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TOME IV

CVII - CXLI
AU-DELÀ DE L’INVISIBLE

" Nous n'étudions pas des phénomènes physiques mais des idées universelles, puisque pour saisir les
premiers, il faut d'abord comprendre les secondes. Elles concernent la position réelle de l'homme dans
l'Univers par rapport à ses naissances antérieures et ses naissances à venir ; à ses origines et à son
destin final ; à la relation existante entre le mortel et l'immortel ; entre le temporaire et l'éternel ; entre
le fini et l'infini ; des pensées profondes, grandioses, plus compréhensives, qui reconnaissent le règne
universel de la Loi Immuable, constante et inaltérable pour laquelle il n’y a qu’un éternel présent… "

A.P.SINNET
" Aux quelques esprits élevés qui interrogent la nature, au lieu de lui prescrire des lois comme guides
qui ne restreignent pas ses possibilités par les imperfections de leur pouvoir de compréhension et qui
ne croient pas seulement parce qu’ils ne savent pas, nous rappelons la maxime de Narada, ancien
philosophe hindou : " Ne dites pas ces mots : je ne sais pas, donc c’est faux. Il faut étudier pour savoir.
Savoir pour comprendre. Comprendre pour juger. " "

H.P. BLAVATSKY

Etes -vous certain de votre

INTEGRITÉ ?

Vous êtes continuellement en contact avec de petites étincelles divines, pourquoi ne pas chercher
une progressive et continue

ILLUMINATION ?

La vérité, c'est que vous n'êtes pas unis ; chacun de vous suit un chemin dans la solitude, dans son
propre domaine. Il est nécessaire pour vous tous d'unir vos âmes en un seul chemin et d'atteindre
celui de la

VÉRITÉ.

Celui qui aime ou recherche la sagesse sait qu'il ne la possède pas. Il sait que même lorsqu'il réussit à
l'atteindre, elle n'est jamais définitive ou totale et peut se perdre, car c’est une étincelle divine qui
relie

L'ÂME ET L'ESPRIT.
PRÉFACE

Il n'y a aucune dimension commune entre l'âme et l'esprit de l'être humain, ni entre l'âme et l'esprit
cosmique, même si dans leur essence ils sont identiques. L'âme qui s'élève rejoint l'esprit et celui-ci
rejoint l'âme universelle, et c'est ainsi que les échanges se font entre les entités divines.

Notre partie masculine s'unit à la partie féminine de Dieu, et notre partie féminine à la partie masculine
de Dieu. Cette fusion nécessite un grand travail intérieur de notre conscience. Les grands maîtres Initiés
sont des êtres humains qui ont compris cette réalité et ont tout consacré pour la vivre.

L'âme et l'esprit ne sont pas des notions abstraites, mais des réalités qui correspondent à la réalité
cosmique, et quel que soit le nom qu'on lui donne, l'être humain possède à la naissance une petite
étincelle de ces deux principes créateurs. Son corps est à l'image de l'Univers créé ; son âme et son
esprit, que nous ne voyons pas, sont les reflets des deux grands principes, le masculin et le féminin.

Par la grâce de Dieu, il y a des âmes dans notre Univers infini qui communiquent entre elles même si
elles ne se sont jamais rencontrées physiquement ; elles se comprennent même à travers de très
longues distances. Ceux qui cherchent à les détruire par le mensonge et la méchanceté finissent mal,
ne laissant aucune trace positive de leur existence malveillante et stupide.

Ces âmes, qu’avec franchise nous pouvons appeler " âmes illuminées ", sont intactes et destinées
seulement au bien de l’humanité parce qu’elles sont le miroir du Dieu créateur qui ne veut
certainement pas, en tant que Créateur, la destruction de l’Univers qu’il a lui-même créé.

La prière, la méditation et la contemplation sont les seuls moyens de comprendre tous les mystères
divins du Grand Architecte de l'Univers. Désireux de nous élever pour pénétrer l'âme universelle par
notre esprit, nous fertilisons la lumière qui est la matière de la création. Notre âme reçoit en retour les
germes de l’esprit cosmique en générant une véritable créativité à travers des actes bienveillants et
éclairés. Si les hommes et les femmes étaient suffisamment évolués pour pouvoir réaliser dans l'amour
la rencontre des âmes et des esprits, cet amour serait pour eux une source inépuisable de richesses et
de joies ; malheureusement, souvent, seuls les corps se rencontrent et il ne peut en résulter que des
malentendus, des déceptions et des tragédies.

A de rares exceptions près, la philosophie contemporaine croit que la vie et les êtres humains sont
apparus un jour sur une petite planète en orbite autour d'une étoile ordinaire, à la périphérie lointaine
d'une galaxie. Malheureusement, les philosophes nous ont offert cette vision triste et sombre qui est
fausse, car la vie ne peut exister sans l'Univers et l'Univers ne peut exister sans la vie.

La vie organique est un maillon indispensable dans la chaîne des mondes, et cette vision de la nécessité
de la vie est renforcée, non pas par la philosophie, mais par la science.

L'existence d'une corrélation entre l'apparition des humains, de la vie intelligente dans le cosmos, et
les conditions physiques qui régissent l'évolution de notre Univers ont été largement expliquées par
les chercheurs Robert Diche, Brandon Carter, Stephen Hawking, Jann Barrow et Fran Tipler. Cette
corrélation semble être soumise à des contraintes très fortes, et si la valeur de certaines constantes
physiques ou celle des paramètres de certaines lois varie un peu, alors les conditions physiques,
chimiques et biologiques qui permettent l’apparition de l’homme sur la terre ne seraient plus réunies.
La vérité est que presque tous les Univers fictifs, élaborés par les ordinateurs des astronomes, sont
extrêmement différents de notre Univers et absolument impropres à produire des êtres vivants.

La constante de couplage gravitationnel est particulièrement importante, afin que les planètes
puissent subsister plus longtemps et que la vie apparaisse. Une gravitation discontinue, forte ou faible,
conduit soit à des planètes éphémères ou simplement à l'impossibilité de leur formation.

Le tout est en équilibre, et la constante de couplage qui caractérise les interactions nucléaires est très
précise. L’évolution de l’Univers est régie par une vaste auto-cohérence qui concerne aussi bien les
interactions physiques que les phénomènes de la vie. Les galaxies, les étoiles, les planètes, les humains,
l'atome et le monde quantique semblent être unis par une seule et même auto-cohérence.

La cohérence de notre Univers est de nature très spéciale car, d’un point de vue physique, rien
n’empêche que les mêmes lois physiques puissent générer des Univers différents où la vie serait
présente. Il s'ensuit que pour que la vie apparaisse sur les planètes, il est nécessaire de créer une
galaxie entière. En ce sens, la vie a une origine céleste et nous sommes tous des enfants des étoiles.

Nous pouvons concevoir notre Univers comme un grand " tout ", une vaste matrice cosmique où tout
est en perpétuel mouvement et structuration énergétique.

Il existe plus de 100 milliards de galaxies et la Voie lactée est l'une d'entre elles. La lumière met 100.000
ans pour aller d’un bout à l’autre, parcourant chaque année la distance de 10.000 milliards de
kilomètres. Notre galaxie est elle-même composée de centaines de milliards d’étoiles, dont le Soleil,
qui met plus de 200 millions d’années à effectuer une orbite complète autour du centre de la galaxie.
Comme nous pouvons le comprendre, la planète Terre sur laquelle nous vivons est un point qui tourne
sur lui-même à des milliers de kilomètres par heure.

Il est impossible pour nous de comprendre ce qui se cache au-delà de l’invisible parce que nous
sommes immergés dans la dualité. Lorsqu’après d’innombrables efforts, nous parvenons à
comprendre à quel point nous sommes ignorants, à ce moment précis nous pouvons peut-être
pressentir quelque chose.

L'âme est ce que nous appelons l'invisible, et au-delà de l'invisible, seul l'esprit peut se cacher. C'est
précisément cet esprit qui domine tout l'Univers et ce n'est qu'avec la foi que nous pouvons l'imaginer
et le ressentir ; d’ailleurs, au moment où nous croyons le faire, il disparaît dans un néant absolu.

La spiritualité qui est en certains d’entre nous, petits êtres vivants, est quelque chose de magique,
d’inaccessible, et lorsque nous croyons en prendre possession, elle s’éloigne, laissant inconsciemment
un vide dans notre âme fragile.

Au-delà de l’invisible, il y a la véritable origine de l’Univers, le grand architecte de l’Univers, il y a celui


que nous, les humains, ne pouvons voir et/ou atteindre parce que dans notre dimension, nous n’avons
pas et nous ne pourrons jamais avoir de sciences astronomiques suffisamment subtiles.

Tout cela fait partie de l’irrationnel et nous, avec nos âmes plus développées et charitables que nous
appelons " gouttes de l’esprit ", pouvons seulement faire un acte de foi et nous retirer dans notre
intériorité avec une créativité harmonique afin d’améliorer notre existence globale, à travers des
œuvres de solidarité pour les plus faibles et les plus incapables, de la magnifique réalité partielle de
l’Univers.
" Chaque personne et chaque chose ne consistent pas seulement en ce que l’on voit d’elles à un moment
donné, mais se composent de la somme de toutes leurs exigences diverses et changeantes, dès l’instant
où elles sont apparues sous leur forme matérielle jusqu’à celui où elles disparaissent de la terre. Ces "
sommes totales " existent de toute éternité dans le futur, passant peu à peu à travers la matière et
existent pour l’éternité dans le passé.

Personne ne prétendrait qu’une tige de métal immergée dans la mer vient au monde au moment où
elle quitte l’atmosphère ,et cesse d’exister quand elle entre dans l’eau, que cette tige elle-même se
compose seulement de la section transversale qui, à chaque moment donné, coïncide avec le plan
mathématique et, en même temps avec l’atmosphère et l’océan ; de même les personnes et les choses
qui plongent du futur dans le passé n’offrent à nos sens qu’une section transversale momentanée de
leur propres totalité, tout en passant à travers le Temps et l’Espace (sous forme de matière) dans leur
cas , entre une éternité et une autre.

Ces deux éternités constituent la durée durant laquelle se trouve la seule véritable existence de toute
chose, mais que nos sens peuvent reconnaître. "

" L'art de la magie divine consiste dans la capacité à percevoir l'essence des choses dans la lumière de
la nature et dans l’utilisation des pouvoirs de l'Esprit pour produire des choses matérielles à partir de
l'Univers invisible. Dans cette opération, nous devons réunir le Haut et le Bas et les faire agir en
harmonie. "

H.P. BLAVATSKY

N.B : Lorsqu’en 1888, Mme Blavatsky a présenté sa Doctrine secrète à un groupe de scientifiques, ces derniers l’ont tournée
en dérision, affirmant que ses fantasmes absurdes n'avaient rien à voir avec la réalité. Aujourd'hui, les scientifiques du monde
entier recherchent la quatrième, cinquième et sixième dimension, et utilisent un langage bien plus fantastique que celui
utilisé dans la Doctrine secrète.

L’éternité spirituelle a d’autres mesures que le temps solaire, qui dépassent toute imagination. L’esprit
parvenu à l’état sublime ne peut plus revenir en arrière et tandis que les mondes visibles changent et
passent, le monde invisible qui est sa source et son embouchure dont fait partie l’intelligence divine,
est immortel.

" Sur le plan physique, qui est concret, visible, on a la sensation de marcher et de travailler en toute
sécurité. Le monde spirituel, en revanche, est si évanescent, incertain, inconnu, qu’il y a des pièges, des
gouffres... sans compter que dans ce domaine, peu de personnes sont des modèles capables de
démontrer combien ce chemin est merveilleux. Il est certes vrai que le monde spirituel peut paraître
indéterminé, informe, car pour entreprendre de l’explorer, l’être humain ne possède pas d’organes
sophistiqués comme ceux qui lui permettent d’œuvrer dans le monde physique : les mains, les yeux, les
oreilles… Pourtant, en analysant bien le sujet, on découvrira que le monde spirituel est le plus sûr, le
plus réel, le plus limpide des mondes ; qu’il est immuable et beau pour l’éternité.

En revanche, le monde matériel n'est ni stable, ni éternel, et il se désintègre. Si la plupart des êtres
humains ont peur de se lancer dans la connaissance du monde spirituel, cela s'explique par le fait que
ces individus n'ont pas développé leurs sens. La réalité matérielle, palpable, accessible aux cinq sens,
n'est pas la vraie réalité. "

O.M. AÏVANHOV
PROTOCOLE CVII : L’ILLUMINÉ

Les êtres humains, en grande majorité hélas, sont des machines, et les circonstances extérieures
dirigent leurs actions sans tenir compte de leurs désirs. Il y a deux parties en eux : l'une forte et l'autre
faible. Lorsque la partie forte croît, votre faiblesse grandit aussi, devenant une force négative, à moins
de parvenir à la contrôler. Une fois atteint ce niveau d’être, nous pouvons véritablement contrôler
notre véritable inconscient subjectif et collectif.

L'âme est le but recherché par toutes les religions et écoles initiatiques. L’être humain ordinaire n’a ni
âme élaborée, ni volonté. S’il éprouve un désir et qu’en même temps surgit en lui un désir opposé plus
fort que le premier, alors le second supprime le premier ; c’est la définition de la " volonté " dans le
langage ordinaire.

Les bébés naissent avec le germe de l'âme, qui peut se développer au cours de la vie, mais cela dépend
uniquement de la volonté individuelle. La plupart des habitants de la planète passent leur vie entière
sans nourrir leur âme, mais pour les gens ordinaires, celle-ci n'est absolument pas nécessaire.

L’âme ne peut pas venir du néant, car toute chose est matérielle, même si elle est constituée d’une
substance très subtile. Les matériaux nécessaires à la formation de l’âme sont régulièrement produits
par l’organisme humain, mais ceux-ci se dissolvent et se dispersent régulièrement. La cristallisation est
donc nécessaire à la naissance de l'âme, et demande une grande " volonté intérieure " afin qu'une
partie de notre corps ne se dissolve pas, et donne naissance à un second corps que nous appelons
l’âme.

Il existe différentes catégories d'âmes, mais une seule peut être appelée " âme illuminée ". La Terre,
le monde planétaire et le Soleil transmettent des émanations : dans l'espace, entre le Soleil et la Terre,
il en existe trois mélanges. Les émanations du Soleil atteignent la Terre en la traversant sans obstacle
car elles sont subtiles, tandis que les émanations des planètes atteignent la Terre mais pas le Soleil.

L'être humain est le résultat de l'interaction entre les émanations des planètes, l'atmosphère terrestre
et les substances de la Terre. A sa mort, dans le cas d'un être humain ordinaire, le corps physique se
décompose à tous niveaux. Les parties provenant de la Terre vont à la Terre, les parties dues aux
émanations planétaires retournent au monde planétaire, de même que les parties provenant de
l'atmosphère de la Terre y retournent : " tu es poussière et tu retourneras à la poussière ".

Si, toutefois, le second corps réussit à se cristalliser avant la mort, il peut continuer à vivre après celle
du corps physique. La matière du corps astral équivaut, en tant que vibration, à la matière des
vibrations solaires. Ce corps astral que nous appelons " l’âme " est indestructible dans les limites de la
terre et de son atmosphère. L'âme peut vivre longtemps, mais son existence peut rapidement prendre
fin si elle rencontre une matière aux vibrations plus fines : elle se désintègre alors.

Le " corps astral " est lui aussi divisé en trois principes représentant les forces actives par rapport au
principe passif du corps physique.

Le principe de neutralisation entre eux est un magnétisme spécial que tous ne possèdent pas et sans
lequel le corps astral ne peut être maître du corps physique. A ce stade, un nouveau développement
devient possible pour l'être humain en cristallisant de nouvelles substances. Au sein du deuxième corps
("astral") se forme un troisième corps que l'on appelle " mental " qui deviendra le principe actif, le
deuxième le principe neutralisant et le premier le principe passif.

Mais le troisième corps n'est pas encore la " véritable âme " au sens le plus élevé de la vie en tant
qu'énergie. A la mort du corps physique, le corps astral peut s’éteindre à son tour et le corps mental
survivre par lui-même. Mais même ce dernier, bien qu'immortel sous certaines conditions, peut finir
par mourir tôt ou tard.

Seul le quatrième corps, " l’Illuminé ", marque l'atteinte du développement maximal. Il est immortel
dans les limites du système solaire. La " volonté intérieure " appartient à ce corps, il est le " Moi "
véritable, l’âme réelle de l’être humain, il est le principe actif par rapport aux trois autres corps réunis.

Bien que s’entremêlant, les quatre corps sont séparés les uns des autres et après la mort du corps
physique, les corps supérieurs peuvent se séparer. Le quatrième corps, " l’Illuminé ", est capable de
choisir où il va se réincarner... et la présence de quelques centaines de nouveaux Illuminés peut faire
évoluer cette planète encore plus rapidement.

Nous pensons que la situation actuelle est un changement d'ère, et que cela donnera lieu à de
nouvelles réincarnations d'âmes illuminées. Celles-ci doivent naître parmi vous, mais votre croissance
est si lente qu'on peut logiquement craindre que le monde ne soit détruit avant que vous ne preniez
possession de votre charge.

Vous ne mettez pas toute votre énergie dans la méditation et la conscience, et pourtant seul le
développement prioritaire de cette énergie peut apporter des esprits illuminés positifs. Si les Illuminés
ne se réveillent pas avant les ténèbres, l’humanité entière connaitra un très long voyage, car l’évolution
recommencera à zéro : n’oublions pas qu’il a fallu plus de quatre milliards d’années pour arriver à l’être
humain actuel dans sa tragique apocalypse évolutive.

Oui, les êtres illuminés existent et peuplent notre planète... ils se réincarnent. Pourquoi ces Sages
montrent-ils si peu de signes de leur présence ?

Une expansion de la conscience collective et un éveil des êtres humains les plus évolués sont
nécessaires et indispensables pour que, par leur travail, un degré de conscience plus ou moins
généralisé soit atteint.

La vérité est que les Sages savent que nous vivons dans une réalité illusoire, créée par les pensées, les
désirs et les rêves des êtres qui composent la Création.

Les Sages, qui connaissent l'autre réalité, savent que le monde invisible est infiniment plus vaste que
celui que connaissent les êtres humains ordinaires, et que l'espace et le temps sont des illusions
sensorielles. Les Illuminés savent que la réalité véritable réside dans l’infini présent continu, et que
depuis toujours, des êtres invisibles doivent contrôler la vie sur notre planète avec la tâche spéciale de
faire évoluer positivement chaque créature vivante. Ils savent bien que pour parvenir à ce
développement positif il n’y a qu’une seule voie, que nous appelons " le chemin de l’amour ".
 L’Illuminé rassemble par le lien de l’amour les choses vivantes, qu’il sait être liées à la vertu de
l’Univers tout entier.

 L'Illuminé a le rôle privilégié d'un intermédiaire qui aime les êtres différents de lui, tout en
étant aimé par ceux qui lui sont supérieurs.

 L’Illuminé se fond avec les éléments de la matière, à la vitesse de la pensée et avec acuité
descend dans les profondeurs, sans perturber sa vision, quand il s’y plonge.

 L’Illuminé est un être flamboyant, Sage, rempli d’un éclat et d’une énergie potentielle, plein
d’amour et libre de toute contrainte extérieure.

Les êtres humains qui se libéreront des contraintes causées par leur ombre et leur propre peur sont
des Illuminés potentiels car ils joueront un rôle fondamental dans la liaison entre les deux mondes ;
visible et non-visible.

Tant que l'être humain n'a pas abandonné tout désir de profit personnel, il ne peut trouver la voie de
la compassion et de l'amour. De telles personnes vivant sur notre planète ont-elles suivi et/ou suivent-
elles ce chemin humblement et en silence ? Oui, Sœur Teresa de Calcutta en est l’exemple type.

L'Art Royal sans la Présence n'a pas de sens et cela ne peut être atteint qu'au prix de grands efforts. La
vérité se trouve dans l’affirmation que l'humanité n'a pas besoin d'une nouvelle religion, d'un nouveau
maître ni de nouveaux rituels.

La vie d'un Illuminé est une terre sans chemin, à laquelle on ne peut accéder par aucune sorte d'église
ou de gourou, car cela détruirait son intégrité.

Le but d'un authentique maître n'est pas de devenir un objet de vénération religieuse, mais de rendre
l'être humain absolument et inconditionnellement libre. L'illumination peut également être atteinte
par la méditation, qui crée une voie directe vers la connaissance de soi.

Méditer, c'est aussi vivre dans le présent. Il existe différentes formes de méditation ; on peut se
promener et méditer, vider l'esprit c'est à dire vivre dans l'état présent.

L'être humain, quant à lui, se promène plongé dans ses propres pensées, sans même remarquer son
environnement… ce comportement très répandu est véritablement absurde.
PROTOCOLE CVIII : LES CERCLES

Le désespoir est souvent la rançon d'un bonheur trop intense, où notre équilibre a péché par
inconscience. Il nous faut alors retomber car on ne peut ni s’élever, ni se maintenir à cette hauteur.

La vie de l’être humain est une succession de hauts et de bas, mais à travers ces bouleversements
continuels, l’œil qui sait pénétrer l’invisible découvre la voie qui s’élève, l’œuvre intime qui conduit à
l’équilibre de la formation intérieure et à la créativité harmonique.

Dans cet Univers, il n’y a pas de planification : tout se meut et chaque moment est plus profond. Seul
l’être humain reste en surface sans vivre, mais en continuant à penser à vivre tôt ou tard, et
malheureusement ce moment illusoire n’arrive presque jamais.

La vie de l'humanité à laquelle nous appartenons est régie par des forces qui proviennent de deux
sources. En premier lieu, il y a les influences planétaires, qui agissent de façon tout à fait mécanique
et que les masses humaines, comme les individus, reçoivent de manière complètement involontaire
et inconsciente. On trouve ensuite les influences provenant des cercles de l'humanité, dont la grande
majorité des êtres humains ignore l'existence et la signification, tout comme elle ignore les influences
planétaires du cosmos.

Pour plus de facilité, essayons d'imaginer autant de cercles concentriques qu'il existe de niveaux
différents de conscience et de connaissance se rapportant à l’homme.

L'existence de personnes d'un niveau de développement supérieur n'est pas une hypothèse, mais bien
un fait réel.

L’humanité à laquelle nous appartenons constitue le cercle extérieur de cet imaginaire graphique, à
l’intérieur duquel se trouvent quatre autres cercles. L’humanité entière se présente ainsi comme
constituée de nombreux cercles concentriques.

Le cercle intérieur est appelé cercle ésotérique ; il comprend ceux qui ont atteint le plus haut degré de
développement possible chez l'homme. C'est celui des êtres humains qui possèdent une vraie
individualité, c'est-à-dire un " Je " indivisible, un contrôle total de ces états de conscience, toute la
connaissance possible et une volonté libre et indépendante. Ces individus ne peuvent pas agir en
contradiction avec ces connaissances, et se doivent de les mettre en pratique. De plus, il ne peut y
avoir ni discorde entre eux, ni différence de perception. Leur activité est entièrement coordonnée et
les conduit vers un but commun sans aucune contrainte, car elle est basée sur une compréhension
commune et identique.

Le cercle suivant, le deuxième, est appelé " mésotérique ", ce qui signifie intermédiaire. Les êtres
humains appartenant à ce dernier possèdent toutes les qualités de ceux qui font partie du cercle
ésotérique, la seule différence se situant dans leurs connaissances qui ont un caractère plus théorique.
Il s'agit naturellement de connaissances de nature cosmique. Ils savent et comprennent un certain
nombre de choses qu’ils n'ont pas encore mises en pratique. Ces personnes en savent plus qu’elles ne
font, mais leur connaissance et compréhension ne sont pas moins précises que celles des membres du
cercle ésotérique ; de fait, elles sont identiques. Il ne peut y avoir aucun conflit, ni aucun malentendu
parmi eux. Ce que chacun comprend, tout le monde le comprend, et ce que tout le monde comprend
est compris par chacun.

Le troisième cercle est le cercle exotérique, il appartient aux individus qui ont un centre de gravité
permanent, mais en tout autre chose, ce sont des hommes ordinaires. Les êtres humains qui
appartiennent à ce cercle partagent beaucoup de connaissances communes avec les membres des
cercles ésotériques et mésotériques, mais leurs connaissances cosmiques sont de nature plus
philosophique, c'est-à-dire plus abstraite. Un membre du cercle mésotérique calcule, un membre du
cercle ésotérique contemple. La connaissance des membres du cercle exotérique peut également ne
pas être mise en pratique.

Enfin, le " cercle extérieur ", le quatrième, est celui de l'humanité mécanique à laquelle nous
appartenons, la seule que nous connaissons. Ce cercle se reconnait facilement, dans la mesure où
parmi les personnes qui le composent, il n'y a pas et ne peut y avoir de compréhension commune.
Chacun comprend à sa façon et de manière différente. Ce cercle est parfois appelé celui de la "
confusion des langues ", c’est-à-dire le cercle où chacun parle sa langue, où personne ne comprend les
autres ni ne se soucie d’être compris ; c’est donc le cercle où la compréhension mutuelle est
impossible, sauf à de très rares instants, comme sur des sujets peu significatifs et conditionnés par les
limites des possibilités de l’être.

Si les personnes appartenant à ce cercle prennent conscience de cette incompréhension générale et


qu’en elles naît le désir de comprendre et d'être comprises, cela signifie qu'elles tendent vers le cercle
intérieur, car la compréhension mutuelle ne commence que dans le cercle exotérique et n'est possible
qu’en lui.

Passer du cercle extérieur au cercle exotérique demande un effort individuel. La conscience du manque
de compréhension se manifeste de manières très différentes.

" Ainsi, la capacité des gens à se comprendre dépend de leur capacité à entrer dans le cercle exotérique,
où la compréhension commence ".

On trouve à la base de l’idée de groupe, la conscience de la mécanisation de la vie, non pas dans le
sens où l’homme travaille avec une machine, mais comme la condition des êtres humains qui ne sont
que des machines réagissant à des influences extérieures.

On ne devient ésotérique qu'après une évolution intérieure appropriée ; ce n'est qu'alors que l'on peut
s'élever vers une expansion de la conscience.

Le long chemin vers la libération passe par l'étude de soi. De ce fait, la mécanicité entraîne une absence
de contrôle ; rien n’est indépendant en nous, " tout arrive ". La conscience d’être tous captifs de la
prison sans barreaux qu’est la vie est fondamentale, tout le monde doit travailler pour un seul but :
s’évader de cette prison.
En raison des nombreuses caractéristiques de l'être humain, la vérité ne peut venir que sous la forme
d’un mensonge. C’est uniquement de cette façon qu'il est capable de l'accepter, de la digérer et
l'assimiler.

Les légendes relatives aux rituels externes d'initiation ont été créées à partir de fragments
d'informations concernant les anciens Mystères.

Les Mystères constituaient, pour ainsi dire, une voie sur laquelle étaient données, parallèlement à une
longue et difficile période d’études, des représentations théâtrales d’un type particulier, qui
décrivaient, sous forme allégorique, tout le processus de l’évolution de l’être humain et de l’Univers.

Les transitions d'un niveau d'être à un autre étaient caractérisées par des cérémonies de présentation
d'une nature particulière : les Initiations. Aucun rituel ne peut donner lieu à un changement d’être, ils
peuvent seulement indiquer un changement réussi, un accomplissement. Il n'y a et ne peut y avoir
d'initiation extérieure. En réalité, chacun doit s'initier lui-même.

Les systèmes et les écoles peuvent montrer les méthodes et les voies, mais ne peuvent faire pour
l'homme ce qu'il doit accomplir lui-même : une croissance intérieure, un changement d'être
dépendent entièrement du travail que chacun doit faire sur lui-même, avec l'intériorité invisible de sa
créativité harmonique.

La grande masse des gens, en revanche, veut échapper au cercle ; elle veut s'engourdir et ignorer le
vide qui pèse sur son intériorité et qu'elle ne peut supporter. Ces personnes multiplient leurs illusions
en construisant une pyramide d'idoles, en poursuivant leur propre ombre, et en créant et dévorant
sans cesse des formes qui sont et ne sont pas.

Il ne faut pas fuir cette intériorité malade, mais plutôt partir d'elle pour reconstruire l'être humain, car
pour atteindre l'essence, il est nécessaire et indispensable d'accepter le vide.

" Lorsque nous faisons l'expérience, même pour quelques instants, de la réalité tétra-tridimensionnelle
et pentadimensionnelle, nos sens semblent émettre de la lumière, des couleurs, des vibrations de
couleurs mystérieuses et inconnues, tandis que tout ce qui nous entoure se transforme rapidement en
choses qui s'échappent dans toutes les dimensions.

Lorsque nous revenons à notre réalité tridimensionnelle, tout paraît être devenu plat, gris, lourd, sans
substance et sans énergie."

HUNANG YU CH’AH
PROTOCOLE CIX : LA KABBALE

La taille de notre planète est si petite que parfois, notre existence peut sembler incertaine.

Tout arrive. Tout ce qui survient dans la vie d'un homme, tout ce qui se fait à travers lui, tout ce qui
vient de lui, absolument tout " arrive ", comme la pluie qui tombe parce que la température s'est
modifiée dans les régions supérieures de l'atmosphère, comme la neige qui fond sous les rayons du
soleil, ou encore comme la poussière qui se soulève sous le vent.

Tout arrive : les mouvements populaires, guerres, révolutions, et changements de gouvernement. De


la même manière, tout arrive dans la vie de l'être humain individuel : il nait, vit, meurt, construit des
maisons, écrit des livres, etc.

Cependant, aucun homme ne vous croira jamais, si vous lui dites qu’il ne peut rien faire. On ne peut
rien dire aux gens de plus déplaisant, parce que c’est la vérité et que personne ne veut la connaître. Il
n’est pas tout à fait exact de dire que les gens mentent délibérément. Dans la plupart des cas, ils
pensent qu'ils disent la vérité, quoi qu’en réalité ils mentent constamment, tant à eux-mêmes qu'à
leurs interlocuteurs. Dire la vérité est la chose la plus difficile au monde. Le désirer seul ne suffit pas.
Pour réussir, il faut être devenu capable de savoir ce qu'est la vérité, ce qu'est le mensonge, et être
consciemment présent.

L’être humain voyage à travers les plans de la vie, et le même dynamisme de croissance, d’évolution,
de transformation, de disparition, montre qu’il se heurte à de multiples forces de natures diverses.
Notre destin est de rejoindre plusieurs atmosphères, pareillement concrètes mais de densité et de
consistance différentes.

Nous sommes nous déjà demandés quelles sont les actions de la journée que l'on fait parce qu'on le
veut réellement ? Celles qui au contraire sont dictées par le besoin, ou bien celles qui sont dues à des
considérations occasionnelles et qui sont le reflet d'une nécessité supérieure ?

La vérité n'est pas telle qu'elle peut paraître à première vue. A cet effet, nous croyons en une vérité
d'une synthèse absolue dans la réalité même, c’est-à-dire comme unité simultanée de la pensée et de
la nature ; non vue à la façon d'une somme obtenue par l'addition d'un sujet et d'un objet vivant
d'abord chacun pour lui-même.
La vérité se renouvelle à l'infini et constitue l'acte conscient de l'être humain, chaque fraction de temps
qui passe en enregistrant peut-être une.

La présence immédiate et pérenne d'une condition unitaire et dynamique, contenant le principe des
développements de l'harmonie, nous fait prendre conscience du fait que la Connaissance est le miracle
universel par lequel la vie, au point infinitésimal du temps et dans la succession indéterminée des
heures, prend conscience d'elle-même.

