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,

l3 • Master • IUT • Ecoles d'inqénieurs

MielJel Joindot
Alain Glevieux
Présentation de la collection

La Collection Pédagogique de Télécommunication est née de la collaboration


des écoles de J'Enseignement Supérieur des Télécommunications (DEST), du
Centre National d'Etudes des Télécommunications (CNET) et de plusieurs
établissements universitaires ou industriels.

Ces institutions ont fait le constat qu'un domaine considéré dans un passé
récent comme composite (comménications, électronique, informatique) se
constitue aujourd'hui, sous l'effet d'une formidable poussée scientifique et
technologique, comme une discipline en soi.

De plus en plus d'établissements d'enseignement supérieur proposent, en


France et en Europe, des cursus intégrés de télécommunication.

11 s'agit donc d'établir rapidement des références de niveau et de contenu qui


permettent la circulation des étudiants et l'évaluation de leur cursus. C'est
l'ambition de la Collection Pédagogique de Télécommunication qui s'adresse
précisément aux étudiants de deuxième cycle des universités (licence et maîtrise)
et des grandes écoles d'ingénieurs (1re et 2e année).

La collection se veut pédagogique au sens où les auteurs, dotés d'une solide


expérience d'enseignants supérieurs, rédigent des ouvrages constituant un support
de cours complet et visant un apprentissage par soi-même. Les textes contiennent
donc de nombreux problèmes et exercices, accompagnés de corrigés détaillés.

Series Presentation

The « Collection Pédagogique de Télécommunication» is a joint project of the


. various schools making up the Division of Higher Education in
Telecommunications (DEST), the French National Center for Research -in
Telecommunications (CNET) and various universities and industrial institutions.

Their association is based on the postulate that telecommunications can be


more usefully regarded as a single coherent discipline than as a grouping of
separate fields (communications, electronics, computer science). .

One of the goals of the « Collection Pédagogique de Télécommunication » is


to work towards a common notion of contents and level in curricula, so as to
encourage student mobility and facilitatc curriculum evaluation. The « Collection
Pédagogique de Télécommunication » is accordingly geared to students at
« licence » and « maîtrise » levels in the universities or first and second years in
French engineering schools.

Those contributing to the collection are aIl professors with a wide experience '"
in higher education. Each book in the series is a textbook that covers its various
fields thoroughly. The books Jend themselves perlectly to self-study since they
include an abundance of problems and exercices, along with a detailed answer
key.
Comité d'édition

Michel BARBAUD, directeur de l'ENSERG

Michel BERNE, directeur d'études à l' [NT Gestion

Gérard CARNAT, directeur de laformation à l'lNT

Maurice CHARBIT, directeur d'édition, professeur à l'ENST

Pierre DEVINER, directeur scientifique à l'ENST de Bretagne

Anne GERMA, professeur à l'ENST

Claude GIMENES,professeur à ['[NT

Alain GLAVIEUX, professeur à l'ENST de Bretagne

Richard GVEDJ, directeur scientifique à l'INT

CLaudeGUEGUEN, directeur de l'institut EURECOM

Jeannine HÉNAfF, responsable des Affaires scientifiques au CNET

Michel JOTNDOT,ingénieur des Télécommunications au CNET

Jacques LAVERGNAT,professeurà l'université de Paris XITI

Jacques LABETOVLLE,pr()fesseur à l'institut EURECOM

Ahmed SERHROUCHNI, maùre de conférences à ['ENST

Dominique VENTRE, professeur à l'ENST

CNET: Centre National d'Études des Télécommunications


ENSERG : École Nationale Supérieure d'Électronique et Radioéléctricité de
Grenoble
EN5T : École Nationale Supérieure des Télécommunications
!NT ; Institut National des Télécommunications
TABLE DES MATIÈRES
/ ".

~I Chapitre 1: Introduction
" 1 1. Message numérique
12. La chaîne de transmission numérique 1
1.2.1. La. source de message 2
/.2.2. Le codage de source .' 2
1.2.3. Le codage de canal . 3
1.2.4. L'émetteur 4
1.2.5. Le canal de transmission - 5
1.2.6. Le récepteur 8
T.3. La qualité d'une transmission numérique 8
y Chapitre II : Transmission en bande de base sur canal idéal 11
n.l. Les codes en ligne Il
Il. J. J. Principe des codes en ligne Il
/l.1.2. Critères de choix d'un code lm ligne 13
1J.13. Densité spectrale de puissance d'un code enligne 14
11.1.4.Exemples de code en ligne 15
n.2. Transmission d'un code en ligne sur un canal idéal 26
1l.2.1. Position du problème .. 26
Il.2. 2. Transmission d'un symbole biliaire unique . 26
11.2.3. Transmission d'un symbole M-aire unique 36
11.2.4. Transmission d'une suite de symboles M-aires 41
n.s. Résumé 45
)\ Chapitre m: Transmission en bande de base sur canal à bande limitée 49
1l1.1. Transmission d'une suite de symboles M-aires . 49
lIJ.l.l. Condition d'absence d'lES - Critère de Nyquist 54
IIIJ~2. Répartition optimale du filtrage entre l'émission et la réception 61
1I1.1.3.Expression de la probabilité d'erreur minimale sur 11/1 canal à bande
passante limitée vérifia/Ille critère de Nyquist 64
111.2.Transmission à «réponse partielle» 66
111.2.1. Principe du codage à réponse partielle. 66
111.2.2.Réception des codes à réponse partielle 69
m.3.Résumé 75
EXERCICES 77

rr-Chapitre IV : Trans..
.
missio.n sur onde porteuse sur canal idéal
IV.I. Définition des modulations numériques
85
85
: IV.2. Notion d'enveloppe complexe 92
IV.2.1. Introduction 92
IV.2.2. Signaux déterministes à bande étroite 94
IV.Z.3. Signaux aléatoires à bande étroite. Décomposition de Rayleigh 96
111.2. 4. Transformation de l'enveloppe complexe par filtrage 99
IV.3. Démodulation des modulations numériques linéaires iDI
IV.J.J. Démodulation de la modulation MDP-2 101
IV.3.2. Extension cl [(1 modulaüon MDP-4 107
IV.3.3. Cas d'une modulation MAQ quelconque " 113
IV.4. Notions sur la démodulation de la modulation de fréquencetQinai rc) 121
IV.5. Autres schémas de démodulation 123
IV. 5. l . Démodulation non cohérente d'un signal modulé en amplùud« . 124
,
\
VI Table des matières

IV.5.2. Démodulation différentielle de la modulation MDP-2 124


JV.6.Rés~ 126
EXERCICES 128
'If, Chapitre V : Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée 131
V.I. Transmission sur un canal à bande limitée . '131
v..1.1. Préliminaire i.31
V.l.2. L'interférence entre symboles (lES) 132
V.l.3. Caractérisation de l'lES: le diagramme de l'oeil 136
V.2. Conditions d'IES nulle - Critère de Nyquist 140
V.2.1. Le critère de Nyquist 140
V.2.2. Filtrage de Nyquist 141
V.2.3. Répartition optimale du filtrage entre l'émission et la réception 146
V.3. Performanced'un système de transmission à bande limitée avec IES nulle 150
V.3.I. Exemple: la modulation MDP-Z 150
V.3.2. Cas général 152
V.4. Calcjil-dc la probabilité d'erreur en présence d'interférence entre symboles 154
V.5. Rés~~é 158
EXERcrCES 160-~
Chapitre VI : httroduction à l'égalisation 171
VI.1. Notions sur l'égalisation 171
VI.2. Egalisation adaptative 177
VI.3 Résumé 181
EXERC1CES 183
Chapitre VII : Introduction à la synchronisation 189
'yU.1. Notions sur la récupération de porteuse 189
Yl]. J. J. Une approche physique de la synchronisation 189
VII.J.2. Introduction aux boucles à verrouillage de phase 191
Vll.I.3. Cas des signaux MDP··N 195
\'11.1.4. Principe de levée d'ambiguiré de phase 197
VlI.l.5. Performances en présence de bruit de phase i98
VIl.2. Notionssur la récupération du rythme 202
VII.Z.i. Introduction 202
Vll.2.2. Méthode de la raie spectrale 204
Vll.2.3. Méthode itérative 210
VII.3. Résumé 212
'\) Chapitre VIII: Codage correcteur d'erreurs 213~.
l' VllI.l. Introduction 213
Vm.2. Canal de transmission 214
VlIl.2.1. Canal discret 215
VIll.2.2. Canal à bruir addiuf blanc gaussien 216
Vrr1.3. Les codes en blocs linéaires _._. _.. . _ _ . " ._ \ZIJ.:.:l
VIll.3.1. Définition et représentation 217
VIII 3.2. Code dual el matrice de contrôle de parité 220
VIIL3.3. Principe de la détection et de la correction des erreurs 222
VIlI.3.4. Distance minimale 225
Vlll.3.5. Quelques exemples de codes en blocs linéaires 227
VIlI.3.6. Performances des codes en blocs linéaires 229
Vrrr.4 . Les codes cycliques 232
VIlIA.l. Définition et représentation polynomiale 232
VlIlA.2. MÏ$e en œuvre dfl codeur 235
VlIIA.3. Quelques exemples de codes cycliques 236
Vlll.4.4. Décodage des codes cycliques 2:W
'. ')

K VlfL.5. Les codes convolutifs (ou récurrents)


V/If.5.1. Principe du codage convolutif
( 242
242
Vl/I.5.2. Représentation des codes convolutifs 244
VI/l.5.3. Décodage des codes' convolutifs 247
VII/.5.4. Codes convolutifs catastrophiques 251
VII/.5.5. Performances des codes convolutifs 252
VJU.6. Mise en oeuvre do codage correcteur d'erreurs 257
VIII.6./. Détection des erreurs 258
VllI.6.2. Correction des erreurs 259
VII1.6.3. Association de plusieurs codes.' concatënaüon 262
VI/I.6.4. Conclusion 262
VW.7. Résumé 263
Les codes en blocs linéaires 263
Les codes convolutifs (bu récurrents) 26~
IlXERCICES 267
Chapitre lX : Corrigé des exercices 269
Corrigé des exercices sur lechapitre ID 269
Corrigé des exercices sur le Chapitre IV 276
Corrigé des exercices sur le chapitre V 278
Corrigé des exercices sur le chapitre VI 286
Corrigé. des exercices sur le chapitre vm 291
Annexe 1: Densité spectrale de puissance d'un signal uemériqùe 295
Rappel de théorie du signal 295
Cas des signaux cyclostationnaires 296
Calcul de la densité spectrale de puissance d'un signal numérique 297
Application au calcul de la DSP d'une modulation linéaire 299
Approche physique de la densité spectrale de puissance 301
Application au..7C codes à somme bornée 303
EXERCICES . 303
Corrigé des exercices 305
Annexe U : Notions sur le bruit 309
Caractérisauon du bruit 309
• Température de bruit d'une source 309
• Température €le bruù interne d'un quadripôle 309
• Facteur de bruit d'lin quadripôle 310
Mise en cascade de quadripôles bruyants 311
Cas des atténuateurs 312
Éléments de Bibliographie 317
Index 319
PRÉFACE

Dans son ouvrage Cybernétique et Société, Norbert Wiener a écrit: « Society


can only be understood through a study of the messages and the communication
facilities which belong to it ». Même ceux qui ne sont pas d'accord avec cette vue
radicale devront reconnaître que l'essor récent des moyens de communications a
induit de profondes transformations sociales ct culturelles. TIen découle donc
J'importance des études en télécommunications. L'évolution très rapide de ce
sujet exige qu'un effort soit fait pour exposer de manière systématique et
cohérente des techniques fondamentales, plutôt que de présenter les évolutions
déjà en cours et qui pourront devenir bientôt obsolètes. Ce livre fournit les
informations essentielles à l'étudiant désirant acquérir les idées maîtresses d'un
domaine en plein développement.
Il s'agit ici d'un excellent ouvrage, qui constitue une synthèse parfaitement
réussie d'un sujet particulièrement complexe. Les auteurs abordent de façon
classique les bases de la discipline en supposant la connaissance préalable de
notions de théorie du signal et de calcul des probabilités. Dans un tel contexte il
faut reconnaître aux auteurs le mérite d'avoir réussi le tour de force consistant à
réaliser un ouvrage à la fois complet, rigoureux et de lecture facile, grâce à un
exposé pédagogique où les développements mathématiques sont introduits
seulement quand ils se révèlent essentiels à la compréhension des phénomènes, et
où chaque chapitre est accompagné par de nombreux exercices.
Les auteurs, qui exercent depuis de nombreuses années leurs compétences en
télécommunications, sont parmi les meilleurs spécialistes du domaine. Leur texte
a donc largement bénéficié de leur expérience, en ce qui concerne le choix des
sujets et leur présentation. Aucun aspect important de la discipline n'est laissé de
côté, et pourtant les approches qu'ils ont retenues ont donné lieu à un ensemble
parfaitement cohérent. qui sera certainement beaucoup apprécié par ses lecteurs et
dont j'ai eu le privilège d'être l'un des premiers.

Ezio Biglieri
Professeur
Politecnico di Torino, Italie
AVANT-PROPOS

Cet ouvrage vise à donner à des élèves de second cycle des universités ou
d'écoles d'ingénieurs un certain nombre de bases sur les communications
numériques. Il est issu en partie de cours donnés dans les Ecoles Nationales
Supérieures des Télécommunications de Paris et de Bretagne et dans le DEA Signal
Télécommunications Image Radar de l'Université de Rennes 1. Les étudiants
auxquels il s'adresse sont censés posséder les bases en théorie du signal
(transformation de Fourier, filtrage linéaire ...) et en probabilités (variables et
signaux aléatoires), deux disciplines sur lesquelles s'appuie constamment la théorie
des communications numériques.
Afin toutefois de limiter ces prérequis et compte tenu du fait que ce livre
constitue une première approche du domaine, nous avons volontairement décidé de
ne pas aborder la théorie de la détection, qui eût nécessité le maniement des espaces
de Hilbert des fonctions de carré intégrable et du développement de Karhunen-
Loeve. Cette option nous a parfois compliqué la tâche et nous a conduit par
exemple à admettre que les structures de récepteurs décrites sont les meilleures
possibles, sans pouvoir en démontrer J'optimalité.
Ce livre est avant tout théorique, et faire comprendre que la théorie des
communications n'est pas une discipline qui se limiterait au maniement de concepts
abstraits, mais qui permet aussi d'analyser le fonctionnement de systèmes concrets,
d'en concevoir; d'en calculer les performances ...• n'est pas une chose facile, car
les étudiants ne possèdent évidemment pas l'expérience d'un ingénieur en
électronique. Faire ressentir ce que représente physiquement le bruit, par quoi il est
produit, et introduire un aspect physique derrière sa description par une fonction
aléatoire, est extrêmement difficile; notre expérience nous l'a montré. Aussi avons-
nous essayé d'introduire, chaque fois que cela était possible, des allusions aux
problèmes concrets.
Nous avons d'abord, dans le chapitre I, introduit des notions générales sur la
structure d'un système de transmission, afin de localiser les différents éléments qui
seront étudiés dans les chapitres suivants.
Nous avons choisi de séparer ce qu'on appelle communément la transmission
en bande de base de la transmission sur onde porteuse, bien qu'il soit impossible de
définir rigoureusement la différence entre ces notions. Mais, pratiquement, la
première correspond au cas où le spectre des signaux transmis est situé autour de la
fréquence 0 (en bande de base dans le langage des électroniciens), tandis que la
seconde correspond au cas où il y a modulation d'une onde porteuse sinusoïdale,
situation bien connue des radioélectriciens. liest vrai cependant que le formalisme <..
des signaux complexes, que nous utilisons, aurait permis de considérer le cas de la
transmission en bande de base comme un simple cas particulier de la transmisssion
sur onde porteuse.
XII Avant-propos

Dans chacun de ces deux cas, nous décrivons d'abord les moyens, appelés
selon le cas codages en ligne ou modulations, d'imprimer une information sur un
signal afin de la transmettre ; nous donnons ensuite la structure du récepteur
« optimal », qui permet de retrouver l'information numérique transmise «le
mieux possible », c'est-à-dire avec une 'probabilité d'erreur minimale, qui est
calculée, en supposant que le signal est reçu en présence d'un bruit blanc gaussien
additif, sans avoir subi de distorsion au cours de la transmission. C'est le canal dit
« gaussien à bande infinie» qui fait l'objet des chapitres Il et IV.
Nous avons ensuite compliqué le problème pour nous l'approcher de la situation
réelle dans laquelle le signal subit une déformation au cours de sa propagation dans
le milieu de transmission, assimilé il un filtre linéaire et invariant dans le temps. Les
chapitres ID et V introduisent la notion d'interférence entre symboles et le critère de
Nyquist, pour les transmissions en bande de base et sur onde porteuse. Là encore,
il eût été possible de ne considérer la bande de base que comme un cas particulier.
Le choix que nous avons fait conduit à répéter un certain nombre de choses, mais
nous pensons là encore que cette répétition n'est peut-être pas négative d'un point
de vue pédagogique. ' '
Les chapitres VI et VII se veulent simplement des ouvertures sur des
problèmes, L'égalisation, objet du chapitre VT, est devenue aujourd'hui
omniprésente dans les systèmes de transmission, mais un traitement plus
approfondi de cette question serait sorti du cadre de cet ouvrage, d'autant que cette
approche aurait nécessité des connaissances sur la théorie de l'estimation et de la
détection, auxquelles nous avons décidé de ne pas faire appel. De même la
synchronisation, objet du chapitre VII, peut conduire à des développements
mathématiques très poussés, surtout si l'on sort du régime linéaire. Nous nous
sommes donc limités il ce dernier, en décrivant les méthodes permettant d'extraire
un signal de synchronisation, après avoir rappelé les notions élémentaires sur la
boucle à verrouillage de phase. Ilnous a semblé essentiel qu'un chapitre consacré à
la synchronisation figure dans le livre, car c'est un problème difficile qu'il est
. important de faire sentir au lecteur.
Enfin, le chapitre VllI donne quelques notions de base sur le codage correcteur
d'erreurs. C'est là encore un domaine très vaste, sur lequel quantité d'ouvrages ont
été publiés, qui fait appel à des notions mathématiques dépassant ce que connaît
l'étudiant appelé à utiliser ce livre. C'est pourquoi il ne s'agira, comme les deux
chapitres précédents, que d'une introduction, mais le lecteur curieux pourra
toujours consulter la littérature plus spécialisée.
Pour terminer, des exercices complètent chaque chapitre. Ils sont accompagnés
de corrigés volontairement succincts, donnant les résultats, mais non rédigés dans
le détail. L'assimilation du cours demande bien évidemment un travail personnel; la
résolution etla rédaction des solutions en constituent une part essentielle.

Remerciements
La parution de cet ouvrage n'aurait pas été possible sans Jetravailde Dominique
Ventre, Professeur à J'ENST, qui en a assuré la tâche de coordination, a fait de très
nombreuses suggestions techniques et pédagogiques, et a accompli un travail
considérable de mise en forme et d'harmonisation des fichiers.
Le Professeur Ezio Biglieri nous a fait l'honneur de lire ce document et nous a
fait bénéficier, par ses remarques toujours pertinentes, de sa grande expérience
dans la didactique de cette discipline. Brigitte Dumas et Christian Dessemond,
ingénieurs à Thomson-CSF, Division RGS, ont contribué à l'amélioration du
manuscrit, la première en relisant et annotant l'ensemble du manuscrit et eu
reprenant la saisie informatique d'un grand nombre de passages et de formules, le
second en assurant une relecture critique détaillée du chapitre VIII. Benoît Guillard,
étudiant à l'ENST, et plusieurs étudiants de l'ENST Bretagne, nous ont/également
fait part de leurs observations. Qu'ils acceptent nos remerciements.
Signalons enfin que les chapitres V et VITsont largement inspirés d'un cours de
Communications Numériques donné à l'ENST, assurés par Michel Joindot el
Patrick Vandamme du CNET Lannion.
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION

1.1. Message numérique

Un message numérique est défini comme une suite d'éléments pouvant


prendre une parmi Q valeurs possibles; on appelle « alphabet» l'ensemble de ces
valeurs. Les éléments, qui peuvent être aussi considérés comme des variables
aléatoires discrètes, sont dits Q - aires. Dans le cas particulier (et fréquent) où
l'alphabet est constitué uniquement de deux valeurs, notées traditionnellement 0 et
1, les éléments sont dits binaires. Un message numérique étant un concept
abstrait, examinons deux exemples qui vont nous permettre dé mieux en saisir le
sens.
Le contenu d'une page dactylographiée est par exemple un message
numérique où chaque élément Q - aire qui le constitue a pour réalisation une
lettre (a,A,b,B ... ) ou un signe de ponctuation. Le code Morse qui utilise une
suite de tirets et de points pour représenter l'information à transmettre, est lm
second exemple de message numérique constitué d'éléments binaires. Ces deux
exemples. simples montrent bien que les messages peuvent être constitués
d'éléments binaires ou d'éléments Q - aires. En fait, ilest toujours possible de se
ramener à une structure binaire des messages en remplaçant chaque élément
un
Q - aire par ensemble de p éléments binaires, avec :
p=[Jog2Q]+1
où [X] désigne la partie entière de X, par valeur inférieure (exemple [3,2] = 3).
C'est la raison pour laquelle nous ne considérerons que des messages à éléments
binaires dans la suite de cet ouvrage.
Le concept de message numérique étant précisé, nous pouvons maintenant
aborder la présentation d'une chaîne de transmission numérique.

1.2. La chaîne de transmission numérique

Le schéma de principe d'une chaîne de transmission numérique est représenté


sur la figure 1-1. On peut distinguer: la source de message, le milieu de
transmission et le destinataire qui sont des données du problème. Le codage et le
décodage de source, le codage et le décodage de canal, l'émetteur et le·récepteur
représentent les degrés de liberté du concepteur pour réaliser le système de
transmission. Nous allons maintenant décrire de façon succincte les différents
éléments qui constituent une chaîne de transmission, en partant de la source de
message vers le destinataire. Notons au passage que la même description
s'appliquerait à un système d'enregistrement numérique.
2 lniroduction

..l!lgure 1·1 Principe d'une chaîne de transmission numérique

1.2.1. La source de message


Pour réaliser une transmission numérique, le message à transmettre doit être
sous form.e numérique. Si la source délivre un message analogique tel que le
signal de parole (sortie d'un microphone) ou le signal d'image (sortie d'une
caméra), il faut le numériser. Le propos de cet ouvrage n'étant pas la numérisation
des sources, nous rappelons simplement qu'elle se fait en échantillonnant le
message analogique puis en quantifiant les échantillons obtenus. Chaque
échantillon quantifié est ensuite codé sur nt éléments binaires (appelés
traditionnellement, mais improprement, bits). Les principales étapes de la
numérisation d'un signal analogique sont résumées sur la figure 1-2.

Echantillonnage Codage binaire

Figurè 1-2 Principe de la numérisation d'une source analogique

1.2.2. Le codage de source


Le principe du codage de source qui trouve ses fondements dans la théorie de
l'information ne sera pas abordé dans cet ouvrage. Disons simplement qu'après
codage de t'ource, certains éléments binaires peu significatifs du message ont été
supprimés. Le message est alors sous forme concise et constitué pal' une suite
d'éléments binaires mutuellement indépendants et prenant les valeurs 0 et I, avec
des probabilités Po et PI. Dans la suite de l'exposé, nous caractériserons cette
(. \. "

source codée par le sigle i-i-d, c'est-à-dire source il éléments binaires.


indépendants et identiquement distribués sur l'alphabet {O,1}.
Après numérisation el cod~e, la source de message numérique est
caractérisée par son débit binaire(0l défini comme le nombre d'éléments binaires
qu'elle émet par unité de temps. L unité de débit binaire D est l'élément binaire 7"'
ou bit - par seconde. Si l'intervalle de temps séparant l'émission par la source de
deux éléments binaires consécutifs est constant et égal à Tb' alors le débit binaire
D est égal à:
/,,, . L ... " ..... "r-:" "<, -,
r D =- (bit 1s) ") (1.2.1)
,lb
\ . ".-_ ..- ... - ... _----'
'
Une transmission est dite syoëhioni ~i l'émission d'éléments binaires par la
source s'effectue à cadence constante, c'est-à-dire à raison d'un élément binaire
toutes les Tb secondes. Elle est dite asynchrone lorsque la cadence d'émission est
variable clans le temps. Dans cet ouvrage nous nous placerons dans l'hypothèse de
transmissions synchrones, cl nous désignerons désormais par ak l'élément
binaire émis à l'instant kTb· "
Donnons quelques exemples numériques de débit binaire en sortie de sources',
numérisées et codées.
La numérisation du signal de parole, préalablement limité à la bandc'.:300,-,
3400 Hz en téléphonie, estréalisée en échantillonnant cc signal à la fréquence de-
S kHz puis en codant les échantillons quantifiés sur m = Il bits. Ainsi après
numérisation, le signal de parole est transformé en une source numérique ayant un
débit-binaire de 64 kbit/s ; ce codage de la parole a pris (improprement) le nom de
« codage Mie» (modulation par impulsion codée). Avec un codage de source plus
élaboré. ce dé_.bÎtde 64 kbit/s peul être réduit à 32 kbit/s sans dégradation de la
qualité ;ubjeaive de la parole; des algorithmes P.Y'1li:ettant.d
'aueindre des débits de
.16ct Il kbitls ont même été adoptés récemment par les organ isrnes internationaux de
normalisation. pou-r le radiotéléphone cellulaire numérique européen' (GSM), ce
débit-a été ramené à 13 kbjth. Des études en cours sur le codage de là parole ont
montré que des débits de 5 khit/s pouvaient être atteints en conservant une qualité
subjective de la parole t?ut à l'ait acceptable' pour des applications spécifiques ne
nécessitant pas la même qualité que celle exigée en téléphonie numérique (par
exemple et;'messagçrk électronique).
Pour Un sign&1 vidéo, correspondant à une cadence de transmission de
25 images PlU s,étonde, la fréquence d'échantillonnage du signal de luminance est de
13,5 MH7. ct-de 6,75 MH~ pour les deux signaux de chrominancc. Le codage des
échanlillons\quantifiés =
étant réalisé sur m Il bits, le signal vidéo après
numérisation 'est transformé en une source numérique ayant un débit binaire de
243 Mbit/s, dont 27 MbitJs sont réservés à des fonctions de synchronisation. Les
techniques decodage de source permettent actuellement de réduire ce débit à
8 Mbitls sans pratiquement altérer la qualité subjective des images. Pour des
applications spécifiques il est possible de réduire encore cc débit binaire. Pour le
visiophone par ~xemple, le signal ,vidéo est codé à raison de 64 kbitJs, au prix
évidemment d'une dégradation notable de la qualité des images.

1.2.3. Le codage de canal


. ''>'' _.-_.-~

Le codage de canal, aussi appelé codage détecteur et/ou ~~têûii~.rreurs, ....


est une fonction spécifique des transmissions numériques,guen'a pas son
4 Introduction

équivalent en transmission analogique. Cette opération, qui sera étudiée au


chapitre VITI, permet d'améliorer la qualité de la transmission. Le codage de cana!
consiste à insérer dans le message des éléments binaires dits de redondance
suivant une loi donnée. Cette opération conduit donc à une augmentation du débit
binaire de la transmission. Le décodeur de canal, qui connaît la loi de codage
utilisée à l'émission, vient vérifier si cette loi est toujours respectée en réception.
Si ce n'est pas le cas, il détecte la présence d'erreurs de transmission qu'il peut
corriger sous certaines conditions.
Pour illustrer la fonction de codage dc canal, considérons l'exemple suivant:
supposons que l'on insère un élément binaire, dit de parité, tous les p éléments
binaires du message, de' telle sorte que la somme de ees (1'+ 1) éléments binaires
soit paire. En testant la parité de cette somme, le décodeur pourra détecter toutes les
erreurs de transmission Cil nombre impair parmi ces (p + 1) éléments binaires. Ce
code, appelé code de parité ne permet-pas, à l'évidence, de corriger les erreurs de
transmission, mais simplement d'en détecter la présence, ce qui permettrait, par
exemple, de demander la retransmission du message.

La fonction de codage de canal n'est pas toujours utilisée car elle accroît la
complexité des équipements de transmission et donc leur coût. ... .

1.2.4. L'émetteur
Le message numérique, en tant que suite d'éléments' binaires, est une grandeur
abstraite. Pour transmettre ce message il est donc nécessaire de lui associer une
représentation physique, sous forme d'un signal électrique. C'est la première
fonction de l'émetteur, appelée généralement opération de modulation.
Plus précisément, la modulation consiste à associer' à chaque mot de n
éléments binaires (n - upIet) issu du message, un signal Si(t), i = 1,... ,M, de
durée T = nTz" choisi parmi M = 2n signaux, en fonction de la réalisation du
n - uplet.·
Le message binaire de débit D est donc représenté par un signal, dont on
définit alors la rapidité de modulation R (exprimée en Bauds), comme le nombre
de signaux émis par le modulateur par unité de temps:
,/----..-.-"1'-.
l-, R=-
T/
((Bauds) (1.2.2)
' ...._;..._ ..../ ,/.'..-_....- ........·_._a....-. .._.. __.......__.~._,
On parle alors de transmission M-aire et dans ce cas, ~~Jil1?i.c!g~ de modulation)
R peut s'exprimer en fonction du débit binaire
__ ..Jo_._ ..--.... D par la relation: ..--.-._.-..__..~-_./-
/ ,/ D "<,
\"''-'__
R=-) (1.2.3)
------._--
log2 M
L'opération de modulation est illustrée sur la figureiJ-.~)lorsque n = l
.
... -,
:,.-

(transmission binaire). Dans cet exemple deux signaux sinusoïdaux So(t) et SI (t),
de même fréquence et déphasés de 1C, sont respectivement associés-aux éléments
binaires 0 et 1.
·t

Figure 1-3 Illustration de l'opération de modulation

Le choix du type de signaux dépend bien entel!-du.!;!~s propriétés physiques du


milieu de transmission que le signal va traverser )::J:émetteiiija:ss\lre
donc aussi une
fonction d'adaptation du signal modulé au milie"iJ·'de'transmission. Parmi les'
traitements effectués par l'émetteurfôn peut citer le filtrage du signal modulé pour, .
limiter sa bande, et permettreainsià plusieurs utilisateurs de partager un même
milieu ,de,transmission sans risque d'in~erférencO~orsque la bande alLou~eà 1~
transmission est centrée autour d'une frequence Jo\~levée. le modulateur elabore
parfois un signal dont le spectre est centré \iutour d'une fréquence dite
intermédiaire et plus basse que la fréquence Jo ; l'émetteur assure alors une
fonction de changement de fréquence qui permet de centrer le signal modulé
autour de la fréquence Jo souhaitée.

1.2.5. Le canal de transmission


Le canal de transmission est un élément de la chaîne de communication.
toujours délicat à définir puisqu'il n'a pas la même signification selon que l'on se
place du point de vue de la propagation, de la théorie de l'information ou de la .
théorie des communications,

Emetteur Récepteur
théorique"

Figure 1-4 Le canal de transmission

Pour ce qui nous concerne, c'est-à-dire au sens de la théorie des


communications, le canal 'de transmission peut inclure le milieu de transmission,
le bruit, mais aussi, éventuellement, le filtre d'émission placé physiquement dans
l'émetteur, ainsi que les antennes d'émission et de réception pour les transmissions
en espace libre. .
6 Introduction

Cette représentation du canal de transmission, illustrée sur la figure 1-4, revêt


un caractère plutôt symbolique mais est bien adaptée à l'analyse que nous ferons
de la chaîne de transmission.
• Le milieu de transmission représente le lien physique entre l'émetteur et .le
récepteur; il est pratiquement constitué par l'un des supports suivants:
- un câble bifilaire, dont la bande passante est faible et qui est en général'
réservé pour les transmissions à bas débit (inférieur à 2 Mbitis sur le réseau
téléphonique),
- un câble coaxial, qui possède une bande passante plus importante que le
câble bifilaire et qui permet de réaliser des transmissions avec un débit
relativement élevé: plusieurs centaines de Mbit/s (jusqu'à 565 Mbit/s sur le
réseau téléphonique). Le câble coaxial est notamment utilisé pour connecter les
centraux téléphoniques entre" lesquels transite un 'grand nombre de
communications,
.- une fibre optique, qui apparaît aujourd'hui, grâce à sa bande passante très
élevée et sa faible atténuation, comme LInsupport très intéressantîLes fibres
optiques sont de plus en plus utilisées pour les réseaux terrestres à grande capacité
(plusieurs Gbit/s, voire dans le futur, plusieurs dizaines de Gbit/s), pour les câbles
sous-malins (où elles ont supplanté le câble coaxial), ainsi que pour les réseaux de .
distribution (c'est-à-dire sur les liaisons entre centraux téléphoniques et abonnés),
= I'espace libre, qui utilise la propagation d'une onde électromagnétique dans
l'atmosphère. Ce milieu est généralement réservé aux transmissions par satellite
ou par faisceaux hertziens ainsi qu'aux radiocommunications avec les mobiles.
La modélisation du milieu de transmission peut être très complexe. Le milieu
peut se comporter comme un simple filtre linéaire, de réponse en fréquence
CU), mais aussi être non stationnaire (la réponse CU) est alors fonction du
temps) ou présenter des non-linéarités ou encore un effet Doppler. Dans cet
ouvrage nous n'aborderons que les milieux de transmission linéaires.
• Le bruit est une perturbation aléatoire dont les origines sont le milieu de
transmission (bruit externe), ou les dispositifs électroniques utilisés dans le
récepteur (bruit interne). Parmi les sources de bruir externes, on peut citer les
rayonnements divers captés par l'antenne (cas des transmissions en espace libre),
les interférences éventuelles entre les différents utilisateurs du milieu de
transmission ou encore les bruits d'origine industrielle (moteurs, lignes à haute
tension, etc.).

Le bruit interne a pour origine le mouvement brownien des électrons dans les
composants passifs (résistances) et les composants actifs (semi-conducteurs) qui
constituent les dispositifs du récepteur (amplificateurs, filtres, mélangeurs, etc.). Le
bruit engendré par les composants passifs est UII bruit blanc (densité spectrale de
puissance uniforme), au moins dans le domaine de fréquences utilisé en
radiocommunications, qui dépend de la température, d'oü son nom de bruit
thermique. Les composants actifs (semi-conducteurs) sont aussi générateurs de
bruits divers, don! le bruit dil de grenaille est sans doute lc plus important. Le 11I1ri!
de grenaille est aussi blanc mais indépondunt de la témpëraturc, c'est donc un hrull
lion thermique, fonction du courant qui traverse les composants. Compte tenu du
·l'uir qu'il existe un grand nombre d'électrons dans la matière, évoluant.
ludépcudamment les uns des autres et suivant une même loi, le bruit interne peut
etr'c modélisé par un processus gaussien d'après le théorème de la limite centrale. Le
hruit interne est en général prépondérant dans les systèmes de transmission.
Pans notre approche, toutes les contributions du bruit interne et externe seront
prises en compte dans une source unique de bruit 8(/) située en amont du
rdcepteur. Les dispositifs électroniques du récepteur seront alors supposés idéaux,
c'est-à-dire non générateurs de bruit. Ce bruit peut être modélisé par un processus
uléaroire gaussien, à moyenne nulle, stationnaire, indépendant du signal émis et de
densité spectrale de puissance bilatérale y nU) uniforme :

YB(f) = il ';ff (1.2.4)

La densité spectrale de puissance monolatérale NO du bruit est égale à


k(1i + T,), où k est la constante de Boltzmann (k =1,381 x 10-23 JI K), T, la
température de bruit de la source de bruir externe et 'li la température de bruit
équivalente à l'entrée du récepteur, en Kelvin. En effet, un récepteur radioélectrique
est caractérisé, du point de vue du bruit, par sa température interne de bruit 'li ; la
densité spectrale de bruit engendrée par ce récepteur, ramenée à SOli entrée, est
d'Ille k'li.
Le récepteur peut être de manière équivalente caractérisé par son facteur de
bruit F, auquel cas No est égal à kT(,F. où To désigne la température de
=
référence: 10 290 K. La densité spectrale de puissance klO correspond à une
puissance de -114 dBm (décibel par rapport au milliwatt) dans une bande de
1 MHz; c'est-à-dire que la puissance recueillie dans ces conditions est de
10-11.4 mW.
La connaissance de cette valeur de référence évite de devoir recalculer à chaque
fois la puissance de bruit en revenant à la constante de Boltzmann. La puissance de
bruit recueillie dans une bande B (en MHz) avec !ln récepteur de température
interne 'li, exprimée en dBm, est alors simplement égale à :
1;
-114 + 10log B + 10log-l (1.2.5)
. 290
L'hypothèse de bruit blanc qui correspond à UII bruit de puissance infinie peut
sembler peu réaliste. En faille bruit blanc n'est qu'un modèle, qui peut être utilisé si
la densité spectrale de puissance du bruit est constante dans une bande de fréquence
supérieure à la bande occupée par le signal modulé. Celle hypothèse est
pratiquement toujours vérifiée dans les systèmes de transmission. Pour plus de
précision sur ces notions, on pourra se reporter 11 l'annexe correspondante
(ct annexe II).
Terminons ce paragraphe sur le canal de transmission en distinguant les
transmissions en bande de base des transmissions dites sur onde porteuse.
Lorsque la bande de fréquence B allouée à la transmission du message numérique
est comprise entre une fréquence égale ou proche de zéro et une fréquence F, la
transmission est dite en bande de base. Les transmissions en bande de base
utilisent les câbles comme milieu de transmission.· Si la bande de fréquence B
allouée à la transmission est centrée autour d'une fréquence .fo, on parle alors de
transmission sur onde porteuse ou simplement sur porteuse. Pour les
transmissions sur onde. porteuse, le milieu de transmission est constitué
principalement par l'espace libre, Toutefois, les transmissions sur onde porteuse
sont aussi utilisées sur câble à chaque fois que le signal modulé doit occuper une
sous-bande donnée du câble, centrée autour d'une fréquence Jo. Notons enfin que
l'on réserve plutôt le terme de modulation pour les transmissions sur onde
8 Introduction

porteuse, et que l'on préfère parler de codage en ligne (line code en anglais), pour
les transmissions en bande de base.

1.2.6. Le récepteur

,
Le récepteur, qui a pour fonction de reconstituer le message émis par la
source à partir du signal reçu, comprend des circuits d'amplification, de
changement de fréquence et de démodulation pour les transmissions sur onde
porteuse, de filtrage puis d'échantillonnage et de prise de décision (figure 1-5)liLe
~ changement de fréquence ~t le démodulateur permettent de ramener le sighal

l
modulé en bande de base. ,i~Pour minimiser l'influence du bruit, source
incontournable des erreurs de transmission, le signal en bande de base est ensuite
filtré puis échantillonné à des instants caractéristiques. Finalement un circuit de
1
1 décision identifie la valeur des éléments binaires transmis à partir des échantillons
reçus. Le choix effectué par le circuit de décision est binaire, décision 0 ou
décision 1, ce qui correspond à une opération dite dc « détection ».

Echantillonnage

Figure 1-5 Principe d'un récepteur PQUY transmission sur onde porteuse

Le décodage de canal ayant été évoqué avec le codage de canal, nous


terminons cette présentation de la chaîne de transmission en abordant l'évaluation
de la qualité de la transmission. .

1.3. La qualité d'une transmission numérique

La qualité d'une transmission dépend de la fidélité avec laquelle les éléments


binaires du message sont restitués au destinataire. Elle se mesure en général en
évaluant la probabilité d'erreur par élément binaire, notée Peb' définie comme la
probabilité de prendre une décision erronée sur un élément binaire.
Cette probabilité d'erreur n'est jamais strictement nulle, .mais cela ne signifie'
pas pour autant que la transmission est de mauvaise qualité; en effet, il suffit
qu'elle prenne une valeur suffisamment faible pour satisfaire à un certain critère
de fidélité, cette valeur dépendant du type d'information transmise (parole, son,
ima~e, données, ... ) et du niveau de fidélité exigé: une probabilité d'erreur de
10- par exemple peut être jugée tout à fait satisfaisante pour la transmission de
la parole en téléphonie.
Désignons par ale l'élément binaire émis à l'Instant kTb. En tenant compte du
fait que les éléments binaires ak issus de la source sont i-i-d sur l'alphabet .{0,] L
la probabilité d'erreur par élément binaire Peb est ég<l!~'à :
Pab = pr{ak =l}Pr{ âk =01 ak = l}+,Pr{ak =O}Pr{âk = 11ak =O} .(.1..3.1)
où âkreprésente Je résultat de la décision.prise sur l'élément binaire ak'
Pour un canal perturbé par un bruit additif B(t) stationnaire, cette probabilité
d'erreur par élément binaire ne dépend pas de l'indice k considéré.

~
Mesure du taux d'erreur .l·~
..

La mesure en laboratoire de cette probabilité d'erreur est réalisée en émettant


une séquence de..N éléments binaires connue du destinataire, puis en évaluant en
réception le rapport entre le nombre n d'éléments binaires erronés et le nombre N
d'éléments binaires émis. Cc rapport, appelé taux d'erreur par élément binaire
'reb' est, sous certaines conditions, une bonne estimation de la probabilité d'erreur
Peb·

On peut écrire: .....~

1 N .
1:eb =- LXk \ (1.3.2)
"" N k:l ;..
: '._", ',.. /
où Xk est une variable aléatoire discrète qui prend la valeur J avec la probabilité
Pab si l'élément binaire ak .est mal décodé et hl valeur 0 avec la probabilité
(1- ~b) dans le cas contraire; il s'agit donc d'une variable aléatoire qui suit une
loi de Bemoulli de paramètre Peb.
-.
Le taux d'erreur par élément' binaire est donc aussi une variable aléa!.QLr.e
que
l'on peut caractériser au second ordre par sa moyenne sa Variance~~_} 6:~t
N
m-r=E['reb}=.!.. LE[Xk] et (J'~=E[('reb-E['reb])2]
N k=l
La grandeur {3('reb) = E[ 'reb]- Peb est appelé le « biais» de l'estimateur; elle
mesure en quelque sorte l'erreur systématique, la variance de J'estimateur
mesurant quant à elle la précision de la mesure. Un bon estimateur a bien entendu
un biais nul et une variance faible.

En tenant compte du fait que J'espérance de la variable Xk est égale à ~b' et


ceci quel que soit l'indice k considéré, la valeur moyenne du taux d'erreur est
égale à la probabilité d'erreur : .

m" = E(1:eb] = Peb . (1.3.3)


10 Introduction

L'estimateur 'reb est donc sans biais. Si les erreurs de transmission sont
indépendantes, les variables Xk sont aussi indépendantes et la variance ~ est
égale à:
a2 _ .f!,b(l- Peb)
'f- N (1.3.4)

L'estimation de la probabilité d'erreur .f!,b à partir de la mesure du taux


d'erreur 1:eb est donc entachée d'une erreur de mesure qui est fonction du nombre
N d'éléments binaires utilisés el de la probabilité d'erreur considérée. Cette erreur
peut être évaluée à partir de l'erreur quadratique relative e2, égale à :

E
2
=_.!.= __ e_z __t
(J"Z }- Pb
S1
. .fb «1
m; N.f!,b NPeb e
(1.3.5)

L'expression ci-dessus permet de déterminer le nombre N d'éléments binaires


(et donc la durée NID· pour un débit D) nécessaire pour mesurer un taux
d'erreur 'reb avec une erreur de mesure e donnée. Le temps nécessaire à la
!l mesure d'un taux d'erreur binaire petit peut donc devenir rapidement important,
pour une transmission à faible débit. Ainsi pour estimer une rrObabilité d'erreur
~b = 10-6 avec une erreur de mesure inférieure à 10 % (e < 10-2), il faudra
mesurer le taux d'erreur 1:eb à partir d'un échantillon de N = 108 éléments
binaires, ce qui nécessitera une seconde pour un débit de 100 Mbit/s, mais
105 secondes, soit plus d'une journée, pour un débit de 1 kbit/s ! '
On notera enfin que, d'après (1,3.3) et (1.3.5), on peut écrire:
1
R[n] ""2'
e
cc qui signifie que si l'on veut une erreur de mesure inférieure à 10 % , il faut
compter, en moyenne, ft = 100 erreurs. Cette valeur est intéressante à connaître
quand on fait des mesures de taux d'erreur par simulation.
Il importe de souligner, pour terminer sur ce point, que les résultats établis ci-
dessus ne sont valables qu'à condition que les erreurs successives soient bien
indépendantes, ce qui n'est pas toujours le cas.

"'i

.....
CHAPITRE TI : TRANSMISSION EN BANDE DE BASE
SUR CANAL IDÉAL

Dans ce chapitre nous allons, dans un premier temps, décrire les codes en ligne
utilisés pour les transmissions en bande de base, ainsi que quelques-unes de leurs
propriétés les plus importantes; nous examinerons ensuite les problèmes posés par
leur transmission. sur ce que nous appellerons le «canal idéal », c'est-à-dire un
canal dont la bande passante est infinie.

II.1. Les codes en ligne .


Il. 1. 1. Principe des codes en ligne
Considérons la transmission d'un message constitué par une suite infinie, ou du
moins très longue, d'éléments binaires ctk' émis aux instants kTb, indépendants et
identiquement distribués (i-i-d) sur l'alphabet {0,1}, avec:
Pi = Pr{ctk = il; i = 0,1 "ik
Sauf indication contraire, nous supposerons dans la suite de l'exposé que les
probabilités Po et Pl sont identiques (Po ::::Pl = 11 2). En présence de codage
détecteur et/ou correcteur d'erreurs (codage de canal), dont le principe a été évoqué
dans le chapitre d'introduction, l'indépendance des éléments binaires à l'entrée du
codeur en ligne n'est en général pas vérifiée. C'est pourquoi nous supposerons
dans ce qui suit qu'il n'y a pas de codage de canaL
Le principe du codage en ligne consiste à associer, à chaque élément binaire ak
du message, un signal Si(t) de durée 'lb choisi parmi un ensemble de deux
signaux, en fonction de la valeur de l'élément binaire ak :
Sj(t)=O "tte[O,Tb[; i=O,l
L'opération réalisée par le codeur en ligne est alors la suivante :
si J;'~.:;:° émission du signal So (t - k1j,)
si ~J:;= 1 émission du signal SI(t- k1j,)
Ainsi, à la suite des éléments binaires {ak}, le codeur en ligne associe le signal
e(t) ayant pour expression:
e(t) = LSi(k)(t-kTb); i(k)=O,I (2.1.1)
k
12 Transmission en bande de base sur canal idéal

où l'indice k varie implicitement de, à -00 +00, La valeur de J'indice i(k) est
fonction de la valeur de l'élément binaire ak
i(k) =0 ,si ak =0
i(k);') si ak=l

Pour les codes en ligne présentés dans cet ouvrage, les signaux S()(t) et S[ (t)
peuvent s'exprimer à partir d'une forme d'onde unique h(t) dont la durée est
évidemment égale à Tb :

1
Si(t) = Aih(t) ; i = 0,1
J
i On parle alors de Modulation d'Impulsion en Amplitude (MIA ou, en anglo-
américain; PAM. pour Pulse Amplitude Modulation). Ainsi, le signal e(t) en sortie
du-codeur en ligne peut encore s'écrire:
e(t) = :L,AiCk)h(t - kTt,) (2.1.2)
k

En général, pour simplifier les notations, le double indice i(k) csî'supprimé et


le signal e(t) s'écrit simplement sous la forme:
(2.1.3)
1
.)

où ak est maintenant un symbole binaire prenant ses valeurs dans l'alphabet'


{Ao, AI} avec la convention suivante:

1. ak = Ao si ak = 0
ak = AI si ak =1
1
~t
L'opération précédente peut être généralisée en associant à chaque mot de 11
éléments binaires (n-upIet) issu du message, un signal Si(t) de durée T = nTb,
choisi parmi M = 2n signaux, en fonction de la valeur du n-uplet. L'expression du
signal e(t) eh sortie du codeur est donnée par (2.l.l) en remplaçant TI> par T :
e(t) = :L,SiCk)(t-kT); i(k)=O,l •...•(M-l) (2.1.4)
k
Pour la plupart des codes de ce type, les signaux Si(t) peuvent aussi s'exprimer
en fonction d'une forme d'ondeunique :
S;(t) = Aih(t)
; i= O,l,... ,(M -1)
Ainsi en adoptant la notation simplifiée (2.1.3), le signal e(t) peut encore
s'écrire sous la forme :
e(t) = }:;akh(t - kT) (2.1.5)
k

où les ak sont dès symboles M-aires qui prennent leur valeur dans un alphabet à M
éléments {Ao,AI •... ,AM-tl.
L'utilisation de symboles M-aires permet, en général, à débit binaire donné D, de
réduire la rapidité de modulationR en sortie du codeur en ligne, puisque:
',\ ,R ~ ___!!___:_
(2.1.6)
log2~i
~...
Dans les exemples précédents, les symboles ak qui caractérisent le code en ligne
sont, comme les mots binaires qu'ils représentent, mutuellement indépendants.
Nous verrons que l'on peut être conduit, pour des raisons que l'on examinera plus
loin, à définir des règles de codage telles que les symboles ak soient corrélés entre
eux ; nous présenterons à la fin de ce chapitre un exemple de code en ligne à
symboles ak corrélés.

11.1.2. Critères de choix d'un code en ligne


Pour les transmissions en bande de base; le milieu de transmission est constitué
par un câble (bifilaire ou coaxial) caractérisé par sa bande passante. Le code en ,j

ligne doit d'abord être choisi pour assurer la compatibilité entre le débit D à
transmettre et la bande passante du milieu de transmission (choix d'un nombre
d'états M). '
D'autres contraintes peuvent encore exister pour le choix d'un code en ligne;
illustrons-les à l'aide de-trois exemples.
- Lorsque la distance entre la source de message et le destinataire est importante,
alors le signal issu du codeur en ligne doit être périodiquemerit « régénéré »pour
compenser l'atténuation et la distorsion apportées par le câble. Cette opération de
régénération est réalisée à l'aide de dispositifs électroniques (répéteurs-
régénérateurs) qu'il faut alimenter en courant continu. Ce courant conti nu, dit de
téléalimentation, et le signal associé au code en ligne utilisent en général Je même
câble pour des raisons économiques évidentes. Pour éviter toute interférence entre
ces deux signaux, le spectre du code en ligne doit alors être nul au voisinage de la
fréquence zéro (le spectre d'un courant continu est constitué par une raie à la
fréquence zéro).
- Pour réaliser le décodage, le récepteur a besoin de connaître le rythme de la
transmission, c'est-à-dire la fréquence, égale à 1/ T, à laquelle les symboles Qk ont
été transmis. La présence d'une raie à cette fréquence dans le spectre du code en
1 igne facilite la récupération du 'rythme de la transmission en réception.
- En imposant certaines règles pour le codage des symboles ak' telles que, par'
exemple, des configurations de symboles interdites, le récepteur pourra détecter la
présence anormale d'erreurs de transmission, et disposer ainsi d'éléments pour
estimer la qualité de la liaison.
Nous venons de voir que les critères de choix d'un code en ligne dépendent en
partie de ses propriétés spectrales. Il est donc nécessaire de savoir déterminer la
densité spectrale de puissance, que l'on appellera souvent simplement le spectre,
d'un code en ligne; c'est l'objet du paragraphe suivant.
l4 Transmission en bande de base sur CQ1Ul1 idéal
Il

il II.!.3. Densité spectrale de puissance d'un code en ligne

Avant de donner l'expression de la densité spectrale de puissance d'un code en


.'

ligne, remarquons que le signal eU) en sortie du codeur peut être interprété co.r_nme

:!~ ................

.-:~~
le résultat du filtrage d'un signal a(t) par un filtre dont la réponse impulsionnelle
est égale à la forme d'onde h(t)
. .',. ï
/-..., :
e(t) = a,(t) ® h(î) ../
'" . ~
(2.1.7)

III
",_
......J
......~
..-........
,

~!
"

/ ....
avec: a(t) = .~:ak8(t-kT) (2,1.8)
.' .. '"
k

le signe ® désignant l'opération de convolution. Ainsi la densité spectrale de


puissance YeU) du signal e(t) peut s'exprimer en fonction de la densité spectrale
,1 de puissance, Ya(.f), du signal a(t) par la relation;
li (2d.9)
',1
où HU) est la transformée de Fourier de la forme d'onde h(t), et ra(f) une
fonction de la fréquence qui ne dépend que des propriétés statistiques des symboles
ak (et que l'on appelle souvent densité spectrale des symboles).

Le calcul de la densité spectrale de puissance ra(f) du signal a(t) est développé


dans J'annexe I, dans lecas général de symboles corrélés. On obtient: a"
. --"" '\,.2"--2(/-'::'" m2 k.
L. o(f--)
00

; .Xa(f)=~:+----l..1L :Lf;(k)co,S21tlifT:f"-t (2.1.10)


l, .
" · ..T .T. k;;:.l" '; . ". .'\ ...,) . T k=-oo T
où ma' ~ et r~(k)désignent respectivement la moyenne, la variance et la
\ fonction d'autocorrélation normalisée des symboles ale (centrés). En tenant compte
du fait que le message numérique est constitué par une suite stationnaire d'éléments
1 binaires ai, les symboles ak sont aussi stationnaires et nous avons;

ma =E[a,al 'r:In
(2.1.11)
\ .
'r:In,k \

La densité spectrale de puissance du signal défini en (2.1.3) comprend donc une


partie continue r~(f) : ->,

r;(f)=<~'~~(ji +'2~~'IH(ftfr~(k)COS21tlgr (2,1.12)


k=1
cl LIlle partie discrète r1(f), constituée par un ensemble de raies aux
fréquences k / T :

(2.1.13)

On notera que le deuxième terme de (2. L 12) est une série qui ne converge vers·
une fonction ordinaire de la fréquence (par opposition à une série qui ne convergerait
,,~I'IlUsens des distributions) que si le terme n(k) tend suffisamment vite vers 0
quand k ~ OQ. Lorsque la moyenne ma des symboles ak est nulle, la densité
spectrale de puissance du code en ligne se réduit à sa partie continue. Enfin
remarquons que si l'intégrale de la forme d'onde h(t) sur l'intervalle [ 0, T r est
nulle :
s: Iz(t)dl = H(O) =0
la densité spectrale de puissance du code eo ligne s'annule à la fréquence zéro.

La densité spectrale de puissance d'un code en ligne dépend donc de la


transformée de Fourier de la forme d'onde h(t) et des propriétés statistiques des
symboles ak . En choisissant judicieusement la forme d'onde h(t) et en introduisant
ciela corrélation entre les symboles ak, la densité spectrale de puissance d'un code
cp ligne pourra satisfaire à certaines contraintes. On pourra, par exemple chercher à
annuler ou à faire apparaître des raies dans la densité spectrale de puissance pour
certaines fréquences, ou encore imposer une décroissance à l'infini de l'enveloppe
de la densité spectrale de puissance en r+r'.
etc. .'

/1.1.4. Exemples de code en ligne ..! •.


1
• 1
)' t
~: .
" . r:.
11.1.4.1.Les codes en ligne à symboles indépendants
Pour cès codes en ligne, les symboles ak sont indépendants ct ainsi la fonction
de corrélation r~(k)est nulle quel que soit k différent de zéro,
L'expression de la densité spectrale de puissance du signal a(t) se simplifie et
devient égale à :
... .. ' . ~ '" .

/~~a'(J)~E$-.+;rJ.-ii~(~~~). (2.1.14)

J\,pn d'autres tennes:·la·p~ie c~ntinue·d::;t)'e du codene ~épend plus que dc


la for.me.
d'onde h(t). Nous pouvons maintenanr présenter quelques exemples de
codes en ligne à.symboles indépendants.' ..... - ..
• Code NRZ binaire (Non Retour à Zéro)
Pour ce code en ligne, à chaque .élémenr binaire ak du message, on associe un
symbole ak avec: // .'

1 '_.1
\ ' .1. ~ ,
16 Transmission en bande de base SUT canal idéal

La forme d'onde h(t) est une « porte» d'amplitude V et de durée Tb :


" ". {V' '.'Vt
( h(t')=
E [0,1[,[
...() i ailleurs
"""'.
,
Un chronograrnme du code NRZbinaire est représenté sur la figure Il-L

e(t) 1 0 1 0 t 0 1 l 0 1

.~
L
1 1 1 1 °1 1 1 1 1
v ~ -
1
-v ~ -
Tb

Figure ll-l Chronogramme du code NRZ binaire

En tenant compte du fait que les éléments binaires ak sont i-i-d sur l'alphabet
{0,1}, la moyenne' ma des symboles ak est nuUeet leur variance :.o:~.~st égale à 1/

La densité spectrale de puissance du code NRZ binaire est donc égale à :;'

• Code lVRZ M-aice


Le code NRZ M-aire est une généralisation du code NRZ binaire. A chaque
ensemble de n éléments binaires issu.du.message, on associe maintenant un
symbole M-aire ak qui prend ses valeurs dans un alphabet A à M éléments:
A = {±1,±3, ... ,±(2p+ 1),... ,±(M -l)} avec M = 2n
La forme d'onde h(t) est toujours une «porte» d'amplitude Vinais de durée
T = nTb• puisque chaque signal transporte n bits d'information. En tenant compte
des hypothèses faites sur les éléments binaires issus du message, les symboles ak
sont i-i-d sur l'alphabet A' et ainsi leur moyenne est' nulle et leur variance est Cr;
égale à;
2 (M/2)-1
a~ =- L(2p+ 1)2
M p=t)
cc qui, après sommation, donne;
La densité spectrale de puissance du code NRZ M-aire a donc pour expression;

.rs» =,(M: -1)V2T[ Si:;f.J = (M: -1)y2Tsinc2jT (2.1.16)

-10

ITb

Figure 11-2 Densité spectrale de puissance des codes NRZ binaire et M-ail'e (M = 4)
\.:. .

Le lecteur pourra se reporter au paragraphe ,IV-1 pour trouver quelques


exemples dapplications des codes NRZ'M.;..aires.Nous avons tracé sur la figure
TI-2, pour une valeur à l'origine normalisee à 1; les densités spectrales de
puissance des codes NRZ binaire et quaternaire (M-aire avec M = 4 ).~exprimées en
dB (10 log de la densité spectrale-de puissance), en fonction de la fréquence
normalisée fTbo La densité spectrale de puissance des codes NRZ est constituée par
un lobe principal qui occupe la bande de fréquence [-11 T,li Tl. suivi par une
infinité de lobes secondaires. La densité spectrale de puissance d'un code NRZ
s'annule aux fréquences k l T (tend vers moins l'infini sur la figure II-2) et son
enveloppe décroît enf-Z.

• Code RZ binaire (Retour à Zéro)


Pour ce code, à chaque élément binaire ak du message, on associe un symbole
ak avec:
ak =1 si cxk =1
ak =0 si cxk =0
, 's.. .~
',,;'
Transmission en bande de hase sur canal idéal

<: \ .
r'

lOI' La forme d'onde h(t) est un signal de durée Tb constitué par une «porte»
d'amplitude V, de durée ÂTb (Ù < Â ~ 1) suivie d'un retour à zéro de durée
... ,,\\
(1- Â)Tb
-,
V 'it E [0, Â1[,[
h(t) ={0 \;;ft È [À.Tb, 'lb [

Un chronogramme de ce code est représenté sur la figure II-3 pour À. = 1/2.

c: ../ e(t) 1', 0 1 0 1 1 1 0 1 0 1 1 1 1 1 0 1 1 1

. Figure 11-3 Chronogramme du code RZ binaire pour À, = 1/2'"

Les éléments binaires ak étant. indépendants, de moyenne ma = 1/2 et de


variance 0';
= 1/4, la densité spectrale de puissance YeU) de' ce code est
constituée d'une partie discrète (ma :# 0) et d'une partie continue:

.y/j)·b V
2 '}'2
.II. 'lb
[: ..~ ./]' 2
Sln''1,Orb + I..
..
~2 ~ 2 [ sm:7r~~,
." ~ J2 (...
.8 f-:-!!:...
)
(2.1.17)
._..,~_ / 4 ;rfoIb ,
k=-o<> 4 7rk~.
'!
. Tb.

En général, le paramètre À est égal à 6,5 et seules les raies aux fréquences
(2k + 1)111, subsistent dans la densité spectrale de puissance de ce code, ce qui
donne:' "

La partie continue de la densité spectrale de puissance d'un code RZ, exprimée


en dB, pour  = 1/2 et pour une puissance moyenne du.code égale à 1 (Pm == 1),
est représentée sur la figure II-4, en fonction de la fréquence normalisée fTb.
'éNotons que la présence d'une raie à la fréquence 1/ Tb dans la densité spectrale de
puissance de ce code est de nature à faciliter la récupération du rythme de la
transmission en réception.
1) ----,----r------,,.-----r----...,-----,
.... . ·····t···· .... " "1- ..
....... : .
1,'1 • ..... -j-
• ::w 0" ,······t··
;
......... -
• 1

"""'1'"
1
.:10 . • ·r..·..·
, ,.... -v-:.. 1
• i
... .\ ..~

... .
1

411 ...

..... :'1' . .. , ".


1
1

2 4 .5

l'Tb

Figure ll-4 Densité spectrale de puissance du code RZ binaire pour :t = 1/2


(partie continue de la densité spectrale de puissance}

• Code biphase binaire (ou code « Manchester »)


Cc code en ligne utilise la même règle
. de codage
.
que le code NRZ binaire:
clk'= 1'" si a~=1
ak = -1 si ak == O'\
mnis la forme d'onde h(t) a pour expression:
--
ttl, ,li"
".f{
~tE[ 0; ~[

h(t) = :":;V
... ',./ ~tE[~ ,1t[
0<' ailleurs

Un chronogramme du code biphase est représenté sur la figure II-S.


e(t) tj 0, 0, 1, 0, 01 ] 1 1, 0, li
v

·v

Figure n-5 Chronogramme du code biphase


20 Transmission en bande de base sur canal idéal

Les symboles ak étant indépendants, de moyenne nulle et de variance unitaire, la


densité spectrale de puissance du code biphasé est égale à :

YI!(f) = v2r" sin2 ~b sinc2 ~b (2.1. J 9)

La densité spectrale de puissance de ce code, exprimée en dB, est représentée


sur la figure-Il-ô en fonction de la fréquence normalisée !lb, pour une puissance
moyenne du code égale à l (P,n = J). L'intégrale de la forme d'onde h(t) calculée
sur l'intervalle [0, T,,[.étant égale à zéro. la densité spectrale de puissance du code
biphase s'annule à la fréquence zéro. Ce code en ligne présente toujours des
transitions (+ V ~ -Vou inversement), quelle que soit la valeur ( 0 ou J) prise par
les éléments binaires ak' Nous verrons (cf. § VIT-2) que ces transitions sont de
nature à faciliter la récupération du rythme en réception.

;l(~
.:/ .. i····\ ••••..
(0..
:~
....
: 1·
-30 -\-..: (. '. .~ .

-35 .. \: 1
-40 \ / .
-45'--_ _.:_., ., ---lllll_. ·_..·.._.···_··~ __ --'-'-'--_.__,_ _ __,
-soo 1 2

frb

Figu.-e Il·6 Densité spectrale de puissance du code biphase en fonction de la fréquence


. normalisée fJi,

Nous avons indiqué au paragraphe II. 1.3 que la partie continue de la densité
spectrale de puissance d'un code en ligne dépendait de la transformée de Fourier de
la forme d'onde h(t) et de la fonction d'autocorrélation r:r(k) des symboles ak'
,1 Pour les codes en ligne à symboles indépendants, la forme d'onde h(t) est donc le
seul degré de liberté pour agir sur la partie continue de la densité spectrale de
puissance du code. En introduisant de la corrélation entre les symboles ak' tout en
conservant J'hypothèse d'une souree de message à éléments binaires i-i-d, il est
alors possible de disposer d'un second degré de liberté pour intervenir sur la forme
de la densité spectrale de puissance d'un code en ligne, et satisfaire des contraintes
IIpo(;tnllcs particulières comme, par exemple, obtenir une densité spectrale de
l)UÎS8ül.1CC nulle à l'origine.

Il.J.4.2. Les codes en ligne à symboles dépendants


Pour ces codes en ligne, les symboles ak ne sont plus indépendants bien que la
de message soit toujours à éléments binaires i-i-d. Nous allons illustrer ce
1l11UJ'C(\
1ype de code en ligne en décrivant un code célèbre, appelé code « bipolaire» (ou,
"0 angle-américain, code AMI pour Alternate Marked Inversion).
• Le code bipolaire
La corrélation des symboles ak est réalisée en affectant alternativement les
valeurs +1 et - 1 aux symboles ak lorsque l'élément binaire. ak est égal à 1. La
lègle de codage est alors la suivante :: .
dk=±1 si ~k=l
ak~O si dt:::::'O
La moyenne ma des symboles ak est nulle et leur variance <T; est égale à 1/2.
Le calcul de la fonction d'autocorrélation normalisée r~(k)des symboles a.r peut j;

Né faire simplement en considérant d'abord le cas où k::;; 1, puis en généralisant à k


quelconque. Lorsque k = 1, seules les réalisations an ==1 et an = -1, apportent une
contribution non nulle dans le calcul de r;(l). En tenant"compte du fait que la
l'onctiond'autocorrélation est paire et que:
1
pr{ak =-l}= p"{ak = 1}==4"

pr{ak = 11ak-l = -l} =Pr{ak =-11 aH = 1} =~


on a:
E[anal!±d = (1).,(-I)P~{ail = l,an±(= -q + (-l).(I)Pr{a,,-;;:-l,adl ==I}
.. .:'.' '. ::. 2 .. ::'-1...::;;-,

cc qui donne, en tenant SOqlptedu fait que <Ta est égal.à 1/;,'7-': :
i " 2 2 '1
~~fP
......-,"
= 8(1)·(-]) +8(-1).(1) = -'2...
. ,

En suivant la mêm~·démarche pour k quelconque et différent de 1, il est facile


de montrer que: .,
r~(k)::: 0 'v'lkl:2:2
On a donc, d'après (2.1.10):

Ya(f) = 2~) + ;b (-~)COS2Jiflb

soit : YaCf") == ;b sin2 7ifTb (2.1.20)


22 Transmission en bande de base SUT canal idéal

On constate sur cette expression que la densité spectrale de puissance des codes
bipolaires s'annule à la fréquence zéro, et ceci indépendamment de la forme d'onde
h(t) utilisée, Cette caractéristique est due au codage particulier adopté pour les
symboles ak. On démontre en effet que si la somme courante Sc(n) des symboles
ak d'un code en ligne, définie par la relation: .
n
Sc(n)= Lak
k=-n
est bornée pour tout n, alors sa densité spectrale de puissance s'annule à la
fréquence zéro (voir annexe 1).

Pour le code bipolaire, cette somme Sc{n) est égale à -1,0 ou 1,et ceci quelle
que soit la valeur de l'indice Il ; le code bipolaire est donc un code à somme bornée.
Pour compléter la définition du code bipolaire, il faut choisir la forme d'onde
h(t) ; le plus souvent, on utilise une forme d'onde de type RZ:

hCt)={V \itE[O,~[
o ailleurs

Un chronogramrne du code bipolaire RZ est représenté sur la.figure II-7.

e(t) 1 1 0 1 Olt 1 0 1 Olt 1 t 1 Olt 1

-v
Figure 11-7 Chronogramme du code bipolaire RZ

La. densité spectrale de puissance du code bipolaire RZ a alors pout


expression:

V2Tb sin2 «n.


re (f) ::.:: sinc2 fIb (2.1.21)
4 ":J~b 2

Elle est représentée en dB SUT la figure II-8, en fonction de la fréquence


normalisée fIb, pour une puissance moyenne du code égale à 1 (P,,, = 1).
Notons que la récupération de rythme de la transmission à partir d'un code
bipolaire RZ est assez simple à réaliser. En effet, en effectuant un redressement
double alternance d'un code bipolaire, on obtient un code RZ binaire qui possède
une l'aie il. la fréquence 1/ Tb dans sa densité spectrale de puissance.
....
t'Tb

Figure II-8 Densité spectrale de puissance du. code bipolaire RZ

Le code bipolaire RZ satisfait un grand nombre des contraintes que l'on


s'impose dans la pratique pour le choix d'un code en ligne: il est simple à mettre
en œuvre, il permet la détection d'erreurs par le contrôle de la somme courante, il
n'a pas de raie à la fréquence zéro (avantage pour la téléalimentation), sa densité
spectrale de puissance est nulle à l'origine (code à somme bornée) et, comme nous
l'avons dit plus haut, la récupération de rythme est aisée.
MaÎ!> la présence d'une raie dans le spectre suppose implicitement la
stationnarité des éléments binaires a, du message, c'est-à-dire un nombre équilibré
de 0 et de 1. Seulement, en pratique, il se peut que Je message à transmettre
contienne une très longue suite d'éléments binaires ak égaux à O. de sorte que le
signal résultant est nul pendant un long intervalle de temps. Dans ces conditions,
l'amplitude de cette raie décroît assez fortement et la puissance du signal recueilli
après filtrage peut devenir insuffisante pour assurer la récupération du rythme de la
transmission; le récepteur perd alors la synchronisation.
On a donc été conduit à imaginer des codes qui ont les avantages du code
bipolaire sans en avoir cet inconvénient; le code HDBn (Haute Densité Bipolaire
d'ordre n) en est un exemple.
• Le code HDBn
Le code HDBn est un code, dérivé du code bipolaire, dans lequel on interdit
plus de Il symboles ak successifs nuls; le n + Lièrne élément binaire ak d'une
suite de n + 1 zéros consécutifs est codé par un symbole ak égal à ±1, le signe étant
choisi de telle manière qu'il viole la règle d'alternance; et pour éviter qu'une très
longue suite d'éléments binaires égaux à zéros n'induise l'apparition de symboles
. ak de moyenne non nulle, on impose en outre aux « viols» de satisfaire entre eux
la règle de l'alternance. Mais il se peut alors que le récepteur ne puisse pas
reconnaître un symbole de viol comme tel (s'il est de signe contraire au 1
précédent); dans ce cas, on code le premier 0 de la suite des n + 1 zéros consécutifs
24 Transmission en.bande de base SUT canal idéal

avec un symbole ak = ±1, du même signe que le viol qui lui succède; ce symbole
est appelé symbole de « bourrage ».
.L'algorithme de codage est résumé ci-dessous (figure.U-9a) pour n ={, :

ak -t 1-1 0 0 -1') [+i 0 0 +l 1


B- 0 0 Y- o 0 0 v+ B+ 0 0 y+

Figure ll-9a Algorithme du code HDB3

ct la figure 11-9breprésente un exemple de chronograrnme du code HDB3 (8 et V


représentent respectivement les symboles de bourrage et de viol).

e(t).{~.' 0, 1 , 0 1 0 1 0
°, 0 1 l 1 1 0 ,0 , 0 ,0 J 1 1

B+ v+
vp ,.'. \ '0 n n
.v ~
lU ".
1;(".;..
'- ...~ ~.~..~~..".~':'-r,
D'·,
.
v-- _.
. .0 0
1
....:'; ...• . /..
Figure n-9b Chronogramme dl! code HDB3

En procédant ainsi, les symboles ak sont toujours à moyenne nulle et la densité


spectrale de puissance du code HDBn, représentée sur la figure Il-Iû, est continue.
On constate que la modification de la règle de codage des symboles ak a en fait très
peu d'influence sur la forme de la densité spectrale de puissance de ce code
bipolaire particulier. Pour clore Ladescription des codes bipolaires. on notera que
J'introduction de corrélation entre les symboles llk permet de détecter en réception
III l'n~svllccde certaines configurations d'erreurs de transmission: pour un code à
111111111" bornée par exemple, on utilisera le dépassement de la somme courante
1III1Ulle critère de détection d'erreurs.

o.--~---,---~~--,

-5 .... J

-20 1·
-25

ITb

Figure Il-Iû Densaë spectrale de puissance du code HDB3

Remarque importante sur la bande occupée par un code en


ligne
N0.!,lsvenons de voir que l'enveloppe de la densité spectrale de puissance des
codes eo ligne présentés dans ce chapitre tend asymptotiquement vers zéro lorsque la
fréquence f tend vers l'infini. La bande occupée par ces codes en ligne est donc
infinie; ceci vient essentiellement du fait que les signaux 5i(t) sont de durée finie.
Mais il convient de noter que, contrairement au cas des transmissions analogiques, la
bande nécessaire à la transmission d'un message numérique ne peut se déduire de la
bande occupée par le signal utilisé. En effet. en transmission numérique, le récepteur
doit simplement identifier le signal émis S;(t). c'est-à-dire déterminer la valeur de
l'indice i à partir du signal reçu. Si le signal est filtré en vue de limiter sa bande,
cela De remet pas nécessairement en cause la possibilité pour le récepteur d'identifier
parfaitement les signaux émis Si(t) (insistons sur le fait que le rééepteur n'a pas à
restituer au destinataire le signal émis S;(t) mais seulement à prendre une décision).
Ainsi, nous verrons au paragraphe m.l.l que la bande nécessaire à la transmission
d'un message numérique dépend de la rapidité de modulation du signal transmis, mais
est indépendante de la forme des signaux 5;(t) ; par exemple, un code NRZ et un
code RZ de même rapidité de modulation nécessiteront la même largeur de bande.
26 Transmission en bande de base sur canal idéal

!
'1 ,-~-~.\ \. ;,,>-'" ~\\ -.

\ \, .'.
\. '.~,.,ii.2. Transmission
'. "
d'un code en ligne sur un canal idéal

11~2.1. Position du problème ,\.. _.......- "...-.------- ....


".
,1 Nous allonsmaintenant aborder le problème della tf~_nsmissLO'Il
1

en bandede ..~)
....~ \

base d'urj."messagenumérique constitué par une suite (l'tfé~ëliiS·binai;ês--èik';i=i-d


r \ sur l'alphabet (O,l J, émis à raison de Déléments binaires par seconde. Le signal
e(t) en sortie du codeur en ligne a pour expression:
\" \ /" cf" .''"::..{;'
i )
\.' . e(t) = I:ak'ft-? ~~T) .,i'-'i ._~
r: <, ,~".

k .;'-.. ,...------.-:.--
'. ..1..,.
_t .. r,
oü ak est un symbole binaire ou M-aire et h(t) est une forme d'onde de durée T.

l Il
,< /

\
Dans ce paragraphe II.2, nous allons plus particulièrement nous intéresser à la
structure du récepteur et au calcul de ses performances en termes de probabilité
d'erreur. Nous ferons l'hypothèse que le canal de transmission (au sens ou nous
l'avons défini au chapitre Il c'est-à-dire comprenant le filtre d'émission et le milieu
de transmission) est linéaire et invariant dans le temps (c'est un filtre linéaire), et
donc entièrement défini par sa réponse impulsionnelle ge(t). Nous supposerons de
1
plus qu'il possède une bande passante infinie, et qu'il apporte uniquement une
\
l'. -, atténuation a et un retard r, de sorte que l'on peut écrire:
\. "".....,..
geW, = a8(t..:.. r) (2.2.1 )
..,.~"" .'

