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STRATÉGIE DE POLITIQUE MONÉTAIRE

I – CADRE INSTITUTIONNEL

La Convention régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) et les Statuts de la


BEAC confèrent à l’Institut d’Emission commun les pouvoirs de formulation et de mise en
œuvre de la politique monétaire dans le cadre général des dispositions de la Zone Franc.

En effet, le régime de change des six pays de la Communauté Economique et Monétaire de


l’Afrique Centrale repose sur quatre principes de base :

 une parité fixe entre le franc CFA (franc de la Coopération Financière en Afrique
Centrale) et l’euro ;
 une convertibilité du franc CFA garantie par la France ;
 une liberté totale des transferts entre les pays de la Zone Franc ;
 et, la mise en commun des réserves de change.

Conformément à ces principes de base, la gestion monétaire tient compte, en particulier, des
dispositions relatives au fonctionnement du Compte d’Opérations. Ainsi, si le Compte
d’Opérations est débiteur pendant trois mois consécutifs ou si le rapport entre le montant
moyen des avoirs extérieurs de la Banque et le montant moyen de ses engagements à vue est
demeuré, au cours de trois mois consécutifs, égal ou inférieur à 20 %, les dispositions ci-après
entrent en vigueur de plein droit :

a – les objectifs de refinancement sont réduits :

 de 20 % dans les pays dont la situation fait apparaître une position débitrice en
Compte d’Opérations ;
 de 10 % dans les pays dont la situation fait apparaître une position créditrice en
Compte d’Opérations d’un montant inférieur à 15 % de la circulation fiduciaire
rapportée à cette même situation (article 11 des Statuts).

b – le Comité de Politique Monétaire est immédiatement convoqué pour délibérer sur les
mesures de redressement appropriées à mettre en œuvre dans les Etats à position débitrice.

Par ailleurs, l’article 18 des Statuts indique que le montant total des concours consentis par la
Banque à un Etat membre de la CEMAC ne peut dépasser un montant égal à 20 % des
recettes budgétaires ordinaires fongibles d’origine nationale constatées au cours de l’exercice
écoulé.

Dans ce cadre, le Comité de Politique Monétaire de la BEAC fixe, pour chaque Etat membre,
les objectifs des avoirs extérieurs nets, de croissance des crédits à l’économie et de la masse
monétaire (M2), assortis d’objectifs de refinancement à respecter en cohérence avec les
évolutions prévisibles en matière de croissance économique, d’équilibre extérieur, d’inflation
et de finances publiques.

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II- STRATEGIE ET ORIENTATION DE LA POLITIQUE MONETAIRE

II 1. – OBJECTIFS FINALS

Conformément à l’article 1er de ses Statuts, l’objectif final de la politique monétaire


de la BEAC est de garantir la stabilité monétaire. Sans préjudice de cet objectif, la BEAC
apporte son soutien aux politiques économiques générales élaborées par les Etats membres.
Pour la BEAC, dont la monnaie est rattachée à l’euro par une parité fixe, l’objectif de stabilité
monétaire signifie un taux d’inflation faible et un taux de couverture de la monnaie suffisant
(le seuil minimal est de 20 %).

Pour évaluer les risques pesant sur la stabilité monétaire et décider d’une action, la
BEAC a adopté une approche pragmatique basée sur les analyses des évolutions des agrégats
monétaires, de l’environnement économique international, des conditions d’offre et de
demande sur les marchés des biens et des facteurs de production.

II 2. – INSTRUMENTS DE POLITIQUE MONETAIRE

Depuis l’instauration du marché monétaire le 1er juillet 1994, la BEAC utilise des
instruments indirects pour ses interventions. Ce mode d’action qui repose sur le contrôle de la
liquidité bancaire s’exerce à travers la politique du refinancement (action sur l’offre de
monnaie centrale) complétée par l’imposition des réserves obligatoires (action sur la demande
de monnaie centrale).

a. La politique de refinancement

La politique de refinancement, principal mode d’intervention de la BEAC, s’exécute


via le marché monétaire. Mise en œuvre sous forme d’avance sur titres, cette politique revêt
deux formes : une action par les quantités (objectif de refinancement) et une action par les
prix (taux d’intérêt).

