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Université de Marne-La-Vallée

THÈSE
pour obtenir le grade de
Docteur de l’Université de Marne-La-Vallée

Spécialité : GÉNIE URBAIN

présentée et soutenue publiquement par


Nicolas Couillaud

le 12 décembre 2006

Amélioration de l’efficacité énergétique des réseaux


hydrauliques : optimisation de la conception

Improvement of energy effectiveness of hydronic networks:


optimisation of the design

Directeur de thèse
Youssef Diab

Jury
G. ACHARD Professeur, Université de Savoie Examinateur
E. BERNADOU Ingénieur, Tour & Andersson Examinateur
Y. DIAB Professeur, Université de Marne-la-Vallée Examinateur
C. INARD Professeur, Université de La Rochelle Rapporteur
D. MARCHIO Professeur, École des Mines de Paris Rapporteur
D. MORAND Maître de conférence, Université de Marne-la-Vallée Examinateur
P. RIEDERER Docteur, CSTB Sophia-Antipolis Examinateur

© UMLV
À ma femme et l’enfant qu’elle porte,
REMERCIEMENTS

Ce travail de thèse a été possible grâce à l’appui et le soutien de nombreuses personnes à


qui je souhaite rendre un hommage dans les quelques lignes suivantes :

Monsieur Jean-Christophe Visier, responsable du département Développement Durable,


pour m’avoir accueilli au sein du département et fourni tous les moyens nécessaire afin de
mener à bien mes travaux de recherche.

Monsieur Jean-Robert Millet, responsable de la division Énergie, pour son assistance et ses
conseils pendant toute la durée de mon travail.

Monsieur Hossein Vaezi-Nejad, responsable du pôle Automatismes et Gestion de l’Énergie,


pour son appui et ses encouragements pendant les moments difficiles.

Monsieur Christian Inard, professeur à l’université de La Rochelle et Monsieur Dominique


Marchio, professeur à l’école des Mines de Paris pour avoir accepté d’être rapporteur de ce
travail de thèse.

Monsieur Éric Bernadou, ingénieur chez Tour & Andersson, et Gilbert Achard, Professeur à
l’Université de Savoie, pour avoir manifesté un vif intérêt envers mes travaux et pour avoir
assuré la tâche d’examiner ce mémoire.

Monsieur Youssef Diab, mon directeur de thèse, et Monsieur Denis Morand, co-directeur de
thèse, pour leur confiance et leur soutien pendant ces trois années de travail. Leur avis
scientifique et leur disponibilité ont été essentiels pour l’avancement et le bon déroulement
de ces travaux. Leur soutien moral a été essentiel pendant les périodes de doutes.

Monsieur Peter Riederer, ingénieur de recherche, pour m’avoir fait confiance et pour le suivi
de mon travail de doctorat. Ses compétences scientifiques et en modélisation ont été un
apport inestimable pour mes recherches. Sans son aide, son dévouement et son
acharnement, rien de tout cela n’aurait été possible.

Monsieur Fabien Bellenger, ingénieur de recherche, pour son appui scientifique dans le
domaine de l’hydraulique et son appui au quotidien.

Monsieur Jean-Marie Franco, responsable de la division Robinetterie et Appareils Sanitaires,


pour m’avoir accueilli dans son laboratoire et permis de réaliser mes essais expérimentaux.
Monsieur Didier Pietrowski pour la construction du banc d’essais. Monsieur Fabrice Cohen
pour son soutien dans la maintenance du banc d’essais et des expérimentations.

Madame Mireille Jandon pour son haut degré d’expertise et ses précieux conseils pendant
ces trois années de recherche.
Monsieur Ahmad Husaunndee et Monsieur Cristian Muresan pour leur appui scientifique,
technique et moral.

Madame Chantal Bodeau pour sa disponibilité, la relecture et la mise en forme du manuscrit.

Rofaïda, Caterina, Augustine, Delphine, Bernard, Jean Jacques, Jérôme, Fabien, Patrick et
Philippe pour m'avoir permis de réaliser ce travail de la manière la plus agréable possible.

Nazila, Fadi, Sana, Cristiana et David pour avoir créé une ambiance de travail agréable dans
laquelle il est bon de travailler.

Mon épouse Hind, pour son soutien, ses encouragements et son aide tout au long de ces
trois années.

Et enfin ma famille, ma belle-famille et mes parents, pour leur soutien et encouragements


malgré leur éloignement géographique.
RÉSUMÉ
Les principaux objectifs de ce travail consistent à évaluer l’équilibrage hydraulique et les
algorithmes de régulation de la pompe à l’aide de critères d’évaluation que sont le confort
thermique, les consommations énergétiques, le coût global et la qualité de la régulation.

La première partie de ce mémoire présente un état de l’art de l’équilibrage hydraulique et


des systèmes de pompes à vitesse variable. Une vision globale de la composition et du
fonctionnement des réseaux hydrauliques complète cet état de l’art pour mettre en évidence
les spécificités de tels réseaux hydrauliques. Une attention toute particulière est portée à la
définition des critères d’évaluation.

La seconde partie est consacrée au développement du simulateur de réseaux hydrauliques


dans l’environnement Matlab/Simulink à partir de la bibliothèque SIMBAD Building and
HVAC Toolbox. Elle reprend la méthodologie retenue pour l’implémentation des modèles
simplifiés nécessaires à l’étude thermo-hydraulique des réseaux hydrauliques couplés à un
bâtiment. Les algorithmes de régulation ont également été développés dans cet
environnement.

La troisième partie de ce mémoire est consacré à la validation expérimentale du simulateur


de réseaux hydrauliques afin de déterminer l’incertitude concernant les modèles
hydrauliques. Ces essais permettent de valider les hypothèses effectuées lors de
l’implémentation des modèles et de montrer la cohérence des résultats issus des simulations
par rapport à une installation expérimentale.

La dernière partie expose les résultats obtenus par la simulation. Elles sont effectuées pour
un bâtiment tertiaire pour la ville de Trappes. Les simulations annuelles réalisées permettent
d’évaluer l’impact de l’équilibrage hydraulique et des algorithmes de régulation des pompes
en termes de confort thermique, de coût global, de consommations énergétiques et de
qualité de régulation. Une optimisation de la conception est également proposée et analysée
selon les mêmes critères.

Les principaux résultats de ce travail ont mis en évidence l’intérêt primordial de l’équilibrage
des réseaux hydrauliques pour améliorer le confort thermique dans les bâtiments en
admettant une augmentation du coût global par rapport à une installation non équilibrée.
L’utilisation de la vitesse variable permet de réduire les consommations énergétiques
d’exploitation sans pour autant réduire de manière conséquente le confort thermique.
L’optimisation de la conception permet de réduire le déséquilibre des installations de petites
tailles et donc de se passer d’équilibrage hydraulique sans remettre en cause le confort
thermique. Les éléments d’équilibrage sont alors réservés pour équilibrer les petites
installations entre elles.

Mots-clés : équilibrage hydraulique, régulation, pompe vitesse variable, coût global, confort
thermique, modélisation et simulation numérique, consommations énergétiques
ABSTRACT
The aim of this work is to evaluate hydronic balancing and variable speed pump control
strategies. The assessment criteria used are the thermal comfort, energy consumptions,
global costs and quality of control strategies.

The first chapter presents the state of the art of hydronic balancing and existing variable
pump speed control strategies. A global approach is used to describe components and
operation of hydronic networks to highlight their main characteristics. Detailed attention is
paid to the definition of the criteria of heating system evaluation.

The second chapter details the development of the simulator of hydronic networks under the
environment Matlab/Simulink with the SIMBAD Building and HVAC Toolbox. It presents the
methodology used for the implementation of simulation models for the simulation of the
thermohydraulic study of hydronic networks coupled to a building. Variable speed pump
control strategies are also implemented under this environment.

The third chapter concerns the experimental comparison of the simulator of hydronic
networks to a real network in order to estimate uncertainty of the simulator. This validation
shows the coherence of results of simulations with an experimental installation.

The last chapter deals with the evaluation of an installation of a tertiary building located in
Trappes in France. Annual simulations allow to evaluate the impact of hydronic balancing
and pump control algorithms in terms of thermal comfort, global cost, energy consumptions
and quality of control. An optimization of the design is also proposed and analyzed according
to the same criteria.

The main results of this work highlighted the fundamental interest of the hydronic balancing
to improve thermal comfort in buildings zones by admitting an increase of the global cost
compared to an unbalanced heating system. The use of variable speed pump reduces
energy consumption of pumps without reducing significantly thermal comfort in building. The
optimization of the design allows to reduce the unbalance of small hydronic networks without
decreasing thermal comfort. The components of hydronic balancing are then reserved to
balance the small hydronic networks between them.

Keywords: hydronic balancing, control strategies, variable speed pump, global cost, thermal
comfort, numerical simulation, energy consumptions
SOMMAIRE

INTRODUCTION .................................................................................................................................. 1
CHAPITRE 1 ............................................................................................................................3
1. CONTEXTE ........................................................................................................................................ 3
2. PROBLÉMATIQUE DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES ................................................................... 4
2.1 Problématique Générale .............................................................................................................. 4
2.2 Equilibrage hydraulique................................................................................................................ 5
2.2.1 Facteur de déséquilibre ..................................................................................................... 5
2.2.2 Vannes d’équilibrage ......................................................................................................... 6
2.2.3 Régulateurs de la pression différentielle............................................................................ 8
2.2.4 Méthodes d’équilibrage hydraulique .................................................................................. 9
2.3 Pompe : vitesses constante & variable ...................................................................................... 15
2.3.1 Définition d’une pompe .................................................................................................... 15
2.3.2 Dimensionnement ............................................................................................................ 17
2.3.3 Algorithmes de régulation ................................................................................................ 18
3. DÉFINITION DES CRITÈRES D’ÉVALUATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES..................... 21
3.1 Approche par le coût global partagé .......................................................................................... 21
3.2 Consommations énergétiques ................................................................................................... 22
3.3 Confort thermique....................................................................................................................... 23
3.4 Autorité de régulation ................................................................................................................. 23
3.5 Durabilité .................................................................................................................................... 24
3.6 Bilan carbone ............................................................................................................................. 24
4. DESCRIPTION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES ........................................................................ 25
4.1 Production de chaleur ................................................................................................................ 26
4.2 Tête de distribution..................................................................................................................... 26
4.2.1 Bouteille de découplage................................................................................................... 26
4.2.2 Soupape de pression différentielle .................................................................................. 27
4.3 Circuit de distribution.................................................................................................................. 28
4.3.1 Boucle de Tichelmann ..................................................................................................... 28
4.3.2 Réseau monotube............................................................................................................ 29
4.3.3 Réseau bitube auto-équilibré ........................................................................................... 30
4.3.4 Réseau bitube équilibré ................................................................................................... 30
4.3.5 Réseau bitube pieuvre ..................................................................................................... 31
4.3.6 Plancher chauffant avec distribution bitube pieuvre ........................................................ 31
4.3.7 Circuits de distribution à deux niveaux ............................................................................ 32
4.3.8 Circuits de distribution à trois ou quatre niveaux ............................................................. 33
4.3.9 Tuyauterie ........................................................................................................................ 33
4.4 Emission de chaleur................................................................................................................... 34
4.4.1 Émetteurs de chaleur....................................................................................................... 34
4.4.2 Régulation terminale ........................................................................................................ 35
5. CONCEPTION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES ......................................................................... 36
5.1 Emetteurs de chaleur ................................................................................................................. 36
5.2 Régulation terminale .................................................................................................................. 37
5.3 Tuyauterie .................................................................................................................................. 37
5.4 Soupape de pression differentielle............................................................................................. 37
5.5 Bouteille de découplage............................................................................................................. 38
5.6 Production d’eau chaude ........................................................................................................... 39
6. RÉGULATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES ......................................................................... 39
6.1 Définition d’une boucle de régulation......................................................................................... 40
6.2 Techniques de contrôle.............................................................................................................. 41
6.2.1 Contrôle Tout Ou Rien ..................................................................................................... 41
6.2.2 Régulation à action continue............................................................................................ 42
6.2.3 Grandeurs à régler........................................................................................................... 43
6.3 Capteurs..................................................................................................................................... 43
6.3.1 Capteurs de température ................................................................................................. 44
6.3.2 Capteurs de pression....................................................................................................... 44
6.3.3 Capteurs de débits........................................................................................................... 44
6.4 Régulation centrale et terminale ................................................................................................ 45
6.4.1 Régulation centrale .......................................................................................................... 45
6.4.2 Régulation terminale ........................................................................................................ 46
6.4.3 Intermittence .................................................................................................................... 47
6.5 Production d’eau chaude ........................................................................................................... 47
7. CONCLUSION.................................................................................................................................. 48

CHAPITRE 2 ..........................................................................................................................49
1. LA SIMULATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES..................................................................... 49
1.1 Pourquoi la simulation................................................................................................................ 49
1.2 cahier de charges du simulateur ................................................................................................ 50
1.3 Logiciels de simulation existants................................................................................................ 50
1.4 Choix de la bibliothèque SIMBAD Building and HVAC Toolbox ................................................ 51
1.5 Description de la simbad toolbox ............................................................................................... 52
1.5.1 Environnement MATLAB/SIMULINK ............................................................................... 52
1.5.2 Bibliothèque SIMBAD Building and HVAC Toolbox ........................................................ 53
2. MODÉLISATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES ..................................................................... 54
2.1 Structuration du simulateur ........................................................................................................ 54
2.1.1 Bloc « bâtiment multizone »............................................................................................. 54
2.1.2 Bloc « réseau hydraulique » ............................................................................................ 55
2.1.3 Bloc « production d’eau chaude » ................................................................................... 56
2.1.4 Organisation d’un module hydraulique ............................................................................ 57
2.2 Modèles hydrauliques ................................................................................................................ 58
2.2.1 Branchement en parallèle ................................................................................................ 58
2.2.2 La bouteille de découplage .............................................................................................. 59
2.2.3 Vanne 3-voies .................................................................................................................. 60
2.2.4 Tuyauterie ........................................................................................................................ 60
2.2.5 Tés de raccordement ....................................................................................................... 62
2.2.6 Emetteurs de chaleur....................................................................................................... 63
2.2.7 Robinets thermostatiques ................................................................................................ 64
3. PROCÉDURE DE DIMENSIONNEMENT AUTOMATIQUE ............................................................ 64
3.1 Bases de données...................................................................................................................... 66
3.2 Détermination des besoins en chauffage................................................................................... 67
3.3 Dimensionnement des émetteurs .............................................................................................. 67
3.4 Dimensionnement de la régulation terminale............................................................................. 67
3.5 Dimensionnement de la tuyauterie............................................................................................. 68
3.6 Dimensionnement des vannes d’équilibrage ............................................................................. 69
3.7 Dimensionnement de la pompe de circulation ........................................................................... 69
3.8 Dimensionnement de la chaudière............................................................................................. 69
4. MODÉLISATION DE L’EQUILIBRAGE HYDRAULIQUE ............................................................... 69
4.1 Modélisation des vannes d’équilibrage ...................................................................................... 69
4.2 Modélisation des méthodes d’équilibrage.................................................................................. 70
4.2.1 Modélisation de la méthode « parfaite ».......................................................................... 71
4.2.2 Modélisation de la méthode itérative ............................................................................... 71
4.2.3 Modélisation de la méthode proportionnelle .................................................................... 72
4.2.4 Modélisation de la méthode compensée ......................................................................... 73
4.2.5 Modélisation des régulateurs de la pression différentielle............................................... 74
5. MODÉLISATION DE LA POMPE DE CIRCULATION .................................................................... 75
5.1 Modélisation de la pompe de circulation.................................................................................... 75
5.2 Régulateur de la vitesse............................................................................................................. 76
6. COUPLAGE AVEC LE MODÈLE DE BÂTIMENT DE SIMBAD ..................................................... 76
6.1 couplage entre le réseau hydraulique et le bâtiment ................................................................. 76
6.2 Modèle de bâtiment.................................................................................................................... 76
6.2.1 Modèles des parois opaques ........................................................................................... 77
6.2.2 Modèle de fenêtre ............................................................................................................ 78
6.2.3 Bilan thermique pour une zone d’air ................................................................................ 79
7. MODÉLISATION DES CRITÈRES D’ÉVALUATION ...................................................................... 80
7.1 Modélisation des coûts............................................................................................................... 80
7.1.1 Consommations des pompes .......................................................................................... 80
7.1.2 Consommations de la chaudière ..................................................................................... 81
7.1.3 Coûts d’investissement : Matériel & Main d’oeuvre......................................................... 81
7.1.4 Coût global ....................................................................................................................... 82
7.2 Confort thermique....................................................................................................................... 83
8. CONCLUSION.................................................................................................................................. 83
CHAPITRE 3 ..........................................................................................................................85
1. OBJECTIFS DES VALIDATIONS EXPÉRIMENTALES.................................................................. 85
2. DESCRIPTION DU DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL......................................................................... 85
2.1 Architecture du réseau hydraulique sélectionné ........................................................................ 86
2.2 Présentation du matériel sélectionné ......................................................................................... 86
2.2.1 Vanne à passage direct ................................................................................................... 87
2.2.2 Vanne d’équilibrage ......................................................................................................... 87
2.2.3 Circulateur........................................................................................................................ 87
2.2.4 Tuyauterie ........................................................................................................................ 88
2.3 Instrumentation du réseau hydraulique...................................................................................... 88
2.4 Présentation du materiel de métrologie ..................................................................................... 88
2.4.1 Débitmètre........................................................................................................................ 88
2.4.2 Manomètre ....................................................................................................................... 89
2.4.3 Centrale d’acquisition....................................................................................................... 90
3. MODÉLISATION DU DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL...................................................................... 91
3.1 Circulateur .................................................................................................................................. 91
3.2 Vannes d’équilibrage.................................................................................................................. 92
3.3 Tuyauterie .................................................................................................................................. 92
3.4 Vannes à passage direct............................................................................................................ 92
4. PROCÉDURES D’ESSAIS............................................................................................................... 92
4.1 Caractérisation des éléments unitaires...................................................................................... 93
4.2 Caractérisation d’une installation ............................................................................................... 93
5. CONFRONTATION DES RÉSULTATS ........................................................................................... 93
5.1 Circulateur .................................................................................................................................. 93
5.2 Vannes d’équilibrage.................................................................................................................. 95
5.3 Installation complète .................................................................................................................. 96
5.3.1 Mesures de l’installation non équilibrée........................................................................... 96
5.3.2 Mesures de l’installation équilibrée.................................................................................. 98
6. CONCLUSION................................................................................................................................ 100
CHAPITRE 4 ........................................................................................................................101
1. INTRODUCTION ............................................................................................................................ 101
2. DESCRIPTION DE L’INSTALLATION SIMULÉE ......................................................................... 103
2.1 Les conditions extérieures ....................................................................................................... 103
2.1.1 Les données météorologiques....................................................................................... 103
2.1.2 La saison de chauffe...................................................................................................... 103
2.2 Configuration générale du bâtiment ......................................................................................... 104
2.2.1 Géométrie du bâtiment .................................................................................................. 104
2.2.2 Le réseau de distribution d’eau chaude......................................................................... 105
2.3 Caractéristiques de l’enveloppe ............................................................................................... 106
2.3.1 Les parois opaques........................................................................................................ 106
Les parois vitrées .................................................................................................................. 107
2.3.2 Coefficient de déperditions ............................................................................................ 107
2.4 Besoins de chauffage............................................................................................................... 107
2.5 Scénarii d’occupation ............................................................................................................... 108
2.6 Récapitulatif.............................................................................................................................. 108
3. EVALUATION D’UNE INSTALLATION NON ÉQUILIBRÉE......................................................... 109
3.1 Facteur de déséquilibre............................................................................................................ 110
3.2 Confort thermique..................................................................................................................... 110
3.3 Fonctionnement de la pompe de circulation ............................................................................ 112
3.4 Cout global ............................................................................................................................... 114
4. EVALUATION D’UNE INSTALLATION ÉQUILIBRÉE.................................................................. 116
4.1 Evaluation des méthodes d’équilibrage statique...................................................................... 116
4.1.1 Facteur de déséquilibre ................................................................................................. 116
4.1.2 Confort thermique .......................................................................................................... 117
4.1.3 Coût de la méthode d’équilibrage .................................................................................. 119
4.1.4 Coût global ..................................................................................................................... 119
4.2 Evaluation de l’installation........................................................................................................ 120
4.2.1 Déséquilibre hydraulique ............................................................................................... 120
4.2.2 Confort thermique .......................................................................................................... 122
4.2.3 Fonctionnement de la pompe de circulation .................................................................. 122
4.2.4 Coût global ..................................................................................................................... 124
4.3 Impact de l’équilibrage hydraulique statique............................................................................ 125
4.3.1 Impact sur le coefficient de déséquilibre........................................................................ 125
4.3.2 Confort thermique .......................................................................................................... 126
4.3.3 Fonctionnement de la régulation terminale.................................................................... 128
4.3.4 Coûts.............................................................................................................................. 131
5. EVALUATION D’UNE INSTALLATION ÉQUIPÉE DE RÉGULATEURS DE LA PRESSION
DIFFÉRENTIELLE.......................................................................................................................... 132
5.1 Evaluation de l’installation........................................................................................................ 132
5.1.1 Facteur de déséquilibre ................................................................................................. 132
5.1.2 Confort thermique .......................................................................................................... 133
5.1.3 Fonctionnement des régulateurs de la pression différentielle ....................................... 134
5.1.4 Fonctionnement de la pompe de circulation .................................................................. 135
5.1.5 Coût global ..................................................................................................................... 135
5.2 Impact des régulateurs de la pression différentielle................................................................. 136
5.2.1 Confort thermique .......................................................................................................... 136
5.2.2 Fonctionnement de la régulation terminale.................................................................... 136
5.2.3 Coûts.............................................................................................................................. 138
6. OPTIMISATION DE LA CONCEPTION ......................................................................................... 139
6.1 Principe .................................................................................................................................... 139
6.2 Facteur de déséquilibre............................................................................................................ 140
6.3 Confort thermique..................................................................................................................... 141
6.4 Coût global ............................................................................................................................... 143
7. CONCLUSION................................................................................................................................ 144
CONCLUSION GÉNÉRALE ................................................................................................145
ANNEXES ............................................................................................................................153
NOMENCLATURE

β Coefficient de température du radiateur [-]


ηm Rendement du moteur de la pompe [-]
ηp Rendement de la pompe [-]
λ Coefficient de pertes de charge [-]
λmax Facteur de déséquilibre de l’unité terminale la plus favorisée [-]
λmin Facteur de déséquilibre de l’unité terminale la plus défavorisée [-]
λtube Coefficient de perte de charge linéaire [-]
λUT Facteur de déséquilibre d’une unité terminale [-]
ζ Coefficient de pertes de charge [-]
ζ180° Coefficient de pertes de charge de la voie directe [-]
ζ90° Coefficient de pertes de charge de la voie bipassée [-]
ρ Masse volumique du fluide [kg/m3]
ρgaz Masse volumique du gaz naturel [kg/m3]
µ Viscosité dynamique du fluide [Pa.s]
∆p Pression différentielle [bar]
∆pmax Hauteur manométrique maximale fournie par la pompe [Pa]
∆pnetwork Pertes de charges du réseau hydraulique [Pa]
∆pnom Hauteur manométrique nominale fournie par la pompe [Pa]
∆ppump Hauteur manométrique fournie par la pompe [Pa]
∆psingular Pertes de charge singulières [Pa]
∆H Différence de hauteur [m]
Λ Coefficient de déséquilibre de l’installation [-]
a Autorité d’une vanne de réglage [-]
bequiv Coefficient de résistance équivalent du pas de temps précédent [-]
g Constante de gravité (pour Paris, g = 9.81 m/s²) [m/s²]
hconv Coefficient d’échange convectif [W/m².K]
hrad Coefficient d’échange radiatif [W/m².K]
j Pertes de charge linéique de la tuyauterie [Pa]
k Rugosité de la tuyauterie [mm]
n Coefficient caractéristique du radiateur à eau chaude [-]
pdcrég,sing Pertes de charge régulières de l’unité terminale défavorisée [Pa]
pdcsing,utd Pertes de charge singulières de l’unité terminale défavorisée [Pa]
q Débit du fluide [m3/h]
qi,em Débit d’une unité terminale [m3/h]
qgaz Débit massique du gaz naturel [kg/s]
t Temps de fonctionnement de la pompe [h]
u(t) Signal de la commande [-]
u0 Valeur de la commande lorsque y(t) = yc [-]
yc(t) Consigne [-]
A180° Section de la voie directe [m²]
A90° Section de la voie bipassée [m²]
Ain Section d’entrée de l’élément [m²]
Aout Section de sortie de l’élément [m²]
Ccp Coût des consommations des pompes [€]
Cp Capacité calorifique [J/kg.°C]
CG Coût global de l’installation [€]
CoûtConso Coût des consommations énergétiques [€]
Coûtmaint Coût de la maintenance [€]
Coûtmat Coût du matériel [€]
CoûtMO Coût de la main d’œuvre [€]
Coûtsgaz Coût des consommations des générateurs [€]
Cw Prix moyen du kWh électrique [€/kWh]
DTot Déperditions totales du local pour un degré d’écart entre extérieur et l’intérieur [W/K]
Dtube Diamètre de la tuyauterie [m]
En Numérotation des émetteurs [-]
FG Frais généraux de l’entreprise [-]
H Hauteur manométrique de la pompe [mce]
HN Hauteur manométrique totale de la pompe de circulation [mce]
JR Pertes de charge de la branche considérée où le débit varie sans la vanne [Pa]
JV Pertes de charge de la vanne grande ouverte [Pa]
K Coefficient d’échange global du radiateur [W/m²/Kβ]
Kd Gain de l’action dérivée [-]
Ki Gain de l’action intégrale [-]
KP Gain de l’action proportionnelle [-]
Kv Coefficient de débit de la vanne d’équilibrage [m3/h]
Kv0 Coefficient de débit de fuite de la vanne [m3/h]
KvS Coefficient de débit de la vanne en position ouverte [m3/h]
L Longueur de la tuyauterie [m]
ME Marge de l’entreprise [-]
Pc Consommations de la pompe [W]
Pgaz Prix du m3 du gaz naturel [€/m3]
Prad Puissance réelle de l’émetteur [W]
Pos Position de la vanne [-]
Pos100 Position de la vanne ouverte [-]
PCIgaz Pouvoir calorifique inférieur du gaz [J/kggaz]
QN Débit total du fluide dans l’installation [m3/h]
Re Nombre de Reynolds [-]
S Surface d’échange du radiateur [m²]
T180° Température du fluide de la voie directe [°C]
T90° Température du fluide de la voie bipassée [°C]
Tair Température de l’air de la pièce [°C]
Text Température de l’air extérieur [°C]
Tcons Température de consigne de l’air intérieur [°C]
Tcw Température de retour du fluide vers le primaire [°C]
Tdep Température de départ vers le secondaire [°C]
Thw Température de départ du fluide du primaire [°C]
Ti Numérotation de la tuyauterie verticale [-]
Tj Numérotation de la tuyauterie horizontale [-]
Tout Température du fluide de sortie [°C]
Trad Température radiante [°C]
Tres Température résultante de la pièce [°C]
Tret Température de retour du secondaire [°C]
TEB Température du fluide à l’entrée du radiateur [°C]
TSB Température du fluide à la sortie du radiateur [°C]
V Vitesse du fluide [m/s]
W Vitesse de la pompe [rpm]
Wnom Vitesse nominale de la pompe [rpm]

m Débit massique du fluide [kg/s]

m180° Débit massique du fluide dans la voie directe [kg/s]

m 90° Débit massique du fluide de la voie bipassée [kg/s]

m cw Débit massique du fluide de retour vers le primaire [kg/s]

m dep Débit massique du fluide du départ vers le secondaire [kg/s]

m gaz Débit massique du gaz [kg/s]

m hw Débit massique du fluide du départ du primaire [kg/s]

m in Débit massique du fluide à l’entrée de l’élément [kg/s]

m nom Débit massique total nominal [kg/s]

m out Débit massique du fluide à la sortie de l’élément [kg/s]

m ret Débit massique du fluide de retour du secondaire [kg/s]
Introduction générale

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les réseaux hydrauliques dans le bâtiment ont pour but de distribuer l’énergie thermique au
sein des édifices. Ces réseaux peuvent être destinés au chauffage, à la climatisation ou bien
à l’approvisionnement en eau chaude sanitaire. Aujourd’hui, le monde du bâtiment entre
dans une ère nouvelle. Les consommations énergétiques des bâtiments doivent être réduites
afin de réduire les émissions de dioxyde de carbone. Cela se traduit dans le bâtiment, d’une
part, par une amélioration du bâti donc de l’enveloppe du bâtiment, et d’autre part, par une
amélioration de l’efficacité énergétique des systèmes du génie climatique.

L’amélioration de l’enveloppe du bâtiment, par une isolation renforcée et un meilleur


traitement des ponts thermiques, induit une diminution des besoins thermiques en
climatisation et en chauffage. De fait, les pertes thermiques en ligne et les consommations
liées à l’exploitation prennent donc une part relative plus importante. Ce potentiel
d’économies n’est plus négligeable.

De plus, la profession fait état d’un problème récurrent d’inconfort thermique pour les
bâtiments dont les installations ne sont pas équilibrées. Une partie du bâtiment est
surchauffée tandis que l’autre est, au contraire, sous chauffée. La réponse des gestionnaires
de ces installations est simple et double :

• Augmentation de la puissance de pompage afin de fournir plus d’énergie au fluide


pour qu’il atteigne les bras morts de l’installation. Les branches favorisées le seront
davantage et deviendront parfaitement incontrôlables. De plus, le débit total
augmente considérablement et devient incompatible avec le débit au niveau des
unités de production. La puissance maximale installée n’est alors plus transmissible.
Même si les branches défavorisées ont leur débit nominal, la température du fluide
ne correspond plus à la valeur de calcul.

• Augmentation du régime de température de l’installation afin d’augmenter la


puissance émises. Cependant, les circuits favorisés sont encore plus surchauffés et
deviennent difficilement contrôlables.

Ces solutions fonctionnent en entraînant des surconsommations électriques au niveau des


pompes de circulation, une augmentation des pertes thermiques de distribution et une
diminution de la qualité de régulation. Dans un contexte de réduction par 4 des
consommations énergétiques, ces solutions sont inacceptables. Il est donc nécessaire
d’optimiser la conception et la régulation des réseaux hydrauliques.

1
Introduction générale

Des technologies comme l’équilibrage hydraulique et la variation de vitesse des pompes de


circulation existent. Des études récentes ont montré leur efficacité sur un plan hydraulique
mais peu évalue leur impact sur le confort thermique et les consommations énergétiques de
manière claire et précise en intégrant le calcul du coût global de l’installation. Ces travaux
ont révélé entre autres :

• Le manque de savoir faire et de connaissance en matière d’équilibrage hydraulique,

• Le rôle important du système de contrôle des installations de chauffage,

• Le manque d’outils d’aide à la décision et de conviction pour les acteurs.

Les principaux objectifs de notre travail sont de mettre en œuvre et d’analyser les principes
de l’équilibrage hydraulique et les algorithmes de régulation des pompes à vitesse variable
dans le secteur tertiaire. Ce travail sera effectué par le biais de la simulation numérique en
prenant en compte le coût global de l’installation, le confort thermique, la qualité de la
régulation et des éléments de durabilité.

La procédure d’évaluation des performances de l’équilibrage hydraulique et des algorithmes


de la variation de vitesse s’appuient sur le développement d’un simulateur à partir de
l’environnement SIMBAD (SIMulateur de Bâtiment et D’équipement). La modélisation avec
une approche graphique et la facilité d’implémentation des stratégies de gestion est un
facteur important dans le choix de l’environnement de simulation. Ainsi, la démarche de
l’étude consiste à développer des modèles génériques de réseaux hydrauliques dans
l’environnement de graphique SIMULINK afin d’optimiser la conception et le fonctionnement
des réseaux hydrauliques. Il s’agit donc :

• De définir une structure modulaire de l’architecture des réseaux hydrauliques dans


l’environnement SIMBAD pour la création de réseaux hydrauliques,

• D’implémenter une procédure de dimensionnement automatique des réseaux


hydrauliques afin de pouvoir exécuter des plans d’expérience. Cette procédure doit
intégrer les coûts du matériel et de mise en œuvre sur le chantier,

• De coupler les modèles hydrauliques à un modèle thermique multizone de SIMBAD


afin d’étudier l’impact de l’équilibrage hydraulique et des stratégies de régulation sur
le confort thermique et les consommations énergétiques des réseaux hydrauliques,

• D’implémenter les algorithmes des méthodes d’équilibrage statique et dynamique,

• De développer des algorithmes de régulation de pompes à vitesse constante et


variable,

• D’évaluer l’équilibrage hydraulique et les stratégies de régulation proposées par


rapport à un système de référence non équilibrée et sans régulation de la pompe,

• De proposer une optimisation de la conception des réseaux hydrauliques visant la


réduction du coût global tout en assurant le confort.

2
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

CHAPITRE 1

Réseaux hydrauliques : État de l’art

1. CONTEXTE

Les systèmes de Génie Climatique du bâtiment, conçus pour maîtriser les ambiances
habitables à un moindre coût énergétique, deviennent de plus en plus sophistiqués. Le rôle
principal de ces systèmes est d’assurer une ambiance confortable en minimisant les coûts
d’investissement et de fonctionnement avec une très bonne fiabilité.

Le maintien de l’ambiance est confié au système de régulation. La qualité de ce dernier


dépend fortement de la conception, du dimensionnement et de la mise en œuvre de
l’installation à contrôler. Ainsi, un régulateur très sophistiqué peut ne pas donner entière
satisfaction si le système à piloter est mal conçu ou comporte des défauts de mise en
œuvre, ce qui est fréquemment observé en pratique.

Les systèmes du génie climatique sont essentiellement constitués de réseaux avec des
fluides caloporteurs qui sont généralement de l’eau ou de l’air, sachant que les différents
types de systèmes concernés sont :
• Production et distribution de chauffage/climatisation
• Production et distribution d’eau chaude sanitaire.

L’objectif essentiel d’une installation de chauffage et de conditionnement d’air est d’obtenir le


confort thermique adéquat tout en réduisant les coûts et la maintenance.

En théorie, la technologie moderne de contrôle semble adéquate pour satisfaire les


demandes les plus exigeantes de confort, tout en assurant de substantielles économies
d’énergie. En pratique, cependant, même les régulateurs les plus sophistiqués ne peuvent
pas toujours atteindre les performances espérées. La raison en est simple : les conditions
idéales nécessaires à leur bon fonctionnement ne sont pas satisfaites [FRIDMANN 1989].
Les conséquences sur le confort et les coûts d'exploitation ne sont pas négligeables.

Ces problèmes peuvent être liés à une erreur de conception et tout particulièrement parce
que deux conditions fondamentales ne sont pas remplies :
• Le débit d’eau requis doit être disponible à chaque unité terminale.
• La pression différentielle appliquée sur les vannes de régulation ne doit pas varier trop.