,. En d'autres termes, les signaux émis ne subissent aucune déformation. Le canal


à bande passante infinie, qualifié parfois de «canal idéal »~'Ïi;,ïpas de réalité
physique. Il 'constitue toutefois un bon modèle qui peut être utilisé à chaque fois
i] que la bande passante du canal réel est suffisamment large pour transmettre le code
.r ,
:
'. ;:-'"
en ligne sans pratiquement modifier la forme de l'onde h(t). Après avoir étudié le
..
::r. cas du canal à bande passante infinie, nous examinerons le cas général d'un canal à
" bande passante limitée.
.j
! \ Pour présenter la structure du récepteur, puis optimiser ses paramètres, nous
1
- allons d'abord considérer la transmission d'un symbole binaire, puis d'un symbole
III " M-aire, unique, sur un canal à bande passante infinie. Nous étendrons ensuite les
1
.,résultats obtenus au cas de la transmission d'une suite de symboles sur ce même
canal.

....,
Il. 2.2. Transmission d'un symbole binaire unique

En se plaçant dans l'hypothèse de la transmission d'un symbole binaire unique


ao' le signal x(t) à l'entrée du récepteur est égal à :

x(t) = aaoh(t - r) + B(t)


oü h(t) est une forme d'onde de durée 1b et B(t) est un bruit blanc, gaussien,
centré, stationnaire, de densité spectrale de puissance YBU)
YEU) = ~o Vf
De façon à simplifier les notations, nous supposerons que l'atténuation a
apportée par le canal de transmission peut être compensée par un gain équivalent du
récepteur. Ainsi, dans la suite de l'exposé, l'atténuation a sera fixée à 1. De la
même façon, et sans nuire à la généralité de notre propos, nous prendrons un retard
r égal à zéro.
Nous supposerons dans un premier temps que Je symbolefij; prend ses valeurs
dans l'alphabet {-l,l} avec: "-
a.o=l si ao=}
ao=-l si ao=O
où ao est l'élément binaire d'information à transmettre{ .
Pour réaliser le récepteur, une idée qui vient naturellement à l'esprit est de filtrer
le signal reçu afin de minimiser la puissance de bruit. Toutefois, un filtrage trop
sévère va affecter également le signal utile. C'est pourquoi nous nous imposons un
récepteur linéaire et cherchons à optimiser sa réponse pour obtenir le meilleur ~.
compromis entre la réduction de la puissance de bruit et la dégradation du signal
utile.
Ainsi, pour décoder l'élément binaire i:ào·
(ou, ce qui est équivalent, le symbole.
ao) à partir du signal :tU):, nous allons considérer un récepteur constitué d'un
filtre, appelé filtre de iééeption, de réponse impulsionnelle gr(t) , suivi d'un
échantillonneur et d'un comparateur à seuil (figure II-11).

'\ <;

:(t)-+~ t;to - ~ - &0


~~
Filtre Détecteur
de réception à seuil

Figure n-n Principe d'un récepteur linéaire

L'échantillon y(to), prélevé à l'instant to en sortie du filtre de réception, est


comparé à un seuil S et une décision concernant la valeur de l'élément binaire ao
est prise selon la règle suivante :
y(to) >S alors âo = 1
(2.2.2)
y(to) <S alors âo =0
où âo représente le résultat de la décision prise sur l'élément binaire ao en sortie
du récepteur.
Le récepteur peut commettre deux types d'erreur: prendre la décision âo = 1
alors que ao = 0, ou inversement. Soient respectivement ~o et ~11es deux
probabilités conditionnelles de décision erronée avec :
28 Transmission en bande de base sur canai idéal

PeO = pr{ âo = 11 ao = o]
(2.2.3)
1::1 = pr{ &0 =0 1 ao = t}

Si {Po, pd est la distribution de probabilité associée à l'élément binaire ao'


alors la probabilité d'erreur Pt est égale à :
(2.2.4)

avec:

PI = pr{ao == i} i =0,1

Nous aUons maintenant, dans un premier temps, déterminer l'expression


générale de la probabilité d'erreur en fonction des paramètres de la chaîne de
transmission ; dans un deuxième temps, nous optimiserons cette chaîne en
cherchant la valeur des paramètres qui minimisent cette probabilité d'~rreur.

II.2.2.1. Calcul de la probabilité d'erreur


L'échantillon Y(to) prélevé en sortie du filtre de réception est égal à :
y(to} == aor{to) + b(to}
1 où r(t) est la réponse du filtre de réception à la forme d'onde h(t), et b(t) Je bruit
1
B(t) filtré par le filtre de réception:
r(L) = h(t) ® 8r(t)
b(t) = B(l) ® gr(t)

. ao
ConditionneUement à une valeur de l'élément binaire (0 ou 1). y( to), noté Y,
est une variable aléatoire gaussienne, de moyenne aOr(to) et de variance (J2: .

(J2 = E[b2(to)]

Partant de la règle de décision (2.2.2), la probabilité d'erreur P eS' écrit:


+... : ,.- -;~ . s
~ = POLpYlaj~~(y)dy+ PILooPYI(Xo~,(y)dy
où PYlao =1(y) et PYlao =0 (y) représentent respectivement les densités de probabilité
conditionnelles de la variable aléatoire y lorsque l'élément binaire tXo est égal à 1 ou
à O.
,
P
YJao=1
(y):::' 1
~2na2
ex~( (y - r(to
2a2
»2)
" (2.2.5)
1 ( (y+ r(to)J~
PYlao=o(Y) = "Vr.::--:i
2 'na-
exp - 2 2
a\

Nous avons tracé sur la figure fi-12 les deux densités de probabilité (2.2.5).
Pour un seuil S choisi arbitrairement. les deux probabilités conditionnelles de
décision erronée ~o et Pel sont représentées respectivement par les deux aires
ombrées.

'. <.
y
.1

-s-
Figure 1I·l2 Reprësentaüon des densités de probabilité conditionnelles

. En remplaçant les densités de probabilité conditionnelles par leur expression


(2.2.5) et en introduisant la fonction d'erreur complémentaire erfc(x) définie par <

erfc(x)::: R- J+oo
2 x exp(-u 2 )du (2.2.6)

la probabilité d'erreur Pe a finalement pour expression:


P. _ 1 . f r(to)+S 1 f r(to)-S
e- 2.
Poer, c. a"fi + 2.Pler c (J..fi (2.2.7)

Notons que certains auteurs préfèrent exprimer la probabilité d'erreur ~ en


utilisant la fonction Q(x) définie par :
......
Q(x):::
1 J+oo
~fii ( 2 ).
x exp -u /2 du

et reliée à la fonction d'erreur comp1émentairepar la relation:


erfc(x)::: 2Q(x..J2) (2.2.8)
Nous allons maintenant chercher à minimiser la probabilité d'erreur donnée par
(2.2.7). .
30 Transmission en bande de base sur canal idéal
!IrIl'
II.2.2.2. Seuil optimal

Le seuil optimal est obtenu en cherchant la valeur de S qui annule la dérivée de


la probabilité d'erreur (2.2.7), soit :

dPe =0
dS
ce qui conduit à résoudre l'équation:

Pl ex{ (r(t~~~ S)2) - Poex{


Le seuil optimal, noté Sapt> est alors égal à :

S =_i!_ln Po (2.2.9)
opt 2r(to) Pl

où In(.) désigne le logarithme népérien.


Le seuil optimal dépend de la distribution de probabilité {Po, Pl },"c'est-à-dire de
la structure du message ; si, par exemple, Pl > Po, le seuil se déplace vers les
valeurs négatives, de manière à « favoriser» fa décision âk = 1, c'est-à-dire
l'élément binaire le plus probable a priori. Lorsque Po = Pl = 11 2, le seuil optimal
est égal à zéro, le circuit de décision vient donc tester le signe de l'échantillon y( to)
pour décoder l'élément binaire 0:0' Ce résultat est finalement' assez logique
puisque, pour Po = PI = 1/ 2 , la valeur moyenne de l'échantillon y( to) est nulle et
son signe, en l'absence de bruit, dépend de la valeur de l'élément binaire ao.

II.2.2.3. Filtrage de réception optimal


. Le seuil optimal S étant déterminé, nous pouvons maintenant chercher la
réponse optimale du filtre de réception. En remplaçant le seuil S par sa valeur
.optimale dans l'expression de la probabilité d'erreur ~ et en posant:

P = r(tol et k = ..!...]n Po
(J.{2 4 Pl
la probabilité d'erreur Pe s'écrit:

p.
e
=.!.2 poerfC(p +~)+.!.
o 2
Plerfc(p -~)
P
(2.2.10)

Notons que p2est hOIiogène à un rapport signal à bruit: en effet, r(to) est
fonction du signal issu "du codeur en ligne (signal portant l'information à
transmettre) et (J représente l'écart-type de l'échantillon de bruit (c'est-à-dire la
valeur efficace du signal de bruit).

La distribution de probabilité {PO,PI} étant-donnée, nous pouvons maintenant


1) i rechercher la valeur du rapport p qui minimise la probabilité d'erreur Pc' En
calculant Ladérivée de la relation (2.2.10) par rapport à p, or peut constater que
cette dérivée est négative:
dPe
-=--poexp2· ((- p+k/p )2)
dp ..Ji
La probabilité d'erreur est donc une fonction monotone décroissante du rapport
p. Pour minimiser la probabilité d'erreur, il faut donc maximiser le rapport p. Ce
résultat devient trivial lorsque l'on considère des probabilités Po et Pl identiques
(seuil optimal nul). En effet, dans ce cas la probabilité d'erreur (2.2.10) est égale
à ..
,
1
~ =-erfc(p) (2.2.1l)
2
Evaluons maintenant l'expression du rapport p en fonction de la réponse
impulsionnelle du filtre de réception. D'une part, le signal vaut:

r(to) = r; gr(t)h(to - t)dt

et d'autre prut, la variance a2 du bruit est égale à :

.' '~2~ = ~o fJGr(f)f dl (2.2.12)


.! !
\ ..:
v.

En utilisant le théorème de Parseval, nous pouvons exprimer la variance a2 du


bruit en fonction de la réponse impulsionnelle gr(t) du filtre de réception,

a2 = No f+~g;(t)dt (2.2.13)
2 -..,
-
et finalement, le rapport p a pour expression :

r:gr(t)h(to -t)dt
(2.2.14)
p= ( +00 )1/2
{No J_~g;(t)~t

Pour maximiser ce rapport, utilisons l'inégalité de Schwarz qui s'écrit:

(r:U(t)V(f)dtYs (r: (t)dt)(r: u2 v2(t)dt) (2.2.15)

l'égalité ayant lieu lorsque: .:


u(t) = Kv(t) .(2.2.16)
K étant un coefficient de proportionnalité réel quelconque. En posant:
u(t)::::: g,(t) et v(t) = h(to - t) (2.2.17)
32 Transmission en bande de base sur collat idéal

le rapport p est maximal si la réponse impulsionnelle du filtre de réception est égale


à :
gr(t) = K hUo - t) (2.2.18)
et la valeur maximale Pmax est:

Pmax=~(f:h2(t)dtr2 =~!: (2.2.19)

où Eh désigne l'énergie de l'impulsion h(t).

=
Le filtre de réception qui maximise à l'instant t to le rapport p, c'est-à-dire qui-'\
minimise la probabilité d'erreur, est appelé lefiltre adapté à la forme d'onde h(t) ~.
sa réponse impulsionnelle est donnée par (2.2.18) .
et sa réponse en fréquence . a
pour expression :
Gr(f) =K H*(f)e-j2'1ifto

En général. la réponse en fréquence d'un filtre est une grandeur sans dimension et
ainsi sa réponse impulsionnclle est homogène à l'inverse d'un lemps. Dans
l'expression (2.2.18) de g,(t), K étant une constante, il est toujours possible de
choisir J'a valeur de celte constante pour garantir. l'homogénéité de la réponse
impulslonnelle du filtre de réception. •
Le coefficient K qui intervient comme un gain (ou une atténuation) dans
-l'expression de gr(t), ainsi que l'instant de décision 10peuvent être quelconques. En
effet ces deux. pararïïètres n'ont aucune influence sur la valeur du rapport p.
Toutefois, pour assurer la causalité du filtre de réception, il est nécessaire que:
Cr(t) = 0 pour t:S; 0
Il faut donc choisir 10::::7j, pour une forme d'onde de durée 11 ; ceci pout encore
s'Interpréter en disant que la décision ne peut sc prendre qu'après avoir reçu la totalité
du signal émis.
Notons que la sortie r( t) du filtre adapté en l'absence de bruit est aussi
proportionnelle à la fonction d'autocorrélation net) de ln forme d'onde h(t)
translatée en t::: 10. Bn effet nous avons:
+-
r(t)=K
J_.. h('t)h.(fo-t+'t)d'C
En tenant compte du fait que la fonction d'autocorrélatiou n(t) est égale à :
(+..
rh(t) ~ J_..'l('t)h('t - f)d't (2.2.20)

ta réponse r(t) a pour expression:


r(t):::: KD.(r-to) (2.2.21)

La sortie du filtre adapté, attaqué pal' l'impulsion fI(t), est donc un signal qui a
la forme de la fonction d'autocorrélation rh(t), centrée sur l'instant [0, c'est-à-dire
l'instant de décision; elle est donc maximale pour t = (0, et olle est proportion nelle
à l'énergie de la forme d'onde h(t) :
+- 2
1'(10) = K J_~ h (t)_d~. (2.2.22)
Nous avons représenté sur ln figure IT.-13la réponse hnpulstonnelle g,(t) du
flltre adapté ~ une forme d'oncle T,.U) de durée Tb at d'amplitude unité (signal
__ __ --_.-
--- . .. .. - _.
_ __.___._ ........ -----
rectnngulaire) pour K = 1/ Til, ainsi que la sortie /'(t) de ce filtre lorsque son entrée
est égafe il. hU) :

r(t)=l+ ti'o si to-:[I, ~t<fo.

r(t)=l-t 1-:) si [fj-;:;t<Io+1b

r(t)

....
1
~~

1 h Figure 11·13 Réponse impulsionnelle 8,(t) et réponse rCt) dufiltre adaptéà laforme
• d'onde h(t)pourun signal d'entrée égal à h(t) (h(t) " signal rectangulaire)

II.2.2.4. Probabilité d'erreur minimale


Après avoir déterminé la valeur du seuil et la réponse du filtre de réception
optimales, nous pouvons maintenant déterminer l'expression de la probabilité
d'erreur minimale f'e. En général, cette probabilité. d'erreur est exprimée en
fonction du rapport Eb / No, où Eh représente l'énergie "dûsignal reçu à l'entrée du
récepteur lorsque l'élément binaire ao est émis, et No est Ill: densité spectrale de
puissance monolatërale du bruit. Comme le codeur en ligne associe à l'élément
binaire ao·.J.esignal aoh(t), l'énergie par élément binaire transmis Eb est donnée
par;
f.+OO 2 2
Eh::::;Loo ao h (t)dt

En tenant compte du fait que ao =±1, la probabilité d'erreur f'e est égale à :
P ::::-erfc
1 ~':......!L (2.2.23)
e 2 N. o

. La probabilité d'erreur ~ ne dépend donc pas de la forme de 1'onde h(t) mais


uniquement de son énergie. Deux formes d'ondes différentes, mais ayant même
énergie, conduiront donc à la même probabilité d'erreur. Sur la figure II....
14, nous
avons tracé la probabilité d'erreur ~ en coordonnées logarithmiques en fonction du
rapport Eh / No exprimé en dB.
34 Transmission.en bande de base sur canal idéal

10t~~~~~~~7.>.~~~~~~~~~~~~~~~~~
.:. ~HHh!!!HHTUH
... . . . YiHT!!
. . . , _

····..~········+·····
.. ·+···I~.·.:·······...: ; .
10.2 :n H ~H~Hl:: H1ii~~~~~il:1:: 1n Hn:~i:::~~~:111n 11~::::n!: :~:::: /: 1:: H::: H~H:::::!:
.... . ~ '; ':",
I:::~::::
:::::::::~:::::::::~:::::::::~:::::::::f::::::::
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~ , .,~
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_~10.9 ::~::: d:iiii!:! :i!::::::: iH:n!~à~:~~~:~ 1!!+ nH::: T ni~::::


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.4 :::::::::i::::::::T::::::::(:::::f::;::::F:::::::i::::::T:::::::1:::::::::;:::::::::
~ 10 'mE'E:';:";"W:E':' 1:""': :~" , m!':: ,,,'~,,:W' l"~"E' l:":'i"'i"m'T
......... : ~ ~: ; ; : ~ ~ ~ .
10.5 ;ff!~:::il ~:~::~'i fll ~l:::il i~!: i: i'! ~f~~:!:;::
~:::
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=!!~i:! fi::! '!:: rd::!;!,;;;
~.~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
. . . .. .
••••••••• ; ••••••••• : ••••••••• : ••••••••• : ••••••••• :- ••••• , ••• ;, •••••••• ~ ••••••••• :' •••• , •• .1 ••••••••••

10·& ,--_._' __ .L.' __ .1..' __ .1..' --.J..,--...,...J...' __ -,-,--,-,-' _-;--.L-_....J


o 2 3 4 5 6 7 8 .9 10
Eb/NOendB

Figure U-14 Probabilité d'erreur pour un code en ligne à symboles binaires {-1, +1)
enfonction du rapport s; / No en dB

La probabilité d'erreur tend vers zéro lorsque le rapport Eb / No tend vers


j'infini. La décroissance de la probabilité d'erreur est lente pour les faibles valeurs
du rapport Eb / No et rapide dès lors que ce rapport dépasse quelques dB. La
valeur maximale de la probabilité d'erreur est de 1/ 2 lorsque le rapport Eb 1No
, tend vers zéro (-00 en dB ). La courbe de probabilité. d'erreur présentée sur la
figure n-14 peut être utilisée pour évaluer les performances du code NRZ binaire et
du code biphasé, mais ne peut être utilisée pour le code RZ binaire; en effet pour le
code R~·~ina.lrele symbole ao
prend ses valeurs dans l'alphabet {O,+1} et non pas
(-1,+1}.

n.2.2.5. Cas du code RZ binaire


En suivant la même démarche que précédemment et en supposant que l'élément
binaire eto prenne les valeurs (0,1) de façon équiprobable (PI = Po = 1/2), la
probabilité d'erreur pour un code RZ binaire est, d'après la relation (2.2.7), égale
à:
Le seuil optimal Sapt est obtenu en calculant la valeur du seuil S qui annule la
dérivée de la probabilité d'erreur, soit__:....... .' \
." . \
i S = r(to) (2.2.24)
! 'opt 2 1
'. • ••••• •••41

En remplaçant le seuil S par sa valeur optimale (2.2.24), la probabilité d'erreur


est égale à:

~ = ~ eIfc(p) avec p = ;~::h (2.2.25)

Le minimum de la probabilité d'erreur est obtenu en maximisant le rapport p,


c'est-à-dire en utilisant un filtre de réception adapté à la forme d'onde h(t). Avec un
code RZ, le symbole ao prenant deux valeurs non symétriques par rapport à zéro,
cette probabilité d'erreur sera exprimée en fonction du rapport Emb 1 No, où Emb
désigne l'énergie moyenne reçue à l'entrée du récepteur par élément binaire
transmis:

Emb = t;E[ao2] h 2(t)dt


-00

En tenant compte du fait que E[ aô 1=


1/2, la valeur maximale, donnée par
(2.2.19), du rapport p est désormais e.gJe à : .

Pmax 1 (+00
/];J f
= 2"\1No h2(t)dt )1/2 = ~ _...mb_ (2.2.26)
-00 2NO
Et finalement, la probabjlité d'erreur pour un code RZ binaire a pour: '._
i , _•.
;, ". ''t,,' .. '.
expression: : .. .;'~

i, ~ = -erfe
1 ~ __!!l/2_ (2.2.27)
..··-.---1 .•....'. 2No !

Les performances du code RZ binaire sont inféù~ul'es à celles du code NRZ


binaire ou du code biphase. TIfaut augmenter le rapport Emb / No de 3 dB pour le
code RZ binaire pour obtenir des performances identiques à celles du code NRZ
binaire ; ceci se comprend aisément puisque le signal RZ a une composante
continue non nulle qui consomme de l'énergie en pure perte. Dans le cas d'un
alphabet binaire dont les valeurs sont symétriques par rapport à zéro (code NRZ par
exemple) Emb est simplement égal à Eb'

Remarque
Le calcul des performances du code RZ binaire peut aussi se faire en remarquant
que la sortie y(m) du filtre adapté peut se mettre sous la forme:

y(to) = r~to) +(2ao -1) r(~) + b(to) =


ao 0,l

En considérant l'observation définie par :

Yc(ro) = y(to) _ r(~)


36 . Transmission en bande de base sur canal idéal

et en posant:

aô =200 -l, O(~=±l

le décodage d'un code RZ binaire à partir d'une observarion bruitée Yc(to) se ramène
'. au problème du décodage d'un codeNRZ binaire avec ;

Yc(t{)=~~+b(to)

Les performances d'un code RZ binaire s'obtiennent. finalement en remplaçant.


r(lo) par r(/Q) 12 dans l'expression (2.2.11) de la probabilité d'erreur d'un code NRZ
binaire.

Fe = terfc(p) avec p = ;~'1z


ce {lui conduit à la même expression de la probabilité d'erreur que celle trouvée en
(2.2.25).

Il. 2. 3. Transmission d'un symbole M-aire unique


Considérons maintenant la transmission d'un symbole M-aire sur .un canal à
bande passante infinie. Le signal x(t} reçu par le récepteur est égal à :
x(t) = aOh(t) + B(t) (2.2.28)

où ao est un symbole M-aire. h(t) une forme d'onde de durée T = nIb, et B(t) un
bruit blanc gaussien de moyenne nulle. La structure du récepteur est inchangée, il
est toujours constitué d'un filtre de réponse impulsionnelle gr(t) suivi d'un
échantillonneur et d'un comparateur à (M -1) seuils Sp' En utilisant les notations
du paragraphe précédent, la sortie y(t) du filtre de réception à l'instant to est égale
à:

Supposons que le symbole M -aire ao utilise de façon équiprobable les M


valeurs de l'alphabet A :
A = {±1,±3,...,±(2p+l) •...•±(M-l)} ; M=2n
Le décodage du symbole ao est réalisé en comp'arant l'échantillon y(to} aux
différents seuils Sp> pe{((-M/2)+ t),... ,O,... ,t{M/2}-1)}, et la décision
âo = (2p + 1) est prise à chaque fois que y(to) est compris entre le seuil Sp et le
seuil Sp+l : .

(2.2.29)
Pour décoder les valeurs extrêmes ±(M -1) de l'alphabet A , l'échantillon
Y(/o) est comparé à un seuil unique:

âo = (M -1) si y(to) > S(M/2)-1


(2.2.30)
âo = -(M -1) si y(to) < S(-M/2)+1

Conditionnellement à chaque valeur du symbole ao' la probabilité d'erreur


conditionnelle ~(2p+l) peut être déterminée ;
~(2P+I)=Pr{âo:;é2p+ll ao=2p+l} (2.2.31)

La probabilité d'erreur ~ est alors définie comme la valeur moyenne des


probabilités d'erreur conditionnelles ~(2p+O' En tenant compte du fait que toutes
les valeurs de l'alphabet A sont utilisées avec la même probabilité 1/ M, la
probabilité d'erreur Pe est égale à :
1 ~Mf2)-l
~ =M LPe(2p+l) (2.2.32)
p=-M/2

Il.2.3.1. Seuils optimaux.


Nous allons maintenant évaluer les valeurs optimales des seuils Sp qui
minimisentla probabilité d'erreur Pe. Dans le paragraphe précédent, nous avons vu
que pour un symbole binaire identiquement distribué sur l'alphabet {-1, l},le seuil
optimal était au centre de l'intervalle délimité par les deux valeurs possibles de
l'échantillon aor(to). Pour un symbole M-aire identiquement distribué sur
l'alphabet A, les seuils optimaux Sp' doivent aussi, a priori, se trouver au centre de
chaque intêrvalle délimité par deux valeurs consécutives de l'échantillon ao *0)'
Ainsi, de façon à simplifier le calcul des seuils optimaux, écrivons que chaque seuil
Sp est situé à l'intérieur d'un intervaIJeet à une distance sp de son milieu:

SI' = 2pr(to) + sp avec Ispl::; r(to) (2.2.33)

=
Il nous reste maintenant à montrer que SI} 0 conduit bien à un minimum de la
probabilité d'erreur Pe' Sur la figure n-15, nous avons représenté les différentes
valeurs possibles de l'échantillon QOr(to) et la position a priori des seuils Sp'

s, S ...I S(MI2)-1 y(to)


1 1 1 .,..
·-(M-l)r(to) -3r(to) -r(to) +r{to) +3r(/O) +(M-l)r(to)

Figure ll·lS Position des seuils de décision Sp pour une transmission de symboles M-aires
38 Transmission en bande de base sur canal idéal

En utilisant la règle de décision définie parles relations (2.2.29) et (2.2.30),


nous pouvons calculer les probabilités d'erreur conditionnelles Pe(2p+1)'
Conditionhellement à ao = 2p + 1 (p:t. -M /2 ou (M /2) -1), l'échantillon
y(to) est égal à :

y(to) = (2p + l)r(to) + b(to)


et la probabilité d'erreur conditionnelle ~(2p+J) s'écrit:
. } M M
~(2p+l) = 1- Pr { -r(to)+Sp < bUo) < r(to)+ sp+l ; p* -2;2-1 (2.2.34)

Conditionnellement à ao = ±(M -1), l'échantillon y(to) est donné par:


si ao =(M-l) y(to) = (M-l)r(to)+b(to)
si ao = -(M -1) y(to) = -(M -1)1'(to) + b(to)
et dans ce cas les deux probabilités d'erreur conditionnelles sont alors
respectivement égales à :

~(M-l) = Pr{ b(to) < -r(to) + S(Mm-1}


(2.2.35)
~(-(M-1)) = Pr{bUo) > r(to) + S(_(M/2)+1)}
En introduisant la fonction d'erreur complémentaire, et en appliquant la relation
(2.2.32) la probabilité d'erreur Fe devient:

. 1
P. =- ~
(M~-2 [1
-erfc
r(to) + sp+1 1
+-erfc
rCto)-sp]
e M p=-(M/2)+1 2 (J..fi 2 cy..fi
. (2.2.36)
. 1 1'(tO)-s(M/2)_1 1 r(tO)+s_(M/2)+1
+-erfc r;; +-erfc 'r;;
2M CY"'I2 2M (J"'I2
où cy2 = E[b2(to)] représente la variance de l'échantillon de bruit b(to).
On écrit que les dérivées partielles de la probabilité d'erreur f>e par rapport à sp
sont nulles :
d (r(to)+sp r(to)-sp) M M
-;- erfc rx + erfc tx =0 - - + 1::;;
P $- -1
os" av2 (Jv2 2 2
ce qui conduit à résoudre:

ex{ Wo~;,'p)}exp( M
--+l$p$--l
2 .
M
2

On en déduit que la valeur optimale des incréments sp est nulle, quelle que soit
la valeur de l'indice p :
Les seuils Sp sont donc bien au centre de chaque intervalle délimité par deux
valeurs consécutives de l'échantillon aor(to) lorsque le symbole Qo est
identiquement distribué sur l'alphabet A.

[1.2.3.2. Filtrage de réception optimal et probabilité d'erreur


minimale
En faisant sp =0 dans l'expression (2.2.36) de la probabilité d'erreur Fe, on
obtient:
M-l r(to) M-l
P
e
= --erfc--
M (,-fi = --erfc(p)
M
(2.2.37)

La minimisation de la probabilité d'erreur (2.2.37) est obtenue en maximisant le


rapport p, et donc, d'après ce que nous avons vu au paragraphe précédent, en
utilisant un filtre de réception adapté à la forme d'onde h(t), de réponse
impulsionnelle 8r(t) donnée par (2.2.18).

Le rapport p est alors maximal et égal, d'après (2.2.19), à :

Pmax = Fo
1 (""Loo h2 (t)dt )1/2

L'alphabet n'étant plus binaire, nous introduisons l'énergie moyenne Bill du


signal à J'entrée du récepteur, égale à:

(2.2.38)

On a:

(2.2.39)

ce qui donne, après sommation:


a: = M 3-1
a
2
(2.2.40)

En exprimant le rapport p en fonction de l'énergie moyenne Em' la probabilité


d'erreur (2.2.37) s'écrit:

(2.2.41 )
40 Transmission el! bande de base sur canal idéal

Chaque symbole M-aire étant représentatif de n = log2 M éléments binaires


d'information, l'énergie moyenne reçue Emb par élément binaire d'information
transmis, est égale à :
E
E b=--m- (2.2.42)
m log2M

La probabilité d'erreur (2.2.41) peut alors s'exprimer en fonction du rapport


Emf,fNO :

_ M -1 " 310gzM --
Emb
P ---erlC (2.2.43)
e M 1112-1 No
En général, on s'intéresse à la probabilité d'erreur ~b sur les éléments binaires.
Le passage de la probabilité d'erreur ~ sur le symbole M-aire à la probabilité
d'erreur Peb sur les éléments binaires n'est en général pas simple, mais on peut
toujours affirmer que : .

----~ s t:eb< pe
log2M
En général, l'association entre symboles M-aires et éléments binaires est réalisée
selon un code de Gray, ce qui permet de s'approcher de la borne inférieure de cette
inégalité.

-II.2.3.3. Code de Gray


Le codage de Gray consiste à associer à deux valeurs adjacentes de l'alphabet A
deux mots de n éléments binaires qui diffèrent uniquement par un élément binaire.
Pour M = 4 par exemple, le codage des symboles quaternaires pourrait être celui
présenté dans le tableau Il-L

Symbole Mot binaire


M·aire associé

-3 11
-] 10
1 i
00 ,
1

______ 3 ._._._._.1..._. __ ... __01


i
.__._ ..... _ 1
.;

Tableau 11-1 Exemple de codage de Gray ,


pour symboles quaternaires

Lorsque le rapport Emb/No est suffisamment élevé, les erreurs de décision les
plus courantes consistent à décoder le symbole {Ici par une valeur de l'alphabet A
immédiatement supérieure ou inférieure il la valeur du symbole (Jo' Ainsi une erreur
(le décision sur le symbole ao, conduit cn général à un seul élément binaire erroné
=
parmi fi log2 M. La probabilité d'erreur par élément binaire Pp,b peut donc être
approchée par la relation:

(2.2.44)

Il.2.4. Transmission d'une suite de symboles M-aires


Considérons maintenant le cas général de la transmission d'une suite de
symboles M-aires sur un canal à bande passante infinie. Le signal x(t) reçu par le
récepteur est égal à :
x(t) == I.akh(t- kT) + B(r) (2.2.45)
k

Comme précédemment, le récepteur est constitué ·d'un filtre de réponse


irnpulsionnelle gr(t) adapté à la forme d'onde h(t), d'un échantillonneur et d'un
comparateur à seuils. Le signal y(t) en sortie du filtre de réception est égal à:

y(t) == L.a~.l'(t":' kT) + b(t~ (2.2.46)


k.
avec :
.r(t) = !t(t) ® 8r(t)
b(t) = B(l) ® gr(t)

Pour décoder le symbole ail' prélevons un échantillon y(to + nT) en sortie du


filtre de réception à l'instant 10 + nT : -:»

y(to + nT):;::: ~>kr(to + (n - k)T) + b(to + nT) (2.2.47)


k

que l'on peut encore écrire, en posant m = n - k :


yeto + nT) == L.an-mr(to + mT) + b(to + nT) (2.2.48)
m
En tenant compte du fait que le filtre de réception est adapté à la forme d'onde
h(t),
grCt) = hUo - t)
on a:

r{to+mT)= r:h(t)h(t-~T)dt (2.2.49)


,
ce qui, puisque h(t) est de durée T, conduit à :
r(to) si m=O
r(to+mT)= { . (2.2.50)
o SI m:;tO
42 Transmission en bande de base slIr canal idéal

A l'instant to + nT, J'échantillon y(to + nT) dépend donc uniquement du .


symbole an et de l'échantillon du bruit:
y(to + nT) = anr(to) + bUo + nT) (2.2.51)

En présence d'une suite de symboles, l'échantillon en sortie du filtre de


réception est donc identique à celui obtenu lors de la transmission d'un symbole
unique. La probabilité d'erreur sur un symbole est donc indépendante du nombre
de symboles transmis. Elle est aussi indépendante du symbole considéré car le bruit
B(t) est stationnaire, et ses propriétés statistiques sont donc indépendantes de
l'origine des temps. Les expressions (2.2.43) et (2.2.44) de la probabilité d'erreur
par symbole et par élément binaire, déterminées au paragraphe II.2.3, sont donc
encore valables lorsque l'on considère la transmission d'une suite de symboles.

Remarque
Nous venons de voir que la sortie du tiltre de réception aux instants {rô"+ nT} ne .
dépendait que du symbole an et du bruit, et que le décodage du symbole an pouvait
être fait eo s'appuyant sur le seul échantillon y(to + nT). Cette règle de décision fait
implicitement "hypothèse que les échantillons prélevés en sortie du filtre de
réception sont non corrélés (et donc indépendants, puisque gaussiens). En effet, de
façon. tout à fait intuitive, on peut concevoir que si l'échantillon y(to+,nT) était
corrélé avec l'échantillon y{to + (n -l)T), il serait souhaitable de tenir compte de ces
deux échantillons pour décoder le symbole a". Montrons que les échantillons en
sortie du filtre de réception sont décorrélés en évaluant le coefficient de corrélation
Pnk défini par:
Pnk = E[y(to + nT)y(to + kT)]
En tenant compte du fait que les symboles M-aires sont indépendants entre eux
et vis-à-vis du bruit et que leur moyenne est nulle, on obtient:

pnk=E[b(1l)+nT)b(to+kT)] si n~k

avec :

b(to+ nT) = r: B(t)h(t -IIT)dt

Le bruit B(t) étant blanc:

E[ B(I)8(t')] = ~Ô(t - If)

le coefficient de corrélation Pnk. est finalement égal à :

pot =~ r: h(t - nT)h(t - kT)dt = 0 *'


Vn k
Les échantillons y(to + nT) prélevés en sortie du filtre de réception sont donc
indépendants et le décodage du symbole a" peut se faire cn observant le seul
échantillon )'( 1l) + nT) .

.1.1illl
Influence du paramètre A1 sur les performances des codes M -alres
Pour un code en ligne à symboles M-aires utilisant l'alphabet A et un codage de
Gray, d'après les relations (2.2.43) et (2.2.44), la probabilité d'erreur ~b par
élément binaire d'information est égale à :
D _ M-1 ......31og2M 5mz_
'eb - erre 2 (2.2.52)
Mlog2M M ·-1 No
Comparons par exemple les probabilités d'erreur Peb obtenues avec un code à
symboles binaires (M == 2) et avec un code à symboles quaternaires (M = 4).
Remarquons d'abord que la fonction erfc{x) décroît rapidement en fonction de son
argument dès lors que celui-ci est supérieur à quelques unités. Ainsi, en négligeant
le coefficient multiplicatif (M -1)/M log2M lorsque M passe de 2 à 4 (il passe de
0,5 à 0,375), nous nous intéresserons uniquement à l'argument de la fonction
erfc{x)pour comparer la probabilité d'erreur de ces deux codes.
A partir de l'expression (2.2.52) de la probabilité d'erreur Peb, on voit que le
code à symboles quaternaires nécessite une énergie moyenne par élément binaire
Emb supérieure de 10log(5 / 2) = 4 dB à celle d'un code à symboles binaires pour
obtenir une même probabilité d'erreur. Pour un rapport Emb / No donné,
j'accroissement du paramètre M conduit donc à une dégradation des performances
des codes à symboles M-aires.
La probabilité d'erreur par élément binaire E;,b peut encore s'exprimer en
fonction de la puissance moyenne Pm du signal utile. e(t), reçu à l'entrée du
récepteur: .

Pm = E[e2(t)V (2.2.53)

avec: e(t) = Lakh(t - kT)


k
La puissance moyenne 1;11 peut encore s'exprimer en fonction de la densité
spectrale de puissance YeU) du signal e(t) :
+~
Pm::: J -00 Ye{f)df (2.2.54)

Pour un code en ligne à symboles M-aires indépendants, en remplaçant la


densité spectrale de puissance YeU) obtenue à partir de l'expression (2.1.12)
calculée au paragraphe 11.1.3,la puissance moyenne P", est égale à ;

Pm = (1~
T
J+-'H(f)12 df
-00
(2.2.55)

L'énergie moyenne Em du signal reçu à l'entrée du récepteur par symbole


M-aire émis peut aussi s'exprimer en fonction de la puissance moyenne Pm par la
relation:
(2.2.56)
44 Transmission en bande de base sur canal idéal

D'après la relation (2.2.42) nous avons:


E - Em (2.2.57)
mb -log2M

et ainsi la probabilité d'erreur par élément binaire d'information (2.2.52) peut se


mettre sous la forme :

Pb'" M-J erfc ~ P.


3 __!!L (2.2.58)
e. Mlog2M M2 -1 NoR
où R = 1 / T représente la rapidité de modulation.
La quantité Pm / NoR est égale au rapport entre la puissance moyenne P,n du
signal reçu à l'entrée du récepteur et la puissance moyenne du bruit B(t) (de densité
spectrale de puissance monolatérale No) mesurée dans une bande de R = 1/ T Hz.
La quantité Pm 1 NoR est donc homogène à un rapport signal à bruit.
Pour une même rapidité de modulation R = l /T, le code à symboles
quaternaires nécessite une puissance moyenne ~II de 10log(5) == 7 dB supérieure à
celle d'un code à symboles binaires pour obtenir la même probabilité d'erreur.
Notons qu'à même rapidité de modulation, le débit binaire D du code à symboles
quaternaires est toutefois le double de celui du code à symboles binaires.
Enfin, en tenant compte du fait que [a rapidité de modulation R est liée au débit
binaire D par la relation:

R==___!!__
log2M
la probabilité d'erreur par élément binaire ~b est encore égale à :
M-l· c. 3log2M f!n
Peb"" erre 2 (2.2.59)
. M.log2M M - 1 NoD

En comparant toujours les codes à symboles binaires et à symboles quaternaires


p(mr un même débit binaire D, on observe d'après (2.2.59) qu'il faut augmenter la
puissance moyenne du code à symboles quaternaires de 4 dB par rapport à celle du
code à symboles binaires pour obtenir la même probabilité d'erreur.

Remarque.
Lorsque l'on considère une valeurquelconquedu paramètreM, on doit en toute
rigueur tenir compte du coefficient multiplicatif (M -l)jM log2M dans la
comparaisondes performancesdes codes à symbolesbinaireset à symbolesM-aires.
En fait, dès lors que le rapport signal à bruit est grand, les variations du coefficient
multiplicatif étant assez faibles en fonction de M, on continue en général à tenir
compte uniquement de l'argument de la fonction d'erreur complémentaire pour
comparerles performancesdes codes.

Sur la figure II-16, nous avons tracé la probabilité d'erreur Pt'b par élément
binaire en fonction du rapport Eh / No en dB (en fait E"'h 1 No), pour différentes
valeurs du paramètre M. On peut remarquer qu'à rapport Eb / No donné, les
performances des codes en ligne se dégradent lorsque la valeur du paramètre M
augmente. Cette dégradation des performances peut s'interpréter en remarquant que
pour une puissance moyenne p,,, du signal à l'entrée du récepteur, la distance entre
deux valeurs consécutives de l'amplitude du code en ligne, égale à 2V, est d'autant
plus faible que M est grand. Ainsi, en sortie du filtre adapté, aux instants de
décision, le code en ligne est de plus en plus sensible aux effets du bruit et les
risques de décisions erronées sont accrus.
Parallèlement à cet effet négatif, à débit numérique D donné, la rapidité de
modulation R diminue lorsque M augmente et ainsi la puissance moyenne a2 du
bruit en sortie du filtre adapté décroît. Cette réduction de la puissance du bruit, qui
apparaît. évidemment comme un effet positif, ne compense malheureusement pas
l'effet négatif précédent. .

. " , ,

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. . .
..,..
.................... ~'\.:

Figure II·16 Probabilité d'erreur P'b par élément binaire enfonction du rapport
Eb / No en dB pour un code à symboles M-aires

n.3.Résumé
Le chapitre commence avec la description du principe du codage en ligne, c'est-
à-dire de la correspondance entre les éléments binaires à transmettre et les signaux
46 Transmission en bande de base sur canal idéal

qui vont les représenter; le plus souvent, la modulation utilisée est de type MIA
(modulation d'impulsion en amplitude), c'est-à-dire que le signal transmis est de la
forme:
e(t) = Lakh(t - kT)
k

Une caractéristique du signal aléatoire associé aux éléments binaires est sa


densité spectrale de puissance. Considérant une séquence de symboles ak' de
moyenne ma' et de variance (j~. la densité spectrale de puissance du signal :
a(t) = Lak0(t - kT)
k

est donnée par la somme d'une densité continue et d'un spectre de raies:
(j2 20-2 +"" - m2 +.. k
Ya(f) =.J!..+_a Lr~(k)cos2nlçfT+-1- L, oU --)
T T k=l T k=-QQ T
Elle dépend en particulier de la fonction d'autocorrélation des syipboles. Dans
les situations réelles, on n'utilise pas bien sûr des impulsions de Dirac. mais une
certaine forme d'onde h(t). et la densité spectrale de puissance devient:

Ye(f)
T
ï
= (j~ IH(f)12+ 2(1~IH(f)12 r~(k)cos 2nl<;IT+ m~
T k=l T
ï IH(!)12 o(f - !::..)
k=-co T T

La densité spectrale de puissance dépend donc aussi de la transformée de


Fourier HU) de h(t) et le choix de l'impulsion donne donc un autre moyen de
jouer sur la forme de la densité spectrale de puissance. On retiendra cependant que
la densité spectrale de puissance du signal aléatoire, même si elle constitue une
grandeur importante, ne détermine pas, entre autres, la bande passante nécessaire
pour la transmission du signal.
NOliS avons présenté les critères, en particulier d'ordre spectral, qui peuvent
guider dans le choix d'un code en ligne, c'est-à-dire des signaux à associer aux
différents états possibles des éléments binaires à transmettre, et décrit quelques
codes parmi les plus utilisés (NRZ, RZ, bipolaire) en distinguant deux classes, les
codes à symboles indépendants, et les codes à symboles corrélés.
Une fois ce code choisi, nous avons déterminé le récepteur, constitué a priori
par un filtre et un échantillonneur, optimal en ce sens qu'il maximise le rapport
signal à bruit à l'instant d'échantillonnage, quand le signal est transmis à travers un
milieu de transmission dit « à bande infinie », c'est-à-dire ne déformant pas les
signaux transmis, et reçu en présence de bruit blanc gaussien additif. représentatif
du bruit présent dans les systèmes de transmission. .
Le résultat essentiel est le suivant: si les éléments binaires sont transmis en
utilisant des signaux proportionnels à une même, forme d'onde h(t) (modulation .
MIA), de durée T, le récepteur qui maximise le rapport signal à bruit est constitué
par lefiltre adapté à la forme d'onde lz(t), de réponse impulsionnelle h(to - t), suivi
d'un échantillonneur aux instants to + kT (k entier), et d'un circuit de décision qui
compare J'échantillon par rapport à un seuil.
Dans le cas d'une transmission binaire utilisant des signaux équiprobables
antipodaux, c'est-à-dire opposés, donc de même énergie Eh, le seuil optimal est
égal à 0 et la probabilité d'erreur est donnée p~ ~,
---·--ï- - -_..---E
i.... ~'\\
i\ P.e = -erfc%.
2 N. ;
. -.......,..... _
, ....... -._, .._---._~
0/ i '
oü No est la densité spectrale monolatéraJe du 'bruit. On notera que la probabilité
d'erreur ne dépend que de l'énergie des signaux et non de leur forme temporelle.
L'analyse a ensuite été étendue au cas de la transmission de symboles à plus de
deux états (symboles dits M-aires, avec M supérieur à 2), toujours dans le cas où
les différents signaux possibles sont proportionnels à une même forme d'onde. La
structure du récepteur reste semblable, le premier étage est toujours le filtre adapté à
h(t), mais le comparateur comporte cette fois plusieurs seuils, Le calcul de la
probabilité d'erreur a été effectué, et on a montré que la puissance moyenne requise
pour garantir une même probabilité d'erreur est augmentée par rapport au cas
binaire, et ce d'autant plus que M est grand,

/
\

CHAPITRE III : TRANSMISSION EN BANDE DE BASE


SUR CANAL À BANDE U~1ITÉE

Dans le chapitre Il, nous avons considéré une transmission sur un canal à bande
passante infinie appelé aussi «canal idéal ». Ce canal, qui n'a pas de réalité
physique, est cependant un bon modèle lorsque la bande passante du canal est
suffisamment large pour transmettre sans distorsion le signal modulé. Ce modèle de
canal à bande passante infinie n'est plus utilisable lorsque le canal est partagé entre
plusieurs utilisateurs. En effet. dans ce cas, chaque utilisateur se voit affecter une
bande de fréquence B pour transmettre son message. La densité spectrale de
puissance des codes en ligne s'étendant à l'infini, pour éviter toute interférence
entre les différents utilisateurs, le signal modulé doit être filtré en sortie du codeur
en ligne pour limiter son occupation spectrale à la bande B, La limitation de bande
du canal peut aussi provenir du milieu de transmission. En effet, le milieu de
transmission peut être sélectif en fréquence, c'est-à-dire ne pas transmettre de la
même façon toutes les composantes spectrales du signal modulé. C'est le cas pour
les câbles 'métalliques (câble bifilaire ou câble coaxial) qui présentent une
atténuation qui dépend de la fréquence (en .fJ). La sélectivité en fréquence du
milieu" de transmission a aussi pour origine la propagation des ondes
électromagnétiques (cas des radiocommunications) ou des ondes acoustiques (cas
des communications sous-marines) suivant plusieurs trajets. Ce type de sélectivité
en fréquence se rencontre essentiellement en transmission sur fréquence porteuse.
On y reviendra dans le chapitre V.

I1I.l. Transmission d'une suite de symboles M-aires ,


/

Considérons maintenant la transmission d'une suite de symboles M-aires sur un


canal à bande limitée. Nous supposerons dans ce paragraphe que la limitation de
bande est due à la présence d'un filtre d'émission de réponse irnpulsionnelle ge (t)
en sortie du codeur en ligne (figure Ill-I).

d'émission de réception à seuil

Figure Hl-I Principe d'une chaîne de transmission en bande de base avec filtrage à l'émission
lI' la 01' S<110qtll,(ssap sssno SIDIU 'v illoqW,{S np pusdsp ?'IUOiU1U!l!j:J?
1TJu8!Sal '1. + 0, IU1JJStl!,l ~ : s~oqUl,(S tutu» aJua.J?paZU!,l ilp uOl1t:Wsn11l ,-m ;un:l!.iI
'Z-I1I~m8ytll JUS~5l11S0l1!lS~ uonsmrs ~n~ 'L
V rnauçdns lS~ O~ U01S!::>9P~P len~1lIrelSU!.I rs Uv ~loqw,(S ne 'smopaisod ~lU~W
l~ 's.In~P9lUtl S~[oqWAS S~P rssnn Sp~W ,UV <)loqwAs np arpucdçp S1tlUl.lOS9P1nOO-
(Lu+ 01)t UO[[puuq:>9,'1 ',1 ~mp op srud l~,U (1).1 IUug!S ~['~1u!.J.onrsssed opnaq
'11 pnrao un :xlÂY· '1 ~31mp op (1)1.f cpuo.p ~UllOJ e[ ~ 91dU'pp. uondooçr sp aIlIY un,p
uO!ll1Snno,I ~ UPl!e:l~p;;JJ -rmrq np l~ Uv. ~[oqwÂsjnos op 1!P.pu~d9P(Lu + 0J).(
uOlmueqO? onbsqo onb nA SUOAe snou '3~U!JU!onmssed optrsq ~ [tlUtlOun .lnod
(J)18 ® (1)8 = (l)q .
(1)18 ® (J)~11 (1).1
=
: UV8 ~n;;JUUO!SlndUl!;;JStIod?J;;JpUO!ld~I ~p rul[!J ~T md
(1)8 rmrq np 13 (1)31.[ re~!S np ;)~1Ulm:np lU3Ul~A!l;)3ds~nQ~HnS9I (l)q 1" (1).1 QO
'f
. CLu + 0/)q + (.L('1- u) + 01).llJV'.i: = (Lu + O,)t
\"! UO!ld~09l ~P ;).QIY
': U01SS~JdX;;Jrnod e ,lU + °1 1U111SU[,I
op CLu+ O;)t ;;JPJOS"IlI'SHtYclS~ maiaraduroo un.p ia In;;JUUorrnueq;)? un.p '(1)18
;;JSUOdyIcp ~m: un.p 90lpSUO::>3J!P.SlU!fJn~d~::>9I un smofnor lUlU9P!SUOO ua
(1)<1g ® (1)1.f = (1)"1.f
'UO!SSfIlly,P ~.Qm ~I.md (1)'! opuo.p ~UlJOJ "Ill<lp3~\?1lf!J np OllOS9.I(1)1)'1/ QO
'1
(t)g +(.L'I-1)II1{lfV'l. = (1)x
: ~ re~,q~ m~d;;J:l9I ~IIed nôar (l)X retUl!S<Il
.. ;Oç~'
Nous pouvons donc décomposer l'échantillon y(to + nT) en une somme de
trois termes : i

y(to + nT) = anr(to) + L,ll,,-mr(to + mT) + h(to + ni) (3.1.1)


m~O

Le premier terme dépend du symbole a,l' le deuxième qui dépend des symboles
ali_III (m::f:: 0) est appelé terme d'Interférence Entre Symboles (IES) et le troisième
représente Je bruit.

Caractérisation de l'lES: diagramme de J'œil et distorsion maximale


Le diagramme de l'œil, appelé ainsi par analogie avec la forme d'un œil humain
comme nous allons le voir plus loin, est la figure obtenue en superposant toutes les
traces ou réalisations du signal y(t) non bruité, noté z(t)
z(t) = L,aillr(t-mT)
111

Examinons d'abord le diagramme de l'œil sur un intervalle [tlttl + T[ où II


représente un instant arbitraire. Sur cet intervalle, écrivons le signal z(t) sous la
forme:
z(t +t1) = l:amr(t + tl -mT) os;, t < T
ni

En considérant un canal de transmission de réponse impulsionnelle finie.


supposons que le signal r(t) soit nul ou négligeable en dehors de l'intervalle
[tl - y_1',tl + ~T( (LI et ~ entiers). En présente d'une suite de symboles
binaires, le nombre possible de traces du sifnal zU + fi) pour t appartenant à
l'intervalle [O,T[ est alors égal à 2(LJ+L-z+l. La superposition de ces traces
constitue le...diagramme de l'œil associé au signa] z(t) sur l'intervalle [/]>t1 + T[.
Décalons maintenant "intervalle d'observation d'une quantité T,le signal z(t) peut
s'écrire:
00

z(t+T+tl)= L,a"'+lr(t+tl-mT) OS,t<T


m=-co

En conservant les hypothèses précédentes sur le domaine de définition de r(t),


le nombre possible de traces du si~naI z(t + T + tl) pour t appartenant à l'intervalle
[O,T[ esttoujours égal à 2(L,+~+ . Le diagramme de l'œil est donc une figure qui
se répète tous les T et son analyse peut en conséquence être limitée à un intervalle
quelconque de durée T.
Le diagramme de l'œil peut être visualisé sur un oscilloscope. En effet, les
différentes traces du signa] z(t) peuvent être conservées à l'écran si la vitesse de
balayage de l'oscilloscope est suffisamment grande devant la durée de rémanence
du tube cathodique ou, mieux, si l'oscilloscope est à mémoire. Le diagramme de
l'œil est donc une représentation. facilement exploitable en laboratoire, du montant
de l'IES à un instant quelconque.
SUOAl! snou "lrU1 o.ll18!J ui ·lIlS '1WP'I!:'Iî)Pep 1lI'RlSU!.1 ~)P 3110ur~uUOP!SO([ np
srnaua xnu :)rq!SU0S lS~ UO!SS1UJ~Ul!Jl ni suiour lZ):)lU'B1JodW11S~[!;I),I op QurUJIUg,!1P
np :)[UlUO'Z!'10qaJnU~AnO,[ snr(i"ùo51?,J ::lW9W 'BI ::la '::lpU'BJîi1~ rrruq nt? uorSS~SUCJl
'C[ op yl!unmUI!,l snjd l~ UO!SfO?P~P llTC:)SU~,r~ 11~Ano1~ l!;}),[ op ';lUlUl'tl.1~e1P
0I sord 'f-III ~Jngn 'Br ms S'B::l ~I lSO,:) .,~uo:) '~nb!un lUTOdun l'Bdruossnd (1)Z
J'Bug!Snp sooan s~rsoinoi 'u» + °1) UO!S!::l?Pop lUl',lSll!.l ~ S3.1.P eouesqej u3:

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S::II,P i1:JUi1sjI.ldUi) saJ!77I.l1Q
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StILP <lJua~'qv.l"a S'lU !l7U!q sawqwt(s' Il J


al/fin ua epoo UII I? ?po~'wl!w,J (lp aWIlIn.i:!IJ!Π(-ru ....
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un ç ?!OOSSt!p:n.r::>p ::>mUIll~t?!Plin t-III ::lwg a[ .ms ylU;:)S?ld~J SUOA'BsnoN

apl?lil!l apuoq !? l'JUI1,? ins a~'Pqsp spunq u» UO!SS!Wsuru.L zs


représenté uu second exemple de diagramme de l'œil pour un code en ligne à
symboles binaires mais cette fois-ci en présence d'lES.

Les différentes traces du signal z(t) ne passent plus par un point unique à
j'instant de décision et l'IES contribue à fermer le.diagramme de l'œiL Enfin, sur la
figure III-5, nous présentons un diagramme de l'œil pour un code en ligne à
symboles quaternaires sans et avec JES.

Sans TES

Aveç lES

Figure 111·5 Diagrammes de l'œil associés Ù un code en ligne à symboles M·aire,f (M = 4)

Nous venons de voir sur la figure TII-4que la présence d'lES réduit I'ouverture
verticale du diagramme de l'œil. Si l'lES devient trop importante, elle peul même
54'" Transmission en bande de base sur canal à bande limitée

i
'.
conduire à des erreurs de décision en l'absence de bruit. Pour un code en ligne à
symboles M-aires, utilisant l'alphabet A, la sortie non bruitée de l'échantillonneur
z(to + nT) est de la forme (2p + l)r(to) en l'absence d'lES. Les seuils de décision
étant distants de 2r(to), des erreurs dues à J'IES pourront se produire si pour
certaines configurations de la séquence {ad. l'échantillon z(to + nT) se trouve en
dehors de la région de décision correcte, c'est-à-dire si la valeur absolue de l'lES
est supérieure à r(to). Cette situation peut se traduire par la condition suivante:

(3.1.2)

ou encore, en tenant compte du fait que la plus grande valeur de l'alphabet A est
(M -1) : .

:L!r(to + mT)!
D = (M_l)m:.t:O
max Ir(to)1 2::1 (3.1.3)

La quantité Dmax est appelée distorsion maximale. Lorsque la distorsion


maximale est supérieure à l'unité, le diagramme de l'œil est complètement fermé
aux instants de décision (to + nT) et des erreurs de décision sont possibles en
l'absence de bruit. On comprend bien dans ces conditions que, pour réaliser une
transmission numérique, il est essentiel que l'œil soit ouvert, et donc que la
distorsion maximale soit inférieure à un.
Comme nous venons de le voir, J'TES est un phénomène de nature à dégrader la
qualité d'une transmission. Nous allons maintenant examiner sous quelles
conditions un signal en bande de base peut être filtré sans création d'TES aux
instants de décision.

Ill. 1.l. Condition d'absence d'lES • Critère de Nyquist


L'absence d'lES, que nous sous-entendrons désormais aux instants de décision
(10 + nT), impose que J'impulsion r(t) vérifie la condition suivante:
r{to+nT)=rCto)oo.1I 'tin (3.1.4)

où OO.fI représente le symbole de Kronecker. L'impulsion r(t) peut être de durée et


de forme quelconques, mais tous ses échantillons aux instants (to + nT) doivent
être nuls.
Comme cette impulsion est le résultat d'un filtrage, il est intéressant de voir
comment cette condition se traduit sur sa transformée de Fourier RU).
Introduisons pour cela le signal échantillonné r.,(t) défini par :
I"'e(t)= r(t):L o(t - 10 -; nT) (3.1.5)
"
ct ayant pour transformée de Pourier ReU) :
,
1 n -J'2 1D1-
10

~U) = -r-~.
" RU - -)e.
T T (3.1.6)
Il

En tenant compte des propriétés de la distribution oCt), le signal échantillonné


r,/(t) peut encore s'écrire:

lè(t) = _Lr(to + «ris«: to - nT) (3.1.7)


n

et sa transformée de Fourier Re (f) peut maintenant s'exprimer en fonction des


échantillons r(to + nT) :
ReU) = _Lr(to + llT)e -j2Jif(to+nT) (3.1.8)
n

En égalant les deux expressions de la transformée de Fourier du signal


échantillonné re(t) et en tenant compte de la condition (3.1.4) d'absence d'lES, on
obtient:
~,
n J'2Je (f ") to
--
,(3.1.9)
1

~R ( f - T} .T = Tr~to)
En posant :
R(IO)U) = R(J:) ej211fto (3.1.10)
• r({o) . .

la condition d'absence d'IES peut s'exprimer plus simplement à partir de la


fonction
,'.... R(tO)U) par la relation : _~.
~..,_......''''''''''''''''_ ~
( ,,,
,

ii LR(/O>(f-!!..)=TT
l', n .
(3.1.11)
1

Cette condition est appeI~"èi"itère"deN'yqüist; toutes les fonctions qui satisfont


cette condition, vérifient le critère de Nyquist. On notera que, d'après (3.1.10),
l'Impulsion r(Io)(t), transformée de Fourier inverse de R(tO)U), est la version
« normalisée» de l'impulsion rel), en ce sens qu'elle a la même forme que
I'Jmpulsion r(t), mais qu'elle est avancée de 1'0, et que la valeur de l'échantillon
/to 1(0) est unitaire. ' . .
Nous constatons immédiatement que sI la fonction R(lO)(f) occupe une bande
de fréquence inférieure à l/2T, elle ne peut vérifier le critère de Nyquist. En effet,
Je premier membre de (3.l.11) est obtenu en décalant la fonction R(IO)(f) des
quantités niT (n variant de -00 à +00), ct en additionnant les contributions ainsi
obtenues ; la relation (3.1,Il) traduit la propriété selon laquelle Je résultat 'de cette
opération donne un spectre constant, égal à T, indépendant de la fréquence. Il est
bien clair alors que, si R(tO)(f) est nul pour B < < 1!.2T, les motifs translatésIfl
ne se recouvrent pas, et leur addition ne peut donner un résultat constant.
56 Transmission en bande de base sur canal à bande limitée

Pratiquement, cela signifie qu'on ne peut pas transmettre sans lES un signal de
rapidité de modulation R = J / T dans une bande inférieure à 1/ 2T .
La fonction R(IO)(f) de largeur de bande minimale, que nous noterons
N/~:O)(.f), qui assure une lES nulle est doncégale à: .

N,~O) (f) = {T \f Ifls 2~ (3.1.12)


o ailleurs
, 1 Cette fonction N~o)(f), occupe une bande égale à 1/ 2T Hl, (si on raisonne
sur les fréquences positives uniquement). Ainsi la bande de fréquence minimale
nécessaire à la transmission en bande de base sans TESd'un signal numérique avec
tille rapidité de modulation R = 1 / T est égale à 1/ 2r ; cette bande est appelée
bande de Nyquist.
La fonction R(f) est alors égale à :

R(f) = r(tO)N/~o)(J)e - j21fjio (3. Ll3)


et le signai ret) correspondant a pour expression:
. 1r(t-to)'
Slfi-.--
T . t-to
r(t) = r(to)-!!_-r:(t-_~to'")-= r(to) smc T (3.1.14)
T
La fonction N/~~o) (f), de largeur de bande minimale qui assure l'absence d'JES
présente des discontinuités aux fréquences ±l / 2T ; elle correspond à la réponse en
fréq uence d'un filtre passe-bas idéal de largeur de bande égale à Il 2T,
physiquement irréalisable.
Par ailleurs, tout décalage sT de l'instant de décision to + nT conduit avec cette
fonction, à une distorsion maximale Dmax non bornée .. En effet, la distorsion
maximale est égale à : .

D == (M -1) '" ISinc(s + m)1


max ~
m;tO l'sincrs) 1
soit, en développant:
1
D,lIOX = (M -1)181I.-1-1 (3. I.lS)
m1'O E:+m
La série de terme général le + ~l'f 1
étant divergente, la distorsion maximale
Dmux est non bornée, ce qui. signifie que le diagramme de l'œil est complètement
fermé aux instants to + nT + el', Finalement, la réponse en fréquence tI,,:o)(f)
définie par la relation (3.1.12), présentant des discontinuités, et ne tolèrant aucune
imprécision sur l'instant d'échantillonnage, n'a finalement qu'un intérêt théorique.
Si on .considère maintenant une bande de fréquence supérieure à .
[-1/ 2T,1/27'), il est possible de trouver désormais des fonctions qui vérifient le
critère de Nyquist et qui ne présentent pas les inconvénients de la solution
précédente. Une solution, généralement retenue dans les équipements de
transmission, est la fonction CSa (f) réelle et positive, appelée filtre en cosinus
surélevé:

T si I/I~ 1~1~

CSa(f) = T[I +'sin nT (_1 -lfl)J si l- a s; III s 1+ a (3.1.16)


2 a 2T 2T 2T

o ailleurs
où a , appelé coefficient de retombée (roll -offfactor en angle-américain), est un
paramètre compris entre 0 et 1. Le filtre en cosinus surélevé occupe la bande de
fréquence [-(1 + a)/2T,(1 + a)/2T] ; la réponse impulsionnelle correspondante a
pour expression:

. (nt)
sm T (nat)
r cos
csa(t) = m 2 (3.1.17)
1_4a2_t_
T T2

or-q J'
,

~ . ~
;1
Q.6:_ ~.. rd
004
1 i ri
il .'. Ii .
0.2 ..11 !..\. ~ ~....
1
;: .""
0r'"-~'j ......
;.:
.0".. i . i '.
"·v~;._........:..·
_(J.2l:~~\l [ ~~j: ...._~
4 ~ 0 2 4

tlT 2fT

Figure m-6 Réponse impulsionnelle et réponse en fréquence d'un filtre en cosinus surélevé
=
pour d~ffé,.entesl'aleurs dufacteur de retombée a (1 : a 1 ; 2 : a = 0,6 ; 3 : a = 0,4)

Sur la figure 111-6,nous avons représenté la réponse impulsionnelle csa(t), et


sa transformée de Fourier normalisée CSa (f) 1 T pour différentes valeurs du
paramètre a. On notera que, pour a = 0, la fonction CSo(f) n'est autre que
g'O=D
°1- '0 ~.:lI .mod '1ÛL +.H} snnnstn xna ~Tommls (1):Oso'J uonouoj -el;:Inb;:Im~I
nnod nt? ':)[1lW1U!lU lS~ SU01lP-IH::>sOsop :)pnmduS ,r 'T. ~ Je~9 lS~;o ~9qUI01:)1 op
Jn~louJ ~Jonbsior ';:IHUIn -elV 'oJPU1?Jg lS<lsuousrposo sep opmqdnm ,I onb <1lUl?llodur!
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.13 <l.â11f60?Pun 'l~JP U<1: ~.âUUUOU!lUuq:>y,pllR 1SUr,T<1pSUO~S!09ldUl! xns moidooçr
op 9HT!q!SU~S .ms onbpaid RJ snap oiuuuodun oouonbçsnoo onn u 100;) °OpUl1.I.ârso
ur
opneq ep m<lîl.nq BI onb onop l\71'pUUJ2 lS~ ;0 ;:I?qwOlaI oJP m~oeJ <1Jonb <l]q!1~Jsrqd
luulnu,p lS~ (J):OS':) UOPOUO]UI ~p suopuIIpsO s~p. apn}!ldwl1,I onb ;:I1UlSUO::' uO
0(;0 + 1) .md (.L'liT ~ 0lug;;» almll!ll!Ul optmq nTop uouaoqdumm oun l!OS '(S<lAp1sod
soononbçn sar ms lueUUOS!l1.1 U;:I) iu;» + r) ~ <l{u29 iso C/"}:OS:J uonouoj
uTmd ~9dn;)oo a::m~nb~uJop opunq Hl o(ZITt:) UOnp.J~JuTred :;l;lUliOp (j)(o~N
8S
a=O,2
Figure In-7 Diagramme de l'œil d'un code en ligne à symboles binaires pour
différentes valeurs du facteur de retombée Cl.
60 Transmission en bande.de hase sur canal à bande limitée

Sur la figure ill-7, nous avons représenté le diagramme de l'œil d'un code à
symboles binaires ak ='±1, pour plusieurs valeurs du paramètre a, Bleu entendu,
la fonction csa(t) satisfaisant le critère de Nyquist, toutes les traces du diagramme
de l'œil passent par les mêmes points aux instants de décision, correspondant aux
deux valeurs ak:::: ±1 des symboles.' Ou constate par ailleurs que l'ouverture
horizontale du diagramme de l'œil est d'autant plus importante gue le facteur de
retombée ex est grand. Lorsque ex. = 1 le diagramme de l'œil est ouvert sur toute la
durée T et la sensibilité à l'imprécision sur la position de l'instant d'échantillonnage "
est alors minimale. Lorsque ex décroît, l'ouverture horizontale du diagramme de
l'œil diminue et devient nulle pour ex. = O. Le diagramme de l'œil est alors ouvert
la
uniquement pour to + nT et sensibilité à l'imprécision sur la position de l'instant
d'échantillonnage est maximale. .
Enfin, remarquons que la fonction rU) = l'Uo)csaCt- t'o) est non causale,
quelle que soit la valeur du paramètre ex , ce qui la l'end théoriquement irréalisable.
Toutefois, en choisissant un instant to suffisamment grand devant T, la fonction
rCt) peut être correctement approximée par une fonction causale, et ceci avec une
précision d'autant meilleure que le facteur de retombée ex est voisin de 1 (voir figure
IT.l-6), Dans la pratique, la réponse d'un filtre en cosinus surélevé peut être
synthétisée assez fidèlement à partir de filtres réels dès lors que le paramètre ex. est
supérieur à 0,1.
Le filtre en cosinus surélevé n'est pas la seule solution qui satisfasse le critère
de Nyquist, La figure ill-8 représente deux exemples de fonctions' de largeur de
bande inférieure à 1 f T qui garantissent aussi une lES nulle aux instants de
décision.

R(f) R(fJ
T

.!-
.î:-
.....

Figure ID·8 Exemple de deux autres [onctions vérifiant te critère de Nyquist

On notera également, pour conclure .sur cet aspect, que l'on peut très bien
trouver des filtres de largeur de bande supérieure à 11 T et vérifiant le critère de
Nyquist ; mais ils ne sont généralement pas utilisés.
.. ~.-

J11.1.2. Répartition optimale du filtrage entre l'émission et


la réception
En l'absence d'rES, c'est-à-dire lorsque la réponse en fréquence R(lo>Cf)
vérifie le critère de Nyquist, la sortie du filtre de réception y(te + nT) à l'instant
to + n.T dépend du seu~symbole an et du bruit : .
y(to + n.T) = anr(to) + b(to +.nT)
L'échantillon y(to + nT) a une expression analogue à celle obtenue en présence
d'un canal à bande passante infinie. Pour des symboles M-aires an' à valeurs
équiprobables dans l'alphabet A, les seuils de décision optimaux Sp sont doue
inchangés et ainsi d'après la relation (2.2.37), la probabilité d'erreur Pc SUl' les
symboles an est égale à :
Pe :: M -1erfc(p) avec p= rCtoj
M 0'-v2

Pour minimiser la probabilité d'erreur Fe, il faut maximiser le rapport


p= rUo)! ry-fi ; nous avons vu que ce rapport est maximal si le filtre de réception
est adapté à la forme d'onde reçue he (t) soit:
gr(t) = K he{to - t)
où K est une constante réelle positive et he (t) résulte du filtrage de la forme d'onde
h(t) par le fûtre d'émission: .
he(t) = h(t)@ ge(t)
La réponse en fréquence Gr(f) du flltre de réception est alors égale à :
Gr(f)::::. K H;(f)e -j21ffto (3.1.18.a)

Ce résultat n'est bien entendu valable que sous la contrainte d'une lES nulle aux
instants de décision, ce qui s'écrit:
(3.1.18.b)

où RU) désigne la transformée de Fourier d'une impulsion ne présentant pas


d'lES, et donc, d'après (3.1.10), de la forme :
R(f):::: r(to)N;tO)(f)e-j27ifto

où N;/O) (f) est 'une fonction satisfaisant le critère de Nyquist :

Ï N;tO>(f
ttc-oô
- ;.) =T

En exprimant la fonction H;(f) à partir de la contrainte (3.l.18.b),

u: (f) = R*(f)
e G;(f)
. _.. ...._--::.-;::::::.;:'.
QI oSf.15>~OU.fUOrnb (.7)t( UOTSrnd'ulf,f ~p snrd pu~d9P 0U jeurpdo tlOfSS]Ucy;p QllHJ np
Q!VOS uo 11W21SQI 'SOUlT;;')sonnu.p UQ : (l)t/ U01SrndUlI,f op OUUOjeuI « ssuodtzroo »
UOfSS!UlSl,P ~:>JlHJ op OOUQOD91J UO osuodçr UT op JnO)"IlU!UIOUyp ne nU.l'eddu
tnb (f)H ~urll()~ Q'1 'uondo091 tll ro uorssIU19.TOlfUO opturrdura no '!lJud;iJl!nby Q.T.}g
HOP (f)U ~s~nbh.N01' o:âl?lJrg: QI onb iuanuour (z;'n 'E) lO (IZ'T '1::) srrOrrSTQ,Ys0'1
(f)~S:J(oJ).1= l(f)u!
: 110S
'9AOT9ltlS snmsoo ~ Ol~m un '(f)(OI'{N nopouoj RTrnod llsroQono [UJ9U92'ug ,
'~.Qrq.re oseqd otm 1$:) (f)lh ~o
(Z;ZTE;) ~f)H .l!../'- (!) ~
«(f)th._OIfttZ)!-"(!) <( (0) -1-= o
(olyN ~.l
. : 10QUlo;;>fUll!J
ouop 1UQTAOpUOndQOyl Urlo UOISSfUl9,I 0110'<>Q2t!1lUJ np Ql'Hundo uonn.rndYJ "Il!
'S~Jd (f)JIt. Ql~lfrq:ro oseqd oun ~,no S!UY9P ouop 1UOS QUSQ,nm SQO : uondQ09t·~P
p UOPlS!lU9, P SQ1.)TTJ
sap sU!l'l2 SQI QUO lUQU!UUQ19P 00 SQlUQP909JdSUOnU[Q'y$-::>'1
'(OZ'T'E) md 9UUOP lS0 j(f)U! QO
I( rhrlfl.}lj\. ::::~y = ICf).IDI =J(J.)~.]
~ 1 Kf)ul !(f)~l Il
:~
(OZ'l'E)
(61Tf)
; ~ros <°if:u.z- 'E1 Q~2yla ;)l~9urr ossqd QUOR (J)U rs onb
a.l!p-~-lSQ,'.)'JfnSOd la tg"l ~sa (f)(ol~N rs onb tronrqos op u,u (oUnu Sffi lQall:lUl'fUTU1
imrq op QOlmss!od ; 9lntllu):.1.do, p suompuoo xnop saI lU0tuaApOodsQl ~UQUl.pdxa
tub) (q'SITf) la (-e'SlTf) suonenbç SQIQUO UOHU101 OHQ'.)ms 01'61SUO'.)uO
.,((j\oJ~N )C°,z).t)J= o'/Jlzf-~(j'),iI)J = zl(f)·IDI
: ("tI'SITE) S~Jdt!,p '~ualMp (f)"!) ap empom np HorssaJdx:;J,I
Z9
signal issu du codeur ; on dit que ce terme permet de « blanchin» le spectre du
signal transmis.
En toute rigueur, le filtrage en 1/ H(f) du code en ligne est irréalisable en
raison des zéros de la fonction H(j). Toutefois, la transmission du code étant faite
dans une bande de fréquence limitée, la compensation en 1/ H(f) doit être réalisée
uniquement dans la bande du filtre de Nyquist, c'est-à-dire dans la bande
[-(1 + a) / 2T,+(1+ a) / 2T) si l'on_a choisi ",:~~e en cosinus surél~La
figure ill-9 représente le module de la reponse en frequence des filtres d'émission
et de réception, correspondant à une répartition optimale du filtrage, quand le code
en ligne est un codeNRZ (H(f) == TsincfI') et la fonction N~tO)(f) est en cosinus
surélevé.

1.6 ,..-----r"---.----,----,

1.4-

0.8

0.6
0,4

0.2

21T

Filtre d'émission Filtre de réception


Figure m~9Gain des filtres d'émission et de réception correspondant ~ une répartition
optimale dufiltrage;
cas d'un code NRZ el d'linfiltrage en cosinus surélevé defacteur de retombée Cl:
G: aol;2:a=~6;3:aQ~~

Remarque importante
Nous venons de voir que, pour obtenir les performances optimales, il fallait
satisfaire simultanément deux conditions: la première stipule qu'il ne doit pas y
avoir d'lES aux instants de décision (relation (3.1.l8b» ; celle-ci étant vérifiée, il
reste à minimiser la puissance de bruit l'instant d'échantillonnage pour obtenir uue
à

probabilité d'erreur minimale; cette deuxième condition est réalisée par un filtre de
réception adapté à l'impulsion reçue (relation (3.1.18a)). Nous avons vu que ces
deux conditions n'étaient compatibles que si le filtre R(t) était 11phase linéaire
(relation (3.1.19), ou, de manière équivalente, si la fonction N~'o)(f) ét.aÏl réelle ct
positive.
On aurait pu se posee le problème d'optimisation de manière un peu plus
générale (c'est-à-dire en n'imposant pas à la fonction NJ.tol(f) d'être réelle et
positive), de la façon suivante: étant donné une fonction de filtrage globale
. satisfaisant le critère de Nyquist, quelle est la répartition du fil !rage entre émission et
64 'l'ransllûs.çionen bande de base sur cariai à bande limitée

. réception qui conduit à une probabilité d'erreur minimale? En d'autres termes, on


traite le problème sans faire l'hypothèse a priori du ehoix d'un filtre adapté en
réception.
La résolution de ce problème nécessite de faite appel à 'des techniques
d 'optlmisariou. sous contrainte utilisant les multiplicateurs de Lagrange; il sera
traité.dans le.chapitre sur les transmissions sur onde porteuse (cf. § V.2,3), ct son
application aux.signaux en bande de base ne constituera qu'un cru;particulier. On y
retrouvera, bien entendu, que les performances optimales sont obtenues quand
N;'O)(f) est réelle el positive, el que si cette condition n'est pas satisfaite, les
perfonnances s'en trouvent dégradées.

Ill.l.3. Expression de la probabilité d'erreur minimale sur


un canal à bande passante limitée vérifiant le critère de
Ny quist
Nous 'venons de déterminer la structure du filtrage optimal de la chaîne de .
transmission ; nous allons examiner maintenant les performances en termes de
probabilité d'erreur que cette strucmre permet d'obtenir.