En ce qui concerne l’action par les quantités, la BEAC s’appuie sur l’exercice de
programmation monétaire pour arrêter les objectifs de croissance des agrégats monétaires et
de refinancement compatibles avec la réalisation des objectifs finals de la politique monétaire.

En effet, dans le cadre des accords de mobilisation, la BEAC distingue parmi les titres
de créances inscrits à l’actif des établissements de crédit, ceux qui peuvent servir de supports
à ses concours. Elle arrête ainsi, de façon trimestrielle, un objectif de refinancement qui
représente la limite maximale des avances qu’elle est disposée à accorder aux établissements
éligibles au niveau 2 du marché monétaire. Cet objectif peut être dépassé par Etat si le taux de
couverture extérieure de la monnaie est globalement satisfaisant pour la Zone et s’il existe des
facultés d’avances disponibles recensées au niveau des établissements de crédit éligibles. A
cet effet, il est prévu un mécanisme d’interventions ponctuelles assorti de conditions de taux
spéciales. En revanche, cet objectif devient un plafond rigide si le pays est en programme

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avec le FMI ou si le taux de couverture extérieure se dégrade profondément en se situant en
deçà de 20%

L’action par les taux d’intérêt s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique des taux
de la Banque. Les avances sont accordées à un taux d’intérêt (TIAO, soit le Taux d’Intérêt des
Appels d’Offres) fixé par le Comité de Politique Monétaire, suivant les objectifs de la
politique monétaire.

Par ailleurs, la BEAC ponctionne de la liquidité, par le biais des appels d’offres
négatifs, à un taux d’intérêt fixé par le Comité de Politique Monétaire (Taux d’intérêt sur les
placements ou TISP)

b. La politique des réserves obligatoires

L’article 20 des Statuts de la BEAC prévoit que le Comité de Politique Monétaire peut
prendre toutes les dispositions pour imposer aux établissements de crédit la constitution de
réserves obligatoires. Le recours aux réserves obligatoires vise à « mettre en banque » le
système bancaire, c’est-à-dire, à le contraindre au refinancement lorsque les facteurs
autonomes de la liquidité bancaire engendrent un excédent de monnaie centrale pour les
établissements de crédit. Ainsi, les réserves obligatoires, par leur action structurelle, sont un
complément à la politique du refinancement.

MARCHÉ MONÉTAIRE DE LA CEMAC

La politique monétaire consiste à mettre à la disposition de l’économie des moyens de


paiement en quantité nécessaire et suffisante pour favoriser la croissance et le plein emploi,
dans la stabilité des prix et tout en veillant à la parité externe de la monnaie. La BEAC, dont
la mission est d’assurer la mise à la disposition de l’économie des moyens de paiement, utilise
le canal du Marché Monétaire pour réguler la liquidité bancaire. Le Marché Monétaire se
définit comme le lieu immatériel où s’échangent les liquidités entre demandeurs et offreurs de
capitaux à court terme.

Dans le fonctionnement du Marché Monétaire, la BEAC joue un double rôle qui


consiste simultanément à injecter et à ponctionner les liquidités, conformément aux objectifs
de la politique monétaire définie par son Conseil d’Administration.

Le marché monétaire de la Zone BEAC a démarré ses activités en juillet 1994 et son
fonctionnement a été progressivement réaménagé afin de rendre l’action de la Banque
Centrale plus efficace, tant en ce qui concerne les injections que les ponctions de liquidités.

Le système de refinancement de la BEAC est organisé à deux niveaux :

