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Cours : Milieux poreux et dispersés

Chapitre III : Mouvement de particules dans un fluide

En procédé, on est souvent amené à réaliser une séparation de particules solides en


suspension dans un fluide. La méthode la plus utilisée est la sédimentation qui consiste à
laisser décanter les particules solides durant un temps (t). Les calculs spécifiques à ce type
d’opération nécessitent l’étude du phénomène de mouvement des particules dans un fluide.

I. Mouvement d’une particule solide dans un fluide

I.1. Mouvement d’une particule dans un fluide immobile

Lors de la sédimentation d’une particule solide (sphériques) de masse mp, de diamètre dp


et de masse volumique  p dans un milieu fluide de masse volumique  f et de viscosité , à

priori au repos (immobile Uf = 0), la particule est soumise à l’action de trois forces :
 Le poids ( ) dirigé vers le bas (force exercée par la terre sur le corps),

P  m p .g

 La poussée d’Archimède ( ) dirigée vers le haut (force exercée par le fluide sur le
corps et qui le pousse vers le haut),
FA  m f .g

 La force de traînée ( ) dirigée vers le haut (forces de frottement exercées par le fluide
sur la particule, du fait de sa viscosité et qui représente la résistance du fluide au
mouvement de la particule).
 f .U p2
F  Ne. A.
2
Avec :
Ne est le critère de Newton, appelé aussi coefficient de traînée (CD),
A est la surface projetée de la particule (normale au sens d’écoulement : la surface projetée
d’une sphère est un cercle).
Up est la vitesse de déplacement de la particule au sein du fluide.

L'équation du mouvement régissant la chute de cette particule s'écrit :

(Loi de Newton)

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dU p
P  FA  F  m p .
dt

a. Vitesse terminale de chute ou vitesse de sédimentation


dU P
La vitesse terminale de chute U, qui est une vitesse limite, est obtenue pour ; elle
dt
correspond à la vitesse acquise par la particule, lorsque la force de frottement est égale au
poids apparent de la particule.

(  p   f ).g.dp
U 2
3.Ne. f

Cette vitesse détermine le régime de sédimentation. Elle est caractérisée par un critère
de Reynolds de grain qui donne une estimation du rapport entre les forces inertielles et les
forces visqueuses:

b. Régimes de sédimentation
Selon le Reg on distingue trois régimes :
 Reg < 1 : régime laminaire (Régime de Stokes) ;
 1 < Reg < 103 : régime intermédiaire (Régime d’Allen) ;
 103 < Reg < 4.105 : régime turbulent (Régime de Newton).
24
Dans le cas d’un régime laminaire : Ne 
Re g

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Les différentes expressions de vitesse (U) et du coefficient Ne sont regroupées dans le tableau
suivant :

Régime Reg Ne Vitesse de sédimentation U


24
Stokes Reg < 1 Ne 
Re g
18,5
Allen 1 < Reg < 103 Ne 
Re 0g, 6

Newton 103 < Reg < 4.105 Ne  0,44  0,02

Souvent on utilise des critères adimensionnels : X et Y

X  Ne. Re 2g 

Re g
Y 
Ne

Régime X Y
1
Stokes X < 24 Y<
24
1
Allen 24 < Reg < 440 000 < Y < 2270
24
Newton X > 440 000 Y > 2270

Donc, si dp est connu et U inconnu on calcul X que l’on comparera aux valeurs limites (24 et
440 000). Si au contraire, U est donné et dp est inconnu on calcule Y que l’on comparera à
(1/24) et (2270).

Exercice 1 :

Calculer la vitesse de sédimentation (vitesse terminale de chute) d’une particule de diamètre d= 10


μm, de masse volumique p=1700 kg.m-3, plongée dans un fluide de masse volumique f = 1000 kg.m-
3
et de viscosité  = 10-3 Pa.s.
On considère le régime laminaire

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I.2. Sédimentation d’une suspension de particules

Tant que la teneur volumique β de la suspension en matière solides reste inférieure à


0.4, on considère que la suspension se comporte comme un liquide newtonien dont la
viscosité apparente est :
 A  .101,82 
et la masse volumique apparente
 A   . p  (1   )  f
La vitesse terminale de la suspension est calculée de la même manière que la particule seule
dans le régime de Stokes en remplaçant les propriétés du fluide (  f et  ) par (  A et  A ).

