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Fusions-Acquisitions : Aspects DESA : FINANCE

généraux

I- APPROCHES ET MODALITÉS JURIDIQUES DU


PHÉNOMÈNE DE CONCENTRATION
A- Quelques approches du phénomène
1- Concentration absolue et concentration relative
2- Concentration technique, économique et financière
3- Concentration horizontale, verticale et conglomérale

B- Modalités juridiques de la concentration


1- Techniques de concentration de type patrimonial (transferts d’actifs)
2- Techniques de concentration de type financier
3- Accords et liaisons contractuelles

II-LES FUSIONS ACQUISITIONS

A- Les vagues de fusions acquisitions

B- les motivations de fusions-acquisition


1- La réalisation des synergies
2- L'augmentation des parts de marché
3- Gain de temps
4- Effet d'Hubris et les motivations des dirigeants
5- La recherche d'économies d'impôts

C- Le processus d'une fusion acquisition


1- Définition des objectifs stratégiques
2- Ciblage des candidats
3- Evaluation de la cible
4- Négociation du prix d’acquisition

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généraux

RÉSUMÉ MANAGÉRIAL
La concentration peut être définie comme le processus (ou le résultat de processus) qui tend à
accroître la taille absolue ou l’importance relative de certaines unités au sein de l’ensemble
auquel elles appartiennent...

Elle peut être évoquée selon différentes approches. Ainsi, la concentration absolue ou relative
a pour objet de quantifier le phénomène. La concentration technique, économique et
financière se base sur l’unité retenue et les valeurs différentes de variables choisies pour la
caractériser. Et la concentration horizontale, verticale ou conglomérale se basant sur une
analyse au niveau des stades de production et des filières.

D’un point de vue juridique, la concentration prend également de multiples formes, allant des
transferts d’actifs (fusion, fusion-absorption, scission, apport partiel d’actifs), aux contrats qui
laissent subsister la personnalité juridique des entreprises mais confèrent à l’une d’elle le
contrôle sur l’autre ou sur les autres (groupements d’union : les groupements d’intérêts
économique, groupements d’intégration : la sous-traitance). A mi-chemin de la fusion et de
tels contrats, la prise de participation d’une société dans la capital d’une autre est le moyen
probablement le plus utilisé pour réaliser une concentration économique.

Ces dernières années ont été caractérisées par un vaste mouvement de concentration, désigné
sous l’appellation de « fusions-acquisitions » et qui a concerné l’ensemble des pays
industrialisés. Ce mouvement trouve son explication dans différents facteurs qui peuvent être
la réalisation de synergies, le bénéfice des avantages liés à la garde taille, la recherche
d’économie d’impôts mais aussi les motivations personnelles des dirigeants,...

Cependant, le succès de ces opérations reste limité ce qui incite au recours à une démarche
méthodique préalable à toute fusion-acquisition afin de réduire la probabilité d’échec.

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INTRODUCTION

A des degrés divers, l’accroissement de la dimension des entreprises est un phénomène


constant et général dans tous les pays industrialisés. Il peut se réaliser par croissance interne :
l’entreprise se développe par autofinancement ou apports de capitaux frais, sans s’unir ou se
grouper avec d’autres entreprises. Mais il se réalise plus souvent encore par croissance
externe, c’est-à-dire par groupement d’entreprises préexistantes, la plupart du temps une
entreprise ou un groupe d’entreprises déjà doté d’une puissance économique appréciable
absorbant une ou plusieurs entreprises plus faibles, ou s’assurant leur contrôle : on est alors en
présence d’une « concentration d’entreprises ».

La concentration peut être définie comme le processus (ou le résultat de processus) qui tend à
accroître la taille absolue ou l’importance relative de certaines unités au sein de l’ensemble
auquel elles appartiennent...

En tant que « processus », la concentration décrit la tendance à la cristallisation des


économies ; en tant que « résultat », elle décrit la structure à laquelle les processus ont abouti,
structure inégalitaire et polarisée.

Phénomène complexe, la concentration ne peut être analysée sans une définition de certaines
de ses approches ainsi que ses modalités juridiques, suivie d’une étude sur les fusions et les
acquisitions, principales modalités de la concentration.

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I- APPROCHES ET MODALITÉS JURIDIQUES DU


PHÉNOMÈNE DE CONCENTRATION :
A- Quelques approches du phénomène :

L’évolution de la concentration d’un ensemble peut être évoquée de façons diverses, selon la
conception qu’on retient du phénomène, le niveau d’analyse auquel on se place et les
stratégies des unités qui le composent...