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 le niveau 1 correspond au compartiment interbancaire. Le marché interbancaire est un
compartiment spécifique du marché monétaire sur lequel un nombre limité
d’intervenants échangent entre eux des liquidités en compte à la Banque Centrale, à
des conditions de montant (en millions de francs CFA), de taux, de durée et
éventuellement de garantie librement débattues sans l’interférence de l’Institut
d’Emission. Ce compartiment a une vocation nationale mais les participants sont libres
d’effectuer des prêts transnationaux à l’intérieur de la Zone d’Emission. Les taux sur
le Marché Interbancaire s’établissent à des conditions librement négociées, suivant la
loi de l’offre et de la demande. Le Taux Interbancaire Moyen Pondéré ou TIMP) est
calculé chaque jour par la Banque Centrale, pour les différentes durées des opérations.
 le niveau 2 se rapporte aux interventions de la BEAC effectuées à travers deux
guichets (A et B), en faveur des établissements de crédit éligibles. Compte tenu des
orientations de politique monétaire et de crédit d’une part, et de l’évolution des
facteurs de la liquidité bancaire d’autre part, la BEAC peut être amenée à intervenir
pour refinancer le système bancaire. L’accès aux guichets de la Banque Centrale dans
le cadre du marché monétaire est réservé aux établissements de crédit éligibles (pour
les avances) et à ces mêmes établissements plus certains organismes financiers (pour
les placements).S’agissant des interventions proprement dites, les concours de la
Banque Centrale aux établissements de crédit empruntent deux canaux : le guichet A
ou canal principal et le guichet B ou canal spécial institué pour tenir compte des
crédits à moyen terme irrévocables (anciens et nouveaux) et des avances assimilées.

Le Guichet A correspond à la sphère du Marché Monétaire où sont traitées toutes les


opérations d’injections (opérations sur crédits à court terme et opérations sur crédits à moyen
terme révocables) ainsi que les opérations de reprise de liquidités. Ces interventions se font
sous formes d’opérations sur appel d’offres à l’initiative de la Banque Centrale et de prises en
pension de 2 à 7 jours à l’initiative des établissements de crédit. Si la BEAC peut injecter de
la liquidité quand elle le juge nécessaire, elle peut aussi en retirer pour les besoins de la
politique monétaire, en offrant aux établissements de crédit, qui ne portent aucun engagement
sur elle, la possibilité de souscrire aux certificats de placement (ou bons Banque Centrale),
dans le cadre des appels d’offres négatifs.

Le Guichet B, en raison du caractère irrévocable des crédits qui y sont mobilisés (la
BEAC ne peut revenir sur les conditions de taux, de durée ou de refinancement), se
caractérise par une multitude de taux d’intérêt.

Depuis l’entrée en vigueur du Marché Monétaire, le 1er juillet 1994, les interventions de
la Banque Centrale tiennent compte de l’Objectif de Refinancement de chaque pays membre,
arrêté par les Autorités Monétaires à la faveur d’un exercice de programmation monétaire qui
s’effectue annuellement. Les objectifs monétaires et de crédit, arrêtés à cette occasion pour
l’année à venir, sont révisables semestriellement.

L’Objectif de Refinancement est spécifique à chaque pays et désigne le potentiel de


refinancement que l’Institut d’Emission est susceptible d’accorder aux établissements de
crédit d’un Etat, sans remettre en cause les grands équilibres macro-économiques. En
principe, les avances de la BEAC au titre des Guichets « A » et « B » cessent dès lors que leur
montant cumulé atteint l’Objectif de Refinancement, au-delà duquel les concours de l’Institut
d’Emission prennent la forme des interventions ponctuelles d’une durée maximale de 48
heures.

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STRUCTURE DES TAUX D’INTÉRÊT

La structure des taux d’intérêt sur le marché monétaire de la CEMAC est la suivante :

A. TAUX DU MARCE INTERANCAIRE (Niveau 1 du marché monétaire)

Les taux du marché interbancaire sont totalement libres et sont déterminés par la loi de l’offre
et de la demande, sans intervention de la BEAC.

B. TAUX DU COMPARTIMENT DES INTERVENTIONS DE LA BEAC


(Niveau 2 du marché monétaire)

1. INTERVENTIONS EN FAVEUR DES ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT

1.1. Injections de liquidités

1.1.1.    Sur le guichet A :

 Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) est fixé par le Comité de Politique
Monétaire dans le cadre des opérations sur appels d’offres « à la française », en tenant
compte de la conjoncture tant interne qu’externe. Il constitue le principal taux
directeur de la Banque. Résultant des forces du marché, le taux d’intérêt du marché
interbancaire est un informateur des pouvoirs publics sur la situation monétaire et un
guide pour l’action conjoncturelle. C’est la raison pour laquelle le coût de la monnaie
centrale mise à la disposition du système bancaire devrait, dans la mesure du possible,
tenir compte des taux pratiqués sur le compartiment interbancaire du marché
monétaire.
 Le taux d’intérêt des prises en pension (TIPP) est égal au taux des appels d’offres
majoré de 1,5 à 3 points de base.
 Le taux de pénalité (TP) est supporté par les établissements de crédit en cas de
manquements graves à la réglementation bancaire, aux règles de distribution du crédit
et, à titre exceptionnel, dans l’hypothèse d’un défaut de papier éligible.
 Le taux d’intérêt sur les interventions ponctuelles (TISIP) est inférieur au taux de
pénalité (TP) et supérieur ou égal au taux d’intérêt sur les prises en pension (TIPP)
 Le taux d’intérêt sur les avances exceptionnelles garanties par la remise des certificats
de placement est égal au TIAO