Si la Connaissance était simplement humaine, cela expliquerait peut-être le besoin de requérir un


monde ayant des principes parfaits, par la volonté et l’intelligence. Cependant, la Connaissance n’est
pas seulement celle des sens ou de l’intellect qui suit le tracé de l’objectivisme réaliste auquel elle est
conditionnée par sa propre fonction. La direction dynamique de la recherche gnoséologique n'a plus
besoin d’être confrontée à la barrière intellectualiste de l'objectivité, puisque la recherche établit,
entre l'individu et l'inconnu, une relation déclarant la valeur divine de la Connaissance, dans le
dépassement de l'ego empirique et dans la foi pour l'union harmonique finale entre l'humanité et la
nature.

De nombreux individus pensent avoir déjà une personnalité accomplie, mais ce n'est heureusement
pas le cas ! Peu d'êtres humains veulent, pensent et agissent, parce que, pour la plupart, ce sont des "
énergies " qui s'expriment en eux et le centre de leur conscience s'identifie automatiquement et
impuissamment à elles. Ces individus sont déterminés par l’énergie du moment, alimentant la pensée,
l’émotion, l’instinct. Leurs facultés énergétiques sont divisées et non coordonnées par le centre qu’est
la conscience.

Il y a des êtres humains qui sont conditionnés par une certaine ligne de pensée, et par une direction
émotionnelle et sentimentale particulière, sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Ce désir, cette
pensée et ce sentiment dissociés entrent en relation avec l'inconscient collectif, ce qui entraîne un
conditionnement réciproque supplémentaire qui pousse de plus en plus vers l'automatisme, avec un
comportement maniaco-obsessionnel et une interprétation unilatérale de la réalité.

On trouve aussi des spiritualistes et même des initiés qui ont développé et renforcé l’esprit, et sont
néanmoins entraînés, malgré eux, dans le domaine de la contradiction de l’individualisme dogmatique
du sage qui veut juger ou démontrer son point de vue à tout prix. Ces individus peuvent aussi se
transformer en justiciers, en flagellateurs, en bourreaux vengeurs s’ils emploient leurs idées davantage
pour impressionner que pour révéler innocemment la vérité. Ils le font en employant des mots comme
l’universalité, la raison, la compréhension, l’unité vitale, la réalité métaphysique, etc.

D’autres individus parlent au nom de l'amour, de la fraternité, etc. avec un tel aveuglement, qu'ils sont
capables de se venger amèrement si quelqu'un tente de s'opposer à eux.

Avec les mots, tout le monde a raison et tout le monde trouve des excuses et des défenses valables !
Ainsi, les outrages, l'absolutisme, la jalousie, la vengeance et bien d’autres choses sont justifiées,
simplement parce que le pouvoir magique de l'imagination conceptuelle se met au service du monstre
qu’est l’égo. Lorsque le développement se produit non pas sur la faculté individuelle ou sur la puissance
psychique particulière, mais sur le moi lui-même, alors le danger est plus grand, et il est si important
qu'il faut espérer que l'histoire humaine, puisse compter de moins en moins de cas de ce genre, bien
qu’elle en ait connu de nombreux.

Parmi tous les problèmes que traitent les Sages vraiment illuminés, celui de notre essence et de son
immortalité n'a jamais cessé d'être un objet d'étude. Au fil des temps, les systèmes et les doctrines sur
ce sujet ont changé de façon diverse et contradictoire, et le mot âme a servi à désigner les concepts
les plus variés de l’existence et les différentes nuances de l’être, cependant de toutes ces doctrines
antagonistes, incontestablement la plus ancienne et la plus proche de la vérité est celle de la Kabbale.

Son nom révèle qu’elle a été transmise oralement, et remonte à l’origine de l’espèce humaine, c’est
ainsi qu’elle est le produit de cette intelligence non encore ternie, de l’esprit pénétrant face à la vérité
que, selon l’ancienne tradition, l’être humain possédait à son état originel.

La nature étant un tout complexe, nous trouvons dans cette doctrine trois aspects apparemment
distincts :

 le corps = matériel
 l’âme = unique
 l’esprit = universel

Ces trois aspects, chez l'être humain, ne sont pas complètement distincts et séparés mais les uns dans
les autres, comme les couleurs d’une palette qui, bien qu'elles se suivent, ne peuvent être
complètement distinguées parce qu'elles se fondent entre elles.

A partir du corps et à travers l’âme, en remontant jusqu’au plus haut degré de l’esprit, on trouve des
nuances de lumière comme lorsqu’on passe de l’ombre à la lumière en traversant la pénombre.
Inversement, des parties supérieures de l'esprit aux parties physiques, on passe par toutes les nuances
de rayonnement, de la même manière que l’on parvient de la lumière aux ténèbres à travers le
crépuscule.

Selon la Kabbale, l’être humain au lieu de vivre dans le Divin, s’immerge de plus en plus dans l'amour
de lui-même et dans le monde de l'erreur. Depuis le moment de sa chute, il s'est éloigné du Divin, ce
qui a entraîné un déclin des pouvoirs de la nature humaine et de l'humanité tout entière. Selon cette
doctrine, la mort de l’être n’est que le passage à une nouvelle forme d’existence, il est appelé à revenir
dans le sein de Dieu, mais cette réunion lui est impossible à l’état actuel en raison de la matérialité de
son corps.

Dans l'ensemble de l'Univers, tout est dans le tout, ce qui naît, vit et périt selon une seule et même
loi : ainsi le plus petit élément est la reproduction du plus grand. Les mêmes principes régissent
également toutes les créatures vivantes, des plus faibles aux plus spirituelles dotées des plus hauts
pouvoirs.

Le monde dans lequel nous évoluons, celui que nous percevons avec nos sens, n'est que la sphère
inférieure, la plus matérielle, pour la simple raison qu'avec les organes sensoriels dont nous disposons,
nous ne pouvons percevoir que les principes les plus matériels de l'être humain, c'est-à-dire son corps.

Quel que soient les choix qu'offre la vie des êtres humains sur terre, leur sort est très différent dans
les autres mondes. De même, plus on commet d’infractions envers la loi divine, plus on doit subir un
processus de purification dans l'autre monde.

Le monde est l'être, c'est-à-dire l'existant, tout ce qui est. L'être (ou l'existant) est une trinité dans une
unité.

Tout ce qui est, est matière, énergie et vie. La manifestation obéit à une loi qui crée et produit les
formes : ainsi la trinité se synthétise en une manifestation quaternaire c’est-à-dire en une unicité que
nous trouvons partout dans les minéraux, les végétaux, les animaux, l’air, l’eau, sur la terre, dans les
cieux, sur les planètes, etc. Le quaternaire s’accomplit chez les êtres humains avec un cinquième
élément qui est l’intelligence humaine, où l’on peut ressentir ce qui se cache au-delà de l’invisible.
" Le physicien allemand Reichenbach, dans ses recherches, avait remarqué que lorsque l’on plaçait
certains sujets d'une constitution nerveuse très sensible, dans une pièce complètement obscure en
présence d'un aimant, des rayons de lumière rouge, jaune et turquoise, vibrant avec le mouvement
ondulatoire, prenaient naissance à leurs deux extrémités.

En poursuivant les expériences avec n'importe quel corps, et en particulier avec des cristaux, on a
remarqué que des émanations lumineuses surgissaient autour d'eux.

Enfin, autour de la tête de ces individus introduits dans cette chambre obscure, des rayons blancs
étaient visibles , et de petites flammes surgissaient de leurs doigts.

Ces recherches étaient très importantes car elles démontraient les limites et le passage de la vision
physique à la vision astrale, qui peut conduire à la vision spirituelle avec l'explication de la matière
cosmique de nature subtile et pénétrante comme étant le véhicule de l'esprit. "

E. SCHURÉ
PROTOCOLE CX : LE TEMPS

Les Grecs anciens reliaient le concept du temps au concept de musique. La musique des sphères ou "
harmonie des sphères " se réfère à cette doctrine.

Dante l’évoque dans l’ascension à travers les neuf sphères. L’invention de la théorie connue sous le
nom d’harmonie des sphères est habituellement attribuée à Pythagore, qui, selon le témoignage de
Jamblique (" La vie de Pythagore ", § 65-67), était capable d’entendre la musique cosmique, qui
résultait des sciences mathématiques, géométriques, musicales et astronomiques.

Le mouvement de la nature du tout, pour utiliser le langage d'Archytas de Tarente, à qui l'on doit le
temps physique, est musicalement un intervalle. Le cosmos bouge et vibre avec une telle harmonie
que les pythagoriciens découvrent les lois des Nombres. Un lien unique relie les différentes sciences
du pythagorisme et les associe à la grande œuvre de la Palingénésie, que l’on peut aussi définir comme
l’harmonisation de l’individu avec le tout.

La musique calme, purifie, élève. La légende veut que Pythagore ait réussi à ramener à la raison un
ivrogne furieux en jouant de la lyre. La musique et le chant étaient enseignés au sein de l'Ecole
Pythagoricienne et faisaient partie de l'éducation grecque en général. La musique avait une
importance particulière dans la catharsis pythagoricienne ; ainsi Ulysse est-il représenté écoutant le
chant des Sirènes, qui, selon les acousmatiques font partie de la Tetraktys, et selon Platon représentent
l’harmonie des sphères. La lyre était considérée comme l'instrument le plus adapté pour la musique
sacrée, comme la harpe ou l'orgue aujourd'hui.

Le temps dit psychique est le résultat d'une série d'éléments. L'instant immédiat, même s'il devient
irrémédiablement passé, reste présent dans la mémoire, dans la psyché, et en tant que temps
psychique, survit au flux du temps physique.

Il existe également tout un ensemble de phénomènes qui permettent d’entrevoir que la notion du
temps peut différer de celle qui nous est habituelle. Ce que nous appelons " conscience " est quelque
chose d'indépendant de la notion d’espace et de temps, et l’on pourrait relater de nombreuses
expériences menant à la même conclusion. Au moment de la mort, on voit parfois sa vie passée défiler
devant soi en un éclair, et cette expérience transcende clairement la notion habituelle du temps.
On trouve d’autres cas où le temps ne semble avoir aucune importance, par exemple dans les
prédictions, les prophéties, les oracles et les phénomènes dits de paramnésie. L’incrédulité
contemporaine nie en bloc l’authenticité de ces phénomènes, ou affirme qu’il est possible de les
expliquer simplement. Certains réfutent même leur existence, parce qu’il faudrait alors admettre la
prédétermination de l’avenir, et renoncer ainsi au libre arbitre ; d'autres encore, déclarent que les
sujets de ces expériences sont déséquilibrés, anormaux, et que leurs expériences ne doivent donc pas
être prises en compte.

Dans les faits, la physique actuelle tend à démontrer que ce que nous appelons le passé et le futur sont
cependant toujours là, et que seule notre vision humaine nous laisse parcourir le plan du temps dans
une seule direction. Elle ne nie pas qu'il puisse exister une réalité du temps différente de la réalité
linéaire, mais au contraire l’établit clairement.

En se basant sur une simple expérience personnelle, celui qui a vu avec une précision absolue se
dérouler des scènes entières et imprévisibles de sa propre vie des mois avant qu'elles ne se produisent
dans le temps humain, et qui les a communiquées au préalable par écrit, ne peut pas non plus
reconnaitre une erreur de la mémoire ou effacer ces expériences de sa conscience, juste pour
respecter le scepticisme des autres et attendre le verdict de la science, afin de conserver les théories
hasardeuses sur le destin et le libre arbitre. Il en va de même pour ceux qui ont eu la chance de
constater en l’ayant vécu personnellement, la prédiction dans les moindres détails de faits importants,
des années plus tard.

Les phénomènes de paramnésie, qui consistent en un étrange et extraordinaire sentiment d’avoir déjà
vécu et vu une scène de la vie, au fur et à mesure qu’elle se déroule dans la réalité, sont plus fréquents.
On prétend qu'il s'agit d'une illusion de la mémoire, sans bien sûr confirmer en aucune façon cette
conclusion.

Ceux qui en ont fait l'expérience savent qu'ils n'ont pas été les victimes d'une illusion, mais les acteurs
lucides d'une perception authentique de la vérité. Au lieu de considérer ces phénomènes comme un
symptôme et une cause de déséquilibre, ils savent au contraire que ces derniers peuvent se produire
à des moments de parfait équilibre et de totale harmonie.

Or, si notre seule expérience personnelle suffit à nous donner connaissance de nombreux faits dans
lesquels émerge une conscience du temps tout à fait différente de la conscience humaine habituelle,
nous sommes amenés à penser que d'autres, et notamment les anciens, comme les pythagoriciens,
ont connu des expériences similaires. Ils n'auraient alors rien fait d'autre que d’introduire cette
perception et cette distinction du temps physique et du temps psychique dans leur cosmologie,
attribuant ou reconnaissant à la sphère qui nous enveloppe, la propriété d'œuvrer ou de satisfaire à
cette distinction entre temps et durée.

" En ce qui concerne la cosmologie pythagoricienne et l’ascèse, il s’ensuit que, si l’homme a la capacité
de transcender le temps physique dans ces expériences spontanées et sporadiques, ceci peut devenir
l’un des buts de cette même ascèse. L'un des objectifs de l'ascèse et du Grand Œuvre est donc lui aussi
de transcender le temps, et cette œuvre, pour être comprise dans sa totalité, implique une
confrontation avec notre perception temporelle.

Ainsi, les expériences rares et spontanées que de nombreuses personnes ont vécues, sont comme les
scintillements fugaces de la réalité dans l'obscurité de la nuit, qui leur permettent d'espérer et d'aspirer
à la conquête délibérée, consciente et permanente d'une telle vision, c'est-à-dire d'une palingénésie de
la vie spirituelle ou divine. Mais le divin est inaccessible à l’être humain parce qu’il transcende ce qui
fait partie de son essence même, et tout ce qui est au-delà de l’invisible."
L’ETERNEL PRESENT

" On trouve un nombre infini de phénomènes qui ne peuvent absolument pas être expliqués en utilisant
uniquement les lois de la physique et de la science mathématique. Il existe également un principe
harmonique évolutif et créatif qui s'exprime dans l'harmonie et la beauté, qui ne peut être défini par
des lois physiques...

On peut représenter ce mystérieux principe créateur par une fleur comme le triomphe de la Nature, ce
qui nous permet d’observer ses changements au fil du temps, sa croissance, sa floraison et son
dépérissement. Si ce processus vital de la fleur est une énigme, les nombreux facteurs esthétiques
comme sa beauté, ses couleurs merveilleuses, son parfum sont plus mystérieux encore pour la science.

Les propriétés des fleurs sont un produit de l'énergie vitale, qui est considérée comme la " cinquième
dimension ", une idée qui s'est avérée essentielle pour la connaissance scientifique et philosophique de
la Nature. "

HERMINE SABETAY
PROTOCOLE CXI : BROUILLARD

" L'analyse de la réalité concrète montre le caractère immatériel de la réalité de la matière elle-même,
réduisant tout à de purs rapports numériques, et dissipant le mythe naïf d'une matière solide tangible
et résistante.

Si la réalité de la matière se réduit à celle des rapports numériques, les rapports entre les choses et les
êtres vivants ont une réalité ; ils sont une réalité, de même que la perception qu’on en a et les sensations
qui se produisent. Leur connaissance est également réelle, primaire mais sûre. Aussi relative et partielle
qu'elle puisse être, elle est celle qui compte.

Vous pouvez expliquer les théories de l'acoustique à une personne sourde et lui apprendre
scientifiquement que l'ouïe n'est rien d'autre que la perception de vibrations avec une fréquence
comprise entre 20 et 20000 Hertz, si vous lui offrez l'ouïe en plus, il acquerra alors sa connaissance
vitale, celle directe et immédiate du son, même s'il ne comprend rien aux théories scientifiques de
l'acoustique.

La méthode analytique objective nous a conduits du problème de la constitution de la molécule à celui


de la constitution de l'atome, et de là elle nous conduira on ne sait où… Pour l'instant du moins, la vie,
la mort, la conscience, la mémoire demeurent des mystères, et la science s’avère incapable de qualifier
le rêve comme la folie, pas plus qu’elle n’a l'espoir d'éclairer d’autres mystères en suivant des voies
qu'elle n’explore pas. "

La théorie de la relativité a dû renoncer aux anciens concepts d'espace et de temps et admettre un


espace-temps quadridimensionnel infini ; sorte d’équivalent de la Tetraktys pythagoricienne dans la
science moderne, et a dû ramener les concepts de masse et d'énergie à des rapports numériques.

On peut en trouver un exemple dans l'analyse physico-chimique qui a conduit à la désintégration de la


molécule et de l'atome jusqu’à obtenir par la technique, la libération de l'énergie atomique.
Cependant, l’acquisition de ce savoir laisse sceptique et insatisfait parce qu’elle détruit l’ancien sens
utilisé auparavant pour qualifier la Connaissance, sans pouvoir pour autant le remplacer par un autre
plus approprié.

Par exemple, la phrase : "Je bois un verre d'eau ", avait autrefois une signification précise et
satisfaisante, car on croyait la comprendre parfaitement.
La lumière de la science moderne ôte cette illusion. En fait, nous savons aujourd’hui que l'eau n'est
pas du tout ce qu'elle semble être, mais se révèle comme une forme d'agrégation de molécules,
composées d’un atome d'oxygène entre deux atomes d'hydrogène électriquement liés entre eux
(H2O), et que ces atomes ne sont rien d'autre que des masses nucléaires relativement éloignées autour
desquelles les électrons se déplacent à très grande vitesse.

Finalement, l'eau se présente comme une sorte de " brouillard " de corpuscules en mouvement très
rapide, donnant l’illusion du liquide que nous observons.

Un autre brouillard de particules se présente lorsque l’on examine un bécher en verre aux moyens de
la science d’aujourd’hui, à la seule différence que les molécules sont constituées d'atomes de silicium
et d'aluminium dans des proportions numériques simples bien définies. Le " brouillard " de verre est
capable de contenir le " brouillard " d'eau, s'il n'est pas poreux, en vertu de la mystérieuse loi de la
gravité.

Un troisième " brouillard " constitue notre corps, composé d'atomes et de molécules maintenus
ensemble par la mystérieuse force de vie.

Si nous négligeons la possibilité d'une évolution intérieure, la perception de toutes les contradictions
dans lesquelles nous vivons peut nous faire perdre l’esprit. Afin d'éviter de ressentir ces problèmes
existentiels, l'homme crée des " dispositifs d’harmonisation " de façon presque automatisée qui se
fondent sur la morale et la justifient : le bien d'un côté et le mal de l'autre.

En fait, le bien sera tout ce qui aide à l'Eveil et le mal tout ce qui sera de nature à prolonger son
sommeil. L'idée du bien et du mal est liée à l'idée de vérité et de mensonge. Leur succession continuelle
se rattache aux multiples " moi " qui constituent notre personnalité.

Pour Gurdjieff, la personnalité de l’être humain est un agrégat de tout ce qui n'est pas réellement lui :
elle est faite d'empreintes laissées par l'éducation, d’imitation mécanique de certains comportements,
en somme de tout de ce dont nous pourrions dont nous pourrions nous passer.

Au contraire, l' "essence" constitue la partie nécessaire et naturelle de tout être ; par exemple, un
homme adulte, que l’on peut considérer comme étant cultivé peut conserver l'essence d'un enfant.
L'enfant est essence parce qu’il n'a pas encore développé de personnalité : il est ce qu'il est réellement,
aussi ses désirs, ses goûts, ce qu'il aime ou n'aime pas, expriment son être tel qu'il est.

Il faut apprendre par soi-même pour accéder à une Connaissance réelle et perdre la foi dans le
scientisme moderne, afin de prendre conscience de la présence de quelque chose que, soit par peur
soit par incapacité, nous avons l’habitude de mettre de côté. Puisque l'évolution nécessite une
initiation et que certains concepts ne peuvent être compris que par certaines personnes, il faut guider
les gens sur des voies adaptées à la nature et conformes au but de l'existence, envers lesquelles nous
avons tous des devoirs à accomplir et qui constituent notre raison d'être.

Le centre de gravité permanent, une fois créé dans le Soi, doit être ramené vers l’extérieur, en vue
d’une évolution générale tenant compte des prérogatives de la Création, c’est-à-dire faire que la Terre
devienne un Soleil et la Lune une Terre, afin que le Tout se développe et que la Source Originelle puisse
contrer le chemin inexorable du temps.

Tout ceci constitue la base de l’ésotérisme véritable. Tout ce qui aujourd’hui se réclame de
l’ésotérisme, n’est rien d’autre qu’un tas de notions inutiles qui sont même néfastes pour ceux qui les
possèdent... le vrai ésotérisme ne se proclame jamais ! Ce n’est pas quelque chose qui se cache, mais
une structure qu’on ne peut pas voir parce qu’elle est au-delà de l’invisible.
L’ETERNEL PRESENT
" En tant que physicien et aussi en tant qu'homme qui a consacré toute sa vie à la science objective
pour l'étude de la matière, je ne peux certainement pas redouter d'être considéré comme un fanatique.
La science exacte, si fière de ses conquêtes et découvertes, rappelle que les plus grandes hypothèses
ont toutes été devinées, résultant d’inspirations spontanées ou d’intuitions, mais jamais d’inductions
scientifiques.

C’est dans l’espace serein et placide de l’esprit non bouleversé que les visions recueillies dans l’invisible
trouvent une représentation dans le monde visible ; faute de quoi, vous chercherez toujours vainement
ces visions, ces bribes de lumière soudaine qui ont toujours aidé à résoudre un grand nombre de
problèmes, et qui seules peuvent conduire la vérité jusqu’aux yeux de l’âme. "

KOOT HOOMI
PROTOCOLE CXII : TETRAKTYS

Pendant des centaines de millions d’années, d'innombrables créatures ont vu le jour : certaines d’entre
elles ont disparu parce que les contextes environnementaux à ce moment n’étaient plus propices à
leur développement, tandis que d'autres se sont établies et, par mutation, ont donné naissance à
d'autres espèces encore plus évoluées, suivant un cycle qui se terminera avec la fin de l'Univers dans
l'espace et le temps infinis.

S’il est superflu d'essayer de résoudre l'énigme de la vie, il est par contre nécessaire d'essayer de saisir
la vérité du moment. La vérité n'est pas dans le fini, le complet, l'absolu, mais dans le détail,
l'instantané, le relatif, dans l'inspiration qui jaillit comme un éclair et illumine comme un horizon.

L’idéal que nous recherchons dans le monde apparent ne se réalise que dans le monde non visible, et
la révélation d’une vérité mystique est bien plus réelle que les plus sages conseils de la morale humaine
la plus remarquable. Nous n'avons pas foi en ces choses parce que la raison, l'intelligence et la
conscience ne nous en parlent pas, et parce que la plupart des êtres humains ignorent même
l'existence de leur propre âme.

L'âme, devenue esprit, ne perd pas son individualité, mais la réalise parce qu'elle atteint son archétype
en Dieu, et se souvient de toutes ses existences antérieures, qui lui apparaissent comme autant de
marches pour atteindre le sommet, d'où elle embrasse et pénètre l'Univers. Dans cet état, l'être
humain n'est plus humain, mais un demi-dieu, parce qu'il réfléchit dans tout son être la lumière
ineffable dont Dieu emplit l'immensité de l'espace. Pour lui, Connaître c’est Pouvoir ; Aimer c’est Créer,
Être, c’est répandre la Vérité et la Beauté.

Mais cet aboutissement constitue-t-il une finalité ? L'éternité spirituelle a d'autres mesures que le
temps solaire, mais elle a aussi ses phases, ses règles, ses cycles, mais ceux-ci dépassent toute
connaissance humaine car ils sont au-delà de l'invisible.

Cependant, la science de l’analogie progressive dans les règnes ascendants de la nature nous permet
d’affirmer que l’esprit, parvenu à cet état sublime, ne peut plus revenir en arrière et que, si les mondes
visibles changent et passent, le monde invisible, qui est sa raison d’être, sa source, et auquel appartient
la psyché divine, est immortel. Même ceux qui ont seulement connu les lois courantes, les devoirs
précis, qui ont cru pouvoir saisir la vérité comme une proie et l’enfermer dans la cage de leurs
principes, s’aperçoivent qu’il y a autre chose, une justice plus haute qui échappe à tous nos systèmes,
et ne juge que les intentions secrètes de notre être ineffable. Ils ont senti qu'ils n'étaient pas toujours
bons quand ils faisaient le bien, ni mauvais quand ils se complaisaient dans le mal, mais qu'ils avaient
en eux des vérités qu'aucun principe ne peut atteindre, des forces qu'aucun pouvoir ne peut ébranler,
une vie qu'aucune mort ne peut briser, et que ces lois intègres de notre être sont bien plus réelles que
tous les ordres de la raison et de la créativité humaine.

Au fur et à mesure que le regard s’éclaircit et que l’horizon s’élargit, tout change, il semble que l’on ne
puisse aller au-delà de l’invisible. Nous évoluons constamment d'une sphère à l'autre, et chaque
transition s'accompagne de nouvelles aspirations et de nouveaux devoirs. Ceci s’observe constamment
dans la nature, où les animaux et les plantes changent leurs comportements et même la forme de leurs
organes, suivant les milieux où ils sont contraints de vivre.

Nous devons étudier la vie et modifier nos pensées selon les circonstances qui se présentent, ce que
nous voyons, touchons, sentons. Le monde qui nous entoure semble être le reflet d’un autre monde,
supérieur et invisible, la conséquence d’un fait caché. Nous sommes toujours confrontés à des
problèmes inexplicables, car ils ont leur raison d’être dans une contrée presque inconnue.

La justice courante a l'habitude de condamner ce qui ne peut être compris, au lieu de se tenir
humblement à l'écart, en attendant la révélation des lois mystérieuses qui régissent les évènements
existants et l'explication des motivations entrainant les actions de chaque vie humaine. Le
développement de la science en Occident a depuis facilité les choses dans le domaine de la justice, car
elle se veut expérimentale et objective : son but est d’observer, de comprendre, en tenant compte de
l’inévitable et de l’invisible.

Depuis toujours, dans la vision quantique et parallèlement dans l’hermétisme, le pythagorisme et en


général dans l’ésotérisme, l’observateur est aussi l’objet de l’expérience, qui est envisagée de
l’intérieur, directement, sans en limiter le champ. Si le pigeon possède la faculté de s’orienter et la
raie-torpille celle de provoquer une secousse électrique, comment peut-on exclure, même en suivant
la simple théorie de l’hérédité de l’espèce et la phylogénèse, la possibilité que certains êtres humains,
si ce n’est tous, puissent posséder des facultés analogues ?

Des milliers de phénomènes montrent que l'organisme humain est semblable à un émetteur et
récepteur radio, bien que celui-ci ne soit capable de fonctionner qu’épisodiquement et
indépendamment de la volonté de l’individu. La science moderne reconnaît l'authenticité de ces
phénomènes, et lorsqu’elle ne peut s’y soustraire, les répertorie et les classe.

Vivez sub specie interioritatis (sous l’aspect de l’intériorité), ne vous maintenez pas désespérément à
flot en vous laissant ballotter par le flux et le reflux de la vie superflue et vaine !

Après avoir abandonné le corps et " cette petite aire qui nous rend si féroce " (1), gravi les cieux, atteint
l'empyrée au-delà de la sphère du temps, et s'être libéré de la notion humaine de temps et d'espace,
le fils de l'art peut enfin s'approcher de la vision suprême et dire avec Dante :

" Je vis que dans sa profondeur s’enfonce,

Relié en un volume par l’amour,

Tout ce qui dans l’univers se disperse ".

(Dante Alighieri - Le Paradis, XXXIII, 85-87).

(1) "Cette petite aire qui nous rend si féroce", "L'aiuola che ci fa tanto feroci" (Dante Alighieri, La divine Comédie, Le
Paradis, XXII, 151)
Ce qui se disperse, selon la Tetraktys dans l’Univers, s’enfonce par un processus inverse dans la pure
intériorité de l’être. Dans ces états de conscience, parmi les robes blanches du ciel tranquille, la
contemplation de la Tetraktys, du delta sacré dans le sanctuaire du Dieu auquel Dante dédie le dernier
cantique, permet la vision suprême, l’intuition surhumaine du cosmos, car :

" La contingence, qui hors du livre

De votre matière point ne s’étend,

Est toute peinte dans l’éternelle présence ".

(Dante Alighieri - Le Paradis, XVII, 37-39).

Notre plus grand poète, Dante Alighieri, est clairement inspiré par le concept de la Tetraktys ou
système pythagoricien, le delta lumineux. Citoyen du ciel, cosmopolite au sens propre du terme, il se
lie dans sa vision suprême avec le " très noble philosophe Pythagore " (le Banquet. III, 41) en utilisant
le même mot, le même symbole et le même concept.

L’esprit essaie toujours de contrôler la réalité. Pour la science quantique moderne, chaque moment de
la vie est fait de possibilités qui se superposent.

Socrate disait : "Je sais seulement que je ne sais rien ". Ceci est important pour adopter une attitude
réaliste face à la vie

Le temps où l’humain vit normalement n’est alors qu’un pâle écho " de la présence incandescente du
Réel." Vouloir le temps et les choses d’une certaine manière, programmer à l’intérieur d’un champ
donné de possibilités, est ce qui nous amène à ne pas percevoir le présent, mais seulement une pâle
image de ce dernier.
PROTOCOLE CXIII : LA LUMIERE DE DIEU

L'être humain contemporain, en raison de certaines exigences, presque insaisissables de la vie


ordinaire ancrées dans la civilisation moderne et qui semblent être devenues inévitables au quotidien,
s'est progressivement écarté de l’espèce naturelle qu'il devrait représenter en vertu du lieu et du
milieu où il est né et a été élevé.

Ne connaissant pas de limites à l’extension de son champs d’influence, la civilisation a aujourd’hui


arraché l’être humain aux conditions normales dans lesquelles il devrait vivre. Il est vrai que la
civilisation moderne a ouvert de nouveaux horizons à l'humanité, dans le domaine de la technologie
et des autres sciences, élargissant ainsi la vision du monde. Cependant, au lieu d'une croissance
équilibrée vers un niveau supérieur de conscience, elle n’a développé que certaines parties de l'être
humain au détriment des autres ; certaines facultés étant même complètement détruites, le privant
ainsi de ses principes naturels.

En n’éduquant pas de manière harmonique les nouvelles générations, la civilisation a privé l’être
humain de ce qu’elle aurait dû lui offrir. Elle lui a aussi ôté toute possibilité de développer
progressivement et harmoniquement un nouveau type d’être, développement qui aurait dû se
produire au fil du temps et par l’action des lois générales du progrès humain.

L’être humain est passé d’une harmonie avec la nature qui l’a engendré, à un déracinement de la terre,
devenant inadapté et étranger à toutes les conditions normales de vie. L'humanité est un arbre avec
des racines invisibles et des branches qui partent dans toutes les directions, mais le tout est uni par un
tronc qui constitue un pont, un éternel médiateur dont la sève est l'amour, la grande sagesse qui
maintient un équilibre entre le Ciel et la Terre, le passé et le futur. C’est la Connaissance qui enracine
sa force dans la pierre et s’élève vers les étoiles.

