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Cours : Diagnostic Financier

Professeure : Dr. Habiba Mrissa Bouden

Correction
Étude cas
4. Analyse :
a. Analyse de la structure du bilan
L’actif immobilisé est assez faible malgré l’effort d’investissement réalisé en 2007 (59 880 →
88 260). La valeur de l’actif immobilisé reste au-dessous de la norme (26,8%, 25,3% et 25% <
30%). Cette situation est due au gonflement du niveau des valeurs d’exploitation (stocks) qui
n’ont cessé de croître tout au long de la période étudiée (35,4% → 45,7% → 51%) dépassant
ainsi les normes sectorielles (35%). Les créances ont baissé au-dessous de la norme pour les
années 2006 et 2007 (25,4% et 22% contre 28% comme norme). De même, la liquidité quant à
elle a connu une chute considérable pour ces deux années malgré la bonne situation en 2005
(7,5% → 3,6% → 2% avec une norme de 7%).
Le passif indique que l’endettement a augmenté en globalité (total passif ↑) au cours de la
période. Seulement, cet endettement est presque exclusivement à CT. Les dettes à CT sont en
hausse continue et dépassent en 2007 les normes du secteur (53,5% et la norme est de 40%).
En revanche, les DLMT restent au-dessous de la norme et ne cessent de se dégrader (7,5% →
4% → 2,5%) (Remboursement annuel de 600).

b. Analyse de l’équilibre financier et de son évolution


En 2005, l’entreprise est en équilibre à LT et aussi à CT, sa marge de sécurité lui permet de
couvrir la totalité de son BFR et dégage une trésorerie positive. L’augmentation du FR en 2006
a été accompagnée d’une hausse plus que proportionnelle du BFR et la trésorerie devient
négative. En 2007, la situation est aggravée, un déséquilibre énorme à CT (trésorerie négative
: - 51 000) ; la diminution du FR est due à une augmentation de l’investissement (59 880 → 88
260) qui n’as pas été suivie par une évolution parallèle suffisante des ressources permanentes.
Le BFR était tout au long de la période très élevé et ne cesse de croître à cause de l’importance
des stocks. Cette situation a conduit à un recours excessif aux dettes financières à CT pour
couvrir ce déficit et par conséquent à une détérioration de la trésorerie de l’entreprise.

c. Définition de la problématique ou détection des anomalies


A travers l’analyse précédente, on constate une évolution plus rapide des dettes à CT que celle
de l’actif courant ; c'est-à-dire des ressources à CT sont utilisées pour financer une partie des
emplois stables. Cette mauvaise allocation des ressources aura vraisemblablement un effet
négatif sur la liquidité et la rentabilité de l’entreprise. De plus, on constate un niveau gonflé des
stocks et un problème d’écoulement des produits. La quantité de produits en magasin a doublé
en 2006 et a été multiplié par 4 en 2007.

d. Analyse par la méthode des ratios


- Analyse de la liquidité

La liquidité de l’entreprise est en baisse sur la période d’étude surtout au niveau de la liquidité
immédiate qui a connu une détérioration vertigineuse. La grande différence entre le ratio de
liquidité générale et le ratio de liquidité réduite (1,29 en 2005 ; 1,19 en 2006 et 0,95 en 2007)
reflète l’importance des stocks dans l’actif de l’entreprise ; cette information est justifiée par la
diminution du ratio de rotation du stock (13,76 → 9,6 → 5,12) qui baisse au-dessous de la
norme en 2007 (NS : 7).
Le DMRC indique que l’entreprise a essayé d’assouplir sa politique de crédit (↑ DMRD : 28 j
→ 30 j → 38 j) vis-à-vis de ses clients pour encourager les ventes (585 000 → 607 800 → 612
000). Bien qu’elle arrive à atteindre en partie ce but, le stock reste gonflé (35 000 → 68 000 →
128 000) ; d’où l’entreprise doit réviser sa politique de gestion et de distribution.

