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Орієнтовні питання до іспиту зі стилістики французької мови

1. La définition de la sylistique. L’objet d’étude de la stylistique. Les branches de la


stylistique.

La stylistique est une branche de la philologie, ayant pour l'objet d'étude le choix et l'emploi des faits de langage
servant à exprimer une idée, selon les circonstances de l'énonce. La stylistique étudie les faits de langage du point
de vue de leur valeur et fonction stylistique et les composants d'une oeuvre littéraire, de même que cette oeuvre
toute entiere du point de vue de leur fonction stylistique et esthétique.

La styllstique est aussi la discipline qui a pour objet le style, qui étudie les procédés littéraires, les modes de
composition wtilisés par tel ou tel auteur dans ses oeuvres ou des trailts expressifs propres à une langue L'étude
stylistique d'un texrte permet de mettre en évidence les moyens, mis en oeuvre par un auteur, dans un cadre
générique déterminé, pour faire partager une vision spécifique du monde (c'est-à-dire ce qui est dit ou raconté)
L'analyse stylistique d'un texte repose généralement sur l'étude de l'elocutio (ce qui est dit, le discours) c'est-à-
dire, par exemple, l'étude du vocabulaire, des figures de style de la syntake, etc. tout en concillant la forme et le
fond (= le sens) Ce qui fonde l'étude stylistique d'un texte est la conviction que chaque texte littéraire véhicule
une vision subjective, c'est-à- dire une vision non-neutre.

Dans l'Antiquité, la stylistique dans le sens de la manière d'écrire » fait l'objet d'une étude particulière,
notamment la rhétorique La rhétorique, chez les Anciens, était à la fols un art de l'expression ifetéraire et un code,
de règles qui permettait d'apprécier l'art des orateurs et des écrivains P. Guiraud, par exemple, définit l'ancienne
rhétorique comme une somme de règles s'opposant à toute science moderne par son caractère těléologique,
pragmatique, dogmatique et normatif L'idée principale de la "Rhétorique" d'Aristote est gue la structure du
discours correspond strictement à l'intention du sujet parlant et aux condiltions de l'acte communicative. L'étude de
l'aspect styllstique de langage ne constitue pas chez Aristote l'objet d'une discipline autonome, mais fait partie
d'une science plus générale, la rhétorique, où le discours ést examiné au mêmé titre que les autres éléments de
l'acte communicative.

Au XVI siècle les poètes de la Pléiade formulent littéraires présentent un certain intérêt pour l'évolution de la
stylistique française leurs linguistiques qui conceptions et traitent des problèmes de Ils l'enrichissement du
vocabulaire et du choix des moyens d'expressions.

Au XVII siècle les gens lettrés, les grammairiens, les lexicographes, les écrivains et les poètes discutent aussi avec
passion les problèmes de la langue et du style Les ouvrages de C. Vaugelas et de F. Malherbe contiennent des
remarques importantes sur la valeur stytylistique des différences sémantiques et stylistiques des synonymes N.
Boileau, poète et théoricien du classicisme français, définit dans son "Art poétique" (1674) les genres littéraires
sous la dépendance du style. En effet, a chaque genre correspond son style, c'est-à-dire des modes d'expression
sont rigoureusement définis non seulement en ce qui concerne la composition, mais également d'après le
vocabulaire, la syntaxe, les figures et les tropes. Le XVIII siècle porte aux problèmes de langue et de style a
grandement contribué au développement de la langue littéraire et des conceptions styllistiques.

Les plus grands écrivains et philosophes du XVIII siècle, tels que Buffon, d'Alembert, Helvèce, Condillac et
autres, se sont aussl prononcés sur les problèmes du classement des styles Alnsi, philosophique », le style simple et
le relevé, J,-F. Marmontel le simple, le moyen et le sublime, l'abbé Ferraud distingue les styles polémique,
critique, satirique, badin, plaisant, comique, marotique, burlesque. Le méme auteur parle aussi du štyle simple ou
de conversation, à ne pas confondre avec le famillier qui a un degré de plus de liberté Voltaire distingue, dans son
* Dictionnaire Ainsi, au XVIII siècle le style commence à être défini non seulement comme l'ensemble de moyens
d'expression selon un genre littéraire, mais aussi en rapport avec les circonstances de l'énoncé, le milieu, les
conditions de son fonctonlaement.

Au XlX siècle ce sont surtout les problèmes de la langue littéraire qui sont au centre des discussions les plus vives
Une guerre ardente s'engage entre les classiques et les puristes, d'une part, et Tes écrivains progressistes, réalistes
et romantiques, de d'autre. Si les premiers sont contre l'enrichessement de la langue littéraire et pour la limitation
du choix des moyens d'expression par des règles tyraniques, leurs adversaires, avec Stendhal et V. Hugo à la tete,
réclament la liberté du choix des moyens d'expression et tendent à renverser les barrières entre la langue littéraire
et la langue courante Le problème de la langue littéraire préoccupe les écrivains, les philosophes et les linguistes
de l'époque.

Au cours du XIX siècle, la stylistique ne présente que branche spéciale de la science philologique; les études
stylistiques ne touchaient que les belles- lettres et l'art oratoire, tandis que les recherches stylistiques du XX siècle
embrassent déjà la langue dans toutes ses formes, parlées et écrites.

La stylistique comparée - étudie et compare les ressources stylistigues de deux ou plusieurs langues; repose sur les
données des stylistiques dites nationales; établit les ressemblances et les stylistiques divergences entre les langues;

Les branches de la stylistique et leurs problématiques :


Pour préciser l'objet et les tâches de la stylistique, il est nécessaire de se faire une idée nette des rapports existant
entre elle et les autres branches de la phonétique, la grammaire et la lexicologie Ces trois sciences et la stylistique
étudient la même matière, la même langue Mais, si la phonétique, la grammaire et la lexicologie s'attachent à
l'étude d'un des aspects de la langue, la stylistique en recouvre tout le domaine (sons, mots, formes grammaticales)
science linguistigue, notamment la Parfois on dit que la Stylistique est la soeur cadette de Grammaire ét de
Lexicologie française.

La structure d'une langue se compose de trois systemes (système de sons, de formes grammatcales et de mots) A
cote du problème de la structure d'une langue, il existe aussi colui de son fonctionnement, de sa réalisation dans la
parole C'est la stylistique qui dtudie ces systèmes complexes et leur fonctionnement, a l'opposé des autres branches
de la linguistique qui s'occupent chacune d'un des aspects structuraux de la langue. Ni la grammaire ni la
lexycologie ne s'intéressent à la différenciation stylistique des faits de langue, à leur valeur affective, ni à leur
fonction dons une situaton concrète C'est la tiche de la stylistique d'étudier et de définir ces aspects des faits
d'expression. Mais elle ne saurait le faire sans l'appui de la grammaire et de la lexicologie. Donc la stylistique
etudie les elements de la langue qui se rapportent à tous les niveaux de son organisation hierarchique : elements
phonetiques, grammaticaux et lexicaux. Elle examine les elements linguistiques du point de vue de lour valeur
stylistique (an langue de leur fonction stylistique (dans l'acte communicatives).
La stylistique descriptive a deux aspects d'une part, elle étudie les différents styles de la langue, c'est-a-dire les
systèmes de faits d'expression, qui résultent du choix et de l'emploi de ces falts suivant le domaine d'activité et les
circonstances de l'énoncé fonctionnelle) (la stylistique D'autre part, elle s'attache à l'étude de la valeur stylistique
des faits d'expression et de leurs fonctions dans les différents styles de la langue et dans les oeuvres littéraires.

La stylistique linguistique
• étudie les éléments de la langue qui se rapportent à tous les nivenx de son organisation hiórarchique: éléments
phonétiques, grammaticaux et lexicaux;
• examine les éléments linguistiques du point de vue de leur valeur stylistique (en langue) et leur fonction
stylistique (dans l'acte communicatif);
• étudie la variabilité de langage qui résulte des conditions sociales, psychologiques et situationnelles de la
communication;
• détermine la valeur et la fonction stylistique des moyens d'expression;

La stylistique littéraire
•étudie les composantes d'une oeuvre littéraire;
• étudie une oeuvre prise dans sa totalité du point de vue de la fonction stylistique et esthétique de ses
composantes.
La stylistique littéraire s’intéresse aux effets de style dans les oeuvres de la littérature du point de vue du crédo
esthétique d’un auteur ou de tout un courant littéraire
La stylistique littéraire prend ses origines dans l’Antiquité. A commencer par la rhétorique d’Aristote la stylistique
a surtout étudié les styles littéraires et l’art d’écrire et de composer des discours pour la barre et pour la tribune
(l’art oratoire). La rhétoriciens étaient toujours à la recherche des moyens variés pour rendre le discours plus
expressif. Leurs recherches, en dépit d’une méthodologie imparfaite, ont donné des résultats précieux. Ils prêtaient
une attention particulière à l’étude des figures de mots, à l’emploi des mots au sens figuré, autrement dit aux
tropes. On considérait alors les tropes comme un moyen d’enjoliver un discours. L’emploi des tropes était toujours
justifié par le genre littéraire choisi par l’auteur. Virgile, poète latin auteur des «Bucoliques», des «Géorgiques» et
de «L’Enéide» conçoit un schéma littéraire qui a reçu le nom de la roue de Virgile et qui établit une distinction
entre les styles suivants : Mediocrus stylus (le tempéré) – agriculture, laboureur – genre bucolique. Gravis stylus
(le sublime) – vie et prouesse de guerrier, le vainqueur –épopée. Humulus stylus (le simple) – vie de tous les jours.

La valeur stylistique fait partie des unités linguistiques en tant qu'éléments d'un système où elle les différencle au
point de vue axyologique, imagé et socio-symbolique. Elle se manifeste dans le système de la langue grâce aux
relations paradigmatiques de ses čléments et peut aussi se réaliser en parole. La fonction stylistique se rapporte au
niveau de la parole, au processus même de communication et s'appuie plus sur les moyens d'expression à valeur
stylistique, que sur les éléments linguistiques neutres.

2. La formation de la stylistique en tant que discipline autonome.

La stylistique est une branche de la philologie, ayant pour l'objet d'étude le choix et l'emploi des faits de
langage servant à exprimer une idée, selon les circonstances de l'énoncé. Et aussi le style.
La stylistique étudie les faits de langage du point de vue de leur valeur et fonction stylistique et les
composants d'une oeuvre littéraire, de même que cette oeuvre toute entière du point de vue de leur fonction
stylistique et esthétique. La stylistique étudie aussi les procédés littéraires, les modes de composition utilisés par
tel ou̟ tel auteur dans ses oeuvres ou des traits expressifs propres à une langue.
L'étude stylistique d'un texte permet de mettre en évidence les moyens, mis en oeuvre par un auteur, dans
un cadre générique déterminé, pour faire partager une vision spécifique du monde (c'est-à-dire ce qui est dit ou
raconté).
L'analyse stylistique d'un texte repose généralement sur l'étude de l'elocutio (ce qui est dit, le discours)
c'est-à-dire, par exemple, l'étude du vocabulaire, des figures de style de la syntaxe, etc. tout en conciliant la forme
et le fond (= le sens)
Ce qui fonde l'étude stylistique d'un texte est la conviction que chaque texte littéraire véhicule une vision
subjective, c'est-à- dire une vision non-neutre.
LA FORMATION DE LA STYLISTIQUE - Dans l'Antiquité, la stylistique dans le sens de «la manière
d'écrire» fait l'objet d'une étude particulière, notamment la rhétorique.
La rhétorique, chez les Anciens, était à la fois un art de l'expression líttéraire et un code de règles qui
permettait d'apprécier l'art des orateurs et des écrivains.
Pierre Guiraud, par exemple, définit l'ancienne rhétorique comme une somme de règles s'opposant à toute
science moderne par son caractère téléologique, pragmatique, dogmatique et normatif.
L'idée principale de la "Rhétorique" d'Aristote est que la structure du discours correspond strictement à
l'intention du sujet parlant et aux conditions de l'acte communicatif.
L'étude de l'aspect stylistique de langage ne constitue pas chez Aristote l'objet d'une discipline autonome,
mais fait partie d'une science plus générale, la rhétorique, où le discours èst examiné au même titre que les autres
éléments de l'acte communicatif.
Au XVI siècle les poètes de la Pléiade (groupe de 8 poète français, leur but était de renouveler et
perfectionner la langue) formulent leur conceptions littéraires et linguistiques qui présentent un certain intérêt pour
l'évolution de la stylistique française. Ils traitent des problèmes de l'enrichissement du vocabulaire et du choix des
moyens d'expression.
Au XVII siècle les gens lettrés, les grammairiens, les lexicographes, les écrivains et les poètes discutent
aussi avec passion les problèmes de la langue et du style.
Les ouvrages de C. Vaugelas et de F. Malherbe contiennent des remarques importantes sur la valeur
stytilistique des mots, locutions et des tournures grammaticales, sur les différences sémantiques et stylistiques des
synonymes.
N. Boileau, poète et théoricien du classicisme français, définit dans son "Art poétique" (1674) les genres
littéraires sous la dépendance du style. En effet, à chaque genre correspond son style, c'est-à-dire des modes
d'expression sont définis non seulement en ce qui concerne la composition, mais également d'après "le
vocabulaire, la syntaxe, les figures et les tropes.
Le vif intérêt que le XVII siècle porte aux problèmes de langue et de style a grandement contribué au
développement de la langue littéraire et des conceptions stylistiques. (fructueux)
Les plus grands écrivains et philosophes du XVIII siècle, tels que Buffon, d'Alembert, Helvèce, Condillac
et autres, se sont aussi prononcés sur les problèmes du classement des styles.
- Voltaire distingue, dans son Dictionnaire philosophique, le style simple et le relevé
- J.-F. Marmontel - le simple, le moyen et le sublime
- l'abbé Ferraud distingue les styles polémique, critique, satirique, badin, plaisant, comique, marotique,
burlesque. Il parle aussi du style simple ou de conversation, à ne pas confondre avec le famillier qui a
un degré de plus de liberté.
Ainsi, au XVIII siècle le style commence à être défini non seulement comme l'ensemble de moyens
d'expression selon un genre littéraire, mais aussi en rapport avec les circonstances de l'énoncé, le milieu, les
conditions de son fonctionnement.
Au XIX siècle ce sont surtout les problèmes de la langue littéraire qui sont au centre des discussions les
plus vives.
- Les classiques et les puristes étaient contre l'enrichessement de la langue littéraire et pour la limitation
du choix des moyens d'expression par des règles strictes
- Les écrivains progressifs, réalistes et romantiques, avec Stendhal et V. Hugo à la tete, étaient pour la
liberté du choix des moyens d'expression et ils souhaitaient renverser les barrières entre la langue
littéraire et la langue courante
Смотреть пункт 2 еще немного! En 1908, linguiste suisse Albert Séchéhaye était le premier à proclamer la
nécessité de considérer la stylistique comme branche spéciale de la philologie (La stylistique et la linguistique
théorique)

Le rôle de Ch. Bally et d’autres théoriciens à la formation des conceptions de la stylistique


contemporaine.
Depuis des années 80 on remarque en France le regain d'intérêt pour le style et la stylistique En général, la
tradition stylistique remonte à tels linguistes, comme Jules Marouzeau, Marcel Cressot et Charles Bally.

En 1908, Albert Séchéhaye était le premier à proclamer la nécessité de considérer la stylistique comme branche
spéciale de la philologie (« La stylistique et la linguistique théorique ») !!!!

En 1909, Charles Bally, représentant de l'école saussurienne de Genève, publie son « Traité de stylistique
française » où il définit l'objet de la stylistique : La stylistique étudie les faits d'expression du langage du point de
vue de leur contenu affectif, c'est-a-dire l'expression des faits de la sensibilité par le langage et l'action des faits de
langage sur la sensibilité. Par conséquent, c'est le contenu affectif du langage que Ch. Bally considère comme
objet d'étude de la stylistique.

Dans ses recherches sur la langue, Ch. Bally s'attache exclusivenent à l'étude du français tel qu'on parle, refusant
l'étude de la langue des belles-lettres et du style individuel des écrivains Comme méthode principale de recherche
stylistique, Ch. Bally recommande d'établir les différences des formes susceptibles d'exprimer un même concept,
les nuances qui colorent leur signification commune Le savant refuse d'envisager les phénomènes stylistiques à un
point de vue historique. Selon lui, la stylistique est appelée à étudier les faits d'expression dans les cadres d'une
seule époque, c'est-à-dire la stylistique est essentiellement synchronique.

Marcel Cressot pense que l'énoncé qul résulte d'une énonciation, n'est pas un processus purement objectif ou
Intellectuel, mals le locuteur y ajoute le désir d'Impressionner le destinataire Le scientifique propose d'étudier les
procédés qui relèvent du domaine linguistique (morphologie, syntaxe, ordre des mots, lexicologie), psychologique
et social Dans les ouvrages de M. Cressot on remarque l'importance toujours crolssante qu'on attribue à la
grammaire dans le commentaire stylistique, au détriment du lexique (qui est d'importance primordlale chez Ch.
Bally).

En 1941, Jules Marouzeau, philologue françals renommé, a publié un sommaire de stylistique française intitulé «
Précis de stylistique française » Selon J. Marouzeau, cette science est appelée à étudier les principes du chobx des
falts d' expression en partant du but et des circonstances de l'énoncé Guldé par ce principe, J. Marouzeau dresse
une liste des ressources accompagné d'exemples tirés de bons auteure: emploi des sons; des mots, des catégories
grammaticales, construction de la phrase, versification expressives du français ittéraire, En 1950 dans son ouvrage
Aspects du français », le savant décrit les particularités propres aux différents genres littéraires (prose et poésie),
les caractères essentiels des styles du français parlé et écrit.

Au cours du XX siècle, l'étude styllistique du français falt l'objet d'un nombre d'ouvrages, appartenant à la plume
des philologues français (G. Antoine, Ch. Bruneau, M. Cohen, P. Guiraud, G. Mounin) et des savants
étrangers (A. Dauzat, Z. Khovanskaya, E. Référovskaya, L. Spitzer, G. Stepanov, T. Todorov, St. Ulman, V.
Vynogradov). Dans les années 70-80 du XX siècle, la linguistique toute entière s'engage dans la voie des études
communicatives et pragmatiques, plus tard dans celles cognitives Les linguistes fondent des sciences nouvelles,
comme la pragmatique ou la linguistique du texte, la poétique linguistique, la poétique cognitive, la narratologie
linguistique.

Les structuralistes français, dont Michael Riffaterre, attribuent la place importante à la langue écrite, littéraire.
Selon M. Riffaterre, les effets stylistiques ne se réalisent pas à l'aide de moyens linguistiques en sol, mais
seulement après leur Insertion dans un certain contexte Certains structuralistes ont développé leurs recherches par
le biais de la sémiotique, par exemple, Algirdas-Julien Greimas, qui a Interprété la structure profonde des
modèles essentiels de récits R. Jacobson replace la stylistique au croisement de la littérature et de la linguistique,
en focalisant les recherches stylistiques sur l'axe herméneutique.
A l'étape actuelle, on mène des débabs autour de la stylistique ayant pour but de distinguer stylistique linguistique
et stylistique littéraire. D'après Bolson, la stylistique est une application des connaissances et des techniques de la
linguistique aux productions orales ou écrites, qu'on appelle textes, pour déterminer en quoi tient leur spécificité.
À cette époque, la stylistique s'est enrichle grâce à de nouveaux paradigmes, tels que la sémantique structurale, la
sémiotique narrative, la poétique.
En 1909, Charles Bally publie son Traité de stylistique française où il propose sa définition de 1'objet
de la stylistique: « La stylistique étudie les faits d'expression du langage du point de vue de leur
contenu affectif, c'est-à-dire 1'expression des faits de la sensibilité par le langage et 1'action des faits
de langage sur la sensibilité»..
De nombreux savants ont participé à l’évolution de la stylistique française. Parmi les auteurs du XX
siècle ce sont notamment Mitterand, Martinet, Géorgin, Guiraud. Au cours du XX siècle, les principes et
les méthodes des recherches en ce domaine ont été elaborés de manière exhaustive, la définition de
1'objet et des tâches de la stylistique en tant que science philologique se trouvant complétée par une
approche communicative.
Stylistique linguistique, son objet.
Ch. Bally est considéré en tant que fondateur de la stylistique descriptive. Charles Bally était le premier
à associer la stylistique avec la sphère de la linguistique en la consacrant presque exclusivement à
l’étude du langage courant. Il définit ainsi cette science: «La stylistique étudie... les faits d’expression du
langage organisé du point de vue de leur contenu affectif.
Ch.Bally a jeté les fondements théoriques de la stylistique linguistique en définissant ses notions
fondamentales (celles du caractère affectif des faits d'expression, de synonymie stylistique), les
facteurs sociopsychologiques de la variabilité linguistique et en anticipant sur 1'étude des « styles
fonctionnels» par son analyse des « langues de milieux ».
En même temps, la théorie de Ch.Bally inclue quelques thèses discutables. Premièrement, c'est la
limitation de l’objet de la stylistique par le concept d'affectivité qui reste primordiale dans sa théorie
Deuxièmement, c’est le refus d'envisager les phénomènes stylistiques d’un point de vue historique.
Troisièmement, c’est l'élimination des styles littéraires des études stylistiques qui limite injustement
1'objet de la stylistique.
L’un des plus grands mérites de Bally consistait à élaborer avec beaucoup de rigueur scientifique le
problème de la valeur stylistique des moyens d'expression résultant de leur différenciation socio-
culturelle et situationnelle. La théorie de ce grand savant a servi de base pour la création d’une branche
très importante de la stylistique moderne qui a reçu le nom de la stylistique fonctionnelle et qui met
l’accent sur le rôle déterminant du choix des moyens stylistiques en fonction de la sphère concrète du
fonctionnement du discours.
Au cours du XIX siècle, la stylistique était une branche spéciale de la science philologique ; les études
stylistiques ne touchaient que les belles-lettres et l'art oratoire, tandis que les recherches stylistiques du XX siècle
embrassent déjà la langue dans toutes ses formes, parlées et écrites.
Depuis des années 80 on remarque en France l'intérêt renouvelé pour le style et la stylistique (avec Jules
Marouzeau, Marcel Cressot et Charles Bally à la tête).
En 1909, CHARLES BALLY, représentant de l'école saussurienne de Genève, publie son «Traité de
stylistique française» où il définit l'objet de la stylistique : La stylistique étudie les faits d'expression du langage du
point de vue de leur contenu affectif, c'est-à-dire l'expression des faits de la sensibilité par le langage et l'action des
faits de langage sur la sensibilité. Par conséquent, c'est le contenu affectif du langage que Ch. Bally considère
comme objet d'étude de la stylistique.
Dans ses recherches sur la langue, Ch. Bally s'attache exclusivement à l'étude du français tel qu'on parle ,
refusant l'étude de la langue des belles-lettres et du style individuel des écrivains.
Comme méthode principale de recherche stylistique, Ch. Bally recommande d'établir les différences des
formes susceptibles d'exprimer un même concept, les nuances qui colorent leur signification commune.
Le savant refuse d'envisager les phénomènes stylistiques à un point de vue historique. Selon lui, la
stylistique est appelée à étudier les faits d'expression dans les cadres d'une seule époque, c'est-à-dire la stylistique
est essentiellement synchronique. L'importance primordiale chez Ch. Bally était le lexique !!!
MARCEL CRESSOT pense que l'énoncé qui résulte d'une énonciation, n'est pas un processus purement
objectif ou intellectuel, mais le locuteur y ajoute le désir d'impressionner le destinataire.
Scientifique propose d'étudier les procédés qui relèvent du domaine linguistique (morphologie, syntaxe,
ordre des mots, lexicologie), les procédés psychologiques et sociales.
Dans les ouvrages de M. Cressot on remarque l'importance toujours croissante qu'on attribue à la
grammaire dans le commentaire stylistique, au détriment du lexique (qui est d'importance primordiale chez Ch.
Bally).
En 1941, JULES MAROUZEAU, philologue français renommé, a publié un sommaire de stylistíque
française intitulé «Précis de stylistique française».
Selon J. Marouzeau, la stylistique est appelée à étudier les principes du choix des faits d'expression en
partant du but et des circonstances de l'énoncé. (considérant)
Guidé par ce principe, J. Marouzeau dresse une liste des ressources accompagné d'exemples tirés de bons
auteurs: emploi des sons; des mots, des catégories grammaticales, construction de la phráse.
En 1950 dans son ouvrage « Aspects du français », le savant décrit les particularités propres aux différents
genres littéraires (prose et poésie), les caractères essentiels des styles du français parlé et écrité.
Dans les années 70-80 du XX siècle, la linguistique toute entière s'engage dans la voie des études
communicatives et pragmatiques, plus tard dans celles cognitives. Les linguistes fondent des sciences nouvelles,
comme la pragmatique ou la linguistique du texte, la poétique linguistique, la poétique cognitive, la narratologie.
Les structuralistes français, dont MICHAEL RIFFATERRE, attribuent la place importante à la langue
écrite, littéraire.
Selon M. Riffaterre, les effets stylistiques ne se réalisent pas à l'aide de moyens linguistiques en soi, mais
seulement après leur insertion dans un certain contexte.
Certains structuralistes ont développé leurs recherches par le biais de la sémiotique, par exemple,
ALGIRDAS-JULIEN GREIMAS, qui a interprété la structure profonde des modèles essentiels de récits.
ROMAN JACOBSON replace la stylistique au croisement de la littérature et de la linguistique, en
focalisant les recherches stylistiques sur l'axe herméneutique.
A l'étape actuelle, on mène des débats autour de la stylistique ayant pour but de distinguer stylistique
linguistique et stylistique littéraire.
D'après (Claude) BOISSON, la stylistique est une application des connaissances et des techniques de la
linguistique aux productions orales ou écrites, qu'on appelle textes, pour déterminer en quoi tient leur spécificité.
À cette époque, la stylistique s'est enrichie grâce à la sémantique structurale, la sémiotique (étudie les
processus de signification, communication des signes) narrative, la poétique.

3. Les tâches de la stylistique et ses rapports avec les branches linguistiques et non-
linguistiques.
La stylistique fonctionnelle étudie le fonctionnement du langage dans les différentes sphères de la
communication qui correspondent à telle ou telle autre activité de l’homme. Dans le code écrit on distingue: style
officiel (administratif), scientifique, des mass média, des belles lettres; dans le code oral: style familier, populaire,
argotique.
La stylistique est étroitement liée avec les autres sciences linguistiques. Sans l’appui de la grammaire, de la
phonétique, de la lexicologie, etc. qui lui fournissent des données exactes sur le système de la langue elle ne
saurait obtenir de bons résultats. A la différence des autres sciences linguistiques, la stylistique n’a pas de niveau
spécial. Elle s’intéresse, comme il a été déjà noté, au fonctionnement des différentes unités linguistiques à tous les
niveaux de la langue, à leur aptitude de satisfaire aux besoins de la communication, à leur couleur et fonctions
stylistiques.
Si la grammaire ou la phonétique nous enseignent de parler correctement, sans fautes, la stylistique nous
apprend à nous exprimer bien, à adapter notre langage aux conditions de la communiation.
La stylistique est également liée à l’histoire de la langue puisque la couleur stylistique des formes
linguistiques change avec l’évolution de la langue et tous les styles fonctionnels ont subi une longue évolution au
cours des siècles.
En outre la stylistique se trouve en contact avec de telles disciplines non linguistiques comme la psychologie
ou la sociologie puisqu’elle s’intéresse aux effets produits par le langage sous l’influence des facteurs affectifs ou
à la différenciation sociale de la langue nationale.

Pour préciser l'objet et les tâches de la stylistique, il est nécessaire de se faire une idée nette des rapports
existant entre elle et les autres branches de la science linguistigue, notamment la phonétique, la grammaire et la
lexicologie.
Ces trois sciences et la stylistique étudient la même matière, la même langue. Mais si la phonétique, la
grammaire et la lexicologie s'attachent a l'étude d'un des aspects de la langue, la stylistique en recouvre tout le
domaine (sons, mots, formes grammaticales).
Parfois on dit que la stylistique est la soeur cadette de Grammaire et de Lexicologie française.
La structure d'une langue se compose de trois systèmes :
- de sons
- de formes grammaticales
- de mots
A côté du problème de la structure d'une langue, il existe aussi celui de son fonctionnement, de sa
réalisation dans la parole.
La stylistique étudie ces systèmes complexes et leur fonctionnement, à l'opposé des autres branches de la
linguistque qui s'occupent chacune d'un des aspects structuraux de la langue. Ni la grammaire ni la lexicologie ne
s'intéressent à la différenciation stylistique des faits de langue, à leur valeur affective, ni à leur fonction dans une
situation concrète.
C'est la tache de la stylistique d'étudier et de définir ces aspects des faits d'expression. Mais elle ne saurait
le faire sans l'appui de la grammaire et de la lexicologie. Donc la stylistique étudie les éléments de la langue qui sa
rapportent à tous les niveaux de son organisation hierarchique : élements phonétiques, grammaticaux et lexicaux.
Elle exanine les éléments linguistiques du point de vue de leur valeur stylistique (en langue) et de leur fonction
stylistique (dans l'acte communicatif).
Les branches de la stylistique :
- Linguistique (ou descriptive/fonctionnelle/communicative)
La stylistique descriptive a deux aspects : 1) elle étudie les différents styles de la langue, c'est-a-dire les systèmes
de faits d'expression, qui résultent du choix et de l'emploi de ces faits suivant le domaine d'activité et les
circonstances de l’énoncé (la stylistique fonctionnelle) et 2) elle s'attache à l'étude de la valeur stylistique des faits
d'expression et de leurs fonctions dans les différents styles de la langue et dans les oeuvres littéraires.
La stylistique linguistique étudie les éléments de la langue qui se rapportent à tous les niveaux de son organisation
hiérarchique: éléments phonétiques, grammaticaux et lexicaux; examine les éléments linguistiques du point de vue
de leur valeur et fonction stylistique (en langue) et (dans l'acte communicatif); étudie la variabilité de langage qui
résulte des conditions sociales, psychologiques et situationnelles de la communication; détermine la valeur et la
fonction stylistique des moyens d'expression
- Littéraire
La stylistique littéraire étudie les composantes d'une oeuvre littéraire; étudie une oeuvre prise dans sa totalité du
point de vue de la fonction stylistique et esthétique de ses composants
- Historique
Elle étudie l'évolution des styles de la langue, les changements des nuances expressives d'ordre sémantique.
- Comparée
Elle étudie et compare les ressources stylistiques de deux ou plusieurs langues; elle repose sur les données
des stylistiques dites nationales; elle établit les ressemblances et les divergences stylistiques entre les langues.

