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Science économique

Chapitre 1 : Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?

Objectifs :

 Comprendre le processus de croissance économique


 Connaitre et comprendre les différentes sources de croissance : accumulation des facteurs
(extensive) et hausse de la PGF (intensive)
 Comprendre le lien entre PT et hausse de la PGF
 Comprendre le rôle de l’innovation dans le PT et le caractère endogène de ce dernier
 Savoir comment les institutions influent sur la croissance (incitation à investir et innover)
 Comprendre le processus de destruction créatrice
 Savoir que le PT peut engendrer des inégalités de revenus
 Connaitre les limites écologiques de la croissance
 Savoir que l’innovation peut favoriser une croissance soutenable

Notions : croissance économique, PIB, progrès technique, PGF, innovation, croissance endogène,
destruction créatrice, croissance soutenable

Acquis de première : productivité, droits de propriété, facteurs de production, externalités


négatives, biens communs

Sensibilisation : Croissance économique et Covid-19

Questionnements :

Quels sont les facteurs de la croissance économique ? Quels liens entre croissance, progrès technique et
innovation ? Quel est le rôle des institutions dans la croissance ? Quels sont les limites et défis auxquels se
heurte la croissance ?

I. Quels sont les facteurs de la croissance économique ?

A. La croissance économique : définition et mesure

Le PIB est un agrégat calculé en faisant la somme des valeurs ajoutées brutes marchandes et non
marchandes d’une économie. Il permet de mesurer les richesses créées dans une économie.

La croissance économique désigne l’augmentation des richesses créées (production) sur une
longue période. Elle est mesurée par le taux de variation du PIB en volume.

B. Les sources de la croissance

1) Accumulation des facteurs de production

Quels sont les facteurs de production que combinent les entreprises pour produire ?
=> Le travail et le capital

En quoi sont-ils à l’origine de la croissance ?


Sans travail et sans capital l’entreprise ne peut pas produire => donc pas de création de richesses => pas
de croissance économique. De plus si l’entreprise augmente sa quantité de facteurs de production =>
hausse des capacités de production => hausse de la production => croissance.

Le facteur capital représente l'ensemble des équipements nécessaires à l'activité productive dont la
durée de vie est supérieure à un an. Le facteur travail désigne l’ensemble des activités humaines
rémunérées qui créent de la valeur pour autrui.
Remarques :

L’augmentation de la quantité de facteurs de production est source de croissance extensive (= hausse de


la quantité produite grâce à l’augmentation des capacités de production).

En l’absence de gains de gains de productivité, une économie tend vers l’Etat stationnaire en raison de la
loi des rendements décroissants. La croissance extensive n’est pas un processus durable.

2) Le rôle de la productivité globale des facteurs de production

Rappel de première :

 Qu’est-ce que la productivité ?


=> mesure de l’efficacité de la production.
 Comment la mesure-t-on ?
Productivité du L, du K ou PGF => quantité produite par quantité de facteur de production
 Que signifie une augmentation de la productivité ?
Plus grande efficacité la production : hausse de la production avec la même quantité de facteurs ou
quantité produite augmente plus vite que la quantité de facteurs utilisée.
 Pourquoi l’augmentation de la productivité (gains de productivité) est-elle source de croissance
économique ?
Production plus efficace = produire plus => créer plus de richesses => croissance

La productivité globale des facteurs (PGF) est une mesure du progrès technique pour les
économistes. Elle se calcule en rapportant la production aux quantités de travail et de capital
utilisées pour la réaliser.

Le progrès technique désigne l’ensemble des éléments qui concourent à l'augmentation de la


productivité globale des facteurs de production.

L’augmentation de la PGF est source de croissance intensive. Par opposition à la croissance extensive,
celle-ci repose sur une plus grande efficacité des facteurs de production et non sur une plus grande
quantité.

Synthèse :

La croissance économique, mesurée par le taux de variation du PIB en volume, traduit un accroissement de
la production dans une économie. On distingue deux principales sources de croissance correspondant à
chacune à une forme spécifique de croissance. Lorsque la croissance repose sur l’augmentation de la
quantité de facteurs de production on parle de croissance extensive ; elle est obtenue parce que les capacités
de production (travail et/ou capital) sont plus élevées. En revanche, lorsque la croissance est obtenue par
une plus grande efficacité des facteurs de production on dit qu’elle est intensive. Elle repose alors sur
l’augmentation de la productivité globale des facteurs de production, rendue possible par le progrès
technique.

3) Le caractère endogène du progrès technique et de la croissance

La croissance endogène est une croissance autoentretenue qui trouve son origine dans l’activité
économique et le comportement des agents. Elle est le fruit du progrès technique (endogène) qui
est stimulé par les dépenses d’investissement.
Baisse des prix Hausse de la
Investissements en capital
compétitivité
humain, en R&D et en
infrastructures publiques PT et hausse de la PGF
Hausse des salaires

Hausse des profits Hausse des PO


Hausse du
pouvoir d’achat

Hausse des
Hausse des
dépenses publiques Hausse de la
investissements
consommation

Croissance de la production Hausse des X

II. L’innovation au cœur de la dynamique de la croissance

A. Innovation et progrès technique

Une innovation est l’application économique d’une invention.