1.1.2    Sur le guichet B :

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Le Guichet B est réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à
l’investissement productif. En raison du caractère irrévocable des crédits qui y sont mobilisés
(la BEAC ne peut revenir sur les conditions de taux, de durée ou de refinancement), il se
caractérise par une multitude de taux d’intérêt.

1.2.    Ponctions de liquidités

Le Taux d’Intérêt sur les Placements (TISP) des établissements de crédit est fixé par le
Comité de Politique Monétaire dans le cadre des opérations sur appels d’offres négatifs « à la
française » en prenant en compte l’évolution des facteurs tant internes qu’externes de manière
à limiter les sorties de capitaux sans pour autant créer une déprime au niveau des transactions
interbancaires. Ce taux varie selon les échéances (7, 28 et 84 jours).
2. TAUX DES AVANCES AUX TRÉSORS NATIONAUX

Depuis le Conseil d’Administration du 18 novembre 1998, les taux des avances aux Trésors
sont manipulés dans les mêmes conditions que les taux des avances aux établissements de
crédit. On distingue trois types de taux d’intérêt sur les concours aux Etats :

 Le taux des avances aux Trésors à l’intérieur des avances statutaires, qui est égal au
TIAO supporté par les banques ;
 le taux des avances en dépassement des plafonds statutaires (taux de pénalité aux
Trésors);
 le taux d’intérêt applicable aux concours consolidés sur les Etats.

3. CONDITIONS DE BANQUE

Depuis la réforme du 16 octobre 1990, la détermination des conditions de banque a été


libéralisée. Le Conseil d’Administration du 19 mars 1997 oblige les établissements de crédit à
publier leur taux de base bancaire et à afficher leur barème des conditions minimales et
maximales applicables aux opérations avec la clientèle. La COBAC a été chargé de veiller à
l’application de cette décision et d’appliquer les sanctions disciplinaires à l’égard des
établissements de crédit en infraction. Le but de cette mesure est d’accroître la concurrence
bancaire et l’efficience de l’intermédiation financière. Ainsi, les taux d’intérêt débiteurs et
créditeurs sont fixés librement par négociation entre les établissements de crédit et leurs
clients. Jusqu’au 02 juillet 2008, les établissements de crédit étaient tenus de respecter les
bornes constituées par le taux créditeur minimum (TCM) et le taux débiteur maximum
(TDM).

Ces deux bornes étaient déterminées de la manière suivante :

 le TCM, fixé par le Comité de Politique Monétaire, s’appliquait aux petits épargnants
qui sont définis comme étant les détenteurs des livrets d’un montant inférieur ou égal à
5 millions de francs CFA ;

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 le TDM, qui s’appliquait à tous les établissements de crédit éligibles aux concours de
la BEAC, était égal au taux de pénalité plus une marge fixe établie par le Conseil
d’Administration du 24 novembre 1995.

Par la suite, au cours de la réunion ordinaire du 02 juillet 2008, le Comité de Politique


Monétaire de la BEAC a décidé de la suppression du Taux Débiteur Maximum et du maintien
du Taux Créditeur Minimum, avec une réduction de 100 points de base.

FINANCEMENT BANCAIRE ET DEVELOPPEMENT

ECONOMIQUE AU CAMEROUN

Depuis les années 80 le système bancaire Africain a connu de nombreux changements


résultant d'une forte crise économique qui a été à l'origine d'une importante baisse des dépôts
privés et publics. Parmi ces changements, de multiples réformes qui ont permis la remise de la
plupart des banques sur pied notamment la restructuration bancaire entamée en 1989.

