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THÈME

THÈME

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THÈME 2   SOS sens critique
Livre, p. 19-24

2 SOS sens critique Ca


hier
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Livre de l’élève - p. 19-24 THÈM

s
d  ’


OBJECTIFS COMMUNICATIFS q saisir l’enjeu de l’éducation aux médias a c t i vi
& SAVOIR-FAIRE qd iagnostiquer la diffusion des fausses informations
ENRICHIR SON LEXIQUE
VOCABULAIRE L’éducation aux médias : course à l’info, travail du L’éducation aux médias et à
journaliste, risques, désinformation, décryptage, l’information
expressions
CONSOLIDER SA GRAMMAIRE
PRODUCTION ORALE q préciser son usage des médias Caractériser la nature de la
> DÉBAT q commenter les théories du complot préposition « de » + article
> MINI EXPOSÉ q éduquer aux médias
qp  résenter un événement et son traitement PRODUIRE > EXPOSÉ ORAL
Argumenter sur la prégnance
médiatique
de la théorie du complot
PRODUCTION ÉCRITE q t émoigner en ligne sur une fake news auprès des jeunes
> FIL DE DISCUSSION q interroger un consortium d’avocats en ligne LES ARTICULATEURS

JEUX DE CULTURE GÉNÉRALE

Page 19 OUVERTURE
PRODUCTION ORALE

1 Le titre de l’unité
[en groupe classe]
Afin d’entrer dans la thématique du dossier, poser les questions suivantes aux apprenants : « qu’est-ce que
pour vous le sens critique ? Une critique est-elle toujours négative ? Que signifie avoir l’esprit critique ? ».
Noter les propositions des apprenants au tableau. Dégager la différence entre la critique envers soi et envers
autrui, ainsi que la critique néfaste et la critique constructive.
Expliquez le titre de l’unité.
[en groupe classe]
Le sens critique, qui fait appel à l’esprit critique, désigne une capacité à s’interroger avec exigence et
rationalité sur la réalité ou la probabilité de faits et de relations prétendus, puis sur leurs interprétations.
Puis enchaîner sur ces deux proverbes et montrer en quoi ils sont complémentaires :
Mieux vaut agir que critiquer. (proverbe français)
Il n’y a qu’une seule façon d’éviter les critiques : Ne dis rien, ne fais rien, ne sois rien. (Aristote)
Montrer le lien entre action et critique. En effet, pour pouvoir agir de façon plus adéquate face à une
situation, l’autocritique est importante. Également, pour pouvoir se forger sa propre opinion, l’esprit critique
est primordial. En français, le sens du mot « critique » relève de deux catégories : l’une péjorative qui souligne
une « tendance caractérielle à relever les défauts, les imperfections » (TLFI), l’autre la « capacité de l’esprit
à juger un être, une chose à sa juste valeur, après avoir discerné ses mérites et défauts, ses qualités et
imperfections ». (TLFI)
Pour aller plus loin :
« Des têtes bien faites », sous la direction de Nicolas Gauvrit et Sylvain Delouvée, Presses universitaires de
France, 286 p., 2019.
Quels sont les thèmes de cette unité ?
L’éducation, les médias, l’esprit critique, les fake news et les théories du complot, la désinformation.

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2 La photographie
[en groupe classe]
Décrivez la photographie et donnez-en une interprétation.
Description : sur cette image, on peut voir représenté un des médias en ligne les plus populaires, à savoir
Youtube. La femme représentée a son doigt devant sa bouche comme indiquant de se taire, et ces yeux sont
représentés d’un côté par une pièce de monnaie, de l’autre par un objectif de caméra ou d’appareil photo.
La musique et la vidéo semblent être les deux médias les plus importants.
Interprétation : la présence de cette femme indiquant le silence souligne la difficulté de faire preuve d’esprit
critique ou du moins de donner son avis. Même si des médias comme Youtube sont ouverts à tous, l’auditeur
ou le spectateur est plutôt vu comme un consommateur passif. Le regard critique semble désormais remplacé
par la possibilité de rendre compte de tout à travers l’objectif d’un appareil photo ou d’une caméra, sans
avoir le plus souvent le temps de prendre du recul. Une sorte de déshumanisation semble opérer, ou l’être
humain devient comme spectateur de sa vie et du monde qui l’entoure, en ayant beaucoup de difficulté à
faire usage de son sens critique, noyé qu’il est dans la surabondance médiatique.

3 Les objectifs
> Préparer les apprenants à la production finale
La production finale de ce thème est un exposé oral dans lequel l’apprenant sera invité à argumenter sur
l’impact des théories du complot et des informations mensongères sur les jeunes. La consigne de l’essai se
trouve en p. 21 du cahier d’activités.

Voir En vous aidant des documents proposés dans le livre, vous allez
EXPOSÉ ORAL

FICHE
MÉTHODO préparer un exposé oral à partir de la réflexion suivante : Les
5 jeunes sont les premières victimes des théories du complot. La
facilité d’accès aux informations mensongères sur Internet semble
accréditer la thèse d’une responsabilité première des médias
numériques. Qu’en pensez-vous ?

Tout au long du travail sur les documents du thème, encourager les apprenants à prendre note de leurs
idées, à les sérier, à les catégoriser (idée essentielle 1, 2, arguments, exemples) afin de les aider à nourrir
leur argumentation. Il est important pour ce type de production d’accompagner les apprenants tout au
long du thème à maîtriser leur voix et leur posture. Lorsque vous jugerez utile de le faire et en fonction de
la maturité méthodologique de vos apprenants ou de leur degré d’expérience de ce type de production,
les référer à la fiche méthodologique dans le cahier. La passer en revue ensemble. Dans le cadre de l’exposé
oral, il s’agit de la fiche 5 p. 10 du cahier d’activités. Les documents sélectionnés dans le livre ont pour finalité
d’alimenter leur réflexion.

