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CHAPITRE 1.

ETUDE HYD
CHAPITRE 2. ROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE
2.1. GENERALITES
Ce chapitre concerne l’étude hydrologique et hydraulique du projet de prolongement
de la rocade X20 depuis sa fin actuelle à l’intersection avec la RR31 jusqu’à la Sortie
Ouest, au niveau du carrefour origine de l’autoroute A3.
Le but est de définir les ouvrages de drainage transversaux et longitudinaux
capables de maintenir la chaussée hors d'eau et donc d’évacuer les eaux pluviales
provenant de l’impluvium propre à la chaussée et celui en provenance des bassins
versants riverains.
Le dimensionnement correct des ouvrages hydrauliques permet d’éviter la
submersion de la plate-forme entraînant la dégradation des couches de chaussée et
la coupure de la circulation. C’est donc un facteur majeur assurant la bonne tenue de
la route et la sécurité du citoyen.
Outre le dimensionnement correct des traversées d’écoulements, le drainage doit
tout d’abord être assuré par:
- La réalisation presque systématique des fossés latéraux recueillant l’eau de la
plate-forme et de ses abords immédiats.
- Une mise en remblai de la route dans toutes les zones à faible pente, c’est à dire
partout où un écoulement correct des fossés n’est pas assuré.
- Une mise en toit correct de la plate-forme (dévers de la chaussée et des
accotements). On prendra généralement une pente de 2,5% pour la chaussée
roulable et 4% pour les accotements permettant ainsi un ruissellement rapide des
eaux de pluie vers les fossés latéraux et évitant les infiltrations.
2.2. CARACTERISTIQUES DE LA REGION DU PROJET
Cette rocade, objet de cette étude, prend origine sur le carrefour X20-RR31, ensuite,
elle traverse les routes RN7, RN5 et la ligne du chemin de fer Tunis-Béja et prend fin
sur la Sortie Ouest, au niveau du carrefour origine de l’autoroute A3.
Ainsi, cette rocade prolonge l’infrastructure existante (RN8 – RR31) en direction de
l’ouest et du sud pour constituer à terme la troisième couronne du Grand Tunis.
Ce tronçon de la X20, objet de cette étude, traverse d’abord la région d’El Mnihla qui
est considérée comme l'une des plus importantes communes relevant de la
compétence administrative du Gouvernorat de l'Ariana.
Ensuite, cette rocade contourne cité El Bassatine et croise la piste chinoise qui
connait un mouvement intense révélant le progrès économique et une expansion
urbaine permanente.
Avant son croisement avec la RN7, la rocade X20 contourne les cités Douar Hicher
et Khaled Ibn Walid (cités très populaires « 75 959 habitants (2006) » abritant des
populations de niveau social généralement bas).
Après avoir croiser la RN7, la rocade X20 traverse d’abord les chemins de fer (vers
l’Algérie), puis desserve le complexe universitaire de Mannouba (1258 enseignants
et 29 392 étudiants (2005-2006)). Ensuite, la rocade traverse le canal Majerda Cap-
Bon.
À ce stade, la rocade croise la RN5au niveau du bassin de Ghdir El Golla (Complexe
SONEDE) et se termine au niveau de la sortie Ouest.

Figure 1 : Tracé de la rocade X20 : premier lot

La zone du projet possède un climat méditerranéen avec une température moyenne


de 18,7°C et des précipitations annuelles atteignant en moyenne 450 millimètres.
Le climat de la zone d’études se caractérise par une saison fraîche et pluvieuse et
une saison chaude et sèche. Il doit ses traits essentiels à la latitude de la ville.
L’hiver est la saison la plus humide de l’année : il tombe ainsi plus du tiers des
précipitations annuelles au cours de cette période, ce qui représente un jour de pluie
tous les deux ou trois jours. L’ensoleillement entretient tout de même une certaine
douceur : les températures évoluent en moyenne entre 7 °C le matin et 16 °C l’après-
midi. Les gelées sont donc très rares voire inexistantes.
Au printemps, il tombe moins de pluie : le cumul des précipitations diminue ainsi de
moitié. L’ensoleillement devient prépondérant au fil des mois pour atteindre 10
heures en moyenne par jour au mois de mai. Les températures s’en ressentent,
variant en mars entre 8 et 18 °C, en mai entre 13 et 24 °C. Cette saison peut
également connaître des chaleurs caniculaires, Tunis ayant déjà enregistré des
températures record de
40 °C en avril et mai.
En été, la pluie se fait totalement absente et l’ensoleillement maximum. Les valeurs
moyennes des températures sont très élevées. Les brises marines atténuent la
chaleur mais le sirocco renverse parfois la tendance.
En automne, il se remet à pleuvoir, souvent à l’occasion d’orages brefs, ce qui peut
parfois favoriser de rapides crues voire des inondations dans certains quartiers de la
ville.
Le mois de novembre marque en général une coupure thermique avec des
températures qui évoluent en moyenne entre 11 et 20 °C.
Relevés à Tunis-Carthage
Mois Jan Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept Oct. Nov. Déc. Année

Record des
températures
25 29 33 40 40 43 48 47 44 40 32 27 48
maximales
(°C)

Températures
maximales
14 16 18 21 24 29 32 33 31 25 20 16 23
moyennes
(°C)

Températures
minimales
6 7 8 11 13 17 20 21 19 15 11 7 13
moyennes
(°C)

Record de
température -1 0 1 3 6 9 10 11 11 7 1 -1 -1
minimale (°C)

Précipitations
67 49 68 30 19 6 1 8 33 41 48 71 411
(mm)

2.3. ECOULEMENTS IMPORTANTS INTERCEPTÉS PAR LA ROCADE


Le tracé en plan de la rocade X20, objet de cette étude, passe au niveau des
piémonts de plusieurs montagnes assurant le ruissellement de plusieurs oueds
encaissés, ramifiés et assurant des débits importants qui peuvent se transformer en
une crue catastrophique.
La région traversée par le tracé possède un réseau hydrographique très dense,
s'articulant autour de quatre oueds principaux (Essanhaji, Erroumi, El Guettar, Ellil
et Bir Ennaoura) qui drainent les eaux de pluie jusqu'à Sebkhet Essijoumi moyennant
oued Guériana.
Dans le tableau ci-dessous on présente les différents oueds rencontrés.

