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REPUBLIQUE DU CONGO

Unité * Travail * Progrès


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REVUE DE LA SECURITE
SOCIALE

Kintélé, 10 février 2022


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Quel intérêt donner à cet état de lieux ?
→N’est ce pas l’occasion :
✓ d'avoir un éclairage sur les données de la sécurité sociale au
Congo… ;
✓ de poser le cadre des sujets à traiter par la Revue …
Sans aucun doute !
Car en fait, que vise la présente Revue de la sécurité sociale ?
→Sans plus, ni moins et rien d’autre que :
Examiner la portée des réformes engagées
et particulièrement les conditions de leur mise en œuvre.
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Que faut-il pour ce faire ?
1. Evoquer brièvement l’histoire de l’émergence de la sécurité
sociale au Congo, afin de saisir les différentes étapes de son
évolution ;
2. Ausculter le système en place, pour appréhender les progrès
réalisés, mais surtout, les contraintes et limites de sa pleine
émancipation ;
3. Tracer les perspectives et les défis à relever, pour un système
plus efficient, à la hauteur des attentes.

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Une question :
→ Comment la sécurité sociale a-t-elle fait son apparition au Congo…. ?
Mais avant cela :
→ De la protection sociale à la sécurité sociale, nombre de concepts
sont souvent employés : Protection sociale, prévoyance sociale,
sécurité sociale, couverture sociale…
Quelles différences ? Quelles similitudes ? Quelles complémentarités… ?
→ Comment au travers de tout ça, définir le périmètre et la
problématique de la Revue.
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Mais à dire vrai :
→ qu’il s’agit de politique (sociale), de mécanisme (prévoyance), d’institution
(sécurité sociale) ou de méthode (couverture),
→ toutes ces notions convergent vers le même objet,
A savoir :
→ Protéger les individus contre la survenance d’un risque ou d’un besoin social.
Pour faire simple :
Il y a protection sociale :
→ parce qu’il faut mettre en œuvre des actions (mécanisme de prévoyance sociale)
qui permettent aux individus ou aux ménages de faire face financièrement aux
conséquences des risques sociaux qu’ils rencontrent.
C’est dire :
→ Que dans un état parfait, il n’y a pas de risque ou de besoin social à craindre et
donc pas de dispositif d’accompagnement (politiques sociales) pour y faire face.
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Or, la réalité du monde est tout, sauf parfait :
→ Des situations ou des évènements qui perturbent la situation
économique des individus ou des ménages, par augmentation des
dépenses et/ou la diminution des ressources, s’avèrent inéluctables.
Ces situations, qualifiées de risques sociaux, peuvent être d’origine :
→ professionnelle : accidents du travail, maladies professionnelles ;
→ non professionnelle : vieillesse, invalidité́, maladie, maternité, décès,
veuvage ;
→ économique : chômage.
Sans aucun doute,
→ Ces clarifications vont permettent de cerner la portée du régime de la
sécurité sociale au Congo.
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le processus de la sécurité sociale en tant service public de l’Etat,
→ connait son apparition au Congo à l’époque coloniale, par la
branche de retraite, avec :
↓ le décret du 13 mai 1941
portant création de la caisse de retraite du personnel
indigène de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) ;
↓ le décret n°52-1368 du 22 novembre 1951
portant création de la caisse locale de retraite de l’Afrique
Equatoriale Française (AEF).

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Décret n°60-29 du 04 février 1960, portant création de la caisse
1 de retraite de la République du Congo
Décret n°60-264 du 15 septembre 1960, portant institution
2 d’une caisse spéciale de Retraite des Gardes Républicaines
Ordonnance n°62-25 de 1962, instituant la branche de pension
3 de vieillesse, d’invalidité et de décès ;
Décret n°62-126 du 07 mai 1962, portant sur le règlement des
4 pensions des forces armées congolaises.
Décret n°84/891 du 12 octobre 1984, portant organisation et
5 fonctionnement de la Caisse de Retraite des Fonctionnaires