Pour simplifier l'exposé, considérons la transmission d'une suite de symboles


binaires équiprobables ail = ±l. Comme iln'y a pas d'rES, la probabilité d'erreur
l'eb sur les symboles binaires an est égale à : .
1 r(t )
~b -elfc(p)
::;::: avec p= ~-
2 Œ~2
011 Œ2 représente la variance de l'échantillon de bruit b(t'o + nT), égale à :

~ == ~o fJGr(j)f dl
En rem.E!a ant le gain ]Gr(!)] du filtre de réception par son expression
IGr(f)]:;::·J K IR(n], on obtient: .

~:;:: No f+ooK]R(.f)ld!
2 -uo

et en tenant compte du fait que :

r(to)::::O r:R(f)ej21ifrOd!

et que R(f)" d'après (3.1.19) et (3.1.20), est donné par:


RU) :;::
r(to )N~{O) (f)tr j2Jifto

le rapport p optimal est égal à :

p= ~r(to)
KNo

... _ .._._ ..__ ._-------_. __ .. _- ~::.:...._-_


._.~ ....... _---- ...
La constante K, qui intervient également dans l'expression du filtre d'émission,
pout être reliée à la puissance moyenne Pm du signal émis:

avec:
e(t) = I.anheCt-nT)
Il

En effet, en utilisant les résultats du paragraphe II.1.3, pour un code à


symboles indépendants, la densité spectrale de puissance. 'Ye(f) du signal e.(t) est
égale à:
2 2-
'Ye(f) = aa IHe(ff::::: aa [H(f) Ge (f)12
Tb . Tb
où a;::::: E[ a;]
est-la variance des symboles binaires ail'
En remplaçant le filtre d'émission Ge(!) par son expression (3.1.22), et
compte tenu du fait que 0-';
= 1, on obtient: .

p. ::::_1_. J+~r(t )N(lo)(f)dlf = 7"Cto)


ni KTb -00 0 JI KTb

ce qui donne finalement:

On notera au passage que, dans notre modèle où le canal est supposé avoir un
gain unitaire, cette puissance P,n est aussi la puissance du signal à l'entrée 'd,u
récepteur.
En exprimant ce rapport en fonction de l'énergie Eb utilisée pour transmettre un
élément binaire, égale à :
Eb = P,n1b
la probabilité d'erreur Peb sur les symboles binaires devient finalement :

p. b :::::-1 erfc ____Q_


f. 2 i"
No
(3.1.23)

En comparant ce résultat à celui donné par (2.2.23), on conclut que, avec un


filtrage de Nyquist réel positif et équiréparti entre l'émission et la réception, la
probabilité d'erreur. par symbole binaire est identique à celle obtenue sur un canal à
bande passante infinie. Cette conclusion reste vraie pour la transmission d'uri
symbole M-:aire, mais n'est plus vraie, en revanche, si le caractère réel positif de la
fonction N;tO)(f) n'est pas vérifié.

.,.
66 Transmission en bande de base sur canai il bande limitée

nI.2. Transmission à « réponse partielle»

Nous venons de voit que la bande de fréquence minimale, nécessaire à la


transmission sans ms d'un signal en bande de base est de 1/2T Hz, pour une
rapidité de modulation de R = 1fT Baud. Malheureusement, cette bande minimale
est purement théorique, car elle correspond à un filtrage présentant des
discontinuités aux fréquences ± 1/2T et à un diagramme de l'œil ouvert uniquement
aux instants {to + nT}. Nous allons voir maintenant qu'en admettant une ~\
particulière, connue du récepteur et pouvant être prise en compte lors du décodage, 11
il est possible pratiquement d'atteindre cette bande minimale.
~
r\
III.2.I. Principe du codage à réponse partielle
Considérons toujours la transmission d'une suite de symboles binaires sur un
canal à bande passante limitée. En utilisant les mêmes notations que p~céde~ent,
l'échantillon y(to + nT) prélevé en sortie du filtre de réception à l'instant to + nT
est égal à:
y(to + nT) = aurUo) + LGn-mr(to + mT) + b(to + nT)
m*O

Considérons une lES telle que l'échantillon YCto + nT) dépende des seuls
symboles an et an-l :
y(to + nT) = anr(to)+ ~-lr(tO + T) + b(to + nT) (3.2.1)

et imposons de plus que: .


r(to) = r(to + T) (3.2.2)

Pour obtenir cette forme particulière d'lES, l'échantillon r(to + nT) doit vérifier
la condition suivante:
r(to) si n = 0,1
r(to + nT) = { (3.2.3)
o si n:;t:O,l

En suivant la même démarche que dans le paragraphe Ill.Ll (critère de


Nyquist), la fonction R(f) qui conduit à cette lES particulière doit satisfaire
l'égalité suivante:
. ( f--n) /0
" . L R(f-;}
0<1 • j2n
T = Tr(to)(1+e-j27ifT)
n::-co

~ .._ .... _ .._._. __ ._---


...:.-

soit encore:

J~
R( f - ; Y2n(f-f}. = 2Tr(to )co,( rifT)'-j,pC (3.2.4)

ilest clair que la condition (3.2.4) est satisfaite par UI1 filtre R(f)
R(f) = IR(f)lejèJ>(f) (3.2.5)
qui vérifie:

IR(f)1 = {20TrCtO)COs(njT) IfI s :T


ailleurs (3.2.6)
T
<P(!) = -27ifCto +-)
2

La réponse en fréquence R(f) définie par (3.2.6) occupe une bande' de


1/2T Hz (si on raisonne sur les fréquences positives) mais ne présente plus
désormais de discontinuité à cette fréquence (cf. figure Ill-lO) ; elle est donc
physiquement réalisable.
On en déduit qu'en acceptant une certaine quantité d'lES, il est possible de
transmettre un' signal de rapidité de modulation R = 11 T dans une bande
strictement égale à 1/ 2T. De plus, en présence d'un décalage e de l'instant de
décision optimal to + nT, on peut montrer que la distorsion Dmax reste finie. Le
diagramme de l'œil est donc ouvert au voisinage de l'instant de décision.

Revenons sur l'expression (3.2.1) de l'échantillon y(to + nT). Si nous posons


c~ = an + ~-l' la transmission d'une suite d'éléments binaires ail indépendants,
eu présence d'une IES particulière, peut aussi être vue comme la transmission
d'une suite de symboles ternaires Cil corrélés sans ms. En effet, d'après la relation
(3.2.1), et en tenant compte de (3.2.2), l'échantillon w«
+ nT) peut encore
s'écrire:
y(to + nT) = cùr(to) + bCto+ nT) (3.2.7)

Le code en ligne qui associe à chaque élément binaire an du message, un signal


cllh( t - nT) est appelé code à réponse partielle. Ce nom provient du fait qlle L'on
peut considérer qu'il s'agit de la transmission de symboles binaires utilisant un
canal de réponse impulsionnelle qui a un nombre fini d'échantillons non nuls, et
dont on peut dire qu'elle vérine « partiellement» le critère de Nyquist.
En général les codes à réponse partielle sont définis par leur polynôme
générateur G(D) où D est l'opérateur retard (équivalent à la variable z -1 utilisée en
filtrage numérique). En prenant la transformée en D de la relation cn = an + ail_Ion
obtient:
C(D) = A(D) + DA(D)
68 Transmission el! bande de base sur canal à bande. limitée

Ainsi le polynôme générateur G(D) associé à ce. code à réponse partielle, appelé
code Duobinaire est égal à : .
G(D) ::::C(D) ::::1+ D (3.2.8)
A(D)

Examinons maintenant un second exemple de transmission en présence d'lES,


caractérisé par le polynôme G(D):::: 1- D2 (en:::: an - an-z). Dans ce cas.. d'après
la relation (3.23) la sortie y(to + nT) du filtre de réception est égale à :
y(to + nT) = r(to)(an - an-2) +b(to + nT) (3.2.9)

En suivant la même démarche que pour l'exemple précédent, la fonction R(f)


qui conduit à cette IES particulière vérifie la relation:

j2JC(f -!!..)IO .
n'!;"" R e
00 ( )

1-; T = TI'Cto)(1-e-J4nJT) (3.2.10)

laquelle est satisfaite par un filtre R(j) = IRf (j)lej(j)(f) tel que:

IRI(/)1:::: {2Tr(to) [sin(21if.T)[ 111::; 2~


o ailleurs (3.2.11)

<P(f):::: -27if(to + T) + 7t
2
Ce code à réponse partielle, de polynôme générateur G{D) = 1-D2, est appelé
code Duobinaire modlfië.

On peut évidemment généraliser la construction des codes à réponse partielle en


exprimant chaque SYIIlPoleM-aire cn comme une combinaison linéaire de N
symboles ail :
n-:
cn = 'L13kan-k (3.2.12)
k::.O

où les coefficients 13/1sont généralement des entiers.


En utilisant la représentation polynomiale des codes à réponse partielle, le
polynôme G(])) est dans ce cas égal à :
u-:
G(D);:= ''fJJkDk
k=O (3.2.13)
'.
Pour les deux types d'IES considérés, nous avons représenté SUL' la figure
m.10 le module de ln réponse en frëquenœ R(f).
1111.,,111·_- _~ •• ..c::::::: __ ._ ..... _._. __, .. .. ... __ .. _ . • . . .
Dans les deux exemples considérës, la fonction de transfert R(f) occupe une
bande égale à 1/2 T et 11e présente pas de discontinuité. Ainsi donc, en relâchant la
contrainte sur l'absence d'lBS, et en s'autorisant une certaine quantité d'IES
maîtrisée (c'est-à-dire 'Volontaire),on parvient à transmettre un signal de rapidité de
modulation 1/ T dans une bande strictement égale à 1/ 21' .
Celte approche permet de plus de s'adapter à certaines contraintes du canal, En.
effet, 'dans le second exemple présenté, la transmission peut être réalisée SUt un
canal qui ne transmet pas le continu (c'est-à-dire dont la fonction de transfert est
nulle à la fréquence 0). Sur la figure TIl-lI nous avons aussi représenté le
diagramme de l'œil associé à ces deux types d'lES. Notons que l'ouverture
horizontale du diagramme de l'œil dépend fortement du polynôme G(D) considéré.

O.~'~'\--------~--------7
-0.5 0.5
rr

Duobinaire G(D)::: l + D Doobinaire modifié G(D)::: 1- D2

Figure ill-IO Module de la réponse en fréquence R(f) des codes duobinaire et duobinaire
. modifié

III. 2. 2. Réception des codes à réponse partielle


Pour décoder les éléments' binaires d'information en présence d'une lES
'particulière, deux solutions sont essentiellement utilisées. La première solution
consiste à essayer de supprimer l'lES en utilisant 11n récepteur non linéaire dit à
« décision dans la boucle ».
70 'transmission el! bande de base sur canal â. bande limitée

, La seconde solution est de voir le problème de la transmission en présence


d'une lBS particulière, comme celui de la transmission d'un code en ligne à
réponse partielle. Avec cette seconde approche, on est ramené à un problème de
transmission d'une' suite de symboles M-aires corrélés, mais sans ms. Nous
verrons dans ce cas, qu'il est possible de décoder les éléments binaires
d'informationen utilisant une fonction de précodage à l'émission.

Duobinaire G(D) =1+ D

Duobinaire modifié G(D) = 1- D2

Figure m-u Diagrammes de l'œil des codes duoblnalre et duobiuaire modifié

111.2.2.1.Récepteur à décision dans la boucle


\
Le principe du récepteur à décision dans la boucle est représenté SUl.' la figure
m-iz pour une lES caractérisée par le polynôme G(D) = 1+ D.
~. _ ... _-_. -.' ~_.
· L'entrée w(to + n.T) du comparateur est égale à :
w(to + nT) = r(to)(a,t + l1n-l - lÎn-r) + h(to + nT) (3.2.14)

où â,l-l représente le résultat de la décision prise sur le symbole an-l'

tr~
Détecteur
à seuil
Il) +JlT w(to +nT) ~--~
Filtre
x(I)~ de réceplioll -----+CD
y(to + nT)
:> 1. f0 ân

r(to}âll_t
--v,.r--! Retard T

t r(lo}

Figure ID-l2 Principe du récepteur à décision dans la boucle


(casdu codeduobinaire G(D):::: 1+ D)

En négligeant dans 'lm premier temps les erreurs de décision (c'est-à-dire le cas où
(ân-1 # a1l-1»' l'échantillon w(to + nT) est désormais fonction du seul symbole an
et du bruit:
w(to + n.T) = r(to)an + b(to + nT)

Le calcul de la probabilité d'erreur Peb sur les symboles binaires an est alors
classique etconduit à l'expression suivante de Peb :

~b = .!.elfc(p) avec p = r(~


2 Œ-v2

Pour minimiser la probabilité d'erreur Peb, nous sommes de nouveau


confrontés au problème de la maximisation du rapport p -::::z r(to)/ Œ.fi. Ce
problème ayant déjà été résolu au paragraphe III.1.2, nous nous limiterons à
donner les modules des fonctions de transfert GeU) du filtre d'émission et GrU)
du filtre de réception qui assurent une répartition:optimale du filtrage R(f) :

[GrC![ = -JI( ~IR(f)1


(3.2.15)
0 - 1 ~lR(f)1
1 e(f)I- -JI( IHU)1

OÙ, pour une ms caractérisée par le polynôme G(D) = 1+ D, la fonction


R(f) = IR(f)lejc3)(f) est donnée par (3.2.6).
72 Transmission en bal/de de base SUI' canal à bande limitée

Le calcul de la probabilité d'erreur ~b en fonction du rapport Eb / No est


désormais classique. En remplaçant la réponse en fréquence GrC!) du filtre de
réception par sa valeur (3.2.15) dans l'expression de la puissance moyenne a2 du
bruit, onobtient:
No f+1/2T 2Tr(to)cos7ifTdf
a 2 :::::-K
2 -II2T

ce qui, après intégration, donne:


2No
a2 ::::-.
-Kr(to)
n:

En introduisant J'énergie moyenne Eb ::::Pn~Tbégale à:


. 2·
Eb = Tb J+ooO' a IH(f)G (f)[2 df = i TetO)
11
-0<> Il n: K
la probabillté d'erreur Peb est finalement égale à :

l
Pb =-erfc -- Eb
~n:2 . (3.2.16)
e 2 16 No

On constate donc que J'introduction d'une lES particulière, qui permet


d'atteindre la bande minimale nécessaire à la transmission d'lm message
numérique, conduit malheureusement, avec cette technique de réception, à une
dégradation de la probabilité d'erreur par rapport à une transmission sans lES.
Cette -dégradation, exprimée. en termes de rapport. Eb / No, est de
lOlog(4jn:)2 =2,1 dB; en d'autres termes, pour obtenir une même probabilité
d'erreur, il faut avoir un rapport Eb / No supérieur de 2,1 dB à celui dont on a
besoin quand on s'impose une lBS nulle.

Lorsque l'on tient compte, dans le calcul de la probabilité d'erreur. que la


décision 'În-l peut être erronée, on peut démontrer que si les erreurs de décision
sont peu nombreuses, la probabilité Peb est en première approximation multipliée
par deux. On notera de plus que la propagation des erreurs n'est pas catastrophique·
avec ce type de récepteur puisqu'un symbole mal décodé n'entraîne pas
systématiquement le décodage erroné des symboles suivants.

Ceci peut être facilement compris il partir de l'expression (3.2.14) de


j'échantillon w(to + nT) :
w(to +/lT) = r(lo)(a" + a,H - d,,-I) + b(lo + nT)
Si (1,1-1 = Iln (de probabilité 1/2) el a,,-I;oI; él,,_1 (présence d'un symbole mal
décodé), l'échnntlllon w('o -1- n.T) est égal il. :
11'(10 + liT) = 31'(10)0" -1' b(to -1- nT)

--_._...".:::.._._ ... _._- -----_._ -..--_.- -- . -_ .._-_.. ..__ _--


, .-
Ln probabilité quo le symbole an soit mol décodé est alors très inférieure à la
probabilité d'erreur p,,, (présence du coefficient 3). L'erreur portant suc le symbole
fln-I Il donc peu de chance de se propager. '
Si Q,,_I:;>\ CI" (de probabilité 1/2) et an-I:P ô,,-I (présence d'un symbole mal
décodé), J'échantillon !V(to + nT) est égal à : ,
w(1(} + nT) = -r(4l)a" + b(1o+ nT)
Dans ce cas il y Il de grandes chances que l'erreur portant sur le symbole CI" se
propage (probabilité voisine de (1- P.b».
Il y a donc, en première approximation, une chance sur deux pour qu'une erreur
sur un symbole donné conduise à une erreur sur le symbole suivant. La propagation
des erreurs de décodage est donc Doncatastrophique, car non systématique,
Nous allons maintenant présenter une structure de récepteur qui ne s'appuie pas
sur les symboles déjà décodés pour prendre sa décision,

IlI.2.2:2. Récepteur avec précodage à l'émission


Dans ce cas, les éléments binaires d'information ail subissent un précodage à
l'émission (figure ill-13) pour éviter une propagation des erreurs de décodage en
réception.

e(t)
Source Prëcodage Codeur Filtre
de message en ligne d'émission

{ê,,} to +nT
Décodage Comparateur Filtre
à seuils de réception x(l)
'----_ ....}(to +111)
Figure ID"13 Principe d'urie chaîne de transmission avec codage à réponse partielle et précodage
à l'émission

Ce précodage consiste à associer à chaque élément binaire an un élément


binaire /3n suivant la règle:
Pn = /311-1 œ an al! ,f3n E {O,l} (3.2.17)

où €El représente l'addition modulo 2 (ou exclusif).

Le signal e(t) en sortie du codeur enligne est égal à :


e(t):::'Lakh(t - kT)
k
74 Transmission en bande de base sur canal à bande limitée

avec, par exemple:

D'après la relation (3.2.7), l'échantillon y(to + n1) en sortie du filtre de


réception, peut se mettre sousla forme:
y(to + nT) = cnr(~)+ bUo + nT)
où la relation entre les symboles cn et les symboles an dépend du type d'IES
considéré.

Pour les deux exemples précédents, nous avions;


cn = an + an-) si G(D) = 1+ D
CIl = an - a,,-2 si G(D) =1- D2

L'utilisation à l'émission d'un précodage va permettre de décoder les éléments


binaires d'information an à partir des symboles cn sans propagation d'erreur. En
effet, considérons l'rES caractérisée par le polynôme G(D) = l + D ; nous avons,
en tenant compte de la relation (3.2.17), les relations suivantes: .
a'l = 0 ~ f3n = f3n-1 ~ an = 4n-1 ~ cn =±2
an = 1~ f3n = Pn-l ~ an = -an-l => cn = 0

Le décodage des éléments binaires an à partir des symboles cn peut donc se


faire de la manière suivante ':
ân =0· si ên=±2
(3.2.18)
ân =1 si ên =0
liest facile de vérifier que l'absence de précodage à l'émission conduirait à une
propagation des erreurs de décision sur les éléments binaires an' En effet, lorsque
cn = ±2, ilest uniquement possible d'affirmer que an = au-l et ainsi, si l'élément
binaire an-l est mal décodé, l'élément binaire a" sera aussi mal décodé.

Calculons maintenant la probabilité d'erreur Fe sur les symboles cn' puis la


probabilité d'erreur l'eb sur les éléments binaires d'information an' Considérons
par exemple le codage à réponse partielle caractérisé par le polynôme
G(D)=l+D.

Les éléments binaires an étant i-i-d et à valeurs équiprobables sur l'alphabet


(0, Il. les symboles cn prennent les valeurs (-2jO;2) avec la distribution de
probabilité {l/4;lj2;1/4}.
La probabilité d'erreur P6 est alors égale à :
1 1 1
Fe = '4Pe-2 +"2Peo +'4Pe2
où Pei est la probabilité d'erreur conditionnellement à en =i, i=-2,O,2.

En comparant l'échantillon y(to + nT), prélevé à la sortie du filtre de réception,


à un.ensemble de deux seuils -r(to) et r(to), nous obtenons:
~2 = Pe(-2) =pr{bCto +nT)~-r(to)};:::: Pr{bCto + nT) > r(to)}
Peo :=: 1-pr{ -,.(to) < h(to + nT) < r(to)}

Ce calcul, désormais classique, conduit finalement à l'expression suivante de la


probabilité d'erreur Fe

(3.2,19)

Si on néglige le fait que l'on puisse décoder t1n = 2 .lorsque en = -2 ou


inversement, hypothèse raisonnable dès lors que le rapport signal à bruit Emb / No
est suffisamment grand, la probabilité d'erreur par élément binaire ~b est alors
égale à la probabilité Fe,
Les performances des deux récepteurs étudiés sont donc pratiquement
identiques lorsque GCD) = 1 + D, Cette conclusion n'est pas vraie quel que soit le
polynôme O(D) considéré; en général, le récepteur à décision dans la boucle
permet d'atteindre des performances en termes de probabilité d'erreur supérieures à
celles du récepteur avec précodage à l'émission. On pourra noter qu'il existe
d'autres techniques de décodage, mais plus complexes, qui conduisent à de
meilleures performances.

llI.3. Résumé
Ce chapitre traite de la transmission d'un signal sur un canal à bande limitée et
qui va donc introduire une déformation des signaux transmis, contrairement à ce
qui se passait dans le canal à bande infinie, objet du chapitre Il, La réponse à un
signal de durée T n'est plus alors de durée T, et il en résulte un recouvrement des
différents éléments de signal, c'est-à-dire encore un effet de mémoire, qui se traduit
par le phénomène de l'interférence entre symboles: le signal observé àl'instant
d'échantillonnage dépend non seulement du symbole transmis pendant l'intervalle
de temps considéré, mais aussi des symboles transmis pendant les autres intervalles
de temps.
76 Transmission en bande de base sur canal à bande limitée

Le diagramme de l'œil est une représentation particulière du signal numérique


avant échantillonnage, qui visualise le phénomène de recouvrement des signaux
élémentaires successifs observable sur l'écran d'un oscilloscope. Cette figure, à
laquelleil ne faut pas demander des renseignements quantitatifs (par exemple la
détermination de la probabilité d'erreur), fournit néanmoins 'une estimation de la
qualité de transmission; l'ouverture verticale de l' œil caractérise sa résistance au
bruit, et son ouverture horizontale sa sensibilité à l'imprécision de l'instant
d'échantillonnage.

Un résultat essentiel de ce chapitre est le ~ritère de Nyquist, qui traduit la


condition pour qu'il n'y ait pas d'interférence entre symboles à l'instant
d'échantillonnage, c'est-à-dire que la réponse impulsionnelle .globale r(t), de
transformée de Fourier Rif), vaille 0 à tous les instants to + kT (k entier non nul).
Ce critère se traduit sur le spectre périodifië par la relation:

2: R(to )(1- ~) = T avec R(lo) (f) = R(f) ei27ifto


nT' r(to)

Cette relation est tout à fait essentielle, et il ne faut pas oublier qu'elle ne porte
que sut le spectre périodifié, c'est-à-dire que la condition ne détermine pas le signal
r(t) de façon unique. .
Des exemples de filtres vérifiant le critère sont donnés. On montre que le filtre
de largeur minimale qui le satisfait est le filtre rectangulaire de fonction de transfert
constante sur la bande [- R / 2, +R / 2], où R désigne la rapidité de modulation,
inverse de la durée T des signaux, mais que ce filtre est irréalisable et exigerait une
précision infinie sur la position de l'instant d'échantillonnage. Pour cette raison, on
utilise des filtres un peu plus larges, de la famille des filtres en cosinus surélevé par
exemple, caractérisés par leur coefficient de retombée a, qui occupent la bande de
fréquences [-R(l + a) /2, + Rel + a)/ 2).
On recherche alors, sachant que le filtrage global satisfait le critère, la meilleure
manière de répartir ce filtrage entre l'émetteur et le récepteur pour garantir la
probabilité d'erreur minimale sous la contrainte d'une puissance d'émission
donnée. Le résultat important est qu'il faut que le filtrage soit également réparti en
amplitude. En d'autres termes, si R(f) est la fonction de t:J:a:nSf~tglobale, les
modules des filtres d'émission et de réception sont proportionnels à [RU)]·
Lorsque le filtrage global vérifie te critère de Nyquist, avec une fonction de
transfert R(IO)(f) réelle positive, et est équiréparti entre l'émetteur et le récepteur,
alors la probabilité est donnée en fonction de la puissance moyenne émise enligne,
par la même relation que dans le cas du canal à bande infinie, c'est-à-dire, pal'
exemple, dans le cas d'une transmission binaire antipodale :

P ::::-erfc
1~ ___JJl_
e 2 NoD
./

~:,.,-.,'
," '''''-, ,.~-----
.... ,.",... _'_' ,

/'
Dans le cas où le filtrage n'est pas équiréparti, ou bien lorsque la fonction de
trnllsfert globale n'est pas réelle positive, il en résulte une dégradation des
performances qui se traduit par une pénalité en puissance. TIimporte de se rappeler
que cette formule suppose implicitement l'absence d'interférence entre symboles et
n'a aucun sens si cette condition n'est pas remplie. .
Le chapitre se termine par la présentation du codage par réponse partielle. Cette
technique consiste à introduire à l'émission de l'interférence entre symboles
volontaire, donc. connue du récepteur, et que ce dernier pourra par conséquent
ëlimlner. il est possible alO.1.'S
de tolérer des perturbations plus fortes en bord de
bande, parce que la part de l'énergie qui s'y trouve est plus faible. En contrepartie,
le codage par réponse partielle exige une puissance plus forte que le codage avec
des symboles non corrélés pour garantir la même probabilité d'erreur. Le cas
particulier du codage duobinaire est particulièrement étudié et deux structures de
récepteur sont décrites, le récepteur avec précodage et le récepteur récursif avec
décision dans la boucle, dont les performances en termes!de probabilité d'erreur
sont sensiblement équivalentes. .
\"---"
. f
\. .: r
!
EXERCICES " "

Exercice :3.1
Y 'Î'~

/.s»:
Pour transmettre une suite d'éléments binaires indépendants, prenant les valeurs
° ou 1avec la même probabilité, on utilise un alphabet de deux signaux ho (t) .et
h,(t) de durée T, définis sur l'intervalle [O,T[. Sur l'intervalle [kT,(k+l)TL on
émet ho «(~kT) ou hl (t - kT) selon la valeur de l'élément binaire à transmettre .
. On s'intéressera à l'intervalle de temps [0, T[ et cet exercice constitue une
généralisation de ce qui a été vu au chapitre Il.Dn supposera donc que le récepteur
est formé par un filtre de fonction de transfert G( f), réponse impulsionuelle g( t),
suivi d'un comparateur à seuil et d'un échantillonneur à l'instant to.

Sur l'intervalle [0, T[ le signal xCt) à l'entrée du récepteur est égal à :


xCt) == ho (t) + B(t) ou x(t) = hl Ct) + B(t)
où B(t) représente un bruit blanc gaussien, centré, indépendant du signal et de
densité spectrale de puissance bilatérale No J 2. .
1) Calculer la valeur du signal à l'instant d'échantillonnage, en l'absence de
bruit, respectivement lorsque l'élémcnt"blnaire 0 on 1 a été transmis. On appellera
Uo et ui ces deux valeurs, que l'on exprimera sous forme d'intégrales faisant
intervenir GCf) et, respectivement, Ho (f) et Hl (f). .
2) Calculer la probabilité d'erreur et montrer qu'elle ne dépend que du rapport
p , quotient de la clifférenc$H·t{D - ul) par l'écart type Œ du bruit en sortie de
l'échantillonneur. Exprimer {(}2)n fonction de No et G(f). ' ,.
....' \_ ....
78 Transmission en bande de base sur canal à bande limitée

3) En utilisant l'inégalité de Schwarz, montrer que le rapport p est maximal si


le filtre de réponse g(t) est adapté au signal [hl Ct) -:-hOCt)], c'est-à-dire si :
k[hl (to - t) -. hoCto
g(t) ::::: - t)]
où k est une constante.
4) Montrer que la probabilité d'erreur peut se mettre sous la forme:

Pw=±,,®
où : /J..2 == ((h1(t)-hQ(t)l dt
Que représente ~ysiquement li ? Retrouver, en utilisant ce résultat, la
probabilité d'erreur pour le code NRZ et le code RZ. .

. "'Exercice 3.2 ....


Pour transmettre des éléments binaires mutuellement indépendants et prenant les
valeurs 0 ou 1 avec la même probabilité, on utilise les deux signaux suivants de
durée T.
A si tE[O,TI2[ {O si tE[O,T/2[
Sa (t) == { . [ [ou SI (t) ==
. 0 si t E T 12,T A si t E [T 12, T[

Le signal est reçu en présence de bruit B(t) additif gaussien centré, de densité
spectrale de puissance bilatérale No 12 :
~=Si(t)+B(t) i=O,l
1) Donner la structure du r~ceI!t®Loptilllal et calculer la probabilité d'erreur par
élément bin aire, en fonction de A, / T et No.
2) Exprimer cette probabilité d'erreur en fonction du rapport Eb / No où Eb
représente l'énergie utilisée pour transmettre un élément binaire.

Exercice 3.3
On considère un système de transmission numérique transmettant des éléments
binaires indépendants et prenant les valeurs j:.J avec la même probabilité. A la
sortie du filtre de réception, le signal en l'absènce de bruit s'exprime sous la
forme:
xCt):::: 2>kS(t-kT)
k

avec: set) = .s'oe-alll


où a est une constante positiye et 80 une amplitude donnée.
r
Déterminer l'ouverture de l'œil quand on échantillonne le signal x(t) aux
instants (to + nT), to E [0, T[. Quelle est la condition sur a pour que-l'œil soit
1 ~ .
ouvert pour to nul ? '

Exercice 3.4
On considère un système de transmission comportant:
-une source qui crélivre le signal L.alllo(t-mT) où les {am} sont des
éléments binaires (données) mutuellement indépendants et prenant les valeurs ±A
avec Ia même probabilité, et oCt) représente la distribution de DIRAC,
- une chaîne de transmission constituée d'un filtre d'émission, de fonction de
transfert EU), d'tm milieu de transmission supposé non sélectif (fonction de
transfert égale à 1), et d'un filtre de réception de fonction dé transfert RU),
- un échantillonneur ct un comparateur à seuil situés derrière le filtre de
réception.
Un bruit blanc, gaussien, centré, indépendant du signal, de densité spectrale de
puissance bilatérale NO12, s'ajoute au signal à l'entrée du filtre de réception.
On suppose que EU) ct RU) sont égaux à H (f), défini ainsi:

·fi si Ifl < _1


. ,4T
H(.f):::: --:.,fT si _1 < Ifl< _1
4T 2T
o ailleurs

1) Calculer. la fonction de transfert globale de la chaîne de transmission. Que


remarque-t-on ?
2) Exprimer la probabilité d'erreur Peb sur les éléments binaires en fonction de
la puissance moyenne émise Pm' de No et de D = 1/ T ..

dl Ex~rcice 3.5
l\our transmettre un élément binaire prenant deux valeurs équiprobables, SUI
j'intervalle de temps [Q,T[, on utilise les deux signaux hoU) et hl Ct) ainsi
définis: .
A si t e [0, T 12[ {A si tE [ T / 2, T[
l1fJ(t) ={
° ailleurs
; Ill(t)=
0 ailleurs
.

A est une constante donnée, Le signal est reçu en présence de bruit B(t), blanc,
gaussien, additif, centré, indépendant du signal et de densité spectrale de puissance
bilatérale No / 2.
80 Transmission en bande de base sur cemal à bailde limitée

On veut construire un récepteur formé par un flltre de réponse impulsionnelle


g(t), fonction de transfert G(f), suivi d'un échantillonneur (à l'instant 1'0) et d'un
comparateur à seuil, le filtre étant choisi pour maximiser le rapport signal à bruit à
l'instant d'échantillonnage.
1) Exprimer les valeurs Uo et Ul du signal à l'instant d'échantillonnage, dans les
cas où respectivement hn (t) et hl (t) ont été émis, en supposant qu'il n'y a pas de
bruit On exprimera ces deux quantités comme des intégrales dans lesquelles
interviennent GU) et les transformées de Fourier Ho(f) et III Cf) de ho(t) et
II.. (t), gue l'on n'explicitera pas.
2) Exprimer la variance (52 du bruit b(t), réponse du filtre de réception à-B(t),
en fonction de GU). ,
3) Rechercher la fonction Go (f) qui maximise le rapport p défini par :
. 2
_ (U1 - uo)
p- 2
(5

Donner l'expression de go (t) en fonction de ho (t) et de hl (t).


4) Montrer que le récepteur optimal prend sa décision en comparant la sortie du
filtre de réception pris à l'instant ta, à un seuil nul.
5) On appelle Zo (resp. Z1) la variable aléatoire représentant la valeur de
l'échantillon à l'entrée du comparateur conditionnellement à l'émission de ho Ct)
(resp. llt (t»). On. donnera la nature de cette variable, Déterminer la probabilité
d'erreur sur les éléments binaires en fonction de A, No et T. .

(fJ Exercice 3.6


On considère un système de transmission numérique où la source de message
délivre le signal ALako(t.- kT), où A et F sont des constantes, b(t) désigne la
distribution de Dirac, et les {ak} sont des symboles binaires mutuellement
jndépelldants prenant les valeurs ± 1 avec If!JIl-~probabilité. Le bruit BU) est
additi.t.~Gm~~!.~f1"cç.p.!f~~_in~éHenda1!.U!lUi.g!Ull.de densité spectrale de puissance
bilatérale &_.f.1,.,; Les filtres d'émission et de réce~t1on:.d~Jonctions de transfert
respectives ECf) et R(/), vérifient la relation\E_(nR(f)!::: G(j), GU) ayant
pour expression : . ' --_._---- .

GU) =.
.{ Tcos 2(%/l'),
~:
-
2;
S1 f E [1 IJ
---
T' T
o f ailleurs '-

1) Montrer que GU) vérifie le critère de Nyquist au pas T.


2) Comment faut-il choisir <lf[ffêt R(f) pour que la probabilité d'erreur soit
minimale ? Exprimer celle-ci, appeJi'e PeO' en fonction de A ~t No, puis en
fonction de la puissance moyenne Pm émise (c'est-à-dire mesurée en"sortie du filtre
d'émission), de No et T,
3) Bxprimer en fonction de Pm' NO et T la probabilité d'erreur Fel dans le cas
où R(f) vaut -fi pour f e [-11 T, 1/ Tl
et 0 ailleurs, la refadon liant EU) et
..._... .----=-.: _..... -. _-.._._ _-..o __•. _.__ .__ ... . __ .
, ,.. .. ,,-_ ... ," .. '_ ..__ ...... -

r
R(J) étant vérifiée. Quelle est la dégradation du rapport signal à bruit par rapport à
la répartition optimale du filtrage ?

Exercice 3.7 ~
On considère un système de transmission comportant: . ~

= une source qui délivre le signal L,.amô(t- mT), où les am sont des éléments
binaires prenant les valeurs ± A avec la même probabilité et mutuellement non
corrélés et ô(t) désigne la distribution de Dirac,
- une chaîne de transmission comportant un filtre d'émission, un milieu de
transmission et un filtre de réception, de fonctions de transfert respectives
E(f), C(.f), R(f~ ~
- un échantillonneur et un comparateur à seuil situés derrière le filtre de
réception.

Le bruit blanc, gaussien, additif, centré, indépendant du signal et de densité


spectrale de puissance bilatérale No /2 s'ajoute au signal à l'entrée du filtre de
réception.
1) On suppose que B(f) et R(J) sont égaux à
fonction réelle positive dont la transformée de FOU R inverse vérifie le critère
de Nyquist au pas T. La fonction de transfert Ci f") est supposée égale à 1.
Exprimer la probabilité d'erreur Peb en fonction de la puissance moyenne émise
P',P de No ct de D:= 1/ T. __
2) On suppose que le seuil du comparateur est non pas à 0, mais à une valeur
que l'ou appellera EA, où -e est un nombre compris entre -1 et + 1, Exprimer. la
probabilité d'erreur Pe(s) en fonction de ê.
3) On suppose maintenant que e est nul, mais que le milieu a .une fonction de
transfert CU) égale à (1 + a exp (-2j1ljT)] où a est une constante réelle. Quelle
condition doit vérifier ex pour que l'œil soit ouvert à l'instant d'échantillonnage,
supposé inchangé par rapport à la question précédente ? On supposera cette
condition remplie. .
Exprimer. la probabilité d'erreur Peb (ex) obtenue en fonction de ex. Montrer
qu'il est possible, partant des conditions idéales ( fi et e nuls) , d'obtenir la même
probabilité d'erreur par un décalage du seuil.

Exercice 3.8
La fonction rU) de transformée de Fourier RU) égale à T /·2 pour
! E [ -1/ T, 1/
T], 0 ailleurs vérifie-t-elle le critère de Nyquist au pas T?
Transmission en bande de hase sur canal à bande limltle
82,

Exercice 3.9
On désire transmettre un train binaire au débit D :::;:
600 Mbitls en utilisant huit
signaux: de durée T, {±s(t) ; ±3s(t) ; ±5s(t) ; ±7s(t)}, associés chacun à un
mot de trois éléments binaires, s(t) étant une certaine forme d'impulsion donnée.
Quelle est la rapidité de modulation ? Quelle est' la bande de fréquences
nécessaire pour \Iansmettre ce débit sans interférence entre symboles, avec un
filtrage de Nyquist de coefficient de retombée lX égale à 0,4 ?

Exercice 3.10
On considère une suite d'éléments binaires {ad; indépendants, prenant les
valeurs 0 et 1, transmis à l'aide d'un code bipolaire. On appelle {bk} la suite de
symboles, valant 0, ± 1, résultant du codage de la suite {ak}' On associe à cette
suite le signal u(t) ayant pour expression:
u(t):: 2>kh(t- kT)
k

On échantillonne le signal u(t) aux instants (to + n.T) et on suppose que h(t)
vérifie la relation :
hUo + nT):;::; hrr :;::; on,O+ av",l
où Ô""J! représente le symbole de Kronecker et lX une constante.
1) Quelles sont les valeurs possibles du signal uCt) aux instants
d'échantillonnage (to + nT) ?
2) Quelles sont les conditions sur la constante a pour que, en l'absence de
bruit, la détection des symboles {bk} puisse se faire sans erreur ?

Exercice 3.11
Le signal x(t) ayant pour expression:
x(t) = I,.aks(t- kT)
k
où {ak} est une suite de symboles mutuellement non corrélés, prenant les valeurs
± l avec la même probabilité et transmis sur un canal non sélectif (fonction de
transfert égale à 1). La forme d'onde set) est définie par :
. = {A
set)
si 0 ~ t </31'
o ailleurs

où f3
est une constante inférieure à l.
Le signal xCt) est reçu en présence de bruit B(t~ additif, gaussien, centré,
blanc, indépendant de x(t) et de densité spectrale de puissance hUntérale No /2.
/
... -- """~"
.. _-".\'!

/"
1) Donner ln structure du récepteur optimal, c'est-à-dire maximisant le rapport
signal à bruit à J'instant d'échantillonnage.
2) Exprimer la probabilité d'erreur Pe sur les symboles, d'abord en fonction de
A, f3, T et No, puis en fonction de la puissance moyenne envoyée en ligne Pm' du
débit numérique D et de No·

"1·
CHAPITRE IV : TRANSMISSION SUR ONDE
PORTEUSE SUR CANAL IDÉAL
...-"
IV.l. Définition des modulations numériques
La modulation de porteuse, qu'elle soit dite analogique ou numérique, consiste
à faire varier un paramètre d'une onde sinusoïdale, appelée onde porteuse, en
fonction du signal qui constitue I'Information à transmettre, appelé signal modulant.
La grandeur qui pe.Y:têtre modulée est l'amplitude, la phase, la fréquence,
éventuellement la polarisation.
La caractéristique fondamentale d'Uhe modulation numérique, par rapport à une
modulation analogique, est que l'information à transmettre est discrète. Partant dl)
message constitué d'éléments binaires, on peut regrouper ceux-ci en mots de n
éléments binaires, chacun des M = 2n mots ainsi 'obtenus étant associé à un état
parmi M de la grandeur à moduler. Le récepteur ne recherche pas, comme dans les
systèmes analogiques, la meilleure approximation de la valeur exacte de
1'amplitude, de la fréquence ..., mais doit décider simplement quel mot a été
transmis.

On retrouve là une caractéristique générale de la transmission numérique. Dans


la plupart des situations pratiques, M est une puissance de 2. Nous allons d'abord
donner les expressions mathématiques des signaux modulés pour les principaux
types de modulations numériques, puis nous donnerons ensuite les structures des
modulateurs.et des démodulateurs, ainsi que les performances obtenues, en.termes
de probabilité d'erreur.'
Selon le type de modulation considéré; le signal modulé a les expressions
suivantes:
• Modulation d'amplitude (MDA, en angle-américain ASK, Amplitude Shift
Keying) ,
uCt) = A(t)cos(2Jif 01+ lf'o) (4.1.1a)

A(t) = L.akX(t-kT) (4.1.lb)


k

les {ad désignant une suite de symboles M-aires, cl xCt) représentant dans toute la
suite la fonction créneau, ou porte', de durée T, égale à 1 si t E [0, T[ et 0 ailleurs.
Vlo est la phase de la porteuse à la fréquence fo, modulée en amplitude par lç;signal
A(t). Rappelons que T est égal à 1b log2 M, Tb étant lui-même l'inverse du débit
binaire D. Dans le cas usuel où M est égal à 2n , T est simplement égal à n / D.
Un exemple de modulation d'amplitude est la modulation (binaire) par tout ou
rien (en anglo-américain OaK. pour On Off Keying ) dans laquelle le symbole ak
prend les valeurs 0 ou 1. L'un des états binaires correspond donc à une extinction
86 Transmlsssion sur onde parleuse sur canal idéal

de la porteuse, La figure IV-1 représente une tranche temporelle d'un signal modulé
en amplitude par tout ou rien,

o o o

.. .
T i T i T T' T
"'~"'"'''''''''''''''''''~''''''''''''''''''''''''~''''''''''''''''''''' .."~ ,, ~ ~i ,

Figure lV-I Modulation d'amplitudepar tout ou rien (OOK)

• Modulation dephase (MDP>en anglo-am6ricainPS~ Phase Shift Keying]


u(t)::::Acos(2n-fot+ ifJ(t») (4.1.2a)
\...".
ifJ(t):::: 'IAkX(t-kT) (4.1.2b)
k
La relation (4.1.2a) s'écrit aussi de manière équivalente:
. u(t)= ALX(t-kT)cos(2n-fot+ tPk) (4.L2c)
k
où A représente l'amplitude de l'onde porteuse et ifJk la valeur de la phase pendant
l'intervalle de temps [kT, (k + 1)T[. Dans le cas de la modulation de phase à M états
(MDP-M ou M-PSK en angle-américain), tPk peut prendre toutes les valeurs de la
formc :
7f . .
00+(2m+1)-, OsmsM-l (4.1.3)
M
e
La valeur de o n'a aucune influence sur les caractéristiques de la modulation,
mais nous verrons dans le paragraphe IV.3.1. que sa connaissance est souvent
nécessaire pour pouvoir eff-ectuer la démodulation. Changer la valeur de cette
constante revient en effet à appliquer au signal émis un déphasage, qui n'a aucune
influence dès lors que le démodulateur fait subir le même déphasage à l'oscillateur _
qu'il utilise pour effectuer la démodulation. Nous supposerons toujours que 'lé
récepteur est parfaitement synchronisé, c'est-à-dire qu'il connaît parfaitement la
phase de l'oscillateur local utilisé à l'émission, si bien que nous pourrons choisir la
valeur de 00 la plus commode pour mener les calculs. Mais le problème de la
synchronisation est en pratique très important et souvent difficile à résoudre ~le
chapitre VII donnera quelques notions sur les procédés qui permettent de
synchroniser émetteur et récepteur. :;/
f
Souvent, on considérera que 00 est nul. Dans le cas particulier de la modulation
dé phase binaire CM:::::2), la phase prend donc les valeurs ±rcj2. Pour cette
modulation particulière, on considérera souvent que les deux états possibles sont 0
et 'If, ce qui revient à prendre 80' égal à -n /2. Nous venons a posteriori que le
choix de deux valeurs de la phase qui. diffèrent de n est optimal en ce sens que,
.-pour une puissance d'émission donnée, il minimise la probabilité d'erreur,
Néanmoins, dans certaines applications particulières, on peut être conduit à utiliser
deux états de phase 0 et (n-a). il subsiste alors dans le spectre du signal modulé
une raie à la fréquence porteuse Jo qui est utile pour synchroniser le récepteur (cf.
chap. VIT).
Revenant à l'expression générale du signal modulé MDP-M, on remarque que le
signal donné par (4.1.2c) peut encore s'écrire sous la forme :
AL [cos <Pk cos2rifot
u(t) ::::: - sin th sin 27ifotlxU - kT) (4.1.4)
k '.

Cette écriture montre que le signal peut s'exprimer comme la somme de deux
ondes porteuses, cos2nfot et -sin2~fot, en quadrature, modulées en amplitude.
Les amplitudes de ces deux porteuses peuvent prendre respectivement toutes les
valeurs de la forme cos(Oo + (2m+l)n/M)) et sin(Oo + (2m+l),,"/M)). On en
déduit immédiatement que les valeurs possibles de }'amplitude de chacune des deux
composantes sont identiques, dès lors que M est un multiple de 4, car il suffit de
changer m en m + 4M pour permuter les deux coordonnées.
En particulier, la modulation MDP-2 se ramène à une modulation d'amplitude.
Ceci montre la similarité très forte qui existe entre les modulations numériques
d'amplitude et de phase, tandis que la modulation de fréquence, comme on Je verra
plus loin, a des caractéristiques très différentes .

• Modulatilin d'amplitude sur deux porteuses en quadrature (MAQ, en anglo-


américain QANl, Quadrature Amplitude modulation}
Dans ce type de modulation, le signal modulé s'écrit sous la forme:
u(t) :::::uc(l)cos27ifot -1ts(t)sin2nj'oL (4. 1.5 a)

avec: uc(t) = L,ak X(t- kT) (4.1.5b)


k ~

usCt) = L,bk xCt - kT) (4.1.5c)


k
u(t) est la somme de deux porteuses en quadrature, modulées en amplitude par les
signaux Ltc(t) et usCt).

Dans le cas où les {ak} et {bk} sont deux suites de symboles M-aires, prenant
leurs valeurs dans des alphabets à M éléments, on obtient ainsi une modulation il
M2 états, chacun de ceux-ci étant associé à un couple de deux symboles M-aires.
Très souvent, M sera de la forme 2n : dans ce cas, chaque valeur possible de ak est
Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal
88

associée à un mot de Il éléments binaires et chaque couple (ak,bk) est associé par
conséquent à un mot de 2n éléments binaires.
Le signal émis pendant un intervalle de durée T peut être défini par les valeurs
des deux symboles ak et bk ou parla valeur de son amplitude et de sa phase. On
peut donc écrire:· ~..
u(t):::: L,4 X(t.-kT)cos(21ifOt+ V'k). (4.1.6a)
k

avec :

. (4.1.6b)

Cette ëcnrure fait apparaître que la modulation MAQ peut être considérée comme
une modulation li. la fois de la phase et de l'amplitude.
Très souvent, le nom de modulation 1I1AQ désignera une modulation dans
laquelle les' alphabets où ak et b k prennent leurs valeurs sont identiques et les
symboles ak et bk sont indépendants. Par exemple, quand ces symboles peuvent
prendre 4 valeurs de la forme (±d,±3d}, où.
d est une constante donnée, on obtient
une modulation à 16 états appelée MAQ-16, qui a été largement utilisée, notamment
pour les faisceaux hertziens à grande capacité développés au cours des années
1980. .
Dans. le cas plus général où les symboles prennent les valeurs
{±d,±3d.±5d, ....,±(M -l)d}, avec M égal à 2n, on obtient une modulation à 22n
états, dont les exemples les plus utilisés sont, honnis la MAQ-16 déjà mentionnée,
. les modulations MAQ-64, MAQ-256.

Remarques
00 utilise aussi des modulations MAQ à N étals, dans lesquelles N n'est pas un
carré parfait (par exemple N = 21', P impair). Le signal ne peul pas alors être obtenu
comme une combinaison de deux porteuses en quadrature modulées en amplitude par
des symboles M -aircs indépendants. Du moins, si Ml désigne le carré parfait
immédiatement supérieur à N, on peut construire le signal MAQ-N comme une
combinaison de deux modulations d'amplitude à M états, en interdisant A-P - N des
combinaisons possibles. Par exemple, on utilise la modulation MAQ-32, obtenue à
partir d'une modulation MAQ-36 do laquelle quatre états sont exclus: les symboles
ctk el bk peuvent prendre les valeurs ±d, ±3d, ±5d et les quatre étals de In forme
(±5d ,:J:5d) sont interdits.
La modularton de phase peut être regardée comme une modulation MAQ
particulière dans laquelle Ak est constant. Les composantes en phase et quadrature
des différents signaux ne sont bien sûr pas indépendantes (sauf pour la MDP-4).
On remarquer-il aussi que la modulation d'amplitude peut être regardée comme
une modulation MAQ particulière, dans laquelle la composante en quadrature est
nulle.
~, '1.\ '

On peut représenter géométriquement les dlfférents états du signal mod\l~éMil~l1S


le plan de Fresnel, en assoclant au signal f1X(l)cos(27ifot{. v:
10 yocteui· de
_. -- ....._.__._-_ ....._.... ---=~_ ..._-_._
.._. ------_ .._:_.--_._-_._._~--
.. :_... .. _._ ..................•... _ _--
.. ..

/"
module A et d'angle polaire VI.On obtient alors pour les différentes modulations
MAQ les figures suivantes, appelées constellations' .

..-/
• • • •

• • • ..
.
• • • •
.,
• • • • ,

MAQ-t6 MAQ-64

Figure IV-Z Constellations de deux modulations de type MAQ

• Modulation de fréquence (MDF, en angle-américain FSK, Frequency Shif!


Keying) ,
Dans ce cas, c'est la fréquence instantanée du signal modulé qui peut prendre un
certain nombre de valeurs associées aux états possibles de l'information à
transmettre. Dans le cas d'une modulation de fréquence binaire par exemple, on
aura deux fréquences j'[ eth associées aux deux valeurs de l'élément binaire. On
introduit alors la fréquence centraleji, égale la demi-somme deJt ètf2, ainsi que
à

J'excursion de fréquence M'égale à Ih-


fIl. Une grandeur sans dimension, qui
détermine beaucoup de propriétés du signal modulé, est l'indice- de modulation,
noté nt, égal à NT. Si l'on utilise par exemple deux fréquences distantes de
1 MHz pour transmettre un débit de 2 Mbit/s, l'indice de modulation est égal à
0,5. .
Le signal modulé en modulati~n MDF-2 s'écrira donc sous la forme:
u(t) = A Gos(27ifot + rjJ(t» (4.1.7)
if!(t) est la phase à l'instant t. La fréquence instantanée jet) est obtenue par
dérivation de la phase par rapport au temps et division par 2re, soit :

j(t) = Jo +J.... dtfJ (4.1.8)


2n" dt

1 Il convient de noter que, lorsque l'on étudie le problème de la détection optimale, que nous
avons choisi de ne pas aborder dans cel ouvrage, on rencontre une représentation de la modulation
appelée également "constellation", qui se traduit dans le cas des modulations MAQ par la même
figure géométrique, mois a une signification totalement différente.
90 Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal

Le second terme du second membre de (4.1.8) est la déviation de la fréquence


par rapport à sa valeur moyenne, égale à la fréquence centrale io. Compte tenu que
cette déviation prend les valeurs ±!J.f / 2 selon l'élément binaire transmis, on
pourra encore écrire :
1
--
difJ N
= -~>kX(t - kT) (4.1.9a)
2'1f dt 2 k

ak prenant les valeurs ±l, soit encore, en introduisant l'indice de modulation m :


dAp
-d = 'Ir·N '" m'If",
.LJakX(t-kT);:::::-L-iakX(t-kT) (4.1.9b)
t k T k

Puisque la phase est la primitive de la fréquence, elle n'est définie qu'à une
constante d'Intégration près. Partant de l'équation (4.1.9b), on obtient par
intégration:

(4.1.9c)
avec t e [kT,(k + l)T[
L'équation (4.1.9c) montre donc que la phase vade linéairement SUI l'intervalle
de temps tE [kT,(k + l)T[ et que la variation est de ± m'If, selon Ja valeur de
l'élément binaire transmis. La constante Ok est déterminée par la condition initiale,
c'est-à-dire qu'elle est égale à ~(kT).

On sera amené à distinguer deux tas importants :


a) les modulations à phase continue, dans lesquelles la phase est continue
aux instants de transition (c'est-à-dire les instants kT, k: E Z, compte tenu du choix
.de l'origine des temps).
Celte propriété s'exprime, d'après (4.1.9c), par la relation:
Ok = ek-1 + mn ak-l
qui indique que la limite, lorsque t tend vers kT paf valeurs inférieures, de
l'expression donnant la valeur de ifJ(t) sur (k-l)T,kT[, est égale à la limite,
lorsque t tend vers kT par valeurs supérieures, de l'expression donnant la valeur de
ifJ(J) SUI [kT,(k+ l)T[.
Cette condition de continuité est réalisée, pour des raisons physiques évidentes,
quand on utilise un oscillateur unique dont on module la fréquence. On trouve dans
la littérature angle-américaine la dénomination CPFSK tConsinuous Phase:
Frequency Shift Keying) pour. désigner ce type de modulation. Un exemple
important est la modulation de. fréquence à phase continue d'indice 0,5, appelée
MSK (Minimum Shift Keying). La valeur de la constante k peut en particulier être e
facilement déterminée si l'on suppose que la modulation est à phase continue au
moment des transitions. La :figureIV-3a représente le cas d'une modulation à phase
continue. ./'
-'---'--- ...__ ._.- .......- .-='::':._... ._-- . -_ ........__ - ._._-_.
.-
o o O' .

.,./

....L I -L_._ ._!" ~..i J: _.~L_ _T._ .._,.L_ ._ L J.. .


Fïglll'C IV ·3a Modulation d.efréquence à phase continue

b) les modulations à phase discontinue, dans lesquelles cette condition


de continuité n'est pas nécessairement vérifiée. C'est ce qui se produit par exemple
lorsque le modulateur est réalisé au moyen de deux oscillateurs indépendants, entre
lesquels est effectuée une commutation en fonction des éléments binaires à
transmettre. La figure IV-3b représente un morceau de signal modulé en fréquence
dans le cas d'une modulation à phase discontinue.

o o o

Figure IV -3b Modulation de fréquence à phase discontinue

Les caractéristiques spectrales de ces modulations de fréquence (densité


spectrale de puissance du signal.modulé) sont fondamentalement différentes. On
sait en effet que le spectre d'un signal a un comportement à l'infmi qui dépend de la
régularité de celui-ci. Plus un signal.est dérivable à un ordre élevé, plus son spectre
décroît rapidement pour des valeurs élevées de la fréquence. Lorsque la phase est
continue, le signal est plus régulier que lorsqu'elle ne l'est pas, et la densité
spectrale de puissance décroît plus vite à l'infini. Ainsi, la donnée de l'indice de
modulation ne suffit-elle pas à définir complètement les propriétés spectrales de la
modulation de fréquence..
92 Transmlsssion sur mule porteuse SIII' caJUllidéal

Il est possible d'envisager des modulations de fréquence numériques à plus de


deux états. La modulation de fréquence est nettement moins utilisée en transmission
numériqlte que les modulations MAQ, Néanmoins, on trouve des applications dans
des systèmes de transmission de données sur voie téléphonique, et elle est
intéressante pour les futurs systèmes optiques utilisant la réception hétérodyne, car
ilest plus facile de moduler les sources optiques en fréquence qu'en phase. -
Après cet examen des différentes modulations numériques possibles, nous
allons maintenant donner une représentation des signaux modulés, sous forme de
signaux complexes. Cette représentation sera extrêmement utile dans l'analyse des
systèmes de transmission.

IV.2. Notion d'enveloppe complexe


IV.2.1. Introduction
L'expresslon du signal en modulation MAQ est donnée par l'équation (4.1.5a).
On remarque immédiatement qu'il est possible d'écrire celle-ci sous la forme :
u(t):::::Re(ue(t)exp(2j7ifot)} ; ue(t) =: ucCt)+ jus Ct) (4.2.1)
Le signal ue(t), qui est en général complexe, s'appelle l'enveloppe complexe
" du signal u(t). Reprenant les expressions des signaux associés aux différentes
modulations définies au paragraphe IV.l, on en déduit les enveloppes complexes
correspondantes:
• Modulation d'amplitude .-
Ue(t) = LfJkX(t-kT)exPUlJfo) (4.2.2a)
k
• Modulation de phase .'
Ue(t)::::: LAxCt-kT) exp(jCPk) (4.2.2b)
k
• Modulation d'amplitude SUI' deux porteuses en quadrature ..

Ue(t) = IAkX(t- kT) eXPUlJIk)


k
(4,2.2c)
lleà)"= L(ak + jbk)X(t-kT)
k
On remarque que l'enveloppe complexe s'exprime d'une manière générale soUs"
la forme suivante:
ue(t) = LCkXCt-kT) (4.2,3)
k
c'est-à-dire comme un signal en bande de base de type NRZ (cf, §" II,1.4,~)
-
transportant 'une information représentée par les symboles complexes (ck}' En
/'"

général, l'enveloppe complexe n'a pas de réalité physique, puisque ce n'est pas un
signal réel, sauf dans le cas de la modulation d'amplitude ou de là modulation
MDP-2. Il s'agit néanmoins d'une représentation très commode et très utilisée. Elle
permettra en effet de traiter les systèmes de transmission u.tilisant une modulation
exactement comme des systèmes en bande de base, la seule différence étant que les
..signaux seront complexes. Du point de vue de l'analyse théorique, les systèmes en
bande de base ne sont qu'un cas particulier, et il aurait été possible de traiter
directement le cas général. On peut dire aussi que la représentation sous forme
d'enveloppe complexe permet de représenter globalement un signal modulé de type
MAQ, la partie réelle (resp, imaginaire) représentant la composante en phase (resp.
en quadrature).
La notion d'enveloppe complexe s'applique tout aussi bien à la modulation de
fréquence; dans ce cas, utilisant la relation (4.1.7), il vient: .
uAt) = A.expU4J(t)
(4.2.4)

La notion d'enveloppe complexe est toutefois .beaucoup moins utile en


modulation de fréquence: en effet ue(t) n'est plus dans ce cas une fonction linéaire
du signal modulant, puisque celui-ci apparaît dans l'argument de l'exponentielle
imaginaire ..
Or, un système de transmission comporte des filtres, c'est-à-dire des. opérateurs
linéaires agissant sur les signaux. Nous verrons que la transformation de
l'enveloppe complexe par filtrage est simple lorsqu'elle est une fonction linéaire du
signal modulant, ce qui permettra Une modélisation aisée du système de
transmission. Cet avantage disparaît lorsque la modulation est non-linéaire et c'est
ce qui explique le moindre intérêt de la notion d'enveloppe complexe dans le cas
des modulatlons non- linéaires. .
C'est pourquoi d'ailleurs on dit que les modulations MDA, MDP, MAQ
constituent la classe des modulations linéaires, à laquelle n'appartient pas la
modulation de fréquence. Néanmoins, on peut démontrer que certaines modulations
de fréquence particulières, par exemple les modulations à phase continue d'indice
entier ou demi-entier, se ramènent à des modulations linéaires. .
On notera que la relation (4.2.1) ne définit pas l'enveloppe complexe de manière
unique. Bn effet, si ue Ct) est une enveloppe complexe vérifiant cette relation, alors
Ue(t)+ !lue(t) vérifie .aussi (4.2.1) dès lors que la partie réelle de
[ôue(t) exp(2j7ifot)] est nulle. .

L'enveloppe complexe d'un signal quelconque x(t) est définie de manière


rigoureuse par la relation:
Xe(t) = [x(t) + j lIxW] exp( -2j7ifot) (4.2.5)

flx(t) désignant la transformée de Hilbert de x(t). Sachant que la transformation de


Hilbert se traduit, dans le domaine fréquentiel, par une multiplication de la
94 Transmlsssion. sur onde porteuse sur canal idéal

transformée de Fourier par -jsgn(f),' sgn(.) désignant la fonction «, signe », on


obtient sans difficulté la transformée de Fourier Xe (f) de'l'enveloppe complexe.
Appelant en effet xa Ct) le signal analytique associé à x(t), c'est-à-dire le signal
défini par: .
XaCf) =2 X(f) f >0
(4.2.6)
Xa (f) = 0 sinon
on obtient:
(4.2.7)
Montrons maintenant que l'enveloppe complexe. ainsi définie vérifie bien la
o
relation (4.2.1). Soient z(t) le signal Xe Ct) exp(2j1CJ t) et Zef) sa transformée de
Fourier. On a :
Z(f) = Xe(f - fo) =.Xa(f)

Re[z(t)] a pour transformée de Fourier [Z(f) + z*(- f» /2, soit


[Xa(f) + X~( -f))/2, soit encore X(f), ce qui démontre l'égalité (4~.1).
n est essentiel de remarquer que l'enveloppe complexe est définie par rapport ù.
une fréquence porteuse donnée. La plupart du temps, celle-ci étant définie sans
ambiguïté, on parlera d'enveloppe complexe tout court sans y faire référence.
Une classe particulièrement importante de signaux est celle des signaux dits « à
bande étroite », dont le nom est un peu trompeur, et que nous cillons définir
maintenant.

IV.2.2. Signaux déterministes à bande étroite


On appelle signal à bande étroite un signal dont la transformée de Fourier est
nulle sur une bande de fréquences [-B,B], B étant strictement positif. On peut
donc' alors écrire: .
XCf) = X+ Cf) sif E [B, +=[
(4.2.8)
{ X(f)=X-Cf) sife)-"">,-B)

On notera que dans le cas d'un signal réel, on a la relation:


X-Cf) = [XC-f)]* (4.2.9)
Un signal de la forme m(t)cos(21Cfot), c'est-à-dire représentant une porteuse à
la fréquence fo modulée en amplitude par un signal met), est à bande étroite dès lors
que le spectre du signal modulant est limité à une bande [-b,b], b étant strictement
inférieur à fo- Le spectre du signal modulé a en effet pour support les bandes de
fréquence [Jo - b,fb +b) et [- fo -b,-fo +b]. Dans le cas où b, toujours supposé
strictement inférieur à fo> en est très proche, bien que ce signal soit alors
mathématiquement un signal à bande étroite, un.électronicien le qualifiera de signal
à large bande, réservant le qualificatif de « bande étroite» à un signal modulé dont
la largeur spectrale serait très l)etlte devn!lt la fréquon~e porteusez .
,.'
-''''-''''-,-~.,'--,-,
,. '..
""
.'
~-~::'.
'.

.........-. ,_ .... _-------_ •.. "".

... --- -_.._ ... __ .-......


• 1.
r
La figure lV~4représente un exemple de spectre de signal à bande étroite..

X(!)

...../

Figure IY·4 Spectre d'UJI.signal à bande étroite

On vérifie immédiatement, d'après les relations (4.2.6) et (4.2.7), ct tenant


compte de la condition (4.2.8), que la transformée de Fourier de l'enveloppe
complexe d'un signal à bande étroite s'exprime par :
XeU) = 2X+U + fo) ~4.2.10)
Considérons maintenant un signal de la forme générale:
x(t) = xc(t)cos(21lfot) - x s (t) sin(21lfot) (4.2.11) .

supposé à bande étroite. On a alors:

X+(f) = .!.[Xc(f
2
- fo)+ jXsCf - fo)]
.
(4.2.12)

d'où encore, d'après (4.2.10) :


. ... .
X,/f) = Xc(f) + jXs(f) (4.2.13)
xe(t) = xc(t) + jxsCt)
On retrouve bien la définition de l'enveloppe complexe qui a été donnée
auparavant, Dans le cas d'un signal de la forme (4.2.11) qui n'est pas à bande
étroite, l'enveloppe complexe n'est pas donnée par (4.2.13). Or les signaux
modulés que nous avons considérés jusqu'ici ne sont pas à bande étroite.
Considérons par exemple le signal associé à une certaine séquence d'éléments
binaires: xit) et x.Ct) sont de la forme LakXCt - kT) et })kX(t - kT), et leurs
transformées de Fourier Xc(f)' et Xs(f) sont proportionnelles à celle du créneau
X(t), soit sincjT, qui n'est pas à support borné. Ce signal n'est donc pas
mathématiquement un signal à bande étroite.
Néanmoins, comme les fréquences porteuses sont toujours en pratique grandes
devant 1/ T, on pourra considérer que les spectres Xc(f) et Xs(f) peuvent être
tronqués sans altérer notablement les signaux, si bien que l'hypothèse de bande
étroite sera pratiquement satisfaite.
On peut montrer facilement que tout signal à bande étroite xCt) peut s'écrire sous
la forme (4.2.11), c'est-à-dire comme une somme de deux ondes porteuses en
96 Transmissslon sur onde porteuse sur canal idéal

quadrature, cos(2 '/fiot) et - sin(2 '!if ot) , respectivement modulées en amplitude par
les signaux xc(t) et xs(t), que l'on nomme parfois composante en phase et en
quadrature du signal x(t). Naturellement, la décomposition dépend du choix de la
fréquence /0'
, n est utile également de se rappeler que lorsque la transformée de Fourier XC!)
vérifie la relation de symétrie hermitienne autour de la fréquence Jo, la composante
en quadrature xs{t) est nulle.
La notion d'enveloppe complexe, telle qu'elle a été introduite jusqu'ici,
s'applique à des signaux déterministes. Certes, le signal transportant I'Information
est fondamentalement aléatoire, puisque le message est constitué de données
(éléments binaires) aléatoires. Mais le, récepteur veut détecter la séquence de
données qui a précisément été transmise, c'est-à-dire, en termes probabilistes, qu'il
s'intéresse à une réalisation particulière du signal aléatoire, à une séquence
particulière parmi toutes celles qui auraient pu être transmises.
Nous allons maintenant étendre les notions précédentes à des signaux aléatoires,
de manière à pouvoir les appliquer en particulier au bruit, qui est U11 signal aléatoire.
Évidemment, tout ce qui sera dit pourrait aussi s'appliquer au signal transportant les
données, considéré comme un signal aléatoire. On peut être amené à le faire lorsque
l'on doit, par exemple, considérer le brouillage apporté sur le signal utile par un
autre signal (problème d'interférences entre émetteurs, par exemple). Dans ce cas,
ce n'est pas l'information transportée par le signal perturbateur qui est importante,
mais son comportement en tant que brouilleur, déterminé en particulier par sa
densité spectrale de puissance. 0111u1appliquera alors les résultats qui vont être
développés dans le paragraphe qui suit. '

Iv'2.3. Signaux aléatoires à bande étroite


Décompositionde Rayleigh
Un signal aléatoire stationnaire an second ordre B(t) sera dit à bande étroite si sa
fonction d'auto-corrélation r.8(1), dont la transformée de Fourier rB(f) est la
densité spectrale de puissance, est à bande étroite. '
On montre que B(t) peut alors se décomposer sous la forme :
B(t);::::;Be Ct) cos(27ifot)- B.I,(t)sin(2'!ifot) (4.2.14)

BcCt) et BsCt) étant des signaux aléatoires stationnaires au,second ordre, que l'on
appellera respectivement composante en phase et en quadrature; cette représentation
porte le nom de décomposition de Rayleigh. La quantité BeCt) définie par-
Bc(t)(+ JBAt) est l'enveloppe complexe (aléatoire) du bruit. Dans le cas où B(t) est
un brùit gaussien, les signaux aléatoires BcU) et B.r(t), qui se déduisent de B(t)
par des transformations linéaires, sont également gaussiens. Le signal BeCt), quant
à lui, est parfois appelé bruit gaussien complexe.
.
-_ .._ ..• _~
_-_ ..

r
D_ésignantpar rBe (1') la fonction d'auto-corrélation de Be(t) donnée par :,
rBe('f) =E[Be(t).B;Ct- 'f)J . (4.2.15)
de transformée de Fourier rBe (f), on montre que cette .dernière s'écrit sous la
forme:
(4.2.16)
c'est-à-dire qu'elle s'obtient en ramenant autour de 0, eten la multipliant par 4, la
partie de la densité spectrale de puissance correspondant aux fréquences positives.
Cette relation est à rapprocher de (4.2.7) et (4.2.10).
Les densités spectrales depuissances rBcCf) et rBAf) des composantes BeCt)
et Bs(t) sont données par :
1
rnc(f) = YBs(f) = 4(rBe(f) + YBe(-~») (4.2.17)

tandis que la densité spectrale d'Intercorrélation des deux composantes YBcsCf),


transformée de Fourier de la fonction d'intercorrélation
rBcs( 1') = E[BcCt).Bs(t- 1')]

est donnée par :

(4.2.18)

Les composantes en phase et en quadrature sont décorrëlées (IBc:i'f)·


identiquement nul), lorsque la densité spectrale rBe (f) est paire, ce qui signifie
que la densité spectrale de puissance y Jj (f) est symétrique autour de la fréquence
h· ,
'De plus,"'la relation (4.2.18) permet de montrer que rBcs(O) est' toujours nul,
pour n'importe quel signal aléatoire: en effet, il découle directement de (4.2.18)
r
que l'intégrale de Bc:if) est nulle. On en déduit donc que les composantes en
phase et en quadrature prises au même instant sont des variables aléatoires non
corrélées. Dans le cas très fréquent du bruit gaussien, elles sont donc
Indépendantes.

Cas du «bruit blanc à bande étroite» ,.

Un cas particulier très important pour nous sera celui du « bruit blanc à bande
étroite ». Tout d'abord, un bruit blanc n'est évidemment pas à bande étroite,
puisque sa densité spectrale de puissance est-indépendante de la fréquence, et donc
pas à support borné, Néanmoins, dans tous les cas pratiques rencontrés dans les
systèmes de communication utilisant une modulation, le signal, comme nous
l'avons vu, peut être considéré comme ilbande étroite. On pourra donc, sans rien
changer, considérer qu'il y a à l'entrée du récepteur un filtre de gain unité sur la
98 Transmisssionsur ondeporteuse'Surcallal idéal

bande du signal et nul ailleurs. C'est-à-dire que le bruit blanc réel pourra être
remplacé par un bruit B'(t) dont la densité spectrale de puissance vérifie:

NO pour Jo - B / 2 ~ Ifl ~:nO + B / 2 (4.2.19)


YB/(f) = { 02
ailleurs

Les deux composantes B~(t) et B;(t) ne sont pa~ corrélées el ont même densité
spectrale de puissance égale à Nopour JE [-B /2,+B /2]. On notera que le bruit
complexe B~(t) a pour densité spectrale de puissance YB; (f) =:; 2 YBe (f).
Dans toute la suite, nous supposerons toujours cette condition de bande étroite
réalisée. La figure IV-5 résume la décomposition d'un bruit blanc à bande étroite,
en montrant la densité spectrale de puissance du bruit et celle de ses composantes en
phase et en quadrature.

'1'8c(/)= r8;(tr~
Y!T,(f)
~

Figure IV·5 Décompositiond'un bruit blanc à bande étroite.

On fera attention au facteur 2 sur la densité spectrale de puissance. On peut


comprendre son existence de manière physique. L'équivalent en bande ,çJebase
xe(t) d'un signal déterministe x(t) a une puissance double de celle du signal x(t). li
doit donc en aller de même pour le bruit. ,
Remarque
Xln'existepas une enveloppe complexe unique d'un signal donné, Ali lieu de
décomposer sur les porteuses cos(21ifot) et -sin(2.1ifot), on peutplus généralement
décomposer sur les porteuses eos(21ifot +60) et -sin(2;n:fot +eo)' L'enveloppe
complexe est alors définie par:
x.ceo,t):::: [x(t) + j Hx(t)] exp( - j(21V'bt+ 6u») (4.2,20~
On a immédiatement: ,
/' ..
\ Xe(60.t) =x,(t)exp(-jOo) (4.2.21)
d'où, 'en prenant les partie réelle et imaginaire, 'la relation entre les composantes en
phase el' en quadrature dans les deux décompositions.
Dans le cas d'un signal aléatoire, les composantes en phase ct en quadrature
))c(FJo' r) et Ba(FJo' t) ont les mêmes propriétés au second ordre (fonctlou
d'autocorrélation, densité spectrale de puissance), que Bc(t) et Ds(t), C'est hnmédiat h
montrer, puisque le terme exp(jOo) a'élhnine dans les fonctlons d'I\utocor.célolion.
Dans toute ln suite, compte tenu que !Ill'dfétcnao par rnpport à Inqu611esont prises
______ l~.?_vol~s complexes ost dél'lllio snus IW1bJSUM
_ ... _.- _ .. _... ... ....el afin
- ----de lIO pns alourdlr._". __ .. ----
_._ .. _-~-_, -"~-----
r
inu(l1~monl les notQlions, nous noterons slmplement x,,(t) et /).(1) au lleu do
», (°0 ,1) ~l lJ~(°01t) el écrirons donc simplement pour tout signal:
X(/) = Xc(l)cos(21ifot + 190) - xl(t)sin(21ifo t + 190) (4.2.22)
Lorsqu'Il SGI'Il nécessaire de préciser quelle enveloppe complexe est utilisée, on
pnr!cl'o d'4I1v,loppe complexe par l'apport à la référence exp(-j(2 1'101 + 90») pour
désigner x. (°0 ' t).
__ -'"
-,
IV. 2.4. Transformation de Penv elopp e complexe par
filtrage
Dans une chatne de transmissiop, le filtrage est une fonction toujours présente.
Nous donnons ici aux mots filtre et filtrage le sens qu'ils ont en théorie du signal,
c'est-à-dire un opérateur linéaire invariant par translation du temps, caractérisé par
lm réponse impulsionnelle ou sa fonction de transfert. Un amplificateur linéaire, une
ligne à retard, un atténuateur sont des filtres, alors que l'électronicien ne les
uppellera peut être pas ainsi.
Soit donc un signal déterministe x(t) supposé à bande étroite, d'enveloppe
complexe xe(t), qui est filtré dans un filtre de réponse impulsionnelle h(t), et de
fonctlon de transfert H(!). Soit y(t) la réponse du filtre: c'est un signal à bande
étroite, puisque Y(f) Sa transformée de Fourier n'est non nulle que si celle de x(t) ,
X(f), est aussi non nulle. On a les relations suivantes, qui traduisent l'effet du
llltre sur le signal d'entrée:
Y(f) ::::H(f). XCf)
(4.2.23)
foC!) = H+(f).Xa(f)
unit encore:
'YeU) = llb(j)·Xe(f)
(4.2.24)
Hb(f) = I-r(f + Jo)

mmenant autour de la fréquence °


Il,,(f) est la fonction de transfert du filtre passe-bas équivalent. On l'obtient en
la partie de la fonction de transfert du filtre réel,
lhnitëe aux fréquences positives. Par exemple, si le filtre considéré est un filtre
plisse-bande,de fonction de transfert égale à 1 si! appartient à [fo ., Fj,fo + Fz] ou
il [- Jb - F2,- fo + l'iJ, et égale O ailleurs, le filtre équivalent en bande de bande a
à

pour fonctlon de transfert 1 sifappartientàl'intervalle [-Fi,FzJ, etO ailleurs.


