de refroidissement critique diminue, de


formation de grains de ferrite lorsqu’on sorte qu’en fonction du taux de C et de
augmente un peu la vitesse. Seul de la la composition de l’alliage, un
perlite formant des lamelles de plus en refroidissement à l’air peut déjà produire
plus fines apparaît. Autrefois, on de la martensite On parle, par exemple,
désignait cette structure par les termes de durcissement à l’eau ou à l’huile, ou
de sorbite (fine) et toostite (lamelles d’aciers durcissant à l’air (trempe à
encore plus fines), car les anciens l’air).
microscopes ne permettaient pas
encore d’identifier la perlite. De même, le niveau de dureté que l’on
peut atteindre dépend de la teneur en C
2) Phase intermédiaire: Elle intervient de l’acier, comme le montre la figure 2.
presque uniquement pour les métaux On observe que l’acier eutectoïde à 0 ,8
alliés, tout particulièrement lorsqu’on % de C atteint une dureté maximale.
démarre la trempe dans un bain chaud Une teneur plus élevée en carbone est
et qu’on la laisse s’y dérouler à sans incidence. Ceci est dû à la teneur
température constante (isotherme). Le croissante en austénite résiduelle dans
réseau se rabat d’abord, ensuite le l’acier.
carbone diffuse; il ne produit toutefois Pour des teneurs en C supérieures, une
pas de lamelles de cémentite, mais des partie croissante d’austénite ne se
grains extrêmement petits. Cette transforme plus pendant la trempe, de
structure intermédiaire est aussi sorte que ces aciers, outre la
appelée bainite. martensite, comportent jusqu’à 30 % de
cette composante structurelle tendre et
3) Phase martensitique: A partir d’une ductile. Pour éviter que ces valeurs
vitesse de refroidissement critique, la n’augmentent encore plus, les aciers
diffusion du carbone n’a pas du tout hyper-eutectoïdes ne doivent pas non
lieu. plus être trempés à partir de la zone
Dans le réseau cubique centré, les austénitique. Pour ceux-ci, la
atomes de C n’ont en fait pas de place ; température de trempe se situe juste au
ils restent cependant dans les dessus de la ligne S-K (A1) dans le
interstices, «tendent» le réseau et diagramme fer-carbone, donc aux
assurent ainsi une dureté élevée. environs de 750 °C.
La structure martensitique consiste, sur
la micrographie, en fines aiguilles. Se pose également la question de la
profondeur de trempe, c’est-à-dire à
On s’efforce en général d’atteindre ce quelle profondeur la trempe agit à
dernier stade. Comme il faut du carbone l’intérieur d’une pièce d’acier
pour «tendre» le réseau, on ne peut (trempabilité).
tremper que des aciers titrant à au La pièce en acier n’est en contact avec