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Il a fallu attendre 1986, pour doter le pays d’un code de la sécurité sociale, avec la
loi n°004-86 du 25 février 1986, instituant un régime avec quatre branches :
1. Une branche des prestations familiales chargée
du service des prestations familiales de
maternité ;
2. Une branche des risques professionnels chargée
du service des prestations en cas d’accident du
travail ou de maladie professionnelle ;
3. Une branche des pensions, chargée du service
des prestations de vieillesse, d’invalidité et de
décès ;
4. Toute branche qui pourra être créée par la loi.
C’est cette loi qui crée la Caisse nationale de sécurité sociale, en tant que organe de
gestion, ayant le statut d’établissement public à caractère social, doté de la personnalité
civile et de l’autonomie financière.
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En 1987, le système de sécurité sociale est renforcé avec :
→ le décret n°87/447 du 19 août 1987 portant création, organisation et
fonctionnement de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF).
Et plus récemment,
Dans le cadre de la refondation de la sécurité sociale :
⇢ visant à apporter une meilleure réponse aux préoccupations de la
protection sociale,
⇢ il est promulgué la loi cadre n°31-2011 du 15 juillet 2011 instituant le
système de la sécurité sociale,
⇢ qui permet d’instituer d’autres régimes obligatoires et non obligatoires
devant couvrir les aspects essentiels de la sécurité sociale.
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LA NOUVELLE CONFIGURATION DE LA PROTECTION SOCIALE

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Les quatre nouvelles lois adoptées se déclinent ainsi :
Branches de retraite
1. Loi n°11-2012 du 04 juillet 2012, portant institution du régime
des pensions des agents de l’Etat :
➢ avec pour organisme de gestion :
• la Caisse des pensions des agents de l’Etat (CPAE)
➢ en remplacement :
• de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF)

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2. Loi n°18-2012 du 22 août 2012, portant institution du régime des
risques professionnels et des pensions des travailleurs du secteur
privé,
➢ avec pour organisme de gestion :
• la Caisse des risques professionnels et des pensions des
agents du secteur privé (CRPP)
➢ en remplacement des branches gérées par la CNSS, à savoir :
• la branche vieillesse, invalidité et décès ;
• la branche des risques professionnels (accidents de travail et
maladies professionnelles).

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3. Loi n° 10-2012 du 4 juillet 2012 portant institution du régime de la famille et de
l’enfance en difficulté (RFED)
avec pour organisme de gestion :

→ la Caisse de la famille et de l’enfance en difficulté (CAFED)

N.B : Précédemment géré dans une certaine mesure par la CNSS et la CRF

✓ Grâce à ce régime :
→ les familles sans ressources ou ayant des revenus faibles, et qui ont la charge
d’un ou de plusieurs enfants,
✓ bénéficieront de l’allocation prénatale,
✓ de la prime à la naissance,
✓ de l’allocation de soutien familial,
✓ de l’allocation de rentrée scolaire et de l’allocation familiale.