Page 20 DOCUMENT A
COMPRÉHENSION ÉCRITE

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FOCUS Culture
Déjà Montaigne, dans Les Essais en 1580, dissertait sur la pensée critique nécessaire à l’éducation des
enfants dans le chapitre qui s’intitule « De l’institution des enfants ». Il développe cette idée dans celui
nommé « De l’éducation ». Cette vision de la pensée et de l’éducation, dont l’origine provient de philosophes
grecs comme Socrate et de son « connais toi toi-même » en passant par la philosophie du Cogito de
Descartes « je pense donc je suis », est arrivée jusqu’au XXIe siècle et est de plus en plus remise en question
avec l’essor d’Internet et de la possibilité de rendre public toutes les opinions, interprétations, sentiments,
sans forcément vérification ou confrontation. Le double attentat du World Trade Center en 2001 aux
États-Unis et les théories qui en ont découlées est un des événements importants dans l’évolution du
complotisme et des « fake news ». En France, par exemple, une « grande mobilisation pour les valeurs de
la République », a été lancée au début de l’année 2015 après les attentats du 7 janvier contre Charlie
Hebdo. Elle a conduit « à relancer la réflexion sur l’esprit critique, en particulier face au défi du complotisme ».
Cette réflexion s’est inscrite dans le cadre d’une reformulation de la conception de la citoyenneté

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républicaine, présente dans les programmes, autour des quatre dimensions de la culture morale et civique :
la sensibilité, la culture de la règle et du droit, le jugement et l’engagement. », Jérôme Grondeux, Historien,
inspecteur général de l’Éducation nationale, « Peut-on enseigner l’esprit critique ? », Magazine Sciences Humaines, 09/2017.

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Demander aux apprenants de lire les questions ainsi que l’aide à la lecture puis le document A. Les inciter
à prendre en note les concepts ou termes qu’ils ne connaissent pas.
Question 1
[en sous-groupes]
Proposer aux apprenants de noter, par sous-groupes, et d’expliquer le sens des deux phrases et d’en faire
un compte-rendu à l’oral. Dans l’optique de la production finale du cahier, il est important de commencer
dès à présent à leur donner des conseils de diction et de maîtrise de la voix. Pour aller plus loin : exercice 1
du cahier d’activités, p. 22.
Proposition de corrigé :
1 Ces deux phrases questionnent notre relation à l’information et aux savoirs ainsi que l’évolution de nos
pratiques pour nous informer, intimement liée à l’émergence des médias numériques.
« le journal, c’est la réflexion et la radio l’émotion » : Lire le journal, c’est être actif. On peut revenir sur sa
lecture, faire une pause, réfléchir. Le support écrit permet de mieux fixer. En revanche, la radio demande
moins d’effort pour s’informer que la presse. L’auditeur est plus passif que le lecteur. La radio est un média
qui permet aussi de se distraire, d’écouter de la musique… De plus, le son est éphémère. À la radio, nous
écoutons des voix, de l’humain, d’où l’émotion également. Le journal, c’est notre voix.
« l’Internet, c’est la pulsion » : Depuis l’apparition d’Internet, nos pratiques quotidiennes pour nous informer
ont évolué, en particulier celles de la jeunesse actuelle qui a grandi avec l’émergence d’Internet et en a fait
son moyen d’information quasi exclusif. Dorénavant, l’information est disponible gratuitement et
immédiatement. Cette facilité d’accès a transformé notre manière de nous informer. On peut consommer
compulsivement de l’information, en temps réel sur notre ordinateur, tablette ou smartphone. C’est devenu
un produit de consommation. Les médias proposent donc souvent des contenus accrocheurs dans le but
d’attirer les internautes, et d’être partagés sur les réseaux sociaux. Déjà, dans les années 1950, Beuve-Méry,
l’un des fondateurs du journal Le Monde, avait tendance à penser que la mort du journal était sans doute
pour demain ! On pourrait dire qu’il aurait eu raison aujourd’hui car les titres renommés de la presse sont
dorénavant plus que menacés par les médias en ligne, la puissance de l’argent et l’urgence du numérique.
Toutefois, force est de constater que la presse se renouvelle. Le journal le New York Times a su assuré sa
transition vers le numérique et fidélisé son lectorat qui est grandissant.
Question 2
[en sous-groupes]
Demander aux apprenants de prendre en note la réponse de leur binôme. Ils devront ensuite en rendre
compte à l’oral en utilisant le discours rapporté qui sera approfondi au Thème 18, p. 135 du cahier.
Proposition de corrigé :
2 L’accélération du temps est la caractéristique de notre société moderne en raison de l’évolution technique
et technologique. Par exemple, grâce à la technique, nous avons copié les connaissances de plus en plus
rapidement : avant l’imprimerie, il fallait copier un livre à la main, puis la technologie nous a permis de
l’imprimer, puis de le photocopier, et désormais de le télécharger sur Internet. Les ordinateurs eux-mêmes
n’ont cessé d’augmenter leurs performances ; d’où l’accélération du temps. Puis, avec l’apparition d’Internet,
l’accélération est devenue totale ! Notre rapport aux savoirs et à l’information a été bouleversé. Ce nouveau
mode de communication a progressivement et inéluctablement modifié l’accès à l’information, aux savoirs
et au sens à travers les moteurs de recherche consultables n’importe où dans le monde et sur n’importe quel
sujet. On ne peut plus s’en passer. A-t-on atteint une limite ? Jusqu’où la technologie nous permettra-t-elle
d’accélérer le temps ?
Question 3
[individuel]
Chaque apprenant se verra attribuer un paragraphe qu’il devra reformuler et résumer. Vous pourrez noter
au tableau, sous forme de tableau, les reformulations pour chaque paragraphe afin de comparer quels
mots-clés sont présents et de permettre une mise en commun pour chaque paragraphe.
Proposition de corrigé :
3 Phrase (a)
Reformulation : Trop d’informations (ou l’infobésité, terme québécois) finissent par nous laisser indifférents.
Eco disait : Si on retrouve un enfant syrien mort sur une plage, tout le monde pleure. Si des centaines
d’enfants se noient ensuite, plus personne n’en parle. Car il n’y a plus la photo et surtout un excès

