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Fiche Prévention – D3 F 06 19

Etaiement de génie civil


Conception

Cette fiche a pour but de passer en revue les différentes formes d’étaiement de génie civil
ainsi que la normalisation qui contribue à la sécurité des tours.

Introduction
L’étaiement de génie civil se distingue de celui du bâtiment par le fait que les charges à reprendre
sont plus conséquentes et que les hauteurs d’étaiement sont plus grandes. Ainsi, il est rare, dans le
bâtiment, d’avoir à effectuer des dalles en béton de plus de 30 cm d’épaisseur contrairement au génie
civil. De même, la hauteur de coffrage du bâtiment est rarement supérieure à 6 mètres alors que cela
est courant dans le génie civil et les ouvrages d’art. D’autre part, on est confronté à des dalles en
pente sur les ouvrages d’art, ne serait-ce que pour l’écoulement des eaux pluviales. Il y a donc une
caractéristique dans l’étaiement de génie civil qui conduit à utiliser du matériel spécifique.

Les différents types d’étaiement de génie civil


Compte tenu des charges à soutenir et des hauteurs d’étaiement importantes, le matériel que l’on
rencontre en génie civil est le suivant.
• Étais métalliques pour forte descente de charges. Ce sont des poteaux provisoires, de section
carrée ou triangulaire, généralement utilisés sur les chantiers de génie civil, composés de profilés
réunis par un treillis, assemblés par modules pouvant atteindre des hauteurs importantes (plus de
10 m) et transmettre des charges de plus d’une centaine de KN.
• Tour d’étaiement. Structure autostable de section quadrangulaire composée de poteaux et asso-
ciée à des contreventements qui reçoivent des charges provisoires. Lorsque plusieurs tours sont
reliées entre elles, on parlera de palée ou de plots d’étaiement.

Fig. 1 Exemples de palée de tours (vue en plan)[1] Fig. 2 Exemple de plot de tours (vue en plan)[2]

• Les palées construites pour les besoins du chantier. Sur certains gros chantiers de génie civil,
en particulier sur les chantiers de pont, on peut être amené à réaliser des palées en charpente
métallique pour reprendre de fortes charges.
• Les cintres en profilés ou poutre en treillis. Ils permettent de réaliser des passe-charretières pour
laisser une circulation à travers l’étaiement ou pour franchir un obstacle. Il faut veiller à bien limiter
la flèche des cintres pour éviter des fissurations du béton en cours de prise et des désordres lors
de la mise en tension des ouvrages précontraints.
Les étais de génie civil peuvent être utilisés en files pour consti-
tuer des palées. Un exemple courant est l’étaiement contre
les piles destiné à recevoir des poutres préfabriquées pour
les ouvrages du type PRAD (pont à poutres précontraintes
par adhérence). Ce type d’étaiement supporte généralement
une passerelle de travail permettant un poste de travail sûr
lors de la pose des poutres.

© DR

Fig. 3 Passe-charretière au-dessus d’un cours d’eau


réalisée avec un cintre en poutres treillis[3]

Les étais métalliques


pour fortes descentes de charge
Ces étais sont généralement constitués de modules compre-
nant des poteaux reliés entre eux par des membrures treillis. Fig. 5 Exemple d’utilisation d’étais de génie civil pour
constituer une palée lors de la pose de poutres sur un pont
Les tronçons peuvent comprendre 1, 2, 3 ou 4 poteaux. On
à poutres précontraintes par adhérence (PRAD). On remarque
assemble les modules entre eux pour constituer des étais de la passerelle, l’échelle d’accès et le contreventement.[6]
la longueur requise. Un système de vérins en tête ou en pied
permet un réglage fin à la hauteur exacte de la pièce à étayer.
Il est à noter que ces palées de tours peuvent être remplacées
La capacité portante de ce type d’étais est généralement par des consoles fixées sur les piles. Cet outil comporte les
de l’ordre de 200 KN. Le fabricant fournit des abaques qui consoles support des poutres précontraintes ou en béton
donnent la résistance en fonction du déploiement mais égale- armé ainsi que la passerelle de travail. L’avantage est de
ment de la pression du vent. disposer d’un système intégré parfaitement protégé contre
Du fait de leurs dimensions et de leur poids, ces étais sont les chutes. Les inconvénients de ce système d’étaiement sont
assemblés au sol et mis en place avec un appareil de levage. le poids important des éléments manutentionnés, nécessitant
un appareil de levage, ainsi que le coût qu’il faut amortir par
En effet, plus l’étai est long et élancé, plus il est soumis aux
un grand nombre de réemplois sur des ouvrages identiques.
effets du second ordre issus d’une certaine courbure latérale
et donc d’une flexion s’ajoutant à la compression. La prise au
vent ne fait qu’accroitre ces effets, si bien que la résistance
diminue non seulement avec la hauteur de l’étai mais aussi
avec la pression du vent.