S11a réponse impulsionnelle h(t) peut s'écrire sous la forme suivante:
h(t)::= hc;(t)cos(27ifot) - hsCt)sin(27ifot) (4.2.25)

1111 obtient:
, R+(f):::: He(f - fo}+ jHsU - fo)
. 2 .
(4.2.~6)
Hb(f):::: Hc(f) + jlls(f)
, .. 2
100 Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal

La réponse impulsionnelle du filtre équivalent en bande de base n'est pas en


général réelle, comme onpeut le vérifier sut l'exemple du filtre passe-bande donné
plus haut. Elle ne l'est que si H.~(f) est nulle, ce qui impose que le filtre H(f)
vérine la condition H+(fo + f) = 11'"* (fo - f) pour If..- fol < B, [fo - B,fû + B)
étant le support de II+(f), appelée condition de symétrie hermitienne. Cette
condi.tion exprime encore que le gain du filtre, c'est-à-dire le module de la fonction
de transfert, est symétrique autour defo tanclisque sa phase, c'est-à-dire l'argument
de la fonction de transfert, est antisymétrique autour defo. Le filtre équivalent eu
bande de base fi' est donc pas en général physiquement réalisable.
On fera aussi attention au facteur 1/2 qui intervient dans la définition du filtre
équivalent en bande de base, facteur. qui n'apparaît pas dans la relation (4.2.13)
définissant l'enveloppe complexe. En d'autres termes, hb (t) n'est pas l'enveloppe
complexe de h(t), mais la moitié de celle-ci.
En passant dans le domaine temporel, on obtient la relation de convolution qui
lie les signaux xe(t) et YeCt) : .
(4.2.27)
En posant :
(4.2.28)
on peut alors développer la relation (4.2.27) et séparer les parties réelle et
imaginaire.
(4.2.29)
soit:
=
YeCt) hbc(t) ® xc(t) - hbsCt) ® xsCt)
(4.2.30)
yAt) = hbsCt) ® Xr.(t) + hbc(t) ® xs(t)

Les résultats qui viennent d'être présentés justifient l'intérêt de l'emploi de


.I'enveloppe complexe. dans la modélisation des systèmes de transmission
numérique. TI apparaît en effet que l'ensemble constitué d'un modulateur et d'une
chaîne de filtrage peut être modélisé comme un sourcê':de signaux en bande de base
'complexes, filtrés par un filtre de réponse impulsionnelle complexe. On voit que la
fréquence porteuse n'intervient plus, Le filtrage équivalent en bande de base décrit
donc directement là transformation subie par le spectre du signal 011 restant en bande
de base. Cette propriété est très importante; elle permet en effet d'alléger les calculs
analytiques en remplaçant les signaux réels à bande étroite pat des signaux
complexes en bande de base, et également, pour les simulations numériques des
systèmes de transmission, d'utiliser une fréquence d'échantillonnage égale (ou
légèrement supérieure) à 2B (au lieu de 2(10 + B) ) .
Dans le cas d'un signal aléatoire à bande étroite, on obtiendra les composantes
du signal filtré en appliquant 1a décomposition de Rayleigh au signal aléatolre co
sortie du filtre, qui a pour densité spectrale de puissance (bilatérale) IH(f)12 ï» (f).
On obtient donc les propriétés spectrales du brqit équlvalen] en bande de base en
,,- -... ......._.~.~
.. ,'. ,,,...,:-_,,_" "'N Hb,"l'Hmi._" .._·,_'·
........... _ ..... _. -,~,." __
... "'_'--- . . ~._~::::, .... ,,, -,~,~,
r
sortie du filtre en filtrant le brult équivalent en bande de base au travers du filtre de
rônction de transfert IHb(f)12. Dans le cas où le bruit B(t) est blanc de densité
spectrale de puissance bilatérale No /2, le bruit complexe équivalent en bande de
ft
base Bit) est blanc de densité spectrale 2No, la densité spectrale du bruit en
bande de base en sortie du filtre est 2NoIHb(.f)1 . Les composantes en phase et en
-rquadrature du bruit en sortie du filtre de réception ont donc pour densité spectrale
de puissance, d'après la relation (4.2.17),

(4.2.31)

et pour « densité spectrale d'intercorrélation », d'après la formule (4.2.18),

(4.2.32)

Au même instant, les valeurs de ces deux composantes en phase et en


quadrature sont des variables aléatoires gaussiennes non corrélées, de même
variance 62 égale à :

(4.2.33)

Nous possédons maintenant les outils mathématiques nécessaires pour


représenter ,LlO système de transmission utilisant une onde porteuse modulée sous
forme d'un système équivalent en bande de base. Nous allons d'abord appliquer
ces outils au cas du canal de transmission dit à bande infinie. Rappelons que le
milieu de transmission est supposé de gain unité et que le signal reçu est perturbé
par un bruit gaussien, blanc, additif, centré et indépendant du signal Nous allons
donc déterminer la structure du démodulateur qui, à partir de l'onde porteuse
modulée bruitée, va restituer l'information numérique portée par celle-ci,

IV.3. Démodulation des modulations numériques linéaires


Le signal reçu à l' entrée du récepteur, que l'on appelle observation, est donc la
somme du signal émis par le modulateur et du bruit B(t), de densité spectrale de
puissance bilatérale No 12. Nous allons d'abord considérer le cas de la modulation
MDP-2 et en déduire la structure du démodulateqr pour toutes les modulations
linéaires.

rv.3.1. Démodulation de la modulation l\1DP-2·


Le signal émis est donné par l'équation (4.1.2c). Tet tb sont identiques,
puisqu'il s'agit d'une modulation binaire, et les formules seront écrites en utilisant
T. Les valeurs possibles de la phase <Pk sont 00 et Oo·+~. Supposons tout
d'abord qu'il n'y ait pas de bruit en réception et que l'on multiplie le signal reçux(t)
102 Transmlsssion 'sur onde porteuse sur canal idéal

par une onde porteuse sinusoïdale issue d'un oscillateurlocal, Ao' cos (21ifot + 60),
Remarquons dès maintenant que nous supposons que le récepteur dispose de cette
onde de .référence, synchronisée en fréquence ct en phase sur celle de l'oscillateur
local d'émission. On obtient alors après multiplication le signal SCt) donné par ;
SCt):: AAo cos(21ifot+ (0) x LX(t - kT) cos(21ifot + q>k) (4.3.1)
k
soit encore :

Set) ~ Mo LX(t - kT)(cos(f/>/ç - 60) + cos(41ifOt+</>k + 80)] (4.3.2)


2 k .

On remarque que Set) s' écrit comme la somme de deux termes :


S(t) = s(t) + s2(t) (4.3.3)
Mo .
avec : sCt)::-LXCt-kT)cosC4>k - (Jo) (4.3.4)
2 k ....

et S2(t)=~ LX(t-kT)cos(41ifût+ 4>" + 170) (4.3.5)


2 k

Un filtrage passe-bas permet pratiquement d'éliminer le signal s2(t), dont le


spectre est localisé autour de la fréquence 2fo sans altérer le signai s(t), dont le
spectre est localisé autour de 0, dès lors que le produit foT est suffisamment
grand. En toute rigueur, cette opération n'est pas possible, parce que le signal X(t),
et plus généralement aucun signal de durée finie, ne peut être à bande étroite. Mais,
si le produit foT est grand, le recouvrement des spectres de set) .1'2 (t) peut être et
négligé, et un filtre passe-bas supprime pratiquement S2(t) en n'altérant
pratiquement pas set). .
Si on se rappelle que le signal MDP-2 n'est autre qu'une onde porteuse
e
d'amplitude A, de fréquence Jo et de phase o, modulée en amplitude par le
signal:
met):: La.kxCt-kT) (4.3.6)
k
les {ak} pouvant prendre les valeurs ±l, on observe que le signal s(t) est
proportionnel au signal modulant. En effet, la différence (f/>" - (0) est égale à 0 on
~,et cos(f/>k - 110) n'est autre que ak' La multiplication par la porteuse locale, qui
est une démodulation d'amplitude, a donc permis de ramener le spectre du signal en
bande de base et de retrouver I'Information portée par le signal modulé. ..---
Introduisons maintenant 11(bruit, On peut toujours supposer, dans la mesure où
foT est très grand devant I, que le premier étage du récepteur est un filtre passe-
bande idéal, de largeur 2B centré autour de fo, qui va rendre le signal et le bruit
tous deux à bande étroite (il suffit pour cela gue B soit strictement inférieur à lb)'
Dans la mesure où le produit f'oT est très grand devant J'unité, ce filtre ne déforme
___ ._.__Z~1f~ie,~~~:E~~
...... _"
le ~.iplÙ. .
_ -
. : ," ..:
_-_._---_ _ .. ./
__ ._ __ .
r
Utilisant la décomposition donnée par la relation (4.2.22), nous pourrons donc
écrire le bruit R(t) sous la forme :
B(t) = Bc(t) cos(27ifot+ (0) - BsCt)sin(21ifat+ (0) (4.3.7) ,
Si nous gardons la même structure de récepteur que précédemment, le signal
__......-W(t) après multiplication s'exprime sous la forme:
W(t):::: Set) + B(t)Ao cos(21ifot+ (0) (4.3.8)
Le signal Set) a déjà été explicité et le terme de bruit s'exprime sous la forme:

Bt(t)=Ao[B~t) +~(t)J (4.3.9)

B2(t) est un bruit dont la densité spectrale de puissance est limitée à une bande de
largeur 2B autour des fréquences 2.fo et -2io, tandis que le signal set) a son
spectre dans la bande [-B,B]. Ce bruit B2(t) peut donc être éliminé par filtrage,
filtrage qui supprime en même temps le signal S2(t) sans altérer pour autant la
composante utile set), en raison de la propriété de bande étroite,
Après cette opération, le signal w(t) obtenu est donné par :

w(t) ::::set) + b(t) (4.3.10)

avec: s(t):::: ~LakX(t-kT) (4.3.11i:L)


k

et b(t):::: An BeCt) (4.3.11b)


2

On sc retrouve donc en bande de base, avec des signaux antipodaux


±AA2X(t) / 2, en présence de bruit blanc gaussien de densité spectrale de puissance
NoAô /4 (d'après (4.3.1 lb)). '
On a vu (cf. § Il.2.2) que le récepteur qui minimise la probabilité d'erreur est
constitué par le filtre adapté au signal xU), suivi d'un comparateur à seuil.
Rappelons que le filtre adapté a une réponse impulsionnelle de la forme XCtb- t),
ta étant au moins égal à T pour garantir la causalité, donc permettre la réalisation du
filtre, L'échantillonnage se fait alors aux instants tll = '0'+ nT, et l'observation à
l'instant t; permet de détecter le symbole a'l' Dans une analyse théori que , on
pourra toujours prendre to:::: 0, ce qui entraîne que le symbole détecté ân est
obtenu àpartir de l'observation à l'instant n'I'. Cette situation n'est évidemment pas
pratiquement réalisable.
La structure du démodulateur est représentée sur la figure IV-6. Compte tenu du ;'
fait que le filtre adapté (passe-bas) supprimera le signal s2(t), dont le spectre est '
situé autour de la fréquence 2io, iljoue aussi le rôle du filtre passe-bas mentionné
après la relation (4.3.5).
L04 Transmisssion sur OIUÙ porteuse sur CClJUJlidéal

Filtre Adapté à X(t) Comparateur


x(t)
>~-R ]]-+â.
. Ao cos(2,got + 90)

Flgure lV-6 Récepteur optimal en MJJ]>-2

: Ce type de démodulation est appelé cohérent, parce que le récepteur comporte


un oscillateur local qui doit délivrer une onde identique, en fréquence et en phase, à
celle utilisée à la modulation. En d'autres termes, ilconnaît 10 et (Jo.
Cette condition est essentielle et l'exemple suivant va le montrer: supposons
par exemple que la porteuse issue de l' oscillateur local du récepteur soit de la forme
e e
Ao cos(27ifôt+ o + 8), représentant donc l'écart de phase entre les deux
oscillateurs locaux utilisés à l'émission et à la réception. Le signal déQlodulé sCt)
e,
est alors multiplié par le facteur cos inférieur à 1. Dans le cas extrême où l'écart
serait de 7C /2, on voit même qu'il n'y aurait plus de signal utile en sortie du
dérnodulateur. C'est pour ne pas oublier cette condition de cohérence que nous
avons gardé le terme 90 daos I'expression du signal modulé. Souvent, afin de
simplifier les expressions, la phase de la porteuse associée au signal modulé
arrivant sur le-récepteur sera prise comme référence de phase,
Revenons maintenant au calcul de la probabilité d'erreur. Si E~.désigne l'énergie
des deux signaux antipodaux et Nb / 2Ia densité spectrale bilatérale du bruit b(t),
on sait (relation (2.2.23)) que la probabilité d'erreur sur les éléments binaires ~ est
donnée par;

.lerfc 1 Es
p ::::: (4.3;12)
a 2 ~ Nb.
Utilisant (4.3.11a) et (4.3.11 b), on obtient l'énergie Es et la densité spectrale
monolatérale Nb' qui s'expriment respectivement par les relations :

Le rapport Es / Nb est ~ors simplement égal à A 2T / 2No. On peut introduire


la puissance moyenne du signal modulé P qui n'est autre que A 2 / 2. Comme 1/ r--
est aussi égal au débit numérique D, la probabilité d'erreur s'exprime encore sous la
forme: .. .

(4.3;t:~)
./
r
On remarquera que l'on peut interpréter ce résultat en considérant un modèle
équivalent en bande de base. Le signal modulé en modulation MDP-2 qui s'écrit (en
tenant compte du fait queA est encore égal à ,W) : .

u(t) = m'LakxCt- Bo)


kT)cos(27ifot+
k
a en effet pour enveloppe complexe (en prenant exp(j27ifot)comme référence) :

. !te(t) == &'LakXCt- kT)exp(j(}6) (4.3.14)


k

Il est reçu en présence d'un bruit dont l'enveloppe complexe (par rapport à la
même référence) est donnée par: . .

(4.3.15)

La multiplication par la porteuse issue de l'oscillateur local, suivie du filtrage


des termes centrés sur la fréquence 2fo, s'interprète dans le modèle équivalent en.
bande de base comme une multiplication du signal équivalent en bande de base. par
Ao exp(- j8o). On peut d'ailleurs supposer sans perte de généralité que Ao est égal
à 1. Le résultat de cette multiplication complexe donne le signal we(t) qui est égal
à : . .

. w~(t)=m'LakX(t-kT)+Bc(t)+ jB;(t) (4.3.16)


k

Ne s'intéressant qu'à la partie réelle de wll(t), on se trouve ramené au cas de


deux signaux antipodaux d'énergie 2PT, en présence d'un bruit de densité spectrale
bilatérale de puissance No. On retrouve alors immédiatement la relation (4.3.13) en
utilisant la relation qui lie Tet D, à savoir D = 11 T. La figure TV-7 représente le
schéma équivalent de-l'ensemble du système en bande de base.

r-y-[ZJ~
Filtre Adapté à X(t) Comparateur
x,(t)
;>.-® ~IL--..-li
Re[.)
>1 ~ â.

t
e- j90 .
'. fo+rlT

Figure IV-7 Représentation équivalente en bande de base du récepteur optimal pour la MDP-2
lO6 Transmissslon sur onde porteuse sur canal idéal

Habituellement, On représente la probabilité d'erreur en coordonnées


logarithmiques, en fonction du rapport de la puissance P de la porteuse à la
'. puissance de bruit contenue dans une bande de fréquences de largeur D, NoD,
exprimé en décibels, soit:
· P
CNRO ::::101og-- (4.3.17)
NOD
La quantité CNRo est appelée en général rapport porteuse à bruit (en anglo-
américain, carrier to noise ratio), C'est le logarithme d'une grandeur sans
dimension, rapport de deux puissances,
La relation (4.3.13) permet de calculer la puissance nécessaire pour garantir une
certaine probabilité d' erreur P e quand on connaît le débit et la densité spectrale du
bruit. Supposons par exemple un récepteur ayant une température de bruit Ti. La
puissance de bruit (en dBm) dans une bande égale D (en MHz) est
à

-114+10Iog(D)+10Iog(1i /290). Si CNROCPe) dési~ne la valeur du rapport


porteuse à bruit nécessaire (par exemple 12 dB pour 10- ), la puissance minimale
requise PR' en dBm, est:
I1? =-114+101og(D)+ lOlog(1j /290)+,CNRo(l::)
La figure IV-8 représente la probabilité d'erreur Pc, en coordonnées
logarithmiques, en fonction de CNRo. Lorsque CNRo tend vers +00, elle tend bien
sûr v,ersO. Pour avoir une idée de la décroissance de la probabilité cl'erreur, on peut
se souvenir que, pour des probabilités d'erreur autour de 10-7 ou 10-8, P e est à
peu près divisée par 10 lorsque le rapport porteuse à bruit augmente de 1 dB.
Lorsque CNRo tend vers -00, c'est-à-dire lorsque le rapport porteuse à bruit
P / NoD tend vers 0, la probabilité d'erreur tend vers 1/2, puisque, en l'absence
de signal, le récepteur décide au hasard.
L'expression (4.3.13) peut s'écrire aussi sous la forme équivalente:

p. = -1ffii
erfc ___Q_ (4.3.18)
c 2 No
Eh représentant l'énergie d'un morceau de porteuse de durée T. liée à P par la
relation Eb = PT ::::P1b, c'est-à-dire aussi l'énergie pal' élément binaire reçu. On
retrouve exactement la relation (2.2.23) qui donnait la probabilité d'erreur en
transmission en bande de base avec le code NRZ.
Le rapport Eb / No , énergie à densité spectrale de bruit, est une autre écriture du
rapport PI NoD. En théorie des communications, on utilise le plus souvent le
rapport Eb / No, qui apparaît naturellement quand on traite le problème de Il!.
détection optimale, que nous n'abordons pas dans cet ouvrage, Quand on mesûf"e
un rapport signal à bruit en laboratoire, en revanche, on mesure toujours un rapport
de puissances, et le paramètre important pour un concepteur d'un système de
transmission est la puissance. L'expression en fonction de la puissance et du débit
numérique reflète plus alors ln réalité physique. Quoi qu'il en soit, il est bol}'do
retenir ces deux écritures qui traduisent bien sûr exactement la n~me chose.
....... ., ......

---
..

CNRo (da)
Figure IV-8 Probabilité d'erreur en modulation MDP-2, démodulation cohérente

IV. 3.2. Extension à la modulation MDP~4


Compte tenu que la relation entre l'amplitude et la puissance moyenne du signal
a été explicitée dans le cas de la modulation MDP-2, nous écrirons directement les
expressions en faisant intervenir la puissance P au lieu de. l' amplitude A. Rappelons
que la relation qui lie ces deux grandeurs est P = A 2 / 2, Rappelons aussi que T et
Tb sont liés par la relation T::: 2Tb.
'Le signaîà l'entrée du récepteur s'exprime sous la forme:

x(t) ::::U(I) + B(t) (4.3.19)

avec: u(t) ::::-v2P LXCt -léI') cos(27ifot + ifJk + eo)


k

~k pouvant prendre les valeurs 'TC/ 4, 3n /4, 5'TC / 4, 77C / 4.


Rappelons que l'on peut aussi écrire u(t) sous la forme:

. u(t):::: -vPLxCt"': kT)[ak cos(27ifot+ 00)-


k
bk sin(21ifÛt+ ° 0)] (4.3.20)

Les symboles ak et bk prenant les valeurs ±1 sont reliées aux valeurs <Pk de la
phase par la relation:
108 Transmisssion sur onde porteusesur canal idéal

On a donc la correspondance suivante entre les phases et les symboles:

ak bk t/>k
+1 +1 n/4
+1 -1 7nf4
-1 +1 3nf4
-1 -1 5nf4

Cette correspondance se fait selon un code de Gray, technique déjà mentionnée


lors de l'étude de la transmission en bande de base; deux.états de phase voisins ne
diffèrent que par un des symboles binaires. L'avantage du code de Gray réside
dans le fait que les erreurs les plus fréquentes, qui se produisent entre signaux
voisins, n'entraînent que des erreurs simples (c'est-à-dire qu'un seul élément
binaire du mot est affecté).
Comme dans le cas de la modulation MDP-2, nous supposerons que la
condition de bande étroite est remplie grâce à un filtre placé à l'entrée du récepteur,
si bien que le signal u(t) est à bande étroite et que le bruit B(t) est un bruit blanc à
bande étroite. La décomposition du bruit B(t) est toujours donnée par la relation
(4.3.7). .
Supposons que l'on dispose d'un oscillateur local délivrant l'onde de référence
Ao cos(2nfot+ (0) et de deux cellules de démodulation qui multiplient x(t)
e o
respectivement par Ao cos(2.7ifot+ o) et -Ao sin (2nj t+ 00), c'est-à-dire par le
signal issu de l'oscillateur local.et par ce même signal déphasé de. n /2. Supposant
ensuite sur chacune des sorties des deux cellules de démodulation des filtres qui
éliminent les termes centrés sur la fréquence 2fo engendrés par les multiplications, il
ne reste que les signaux :

wc(t) = [PAoLakXCt - kT) + Ao Ec(t) (4.3.21a)


f4' k 2

Ws(t)=ï/P AoLbkxCt-kT)+ An EsCt) (4.3.21b)


. 14 k 2

Sur chacune des deux voies en phase et en quadrature, on trouve des signaux
antipodaux en présence de bruit blanc gaussien. Le récepteur optimal est alors
. constitué du filtre adapté au créneau xCt) suivi d'un circuit de décision. Les
probabilités d'erreur Peil et Pe.b sur chacune des deux.séquences de symboles fak)
et {bk} sont identiques et données par :

P. ;::P. b = -1~eric ~ ./ (4.3.22)


.~ . ea 0 2 Nb
-.. •..• _ •. _- "~'._-._ __._, _o_, _._ ,_,_
r-
U énergie Es des deux slgnaux antipodaux est égale n A5
PT / 4 et la densité
spectrale monolatérale du bruit Nb est donnée, comme dans le cas de la modulation
MDP-2, par:

(4.3.23)

En remplaçant Es et Nb par leurs expressions dans l'équation (4.3.22), on


obtient l'expression de la probabilité d'erreur:

Peu = Peb :::::l_erfc~ PT (4.3.24a)


2 2No

Si l'on remarque maintenant que la durée des signaux T et le débit numérique D


sont liés par la relation T = 2 / D, on obtient une seconde expression équivalente de
la probabilité d'erreur:

(4.3.24b)

ou encore:

Pea = Peb:::::
-l erfc
2
",Ii_b
No
(4.3.24c)

Introduisant la rapidité de modulation R = 1/ T = 1/ 27;" on obtient enfin une


qu~trième f~rroe de la probabilité d'erreur :

(4.3.24d)

On peut aussi.exprimer la probabilité d'erreur en fonction du rapport énergie à


densité spectrale de bruit, en introduisant l'énergie E d'un symbole, c'est-à-dire
d'un morceau deporteuse dc durée T. On obtient immédiatement, en remplaçant P
parEIl': .

tg;:
Pea = Peb = -erfc
2
--
2No
(4.3.24e)

Chaque symbole étant associé à deux éléments binaires, il est intéressant


d'introduire un nouveau paramètre, l'énergie par élément binaire transmis Eb' égale
dans ce cas à E / 2.
110 Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal

On obtient ainsi une autre expression de la probabilité d'erreur :

P =P.b::::l.erfc!Eb (4.3.24.0
ea e 2 , No
La figure IV-9 représente la structure du récepteur optimal pour la modulation
MDP-4.

Filtre Adapté à X(t) . Comparateur

~~â"

Ao COS(21ifol + Bo) ~+nT


Filtre Adapté à X(t) Comparateur

~~b"

-Ao sin(21ifot+Bo)
to +n1'

Figure IV-9 Récepteur optimal pour la modulation MDP-4

Avant de commenter les expressions (4.3.24a) à (4.3.24f), nous ilions montrer


comment l'opération de démodulation s'Interprète en termes d'enveloppes
complexes ct de canal équivalent en bande de base. Le signal incident xCt) a pour
enveloppe complexe xeCt) :
xe(t) == -.fP2)ak + jbk)X(t -ki)exp(jOo)+ Be(t)
k

= -fiPIx(t- kT)exp(j(l/Jk + 00» + 13e(t) (4.3.25)


k
avec BeCt) = (13cCt) + jBs(t))exp(jOo)
La démodulation s'interprète comme une multiplication par (Ao /2)exp( - jOo)
et les signaux. Zc (t) et ~.r(t) sont respectivement les parties réelle et imaginaire du
signal complexe obtenu, exprimé sous trois écritures équivalentes par les relations:

we(t):::: ~ xe(t)exp(-jOo)

W, (1)~ ~ [ ..J2Pt:X(l-Iff)eKPU~,) + B,( I)exp( - jO,) ] (4.3.26)

w, (1) ~ ~ [ .JPt:X(t -Iff)(", + jb,) + B,(') exp(-jOo)]

.-_ ..
,
r
d'où l'on tire, en séparant les parties réelle et imaginaire:

we(t) = Re[we(t)]= Ao [-JPIa k X(t-kT)+ Be Ct)]


2 " (4.3..27a)
./ ws(t) = Im[we(t)]= An [#"Lbk XCt-kT) + Bit)]
2 . k .

ou encore, sous une forme légèrement différente;

we(t) = ~ [&fX(t-kT)COS4f>k + BcCl)]


(4.3.27b)

w, (1) = ~ [ .J2P~X( t - kl')sin ~k + B" (1)]

On retrouve bien les expressions (4.3.21a) et (4.3.21b). La figure IV-lO


représente le schéma du démodulateur en termes de canal équivalent en bande de
base.

Comparateur

Re
x.(t)
:><8> :>

t
e-Joo
Im
lo+nT
bn

Figur.e IV-IO Représentation équivalente en bande de base du récepteur optimal pour la MJJP-4.

Revenons maintenant aux expressions (4.3.24a) à·(4.3.24f). On remarque que,


pour un débit numérique donné D (ou encore pour Tb donné), il faut la même
puissance P en modulation MDP-2 et en modulation MDP-4 pour obtenir une
probabilité d'erreur donnée. Ceci provient de l'identité entre les formules (4.3.24b)
et (4.3.13) qui expriment la probabilité d'erreur en fonction de P, No et D pour les
modulations MDP-4 et MDP-2. Si en revanche, c'est la rapidité de modulation R
qui est fixée, il faut une puissance double, c'est-à-dire supérieure de 3 dB, en
modulation MDP-4 par rapport à celle qui serait nécessaire en MDP-2. Cecl apparaît
immédiatement en comparant les expressions (4.3.24d) et (4.3.13), sachant que,
dans le cas de la modulation MDP-2, R et D sont égaux. Mais il ne faut pas oublier
que, dans ce cas, la modulation MDP-4, qui exige une puissance double, permet
112 . Transmisssion. sur onde porteuse sur canal idéal

aussi de transmettre un débit double. .Onpeut donc dire que les modulations MDP-2
et MDP-4 sont équivalentes du point de vue du bilan de puissance.
Quand on reprend la comparaison en termes d'énergie, on constate que pour
obtenirIa même probabilité d'erreur en modulation MDP-4 qu'en modulation
MDP-2, il faut une énergie double. Mais si l'on compare en termes d'énergie par
élément binaire reçu, sachant que E et Eb sont identiques dans le cas de la
modulation MDP-2, la comparaison des relations (4.3.18) et (4.3.24f) montre
immédiatement que les modulations MDP-2 et MDP-4 exigent la même énergie par
élément binaire transmis.
En résumé, on observe donc un écart de 3 dB en termes d'énergie, ou de
puissance nécessaire à rapidité de modulation fixée, et aucun écart en termes
d'énergie pal' élément binaire transmis, ou de puissance nécessaire pour un débit
numérique fixé. On peut comprendre ces résultats de la manière suivante: pour une
amplitude donnée de l'onde porteuse, l'amplitude dès signaux à l'entrée du circuit
de décision en MDP-4 est ...fi fois plus faible qu'en MDP-2 (c'est le
rapprochement des signaux dû à l'augmentation du nombre de niveaux), mais pour
un débit D donné, la durée des signaux est deux fois plus grande enMDP-4 qu'en
MDP-2. TIeri résulte que l'énergie des signaux en bande de base est la mêmè et
donc le probabilité d'erreur est la même. Autrement dit, l'effet négatif dû au
rapprochement des signaux et l'effet positif dû à la diminution de la rapidité de
modulation se compensent exactement. On notera que, dans le cas de la
transmission en bande de base, il n'en était pas ainsiet que le passage de deux à
quatre états se traduisait par une perte de 4 dB. L'équivalence des modulations
MDP-2 et MDP-4 peut s'expliquer pal' le fait que J'on passe d'un signal à une
dimension à un signal à deux dimensions: le degré de liberté ainsi gagné permet de
plus éloigner les signaux que si l'on conserve-des signaux rnonodirnensionnels,
comme dans'le cas de la transmission en bande de base.
Nous avons directement calculé les probabilités d'erreur sur chacun des.deux
éléments binaires transmis, Pea et Peb qui sont d'ailleurs identiques. li est
intéressant aussi de calculer' la probabilité d'erreur Pes sur les symboles
ck = ak + jhk, c'est-à-dire la probabilité que le symbole détecté soit erroné. On
obtient plus directement la probabilité de décision correcte sur les symboles Pcs' En
effet, le symbole est correct si chacun des deux éléments binaires qui lui sont
associés l'est, et comme les bruits sur les composantes en phase et en quadrature
sont indépendants, ilvient:

On en déduit aussitôt :

Dans le cas, très fréquent en pratique, oùle rapport porteuse à bruit est assez
élevé pour que la probabilité d'erreur soit suffisamment faible et que le produit
PeaPeb soit négligeable devant Peu ou Peb, on obtient pratiquement:
l~s = Pea + Peb
/'
Comme Paa el ~b sont égales, 11vient simplement ;
Pl:S ::::;2~,a
La probabilité d'erreur sur les symboles ck est donc le double de la probabilité
d'erreur sur les éléments binaires. Remarquons que cette proptiété est liée au fait
._guele code soit de Gray. .

IV.3.3. Cas d'une modulation MAQ quelconque


Nous considérerons l'exemple de la modulation MAQ-16, qui s'étend très
facilement à toute modulation du type MAQ- 22n, et nous utiliserons directement le
formalisme du canal équivalent en bande de base. Rappelons que M étant égal à 24,
T est égal à 471. _
Le signal équivalent en bande de base à l'entrée du démodulateur s'exprime
sous la forme: .
Xe(t)::::; ue(t) + Be Ct)
avec ue(t)::::ALCak + jbk)X(t - kT)exp(jOo) (4.3.28)
k .

et Be Ct) ::::;(BcCt) + jBs (t)exp(jOo)


Ces relations sont très semblables à (4.3.25), mais les symboles ak et bk sont
susceptiblesde prendre cette fois les quatre valeurs ±l, ±3, elA.est une constante
caractérisant l'amplitude de la porteuse modulée.- Comme dans le cas de la
modulation MDP-4, le démodulateur opère une multiplication par Ao exp(- jOo) ,
c'est-à-dire que le signal physique reçu est multiplié par deux porteuses en
quadrature, dans chacune des deux branches du démodulateur, On obtient en sortie
de ces deux -eellules de démodulation des signaux proportionnels aux parties réelle
et imaginaire de l'enveloppe complexe de xe (t)exp(- j (0), soit:
wc(t)::::; Re[we(t)];:::: Ao[A l'rakX(t - kT) + Be(t»)
. k
(4.3.29),
ws(t):::: Im[we(t)]::::; Ao(ALbkX(t- kT) + BsCt)]
k
On remarquera que le facteur r10, qui représente l'amplitude de l'oscillateur
local, n'a aucune influence sur les performances, puisqu'Il agit sur le signal et sur
le bruit, et ne modifie donc pas le rapport porteuse à bruit. Pour simplifier les
expressions, ilsera donc, sans perte de généralité pris égal à l'unité. Remarquons
que cette simplification aurait déjà pu être faite dans le cas des modulations MDP-2
etMDP-4. .
On aura donc sur chaque voie des signaux en bande de base à quatre niveaux,
les quatre signaux possibles de durée Tétant ±AX(t) et ±3AX(t), en présence
d'un bruit blanc de densité spectrale de puissance bilatérale No. Les quatre valeurs
possibles du symbole ak (resp, bk) sont associées aux quatre états. possibles d'un
114 Trausmlsssion sur onde porteuse sur caf/al

mot de deux éléments binaires Cak,Pk)' (resp, (h, Ok»)' Nous supposerons que
la correspondance se fait selon un code de Gray, par exemple:

ak Pk ak .Yk 'Ok bk
0 0 -3 0 0 -3
0 1 -1 0 1 -1
1 1 +1 1 1 +1
1 '0 +3 1 0 +3

On se retrouve sur chacune des voies en phase et en quadrature dans le cas d'un
code NRZ avec des symboles quaternaires (cf. § U.2.3)..
Le récepteur optimal sur chacune des deux voies en bande de base est alors
constitué du filtre adapté au créneau xCt), suivi d'un comparateur qui comporte
maintenant trois seuils de décision. Ces trois seuils permettent de prendre
directement la décision sur les éléments binaires ak et Pk (resp. Yk et Ok)'
La figure.IV-l l représente le schéma du récepteur optimal MAQ-l§.

Comparateur
Filtre Adapté à X(t)

x(t) .
.~
t.
Ao cos(l2njbt+ Bo)
to +n1'

Comparateur

®---3
t
~"~'r
/t t
~
to + .a . L...___
f
_j

-Ao sin(21ifot+Bo)

Figure W-ll Récepteur optimal pour la MAQ-16

Nous allons voir que, si Ex désigne l'énergie du signal AxCt) , égale à A2T. ~j;._
Nb / 2la densité spectrale bilatérale de bruit en bande de base, égale ici à No, les
probabilités d'erreur sur les séquences {ak} et {Pk} sont données par }I!)S
relations:

~o: = ~r = !(Pl + P3) -


(4.3.39)
~f1 = ~Ô = Pl+t(PJ - PS)
avec : (4.3.31)

Les relations (4.3.30) découlent directement du tableau qui donne la


correspondance entre les mots de deux éléments binaires et les valeurs de ak et bk.
'-(e comparateur à seuils détermine quatre zones de décision relatives aux quatre
valeurs possibles des symboles.
La première des relations (4.3.30) s'obtient en remarquant que la décision sur
les séquences {exk} et (rk} est déterminée par le signe de l'échantillon à l'entrée du
circuit de décision. La probabilité d'erreur conditionnelle est PloU P3' selon que le
symbole émis avait pour valeur absolue 1 ou 3. En moyennant sur les quatre
valeurs supposées équiprobables, on obtient le résultat.
En ce qui concerne les probabilités d'erreur sur les séquences (tJd et (ok}' on
remarque que:
a) conditionnellement à l'émission d'un symbole de valeur 3, une erreur se
produira si l'échantillon tombe dans les zones de décision relatives à la valeur 1 ou
-1, mais s'il tombe dans la zone relative à la valeur -3, la décision sera correcte.
b) conditionnellement à l'émission d'un symbole de valeur 1, une erreur se
produira si l'échantillon tombe dans la zone de décision relative à la valeur 3 ou
dans la zone de décision relative à la valeur -3.
En moyennant sur toutes les valeurs prises par les symboles, supposées encore
équiprobables, on obtient la seconde des relations (4.3.30).
Le rapport Ex 1 Nb s'écrit encore A2T / 2No et, en reportant dans (4.3.31), on
obtient l'expression des probabilités d' erreur en fonction des grandeurs A, T et No.
Comme dans le cas des modulations précédemment étudiées, nous allons
maintenant introduire la puissance du signal reçu. Les différents signaux de la
constellation n'ont plus tine puissance constante, puisque l'amplitude est modulée.
On raisonnera alors par exemple, comme on l'a fait dans le cas de la transmission
M-aire en bande de base (cf. § II.2.3), en introduisant la puissance moyenne Pm du
signal modulé, que nous allons calculer. Le signal MAQ-16, qui s'écrit:
u(t):::: A LX(t- kT)[ak cos(21ifot+ 00) - b"sin(21ifot+ 00)] (4.3.32)
k
peut être considéré comme la combinaison de deux porteuses en quadrature,
chacune modulée en amplitude à 4 niveaux. La puissance moyenne Pm est la
somme des puissances moyennes de ses deux:composantes, soit respectivement:

..!.A2E[afJ et ..!.A2E[bfJ
22·

ce qui donne:

(4.3.33) .
116 Transmisssion sur onde porteuse sur cemal idéal

On en déduit, en effectuant cette moyenne:

Pm = A2 (2+2 X 10 + 18).!. = 5A2 (4.3.34)


2 4
d'où l'expression de P« :

(4.3.35)

Introduisant maintenant le débit numérique D, égal à 41 T, on obtient:

(4.3.36)
Pli =~erfc~l~~~
ou encore:

=-elfc
1 ~4np
__ m_ (4.3..37)
PIl 2 10
Pm désignant le rapport porteuse à bruit moyen. Avant de poursuivre l'étude de ces
expressions, on remarquera que, dans tous les cas pratiquement intéressants, le
rapport porteuse à bruit est suffisamment grand pour que P3> et a fortiori Ps, soient
totalement négligeables devant Pl' si bien que les expressions se simplifient et se
ramènent simplement à : .
p.ea = p.ey = .f!J_
2 (4.3.38)
Pep = Pe8 = Pl = 2Pea = 2P ey
Pl étant donné par la relation (4.3.36) avec n = 1. Pour tracer la combe donnant les
probabilités d'erreur sur les séquences binaires {Yk} ou {ad en fonction du
l'apport porteuse à bruit moyen exprimé en décibel CNROm' défini par :

., CNRom.= 10 log Pm (4.3.39)


NoD

H suffit de tracer la courbe correspondant à la modulation MDP-2 (figure IV-8), et


de la translater de lOlog(lO /4), soit 4 dB. Ceci traduit le fait que pour avoir sur
les séquences (rk) et {Ok} une probalité d'erreur donnée, ilfaut avoir un rapport
porteuse à bruit supérieur de 4 dB à celui qui serait nécessaire en modulation
MDP-2 pour avoir la même probabilité d'erreur.Le cas des séquences {ak} et {Pkf
est un peu plus compliqué puisque la courbe donnant Pea: ne se déduit pas de la
courbe de la modulation MDP-2 par une simple translation..
.../'
~ l'O~I
13
;, .. , .

t :::,~~i::~~!lii:~:!i,ii:!!!!I!,!",:!!I!'!!!!!!~!~~!!~!!!!!I:!:!:!,,!~;~:'!'!~!!~!!!!:!!!~~~~,i~~!:]::!~:~:,:!,!!:,
lO-M';:::'[1~ dl'\~'\' i'! 'i::li: l~l' i~i::jl;l;~!i;1'1,;~!~:i~:::~11ilii; li';;~ii;'·:t::';'!!;::ii;~'!!::;:"l'!~i:!;1,;:i;;'i,,;'
:.\!' \i i.!
...........~."
!!i:l!'
..
l
li.;;,~1;:i~;:~
12 14 16
CNRo{dB)
Figure IV-12 Probabilité d'erreuren fonction du rapport porteuse à brult moyen en modulation
MAQ-16 [démodulation. cohérente)

Néanmoins, lorsque l'on trace P l et 2p l en fonction de CNRom, il apparaît que


les deux courbes sont très proches l'une de l'autre, comme le montre la figure
IV-12, si bien que l'on pourra dire, de manière approchée, que la modulation
MAQ-16 exige une puissance supérieure de 4 dB à la modulation MDP-2 pour
transmettre le même débit numérique avec une probabilité d'erreur donnée, en
utilisant un récepteur de même facteur de bruit bien sûr. .
Introduisant maintenant la rapidité de modulation R, on voit que PI s'exprime
aussi sous la forme suivante:

Pl lf05
= -cric
2
__ m_
lONoR
(4,3.40)

La comparaison par rapport à la modulation MDP-2 montre alors que, à rapidité


de modulation donnée, il faut une puissance supérieure de 10 dB à celle qui serait
nécessaire en modulation MDP-2 pour obtenir la même probabilité d'erreur. Mais,
comme on a 16 signaux au lieu de 2, il est possible de transmettre un débit
numérique 4 fois plus élevé,
Comme dans le cas de la modulationMDP-4, on pourra exprimer la probabilité
d'erreur en utilisant le rapport énergie à densité spectrale de bruit. Comme tous les
slgnaux n'ont pas la même énergie, on utilisera par exemple l'énergie moyenne Em>
reliée à la puissance moyenne 'Par la relation Em = PmT = Pm / R, On obtient
'immédiatement:

(4.3.41)
118 Trunsntlssslon sur onde porteuse sur callal idéal

Comparant à la modulation MDP-2, il apparaît aussitôt que la modulation


MAQ-16 exige une énergie moyenne lüfois supérieure (ou encore supérieure de
10 dB si on utilise le décibel) pour garantir la même probabilité d'erreur. Pour tenir
compte de ce que chaque symbole est associé à un mot de quatre éléments binaires,
on pourra aussi raisonner en termes d'énergie moyenne par élément binaire
transmis Emb' égale ici à Em /4. A partir de (4.3.41) on obtient immédiatement :
1
Pl =-errc
4E"w (4,3.42)
2 lONo

La relation (4.3.42), comparée à (4.3.24f), montre que la modulation MAQ-16


exige, pour garantir une probabilité d'erreur donnée, une énergie moyenne par
élément binaire transmis égale à 2,5 fois celle qui serait nécessaire en modulation
MDP-2 (ce qui correspond à un écart de 4 dB). On retrouve bien l'équivalence
entre les comparaisons en termes de puissance requise à débit numérique donné et
énergie par élément binaire transmis d'une part, puissance requise à rapidité de
modulation donnée et énergie d'autre part.
Dans le cas plus général d'une modulation MAQ- 22n quelconque, le récepteur
optimal. est toujours constitué de deux cellules de démodulation utilisant deux
porteuses en quadrature, suivies sur chaque voie de filtres adaptés à l'impulsion
carrée X(t) et de détecteurs à seuil. On se retrouve donc sur chaque voie dans le cas
de la transmission 2n -aire, Chaque détecteur comporte 2" -1 seuils et choisit la
valeur du symbole correspondant. On est donc ramené sur chaque voie au calcul de
la probabilité d'erreur dans le cas d'un signal en bande de base à -lM = 211
niveaux, en présence de bruit blanc gaussien additif. ilsuffira alors de reprendre le
calcul qui a été effectué en bande de base dans le cas de signaux NRZ ..i\1-aires ( cf.
la relation (2.2.59) du § n.2.4) en remplaçant M par -J M, et Pm par P,n /2.
La probabilité. d'erreur sur chacun des éléments bmaires est alors donnée par
une expression de la forme:

P. = K erfc 3Pmlog2C-JM) (4.3.43)


e 2 NoD(M-l)

K est une constante qui dépend de la séquence binaire considérée; Pm est la


puissance moyenne.
D'une manière générale, la probabilité d'erreur s'exprimera donc sous la
forme :

P _--ellC M:;II
K --c ~ -- (4.3A4)
e 2 NoD

Pour transmettre le même débit numérique avec une probabilité d'erreur donnée,
il faut, si on néglige l'influence du facteur K (ce qui est valable s'il n'est pas.trop
grand), une puissance 1/ it fois plus forte qu'en modulation MDP-2.
./
/"

. On caractérise la modulation par la dégradatloti 11,en décibel, par rapport à la


modulation MDP-2, qui s'exprime comme:

' -
..
11= -la 10g(Â.)

En utilisant l'expression (4.3.43), on obtient facilement les dégradations


relatives aux modulations MAQ~64 etMAQ-256, qui sont respectivement de 8,45 et
(4.3.45)

13,3 dB.
La courbe représentant la probabilité d'erreur pour la modulation considérée en
fonction de CNROm se déduit donc de la courbe relative à la modulation MDP-2,
pour un rapport porteuse à bruit suffisamment élevé, et sous l'hypothèse que
l'influence du facteur K soit négligeable, par une translation de  décibel.

Cette dégradation peut se comprendre physiquement. Pour une puissance


donnée, une augmentation du nombre d'états (par exemple le passage de la
modulationMDP-2 à la modulntionMDP-4, puis MAQ-16) entraîne une diminution
de la distance entre les niveaux, donc une plus grande sensibilité au bruit. Mais, si
Je débit numérique est donné, les signaux d'une modulation à 2" états ont une
durée n fois plus grande que ceux de lu modulation binaire. La puissance de bruit
en sortie du filtre adapté est alors divisée par n, II y a ainsi deux effets contraires,
qui se compensent partiellement, l'effet de dégradation l'emportant généralement.
La compensation étant totale quand on passe de la modulation MDP-2 à la
modulation MDP-4.

Ou peut se représenter le sens physique de cette dégradation en imaginant un


observateurjc'est-à-dire un récepteur) qui essaie de lire un tableau.lumineux sur
lequel défilent des nombres. On suppose les conditions de vision assez perturbées
pour que le risque d'erreur existe. Supposons d'abord que les nombres soient
°
traduits en base 2, si bien que seuls existent les chiffres et 1. Puis supposons que
J'on transmette le même message avec des nombres écrits en base 10. Si la taille des
lettres est supposée inchangée, ce qui traduit une puissance d'émission donnée, le
risque de se tromper en base la est plus grand parce qu'il y a plus de symboles, et
donc plus de corrélation entre eux; c'est l'effet négatif du au rapprochement des
signaux de la constellation. Mais, en base 10, chaque chiffre reste affiché plus
longtemps (ce qui correspond à la diminution de la rapidité de modulation), si bien
que l'observateur peut disposer de plus de temps, ce qui revient à mieux filtrer le
bruit: c'est l'effet positif dû à la diminution de la bande occupée.

Les comparaisons peuvent se faire également en termes d'énergie, comme nous


J'avons déjà vu sur plusieurs exemples. Utilisant les relations (valables pour une
modulation à 22n états) ;

E,n = P,nT " D = _!_ = 2n = 2nR ; E_,- = l!."'m = Pm = PmT.b (4.3.46)


Tb T ffW 2n D
120 Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal

on obtient Ies expressions suivantes de Ja probabilité d'erreur:

n K f ~Â.Emb
Ae=-erc -- (4.3.47)
2 No

K
P.: = 2erfc~2n;;o
{-xe- (4.3.48)

Pour garantir la même probabilité d'erreur, l'écart, en décibels, entre la


modulation considérée et la modulation MDP-2 est doue de II en termes d'énergie
moyenne par bit transmis, et de II + 101og2n, en termes d'énergie moyenne.

Remarque
1 Lorsque tous les signaux de la constellation n'ont pas la même énergie, nous
j avons choisi d'exprimer la probabilité d'erreur en fonction de la puissangc (ou de
l'énergie) moyenne Rn. TIest possible de choisir une autre grandeur, par exemple la
puissance (ou l'énergie) crête Fi:; dans le cas de canaux fortement non-linéaires, par
exemple en transmission paf satellites ou les amplificateurs de puissance travaillent
1 ft saturation, c'est en effet la puissance crête qui est la 'grandeur essentielle pour
dimensionner les équipements,
Reprenons à titre d'exemple le cas de la modulation MAQ-J6. La puissance de
crête est définie comme la plus grande des puissances de lous les signaux possibles,
soit:
A2 2 2
Pc =TMax[a,\: +bkJ (4.3.49)
soit encore, dans notre exemple;
A2 2
Fi:=T(18)""9A (4.3.50)
On en déduit sans dilflculté l'expression de la probnbiJit_?Pl :
. l 4B
=
Pl 2' erfc TiiVoD (4.3.51a)
du encore:

(4.351b)

En utilisant l'énergie crete pur élément binaire reçu Ecb' et l'énergie crête Ee' au
lieu de la puissance crête, on obtient les relations:

1
!lI =2'erfc 14Ecb
18No (4.3.52a)

(4.3.52b)
IV.4. Notions sur la démodulation de la modulation de
fréquence (binaire)
._ Considérons un signal modulé en fréquence, qui s'écrit sous la forme:
u(t) = ..J2ji""LX(t- k'1')cos(21ifot+ rcakt1f(t- kT) + 8k) (4.4.1)
k
P est Ia puissance, Jo et Af ont déjà été définis, 8k est la valeur de la phase à
l'instant kl'. Les symboles ak prennent les valeurs ±l. On remarque que ce signal
peut encore s'écrire comme une différence de deux signaux sous la forme
suivante:
u(t) = tto(t) - Ut (t)

uoCt) =FP'LxCt- kT)cos(rcAj'Ct-kT»cos(21ifot+ Bk) (4.4.2)


k
urCt) = -fiP'LakX(t- kT)sin(1CAf(t- k'I')sinC21ifot+ Ok)
k
Le signal uo(t) est indépendant de la séquence (ak)' c'est-à-dire de
J'Information transmise, tandis que le signal t/.j (t) peut s'écrire:
ul (t) = '\J2:P''Lakg(t - kT)sin(271jèt+ Bk)
k (4.4.3)
g(t) = x(t)sin(rcL\ft)

Supposons gue le récepteur soit capable de connaître la suite des phases {8k},
grâce à un circuit de récupération de porteuse, et dispose donc d'un oscillateur local
délivrant le signal de référence :
Uc (r) = A~ LX(t - kT) cos(21ifot + Ok) (4.4.4)
k
c'est-à-dire une porteuse illa fréquencefo, dont J a phase est constante et égale à Ok
sur l'intervalle [kT, (k + l)T[.
Supposons alors un dérnodnlateur de type MAQ, dans les deux voies duquel le
signal reçu (perturbé par le bruit gaussien B(t) est multiplié respectivement par les
signaux uc(t), donné par (4.4.4), et us(t) défini par : .

use!) = -Ao I,X(t - kT)sin(21ifot + 8k) (4.4.5)


k
Compte tenu de la décomposition du signal u(t), on voit que l'on obtient sur les
deux sorties en bande de base du démodulatcur MAQ des signaux proportionnels
à :
wc(t) = -ffP cos(rc~ft) + Bc(t)
(4.4.6)
wsCt) = ...f'iP"Lak8(t- kT) + BsCt)
k
122 Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal

BcCt) ct BsCt) sont des bruits blancs gaussiens Cà bande étroite) de densité spectrale
bilatérale No. Le signal sur la voie en phase ne dépend pas des symboles transmis.
On voit donc qu'il ne sera pas utile à la démodulation et donc que cette branche du
démodulateur MAQ peut être omise. Le signal recueilli sur la voie en quadrature
permet en revanche de détecter les symboles. C'est un signal en bande de base
utilisant les deux signaux antipodaux ±-J2P g(t). TIsuffit de placer sur cette voie le
filtre adapté à l'impulsion g(t), suivi d'un échantillonneur et d'un comparateur à
seuil, pour détecter les symboles ak'
Compte tenu de ce qui a été vu précédemment, la probabilité d'erreur s'exprime
aussitôt:

P = -erfc
l' ~...:::1L (4.4.7)
e 2 2No

avecEg, énergiedes deux signaux antipodaux, égale à :


Eg == 2P S; g2(t)dt = 2P€g (4.4.8)

eg = JoT g2(t)dt:::: IoT sin2(1C/j,ft)dt (4.4.9)

On obtient, en calculant l'intégrale et en substituant dans (4.4.8) :


Eg = PT(l- rh (4.4.10)

avec:
f3 = sin(2m1jT) ::::sin(2mn) = sine 2m (4.4.11)
21i1::..fI' 2mn
La probabilité d'erreur est alors donnée, en portant l'expression de Eg dans
(4.4.7) et en remplaçant T par 11 D, par l'expression:

Pe =!erfc,!P(l-l1) (4.4.12)
2 1 2NoD

La comparaison de cette expression par rapport à celle obtenue en modulation


MDP-2 montre que, pour avoir la même probabilité d'erreur, ilfaut en modulation
de fréquence une puissance supérieure à celle nécessaire en lvlDP-2, car 11 est
toujours' inférieur. à 1 en valeur absolue. L'écart, en décibels, qui mesure la
dégradation, s'exprime par :

t.. = lOIOg____2___f3 = 3 -lOlog(l- 11) (4.4.13)


, (1- )

Cette dégradation par rapport à la modulation MDP-2 s'expliquesimplement par


le fait qu'une partie de la puissance est utilisée pour transmettre le signal Uo(i), qui
ne transporte aucune information. A partir des expressions de"'uo(t) et Ul(O, on
r:
obtient sans difficulté les puissances moyennes associées à ces deux signaux, qui
sont respectivement (P /2)(1 + f3) et CP / 2)(1- f3).
On note bien sûr que la dégradation  dépend de l'indice de modulation m. Elle
ne peut pas être nulle parce que f3 ne peut être égal à -1. Si l'on étudie la fonction
f3(m), 011 trouve qu'elle présente un minimum absolu pour la valeur m = O,7t'S.
C'est donc cette valeur qui donne la dégradation la plus faible par rapport à la
modulation MDP-2: elle est de 2,2 dB. La valeur optimale de l'indice, qui
minimise f3, est bien celle qui minimise la puissance moyenne du signal uo(t) et
maximise celle du signal ul(t).
Lorsque l'indice de modulation est entier ou demi-entier, la relation (4.4.11)
montre que ft est nul. Ladégradaüon par rapport à la modulation MDP-2 est alors
de 3 dB.
On notera que, pour une modulation « à fort indice », c'est-à-dire lorsque nt
est grand devant 1, f3 est très petit et la dégradation est alors proche de 3 dB.

Enfin, remarquons que la probabilité d'erreur peut aussi s'exprimer en fonction


du rapport énergie à densité spectrale de bruit, sous la forme suivante, résultant
d'une transformation immédiate de l'expression (4.4.12) ;

. Pe =I.erfc {E(l-f3) (4.4.14)


2 \ 2No

E représente l'énergie de chacun des deux morceaux de porteuse de durée T, de


fréquence fo ± 4f /2.

On peut montrer, en utilisant la théorie de la détection, que ce récepteur que


nous avons=Introduit a priori de manière assez intuitive est celui qui donne la
probabilité d'erreur la plus faible en présence de bruit blanc gaussien.

IV.5. Autres schémas de démodulation

li est important de noter qu'il n'existe pas, pour une modulation donnée, de
schéma de démodulation unique. Nous venons d'examiner la structure de
démodulateurs dits cohérents, qui ont besoin de connaître totalement l'onde
porteuse utilisée en émission pour extraire l'information. TIest possible d'envisager
d'autres structures qui n'ont pas besoin de cette connaissance. Notre propos n'est
pas ici d'en faire une analyse théorique, et nous prendrons simplement deux
exemples, celui de la détection d'enveloppe d'une modulation d'amplitude d'une
part, celui de la démodulation différentielle de la modulation MDP-2 d'autre part.
124 Transmlssslon sur onde porteuse sur canal idéal

IV.S.l. Démodulation non cohérente d'un signal modulé en


amplitude
Soit un signal en modulation d'amplitude par tout ou rien (OOK) qui s'exprime
sous la forme;
u(t) = A2>kX(t- kT)cos(21Çfot+ 80) (4.5.1)
k
les symboles ak prenant les valeurs 0 ou 1. Le récepteur cohérent va multiplier le
signal reçu par la porteuse issue de l'oscillateur local, ce qui donnera un signal en
bande de base, auquel il suffira d' appliquer un filtrage adapté et une comparaison
par rapport à un seuil pour détecter les symboles. Mais ilest également bien connu
qu'une modulation d'amplitude peut aussi être démodulée par détection
d'enveloppe. En l'absence de bruit, on voit d'ailleurs sans difficulté que l'élévation
au .carré du signal u(t) donne un terme à la fréquence 210' qui sera éliminé par
filtrage, et un terme en bande de base proportionnel à :
La~x(t-kT)
k
Comme ak est égal à 0 ou 1, on observe que ce signal en bande de base porte
l'information. En présence de bruit, l'analyse est plus compliquée, mais nous
retiendrons qu'une détection quadratique, suivie d'unfiltrage passe-bas, permet de
détecter les symboles. Ce type de dëmodulateur n'exige pas la connaissance de
l'onde porteuse de référence: c'est un démodulateur non cohérent, plus simple que
le démodulateur cohérent que nous avons étudié. Cette plus grande simplicité,
conséquence du fait que toute l'information présente dans le signal reçu n'est pas
exploitée, donne en contrepartie des performances moins bonnes que celles du
démodulateur cohérent. Dans cet exemple précis, l'écart entre les deux
démodulateurs n'est d'ailleurs pas considérable, de l'ordre de. 0,5 dB de
dégradation.

1:
IV.Sj2. Démodulation différentielle de la modulation
MDP~2
Ce second exemple concerne la modulation de phase, et nous nous limiterons au
cas de la modulation MDP-2, bien que l'exemple sc généralise à toute modulation
de phase. Reprenons l'expression du signal en modulation de phase à deux états
MDP-Z (équation (4.1.2c») :
u(t) = ..fiPLx(t- kT)cos(27ifot+ (Jo + (h) (4.5.2)
k

et supposons maintenant que I'information à transmettre soit associée non plus à la


valeur <Pk' mais à la différence <Pk - <Pk-l entre les valeurs de la phase sur les deux
intervalles successifs [kT,(k+ l)T( et [(k -l)T,kT[. En d'autres termes, la phase
./
r:
ne change pas ou bien change de n à chaque instant kT selon le symbole 'ak à
transmettre.

.t s(,d ~ l t~
Filtre Adapté à xCI) Comparateur
\I(t)
,(1) â, .

~ , fo+nT
Ligne à retard.

Figure IV-13 DëmodulateurMDP~2différentiel

Considérons alors, en l'absence de bruit, le démodulateur représenté sur la


figure lV-13, appelé démodulateur différentiel. '
Quand on multiplie le signal u(t) par lui-même retardé de T,on obtient un signal
SU) donné par:
S(t)::::: 2P'LX(t;_ kT)cos(2nJot+ cf!k + 8o)cos(21ifo(t- T)+ cf!k-l + 80)(4.5.3)
k.
Un filtrage du signal permet d'éliminer les termes centrés SUI la fréquence 2io
engendrés dans l'opération de multiplication et ilsubsiste simplement après filtrage
le signal .l'Ct), donné par :
s(t)::= P'LX(t-kT)coS(if!k -if!k-l +2n/oT) (4.5.4)
k'

On consÙte~que, si J'o T est entier, sU) s'écrit simplement :


s(t) =: P}:>kX( t - kT) (4.5.5)
, k

Le démodulateur différentiel restitue directement en sortie les symboles émis,


sans utilisation d'un oscillateur local, puisque c'est le signal retardé qui joue le rôle
d'oscillateur local. Nous ne ferons pas l'analyse théorique du fonctionnement du
démodulateur différentiel en présence de'bruit. La structure reste celle de.la figure
IV-13, le signal de sortie en bande de base est filtré dans le filtre adapté à xCt), puis
attaque un comparateur à seuil. La structure de ce démodulateur n'est évidemment
pas linéaire et le bruit à l'instant d'échantillonnage n'est pas gaussien. Nous
donnerons simplement l'expression de la probabilité d'erreur, qui est simple:

Pe =.:!:.exp[-_!_J·
2' NoD
(4.5.6)

La courbe correspondante ne se déduit pas par une simple translation de celle de


la modulation MDP-2. Si on les trace sur le même graphique. on constate à titre
indicatif que, pour une probabilité d'erreur de 10-8, l'écart est d'environ 0,5 dB.
Cette dégradation de quelques dixièmes de décibel est le prix. à payer pour la plus
grande simplicité du démodulateur. ;dl:ffé!~it~î'ê(fl6,(ll1a~rd~t.GI:nII.
La déJti1o"du:la~.~h
d'une modulation MDP-2, peut être une solution tout à fait compétitive"fà"(ifS à la
démodulation cohérente. Elle n'exige pas d'oscillateur local, ce qui simpllûe le
démodulateur. Si l'on peut se permettre de perdre un peu sur le rapport signal à
bruit, ou de manière équivalente, de dépenser un peu plus de puissance pour
obtenir la même probabilité d'erreur, le démodulateur différentiel est une solution
intéressante.
On ·pourrait trouver d'autres exemples. Ainsi, un signal en modulation de
fréquence peut être démodulé au moyen d'un discriminateur, c'est-à-dire un circuit
qui convertit les variations de fréquence en variations de tension: c'est la méthode
utilisée de manière classique en transmission analogique. Par rapport au
démodulateur cohérent du paragraphe IV4, le discriminateur a l'avantage de ne pas
exiger de récupération de porteuse, mais ses performances sont moins bonnes
également. Restant dans le domaine de la modulation de fréquence; on peut aussi
montrer que, dans le cas des modulations de fréquence à phase continue, des
résultats meilleurs que ceux décrits au paragraphe IV-4 peuvent être obtenus en
utilisant cette continuité, qui introduit une corrélation entre symboles successifs.
C'est ainsi que la modulation de fréquence à phase continue d'indice 0,5
(modulation MSK) permet d'atteindre les mêmes performances que la modulation
MDP-2, alors que la relation (4.4.13) donne une dégradation de 3 dB.
La conclusion essentielle est qu'il existe plusieurs manières de démoduler une
même modulation, utilisant plus ou moins bien l'information contenue dans le
signal, et conduisant à des performances différentes.
Nous venons de voir comment on peut démoduler les diverses modulations
numériques (amplitude, phase, fréquence) afin de détecter l'information transmise.
Rappelons que nous sommes restés dans l'hypothèse du milieu de traqsmission dit
« à bande infinie », qui n'affecte pas la forme du signal émis par le modulateur. Or
cette hypothèse n'est évidemment pas vérifiée en pratique. C' ~st pourquoi nous
allons dans le chapitre suivant envisager la situation dans laquelle le. milieu de
transmission présente une sélectivité en fréquence. ..

IV .6. Résumé
Ce chapitre est consacré à la transmission au travers du canal à bande infinie,
déjà décrit dans Je chapitre II, des modulations de porteuses numériques, c'est-à-
dire des signaux constitués par une onde sinusoïdale, dite onde porteuse, dont
l'amplitude, la phase, la fréquence, peuvent prendre différentes valeurs possibles
en fonction d'une information numérique. Le mot modulation est pris ici dans le
sens usuel de l'électronique, plus restrictif que celui de la théorie des
communications, où la modulation désigne (cf. chapitre II) l'opération générale qui
associe à des éléments binaires des signaux qui ne sont pas nécessairement des
ondes porteuses modulées.
On commence par une description de ces diverses modulations: de phase
(MDP), d'amplitude (MDA) , d'amplitude sur deux porteuses en quadrature
(MAQ), de fréquence (MDF).
La notion d'enveloppe complexe permet de faire le lien avec la transmission en
bande de base, en faisant apparaître que la transmission de signaux modulés se
ramène à la transmission de signaux. complexes au travers de filtres de réponses
complexes : c'est la notion de système équivalent en bande de base. Le signal de la
forme
x(t):=: Xc Ct) cos21ifot - xsCt)sin21ifot
a pour enveloppe complexe:
Xe{t) := Xc Ct) + .ixs(t)
De même le bruit Bet) blanc de densité spectrale de puissance bilatérale No 12,
peut être représenté par un bruit complexe équivalent, dont les parties réelle et
imaginaire sont des bruits, blancs non corrélés de même densité spectrale de
puissance No. '. '
Le passage au système équivalent en -bande de base permet de réutiliser les
résultats obtenus au chapitre II pour trouver les récepteurx optimaux et leurs
performances. Les modulations de phase à deux et quatre états se ramènent à des
modulations d'amplitude respectivement sur une seule onde porteuse et sur deux
porteuses en quadrature. On en déduit la probabilité d'erreur en fonction de la
puissance dela porteuse, de No et du débit numérique, qui est dans le cas de ces
deux modulations:

. ' ..
On note en revanche que, si c'est la rapidité de modulation est fixée, et non pas
le débit, la modulation MDP-4 demande une puissance supérieure de 3 dB à la
modulation MDP-2 pour garantir la même probalité d'erreur. On étudie ensuite les
modulations d'amplitude et en particulier la modulation MAQ-16, qui est une
combinaison de deux modulations d'amplitude à quatre niveaux sur deux porteuses
en quadrature. A chacun des 16 signaux est associé un mot de quatre éléments
binaires, et les probabilités d'erreur sur chacune de ces séquences binaires sont
proportionnelles à elfc~2Pm/ 5NoD. . .
, 'Il en résulte que la modulation MAQ-16 demande une puissance supérieure de
4 dB à celle que demande la modulation MDp·2 pour garantir la même probabilité
d'erreur. Cet exemple est particulièrement illustratif et important pour montrer la
pénalité en puissance qui est la contrepartie de l'augmentation du nombre de
signaux de la constellation. A partir de cet exemple bien compris, les pénalités
associées aux modulations MAQ dans le cas général peuvent se déduire sans
difficulté.
La modulation de fréquence, d'un emploi beaucoup plus limité qu'en
transmission analogique, est étudiée dans le cas binaire. Bnfin, la démodulation
différentielle et la détection d'enveloppe sont évoquées dans le but de montrer
128 Transmisssion. sur onde porteuse sur canal idéal

qu'une même modulation peut être démodulée de plusieurs manières différentes, et


que les performances obtenues sont' alors différentes.

EXERCICES
Exercice 4.1 <,
Un signal modulé autour de la fréquence lo, x(t) supposé à bande.étroite, passe
dans un filtre qui le transforme en un signal yCt) égal à xCt) +p xCt - r) , P et r étant
des constantes réelles.
a) Quelle est la fonction de transfert H(!) du filtre ?
b) Quelle est la fonction de transfert Rb Cf) du filtre équivalent en bande de
base '?

Exercice 4.2
On considère un modulateur de phase à deux états (modulation MDP-2)
imparfait, qui délivre, selon le symbole binaire à transmettre, une onde de phase a
d' amplitude A ou LX + 1C d'amplitude M. Le signal, reçu en présence de bruit blanc
gaussien additif B(t), de densité spectrale de puissance bilatérale No /2, est
démodulé au moyen du démodulateur qui serait optimal si les deux amplitudes
étaient égales. On appelleD le débit binaire.
1) Exprimer la probabilité d'erreur enfonction de A, No et  .
2) L'exprimer ensuite en fonction de No,D, et de la puissance moyenne reçue
Pm'
3) Comment modifier le seuil de décision du comparateur pour minimiser la
probabilité d'erreur ? Exprimer celle-ci et la dégradation, en fonction de Â, par
rapport à la modulation idéale.

Exercice 4.3
On considère une modulation de fréquence binaire (MDF-2) d'indice m égal à
10,5. Supposant que l'on utilise le démodulateur décrit dans le chapitre IV,
comparer ses performances par rapport à celles de la MDP-2 en présence de bruit
blanc gaussien.

Exercice 4.4
Un signal en modulation MiQ-16 est reçu an moyen d'un récepteur de
température de bruit égale à 600 K. Sachant que le débit est de 400 Mbit/s, que les
imperfections du modem introduisent UD.edégradation de 2 dB pal' rapport à la
courbe théorique de la probabilité d'erreur, calculer, en s'aidant des courbes, la
puissance minimale nécessaire à l'entrée du récepteur pour obtenir une probabilité
d'erreur de 10-8. ..
Reprendre le calcul pour: .
a) un débit de 800 Mbit/s en modulation MAQ-16,
b) UJl débit de 400 Mblt/s en Dl.Odlll.atiol1lv1.DP-4 •.
"

Exercice 4.5 0\
00 considère une modulation de phase à deux états dans laquelle les deux
phases possibles du signal sout lPo et lPo + n - 2a, 4>0 étant une certaine phase et
a un angle compris entre 0 et n / 2 .
a) Déterminer la phase l/J telle que, quand on démodule le signal en multipliant
par la porteuse cos(27Çf'ot + l/J), on obtienne en l'absence de bruit deux signaux
opposés selon le symbole binaire transmis.
b) Exprimer la probabilité d'erreur en présence de bruit blanc gaussien et
comparer à une modulation de phase idéale (anul). .

Exercice 4.6
Un bruit blanc N(t) de densité spectrale de puissance bilatérale No /2 est filtré
Ifl
dans un filtre de fonction de transfert HU) égale à 1si Jo - 6.) < < J'o + 6.2 . On
appelle B(t) la sortie du filtre et BcCt) et BsCt) ses composantes en phase et en
quadrature dans la décomposition de Rayleigh par rapport à la fréquence fo. Le
filtrage est tel que B(t) vérifie la condition de bande étroite.
Calculer les fonctions d'autocorrélation de Bc(t) et BsCü ct leur fonction
d'intercorrélation.

Exercice 4.7 ~
Un démodulateur à filtre adapté en modulation MDP-2 travaille avec un rapport
Eb / No correspondant à 10 dB. Quelle est la probabilité d'errenr ? Que devient
cette probabilité d'erreur si le seuil de décision est décalé d'une quantité égale à
10% de la valeur du signal à l'instant d'échantillonnage en l'absence de bruit?

Exercice 4.8 rSIi . .


, On considère une modulation de fréquence numérique au moyen de laquelle on
transmet des éléments binaires (Xk prenant les valeurs ±1 au débit D en utilisant
deux fréquences fi etJ2' Par suite d'un défaut du modulateur, les amplitudes de la
porteuse sont respectivement At etAzlorsque la fréquence.j] (resp. .f2) est émise.
Montrer que le signal modulé Set) correspondant peut se mettr~ sous la forme :
l . M(t)
Set) ""-(~ cos(27ifit) + A2 COS(21ÇM») + --(~ cos(27ifit) - A2 COS(27if2t»)
2 2,'
M(t) étant lm signal en bande de base quel'on exprimera. .
Donner une structure du démodulateur constitué de deux cellules de
démodulation aux. fréquences JI et.f2.
Exprimer la probabilité d'erreur obtenue en présence de bruit blanc gaussien
centré, de densité spectrale de puissance bilatérale No /2, en fonction de
AI' A2 , No, D, et de l'indice de modulation, m.
Si la puissance moyenne émise est fixée, quel est le choix de Al et A2 qui
minimise la probabillité d'erreur?
130
Transmisssion sur onde porteuse sur canal idéal

Exercice 4.9
Pour garantir une probabilité d'erreur de 10-8, le récepteur optimal en
modulation MDP-2 requiert un l'apport P / NoD (puissance de signal à puissance
de bruit dans une bande égale au débit) correspondant à 12 dB.
Sachant que le débit est D = 500 Mbit/s, que la température de bruit du
récepteur est 870 K, que le dëmodulateur, par suite d'imperfections, présente une
dégradation de 2 dB par rapport au' récepteur optimal. et sachant enfin que
l'affaiblissement entre émetteur et récepteur peut atteindre 120 dB, on demande la
puissance minimale que doit délivrer l'émetteur.
On rappelle qu'une résistance à la température de 290 K, servant de référence,
délivre uoe puissance de bruit de -114 dBm dans une bande de 1 MHz.

-__ ., ._--_.~ ..-.:


CHAPITRE V : TRANSMISSION SUR ONDE
PORTEUSE SUR CANAL À BANDE LIMITÉE

V.1. Transmission sur un canal à bande limitée


V.1.1. Préliminaire
Nous abordons dans ce chapitre la transmission d'un signal modulé sur un
le
canal dit à bande limitée. Jusqu'à présent, canal a été considéré comme à bande
infinie, c'est-à-dire comme n'affectant pas les caractéristiques spectrales du signal
(à une atténuation et un retard fixes près), quelle que soit la largeur de la bande de
fréquences occupée par ce dernier. Un tel canal, appelé aussi parfois «canal
idéal» est bien sûr en toute rigueur irréaliste. Toutefois, il représente une
excellente approximation du canal réel lorsque celui-ci conserve la propriété
précédente dans une bande de fréquences large devant celle occupée par le spectre
du signal (on rappelle que les signaux émis ne sont pas strictement à bande limitée,
mais qu'ils peuvent être considérés pratiquement comme tels). C'est par exemple le
cas pour les faisceaux hertziens, dans les conditions normales de propagation, ou
dans les systèmes de télécommunications par satellite.
Imaginons en effet un tel système travaillant avec une fréquence porteuse de
quelques GHz. L'atténuation en espace libre de l'onde électromagnétique dépend
bien sûr de la fréquence, puisqu'elle vade comme son carré, ou, de manière
équivalente, comme l'inverse du carré dela longueur d'onde. Néanmoins, sur la
largeur d'un canal radioélectrique, de quelques dizaines de MHz, aux alentours de
la fréquence porteuse, on pourra vérifier que la distorsion d'affaiblissement
introduite dans la bande du canal, c'est-à-dire la différence entre les atténuations
subies pal' les fréquences extrêmes, est négligeable. Par exemple; entre les deux
fréquences extrêmes d'un canal de 100 lYIHz de large centré sur 5 GHz, soit 4,95
et 5,05 GHz, l'écart des atténuations introduites par la propagation en espace libre
est seulement de :

2010 5,05 = 0 17 dB
g 4,95 '
Evidemment, pour un canal plus large, l'approximation ne serait plus valable:
par exemple, pour une largeur de 1 GHz, la différence d'atténuation entre les
fréquences extrêmes serait alors de 1,75 dB et la sélectivité ne pourrait plus être
négligée.
Cependant, même si le milieu de transmission peut être considéré comme non
sélectif sur la bande de fréquence occupée par les signaux à transmettre, il est
néanmoins rare dans la pratique de pouvoir considérer le canal comme à bande
infinie. En effet, dans le cas de supports de transmission satisfaisant les conditions
d'un canal idéal, la bande de fréquence effectivement disponible pour transmettre
132 Transmission sur onde parleuse sur canal à bande limitée

un signal donné est généralement limitée afin de pouvoir accepter, sans risque
d'interférence, plusieurs utilisateurs partageant ce même support. La notion de
bande limitée découle alors directement de celle de filtrage dont le rôle est de
concentrer la puissance du signal émis dans une 'bande de fréquences réduite. Ce
cas, qui couvre en première approximation les transmissions par voie hertzienne
terrestres' en visibilité ou par satellites, constitue une première classe de canaux à
bande limitée.
Une deuxième classe de canaux à bande limitée est constituée pat les milieux de
transmission ayant un caractère sélectif, c'est-à-dire affectant de manière variable
avec la fréquence les caractéristiques spectrales du signal transmis. Cette sélectivité
introduit des distorsions dans le signal qui peuvent profondément dégrader les
performances du système si aucune précaution n'est prise lors de sa conception
pour les compenser. Bien sûr, la limitation de bande par le filtrage peut également
être nécessaire dans certains cas. Cette classe de canaux. couvre par exemple les
canaux de transmission radiomobiles, ou les canaux acoustiques sous-marins. Ces
canaux ont d'ailleurs des caractéristiques extrêmement complexes, 'Parce que les
perturbations sont en plus variables dans le temps. Pour l'instant, cette.dépendance
sera ignorée et l'analyse développée concerne des canaux stationnaires,
modélisables comme des systèmes linéaires, représentables par leur fonction de
transfert ou leur réponse irupulsionnelle..·· .