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d’informations rend insensible à l’information. Cela entre par l’oreille gauche et cela sort par l’oreille droite.
Résumé du paragraphe : Devant l’infobésité, l’information se dilue et est traitée de manière de plus en plus
superficielle au profit de l’audience ; la jeunesse actuelle s’en éloigne.
Phrase (b)
Reformulation : Le rôle des journaux n’est pas uniquement de relayer l’information mais de la traiter (vérifier
les sources, aller sur le terrain, enquêter).
Résumé du paragraphe : Les médias en ligne privilégient désormais l’émotion, le sensationnel et la participation
des internautes aux dépens de la réflexion et de la qualité de l’information. Les jeunes ne font plus confiance
aux journalistes.
Phrase (c)
Reformulation : Notre rapport à la mémoire, à la culture a changé puisqu’on trouve tout et n’importe quoi
sur la toile, sans filtre, au risque de ne plus faire la différence entre le vrai et le faux.
Résumé du paragraphe : Sur Internet circulent trop d’informations erronées, voire racistes ou terroristes.
Leur facilité d’accès et leur attrait auprès des jeunes sont tangibles car ils se détournent des médias
traditionnels.
Questions 4-5
[en sous-groupes]
Pour la question 5, il est possible de créer un mini-débat sur ce qui oppose ou non les médias dit « traditionnels »
et les médias numériques. Il est également possible de questionner les apprenants sur leurs habitudes
médiatiques. Pour aller plus loin : exercices 2 et 11 du cahier d’activités, p. 22 et 25.
Propositions de corrigés :
4 Sur Internet, l’accès à l’information est instantané mais comme « l’information qui forge l’opinion des
jeunes n’est plus médiée par des journalistes » (l. 26) et que « les jeunes s’éloignent de ces sources
documentées » (l. 40), ceux-ci peuvent se faire abuser, manipuler facilement. Internet peut aussi constituer
une porte d’entrée vers la radicalisation pour certains jeunes. C’est ainsi que des centaines voire des milliers
de jeunes se sont fait recruter dans leur chambre via Internet en raison d’une propagande redoutablement
efficace. L’éducation aux médias à l’école permet la compréhension et l’usage des médias par les élèves. Elle
est importante car nous vivons dans un univers multimédiatique permanent où tout est accessible, le pire
comme le meilleur. Par conséquent, développer l’esprit critique des jeunes face à certains contenus malveillants
diffusés en ligne (théories de la rupture, du complot) est devenu une nécessité, d’autant que les adolescents
sont souvent en quête de sens et peuvent se laisser abuser, voire radicaliser facilement.
5 Les « médias » désignent les médias traditionnels (presse, radio, télé) et les « réseaux numériques »
désignent les médias numériques (Internet, téléphone portable, réseaux sociaux – Facebook, Twitter, Pinterest,
Instagram, LinkedIn, Viadeo…). Les médias traditionnels, de par leur caractère historique, ont pour principal
atout leur réputation. Internet reste une source moins fiable pour s’informer. Les réseaux sociaux font
désormais partie du panorama médiatique mondial et revêtent un caractère plus « social ».
Ces différents types de médias sont surtout complémentaires et il semble difficile de se positionner pour
l’un ou l’autre, tant ils sont structurellement différents et correspondent aux différentes attentes du public
en matière d’information.
Question 6
[en groupe classe]
Noter au tableau le vocabulaire en le divisant selon les trois critères suivants : type de média, action
médiatique, attitude face aux médias. Se référer également à la page vocabulaire, p. 23 du livre ainsi qu’à
l’activité 3 du cahier d’activités, p. 22.
FOCUS Vocabulaire
En France ou ailleurs, les médias ont une grande part de responsabilité dans l’évolution de la langue car
ils produisent une grande quantité de matière langagière. Beaucoup de ces nouveautés langagières sont
considérées comme des erreurs mais il arrive souvent qu’elles soient finalement intégrées dans le
dictionnaire, par exemple dans le Petit Robert. Déjà, en 1957, le Petit Robert ajoutait l’anglicisme « scoop »,
que l’on pourrait traduire par « exclusivité », dans son dictionnaire. De même « intox » qui pourrait être
l’ancêtre de « fake news » y entrait en 1966. On peut citer également « blog » en 2002 ou plus récemment
« hashtag » en 2009, traduit par « mot-dièse », en référence à twitter. Mais les journalistes ou médias ne
sont pas toujours coupables. Il est en effet parfois difficile de savoir si une évolution vient du fait ou bien
de la langue commune. Les mots comme « buzz », « master class », « burn out », « biopic » ou « bashing »
en sont des exemples. De même, le monde du travail est friand de termes d’origine anglo-saxonne comme
marketing, mail, overbooké, deadline, feedback, débriefer, ASAP, timing ou encore checker, team building
et brainstorming sont communément utilisés. On y trouve aussi souvent des néologismes ou encore des
pléonasmes.
À partir de ce focus, vous pouvez demander aux étudiants de proposer leurs propres définitions ou de
trouver un synonyme ou bien leur demander si leur langue native les a également intégrés.