© Peri
© DR
Fig. 4 Un étai de génie civil et sa courbe de charge
(d’après une documentation PERI). On remarque la chute Fig. 6 Un outil servant de support des poutres préfabriquées
de résistance avec la hauteur mais également avec le vent.[4][5] d’un pont équipé d’une passerelle de travail.[7][8]

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Les palées dans la construction
d’ouvrages d’art
Sur les chantiers d’ouvrages d’art, on peut être amené à
reprendre, pendant la construction de tablier notamment, des
charges importantes (plusieurs milliers de KN) dépassant les
capacités du matériel courant disponible sur le marché. C’est
pourquoi on conçoit de véritables éléments de charpente
métallique pour les besoins du chantier.
Nous citons ci-après un certain nombre de cas où nous avons
observé ce type d’ouvrages de soutènement.
• Lors du poussage du tablier, on peut être conduit à recouper
la portée par une palée intermédiaire pour limiter le porte- © DR
à‑faux.
Fig. 8 Viaduc mixte à ossature métallique. L’étaiement
provisoire est réalisé soit par une jambe de force[10], soit
par des tubes battus[11] dans le sol, surmontés d’un chevêtre.

• Lors de la construction d’une estacade dont le tablier est


constitué de grandes poutres en béton armé, il convient
d’appuyer les poutres sur un étaiement de forte capacité
le temps du coulage d’un chevêtre.

© DR

Fig. 7 Lors du poussage du viaduc de Millau[9] la portée


entre piles (320 m) était divisée en deux par la construction
de palées, véritables piles provisoires.

• Lors de la construction d’un pont métallique à poutres de


type PRS (profilés reconstitués soudés), un tronçon de
poutres est posé à cheval sur la pile pour constituer un
fléau. Le tronçon central de la travée est posé ensuite dans
la continuité. Un étaiement de forte capacité permet de
soutenir l’ensemble au niveau de la jonction le temps de
la soudure.

© DR

Fig. 9 Lors de la construction d’une estacade à poutres


béton armé, celles-ci sont soutenues par des palées en
charpente métallique[12]. Des boîtes à sable[13] permettent
le décintrage.
© DR

