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CHAPITRE 3 :

DIAGRAMME DES EFFORTS TRACHANTS ET DES MOMENTS


FLECHISSANTS
1. INTRODUCTION

La figure ci-dessous représente une


étagère dont les rayons se comportent
comme des poutres. En réaction à la
charge appliquée (la masse des livres),
des forces et des moments internes se
développent dans les rayons pour
maintenir l’équilibre. On appelle effort
tranchant 𝑽 la force interne transversale et moment fléchissant 𝑴 le moment interne.

- Toute force agissant le long d’u


- n plan entraver d’un matériau est appelée force de cisaillement ou effort tranchant notée
généralement 𝑻 ou V.
- L’effort tranchant divisé par la surface sur laquelle il agit est appelée contrainte de
cisaillement notée généralement 𝝉 (contrainte moyenne).

Le présent chapitre est consacré à l’étude de ces forces et ces moments ; nous allons voir de
quelle façon ils varient d’une zone à l’autre le long de la poutre et où sont situées les zones les
plus sollicitées.

2. ETUDE DE L’EFFORT TRANCHANT ET DU MOMENT FLECHISSANT

Soit une poutre ABC soumise à une charge 𝑃 (figure 3.1a). Considérons la section a-a située à
une distance 𝑥 de l’origine du système de
coordonnées. Les diagrammes du corps libre
(DCL) des deux parties de la poutre sont
illustrés à la figure 3.1b. Un effort tranchant
𝑉 et un moment fléchissant 𝑀 affectent
chacune des parties à la section a-a. puisque
il s’agit de forces et de moments internes. Le
sens de 𝑉 et de 𝑀 sont opposés sur les deux
parties de la poutre (figure 3.1b). Ainsi
l’effet de l’action et de la réaction est
représenté sur chacune des deux parties.
Figure 3.1
II.1 Convention de signe

Une force et un moment interne sont positifs lorsqu’ils agissent dans le sens positif d’un axe
sur une face positive, ou dans le sens négatif d’un axe sur une face négative. Dons, il faut se
rappeler que :
-L’effort tranchant positif tend à provoquer le
cisaillement de la partie de droite, vers le haut,
par rapport à la partie de gauche (figure 3.2a) ;
l’inverse est vrai pour l’effort tranchant négatif
(figure 3.2b).
Figure 3.2
II.2 Diagrammes

D’après le comportement de la poutre illustrée à la figure 3.1, nous pouvons déduire que
l’effort tranchant et le moment fléchissant ne sont pas constants, mais qu’ils varient en
fonction de x. il est donc nécessaire, pour faire une étude rigoureuse, d’établir des
diagrammes qui donnent les valeurs de V ou M en tout points et qui permettent d’identifier les
zones critiques où V ou M atteignent des valeurs extrêmes. Pour obtenir ces diagrammes, on
utilise les équations d’équilibre. Dans le cas d’une poutre chargée dans le plan xy, ces
équations sont :

(ΣF)𝑥 = 0 (1)

(ΣF)𝑦 = 0 (2)

(ΣM)𝑧 = 0 (3)

Exercice 3.1

La poutre illustrée à la figure 3.3a repose sur des appuis


simples. A son extrémité A, elle s’appuie sur un rouleau,
alors qu’a son extrémité C, elle repose sur un appui simple
fixe. Elle supporte une charge concentrée au point B. Etudier
les réactions internes V et M, et en tracer les diagrammes.
Figure 3.3a
Solution :
1. Réactions externes :(Figure 3.3b)
A l’extrémité A, le rouleau élimine toute possibilité de
réaction horizontale. On peut donc établir les équations
suivantes :
 (ΣM)𝐶 = 0 ; 𝑅𝐴 𝐿 − 𝑃𝑏 = 0
𝑃𝑏
D’où 𝑅𝐴 =
𝐿
 (ΣF)𝑦 = 0 ; 𝑅𝐴 − 𝑃 + 𝑅𝐶 = 0
D’où 𝑅𝐶 = 𝑃 − 𝑅𝐴
𝑏 𝑃𝑎
𝑅𝐶 = 𝑃 (1 − ) =
𝐿 𝐿

2. Réactions internes pour 𝟎 ≤ 𝒙 ≤ 𝒂 :(Figure 3.3c)


A une section quelconque D, située à une distance x de A, les
réactions internes V et M agissent dans le sens positif. Les
équations d’équilibre donnent ici :
Figure 3.3
2
3. Réactions
internes pour 𝒂 ≤ 𝒙 ≤ 𝑳
:(Figure 3.3d)

Les équations d’équilibre donnent, pour la section E,

4. Diagrammes :
Les figures 3.3e et 3.3f donnent l²es diagrammes de V et de M, tels que les équations
précédentes les décrivent.

Figure 3.3e et Figure 3.3f

3. CHARGES CONCENTRES ET CHARGES REPARTIES


On distingue deux types de charges : les charges concentrées et les charges reparties (voir
figure 3.4). Cette distinction est utile, car elle permet d’idéaliser des états de chargement
physiquement beaucoup plus complexes.