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Corrigé :
6 Vocabulaire de l’information (par ordre d’apparition dans le texte) : l’éducation aux médias, la submersion
des informations, la fin de l’information, le journal, la radio, l’Internet, un excès d’informations, les médias,
l’émotion et l’audience, l’information perd de sa pertinence, la valeur des opinions, les modalités classiques
d’information, l’opinion, journalistes, diffuser des analyses et des arguments, divulguer les informations,
couvrir les informations, son traitement médiatique, le travail du journaliste, l’info réalité, les médias en
ligne, conquérir de nouveaux publics, se méfier des journalistes, savoir distinguer l’information de
l’interprétation, le Net, déserter les médias, apprivoiser des formes nouvelles d’informations, les nouveaux
médias, une France des médias et une France des réseaux numériques, renforcer l’éducation aux médias et
à l’information, le buzz, la désinformation, les théories de la rupture, la théorie du complot, les médias
traditionnels.

PRODUCTION ORALE

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Questions 7-8
[discussions en sous-groupes puis mise en commun en groupe classe]
Laisser aux apprenants le temps de la réflexion afin qu’ils puissent structurer leur pensées. Faire ensuite un
tour de table. Pour aller plus loin : activité 4 du cahier d’activités, p. 22.
Propositions de corrigés :
7 Réponses libres.
8 Réponses libres.

Lors de la mise en commun, veiller à ce que chaque membre du groupe s’exprime. Prendre en note les
erreurs récurrentes et les corriger ensuite au tableau.
FOCUS Culture
Chaque année le journal La Croix publie un baromètre sur la confiance dans les médias. Et en 2019 s’est
poursuivie une dégradation déjà amorcée depuis plusieurs années. Elle souligne un paradoxe : si les français
ont de moins en moins confiance dans les médias, ils s’intéressent fortement à l’actualité. Alors comment
les français s’informent-ils ? Le média habituellement préféré, la télévision, subit une forte baisse : seulement
38 % lui font confiance, soit une baisse de 10 points. La radio reste le média le plus fiable selon les français,
puis la presse écrite et tout en bas Internet. Mais tous subissent une forte baisse. Si la radio garde son
statut, c’est parce que la parole directe est valorisée. Facebook tient une place de choix dans les médias
chez les jeunes de 18-24 ans avec 54 % qui l’utilisent pour s’informer même si leur pratique est pluri-
médiatique. Les critiques les plus récurrentes envers les médias sont leur propension à « dramatiser »,
(67 %) et de laisser trop de place « à des gens qui expriment un point de vue extrême » (52 %).
Source : Institut Kantar et « la confiance dans les médias est au plus bas », Le Monde, 24 janvier 2019.

Question 9 - Débat
[individuel]
Lors du débat, il est important de guider les apprenants à l’aide d’une recherche des mots-clés propres à
chaque question. Par exemple :
• Informer, vérifier, développer l’esprit critique
• Difficulté à savoir ce qui se passe dans le monde, tempérer, rendre compte, résumer, valider ou invalider
les fausses nouvelles
• De plus en plus de journalistes menacés ou tués, les libertés de la presse diminuent, importance prise par
les médias officiels, travail journalistique de plus en plus difficile
• Pluralité d’opinions, être informé c’est pouvoir choisir, les informations virales influencent nos choix et
échappent aux médias
Vous pouvez ici vous référer à la fiche méthodologique 5 p. 10 du cahier, en soulignant une des parties
propres à l’exposé oral. Cela permettra aux apprenants de mieux aborder la question 10 de la production
orale.
Se référer également à la page vocabulaire, p. 23, dans laquelle les apprenants pourront piocher des mots-
clés.
De plus, lors d’un débat, il est important de faire réfléchir les apprenants aux éventuelles questions qui leur
seront posées. Cela leur permettra de préparer des contre-arguments afin qu’ils ne soient pas pris au
dépourvu.

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Question 10 - Mini-exposé
[individuel]

Proposition de corrigé :
10 Réponses libres.
Insister sur la comparaison que doivent faire les apprenants du même événement. Rappeler le vocabulaire
de la comparaison et de l’opposition.
FOCUS Méthodologie
Maîtriser la gestuelle
Il est parfois difficile de maîtriser son corps et ses gestes durant un exposé, en raison du stress ou de
l’émotion. Il faut éviter cependant de rester immobile, ou au contraire, de trop s’agiter. Maitriser son
corps, c’est maîtriser sa parole.
En position assise :
- Bien s’asseoir dans le siège tout en restant droit. Avoir les pieds bien posés au sol.
- Ne pas croiser les bras. Cette attitude donne souvent une impression que vous êtes renfermé ou tendu.
Laisser si possible vos mains détendues.
- Faire attention aux changements de positions après une question, cela peut signifier que vous êtes
nerveux ou gêné par la question.
En position debout :
- Se tenir bien droit.
- Ne pas cacher ses mains dans ses poches mais s’en servir au contraire pour accompagner le discours.
- Toujours bien regarder l’ensemble des personnes présentes et ne pas se focaliser sur une en particulier.
Le discours passe aussi par le regard et doit toucher tout le monde.