3
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

2. PROBLÉMATIQUE DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES


2.1 PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE
Deux tendances radicalement opposées se manifestent dans la profession. La première
consiste à dire que le chauffage à eau chaude est très simple en réalité. De longs calculs
pour le dimensionnement de l’installation sont inutiles, surtout lorsque celle-ci est de faible
envergure (maisons individuelles, petits collectifs). Bien entendu, en surdimensionnant
systématiquement les émetteurs et en s’affranchissant plus ou moins des calculs de la
distribution, on s’assure que les occupants du bâtiment n’auront jamais froid. Mais que
penser alors des erreurs d’appréciation, des surconsommations énergétiques dans un
contexte d’inflation du prix de l’énergie [MARTIN-AMOUROUX, 2002] [OECD, 2003], du
confort thermique [DUTHU, 1994] et de l’absence de garantie de résultats ?
La seconde prétend le contraire en faisant remarquer qu’après le calcul réglementaire des
déperditions thermiques du bâtiment [Th-C, 2001], il convient de sélectionner tout aussi
précisément les émetteurs, la tuyauterie et les circulateurs de l’installation sous peine de
mauvaise surprise. Des études ont montré qu’à moins de calculer précisément les émetteurs
en tenant compte de la température de l’eau à l’entrée et des pertes thermiques en ligne et
d’un surdimensionnement éventuel [KILKIS, 1998], on aboutit quasi systématiquement à une
surchauffe dans le bâtiment [DIDIER, 1994]. Ces surchauffes participent directement au
déséquilibre thermo-hydraulique de l’installation si elles ne sont pas gérées par des
dispositifs de régulation appropriés.
D’autre part, la réglementation thermique [RT2000, 2000] aboutit à la réduction des
déperditions thermiques des bâtiments et donc à celle des besoins en chauffage. Ceci est
encore plus vrai aujourd’hui avec l’apparition du concept des bâtiments à énergie positive
[CSTB-RA, 2005]. Cette réduction des besoins induit alors une augmentation proportionnelle
des apports internes et des pertes thermiques liées à la distribution. L’intérêt des dispositifs
de régulation en est alors accru pour assurer le confort thermique.
Les situations d’inconfort thermique dans les bâtiments, provoquées par le déséquilibre
hydraulique des installations de chauffage ou de climatisation, obligent les bureaux d’études
à surdimensionner les pompes et à décaler les courbes de chauffe des régulateurs
[BERNADOU, 2000]. Les coûts d’exploitation de ces bâtiments sont alors bien supérieurs
aux moyennes nationales. La solution consiste aujourd’hui à équilibrer hydrauliquement cette
installation afin de répartir correctement les débits pour enrayer ces surconsommations
inutiles [DALKIA, 2004]. Les débits sont alors équilibrés mais qu’en est-il du confort
thermique et des surconsommations énergétiques de la pompe engendrées par l’ajout
d’organes d’équilibrage ?
Un second vecteur d’économies est l’utilisation de la variation de fréquence sur les
circulateurs. L’installation, dimensionnée pour des conditions de référence, a dans de rares
cas besoin de toute la puissance installée, en particulier pendant la mi-saison. Le débit à
faire circuler pour assurer la distribution de la quantité de chaleur est alors moindre et les
consommations énergétiques en sont d’autant réduites [DELORME, 1992] [TILLACK, 1998].
Le débit d’eau fourni étant moindre, quelles sont les conséquences sur la qualité de la
régulation [FRIDMANN, 2000] et le confort thermique ?
Afin de concevoir une installation de chauffage au meilleur coût tout en assurant son bon
fonctionnement, il apparaît nécessaire d’évaluer l’installation de chauffage par rapport à son
cycle de vie : la conception, la réalisation et le fonctionnement [HRABOVSKY, 2000]
[CYSSAU, 2000]. De nouvelles approches de dimensionnement [BATARD, 2000] et de
nouveaux produits [BERNADOU, 2003] apparaissent sur le marché mais leurs impacts sur
les installations sont encore mal connus. Le coût global de l’installation, calculé en fonction
des coûts d’investissements, de mise en œuvre et de fonctionnement, devient alors un
paramètre essentiel pour leur évaluation.

4
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Des désordres se manifestent sur les circuits fermés de chauffage, de refroidissement ou


d’eau glacée. Ces pathologies se manifestent la plupart du temps par des fuites d’eau, des
émetteurs froids ou brûlants ou encore une baisse de l’efficacité de l’échangeur [DA SILVA,
2005]. Leurs origines sont liées à l’entartrage, consécutif à la précipitation de tartre due à
une élévation de la température de l’eau, et à l’embouage, c'est-à-dire le dépôt de ce tartre
dans les zones à faible circulation. Dans quelle mesure les traitements spécifiques mis en
place, comme la filtration, l’adoucissement de l’eau ou le conditionnement sont-ils efficaces
afin d’augmenter la durée de vie de l’installation ?

Incontestablement, la distribution dans les installations de génie climatique, malgré


l’apparente simplicité de sa fonction pour le profane, reste le maillon sinon faible, du moins
délicat, de la chaîne qui va du brûleur jusqu’à l’émetteur terminal. Délicat car il est l’objet du
conflit éternel entre la limitation du coût de l’investissement (temps de mise en œuvre,
section de la tuyauterie, taille des émetteurs) et celle des coûts de fonctionnement. Ces
derniers constituent un double enjeu à la fois pour l’utilisateur (consommations énergétiques,
confort thermique) mais aussi pour la collectivité (production de dioxyde de carbone, maîtrise
de la demande d’électricité). C’est bien cette perspective globale qui va diriger la réflexion de
ces travaux afin de mieux concevoir et réaliser pour mieux utiliser les installations de
chauffage à eau chaude [FELDMANN, 2000].

Équilibrage hydraulique et pompe à vitesse variable sont une partie des nombreuses raisons
de la complexification des installations d’eau chaude et glacée. L’analyse et l’évaluation de
ces réseaux hydrauliques si complexes nécessitent aussi l’utilisation d’outils plus
performants et plus complets [KILKIS, 2000]. L’évaluation de ces paramètres de manière
isolée ne donnerait que des résultats partiels. Une prise en compte de leur impact global sur
l’installation de chauffage permettrait de prendre la pleine mesure de leurs avantages et de
leurs inconvénients. Pour cela, des critères d’évaluation globaux sont nécessaires.

2.2 EQUILIBRAGE HYDRAULIQUE

2.2.1 FACTEUR DE DÉSÉQUILIBRE

Il y a déséquilibre hydraulique lorsque la répartition des débits dans les circuits et dans les
émetteurs n’est pas conforme aux calculs de dimensionnement. Ce déséquilibre hydraulique
peut entraîner un déséquilibre thermique important [FRIDMANN, 1999 (1)] et être à l’origine
d’un mauvais fonctionnement des organes de régulation. Certaines zones seront trop
chauffées et d’autres, au contraire, seront insuffisamment chauffées.

D’une façon générale, les causes de déséquilibre hydraulique sont nombreuses et leurs
effets se superposent dans le temps d’où la difficulté à les identifier [FRIDMANN, 1999 (2)].
L’idée directrice est de s’affranchir au maximum des causes temporaires pour mieux
analyser les causes permanentes qui sont seules à l’origine de ce qu’il est convenu
d’appeler « le déséquilibre thermique ». Il y a déséquilibre thermique quand, en l’absence de
toute intervention des occupants, on observe en permanence des températures intérieures
moyennes différentes selon les locaux d’un même bâtiment chauffé collectivement à partir
d’un même circuit régulé.

Le facteur de déséquilibre peut être calculé pour chaque émetteur. Il correspond à son
rapport des débits calculé comme suit :

débit mesuré
λUT = (1.1)
débit de calcul
L’émetteur ayant le rapport de débit le plus important correspond à l’émetteur le plus
hydrauliquement favorisé. Celui qui a le rapport de débit le plus faible est le plus
hydrauliquement défavorisé.

5
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Le coefficient de déséquilibre [DIDIER, 2004] de l’installation se calcule en effectuant le


rapport des deux facteurs de déséquilibre extrêmes :

λmax
Λ = (1.2)
λmin

2.2.2 VANNES D’ÉQUILIBRAGE

La répartition de débits satisfaisants dans les circuits d’une installation, qui constitue
l’équilibrage, commence par un calcul hydraulique complet.

Une installation bien dimensionnée et bien réalisée permet d’obtenir une distribution
équitable des débits, donc des puissances. Le calcul d’équilibrage hydraulique ne consiste
qu’à déterminer les débits dans chaque tronçon. Il n’en reste pas moins nécessaire de limiter
les débits dans les circuits et unités privilégiées afin de disposer d’un débit suffisant pour les
autres circuits [AICVF, 1994] [OFQC, 1990].

Le débit est normalement limité par les vannes d’équilibrage dont le préréglage, couramment
donnés en nombre de tours d’ouverture à partir de la fermeture, peut être estimé par le
calcul. Cependant, un ajustement in situ doit être réalisé et ce pour plusieurs raisons
[PETITJEAN, 1994] :

• Les pertes de charges ne sont calculées qu’avec une précision relative. Certains
paramètres ne sont estimés que grossièrement,
• L’installation finale diffère bien souvent du projet initial,
• Les pertes de charges des unités terminales et des autres accessoires dépendent du
constructeur et ne sont connues qu’une fois les équipements sélectionnés,
• Les pertes de charges théoriques des vannes d’équilibrage ne correspondent pas
forcément aux pertes de charges réelles, les valeurs Kv disponibles étant limitées.

L’équilibrage hydraulique consiste à retrouver, en réglant les organes d’équilibrage, la


répartition des débits conformément aux calculs [DELPECH, 1998]. Pour cela différentes
méthodes existent. Ce qui les distingue est essentiellement la manière dont est prise en
compte l’interactivité entres les différentes branches de l’installation [PETITJEAN 1994].

Une vanne d’équilibrage crée une perte de charge complémentaire dans le circuit
hydraulique pour limiter le débit d’eau à la valeur requise. Le débit d’eau dépend de la
pression différentielle appliquée à la vanne selon la relation ci-dessous [PETITJEAN 1994] :

∆p
q = Kv 1000 (1.3)
ρ
Avec :
q Débit du fluide traversant la vanne d’équilibrage [m3/h]
Kv Coefficient de débit de la vanne [m3/h]
∆p Pression différentielle appliquée à la vanne [bar]
ρ Masse volumique du fluide [kg/m3]

La valeur maximale du Kv, Kvs, est obtenue lorsque la vanne est ouverte complètement. Elle
correspond au débit d’eau obtenu, exprimé en m3/h, pour une pression différentielle de 1 bar
[CYSSAU 1975].

6
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

La vanne d’équilibrage est choisie de sorte que son Kvs permette d’obtenir le débit requis
pour la pression différentielle appliquée à la vanne travaillant aux conditions nominales
[PETITJEAN 1994] :

q
Kv = 36 (1.4)
∆p

Avec :
q Débit du fluide traversant la vanne d’équilibrage [L /s]
Kv Coefficient de débit de la vanne [m3/h]
∆p Pertes de charge de la vanne [kPa]
Les appareils de mesure ne peuvent mesurer des différences de pression inférieures à 3
kPa. Pour satisfaire cette condition et faciliter les mesures ultérieures des pertes de charges
au niveau des vannes d’équilibrage, la perte de charge minimale appliquée à celles-ci sera
donc au moins de 3 kPa pour une ouverture maximale et un débit nominal.

Il ne suffit pas d’équiper une vanne d’arrêt de deux prises de pression pour obtenir
miraculeusement une vanne d’équilibrage. Les fonctions d’une vanne d’équilibrage sont
multiples [PETITJEAN, 1994] :

• Possibilité de mesurer le débit à la valeur requise,


• Repérage précis de la position de réglage,
• Mémoire mécanique du réglage adopté,
• Mesure de la pression différentielle appliquée à la vanne,
• Fonction de vanne d’arrêt étanche,
• Robinet de vidange associé.

Une vanne d’équilibrage permet de mesurer et d’ajuster le débit d’eau à la valeur calculée,
ceci valorise et justifie les calculs réalisés. C’est aussi un outil de diagnostic qui permet à
tout moment de contrôler le fonctionnement de l’installation et de détecter les anomalies. La
reproductibilité des vannes d’équilibrage pour la mesure du débit est inférieure à 10% pour
une plage de mesure comprise entre 50 et 100% du Kvs [PETITJEAN,1994]. Les vannes
d’équilibrage sont de type à siège incliné pour réduire les bruits et minimiser les risques de
cavitation. Elles sont pourvues de deux prises de pression permettant de déterminer la
valeur du débit.

Une vanne d’équilibrage à caractéristique linéaire (Figure 1.1, b) permet d’obtenir un débit
proportionnel au degré d’ouverture pour une pression différentielle constante. Une telle
caractéristique est donc souhaitable lorsque le circuit contrôlé offre une faible résistance
hydraulique par rapport à celle de la vanne d’équilibrage. Par contre, si cette vanne
d’équilibrage est placée en série avec un circuit à forte résistance, l’effet relatif de la
fermeture de la vanne est faible. L’utilisation d’une vanne d’équilibrage avec une
caractéristique à égal pourcentage (Figure 1.1, c) donnerait un meilleur contrôle du débit.

7
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.1 : Caractéristiques d’une vanne d’équilibrage STAF-65


a) Caractéristique intermédiaire
b) Caractéristique linéaire
c) Caractéristique à égal pourcentage

Une caractéristique intermédiaire (Figure 1.1, a) a été définie par retour d’expérience [TA,
1989] : elle est pratiquement linéaire entre 60 et 100% d’ouverture de la vanne et se
raccorde à une loi d’égal pourcentage pour les ouvertures inférieures à 60%.

2.2.3 RÉGULATEURS DE LA PRESSION DIFFÉRENTIELLE

Les régulateurs de la pression différentielle sont composés [PETITJEAN 1994] :

• d’une vanne d’équilibrage comportant deux prises de pression qui sert à mesurer le
débit circulant dans la branche,

• d’un régulateur proportionnel qui régule la pression différentielle (∆pL). Comme le


régulateur est proportionnel, la pression différentielle n’est pas maintenue
rigoureusement constante. Elle varie selon la bande proportionnelle du régulateur. La
Figure 1.2 montre l’évolution de ∆pL en fonction du Kv de la vanne, qui dépend du
degré d’ouverture de la vanne.

Figure 1.2 : La pression différentielle au secondaire dépend du degré d’ouverture de la STAP

La vanne de mesure STAD/M est choisie de sorte que, complètement ouverte, sa perte de
charge soit au moins égale à 3 kPa, pour le débit nominal. Cette valeur minimale de 3 kPa
est requise pour permettre une mesure précise du débit avec l’équation (1.4).

Une STAP est choisie de sorte que son Kv nominal soit proche mais inférieur à 0,8 × Kvm.

8
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

2.2.4 MÉTHODES D’ÉQUILIBRAGE HYDRAULIQUE

L’équilibrage hydraulique des réseaux de distribution joue un rôle essentiel dans


l’exploitation optimale des installations de génie climatique. En son absence, les échangeurs
de chaleur, batteries chaudes ou froides, radiateurs ou convecteurs et autres appareils
d’échange sont irrigués par un débit d’eau insuffisant ou excessif, ce qui affecte, dans les
deux cas, l’équilibre thermique du système concerné et son aptitude a être convenablement
régulé et programmé [FRIDMANN, 1999 (1)]. Dans ces conditions il ne faut pas s’étonner de
la dégradation fréquente du confort thermique des occupants des immeubles équipés
d’installations ainsi déséquilibrées et du gaspillage énergétique qui peut en découler.

En général, les unités terminales proches de la pompe sont soumises à une pression
différentielle importante et sont normalement en surdébit. Cette situation conduit à un
déséquilibre hydraulique qui conduit à un déséquilibre thermique [FRIDMANN, 1999 (1)]
[FRIDMANN, 1999 (2)]. La solution consiste à reprendre l’excès de pression différentielle
dans des vannes d’équilibrage afin d’équilibrer les débits dans les unités terminales.

Pour les installations existantes, une opération de rééquilibrage hydraulique est parfois
nécessaire afin de prendre en compte les possibles modifications de l’installation mais aussi
le vieillissement de celles-ci [COSTIC, 1996].

Avant d’entrer plus en détail dans l’étude des différentes méthodes d’équilibrage, il est
nécessaire de préciser une notion importante : le module hydraulique. Cette notion va guider
la suite de nos travaux de recherche.

Pour le réseau de distribution, il suffit en principe de prévoir une vanne d’équilibrage pour
pouvoir obtenir une répartition correcte des débits. Cependant, en cas de modification d’un
ou plusieurs débits, ces interventions perturbent tous les débits qui avaient été réglés : cette
notion est la notion d’interactivité hydraulique. Elle peut conduire à des corrections longues
et coûteuses selon l’ampleur de la perturbation initiale.

Pour cette raison, l’installation est divisée en « module hydraulique » ou encore « module
d’équilibrage » (Figure 1.3) [PETITJEAN, 1994]. De cette manière, la perturbation résultant
d’une intervention à un endroit peut être compensée, quant à son effet sur les autres circuits,
par une correction sur un nombre réduit de vanne d’équilibrage.

Vanne de
compensation

Figure 1.3 : Module hydraulique

9
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Si plusieurs unités terminales sont soumises aux mêmes contraintes, elles peuvent être
groupées dans un module comportant une vanne d’équilibrage. Au lieu de compenser une
perturbation extérieure par une intervention sur chacune des vannes d’équilibrage des unités
terminales, cette perturbation est compensée globalement par une action sur la vanne
générale dite de compensation. Elle permet également d’équilibrer entre elles les unités du
module sans se soucier du reste de l’installation. Cette architecture conduit à laisser une
vanne d’équilibrage du module hydraulique ouverte : la vanne la plus hydrauliquement
défavorisée. Ainsi, dans une installation à plusieurs niveaux d’équilibrage (Ch.1 §4.3.8), et
bien équilibrée, il existera une branche dont toutes les vannes d’équilibrage sont
complètement ouvertes : cette branche sera la branche la plus défavorisée de l’installation.

2.2.4.1 Méthode d’équilibrage par mesure des températures

L’équilibrage par mesure des températures (Figure 1.4) est une méthode de réglage utilisée
lorsque l’installation, ou une partie de l’installation, ne dispose pas d’organe de mesure de
débit ou lorsqu’on n’a pas de résultats du calcul des débits dans chaque tronçon.

Cette méthode consiste à régler les organes d’équilibrage de façon à obtenir la même
température de retour sur chaque émetteur, pour une température d’alimentation des
terminaux stabilisée à une valeur donnée [DELPECH 2000] [DIDIER, 2004].

Figure 1.4 : Principe d’application de la méthode d’équilibrage par mesure des températures

Cette méthode simpliste peut s’avérer suffisante pour équilibrer des réseaux ECS de
quelques colonnes ou des installations individuelles de chauffage dimensionnées avec la
même chute de température.

10
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

2.2.4.2 Méthode d’équilibrage itérative

La méthode itérative [PETITJEAN, 1994] (Figure 1.5) est utilisée lorsqu’une autre méthode
n’est pas applicable, en particulier lorsque l’installation n’est pas divisée en modules avec
des vannes de compensation, ou lors d’une distribution en boucle de Tichelmann. Cette
méthode est aussi la plus simple à comprendre, mais sa mise en œuvre exige beaucoup de
temps.

Ouverture à 100% des vannes d’équilibrage

Ajustement du débit principal à 105% du débit de calcul

Commençant par les unités proche de la pompe, ajuster les débits de chaque
unité entre 90 et 100% de la valeur théorique

A l’aide de la vanne d’équilibrage principale, ajuster le débit total fournie par


la pompe entre 100 et 105% de la valeur théorique

Ajuster à nouveau le débit de chaque unité en surdébit à la valeur de calcul

Ajuster la hauteur manométrique de la pompe en fonction des pertes de


charge créées par la vanne d’équilibrage principale

Figure 1.5 : Principe d’application de la méthode d’équilibrage itérative

Le principe est de supprimer les surdébits dans certaines unités afin d’augmenter le débit
dans les circuits défavorisés. Ce faisant, on réduit les pertes de charge dans les conduites et
on augmente la hauteur manométrique disponible. Ceci augmente à nouveau les débits dans
toutes les unités, y compris celles qui avaient été réglées. Pour cette raison, dans certaines
procédures, les premiers réglages sont réalisés à 90% des valeurs de calcul.

2.2.4.3 Méthode d’équilibrage proportionnelle

Les variations de la pression différentielle appliquée à un circuit déterminent une modification


du débit dans les unités terminales dans la même proportion. Cette règle implique que les
pertes de charge de tous les éléments (conduites, vannes, unités) dépendent du débit selon
la même relation (∆p = kq²) et que leur résistance hydraulique reste inchangée.
[PETITJEAN, 1994]

C’est sur ce principe fondamental qu’est basée la méthode proportionnelle (Figure 1.6). Ce
principe fondamental est utilisé pour équilibrer les unités terminales d’une même branche,
les branches et les colonnes entre elles.

11
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Sélection de la colonne ayant le plus grand rapport de débit λ

Sélection de la branche avec le plus faible rapport de débit λ

Sélection de l’unité terminale avec le rapport de débit le plus faible λmin


(mesure du débit et des pertes de charge de chaque vanne)

Réglage des vannes d’équilibrage des unités terminales de la branche tel que
λ = λmin

Sélection de la branche avec le rapport de débit le plus faible λmin


(mesure du débit et des pertes de charge de chaque vanne)

Réglage des vannes d’équilibrage des branches de la colonne tel que λ = λmin

Sélection de la colonne ayant le rapport de débit le plus faible λmin


(mesure du débit et des pertes de charge de chaque vanne)

Réglage des vannes d’équilibrage des colonnes du réseau tel que λ = λmin

Ajustement du débit principal à 100% du débit de calcul à l’aide de la vanne


d’équilibrage principale

Remplacement de la pompe si les pertes de charge créées dans vanne


d’équilibrage principale sont trop importantes

Figure 1.6 : Principe d’application de la méthode d’équilibrage proportionnelle

2.2.4.4 Méthode d’équilibrage compensée

La méthode compensée (Figure 1.7) [PETITJEAN, 1994] est un développement de la


méthode proportionnelle. Le principe est de maintenir constants et à la valeur de 1 tous les
rapports de débit.

Lorsqu’on ajuste un débit par une vanne d’équilibrage, on modifie les pertes de charge dans
les conduites, donc les pressions différentielles appliquées sur les autres vannes
d’équilibrage. Il en résulte finalement, qu’en ajustant le débit dans une vanne, on modifie les
débits dans celles qui avaient été réglées précédemment.

12
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Ouverture à 100% des vannes d’équilibrage

Le calcul du préréglage des vannes d’équilibrage est-il disponible?


Oui Non
Fermes les vannes des pieds
Adopter ces valeurs dans
de colonnes à l ’exception de
l’installation
celles à équilibrer

Les modules correspondent aux unités terminales des branches Mesurer la pression différentielle de la vanne de référence
de la colonne sélectionnée &
Régler la vanne d’équilibrage du module pour obtenir le ∆pR
Si les unités terminales sont équilibrées entre elles choisi dans la vanne de référence
Les modules correspondent aux branches de la colonne
sélectionnée
Sélectionner la vanne non réglée la plus éloignée de la pompe
Si les branches sont équilibrées entre elles
Régler la vanne d’équilibrage pour obtenir le débit
théorique dans la vanne sélectionnée
Sélection d’une autre colonne
Tant que les deux débits ne sont pas corrects

Régler la vanne d’équilibrage du module pour obtenir


Les modules correspondent aux colonnes de l’installation le ∆pR choisi dans la vanne de référence

Ajuster la hauteur manométrique de la pompe en fonction des pertes de


charge crées par la vanne d’équilibrage principale
L’unité sélectionnée devient l’unité index
&
Régler la vanne d’équilibrage du module pour obtenir le ∆pR
choisi dans la vanne index

Sélectionner la vanne non réglée la plus éloignée de la pompe

Régler la vanne d’équilibrage pour obtenir le débit


théorique dans la vanne sélectionnée

Tant que les deux débits ne sont pas corrects

Régler la vanne d’équilibrage du module pour obtenir


le ∆pR choisi dans la vanne de référence

Figure 1.7 : Principe d’application de la méthode d’équilibrage compensée

Cette situation est assez frustrante, car elle peut conduire à devoir ajuster chaque vanne à
plusieurs reprises.

La méthode compensée évite cette difficulté, car le réglage du débit à chaque vanne ne doit
être réalisé qu’une seule fois. Pour obtenir ce résultat, il faut pouvoir mesurer la perturbation
créée lors de l’ajustement d’une vanne d’équilibrage et compenser ensuite cette perturbation
par une action extérieure.

La perturbation est détectée par la mesure de la variation de la pression différentielle


appliquée à une vanne de référence, elle est compensée par une vanne agissant sur le débit
principal. Cette vanne de compensation permet de ramener la pression différentielle de la
vanne de référence à sa valeur initiale.

Il en est de même pour toutes les unités déjà réglées qui suivent la vanne de référence de
façon proportionnelle, dans la mesure où les perturbations concernées sont extérieures à
l’ensemble réglé. Finalement, toute perturbation créée par l’ajustement d’une vanne
d’équilibrage est détectée à la vanne de référence et compensée à la vanne de
compensation (Figure 1.3).

Comme les deux perturbations doivent être « extérieures » aux unités déjà réglées, la
première réglée, servant de référence est nécessairement la dernière de la branche et
l’équilibrage doit nécessairement être réalisé en remontant de la dernière unité vers la
première.

13
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

2.2.4.5 Méthode d’équilibrage REGIS

REGIS [FRIDMANN, 2005] est un logiciel incorporé dans l’appareil de mesure CBI. Il permet
de calculer les positions optimales de réglage des vannes d’équilibrage. Comme pour toute
méthode d’équilibrage ordonné, l’installation hydraulique est divisée en module d’équilibrage.
Un module comporte des circuits, disposant chacun d’une vanne d’équilibrage, reliés à des
conduites communes d’alimentation et de retour.

L’ensemble du module dispose d’une vanne d’équilibrage commune dite de compensation.

2.2.4.6 Méthodes d’équilibrage dynamiques

Sans régulateurs locaux de la pression différentielle, les circuits à débits variables sont
interactifs [BOYSEN]. Cela signifie par exemple que les variations de débit d’une boucle de
régulation instable créent des variations de la pression différentielle sur les autres circuits.
Les boucles de régulation de ces circuits essaient de compenser ces perturbations et
donnent l’impression d’être instables.

Les régulateurs de la pression différentielle rendent les circuits hydrauliquement


indépendants. Lorsque des régulateurs de la pression différentielle protègent les branches
d’une installation, aucune autre branche n’est influencée par les perturbations engendrées
par les autres.

Cela simplifie radicalement la procédure d’équilibrage, la mise en route et l’interprétation des


mesures de diagnostic. [PETITJEAN, 2002] indique les avantages des régulateurs de la
pression différentielle :

• Aucun élément d’équilibrage n’est nécessaire en amont des vannes de régulation de


la pression différentielle.
• Une boucle de régulation instable ne crée pas d’oscillations des autres boucles de
régulation.
• Chaque branche peut être équilibrée indépendamment des autres. Un rééquilibrage
des circuits existants n’est pas nécessaire lorsque l’installation est agrandie ou
modifiée.
• L’équilibrage d’une installation conçue avec des facteurs de diversité est
particulièrement simplifié.

L’emploi de régulateurs de pression différentielle permet de simplifier l’équilibrage


hydraulique d’un réseau complexe. [BERNADOU, 2003] [PETITJEAN 2003]

Un régulateur de la pression différentielle par colonne

Chaque colonne est un module qui peut être considéré comme indépendant des autres.
Avant d’entamer la procédure d’équilibrage d’un module, la vanne automatique du régulateur
de pression différentielle doit être ouverte complètement.

1. Les unités terminales de chaque branche sont équilibrées entre elles en utilisant l’une
des méthodes d’équilibrage vues précédemment. Les branches sont alors équilibrées
entre elles de la même manière.
2. Lorsqu’une colonne est équilibrée, la consigne du régulateur de la pression différentielle
est ajustée pour obtenir le débit total correct. L’équilibrage des colonnes entre elles n’est
pas nécessaire car il est naturellement obtenu.

14
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Un régulateur de la pression différentielle par branche

Chaque branche est un module qui peut être considéré comme indépendant des autres.
Avant d’entamer la procédure d’équilibrage d’un module, la vanne automatique du régulateur
de pression différentielle doit être ouverte complètement.

1. Les unités terminales de chaque branche sont équilibrées entre elles en utilisant l’une
des méthodes d’équilibrage vues précédemment.
2. Lorsqu’une branche est équilibrée, la consigne du régulateur de la pression différentielle
est ajustée pour obtenir le débit total correct. L’équilibrage des branches et des colonnes
entre elles n’est pas nécessaire.

Un régulateur de la pression différentielle par vanne de régulation

Procédure à suivre pour l’équilibrage :

1. Ouvrir complètement la vanne automatique.


2. Prérégler la vanne de mesure pour obtenir une perte de charge d’au moins 3 kPa pour le
débit nominal.
3. Ajuster la consigne du régulateur de la pression différentielle pour obtenir le débit
nominal requis.

Si toutes les vannes automatiques sont protégées individuellement par un régulateur de


pression différentielle, et puisque les débits sont corrects dans chaque unité terminale, il n’y
a pas d’autre procédure d’équilibrage à envisager. Il n’est donc pas nécessaire de prévoir
des vannes d’équilibrage dans les branches ni dans les colonnes, à moins que quelques
vannes ne soient prévues pour les besoins de diagnostic.

2.3 POMPE : VITESSES CONSTANTE & VARIABLE

2.3.1 DÉFINITION D’UNE POMPE

Compte tenu du très grand nombre et de la très grande variété des applications ayant
recours aux pompes, il est normal de rencontrer un foisonnement de technologies dans le
domaine des pompes : l’idée est de citer les principes les plus courants. Les pompes
véhiculant des liquides se divisent en deux catégories principales:

• Les pompes centrifuges : le mouvement du liquide résulte de l’accroissement


d’énergie qui lui est communiqué par la force centrifuge.
• Les pompes volumétriques : l’écoulement résulte de la variation d’une capacité
occupée par le liquide.

2.3.1.1 Les pompes centrifuges

Ce sont les pompes les plus utilisées dans le domaine industriel à cause de la large gamme
d'utilisation qu'elles peuvent couvrir, de leur simplicité et de leur faible coût. Elles sont
constituées par [BOUTELOUP, 2002] :

• Une roue à aubes tournant autour de son axe,

• Un distributeur dans l'axe de la roue,

• Un collecteur de section croissante, en forme de spirale appelée volute.

15
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Le liquide arrive dans l'axe de l'appareil par le distributeur et la force centrifuge le projette
vers l'extérieur de la turbine. Il acquiert une grande énergie cinétique qui se transforme en
énergie de pression dans le collecteur où la section est croissante (Figure 1.8).

Figure 1.8 : Principe de fonctionnement d’une pompe centrifuge

Pour ce principe de pompe, trois types de moteurs sont rencontrés :

• Le moteur ventilé sur les pompes standard (Figure 1.9),


• Le moteur à rotor noyé dans les circulateurs (Figure 1.10),
• Le moteur étanche pour les pompes immergées (Figure 1.11).

Figure 1.9 : Moteur ventilé pour Figure 1.10 : Moteur à rotor Figure 1.11 : Moteur étanche
pompe standards noyé pour circulateurs pour pompes immergés

Les circulateurs, appelés aussi accélérateurs à l’époque de la modernisation des


installations en thermosiphon, n’ont pas d’étanchéité dynamique autour de l’arbre. Ce
résultat est obtenu en intercalant un cylindre en Inox amagnétique entre le rotor et le stator
du moteur. Le rotor tourne alors dans le fluide véhiculé, qui assure le refroidissement du
moteur. Les circulateurs s’intercalent sur la tuyauterie et sont supportés par celle-ci. Leur
arbre doit toujours rester vertical ou horizontal. Pour ces raisons et surtout pour leur fiabilité
obtenue sans aucun entretien, les circulateurs sont très employés sur les circuits
caloporteurs petits et moyens. Leur seul défaut réside dans le faible rendement de leur
moteur, dû au grand entrefer. Il est important de garder un débit minimal dans les
circulateurs, car le refroidissement du moteur est assuré par la circulation du fluide.

Les pompes immergées trouvent des applications dans les domaines de pompage en puits
profond, en forage et pour le relevage d’eau usée, l’évacuation d’eau d’infiltration. Dans le
premier cas, les pompes sont multicellulaires et sont suspendues par la tuyauterie, dans le
second cas, elles sont monocellulaires à roue ouverte, et sont posées sur le fond. Certaines
pompes immergées comportent une chambre intercalaire remplie d’huile. Le moteur reste
alors au sec, protégé par une double étanchéité.

16
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

2.3.1.2 Pompes volumétriques

Une pompe volumétrique [DE CHARGERES, 1991] se compose d'un corps de pompe
parfaitement clos à l'intérieur duquel se déplace un élément mobile rigoureusement ajusté.
Leur fonctionnement repose sur le principe suivant :

• Exécution d'un mouvement cyclique,

• Pendant un cycle, un volume déterminé de liquide pénètre dans un compartiment


avant d'être refoulé à la fin.

Ce mouvement permet le déplacement du liquide entre l'orifice d'aspiration et l'orifice de


refoulement (Figure 1.12).

Figure 1.12 : Pompe volumétrique à palettes fixes (Principe de fonctionnement)

On distingue généralement :
• Les pompes volumétriques rotatives : Ces pompes sont constituées par une pièce
mobile animée d’un mouvement de rotation autour d’un axe, qui tourne dans le corps
de pompe et crée le mouvement du liquide pompé par déplacement d’un volume
depuis l’aspiration jusqu’au refoulement,
• Les pompes volumétriques alternatives: la pièce mobile est animée d'un mouvement
alternatif.

2.3.2 DIMENSIONNEMENT

La pompe de circulation est définie par deux paramètres qui représentent le point de
fonctionnement nominal de la pompe [COSTIC, 2003] :
• Le débit : la quantité de fluide qu’elle peut mettre en mouvement,
• La hauteur manométrique : les pertes de charge qu’elle doit vaincre pour mettre le
fluide en mouvement.

La pompe sera choisie pour que son point de fonctionnement soit dans la zone de
rendement maximal.

Le débit total Q N correspond au débit nominal de l’installation sans la prise en compte de


facteur de diversité. Il est calculé en effectuant la somme des débits des unités terminales
qi ,em en considérant qu’elles fonctionnent toutes à pleine charge :

k
QN = ∑q
i =1
i ,em (1.5)

17
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

La hauteur manométrique de la pompe H N doit permettre de compenser toutes les pertes


de charges (singulières pdc sin g ,utd et régulières pdc rég ,utd menant jusqu’à l’unité terminale la
plus hydrauliquement défavorisée de l’installation.

HN = ∑ [pdc sin g ,utd + pdc rég ,utd ] (1.6)

2.3.3 ALGORITHMES DE RÉGULATION

2.3.3.1 Circulateur à vitesse constante

La courbe d’une pompe à vitesse fixe est immuable et présente toujours le même aspect :
lorsque le débit augmente, la pression diminue et inversement [CRASSARD, 2001].

Le choix d’une pompe se fait normalement au débit maximal que l’installation est susceptible
de demander Q1, auquel correspond la pression souhaitée H1 (Figure 1.13).

Figure 1.13 : Courbe caractéristique d’une pompe à vitesse constante

En général, l’installation ne demande ce débit Q1 qu’en de courts instants : au plus froid de


l’hiver pour un circulateur de chauffage, ou au plus chaud de l’été pour la climatisation. Tout
le reste du temps, la demande est inférieure au débit maximal déterminé Q1 et, puisque les
pertes de charges diminuent, les besoins en pression diminuent également. Ainsi, par
exemple, lorsque la demande se situe au point Q2, la pression fournie par la pompe
augmente jusqu’au point H2 alors que l’idéal eut été d’atteindre le point H3 (Figure 1.14). Le
surplus de pression ainsi obtenu augmente la pression résiduelle, ce qui diminue le confort
d’utilisation, il peut être dangereux pour l’installation et impose la mise en place de
réducteurs de pression ou de soupapes différentielles pour adapter l’installation à la pompe.

2.3.3.2 Circulateur à vitesse variable

Les circulateurs « à vitesse variable » sont des circulateurs dont la vitesse peut être régulée
en continu en fonction de la variation de pression régnant dans le circuit de distribution. La
régulation de vitesse est intégrée directement dans le circulateur.

Lorsque sous l'effet d'apports de chaleur gratuits, les robinets thermostatiques (où les
vannes 2-voies de zone) se ferment, la pression dans le réseau augmente avec une
influence néfaste sur le fonctionnement des vannes restées ouvertes.