Oued Montagne relative

Oued Essanhaji Djebel Essanhaji

Oued Erroumi Raggoubet Essbia

Oued Bouchoucha Djebel Bouchoucha

Oued El Guettar Djebel Bouchoucha

Oued Ellil Djebel Ammar

Oued Essmar Djebel Aïn El Krima

Oued El Boul Djebel El Khrarib

Oued Bir Ennaoura Djebel Essaïegh

Oued Echchaïr Djebel Sidi Khedher

Oued Ellil, oued Essmar, oued El Boul et oued Bir Ennaoura se réunissent à l’amont
de la rocade pour constituer oued Guériana.
Dans la zone d'étude, la majorité des oueds s'écoulent pendant les jours de fortes
pluies durant lesquels ils se transforment en quelques minutes en torrents; la forme
et l'amplitude de l'hydrogramme de crue varient principalement suivant la répartition
temporelle et spatiale de l'averse.
2.4. EQUIPEMENTS EXISTANTS DE PROTECTION CONTRE LES
INONDATIONS
La Tunisie a connu au cours de son histoire plusieurs inondations. Les premières
mentionnées par les historiens datent de l’année 861 (Kallel et Benzarti, 1990).
Depuis cette date et jusqu’à nos jours, le territoire tunisien a subi plus qu’une
vingtaine d’inondations catastrophiques.
Différentes mesures peuvent être adoptées afin d’atténuer l’impact des inondations
pour un pays comme la Tunisie, qui connaît ce type de catastrophes naturelles
alternant souvent avec des périodes de sécheresse, la maîtrise parfaite de
l’écoulement dont les crues sont fréquemment violentes et la protection des sols
nécessitant la mise en place d’un plan global de protection contre les inondations.
De ce fait, des études ont été entreprises dans ce sens afin de lutter contre les
méfaits des inondations, éviter les pertes des vies humaines et réduire les pertes
matérielles.
L‘inventaire de l’impact des inondations a permis de constater que les bassins
versants d’oued Guériana représentent les bassins prioritaires pour une intervention
urgente de lutte, et tout dépend de la diversité du relief, des encaissements des
affluents et des thalwegs et de la texture du sol pour pouvoir aboutir à une grande
densité de canaux d’évacuations et de basins d’écrêtements (voir page suivante)
dont le rôle est multiple. En effet, ces bassins d’écrêtement consistent à aplatir la
crue, la disperser et conserver le sol après le passage de la crue.

BC-LC8

BC-LC7

BC-LC6 BC-LC5

BC-LC4

BC-LC3

BC-LC2

BC-SFIOU

Figure 2 : Bassins d’écrêtement, barrages et lacs collinaires existants et/ou


projetés dans la zone du projet de la rocade X20

2.5. HIÉRARCHISATION DES AMÉNAGEMENTS DE PCI DANS LA ZONE


DU PROJET
La hiérarchisation des aménagements a été effectuée selon les critères suivants :
- Ouvrage de protection éloignée  : tels que les barrages et lacs écrêteurs de
crues dimensionnés pour stocker la crue centennale. Ces barrages sont
équipés d’un pertuis de fond conçus pour évacuer 0,5 à 1m 3/s ce qui assure la
vidange de la retenue après le passage de la crue sur une durée de 24
heures. En plus ces barrages ne doivent pas déborder s’il se produit plusieurs
grosses averses consécutives dans la journée. Quant aux lacs écrêteurs, ce
sont des digues en terre de 9 à 20 m de haut ayant une capacité de 30 000 à
180 000 m3. De même ces lacs sont équipés d’un pertuis de fond conçus pour
assurer la vidange de la retenue.
- Ouvrage de protection rapprochée : il s’agit de tous les réseaux de collecteurs
dont les débordements affectent les voiries et les zones urbaines. Ces
réseaux ont été dimensionnés pour des fréquences d’insuffisance variables
entre 10 et 50 ans selon les bassins versants.
- Ouvrage et réseaux d’assainissement  : cette catégorie inclut les bassins peu
ou pas équipés des réseaux secondaires et tertiaires qui assurent
l’assainissement des eaux pluviales et leur raccordement aux infrastructures
primaires.
Ce projet de protection contre les inondations du grand Tunis, prévoit l’aménagement
de 8 barrages et lacs collinaires dans la zone du projet de la rocade X20.
2.6. ETUDE HYDROLOGIQUE
2.6.1. Détermination des caractéristiques physiques et morphologiques des
bassins versants.

A l’aide des cartes d’Etat Major au 1/25 000è, des photos aériennes, des restitutions
aux 1/2000è et du profil en long sommaire extrait de celle-ci, on a délimité les
différents bassins versants des écoulements interceptés par le tronçon de la route
étudié.
Pour chaque bassin nous avons déterminé les caractéristiques physiques et
morphologiques relatives à chacun d'entre eux (surface, périmètre, longueur du
talweg principal et pente moyenne). Ces données sont portées sur les tableaux
récapitulatifs.
Le relief joue un grand rôle sur le ruissellement global en augmentant ou en
diminuant les distances parcourues par les eaux ruisselées pour arriver à l’exutoire.
Ceci se traduit par une augmentation ou diminution du temps de concentration en
fonction de la pente du bassin.
En ce qui concerne les petits bassins versants pour lesquels l’écoulement n’est pas
marqué, nous avons admis que le ruissellement est diffus et sera collecté par le
fossé latéral acheminé vers l’ouvrage placé dans le point bas du tronçon de route
correspondant.
2.6.2. Pente moyenne im. 
La pente moyenne du cours d’eau principal est déterminée par la formule suivante:

[ ]∑ Lk
2

i m=
Lk
∑ √ik
Avec Lk: longueur partielle en km du cours d’eau principal de pente i k en %.
2.6.3. Indice de compacité Kc:
L’indice de compacité Kc caractérise la forme (homogénéité de la forme) du bassin
versant qui affecte notablement les débits. Il est déterminé par la formule suivante:
P
K c =0,28
√A Avec P  km et A km2
Avec: P: Périmètre du bassin versant
A: Superficie du bassin versant
2.6.4. Temps de concentration Tc:
C’est le temps que met une goutte d’eau tombée au point le plus éloigné
(hydrauliquement) pour arriver à l’exutoire.
- Pour les bassins de superficie inférieure à 25 km², le temps de concentration est
calculé par la formule de VENTURA:

Tc=76

A: Superficie du bassin versant en km2
A
i En mn

i: Pente moyenne du bassin en %


- Pour les bassins de superficie supérieure à 25 km², le temps de concentration est
calculé par la formule de PASSINI:
3
Tc=1,08
√ SL
√i En heures
A: superficie du bassin versant en km2
L: longueur de l’oued en km
i: pente moyenne du bassin en %
Ou par la formule de Giandotti:

4 √ S+1 . 5 L
Tc=
0 . 8 √h En heures
S: superficie du bassin versant en km2
L: longueur de l’oued en km
h: différence d’altitude moyenne du bassin et celle de l’exutoire en m.
2.6.5. Temps de base Tb:
Pour les bassins versants de superficies plus ou moins importantes, la notion de
temps de base est définie comme suit:
T b= K×T c
K est donné selon la compacité du bassin versant:
Kc 1.5 1.5
K 3 4
2.6.6. Intensité de la pluie I:
Détermination des caractéristiques A(T) et B(T):
L’intensité de la pluie, pour une période de retour donnée, peut être calculée par la
formule:
I= A(T) tc B(T) [mm/h]
tc : durée de l’averse en heure
A(T) et B(T) : coefficients dépendant de la période de retour T et de la
région considérée

La station de référence choisie et donc la courbe "intensité – durée - fréquence" est


celle de Tunis pour l’aménagement de la route rocade X20 depuis sa fin actuelle à
l’intersection avec la RR31 jusqu’à la Sortie Ouest, au niveau du carrefour origine de
l’autoroute A3.
Les coefficients A(T) et B(T) calculés à partir de la courbe IDF sont:
Période de
10 ans 20 ans 50 ans 100 ans
retour
A (T) 28.87 34.14 41.96 48.62

B(T) -0.644 -0.635 -0.616 -0.599

2.6.7. Choix de la période de retour


Selon l'objectif préconisé dans le cadre de cette étude qui consiste à mettre les
routes hors d'eau, la période de retour pour le calcul des débits de crues servant au
dimensionnement des ouvrages de traversée dépend du niveau d'aménagement et
de protection à adopter.
Pour ce projet on adoptera une période de retour T = 100 ans pour les oueds
interceptés par la rocade projetée, et une période de retour T = 20 ans sera prise
pour le dimensionnement des ouvrages de drainage latéral (fossés…).
2.6.8. Coefficient de ruissellement Kr:
Le coefficient de ruissellement est, par définition, le rapport entre le volume précipité
et le volume ruisselé. Intégrant toutes les pertes d'eau, il dépend de plusieurs
paramètres à savoir: la nature de la surface, les pentes moyennes du ruissellement,
le degré de saturation du sol, la couverture végétale, le stockage en surface,
l’intensité de la pluie et la période de retour.
Nous sommes ainsi parvenus au constat qui il est essentiel de relativiser cette notion
de concurrence entre l'amont et l'aval de bassins versants aménagés. Une telle
compétition autour des eaux superficielles semble en effet peu généralisable compte
tenu notamment des nombreux paramètres à prendre en compte (hydrologiques,
physiques, géomorphologiques, impact des aménagements de conservation des
eaux et des sols (lacs collinaires, bassins d’écrêtement…) en fonction de leur
emplacement et du type d'ouvrage et de leur difficile quantification.
L'existence dans l’amont des oueds du système des lacs collinaires et tabias
(construites par les agriculteurs) plus ou moins entretenus peuvent suggérer l'idée
d'une perturbation dans la répartition des eaux de surface entre l'amont et l'aval des
bassins versants. Ceci peut conduire à la conclusion hâtive que la zone aval serait
dans cette situation privée d'une certaine quantité d'eau retenue par les
aménagements pratiqués à l'amont.
Ces ouvrages installés dans la zone amont sont matérialisés par des ouvrages de
recharge des nappes ou d'épandage accessoirement. Ces aménagements, réalisés
sur les axes d'écoulement et leurs principaux affluents dans la zone amont ne sont
pas, seulement, des ouvrages de rétention d'eau. Ils ont pour objectif d’écrêter la
crue, casser la vitesse du ruissellement, de favoriser l'infiltration et l'alimentation des
nappes souterraines dont les bienfaits touchent également la zone aval.
De ce fait et tenant compte de ce qui précède et de la nature des bassins versants
traversés nous avons adopté des coefficients de ruissellement de 0,40 ; 0,50 et 0,70,
respectivement, pour les périodes de retour décennale, vingtennale et centennale.
2.6.9. Coefficient d’abattement Ka:
Pour tenir compte de l'hétérogénéité spatiale de l'événement pluviométrique, on est
amené à multiplier le débit par un coefficient inférieur à l'unité qui dépend en général
de la région, de l'importance et de la forme du bassin. Plusieurs formules sont en
usage pour la détermination de ce coefficient, parmi lesquelles on cite la formule de
Burkli-Ziegler:
−ε
K a= A avec 0,05 <  < 0,2
Ce coefficient est pris égal à 1 lorsque la taille du bassin versant ne dépasse pas 25
Km2. Au delà de cette limite, il prend les valeurs suivantes:

S(km²) 0-25 25-50 50-100 100-150 150-200

Ka 1,00 0,95 0,90 0,85 0,80

2.6.10. Caractéristiques des bassins versants


Les caractéristiques des bassins versants relatifs à la route rocade X20 depuis sa fin
actuelle à l’intersection avec la RR31 jusqu’à la Sortie Ouest, au niveau du carrefour
origine de l’autoroute A3, sont récapitulées dans le tableau suivant :
Tableau 1 - Caractéristiques des bassins versants

S Long Périmètre
BV Hmin Hmax P(%)
(Km²) L(Km) Pr (Km)