4. La notion de valeur stylistique des mots. La valeur stylistique dans son rapport aux valeurs
lexicale et grammaticale.
La valeur stylistique fait partie des unités linguistiques en tant qu'éléments d'un système où elle les
différencie au point de vue axiologique (qui a rapport avec les valeurs sociologiques et morales), imagé et socio-
symbolique. Chaque moyen de la langue a une valeur grammaticale, plusieurs ont une valeur lexicale et chaque
moyen de la langue peut avoir une valeur stylistique.
La valeur stylistique est une information supplémentaire qui s’ajoute à la valeur lexicale ou grammaticale
d'un moyen de la langue. Autrement dit, ce sont des nuances sémantiques ou affectives qui accompagnent la valeur
lexicale ou grammaticale.
("Ayez l'obligeance de me fournir ces renseignements ". La personne qui prononce cette phrase se trouve à
un niveau social élevé, elle est instruite, bien éduquée, elle s’adresse à son interlocuteur officiellement ou établit
exprès une distance)
La valeur stylistique d’un moyen de la langue peut être appréciée et définie par la comparaison de ce
moyen avec un ou plusieurs moyens qui lui sont équivalents. Par exemple : Ché pourquoi il a pété les plombs –
fam. Je ne sais pas pourquoi il s’est mis en colère – courant. J’ignore la raison pour laquelle cet individu a perdu le
contrôle de lui-même – soutenu.
Il faut distinguer la valeur stylistique neutre et nulle. Un élément de la langue est identifié comme
stylistiquement neutre seulement par rapport aux autres moyens de la langue relativement équivalents. Si un
moyen de la langue n'a pas d'équivalents, s'il est seul à exprimer une notion, il a une valeur stylistique nulle. Tels
sont les mots " trois, quarante, je, tu, pour " (les chiffres, les pronoms, les prépositions). L'ordre de mots dans la
phrase "Paul bat Pierre " est stylistiquement nul, il est le seul possible, son rôle est-purement grammatical. L'ordre
de mots dans la phrase “ Le mois de mai arriva " est stylistiquemnent neutre à côté d'une autre construction
possible. “Arriva le mois de mai".
Elle se manifeste dans le système de la langue grâce aux relations paradigmatiques de ses éléments et peut
aussi se réaliser en parole.
La fonction stylistique se rapporte au niveau de la parole, au processus même de communication et
s'appuie plus sur les moyens d'expression à valeur stylistique, que sur les éléments linguistiques neutres.

La valeur stylistique du mot en rapport avec le contexte. Le lexique stylistiquement marqué et le lexique
neutre.
La valeur stylistique appartient nécessairement au domaine des styles fonctionnels, et vice versa, l'existence de
diverses variétés fonctionnelles d'une langue nationale est liée à la différenciation des faits de langage. La
définition de cette notion diffère d’un auteur à l’autre. Nous allons définir la valeur stylistique en tant que
caractéristique inhérente des faits de langue comprenant: 1) la couleur stylistique d'un fait d'expression, c'est-a-dire
1'empreinte que lui laisse la sphère de son emploi habituel ; 2) les nuances expressives d'ordre sémantique et
affectif qui peuvent s'ajouter au sens principal des mots, locutions et faits de grammaire et de phonétique.
La couleur stylistique est liée avec l’existance des faits de langue ( mots et tournures) d’un usage limité
appartenant à un style fonctionnel bien déterminé. Ainsi, les mots firmament et cieux sont d’usage livresque et
s’emploient dans des textes poétiques (comparez avec ciel, et avec les mots et expressions russes небо et
небосклон, небосвод, небесный купол, купол мирозданья. Pour faire ressortir la valeur stylistique il suffit de
comparer les faits de langue (mots et tournures) qui sont synonymes mais qu’on emploie de préférence dans les
différentes sphères de communication, p.ex.: demeure, domicile, piaule, logement, habitation, appartement,
appart’, ou habiter, résider, être domicilié, être hébergé. Certes parmi les mots cités quelques’uns présentent des
nuances sémantiques importantes, mais d’un point de vue stylistique ils possèdent aussi une valeur qui régit leur
fonсtionnement. Ainsi, il serait également déplacé de dire Voici ma piaule! dans une situation de relations
officielles et d’énoncer Je suis hébergé (ou domicilié) à telle ou telle adresse dans une situation de communication
relâchée.
L'étude de la valeur stylistique est étroitement liée au problème de la norme qui est une catégorie fondamentale,
importante pour les deux branches de la stylistique (linguistique et littéraire) et établissant des rapports entre elle et
d'autres disciplines, telles que sociolinguistique, histoire de la langue, etc.
Quand à la seconde composante de la valeur stylistique, les nuances expressives, elles s’ajoutent au sens principal
des faits de langue pour évoquer quelques traits spécifiques du contenu annoncé et pour relater l’attitude subjective
du sujet parlant (comparez chauffeur et chauffard, vivre et vivoter, boutiquiers et boutiquaille).

5. La notion de style dans la stylistique d’aujourd’hui. La définition de style linguistique et


fonctionnel.
Le terme « style » s'emploie pour toutes les formes d'art et désigne la manière originale dont travaille un
artiste à une époque donnée Style s'emploie aussi pour désigner une caractéristique d'ún texte selon le type
d'expression: on peut parler de style lyrique, épique, etc. Style désigne aussi la manière dont un écrivain met
en oeuvre la langue (on parle alors de sa langue). L'écrivain peut aussi s'inspirer du style des autres écrivains
(ou du style propre à d'autres époques). Le style est compris comme combinaison du choix que tout discours
doit opérer par rapport à un certain nombre de disponibilités contenues dans la langue et les variations du
choix par rapport à ses disponibilités.

Le choix forme un systeme de moyens de la langue qu’on appelle style. Un style commence la ou il y a
un choix.
Chaque individu a son style, chaque oevre a le sien. Mais la stylistique s’interesse en premier lieu aux
styles du discours. Ce sont des systemes de moyens de la langue propres a une zone de
communication.

Ces systemes ou stules representent des ramifications de la langue generale. Chaque systeme ayant la
majorite des moyens communs avec ceuz de la langue generale, possede des moyens specifique,
propres a lui seul.

Typologie des styles.

dans la communication orale: 1) le style familier 2) le style populaire;

dans la communication écrite: 3) le style officiel (administratif) 4) le style scientifique 5) le style de la


communication sociale et politique (des mass médias) 6) le style de la communication littéraire (de
belles lettres) auxquels on pourrait ajouter le style de la publicité et des annonces.

Les styles écrits.

Malgré les différences qui existent entre les styles écrits ceux-ci possèdent certains traits communs qui
permettent de les réunir ensemble et de les opposer aux styles parlés. Premièrement tous les styles
écrits ont un caractère plus soigné. C’est le type de la parole monologué qui prédomine dans tous ces
styles. Les sujets traités sont plus compliqués que dans la communication orale et les textes écrits
s’adressent le plus souvent à un large public. Le contact entre l’auteur et le destinataire n’est pas direct
et immédiat. Chacun des styles écrits a plusieurs genres.

Les notions essentielles de la stylistique sont la notion du style, de la norme, de la couleur stylistique, de la
synonymie, de la variation.
La notion du style est propre non seulement à la stylistique de quoi témoignent les expressions suivantes: style
énergique, style militaire, meubles de style anglais, des robes dans le style de Second Empire, style d’un courreur,
etc. Ce qui est commun à tous ces emplois du mot style c’est qu’il est toujours lié à l’homme et d’autre part au
choix. Dans chaque cas l’homme choisit tel ou tel mode de s’habiller, telle ou telle manière de se conduire, telle
ou telle façon de parler.
Utilisant une même langue (le français, le russe, l’anglais, etc.) nous en faisons un emploi différent dans des
circonstances différentes. «Le style,- écrit J.Marouzeau - revêt des aspects différents suivant qu’on parle ou qu’on
écrit, qu’on s’adresse à des intimes ou à un public, qu’on est ignorant ou cultivé, suivant qu’on vise à la simplicité
ou à l’artifice, qu’on s’accomode de la monotonie ou qu’on recherche la variété, qu’on imite ou qu’on veut être
original, qu’on a un tour d’esprit analytique ou synthétique, intellectuel ou affectif, concret ou abstrait,
conservateur ou novateur. Les vers ne se disent pas comme la prose, une tragédie ne se débite pas comme une
comédie, ni un discours académique comme une simple causerie». (Précis de stylistique française, p. 14).
La langue nous offre des possibilités immenses pour varier notre discours, pour le rendre plus adéquat, plus
conforme aux besoins de la communication, aux circonstances données, aux normes correspondantes.
Le langage d’une personne exprime non seulement ses pensées. Les moyens phonétiques, lexicaux, grammaticaux
choisis par le locuteur traduisent aussi ses sentiments, son humeur, son intelligence, sa culture, ses rapports avec
l’auditeur.
Comparons les phrases suivantes:
Le pain!
Passe-moi le pain!
Passez-moi le pain, s’il vous plaît.
Voudriez-vous me passer le pain.
Auriez-vous la bonté de me passer le pain, s’il vous plaît.
Oserai-je vous prier d’avoir l’obligeance de me passer le pain. (пример
К. Долинина, стр. 19) [Cf.: « Madame, ce m’est une gloire si grande de me voir assez fortuné pour être si
heureux que d’avoir le bonheur, que vous ayez eu la bonté de m’accorder la grâce de me faire l’honneur de
m’honorer de la faveur de votre présence. (Molière)]
Si la première phrase de cet exemple représente un ordre adressé à un inférieur, la dernière phrase est pleine d’une
politesse exagerée et même de servilité.
[Dans l’antiquité il était déjà question de composer son discours non seulement selon les règles grammaticales
mais aussi de sorte qu’il soit capable de correspondre aux circonstances et au but de la communication.
Les stylisticiens ou, plus présisément, les rhéteurs antiques (la stylistique comme science est née au début de XX
siècle) distinguaient déjà trois styles: le simple, le tempéré, le sublime. Nous retrouvons cette classification un
peu modifiée en France au XVIII siècle. L’Académie française distingue les styles suivants: style élevé
(tragédies classiques, odes) style moderne (romans, nouvelles) style simple (comédies, farces, fables)
Les sphères du fonctionnement de la langue dans la société moderne se sont sensiblement élargies et le nombre
de styles, de styles fonctionnels a augmenté. L’existence d’un riche système des styles fonctionnels est
caractéristique pour les langues littéraires développées qui remplissent diverses fonctions sociales dans la vie
d’une nation.]

6. Le style fonctionnel et la typologie de la parole.


Le style fonctionnel c’est un système de faits d’expression, qui résulte du choix du sujet parlant ou
écrivant en fonction de la sphère communicative et des circonstances données. [Quand les moyens choisis ne sont
pas conformes à la situation donnée cela ne reste pas inaperçu par les interlocuteurs. Cf.: Жена рассказывает
вернувшемуся с работы мужу, чем она занималась: «Я ускоренными темпами обеспечила
восстановление надлежащего порядка на жилой площади, а также в предназначенном для
приготовления пищи подсобном помещении общего пользования. В последующий период времени мною
было организовано посещение торговой точки с целью приобретения необходимых продовольственных
товаров.»]
Une autre notion fondamentale de la stylistique est la notion de la norme. La norme est un mode habituel
de parler adopté par une collectivité donnée. C’est un standard, un modèle de la communication. Dans chaque
langue il existe tout un système de normes qui doit constituer la base de l’analyse stylistique. Le système de
normes du français moderne comprend: la norme de la langue, la norme littéraire, la norme interne d’un style
fonctionnel, la norme neutre, la norme communicative. (voir: Хованская З.И. цит. соч. стр. 64 и сл. )

La théorie des styles fonctionnels est depuis longtemps bâtie par les savants soviétiques et russes. C’est l’un des
aspects les plus importants de la stylistique dans notre pays. [ Les linguiustes français, selon Chovanskaia,
utilisent dans ce cas une terminologie très hétorogène: style, langue, langage, dialecte fonctionnel (Gauthier),
étage, registre, niveau de langue (Debièvre), type expressif (Marouzeau), usage, type de communication
(Vanoye), stratégie discursive, technique de l’expression (Baril) (p.55)]
Dans notre pays les styles sont étudiés comme des types de la communication déterminés par les conditions dans
lesquelles se déroule la communication d’une part et d’autre part par les facteurs purement linguistiques. Ce sont
là deux types de critères qui se trouvent à la base de la distinction des styles fonctionnels: les critères
extralinguistiques (sphère de la communication, type socio-culturel des communicants, but de la communication,
circonstances de l’acte communicatif) et les critères linguistiques (forme de la communication (orale ou écrite),
traits stylistiques, types de la parole et formes compositionnelles du discours).
Les critères extralinguistiques.
1. La sphère de la communication. C’est tel ou tel domaine de l’activité humaine où l’on se sert de la
langue. La notion de la sphère communicative est très large, puisque notre langage n’est pas le même à
l’université ou au magasin, en famille ou à l’usine, au jardin d’enfant ou au théâtre. Il s’agit d’établir les sphères
les plus typiques dont chacune exige des moyens linguistiques spéciaux.
Dès le premier abord ces sphères peuvent être divisées en deux grands groupes: sphère de l’activité
professionnelle et sphère de la vie courante. Une classification plus détaillée tient compte du type spécifique de la
mentalité dans chaque sphère de l’activité de l’homme telle que droit, science, information, art, etc.
2. Le type socio-culturel des interlocuteurs. Ce facteur a été profondément étudié encore par Ch.
Bally qui avait analysé l’influence du milieu social ou professionnel sur le langage des hommes qui dépend du
niveau de l’instruction, du métier exercé, du niveau de vie, etc.
3. Les circonstances de l’acte communicatif ou spécificité situationnelle de l’acte communicatif. Ce
facteur se manifeste dans un ensemble d’indices plus particuliers:
а) L’ambiance type. Il s’agit de l’atmosphère dans laquelle se passe l’acte de la parole. On distingue deux
ambiances types diamétralement opposées l’une à l’autre: ambiance familière propre à une communication
spontannée et ambiance officielle liée à une communication d’affaires ou solennelle.
b) L’aspect interpersonnel de l’acte de la parole. Le choix des moyens d’expression dépend des
relations qui existent entre les communicants, de leur état psychologique au moment de la parole. On parle de
façon différente à son chef ou à ses amis, quand on est calme ou ému, etc. Ainsi les membres d’une famille qui
utilisent entre eux le langage familier peuvent, en cas de brouille, passer au style officiel, ostensiblement froid.
c) L’entourage matériel de l’acte communicatif influence directement la forme linguistique du
discours dans la communication orale. Ainsi la présence de l’objet de la parole permet de raccourcir les phrases
en omettant les formes qui l’auraient designé dans la communication écrite. Les ellipses propres au langage
familier sont, pour une large part, déterminées par cet indice situationnel.
d) L’indice suivant c’est la prise de contact qui peut être directe, immédiate ou indirecte, médiatisée
ce qui différencie sensiblement les types de discours. La conversation entre les communicants où le contact est
direct et immédiat ne ressemble pas à la communication orale effectuée par un canal téchnique (dialogue par
téléphone, certains mass media, comme la radio, la télévision, le cinéma) où à la communication écrite.
e) Le nombre de communicants et leurs rôles spécifiques. Cet indice permet d’opposer une
conversation de deux personnes à une intervention publique devant un auditoire de masse. Entre ces deux pôles se
situent des types de communication tels que causerie amicale de quelques personnes, table ronde, réunion
professionnelle, etc. Ce n’est pas seulement le nombre des participants qui varie dans tous ces cas mais aussi leurs
rôles. Dans la conversation orale entre deux personnes tous les deux participants sont actifs, la communication a
un caractère bilatéral. Dans une intervention publique c’est le conférencier qui a le rôle actif et le rôle du public
est relativement passif ce qui n’exclut point certaines manifestations actives de sa part (questions, répliques, etc.).
En cas de contact médiatisé (radio, télé) le rôle actif du conférencier augmente sensiblement car il n’a pas moyen
de suivre directement la réaction du public et doit la prévoir d’avance.
4. Le dernier facteur extralinguistique s’est l’objectif communicatif type. On distingue quelques objectifs
généralisés qui régissent l’organisation compositionnelle du discours et la mise en œuvre des moyens
linguistiques appropriés: reproduire objectivement et impersonnellement les faits ou, au contraire, agir sur le
destinataire, même au prix de leur déformation; argumenter de manière purement logique les thèses postulées ou
juger les faits, exprimer des émotions, des réactions volitives à ce propos, et ainsi de suite.
L’analyse des styles langagiers doit tenir compte de la mise en jeu de tous les facteur communicatifs, aucun d’eux
ne suffisant, à lui seul, pour les décrire.
Caractères linguistiques des styles fonctionnels.
Ce sont les propriétés intrinsèques des styles fonctionnels.
1. La forme de la communication qui peut être orale ou écrite. La forme de la communication exerce une très
grande influence sur le choix des moyens linguistiques. Selon R.A. Boudagov la différence entre la langue écrite
et la langue parlée est la plus importante, la plus universelle pour toutes les langues nationales.
L’éminent linguiste français J. Vendryes affirme que « le français écrit et le français parlé sont si différents qu’on
peut dire que les Français ne parlent jamais comme ils écrivent, et écrivent rarement comme ils parlent. »
La communication orale se fait à l’aide de la voix, des sons, de l’intonation, etc. Elle n’est pas fixée
graphiquement ce qui explique son caractère linéaire et prospectif, tant sur le plan de la production que sur celui
de la réception du discours. Le locuteur ne peut pas revenir en arrière, ni corriger ce qu’il a déjà dit, d’où tout un
système de rattrapages dans la chaîne parlée; divers types de répétitions facilitant la mémorisation. La
communication orale se caractérise aussi par les ruptures de constructions, des reprises pronominales, les modes
d’interrogation et les formes de négation spécifiques. On observe dans la com-munication orale certaines
tendances et notamment la tendance à l’invariabilité grammaticale (c’est à dire à l’unification des formes),
tendance à l’économie des moyens d’expression qui se manifeste dans la suppression de certains éléments (il ne
faut pas → faut pas), dans les troncations lexicales (professeur → prof).
La forme orale de la communication présente certains avantages au sujet parlant qui peut faire des effets de voix,
articuler lentement, nettement, avec complaisance, ou au contraire précipiter son débit; parler d’affilée sans
reprendre haleine, ou au contraire pratiquer les pauses, les silences, les suspensions, donner de la voix ou
descendre jusq’au chuchottement, il prononce avec intensité une sillabe, un mot, une phrase ou il glisse et
escamote; il dispose de l’intonation, qu’il fait attendrie, pathétique, ironique, convainquante, douleureuse. Enfin
les gestes viennent à son secours, jeux de physionomie, de la bouche et des yeux, gestes de la tête, des mains, des
doigts, de tout le corps pour souligner, ponctuer, préparer un effet de voix, de forme ou de pensée.
Il est impossible de reproduire par écrit toutes les insuffisances, les libertés, les fantaisies de la langue parlée.
Mais le sujet écrivant a ses avantages lui aussi. Il a tout le loisir de procéder lentement, de se relire, de se corriger.
Il a tous les moyens pour soigner la forme de son discours.
Outre la forme orale et la forme écrite de la communication il existe encore une forme mixte que les linguistes
français appellent «écrit oralisé» ou «pseudo-oral». C’est la transposition des caractères propres à l’expression
écrite, en premier lieu à ses variétés travaillées, soignées dans la forme orale ce qui est propre au discours pendant
une conférence scientifique, à une intervention publique, etc.
2. Les traits stylistiques. En décrivant des modes d’expression Ch. Bally en dégageait toujours ce
qu’il appelait leurs caractères généraux qu’il considérait, à juste raison, comme déterminants par rapport au choix
et à la mise en œvre des moyens linguistiques. C’est ainsi qu’il a établi les caractères généraux suivants de la
langue parlée de tous les jours: spontanéité, tendance à l’économie des moyens d’expression et afféctivité.
Aujourd’hui les linguistes parlent des traits stylistiques qui représentent une caractéristique importante des styles
fonctionnels.
Le style administratif par exemple se caractérise par son objectivité, sa netteté, sa simplicité, sa clarté logique, une
certaine solennité, etc.
3. Les types de la parole et les formes compositionnelles du discours prédominant dans un style
fonctionnel.
Tout d’abord il faut distinguer entre deux types principaux de la parole - dialogué et monologué. Dans la
communication orale spontanée c’est le dialogue qui prédomine. Dans l’expression écrite c’est le type monologué
qui prédomine.
Parmis les formes compositionnelles du discours (unités transphrastiques en grammaire) on distingue: narration,
description, réflexion et dialogue. Les trois premières formes (textuelles) se basent sur le type monologué de la
parole.
La prédominance d’une ou de plusieurs de ces formes et leur agencement spécifique devient une caractéristique
importante des variétés fonctionnelles de la langue et des types de textes. C’est ainsi que les styles de la
communication quotidienne se servent du dialogue, le style scientifique recourt souvent à la réflexion, une
instruction technique - à la description, une chronique historique - à la narration, etc.
En appliquant les critères mentionnés on peut dégager en français les styles fonctionnels suivants:
dans la communication orale:
1) le style familier
2) le style populaire; dans la communication écrite:
3) le style officiel (administratif)
4) le style scientifique
5) le style de la communication sociale et politique (des mass médias)
6) le style de la communication littéraire (de belles lettres) auxquels on pourrait ajouter le style de la
publicité et des annonces.

7. La syntaxe liée. La notion d’hypotaxe. La période.


Il y a plusieurs types de syntaxe : liée et coupée.
Les phrases de la syntaxe liée sont complexes, dévéloppées, coordonnées ou bien à plusieurs subordonnées où les
rapports entre les propositions sont exprimés à l'aide des connecteurs logiques (si, quand, sans que)
L'expressivité au niveau syntaxique est liée aux notions de parataxe et d'hypotaxe.
Les rapports de coordination et de subordination entre deux propositions, deux phrases ou deux paragraphes
peuvent être explicitement exprimés par un mot de liaison (conjonction ou mot relatif) ou ne pas être exprimés
grammaticalement, propositions, phrases et paragraphes étant seulement junctaposés: on dit alors qu'il y a
asyndète.
L'hypotaxe au contraire de parataxe indique les liens de subordination. (La parataxe est une construction par
juxtaposition).
Un caractère stylistique particulier appartient à la phrase de subordination appélée période. La période est une
phrase longue, composée de plusieure propositions, dont l'ensemble respecte un équilibre de contenu et de
construction. (C’est une phrase ou plusieurs sub de la même espèce accompagnent une seule principale.
J. MAROUZEAU définit la période comme la phrase complexe dont les membres composants sont groupés de
telle façon que, sì variés qu'ils soient dans leur structire, leur assemblage donne une impression d'équilibre et
d'unité.
Une période est propre à la syntaxe liée.
Elle peut même se décomposer en quelques ensembles.
On trouve la période en général dans les dịscours d'argumentation, dans différentes sortes de descriptions
poétiques.
La difficulté pour un lecteur consiste à saisir, au fur et à mesure de sa lecture, la relation d'une proposition à une
autre sans perdre de vue la signification de l'ensemble.
Une période est dite ascendante quand la voix reste en suspensе presque jusqu'à la fin parce que l'élément porteur
de la signification essentielle de la phrase a été rejeté en fin de phrase.
Une période est dite descendante quand l'élément porteur de la signification essentielle est donné dès le début.

La période est dite pyramidale quand les temps de montée et de descente sont égaux.
8. La syntaxe coupée. La notion de parataxe. L’expression nominale.
Les phrases de la syntaxe coupée sont simples, courtes, juxtaposées ou coordonnées, parfois à un terme ou bien
les principales complétes par des subordonnées rares et courtes, ou l’information textuelle se développent par
ajouts successifs.
La syntaxe coupée se réalise en particulier par l’expression nominale. C’est la manière d’exprimer les idées par
des parties du discours nominales (substantif, adjectif, adverbe, infinitif).
L’expression nominale permet de traduire une impression de manière directe. Elle rend les notations et les
impressions rapides et à ce titre est un des procédés de la narration et de la description. (page 21, 22 les exemples).
Dans la langue courante l'expression nominale est déterminée surtout par l'économie de temps et de force qui est
propre à l'esprit de notre siècle. Partout où le mot se paie (télégramme), où il est pratique d'écrire rapidement
(notes, carnet de route), on se sert essentiellement des noms. Supposons un journaliste qui prend à la va-vite des
notes sur un accident de route:
On retrouve l'expression nominale dans la langue actuelle du commerce et du journalisme.
La langue administrative et la langue scientifique en usent volontiers parce que les noms se prêtent mieux que les
verbes et les adjectifs aux définitions abstraites.
Dans les ordres et les défenses la construction nominale est souvent plus expressive. Elle a en outre l'avantage
d'être impersonnelle: Défense d'entrer. Prière de s'essuyer les pieds.
Parmi les formes ct les procédés de l'expression nominale il faut noter en premier lieu les suivants:
1. La construction N1+prép.+N2 où le premier nom désigne la qualité et le second le porteur de cette qualité: le
bleu du ciel, le roux de sa moustache, la douceur des soirées. Cette manière de dire rend l'impression globale
provoquée par ce qui est désigné dans le génitif.
2. La même construction où le nom prépositionnel correspond à l'adjectif, construction dite génitif de qualité:
chambres de silence et d'ombre;. Parfois la différence entre le nom prépositionnel et l'adjectif correspondant est
non seulement stylistique, mais aussi sémantique comme, par exemple, dans les vers suivantes (p.22-23).
3. Les phrases à un terme dont les plus employées sont les propositions nominales, celles ou le mot principal est
un nom ou un pronom. Ces propositions peuvent être exclamatives, interrogatives, nominatives, élles créent
l’impression de perception immédiate.
Les propositions nominales dont le terme essentiel est un substantif (moins souvent un pronom) sont les plus
variées quant à leur valeur sémantique et modale.
Les plus nombreuses sont les propostions existentielles qui sont utilisées pour décrire, en forme laconique, les
personnes et les' faits, les objets, les actions, les sentiments, les paysages, les événements ayant lieu à un moment
donné.
Assez souvent, cette espèce de propositions nominales désigne des phénomènés atmosphériques, les salsons, les
dates et les heures ou bien présente une simplé constatation d'un fait.
Allées et venues d'inspecteurs, portes qui daquent, coups de téléphone (Simenon); Journées courtes, longues nuits
(Bazin); Premier vendredi de décembre. Premier gel (Bazin)
Les monorèmes descriptifs sont utilisés surtout dans la langue littéreaire pour créer un décor, rendre l'amblance.
Exemple. Autour d'elle, le froid, la brume, des buissons noirs, des feuilles pourrissantes (Troyat).
Une autre espèce de propositions nominales est représentée par les monoremes démonstratifs dans lesquels le
terme essentiel est accompagné de mots dérmonstratifs: voilà l'hiver.
On relève aussi les monorèmes vocatifs (Mon cher ami !)
Un type particulier de monorèmes nominaux est celui qui est appelé à nommer et qui apparait en titres, dans lės
enseignes, les étiquettes, etc. « Introduction », « Pharmacie », « Fruits et légumes »
Avec la proposition nominale est liée la substitution syntaxique permettant de varier la syntaxe et d'enrichir
l'écriture.
Les substituts syntaxiques ne sont jamais de simples équivalents. Ils introduisent des nuances sémantiques
importantes.
La nominalisation nominal ou la substitution à une proposition raccourcit le texte, transforme une assertion en
simple notation, lui donne un caractère irréfutable.
Elle s'utilisent fréquemment dans les titres.
La parataxe est une construction par juxtaposition, sans qu'un mot de liaison indique la nature du rapport entre les
phrases.
Expression + Expressivité
L'expressivité, le recours à l'improvisé;
L'expressivité de l'acte de langage est susceptible de faire varier considérablement dans la langue la signification
que peuvent avoir dans le discours des vocables voués à l'expressivité;
L'expressivité avec ses moyens propres fait partie intégrante de la syntaxe, qui est vue comme une mise en forme
de sens.
Avec un minimum d'expressivité et une syntaxe très développée on dira: «Il y aura ce soir, à l'Opéra, une
représentation de gala »
Et avec plus d'expressivité et une syntaxe en réduction du côté du' verbe on dira: « A l'Opéra, ce soir, grande
représentation de gala »
De cette manière-là, les phrases sans verbes sont des phrases où l'expressivité tient lieu du développement
syntaxique qu'apporte avec lui le verbe.

9. La notion du terme "figure de style" en son corrélation à "la figure de rhétorique" et au


"trope".
Une figure de style est un procédé d’une expression qui s’eccarte de l’usage minimale de la langue et
donne une exprésivité particulière qu propos un discour. Es fig de style sont caractérisé les textes littéraire et aussi
les quotidienne écrites et orale.
En stylistique une figure de style est toujour une opération de transformation soit sur la forme soit sur
l’idée. Si cette trans sur les mot=microstructurale si sur la phrase macro. Par ces termes on appele tout les procédés
qui concerne les signifiants ce qui les differs des tropes qui touche au signifié.
10. Les critères de la classification des figures stylistiques. Les typologies des figures de style.
La classificationdes figures de stylistiques est complexe et diverse approche sont toujours contéstable d’une
règle générale on dit que chaque genre litteraire pocède ces figure favorites les romands prcédé descriptive
digretion la poésie –la figure jou sur la sonorité ; la grammatique – les procédé dintinéité
Les stylisticien s’accordent le plus souvent sur certains regroupment à partir des procédés utilisées en
distinguant les figures qui *jou sur le sens du mot (il s’agit des fig de substitution et d’analogie, d’insistance,
d’opposition, d’atténuation, d’antéfication) *jou sur l’ordre dans la phrase (tout de la syntaxe) *jiu sur la sonorité
ou sur leur rapports ou discour
11. Les figures de construction : la parenthèse, l’ellipse, le zeugma et l’apposition.
Le classement de Patrick Barcy :
Les figures de construction : anacoluthe, parenthèse, imitation, asyndète, ellipse, zeugme, apposition,
épithète d’ornement.
Les figures de construction (ou figures syntaxiques) = celle qui modifient l’ordre normal des mots.
La parenthèse permet d’insérer dans une phrase un élément autonome (mot, groupe de mots, phrase
entière) apportant des informations supplémentaires sur la phrase principale ou introduisant au contraire une
digression. Cet élément autonome est toujours encadré soit par des virgules, soit par des parenthèses ou des
tirets.

Exemple :
L’un des deux – il portait une chemise grise – se tourna vers moi.

(Quel signe de ponctuation employer? Les virgules, les parenthèse ou les tirets? Cela dépend de l’importance que
l’on accorde aux informations fournies par la parenthèse.

Les parenthèses – information supplémentaire dont l’on aurait pu se passer : Sébastien (le frère de Janine) a acheté
les billets.

Les virgules – information neutre : Sébastien, le frère de Janine, a acheté les billets.

Les tirets – marquent une insistance, mettent en valeur une information : Sébastien – le frère de Janine – a acheté
les billets.)

L’ellipse est l’omission d’un ou de plusieur éléments. Ellipse narrative est un proceed qui consiste à
ommetre certains éléments logiquement nécessaires à l’intelligence du texte.
Ex. Pierre va partir en Australie, Aurélien en Espagne.
Ex.« Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. »
L'ellipse est une omission syntaxique ou stylistique d'un ou de plusieurs mots que l'esprit supplée de façon plus ou
moins spontanée.
Permet d'éviter la répétition ou la monotonie.
La (fête) Saint Jean

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.


– Du Bellay 

il faut comprendre : heureux est l’individu qui comme Ulysse a fait un beau voyage.


Le zeugma construction qui consiste à ne pas répéter, quand l’esprit peut les rétablir aisément, un mot ou
un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition voisine.
Ex.« L’air était plein d’encens et les prés de verdure. « Napoléon prit du ventre et beaucoup de pays »
zeugme est une figure de style qui consiste à faire dépendre d'un même mot deux termes disparates qui
entretiennent avec lui des rapports différents, en sous-entendant un adjectif ou un verbe déjà exprimé. Il s'agit
donc d'une forme d'ellipse. On distingue le zeugma syntaxique, quand le terme non répété est utilisé dans le
même sens que déjà exprimé, du zeugma sémantique, où le terme occulté est utilisé dans un sens différent de
celui déjà exprimé.