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4. Loi n° 37-2014 du 27 juin 2014 instituant le régime d’assurance
maladie universelle (RAMU)
Ce régime :
→ consacre sur les principes de solidarité nationale, d’égalité des affiliés en ce
qui concerne les droits, la contribution et la mutualisation des risques et
des ressources,
→ couvre, au bénéfice des assurés sociaux et de leurs ayants droits, l’accès
aux soins de santé dans les secteurs publics et privés à l’exception des
risques liés aux accidents de travail et aux maladies professionnelles ;
→ est financé par les cotisations des employeurs et des travailleurs du secteur
privé, des travailleurs indépendants et professions libérales, des étudiants,
de l'Etat employeur et des agents de l'Etat, des titulaires de pensions.
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En synthèse, pour son volet sécurité sociale :
le système congolais de protection sociale, garantit :
1. des prestations d'assurance invalidité-vieillesse-décès (survivants),
2. des prestations d'accidents du travail et des maladies
professionnelles ;
3. des prestations familiales et des indemnités journalières de
maternité ;
4. des soins de santé à toute la population assurable à l'Assurance
Maladie Universelle obligatoire.
Mais qu’en est-il concrètement sur le terrain ?
Autrement, que révèle le vécu au quotidien des assurés sociaux ?
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Et c’est là que la difficulté commence :
Premièrement :
❑ Les seuls organismes de prévoyance sociale qui fonctionnent, la
CNSS et la CRF :
• n’existent pas, parce que dissouts par la loi ;
• existent pour besoin de transition jusqu’à la mise en place de
la Caisse de la famille et de l’enfance en difficulté (CAFED).
❑ Or à cette transition, il n’est rattaché aucun délai…
❑ Situation déjà épinglée par le forum sur le retraite de décembre
2018.
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Deuxièmement :
Selon la Directive de la Conférence interafricaine de prévoyance sociale (CIPRES) :
→ les OPS des Etats membres doivent se conformer au socle juridique
communautaire adoptées en décembre 2019.
Or, c’est bien loin d’être le cas au niveau national.
→ Le Congo, comme d’autres Etats membres, devrait à l’horizon 2023, finaliser
l’harmonisation de la législation nationale en matière de sécurité sociale avec
le socle juridique CIPRES.
C’est dire que :
→ Les textes adoptés, relatifs aux nouveaux régimes de sécurité sociale, doivent
connaître un réaménagement en profondeur, tant du point de vue :
• de la gouvernance des caisses qui vont les porter
• que du périmètre des prestations sociales à livrer.
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Troisièmement :
Parler de l’effectivité de la sécurité sociale aujourd’hui :
❖ C’est uniquement parler de la CRF et de la CNSS,
→ en attendant leur mutation vers la CPAE et la CRPP ;
→ le travail d’harmonisation des textes étant en cours.
❖ La CAFED ?
→ elle attendra d’être mise en place, quelques prestations étant
assurées par la CRF et la CNSS en phase transitoire…
❖ La CAMU ?
→ l’amorce de façon graduelle, certainement dans les prochains mois,
→ à l’issue principalement des travaux de construction de son système
d’information
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ALORS, QUE DIRE SOMMAIREMENT DE LA CRF :
❖ Statut : Administration publique avec autonomie de gestion
Elle est chargée de :
1. Gérer la branche des pensions des retraités fonctionnaires, force
publique et assimilés :
→ au rythme des paiements des pensions : la question de la
mobilisation des ressources se pose ;
2. Développer l’action sanitaire et sociale en faveur des retraités :
→ Réalisation encore mitigée en raison de la faiblesse des ressources
3. Rentabiliser les fonds disponibles :
→ Aujourd’hui, simplement impensable pour absence d’excédent de
trésorerie.
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❖ La CRF compte :
• une direction générale,
• cinq (5) directions centrales,
• onze (11) directions départementales
• et dix (10) agences.

❖ Comme effectifs :
la CRF dénombre près de 650 agents dont :
• 120 fonctionnaires ;
• 176 contractuels ;
• 354 décisionnaires.
Certainement un rapprochement de la taille aux activités à réaliser, laisserait entrevoir une
autre démesure… mais l’avènement de la CPAE y remédiera sans aucun doute.

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❖ Au regard de son décret (n°87/447 du 19 août 1987) :
Les ressources financières de la CRF sont constituées principalement de :
→ retenues prélevées sur le traitement des assujettis : 5% du traitement
indiciaire ;
→ contributions de l’Etat-employeur : 10% du même traitement.
Est-ce suffisant, pas suffisant ?
La question se pose face aux prestations sociales à assurer.
❖ Le même décret précise les ressources additionnelles de la CRF :
→ produit des amendes, saisies et confiscation en matière de douanes ou de
contributions directes ;
→ revenus des placements mobiliers effectués ;
→ revenus des placements immobiliers ;
→ ressources extraordinaires.
Quelle effectivité sur le terrain ? Non saisissable !
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❖ Présentement, la CRF a en charge :
→Plus de 42 000 pensionnés hors en instance de prise en charge ;
→Pour un besoin mensuel hors fonctionnement de : 10 848 000 000 FCFA
→Le gap mensuel est de 6 800 000 000 FCFA
❖ les principaux affiliés sont :
→l’Etat employeur et 38 organismes assimilés nationaux et internationaux.