Les circulateurs électroniques vont automatiquement adapter leur vitesse en fonction de la


fermeture des vannes de régulation (donc en fonction des besoins thermiques).

18
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.14 : Courbes caractéristiques d’une pompe à vitesse variable [CRASSARD, 2001]

La variation de vitesse permet d’obtenir une infinité de courbes de pompe inférieures à la


courbe en vitesse fixe (Figure 1.14) et ainsi de suivre, par exemple, la diminution des pertes
de charge. De cette façon, ce n’est plus l’installation qui doit s’adapter à la pompe, mais bien
la pompe qui s’adapte en continu à l’installation. Pour certain cas, la variation de vitesse
permet de diviser sa facture d’énergie jusqu’à un facteur 3 [MONTREUIL, 2006].

Plusieurs types de régulation sont possibles avec ce type d'équipement lorsque les robinets
thermostatiques se ferment [ENERGY+, 2005] :
• Soit la vitesse de rotation du circulateur est adaptée automatiquement pour maintenir
la pression différentielle constante (Figure 1.15) dans le circuit (généralement au
niveau de l’émetteur le plus défavorisé) : le point de fonctionnement passe de B à D.
La consommation électrique du circulateur étant proportionnelle à la surface (hauteur
manométrique x débit) diminue proportionnellement au débit (Figure 1.16). Dans le
cas d’une vitesse constante, le point de fonctionnement passerait de B à A,

Figure 1.15 : Régulation de la pression différentielle Figure 1.16 : Régulation de la pression


constante différentielle constante : puissance consommée

• Soit la vitesse de rotation du circulateur est ajustée automatiquement afin de faire


varier la pression différentielle dans le circuit (généralement au niveau de l’émetteur
le plus défavorisé) proportionnellement au débit : le point de fonctionnement passe de
B à E (Figure 1.17). La consommation électrique du circulateur étant proportionnelle
à la surface (hauteur manométrique x débit) diminue proportionnellement au débit
(Figure 1.18).
Pour un débit nul, la hauteur manométrique disponible sera équivalente à 50% de sa
valeur aux conditions nominales,

19
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.17 : Régulation de la pression Figure 1.18 : Régulation de la pression


différentielle proportionnellement au débit différentielle proportionnellement au débit :
puissance consommée

• Soit la vitesse de rotation du circulateur est adaptée automatiquement en fonction


des besoins thermiques [HARTMAN, 2002]. La vitesse de la pompe est régulée en
fonction du pourcentage d’ouverture des vannes de régulation terminale (Figure
1.19). La consommation électrique n’est plus proportionnelle mais varie
exponentiellement par rapport au débit (Figure 1.20).
L’avantage de cette méthode est de faire fonctionner la pompe à son maximum
d’efficacité pour tous les débits.

Figure 1.19 : Régulation selon les besoins Figure 1.20 : Régulation selon les besoins
thermiques thermiques : puissance consommée

Dans le cas de l’utilisation de pompes à vitesse variable, le rendement du moteur diminue en


fonction de la charge (Figure 1.21) [PETITJEAN, 1994].

20
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art
1

0.9

0.8

0.7

Rendem ent de la pompe [-]


0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
C harge de la pompe [%]

Figure 1.21 : Courbe de rendement du moteur de la pompe en fonction de la charge

3. DÉFINITION DES CRITÈRES D’ÉVALUATION DES RÉSEAUX


HYDRAULIQUES

3.1 APPROCHE PAR LE COÛT GLOBAL PARTAGÉ

Les intérêts des parties en présence lors de la construction d’un bâtiment – promoteurs,
entrepreneurs, maître d’ouvrage, gestionnaires, usagers... – sont « par nature » divergents.
L’investisseur s’inscrit dans une perspective de court terme et doit s’insérer dans des
contraintes budgétaires inhérentes à tout projet de construction, alors que l’horizon du
gestionnaire est plutôt de moyen ou long terme car il doit maîtriser des coûts de
fonctionnement que l’investisseur n’aura pas obligatoirement appréhendés. Quant à
l’utilisateur final, comment et où intégrer ses intérêts propres ? L’approche par le coût global
partagé [ECODURABLE, 2006] aurait vocation à rapprocher ces intérêts a priori divergents
(Figure 1.22).

Figure 1.22 : Approche du coût global

21
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Les coûts d’investissement englobent toutes les dépenses générées depuis l’origine du
projet jusqu’à sa livraison, on peut les décomposer ainsi : coûts d’études, coûts
d’accompagnement, coûts du foncier, coûts de travaux et coûts financiers et divers.

Le coût global élémentaire que l’on pourrait définir par – en plus du coût d’investissement –
la prise en compte de l’exploitation/maintenance d’un bâtiment sur le long terme. Ceci induit
une réflexion sur la consommation énergétique.

Pour définir le coût global élargi, il s’agit de raisonner sur les impacts sociétaux des
bâtiments, et sur la valeur de ce qu’ils abriteront pendant leur durée de vie : les usagers et
leurs activités, etc. Reprenant la notion de coût global élargi, le coût global partagé fait appel
à la position individuelle de chaque acteur dont les intérêts divergent : maître d’ouvrage,
propriétaire ou utilisateur, mais dont les actions conjuguées participent à l’action collective
en faveur du développement durable.

La définition de critères d’évaluation permet de comparer plusieurs systèmes les uns aux
autres afin de mettre en évidence les solutions les plus performantes. En ce qui concerne les
installations de chauffage à eau chaude, les pages précédentes en ont mis quelques uns en
évidence :
• Les consommations énergétiques : elles caractérisent le rendement saisonnier global
de l’installation,
• Le confort thermique : il s’agit de la première fonction d’un système de chauffage.
L’énergie produite doit être acheminée dans l’ensemble du bâtiment afin d’assurer un
le confort thermique durant la saison de chauffe,
• La stabilité des boucles de régulation mais aussi l’autorité des vannes de régulation :
elles définissent la qualité globale du système de régulation d’une installation,
• La durabilité de l’installation : maintenir une vitesse d’écoulement ni trop élevée ni
trop faible permet de limiter les risques d’embouage, de bruit dans l’installation et de
limiter les risques d’usure prématurée des équipements,
• Le bilan carbone permet d’évaluer l’impact environnemental de l’installation en
prenant aussi bien en compte les consommations énergétiques que les matériaux
utilisés.

3.2 CONSOMMATIONS ÉNERGÉTIQUES

Afin de répondre aux besoins de leurs occupants, la plupart des bâtiments sont équipés de
systèmes permettant d'assurer un climat intérieur adéquat et un confort d'utilisation optimal.
La somme des consommations individuelles de ces installations de chauffage, de
refroidissement, d'éclairage et de production d'eau chaude caractérise la consommation
énergétique totale d'un bâtiment. Par conséquent, cette dernière est influencée tant par la
conception de l'enveloppe, qui définit les besoins en énergie, que par les installations
techniques qui y sont placées pour couvrir ces besoins.

Concevoir des bâtiments performants du point de vue énergétique revient tout d'abord à
réduire les besoins en énergie à un minimum, sans perte de confort. Il paraît évident que
l'installation de chauffage doit au moins pouvoir répondre aux besoins énergétiques du
bâtiment. Sa consommation d'énergie est déterminée par le rendement saisonnier global,
lequel est dépendant des pertes de l'installation en matière de production de chaleur, de
distribution de chaleur, d’émission de chaleur et de régulation. De nombreuses options
techniques permettent d'améliorer le rendement global saisonnier des systèmes et de
réduire ainsi la consommation énergétique globale du bâtiment.

La comparaison des performances énergétiques des installations de chauffage par rapport à


une référence est un préalable afin de mettre en évidence les solutions idéales afin d’obtenir
des installations performantes.

22
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

3.3 CONFORT THERMIQUE

Ne pas avoir trop froid, ne pas avoir trop chaud, ne pas sentir de courants d’air gênant : ainsi
pourrait-on définir le confort thermique. Cependant, le confort thermique est une sensation
subjective et complexe pouvant varier d’un occupant à l’autre. Dans une même ambiance,
un individu pourra se sentir à l’aise (sensation de confort) alors qu’un autre pourra être gêné
(sensation d’inconfort).

Le confort thermique dans le bâtiment sera estimé par son écart à la consigne pour trois
fractiles : les fractiles 10, 25 et 50. Pour rappel, le fractile [SAPORTA, 2006] d’une série de
données est égal à la valeur séparant l’échantillon en deux parties, l’une comprenant 10%
des valeurs et l’autre 90%, dans le cas du fractile 10.

Des indices comme le PPD ou PMV [ISO 7730:2005, 2005] ne sont pas retenus ici car ils
demandent des paramètres pour être déterminés non pris en compte dans le cadre de
l’étude des performances énergétiques des installations de chauffage à eau chaude.

3.4 AUTORITÉ DE RÉGULATION

La bonne stabilité de la régulation d’une installation de chauffage est le garant d’une


installation efficace, de consommations énergétiques maitrisées et d’un confort thermique
assuré.

L’autorité d’une vanne caractérise son aptitude à régler le débit dans un circuit donné. Elle
est égale au rapport de la perte de charge de la vanne grande ouverte (JV) sur la perte de
charge de la partie du circuit où le débit varie, vanne comprise (JV + JR). JR est calculé pour
le débit maximal de la vanne. Le circuit à considérer est celui dont la vanne de régulation est
capable de modifier le débit.

JV
a = et 0 < a < 1 (1.7)
JV + J R

Si la perte de charge de la vanne est faible devant celle du circuit (petite autorité), la
fermeture partielle de la vanne entraîne une réduction de débit négligeable. En cas de faible
autorité, la relation du débit en fonction du Kv n’est pas du tout linéaire (Figure 1.23) La
progressivité du réglage est alors très mauvaise et la stabilité de la régulation est difficile à
obtenir. La vanne travaille toujours très près de la fermeture et il y a risque de pompage. Ce
terme désigne un fonctionnement cyclique avec ouverture excessive puis fermeture
excessive. Le juste réglage n’est jamais trouvé et la durée de vie de la vanne s’en trouve
réduite.

Figure 1.23 : Faible autorité de la vanne Ö Figure 1.24 : Grande autorité de la vanne Ö Bonne
Mauvaise progressivité du réglage progressivité du réglage

23
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

L’expérience montre qu’une autorité de vanne supérieure ou égale à 0.5 procure un


comportement satisfaisant de la régulation. Cela revient à choisir la vanne pour que sa perte
de charge soit supérieure ou égale à celle du réseau où le débit varie.

Une autorité très supérieure à 0.5 n’apporte pas d’amélioration à la régulation, mais conduit
à une pompe plus coûteuse et à une surconsommation d’énergie de la part de celle-ci.
Inversement, une autorité inférieure à 0.33 (JV < JR / 2) ne permet plus un fonctionnement
correct de la régulation.

Les vannes dites à « égal pourcentage » ont une caractéristique Levée du clapet / Kv telle
qu’elle compense à la fois la non linéarité de la loi d’émission d’eau et celle du débit. Ainsi la
relation Levée du clapet / Puissance devient-elle pratiquement linéaire (Figure 1.24).

3.5 DURABILITÉ

L’eau est le fluide caloporteur le plus utilisé dans les installations de chauffage. Cette
particularité est due d’une part à sa simplicité de mise en œuvre et d’autre part à ses facultés
remarquables d’absorption et de transmission de la chaleur. Le fait que son prix soit très bon
marché est aussi un avantage.

Cependant, elle a également la propriété d’accueillir facilement d’autres corps : soit en


dissolution, soit en suspension, et la présence de ces corps étrangers va affecter la
performance des matériels et leur durée de vie.

L’embouage des installations, c’est-à-dire le dépôt de boues, est le résultat de deux


phénomènes : l’entartrage et la corrosion. L’entartrage provient de la précipitation du
carbonate de calcium dû à la rupture de l’équilibre calcocarbonique sous l’effet de l’élévation
de température et du dégazage du dioxyde de carbone. Le carbonate de calcium est très
stable thermodynamiquement parlant et forme un dépôt très adhérent sur les parois. La
corrosion est due à la dissolution des métaux dans l’eau. Ce phénomène se poursuit jusqu’à
ce qu’à ce que l’équilibre chimique soit atteint.

Afin de prévenir le risque d’embouage [COSTIC, 2004], une des solutions consiste à assurer
un débit de circulation minimum dans la tuyauterie dans le but de limiter les phénomènes de
décantation. Les boues seront alors transportées jusqu’à la bouteille de découplage où elles
pourront être évacuées.

A l’inverse, une vitesse trop importante du fluide entrainera du bruit dans les canalisations et
les éléments de régulation.

Pour cela, des vitesses limites ont été définies afin de minimiser les risques d’embouage et
de bruit [HAMY, 2001] :

• Une vitesse minimale de 0.3 m/s permet de limiter les risques d’embouage,
• Une vitesse maximale de 0.8 m/s permettra de limiter les risques de bruit dans les
parties habitées du bâtiment.

3.6 BILAN CARBONE

Le Bilan Carbone est une méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre
à partir de données facilement disponible pour parvenir à une bonne évaluation des
émissions directes et induites par notre activité.

24
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Dans le cas de notre étude, la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre se
limitera aux émissions liées aux consommations électriques, pour les circulateurs, et celles
liées à la production de chaleur, utilisant le gaz naturel . Les facteurs d’émissions sont définis
par la Figure 1.25 pour le gaz naturel et par la Figure 1.26 pour l’électricité [ADEME, 2005].

kg équivalent CO2 kg équivalent


Mois
par kWh carbone par kWh
janvier 2002 0,081 0,022
février 2002 0,068 0,019
Combustible Gaz naturel mars 2002 0,054 0,015
avril 2002 0,057 0,016
kg équivalent mai 2002 0,045 0,012
908
carbone par tonne
juin 2002 0,043 0,012
kg equivalent juillet 2002 0,046 0,013
0,064
carbone par kWh août 2002 0,033 0,009
septembre 2002 0,055 0,015
kg equivalent
739 octobre 2002 0,061 0,017
carbone par Tep
novembre 2002 0,036 0,010
décembre 2002 0,047 0,013
Moyenne annuelle 0,053 0,014

Figure 1.25 : Calcul du facteur d’émission global Figure 1.26 : Facteurs d’émissions mensuels d’EDF
(amont + combustion) du gaz naturel en 2002 pour l’électricité

4. DESCRIPTION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES

Un système de chauffage à eau chaude est composé de quatre parties ayant chacune une
fonction bien déterminée (Figure 1.27) : produire de la chaleur, alimenter la tête de
distribution (circuit primaire), distribuer l’eau chaude et émettre la chaleur.

Figure 1.27 : Les fonctions d’une installation de chauffage

25
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

4.1 PRODUCTION DE CHALEUR

Des solutions technologiques diverses existent pour fournir de l’énergie au fluide caloporteur
d’une installation de chauffage à eau chaude. Celles-ci ont des conséquences plus ou moins
importantes sur le fonctionnement de l’installation et imposent dans certains cas le type
d’émission finale.

Les chaudières dites standard ou à température constante étaient conçues pour des
températures aller et retour situées en principe entre 90°C et 70°C. Une adaptation optimale
aux besoins de chaleur, impliquant par conséquent des températures de système moins
élevées, n’était pas possible. Ce mode de fonctionnement faisait que le rendement global
annuel – lié aux fortes pertes par les gaz d’échappement et les surfaces – n’était que de
l’ordre de 60%.

Au début des années 80, la régulation électronique moderne permettait de régler la


température de l’eau de la chaudière en fonction de la température régnant à l’extérieur. En
même temps, on développait des chaudières dont la construction et le matériel étaient
adaptés à des températures de retour de 35°C à 40°C. Cela permettait une adaptation aux
besoins de chaleur sans que les parois de la chaudière ne soient exposées à la corrosion.

La combustion du gaz naturel entraîne la formation de produits de combustion. La chaudière


gaz à condensation récupère la chaleur dite latente contenue dans la vapeur d'eau rejetée
par les produits de combustion et la restitue au circuit de chauffage. Par rapport à une
chaudière classique, la chaudière gaz à condensation permet un rendement amélioré de 10
à 15% et une baisse des consommations jusqu’à 20%. Grâce à leur technologie, les
chaudières gaz à condensation sont les seules chaudières capables d’atteindre des
rendements sur le pouvoir calorifique inférieur (PCI) supérieurs à 100%.

Les chaudières à bois déchiqueté et granulés permettent de remplacer les énergies fossiles
par une énergie renouvelable. Le bois-énergie contribue à la lutte contre le réchauffement
climatique puisqu'à la différence des énergies fossiles, le gaz carbonique (CO2) dégagé par
la combustion est réabsorbé par la forêt pour la photosynthèse. Il constitue aussi un
excellent moyen de valoriser les sous-produits et déchets de la filière bois.

Les systèmes solaires combinés utilisent l’énergie thermique solaire comme préchauffage
pour le chauffage du bâtiment couplée à une énergie d’appoint. Deux techniques se
distinguent : le plancher solaire direct, l’eau chauffée par les capteurs est acheminée dans
un plancher chauffant basse température, et les systèmes avec stockage, l’eau est stockée
dans un réservoir pour l'utiliser en temps utile.

La pompe à chaleur sur sol (ou dite « géothermique ») récupère la chaleur du sol au moyen
d’un réseau de tubes enterrés (capteurs) dans le jardin et les restitue au plancher chauffant.
La pompe à chaleur présente des performances très intéressantes, puisque, pour un
kilowattheure d'énergie électrique consommé, il restitue trois à quatre kilowattheures de
chaleur.

4.2 TÊTE DE DISTRIBUTION

4.2.1 BOUTEILLE DE DÉCOUPLAGE

La bouteille de découplage hydraulique constitue un point neutre et permet de désolidariser


et de rendre hydrauliquement indépendant le circuit primaire de la distribution secondaire en
empêchant toutes interactions hydrauliques entre les circuits primaires et secondaires.

26
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Le fonctionnement de la bouteille de découplage implique que le débit du circuit primaire soit


toujours supérieur, même légèrement, quel que soit le point de fonctionnement, au débit du
circuit secondaire (Figure 1.28). Toutes les installations équipées d’une déconnexion
hydraulique dont le circuit de production est à débit variable et celui de la distribution à débit
constant ne peuvent assurer la compatibilité des débits que si la production fonctionne à
pleine puissance [LA SALA, 2003] [LA SALA, 2004].

Figure 1.28 : Principe de répartition des débits dans la bouteille de découplage

Il y a un risque de dysfonctionnement si cette relation n’est pas respectée. Le retour inverse


est un défaut qui consiste à voir la bouteille traversée par un débit en sens contraire de celui
escompté. Elle fonctionne alors comme une bouteille de mélange. Il en résulte un
abaissement des températures aux sorties de la bouteille et les vannes, régulant les
températures de départ, s’ouvrent. Ce phénomène est cumulatif, en s’ouvrant, les vannes
provoquent un abaissement encore plus important de la température des départs. Ce
blocage entraîne un manque important de puissance fournie au fluide du circuit secondaire
[CYSSAU, 1990].

La faible vitesse de circulation dans la bouteille peut également être exploitée pour y installer
un dispositif de dégazage et un dispositif d’évacuation des matières solides qui décantent
vers le fond de la bouteille.

4.2.2 SOUPAPE DE PRESSION DIFFÉRENTIELLE

Dans une installation bitube dont les unités terminales sont équipées de robinets
thermostatiques, lorsque les besoins diminuent, les robinets thermostatiques se ferment. La
soupape de pression différentielle s’ouvre alors progressivement de manière à maintenir :

• Un débit minimal dans la pompe de circulation,


• Une pression différentielle acceptable dans l’ensemble des composants constituant
l’installation.

Une soupape de pression différentielle s’installe en aval de la pompe afin de compenser la


fermeture des robinets thermostatiques (Figure 1.29).

27
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.29 : Exemples d’installations équipées d’une soupape de pression différentielle

4.3 CIRCUIT DE DISTRIBUTION

L’acheminement du fluide dans l’ensemble du bâtiment afin de fournir de l’énergie à l’endroit


désiré est la première étape d’une installation de chauffage à eau chaude. L’architecture
décrivant cet acheminement prend différentes formes et influence grandement la qualité et la
faisabilité du contrôle de l’installation en fonctionnement.

Dans les installations tertiaires, la distribution d'eau chaude comprend souvent, en


chaufferie, un circuit primaire (ou collecteur) duquel partent plusieurs circuits secondaires qui
alimentent les différentes zones du bâtiment. Ce circuit ou collecteur primaire peut prendre
diverses configurations présentant chacune des avantages et des inconvénients.

Il est impossible de décrire le circuit de distribution idéal ou le circuit à éviter à tout prix.
Généralement, le maître d'ouvrage ne s'inquiète pas du circuit conçu par le bureau d'études
ou l'installateur. Chacun de ceux-ci a d'ailleurs ses habitudes. Remarquons qu'il existe sur le
terrain une quantité importante de configurations possibles. Chaque bureau d'études peut
apporter sa touche personnelle, sans compter les exigences propres à certains fabricants de
chaudières.

4.3.1 BOUCLE DE TICHELMANN

Il existe des solutions de distribution qui permettent de s’affranchir des contraintes de


l’équilibrage comme les distributions dites de Tichelmann (Figure 1.30). Ce type de réseau
ne comporte pas d’organe d’équilibrage au niveau des unités terminales mais il doit
comporter une vanne de compensation au niveau de la distribution principale.

Ce type de distribution est bien adapté aux raccordements en parallèle des équipements
thermiques en batterie (production ou émission) s’ils sont tous parcourus par des débits peu
différents et si ces débits sont constants.

Figure 1.30 : Distribution en boucle de Tichelmann

28
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Cependant, l’absence d’organe d’équilibrage ne pardonne aucun écarts de conception ni de


réalisation sur site. Les distributions de Tichelmann sont donc réservées aux parties des
distributions des équipements parcourus par le même débit d’eau et qui ne disposent pas de
vanne de régulation individuelle.

Les distributions de Tichelmann sont particulièrement utilisées pour raccorder des


équipements en parallèle parcourus par le même débit constant : des capteurs solaires,
quelques émetteurs identiques dans un local avec une régulation commune par exemple.

4.3.2 RÉSEAU MONOTUBE

Le raccordement des émetteurs en série dans une boucle monotube ne réclame


évidemment pas d’opération d’équilibrage des débits dans les unités terminales dans le cas
où toutes les unités terminales sont raccordées en série (monotube direct) (Figure 1.31).

Figure 1.31 : Distribution monotube direct

De même, aucun équilibrage n’est nécessaire pour les branches qui raccordent des
émetteurs en dérivation, généralement montés avec des vannes à quatre voies ayant un
même rapport de dérivation q1/q0 (Figure 1.32).

Figure 1.32 : Distribution monotube avec montage vannes 4-voies

Certains montages d’émetteurs en dérivation permettent d’ajuster individuellement le débit


dans chaque émetteur. Cette possibilité doit être considérée comme une facilité d’adaptation
plutôt que comme un réel équilibrage.

Les surfaces de chaque émetteur sont calculées en tenant compte du débit fixé qui le
traverse et de la température de l’eau qui l’irrigue. Pour les installations de chauffage, cette
température décroît d’un émetteur à l’autre, le long du parcours de l’eau.

Un réseau monotube ne comporte pas d’organe d’équilibrage au niveau des unités


terminales mais une vanne de compensation afin de régler le débit initial.

29
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

4.3.3 RÉSEAU BITUBE AUTO-ÉQUILIBRÉ

Les distributions bitube dites auto-équilibrées irriguent les unités terminales sans ajouter
dans leurs tronçons une perte de charge d’équilibrage spécifique. Dans ces distributions, les
débits obtenus dans chaque tronçon sont utilisés pour dimensionner les échangeurs. Ce
sont les pertes de charge des unités terminales et de la tuyauterie qui déterminent le débit
dans chaque unité terminale. Dans les branches ou colonnes de distribution de chauffage les
débits s’établissent ainsi : pour des tronçons qui présentent une même résistance au
passage du débit, le débit dans chacun décroit de la tête à la queue de la branche. Sur
l’exemple mentionné par la Figure 1.33 : Q1 > Q2 > Q3 > Q4.

Figure 1.33 : Distribution bitube auto-équilibrée

Ces distributions sont donc à chutes de températures variables. La surface d’échange est
alors adaptée au débit pour satisfaire la puissance requise. Le dimensionnement de ces
installations doit être réalisé par un calcul. L’absence d’organe d’équilibrage sur chaque unité
terminale ne permet pas ni d’ajuster ultérieurement les puissances aux besoins ni de
récupérer des écarts de calcul ou de mise en œuvre.

Un tel mode de fonctionnement peut être satisfaisant sur le plan thermique pour certaines
installations. Il ne réclame pas d’opération d’équilibrage sauf en tête des branches ou des
colonnes.

4.3.4 RÉSEAU BITUBE ÉQUILIBRÉ

La règle courante pour concevoir une installation de distribution qui raccorde des terminaux
de chauffage ou de climatisation est de prévoir pour chacun un organe d’équilibrage et de
calculer la perte de charge qu’il doit présenter pour que le débit désiré circule dans
l’émetteur (Figure 1.34).

Ce débit est choisi de telle façon que la chute de température (ou d’une élévation s’il s’agit
d’une batterie de refroidissement) soit identique dans tous les émetteurs.

Figure 1.34 : Distribution bitube équilibrée

30
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Cette solution présente des avantages :

• Une chute de température égale dans tous les émetteurs permet de diagnostiquer
plus aisément un éventuel défaut d’irrigation par la mesure de la chute de
température.
• Un organe d’équilibrage par émetteur permet de corriger d’éventuels défauts. Cet
organe d’équilibrage peut aussi être utilisé pour sectionner l’irrigation d’un émetteur.
• Le choix d’organes d’équilibrage prééquipés pour la mesure du débit s’avère fort utile
dans beaucoup de cas.

Les distributions bitube sont les plus fréquemment utilisées car elles permettent un bon
équilibrage relatif des différents circuits et, dans la mesure où les pertes calorifiques en ligne
sont faibles, assurent une température d’eau à l’entrée des émetteurs quasi identique.

4.3.5 RÉSEAU BITUBE PIEUVRE

Une distribution bitube pieuvre se caractérise par une liaison directe de chaque émetteur à
un point central de distribution (Figure 1.35).

Figure 1.35 : Distribution bitube pieuvre (ou en étoile)

Dans cette configuration, les températures d’entrée d’eau dans les émetteurs sont très
inégales car elles dépendent en particulier :

• De la longueur de tuyauterie entre l’émetteur et le point de distribution,


• Du débit dans l’émetteur.

Les circuits de distribution bitube pieuvre (ou en étoile) présentent eux aussi deux niveaux
d’équilibrage, comme les réseaux de distribution à deux niveaux. Un premier organe
d’équilibrage est installé sur la boucle primaire. Le deuxième niveau d’équilibrage est installé
sur le retour des émetteurs.

4.3.6 PLANCHER CHAUFFANT AVEC DISTRIBUTION BITUBE PIEUVRE

Le principe du plancher chauffant basse température est d’utiliser une température d’eau de
départ faible, généralement comprise entre 25 et 30°C. L’énergie est transmise au local au
moyen d’un serpentin incorporé dans le plancher dans lequel circule le fluide (Figure 1.36).

31
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.36 : Distribution par plancher chauffant

Par son inertie thermique importante, le chauffage par le sol peut conduire à des surchauffes
plus importantes que les autres systèmes. En effet, c'est la totalité de la dalle de sol qui est
chaude. Celle-ci ne peut donc réagir instantanément à l'apparition d'apports de chaleur
gratuits importants et, de plus, elle a perdu une bonne partie de sa capacité à absorber la
chaleur excédentaire.

L’utilisation du plancher chauffant est compatible avec l’ensemble des types de distribution
vus précédemment.

4.3.7 CIRCUITS DE DISTRIBUTION À DEUX NIVEAUX

Les distributions qui irriguent plusieurs unités terminales à équilibrer comportent au minimum
deux niveaux d’équilibrage. Une installation conçue ainsi conduit à un équilibrage
relativement simple. Il se calcule aisément et les risques de dysfonctionnement sont réduits :
le diagnostic d’un éventuel défaut d’irrigation est aisé.

Dans le schéma simplifié présenté sur la Figure 1.37, les émetteurs peuvent être de nature
très différente : radiateurs, ventilo-convecteurs… Il peut aussi s’agir de circuits autonomes
équipés de leur propre pompe ou de réseaux d’émetteurs raccordés par une distribution
auto-équilibrée ou monotube.

Unité Unité Unité


Terminale Terminale Terminale

Figure 1.37 : Distribution à deux niveaux d’équilibrage

La Figure 1.37 montre le schéma général d’une distribution de chauffage ou de climatisation,


bitube à deux niveaux d’équilibrage : un réglage du réseau principal et un réglage de chaque
terminale.

32
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

4.3.8 CIRCUITS DE DISTRIBUTION À TROIS OU QUATRE NIVEAUX

Les installations de distribution du chauffage collectif ou de climatisation à deux tuyaux


comportent couramment trois niveaux d’équilibrage (Figure 1.38). Les distributions à quatre
niveaux sont parfois utilisées pour des installations plus complexes (Figure 1.39).

Figure 1.38 : Circuit à trois niveaux Figure 1.39 : Circuit à quatre niveaux

Pour ces types de distribution, les unités terminales peuvent être de nature très différente, il
peut également s’agir de circuits autonomes comme ceux présentés précédemment.
L’équilibrage de telles distributions étendues réclame un soin particulier dans le calcul des
équilibrages et de leurs réglages. Ces calculs imposent l’usage de méthodes d’équilibrage
car ils sont lourds et doivent prendre en compte nombre de contraintes :

• Détermination de l’unité terminale défavorisée,


• Assurer des pertes de charge d’équilibrage ou des vitesses d’eau suffisantes pour
éviter des plages de fonctionnement mal déterminées.
• Minimiser la puissance de la pompe de circulation.

4.3.9 TUYAUTERIE

La tuyauterie d’une installation a pour but de distribuer le fluide dans l’ensemble du bâtiment.
La section de la tuyauterie, son matériau et son façonnage ont un impact sur la distribution.
Plusieurs types de matériau existent pour la distribution du chauffage :

• Le cuivre,
• L’acier galvanisé,
• Le polyéthylène réticulé.

Le tube cuivre est manifestement un matériau particulièrement bien adapté à la fonction à


laquelle il est destiné dans différentes applications du bâtiment. Les tubes en cuivre
normalisés utilisés dans le bâtiment sont définis par la norme [NF EN 1057] et font l’objet du
[DTU 60.5].

Le tube en acier galvanisé est très utilisé dans le bâtiment collectif. Il est défini par la norme
[NF P 40-201] et fait l’objet du [DTU 60.1].

Les tuyaux en PER (PolyÉthylène Réticulé) sont très utilisés dans la construction de
bâtiments neufs car ils sont discrets et faciles à mettre en œuvre. Leur mise en œuvre est
soumise à une réglementation [DTU 60.1] et à la norme [NF P 40-201].

33
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Les conduites (tronçons droits, courbes et branchements) suivantes doivent être isolées afin
de limiter les pertes thermiques non récupérables (les pertes thermiques dues à la
distribution dans les locaux chauffés sont récupérées et assimilées à des apports internes) :

• Toutes les conduites de chauffage se trouvant dans le sol, à l'extérieur ou dans des
espaces ne faisant pas partie du volume protégé (volume chauffé) du bâtiment
(chaufferie, grenier, sous-sol, ...).
• Toutes les conduites de chauffage se trouvant dans les faux-plafonds, les locaux
techniques ou les gaines techniques, même si ceux-ci font partie du volume protégé
du bâtiment.
• Toutes les conduites de chauffage traversant des locaux où un système de
climatisation est prévu.

Une estimation de la rugosité de ces matériaux peut être faite grâce à [LENCASTRE, 1996].
La rugosité sera égale à 0.010 mm pour le cuivre, à 0.15 mm pour l’acier galvanisé et à
0.004 mm pour le PER.

4.4 EMISSION DE CHALEUR

4.4.1 ÉMETTEURS DE CHALEUR

Les émetteurs de chaleur sont destinés à satisfaire les besoins en chaleur des locaux dans
lesquels ils sont installés [FRIDMANN, 1983]. Dans le cas des installations de chauffage à
eau chaude, il s’agit d’appareils en réseaux alimentés par un réseau de distribution de fluide
caloporteur, en général de l’eau.

La partie extérieure des émetteurs de chaleur, i.e. le corps de chauffe, est constituée de
parois dont la surface externe, i.e. en contact avec le local, est portée à une température
plus ou moins élevée. Cette surface échange de la chaleur (Figure 1.40) :

• Avec l’air du local par convection,


• Avec les parois du local par rayonnement de grande longueur d’onde.

Figure 1.40 : Classification des émetteurs selon le type d’échange

Ces deux échanges simultanés conduisent à l’émission d’une puissance thermique qui
compense les déperditions et assure le chauffage du local.

Le panneau rayonnant est constitué d’un corps de chauffe parcouru par un fluide caloporteur
dont la température est très élevée. Cet émetteur est très adapté aux grands volumes à fort
renouvellement d’air car la masse d’air n’est pas échauffée.

34
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Le chauffage par le sol est constitué d’une tuyauterie en serpentin intégrée dans la dalle qui
transmet à l’air l’énergie du fluide caloporteur, à basse température, essentiellement par
rayonnement.

Le radiateur est un corps de chauffe de grande surface transmettant à l’air, par convection et
rayonnement, la chaleur venant du fluide caloporteur.

Le ventilo-convecteur est un émetteur de chaleur ou de froid par air raccordé à un circuit


d'eau chauffée ou rafraîchie et muni d’un ventilateur pour assurer la circulation de l’air.

4.4.2 RÉGULATION TERMINALE

La régulation terminale permet d’adapter la puissance de chauffe dans chaque pièce en


fonction de ses caractéristiques (ensoleillement, occupation, gains internes), de la
température désirée et de la température intérieure mesurée en un ou plusieurs endroits du
bâtiment.

La caractéristique d’une vanne de régulation est définie par la relation obtenue entre le débit
d’eau et la levée de la vanne [PETITJEAN, 1994], celle-ci étant soumise à une pression
différentielle constante. Dans le cas d’une vanne à caractéristique linéaire, le débit d’eau est
proportionnel à la levée de la vanne. Aux faibles charges, en raison de la non linéarité de
l’émission de l’unité terminale (Figure 1.41, a), une faible ouverture de la vanne de régulation
détermine une augmentation considérable de l’émission. Dans ces conditions, la boucle de
régulation risque d’être instable.

Figure 1.41 : Choisir la caractéristique de la vanne (b) pour compenser la caractéristique de l’unité
terminale (a) de sorte que la combinaison des deux caractéristiques donne lieu à une relation linéaire (c)

Si l’unité terminale émet 50% de sa puissance lorsqu’elle est alimentée par 20% de son débit
de calcul, il suffit de profiler la soupape de sorte que la vanne ne délivre que 20% du débit
maximal lorsqu’elle est ouverte à 50%. Dès lors, on obtient 50% d’émission lorsque la vanne
est ouverte à 50% (Figure 1.41, c). Étendant ce raisonnement à tous les débits, on obtient
une vanne dont la caractéristique compense la non linéarité de l’échangeur contrôlé. Cette
caractéristique (Figure 1.41, b) porte le nom d’égal pourcentage modifié « EQM ».
Cependant, cette compensation n’est efficace que si deux conditions sont remplies :

• La pression différentielle appliquée à la vanne de régulation doit être constante.


• Le débit de calcul doit être obtenu lorsque la vanne est ouverte complètement.

La vanne de régulation étant choisie et le débit de calcul étant connu, cette pression
différentielle constante est bien définie. Si la pression différentielle appliquée à la vanne n’est
pas constante ou si la vanne est surdimensionnée, la caractéristique de la vanne est
déformée avec risque d’instabilité de la boucle de régulation.