moins 0,2 % de C. La vitesse critique de le liquide de trempe que sur son bord.
refroidissement à mettre en œuvre est De ce fait, la vitesse de refroidissement
d’autant plus élevée que le taux de C est maximale. A une certaine distance
est bas (voir figure 1). Les aciers à du noyau, on se trouve en dessous de
faible teneur en C doivent être trempés la vitesse critique de refroidissement.
à l’eau. Pour les aciers non alliés, la profondeur
A partir d’environ 0,4 % de C, il suffit de de trempe est d’environ 10 mm. Les
tremper à l’huile. Lorsque le nombre pièces de construction dont la paroi est
d’éléments d’alliage est élevé, en épaisse de 10 mm environ sont donc
particulier pour le manganèse, le trempées intégralement.
chrome et le nickel, la vitesse de
Ces valeurs sont augmentées par les pièce doit être immédiatement recuite
éléments d’alliage qui ralentissent la après la trempe à environ 150 °C
vitesse critique de refroidissement. (chaque réchauffement après la
Pour de nombreux aciers de trempe est appelé recuit).
construction, il s’agit de manganèse.
C’est pour cette raison que les aciers De nombreux aciers ont tendance à
trempés à l’eau sont qualifiés de être sensibles à la surchauffe. Dès
durcisseurs en croûte. Les durcisseurs que la température de trempe est
à l’huile ou à l’air assurent une trempe légèrement dépassée, les grains
intégrale en profondeur, même sur deviennent plus gros et il en résulte
des pièces épaisses. une fissure. C’est particulièrement le
cas pour les aciers alliés au
La trempabilité est évaluée grâce au manganèse.
test de bandes de dispersion-
trempabilité Jominy (DIN 50191). Pour Le défaut consistant en une présence
cela, on chauffe une baguette ronde de plages de moindre résistance
de 25 mm de diamètre et 100 mm de résulte d’une température de trempe
longueur à la température requise, on trop basse ou d’un déplacement
la suspend dans un dispositif de insuffisant de la pièce d’acier dans le
trempe et on arrose à l’eau sa surface produit de trempe. Dans les deux cas,
frontale. Ensuite, on mesure la dureté la surface n’est pas uniformément
sur sa face longitudinale (voir figures 3 constituée de structure dure, mais
et 4). comporte des zones tendres dues,
dans le premier cas, à des grains de
Après chaque trempe, des tensions ferrite non transformés en austénite,
apparaissent dans l’acier. Elles sont dans le deuxième cas, à une formation
dues a un refroidissement irrégulier locale de bulles de vapeur et donc,
sur la section transversale. Les par conséquent, à une vitesse de
conséquences de ces tensions sont refroidissement trop faible.
une déformation de la pièce ou même
une fissuration. Pour éviter cela, la