PRODUCTION ÉCRITE

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Question 11
[au choix du professeur : travail individuel ou par groupes de profils type en classe ou à la maison]
Bien définir ce qu’est un témoignage. Lors de ce genre de production écrite, l’important est de rendre
compte d’une expérience vécue. Sa structure doit être clairement ordonnée afin qu’elle puisse avoir un effet
sur le destinataire. Pour compléter votre témoignage, il est possible, en guise de conclusion, d’élargir la
question posée pour prendre du recul. Cela lui permettra de toucher plus largement le destinataire et de
le pousser à se poser lui-même la question. Pour aller plus loin : exercices 9, 10 du cahier d’activités, p. 24.
Proposition de corrigé :
11 Exemple 1 : En 2017, j’ai malheureusement relayé une fausse vidéo autour de l’ouragan Irma qui a
dévasté l’île de Saint-Barthélemy. J’y ai cru dur comme fer au point de la commenter et de la partager sur
Twitter et Facebook. On y voyait des toits qui s’envolaient, des arbres arrachés par la tempête et des voitures
qui peinaient à avancer ou étaient renversées. Cette vidéo était impressionnante, mais elle n’avait rien à
voir avec Irma. Il s’agissait en fait de la vidéo d’une catastrophe qui s’était déroulée en Uruguay en 2016
lors du passage d’un cyclone… Voulant informer tout le monde rapidement, je l’ai donc partagée, puis
effacée ensuite mais le mal était fait. Dorénavant, je suis très prudente avant de partager une information
sur les réseaux sociaux.
Exemple 2 : C’était en décembre dernier, deux de mes collègues, un homme et une femme qui ont chacun
un conjoint, passaient beaucoup de temps ensemble dans notre entreprise et finissaient très tard leur journée
de travail. La situation l’exigeait, car ils devaient terminer un projet important dans un court laps de temps.
Pour plaisanter et mettre du sel dans les conversations à la machine à café, j’ai lancé la rumeur qu’ils avaient
une liaison. Heureusement, ils l’ont pris avec humour mais j’étais finalement très embarrassé car, en se
propageant, cette rumeur aurait pu détruire leur réputation professionnelle et leur union. Désormais, je ne
m’occuperai plus de la vie des autres !

Page 22 DOCUMENT B

COMPRÉHENSION ORALE

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Questions 1-2-3-4-5-6
[en groupe classe ou à la maison]
Avant la question 1 et l’écoute du document audio, demander aux apprenants ce qu’évoquent pour eux les
termes de « théorie du complot ». Noter les propositions au tableau et les développer si nécessaire afin de
passer en revue le vocabulaire qui pourrait être présent dans le document. Se référer pour cela à la
transcription. Pour aller plus loin : activités 6, 7, 8 du cahier d’activités, p. 23-24.
Propositions de corrigés :
1 La collégienne Asma définit la théorie du complot comme « quelque chose qui va à l’encontre de ce qu’on
entend aux médias qui vont nous faire croire que tout ce qu’on entend c’est faux. Et ça a souvent un rapport
avec la politique où on remet en cause la place de quelqu’un, de quelqu’un haut placé par exemple ».
2 Christophe Bourseiller veut dire qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on écoute sur France Inter. Il ne faut
pas tout gober (= avaler) sans distinction. Il faut faire le tri. La parole des journalistes n’est pas du miel. Le
miel est ici une expression pour désigner un faux-semblant de douceur. Il est donc nécessaire d’exercer un
regard critique sur l’actualité, de s’interroger, de réfléchir. Il faut avoir de la distance.
3 En français familier, un bobard est un propos mensonger, une fausse nouvelle que l’on répand telle une
rumeur. Les faiseurs de bobards sont des gens qui propagent de fausses vérités. Ils mettent en place des faits
alternatifs (théories du complot par exemple), dans le but de manipuler les gens, pour le plaisir de nuire…
4 Les théories complotistes qui séduisent particulièrement certains jeunes dans les classes de l’enseignant
François Da Rocha concernent le 11 Septembre (qui serait le fait de la CIA) ainsi que les génocides et les
actes de terrorisme.
5 Pour lutter contre la défiance des Français envers les médias, Thomas Huchon propose de rouvrir les
rédactions et de montrer comment les journalistes travaillent (la recherche de l’information, la vérification
et le croisement des sources, etc.).
6 Le fait d’avoir la possibilité d’observer le travail des journalistes a changé le regard des deux collégiennes
concernant ce métier. Cela a permis à Asma de mieux comprendre que les journalistes vont bien chercher
leurs informations, qu’ils vérifient bien leurs sources puis qu’ils communiquent de l’information réelle aux
gens, qu’ils ne disent pas n’importe quoi. Avant de participer à l’émission InterClass’, Azania pensait que les
informations transmises par les journalistes n’étaient pas totalement vraies. Elle exerce maintenant un regard
critique (« même si maintenant je sais qu’aux médias, ça va pas être entièrement vrai à 100 %, je suis déjà
plus sûre qu’il y a déjà une autre part de vérité dedans. »).

PRODUCTION ORALE

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Questions 7-8
[en groupe classe]
Demander aux apprenants quel type de lecteur ils sont. Opposer le traitement émotif de l’information à
celui raisonné. Leur demander pourquoi il est important de ne pas partager sous le simple coup de l’émotion
et de vérifier et recouper les informations avant de les partager. Pour aller plus loin : activité 5 du cahier
d’activités, p. 22.
Propositions de corrigés :
7 Réponses libres.
8 Réponses libres.