- Analyse de la solvabilité
Le ratio d’endettement ne cesse d’augmenter tout au long de la période d’étude sans pour autant
dépasser la moyenne du secteur malgré la monté en flèche des dettes fournisseurs (46 800 →
67 380 → 129 960) et des dettes à CT (2 400 → 23 400 → 58 800). Cette situation est due
essentiellement au ralentissement des DLMT qui restent en dessous de la norme.
L’accroissement des dettes fournisseurs, justifiée également par l’augmentation du DMRD (50
j → 68 j → 133 j), présente deux inconvénients majeurs à savoir la détérioration de l’autonomie
financière et de la rentabilité due essentiellement au manque à gagner (escompte er remise de
règlement au comptant) et aux charges financières.
La capacité d’emprunt de l’entreprise n’as pas encore atteint son maximum (0,92 → 0,93 →
0,94 avec une norme de 0,67) et l’entreprise peut augmenter ses dettes surtout du type à LMT
qui restent faibles par rapport aux normes. L’autonomie financière de l’entreprise demeure
également au-dessous de la norme (0,5 ; 0,74 et 1,27 contre une norme de 1,5), ce qui justifie
le point de vue d’augmenter la valeur des dettes.
En ce qui concerne la garantie offerte par l’entreprise aux bailleurs de fonds, elle n’a pas
beaucoup changé à cause de la faiblesse du niveau d’endettement à LT. Pourtant, elle est
inférieure à la norme et confirme la possibilité de s’endetter davantage.

- Analyse de la rentabilité

La capacité bénéficiaire de l’entreprise a connu un une dégradation importante (12,5% →


10,15% → 5,6%) à cause de la chute de la rentabilité des investissements (baisse de la rotation
de l’actif et de la rentabilité économique) puisque la rentabilité des ventes (ratio de marge nette
est presque dans la norme (3,8% → 3,95% → 3,23% contre une norme de 4%). Ceci étant, le
système Dupond montre que la rentabilité de l’entreprise est le concours de la rentabilité des
ventes et celle de l’actif.
La rentabilité financière ou rémunération des actionnaires ne cesse de baisser et reste inférieure
à la moyenne du secteur pour les années 2006 et 2007. Cette situation décourage les
investisseurs potentiels à investir dans l’entreprise et à limiter les sources de financement pour
l’entreprise. Ces mêmes investisseurs peuvent également être réticents à investir à cause de la
faiblesse de la rentabilité de l’actif.

e. Suggestions et recommandations.

La situation globale de l’entreprise est en dégradation surtout au niveau de la liquidité et de la


rentabilité des investissements. Le niveau d’endettement à CT est très élevé au détriment des
dettes à long et moyen terme. Le niveau des stocks s’avère gonflé et ne cesse de croître ce qui
justifie un problème de distribution. Toutefois, l’entreprise n’a pas encore perdu son autonomie
financière. De même, sa capacité d’endettement n’a pas dépassé sa limite. Pour redresser la
situation de l’entreprise, les dirigeants doivent d’abord promouvoir les ventes afin de réduire
les stocks et le niveau du BFR et d’utiliser les recettes provenant des ventes pour régler les
dettes à CT. Ensuite, ils peuvent contracter un nouvel emprunt à LMT pour améliorer le FR et
par conséquent la rentabilité de l’actif.
II. Deuxième question

1. Point de vue du fournisseur :

L’avis doit être basé sur l’analyse des ratios de liquidité : la liquidité a connu une détérioration
importante au cours de la période. L’endettement à CT est élevé. En tant que fournisseur, il est
conseillé de refuser la vente de MP à la société "JOUDA" surtout que cette dette va augmenter
l’endettement à CT de l’entreprise.

2. Point de vue du bailleur de fonds

L’avis doit être basé sur les ratios de solvabilité en premier lieu et de rentabilité en second lieu
surtout qu’il s’agit d’un emprunt à LT. L’endettement à LT est faible mais la rentabilité est
médiocre. En tant que compagnie d’assurance, la réponse doit en principe s’orienter vers le
refus sauf dans le cas ou l’entreprise arrive à résoudre rapidement le problème d’écoulement
des stocks et la réduction de ses dettes à CT.

3. Point de vue de l’actionnaire potentiel

La réponse doit être en premier lieu basée sur l’analyse des ratios de rentabilité et en second
lieu sur l’analyse des ratios de solvabilité. La rentabilité financière est faible et ne cesse de se
dégrader, celle de l’actif est aussi en baisse. Le niveau d’endettement est globalement
acceptable. En tant que nouveau associé, il est préférable de participer dans les entreprises
concurrentes plutôt que dans la société "JOUDA".

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