35
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

5. CONCEPTION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES

5.1 EMETTEURS DE CHALEUR

La puissance d’un émetteur est définie pour une certaine température ambiante (20°C) et
des températures d’eau d’entrée et de retour fixées, par exemple, 90°C et 70°C, afin de
satisfaire les besoins en chauffage d’un local. Ces températures sont les valeurs nominales
des températures ambiantes et d’eau servant à définir la puissance nominale de l’émetteur.
[BEZIAN, 2004]

Pour adapter cette puissance aux conditions de l’installation, il est nécessaire de procéder à
l’adaptation du débit nominal devant le traverser pour que la puissance émise corresponde
aux besoins en tenant compte des températures d’eau de départ et de retour de l’installation.

[PETITJEAN 1994] indique que la puissance réelle émise est liée à la puissance nominale
par la relation approchée suivante :

n
⎡ (TES − Tcons ) (TSB − Tcons ) ⎤ 2
Prad = PradN ⎢ ⎥ (1.8)
⎣ (TESN − TconsN ) (TSBN − TconsN ) ⎦

∆T = TES − TSB et ∆TN = TEBN − TSBN (1.9)


Avec :
Sans indice Conditions de l’installation
Indice N Conditions nominales
TEB Température d’eau d’entrée [°C]
TSB Température d’eau de retour [°C]
Tcons Température ambiante [°C]
n Coefficient caractéristique du radiateur (par défaut : n = 1.31 )

La loi d’émission d’un émetteur à eau chaude est définie par la courbe de la Figure 1.42.
L’émission de chaleur n’est pas linéaire : à 50% du débit, l’émission de chaleur est de l’ordre
de 80% de la puissance nominale.

Figure 1.42 : Loi d’émission d’une unité terminale

36
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

5.2 RÉGULATION TERMINALE

Les régulateurs terminaux sont dimensionnés en fonction de la puissance nominale de


l’émetteur de chaleur auquel elle est associée. Une valeur de Kvs unique correspond à une
plage de valeurs de puissance nominale. Le tableau des correspondances est fourni au
chapitre 2.

5.3 TUYAUTERIE

Le débit que doit véhiculer un circuit de distribution dépend de la puissance à fournir et du


régime de dimensionnement des corps de chauffe [DELOURME, 2001]. Le calcul de la
section des conduites peut s’effectuer de deux manières [CSTC, 1998] [BOUTELOUP,
2002] :

• Une vitesse de fluide maximale peut être définie pour l’ensemble de l’installation, par
exemple 0.5 m/s. La section de tuyauterie correspondante se détermine alors comme
suit :


4 m (1.10)
D =
π V ρ
• Une perte de charge constante peut être définie pour chaque tronçon de l’installation,
par exemple 120 pascal par mètre. La section de la tuyauterie est alors déterminée
selon l’équation suivante :

λtube ρ V 2
j = (1.11)
D 2
Avec :
j Pertes de charge linéique [Pa/m]
λtube Coefficient de perte de charge linéaire [-]

La première méthode donne généralement d'importants diamètres (investissement élevé


mais consommation des circulateurs moindres). La deuxième méthode peut donner des
vitesses de circulation élevées et des problèmes acoustiques.

[CSTC, 1998] conseille de combiner les deux méthodes :

• Pour les diamètres réduits (DN10-20), limiter la vitesse de l'eau à 0,4 m/s pour des
raisons acoustiques,
• Augmenter cette vitesse à 0,8 ... 1,2 m/s dans les grands diamètres (> DN50) si les
conduites parcourent des locaux inoccupés, pour des raisons économiques,
• Ne pas dépasser une perte de charge de 120 Pa/m pour les tronçons intermédiaires
pour limiter les pertes de charge.

Pour la suite des travaux, une perte de charge linéaire de 170 mm par mètre sera retenue.
Cette est classiquement retenue dans les bureaux d’études. Les matériaux disponibles sont
le cuivre pour les sections égales ou inférieures à 16 mm et l’acier galvanisé pour les
sections supérieures à 16 mm.

5.4 SOUPAPE DE PRESSION DIFFERENTIELLE

La soupape de pression différentielle maintient constante la pression différentielle créée par


la pompe de circulation, lorsque les robinets thermostatiques des unités terminales sont
partiellement fermés.

37
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

La loi d’ouverture de la soupape de pression différentielle est proportionnelle à la pression


différentielle créée par la pompe de circulation (Figure 1.43).
100%

90%

80%

70%
Pourcentage d'ouverture [% ]

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%
DpL nom DpL maxDpL nom
Pression différentielle départ [Pa]

Figure 1.43 : Loi d’ouverture de la soupape de pression différentielle

5.5 BOUTEILLE DE DÉCOUPLAGE

La conception de la bouteille de découplage hydraulique doit respecter certaines règles :

• Elle doit être verticale


• Elle ne doit pas être trop étroite, sous peine de voir apparaître une double circulation
dans la bouteille, qui désolidariserait presque totalement le circuit des chaudières et
les circuits secondaires et empêcherait la puissance d’être transmise. Le diamètre
peut être calculé comme suit [BOUTELOUP, 1992] :

352 Q
D = (3.1)
V
Avec :
D Diamètre de la bouteille de découplage [mm]
Q Débit du fluide dans l’installation [m3/h]
V Vitesse du fluide dans la bouteille (généralement 1 m/s) [m/s]

Les hauteurs des piquages dans la bouteille peuvent être définies selon la règle des « 3d »
comme l’indique la Figure 1.44 [BOUTELOUP, 1992].

38
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.44 : Bouteille de découplage – Règles des « 3d »

Le débit du circuit primaire devra toujours être légèrement supérieur au débit du secondaire
afin que le secondaire ne puise pas l’eau froide du retour.

5.6 PRODUCTION D’EAU CHAUDE

Durant la saison de chauffe, deux besoins de chauffe apparaissent [CSTC, 1992] :

• Un transfert de chaleur s'effectue de l'ambiance intérieure chaude vers l'extérieur


plus froid, au travers des parois,
• De l'air extérieur entre dans le bâtiment « neuf et froid »,... et sort « vicié et chaud ».

Ces pertes de chaleur sont appelées les déperditions du bâtiment. [AICVF, 1989]

Le but de l'installation de chauffage est de compenser ces déperditions [Th-C, 2001] pour
maintenir la température intérieure constante. Dimensionner les chaudières, c'est calculer la
puissance utile nécessaire pour y parvenir lors des conditions extrêmes : lorsque la
température extérieure est minimale, qu'il n'y a pas d’apports solaires et que les apports
internes sont nuls. Un coefficient de sécurité, de l’ordre de 1.2, est pris en compte afin de
pallier les pertes thermiques en ligne non récupérables et de diminuer le temps de montée
en température en début de période d’occupation.

6. RÉGULATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES

La régulation du chauffage a pour fonction de maintenir les conditions de température


intérieures souhaitées par les occupants malgré les changements météorologiques et
suivant les conditions d’occupation du logement. Les dispositifs de régulation sont adaptés
au mode de chauffage. Ils peuvent être centraux et commander alors le fonctionnement de
l’ensemble de l’installation de chauffage ou être répartis dans les pièces d’un logement.
Associés à une programmation, les régulateurs permettent de moduler le chauffage en
fonction des pièces, de leur occupation, des heures de la journée, des tarifs d’énergie.

39
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

6.1 DÉFINITION D’UNE BOUCLE DE RÉGULATION

Une boucle de régulation a pour objectif de déterminer les actions de commande des
actionneurs afin de maintenir la variable contrôlée du système physique étudié à une valeur
définie appelée point de consigne. Ce point de consigne peut être fixe ou variable. Le
système physique étudié est quant à lui généralement soumis à des perturbations. Le
paramètre de contrôle est la variable utilisée au niveau du système de commande pour
piloter les actionneurs ou les organes de réglage. Dans les installations de chauffage, les
boucles de régulation interviennent généralement sur le débit ou sur la température d’un
fluide, pour agir sur le système dont on désire réguler l’une des grandeurs physiques.

La boucle de régulation est composée d’un système à commander, d’un système réglant et
d’un système de commande (Figure 1.45) [FRAISSE, 1997]. Il existe principalement la
boucle de régulation ouverte et la boucle de régulation fermée.

Figure 1.45 : Principe d’une boucle de régulation

Une boucle de régulation ouverte [FRAISSE, 1997] est un système pour lequel on ne
dispose d’aucun retour sur la variable contrôlée (Figure 1.46). Les perturbations extérieures
agissant sur la variable contrôlée ne sont pas prises en compte : par exemple, la
température intérieure d’un local dont la puissance de chauffe est calculée en fonction de la
température extérieure sans prise en compte des apports internes.

Figure 1.46 : Principe d’une boucle de régulation ouverte

La boucle de régulation fermée [FRAISSE, 1997] est un système dans lequel la variable
contrôlée est utilisée comme paramètre de contrôle (Figure 1.47). Le régulateur élabore le
signal de commande à partir de l’écart entre la valeur de la variable contrôlée et le point de
consigne de cette variable. Ce mode de régulation permet de prendre en compte les
perturbations influençant le système à commander.

40
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.47 : Principe d’une boucle de régulation fermée

L’efficacité de la régulation dépend de l’association des six éléments interactifs constituant la


boucle de régulation, pour l’exemple d’un robinet thermostatique d’un émetteur situé dans un
local [TA]:

1. Le capteur mesure la température à régler.


2. Le régulateur assure la comparaison entre la valeur mesurée et la consigne. En
fonction de l’écart entre ces deux valeurs, il réagit selon son caractère et commande
le moteur de la vanne de régulation.
3. Le moteur actionne l’organe de réglage selon les instructions reçues du régulateur.
4. L’organe de réglage délivre la quantité d’énergie nécessaire au système pour
compenser les perturbations.
5. L’unité terminale transmet cette énergie au système réglé.
6. Le système dans lequel se trouve le capteur atteint sa consigne et est donc réglé.

6.2 TECHNIQUES DE CONTRÔLE

6.2.1 CONTRÔLE TOUT OU RIEN

La régulation Tout Ou Rien (TOR) correspond au système le plus élémentaire puisque


l’organe de réglage ne peut occuper que deux positions extrêmes, selon l’écart entre la
grandeur réglée et la consigne (Figure 1.48). Ce mode d’action convient aux systèmes
inertes pour lesquels il est possible d’avoir un différentiel statique étroit. En effet, celui-ci
limite l’amplitude des oscillations de la grandeur réglée (le différentiel dynamique) sans
risque d’oscillations fréquentes de l’organe de réglage.

Figure 1.48 : Contrôle Tout Ou Rien

41
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

6.2.2 RÉGULATION À ACTION CONTINUE

Lorsque la régulation est à action continue [FLAUS, 1994], l’organe de réglage prend
n’importe quelle position sur sa plage de variation. La commande élaborée par le régulateur
correspond à une combinaison des actions de type proportionnelle, intégrale et dérivée.
Pour l’action de type proportionnelle, le signal de commande u(t) (la sortie du régulateur) est
proportionnel à l’écart e(t) entre la grandeur réglée y(t) et la consigne yc(t) :
u (t ) = u 0 + K P × e(t ) (1.12)
Avec :
KP Gain de l’action proportionnelle
u0 Valeur de la commande lorsque y(t) = yc
La bande proportionnelle représente la plage de y pour laquelle u est proportionnel à e
(Figure 1.49). Une bande trop fine peut entraîner des oscillations comme pour la régulation
Tout Ou Rien et au contraire, le réglage devient lent lorsque la bande est trop large.

Figure 1.49 : Action de type proportionnel

Avec cette méthode, un écart statique non nul subsistera quelle que soit la valeur du gain de
l’action proportionnelle.
De façon à ramener la grandeur réglée à la valeur désirée lors d’un changement de consigne
ou après une perturbation, il faut ajouter à l’action proportionnelle une action intégrale
(équation 1.10). La vitesse de déplacement de l’organe de réglage est alors proportionnelle à
la valeur de l’écart. Tant que cet écart subsiste, la position de l’organe de réglage est
modifiée. L’action intégrale est rarement utilisée seule car son effet n’est pas immédiat.
t
u (t ) = u 0 + K P × e(t ) + K i × ∫ e(t ).dt (1.13)
0
Avec :
Ki Gain de l’action intégrale
L’objectif de l’action dérivée (équation 1.11) est d’anticiper les variations à venir du signal de
mesure en appliquant une correction proportionnelle à sa vitesse de variation. L’action
dérivée ne peut être utilisée seule puisque pour un écart constant, le signal de correction est
nul.
t
de(t )
u (t ) = u 0 + K P × e(t ) + K i × ∫ e(t ).dt + K d × (1.14)
0
dt
Avec :
Kd Gain de l’action dérivée
On pourra également citer les actions de type logique floue ou contrôle prédictif. Ces types
d’actions ne sont pas décrits car elles ne seront pas utilisées dans la suite du manuscrit.

42
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

6.2.3 GRANDEURS À RÉGLER

Dans une installation de chauffage à eau chaude, les grandeurs à régler sont :

• La température de production d’eau chaude,


• La température de départ d’eau chaude secondaire,
• La vitesse de la pompe,
• Les organes de réglage,
• La température des zones.

6.3 CAPTEURS

Le contrôle d’un système physique nécessite des informations sur l’état du système
commandé ou sur les grandeurs des paramètres physiques contrôlés. Ces informations
peuvent être transmises par le biais d’un élément sensible appelé capteur ou détecteur qui
convertit une grandeur physique en une action quantifiable ou un signal (tension, courant ou
nombre). La mesure d’un capteur constitue une entrée pour unité de contrôle qui va ensuite
déterminer la commande à envoyer aux actionneurs. Deux types de capteurs sont
généralement utilisés pour délivrer ces informations :

• Les sondes de mesure émettant un signal analogique,


• Les sondes de mesures émettant un signal logique.

Un capteur est généralement défini par ses caractéristiques métrologiques, qui sont [ASCH,
1998 :

• La plage de mesure utile ou domaine d’emploi qui correspond aux conditions


normales d’utilisation du capteur,
• La précision qui qualifie l’aptitude du capteur à donner des résultats proches de la
valeur vraie de la variable physique mesurée,
• La répétitivité qui caractérise la capacité du capteur à reproduire le même résultat
pour une même variable physique mesurée,
• La sensibilité qui permet de spécifier l’ordre de grandeur de la réponse du capteur
connaissant l’ordre de grandeur des variations de la variable physique mesurée,
• La finesse qui permet d’estimer la modification de la variable physique mesurée due
à la présence du capteur et de ses liaisons,
• La linéarité qui permet d’apprécier la plus ou moins bonne linéarité du signal
électrique du capteur en fonction de la variation de la variable physique mesurée,
• Le temps de réponse définissant la rapidité du capteur. Le temps de réponse est le
temps nécessaire pour que la contribution du régime transitoire sur la grandeur de
sortie devienne négligeable.
Dans les systèmes de chauffage à eau chaude, les capteurs les plus fréquemment
rencontrés sont :

• Les capteurs de température,


• Les capteurs de pression,
• Les capteurs de débit.

43
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

6.3.1 CAPTEURS DE TEMPÉRATURE

Trois types de sonde équipant les appareils de mesure de la température ambiante existent :
• Les thermocouples,
• Les capteurs à résistance métallique (appelés aussi "Pt100"),
• Les thermistances (appelées aussi "CTN") [COSTIC, 1992].
Un thermocouple se compose de deux fils métalliques de natures différentes, soudés à une
de leurs extrémités. Lorsque l'on échauffe le point de contact des métaux différents et les
autres extrémités à des températures différentes, il se crée entre ces points une différence
de potentiel ∆V fonction de la différence de température. Le câble de raccordement de la
sonde (en cuivre) constitue un thermocouple parasite. L'erreur qui en résulte, appelée
"erreur de soudure froide" (soudure Ni-Cu) doit être compensée par l'appareil de mesure ou
directement dans la fiche de raccordement à l'appareil.

Les sondes à résistance sont généralement des « PT 100 » (élément en platine avec une
résistance de 100 Ω à 0°C) ou des « Ni1000 » (élément en nickel avec une résistance de
1000 Ω à 0°C). Ces éléments sont basés sur la modification de la résistance électrique en
fonction de la température. Dans ce cas, température et résistance évoluent de manière
pratiquement linéaire dans le même sens.

Les éléments à thermistance sont des semi-conducteurs dont la résistance diminue quand la
température augmente [DAVY DE VIRVILLE, 1994]. La propriété primordiale des éléments à
thermistance est une sensibilité thermique très supérieure, de l’ordre de 10 fois, à celle des
résistances métalliques [ASCH, 1991].

6.3.2 CAPTEURS DE PRESSION

Beaucoup de ces capteurs sont constitués d’une membrane de silicium de quelques dizaines
de micromètres et de dimensions latérales de 1 à 5 mm. La différence de pression entre les
deux faces est détectée, soit par la mesure des contraintes à l’encastrement avec des
jauges piézorésistives diffusées, soit par l’évaluation de la déformation en utilisant une
structure capacitive.

Dans le cas d’une détection piézorésistive, les résistances sont diffusées et connectées en
pont de Wheatstone par des métallisations aluminium ; ces étapes correspondent à des
procédés tout à fait classiques qui sont mis en œuvre avant la gravure profonde.

Pour réaliser une détection capacitive, une plaque de verre supportant une contre-électrode
capacitive en retrait est rapportée par soudure électrostatique. Si la pièce en verre est
percée (mécaniquement ou chimiquement), on réalise un capteur différentiel, sinon, en
effectuant la soudure sous vide, on obtient un capteur de pression absolue (qui peut aussi
être piézorésistif).

6.3.3 CAPTEURS DE DÉBITS

La principale mesure de débit consiste en fait en une mesure de vitesse du fluide dont on
déduit le débit volumétrique par un calcul simple puisqu'il en fonction de la vitesse et du
diamètre de la canalisation [LENCASTRE, 1996] :
Π D2
Q = V (1.15)
4
Avec :
V Vitesse du fluide [m/s]
D Section de passage du fluide [m²]

44
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Les débitmètres mécaniques [SIGONEZ, 2006] sont équipés d’un dispositif à ailettes ou
hélicoïdal placé dans l'axe de la conduite ou perpendiculairement. L'écoulement entraine une
rotation de ce rotor avec une vitesse liée à celle du fluide. Il suffit alors de compter le nombre
de tours par minute pour avoir la vitesse et par suite le débit du fluide.

Les débitmètres électromagnétiques [SIGONEZ, 2006] exploitent la loi de Faraday précisant


qu'une force électromagnétique est générée par un conducteur se déplaçant dans un champ
magnétique. Dans ce cas on isole électriquement la canalisation, place deux électrodes dans
une direction perpendiculaire au champ magnétique et c'est le fluide lui-même qui va jouer le
rôle de conducteur. La force électromagnétique recueillie entre les deux électrodes est
directement proportionnelle à la vitesse. Ce principe fonctionne aussi bien avec de petites
canalisations de quelques millimètres de diamètre que de grandes de plusieurs mètres avec
une précision atteignant 1% pour des débits notables. En cas de faible vitesse d'écoulement
le signal recueilli est très faible (microvolts) et la précision s'en ressent.

Les débitmètres à ultrasons [SIGONEZ, 2006] disposent d’un émetteur et d‘un récepteur
d'ultrasons le long de la canalisation et mesurent le temps écoulé entre l'émission d'une
impulsion et sa réception. Ce temps dépend à la fois de la vitesse du son dans le liquide
mais aussi de la vitesse de l'écoulement qui peut-être turbulent. Le fluide doit être propre car
la dispersion des ondes acoustiques provoquées par des particules solides en mouvement
gêneraient considérablement la mesure.

Le débitmètre Doppler [SIGONEZ, 2006] a été développé spécifiquement pour les fluides
chargés de particules solides ou de bulles gazeuses. On emploie ici encore des dispositifs
ultrasonores, mais ceux-ci sont ici très voisins (généralement intégrés dans le même boitier)
et l'onde ultrasonore émise par l'un va être réfléchie par les particules en mouvement en
provoquant un glissement de fréquence directement proportionnel à la vitesse de
l'écoulement. La précision est médiocre, de l’ordre de 5%.

6.4 RÉGULATION CENTRALE ET TERMINALE

Les systèmes de régulation mettent en œuvre deux procédés différents [ANAH] : la


régulation centrale et la régulation terminale. Ces deux procédés sont en fait
complémentaires et peuvent être associés dans la même installation. Le premier assure une
harmonie de l’ensemble et évite un gaspillage éventuel tandis que le second optimise le
confort en individualisant les températures en fonction de l’activité et de l’ensoleillement de la
zone [DIDIER, 2003].

6.4.1 RÉGULATION CENTRALE

La régulation centrale qui agit sur l’ensemble de l’installation, est généralement fonction de la
température extérieure. A chaque valeur de température extérieure correspond un besoin de
chauffe. Cette relation est établie selon les caractéristiques du bâtiment et de l’installation.
Ce système utilise ainsi la température extérieure pour anticiper les changements de
température à l’intérieur. Cette relation s’appelle la loi d’eau.

Dans un montage utilisant une vanne 3-voies en fonction mélangeuse [Installateur, 2005], le
circuit hydraulique secondaire fonctionne à débit constant et à température variable

La température de départ du fluide vers le circuit de distribution secondaire est contrôlée en


fonction de la température extérieure. Une vanne 3-voies assure un mélange entre le fluide
du circuit primaire et le fluide du retour du secondaire selon le principe de la Figure 1.50.

45
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

Figure 1.50 : Circuit travaillant à débit constant et Figure 1.51 : Circuit travaillant à débit constant et
température variable avec vanne 3-voies température variable avec bipasse fixe

La température de consigne du départ au niveau du secondaire est définie par une loi d’eau
en fonction de la température extérieure. Dans certaines configurations, la vanne 3-voies
peut être remplacée par un bipasse fixe (Figure 1.51). Le contrôle de la température en
fonction de la température extérieure devient alors impossible.

Dans un circuit utilisant la vanne 3-voies en fonction diviseuse (Figure 1.52), le circuit
fonctionne à débit variable. Cependant, aucun contrôle sur la température n’est possible. Le
débit est régulé en fonction des besoins.

Figure 1.52 : Circuit travaillant à débit variable et température constante

Les avantages de la régulation de la température d’eau au niveau du départ du secondaire


est de faciliter la régulation terminale de l’installation, d‘améliorer le confort par la
suppression des trains de chaleur et la diminution des pertes de chaleur dans la tuyauterie.
Le seul point négatif est l’augmentation des pertes de charge due à l’ajout d’une vanne 3-
voies ou d’un bipasse fixe.

Un circuit de distribution secondaire peut être installé pour chaque façade du bâtiment. Ces
façades sont alors définies en fonction de l’ensoleillement ou du vent, en fonction de sa
vitesse. Cette régulation par façade permet de moduler automatiquement la température
d’eau des circuits en tenant compte de l’ensoleillement ou du vent. Cela permet également
d’améliorer le confort en supprimant les surchauffes liées à l’action combinée du chauffage
et de l’ensoleillement ou aux sous-chauffes dues au vent. L’inconvénient est de devoir
installer une pompe et une vanne 3-voies par circuit secondaire.

6.4.2 RÉGULATION TERMINALE

Un robinet thermostatique réalise automatiquement le maintien d’une température ambiante


à peu près constante par réglage du débit dans l’émetteur en fonction des apports ou des
besoins. Pour être efficace, il doit avoir une autorité suffisante, c’est-à-dire la même perte de
charge que le circuit qu’il contrôle.

Cependant, dans les installations sujettes à l’embouage, il existe un risque de blocage de la


tige actionneuse ou du ressort de rappel.

46
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

6.4.3 INTERMITTENCE

Gérer l’intermittence, c’est s’assurer que certaines fonctions d’un bâtiment, en l’occurrence la
ventilation, le chauffage et l’éclairage, ne consomment pas inutilement de l’énergie lorsqu’il
est inoccupé [NF EN 12098, 2001].

Les bâtiments dont les horaires d’occupation sont connus à l’avance constituent la catégorie
où la gestion de l’intermittence des fonctions ventilation, éclairage, et chauffage présente un
intérêt majeur, avec des possibilités de gains énergétiques de plusieurs dizaines de
pourcents [VISIER, 1999].

Concernant le chauffage, l’intermittence consiste à diminuer la température de consigne des


locaux du bâtiment lorsque le bâtiment est inoccupé. La programmation doit d’abord assurer
la température de confort dès le début de la période d’occupation, en tenant compte de
l’inertie du bâtiment. Cette fonction est assurée par un optimiseur [FRAISSE, 1997] qui
assure une coupure complète des circuits de distribution et éventuellement des chaudières
et calcule automatiquement le moment de la coupure et de la relance en fonction des
températures intérieure et extérieure.

6.5 PRODUCTION D’EAU CHAUDE

La technologie des moyens de production d’eau chaude permet une grande variété de
modes de régulation. Ils dépendent du mode de production (chaudière, solaire, pompe à
chaleur, etc.) et du nombre d’unités de production. Les objectifs peuvent être de :

• Maintenir une température d’eau de départ constante,


• Maintenir une température d’eau de retour constante,
• Obtenir une température d’eau de départ variable.

La régulation de la température du fluide peut être réalisée de plusieurs manières :

• Par aquastat,
• En fonction de la température extérieure,
• Par thermostat d’ambiance,
• En cascade.

La régulation par un aquastat réglable manuellement permet de commander directement le


brûleur de la chaudière pour maintenir une température de départ ou de retour constante.

La régulation de la chaudière en fonction de la température extérieure est aussi appelée


régulation en température glissante de la chaudière ou de régulation climatique. Une sonde
mesure la température extérieure. Un régulateur définit la température que doit avoir l'eau au
départ de la chaudière en fonction de celle-ci. La loi qui établit la correspondance entre la
température extérieure et la température de l'eau est appelée « courbe de chauffe ».

La régulation par thermostat d’ambiance est appliquée pour les installations de petite
puissance (installation sans circuit primaire, avec un unique circuit de distribution dans le
bâtiment). Un thermostat d'ambiance placé dans un local témoin commande directement la
mise en route du brûleur.

47
Chapitre 1 : Réseaux hydrauliques : État de l’art

La régulation en cascade s'applique à des installations équipées de plusieurs chaudières ou


de brûleurs à deux allures, c'est-à-dire à des installations dont la puissance totale est
fractionnée en plusieurs unités. L’idée consiste à enclencher un étage de puissance que
lorsque celui-ci est nécessaire.

Dans le cadre d’une production d’eau chaude mixte, par exemple un capteur solaire associé
à une chaudière gaz, la priorité sera toujours donné au solaire afin d’optimiser l’utilisation de
l’énergie renouvelable.

7. CONCLUSION

Ce chapitre a permis de mettre en évidence les dysfonctionnements récurrents des


installations de chauffage à eau chaude. Il est apparu qu’ils ont un impact sur plusieurs
critères comme le confort thermique, les consommations énergétiques, le coût global, la
qualité de la régulation, le bilan carbone tout comme la durabilité de l’installation. Cette étude
à montré l’existence de matériels permettant l’équilibrage hydraulique. De plus, dans un
contexte de réduction des consommations énergétiques, les nouvelles technologies comme
la variation de vitesse apparaissent comme une bonne solution mais leur impact sur
l’installation n’est guère mis en évidence.

Par ailleurs, la description des installations de chauffage et de leur mode de gestion a mis en
évidence leur complexité dans leur dimensionnement et leur évaluation. La majorité des
études ont mis en évidence les avantages des technologies précitées uniquement sur un
plan hydraulique. L’impact sur l’installation couplée avec son bâtiment n’a que rarement été
pris en compte et uniquement pour des régimes stationnaires. Ces technologies sont
performantes mais nécessitent des précisions quant à leur impact pour des régimes
transitoires donc dynamiques sur le confort thermique, le fonctionnement à mi-saison et les
consommations énergétiques pour estimer leurs performances globales.

L’objectif de ce travail est d’évaluer des configurations d’installations de chauffage à eau


chaude intégrant des systèmes d’équilibrage et l’utilisation de la variation de vitesse. Il
s’avère donc nécessaire de définir une méthode d’évaluation permettant à la fois leur
évaluation selon les critères définis ainsi que la multiplicité des cas à étudier. Dans cette
perspective, le chapitre suivant va présenter la méthode retenue et les moyens utilisés pour
répondre à cet objectif.

48
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

CHAPITRE 2

Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

1. LA SIMULATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES

1.1 POURQUOI LA SIMULATION

L’étude des stratégies de contrôle des systèmes du génie climatique tient une place
prépondérante dans l’évaluation des consommations énergétiques et du confort thermique
en physique du bâtiment. Le problème peut être abordé d’une manière réelle par le biais de
l’expérimentation ou de manière virtuelle via la simulation voire d’une combinaison des deux
approches. Cependant, les expérimentations sont aujourd’hui de moins en moins utilisées et
ce pour plusieurs raisons :

• Les investissements en temps et en coût pour les expérimentations sont un frein


énorme,
• La non-reproductibilité des conditions expérimentales, notamment météorologique,
ne permet pas d’effectuer des études paramétriques,
• L’évaluation des performances énergétiques annuelles d’une installation est
impossible.
• La simulation est alors un moyen efficace de contourner ces problèmes tout en
permettant de mener à bien des études paramétriques sur les installations de
chauffage à eau chaude.

Les laboratoires virtuels, outils basés sur des méthodes de simulations numériques,
permettent d'appréhender des phénomènes physiques à travers des expériences. Le
simulateur de vol est un exemple de laboratoire virtuel. On appliquera ce concept pour
étudier l'influence des algorithmes de régulation, des stratégies de contrôle communicant,
des systèmes de gestion technique du bâtiment sur le bâtiment et ses installations
techniques.

Les principes de réalisation de laboratoires virtuels ont émergé au cours de l'annexe 17 de


l'Agence Internationale de l'Énergie [ANNEX17, 1993] avec la participation de plusieurs
centres de recherche européens et américains. Six laboratoires virtuels furent développés en
Finlande, en Belgique, aux Pays-Bas, en Grande Bretagne, en France et aux États-Unis
[VAEZI-NEJAD, 1991]. Le CSTB a poursuivi les travaux de développement des techniques
de laboratoires virtuels et de son utilisation pour le test des automatismes et des GTB ou
pour l'aide à la conception de stratégies de régulation.
49
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

1.2 CAHIER DES CHARGES DU SIMULATEUR

L’objectif de ce travail est l’évaluation des performances énergétiques des installations de


chauffage à eau chaude au moyen de la simulation numérique. Dans ce cadre,
l’environnement de simulation retenu doit être capable de :

• Modéliser des réseaux hydrauliques fermés,


• Simuler le comportement thermo-hydraulique des réseaux hydrauliques,
• Simuler le caractère transitoire des réseaux hydrauliques,
• Réaliser le couplage thermique avec le bâtiment et évaluer le confort thermique,
• Modéliser et implémenter des stratégies de contrôle.

Une structuration modulaire inspirée de [SAPIN, 1995] permettra la modélisation rapide et


aisée. Une automatisation du paramétrage des modèles accompagnera cette approche
modulaire afin de limiter le risque d’erreurs et de minimiser le temps de modélisation.

Les entrées de l’outil de simulation correspondront aux caractéristiques géométriques du


bâtiment modélisé. Son implémentation sera basée sur une méthode de dessin graphique,
type logiciel de CAO/DAO [AUTOCAD, 2006]. L’ensemble des paramètres correspondant
aux éléments hydrauliques seront concaténés dans des bases de données ouvertes.

L’outil de simulation fournira comme sorties des données permettant l’évaluation des
indicateurs définis au chapitre précédent :

• Le confort thermique : mesures des températures intérieures de chaque zone du


bâtiment,
• Les consommations énergétiques : mesures des consommations énergétiques par
élément en fonction du temps,
• La stabilité des boucles de régulation mais aussi l’autorité des vannes de régulation :
mesures des débits dans les vannes de régulation,
• La durabilité : mesures de la vitesse du fluide dans l’ensemble de l’installation et des
niveaux de pression absolue,

L’outil de simulation autorisera la simulation annuelle d’une installation de chauffage pour


plusieurs types de climat.

1.3 LOGICIELS DE SIMULATION EXISTANTS

La simulation des installations de chauffage couplées aux bâtiments est une partie des
travaux réalisés au cours de l’annexe 10 de l’Agence Internationale de l’Énergie [ANNEX10,
1989]. Son objectif était de définir des recommandations quant aux techniques de
modélisation des installations de chauffage à eau chaude. Depuis, de nombreux outils de
simulations sont apparus sur le marché, allant d’outils stationnaires à des outils dynamiques,
et d’outils figés à des outils évolutifs. L’objectif est de trouver un compromis parmi tous ses
outils en autorisant les couplages [HITCHCOCK, 2003] entre eux afin de répondre aux
besoins des travaux précités.

50
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Parmi les outils facilement paramétrables et utilisables, on citera le logiciel PERRENOUD


[PERRENOUD]. Ce logiciel permet de simuler des réseaux hydrauliques sans couplage avec
le bâtiment et ne permet donc pas de prendre en compte les éléments sur le confort
thermique ou l’efficacité énergétique. Afin d’étudier ces paramètres, l’utilisation du code
ConsoClim [MILLET, 1998], basé sur une série d’algorithmes, est plus adéquate. Il permet
d’estimer des consommations énergétiques de la climatisation en évaluant le confort
thermique dans le bâtiment. Cet outil est rapide et facilement utilisable mais possède une
structure figée qui ne permet pas l’implémentation de systèmes nouveaux. D’un autre coté,
la définition d’une structuration modulaire et ouverte pour la modélisation de modèles
dynamiques de thermique du bâtiment est proposée par [HUSAUNNDEE, 1998].

Aux vues des points précédents, on citera parmi les outils les plus usités BLAST [HITTLE
DC, 1979] [BLAST, 1986] et DOE2 [LBL, 1982] [LBL, 1983]. L’objectif de ces deux outils est
de calculer l’énergie consommée, pour un pas de temps horaire, par des systèmes du génie
climatique couplés à un bâtiment. La description du bâtiment et de ses systèmes doit donc
être réalisée pour évaluer l’efficacité énergétique de l’ensemble. Des études de rentabilité et
d’analyse du coût du cycle de vie des équipements peuvent également être effectuées. Nous
pouvons également présenter TRNSYS [TRNSYS, 2000] qui propose les mêmes
fonctionnalités avec une interface graphique très évoluée. Ces outils permettent d’étudier la
conception des systèmes en évaluant leurs performances à travers leur efficacité et le
confort thermique dans le bâtiment. Cependant, ces outils ne permettent pas de simuler les
phénomènes rapides liés à la régulation des systèmes qui nécessitent des pas de temps
beaucoup plus faible, i.e. de l’ordre de la minute.

Pour prendre en compte les phénomènes transitoires, l’outil EnergyPlus [CRAWLEY, 2000]
[CRAWLEY, 2001] a été développé en se basant sur les outils BLAST et DOE-2 et en y
intégrant des fonctions liées à la régulation. Une autre fonction de cet outil est de pouvoir
être couplé avec d’autres outils comme TRNSYS ou SPARK [NATAF, 1994] [BUHL, 1990].
Ainsi, les possibilités de modélisation sont beaucoup plus étendues. Cependant, un haut
degré d’expertise est nécessaire pour le développement de tels modèles. Dans la même
gamme d’outils, on citera également ESP-R [CLARK, 2001], ColSim [WITTWER, 2001].
Nous pouvons également citer SIMBAD [HUSAUNNDEE, 1999] qui est une bibliothèque de
composants du génie climatique qui permet de réaliser ses propres systèmes dans un
environnement graphique très souple. Tous ces outils permettent la simulation des systèmes
du génie climatiques couplés à un bâtiment en intégrant des fonctions de confort thermique,
de régulation et d’efficacité énergétique.