Zeugme syntaxique consiste à éviter la répétition d'un élément dans une phrase construite avec deux
membres parallèles. Parfois, les deux éléments de la phrase n'ont pas la même nature grammaticale, accentuant la
force du zeugme syntaxique.
  Ils savent compter  l’heure et  que leur terre est ronde.
Alfred de Musset, Namouna

Dans cet exemple, le verbe « savoir » est associé à deux compléments d'objet séparés par la conjonction de
coordination « et ». Cette figure de style permet ainsi d'éviter la répétition du verbe savoir : ils savent compter
l'heure et savent que leur terre est ronde.

Zeugme sémantique associe deux termes dont le sens est dissemblable, généralement un terme concret et un
terme abstrait, à un terme commun. Le zeugme sémantique (ou zeugma sémantique) cherche à surprendre le
lecteur, produisant parfois un effet comique ou poétique.
  Trois marchandes de boisson et d’amour.
Guy de Maupassant, Bel-Ami

Dans cet exemple, Guy de Maupassant associe les trois marchandes à deux qualificatifs de leur activité : elles
vendent des boissons (terme concret) et de l'amour (terme abstrait).

Zeugme simple et composé

À noter que certaines constructions grammaticales du zeugme font en sorte d'éviter la répétition d'un verbe.
Littré distingue ainsi le zeugma simple du zeugma composé.

On parle de zeugma simple lorsque le mot exprimé ne diffère pas de celui sous-entendu. Dans l'exemple
suivant, le verbe « renoncer » est cohérent avec tous les éléments auxquels il est associé.
Je renonce à la Grèce, à Sparte, à mon empire, à ma famille.

Voici quelques exemples de zeugmes de tous types. N'hésitez pas à partager vos zeugmes préférés en
commentaire.

  Il  croyait à son étoile et qu’un certain bonheur lui était dû.


André Gide, Les Faux-monnayeurs
 

Ces larges murs pétris de siècles et de foi.

Alphonse de Lamartine, Jocelyn


  Juste en amont du confluent avec la Marne, un vaste complexe commercial et hôtelier dresse son architecture
mandchoue  au bord  du fleuve et de la faillite.

L’apposition est une expension du groupe nominal d’un type particulier. Elle est détachée du gr nom par
une pause à l’oral et par virgule à l’erit. Ex. J’ai rencontré Jean, ton frère.
12. Les figures du lexique et de l’ordre des mots, du lexique et de construction : la répétition,
l’anaphore, l’épiphore, l’épanaphore.
La répétition consiste à reprendre les mêmes termes, sans aucune modification lexicale.
La répétition peut être une faute de style, mais elle peut aussi exprimer une idée : dans l'exemple donné,
l'auteur insiste sur la grisaille générale du paysage et traduit ainsi l'uniformité, la monotonie qui s'en dégage.
La terre était grise, le blé était gris, le ciel était gris (Giono)
Anaphore - Répétition de(s) même(s) terme(s) en début de plusieurs phrases, de plusieurs vers, de plusieurs
propositions. On martèle ainsi une idée, on insiste, on souligne.
Rome l'unique objet de mon ressentiment!
Rorne, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome, qui t'a vu naître, et que mon ton coeur adore!
Rome, enfin, que je hais parce qu'elle t'honore ! (Pierre Corneille, Horace)
Cette figure de style permet de mettre en valeur le mot ou les mots répétés grâce à un effet
d'insistance. Selon le contexte, l'anaphore peut être utilisée pour insister sur certaines sonorités (surtout en
poésie), ou pour renforcer un propos dans le but de convaincre (dans un discours politique par exemple).
L'anaphore est également très utilisée dans la littérature polémique pour signifier l'urgence d'une situation. 
Epiphore (substantif féminin), du grec epi (« en plus ») et pherein (« porter, répéter, ajouter ») est une figure
de style consistant en la répétition, à la fin de deux ou de plusieurs groupes de phrases ou de vers qui se
succèdent, d'un même mot ou d'un même groupe de mots. Figure appartenant à la classe des répétitions, elle est
l'équivalent symétrique de l'anaphore. Elle rythme la phrase, souligne un mot, une obsession, ou provoque un
effet rythmique, d'où son utilisation fréquente en chanson. Le terme d’antépiphore est employé comme
synonyme absolu.
« Longue comme des fils sans fin, la longue pluie
Interminablement, à travers le jour gris,
Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,
Infiniment, la pluie,
La longue pluie,
La pluie. »
— Emile Verhaeren, La pluie (Les villages illusoires)
L'épiphore souligne la valeur des finales. Elle consiste à terminer les vers ou les phrases sur les
mêmes mots. Une épiphore est une figure de style qui consiste à répéter un mot ou un groupe de mots en fin de
phrase, de paragraphe ou de vers qui se succèdent. Très répandue dans la poésie, ce procédé littéraire produit un
effet d'insistance qui renforce une émotion en rythmant les vers.
Dans ce réduit obscur comme la nuit, le temps s'écoulait avec une lenteur désespérante et on ne
savait déjà plus si c'était le jour dehors, ou la nuit.
Sans bruit, je quitte la maison, tout est gris dehors, comme d’habitude. J’ai froid, je relève mon
col, comme d’habitude (Claude François, Comme d'habitude)
L’épiphore est également très employée dans les discours politiques ou les slogans : en répétant
plusieurs fois ses propos, l’orateur accroît ses chances de marquer les esprits.

Epanaphore est une figure de style consistant en la répétition d'une même formule au début de phrases ou de
segments de phrase successifs, dans la même structure syntaxique. Proche de l'anaphore et de l'épanode, elle s'en
distingue néanmoins dans le sens où elle reproduit la structure syntaxique à l'identique.
On tue un homme : on est un assassin. On en tue des millions : on est un conquérant. On les tue tous : on est
un dieu. »
— Jean Rostand

L'épanaphore, terme archaïque, répète un mot ou d'un groupe de mots positionnés uniquement en
début de proposition, comme l'anaphore (qui elle appartient à la versification), au sein d'un texte en
prose.La condition pour que l'épanaphore soit consommée est que ces mots ou groupes de mots
répétés doivent avoir la même structure syntaxique, même si les éléments les composants varient en
nature grammaticale. Dans l'exemple de Rostand le groupe de mots répétés varie, cependant la
structure syntaxique demeure semblable (sujet+verbe).

En somme, l'épanaphore consiste en ce qu'un même terme est repris en tête de plusieurs syntagmes.

13. Les figures du lexique et de l’ordre des mots, du lexique et de construction : l’épanadiplose,
l’anadiplose, la concaténation.
L'épanadiplose (appelée encore un redoublement à la suite) est une répétition en forme de chiasme, car un mot
du début est répété à la fin de la phrase
Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses / Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien (V. Hugo)
Cette figure de style qui consiste à répéter, à la fin d’une phrase, le même mot ou locution que celui situé en
début d’une proposition précédente. L’épanadiplose, par sa symétrie encadrante, met en valeur un mot, un groupe
de mots ou une idée, qui produit un effet d’insistance.
L'épanadiplose est également une figure de narration utilisée dans de nombreux genres littéraires ; elle est alors
nommée « épanadiplose narrative ». Il s'agit de la reprise d'une scène initiale ou d'un motif initial (dans l'incipit) à
la fin (ou clausule) de l'intrigue. Cette figure suggère une fermeture du récit sur lui-même.
[…] Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses
L'espace d'un matin. […]
Une épanadiplose est une figure de style qui consiste à répéter, à la fin d’une phrase, le même mot
ou locution que celui situé en début d’une proposition précédente.
L’épanadiplose, par sa symétrie encadrante, met en valeur un mot, un groupe de mots ou une idée,
qui produit un effet d’insistance.
La littérature, la poésie, le cinéma ont recours à l’épanadiplose pour donner une cohérence au
récit, en reprenant, à la fin d’une œuvre, le motif, l’évènement ou la configuration initiale décrite dans
l’incipit.

L'anadiplose est une répétition du dernier mot d'une proposition initiale dans la suivante afin de marquer la
lisaison entre les deux
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude (Louis Aragon)
On reprend au début d'une proposition un mot qui appartient à la proposition précédente
Le bien d'autrui se supporte mal
Le mal d'autrui se supporte bien
Une anadiplose est une figure par laquelle on répète le dernier mot d’une proposition (un même ensemble de
termes) au début de la proposition suivante.
Je vis ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.
Du Bellay, Les Regrets, Lyon
Il y a anadiplose car le mot Lyon est répété dans deux propositions différentes, séparées par une virgule.
Quand plusieurs anadiploses se suivent, on peut parler de concaténation.
Anadiplose (substantif féminin), du grec ana (« de nouveau ») et diploos (« double ») est une figure de style
consistant en la reprise du dernier mot d'une proposition à l'initiale de la proposition qui suit, afin de marquer la
liaison entre les deux. La répétition du mot forme un enchaînement qui permet d'accentuer l'idée ou le mot ;
proche de la concaténation et de l'épanadiplose. L'anadiplose peut se schématiser comme suit :
_______ A / A _______
« Ô ce verre sur mes désirs ! Mes désirs à travers mon âme ! »

Une anadiplose est une figure de style qui consiste à répéter un élément identique, à la fin


d’une proposition et au début de la suivante.

Cette figure de répétition et d'insistance produit un effet de rebond en mettant en valeur un mot


identique dans chacune des propositions, souvent séparées par une virgule.

Au-delà de la littérature, l’anadiplose est un procédé stylistique couramment employé dans le langage


parlé au cours de discours, sermons ou argumentations. En mettant l’accent sur les mots ou
concepts pertinents, cette figure de style se révèle très efficace pour mener un raisonnement, lier des
arguments et convaincre son auditoire.
La littérature, la poésie mais aussi le cinéma et la chanson ont recours à l'anadiplose pour accentuer
une idée, un mot et donner du rythme au texte.

La concaténation représente un schéma développé de l'anadiplose. Cette figure est appelée une succession
d'anadiploses.
Le sans dessinait un coeur
Le coeur dessinait ton corps
Ton corps épousait mon coeur (P. Elouard)
Le néant a produit le vide, le vide a produit le creux, le creux a produit le souffle, le souffle a produit le soufflet,
et le soufflet a produit le soufflé (P. Claudel)
L'effet visé est souvent comique, notamment au théâtre. La rhétorique l'utilise pour former des raisonnements
rigoureux. Elle peut être combinée à d'autres figures de style en particulier la gradation, l'exagération ou l'hyperbole.

14. Les figures du lexique et de l’ordre des mots, du lexique et de construction : le chiasme, la
reprise, la reprise approximative.
Le chiasme est une juxtaposition ou coordination de deux syntagmes ou de deux propositions
identiques quant à leur construction, mais disposé en sens inverse C'est une disposition en forme de croix
L'amour fait passer le temps, le temps fait passer l'amour.
Cette figure ne modifie pas le sens des mots, mais propose une opposition d'idées : L'effet de
symétrie en miroir
On est trop vieux pour être jeune, et trop jeune pour être vieux.
Les deux parties d’un chiasme sont souvent séparées par un conjonction (mais, ou, et…) ou par un
point virgule ou une virgule.

Le chiasme est une figure de style qui assemble des éléments fonctionnant en miroir : à un adjectif et
un nom, répondent un nom et un adjectif par exemple. Il repose souvent sur le modèle BA/AB où A
peut être un nom et B un adjectif et inversement.

Les éléments sont, le plus souvent, séparés par une conjonction de coordination ou une virgule, ce
qui permet de les distinguer plus facilement. Ainsi si l'on prend l'exemple du fameux proverbe « bonnet
blanc et blanc bonnet »", on a affaire à un chiasme parfait composé d'un nom (« bonnet ») et  d'un
adjectif (« blanc ») et auquel répond le système inversé adjectif puis nom séparé par la
conjonction « et ».

L'effet de parallèle que cette construction engendre est d'autant plus flagrant que le nom et l'adjectif
sont les mêmes, ils ont juste été inversés. C'est d'ailleurs cette inversion qui caractérise le chiasme.
Si l'on trouve une phrase qui fonctionne sur le système AB / AB, il s'agit d'un parallélisme et non d'un
chiasme.
Vous êtes aujourd’hui ce qu’autrefois je fus.
On passe souvent de l’amour à l’ambition, mais on ne revient guère de l’ambition à l’amour.
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés.
 J’aime mieux un vice commode

 La reprise approximative – la figure du lexique, celle affectant l’ordre des mots et la


construction.
La reprise est une forme la plus simple de la répétition, où le mot ou le groupe de mots est immédiaternent
repris, reitéré
Mon coeur battait, battait très fort à sa parole
La reprise approximative ou la répétition partielle rapproche deux mots différents mais appartenant à une
même famille de mots.
C'est un gouvernernent qui gouverne
Elle a pour fonction de souligner le rapport entre deux notions qu'on distingue et qu'on rapproche
simultanément
Elle crée l'effet de prolonger, comme par écho, une impression
La reprise est la répétition non d’un mot plein, ou lexème, mais d’un mot
sémantiquement non autonomes, les morphèmes (articles, terminaisons, conjonctions et
prépositions : je crève de faim, tout simplement. Une fois mon temps fini, j’ai voulu venir
ici pour… pour faire fortune ou plutôt pour vivre à Paris. (G. De Maupassant, Bel-Ami)
15. Les figures du lexique et de la construction, du lexique et du sens : l’énumération, la
gradation.
L’énumération. La gradation (la figure du lexique, celle affectant l’ordre des mots et la construction).
L’énumération – une figure de style qui consiste à annoncer successivement des divers parties d’un tout. Cette
figure crée un rythme régulier. Elle est fondée sur une accumulation des mots appartenant à la même famille.
L'énumération de plusieurs termes appartenant à la même catégorie dans le but de créer un effet d'amplification.
Adieu, veau, vache, cochon, couvée. (La Fontaine, La Laitière et le Pot de Lait)
L'énumération vise de multiples effets : manifester un souci de précision et du détail dans une description par exemple
ou dans les portraits (utilisée souvent par les moralistes), insister sur certains éléments, indiquer qu'on n'a pas épuisé
le sujet (cas de l'énumération dite ouverte), viser l'exhaustivité (cas de l'inventaire), insister sur des contrastes ou des
contradictions ou provoquer le comique. Exemples :

 « Ce jeune homme était beau, magnifique, grand, musclé et vigoureux »


Une énumération consiste à juxtaposer (énumérer, accumuler) plusieurs termes appartenant à la même classe
grammaticale. Cette figure de style produit un effet de profusion en donnant une impression de quantité, de
grandeur. Elle peut parfois amplifier la réalité. C'est une figure de style très fréquente dans les descriptions parce
qu'elle permet notamment aux romanciers de décrire plusieurs parties d'un tout.00:54

La gradation consiste à une succession d’expression ayant par progression croissante ou décroissante. Elle peut
être ascendante et descendante.
Je suis perdu, je suis mort, je suis assassiné. – la gradation descendante, elle est plus depressive, le sense de
chaque mot devient de plus en plus triste/grave.
Vous êtes belles, bien belles, trop belles – ascendante
C’est un roc  ! C’est un pic ! C’est un cap ! (Rostand)
Une gradation est une énumération de termes organisé de façon croissante ou décroissante en termes d'intensité.
Elle permet de créer un effet d'intensification ou de diminution progressive de la force du propos.
La gradation est une figure de style qui consiste à énumérer des mots ou groupes de mots qui
évoquent une idée similaire avec une intensité croissante ou décroissante. Cette figure permet de
créer un effet d'amplification de par la répétition d'une même idée avec une force différente. Le sens
de la phrase s'en retrouve renforcé et l'auteur termine souvent par une hyperbole dans le cas d'une
gradation ascendante. La gradation suppose une progression vers l'idée finale.

La gradation ascendante

La gradation ascendante gagne progressivement en intensité. Elle commencera donc par des


évocations atténuées de l'idée finale, voire euphémiques, pour progresser ensuite vers des évocations
plus fortes, jusque parfois des hyperboles.

 C’est un roc ! c’est un pic ! c’est un cap !


Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule !
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

La gradation descendante

La gradation descendante est le total inverse de sa contrepartie ascendante, et diminue


progressivement en intensité. On commence donc par des termes exagérés, voire hyperboliques,
pour finir sur des thèmes atténués, voire euphémiques. La célèbre loi du talion, « Œil pour œil, dent
pour dent », qu'on utilise pour exprimer le désir de vengeance, est un exemple méconnu de gradation
descendante, on part de l'oeil (qu'on arrache à son ennemi) pour finir sur une simple dent.

 Vous voulez qu'un roi meure, et pour son châtiment


Vous ne donnez qu'un jour, qu'une heure, qu'un moment !
Racine, Andromaque, acte IV, scène 3

16. Les figures d’opposition : l’antithèse, l’oxymore, antiphrase.


L’antithèse (ou alliance d’idées) est une figure de style qui consiste à opposer très fortement deux termes ou
deux ensembles de termes contraires. Cette figure de style oppose des idées. L’antithèse est aussi un moyen
de mettre en relief une idée principale en présentant une idée inverse que l’on nie (contredire/rejeter).
Être ou ne pas être Shakespeare, Hamlet, III, 1
Ce vers de Hamlet est l’exemple le plus simple d’antithèse : la proposition « Être » s’oppose à la proposition
« ne pas être ». La symétrie entre les deux propositions contraires (Être / ne pas être) renforce l’effet de
contraste.
L'antithèse n'est pas toujours réduite à deux termes; elle peut être développée et se
transformer en une image magistrale. Elle s'exprime non seulement par des mots isolés ou des
groupes de mots mais par plusieurs phrases : des propositions, des subordonnées. Souvent
l'antithèse est le résultat d’enchainement de faits.
« Tout lui plaît et déplaît, tout le choque et l'oblige. Sans raison il est gai, sans raison il s'afflige » (Boileau,
« Satires »)
L’oxymore – alliance des mots/termes contradictoire. (Une clarté obscure/Un silence assourdissant/Un
mort vivant/Un soleil noir/La bête humaine).
Un oxymore (synonyme : alliance de mots) est une figure de style qui consister à allier deux termes qui
semblent se contredire. On rapproche de manière paradoxale des termes qui peuvent paraître contraires.
En d’autres termes, dans l’oxymore, un même objet a des qualités contradictoires. Mais attention : cette
alliance de mots contraires n’est pas incompatible/incohérent (sans aucun sens), elle crée un sens.
Dernière chose à savoir : les termes contradictoires d’un oxymore doivent toujours appartenir à la même
entité de mots (au même syntagme, cela ne peut pas être deux phrases séparées l’une de l’autre).
La différence est simple :
L’antithèse oppose deux éléments distincts alors que l’oxymore se porte sur un même élément qui a des
qualités contradictoires.
Un oxymore – (du oxumôros au sens propre « aigu », d'où « spirituel, fin» et de « émoussé », au sens figuré
« niais, stupide », mot qui en grec signifie donc « malin stupide, spirituel sous une apparente stupidité », et est luimême un
oxymore) est une figure de style qui réunit dans un même syntagme deux mots sémantiquement opposés.
Par extension on dit qu'une expression est un oxymore (ou dite « oxymorique ») lorsqu'elle met côte à côte deux mots ayant
des sens opposés et aboutissant à une image contradictoire et frappante pour la représentation comme dans « un silence assourdissant
». En exprimant ce qui est inconcevable, l'écrivain crée ainsi une nouvelle réalité poétique qui suscite un effet de surprise, en
ajoutant de la force à la vérité décrite. Exemples :
« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
L’antiphrase - est une figure de style qui consiste à employer, par ironie ou par euphémisme, un mot, une locution ou
une phrase, dans un sens contraire à sa véritable signification.
Exemples :
« Cet honnête homme » pour exprimer que c'est un fripon
« C'est la vie de château, pourvu que cela dure ! » alors que les conditions de vie sont difficiles
« Bravo ! Continue comme ça ! Tu es sur la bonne voie !... » si celui qui la prononce n'en pense en réalité pas un mot.
« L'antiphrase est l'expression ultime de la sincérité.
« L'ignorance est la gardienne des États bien policés. » (Voltaire)
L'antiphrase est une figure de style par laquelle on dit quelque chose dans le but d'exprimer le contraire de ce
que l'on pense réellement, afin de créer un effet d'ironie ou de dénoncer quelque chose.
L'antiphrase peut se construire à l'aide d'autres figures de style :
 Métaphore : « Ton bébé est un ange ! » (pour un bébé qui pleure tout le temps).

 Litote : « Il n’est pas si mauvais ce plat ! » (pour un plat très bon).
 Hyperbole : « Le dimanche, Paris déborde de monde ! » (pour signifier que Paris est vide le dimanche).
Certaines expressions connues sont des antiphrases comme « Il est dans de beaux draps » pour signifier qu'une
personne a des problèmes.
L'importance du contexte et de l'intonation dans l'antiphrase
Pour comprendre le véritable sens caché derrière l'antiphrase, et ce qu'a voulu exprimer le locuteur, par ironie ou
euphémisme, il est important de comprendre le contexte de la phrase. L'intonation de l'antiphrase peut
également aider à mieux comprendre que le locuteur dit le contraire de ce qu'il pense !
Par exemple, imaginez un homme qui aurait peur de défendre une femme se faisant agresser dans la rue. Une autre
femme voyant la scène pourrait lui dire : « Quel courage Monsieur ! ». Bien entendu, la scène montre
clairement qu'elle ne pense pas qu'il est courageux, bien au contraire.
Quelle est la différence entre l'antiphrase et l'euphémisme ?
17. Les figures d’atténuation : l’euphémisme, la litote.
Un euphémisme est donc une figure de style qui repose sur l'atténuation d'une réalité jugée déplaisante,
sale ou sordide.
Un euphémisme se construit souvent avec une périphrase : on emploie alors un groupe de mots qui vient
remplacer un mot qu'on veut éviter d'employer. Pour reprendre l'exemple de la mort, on la désigne sous
plusieurs appellations, dont la plus célèbre est sans doute « la Grande Faucheuse ». On dit aussi « les
personnes âgées » pour les vieux, « les demandeurs d'emploi » pour les chômeurs etc.

On utilise également des négations : « il n'est pas bien riche » signifie que la personne dont on parle est en
fait pauvre. On trouve, plus rarement, des métonymies : il s'agit de désigner la partie pour le tout. C'est le
fameux vers de Rimbaud, issu du Dormeur du val : « il a deux trous rouges au côté droit. » On désigne le
soldat par un élément qui le constitue : ses blessures. Cela permet d'atténuer la dure réalité de sa mort.

: la litote met en valeur le propos, tandis que l'euphémisme vise, au contraire, à en amoindrir la
portée.

Définition d'une litote


la litote est une figure de style qui réside sur un principe d'atténuation : on en dit moins que ce que l'on pense
vraiment, par pudeur, par ironie ou pour mettre en valeur le propos. La mise en avant vient de l'effet de
contraste entre ce qui est dit réellement et ce qui est dit implicitement. 
Une litote peut se construire de différentes manières. Elle s'appuie souvent sur la négation : on dit qu'une chose
n'est pas ce qu'elle est véritablement. Par exemple, on dira « ce n'est pas faux », pour signifier qu'une chose est
vraie.

Quelle est la différence entre la litote et l'euphémisme ?


La définition de la litote fait penser à celle de l'euphémisme, figure qui repose également sur un principe
d'atténuation. On constate d'ailleurs que, pour beaucoup de gens, les deux figures sont synonymes. Il existe
cependant une différence. L'euphémisme masque la réalité, alors que la litote la met en lumière.
En effet, l'euphémisme est utilisé pour cacher une réalité douloureuse (on dit par exemple « non-voyants » pour
« aveugles ») et est ainsi connotée négativement. Ce n'est pas le cas pour la litote qui sert à mettre en valeur une
chose, et qui n'a donc pas pour intention de l'atténuer.

18. Les figures de l’organisation du discours : la suspension, la digression, la paraphrase.


La suspension est une figure de style qui consiste à mettre le lecteur ou l'auditeur dans l'attente impatiente
d'une information majeure mais renvoyée à la fin d'une phrase ou d'un énoncé, afin de produire un effet
d'attente et de mettre en relief une idée ou une expression.
La suspension est une figure jouant sur la notion de durée ; son effet en est concomitant (сопутствующий).
Par ailleurs, elle est souvent soutenue par d'autres figures, comme l'hyperbole, l'anaphore,
la gradation (exemple : « je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent ») ou
encore le dialogisme (dialogue simulé).

La digression est une figure de style qui consiste en un changement temporaire de sujet dans le cours
d'un récit, et plus généralement d'un discours, pour évoquer une action parallèle ou pour faire intervenir le
narrateur ou l'auteur (c'est l'épiphrase pour le roman, ou la parabase pour le genre théâtral).
La digression, qui se distingue de la parenthèse, constitue en effet une pause dans la narration, soit à une fin
ludique (sans relation au fait principal raconté) soit à une fin explicative lorsque le narrateur veut éclairer un
point de l'histoire, soit enfin dans un objectif métadiscursif, c'est-à-dire de réflexion sur le discours lui-
même.

La paraphrase consiste à reprendre dans ses propres mots les idées d’un auteur. Comme la citation, elle vient appuyer
ses idées. Elle permet cependant de présenter les idées d’un auteur sans utiliser les mêmes mots. En s'intégrant
directement au texte, elle en facilite la lecture. Elle est particulièrement utile dans les cas où les termes utilisés par
l’auteur n'apparaissent pas adéquats pour ce qu'on veut démontrer. Mais, dans tous les cas, lorsqu'on utilise la
paraphrase, il ne faut jamais oublier de faire référence au document d'où provient l'information.

Cependant, la paraphrase ne consiste pas seulement à remplacer les mots du texte original par des synonymes. Il faut
complètement réécrire le passage, c’est-à-dire changer les mots et la structure des phrases. Si on veut conserver ne
serait-ce que quelques mots du passage original, il faut les mettre entre guillemets (« »).

La paraphrase est donc un art. Plus on le pratiquera, meilleur on deviendra. Son utilisation est importante, car elle
montre qu'on a vraiment compris ce que l’auteur a voulu dire. De plus, elle permet de mettre en valeur son propre style
d’écriture, car ce sont ses mots et non ceux de l’auteur qui apparaissent sur la page. L’enchaînement entre ses idées et
celles des autres sera par le fait même plus fluide.

Une paraphrase doit :


 rapporter les idées de l'auteur sans les déformer
 être formulée dans vos mots
 être intégrée dans votre texte de manière fluide
 être attribuée à l'auteur à la fois dans le texte et dans la liste des références

19. L'allusion. Le pastiche. La parodie.


Allusion, figure de style sémantique : définition
L’allusion est une figure de style par laquelle on évoque sans les citer explicitement des personnes, des
événements ou des textes supposés connus par tous. On utilise ce procédé stylistique pour illustrer le
discours, souligner un argument.
Les allusions sont utilisées dans la littérature pour améliorer le sens en accédant à la connaissance
préalable d'un lecteur sur des événements, des personnes ou des œuvres d'art communément connus. Une
référence à l'une de ces choses peut créer plusieurs couches de sens et améliorer les thèmes, sans que l'auteur
doive les expliquer explicitement au lecteur. Une allusion peut également référencer un monde en dehors du
travail réel, sans avoir à créer ce monde ou ce scénario au sein de l'œuvre. Une allusion peut également être
utilisée pour simplifier un concept ou un scénario complexe, en faisant une référence pour que le lecteur se
connecte à une personne ou à un événement connu, et ainsi créer une compréhension ou une émotion qui n'a
pas besoin d'être expliquée. Le titre du roman La faute dans nos étoiles , par exemple, fait allusion au
discours de Cassius à Brutus dans La Tragédie de Jules César , dans lequel il montre à Brutus que le destin
n'a pas contrôlé l'ascension de César au pouvoir; au lieu de cela, ils sont responsables de leur propre destin et
ont permis à César d'avoir trop de pouvoir, mettant ainsi en péril Rome.
Allusion : exemple
Et moi les écoutant en train de discuter
J’étais soulagé de savoir que mon portefeuille
Client déjà bien chargé n’allait pas emmurer

Exemples notables d'allusion dans la littérature

 La faille dans nos étoiles : le titre se réfère à une ligne de la tragédie de Jules César

Le pastiche est l'imitation minutieuse du style L d'un écrivain, reproduisant les formes et les contours de ses
phrases, comme la pâte d'un moule reproduit un modèle. Buffon a dit avec raison que « le style ne peut ni se
transporter, ni s’altérer ». Aussi n'y a-t-il rien de plus vain que de chercher à se donner le style d'un auteur
connu en copiant sa manière et ses tours : c'est le moyen de n’être jamais soi-même, de ne jamais avoir une
personnalité. Le pastiche est donc une imitation, en forme d'exercice de style, d’un article par un autre. Ni
citation (emprunt référencé) ni plagiat (emprunt imitatif non signalé comme tel et signé du plagiaire), le
pastiche s’oppose encore à la parodie, en ce qu’il est une œuvre imitant la manière ou le style d'une œuvre
antérieure, en principe sans intention satirique.
Le pastiche remplit plusieurs fonctions : mémoire, dérision, hommage (plus ou moins respectueux), voire un
pur exercice de style.
Les pastiches se différencient des supercheries, des canulars et des faux montés à des fins vénales ou
prosélytes (politiques ou religieux), avec par exemple certains apocryphes de fausses œuvres posthumes
imitant totalement les productions habituelles d'un créateur disparu (il peut s'agir d'un livre, d'un tableau ou
d'un objet d'art, etc.).

Exemples de pastiches littéraires[modifier | modifier le code]


Paul Reboux et Charles Muller se lancent au début du XXe siècle dans une série de pastiches signés Sosie, qui imite
notamment Maupassant, le Notre Dame de Paris de Victor Hugo (Colos le Nain), les Histoires comme çà de Rudyard
Kipling, et la traduction des Contes des Mille et Une Nuits de Mardrus.

parodie
forme d'intertextualité, imitation consciente et volontaire soit du fond, soit de la forme dans une intention
moqueuse ou simplement comique (Dupriez) An. : satire, pastiche, caricature
La cigale ayant chanté
Tout l’été,
Dans maints casinos, maintes boîtes
Se trouva fort bien pourvue
Quand la bise fut venue.
(J. Anouilh (1910 - 1987), Fables, La Cigale)
La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Jean de La Fontaine (1621-1695)
Fables. La Cigale et la Fourmi
parodie est l'imitation burlesque d’un texte littéraire. Pour les anciens Grecs, c'était l'imitation comique d’un
poème sérieux. L'appellation s'est ensuite appliquée aux imitations comiques d'œuvres historiques et de fictions, à
des écrits scientifiques et à toutes les autres œuvres en prose. Parodier est, à l’imitation des productions de l'esprit,
ce que contrefaire est à l'imitation des mouvements du corps. C'est traduire en ridicule.