1- Concentration absolue et concentration relative :

D’un point de vue quantitatif, il existe deux façons principales d’évoquer la concentration :

 La concentration absolue : elle assimile la concentration à la mesure de la taille des


unités (établissements, firmes, groupes,...), on dit que l’industrie automobile s’est
concentrée puisque la taille moyenne de chaque producteur s’est accrue. Cet aspect de
le concentration peut être estimé, également, par le nombre des entreprises ayant
atteint telle ou telle dimension (le nombre de salarié, par exemple).

 La concentration relative : elle assimile la concentration à la modification de la


répartition d’une variable (l’importance de l’emploi, du chiffre d’affaires...) entre
diverses unités, on dira, par exemple, que la concentration d’une activité s’élève
puisque la part de la production des plus grandes firmes croît.

2- Concentration technique, économique et financière :

Cette distinction s’articule largement autour de la nature de l’unité retenue (établissement,


firme ou groupe...) et repose sur les valeurs différentes des variables choisies pour la
caractériser (variables caractérisant la production, les ventes, le financement...) :

 La concentration technique concerne surtout le processus de production et s’intéresse


principalement aux établissements.

 La concentration économique décrit surtout les évolutions des parts des firmes sur les
marchés.

 La concentration financière analyse les mouvements de capitaux et les phénomènes de


cristallisation de propriété du capital opérés sous le contrôle des groupes bancaires,
industriels ou financiers.

3- Concentration horizontale, verticale et conglomérale :

 La concentration horizontale : elle réunit des entreprises fabricant le même produit ou


situées à un même stade du processus de production ; elle permet de réaliser des
économies d’échelle et d’accroître le pouvoir de négociation face aux partenaires
extérieures (baisse des prix exigée des fournisseurs).

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 La concentration verticale : elle regroupe des entreprises situées à des stades
complémentaires d’un processus de production ; il s’agit alors d’une intégration
verticale destinée à garantir la sécurité des approvisionnements ou à diminuer les coûts
d’achats des produits intermédiaire (suppression des intermédiaires).

 La concentration conglomérale : elle regroupe dans un conglomérat des entreprises


ayant des activités totalement différentes afin de diversifier les placements financiers ;
les profits de certaines activités peuvent alors compenser les pertes d’autres parties de
l’entreprise.

C- Modalités juridiques de la concentration :

Pour remodeler les structures industrielles, diverses techniques élémentaires d’opérations de


restructuration peuvent être utilisées :

1- Techniques de concentration de type patrimonial (transferts d’actifs) :

Ces techniques permettent la constitution d’unités nouvelles ou le renforcement d’unités


existantes ; elles font perdre aux sociétés leur autonomie juridique et leur autonomie
financière ; on distingue :

 La fusion simple ou fusion combinaison, qui est une opération juridique consistant à
regrouper plusieurs sociétés en une seule qui reprend la totalité de leurs
patrimoines. Les actionnaires de la société dissoute reçoivent les titres de la société
nouvelle. Elle constitue en quelque sorte le standard idéal de ce type d’opération.
Donc la fusion regroupe deux ou plusieurs entités juridiques (sociétés) qui
disparaissent définitivement pour laisser place à une nouvelle société reprenant les
actifs et passifs des sociétés d’origine.

Le mot combinaison implique la réduction à l’unité de deux ou plusieurs entités


préalablement distinctes. De plus cette réunion aboutit à la création d’une société
nouvelle.

Du point de vue fiscal la fusion est considérée comme « la cession des entreprises
fusionnées lorsqu’elle est réalisée par voie de création d’une société nouvelle ».

 La fusion-absorption, appelée encore fusion annexion : se caractérise par


l’absorption d’une société par une autre. La société absorbante verra son patrimoine
gonflé par celui de la société absorbée. Cette dernière disparaît mais il n’y a pas,
comme dans le cas précédent, de création d’une personne morale nouvelle. La
société absorbante devra augmenter son capital et distribuer de nouveaux titres aux
associés de la société absorbée.

Dans ce type de fusion la négociation porte sur le transfert du pouvoir de contrôle


d’un centre de domination à un autre par le biais de la mutation patrimoniale qui va
l’extérioriser et constituer son point ultime d’aboutissement. C’est pourquoi la
fusion annexion est également qualifiée d’acquisition et constitue donc la forme la
plus dynamique sur le plan économique.