Figure 3: Test bandes de dispersion-trempabilité Jominy.


Figure 4: Profondeur de trempe de différents aciers.

La trempe superficielle
(trempe en surface) des coulées de métal brûlant, par
exemple du bronze, de sorte que même
Pour de nombreuses pièces de des pièces diverses et de formes
construction, la trempe intégrale en compliquées peuvent être durcies dans
profondeur n’est pas souhaitée car elle le même bain.
implique simultanément une plus grande
fragilité et une plus grande sensibilité à Ces trois procédés se ressemblent donc
la rupture (acier « diamant »). Au dans la mesure où seule la couche
contraire, on vise une haute résistance à superficielle est chauffée brièvement, et
la sollicitation par pression, à la friction et ainsi les couches plus profondes ne sont
à l’usure uniquement en surface, alors pas trempées. De plus, il est nécessaire
que le noyau doit rester ductile. que ces aciers aient une teneur minimale
Exemples typiques: roues dentées ou en carbone de 0,2 %.
arbres. La couche superficielle durcie
n’est, en général, épaisse que de 0,1 à 2 Lors de la trempe de cémentation, le
mm, de sorte que les tensions procédé de trempe superficielle
engendrées par la trempe sont moins prédominant, on vise une dureté
nombreuses. superficielle et une ductilité de noyau
Une trempe locale est aussi possible extrêmement élevées, C’est pourquoi
uniquement à l’emplacement du palier l’on part d’un acier comportant un
d’un arbre. maximum de 0,25 % de C (acier de
cémentation), qui en fait ne peut donc
La trempe en surface est réalisée selon pas du tout être trempé. Lors d’une
plusieurs procédés. première étape, la couche superficielle
est récarburée (cémentée) et elle est
Lors d’un durcissement à la flamme, des ensuite la seule à subir une trempe.
brûleurs à gaz chauffent la pièce
brièvement et donc à faible profondeur ; La cémentation est réalisée dans des
juste après, on refroidit par jet d’eau. produits de recarburation solides
Pour un durcissement par induction, le (charbon de bois + additif), liquides (sels
réchauffement est réalisé grâce à des au cyanure en fusion) ou surtout gazeux
bobines à haute fréquence. Ces deux (gaz naturel + additifs ; propane). La
procédés sont appliqués lors de la température requise se situe dans la
fabrication en série sur des machines de zone austénitique, donc au dessus de A3
trempe, et les dispositifs de chauffage et (environ 900 °C) et il faut plusieurs
les jets d’eau sont alors adaptés à la heures. On s’efforce d’avoir une teneur
forme des pièces d’acier concernées. en C de 0,6 à 0,8 % dans la couche
Par contre, lors de la trempe par superficielle ; car on atteint ainsi la
immersion, on plonge brièvement les dureté maximale (voir figure 2).
pièces dans
La trempe de la couche superficielle température d’environ 550 °C, on laisse
après la cémentation a lieu le plus l’azote diffuser dans l’acier ; à savoir soit
simplement possible, c’est-à-dire par à partir d’ammoniaque gazeux
trempe à partir de la température de (nitruration au gaz ; durée environ 50
cémentation. On obtient toutefois un heures) , soit à partir de bains cyanurés
noyau à grains gros, avec un (nitruration par bain ; durée environ 2
dépassement de temps de trempe dû à heures). L’azote prend alors une forme
la longue cémentation. On obtient aussi atomique qu’il ne présente pas à son état
de la martensite à gros grains en gazeux pur N2. Les aciers utilisés doivent
surface, du fait qu’on a trempé à partir être spécialement alliés car il faut éviter
d’une température trop élevée. On peut la formation de nitruration ferreuse à
éviter ces inconvénients qualitatifs de cause de la plus grande fragilité qu’elle
deux manières : soit en utilisant des induit. Seuls l’aluminium et les nitrates
aciers de cémentation alliés et donc à de chrome sous forme de grains fins
grains fins pour une trempe directe, soit permettent d’augmenter la dureté
en utilisant un autre procédé de trempe. (trempe à retassure dispersée). Une
Lors de la trempe simple, on refroidit la trempe supplémentaire n’est pas
pièce en acier après la recarburation à nécessaire comme pour la trempe
l’air. On chauffe à la température de martensitique, parce que la couche
trempe correspondant au bord cémenté nitrurée est déjà dure. C’est pourquoi il
(environ 750 °C), et on trempe. Pour ne se produit pas non plus de tensions
obtenir un noyau à grains encore plus dues à la trempe. Cela confère à la
fins, on peut aussi normaliser avant la nitruration un avantage important : ce
trempe superficielle : bref réchauffement procédé peut être appliqué sur la pièce
à environ 900 °C et refroidissement lent usinée finie. Comparativement à la
(réaffinage du noyau). Le procédé trempe de cémentation, la couche
encore plus coûteux de la double trempe superficielle est plus mince et
est de moins en moins appliqué. sensiblement plus dure (voir figure 5). De
plus, la dureté de la couche nitrurée
Dans tous les cas, on doit recuire à reste constante jusqu’à une température
environ 150 °C pour éviter des tensions d’exploitation d’environ 500 °C, alors que
dues à la trempe. La trempe par la couche de cémentation devient tendre
nitruration ne repose pas sur la dureté à partir de 300 °C.
martensitique issue du carbone. A une

Figure 5: Déroulement de la trempe lors de la trempe de cémentation et de nitruration