Notre vie et celle de l’Univers ne suivent pas jour après jour une trajectoire rectiligne ; elles ne
connaissent qu’une route incurvée, une courbe qui est une roue générant d’autres roues possédant
huit rayons : l’éternité. La roue est le symbole de l’une des grandes lois de tous les peuples qui ont
compris pourquoi la mer provoque un ressac sur ses rivages : c’est ce même mouvement qui établit,
dans ce monde, le ressac des âmes.

Pour ceux qui l’ont compris, leur quête consiste à se tenir le plus près possible de l’axe de la roue : là
où naît la logique de l’action, où l’âme a son centre et voit équitablement tous les rayons de la roue
conduire toutes les personnes vers leur propre centre.
Ainsi, si la connaissance des méandres du prétendu passé ne mène pas au centre de la roue, elle en
facilite l'accès en ouvrant certaines portes. Cette connaissance doit appartenir à votre être plutôt qu'à
votre avoir, et doit être stimulée davantage par le contact direct avec certains lieux de ce monde que
par l’accumulation d’un savoir extérieur.

Nous sommes les messagers d’un des visages du Grand Architecte de l’Univers, aussi ne brisez pas les
branches sans obtenir le fruit essentiel à une réalité pleine d’amour ! Il n'y a rien , en nous, qui doive
être dominé ou asservi, seulement quelque chose qui doit être écouté et compris.

Nous, la Fraternité Universelle, sommes bien davantage qu'une fleur aimée par le soleil et le vent,
qu'un tronc qui offre son bois, qu'une racine qui mêle la terre à l'eau ou encore qu'une nourriture qui
vous donne de la force. Nous sommes situés de ce côté de la vie dont vous vous éloignez, parce que
vous vous sentez plus forts que tout cela, parce que Dieu vous a laissé en don le libre-arbitre, qui ne
se résume pas seulement au choix d’un chemin sur lequel avancer et comporte le risque d’oublier
d’être présents à vous-mêmes.

Un jour viendra où l’être humain empoisonnera nos racines et où l’esprit de régénération voudra
quitter cette terre, alors vous vous retrouverez peut-être dans d’autres corps parce que le temps à sa
manière est un manipulateur. Souvenez-vous cependant que cela ne changera pas notre manière
d’être, parce que cela ne résulte pas d’une volonté passagère ! Ce n'est pas notre vie que nous
protégeons, ni le développement harmonique de notre corps, c'est quelque chose de beaucoup plus
élevé, le sens de la communion sans lequel la race des êtres humains se désintègre, s'isole dans sa
forteresse.

La vie nous a mis au service de notre prochain, mais n’oubliez pas que vous aussi êtes au service de la
vie. La vie est la lumière de Dieu et cette lumière n’a pas attendu l’être humain pour se manifester ;
ainsi chacun est au service des autres dans la grandeur infinie de l’humilité. Ne voyez rien en ces mots
qui soit semblable à un index accusateur pointé sur vous, mais prenez-les plutôt comme un appel à la
grandeur, car comprendre que l'on ne marche pas seul sur le chemin, c'est être vraiment grand.

Eliminez également votre insidieuse volonté de tout piéger, l’orgueil, le pouvoir, les pièges de l’ombre
de l’amour, de ce que vous appelez " intelligence " ! Votre expansion de conscience est votre seul
corps ; le véritable secret n'étant pas de lui permettre de voler dans d'autres Univers, ni de construire
d'autres mondes, mais de savoir qu'elle est présente dans tous les Univers, intérieurement et en
permanence.

Il suffit d’un seul petit caillou et ma conscience est là... un jour la tienne sera là également, et celle de
tous les êtres humains, de toutes les vies qui se sont trouvées.

Vous êtes l'Univers. Si vous vous transformez, l'univers dans lequel nous vivons sera également
transformé.

Ne cherchez pas la perfection, acceptez l'incertitude. Avoir des certitudes, c'est vivre dans des limites.
Les choses dont nous sommes certains ont en fait toujours, d’autres qualités à démontrer.

Une force universelle maintient chaque chose en équilibre. Nous sommes tous soumis à la Mère
Nature, et nous devons avoir foi en elle, même dans les catastrophes qu'elle produit.

Si vous voulez ressentir l'amour comme Dieu le ressent, vous devez remplir votre vide, car vous ne
pouvez vraiment aimer que dans un état de plénitude. Quand l’esprit est parfaitement calme, sans se
sentir forcé ou entraîné à cela, quand il est silencieux simplement parce que l’ego n’est pas actif, alors
nait la créativité et la lumière de Dieu apparait.
La créativité nait lorsque l'on est constamment conscient des fonctions de l'esprit et des obstacles qu'il
a construits. Elle est un état d'être dans lequel les conflits et les douleurs du moi sont absents, où
l'esprit rejette les activités du désir.

Ce n’est que lorsque nous devenons conscients du vide de notre esprit, lorsque nous ne nous réfugions
pas dans les stimuli ou les sensations, que nous sommes complètement ouverts et sensibles, qu’il peut
y avoir une création, que nous pouvons trouver la joie nécessaire pour parvenir à la lumière de Dieu.

Nous devons purifier notre cœur et notre esprit si nous voulons être en mesure de transmettre un
message positif à nos semblables. Comment pourrions-nous communiquer la sagesse si nous sommes
confus, tortueux, perdus dans le labyrinthe de nos désirs ?

Nous sommes le résultat d'une longue série d'influences et de hasards, que chacun de nous doit
démêler pour comprendre individuellement la confusion de sa propre nature, et se rapprocher le plus
possible de la vraie lumière de Dieu.

Observez l'Univers avec innocence, comme des enfants, c’est la seule façon pour lui de vivre ; vos yeux
donnent vie à tout ce qu'ils voient car ils sont la lumière de Dieu.
PROTOCOLE CXIV : ÉTINCELLE

" La vie organique obéit aux diverses influences qui lui parviennent des autres planètes et du soleil. Si
l'on ne cherche pas à comprendre de quelle manière la vie humaine est liée au cosmos, il est inutile
d'essayer d’envisager l’évolution de l'homme, et son avenir tel qu’il se présente.

L’individu perçoit difficilement ces influences ; leur action se manifeste de manière tangible sur les
agrégats humains, provoquant des bouleversements profonds, des désordres sociaux, des guerres, des
révolutions.

L'histoire devra se convaincre que la cause de la plupart des événements se trouve ailleurs. Quand des
forces négatives s’abattent sur les masses, il peut arriver que certains individus parviennent à fuir. Des
êtres d’un niveau spirituellement supérieur peuvent échapper à des conditionnements extérieurs sous
l’impulsion d’influences bénéfiques. La raison en est que leur esprit œuvre selon une ellipse, c’est-à-dire
selon la nature, tandis que l’esprit de la plupart travaille en ligne droite contre la nature. En se
déplaçant, le soleil les emporte avec lui dans l’espace ; chaque planète selon son principe moteur
dessinant une ellipse autour de l’axe principal du soleil.

Ici, dans cet immense système elliptique se trouve le système auquel l’homme appartient. "

J. JOSIPOVICI

Si l'on considère la durée de vie moyenne d'un être humain, qui est d'environ quatre-vingts ans, celle-
ci représente, par rapport à la vie du soleil, la durée d'une étincelle électrique.

Chaque cosmos individuel (les êtres humains, les planètes, les étoiles, les plantes, etc.) est un être
animé et intelligent, qui naît, vit et meurt ; mais un seul cosmos ne saurait contenir toutes les lois de
l’Univers : seuls trois cosmos réunis ensemble peuvent le faire , c’est-à-dire celui qui est au-dessus et
celui qui est au-dessous, déterminant le cosmos intermédiaire.

L’être humain qui élargit sa conscience est porté vers deux cosmos simultanément, l’un plus grand et
l’autre plus petit, l’un au-dessus et l’autre en dessous.
Nous ne pouvons pas nous étonner que l’effet d’un café, d’un verre d’eau ou de la fumée d’une
cigarette, soit immédiatement ressenti dans tout notre organisme en modifiant tous les liens internes
des forces. La substance entrée dans l’organisme est tout d’abord passée dans de nombreux
laboratoires, pour y être décomposée en éléments et mélangée à d’autres substances, puis incorporée
par la suite dans l’aliment qui nourrit les différents centres nerveux.

La molécule, structurellement très complexe, existe comme l'intériorité vivante des éléments dont elle
est issue : elle doit naître, vivre et mourir, et sa durée de vie est égale à celle d'une étincelle électrique,
c'est-à-dire un dix-millième de seconde. Le fait que les cellules de notre organisme vivant meurent et
soient remplacées par d'autres dans un processus évolutif continu durant le temps d'une étincelle,
devrait nous faire comprendre le sens de la vie en général. Si l'on considère les électrons comme des
atomes, leur vitesse est encore plus grande et leur existence est de l'ordre du millionième de seconde.
Pour être encore plus précis, si l’on établit la distance parcourue par la lumière (qui est d'environ 300
000 km par seconde) à un mètre, on obtient la durée de vie d'un électron.

Selon les dernières découvertes scientifiques, un faisceau de lumière parcourt une courbe qui, après
avoir fait le tour de l'Univers, revient à son origine après un milliard d'années-lumière. Un milliard
d'années-lumière représente donc la circonférence de l'Univers, bien que de nombreux chercheurs ne
soient pas d'accord avec cette conclusion sommaire. Dans cette dimension infinie, est-il possible de
découvrir et de comprendre ce qui existe au-delà de l’invisible ?

Aussi sublime que puisse être un esprit, lorsqu’il qu'il descend dans l'enveloppe humaine, il perd
provisoirement la mémoire de son passé, et dès qu'il est pris dans l'engrenage de la vie corporelle, le
développement de sa conscience terrestre est soumis aux lois du monde en tombant sous l'emprise
des éléments. Plus son origine est élevée, plus l’effort sera grand pour réveiller ses pouvoirs endormis,
ses qualités célestes, et prendre conscience de sa mission.

L’ETERNEL PRESENT
" D'un certain point de vue, la matière est un concept logique, une forme de notre pensée. Personne
n'a jamais vu la matière et ne pourra jamais la voir car il est seulement possible de penser la matière.
D'un autre point de vue, il s'agit d'une illusion acceptée comme une réalité. Les limites et censures
qu’imposent les sens avec lesquels nous concevons ce qui existe dans la réalité, sont une autre illusion.

La matière est une partie de quelque chose, une section imaginaire qui n'existe pas. Or ce qui importe
pour la matière, c’est l’existence de cette section. Si nous considérons le cerveau du point de vue de la
conscience, alors le cerveau sera une partie du monde, c’est-à-dire une partie de l’autre monde qui est
au-delà de la conscience ; c’est pourquoi la psyché et le cerveau sont deux choses différentes. Mais la
psyché, comme le prouvent l'expérience et l'observation, ne peut agir que par l'intermédiaire du
cerveau. Celui-ci est un prisme indispensable, afin qu’une partie de la psyché à travers lui, puisse se
manifester à nous en tant qu’esprit.

Autrement dit, le cerveau est un miroir qui renvoie la vie psychique dans notre section tridimensionnelle
du monde. Cela signifie que dans cette dernière, notre psyché, dont la véritable dimension nous est
inconnue, n'agit pas dans son intégralité, mais avec seulement ce qui peut être réfléchi par le cerveau.
Il est clair que si le miroir se brise, l'image se brisera également, et le reflet sera alors indécis ou
déformé. Il n'y a absolument aucune raison de croire que lorsqu'un miroir se brise, l'objet qui y est
attaché soit lui-même détruit, c'est-à-dire que la vie psychique soit détruite.

P.D. OUSPENSKY
PROTOCOLE CXV : LE SACRÉ

Percevoir le sacré, c'est faire l'expérience de son propre " Je " en tant qu'essence. Lorsque l'on entend
des expressions telles que " Dieu est ", " Dieu s'est fait homme ", ou encore " la nature est une création
du divin ", on ne fait que constater des actes de foi qui ne correspondent pas à la véritable
intentionnalité du sacré.

En fait, toutes ces expressions tendent à mythifier la présence humaine dans le divin, ou plutôt à
transformer la nature humaine en une nature différente, au lieu de connaitre ce sentiment
d’accomplissement qui nait et qu’éprouve l'individu en se sentant lui-même comme un être empli de
sa propre contingence, de sa valeur intrinsèque, qui se complète dans cette possible image où le divin
magnifie cette émotion créatrice.

Dans l’intuition émotionnelle du sentiment, l’être devient effectivement un homme, possédant une
image précise du Moi en tant que tel, puisqu’il réussit à percevoir le sens du divin comme le sien, et
non comme un code moral dont le terme " Dieu " devient la seule référence possible, signe de ce que
l’homme ne pourra jamais être et à qui même la pensée ne peut donner satisfaction, car elle ne saurait
agir au sein d’une réalité privée d' " essence ", relevant de la pure fantaisie.

De même que l'esprit imaginatif des parents crée les contes de fées pour les enfants afin de leur
enseigner le bien et le mal, l'être humain, en tant qu'être pensant, fantasme sur ce qui n'existe pas
afin de s'éduquer à parfaire le bien. Contrairement à ce qui se passe dans le monde des contes, il n'y a
pas, dans les récits religieux, de véritable issue relationnelle.

Si la sacralité est peut-être une spécificité imaginaire des religions, le sacré est une chose bien
différente : c’est l’émotion qui pousse la pensée à s’élever vers la contemplation du Moi en tant que
vie, et nous montre la dimension de l’existence telle qu’elle est vraiment, pour nous rapprocher de
l’infini, au-delà de l’invisible.

Ressentir ce sentiment dans son intégralité est tout à fait différent de l'attitude qui en résulte, c'est-à-
dire que la pensée détachée du sentiment devient une spéculation, une digression linguistique, sur ce
qui ne peut en aucun cas être exprimé par la rigidité du code moral. Nous pouvons alors considérer
que le véritable temps du sacré est celui que l’être éprouve en tant que présence, et qu’il peut
communiquer en le situant en tant qu’action.
Ce qu’il codifie et tend à expliquer à travers l’interprétation éthique, est le résultat de cette
néantisation abstraite qui le détourne de l’essence perceptive, pour le transporter dans la dimension
de l’essence morale et mentale.

La pensée qui intervient dans le sacré n'a pas la caractéristique de la pensée humaine ; elle est cette "
essence-pensée " qui génère la pensée humaine et permet donc aux êtres de conceptualiser et de
comprendre ce qui, autrement, ne pourrait être expliqué en tant qu’émotion.

En abordant le problème de la vérité comme une correspondance entre la volonté intérieure et


l'expérience du monde, nous ne pouvons pas oublier la condition de la conscience du croyant, laquelle
vit dans une dimension scientifique, car elle a perdu une grande partie de son sens du mystérieux et
du sacré. Il faut garder à l’esprit que cette condition n’est pas qualitative, avec cette omniprésence du
mystérieux et de l’omniscient.

Le fondamentaliste, par contre, se singularise par une foi et une conscience irresponsable, c'est-à-dire
qu'il se détermine dans la croyance par l'obéissance à l'altérité divine, de sorte que chacune de ses
propres demandes conscientes devient une réponse à une entité abstraite dont il ne sait rien, sauf ce
qu'il peut lui-même trouver dans la doctrine fidéistique.

Le sens du sacré n’a rien à voir, et n’a donc pas besoin de coïncider avec la capacité transcendante de
la religiosité. C’est d’ailleurs sur ce terrain que la philosophie évolutionniste propose un dernier accord
entre la science et la religion : la certitude absolue que " l’être humain se trouve en présence d’une
énergie infinie, d’où tout procède et se poursuit dans l’Univers ", au-delà de l’invisible. La même
philosophie a constaté qu'au cours de son évolution à travers le temps et l'espace, l'énergie tend à
établir un plus grand équilibre dans le monde des phénomènes.

La religion, dans ses formes les plus élevées, nous enseigne que l’Absolu se manifeste par une tendance
à apporter, dans les rapports entre les êtres humains, davantage d’ordre et de droiture, ce qui est la
traduction morale du concept physique de l’équilibre. Malheureusement, les religions organisées,
surtout celles qui se servent du sentiment intégriste pour en faire un instrument de domination
politique et d’oppression intellectuelle, n’ont pas permis à la morale, la philosophie et la science, de
se retrouver sur ce terrain d’entente pour travailler ensemble, dans le but d’améliorer l’individu et la
société tout entière.

Un jour viendra peut-être où toutes les religions se reconnaîtront mutuellement comme étant les
différentes facettes de la même réalité, de la même église universelle, quels que soient les rites, les
livres saints ou les symboles utilisés, afin de représenter le divin parmi l'ensemble de la population de
la terre.

Il suffit de parcourir n’importe quel texte de l’histoire des religions pour obtenir toutes les réponses
qui ont été données au problème de l’existence humaine tout au long de l’histoire. En réalité, les
différentes religions ne sont rien d'autre que des réponses différentes au même problème, tandis que
le fondamentalisme est la forme la plus bestiale et la plus primitive que l'être humain ait pu inventer.

Que ce soit l'information officielle ou la prétendue contre-information, aucune ne permet une réelle
compréhension des différentes cultures et religions, mais contribue au contraire à en véhiculer une
image déformée, alimentant ainsi les guerres et les préjugés, ce qui ne favorise certainement pas les
rencontres entre personnes d'horizons culturels et religieux différents.

Une société dont les principes sont l'acquisition, le profit et la propriété entraine l'émergence d'un
caractère social basé sur l'avoir et, une fois ce modèle dominant établi, personne ne souhaite en être
exclu ou devenir un paria. Alors pour éviter ce risque, chacun se conforme à la majorité, qui n'a en
commun qu’un antagonisme mutuel. La conséquence de cette attitude égoïste dominante est que
ceux qui détiennent le pouvoir dans notre société estiment que les gens ne peuvent être animés que
par la perspective d’avantages matériels, et qu’ils ne réagissent pas aux appels de la solidarité et du
sacrifice.

Seule une structure socio-économique et une image de la nature humaine radicalement différentes
pourraient démontrer que la corruption n'est pas le seul ou meilleur moyen d’influencer les gens. C’est
uniquement par un changement fondamental du caractère humain, c'est-à-dire par le passage d’une
suprématie du mode de l'avoir à celle du mode de l'être, que nous pourrons éviter une catastrophe
psychologique et économique.

Le problème de l’évolution de la nature humaine a toujours été religieux et moral, et ce n’est


qu’aujourd’hui pour la première fois dans l’histoire, que les illuminés scientifiques du " Club de Rome
" déclarent ce qui suit : " Ici, peu nous importe le problème moral et religieux, ce qui compte c'est le
remplacement : si vous voulez survivre vous devez vous transformer humainement, c'est-à-dire que
vous devez abandonner la structure de l'avoir, la poursuite du luxe et du consumérisme. "

L’être humain de la société moderne, qui a une nature typiquement mercantile, est amené à se
soumettre à une autorité anonyme et à faire ce que l’organisation lui demande, à ne pas avoir de
sentiments, à engendrer des profits, à être ambitieux. Par conséquent, chaque société crée la nature
dont elle a besoin. Il serait très important, non seulement en politique, mais aussi dans le domaine
amoureux et matrimonial, que l’on puisse identifier cette nature à un stade précoce, car les gens
tombent amoureux l'un de l'autre ou pensent s'aimer, ne sachant pas l'évaluer correctement. Après
un long moment, ils découvrent pourquoi ils ne peuvent vivre ensemble ; mais il leur aurait été possible
de le constater, après seulement deux ou trois semaines s’ils avaient fait l’effort de comprendre le
caractère de l’autre.

Si nous ne voulons pas qu'une catastrophe de dimension mondiale mette fin à l'histoire des êtres
vivants, nous devons revenir à une forme sociale qui, sans renoncer à la technologie, refasse
effectivement de l'être humain la mesure de toutes choses, où ce qui compte réellement, c'est l'être
et non le consommateur, la compréhension et non la connaissance des mécanismes par lesquels il
fonctionne au mieux.

L'être humain doit redevenir lui-même, il ne doit plus être un appendice de la machine, car la nature
a ses limites. Le comportement de l'individu envers elle doit nécessairement changer car la nature
n'est pas un ennemi à vaincre, mais représente la sacralité divine du Grand Architecte de l'Univers.
PROTOCOLE CXVI : LA FOI ?

La volonté de Dieu est le bonheur des êtres humains, et notre plus grand péché est de l'ignorer. Aspirer
à ce bonheur, savoir le chercher, constitue l’accomplissement de la volonté de Dieu et notre mission
suprême sur terre.

La vie nous est donnée pour découvrir que Dieu est en chacun de nous, dans notre âme. Ce que Dieu
veut, c’est la justice ; que l’homme droit poursuit malgré les dénégations continuelles qui l’entourent,
et dont la réalisation apaise les amertumes du cœur.

Dieu n’est pas l’étranger qui regarde de l’extérieur ni le souverain tout-puissant qui protège d’en-haut.
C’est l’être intérieur et idéal que l’être ressent en lui-même quand il vise le bien. Il fait partie de lui et
se reflète en chaque être humain. Sa loi n'est pas une loi arbitraire qui ordonne l'obéissance, mais
l'accomplissement du plus beau serment du cœur purifié.

Dieu est la vérité la plus intime de l'âme consciente d'elle-même. La conversion consiste à " voir " la
vérité qui existe dans son âme, à ouvrir la porte du sanctuaire, où Dieu réside, en le révélant à soi-
même. Nous souffrons parce que nous ne connaissons pas notre âme, nous ne la nourrissons pas. Dès
lors que nous reconnaissons et comprenons le Dieu intérieur, nous pouvons vivre sereinement malgré
les adversités de la vie.

Il est inutile de révéler notre Dieu à nos semblables, il faut seulement leur montrer " leur " Dieu, et
pour cela nous devons le découvrir en eux, c'est-à-dire les avoir compris dans ce qu'ils ont au plus
profond d'eux-mêmes.

Le temple du religieux est l'église, tandis que le temple de l'illuminé est l'âme et l'esprit. Parfois, la
personne religieuse, ou du moins celle qui se présente comme telle, sacrifie son âme pour le bien de
son église, en se servant d’elle comme d’un prétexte, et en sombrant dans le profane.

Dieu lui-même, en parlant des marchands du Temple, a dit " Je le détruirai en trois jours " et l'histoire
se répète. Être saint, pour le fanatique, c'est approuver son système religieux, un système qui varie
selon l'environnement, le pays, l'ordre auquel il appartient. Mais l’être saint aux yeux de Dieu, c’est
l’être fidèle à sa conscience et aux vérités qu’après un chemin tortueux, il a su reconnaître.

Le fanatique pratique la charité comme un moyen de trouver des prosélytes, alors que pour Dieu, elle
est avant tout un amour désintéressé, et une compréhension des autres êtres vivants. Malheur à celui
qui ne sait pas répondre au langage de tout cœur sincère et loyal, quelles que soient ses pensées ! Si
Dieu est le compagnon, l'inspirateur, l'essence même de nos pensées les plus intimes et les plus
profondes, le grand pouvoir du bien qui féconde la terre, il sera alors avec chacun de nous, il nous suffit
pour cela d'avoir l'humilité de savoir le découvrir dans notre cœur.

La vie selon Dieu doit être un labeur constant. Il faut y consacrer toutes ses forces, donner tout ce que
l'on a et ne s'arrêter que devant l'impossible. Mais l'impossible peut ne pas exister ! Celui qui, par
paresse morale, restreint volontairement ses efforts et tend à se ménager, n'aime pas la justice et ne
désire pas le bien par-dessus tout.

Dieu est un maître juste qui récompense ses ouvriers en fonction de leur travail et de l’amour qu’ils
déploient pour l’accomplir. Le développement harmonique de l’âme est la plus grande récompense à
laquelle tout être vivant peut aspirer.

La foi dans les dogmes, qui n'est souvent qu'une foi superstitieuse et inintelligente, est le plus grand
obstacle que rencontrent les cœurs sincères. N’étant fondée sur aucune réalité prouvée, elle se trouve
tôt ou tard en désaccord avec ce qui est démontrable, conduisant par force l’être humain honnête et
loyal à la déception, au doute, à la négation. Si l’église catholique n’avait pas exigé une foi aveugle, elle
n’aurait pas été négligée par ceux qui pensent, par tant de cœurs qui, sans avoir le don de la foi,
cherchent la vérité. Jésus est l’ami sensible qui n’impose rien, qui sait attendre parce qu’il sait
reconnaître et respecter la présence de Dieu dans la plus humble de ses créatures.

Dieu n’est pas seulement là où les hommes le cherchent, il n’est pas dans un principe, une loi, un
dogme, un livre ou une église. Il Est, au-dessus et à l’intérieur de tout, dans ce qui est juste, dans les
sentiments nobles et dans les désirs légitimes et conscients.

La souffrance éloignerait de Dieu, si elle n’avait pas pour but d’ouvrir l’âme à une plus grande
introspection. Le divin de l'être humain commence là où cesse tout désir égoïste, afin de pouvoir
percevoir ce qui se trouve au-delà de l'invisible.

Il n'y a rien de surnaturel : seulement la partie inconnue de la nature, son prolongement occulte dans
l’infini, et la phosphorescence de l'invisible aux confins du visible. Dans notre état corporel actuel, nous
pouvons difficilement croire ou même concevoir la réalité de l'impalpable. Dans l’état spirituel, en
revanche, la matière nous paraîtra irréelle et inexistante parce que la synthèse de la matière et de
l’âme se trouve dans l’esprit.

En remontant aux principes éternels et aux causes finales, nous constatons que les lois innées de
l’intelligence expliquent le dynamisme de la nature, comme l’étude de l’âme à travers l’ésotérisme
explique les lois de la vie.
PROTOCOLE CXVII : LE TEMPLE

Le Temple parfait est la loi de perfection, qui se trouve dans toute conscience pure et dans toute œuvre
d'art ; c'est une loi de bonté et de bonheur : la bonté infinie qui engendre tout ce qui est digne d’être
aimé et admirable sur terre ; le bonheur pur qui réalise la destinée suprême de chaque individu.

Lorsque l'être humain se laisse dominer uniquement par ses instincts primaires, il perd la capacité
d'avoir une vision claire, l'instinct naturel de vérité, et remplace les lois spirituelles par les lois
humaines, le bien par le châtiment, le bonheur par le plaisir, la beauté par l'ornement, l'idéal par le
modèle désiré, exagéré et déformé. C’est la décadence artistique et morale, la mort de l’esprit.

L’âme, comme une peinture, un poème ou une symphonie, peut devenir un chef-d’œuvre à condition
d’être traitée avec pureté, en fondant sa réalisation sur des principes de sagesse et d’harmonie. La
satisfaction libératrice que nous éprouvons devant l’œuvre d’un grand maître ne provient pas
simplement de l’assentiment de notre culture, mais d’un lien de parenté qui unit la meilleure partie
qui est en nous, à celle qui est hors de nous.

Ce sont les violations des lois sacrées et individuelles de l'âme qui produisent la souffrance, le désordre
et les différents maux du corps et de l'âme. Les rares moments de vrai bonheur dont nous avons joui
sont ceux où, consciemment et inconsciemment, nous étions en harmonie avec ces lois sacrées. La
douleur qui provoque la souffrance n'est pas toujours un malheur. Il en est de nobles et d'humbles qui
sont plus chères à l'âme qui les a endurées que le bonheur ne l'est aux bienheureux, car elles sont la
grandeur et le signe d’un développement spirituel.

Ces nobles douleurs ne sont pas dans les larmes du prisonnier qui pleure le passé, mais dans le souffle
des exilés qui espèrent l'avenir ; ils ne doutent pas de la beauté, mais se tourmentent de se sentir
encore incapables de l'atteindre. Ils ont observé le modèle du chef-d’œuvre, mais l’argile ne se laisse
pas modeler selon leur désir et leur échappe des mains comme le sable que la marée n’a pas encore
imprégnée.

La loi est aussi indispensable aux faibles que la liberté l’est aux forts, cette liberté qui est la grandeur
de l'être humain dans sa créativité harmonique infinie.

Afin d'engager la recherche et initier la pensée philosophique à l'étude de ces questions, il est
nécessaire de se tourner vers des thèmes moins généraux, comme de créer une démocratie éclairée
en politique, et rechercher un équilibre entre la science et le sens du travail humain dans le domaine
de l’éthique.
Nous devons à la science une prospérité matérielle et un attrait profond pour ses réussites théoriques,
mais nous pouvons lui être particulièrement reconnaissants d’un point de vue éthique, car grâce à sa
technologie, elle a rapproché les hommes du monde entier d'une façon inconcevable, a fait connaître
leurs conditions et a permis la compréhension de leurs aspirations et leurs droits.

C'est sous cet aspect, que la fraternité se manifeste dans une forme nouvelle de son universalité. Alors
que la science, dans ses réalisations, triomphe de toutes les difficultés, dans ses démarches
philosophiques, elle s’est retrouvée dans la tourmente, parce qu'elle a dû surmonter des conceptions
archaïques, en niant le critère de l'immuabilité des lois fondamentales. Elle a dû abandonner la
conception optimiste de l’Illuminisme du XVIII ème siècle et le lourd dogmatisme du XIX ème siècle pour
se présenter simplement comme une force humaine destinée à rendre le monde plus humain. A cet
égard, il existe une compatibilité parfaite entre notre contenu moral et le concept moderne de la
science.

Il est essentiel d'attirer les gens vers les valeurs de la science, d’être bienveillants avec les êtres
humains qui s'y consacrent, dont la contribution sociale s'accroît avec une responsabilité toujours plus
importante, et de les défendre. Il faut porter, largement à la connaissance de tous, les problèmes qui
concernent le savoir, pour que leur importance sociale soit prise en compte et qu’ils soient insérés
dans le phénomène impressionnant du labeur humain.

Nos prédécesseurs déclaraient imminente l’effondrement des mythes et le déclin de l’irrationnel : il


n’en fût rien. Aujourd'hui, nous pouvons constater que l'humanité s'accroche volontiers à des mythes
religieux ou politiques et s'abandonne facilement au conformisme.

Quel nouveau mythe dans l’avenir, peut conquérir l'humanité ?

L'homme moderne est de plus en plus convaincu qu'il peut vaincre les forces physiques qui l'ont
longtemps maintenu dans la soumission, voire la peur. Lui, être pensant et agissant, qui cherche et
exerce sa domination sur la nature, donne à ses actes une signification suprahumaine, qui fait du
fragment le tout, de ses buts occasionnels et immédiats la trame même de ses buts ultimes.

Cette insertion de l’être humain dans les valeurs éternelles et universelles est le résultat de l’activité
humaine dans le temps et dans l’espace. En inversant les termes du jugement biblique, le travail
apparaît comme le seul moyen d'affirmer l'individualité et la poursuite du bonheur.

L'activité des êtres humains doit être défendue et exaltée sous toutes ses formes. Il est essentiel, en
partant de principes concrets et en les étendant ensuite à des horizons vastes et lointains, de créer
l'idéalité du travail afin qu'elle devienne le nouveau mythe fascinant des générations à venir.

Il faut établir au sein de l’humanité actuelle, le temple moral voulu par le Christ, fondé sur des bases
indestructibles et qui n’est toujours pas accompli. Le temple social établi par Dieu est encore à
construire, car l’humanité vit encore dans un état de guerre, sous la loi de la force et du destin.
L’ETERNEL PRESENT
" J’avoue être poussé à soutenir l’existence d’une nature non matérielle dans le monde et à ranger mon
âme dans la classe des choses matérielles.

Tout ce qui est immatériel forme probablement un grand Tout qui peut être appelé le " monde de la
non-matière ". Chaque être humain appartient à deux mondes : le monde invisible immatériel, et le
monde matériel.