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Normalisation : les tours équipée d’une trappe auto-rabattable s’ouvrant latéralement
par rapport à l’échelle et ménageant une garde à main.
d’étaiement du marché
Les tours doivent pouvoir être reliées par des passerelles,
Les tours d’étaiement comprennent généralement 4 poteaux équipées de garde-corps, pour permettre le passage d’une
porteurs. Contrairement aux étais de génie civil, les poteaux tour à l’autre, constituant ainsi un platelage lorsque les tours
sont éloignés entre eux. Ils sont reliés par des membrures qui sont reliées en plot.
augmentent la raideur au flambement. Les dimensions vont Les vérins de pied et de tête doivent être en acier quel que
de 0,70 à 2,20 m. On rencontre couramment des dimensions soit le matériau constitutif de la tour. L’épaisseur nominale
transversales de 1, 1,20 ou 1,50 m. des plaques d’appui doit être d’au moins 8 mm. La surface
Les tours échelles sont constituées sur deux plans par des plaques d’appui en pied doit être d’au moins 185 cm2 et
des montants en forme d’échelle, reliés entre eux par des sa largeur minimale de 140 mm. La longueur de recouvrement
membrures de contreventement. minimale doit mesurer 25 % de la longueur totale de la tige ou
150 mm (la valeur la plus grande doit être choisie).
Mais en général, les tours d’étaiement utilisées en génie
civil ont des cadres triangulaires. Ce sont des systèmes de À noter que la charge conventionnelle de service est calculée
contreventement plus efficaces que les cadres en échelle, avec la sortie des vérins de pied et de tête au maximum,
qui permettent de reprendre des charges plus importantes. quelle que soit la classe de la tour.
La note technique NT24 de la CRAMIF[14] concerne les tours
Exemple de désignation d’une tour acier :
échelles et les tours d’étaiement qui se caractérisent par une Tour acier NF P93-551 TFS 45 120x160 A2-RL2-G1
hauteur comprise entre 2,50 et 6 m. Ce document a été réalisé
pour améliorer ce matériel notamment en matière de sécurité Une charge conventionnelle de service par poteau de 45 KN
des utilisateurs. Les tours ainsi conçues sont qualifiées de (tour de 6 m, vent 20 daN/m2)
MDS (montage et démontage en sécurité). Des dimensions 120 × 160 cm
Ces dispositions ont été reprises dans la nouvelle norme NF
Un accès intérieur par planchons alternés A2
P93 551[15]Tours d’étaiement, dans le paragraphe « Exigences
fonctionnelles et dispositions constructives ». Ces dispositions Un clair de 520 mm en protection latérale RL2
sont les suivantes :
Des dispositifs intégrés de verrouillage et de levage G1
Les opérations de montage ou de démontage doivent
pouvoir s’exécuter en sécurité collective eu égard au risque Pour connaître la valeur exacte de la charge admissible, il
de chute de hauteur vers l’extérieur de la tour (protection faut consulter la notice du fabricant qui donnera une charge
latérale). de service unique correspondant à une tour d’au moins 6 m
Les éléments de composition de la base doivent permettre de hauteur et d’un cadre de haut, avec une sortie des vérins
l’accès facile à l’intérieur de la tour. Concernant les plan- de tête et de pied maximale, soumise à un vent de service
chers, deux classes sont définies : A1 avec planchers couvrant exerçant une pression de 20 daN/m² (environ 65 km/h).
toute la surface, espacés verticalement tous les 2 m de haut,
ou A2 avec planchers couvrant la moitié de la tour, espacés
verticalement tous les 1,50 m maxi en alternance.
Les échelles d’accès peuvent être intégrées à l’ossature ou
rapportées. La section et l’espacement des échelons sont
définis.
Charge de service par poteau*
Trois classes de protections latérales sont définies suivant
le diamètre de la sphère qu’elles peuvent arrêter : 0,47 m Hauteur (m) cadre lg. 1,5 m cadre lg. 1,13 m
(RL1), 0,60 (RL2), 0,75 (RL3). 5 niveaux
6,42 4 200 daN 3 900 daN
de cadre
Le plancher du dernier niveau de la tour doit occuper la
totalité de la surface et être équipé d’une trappe et d’une * pour un vent de service de 20 daN/m² et des vérins
protection latérale. sortis au maximum (catalogue ST60 Hünnebeck –
mars 2015).
La tour assemblée doit pouvoir être déplacée à la grue.
Elle doit comporter des points de levage identifiés intégrés
(classe G1) ou rapportés (classe G2). Pour rester solidaires,
les composants doivent être verrouillés entre eux par des Fig. 10 La tour Hünnebeck ST60 en largeur 1,13 m[16]. À droite,
dispositifs intégrés aux composants (classe G1) ou à défauts le tableau des charges admissibles dans les montants. Il s’agit
rapportés (classe G2). des charges correspondant aux états limites de service.