Les différents types


Une parodie peut viser un genre en général, ou une œuvre en particulier. Dans le second cas, le nom est souvent
une référence explicite à l'œuvre parodiée, par exemple Barry Trotter.
Une autre distinction est celle du message envers l'œuvre parodiée. Une parodie peut être destinée à ceux qui
aiment l'œuvre d'origine, ou au contraire la critiquer, et viser le public qui ne l'aime pas.
On parle d'auto-parodie quand les auteurs de la parodie sont ceux de l'œuvre parodiée. Les producteurs de Heroes
avaient diffusé sur internet la parodie Zeroes pour faire la promotion de la série

20. La notion d’ironie et les mécanismes de sa réalisation.


L’ironie est un procédé de style qui consiste à affirmer le contraire de ce que l’on veut faire entendre dans le
but de railler. Il y a donc dans un énoncé ironique un décalage entre ce qui est dit et ce qu’il faut comprendre.
Les principaux procédés de l’ironie sont l’antiphrase, l’hyperbole, l’emphase, la litote, la prétérition, la parodie
ou encore l’utilisation d’un lexique inadapté au sujet abordé.
L’ironie permet de ridiculiser, de tourner en dérision quelqu’un ou quelque chose, et peut aussi avoir une
fonction didactique (par exemple en incitant le lecteur à réfléchir et à modifier sa manière de penser).
Fonctionnement de l’ironie
Pour qu’il y ait ironie, il faut :
un énonciateur qui fait de l’ironie ;
une cible qui est visée par l’ironie ;
des témoins (des spectateurs ou des lecteurs) qui comprennent la dérision → complicité avec l’énonciateur qui
fait de l’ironie.
Exemple
« Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. » (VOLTAIRE, Candide, chapitre
3)
→ Comme cela est indiqué sur cette page, l’ironie court toujours le risque de ne pas être comprise. Ici, l’ironie
est perceptible par le lecteur qui connaît un peu Voltaire, le texte / le contexte.
Un diasyrme est une ironie agressive, une attaque mordante, un faux éloge.

L'ironie est un dispositif littéraire dans lequel les mots choisis sont utilisés intentionnellement pour
indiquer un sens autre que le sens littéral. L'ironie est souvent confondue avec le sarcasme. Le
sarcasme est en réalité une forme d'ironie verbale, mais le sarcasme est intentionnellement insultant.
Quand vous dites: "Oh, génial" après que votre boisson ait débordé de vos nouveaux vêtements
coûteux, vous ne voulez pas dire en réalité que l'incident est positif. Ici, utiliser le mot «excellent»
indique ironiquement une implication négative plus grande, même si le libellé est positif.

Briser les 3 types d'ironie

Ironie verbale L'utilisation de mots pour signifier quelque chose de différent de ce qu'ils semblent
Ironie situationnelle La différence entre ce qui est attendu et ce qui se passe réellement.
L'ironie dramatique Lorsque le public est plus conscient de ce qui se passe qu'un personnage.
L'ironie verbaleModifier
Éléments de définitionModifier
Les principaux procédés employés pour faire de l'ironie sont
la métaphore,  l'hyperbole et la litote.
L’ironie verbale est une forme de langage non littéral, c'est-à-dire un énoncé dans lequel ce qui est
dit diffère de ce qui est signifié. L'ironie peut être produite de différentes manières, dont certaines
correspondent à des figures de style classiques.
 L'antiphrase ironique, la plus fréquente des formes d'ironie, consiste à dire l'inverse de ce que l'on souhaite
signifier tout en laissant entendre ce que l'on pense vraiment.

« Quelle belle journée ! » pour signifier qu'il pleut des cordes.

 L'hyperbole ironique qui consiste à exagérer ses propos.

« Je suis carrément mort de rire… », venant d'un locuteur à qui l'on a fait une plaisanterie douteuse.

 La litote ironique qui consiste au contraire à minimiser ses propos.

« Il n’est pas complètement stupide » à quelqu’un qui vient de résoudre un problème compliqué.

D'autres figures de style induisent de l'ironie : la juxtaposition, la digression, la circonlocution.


 Des énoncés peuvent être ironiques sans pour autant être des figures de style reconnues :

« Beau temps, n'est-ce pas ? » produit par un agriculteur après trois mois de sécheresse alors que le
soleil est radieux.

L'ironie s’utilise essentiellement dans des situations où le locuteur souhaite véhiculer une attitude
critique à l’égard d’une situation, d’un objet ou d’une personne. Le principal intérêt de produire un
énoncé critique ironiquement plutôt que littéralement serait de modifier l’intensité de la critique
sous-jacente à l’énoncé. Si la plupart des chercheurs s’accordent sur ce point, ceux-ci sont divisés sur
la question de savoir si l’ironie va nuancer la critique ou au contraire la rendre plus saillante.

21. Le calembour en tant que jeu de mots.


Le calembour est un jeu de mot qui repose sur l’équivoque que provoque l’emploi de mots à double sens, ou
de termes dont la prononciation est semblable ou identique mais dont le sens diffère. L’effet comique vient
de la double interprétation que l’on peut faire de ces phrases.
Exemple :  « Chassez le naturiste, il revient au bungalow » Jean-Paul Gousset Ce célèbre calembour du
journaliste du Canard enchaîné détourne le proverbe « Chassez le naturel, il revient au galop » à l’aide de
paronymes (naturiste pour naturel ; bungalow pour galop).
Le calembour est un jeu de mot qui repose sur l’équivoque que provoque l’emploi de mots à double sens,
ou de termes dont la prononciation est semblable ou identique mais dont le sens diffère. L’effet comique vient de
la double interprétation que l’on peut faire de ces phrases.
En d’autres termes plus savants, le calembour est un jeu d’esprit qui repose soit sur l’homonymie (il se
rapproche alors de la syllepse), soit la paronymie (il se rapproche alors de la paronomase – rapprochement de 2
homonymes/paronymes). En général, ce procédé est employé à l’oral.
Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu hais. (Hugo)
Le veau qu’a bu l’air.- Теленок, которого пил воздух.
La faim justifie les moyens. (fin)
Je vous remercie pour votre bon thé. (bonté)
Liste de calembours   Un conflit de canards. Travailler plus pour gagner plus, mais si tu
végètes, t’as rien. À la longue, les histoires, ça lasse. Rien n’est plus détestable qu’un
nabot minable. Le cinéma rend flous les comédiens.

22. La comparaison comme figure de la ressemblance et ses types.

Une comparaison est une figure de style consistant en la mise en relation, à l’aide d’un mot de
comparaison appelé le « comparatif », de deux réalités, choses, personnes etc. différentes mais
partageant des similarités.

La structure de la comparaison est composée de :

1. un comparant (appelé parfois le “phore”) : c’est l’objet de la comparaison (une personne, une


chose etc.) ;
2. un comparé (appelé parfois le “thème”) : c’est ce qui est comparé par rapport au comparant ;
3. un outil de comparaison, appelé aussi parfois mot-outil, ou “comparatif”.  L’outil de comparaison
peut être :
o une conjonction ou un adverbe : le mot de comparaison généralement utilisé est “comme”
mais peut aussi être : de même que, plus que, ainsi que, moins que etc. ;
o un adjectif comparatif : tel, semblable, pareil à, similaire à, etc. ;
o un verbe : paraître, avoir l’air de, se rapprocher de, sembler, ressembler, etc.
Attention, on distingue deux types de comparaison selon Bernard Dupriez :

1. comparaison simple : une comparaison qui n’est pas une image littéraire, elle n’a rien de
figuratif. Exemple : “La mère est plus grande que son fils”.
2. comparaison figurative : cette comparaison a une dimension réthorique et met l’accent sur le
comparant. Lorsqu’on parle de figure de style, on évoque ce type de comparaison.

Les comparaisons peuvent etre classées selon le comparé utilisé ou l'usage ou non d'un verbe
associé au comparant :

1. la comparaison nominale où le comparé est un nom : « La mer est si bleue qu'il n'y a que le sang
qui soit plus rouge. »
2. la comparaison adjectivale où le comparé est un adjectif : « Cependant, qui l’eût bien examiné
l’eût trouvé plus sérieux, plus pâle, plus maigre et comme spiritualisé ».
3. la comparaison verbale où le comparant contient un verbe : « Tous vos nerfs tressaillent comme
des cordes de lyre. »

Attention à ne pas confondre la comparaison avec la métaphore. Cette dernière désigne une chose
par une autre qui lui ressemble ou qui a une qualité similaire. On la confond souvent avec la
comparaison dont la différence est qu’elle affirme une similitude alors que la métaphore la laisse
deviner. La métaphore est ainsi plus subtile que la comparaison et n’utilise pas de mot-outil de
comparaison.

Mais quoi ! Je fuyais l'école, comme fait le mauvais enfant.


point commun : la façon de fuir rapidement, de se sauver. 
— François Villon

2. Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes.


point commun : l'aspect démuni, impuissant
— Louis Aragon

3. Puis il retourna s'asseoir, pareil à un chien battu.


point commun : la mine basse
— Gérald Messadié

4. Et entendre ton rire //Comme on entend la mer ///point commun : un son doux, apaisant

Comparaison et métaphore sont des figures de style qui servent à créer des images. Mais comment les
mots, qui se lisent ou s'entendent; peuvent-ils servir à former des images, qui s'imaginent ?

COMPARAISON ET MÉTAPHORE : REPÉRAGE ET DÉFINITION


La comparaison et la métaphore rapprochent deux champs lexicaux (module 4) en mettant en évidence
un élément qui leur est commun.
Exemple: « La nuit noire était doublée de gel, comme le satin blanc sous un habit de soirée. » (Texte de
Gracq ci-dessous, ligne 3)
 

Nature Couleur Homme (vêtement)

"nuit noire, gel" "noire", "blanc" "satin, habit"

La comparaison
Pour qu'il y ait comparaison, trois éléments sont nécessaires :
 
Le le
Un outil de comparaison
comparé comparant
 Une préposition: comme
 Une locution : de même, plus...que, moins...que, aussi...que,
ainsi...que
La nuit  Un adjectif: semblable à, tel que, pareil à... un habit
 un verbe: ressembler à, sembler, faire penser à, on dirait
que...

23. La métaphore en tant que trope et la typologie des métaphores.


Métaphore vient du mot grec metaphora - transfert de sens. L'emploi d'une métaphore est un procédé linguistique par
lequel, grâce à la ressemblance ou aux rapports d’analogie, on transporte la signification propre d'un mot à une autre
signification. La métaphore désire plus souvent des notions abstraites; parfois des objets et des phénomènes concrets avec
une caractérisation supplémentaire. Autrement dit: une métaphore c'est la transposition du sens ou l'emploi des mots neutres
au sens figuré.
C’est donc un moyen efficace qui permet de créer non seulement des néologismes stylistiques, mais également des termes
nouveaux. Exemples :
lumière f – phénomène concret ; la lumière de l'esprit – notion
abstraite ; l’époque des lumière s– notion abstraite.
Le mot "lumière" est employé au sens figuré (comparaison sous-entendue).
crème f – objet concret ;
la crème de la société – trait distinctif d'une collectivité – notion abstraite –
rapports d'analogie.
Il y a toujours un lien qui unit les deux choses rapprochées.
Une métaphore est une figure de style qui consiste à désigner une idée ou une chose en employant un autre
mot que celui qui conviendrait. Ce mot est lié à la chose que l'on veut désigner par un rapport de ressemblance.
C'est ainsi que l'on dit que la métaphore est régie par le principe de l'analogie, c'est-à-dire qu'on associe deux
choses qui nous semblent similaires.

La métaphore est constituée de deux éléments : le comparé et le comparant. Le premier est l'objet, la personne
ou la chose que l'on compare et le second est ce à quoi on le rapproche. Par exemple, si l'on dit : « Cette femme
est une véritable déesse », « femme » est le comparé et « déesse » le comparant.
la différence entre métaphore et comparaison
Par sa définition, la métaphore est proche de la comparaison qui, elle aussi, sert à rapprocher deux choses
similaires. La seule différence est que la comparaison s'appuie sur un mot qui explicite le rapprochement entre
les deux termes (il s'agit le plus souvent de mots comme « tel », « comme », « ainsi que », « autant que » etc.).
La métaphore n'utilise pas cet outil, la comparaison entre les deux termes est donc plus implicite et parfois plus
difficile à déceler.
1.La vie est un voyage plein d'aventures.

Dans l'exemple 1, la métaphore effectue une comparaison entre la vie et un voyage plein d'aventures pour
souligner l'aspect imprévisible de la vie.
Il existe plusieurs types de métaphore : la métaphore in praesentia, la métaphore in absentia et la métaphore
filée. La première, comme son nom l'indique, désigne une métaphore où le comparant et le comparé sont
présents tous les deux dans la phrase. Dans l'exemple précédent : « Cette femme est une véritable déesse », la
métaphore est in praesentia.

La métaphore in absentia, au contraire, désigne une métaphore dont le comparé est absent. On peut prendre
l'exemple de Victor Hugo, « l'or du soir », pour désigner le soleil couchant : le comparé, le soleil, n'est pas
présent.

La métaphore filée désigne quant à elle une métaphore qui s'étend sur plusieurs phrases grâce à l'utilisation d'un
champ lexical similaire. Zola est réputé pour son utilisation des métaphores filées. On peut également citer la
catachrèse, une métaphore devenue tellement commune qu'elle est entrée dans la langue courante, comme par
exemple : « les pieds d'une table », la « feuille de papier », « courir un danger »...

La métaphore nous aide en somme à conceptualiser ce qui ne peut pas être compris par la désignation
(ou connotation stricte), et relevant notamment des sentiments et de la pensée
George Lakoff et Mark Johnson ont montré, dans leur ouvrage « Les métaphores dans la vie quotidienne »,
qu'elle est un auxiliaire linguistique à la conceptualisation
Au sens propre, elle permet en effet de rendre compte d'une réalité que la grammaire ne peut assumer :
la métaphore « Jean est un lion » est acceptable comme figure de style, alors que l'énoncé « Jean est le
lion » est logiquement faux
Dans l'expression métaphorique, le sens de la phrase n’est plus la somme des sens des éléments : on parle
alors de sens métaphorique
Dans nombre de textes, comme dans les poèmes, elle permet ainsi de signifier un paradoxe que des mots
non métaphoriques ne peuvent exprimer
 la métaphore établit une identité entre deux réalités différentes;
 la métaphore efface les barrières entre les domaines que l’on sépare d’habitude;
 les deux réalités appartiennet à des champs sémantiques différents
J’ose à peine remuer le cendre de ce souvenir
La nature est un temple

1) La métaphore annoncée
(la métaphore in praesentia; la métaphore par combinaison; métaphore explicite)
Dans la métaphore annoncée qui est la plus courante, le comparé est présent ; le comparé (l’élément
réel) et le comparant sont exprimés, et liés grammaticalement
(Dans ce type de métaphore le verbe « être » est un lien attributif – l’homme est un loup pour l’homme)
« Je me suis baigné dans le poème de la mer »
(A. Rimbaud);
« La littérature : un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous » (F. Kafka);
« Les lois sont des toiles d’araignées, à travers lesquelles passent les grosses mouches et restent les petites » (H.
De Balzac)
Une mer de soie
2) La métaphore directe
(la métaphore in abstentia; métaphore contextuelle)
Seul le comparant est exprimé ; il s'agit d'une substitution totale
« Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes »
(P. Valéry, Charmes, Le Cimetière marin) 
Seul le contexte (le cimetière marin, titre éponyme du poème) permet de comprendre que « toit »
renvoie à « mer » et « colombes » à « voiles de bateaux » 
Il existe un type de métaphore directe extrême, dite métaphore pure (ou par remplacement) où seul le
mot métaphorique peut être présent car le contexte permet de l'interpréter
3) La métaphore filée
La métaphore continuée par la persistance du recours à un champ sémantique qu'elle a initialement
introduit dans le discours
« Adolphe essaie de cacher l'ennui que lui donne ce torrent de paroles, qui commence à moitié chemin de son
domicile et qui ne trouve pas de mer où se jeter »
    (H. De Balzac, Petites misères de la vie conjugale)
4) La métaphore lexicalisée
(la catachrèse; la métaphore d’usage)
Quand une métaphore passe dans le langage courant, on parle de catachrèse. Le mot ou l'expression
prend alors un sens nouveau, la métaphore est lexicalisée
un écoulement du temps
un flot de paroles
pousser des cris
porter le bonheur
mettre hors de lui
5) La synesthésie
(la perception simultanée)
Un type particulier de métaphore fondée sur les correspondances sensorielles, sur la fusion des
sensations
Un type de métaphore qui superpose différentes sphères sensorielles
À travers de la combinaison de sensations différentes il s’exprime une impression unique
un vert acide une couleur criarde
un reproche amer
le parfum de la vie
l’odeur du soir
5) La synesthésie
(la perception simultanée)
Dans les synesthésies on établit de nombreuses relations de similitudes entre des perceptions dues à des
sens différents
Le jeu de confrontation des sensations incitent le lecteur à la réflexion méditative simultanée
conformément à la voie de perception (l’ouie, le toucher, la vue)
Les synesthésies dépendent des associations individuelles de l’auteur
Du point de vue morpho-syntaxique, on définit les types de métaphores suivants:
1) la métaphore verbale
Le verbe est porteur d’un sémantisme dynamique
Je ne prétendais que feuilleter ma mémoire (M. Proust)
= très proche de la personnification =
2) la métaphore adjectivale
Elle vise souvent à exprimer par le registre des sensations des impressions et des affects
C’est une des formes principales de la synesthésie qui présente une combinaison de sensations
différentes à travers lesquelles s’exprime une impression unique
dans une obscurité humide
dans le silence menaçant
3) la métaphore nominale
Le nom est porteur d’un sémantisme dynamique
Le soleil est mon petit chien (L. Aragon)

24. La personnification et la prosopopée en tant que figure de la ressemblance.


La personnification
Définition d'une personnification
La personnification consiste donc à donner des traits propres aux êtres humains comme la parole, la pensée à des
animaux ou à des objets inanimés..
Une personnification peut avoir plusieurs effets : un effet allégorique (on parle souvent d'allégorie dans ce cas
plutôt que personnification) ou un effet anthropomorphique (humaniser un être ou une chose non-humaine).
Exemple---- Le mistral était en colère, et les éclats de  sa grande voix m'ont tenu éveillé jusqu’au
matin.

Dans le premier exemple, le mistral (un vent) est personnifié avec un sentiment humain  (la colère) et
un trait humain (la voix).

Exemples :
Avec quelle rigueur, Destin, tu me poursuis.
On craint qu'avec Hector Troie un jour ne renaisse.
Le soleil aussi attendait Chloé, mais lui pouvait s'amuser à faire des ombres.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux – Et je l'ai trouvée amère.
Vivez, froide Nature, et revivez sans cesse.

Pour construire cette figure de style, on utilise souvent la métaphore ou la comparaison qui servent à rendre
explicite l’assimilation de la chose comparée aux traits humains.
Différence entre une personnification et allégorie
Si pour de nombreuses personnes, ces figures sont synonymes, il n’en est rien. Dans les deux cas il s’agit de la
représentation d’une chose qui repose souvent sur une autre figure comme une métaphore ou une comparaison.
Elles fonctionnent même parfois ensemble, comme dans le cas des Fables de la Fontaine. Ce qui diffère c’est
qu’une allégorie représente quelque chose d’abstrait comme un principe, une qualité ou un défaut, quand la
personnification représente quelque chose de concret : un objet ou un animal. Pour reprendre l’exemple des fables,
l’allégorie est le défaut mis en lumière par la personnification, donc l’animal qui est utilisé pour incarner ce défaut.
Ainsi dans la célèbre fable du « Corbeau et du Renard », les animaux sont tous deux des personnifications parce
qu’ils dialoguent comme des humains, et ils sont, dans le même temps, tous deux des allégories de défauts : le
renard celui de la rouerie, et le corbeau celui de la vanité.
La prosopopée
Definition :
une prosopopée consiste à faire parler un mort, un animal ou une chose. Elle est similaire à la personnification
même si le fait de faire parler quelque chose ne la change pas en personne. La prosopopée est utilisée
fréquemment dans les textes juridiques comme par exemple dans la Constitution américaine : "Nous, Peuple des
États-Unis, en vue de former une Union plus parfaite...".
La prosoposée ne se définit pas comme l’allégorie ou la personnification car l’allégorie et la personnification ne
s’étendent pas sur toute une fiction, comme le fait la prosopopée. Fontanier invite à avoir le réflexe inverse à celui
d’une simplification rassurance en conseillant au contraire de lire les textes en partant du principe qu’au sein de la
prosoposée, on trouvera, par exemple, une apostrophe pour la lancer, une métaphore pour la soutenir, et une
allégorie pour la rendre plus brillante.
Exemples :
- Je suis la pipe d'un auteur ;
On voit, à contempler ma mine,
D’Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.
- Écoutez. Je suis Jean. J'ai vu des choses sombres.
exemple : – Bonjour, dit le renard.
– Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
– Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
– Je suis un renard, dit le renard.
– Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé. Saint-Exupéry, Le Petit Prince, XXI
Saint-Exupéry personnifie un renard qu’il fait discours. Ce renard est en outre l’allégorie du savoir. 
La prosopopée met en scène un être proprement extraordinaire. En effet, elle fait intervenir dans un discours un
être qui ne devrait pas pouvoir intervenir. Ainsi, la prosopopée théâtralise un récit et possède donc un fort effet de
dramatisation. Cette figure de style est en outre une arme très efficace dans une argumentation : la prosopopée
permet non seulement d’avoir recours à une autorité surplombante dans une discussion, mais aussi de ne pas
prendre la responsabilité d’une argumentation (qui revient à l’être invoqué).

25. Le phénomène de la dislocation et son rôle dans un énoncé.


Termes disloqués (détachés). La dislocation est un phénomène qui signale l'expressivité de l'énoncé. La position
non ordinaire du terme détaché est le fait le plus important, puisqu'on crée la situation du fonctionnement
individuel des termes de la proposition. L'auteur peut se servir de la dislocation pour concentrer l'attention du
lecteur sur les mots qui sont très importants pour comprendre son intention ainsi que pour souligner le caractère
emphatique de l'action.
Les termes détachés (ou disloqués) substituent des positions fonctionnelles vacantes de la proposition: C'est
Charlotte qui m'a officiellement mis au courant. Un matin (circonstanciel du temps).
Elle a été déportée. Avec sa mère (complément indirect)
Au retour c'était le délire. Formidable (détermination)
Il y a des termes séparés gui doublent une position fonctionnelle déjà présentée dans la proposition de base. Ce
sont des termes précisants:
Il était adulte. Adulte depuis l'âge de 13 ans.
Il y avait plus de 2 mois que la grève durait. La grève politique.
Nous voyons ce jeune là. Que nous connaissons bien.
En parlant des termes détachés il est nécessaire de mentionner le rejet: fait de rejeter à la fin de la significatif,
l'ordre normal étant abandonné dans un souci d'expressivité.

26. Les principaux moyens des déplacements des mots.


Le français permet de déplacer un certain nombre de ses éléments. Il s'agit dans ce contexte du
déplacement et ses mécanismes syntaxiques. Le déplacement introduit une nouvelle hiérarchie des membres de la
phrase et donc un renouvellement de la vision du lecteur: son approche du réel en est transformée. Privilégier et
insister c'est le rôle des déplacements emphatiques. Ils s'effectuent de deux façons: avec la pronominalisation (la
reprise et l'anticipation) et avec des moyens de mise en relief.
La grande liberté de déplacement, que tolère le français, permet la souplesse syntaxique, introduit la variété
et la surprise.
On peut déplacer librement:
-les compléments circonstanciels (sauf la complément de manière);
- les adjectife épithètes (toutefols les épithètes courtes précèdent le nom et les épithétes de couleur, de forme
ou de nationalité le suivent);
- les adverbes modifiant la phrase entière (Vraiment, il l'a fait exprès!);
- les subordonnées circonstancielles.
Pronominalisation. Reprise. Le terme qu'on veut mettre en relief est placé au commencement de la phrase
ou du groupe rythmique et puis ce terme est répété par le pronom personnel ou démonstratif: Mais la chance, cela
veut dire.. Se taire, elle l’adore.. Française, elle l'est vraiment..
Anticipation. Le pronom se trouvant à sa place habituelle anticipe le terme qu'on veut mettre en relief et qui
est mis à fin de la proposition: Elle a de beaux yeux, Claire... Tout le monde en veux, de l'argent... Moi, je le
suis, organisé...
Pronominalisation. Avec la pronominalisation, le déplacement du complément d'objet ou de l'attribut en
début de phrase implique l'apparition d'une virgule, car il s'agit dans ce cas de la segmentation de l'énoncé et d'un
pronom de rappel:
Son vélo, il l'adore..
Le jardin, il s'en occupe.
Lugubre, la maison l'était...
Effet qu'on atteint par ce moyen d'expressivité est la mise en valeur du thème du texte (un fait, une idée
admis dont on va parler).
Moyens de mise en relief. Avec tournures c'est...qui, c’est....que on met en valeur du propos (= ce que l'on
dit sur le thème)
C'est à Nancy qu'il est né (thème: il est né; propos: à Nancy).
Termes disloqués (détachés). La dislocation est un phénomène qui signale l'expressivité de l'énoncé. La
position non ordinaire du terme détaché est le fait le plus important, puisqu'on crée la situation du fonctionnement
individuel des termes de la proposition. L'auteur peut se servir de la dislocation pour concentrer l'attention du
lecteur sur les mots qui sont très importants pour comprendre son intention ainsi que pour souligner le caractère
emphatique de l'action.
Les termes détachés (ou disloqués) substituent des positions fonctionnelles vacantes de la proposition: C'est
Charlotte qui m'a officiellement mis au courant. Un matin (circonstanciel du temps).
Elle a été déportée. Avec sa mère (complément indirect)
Au retour c'était le délire. Formidable (détermination)
Il y a des termes séparés gui doublent une position fonctionnelle déjà présentée dans la proposition de base.
Ce sont des termes précisants:
Il était adulte. Adulte depuis l'âge de 13 ans.
Il y avait plus de 2 mois que la grève durait. La grève politique.
Nous voyons ce jeune là. Que nous connaissons bien.
En parlant des termes détachés il est nécessaire de mentionner le rejet: fait de rejeter à la fin de la
significatif, l'ordre normal étant abandonné dans un souci d'expressivité.
Interrogation oratoire. L'interrogation oratoire a la forme des propositions interrogatives (et qui est
considerée comme une espèce particulière de colles-ci) mais n'en a pas le sens. L'interrogation oratoire eprime
l'affirmation sous forme d'interrogation, donc elle n'exige pas de réponse.
Qui approuverait une décision bellement irraisonnabe ? (= personne ne l'approuverait)
Peut-on agir de cette manière ? (= on ne peut pas agir de cette manière)
L'interrogation oratoire est largement répandue dans les ouvrages scientifiques, les rapports, les conférences
et dans les articles politiques. Elle se caractárisa par une intonation particulière qui n'est pas tout à fait
interrogative mais plutôt exclamative. C'est un moyen éminemment affectif de mise en valeur d'un fait, d'une idée.
L'intination mi-interrogative, mi-exclamative y est pour beaucoup.

27. La métonymie, la synecdoque et l’antonomase en tant que figures du voisinage.


La métonymie consiste à désigner un concept par l’intermédiaire d'un autre avec lequel il
entretient un lien logique. Ainsi l'on dit « croiser le fer » quand le fer désigne en réalité les épées
avec lesquelles l'on se battait. L'un des exemples de métonymie le plus connu est celui du vin : on
dit un bordeaux pour désigner un vin qui vient de la ville Bordeaux. C'est là toute la difficulté de
la métonymie : la relation entre les deux éléments n'est jamais explicitée, on emploie directement
l'élément A sans dire que l'on veut en réalité faire référence à l'élément B. Elle se base ainsi sur
certaines connaissances culturelles qui permettent d'identifier le concept voulu par un autre moyen
que de le nommer directement.
Le seul moyen de reconnaître une métonymie est donc de comprendre le lien qui unit l'élément
dont il est question et celui qui est sous-entendu. Cette relation peut être de plusieurs ordres : la
cause pour l'effet (dans l'expression « avoir perdu sa langue » l'élément, la perte de la langue, est
la conséquence de l'élément B, la perte de la parole), le contenant pour le contenu (on peut citer
une expression très connue : « boire un verre » où le verre est le contenant de ce que l'on boit en
réalité), l'artiste pour l’œuvre (on dit souvent « lire un Baudelaire » ou « voir un Picasso » pour
désigner les œuvres d'auteurs très connus), la partie pour le tout (« trouver un toit » pour dire
trouver une maison) etc. Ce dernier type de métonymie s'appelle d'ailleurs synecdoque. Comme
on peut le constater à travers ces exemples, la métonymie est une figure très courante dans les
expressions du quotidien. Elle permet de faire une sorte de raccourci dans la pensée et de rendre
compte des réalités de façon plus frappante ou imagée.
Pierre Fontanier, grammairien français, classe dans Les Figures du discours la métonymie dans les
« tropes proprement dits », car elle est « en seul mot ». Parmi les tropes proprement dits, la
métonymie est un « trope par correspondance ».
Exemple : J’ai dégusté hier soir un onctueux bordeaux  !
On comprend dans cet exemple que l’on a pas bu la ville de Bordeaux, mais un vin issu de la
région de Bordeaux. Il y a un lien logique entre ces deux éléments : on parle du lieu à la place de
la chose. La métonymie sert ici de raccourci pour la pensée. Il serait fastidieux, voire maladroit,
pour un Français ou quiconque s’y connaît en vin de dire : « J’ai dégusté hier soir un onctueux vin
de bordeaux ! ».

Exemples de métonymies :

 Ah ! quelle cruauté qui tout en jour tue


Le père par le fer, la fille par la vue !
 Rodrigue, as-tu du cœur ?
 Paris a froid, Paris a faim.
 Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur
 Rome à ne vous plus voir m’a-t-elle condamnée ?
 Ce pin où tes honneurs se liront tous les jours.
 Le fer qui les tua leur donna cette grâce.
 Vivre de son travail.

Fontanier distingue neuf types de métonymies :


La synecdoque. L’antonomase

Définition de la synecdoque La synecdoque est une figure de style qui consiste à donner à un
mot ou une expression un sens plus large ou plus restreint que sa propre signification. On
distingue les synecdoques généralisantes, croissantes ou expansives où le tout est utilisé pour
désigner quelque chose de plus précis (la partie), visant généralement un effet d'abstraction, aux
synecdoques particularisantes, décroissantes ou restrictives où le tout est désigné par la partie pour
créer un effet pittoresque.

Voici deux exemples :


Son vélo a crevé. Ici, « vélo » désigne le pneu, le tout désigne la partie (synecdoque
généralisante).
Après plusieurs mois de recherche, il a enfin trouvé un toit. Ici, le « toit » est la partie qui désigne
le tout (la maison), c'est donc une synecdoque particularisante.
Pierre Fontanier, grammairien français, classe dans Les Figures du discours la synecdoque dans
les « tropes par connexion ».
À noter qu'il inclut l'antonomase dans la définition de la synecdoque, et précise « que
l’Antonomase offre, le plus souvent, une métaphore ; qu’elle est assez souvent allusive, et même
parfois mythologique. Il distingue ainsi huit types de synecdoques :
Différence entre la synecdoque et la métonymie
Comme mentionné dans notre article consacré à la métonymie, « une synecdoque est un type
particulier de métonymie. Si la métonymie est généralement quantitative et remplace un concept
par un autre, la synecdoque est qualitative et va introduire une relation entre le tout et la partie. »
Le grammairien et philosophe français Du Marsais ajoute dans son ouvrage Des tropes :
La synecdoque est donc une espèce de métonymie, par laquelle on donne une signification
particulière à un mot (qui dans le sens propre a une signification plus générale ou plus
particulière). En un mot, dans la métonymie, je prends un nom pour un autre, au lieu que dans la
synecdoque, je prends le plus pour le moins, ou le moins pour le plus.
Exemples :

 Son vélo a crevé. (désignant le pneu du vélo) -> synecdoque car le tout désigne la partie.
 Le théâtre attire encore le tout Paris. (désignant l'ensemble des parisiens) -> métonymie.

Définition de l'antonomase
Une antonomase est une figure de style qui consiste à faire d'un nom propre ou d'une périphrase
un nom commun ou inversement d'employer un nom commun pour désigner un nom propre. On
distingue ainsi l'antonomase du nom propre, la plus répandue, de l'antonomase du nom commun,
qui a tendance à tomber en désuétude.