Aujourd'hui, malgré le non achèvement de ce processus, dans certains pays tels que le
Cameroun il est bien avancé voir en phase de finalisation. Compte tenu de l'importance qu'ont
les banques dans le financement de l'économie comme nous l'a montré l'évocation théorique
précédente, ce chapitre nous permettra de cerner toujours de manière théorique, le lien qu'elles
entretiennent avec la croissance économique. Il s'agira donc pour nous de présenter tout
d'abord l'évolution de l'activité bancaire au Cameroun , puis de cerner le lien entre le secteur
financier et la croissance au travers de différentes analyses soutenant les systèmes fondés sur
les banques en évoquant par la même occasion les canaux de transmission permettant cette
relation et enfin de déterminer de manière théorique la contribution des banques dans le
développement économique ainsi que les limites de l'intermédiation bancaire au Cameroun.

SECTION1 : PRESENTATION DU SYSTEME BANCAIRE CAMEROUNAIS

Cette section aura pour but de parler de la libéralisation financière subie par le Cameroun
mais également de présenter l'évolution de l'activité bancaire durant les années 80.

I. LIBERALISATION FINANCIERE AU CAMEROUN

Il sera question pour nous dans cette partie non seulement d'évoquer la répression financière
survenue au Cameroun au lendemain des indépendances mais également de voir quel est
théoriquement le positionnement des banques par rapport à celle-ci.

A. De la répression à la libéralisation

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Bien que composé des succursales et filiales des grandes banques étrangères surtout au
lendemain de l'accès à l'indépendance a subi de grands changements dus à une forte
répression financière avant d'être libéralisé au milieu des années 80.

Au lendemain de l'indépendance camerounaise, le réseau bancaire était essentiellement


composé d'agences françaises et de succursales des banques britanniques ; les banques
françaises nationalisées par la suite ont successivement fait apport de leurs agences à des
sociétés de droit national. Trois principales banques sont concernées :

· Le crédit lyonnais a participé à la création de la société camerounaise des banques (SCB)

· La banque internationale pour le commerce et l'industrie du Cameroun (BICIC) est détenue


par la nationale de Paris (BNP)

· La société générale des banques (SGB) a donné naissance à la société générale des banques
au Cameroun (SGBC)

D'autres institutions vont s'y ajouter plus tard pour faciliter les échanges entre la
métropole et la colonie. Le système qui se met alors en place est anti-productifs et a pour
objectif le financement des opérations commerciales ; rien prévu pour le financement des
investissements et de la production. La première réforme entamée au début des années 1970
visait la réorientation de l'activité bancaire en mettant l'accent sur le financement de
l'investissement ; cette réforme a pour principaux objectifs l'accroissement des dépôts
bancaires, la promotion du système productif, une meilleure mobilisation des ressources
monétaires et financières en vue d'assurer le développement et la diversification de la
production. Grâce à cette réforme, le système bancaire camerounais compte désormais11
banques au lieu de 5 et totalise 172 guichets au lieu de 84 en 1974. Malheureusement, la crise
financière des années 80 a provoqué la fermeture de plusieurs banques, la fusion de certaines
et autres. En fin juin 1986, le Cameroun compte huit banques commerciales avec un réseau de
54 agences, notamment : la Banque internationale pour le commerce et l'industrie du
Cameroun (BICIC) ; la société commerciale de banque- crédit lyonnais (SCB-CL) ;la société
générale de banque au Cameroun (SGBC) ; la méridien bank Cameroon (MBC) ; la Standard
Charted Bank ; la caisse commune d'épargne et d'investissement (CCEI Bank) ; le Crédit
agricole et Amity Bank ( rapport CNC 1994-1995 et 1996). A la fin de juin 1998, le réseau
bancaire compte six banques : la banque internationale pour le crédit et l'épargne au
Cameroun (BICEC) ; la SCB-CL ; la Standard Charted Bank Cameroon ( SCBC) ; la CCEI-
Bank et Amity Bank auxquelles vont s'ajouter progressivement quatre autres banques au 30
juin 2000 à savoir : la commercial bank of Cameroon (CBC) en 1997 ; la City Bank en 1998 ;
l'Union Bank of Cameroon en 1999 et Eco-Bank en juin 2000 ( rapport CNC
1997/1998,1998/1999,1999/2000). Ainsi de nos jours le réseau bancaire camerounais compte
dix banques et quatre-vingt-cinq guichets.