IDÉE POUR LA CLASSE


[en sous-groupes et mise en commun en groupe classe]
Faire chercher aux apprenants des informations sur différents sites internet. Leur faire ensuite rédiger un
bref article semblant le plus vraisemblable possible. Plus leur article sera précis, plus il gagnera en crédibilité.
Dates, statistiques, paroles rapportées, témoignages de spécialistes sont les clés de la véracité. Les apprenants
liront ensuite leur article devant le reste de la classe et chacun devra dire quelle information est vraie ou
fausse. Ils peuvent aussi inventer un événement de toute pièce. Chacun devra justifier pourquoi il a cru ou
non aux informations rapportées.
Question 9 - Mini-exposé
[en sous-groupes]

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FOCUS Méthodologie
Conseils pour l’exposé
- Bien le préparer : une bonne préparation diminue le sentiment d’angoisse. Laissez-vous du temps pour
bien comprendre le thème et trouver la bonne problématique. Faire des recherches si nécessaire. Vous
aurez ensuite plus de facilité à regarder vos auditeurs.
- Préparer des fiches : ne notez pas tout ce que vous voulez dire. Vos yeux ne doivent pas être rivés sur
vos notes. Rédigez plutôt sous forme de notes bien construites et aérées. Il est possible de rédiger
l’introduction et la conclusion entièrement si vous êtes trop stressé, cela vous permettra de commencer
avec plus d’assurance.
- Être clair : dès le début de votre intervention, présentez le sujet et annoncez votre plan. Aidez-vous du
tableau ou d’un PPT si vous le souhaitez. Mais attention, ne pas en devenir l’esclave, il est simplement là
pour souligner les points importants de votre exposé.
- S’entraîner : répétez votre intervention au préalable, en la chronométrant.
- Réfléchissez aux questions que l’on pourrait vous poser : faites une liste des questions possibles et préparer
quelques réponses qui vous aiderons à garder votre sang froid.

IDÉE POUR LA CLASSE


Distribuer des informations factices et demander aux apprenants quelle a été leur première réaction. Leur
demander ensuite de médiatiser leur réaction dans un discours structuré.

PRODUCTION ÉCRITE

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Question 10
[en sous-groupes]
Établir qui joue les rôles. Qui sera avocat et qui posera les questions. Chaque sous-groupe préparera ensuite
les questions ou les réponses lui correspondant.

IDÉE POUR LA CLASSE


[en sous-groupes et mise en commun en groupe classe]
Faire chercher aux apprenants des informations sur différents sites internet. Leur faire ensuite rédiger un
bref article semblant le plus vraisemblable possible. Plus leur article sera précis, plus il gagnera en crédibilité.
Dates, statistiques, paroles rapportées, témoignages de spécialistes sont les clés de la véracité. Les apprenants
liront ensuite leur article devant le reste de la classe et chacun devra dire quelle information est vraie ou
fausse. Ils peuvent aussi inventer un événement de toute pièce. Chacun devra justifier pourquoi il a cru ou
non aux informations rapportées.
Proposition de corrigé :
10 Exemple 1 : Ma question : Je suis enseignante et mes élèves ont créé le journal de l’école sur un blog
public. Très souvent, ils copient-collent et publient une grande partie de leurs contenus (photos, articles…)
sans en mentionner les sources. Comment publier sur Internet des contenus empruntés à d’autres sites, pour
une publication dans un cadre pédagogique ou personnel ?
Notre réponse : Sur Internet, le code de la propriété intellectuelle s’applique aussi. Il faut donc veiller à
respecter les droits relatifs aux contenus audio, vidéo, écrits qui sont réutilisés pour une reproduction sur
un site, un blog personnel ou dans le cadre d’un travail scolaire. Vos élèves devront donc obtenir l’autorisation
des auteurs des contenus pour publier sur leur blog.
Exemple 2 : Ma question : Mon employeur a inséré mon portrait sur le site internet de mon entreprise ainsi
que sur des supports de communication, sans mon consentement. Est-ce légal ? Par ailleurs, ma photo est
reprise sur les réseaux sociaux, sans mon autorisation.
Notre réponse : Ce n’est absolument pas légal. Le droit à l’image implique que chacun peut s’opposer à la
diffusion de son image. L’obtention du consentement du salarié est obligatoire, par le biais d’une autorisation
écrite. Visiblement, cela n’a pas été fait dans votre cas. Le service marketing de votre entreprise doit donc
supprimer toutes les photos de vous sur son site et ses brochures, ainsi que le cliché en ligne. Si elle ne le
fait pas, vous pouvez l’assigner en justice.

Page 23 VOCABULAIRE

Inviter les apprenants à se reporter à la page 23 vocabulaire. Leur demander de lire cette page de façon

20
THÈME
THÈME

1
2
individuelle. Souligner les mots de vocabulaire qui semblent poser le plus de difficultés aux apprenants.
Former des binômes. Demander aux apprenants de faire les activités 1, 2, 3 p. 23.

Page 23
Corrigés :
1 a.2 – b.5 – c.4 – d.1 – e.3

2 a. l’information vérifiée – b. le franc-parler – c. le propos mensonger – d. la fin du dialogue.

PRODUCTION ORALE

Page 23
Proposition de corrigé :
3 Réponses libres.