Exemple : Je bois un bon bordeaux- (pour dire qu'on boit du vin de Bordeaux, on remplace ici le
nom commun "vin" par le nom propre "Bordeaux")

Parmi les antonomases de nom propre, certaines ont gagné en popularité et finissent pas se
lexicaliser jusqu'à apparaître dans certains dictionnaires.
Ainsi, on peut prendre l'exemple d'un « Don Juan » (un séducteur), un « Tartuffe » (un hypocrite),
un « Harpagon » (un avare), une « Pénélope » (une épouse fidèle), un « Apollon » (un bel
homme), un « gavroche » (un pauvre), un « Michel-Ange » (un grand peintre) etc.

On retrouve également des noms d'inventeurs ou de marques qui se lexicalisent et remplacent


purement et simplement le nom commun qui désigne leur invention. Par exemple « poubelle »
(l'inventeur de la célèbre corbeille), « boules quies » (pour bouchons d'oreilles), un « k-way »
(pour un anorak), passer le kärcher (pour l'engin de nettoyage haute pression), un Bic (pour « stylo
à bille ») etc.

Antonomase dans la catégorie des métaphores


Certaines antonomases sont également des métaphores, en cela qu'elles désignent une chose par
une autre qui lui ressemble ou partage avec elle une qualité essentielle.

L'Île de Beauté (pour désigner la Corse)


La Mecque du cinéma (pour désigner Hollywood)

Antonomase dans la catégorie des métonymies


D'autres antonomases sont plutôt à ranger dans la catégorie des métonymies, en cela qu'elles
remplacent un mot par un autre mot avec lequel il partage un lien logique.

Où sont les Rossinis de notre époque ? (personne liée à l'élément qu'elle représente, ici la
musique)
Je roule en Mercedes (l'inventeur/la marque pour l'objet dont il est l'origine)
Je mange du brie (le lien de fabrication pour désigner le produit)
Le Président est à l'Élysée (le lieu pour désigner l'élément qu'il représente, ici la Présidence de la
République)
28. La notion de rythme et ses variétés dans le texte. Подивитись в фонетиці
La phrase possède un rhythme, c'est-à-dire une certaine rapidité ou lenteur, ruptures, un balencement, des
ruptures, des développements, des reprises, qui aident à l'expression des idées ou des sentiments.
La phrase complexe s'organise en général autour d'une information principale sur laquelle se greffent tous les
éléments Indispensables à la compréhensin.
Rhytme peut etre:
• binaire, quand les deux membres de la phrase ont la même longueur et la même construction. On obtient une
symétrie qui permet le parallélisme ou I'opposition des idées Exemple « Elle a vu ta blessure et n'a pu la fermer
» (Musset)
• ternaire, quand les trois membres de la phrase ont la même longueur et la même construction. On obtient un
effet de parallélisme ou de simultanéité. Exemple « Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un
autre, et j'ai fait le tour de la vie » (Chateaubriand)
- accumulation, où une série de mots ou de propositions se succèdent pour donner une impression de
foisonnement ou d'accablement. Exemple, « Quand elle s'est assurée que le silençe règne aux alentours, elle
retire successivement des profondeurs de son nid, sáns le secours de la méditation, les diverses parties de son
corps et s'avance à pas comptés vers ma couche » (Lautréamont)
• progression, quand à l'intérieur de la phrase les propositions d'abord courtes deviennent de plus en plus longues:
effet d'amplitude
• alternance, quand à l'intérieur d'une même phrase, des propositions courtes alternent avec des proposítions
longues. Les propositions courtes insistent sur les données categoriques du discours, les longues sur les méandres
du sentiment, de l'idée.
Harmonie imitative
Seulement quand je sujs dans mon lit, à l'aube, avec le seul brujt des voltures dans Parįe, má mémoire parfols
me trahļt: l'été revient et tous ses souvenirs (Françolee Sagan « Bonjour tristesse »)
Les harmonies se forment ici par les répétitions du son I, ce qui non seulement crée un rythme poétique mais
symbolise une certaine légèreté et insouciance de l'existence du personnage principal et agrandit visuellement les
cadres de son espace existentiel.
En fait, le son i implique dans ce fragment l'idée de l'infini et de l'étendue.

29. La ponctuation et son rôle stylistique dans le texte.


La ponctuation rythme la phrase, suggère les intonations, traduit les nuances de la pensée et facilite la
lecture. Elle n’a cependant pas qu’une valeur mélodique : elle répond de fait autant à un besoin de logique
qu’à un besoin de rythme. D’où la distinction qu’on fait entre ponctuation grammaticale et ponctuation
expressive.

La ponctuation grammaticale, marquée par le point, la virgule et le point-virgule, a une valeur syntaxique :
elle sépare les éléments du discours et indique les rapports logiques qui existent entre eux.

La ponctuation expressive a une valeur stylistique : elle sert à évoquer des nuances affectives, à produire
des effets de style. C’est le rôle que jouent notamment le point d’exclamation, le point d’interrogation et les
points de suspension.

Quant aux guillemets, aux parenthèses, aux crochets et au tiret, ce sont des signes d’insertion : leur rôle est
de marquer un changement de niveau dans le discours.

 Point d’exclamation (!) marque la surprise, la crainte, la joie, l’étonnement


Quelle belle journée!
o S’emploie après une interjection
Ah! Oh!
o S’emploie entre parenthèses pour indiquer l’incrédulité de l’auteur
Il a fait un mauvais diagnostic, peut-être par manque de compétence(!) ou alors par mauvaise foi.
 Point d’interrogation(?) s’emploie à la fin d’une phrase exprimant une interrogation directe
Quand va-t-elle voyager?
o S’emploie entre parenthèses quand il y a un doute sur la véracité d’un élément
Au concert, il y avait 10 000 (?) spectateurs.
 Trois points de suspensions (…) indiquent que la pensée n’est pas entièrement exprimée
Rendez-moi mon argent, sinon…
o Interrompent une énumération (valeur de etc.)
J’aimerais avoir: du beurre, de la confiture, des
croissants …
o S’emploient entre parenthèses ou entre crochets pour indiquer une omission d’une partie d’un texte
ou d’une citation
o « Par contre, les niveaux d’énergie des électrons des couches externes (…) forment des bandes plus
larges appelées bandes de valence. »*
*(J.-M. Dorlot et al. Des Matériaux, EEPM, 1986)
 Parenthèses ( ) s’emploient pour isoler un élément d’information accessoire.
Veuillez nous faire parvenir votre extrait de naissance (un original, non une photocopie), une photographie
récente ainsi que votre cv.
o Les crochets[ ] On les utilise lorsque, à l'intérieur d'une parenthèse, il est nécessaire d'en
ouvrir une autre.
(Albert Camus [1913 – 1960] a obtenu le prix Nobel de littérature en 1957.)
 Les tirets (-) s’emploient dans un dialogue pour marquer le changement d’interlocuteur
 S’emploient pour mettre en valeur un élément d’une phrase
Ce dur travail de restauration- un plaisir pour lui- prenait tout son temps
o S’emploient pour marquer les débuts d’une énumération (avec retour à la ligne)
Le secret de la prise de notes efficace consiste à:
- appliquer les techniques et les méthodes appropriées;
- réactiver à des moments favorables;
- s’entrainer régulièrement.
 Les guillemets «  » s’emploient pour encadrer un discours direct ou une citation
Le ministre des Finances a déclaré: « Le Canada traverse une période extrêmement difficile .»
Il clôture la séance en posant la question « serez-vous prêts? »
o S’emploient pour isoler dans la phrase des mots étrangers, argotique, ou expression
Cette table est vraiment « maganée », comme on dit au Québec.
Après une séance de yoga, je me sens tellement « cool ».
30. La rhétorique et ses genres. Style oratoire : syntaxe ; grammaire ; vocabulaire.

Rhétorique désigne l'art du bien parler, l'art qui donne les règles du bien-dire ; science et art se rapportant à
l'effet du discours sur les esprits. La rhétorique classique distingue trois grands genres de discours: le
discours judiciaire, le discours délibératif et le discours démonstratif. Ce terme fait référence non à une forme
particulière de discours, mais à la fonction qu'exerce le discours.

1.1. Le genre judiciaire

Le genre judiciaire renvoie à un discours dont la fonction est d'accuser ou défendre.

Le genre judiciaire est donc surtout destiné au tribunal, puisque c'est là principalement qu'on accuse ou qu'on
défend. De plus, le genre judiciaire renvoie essentiellement au passé, puisque lorsqu'on juge des faits, ces faits sont
en principe déjà accomplis. Enfin, le genre judiciaire met nécessairement en œuvre les valeurs du juste et de
l'injuste.

1.2. Le genre délibératif

Le genre délibératif renvoie à un discours dont la fonction est de persuader ou de dissuader.

Le genre délibératif s'adresse donc à une assemblée publique. En effet, c'est au forum, dans un conseil, ou
encore au Parlement qu'on persuade ou dissuade d'entreprendre la guerre, d'élever un bâtiment, d'accomplir telle
ou telle action concernant l'ensemble de la société.

Le genre délibératif renvoie par conséquent au futur, puisqu'il s'efforce d'amener l'auditoire à prendre une
décision qui engage l'avenir. Le genre délibératif met essentiellement en œuvre les valeurs de l'utile et du
nuisible.

II.1.3. Le genre démonstratif (ou épidictique)


Le genre démonstratif renvoie à un discours dont la fonction est de louer, blâmer, ou plus généralement
d'instruire. Il est parfois aussi appelé genre épidictique.

Le genre démonstratif s'adresse à un auditoire réuni à l'occasion d'un événement particulier tel qu'un
mariage, un décès, une réception officielle. C'est là qu'on loue ou blâme; c'est là qu'au travers de la louange ou du
blâme, on instruit des choses de la vie.

Le genre démonstratif ou épidictique renvoie tout à la fois au passé, au présent et au futur: il s'agit de louer
ou de blâmer tel ou tel personnage, dont on évoque pour ce faire les actions passées et dont on prédit les actions à
venir à partir de ses qualités présentes.

L'expression rhétorique doit être simple, claire, logique et en même affective, agréable à l'oreille et
impressionnante. L'orateur choisit la forme grammaticale la plus efficace: temps absolu (passé composé, futur,
futur antéricur), jamais ou très rarement le subjonctif.
Style oratoire

Dans l'antiquité l'activité oratoire était considérée comme un art et comme une science. L'importance sociale
des discours oratoires dans la Grèce et la Rome anciennes s'explique naturellement par le fait que les moyens de
communication, surtout entre l'état et le peuple, étaient exclusivement oraux.

L'art et la maîtrise d'un orateur, homme d'état ou homme politique, đécidaient souvent des événements
politiques, sociaux ou religieux. Naturel est donc le souci des orateurs antiques de posséder la technique du
langage, qui était à cette époque l'instrument du pouvoir.

L'art de l'éloquence est devenu par conséquent l'objet d'une étude spéciale, celle de la rhétorique (du mot
grec " rhetor " - orateur).

La rhétorique est née en Grèce comme l'art de composer un discours; les premières études étaient présentées
par les traités des philosophes et des orateurs éminents Aristote, Cicéron, Quintilien.

L'importance historique de la rhétorique consiste en ce que ses études ont donné naissance à la stylistique,
science étudiant la valeur des moyens de la langue et leur destination dans toutes les sphères de la communication
humaine.

Nous commençons notre exposé justement par le style oratoire car tous les moyens expressifs, tous les
procédés stylistiques ont été employés et par conséquent étudiés initialement dans ce style-ci. Et le style oratoire,
lui, les a tirés de la langue parlée.

Le style oratoire c'est un système de moyens de la langue dont on se sert dans le discours. Un discours
oratoire a pour but de persuader l'auditeur, de faire naître une certaine attitude des auditeurs devant les faits
exposés, et parfois même d'inciter à l'action.

Pour mieux persuader, pour ne pas laisser froids les auditeurs, l'orateur doit gagner leurs sentiments.
L'orateur a le destinataire de la parole devant lui. Donc sa première sollicitude est d'être immédiatement compris et
d'éveiller une réaction
Du côté de la syntaxe le style oratoire est caractérisé par l'emploi des propositions relativement courtes dont
plusieurs sont de nature affective: interrogatives, exclamatives, impératives.
Pour gagner les sentiments, frapper l'imagination du public, l'orateur recourt aux apostrophes, aux
exclamations, aux questions rhétoriques.
On utilise aussi de toutes les formes figées: proverbes, bons mots usés, aphorismes, sentences.
Le proverbe contient une idée imagée que l'esprit de l'auditeur conçoit sans difficulté: Rira bien qui rira le
dernier, Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.
La sentence est une idée qui résume une situation morale et renferme une vérité générale ou une réflexion
profonde condensée en peu de mots. C'est la conclusion d'un récit, d'un raisonnement: Mourir pour son pays n'est
pas un triste sort! (Corneille).
On recourt aussi très souvent aux répétitions. La répétition peut être lexicale et syntaxique (parallélisme : on
respirait du sable, on mangeait du sable, on buvait du sable), c'est-à-dire la répétition des mots et la répétition des
structures syntaxiques. La répétition d'un verbe peut créer l'effet d'une action durable, infinie, ennuyante: Il
compilait, compilait, compilait ( A. France).
Un verbe répétė à l'impératif renforce l'ordre ou l'invitation, leur donne de l'insistance: Songe, songe,
Céphise, à cette nuit cruelle ( Racine).
Le domaine du style oratoire est très restreint aujourd'hui. Ce sont des problèmes palpitants de la politique
courante, des discours pour les jubilés, les funérailles, les noces, etc.

31. L’inversion du sujet.


Le français permet de déplacer un certain nombre de ses éléments. Il s'agit dans ce contexte du déplacement et
ses mécanismes syntaxiques. Le déplacement introduit une nouvelle hiérarchie des membres de la phrase et donc
un renouvellement de la vision du lecteur: son approche du réel en est transformée. Privilégier et insister c'est le
rôle des déplacements emphatiques. Ils s'effectuent de deux façons: avec la pronominalisation (la reprise et
l'anticipation) et avec des moyens de mise en relief.
La grande liberté de déplacement, que tolère le français, permet la souplesse syntaxique, introduit la variété et la
surprise.
On peut déplacer librement:
-les compléments circonstanciels (sauf la complément de manière);
- les adjectife épithètes (toutefols les épithètes courtes précèdent le nom et les épithétes de couleur, de forme ou de
nationalité le suivent);
- les adverbes modifiant la phrase entière (Vraiment, il l'a fait exprès!);
- les subordonnées circonstancielles.
Pronominalisation. Reprise. Le terme qu'on veut mettre en relief est placé au commencement de la phrase ou du
groupe rythmique et puis ce terme est répété par le pronom personnel ou démonstratif: Mais la chance, cela veut
dire.. Se taire, elle l’adore.. Française, elle l'est vraiment..
Anticipation. Le pronom se trouvant à sa place habituelle anticipe le terme qu'on veut mettre en relief et qui est
mis à fin de la proposition: Elle a de beaux yeux, Claire... Tout le monde en veux, de l'argent... Moi, je le suis,
organisé...
Pronominalisation. Avec la pronominalisation, le déplacement du complément d'objet ou de l'attribut en début de
phrase implique l'apparition d'une virgule, car il s'agit dans ce cas de la segmentation de l'énoncé et d'un pronom
de rappel:
Son vélo, il l'adore..
Le jardin, il s'en occupe.
Lugubre, la maison l'était...
Effet qu'on atteint par ce moyen d'expressivité est la mise en valeur du thème du texte (un fait, une idée admis dont
on va parler).

- du sujet
Ordre des mots. Au 19 siècle l'inversion commence à etre employée comme procédé stylistique non seulement
dans la poésie, mais également dans la prose L'inversion du sujet est, tout d'abord, le moyen principal de former
les propositions interrogatives L'inversion dans ces types de propositions est dictée par la norme grammaticale de
la langue. On pourrait considérer comme narmalisée l'inversion du sujet dans les propositions introduites par des
adverbes faisant fonction de mots conjonctifs, tels que: aussi, ainsi, à peine, peut- atre, sans doute, et dans
quelques autres constructions. L’inversion plus ou moins obligatoire et ayant un sens grammatical précis est
dénuée de valeur stylistique. L'inversion du sujet est fréquente dans des phrases commençant par un circonstanciel
(de temps ou de lieu). Nullement obligatoire, elle est très employde, car ce sont les rapports syntaxiques entre les
termes de la proposition qui y sont en jeu.

Mais quand reviendra le temps des cerises. La phrase de la chanson à une valeur affective. Le sujet le temps des
carises place à la fin de la proposition tombe sous l'accent final; en prononçant ces mots la ton monte. L'inversion
change la mélodie de la phrase. C'est alnsi que les mots le tepms des cerises, désignant la belle ot heureuse saison
de l'année, prennant du relief.
Mais quand le temps des cerises reviendra. La phrase à l'ordre direct des mots ne fait que constater la chose.
L'inversion du sujet dans les phrases commençant par un circonstanciel est fréquente dans les descriptions, où elle
prête du relief aux détails importants, représentés par les différents termes de la proposition Le circonstanciel au
début de la phrase nous donne une impression visuelle du décor où se passe l'action. Le verbe, lié au
circonstanciel, le suit immédiatement; il précède ainsi le sujet, ce qui lui donne quelque relief, à lui aussi.
L'inversion est, dans ce cas, un moyen d'équilibrer la phrase.
Inversion absolue. L'inversion dite absolue, c'est-à-dire l'inversion du sujet dans des phrases commençant par le
prédicat, est beaucoup plus rare; l'effet en est d'autant plus marqué. Par exemple : Suivirent quelques jours de
détente, parce que le ciel s'était aussi relâché de son ardeur (F.Mauriac) Vịnrent les jours où il lut par hasard un
livre récemment paru (Ibid) Le prédicat est ordinairement un verbe de mouvement (venir, arriver, paraître, suivre,
passer, etc.). Il annonce le commencement d'une nouvelle période, d’une nouvelle étape, d’un nouvel événement,
l'appatition d'une presonne ou d'un chose .
L'inversion en question met en valeur les deux termes principaux de le proposition: le verbe, grâce à sa position
initiale, et le sujet, grâce à l'accent final qui le frappe. D'autre part, ces phrases sont ordinairement très liées par
leur sens avec le contexte qui les précède. Elles marquent une nouvelle étape dans la chaîne des événements.
L'inversion devient un moyen d'exprimer les liens sémantiques entre la phrase en question et les précédentes. Elle
fait ainsi double fonction. L'inversion absolue est devenue traditionnelle dans remarques scéniques, annonçant
l'entrée ou la sortie des personnages. Il semble, pourtant, qu'elle soit surtout motivée dans les scènes où l'entrée du
personnage est plus ou moins innattendue. La position finale du sujet le met alors en évidence: Arrive Muffio. Le
premier banni. - C'est toi, Muffio ? Par quel hasard es-tu ici ? (A. Musset)
Double inversion. L'inversion prend une valeur affective accentuée dans les propositions commençant par un
attribut (adjectif par excellence). En effet il s'agit d'une double inversion. Non seulement le prédicat précède-t-il le
sujet, mais dans le corps meme du prédicat l'ordre des mots est inverse. Par exemple: Innombrables sont les
camarades qui payèrent de leur vie, comme (...). Ces constructions à double inversion appartiennent surtout, à
cause de leur grande expressivité, à la littérature et à la presse politique. Elles prêtent à l'énoncé un ton plus ou
moins emphatique et donnent du relief à la qualité du sujet désignée par l'attribut, elles acquièrent une valeur
d'appréciation.

32. L’inversion du complément d’objet direct.


a du COD
Ordinairement, le complément d'objet direct (substantif) suit le verbe. Si on le place avant les
termes principaux de la proposition, on est obligé d'en faire la reprise à l'aide d'un pronom
personnel objet.

33. L’inversion du complément d’objet indirect.


- du COI
Le complément d'objet indirect (substantif) se place normaleinent après le verbe (souvent après le complément
d'objet direct). Mais la grammaire n'interdit pas de placer ce complément en tête de la proposition. Cette inversion
met en importance l'objet indirect, insiste sur son importance au point de vue logique ou affectif On la retrouve
dans la conversation, la presse, la poésie et la prose littéraire: Contre nous de la tyrannie / L'étendard sanglant
est levé. Dans cet exemple il y a double inversion: celle de l'objet indirect et celle aussi du complément de nom:
de la tyrannie et l'étendard. L'ordre inverse est fréquent dans les vers, comme moyen poétique, justifié souverit
par des raisons de rythme.

34. L’inversion du complément circonstanciel.


- du complément circonstanciel.
L'inversion du complément circonstanciel est la plus habituelle en français. Elle est si banale qu'elle attire à peine
l'attention. Donc les raisons stylistiques seules déterminent cette inversion. L'inversion du circonstanciel s'emploie
en particulier pour rompre le parallélisme syntaxique: II attaque toujours et jamais ne se lasse (Corneille). M. et
Mme Aubier souffraient comme les autres, et, comme les autres, adoraient (R.Rolland). Cette disposition de mots
est connue sous le terme de l'inversion symétrique ou "chiasme" (du terme grec "croisement").

35. L’inversion du prédicat nominal.


- du prédical nominal
L'inversion du prédicat nominal où l'attribut est placé en tête de la phrase sert à insister sur l'attribut: Grand fut
mon étonnement (Pascal)
Heureux sont ceux qui pleurent (id.).
Le tour est très expressif et s'emploie largement dans le style oratoire et journalistique. La copule peut être
supprimée, le tour devient encore plus affectif, car il exige une intonation spéciale, une pause après l'attribut:
Heureux le pays dont tous les habitants sont de sincères patriotes! Parfois cette construction sert à introduire une
conclusion: Tel est l'état déplorable des catholiques anglais (Bossuet).

36. L’emploi stylistique de l’article défini et indéfini.


La valeur stylistique de l’article est souvent exagérée. Le plus grand effet est lié à l’emploi de
l’article là où il doit être omis: devant les noms propres, les substantifs en apostrophe, etc.
L’emploi qu’on fait de l’article dans la langue parlée présente peu de traits particuliers. On suit les
règles générales de la grammaire française, touchant le choix, l’emploi et l’omission de l’article. Il
n’y a que quelques remarques à faire sur l’emploi de l’article avec les noms propres de personnes
et les substantifs mis en apostrophe Contrairement aux règles, l’article définit apparaît souvent
devant les noms propres. On le met surtout devant les noms de femmes (la Marie, la Valentine),
en particulier devant les noms formés d’après le nom du mari ou du père  (La Maheude de
Maheu). L’emploi de l’article dans ces cas peut signaler d’une nuance de familiarité intime. Les
noms des hommes, eux aussi, peuvent être accompagnés de l’article défini (le Jules). Ce procédé
est répandu dans le parler des paysans, où il n’a point de nuance affective. Mais dans le style
familier du français parlé il prend parfois  une valeur péjorative. C’est par ce moyen-là que Julien
Sorel traduit son mépris et sa haine pour les aristocrates et les riches bourgeois : le Valenod, le
Croisenois (Stendhal, « Le Rouge et le Noir »). La langue parlée suit parfois l’usage emprunté à
l’italien et quelque peu démodé, de mettre l’article devant les noms d’actrices, danseuses et
cantatrices renommées. Cet emploi de l’article, donne au nom de l’artiste un caractère pour ainsi
dire « unique », ajoute néanmoins une nuance de familiarité. Outre cela, la langue parlée familière
affectionne l’emploi de l’article défini avec les substantifs en apostrophe. Selon les règles
grammaticales les noms propres de personnes s’emploient sans articles sauf quelques cas bien
déterminés:
a) quand l’article fait partie du nom: La Fontaine, La Rochefoucault;
b) au pluriel pour désigner les membres d’une famille: les Dupont, les Rezeau;
c) devant les noms des actrices célèbres (à la mode italienne): la Patti, la Callas.
Cependant la langue populaire ajoute l’article défini aux prénoms pour exprimer une nuance de
familiarité intime: La Jeanne, Le Louis. En outre, le français populaire forme à l’aide de l’article
défini les noms de femme (ou de fille) à partir du nom de mari (père): Maheu - La Maheude
Pierron - La Pierrone Thénardier - La Thénardière. En dehors du style populaire cet emploi se
caractérise par une nuance péjorative. Le français familier emploie régulièrement l’article défini
devant les noms en apostrophe qui selon la norme grammaticale doivent s’employer sans article:
Salut, les gars. Les enfants, les enfants, où êtes-vous? Toi, la nièce, pousse-toi un peu. Fais une
place

37. L’omission de l’article pour des raisons stylistiques.

L’absense d’article peut constituer la marque du style télégraphique: «Congrès


inopinément prolongé. Ne serai maison que mardi. Tout va bien. Bises. Jacqueline.»
(Cauvin) L’article manque également dans les écritaux, les enseignes, les titres de livres,
etc: Entrée. Précis de stylistique. Dans les proverbes l’article manque comme témoignage
des règles grammaticales archaïques: Pierre qui roule n’amasse pas nousse. Comparaison
n’est pas raison. Pauvreté n’est pas vice. Santé passe richesse
38. Les moyens grammaticaux de l’expressivité. L’aspect stylistique des temps et des modes :
le présent de l’indicatif, le futur simple, le conditionnel.

Le présent de l’indicatif possède une valeur sémantique étendue. L’action qu’il indique peut se
rapporter à de différents moments de l’actualité, ainsi qu’au passé et au futur. Il arrive que le
présent de l’indicatif devienne synonyme des temps du verbe désignant des actions effectuées au
passé ; c’est le présent qu’on appelle « présent historique » ou « présent narratif ». Ce mode
d’expression qui n’est pas rare dans la conversation spontanée, est usité surtout par les écrivains
pour prêter de la vivacité au récit. Les actions, alors, sont présentées comme se déroulant sous les
yeux du lecteur.

L’usage abondant que les écrivains modernes font du présent de l’indicatif rapproche le style de la
prose littéraire de la langue parlée qui, comme on le sait, est le domaine principal de l’emploi du
présent, dans toutes ses fonctions. Le sens grammatical étendu du présent de l’indicatif permet de
l’employer comme synonyme du futur simple et du futur immédiat pour désigner une action
future. Cet emploi appartient surtout à la langue parlée ; de ce fait, il a une couleur stylistique
respective. Le présent employé pour le futur marque que le sujet parlant est plus ou moins sûr de
ce que l’action sera réellement effectuée On peut d’ailleurs apprécier cette différence de style en
comparant un imparfait d’imminence contrecarrée qui laisse imaginer le procès comme réel, alors
qu’un conditionnel insiste sur son irréalité le conditionnel peut indiquer :

1. L'imaginaire (en suspendant la réalité, on met en scène un monde possible) : Si j'étais riche,
j'achèterais une belle voiture.

2. La possibilité (le locuteur considère au moment où il parle qu'une chose est possible) : Si vous
vouliez travailler, vous seriez excellent

3. L'irréel (ici le conditionnel exprime une possibilité qui ne s'est pas réalisée) : Vous avez cru
qu'il suffirait de fermer la porte pour être en sécurité.

4. Une opinion illusoire, fausse (le conditionnel présente une impression comme étant contraire à
la réalité, comme une illusion) : C'est tellement beau qu'on se croirait au paradis.

5. Une incertitude (on présente un fait dont on n'est pas sûr) : Selon les autorités, les otages
auraient été libérés.

Ainsi, le conditionnel exprime l'imaginaire, la possibilité, l'irréel, une opinion illusoire ou une
incertitude Le sens grammatical étendu du présent de l’indicatif permet de l’employer comme
synonyme du futur simple et du futur immédiat pour désigner une action future. Cet emploi
appartient surtout à la langue parlée ; de ce fait, il a une couleur stylistique respective. Le présent
employé pour le futur marque que le sujet parlant est plus ou moins sûr de ce que l’action sera
réellement effectuée. Pour désigner une action future dans ses rapports avec le présent, le français
parlé se sert non seulement du futur simple et du présent de l’indicatif, mais aussi du futur
immédiat. Cette forme verbale périphrastique est surtout employée lorsqu’il s’agit de l’avenir
immédiat. Généralement, le verbe au futur immédiat désigne des actions de la vie quotidienne.
Ce mode d’expression est propre à la conversation courante.