V.l.2. L'interférence entre symboles (lES)


Considérant le cas des canaux à bande limitée ruais non sélectifs, nous allons
mettre en évidence les effets du filtrage sur le signal transmis. Le. recours à
l'enveloppe complexe et au canal équivalent en bande de base nous permettra
d'utiliser un formalisme tout à fait semblable à celui qui a été employé dans
l'analyse des systèmes en bande de base. Nous nous limiterons aux modulations
linéaires et ne considérerons- que des signaux modulés de type MA Q dont
l'enveloppe complexe a pour forme générale :
u(t) = LCkhU - kT) avec ck = ak + jbk (5.1.1)
k
On a supposé, en choisissant bien l'origine des phases, que la phase eo de
l'oscillateur local d'émission (cf. l'équation (4.3.28» est nulle. Les symboles ak et
bk sont supposés non corrélés et prennent leurs valeurs dans l'alphabet
{±d,±3d, .. ,,±(2N -l)d} de manière équirépartie (la modulation est donc de type
MAQ-4N2). L'impulsion élémentaire réelle h(t) a pour' support temporel
l'intervalle (0, TL T désignant la période- d'émission des symboles, et n'est pas
nécessairement la fonction rectangulaire xCt), En l'absence de tout filtrage à
l'émission, on sait (cf. le chapitre IV) que le récepteur optimal est formé du filtre
adapté à h(t), de réponse impulsionnelle h(to - t), to dépendant de l'instant
d'échantillonnage choisi, suivi de deux comparateurs qui prennent des déclsions
,sur les parties réelle et imaginaire de l'observation.
Le signal en l'absence de bruit à l'entrée du circuit de décision, que nous
noterons z(t), s'exprime comme:

z(t) = 2.:ckl'(t-kT) (5.1.2)


k
où. r(t), réponse à h(t) du filtre adapté, est obtenue en convoluant h(t) avec
h(to':"'t). L'impulsion r(t) a donc un support temporel limité à l'intervalle
]to - T,to + T[. Les échantillons zn du signal z(t) ont par conséquent pour
expression:
Zn =z(to +nT)= L.ckr(tO +(n-k)T) (5.1.3)
k
Or r(io + nT) est nul pour tout entier n non nul, en raison du support de r(t) et
on en déduit immédiatement:
Zn = cnr(to) (5.1.4)
L'échantillon à l'instant to + nT servant à la détection du symbole Cil ne dépend
donc que de ce symbole. Les deux comparateurs à seuil traitant les parties réelle et
imaginaire détecteront donc directement an et bn.
Supposons maintenant que le signal soit filtré à l'émission par un filtre de
réponse impulsionnelle ge(t); fonction de transfert Ge(f), ce pour les raisons
indiquées précédemment. Une chaîne de transmission générale suit alors le schéma
de la figure V-l où le filtre de réception de réponse impulsionnelle gl'(t), pour
l'instant de caractéristique indéterminée, aura pour rôle principal de limiter la
puissance de bruit à l'entrée de 1>échantillonneur. L'émetteur peut être modélisé par
un filtre de réponse impulsionnelle he(t) = h(t) ® ge(t) , donc de fonction de
transfert He(f):::: H(f). Gif). attaqué par un signal de la forme L.CkÔ(t- kT).
Ce signal .n'existe pas physiquement puisque l'impulsion de Dirac est une
abstraction théorique, mais on peut toujours considérer he(t) comme le produit de
convolution de. ott) avec heCt).

he(t) gr(t)

[§]A --:>-0+
t
~CkÔ(t-kT) __ ...::;;:>
.. 1 ~ I-----~)o-<f>I--------:a...)lo
t
Bruit
Circuit de
Décision
Echantillonnage
Figure V-I Schéma de la chaine de transmission

Nous examinerons d'abord ce qui se passe en l'absence de bruit. Le signal à la


sortie du filtre de réception, en l'absence de bruit, est obtenu en convoluant le
signal d'entrée u(t) par la réponse impulslonnelle de la chaîne de transmission. On
obtient alors :
z(t) = L.Ck"·(t- kT) avec r(t) = Ch® ge ® gr)(t)
k
134 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

On retrouve exactement ce qui a été dit en bande de base, mais r(t) est une
fonction complexe qui pourra s'écrire, en faisant apparaître les parties réelle et
imaginaire pet) et q(t) :
r(t) =: pet) + jq(t) (5.1.6)
La limitation spectrale introduite par le filtrage implique que r(t) peut s'étendre
sur un grand nombre de périodes T.·On sait même d'ailleurs que, si la fonction de
transfert du filtre d'émission est à support borné, la fonction r(t), transformée de
Fourier inverse d'une fonction à support borné, ne peut être à support borné.
L'échantillon zn s'écrit alors, d'après (5.1.5)
Zif = cnrO + L.Cn-krk (5.1.7)
k;tO

en posant classiquement rk = r(to + kT). Le terme :

LCI1-krk
/(;to
fonction des symboles émis avant et après cm caractérise Yinterfërence entre
symboles (lES) aux instants {'O + »r]. On retrouve la même notion qu'en bande
de base (voir § II.2.5), à cette différence près que les signaux sont généralement
complexes. L'échantillon complexe Zn est donc la somme du signal utile complexe
enrO et de l'interférence entre symboles, également complexe. On peut donc
représenter zn dans le plan complexe.
. La figure V-2 illustre le phénomène d'interférence entre symboles dans le cas
particulier de symboles émis réels binaires (modulation MDP-2 par exemple) et
d'une réponse r(t) réelle. On retrouve alors exactement le cas de la transmission en
bande de base (cf. § III.l).
Introduisant dans l'équation (5.1.7) les parties réelle et imaginaire Pk et qk des
échantillons 7ie, il vient:
Zn = cnPO + LC,~-kPk + jL.Cn-kqk (5.1.8)
].;;tO k
L'interférence entre symboles apparait comme constituée de deux termes, l'un
dépendant de la partie réelle et l'autre de la partie iinaginaire de la réponse
impulsionnelle globale r(t).
Explicitant (5.1.8) en décomposant zn en ses parties réelle et imaginaire
zen et ZSII' on aboutit aux deux relations:
Zen = allPo + L an-kPk - Lbn-kqk (5.1.9a)
kif:.O k

ZSII = bnpo + Lbn-kPk - Lan-kqk (5.1.9b)


k;tO k
Quand on compare au cas de la transmission en bande de base, on remarque que
la notion de canal équivalent en bande de base permet de raisonner de manière
nbSQ!':l.~entelmllalS : les signaux sont complexes au lleu d'être réels, Les relations
- ....•.----- ". ..•.... -.- ...._-_ ..._... . . ._.... . ..... _. ...1t.
(5.1.9a) et (5.1.9b) donnent J'expression des échantillons des signaux réels
obtenus à l'entrée des circuits de décision placés sur les voies en phase et en
quadrature. On remarque bien à nouveau que le signal SUr la voie en phase (resp.
quadrature) ne dépend pas que des symboles transmis sur la même voie, mais aussi
de ceux transmis sur l'autre voie. On parle parfois de diaphonie entre les deux
voies.

r(t) ,,'

an =+1

a"-l =-1

lES", -f_2 + l'-t - fJ. + r2 -1j


FJgure V·2 Illustration de l'lntetférence entre symboles

Casparticulier
Dans le souci de limiter l'03S, on peut chercher la condition que doit remplir le
filtrage pour que la composante imaginaire de r(t) soit identiquement nulle, ce qui
est évidemment une condition suffisante (mais pas nécessaire), pour qu'il n'y ait
pas de diaphonie. Si R(J) désigne la transformée de Fourier de r(t), c'est-à-dire In

.'';illl__ ..
136 'transmission sur onde porteuse sur canal à bande. limitée

fonction de transfert de l'ensemble de la chaîne de transmission, le fait que q(t) soit


identiquement nul se traduit pal' la propriété dite de « symétrie hermitienne» de
<, R(f)
,.(t) ..réelle {::}R(J) = R*(- j) (5.1.10)
Dans un système de transmission en bande de base, cette propriété est bien
entendu toujours .vérifiée, puisque la réponse r(t), qui représente un signal
physique, est réelle. Elle n'a en revanche aucune raison a priori de l'être lorsque
R(j) caractérise le filtrage passe-bas équivalent d'un système. Cette propriété n'est
pas, rappelons le encore, une condition nécessaire pour satisfaire l'absence d'mS.

V.l.3. Caractérisation de l'lES: le diagramme de l'oeil


Une manière simple de caractériser l'IES est, COmmeen bande de base, le
diagramme de l'oeil associé au signal (voir § Ill-I et la figure ID-3). A un instant
donné, le signal à l'entrée du circuit de décision dépend, on le sait, non seulement
du symbole transmis pendant l'intervalle de temps considéré, dit synl.bole utile,
mais aussi de tous ceux qui ont été transmis pendant les autres Intervalles de temps.
Le signal dépend même d'un nombre infini de symboles dans le cas où la réponse
impulsionnelle est de longueur infinie, c'est-à-dire où un nombre infini
d' échantillons r/1 sont non nuls. La différence par rapport au cas de la bande de base
est que le signal est complexe. On aura donc un diagramme de l'oeil sur chacune
des deux voies, en phase et en quadrature, correspondant à la partie réelle et à la
partie imaginaire du signal. Nous analyserons, à titre d'exemple, le cas de la partie
réelle. On sait que le diagramme de l'oeil se répète avec une période 1'. Nous
examinerons donc ce qui se passe sur un intervalle de temps (tt,tl + TL le choix de
fi étant absolument arbitraire. Remplaçanttpar t+ t1 + nT dans la relation (5.1.5)
et prenant la partie réelle, on obtient:
Zc(tl +nT +t) = I,Re[cll-mr(t[ +mT + t)] .pour 0 < t < T (5.1.11)
m

soit encore en développant:


zc(tJ +nT+t):::: I,an-mp(tl +mT+t)-~/,_mq(li +mT+t)
m
Le nombre de traces est donc fonction du nombre de combinaisons possibles
des valeurs des symboles présents dans la sommation. Par exemple, si r(t) est
supposé négligeable en dehors d'un intervalle [tl - .T-17.',tl + ~T], la somme
comporte 2(L1+Lz+l) termes et on a donc autant de si~aux possibles qu'il y a de
combinaisons de symboles binaires. On aura donc 4 1+~+1 traces possibles. Si
r(t) est une fonction réelle, ce nombre est divisé par 2. Pour une modulation de
type MAQ, les diagrammes de l'oeil des voies en phase et quadrature sont bien sût'
identiques.

l,.
Figure V-3 Diagramme de l'oeil en modulation MlJP-2

.g-
0
""
.g-
O
.g. /
0
.g-
2·Po·Dmax ""

2·Po·Dmax

Figure V·4 Diagramme de l'oeil en modulation d'amplitude à quatre niveaux .

Le diagramme de l'oeil, qui peut être observé à l'oscilloscope, fournit une


représentation concise et facilement exploitable en laboratoire du montant d'mS
présent à un instant d'échantillonnage quelconque. Les figures V-3 et V-4
138 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

représentent l'allure du diagramme de l'oeil dans le cas d'une modulationMDP-2 et


d' me modulation d'amplitude à 4 niveaux.
On peut décomposer le signal à l'instant d'échantillonnage to+nT, en
l'absence de bruit, sous la forme:
zc(to + nT) = 'L.an-m.p(to + mT) - bn-mq(to + mT) (5.1.12)
ln

soit encore, en séparant le signal utile et l'lES,

zen =: al1PO + 'L.an-mPm - 'L.bn-mqm (5.1.13)


m:;tO m

OÙ Zen' Pm et qm désignent respectivement les échantillons zcCto + nT),


p(to + mT) et q(to + mT) .
Le signal utile vaut (2k + l)dpo, k étant un nombre entier et la décision est prise
en comparant le signal reçu à des seuils situés à mi-distance entre les valeurs
. possibles du signal utile, donc distants de 2dpo. Par exemple, dans le cas de la
modulation MAQ-16, le signai utile vaut ±dpo,±3dpo, et la décision est prise en
comparant le signal à des seuils situés à 0 et ±2dpo. . ....
liy aura des erreurs en l'absence de bruit si l'lES seule suffit, dans certaines
configurations de la suite des symboles {cd, pour que le signal reçu se trouve en
dehors de la région de décision correcte associée au signal utile. Ceci se produit si
l'lES est supérieure en valeur absolue à dpo. Cette situation se traduit par la
condition:

(5.1.14)

ou encore:

(5.1.15)

La quantité Dmax est appelée distorsion maximale. C'est une généralisation de


la distorsion maximale définie par la relation (3.1.3) que l'on retrouve en appliquant
(5.1.15) dans le cas de signaux réels. Sa valeur par rapport à l'unité permet de
juger si l'oeil est ouvert ou fermé pour l'instant d'échantillonnage considéré.
Lorsque qk est nul, on retrouve SUl' chacune des voies en phase et en quadrature la
distorsion maximale déjà définie pour la transmission en bande de base.
Exemple
Supposons par exemple que la réponse impulsionnellc soit caractérisée par les
échantillons suivants :
Pk ::: OkO + aÔkl
qk = f30kl
a et f3 caractérisant la réponse du canal. Le signal complexe à t'Instant
d'éohantlllonnage 10+ liT s'écrit :
Z" :: Cil + (a + jf3)Cn-l (5.1.16)

Le signol sur la voie réelle s'écrit:


Zen = a" + aan-l - f3bn.-1 (5.1.17)

Supposons que la modulation utilisée soit la modulation MAQ-16. L'IES est


maximale en valeur absolue lorsque all-1 el bn-1 sont égaux respectivement à
3d.sgn( a) et 3d,sgn({J), ou -3d.sgn(a) et -3d.sgn({J). Elle vaut alors. ±3d(lal + I.BI) .
L'oeil est fermé si la distorsion maximale excède d Cil valeur absolue soit:
(5.1.18)

On pourra vérifier que cette condition peut être retrouvée à partir de (5.1.15) cn y
introduisant les valeurs particulières des échantillons de la réponse impulsionnelle.

x ~
X
X " -4'
X
,,

l-a )+.a
I-f3j1+.f3
.

X X
X X
'"
X X
X X

Figure V·5 Représentation de l'lES à l'instant d'échantillonnage

La figure V-5 représente dans le cas de la modulation MDp·4, le signal


complexe obtenu à l'instant d'échantillonnage, ainsi que les signaux possibles sur
les voies en phase el en quadrature, dans le cas où la réponse r(l) vérifie:
rO =1 ; 1J. =: a + j{J ; n= 0 Vk.= 0, 1
On remarquera que la partie réelle et la partie imaginaire du signal complexe,
c'est-à-dire les signaux démodulés sur les voies en phase el en quadrature, peuvent
prendre à l'instant d'échantillonnage huil valeurs distinctes, deux à deux symétriques
par rapport il zéro. La condition d'ouverture. de l'oeil à l'instant d'échantillonnage est
dans cc cas:
.Ial+l.Bl
<1
140 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

V.2. Conditions d'IES nulle ~Critère de Nyquist

V.2.I. Le critère de Nyquist


he critère de Nyqulst pour les signaux modulés est une généralisation de ce qui
a été vu dans le cas des signaux en bande de base. Les signaux considérés sont
complexes, si bien que le critère de Nyquist vu lors de l'étude de la transmission en
bande de base n'est que la formulation particulière dans le cas où les signaux sont
réels.
L'absence d'IES se traduit par les relations;
p(to + kT) 0
::::; Vk,* 0
(5.2.1a)
{ q(to+kT)=O . Vk

soit encore, en considérant le signal complexe:


rcio + kT) =POOOk Vk rs.z.n»
Dans le cas particulier de signaux réels, on retrouve (3.1.4).
.La fonction r(t) s'écrit alors sous la forme pon/O, où nit) est une fonction qui
vérifie le critère de Nyquist (pour l'Instant d'échantillonnage to), c'est-~-dire :
ny(lo + kT) = OOk Vk (5.2.1c)
ou encore, en introduisant les parties réelle et imaginaire,
Re[ny(lo + kT)] = 00k Vk
(5.2.1d)
lro[nyCto + kT)]::::; 0 Vk

Le critère traduit le fait que, pour un instant d'échantillonnage donné, il n 'y a


pas d'lES, et qu.e l'échantillon de rang 0 de la réponse globale est unitaire.
Cette relation est identique à celle qui a déjà été vue dans le cas de la
transmission en bande de base (équation (3.1.4», sauf que les signaux. considérés
sont ici généralement complexes. La relation (~.2.1c) se traduit donc par la
condition suivante sur le spectre périodifié, qui exprime le critère de Nyquist :

1
-
LN (J--k) j2~(f-!5_)/o
eT::::;]. (5.2.2)
T y T
k

k)· ej2"(f-~)to
soit : Lk N J' (f--T I::::T (5.2.3)

ou encore: (5.2.4a)
avec: (S.2Ab)

Remarquons que, le spectre périodifié étant par définition de période liT, il


suffit, pour vérifier qu'il est constant, de le vérifier sur n'importe quelle période, en
particulier sur l'intervalle fondamental [-1/2T, V2T].

Rappelons enfin que, dans le cas fréquent où l'instant. d'échantillonnage to est


pris comme origine des temps (ta = 0), )e critère s'exprime sous la forme plus
simple: .

LNAf-f)=T
k
(5.2.5)

Il est toutefois essentiel de ne pas oublier que to n'a aucune raison a priori
d'être nul.

V.2.2. Filtrage de Nyquist

De la relation (5.2.4a), on déduit irnrnédiaternent que le filtre de largeur


spectrale minimale permettant de transmettre théoriquement un signal de type i\1AQ
sans lES a une bande passante de largeur liT (parfois appelée bande de Nyquist),
et qu'il présente une amplitude constante et une phase linéaire. En effet, il est
évident qu'aucune fonction NyCf) non nulle seulement sur un intervalle de largeur
strictement inférieure à liT ne peut vérifier (5.2.4n), puisque sa périodifiée est
nécessairement nulle sur certains intervalles. On retrouve exactement le résultat qui
a dèjà été présenté au paragraphe llL 1.1 dans le cadre de la transmission en bande
de base.
La fonction N~'O)(f) de largeur minimale, égale à liT, que l'on appellera
N~:o)(f), vérifie donc: .

T \;/[fi < _1
NI~O)(f) = - 2T (5.2.6)
{
o ailleurs

ce qui donne, en tenant compte de la relation (5.2.4b) qui lie les fonctions Ny Cf) et
Ny(lo)(f) :

. _{TeXPC-2J7if'tO) \;/111;5;_1 (5.2.7)


Nm(f)- 2T
. 0 ailleurs
Le filtre de largeur minimale qui garantit l'absence d'IES aux instants {to +!a'}
est donc un filtre rectangulaire, de fonction de transfert égale à T sur l'intervalle
142 Transmission sur onde porteuse sur canal CI. bande limitée

[-1/ 27', 1/2T]. combiné avec un retard de valeur to. C'est en conséquence un
filtre à phase linéaire.
Supposant que to soit nul, on obtient la fonction de transfert du filtre de largeur
de bande minimale qUÎ vérifie le critère de Nyquist, CSo(f) , qui a déjà été vue dans
le cas de la transmission en bande de base (relation (3.1.16)):

CSo(f)=T si fE[-lT'2~] (5.2.8)


CSo(f) =0 ailleurs
On sait que sa réponse impulsionnelle csoCt) est donnée par :

". Sin(m)
cso(t)= ;[ :::::sinc; (5.2.9)
T
et que le filtre de largeur de bande minimale qui vérifie le critère de Nyquist aux
instants {to+kT} a pour réponse impulsionnelle cso(t - to)·

'i:j.. 1T
)lIof
-1/2T 1/2T
Equivalent en bande de base
liT
.~ .)110-

TI
, "'1 >1
-/0 1 +/0
Filtre réel

Figure V-6 Filtre de Nyquls; de largeur minimale en bande de base et surfréquence porteuse

Il ne faut pas perdre de vue que l'on raisonne lei implicitement sur le système
équivalent en bande de base, et que le filtre réel de largeur de bande minimale qui
garantit l'absence d'interférence entre symboles est un filtre passe-bande idéal à
phase linéaire, de gain constant dans les bandes de fréquences
(fo .-1/2T,fo + 1/21'] et [-/0 -1I2T, -.10 + 1/2T] . .
La figure V-6 représente la fonction de transfert d'un tel filtre pour une
transmission en bande de base et une transmission de signaux modulés.
Dans le cas des signaux modulés, on prendra soin de noter que le filtre réel
correspondant au modèle équivalent en bande de base est un filtre passe-bande idéal
de largeur égale à 1/ T autour de la fréquence porteuse, tandis que dans le cas de la
transmission en bande de base, le filtre réel est un filtre passe-bas idéal de bande
.Jt_--.:
1/ 2T. En d'autres termes, raisonnant sur les filtres réels et en fréquences positives
uniquement, la bande de fréquences minimale pour transmettre le signal sans IBS
est de largeur 1/ 2T dans le cas d'une transmission en bande de base et 1j T dans
le cas d'une transmission sur onde porteuse. TIsemble donc que la transmission sur
onde porteuse utilise moins bien le spectre que la transmission en bande de base
puisqu'Il faudrait une bande de fréquences deux fois plus grande pour transmettre
le même débit numérique. En fait, il n'en est rien et il est possible de trouver des
modulations qui permettent la même utilisation du spectre qu'en bande de base.
Considérons par exemple la modulation MDP-4. La bande minimale requise est
égale à R, R étant la rapidité de modulation, c'est-à-dire à D /2, si D est le débit
numérique. Dans le cas de la transmission binaire en bande de base, la bande
minimale est R / 2, soit encore D / 2, et on arrive bien au même nombre de Hz par
bit/s transmis. La modulation MDP-4 utilise donc ausi bien le spectre que la
transmission en bande de base.
Dans le cas de la modulation MDP-2 en revanche, la bande nécessaire est R,
pour le même. débit, c'est-à-dire le double de celle requise par la modulation
MDP-4. Tout ceci peut s'interpréter en remarquant que la modulation MDP-4
utilise des signaux complexes, donc à deux dimensions, alors que les signaux de la
modulation MDP-2 sont réels, donc unidimensionnels.
Mais nous avons imposé des conditions d'absence d'lES sur la réponse
impulsionnelle r(t), alors qu'en fait seule nous intéresse la partie réelle du signal.
En effet, dans le cas de la modulation MDP- '2, qui est une modulation
unidimensionnelle, l'information n'est portée que par la composante en phase,
c'est-à-dire par la partie réelle du signal complexe en bande de base, ce qui veut dire
encore que seule une dimension est utilisée. TIsuffit donc, pour garantir l'absence
d'IES, que la partie réelle de la réponse impulsionnelle satisfasse le critère de
Nyquist. On pourra montrer par exemple qu'une fonction de transfert R(f)
constante ~r [0,1/21'], nulle ailleurs, vérifie bien cette condition. La bande
minimale nécessaire pour transmettre sans lES est donc bien R /2, c'est-à-dire que
l'utilisation du spectre est aussi bonne qu'en bande de base. On retrouve
exactement la même idée que celle qui conduit, à partir de la modulation
d'amplitude conventionnelle (modulation double bande), à la modulation
d'amplitude à bande latérale unique: la bande occupée par un signal modulé Cil
amplitude est le double de celle du signal modulant, mais en fait, il suffit pour
transmettre l'information utile de transmettre une seule des bandes latérales et le
signal ainsi obtenu occupe la même bande de fréquence que le signal modulant.
Les remarques essentielles concernant le filtre de fonction de transfert CSo Cf)
qui ont déjà été faites dans le chapitre consacré à la transmission en bande de base
(cf. § Ill-Ll ) sont valables, à savoir que:
(i) il est irréalisable car les flancs de la fonction de transfert sont de pente
infinie,
144 Transmission sur onde porteuse SUl' canal â bande limitée

(H)En décalant l'instant d'échantillonnage d'une quantité a, on introduit une


IES de distorsion maximale :

I.lsin[n(8 + k)1
D '- k;ca n(e+k) . '1
(5.2.10)
max - sin(ne) lelLls+kl
k;eO
ne

On retrouve la relation (3.1.15). La série de terme générique 1/le + kl étant


divergente, on a une distorsion maximale non bornée, Autrement dit, le diagramme
de l'oeil théorique est ouvert en un seul point de l'axe des temps (correspondant à
e ::::0). Un filtre approchant de telles caractéristiques sera donc infiniment sensible
à la précision de l'échantillonnage. L'horloge utilisée pour échantillonner le signal
devrait être parfaitement stable, ce n'est pas physiquement réaliste.
On a vu, en bande de base (Chap, Ill, § Ill-Ll), qu'il est possible de construire
des filtres ayant une largeur de bande supérieure à 1/2T, qui vérifient le critère de
Nyquist, et présentent les avantages d'une coupure adoucie et d'unè sensibilité
beaucoup plus faible à un décalage de l'instant d' échantillonnage.
Rappelons l'expression de la fonction de transfert du filtre appelé filtre en
cosinus surélevé, de coefficient de retombée a, déjà donnée (relation (3.J..16) :

'T si Ifl~2~(1- a)
CS
IX
(f):::: T [1+ sin nT (_1
2 . a 2T
-Ifl)] si 21T(1- a) ~ Ifls 21T(1+ a)

o ailleurs

(5.2.11)

dont la réponse impulslonnelle associée vaut (cf. la relation. (3.1.17» :

(5.2.12)

La figure V-7, rappelle l'allure de la réponse impulsionnelle csa(t) et de la


fonction de transfert normalisée CSaU) / T en fonction de a.
.. 11 '.

0.8 HH·;.... r··,' .H"r'j:


....

:: -1 :J\ L....
~.i\Ji . 0.5

004

~r~-
0..2 H ; H"j. .., H~ "'H' 0.3
~ ;. l
0.2
o
l'hl -1-- 0.1

0
-0.2 0 0.5
-4 -2 0 2 4
tII'

Figure V-7 Rëponse impulsionnelle et foncüon de transfert (normalisée) d'un filtre


en cosinus surélevé avec lin coefficient de retombée a

-I~------~~~~--------~
+T/2
-Tf2 o
Figure V.S Enveloppe interne du diagramme de l'oeil en modulation MDP-2,
avec filtrage en cosinus surélevé pour différentes valeurs dufacteur de retombée.

Un coefficient a nul redonne bien


sûr le filtre minimal précédent. La relation
(5.2.12) montre aussi que, pour l, la réponse impulsionnelle s'annule
(X::::

également aux.instants kT+ T /2, k EZ et k::/:.0,-1, et vaut 0,5 pour k = 0, -1.


Ceci implique que le diagramme de l'oeil binaire associé est ouvert sur toute la
l46 Transmission sur onde porteuse SUl' canal à bande limitée

largeur T. Cette propriété traduit la diminution de la sensibilité à l'imprécision sur la


position de l'instant d'échantillonnage lorsque a, et donc l'occupation spectrale,
augmente. La figure V -8 donne l'allure de l'enveloppe interne de l'oeil binaire pour
différentes valeurs de a, dans le cas de la modulation lvIDP-2. Cette figure
reproduit, mais sous une autre forme, le phénomène illustré sut." les diagrammes de
l'œil de la figure lli-7.
Rappelons aussi que les fonctions de transfert qui viennent d'être données
correspondent à des filtres non causaux, qui ne sont donc pas pratiquement
réalisables, mais qui peuvent être correctement approximées par une fonction
causale en choisissant un instant to suffisamment grand devant T.
Enfin, il est important de noter qu'il n'est pas nécessaire que la réponse
impulsionnelle d'un filtre soit réelle pour qu'il satisfasse le critère de Nyquist et
qu'il n'est pas nécessaire non plus que Ny(J) soit réelle. La condition de Nyquist
. exprimée par (5.2.3) peut aussi s'écrire, en introduisant les transformées de Fourier
Nyp(f) et Nyq(f) de Rc(nyCt)] et Im[nyCt)] : '

L,N;~)(f-~)~T
k
(5.2.13)
L,N;~)(! - ~)~ 0
k
Attention ! Nyp(f) et Nyq(f) ne sont pas les parties réelle et imaginaire de
Ny(f). On a:
1 ( *.
Nyp Cf) ~ Z(Ny f) + Ny (-J)]

Nyq(f):=. 2~ vun- N;C-j)]

V.2.3. Répartition optimale du filtrage entre l'émission et


la réception
Nous avons jusqu'à présent déterminé la condition spectrale que devait remplir
la fonction de transfert globale de la chaîne de transmission pour vérifier la
condition d'lES nulle. Or R(J) est égal au produit des fonctions de transfert
équivalentes en bande de base de l'émetteur et du récepteur. La question
fondamentale qui se pose maintenant est de déterminer la meilleure façon (au sens
d'un critère à définir) de répartir cette fonction de transfert entre l'émetteur et le
récepteur. On reprend donc le problème qui a déjà été traité en bande de base avec
des signaux réels (cf. § III.1.2) ; mais, conformément à ce que nous. avions
indiqué dans la remarque située à la fin du § III.1.2, nous ferons appel à une
méthode d'optimisation plus générale, qui ne fait aucune hypothèse a priori sur le
filtre de réception.
Considérons donc la chaîne de transmission de la figure V-9, dans laquelle on
suppose que la fonction de transfert totale équivalente en bande de base est égale à
poNy(f), où Po est une constante réelle et Nif) une fonction de transfert, en
toute généralité complexe, fixée, qui vérifie le critère de Nyquist.

Bruit
(rb{f)

~,,'"'-K1) -a---L,__G_r(_f_J) I--~

poNy{f)

Figure V·9 Schéma équivalent en bande de base de la chatlle de transmission

La source délivre le signal l>kh(t - kT), les ck étant des symboles complexes
représentatifs d'une modulation .MAQ. On appelle a;
la variance des symboles
complexes Ck' Le signal en sortie du filtre d'émission est donc LCkhe(t- kT). Le
récepteur prend sa décision à partir de la partie réelle (resp. imaginaire) du signal
selon la voie considérée. La valeur du signal en l'absence de bruit à l'entrée du
circuit de décision est imposée par la contrainte sur la fonction de transfert globale,
et ne dépend donc pas des fonctions de transfert en émission et en réception, mais
seulement de leur produit La répartition optimale du filtrage sera celle qui minimise
la puissance de bruit (J2 à l'instant d'échantillonn.age, sous contrainte d'une
puissance d'émission (mesurée en sortie du filtre d'émission) donnée.

Cette puissance d'émission s'exprime SOllS la forme:

Pm =::;-
2 +
1"T

I-JH(f)J2IGeu)[2 di (5.2.14)

La puissance de chacune des composantes de bruit vaut:

dl = f: Yb(n[Gr(f)12 df (5.2.15)

où Yb(f) est la densité spectrale de puissance d'une composante de bruit en bande


de base. Dans la grande majorité des cas traités, le bruit en réception est blanc, si
bien que le bruit en bande de base est aussi un.bruit blanc (en toute rigueur à bande
étroite) et que Yb(f) est une constante. La contrainte que doivent satisfaire, GeU)
et O,.(f) s'écrit:
148 Transmission-sur onde porteuse surcanal c) bande limitée

La résolution du problème se ramène donc à une minimisation sous contrainte,


Utilisant la technique d'optimisation par multiplicateurs de Lagrange, on minimise
la fonctionnelle Q, dépendant uniquement de U(f) = IGrU)12, qui s'écrit :

Q = J+""lf Î'b(f)IGr(f)12 + x 0"; INy(f)I:}df (5.2.16)


-00 T IG,.(f)1

par un calcul de variations sur U(f) = IGr(J)f. Le facteur Po Il' apparaît pas
puisqu'il est intégré dans la constante Â.. Supposant connue la fonction optimale
Uop~(f), on ajoute une variation esC!) à Uopt(f). s(f)
étant fixée, on obtient, en
faisant varier e, une fonction de 8,notée F{ (8). Puisque Uop:(f) est la solution
cherchée, la fonction Fç(s) est minimale pour s nul quel que soit «r»
On écrit
donc que la dérivée dFç(e) 1de est identiquement nulle pour e nul, quel que soit
s(f), et on aboutit alors simplement à l'expression de Uop,(f), d'où l'on déduit
immédiatement Gr,op,(f), et ensuite Ge,optCf) par utilisation de la contrainte
(5.2.15). Comme il n'y a pas d'ambiguïté, nous omettrons l'indice opt et
appellerons simplement Ge(f) et GI.(f) les fonctions de transfert optimales.. qui
sont données par les expressions suivantes :

(5.2.17)

où le terme de phase lf/(f) est arbitraire. K est une constante qui peut être calculée
explicitement à partir de la contrainte sur la puissance d'émission, en utilisant la
relation (5.2.14). La minimisation portant seulement sur la puissance de bruit en
sortie du filtre de réception, avec une contrainte qui porte uniquement sur la
puissance d'émission, il n'est pas surprenant que le filtre de réception optimal ne
soit défini qu'à une phase arbitraire près. Mais, il ne faut pas oublier que, à partir
du moment où Gr(f) est fixé, Ge(f) est automatiquement déterminé puisque le
produit Ge(f). GI.(f) est fixé. La phase arbitraire lf/(f) introduite dans Gr(/) est
donc en fait compensée par une phase opposée introduite dans Ge(f), comme le
montrent les deux relations (5.2.17).
Dans le cas le plus courant d'un bruit blanc, (5,2.17) se réduit à:

G,(f) = Ko~IN,(nlejl'(ll
Ge(f) = PoNyCf) e-jvt(f) (5.2.18)
{
KoH(f)~INY(!)1
La constante Ko inclut la racine quatrième de la densité spectrale de puissance,
qui est une constante puisque le bruit est pal' hypothèse blanc. Le facteur Ko peut
d'ailleurs être pris égal à l'unité sans perte de généralité. En effet, la puissance
d'émission P,n étant fixée, on pourra toujours choisir la variance <1;
des données
de telle manière que:

Dans ces conditions, ilest immédiat de voir que la constante Ko est égale à 1. TI
suffit en effet d'introduire l'expression de Ge(f) donnée par (5.2.18) dans la
relation (5.2.14). On pourra donc écrire les relations (5.2.18) sous la forme:

Gr(f) = ~[Ny(f)[ej"'(f)
(5.2.19)
= Po~
! G (f)
e H(f)
ejArgNy(f)-N(f)

où Ny~() a été ~écomposé en module et argument sous la forme


Ny(f) = Ny(f)1 eArg.Ny(f). Remarquons que l'on retrouve les relations (3.1.21) et
(3.1.22) rablies en bande de base.

Par ailleurs, comme il a déjà été indiqué au début de ce chapitre, on peut


toujours représenter l' ensemble de la source et du filtre d'émission par une source
délivrant des impulsions de Dirac suivie d'un filtre de fonction de transfert He (f)
et optimiser non plus le couple (G(l(f),Gr(f»), mais le couple (He(f),Gr(f)). Les
relations (5.2.19) donnent alors:

GI.(f) = ~INy(f)1 eivr(f)


(5.2.20)
{ HeU) = po~INy(f)[ ejA,-gNy(f)-i'I'(j)

En d'autres termes, dans le modèle de canal équivalent en bande de base, on


peut toujours substituer à l'émetteur réel, qui émet un signal de la forme
LCkh(t - kT) une source fictive émettant un signal de la forme LCk8(t~ kT),
suivie d'un filtre de fonction de transfert H(f). Le filtre de fonction de transfert
H-I(f) transforme le signal 2.Ckh(t - kT) en un train d'impulsions de Dirac. En
toute rigueur, ce filtrage inverse n'est pas possible, en raison des zéros de H(f).
Mais, comme on l'a vu, le signal est ensuite transmis dans un canal à bande limitée,
si bien que le filtrage inverse n'est appliqué que sur la bande de ce canal. Par
exemple, si on considère la forme d'impulsion caractéristique du code NRZ, sa
transformée de Fourier est une fonction sinus cardinal, dont la première annulation
survient pour liT, et son inverse est donc défini sur la bande de tout filtre de
Nyquist de coefficient de retombée inférieur à l'unité.
150 Transmission sur onde.porteuse sur canal à bande limitée

L'inverse de H(f), H-1(f) représente ce qu'on appelle communément la


correction de largeur d'impulsion car elle s'applique généralement à des impulsions
rectangulaires de type NRZ ou RZ.

Ces relations indiquent donc que le filtrage de Nyquist doit être équiréparti en
amplitude entre l'émission et la réception. L' équirépartition du filtrage signifie que
les affaiblissements exprimés en dB du filtre d'émission et du filtre de réception
sont identiques, à un terme constant près, correspondant à Po. Ceci correspond à
des fonctions de transfert en amplitude de la partie émission et de la partie réception
identiques, au terme Po près, que l'on peut introduire au moyen d'un atténuateur
physiquement séparé du filtre d'émission. Si l'on exprime les gains en décibels. on
remarque que les gains des filtres d'émission et de réception sont identiques et
égaux à la moitié du gain de la fonction de transfert globale.
Par exemple, on sait que la fonction de transfert du filtre en cosinus surélevé
vaut T à la fréquence 0 et TI2 pour ±1I2T, ce qui correspond à un affaiblissement
de 6 dB. Les filtres d'émission et de réception présenteront en conséquence un
affaibllssement de 3 dB à la fréquence ±1I2T.

Enfin, il est important de rappeler que les filtres d'émission et de réception


donnés par (5.2.19) ne vérifient pas le critère de Nyquist ; le signal en sortie du
filtre d'émission présente donc de l'interférence entre symboles!

V.3. Performance d'un système de tran~mission à bande


limitée avec lES nulle
V.3.l. Exemple: la modulation MDP-2
Dans un premier temps, nous allons à titre d'exemple comparer les
performances optimales de la modulation MDP-2 dans le cas d'un canal à bande
infinie avec celles obtenues lorsque la bande est lim.itéepar un filtrage satisfaisant le
critère de Nyquist et les règles de partage optimal, De plus, nous supposerons que
Po est égal à 1 (ce qui ne restreint en rien le résultat) et que la fonction de transfert
globale NyCf) est réellepositive. Rappelons que le signal de la modulation MDP-2
est de la forme :
u(t) = A LakXCt- kT)cos(27ifot+ 00) (5.3.1)
k
et que l'enveloppe complexe associée s'écrit:
~I1Ct)= A LakX(t - kT)exp(jOo) (5.3.2)
k
Supposant la phase de l'onde porteuse parfaitement récupérée, nous pourrons
poser, sans perte de généralité, que 00 est nul. Nous allons de plus raisonner
directement sur le système équivalent en bande de base. Pour simplifier, nous
.~.
t
supposerons que '0 = 0, ce qui est toujours possible par un choix convenable de
I'orlgine des temps. .
Si le filtrage global vérifie le critère de Nyquist, avec répartition optimale du
filtrage, les filtres d'émission et de réception sont donnés en remplaçant dans la
relation (5.2.19) HU) par la transformée de Fourier d'une impulsion

t~
rectangulaire:

G, (f) = ,iA"N,(!l-N(!l ; G,(f) = ,JINytn/ ,NU) (5.3.3)

Le signal à l'instant d'échantillonnage en l'absence de bruit vaut ±A et la


probabilité d'erreur s'exprime par :

1
P =-erfcÎ,-
e 2
g2
12a2
(5.3.4)

La puissance de bruit a2 est :


dl = No rJG (f)1 df:=No,u
r 2

La puissance d'émission Pm s'exprime, quant à elle, sous la forme :


A2 + A2 A2
Pm:= 2TLJGe(.f)12IHU)12df= 2TÂ =TDÂ (5.3.6)

On notera que Pm représente la puissance moyenne émise, donc la puissance


moyenne physique envoyée dans le milieu de transmission et qu'elle est égale à la
moitié de la puissance des signaux émis dans le modèle équivalent en bande de
base. C'est ce qui explique le facteur 2 dans la f0ID11ùe (5.3.6).
'Introduisant (5.3.5) et (5.3.6) dans (5.3.4), la probabilité d'erreur s'écrit
aussi:

Pe -_l-eucJÎ1 ~m
1 (5.3.7)
2 1 l'vpNoD
On notera que cette formule est valable pour tout couple de filtres d'émission et
de réception (Ge(f), CrU», sous la condition que le filtrage global vérifie le
critère de Nyquist. Elle n'a évidemment aucun sens si cette condition n'est 'Pas
remplie.
Lorsque la répartition du filtrage est optimale et que Nr(f) est une fonction
réelle positive, ce qui.entraîne l'égalité entre Ny(f) et ]Ny(f) , alors on a :
+OO .
 = f.L = J -00 Ny(f)~f' :::1 (5.3.8)

si bien que la probabilité d'erreur s'exprime sous la forme ;

p:::: .lerfC~ Pm (5.3.9)


e 2 NoD
152 . . Transmission .YU/' onde porteuse sur canal à bande limitée

On notera que cette expression est identique à (4.3.13), ce qui indique par
conséquent que la puissance moyenne d'émission nécessaire pour garantir une
certaine probabilité d'erreur estla même dans les deux cas suivants:
a) canal à bande infinie avec récepteur optimal.
b) canal à bande limitée avec filtrage de Nyquist réel équiréparti entre émission
1

et réception.
On 11e doit pas oublier le rôle essentiel que joue le caractère réel positif de la
fonction de transfert globale. Si la fonction Ny(f) n'est pas réelle positive, la
proposition précédente n'est plus vraie.

V.3.2. Cas général


Nous allons maintenant déterminer l'expression générale de la probabilité
d'erreur par symbole pour une modulation MAQ à M == (2N)2 états avec des filtres
d'émission el de réception vérifiant les équations (5.2.20). Rappelons encore que
l'on suppose toujours que les impulsions émises sont des distributions de Dirac,
qui n'existent pasphysiquement, mais que ceci ne nuit en rien à la généralité du
problème, puisque ceci revient simplement à inclure la transformée des impulsions
émises dans la fonction de transfert du filtre d'émission.

La puissance émise, égale à la moitié de celle du signal émis dans le modèle


équivalent en bande de base, s'exprime par :

P,n = ~ rJG (f)]2IH(f)12 df:::: J;~


e (5.3.10)

où la variance des données 0'; est donnée par la relation :

(J2 = 2é 4N2 -1 2d2 M -1 (5.3.11)


c 3 3
. La puissance de bruit sur une voie s'écrie:

0'2"" NorJG/.(ftdf:::::: Noll. (5.3.12)

Sur chacune des voies, en phase ou en quadrature, on a un signal modulé en


amplitude à 2N niveaux, pouvant prendre à l'Instant d'échantillonnage, en
l'absence de bruit, les valeurs ±d, ±3d, ±5d, ... ,±(2N -l)d, avec la même
probabilité, Les seuils de décision sont placés à O,±2d, ... ,±(2N - 2)d.
Considérons la probabilité d'erreur sur les symboles, c'est-à-dire la probabilité
que le niveau d'amplitude détecté ne soit pas celui qui a été émis. Une erreur sur un
symbole se traduira par des erreurs sur les éléments binaires associés à ce symbole.
Le calcul de la probabilité d'erreur sur ces derniers a été détaillé dans le cas du code
NRZ M-aire en bande de base (Chap. Il, § II-2.3 ) et aussi de la modulation
MAQ-16 (Chap IV, § IV-3.3).'
Comme le bruit à l'instant d'échantillonnage est une variable aléatoire
Indépendante du signal, avec une distribution gaussienne, donc paire, on obtient
sans difficulté la probabilité d'erreur en moyennant les probabilités d'erreur
conditionnelles par les probabilités a priori des symboles.supposés équiprobables.
Ces probabilités conditionnelles sont égales il 2p pour les symboles intérieurs, p
pour les symboles extrêmes, avec p donné par la relation suivante, dans laquelle b
désigne l'échantillon de bruit, qui est une variable aléatoire gaussienne centrée de
variance (J2 calculable pat:la relation (5.3.12) :
»= Pr{b > dl (5.3.13)
soit encore:

p::= .!.erfC~ d2 (5.3.14)


2 20-2
La probabilité d'erreur sur les symboles Ps est donc égale à :
1~:::;: _1 [(2N -2)2P+2P
2N'
]=(I-_1 2N )2P (5.3.15)

Des re1ati~ns (5.3.10) à (5.3.12), on déduit l'expression de d2


d2 _ 3TF:n (5.3.16)
- (4N2 -1)A

1 f 3P.
i= 2erfc~ 2Af.L(4N2 :i)(No/ T) (5.3.17)

No 1 T représente la puissance de bruit dans la bande de Nyquist, d'oü


finalement : ...

is = (1-_1_)erfC
. 2N
3p,n
2Â.,uC 4N2 -l)NoR
(5.3.18)

Utilisant cette expression, on retrouve dans le cas A:;: IL:;: 1 (correspondant à


un filtrage équiréparti et une fonction de transfert globale Ny(j) réelle positive)
l'expression de la probabilité d'erreur par symbole obtenue avec le récepteur
optimal pour un canal à bande infinie (cf. relation (4.3.43). Lorsque le filtrage
n'est pas équiréparti, le produit Â.f1. donne immédiatement la dégradation des
performances par rapport au cas optimal. Elle s'exprime en décibels par :
.t.(dB):;:101og(Â..Il) (5.3.19)
Lorsque le filtrage est équiréparti, avec une fonction de transfert globale Ny(f)
non nécessairement réelle positive, A et Il sont égaux, et la dégradation est alors
exprimée par. : .

(5.3.20)
154 Transmission sur onde porteuse sur cemal à bande limitée

Enfin, lorsque la fonction Ny(f) est réelle positive, JJ. est égal à 1 et la
dégradation est nulle, comme on l'a déjà vu précédemment.
Encore une fois, il est essentiel de souligner que ce calcul ne s'applique bien
évidemment que si le filtrage global satisfait la condition de Nyquist et n'a aucun
sens si celle-ci n'est pas vérifiée.

V.4. Calcul de la probabilité d'erreur· en présence


d'interférence entre symboles
Nous avons vu quelles conditions doit remplir le filtrage global pour qu'il n'y
ait pas d'interférence entre symboles. Néanmoins, si ces conditions ne sont pas
réalisées parfaitement, il. subsiste une certaine interférence 'entre symboles et il
importe donc de savoir évaluer la probabilité d'erreur obtenue en sa présence,
puisque toutes les formules qui ont été données jusqu'ici supposaient vérifiée la
condition de Nyquist,
Une très, abondante littérature, faisant appel parfois à des-techniques
mathématiques assez poussées, a été publiée entre 1960 et 1980 sur ce sujet. Notre
objectif n'est absolument pas de passer en revue ces diverses méthodes, mais
simplement de poser le problème et donner les idées essentielles.
On a vu que, dans le cas le plus général d'une modulalionMAQ, tes signaux en
bande de base sur les sorties en phase et en quadrature sont de la forme :
Ycn = CLnPO+ Lan-kPk - Lbn-kq" + bCI! (5.4.1a)
k;éO "

Ysn = b'lPo + 'Iin-kPk + Lan-kqk + b.rn (5.4.1b)


le-#) k

Les échantillons de bruit bcn et bsn sont, raprclons-le, des variables aléatoires
gaussiennes indépendantes, de même variance (J • {an} et {b n} sont des suites de
symboles mutuellement non corrélés prenant les valeurs ±d, ±3d, ..., ±(2N-l)d.
NOllS supposerons que l'mterférenoe entre symboles ne peut seule créer des erreurs
en l'absence de bruit (condition d'ouverture de l'œil).
On peut réécrire les relations (5.4.1) sous la forme:
(5.4.2a)

(5.4.2b)
avec:
ICI! :::: Lan-kPk - Lbn-kqk (5.4.3a)
k:f.O k

i; == Lbn-kPk + Lall-kq" (5.4.3b)


k;l:O k
ICII (resp, lsn ) est une variable aléatoire représentant l'interférence entre symboles

dépendant de {am}, m:t=n et Ibm} (resp. {bI1J, m':/:.n et {am})' La variable


aléatoire ICII (resp.ls/I) est indépendante de an (resp. bn)·
Nous allons considérer le cas de la voie en phase, et nous intéresser à la
probabilité d'erreur sur les symboles, c'est-à-dire la probabilité de faire une erreur
sur la valeur de ait' .
Supposons d'abord ail donné et len fixé, égal à " et calculons la probabilité
d'erreur conditionnelle. On doit distinguer trois cas :
a) si an est différent de ±(2N-l)d, la probabilité d'erreur conditionnelle est
donnée par la probabilité que l'observation franchisse une des deux frontières de
décision, soit:
Pr{erreur symboles 1 an,lcn ::::,}:::: PIfl' + bcnl > dpo}
b) sl ail = (2N-l)d, elle est donnée par:
Prlerreur symboles 1 an,Icn ::::Ç}:::: Pr{' + bell < -dpo}
c) si ail ::::-(2N-l)d, elle est donnée par:

Pr{erreur symboles 1 a,plcn:::: (}:::: Pr{' + bcn > dpo}


Compte tenu de l'indépendance entre les variables Icn et ail' on en déduit, par
un raisonnement similaire à celui du paragraphe V.3.2, que la probabilité d'erreur
conditionnelle à Icn ::::( est donnée par :

Pr{erreur symboles lIen:::: sJ ::::(1-2~)Pi(S) + P2 (S)] (5.4.4)

Pl (S):::: Pr{s + ben> dpo}:::: Pr{bcn > dpo - S}


avec : (5.4.5)
P2(') =P.r{( +bcn < -dpo}:::: Pr{ben <-dpo - ()
On obtient aussitôt:

p CS):::: .!.erfc dpo - S . p es):::: .!.erfc dpo +, (5.4.6)


l 2 o-Ii :' 2 2 a-{2
On en déduit alors la probabilité d'erreur P.s sur les symboles en prenant
l'espérance pal' rapport à ICll de la probabilité d'erreur conditionnelle. Appelons
PrCs) la distribution de probabilité de ICII ; la probabilité d'erreur s'exprime alors
sous la forme :

(5.4.7)

K désignant la quantité (1- (1/ 2N). ,


Un calcul absolument identique peut être conduit pour la voie en quadrature. La
variable aléatoire ISIJ a même loi de probabilité que la variable ICII et on retrouve
exactement la même expression de la probabilité d'erreur.'
156 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

Dans le cas particulier d'une modulation' MAQ, on voit facilement que la


distribution de probabilité de [cn est paire puisque si 1; est une valeur possible de
[en' -/; l'est aussi (il suffit de changer le signe de tous les symboles CLm et bm)'
Compte tenu de la parité, on peut encore simplifier (5.4.7) et écrire:
+d
f>s =2K f _dP2(t;)P/Ct;)d/; (5.4.8)

L'absence d'interférence entre symboles correspond au cas où


simplement égal à ô( O. On obtient alors:

P, = 2Kp2 (0)= 1- -
'. ( 1)
. 2N
elfe d17&
Œ"V2
(5.4.9)

On retrouve une relation. semblable à (5.3.15).


Si (5.4.7) permet théoriquement d' évaluer la probabilité d'erreur dans n'importe
quelle situation, sous réserve que l'oeil soit ouvert, la distribution de probabilité de
1en n'est pas évidente à calculer. Dans le cas particulier où la réponse
impulsionnelle est de .longueur finie, la variable lCI1 est une variable aléatoire
discrète, pouvant prendre un nombre NI de valeurs. Si l'on suppose par exemple
que la réponse complexe a seulement M échantillons non nuls, c'est-à-dire qu'il
existe seulement M échantillons Pk et M échantillons qk différents de 0, -lm est une
1 somme de (2M-l) termes. Comme les données am et bill sont susceptibles de
prendre chacune 2Nvaleurs, NI est égal à (2N)(2M-I). On a par conséquent:
1· 1
PTC/;) = -Lô(t; - Ik) (5.4.10)
NI k

Où les lk représentent les différentes valeurs possibles de la variable aléatoire ICIl


On obtient alors l'expression de la probabilité d'erreur en portant la loi donnée par
(5.4.10) dans (5.4.8), ce qui conduit à :
p. = _!_ L erfc dpo + h (5.4.11)
S NI k (J'-fi

En exprimant la puissance moyenne d'émission au moyen de la relation


(5.3.10) et c? au moyen de (5.3.12), on obtient alors l'expression de la probabilité
d'erreur en fonction de la puissance moyenne émise Pm, de Po, de la densité
spectrale de puissance du bruit, et de facteurs Aet Il caractéristiques des filtrages
d'émission et de réception.
La quantité Ps peut aussi s'écrire sous la forme:
p.s = _!_ "e-"c
.L. + Jk)
dpo(l-fi
H' (5..4 12)
NI k Π2
où. {Jd est l'ensemble des valeurs possibles de l'interférence entre symboles
norrnalisée définie par:

(5.4.13)

.&" _--L
(LLk) et {vic} désignant les échantillons de la réponse impulsionnelle normalisée,
c'est-à-dire:
. - J!JL 'k--
. uk": v - qk (5.4.14)
dpo dpo
Cette méthode peut sembler donner la solution générale du problème dans la
mesure où il sera toujours possible de tronquer la réponse impulsionnelle à partir
d'un certain rang. Néanmoins, le nombre de combinaisons à examiner croît
exponentiellement avec la longueur de la réponse impulsionnelle. Dès que celle-ci
est un peu élevée, cette méthode se révèle inapplicable pour des raisons de temps de
calcul. Ainsi, dans le cas d'une modulation MAQ-16, avec quatre échantillons non
nuls, arrive-t-on à 47, soit plus de 16000 combinaisons différentes. C'est pour
cette raison que des méthodes ont été développées pour évaluer la probabilité
d'erreur en évitant ce problème. .

Pour terminer, donnons un exemple dans un cas très simple, où la méthode se


revele applicable. Soit une modulation MDP-2 et une réponse impulsionnelle réelle
ne comportant que deux échantillons non nuls, Po et Pl égal à apo, où ]a] est
strictement inférieur à 1 afin de respecter la condition d'ouverture de l'œil. Le
signal à l'instant d'échantillonnage est donné alors par: .
(5.4.15)
Le nombre de valeurs de l'interférence entre symboles est N, = 2. Laprobabilité
d'erreur s'exprime sous la forme:

(5.4.16)

-Si on suppose par exemple q~e Po est égal à l'unité, et que les filtres d'émission
et de réception sont de la forme N y (f) , où Ny(f) est une fonction réelle positive
vérifiant le critère de Nyquist, on voit que (5.4.16) se met également sous la forme
équivalente :
1 P. (1 + rv)2 l P.m(l- ",)2
P. :::::-erfc III "'" +-edc <fi (5.4.17)
e 4 NoD 4 NoD

On notera que la courbe représentant la probabilité d'erreur en présence


d'interférence entre symboles ne se déduit pas de la courbe en l'absence
d'interférence entre symboles par une translation, c'est-à-dire qu'il n'est pas
possible de parler en toute rigueur de dégradation du rapport porteuse à bruit sans
preciser la probabilité d'erreur à laquelle on se place.

Dans le cas particulier de la relation (5.4.17), on pourra construire


graphiquement la courbe donnant la probabilité d'erreur de la manière suivante: on
prend la courbe théorique, correspondant à a nul, représentée sur la figure IV-8 ;
158 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

on construit les deux courbes déduites de la courbe initiale par des translations de
.1+ et Ll_(en décibels) définies pal' : .
Ll+ = -10 log(l + 1 al)2 (translation vers la gauche)
Ll_ = -10 log(1-lal)2 (translation vers la droite)
On obtient ainsi les courbes représentatives des deux fonctions:

p+ :::::
!erfc Pme! + lal)2 . P- = !erfc P'n(1-lal)2 (5.4.18)
p. 2 NoD' e 2 NoD
La valeur de P e est simplement la demi somme de Pe+ et Pe-, pour la valeur
choisie du rapport porteuse à bruit. On remarquera que si laI est assez grand (tout
en restant bien sûr inférieur à 1), la valeur P:
est très petite devant P;;: supposons
par exemple que laI soit égal à 0,1 et que le rapport porteuse à bruit soit de 12 dB.
Ll+et S: valent respectivement -0,82 dB et 0,92 dB. Les valeurs correspondantes
de Pd et P; sont alors respectivement de 2.10-10 et 3.10-7• On remarque d~jà que
l'une d'elles est totalement négligeable devant l'autre. Lorsque cette hypothèse est
vérifiée, la probabilité cl'erreur est alors donnée pratiquement par :

l} 1.Ç 1~/I
Cl-lal)2
r: =-el.LC (5.4.19)
e 4 NoD
En négligeant l'influence du facteur 1/4, on peut considérer que l'interférence
entre symboles se traduit alors pratiquement par une dégradation du rapport
porteuse à bruit donnée par:
A+ ::::;-lOlog(1-lal)2
Rappelons que cette formule n'est valable que si lai est strictement inférieur à 1
et assez grand pour que P;; soit négligeable devant P:,.

V.5. Résumé
Ce chapitre est consacré à la transmission d'un signal modulé sur un canal à
bande limitée, et le formalisme du système équivalent en bande de base permet de
suivre une démarche très analogue à celle du chapitre III, à ceci près que les
signaux sont maintenant complexes. On reprend donc la notion d'interférence entre
symboles. On en déduit qu'un filtre vérifiant le critère de Nyquist, centré autour de
la fréquence porteuse, permet de garantir, dans le cas d'une modulation MAQ, une
transmission sans interférence entre symboles. La bande passante minimale
nécessaire à la transmission sans interférence entre symboles est donc égale à la
rapidité de modulation R, et pratiquement 011 prendra une bande un peu plus large
R(l + a), où. IX est le coefficient de retombée. En fait, dans le cas de la modulation
MDP-2, la bande mlnimale reste R / 2 ; mais la technique de transmission
permettant d'atteindre cette limite n'a pas été présentée.
On remarque que le critère de Nyquist permet ainsi de définir la bande passante
nécessaire à la transmission du signal, avec la condition d'absence d'interférence
entre symboles. En divisant le débit numérique par la bande de fréquences, on
obtient le rendement spectral, grandeur particulièrement importante pour le
concepteur de systèmes. Quand op compare, à rapidité de modulation donnée, une
transmission en bande de base et sur onde porteuse en utilisant une modulation de
type MAQ, il apparaît que la bande occupée dans le second cas est deux fois plus
grande: cependant, pour une même rapidité de modulation, la modulation MAQ
permet de transporter un débit double de celui d'une transmission en bande de base,
On reprend ensuite, sous une forme assez générale, le problème de la répartilion
optimale du filtrage entre l'émetteur et le récepteur, le milieu de transmission étant
supposé non sélectif. Comme dans le cas de la transmission en bande de base, on
trouve qu'il faut que le filtrage de Nyquist soit également réparti en amplitude. En
d'autres termes, si NyCf) est la fonction de transfert globale, les fonctions de
transfert des filtres d'émission et de réception ont pour expression

:fIN)' (f)i

!
jArgN (f)- jljtU)
GeU) = Po H(f) e y

GrC!) = :fINy(f)lejVf(f)
1
Lorsque le filtrage global vérifie le critère de Nyquist, avec une fonction de 1

transfert réelle positive, et qu'il est équiréparti entre l'émetteur et le récepteur, alors ·1
la probabilité d'erreur est donnée en fonction de la puissance moyenne émise en
ligne par la même relation que dans le cas du canal à bande infinie, c'est-à-dire par
exemple dans le cas de la modulation MDP-2:

1
P =-erfc ~.--
e 2 . NoD

Le chapitre se termine par un exemple de calcul de probabilité d'erreur en


présence d'interférence entre symboles. Cet exemple très simple a pour but
essentiel de présenter une méthode et d'insister encore une fois sur "erreur qui
consisterait à appliquer brutalement les formules valables dans le cas d'un filtrage
global de Nyquist à un canal de transmission qui ne vérifie pas le critère.

Î
J
160 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

EXERCICES

Exercice 5.1
1) Montrer que le filtre de fonction de transfert H(f) donnée par :
H(f)=2T si IllsI/2T
H(f) = -T si li 2T. s Ifls 111:
vérifie le critère de Nyquist au pas T.
2) On considère un système de transmission constitué par :
- une source émettant le signal '~>k
o(t - kT). Les (cd sont des symboles
binaires prenant les valeurs ± d avec la même probabilité,
- un filtrage de fonction de transfert globale H(f) équirépartie en amplitude
(les fonctions de transfert des filrres d'émission' et de réception Ge(f) et Gr(f)
ont pour module ~IH(fI), '
- un comparateur à seuil derrière le filtre de réception.
Le bruit est blanc gaussien centré de densité spectrale de puissance bilatérale
No /2.
Exprimer la probabilité d'erreur en fonction de la puissance moyenne émise en
sortie du filtre d'émission, de No etD. Comparer par rapport au cas où' H(f) est de
la forme CSa(f). Commenter.

Exercice 5.2
La réponse impulsionnelle globale r(t) d'un système de transmission numérique
a pour échantillons:

r(to + nT) ~ 'n = tx"


a étant un nombre complexe. Quelle relation. doit-elle satisfaire pmu: que l'œil
soit ouvert àl'instant d'échantillonnage? .

Exercice 5.3
On considère un système de transmission constitué par:
- une source émettant le signal LcéCt- kT). Les tek} sont des symboles
binaires prenant les valeurs ± d avec la même probabilité,
- un filtrage caractérisé par des filtres d'émission et de réception de fonctions
de transfert GeU,) et Gr(f),
- un comparateur à seuil derrière le filtre de réception.
Le bruit est blanc gaussien centré de densité spectrale de puissance bilatérale
No /2. On su pose d'abord que les fonctions de transfert Ge(f) et Gr(/) sont
égales à Ny(/) , Ny(f) étant égal à Tcos2(7f.TJ f 2) si Ifl
est inférieur à liT, 0
ailleurs.
1) Montrer que Ny(f) vérifie le critère de Nyquist au pas T.

À.' ,-..:.
2) Exprimer en fonction de No, D, et de la puissance moyenne émise en ligne P
la probabilité d'erreur Po.
3)'Expl'imerlaprobabilitéd'erreurP) lorsque GeU) est égal à Ny(f) et GAf)
Ifl
à 1 si est inférieur à liT, 0 ailleurs.

Exel'ciçe 5.4
On considère un système de transmission représentant l'équivalent en bande de
base d'un système radioélectrique utilisant la modulation MDP-2 constitué par:
- une source émettant le signal "~>kO(t- kT) ..Les {Ck} sont des symboles
binaires prenant les valeurs ±d avec la même probabilité,
- un filtrage caractérisé par des filtres d'émission et de réception de même
fonction de transfert égale à ~ Ny (f), Ny(/) étant une fonction réelle positive
vérifiant le critère de Nyquist au pas T.
- un milieu de transmission caractérisé par une fonction de transfert CU)
égale à 1+ ex exp(-2 jn:T/), lX étant une constante inférieure à 1 en module,
- un comparateur à seuil placé derrière le filtre de réception.
Le bruit est blanc gaussien centré de densité spectrale de puissance bilatérale
No/2.
1) Exprimer les échantillons de la réponse hnpulsionnelle globale.
2) Exprimer la probabilité d'erreur en fonction de la puissance moyenne émise
en ligne, de No. D et a.

Exercice 5.5
On considère un système de transmission utilisant la modulation MDP-2 pour
transmettre des symboles binaires ck au débit D, prenant deux valeurs opposées
avec la même probabilité, mutuellement indépendantes, avec un filtrage de Nyquist
équiréparti '''entre l'émetteur et le récepteur. La fréquence porteuse est fa,
l'atténuation entre émetteur et récepteur est a. On suppose que, par suite d'un
phénomène d'écho, le récepteur reçoit le signal qu'il recevrait dans les conditions
normales, plus un écho retardé de T (égal à lID) d'amplitude relative p par rapport
au signal principal.
Exprimer la probabilité d'erreur Pe en fonction de la puissance moyenne émise
Pm' de la densité spectrale de puissance monolatérale de bruit No, de D, a, P. de
fa·

Exercice 5.6
On considère un canal de transmission constitué par un filtre d'émission et un
filtre de réception, de fonctions de transfert Ge(/) et G,.(f).
On transmet dans ce canal le signal I.cm Ô(t - mT). les' {cm} étant des symboles
binaires, prenant les valeurs ±A avec la même probabilité, et ô(t) I'inipulsion de
Dirac. Le bruit qui s'ajoute à l'entrée du filtre de réception est blanc, gaussien,
centré, indépendant du signal, de densité spectrale de-puissance bilatérale No /2.'
Derrière le filtre de réception se trouvent un échantillonneur et un comparateur à
seuil.
162 Transmission sur onde porteuse 'J'ur canal à. bande limitée

On considère deux cas de filtrage:


- Cas 1: Ge(f) = G,(f) = ~Ny(.f) où Ny(f) est unefonction réelle
positive, transformée de Fourier d'une fonction qui vérifie le critère de Nyquist
au pas T.

- Cas2: G,Cf) = G,(f) = ~~Ny(;). où N,Cf) a déjà été définie etp est
un entier strictement supérieur à 1.
Comparer les deux systèmes de transmission en explicitant, dans chacun des
cas, la relation entre la probabilité d'erreur et le rapport de la puissance moyenne de
signal à la puissance de bruit dans la bande de Nyquist.

Exercice 5.7
On considère un système de transmission utilisant la modulation MDP-2
constitué pat:
- un modulateur délivrant le signal:
u.(t)= CL,ame(t- mT)cos(27ffot)
ln

- un démodulateur constitué par une cellule de démodulation qui multiplie le


signal reçu par cos(2n:fot), suivie d'un filtre de réponse impulsionnelle r(t) ,
d'un échantillonneur et d'une décision.
On appelle .E(f) et R(f) les transformées de Fourier des fonctions e(t) et
r(t). C, T etfo sont des constantes positives. Le produitfoT est très grand devant
1, les {am} sont une suite de symboles mutuellement non corrélés prenant les
valeurs ± 1 avec la même probabilité. On note D le débit numérique. Le bruit en
réception est additif, blanc, gaussien, centré, indépendant du signal, de densité
spectrale de puissance bilatérale No /2.
. Dans la première question, on suppose que le milieu de transmission a une
fonction de transfert CU) constante, égale à 1.
1) On suppose que E(f) et Rej) sont égaux à une même fonction HU)
donnée par :

HU) =...fi cos(n:fT /2) si ifi <~


H(.f) =0 sinon.
Calculer, .dans ce cas, la probabilité d'erreur Po en fonction de la puissance
moyenne émise en ligne P, No et D.
2) Conservant le filtrage de la question n01, on suppose que le milieu de
transmission a une fonction de transfert C(f) équivalente en bande de base donnée
par:

C(f) =. 1+ a.e-lj1rjT
'. al
+ _e-4j1r:JI
.

2R
a étant une constante complexe, de module R et d'argument e. L'instant
d'échantillonnage étant inchangé par rapport à Ja question précédente, on demande
d'exprimer l'ouverture de l'oeil à cet instant en fonction de R et e.
e
R étant fixé, représenter en fonction de la valeur maximale de l'interférence
entre symboles à l'instant d'échantillonnage et déterminer la valeur &0 pour laquelle
l'ouverture de l'oeil est maximale.

Exercice 5.8
On considère un système de transmission en modulation MDP-2, constitué pax
une source de symboles, un modulateur, un filtre d'émission, un milieu de
transmission, un démodulateur associé à un filtre de réception, suivi d'lm circuit de
décision.
L'équivalent en bande de base du signal émis pax la source est de la forme
Lamo(t- mT), les {am) étant des symboles réels, prenant les valeurs ±A avec la
même probabilité et vérifiant la relation E[amet/t] = A2owi' où A est une constante
réelle et 8!nn le symbole de Kronecker.
E(f), R(!), C(f) représentent respectivement les fonctions de transfert
équivalentes en bande de base des filtres d'émission et de réception et du milieu.
E(f) et. R(f) sont égales à ~Ny(f), où NyCf) est une fonction réelle positive,
dont la transformée de Fourier inverse vérifie le critère de Nyquist au pas T. CCi)
est de la forme:
C(f) = 1+ L.Ctme-2jJC/117Y
rn
les quantités Q)II étant des constantes en général complexes. La sonunation porte sur
tous les nombres entiers non nuls. On posera:
Pm = Re{am}, qm = Im{arn}

Re {.} et lm(.) désignant les parties réelle et imaginaire.


Le bruit est blanc, gaussien, centré, indépendant du signal, de densité spectrale
de puissance bilatérale No /2. Les phases des ondes porteuses utilisées dans le
modulateur et le démodulateur sont, sauf mention contraire, égales.
1) Exprimer, en fonction de la puissance moyenne émise en ligne I;Il' de No et
du débit numérique D, la probabilité d'erreur Po lorsque tous les (an} sont n~ls.
=
Pour simplifier les formules, 011 posera R Pm / NoD.
La.courbe de la figure IV-8 représente la fonction O,5erfc(-[X) en fonction de
1010gx (log(.) désigne le logarithme décimal). Déterminer à l'aide de. cette courbe
Po lorsque R est égal à 15,849.
Dans toutes les applications numériques ultérieures, R aura cette valeur.
2) Les {an} ne sont plus tous nuls. Quelle condition doivent-ils vérifier pour
que l'oeil reste ouvert à l'instant d'échantillonnage, supposé inchangé par i:apport à
la question précédente? On supposera cette condition vérifiée dans toute la suite.
=
3) Exprimer la probabilité d'erreur Pl obtenue, dans le cas où an. aOnl, en .
fonction de R et Ct.
· 164 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande limitée

Déterminer graphiquement Pl à J'aide de la courbe déjà utilisée, pour les valeurs


suivantes de Ct: 0,1; 0,1 + O,2j; 0;2; 0,3; 0,4; 0,5. j est le nombre
complexe de module unitaire et argument' 11:/2. La condition a,,:::: ab,,] es t
supposée réalisée dans toute la suite du problème. On pose
e= Re{aJ, q:::: Im(a}.
4) On suppose maintenant qu'il existe un écart de phase !l entre les phases des
ondes porteuses utilisées dans le modulateur et le démodulateur,
a) Comment est modifié ie schéma du système équivalent en bande de base?
b) Montrer qu'il existe une valeur particulière !lo, que l'on exprimera en
fonction de pet q, telle qu'il n'y ait pas d'interférence entre symboles à l'instant
d'échantillonnage.
c) Exprimer la probabilité d'erreur P2 obtenue dans ces conditions en fonction
deR et !lo.
5) On suppose que le module de a est fixé, égal à une valeur a, tandis que son
argument e peut varier entre -11: / 2et + 11:/2. On se propose de comparer la
probabilité d'erreur P l (cf. question 3) et la probabilité d'erreur P 2 définie dans la
question précédente.
Supposant a égal à 2.10-1, on dressera un tableau donnant les valeurs de P \ et
P2' ainsi que!lo (en degrés) pour les valeurs suivantes de () (en degrés) : 90;
80 ; 70; 60; 50; 40.
Comparer Pz avec Pl et commenter quant à l'intérêt de démoduler avec un écart
de phase D-oplutôt qu'avec la même phase qu'en émission. Que peut-on dire
lorsque q tend vers 0 ?

Exercice 5;9
On considère un émetteur délivrant le signal u(t) donné par :
u(t) = ALdkh(t- kT)cos(2tifot)
k
où A, Jo et T (égal aussi à l'inverse de D) sont des constantes positives (joT étant
très grand devant 1), et {dk} est une suite de symboles binaires prenant les valeurs
± I avec la même probabilité. h(t) est une impulsion dont la transformée de Fourier
H(f) est réelle, égale à ~ Ny (f), Ny (f) vérifiant le critère de Nyquist au pas T.
A la réception, on utilise un récepteur avec diversité d'espace, c'est-à-dire que
l'on reçoit sur deux antennes différentes. Les signaux reçus sur chacune des
antennes sont supposés de la forme: .
at[ u(t) - alu(t- 'r)] + nl(t)

~[u(t) - ~u(t- -r)]+ 11?,(t)


La propagation sur chacune des voies est donc matérialisée par un « gain» ak
indépendant de la fréquence (en fait une atténuation, c'est-à-dire que pratiquement
ak sera plus petit que 1) et.un phénomène de trajets multiples (combinaison d'un
rayon direct et d'un rayon réfléchi de retard 'C et d'amplitude relative ak)'
Les bruits nI (t) et n,z(t) sont blancs gaussiens, centrés, indépendants des
signaux et' indépendants entre eux, de même densité spectrale de puissance
bilatérale No /2. Chaque voie comporte un amplificateur de gain variable (et
indépendant de la fréquence) Gk (k:::: 1,2), un déphaseur variable introduisant un
e
déphasage k (k :;;;1,2) indépendant de la fréquence, un démodulateur multipliant
le signal par la porteuse de référence, un filtre en bande de base de fonction de
transfert H(f) déjà définie. Les sorties des deux voies sont sommées et le signal de
sortie du sommateur est envoyé vers le circuit de décision,
1) DétermlQ~rle_jilt::re._éqJ.l..iY.a\ent en bande de hase <;lufiltre de réponse
impu1sionnell~ ak[~(t) - ak~5!_-:: 'ï)]. IC?nposera Pk ::::ake-2J1ifo'r:,k = 1,2. ,
2) Représeriletrës-ysfenle équivalent en bande de base à l'ensemble émetteur-
milieu-récepteur. On posera: Ck = ~ej()k ,k = 1,2.
3) a) Montrer qu'il est possible de choisir les Ck de telle manière que le signal à
l'entrée du circuit de décision à l'instant d'échantillonnage soit exempt
d'interférence entre symboles et que l'échantillon central soit égal à ± A. On
raisonnera sur la fonction de transfert.
b) Déterminer alors Cl et C2, en fonction de al. a2' Quelle condition faut-il
imposer à al et ~ pour que la solution existe?
c) Donner les valeurs de Clet Cz dans le cas où l'une des voies n'est pas
affectée de trajets multiples, tandis que l'autre l'est, ce qui correspond par exemple
au cas suivant, al = 0, az quelconque mats non nul. Commenter brièvement.
d) Que peut-on dire lorsque al ::::a2 = 0 ?
4) Déterminer la variance 0'2 du bruit à l'instant d'échantillonnage, dans le
système équivalent en bande de base, en fonction de No, 'GI, et Gz.
5) Calculer le rapport signal à bruit à l'instant d'échantillonnage, dans les
conditions de la question n03, en supposant que l'on ne soit pas dans un cas
singulier. Déterminer alors la probabilité d'erreur P e en fonction de la puissance
moyenne émise P et de NOl D, GI et G2•
6) A partir du résultat général de la question précédente, exprimer en fonction de
P, No, D et a les probabilités d'erreur ~o et Pel obtenues dans les deux situations
suivantes:
• at :;;;a2 :;;;a ; al :;;;0; 0'-2 quelconque non nul.
• al :;;;('Z = a; al et lXz quelconques, non nuls, et différents.
Exprimer, en fonction de r= a] 1~, la dégradation Â{ r), en décibels, du
rapport porteuse à bruit entre les deux cas, c'est-à-dire l'écart, en décibels, entre les
puissances requises dans les deux configurations pour obtenir la même probabilité
d'erreur.' Tracer Â{ r) en fonction de y.