❖ Les créances à ce jour de la CRF sur ses affiliés avoisinent :


→110 757 303 590 FCFA,
→Contre : 70 581 421 738 FCFA de prestations dues à ses pensionnés.
Cette situation montre combien la Revue devra aboutir à des approches
nouvelles de financement.
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ET QUE DIRE AUSSI, SOMMAIREMENT DE LA CNSS :
❖ Statut : Administration publique avec autonomie de gestion établissement
public doté d’une autonomie financière
❖ Elle gère au profit des travailleurs du secteur privé et des contractuels des
organismes assimilés, trois branches à savoir :
→ la branche vieillesse, invalidité et décès ;
→ la branche des risques professionnels (accidents de travail et maladies
professionnelles) ;
→ la branche des prestations familiales.
❖ Le taux de cotisation sociale est de 24,28% dont :
→ 20,28% à la charge de l’employeur et
→ 4% à la charge du travailleur.
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❖Présentement, la CNSS a en charge plus de :
• 43 000 pensionnés et ayants droit
• 3 000 rentiers et ayants droit
• 8 000 allocataires
Pour une incidence financière trimestrielle d’environ : 16 000
000 000 FCFA
❑Ses affiliés sont environ 37 000 employeurs dont :
• Etat (contractuels) ;
• Sociétés privées ;
• Etablissements publics et semi-publics.
❑Les créances sur les affiliés sont estimées après titrisation :
• 50 000 000 000 FCFA
• Contre des prestations dues de : 80 000 000 000 FCFA
En résumé, la situation actuelle de la CNSS
Situation par
Branches de la sécurité sociale Cotisations Dépenses sociales
branche
Retraite CNSS 35 895 243 529 60 742 901 454 -24 847 657 925
Accidents de travail - maladies
6 730 358 162 2 113 607 304 4 616 750 858
professionnelles CNSS
Famille CNSS 30 002 441 050 1 323 791 510 28 678 649 540
Total 72 628 042 741 64 180 300 268 8 447 742 473
→ La branche retraite est gravement déficitaire
→ Les excédents de la branche risque professionnel ne couvre par le déficit de la retraite.
→ La CNSS n’existe que du fait de la branche famille qui sera désormais gérée par la
CAFED
→ Quid ? Que deviendra la CRPP, au niveau actuel des données.
→ Grand défi pour les participants à la Revue…
Comme perspectives :

✓ Régime des pensions des agents de l’Etat ;


✓ Régime des risque professionnels et des pensions du secteur privé ;
✓ Régime de l’assurance maladie universelle ;
✓ Régime de la famille et de l’enfance en difficulté.

Les OPS devant gérer les nouveaux régimes sont désormais :


✓ des établissement publics à caractère administratif,
✓ dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière,
✓ avec pour organe de gestion un conseil d’administration avec des comités
spécialisés et une direction générale.
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Comme défis :
1. Pour la CPAE :
→ Intégrer dans les prestations les risques professionnels ;
→ Prendre en charge de tous les agents de l’Etat (fonctionnaires, force publique
et non fonctionnaires)
2. Pour la CRPP :
→ Affiliés et couvrir tous les assujettis relevant du code de travail ;
→ Se réorganiser à la suite du retrait des contractuels de l’Etat (désormais gérés
par la CPAE).
3. Pour la CAMU :
→ Réussir la construction du système d’information, gage incontournable du
projet ;
→ Planifier un déploiement progressif en raison de la masse des assurés (plus de
3 millions estimés à maturité du régime).
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4. Pour la CAFED :
→ Prestations non contributives ou pas des bénéficiaires ?
→ Lancement assujetti aux résultats de l’étude actuarielle.
5. Pour la tutelle :
(1) Finaliser l’harmonisation de la législation nationale au socle juridique de la CIPRES ;
(2) Rendre opérationnel tous les régimes de sécurité sociale ;
(3) Relever le défi crucial du financement des branches ;
(4) Garantir la gouvernance et l’équilibre des régimes ;
(5) Réaliser une étude actuarielle pour un paramétrage idoine des indicateurs ;
(6) Faut-il s’ouvrir vers une loi spécifique de financement de la sécurité sociale ?
(7) Consacrer le comité national de financement des prérogatives puissantes pour
coordonner les niches de financement au profit de tous les régimes ;
(8) Initier l’extension de la sécurité sociale aux populations non couvertes ;
(9) Réglementer la retraite complémentaire, l’assurance maladie complémentaire.
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