Le futur simple situe un procès à l’avenir au moment de la discours. Futur historique se reffère à
un moment donné et le fait est envisagé comme étant encore à l’avenir. Il peut avoir la couleur de
politesse et de probabilité.
39. Les moyens grammaticaux de l’expressivité. L’aspect stylistique des temps et des modes :
l’imparfait, le passé composé, le passé simple.
La valeur grammaticale des formes du verbe français est multiple. Elles marquent la personne qui
agit, le temps de l’action, le mode, la voix et certaines nuances aspectives. Il y a des formes
verbales qui peuvent être considérées comme des synonymes de grammaire.. Ce sont surtout les
temps de l’indicatif (le présent, l’imparfait, le passé composé et le passé simple).
L’imparfait de l’indicatif désigne essentiellement une action passée inachevée, ainsi qu’une
action dans le passé simultanée à une autre. Conformément à sa valeur grammaticale (temporelle
et aspective), l’imparfait est employé dans tous les styles de la langue
Le passé simple présente l’action réalisée et terminée au passé n’ayant aucun rapport avec le
présent.
La sphère habituelle de l’emploi du passé simple est la prose littéraire, où cette forme verbale est
le temps principal de la narration. Usité presque exclusivement dans les styles écrits, le passé
simple a acquis une couleur stylistique livresque.
Le passé composé possède une valeur grammaticale qui le rattache, en premier lieu, à la langue
parlée, à la conversation.
Le passé composé désigne une action accomplie et achevée au passé, mais envisagée par rapport
au présent ; les résultats de cette action sont valables au moment où l’on parle, où l’on écrit
(aspect résultatif). Cette première valeur grammaticale du passé composé fait que cette forme
verbale est le temps de la conversation, par excellence.
Le passé composé devient alors synonyme du passé simple. Cet emploi du passé composé à la
place du passé simple rapproche la narration de la langue parlée, lui prête un caractère d’entretien,
de récit oral.
- le passé simple est un temps de récit ;
- le passé composé est un temps du discours

40. Style scientifique : syntaxe ; grammaire ; vocabulaire.


Le style scientifique occupe une place de plus en plus importante dans le système des styles fonctionnels
des langues modernes. La sphère de son emploi s’élargit parallèlement au développement de la science et de la
technique. Certains éléments du style scientifique, notamment sa terminologie pénètrent aujourd’hui sur les pages
des journaux, dans la littérature et même dans la vie courante.
Le style scientifique se réalise le plus souvent par écrit sous forme d’un monologue. Il sert de moyen de
communication aux savants, aux ingénieurs, aux professeurs et étudiants des universités. Les genres de ce style
sont assez nombreux: traités, monographies, articles, thèses, manuels, etc.
Plus rarement le style scientifique se réalise sous forme d’écrit oralisé (les rapports des savants pendant des
congrès ou des conférences scientifiques) ou de communication orale (une discussion non préparée des savants
devant la table ronde).
Les traits stylistiques du langage scientifique sont: son caractère abstrait et généralisant, sa clarté, son
objectivité, son caractère logique et probant, son austérité.
Un savant fait une description exacte des phénomènes de la nature ou de la vie sociale qu’il définit et
explique, dont il cherche à découvrir les mécanismes et les lois. Par conséquent la méntalité et le langage des
savants se caractérisent par un haut dégré d’abstraction, par leur caractère logique.
Quant au niveau lexical, à côté des mots usuels et livresques le style scientifique emploie beaucoup de
termes qui sont différents d’une science à l’autre. Nombre de termes provenant d’éléments grecs ou latins portent
un caractère international: hydrotechnique, hémophilie, pathogénie, périgée, etc. Le développement rapide de
la science provoque le renouvellement perpétuel de la terminologie scientifique. Chaque jour il naît des termes
nouveaux. A ce point de vue, il est intéressant de comparer la términologie scientifique et administrative. La
dernière, comme il a été déjà signalé plus haut, est très conservatrice et archaïque: les textes du code pénal
français de 1810 et de 1956 ne diffèrent presque pas, tandis que la terminologie scientifique se renouvelle et se
perfectionne constamment. Parmis les termes on peut trouver beaucoup d’abréviations. Le langage scientifique
exclue l’emploi des mots familiers et populaires.
Parmi les particularités morphologiques du style scientifique il faudrait mentionner en premier lieu la
prédominence des formes du présent de l’indicatif à la 3-e personne du singulier et du pluriel. Ce présent ne sert
pas à décrire les actions qui coïncident avec le moment de la parole mais les propriétés des substances en
question: L’eau bouille à 100°C (= possède la faculté de bouillir à 100°C). Il s’agit donc du
présent absolu ou omnitemporel.
En outre beaucoup de verbes perdent dans les textes scientifiques leur caractère autonome et commencent à
fonctionner comme verbes-outils, de sorte que c’est l’attribut exprimé par un substantif ou un adjectif qui devient
le porteur essentiel de sens. Voilà pourquoi on parle souvent du style nominatif du langage scientifique. En
comparant le rôle des substantifs et des verbes dans le style des belles-lettres et le style scientifique le savant russe
Kogina a démontré que le verbe joue un rôle beaucoup plus important dans les œuvres littéraire où il décrit les
actions des personnages, leur conduite, les événements qui se succèdent parfois d’une manière très dynamique. Le
verbe est l’élément essentiel de la narration. Par contre c’est le raisonnement et la description qui prédominent
dans le style scientifique et le rôle essentiel revient cette fois non plus au verbe, mais au substantif et à l’adjectif
qui servent à nommer les substances étudiées, leurs propriétés, les notions scientifiques.
En étudiant les pronoms nous avons signalé una autre particularité du style scientifique: l’emploi de nous
de modestie.
Le niveau syntaxique du style scientifique se caractérise par sa complexité, par un grand nombre de longues
phrases avec plusieurs propositions coordonnées et subordonnées ce qui s’explique par le besoin d’exposer la
matière d’une façon logique, avec esprit de suite, de marquer les rapports parfois très compliqués entre les
substances et les phénomènes en question.
Des liens étroits existent non seulement entre les propositions au sein d’une phrase, mais aussi entre les
phrases, les alinéas, les chapitres dans les ouvrages scientifiques. Ces liens sont assurés par différents moyens
anaphoriques et cataphoriques: articles, pronoms et déterminatifs possessifs, démonstratifs, indéfinis (autre,
même, tel ...), adverbes (premièrement, deuxièmement, etc.) et par d’autres moyens (d’une part, d’autre part,
décrit plus haut, plus bas, ce qui suit, etc.).
La nécessité d'exposer la matière logiquement, avec un esprit de suite marque, de signaler les
rapports, parfois très compliqués, entre les phénomènes en question, détermine l'emploi fréquent de
propositions complexes plus ou moins volumineuses et respectivement, de nombreuses conjonctions
de coordination et de subordination, ainsi que de pronoms relatifs et de tours participes et infinitifs.
Dans un exposé scientifique, clair et suivi de sa nature, l'ordre des mots est, le plus souvent; direct.
Le texte est divisé en parties, chapitres et paragraphes dénotés par chiffres et lettres, on utilise
aussi de mots intercalés, tels que d'abord, ensuite, primo, secondo, etc de l'anaphore et de
constructions parallèles. A l'inverse de la langue du journalisme et des belles-lettres ces procédés, pour
la plupart, ne visent point à un reflet emotif.

Comme pour le style administratif il existe des règles spéciales de la composition des ouvrages
scientifiques. Le texte doit être divisé en chapitres, en paragraphes qui doivent être intitulés ou dénotés par des
chiffres. Très souvent un ouvrage scientifique contient des figures, des schémas, des formules, des symboles et
même des photos. Les éléments indispensables d’un ouvrage scientifique sont: une table de matière, une
bibliographie et les références aux ouvrages des autres savants.
A la différence des journalistes ou des écrivains, les savants recourent très rarement aux tropes, aux figures
et aux autres moyens expressifs.
Le langage scientifique fait un usage particulier du pronom personnel, et respectivement de
l'adjectif possessif, de la première personne du pluriel. Pour ne pas affirmer le moi, pour qu'il soit moins
accusé on emploie par une espèce de dépersonnalisation le pronom nous pour le pronom de la
première personne du singulier. D'autre part, le nous remplit, surtout dans le langage scientifique parlé,
une autre fonction, celle de souligner la comnmunauté de l'auteur avec ses lecteurs (ou ses auditeurs)
Nous avons vu plus haut qu'elle (la langue de la raison) n'existe nulle part sous sa forme absolue.
Le trait le plus marquant du style scientifique c'est l'usage abondant qu'on y fait de la terminologie
spéciale, c'est-à-dire de mois et locutions au sens bien déterminé qui nomment les choses du domaine
des sciences, de la technique et de l'industrie. Les progrės de la science et de la technique se reflètent
immédiatement dans le vocabulaire du style scientifique.

La particularité essentielle de ce style est constituée par sa structure syntaxique et le choix des termes. Le texte
scientifique traite une question d'une manière détaillée, ce qui est exigé par les besoins de la science. Toute thèse
doit être expliquée, sa vérité prouvée. De là les phrases se construisent selon les exigences de la logique et de
l'exactitude. Cette exactitude implique la division très réglée du texte en parties dites alinéas. Chaque alinéa est lié
immédiatement au précédent, il développe, explique ou prouve ce qui précède.

41. Le style journalistique et ses particularités.


La presse a pour but en premier lieu d'informer le public. Le style journalistique n'est point stable, il évolue et
change sous l'influence du progrès, des changements politiques et sociaux.
De nos jours il est difficile de déterminer ce style car chaque journal comprend différents styles selon le genre du
texte. On y rencontre des articles de fond, des communiqués officiels, des entrefilets, des annonces, de la publicité,
des extraits de romans, des prévisions météorologiques. Pourtant il y a des caractères communs à tous les journaux
français.
La particularité du style journalistique se révèle déjà dans les titres. Ils sont imprimés à grands caractères et sont
très développés. Ils servent à rendre en grandes lignes le contenu de l'article.
Les titres sont souvent présentés sous forme de questions pour attirer l'attention du lecteur, pour 1 'intriguer:
Sont fréquents dans les titres des articles politiques les citations tirées du discours des hommes politiques.
Les petits communiqués sont remarquables avant tout par leur structure syntaxique. Ils ne comprennent que deux
ou trois phrases, très longues et développées. Une idée essentielle est accompagnée de plusieurs idées
supplémentaires: Le style des mass média. C’est le style de la presse écrite, de la radio, de la télévision,
des films documentaires. On recourt à ce style chaque fois qu’on traite les problèmes actuels de la vie
sociale et politique. Les fonctions essentielles de ce style sont: d’une part, informer le destinataire, c’est-
à-dire apprendre aux larges masses des nouvelles venant de France ou de l’étranger et, d’autre part,
exercer une certaine influence sur l’auditoire, former sa conception du monde, propager les idées, les
opinions de tel ou tel parti politique ou organisation.

Par conséquent les nombreux genres du style des mass média se laissent classer en deux grands
groupes: genres informatifs et genres analytiques. Au premier groupe appartiennent: note, entrefilet,
dépêche, article informatif, reportage, enquête, correspondance, communiqué, interview; parmi les
genres analytiques on trouve: commentaire, éditorial (= article de fond, article de tête), article
polémique, pamphlet.

Les traits stylistiques du langage des journalistes sont: accessibilité, caractère documentaire
de l’information, caractère appréciatif, standardisation, expressivité. C’est la forme écrite qui prévaut
dans ce type de communication. Il n’est pas rare pourtant qu’il se manifeste sous la forme d’écrit
oralisé.

Le niveau lexical du langage médiatique se caractèrise par l’emploi de la terminologie spéciale


(démocratie, dictature, coexistence pacifique, homme de bonne volonté). Dans les textes de ce style on
rencontre beaucoup de mots appréciatifs: clique, horde, corrompu, néfaste, taré, sans crupule,
agression, politique belliciste).

Le désir des journalistes de communiquer à la population telle ou telle information le plus vite
possible explique un large emploi du lexique standardisé, des clichés de toute sorte:
Aussi le style « publiciste » a-t-il, d’une part des traits communs à tous les styles écrits (emploi d’une
terminologie spéciale, par exemple), d’autre part, on y relève les traits propres à la prose littéraire (caractère
affectif de l’énoncé, emploi de tropes).
Quant à la syntaxe, la presse suit les normes de la langue écrite. La phrase est souvent complexe, assez
fréquent est l’emploi des moyens syntaxiques de mise en relief tels que constructions parallèles, anaphore,
répétition de mots.
Un journal, une revue attire l’attention des milliers et des milliers de lecteurs parfois de divers pays. Les
journaux et les revues enregistrent très vite tous les néologismes et les emprunts aux autres langues qui
apparaissent et parfois disparaissent à un certain moment donné de la langue. La terminologie politique, technique,
scientifique nouvellement créée pénètre dans la presse avant d’être enregistrée par le dictionnaire.
(Les orateurs pratiquent tous les procédés de mise en relief les constructions parallèles, la
répétition, les formules c’est……qui, c’est……que, questions oratoires. Les questions de cette espèce ne
sont posées que pour attirer l’attention par la forme et l’intonation interrogatives. C’est une assertion
(твердження) qui ne fait que revêtir (покривати, обкладати, набувати, надавати) la forme
interrogative. Aussi une question oratoire ne demande-t-elle pas de réponse.)

Les textes du style médiatique abondent en noms propres qui désignent des personnes, des organisations, des
termes géorgaphiques. Les journalistes utilisent beaucoup d’abréviations (cigles ou troncation): CGT, ONU, SDF,
SMIG, etc. Ils vont même jusqu’à abréger les noms des hommes politiques ou artistes connus: VGE (Valéri
Giscard d’Estaing), YSL (Yves Saint Laurent), etc. A partir des années 60 les mots familiers commencent à
pénétrer largement dans le style médiatique. Aujourd’hui on rencontre sur les pages des journaux beaucoup de
mots familiers, parfois assez grossiers et même vulgaires: Assez de salade, donnez-nous l’oseille. Quel pied!
(кайф, блеск) Décidément «Libération, c’est bidon!» (туфта, липа) A côté des mots du verlan (chébran, beur,
meuf), des abréviations propres au langage familier (ado, écolo, gym, manif) les journalistes créent aussi des
néologismes: La dictatoresse philippine Mme Marcos.
Au niveau morphologique le style des mass média se distingue par l’emploi du conditionnel comme
moyen grammatical de citer l’information dont on n’est pas sûr: Metz, janvier. Un avion d’entraînement à réaction
s’est écrasé vendredi matin dans la forêt de Morley. Une avarie de réacteur serait à l’origine de l’accident.
La syntaxe du style médiatique est très variée et dépend du genre: pour les genres informatifs elle est plus
simple, pour les genres analytiques beaucoup plus compliquée. En outre les journalistes empruntent volontiers les
éléments de la syntaxe familière: la dislocation, les structures incomplètes, etc.: Juliette Gréco, j’adore. (titre).
Nous approchons de Moscou. Brusquement «les» revoilà, innombrables. Elles, les grues. C’est une de ces villes
satellites.
Vu la tendance du style médiatique à l’expressivité les journalistes exploitent largement les différents
tropes (métaphore, métonymie, ironie, comparaison, etc.), les possibilités expressives de la graphie. Les textes des
journaux sont souvent accompagnés de photos, de caricatures, de charges, etc. Il faut souligner que les journalistes
attachent une grande importance aux titres des articles qui doivent attirer l’attention du public. Tout y est mis en
jeu: dimension des lettres, leur couleur, disposition, choix du lexique, syntaxe, tropes, calembour, etc.: L’éloquent
silence. Même le bœuf s’envole.

42. Le texte d’information, l’article de fond : leurs caractéristiques.

Lorsqu’on traite, par parole ou par écrit, des questions actuelles, de la vie sociale et politique, on fait un certain
choix de moyens d’expression. De ce fait, on peut distinguer parmi les styles de la langue française celui des
journalistes et publicistes. Les articles de journaux : articles de fond (éditoriaux), informations et autres, les
pamphlets et les déclarations, les manifestations oratoires, toutes ces variétés de genre ont, chacune, leurs
particularités de style, mais elles ont aussi des traits communs, ce qui permet de parler du style des journalistes et
publicistes comme d’un style écrit autonome. Les traits distinctifs communs à toutes ces variétés sont
naturellement fonction du domaine des activités qu’elles sont appelées à desservir. Les journalistes et les
publicistes traitant des faits actuels ne se bornent guère à les constater en indifferents. Leur attitude envers les
réalités se reflète nécessairement dans le choix des faits rapportés et leur analyse, dans l’emploi des moyens
d’expression a valeur d’appréciation.

Textes d’information

Généralement, dans un texte d’information on ne fait que constater un fait, sans le commenter, sans l’apprécier
directement, l’attitude du journaliste ne se faisant voir que dans le choix des faits communiqués. De là, le
laconisme de ces textes. La syntaxe des informations tout en se pliant aux normes de la langue écrite, est
sensiblement plus simple que celle des autres genres d’articles. L’essentiel de l’information doit être facile à saisir.
Une syntaxe trop compliquée embarrasserait le lecteur. Aussi, les constructions syntaxiques complexes, les
cascades de subordonnées y sont-elles assez rares. On y trouve surtout des propositions verbales simples mais les
actualités, extrêmement laconiques, sont formulées aussi sous forme de propositions sans verbe: Dans les
actualités, dans les communiqués annonçant les nouvelles du jour, il est naturel de voir les temps du verbe
désignant des actions qui sont en rapport immédiat avec le présent, à savoir : le présent, le passé composé, le passé
immédiat, le futur simple et immédiat : L’emploi du présent est caractéristique pour les textes d’information où il
désigne une action récemment achevée ou qui aura lieu dans l’avenir immédiat.Comme nous l’avons vu plus haut,
il est rare qu’un correspondant laisse voir son attitude personnelle envers le fait relaté. Aussi, l’emploi du lexique
expressif à valeur d’appréciation et des tropes individuels est-il rare dans ce genre de textes.
Par comparaison avec les autres genres d’articles de journaux et de revues, le style des textes d’information est le
plus unifié, le plus standardisé. La manière individuelle du journaliste s’y fait à peine sentir. Les reporters, les
correspondants des bureaux d’information suivent les modèles généralement adoptés, usent de formules
consacrées..

Article de fond (éditorial)


Un article de fond a pour sujet quelque fait ou problème d’actualité ; il a un caractère nettement propagandiste.
Pour persuader et convaincre, pour impressionner ses lecteurs, l’éditorialiste recourt à tous les moyens stylistiques
offerts par la langue. Le style d’un éditorial et celui des manifestations oratoires ont des traits communs, quoique
nous ayons là deux formes de communication différentes, orale et écrite. La communauté des buts décide de la
communauté du style.
Grammaire et lexique
Les constructions syntaxiques développées abondent, ce qui est dû surtout auxséries de termes multiples
Les articles de fond traitent les problèmes et les événements les plus sérieux de la vie sociale, en font une analyse
approfondie et énoncent un jugement sur les faits. Aussi un éditorialiste ne peut-il se passer d’un vocabulaire
spécial, de termes sociaux, politiques et économiques et d’une phraséologie appropriée. D’autre part, il emploie
des mots et locutions à valeur d’appréciation.

43. Le langage de l’administration et des affaires : les particularités.

Les communications entre les ministères, les administrations publiques ou privées, les magistratures, les
entreprises industrielles et les maisons de commerce, ainsi qu’entre ces organismes et la population, ont leurs
normes et leurs règles. Elles gouvernent le choix et l’emploi des faits de langue (lexique et grammaire), c’est-à
dire qu’elles exigent un style spécial. C’est le style officiel.
En style officiel sont rédigés: lois et décrets, arrêtés, circulaires, ordres et instructions, avertissements, traités et
contrats entre établissements publics et particuliers, procès-verbaux, lettres d’affaires, certificats, mémoires et
déclarations, demandes, etc. Bref, dans tous les cas où les administrations publiques et les particuliers doivent
s’entendre sur des questions d’affaires ou de droit, ils ont recours à ce style.
La formation du style officiel français en tant que mode d’expression spécial, normalisé et standardisé, a eu ses
causes historiques. Depuis le XVIe siècle, le français devient langue nationale, langue officielle. En 1539,
l’ordonnance du roi François Ier prescrit l’usage du français dans la procédure judiciaire et l’administration sur
tout le territoire du royaume. Dans ces domaines, les dialectes régionaux et le latin cèdent la place au français,
langue nationale.
C’est alors que les normes du style officiel commencent à être élaborées. Ce fut le premier style écrit du français :
la science, où dominait le latin, ne s’était pas encore créé un style à elle, et la presse ne faisait que naître.
Depuis ce temps-là le style officiel évolue et se modifie en rapport avec l’évolution de la langue d’une part, et de
l’organisation sociale et administrative de l’Etat français, de l’autre. Toutefois, il faut dire que le style officiel est
conservateur en tant qu’il favorise l’emploi de certaines formules traditionnelles.
Les sphères d’application du style officiel étant multiples et variées, ce style est loin d’être uniforme. Tout en
gardant ses propriétés essentielles, il prend des traits particuliers selon la sphère d’emploi. Comme nous allons le
voir, le style d’un texte de loi, celui d’un document administratif, d’un traité, ou d’une lettre d’affaires, ont non
seulement du commun, mais du particulier aussi.
44. Le style officiel et ses particularités.
Le style officiel (administratif).
On a recours au style officiel dans les communications entre les ministères, les administrations publiques ou
privées, les magistratures, les entreprises industrielles et les maisons de commerce. Ce sont les textes des
lois et des décrets, des arrêtés, des circulaires, des ordres et instructions, des avertissements, des traités et
contrats, des procès verbaux, des lettres d’affaire, des certificats, etc. qui sont rédigés en style officiel. Il
s’agit donc du langage de l’administration et des affaires.
Le style administratif se caractérise par son objectivité, sa clarté, son austérité, son caractère impersonnel.
Ce style exclut toute affectivité, tous moyens d’appréciation subjective. Le langage administratif est très
conservateur en tant qu’il favorise l’emploi de certaines formules traditionnelles. La composition des textes
officiels suit les règles assez strictes. Le style administratif abonde en expressions figées et clichés de toutes
sortes dont plusieurs sont archaïques et ne s’emploient guère en dehors du langage officiel. Ce sont par
exemple: le porteur d’icelui qui contient la forme archaïque du pronom démonstratif celui; de par la loi
avec deux prépositions de suite; près le tribunal où manque la préposition de; Je soussigné... avec le
pronom je au lieu de moi; avancement d’hoirie = héritage, etc.
Les clichés du style administratif: dégradation civique (поражение в правах), flagrant délit, mesures en
cours d’exécution, revêtir de sa signature, délivrer un certificat, etc. Le besoin de tout prévoir, de
décrire les faits d’une manière objective et exacte expliquent un grand nombre de phrases complexes et
parfois très longues dans les textes officiels. Plus haut nous avons déjà signalé une autre particularité
syntaxique du style administratif: c’est l’inversion absolue qui permet d’équilibrer la phrase, de mettre en
relief à la fois le sujet et le prédicat (voir l’exemple p. 36).
Quant à la morphologie le style officiel se caractérise par l’emploi de Nous de majesté (voir p. 29), des
constructions passives (il est statué par le ministre..., il sera créé des comités d’établissement, il est
institué au ministère une commission, etc.), des tours participes (mandat tendant à la poursuite...,
décret portant dissolution..., etc.)

Les textes officiels se composent selon les règles bien déterminées et très strictes. Il existe des clichés, des
formules spéciales qui doivent être employés au début des traités, des contrats, des lettres d’affaire. Le texte
de ces documents est rédigé d’après un plan défini. Et l’on doit términer chacun de ces documents d’une
façon particulière.
En français, comme en russe, le style administratif est beaucoup critiqué. On lui reproche d’être trop lourd,
difficile à comprendre. René Georgin écrit à propos des textes officiels: «Il n’y a pas de textes plus lus et
plus relus car on ne les comprend pas toujours du premier coup». (Хрестоматия, стр. 104)
Malgré tout, ce style subsiste et ne peut être remplacé par aucun autre puisque son objectif est de régler les
rapports entre les états, les entreprises, les citoyens, l’état et ses citoyens, etc.
Les communications (стосунки, зв’язки, сполучення) entre les ministres, les administrations publiques ou
privées, les magistratures (судове відомство), les entreprises industrielles et les maisons de commerce
(торгові фірми) ont leurs normes et leurs règles. Elles gouvernent le choix et l’emploi des faits de langue
c’est-à-dire qu’elles exigent un style spécial. C’est le style officiel. C’est un style laconique, réduit au
minimum de paroles.
Les documents qui sont rédigés en style officiel : lois, décrets, ordres, instructions, traités et contrats entre les
établissements publics et particuliers, procès-verbaux, lettres d’affaires. Le style officiel est dépourvu de
toute affectivité. Ce style est hérissé (всіяний) de formules archaïques et de termes juridique : ci-dessus cité
– вищесказаний, susmentionné – вищезгаданий, à ce présent et ce acceptant – при цьому присутній і на
що згідний.
Ce qui attire en premier lieu l’attention dans ce style, c’est la complexité de la syntaxe, la longueur de la
phrase, qui s’explique par le désir de tout prévoir, de donner dans une seule phrase un exposé d’ensemble de
la question, sous tous les aspects. Ce sont pour la plupart des subordonnées relatives qui précisent ou
expliquent les termes de la proposition.
Par exemple : Le présent règlement général sera mis à l’exécution le 1-er janvier 1982 et demeurera en
vigueur jusqu’à la mise à l’exécution des actes du prochain congrès.
C'est un style des documents officiels, diplomatiques, commerciaux, juridiques, militaires. Le but de
la langue officielle est d'établir, de déterminer les des conditions, les restrictions d'une collaboration
pour régler le travail commun.

Ces documents doivent être rédigés d'une manière précise, sans la moindre possibilité d'équivoque.
L'expression est très laconique, les paroles sont réduites au minimum, les procédés expressifs sont
exclus.

Ce style emploie largement des formules traditionnelles, consacrées par l'usage: en foi de quoi, à
l'expiration de ce terme, hiérarchie salaires, fermé pour cause d'inventaire. L'emploi de ces formules
toutes prêtes est déterminé par la nécessité de faciliter la rédaction des documents d'après la forme
donnée une fois pour toutes. Cette rigidité des formes d'expression a fait que le style officiel a conservé
quantité de formes archaïques; ci-inclus, d'icelui, je soussigné; des formules latines: persona grata, pro
tempore, statu quo, de jure, de facto.

La structure syntaxique des textes officiels est caractérisée par des phrases longues et développées
contenant plusieurs conjonctifs. Cela se fait pour rendre avec plus de précision les idées et leur
hiérarchie.

Par exemple: "Les citoyens peuvent, conformément à la loi, posséder des biens en propriété
personnelle, avoir le droit d'usage des logements et d'autres biens, choisir le genre d'occupation et de
domicile, avoir le droit d'auteur sur les ouvrages scientifiques, littéraires et artistiques, sur les
Indécouvertes et les inventions, avoir d'autres droits relatifs aux biens" (Code civil).

La tendance à la précision fait numéroter les points des textes officiels. Chaque domaine de
l'application du style officiel a sa terminologie spéciale, ses clichés particuliers, la fréquence de tels ou
tels moyens. Ainsi, dans les documents juridiques et diplomatiques on emploie largement des formules
latines, dans la correspondance commerciale - des formules de politesse. Les documents militaires se
caractérisent par l'emploi du futur simple exprimant l'ordre comme indiscutable.

Dans la langue officielle la manière individuelle est réduite presque à zéro. C'est une langue
impersonnelle dans laquelle celui qui écrit ou parle ne manifeste en aucune façon sa personnalité.

45. Le texte de loi. Les conventions internationales : leurs particularités.


Particularités du texte de loi Ce qui attire en premier lieu l’attention dans ce style, c’est la complexité de la
syntaxe, la longueur de la phrase, qui s’explique par le désir de tout prévoir de donner dans une seule phrase un
exposé d’ensemble de la question, sous tous ses aspects. Le tout est une phrase complexe, dont la principale
(Seront punis... tous juges...) est suivie d’une cascade de subordonnées, qui, à leur tour, sont coordonnées ou
subordonnées l’une à l’autre. Ce sont pour la plupart des subordonnées relatives (déterminatives) qui précisent ou
expliquent les termes de la proposition. Les subordonnées sont encore alourdies par les tours participes et infinitifs
(un jugement, une ordonnance ou un mandat, tendant à la poursuite; mandat de saisir ou arrêter..., autorisations
prescrites par les lois).
La longueur et la complexité des phrases s’expliquent aussi par le nombre de cas d’espèces invoqués,
l’énumération des personnes, des actions et des documents sur lesquels porte la loi : au lieu, d’un seul terme de la
proposition, on voit paraître des termes similaires (tout officier de police judiciaire, tous procureurs généraux ou
de la République, tous substituts, tous juges; provoqué, donné ou signé; tendant à la poursuite personnelle ou
accusation).
Le besoin de relier les différentes parties de la phrase demande l’emploi réitéré de conjonctions (de coordination et
de subordination). Il suffit de dire que dans l’extrait ci-dessus qui ne contient qu’une seule phrase, il y a seize cas
d’emploi de conjonctions, la conjonction ou à elle seule y étant répétée douze fois.
Les traits ne sont point dus à une excessive prolixité. C’est que tout doit être prévu, mentionné et précisé; l’exposé
d’ensemble d’un problème doit être présenté sous tous ses aspects, pour éviter toute possibilité de malentendu,
d’interprétation fausse ou arbitraire de la loi. Cette nécessité justifie, dans une certaine mesure, la longueur des
phrases, qui s’explique aussi par des référence à différents textes d’articles de loi, de statuts, de décrets ou
d’arrêtés.
D’autre part, sont exclus de l’exposé tous les détails qui ne seraient pas indispensables ou qui y apporteraient un
élément de réaction personnelle, subjective.
Ainsi l’ampleur se marie à la concision.
Quant à l’ordre des mots dans la phrase, l’inversion du sujet devient une des marques des textes de lois et arrêtés.
Le style officiel et celui des documents juridiques en particulier, est conservateur : il tend à conserver des
tournures grammaticales archaïques dont la forme ne correspond pas à la grammaire de nos jours. La tradition
pousse à reprendre toujours les mêmes formules. Ainsi ces archaïsmes de grammaire sont transférés de loi en loi,
de code en code, les nouvelles lois étant formulées d’après les anciens modèles.
La langue de l’administration et des affaires a son vocabulaire variant selon le22:46 genre du document : loi, traité,
lettre commerciale, etc. On a dû remarquer que le texte de loi reproduit ci-dessus abonde en termes, mots isolés et
locutions, de caractère spécial.
A cette terminologie spéciale appartiennent les noms officiels d’institution, de fonctionnaires, de documents ainsi
que les mots désignant les notions juridique spéciales : Assemblée Nationale, Conseil de la République, Conseil
d’Etat, et autres; officier de police judiciaire, procureurs généraux, procureurs de la République; mandat,
ordonnance; dégradation civique, poursuite personnelle, flagrant délit, et autres.
46. Le texte administratif. La lettre d’affaires : leurs caractérestiques.

Particularités du texte administratif

Le texte ne comporte que deux longues propositions dont la première abonde en tours participes. Nous y voyons
aussi l’emploi du pronom personnel (respectif possessif) de la première personne du pluriel au lieu du.
Aujourd’hui ce pluriel de majesté, quelque peu archaïque, continue néanmoins à être employé dans les documents
administratifs.
Ce qui est encore propre à la langue de l’administration et de la jurisprudence, ce sont les formules toutes faites,
les expressions figées à éléments grammaticaux archaïques.. La formule usitée le porteur d’icelui comprend la
forme archaïque du pronom démonstratif celui. Le double emploi de prépositions dans la formule consacrée de par
la loi ainsi que l’absence de la préposition dans l’expression près le tribunal ne correspondent plus à la norme
grammaticale du français.
L’emploi du pronom atone je pour la forme tonique moi dans la formule assez usitée. Je, soussigné, ...est un autre
exemple de grammaire archaïque conservée par le style officiel. Archaïques sont aussi les expressions comme le
dit témoin, avance d’hoirie, au lieudit, etc.
Les expressions à éléments archaïques persistent parce que la langue du droit et de l’administration est soucieuse
de protéger ses formules contre les risques d’interprétation. Les sujets traités dans les documents de
l’administration et de la jurisprudence demandent un large emploi de la terminologie spéciale désignant les choses
et les notions qui se rapportent à ces domaines de la vie sociale sont, par exemple, les noms d’institutions, de
dignités et de documents que nous relevons dans notre texte : Préfecture de police, Direction de la Police
Judiciaire, Tribunal de première instance, Tribunal militaire; juge d’instruction, huissiers, agents de la force
publique; mandat d’arrêt, etc.22:49
Le style officiel recourt non seulement à une terminologie plus ou moins spéciale pour désigner les choses du
monde administratif. On y trouve nombre de formules usuelles, stéréotypées qui y sont de mise à cause de leur
caractère impersonnel : enquête approfondie, des mesures en cours d’exécution, revêtir de sa signature (au lieu de
signer), prendre ses responsabilités, comporter une réponse, prendre toutes dispositions utiles; voire des bouts de
phrases tout faits : Par circulaire en date de..., Les prescriptions ci-dessus devront être obligatoirement observées,
Les principes posés par la présente circulaire s’appliquent dans tous les cas, sans aucune exception, de quelque
nature qu’elle soit.
Le style administratif préfère le passif impersonnel au sujet déterminé ou à la forme active, car les constructions
impersonnelles ont un caractère pour ainsi dire anonyme
Il est à noter qu’un texte juridique ou administratif est composé sur des modèles fixes, avec des formules
d’introduction et des formules finales obligatoires. Parfois l’emploi abusif de formules spéciales, souvent
archaïques, de pléonasmes qui alourdissent la rédaction, la complexité excessive de la syntaxe ont pour cause les
tendances antidémocratiques des législateurs et administrateurs, nullement intéressés à ce que les lois et actes
soient à la portée de la population. Remarquons qu’après la Révolution d’Octobre en Russie, le style officiel russe
fut remanié; les éléments archaïques, ces suites des traditions solidement enracinées, en furent bannis, la syntaxe
fut simplifiée.
Mais, d’autre part, si la longueur des phrases, la complexité de la syntaxe persistent dans les textes officiels, c’est
que les règlements qu’on rédige sont d’une complication croissante, car il faut y tenir compte d’une quantité
innombrable de lois, de décrets et d’arrêtés, car on se trouve sans cesse en présence de cas d’espèce infinis.