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Du point de vue fiscale la fusion est considérée comme la cession de l’actif de la ou
des sociétés absorbées lorsque la fusion est réalisée par voie d’apport à une société
déjà existante.

Pour la société absorbante, l’opération se traduit par une augmentation de capital par
apports en nature. C’est la raison pour la quelle elle devra émettre de nouveaux titre
qui permettront de rémunérer les apports qui lui sont fait par les associés des
sociétés absorbées. Donc l’opération se traduit par une dissolution sans liquidation.

 La scission, qui, sans accroître directement les processus concentrationnistes,


prépare également des opérations futures de regroupements et de restructuration ;
elle consiste en la disparition d’une ‘‘société scindée” qui fait apport de son
patrimoine à des sociétés soit créées à cette occasion (cas de la scission simple), soit
à des sociétés préexistantes (cas de la fusion-sission). Les actionnaires de la société
scindée recevront, en échange de leurs titres primitifs, des actions émises par les
sociétés résultant des opérations.

 L’apport partiel d’actifs dans ce cas une société opère un apport d’une partie
seulement de ses éléments d’actifs à une société préexistante. Les apports sont
rémunérés par la remise d’actions de la société bénéficiaire.

2- Techniques de concentration de type financier :

Ce type de techniques consiste en l’établissement de liaisons financières qui résultent de


prises de participation d’une société dans une autre. Ce processus ne fait pas perdre leur
autonomie juridique aux firmes contrôlées de la sorte, mais réduit leur autonomie au profit de
la firme contrôleur.

Ces prises de participation peuvent s’effectuer de façon directe (A possède des titres de B) ou
de façon indirecte (A contrôle B qui contrôle C)
Elles résultent généralement de trois pratiques principales de prises de participation : soit d’un
accord entre les firmes concernées, soit d’un ramassage boursier plus ou moins discret, soit
d’une offre publique d’achat (OPA).

Lorsqu’une société A détient moins de 50% du capital d’une société B, il s’agit d’une
participation minoritaire.

Lorsqu’ une société A détient plus de 50% du capitale d’une société B, A est réputée ‘‘société
mère’’ et B ‘‘société filiale’’.

Lorsque plusieurs sociétés sont liées par des participations elles peuvent constituer un groupe.
Dans ce cas de figure toutes les combinaisons sont possibles (participations directes,
indirectes, réciproques, constitution d’un holding à la tête d’un groupe,...).

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3- Accords et liaisons contractuelles :

Il s’agit essentiellement des relations contractuelles et des ententes.

 Les relations contractuelles permettent la constitution de ‘‘groupes contractuels’’ de


sociétés unies par des contrats de toutes sortes et relevant de la même activité
économique. On distingue : les groupements d’union qui sont construits à partir de
convention qui, en organisant l’unité de gestion et l’unification de la politique des
firmes concernées, s’efforcent de respecter assez largement leur autonomie
économique (ex : les groupements d’intérêt économique). Les groupements
d’intégration qui sont construits à partir de conventions qui établissent des situations
d’inégalités juridiques et de dépendance économique et rassemblent ainsi plusieurs
entreprises autour d’une société directrice qui joue un rôle analogue â celui rempli par
les sociétés-mères à l’égard de leurs filiales (ex : un réseau de sous-traitance).

 Les ententes : il s’agit de l’un des plus puissants procédés visant à réduire le nombre
des centres de décisions. Elles peuvent être sous forme d’accords tacites ou explicites,
avoués ou secrets, que plusieurs firmes passent entre elles afin de réduire la
concurrence les opposant dans certains domaines de leurs activités tels que la fixation
des prix, les quantités de production, le partage des zones de vente, la passation de
contrats d’exclusivité...

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II-LES FUSIONS ACQUISITIONS:

A- Les vagues de fusions acquisitions:


La mondialisation et l'accélération des évolutions technologiques ont suscité plusieurs vagues
de fusions-acquisitions depuis les années 80. Ces opérations ont restructuré nombre
d'entreprises et redessiné les contours de secteurs entiers. Dans la logique même des phases
d'innovation et d'intensification de la concurrence, les fusions-acquisitions, n'ont cependant
pas rempli toutes les attentes de leurs instigateurs.

Les déterminants de ces opérations sont macroéconomiques (évolution technologique,


globalisation, déréglementation, développement des marchés financiers), microéconomique
(effets d’échelle, accès à de nouveaux marchés, gains de temps pour prendre des parts de
marché, …) ou humains (successions).