Exercice 5.10
On considère le système de transmission numérique suivant, équivalent en
bande de base d'un système radioélectrique utilisant la modulation MDP-4,
La source émet le signal AI. ck 0 (t - kT) où A est une constante positive et les
{ck} des symboles, caractéristiques de la modulation utilisée, supposés vérifier la
166 Transmission sur onde porteuse sur canal à bande (imitée

relation E[Ck' cm *] = 0,,,,,où ôkm est le symbole de Kronecker. On appelle E(f) et


R(f) les fonctions de transfert des filtres d'émission et de réception.
Le bruit à l'entrée du récepteur radioélectrique est gaussien, centré, indépendant
du signal et blanc avec une densité spectrale de puissance bilatérale No /2.
1) Sachant que l'on impose la condition E(f)R(f) = G(f), où G(f) est défini
par :
G(f) = T cos2 7(J'f / 2 pour -11 T ::;f ~1/ T
G(f) =0 ailleurs
Déterminer le choix optimal de B(f) et R(f) qui minimise la probabilité
d'erreur. Calculer celle-ci, appelée Po, en fonction de la puissance moyenne émise
P,TetNo·
2) Calculer l'augmentation du rapport porteuse à bruit (rapport de la puissance P
à la puissance de bruit dans la bande de Nyquist, de largeur liT) nécessaire pour
obtenir la même probabilité d'erreur par symbole que dans le cas de la question nOl
lorsque l'on a :
R(f) =T pour -11 T ~ f ::;1/ T
R(f) =0 ailleurs
3) Reprendre la question n02 en permutant E(f) et R(f).
4) On abandonne la condition E(f)R(f);:::: G(f). Exprimer la, probabilité
d'erreur obtenue dans la configuration de filtrage suivante:
E(f) = T pour - 1.1T $. f $. 11T
0 ailleurs
E(f) :::::
R(f) = T.E(j)

Exercice 5.11
On considère un système de transmission utilisant la modulation MDP-2
constitué par :
- un modulateur délivrant le signal :
u(t) = AL,ake(t - kT)cos(2.7tfot)
k

A,fo et T sont des constantes positives données telles que le produit/oT soit très
supérieur à l'unité. On posera D ::::: liT e(t) est une fonction du temps, de
transformée de Fourier E(f). Les symboles {ak} prennent les valeurs ± 1 avec
la même probabilité. Ils sont supposés mutuellement non corrélés.
- lm récepteur formé par une cellule de démodulation, qui multiplie le signal
reçu par cos 2 rifot, suivie d'un filtre en bande de base de réponse impulsionnelle
r(t), fonction de transfert R(f), un échantillonneur et un circuit de décision
constitué par un seuil, situé à sa valeur optimale.
Dans la première partie, le milieu de transmission entre l'émetteur et le récepteur
sera supposé non sélectif (fonction de transfert égale à 1. quelle que soie la
••••• "._H.""_'

fréquence). Le bruit à l'entrée du récepteur est supposé additif, gaussien, blanc,


centré, indépendant du signal et de densité spectrale de puissance bilatérale No /2.
• Ière PARTIE:
1) Représenter le système équivalent en bande de base, sur lequel on raisonnera
dans toute la suite.
2) On considère la fonction G(f) définie par :
G(f) <=. .fi cos '!CT!1 2 pour -1/ T < f < 11 T
G(f) = 0 ailleurs
a) Montrer que la fonction G2 ef) vérifie le critère de Nyquist au pas T.
b) Calculer la probabilité d'erreur Po sur les symboles {ak}, dans le cas où
EU) et R(/) sont égaux à G(f), en fonction de A et No.
c) Exprimer Po en fonction de la puissance moyenne du signal u(t) qui sera
appelée P dans toute la suite, de No et D.
3) a) Calculer, en fonction de P, No, et D la probabilité d'erreur Pl obtenue
lorsque EU) est égal à G2(/), tandis que Rej) vaut 1 pour fe[-D,Dlet 0
ailleurs.
b) Exprimer l'écart ÂIO' en dB, en termes de puissance émise nécessaire pour
une probabilité d'erreur donnée, entre les deux répartitions de filtrage étudiées,
d'une part dans la question 2, d'autre part dans la question 3a.
4) On considère maintenant la fonction h(t) de transformée de Fourier
H(f) = .fiG(f)·
Montrer que H(f) vérifie:
hUo + kT) = OkO Vk #. 0 avec to = TI 4

où. okO désigne le symbole de Kronecker. . .


5) On suppose maintenant que H(j) = R(j) = ~ HU) . Montrer que l'on peut
obtenir, en l'absence de bruit, le même signal que dans la question 2, à condition de
modifier un des paramètres du dérnodulateur (on précisera lequel et on indiquera
comment le modifier). Exprimer alors la probabilité d'erreur Po obtenue en
fonction de P, No etD .

• Dème PARTIE:
6) On abandonne maintenant l'hypothèse du milieu de transmission non sélectif
et on suppose que, par suite d'un écho, le récepteur reçoive le signal
u(t)- au(t- or); a, compris entre 0 et I, représente l'amplitude relative du rayon
réfléchi par rapport au rayon direct et orreprésente le retard du rayon réfléchi par
rapport au rayon direct. La répartition du filtrage entre l'émission et la réception est
celle qui a été donnée à la question 5.
a) Exprimer la fonction de transfert équivalente en bande de base, C(j), du
milieu de transmission. On posera 2rcfoT = if> .
On suppose à partir de maintenant, et jusqu'à la fin du problème, que .. est égal
à T12. .
.168 Transmission. sur onde porteuse sur canal à bande limitée

b) Montre!' que, à condition de bien choisir l'instant d'échantillonnage, on peut


faire en sorte qu'il n'y ait pas d'interférence entre symboles.
c) Calculer la probabilité d'erreur Pz obtenue dans ces conditions en fonction
de A, No, a, et tp.
d) Exprimer maintenant Pz en fonction de P, No, D, a, et tp . Quel est l'écart en
décibels, en termes de puissance émise, Ilzo(a,tp) par rapport au cas de la
question 5?
e) Représenter graphiquement 1l20(a,cp) en fonction de tp pour a fixé. On
précisera bien les valeurs extrêmes de Il20Ca,tp). .
Application: a = 0,9 ; 0,968 ; 0,999.
7) On suppose maintenant que la phase de démodulation est différente de 0,
c'est-à-dire que la cellule de démodulation du récepteur multiplie le signal reçu non
plus par cos(2rcJot), mais par cos(2rcJot+ e). e représente donc la différence de
phase entre les oscillateurs locaux utilisés à l'émission et la réception. Toutes les
autres conditions restent inchangées par rapport à la question 6.
a) Comment se trouve modifié le canal équivalent en bande de base par rapport
au cas de la question 1, correspondant à 8 nul ? ~
b) Montrer que, a et ifJ étant fixés, il existe une valeur de 8, que l'on appellera
eû' qui rend maximale l'amplitude du signal démodulé à J'instant
d'échantillonnage. Calculer tpo en fonction de a, et tp. Pour cette question, on
s'aidera utilement de la représentation, dans le plan de Fresnel, de la.réponse du
canal équivalent en bande de base à l'instant d'échantlllonnage.
c) Calculer la probabilité d'erreur P3 obtenue lorsque 8 = 80 en fonction de P,
a, ifJ,No ei û.

d) Calculer l'écart 1130 (a, I/J) en décibels, en termes de puissance d'émission,


par rapport à la situation de la question 5. Comparer à Ilzo(a,cp).
Application: Quel gain en décibels obtient-on en ajustant la phase de
démodulation, par r.apport au cas où elle reste égale à sa valeur en l'absence
d'évanouissement, pour a=0,99 et pour 1/1=-0,1C/4, 1C/2,et Arccosrz ?

Exercice 5.12 J-
On considère un système de transmission utilisant une modulation MAQ dont
l'équivalent en bande de base peut être représenté par ;
- une source émettant le signal ALckO(t-kT) où o(t) désigne la
distribution de Dirac et les ck des symboles complexes.
- un filtre d'émission, un milieu de transmission, un bruit blanc gaussien
complexe additif et un filtre de réception.
On veut comparer les performances obtenues dans les deux cas suivants :
a) la fonction de transfert globale vérifie la condition.de Nyquist,
b) la réponse irnpulsionnelle globale p(t) + jq(t) est telle que, P(f) et Q(f)
étant les transformées de Fourier respectives de p(t) et q(t), on ait :
LP III Cf) = poT, LQm (f) = qoT
III m
• __ ••••• _.-... •• #1. ~ __
Je filtre de réception étant le même que dans le cas a).
Po et qo sont des constantes données vérifiant pt + q5 = I , et Pm Cf) (resp Q", ir» ".
désigne PU + nt / T) (resp Q(f + m / T)), m. entier. .
Montrer qu'il suffit de changer un paramètre du récepteur ( et expliciter cette
modification) pour que les performances restent les mêmes.

Exercice 5.13 ~
On désire transmettre des éléments binaires au débit D de 1 Gbit/s, en utilisant
une modulation MAQ22n (comportant un alphabet de 22n signaux, n entier positif),
sans interférence entre symboles, el on dispose d'une bande de fréquences B
disponible de 200 MHz.
Quel est le nombre minimal de signaux de l'alphabet si on s'impose un
coefficient de retombée a du filtre de Nyquist non inférieur à 0,2 ?
r
r: --- ,~

CHAPITRE VI : INTRODUCTION À L'ÉGALISATION

VI.l. Notions sur l'égalisation


Nous avons considéré jusqu' lei le cas où la limitation de bande est uniquement
le fait des filtres d'émission et de réception. Rappelons que ces filtres, qui sont
définis par le concepteur du système, ont un rôle de limitation de la bande occupée
par le signal à transmettre, essentiel lorsque plusieurs utilisateurs doivent travailler
sur des portions voisines du spectre en limitant les brouillages qu'ils s'apportent
mutuellement. Dans le cas où deux canaux radioélectriques utilisant une modulation
linéaire, avec la même rapidité de modulation R, et, un filtrage de Nyquist de
coefficient de retombée a sont séparés d'au moins R(l + a), il n'y a même aucun
brouillage mutuel.
Les résultats précédents sur I'équirépartition du filtrage de Nyquist supposent
que le milieu de transmission lui-même est non sélectif, ou du moins que sa
fonction de transfert est constante sur la bande du filtre de Nyquist utilisé. C'est,
comme il a déjà été mentionné, le cas en transmission par satellite ou en
transmission'hertzienne fixe, dans les conditions normales de propagation.
TI peut néanmoins arriver que cette hypothèse ne soit plus vérifiée: un exemple
très fréquent dans les systèmes de transmission ,radioélectrique est le cas (tes
phénomènes de trajets multiples, que l'on peut rencontrer dans les faisceaux
hertziens, les systèmes de communications ...avec les mobiles, ou les
• ."1' • •
commumcattons acoustiques sous-mannes. .
Le signal reçu est alors la somme de l'onde directe, celle que l'on reçoit dans les
conditions normales de propagation, et d'ondes réfléchies par divers obstacles,
affectées chacune par une atténuation et un retard. On se trouve en face d'un
phénomène d'Interférences, et le milieu de transmission présente alors tille fonction
de transfert équivalente en bande de base C(f) qui n'est plus une constante.
Nous supposerons que het), forme d'onde du code ou de la modulation, est
égale à ô(t), ce qui signifie simplement que la fonction de transfert GeU)
représente en fait le produit de H(f) par la fonction de transfert du filtre d'émission
utilisé dans le système, c'est-à-dire que:
Ge(f) = He (f)
On peut alors reprendre, comme cela a été fait dans le cas de la transmission en
bande de base, le problème du filtrage optimal sous la condition. que la fonction de
transfert globale soit égale à une fonction donnée Ny(f) vérifiant le critère de
Nyquist. La seule modification est que la contrainte (3.1.18b) doit être remplacée
par:
(6.1.1)
112 Introduction à l'égalisation

si bien que la fonctionnelle Q à minimiser devient:

Q = J+OO{-r (f)IG (/)12 + Â


-00 b r
a;T IC(/)Gr(f~2
[Ny(f)12 }df
.
(6.1.2)

Elle est tout à fait similaire à celle donnée. par (5.2.16). La technique de
minimisation au moyen des multiplicateurs de Lagrange déjà' utilisée au chapitre V
(paragraphe V.2.3) conduit alors à la solution optimale pour le filtre de réception, et
le filtre d'émission est ensuite calculé au moyen de la relation (6.1.1), si bien que
l'on obtient le couple (Ge (f),GrC!') optimal, que nous exprimerons directement
dans le cas du bruit blanc, en supposant que Po est pris égal à l'unité:

(6.1.3)

Les relations (6.1.3) montrent d,onc que, par rapport au cas dl). milieu non
dispersif (formule (5.2.19», 11faut rajouter tin filtre de fonction de transfert inverse
de celle du milieu, qui soit aussi équiréparti en module entre l'émission et la
réception. Evidemment, le filtre inverse du milleu n'est pas réalisable: mais
comme le filtre de Nyquist est supposé à bande limitée, l'égaliseur n'a 'besoin de
réaliser l'inversion de la fonction de transfert C(f) que sur cette bande, En
pratique, cette solution optimale est difficilement exploitable. Eu effet, la fonction
de transfert CC!) n'est en général pas connue et on ne peut donc inclure la
correction lors de la conception du système. De. plus, elle peut varier au cours du
temps, ce qui suppose donc le caractère adaptatif de la correction, et par conséquent
une adaptativité à la fois de l'émetteur et du récepteur. Aussi rajoute-t-on en général
toute la correction en réception en insérant derrière le filtre de réception optimal
pour le milieu non dispersif, un égaliseur de fonction de transfert EgC!), égale à
l'inverse de la fonction de transfert du milieu.
On a alors:

(6.1.4)

La non-optimalité de la répartition du filtrage entre émission et réception entraîne


une pénalité pal' rapport aux performances obtenues dans le cas de la répartition
optimale donnée par (6.1.3). Dans le cas général d'une modulationMAQ-4N2, la
probabilité d'erreur est donnée par la relation (5.3.18), que nous réécrivons ici:

~.::::(1-_1_)erfC 3~n (6.1.5)


2N 2Â/1(4N -l)NoR
Les paramètres Â. et /1 prennent les valeurs suivantes dans deux cas particuliers :
a) égalisation répartie entre l'émetteur et le récepteur (formules (6.1.3» :

ILl:::: rJGe(f)12df:::: r~~(~)ldf (6.1.6a)

/11 == ILl (6.1.6b)


b) égalisation en réception (formules (6.1.4» :

rJGeUi df ==rJNy(f)ldf
1L2:::: (6.1.7a)

/12:::: fJG Cf)12 df =rJN (J)IIC(ff2 df


r y (6.1.7b)

Les dégradations, en décibels, par rapport au cas du filtrage de Nyquist réel et


équiréparti (IL ::::/1:::: 1), sont donc respectivement:
Al (dB) == 1OIog(1L11l1) (6.1.8a)

(6.1.8b)
On peut montrer que ces dégradations sont toujours positives. Physiquement,
on comprend bien que la compensation de l'atténuation introduite par le milieu
impose une'amplification qui va se traduire par une augmentation de la puissance .
d'émisslon (facteur  ) due à la part d'égalisation introduite à l'émission et une
augmentation de la puissance de bruit due à la part d'égalisation introduite en
réception, ces deux facteurs jouant en sens inverse. L'équirépartition (formules
(6.1.3» correspond au compromis optimal. Lorsque l'égalisation est entièrement
placée en réception (formules (6.1.4», la dégradation est due uniquement à
l'augmentation de la puissance de bruit due à l'égaliseur.
Rappelons que la variation avec le temps des caractéristiques du milieu de
transmission impose à l'égaliseur d'être adaptatif, afin de pouvoir les suivre. TIfaut
donc « apprendre » les caractéristiques du milieu pour synthétiser ensuite le filtre
inverse.
Une approche un peu différente, qui trouve aujourd'hui de très nombreuses
applications en transmission radioélectrique, est l'égalisation en bande de base. TI
sort du propos de cet ouvrage d'en développer la théorie, mais nous allons
néanmoins en présenter le principe. Supposons donc un système de transmission
(en fait son équivalent en bande de base) caractérisé par des filtres d'émission
GeCf), réception GrU) , en présence d'un milieu de fonction de transfert C(l).
Nous supposerons qu'un égaliseur de fonction de transfert L(f) est placé derrière
174 Introduction à l'égalisation

le filtre de réception. Nous n'imposerons pas, comme précédemment, que la


fonction de transfert globale soit égale à une certaine fonction Ny(f) fixée à
l'avance, mais simplement qu'elle vérifie le critère de Nyquist, c'est-à-dire que l'on
ait: .
(6.1.9)
m
où la notation F,n (f) désigne pour' une fonction F de la fréquence la fonction
F(f+m/T).
La condition (6.1.9) peut en particulier être réalisée en prenant comme égaliseur
un filtre transverse au pas T, dont la fonction de transfert est de la forme:
+~
L(.f) = L/k cxp(-2jnkfT) (6.1.10)
k=<-~
En effet, la fonction Lei) étant par définition périodique de période 1/ T,
4tt(f) est identique à L(f) et on obtient donc, en partant de la relation (6.1.9), le
filtre transverse Ln])t (f) qui garantit la condition de Nyquist :
T
(6.1.11)
na

avec : R(f) = Ge(f)CCf)Gr(j) (6.1.12)


On calcule alors les coefficients du filtre transverse en développant en série de
Fourier la fonction périodique de la f..réquencedonnée par (6.1.11). L'égaliseur en
bande de base inverse la fonction de transfert périodifiée afin que la fonction de
transfert périodifiée de I' ensemble soit constante sur [-11 2T,1 / 2T], ce qui est la
traduction du critère de Nyquist.

~"'.

.Sommateur .

Décision ')0

Figure VI·l Schéma de principe d'un égaliseur en bande de base

La figure VI-l donne le schéma de principe d'un égaliseur en bande de hase (en
représentation complexe en bande de base).
Exemple
Supposons par exemple que les mires d'émission et de réception soient de la
forme ...,INy(f) où N>.(!) est une fonction de transfert réelle positive vérifiant Je
cri(ère de Nyquist, tandis que le milieu a une fonction de transfert C(f) égale à :
C(f)::: 1- aeJCp(
-2jrcfI') (6.1.13)
a étant une.constanteinférieure à 1 en module. Physiquement, ceci correspond à
I'existencë' d'un rayon retardé de T, avec une amplitude relative a complexe. La
réponse en fréquence globale .R(f) est donnée par ;
RU) = Ny(f)(I-acxp( -2j1tjT») (6.1.14)
On volt immédiatement que les échantillons de la réponse temporelle r(/) aux
Instants d'échantillonnage kTvérifJent;
(0) = 1 ; r(T) = ex ; r(kT) = 0 pour b= 0 et 1
On voit bien comment la fonction de transfert du milieu de transmission
introduit de l'lES.
La périodifiée de RU) au pas liT est très simple à calculer, puisque, dans ce
cas particulier, C(f) est périodique:
2Rm(J)
m
= (1-aexp{-2jnjT» 2Nym(J) :::T(1-aexp{-2j1!fl'»
m
On en déduit immédiatement !..oPtCf) ;
1 +~
l..,pt(f) -j-aexp(-2fttfT) - ~exk e:xp(-2jrrkfl') (6.1.15)

Cette relation montre donc que le filtre transverse de coefficients ak pour


k ;::Q, 0 pour k < 0, élimine toute Interférence entre symboles à l'instant
d'échantillonnage. On notera que cet égaliseur est de longueur infinie (il a un
nombre infini de coefficients) el n'est donc pas pratiquement réalisable. Dans la
pratique, 01\ utilisera bien sûr des égaliseurs de longueur finie. En général, un tel
égaliseur ne sera pas capable d' annuler complètement l'interférenceentre symboles.

L'intérêt de l'égaliseur transverse réside dans le fait qu'il peut facilement être
rendu adaptatif : il suffit en effet d'adapter une suite de nombres, qui sont les
coefficients du filtre transverse. C'est beaucoup plus facile que de réaliser un filtre
analogique de fonction de transfert C(f) adaptatif. Les coefficients du filtre seront
adaptés pour minimiser par exemple la distorsion, qui est une mesure de la quantité
d'lES présente et qui est nulle lorsque le critère de Nyquist est vérifié.
Historiquement, les premières applications de l'égalisation en bande de base sont
apparues en transmission de données sur voie téléphonique: en effet, la fonction de
transfert du milieu de transmission entre les deux modems d'émission et réception,
constitué par une succession de câbles, variable en fonction du circuit emprunté
dans le réseau, n'a pas une forme simple. L'égalisation en bande de base est
beaucoup plus simple que la réalisation de la fonction de transfert inverse. Au fur et
à mesure que se sont développés les systèmes de transmission numérique et que les
circuits disponibles pour le traitement du signal ont gagné en rapidité, de
nouvelles
applications sont apparues. Aujourd'hui, les égaliseurs en bande de base se
rencontrent dans les faisceaux:hertziens terrestres à grande capacité, comme dans
les systèmes de communication avec les mobiles.

Nous avons travaillé sur le système équivalent en bande de base. Les


coefficients de l'égaliseur sont en toute généralité complexes. Appelant wCt) le .
176 Introduction à,l'égalisarion

signal (complexe) à l'entrée de l'égaliseur ety(t) le signal en sortie, on a bien sür la


relation:
y(t) = :~:,.ekW(t- kT) (6.1.16)
k .

En séparant les parties réelle et imaginaire des signaux et des coefficients sous la
forme:
wCt)::::wc(t) + jws(t)
y(t):::: Ye(t) + jys(t) (6.1.17)
.ek ::;:.e% + i4
on obtient par développement de la relation (6.1.16) :
yc(t):::: I,.ekWc(t- kT) - I/fwS<t - kT)
k k
(6.1.18)
ys(t) = IA~ws(t-kT)+ })~wc(t-kT)
k k
On constate donc que l'égaliseur sera pratiquement réalisé au moyen de quatre
filtres transverses, deux à deux identiques, agissant sur les composantes en phase
et en quadrature we(t) et ws(t), c'est-à-dire sur les deux sorties en bande de base
du dérnodulateur. C'est pourquoi on appelle cette technique l'égalisation en bande
de base. La figure VI-2 représente le schéma général d'un égaliseur en bande de
base, sous forme de quatre filtres transverses à coefficients réels.

4{f)'

4(/)

4(f)

Figure VI·2 Schéma d'un égaliseur en bande de base pour une modulation MAQ,
formë de quatre filtres transverses réels'

i .__
Dans le cas général d'une modulation MAQ, la probabilité d'erreur est donnée
par la formule (6.1.5), avec les valeurs convenables de A. et ,u, qui sont dans le cas
d'un flltrage de Nyquist réel équiréparti égales à:

A.3= rJGeutc(f:::: r:Ny(f)df~l (6.1. 19a)

1l3:::: r: Ny(f)IL(f)12df:::: IYl


k
(6.1.19b)

Reportant dans la formule (6.1.5), il apparaît, dans ce cas particulier, que la


dégradation par rapport au cas du milieu de transmission non dispersif s'exprime
par:
Â3(dB):::: lOlog(,u3):::: lOlog Llel (6.l.20)
k
On voit bien sur cette expression que cette dégradation est imputable à
l'amplification du bruit par l'égaliseur en bande de base. En.effet, supposons par
. exemple que la sélectivité du milieu introduise, dans une certaine zone, un « trou »
dans la fonction de transfert përiodifiëe, l'égaliseur, qui inverse celle-ci, présente
un gain dans cette zone, qui se traduit par une amplification du bruit.
Dans l'exemple particulier qui a été pris, on obtient immédiatement, en
appliquant (6.1.20) avec l'expression de la fonction de transfert de l'égaliseur
donnée par (6.1.15) :
+"'"
L\3(dB):::: lOlog Llal2k (6.1.21)
k",O

(6.1.22)

Remarque
Le principe de l'égalisation (en bande de base) présenté dans le cas général d'un
canal cu bande de base complexe. s'applique aussi aux systèmes de transmission en
bande de base qui Ile sont qu'un cas particulier. L'ensemble des résultats obtenus
précédemment se transpose donc sans difficulté en tenant compte du fait que le signal
x(t) à l'entrée de l'égaliseur est désormais réel ainsi que les coefficients -ek do filtre
transverse. Pour terminer ce chapitre d'introduction li l'égalisation. nous allons
maintenant présenter Ull exemple d'algorithme pour le calcul adaptatif des
coefficients d'un égaliseur.

VI.2. Egalisation adaptative


Pour un égaliseur adaptatif, les coefficients du filtre transverse, de longueur
finie, sont périodiquement actualisés de façon à minimiser un critère. Cette
actualisation des coefficients est généralement réalisée après chaque décision c'est-
à-dire à une fréquence égale à la rapidité de modulation. En transmission nous
178 Introduction à ['égalisation

avons VU que le critère du minimum de probabilité d'erreur est adopté pour


optimiser les paramètres du récepteur. L'optimisation des coefficients de l'égaliseur
selon le critère de la probabilité d'erreur minimale serait extrêmement complexe car
la dépendance entre la probabilité d'erreur et les coefficients de l'égaliseur est elle-
même très complexe. C'est pourquoi on renonce dans la pratique à faire appel à ce
critère, et on lui préfère la minimisation de l'erreur quadratique moyenne (EQM) s
définie par :
(6.2.1)

où Yn représente la sortie de l'égaliseur à l'instant de décision to + nT et en le


symbole émis à l'instant nT. Notons que le minimum de l'EQM ne conduit pas
nécessairement à un minimum de la probabilité d'erreur. Il existe même quelques
exemples où le minimum de l'EQM conduit à une' probabilité d'erreur
catastrophique (Pe = 0,5). Cependant dans la plupart des cas pratiques, une EQM
petite correspond à une probabilité d'erreur faible. Le critère de l'EQM a donc un
sens pmu: déterminer les coefficients du filtre transverse de l'égaliseur.
Considérons un égaliseur constitué par un filtre transverse au-pas T ayant
(N+M+l) coefficients complexes, défini à l'instant to + nT par le vecteur Ln:

(6.2.2)

et soit WII le vecteur dont les N + M + 1 composantes représentent les échantillons


présents dans le filtre transverse à ce même instant to + nT : .
(6.2.3)

L'EQM en notée avec un indice temporel n, dépend désormais du temps par


l'intermédiaire du vecteur Lw C'est une fonction quadratique du vecteur L" dont le
minimum, en fonction de L" peut être recherché récursivement en utilisant
l'algorithme (lu gradient.
En posant :
(6.2.4)
l'EQM 811+1 qui dépend du vecteur L"+l peut s'exprimer en fonction de l'EQM Sn
en utilisant un développement limité au premier ordre:
I:On+1 ;:::;8n + OLn-gradL
• n
(1:0/1)+ ç(OLn) (6.2.5)

où gradL (8,,) représente le vecteur gradient de l'EQM Sil par rapport au vecteur
Ln et ç(8'Ln) est un terme du second ordre qui pourra être négligé si OLn est
suffisamment petit. Une condition suffisante pour que l'EQM s/I+1 soit inférieure à
l'EQM sn. est que le produit scalaire OL". gradL'1 (sn) soit négatif. Ceci peut être
obtenu, en choisissant le vecteur OLn colinéaire au vecteur gradL" (sn) et de sens
opposé:
(6.2.6)
où J-ln est un pas d'adaptation positif dont la valeur influe sur la vitesse de
convergence de l'algorithme. Bien entendu le choix d'un incrément OLn colinéaire
au vecteur gt'adL (Sil) ne correspond pas nécessairement à un choix optimal de la
Il
direction de cet incrément. nest possible d'améliorer cet algorithme en optimisant la
direction de l'incrément &Ln. Pour cela, on peut, par exemple, reprendre le calcul
précédent en tenant compte des termes du second ordre dans le développement
limité de l'erreur quadratique 8n+l'
En remplaçant le gradient de l'erreur quadratique par son expression, le vecteur
LlI+ 1 s'exprime récursivement en fonction de LII par la relation:

LIl+l :::::Ln -2J-lnE[W/;(Yn -Cil)] (6.2.7)

Sous cette forme l'algorithme du gradient nécessite de connaître les propriétés


statistiques du canal de transmission pour évaluer l'espérance du terme entre
crochets. .
On peut obtenir une forme simplifiée de cet algorithme, appelée algorithme du
gradient stochastique, en supprimant l'espérance mathématique. De plus, le
symbole émis Cil n'étant pas connu du récepteur, on peut le remplacer par le
symbole décodé ên. Ceci revient à remplacer l'EQM par une erreur quadratique
estimée ên•
(6.2.8)
L'algorithme du gradient stochastique est finalement régi par la relation:
LII+l ::::Ln -2J-lnW;(Yn -ê,,) (6.2.9)
En pratique on adopte un pas )1" constant (lln ::::)1, Vn) que l'on prend
suffisamment petit pour assurer la convergence de l'algorithme.

Initialisation de l'algorithme
Lorsque l'on n'a aucune information sur l'IES introduite par le canal de
transmission, il est préférable de ne pas tenter de l'égaliser en choisissant des
valeurs particulières pour les coefficients du filtre transverse, C'est pourquoi les
coefflcients du filtre transverse sont généralement mis à zéro à l'instant initial to à
l'exception du coefficient .eg, qui est fixé à 1 (ou à une autre constante) .
.eg ::: 1 ; .e?::: 0 Vi,*0 (6.2.10)
La sortie Yo de l'égaliseur à l'instant to dépend alors du seul échantillon Wo et
l'action de l'égaliseur sur le signal se réduit à la multiplication par une constante. La
fonction d'égalisation est en fait peu active durant les premières itérations.
Toutefois si l'IES est modérée et le rapport signal à bruit élevé, le décodage Jdes
premiers symboles peut se faire avec une probabilité d'erreur suffisamment petite
(~ < 10-1)pour que l'algorithme puisse converger. Si l'IES est importante, ilest
alors nécessaire d'aider l'algorithme ilconverger en remplaçant le symbole décodé
ên par le symbole « vrai» Cil dans l'expression de l'erreur quadratique. Ceci peut
être fait en utilisant une séquence d'apprentissage, c'est-à-dire en émettant une suite
180

de données connues durécepteur, Lorsque les coefficients du filtre transverse sont


proches de leur valeur optimale, l'algorithme utilise alors l'erreur quadratique
estimée.
Exemple d'égaliseur adaptatif: cas d'une modulationMAQ
Pour une modulation MAQ, le vecteurobservation 'W" ainsi que la sortie YI! de
l'égaliseursont complexes. En séparant partie réelle et partie imaginaire, la sortie de
l'égaliseurest égale à :
(6.2. 11a)
(6.2.11 b)
où ~/I ct Ws" sont respectivementles observatioas prélevées en sortie des voies
en phase el en quadraturedu démodulateuret L" ;:;Len + jLs/l'
Bn séparant, comme précédemment, partie réelle ct partie imaginaire,
l'actualisation des coefficients du filtre transverse est régie par les relations
suivantes:

Lç(IIHl '" l"cn - 2JL[WCII(YCII - ~II)+ Wsn()~fII- ~II)J ~.2.12a)


L.r(lI+ll :::::Lsn -2}L 'WC/lCY,w,-bn) - 'WslI(Ycn-an)
(6.2.12b)
où â/I et b" représententrespectivementles parties réelle et imaginairedu symbole
décodé.

f
Figure VI-3 Schéma de principe d'un égaliseur eu bande
de base pour une modulation MAQ.

Le schéma de principe de l'égaliseur est représenté sur la figure VI-3, il est


constitué par quatre filtres transverses. Deux filtres ayant pour coefficients CCII
servent à réduirel'lES présentesur les voies en phase et en quadratureet deux filtres
ayantpour coefficients Lsn serventà réduirel'lES entrevoies(diaphonie).
1.5 .---~r---~-----;------' 1.5 .---~---~---~~

o.s
o
_;f~~:l 'X~~
, ···············,······················1·········
0.5

o
..................

·········r·
!,; :.:.~.:~.: ': f' :~::1·······
~

~.
\ ! .

-0::
-1.5
l,#ii ~;~~~;:-o~::: ':L~i((:::..~.:..~~;I: -1.5 _j: i.. _
-1 o "1 0

. Avant égalisation Après égalisation

Figure VI-4 COnstellation d'une modulation de phase à quatre états el! présence d'lES

Notons que si on considère maintenant une transmission en bande de base, -


l'observàtion Wn devient réelle ainsi que le vecteur Ln' La structure de l'égaliseur
se simplifie, pour se réduire à un filtre transverse unique.
,
Pour illustrer le fonctionnement d'un égaliseur adaptatif, nous avons représenté
sur la figureVI-4la constellation d'une modulation de phase à quatre états, tracée à
partir des échantillons (Ycn'Ysl~)' en présence d'lES sans et avec égalisation. Sans
égalisation (il gauche de la figure), chaque point représentatif d'un état possible de
phase du signal modulé est remplacé par UII nuage de points, du il. la présence d'lES.
Lorsqu'un égaliseur constitué par un filtre transverse complexe, de longueur finie,
est utilisé, on observe une réduction significative de l'mS qui se traduit par une
réduction de la surface du nuage (à droite de la figure). Les risques de décision erronée
sont alors minimisés.'

VI.3Résumé
Ce chapitre n'a pas pour objectif de développer complètement la théorie de
l'égalisation, mais de faire comprendre quelques idées essentielles. On commence
par reprendre et généraliser le problème du partage optimal du filtrage, SOL1S la
condition d'une fonction de transfert globale vérifiant le critère de Nyquist, en
supposant que le milieu de transmission est caractérisé par une fonction de transfert
C(f). On trouve alors que les modules des fonctions de transfert des filtres
d'émission et de réception sont proportionnels à :

NyCf)]
1
C(f) ,
182 Introduction à l'égalisation.

ce qui montre qu'il faudrait introduire une compensation de la distorsion introduite


par le milieu, qui soit également répartie entre l'émetteur et le récepteur. Cette
solution n'a cependant pas beaucoup d'intérêt pratique.
OIl'aborde ensuite l'égalisation en bande de base, montrant que la compensation
de la sélectivité du milleu peut être effectuée par un filtre transverse au pas T, de
réponse impulsionnelle :

ln

qui garantira que la fonction de transfert globale vérifiera le critère de Nyquist,


L'adaptativité est un avantage essentiel de ce type d'égaliseur, dont on peut faire
varier les coefficients afin qu'ils suivent les variations du milieu de transmission.
Quelques notions sur les algorithmes d'adaptation sont données pal' ailleurs.
r- ,r

EXERCICES

Exercice 6.1
On considère un système de transmission identique à celui décrit dans
l'introduction de l'exercice 3,7 (du début jusqu'à « entrée du filtre de réception »).
EU) et R(J) sont égaux à ~NyU) où NyCJ) est une fonction réelle positive en
cosinus surélevé de facteur de retombée €X égal à 1.
CU), fonction de transfert du milieu, est supposée avoir la forme suivante:
. 1
CC/)= l+.i(f/fo)
où fo est une fréquence fixée, caractéristique du milieu. On place, entre le filtre de
réception et le circuit de décision, un égaliseur, de fonction de transfert HeU),
telle que le produit E(J)C(f)R(f)Ha(J) soit égal à Ny(f).
l) Déterminer la fonction He(J) de largeur minimale permettant de réaliser cette
condition,
2) Calculer la puissance de bruit (j2 à l'instant d'échantillonnage, en fonction
de No, 10 et D=lIT. On pourra poser p= DI fa,
3) En déduire la probabilité d'erreur Peb obtenue en fonction de la puissance
moyenne émise Pm, de No, P et D,
Exprimer-le supplément Mm de puissance d'émission (en dB) nécessaire pour
garantir une probabilité d'erreur donnée par rapport au cas où CC!) est égal à 1
(probabilité d'erreur Peb de la question 1 de l'exercice 1).

Exercice 6..:2
On considère un système de transmission utilisant la modulation MDP-2
constitué par :
- un modulateur délivrant le signal :
u(t) =A :~>mg(t-
ni
m1') cos 21ifot

- un démodulateur constitué par tille cellule de démodulation qui multiplie le


signal reçu par cos2n:fot, suivie d'un filtre de réponse impulsionnelle gel), d'un
échantillonneur et d'une décision.
A, Tetfo sont des constantes positives. Le produitfoT est très grand devant 1,
les {am} sont une suite de symboles mutuellement 110ncorrélés prenant les valeurs
± 1 avec la même probabilité. g(t) est un signal dont la transformée de Fourier est
la racine de H(f), HU) étant une fonction réelle positive qui vérifie le critère de
Nyquist. On appelle a son coefficient de retombée, qui est strictement inférieur à 1.
Le bruit en réception est additif, blanc, gaussien, centré, indépendant du signal, de
densité spectrale de puissance bilatérale No 12, .
184 Introduction ù l'égalisation

1) On se place d'abord dans le cas où le milieu de transmission est non sélectif,


c'est-à-dire que sa fonction de transfert Co(f) est supposée être constante et égale à
l'unité, tout du moins sur l'in terv alle de fréquences
[Jo - (1+ a) / 2T,fo + (1 + a) /2T). On dit que l'on se trouve dans les conditions
normales de propagation.
Représenter le système équivalent en bande de base et exprimer la probabilité
d'erreur Po en fonction de No, de la puissance émise en ligne P, et du débit
numérique D. On posera R = P / NoD.
2) On suppose maintenant que, en raison de phénomènes de propagation
indésirables, le milieu de transmission présente un évanouissement autour d'une
certaine fréquence j]. On appellera 0 la différence Ji - Jo . On modélisera cet
évanouissement eu supposant que la fonction de transfert C(f) du milieu est
donnée par: '

C(f)::::: e+ (1- 8)11 - .Ill si f E[fi - B,fi + B]


B
CCf) =1 si .f e [.fi - B,Ji + Bl ...

(où e est un nombre positif strictement inférieur à 1 et B une quantité positive), avec
les deux conditions suivantes : .
1-0; , 1-a
fo - 2T < fi - B et .fi + B < fo + '2T
Dans la suite des calculs, il pourra être intéressant d'utiliser la quantité sans
dimension ç, égale au produit BT.
a) Exprimer l'équivalent en bande de base S(f) de la fonction de transfert
globale (filtrage d'émission + milieu + filtrage de réception). Représenter son
allure..
b) Montrer que le signal à l'entrée de l'échantillonneur s'exprime, en l'absence
de bruit, comme:
x(t) = A L.,am(p - mT)
III

pet) étant donné par:


pU) = h(t) - (1- e)w(t)cos(27Lo t)
h(t) est la transformée de Fourier inverse de Htf). w(t) est un signal dépendant de
B, que l'on explicitera.
c) Exprimer l'ouverture du diagramme de l'oeil à l'instant d'échantillonnage
(supposé être le même qu'en l'absence d'évanouissement) sous la forme d'une
série. On calculera ensuite la somme de cette série dans le cas où 0 est nul (le calcul
pourra se faire en utilisant le spectre replié).
3) On suppose que l'on insère dans le récepteur un égaliseur dont la fonction de
transfert équivalente en bande de base EU) est telle que la fonction de transfert
globale vérifie le critère de Nyquist,
a) Indiquer deux manières équivalentes de réaliser l'égalisation, l'une utilisant
un filtrage du signal avant démodulation, l'autre une démodulation sur deux
porteuses en quadrature et un traitement du signal en bande de base que l'on
précisera. On montrera que cette seconde solution peut-faire appel à des filtres
transverses, dont on exprimera chaque coefficient sous forme d'une intégrale, que
l'on ne cherchera pas à calculer, dans laquelle intervient la transformée de Fourier
W(f) de w(t). Conunent cette seconde solution se simplifie-t-elle si Ô est nul?
b) Exprimer alors Je signal à l'instant d'échantillonnage, ainsi que la puissance
de bruit C;2 à l'instant d'échantillonnage. On exprimera d'abord a2 Comme une
intégrale, que l'on calculera ensuite. En déduire la probabilité d'erreur Pl en
fonction de R, et (J'2. . .
c) Comparer à Po et exprimer la dégradation Me, ç), en décibels, du rapport
porteuse à bruit en fonction de e et ç.
d) Donner la valeur numérique de t.(e,ç) dans les cas suivants:
ç =0,1; -1010g8'2 ==0,10,20,30,40
ç = 0,2; -101oge2 = 0,10,20,30,40
.; =0,3; -1010ge2 -.:::0,10,20,30,40

Exercice 6.3
On considère le système de transmission constitué par une source de symboles,
un filtre d'émission, un milieu de transmission, un filtre de réception. A l'entrée de
ce dernier s'ajoute le bruit thermique, Le signal émis par la source est de la forme
AI.ak8(t- kT) oùA est une constante positive et OCt) la distribution de Dirac. Les
symboles {ak} prennent les valeurs ± 1 avec la même probabilité et .sont
mutuellement indépendantes. Le signal traverse le filtre d'émission, le milieu de
transmission et le filtre de réception, de fonctions de transfert respectives
E(f), CCf) et RU)· On posera E(f). C(f).R(j) = S(f). Le bruit B (r) est
gaussien, centré, indépendant du signal et blanc de densité spectrale de puissance
bilatérale No /2.
Derrière le filtre de réception, on trouvera éventuellement un autre filtre (dont
l'élude est l'objet du problème), puis un échantillonneur et un comparateur à seuil.
L'échantillonnage est effectué aux instants {to +kT} , k entier, to étant un nombre
compris entre 0 et T. .
On suppose' que Eef) et R(f) sont des fonctions réelles, i.dentiques
(E(f):::: R(f) = G(f)) et que G2(f) vérifie la condition de Nyquist au pas T, pour
l'instant d'échantillonnage considéré.
On suppose que les échantillons sk = s(to + kT) de la réponse impulsionnelle
globale set), transformée de Fourier inverse de S(!), sont donnés par:
sk :::: 0 pour k < 0
sk = cl pour k e: 0
a étant une constante réelle positive inférieure à 1.
186 Introduction à l'éga/iration.

1) Déterminer la valeur critique fXc de a, telle que l'oeil en sortie du filtre de


réception soit exactement fermé à l'instant d'échantillonnage, c'est-à-dire que
l'interférence entre symboles commence à créer des erreurs en l'absence de bruit.
2) On place derrière le filtre de réception un filtre transversal au pas T, c'est-à-
dire dont la réponse impulsionnelle est de la forme LPkÔ(t- kT), les (Pk) étant
des coefficients constants. Déterminer la fonction de transfert T(f) de ce filtre, et
donc ses coefficients, pour que la condition de Nyquist soit vérifiée à l'instant
d'échantillonnage.
3) On reste dans les conditions de la question n~. Calculer alors la puissance de
bruit at à l'instant d'écbantillonnage. Exprimer la probabilité d'erre LU' Pl en
fonction de A, fx et No. L'exprimer en fonction de la puissance moyenne émise
(c'est-à-dire mesurée en sortie du filtre d'émission) notée P, a, D et No.
Comparer (en exprimant la dégradation du rapport signal à bruit LllO)à la
probabilité d'erreur Po qui serait obtenue avec le canal de caractéristiques
suivantes: C(f) est constant et égal à 1, les filtres d'émission et réception
vérifient les conditions données en introduction et la décision est prise en sortie du
filtre de réception.
Remarque: la question n l est indépendante des autres. Son résultat
O

n'intervient pas dans les questions suivantes.

Exercice 6.4
On considère un canal de transmission constitué par:
-une source émettant le signal AL,.akÔ(t-kT), les {ak} étant une suite de
symboles binaires, centrés, mutuellement non corrélés prenant les valeurs ±1. A et
T sont des constantes positives données, D désigne l'inverse de T, oCt) est la
distribution de Dirac,
- un filtre de fonction de transfert S(/) donnée. S(f) est le produit des
fonctions de transfert du filtre d'émission et du milieu. On supposera que la
fonction de transfert du filtre d'émission G(f) est égale à .j R(j) , où R(j) est une
fonction réelle positive, qui vérifie la condition de Nyquist au pas T,
- une source de bruit blanc, gaussien, additif, centré, indépendant du signal, et
de densité spectrale de puissance bilatérale Nd2,
- un filtre d'entrée du récepteur de fonction de transfert G(f), identique à celle
du filtre d'émission. On posera U(n:::: SU). G(f),
- un filtre transverse au pas T, de fonction de transfert CU), qu'il faudra
calculer, suivi d'un échantillonnage aux instants {kT} et d'une prise de décision.
1) On rappelle que le filtre transverse optimal qui annule l'interférence entre
symboles a pour fonction de transfert ;

C(j) = "" T
.LPrnU)
avec Um (f) = U[f +- m]
T

. t,
·~"r

a) Calculer le flltre trnusverse optimal dans le cas où le milieu de transmission a


une fonction de transfert égale à 1 (milieu idéal). Combien a-t-H alors de
coefficients ?
b) Calculer la fonction de transfert de ce filtre dans le cas où la fonction u(t),
transformée de Pourier inverse de U(f), vérifie:
u(kT) =(-l)koh~o k~0
u(kT)=0 k<O
a est une constante réelle inférieure à 1 en valeur absolue, Uo une autre constante
positive. Combien le filtre transverse a-t-il de coefficients? .-
2) a) Calculer la probabilité d'erreur Po dans le cas de la question 1.a) en
fonction de la puissance émise en ligne P, No et D.
b) Calculer la probabilité d'erreur Il dans le cas de la question 1.b) en fonction
de P, No, D, Uo et a.
c) Comparer en termes de dégradation du rapport signal à bruit, exprimée en
décibels. En supposant que Uo soit égal à l'unité, représenter cette dégradation en
fonction de a . Pour quelles valeurs de a est-elle de 0,5 , l , 3 dB ?
CHAPITRE VII : INTRODUCTION À LA
SYNCHRONISATION

Vll.l. Notions sur la récupération de porteuse


Rappelons que les récepteurs cohérents décrits dans les chapitres précédents
disposent localement d'une onde porteuse verrouillée en fréquence et en phase sur
celle utilisée à l'émission. De plus, ilne faut pas l'oublier, le récepteur doit disposer
d'une horloge, permettant d'échantillonner les signaux reçus, qui doit aussi être
«verrouillée» sur celle utilisée à l'émission. En d'autres termes, la réalisation du
filtre adapté suppose implicitement la connaissance par le récepteur des
caractéristiques de l'onde porteuse (fréquence et phase) et du rythme.
Dans la pratique, ces signaux de synchronisation doivent être récupérés à partir
du signal reçu. Dans la majorité des cas, le spectre du signal reçu ne contient pas de
raie, ni à la fréquence de ]' onde porteuse, ni aux fréquences multiples de la
fréquence de rythme. Il est donc impossible de récupérer par simple filtrage du
signal reçu la porteuse ct l'horloge nécessaires au récepteur. Des dispositifs de
synchronisation mettant en oeuvre un traitement non-linéaire du signal sont donc
nécessaires pour la récupération de ces signaux. Comme le signal reçu est bruité, le
signal sinusoïdal fabriqué par le dispositif non-linéaire est entaché de bruit, et un
filtrage est nécessaire pour réduire celui-ci et obtenir un signal de synchronisation
exploitable.
Les performances de ces dispositifs de synchronisation se mesurent à la fois par
leur comportèment en régime stationnaire, c'est-à-dire principalement par le bruit de
phase (ou gigue de phase) de l'onde récupérée, qui dépend non seulement du bruit
thermique présent dans le signal reçu mais également de la nature du traitement
effectué, et par leur comportement en période d'acquisition et de poursuite pour des
canaux non stationnaires. Ce deuxième aspect conduit généralement à des analyses
complexes et ne sera pas abordé dans lecadre de cet ouvrage. L'évaluation de la
gigue de phase exige de s'intéresser aux techniques de filtrage possible's, et nous
conduira à aborder le domaine des boucles à verrouillage de phase.

VII.l.l. Une approche physique de la synchronisation

Nous allons décrire quelques structures de circuits sans nous préoccuper de


l'optimalité, au sens de tel 011 tel critère, des traitements qu'ils effectuent.
La récupération d'un signal de synchronisation suppose, étant donné l'absence
de raie aux fréquences concernées dans le spectre du signal reçu (sauf exception), la
mise en cascade d'un dispositif non linéaire (chargé d'engendrer cette raie) et d'un
ensemble de filtrage (chargé de diminuer le bruit de phase) conformément au
schéma de la figure Vll-J..
190 Introduction à la synchronisation

Signal
démodulé

Non-linéarité Filtre
passe-bande

:figure VU-l Schéma général d'un dispositif de synchronisation

Bien que dans certains cas le filtrage puisse être assuré par un simple filtre
passe-bande très étroit, on utilise habituellement une boucle à verrouillage de phase
pour assurer cette fonction. Ira boucle a en effet l'avantage de poursuivre le signal
en fréquence et en phase, ce 'que ne peut faire un filtre fixe. On distingue, comme
14
dans tout système adaptatif, régime d'accrochage, durant lequel la boucle cherche
à se verrouiller sur le signal "eçu, et le régime de poursuite, durant leque! elle 'suit
les caractéristiques du signal sur lequel elle s'est accrochée. li peut arriver que la
boucle ne puisse s'accrocher et la bande d'accrochage est un paramètre important
qui la caractérise. Il peut arriver aussi que la boucle décroche parce que le signal
qu'elle poursuit devient trop faible on parce que sa fréquence s'éloigne trop de celle
de la boucle.
La boucle à verrouillage de phase, décrite plus en détail dans le paragraphe
suivant, se présente comme indiqué à la figure VII-2. Elle est constituée d'un
comparateur de phase (C.P.)" d'un oscillateur commandé en tension (O.C.T., ou
v.C.a. pour Voltage Controlled Oscillator en angle-américain) et d'un filtre de
boucle. Le comparateur de phase délivre un signal d'erreur qui est une mesure de la
différence de phase entre le signal d'entrée x( t) et le signal de sortie de l'oscillateur
commandé en tension. Ce signal d'erreur est ensuite filtré par le filtre de boucle
avant de venir commander (ou asservir) l'O.C.T .. Dans cette version de base
fonctionnant avec un signal d'entrée périodique, le C.P. peut être un simple
mélangeur (multiplieur) dont on gardera le signal de sortié basse fréquence.
Filtre
de boucle

xCt)

Figure Vll-2 Schéma d'une boucle à verrouillage de phase

A la vue du schéma de la figure VII~2.il est nlors naturel de concentrer les deux

organes - d~)osltif non Iinëalre ot C.P. - qui contribuent CO~IS les.deux ~ créer à
. .. _ _- '. . l' .-L
partir du signal reçu un signal d'erreur indiquant l'écart de phase entre le signal de
synchronisation et le signal délivré par l'O.C.T., en un seul nouveau comparateur
de phase travaillant directement sur les composantes du signal reçu et délivrant un
signal d'erreur équivalent. L'ensemble de synchronisation peut être alors
schématisé selon le diagramme de la figure VII-3,

Signal
démodulé

Figure VII-3 Schéma général d'un circuit de synchronisation

Avant de décrire un exemple de système de récupération de porteuse, nous


allons donner quelques informations concernant les paramètres utiles d'une boucle
à verrouillage de phase tout en nous limitant à son analyse linéaire en régime
stationnaire..

VII. 1.2. Introduction aux boucles à verrouillage de phase


.Reprenons le schéma de la figure VII-2 et précisons les paramètres d'une boucle
à verrouillage de phase :

(i) L'oscillateur commandé en tension est caractérisé par son gain Ku qui relie la
fréquence du signal de sortie au signal de commande. Ko s'exprime
habituellement en rad/(s.V). Le signal de commande set) produit une variation
de la pulsation instantanée égale à Kos(t), comme le résument les équations
(7.1.1), où us(t) est le signal délivré par l'oscillateur commandé en tension. As
est l'amplitude du signal délivré par ce dernier, qui est supposée constante et
indépendante de la fréquence:

us(t) = A.~sines(t) ; d:; =KOë(t) (7.1.1)

(H)Le comparateur de phase généralisé sc caractérise par la relation entre le signal


d'erreur et le déphasage. Quand on applique sur ses deux entrées des signaux
e
de la forme Al cos( el (t» et A2 cos( z Ct), on obtient en sortie un signal
d'erreur sU) fonction de l'écart h.e=e
1(t)-B2(t). Le comparateur est
caractérisé par la relation 8 = G(tiB).
.192 Introduction à la.synchronisation

Les positions possibles d'équilibre stable de la boucle correspondent aux


passages par zéro du signal d'erreur po.ur lesquels la pente est positive. La
valeur de la pente autour de ia position d'équilibre est appelée gain du
comparateur de phase Kd et s'exprime en V/rad. Tant que l'on reste proche de
la. position d'équilibre, on peut linéariser la relation entre le déphasage et le
signal d' erreur et écrire :
(7.1.2)
On notera que Kd dépend des amplitudes des deux signaux appliqués à l'entrée
du comparateur de phase. Dans le cas courant où celui-ci est un rnultiplieur, on
a:
,
Kd sin(Mj) ; Kd:::::
e(t) ::::: KAAT (7,1.3)

(iii) Enfin, le filtre de boucle, qui filtre le signal issu du comparateur de phase, est
. caractérisé par sa fonction de transfert P(p) en notation de Laplace. Lorsque ce
filtre est absent, la boucle est dite do premier ordre. Un filtre du premier ordre
de fonction de transfert générale P (p) :::::(1+ 'r2P)/ (1+ 'rlP) conduit à une
boucle du second ordre. Ces dernières sont les plus ·utilisées à cause de leurs
meilleures performances en présence de bruit,
Combinant les équations (7.1.1) et (7.1.2), on obtient alors l'équation
différentielle qui décrit le fonctionnement de la boucle:
dOs(t)
---;Jt = KoKdj(t) ® (ej(t) - es(t)) (7.1.4)

Rappelons que le signal d'erreur a été linéarisé, et que cette équation n'est donc
valable 'lu' en petit signal, lorsque l'on reste au voisinage de la position d'équilibre.
Elle n' est donc évidemment pas applicable pour étudier paf exemple l'accrochage de
la boucle. ()i(t) désigne la phase du signal incident, fJs(t), rappelons-le, celle de
l'oscillateur commandé en tension. jet) est la transformée de Laplace inverse de
F(p) , c'est-à-dire la réponse impulsionnelle du filtre de boucle.
Prenant la transformée de Laplace des deux membres de l'expression (7.1.4),
on obtient:
es(p) = H(p) = KoKdP(P) (7.1.5)
ej(p) . p+KoKdF(P)

où es(p) ct ei(p) sont respectivement les transformées de Laplace de ()s(t) et de


Oj(t). La phase de l' oscillateur commandé en tension est donc obtenue par filtrage
de la phase du signal incident dans un filtre de fonction de transfert H(p). H(p)
est appelée.fvnction de transfert en bouclefermée du système.
Lorsqu'il n'y a pas de filtre de boucle (F(p) égal ù 1), on notera que Hep) est
une fonction de transfert du premier ordre: c'est pourquoi on parle de boucle du
premier ordre, L'ordre de la boucle est pal' conséquent l'ordre de H(p) et non de
F(p) ,

....• __ .. _ ..,_ 1&' _-'


Introduisant l'erreur de phase dO(t) = Oj(t) - °s(t) , on obtient:
A0(p) = [1- H(p)]0;(p) (7.1.6)

soit encore : A0(p) = p 0i(p) (7.1.7)


p+KoKdF(P)
La relation (7.1.7) donne directement l' éC81tde phase entre le signal issu de
l'oscillateur commandé en tension et le signal incident, comme la réponse d'un filtre
à la phase incidente.
L'expression (7.1.7) permet d'étudier le comportement asymptotique de l'erreur
de phase. On sait, d'après les propriétés de la transformée de Laplace, que:
Hm MJ(t) = limp.A.e(p) (7.1.8)
t---t'I''''' jJ---tO.

soit ici: Hm M;)(t) = lim p20jCp) (7.1.9)


H+'" p->O KoKdF(O)

Supposons un état initial dans lequel :


OiCt):=:0s(t) = 2nfl
fs étant la fréquence d'oscillation de l'oscillateur commandé en tension en
l'absence de signal de commande. A l'instant t = 0, on impose au signai d'entrée
un saut de fréquence IV et de phase tPi' c'est-à-dire que:
AOi(t) = U(t)[2mlj't+ tPd (7.1.10)
où U(t) désigne 1'échelon unité. La boucle va répondre par une variation du signal
issu de l'oscillateur commandé en tension AOs Ct). Utilisant l'expression (7.1.10) et
le fait que :""

A0j(p) = --2nN
p2
AI,
+.!!..
p
on voit que la transformée de Laplace, A0(p), de l'erreur de phase AOCt) sera
donnée par:
A0(p) = 2n:Af + P(!Ji (7.1.11)
pep + KOKi/P(p»
L'application de la règle (7,1.8) à l'expression (7.1.11), conduit aussitôt à:
2nAf . .
lim MJ(t)=-- avec K:::::KoKdF(O) . (7.1.12)
{---t+... K
D8l1S la position d'équilibre, l'erreur de phase est donc non nulle dès lors que la
fréquence du signal incident n'est pas égale à la fréquence de repos de l'oscillateur
commandé en tension.
On peut retrouver facilement (7.1.12) : en effet, l'oscillateur commandé en
tension va venir s' accrocher à la fréquence Ii, soit fs + IV. li faut donc sur son
entrée un signal d'erreur E constant égal à 2n4f 1Ko pour maintenir cet écart de
Introduction à la synchronisation

fréquence, soit à l'entrée du filtre de boucle un signal égal à 2%flj / KoF(O). On


retrouve bien (7.1.12) si on se rappelle la relation (7.1.2) qui relie 8 et l'erreur de
phase ..
Intéressons nous maintenant au comportement de la boucle vis-à-vis du bruit. Si
la phase du signal incident est affectée par un bruit bi(t), de densité spectrale de
puissance rî(f) , la théorie linéaire qui a été développée permet d'obtenir
immédiatement la variance de la phase du signal délivré par l'oscillateur commandé
. 2
œ~~~: .

(7.1.13)

Dans le cas où le bruit d'entrée peut être supposé blanc de densité spectrale de
puissance bilatérale Ni. / 2, on a simplement:
(7.1.14)

avec: (7.1.15)

La grandeur BL est appelée la bande de bruit de la boucle.


Supposons que le signal incident soit un signal sinusoïdal perturbé par un bruit
blanc additif, centré, de densité spectrale de puissance bilatérale No /2, de la
forme:
Xj(t):::: ~ cos(2'1f1it) + B(t) (7.1.16)
En décomposant le bruit selon ses composantes en phase et en quadrature, on
obtient alors :
Xi Ct) :::;(Ai + BcU) cos(27iftt)- Bs(t)sin(27ifit) (7.1.17)

ou encore: Xj(t):::; R;(t)cos(27ffit+ aj(t))

avec:

Lorsque le rapport signal à bruit est élevé, on peut négliger BcCt) devant Ai et
assimiler l'angle à sa tangente, si bien que a/Ct) est pratiquement égal à
Bit) 1~ ; on peut donc considérer que la phase est perturbée par un bruit blanc de
densité spectrale de puissance bilatérale No 1Ar. Rappelons encore que cette
hypothèse est nécessaire pour pouvoir appliquer la théorie linéaire de la boucle.
VILl.3. Un exemple de système de récupération de l'onde
porteuse: cas des signaux JVIDP-N
Le principal problème lié à la récupération de l'onde porteuse, c'est-à-dire de sa
phase, est que cette dernière est précisément un des paramètres utilisés pour
transmettre l'information. TI s'agit donc, lors de la conception du processus de
récupération, de chercher à s'affranchir de l'effet du signal modulant.
La construction de l'onde récupérée peut, dans le cas des modulations de phase,
se faire de différentes manières, certaines pouvant être étendues à d'autres
modulations telles que les modulations MAQ ; nous allons en décrire deux
exemples.

vn.l.3.1. Récupération par élévation à la puissance N


Le signal de type MDP-N transmis peut s'écrire:
u(t) = AI.xCt - kT)cos(2n:j'ot+ Bo + 8k) (7.1.19)
k
fJk prenant l'une des valeurs i21r/ N, i variant de 0 à N -1. Supposons que ce
signal passe par un organe non-linéaire d'ordre N. 00 trouve en sortre un terme
proportionnel à uN Ct) : .'
uN (t) = ANI.xCt- kT)cosN(21ljôt+ 80 + Bk) (7.1.20)
k
En développant cosN x, ilapparaît un tenue cos Nx, si bien que l'on obtient un
signal v(t) de la forme:
v(t) = iLX(t-kT)cos(21rNfot+ NBo + N8k) (7.1.21)
k
B est une certaine constante, calculable en fonction des coefficients de l'organe
non-linéaire. Mais, on sait que:
N8k ;:; 0 mcdulofâzr), Vk (7.1.22)
li en résulte que le signal v(t) s'écrit simplement: ,
v(t);::::: Bcos(21rNfoL+N(0) (7.l.23)
Ce signal sert à synchroniser une boucle à verrouillage de phase. Notons que
celle-ci travaille à la fréquence NfQ, et ceci aura dans la suite une conséquence
fondamentale.
Exemple
Dans le cas de la modulation MDP-2, la sortie du quadrateur s'exprime
simplement par :
A2 AZ
u2(t) = A2 cos2(27ifot+ 00 + 0k)= -+-cos(47ifof+2Bo)
2 2
(7.1.24)
196 Introduction à la synchronisation.

Le signal à la fréquence 210 est alors appliqué à l'entrée d'une boucle à


verrouillage de phase qui synchronisera l'oscillateur commandé en tension. Le
signald'erreur en sortie du comparateur de phase est donc de la forme:
8",Kdsin(200-20) (7,1.25)
La phase d'équilibre est donnée par :
2(J= 2eo +2mr (7.1.26)
soit encore :
(J= (Jo+n% modulotzz), n=O,l (7.1.27)
Nous nous trouvons donc devant une ambiguïté, la boucle à verrouillage de
phase pouvant s'accrocher indifféremment sur l'une ou l'autre des deux phases
d'équilibre possibles, Dans le cas où l'accrochage s'effectue sur la phase 610+ n; la
séquence démodulée est (en l'absence de bruit) l'opposéde la séquence émise, ce
qui n'est bien sûr pas acceptable. Un procédé devra donc être utilisé pour lever cette
ambiguïté. Ilsera exposé plus loin.
Pour une modulation MDP-N, l'ambiguïté est d'ordre N, les N phases
d'équilibre étant données par : .

en ::::610+ 2% Nn modlllo(2%), n = 0, ... , N -1 (7.1.28)

VII.1.3.2. La boucle de Cestas


Un signal d'erreur possible pour commander une boucle à verrouillage de phase
dans le cas de la modulation MDP-N sera:

eNceO - (J)= sin(N(Oo + Ok - (J») .


(7.1.29)
=sin(NCOo - 0»)
Or eN (00 - e) peut se décomposer simplement en fonction de
e
cos( 00 + Ok - 0) et de sin (00 + k - 0) ; en effet, pour tout angle ex, on a :
sinNa::::: Im(exp(}Na)]:::: Imlcos œ+ jsina]N
Le schéma de récupération de porteuse est donné à la figure Vll-4. Si on note X
(resp. Y) les quantités cos( 00 + Ok - 0) (resp. sin ( 610 + Ok - 0), le comparateur
de phase fabrique à partir de X et Y le signal sN'
UOHBUllO]U1, 1onb OlJOS gIPl ~p sflll9 P:mitIs~llQ'P00
~stlqd oun srqd uou Q:)11~s?.l'd;;).r
~ ,qsysuoo 9ldop-e +UgUl~H~SloA1unGS'elld~p 9WtS!qum, p ~~AGIop Gd!oupd g'l

'Q9,19P'!SUOO
uon~lnpoUl 'trI op ~It:)'BU BI ~ ~o 9sod glIl~rqoJd ne g~u~19qarlSQ '?lxn~!quœ ~gO
'l~J ua 'N I:UZ ~po1r9d' Gp gnowop9d .morro .P reu2rsun.p uonoQJlSUOOBI ~ 9!I
'lUQP909Id ~4d'BIgB:l13d ou ~UgP1h.9no S1UI 9lw~!qnS ,p~Q1~TqOJd no
g[ gh.nOJ:l~1

..---,----,-- J

L.--L__ _L__ X

(I€TL) (A+X)(J- X)"rxv:::::(e - "e + °eh-)u!S::::: Ce - °0)1>3


: "!rcTŒW UOWlTtlPOUl oun rnod 1<>

(O€TO XXZ = (61 - 'le + °e)z)U!s= Ce- °O)~

(l)X
198 Introduction à la synchronisation

absolue mais une phase relative, ce déplacement de phase étant invariant en fonction
de la phase de démodulation. Nous donnons à titre d'exemple la loi de codage dans
le cas d'un signalMDP-2. Ce codage, appelé codage différentiel (ou codage par
transition), consiste à construire à partir de la séquence binaire an une séquence
binaire PI! selon la règle;
an:::: 0 => Pn = Pn-l
{ ail = 1;::::}Pn ::::AI-l (7.1.32)

Après démodulation et décision, l'élément an est détecté en observant la


relation entre Pn et {Jn-l' Le décodage différentiel, nécessaire à la détection, est
donc résumé par la loi suivante:

Pn =_/3_"-1 => an _=0 (7.1.33)


{ Pn - Pn-l ;::::}a(l -1

~ .
TI faut toutefois remarquer que la probabilité d'erreur sur la séquence binaire an
est supérieure à celle sur la séquence binaire f3n- En effet, une erreur sur an se
produit si on a une des deux situations suivantes: erreur sm PI! et décision
correcte sur f3n-l' ou décision correcte sur Pn et erreur sur 1311-1' En supposant les
erreurs sur les éléments binaires successifs de la séquence {,Bn} indépendantes, on
obtient la relation qui lie les probabilités d'erreur sur les trains {ail} et {{Jill :
~a = 2Pe/j(l- ~jJ) (7.1.34)
soit, pour les ordres de grandeur qui nous intéressent, un doublement de cette
probabilité d'erreur. Remarquons enfin que les erreurs SUf an ne sont jamais
isolées.

Ce principe de codage peut être étendu à la modulation MDP-4. Pour une


modulation de type MAQ, la constellation a généralement une symétrie de quadrant
qui se traduit pour la récupération de porteuse par une ambiguïté de % /2. On
applique alors un codage différentiel aux seules séquences binaires qui assurent la
répartition des points de la constellation selon les quadrants.

VII. 1.5. Performances en présence de bruit de phase


Le circuit de synchronisation (organe non linéaire, boucle à verrouillage de
phase) délivre donc une onde de référence qui est de la forme:
Uo (r) ::::Ao cos(21Çf'ot
+ (Jo + i/J) (7.1.35)
00 étant la phase du signal incident et i/J l'écart par rapport à cette phase, c'est-à-dire
le bruit de phase, qui provient du filtrage par la boucle du bruit thermique présent
sur le signal d'entrée. tp est une variable aléatoire, de loi }J(J,(<fJ), explicitement
calculable dans certains cas. Sa varlance est facilement exprimable au moyen de la
.,: .,
,r-_ ,~ .. "

théorie linéaire qui a été exposée (équation (7).13) et suivantes). Pour un système
de synchronisation idéal, on aurait bien sûr :
Pw(ifJ):= ô(ifJ) (7.1.36)
ifJserait une grandeur certaine égale à O.
Ce bruit de phase va entraîner une dégradation de la probabilité d'erreur par
rapport au cas d'une synchronisation parfaite. Prenons poux l'illustrer le cas de la
modulation MDP-2.
Supposons d'abord ifJdonné. Quand on démodule par rapport à l'onde porteuse
(7.1.35), d'après la relation (4.3.10), on obtient un signal wCt) de la forme:
w(t) = set, ifJ)+ bit, ifJ) (7.1.37)

avec: s(t,ifJ) =~~AoLakX(t-kT)COSifJ (7.1.38)


~2 k

et (7.1.39)

Be (t, </J) étant la composante en phase du bruit B(t) avec:


B(t) = BeCt. ifJ)cos(27ifot+ ifJ)- BsCt,</J)sin(27ifot+ cp)
Be (t, tfr) est un bruit gaussien blanc de densité spectrale de puissance bilatérale No.
L'effet de l'erreur de phase est de multiplier l'amplitude du
signal démodulé en
bande de base par cos rp, si bien que, reprenant le calcul de la probabilité d'erreur,
on trouve:

(7.1.40)

La courbe représentant ~(ifJ) en fonction du rapport porteuse à bruit est


décalée, par rapport à la courbe théorique de la modulation MDP-2, de :
i}dtfr) =-lOlog(cos2 ifJ) (7.1.41)
On notera que (7.1.40) n'est valable que si tfr est inférieur à tc 12 en valeur.
absolue, si bien que, en l'absence de bruit, les fluctuations de phase ne créent pas
d'erreurs. Si Itfrl dépasse n: / 2, en effet, coslfJest négatif, et, en l'absence de bruit,
la probabilité d'erreur est égale à 1, puisque tous les symboles détectés sont
opposés aux symboles correspondants émis.
On obtient alors la probabilité d'erreur en moyennant la probabilité d'erreur
conditionnelle par la loi de probabilité de I/J :
+1f12
t; = J_n/2PeCt/J)p<p(p)dljJ (7.1.42)

Le même type d'approche peut être étendu à d'autresmodulations numériques.


Un point important à retenir est que, plus la modulation a un nombre élevé d'états,
plus la dégradation de la probabilité d'erreur, pour un bruit de phase donné, est
200 Introduction. à la synchronisation

importante. Sans faire de calcul explicite, on peut remarquer la valeur maximale de


14>1 qui ne doit pas être dépassée afin de ne pas créer d'erreurs en l'absence de bruit,
qui est de n: 12 en MDP-2, est seulement de n: 14 en MDP-4, et de n: / N en
modulation de phase.à N états. . .

On petit aussi 's'en tendre compte de manière plus quantitative en calculant la


probabilité d'erreur conditionnelle, dans le cas d'une erreur constante de phase rp,
en modulationMDPA. Reprenant le calcul qui a conduit aux relations (4.3.21), en
remplaçant la multiplication par exp(- jOo) par une multiplication par
exp (- j(80 + 1)), on trouve que les signaux en bande de base sur les deux voies
de sortie du démodulateur deviennent respectivement:

wc(t) = Ao [··,fjj)"LX(l-kT)coS(4>k - 1)+Bç(t,rp)]


2 k .
(7.1.43)
wit) = ~ [MLXCt - kT)sin( tPk - 4» +Bs(t, 4»]
k
Remarquant que l'011 a aussi :
.fi cosï rpk - <fi) = ak cos rp + bk sin rp
(7.1.44)
..J2sin(q,k - 4» = aksinifJ-b~cosf/J
on voit que le décalage de phase S0 traduit par l'introduction de diaphonie entre les
voies en phase et en quadrature, puisque le signal sur la voie en phase (resp ..en
quadrature) dépend aussi des symboles transmis sur la voie en quadrature (resp. en
phase) ..

Considérons la voie en phase, sachant qu'un raisonnement identique s'applique


à la voie en quadrature. On applique la méthode qui a été développée au paragraphe
V-4, permettant le calcul de la probabilité d'erreur en présence d'interférence entre
symboles.
Le signal à!' instant d'échantillonnage, en sortie du ûltre adapté à X(t), est (à
un facteur près sans importance pour le calcul de la probabilité d'erreur) :
Yen = -fPT(an cosq, +bn sint/!) + ben (7.1.45)

ben étant une variable aléatoire gaussienne, de variance (J2 égale à NoT.
On écrit encore Yell sous la forme :
y Cil = anPo + b~qo+ ben (7.1.46)
Sous réserve de la condition d'ouverture de l'œil (ce qui impose que I~I
n'excède pas n: /4), la probabilité d.'erreur s'exprime sous la forme:

D
re
=..!.4 erfc Po(J.fi
l
+ qo +.!..4 erfc Po(J'.fi
- qo (7 1 47)
....

.. ~
.. . ,••. l' ,,,
'l.
cl' t. e+ ~ ...... ....,i
soit encore, en remplaçantp., % et a respectivement par {PTcostp, {pTsintp et
.JNoT et en posant ç ::::
E 1No ::::PT 1No : .
1 1
Pe ::::"4erfc(-ft cos(~ / 4- tp))+"4erfc(~ cQ.s(~14+1») (7.1.48)

En introduisant le rapport porteuse à bruit P défini par :


P E j:
p= __ =_]L==2.
NoD No 2
on obtient finalement l'expression:

h
re
1 fi [r;:COS(~/4-tP)]
== -eLC -vP 1 e [r;:cosCre/4+f/J)]
+-eriC -vP
4 cos(~ 14) 4 cos(~ / 4) (7.1.49)

On peut construire graphiquement la courbe donnant la probabilité d'erreur en


fonction de p. Partant de la courbe théorique de la figure IV-8, on construit les
deux courbes obtenues pal' des translations respectives, en décibels, de :

.6.+C1» = -20 log cos(re / 4 +]tp])


cos(re 14) .
(7.1.50)
.6.-( ~) ::::-20 log cos(rc /4 -]</1])
cos(~ /4)
et on prend la demi-somme des deux probabilités d'erreur obtenues pour la valeur
donnée du rapport porteuse à bruit. Lorsque tp est suffisamment grand, l'un des
deux termes'est négligeable devant l'autre, 51 bien que l'effet de J'erreur de phase
est pratiquement une dégradation ~(1)) donnée par :

.6.4(rp) =101og COS2(~/4-]tflD (7.1.51)


cos (re14)
En comparant avec la relation (7.1.41), on peut se rendre compte de la plus
grande sensibilité de la modulation MDP-4 à un décalage de la phase, comme va le
montrer l'application numérique suivante..

Exemple
Considérons par exemple un décalage ifrde lO degrés. La relation (7.1.41) donne,
en modulation MDP-2, une dégradation de 0.13 dB. Dans le cas de la modulation
MDP-4, les décalages. 1:1+ et 1).- sont respectivement de -1,82 et 1,28 d:B..
Pratiquement, la dégradation introduite par ce décalage de 10 degrés est donc de
1;3da.
En présence d'un bruit de phase de distribution de probabilité p~( I/J), supposée
nulle en dehors de l'intervalle J - 1> / 4,+n /4[, la probabilité d'erreur en
modulation MDP~4s'obtiendra en intégrant la probabilité d'erreur conditionnelle à
Il? = I/J par rapport à la distribution de probabilité P<l> (~).
202 Introduction à la synchronisation

Posant:
G{p,~) =' ~erfC({p cos(n: /4 - !P») (7.1.52)
2 cos(n: / 4)
on obtient:
Fe :::"21 Lnl4
(+1&14
[G(p, ifi) + G(p,-q,)Jp<p(ifi)difi (7.1.53)
Si la distribution de probabilité de ~ est paire, cette expression se simplifie un
peu ct on a:
(7.1.54)

VII.2. Notions sur la récupération du rythme


VII. 2. 1. Introduction
Nous avons vu que le récepteur utilise des échantillons prélevés aux instants
{to + nT} en sortie du filtre de réception pour réaliser le décodage des symboles
émis, Pour cela, ilest nécessaire de disposer en réception d'un signal d'horloge-à la
fréquence rythme 1/ T (appelée parfois fréquence «baud », car égale à la rapidité
de modulation) et avec la phase 2mo 1 T ; ce signal d'horloge sera alors utilisé
pour commander un échantillonneur aux instants {to + nT}. Ce paragraphe présente
quelques techniques possibles pour élaborer ce signal d'horloge, à p~tir du signal
reçu.
L'élaboration en réception d'un signal d'horloge peut être réalisée par filtrage
d'une onde pilote à la fréquence 1/ T, émise simultanément avec le signal modulé.
Cette solution n'est toutefois pas souvent retenue, car elle conduit à une
augmentation de la puissance émise et parfois à un accroissement de la bande
occupée. On préfère en général essayer de récupérer le signal d'horloge à partir du
signal modulé. .

VII.2.1.1.Principe de la récupération de rythme


Deux méthodes sont principalement utilisées pour élaborer un signal d'horloge à
partir du signal modulé. La première méthode, illustrée sur la figure VIT-6, consiste
à extraire, par filtrage, l'information de rythme disponible dans le spectre du signal
modulé (présence par exemple d'une raie à la fréquence 1/ T) ou dans le spectre
d'un signal s'en déduisant par uo traitement généralement non linéaire. En effet le
plus souvent le spectre du signal reçu ne comportant pas de raies à la fréquence
1/ T, aucun traitement linéaire de ce signal ne peut engendrer de raie à cette
fréquence.