II. Ecoulement de fluide à travers un lit poreux

Un grand nombre de procédés chimiques (réactions hétérogènes, absorption, séchage…)


mettent en œuvre des lits de particule, traversés par des écoulements de fluide. L’exploitation
de ces lits nécessite de calculer les pertes de charges qu’ils génèrent.

II.1. Loi de Darcy.

Considérons une conduite de section droite S contenant un lit poreux de hauteur Z à


travers lequel coule un liquide de viscosité μ à un débit volumique Q. Darcy a observé que la
perte de charge ∆P à travers le lit est proportionnelle à la hauteur Z du lit, à la vitesse
moyenne Um d’écoulement (vitesse en fût vide), la perméabilité K et la viscosité.

Écoulement d’un fluide à travers un lit de particules

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On a

II.2. Modèle de Kozeny. Loi de Kozeny-Carman


Pour déterminer la perte de charge en fonction de la vitesse Um et des propriétés
caractéristiques du milieu poreux, on utilise le modèle de Kozeny. Le milieu poreux réel,
extrêmement complexe, est remplacé par un modèle simplifié, décrit mathématiquement à
l’aide d’un nombre réduit de paramètres indépendants.

Dans ce modèle, le milieu poreux de volume V= S.Z est assimilé à un ensemble de


tubes (faisceaux de pores cylindriques), ce qui permet d’appliquer la relation de Poiseuille
définie pour un écoulement laminaire dans une conduite cylindrique de longueur L et du
diamètre D.

Milieu poreux. Modèle de Kozeny

L’expression de la perte de charge donnée par Kozeny-Carman est comme suit :

Avec :
ag la surface spécifique d’un grain ;
 la porosité ;
hk constante de Kosneny.

Exercice 2 :

En utilisant l’équation de « Kozeny – Carman », calculer la perte de charge à travers


un filtre à sable de 60 cm d’épaisseur. Le sable a une masse volumique sable = 2,6 g/cm3 et le

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lit constitué par ces particules a un lit = 1,6 g/cm3. La charge superficielle = 4 m/h.
L’analyse granulométrique a donnée les résultats suivant (les particules sont supposées
sphériques).

% retenue 22 38 30 10
Diamètre moyen (mm) 0,54 0,46 0,38 0,32
hk. = 4,5

II.3. Modèle de Burke – Plummer


Dans le modèle de Kozeny nous avons appelé le facteur de tortuosité   Z P / Z , mais
ce terme était mal choisi puisque dans l’équation de Kozeny on a supposé que le pore était
rectiligne, c'est-à-dire ne comporte aucune tortuosité, aucun coude dans lequel l’énergie
cinétique sera perdue.
Un modèle plus perfectionné consiste à supposer que l’axe de chaque pore cylindrique
est une ligne brisée, et la longueur Z p de chaque segment étant de l’ordre de grandeur de

diamètre des pores.


 Pour le milieu de porosité moyenne
Z p   .d p

 est un coefficient  1
Zp Zp
 Le nombre de coudes par pore est nc  
Z p .d p

On a 

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Remarque :

On définit le nombre de Reynolds de pore désigné par Rep

 .U mp .d p
Re p 

U m . 4
. .
 (1   )a g
Re p 

 .U m .4
Re p   Re 'p .4
.(1   )ag

.U m . Re p
Re 'p  
.(1   )ag 4

II.4. Régimes laminaire et turbulent. Relation d’Ergun


La perte de charge totale s’exprime alors par addition de deux quantités : celle due aux
pertes de charge par frottement visqueux contre les parois, relation de Kozeny-Carman, et
d’autre part celle due aux pertes par turbulence, relation de Burke-Plummer; c’est la relation
d’Ergun :

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Exercice 3 :

Les vapeurs d’hydrocarbures sont crackées dans un réacteur catalytique constitué de


garnissage de granules de forme cubique (0,5 cm de côté). Le matériau de ces granules à une
masse volumique de 500 kg /m3 et la masse volumique totale du lit est de 300 kg /m3. Le
réacteur a une section droite d’aire 1 m2 et la couche du catalyseur est de profondeur de 1,8 m.
Trouver la perte de charge subit au passage à travers la couche solide si la vitesse interstitielle
est de 0,9 cm/s. Sachant que la masse volumique de vapeur égale à 0,74 kg /m3, la viscosité
est de 0,015 cp. On donne la perméabilité k = C dp2 avec C = 6,17. 10-4

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