B0 0.8 1.0 4.3 77 85 0.80

B1 2.3 3.8 8.6 85 270 4.87

B2 0.4 0.8 2.7 95 130 4.24

B3 1.4 2.7 6.9 115 285 6.19

B4 1.4 2.0 6.3 115 275 8.00

B4a 0.4 0.3 2.2 125 145 6.67

B5 1.0 2.0 5.2 110 300 9.49

B6 1.0 1.8 5.7 90 255 9.30

B7 0.9 0.7 4.2 70 110 5.35

B8 2.4 3.1 10.2 45 200 4.99

B9 3.3 3.9 10.2 35 175 3.59

B10 4.4 6.3 14.4 43 285 3.84

B11 5.0 4.5 10.5 43 150 2.38

B12 5.3 3.7 10.3 40 150 2.97

B13 2.0 3.4 8.7 38 125 2.56

B13a 0.7 1.7 5.0 35 80 2.65

B13b 0.6 1.0 4.0 45 95 5.00

B14 1.9 1.2 5.5 60 88 2.33

B14a 0.5 0.2 2.1 75 85 5.00

B15 0.7 0.7 2.9 75 105 4.39

B16 0.6 0.4 3.0 75 95 5.56


2.7. OUED GUÉRIANA
Oued Guériana fait partie de la région banlieue Ouest de Tunis. Cette région est
drainée dans sa majeure partie par deux principaux oueds (oued Bardo et oued
Gueriana).
Cet oued constitue le cours d'eau le plus important de la zone d’étude. Ce cours
d'eau joue un rôle important dans le drainage de la nappe phréatique. Cet oued, de
15 kilomètres de long, permet la collecte des eaux pluviales d'un bassin intéressant
les zones de Ibn Khaldoun, cité Ettahrir, cité El Hadika, El Omrane Supérieur,
Ettadhamen, le Bardo, Khaznadar, Ksar Saïd, Manouba, Oued Ellil, Hraïria et
Ezzouhour. Il débute en amont, dans la région d’Oued Ellil et se poursuit sur une
quinzaine de kilomètres environ avant de rejoindre la Sebkha de Essijoumi en aval.
Cet oued intersecte la X20 en assurant le drainage de cinq bassins versants (BV9,
BV10, BV11, BV12 et BV13), soit une surface totale de 20km².
Au niveau de son intersection avec la X20 (zone plaine et basse), cet oued se
caractérise par une pente faible et un lit majeur assez important. De ce fait, cette
région est le siège de plusieurs inondations.
Ces inondations ont provoqué une asphyxie des villes de l’Agglomération pendant
des jours à laquelle peu d’artères et de quartiers ont échappé une gêne voire même
un blocage complet de la circulation qui a duré parfois plusieurs jours consécutifs.
Ainsi, en se basant sur la crue du 24 septembre 2007 qui est engendrée par une
pluie de 98mm, dont les intensités sont demeurés quasiment centennales ou
supérieures à la centennale pendant toute la durée de la pluie (d’près l’étude de PCI
du grand Tunis, février 2005), on s’aperçoit qu’elle a provoqué plusieurs dommages
matériels. En effet, des inondations importantes un peu partout le long de l’oued
Guériana et essentiellement à l’amont de Manouba qui sont localisées
essentiellement au niveau de la cité universitaire, la cité des Orangers, de l’hôpital
Kassab et de l’ancienne ville.
Selon l’étude de PCI du grand Tunis (février 2005), le réseau existant
d’assainissement pluvial ne prend pas en charge les crues de fréquences
décennales. La capacité totale du réseau en place y compris les volumes transités
par les réseaux ne représente que 12.5% des volumes ruisselés de la crue du 24
septembre 2003. En effet, des observations ont été faites au niveau de l’aval du
bassin d’écrêtement Beldi du coté d’oued Guériana ont montré un débit de 186 m3/s
générés par cette crue de 24 septembre 2003.
Bassins versants de la route rocade X20 depuis sa fin actuelle à l’intersection avec la
RR31 jusqu’à la Sortie Ouest, au niveau du carrefour origine de l’autoroute A3
2.8. ETUDE HYDRAULIQUE
2.8.1. Calcul des débits maximaux des crues
L'absence des données d'observation in situ dans la région étudiée nous amène à
utiliser différentes méthodes déjà utilisées en Tunisie pour évaluer les débits
maximums des crues de diverses périodes de retour.
La plupart de ces méthodes basées sur les données pluviométriques, en particulier
celles qui ont été mises au point dans d'autres pays, sont loin d'être satisfaisantes
pour la Tunisie où l'irrégularité caractérise le régime hydrologique des différents
oueds.
L’utilisation de ces formules suppose une critique des résultats obtenus comparés
aux observations faites sur le terrain afin de retenir celles qui conduiraient aux
résultats les plus vraisemblables, sans prendre des marges de sécurité trop
importantes ni sous évaluer les risques encourus.
Pour se faire une idée, nous allons calculer les débits des différents bassins versants
par les diverses méthodes suivantes:
1. Méthode Rationnelle.
2. Méthode d’Auvray-Rodier.
3. Méthode de Ghorbel.
4. Méthode de Franco Rodier
5. Méthode de SPEED
2.8.2. Méthode rationnelle
Cette méthode consiste à calculer suivant les caractéristiques géométriques du
bassin versant, le temps de concentration ou de base, d'estimer les hauteurs d'eau
tombées sur ce bassin pendant ce temps en utilisant les courbes intensités - durée -
fréquence établies pour la station pluviométrique de référence et à en déduire le
volume d'eau ruisselé, ainsi que le débit de crue correspondant.
La formule utilisée sera la suivante:

¿
Q ( ¿ m /s )=¿
3
3,6
I.S.Kr.Ka ¿
Où:
I (mm/heure) : intensité moyenne maximale sur le bassin, déterminée par les
courbes intensités -durée - fréquence pour un temps de pluie égal au
temps de concentration du bassin versant.
S (km²) : surface du bassin versant
Kr : coefficient de ruissellement
Ka : coefficient d'abattement de la pluie.
Cette formule suppose les hypothèses suivantes:
- L'intensité de l'averse est uniforme et dans le temps et dans l'espace.
- Le débit maximum n'apparaît que lorsque l'averse a une durée au moins égale au
temps de concentration. Ce qui suppose que le débit de pointe n'est observé à
l'exutoire que si la totalité du bassin contribue à sa formation.
- Le débit de pointe est proportionnel à l'intensité moyenne de l'averse, il a donc la
même période de retour. Ce qui suppose que le coefficient de ruissellement Kr qui
opère le passage de la pluie brute à la pluie nette, est constant.
- Le débit de pointe du ruissellement direct est une fraction du débit précipité.
- Cette formule est applicable pour des bassins versants de superficie réduite.
L'expérience montre que la méthode rationnelle, lorsque appliquée correctement,
produit une estimation satisfaisante des débits de pointe sur les petits bassins de
drainage où les effets de stockage sont minimes.
2.8.3. Méthode ORSTOM ou d’Auvray-Rodier
Cette méthode est basée sur l'exploitation de 90 bassins expérimentaux en Afrique
Subsaharienne de surfaces comprises entre 2 et 200 km². L’estimation des débits
suppose que la crue décennale est provoquée par une averse de hauteur décennale
présentant des caractéristiques de répartition spatiale et temporelle correspondant à
des situations médianes et rencontrant des conditions du sol correspondant
également à des situations moyennes.
Partant du principe de l'hydrogramme unitaire, la méthode s'appuie sur la relation:
S
Q M =H 24 . K a . K r . .K
3,6 . t b où
 H24: averse décennale ponctuelle de durée égale à 24 heures en mm
B(T )
H 24 =24 A ( T )24

 Ka: coefficient d'abattement, fonction de la surface du bassin


 Kr: coefficient de ruissellement fonction des caractéristiques du bassin
 S: surface du bassin en km²
 tb : temps de base ou temps de ruissellement compris entre le début et la
fin du ruissellement.
 K : coefficient qui dépend de la forme de l'hydrogramme surtout en
fonction des facteurs géométriques, et en fonction de la couverture
végétale. Dans notre cas on prend K suivant le tableau ci-après:

SURFACE EN KM² <5 5 - 25 25 - 100 > 100

K 2 2,5 3,0 3,5


Remarque : La méthode d’Auvray-Rodier est applicable pour des superficies entre 2
et 200 Km2 situés en Afrique Subsaharienne dont le climat diffère largement de la
zone étudiée.
2.8.4. Méthode de Ghorbel
A partir des études statistiques des débits maximums observés sur les stations
hydrométriques du réseau tunisien, Ghorbel a constaté une régionalisation des
rapports (R T,Q = QT/Qmax(moy) avec:
- QT le débit maximum d’une période de retour T.
- Qmax(moy) le débit moyen des débits maximums d’un échantillon.
Les valeurs de ces rapports R T,Q par région et en fonction de la période de retour
sont présentées dans le tableau suivant:

Période de retour T 2 5 10 20 50 100

Zone 1 0,86 1,39 1,79 2,19 2,72 3,12

Zone 2 0,70 1,33 1,98 2,84 4,40 6,04

Zone 3 0,59 1,45 2,34 3,52 5,68 7,93

Zone 4 0,5 1,6 2,5 3,5 5,1 6,2

Zone 5 0,3 1,0 2,2 3,7 6,7 9,2

Zone 1: l’Ichkeul, l’extrême nord et les affluents rive gauche de la Mejerdah.


Zone 2: la Mejerdah avec ses affluents rive droite, le cap bon, le Zéroud à
Khanguet Zazia.
Zone 3: le Méliane, le Merguellil, la branche nord du Zéroud.
Zone 4: le sahel et Sfax
Zone 5: le sud.
Le débit de pointe de période de retour T est donc:

QT =R TQ Qmax (moy )

Avec:
Qmax (moy ) = K x S 0,8
S: surface en km²

K est tel que K=1,075p-0,232


avec:

p=
√ P̄ . Δh

KC
L

 : pluviométrie moyenne sur le bassin en m.


 : différence d'altitude entre la médiane et l'exutoire du bassin versant
en m.
 L: longueur de l'Oued depuis l'exutoire jusqu'au point le plus éloigné en
km.
 KC: indice de compacité.
Remarque : La formule d’A.Ghorbel est applicable pour des superficies supérieures à
100 Km2. L'erreur relative est généralement inférieure à 20%; mais elle peut atteindre
100%. Dans notre cas les superficies des bassins versant de la rocade X20 sont tous
de tailles minimes.
2.8.5. Formule de Franco Rodier
En classant les crues maximales observées dans le monde, les auteurs se sont
aperçus qu'on peut caractériser l'ampleur d'une crue sur un bassin versant en
fonction de sa superficie par une relation de la forme:

[ ]
K
S 6 ( 1− )
Q(S )=10 8 10
10
En portant sur un graphique bilogarithmique les points (Q,S), l'expérience montre
que les points représentatifs des crues de violences semblables s'alignent sur des
droites correspondantes à des valeurs K constants, toutes les courbes convergent
vers un point limite de coordonnées:
Q0 = 106 m3/s S0 = 108 Km2
Le coefficient K qui semble avoir une signification géographique est outil permettant
de comparer la violence des crues: K = 6 correspondant aux crues record du monde
alors que
K= 0 caractérise les régimes calmes et réguliers.
L'observation des crues en Tunisie a permis d'établir les valeurs suivantes du
coefficient K pour différentes périodes de retour:

Période de 10 ans 20 ans 50 ans


retour
K 3.5 3.7 4.0

2.8.6. Méthode de SPEED


La méthode de Speed a été définie et appliquée dans le cadre du projet national de
protection contre les inondations. Elle se base sur la formule suivante :
0 .75
S
QT =
12
( PT −P0 )
Avec :
- QT : Débit de pointe de la crue de période de retour T, exprimé en m/s.
- PT : Pluie journalière de période de retour T, exprimée en mm.
- P0 : Seuil de ruissellement.
- S  : Superficie du bassin versant étudié, exprimé en km².
Pour pouvoir calculer Q10 , et Q20 nous avons besoins des valeurs de P10 et P20 .
En effet, l’étude probabiliste des pluies journalières conduit à la formulation régionale
des pluies de période de retour T qui suit la loi de Gumbel. Cette loi est représentée
dans le plan Y, P par une droite :

- Variable de Gumbel : Y T =−ln [ −ln ( 1−1/T ) ]


PT =a. [ Y T −Y 0 ]
- Pluie journalière :
À partir de la variable de Gumbel, on calcul Y 10 = 2,25 et Y100 = 4,60. En donnant les
valeurs de P10 (pluie journalière décennale) et P 100 (pluie journalière centennale), la
droite sera bien définie.
Par la suite, on pourra donc calculer :

PT =P10 +
[ P100−P 10
Y 100−Y 10 ](
. Y T −Y 10 )
Pour T ≤ 100 ans
Pour T > 100 ans, on a une deuxième droite définie par P 100 et P1000 correspondant à
Y1000 = 6,91 ce qui permet de calculer :

PT =P100 +
[ P1000 −P100
Y 1000 −Y 100 ](
. Y T −Y 100 )
Pour T > 100 ans.
De même les débits suivent, comme les pluies journalières, deux lois de Gumbel :

QT =Q10 +
[ Q1000 −Q10
Y 1000 −Y 10 ](
. Y T −Y 10)
Pour T ≤ 100 ans.

Q T =Q100 +
[ Q 1000 −Q100
Y 1000 −Y 100 ](
. Y T −Y 100 )
Pour T > 100 ans.
A fin d’appliquer ces formules ci-dessus à un bassin versant particulier, situé dans
une zone donnée, il faut fournir les valeurs utilisables dans cette zone :
- Soit de façon directe, et ce par ajustement statistique des crues observées, si
l’on dispose d’une station de jaugeage avec une série d’observations
suffisamment longue (au minimum 20 ans).
- Soit indirectement à partir des données pluviométriques de P 0 , P10 , P100 , et
P1000 utilisables dans cette zone.
La synthèse des résultats de l’étude pluviométrique est matérialisée sous la forme de
trois cartes (voir annexe) qui permettent d’appliquer les formules décrites dans
l’analyse :
- La carte des seuils de ruissellement, P0.
- La carte régionalisée des pluies journalières décennales, P 10.
- La carte régionalisée des pluies journalières décennales, P 100.
Remarques :
La méthode de SPEED ne tient pas compte des caractéristiques morphologiques tels
que la pente, la longueur de l’écoulement, …
Son utilisation pour des bassins versants de très petites tailles devrait être effectuée
avec prudence. Des coefficients de corrections sont ainsi appliqués.
Ce modèle s’applique en général à des bassins versants de compacité de l’ordre de
1,3 et de pente inférieure à 1%.
2.8.7. Analyse comparative des différentes méthodes.
La plupart des méthodes, basées sur les données pluviométriques, en particulier
celles qui ont été mises au point dans d'autres pays, sont loin d'être satisfaisantes
pour la Tunisie où l'irrégularité caractérise le régime hydrologique des différents
Oueds. Ces formules ne doivent donc être employées qu'après une critique
minutieuse des résultats comparés aux observations faites sur le terrain afin de
retenir celles qui conduiraient aux résultats les plus vraisemblables, sans prendre
des marges de sécurité trop importantes ni sous évaluer les risques encourus.
Finalement, on résume tous ces observations dans ce tableau ci dessous :
Méthode Domaine de validité Observations
les surfaces des BV de la zone du projet ne sont
pas incluses dans le domaine de validité de
A.Ghorbel Surface > 100 km²
cette méthode. Ainsi, cette méthode non
applicable.
2 < Surface < 200 km²
Auvray le climat diffère largement de la zone étudiée.
Rodier BV de l’Afrique Ainsi, cette méthode non applicable.
Subsaharienne