1.4 CHOIX DE LA BIBLIOTHÈQUE SIMBAD BUILDING AND HVAC TOOLBOX

Au regard des éléments cités dans le paragraphe précédent et afin de répondre aux critères
définis dans le cahier des charges du simulateur, plusieurs outils de simulation répondent au
cahier des charges du simulateur à développer. Cependant, le caractère très modulaire dans
un environnement graphique ouvert de la bibliothèque SIMBAD Building and HVAC Toolbox,
développé dans l’environnement MATLAB/SIMULINK, est un avantage important dans le
cadre du développement d’installations de chauffage à eau chaude. Pour cela, cet outil sera
retenu pour le développement du simulateur de réseaux hydrauliques.

Cet outil a permis la réalisation de nombreux laboratoires virtuels comme SIMBAD GTB pour
les systèmes de GTB, SIMTEST [Lahrech01] pour l’étude des régulations terminales,
QUALISIM (Qualité Assistée par SIMulation) [RIEDERER, 2001] s’intégrant dans le dispositif
de gestion de la qualité de PME, INTECOM [HUSAUNNDEE, 2000] [HUSAUNNDEE, 2001]
pour le contrôle de la qualité des ambiances intérieures et de gestion de l’énergie globale et
SIMTRAIN [ARDITI, 1998] comme outil pédagogique.

51
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

1.5 DESCRIPTION DE LA SIMBAD TOOLBOX

La bibliothèque SIMBAD Building and HVAC Toolbox est un outil orienté thermique du
bâtiment développé dans l’environnement graphique MATLAB / SIMULINK.

1.5.1 ENVIRONNEMENT MATLAB/SIMULINK

Ce logiciel a été développé pour faciliter les calculs matriciels et l’élément de base est la
matrice. Le langage MATLAB [MATLAB, 2000] (Figure 2.1) est un langage interprété, dit
langage de programmation évolué ou le programmateur est dispensé de la lourdeur
syntaxique des langages classiques. Initialement écrit en FORTAN, MATLAB est maintenant
développé en C et la dernière version est orientée objet. Il fonctionne dans plusieurs
environnements tels que XWindows, Windows, Macintosh, Unix.

Figure 2.1 : Structure de l’environnement MATLAB/SIMULINK

Il existe deux modes de fonctionnement :


• Mode interactif : MATLAB exécute les instructions au fur et à mesure qu'elles sont
données par l'usager.
• Mode exécutif : MATLAB exécute ligne par ligne un "fichier M" (programme en
langage MATLAB).

Les boîtes à outils de la famille de MATLAB des collections de fichiers M développés pour
des domaines d'application spécifiques (Signal Processing Toolbox, System Identification
Toolbox, Control System Toolbox, u-Synthesis and Analysis Toolbox, Robust Control
Toolbox, Optimization Toolbox, Neural Network Toolbox, Spline Toolbox, Chemometrics
Toolbox, Fuzzy Logic Toolbox, etc.)

L’extension SIMULINK [SIMULINK, 2000] est un environnement de simulation graphique qui


utilise MATLAB comme solveur, permettant de représenter les fonctions mathématiques et
les systèmes sous forme de schémas blocs. C’est un environnement interactif pour
modéliser, analyser et simuler des systèmes dynamiques y compris les systèmes discrets,
analogiques ou mixtes. Pour cela, il dispose d’une bibliothèque de blocs de calcul
élémentaire que l’utilisateur peut assembler pour créer des systèmes sans écrire des lignes
de code.
52
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

1.5.2 BIBLIOTHÈQUE SIMBAD BUILDING AND HVAC TOOLBOX

Pour permettre à chacun de développer rapidement le simulateur qui répondra à ses


besoins, le CSTB a développé une boite à outils : SIMBAD Building and HVAC Toolbox.
L’utilisateur de cette boîte à outils dispose d’une série de modèles du génie climatique qui
sont d’autant de composants virtuels.

Cet outil contient les modèles de bâtiments et des composants des systèmes de chauffage,
ventilation et climatisation (Figure 2.2) pour réaliser des simulations en régime dynamique.

Figure 2.2 : SIMBAD Building and HVAC Toolbox dans l’environnement SIMULINK

En plus des groupes contenant les modèles thermiques de bâtiment et les modèles de
composants des systèmes de chauffage et de climatisation, la bibliothèque SIMBAD offre
des groupes de modèles représentant l’environnement du bâtiment et des systèmes ainsi
que d’autres utilitaires à savoir, des fichiers météorologiques, des fonctions de contrôle et
gestion technique du bâtiment et des interfaces de communication avec des composants
réels (actionneurs, régulateurs, etc.).

Les principaux groupes de modèles de cette bibliothèque sont :

• Modèles de zones : description zonale de l’ambiance intérieure, modèle monozone


avec des paramètres prédéfinis ou proposant une description détaillée des parois et
des fenêtres, modèle multizone avec description des parois grâce à un fichier texte…
• Éléments de production : pompe à chaleur, modèles de chaudière simple ou
détaillée…
• Éléments de distribution : distribution hydraulique (pompe, vanne, tuyauterie, etc.) et
aéraulique (ventilateur, tuyauterie, etc.),
• Éléments d’émission : ventilo-convecteurs, plancher-chauffants, radiateurs,
convecteurs électriques…
• Éléments de régulation : différents types de régulateurs pour la régulation terminale
ou centrale, sondes...
• Systèmes prédéfinis afin d’offrir aux utilisateurs des systèmes du génie climatique
préassemblés et fonctionnels.

La boîte à outil étant développée dans l’environnement MATLAB/SIMULINK qui est un


environnement de référence, elle peut être couplée aux nombreuses autres boîtes à outils
diffusées avec cet environnement (stateflow, optimisation, logique floue, réseaux de
neurones, etc.) ou développées par d’autres centres de recherche.
53
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Cependant, la bibliothèque ne dispose pas d’élément permettant la simulation de


l’équilibrage hydraulique et d’élément afin de réguler les pompes à vitesse variable. Afin de
pouvoir utiliser la bibliothèque SIMBAD pour l’évaluation des installations de chauffage à eau
chaude, des modèles ont été développés et implémentés et sont présentés dans la partie
suivante.

2. MODÉLISATION DES RÉSEAUX HYDRAULIQUES

2.1 STRUCTURATION DU SIMULATEUR

L’objectif du simulateur de réseaux hydrauliques est de pouvoir modéliser la simulation


thermo-hydraulique d’une installation de chauffage à eau chaude. Dans le cadre d’études
paramétriques, l’implémentation du simulateur permettra le paramétrage de l’ensemble des
paramètres. Cette multiplicité des paramètres, tant dans la conception de l’installation que
dans son contrôle, implique une structuration modulaire et reproductible de l’installation de
chauffage.

Pour cela, le simulateur se compose de trois parties représentatives des installations de


chauffage à eau chaude : le bâtiment, la distribution hydraulique et la production de chaleur
(Figure 2.3). Chaque bloc du simulateur communique avec les autres au moyen d’entrées et
de sorties normalisées [HUSAUNDEE 1998]. Chaque bloc peut ainsi être remplacé par un
autre sans altérer ni la structuration générale du simulateur ni son fonctionnement.

Figure 2.3 : Structure du simulateur de réseaux hydrauliques

2.1.1 BLOC « BÂTIMENT MULTIZONE »

Ce bloc décrit l’enveloppe du bâtiment simulé ainsi que les différents scénarii d’occupation
définis : ventilation, gains internes, occupation des usagers, débits interzones (Figure 2.4).

Le bâtiment est décrit par un fichier texte définissant l’ensemble des caractéristiques
géométriques et techniques du bâtiment [EL KOURY, 2004]. Ses entrées correspondent aux
différents scénarii d’occupation nécessaires à l’utilisation d’un bâtiment. Ceux-ci sont
prédéfinis pour une semaine type en fonction de la destination du bâtiment.

Ce bloc communique avec le bloc « réseau hydraulique » en recevant un vecteur de


puissance thermique, convective et radiative, issues de l’émission des émetteurs et renvoie
un vecteur définissant les commandes de la régulation terminale.

54
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 2.4 : Modélisation du bâtiment

2.1.2 BLOC « RÉSEAU HYDRAULIQUE »

La Figure 2.5 montre la structuration de la distribution hydraulique de l’installation ainsi que


tous les composants intervenant dans cette installation : émetteurs, tuyauteries, vannes et
éléments de régulation.

Ce bloc est connecté à la production d’eau chaude par les vecteurs aller et retour, et au
bâtiment par le vecteur des puissances thermiques et par le vecteur définissant les
commandes de la régulation terminale.

La structuration du réseau hydraulique est basée sur la notion de module hydraulique (Ch.1
§2.2.4). Cette construction en couche du réseau hydraulique (Figure 2.5) permet, grâce à
une bonne organisation et un bon référencement des éléments (Ch.2 § 2.1.4), de structurer
de manière efficace et rapide n’importe quel réseau hydraulique respectant les normes
définis au chapitre précédent. Cette arborescence est avantageuse car elle permet de
réduire le temps de modélisation au strict minimum.

Le mode de distribution retenue pour le développement du réseau hydraulique est une


distribution bitube équilibrée (Figure 1.34). Ce choix a été effectué car ce type d’installation
est le plus couramment utilisé dans les installations de chauffage à eau chaude. Quatre
niveaux d’équilibrage ont été définis comme indiqué au Ch1. §4.3.8. Le premier niveau
correspond à la vanne de compensation qui contrôle le débit total de l’installation. Les
niveaux 2, 3 et 4 correspondent respectivement aux équilibrages des colonnes, des étages
et des unités terminales.

55
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 2.5 : Architecture du réseau hydraulique

2.1.3 BLOC « PRODUCTION D’EAU CHAUDE »

La production d’eau chaude caractérise l’ensemble de la distribution primaire et le départ


vers le réseau secondaire, comprenant la bouteille de découplage et le circuit définissant le
mode régulation du circuit secondaire (Figure 2.6). La distribution primaire se compose, dans
le cas du réseau hydraulique développé, d’une chaudière à gaz accompagnée de sa
régulation et de la pompe de recyclage. Le circuit de départ vers le secondaire est
caractérisé par une régulation centrale régulant la température de départ en fonction de la
température extérieure pour un débit constant (Ch.1 §6.4.1). La pompe de circulation est
associée à sa régulation et une soupape de pression différentielle. Dans le cas de l’utilisation
d’une pompe à vitesse variable, la soupape de pression différentielle est supprimée.

56
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 2.6 : Modélisation de la production d’eau chaude

Le fluide caloporteur est monté en température et circule dans le circuit primaire. La


puissance thermique est transmise au circuit secondaire en fonction de la température
extérieure. Ce bloc est connecté au bloc « réseau hydraulique » par des « vecteurs eau »
aller et retour. Cette particularité lui permet d’être facilement remplacé par un autre mode de
production d’eau chaude sans modifier le reste de l’installation.

2.1.4 ORGANISATION D’UN MODULE HYDRAULIQUE

Chaque module hydraulique (Ch.1 §2.2.4) du simulateur est référencé par une numérotation
propre. Tous les éléments composant ce module peuvent alors être facilement numérotés
par rapport à cette référence. La Figure 2.7 détaille la numérotation retenue.

57
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Le nombre minimal d’émetteur est de deux afin de pouvoir constituer un module hydraulique.
La puissance de calcul de l’ordinateur limitera le nombre maximum d’émetteur. L’élément de
base est la deuxième branche numérotée i. Les autres composants sont répertoriés par
rapport à celle-ci.

Tj-1 Tj Tj+1 Tj+2

T : Tuyauterie
E : Emetteur
RT : Régulation terminale
BV : Vanne d’équilibrage

Tj-1 Tj Tj+1 Tj+2

Figure 2.7 : Numérotation des éléments d’un module hydraulique

Cette numérotation du module hydraulique permet de lister l’ensemble des composants de


l’installation et aussi de leurs caractéristiques techniques. Elle est un préambule à tout
dimensionnement de l’installation.

2.2 MODÈLES HYDRAULIQUES

2.2.1 BRANCHEMENT EN PARALLÈLE

Dans le cas de circuits parallèles, le débit principal doit être divisé en deux branches
secondaires, avec l’utilisation d’un circulateur (Figure 2.8) ou de deux (Figure 2.9).

Cette opération est effectuée en égalisant la pression entrante dans le té où les deux voies
d’écoulement se rejoindront :

∆p path 2 = ∆p path 3
(2.16)

Figure 2.8 : Branchement en parallèle avec un Figure 2.9 : Branchement en parallèle avec deux
circulateur circulateurs
La méthode développée fonctionne pour tout nombre de raccordements en série et parallèle.

58
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

2.2.2 LA BOUTEILLE DE DÉCOUPLAGE

2.2.2.1 Température de mélange

La bouteille de découplage assure la déconnexion hydraulique des réseaux primaires et


secondaires. Les températures de départ et de retour dépendent des débits primaires et
secondaires.

Quand le débit primaire est supérieur au débit secondaire :

Tdep = Thw (2.17)

• ⎛• • ⎞
Tret × m ret + Thw × ⎜⎜ m hw − m dep ⎟⎟
Tcw = ⎝ ⎠ (2.18)

m hw
Sinon :

• ⎛• • ⎞
Thw × m hw + Tret × ⎜⎜ m dep − m hw ⎟⎟
Tdep = ⎝ ⎠ (2.19)

mhw

Tcw = Tret (2.20)


Avec :

Thw ,m hw Température et débit massique du départ de la production [°C] [kg/s]

Tcw ,m cw Température et débit massique du retour vers la production [°C] [kg/s]

Tdep ,m dep Température et débit massique de départ vers le secondaire [°C] [kg/s]

Tret ,m ret Température et débit massique de retour du secondaire [°C] [kg/s]

2.2.2.2 Pertes de charge

Les pertes de charge aux raccordements de la bouteille se calculent comme suit :

⎛1 ⎞
∆psin gular = ζ ⎜ ρ V 2 ⎟ (2.21)
⎝2 ⎠
Les coefficients de perte de charge singulière à prendre en compte sont donnés dans le
tableau de la Figure 2.10 [CYSSAU, 1990] :

ξ 10 = 1 ξ 02 = 0,5 ξ 12 = 1,5

ξ 40 = 1 ξ 03 = 0,5 ξ 43 = 1,5

Figure 2.10 : Les coefficients de perte de charge singulière aux branchements d’une bouteille de
découplage
La vitesse du fluide dans la bouteille est faible, ce qui permet de négliger les pertes de
charge dans celle-ci.

59
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

2.2.3 VANNE 3-VOIES

La vanne 3-voies assure la régulation centrale de l’installation en régulant la température de


départ du fluide dans les circuits secondaires est fonction de la température extérieure (loi
d’eau). Cette loi d’eau est une loi de correspondance entre la température de départ de l’eau
dans le système de chauffage et la température extérieure. Cette loi est déterminée de
manière à équilibrer les déperditions du local soit :


m eau C P (T EB − T SB ) = DTot (Tcons − Text ) (2.22)
β
⎛ T + T SB ⎞
K S ⎜ EB − Tcons ⎟ = DTot (Tcons − Text ) (2.23)
⎝ 2 ⎠
Avec :
DTot Déperditions totales du local pour un degré d’écart entre l’extérieur et l’intérieur
[W/K]
Les déperditions totales sont les déperditions par les parois et les déperditions par
renouvellement d’air. En utilisant les équations (3.12) et (3.13), la loi d’eau s’écrit :

1
⎛ DTot (Tcons − Text ) ⎞ β DTot (Tcons − Text )
T EB = ⎜⎜ ⎟⎟ + •
+ Tcons (2.24)
⎝ KS ⎠ 2 m CP

2.2.4 TUYAUTERIE

2.2.4.1 Déperditions thermiques

Les déperditions calorifiques de la tuyauterie sont calculées en effectuant le bilan thermique


entre le fluide contenu dans la tuyauterie et l’air environnant. Le bilan est effectué pour
chaque nœud défini :

( ) ( )
• dx
m Cp T( x ) + dT( x ) − T( x ) = × T tube − T( x ) (2.25)
Rconv + Rtube
Avec :

1
Rconv = (2.26)
2 hconv × π × r

1 ⎛R⎞
Rtube = ln⎜ ⎟ (2.27)
2 π × λtube ⎝r⎠
Avec :
R Diamètre extérieur de la tuyauterie [m]
r Diamètre intérieur de la tuyauterie [m]
λtube Conductivité de la tuyauterie [W/(m.K)]
hconv Coefficient de convection [W/(m².K)]

60
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

2.2.4.2 Pertes de charge

Le nombre de Reynolds est un nombre sans dimension liant la viscosité, la masse volumique
et le diamètre de la conduite. Il caractérise la nature du régime (laminaire, transitoire,
turbulent, etc.) de l’écoulement. Il représente le rapport entre forces d'inertie et forces
visqueuses.

Aux faibles valeurs du Reynolds, les forces de viscosité sont prépondérantes ce qui
maintient l'écoulement laminaire. Aux fortes valeurs du Reynolds, les forces d'inertie sont
prépondérantes ce qui correspond au régime turbulent. De la même manière la couche limite
laminaire diminue. Entre les régimes laminaires et turbulents, on parle de régime transitoire.
Les différents régimes d’écoulements sont visualisés par la représentation graphique du
diagramme de Moody.

Il s'énonce généralement de la façon :

ρ V Dtube
Re = (2.28)
µ
Avec :
V Vitesse du fluide [m/s]
Dtube Diamètre [m]
µ Viscosité dynamique du fluide [Pa.s]
ρ Masse volumique du fluide [kg/m3]

A partir de ce nombre de Reynolds, le coefficient de perte de charge λ est calculé de la


manière suivante pour une conduite circulaire :

• Pour un écoulement laminaire (Re < 2320) :

64
λ = (2.29)
Re
• Pour un écoulement turbulent (Re > 2500) – formule de Colebrook :

1 ⎛ k 2.51 ⎞
= - 2 log ⎜ + ⎟ (2.30)
⎜ ⎟
λ ⎝ 3.7 D Re λ ⎠
• Pour un écoulement transitoire (2320 < Re < 2500) :

Une interpolation linéaire sera effectuée à partir des limites posées par les écoulements
laminaire et turbulent.

Les pertes de charge dans un tuyau sont estimées à partir de l’équation :

L ⎛1 2⎞
∆ptube = λ ⎜ ρ V ⎟ − ρ g ∆H (2.31)
Dtube ⎝ 2 ⎠
Avec :
L Longueur du tuyau [m]

La différence d’altitude entre l’entrée et la sortie du tuyau est prise en compte de manière à
pouvoir calculer le débit d’eau généré par la différence des densités.

61
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

2.2.5 TÉS DE RACCORDEMENT

Les Tés de raccordement permettent :

• De diviser un débit d’eau en deux autres débits


• De rassembler en un seul débit d’eau ceux provenant de deux autres branches.

Leur principe de fonctionnement est basé sur les branchements en parallèle.

2.2.5.1 Té diviseur

Les pertes de charges créées par le té sont calculées de la manière suivante :

⎛1 ⎞
∆psin gular = ζ ⎜ ρ V 2 ⎟ (2.32)
⎝2 ⎠
Avec :
ξ Coefficient de pertes de charge [-]

Le coefficient de résistance est calculé comme en fonction des débits massiques dans les
branches de circulation. Pour l’exemple d’un té diviseur avec un angle de 90° entre les deux
branches (Figure 2.11), les équations suivantes permettent de calculer le coefficient de
résistance :

Pour la branche directe :


2
m& 90° ⎛ m& 90° ⎞
ζ 180° = 1.55 −⎜ ⎟⎟ (2.33)
m& out ⎜⎝ m& out ⎠
Avec :

m 90° Débit massique de la voie bipassée [kg/s]

m out Débit massique total [kg/s]

Pour la branche bipassée :

⎡ 2
⎛ m& 90° Aout ⎞ ⎛ m& ⎞
2⎤
ζ 90 ° = α ⎢1 + ⎜⎜ ⎟⎟ − 2 ⎜⎜1 − 90° ⎟⎟ ⎥ (2.34)
⎢ ⎝ m& out A90° ⎠ ⎝ m& out ⎠ ⎥
⎣ ⎦
Avec :
A90° Section de la voie bipassée [m²]

Aout Section de sortie de l’élément [m²]

Entrée Sortie 180°

Sortie 90°

Figure 2.11 : Nomenclature du té diviseur Figure 2.12 : Nomenclature du té mélangeur

62
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

2.2.5.2 Té mélangeur

La température de sortie du té mélangeur est calculée selon l’équation :

• •
T180° m180° + T90° m 90°
Tout = • •
(2.35)
m180° + m 90°
Avec :
T180° Température du fluide dans la voie directe [°C]
T90° Température du fluide dans la voie bipassée [°C]
Tout Température du fluide à la sortie du té mélangeur [°C]

Le débit de sortie du té est défini selon l’équation suivante :

• • •
m out = m180° + m 90° (2.36)
Le coefficient de résistance est calculé en fonction des débits massiques dans les branches
de circulation. Pour l’exemple d’un té mélangeur avec un angle de 90° entre les deux
branches (Figure 2.12), les équations suivantes permettent de calculer le coefficient de
résistance :

Pour la branche directe :


2
⎛ Ain m& 180° ⎞
ζ 180 = 0.4 ⎜⎜1 − ⎟ (2.37)
⎝ A180° m& in ⎟⎠
Pour la branche bipassée :
2
⎛ A m& ⎞
ζ 90 = 1 + ⎜⎜ in 90° ⎟⎟ (2.38)
⎝ A90° m& in ⎠

2.2.6 ÉMETTEURS DE CHALEUR

La loi d’émission des radiateurs s’exprime par :

P = KS∆T β (2.39)
Avec :
K Coefficient d’échange global du radiateur [W/m2.Kβ]
β Coefficient de température du radiateur
S Surface d’échange du radiateur

Dans notre étude, le coefficient β sera pris égal à 1.31.

L’écart de température ∆T est évalué différemment suivant la valeur du rapport R :

TSB − Tcons
R = (2.40)
TEB − Tcons
Avec :
Tcons Température de consigne de l’air intérieur [K]
TEB Température de l’eau à l’entrée du radiateur [K]
TSB Température de l’eau à la sortie du radiateur [K]

63
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

L’expression de la différence de température est alors donné par :

TEB − TSB
∆T =
⎛ T − Tcons ⎞
écart logarithmique : Log ⎜⎜ EB ⎟⎟ si R < 0.7 (2.41)
⎝ TSB − Tcons ⎠

TEB + TSB
∆T = − Tcons
écart arithmétique : 2 si R ≥ 0.7 (2.42)

2.2.7 ROBINETS THERMOSTATIQUES

Le débit de vanne kv pour la perte de charge nominale de 1 bar est calculé pour deux
caractéristiques différentes de vanne selon la position de vanne :
• Vanne à caractéristique linéaire

⎛ Kv 0 ⎞⎛ Pos ⎞
Kv = Kv 0 + Kv s ⎜⎜1 − ⎟⎜ ⎟⎟ (2.43)
⎝ Kv s ⎟⎠⎜⎝ Pos100 ⎠
• Vanne à caractéristique exponentielle

Kv s Pos
Log
Kv 0 Pos100 (2.44)
Kv = Kv 0 e
Les pertes de charge créées par la vanne d’équilibrage sont calculées à partir de l’équation
suivante :
2
⎛ ⎞
⎜ 36 q ⎟
∆p = ⎜ ⎟ (2.45)
⎜ Kv ⎟
⎝ ⎠
Avec :
q Débit massique du fluide traversant la vanne d’équilibrage [l/s]
∆p Pertes de charge dues à la vanne d’équilibrage [kPa]
Kv Coefficient de débit de la vanne d’équilibrage [m3/h]

3. PROCÉDURE DE DIMENSIONNEMENT AUTOMATIQUE

Une installation de chauffage à eau chaude comporte beaucoup d’éléments (tuyauterie,


vanne de régulation, émetteurs, etc.). Leur dimensionnement devient alors une tâche
délicate et une source de nombreuses erreurs. De plus, l’exécution d’études paramétriques
demande également un grand nombre de paramétrages irréalisables manuellement. Afin de
remédier à ces inconvénients, une procédure de dimensionnement automatique a été
développée (Figure 2.13). Ainsi, une installation peut être dimensionnée à partir de quelques
données simples :
• La géométrie du bâtiment : elle permet de calculer les besoins en chauffage pour des
conditions de référence [FRIDMANN, 1983] [Th-C, 2001],
• L’architecture du réseau hydraulique : elle permet de définir les modules hydrauliques
et le nombre d’unité terminale par module [PETITJEAN, 1994].
• Les méthodes de dimensionnement : l’ensemble de ces méthodes permettent de
calculer tous les composants de l’installation hydraulique [ASHRAE, 2001]. Pour un
même composant, plusieurs méthodes sont disponibles,
• Des bases de données : chaque composant est défini par une gamme de produits
représentative de plusieurs matériaux et plusieurs constructeurs. Ces bases
alimentent les méthodes de dimensionnement pour la sélection des composants.
64
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

La mise en place d’une telle procédure est possible et réalisable grâce à la structuration du
simulateur et la numérotation précise et unique de chaque élément de chaque module
hydraulique composant l’installation. L’imbrication de modules les uns dans les autres, afin
de mettre en place les trois niveaux de distribution, implique la numérotation de chacun
d’entre eux en fonction de sa place dans l’installation et de sa fonction. La procédure
parcourt les modules hydrauliques de l’installation en commençant par les colonnes, puis les
étages pour finir par les unités terminales.

Procédure de dimensionnement automatique


Chargement des bases de données

Calcul des besoins en chauffage


Bâtiment
Zone climatique Calcul des besoins en chauffage pour les conditions nominales Calcul de Ubat
Scénarii d’occupation Calcul des besoins totaux en chauffage pour les conditions nominales

Dimensionnement des émetteurs

Calcul des puissances des émetteurs adaptées au régime de température


Sélection des émetteurs dans la base de données Réf émetteurs
Ajustement des débits pour obtenir la puissance requise Débits nominaux

Dimensionnement de la régulation terminale

Calcul des Kv des régulateurs terminaux


Sélection des régulateurs terminaux Réf régulation terminale

Dimensionnement de la tuyauterie

PdC linéaire Calcul des sections de la tuyauterie


Matériau Sélection de la tuyauterie dans la base de données Réf tuyauterie

Dimensionnement des vannes d’équilibrage

PdC minimale Calcul des Kv des vannes d’équilibrage


Sélection des vannes d’équilibrage dans la base de données Réf vannes d’équilibrage

Dimensionnement de la pompe de circulation

Calcul des pertes de charges de l ’unité terminale défavorisée


Sélection de la pompe de circulation dans la base de données Réf pompe circulation

Dimensionnement de la chaudière

Type énergie Sélection de la chaudière dans la base de données Réf chaudière


Sélection de la pompe de recyclage dans la base de données Réf pompe recyclage

Equilibrage hydraulique

Méthode d’équilibrage Equilibrage statique


Mesure des rapports des débits initiaux des vannes d’équilibrage Facteur de déséquilibre
Détermination des unités terminales défavorisées de chaque module
Calcul de la position des vannes d’équilibrage Positions vannes
Mesure des rapports des débits finaux dans les vannes d’équilibrage
ou
Equilibrage dynamique
Calcul de la pression différentielle nominale de chaque vanne Consigne ∆p

Figure 2.13 : Protocole de la procédure de dimensionnement automatique


Tout au long de la procédure de dimensionnement automatique, le simulateur doit faire des
choix. L’utilisateur doit donc fournir des données d’entrée servant à paramétrer cette
procédure. Les choix effectués pour la suite des travaux sont détaillés au cours du
chapitre 1.

La sélection des composants dans les bases de données est effectuée par excès pour tous
les composants.
65
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

3.1 BASES DE DONNÉES

Les bases de données du simulateur sont implémentées à partir des données fournies par
les constructeurs [Annexe 1]. Ces bases de données regroupent des informations
concernant les principaux composants des réseaux hydrauliques :

• Émetteurs à eau chaude :


- Puissance nominale,
- Température d’entrée et de sortie de l’eau dans l’émetteur,
- Température du local d’émission,
- Pente de la droite d’émission,
- Masse d’eau contenue dans l’émetteur,
- Masse et surface de l’émetteur,
• Vanne d’équilibrage :
- Débit qui traverse la vanne si elle présente une perte de charge de 1 bar
quand elle est ouverte totalement (kvs),
- Débit qui traverse la vanne si elle présente une perte de charge de 1 bar
quand elle est totalement fermée (kvo),
- Courbe caractéristique de la vanne d’équilibrage.

• Régulateur de la pression différentielle :


- Plage de valeur des Kv (Kvminimum, Kvnominal et Kvmaximal),
- Plage des débits correspondant aux Kv (Qminimum, Qnominal et Qmaximal),
- Pression différentielle admissible.

• Tuyauterie :
- Matériau constitutif de la tuyauterie,
- Diamètre intérieur de la tuyauterie,
- Épaisseur de la tuyauterie,
- Épaisseur de l’isolant de la tuyauterie,
- Conductivité thermique de l’isolant de la tuyauterie,
• Pompe de circulation :
- Hauteur manométrique maximale de la pompe,
- Vitesse de rotation de la pompe,
- Débit massique nominal de la pompe,
- Hauteur manométrique nominale de la pompe,
• Chaudière :
- Puissance nominale de la chaudière,
- Débit nominal de la chaudière,
- Efficacité de la chaudière,
- Pertes de charge à débit nominal,

66
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

3.2 DÉTERMINATION DES BESOINS EN CHAUFFAGE

Les besoins en chauffage de chaque zone sont calculés par équilibre thermique entre les
déperditions par les parois, opaques et vitrées, et par renouvellement d’air et la puissance de
chauffage à fournir. Ce calcul s’effectue pour les conditions de référence :

• Pour une température extérieure de référence,


• Pour la température de consigne en occupation,
• Sans apports internes et solaires,
• Avec le scénario de ventilation le plus défavorable.

3.3 DIMENSIONNEMENT DES ÉMETTEURS

La première partie du dimensionnement des émetteurs consiste à calculer la puissance


réelle d’émission de l’émetteur avec le régime de température du système de chauffage.
Cette puissance réelle est calculée grâce à la relation suivante :

P = K S ∆T β (2.46)
Avec
P Puissance émise par l’émetteur [W]
K Coefficient d’échange global du radiateur [W/m2.Kβ]
β Coefficient de température du radiateur [-]
∆T Chute de température entre l’entrée et la sortie de l’émetteur [°K]
S Surface d’échange du radiateur [m²]

Le débit massique théorique du fluide est ensuite déterminé selon la formule :

• P
m = (2.47)
Cp ∆T
Avec
Cp Capacité calorifique de l’eau [J/(kg.°K)]

m Débit massique du fluide circulant dans l’émetteur [kg/s]

L’émetteur correspondant le mieux aux besoins est ensuite sélectionné dans la base de
données selon sa puissance nominale d’émission modifiée. La puissance nominale de
l’émetteur sélectionnée est légèrement supérieure aux besoins. Afin de l’ajuster, le débit du
fluide est réduit en conséquence suivant la loi d’émission de l’émetteur (Ch.1 §5.1).

3.4 DIMENSIONNEMENT DE LA RÉGULATION TERMINALE

Les régulateurs terminaux sont dimensionnés en fonction de la puissance nominale de


l’émetteur auquel elle est associée. Une valeur de Kvs unique correspond à une plage de
valeurs de puissance nominale. La Figure 2.14 donne les correspondances [DE DIETRICH,
2004] :

67
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Puissance nominale de l'émetteur Valeur du Kvs


3
Pnominale > 3500 W 0,75 m /h
3
2900 W < Pnominale < 3500 W 0,63 m /h
3
2300 W < Pnominale < 2900 W 0,52 m /h
3
1700 W < Pnominale < 2300 W 0,41 m /h
3
1500 W < Pnominale < 1700 W 0,31 m /h
3
1200 W < Pnominale < 1500 W 0,26 m /h
3
700 W < Pnominale < 1200 W 0,21 m /h
3
Pnominale < 700 W 0,13 m /h

Figure 2.14 : Correspondance entre puissance Figure 2.15 : Perte de charge du régulateur
nominale de l’émetteur et kv de la régulation terminal en fonction du débit et du réglage

Après avoir choisi la classe du régulateur terminal, les pertes de charge sont ensuite
estimées, en fonction du débit, par la Figure 2.15. L’intérêt est de s’assurer que l’autorité du
robinet thermostatique est suffisante, i.e. supérieure à 0.33, pour assurer une bonne qualité
de régulation de la température de la zone.

3.5 DIMENSIONNEMENT DE LA TUYAUTERIE

Le calcul des sections de la tuyauterie est directement lié au débit traversant les émetteurs.
Le débit nominal calculé sert de débit de référence pour le dimensionnement de la
tuyauterie. La première étape consiste à déterminer les débits nominaux dans l’ensemble de
la tuyauterie de l’installation en respectant le principe de modularité défini précédemment.

La section des tubes numérotés Ti (Figure 2.7) est déterminée à partir des débits massiques
traversant les charges (i.e. les émetteurs pour un module terminal) Ei. Concernant la
tuyauterie numérotée Tj, leur section est calculée en fonction des débits massiques
traversant les tubes les précédents de la manière suivante :

• • •
m T j = m Ti + m T j +1 (2.48)

La section de la tuyauterie est calculée de manière à obtenir une perte de charge par mètre
constante et déterminée. Pour cela, l’équation suivante est utilisée :

λ ρ V2
∆p = L (2.49)
D 2
Avec
λ Coefficient de pertes de charge [-]
∆p Pertes de charge de la tuyauterie [Pa]
ρ Masse volumique du fluide [kg/m3]
V Vitesse du fluide dans la tuyauterie [m/s]
D Diamètre hydraulique de la tuyauterie [m]
L Longueur de la tuyauterie [m]

68
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

3.6 DIMENSIONNEMENT DES VANNES D’ÉQUILIBRAGE

La vanne d’équilibrage est sélectionnée dans les bases de données en fonction de son Kvs.
Celui-ci est calculé comme suit :
36 q
Kv = (2.50)
∆p

Kvs Débit qui traverse la vanne si elle présente une perte de


charge de 1 bar quand elle est ouverte totalement [m3/h]
∆p Chute de pression minimale dans la vanne d’équilibrage (ici, ∆p = 3kPa) [kPa]
q Débit volumique du fluide circulant dans l’émetteur [l/s]

3.7 DIMENSIONNEMENT DE LA POMPE DE CIRCULATION

Le dimensionnement de la pompe s’effectue sur deux critères :

• Les pertes de charge de l’unité terminale la plus défavorisée,


• Le débit de fluide.

Dans un premier temps, une liste de pompes de circulation ayant une hauteur manométrique
correspondant à l’installation est créée à partir des données fournies par les constructeurs.
Dans un second temps, la pompe de circulation ayant le débit le plus approprié est
sélectionnée.

3.8 DIMENSIONNEMENT DE LA CHAUDIÈRE

La chaudière est sélectionnée dans les bases de données en fonction de sa puissance


nominale. Ses caractéristiques, notamment le débit et la perte de charge, serviront pour
sélectionner la pompe de recyclage.