5 types d’innovation et leur exemple :

 La livraison de colis par drone : innovation de procédé


 Le smartphone : innovation de produit
 Le vélib’ : innovation de marché
 Le taylorisme : innovation organisationnelle
 Le gaz de Schiste : innovation de source d’énergie

B. Institutions et incitation à l’innovation

C. Innovation et processus de destruction créatrice

La destruction créatrice est le processus par lequel des nouvelles innovations (ainsi que des
emplois, activités, etc.) remplacent des anciennes innovations.

Synthèse :

L’innovation est un facteur clé de la croissance économique, elle est à l’origine de phases de croissance et
génère du progrès technique. Une innovation peut être majeure (de rupture) ou mineure et peut prendre
plusieurs formes (produit, procédé, organisationnelle, marché, source d’énergie). L’innovation est obtenue
grâce aux dépenses en R&D, elle permet d’améliorer l’état de la technologie et d’accroître la productivité
globale des facteurs de production. Pour une économie, l’innovation est source de compétitivité, de progrès
technique et de croissance, c’est pourquoi l’Etat met en place des institutions pour inciter les entreprises à
investir et innover. Cela passe notamment par l’existence des droits de propriété (tels que les brevets), sans
lesquels aucune entreprise ne serait incitée à innover, mais également par un cadre économique, politique,
juridique et social stable.
Les innovations sont à l’origine de cycles économiques en raison du processus de destruction créatrice. En
effet, pour Schumpeter les innovations se font par grappes : une innovation majeure puis une multitude
d’innovations mineures ; générant ainsi une phase de croissance économique jusqu’à ce qu’elles fassent
disparaître les anciennes activités. S’en suit alors une période de récession (destruction d’emplois,
d’anciennes activités) jusqu’à la prochaine grappe d’innovations.
III. Limites et défis de la croissance économique

A. Le progrès technique à l’origine d’inégalités de revenus

Synthèse :

Le progrès technique est facteur de croissance, il participe donc à la création de richesses mais celles-ci
sont réparties de façon inégalitaire :
 Au sein d’une population : en faisant disparaître une partie du travail non qualifié il accroît les
inégalités salariales entre travailleurs qualifiés et non qualifiés
 Entre les territoires :
o Au sein d’une même région du monde : PIB/hab et croissance économique variable entre
les pays (Japon/Chine)
o Entre les régions du monde : régions riches et développées à l’origine du PT (Amérique du
Nord, Europe) vs régions pauvres et en voie de développement (Afrique, Asie)

B. Une croissance soutenable ?

1) Les limites écologiques de la croissance

Raréfaction des ressources (tragédie des biens communs) et externalités négatives (pollution).

2) Innovation et soutenabilité de la croissance

Apport :
On parle de croissance soutenable pour désigner le caractère durable dans le temps de la croissance
ou du développement.
Pour produire, on mobilise différents types de capitaux : du capital humain, du capital fixe et du capital naturel
notamment. Or ce capital naturel a tendance à s’épuiser, et, deux visions s’opposent sur la soutenabilité de
la croissance. L’une est pessimiste, on parle de soutenabilité forte, elle considère que les différents types
de capitaux ne sont pas substituables et qu’il est impératif de préserver le stock de capital naturel. L’autre
est optimiste, on parle de soutenabilité faible, et considère que les capitaux sont substituables. Ainsi, pour
les partisans de la soutenabilité faible, il est impératif de maintenir un stock global de capital constant peu
importe sa composition (le capital naturel peut être remplacé par du capital fixe par exemple). L’innovation
est au cœur de la théorie de la soutenabilité faible : les ressources naturelles s’épuisent => leur raréfaction
en augmente le prix => incitation à faire de la R&D pour produire autrement => innovation => capital naturel
remplacé par du capital fixe => croissance durable

Synthèse :

La croissance économique est obtenue par l’activité productive, or cette activité économique a des effets
néfastes sur l’environnement. Certaines ressources naturelles s’épuisent, comme les ressources
halieutiques ou les énergies fossiles en raison de leur surexploitation (liée à l’accroissement de la
population et des niveaux de vie principalement). Les biens communs sont donc menacés de disparition et
la biodiversité est en déclin. De plus, l’activité économique entraine des externalités négatives, telles que
l’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. Pour pallier
ces limites écologiques à la croissance, l’innovation, (et donc le progrès technique) est la solution pour les
partisans de la soutenabilité faible. Selon eux, la raréfaction du capital naturel, en augmentant son prix,
incite les agents économiques à innover pour le remplacer par du capital fixe et humain (ex de BioUrban)
rendant ainsi la croissance soutenable. Toutefois, ce point de vue ne fait pas l’unanimité et les partisans de
la soutenabilité forte jugent les capitaux non substituables.

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