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Rapport sur le Thème:

50 ans de CLIPSAS; Bilan et Perspectives

Le CLIPSAS fête ses 50 ans et même si ses vêtements semblent un peu


démodés, elle se présente encore comme une jeune fille avenante à l’aube
d’une vie radieuse.

50 ans sont passés, la société, les attentes et en définitive le sens


éthique de la vie ont changé : les guerres disproportionnées prennent racine
dans un fondamentalisme religieux, la globalisation est discordante du fait d’un
manque de règle, la spéculation financière est fondée sur le papier et non sur
la production, l’augmentation démographique incontrôlée compromet
l’existence de tous les êtres vivants en supposant que tout soit concédé à
l’humanité, ce sont tous des éléments qui ont déplacé l’attention de la liberté
de conscience aux limites de nos libres agissements.

En conséquence même notre relativisme éthique se transpose d’une


liberté radicale à une présence consciente et militante à la recherche des lois
qui conduisent à l’harmonie globale.

En partant du principe que les Francs-Maçons ne sont pas ascètes, ni


détachés du monde contemporain mais que ce sont des ouvriers qui tentent et
veulent construire un temple harmonieux pour l’humanité, il est certain
qu’aujourd’hui il est nécessaire de revisiter nos fondations.

Si la Liberté, l’Egalité et la Fraternité ont constitué les fondations de la


pensée franc-maçonne, je pense qu’il est nécessaire d’y injecter du ciment
armé, que nous désignerons par l’Efficacité, qui génère un progrès conscient,
par la Solidarité qui se prévaut de défendre le bien-être et par la Prévoyance
qui se préoccupe du futur, des valeurs qui rendent notre message actuel.

Et c’est surtout sur la Prévoyance que l’attention doit être portée : cette
valeur, souvent négligée est entendue comme solidarité verticale envers les
générations futures.

La Franc-Maçonnerie durant le Siècle des Lumières a eu le grand mérite


de lutter pour l’affirmation des Droits de l’Homme : nous pensons
qu’aujourd’hui la Franc-Maçonnerie doit s’occuper des DEVOIRS de l’Humanité.

Personne mieux qu’un Franc-Maçon connaît bien la différence


fondamentale entre l’éthique des intentions et l’éthique des résultats, il peut
mener cette action éducative pour l’humanité afin d’atteindre cette harmonie
avec la réalité du vivant et ainsi pouvoir inspirer les Gouvernements.
La question qui se pose à ce point précis est si la LIBERTÉ DE
CONSCIENCE – mère de tous les droits de l’homme – est encore actuelle ou s’il
ne vaut mieux pas plutôt récupérer la signification originelle de conscience des
limites à la liberté en considérant que nous ne sommes pas les seuls seigneurs
de l’univers.

Le terme conscience dérive en fait du latin CUM SCIENTIA où le cum


signifie justement que nous ne sommes pas seuls et que nos agissements
doivent tenir compte des limites imposées par la propre existence d’autrui.

Cependant il est clair que nous ne parlons pas de l’humanité dans son
ensemble mais de toute la biosphère pour laquelle nous sommes de simples
gardiens : la façon de comprendre la liberté de conscience revêt l’habit du
devoir sans limites temporelles.

Et voila donc que le problème de la prévoyance se repose, afin d’assurer


un futur sinon meilleur tout au moins peu différent actuellement du notre.

Avant tout, il faut considérer dans cette optique la protection de


l’environnement dont la dégradation est principalement la conséquence d’une
explosion démographique dont la limitation – le fait seulement d’en parler –
suscite des réactions contraires.

On ne peut pas non plus oublier que la société actuelle a toujours plus
besoin d’énergie dont les sources traditionnelles se tarissent et sont
substituées par d’autres, qui ne sont pas toujours renouvelables avec
d’éventuelles possibles retombées dont les effets peuvent être dévastateurs
pour toute la biosphère, comme nous le démontre les épisodes de l’histoire
(Tchernobyl et les centrales nucléaires japonaises).

Le discours pourrait se prolonger si l’on considère d’une façon globale le


problème relatif à la faim, à la soif dans le monde, source de douloureux
conflits.

Mais l’attention doit être portée aussi vers les Institutions qui avec une
politique d’endettement public laissent aux futures générations le poids du coût
d’un tel endettement.

A l’origine de la cécité de l’humanité, il existe la conviction erronée qu’en


étant la Reine de la Création, tout lui est permis.

La Lumière de la Raison devrait au contraire responsabiliser la société et


notre devoir devrait être celui d’accéder à une telle lumière.

Gianni CURAMI
Vice Presidente – Tesoriere del CLIPSAS.
Gran Loggia Italia