4. MODÉLISATION DE L’EQUILIBRAGE HYDRAULIQUE

4.1 MODÉLISATION DES VANNES D’ÉQUILIBRAGE

Le coefficient Kv de la vanne est déterminé à partir des données des constructeurs issues
des bases de données ainsi que de la commande de la vanne. La Figure 2.16 montre les
caractéristiques des vannes d’équilibrage STAD de Tour & Andersson [TA HYDRONICS]
comme exemple :

3
Coefficient Kv [m /h]

Diamètre de la vanne d'équilibrage [mm]


Tours
DN 10/09 DN 15/14 DN 20 DN 25 DN 32 DN 40 DN 50
0,5 - 0,127 0,511 0,60 1,14 1,75 2,56
1,0 0,090 0,212 0,757 1,03 1,90 3,30 4,20
1,5 0,137 0,314 1,10 2,10 3,10 4,60 7,20
2,0 0,260 0,571 1,90 3,62 4,66 6,10 11,70
2,5 0,480 0,877 2,80 5,30 7,10 8,80 16,20
3,0 0,826 1,38 3,87 6,90 9,50 12,60 21,50
3,5 1,26 1,98 4,75 8,00 11,80 16,00 26,50
4,0 1,47 2,52 5,70 8,70 14,20 19,20 33,00
Figure 2.16 : Caractéristiques des vannes d’équilibrage STAD de Tour & Andersson

69
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Des modèles de vannes simplifiées sont aussi disponibles, lorsque les données issues des
constructeurs sont indisponibles. Le débit de vanne kv pour une perte de charge nominale
de 1 bar est calculé pour deux caractéristiques différentes de vanne selon la position de
vanne :

• Vanne à caractéristique linéaire :

⎛ Kv 0 ⎞⎛ Pos ⎞
Kv = Kv 0 + Kv s ⎜⎜1 − ⎟⎜ ⎟⎟ (2.51)
⎝ Kv s ⎟⎠⎜⎝ Pos100 ⎠
• Vanne à caractéristique exponentielle :
Kvs Pos
Log
Kv 0 Pos100 (2.52)
Kv = Kv 0 e
Les pertes de charge créées par la vanne d’équilibrage sont calculées à partir de l’équation
suivante :
2
⎛ 36 q ⎞
∆p = ⎜ ⎟ (2.53)
⎝ Kv ⎠
Avec :
q Débit volumique traversant la vanne d’équilibrage [l/s]

∆p Pertes de charge dues à la vanne d’équilibrage [kPa]


Kv Coefficient de débit de la vanne d’équilibrage [m3/h]

4.2 MODÉLISATION DES MÉTHODES D’ÉQUILIBRAGE

Les méthodes d’équilibrages se caractérisent par des algorithmes définissant l’ordre de


réglage des vannes d’équilibrage. Cet ordre se détermine à partir du Ch.1 §2.2.4. Les
vannes d’équilibrage sont réglées, soit simultanément pour la méthode « parfaite », soit l’une
après l’autre pour les autres méthodes. Ces algorithmes de contrôle ont plusieurs objectifs :

• La définition de l’ordre de réglage des vannes d’équilibrage en fonction de la


méthode sélectionnée,
• L’autorisation d’une vanne d’équilibrage à être réglée ou non,
• L’arrêt du réglage d’une vanne d’équilibrage,
• L’arrêt de l’opération d’équilibrage.

Le réglage de la vanne d’équilibrage proprement dit est effectué par un régulateur local.
Chaque vanne d’équilibrage possède son propre régulateur local. Le régulateur local ajuste
la vanne d’équilibrage afin d’obtenir le débit de consigne dans le module hydraulique
concerné, i.e. d’avoir un rapport de débit égal à un.

Quatre méthodes d’équilibrage hydraulique ont été développées pour le simulateur de


réseaux hydrauliques :

• La méthode « parfaite »,
• La méthode itérative,
• La méthode proportionnelle,
• La méthode compensée.

La difficulté de cette opération réside dans l’application réaliste des méthodes d’équilibrage
en respectant à la lettre le comportement d’un opérateur sur site ayant à effectuer cette
tâche. Il est nécessaire de prendre en compte le temps de calcul en bureau d’études, le

70
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

temps de mesure d’une vanne d’équilibrage et le temps de réglage de la vanne. Ces


opérations ne sont pas nécessaires pour certaines méthodes mais indispensables pour
d’autres.

4.2.1 MODÉLISATION DE LA MÉTHODE « PARFAITE »

La méthode « parfaite », basé sur la méthode REGIS (REGlage In Situ) [PETITJEAN, 1994],
consiste à régler l’ensemble des vannes d’équilibrage présent dans l’installation hydraulique
en même temps (Figure 2.17). Aucun ordre de priorité de réglage des vannes d’équilibrage
n’est donc défini.

Mesure des débits dans


les vannes d’équilibrage RESEAU
HYDRAULIQUE
Débits de
consigne

Position Réglage vanne


REGULATEUR
équilibrage

oui Fin contrôle non


Equilibrage terminé
(position stable)

Figure 2.17 : Modélisation de la méthode parfaite

Le régulateur calcule la position de réglage de la vanne d’équilibrage en comparant le débit


mesuré dans la vanne d’équilibrage par rapport à son débit de consigne. Lorsque la position
de la vanne d’équilibrage est stable (i.e. constante), le contrôle de la vanne est considéré
comme terminé. L’information est alors transmise au centre nerveux de l’équilibrage
hydraulique qui décide alors d’arrêter le contrôle de cette vanne. Lorsque toutes les vannes
d’équilibrage sont réglées, l’opération d’équilibrage hydraulique est alors terminée.

4.2.2 MODÉLISATION DE LA MÉTHODE ITÉRATIVE

La méthode itérative consiste à régler les vannes d’équilibrage une par une sans prendre en
compte les phénomènes d’interactivité hydraulique. Pour cela, le contrôleur de l’équilibrage
défini un ordre de réglage des vannes d’équilibrage sans règles (aléatoire, dans l’ordre de
visite…) (Figure 2.18).

71
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Mesure du débit dans la


vanne d’équilibrage RESEAU
HYDRAULIQUE
N° Vanne
équilibrage

Vérification si vanne oui Verrouillage de la


déjà réglée vanne d’équilibrage
non
Débit de
consigne

Position Réglage vanne


REGULATEUR
équilibrage

oui Fin contrôle non


Equilibrage terminé
(position stable)

Figure 2.18 : Modélisation de la méthode itérative

Le centre nerveux envoie le numéro de la vanne à régler à l’ensemble des régulateurs de


l’installation hydraulique. Seul le régulateur concerné sera actif, les autres verrouilleront leur
vanne d’équilibrage dans leur position actuelle.

Le régulateur actif calcule la position de réglage de la vanne d’équilibrage en comparant le


débit mesuré dans la vanne d’équilibrage par rapport à son débit de consigne. Lorsque la
position de la vanne d’équilibrage est stable (i.e. constante), le contrôle de la vanne est
considéré comme terminé. L’information est alors transmise au centre nerveux de
l’équilibrage hydraulique qui décide alors d’arrêter le contrôle de cette vanne. Le centre
nerveux va alors envoyer le numéro de la vanne suivante à régler.

Cette opération va être répétée autant de fois qu’il y a d’éléments dans la liste des vannes
d’équilibrage à régler, définie par le centre nerveux (une même vanne d’équilibrage peut être
réglée plusieurs fois).

Lorsque toutes les vannes d’équilibrage de la liste ont été réglées, l’opération d’équilibrage
hydraulique est terminée.

4.2.3 MODÉLISATION DE LA MÉTHODE PROPORTIONNELLE

La méthode proportionnelle se déroule en deux phases (Figure 2.19).

• La première phase consiste à réaliser un état des lieux du réseau hydraulique en


mesurant le rapport des débits (débit réel / débit mesuré) pour chaque branche du
réseau hydraulique.
• La seconde phase consiste à déterminer l’ordre de réglage des vannes et à effectuer
le réglage des vannes d’équilibrage.

72
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 2.19 : Modélisation de la méthode proportionnelle

A partir des valeurs des débits mesurés lors de la première phase de l’opération, le centre
nerveux va définir l’ordre de réglage des vannes suivant les principes de la méthode : d’une
manière simplifiée, il est déterminé de façon à toujours régler les vannes d’équilibrage du
module hydraulique le plus favorisé hydrauliquement.

Lors de l’équilibrage d’un module hydraulique, quel qu’il soit, le centre nerveux renvoie la
valeur de la vanne à régler. Seul le régulateur concerné sera actif, les autres verrouilleront
leur vanne d’équilibrage dans leur position actuelle. Si ce numéro correspond à la vanne
index du module, elle est maintenue en position ouverte car elle correspond à la vanne
hydrauliquement défavorisée du module (i.e. ayant le plus faible rapport des débits). Sinon,
le régulateur actif règle la vanne concernée de manière à obtenir un rapport des débits égal
à celui de la vanne index. Pour cela, le rapport des débits est calculé à chaque pas de temps
pour toutes les vannes du module.

Cette opération est répétée pour tous les modules hydrauliques de l’installation en
respectant l’ordre défini par la méthode d’équilibrage.

4.2.4 MODÉLISATION DE LA MÉTHODE COMPENSÉE

La méthode compensée est proche de la méthode proportionnelle. La grande différence


réside dans le fait qu’elle ne nécessite pas de mesurer les débits dans toute l’installation et
de calculer les rapports de débits en préalable de l’opération d’équilibrage. Aucun ordre
prédéfini de réglage des vannes d’équilibrage n’est nécessaire : l’opérateur est libre de
commencer où il le souhaite mais il doit respecter la notion de module hydraulique.

73
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 2.20 : Modélisation de la méthode compensée

Le contrôleur de l’équilibrage (Figure 2.20) défini aléatoirement une colonne comme point de
départ. Un ordre de réglage des vannes d’équilibrage est alors défini selon leur placement
dans les modules hydrauliques de la colonne.

Lors de l’équilibrage d’un module hydraulique, quel qu’il soit, le centre nerveux renvoie la
valeur de la vanne à régler. Seul le régulateur concerné sera actif, les autres verrouilleront
leur vanne d’équilibrage dans leur position actuelle. La dernière vanne du module
hydraulique est considérée comme la vanne index par défaut. La vanne index reste toujours
en position ouverte. Ensuite, lors du réglage des autres vannes du module hydraulique, si
l’une d’elles à un rapport de débits inférieur à celui de la vanne index, alors :

• L’information est transmise au centre nerveux,


• Cette vanne devient la vanne index du module,
• Un nouvel ordre de réglage est alors défini permettant de recommencer l’équilibrage
hydraulique du module.

Cette opération est répétée pour tous les modules hydrauliques de l’installation.

4.2.5 MODÉLISATION DES RÉGULATEURS DE LA PRESSION DIFFÉRENTIELLE

Le régulateur de la pression différentielle compare la pression différentielle du module


hydraulique régulé en soustrayant la pression amont de la pression aval et la compare avec
la pression différentielle de consigne pour déterminer la nouvelle position de la vanne du
régulateur de la pression différentielle (Figure 2.21). La régulation est effectuée par un
régulateur proportionnel.

74
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 2.21 : Modélisation du régulateur de la pression différentielle

5. MODÉLISATION DE LA POMPE DE CIRCULATION

5.1 MODÉLISATION DE LA POMPE DE CIRCULATION

Le modèle de pompe est l’élément principal de circuit hydraulique. Dans ce modèle, le débit
massique à travers la branche principale du réseau hydraulique est calculé, en fonction des
caractéristiques de circuit hydraulique et de la courbe de la pompe : le débit massique est
obtenu en égalisant les pertes de charges dues au circuit hydraulique à la pression générée
par la pompe.

∆pnetwork = ∆p pump (2.54)

L’environnement Matlab/Simulink permet une itération du débit massique à chaque pas de


temps. Cependant, dans le cas où le système est plus complexe avec des connections en
parallèle et en série plus nombreuses, cette méthode :

• Ne garantit pas une convergence dans tous les cas,


• Ralentit la vitesse de simulation.

Une méthode simplifiée est ainsi appliquée, en utilisant le coefficient de résistance


équivalent du pas de temps précédent pour calculer le débit :

∆pnetwork = bequiv m& 2 (2.55)

Une comparaison entre les deux méthodes a montré une bonne corrélation si les positions
de vanne et la vitesse de pompe ne changent pas brusquement. C'est généralement le cas
puisque les actionneurs de vanne sont caractérisés par une constante de temps non
négligeable, de l’ordre d’une minute.

Une expression simplifiée pour le calcul de la courbe de la pompe est utilisée :


2 2
⎛ w ⎞ ⎛ m & ⎞
∆ppump = ∆pmax ⎜⎜ ⎟⎟ − (∆pmax − ∆pnom) ⎜⎜ ⎟ (2.56)
⎝ wnom ⎠ ⎝m& nom ⎟⎠

Dans le cas de l’utilisation d’une pompe à vitesse variable, un seuil de fonctionnement


minimum est défini par les constructeurs. La fréquence minimale de fonctionnement du
moteur est de l’ordre de 20 Hz, ce qui correspond à une vitesse de rotation minimale
équivalente à 40% de sa valeur nominale. Dans notre étude, cette vitesse minimale est
égale à 35% de sa valeur nominale.

75
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

5.2 RÉGULATEUR DE LA VITESSE

Dans le cas d’une pompe à vitesse constante, sa commande est égale à 1 pendant la
période de chauffe et à 0 en dehors de cette période.
La régulation de la vitesse en fonction de la pression différentielle, constante ou
proportionnelle, est effectuée par un régulateur proportionnel. La valeur du gain est de 0.02.
Dans le cas de la régulation en fonction des besoins, la commande de la vitesse est définie à
partir de la position de la régulation terminale. La commande de la pompe est directement
obtenue en additionnant le pourcentage d’ouverture de chaque vanne multiplié par son débit
la traversant aux conditions nominales.

6. COUPLAGE AVEC LE MODÈLE DE BÂTIMENT DE SIMBAD

6.1 COUPLAGE ENTRE LE RÉSEAU HYDRAULIQUE ET LE BÂTIMENT

Le couplage des modèles du réseau hydraulique avec le modèle de bâtiment se fait de


manière à faire coïncider un émetteur d’une unité quelconque avec la température de l’air
qu’il réchauffe.
L’émetteur est virtuellement couplé au volume d’air chauffé afin que l’émission se fasse pour
le bon écart de température (Figure 2.22). La tuyauterie et les vannes sont quant à elles
disposées dans une ambiance dont la température est constante et égale à la température
de consigne de la zone à laquelle elle correspond. Les pertes thermiques de la tuyauterie ne
sont donc pas prises en compte pour le calcul de la température de l’ambiance : elles sont
perdues. La commande de la régulation terminale est ensuite renvoyée au réseau.

Figure 2.22 : Couplage entre le réseau hydraulique et le bâtiment

6.2 MODÈLE DE BÂTIMENT

Le modèle de bâtiment multizone permet de modéliser un bâtiment en le découpant en


plusieurs zones qui correspondent aux pièces du bâtiment. Le modèle est assemblé à partir
des modèles pour les composants de base du bâtiment [EL KOURY, 2004] :
• Les parois multicouches,
• Les fenêtres,
• Les zones d’air,
• L’échange radiatif GLO (grande longueur d’onde),
• L’échange radiatif CLO (courte longueur d’onde).
Le modèle suppose que le bâtiment simulé est dans un site dégagé. Donc, nous ne tenons
pas compte de la présence d’autres bâtiments dans son voisinage.

76
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

6.2.1 MODÈLES DES PAROIS OPAQUES

Ce modèle permet de simuler l’ensemble des parois opaques du bâtiment. Les parois
peuvent être constituées d’un nombre quelconque de couches. Le modèle se base sur les
hypothèses fondamentales suivantes :

• Le transfert de chaleur se fait suivant l’épaisseur de la paroi (modèle


monodimensionnel),
• Contact parfait entre les différentes couches (résistance de contact nulle),
• Les propriétés thermophysiques des couches sont constantes (indépendantes de la
température),
• Les coefficients d’échange convectif sont constants (à spécifier par l’utilisateur),
• Le calcul radiatif GLO est linearisé.

6.2.1.1 Nœuds de surface

Le modèle de nœud de surface (Figure 2.23) prend en compte deux types des conditions
aux limites :

• Surface en contact avec l’air et qui reçoit un flux radiatif,


• Surface à une température imposée.

Si c’est une surface à température imposée, cas du plancher bas du bâtiment, cette
condition aux limites se traduit simplement par :

T0 = Tb1 (t ) (2.57)
Dans le cas du plancher bas du bâtiment, cette température limite sera fixée à 11°C.

Sinon, on écrit le bilan thermique du nœud :

∆x 1 ⎛ 3T&0 + T&1 ⎞ k
ρ 1 × Cp1 × ⎜⎜ ⎟⎟ = ϕ 1 + h1 (Ta1 − T0 ) − h rad T0 − 1 (T0 − T1 ) (2.58)
2 ⎝ 4 ⎠ ∆x 1

Figure 2.23 : Bilan thermique d’un nœud de surface

77
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

6.2.1.2 Nœuds d’interface

Pour un nœud d’interface (Figure 2.24), le bilan thermique se traduit par :

∆x j ⎛ 3T&i + T&i −1 ⎞ ∆x ⎛ 3T&i + T&i +1 ⎞ k j k j +1


ρ j × Cp j × ⎜⎜ ⎟⎟ + ρ j +1 × Cp j +1 × j +1 ⎜⎜ ⎟⎟ = (Ti −1 − Ti ) − (Ti − Ti +1 ) (2.59)
2 ⎝ 4 ⎠ 2 ⎝ 4 ⎠ ∆x j ∆x j +1
où i est le numéro du nœud d’interface et j est le numéro de la couche d’amont de l’interface.

Figure 2.24 : Bilan thermique d’un nœud d’interface

6.2.2 MODÈLE DE FENÊTRE

Le modèle des fenêtres est un système matriciel construit d’après les systèmes matriciels de
l’ensemble des fenêtres du bâtiment. Le modèle ne permet que la modélisation des fenêtres
extérieures.

Le modèle développé pour la fenêtre est relativement simple (Figure 2.25). Cette dernière
est caractérisée par :

• Son U-value (coefficient de transmission thermique entre les deux faces de la


fenêtre),
• Ses coefficients d’échange convectif aux deux faces (h1 et h2),
• Sa transmissivité pour le rayonnement solaire τ,
• Son absorptivité pour le rayonnement solaire α.

Figure 2.25 : Modèle de la partie non protégée de la fenêtre

Le modèle de fenêtre ne prend pas en compte de protections solaires.

78
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Comme l’inertie de la fenêtre a été négligée, l’équation qui décrit la température de ses deux
surfaces est une équation algébrique (et non pas différentielle). Cette équation s’écrit [EL
KOURY, 2004] :

Ts = Bair × Tair + B flux × φ (2.60)


Avec :

Tair Vecteur colonne contenant les températures de l’air [°C]


Ф Vecteur colonne contenant les flux radiatifs absorbés (solaire + infrarouge)
Ts Vecteur colonne des températures de surface de la fenêtre [°C]

Comme dans le cas des parois le flux radiatif émis est directement pris en compte :

⎡h + hrad + U −U ⎤
B flux = B1−1 B1 = ⎢ 1 (2.61)
⎣ −U h2 + hrad + U ⎥⎦
et

⎡h 0 ⎤
Bair = B flux × B2 B2 = ⎢ 1 ⎥ (2.62)
⎣ 0 h2 ⎦

6.2.3 BILAN THERMIQUE POUR UNE ZONE D’AIR

Si la température de l’air de la zone vérifie :

Tchauffage < Tz _ air < Tc lim atisation (2.63)


Le bilan thermique d’une zone s’écrit alors :

dT&air
ρ air × V × C p ,air = Pconv , parois + Pequips ,conv + Pgains ,conv + Pventilations + Pcouplages (2.64)
dt
Avec :
Pconv , parois Puissance due à l’échange convectif avec les parois de la zone. Elle est
donnée par la formule :

Pconv , parois = ∑h p S p (Ts , p − Tair ) (2.65)


parois

Pgains ,conv Somme des puissances convectives des gains internes présents dans la zone
[W]

Pequips ,conv Somme des puissances convectives des équipements présents dans la zone
[W]

Pventilations Somme de toutes les puissances convectives de ventilation dans la zone [W]

79
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

La puissance apportée par ventilation dans une zone est calculée par :
Pventilation = m& × Cp air × (Tvent − Tair _ zone ) (2.66)
Avec :
m& Débit d’air injecté dans la zone [kg/s]

Les infiltrations servent à modéliser la ventilation mécanique du bâtiment ainsi que les
infiltrations à travers l’enveloppe. Ces infiltrations peuvent être modélisées comme des
ventilations dont la source commune est le milieu extérieur. C’est-à-dire :
Tinf iltration = Text (2.67)
Pcouplages Somme de toutes les puissances convectives dues aux débits d’air entrant
dans la zone en provenance d’autres zones [W]

La puissance d’un couplage est calculée par :


Pcouplage,i = m& ji × Cp air × (Tair _ zone _ j − Tair _ zone _ i ) (2.68)

La zone i est la zone qui reçoit le débit d’air tandis que la zone j est la zone source.
m& ji Débit d’air associé au couplage [kg/s]

7. MODÉLISATION DES CRITÈRES D’ÉVALUATION

7.1 MODÉLISATION DES COÛTS

7.1.1 CONSOMMATIONS DES POMPES

La consommation de la pompe est estimée en fonction de la hauteur manométrique délivrée,


du débit fourni et de différents rendements :
9.81 H q
Pc = (2.69)
3600 η p η m
Avec
Pc Puissance de la pompe [W]
H Hauteur manométrique de la pompe [mCE]
q Débit massique du fluide [kg/h]
ηp Rendement de la pompe (par exemple 0.75) [-]
ηm Rendement du moteur (par exemple 0.85) [-]

En intégrant cette puissance instantanée sur le temps et en considérant C w comme le prix


moyen du kWh électrique, le coût des consommations des pompes est estimé grâce à la
formule suivante :
Pc C w
C cp = t (2.70)
1000
Avec
C cp Coût relatif aux consommations des pompes [€]
Cw Prix moyen du kWh électrique (ici, Cw = 0.1286 €/kWh) [€/kWh]
t Temps de fonctionnement des pompes [h]

Pour les pompes à vitesse variable, il est nécessaire de prendre en compte le fait que le
rendement du moteur, incluant le variateur de fréquence, varie en fonction de la charge
(Figure 1.21).

80
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

7.1.2 CONSOMMATIONS DE LA CHAUDIÈRE

Les consommations des générateurs, quels qu’ils soient, sont basées sur le calcul de
matières premières consommées. Il s’agit de mesurer le débit, pour les fluides ou le volume
pour les matières solides. A partir des consommations instantanées, le calcul des
consommations pour une saison de chauffe est aisé.

Pour l’exemple d’une chaudière fonctionnant au gaz, l’équation est :

q gaz PCI gaz C gaz


Coûts gaz = ∫ ρ gaz
dt (2.71)

Avec
Coûts gaz Coût relatif aux consommations des générateurs [€]

q gaz Débit du gaz [kg/s]

ρ gaz Masse volumique du gaz [kg/m3]

C gaz Prix du m3 de gaz (ici, Pgaz = 0.0495 €/m3) [€/m3]

PCI gaz Pouvoir calorifique inférieur du gaz [J/kggaz]

Une seconde approche mesurant l’énergie fournie au fluide consiste à mesurer l’écart de
température entre le départ et le retour.

Coûts gaz = m gaz Cp ( Thw − Tcw ) (2.72)
Avec

m gaz Débit massique du gaz [kg/s]

7.1.3 COÛTS D’INVESTISSEMENT : MATÉRIEL & MAIN D’OEUVRE

Les coûts d’investissement sont estimés à partir d’une bibliothèque de composants


[BATITEL] des installations de chauffage à eau chaude [Annexe 2]. Pour cela des courbes
de tendances ont été définies à partir de plusieurs valeurs du même composant [Annexe 3].
Ces courbes de tendances permettent d’évaluer les coûts du matériel et de la mise en
œuvre à partir de :
• La puissance en [W] pour les émetteurs et en [kW] pour la chaudière,
• La puissance en [W] pour la pompe de circulation,
• La section en [mm] pour la tuyauterie, les vannes d’équilibrage, la régulation
terminale et la soupape de pression différentielle.

Les équations de ces courbes de tendances sont fournies par la Figure 2.26.

81
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Approximation Matériel Approximation Main d'œuvre

Emetteurs [W] C M = 0.0658 P − 4.9965 C MO = 0.0025 P + 26.741

Régulation terminale C M = 0.6502 D + 19.16 C MO = 10.67


[mm]
Canalisation [mm] C M = 2.2394 e 0.0 6 1 5 D C MO = 0.1384 D + 4.1352

Calorifugeage [mm] C M = 0.0002 D 2 + 0.0367 D + 2.7272 C MO = 0.0009 D 2 + 0.0025 D + 4.8895


Vanne d'équilibrage
CM = 0.0243 D 2 − 0.0136 D + 39.402 C MO = 0.2169 D + 10.388
[mm]
Soupape de pression C M = 35.901 ln( D ) − 56.901 C MO = 0.1769 D + 9.1815
différentielle [mm]
Pompe à vitesse
CM = − 0 .0003 P 2 + 0 .7894 P + 133 .55 C MO = 64.02
constante [W]
Pompe à vitesse C MO = 74.69
CM = − 0 .0005 P 2 + 1 .3792 P + 133 .73
variable [W]
Chaudières [kW] C M = 282.37 ln( P ) − 213.81 C MO = 0.284 P + 100.24

Figure 2.26 : Récapitulatif des méthodes de calcul des coûts d’investissements et de main d’œuvre
Les prix des autres éléments constitutifs de l’installation hydraulique mais non répertoriés
dans la figure précédente sont considérés comme constants quels qu’ils soient (Figure 2.27).

Désignation Coûts matériel [€] Coûts main d'œuvre [€] Coûts total [€]

Vase d'expansion 23,63 € 34,14 € 57,77 €


Ramonage de la chaudière 0,00 € 50,15 € 50,15 €
Maintenance de la chaudière 0,00 € 74,69 € 74,69 €
Vérification de l'installation 0,00 € 74,69 € 74,69 €
Sonde de température 175,50 € 10,67 € 186,17 €
Contrôle en fonction de la
724,54 € 106,70 € 831,24 €
température extérieure
Figure 2.27 : Détail du coût des autres composants de l’installation

7.1.4 COÛT GLOBAL

Le coût global d’un bâtiment ou d’un de ses systèmes est basé sur les hypothèses faites au
Ch.1 §3.1, à savoir l’estimation des coûts d’investissements, de mise en œuvre sur le
chantier et de maintenance, et des consommations énergétiques de l’installation.

Le coût global d’une installation peut être calculé à partir des éléments précédents en
prenant en compte l’inflation sur le prix de l’énergie et un taux d’emprunt sur les
investissements. Il peut être estimé par l’équation suivante [ASHRAE, 1984] :
temps
⎛ inf lation ⎞ d ' usage
⎜⎜ ⎟ − 1
taux d' int érêt ⎟⎠
CG = (Coût Mat + Coût MO ) × ME × FG + Coût conso × ⎝ + Coût Ma int × Temps usage (2.73)
⎛ taux d' int érêt ⎞
1 − ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ inf lation ⎠
Avec
Coût Mat Coût du matériel [€]
Coût MO Coût de la main d’œuvre [€]
CoûtConso Coût des consommations (pompe & production d’eau chaude) [€]
Coût Ma int Coût de la maintenance [€]
ME Marge de l’entreprise (ici, ME = 1.11) [-]
FG Frais généraux de l’entreprise (ici, FG = 1.35) [-]
82
Chapitre 2 : Développement du simulateur de réseaux hydrauliques

Dans un contexte où le marché de l’énergie est très fluctuant, une inflation moyenne par
année de 10% a été retenue. Aucun intérêt sur les coûts d’investissements n’a été pris en
compte afin de simplifier les calculs.

7.2 CONFORT THERMIQUE

L’évaluation du confort thermique s’effectue en calculant la température résultante de la


pièce considérée :

hconv × Tair + hrad × Trad


Tres = (2.74)
hconv + hrad

Dans les résultats présentés dans les chapitres suivants, le confort thermique est estimé
pour la période d’occupation pendant la saison de chauffe.

8. CONCLUSION

Ce chapitre a relaté le processus du développement d’un simulateur de réseaux


hydrauliques dans l’environnement Matlab/Simulink associé à la bibliothèque SIMBAD
Building and HVAC Toolbox. Le choix de la simulation a été retenu pour des raisons
économiques, d’une part, mais aussi car la simulation autorise la reproductibilité des essais.

Ainsi, ce simulateur permet de simuler le comportement thermo-hydraulique d’une


installation de chauffage couplé à un bâtiment. Il prend en compte les phénomènes
transitoires liés à l’inertie du bâtiment et du réseau hydraulique, l’ensemble des composants
d’une installation de chauffage, les systèmes de régulation associés et une procédure de
dimensionnement automatique permettant de dimensionner l’ensemble. L’association du
simulateur à cette procédure permet de limiter les erreurs de modélisation et de mener à
bien des plans d’expériences afin d’évaluer plusieurs paramètres.

Son processus de développement a été défini de manière à pouvoir estimer les critères
d’évaluation définis au paragraphe Ch.1 §3 (confort thermique, consommations
énergétiques, etc.) et de montrer l’impact de la variation de la vitesse des pompes de
circulation et de l’équilibrage hydraulique.

L’implémentation des réseaux hydrauliques dans un environnement graphique a permis de


définir une structuration sur plusieurs couches permettant une analogie avec les niveaux
d’équilibrage des réseaux hydrauliques.

Un tel simulateur de réseaux hydrauliques, basé sur des équations simplifiées, peut
engendrer des questions vis-à-vis de sa fiabilité et au niveau des incertitudes concernant les
résultats qu’il fournit. Dans cette optique critique, il est nécessaire de procéder à des
validations permettant de mettre en évidence la cohérence des modèles développés et des
composants retenus. Pour répondre à ces questions, le chapitre suivant décrit les validations
expérimentales qui ont été menées afin d’estimer les incertitudes concernant les résultats du
simulateur de réseaux hydrauliques.

83
84
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

CHAPITRE 3

Validation expérimentale du simulateur de réseaux


hydrauliques

1. OBJECTIFS DES VALIDATIONS EXPÉRIMENTALES

Les modèles de simulations sont basés sur la connaissance des phénomènes physiques. Il
est impossible de modéliser l’ensemble de ces phénomènes complexes et ce pour plusieurs
raisons. La première est qu’une partie des phénomènes est encore mal connu aujourd’hui.
La seconde raison est que tous ces calculs sont très gourmands en temps de simulation.
Pour cela, les modèles représentatifs de ces phénomènes sont donc simplifiés. Dans ces
conditions, il est alors naturel que le modèle ne traduise pas fidèlement la réalité.

L’objectif de cette partie est d’estimer l’incertitude commise par le simulateur de réseaux
hydrauliques en confrontant les résultats de simulations à ceux obtenus par des essais
expérimentaux. La première idée est d’estimer l’incertitude de chaque modèle de simulations
individuellement en les confrontant à des produits réels dont les caractéristiques sont
fournies par les constructeurs. Cette étape est nécessaire mais non suffisante pour aboutir
au calcul de l’incertitude du simulateur de réseaux hydrauliques. En effet, comment peut-on
estimer l’incertitude d’un assemblage de modèles ayant eux-mêmes une incertitude ?

Pour faire face à cette difficulté, la deuxième étape des validations expérimentales est de
confronter les résultats expérimentaux à la simulation d’un assemblage complet de
composants. Pour cela, un banc hydraulique a été réalisé afin d’estimer l’incertitude des
résultats pour un réseau hydraulique complexe.

2. DESCRIPTION DU DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL

L’ensemble des essais expérimentaux a été réalisé en partenariat avec l’équipe du service
Robinetterie et Appareils Sanitaires, dirigé par M. Jean-Marie FRANCO, du département
Hydraulique et Équipements Sanitaires du CSTB.

Le simulateur de réseaux hydrauliques est utilisé afin de modéliser des installations de


chauffage à eau chaude réelles généralement rencontrées dans les bâtiments tertiaires ou
de logements collectifs. Les besoins en chauffage pour ces types de bâtiments varient entre
1000 et 15000 watts par unité terminale. Les débits correspondants varient donc entre 100 et
1000 L/h. Le dimensionnement de l’installation sera donc basé sur ces valeurs limites afin
d’obtenir une installation représentative d’une installation de chauffage classique.
85
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

2.1 ARCHITECTURE DU RÉSEAU HYDRAULIQUE SÉLECTIONNÉ

Le réseau hydraulique mis en œuvre doit mettre en évidence les principes hydrauliques
retenus dans les modèles du simulateur de réseaux hydrauliques, notamment les principes
de répartition des débits dans les différentes branches. La possibilité d’utiliser des
circulateurs à vitesse variable doit également être prise en compte tout comme l’application
des méthodes d’équilibrage précédemment décrites (Ch.1 §2.2.4). Les vannes à passage
direct présentes dans chaque branche terminale permettent de créer des pertes de charges
représentatives de la tuyauterie et des émetteurs présentes dans une installation de
chauffage.

Les dimensions de l’installation sont 2.50 x 3.20 m (Figure 3.1). Afin de répondre aux
attentes, le réseau hydraulique retenu est composé de deux modules hydrauliques
composés chacun de deux branches en parallèles. Des vannes d’équilibrage sont installées
aux endroits stratégiques forment deux niveaux d’équilibrage. Une vanne de compensation
est également installée sur le retour principal de l’installation. Un circulateur à trois vitesses
est retenu pour évaluer la variation de vitesse.

L’installation est composée de 4 débitmètres permettant de connaître l’ensemble des débits.


Les débits dans les branches non équipées de débitmètres sont obtenus par soustraction
avec les branches environnantes. Pour la mesure des hauteurs manométriques disponibles,
vingt points de prise de pression sont répartis dans l’installation afin de mesurer les pertes
de charge de la pompe, des vannes d’équilibrage et de la tuyauterie.

Figure 3.1 : Plan de l’installation

2.2 PRÉSENTATION DU MATÉRIEL SÉLECTIONNÉ

Le dimensionnement de l’installation a été réalisé en se basant sur les caractéristiques


techniques d’une installation de chauffage à eau chaude classique. Les débits sont définis
en fonction des besoins en chauffage et varient entre 100 et 1000 l/h.

La limite supérieure des débits sera retenue pour chaque branche terminale afin de ne pas
restreindre les possibilités de configurations. La branche terminale 4 aura un débit de
consigne plus faible pour favoriser le déséquilibre hydraulique.

86
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

2.2.1 VANNE À PASSAGE DIRECT

Afin de participer au déséquilibre hydraulique de l’installation, des vannes à passage direct


en laiton sont installées sur chaque branche terminale. Celles-ci créent des pertes de
charges comprises entre 1 et 25 kPa représentant les pertes de charge des unités
terminales d’une installation de chauffage classique. Les branches terminales 1 à 3 sont
équipées de vannes à passage direct en laiton de diamètre 20/27. La branche terminale 4
est équipée du même type de vanne mais d’un diamètre inférieur, 15/21.

Ce type de vanne n’intervient pas dans le simulateur des réseaux hydrauliques. C’est
pourquoi l’étude de leur comportement hydraulique n’est pas envisagée dans ces essais
expérimentaux.

2.2.2 VANNE D’ÉQUILIBRAGE

Les vannes d’équilibrage (Figure 3.2) sont sélectionnées en fonction du débit nominal
circulant dans les branches terminales. Une perte de charges de 3 kPa en position ouverte
est exigée pour le débit nominal.

Les vannes d’équilibrage BV3 à BV5 correspondantes aux branches terminales 1 à 3 sont
donc des vannes STAD 20 de la société Tour & Andersson. La vanne d’équilibrage BV6 est
une STAD 15/14 (Figure 3.3). Les vannes d’équilibrages BV1 et BV2 sont de type STAD 25.
La vanne de compensation est de type STAD 32.

Valeur des Kv de vannes STAD

16

14

12

10
Kv [m³/h]

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Nom bre de tours [-]

DN 15/14 DN 20 DN 25 DN 32

Figure 3.2 : Valeur des Kv des vannes d’équilibrage STAD Figure 3.3 : Vanne d’équilibrage STAD
15/14

2.2.3 CIRCULATEUR

Le débit nominal dans l’installation est d’environ 4 m3/h. Un circulateur de type petit collectif
est suffisant pour assurer cette gamme de débit dans l’installation. Le circulateur retenu est
un circulateur simple SXM 32-25 (Figure 3.5) de marque Salmson. Il est destiné au
chauffage ou la climatisation des petits collectifs qu’ils soient neufs, anciens ou en extension.
Le SXM 32-25 (Figure 3.4) est un circulateur multivitesse d’une hauteur manométrique
maximale de 3.9 mCE.

87
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 3.4 : Courbes caractéristiques du circulateur Figure 3.5 : Circulateur SXM 32-25
SXM 32-25

2.2.4 TUYAUTERIE

Le choix de la tuyauterie est intimement lié aux différents composants présents dans
l’installation. Afin de limiter les changements de section de la tuyauterie, les sections de la
tuyauterie correspondent à la section des composants présents.