L'expression "fusion acquisition" couvre les diverses opérations par lesquelles une entreprise
fait de la « croissance externe » en acquiérant une autre, ou en fusionnant avec elle.

Pour les entreprises cotées en bourse, il peut y avoir Opération amicale (accord entre les
directions des deux entreprises avant de soumettre le projet aux actionnaires) ou hostile
(proposition unilatérale de l'une des entreprises aux actionnaires de l'autre).
Ces opérations peuvent être réalisées par des modalités financières, permettant la prise de
contrôle, bien connu dans le marché des Mergers&acquisition, à savoir:

• OPE (offre publique d'échange) sur des actions cotées en bourse. Lancée par une société,
selon une proportion d'échange déterminé entre des actions de la société « cible » et celle
qui veut en prendre le contrôle.
• OPA (offre publique d'achat) sur des actions cotées en bourse, lancée par une entreprise ou
par un groupe d'investisseurs, à un prix d'achat déterminé, dans l'optique de prise de
contrôle d'une (autre) entreprise.

L'opération se fait généralement avec l'aide d'une banque d'affaire, qui sont des organismes
spécialisés dans les opérations du haut de bilan, avec des procédures bien définies pour les
grandes entreprises. A l'opposé, il n'existe pas des procédures organisées pour les petites
entreprises mais des conseillers en « reprise d'entreprise » peuvent jouer un rôle
d'intermédiaire.

Ceci étant, les opérations de fusions-acquisition ont connu un développement spectaculaire


durant ces dernières années, où on a assisté à des vagues de Mergers&acquisitions sans
précédentes.

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Les vagues de fusions acquisition entre (1980-2004) se présentent comme suit:

Entre 1980 et 1989 : × 20


Entre 1989 et 1992 : - 50 %
Entre 1992 et 2000 : × 14
Entre 2000 et 2 004 : - 75 %

Milliers Années 1999-2000 :


d’opérations Opérations de rapprochement dans le monde Bulle TMT

3 000

Fin des années 80 :


2 500
Marchés boursiers et Aujourd’hui :
Innovations financières Reprise des transactions
2 000

1 500

1 000

500

0
1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

Opérations payées en liquidités Opérations payées en titres

Source: www.vernimmen.net

Comme le montre le graphique suivant, le développement de ces opérations a pour fondement


un contexte spécifique à chaque période:
La fin des années 80, été marquée par la montée en puissance des marchés financiers qui
jouent un rôle fondamental dans la restructuration des entreprises. En une vingtaine d’années,
les entreprises européennes sont passées d’un financement par endettement, dont les
institutions bancaires étaient les pourvoyeurs, à une économie de marchés financiers
caractérisée par une désintermédiation entre les entreprises et les fournisseurs de capitaux
(capitaux propres, endettement).

Cette modification structurelle s’est accompagnée d’un transfert logique du pouvoir,


auparavant détenu par les banques et les compagnies financières (Mediobanca, Paribas),
vers les investisseurs. Ainsi, les actionnaires exercent une pression sur les dirigeants afin
d’obtenir une rentabilité conforme à leurs attentes :

• en cas de performances décevantes, les actionnaires ont la possibilité de vendre leurs titres
et faire baisser l’action, poussant ainsi à une restructuration (Edison) ou à une prise de
contrôle par OPA ou OPE (Aventis),
• à l’inverse, les entreprises doivent convaincre le marché du bien fondé de leurs opérations
de croissance externe (Daimler /Chrysler).

A coté du développement des marchés financiers, les années 1999-2000 ont été caractérisées
par des phases d'évolution technologique et d'innovation, généralement suivies par des
rapprochements d'entreprises.

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D'ailleurs, lors d’une période d’innovation technologique (Chemin de fer hier, Internet), les
créations d’entreprises sont nombreuses. La réduction des perspectives de croissance et de
viabilité de ces « jeunes pousses » va entraîner un phénomène de concentration du secteur
(Vivendi se renforce dans Maroc Telecom).

En outre, leur fort besoin en financement peut les amener à s’adosser à un grand groupe qui
profitera de la croissance de cette activité (Liberty Surf finalement acheté par Telecom
Italia).

Aujourd'hui, les entreprises sont soumises de plus en plus à des contraintes concurrentielles et
réglementaires qui favorisent les mouvements de concentration sur le plan mondial :
• Habituées à un cadre national, les entreprises doivent évoluer dans un contexte régional
(Europe), voire le plus souvent mondial (Danone).
• La concurrence accrue, face à des groupes déjà établis, rend d’autant plus importante une
croissance rapide. Il est nécessaire d’obtenir la « taille critique » permettant de répondre aux
défis de la mondialisation (Sanofi-Aventis).
• Une politique de champions nationaux (BCM-Wafabank).