Page 24 q JEUX DE CULTURE GÉNÉRALE

Page 24
Les pages Jeux de culture générale sont une opportunité de convivialité et de respiration en cette fin de
thème. Comme tout jeu de culture générale, cela va de soi que les apprenants ne sont pas forcément au
fait des idées et informations évoquées. La finalité est de jouer et de provoquer l’envie d’en savoir plus.
Corrigés :
1 a. 2002 – b. 1835 – c. 1915 – d. 1631 – e. 1945 – f. 1995 – g. 1995 – h. 1990 – i. 1985
2 a.6 El Watan / quotidien algérien – b.5 La Presse / hebdomadaire québécois. – c.4 Le Soleil / quotidien
sénégalais. – d.1 Le Soir / quotidien belge – e.7 Le Temps / quotidien suisse. – f.2 L’Orient - Le Jour /
quotidien francophone libanais. – g.3 Le Lynx / journal hebdomadaire guinéen.
Propositions de corrigés :
3 Incroyable ! Un couple et leur fille de 4 ans se sont retrouvés bloqués dans l’ascenseur de l’aquarium de
Biarritz. L’alarme ne marchait pas et ils n’avaient pas leurs portables sur eux ! Ils ont donc passé la nuit dans
cet espace confiné avec pour seul dîner une compote ! Finalement, on les délivra à l’ouverture du musée,
le lendemain. (279 caractères)
4 a.7 France Inter / radio publique généraliste d’information et de culture.
b.5 Europe 1 / radio privée généraliste.
c.2 France Musique / radio publique de musique classique et de jazz.
d.1 Nostalgie / radio musicale de chansons des années 1970 et 1980.
e.6 France Culture / radio publique culturelle.
f.3 NRJ / radio musicale à destination des jeunes.
g.4 France Info / radio d’information continue

Cahier d’activités, p. 21-27

ENRICHIR SON LEXIQUE

Page 22
Proposition de corrigé :
5 S’indigner dans le courrier des lecteurs.

Pour commencer : Je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon mécontentement / pour
exprimer mon mécontentement / ma colère / mon indignation… au sujet de… / Je vous écris parce que…
/ pour…
Pour rappeler la situation et exposer le problème : Suite à la publication de votre article intitulé… daté

21
du…, j’aimerais exprimer mon indignation.
Les propos mensongers de l’auteur m’ont profondément choqué. / En effet, je déplore le fait que… / le
manque de… / Cela représente un danger pour…
C’est donc pour cette raison que je vous demande des excuses, une correction, voire le retrait immédiat
des propos litigieux du journaliste.
Pour conclure : J’espère que vous prendrez les mesures nécessaires pour… / Dans l’espoir que vous
retirerez ces propos dans les plus brefs délais… / Dans l’attente de votre réponse

PRODUIRE

Voir Vous devez présenter à la classe un exposé oral sur le sujet suivant :
FICHE
MÉTHODO Pourquoi les jeunes sont-ils les premières victimes des théories du
5
EXPOSÉ ORAL

complot sur Internet ?


L’article et l’extrait d’émission de radio dans votre livre (p. 20 et 22)
servent de source documentaire pour votre exposé oral. Il faudra
en extraire des arguments et des faits pertinents en recherchant les
points clés de l’argumentation de l’auteur et des intervenants. Vous
donnerez également des arguments et des exemples personnels.

Page 27
15 Proposition de corrigé :
Plan
Problématique : Pourquoi les jeunes sont-ils les premières victimes des théories du complot sur Internet ?
Partie 1. Les causes
- Depuis Internet, évolution des pratiques pour s’informer en particulier celles de la jeunesse,
- Époque saturée d’images et d’informations,
- Diffusion de thèses conspirationnistes sur les réseaux sociaux,
- Facilité d’accès aux informations erronées, voire racistes ou terroristes,
- Absence de modération.
Partie 2. Les conséquences
- Les jeunes se détachent des médias traditionnels au profit des réseaux sociaux,
- Face au trop-plein d’informations, la jeunesse ne fait pas le tri,
- Prégnance des théories du complot auprès des jeunes,
- Défiance envers toute parole officielle.
Conclusion : L’éducation aux médias, un levier pour mieux appréhender l’information et développer
l’esprit critique des jeunes.

Exposé oral 
Fake news, théories du complot, harcèlement… Facebook et les réseaux sociaux sont souvent accusés de
ne pas suffisamment lutter contre les fausses informations ou les appels à la haine. Or, les jeunes, plus
sensibles et vulnérables à ces théories, en sont les premières victimes. Même si la diffusion de rumeurs est
aussi vieille que l’humanité, nous sommes de plus en plus exposés à de fausses nouvelles.
Dans un premier temps, nous évoquerons la facilité d’accès aux informations mensongères et aux théories
du complot sur Internet puis, dans un deuxième temps, nous tenterons de percevoir pourquoi les jeunes
sont davantage exposés à ce phénomène. En conclusion, nous verrons dans quelle mesure l’éducation
aux médias représente un levier pour mieux comprendre les mécanismes de l’information et développer
l’esprit critique des jeunes.
Depuis l’apparition d’Internet, nos pratiques quotidiennes pour nous informer ont évolué, en particulier
celles de la jeunesse actuelle qui a grandi avec Internet et en a fait son moyen d’information privilégié.
De plus, nous vivons une époque saturée d’images et d’informations où s’entremêlent le vrai et le faux. Et
avec l’avènement des réseaux sociaux, il n’a jamais été aussi facile de diffuser des thèses conspirationnistes.
La rumeur, mot dérivé du latin « rumor » et qui signifie « bruit vague, bruit qui court, nouvelle sans
certitude garantie » est sans doute le plus vieux média du monde. Internet lui donne aujourd’hui une
plus grande vitesse de propagation. On peut donc affirmer que les jeunes sont d’autant plus contaminés
par les rumeurs et les faits alternatifs qu’ils aiment exposer leurs opinions, leurs questionnements au sein
de réseaux sociaux. On peut également ajouter que l’absence de modération laisse malheureusement
souvent la place aux théories complotistes. Sur Internet, circulent trop d’informations erronées, voire