Figure 6 : diagramme d’affinage, schématique

Lors de la nitruration au carbone, le


carbone et l’azote pénètrent ensemble L’affinage
dans la pièce en acier, et cela à partir
d’un bain de sels (cyanure, par exemple, Comme déjà indiqué à propos de la
cyanure de potassium KCN) ou d’un trempe superficielle, dans de
mélange gazeux entre 650 et 800 °C. nombreuses pièces d’acier, la dureté
Plus la température est élevée, plus le « diamant » de la martensite n’est pas
carbone diffuse à l’intérieur. L’acier n’a souhaitable car elle augmente la fragilité
pas besoin d’être allié, mais il doit être et donc la sensibilité à la rupture. La
trempé après la carbo-nitruration. combinaison d’une forte dureté et d’une
L’avantage, par rapport à la trempe de ductilité élevée serait l’idéal mais elle
cémentation, consiste en une n’est pas réalisable. Pour l’acier, on peut
température de trempe plus basse et un aboutir à de bons compromis : par une
produit de trempe assez doux réduisant trempe en surface, par affinage et alliage
les tensions. (particulièrement dans les aciers pour
construction chrome-nickel).
Lors de la boruration, le bore sous forme
d’alliages borurés pulvérulents L’affinage consiste en deux phases, une
(spécialement du carbure de bore) phase de trempe, suivie d’une phase de
pénètre à une température de 800 à chauffage (recuit) à une température en
1000 °C dans l’acier. Les borures de fer dessous des transformations, en général
de la couche superficielle entraînent une 400 à 650 °C. En raison de la trempe,
dureté et une résistance à la température une teneur minimale en carbone de 0,2
plus importantes que la couche nitrurée % est requise dans les aciers affinés.
(1600 à 2500 HV, épaisseur de couche Grâce au recuit, les atomes de C
en fonction du temps de recuit de 0,1 à forcément retenus dans la martensite
0,8 mm). sont de plus en plus amenés à se diviser
en cémentite. C’est pourquoi la
Tous les procédés de trempe en surface résistance à la traction Rm et la limite
améliorent considérablement la durabilité élastique Re de l’acier diminuent par
des pièces en acier du fait qu’une rapport à l’état durci, mais, en particulier,
couche superficielle dure limite la sollicitation par choc sur entaille Av
l’apparition de criques dues à la fatigue. ainsi que l’allongement à la rupture Z
augmentent considérablement. Ces
modifications de propriétés lors du recuit
sont représentées pour les différentes
qualités d’acier dans des diagrammes
d’affinage (voir figure 6, schématique)
Le consommateur d’acier peut donc, en
fonction de cela, sélectionner les Diagrammes TTT
propriétés de résistance qui lui
conviennent dans une gamme très large. Il ressort des sections précédentes que
Si on compare ces valeurs avec la la vitesse de refroidissement a une
structure de départ à recuit normal, la influence primordiale sur les structures
résistance à la traction demeure susceptibles d’être obtenues. On ne peut
constante, la limite élastique, la pas déduire ces relations du diagramme
sollicitation par choc sur entaille et fer-carbone, car celui-ci n’est applicable
l’allongement à la rupture s’améliorent. que pour un refroidissement très lent.
Pour le déroulement pratique de
Cela tient à la structure d’affinage nombreux procédés de traitement
régulière à granulosité fine. Selon le thermique, les diagrammes de
produit de trempe utilisé pour le transformation temps-température sont
durcissement, on parle de trempe à plus significatifs.
l’eau, à l’huile ou à l’air. Par l’affinage en
profondeur d’une pièce d’acier, on peut On distingue deux types de diagrammes
obtenir ce résultat sans trempe en TTT, à savoir continus et isothermes.
profondeur si de la sorbite ou de la Selon que le refroidissement a lieu à
troostite se sont formées dans le noyau. partir de la température austénistique
(juste en dessous de A3) à une vitesse
régulière, ou selon que l’on trempe
d’abord la pièce d’acier à vitesse rapide
jusqu’à une certaine température. Cette
dernière étape est faite de tel sorte
qu’aucune transformation ne se produise
et qu’elle soit isotherme (à température
constante) jusqu’à la transformation.

Figure 7 : Diagramme continu TTT d’un C 45.


Figure 8 : Diagramme isotherme TTT d’un C 45

Les figures 7 et 8 montrent chacune un


exemple pour un acier à environ 0,4 % 330 HV. C’est seulement lors du
de C. Dans les deux cas, le temps est refroidissement rapide à l’eau selon la
indiqué en face de la température, sur courbe 3 qu’apparaît exclusivement de la
une échelle logarithmique. martensite avec une dureté de 600 HV.