En 2005, Le volume global des transactions a crû de 24 %, meilleure année depuis le pic de
l'an 2000. Les industriels profitent de conditions de financement attractives. La montée en
puissance des fonds d'investissement se vérifie.

Source

Une répartition du volume des transactions en 2004, révèle la domination des sociétés
américaines et européennes dans ce type d'opérations alors que le secteur de banques-
assurances est le plus attractif en matière de fusions-acquisitions.

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Acquéreurs Cibles

Europe Europe
Etats-Unis 28% Etats-Unis
28%
36% 31%

RdM Asie-Pacifique
RdM A sie-P acifique
14% 27%
11% 25%

Secteurs

Autres
Banque - 29%
Assurance
42%

Pharmacie
3%

Oil & Gas Distribution Média-


High-tech
4% Télécom
Eau et Gaz 12%
7%
3%

Même le grand public constat cette montée en puissance de cette vague au vu d'annonces
pratiquement quotidiennes: Arcelor-Mittal, E.on-Endesa, GDF- Suez…les rapprochement en
cours concernent 7,5% de la capitalisation des marchés boursiers aux Etats-Unis et 8,2% en
europe.

B- Les motivations de fusions-acquisition :

L'importance des fusions acquisitions est motivée par des facteurs liés à l'entreprise et à son
environnement. Il s'agit notamment de:

1. La réalisation des synergies:

Les synergies sont souvent considérées comme le facteur explicatif fondamental des F/A. il
peut s'agir de synergies opérationnelles ou de synergies financières:
Les premiers sont réalisés en procédant à des acquisitions horizontales ou verticales.
Différents avantages potentiels sont associés à ces deux types d'acquisitions:

• les économies d'échelle par division des taches de production et par la réalisation
d'économies de coûts fixes.

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• L'exploitation de l'expérience accumulée par la cible ou " effet de courbe D'expérience".

• Les économies en coûts variables par le regroupement des moyens de production et des frais
de transaction.

Faire une acquisition constitue un moyen rapide de faire jouer les économies d’échelle,
notamment au niveau des coûts de recherche&développement, de distribution et de gestion
(Pernod-Ricard-Allied Domecq).

De plus, l’augmentation des quantités traitées donne aux entrepreneurs un pouvoir de


négociation renforcé auprès de leurs fournisseurs pour baisser leurs coûts
d’approvisionnement (Carrefour-Promodes).

Les secondes sont réalisées par acquisitions conglomérales, elles n'ont pour effet que de
développer le portefeuille d'activités de l'entreprise. Elles se caractérisent notamment par la
coassurance des dettes, l'accroissement de la capacité d'endettement et une meilleure
allocation des ressources.

2. L'augmentation des parts de marché:

Les rapprochements d’entreprises permettent de gagner des parts de marché et de maximiser


les revenus du groupe.
Les synergies de complémentarités donnent à l’entreprise les moyens d’accéder à de
nouveaux marchés. Les principales complémentarités sont:
• géographiques (BCM-WAFA). Les deux groupes pourront tirer profit de leurs implantations
respectives.
• de produits (JP Morgan-Chase). Le groupe peut proposer une offre complète à ses clients,
du conseil au financement.

3. Gain de temps:

Bien que plus risquées que la croissance interne, les fusions-acquisitions permettent de gagner
un temps précieux :
Dans les secteurs d’activité en développement, la rapidité est un facteur essentiel de réussite
(stratégie du premier entrant). Lorsqu'un secteur arrive à maturité, il devient plus difficile et
coûteux de « grignoter » les parts de marché à ses concurrents. Il apparaît donc plus efficace
de se livrer à une acquisition (Alcan-Pechiney). Dans les phases d’internationalisation ou de
changement d’activité, les acquisitions stratégiques permettent de contourner les barrières à
l’entrée, tant au niveau de la notoriété que des compétences techniques (Wall-Mart en
Allemagne).