Particularités de la lettre d’affaires


Une lettre d’affaires, ennemie de tout «délayage», est forcément bernée dans
son étendue. Elle doit être brève, mais compréhensible, ramassée, mais complète; sa
concision ne doit pas nuire à sa clarté. Aussi, une lettre d’affaires, en particulier une
lettre commerciale, témoigne-t-elle du souci de la précision mariée à la concision,
que nous avons déjà eu l’occasion de signaler dans les textes analysés ci-dessus : tout
ce qui est nécessaire est dit, mais sans aucun détail superflu.
Notons une fois de plus l’emploi de propositions développées, complexes, de la
terminologie spéciale et de formules traditionnelles. Mais ces termes et ces formules
ont un caractère particulier.
Comme trait spécifique de la correspondance d’affaires signalons les formules
standardisées qui commencent et terminent une lettre. Ce sont des formules
d’introduction ainsi que des formules de politesse finales.
Cependant le style d’affaires de nos jours tend à simplifier les formules de
politesse traditionnelles.
Tout en se pliant à des normes plus ou moins fixes, le style d’affaires est
toutefois moins conservateur que celui de la jurisprudence : sa grammaire et son
lexique sont exempts d’archaïsmes. Les formules toutes faites que la correspondance
d’affaires n’évite point, correspondent aux normes de la langue d’aujourd’hui. Le22:31
rythme accéléré de la vie actuelle, le désir d’aborder au plus vite le fond de l’affaire
poussent les correspondanciers à renoncer aux formules traditionnelles, volumineuses
et surannées. Le monde d’affaires n’a aucun intérêt à se servir d’un style aussi
enchevêtré et obscur que celui qui caractérise parfois certains textes juridiques et
administratifs.
Le style des lettres d’affaires, tout réglementé qu’il soit, n’est pas stéréotypé et
admet une certaine liberté dans le choix des expressions, qui dépend alors des
relations entre expéditeur et destinataire. Aussi, une lettre d’affaires peut-elle être
conçue de manière plus ou moins individuelle, son auteur peut s’écarter, à une
certaine mesure, du standard.
Cependant, il est à remarquer que le style des lettres d’affaires, et, d’autant
plus, celui des autres documents officiels, n’admet point l’emploi du vocabulaire
familier et du lexique à valeur d’appréciation affective.
• Au passif, dont il ne faut pas abuser dans les lettres commerciales; la voix
active permet de déterminer le sujet de l’action avec précision.
• Aux prépositions qui accompagnent certains verbes revenant souvent dans la
correspondance : des verbes, pourtant synonymes, peuvent avoir des constructions
différentes :
donner à, parier à / de, envoyer / adresser quelque chose à quelqu’un,
téléphoner à quelqu’un mais appeler quelqu’un, prévenir/ informer quelqu’un,
demander à qu’un de faire quelque chose mais prier quelqu’un de faire quelque
chose, ne pas oublier de faire quelque chose mais penser à faire quelque chose, avoir
le plaisir / être heureux de faire quelque chose.
• Aux pronoms personnels : si vous en associez deux, ils suivent un ordre
déterminé :
Ex : nous les en informerons; nous ne nous en occuperons pas ; nous nous y
rencontrerons, etc.
• A ne pas confondre participe présent et passé : nous sommes intéressés par
vos produits (= vos produits nous intéressent), pas nous-sommes-intéressants (=
nous sommes des personnes de qualité).
• Aux temps des verbes : espérer doit être suivi de l’indicatif, souvent au futur
simple {nous espérons que vous apprécierez nos produits), souhaiter exige le
subjonctif (nous souhaitons que vous appréciez nos produits). Tous les verbes et
expressions porteurs de certitude (être sûr /certain / persuadé / convaincu, ne pas
douter, affirmer, etc.) sont suivis de l’indicatif puisqu’il n’y a pas de doute.
• Aux pronoms relatifs, qui, que, dont, duquel, etc. qui risquent d’alourdir la
phrase si vous en abusez.22:32
Évitez les phrases du style : «suite à notre entretien téléphonique au cours
duquel vous nous avez parlé de votre nouveau produit qui sortirait fin mars et que les
clients à qui il a déjà été présenté, attendent avec impatience, et grâce auquel vos
ventes connaîtront une rapide croissance... », au risque de perdre votre lecteur en
cours de route [17, 148].
Deux pronoms relatifs par phrase, c’est bien, trois c’est déjà souvent trop...
• A garder le même sujet si vous employez un gérondif :
En vous remerciant par avance, veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations
est incorrect, puisque c’est nous qui remercions, et vous le sujet de «vouloir
recevoir». Dites donc :
En vous remerciant par avance, nous vous prions d’agrée, Monsieur,
l’assurance de nos salutations...
• Aux formules de politesse : on envoie ses salutations distinguées à un
inconnu, des sentiments distingués ou les meilleurs à quelqu’un qu’on connaît, des
sentiments dévoués à un client, des sentiments respectueux à un professeur ou à
quelqu’un qu’on admire particulièrement.
En règle générale : salutations (fém) est neutre, sentiments plus amical, dévoué
s’emploie pour une relation fournisseur-employé, respectueux est une marque
d’appréciation du correspondant.
Les formules courtes sont généralement plus sèches et moins polies (sauf pour
un e-mail). La formule la plus courte que vous pourrez employer si vous adressez une
lettre de réclamation par exemple et que vous voulez manifester votre
mécontentement, sera : Recevez, Messieurs, mes salutations.
• Au sujet dans la lettre : il est d’usage de privilégier le «vous» par rapport au
«je »... On utilise également souvent «nous» quand on écrit au nom de l’entreprise ou
d’un service. A consacrer un paragraphe à chaque idée; toute nouvelle information
fera l’objet d’un nouveau paragraphe.
• Au registre dans lequel vous rédigez : à qui écrivez-vous ? un client ? un fournisseur? quelles sont vos relations
avec votre correspondant? Quel sentiment
vous anime : la gratitude (lettre de remerciements), la colère (lettre de réclamation),
le doute (lettre de demande de renseignements), etc.
Vous-même, qui étes-vous? La lettre commerciale est souvent le reflet de la
société dont elle émane. Les jeunes entreprises, issues des nouvelles technologies
notamment, rédigent généralement leurs courriers dans un style empreint de moins de
formalisme que les maisons plus traditionnelles. Leur langage est souvent plus
simple, direct, les formules de politesse sont plus proches des formules de
correspondance américaine.
• A la présentation générale enfin : l’ensemble sera harmonieusement disposé
sur la page, que la lettre soit dactylographiée ou manuscrite [17, 149].22:32

47. La question rhétorique et son rôle dans un énoncé.

Une question dite oratoire est au fond une affirmation qu’on revêt de la forme interrogative, pour
susciter l’attention de l’auditeur ou du lecteur. Les questions oratoires ne demandent pas de
réponse directe. C’est un moyen éminemment affectif de mise en valeur d’un fait, d’une idée.
L’intonation mi-interrogative, mi-exclamative y est pour beaucoup. Cette sorte de questions se
retrouve le plus souvent dans les discours des orateurs, les articles de journaux et dans la poésie.
Par exemple : Et nous, Français, moi Parisien, que dirons-nous ce soir ?
48. La langue des belles-lettres et ses particularités.
Le style des belles-lettres.
Plus haut nous avons remarqué qu’il ne fallait pas confondre le style des belles-lettres, la langue de la
littérature avec la notion de la langue littéraire. Un écrivain peut utiliser dans ses œuvres non seulement les
moyens conformes à la norme littéraire (= meilleur modèle de la langue nationale), mais aussi les faits condamnés
par cette norme (langage populaire, argotique) nécessaires pour mieux peindre ses personnages, leur milieu. De
cette façon on peut constater que la fonction essentielle du style des belles-lettres est la fonction esthétique: tous
les moyens y sont appelés à remplir cette fonction, à créer un système d’images. Ses traits stylistiques sont donc:
caractère imagé, expressivité, affectivité visant des buts esthétiques.
L’existence du style de la communication littéraire est souvent contestée, notamment, parce qu’on peut y
rencontrer les éléments de tous les autres styles écrits et parlés. Pourtant, il serait faux d’affirmer que ce style soit
un style mixte. Tous les moyens empruntés aux autres styles y sont motivés par la fonction esthétique. En plus ce
n’est pas le style lui-même qui est emprunté mais seulement certains éléments qui en portent la marque.
Le style des belles-lettres représente lui aussi un système de moyens d’expression résultant du choix
conscient des écrivains. L’écrivain met en œuvre les faits de la langue choisis pour exprimer son idée par des
images concrètes, par des tableaux. Pour lui, la langue est un instrument qui permet de peindre la réalité telle qu’il
la conçoit et de la transporter en images.
La langue de la littérature est un des aspects les plus riches de la langue nationale. Aucun autre style
n’emploie un vocabulaire aussi nombreux, aussi divers, une gamme aussi riche de structures grammaticales.
Un écrivain utilise largement tous les tropes existants qui sont pour lui un moyen efficace de peindre des
tableaux de la vie, de faire les portraits des personnages, de traduire ses sentiments et susciter ceux du lecteur.
Un bon écrivain possède sa manière individuelle d’écrire, son style. Il renouvelle les images, crée de
nouveaux procédés expressifs. L’originalité du style est un des critères d’une vraie œuvre d’art, d’un véritable
littérateur. Les écrivains contribuent largement à l’enrichissement et au perfectionnement de la langue nationale.
De cette façon, le style des belles-lettres occupe grâce à sa fonction esthétique une place à part dans le
système des styles fonctionnels du français.
49. Le volume de la phrase et ses particularités.
Forme et volume des propositions
La phrase syntaxique ou P est une unité formée de grands constituants. Elle est presque toujours
construite autour d’un verbe, conjugué ou non. Dans toute P (sauf certaines phrases transformées), il y a
minimalement deux grands constituants obligatoires, qui sont deux fonctions : le sujet et le prédicat.
Exemples
Elle écoute.
à Elle est le sujet; écoute est le prédicat.
toute unité formée des grands constituants obligatoires (sujet, prédicat) et, s’il y a lieu, d’un ou de
plusieurs constituants facultatifs (compléments de P) est une phrase syn- taxique ou P. Chaque fois qu’il y a un
verbe, conjugué ou non, il y a une P1.
La P est soit autonome soit subordonnée. Elle est dite autonome quand elle ne dépend pas d’une autre P.
Exemple
Les progrès accomplis par cet enfant sont formidables.
 On a une P parce qu’il y a un verbe, sont, et qu’on retrouve les deux grands constituants obligatoires,
le sujet (les progrès accomplis par cet enfant) et le prédicat (sont formidables). Cette P ne dépend d’aucune
autre, elle est donc autonome.
La P est dite subordonnée quand elle dépend d’une autre P. Exemple
Les progrès qu’a accomplis cet enfant sont formidables.
 On a deux verbes, a accomplis et sont, donc deux P. La P qu’a accomplis cet enfant a bien les deux
constituants obligatoires (sujet : cet enfant; prédicat : qu’a accomplis), mais elle n’est pas autonome parce
qu’elle dépend d’une autre P. Elle est donc subordonnée.
Une P subordonnée se situe nécessairement dans une autre P. C’est la raison pour laquelle une P
autonome peut inclure une ou plusieurs P subordonnées (mais n’en inclut pas nécessairement). Quand une P
inclut une autre P, on dit qu’elle forme une P matrice.
Exemple
Les progrès qu’a accomplis cet enfant sont formidables.
 On a déjà vu qu’il y a ici deux P. L’une, qu’a accomplis
50. L’hyperbole comme figure d’amplification.

Définition de l'hyperbole
L'hyperbole est une figure de l'exagération qui repose sur le grossissement exagéré d'une
caractéristique, d'une idée ou d'un sentiment dans un but de mise en valeur (positive ou négative).
On utilise souvent d'autres figures de style pour construire une hyperbole comme la métaphore ou
la comparaison.

Ainsi, dire que quelqu'un est un « géant », c'est recourir à une métaphore mais aussi faire une
hyperbole puisque l'on grossit démesurément le trait pour mettre en valeur la taille de la personne.
On utilise également beaucoup de superlatifs pour construire une hyperbole. Ces derniers sont des
mots qui expriment un degré très élevé (« beaucoup », « extrêmement », « le moins », « le plus »
etc.)
De la même façon que certaines métaphores se sont en quelque sorte « figées » et sont rentrées
dans le langage courant. On dit ainsi qu'on « meurt » de soif ou de faim, qu'on a une « tonne » de
travail, que telle chose est à « mourir » de rire etc.
L'hyperbole vise principalement des effets d'exagération (de qualités, de situation, mise en relief
de détails...) que l'on retrouve dans son sens mathématique (courbe ascendante), et d'ironie. Elle
joue sur l'intensité (certains la classent dans les figures d'intensité) dans le sens de l'accroissement.
Elle peut magnifier ou rabaisser, dans les deux cas l'ironie est en jeu car seul le contexte et
l'intentionnalité du locuteur permet d'en comprendre la portée.
L'hyperbole est caractéristique, lorsque son emploi est abondant, du style emphatique
tendant à la magnificence :

« Magdelon - Il faut avouer que je n’ai jamais vu porter si haut l’élégance de l’ajustement
Mascarille - Attachez un peu sur ces gants la réflexion de votre odorat.
Magdelon - Ils sentent terriblement bon.
Cathos - Je n’ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée. »
Selon La Bruyère, l'hyperbole exprime un état des choses inconcevables pour permettre à l'esprit
de mieux connaître la réalité.

Selon Brunot, toute la société vit sous le règne de l'hyperbole : langage oral, publicité, cinéma,
romans, etc., par opposition au règne de la mesure, celui de la litote. On différencie par ailleurs
deux types d'hyperboles : l’hyperbole lexicale et l’hyperbole discursive

51. La périphrase comme figure de style. Son rôle stylistique.

Définition de la périphrase
La périphrase est une figure de style qui consiste à exprimer en plusieurs mots ce qu'on aurait pu
dire en un seul terme. L'utilisation de cette figure permet d'éviter les répétitions. Elle permet
également de mettre en avant certaines caractéristiques de l'objet ou de la personne décrite, qu'un
seul mot n'aurait pu mettre à jour. La périphrase fait partie de la catégorie des figures de
substitution.
Pierre Fontanier, grammairien français, présente dans Les Figures du discours la périphrase en
tant que figure d'emphase : «  La périphrase consiste à exprimer d’une manière détournée,
étendue, et ordinairement fastueuse, une pensée qui pourrait être rendue d’une manière directe et
en même temps plus simple et plus courte. »
Exemples :
La ville rose (pour désigner Toulouse)
La langue de Shakespeare (pour désigner la langue anglaise)
Le billet vert (pour désigner le dollar américain)
Le roi soleil (pour désigner Louis XIV)
Les forces de l'ordre (pour désigner les policiers)
On utilise la périphrase pour obtenir différents effets dans le discours :
La périphrase peut avoir un effet euphémique : « vous regardez le travail comme le seul guide
qui peut vous conduire à une vie heureuse » (Xénophon) pour dire que quelqu'un travaille
beaucoup. « Les personnes âgées » pour désigner les vieux.
La périphrase peut voir un effet ironique : « Candide, qui tremblait comme un philosophe, se
cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque. » (Voltaire, Candide) Ici la «
boucherie héroïque » est une périphrase pour désigner la guerre.
La périphrase peut être utilisée par politesse : « aller faire ses besoins » pour dire qu'on va aux
toilettes.
Exemples de périphrases de lieu :
Le pays du fromage pour parler de la France.
La ville éternelle pour parler de Rome.
La ville lumière pour parler de Paris.
La cité phocéenne pour parler de Marseille.
La capitale des gaules pour parler de Lyon
La ville rose pour parler de Toulouse.
Exemples de périphrases concernant les personnes :
L’empereur à la barbe fleurie pour parler de Charlemagne.
Le Roi-Soleil pour parler de Louis XIV.
L’homme du 18 juin pour parler du général de Gaulle.
Le Saint-Père pour parler du pape.
Autres exemples de périphrases :
Le petit écran pour parler de la télévision.
Le roi des animaux pour parler du lion.
Le septième art pour parler du cinéma.
Le plus vieux métier du monde pour parler de la prostitution.
Le miroir de l’âme pour les yeux.

52. Les métaplasmes comme figures de diction et les figures de sonorité.

. Métaplasmes : figures dues à une opération qui alterne la continuité phonique ou graphique du
message > la forme de l’expression, au niveau du mot
Suppression : se fait par l’avant / l’arrière / à l’intérieur du mot *
l’aphérèse (f) : suppression de phonèmes au début de mot (‘gzactement, las = hélas)
* l’apocope (f) : suppression de phonèmes en fin de mot (bac, fac, sympa, perpète)
* la syncope : suppression de phonèmes à l’intérieur du mot (v’là, m’amie)
* la synérèse : prononcer 2 voyelles contiguës en une seule syllabe à l’intérieur d’un mot
(versification); ex. « diamant » prononcé en 2 syllabes * la déléation : suppression complète d’un
mot, points de suspension

B. Adjonction : s’effectue par l’avant / par l’arrière du mot


* la prosthèse: adjonction d’un phonème en début de mot; («les nroues», «nretiennent») *
l’épenthèse (f) : ajout d’un phonème / d’une syllabe à l’intérieur d’un mot ; ex. merdre
* la diérèse : prononciation en 2 syllabes distinctes de 2 voyelles successives d’un même mot ; «
Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres » (Hugo)
* mots-valises (téléscopage) : fusion de 2 mots différents possédant qu. caractéristiques
communes ; ex. évoluption, écharpidémie, « donner l’alcoolade » (Queneau)
53. L’argot et le jargon. Le parler des jeunes.
Le langage populaire
"On a dit que j'écrivais bien. Si cela est vrai, je vois à cela deux raisons. En premier lieu, j'ai beaucoup
écouté parler les artisans et les gens du peuple. Ils sont nos professeurs de langue. Ils parlent naturellement. Au
contraire, les gens du monde et les professeurs usent d'un langage artificiel et faux. Ce qui fait encore que je n'écris
peut-être pas mal, c'est que je n'ai jamais eu le souci d'orner mon langage et que je me suis toujours efforcé de
traduire exactement mes pensées" (A. France).
La différence de principe entre la langue cultivée et le langage populaire réside en ce que la première est
déterminée par les règles canoniques, le second se développe selon les règles naturelles. Ces règles sont
déterminées soit par l'ignorance, soit par l'analogie, ce qui revient au même.
Les savants constatent que les écarts les plus significatifs par rapport a la norme ne sont pas de simples
fautes, mais l'effet de l'influence du système (P.Guiraud).
La langue populaire tend à régulariser les formes, à réduire les formes parasitaires. Tel est l'emploi de la
particule -ti pour construire la question sans inversion du sujet:
Je vous fais-ti tort?
Et l'emploi du pronom on a côté du pronom nous;
Nous on les voit passer.
La réduction des formes se manifeste dans la suppression du pronom personnel-sujet : Veux pas! Sais pas.
Fallait pas le faire; et dans la suppression de la première partie de négation : Je vous comprends pas.
Il faut noter l'emploi de la forme ça pour designer les personnes: - Qui est là? - Moi. - Qui ça moi?
Dans le nombre des noms on observe l'emploi du pluriel sémantique. Sur le modèle de "des lunettes" on
dit: des pince-nez, des pantalons, des culottes (au lieu (de "un pince-nez",.).
Dans le genre du nom il y a des cas de correction du genre grammatical selon le sexe : un ordonnance, un
clarinette.
Par analogie avec "le fabricant - la fabricante" on dit: le partisan - la partisante.
Le domaine des adjectifs dans la langue populaire est celui de l'analogie. Sur le modèle de "campagnard -
campagnarde" on forme "avare avarde"; et inversement, du féminin "tiède" on forme "tié".
Dans le domaine du verbe on observe la tendance bien prononcée à simplifier les formes. On remplace les
verbes du 3-me groupe qu'on ne sait pas conjuguer par les verbes du 1-er groupe:
Au lieu de ceindre on utilise entourer
- choir - tomber
- clore - fermer
- faillir - manquer
- haïr - détester
- luire - briller
Cette substitution synonymique réduit la quantité des verbes.
Les verbes, toujours du 3-me groupe, sont défigurés, adaptés sur le modèle du 1-er groupe par le
changement du radical:
moudre devient mouler
conclure – concluer
cuire - cuiser
choir - chuter
Les verbes sont formés sur le radical nominal: réflexionner, visionner, déceptionner, intentionner,
fractionner, exclusionner, excursionner, solutionner.
Quant à l'emploi des temps il faut noter que le passé simple est disparu complètement de la langue
populaire et de la langue parlée.
Le subjonctif tend à se confondre avec l'indicatif:
II faut que je vais.
Le conditionnel s'emploie fréquemment après "si". Dans le vocabulaire l'ignorance adapte les mots à sa
manière de voir. Le peuple refuse l'inconnu et cherche à motiver les mots. Par exemple, le prédiatre devient
docteur d'enfants ou enfantiste (par analogie avec dentiste), surdité devient sourdité, expression – exprimation,
amabilité – aimabilité, pulmonique - pournonique, ordonner- ordirer.
La forme du mot peut rester la même, mais il prend un autre sens: un magasin bien achalandé est compris
comme bien approvisionné, hébéter - rendre bête.
Des mots peuvent être déformés par incompréhension ou par ignorance: colidor, coûte qui coûte,
apparution, corporence.
L'altération de la prononciation propre originairement à la langue populaire s'étend à la langue fanmilière.
C'est avant tout la disparition d'une consonne: on dit ostiné pour obstiné, ezamin pour examen, pasque, oscure,
esplozion, pauve type, quate, aimabe.
La combinaison KT est remplacée par K: insec, intac, architec, stric; STR est remplacé par S: orches.
L'argot
Dans la langue moderne le terme "argot" a trois acceptions différentes.
1. L'argot est le langage de ceux qu'on appelle gens du milieu ou des malfaiteurs.
II est le plus ancien et date de l'époque où les malfaiteurs étaient bandes. A cause de leur activité
malfaisante ils tenaient à ne pas être compris du profane.
Les voleurs créent facilement des appellations pour les gendarmes, les policiers, etc.: flic, vache. Ce sont
des mots qui appartiennent déjà à la langue parlée quotidienne.
Ce langage ne se caractérise que par le vocabulaire qui demande une initiation pour être compris. Le vrai
argot des gens du milieu est une langue étrangère pour les Français.
L'argot c'est avant tout une langue imagée, dans l'argot tout est métaphore, comme par exemple, profonde
pour poche, grimpant pour pantalon.
2. Le terme "argot" désigne les vocabulaires spéciaux qui naissent dans les groupes
unis par une activité commune. On distingue l'argot militaire, maritime, l'argot des typographes, des
écoles, des coulisses, des chauffeurs de taxi et beaucoup d'autres.
Dans l'Ecole Polytechnique les mots argotiques sont formés
l) par une simple abréviation, supprimant le commencement ou la fin du mot français: artillerie - arti,
amphithéâtre- amphi, colonel - colo, général - géné, cabinet - binet, confiture - fiture, capitaine- pitaine;
2) Les mots en eau, ot, o étaient considérés par les Polytechniciens comme la forme plurielle à laquelle
correspondait le singulier en al: bourreau- bourrai, boulot- boulai, bibio – biblal.
3. Le terme "argot" désigne enfin la "langue verte", c'est-à-dire la partie la plus vulgaire du lexique. Cet
argot n'appartient à aucun groupe social particulier, il est connu et compris, sinon pratiqué, dans toutes les couches
sociales; c'est surtout le langage de "mauvais garçons" pour qui chien se dit clebs, clébard ou cadar, chambre -
taule, piaule, les yeux- mirettes, les cheveux - tifs, l'argent - du peze, du fric, de l'oseille, du pognon, regarder -
viser, zieuter, moi - bibi, mézigue.
Le parler des jeunes.
Ce langage se construit et parmi les procédés de construction les plus courants, on y trouve :

 Le verlan qui consiste à inverser l’ordre de syllabes (zarbi, caillera)


 Des mots tronqués (blème pour problème)
 L’emprunt aux langues étrangères comme l’anglais (gun, sniffer), l’arabe (un kif, un keuf  ), le vieil
argot français (clope, sape)
 des métaphores (airbags pour les seins, une bombe pour une très belle fille)
 La suffixation consiste à ajouter un suffixe transformant ainsi crad en crados
 La réhabilitation des mots en voie de disparition comme bouffon et bâtard
 Le retour d’expressions désuètes et anciennes telles que « moyenner »qui veut dire négocier ou
marchander
 Des mots chic comme « charmant » (sa meuf, elle est grave charmante !)

Selon le dictionnaire de l’argot (Colin & Mével, Larousse, 1994), le verlan trouverait ses origines dans le roman
d’Auguste Le Breton "Du rififi chez les hommes" paru en 1954. Il était alors orthographié "verlen" ou "vers-l’en" pour
s’imposer par la suite avec l’orthographe actuelle "verlan". Cependant on peut trouver des exemples d'emploi du verlan dans
la littérature du XVIe siècle. 
Le verlan s’est véritablement popularisé dans les années 70-80 grâce notamment aux chansons de Renaud et son célèbre
"Laisse béton" (laisse tomber) et aussi aux bandes dessinées dites branchées de la même époque comme celles Tramber et
Jano avec Kébra chope les boules (1982), Le zonard des étoiles (1982), Kebra Krado Komix (1985)… Les personnages de
ces BD évoluent dans l'univers de la banlieue où l'argot moderne et le verlan sont omniprésents. 
L’arrivée du rap français à la fin des années 80, début 90 a véritablement systématisé l’emploi du verlan chez les jeunes issus
des cités de banlieue en y introduisant certaines nouveautés comme l’emploi des mots monosyllabiques de type Consonne-
Voyelle (pas → ap, vie → ive, là → al...) et le verlan du verlan aussi appelé veul (keuf → feukeu, beur → rebeu, meuf →
feumeu…). Aujourd’hui son emploi s’est tellement généralisé que certaines personnes ne savent même plus qu’elles
emploient des mots verlans ou sont incapables d’en retrouver la racine. 

Malgré l’apparente simplicité de cette forme argotique (bien plus simple en effet que le louchébem, argot des
bouchers), la compréhension du verlan devient très vite hermétique pour les non-initiés tant le procédé peut se compliquer
par l’usage de l’apocope (suppression de syllabe en fin de mot : teillebou → teille), la reverlanisation (femeu pour meuf
verlan de femme) et autre suppression de voyelles mais aussi la verlanisation de l’argot classique (zeillo pour oseille) ou de
mots étrangers (deblé pour bled).

 airbags = seins ; aç = ça ; ap = pas ; auch = chaud ; à donf = à fond 


bad-tripper = flipper = angoisser ; mob = mobylette ; mortel = super ; marav = baston = bagarre ; blème =
problème ; battre ; matter = regarder bombe = belle fille ; bouffon = imbécile 
meuf = femme ; mystique = atypique ; mururoa = belle fille ; moyenner = négocier ; ouf = fou ; oit = toi ;
oinj = joint ; = méchant = super ; céfran = français ; oim = moi caisse = voiture ; condé = policier ; 

54. Le lieu commun, la tautologie et le cliché comme figures de style.

1.4.Tautologie et cliché
Si l’on prend la tautologie du point de vue linguistique, devant un énoncé comme Un sou est un
sou les locuteurs sont loin d’éprouver une simple répétition de termes avec un manque de
signification et d’information corrélatifs. L’exemple mentionné illustre d’ailleurs un cas de
tautologie lexicalisée à force d’être usée. Dans beaucoup de cas effectivement les tautologies se
sont figées en raison d’un usage récurrent et deviennent des formes phrastiques précodées. Ainsi,
la signification qu’on leur attribue est préalable à leur emploi discursif, telle qu’elle se dégage des
exemples suivants: Un sou est un sou (= un sou, c’est peu, mais c’est mieux que rien), Les affaires
sont les affaires (= dans les affaires on ne pense qu’au profit), Chez moi, c’est chez moi (= chez
moi je fais ce que je veux), Le devoir, c’est le devoir (= le devoir a la priorité).
Signalons que nous nous trouvons là face à de vraies tautologies ; et du fait que les énoncés sont
figés il s’agit de clichés du même type que ceux constitués par des expressions telles que vivre
d’amour et d’eau fraîche, être heureux comme un roi, se sentir comme un poisson dans l’eau ou
geler à pierre fendre. La liaison avec les clichés ne paraît donc juste que dans le cas des
tautologies lexicalisées.
1.5.Tautologie, stéréotype et lieu commun
Dans le même ordre d’idées, on a mis aussi les notions de stéréotype et de lieu commun sur le
compte des tautologies. Lors d’un échange conversationnel réel, si l’on prend l’exemple
tautologique Une femme est une femme, on saisit certainement de façon différente SN1 et SN2.
On ne peut qu’être d’accord sur le fait que SN1 a un sens neutre et objectif (« femme » est pris
comme être vivant de sexe féminin), alors que SN2 est tributaire du contexte et le cas échéant de
la situation. Aussi, en dehors de ceux-ci, son sens est-il beaucoup plus flou.7 Cela étant, dans une
situation de communication donnée on s’accorde à donner à SN2 un sens parfaitement univoque.8
R. Martin, tout en rappelant qu’il faut faire le départ entre l’analyse linguistique et l’analyse
logique, a envisagé l’énoncé ci-dessus de la façon suivante:

La phrase Une femme est une femme n’apporte, en toute rigueur, aucune sorte d’information. Du
moins dans une logique binaire. Mais en fait la seconde occurrence du mot femme est un usage
sélectif. Elle se rapporte à telle propriété, variable selon les contextes, typique du comportement
féminin: besoin de plaire, propension à la rêverie, goût de la vertu, que sais-je? Peu importe la
qualité ainsi focalisée. L’essentiel est dans cette possibilité extraordinaire que possède le langage
naturel de sélectionner, dans le sens du vocable, ceux des traits que momentanément le discours
requiert (1992: 169).
Il est certain que l’analyste confronté à un énoncé tautologique de ce type peut le juger de prime
abord comme parfaitement redondant, ensuite il va sans doute l’appréhender comme significatif -
qu’il soit censé être banal ou non- par le biais de la mise en avant d’une caractéristique, en
l’occurrence dévolue à la femme. Il en va tout autrement pour le sujet parlant dans une situation
de communication particulière, pour qui l’énoncé tautologique assumera dès le départ une
signification pleine, et le comprendra sans tergiverser.
À ce titre, du point de vue pragmatique, tenant compte des circonstances de locution,
l’interprétation de SN2 sera dictée par la situation discursive. Du reste, on dégage aisément deux
modes de fonctionnement pragmatique de ce groupe nominal ainsi que l’a remarqué Charlotte
Schapira:9 soit de façon appréciative, si l’on vise des propriétés laudatives attachées d’ordinaire
au concept de femme ; soit de façon dépréciative, si l’on choisit des propriétés péjoratives qu’on
peut aussi lui attribuer.
Dans un cas on mettra en valeur par exemple la douceur, le charme, la sagesse ; dans l’autre ce
sera l’inconstance, le bavardage ou la méchanceté.
Et là nous trouvons les stéréotypes qui, par une activité de généralisation et de réduction,10
étayent la réputation sociale de la femme sur une échelle qui situe la valorisation neutre entre deux
pôles opposés. On voit comment l’énoncé tautologique est sous-tendu par des images préconçues
de la femme, mélioratives ou péjoratives,11 et par là même par des lieux communs, qui
préconisent soit que la femme personnifie le savoir-faire, la grâce et le bien, soit qu’elle
représente la cruauté et le mal.12 Mais ni les stéréotypes ni les lieux communs ne sont pour autant
eux-mêmes tautologiques : il y a tout simplement certains énoncés tautologiques qui sont étayés
par ceux-là.

tatologie
Étymologie du grec « dire la même chose »
Phrase tournée de sorte que sa formulation ne puisse être que vraie.
Peut-être apparentée au pléonasme, au truisme, à la lapalissade
Exemple : dans la Bible, Dieu s’adresse à Moïse en disant « je suis celui qui est » ou le slogan de
la française des jeux : 100% des gagnants ont tenté leur chance ce qui revient a dire 100% des
gagnants ont joué
Autres exemples que l’on peut qualifier de tautologie superfétatoire car superflue et redondant : «
je l’ai vu de mes yeux vu » « au jour d’aujourd’hui » ou les tautologies que l’on peut qualifier de
pléonasmes : monter en haut, tourner sur le côté, mon livre à moi, tu lui diras toi-même.
En effet, les tautologies les plus simples sont fondées sur la répétition d’un même terme. Dire,
comme Jacques Prévert dans Paroles « Je suis comme je suis », ou comme Jean-Luc Godard, Une
femme est une femme, revient à employer une tautologie. Autre exemple : lorsque, dans un
épisode de la série Friends, Rachel lance à Joey « Face tu perds, pile je gagne », cela revient
exactement au même !
Mais la tautologie, sous des allures légères, peut être plus sérieuse. L’expression « appeler un chat
un chat » a un sens bien précis : « appeler les choses par leur nom » et, par extension, « être franc
et direct ». Enfin, quand Johnny Hallyday déclare, faussement naïf, « Pour faire un couple, il faut
être deux », n’invite-t-il pas à réfléchir sur l’investissement égalitaire des deux partenaires au sein
d’une relation

Topos, topique (ou lieu commun)


Un topos est un sujet littéraire qui revient souvent jusqu’à constituer un thème récurrent et attendu
dans la littérature. Par exemple, dans un roman, le topos de la rencontre amoureuse.