Il sera prouvé, je ne sais quand et où, que même l’âme humaine est, dans notre vie, quelque chose
d’éternel qui nous lie à la nature immatérielle du monde de l’esprit, qui en alternance, agit et reçoit des
impressions de ce monde, dont cependant elle n’est pas consciente en tant qu’être matériel. Nous
devons donc considérer l'âme humaine, dans la vie présente, comme participant simultanément à deux
mondes, mais dont elle ne perçoit clairement que le monde matériel, tant qu'elle est limitée par le corps
matériel.

L'être humain n’est donc pas une seule personne mais un sujet qui fait à la fois partie du monde visible
et du monde invisible. Il est en effet formé par leurs différentes qualités, car les idées d’un monde ne
peuvent s’associer à celles de l’autre monde. Le besoin, l'existence et la mort, ne sont que des états de
l'âme ; seul notre corps périt, alors que notre âme elle, ne peut disparaître. "

E. KANT
PROTOCOLE CXVIII : LA LOI MORALE

On ne peut admettre une vision bilatérale du monde, ni l’acceptation fatale d’une humanité en
continuelle opposition, prompte à se déchirer, à se détruire. La seule raison d’être de l'humanité est
la fraternité, l’acceptation d’un " Je " créé par un Être Architecte, considéré comme une force
coordinatrice et suprême dans le cosmos infini.

La mission d'un Franc-maçon est de s'efforcer de parvenir à un arrangement total entre les êtres
humains, afin de leur donner la véritable valeur de l'existence. L'humanité vante les efforts constants
de la science, le progrès de la pensée, mais elle est encore divisée par les croyances politiques et
s’égare fortement. Chaque conquête de la pensée et de la science, considérées comme des termes
indissociables, doit être une incitation à un changement constant et progressif intérieur, jusqu’à
atteindre l’élimination de l’injustice, source de scission et de ressentiment.

La génération actuelle est dans l'erreur et sur la voie de la négation de la valeur de l'homme ; ce même
homme qui, aujourd'hui plus que jamais, est l'artisan d'un changement remarquable du modus vivendi,
mais qui revêt souvent un aspect contradictoire avec la mission de progrès qu'il porte.

La contestation et la haine naissent du manque de solidarité et de l'ignorance des besoins d'autrui, et


s'il est vrai que ces maux n'ont pas encore été éradiqués, il faut reconnaître que beaucoup de gens
reculent devant un geste de solidarité. Pour le Franc-maçon, c'est un devoir, une obligation morale
d'apporter cette contribution à son prochain, au nom de la société qu'il cherche à construire.

Chez les êtres vivants rationnels, ce mouvement est élevé à un niveau supérieur et, couplé à l'activité
spirituelle et la réflexion intérieure, donne à l'être humain la conscience de ses actions et des buts qu'il
poursuit. Cette élévation illumine la stimulation naturelle des réflexes de l’esprit et laisse entrevoir
dans l’étude de ses semblables, un bien digne d’être aimé, poursuivi et atteint.

La première relation qui naît entre les êtres humains, définie en cela par ce qui constitue sa nature, ne
présente pas un caractère hostile, mais sympathique : l’attirance d’un être vers un autre lui permettant
de combler son affect, et de se pencher vers le faible, pour le secourir, l'aider et recevoir de l'aide à
son tour. Ces manifestations affectives, qui relèvent d’un besoin inné de l'être rationnel, se définissent
par la " solidarité ", qui n'est pas le résultat tardif de l'évolution humaine, mais une tendance
spontanée, profondément ancrée dans la nature.
Si des passions soudaines évoluent parfois vers la violence, on peut facilement l’expliquer par
l’interférence et le contrôle des égos, qui sont toujours possibles dans une nature libérée, mais qui ne
sont pas propres au besoin premier de la nature.

Ce penchant pour la solidarité est fondamentalement universel, et se manifeste par une réaction
spontanée de la conscience et du sentiment lorsque des membres éloignés de la grande famille
humaine, avec lesquels on n'a pas eu de relations immédiates dans la vie, souffrent ou sont soumis à
de dures injustices. Cela nous montre à quel point l'égoïsme, qui vise à étouffer ou à éteindre cette
noble tendance à la solidarité universelle, symbole élevé de l'être humain, est contraire aux lois de la
nature, dans la mesure où l’entrelacement des relations ne s'arrête pas, mais dépasse les limites de la
famille et de l'État pour s'inscrire dans une communion de vie plus large, au sein de la société
internationale.

La solidarité n’est pas une création arbitraire, une forme accidentelle dont l’humanité pourrait un jour
se défaire, mais une réalité irrépressible, une institution nécessaire comme la cause qui la produit,
dans notre dimension terrestre actuelle.

Si, en revanche, il existait sur une autre planète des êtres dotés d'une intelligence similaire à la nôtre,
mais d'une constitution organique totalement différente, nos valeurs morales s'appliqueraient-elles à
eux ? La solidarité existerait-elle ?

La loi morale découle uniquement de la raison et celle-ci est identique pour tous les êtres rationnels,
où qu'ils se trouvent dans notre galaxie.

Supposons un instant que ces êtres extraterrestres soient immortels, ou du moins aient une durée de
vie beaucoup plus longue que la nôtre, qu'ils se reproduisent par un processus naturel ou mécanique
indépendant de la volonté des individus, qu'ils n’aient aucun des besoins fondamentaux que sont boire
et manger, et qu'ils soient mentalement équilibrés, dépourvus de passions et de désirs, quel usage
pourraient-ils faire de nos valeurs morales ?

Ces valeurs sont essentielles pour sauvegarder la survie de l’espèce, l’intégrité physique et morale des
individus, mais tous ces objectifs seraient automatiquement garantis par la structure organique, et il
ne serait donc pas nécessaire de les prendre comme guide pour contrôler leurs actions.

La solidarité et la bienveillance, qui permettent aux êtres humains d'affronter avec un possible succès
les dangers qui les menacent, ne s'appliquent pas aux êtres qui ne sont pas soumis à ces dangers.La
liberté de l’individu, la justice et la paix ne servent à rien là où les passions et les égoïsmes sont
inconnus.

Ces extraterrestres n’auraient aucune raison de violer la liberté des autres, et si un jour ils arrivaient
sur notre planète, toute relation entre eux et nous serait impossible. Le bonheur, la joie, l'amour,
l'amitié, la douleur, ne seraient que de notre côté, alors que pour ces extraterrestres, ils resteraient
des phénomènes incompréhensibles.

Le conflit entre le bien et le mal leur serait aussi étranger que tout ce qui relève de l'émotion, du
sentiment et des valeurs morales qui y sont liées.

Si vous voulez devenir des êtres humains connaissant la vie de l’âme et de l’esprit, vous devez respecter
les lois de la véritable morale par en étendant votre conscience. Tous ceux qui transgressent les lois
morales sont condamnés par le cosmos, car il ne se soumet pas aux caprices des êtres humains
anarchiques et débauchés.
Le monde invisible et l’au-delà de ce même invisible sont la seule réalité du temps et de l’espace, et
tant que chaque individu ne parviendra pas à comprendre l’infini qui l’entoure, il souffrira à la fois dans
la vie terrestre et au-delà.

L’ETERNEL PRESENT
” D'un certain point de vue, la matière est un concept logique, une forme de notre pensée. Dans le
monde extérieur, il n'y a qu'un complexe d'ondes électromagnétiques, il n'y a rien de clair, rien de
lumineux. La lumière et la clarté sont seulement la représentation psychique du monde extérieur que
l’observateur se fait, quand il reçoit les ondes électromagnétiques dans les yeux. Ainsi, quand
l’observateur ferme les yeux, le beau panorama lumineux qu’il voyait devant lui, cesse d’exister.

Les couleurs ne sont que dans notre psyché. Les fantasmes qu’elle crée pour représenter le monde
extérieur, sont dotés d’une tonalité de couleur, correspondante à un élément physique du rayonnement
qui a ébloui les yeux. Aujourd’hui, cet élément physique est encore inconnu, il semble être lié à la
longueur d’onde des radiations, mais nous ne pouvons pas dire comment. Tout est encore à découvrir…”

VASCO RONCHI
PROTOCOLE CXIX : L’ORDRE

Un philosophe invente une nouvelle théorie, un économiste un nouveau système, et nous les
acceptons et les suivons. Notre société, notre culture, nos motivations religieuses, tout semble
fonctionner de manière mécanique et pourtant il existe un certain stimulus. Lorsqu'on cherche à savoir
ce qu'est la vérité, lorsque l'illumination existe vraiment, qu'il se trouve quelque chose qui n'appartient
pas du tout au temps, une réalité qui ne dépend pas de nos besoins, une liberté et un certain ordre
sont essentiels.

Nous associons généralement l'ordre à la discipline, et, parce que cette dernière est la conformité,
l'imitation, l'adaptation, la répression, nous forçons l'esprit à suivre un certain chemin, un modèle que
nous considérons comme moral. L’ordre n’a rien à voir avec une telle discipline : il jaillit naturellement
et inévitablement quand nous comprenons tous les facteurs des troubles, désordres et conflits qui ont
lieu en nous et en dehors de nous. Quand nous prenons conscience de ce désordre et que nous voyons
tout le mal, la haine, le besoin de comparaison, quand nous " comprenons ", alors l’ordre naît et il n’a
absolument rien en commun avec la discipline.

Nous devons posséder l'ordre parce qu’il s’agit d’une vertu, mais s'il est le fruit de la pensée, de la
volonté, s'il est le résultat de la répression, alors il n’en est plus rien.

Lorsque nous comprenons le désordre qui règne dans nos vies, le manque total de sens de notre
existence, lorsque nous voyons cela très clairement, non pas en fuyant mais en observant
attentivement, alors l'ordre peut naitre de la conscience et de l'observation et cela, nous pouvons le
définir comme une vertu, complètement différente de celle de la société respectable établie par les
religions avec leur hypocrisie, et de l‘auto-discipline.

La vérité ne peut être un objet d’expérience, nous ne pouvons pas la rechercher et par conséquent la
trouver. La vérité est au-delà du temps et donc de la pensée, qui, appartenant au temps, ne pourra
jamais la découvrir et la saisir.

Observons comment fonctionne le cerveau, cet entrepôt de la mémoire du passé. La mémoire réagit
tout le temps, en aimant ou en n'aimant pas, en justifiant, en condamnant, etc. Elle,réagit selon son
propre conditionnement, en fonction de la culture, de la religion et de l'éducation qu'elle a
emmagasinée.
L'entrepôt de la mémoire, d'où provient la pensée, guide presque toujours nos vies : chaque jour, à
chaque instant, il les dirige et les façonne consciemment ou inconsciemment. Il génère la pensée, le
"Je", qui est alors l'essence même de la pensée et des mots, une force impalpable, éthérique et
puissante qui lie et conduit les esprits illuminés vers le même but.

Au fil des siècles, de grands savants, philosophes et artistes ont contribué à maintenir la cohérence de
cette pensée, pour transmettre la lumière de la conscience à leurs descendants. L’objectif est un être
humain transcendant et complet, qui comprend son inconscient profond ; un être accompli
psychiquement, conscient de ses propres ombres et lumières, qui vit réellement, se respecte lui-même
et les autres.

Les mythes, les religions, la psychologie analytique, toutes les sciences, l'alchimie, la Franc-
maçonnerie, sont autant de voies que l'être humain peut suivre selon son propre niveau de maturité,
pour se rapprocher du Mystère, auquel on ne peut donner seulement une réponse pragmatique et
intellectuelle, mais " intuitive " et " émotionnelle ", car elle doit puiser dans nos profondeurs, là où se
trouve souvent le " refoulé ", à travers des symboles et un travail de recherche.

Essayer de rendre l'inconscient conscient, savoir voir à l'intérieur de la matière et au-delà, est une
tâche que toutes les disciplines se sont fixées de manière plus ou moins consciente, mais la confusion
est grande, et parfois cela se transforme en un véritable labyrinthe.

La confusion du psychique avec le spirituel se présente sous deux formes inversées : dans la première,
le spirituel est réduit au psychique, et c'est particulièrement le cas des interprétations psychologiques,
tandis que dans la seconde, au contraire, le psychique est défini comme spirituel, et l'exemple le plus
vulgaire en est le spiritisme, bien que d’autres formes plus complexes de néo-spiritisme procèdent
toutes de cette même erreur.

En définitive, dans les deux cas, c'est toujours le spirituel qui est renié, mais si le premier concerne
ceux qui le nient purement et simplement, le second concerne ceux qui se créent l'illusion d'une fausse
spiritualité, et c'est ce dernier qui nous intéresse particulièrement ici.

La raison pour laquelle tant de personnes se laissent prendre à cette illusion est, après tout, assez
simple : les uns recherchent ce que l'on appelle des " pouvoirs ", c'est-à-dire, sous telle ou telle forme,
la production de phénomènes plus ou moins extraordinaires ; les autres s'efforcent de concentrer leur
conscience sur certaines extensions inférieures de l'individualité humaine, les prenant à tort pour des
stades plus élevés, simplement parce qu'elles échappent aux limites dans lesquelles est habituellement
confinée l'activité de l'être humain moyen.

C'est l'attrait pour le phénomène, c'est-à-dire la tendance expérimentale propre à l'esprit moderne,
qui est, dans la plupart des cas, à l'origine de l'erreur.

S’il ne s’agissait que d’une simple perte de temps et d’énergie, le mal ne serait pas si grand, mais l’être
humain qui se lie à ces choses devient incapable de s’en débarrasser, d’aller au-delà d’elles, et de cette
façon dérive irrémédiablement.

Dans toutes les traditions orientales, les individus qui deviennent de simples producteurs de
phénomènes n'atteindront jamais la moindre spiritualité.

Dans ces conditions, il peut se produire une sorte de développement inverse, qui non seulement ne
conduit à aucune acquisition valable, mais éloigne de plus en plus de la réalisation spirituelle, jusqu'à
ce que l'être soit finalement égaré dans ces extensions inférieures de son individualité par lesquelles il
peut seulement entrer en contact avec ce qui est interpersonnel et inextinguible.
Nous vivons dans le désordre et la confusion totale, physiquement, psychiquement et
intellectuellement ; la confusion signifiant contradiction, comme dire une chose et en faire une autre,
penser une chose et agir différemment.

Pour que le cerveau fonctionne bien et objectivement, il a besoin d'ordre, et dans le cas contraire,
comme une machine, il est inutile et désastreux de persister dans la contradiction et le conformisme
perpétuel.

Cet ordre, qui est aussi la vertu, peut-il naître de l'observation du désordre dans lequel nous vivons ?
L'esprit peut-il juste être juste conscient de ce trouble, ne pas chercher à le gérer ou le transcender,
ne pas faire de choix ?

Avez-vous cette force intérieure ? Pouvez-vous simplement observer votre désordre sans interférence,
sans mouvement de pensée ?

Voici le véritable drame auquel il est très difficile de donner une réponse concluante.
PROTOCOLE CXX : L’OBSERVATION DE SOI

On ne peut pas apprendre la spiritualité, il faut la vivre en commençant par l’éveiller.

On ne crée pas le divin, il est déjà en nous. On le perd avec la pensée analytique qui divise, et avec la
parole inconsciente, qui est le fruit de la pensée analytique.

La tradition veut que Pythagore, après avoir été initié au sein d’une Ecole de Mystères de l'Egypte
antique et passé les difficiles épreuves qu’imposait une telle démarche, ait avoué se sentir être un
homme différent, né une seconde fois. Il reconnait également comprendre les réticences des prêtres
à divulguer certaines connaissances et à ne pas lui en accorder davantage, car son esprit était encore
le centre de ses paroles. Il raconte que, grâce à la purification obtenue par l'Initiation, il a pu découvrir
le centre de son être, et est passé de la tête au cœur. À la capacité de comprendre s’est ajoutée celle
de ressentir les choses. Dans cette condition, la vérité n’est plus un concept mais une expérience
essentielle ; car toute chose dont on fait l’expérience est une vérité, et il en est ainsi, lorsque le " rappel
de soi " est présent. L'expérience de Pythagore souligne la puissance de l'Initiation et, une fois de plus,
la nécessité du travail sur soi que tout initié est appelé à faire.

L’observation de soi est l'étape initiale suggérée par la méditation qui commence, pour nous tous, dans
le cabinet de réflexion et qui, espérons-le, jamais ne s’interrompra à partir de ce moment. Seule
l'observation de soi permet à tout être humain de prendre conscience de ses paroles, de ses gestes,
de son attitude envers le monde et envers lui-même. L'observer n'est pas encore le changer, il faudra
donc poursuivre le travail.

Quel est donc ce travail intérieur que l'être humain doit faire pour atteindre l'équilibre spirituel dans
l'harmonie ? " Présence " et " rappel de soi " sont les deux mots magiques qui peuvent nous amener à
une conscience illuminée.

Malheureusement, dans les relations les plus intimes, chacun cherche son propre plaisir, secrètement
ou ouvertement, et utilise ses propres ambitions et satisfactions, ce qui entraine une frustration
constante. Ce que nous appelons la vie est un chaos, même si, dans cette tragédie, nous tentons d'être
créatifs.

L'être humain écrit des livres, des poèmes ou peint des tableaux, mais toujours sous l'influence des
conflits, de l'angoisse et du désespoir, et pourtant nous considérons tout cela comme une " vie créative
", car l'art agit comme un pont entre le conscient et l'inconscient sans la médiation du rationnel.
Il y a toujours des affrontements : même dans la découverte de l’espace intersidéral, il y aura lieu de
déclencher des guerres, de dresser les uns contre les autres dans une sinusoïde sans fin. C'est la pure
et triste vérité, fruit de notre vie inconsciente et déraisonnable.

Quelle peut-être la cause première de cette confrontation et de cette contradiction permanentes ?

Nous sommes habitués et conditionnés à utiliser le processus analytique, et l'approche philosophique,


psychologique ou intellectuelle, est devenue une habitude pour essayer de comprendre l'ensemble du
processus complexe de la vie. L’analyse implique la division : il y a celui qui analyse et ce qui doit être
analysé. Que nous le fassions nous-mêmes ou que cela soit réalisé par un spécialiste, cela crée une
division, prémisse d’un conflit.

Seule une grande passion et une forte énergie peuvent nous permettre de faire des choses
extraordinaires, et générer un type de vie complétement différent en nous-mêmes comme dans le
monde. C'est pourquoi il est de la plus haute importance de comprendre le processus d'analyse dans
lequel l'esprit humain est empêtré depuis des siècles, et qu’il n'y a pas de plus grand miracle que d'être
présent. Tout provient de cela et à ce titre, rien ne se termine jamais.

La fin est une illusion car le présent est infini. L’histoire de notre vie terrestre est d’être simplement
présent là où nous sommes. Nous nous tournons vers l'avenir parce que nous pensons pouvoir y
trouver ce que nous n'avons pas dans le présent, et en poursuivant cet insaisissable futur, les êtres
humains finissent par contourner le présent.

Nous devons désirer le présent, ce que notre machine, elle, ne veut pas. Nous devons sans cesse le
retrouver car nous avons consacré notre vie et notre intégrité à ce noble objectif, à la sublime créativité
harmonique.

Les êtres humains ne sont pas suffisamment conscients du fait que l'avenir est ce qu'ils construisent
déjà dans le présent. Par conséquent, ce qui compte, c'est le " ici et maintenant ". Le futur est une
extension du présent et ce dernier n'est rien de plus que ce qui a été dans le passé, c’est-à-dire son
reflet.

C’est sur les fondations que vous posez maintenant que sera construit un avenir brillant : vous devez
donc le bâtir sans attendre, en améliorant le présent.
PROTOCOLE CXXI : ENERGIE

Si nous sommes réellement intéressés par la syntonie entre l’esprit et le cœur, nous devons nous
consacrer entièrement à la résolution de nos problèmes, parce que le contenu de notre conscience est
le contenu du monde. Si un changement radical se produit dans cette conscience, cela influencera le
reste du monde, comme l’histoire peut en témoigner.

Nous avons consacré beaucoup d'énergie à essayer de résoudre nos problèmes intellectuels,
émotionnels, physiques, mais ces énergies, avec leurs contradictions, leurs luttes, leurs diverses
activités résolument destructrices, n'ont en rien réglé nos problèmes psychologiques, n'ont pas remué
notre âme embryonnaire.

Ce qui nous intéresse, c’est de savoir s’il existe un autre type d’énergie, nous permettant de résoudre
ces problèmes. Cette énergie ne doit pas être contradictoire en soi, ni basée sur l’activité fractionnée
de la pensée ; elle ne doit pas dépendre de l’environnement, de l’éducation ou de l’influence culturelle.

Nous n’utilisons qu'une toute petite partie du cerveau qui est contrôlée et informée par la pensée, et
c'est précisément cette dernière qui, émotionnellement, intellectuellement et physiquement, a créé
une énergie contradictoire, ce que nous sommes et ce que nous devrions être, l'idéal, le prototype
parfait et tout un ensemble d'absurdités.

L'autorité dans le domaine spirituel est très destructrice, car elle implique la dépendance, la peur,
l'obéissance, mais ce n'est pas notre cas, car nous sommes des êtres humains fondamentalement
libres.

Depuis l'Antiquité, l'être humain est en conflit, pris entre le bien et le mal, entre ce qu'il est et ce qu'il
devrait être, et il a créé diverses cultures, comme le christianisme, l'hindouisme, le bouddhisme, le
mahométisme, etc. L’esprit peut-il se libérer de ce conditionnement, de l’influence de cette partie
limitée, et se déplacer dans une autre zone non contrôlée par le temps, par le principe de causalité,
par le conformisme ?

Il est nécessaire de commencer par découvrir ce qu’est le temps, ce qu’est la causalité et ce que les
êtres humains cherchent à atteindre dans le domaine psychologique et créatif. Il existe un temps
chronologique, mais le temps existe-t-il d'un point de vue psychologique ? Concernant ce dernier, nous
affirmons que ce qui est ne peut être changé que par un processus graduel, et cela prend du temps.
Ce processus graduel va dans une direction déterminée qui est établie par l’idéal, et par tout ce qui
nous entoure de manière écrasante. Cette méthode traditionnelle de transformation de l'être humain
est aujourd'hui complètement remise en question. Le temps est donc un mouvement dans une
direction spécifique déterminée par la pensée, et nous vivons, par conséquent, toujours dans la
contradiction.

Le processus de fragmentation entre " ce que je suis " et " ce que je devrais être " est une action
particulière de la pensée, qui est elle-même fragmentaire et fragmentée. La pensée a divisé l'être
humain en nationalités, en religions, en partis, et ainsi nous sommes toujours dans l’affrontement,
essayant encore de résoudre nos problèmes dans la sphère du temps.

L'esprit, ainsi conditionné, peut-il changer de direction pour ne s'occuper que de ce qui est et non de
ce qui devrait être ? Peut-être attendons-nous tous un miracle ?

De l'énergie est pour cela nécessaire. Celle-ci provient, est maintenue et nourrie là où il n'y a aucun
mouvement de la pensée, ce qui peut être réalisé par l'individu ; car individu signifie " indivisible,
entier" donc non fragmenté, comme le sont les êtres humains en général.

Le temps est l'observateur qui est le passé, la chose observée est le présent, et l'observateur dit " j'ai
tous ces problèmes et je n'ai pas été capable de les résoudre ; je vais donc observer mon
conditionnement, en prendre conscience et le surmonter". C'est ce qu'on appelle une réaction
traditionnelle, aussi l'observateur tente-t-il de surmonter ce qu'il observe et ce qui le conditionne,
c’est-à-dire une vie dépourvue d'énergie.

Nous pouvons nous rebeller ou bien essayer de nous échapper vers une autre forme de
conditionnement ; nous pouvons nous retirer dans un monastère comme ceux qui consacrent leur vie
à la contemplation, à la philosophie, mais au final la même scène se reproduit toujours.

Quel est ce mécanisme qui est en mouvement constant, qui s’adapte aux différentes formes du
conditionnement ?

L’esprit veut respecter une habitude : il veut être mécanique, et sur ce chemin il trouve la sécurité là
où il n’y a aucun trouble. Cette vie mécanique est encouragée non seulement par la société, mais aussi
par chacun d'entre nous, car c'est le type de vie le plus facile. Ainsi la pensée, étant dans un état
mécanique, répétitif, accepte toutes les formes de conditionnement qui lui permettent de poursuivre
son activité sans aucun sens, sans aucune énergie positive.
PROTOCOLE CXXII : LE BONHEUR

Dans les relations quotidiennes, nous observons des conflits, des douleurs et des souffrances vis-à-vis
desquels il existe une dépendance constante, ce qui conduit à l'apitoiement et à la confrontation.

Nous ne nous intéressons à aucune théorie et nous ne propageons aucune idéologie, car celles-ci ne
feraient qu’engendrer davantage de confusion et d’affrontements. Nous sommes uniquement
intéressés par l’observation de ce qui se passe réellement, pour voir si cela peut être modifié.

Nous devons voir très clairement à quel point notre vie quotidienne est contradictoire, confuse et
insignifiante. On peut toujours lui trouver un sens, comme le font par exemple les intellectuels, et que
les gens adoptent ; c'est là une philosophie très intelligente mais qui ne mène pas à grand-chose.
Théories et croyances ne transforment pas la vie : l’être humain y a navigué pendant des milliers
d’années et rien n’a changé. Si elles lui ont peut-être donné un lustre superficiel et qu’il apparaît peut
être moins sauvage, il est néanmoins demeuré brutal, violent, capricieux et incapable d’être seul avec
lui-même.

Nous vivons tous une vie de grande souffrance depuis notre naissance jusqu'à notre mort physique, et
aucune conception théorique ne peut changer ce fait. Ce qui modifie " ce qui est ", c'est la capacité,
l'énergie, l'intensité, la passion avec laquelle nous constatons cet événement naturel, et c’est
précisément ce qui nous intéresse.

On ne peut avoir ni passion ni force, si l’esprit court après des illusions et une idéologie spéculative.

Il y a deux façons de pratiquer l’écoute : la première consiste à entendre une série de choses en les
approuvant ou pas, et la seconde consiste à écouter non seulement les mots, mais aussi ce qui se passe
réellement en nous. Dans le second cas, la passion susceptible de transformer " ce qui est " est
présente en nous, mais tout sera vain si elle en est absente.

En comprenant " ce qui est ", cette vie réelle et terrible que nous menons, nous découvrons qu’une
telle existence est isolée et que, même si nous avons des proches, il existe en nous un processus d'auto-
isolement.

Nous devons regarder la vie telle qu'elle est, avec sa confusion et sa misère sans fin, les tendances à
se réfugier dans le sein des superstitions religieuses, dans le culte de l'État ou dans diverses formes de
distractions. Nous nous enfermons dans les névroses, parce elles offrent un extraordinaire sentiment
de sécurité, mais ce n'est qu'en observant réellement ce que nous sommes sans fuir, sans nommer ce
que nous voyons, que nous aurons la passion et l'énergie de tout changer.

Une des bizarreries de cette vie est que nous sommes conditionnés par le verbe " être ", car en lui se
trouvent le passé, le présent, le futur. Tout conditionnement religieux, toutes les croyances, les
sauveurs comme les dérives reposent sur le verbe " être ".

Pourtant, nous ne savons pas ce que cela signifie de vivre dans le présent. Pour le réaliser pleinement,
nous devons connaître la nature et la structure du passé, c'est-à-dire nous-mêmes. Il faut nous
connaître complètement, parce dès que nous le faisons, l’illumination de chaque recoin sombre des
ténèbres les plus profondes se produit.

Chacun de nous vieillit et il nous arrive d’espérer ou de tenter douloureusement d'être plus jeunes,
mais ces théories comme ces espoirs signifient seulement que nous sommes désespérés. Lorsque nous
sommes accablés, nous cherchons tout ce qui nous offre de l'espoir, mais avons-nous jamais examiné
notre désespoir pour en comprendre les raisons ? Il existe seulement parce que nous nous comparons
aux autres, parce que nous voulons réussir, devenir, conquérir, parce que nous sommes égocentriques.

Mais au final, sommes-nous heureux ? Soyons honnêtes, ce n'est pas une question que nous nous
posons volontiers. Nous sommes tellement occupés par les choses de la vie, les engagements et les
devoirs à remplir, les objectifs à atteindre, que nous manquons souvent de temps pour y répondre. En
réalité, nous avons peur, lorsque nous nous posons sérieusement cette question, de nous retrouver
face à une réponse qui n'est pas très... " heureuse ".

Notre culture a échangé le bonheur contre le plaisir, contre les petites joies que procurent la
possession et l'appréciation des autres, contre la fierté de pouvoir dire : " Je suis ceci ou cela ". On
prend le bonheur pour ce qu’il n’est pas : une sorte de sous-produit qui occupe une grande partie de
notre temps et de nos aspirations ; cependant, il y a pire : notre culture nous a, non seulement
convaincus que le bonheur était un état continu de surexcitation, amusant et un peu stupide, le déni
absolu de la douleur, mais elle nous a également mis dans la tête que nous ne pouvions y parvenir
qu'en nous détournant de nous-mêmes. De cette façon, nous nous engageons dans d’interminables
poursuites et conquêtes, en achetant des objets, en adhérant à des rôles prédéterminés, en nous
remplissant la tête d’idéologies préfabriquées que l’on exhibe au moment opportun.

Quelle est cette sagesse qui prétend que le rôle de l’être humain sur Terre, est de partir à la recherche
du vêtement le plus à la mode, de l’opinion la plus adéquate, du rôle social le plus respecté ? Est-ce la
sagesse de dire que les femmes et les hommes ne sont pas faits pour le bonheur, mais, tout au plus,
pour obtenir, au prix de grands efforts, une petite joie si infime qu'elle est insignifiante face à
l'immensité et à l'indifférence de l'Univers ?

C'est pourtant ainsi que nous raisonnons, comme si un Dieu malfaisant nous avait jetés ici-bas et
condamnés à un destin vide de sens et sans véritable bonheur. Rien d'étrange si, au fond de nous, nous
nous sentons malheureux. Comment pourrait-il en être autrement ?

La culture dans laquelle nous avons grandi nous rend dépendants des choses dont nous nous
entourons, et des idées auxquelles nous nous conformons. Nous courons après les objets comme si
nous pouvions les posséder, alors qu'en fait ce sont eux qui nous possèdent. Nous ne sommes jamais
vraiment comblés, pas même lorsque nous les obtenons enfin, lorsque cette voiture, cette carrière, ce
modèle de vie nous appartiennent. C'est le malheur que notre culture a produit. Comment tout cela
a-t-il pu arriver ? De quoi nous sommes-nous si éloignés, pour ne plus voir les choses que derrière un
écran de mélancolie résignée ?
Nous avons quitté le grand fleuve de la vie qui ignore le bien ou le mal, la joie ou la douleur, les buts
et pensées de notre esprit, et sur lequel tout s’épanouit simplement, grandit et disparait
naturellement. Au contraire nous jugeons très superficiellement, avec une rationalité qui ne peut voir
en profondeur. Nous pensons en termes de schémas préétablis et imaginons que le bonheur consiste
à fuir la douleur et à rechercher la joie, comme si ces émotions étaient de nature opposée.

Nous, qui sommes le fruit de millions d'années d'évolution, pensons que notre bonheur coïncide avec
la réalisation de petits objectifs. Si nous voulons trouver le chemin du véritable bonheur, qui n'est ni
difficile ni épuisant, nous devons d'abord faire le contraire de ce à quoi nous sommes habitués, c’est à
dire vider notre esprit de toutes les choses que nous y avons enfermées et qui nous empêchent de
faire la plus simple : vivre selon notre nature.