B. Positionnement des banques dans la libéralisation financière

La libéralisation est généralement définie comme étant le passage d'un état de


répression à un état de libéralisation. Ce passage requiert la suppression d'un certains nombres
de restrictions, il s'agit entre d'autres termes d'un mouvement de déréglementation qui
concerne principalement :

· La déréglementation des prix et des taux (commissions, marges et taux d'intérêts)

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· La déréglementation quantitative là où une telle réglementation existait (par exemple le
contingentement des crédits, les contrôles de change et autres restriction aux mobilités des
capitaux...)

· L'abolition des frontières entre activités et entre actifs

Divers arguments ont été utilisés par les économistes pour justifier la libéralisation
financière, principalement « in fine » ; l'objectif de croissance économique. On peut
considérer que la déréglementation des activités financières fournit un cadre propice à une
croissance significative à travers mécanismes distincts.

Premièrement, l'absence des obstacles quantitatifs à la circulation des capitaux


permet de financer de manière plus rapide et plus efficace les activités de production et
d'investissement de l'économie. Ainsi, l'absence d'encadrement du crédit permet aux banques
de mieux répondre aux demandes de crédits des entreprises et la libre circulation
internationale des capitaux permet à ces derniers de bénéficier de l'apport des capitaux
étrangers.

Deuxièmement, la déréglementation des taux d'intérêts, des commissions et des


marges fait baisser le coût de l'intermédiation financière du fait du développement de la
concurrence, améliorée au sein de l'appareil financier, ce qui peut rendre les crédits moins
chers pour les entreprises locales et attirer les entreprises étrangères.

Troisièmement, ces phénomènes conjugués peuvent ainsi contribuer dans une


perspective théorique libérale à une meilleure affectation des ressources en capital, celles-ci
ayant théoriquement plus de chance d'être allouées, aux coûts les plus faibles, aux
demandeurs de crédits les plus productifs, lesquels sont aussi sous certaines conditions les
plus créateurs de croissance.

II. L'EVOLUTION DE L'ACTIVITE BANCAIRE AU CAMEROUN DANS LES


ANNEES 80

Les performances actuelles de l'intermédiation bancaire au Cameroun sont largement


tributaires de la crise qui a frappé ce secteur dans les années 80 et de la restructuration
conséquente au cours des années 90. Dans cette section ; nous visiterons cette épopée des
banques camerounaises pour mieux percevoir leur comportement d'intermédiation financière.

A. Les ressources

Au milieu des années 80, le Cameroun a connu une grave crise financière : les dépôts à
terme ont diminué de 33% entre 1985 et 1987 et les dépôts à vue de 22%. Cette chute
s'explique par le déclenchement de la crise économique, cependant, c'est une véritable crise de
confiance car les agents réalisent que les banques sont insolvables.

A partir de 1989, afin d'éviter un effondrement du système bancaire, des


restructurations ont été entreprises : certaines banques ont été liquidées, d'autres ont été
fusionnées ou recapitalisées. Afin de restaurer la confiance du public dans le système
bancaire, la commission bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC) fonctionnelle depuis 1992,
assure un contrôle prudentiel des établissements de crédits. Pour ce, elle s'est dotée de deux
séries de ratios que doivent respecter les banques : les normes prudentielles et les normes de

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solvabilité. Parallèlement à ces restructurations, la politique monétaire a été complètement
modifiée dans toute la zone BEAC à partir de 1990. Il s'agit dorénavant de favoriser la
mobilisation de l'épargne nationale, préalable indispensable à l'investissement.
L'aboutissement de ces réformes fut la mise en place du marché monétaire au sein de la zone
BEAC à partir de juillet 1994. Suite à ces deux mesures, les dépôts à vue ont progressé de
30% entre 1988 et 1990 et les dépôts à terme de 17% entre 1988 et 1991.

Au cours de 1992 et 1993, l'anticipation de la dévaluation a incité beaucoup de


déposants à placer leurs avoirs à l'étranger notamment en France : entre le 31décembre 1991
et le 31 décembre 1993, les dépôts à vue ont chuté de 42% et les dépôts à terme de 18%. Afin
de stopper la fuite des liquidités, la fin de la convertibilité extérieure du FCFA a été déclarée
en août 1993. Cette mesure fut complétée en septembre 1993 par la fin de la convertibilité des
billets entre les deux zones UMOA et BEAC. La fuite des dépôts a été ralentie mais pas
stoppé car de manière détournée, de nombreux agents ont pu à sortir des billets.