22
THÈME
2
racistes ou terroristes. Leur facilité d’accès et leur attrait auprès des jeunes sont d’autant plus inquiétants
qu’ils se détournent des médias traditionnels.
Par ailleurs, la jeunesse actuelle est davantage exposée aux fausses informations et aux théories du
complot car elle se détache des médias traditionnels au profit des réseaux sociaux qui ne sont pas des
vecteurs d’information fiables. En effet, de nombreux collégiens, lycéens, étudiants ne croient pas ce
qu’ils voient à la télévision, ou ce qu’ils lisent dans les journaux. Ils accordent davantage de crédit à toutes
les informations qu’ils trouvent sur les réseaux sociaux où le pire côtoie le meilleur. Face à ce trop-plein
d’informations, il est difficile pour un jeune de ne pas se laisser séduire par des thèses plus ou moins
fantaisistes pour comprendre le réel. Les jeunes naviguent entre le vrai et le faux, sans savoir discerner l’un
de l’autre. D’où l’écho non négligeable que trouvent auprès de ce public les théories du complot. On peut
ajouter que les enseignants constatent une vraie dégradation dans la confiance que les élèves accordent
aux médias traditionnels et aux journalistes. Il y a une sorte de défiance installée chez les élèves envers
toute parole officielle, nous apprend François Da Rocha, professeur d’histoire au lycée Jean-Moulin de
Roubaix ; ce que confirme Patricia Martin, journaliste qui participe à l’émission InterClass’. Elle s’est sentie
désarmée face aux théories douteuses que certains élèves véhiculent, n’hésitant pas à affirmer que le 11
Septembre était le fait de la CIA. Elle constate également que beaucoup de remarques conspirationnistes
des élèves sont difficiles à déconstruire car, pour ces derniers, journalistes et professeurs font partie du
« système ». En outre, François Da Rocha est souvent confronté à une remise en question de ses élèves,
notamment quand il parle des génocides et du terrorisme pendant ses cours.
En conclusion, face à l’ampleur du phénomène, l’éducation aux médias constitue donc l’un des leviers
majeurs pour relever cet immense défi. D’où l’importance des initiatives comme Interclass’ qui permettent
aux journalistes d’aller dans les classes et d’expliquer aux jeunes le métier de journaliste. Cette implication
est fondamentale car les collégiens comprennent ainsi mieux les mécanismes de l’information. Ils
apprennent également que la rigueur et l’éthique animent cette profession. Apprendre aux élèves à
mieux décrypter les informations, à en comprendre les mécanismes et surtout à développer leur esprit
critique, c’est tout l’enjeu de l’éducation aux médias et à l’information.
(687 mots)

23
TEST Thème 2

1 Complétez ces phrases par des partitifs et complément du nom. 9 points


a. L’auteur ……………….. désinformation devrait s’excuser platement.

b. Un journal ……………….. désinformation a publié un article qui fait le buzz désormais.

c. Le rédacteur en chef ……………….. un site internet se doit de vérifier ses sources.

d. La manipulation ……………….. masses passe souvent par des médias peu scrupuleux.

e. Le pourcentage ……………….. fake-news sur les réseaux sociaux est impressionnant.

f. L’équipe ……………….. France a dû faire face à plusieurs rumeurs avant la coupe du monde.

g. Le président ……………….. Grèce a été obligé d’effacer son tweet après avoir créer la polémique.

h. Je ne sais pas si je dois être en colère ou montrer ……………….. indifférence.

i. J’ai vraiment besoin ……………….. vacances.

2 Y croire ou pas ? utilisez le conditionnel ou le présent de l’indicatif selon la véracité de


ces propositions. 9 points
a. Ce tweet (avoir) ……………….. été vu plus d’un milliard de fois.

b. L’excès d’information (provoquer) ……………….. des dégâts irréversibles dans le cerveau.

c. Le lobby des escargots (avoir) ……………….. encore frappé : il (souhaiter) ……………….. réduire

la vitesse sur les routes à 5km/h.

d. Ce site mensonger (avoir) ……………….. encore publié une fake news, je viens de la lire.

e. Thomas me disait encore hier que les étudiants de sa classe (déserter) ……………….. de plus en

plus les médias traditionnels.

f. Je trouve que les esprits (être) ……………….. de moins en moins ouverts et que pourtant de plus

en plus de gens croient tout ce qu’on (raconter) ……………….. sur internet.

g. Ce canular (avoir) ……………….. coûté son poste au ministre. Il s’est vu démis de ses fonctions

dans la foulée.

3 E xposé oral 12 points EDITO C1 GUIDE PÉDAGOGIQUE - Thème 2 - test © Éditions Didier, 2019

Vous préparez un exposé et vous le présenterez au jury.

Sujet :

Vous êtes stagiaire dans la rédaction d’un journal en ligne. Le rédacteur en chef organise un débat

sur le type d’informations qui sera publié. Vous intervenez pour défendre le travail journalistique

de fond en rappelant les dangers de la désinformation.

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