Le vrai bonheur n'est pas un état hystérique de bonheur continu, mais la réalisation de notre but le
plus profond. Il ne dépend que de nous-mêmes : la manière dont nous savons nous observer sans
juger, dont nous laissons la vie sous toutes ses aspects, que nous divisons bêtement en " bons " et "
mauvais ", s’écouler en nous. Avec nos jugements, nous permettons d’un côté à la vie de circuler, et
de l’autre nous l’en empêchons, nous la détournons, la forçons, la mortifions et l'éteignons, nous
condamnant ainsi à l'insignifiance, au malheur et à la maladie.

Le bonheur est d’observer sereinement la vie, pendant qu’elle nous forme et nous crée sans cesse dans
le présent. Observons les douleurs, la tristesse, et la joie, et laissons-les venir à nous. Il faut élargir
notre regard et croire en la vie ! Ce n'est qu'ainsi, en toute conscience, que nous pourrons devenir des
hommes ou des femmes véritables, et cesser d'agir comme des marionnettes sur une scène tragique.

Arrêtons d’être fidèles au personnage que nous croyons être depuis toujours, et acceptons la
possibilité de changer quelque chose dans notre façon de faire, de parler, d’être. Si nous continuons à
poursuivre les rêves que nous avions quand nous étions enfants, et que nous ne réalisons pas que ce
que nous essayons d'atteindre est mort depuis longtemps, nous gaspillerons notre énergie
inutilement, qui nous est tellement essentielle pour maintenir en vie les parties " mortes " de nous-
mêmes. Abandonnons-nous au plaisir de découvrir qui nous sommes jour après jour, sans préjugés,
sans fausses convictions, en acceptant joyeusement ce qui vient et la fatigue disparaîtra comme par
enchantement !

" L'être humain est à la recherche de quelque chose de durable et malheureusement, les plaisirs, les
joies, les satisfactions, tout ce qu'il goûte comme tout ce qu'il fait, ne laisse aucune trace, sauf durant
un court moment. Le lendemain, ou un peu plus tard, il faut recommencer ; on ne finit jamais, et même
les personnes les plus heureuses, qui réussissent sur tous les fronts, ne sont jamais certaines que leur
bonheur dure éternellement.

Elles sont inquiètes, rongées par le doute, et elles essaient de créer quelque chose de permanent : une
sécurité, un succès, une santé permanente, ce qui précisément, est le plus difficile à atteindre. On court
de tous les côtés pour découvrir ce qui est presque impossible à trouver ; on lit, on voyage, on interroge
les autres... Et voilà qu’intervient le drame, la tragédie. Tout le monde sera convaincu que la tragédie
est ailleurs, qu’elle est due à un manque d'argent, un problème de santé ou de maison, mais c’est une
erreur : la véritable tragédie est de ne pas être capable d'analyser la réalité de ce qui se passe au niveau
intérieur, sans comprendre ce dont vous avez réellement besoin ".

O. M. AÏVANHOV
PROTOCOLE CXXIII : L’AURA

En général, la science peut être definie comme la possibilité d’une interconnexion créée par des
propositions réelles, comme celle de voir l’aura. Cette définition incomplète ne donne pas à la science
son véritable sens puisqu’en tant que comportement de l’être humain, elle adopte le mode d’être de
cette même entité (être humain). Nous désignons cette entité par les mots " Celui qui Est Ici et
Maintenant ", qui désigne notre totalité.

" Celui qui Est Ici et Maintenant " se comprend toujours à partir de son existence, c'est-à-dire des
possibilités qu'il a d'être ou de ne pas être lui-même. Ces possibilités, " Celui qui Est Ici et Maintenant
" les a soit choisies lui-même, soit les a découvertes par hasard, ou bien s’est développé en elles.

L’existence est déterminée, au sens de la possession ou de la perte, exclusivement par chaque " Celui
qui Est Ici et Maintenant ". Le problème de l’existence est une affaire concrète et expérimentale de "
Celui qui Est Ici et Maintenant ", c’est pourquoi on n’exige pas une transparence théorique de la
structure ontologique de l’existence.

Tout le monde ne sait pas observer, ne sait pas voir, c’est un problème simple et difficile à la fois qui
consiste à reconquérir une faculté résumée en ces mots : " savoir regarder l’aura ".

L’aura est comme une belle enveloppe lumineuse ovale, une enveloppe de lumière au centre de
laquelle l’individu évolue comme le noyau d’un fruit. Voir l’invisible et au-delà n’est pas chose aisée, ni
à la portée de n’importe quel individu.

Celui qui peut percevoir l'aura est immédiatement frappé par son aspect gazeux, extrêmement mobile,
ondoyant ; elle peut rayonner jusqu'à un mètre environ au-delà du corps qui en est enveloppé, mais
on n'en perçoit d'abord qu'une partie, car le rayonnement humain est composé de diverses couches
plus ou moins subtiles que l'on ne découvre que peu à peu.

La première à être perçue est souvent la partie qui enveloppe la tête parce qu’elle est la plus
lumineuse, ce qui est logique dans la mesure où le cerveau est comme un brasier qui alimente tout le
corps. L'ovale de lumière, cependant, n'a pas une forme parfaite car il s'étire vers le haut telle une
flamme plus ardente que les autres ; ce panache flamboyant devant être considéré comme la
manifestation du feu interne, d'origine cosmique et divine. En outre, la luminosité de l'aura et sa taille
ne sont jamais fixes mais dépendent de nombreux éléments et circonstances.
Le rayonnement est composé, dans son ensemble, de nombreuses ondes colorées qui se mélangent
entre elles, en partant d’une couleur de base qui révèle la personnalité profonde. Dans ce contexte, si
les courants colorés se déplacent dans toutes les directions, donnant à l'aura son instabilité et la
rendant difficile à percevoir, ces courants d'énergie ne sont pas toujours aussi désordonnés dans leurs
mouvements.

L’aura suit naturellement le corps même dans ses moindres mouvements, s’adaptant à chaque
position et se transformant à chaque minuscule déplacement. C’est un étonnant champ d’énergie,
animé par de nombreuses vibrations, produites par un ensemble de forces actives dans notre être
physique et dans notre conscience. Ces énergies que nous émettons sont un mélange des énergies
extérieures absorbée par notre corps. Ainsi, dans l’air que nous respirons ou dans la lumière que nous
absorbons, existe une énergie fantastique. Nous préférons nommer " énergie solaire ou cosmique "
celle que certains Sages du grand Temple de Salomon nommaient " lumière vivante ", car son action
positive est un nutriment revitalisant pour l’ensemble de l'être.

Comme nous l’évoquions, l’aura se compose de trois enveloppes. La première qui n’est pas l’aura au
sens propre, a un rayonnement faible, d'un centimètre environ, mais c'est la plus visible pour les non-
initiés car la plus dense, presque matérielle, et la nature de ses vibrations se rapproche de notre monde
physique. On appelle cette première enveloppe le corps vital, et elle est souvent de couleur gris-bleu,
mais lorsque l’état de santé est bon à tous les niveaux, cette couleur est d'un blanc doré, ce qui permet
d’établir que le corps vital est l'aura de santé.

La deuxième enveloppe caractérise le corps émotionnel, dont le rayonnement traduit désirs,


angoisses, déceptions, bonheur, dons naturels, qualités et défauts. C’est l’aura instable par excellence
car elle varie au rythme des pensées et des impulsions, évolue à chaque seconde parallèlement à
l’activité émotionnelle. Elle n’est donc jamais identique à elle-même, de même qu’un être n’est jamais
parfaitement le même à chaque instant de sa vie. Cette partie de l’aura fournit également un certain
nombre d'informations sur la santé de l'organisme, les maux du corps, qui sont souvent le reflet de
ceux de l'âme. Le côté émotionnel étant étroitement lié au côté purement physique, l'aura astrale est
tout simplement le rayonnement de l'ego.

La troisième enveloppe est nettement ovale et beaucoup moins perturbée ; on peut y voir des vagues
se succéder à la surface sur un rythme plus ou moins rapide. La particularité de cette aura réside dans
les couleurs de base, qui sont beaucoup moins variées que la précédente, se caractérisant
généralement par un ton clair dominant les jaunes, les bleus et les blancs. Plus la personnalité est
développée, plus ce troisième corps apparaît fort et stable. Cette troisième enveloppe peut être
comparée à un tremplin servant à communiquer avec les autres. Elle sert aussi de bouclier contre tout
ce qui pourrait provoquer une dysharmonie.

Elle se développe d’une manière très inégale chez les individus. Il y a ceux qui sont capables d’illuminer
par eux-mêmes une assemblée entière, et ceux qui semblent éteints parce que malheureusement ils
ne possèdent ce troisième corps qu’à l’état embryonnaire, ce qui les rend instables, impulsifs, avec des
réactions infantiles, très ordinaires. Un Illuminé qui a toujours travaillé à développer en lui l'amour, la
sagesse, la pureté et l'altruisme possède une immense aura, dans laquelle les êtres se fondent, et où
ils se sentent nourris, apaisés, renforcés et dirigés vers des horizons divins.

Une aura pure vous permet à vous et votre entourage de vous améliorer. Les entités célestes aiment
les couleurs pures, et lorsqu'elles voient un être humain entouré de lumière, elles se précipitent vers
lui, tout comme les entités des ténèbres se développent autours des personnes vicieuses et mauvaises,
qui répugnent les âmes pures. Avec l'amour, la sagesse et la force, vous rendez l'aura plus vivante, plus
lumineuse, plus puissante ; avec une vie pure, elle est plus limpide et précise.
L’aura est constituée d’une infinité de vibrations très fines, et étant sujette à des mouvements rapides,
elle change et évolue continuellement selon nos états de conscience. L'individu est doté d'une aura de
base constante qui reflète ce qu'il est vraiment au fond de lui, mais il existe des nuances qui varient
d'un moment à l’autre, et c'est ce qui rend le monde situé au-delà de l'invisible d'autant plus fascinant.

Une phrase articulée est un Univers, un mot prononcé est un monde avec son Soleil, un son émis est
une planète, une Terre pleine de vie. Les mots créent et soutiennent des mondes dont vous ne
soupçonnez même pas l'existence, mais que nous ne pouvons plus ignorer. Essayons de voir un
système solaire en chaque mot, buvons à sa source profonde telle une flamme ardente, écoutons
chaque syllabe, chaque son comme des planètes : ils sont matière sur un plan qu'il ne nous est pas
encore donné de connaître avec nos yeux ou notre pensée.

La matière est une force, qu'il faut apprendre à diriger selon le cœur car, comme toute forme d'énergie,
elle se manifeste dans son dualisme vivifiant et dévastateur, et son action dépendra de la chaleur que
nous saurons insuffler aux vibrations du cœur pour atteindre le Divin, au-delà de l'invisible.

L’ETERNEL PRESENT
" La vôtre est la recherche sincère et désintéressée de la vérité, ce que votre esprit se doit à lui-même,
la solidarité fraternelle qui vous unit indissolublement à l'Humanité, à tous les êtres humains, c'est ce
que votre cœur doit à votre prochain.

Selon la théorie de la relativité, la mesure est mathématique, de sorte qu’elle peut être représentée
comme une projection d’une structure quadridimensionnelle du monde, appelée espace-temps.
Hermann Minkowski avait pressenti l’existence d’un monde insaisissable dont notre réalité matérielle
n’est qu’une projection.

Aucun être humain, encore limité par les structures mentales actuelles, ne peut réussir à retracer tout
le travail d'individus secrets, tous les efforts de ceux qui, dans toutes les parties du monde, ont rendu
ces connaissances possibles. Ces individus ignorés, ce sont les pionniers, qui conquièrent pour
l’humanité une plus grande place pour une expansion de notre conscience, dont la véritable tâche
réside précisément dans ce travail qui est accompli dans le temple intérieur de leur esprit. Ceux qui
restent attachés au passé n'aideront pas à construire l'avenir ni même à vivre dans le présent. "
PROTOCOLE CXXIV : LA FRATERNITÉ ET L’ESPRIT

Il faut lutter pour se libérer, si l’on veut apprendre à se connaître. Se connaître et se développer est un
engagement si important et si sérieux, auquel on doit consacrer un effort intense, que l’assumer de la
manière habituelle, au milieu de toutes les autres choses est impossible. L'homme qui prend cet
engagement doit le faire passer en premier dans sa vie, car la vie est trop courte pour qu’on la gaspille
en choses inutiles.

Les véritables Francs-maçons doivent se rappeler qui ils sont réellement, et cesser de jouer les
Templiers de façade. Quel phénomène ridicule et absurde que ces initiations templières fallacieuses,
qui n’apportent rien de bon, si ce n’est de futurs malheurs ! Il s'agit d'un jeu dangereux pour ceux qui
n'ont pas été initiés aux véritables mystères de l'Art Royal et qui, souhaitant éprouver le frisson de
l'inattendu, se retrouvent soudainement avec les poches vides et une belle cape à présenter au
Créateur au moment de passer dans l'Orient éternel. La croix rouge sur le manteau est depuis toujours
un symbole sacré de la chrétienté, à ne pas mettre dans les mains de scélérats, parce que le grand et
sublime maître Jésus Christ refuse les spectacles, il ne veut pas de marchands dans le Temple.

Nous devons reprendre notre véritable mission au nom du Dieu unique, le Dieu des chrétiens, des juifs
et des musulmans, le Dieu qui est le père de la véritable Fraternité Universelle. Dieu est un, et sa
science, qui est une médecine universelle sans frontières, ne se communique qu'avec un esprit pur qui
est celui des vrais Illuminés.

Le grand rosicrucien Vincenzo Soro, représentant de la véritable Fraternité universelle, a écrit sur
l'alchimie : " Alchimie peut-être, bonnes gens non-initiés, mais surtout spiritualisation de la matière ".

L'alchimie, c'est la doctrine d'Hermès, le grand art sacerdotal qui, de l'Université des Mages de
l'Atlantide, est passé à l'Inde mystique avec l'initiateur Rama et de là, a atteint le moyen-âge chrétien
à travers une chaîne de prêtres Brahmanes et de moines bouddhistes, de kabbalistes, de juifs, de
soufis, de gnostiques, de croisés et de templiers. Déjà fils d'Hermès, les fidèles gardiens du Trésor Sacré
pouvaient se dire aussi fils du maître Jésus, de celui qui, sur l'antique symbole initiatique de la croix,
avait accompli la grande œuvre de la réhabilitation humaine.

Être Franc-maçon aujourd’hui n’est pas facile, car il n’est pas simple d’opposer aux conditionnements
idéologiques, la recherche personnelle de valeurs éthiques valables pour tous les êtres humains. Dans
un monde dépourvu de foi en ses valeurs idéales et pérennes, comme celui dans lequel nous vivons, il
peut sembler extravagant de parler de Fraternité Universelle, de se réunir en Loges, de répéter dans
l'intimité de nos Ateliers, le rituel symbolique qui est resté inchangé depuis des siècles dans ses
structures fondamentales sur l’ensemble de la planète Terre. Mais c’est précisément en ces moments
de crise générale, de vide spirituel, d’âmes mortes et de scandales sordides, que l’enseignement et
l’activité maçonnique s’imposent, comme l’exigence catégorique de la conscience des êtres humains
vraiment libres.

L'Art Royal se transmet de manière vivante ; il devient un véritable élan, une sollicitation et s'associe
aux expériences quotidiennes en les renforçant. Il met en lumière notre potentiel, en faisant ressortir
cette créativité harmonique qui est souvent mortifiée aujourd'hui.

La Fraternité, qui vise à dépasser le statisme, affiche un éclectisme critique, une faculté sélective qui
signifie le refus d’un consensus dirigé. Ceci représente déjà l’expression de ces minorités qui, lorsque
cela est nécessaire, doivent être capables de dénoncer clairement les distorsions sans tomber dans la
résignation et le conformisme, ce qui humilierait notre Fraternité Universelle.

" Que souhaite l'esprit ?

Il ne recherche ni l'espace, ni la connaissance, ni le bonheur, ni le pouvoir, ni la santé. Il ne désire rien


de tout cela, car il n'est jamais malade, faible, malheureux, morose ou froid. L'esprit ne demande qu'une
chose : l'éternité. Etant constitué d’un être immortel, il n’aime pas ce qui est limité dans le temps et
veut l’éternité.

Comme l'âme qui a pour demeure l'espace, l'esprit a pour demeure le temps. Ni les physiciens ni les
philosophes ne comprendront jamais la nature du temps et de l'espace s'ils ne saisissent pas celle de
l'esprit et de l'âme.

En effet, le temps et l'espace sont les notions d'une quatrième dimension impliquant l'âme et l'esprit.

Les plus grands scientifiques, mathématiciens ou philosophes travaillant sur le temps et l'espace ne
pourront pas sonder ses mystères tant qu'ils n'auront pas travaillé consciemment avec leur âme et leur
esprit sur l'infini et l'éternité. En fait, nous vivons dans le temps et l'éternité : notre esprit vit dans
l'éternité, tandis que notre corps physique, avec tout ce qui nous entoure, vit dans le temps, se
désagrège puis meurt.

L'esprit a besoin d'une nourriture appelée " liberté " et la " vérité " est le moyen par lequel l'esprit
l’atteint. Ni la sagesse, ni l'amour ne peuvent libérer l'esprit, la vérité seule en est capable.

La méditation vous apportera une certaine lumière, mais vous ne serez pas libre. La contemplation vous
mènera à l'extase, mais même alors vous ne serez pas libre.

Ce n'est que par un travail d'identification que vous obtiendrez cet or appelé vérité. La vérité est que
l’homme n’est rien d’autre qu’une illusion puisqu’il s’est échappé de Dieu et reviendra à Dieu. Telle est
la vérité. Le jour où on le comprendra, où on le ressentira, où on le verra, on se sentira libre : libéré des
passions, des ambitions, des souffrances et on entrera dans l’éternité. "

O.M. AÏVANHOV
PROTOCOLE CXXV : CONNAIS-TOI TOI-MÊME

L'essence distillée à partir de fleurs et d'herbes recueille en elle toute la puissance de la nature, et la
transfère dans une sphère sublime et mystérieuse. Ainsi les processus de reconnaissance au sein d'un
groupe familial, chez les animaux comme chez les humains, reposent aussi étroitement sur
l'identification de leur propre odeur.

Aujourd’hui on observe à nouveau la nature et sa force avec un regard admiratif, parce qu’elle nous
démontre constamment combien l’homme est petit vis-à-vis de l’Eternel. Les cellules font partie des
organes, de même que les organes font partie du corps. Tous les êtres vivants appartiennent à un
écosystème, qui lui-même fait partie du système terrestre, ce dernier appartenant au système
cosmique. Tous ces composants agissent et interagissent simultanément, dans un équilibre incluant le
désordre comme l’ordre, et donnant naissance à l’énergie de la vie : celle des êtres vivants pris
individuellement, des collectivités et de toute l’humanité.

Les planètes ont aussi une vie, tout comme nous en avons une sur Terre. Le monde planétaire, quant
à lui, appartient au système solaire et n’en constitue qu’une partie totalement insignifiante, car la
masse de toutes les planètes réunies est bien inférieure à la masse du Soleil. Le monde du Soleil comme
celui des étoiles sont aussi des mondes dans lesquels nous vivons. Le Soleil appartient au monde des
étoiles, de cet immense amas de soleils qui constitue la Voie Lactée.

Pris dans son ensemble, le monde stellaire est, selon la définition des astronomes modernes, une
entité à part entière, possédant une forme définie entourée d'un espace inaccessible à la recherche
scientifique. L’astronomie considère que d’autres amas de ce genre pourraient exister à des distances
incommensurables de notre monde stellaire. En conséquence, notre monde stellaire serait une partie
intégrante de cet ensemble de mondes.

Celui-ci, " tous les mondes ", est aussi un monde dans lequel nous vivons. La science ne peut aller plus
loin, mais elle doit concevoir le principe suprême qui est au-delà de tous les mondes, c’est-à-dire
l’Absolu. Si cette planète est détruite, la vie y continuera sur une autre, peut-être sous forme
embryonnaire, ou primitive, et qui sait combien d'années il faudra encore pour atteindre la forme d'un
nouvel être humain intelligent.

Sortez un soir sous le vaste ciel étoilé, et regardez les millions de mondes au-dessus de votre tête,
peut-être y fourmillent-ils des milliards d'êtres semblables à vous ? Observez la Voie Lactée, et vous
verrez que la planète Terre ne peut même pas être considérée comme un grain de sable dans toute
cette infinité. La Terre s'y dissout, disparaît et avec elle vous disparaissez.

Où êtes-vous ? Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Où voulez-vous aller ? Votre désir de Connaissance
ne serait-il pas une pure folie ? Regardez tous ces mondes, interrogez-vous sur vos objectifs et vos
espoirs, vos intentions et les moyens de les réaliser, demandez-vous dans quelle mesure vous êtes
prêts à agir.

Vous avez un long et difficile voyage devant vous, vous vous dirigez vers une destination inconnue et
la route sera infiniment longue. Le guide s'est engagé à vous conduire à votre destination, mais il n'est
pas obligé de vous ramener ! Vous êtes trompés par la proximité du but que vous visez ; ébloui par sa
beauté et n'ayant pas mesuré vos forces, vous ne remarquez pas les nombreux fossés qui creusent le
chemin : au milieu de vertes prairies parsemées de fleurs splendides se cache un profond précipice.
N'oubliez pas votre objectif, et gardez toujours vivant le désir de l'atteindre, ne perdez pas la bonne
direction !

Une fois que vous vous êtes mis en route, soyez prudent, car ce que vous avez dépassé reste derrière
vous et ne se présentera plus ; ce que vous n'observez pas sur le moment, vous ne l'observerez plus
jamais. Rappelez-vous où vous êtes et pourquoi vous êtes là.

Vous pouvez maintenant vous mettre en route vers la connaissance de ces vérités, que nous ne devons
indiquer qu’à un vrai Sage. Pour cette raison, l'Illuminé est chargé d'une responsabilité personnelle
pour l'édification morale et spirituelle de ses frères, pour guider vers la vraie liberté, la dignité et la
fraternité tous les peuples de la Terre.

Un initié peut espérer comprendre les enseignements moraux, les symboles et les énigmes, mais la
véritable interprétation de ceux-ci est réservée à des études ultérieures par la voie de la Sagesse. C’est
ainsi que les trois premiers degrés des Loges Bleues ont été décrits comme " les colonnes brisées du
Temple druidique dans leur grandeur rudimentaire et inutile ".

Chaque étudiant de l'Art Royal sait qu'il peut entrevoir dans son intériorité le symbolisme, les
paraboles et les allégories, la connaissance des vérités et des philosophies sublimes et profondes
provenant des Sages du passé grâce aux Mystères. Ces traditions nous ramènent aux temps les plus
reculés, avant l'aube de l’Antiquité, et avant que les inscriptions hiéroglyphiques ne soient écrites et
préservées des profanations dans les tombeaux des temples de la vallée du Nil. Cette sagesse
ancienne, qui doit être enseignée, est la source éternelle de la Fraternité Universelle, qui s’écoule vers
ses adeptes tel un grand fleuve provenant de chaque partie du monde. Le résultat est merveilleux
lorsqu'un frère maçon peut dire sincèrement : " Je suis devenu moi-même ".

Socrate affirmait ce principe : " Pour te trouver, connais-toi toi-même ". Pour être soi-même, il faut
avoir une sécurité intérieure libérée des désirs coercitifs et d’une vie d’illusions. Il ne faut pas se
tourmenter pour trouver des arguments personnels, ni se consumer dans l’angoisse pour les souvenirs
du passé ou les perspectives à venir.

Le véritable Franc-maçon cherche à atteindre un état de maîtrise de soi, libéré des comportements
égoïstes ; il s'efforce de faire le bonheur de son prochain en offrant une impulsion constructive, des
tâches laborieuses, une amélioration sociale et économique du bien-être. Ainsi, l’atmosphère de
véritable indépendance et de liberté de pensée débouche sur le véritable bonheur et l’achèvement
progressif de sa personnalité, plutôt que sur le désespoir amer, les espoirs déçus, les regrets passés ou
les craintes futures.
Nos enseignements s’appliquent aux problèmes du monde contemporain, et à nos obligations morales
et sociales. C'est Dieu qui nous donne la bonté, la liberté, l'amour, la raison, le choix moral et une
identité. Si nous respectons ces principes et bannissons ceux qui sont contraires à notre conscience,
nous acquérons une force spirituelle infinie et illimitée. Le désespoir, l'apitoiement sur soi, la peur et
l'anxiété doivent être effacés de l'âme, en remplissant le vide par des pensées d'harmonie, de santé et
de courage.

Une force invisible appelée gravité nous empêche de nous envoler. Les profondeurs insondables de
l'inconscient nous échappent en même temps que l'immensité infinie de l'espace. Des millions de
pensées nous traversent comme des météores ; brillantes, claires et légères au début, puis aussi
fantasques que des tempêtes de sable, aussi sombres et nuisibles que des nuages de smog.

Des millions de cellules dans notre corps travaillent sans cesse dans une harmonie d'une complexité
inimaginable. Si nous devions placer tous nos vaisseaux sanguins en file indienne, ils feraient plus de
100 000 kilomètres de long, soit plus de deux fois la circonférence de notre planète.

Dans l’invisible, les émotions créent des tempêtes, des tremblements de terre, des inondations, des
aurores radieuses, des couchers de soleil languissants ou parfois même des crépuscules. Par moments,
nous nous sentons aussi légers qu'une brise marine ou aussi lourds qu'une étoile à neutrons avec ses
dix millions de tonnes par centimètre cube.

La vérité est que des milliards de vies s'entrecroisent à l'intérieur et en dehors de nous, traversées par
des énergies invisibles, car la composition chimique de base est la même pour tout ce qui nous entoure
: carbone, hydrogène et oxygène ; il en est ainsi d’une fleur, d’un grain de poussière, d’une planète
comme d’une étoile.

En définitive, nous sommes des morceaux d'étoiles qui contemplent les étoiles ; ce que nous appelons
la vie comprend le mouvement infini de cette énorme étendue d'espace avec son cycle rythmique de
naissance et de mort auquel nous sommes tous soumis, êtres humains, arbres, étoiles, etc. dans un
mouvement continu qui est une transformation, une vibration et énergie infinie invisible.

Nous vivons dans un Univers oscillant qui se développe, pour ensuite se rétrécir jusqu’à atteindre une
concentration unique en un seul noyau énergétique, que nous pouvons appeler " énergie de la vie "
et/ou créativité harmonique.
PROTOCOLE CXXVI : LES DIFFERENTS " MOI "

La nécessité du travail pour vivre et la folie effrénée qui plane aujourd’hui sur l’être humain le rendent
atone, et l’insatisfaction qui en découle le conduit vers une forme d’absentéisme conscient, vers un
abrutissement perceptif, vers un vide absolu.

Cette crise, cependant, n'est rien d'autre qu'un complexe d'infériorité que l'individu, dans sa globalité
psychique est incapable de surmonter, tant en ce qui concerne le devenir de l'existence que sa
formation personnelle, qui suppose une adhésion vis-à-vis de la responsabilité constructive de son
être.

L’élan et la spontanéité originels sont abandonnés dès lors que l’individu est confronté à la nécessité
de faire un choix ou plutôt au premier obstacle issu précisément de son individualité. Etant conscient
de la finitude d’un acte, au sens matériel, et par conséquent de l’unicité que son existence implique, il
rejette ce solipsisme angoissant dans l’autorité " d’un autre " que lui.

L'erreur est donc de ne pas avoir dit " oui " à la vie, d'avoir préféré à l’unité de l’être et à l’acceptation
de sa propre troublante multiplicité, la misère du jugement collectif et de la force "dramatique" de la
vie ; d’avoir préféré l’obéissance à l’autorité absolue d’une entité abstraite au libre-arbitre issu de son
propre esprit humain.

L’absentéisme est le témoignage le plus évident de cette position difficile du sujet. Il représente la
proclamation de la neutralité, tout en célébrant cet aplatissement fataliste qu’est le devenir. A cet
égard, ceux qui pèchent encore plus, par présomption et par lâcheté, sont précisément ceux qui, "
dans la sagesse du jugement scientifique ", s’enferment dans une banalité intellectuelle sans aucune
créativité personnelle, dénigrant par cupidité les connaissances acquises.

Le désir d’atteindre une réalité humaine véritable, de voyager en direction des lignes de l’horizon qui
nous éloignent encore du sens des choses, nous invite précisément à l’analyse et à dévoiler " le petit
humain " que l’on retrouve dans la vie d’aujourd’hui.

Nous devons reconnaître que, précisément parce qu'il existe une volonté de dépendre de l'autorité de
la science " collective ", on donne de nombreuses interprétations qui sont liées tant à la culture qu’aux
relations comportementales qui en dépendent. " L’explication " d’une chose, quelle qu’elle soit, fait
toujours intervenir le vaste contexte dans lequel la chose est perçue : système social, notion politique,
justification morale et justice notamment. Cependant, toute explication est aussi une intuition, pas
seulement une définition visant à compartimenter la chose dans sa représentation actuelle.
Dans cette circonstance, sa dimension intuitive est étouffée, au profit d’une justification purement
laissée au hasard des contextes culturels, différant nécessairement au sein de l’humanité. Aucune
définition logique ne saurait accompagner cette intuition, car elle est, dès le départ réprimée, par le
conceptualisme culturel d’une élite d’intellectuels, bureaucratiques du livre, dont le seul mérite est
d’être utiles à l’industrie papetière.

Si nous commençons à nous étudier, nous rencontrons d'abord un mot que nous utilisons plus que
tout autre, le mot " Je ". Nous disons souvent " je fais ", " je ressens ", " j'aime ", etc., mais c'est là notre
première illusion, car la plus grande erreur que nous commettons est de nous considérer comme un
seul être, alors qu'en réalité nous sommes divisés en centaines de " moi " différents. A un certain
moment, quand je dis " Je ", c’est une partie de moi qui parle, et à un autre moment, c’est un autre "
Je " qui s’exprime.

Nous ignorons que nous n’avons pas qu’un seul " Je ". Nous avons plusieurs " moi " différents liés à nos
sentiments et désirs, lesquels ne sont pas contrôlés par un " Je " unique. Ces " moi ", changent
continuellement : l’un étouffe ou remplace l’autre et toute cette lutte forme notre vie intérieure.

La liberté et l’amour n’ont rien à voir avec la volonté que nous déployons dans notre vie quotidienne
et que nous estimons nécessaire pour " naitre à la vie " , pour réussir, pour soumettre les autres
physiquement et psychologiquement. Cette volonté fait partie des vieilles méthodes usées qui doivent
être abandonnées.

Lorsque les êtres humains verront clairement et profondément que le chemin qu'ils ont suivi jusqu’à
présent ne les sortira jamais de la confusion, du conflit et de la douleur, et qu'ils se rendront compte
qu'ils sont passés à côté de la question essentielle, ils ne craindront pas de remettre à zéro l'échelle
des valeurs auxquelles ils ont toujours accordé une importance fondamentale. Sortir de l’illusion n’est
pas chose aisée, et personne ne pourra nous convaincre de le faire si nous manquons de passion pour
découvrir quel est notre destin. Inconsciemment plongé dans l’ignorance dramatique d’un sommeil
millénaire, l’être humain accepte son propre destin de souffrance, de stupidité et de tourment.