On parle également de topos lorsque la thématique d’un texte est héritée d’une tradition ou des
dominantes idéologiques et esthétiques d’une époque.

En rhétorique, « les lieux communs sont des affirmations très générales concernant ce qui est
présumé valoir plus, en quelque domaine que ce soit, alors que les lieux spécifiques concernent ce
qui est préférable dans des domaines particuliers. » (C. PERELMAN, L’Empire rhétorique,
chapitre III : « Les prémisses de l’argumentation », Vrin.)

Un cliché (appelé aussi dans l’usage courant lieu commun, ou encore poncif) est une idée ou une
formule que l’on retrouve très souvent répétée dans les mêmes termes et qui est devenue banale,
usée. Différence entre cliché et lieu commun :
Remy de Gourmont cité dans Stéréotypes et clichés (R. Amossy et A. Herschberg Pierrot) : R. de
Gourmont (1899) […] distingue le cliché du lieu commun. Le cliché « représente la
matérialité de la phrase ; le lieu commun plutôt la banalité de l’idée […]. »
Il faut une attention particulière pour repérer les clichés, et aussi une certaine énergie pour les
éliminer. […] Le cliché fonctionne […] comme marquage de la qualité d’un texte : parce qu’il est
précisément une habitude d’écriture, qu’il a été répété avec suffisamment de constance pour être
reconnaissable comme participant d’une expression littéraire, le cliché joue le rôle d’une étiquette,
d’un label (comme on en colle sur les poulets pour garantir qu’ils sont « fermiers »).
Quelques procédés par lesquels les clichés sont fabriqués :

la métaphore ;
« l’association attendue […] de mots qui forment des blocs homogènes (manquer cruellement, une
marque indélébile, […]). » ;
le recours à un vocabulaire spécifique : mots « aux qualités sonores ou graphiques
particulièrement séduisantes », expressions et tournures « considérées comme raffinées », «
références à un monde passé, à des réalités disparues […] (rempart, labourer, puits, fardeau). ».

55. Les registres de langue et leurs particularités.

DIFFÉRENCIATION PHONOSTYLISTIQUE DU FRANÇAIS


Les styles phonétiques, comme les styles en général, sont le résultat d’un choix entre les moyens
phonétiques d’une langue et reflètent l’une des variantes de la norme orthoépique.
Maigré l’existence de nombreuses classifications des styles phonétiques ou des styles de prononciation la
différenciation phonostylistique du français oral pose encore beaucoup de problèmes.
La distinction de L. Ščerba entre deux styles: style plein ou soutenu et style parlé ou familier, bien qu’elle
ouvre de larges perspectives dans le domaine des recherches phonostylistiques, reste très générale, car chacun de
ces styles peut être associé à diverses situations et comprend par conséquent plusieurs variantes stylistiques.
On connaît d’autres classifications, plus detaillées, notamment celles de
P. Passy, P. Fouché, G. Straka. Néanmoins ces descriptions des styles de prononciation contiennent des variantes
qui dépassent le cadre du français littéraire. Telles sont la prononciation familière rapide qu’on retrouve dans la
classification de P. Passy et la prononciation populaire décrite par G. Straka.
Quant au style de la récitation des vers (P. Fouché) il "n’est que convention et tradition et ne constitue
aucune variété stylistique de la norme littéraire".
Les caractéristiques des styles de prononciation impliquent essentiellement les modifications des sons
(réductions, ellipses, assimilations, etc.). Elles ne concernent que de loin les modifications des moyens
prosodiques dont l’importance dans la différenciation phonostylistique du langage oral n’est plus à démontrer.
Liés aux modifications des sons, les éléments prosodiques constituent les traits pertinents des styles phonétiques.
Tout en reconnaissant le caractère élémentaire des classifications renfermant trois styles phonétiques,
recherché ou soutenu, moyen et familier, nous admettons cette division empruntée par plusieurs linguistes à la
rhétorique ancienne. Selon P. Guiraud, les rhétoriqueurs grecs avaient coutume de classer les tons en trois
catégories: le bas, le médiocre et le sublime. Sans doute ce classement ne met-il pas au jour de nombreuses
variations associées aux différents genres de discours, mais il permet d’établir dans chaque langue les distinctions
phonostylistiques les plus importantes.
Les résultats des recherches axées sur l’étude des procédés phonostylistiques du français moderne donnent
la possibilité de caractériser les traits pertinents de chaque style au niveau des sons (caractéristiques segmentales),
aussi bien qu’au niveau de la prosodie (caractéristiques prosodiques).

56. La langue parlée : généralités : prononciation ; syntaxe ; grammaire ; vocabulaire.


Français parlé désigne le français tel que les gens le parlent réellement et couramment. C’est la forme
de la langue utilisée dans la communication orale de tous les jours, mais aussi dans la communication écrite,
par exemple dans les médias sociaux.
La langue parlée diffère radicalement de la langue écrite dans sa syntaxe, son lexique et sa phonétique.
La langue parlée c'est une langue spontanée, non préparée. Sa particularité est déterminée par les conditions
de communication, sa spontanéité, le recours aux gestes, à la mimique, à l'intonation, aux inflexions de voix. En
desservant les intérêts, les occupations, les problèmes de la vie courante, la langue parlée est affective, car les
émotions accompagnent la vie des hommes. Tout cela fait que la langue parlée n'exige pas l'emploi des
constructions syntaxiques compliquées. Dans le parler prévalent les propositions elliptiques, inachevées,
nominatives. Même une idée complexe s'exprime par une suite propositions indépendantes ou juxtaposées. La
liaison entre ces propositions est réalisée souvent non par les moyens grammaticaux, mais par l'intonation, par la
suite même de ces propositions.
La langue parlée n'exclut pas les phrases de coordination et de subordination, mais elle ne sont pas très
développées. Les conjonctions les plus employées sont et, mais, qui, que, parce que. La langue parlée emploie
largement des tournures grammaticales figées et les proverbes.
La langue parlée a ses styles à elle, ce sont le style familier et le style épistolaire (correspondance intime).
Le style familier c'est la manière de parler avec la famille, les amis intimes, les camarades de travail. Il
reflète un état spontané, détendu et une absence d'autocontrôle. Les personnes instruites elles-mêmes emploient ce
style dans l'intimité.
On dit mon vieux (mon cher), il a été chic (il a été obligeant), il a de la galette (il a de l'argent), elle est mal
fringuée (vêtue).
Dans la syntaxe du style familier on peut noter :
- le nombre d'intercalés
- la fréquence du gallicisme "c 'est...que",
- les ellipses
- la conjonction "et" au début de la phrase,
- les répétitions.
Mais essentiellement le style familier se distingue par son lexique.
La négligence et la tendance au moindre effort se traduisent dans conversation familière par l'emploi de
mots approximatifs tels que les noms chose, affaire, machin, truc,... les verbes être, se trouver, faire, avoir, dire, les
pronoms ceci, cela, quelque chose.
La langue familière a tendance à abréger les mots: accumulateur devient accu, aluminium - alu,
sympathique- sympa, capitaine - pitaine.
Notons en particulier la langue qu'on parle aux enfants et que les enfants parlent eux-mêmes: faire dodo,
mon petit chou, petite mère, pet père. On dit mirni pour chat, popote pour cuisine, toutou pour chien, dada pour
cheval, lolo pour lait, tonton pour oncle.

57. La diversité phonétique, syntaxique et lexicale du registre courant.


Le registre courant correspond à un langage correct, tant du point de vue lexical que syntaxique. Les
phrases sont quelquefois complexes, et les principales règles de syntaxe sont respectées, avec quelques tolérances
(quelques ellipses et quelques abréviations lexicalisées). C’est le style attendu dans les échanges de type
professionnel ou officiel lorsque la communication est impersonnelle et implique une distance entre les
interlocuteurs. C'est le langage du professeur à ses élèves, de l’homme politique qui prononce un discours, du
présentateur de télévision, du journaliste qui publie un reportage.
Le registre courant c'est aussi celui que l'on emploie lors d'interviews ou dans la communication orale avec
des services commerciaux ou administratifs. Les formes et le vocabulaire du registre courant oral sont
généralement admis à l'écrit.

 Le registre courant servira de repère afin d’évaluer le niveau soutenu et le niveau


familier, lequel est parfois désigné par le terme de colloquialisme, calqué de l'anglais.
 Le terme jargon ne désigne pas un registre particulier, plutôt le vocabulaire
particulier attaché à une communauté particulière, un milieu professionnel, politique,
sportif, ... Des exemples sont le jargon juridique et le jargon informatique.
Style moyen.

Caractérise une prononciation «sans recherche et sans familiarité excessive». La réalisation de ce style englobe
divers types et genres de discours oral. Le style moyen est représenté dans la prononciation des speakers de la
radio et la télé; dans le langage employé à l ‘école et à l’université; c’est la pronociation de la lecture normale, non
théâtrale.

Caractéristiques segmentales  :

1. L’articulation des V et des C garde une tension assez suffisante pour que les timbres soient perçus avec
netteté.
2. Le respect des oppositions phonématiques dans syllabes accentuées.
3. La neutralisation des oppositions phonématiques en position inaccentuée.
4. La supression d’un grand nombre de [ ] caducs et de liaisons facultatives.
5. Les assimilations consonantiques.

Caractéristiques prosodiques

1. Le debit varié. La vitesse de la parole varie suivant le contenu de l’énocé ou la situation de communication.
2. La distribution régulière des pauses délimitatives et des accents.
3. La fréquence élevée des unités accentuelles à 2 et 3 syllabes.
4. Les proéminences rythmiques à l’intérieur des unités plurisyllabiques.
5. La réalisation des patrons mélodiques habituels.
6.
Registre Registre courant Registre soutenu
familier

modèle écrit
(registre
employé dans
de nombreuses
langue standard œuvres
modèle oral
(français international) littéraires)
utilisé avec des proches
une certaine distance avec environnement
(intimité)
l’interlocuteur social cultivé
Situation
parole spontanée
échanges neutres dans des marque de
circonstances quotidiennes politesse
absence de hiérarchie et de
(registre employé à l’école, au
contraintes
travail ou dans les médias) parole non
spontanée

rapport
hiérarchique
vocabulaire
riche,
vocabulaire de la vie vocabulaire usuel recherché et
quotidienne spécialisé,
Lexique pas de termes recherchés ou parfois rare
termes familiers, parfois spécialisés (mots compris par
argotiques (voire grossiers) tout le monde) termes
littéraires,
poétiques
Syntaxe abréviations respect des règles de respect des
grammaire règles de
ruptures de construction grammaire
emploi des temps simples de
6.
Registre Registre courant Registre soutenu
familier

emploi des
temps
répétitions, ellipses (phrases
l’indicatif (passé simple, futur, du subjonctif,
sans verbe,etc.)
etc.) du conditionnel,
etc.
suppression du ne dans les
phrases coordonnées et
négations
phrases subordonnées concordance
simples (relatives, des temps
pas de concordance
subordonnées de cause, etc.)
des temps
constructions
complexes
articulation
soignée et
Prononciation syllabes avalées standard
respect des
liaisons
métaphores,
exagération chiasmes,
(hyperboles), etc.,
Figures de périphrases, ton neutre, peu d’effets recherche
style expressions toutes de style d’effets de
faites (voir Figures de style
style) (voir Figures
de style)
N’aurais-tu
T’as pas vu mes Tu n’as pas vu mes pas vu mes
Exemple
godasses ? chaussures ? chaussures,
par hasard ?

58. La diversité phonétique, syntaxique et lexicale du registre familier.


Le langage familier est le style de la communication spontanée entre les amis, les camarades de travail, les
parents. Les relations entre les interlocuteurs sont amicales, intimes, non officielles. Ce style se réalise sous forme
d’un dialogue oral très souvent accompagné de mimique et de gestes. Plus rarement il peut revêtir la forme écrite
(lettre à un ami, à un parent).
Les traits stylistiques du langage familier sont: caractère spontané, affectivité, expressivité. Le sujet parlant
est libre d’exprimer ses sentiments, ses émotions, son tempérament, son attitude à l’égard de l’interlocuteur ou de
l’objet en question.
Au niveau phonétique le langage familier se caractérise par in débit rapide. Fréquentes sont les pauses et les
phénomènes d’hésitation. Le rythme se distingue par une distribution irrégulière des accents: on peut trouver 9 ou
10 syllabes groupés autour d’un seul accent, ou, au contraire, l’accumulation de quelques accents de différente
qualité dans certains points de la chaîne parlée.
Au niveau du ton la prononciation familière est caractérisée par une haute fréquence de changements
mélodiques utilisés à des fins expressives. L’articulation du français familier est plus ou moins relâchée ce qui
entraîne toute sorte de modifications des sons. Le [ə] caduc, selon les statistiques, est omis dans 56 % de cas.
Outre le [ə] caduc, on observe la chute de plusieurs autres voyelles et de certaines consonnes: tu as → [ta] ils ont
dit → [zõdi] vous êtes → [vzet] cette année → [stane] votre fille → [vot fij].
L’amuïssement des sons, la réduction des groupes des consonnes peut avoir de grosses conséquences pour le
système grammatical du français. Ces phénomènes contribuent notamment: -à la disparaition du 1-er élément de la
négation ne: C’est pas grave. J(e) peux pas. C’est rien. [Signalons que l’absence de « pas », au contraire, peut
prêter dans certains cas à la proposition une nuance recherchée, littéraire, ce qui est possible avec les verbes oser,
cesser, pouvoir, savoir: Il faudrait parler mais il n’ose.]; -à la perte du pronom il dans certains tours impersonnels:
il faut → faut il ne faut pas → faut pas il y a → ya. Fréquente est la chute des semi-consonnes: puis → [pi] voilà
→ [vla] bien → [bεn].
Plus haut nous avons signalé la tendance du français familier à ne pas faire un grand nombre de liaisons, à
l’affaiblissement ou à la disparaition de certaines oppositions dans le système vocalique.
Il est important de souligner que le français parlé se distingue par une grande quantité d’homonymes: [sã] =
sans, sang, cent. L’homophonie se trouve à la base des calembours qui sont particulièrement nombreux en français
parlé: il est ouvert = il est tout vert une femme qu’il aime = une femme qui l’aime, etc.
V.G. Gak remarque, à juste titre, que si dans les autres langues le sens de l’énoncé se compose du sens de ses
éléments, en français parlé, au contraire, très souvent le sens des éléments découle (dépend) du sens de l’énoncé.
C’est pourquoi il est souvent difficile de comprendre un message oral en français. Cela peut paraître paradoxal, -
continue V.G. Gak, mais il est plus facile de parler français que de comprendre cette langue. (Gak, p.158)
Au niveau lexical le français familier affectionne quelques procédés de la formation des mots nouveaux.
En premier lieu c’est la suffixation à l’aide des suffixes diminutifs -et, -ette, -ot, -otte: maison → maisonette,
jardin → jar-dinet, frère → frérot, main → menotte. Les mêmes suffixes servent à former les adjectifs diminutifs:
propre → propret, pauvre → pauvret, pâle → pâlot, petit → petiot.
Pourtant la valeur stylistique du mot dérivé dépend souvent du mot de base. Parfois les dérivés en -et, -ot
acquièrent une nuance défavorable: parlotte (parlote) - говорильня, пустословие. Le suffixe le plus productif est -
ard, qui sert à former des substantifs à valeur péjorative: soiffard, chauffard, binoclard, richard. Un autre suffixe
péjoratif est -aille servant à former des substantifs collectifs: flicaille (= flic), piétaille, mangeaille, marmaille.
Beaucoup moins productif sont les suffixes -asse, -aud: paperasse, blondasse, mollasse, salaud, lourdaud.
Parmi les prefixes le langage familier affectionne surtout re-: revoulez-vous du café?, rebonjour, reparler. Le
rythme accéleré de la conversation familière, la tendance au moindre effort, à l’économie des moyens linguistiques
favorisent un autre procédé de la formation des mots nouveaux: l’abréviation. Elle porte surtout sur les substantifs
et se fait par le retranchement de la dernière syllabe (des dernières syllabes) ce qui s’appelle apocope ou par
retranchement du commencement des mots (aphérèse).
Les formations par apocope sont particulièrement nombreuses: apéro, ciné, occase, perme, sana, prolo, etc.
Plus rares sont les formations du deuxième type: cipal, ricain. Beaucoup de mots abrégés nés dans le style familier
pénètrent plus tard dans la langue commune: auto, métro, photo, taxi.
Le français familier abrège aussi les noms propres: le boul Miche, Monparno, le Sebasto, etc. Une source
importante de la formation des mots nouveaux en français familier est la composition: brûle-gueule (une courte
pipe), pousse-café (un petit verre après le café), crève-la-faim, va-nu-pieds. Comme on le voit les mots composés
familiers sont très expressifs. Il est à noter que les mots usuels peuvent acquérir dans le français familier une
nouvelle signification: faucher - fam. s’emparer, voler; raser – importuner, ennuyer.
Assez répandus sont dans le langage familier (surtout dans la bouche des enfants) les formations du type
dodo, pépé, coco, bébète, chouchou, etc. Ce procédé appelé «réduplication» consiste en répétition volontaire d’une
syllabe et concerne aussi les noms propres: Gégène (Eugène), Mimile (Emile), etc.
Le langage familier utilise largement des nominations métaphoriques (un âne = très bête, une pie =
bavarde), des comparaisons imagés (dormir comme un caillou, nu comme un ver, être comme un poisson dans
l’eau), des proverbes et des dictions (couter les yeux de la tête, donner un œuf pour avoir un bœuf), des
expressions hyperboliques (je meurs de faim, il y a un siècle que je ne vous ai pas vu).
En général, le lexique familier se distingue des mots livresques et des mots usuels comme moins soutenu,
plus expressif, plus affectif. Grâce à cette expressivité les termes familiers pénètrent aujourd’hui sur les pages des
journaux, dans la publicité, on les entend de la bouche des speakers de la télévision et de la radio. Travail devient
en français familier boulot, ami → pote, argent devient fric, beau → chouette, beaucoup → vachement, eau →
flotte, enfant → gosse, homme → mec, visage → gueule, au revoir→ À la revoyure etc., etc. (revoyure Fam. À
LA REVOYURE : au revoir (cf. À la prochaine*). « Tu t'entêtes? Je n'insiste pas. À la revoyure » (Aymé).) Le
langage familier emprunte à son tour beaucoup de termes au français populaire et à l’argot.
Du point de vue morphologique le langage familier se caractèrise par un large emploi du présent des verbes.
Ce temps marque non seulement les actions qui coïncident avec le moment de la parole mais aussi les actions
futures ou passées: Il part demain. Hier il m’aborde et me serrant la main dit... Vous êtes là demain?
La syntaxe du langage familier est beaucoup plus simple que la syntaxe des style écrits. Les plus fréquentes
sont les phrases indépendantes ou prétendues telles: Elle s’est disputée avec sa mère. Elle lui a dit ses quatre
vérités. Après ça, elles sont plutôt en froid. Les phrases sont assez courtes, on utilise très peu la coordination et la
subordination. Parmi les phrases complexes ce sont les phrases à juxtapposition qui prédominent.
Il est à noter que les phrases à subordination ne sont pas stylistiquement homogènes. Elles se distinguent en
premier lieu par la valeur stylistique des conjonctions. Face aux conjonctions du style soutenu, livresque: afin que,
lorsque, cepen dant que, au fur et à mesure que on trouve pour que, quand, pendant que, à mesure que qui sont
neutres.
Il existe en outre certaines conjonctions et locutions conjonctives qui sont qualifiées de familières. Ce sont
notamment: le temps que (face à en attendant que), question de (face à pour, à dessein de), du moment que (à côté
de maintenant que), surtout que (comparée à d’autant que), pas que (face à non que), malgré que (comapré à
quoique, bien que). Attendu que, vu que, étant donné que appartiennent surtout au style administratif, mais elles
pénètrent aussi dans le français familier: Ex.: Je l’entraînai à l’extérieur de la boîte, histoire de causer cinq
minutes. (Express)
Le temps qu’on aille quérir une autre raquette, vous aurez repris votre souffle. (Sagan) Malgré qu’il ait revu le
maire, Arnov n’en savait pas beaucoup plus qu’eux. (Dabi) La conjonction quand introduisant une complétive est
traitée de familière: Elle m’a parlé de quand vous êtiez petits. (Aymé)
La nuance familière est observé aussi lorsque quand s’emploie avec des prépositions en qualité de
conjonction: Cela nous servira pour quand nous partirons en voyage. Beaucoup de phrases du langage familier
sont incomplètes, elliptiques: les termes omis se devinent grâce à la situation, aux gestes, aux répliques
précédentes. Le caractère spontanné du langage familier explique un grand nombre de phrases inachevées. Encore
un phénomène typique pour le français familier est l’anacoluthe (= absence de suite):
Le registre familier est celui d’une parole spontanée. C’est celui de la conversation en
famille, entre camarades, dans la vie de tous les jours, sur le stade, dans la rue, au bureau, etc.
C’est un modèle plutôt oral qui comporte souvent des fautes au regard de l’usage correct. Il
comporte lui-même plusieurs degrés, dont l’usage est lié à la situation de communication.

Le registre familier n’est pas totalement correct mais demeure admis sous certaines conditions. Il correspond au
langage courant mais avec un grand nombre de libertés. Comme son nom l’indique, ce registre est surtout employé
entre proches, entre personnes appartenant à une même communauté sociale dans laquelle tout formalisme peut
être atténué. Il se base, en principe, sur l’absence de tout lien hiérarchique rigide entre les interlocuteurs (membres
de la famille, amis, camarades de classe, collègues de travail, ...).
Ce registre utilise :

 Une syntaxe simplifiée et souvent approximative : des phrases courtes, parfois inachevées, ou au contraire,
interminables ; des phrases nominales, souvent asyntaxiques (anacoluthes, thématisations diverses et parfois
multiples dans une même phrase ; cf. exemple 1 ci-dessous) ; des interjections fréquentes ; un grand usage
de l’ellipse ; des pléonasmes ; l’utilisation de la juxtaposition paratactique :

o (1) Au bureau, un de mes collègues, sa femme, elle a eu un bébé.
 Pour : « La femme d'un collègue du bureau a eu un bébé. »

 De nombreuses abréviations non encore lexicalisées :
o (2) T’es là  ? / phone / p’tit déj' / une deuch’…
 Pour : « Tu es là ? / téléphone / petit déjeuner / une deux chevaux… »

 La forme interrogative directe (par changement intonatif, sans inversion ni mot interrogatif) :
o (3) Tu m’appelles d'où  ?
 Pour : « D'où m'appelles-tu ? »

 Un vocabulaire familier, parfois chargé de nuances affectives ou sociales diverses :


o (5) Les guibolles / la frimousse ou la gueule  / les quenottes…
 Pour : « Les jambes / le visage / les dents… »

 La suppression de ne dans la négation :


o (6) J’ai pas bien dormi cette nuit.
 Pour : « Je n'ai pas bien dormi cette nuit. »

 Le pronom sujet on à la place de nous :


o (7) Nous, on viendra.
 Pour : « Nous, nous viendrons. »
 Une prononciation plus rapide et marquée par l’élision de nombreux e muets causant des rencontres de
consonnes alors simplifiées et modifiées ou assimilées, simplification qui s’étend aussi à d’autres groupes de
consonnes, surtout en fin de mots, par des métaplasmes comme la syncope, la métathèse, l'apocope,
l’aphérèse :
o (8) P'pa, tu fra quoi ç’t aprèm si l’ quat’-quat’, i’ démarre pas ? ─ Chepa, d’mande à M’man.
[/pːa | ty' fʁa kwa sta' pʁɛm | si l kat'kat i demaʁ' pa || ʃːɛ'pa | dmɑ̃da' mːɑ̃] en notation en API. (Beaucoup
d'élisions fautives : il → i’, etc.)
 Pour : [pa'pa | kɛs (kə) ty fə'ʁa sɛt a'pʁɛm(i'di) si lə katʁ'katʁ il demaʁ' pa || ʒə sɛ' pa | də'mɑ̃d a ma'mɑ̃]
(« Papa, qu'est-ce (que) tu feras cet après-m(idi) si le quatre-quatre, il démarre pas ? ─ Je sais pas,
demande à Maman. »), énoncé syntaxiquement familier pour « Papa, que feras-tu cet après-midi si le
quatre-quatre ne démarre pas ? ─ Je ne sais pas, demande à Maman. »

 Faible fréquence de liaisons facultatives : ce registre observe les liaisons obligatoires (‿) et les liaisons


interdites, mais il observe très rarement les liaisons facultatives (±) :

 (9) On‿est ± ensemble.
o Pour : On‿est‿ensemble.

 i‿(z)‿ont ± attendu.
o Pour : Ils‿ont‿attendu.

 J'les‿ai vus arriver.


o Pour : Je les‿ai vus arriver

Style familier.

Caractérise une prononciation employée dans un entretien en famille, entre amis intimes ou camarades de travail.

Caractéristiques segmentales  :

1. L’articulation plus ou moins relâchée.


2. La chute extrêmement fréquente du [ ] instable.
3. La supression d’un très grand nombre de liaisons facultatives.
4. L’ellipse des V et des C.
5. La formation des groupements consonantiques inhabituels.
6. L’assimilation fréquente des sons («peu de travail» – [pø ttravaj]; «lendemain» - [lãnmέ]; «je ne sais pas» -
[∫εpa])

Caractéristiques prosodiques  :

1. rapide dont les responsables sont la vitesse d’articulation accélérée et le distribution et la longueur des
pauses.
2. L’utilisation fréquente des pauses et des phénomènes d’hésitations.
3. La distribution irrégulière des accents.
4. La diversité de la structure syllabique des unités accentuelles.
5. La compréssion quantitative des syllabes et des unités accentuelles.
6. La fréquence élevée de variations mélodiques.

59. La diversité phonétique, syntaxique et lexicale du registre soutenu.


Il n’est jamais spontané et demande des efforts particuliers d’attention et de recherche pour bien parler ou
bien écrire. C’est celui de la production écrite ou littéraire; des discours ou textes prononcés en public. Il requiert
une connaissance approfondie des ressources de la langue, tant sur le plan de la syntaxe (phrases complexes, règles
classiques de concordance des temps, emploi de certains temps du subjonctif...) que sur le plan du lexique
(vocabulaire recherché, rare, littéraire, technique...)
Le registre soutenu (ou soigné) est correct et bénéficie, de plus, d’une surveillance extrême.
Employé surtout dans la littérature et la rhétorique, ce registre utilise principalement :

 Des phrases pouvant être longues (alors appelées périodes), avec une syntaxe souvent complexe :
o Je me suis tellement accoutumé ces jours passés à détacher mon esprit des sens, et j’ai si exactement
remarqué qu’il y a fort peu de choses que l’on connaisse avec certitude touchant les choses corporelles,
qu’il y en a beaucoup plus qui nous sont connues touchant l’esprit humain, et beaucoup plus encore de
Dieu même, qu’il me sera maintenant aisé de détourner ma pensée de la considération des choses
sensibles ou imaginables, pour la porter à celles qui, étant dégagées de toute matière, sont purement
intelligibles. (Descartes - Méditation quatrième)

 Un vocabulaire rare :
o Le firmament / les cieux / l’azur…
 Pour : « Le ciel… »
o La  pasigraphie du scribomane malévole formait une étrange octoade.

 Des figures de style recherchées :


o Déjà la nuit en son parc amassait/Un grand troupeau d’étoiles vagabondes. (du Bellay)
 Pour : « Déjà la nuit tombait et on apercevait les premières étoiles. » (métaphore filée)

 L’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif (à l’oral comme à l’écrit) :


o Il fallait qu’il vînt.
 Pour : « Il fallait qu’il vienne. »

 Le passé simple et le passé antérieur de l’indicatif (à l’oral) :


o Je le vis quand je revins.
 Pour : « Je l’ai vu quand je suis revenu. »

 La forme interrogative directe inversée :


o D’où m’appelles-tu ?
 Pour : « D’où est-ce que tu m’appelles ? »

 L’inversion du sujet après certains adverbes de liaison (tels que : aussi, ainsi, peut-être, etc.) :


o Ainsi ai-je dû écourter mes vacances.
 Pour : « Ainsi, j’ai dû écourter mes vacances. »
Il existe un degré supérieur au niveau soutenu, principalement utilisé dans la poésie et la tragédie et use d’un
vocabulaire spécifique, de constructions archaïques ou sophistiquées, etc. C’est le registre sublime (ou
encore, littéraire, noble ou relevé).
Dans certaines situations d’énonciation, le choix du registre soutenu peut apparaître comme déplacé. Dans ce cas,
il sera ressenti comme incongru, abusif, précieux, maniéré ou comique.

Style recherché

caractérise toute sorte de discours (celui de meeting, de cérémonie, d’anniversaire, un appel ou une adresse),
pronocé devant un auditoire qu’on «essaie de convaincre, d’impressionner ou de toucher». C’est à ce niveau que la
fonction appellative (N. Troubetzkoy) trouve sa réalisation la plus parfaite. Les traits de ce style sont également
présentés dans la récitation des extraits de prose littéraire.

Caractéristiques segmentales:

1. La prononciation distincte des V et des C.


2. Les oppositions phonématiques sont observées dans toutes les positions.
3. Le maintien d’un grand nombre de [ ] instables.
4. Le nombre de liaisons augmente considérablement.

Caractéristiques prosodiques

1. Les variations du débit à l’intérieur d’un même discours avec prédominance du débit ralenti: Un nombre
assez élevé de pauses inhabituelles, inattendues ou expressives.
2. L’emploi d’un grand nombre de groupes accentuels à 3 syllables.
3. U n grand nombre d’accents d’insistance une fréquence élevée des allongements des V, des
renforcements des C etc.
4. La prononciation syllabique des mots et des unités accentuelles.
5. L’utilisation inverse des intonèmes.
6. L’augmentation des écarts mélodiques.

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