La tuyauterie est en INOX 316L. La section intérieure varie entre du DN 15 et du DN 32.


Leur répartition est explicitée sur le schéma. La rugosité de ce matériau est inférieure ou
égale à 4 µm.

2.3 INSTRUMENTATION DU RÉSEAU HYDRAULIQUE

L’instrumentation du réseau hydraulique s’est faite afin de répondre à deux objectifs :


• Connaître le débit d’eau dans toutes les sections des tuyaux du réseau hydraulique.
Afin de diminuer le nombre de débitmètre, les débitmètres des sections dont le débit
pouvait être obtenu par déduction ont été supprimés. Compte-tenu de la configuration
géométrique de l’installation, la présence de quatre débitmètres est suffisante pour
connaître les débits dans l’ensemble de l’installation.
• Connaître la hauteur manométrique disponible en amont et en aval des principaux
composants présents dans l’installation. Il s’agit en effet de pouvoir mesurer les
pertes de charges générées par chaque composant ou les gains dans le cadre du
circulateur. Pour cela, vingt points de mesures de la hauteur manométrique ont été
répartis sur l’ensemble de l’installation.

Les différents points de mesure sont répertoriés sur la Figure 3.1.

2.4 PRÉSENTATION DU MATERIEL DE MÉTROLOGIE

2.4.1 DÉBITMÈTRE

Les débits à mesurer dans l’installation varient entre 100 l/h et plusieurs milliers de litres par
heure pour le débit principal de l’installation. Ces débits correspondent à des vitesses
comprises entre 0.2 m/s (tuyauterie DN15) et 2 m/s (tuyauterie DN32).

L‘indicateur de débit à ailette type 8034 (Figure 3.6), de marque Bürkert [BURKERT], est
particulièrement adapté à la mesure continue de débit de fluides neutres, agressifs et sans
particules.

88
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

Lorsque le liquide s‘écoule dans la tuyauterie, l‘ailette mise en rotation, engendre des
impulsions dans le détecteur à bobine ou à effet Hall (Figure 3.7). Le courant généré par le
convertisseur provoque la déviation de l’aiguille de l’indicateur. La fréquence de mesure est
proportionnelle à la vitesse du fluide. L‘indicateur de débit peut mesurer des débits à partir
d’une vitesse du fluide comprise entre 0,3 m/s et 10 m/s. Cette vitesse est ensuite convertie
en volume par unité de temps sur l‘affichage analogique, par ex. l/h, m3/h.

La précision de la mesure est de ± 10% de la valeur mesurée pour les vitesses comprises
entre 0.8 et 2 m/s, et de ± 4% pour les vitesses comprises entre 2 et 10 m/s.

Figure 3.7 : Principe de fonctionnement du


Figure 3.6 : Indicateur de débit 8034
débitmètre

2.4.2 MANOMÈTRE

La pression de service dans une installation de chauffage est de l’ordre de grandeur de la


pression du réseau d’eau potable. La pression de ce réseau se situe entre 2 et 3 bars. Les
pertes de charge totales créées par tous les composants du réseau hydraulique sont de
l’ordre du bar. Les pertes de charge créées par les différents composants de l’installation
sont de l’ordre du kPa. Pour obtenir une bonne précision de celles-ci, les mesures doivent
être effectuées avec une précision de l’ordre de l’hPa.

Le manomètre retenu est le LEO 3 (Figure 3.8) du constructeur Keller [KELLER]. Il s’installe
sur une prise de pression (Figure 3.9). LEO 3 est un transmetteur basé sur l’utilisation d’un
microprocesseur. LEO 3 comporte un double affichage digital pour la pression (partie
supérieure) et pour le signal de sortie (partie inférieure). L’affichage est alimenté par la
boucle de courant 4…20 mA. L’étendue de mesure de l’appareil est comprise entre 0 et 4
bars avec une résolution de 1 mbar. La précision de mesure est de ± 2% de la valeur
mesurée.

Figure 3.8 : Manomètre LEO 3 Figure 3.9 : Prise de pression

89
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

2.4.3 CENTRALE D’ACQUISITION

La centrale d’acquisition Agilent HP 34970A (Figure 3.10) [AGILENT] associe les avantages
de fonctions de mesure de précision à des possibilités de connexion multiples des signaux
pour les besoins des tests de production ou de conception.

Pour notre procédure d’essais, la centrale d’acquisition enregistre les courants transmis par
le manomètre LEO 3. Le pas de temps d’enregistrement considéré doit être compatible avec
celui du manomètre. Dans le cas présent, celui-ci est de 2 secondes.

Les données sont ensuite transmises à un PC qui convertit les données enregistrées en
pression suivant une loi linéaire (Figure 3.11).
5

Pression [bar]
2

-1
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22
Courant [mA]

Figure 3.10 : Centrale d’acquisition HP 34970A Figure 3.11 : Loi de conversion Courant-Pression

90
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

3. MODÉLISATION DU DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL

La modélisation de l’installation réelle (Figure 3.12) est effectuée à partir du simulateur de


réseaux hydrauliques. Pour des raisons évidentes, les couplages avec le bâtiment et la
production d’eau chaude ont été supprimés. Les paramètres des composants utilisés sont
pris dans les bases de données des constructeurs et implémentés dans le simulateur.

Figure 3.12 : Modélisation de l’installation

Un élément a été rajouté par rapport au simulateur : les coudes. Ils ne créent pas de pertes
de charge suffisantes pour être mesurées expérimentalement mais suffisamment pour nuire
aux calculs des pertes de charge linéiques. Pour cela, les pertes de charge des coudes sont
simulées puis reportées dans les mesures expérimentales.

Les pertes de charge des coudes sont évaluées à partie de l’équation (Ch.2 Eq. 2.25). Le
coefficient de pertes de charge ξ des coudes est supposé constant et a pour valeur 0.63
[BOUTELOUP, 2002].

3.1 CIRCULATEUR

Pour paramétrer le modèle du circulateur, l’implémentation de la courbe exacte du


constructeur [SALMSON] n’est pas nécessaire. Deux paramètres seulement sont
nécessaires pour le modèle de simulation :
• La hauteur manométrique maximale que fourni la pompe pour un débit nul,
• Un point de fonctionnement de la courbe, défini par une hauteur manométrique
disponible en fonction d’un débit.

Afin de tester les trois vitesses du circulateur, trois configurations sont donc définies (Figure
3.13) :

91
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

Hauteur Point de fonctionnement


manométrique
3
maximale [mce] Débit [m /h] Hauteur manométrique [mce]
Vitesse 3 3,90 4,30 3,29
Vitesse 2 3,70 3,00 3,10
Vitesse 1 3,19 2,50 2,07

Figure 3.13 : Points de fonctionnement de la pompe

3.2 VANNES D’ÉQUILIBRAGE

Le modèle de vanne d’équilibrage est issu des données du constructeur Tour & Andersson.
Les courbes caractéristiques donnant le kv en fonction de la position de fermeture sont
issues de leur catalogue [TA HYDRONICS] (Figure 3.14) :

Turns DN 10/09 DN 15/14 DN 20 DN 25 DN 32 DN 40 DN 50


0,5 - 0,127 0,511 0,6 1,14 1,75 2,56
1,0 0,090 0,212 0,757 1,03 1,9 3,3 4,2
1,5 0,137 0,314 1,10 2,10 3,10 4,60 7,20
2,0 0,260 0,571 1,90 3,62 4,66 6,10 11,70
2,5 0,480 0,877 2,80 5,30 7,10 8,80 16,20
3,0 0,826 1,38 3,87 6,90 9,50 12,60 21,50
3,5 1,26 1,98 4,75 8,00 11,80 16,00 26,50
4,0 1,47 2,52 5,70 8,70 14,20 19,20 33,00
Figure 3.14 : Kv en fonction de la position de fermeture des vannes STAD de Tour & Andersson

3.3 TUYAUTERIE

Aucun essai concernant les transferts thermiques dus à la tuyauterie n’est envisagé ici, les
données concernant cette partie de la modélisation importent peu. Le seul paramètre
intervenant dans la partie hydraulique est la rugosité de la tuyauterie. Pour la tuyauterie en
INOX 316L, la rugosité du matériau est de 2 µm. [NFA49117]

3.4 VANNES À PASSAGE DIRECT

Les vannes à passage direct ne sont pas caractérisées par des données de constructeurs
[CGR, 2005]. Les pertes de charge créées par le modèle de simulation sont issues des
mesures expérimentales.

4. PROCÉDURES D’ESSAIS

Les essais expérimentaux se déroulent en deux phases :


• Caractérisation des éléments unitaires d’une installation de chauffage, à savoir le
circulateur et les vannes d’équilibrage,
• Caractérisation des principes hydrauliques de répartition des débits dans une
installation comportant plusieurs branches.

Les mesures expérimentales seront ensuite comparées avec celles de la simulation pour
estimer la précision du simulateur de réseaux hydrauliques.

92
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

4.1 CARACTÉRISATION DES ÉLÉMENTS UNITAIRES

Les courbes du circulateur multivitesse sont obtenues en mesurant la hauteur manométrique


disponible en fonction du débit la traversant pour chaque vitesse.
Le débit est modifié en jouant sur les pertes de charge créées par la vanne de
compensation. La hauteur manométrique disponible est estimée par la différence entre les
pressions aval et amont.

Les vannes d’équilibrage sont caractérisées en mesurant les pertes de charge créées par la
vanne d’équilibrage et le débit la traversant en fonction de l’ouverture de celle-ci.
Les pertes de charge créées sont estimées par la différence entre les pressions amont et
aval. Le débit est quant à lui directement lu sur le débitmètre. Pour caractériser une vanne,
les autres vannes de l’installation sont fermées afin de ne pas fausser les mesures. Le débit
total fourni par le circulateur doit traverser la vanne d’équilibrage testée pour ne pas créer
d’interactions hydrauliques.

4.2 CARACTÉRISATION D’UNE INSTALLATION

Un réseau hydraulique se caractérise par la mesure des pressions disponibles pour les 20
points de mesure disponibles sur le banc d’essais et des débits traversant les branches en
parallèle.

Une première campagne de mesures est effectuée pour un réglage du banc d’essais
représentatif d’une installation réelle non équilibrée. La fermeture des vannes à passage
direct présentes sur les quatre branches du banc permettent de créer des pertes de charge
représentatives de la tuyauterie et de l’émetteur d’une unité terminale réelle.

L’équilibrage hydraulique de cette installation sera réalisé au moyen de la simulation en


utilisant la méthode proportionnelle implémentée dans le simulateur. Les positions des
vannes d’équilibrage ainsi calculées seront appliquées aux vannes d’équilibrage du banc
d’essais. Une seconde campagne de mesures permet de déterminer la répartition des débits
après l’opération d’équilibrage et d’estimer le facteur de déséquilibre résiduel.

5. CONFRONTATION DES RÉSULTATS

La confrontation des mesures expérimentales et par simulation va permettre d’évaluer


l’incertitude des modèles de simulations proposés. Une comparaison avec les
caractéristiques fournies par les constructeurs est également envisagée afin de consolider
ces résultats.

5.1 CIRCULATEUR

La Figure 3.15 montre les courbes caractéristiques de la pompe pour les trois vitesses. La
hauteur manométrique disponible est estimée en fonction du débit traversant la pompe. La
courbe représentant les mesures expérimentales possède une incertitude de ± 10% sur le
débit et ± 4 % sur la hauteur manométrique conformément aux prescriptions des fabricants.

Chaque point expérimental est défini par une mesure en débit, axe des abscisses, et une
mesure en hauteur manométrique disponible, axe des ordonnées. La courbe du constructeur
est directement reprise des catalogues.

93
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

4,0

3,5
Hauteur m anom étrique disponible [m ce]

Vitesse 3

3,0

Vitesse 2
2,5

2,0

1,5
Vitesse 1

1,0
0,0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 6,0
Débit [m³/h]

Données constructeurs Mesures expérimentales Simulations

Figure 3.15 : Courbes caractéristiques de la pompe

Les résultats issus des simulations coïncident avec les données fournies par le constructeur.
L’écart entre ces deux courbes est inférieur à 1%. En revanche, la hauteur manométrique
disponible simulée pour la vitesse 1 est supérieure de 8% aux données constructeur. Cet
écart provient de la méthode de paramétrage du modèle de simulation. En effet, la courbe
simulée est définie par deux points. Pour ces deux points, les courbes fournies par le
constructeur et simulée coïncident : pour le débit nul et le point de fonctionnement défini pour
le débit 3.5 m3/h.

La hauteur manométrique expérimentale pour la vitesse 3 se révèle inférieure de 10% à celle


obtenue par la simulation ou issue des données constructeurs. Cet écart a plusieurs causes
possibles. Soit, la courbe caractéristique fournie par le constructeur ne représente pas
fidèlement la réalité, soit la hauteur manométrique mesurée n’est pas exacte. En effet, une
perte de charge, non référencée, de plusieurs kPa peut exister entre le circulateur et le
capteur de pression. Elle entraine alors une diminution de la hauteur manométrique
disponible mesurée au niveau du capteur de pression et fausse les résultats.

Pour la vitesse 2, les mesures expérimentales, pour les débits les plus faibles, i.e. inférieurs
à 3 m3/h, concordent avec les données constructeurs et les résultats simulés. Pour les débits
supérieurs à 3 m3/h, un écart de 6% existe entre l’expérimentation et les autres résultats
pour la hauteur manométrique disponible. Les débits demeurent cependant dans la plage
d’incertitude des mesures. L’écart constaté pour la hauteur manométrique disponible peut
provenir des mêmes hypothèses formulées précédemment.

Concernant la vitesse 1, la hauteur manométrique disponible expérimentale est supérieure


au maximum de 6% mais reste dans les plages d’incertitudes définies par les appareils de
métrologie.

Afin de préserver la qualité des expérimentations suivantes, les valeurs expérimentales du


circulateur en vitesse 3 seront reprises dans les modèles de simulation le cas échéant.

94
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

5.2 VANNES D’ÉQUILIBRAGE

Les courbes caractéristiques des vannes d’équilibrage sont représentées par le pourcentage
de débit maximal traversant la vanne d’équilibrage en fonction du pourcentage d’ouverture
de la vanne par rapport à son ouverture maximale (Kv/Kvs).

La Figure 3.16 représente la courbe caractéristique de la vanne d’équilibrage STAD 32, la


Figure 3.17 celle de la STAD 25, la Figure 3.18 celle de la STAD 20 et la Figure 3.19 celle de
la STAD 15/14. Chaque figure montre la courbe expérimentale et celle issue des simulations.

Les courbes expérimentales et simulées sont obtenues en mesurant le débit et la position


d’ouverture de la vanne. Le débit maximal correspond au débit traversant la vanne
d’équilibrage pour sa position d’ouverture maximale. Le rapport Kv/Kvs définit le pourcentage
d’ouverture de la vanne. Le Kvs est défini pour l’ouverture maximale de la vanne et le Kv est
établi en fonction du pourcentage d’ouverture de la vanne (Figure 2.16).

100% 100%
90% 90%
80% 80%
70% 70%
60%
D é b it [% ]
60%
D é b it [% ]

50% 50%

40% 40%

30% 30%

20% 20%

10% 10%

0% 0%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Kv/Kvs [%] Kv/Kvs [%]


Mesures expérimentales Simulations Mesures expérimentales Simulations

Figure 3.16 : Courbe caractéristique de la STAD 32 Figure 3.17 : Courbe caractéristique de la STAD 25
100% 100%
90% 90%
80% 80%
70% 70%
60% 60%
D é b it [% ]

D é b it [% ]

50% 50%
40% 40%
30% 30%
20% 20%
10% 10%
0% 0%
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% 0% 20% 40% 60% 80% 100%
Kv/Kvs [%] Kv/Kvs [%]
Mesures expérimentales Simulations
Mesures expérimentales Simulations

Figure 3.18 : Courbe caractéristique de la STAD 20 Figure 3.19 : Courbe caractéristique de la STAD
15/14

Pour l’ensemble des vannes d’équilibrage évaluées, l’écart entre les valeurs des débits
mesurés et simulés les traversant est en moyenne de 2.6% et au maximum de 4,6% pour la
vanne STAD 32. Les écarts sont les plus grands pour les valeurs de Kv élevées, donc quand
les vannes sont ouvertes et les débits maximaux. Ces écarts ont cependant dans la plage
d’incertitudes de mesure des débitmètres, qui sont de l’ordre de 10%.

Ces essais expérimentaux permettent de dire que les modèles de vannes d’équilibrage sont
représentatifs de la réalité.

95
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

5.3 INSTALLATION COMPLÈTE

L’évaluation de l’installation s’effectue par la mesure des hauteurs manométriques


disponibles aux différents points de mesures et de la répartition des débits dans les
branches de l’installation.

L’évaluation comporte deux phases :


• La première phase consiste à mesurer les hauteurs manométriques disponibles aux
vingt points et les débits dans les branches sur l’installation expérimentale et simulée,
• La seconde consiste à équilibrer l’installation simulée par la simulation, puis à
équilibrer l’installation expérimentale avec les positions des vannes simulées. Les
valeurs des hauteurs manométriques disponibles et des débits seront mesurées puis
comparées entre elles.
La configuration de l’installation au point de fonctionnement nominal est définie dans la
Figure 3.20. Un débit de consigne est défini pour chaque unité terminale permettant de
couvrir les besoins de chauffage. Des pertes de charge représentatives sont créées par les
vannes à passage direct et représentent les pertes de charges de la distribution et de
l’émission d’une installation réelle.

Configuration de l'installation au point de fonctionnement nominal


Puissance Perte de charges représentatives nominales
Désignation Débit de consigne chauffage théorique
(∆T = 10°C) Equipement (hors
Totales Tuyauterie (pdc = 15mm/m)
vanne d'équilibrage)
Circuit (VC) : 2 900 L/h
Module 1 (BV1) : 1 400 L/h
Module 2 (BV2) : 1 500 L/h
UT1 (BV3) : 800 L/h 9 000 W 5 855 Pa 25 m soit 3 679 Pa 2 176 Pa
UT2 (BV4) : 600 L/h 7 000 W 1 258 Pa 5 m soit 736 Pa 522 Pa
UT3 (BV5) : 700 L/h 8 000 W 5 022 Pa 20 m soit 2 943 Pa 2 079 Pa
UT4 (BV6) : 800 L/h 9 000 W 2 078 Pa 4 m soit 589 Pa 1 489 Pa

Figure 3.20 : Configuration de l’installation au point de fonctionnement nominal

Le matériel de métrologie retenu pour les expérimentations ne permet pas de mesurer dans
de bonnes conditions les valeurs des pertes de charge dues aux tés, dans le sens direct ou
bypassé, et dans les coudes. Leurs valeurs sont donc estimées par la simulation puis
reportées dans les mesures expérimentales. Quant aux pertes de charge dues aux
changements de diamètre, elles ne sont pas prises en compte.

Sur les graphiques suivants, les données colorées en violet correspondent aux mesures
expérimentales et celles en rouge aux résultats de simulation.

5.3.1 MESURES DE L’INSTALLATION NON ÉQUILIBRÉE

La première campagne de mesures permet de définir la répartition des débits dans


l’installation et les pertes de charge des composants. Le récapitulatif de ces mesures est
décrit dans la Figure 3.21. Ces résultats mettent en évidence un surdébit général dans
l’installation, en moyenne 43%, sauf pour l’unité terminale 4 en sous-débit de 12%.

96
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

Résultats des mesures de l'installation sans équilibrage hydraulique


Expérimentations Simulations
Position des Pourcentage Perte de charges
Désignation Facteur de Facteur de
Débit mesuré Débit mesuré vannes [tr] d'erreur représentatives
déséquilibre déséquilibre

Circuit (VC) : 3 850 L/h 1,33 3 900 L/h 1,34 4,0 1%


Module 1 (BV1) : 2 000 L/h 1,43 2 100 L/h 1,50 4,0 5%
Module 2 (BV2) : 1 800 L/h 1,20 1 800 L/h 1,20 4,0 0%
UT1 (BV3) : 900 L/h 1,13 850 L/h 1,06 4,0 6% 6 793 Pa
UT2 (BV4) : 1 100 L/h 1,83 1 250 L/h 2,08 4,0 14% 4 203 Pa
UT3 (BV5) : 1 150 L/h 1,64 1 050 L/h 1,50 4,0 10% 8 638 Pa
UT4 (BV6) : 650 L/h 0,81 750 L/h 0,94 4,0 15% 1 914 Pa

Figure 3.21 : Mesures de l’installation sans équilibrage hydraulique

L’écart moyen entre les valeurs expérimentales et simulées concernant le facteur de


déséquilibre est de 7% et atteint un maximum de 15% pour les unités terminales 2 et 4. Cet
écart peut s’expliquer par le peu de précision fourni par les débitmètres.

La répartition des débits proposée par la Figure 3.22 montre que les résultats simulés sont
situés dans la plage d’incertitude des mesures expérimentales. La moyenne de ces écarts
est de 5%, soit inférieure à l’incertitude de mesure.

Figure 3.22 : Répartition des débits dans l’installation sans équilibrage hydraulique

Les hauteurs manométriques expérimentales et simulées montrées par la Figure 3.23 ont un
écart moyen de 3% et maximal de 8% au niveau du circulateur. Ce point à déjà été explicité
précédemment.

97
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

³
Figure 3.23 : Hauteur manométrique disponible dans l’installation sans équilibrage hydraulique

5.3.2 MESURES DE L’INSTALLATION ÉQUILIBRÉE

L’opération d’équilibrage est effectuée au moyen de la simulation afin de valider les


méthodes implémentées dans le simulateur. La méthode proportionnelle sera utilisée. Les
nombres de tours de chaque vanne ainsi définis seront ensuite appliqués à l’installation
expérimentale. Une seconde campagne de mesure sera alors effectuée.

Les résultats de ces campagnes sont fournis dans la Figure 3.24.

Résultats des mesures de l'installation avec équilibrage hydraulique


Expérimentations Simulations
Position des Pourcentage Perte de charges
Désignation Facteur de Facteur de
Débit mesuré Débit mesuré vannes [tr] d'erreur représentatives
déséquilibre déséquilibre

Circuit (VC) : 2 900 L/h 1,00 2 900 L/h 1,00 2,8 0%


Module 1 (BV1) : 1 350 L/h 0,96 1 300 L/h 0,93 2,3 4%
Module 2 (BV2) : 1 550 L/h 1,03 1 600 L/h 1,07 4,0 3%
UT1 (BV3) : 800 L/h 1,00 750 L/h 0,94 4,0 7% 5 855 Pa
UT2 (BV4) : 550 L/h 0,92 550 L/h 0,92 2,3 0% 1 258 Pa
UT3 (BV5) : 750 L/h 1,07 750 L/h 1,07 2,3 0% 5 022 Pa
UT4 (BV6) : 800 L/h 1,00 850 L/h 1,06 4,0 6% 2 078 Pa

Figure 3.24 : Mesures de l’installation avec équilibrage hydraulique

L’opération d’équilibrage hydraulique aboutit à une répartition équitable des débits, proche
des débits de consigne. Le facteur de déséquilibre maximal est au maximum de 0.92 pour
l’unité terminale 2. De plus, les écarts entre les résultats expérimentaux et simulés sont en
moyenne de 3%, inférieur à l’incertitude de mesure.

98
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

Figure 3.25 : Répartition des débits dans l’installation avec équilibrage hydraulique

La Figure 3.26 montre la hauteur manométrique disponible pour l’expérimentation et la


simulation. Un écart de 2% près en moyenne avec un maximum de 4% entre les valeurs
expérimentales et simulées est constaté. Ces écarts restent dans les incertitudes des
appareils de mesure.

Figure 3.26 : Hauteur manométrique disponible dans l’installation avec équilibrage hydraulique
99
Chapitre 3 : Validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques

6. CONCLUSION

Les validations expérimentales du simulateur de réseaux hydrauliques ont permis de


comparer les résultats obtenus par la simulation à des résultats issus de la mesure. Un écart
moyen a ainsi pu être défini entre les deux méthodes : environ 5% pour les débits et les
pertes de charge. Compte tenu des incertitudes des mesures expérimentales, de l’ordre de
10% pour les débits et 4% pour les pressions (Ch.3 §2.4), les incertitudes du simulateur de
réseaux hydrauliques restent tout à fait cohérentes.

Des éléments importants de l’installation de chauffage, pompe de circulation et vanne


d’équilibrage, ont été évalués de manière individuelle. Les résultats sont très satisfaisants
pour les vannes d’équilibrage : l’écart moyen entre les résultats de simulations et
expérimentaux est inférieur à 5%. Concernant la pompe de circulation, les écarts sont plus
importants et s’expliquent de deux manières : la courbe caractéristique modélisé est une
courbe simplifiée (Ch.2 §5.1) et il existe une grosse incertitude de mesure des hauteurs
manométriques disponibles au niveau de la pompe.

Les principes hydrauliques de répartition des débits dans des branches en parallèle ont
également pu être validés grâce à l’évaluation de l’installation complète. Les écarts
constatés sont inférieurs à 5% en moyenne.

Ces validations ont également permis de valider une méthode d’équilibrage implémentée
dans le simulateur : la méthode proportionnelle. L’équilibrage simulé de l’installation appliqué
au dispositif expérimental a permis d’obtenir des résultats très cohérents entre les
simulations et les mesures. Le coefficient de déséquilibre (Ch.1 §2.2.1) de l’installation est
égal à 1.16. Cela signifie que l’installation est équilibrée correctement et que la puissance
thermique fournie, dans le cas d’un couplage avec un bâtiment, permettrait de couvrir les
déperditions thermiques.

Le simulateur de réseaux hydrauliques permet donc de simuler des installations de


chauffage de manière réaliste engendrant des incertitudes de l’ordre de 5% par rapport à
une installation réelle. De plus, l’application de la méthode d’équilibrage proportionnelle est
validée et réaliste. Ce simulateur est donc opérationnel et permettra par la suite l’évaluation
des performances des installations de chauffage à eau chaude en fonction du mode
d’équilibrage choisi et des algorithmes de régulation de la pompe sélectionnés.

100
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

CHAPITRE 4

Sensibilité – Étude de cas

1. INTRODUCTION

Une installation de chauffage à eau chaude dépend de nombreux facteurs interagissant


entre eux et sur les performances énergétiques. Ce mémoire se limitera donc à l’étude de
l’équilibrage hydraulique couplé à l’utilisation de pompes à vitesse variable. L’idée est de
comparer un même bâtiment avec une installation, conçue et dimensionnée dans les mêmes
conditions, pour les paramètres définis précédemment.

L’impact de l’équilibrage hydraulique sera mis en évidence par la comparaison d’une


installation sans équilibrage avec une installation hydrauliquement équilibrée. De plus, celui-
ci pourra être statique, i.e. fixe dans le temps, ou dynamique, i.e. utilisant des régulateurs de
la pression différentielle s’adaptant aux conditions de fonctionnement de l’installation. Dans
le cadre de l’équilibrage statique, plusieurs méthodes d’équilibrage ont été identifiées.
L’évaluation de celles-ci sera effectuée afin de mettre en évidence leurs principales
différences.

L’efficacité énergétique de l’installation liée au mode de régulation de la pompe de circulation


sera mise en évidence en évaluant les systèmes utilisant des technologies à vitesse
constante et variable. La régulation des systèmes à vitesse variable sera basée sur plusieurs
règles :

• La vitesse de la pompe sera déterminée en fonction des besoins instantanés en


chauffage définis par la régulation terminale (Ch.1 §2.3.3.2),

• La vitesse de la pompe sera régulée afin de maintenir la pression différentielle du


module hydraulique sélectionné constante quel que soit le débit (Ch.1 §2.3.3.2). Ce
module sera défini tour à tour au niveau d’une colonne, d’un étage et d’une unité
terminale.

• La vitesse de la pompe sera régulée afin de contrôler la pression différentielle du


module hydraulique sélectionné de manière proportionnelle au débit. Il sera
considéré que pour un débit nul, la pression différentielle sera égale à la moitié de la
pression différentielle nominale (Ch.1 §2.3.3.2). Ce module sera défini tour à tour au
niveau d’une colonne, d’un étage et d’une unité terminale.

101
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

La combinaison de ces deux paramètres permet de construire l’organigramme présenté par


la Figure 4.1. L’objectif de cette partie est d’évaluer :

• Les performances d’une installation non équilibrée utilisant des algorithmes de


régulation des pompes à vitesse variable,

• Les performances d’une installation pour laquelle l’équilibrage hydraulique a été


effectué en utilisant des algorithmes de régulation de pompes à vitesse variable.
Plusieurs méthodes d’équilibrage seront également évaluées afin de mettre en
évidence leurs différences,

• Les performances des régulateurs de la pression différentielle couplés à une


installation avec un équilibrage dynamique et utilisant des pompes à vitesse variable.

Installation de chauffage
à eau chaude

Présence
d’un équilibrage
non hydraulique oui

Equilibrage
Equilibrage statique dynamique
non
oui

Utilisation Utilisation Utilisation


pompes à vitesse pompes à vitesse pompes à vitesse
non variable non variable non variable

oui oui oui


Pompe à Evaluation des Comparaison Evaluation des Pompe à Evaluation des
vitesse algorithmes de des méthodes algorithmes de vitesse algorithmes de
constante régulation d’équilibrage régulation constante régulation
CSP_SE VSP_DBC_SE CSP_PM_ES VSP_DBC_ES CSP_ED VSP_DBC_ED
VSP_DPC_COL_SE CSP_IM_ES VSP_DPC_COL_ES VSP_DPC_COL_ED
VSP_DPC_FL_SE CSP_PRM_ES VSP_DPC_FL_ES VSP_PDP_COL_ED
VSP_DPC_EM_SE CSP_CM_ES VSP_DPC_EM_ES
VSP_PDP_COL_SE VSP_PDP_COL_ES
VSP_PDP_FL_SE VSP_PDP_FL_ES
VSP_PDP_EM_SE VSP_PDP_EM_ES

Evaluation Evaluation de Evaluation régulateurs


d’une installation non l’équilibrage statique avec de la pression différentielle
équilibrée vitesse variable avec vitesse variable

BILAN

Figure 4.1 : Protocole d’évaluation

Nous conclurons en proposant une évaluation permettant de mettre en évidence l’impact de


l’équilibrage hydraulique sur une installation de chauffage en fonction des critères
d’évaluation définis au préalable (Ch.1 §3). Le second point à mettre en évidence est
l’impact des algorithmes de régulation des pompes à vitesse variable en fonction de ces
mêmes critères.

102
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

2. DESCRIPTION DE L’INSTALLATION SIMULÉE

2.1 LES CONDITIONS EXTÉRIEURES

2.1.1 LES DONNÉES MÉTÉOROLOGIQUES

Le bâtiment est situé à Trappes en France. Trappes jouit d'un climat tempéré, intermédiaire
entre le climat océanique de l'ouest et semi-continental de l'est de la France. La période la
plus froide est le mois de Janvier puisqu’il se caractérise par un total de près de 500 DJ
cumulés pour le mois (Figure 4.2) pour une température intérieure de consigne de 19°C.

600 35

30
500

25
Degrés jours équivalents m ensuel [DJ]

Tem pérauture de l'air extérieur [°C]


400 20

15
300

10

200 5

0
100

-5

0 -10
0 50 100 150 200 250 300 350
Tem ps [J]

Figure 4.2 : Degrés-jours équivalents mensuel [DJ] & Température de l’air extérieur [°C]

Trappes est situé en zone climatique H2. La température extérieure de référence adoptée
pour le dimensionnement est de -7°C.

2.1.2 LA SAISON DE CHAUFFE

La définition de la saison de chauffe s'effectue au niveau du bâtiment par évaluation des


besoins de chaud de chaque groupe. Le calcul au niveau de chaque groupe est basé sur la
comparaison de la moyenne glissante sur 4 semaines des besoins de chaud avec une valeur
limite de 1 W/m². Au 1er Janvier, on considère de manière conventionnelle que le groupe est
en période de chauffage et en période de non refroidissement. La période de chauffe s'arrête
quand la moyenne glissante des besoins de chaud devient inférieure à valeur limite et
redémarre quand elle devient supérieure. [RT2005, 2005]

Pour le bâtiment défini, la période de chauffe commence le 256e jour de l’année, soit le 13
septembre, et s’arrête le 107e jour de l’année suivante, soit le 17 avril.

103
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

2.2 CONFIGURATION GÉNÉRALE DU BÂTIMENT

2.2.1 GÉOMÉTRIE DU BÂTIMENT

Le bâtiment modélisé pour réaliser ce protocole d’études est un immeuble de bureaux


composé de deux étages, d’une surface totale de 1 152 m² représentant 15 espaces
chauffés. Le premier niveau (Figure 4.3) se compose de 6 zones homogènes allant de 80 m²
à 96 m². Le second niveau (Figure 4.4) est quant à lui défini par 6 zones sur la façade ouest
et 3 sur la façade est. Leur surface est disparate allant de 32 m² à 96 m². L’ensemble des
caractéristiques relatives à la géométrie et aux scénarii d’occupation du bâtiment sont
reprises dans la Figure 4.11.
Afin de provoquer volontairement un déséquilibre hydraulique dans l’installation, le bâtiment
est découpé en bureaux paysagés de surfaces variées.

Vitrage Vitrage Vitrage


S = 9.80 m² S = 12.60 m² S = 9.80 m²

Zone 1 Zone 2 Zone 3


S = 10 x 8 = 80 m² S = 12 x 8 = 96 m² S = 10 x 8 = 80 m²
Ventilation
Ventilation Q = 108 m 3/h
Q = 108 m 3/h Ventilation
Q = 144 m 3/h

Zone 16 Ventilation
Ventilation Q = 720 m 3/h
S = 32 x 2 = 64 m²
Q = 36 m 3/h

Zone 10 Zone 11 Zone 12


S = 10 x 8 = 80 m² S = 12 x 8 = 96 m² S = 10 x 8 = 80 m²

Ventilation Ventilation
Q = 108 m 3/h Q = 144 m 3/h Ventilation
Q = 108 m 3/h
Vitrage Vitrage Vitrage
S = 9.80 m² S = 12.60 m² S = 9.80 m²

Figure 4.3 : Plan détaillé du premier niveau du bâtiment

Une bouche d’entrée d’air est définie pour chaque zone de l’immeuble y compris les couloirs.
L’air vicié de chaque zone est extrait par les couloirs en façade nord. Les sens de circulation
de l’air sont schématisés sur la Figure 4.3 et la Figure 4.4.

104
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Vitrage Vitrage Vitrage Vitrage Vitrage Vitrage


S = 5.60 m² S = 4.20 m² S = 4.20 m² S = 7.00 m² S = 4.20 m² S = 7.00 m²

Zone 4 Zone 5 Zone 6 Zone 7 Zone 8 Zone 9


S = 5 x 8 = 40 m² S = 5 x 8 = 40 m² S = 5 x 8 = 40 m² S = 6 x 8 = 48 m² S = 4 x 8 = 32m² S = 7 x 8 = 48 m²

Ventilation Ventilation Ventilation Ventilation


Q = 90 m 3/h Ventilation Q = 72 m 3/h
Ventilation Q = 90 m 3/h Q = 108 m 3/h
Q = 72 m 3/h Q = 108 m 3/h

Haut
Zone 17 Ventilation
Ventilation
Q = 36 m 3/h
S = 32 x 2 = 64 m² Q = 936 m 3/h Haut

Zone 13 Zone 14 Zone 15


S = 10 x 8 = 80 m² S = 12 x 8 = 96 m² S = 10 x 8 = 80 m²

Ventilation Ventilation
Q = 108 m 3/h Ventilation Q = 108 m 3/h
Q = 144 m 3/h

Vitrage Vitrage Vitrage


S = 9.80 m² S = 12.60 m² S = 9.80 m²

Figure 4.4 : Plan détaillé du second niveau du bâtiment

Le bâtiment est orienté dans le sens Nord-Sud afin d’orienter les façades à l’Ouest et à l’Est.
Aucune protection solaire n’est considérée.