- La zone du projet ne fait pas partie du


découpage géographique de la méthode de
- Surfaces non assez Speed.
petites.
- La méthode de SPEED ne tient pas compte
Speed - Pentes de l’ordre de 1% des caractéristiques morphologiques tels que
- Compacité de l’ordre de la pente, la longueur de l’écoulement, …
1.3 - Les pentes des bassins versants sont
largement supérieures à 1%
Ainsi, cette méthode non applicable.

- Formule ne tient pas compte des


caractéristiques morphologiques tels que la
- L'ampleur d'une crue sur pente, la longueur de l’écoulement, …
Franco-
un bassin versant =
Rodier
fonction de sa superficie - Cette méthode s’adapte bien pour les grands
bassins versants.
Ainsi, cette méthode non applicable.

Rationnell Surfaces assez petites :


e La formule rationnelle est
applicable pour des bassins Applicable
versants de superficie
réduite, cette formule
s'adapte bien dans la région
pour des bassins de surface
inférieure à 5 Km2.
Les formules qui permettent de calculer les débits fréquentiels sont très nombreux,
nous nous satisfaisons de la méthode rationnelle qui s’adapte mieux à la zone du
projet. Le tableau suivant présente le calcul des débits maximaux de crue
vingtennale, cinquantennale et centennale par bassin versant.
Tableau 2 - Débits des bassins versants

Pente(%
S L Tc(h) axTcb (mm/h) 0,278 x Kr x I x S (m3/s)
)
BV Kr
(Km² 1,27x(S/
(Km) H / L I10 I20 I50 I100 Q10 Q20 Q50 Q100
) P)1/2
B0 0.8 1.0 0.8 1.2 25.3 29.9 36.9 43.0 2.1 3.1 4.6 6.3

B1 2.3 3.8 4.9 0.9 31.4 37.1 45.5 52.6 8.1 12.0 17.6 23.7

B2 0.4 0.8 4.2 0.4 54.5 63.9 77.0 87.8 Kr = 0.7 2.2 3.2 4.7 6.3
pour
B3 1.4 2.7 6.2 0.6 39.7 46.7 56.9 65.4 T100 6.3 9.3 13.5 18.2

B4 1.4 2.0 8.0 0.5 43.4 51.0 61.9 71.0 6.8 9.9 14.5 19.3

B4a 0.4 0.3 6.7 0.3 61.2 71.7 86.1 97.8 2.7 4.0 5.7 7.6

B5 1.0 2.0 9.5 0.4 51.1 59.9 72.4 82.6 5.7 8.3 12.1 16.1
Kr = 0.6
B6 1.0 1.8 9.3 0.4 50.8 59.5 72.0 82.1 pour 5.6 8.3 12.0 16.0
T50
B7 0.9 0.7 5.3 0.5 44.0 51.7 62.7 71.9 4.4 6.5 9.4 12.6

B8 2.4 3.1 5.0 0.9 31.5 37.3 45.7 52.8 8.2 12.2 17.9 24.1

B9 3.3 3.9 3.6 1.2 25.4 30.1 37.2 43.2 9.3 13.8 20.5 27.7
Kr = 0.5 11.
B10 4.4 6.3 3.8 1.4 23.7 28.1 34.7 40.5 pour 17.2 25.5 34.6
6
T20 10.
B11 5.0 4.5 2.4 1.8 19.5 23.2 28.8 33.7 16.1 24.0 32.8
8
12.
B12 5.3 3.7 3.0 1.7 20.5 24.4 30.3 35.4 18.0 26.8 36.5
1
B13 2.0 3.4 2.6 1.1 26.8 31.7 39.1 45.4 6.0 8.8 13.0 17.7
B13 Kr = 0.4
0.7 1.7 2.6 0.7 38.0 44.7 54.6 62.8 pour 3.0 4.4 6.4 8.5
a
B13 T10
0.6 1.0 5.0 0.4 49.0 57.5 69.6 79.5 3.3 4.8 7.0 9.3
b
B14 1.9 1.2 2.3 1.1 26.4 31.3 38.6 44.8 5.6 8.3 12.2 16.6
B14
0.5 0.2 5.0 0.4 52.0 60.9 73.6 84.0 2.9 4.2 6.1 8.2
a
B15 0.7 0.7 4.4 0.5 44.7 52.6 63.8 73.0 3.5 5.1 7.4 9.9

B16 0.6 0.4 5.6 0.4 52.1 61.1 73.8 84.2 3.2 4.7 6.8 9.0
2.9. DIMENSIONNEMENT DES OUVRAGES
Le dimensionnement des ouvrages hydrauliques est effectué pour les ouvrages
courants, sur la base du levé de restitution au 1/2000, disponible à ce stade de
l'étude, pour être affiné sur la base des levés des profils en long et en travers de la
route en deuxième phase. Pour les traversées particulières un levé de détails au
1/200 sera établi pour affiner les aménagements nécessaires.
Le calcul hydraulique et le choix de l'ouvrage convenable dépendent des
caractéristiques hydrauliques et géométriques des cours d'eau (conditions amont et
aval, situation vis-à-vis de l'écoulement au niveau de l'ouvrage, contraintes des
caractéristiques géométriques de la route, l’existence de bassin d’écrêtement, de
barrage ou de lacs collinaires réduisant le volume ruisselé).
Les débits varient très sensiblement suivant que le débouché de l'ouvrage encadre
ou n'encadre pas l'écoulement de la crue à faire transiter, c'est à dire suivant que
l'écoulement déborde ou ne déborde pas du lit de l'oued à l'amont du dalot.
Pour savoir si l’on se trouve dans l’un ou l’autre cas, il suffit de déterminer
approximativement les dimensions du lit à l’amont du dalot et d’appliquer la formule
de Manning - Strickler pour calculer le débit Q de la section, suivant que le débit
trouvé Q est inférieur ou supérieur au débit Qc de la crue, il y aura ou il n’y aura pas
de débordement du lit de l’oued.
2.9.1. Dimensionnement des dalots
 Formule n°1 :
Il n'y a pas débordement du lit et l'écoulement est encadré par le débouché du dalot.
Le débit est donné par la formule de Manning -Strickler:
2/3
Q=K .S . Rh √i