L’amélioration spirituelle de l’individu contribue à la croissance morale collective ; c’est pourquoi les
êtres humains intelligents et bienfaisants éclairent leur environnement familial et social, tandis que les
stupides et mauvais reflètent seulement la négativité et des pulsions inférieures.

Le véritable malheur, c'est que les sentiments de sympathie ou d'aversion sont influencés par des
courants magnétiques qui ne peuvent être contrôlés par l'individu ordinaire ; les fluides de la lumière
astrale pouvant attirer inconsciemment vers des individus qu’il vaudrait mieux éviter. Il s’agit donc de
faire un choix éthique et cela n’est évidemment possible qu’à ceux qui connaissent les lois
magnétiques, qui sont l’expression de la vie en tant que maitrise de soi, entre la lumière et la mort,
c’est-à-dire de l’esclavage animal jusqu’à la vie subjuguée par les courants astraux.

Tout cela doit être recherché dans l'histoire de l'humanité et dans notre conscience, car la mort
n'existe pas et la vie ne peut exister que si elle est éternelle.

L’évolution illimitée est la loi de la vie et toute science, toute pensée, toute inspiration, doit avoir son
développement pratique. Nous n’avons jamais d’idées ou de pensées qui vont au-delà de la possibilité
de notre vie terrestre, mais le fait même de les avoir et couplé à notre incapacité à les communiquer
aux sens, est une preuve qu’elles nous viennent " d’en haut " et qu’elles peuvent se réaliser " là-haut
".
La conscience de la mort et l’intuition des dimensions qui lui sont supérieures, continuellement
sollicitées par la symbolique maçonnique, ne dispensent pas le Franc-maçon du devoir de vivre et de
construire sur Terre.

Si l’être humain conscient prétend vivre exclusivement sur cette planète, il cherche l’impossible même
dans cette vie parce que nous sommes attachés au Soleil par une force invisible, mais de taille
considérable. Imaginer que cette force invisible puisse être brisée revient à souhaiter la destruction
immédiate de la Terre et de tout ce qu'elle contient. De plus, le Soleil est lié à une galaxie et celle-ci à
d'autres galaxies ; nous sommes donc liés à l'infini de l'espace. Par conséquent, il est peut-être
déraisonnable de nier que nous sommes tout aussi inextricablement liés au monde spirituel et que
nous ne pouvons-nous en détacher, ni dans le temps, ni dans l'éternité.

La vérité est que nous, les êtres vivants, sommes reliés à l'infini dans le temps comme dans l'espace.
L’opposition entre " l’ici " et " l’au-delà " se résout par l’acquisition d’une conscience cosmique, qui
signifie vivre l’Absolu ici et maintenant, plongé dans ce que nous appelons " le sortilège de
l’immortalité ".

Les êtres humains pensent à partir du centre vers l’extérieur, mais le fait que pour la plupart d'entre
eux, l’extérieur soit le centre, signifie que tout ce qu'ils touchent devient superficiel. La vie n'est pas
superficielle, elle veut être vécue totalement ; en vivant superficiellement, nous ne connaissons que
des réactions analogues.

Tout ce que nous faisons extérieurement devient nécessairement un problème ; c'est pourtant ainsi
que nous vivons, et que nous nous adaptons, avec tous les soucis qu’engendre une telle vie : tant que
nous vivrons dans les limites d’un mental fragmenté, nous connaitrons des difficultés plus ou moins
importantes.

Le mental est une sensation ; il transforme tout ce avec quoi il entre en contact en malheur, confusion
et problèmes insolubles. Il est la véritable cause de nos soucis, lui qui travaille mécaniquement jour et
nuit, consciemment et inconsciemment.

Nous avons gâché des générations, et gaspillons notre propre vie, à cultiver notre mental, à le rendre
toujours plus intelligent, toujours plus prompt, toujours plus actif et mensonger ; c’est une évidence
qui transparait dans toutes nos actions. La nature réelle du mental contemporain est le mensonge, la
déformation et l’incapacité à faire face aux situations ; c’est ce qui crée les véritables difficultés de la
civilisation actuelle.
PROTOCOLE CXXVII : LA SOLITUDE

Si nous ne pouvons atteindre la vérité, c’est peut-être parce qu'elle est changeante, et en perpétuel
mouvement. On ne peut se le permettre, précisément parce que nous sommes des êtres humains avec
toutes nos faiblesses et nos incohérences.

Nous voulons échapper à la réalité et trouver une réponse à nos questions dans la solitude, mais même
cela est impossible, ce n'est là qu'une des nombreuses folies que nous portons en nous depuis des
millénaires, dans ce spectacle extravaguant qu’est la vie. Nous recherchons la solitude, puis nous
voulons la fuir. Cela n’est-il pas une contradiction ?

La vie est une pulsion mentale et émotionnelle d'isolement ; ce n'est qu'occasionnellement que nous
entrons en communion avec les autres. Les autres, ce sont aussi les animaux, auxquels nous devons le
plus grand respect et le plus grand amour, étant des créatures dont l'ego a été aboli par la nature.

Telle est la réalité de notre vie (respectabilité, propriété et vide). Comment dépasser et surmonter
cette solitude, ce vide, cette petitesse et cette pauvreté intérieure ?

La plupart des êtres humains ne veulent pas changer, ils sont satisfaits comme ils sont et chercher un
autre mode de vie est trop épuisant. Voilà le vrai drame, la tragique vérité.

Nous sommes entourés de certitudes, de murs qui nous font nous sentir en sécurité, mais de temps
en temps, nous saisissons un murmure au-delà du mur, un tremblement de terre, une révolution, une
secousse que nous étouffons aussitôt. Notre insatisfaction est très superficielle ; nous voulons juste
trouver un nouveau plaisir, une nouvelle sécurité, une nouvelle protection, ce qui est toujours le même
processus d'isolement.

Ce que nous voulons vraiment, ce n'est pas aller au-delà de l'isolement, mais le renforcer afin qu'il soit
aussi gardé et protégé que possible. Peu d'êtres humains sont prêts à ouvrir une brèche pour voir ce
qui se trouve au-delà de notre sentiment de vide, de solitude. Pour aller au-delà de cette dernière,
nous devons comprendre comment fonctionne l'esprit, ce que représente ce que nous appelons le
vide et/ou la solitude.

Quel est le point de référence pour définir quelque chose comme vide ?

Malheureusement, ce point de référence est toujours le passé. Nous sommes nombreux à ressentir
cette solitude à laquelle nous voulons échapper et à être conscients de notre pauvreté intérieure. Vous
ne pouvez pas aimer ce que vous appelez la solitude parce que vous n’en faites pas réellement
l’expérience. Vous l’assimilez à la peur, non pas celle de la solitude mais d'autre chose. Vous n'avez
jamais réfléchi à la solitude parce que vous ne savez pas ce que qu'elle est vraiment. Vous voulez être
les propriétaires exclusifs de vos richesses : d’ailleurs, en parlant d’une personne ou d’une chose, vous
utilisez le possessif " mon " ou " ma ", ce qui implique une propriété exclusive. C'est ce processus
d'exclusion qui conduit inévitablement à l'isolement, et comme rien ne peut exister dans l'isolement,
on crée une contradiction à laquelle nous voudrions échapper. Toutes les formes possibles d'évasion,
les activités sociales, la recherche de Dieu, les cérémonies, les danses et autres dérivatifs, sont à mettre
sur le même plan.

Lorsque l'esprit ne fuit plus, il est alors possible d'être en communion avec cette chose que nous
appelons la solitude. Pour communier avec elle, nous devons devenir son amie et ressentir pour elle
de l'amour. L'amour est la seule révolution possible : ce n'est pas une théorie, une idée abstraite, il ne
s'apprend pas dans les livres et ne dépend pas de modèles sociaux préétablis. D’ailleurs, la solution ne
doit pas être recherchée au cœur de théories créant toujours un isolement supplémentaire. On ne
trouvera la réponse que lorsque l’esprit, qui est pensée, ne voudra plus fuir la solitude, car cette fuite
alimente le processus d’isolement, alors qu’en réalité, il ne peut y avoir une communication que là où
existe l’amour.

Aujourd'hui, tout semble osciller entre certitude et déception, euphorie et angoisse. Cette façon de
vivre est aussi une forme de folie philosophique, renforcée par une fausse sagesse, se reflétant dans
les coutumes et dans la vie quotidienne sous forme de malaise, d’égarement et de violence. Le résultat
inévitable est un appauvrissement de notre esprit, et, à l'heure actuelle, l'être humain se sent
emprisonné comme jamais, dans des relations fragiles, dans une vie vide de sens dans sa solitude
intérieure.

L'enfermement de l'ego dans un monde imaginaire, sa division intérieure, son incapacité à s'adapter à
la réalité et à communiquer avec les autres sont les effets les plus évidents de ce que l'on appelle la "
folie ".Ce qui donne de la force à cette folie, la rend impénétrable et donc incurable, ce n'est pas le
rejet de toute logique, mais l'armure d'une logique propre fondée sur des conditions incontrôlables,
et donc non susceptible d'être ébranlée par la logique de la réalité.

Dans les années à venir, il y aura peu de regards assez lumineux pour comprendre tout cela, mais nous
en parlons dès à présent pour que vous le divulguiez, afin que ces mots soient semés partout dans le
monde.

Ce n'est pas vers celui que nous appelons le Grand Architecte de l'Univers que le genre humain doit
être conduit. Il n'y a pas deux réalités qui se regardent : une création qui contemple son Créateur d’un
côté, et de l’autre un père qui observe ses enfants et leur donne des récompenses et des punitions.

Il y a la vie, et vous en êtes à la fois une partie et le Tout, de la même manière il y a une flamme en
vous qui est à la fois le reflet de l'Un, et l'Un dans sa totalité. Il y a l'Univers dans sa lumière et son éclat
infini, où le Divin brille de toute son énergie, au-delà de l'invisible.
PROTOCOLE CXXVIII : LES LOIS SPIRITUELLES

La Loi de Pure Potentialité

" J’entrerai en contact avec le champ de Pure Potentialité en consacrant chaque jour un moment à
rester silencieux, à être. Je resterai assis, seul dans une méditation silencieuse, au moins trente minutes
le matin et trente minutes le soir.

Je prendrai le temps, chaque jour, de communiquer avec la nature et de témoigner silencieusement de


l’intelligence présente en toute chose vivante. Je resterai assis et regarderai un coucher de soleil,
j’écouterai le bruit de l’océan ou celui d’un ruisseau, ou je respirerai simplement le parfum d’une fleur.
Dans l’extase de mon propre silence et en communiant avec la nature, j’entrerai en contact avec la
profonde pulsation de la vie, avec le champ de pure potentialité et de créativité illimitée.

Je pratiquerai le non-jugement. Je commencerai ma journée par cette résolution : "Aujourd’hui, je ne


jugerai rien de ce qui arrivera " et tout au long de la journée je me souviendrai de ne pas juger." "

La Loi du Don

" Où que j’aille, quelle que soit la personne que je rencontre, je lui donnerai quelque chose. Ce présent
peut être un compliment, une fleur, une prière. Aujourd’hui j’offrirai quelque chose à tous ceux avec qui
j’entrerai en contact ; ainsi, je mettrai en œuvre dans ma vie et dans celle des autres, un processus de
développement de la joie, de la richesse et de l’affluence.

Aujourd’hui, je recevrai tous les dons que l’on me fait avec gratitude. J’accepterai aussi les dons de la
nature : La lumière du soleil et le chant des oiseaux, une pluie de printemps ou la première neige de
l’hiver. Je m’ouvrirai également aux présents des autres, que ceux-ci aient une forme matérielle, comme
l’argent, ou spirituelle comme un compliment ou une prière.

Je prends l’engagement de protéger la circulation de la richesse dans ma vie en donnant et recevant


les biens les plus précieux de l’existence : l’attention, l’affection, le respect et l’amour. Chaque fois que
je rencontrerai quelqu’un, je lui souhaiterai silencieusement bonheur, joie et rires. "
La Loi du Karma

" Aujourd'hui, j'évaluerai les choix que je fais à chaque instant et, par cette simple observation, je les
amènerai au niveau conscient. Je saurai que la meilleure façon de se préparer à chaque moment futur
est d'être pleinement conscient du présent. A chaque fois que je prendrai une décision, je me poserai
deux questions ; " Quelles sont les conséquences du choix que je suis en train de faire ? " et " Apportera-
t-il satisfaction et bonheur, à moi-même comme à tous ceux qui en seront affectés ? "

Je demanderai alors conseil à mon cœur et me laisserai guider par les sentiments de bien-être ou de
malaise qu'il induit en moi. Si le choix que j'ai fait me procure un sentiment de bien-être, j’essaierai
d'atteindre l'objectif avec confiance. Si, en revanche, j'éprouve un sentiment de malaise, je
m'accorderai un moment de réflexion, et utiliserai mon regard intérieur pour analyser les conséquences
de mon action. Ce processus me permettra de faire spontanément les bons choix pour moi et pour ceux
qui m'entourent. "

La Loi du Moindre Effort

" Je pratiquerai l’acceptation. Aujourd’hui, j’accepterai les personnes, les situations, les circonstances
et les événements comme ils se présentent. Je saurai que ce moment est tel qu’il doit être, parce que
l’univers entier est tel qu’il doit être.

Je ne me rebellerai pas contre l’univers entier en me rebellant contre ce moment. Mon acceptation sera
totale et complète. J’accepterai les choses comme elles sont à cet instant, et non pas comme je voudrai
qu’elles soient. Une fois que j'aurai accepté les choses telles qu'elles sont, j'assumerai la responsabilité
de ma situation, et de tous les événements que je perçois comme des problèmes.

Je prendrai conscience qu’assumer ses responsabilités signifie ne blâmer personne (pas même moi)
pour la situation dans laquelle je pourrais me trouver. Je prendrai également conscience que derrière
chaque problème se cache une opportunité de solution ; la recherche minutieuse de cette opportunité
me permettra de saisir le moment présent, et de le transformer en un bienfait plus grand. Aujourd'hui,
ma conscience sera orientée vers une attitude de confiance.

Je réprimerai ce besoin de défendre mon point de vue. Je ne ressentirai pas non plus celui de convaincre
ou de persuader les autres de l’accepter. Je resterai ouvert à tous les points de vue, et ne serai
strictement attaché à aucun. "

La Loi de l’Intention

" Je ferai une liste de mes souhaits pour l'emporter avec moi partout où j’irai. Je la relirai avant d’entrer
dans le silence et la méditation, de même chaque soir avant d’aller me coucher, et chaque matin lorsque
je me réveillerai.

Je libérerai les désirs que j'ai notés pour les abandonner dans le sein de la création, conscient que
lorsque les choses ne semblent pas aller comme je le voudrais, ce n'est pas un hasard, et que la création
a pour moi en réserve des projets encore plus grands que les miens.
Je ne permettrai pas aux obstacles de consumer l’énergie de mon attention au moment présent.
J’accepterai ce présent comme il vient et j’exprimerai le futur par mon attention et mes désirs les plus
profonds et les plus chers. "

La Loi du Détachement

" Je m'autoriserai à être qui je suis et je ferai de même pour tous ceux qui m'entourent, en n’imposant
pas mes idées personnelles sur la façon dont les choses devraient être. Je ne chercherai pas à tout prix
une solution à mes problèmes, pour ne pas en créer davantage. Je participerai à tout, mais avec
détachement.

Aujourd'hui, je ferai de l'incertitude l'ingrédient principal de mon expérience. Grâce à ma détermination


d’accepter cette incertitude, les solutions surgiront spontanément des problèmes, de la confusion, du
désordre, du chaos. Plus les choses me sembleront incertaines, plus je me sentirai en sécurité, parce
que l’incertain est mon chemin vers la liberté. Dans l’incertain, je trouverai ma sécurité.

J’entrerai dans le champ des possibilités infinies et je savourerai cette excitation que l’on ressent quand
on reste ouvert à une infinité de choix. Dans le domaine des possibilités infinies, j’expérimenterai toute
la joie, l’aventure, la magie et le mystère de la vie. "

La Loi du Dharma

" Aujourd’hui, je nourrirai avec amour le dieu ou la déesse qui vit au plus profond de mon âme. Je serai
attentif à l’esprit qui, à l’intérieur de moi, anime mon corps et ma pensée.

Je déplacerai la conscience de l’Être éternel vers l’expérience temporelle.

Je ferai une liste de mes talents particuliers et je noterai ce que j’aime faire et qui les exprime au mieux.
En les exprimant et en les mettant au service de l’humanité, je perdrai ainsi la notion du temps, et
pourrai créer l’abondance pour moi et pour les autres.

Chaque jour je me demanderai : " Comment puis-je être utile ? ", " Comment puis-je aider ? " Les
réponses à ces questions me permettront de servir et d’aider avec amour mes semblables. "

DEEPAK CHOPRA
PROTOCOLE CXXIX : LES FORCES

Les étoiles ont peut-être un message pour nous, alors que le monde plonge dans l’espace de l’ère du
Verseau. Les astronomes indiquent que le mouvement céleste de notre galaxie effectue une rotation
tous les 26000 ans. Celle-ci peut être divisée en 12 périodes d’environ 2100 années. Tous ces
événements sont liés à l’histoire de la Fraternité Universelle. Notre autel est à l’Orient, les lumières,
les décorations et les symboles se réfèrent aux cieux.

Einstein a montré que la matière et l’énergie sont interchangeables, de sorte que toute chose est
matière ou inversement. Nous savons également que la nouvelle ère dans laquelle nous entrons
apportera de nouvelles énergies. L’être humain ne peut espérer devenir conscient qu’en utilisant
correctement l’énergie qu’il dépense actuellement de manière inappropriée.

Notre machine peut produire assez d’énergie, parce que l’organisme en fabrique pour alimenter tous
nos centres, mais fait également en sorte d’en accumuler. Malheureusement, nous la gaspillons bien
souvent dans la colère ou l’énervement, ce qui fait qu’il en reste alors très peu. Ainsi, si la production
est excellente, la dépense est très mauvaise. Ces pertes doivent être étudiées, car certaines empêchent
toute progression tant qu’elles ne sont pas stoppées.

Il en résulte que plus on accumule d’énergie, plus on en perd, à la manière dont on verserait de l’eau
dans une passoire. Ce sont les émotions négatives qui provoquent ces pertes, car pour certaines
personnes ces émotions sont devenues tellement habituelles, qu’elles ne s’en rendent même pas
compte. Elles peuvent ne durer que cinq minutes ou cinq secondes, car le temps est relatif, mais elles
sont suffisantes pour dépenser toute l'énergie que leur corps a produite durant vingt-quatre heures.

Chaque chose dans le monde, toutes les manifestations d'énergie, tous les types d'action dans l'activité
humaine, qu'elles soient internes ou externes, sont toujours des manifestations des trois forces qui
existent dans la nature.

Nous appelons ces dernières des forces actives, passives et neutralisantes, mais en réalité, elles ne
diffèrent pas les unes des autres au niveau de leur activité ou passivité : elles ne divergent que dans
notre compréhension ordinaire.
Les forces actives et passives sont toutes deux actives, car une force, au fond ne peut être
véritablement passive ; la différence réside dans leur activité, et ceci constitue toute la variété des
phénomènes qui existent dans le monde.

Les trois forces œuvrent ensemble, mais dans chaque combinaison, l’une d’entre elles prédomine.
Vraisemblablement, toute force qui est maintenant active peut devenir passive ou neutralisante au
moment suivant, dans une autre triade. Quand les trois forces se rencontrent en même temps, les
choses arrivent, dans le cas contraire rien ne se passe.

Nous ne devons pas concevoir la nature comme un universel logique ou quelque chose qui s’y
apparente, mais comme un universel physique, qui se développe aussi bien dans toutes les choses que
dans chacune d'entre elles. La réalité n’est pas le contraire de l’illusion, du faux et si vous tentez de
l’aborder de cette manière, elle ne verra jamais le jour : elle ne peut exister que lorsque les contraires
ne sont plus. Si condamner ou identifier une chose génère un conflit des contraires et ne peut donner
lieu qu’à d'autres troubles, en revanche, un fait auquel on fait face sans émotion, sans déni ni
justification, ne conduit à aucun conflit.

Un fait en soi n'a pas de contraire, sauf en cas de réaction plaisante ou défensive. C'est cette réaction
qui érige les murs de l'insensibilité et détruit l'action. L'activité est basée sur une idée, mais non
l’action. Les idées ont des contraires et le mouvement parmi eux est une simple activité, qu’elle soit
durable ou se transforme.

L'activité ne peut jamais être libératrice car elle a un passé et un futur ; elle est criblée de
contradictions, de troubles et de choix qui ne seront jamais des éléments de libération, tandis que
l'action est toujours dans le présent et immédiate. Vous devez trouver toute la vie en un instant, dans
un grain de sable et le monde entier dans un instant.

Comme les vagues marines, qui sont générées par un courant profond, puissant et invisible, tous les
phénomènes de l'existence, aussi différents soient-ils, ont une substance commune qui leur est
inhérente. Le courant profond est la loi de l'Univers, le rythme de vie qui traverse chaque individu,
c'est la force invisible originelle générant la transformation. L'univers n'est qu'une illusion, une bulle
de savon qui flotte pendant quelques secondes puis éclate. Le seul à demeurer est le Créateur.

Le monde ne disparaîtra pas de sitôt, car des milliards d'années d'existence l'attendent encore. Qu'est-
ce que tout cela face à l'éternité ?

Comme les êtres humains pourraient être choqués par la vérité, on leur raconte des petits mensonges
pour écarter le risque d’une catastrophe.

La vie oscille entre deux pôles : la matière, qui n'est animée que par une très faible vibration, et le pur
esprit, l'esprit de Dieu, une vibration si intense qu'elle ne peut être saisie car elle est trop vivante, trop
lumineuse. C'est pourquoi les Sages, qui ont étudié la vie, essaient de se rapprocher de plus en plus de
ce pôle de souffrance, de lumière, contrairement à la plupart des êtres humains qui se laissent aller
jusqu'à se pétrifier ; c’est pourquoi lorsqu’on les rencontre, on a vraiment l'impression d'être face à
des pierres.
PROTOCOLE CXXX : L’ART

Nous vivons une époque historique de programmation technologique, où tout est planifié presque à
la perfection, et pourtant une nouvelle cause d'anxiété apparait. Les premiers êtres humains à la
ressentir sont ceux qui dirigent les centres chargés de connaître les paramètres de notre avenir, car ils
ont remarqué comment certains éléments irrationnels altèrent constamment et radicalement les
résultats de leurs prédictions.

L'irrationnel joue un rôle très important notamment dans la vie politique des peuples ; le cours de
l'histoire ou de l'économie pouvant être modifié du jour au lendemain par des événements
imprévisibles. Pour comprendre ce qu'est cet irrationnel et quel est son rôle dans la dimension
humaine, il ne faut pas s'en remettre à la politique et aux sciences, qui sont conditionnées par la
logique, mais analyser l'expression artistique car elle se fonde sur l'irrationnel, sur cette vision
intérieure qui nous met en contact avec la réalité spirituelle.

Tout ce qui est en harmonie avec la vie dispose de sa propre forme d'art, de sa propre esthétique, et
lorsque nous nous trouvons au bon moment, au bon endroit et dans le bon état d'esprit, nous pouvons
constater que tout ce qui nous entoure nous apparaît beau, passionnant et émouvant. Tout dans la
nature s’exprime par des manifestations esthétiques, même si notre être, à travers toutes ses limites,
nous empêche de les apprécier pleinement. L’esthétisme est une expression des forces vitales de la
nature. Il existe aussi dans la danse rythmique de certains insectes, dans la beauté des spirales et des
couleurs de certaines coquilles ; cette beauté existant en tant qu’expression naturelle et unique des
lois harmoniques du flux de la vie.

Le mérite du Sage doit être déterminé par son expansion de conscience, tandis que le peuple apprécie
plutôt son degré de connaissance.

L’étude des expressions artistiques actuelles et passées peut nous aider à comprendre ce qui se passe
sur notre planète. Vivre à l’aube d’une nouvelle ère est difficile car les vieilles certitudes disparaissent,
et ce que l’être humain espère de l’avenir est consternant.

Nous devons évoluer uniquement au sein de notre conscience, et nous efforcer de hâter le
développement de notre âme. Le mal se combat par le bien, la laideur par la beauté, la mort par la vie,
et ce n'est qu'en recherchant la liberté intérieure que nous nous relions spontanément au flux de la
vie dans sa créativité harmonique ; l'expression intellectuelle et artistique étant l'un des chemins les
plus directs vers la conquête de notre âme.

Si nous analysons correctement les actions et les effets que l'expression artistique produit chez l'être
humain et dans la société, nous parviendrons à comprendre ce que, dans les autres domaines de notre
vie, nous ne pouvons saisir. Nous saisirons ainsi que ce que nous qualifions habituellement de " logique
" n'est qu'un impératif culturel ou social, et qu’inversement ce que nous ce que nous considérons "
illogique " ou irrationnel, comme un jeu ou une perte de temps, nous apparaîtra finalement comme
logique.

C'est dans l'expression artistique que nous prenons le plus conscience du corps, tant le nôtre que celui
des autres, car elle est la seule médiatrice entre le corps et l'esprit, de même qu'entre nous et les
autres.

La dimension humaine est constituée d'individus uniques qui expriment la vie unique sous une myriade
de formes et de consciences différentes. Le mystère de l'art ne peut être résolu car il est celui de la vie
elle-même, le mystère du doux parfum du jasmin ou du goût amer du laurier, la pureté d'une pupille
bleue, et l'amour que nous ressentons pour toute l'humanité.

Déjà dans l'Antiquité, l'art était considéré comme la plus haute expression de l'âme. Platon compare
l'existence des humains à celle d'esclaves enchaînés dans une caverne qui sont contraints de regarder
des ombres et des choses projetées sur une paroi par un feu brûlant à l'extérieur. Les esclaves, ayant
toujours vécu dans cette caverne, n’ont aucun point de comparaison ; ils prennent le feu pour le soleil
et les ombres pour la réalité. La caverne est le monde sensible dans lequel vit l'homme ; les ombres
sont les différents objets instables qui lui apparaissent dans ce monde. Le philosophe est l'esclave libre
qui, échappé de la caverne, peut accéder à la véritable réalité en voyant le soleil comme la vraie source
de vie.

L'artiste rejette la réalité, il veut rester attaché au monde sensible qu'il tente de reproduire dans son
œuvre ; les illusions, les passions et le désordre font partie intégrante de ce monde.

L’art est un puissant langage international qui stimule et enrichit la communication entre les êtres
humains, tandis que l’artiste lui est un informateur important servant de médiateur entre la
philosophie et le monde humain commun. Un art libre est un aspect fondamental d’une société libre,
comme un art dégradé est la caractéristique d’une société malade.

Platon lui-même était un grand artiste ; ses œuvres dialogiques, son ironie, les mythes qu'il utilisait
pour exprimer nombre de ses doctrines témoignaient déjà chez lui de l’union étroite entre la
philosophie et l'art.

Le Sage doit mettre ce qu’il a vu à la lumière du soleil à la disposition de la communauté. Pour ce faire,
il doit, comme l’esclave, s’habituer à l’obscurité de la caverne et reconnaître dans les ombres qui s’y
projettent, les images des valeurs transcendantales.

Ce n’est que sous cette forme que l’on peut réaliser la justice et détourner les gens des rêves malsains
qui poussent les plus violents à se disputer le pouvoir comme s’il s’agissait du seul bien. Cela est une
autre folie, parce que le pouvoir n’existe pas, et cette lutte pour lui, comme le culte de l’immédiateté,
laisse ouverte une seule voie : celle de la violence destructrice contre tout et tous.

Comme l'écrit Benedetto Croce : " La violence n'est pas une force, mais une faiblesse, elle ne peut
jamais être créatrice de quoi que ce soit, seulement destructrice ".
L’être humain est soumis à des contraintes de toutes sortes ; même ses relations avec ses semblables,
aussi éphémères soient-elles, imposent des limites à son comportement. Les contraintes et les limites
sont des facteurs indispensables de l’autonomie véritable de l’Ego, qui vise à les contrôler et à les
limiter.

L’ignorance de ces limites est une conséquence inévitable de la foi en l’autonomie absolue, comme un
mythe contradictoire, car elle encourage l’esclavage des êtres humains aux stimuli les plus fragiles et
négatifs, où l’Art Royal ne peut naître.

L’ETERNEL PRESENT
" De nombreux phénomènes de la vie ne peuvent être exprimés en termes de mesures d'intervalles
d'espace et de temps. Comme ces phénomènes ne sont pas régis par les lois de la physique, on peut les
qualifier de non-physiques.

L'exemple est donné par les images en mouvement que nous voyons dans les rêves ; dans la mesure où
ces derniers sont par nature personnels, ils sont classés comme subjectifs et n'ayant aucune réalité
objective. Cependant ces images sont perçues avec le même " matériel mental " que les images que
nous voyons de nos propres yeux quand nous sommes complètement éveillés, et non sous l’influence
de suggestions hypnotiques.

Malgré les grands progrès réalisés dans notre connaissance du monde physiques de l'espace et du
temps, peu ont été mis en œuvre dans le domaine de la recherche traitant de la relation entre les
mondes physiques et non-physiques, c'est-à-dire entre l'esprit et la matière, entre le corps et l'âme. "

GUSTAF STROMBER
PROTOCOLE CXXXI : INTUITIONS

L'évolution spirituelle et notre existence dans la dimension de l’espace-temps sont les deux grands
mystères que l'être humain doit résoudre. Nous y parviendrons quand nous aurons compris que nous
sommes une projection tridimensionnelle d’une unité des hyper-espaces et que nous ne pouvons donc
agir que dans le Présent, parce que le passé est révolu et que l’avenir n’est pas encore là.

Chaque être humain se trouve à chaque instant de sa vie à l’endroit et dans la situation propices pour
agir, pour changer sa vie et pour s'éveiller à la réalité spirituelle. Nous somnolons dans les illusions de
la réalité matérielle, tentant de vivre à travers les choses que nous possédons ou qui n’existent pas ;
certaines parce qu'elles sont perdues dans le passé, d'autres parce qu'elles sont projetées dans un
futur encore inexistant.

Nous sommes esclaves de ces réalités inexistantes, esclaves de l’illusion du temps. Nous ne vivons pas,
nous dormons en imaginant vivre ; nous sommes aveugles au flux de la vie.

Pour résoudre ce mystère, qui est celui de la quatrième et cinquième dimension de l'Univers, il est
essentiel de développer son intelligence, en créant un nouveau langage pouvant nous aider à quitter
le monde des faits et de la logique délimitant notre vie actuelle. L’espace-temps forme un continuum
(un espace quadridimensionnel) dans lequel les trois dimensions de l’espace et la quatrième, celle du
temps, se rencontrent toutes en un point. Le point de départ de la cinquième dimension, celle de
l’éternité, est le même que pour les quatre autres : le présent, l’immédiat.

La cinquième dimension est à l’origine de tout ce qui ne peut être réalisé dans l'espace et modifié dans
le temps, c'est-à-dire de cette force vitale qui offre la beauté et le parfum aux fleurs, qui crée
l'harmonie dans la nature, les dimensions magiques et esthétiques en tant que principes créatifs de la
vie.