4. Effet d'Hubris et les motivations des dirigeants:

Cette hypothèse est souvent donnée comme explication des mouvements de fusions-
acquisitions. En effet, vu l'étroitesse du marché de prises de contrôle, les dirigeants des
sociétés acquéreuses proposent un prix élevé parce qu'ils n'ont pas l'opportunité de réaliser
souvent des opérations de cette importance durant leur carrière.
Un second motif personnel est constitué par le lien qui existe entre la taille de la société et la
rémunération de ses dirigeants. La prise de contrôle d'autres sociétés accroît la taille et par la

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Même occasion, peut accroître les rémunérations. Elle peut également permettre aux
dirigeants de conserver leur emploi.

5. La recherche d'économies d'impôts :

Les fusions peuvent être motivées par des raisons fiscales, l'acquéreurs peut sous certaines
conditions bénéficier des déficits fiscaux de la cible.

Une firme mûre ayant peu d’opportunités d’investissement pourra, en acquérant une société
en croissance, substituer des gains en capital aux revenus ou dividendes qu’elle aurait dû
distribuer si elle n’avait pas fait d’acquisition.

Dans le cas du financement de l’acquisition par emprunt, l’intégration fiscale permet de


récupérer des crédits d’impôt au niveau de la société holding, en déduisant les charges
financières de l’assiette de son revenu imposable ce qui réduit la coût net de l’acquisition.

C- Le processus d'une fusion acquisition:

Toute opération de fusion acquisition doit être menée dans le cadre d’une démarche
méthodique qui permet de réduire la probabilité et l’ampleur d’un échec. Les grandes étapes
de ce processus peuvent être résumé comme suit :

1. Définition des objectifs stratégiques :

L’opération doit être réalisée dans le cadre d’une vision claire de l’entreprise comprenant une
réflexion stratégique, une analyse des options possibles ainsi qu’une formalisation des
objectifs stratégiques de l’opération de fusion acquisition.

2. Ciblage des candidats:

Cette étape consiste à déterminer les zones de ciblage, les critères permettant la sélection de
cibles intéressantes pour l’entreprise (par exemple : taille relative, type de clientèle, part de
marché,... si l’objectif de l’acquisition est l’amélioration de la position concurrentielle),
disponibilité de la cible.

3. Evaluation de la cible:

Avant de procéder à la négociation du prix d’acquisition, il faudrait évaluer la cible au niveau


stratégique, managérial, technologique, financier…etc.

4. Négociation du prix d’acquisition:

Le prix d’acquisition se détermine en fonction de l’offre et de la demande, car le marché des


firmes est un marché concurrentiel où plusieurs équipes dirigeantes peuvent être amenées à se
disputer le droit de prendre le contrôle d’une firme. L’acquéreur doit se fixer un montant
maximale s’il souhaite rentabiliser son investissement dans un délai raisonnable.

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CONCLUSION

Vu de l’extérieur, la vague de fusions-acquisitions qui déferle sur le monde des affaires peut
paraître démesurée. Pourtant, les opérations de croissance externe sont bel et bien un mode de
développement à part entière, qui s’inscrit logiquement dans le processus de croissance d’une
entreprise.

Cette frénésie continue, mais les doutes s’accumulent au rythme des échecs. En effet, les
réflexions liées à des projets de fusion ou de rachat, tout comme les négociations qui s’en
suivent, procèdent généralement d’un même schéma. Elles prennent d’abord appui sur une
recherche de complémentarité des couples produits-marchés. Puis, une analyse des forces et
faiblesses des entités concernées est entreprise, afin d’augmenter les force et de compenser les
faiblesses, cette analyse est suivie d’une évaluation des coûts et/ou effets financiers.

Cependant, ce n’est qu’en tout dernier lieu (ou pas du tout) que l’on pense à la compatibilité
des hommes, des structures et des cultures d’entreprise, sans que cette préoccupation soit
nécessairement suivie d’effets.
Les aspects humains sont ainsi fréquemment négligés lors de fusions et d’absorptions
d’entreprises. Bien que le but principal de telles opérations soit d’acquérir des compétences
que l’on estime ne pas pouvoir développer soi-même suffisamment rapidement. Les réactions
des personnels concernés ne sont pratiquement jamais considérées au moment de la prise de
décision de fusionner.

Ce constat est d’autant plus lamentable qu’il n’est pas nouveau. Déjà il y a 25 ans, on
enregistrait des pourcentages d’échecs de fusions et d’absorptions comparables à ceux
observés aujourd’hui et à l’époque, on attribuait la cause principale de ces échecs à l’attention
insuffisante accordée au facteur humain. Combien de temps faudra-t-il encore et combien de
pertes financières et de drames humains avant d’en tirer des leçons

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