En fait, la présence du bruit B(t), ainsi que des composantes spectrales du


signal modulé situées au voisinage de la fréquence 1/ T, fait que la fréquence du
signal d'horloge récupérée n'est égale qu'en moyenne à la fréquence rythme de la
transmission. La fluctuation en fréquence du signal d'horloge par rapport à sa

..
valeur nominale est appelée gigue (oujitter en angle-américain). Poul' réduire cette
.
gigue, il est possible d'utiliser une boucle à verrouillage de phase qui intervient
comme un filtre de poursuite très sélectif.
Organe
Echantillonnage de décision
r---------,
x(t) Message
reconstitué

Horloge

Non-linéarité Filtre Boucle à


passe-bande verrouillage
de phase

Figure VU·6 Principe de la récupération de rythme parjiltrage d'une raie il lafréquence rythme

La seconde méthode, illustrée sur la figure Vll-7, utilise une structure de boucle
à verrouillage de phase pour récupérer le rythme de la transmission.
Organe
Echantillonnage de décision
r-----__,
x(t) Démodulateur Message
reconstitué

Horloge

Comparateur Filtre Oscillateur


de phase passe-bas commandé
en tension

Figure VII·7 Principe de la récupération de rythme basé sur une structure de boucle à
verrouillage de phase

Un oscillateur commandé en tension (O.C.T.), de fréquence de repos voisine de


la fréquence de rythme ou d'un multiple de cette fréquence, sert à échantillonner le
signal reçu. Un signal d'erreur, rendant compte de la différence entre l'instant
optimal d'échantillonnage et l'instant utilisé, est élaboré. Ce signal vient alors
asservir l'oscillateur commandé en tension sur la fréquence de rythme nominale (ou
un multiple). Cette seconde méthode est bien adaptée à des réalisations numériques
du circuit de récupération de rythme, mais nécessite généralement d'échantillonner
le signal en sortie du filtre de réception à un multiple de la fréquence rythme. Ce
suréchantillonnage du signal filtré peut devenir un inconvénient lorsque la
fréquence de rythme est élevée.
204 . lntroductlon à la synchronisation

VII.2.1.2. Influence de la gigue sur l'instant d'écbantillonnage


Pour échantillonner la sortie du filtre de réception aux instants {tu + nT}, il faut
maîtriser la fréquence du signal d'horloge récupérée ainsi que sa phase qui
détermine to. Une erreur sur la valeur de to est en général source d'IES et conduit
à une dégradation de la probabilité d'erreur en sortie du récepteur. En prenant
l'exemple d'une chaîne de transmission vérifiant le critère de Nyquist (filtrage en
cosinus surélevé), on peut constater sur la figure ID-7 que, plus le coefficient de
retombée a est petit, plus les performances du récepteur seront sensibles à une
erreur sur lO. On a déjà vu que, dans le cas où a = 0, toute erreur non nulle sur to
conduit à la fermeture de l'œil. En présence de gigue, la fréquence nominale du
signal d'horloge d'émission n'est plus parfaitement maîtrisée en réception et
l'instant optimal de décision ne peut plus être garanti. Ainsi l'échantillon utilisé en
réception pour prendre une décision est entaché d'ŒS. Le message numérique
décodé est aussi affecté de la même gigue que le signal d'horloge récupéré et la
durée de ses symboles n'est plus tout à fait constante. Les variations de la durée des
symboles étant généralement petites, le fonctionnement des terminaux "destinataires
du message numérique n'en est que rarement affecté. Toutefois pour des
transmissions à longue distance, le message est généralement décodé plusieurs fois
(présence de « répéteurs-régénérateurs ») avant d'atteindre le terminal destinataire
, et la gigue à prendre en compte est alors la somme des gigues introduites par
!. chaque répéteur. Dans ces conditions, la gigue cumulée peut d~vellir assez
importante et altérer le bon fonctionnement du terminal destinataire.

VII. 2. 2. Méthode de la raie spectrale


VII.i.2.1. Traitement linéaire du signal modulé l'amené en bande de
base
Le principe général de cette méthode consiste à utiliser la présence d'une raie à
la fréquence rythme dans le spectre du signal reçu ou dans celui d'un signal s'en
déduisant par un traitement non-linéaire. Cette raie est alors filtrée pour obtenir le
signal d'horloge recherché. Cette méthode peut être utilisée à partir de signaux
modulés sur onde porteuse ou en bande de base. Considérons d'abord le cas où les
signaux sont en bande de base, c'est-à-dire, avec les notations utilisées dans les
chapitres précédents, de la forme :
yU) = LCkr(t- kT) + b(t)
k
olt ck est un symbole M-aire, généralement complexe en transmission sur onde
porteuse, et réel en bande de base. Le signal r(t) représente la réponse de
l'ensemble de la chaîne de transmission à la forme d'onde caractéristique du code
en ligne ou de la modulation utilisée et b(t) est le bruît filtré en sortie du.filtre de
réception. "
Appelant me la valeur moyenne des symboles ckl le signal y(t) peut être
décomposé e trois termes : un terme déterministe Indépeudmtlldes symboles, ,Q l
un terme aléatoire de moyenne nulle (et donc de densité spectrale de puissance
continue) et un terme de bruit, soit:
y(t).:= mc:L..r(t- kT) +L,(C.k - mc)r(t- kT) + b(t) (7.2.1)
k k
Le premier tenue de l'expression (7.2.1) est périodique, de période T, donc
développable en série de Fourier:

mcL,r(t-kT)::::
m; +00 (m)
L, R TeT
j2trml

k m~-~
ce qui s'écrit encore, compte tenu du fait que r(t) est réel, et donc que
R(f):::: R*(-f) :

mc~>(t-kT)= i R(O)+ 2;c ~lIR(;)lcos[ +argR(;)]


2%7 (7.2.2)

Le deuxième terme de (7.2.1) est un signal aléatoire centré, de densité spectrale


de puissance:
2
O"C ]R(f)]2
T
Dans le cas où IR(l / ni n'est pas nul, on obtient, en filtrant y(t) dans un filtre
passe-bande 'de largeur ilautour de la fréquence 1/ T, le signal w(t)

w(t'):::: 2;c IR(~)1 cos[ 2%~ + argR(~ )J+nw(t) (7.2.3)

où .nw(t), résultat du filtrage du deuxième et du troisième terme, est un bruit de


puissance ;

(7.2.4)

rb(f) désignant la densité spectrale de puissance du bruit bU), calculable en.


fonction de la densité spectrale de puissance du bruit blanc et de la fonction de
transfert du filtre de réception.
Le signal w(t) est une sinusoïde qui donne une horloge, entachée d'un bruit. Si
/j. est arbitrairement petit, le rapport signal sur bruit peul, en théorie au moins, être
rendu arbitrairement grand.
On remarque pal' ailleurs que, si l'horloge d'émission se décale de to, doue si le
signal reçu en l'absencede bruit devient: '

L,Ckr(t - kT - t~) =LCkr'(t - kT)


k k
206 Introduction à la synchronisation

alors le signal d'horloge récupéré s'écrit:

2;c IR'(~)1 cos[ 2rr ; + ru:gR'( ~) ]


soit, puisque R'(f):::: R(f)e-j2n:flo :

(7.2.5)

L'horloge récupérée se décale bien de la même quantité to.


Si la fréquence de rythme est susceptible de fluctuer à l'émission (en raison de
la dérive d'un oscillateur en fonction de la température, par exemple), il est alors
possible que le BItte passe-bande utilisé ne soit plus exactement centré sur la bonne
fréquence. Le signal d'horloge récupéré dans ces conditions verra son amplitude
affectée d'une fluctuation importante. Pour remédier à ces inconvénients, on préfère
en général réaliser le filtrage très sélectif de la raie attendue, à l'aide d'une boucle à
verrouillage de phase qui agit comme un filtre de fréquence centrale variable.
Evidemment, tout ceci ne s'applique que si IR(ll T)I est non nul.

Exemple
Considérons le cas d'un signal de type RZ (cf. Chapitre il) transmis sur un
canal à bande infinie et avec comme filtre de réception le filtre adapté. Appelant h(t)
la forme d'onde caractéristique du code RZ :

'<it E [O,M'[ 0 < Â. :5 1


h(t) .. {~
ailleurs
on a:
r(t) .. h(t) ® h(to - t)

soit :

En appliquant la relation (7.2.3),011 voit que le signal d'horloge extrait sera égal
à : 2
--2mc [H( -1)[ cos 21O(t- 10} (7.2.6)
T T l'

avcc:

Le plus souvent Â. .. 1/ 2 pour un code RZ et l'amplitude de la raie à la


fréquence rythme est non nulle. Notons que si Â. '" 1 (code NRZ), J'amplitude de la.
raie à la fréquence de rythme est nulle et le signal y(t) ne peul plus être utilisé, S!U1S
un traitement préalable pour récupérer la fréquence 1/ T. Remarquons aussi que
.l'amplitude de la raie à la fréquence de rythme dépend cie la valeur moyenne des
symboles ck' Pour maximiser l'amplitude de cette raie, ilIaut donc s'arranger pour
que ceue moyenne soit égale à 1/2, c'est-à-dire que les deux valeurs de l'alphabet
soient utilisées avec la même probabilité. Pour satisfaire à cette condition, on uLilise
en général un brasseur il.l'entrée du codeur en ligne, qui assure une bonne répartition
<les éléments binaires «Q » et « 1 » Il l'entréo du codeur.
r VlI.2.2.2. Traitement non linéaire du signal modulé l'amené en bande
de base
Si la valeur moyenne des symboles Ck est nulle, ce qui est le cas, entre autres,
pour les codes en ligne NRZ, biphasé et bipolaire ainsi que pour les modulations de
phase à 2 et 4 états et les modulations d'amplitude sur deux porteuses en
quadrature, le signal y(t) ne contient pas de raie à la fréquence rythme dans son
spectre. La récupération de la fréquence rythme par filtrage de y(t) n'est donc pas
possible, mais un traitement non linéaire de y(t) pourra faire apparaître une raie à
cette fréquence. En général, on élève y(t) à la puissance Tt ou on prend. sa valeur
absolue. Pour illustrer cette méthode basée .sur un traitement non linéaire de y(t) ,
supposons que le module de y(t) soit élevé au carré.
Sous cette hypothèse et en négligeant le tenue de bruit pour simplifier la
présentation de la méthode, ilest intéressant d'écrire le signal Iy(tt sous la forme
suivante: .

(7.2.7)

Le signal ly(t)12 est ainsi décomposé en la somme de sa valeur moyenne et d'un


terme qui représente les fluctuations da signal autour de sa valeur moyenne, dues
au caractère aléatoire des symboles.
Faisons l'hypothèse que les symboles ck sont stationnaires, de moyenne nulle
et mutuellement non corrélés :

EhC~]=~OJl,k
Cette situation correspond au cas le plus général d'une modulation MAQ avec
des symboles mutuellement non corrélés; quand les symboles ck sont réels, on
retrouve auss11ecas de la transmission en bande de base.
D'après (7.2.7) le signally(tt est égal à:

ly(t)12= a';I.lr(t-kT)12 + IL(ckc~ -E[ckc~])r(t-kT)r*(t-nT)(7.2.8)


k k n
Le premier terme de cette somme, indépendant des symboles ck' est périodique,
de période T. Son spectre est donc constitué de raies aux:fréquences k / T. Ainsi,
si l'amplitude de la raie à la fréquence de rythme est non nulle, le signal d'horloge
peut être élaboré par filtrage passe-bande de ly(t)12 autour de la fréquence 1/ T.
Comme précédemment, le terme aléatoire fonction des symboles ck> de moyenne
nulle intervient comme un terme de bruit vis-à-vis de la récupération de rythme. TI
contribue avec le bruit introduit par le canal, à la gigue qui affecte le signal
d'horloge récupéré.
Plus précisément, le terme périodique contenu dans l'expression (7.2.8) peut
être décomposé en série de Fourier :

(7.2.10)
208 Introduction à la synchronisation

avec : Cm=-
T
le' -co
R(f)R * (f--)dfm
T
(7.2'.11)

2 '2 ml
En effet: C =..!..f+T/~lr(t_:_kT)! e-J 1trdt
/11
. L
T -T12 k

que l'on peut écrire, après changement de variable u = t - kT et interversion des


signes somme et intégrale:
'2 mIl
1
C =-~ j(2k+I)TI\Cu\J2e-J ~Tdu
ni T ..~..t)(2k-I)TI21 )1
k .
'2 mil
=-
T
1 f+~
-00
!r(Ll)!2 e-J 1t-Tdu.
= .!..rF(lr(tt)!2)
T f:=IIIIT

ce qui donne (7.2.11).


Supposons de pius que l'impulsion r(t) vérifie le' critère de Nyquist aux
instants {to + nT) , ce qui est le cas si, par exemple:
R(j) = r(fo)CS.a(f}e-j21ffto (7.2.12)

CSa(f) désignant la fonction en «cosinus surélevé» définie par (3.1.16). Tenant


compte du fait que Cm = C~m et utilisant les expressions (7.2.10), (7.2.11) et
(7.2. 12):ion en déduit que le signal d'horloge obtenu par filtrage passe-bande étroit
de [y(t)[ ,est égal (au déphasage près introduit par le filtre passe-bande) à :
2a;r2(tO)A()
a cos 2n:(t-to} (7.2. 13)
T T

avec: A(a) = f+ooCSa(f)CSaCf _l.)df OS; a sa


-.... T
Ce signal d'horloge est accompagné d'un brult dû, d'une part aux fluctuations
des symboles (partie continue du spectre), d'autre part au bruit présent à l'entrée du
récepteur. Ce bruit est la cause d'une .fluctuation de la phase de l'horloge, qui se
traduit pat une tluctuation aléatoire de la position de l'instant d'échantillonnage,
appelée gigue (de phase), d'autant plus importante que le rapport de la puissance du
signal à la puissance de bruit est faible; l'amplitude de ln.raie à la fréquence de
rythme doit, en conséquence, être la plus grande possible. La fonction CSa(f)
étant réelle et positive, il faut donc que le produit CSa (j)CSa(f -1/ T) soit
maximal, c'est-à-dire que le coefficient de retombée a soit le plus grand possible,
sa valeur maximale devant rester compatible avec la bande disponible. Plus a est
petit et plus l'amplitude de la raie à la fréquence rythme est faible. Pour le cas Iimite
où ex = 0, l'amplitude de la raie à la fréquence de rythme est nulle et la récupération
du rythme à partir de [y(t)12 n'est plus possible. Pour les faibles valeurs du
coefficient d~retombée (a < 0,2~, o.n ~~l1t I?ontrof qu'une nOll~l1n~ru'lté d'ord, ~
(n = 4) permet de.récupérer la fréquence d' horloge dans de meilleures conditions
qu'une non-Ilnéarlté d'ordre 2 (gigue plus faible).

vn.2,2,3. Tr aitement non linéaire du 'signal modulé sur onde


porteuse
Avec l'approche que nous venons de présenterçil faut d'abord démoduler le
signal sur ondé porteuse (le ramener en bande de base) avant de pouvoir en extraire
l'information de rythme. Le bon fonctionnement du circuit de récupération de
rythme dépend alors du bon fonctionnement du circuit de récupération de porteuse.
En fait, il est possible de découpler les opérations de récupération de rythme et de
porteuse en récupérant le rythme à partir du signai modulé sur onde porteuse.
Exemple
En considérant encore une modulati.on d'amplitude sur deux porteuses en
quadrature, le signal à l'entrée du démodulateur (en l'absence de bruit) est égal à :

u(1) = Re{ t c,k, (t - kT),J''''':} (7.2.14)

où heU) résulte du filtrage par le canal, de la forme d'onde.h(t)


V Vl'e[0,11
h(t) :::
{ o ailleurs
En prenant le carré du signal u(t), nous pouvons encore écrire que. u2(t) est
égal à la somnie d'un terme déterministe Rf
u2(t)], indépendant des symboles'
ck=ak+jbk, et d'un terme aléatoire u2(t)-E[u2(t)], de moyenne nulle et
fonction des s3'mboles complexes ck.
En supposant les symboles ak et bk stationnaires, .oon corrélés, de moyenne
nulle et de même variance cr;, E[u2(t)] est égal à :.

E[u2(l)]::: cr;I-Ih(!(t - kT)12 (7.2.15)


k

Comme précédemment, u2(t) est constitué d'un terme périodique, de période T


à partir duquel ilest possible d'extraire l'information de rythme par filtrage passe-
bande. Remarquons toutefois que cr; étant égal à la moitié dé cr;, l'amplitude de la ·)

raie àla fréquence d'horloge est désormais deux fois plus faible qu'en utilisant les
signaux en bande de base. On peut montrer que la récupération de rythme à partir
du signal modulé sur onde porteuse conduit à une gigue de phase plus importante.
Notons finalement que la récupération de rythme s'avère impossible à partir du
signal modulé, dès lors qu'il n'est pas filtré ..En effet, dans ce cas, la forme d'onde
he(t) est égale à h(t) et E[ u2 (t)] = cr; . .
210 Introduction à la synchronisation

VII.2.3. Méthode itérative pour la récupération de rythme


Pour illustrer cette méthode de récupération de rythme, dont le principe a été
indiqué dans l'introduction (figure VII-7), nous nous limiterons à présenter un
algorithme introduit par Gardner,

Considérons la transmission d'un signal modulé à 4 états de phase sur un canal


satisfaisant au critère de Nyquist. L'algorlthme de Gardner élabore dans ce cas un
signal d'erreur en prélevant des échantillons de l'enveloppe complexe du signal
modulé, au double de la fréquence rythme. A l'instant to + n.T, le signal d'erreur
en utilisé pour asservir I'oscillateur commandé en tension est égal à :
(7.2.16)

où ~fl et ZIt-ll2 désignent respectivement les échantillons de l'enveloppe complexe


z(t) pris aux instants to + nT et to + nT - TI2 avec:
z(t)::::Lce'(t- kI') ; ck = ak + jbk ; ak>bk E {-l,l}'" (7.2:17)
k
L'erreur en peut se mettre sous forme d'une somme de deux termes, fonctions
respectivement des échantillons prélevés en sorties des voies en phase zc(t) et en
quadrature Zs (t) du démodulateur :
(7.2.18)

Supposons que la fonction r(t) satisfasse le critère de Nyquist et que R(f),


transformée de Fourier de r(t), soit une fonction en cosinus surélevé de coefficient
de retombée Ci:::: 1. Le diagramme de l'œil correspondant à cette situation est
représenté surla figure VJI~8.
Lorsque l'échantillonnage des voies en phase et en quadrature est réalisé au
double de la fréquence de rythme et avec la valeur optimale to, d'après la figure
VIl-8, l'erreur en est nulle. Si la phase d'échantillonnage to est affectée d'une
erreur e, l'erreur en devient non nulle dès lors que les symboles ail et ~-l ou bn
et b'l-l sont différents. Cette erreur peut alors être utilisée, généralement après
filtrage passe-bas pour asservir l'oscillateur contrôlé en tension qui fournit la
fréquence d'échantillonnage. Notons que cette méthode de récupération de rythme
repose sur la présence de transitions sur les voies en phase et en quadrature, c'est-
à-dire sur la présence de symboles (ail ou bl!) prenant alternativement les valeurs
+1 et -1. En effet, des longues suites de symboles égaux à +1 ou à -1 conduisent à
une erreur nulle quelle que soit la valeur de l'instant to utilisé. Pour s'affranchir des
longues suites de symboles égaux à +1 ou à-el, rappelons que l'on peut utiliser un
brassage des éléments binaires du message à l'entrée du modulateur.
Figure Vll·8 Diagramme de l'œil d'un code binaire
=
(filtrage de Nyquis: avec CC 1)

Considérons maintenant un coefficient de retombée inférieur à l (a:::: 0,4), les


passages par zéro du diagramme de l'œil (figure Vll-9) n'ont lieu qu'en moyenne
aux instants {to + nT - T 12}. Ainsi l'erreur en peut être non nulle lorsque la phase
d'échantillonnage est correctement choisie et inversement. La gigue qui affecte la
récupération de rythme est dOIlC d'autant plus importante, pour un rapport signal à
bruit donné, que le facteur de retombée est plus petit. L'algorithme introduit par
Gardner est bien adapté pour des facteurs de retombée supérieurs ou égaux à 0,4.
Notons finalement que cet algorithme peut converger même si la fréquence de
l'onde porteuse n'est pas récupérée, dans la mesure où la variation du déphasage
entre cette onde porteuse et le signal issu de l'oscillateur local de réception est petite
sur la durée d'un symbole. Cette condition est satisfaite à chaque fois que le
décalage en fréquence tJ.f entre l'onde porteuse et le signal issu de l'oscillateur
local.de réception est tel que: 4fT« 1.

Figure VU·, Diagramme de l'œil d'un code binaire


(filtrage de Nyqltist llvec Ci, = 0,4)
212 Introduction à la synchronisation

VII.3. Résumé
Le récepteur dans un système de transmission numérique doit connaître le
rythme, c'est-à-dire disposer d'une horloge lui permettant d'échantillonner les
signaux au bon moment, ct également, dans le cas des signaux modulés, de
disposer d'une onde porteuse de référence qui est indispensable pour effectuer la
démodulation. Nous commençons par un rappel des propriétés de la boucle à
verrouillage de phase, constituant essentiel de tous les 'dispositifs de
synchronisation, qui joue le rôle d'un filtre étroit ayant une capacité de poursuite,
c'est-à-dire capable de s'adapter à la fréquence du signal incident à l'intérieur d'une
certaine plage de variations. Ce rappel sera limité à la théorie linéaire de la boucle,
avec introduction de la notion de bande de bruit,
Ou décrit ensuite quelques traitements non-linéaires (élévation à une puissance,
boucle de Cestas) qui permettent de faire apparaître dans le signal reçu, qui en est
en général dépourvu, une raie qui servira à piloter une boucle à verrouillage de
phase.
On aborde ensuite le problème de la récupération de rythme, montrant comment
une élévation au cané suivie d'un filtrage permet d'extraire d'un signal numérique
une raie à la fréquence de rythme. .
CHAPITRE VIn: CODAGE CORRECTEUR
D'ERREURS

VIll.1. Introduction
Nous avons vu que pour un système de transmission numérique, la probabilité
d'erreur est fonction du rapport signal à bruit Eb / No à l'entrée du récepteur. Pour
améliorer la qualité d'une transmission numérique, on peut accroître le rapport
signal à bruit, c'est-à-dire, par exemple, augmenter la puissance émise et/ou
diminuer le facteur de bruit du récepteur. Malheureusement, pour des
considérations d'ordre énergétique ou technologique, cela n'est pas toujours
possible. La puissance émise, par exemple, est généralement Iimitée pax l'énergie
disponible pour les équipements embarqués (cas des satellites) ou par la technologie
et le prix des composants. De même, la réduction de la DSP du bruit se heurte à
l'utilisation de composants onéreux dans les étages d'entrée du récepteur ou au
problème de leur refroidissement thermique, toujours délicat à mettre en oeuvre.
Une alternative à l'augmentation du rapport signal à bruit, consiste à utiliser un
codage du message numérique à transmettre. Bien que cette solution conduise à un
accroissement de la complexité des équipements de transmission, c'est aujourd'hui
une solution 'de plus en plus attractive avec le développement des circuits
spécialisés.
L'opération de codage consiste à ajouter au message numérique à transmettre
des éléments binaires, dits de redondance suivant une loi donnée (on pourra se
reporter à l'exemple présenté dans le chapitre I d'introduction). La nécessité
d'introduire de la redondance dans le message, pour se protéger contre les erreurs
de transmission, est démontrée par hl théorie de l'information. Intuitivement, on
peut concevoir que pour un message dépourvu de redondance, chaque élément
binaire est essentiel et ainsi toute erreur de transmission conduit à une perte
d'information irréversible. Au contraire des éléments de redondance introduits
astucieusement vont corréler les éléments binaires du message codé. Ainsi, sous
certaines conditions, un ou plusieurs éléments binaires erronés au cours de la
transmission pourront être détectés, voire corrigés. Le décodeur vient donc tester si
la loi de codage utilisée à l'émission (codeur) est respectée en réception; si c'est le
cas, aucune erreur n'est détectée, tandis que dans le cas contraire, des erreurs sont
présentes dans le message codé. Notons toutefois que l'absence d'erreur détectée
n'implique pas nécessairement l'absence d'erreur de transmission, nous
reviendrons sur ce point ultérieurement.
L'introduction du codage conduit toujours à une augmentation du débit
numérique transmis, et donc à un accroissement de la bande occupée pour une
modulation donnée.
Les codes peuvent être classés en deux grandes familles; les codes en blocs
d'une part, les codes convolutifs ou récurrents d'autre part.
214 Codagecorrecteurd'erreurs

Avant d'aborder la présentation des codes, nous allons d'abord préciser la


notion de canal de transmission qui n'a pas exactement le même sens en théorie du
codage qu'en théorie des communications.

vm.2. Canal de transmission

En théorie du codage, le canal de transmission inclut toutes les fonctions situées


entre la sortie du codeur et l'entrée du décodeur, soit: l'émetteur, le milieu de
transmission, le bruit et le récepteur (figure VID-l).

Figure VIII-l Le canal de transmission

En considérant des messages numériques codés constitués d'éléments binaires;


l'entrée du canal. de transmission est discrète et binaire, mais sa sortie peut être
discrète ou continue.
- Elle est discrète si le récepteur a pris une décision ferme (hard decision en
angle-américain), c'est-à-dire s'il fournit au décodeur une suite d'éléments binaires
représentative du message numérique codé. L'utilisation d'une décision ferme dans
le récepteur conduit à une perte irréversible d'information pour le décodeur, mais
autorise des algorithmes de décodage de mise en oeuvre relativement simple, car
travaillant à partir déléments binaires. .
- Elle est continue si le récepteur n'a pas pris de décision ferme mais
uniquement une décision dite pondérée (soft decision en angle-américain), c'est-à-
dire s'il fournit au décodeur une suite d'échantillons analogiques prélevés
généralement aux instants kT en sortie du filtre adapté. L'utilisation de décisions
pondérées conduit à de meilleures performances du décodeur que celles obtenues en
utilisant des décisions fermes. Cet avantage se paie généralement par un
accroissement de la complexité des algorithmes de décodage. Notons que pour des
raisons pratiques, les échantillons fournis au décodeur sont en fait quantifiés sm
Q ::::2P niveaux puis codés sur p éléments binaires.
Selon la structure discrète ou continue de la sortie du canal de transmission, on
définit deux principaux modèles de canal de transmission: le canal discret et le
canal à Bruit Additif Blanc Gaussien (BABG). Dans la littérature angle-saxonne, ce
canal est généralement désigné par le sigle AWGN (Additive White Gaussian
Noise). '
Vll1.2_1. Canal discret
Un canal discret possède un alphabet d'entrée [xo,... .x., ...,xn.:.!] et un alphabet
de sortie [Yo,.. "Yj'" .,Ym-d finis. Il est caractérisé par ses probabilités de
transition pt
définies de la façon suivante:
m-I
pb =.pr{ lk == YjlXk ::::Xi} avec Lp~ =1 'Vi
j=O

où Xk et lk représentent respectivement les éléments discrets à l'entrée et à la sortie


du canal à l'instant la'.
Lorsque les probabilités de transition sont indépendantes du temps, le canal est
stationnaire. TIest de plus sans mémoire si l'élément .lk ne dépend que de l'élément
Xk. Un modèle simple de canal discret, stationnaire et sans mémoire est le canal
binaire symétrique pour lequel les éléments Xk et lk sont binaires, à valeur dans
l'alphabet (0,1) et dont les probabilités de transition sont symétriques.
POl:::: PlO:::: p
{
POO::::Pll=l-p
où p représente ici la probabilité d'erreur par élément binaire, qui Il été définie dans
les chapitres précédents. Le canal binaire symétrique correspond par exemple, à une
transmission d'un message binaire sans interférence entre symboles (absence de
mémoire) avec réception cohérente ou non et décision ferme. Classiquement, le
canal binaire symétrique est représenté symboliquement par un diagramme en
treillis à deux états (figure Vill-2).

Figure VID-2 Représentation d'un canal binaire symétrique

Exemple
Si la transmission est réalisée, sur un canal à brait additif, gaussien, centré, de
densité spectrale de puissance bilatérale No /2, à partir d'un signal MDP-2 avec
démodulation cohérente et filtrage de Nyquist, la probabilité d'erreur par élément
binaire p est égale il. :

l
p=-clfc
2
-
No
Jfih
216 Codage correcteurd'erreurs

'\ VIII. 2. 2. Canal à bruit additif blanc gaussien


Pour ce canal l'entrée Xk est discrète, généralement binaire, à valeur dans
l'alphabet (O,l}et la sortie est continue, constituée d'échantillons analogiques
perturbés par un bruit discret bk, additif, blanc, gaussien, stationnaire, centré et
indépendant des éléments Xk . Ce modèle de canal sans mémoire, correspond par
exemple à 'la transmission d'un message binaire, sans interférence entre symboles
(absence de mémoire) dans un milieu à atténuation constante avec réception
cohérente et décision pondérée. Le canal à bruit additif blanc gaussien peut être
représenté symboliquement par le diagramme de la figure Vill-3 .

. ; .
..,

Entree Sortie

Axe réel

Figure VDI·3 Représentation d'un canal à brult additif blanc gaussien

Sur la figure VID-4 nous avons p.... ésenté un exemple de canaI à bruit additif
blanc gaussien. il correspond à une transmission en modulation de phase à deux.
états avec filtrage de Nyquist équirépartl entre émission et réception.

Bruit
Figure VlII·4 Exemple de canal à bruit additif blanc gaussieu

...À' _...:
VIn.3. Les codes en blocs linéaires
VIII.3.1. Définition et représentation
Dans ce qui suit nous allons uniquement considérer des codes constitués
d'éléments binaires, prenant leur valeur dans l'alphabet {O,l) noté F2. Cette
restriction au cas binaire permet de simplifier la présentation des codes sans
vraiment mûre à la généralité de cette introduction à la théorie du codage.
Le codage en blocs consiste 11associer à chaque bloc de k éléments binaires
d'information issu de la source. un bloc de Il éléments binaires avec n> k pour
satisfaire à la condition de redondanct Les blocs de n éléments binaires au nombre
de 2k sont appelés les mots du code ; ils appartiennent à un sous-ensemble,
souvent très réduit, de l'ensemble (i2h constitué par tous les n-uplets binaires
possibles. Le rapport k III est appelWrendement du code ou le taux de codage et
la différence (n- k) représente le nombre d'éléments binaires de redondance
introduits par le code. Dans la suite de cet exposé, nous désignerons un code en
blocs par C(n,k).

Pour les codes en blocs, les opéra lions de codage et de décodage sont réalisées à
partir d'additions et de multiplications entre des éléments binaires, L'ensemble F2
muni de ces deux opérations (addition et multlplicatlon), rappelées dans le tableau
VID-l, constitue un corps.

'a b afffb . ab

0 0 0 0
0 1 '1 0
1_ 0 1 0
1 1 0 1 ,

Tableau vro-] Addition et multiplication dans le cO/1lSF1

Remarque ,
. Dans le corps éF;:)l'addition ct la multiplication correspondent respccti vernent
aux opérations logiques « OU exclusif» el « ET logique », Notons également que
l'addition et la soustraction peuvent être confondues dans le corps l'"2, Le signe
« -» est donc équivalent au signe « +» ct ainsi aucune erreur de signe n'est
possible clans le corps F2•
Un codag~ ~n blocs est une application g de l'ensemble l!~iconstitué par les
k-uplets d'information vers l'ensemble Fi.

_--_._..F__ n
k
g: ....}l~2 -7
.
2 .:.._.
._..
__ .__ .
(
( ID'" ~ c =.g(m) (8.3.1)
\.. _._ ... --_.-- __••
_0'
2]8 Codage correcteur d'erreurs

où ID = [mo ... mj" .mk-l] est un vecteur ligne représentant un bloc de k éléments
binaires d'information et c = [co.. ,Cj" .cn-d le mot du code qui lui est associé.
Pour simplifier les notations, nous n'utiliserons pas d'indice temporel pour les
vecteurs m et c. . .
Un code en blocs C(n,k)~8i les 2k mots du code constituent un
sous-espace vectoriel de Fi, de dimension k.
Une conséquence directe de cette définition est que l'application g est linéaire.
En particulier, la somme de deux mots d'un code est encore un mot du. code, et le
mot nul (n composantes à 0) est toujours élément du code. .

Matrice génératrice d'un code en blocs linéaire


Nous venons de voir que l'on passe d'un bloc d'information m au mot du code
c par une application linéaire g. En exprimant le vecteur m à partir d'une base
(cO..... ei, ... ,ek-J) de Ft nous pouvons écrire: .

j?:
k-l
m== Lf1'4ej (8.3.2)
'0 ...
En tenant compte du fait que l'apPlic~:on g est linéaire, le mot c associé à:' est'
égal à :
k-l
c = g(m) = Lf1'Iig(ej)
i=O (8.3.3)
En exprimant le vecteur g( e.) à partir d'une base (eo, ... , ei,· .., e~l-l)de F2'
nous obtenons :
n-l
g( ei) = L.gijej (8.3.4)
j=O
Les vecteurs g(ei)=gi=(giO ... gij ... gi,Tt-l), O~i~k-l représentent les k
lignes de la matrice G associée à l'application linéaire g.
800

(8.3.5)

gk-l,O gk-l,j

La matrice G à k lignes et à n colonnes. ayant pour éléments gij E F2 est


appelée matrice génératrice du code C(n.k). Au bloc d'information m, elle associe
le mot c du code par la relation matricielle:
c =mG (8.3.6)
La matrice génératrice d'un code en blocs n'est pas unique. En effet. en
permutant les vecteurs de la base (co, ... ,cj, ... ,e;I_I) ou de la base
~~o,.",e{"",\~)._~n obtient l11~e_~.~u~.elle
matrice généra~:~~~.G .~ont·.~~ -.j.. __
._. ~
colonnes ou les lignes ont aussi été permutées. Bien entendu, la permutation des
colonnes ou. des lignes de la matrice génératrice engendre toujours le même
ensemble de mots de code; ce qui change, c'est l'association entre ces mots et les
lc-uplets d'information. ,
Signalons que les lignes de la matrice génératrice d'un code en blocs linéaire
sont aussi des mots du code, et qu'ils constituent une base du sous-espace vectoriel
engendré par le code. La matrice génératrice d'un code en blocs linéaire est donc de
rang k.

Exemple rr--------.
k+J=3.)
. Considérons un code en blocs linéaire de parité (J,.(n,k) avec _n=
Nous avons quatre mots pour le code : r;.---:.----.......!:~-
Blocs Mots
d'information du code Î'

00 000
,oo~{; . \~
. o-I\~ ;'\O\~. \ S
r /,0" -\ \,) ,c'
01 .. 011 /' (\0 J ~o
(
10 101
~~I\e.il
11 110. C0. 0 #'

Pour écrire une matrice génératrice de ce code de parité, considéron; par exemple ~ l' ,..1\
la base canonique de Fi : . . (:)J\.
eo = (10), el "" (01)
ct la base canonique de Fi :
eô =(100), el = (010), e2::' (001)
Nous pouvons écrire: ~
, ;J- ~
-)
-t
101=1.cô+O•eÎ
011 = O.eô + 1.el + l.e2
+1.ez
'W~Y-~~~t,~
Une malice génératrice de code de parité est donc égale à: cé~~~ '..(\"\
lOlJ (I_ t,O r- \ (\_ j
G= 0 1l [ j \.:)- \~~~
En permutant les deux premiers vecteurs de la base canonique de, ~2' nous
obtenons une nouvelle matrice génératrice du même code de parité:.'
-. :.) , \.
~
,?\J~\~
\; .,
\.
\,d e-o/\ "
G'=[O
.
11J
101 1
220 Codage correcteur d'erreurs

Nous venons de voir, sur cet exemple, que la matrice génératrice d'un code en
blocs linéaire n'était pas unique. Bn permutant les lignes ou' les colonnes d'une
matrice génératrice ou'encore en ajoutant à une ligne une ou plusieurs autres lignes,
ce quirevient à considérer une nouvelle base dans F~, il est toujours possible
d'écrire une.matrice génératrice d'un code en blocs linéaire sous la forme suivante :

1 0 0 POl POi PO,n-k 1


G=[IbP]= 0 1 0 PIl Pli PI.n-k (8.3,7)
[
.~. .~. 1 Pk-l,l Pk-l,i ;~-l,"-k
, ...-'''-...,/./ : \
. où Ik est la matrice identité k x k et P une matrice k X(Cp. "7. ~ utilisée pour calculer
les (n - k) éléments binaires de redondance, ' ..__ , ,
Ainsi écrite, la matrice génératrice G est SdÛS forme réduite et engendre des
mots du code de la forme : :--
c";; [m,mP) (8.3.8)
...
Ainsi, dans chaque mot du code, les éléments binaires d'information sout
représentés par les k bits de poids fort. Le code est alors dit systématique.
, /

VIII. 3.2. Code dual et matrice de contrôle de parité


Avant d'aborder la notion de code dual, définissons l'orthogonalité entre deux
vecteurs constitués de'n éléments binaires. '
Deux vecteurs x = (XQ ... Xj,,,xlI_l) et y = (Yo:"Yi"'Yn-l) sont orthogonaux
(noté xJ..y) sileur produit scalaire, Doté (x.y) = JcyT, est nul: ,
n-1
tiy <=> xyT:;;;: L.XiYi =0 (8.3.9) '\
;=0
,
A chaque code en blocs linéaire C(n,k) on peut associer un code en blocs
linéaire dual, Tout mot du code dual est orthogonal à tout mot du code C(n,k). Le
dual du code C(n,k) est donc un sous-espace vectoriel de de dimensionFf,
(n - k) constitué de 2n-k mots de 12 éléments binaires. Ainsi tout mot c du code
C(n, k) est orthogonal aux lignes de la matrice génératrice@e son code dual ,
cHT =0 (8.3,10)
Un vecteur y appartenant à~st donc un mot du code C(n,k) si, et seulement
si, ilest orthogonal aux mots d~~ code dual c'est-à-dire si :
yHT =0 (8.3.11)
Le décodeur d'un code C(n,k) va donc pouvoir utiliser la matrice génératrice II
de son code dual pour détecter la présence des erreurs de transmission. La matrice
H est appelée la matrice de contrôle de parité du code C(n,k).

,,)\ , "".'_ .. __ • ....1:' .-.L


Ce principe de détection des erreurs de transmission est illustré sur la figure
VID-5 où les mots d'un code en blocs linéaire C(3,2) et de son code dual C(3,1)
appartiennent respectivement au plan xoy et à la droite oz. Un vecteur y est un mot
du code C(3,2) si et seulement si sa projection sur l'axe oz est nulle.
z
C(3,l)

Projection de y
sur l'axe Oz '-.:

x
C(3,2)

Figure VIDr 5 Principe de la détection des erreurs de transmission

En adoptant une représentation systématique du code C(n,k), ilest alors facile


de déterminer la matrice généfatlice~de son code dual En effet, en tenant compte
du fait que ~ ~ nous obtenon~ : .
• ~r (8.3.~2)
En utilisant l'expression réduite (8.3.7) de la matrice G :
G =[Ik'P]
la résolution de l'équation matricielle (8.3.12) conduit à une matrice H de la
forme:.' ",Lt-- .~. . "" -s, .e: ~...,
~"".).'r ;_,,~ "",ch°
oJ

.~o-
'>..0' '>--
<Y ') ."y0- .<" 'xl> [pT
H = . ' 1n,-Jc ] (8. 3.13)
.f'''
Avant d'aborder le principe de la détection puis de la correction des erreurs de
transmission, considérons un exemple de code en blocs linéaire.

Exemple
'Soit un code en blocs linéaire systématique C(7,3) ayant l'0U( matrice
génératrice: _ Q
. ~ ~
1: O.~!,1 LOI]
G=OlO.Ol11
[
OOliLI10
\
Sa matrice de contrôlede parité est égale à : t

H~[(~ Hl°1 lOlO


~l~~
0 1
222 Codagecorrecteurd'erreurs

et au bloc de k =3 éléments binaires d'information ID;::[1 0 1), 11associe le mot


=
c mG ;::[1 0 1 0 0 l 1].Le schémade principe du codeur est représenté
sur la figure VJlI-6, il utilise des opérateurs logiques « OU exclusif ».

mo mo
ntt 1/1,

mz 1nz

c3.

C4

X c,
Et) c6

Figure VID·6 Schéma de principe d'un codeur linëaire ell blocs CÔ))

VIII. 3.3. Principe de la détection et de la correction des


erreurs
Dans ce paragraphe, nous allons considérer que le canal de transmission est du
type binaire symétrique et que le décodeur fonctionne à partir de décisions fermes,
en synchronisme parfait avec le codeur. Cela signifie que le découpage en mots de
n. éléments binaires à l'entrée du décodeur correspond à celui utilisé par le codcun
Ainsi, en l'absence d'erreurs de transmission, le décodeur voit à son entrée des
mots du code. Ce problème de la synchronisation entre le codeur et le décodeur est
d'une grande importance pratique. Il est généralement traité en émettant
périodiquement un mot spécifique (mot de synchronisation) à partir duquel le
décodeur pourra se synchroniser. Le décodage des codes en blocs à partir de
décisions pondérées étant rarement utilisé, car difficile ·à mettre en oeuvre, nous
n'aborderons pas cette façon de procéder dans cette introduction au codage.

Supposons que le mot c du code soit émis et soit r le vecteur ligne représentant
le mot de n éléments binaires reçu à l'entrée du décodeur. Le vecteur r peut
toujours s'écrire sous la forme: ~ .ct ~:"W) '.~' " J~._wI' .Q;CS~ .
~=(§J+û- SIl'" f, Q. 1 C If\.' (8.3.14) .
où e est un vecteur ligne, dont les composantes binaires représentent les éventuelles
erreurs de transmission. Une composante du vecteur e égale à 1 indique la
présence d'une erreur de transmission sur la position correspondante du mot c.
La détection des erreurs de transmission se fait en utilisant la propriété
d'orthogonalit la matrice de contrôle de parité avec les mots du code et en
calculant l(syndrome s, vecteur ligne à .(11. - k) composantes défini par :

s=nHT = (c+e)HT =eH1' (8.3.15)


. Le syndrome s est nul si, et seulement si, r est un mot du code. Un syndrome
non nul implique la présence d'erreur(s) de transmission.
Notons toutefois qu'un syndrome nul ne signifie pas nécessairement l'absence
d'erreur(s) de transmission car le mot r peut appartenir aux mots du code tout en
étant différent de c. Il suffit pour cela que le vecteur e soit un mot du code. En
effet, pour un code linéaire, la somme de deux mots du code est encore un mot du
code .
., Retenons tînalemcnt que pour tout code en blocs linéaire, il. existe des
~lll'ahons d'erreurs l!@étectÎÜiliis::J .
Avant q'aborder le problème de la correction des erreurs, introduisons la notion
de distance entre deux mots binaires qui permet de mesurer la plus ou moins grande
différence existant entre eux. Dne mesure de celte différence est égale au nombre
d'emplacements où. les deux mots considérés ossèdent des éléments binaires
différents. Cette mesure s'appell la distance de Hrumnin entre les deux mots.
Si on définit le poids de Hamming d'un mot, noté Pu ( ), 'P2Lnmele .l.1mnbre <kJ
ses éléments non nuls, la distance de Hamming entre deux mots peut être vue
.
comme le poids deHamming de la somme de ces mots;
dH(v,u)= PH(v+u) (8.3.16)

~ ~o~oo
/YExemple ql\bll,01
l' J

Soient deux mols v e Il 1 0 1 0 0 1) et u=(O l 0 1 1 o 1],


leur distancede Hamming, notée dH{v, u) est égale il2. On obtient alors:

~,(v+u)=PH([l 0 0 0 l 0 0])=2

Règle de décodage; En présence d'erreurs de transmission (syndrome s


non nul), la règle de décodage va consister à rechercher le mot du code@le plus
vraisemblable, c'est-à-dire celui qui est à la distance de Hamming minimale du mot
reçu r.
(8.3.17)
où C représente l'ensemble des mots du code.
On notera que cette règle de décodage n'est valable en toute rigueur que si la
probabilité d'erreur est inférieure à 112. .. .
Si deux ou plusieurs mots du code sont à la même distance de r, le mot est ê

choisi de façon arbitraire parmi les mots équidistants de r.


Cette façon de décoder devient difficile à mettre èn oeuvre lorsque le nombre de
mots du code est important. En effet la recherche systématique du mot du code le
plus vraisemblable peut prendre un temps prohibitif.
224 , Codage correcteur d'erreurs

La correction des err.eu~p~t aussi être réalisée à partir du syndrome S dont ,le
nombre de configurations(2n-k Jest généralement très inférieur aux®mots du
code. Le n.ombre de con.fi~bns non nulles du vecteur d'erreur e, Zn -1, étant
supérieur au nombre de configurations du syndrome, plusieurs configurations du
vecteur e peuvent conduire à une même valeur du syndrome.la règle de décodage
peut alors consister à choisir pour chaque valeur non nJlle du syndrome] la
configuration d'erreur e de poids minimal. On peut montrer que cette façon 41;)
procéder est équivalente à la recherche systématique du mot le'plus vraisemblable, ......
En effet, pour un code en blocs pouvant corrigertrèrreul's, toutes les configurations'
d'erreurs de poids inférieur ou égal à t correspondent à des valeurs différentes du
syndrome. Le mot du code le plus,vraiseniblabJ~st alors égal à{l' - e. {

Exemple
Soit le code lin~a~ en blocs C(6,3) de matrice génératrice G et de matrice de
contrôle de parit~y r J-. " .v.
1 0 0 ~O1 lj [0' i III 0 0] , 0" '
G = 0 l 0 1to' 1 H =: 'J 0 110 ) 0 0 ...
[
o 0 lJ 1 1 0 LI 01 0 ,0 1

Les 8 configurations possibles du syndrome s et les configurations d'erreur


associéese, de poidsminimal sont représentées dans la table VID-2.

Configuration
Syndrome .: d'erreur

000 oodpoo - ~ ...-')


001 000,001
010 OOOplO.

--_100 .....
110
- . -OO~00
--- .~._-'

lOt .
oo~
'OI,
011 l;~dpOo,
U1 OOÙ)Ol

Table v]u·2 Table de décodage du code linéaire en blocs C(6,3)

Pour ce code en blocs toutes les configurations d'erreurs de poids I, ainsi


qu'une configuration de poids 2, peuvent être corrigées.
Notons finalement que l'utilisation du syndrome pour réaliser le décodage peut
aussi s'avérer difficile à mettre en oeuvre lorsque la différence (n - k) excède
quelques dizaines d'unités, Dans ce cas on utilise des algorithmes de décodage
spécifiques à certaines classes de cocles mais qui, malheureusement, n'exploitent
pas toujours toute la puissance de détection ou de correction du code.
.....t •.", .._'~" : . __.,.. _ ,J.' .-..:
VIII. 3. 4. Distance minimale j pouvoir' de détection et de
correction d'un code en blocs
Nous avons vu dans le paragraphe précédent que Ie décodage des codes en
blocs pouvait se faire en recherchant le.mot du code à la distance de Hamming
minimale du mot reçu. La distance de Hamming entre les mots d'un codéest donc
un paramètre pertinent pour évaluer les perfo~D.1~es d'un code en blocs. On
appelle distance minimale d'un code, notée dmin> u..~ce de Hanuning mj~
entre ses mots. '.
(8.3.18)

En tenant compte du fait que la distance entre deux mots est égale au poids de
leur somme, la distance minimale d'un code en blocs linéaire est égale au poids
minimal de ses mots non nuls.
(8.3.19)

L'évaluation de la distance minimale d'un code en blocs n'est pas toujours


simple à faire, sauf si le nombre de mots du cOde~t suffisamment petit pour
pouvoir en dresser une liste exhaustive ..Dans ce cas. ilsuffit de rechercher le m,.o.t
non nul de poids de Hamming le plus faible pour conna e la distance minimale du
code. .~
f;; Quand le nombre de mots du code est très important, il est parfois préférable
. d'es-sayer de déterminer la distance minimale d'un code en blocs à partir de sa
",n:f~tiiçede.contrôle de parité~n peut montrer que la distance minimale~ ~t
/ :a:ré!auplus petitnombre de cQlonnes linéairement dépendantes de la matrïce de
é

ontrôle de E_aritê;e!:0irëël.ont la somme~u:r1ë:-\ . . .


!. . ,,__.; •.

Démonstra tion
Nous avons vu que dm/II est égal au poids )~e Hamming) minimal des mols non
nul du code. En tenant compte du fail qUf.)~ ""0, pour le mot du code de poids'
minimal, Fous avons la somme de dm/II colônncs de la matrice de contrôle de parité
èfù1 est nulle. Ainsi le nombre minimal.de colonnes de la matrice de êontrôle de
pacHé linéairement dép.en~antes(de somme nulle) est égale à (~g;)' .

Si le calcul de la distance minimale à partir de la matrice de contrôle de parité


s'avère aussi délicat à mener, il faut alors se résoudre à déterminer uniquement une
borne supérieure de la distance minimale.
Pour un code en blocs linéaire mis sous forme systématique, la matrice de
contrôle de parité est de la forme :

.H =e.~>:r,'-k]
Les (n- k) colonnes de la matrice unité In-j. étant linéairement indépendantes
(vecteurs de base), toute colonne de la matrice P peut s'exprimer comme au plus
une combinaison de ces (11.":'1,)' colonnes fa
distance minimale, égale au plus petit
IJII-~,
:"\fi'
.•..•. ~'26 Codage correcteur d'erreurs

nombre de colonnes de la matrice de contrôle de parité linéairement dépendantes


(somme nulle) est donc bornée supérieurement par (n - k+ 1) .
(8.3.20)
Une autre borne de la distance minimale, appelée borne de Plotkin simplifiée,
peut être obtenue en remarquant que la distance minimale est nécessairement
inférieure au poids moyen des mots non nuls du code. Si on place les 2k mots du
code les uns en dessous des autres, on obtient une matrice constituée de n colonnes
ct 2k lignes. Dans cette matrice, il y a évidemment autant d'éléments binaires
d'information prenant la valeur 1 que la valeur O. Pour des l'rusons de linéarité du
code, cette équirépartition est aussi vraie pour les éléments binaires de redondance.
Ainsi la somme des poids de tous les mots du code est égale à n2k-1• Le nombre de
mots non nuls du code étant de 2k -1, la distance minimale peut être bornée par :
2k-1
d < 11- (8.3.21)
mil! - 2k -1

Pouvoir de détection et de correction d'un code en blocs


Si un code en blocs linéaire possède une distance minimale égale à dmin, il peut
détecter toutes les configurations de (dmill -1) erreurs dans un bloc de n éléments
binaires et corriger toutes les configurations de t erreurs avec :

(8.3.22)

où [x] désigne la partie entière de x par valeur inférieure.

Démonstration
Soit Ci le mot du code émis et Cj son plus proche voisin, nous avons
l'inégalité : •
dH(cj,cj);;:: d,mit
En appelant r le mot reçu, nous pouvons écrire:
dmi• 5. dH(cj,cj) ~dH(ci,r)+dH(r,c'j) (8.3.23)

et ainsi toutes les erreurs pourront être détectées si la distance de Hamming entre t' et
C j est supérieure ou égale à 1.,c'est-à-dire si 110US avons :

dH(cj,r) 5.dmill-:-1
Supposons maintenant que la distance minimale dmin soit égale à (2t + 1), en
l'eprenant l'inégalité (8.3.23), nous pouvons écrire :
2t+ 15, dH(c{,cJ)~ dH(cj,r)+dH(r,cj)
Nous voyons que si le nombre d'erreurs est inférieur ou égal à t, Ci est le mot
du code le plus vraisemblable car plus voisin de r que cjet ainsi les terreurs
pourront être corrigées. Si rnaintenant la distance minimale est do (2t+2). en
utilisant le même raisonnement, on aboutit au même pouvoir de correction, ce qui
achève de démontrer la proposition.
11111.3.5. Quelques exemples de codes ell. blocs linéaires

• Coda de parité
Ce code utilise un élément binaire de redondance en. = k + 1) déterminé de façon
tL aasurer la nullité de la somme des éléments binaires de chaque mot du code.
. k-i
c = [mo···mi .. ·mk_l,cd avec Ck = :L,mj (modulo 2)
i=O
La distance minimale de ce code est de 2, ilne permet pas la correction d'erreur
mais seulement la détection de toutes les erreurs en nombre impair dans un bloc de
n éléments binaires. Une matrice génératrice G de ce code est égale à :
o
'[ 1 1
G= .~.
. 0 o

et la matrice de contrôle de parité H se réduit à un vecteur :


H= [1 1 ... 1]
Le calcul du syndrome s consiste simplement à calculer la somme des n
éléments binaires du mot reçu l'. Si cette somme est nulle, aucune erreur n'est
détectée.

• Code à..répétition
Pour ce code de paramètres k =1 et n = (2M + 1), chaque élément binaire
d'information est répété un nombre impair de fois. La distance minimale entre les
deux mots de ce code est de (2M + 1), son pouvoir de correction est donc de
t:::: M erreurs.

Sa matrice génératrice et sa matrice de contrôle de parité sont les suivantes:


1 0 ".

0 1 ...
G=[l 1 ... 1] H=[: ...
.:]
Il 0 0
Le décodage de ce code est aussi très simple à réaliser puisqu'il suffit de
déterminer le poids du mot reçu. Si ce poids est supérieur ou égal (respectivement
inférieur) à CM +1) l'élément d'information transmis est égal à 1 (respectivement à
0).
228 Codage correcteur d'erreurs

• Code de Hamming '.." ,1.'· .


Pour un code de'Hamming les colonnes de )amatdq(:\'d~f6ntJ:ôle de parité sont
les représentations binaires des nombres de 1 à" ri:;o;'Cliaque colonne étant
cons tituée de m = n- k éléments binaires, les paramètres du code de
Hamming sont donc:
(8.3.24)
La distance minimale d'un code de Hamming est de 3,.quelle que soit la valeur
des paramètres n et k.

Dêmonstra tion
La distance minimale est égale au plus petit nombre de colonnes linéairement
dépendantes de IIImatrice de contrôle de parité. Les colonnes étant constituées par
toutes les combinaisons possibles de (n-k) ëléments binaires, sauf [00 ... 0], la
somme de deux colonnes est égale à une colonne. Ainsi le nombre minimal de
colonnes linéairement dépendantes est de 3.

Le code de Hamrning permet de corriger au moins une erreur dans'un bloc de n


éléments binaires et d'en détecter deux. Le décodage est encore très simple à
réaliser puisque le syndrome s en présence d'une erreur (qui est le nombre minimal
d'erreur que peut corriger le code) est égal à une colonne de la matrice de contrôle
de parité. Connaissant la position des colonnes dans la matrice de, contrôle de
parité, il.est facile d'en déduire la position de l'erreur,

Exemple
Soit un code de Hammlng C(n,k) avec n - k = 3. Les mots du code el les
=
blocs d'information sont alors respectivement constitués de. n 7 et k =4 éléments
binaires et la.matrice de contrôle de parité H peut être la suivante : .

H=[~~~~ ~~
1011001
~l
La matrice génératrice G se déduit sans difficulté de la matrice de contrôle de
parité:

1 0 0 0 1 1 1]
0100110
G= 0 0 1 0 l 0 l '
[
o 0.0 1 0 1 1
Supposons que le mot du code émis soit c= [0 0 0 .l O· l 1] et que le
. mot reçu, entaché d'une erreur en première position, soit
r'" [1 0 0 I 0 1 1]. Le syndrome s est alors égal à la première colonne de
la matrice de contrôle de parité, soit s =[1 l 1].

• Code à longueur maximale.


Les colonnes de la matrice génératrice d'un code à longueurmaximale sont les
représentations binalres des nombres de 1à n, Les paramètres de ce code sont donc
........ _--
11 NI 2111 -1. k;::::; m et on peut montrer que sa distance minimale est de 2k-1. Le
umlo fi longueur maximale de paramètres n = 2m -1, k;::::; ln est le code dual du
eude de Hamming de paramètres n:::: 2m .: 1, k = 211l - m -1, c'est-à-dire que la
nuurtce génératrice de l'un est la matrice de contrôle de parité de l'autre.

1'111.3.6. Performances des codes en blocs linéaires


Pour évaluer les performances d'un code en blocs linéaire, on peut essayer de
rlëternuner la probabilité d'erreur sur les éléments binaires après décodage en
J'onction du rapport signal à bruit. Pour cela, considérons un code C(n,k) de
dlatance minimale dmill ;::::;2t + 1 c'est-à-dire permettant de corriger c erreurs dans un
hl oc de Il éléments binaires. En supposant que les erreurs produites par le canal de
tmnsmlssion sont indépendantes (transmission sur un canal binaire symétrique par
exemple), la probabilité d'erreur par élément binaire ~b peut être bornée
aupérieuremem par :

,::,-1 ~('
Peb .... .L...J 1 + t )CinP i(1 - P )rl-i (8.3.25)
n Î=t+l
où. P représente la probabilité d'erreur sur le canal de transmission, et Cr est égal
1't :

C.1= n'.
n il(n-i)!
Cette borne supérieure est obtenue en disant que si le mot reçu r est mal décodé
(présence de i è: t + 1 erreurs), le décodeur va, dans le pire des cas, ajouter terreurs
Oh tentant de le corriger. Le r.apportentre le nombre d'erreurs après décodage et le
nombre d''éléments transmis sera alors de (i + t) / n . Les erreurs étant
Indépendantes, la probabilité d'avoir i erreurs dans un mot est donc égale à
C:IP'(l- p)II-I.
Lorsque la probabilité d'erreur p sur le canal est suffisamment faible,
typiquement inférieure à 10-2, la probabilité d'erreur après décodage peut encore
être approximée par l'expression suivante:

~b "" .!..(2t + l)C~+l/+J si p c 1 (8.3.26)


n
Gain de codage
La probabilité d'erreur sur le canal de transmission est fonction du rapport
signal à bruit, qui peut-être défini comme le rapport entre l'énergie (ou l'énergie
moyenne) reçue par élément binaire d'information transmis et la densité spectrale de
puissance monolatérale du bruit No. Ce rapport Eb / No (ou Emb / Nf) est un
rapport pertinent pour comparer des systèmes codés de rendements différents ou un
système codé avec un système non codé. En l'absence de codage, tous les éléments
binaires transmis sont des éléments binaires d'information et ainsi le rapport signal
à bruit à l'entrée du récepteur est égal à Eb / No.' En. présence de codage de
230 Codage correcteurd'erreurs

rendement R = kln, l'énergie reçue par élément binaire transmis est égale à REb' et
la probabilité d'erreur p sur le canal de transmission est désormais fonction du
rapport REb /No, .

Pel>

10-1

10-2

10-3

10-4

10-5 Ebl
NOdn
2 4 6 8 10

Figure VIll-7 Illustration du gain de codage pour une probabilité d'erreur Pel' '" 10-4

Pour une probabilité d'erreur donnée, le gain apporté par le codage, appelé gain
de codage, est déterminé par l'écart existant entre la courbe de probabilité d'erreur
sans codage et la courbe de probabilité d'erreur avec codage comme indiqué sur la
figure VIll-7,
Exemple
Considérons une modulation de phase à deux états associée à un code de
Hamming dont le paramètre m prend les valeurs 3, 4 ou 5 (m;:; n - k), Nous avons
tracé sur la figure V DI-8 la probabilité d'erreur Pel> Cil fonction de la probabilité
d'erreur p sur le canal et sur la figure VIU-9 la probabilité d'erreur p.b en fonction du
rapport Eb 1 No ' POUf une modulation de phase li deux ou li quatre état>, en présence
de codage de rendement R;:; kfn , la probabilité d'erreur p sur le canal est égale à :

el la probabilité d'erreur P.b après décodage peut être approximée par l'expression
(8,3,26) :

Pel> "'.!(21 + 1) C~+IpHI si p« l


/1.
011 t:;1, n:;2"-1, k;:;2m-m-1pouruncodedeHamming,

En se plaçant par exemple à 10-5 de probabilltë d'erreur, le gain de codage pm'


rapport à un système non codé (figur.e vm.9) est respecüvemen; do 1,4S dB, .1,10 dB
el O,~IOdB POUj'dos valeurs de IIIrespeeüvernent égllies à S, 4 et 3.
Figure VIII-8 Probabllltë d'erreur par élément binaire en sortie du décodeur enfonctlon de la
probabilité d'erreur p sur lecanal de transmission.(1 : m = 3 ;·2 : ln "" 4 ; 3 : III = 5)

·2
10 ~~~n~!!~!!r.~~:r.:?r.~~j~n~!!~:j~~!~j~":!~:!~~j~~j~~!~~:":j~n~!!~ll~jn~n~n~:j~!j~n~!!~j!'d~~j!~!!~:!~n~ji"~::~:~:~:!!
.' ~.
...
, ••••• , •••• ',' •••••••••••
.
:.••••••••••• ~•••.....•••. :•••• " .•.••• j •••••••••..•
_
:.•.••••••••• j. •••••
. , •••• ,
:••.,•,;,
••.,.•..•.
,': ;~
-,'
.••.••...••.
~..,...•',':.: ,••:'•..,:~
.•:.•..:..•.:.i .:.,...••.

10-3
:.:~:;: ~~q 11 ~~~~~ ~~~~~~~ n~~~1~ ~~ ~~ ~~ 1 ~~ ~~ ~ ~~ ~~ H ~ [~~~
. : .: .: :::: :::::~:
~~ ~ ~~ ~ ~~
: ::::: :.:: :~
1~ ~~ ~ ~n~~ ~[~f .

•• • • • • •• • • • ... • •• •• •• • • • • : • P' " •••• : : ~:: :;; :: :: : :.:~ ; :: :: :: : : : : : :: :: : : : :: : : ~: : : : : :: : :: : : ~: •••••

1ÔBL- ~ -L ~L_ L_ _L ~ .~ ~

6 6.6 7 7.5 8 8.5 9 9.5 10


Eb/NOen dB

Figure VIII-9 Probabilité d'erreur pal"élément binaire en sortie dit décodeur enfonction du
rapport Eb 1No. (cas d'une modulation de phase à 2 ou 4 états) .
O:In=3;2:m=4;3:m=~
,
232 Codag« correcteur d'erreurs

Vill.4. Les codes cycliques


'Les codes cycliques représentent la classe la plus importante des codes en blocs
linéaires. Leur mise en oeuvre relativement aisée, à partir de registres à décalages et-
d'opérateurs logiques combinatoires simples, en a fait des codes très attractifs et
très utilisés dans les systèmes de transmission. '

VIII. 4.1. Définition et représentation.' polynomiale


=
Un code en blocs linéaire C(n,k) est ciclique si, c [co... Cj' .. c,i-l J étant un
J,
mot du code, alors cJ := [Cl" .Cy. Cn-ICO obtenu par permutation circulaire à
gauche d'un élément binaire de C est aussi un mot du code.
Cette définition des codes cycliques entraîne que toute permutation circulaire à
.gauche de j éléments binaires d'un mot du code, redonne un.mot du code.
Pour les codes cycliques, on préfère généralement utiliser une représentation
polynomiale des mots du code plutôt qu'une représentation vectorielle ....

Ainsi au mot c on associe le polynôme c( x) de degré n - 1 :


cCx) = Co + clx+ ..... Cjxj +..... CII_lxll-1 . Cj E F2 (8.4.1)
où x est une variable formelle. Multiplions le polynôme cCx) par la variable
x -1 :
.-J ,( )_. -1 j-l n-2
X. C x -CoX +Cl+··· ..CjX + ..... cn-lx

En introduisant le mot Ct (x) obtenu par permutation circulaire à gauche d'un


élément binaire du mot cCx) :
_ j-l 11-1
Cl(x ) -Cl +C2X+ ..... CjX + ..... cox (8.4.2)
le polynôme x-lc(x) peut s'écrire sous la forme suivante:
x-l.c(x) = cox-1 (xl! + 1) + Cl(x) (8.4.3)
'.
Ainsl Ie résultat de la multiplication d'un mot cCx) par la variable x-1 est
encore un mot du code modulo (xfl + 1) :
x-1c(x) := Cl (x). modulo (xl! + 1)

Ce résultat peut être étendu à la multiplication d'un mot du code pal' x", qui
redonne encore un mot du code modulo (x" + 1).
modulo (X'I + 1)(8.4.4) .
où ci(x) est le polynôme associé au mot Ci obtenu par permutation circulaire à
gauche de i éléments b.inairesdu mol c.
Considérons maintenant un polynôme normalisé de degré (n- k) et diviseur de
XII +1 :
_.
g ( X) -gO+glx+ ..... gjX
j
+.....x n=k (8.4.5)
et soit h(x) le quotient de XII + 1 pm- gCx). On a donc:

g(x)h(x) = XII + 1 (8.4.6)


où h(x) est un polynôme de degré k.
A tout bloc de k éléments binaires d'information, on peut associer un polynôme
m( x) dedegré k -1 :

(8.4.7)
Nous allons montrer maintenant que les mots d'un code cyclique peuvent être
obtenus à partir du produit d'un polynôme d'information par g(x} ..
En effet en partant de (8.4.4) et en tenant compte de la relation (8.4.6), le mot
ci(x) est égal à:
Ci(X) = x-ic(x) + q;(x)h(x)g(x)
Ainsi si c(x) est un multiple du polynôme g( x), alors tout mot Ci (x) est aussi
un multiple de g( x). On peut alors écrire:
Cj(x). = mi (x)g(x)

où mi (x) est un polynôme de degré au plus égal à (k - 1), représentant un bloc de .


k éléments binaires d'information. --

Chaque mot d'un code cyclique peut donc être obtenu en multipliant un
polynôme d:.inf01TlULtioll mi(x) par le polynôme g(x) de degré (n- k) et diviseur
de XII + 1. Le polynôme g(x) est appelé polynôme générateur du code cyclique.
Compte tenu de l'expression (8.4.6), le polynôme h(x) de degré k est appelé le
polynôme de contrôle de pari.té du code.
A partir du polynôme générateur d'un code cyclique, ilest facile de déterminer
une matrice génératrice du code. En effel, on a vu précédemment que les k lignes de
la matrice génératrice d'un code en blocs linéaire sont constituées par tout ensemble
de k mots indépendants du code. Les k lignes de la matrice génératrice peuvent par
conséquent être obtenues par exemple, à partir des coefficients binaires des k mots
suivants: g(x): xg(x), ... ,xk-1g(x).

Exemple
Considérons un code cyclique C(7,4). Son polynôme générateur de degré 3 est
donc un diviseur de x 7 + 1. Le polynôme x 7 + 1 peut être factorisé sous forme d'un
produit de Irois polynômes:

x7 + 1= (1+x+x3)(1 +x2. + x3)(1 + x)


234 Codage correcteur d'erreurs

Le code cyclique C(7,4) a donc pour polynôme générateur:

g(x):;;(l+x+x3) ou g'(x):;;(I+x2+x3)

Une matrice génératrice de ce code peut donc être obtenue à partir des 4
polynômes suivants: .

g(x):;; (1+.x'+x3) -) [1 l 0 1 0 0 0]
xg(x) =(x+x2 +x") -t [0 l 1 0 l 0 0]
x2g(x):;; (x2 +x3 +xs) -t [0 0 0 1 OJ
x3g(x):;; (x3 +x4 ~X6) -t [0 0 0 1 0 1]

[~~~~~~~l
soit sous farine matricielle:

G:;; ~ o 1 1 0 1 0
001101

Notons que dans cet exemple, la matrice génératrice G n'est pas sots forme
réduite, .et ne conduit pas, par conséquent, à un code systématique.

Code cyclique sous forme systématique .


Lorsque le code est sous forme systématique, les éléments binaires
d'information sont séparés des éléments binaires de redondance, et ainsi, le mot
cCx) associé au polynôme m(x) est de la forme:
cCx) = v(x)+xn-km(x) (8.4.8)
où v(x) est le polynôme de degré au plus égal à n - k-l, associé aux éléments
binaires de redondance.
En tenant compte du fait que cC x) est un multiple du polynôme générateur, et
que les opérations sont effectuées dans le corps F2' l'expression (8.4.8) peut
encore s'écrire :
xn-km(x) = k(x)g(x) +v(x) (8.4.9)
v(x) est donc le reste de la division de xn-km(x) parle polynôme générateur.
Ainsi le mot du code associé à m(x) est égal à xn-km(x) augmenté du reste de
la division de. x"-km(x) par le polynôme générateur g(x).

Exemple
Pour illustrer le calcul d'un mot du code écrit sous forme systématique,
reprenons l'exemple du code C(7,4) utilisé ci-dessus, el déterminons le mot c(x)
associé au mot d'Information suivant:

m=[l 0 1 1] suit m(x)=1+x2+x3


Nous pouvons écrire:
Le reste de la division de x:lm(x) par g(x) ëtnut égnlà 1, le mot cCx) associé
n m(x) est égal il :

Ainsi au bloc m, constitué de 4 éléments binaires d'information est associé le


mot c du code avec ;

. m=[! 0 l 1] -? c=[1 0 0 1 0 1 1] .
Notons que les 4 éléments binaires d'loformadon se retrouvent bien dans le mol
c cadrés à droite (en position de poids fort).

VIllA.2. Mise en œuvre du codeur


Nous venons de voir que le codeur doit effectuer la division de xn-km(x) par le
polynôme générateur g( x) puis ajouter le reste v (x) de cette division à Xll-k m( x) .
Cette opération peut être réalisée en utilisant uniquement des registres à décalage et
des additionneurs dans le corps F2 (ou exclusifs).
L'opération la plus difficile à réaliser étant la division de X7!-km(x) pal' g(x),
nous allons d'abord examiner le schéma de principe d'un diviseur par g(x)
représenté sur la figure VIII-W. Le circuit diviseur est réalisé à partir d'un registre à
décalage à (n - k) mémoires et autant d'additionneurs, Le reff_istreà décalages est
initialisé à zéro et les k coefficients binaires du polynôme x"- m(x) sont introduits
dans le circuit diviseur au rythme d'une horloge H. Après k impulsions d'horloge,
on peut vérifier que le résultat de la division est disponible en sortie du circuit
diviseur, ainsi que le reste v(x) qui se trouve dans les mémoires du registre à
décalage.

Quotient

/'

Figure VIII·l0 Schéma de principe d'un circuit diviseur par gCx)

Le schéma de principe du codeur représenté sur la figure VIll-l1, utilise le


circuit diviseur' de la figure VIII-lO. La multiplication de m(x) par Xil-k,
correspondant à un simple décalage, est réalisée en introduisant le polynôme m(x)
en sortie du registre à décalages du diviseur.
•.. "'I- _~.~ , , .....
. " ...
·~nbnoÂo S'dpOO sep ~nm~Jodwr snrd uI ~munq UllU~1UGsy.rcJQ.I"H'J'U
SQPOOSyIQddu1UQlU,mnUllUOO'tuQq1hlanbooH1" pmlpnuqJ 'osog op SGpOO S'dl
'U'J'U sapo;).
·S<l.ll~urn.red xnadrouud
S.ll1GIXO<l.Punoeqo rnod rouucp ~a sGnbI{oÂ:J SGpOOsp SGldUlQXGscnbjaub JG~U3S9Jd
lu.Uu;nU!l1l.USUOITBsnon 'soojq ua sopoo SGp Glutl:)JodlUf cssejo GnGOJGl1snm .m0d
sanblP~~ SiJpO[)' ap s"ldunx() sanbzan(j '['rfIlA
[X+X+l =(x)3 .miJJvlyup3 iJUtgU!lI00apJ<J
(p 'L).:J iJnqp,{:) "PO:>.J110d .mspo» un.p sttpuud ep' tJW?IPS zr-mA :lJ~!.!l
'Cp'L),) ~mbHok) ?PO:"J ne mapnodsairoo
rnspoo np adpupd op cnrçqos Gl910GSyJckn SU01\\1 snou 'zr-mx a,mag: UI lOS
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np ouros UT S.laA s9,{oAua ~UOS oouepuopcr cp SGIflIU!qf>1uatD919 ('[- u) s';)I la
'z; uoutsod Hg SJO(\1 assad I 11lGldruxglUf,~{·G:3l?[I.1051P~ G.tIS!aG.T np so:rroUJ9tu (')j -u)
saI strap GAOOJ.) QS OOrS!A!p '131cp (x)/\ oisor 31 'ayU1lWGl uOl1l.1lydo ;moJ 'Gul3n
UG sflU)'l !ssnll lOOS UO\ltlUIlOJU!,P ssrrsurq slUGlU919'l SG{'~UQUl9UUlrnUf!S '(x)2 rsd
(X)Ul'!f_lIX ~p uOfsTATP"IlI oS1{U9J mb Cl uoursod U~ I ln~1dnuGlu1) rnepoo 0T SURp H
.,_goIJOlI cun.p ~ltIql.Ai ne simponu] lUOS uopnurrojuj.p SGlf1?UrQSl.U~UlSlI? ?J sa']
"

Pour tout couple d'entiers ln et t, on peut construire un code B.e.H. ayant pour
paramètres:
(8.4.10)
Le calcul du polynôme générateur g(x) d'un code B.e.H. nécessite
d'introduire des notions d'algèbre sur les corps de Galois. Ces notions sortant du
cadre' de ce chapitre d'introduction au codage, nous n'aborderons pas le calcul du
polynôme générateur d'un code B.C.H. et nous proposons aux lecteurs qui le
souhaiteraient de se reporter aux références [1 à 8) données en fin de chapitre.
Pour illustrer la famille des codes B.e.H., nous donnons dans le tableau VID-3
les paramètres ri.k, t et le polynôme générateur de quelques codes B.e.H., pour m
allant de 3 à 8. Les polynômes générateurs sont définis par leurs coefficients
exprimés en octal. Le chiffre le plus à gauche correspond aux coefficients binaires
(gi) des monômes de plus bas degré.
Par exemple, 15 en octal qui donne 1101 en binaire, correspond au polynôme
générateur.g(x) = 1+ x + x3.

n k t g(x)
7 4 l . .15, .
J5 Il 1 31
7 2 427.
5 3 3545
31 26 1 51
21 2 2267
16 3 172761
: : :
63 57 1 14~
51 2 I[G~5
45 3 i7)6017
: :
127 120 l 221
..
113, 2 73541
106 '3 143633'31
: '.
. ,', .. :
255 247 .. ' 1 56)
2.39 .2 3067~~~~~
23.1 3 12660~·?73
Il ." ;'.
: r•

Tableau vm-3 Quelques paramètres des codes


B.e.]]. pour ni allant de 3 à. 8
Codage correcteur d'erreurs

.Lorsque t=1, les codes B.C.R. se confondent avec des codes de Hamrning de
paramètres n::::2m -1; k=2m'-m-1; dmin =3.
Notons que le polynôme de contrôle de parité h(x) d'un code de Hamming de
paramètres n:::: 2m -1 ; k =
2m - m""':'} ; dmin:::: 3 est aussi le polynôme générateur
g(x) d'un code à. longueur maximale de paramètres
n-=2n! -1 ., k=m ). dJnu~. =2k-1 .

.Exemple
Considérons un code de Hamming de paramètres C(7,4) et de polynôme
générateur g(x)=l+x+x~. Son polynôme de contrôle de parité h(x) est par
définition égal à :

h(x) est le polynôme générateur d'un code ù longueur maximale de paramètres


C(7,3) .