Les plateaux doivent répondre aux critères de charge
demandés pour un échafaudage de classe 3 (voir la fiche
OPPBTP B2FO2 1) et reprendre une charge répartie de 200
DaN/m2. Ils doivent être antidérapants. Les plateaux doivent
être munis d’un dispositif anti-soulèvement à mise en place
automatique. Ils comportent une ouverture de 0,45 x 0,60 m

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Bibliographie
[1]
MILLS, Palée de tours. 2015.
[2]
MILLS, Plots de tours. 2015.
[3]
MILLS, Passe-charretière avec poutres en treillis,
Branugues. 2015.
[4]
Syndicat français de l’échafaudage, du coffrage et de
l’étaiement FFB, Étai de génie civil.
[5]
PERI, Capacité des étais lourds de génie civil péri up hd.
[6]
PERI, Palée étais lourds PERI H200 aluminium.
[7]
OPPBTP, Console étaiement contre piles EIFFAGE TP LGV
Bretagne.
[8]
OPPBTP, Console étaiement contre piles vue d’ensemble
Fig. 11 La tourechaf de Mills[17][18] est spécialement étudiée EIFFAGE TP LGV Bretagne.
pour un montage en sécurité. Les éléments sont tous [9]
Palées du viaduc de Millau.
identiques sauf l’élément de départ qui permet d’accèder [10]
R.D. OPPBTP, Étaiement par jambe de force EIFFAGE TP
à l’intérieur de la tour. Des gardes-corps spéciaux ont été Viaduc de la Zorn LGV EST. 2010.
conçus pour constituer une plateforme pour la clavage des
poutres. En partie courante, ce sont les montants qui font
[11]
R.D. OPPBTP, Étaiement par tube battus EIFFAGE TP
office de gardes-corps et d’échelles. Viaduc de la Zorn LGV EST. 2010.
[12]
R.D. OPPBTP, Palée d’étaiement viaduc sur poutres béton
armé BOUYGUES TP LGV CNM. 2015.
Certains fabricants [19][20] (en particulier MILLS) proposent [13]
R.D. OPPBTP, Boîte à sable pour décintrement d’une palée
des dispositifs qui permettent la construction d’un plancher BOUYGUES TP LGV CNM. 2015.
continu en tête des tours, juste en dessous du coffrage, afin [14]
CRAMIF, « Note technique 24 tours échelles et tours
d’effectuer, en toute sécurité, les tâches de pose et d’enlè-
d’étaiement », 10-nov-2003.
vement du coffrage. [15]
AFNOR, « Norme tours d’étaiement NF P93 551 ». 2016.
[16]
HUNNEBECK, Tour ST60, 2015.
[17]
MILLS, Tour échaf avec garde-corps.
[18]
G. GUERIT, « Coffrage La tour Oxygène teste de nouvelles
tours d’étaiement », Prévention BTP, no 122, oct-2009.
[19]
P. GLEMAS, « Tours d’étaiement : Des matériaux plus résis-
tants et légers », Prévention BTP, no 129, p. 32, mai-2010.
[20]
P. ODILE, « Tours d’étaiement : La stabilité plébiscitée »,
Prévention BTP, no 179, sept-2014.
[21]
MILLS, Plateforme de travail. 2015.
[22]
MILLS, « NOEMI 3D | Mills », 2015. [En ligne]. Disponible
sur : www.mills.fr/logiciels/noemi-3d/
[23]
LEGIFRANCE, « Code du travail Article R4534-105 |
Legifrance étaiements de plus de 6 mètres de hauteur ». [En
ligne]. Disponible sur : www.legifrance.gouv.fr

© DR

Fig. 12 Plateforme de travail continue, située en dessous


du coffrage, permettant la pose et la dépose du coffrage en
sécurité d’après un document Mills, chantier à Paris 12e[21].

Le fabricant Mills propose avec son logiciel NEOMI 3D[22], de


réaliser des plans en 2D et en 3D ainsi que la nomenclature
complète du matériel à commander. Il permet de générer des
dessins de structure directement exploitables dans le logiciel
Autocad. On peut ainsi vérifier en amont du chantier, que le
plan est conforme aux besoins et que la livraison de matériel
sur chantier sera bien préparée. Cela permet de respecter le
code du travail[23] qui impose un plan et une note de calcul
pour les étaiements de plus de 6 mètres de hauteur.
Conforme à la
réglementation en
vigueur à la date
OPPBTP de parution.
25, avenue du Général Leclerc - 92660 Boulogne-Billancourt Cedex - 01 46 09 27 00 - www.preventionbtp.fr
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Fiche Prévention - D3 F 06 19 - © oppbtp 2019 - Édition : avril 2019

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