3
Figure 3.4

- A un appui simple correspond une charge concentrée (réaction externe) même si la charge
est en réalité appliquée sur une petite surface de contact.
- Dans le cas d’une charge repartie, la répartition se fait sur une certaine longueur de la
poutre, et l’intensité q de la charge (force par unité de longueur) est donnée par l’équation
suivante :
∆𝐹
𝑞 = lim
∆𝑥→0 ∆𝑥

Nous affectons q du signe positif lorsque la charge répartie est dirigée dans le sens positif de
l’axe transversal (ici l’axe des y).

Il faut noter que, lorsque nous utilisons les équations d’équilibre, il faut remplacer la
charge repartie par sa résultante.

Soit une poutre reposant sur des appuis simples (figure 3.5a). Pour
remplacer la charge repartie par sa résultante (figure 3.5b), il suffit
d’appliquer les mêmes conditions d’équilibre à la charge répartie et à
sa résultante. Ainsi,

𝐿
(ΣF)𝑦 = 0, 𝑅 = ∫ 𝑞 𝑑𝑥
0
𝐿
(ΣM)𝐴 = 0, 𝑅𝑥̅ = ∫ 𝑞 𝑥 𝑑𝑥
0
𝐿
∫0 𝑞 𝑥 𝑑𝑥
d’où 𝑥̅ = 𝐿
∫0 𝑞 𝑑𝑥
Figure 3.5

La résultante est représentée par l’aire du diagramme de chargement de la charge répartie, et


sa ligne d’action passe par le centroïde de cette aire. La figure 3.6 représente deux exemples
de calcul de résultante :
- Le premier s’applique à une charge uniformément repartie (figure 3.6a)

- 𝑞 = 𝑤𝑜
- 𝑅 = 𝑤𝑜 𝐿
𝐿
- 𝑥̅ =
2

4
- Le second s’applique à une répartition linéaire
(figure 3.6b)

𝑤𝑜 𝑥
- 𝑞=
𝐿
𝑤𝑜 𝐿
- 𝑅=
2
2𝐿
- 𝑥̅ =
3

Note : lorsqu’on veut calculer les réactions internes par la méthode de la résultante. On doit
d’abord les transformer en réactions externes.

4. RELATIONS DIFFERENTIELLES D’EQUILIBRE


Nous allons maintenant établir les relations générales qui relient l’effort tranchant et le
moment fléchissant au chargement appliqué sur la poutre. Nous élaborons à partir des
conditions d’équilibre qui régissent un élément de longueur de la poutre.
 Démonstration:
Soit une poutre soumise à un chargement réparti quelconque 𝒒 = 𝒒(𝒙) Isolons un élément de
longueur ∆𝒙 , situé à une distance 𝒙 de l’origine.
 La résultante de 𝒒 agissant sur ∆𝒙 est donnée par: 𝐑 = 𝐪∆𝒙
 Les réactions internes, identifiées sur la face 𝑨 par 𝑽 et 𝑴, varient selon la distance 𝒙
et prennent les valeurs 𝐕 + ∆𝑽 et 𝐌 + ∆𝑴 sur la face B de l’élément

d’après les conditions de l’équilibre statique (𝜮𝑭) 𝒚 = 𝟎, on a:


𝐕 + ∆𝑽 + 𝒒∆𝒙 − 𝑽 = 𝟎
𝒅𝑽
À la limite ∆𝒙 → 𝟎 , après avoir divisé par ∆𝒙 nous avons : 𝒅𝒙 = −𝒒
De la même façon: (𝜮𝑴) 𝒛 = 𝟎, on a:
∆𝒙 ∆𝒙 ∆𝒙
𝐌 + ∆𝑴 + (𝑽 + ∆𝑽) −𝑽 − 𝑴 = 𝟎 et ∆𝑽 ≈ 𝟎 (un terme du 2ème ordre)
𝟐 𝟐 𝟐
𝒅𝑴
On a aussi : = −𝑽
𝒅𝒙
Application :
1) Effort tranchant T
En intégrant entre deux sections de la poutre définies par les coordonnées x1 et x2, pour
lesquelles les efforts tranchants sont respectivement égaux à V1 et V2, nous avons :
x2
V2  V1    qdx
x1
5
2) Moment fléchissant M
En intégrant entre deux sections de la poutre définies par les coordonnées x1 et x2, pour
lesquelles les moments fléchissant sont respectivement égaux à M1 et M2, nous avons :
x2
M 2  M1    Vd x
x1

Dans le cas d’une charge concentrée qui agit entre x1 et x2, l’effort tranchant V augmente (ou
diminue) d’une quantité égale à la charge, à l’endroit où celle-ci est appliquée.
Le moment fléchissant M augmente (ou diminue) d’une quantité égale au moment à l’endroit
où la charge est appliquée

5. Démarche à suivre pour tracer les diagrammes de V et M


1) Calculer les réactions
2) Tracer le diagramme de V en fonction de x (la forme de la courbe est déterminée par
les équations différentielles d’équilibre)
3) Calculer la valeur de V aux sections où un changement d’intensité des charges ou
des réactions externe se produit
4) Localiser les points où V=0 (là où M atteint la valeur maximale ou minimale)
5) Tracer le digramme de M en fonction de x (la forme de la courbe est déterminée par
les équations différentielles d’équilibre)
6) Calculer les valeurs de M aux points où V=0

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