Pour comprendre la réalité spirituelle, l'esprit doit œuvrer dans la dimension de l’éternité ; ce n'est
qu'alors que l'être humain peut s'éveiller à un nouveau plan de conscience cosmique et devenir
véritablement " complet " et libre. Cette intelligence omniprésente et omnipotente, qui se trouve dans
les particules les plus infinies de la matière, opère dans la dimension de l'éternité, et c'est elle qui
enregistre chaque moment de vie de tout ce qui existe au sein de la création.
L'être humain se réveillera de son " sommeil dans le temps ", de sa quête illusoire de liberté, non pas
en pensant à hier ou à demain, mais en apprenant à vivre dans le présent, dans l'instant, afin de se
sentir vivre dans l'éternité. Nous devons donc apprendre à atteindre, en nous-mêmes, ce " Je " qui vit,
a vécu et vivra toujours éternellement, pour trouver en nous-mêmes ce point central où, ni les illusions
de la matière, ni les tromperies de la politique ne peuvent nous atteindre.

Nous pourrons ainsi écouter la voix du silence qui nous guidera vers la conquête de la sagesse. Ce n’est
qu’alors que nous conquerrons la liberté et qu’avec elle nous deviendrons des êtres responsables, des
Maîtres Sages et Illuminés, conscients de notre rôle pour maintenir un juste équilibre ; parce que nous
appartenons non seulement à la famille humaine, mais à tout ce qui vit dans le cosmos, dans l’univers
infini.

De l'atome visible au corps céleste perdu dans l'espace, tout est sujet au mouvement dans son
inépuisable créativité harmonique. La vérité pour un juste équilibre ne peut pas être assimilée par un
esprit plein d’idées préconçues, de préjugés et de doutes ; elle doit être perçue par l’intuition plutôt
que par la raison. L’intuition c’est voir au-delà de l’invisible. L’être humain ne peut pas continuer à faire
la guerre à ses semblables, en particulier à la nature dont il fait partie intégrante, parce que c’est une
impasse dont la seule issue serait la " désintégration " totale de son être conscient. Cela, précisément,
serait équivalent pour l'être humain à la dissolution finale du cosmos révélé dans son ensemble.

Les phénomènes qui ont récemment agité le monde occidental concernant les manifestations
fluidiques et les courants magnétiques, sont des pulsions de la nature, qui nous invitent, pour le salut
de l'humanité, à reconstruire la lumière astrale, car sa stagnation signifierait la mort et la
décomposition.

La méthode appelée " photographie Kirlian (ou effet Kirlian) " fonctionne pour le corps d'un animal,
mais aussi pour les feuilles et les plantes. Grâce à une étincelle électrique entre le sujet et la plaque
photographique, le sujet apparaît entouré d'un halo d'énergie colorée après le développement. Toutes
les matières qui nous entourent dans le monde, la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous
buvons, l’air que nous respirons, les pierres de nos maisons comme nos propres corps, sont imprégnés
de toutes les matières qui existent dans l’Univers. Il n'est pas nécessaire d'étudier ou d'analyser le
Soleil pour trouver de la matière solaire car cette matière est en nous-mêmes et résulte de la division
de nos atomes.

De la même manière, nous avons en nous la matière de tous les autres mondes ; en ce sens l’être
humain est véritablement un Univers miniature, possédant en lui les différentes matières qui le
composent. Les mêmes forces et lois régissant la vie du monde entier agissent dans l’être humain. Par
conséquent, en étudiant l’Univers, nous étudions l’être humain et vice versa. Il nous faut cependant
admettre qu'un individu sous-développé, c'est-à-dire qui n'a pas terminé son évolution, ne peut être
considéré comme une image complète du monde, mais bien comme un monde inachevé.

Beaucoup aiment vivre dans l'illusion car il y a une grande satisfaction à cela ; c'est un paradis privé qui
nous stimule et nous donne un sentiment de supériorité. Celui qui a la capacité et la ruse devient un
chef, le représentant de cette illusion et comme la majorité aime échapper à ce qu’il est, on crée des
associations et des réunions à caractère légaliste mais avec un contenu superficiel.

L'illusion est déguisée en tradition, ce qui la maintient dans le domaine de la respectabilité. Comme
les êtres humains recherchent le pouvoir sous une forme ou une autre, un principe hiérarchique est
établi, des disciples et des maîtres naissent, et même parmi eux il existe des degrés d'évolution
spirituelle.
Les êtres humains aiment exploiter et être exploités ; ce système leur en fournit les moyens, qu'ils
soient dissimulés ou non. Le désir d'utiliser les autres pour nos besoins psychologiques conduit à une
certaine dépendance et lorsque vous êtes dépendants, vous devez " avoir ", posséder. Ce que vous
possédez vous possède. Pour éviter la peur de n'être rien, vous appartenez à telle ou telle organisation,
vous adhérez à une idéologie particulière, de sorte que vous êtes exploités et que par conséquent vous
exploitez.

La structure hiérarchique offre une excellente opportunité pour le développement de l’ego. Vous
pouvez vouloir la fraternité, mais comment peut-elle exister, si vous visez la destruction spirituelle ?
Comment peut-il y avoir des grades hiérarchiques ou des divisions dans l'évolution spirituelle, dans la
compréhension de la vérité ?

L'amour n'admet aucune division. Soit on aime, soit on n'aime pas. Quand on sait que l’on n'aime pas,
quand on en est conscient, alors il existe une possibilité de transformation, mais cultiver cette
distinction entre le sauveur et le pécheur, c'est nier l'amour.

L'exploiteur, qui est lui-même exploité, trouve un excellent terrain de chasse dans cette obscurité, ou
plutôt dans cette illusion.

La majorité des êtres humains ne veut pas s’éveiller et vit donc dans l'illusion ; être conscient de son
ego est difficile : parce que nous préférons un chemin confortable et illusoire, nous donnons naissance
à une autorité, qui forme et façonne nos vies. Cette autorité peut être un groupe, un enseignant, un
sauveur, mais quelle qu'elle soit, elle est aveuglante et génère l'absence de pensée, car pour la plupart
d'entre nous, penser signifie souffrir, aussi, pour l’éviter, nous nous abandonnons à l'autorité du
moment.

L'autorité engendre le pouvoir et celui-ci se centralise toujours, devenant ainsi une source de
corruption maximale, non seulement pour ceux qui détiennent le pouvoir, mais aussi pour ceux qui lui
obéissent sans aucun amour propre.

Pour notre vie, c'est ce combat apparemment sans but qui importe et non le modèle établi ou le leader.
L'autorité du professeur ou du prêtre vous détourne du problème essentiel qui est la lutte de votre
être intérieur. Il n'y a pas de chemin conduisant vers la vérité, celle-ci doit être découverte. Il n'existe
pas de formule, car ce qui est formulé n'est pas la vérité. Vous devez naviguer sur une mer qui n'est
pas indiquée sur les cartes, et cette mer inconnue, c'est vous-même. Partez ainsi à la recherche de
vous-même, sans suivre un plan ou un programme.

Se connaître soi-même provoque une joie toujours nouvelle, non " pensée " ou comparée.

La connaissance de soi est le principe de la sagesse, dans le silence et la paix où nait l’incommensurable
de l’Univers, au-delà de l’invisible.
PROTOCOLE CXXXII : LA QUATRIEME VOIE

De temps en temps, des courants isolés émergent à la surface, révélant que quelque part, au plus
profond de nous, même à notre époque, s’écoule le puissant fleuve de l'ancienne connaissance de
l'être.

L’objectif de la recherche de la Quatrième Voie, est de trouver ce courant. Dès qu’il découvre cette
Voie, l’être peut courageusement s’y engager et se fier à elle. Sur cette voie, l'Illuminé ne sera jamais
seul, et, dans les moments difficiles, il recevra du soutien, car tous ceux qui la suivent sont liés par une
chaîne d'amour ininterrompue.

Le frère Illuminé qui cherche, pourra développer en lui la faculté spéciale appelée intuition, à condition
de conserver la capacité de penser et de juger correctement. Ce frère rejettera les voies entraînant
vers la psychopathie comme vers l'erreur et cherchera inlassablement la Quatrième Voie. Même pour
cela, il faut se rappeler que pour " faire ", il faut " savoir ", et que pour savoir, il faut découvrir l'âme.

Il n’existe pas d’école universelle dans laquelle chaque type de personne peut apprendre ; ce concept
implique par conséquent que chacun emprunte sa propre voie selon son intellect et sa nature.

Il faut se rendre compte qu’il y a des milliers d’années, l’être humain avait déjà compris qu’il pouvait
changer, qu’il pouvait acquérir quelque chose qu’il n’avait pas, et aller au-delà de l’invisible. En général,
le processus était toujours le même, l’être se développait, acquérait de nouvelles facultés, et c’est ainsi
que trois voies furent créées : la première est celle du Fakir, la seconde celle du Moine, et la troisième
celle du Yogi.

S’il n’existait réellement que ces trois routes traditionnelles, alors nous n’aurions rien à faire car
l’Illuminé est de nature complètement différente.

Il existe en revanche une Quatrième Voie, qui n’est pas une combinaison des trois autres mais une voie
spécifique différant des précédentes, ne nécessitant pas d’abandon extérieur car tout le travail
spirituel y est intérieur. Ainsi, les conditions de vie où un homme se trouve placé lorsqu’il entreprend
cette voie sont les meilleurs possibles pour lui. Par conséquent, l’être humain intelligent continue à
vivre la même vie qu’avant, dans les mêmes circonstances.

La Quatrième Voie est beaucoup plus difficile que les autres, car il n'y a rien de plus compliqué que de
changer intérieurement sans changer extérieurement. Elle a comme principe que l'individu n'a pas à
croire quoi que ce soit, qu’il doit seulement apprendre et comprendre, la foi ne faisant donc pas partie
du chemin. L’être humain ne doit pas croire ce qu’il ressent ou ce qui lui est conseillé, il doit découvrir
et/ou rechercher seul les preuves de toute chose. C’est uniquement lorsqu’il est convaincu de la
véracité des choses et non avant, qu’il peut entreprendre une action avec confiance.

Dans la Quatrième Voie, tous les aspects de l’être humain sont développés simultanément, ce qui la
rend différente des autres voies, dans lesquelles nous développons d’abord un aspect, puis un autre
et ainsi de suite. L’initiative y est indispensable et non l’obéissance. Tous les centres psychiques doivent
être plus ou moins ouverts, prêts à recevoir des impressions, faute de quoi un long travail préliminaire
serait nécessaire pour s’assurer d’une ouverture suffisante, avant de commencer le parcours.

Le point commun à toutes les voies, c'est cette possibilité de remodeler son "être". On doit ainsi passer
par les mêmes expériences, mais d'une manière différente : le rappel de soi et le fait de ne pas
s'identifier procurent exactement les mêmes sentiments ou sensations personnels que des émotions
religieuses ou intellectuelles élevées.

On a souvent comparé l'être humain à une maison à quatre pièces où, pour se développer, il doit
parvenir à œuvrer dans toutes les pièces, mais en passant d'une chambre à l'autre. Dans la Quatrième
Voie, le travail se fait simultanément dans les quatre pièces, avec la même mesure et la même
intensité.

L'être humain invente des règlements tant qu'il n'est pas capable de comprendre les lois de la nature.
Des cultes ont toujours été édifiés, mais ils vieillissent, un peu plus lentement que les peuples,
s'éteignent et meurent. La révélation est progressive et il est impossible de la concevoir autrement.
Elle ne demande pas à être imposée : il n'y a ni besoin de rêver, ni de verser du sang, ni de promouvoir
l'amour avec des mots ; elle désire seulement avoir la volonté de comprendre ce qui ne pourra jamais
être dit, " aimer au-delà de ce que l’on connaît de l'amour ".

Notre vie de frères Illuminés est une goutte de patience parmi tant d’autres : elle restera une énigme
tant que les autres resteront dans l’énigme de leur propre vie, qu’ils s’adonneront à la passion de
l’histoire et des intérêts, au détriment de l’histoire du cœur de l’humanité.

Il convient de rappeler que d’un point de vue rationnel, il est difficile d’admettre la possibilité de la
révélation divine, à savoir le dialogue direct avec Dieu ou celui d’un Dieu avec un être humain. Dans
l’état actuel de la science, il est impossible de donner une preuve ou une explication d’un tel
événement miraculeux, même si cela ne suffit pas en soi pour démontrer qu’il est totalement
inexistant et imaginaire, parce que tout peut exister au-delà de l’invisible.

L'authenticité du phénomène deviendrait scientifiquement acceptable si l'on identifiait l'entité de Dieu


comme une intelligence universelle, et l'entité des Dieux comme des initiateurs ayant réellement vécu,
et qui existent encore dans la dimension de l’espace-temps, c'est-à-dire dans un Univers parallèle :
nous parlons alors des Maîtres Illuminés Invisibles.

Notre Soleil est une étoile, et la galaxie est un grand ensemble d'étoiles, liées entre elles par la force
de gravité mutuelle. Les galaxies ont des dimensions immenses, les plus petites contenant quelques
dizaines de millions d'étoiles et les plus grandes comptant jusqu'à 1000 milliards d'étoiles, toutes en
orbite autour d'un centre de masse commun.
L’ETERNEL PRESENT
" En tant que physicien et aussi en tant qu'homme qui a consacré toute sa vie à la science objective
pour l’étude de la matière, je n’ai certainement pas à craindre d'être considéré comme un fanatique.

Je peux donc affirmer librement, après mes longues études sur l’atome, qu’il n’y a pas de matière en
soi. Toute matière n’a pour origine et n’existe que par le biais d’une force qui fait osciller les particules
atomiques et les maintient ensemble dans le système solaire microscopique de l’atome.

Puisqu’il n’existe pas de force intelligente ou éternelle dans l’ensemble de l’Univers, cette force n’a
jamais appartenu aux hommes qui se sont empressés de découvrir le " Mobile Perpetuum " (le
mouvement perpétuel). Nous devons donc admettre que derrière cette force, se cache un esprit
conscient et intelligent qui est préexistant à la matière.

Ce n’est pas la matière visible qui forme la réalité, le voile, le concret, mais l’esprit invisible et immortel
qui est la véritable réalité. L’origine ultime de toutes choses se trouve dans le monde non-physique. "

MAX PLANCK
PROTOCOLE CXXXIII : UN NOUVEL ÊTRE

En trois mille ans, le vieil être a mené un nombre infini de guerres : le passé de l'humanité est une pure
folie remplie de combats permanents.

Le nouvel être ne perpétue plus ce passé insensé, car il croit à l'amour et non à la guerre, à la vie et
non à la mort. Il est créatif et non destructeur : son art, sa science sont au service de la créativité
harmonique, des autres et non de son propre ego. Il utilise l’argent et la technologie sans en devenir
une victime ; une nouvelle conscience peut ainsi naitre en opposition à toutes les orthodoxies.

Une personne vivante doit rester mouvante, afin de répondre aux situations qui changent
continuellement. Comment pouvons-nous rester rigides quand la vie est un fleuve ? Celui qui est ainsi,
perd le contact avec la vie, il est déjà dans la tombe.

Le nouvel être dispose d’une conscience non fanatique ; il n’est pas obstiné mais toujours cohérent et
en phase avec la vie. Il est créatif et cherche à tout moment sa propre philosophie. Il ne s'adapte pas
à un endroit où l'exigence fondamentale est l'obéissance aveugle, il n’est pas hypocrite ni entouré
d'une enveloppe qui l'emprisonne. Il vit pour cette Terre, mais pas de façon matérialiste. Il respecte
l'environnement terrestre dans lequel il vit et aime cette belle planète, l'une des plus belles de l'Univers
parce que l'une des plus vivantes.

Cette planète doit être aimée et vécue dans la joie. Le nouvel être cherche sa religion dans la nature,
dans les arbres vivants qui dansent dans le vent, sur la crête des vagues marines, au sommet de
montagnes jamais explorées. Il trouve sa prière dans la neige et entame un dialogue réel et existentiel
avec la lune et les étoiles. Il lit les textes sacrés de la nature et tente de déchiffrer les mystères de la
vie, de les aimer, d'entrer en eux. Il est un artiste, non un théologien. Les Amérindiens l'ont toujours
su, mais la technologie a détruit leur message.

La science également a un ton différent : elle ne cherche pas à conquérir la nature, ce qui est une pure
folie, mais vise à la comprendre ; elle ne la vole pas, mais l'aime en la persuadant de révéler ses secrets.

Le vieil homme était mesquin et ambitieux parce qu'il était incapable de vivre et d'aimer. Il poursuivait
l'argent de façon obsessionnelle ou bien le craignait, mais dans les deux cas toute son attention était
focalisée sur le pouvoir et l'argent, et lui, demeurait toujours un mendiant. Le nouvel être n'use pas de
fictions, d'apparences ou de simulations parce qu'il est vrai ; la vérité seule permettant la libération.
La nouvelle conscience ne se laisse pas leurrer par les doubles jeux et le mépris du mensonge est la
caractéristique la plus remarquable de notre nouvel être. Il a l'esprit d'aventure, et ne se préoccupe
pas de la sécurité. Ainsi, il ne croit pas, parce que la croyance est un besoin de sécurité. Il ne reçoit
peut-être pas de réponses claires, mais accepte d’étudier et d’explorer chaque problème, et pour cela
il lui faut être agnostique.

L'agnosticisme, compris comme l’affirmation de l'impossibilité de l'esprit humain à découvrir la vérité,


sera la religion du nouveau monde, où le nouvel être aura confiance en son propre potentiel, en
respectant profondément les éléments de la nature : la mer, le soleil, la neige, les fleurs, les plantes,
les animaux, les oiseaux, les poissons, la vie, la croissance et finalement la mort.

La vérité est que si vous faites la guerre, vous serez toujours perdants. Ceux qui, au nom de la paix,
imposent le pouvoir de la guerre, écriront leur nom sur le sable car ils agissent avec une âme de
conquérant. Seule la loi des hommes peut être imposée : la nôtre est celle de l'Amour, et celle-ci n'est
pas une loi qui peut être dictée : elle peut simplement être semée et cultivée lentement.

Frères et Sœurs, vous ne devez pas y voir une fleur créée par un rêve humain, mais la réalité qui grandit
quand tout le reste s’écroule.

L'orgueil est l'adversaire le plus rusé de l'être humain contre lequel il faut apprendre à se défendre. Il
se tapit dans les recoins les plus secrets de la personnalité et se nourrit des éléments quotidiens qui la
composent. Ceux qui choisissent de parler la langue du Soleil doivent abandonnent leur propre langue,
car elle contribue à tisser le dualisme des mondes, ils doivent vident leur esprit afin qu'il soit rempli de
Lumière. Il n’y a ni victoire ni défaite sur la route illuminée, car elle n’est soumise à aucune réalité
néfaste pouvant frapper le Grand Architecte de l’Univers.

Les êtres humains portent généralement des masques, pensant être exactement comme ce
déguisement qu’ils endossent, mais en réalité ils sont très différents. Dès leur plus jeune âge, ils
acquièrent un masque, les écoliers le portent avec leur professeur, pour en changer dès qu’ils sont
avec un autre.

C'est pourquoi, durant une courte période, l'être humain revêt de nouveaux vêtements et met un
nouveau masque. Il est nécessaire de se déshabiller et d'enlever tous ces masques, de se libérer et de
se mettre à nu, car tant que l'individu ne s'expose pas à la vraie lumière, il ne peut pas se voir et
s'évaluer objectivement.

Enlevez votre masque et faites face à vos problèmes. Qu’il soient petits ou grands, peu importe, car le
but est toujours le même, " l'évolution harmonique de notre façon d'être ".
PROTOCOLE CXXXIV : LES CATHÉDRALES

Tout parti politique peut essayer avec succès de banaliser son programme au point de le réduire à
quelques points et thèses facilement assimilables par l'esprit du commun des mortels, de sorte qu'une
habile campagne de propagande peut très facilement se charger d'en imposer le contenu, sous forme
de " slogans " et de " mots-clés ", dans l'esprit de chacun.

Un parti politique, surtout grand public, est capable de faire cela, surtout s'il est inspiré par une
doctrine totalitaire ; ce qui n’est pas le cas, heureusement de la Fraternité Universelle. Cette dernière
sait qu'il ne peut y avoir aucun idéal politique ou foi religieuse qui puisse amener les êtres humains,
quelle que soit la race à laquelle ils appartiennent, à renoncer, ou à nier leur droit naturel à l'existence
et à l'évolution.

La Fraternité Universelle appelle à la création d’un monde de jeunes actifs se développant, dès la petite
enfance et/ou la jeunesse. Se former avec pour objectif le bien de l’humanité, les conduira à participer
démocratiquement à leur organisation administrative et politique.

La Fraternité Universelle est un continent à part du monde profane, où le respect de l'individu dicte la
mesure et le style de toute pensée. Elle est la négation du simplisme et la glorification de la subtilité,
que l'être humain peut atteindre par son travail et la spéculation (dans le sens de " recherche "),
seulement s’il se donne comme règle et comme but, d'harmoniser la réalité individuelle de l'individu
avec l'ensemble du genre humain.

Les cathédrales gothiques construites par les maçons du Moyen-Age (des corporations étant à l’origine
de la Franc-Maçonnerie moderne) en étaient un parfait exemple : une sorte de monument grandiose
élevé à la gloire de la tolérance humaine, dans lequel chaque statue et chaque pinacle s'harmonisait
presque spontanément avec l'ensemble architectural, sans perdre son individualité, et sans écraser en
aucune façon celle des autres éléments présents dans l'œuvre.

La cathédrale rend l'Univers perceptible, car il est organisé selon la Parole et non un quelconque
rationalisme. Il ne s'agit pas d'un simple bâtiment, mais d'un corps vivant composé de " pierres qui
nous parlent ".

Les Maîtres ont appris dès le début les lois de l'harmonie. Grâce à l'initiation, ils ont atteint un état
intérieur essentiel pour comprendre ces valeurs harmoniques : " C'est pour réfréner nos passions, pour
nous élever au-dessus des vils intérêts, pour apprendre à calmer l'ardeur de nos désirs antisociaux et
contraires à la morale que nous nous réunissons dans nos Temples. Nous travaillons sans cesse à nous
améliorer, car c'est en contrôlant nos inclinaisons et nos habitudes que nous parviendrons à trouver en
nous le juste équilibre qui forme la sagesse, la science de la vie et de l'Amour. "

L'art qu'ils avaient appris au fil des ans leur permettait de manifester leur cheminement spirituel dans
la pierre au moyen de symboles qui voilaient, mais ne dissimulaient pas, le chemin à suivre. Chaque
mot et chaque thème, en effet, entraînait, par une chaîne spontanée et naturelle de conclusions, une
problématique de plus en plus vaste et complexe, une " cathédrale " de sujets et de thèmes à traiter.

La cathédrale, par sa sculpture et sa géométrie, contient véritablement l'alphabet nécessaire pour


déchiffrer le livre sacré qu'elle incarne. Un livre ouvert, car il est à la vue de tous, mais qui se ferme si
nos pensées et nos vies ne sont pas en harmonie avec le message qu'il véhicule. La cathédrale reflète
l'harmonie du Cosmos, où tout est fait selon le nombre, le poids et la mesure décidés par le Grand
Architecte de l'Univers.

Nos Temples sont comme des cathédrales. Ce sont des bâtiments où devrait régner une illusoire
perfection humaine. Leurs fondations se trouvent dans la terre où fermentent toutes les passions, mais
également dans le ciel où brillent les étoiles immortelles, la consolation suprême et juste des êtres
mortels.

Afin d'élever l'être humain à ses propres yeux, de le rendre digne de la haute mission qui lui est confiée
sur Terre, La Franc-Maçonnerie pose, comme principe, que le bien le plus précieux est la liberté. La
liberté, patrimoine de l'humanité, en tant que " sentiment d'honneur et de dignité " , est un rayon de
lumière si brillant qu'aucune puissance n'a le droit de l'éteindre ou de l’obscurcir.

Le but de l'être humain doit être la liberté et la libération, mais il ne peut cesser de vivre comme un
esclave extérieur tant qu'il reste un esclave intérieur. Cet esclavage est inhérent à notre âme, à travers
un processus millénaire que nous portons en nous, dans notre ADN. Nous devons avoir le courage et
la force de rompre ce processus de symbiose continue avec le passé ; de commencer un nouveau
chemin grâce à la créativité harmonique qui est en nous et ne nous quittera jamais, car elle se trouve
dans la partie la plus cachée de notre intériorité.

C'est précisément par une transformation de notre intériorité, par la naissance de la conscience, par
le changement du cœur, que la paix et le bonheur peuvent naitre parmi les êtres humains.

La sagesse n'est pas à vendre : ce n'est pas une marchandise que l'on peut acheter, ou trouver dans
les livres ; on ne peut pas l'apprendre par cœur ou la stocker. La sagesse naît en nous avec l'attention
et le renoncement à l'ego.

Vous devez avoir un esprit ouvert, ce qui est beaucoup plus important qu’une accumulation de
connaissances.
PROTOCOLE CXXXV : L’ENFANCE

" L’enfant qui ne joue pas n’est pas un enfant, mais l’adulte qui ne joue pas a perdu pour toujours
l’enfant qui vivait en lui."

PABLO NERUDA

L'enfance est la période de la vie où se déroulent les expériences les plus formatrices, celles dont nous
aurons peu de souvenirs à l'âge adulte, mais qui influent sur le présent et l'avenir.

Les premières relations construisent le caractère et deviennent un modèle de référence avec lequel
nous devons compter pour toute la vie ; elles représentent les " briques " dans la construction de la
personnalité. Pourtant, avec les années, nous ne ressentons plus l’ardeur de ces jours-là : si nous
faisons un effort de mémoire, nous revoyons quelques images, la plupart floues, d'autres plus nettes,
mais seulement des fragments du début de notre histoire. Il est encore plus difficile de relier ces images
avec les émotions qui y sont associées, qui étaient certainement très spécifiques.

Qui, parmi nous, adultes, ne voudrait pas redevenir un enfant ? Qui ne voudrait pas revivre la joie, le
bonheur, la fantaisie, l'irrationalité, la vitalité, la légèreté et l'insouciance de cet âge ?

Peut-être seulement ceux qui n’ont jamais été des enfants, qui n’ont pas eu la chance ni le droit de
jouir d’une enfance. Ils nous diraient qu’il est heureusement impossible de revenir en arrière, pour ne
pas revivre ces blessures trop douloureuses alors, qui sont encore ouvertes.

Nous évoquons ici la capacité de décrire et raconter l'enfance afin d'accepter l' " autre " qui a pris soin
de nous, de mieux le comprendre dans le cadre d'une acceptation de soi. Le regard attentif vers
l'enfance, le contact avec l'enfant que nous étions et que nous sommes encore dans une certaine
mesure, nous donne à l'âge adulte une autre opportunité : celle d’accepter notre enfance telle qu'elle
a été, avec sa lumière et ses ombres, sa fragilité et sa force, la sécurité et la peur, la joie et la tristesse,
la colère et le bonheur dont nous avons bénéficié ou souffert dans la relation avec l'autre. Cette
attitude intérieure permet que soit mis de côté le jugement ainsi que l’hostilité envers l’autre et envers
soi, en valorisant pleinement l’expérience de la vie. En ce sens, on peut penser au fait '' unique '' d’avoir
été conçus par l' " amour '' pour lequel il est juste de faire face aux problèmes de la vie.
Sous cette lumière, l'enfance évoque les expériences qui sont source de bonheur, et les avoir vécues
est le plus beau cadeau qui puisse nous arriver. Le fait même de pouvoir penser, se réjouir ou souffrir,
de ressentir en vivant le présent, ou le passé en repensant à hier, est un don de la vie qui nous a été
accordé.

D'abord, il y a la vie et il convient de la légitimer au-delà de toutes les expériences de joie et de douleur
qui nous touchent, peut-être inévitablement à notre insu. Il est donc nécessaire de rechercher en nous
ces forces vitales issues de l'enfance pour les utiliser comme des ressources positives dans la vie
quotidienne.

C'est pourquoi l'enfance est une période qui devient un " vecteur d'utopies " que l'on peut toujours
interpréter au mieux ; un souvenir peut devenir le plus beau des souvenirs, même si c'est le seul que
l'on a. Grâce à un geste d'amour, un jour particulier, une caresse, une tendre étreinte, nous pouvons
espérer un présent et un avenir : unique en tant que geste ; unique en tant qu'expression d'amour de
la part de l’autre, que nous chérissons maintenant en nous-mêmes, sans crainte de le rendre.

Si l’on se demande ce que nous pouvons faire pour espérer un être humain meilleur que celui
d’aujourd’hui, nous devons nous consacrer à l’enfance, car prendre soin de l’enfant, c’est prendre soin
du futur être humain ; l’enfant doit devenir la base d’un renouveau anthropologique et en même
temps, l’instrument principal. C’est la transformation de la société qui est en jeu. Un meilleur enfant
aujourd’hui, est un meilleur adulte demain, un adulte visant à être plus attentif, sensible et
authentique.

Concrètement, pour une croissance harmonique de l'être humain, il est important de répondre - dans
la mesure du possible - aux besoins intérieurs de l'enfant, par le dialogue, la présence, l'écoute active,
le partage du jeu, la lecture des contes, mais aussi avec l'autorité capable de prononcer un " Non "
décisif lorsque cela est nécessaire.

Le développement d'une attitude créative permet de former un être humain complet, indépendant et
libre, capable de changer la société précisément parce qu'il sait utiliser son imagination.

La créativité repose sur l'imagination, qui peut être renforcée par l'éducation. La racine est toujours la
réalité, son point de départ est l'expérience. Voilà pourquoi il est nécessaire que les enfants puissent
grandir dans un environnement riche en impulsions et en stimuli, dans tous les domaines possibles.
Pour permettre à l'enfant d'adopter une attitude créative, il est nécessaire de développer encore plus
la fantaisie, les formes d'imagination autonome, afin de combler le vide intérieur.

La créativité est donc identique à la pensée divergente, capable de rompre les schémas de l’expérience,
de refuser ce qui est codifié, d’affronter les mouvances de l’existence, de résoudre des problèmes, de
revoir et renverser l’habitude et la normalité. La disposition créatrice naît dans l’enfance et nous
permet, à l’âge adulte, de nous réaliser dans les arts comme dans l’esprit.

Dans l'enfance, la créativité va de pair avec la joie, elle fait partie du besoin et du droit de l'enfant. Il
faut donc faire rire et sourire les enfants, car le bonheur est plus beau que la science. Il a des fonctions
purificatrices et ouvre une communication plus profonde, celle qui voit parents et enfants grandir
ensemble, dans une éducation aussi réciproque que possible.

Prêter attention à l'enfance, c'est faire naître en nous l'expérience de la joie, afin que nous puissions
nous épanouir et être plus heureux. Un jour, il y aura un monde meilleur que celui d'aujourd'hui, tel
est notre objectif mais pour le moment, ce n’est qu’un espoir. Il ne peut y avoir de société plus
équilibrée et plus juste, si nous ne développons pas et n'entretenons pas l'âme de nos enfants.
Déjà avant de venir au monde, quand il est dans le ventre de sa mère, l’enfant ressent des stimuli, des
émotions, tant du monde extérieur qu’intérieur, par le biais du cordon ombilical. Dans cette période
de développement, l'âme passe par l'expérience de la privation du confort, abandonnée à elle-même,
à son tourment, à son désespoir. Elle doit essayer de trouver en Dieu ce qu'elle a cherché
anxieusement, ici et là, parmi les choses et les êtres humains.

Pour parcourir les chemins ardus du développement de l'âme et éviter les pièges, il faut apprendre à
saisir les signes de la vie, à distinguer les véritables intuitions des imaginations du subconscient et des
influences extérieures.