Les transformations dans le diagramme


Dans le diagramme TTT continu, les isotherme TTT doivent être lues à
processus au cours du refroidissement l’horizontale. Ainsi apparaissent à une
ne peuvent être lus que le long des température maintenue à 650 °C, 5 % de
courbes de refroidissement issues de la ferrite et 95 % de perlite avec une dureté
température austénitique (environ 820 de 200 HV ; à 400 °C exclusivement une
°C). En l’occurrence, la courbe 1 signifie structure intermédiaire, avec une dureté
à un refroidissement très lent, la courbe de 350 HV et à 200 °C seulement de la
3 à un refroidissement rapide. Si l’on martensite avec une dureté de 600 HV.
suit, par exemple, la courbe 1 qui
concerne le refroidissement à l’air, on En comparant les deux diagrammes, on
voit qu’au bout d’environ 1000 secondes, constate qu’une transformation complète
à environ 750 °C, l’austénite commence en perlite ou en structure intermédiaire
à se transformer en ferrite. Il apparaît n’est possible que lors d’un
environ 60 % de ferrite, les 40 % restants refroidissement isotherme. Pour les
d’austénite se transforment ensuite en aciers alliés, le diagramme TTT se
perlite à une température un peu plus modifie principalement dans la mesure
basse. La dureté de la structure après ce où les zones de perlite et de structure
traitement thermique qui correspond à la intermédiaire se séparent nettement
norme, est de 180 HV. l’une de l’autre et les temps d’action sont
prolongés dans les deux zones. Ces
La courbe 2 correspond à un structures peuvent être déterminées
refroidissement à l’huile. Après environ 5 ainsi même en cas de refroidissement
secondes, la transformation de continu. De toute façon, un diagramme
l’austénite en ferrite commence à 650 TTT n’est valable que pour une certaine
°C, mais seulement pour 5 % de celle-ci, qualité d’acier, alors que le diagramme
ensuite la majeure partie se transforme fer-carbone est applicable pour tous les
en perlite (65 %). Entre 550 et 300 °C, un aciers non alliés.
taux de 20 % de structure intermédiaire
apparaît et, à partir de 300°, encore 10 Quelques autres procédés de traitement
% de martensite. La dureté est thermique importants peuvent être
maintenant de expliqués très clairement grâce au
diagramme TTT.
On effectue un patentage (courbe 1 de la s’équilibrent dans une large mesure, de
figure 9) pour rendre le fil d’acier plus sorte que les risques de distorsion et de
résistant à la traction lors son étirement fissuration sont réduits. Avant de parvenir
ultérieur. Pour cela, on le trempe, à partir à une transformation en structure
de la température austénistique, dans un intermédiaire, on continue à refroidir à
bain de plomb ou de sels à environ 500 °C l’huile ou à l’air et c’est alors seulement
et on l’y maintient jusqu’à transformation que la martensite se forme.
complète en perlite à fines lamelles
(sorbite ; patentage en bain). Pour le Lors de l’affinage intermédiaire (courbe 3,
patentage à l’air, on part d’une figure 9), on trempe également dans un
température nettement supérieure à A3, on bain salin ou métallique dont la
refroidit en continu à l’air et on obtient la température se situe dans une fourchette
même structure. Pour la trempe en bain contenant la phase intermédiaire. Le
chaud (courbe 2, figure 9), l’acier est risque de fissuration lors de la trempe se
trempé dans un bain salin ou métallique réduit alors aussi de façon notable. On
dont la température se situe juste en peut dès lors se passer d’un recuit
dessous de la température martensitique ultérieur. Outre une dureté importante, la
(environ 200 à 250 °C). Pendant le temps structure bainitique assure une excellente
de maintien, les tensions dues à la trempe ténacité.

Figure 9: Quelques procédés de traitement thermique dans le diagramme TTT.

Vous aimerez peut-être aussi