• Code de Golay
Le code de Golay est un code cyclique de paramètres Il:::: 23, k:::: 12, de
distance minimale Anill ::::7 et de pouvoir de correction t:::: 3.
Deux polynômes équivalents gl (x) et 82(x), de degré 11 permettent
d'engendrer un code de Golay :
gl(x)::::1+x+x5 +x6 +x7 +x9 + xli
(8.4.11)
g2(x) = 1+ x2 +x4 + x5 +x6 + x10 + xli
Ce code présente un intérêt tout particulier, car sa capacité de correction est
élevée au regard de son rendement. liexiste, de plus, pour ce code, des algorithmes
de décodage relativement simples. Dans certains cas, le code de Golay est
également utilisé avec ajout d'un bit de parité, ce qui donne alors un code de
rendement 1/ 2.
• Codes de Reed Solomon
. Les codes de Reed Solomon sont les seuls codes à éléments non binaires dont
nous parlerons en raison de leur bonne capacité de correction et de leur importance
pratique. Les codes de Reed Solomon sont constitués d'éléments q-aircs où q est
une puissance de 2 (q == 2ffl). Chaque élément q-aire d'un code de Reed Solomon
peut donc être représenté par m éléments binaires.
Les principaux paramètres d'nu code de Reed Solomon, exprimés en nombre
d'éléments q-aires, sont:
n=q-l ; k=n-2t ; dmill ::::2t+l (8.4.12)
où t est le pouvoir de correction du code. Rappelons que la distance de Hamming
entre deux mots à éléments q-alres est égale ElU nombre d'emplacements oü ces'
deux mots possèdent des éléments q-rures différents.
..... . _-
Un code de Reed Solomon peut donc corriger t éléments q-aires dans un bloc de
n éléments q-aires. POUf la mise en oeuvre des codes de Reed Solomon, les
éléments q~alre.s du code sont représentés par m éléments binaires.
Notons que le pouvoir de correction d'un code de Reed Solomon en nombre
d'éléments binaires, est inférieur ou égal à mt. En effet, un code de Reed Solomon
de paramètres CeI5,11), de pouvoir de correction t::: 2 éléments quaternaires, ne
pourra pas corriger 8 éléments binaires si ces 8 éléments binaires sont répartis sur
plus de 2 éléments quaternaires. Les codes de Reed Solomon sont donc bien
adaptés à la correction d'erreurs binaires par paquets (burst en angle-américain).
La détermination du polynôme générateur d'un code de Reed Solornon faisant
aussi appel à des notions d'algèbre sur les corps de Galois, nous n'aborderons pas
ce point. Les lecteurs pourront se reporter aux références données dans la
bibliographie.

VIIl.4.4. Décodage des codes cycliques


Nous avons vu au paragraphe VIII-32 que le décodage des codes en blocs
linéaires consistait à calculer le syndrome s correspondant au mot reçu r puis, par
lecture d'une table, il déterminer le mot d'erreur e le plus vraisemblable. Le mot
émis par le code était alors égal à r - e. Pour les codes cycliques, on calcule
d'abord la version polynomiale s(x) du syndrome s, puis on suit la même
procédure que pour le décodage des codes en blocs. Le syndrome s(x) est obtenu
eu évaluant le reste de la division du mot reçu r(x) par le polynôme générateur
g(x) :
r(x) == g(x)q(x) + s(x) (8.4.13)
Le calcul du syndrome s(x) se fait à partir d'un circuit qui réalise la division de
r(x) par g(x) (figure VID-13). Après n impulsions d'horloge, le mot reçu r(x) est
introduit dans le circuit diviseur et le-syndrome s(x) se trouve dans les (n - k)
mémoires de son registre à décalage. \

Figul'C VIII·13 Calcul du syndrome s(x) pour lm code cyclique C(7.4).

Lorsque la différence (n - k) est grande, le décodage d'un code cyclique à


partir d'une table contenant les 2,,-k configurations possibles du syndrome est
difficile à mettre en oeuvre. Pour les codes B.e.H. et les codes de Reed Solomon
240 Codage correcteur d'erreurs

par exemple, le nombre d'éléments binaires de redondance est généralement élevé


(n - k » 1) et des algorithmes spécifiques sont alors utilisés pour décoder ces
codes (algorithme de Massey-Berlekamp, par exemple)..
Pour terminer-ce paragraphe sur le décodage des codes cycliques, nous
présentons un. exemple de décodeur dit de Meggitt dont le principe est représenté
sur la figure VIll-14. Ce décodeur calcule le syndrome s(x) puis, à l'aide d'une
logique combinatoire, vient déterminer la configuration d'erreur e(x) qu'il
retranche.ïou ajoute) finalement au mot reçu r(x). Ce décodeur, dont le principe est
simple, présente toutefois deux inconvénients; iln'utilise pas nécessairement toute
la capacité de correction du code et J a fonction logique combinatoire, qui dépend du
code, a rarement une expression simple..

Entrée
r(x) ---.--~

Mé~diretampon

Figure VID·14 Schéma de principe d'lin décodeur de Meggiu

Pour illustrer le fonctionnement d'un décodeur de Meggitt, nous examinons


maintenant le cas des codes de Hamming pour lesquels la fonction logique
combinatoire est simple à élaborer et repose sur le principe du piégeage des erreurs.
Les codes de Harnming permettant de corriger une erreur dans un mot de n
éléments binaires, toutes les erreurs corrigibles sont donc représentées par un
monôme d'erreur e(x) de la forme:
e(x)=xj O;:;;j:S:n-l (8.4.14)
En tenant compte du fait que les mots cCx) du code sont des multiples du
polynôme générateur g(x) et que le syndrome s(x) est Je reste de la division de
r(x) = cCx) + e(x) par g(x), nous pouvons écrire:
e(x) == g(x)q'(x) + s(x)
soit encore :
s(x) = e(x) + g(x)q'(x) (8.4.15)

.~ ...
En multipliant le syndrome s(x) par xi et en remplaçant e(x) pal' son
expression (8.4.14), nous obtenons:
xis(x) = xi+j + xÎg(x)q'(x) (8.4.16)
Lorsque (i + j) = Il, l'expression (8.4.16) peut se mettre sous la forme;
xls(x);: x" + xÎg(x)q'(x)
En tenant compte du fait q\le xn + 1= g( x )h( x), nous obtenons finalement :
is(x) = [h(x) + xl.:z'(x)]g(x) + 1 (8.4.17)

. La relation (8.4.17) peut s'interpréter en disant que le reste de la division de


xls(x) par le polynôme g(x) est égal à 1. Le décodeur doit donc réaliser la division
de xls(x) par g(x) et lorsque le reste est égal à 1, J'erreur est en position
j=(n-i).
Le calcul du reste de la division de xis(x) par g(x) s'obtient par i décalages.
circulaires du syndrome s(x). Lu fonction logique combinatoire consiste alors
simplement à élaborer une variable logique qui prend la valeur 1 lorsque le reste de
cette division est égal à 1. ..

Exemple
Considérons un code de Hamrning de paramètres CC?,4) ayant pour polynôme
générat~ur :

·g(x)::l+x+x3

Le décodeur de Meggitt avec piégeage des erreurs est représenté sur la figure
VID-l5. Le mot reçu r(x) est d'abord introduit dans la mémoire tampon en 7
impulsions d'horloge. Une fois cette opération terminée, le syndrome s(x) est
disponiêle dans les mémoires SO, SI, S2 du registre à décalage. On provoque alors
des décalages circulaires du syndrome s(x) et lorsque la variable logique Y2 prend la
valeur l , l'erreur est corrigée. Supposons, par exemple, que l'entrée du codeur soit
= =
m(x) J + x2 + x3, Je mol correspondant du code est alors cCx) 1+ xl +x5 + x6•
En présence d'une erreur sur Je cinquième élément binaire, e(x) est égal à :

e(x):: x4

et le mot reçu r(x) s'écrit:

r(x) = 1+x3 +x" +x' +x6


Le syndrome s(x) est égal à x + xZ et ainsi on peut vérifier qu'après trois
décalages dl) syndrome, le reste de la division de x:ls(x) par g(x) est égal à 1 ainsi
que la variable logique Yz. L'élément binaire erroné, en position x~, est alors
corrigé.
242 Codage correcteur d'erreurs

Entrée
reX) -_..__~
~~L-~~L-~~

Figure Vm-15 Schéma de principe d'mi décodeur de Meggitt


pour un code de Hamming de paramètres CC?, 4)

vm.s. Les codes convolutifs (ou récurrents)


VIII.5.1. Principe du codage convolutif
Les codes convolutifs ou récurrents constituent une seconde famille de codes
correcteurs d'erreurs au moins aussi iro orta e gue les codes en blocs cycliques.
Pour les codes convolutifs, ha ne b oc de n élém~11mi . ... du codeur
dépend non seulement du b oc de k éléments maires présent à son entrée mais
f aussi des m blocs présents précédemment. Les codes convolutifs introduisent par
. conséquent un effet de mémoire d'ordre m. La quantité (m+l). s'appelle la
longueur de contrainte du code. Le principe du codage convolutif est illustré par le
schéma de la figure VIll-16.

Bntrée >-
BJocdek
éléments
binaires
Convertisseur
Logique combinatoire Parallèle 1---- ... Sortie
Série Bloc de Il .
L- -"~-----,-) éléolenls·
binaires

Figure VllI-16 Principe d'un codeur convolutif

Un codeur est constitué d'un registre à (m + l)k étages qui mémorise les
(m + 1) blocs de k éléments binaires d'information, d'une logique combinatoire qui
calcule les blocs de n éléments binaires fournis par le codeur et d'un convertisseur
parallèle série. La quantité R = k 1 n est appelée, comme pour les codes en blocs, le
rendement du code. Si les k éléments binaires d'information présents à l'entrée du
Le qualificatif « convolutif» appliqué à ces codes provient du fait que chaque
sortie du codeur est égale au produit de convolution entre la suite binaire resente à
l'entréedu la
codeur et réponse du codeur, ~nie ~ ses·sé.~~.n.!:~
~~~~~tJ.'ices~,
Pourlecodeur de la ligure VDI-17, les sorties c" ; i == 1,2, étant égales à:
2.
c~ = Lgijdk-j gij E{O,l} (8.5.1)
j=O

les deux séquences génératrices sont gi = [gio,gn ,gi2] ; i = 1,2. En général on


exprime les séquences' génératrices en octal et ainsi, pour le codeur de la figure
Vill-17, nous avons:
gt =[1,l,l)=7(octal) et g2 =[l,O,1]=5(octal)

Notons que, les sorties du codeur étant égales à une combinaison linéaire des
éléments binaires d'information, le code est linéaire.
Les codes convolutifs sont aussi définis à partir de leurs polynômes générateurs
exprimés en fonction de la variable D (delay) équivalente à la variable Z-l de la
transformée en z ,
Bn considérant toujours l'exemple de la figure VIII-17, les polynômes
générateurs de ce code ont pour expression : .
gt -7 G1{D) == 810 + gll D + glzD2

-,
-',
244 Codage correcteur d'erreurs

soit encore:

.Gt(D) =1+D+D2
GiCD)=1+D2

VIII. 5.2. Représentation des codes convolutifs


L'introduction d'un effet de mémoire complique notablement la représentation
des codes convolutifs à partir d'une. matrice génératrice ou de polynômes
générateurs. La représentation la plus usuelle et aussi la mieux adaptée pour
l'élaboration d'algorithmes de décodage est incontestablement la représentation
graphique sous forme d'un arbre, d'un treillis ou encore d'un diagramme d'état.
Pour introduire ces différentes représentations, nous allons utiliser le codeur
convolutif non systématique représenté sur la figure VID-17.

Diagramme en arbre
Le diagramme en arbre associé au codeur convolutif de la figure VIll-17 est
représenté sur la figure VIII-18. Sur ce diagramme nous avons adopté les
conventions suivantes:
-le temps s'écoule de la gauche vers la droite,
-lorsque l'élément binaire à l'entrée du codeur est égal à 0 (respectivement à 1),
. le couple binaire en sortie du codeur (noté entre parenthèses) est porté par une
branche montante (respectivement descendante) du diagramme en arbre. Les
branches montantes et descendantes se séparent en un point appelé nœud. Plus
généralement, en considérant des blocs de k éléments binaires d'information à
l'entrée dl) codeur, chaque noeud donne naissance à 2k branches.
Pour une séquence binaire donnée à l'entrée du codeur, la séquence
correspondante en sortie du codeur est représentée par un chemin dans l'arbre,
constitué par une suite de branches.
Chaque bloc de n = 2 éléments binaires en sortie du codeur dépend du bloc de
k ;::::1 élément binaire présent à son entrée mais aussi des nt = 2 blocs de k
éléments binaires contenus dans sa mémoire. Ces mk = 2 éléments binaires
définissent l'état du codeur. Nous noterons les quatre états possibles de ce codeur
de la façon suivante:
a==OO; b=Ol; c=lO; d=l1
Quel que soit l'état initial du codeur, après Cm + 1) = 3 décalages à l'entrée d.u
codeur tous les états peuvent être atteints dans l'arbre.
r-':,
'.

Btat a (00)
(Da) r: .r-
.; . . (11)
'Etat c
Etat a (00)
Etat ..b (1:0)
Entrée à·"0" t· Etat c (11) 1
1 Etat d (01)
Btata
... Eta~tl .. (11)
Etat b (10) 1 !
Enttécà "1" ~
lEtat o (00)
Etat c (11)
Etat b (01)
Etatd (01) 1
1 Btatd (10)

Fjgure VDI·18 Diagrammeen arbre du codeur convolutifde lafigure VIl1-17

Diagramme en treillis
La sortie du codeur dépendant uniquement de son entrée et de son état, il est
donc possible d'utiliser une représentation plus concise que l'arbre, appelée
diagramme en treillis. Dans ce diagramme sont pris en compte les états différents du
codeur et la 'façon -dont ils communiquent en fonction du temps. Sur la figure
VOl-19, nous avons représenté le treillis associé au codeur convolutif de la figure
VIII-17 en faisant l'hypothèse que l'état initial du codeur était Cf. = 00.

Etats du
codeur
____ OQ _~_ QO .... __ .........00----
a :00
"

'11 1.1
b : 01 • •

c : 10 •

~ -
d: 11 • • 10 10
t=O t .. l t .. 2 t=3 t.=4

}o'jgure vm - 19 Diagramme en treillis du codeur convoluüf de lafigure VIII-l7


246 Codage correcteur d'erreurs

Les branches en traits pointillés correspondent à la présence d'un élément


binaire d'information égal à 0 à l'entrée du codeur et les branches en trait plein, à un
élément binaire égal à 1. A chaque branche nous avons associé la valeur du couple
binaire disponible en sortie du codeur,
Après Cm + 1) décalages, quel que soit l'état initial du codeur, le motif du treillis
se répète. De chaque noeud partent 2k branches (ici 2), et en chaque noeud
convergent 2k. branches,
Partant de l'état a = 00 à l'instant t = 0 par exemple, nous voyons qu'il existe
=
quatre chemins qui permettent d'atteindre l'état a 00 à l'instant t 4 =
00 00 00 00 -7 chemin 1
11 la 11 00 -7 chemin 2
11 01 01 11 -7 chemin. 3
00 11 10 11 -7 chemin 4

Diagramme d'état
Le diagramme d'état est une autre représentation du fonctionnement d'lm codeur
convolutif. ne faisant pas apparaître explicitement le temps. Ce diagramme, qui peut
se déduire du treillis, ne retient que les différents états du codeur et la façon dont ils
.communiquent. Sur la figure vm·20, nous avons représenté le diagramme d'état
associé au codeur convolutif de la figure Vill-l7. Le diagramme d'état permet
d'évaluer la fonction de transfert du codeur qui sera utilisée pour le calcul des
performances du code.

Sortie
. ~ du codeur

Il '<@ "

~--~--~-~---~
.___-..... '00 " ~",.
01 ,,"'cn

Figure Vl1I-20 Diagramme d'état du codeur convolutif de la figure VIll-l7


r " ,i/
VIII.53. Décodage des codes convolutifs
i
"
\

Rappelons que les mots en sortie d'un codeur convolutif sont corrélés, puisque
chaque mot est fonction deUii±i)Jblocs, d'information. Pour décoder' une
séquence binaire constituée de N mots, il est donc nécessaire de considérer la,
séquence reçue.dans son ensemble. En sortie du codeur, seules certaines séquences,
binaires sont possibles, elles correspondent aux différents chemins qui existent
dans le diagramme en arbre ou en treillis.
Comme pour le~c;) le décodage d'un code convolutif en présence
de canal binaire symétrique va consister à rechercher, dans l'arbre ou dans le
treillis, la séquence binaire (correspondant à un chemin particulier) la plus proche
de la séquence reçue. Cette séquence sera appelée dans la suite séquence la plus
vraisemblable. En adoptant le même critère que pour les codes en blocs, la
séquence émise la plus vraisemblable e~t donc celle qui sc trouve; à la distance -e
minimale de la séquence reçue; Le ~ombre, de séquences possibles étant
généralement très important (N grand), l'application de cette règle de décodage est
donc d'une complexité prohibitive, Des algorithmes permettant de contourner cette
difficulté ont été développés. Parmi ces algorithmes on peut citer l'algorithme
séquentiel de Fano qui utilise l'arbre pour rechercher la séquence la plus
vraisemblable. Cet algorithme très performant peut revenir en arrière dans
l'exploration de l'arbre si cela s'avère nécessaire. Cette possibilité de reconsidérer
certaines étapes du décodage, conduit malheureusement à un volume de calculs
variable pour Ie décodage d'une séquence. Cet algorithme nécessite donc
J'utilisation d'une mémoire tampon pour enregistrer les données reçues à l'entrée du
décodeur, afin d'éviter des phénomènes de saturation.
L'algorithme de Fano est plutôt réservé au décodage des codes convolutifs à
grande longueur de contrainte (> 8) en présence de faible rapport signal à bruit.
Lés principaux exemples d'applications de cet algorithme sont le décodage de
données eu provenance de sondes spatiales lointaines.
Un second algorithme, utilisant le treillis et dû à Viterbi, permet aussi de
décoder les codes convolutifs en recherchant la séquence la plus vraisemblable à
partir du treillis. Cet algorithme, beaucoup plus utilisé que l'algorithme de Fano, est
surtout bien adapté p01l1' le décodage des codes de longueur de contrainte peu élevée
(typiquement inférieure ou égale à 7). Devant la portée pratique de cet algorithme,
nous allons le présenter dé façon détaillée.
Algorithme de Vitcrbi
Pour présenter cet algorithme, considérons d'abord que le canal est de type
binaire symétrique (sans mémoire). L'entrée du décodeur est donc constituée par
une séquence d'éléments binaires.
A chaque instant, deux branches appartenant à deux chemins différents
convergent vers chaque noeud du treillis (figure VID-19). De ces deux chemins,
l'un est plus vraisemblable, c'est-à-dire se trouve à une dlstance plus petite de la
séquence reçue que l'antre chemin.
248 Codage correcteur d'erreurs

___ ..2 • (2)


a: 00

b: 01 .• o •
Figure VrII-21 a
e : 10 (0)

d ; Il • •
t= 0 1=1

a: 00 (2)

b: 01 • (i)

Figure VIlI-21b
(4)
.....

." ,
d : 'JJ (1)
1= 0 1=1 t= 2

a: 00 " (1)

b: 01
o /0 (2)
r..
Figure VrII-2J c
c: 10 • (2)

d : li ... ,. /
(2)
1= 0 I=i t= 2 t= :3

• (2)
a :00 ./"
~O"..."'"

o .... (3)
b:OI • ...
Figure VlII-2id
c:.\O • (l)

d: il • (3)

/= 0 1=1 1=2 t= 3 1=4

Figut'e Vln-21 Déroulement de t'algorithme de viterb!

i\ .... )
r !
1

Les distances étant additives, il est possible de ne conserver en chaque noeud


que le chemin le plus vraisemblable, appelé survivant. Si deux chemins sont aussi
vraisemblables, un seul chemin est toutefois conservé et le choix peut être
arbitraire.
Pour bien saisir le principe de cet algorithme considérons l'exemple suivant.
Supposons que la séquence à l'entrée du codeur convolutif de la figure VIlI-17 soit
1001. En faisant l'hypothèse que le codeur est dans l'état a::::: 00 à l'instant initial
Ct = 0), "la séquence correspondan te en sortie du codeur est 11 10 11 ll.
Considérons un canal binaire symétrique introduisant une erreur en position 3.
Sous cette hypothèse, la séquence à l'entrée du décodeur est 11 00 11 11.
L'algorithme de Viterbi se déroule comme suit (figure VIII-21).
A l'instant t::::: 0 nous avons deux branches qui partent de l'état a = 00 et qui
sont respectivement à la distance 2 et 0 du premier couple binaire reçu. (11).
Reportons ces deux distances appelées métriques de branche sur la figure VITI-21a.
A l'instant t = 1 évaluons de nouveau la distance entre le deuxième couple reçu
(00) et les quatre branches qui parlent deux à deux des états a = 00 et' c = 10, puis
reportons ces quatre métriques de branche sur le graphe de la figure Vffi-21b.
Nous avons désormais quatre chemins qui permettent d'accéder en t = 2 aux quatre
états possibles du codeur. En sommant les métriques de branche appartenant à un
même chemin, nous obtenons une métrique cumulée par chemin. Ces métriques
cumulées, respectivement égales à 2, 1, 4 et 1 sont une mesure de la vraisemblance
de ces quatre chemins. . .
L'algorithme de Viterbi commence véritablement à l'instant t = 2 puisqu'il
existe désormais deux chemins qui convergent vers chaque noeud du treillis.
L'algorithme se déroule en trois étapes; calcul des métriques de branche puis des
métriques cpmulées pour chaque chemin atteignant en t = 3 un noeud donné du
treillis ; la troisième étape de l'algorithme consiste à retenir en chaque noeud le
survivant, c'est-à-dire le chemin dont la métrique cumulée est la plus faible. Ainsi,
par exemple, le survivant en t = 3 qui permet d'accéder à l'état a = 00 provient de
l'état b = 01. ·En t = 2, le chemin provenant de l'état a::;: 00 est donc abandonné.
A l'instant t = 4, on procède de la même façon, et finalement le chemin le plus
vraisemblable est celui qui arrive à l'état c = 10. Sa métrique cumulée étant de l , il
est donc à la distance 1 de la séquence reçue (11 00 Il Il). En remontant le
treillis de la droite vers la gauche, on peut voir que la séquence la plus
vraisemblable est celle qui part de l'état a = 00 en t = 0 et qui converge vers l'état
c = 10 en t = 4. Elle correspond à une séquence à l'entrée du codeur égale à
(1001). L'erreur en position 3 est donc corrigée.
Notons que les deux chemins qui convergent en t = 4 vers l'états b = 01
possèdent des métriques cumulées identiques, le survivant est alors choisi de façon
arbitraire entre ces deux chemins. Cette situation se retrouve aussi en t i:::; 4 pour
l'état d = 11.
Nous venons de présenter l'algorithme de Viterbi en considérant un canal
binaire symétrique, c'est-à-dire en supposant que l'entrée du décodeur était
constituée par une suite d'éléments binaires (décisions fermes). Les codes
250 Codage correcteur d'erreurs

convolutifs se prêtent bien au décodage pondéré en utilisant l'algorithme de Viterbi.


Avec décodage pondéré, l'entrée du décodeur est désormais constituée par une suite
d'échantillons analogiques. En se plaçant dans l'hypothèse d'une transmission sur
canal àbruit additif blanc gaussien, ces échantillons sont gaussiens et non corrélés
conditionnellement aux éléments binaires émis par le codeur. Sous cette hypothèse,
on peut montrer que la distance pertinente à utiliser pour mesurer la vraisemblance.
de chaque chemin du treillis, est la distance euclidienne. En appelant (yL yi) le
couple d'échantillons analogiques présent à l'entrée du décodeur à l'instant t ::k et
(al, a.t) le couple binaire associé à une branche donnée du treillis, le carré de la
distance euclidienne entre ces deux couples (métrique de branche) est égal à :
2
if = I.()li - a.L)2 (8.5.2)

L'utilisation de décisions pondérées ne modifie pas le déroulement de


l'algorithme, de Viterbi, ilsuffit simplement de remplacer-les distances de Hamming
par des distances euclidiennes dans le calcul des métriques de branche.( -

Exemple
Supposons que 'les couples d'éléments binaires (ck, cl) en sortie do codeur de la
figure VID-17 salent transmis à l'aide d'une modulation binaire (modulation de phase
à deux ou quatre états),Le modulation associant à chaque élément binaire c~, i = 1,2
à valeur dans l'alphabet {O,]}, un symbole binaire ak à valeur dans l'alphabet {:
1.,1}, les métriques de branche
.
sont é ales
, à:
avec ai =2çi-l, i=1,2 (8.5.3)

Dans les équipements de transmission, le décodage pondéré n'utilise pas


exactement une séquence d'échantillons analogiques mais une séquence
d'échantillons quantifiés et codés sur 3 à 4 éléments binaires. Cette simplification
permet de réaliser des décodeurs selon l'algorithme de Viterbi à l'aide de circuits
numériques (circuits logiques et mémoires ou processeur de signal). Cette
quantification assez grossière, sur 8 ou 16 niveaux, est généralement suffisante
pour conserver au décodeur toute sa capacité de correction.
Pour terminer ce paragraphe sur le décodage, disons qu'il est généralement
difficile d'attendre que toute la séquence binaire émise soit reçue pour commencer
l'opération de décodage. En effet, cela introduirait un retard au décodage trop,
important, et nécessiterait de disposer d'une mémoire de taille excessive pour
mémoriser tous les survivants.
En observant le déroulement de l'algorithme de Viterbi jusqu'à l'instant courant
t:::: n, on peut remarquer qu'en remontant suffisamment le temps, les chemins
survivants convergent presque toujours vers un même chemin en t:::: n - x ( figure
Vill-22).

)
r- "
"

a: 00 ,," - - --
,., "
,., "
,.,
b : Dl ~ '"
,.,
,., '"
c:lO fi "

d : 11
t=n-4 t=/I-3 l=n-2 f:=:n-l f=n

Figure VII1-22 Convergencedes survivants vers un chemin ttnique en t = Il- 4 (x = 4)

Ainsi, pour décoder l'élément binaire d'information émis à t ~ n - x, il est


rarement nécessaire d'observer la séquence reçue au-delà de t = n, Pratiquement, la
mémorisation des survivants peut donc être limitée à unintervalle temporel de durée
x, et ainsi, le retard au décodage reste fini pour décoder une séquence infinie. A
chaque instant t = n, le décodeur de Viterbi fournit une décision concernant
l'élément binaire d'information présent à l'entrée du codeur à l'instant t = n - x. On
peut montrer,' à base de simulations, que la quantité x doit être d'autant plus grande
que le rendement du code est plus élevé. Pour un code de rendement R = 1/ 2 par
exemple, x' est égal à 5 ou 6 fois la longueur de contrainte du code:

VIII. SA. Codes convolutifs catastrophiques


, Il ëxÎStè des codes appelés catastrophiques, pour lesquels un nombre fini
d'erreurs sur le canal de transmission peut engendrer un 'nombre infini d'erreurs en
sortie du décodeur.
Pour ces codes, il existe au moins une séquence binaire d'information de poids
infini qui engendre une séquence binaire en sortie du codeur de poids fini. De cette
remarque ildécoule que les codes systématiques ne sont jamais catastrophiques.
Un code de rendement R:::: 11 n est catastrophique si le P.G.C.D. de ses
polynômes générateurs est différent de l'unité.

Exemple
Lecode de rendement R:=: 1/2 et de polynômesgénérateurs O[ (D) = 1+ D el
Gz(D):::1+D2 est catastrophique puisque P.G.C,D. {Ol(0), 0.(D)} = 1+ D.
En revanche, le code correspondant au codeur de la figure Vlli-17 n'est pas
catastrophique.
252 Codage correcteur d'erreurs

VIII.S.S. Performances des codes convolutifs


Le calcul de la probabilité d'erreur Pab sur les éléments binaires d'information
en sortie du décodeur étant relativement complexe, nous 110US limiterons, dans ce
chapitre d'Introduction au codage, à en présenter les principaux résultats.
On peut montrer [2] que pour un code de rendement R = k 1 n, la probabilité
d'erreur P.:b peut être bornée par :
n < 1 d1'(D,N)!( (8.5.4)
'eb -
k aN D=Â.N=l

où T(D, N) est la fonction de transfert du codeur et t. est une quantité qui dépend
du type de canal utilisé. La fonction de transfert du codeur est définie
ultérieurement, et nous donnons ci-dessous, à titre d'exemple, la valeur de /::;pour
deux canaux classiques : SC)"~
• Canal discret à sortie biuaire \~ \ "V)~)-:./~
J "
A= I~PûjPJj (8:5.5)
j=û
où Pij' i = 0,1 est la'probabilité qu'un échantillon binaire à l'entrée du décodeur soit
égal àj, conditionnellement à l'émission par le codeur d'un élément blnaire ayant la
valeur i.
• Canal à sortie continue
(8.5.6)

où Pi (y), i = 0,1 est la densité de probabilité des échantillons analogiques y à


l'entrée du décodeur, conditionnellement à l'émission par le codeur d'un élément
binaire ayant la valeur i. .

Fonction de transfert associée à un code convolutif


La fonction de transfert du codeur permet de déterminer la distribution des poids
de Hamming des différents chemins qui divergent puis convergent de nouveau avec
le chemin de poids nul, c'est-à-dire avec le chemin qui joint les états a:::: 00 dans
le treillis de la figure VID-19. La fonction de transfert du codeur peut se calculer à
partir du diagramme d'état e11 scindant l'état a =;= 09 en deux (états ae et état as)
puis en portant sur chaque branche un couple Dl ~ où i etj sont respectivement, le
poids de Hamming du k-uplet à mettre à l'entrée du codeur pour parcourir la
branche considérée et le poids de Hamming du x-uplet correspondant (au k-uplet)
en sortie du codeur (figure VDI-23). Les quantités D et N sont des variables
formelles. La fonction de transfert T(D, N) du codeur est alors définie par:

T(D,N)= as (8.5.7)
ae

t.
,,~-.-----
r

DN

Figure VIU-23 Ca/cul de la fonction de transfert du code convolutif


de lafigllre Vl/J-17 à partir de son diagramme d'étal

En utilisant le graphe de la figure VID-23, nous pouvons écrire :


c.= lYNae +Nb
b= Dc+Dd
. \

d=DNc+DNd
as =D'2b

La résolution de ce système de quatre équations, permet de déterminer la


fonction de transfert du codeur:
, D5N
T(D,N) = 1-2DN
_... (8.5_8)

En développant la fonction de transfert T(D,N) en série, nous pouvons


écrire:
00

T(D,N) = L2kDk+5Nk+l (8.5.9)


k=O
D'après ce développement en série, on voit qu'il.existe 2k chemins. de poids de
Hamming égal à (k + 5) et qu'ils correspondent respectivement à des séquences de
poids (k + 1) à l'entrée du codeur. La valeur de l'exposant de la variable D pour
k = 0, dans le développement en série de la fonction de transfert, est égal à la
distance libre dJ (free distance en anglo-américain) du code (pOUI notre exemple
df = 5)_
. La distance libre d'un code convolutif est égale à la plus petite distance de
Hamming qui existe entre deux chemins qui divergent puis convergent de nouveau.
Les codes convolutifs étant linéaires, la distance libre est aussi égale au poids
minimal des chemins qui divergent puis convergent avec le chemin de poids nul.
Pour illustrer ce calcul de probabilité d'erreur, nous allons maintenant
considérer deux exemples.
254 Codage correcteur d'erreurs

• Canal binaire symétrique


Rappelons que l'entrée et la sortie d'un canal binaire symétrique sont
constituées par des éléments binaires, prenant leur valeur dans l'alphabet {0,1}.
Les quantités Pü' i = 0,1 apparaissant dans l'expression (8.5.5), représentent donc
les probabilités de transition du canal. En appelant P la probabilité d'erreur sur le
canal, nous avons :
Pij =. P si i '* j
Pi) =. 1- p si i =. j

La quantité À (relation 8.5.5) est alors égale à :


,

En considérant le codeur.convolutifde la figure VIII-l?, et en tenant compte du


fait que:
aT(D,N) (8.5.10)
aN . [1-2DNP
la probabilité d'erreur ~b par élément binaire d'information d'après (8.5.4) est
bornée par :

(8.5.11)

Bn considérant une modulation binaire (modulation de phase à deux ou quatre


états), la probabilité d'erreur p sur le canal.binaire symétrique est égale à :

1
P =-erfc ~REb'
2. No
où Eh représente l'énergie reçue par élément binaire d'information transmis,
R = 1 / 2 le rendement du code et No la densité spectrale de puissance monolatérale
du bruit.
Sur la figure VITI-24, nous avons tracé la probabilité d'erreur par élément
binaire d'information, avec et sans codage, en fonction du rapport Eb / No.
Gain de codage
A partir des deux courbes de probabilité d'erreur de la figure VDI-24, il est
facile de déterminer le gain de codage apporté par l'utilisation dl) code convolutif de
la figure VIII-17. Pour une probabilité d'erreur de 10-6 par exemple, le système
non codé nécessite un rapport Eb / No supérieur de 0,65 dB à celui du système
codé. Le gain de codage est donc de 0,65 dB. On notera que le gain de codage
dépend de la probabilité d'erreur pour laquelle H a été déterminé. A 10-3 de
probabilité d'erreur par exemple, le gain de codage est négatif et il est alors
préférable de ne pas coder.
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10·8~----~·------~----~·~----~----_L· --~~.------~.--~~
7 .7,5 8 8,5 9 9.5 10 10.5 11
EblNO en dB
Figure VID-24 Probabilité d'erreur par élément binaire avec décodage ferme

• Canal à bruit additif blanc gaussien


La sorde du canal à bruit additif blanc gaussien étant constituée par des
échantillons analogiques, les quantités Pi (y), i = 0,1 représentent les densités
conditionnelles de probabilité de ces écbantillons. La quantité Li, définie par la
relation (8.5.6) est égale à :

Ll = f+oo.v PoCY)PJ (y) dy = exp(- REb)


-~ No
et la probabilité d'erreur par élément binaire d'Information, pour le code convolutif
de la figure Vill-17, peut être bornée d'après (8.5.4) et en utilisant (8.5,10) par:
e-SEb/2No
Peb::; 2 (8.5.12)
(1_2e-Eb/2No)

Le calcul de la probabilité d'erreur Poo à partir de la borne (8.5.4) nécessite de


déterminer la fonction de transfert du codeur. Malheureusement, le nombre d'états
du codeur augmentant exponentiellement en fonction de sa longueur de contrainte,
le calcul de la fonction de transfert devient difficile à mener dès lors que laIongueur
de contrainte excède quelques unités.
256 . CodaGecorrecteur d'erreurs

................ ;. :
. ; ;
. .
; .
. ..... ,

:::::::::: ,........... . ~~:::::d::::;:::::~::~:::::::~!:::::::::~:::::::::.~


1:::::::::~!s::!:::::.·:::::::::!::
.........................
.:::::::::;;::::::::::~::::~~;::::::::::..:.::..:::::::::;::::::!::::::::::!::::::::::!::::::::::
:::::::::::::::::::::::::::::: :~l:"':::::'::::;::::::::.,;::::"':::~:::::::::::::::::::::~::::::::::

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r : : : : : ~::~:~ :..;;:: : ~; :: : :: :::.
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•••••••••• ; •••••••••• ; •••••••••• ; •••••••••• j •••••••••• ,··········i··········,·········· j., .
••••••••••
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.:
; ••••••••••
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j ••••••••••
.j •••••••••• .i·····.. ···f··········;:··········i··""-·····.
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.: , .: : ,, .
10~ -, ., . ..,
3 3~ 4 4$ 5 ~5 6 as 7 7B
EblNO en dB
Figure Vlli-25 Probabilité d'erreur par élément binaire avec décodage pondéré
(code convolutif de la figure VIII-I7)

Ce problème peut être contourné en remplaçant la fonction de transfert par son


développement en série dans l'expression (8.5.4) de la probabilité d'erreur. Peb•
Pour le codeur de la figure Vill-7, en tenant compte de la relation (8.5.9), nous
obtenons:
+00
Peb S :L2d-\d - 4)Âd (8.5.13)
4=5

En posant: W(d):=2d-5(d-4) (8.5.14)


et en remarquant que d = 5 est la distance libre du code, l'expression (8.5.13) peut
s'écrire plus généralement, pour un code de rendement k / n, sous la forme :

l'eb s t~ d=df
W(d)~d (8.5.15)

Les quantités {W(d)}, appelées spectre de distance du code, peuvent se


déterminer à partir de son diagramme en treillis, en utilisant des algorithmes
appropriés. Le lecteur pourra se reporter à la référence [10J, qui présente 1.111
algorithme rapide pour le calcul du spectre de distance des codes convolutifs. La
quantité Â est généralement, lorsque le rapport Eb / No est supérieur à quelques
dB, très inli!'jeure à l' unité, et ainsi, la probabilité d'erreur Pab peut être déterminée
.. A\ . . . " ..\ . 1.' _.
~ partir de la relation (8.5.15) en se limitant aux premiers termes (4 ou 5) de la
série. Pour un fort rapport Eb / No, 11est même possible d'obtenir une bonne
approximation de la probabilité d'erreur Peb en se limitant au premier terme de cette
série, et, dans ce cas, les performances du code sont directement fonction de sa
distance libre,
Gain de codage
Pour une probabilité d'erreur de 10-3 par exemple (cf. Fig. VlII-25), le
système 110n codé nécessite un rapport Eb / No supérieur de 1,75 dB à celui du
système codé; le gain de codage est donc de 1,75 dB. Le décodage pondéré
permet d'obtenir des gains de codage bien supérieurs à ceux du décodage ferme.
Asymptotiquement (c'est-à-dire pour un fort rapport signal à bruit), le décodage
pondéré permet de gagner environ 3 dB par rapport lin décodage ferme.
Quelques exemples de codes convolutifs
Pour terminer ce paragraphe, nous donnons dans le tableau Vlrr~4, la distance
libre des meilleurs codes convolutifs de rendement R = 1/2, pour une longueur de
contrainte comprise entre 3 et 10.

'.
Longueur de Polynômes générateurs Dlstancc libre
contrainte. !.. en octal' :·."dl.
3 5 7 5
4 15 . '. 11 6
5 23. ,. 35. .7
6 53 75 8
7 133 171 10
,
8 247 .' 371:· : 10
'9 561 75i3 12
10 1167. 1545 12

Tableau VDI-4 Distance libre de quelques codes convolutifs de rendement


R = 1/2 et de longueur de contrainte comprise entre 3et 10

VnI.6.l\1jse en oeuvre du codage correcteur d'erreurs


Le choix d'un procédé efficace de codage nécessite généralement de disposer
d'une bonne connaissance de la statistique des erreurs engendrées par le canal.
Malheureusement, cette statistique n'est pas toujours simple à déterminer et la
plupart des stratégies de codage sont bâties autour de deux:modèles simples de
canaux: les canaux sans mémoire, source d'erreurs indépendantes, et les canaux à
paquets d'erreurs.
Un paquet d'erreurs (burst en angle-américain) se définit comme un ensemble
de B éléments binaires commençant et se terminant par une erreur. Les B éléments
binaires du paquet n'étant pas nécessairement erronés mals chacun d'eux pouvant
258 Codage correcteur d'erreurs

l'être. Pour un canal à paquets d'erreurs, il existe peu ou pas d'erreurs isolées et
ainsi les éléments binaires qui séparent les paquets d'erreurs sont cor.rects. Ce
modèle de canal correspond bien aux canaux radioélectriques soumis à des
évanouissements (fading en angle-américain).
Nous allons maintenant examiner les problèmes de mise en oeuvre d'un code en
considérant une stratégie de détection ou de correction des erreurs.

VIlI.6.1. Détection des erreurs


Pour détecter les erreurs de transmission, on utilise essentiellement des codes en
blocs et le décodage se réduit à calculer le syndrome. Rappelons qu'un code en
blocs linéaire C(n,k) nepeut détecter les configurations d'erreurs appartenant aux
mots du code. La probabilité de non détection des erreurs P'ld est donc égale à :
n W.
P,td = L
m=dm1n
c:
n
P(m,n) (8.6.1)

où Wm est le nombre de mots du code de poids de Hamrning égal à m, dmin est la


distance minimale du code et P(m,n) la probabilité d'avoir m erreurs dans un bloc
de n éléments binaires. La quantité C::l est le terme combinatoire défini par :.,' ---...Î

Cnm__ n! \Ir
m!(n.-m)!
Bn considérant un cana] binaire symétrique, la probabilité P(m,lt) est égale à :
(8..6.2)
, Ainsi, en se plaçant dans l'hypothèse d'une transmission complètement
dégradée (probabilité d'erreur sur le cana] p = 1/ 2), et en tenant compte du fait que
pour tout code en blocs:

I.Wm =2k_1
/1

(8.6.3)
m=d .. irt

la.probabilité Pnd est égale à : .

p. = 2k -1 ""2-(II-k) (8.6.4)
nd 2/1

La détection des erreurs reste donc efficace, quelle que soit la probabilité
d'erreur sur le canal si le nombre d'éléments binaires de redondance (n - k) est
suffisamment grand. La détection d'erreurs est donc peu sensible à la statistique des
erreurs.
Lorsque des éléments binaires d'information erronés sont détectés, le
destinataire demande généralement à la source de les réémettre. Pour transmeure
cette demande de réémission, il est alors nécessaire de disposer d'une liaison
destinataire -4 source, appelée voie de retour. Le débit sur la vole de retour étant
.1\
\
faible (a priori peu de demande de retransmission), on peut toujours s'arranger
pour que la probabilité d'erreur sur cette voie soit très inférieure à la probabilité
d'erreur sur le canal de transmission. Ainsi les performances d'un système de
transmission utilisant la détection d'erreurïs) et la répétition, ne dépendent que très
faiblement de la voie de retour.
En cas de détection d'erreurts), l'émission de la sour.ce peut être interrompue
pour permettre la retransmission de l'information erronée. Le nombre d'éléments
binaires d'information transmis par unité de temps n'est donc pas constant, ce qui
peut, dans certains cas, poser des problèmes.

VIII. 6.2. Correction des erreurs


Nous avons vu que pour la détection d'erreurïs), on choisissait essentiellement
des codes en blocs. Pour la correction d'erreur(s), codes en blocs et codes
convolutifs sont respectivement utilisés. .
Généralement les codes en blocs sont préférés aux codes convolutifs chaque
fois que l'on recherche un code de rendement élevé (R > 0,9) ou lorsque la
transmission à coder est réalisée par paquets assez courts. En effet dans ce cas,
l'utilisation de codes convolutifs nécessiterait d'ajouter des éléments binaires à la
fin de chaque paquet, pour que l'état du codeur soit toujours le même au début de
chaque nouveau paquet. Cette procédure conduirait à une diminution du rendement
du code.
Lorsque les éléments binaires d'information sont transmis à flot continu et pour
tm rendement de codage pas trop élevé, les codes convolutifs avec décodage
pondéré sont en général bien adaptés. .
Pour les canaux sans mémoire, comme le canal biliaire symétrique ou le canal à
bruit addisif blanc gaussien, il est possible d'évaluer les performances' après
décodage sous forme de bornes supérieures de la probabilité d'erreur. Le code, en
blocs ou convolutifs, est alors choisi pour assurer un niveau donné de
performance.
Pour les canaux à paquets d'erreurs, le choix d'un code est souvent plus délicat.
En effet, pour corriger les paquets les plus longs et ayant la plus forte densité
d'erreurs, il est nécessaire de choisir un code très performant et certainement très
redondant. Le code, dimensionné pour la pire des situations, voit alors ses
capacités de correction sous-employées pendant une grande partie du temps. Pour
éviter cet inconvénient, on utilise, chaque fois que cela est possible, la technique de
l'entrelacement. Sous certaines conditions, cette technique permet de transformer
un canal à paquets d'erreurs en un canal à erreurs indépendantes (sans mémoire).
Sur la figure VIII-26, nous avons représenté le principe d'une chaine de
transmission avec codage et entrelacement.
260 Codagecorrecteurd'erreurs

Entrelnccui Canal de
transmission ))é:;cutrclaceur

Figure VID-26 Principe d'une chaine de transmission avec codage et entrelacement

L'entrelacement le plus simple est réalisé à l'aide d'une matrice à 1lignes et N


colonnes. Les éléments binaires issus du codeur sont introduits dans la matrice
ligne pal' ligne et lus colonne par colonne. Pour les codes en blocs, chaque ligne de
la matrice d'entrelacement contient en général un mot du code (N == n); . Le
paramètre 1 est appelé le facteur ou le degré d'entrelacement. Le désentrelaceur
placé avant le décodeur effectue l'opération inverse de l'entrelaceur. Les éléments
binaires ou les échantillons analogiquesïdécodage pondéré) issus du canal sont
rangés dans une matrice (l,N) par colonne et sont lus par ligne. Lorsqu'un paquet
d'erreurs de longueur B ~ 1 est présenté à l'entrée du désentrelaceur, chaque
ensemble de n éléments binaires (ou de n échantillons analogiques) contient alors au
plus une erreur.
On notera que la technique de l'entrelacement introduit un retard dans la
transmission qui peut, dans certains cas, être gênant.
Pour terminer ce paragraphe sur la mise en oeuvre des codes, signalons qu'en
présence de codage .et de décodage par transition, utilisé pour lever les ambiguïtés
de phase introduites par le circuit de récupération. de porteuse, des précautions
doivent être prises lorsqu'un codage de canal est utilisé. En effet, en présence
d'erreurs isolées, le décodeur par transition, engendre des erreurs doubles s'il est
associé à une modulation de phase à deux états, et des paquets d'au plus quatre
erreurs s'il est associé à une' modulation de phase à quatre états. Placer le décodeur
de canal derrière le décodeur pal: transition serait donc peu astucieux. Plusieurs
solutions existent pour contourner cette difficulté. On peut, par exemple, utiliser un
entrelaceur gui va disperser les paquets d'erreurs créés par le décodeur par
transition (figure VIII-27). Cette solution présente l'inconvénient d'introduire un
retard dans la transmission.

Codeur
_decanal 'HL_E_n_lre_laS _Uf_-J

Désentrelaceur

Figure VID-27 Utilisation simultanée du codage de canal et du codage par transition

On peut aussi supprimer le codage par transition et demander au décodeur de


canal de lever l'ambiguïté de phase introdulte par le circuit de récupération de
porteuse. Quand la phase de l'onde porteuse récupérée est incorrecte, les mots
(codes en blocs) ou les séquences (codes convolutifs) reçus par le décodeur ne sont
généralement plus des mots ou des séquences du code, Le syndrome est alors
rarement nul pour un code en blocs et les métriques cumulées augmentent de façon
anormale pour les codes convolutifs. Ces aléas de fonctionnement du décodeur de
canal peuvent être détectés et la phase de l'onde porteuse récupérée peut alors être
corrigée. Cette façon de procéder est satisfaisante si le circuit de récupération de
porteuse ne présente pas de sauts de phase une fois qu'il est accroché. Si ce n'est
pas le cas, il faut surveiller en permanence le fonctionnement du décodeur et
intervenir pour corriger la phase de l'onde porteuse récupérée, chaque fois que cela
est nécessaire.
Une dernière solution consiste à utiliser un code transparent c'est-à-dire un code
pour lequel le complément de tout mot du code (codes en blocs) ou de toute
séquence (codes convolutifs) est encore un mot ou une séquence appartenant au
code. Pour un code en blocs linéaire, la propriété de transparence se traduit par le
fait que le mot tout à 1 est unmot du code. Pour un code convolutif de rendement
R = 1/2, la transparence est obtenue si les deux sorties du codeur sont des
combinaisons d'un nombre impair d'éléments binaires d'information.
SU(la figure VID-28, nous avons représenté le schéma .de principe d'une chaîne
de transmission, utilisant une modulation de phase fi deux états avec codage de
canal transparent et codage par transition.

, Modulàtéur
iVJ))P-Z' ,'.

Figure VIII-28 Modulation de phase à deux étals (MDP-2) avec


codage de canal transparent et codagepar transition

La récupération de la phase de l'onde porteuse se faisant à 1(; près avec une


modulation de phase à deux états (cf. Chap. VU). le- décodeur de canal peut
recevoir le complément du mot ou de la séquence émise. Grâce à la transparence du
code, le décodeur sait reconnaître cc qu'il reçoit et décode en l'absence d'erretïrs, 'l'e
complément du mot ou de la séquence émise: Le décodeur par transiticïr'pennet
finalement de retrouver les éléments binaires d'information émis pat la source
d'information. ' ',' ":'; ""
262 Codage correcteur d'erreurs

, Pour terminer ce paragraphe, nous présentons maintenant la notion de


concaténation de codes.

VIII. 6.3. Association de plusieurs, codes: concaténation


La concaténation consiste à associer deux codes (éventuellement plus) de
manière à ce que les éléments binaires du premier codeur, dit extérieur, soient
appliqués à l'entrée d'un second codeur, dit intérieur. Le principe de la
concaténation de deux codes est représenté sur la figure Vlll-29.

Canal de
transmission

Figure VIII-29 Principe de la concaténation de deux codes

POlU réaliser cette concaténation, on choisit généralement des codes qui


possèdent des propriétés complémentaires. Le code intérieur est, par exemple, un
code ayant un bon pouvoir de correction et le code extérieur; de rendement
généralement élevé, vient corriger les erreurs résiduelles. L'association la plus
classique consiste à ce jour, à prendre un code intérieur du type convolutif et un
code extérieur en blocs du type Reed Solomon. Notons qu'en présence de
concaténation il est prudent de prévoir unentrelaceur (resp, désentrelaceur) entre le
codeur (resp. décodeur) extérieur et le codeur (resp. décodeur) intérieur, de manière
à « casser» les éventuels paquets d'erreurs engendrés par le décodeur intérieur.

VIII. 6.4. Conclusion


Après ce bref aperçu sur les techniques de codage, nous voudrions en guise de
conclusion, donner quelques applications possibles du codage de canal.
TI existe des systèmes de transmission où la probabilité d'erreur tend
asymptotiquement vers une valeur non nulle, lorsque le rapport signal à bruit
devient très grand. Il est donc illusoire pour ces systèmes d'essayer d'améliorer
leur performance en augmentant la puissance émise. Le codage de canal est alors un.
bon moyen de faire baisser la probabilité d'erreur.
Pour certains systèmes de transmission, la puissance émise est limitée pour des
raisons énergétiques ou technologiques. Le codage de canal, au prix d'un surplus
de bande consommée permet alors de réduire la puissance émise tout en conservant
une même qualité de transmission.
Le codage de canal peut.aussi être utilisé pour protéger l'information de façon
sélective. En effet, des informations de nature différente peuvent transiter sur un
même système de transmission, sans nécessiter obligatoirement le même niveau de
protection. Le codage 'évite alors Je surdimensionnement des équipements.
-;-, l'
Enfin le codage de canal est parfois utilisé pour corriger les erreurs dues par
exemple, à un mauvais réglage ou un déréglage des équipements. Dans ce cas, le
codage permet de s'affranchir de certaines imperfections technologiques du
~~. '

Le codage de canal, qui n'a pas son équivalent en transmission analogique, est
doue un bon moyen d'améliorer les performances d'un système de transmission.
Le 'prix à payer est un accroissement de la complexité des équipements et une
diminution de l'efficacité spectrale de la transmission.

VUI.7. Résumé
Les codes peuvent être classé~e;.ux...gr:ande illes : les codes en blocs
d'une part et les codes convolutifs ou récurrents d'autœ part. '

Les codes en blocs linéaires


Pour un code en blocs linéaire, C (n, k), chaque mot du code .
c:::: [co .... Cj... clI_tl est associé à un bloc d,'information ID = [mo·' .. 1nj" .. mk-l] '"tfo-~~~
par une relation matricielle. ~ '" ' -":> ~ ce., <J; \ \:--.r-~
'IV

, 0=~~
où G est une matrice à k ligt!es-st:..à-n-ee10Illies-appil
L.iJ.\~
atrice génér[âWée du code:
La matrice génératrice d'un code en blocs 'étant as umque . est toujours
possible d'écrire cette matrice sous la forme suivante: \. ....."- e... '
~----___ ~,~~v
'. -- ;~~ [~~,~
où Ik est la matrice identité kxk et P une matrice kx(n-k) utilisée pour calculer les
(n-k) éléments binaires de redondance. Ainsi écrite, la matrice génératrice G est
sous forme réduite et le code est dit systématique.
A un code en blocs linéaire C(n,k) on peut toujours associer une matrice H,
appelée matrice de contrôle de parité, orthogonale aux mots du code C(n,k).
cgT =0
, Pour un code en blocs linéaire systématique, la matrice de contrôle de parité est
de la forme:
H:: [pT ,1n-k )

• Principe de la détection et de la correction des erreurs


La détection des erreurs de transmission se fuit en calculant le syndrome s,
vecteur ligne à (n-k) composantes défini par :
s=rHT = (c+e)HT =eRT
264 Codage correcteur d'erreurs

OÙ l'représente le mot reçu par le décodeur et e le vecteur d'erreur.


Le syndrome s est nul si, et seulement si, l'est un mot du code. Un syndrome
non nul implique la présence d'erreur/s) de transmission. Notons toutefois qu'un'
syndrome nul ne signifie pas nécessairement l'absence d'erreurïs) de transmission.
La correction des erreurs se fait en recherchant le mot du code ê le plus
vraisemblable, c'est-à-dire celui qui est lila distance de Hamming minimale du mot
reçu r.
ê tel que: dH(r,ê)sdy(r,c) V'C:;6êEC
où C représente l'ensemble des mots du code C(n,k) .
• Pouvoir de détection et de correction d'un code en blocs
Un code en blocs linéaire de distance minimale dmin, peut détecter toutes les
configurations de (dmtn -1) erreurs dans un bloc de n éléments binaires et corriger
toutes les configurations de t erreurs avec:

• Performances des codes en.blocs linéaires .


En supposant les erreurs produites par 'le canal de transmission indépendantes
(transmission sur un canal binaire symétrique par exemple), la probabilité d'erreur
par élément binaire Peb peut être bornée supérieurement par :
1 n .
Peb S - L(i + t)cft/
(1- p)/l-i
ft (=1+1 .
où p représente la probabi:litéd'erreur sur le canal de transmission,
Pour une probabilité d'erreur donnée, le gain de codage est déterminé par
l'écart existant entre la courbe de probabilité d'erreur sans codage et la courbe de
~ probabilité d'erreur avec codage. .

, • Les codes cycliques . .


Les codes cycliques représentent la classe la plus importante des codes en blocs
linéaires. POUl:un code cyclique toute permutation.circulaire à gauche de j éléments
binaires d'un mot du code, redonne un mot du code. Pour ces codes, on préfère
généralement utiliser une représentation polynomiale des mots du code plutôt
qu'une représentation vectorielle. Ainsi au mot c on associe le polynôme cCx) de
degré n-l.
1
i
Cj E {O,l}
1

où x est une variable formelle.


Pour un code cyclique les mot cCx) sont des multiples d'un polynôme 1
générateur g(x)'= go + glX+ ... ,.8jXj +.....
xn-k diviseur de (xl!;- 1). 1

g(x)h(x) ::::(xll -1- 1)


_~
_ .... j
;r.' .. '\_.... . "'

Le polynôme h(x) de degré le est appelé le polynôme de contrôle de parité du


code.
Lorsque le code est sous forme systématique, le mot cCx) associé au polynôme
d'information m(x)::::: mO + mlx+ •... mjxJ + .... 7nk_1Xk-.1 est de la forme:
c(x)::::: v(x) -: xn-km(x)
où v(x) est le reste de la division de x~-km(x) par le polynôme générateur g(x).

"- Codes B.C.H.


Les codes de Bose, Chaudhuri et Hocquenghem, communément appelés codes
B.C.H. représentent la famille la plus importante des codes cycliques. Pour tous
entiers m,et t. on peut construire un code B.e.H. ayant pour paramètres:
2m
If ::::: - 1 dmin ~ 2t + 1 k ~ 'lm - 1- nit
- Codes de Reed Solomon
Les codes de Reed Solomon sont constitués d'éléments q-aires où q est une
puissance de 2 ts= 2nL). Les principaux paramètres d'un code de Reed Solomon,
exprimés en nombre d'éléments q-aires, sont:
ft = q -1 n - 21
k ::::: dmin:::::2t +1
où t est le pouvoir de correction du code.'

• Décodage 'des codes cycliques


Pour les codes cycliques, on calcule d'abord la version polynomiale s(x) du
syndrome s, puis on suit la même procédure que pour le décodage des codes en
blocs. Le syndrome s(x) est obtenu en évaluant le reste de la division du mot reçu
r(x) par lepolynôme générateur g(x).
r(x)::::: g(x)q(x) + s(x)
..
Les codes convolutifs (ou récurrents)
Pour les.codes convolutifs, chaque bloc de n éléments binaires en sortie du
codeur dépend non seulement du bloc de k éléments binaires présent à son entrée
mais aussi des m blocs présents précédemment, Les codes convolutifs introduisent
par conséquent un effet de mémoire d'ordre m. La quantité (m+l) s'appelle la
longueur de contrainte du code.
L'introduction d'un effet de mémoire complique notablement la représentation
des codes convolutifs à partir d'une matrice génératrice ou de polynômes
générateurs. La représentation la plus usuelle et aussi la mieux adaptée pour
l'élaboration d'algorithmes de décodage est incontestablement la représentation
graphique sous forme d'un arbre, d'un treillis ou encore d'un diagramme d'état.
266 Codage correcteur d'erreurs

• Décodage des codes convolutifs


Comme pour les codes en blocs, le décodage d'un code convolutif consiste à
rechercher dans l'arbre ou dans le treillis, la séquence binaire à la distance minimale
de la séquence reçue (séquence la plus vraisemblable). Deux algorithmes sont
principalement utilisés pour décoder les codes convolutifs :
-l'algorithme séquentiel de Fano, qui utilise l'arbre pour rechercher la
séquence la plus vraisemblable. Cet algorithme est plutôt réservé au décodage des
codes convolutifs à grande longueur de contrainte (>8) et en présence de faible
rapport signal à bruit,
-l'algorithme de Viterbi, qui utilise le treillis et qui est de loin l'algorithme le
plus utilisé pour décoder les code convolutifs de longueur de contrainte peu élevée
(typiquement inférieure ou égale à 7).

• Performances des codes convolutifs


Pour un code de rendement R:;:;; k 1 n, la probabilité d'erreur Peb peut être
bornée supérieurement par:

Peb <
-
1 dT(D,N)[
k aN D'='IJ.,N=l

où T(D, N) est la fonction de transfert du codeur et Li est une quantité qui dépend
du type de canal utilisé.
- Canal binaire symétrique

où p est la probabilité d'erreur sur le canal,


- Canal à bruit additif blanc gaussien

~=exp(-~ )

où REb 1 No est le rapport signal à bruit à la sortie du canal.

,.
·.-._ .,'!'

EXERCICES

Exercice 8.1
Soit G la matrice génératrice d'ua code en blocs linéaire.
'i\ 10 ;.6; 1 1]
, G= ci \ 1 1. :'1'~1 0
C . .~ VI 1 ..0) 0 l' .... _._ [
1) Ecrire la matrice G p~t1rAqt{ele code soit sous form /s'~~tématiq;;;;:'
2) Déterminer la matrice de contrôle de parité H correspon ante.
3) Déterminer la distance minimale dmill de ce code.
4) Calculer le mot du code associé au bloc d'information [1 0 1) et vérifier
qu'il.est orthogonal à la matrice H. . ,
,

/'. /" ."'.


Exercice 8.2

//_..>" <
On modifie un code de Hamming Ctn, k) en ~tant à cè~que mot de ce code
unélémentbioairedeparité(9. Soit: SA ~~~ ":
\ 0_> ~ ç'(. 1\,
eo 'r~
v.:. .- ..' _/

''-- '_pc,= [co .. ,éi",clI_1 vec Cil = I,ci et Ci E F2


~ ;=0
1) Déterminer l'expression de la matrice de contrôle de parité@du code' de
Hamming modifié C(n + 1,k) en fonction de la matrice H du code de Harmning..
.2) Déter~i.ner la distance minimale du code de Hamming modifié et en déduire
son pouvoir de correction et de détectionn
3) En considérant une redondance de 1[3==.3 éléments binaires, écrire une
matrice de contrôle de~a.ffte 9:§,1:Qdëdm~ngJllQdifié.j
4) Déterminer la position de l'erreur dans le mot reçu si le syndrome s est égal. à
[1 0 1 1]- 00 supposeraque le nombre d'erreurs..... de transmission est inférieur
ou égalau pouvoir de correbtion du code.

Exercice 8.3
On considère un code en blocs linéaire, de paramètre n = 7 et de polynôme
=
générateur g(x) x3 + x2 + 1.. .'. /
1) Montrer que ce code est cyclique. .' .
2) Ecrire une matrice génératrice de cecode (version systématique du code).
3) Déterminer le mot du code cCx) sous forme systématique qui est associé au
bloc d'information représenté par le polynôme m(x) = x3 +1.
268 Codage correcteur d'erreurs

Exercice 8:4
Soit le codeur convolutif de rendement R = 1/3 .et de longueur de contrainte 3
de la figure ci-dessous';
r----------,J~ (d ....,.\
, .k.

Sorties
'1
/ 1 0'"
'c--
2
'----..._...."~~k

1) Représenter le diagramme d'état de ce codeur puis déterminer sa fonction de


transfert T(D, N) et en déduire sa distance libre dt.
2) Représenter le diagramme en treillis du codeur. . ...,~ .
3) La sortie d'un canal binaire symétrique est égale à [rn,60.1, lOQ,OU,OIl]:
En considérant une transmission codée par le précédent codeur, déterminer la
séquence d'information émise la plus vraisemblable. .
4) Déterminer une borne supérieure de la probabilité d'erreur par élément binaire
d'information en sortie du décodeur en fonction de la probabilité d'erreur p sur le
canal.
5) On considère une transmission sur onde porteuse (modulation de phase à
deux états) avec réception cohérente et décodage pondéré, déterminer la nouvelle
expression de la probabilité par élément binaire en sortie du décodeur,

Exercice 8.5
On considère le codeur convolutif de rendement R:= 1/2 et de longueur de
contrainte 4. de la figure ci-dessous:
.-------> c1

Entrée Sorties

Déterminer ses deux polynômes générateurs en fonction de la variable D. Cè


codeur est-il catastrophique?

~_ ..••.... ..l . . _ ~ ,~._.


.:''';.

Chapitre IX : CORRIGÉ DES EXERCICES

Corrigé des exercices sur le chapitre m


Exercice 3.1
1)

En exprimant le produit de convolution et en utilisant la relation de Parseval,


on obtient:
.
Ui ::: r: Hi(f)G(j)eJ21fftodj
, ,
,_.

2) L'observation Yi (to) en sortie du filtre de réception à l'instant t =,to est de


=
la forme: y['(t2) ut +hCto) , où hUo) est un terme de bruit de moyenne nulle et
de variance Cf • En utilisant la définition de la probabilité d'erreur, on obtient: ï
"

, 'J.s
1
1
Peb ::: - .J 1 f+oo exp -(JO - 2uo) 2'dY o+ exp.
-Cl] - 2Uj) 2 dyt ] 1

2 2'1ra [ ": 2Cf ,-00 2a.,


. ~ .
En annulant la dérivée de la probabilité d'erreur par rapport à s , le seuil optimal
est égal à:

sop = ~O~_l
u +u
~-
'. ,,-'
_..__" '-~"-
,
<,

La probabilité d'erreur s'écrit:'

Pab = ~erfc~~I;.,5 avec a2::: ~o fJGul dj


3) La probabilité d'erreur sera minimale si le rapport p;::::, (u] - lto)/ a est
maximal. En 'utilisant l'inégalité de Schwartz et en suivant la même démarche que
dans le § 2 2 du chapitre II, on obtient sans difficulté que le filtre optimal a pour
expression:
iu) = k[hl (to -,t) - ~(to ~ t)]
4) En remplaçant g(t) par son expression, 1Ftdifférence (ul - uo) est égale ,ù :
.--:, .' .
ul-uO = CJHlC!)-:-Houtdf
".' " '

........__ .._.-
270 Corrigé des exercices

et la variance du bruit a pour expression:

(52 = No2 f+JHl


-00
Cf) - RoCf)12 di

Finalement la probabilité d'erreur e1stég~~e:: \

!;,b ::::-en' --
2
., 4No
avec : ~2 = rJH1(f) - Ho Cft df = IJh Ct) - ho(t)1 dt
1 2

~2 représente le carré de la distance euclidienne entre les deux formes d'onde


utilisées:

Exercice 3.2
1) En utilisant les résultats de l'exercice 1 avec k:::: 1, le filtre de réception
optimal a pour expression: gCt) = ,si (to -n _ o
So(t _Ot), Pour assurer la causalité
de ce filtre, on pourra choisir to ~ T, Le seuil de décision optimal est égal à : °

_ ul +uo
sOp - 2

où Ui i:::: 0,1, représente la sortie non bruitée


1 du filtre de réception
conditionnellement à la transmission du signal SiCt) :

u,.:::: r:S,(.f)G(!)eJ2ntof df

Èn remplaçant GU) par son expression et en tenant compte de la définition


des signaux Si (r), le seuil optimal est égal à zéro,
2) En utilisant le résultat de la question 4 de l'exercice 1, la probabilité d'erreur
est égale à:

Peb ::::~erfc~ 4~o avec k-== f: (SI (t) - SOU)2dt:;= A2T

L'énergie moyenne utilisée pour transmettre un symbole binaire est égale à :


1 T 2 1 T 2 A2T
Eb = - r SI (t)dt +- Î So (t)dt = -
2 Jo 2 Jo 2
et la probabilité d'erreur Peb sécrit :

Pb
e
:;= -elfe
1
2
{fii'2No
_b_

I__ ~-...o
OO.~
.
- '.

Exercice 3.3
Aux instants {to + nT} .Ia sortie du filtre de réception est égale à :
x(to + nT) = ansoexp(-a!tbl) +" Lan+mso exp(-alto - mTI)
!n;l:O

L'oeil est ouvert aux instants {to + nT} si le terme d.'lBS est d'amplitude
inférieure au terme utile,
soit:
111'1'0

Si to ::: 0 la condition d'ouverture de l'œil devient :


3
Lexp(-amT) <-2
00

111=0 "
Si a est positif, la raison dè la série étant inférieure à 1, l'inégalité s'écrit :
1 3
-----<-
l-exp(-aT) 2
In3
et l'œil reste ouvert si: a>-
T

Exercice 3.4
1) ta fonction de transfert globale GU) de la chaine de transmission est
égale à:

... G(f) = E(f)R(f) = HU)2 avec G(f) = {T Ifl :;; 2~


" 0 ailleurs
G(f) satisfait le critère de Nyquist,
2) En utilisant les résultats du § 12 du chapitre III, la probabilité d'erreur est
égale à:

Pb"
e
= -erfc
2
1 #i __l!_
No
En tenant compte du fait que 1!b = PmT, la probabilité "d'erreur est encore
égale à:

e
l ..& --
P b =-eHc
2 NoD
{.fvm
Exercice 3.5 "
1) La quantité ui est égale à : ui = ~(t) ® g(t)l_ . En exprimant le produit "de
convolution et en utilisant le théorème de Parsevat:fn obtient : - .?
,,:'1 272 Corrigé des exercices

Ui == r:
Hj(f)G(f)ej2mo! df

2) La variance du bruit b(t) est égale à:

cr ::::~o rJG(f)12 dl
3) En utilisant l'inégalité de Schwartz et en suivant la même démarche que
dans le § 2.2 du. chapitre II, le rapport p est maximal si:
g(t) == hl (to - t) - ho(to - t).
4) Dans l'exercice 1 (question 2), nous avons vu que le seuil optimal était égal
à: .

»r :«:
Uo +Ul

En remplaçant G(f) par son expression dans Uj et en utilisant le théorème de


Parseval, on obtient :

;. Le seuil optimal est alors égal à :

sop = ± r:(hj(t) + hoCt)(h1 (t) - ho (t»)dt


En tenant compte de la définition des fonctions hl (t) et ho (t). le seuil optimal
est égal à zéro. .
5) La sortie du filtre de réception à l'instant t:::: to est de la forme:
Zj == Ui + h(to). où bCto) est un bruit gaussien, centré et de variance a2. La
quantité Zi' conditionnellement à l'émission du si~nal hj(t), est une variable
aléatoire gaussienne de moyenne mi et de variance a avec:
.A2T
mO :::: Uo = -2 ;=r=
A2T
Uj ;:: 2 et a2: T
N +
LJG(f)!2 dl
En remplaçant GU) par son expression, la variance a2 est égale à :

a2 =§..f+]H1(f)-Ho(f)!2 df > No f+]1;Ct)-l!oct)f dt= NoA2y


. 2 -- 2 -- 2
Le seuil de décision étant égal à zéro, la probabilité d'erreur est égale à :

1 1
l'eh =---r;:= [1+ exp-2 A2T]2 dZo+ fO
-1 [ 20 +-
00 -1 [Zt --' -
exp-z A2T]2 dZJ 1
2 o"l/2n 0 2a 2 -0<) 20" 2

iL,. , . 'En introduisant laIonctioll d'erreur complémentaire, la probabilité d'erreur est


,
1.~< égale à; ,

. P~,.'i*.;.!~~_~~
1

....._~. .~
...
~,-,

En remplaçant 0- par sa valeur, la probabilité d'erreüî'est finalement égale à :

p b :=::.!..erfc~A2T
e 2 4No

Exercice 3.6
1) Le filtre GU) est encore égal à :,

G(f) _= {~ (~ +cos,gT). Ifl::;;..!..T


ailleurs
GU) est un. filtre en cosinus surélevé de facteur de retombée égal à 1, G(.f)
satisfait par conséquent le critère de Nyquist,
2) D'après les relations (3.1.21) et (3.1.22) :
E(f)~-'j2'(Etof)
~
R(!) = GU) exp( ::IVirt),) ,
olt lJI(f) est une phase que1Conque:-N'a~as d'IDS, la sortie du filtre de
réception aux instants {to + nT} est d-e la forme : Y,; = Mil + bit; où
bn = b(to + nT) est un terme de bruit gaussien, centré et de variance é?, La
probabilité PeO est donc égale à :

Po
e
= .!erfc
2
Ar.:l avec
0--y2
0-2:::::No o-
2 _,,;,1,
1')12df.::::
.1
No
2
La puissance Pm en sortie du filtre d'émission est égale à l'intégrale de la DSP
du 'signal ëriiissoit: '

P. = A2
ni T
~
a
f+'i1 E(f)1
-00
2 dlf'::::A
T
2

Ainsi la probabilité d'erreur PeO est égale à :

P 0 =.!erfc~PmT
il 2 No

3) La probabilité Pel est encore de la forme:


,: 1 A
Pel = r= CJ{2
La variance du bruit est désormais égale à if = No ; la puissance du signal en
sortie do filtre d'émission s'écrit: '
A2 +00 ~ 3A2
P. =_CJ2J Tcos4_'''J_.Ldlf=--,
m T a -0<> 2 41'
274 Corrigé des exercices

Ainsi la probabilité Pel est égale à :

Pl = !elfc /3:. /;nT


e 2 ~3 No
La dégradation du rapport signal à bruit est de 10log 3 / 2:;::1,7 dB.

Exercice 3.7
1) N'ayant pas d'IES, la sortie de l'échantillonneur à l'instant to + nT est de la
forme: YCto + nT) :;::Aan + hn, où bn = b(ta + nT) est un bruit centré de variance
u2, avec: '

()2 = No J+ooNy(f)df
2 -00

La puissance émise Pm est égale à :


a2 +N
P.m == _f.LJ
T -00
N y.(f')dlf' avec (J2
a
=,A2
En écrivant Y(to + nT) ::::Aan + bn, nous avons implicitement supposé que
rLy (0).= 1, soit:

La probabilité d'erreur étant de la forme:


1 A.
Pab ='2erfc(J...fi
en remplaçant A et (J par leur valeur, la probabilité d'erreur est encore égale à :

Pb=- !erfc~ Pm ,
e 2 NOD
2) Si le seuil de décision est égal à &4., la probabilité d'erreur a pour
expression :

p :;:: 2._
1
eh 2 a-fiii
_[f+ oo
eA
ex -(Y" +
P 2(J2
Ai dY.~ 1'1
r
-0<>
ex
P
-(Yn - A)2 dl]
2a2 /1

En introduisant la fonction d'erreur complémentaire, on obtient:


l ..& A(l+s) 1 r. A(1-e)
Peb=-euc r;:; +-erJ.c 7;::;
4 (J-v2 4 (J'Il2
3) En tenant compte du ~t que la transformée de Fourier inverse de Ccn.
notée c(t), est égale à :
cU),:;: oU) -1- ao(t - T~
, " .--.._ ...~,.-.
Ln sortie du filtre de réception aux instants1to + nT} est désormais de la
i'!)rmo:
YUo + nT):::: A(an + aan-l) + bn
L'œil est ouvert aux instants de décision {to + »r} en l'absence de bruit si
Ir~1< 1. Conditionnellement au symbole ali_l' la probabilité d'erreur est égale à :
PI:::: .!.erfc A(l + aan-l) +.!.erfc A(l- lXan-l)
eb a._J 4 'G'.fi 4 G'.fi
En moyennant sur les symboles an-l' la probabilité d'erreur est finalement
~ialeà:
l fi A(l + a) 1 c A(l- 0;)
P / ::::-er 'c + -Cl'.lc___:.----,,=-'-
61 4 (J'.fi 4 G'.fi
Dans les conditions idéales (0;:::: 0, e ::::
0), si le seuil est égal à s , la
probabilité d'erreur est de la forme :
l ,A+s 1 A.,...s
Peb ='4erfc (J'.fi +'4erfc G'.fi
En choisissant un seuil s égal à M, on obtient la même expression de la
probabilité d'erreur qu'en présence d'un milieu de réponse
CU) = 1+ (X exp (-j21ffT).

Exercice 3.8
La transformée de Fourier inverse de R(f), r(t), est égale à
,·U) = SillC(2t1 T). Si on échantillonne la fonction r(t) aux instants nT, on
obtient: r(liT):::: 0710 ; la fonction r(t) vérifie donc le critère de Nyquist au pas T.

Exercice 3.9
La rapidité de modulation est égale à: R:::: 11 T ::::D /3:::::200 Mbauds. En
présence de filtrage de Nyquist, la bande mono latérale nécesssaire à la
transmission du signal sera égale à: B::::(1+a)/2T. Avec a::::0,4 et
1/ T:::: 200 Mbauds, la bande B est de 140 MHz.

Exercice 3.10
1) Aux instants d'échantillonnage {to + »r], le signal u(t) est égal à:
u(to + nT):::: un:::: I.bn-k(OkO + aOkl)
k
soit encore: un:::: bn + o;bn_l•
2) Si la constante a est comprise entre -1/2 et 1/2, la détection des symboles
bk en l'absence de bruit-pourra se faire sans erreur.
276' Corrigé des exercices

Exercice 3.11 .~'


1) Le récepteur est constitué d'un filtre adapté au signal sU) suivi d'un
échantillonneur aux instants {nT} et d'un seuil de décision égal à zéro,
2) La sortie du filtre adapté, aux instants {nT} est égale à:
r(nT) = A2f3Tafl + bn, où bn est un bruit de moyenne nulle et de variance (J2. La
probabilité d'erreur sur les symboles binaires est alors égale à : .
1· A~f3T
Pb
Id
==-erfc--
2 (J-fi

En remplaçant (J par son expression, la probabilité d'erreur est encore égale'


à:

1 . fA2f3T
1 l!!b =2erfC~~'
La puissance émise Pm en ligne est égale à :
(J2 +00
Pm ==; J_JS(f)fd!=A2,B
et finalement la probabilité d'erreur s'écrit:

Pb
e
l[ï5
= -erfc
2
_ni_
NOD

Corrigé des exercices sur le Chapitre IV

Exercice 4.1

Exercice 4.2
1,2) .

~ =-erfcA
4 l'HE' --+-erfcÂA
2NO 1 4 ~-- o
'2N

à égale distance des deux niveaux possibles du signal


3) On doit placer le seuil
à l'instant dlchnnilllonnnge en..~:~~~:~c~d.~_bIU.lt.dn obtient alors: .
---,-,_~ __. ,: "i'