A partir du moment où la dévaluation est effective, les liquidités sont retournées dans
la zone Franc : entre le 31 décembre 1993 et le 31 décembre 1994, les dépôts à vue ont
progressé de 48% et les dépôts à terme de 18%. L'impact de la dévaluation sur les dépôts est
positif en terme nominal, mais il est à relativiser en terme réel : en tenant compte des niveaux
d'inflation importants pour 1994 (33%), les dépôts à vue n'ont progressé que de 10% en terme
réel et les dépôts à terme ont chuté de 12%. Cet impact est d'autant plus à relativiser que les
dépôts ont recommencé à diminuer en 1995. Les dépôts à vue ont chuté de 16% en réel et les
dépôts à terme de 12% car les agents manquaient de confiance dans le système bancaire. En
effet, depuis le second semestre 1995, il est question de nouvelles restructurations. Donc, pour
éviter que leurs dépôts soient bloqués, les agents ont retiré leurs liquidités du système
bancaire.

Entre décembre 1995 et Avril 1997, les dépôts à vue ont progressé de 3% et les dépôts
à terme ont chuté de 21%( en nominal). En revanche, au cours de l'année 1997, la liquidité
bancaire s'est nettement améliorée dans son ensemble jusqu'en 2001.

B. Les emplois

Au moment de la crise financière, les agents ont réalisés que les banques avaient
maquillé les bilans bancaires et accumulé les créances fictives. Ainsi, les créances douteuses
égales à 253milliards de FCFA au 31 juin 1988, selon les documents comptables produits par
les banques, ont en fait été estimées à 489 milliards. Par conséquent, les 104 milliards de
provisions pour dépréciation au 31 juin 1988 ont été estimées à 334 milliards de FCFA. De
manière comptable, ces ajustements ont eu lieu entre 1990 et 1991(selon la BEAC) et les
crédits ont chuté de pratiquement 50%.

Depuis les réformes bancaires et monétaires, il faut souligner une atonie du crédit, les
banques sont frileuses et s'engagent peu dans le financement de l'économie. Le taux de
couverture des crédits par les dépôts atteignait 110% au 31 août 1996 contre 89% en 1995,
avant le déclenchement de la crise. La dévaluation n'a pas eu les effets escomptés, les crédits à
l'économie ont diminué de 27% en terme réel entre le 31 décembre 1993 et le 31 décembre
1994 et de 10% au cours de l'année suivante. Entre la fin de l'année 1995 et avril 1997, cette
tendance ne s'est pas améliorée, et les crédits à l'économie ont diminué de 17%( en nominal).
De plus, il faut noter une prédominance des crédits à court terme qui représente 85% des
crédits accordés.

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De nos jours, au sein du système financier, la composante bancaire est devenu
relativement solide ; grâce aux restructurations bancaires. Le système bancaire camerounais
est constitué de dix banques commerciales ; le ratio de couverture des crédits par les dépôts
s'est amélioré (avoisinant 139% en juin 2006), et six banques affichaient un ratio de liquidité
supérieure à 200% en 2006.

Toutefois le secteur financier reste dominé par trois banques (la SGBC ; la BICEC et
la SCB-CA), qui détiennent plus de deux tiers de tous les prêts et dépôts bancaires. En outre,
malgré la relative solidité du secteur bancaire camerounais, le taux d'intermédiation reste
faible. Le nombre de ménages possédant un compte est inférieur à 10%, et de larges pans de
l'économie n'ont toujours pas accès aux crédits. De plus, les clients des banques se plaignent
régulièrement du niveau élevé des frais.

A la fin de cette étude de l'évolution de l'activité bancaire au Cameroun durant les années 80,
nous pouvons nous pencher sur l'analyse des différentes approches soutenant les systèmes
fondés sur les banques et évoquer les canaux de transmission reliant le secteur financier à la
croissance. Cette étude théorique fera l'objet de la section suivante.

Proposé par Stéphane Amougou (enseignant d’économie)

Tel : 675 46 38 49

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