 Q: débit transité en m3/s.
 S : section de l'écoulement en m².
 Rh: rayon hydraulique en m.
 i : pente du radier.
 K: coefficient de rugosité égal à 70.
La pente de l'ouvrage doit être supérieure à la pente critique
S
i c = g . 4/ 3
K 2 Rh . L
où L: largeur du dalot.
Notons que la hauteur H dans le dalot devra être prise égale à la hauteur d’eau dans
l’oued à l’amont de l’ouvrage.
 Formule n°2 :
Il y a débordement du lit et l'écoulement n'est pas encadré par le débouché du dalot.
Le débouché du dalot provoque un resserrement de l'écoulement et le débit
maximum de l'ouvrage est donné par la formule:

Q ( m 3 /s ) =1,6. L . H 3 /2
où:
L : largeur de l'ouvrage
H : la hauteur d'eau à l'amont
La revanche r à l'intérieur du dalot est donnée par la formule:
2H
r=h−
3
La vitesse de l'eau dans le dalot est donnée par V=2,4. √ H
La vitesse ne devrait pas dépasser 4 m/s afin de ne pas détériorer les parois du dalot
afin de ne pas détériorer les parois du dalot.
Les conditions d'application de ces formules sont:
 La charge H à l'amont du dalot doit être entre 80% et 120% de la hauteur
intérieure du dalot (0,80 h < H < 1,2 h).
 L'écoulement aval du dalot doit être bien assuré à l'aide d'une pente de
fuite suffisante (1,5 à 2% sur une longueur de 20 à 30m).
 Le dalot doit être muni à l'amont de murs en ailes obliques.
 La pente longitudinale i du fil d'eau du dalot doit être supérieure à la
pente critique ic.

2 g H
i c= . 2 . 4/ 3
2 . L .H
R=
3 K R 3 . L+4. H
avec

Dans la figure ci-dessous, on montre les aménagements de protection contre les


inondations existants dans la zone du projet et ceux qui sont prévus non encore
réalisés (marqués par croix rouge). Tous les aménagements existants interfèrent
avec notre projet. En effet, certains interceptent la rocade projetée et d’autres
touchent l’amont des bassins versant afin de minimiser le volume ruisselé et retarder
la crue.
Ces aménagements existants se classent dans la deuxième catégorie soit des
ouvrages de protections rapprochées (voir paragraphe 6.3.1.1). Ces bassins
d’écrêtement et ces collecteurs ont été dimensionnés pour des fréquences
d’insuffisance variables entre 10 et 50 ans selon les bassins versants. De ce fait tous
ces aménagements n’assurent pas la protection de la rocade X20 projetée. En effet,
la période de retour relative à la X20 est centennale.

BE
BE LC

Canal en U bétonné (3x1.5)


Canal en U bétonné (2.5x1.5)

Canal en U bétonné (2x1.5)

Canal en terre trapézoïdal au lieu de dalot(1x1)


BE

Figure 3 : Aménagements de protection contre les inondations existants dans


la zone du projet et d’autres pas encore réalisés

Ainsi, deux scénarios qui se posent :


- Les aménagements de protection contre les inondations de période de retour
centennale (barrage et lacs collinaires) ne sont pas encore réalisés dans la zone
du projet. Ainsi, on dimensionne les ouvrages de traversée des oueds ainsi que
d’interception des ouvrages existants pour la période de retour centennale.
- On tient compte de ces ouvrages, même qu’ils ne sont pas encore réalisés, En
effet, tous ces aménagements de protection centennale vont s’exécuter
prochainement.
Le premier scénario présente des avantages et des inconvénients :
o Avantage :
 des ouvrages hydrauliques projetés capable d’évacuer la crue
centennale.
 La rocade projetée sera ainsi mise hors d’eau.
o Inconvénients :
 Le remplacement systématique des aménagements existants
interceptés par la rocade projetée par des dalots de période de
retour centennale ne résous pas le problème. En effet, vu que le
réseau existant de période de retour (entre 10 et 50 ans) alors
l’aval de ce réseau existant ne puisse pas évacuer cette crue
centennale et il va y avoir du retour et du débordement du
réseau existant (même en dimensionnant la traversée de ce
réseau par des ouvrages hydraulique centennale)
 Une fois les aménagements de protection contre les inondations
sont exécutés, tous les ouvrages transversaux au niveau de la
rocade projetée en relation avec seront surestimés.

Le deuxième scénario présente des avantages et des inconvénients :