Malheureusement, aujourd'hui, les êtres humains rendent les enfants aveugles et obtus aux
innombrables possibilités intérieures et extérieures que la vie, malgré ses aspects négatifs, leur offre.
Trop souvent, les jeunes négligent et ignorent les trésors qui sont placés à leur portée, alors qu'ils se
battent pour des choses inutiles et matérielles. Nous devons nous rappeler que l'insatisfaction et la
critique limitent et entravent à la fois celui qui est critiqué et celui qui critique, constituant ainsi une
arme subtile et empoisonnée, qui détruit silencieusement le développement intérieur de l'âme.

Il ne peut y avoir d'évolution positive de l'humanité sans un développement intérieur de l'âme des
enfants.

Les lois harmoniques de l'Univers sont autre chose que des lois indéfinies ou déterminées, et nous,
petits êtres mortels, ne pouvons prétendre au droit de les comprendre complètement.

Il est certain que ce seront toujours les nouveaux êtres humains qui se présentent à la vie avec leur
évolution continue et incessante, qui établiront et modifieront notre brève et matérielle existence
imaginaire.

Ce développement positif de l’humanité ne peut se produire que si, dans notre enfance, nous n’avons
eu aucun drame, si notre âme n’a pas été frappée par les méfaits de l’arrivisme et de l’ego, qui comme
un poison subtil menacent l’humanité. Les premières années de notre vie sont cruciales pour le
développement harmonique de la planète entière et les véritables criminels sont tous ceux qui,
intentionnellement ou inconsciemment, entravent le développement naturel et aimant de tous les
enfants du monde.
PROTOCOLE CXXXVI : L’UNIVERS

La lumière qui provient des galaxies lointaines est la preuve que celles-ci sont en train de se dissocier
de notre galaxie, la " Voie lactée ", à une vitesse qui augmente avec notre éloignement. Ce phénomène
peut s’expliquer par le fait que l’Univers se développe uniformément, ce qui signifie qu'il était plus
petit dans le passé qu'aujourd'hui.

Si nous remontons à quelques milliards d'années, nous pouvons supposer avec une certitude presque
absolue qu'il y a eu un instant où sa taille se limitait à un point. L'Univers a donc eu un commencement,
mais quels ont été les événements qui ont conduit à sa formation tel que nous le connaissons
aujourd'hui ?

La théorie du Big-Bang évoque une singularité, affirmant qu'au moment précis où tout a commencé,
ce " tout " était un point sans dimensions. Il existe également des théories quantiques qui fixent une
mesure minimale en dessous de laquelle parler de distance n'a aucun sens. Ces théories sont basées
sur le principe d'indétermination, qui énonce qu’il est impossible que la vitesse ainsi que la position
d'une telle particule microscopique dans notre Univers puissent être données simultanément et avec
une grande précision ; cette particule étant liée au moment où commence l'instant zéro, à partir
duquel commence le calcul du temps.

Au début de sa vie, l'Univers était si brulant que la matière ne pouvait exister sous aucune forme avec
les quatre forces unifiées de la nature. Tout cela est logique, car la matière se réchauffant par
l’augmentation de la température, une énergie de plus en plus grande est fournie aux molécules qui
peuvent se fissurer en leurs composants " atomiques ".

Par la suite, ce sont les atomes qui se décomposent en noyaux et en électrons ; les noyaux se
fragmentent alors en protons, puis en particules de plus en plus petites, les " neutrinos " dont le poids
est de 0,000000000000000000000000091 gramme et dont la vitesse est égale à celle de la lumière,
afin de réaliser l'unification des quatre forces avec la disparition de la matière sous forme de
rayonnement.

Nous pouvons donc affirmer qu’à l'origine, l’Univers brulant, qui n’avait pas de matière ordinaire, sauf
sous forme de rayonnement, a immédiatement commencé à s'étendre et à se refroidir avec la
libération des quatre forces qui étaient initialement unifiées :

 L’interaction gravitationnelle
 L’interaction nucléaire forte.
 L’interaction faible
 L’interaction électromagnétique

Les ondes radio ont démontré l'existence d'un rayonnement uniforme dans chaque partie du ciel, qui
est dû à l'explosion qui a marqué le début de l'Univers. Le plus sensationnel est le fait que les ondes
radio ont permis d’établir que la lumière met plus de temps à traverser l'Univers d'un bout à l'autre
que l'âge de l'Univers lui-même.

Dans le futur, nous pourrons observer que le rayonnement qui nous parvient de différentes directions
dans le Cosmos aura des caractéristiques non homogènes, car l'espace interstellaire n'a pas échangé
d'informations avec d'autres espaces, même lorsque l'Univers était de dimension réduite.

L’Univers, peu après sa naissance, a connu une période très courte pendant laquelle son expansion, au
lieu de suivre la loi actuelle, s’est accélérée.

La relativité permet de déterminer le sort de l'Univers en fonction de la densité de la matière qu'il


contient. Si la matière est inférieure à la densité critique, l'Univers est destiné à s'étendre, bien que
soumis à la force de gravité ; mais si la densité de la matière dépasse cette densité critique, la force de
gravité l'emportera, auquel cas l'Univers cessera son expansion puis se contractera jusqu'à ce qu'il
atteigne ce que l'on a appelé le " Big-Crunch ", c'est-à-dire un effondrement collectif géant.

Au début de son expansion l’Univers, et par la suite sa température, se réduisaient avec la formation
des premières particules constitutives de la matière. La formation de particules s'accompagne de celle
d'antiparticules, c'est-à-dire de corpuscules identiques aux particules, à l'exception de leur charge
électrique opposée. Cela déclenche l'attraction de charges de sens opposés (particules et
antiparticules), avec la formation du phénomène des photons (protons et neutrons).
Mystérieusement, personne n’a encore pu comprendre comment cela a pu se produire, mais ce fait a
rompu la parfaite symétrie entre la matière et l’antimatière au profit de la première, qui est donc
devenue l’élément dominateur de l’Univers.

Dans la normalité, les particules et les antiparticules sont créées par paires, de sorte qu’il n’y a aucune
chance d’avoir un surnombre de matière ou d’antimatière. Lorsque la température a diminué au fil du
temps, après l'explosion du point de Univers, les particules se sont assemblées pour former des
atomes. Le moment où se forment les premiers atomes neutres est important, car la matière y devient
transparente.

L'Univers originel a été formé presque exclusivement d'hydrogène et d'hélium, selon la proportion
d’environ 8 atomes d'hydrogène pour 1 atome d'hélium. Après cette formation, rien de particulier ne
s'est produit pendant des milliards d'années ; l'expansion et le refroidissement se sont poursuivis,
jusqu’à ce que la matière commence à son tour progressivement à se refroidir pour former les étoiles
et les structures plus complexes que nous pouvons observer aujourd'hui avec nos instruments
astronomiques.

La relativité générale est le début de tout, mais qu'y avait-il avant ?

L'Univers ayant commencé avec le Big-Bang, il est inutile de discuter d'un avant, nous ne pouvons que
spéculer sur la possibilité que notre Univers ait été créé au sein d'un autre Univers. Des mondes
enfermés les uns dans les autres et inaccessibles les uns aux autres, d'où l'impossibilité de vérifier cette
hypothèse. Même dans notre Univers, d'autres univers pourraient être en formation, déconnectés les
uns des autres et inobservables.
Les théories quantiques établissent que notre Univers n'est rien d'autre que le résultat d'une variation
d'énergie d'une durée très longue et infinie. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec une certitude
raisonnable que la vie s’est développée dans différents endroits de l’univers, même à l’intérieur de
notre galaxie. La vérité est qu’il existe des milliards de galaxies différentes les unes des autres, et notre
galaxie " La Voie Lactée ", où vit le Soleil, est également composée de milliards de Soleils et d’êtres
vivants.

La réalité de notre Galaxie explique parfaitement l'expansion permanente de la vie, la prolifération


abondante de la réalité sous tous ses aspects. Les innombrables manifestations, dans leur processus
de métamorphose, réaffirment l'éternité et ce qui se trouve au-delà de l’invisible, qui sont mis en
évidence par leur caractéristique fondamentale qui est la " constante évolution ". Dans ce
fourmillement permanent, se déploie la grande force vitale qui se cache au-delà de l'invisible, qui
imprègne tout et se manifeste dans les différentes formes ou apparences des choses.

Au-delà de l'invisible, existe une multiplicité de phénomènes qui se déroulent dans et au-delà de
l'Univers infini. Même si nous ne pouvons comprendre le processus dont nous faisons partie intégrante
parce que nos sens ne sont pas capables de percevoir l'infini, nous saisissons intuitivement la
manifestation mystérieuse par laquelle l'essence se matérialise dans la réalité. Les grandes questions
peuvent être comprises dans un sens plus ou moins grandiose, selon qu'elles se réfèrent uniquement
aux individus qui les posent, ou, en les élargissant à l'humanité, à la planète, au système solaire, aux
galaxies, voire à l'Univers lui-même. Ce dernier sens est le plus grand de tous.

De nombreux mythes humanistes ont subi une métamorphose, se transformant en modèles


scientifiques. Citons par exemple le monde illimité dans le temps et l'espace, la création de la genèse
et la destruction des différentes apocalypses, l'œuf cosmique des mystères orphiques, d'où provient
la vie. De même, le tourbillon de la roue de vie, qui représente le devenir de l'existence et la
réincarnation, et l'éternel retour de Platon et de Nietzsche qui naît de la tension entre le nombre infini
de configurations possibles de l'univers et l'extension infinie du temps.

Que répond la science à cela ? Un début de réponse apparait en 1915, lorsque Einstein publie la théorie
de la relativité générale et l'applique à l'étude de la cosmologie. Aujourd'hui, nous savons que toutes
les solutions possibles de ses équations énoncent que l'Univers a eu un commencement, mais elles
diffèrent concernant ce qui se passe ensuite, car trois types d'évolution de l'histoire cosmique sont
possibles, différant par les propriétés géométriques de l'espace. Dans le premier cas, il est fermé et
incurvé comme une sphère, dans le second, il est ouvert et plat comme un plan, et dans le troisième,
il est ouvert et incurvé comme un fer à cheval.

En raison de l'explosion originelle, les masses de l'Univers sont soumises à une force centrifuge, ce qui
signifie que plus l'explosion a été violente plus elles ont tendance à s'éloigner les unes des autres.
Cependant, ces mêmes masses sont également soumises à la force centripète due à l'attraction
gravitationnelle. L'explosion tend à alors se ralentir selon la densité de la matière de l'Univers. Tout
dépend donc du rapport entre ces deux forces : si la densité est suffisamment importante, elle prend
le dessus et parvient à inverser le processus d’expansion en une contraction, alors que dans le cas
contraire, l'expansion se poursuit indéfiniment.

On n’a encore pas déterminé définitivement quel destin était réservé à L’Univers parmi les trois
présentés, mais il y a plus de certitudes dans les deux derniers exemples. Ce n'est que par intuition que
nous pouvons finalement affirmer qu'au-delà de l'infini, il y a l'invisible, l’impalpable, l’inimaginable,
l’indescriptible, mais éternellement présent à la fois en nous, êtres vivants et non vivants, mais aussi
dans la matière qui est dans l'Univers et dont la seule appellation est l’esprit cosmique.
PROTOCOLE CXXXVII : CONSCIENCE SAUVAGE

Aujourd'hui, le monde et plus encore l'Europe, mère de la civilisation et propagatrice des grands
courants novateurs, est une expression dépourvue d’unité. Aucun idéal n'unit les peuples. Les Etats,
qui ne cherchent qu'à atteindre des objectifs individualistes, ont perdu le sens de leur unité et de leur
destin historique commun.

Ce monde, constamment agité par des intérêts contradictoires, subit les conséquences néfastes de la
négation du principe fondamental et universel de l'amour. Les Etats appartenant à l'ordre international
s’opposent les uns aux autres, dans une course à la réussite, et les êtres humains connaissent la
souffrance et la misère.

La lumière de l’amour de l’être humain envers ses semblables ne peut s’éteindre, parce qu’elle est en
nous. Elle vit avec nous, car elle est la loi de Dieu, vecteur suprême ; elle est la loi de la créativité
harmonique.

La mission du Franc-maçon est de coopérer pour que ce grand désir humain de réciprocité ne soit pas
étouffé, afin de poursuivre la construction de l'édifice que les premiers Francs-maçons entamèrent
avec des difficultés qui subsistent malheureusement encore aujourd'hui. La tâche de la Fraternité
Universelle n'est pas seulement d'enseigner aux êtres humains désabusés les principes éternels de la
morale et de la justice, mais surtout de les ramener au respect de ces règles, qui sont la garantie de
toute coexistence harmonieuse : d'où la nécessité absolue de savoir façonner sa propre âme, d'être
un enseignant pour les autres.

Ce n'est qu'en suivant jusqu'au bout les principes dictés par la nature humaine que l'humanité se
retrouvera face à l'Absolu, devant le commencement de toutes choses, et trouvera les chemins de la
vérité.

En observant tout ce qui existe, en particulier tout ce que nous appelons à tort " vital ", nous décelons
une volonté créatrice universelle active, un effort incessant d'évolution progressive, agissant
harmoniquement " sur tout et en tout ", créant, persévérant, nourrissant, améliorant " tout ".

Les différentes formes d’énergie, y compris l’énergie-matière, toutes les causes de mouvement, toutes
les forces en place et en puissance, sont des manifestations de cette volonté créatrice perpétuellement
en action, dominée par des lois fermes, éternelles, immuables, qui démontrent l’existence d’un " quid
" unique, original et tout-puissant. Cette force créatrice, visible à tout moment, est le " vouloir vivre "
de Schopenhauer, la " nature plastique " de Cudsworth, un esprit concepteur, que nous appelons le "
Grand Architecte de l'Univers ".

Chaque jour, nous assistons à la transformation d'éléments chimiques en cellules végétales vivantes,
à la transformation par les phénomènes de nutrition et d'assimilation des cellules végétales en cellules
animales, à la construction du corps humain à partir de substances minérales, végétales et animales.
Tout cela est produit par cette manifestation de la " force créatrice " de la pensée de Dieu que nous
appelons " créativité harmonique ".

Imaginons un instant que l'on puisse retirer, annuler, faire disparaître tout ce qui existe, tout ce qui
constitue l'Univers phénoménal ou visible, il ne resterait que " Lui ", La " Pensée ", " l’Esprit " de Dieu,
la Vie unique, éternelle, invisible, sans commencement ni fin et pourtant régulière dans ses
manifestations.

Le véritable " moi " de l'être humain est une étincelle divine. L'être humain ne se compose pas
seulement du corps physique, que nous connaissons tous : son esprit contient en lui-même toutes les
capacités et possibilités. Lorsque l'être humain progresse, il manifeste de nouveaux pouvoirs et de
nouvelles qualités indépendamment du corps physique.

Malheureusement, la civilisation ne conduit pas toujours à une élévation du niveau d'évolution,


surtout lorsque cela signifie, comme c'est le cas aujourd'hui, la mécanisation de la vie et
l'augmentation des besoins matériels, l'avidité, l'égoïsme et l'arrogance. Un grand nombre des
personnes dites " civilisées " aujourd’hui, se trouvent encore au niveau d’une conscience sauvage. Ils
ont développé leurs connaissances dans le domaine matériel, leur capacité de penser et de raisonner,
mais leur " moi " demeure séparé du " Tout ".

Ces êtres humains intelligents, éduqués et occupant des positions sociales éminentes ont encore une
conscience sauvage, car il n'y a aucune lueur d’esprit spirituel en eux. Ils tombent souvent dans des
formes d'égoïsme, symptômes du manque d'éducation spirituelle et cause de désordre dans la société
humaine. Leurs désirs sont encore bruts et limités à l’apparence extérieure ; ils n'ont pas le goût de
cette élégance raffinée qui procure du plaisir à l’esprit et de la satisfaction à l'homme qui, même dans
une seule vie, fait partie de la famille humaine.

Le véritable mal de ces êtres sauvages est le matérialisme débridé qu'ils portent en eux au sein de leur
de leur existence fragile et inutile, ne réalisant pas que cette étincelle de lumière, que nous appelons
" vie ", ne dure, à l’échelle des temps, qu’un instant.

" Suivre l'autorité présente de nombreux avantages, si l'on pense en termes de confort ou pour des
raisons personnelles, mais une éducation basée sur le progrès et le profit individuels, ne peut que
contribuer à créer une structure sociale compétitive, antagoniste et impitoyable.

C'est le genre de société dans laquelle nous avons été élevés, il est donc évident que nous sommes
confus et pleins d'animosité. "

J.KRISHNAMURTI
PROTOCOLE CXXXVIII : L’ETHIQUE HUMANISTE

La condition humaine est marquée par de profondes contradictions, dont la plus profonde est due à
notre existence inégale et limitée dans le temps. Si, par constitution physiologique, nous faisons partie
du monde animal, nous nous sentons indépendants dans le même temps : nous y sommes immergés
et pourtant nous n'en faisons pas totalement partie. Nous possédons l'intellect et la raison qui nous
permettent et nous obligent à acquérir la conscience du caractère inéluctable de notre fin, qui est le
contraire de la vie.

Il est indigne de se contenter de vivre en mangeant et en buvant, sans donner un sens à son existence.
Si l'être humain ne veut pas sombrer dans la folie en évitant ses problèmes existentiels dans l’évasion,
il doit affronter le problème du sens de son existence.

L'amour signifie aussi la coexistence entre les peuples et le refus des armes et de la violence, la
suppression des instincts ataviques de domination sur les faibles. L'amour est une culture de la vie,
même s’il ne représente qu’un simple instant dans une relation infinitésimale avec l'éternité.

Compte tenu de sa finalité, Il est nécessaire de déterminer si la création mérite ce drame de vivre et
de rechercher si elle justifie la vie humaine dans l'esprit d'élévation que nous percevons et que nous
nous efforçons d’atteindre.

Seules deux interprétations, ayant d’ailleurs le même devenir, semblent possibles pour le savoir de
l'observation et notre propre intelligence intuitive : " exister pour exister " ou bien " exister pour être
". Quel terrible postulat !

Si nous évoquons l'égalité ou l’évolution, le bien et le mal, l'intelligence et la pensée, la conscience et


la raison, la civilisation et l'amour, le mal dans toutes ses motivations intrinsèques ou manifestes, toute
l'anxiété de la vie, la douleur et la fatigue, le renoncement, le travail, la maladie et la souffrance , il faut
rétablir la vérité : ce qui est ne peut pas ne pas être ! Qu’on le croie ou qu’on le renie, c’est de tout
cela que résultent les sciences, la recherche objective, la créativité intérieure et de là, les déductions
logiques.

Tout découle d'un axiome : La réalité de l'existence, sur cette scène imaginaire. L'être humain doit
préférer le défi de la vie aux garanties de l'existence.
En général, l'être humain succombe à la fatigue de la pensée, il s’épuise trop vite. Il n'observe et
n'étudie pas l'immense réalité de la création ; il ne s'identifie pas à elle suffisamment. La psyché
humaine, bien plus que toutes les autres formes et consistances, possède un pouvoir intuitif, qui est la
synthèse de l'expérience et de la connaissance d'innombrables générations.

De nombreuses allégations se rejoignent dans la civilisation techno-scientifique actuelle pour soutenir


la vision d'un Univers en évolution, mais celle-ci est déficiente et immature face à une vérité qu'elle ne
peut voir, et à sa créativité.

La nature ne cache pas son secret plus que ce que notre esprit n’est prêt à découvrir. Grâce au
dévouement de quelques-uns, la science et toute forme de connaissance visant la vérité, recueillent le
halètement du monde et procèdent, malgré un lent et douloureux travail, à une recherche fidèle,
pénétrant le mystère de la vie. Partout, dans l'immense sphère de l'existence, elles rencontrent un
pouvoir organisateur, un schématisme organique complexe, une évolution permanente des éléments
et des individus dans les structures et dans l'œuvre générale, aussi sont-elles capables de "
transhumaner " le discours sur l'existence dans son accomplissement le plus élevé, avec comme
objectif moral que celui-ci rayonne par le structuralisme du cosmos et de la vie.

On peut affirmer que désormais aucune page de la science ne s’écrira sans inculquer l'universel et
recueillir l'irradiation et le chrême de l'universalité de toutes choses, afin que tout appartienne à un
ensemble indivisible qui lutte et à partir des éléments, évolue vers une entité.

L’ego en lui-même n’est concevable que par rapport aux autres, et on ne peut imaginer les notions de
nation et d’espèce que dans le monde de la vie, dans l’essence de la terre et de la sphère céleste de
l’infini.

Chaque être humain pourra obtenir des résultats importants dans son travail s'il surmonte sa paresse
et se rapproche de plus en plus de la perfection morale. A vingt ans, l'individu estime que la vie est
trop longue par rapport à ce qu'il peut en espérer, mais lorsqu'il atteint un âge avancé, il s'arrête et
regarde le passé et ses illusions perdues. En calculant et en essayant de faire le bilan des occasions
manquées, il découvre que la vie est trop courte, que beaucoup trop de temps a passé en vain et qu’il
n’a rien construit.

Si l’on soustrait du total des années vécues les heures passées à dormir, à travailler quotidiennement,
pendant lesquelles l’esprit n’a pas été stimulé ou effleuré par une seule pensée, les jours passés à
poursuivre avec un optimisme insouciant quelques objectifs concrets ou imaginaires que l’on espère
atteindre afin d’oublier l’ennui et la douleur que réserve l’avenir, les heures gaspillées en folies et
dissipations, nous nous rendons compte avec tristesse que l’on aurait pu faire et apprendre beaucoup
plus en utilisant seulement la moitié des quarante ans qui suivent l’âge de notre majorité.

La vie est bien trop courte et éphémère pour perdre du temps en futilités, folies ou divertissements
frivoles. Nous devons apprendre à agir, à contribuer à développer le potentiel de l'esprit humain avec
les ressources que la nature donne à chacun d'entre nous.

L'esprit se développe à l’image du chêne : l'âme doit être nourrie. De même que les arbres absorbent
le carbone, la pluie, la lumière et les nutriments que la terre offre à leurs racines par des
transformations chimiques complexes pour produire les substances qui les composent (sève, bois,
feuilles, fleurs, fruits) ; de même l'âme accède à la connaissance par une alchimie divine.

L'âme, comme le corps, produit des sensations chez l'être humain dont la sensibilité peut être
éduquée, renforcée et affinée, afin de ne pas périr elle aussi, au moment de la mort physique. Il est
nécessaire et juste de saisir la beauté de la nature, des plantes et de tous les êtres vivants, car elle
représente la véritable fascination de la vie, la profondeur d'une pensée noble.

La paresse est un manque de foi, de certitude intérieure, de force d'âme, de joie de vivre. Il y a une
différence sensible entre une foi qui n'a qu'une dimension théorique et qui n'est pas suivie d'actions,
et une foi active qui anime l'individu, quels que soient ses doutes ou bien ses certitudes sur une vie
après la mort. Cette dernière représente la raison de la vie. Celui qui ne la possède pas est condamné
à une mort morale : il s’abandonne à la paresse qui, à terme, envahira tout son être. Le doute, le
pessimisme, l'indifférence, la solitude, l'angoisse et l'ennui s'empareront de lui ; il ne restera qu'un
spectre, une image vide, artificielle de ce qui aurait pu être une personne.

Ce manque de foi engendre cet aveuglement moral spécifique par lequel nous cultivons de fausses
ambitions, en nous liant à de fausses idoles, dont la plus courante est le désir de posséder des richesses
matérielles. Contrainte par sa nature, l'espèce humaine se cache à elle-même son égoïsme.

L'éthique humaniste rejette l'individualisme et le communisme, le premier parce qu'il considère


l'individu comme la seule force réelle et vivante, canalisant les intérêts de la communauté vers les
siens, et le second parce qu'en donnant la primauté à la communauté, il conduit à l’anéantissement
de la personnalité humaine. L'individualisme et le communisme, par leur déséquilibre, ne peuvent
construire une société égalitaire.

La Fraternité Universelle, par contre, en prônant un humanisme pur, concilie le citoyen et l'individu,
construit un être humain véritablement équilibré, non en séparant la liberté personnelle de la
participation à la richesse publique, mais en faisant évoluer la richesse vers cette forme collective qui
résulte de l'association du travail et du capital.

L'humanisme permet l’harmonie permanente du travail associatif et individuel : tel est l'avenir du
monde moderne ; telle est la démocratie éclairée.

L'histoire nous enseigne qu'il ne peut y avoir de société régie entièrement par le travail pour le compte
de l'Etat, tout comme il ne peut y avoir de société dominée par le travail ni de propriété entièrement
individuelle. La raison collective doit être associée à la raison individuelle et la liberté de chacun doit
coexister avec la liberté de tous.

La Fraternité Universelle vise donc à orienter la société humaine vers la civilisation, où l'être humain
est confronté à l'humanité, où le droit au travail et le devoir de travailler vont de pair avec la nécessité
pour chacun d’œuvrer dans les domaines les plus variés de la science pour une culture humaniste, afin
de réaliser, grâce à l'œuvre de nos Sages Illuminés, une démocratie éclairée accomplie.
PROTOCOLE CXXXIX : RENAISSANCE

L'être humain doit trouver les meilleures conditions possibles lui permettant d’atténuer la souffrance
des réincarnations incontrôlées. Il a déjà vécu d'innombrables vies et utilisé tant de corps que s'il
pouvait les rassembler, il formerait une haute montagne.

La conception consiste à être contraint à de nouvelles renaissances, en reprenant sans cesse un corps
physique. Ce processus en lui-même revêt toujours un caractère de souffrance ; tant que nous
n’obtiendrons pas une libération, nous continuerons à errer sans relâche dans ce cycle de douleur et
de frustration.

La souffrance de la renaissance peut être définie comme omniprésente, car ses aspects se retrouvent
dans tous les types d’existence cyclique. En envisageant profondément cette souffrance en même
temps que toutes les autres, l’être humain peut développer un dégoût total pour le cycle ininterrompu
de naissance, mort et renaissance, avec un fort désir d’y échapper définitivement. Si nous ne faisons
pas face à cette réalité de notre existence, nous n'aurons jamais le désir de nous en libérer.

Être spirituellement lié à la Fraternité Universelle vous permet d’avoir toutes les conditions requises
pour améliorer vos futures réincarnations. Dans le cas contraire, non seulement vous n’améliorerez
rien, mais votre situation pourrait empirer. Vous serez encore plus limités, plus malades, plus
misérables. Prenons l’exemple d’un homme riche. S'il n’accomplit rien de positif avec sa richesse, s'il
se laisse simplement aller aux plaisirs de la vie ordinaire, lorsqu'il se réincarnera, il n'aura rien : il sera
un clochard et se retrouvera sous les ponts à boire avec d'autres clochards. Il ne saura même pas qu'il
a été très riche dans le passé et que, s'il est aujourd'hui dans la misère, c'est parce qu'il n'a pas utilisé
sa richesse pour aider ses semblables.

Combien de créatures viennent au monde dans un état déplorable sans savoir pourquoi ? C'est une
question qui n'a jamais été clarifiée par la psychologie, la médecine, la pédagogie, la psychanalyse... et
encore moins par la religion. Seule la science initiatique peut le faire.

Un jour, l'Univers redeviendra Lumière et retournera à son état primordial de pureté et de


transparence. Ce sera la matière telle que Dieu l’a émise. A l’intérieur de la renaissance, dans leur
existence cyclique, des milliards d’êtres humains sont opprimés par une souffrance existentielle, car
au sein de leur esprit, se trouve la racine de troubles mentaux infinis. Ces derniers sont dus à une
ignorance qui interprète les phénomènes comme étant intrinsèques ou indépendants, que nous
pouvons définir comme l’ignorance égoïque du " Soi ".

Méditer sur la vacuité ne signifie pas rendre le mental vide : au contraire, aux stades initiaux de la
méditation, il faut s’efforcer de découvrir la nature de cette méconnaissance du concept d’un soi, en
comprenant exactement son activité. C’est à ce moment précis que nous pouvons découvrir la vacuité
de cette ignorance et la fausseté de son interprétation.

Méditer, sans d’abord comprendre le concept d’une identité concrète et indépendante du soi ou du
moi, n’a aucun sens car cela conditionnerait chacune de nos perceptions.

Les Illuminés comprennent que notre esprit perçoit les apparences phénoménales de manière
erronée, parce qu'en réalité, les êtres humains croient toujours que tous les phénomènes extérieurs
sont des entités ou des facteurs indépendants. Le fait que tous les objets extérieurs comme notre
propre personne nous apparaissent comme des entités indépendantes, est une impression
superficielle, qu’aucune analyse appropriée ne peut étayer. Si nous étudions attentivement le véritable
mode d'existence des phénomènes, la nature de leur réalité, leur existence apparente en tant
qu'entités indépendantes, s'estompera progressivement et finira par disparaître complètement.

Il est nécessaire de se rappeler qu'au-delà de l'invisible se trouve le véritable mystère où existe l'abîme,
qui attire sans cesse notre esprit inquiet par ses formidables et subtiles profondeurs. Au-delà de
l'invisible, existent des phénomènes lumineux qui provoquent des apparitions, " fantasmes fébriles du
monde " ou hystérie d'une société qui s'ennuie.

Virgile raconte que du temps de César, Rome était pleine de spectres ; les portes du Temple de
Jérusalem s’ouvraient d’elles-mêmes devant Vespasien, et l’on entendait crier : " les Dieux s’en vont ".
Or quand les Dieux s'en vont, les Diables reviennent. Le sentiment religieux se transforme en
superstition lorsque la foi est perdue, car les âmes simples ont besoin de croire, ont soif d'espoir.

Comment la foi peut-elle être perdue ?

Comment la science peut-elle douter de l'infini et de l'harmonie ?

Pourquoi le sanctuaire de l'absolu est-il toujours fermé aux êtres humains non Illuminés ?

Le royaume de la vérité, qui est celui de Dieu, subit des violences et doit être adopté par les Sages
Illuminés. Lorsque, dans son voyage entre deux incarnations, l'esprit humain a traversé le monde des
âmes, il entre dans le domaine des Esprits pour y rester jusqu'à ce qu'il soit prêt à une nouvelle
renaissance corporelle.

Lors de sa renaissance dans le corps physique, l'être humain agit et crée en tant qu'être spirituel,
imprimant sur les substances et les forces corporelles, ce que son esprit conçoit et développe. Ce n'est
que par la renaissance que l'être humain peut agir dans le monde corporel ; c’est pourquoi il doit
considérer le corps physique comme un instrument pour pouvoir le faire.

C'est l'esprit qui agit à travers le corps humain physique, à partir duquel s'élaborent les intentions, les
directives d'action dans le monde physique. Durant cette renaissance, il ne peut briller qu'à travers le
voile de l'existence physique. La vie de l'être humain se situe en réalité dans le monde spirituel, se
manifestant dans une existence physique dont la forme est voilée. On peut aussi dire que la vie de la
pensée de l'être humain physique est une ombre, un reflet de la véritable entité spirituelle dont il fait
partie.
Bien que l'une des tâches de l'esprit humain, lorsqu'il passe d'incarnation en incarnation, soit
précisément d'agir sur la corporéité physique, il ne pourrait s'acquitter correctement de cette tâche
s'il ne vivait que dans l'existence corporelle, car les objectifs et devoirs du rôle terrestre ne sont pas
conçus et préparés pendant l'incarnation corporelle.

L'esprit humain doit toujours retourner vivre dans ce monde entre deux renaissances, afin de pouvoir
repre