o Avantage :
 On évite d’avoir des ouvrages surdimensionné en cas ou les
ouvrages de protections centennales sont mis en place.
 En cas de crue centennale et en cas ou les aménagements de
protection centennales ne sont pas encore réalisés, les ouvrages
hydrauliques transversaux projetés au niveau de la rocade
seront de même période de retour que les aménagements
existants.
o Inconvénients :
 Les ouvrages hydrauliques projetés ne sont pas capable
d’évacuer la crue centennale (durant la période ou les
aménagements de protection centennale ne sont pas encore
exécutés).
 La rocade projetée ne sera pas mise hors d’eau (pour la crue
centennale) pour une période non encore limitée.
Dans la suite, nous supposons que l’aménagement de la rocade X20 va se faire
avant l’achèvement de l’aménagement de protection contre les inondations dans la
zone du projet. De ce fait, on propose d’adapter le premier scénario.
2.9.2. Dimensionnement des ouvrages hydrauliques
Les calculs hydrauliques des débits et de dimensionnement des ouvrages sont
présentés dans le tableau ci dessous :
N° V Qc
N° T.D.R(% Rh Qc i
OH N° PT PK Q20 Q50 Q100 i 3 (m/s Tot nx(LxH)
BV ) (m) (m /s)
) (m3/s)
1.0
B0 0 - 0 3.1 4.6 6.3 80% 0.44 6.5 4.1 6.5 (2x1)
%
1.2
1a 8 0.175 0.52 12 5.0 (3x1)
%
B1 12.0 17.6 23.7 80% 24.0
1.2
1 47 1.100 0.52 12 5.0 (3x1)
%
1.0 3x(2.5x1
B2 2 54 1.275 3.2 4.7 6.3 80% 0.44 6.5 4.1 6.5
% )
1.0
B3 3 78/79 1.887 9.3 13.5 18.2 80% 0.44 6.5 4.1 19.6 3x(2x1)
%
113/11 1.0 2x(2x1.5
B4 4 2.762 9.9 14.5 19.3 80% 0.55 11.2 4.7 22.4
4 % )
1.0
B4a 4a 97 2.350 4.0 5.7 7.6 80% 0.49 8.7 4.3 8.7 (2.5x1)
%
1.0 2x(2x1.5
B5 5 131 3.200 8.3 12.1 16.1 80% 0.55 11.2 4.7 22.4
% )
1.0 2x(2x1.5
B6 6 149 3.650 8.3 12.0 16.0 80% 0.55 11.2 4.7 22.4
% )
1.0
B7 7 182 4.475 6.5 9.4 12.6 80% 0.70 22.1 5.5 22.1 (2.5x2)
%
1.0
B8 8 235 5.700 12.2 17.9 24.1 80% 0.77 28.3 5.9 28.3 (3x2)
%
Continuité de canal en terre 1.0
- 8a 221 5.400 6.5 4.1 13.0 2x(2x1)
existant %
OD 251/25
- 6.400 (3x2)
1 2
OD 253/25 Ouvrages d’équilibre au niveau
- 6.110 - (3x2)
2 4 du bassin d’écrêtement de Sidi
OD 255/25 Bouchoucha (au niveau de la -
- 6.160 - (3x2)
3 6 RN7)
OD 257/25 -
- 6.210 - (3x2)
4 8
OD 283/28 -
- 6.835 (3x2)
5 4 Ouvrages d’équilibre au niveau
OD 285/28 du bassin d’écrêtement Beldi
- 6.885 (3x2)
6 6
295/29 Continuité de canal en terre sortie 1.0
- 8b 7.087 28.3 5.9 28.3 (3x2)
6 du BE Beldi %
B9 13.8 20.5 27.7 90 3x(3x2)
B10 17.2 25.5 34.6 pour pour T50
B11 16.1 24.0 32.8 T50 et et
9* 320 7+650 18.0 26.8 36.5 80% 0.77 1.0 - 5.9
B12 120 4x(3x2)
%
pour pour
B13 8.8 13.0 17.7 T100 T100
B13 1.0
13a 342 8.200 4.4 6.4 8.5 80% 0.55 11.2 4.7 11.2 (2x1.5)
a %
B13 1.0
13b 371 8.900 4.8 7.0 9.3 80% 0.52 10.9 4.5 10.9 (3x1)
b %
10.25 0.5
B14 14 419 8.3 12.2 16.6 80% 0.77 20.0 4.2 20.0 (3x2)
0 %
B14 10.92 1.0
14a 455 4.2 6.1 8.2 80% 0.55 11.2 4.7 11.2 (2x1.5)
a 5 %
B15 15 483 11.60 5.1 7.4 9.9 80% 0.55 1.0 11.2 4.7 11.2 (2x1.5)
0 %
12.30 1.0
B16 16 511 4.7 6.8 9.0 80% 0.55 11.2 4.7 11.2 (2x1.5)
0 %

Selon la configuration actuelle des aménagements de protection contre les


inondations existants, il s’avère qu’au niveau du bassin versant B2 un canal en terre
(actuellement section trapézoïdal (1.5x1.5x1) prévu un dalot (1x1)) traverse ce
bassin versant pour acheminer les écoulements ruisselés. Ce canal débute au
niveau du bassin versant B3 et rejoignent le bassin versant B2 pour se décharger
enfin au niveau du bassin d’écrêtement limitrophe à la piste chinoise. Ainsi, le
dimensionnement de l’ouvrage hydraulique au niveau du B2 doit tenir compte du
volume ruisselé du B3. Cependant, en cas de crue centennale, la quantité ruisselée
du B3 ne va pas être totalement déviée par ce canal en terre existant (ni la capacité
de ce canal le permet, ni la topographie le favorise). De ce fait, l’ouvrage hydraulique
projeté au niveau du B2 a été dimensionné pour évacuer la crue centennale
provenant du B2 ainsi que le volume dévié par le canal en terre existant.
En ce qui concerne les bassins versants B9, B10, B11, B12 et B13, ils assurent le
ruissellement de plusieurs grands oueds tels qu’oued Ellil, Oued Essmar, Oued EL
Boul, Oued Bir Ennaoura… Ces oueds se réunissent en amont de la X20, comme la
montre la carte du découpage des bassins versants, en un seul oued (oued
Guéruiana) et passent par des bassins d’écrêtement afin de retarder la crue générée
et minimiser leurs amplitudes. Lors des crues importantes, les collecteurs débordent,
les lits majeurs des oueds ruissellent et les bassins versants seront inondés. Ce
phénomène peut durer des heures (c’est le temps nécessaire à l’évacuation de cette
crue par l’intermédiaire des capacités des réseaux existants). Ainsi, le
dimensionnement de l’ouvrage hydraulique sur oued Guériana (la superposition de
tous ces oueds ci-dessus) doit tenir compte de ce phénomène (voir détail de
superposition en annexe).
Le débit généré par l’oued Guériana à l’endroit de son intersection avec la X20 est
90m3/s pour la crue cinquantennale et 120m 3/s pour la crue centennale. En ce qui
concerne le débit observé, à cet endroit, généré par la crue du 24 septembre 2003
(quasiment centennales ou supérieures à la centennale pendant toute la durée de la
pluie d’près l’étude de PCI du grand Tunis, DHU février 2005) qui est de l’ordre de
186m3/s, il nous semble que :

Q100 calculé Q24/09/2003 observé Remarques


120 m3/s - Crue quasiment
centennales ou
supérieure à la
186 m3/s centennale.
d’près l’étude de PCI du - Les jours antécédents
grand Tunis, à 24/09/2003 étaient
DHU, février 2005 pluvieux ce qui ne
favorise pas l’infiltration
d’une proportion
importante de la crue
du 24/09/2003.
 Coefficient de
ruissellement assez
important

Ainsi, il nous semble que le débit calculé d’oued Guériana (120 m 3/s) très logique et
réel (en tenant compte des remarques du tableau ci-dessus) par rapport au débit
observé (186m3/s de période de retour supérieure à la centennale).
Remarque :
Les aménagements de protection contre les inondations du grand Tunis (PCI) sont
actuellement dimensionnés pour une période de retour variant de 10 à 50 ans.
Certains collecteurs et bassins d’écrêtement interceptent le couloir de la X20 projeté.
De ce fait, nous signalons au maitre de l’ouvrage de prévoir une coordination avec la
DHU afin de soulever l’intégration des ouvrages hydrauliques projetés au niveau de
la X20 (dimensionnés pour une période de retour centennale vu l’importance de la
route X20) et le reste du réseau existant et projeté (de période de retour ne
dépassant pas 50 ans, à l’exception des barrages et/ou lacs collinaires).

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