2.2.2 LE RÉSEAU DE DISTRIBUTION D’EAU CHAUDE

L’installation hydraulique se caractérise par une distribution bitube alimentant les 15 zones
du bâtiment comme le montre la Figure 4.5. L’émission de chaleur est effectuée par 15
unités terminales correspondant aux 15 zones du bâtiment. Elles sont divisées en 4 modules
hydrauliques d’étage répartis en 2 modules de colonne :

• Façade Ouest – Niveau RdC,


• Façade Ouest – Niveau 1er étage,
• Façade Est – Niveau RdC,
• Façade Est – Niveau 1er étage.

Chaque module hydraulique est associé à une vanne d’équilibrage, le cas échéant,
positionnée sur le retour, afin de permettre la réalisation de l’équilibrage hydraulique.
L’installation comporte 21 vannes d’équilibrage.

Figure 4.5 : Plan de l’installation hydraulique

105
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Le départ du circuit secondaire est assuré par une distribution à débit constant et
température variable (Fig.1.50). Le mélange est assuré par une vanne 3-voies régulée en
fonction de la température extérieure suivant la loi d’eau de l’installation (Figure 4.6) (Ch.2
§2.2.3). Une soupape de pression différentielle (Ch.1 §5.4) équipe cette distribution le cas
échéant, i.e. lorsqu’une pompe à vitesse constante est installée.
90

80

Tem pérature de départ de l'eau au secondaire [°C] 70

60

50

40

30

20

10

0
-15 -10 -5 0 5 10 15 20 25
T em pérature de l'air extérieur [°C]

Figure 4.6 : Loi d’eau de l’installation

Le circuit primaire est constitué d’une chaudière à condensation modulante à gaz (Ch.1 §4.1)
équipée de sa pompe de charge. Son seuil de fonctionnement minimum est égal à 20 % de
sa puissance nominale. Elle est régulée de manière à maintenir la température de départ
constante à la consigne. La pompe de recyclage du circuit primaire suit le mode de
régulation de la pompe de circulation et sa vitesse y est asservie. L’interconnexion avec le
circuit secondaire est assurée par une bouteille de découplage (Ch.1 §4.2.1).

Sauf mentions explicites, le dimensionnement de l’installation est effectué selon la méthode


décrite dans le chapitre 2. Les pertes de charge linéaires de la tuyauterie sont considérées à
18 mm/m ; les vannes d’équilibrage doivent avoir une perte de charge d’au moins 3 kPa en
position ouverte. La sélection des composants dans les bases de données constructeurs se
fait systématiquement par excès.

La température de départ de la production d’eau chaude est de 80°C et le retour s’effectue à


60°C. La chute de température dans les émetteurs est donc de 20°C.

2.3 CARACTÉRISTIQUES DE L’ENVELOPPE

2.3.1 LES PAROIS OPAQUES

Le bâtiment est composé de parois ayant des coefficients de déperditions de 0.42 W/m².K
pour les murs extérieurs, de 0.34 W/m².K pour le plancher bas et de 0.40 W/m².K pour la
toiture. Ces coefficients de déperditions sont calculés à partir de la composition des
différentes parois fournie par la Figure 4.7.

106
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Masse volumique Capacité Conductivité Coefficient d'échange [W/m².K]


Désignation Composition Epaisseur [m]
[kg/m³] thermique [J/kg.K] thermique [W/m.K]
Intérieur Extérieur
Parpaings 0,200 950 920 0,460
Mur extérieur Polystyrène expansé 0,080 20 1450 0,047 5,88 19,5
Plaque de plâtre 0,010 1000 1000 0,430
Plaque de platre 0,010 1000 1000 0,430
Mur intérieur Air 0,050 1,23 1008 0,025 2,2 2,2
Plaque de platre 0,010 1000 1000 0,430
Sable 0,150 1800 910 2,000
Polyuréthane 0,075 1200 1800 0,250
Plancher bas Polystyrène expansé 0,100 20 1450 0,047 inf 10
Hourdis creux 0,200 1400 920 1,330
Plastique 0,020 270 1400 0,100
Fibbragglo 0,020 250 1700 0,100
Plancher Lame d'air 0,100 1,23 1008 0,667
2,2 2,2
intermédiaire Hourdis creux 0,200 1400 920 1,330
Plastique 0,020 270 1400 0,100
Plaque de platre 0,010 1000 1000 0,430
Polystyrene expansé 0,080 20 1450 0,047
Toiture Hourdis creux 0,200 1400 920 1,330 5,88 19,5
Polyuréthane 0,075 1200 1800 0,250
Noeprene 0,010 1240 2140 0,230

Figure 4.7 : Composition des parois du bâtiment

2.3.2 LES PAROIS VITRÉES

Les parois vitrées se caractérisent par un coefficient d’échange U = 2.5 W/m².K. Comme
précisé dans le paragraphe Ch.2 §6.2.2, les parois vitrées ne sont pas équipées de
protections solaires et leur inertie thermique est négligée.

2.3.3 COEFFICIENT DE DÉPERDITIONS

Le coefficient de déperditions global du bâtiment est obtenu en multipliant les coefficients


d’échange surfaciques obtenus à partir de la Figure 4.7 par les surfaces issues de la Figure
4.11 auxquelles ils correspondent. Pour le cas de notre bâtiment, le coefficient de
déperditions est égal à 0.56 W/m²/K soit légèrement inférieur au coefficient de référence
Ubât-réf défini dans la RT2000 qui est égal à 0.57 W/m²/K.

2.4 BESOINS DE CHAUFFAGE

Si la température de la zone est égale à la température de consigne de chauffage et a


tendance à diminuer, alors le modèle calcule la puissance de chauffage qu’il faut utiliser pour
que la température ne descende pas :

Pchauffage = Pconv , parois + Pequip ,conv + Pgains ,conv + Pventilations + Pcouplages (3.75)

Pour le bâtiment simulé, les besoins en chauffage sont de 36887 W. Leur répartition par
zone est donnée dans la Figure 4.8. Les circulations ne sont pas chauffées.

Zone 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17

Besoins en
2821 3234 2819 1868 1409 1406 1940 1451 2321 2824 3236 2822 2775 3187 2775 0 0
chauffage [W]

Figure 4.8 : Besoins en chauffage par zone

107
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

2.5 SCÉNARII D’OCCUPATION

L’occupation du bâtiment suit les horaires traditionnels des employés de bureaux et est
occupé de 8h à 18h du lundi au vendredi. Le week-end est considéré comme inoccupé. Une
intermittence du chauffage est donc définie. Pendant la période d’occupation, la température
de consigne est de 19°C. Une température de consigne réduite est définie à 15°C pour la
nuit et le week-end. Durant la saison de chauffe, la relance du chauffage est effective deux
heures avant l’arrivée des occupants, soit à 6h. Aucun système de climatisation n’est
installé.

Figure 4.9 : Scénario des gains internes Figure 4.10 : Scénario de la ventilation

Les gains internes sont estimés à 14 W/m² comme le montre la Figure 4.9. Le débit de
ventilation est calculé en fonction du nombre d’occupants dans la pièce. Il est estimé à 18
m3/h/occupant en occupation. La valeur du débit en mode réduit est égal au quart de celle en
occupation, soit 4.5 m3/h/occupant. La Figure 4.10 résume ces données.

L’éclairage est considéré comme constant dans la journée et est asservie à l’occupation du
bâtiment. Les gains internes induits par l’éclairage sont pris en compte dans le tableau de la
Figure 4.11 à hauteur de 50% dans la rubrique « gains internes ».

2.6 RÉCAPITULATIF

Le tableau de la Figure 4.11 donne un descriptif détaillé de la géométrie du bâtiment et de


son occupation :

• Dimensions et surface des parois,


• Dimensions et surfaces des vitrages,
• Nombre d’occupants par pièce,
• Débit de ventilation en occupation et en inoccupation,
• Gains internes.

108
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

-]
] es

²]

]
s[
] s

]
²]
²]

/h
]
[m

[W
[-]

x m one

/h

[m 3
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x m trag
m
[m

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an
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bit
m

ins
rfa

rfa

en

br

b
cc
rfa
m
Nu



m
Su

m
Su

Ga
Di

Su

No
Di
1 10 x 8 80 250 7 x 1,4 9,8 6 108 27 1120
2 12 x 8 96 292 9 x 1,4 12,6 8 144 36 1344
3 10 x 8 80 250 7 x 1,4 9,8 6 108 27 1120
4 5x8 40 145 4 x 1,4 5,6 5 90 22,5 560
5 5x8 40 145 3 x 1,4 4,2 4 72 18 560
6 5x8 40 145 3 x 1,4 4,2 4 72 18 560
7 6x8 48 166 5 x 1,4 7 6 108 27 672
8 4x8 32 124 3 x 1,4 4,2 5 90 22,5 448
9 7x8 56 187 5 x 1,4 7 6 108 27 784
10 10 x 8 80 250 7 x 1,4 9,8 6 108 27 1120
11 12 x 8 96 292 9 x 1,4 12,6 8 144 36 1344
12 10 x 8 80 250 7 x 1,4 9,8 6 108 27 1120
13 10 x 8 80 250 7 x 1,4 9,8 6 108 27 1120
14 12 x 8 96 292 9 x 1,4 12,6 8 144 36 1344
15 10 x 8 80 250 7 x 1,4 9,8 6 108 27 1120
16 2 x 32 64 298 0 0 2 36 9 896
17 2 x 32 64 298 0 0 2 36 9 896

Figure 4.11 : Récapitulatif de la description des locaux du bâtiment

3. EVALUATION D’UNE INSTALLATION NON ÉQUILIBRÉE

Avant de commencer l’évaluation de l’équilibrage hydraulique, il est nécessaire d’évaluer


l’installation étudiée non équilibrée afin de mettre en évidence son facteur de déséquilibre
naturel et les conséquences sur le confort thermique. Ce cas servira de référence pour
évaluer les performances des autres cas étudiés.
Le premier objectif de cette partie est de mettre en évidence les conséquences du
déséquilibre hydraulique de l’installation grâce aux critères d’évaluation. Le second point
consiste à évaluer le comportement de la pompe de circulation en évaluant plusieurs
algorithmes de régulation de la vitesse de la pompe. La Figure 4.12 décrit l’ensemble des
simulations réalisées pour l’installation non équilibrée.

Figure 4.12 : Nomenclature des cas étudiés pour l’installation sans équilibrage hydraulique

Une installation de chauffage est sujette à un déséquilibre hydraulique provenant de sa


conception même. Celui-ci est lié aux différences de longueur de tuyauterie liées à la
géométrie du bâtiment, aux besoins de chauffage qui diffèrent selon les zones, aux vannes
de régulation et à tous les aléas du dimensionnement et des composants disponibles dans la
base de données des constructeurs.
109
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

3.1 FACTEUR DE DÉSÉQUILIBRE

La Figure 4.13 montre le facteur de déséquilibre (Ch.1 §2.2.1) de chaque unité terminale
pour les huit simulations étudiées. Les unités terminales sont regroupées par colonnes et par
étages comme défini à la Figure 4.5.
Pour un même algorithme de régulation de la vitesse de la pompe, la figure montre que les
unités terminales de la colonne 1 sont hydrauliquement favorisées, i.e. le débit les
parcourant est supérieur au débit nominal calculé, tandis que celle de la colonne 2 sont
défavorisées. La comparaison des différents algorithmes de régulation de la vitesse de la
pompe montre, que pour une même unité terminale, quelle qu’elle soit, le facteur de
déséquilibre est le même. Cette figure montre donc que le mode de régulation de la pompe
n’influence ni le facteur de déséquilibre des unités terminales ni le coefficient de déséquilibre
de l’installation.

1.5
R dC - O uest Etage 1 - O uest R dC - Est Etage 1 - Est
1.4

1.3

1.2
Facteur de déséquilibre [-]

1.1

0.9 CSP-SE
VSP-DBC-SE
0.8 VSP-DPC-COL-SE
VSP-DPC-FL-SE
0.7 VSP-DPC-EM-SE
VSP-PDP-COL-SE
0.6 VSP-PDP-FL-SE
VSP-PDP-EM-SE
0.5
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des unités terminales [-]
Figure 4.13 : Facteur de déséquilibre des unités terminales

Dans le cas de notre installation, le facteur de déséquilibre est estimé à 1.45 pour l’émetteur
le plus favorisé, constituant l’unité terminale 4, et à 0.65 pour le plus défavorisé, situé dans
l’unité terminale 12. Le coefficient de déséquilibre de l’installation (Ch.1 §2.2.1) est de 2.23.
Un coefficient de déséquilibre égal à un signifierait que le réseau est équilibré.

Pour la suite des évaluations, les deux zones caractérisées par ces unités terminales seront
prises comme référence.

3.2 CONFORT THERMIQUE

La Figure 4.14 et la Figure 4.15 montrent les niveaux de température pour l’une des journées
les plus froide de l’année (Figure 4.2) : le 25 Janvier. Ces figures montrent que le temps de
montée en température est plus rapide pour une zone favorisée, la zone 4, que pour une
zone défavorisée, la zone 12.

110
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

De plus, pour les algorithmes de régulation de la vitesse variable, ce temps de montée est
plus long et l’écart de température à la consigne est plus grand que pour les algorithmes de
régulation à vitesse constante.
19 19

18.5 18.5

18 18
Tem pérature résultante [°C]

17.5

Tem pérature résultante [°C]


17.5

17 17

16.5 16.5

16 16 CSP-SE
CSP-SE VSP-DBC-SE
VSP-DBC-SE
VSP-DPC-COL-SE
VSP-DPC-COL-SE
15.5 15.5 VSP-DPC-FL-SE
VSP-DPC-FL-SE
VSP-DPC-EM-SE
VSP-DPC-EM-SE
VSP-PDP-COL-SE VSP-PDP-COL-SE
15 15 VSP-PDP-FL-SE
VSP-PDP-FL-SE
VSP-PDP-EM-SE VSP-PDP-EM-SE

14.5 14.5
00h 04h 08h 12h 16h 20h 24h 00h 04h 08h 12h 16h 20h 24h
25 Janvier 25 Janvier

Figure 4.14 : Courbe de température de la zone 4 Figure 4.15 : Courbe de température de la zone 12
pour le 25 Janvier pour le 25 Janvier

La Figure 4.16, pour la zone 4, et la Figure 4.17 pour la zone 12, montrent l’impact des
déséquilibres hydrauliques sur le confort thermique dans le bâtiment. Ces figures présentent
les fractiles, i.e. la valeur de la température qui sépare deux échantillons, des écarts de la
température résultante à la consigne (19°C). Ces écarts sont calculés en fréquences
cumulées pendant la période d’occupation de la saison de chauffe. Les fractiles représentés
sont les fractiles 10, 25 et 50.

Ces histogrammes montrent, pour le fractile 25, que la température résultante est inférieure
à celle de consigne, pour les zones favorisées et défavorisées, pour tous les algorithmes de
régulation. L’écart moyen de température à la consigne au fractile 10 est plus faible pour la
zone 4 que pour la zone 12 alors que cet écart est identique au fractile 25. Le temps de
montée en température de la zone 4, hydrauliquement favorisée, est donc plus rapide que
celui de la zone 12, hydrauliquement défavorisée.

Pour la zone 12, les écarts à la température de consigne peuvent atteindre jusqu’à -2°C pour
l’algorithme de régulation de la pression différentielle proportionnelle au débit alors qu’ils
n’atteignent pas -0.6°C pour la zone 4.

La tendance des histogrammes présentés ci-dessous indique que l’utilisation de la variation


de vitesse pour les pompes de circulation implique un doublement des écarts de la
température à la consigne. De plus, ces graphiques montrent que la régulation de la
pression différentielle proportionnelle au débit est plus défavorable que la régulation de la
pression différentielle constante. De plus, pour la régulation de la pression différentielle, de
manière constante ou proportionnelle au débit, l’écart à la température de consigne diminue
lorsque le point du circuit régulé se rapproche de la production d’eau chaude, pour une
même zone et un même fractile. Les algorithmes de régulation à vitesse variable entraînent
un écart à la consigne plus important que ceux à vitesse constante : respectivement de -
0.54°C et -0.24°C pour le fractile 10 de la zone 4 (Figure 4.16), et -1.38°C et -0.26°C pour le
fractile 10 de la zone 12 (Figure 4.17). Cependant, l’écart de température à la consigne au
fractile 25 est le même pour les deux zones : -0.36°C en moyenne pour tous les algorithmes
de régulation de la pompe.

111
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

0.1 0

-0.5
-0.1

Ecart de tem pérature [°C]


Ecart de tem pérature [°C]

-0.2
-1

-0.3

-1.5 CSP-SE
-0.4 CSP-SE VSP-DBC-SE
VSP-DBC-SE
VSP-DPC-COL-SE
VSP-DPC-COL-SE
-0.5 VSP-DPC-FL-SE
VSP-DPC-FL-SE
-2 VSP-DPC-EM-SE
VSP-DPC-EM-SE
VSP-PDP-COL-SE
-0.6 VSP-PDP-COL-SE
VSP-PDP-FL-SE VSP-PDP-FL-SE

VSP-PDP-EM-SE VSP-PDP-EM-SE
-2.5
Fractile 10 Fractile 25 Fractile 50 Fractile 10 Fractile 25 Fractile 50

Figure 4.16 : Écart à la consigne de la température Figure 4.17 : Écart à la consigne de la température
résultante de la zone 4 résultante de la zone 12

En conclusion, le temps de montée en température est plus long pour une zone
hydrauliquement défavorisée ; cependant, ce décalage de montée en température est
comblé avec le temps puisque pendant plus de 75% de la période d’occupation, les écarts
de température à la consigne sont du même ordre de grandeur.

Pour le fractile 50, les écarts de température à la consigne correspondent à l’écart


permanent du au régulateur proportionnel. Cet écart varie autour de la température de
consigne et dépend du facteur d'amplification du régulateur : la précision du régulateur
proportionnel n'est pas optimale.

3.3 FONCTIONNEMENT DE LA POMPE DE CIRCULATION

La Figure 4.18 montre la vitesse de la pompe de circulation en fréquences cumulées pour la


période d’occupation pendant la période de chauffe pour les huit simulations effectuées.

La vitesse moyenne de l’algorithme de régulation de la pompe à vitesse constante (CSP-SE)


est, comme son nom l’indique, égale à la vitesse nominale de la pompe. En effet, elle
fonctionne tout au long de la saison de chauffe à régime nominal. Le temps de
fonctionnement à 100% de la pompe est inférieur à 10% du temps pour l’algorithme de
régulation basé sur la demande. Le régime maximal de la pompe n’est pas atteint pour les
autres algorithmes de régulation.

Pour les pompes à vitesse variable, la vitesse moyenne la plus élevée correspond à
l’algorithme basé sur la demande (VSP-DBC-SE), soit 862 rpm. Viennent ensuite les
algorithmes régulant une pression différentielle constante, à 825 rpm au niveau d’une
colonne, 737 rpm au niveau d’un étage et 721 pm au niveau d’une unité terminale. Les
vitesses moyennes sont les plus faibles pour les algorithmes régulant une pression
différentielle proportionnelle au débit : 745 rpm au niveau d’une colonne, 721 rpm au niveau
d’un étage et 714 rpm au niveau d’une unité terminale.

112
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

2000

1800

1600
Vitesse de la pompe [rpm]

CSP-SE : 1900 [rpm]


VSP-DBC-SE : 862 [rpm]
1400
VSP-DPC-COL-SE : 825 [rpm]
VSP-DPC-FL-SE : 737 [rpm]
VSP-DPC-EM-SE : 721 [rpm]
1200 VSP-PDP-COL-SE : 745 [rpm]
VSP-PDP-FL-SE : 721 [rpm]
VSP-PDP-EM-SE : 714 [rpm]

1000

800

600
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fréquences cumulées [-]

Figure 4.18 : Vitesse de la pompe de circulation

Ces résultats indiquent que les consommations énergétiques de la pompe sont les plus
faibles pour les vitesses moyennes les plus faibles.

L’étude des points de fonctionnement des modules hydrauliques régulés (Figure 4.19)
permet d’estimer la qualité de régulation de la pompe selon les algorithmes de régulation
définis. Les valeurs dans la légende correspondent à la moyenne de la pression différentielle
mesurée au niveau du module hydraulique correspondant.

Pour la régulation visant le maintien de la pression différentielle constante, la figure montre


que les points de fonctionnement correspondant forment des droites horizontales. La
pression différentielle du module hydraulique correspondant serait, à débit nul, de 0.29 mce
au niveau de la colonne, de 0.26 mce au niveau d’un étage et de 0.15 mce au niveau d’une
unité terminale. Ces valeurs correspondent aux pertes de charges du module hydraulique
associé pour le débit nominal. Ces résultats coïncident tout à fait aux principes théoriques
vus au Ch.1 Fig. 15.

Les points de fonctionnement définis par les algorithmes de régulation maintenant la


pression différentielle proportionnelle au débit, forment des droites proportionnelles au débit
comme le montre la Figure 4.19. Ces droites fourniraient, à débit nul, des pressions
différentielles d’environ 0.15 mce au niveau d’une colonne, 0.13 mce au niveau d’un étage et
de 0.07 mce au niveau d’une unité terminale. On remarquera que ces valeurs sont
strictement égales à la moitié des valeurs des pressions différentielles des modules
hydrauliques correspondant à débit nominal. Ces résultats sont en parfait accord avec la
théorie détaillée au Ch.1 Fig.17.

113
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

VSP-DBC-SE
VSP-DPC-COL-SE
0.6
VSP-DPC-FL-SE
VSP-DPC-EM-SE
VSP-PDP-COL-SE
0.5
VSP-PDP-FL-SE
Pression différentielle [mce]

VSP-PDP-EM-SE

0.4

0.3

0.2

0.1

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
D ébit [m ³/h]

Figure 4.19 : Points de fonctionnement du réseau


Les points de fonctionnement issus de l’algorithme de régulation basé sur la demande
forment une parabole. Cette parabole a la même allure que la caractéristique de la vanne de
régulation terminale (ici, un robinet thermostatique) (Ch.1 Fig.37).

Les résultats concernant la pompe à vitesse constante n’apparaissent pas sur cette figure
car ne sont pas du même ordre de grandeur. Cependant, leur représentation correspond à
l’allure de la courbe caractéristique de la pompe (Ch.1 Fig.13).

L’étude du fonctionnement nous permet de comprendre que les algorithmes de régulation de


la pompe permettent de réaliser des gains énergétiques en se fiant à la vitesse moyenne de
fonctionnement. Cependant, avant toute conclusion hâtive, il est nécessaire d’évaluer le
confort thermique suivant le mode de régulation de la pompe choisi.

3.4 COÛT GLOBAL

La Figure 4.21 décrit un récapitulatif des coûts liés à l’installation de chauffage : les coûts
d’investissements et de main d’œuvre (Ch.2 §7.1.3), les coûts de maintenance et les
consommations énergétiques (Ch.2 §7.1.1 et §7.1.2). Le coût global est ensuite calculé pour
un temps d’opération de 15 ans (Ch.2 §7.1.4).

La variation de vitesse de la pompe permet de réduire les pertes thermiques en ligne,


notamment au niveau de la distribution primaire, et donc les consommations en énergie
primaire de 4.6%. En effet, la température du fluide au secondaire est plus élevée avec
l’utilisation de la pompe à vitesse constante comme le montre la Figure 4.20. Les pertes
thermiques en ligne sont donc plus importantes d’environ 703 kWh (≈ 35 €) pour la saison de
chauffe. La tuyauterie du circuit primaire peut être assimilé à un tuyau de 17 mètres de
longueur en acier de 32 mm de section isolé par 2 cm d’isolant (λ=0.26 W/m/K). Les pertes
thermiques supplémentaires créées par la chaudière, dues à un fonctionnement continu de
l’installation, sont à peu près de 456 kWh (≈ 23 €). La somme de ces deux phénomènes
correspond environ à l’écart moyen constaté, environ 82 €, entre le coût de l’énergie primaire
lié à une installation fonctionnant à vitesse constante et à vitesse variable.

114
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

100
CSP-SE
90 VSP-DBC-SE
VSP-DPC-COL-SE
80 VSP-DPC-FL-SE
VSP-DPC-EM-SE
70 VSP-PDP-COL-SE
VSP-PDP-FL-SE
60
Tem pérature [°C]

VSP-PDP-EM-SE
Consigne
50

40

30 Période estivale

20

10

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fréquences cumulées [-]

Figure 4.20 : Température du fluide au départ secondaire


Parallèlement à ce phénomène, les consommations de la pompe sont réduites de près de
91% en moyenne. Plus en détail, pour les algorithmes de la régulation de la pression
différentielle, constante ou proportionnelle au débit, les économies d’énergies sont accrues
lorsque le point régulé s’éloigne de la pompe de circulation : de l’ordre de 10% pour le
passage d’une régulation au niveau de la colonne à une unité terminale.

Les coûts d’investissements et de maintenance se différencient en raison des coûts liés à la


pompe de circulation moins élevés pour la vitesse constante mais nécessitant la mise en
place d’une soupape de pression différentielle. Au final, les coûts d’investissements pour la
mise en place d’une pompe à vitesse variable sont plus faibles de 0.3%. Le coût global de
l’installation est inférieur de 3.6% en moyenne pour l’utilisation de la vitesse variable par
rapport à la vitesse constante.

Coûts Coûts Ratio Coût global


Coûts de mise Consommations Consommations Emission CO2
Cas étudiés Coûts matériels application maintenance consommations partagé pour
en œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode par an [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_SE 9 400 € 2 851 € 0€ 200 € 11,76 € 1 786 € 8471 31,4 91 503 €
VSP_DBC_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 1,15 € 1 701 € 8062 29,8 88 106 €
VSP_DPC_COL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,92 € 1 674 € 7938 29,4 87 181 €
VSP_DPC_FL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,77 € 1 716 € 8137 30,1 88 644 €
VSP_DPC_EM_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,77 € 1 715 € 8133 30,1 88 614 €
VSP_PDP_COL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,83 € 1 689 € 8008 29,6 87 694 €
VSP_PDP_FL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,82 € 1 713 € 8121 30,0 88 533 €
VSP_PDP_EM_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,77 € 1 700 € 8060 29,8 88 080 €

Figure 4.21 : Récapitulatif des coûts

En conclusion, l’utilisation de la variation de vitesse dans le cadre de la régulation des


pompes de circulation permet de réaliser des gains au niveau des consommations : de
l’ordre de 91% en moyenne pour la pompe de circulation et de l’ordre de 4.6% en moyenne
en besoins énergétiques primaires pour le chauffage. Toutefois, ces gains sont
accompagnés d’une diminution du confort thermique : les écarts de température à la
consigne sont plus que doublés.

115
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Une installation non équilibrée ne permet pas de répartir la puissance thermique en tout
point de l’installation au vu du coefficient de déséquilibre. Les zones défavorisées ont des
écarts de température à la consigne importants notamment pour l’utilisation d’une pompe à
vitesse variable : près de 2°C au fractile 10 et près de 0.5°C au fractile 25 pour la zone 12.
Une solution serait d’équilibrer hydrauliquement l’installation. Mais avant d’équilibrer
l’installation et de voir son impact sur les performances de l’installation, il est nécessaire de
déterminer une méthode d’équilibrage.

4. EVALUATION D’UNE INSTALLATION ÉQUILIBRÉE

4.1 EVALUATION DES MÉTHODES D’ÉQUILIBRAGE STATIQUE

L’évaluation des méthodes d’équilibrage a pour objectif de mettre en valeur leurs différences
notamment leurs coûts d’application et de comparer leur performance au niveau global de
l’installation. Pour cela, trois méthodes issues de la littérature sont analysées : la méthode
itérative (Ch.1 §2.2.4.2), la méthode proportionnelle (Ch.1 §2.2.4.3) et la méthode
compensée (Ch.1 §2.3.4.4). L’étude d’une quatrième méthode, dite « parfaite » (Ch.2 §
4.2.1), complétera l’ensemble et servira de référence (Figure 4.22).

Figure 4.22 : Nomenclature des cas étudiés pour l’évaluation des méthodes d’équilibrage

Les méthodes d’équilibrage se différencient par l’ordre de réglage défini et par leur manière
de prendre en compte les phénomènes d’interactions hydrauliques. Le niveau de
compétence nécessaire et le temps d’application varient également d’une méthode à l’autre.

La méthode itérative a été appliquée avec deux réglages au niveau de chaque vanne
d’équilibrage de l’installation.

4.1.1 FACTEUR DE DÉSÉQUILIBRE

La Figure 4.23 montre le facteur de déséquilibre (Ch.1 §2.2.1) de l’ensemble des unités
terminales pour les quatre cas étudiés. La première constatation est qu’il ne varie guère en
fonction de la méthode d’équilibrage retenue. En effet, le facteur de déséquilibre extrême est
de 0.94 pour la méthode itérative et de 0.99 pour les méthodes proportionnelle et
compensée.

116
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

1.1

CSP-PM-ES
CSP-IM-ES
CSP-PRM-ES

Facteur de déséquilibre [-] CSP-CM-ES

R dC - O uest Etage 1 - O uest R dC - Est Etage 1 - Est

0.9
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des unités terminales [-]
Figure 4.23 : Facteur de déséquilibre des unités terminales

Une première conclusion peut être formulée dès à présent : la méthode d’équilibrage n’a
quasiment pas d’influence sur le fonctionnement de l’installation de chauffage.

4.1.2 CONFORT THERMIQUE

Le confort thermique est évalué pour l’ensemble du bâtiment car, grâce à l’opération
d’équilibrage hydraulique, il n’y a plus de zone favorisée ou défavorisée. La Figure 4.24
montre les écarts de température à la consigne pour l’ensemble des zones du bâtiment pour
le fractile 10 pour les quatre scénarii étudiés ; la Figure 4.25 ceux pour le fractile 25.

Les différences entre les écarts de température de chaque zone sont faibles. Au fractile 10,
pour l’ensemble des zones du bâtiment, l’écart maximal est de 7% (zone n°2). Cependant, ils
sont en moyenne de seulement 1.5% sur l’ensemble du bâtiment.

117
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

-0.05

-0.1
Ecart de tem pérature [°C]

-0.15

-0.2

-0.25

-0.3
CSP-PM-ES
CSP-IM-ES
-0.35
CSP-PRM-ES
CSP-CM-ES
-0.4
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des zones [-]

Figure 4.24 : Écart de température à la consigne au fractile 10 pour toutes les zones

Les écarts à la consigne de la température résultante sont du même ordre de grandeur pour
le fractile 25. En effet, l’écart maximal est de 6% (zone 15) et de 1.7% en moyenne pour
l’ensemble des zones.

CSP-PM-ES

-0.02 CSP-IM-ES
CSP-PRM-ES
CSP-CM-ES
-0.04
Ecart de tem pérature [°C]

-0.06

-0.08

-0.1

-0.12

-0.14

-0.16
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des zones [-]
Figure 4.25 : Écart de température à la consigne au fractile 25 pour toutes les zones

118
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Les résultats concernant le confort thermique vont dans le même sens que ceux des facteurs
de déséquilibre : le choix de la méthode d’équilibrage hydraulique n’influence pas les
performances énergétiques et thermiques de l’installation de chauffage.

4.1.3 COÛT DE LA MÉTHODE D’ÉQUILIBRAGE

La Figure 4.26 détaille les coûts de l’application des méthodes d’équilibrage. Chaque
méthode se caractérise par un nombre de vanne d’équilibrage à régler, une seule fois ou
plusieurs fois, et un temps de calcul en bureau d’études, facultatif selon la méthode.

Coût horaire Temps réglage Temps mesure Temps calcul Nombre de Temps
Cas étudié Coût total [€]
technicien [€/h] vanne [h] vanne [h] BE [h] vannes réglés [-] d'opération [h]

CSP_PM_ES 93,58 0,25 0 0,15 21 8,4 786 €


CSP_IM_ES 93,58 0,25 0 0 42 10,5 983 €
CSP_PRM_ES 93,58 0,25 0,15 0,15 21 11,55 1 081 €
CSP_CM_ES 93,58 0,25 0 0 50 12,5 1 170 €

Figure 4.26 : Récapitulatif du coût d’application de la méthode d’équilibrage

La « méthode parfaite » est basée sur le calcul en bureaux d’études des positions exactes
des vannes d’équilibrage en supposant qu’aucune différence n’existe entre l’installation dans
le bâtiment et celle conçue sur le papier. La méthode itérative est appliquée directement sur
l’installation sans aucun calcul préalable. Chaque vanne est réglée deux fois, soit un
nombre total de réglage de vanne de 42. Si l’installation devient importante, le nombre
d’itération peut considérablement augmenter, et ainsi augmenter le temps d’application mais
aussi la difficulté de l’opération. La méthode proportionnelle requiert la mesure de l’ensemble
des débits de l’installation préalablement au calcul des positions en bureaux d’études. Le
réglage des vannes d’équilibrage est ensuite effectué. L’algorithme de la méthode
compensée ne nécessite ni calculs en bureaux d’études ni mesure de débit initial mais
aboutit à régler plusieurs fois la même vanne selon les caractéristiques de l’installation.

Au final, pour le cas étudié, la méthode compensée coûte 38% plus cher que la « méthode
parfaite ». Cependant, le coût des autres méthodes reste dans le même ordre de grandeur :
+29% pour la méthode proportionnelle et +26% pour la méthode itérative.

4.1.4 COÛT GLOBAL

Le tableau de la Figure 4.27 montre le coût global partagé de l’installation pour l’évaluation
des méthodes d’équilibrage. Tout comme les éléments vus précédemment, le choix de la
méthode n’influence guère les consommations énergétiques ou les émissions de CO2. De
fait, le coût global partagé de l’installation ne diffère selon la méthode d’équilibrage choisi
que des écarts de coûts liés à l’application de celle-ci.

Coûts Coûts Ratio Coût global


Coûts mise en Consommations Consommations Emission CO2
Cas étudiés Coûts matériels application maintenance consommations partagé pour
œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode par an [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_PM_ES 10 487 € 3 172 € 727 € 200 € 22,57 € 1 793 € 8509 31,6 95 329 €
CSP_IM_ES 10 487 € 3 172 € 983 € 200 € 23,97 € 1 793 € 8510 31,6 95 765 €
CSP_PRM_ES 10 487 € 3 172 € 1 022 € 200 € 24,21 € 1 793 € 8510 31,6 95 832 €
CSP_CM_ES 10 487 € 3 172 € 1 170 € 200 € 24,21 € 1 793 € 8508 31,6 96 041 €

Figure 4.27 : Récapitulatif du coût global

Pour conclure l’évaluation des méthodes d’équilibrage, le choix de la méthode d’équilibrage


n’influe pas sur les performances énergétiques de l’installation. Seul son coût d’application

119
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

diffère et impacte sur le coût global : +0.36% pour la méthode itérative, +0.52% pour la
méthode proportionnelle et +0.65% pour la méthode compensée.

Les performances des méthodes d’équilibrage implémentées sont quasiment identiques en


termes de consommations énergétiques et de confort thermique. Ainsi, la méthode
d’équilibrage « parfaite » sera retenue pour l’évaluation de l’équilibrage hydraulique pour des
raisons de simplicité de modélisation et de simulation.

4.2 EVALUATION DE L’INSTALLATION

L’objectif de cette partie est d’étudier les algorithmes de régulation de la pompe de


l’installation ayant été préalablement équilibrée. Les algorithmes de régulation utilisés sont
ceux décrits au Ch.1 §2.3.3. L’équilibrage statique utilisé ici correspond à la « méthode
parfaite » (Ch.2 § 4.2.1). La Figure 4.28 récapitule les simulations effectuées.

Figure 4.28 : Nomenclature des cas étudiés pour l’installation avec un équilibrage hydraulique

La mise en place de l’équilibrage hydraulique conduit à ajouter sur le circuit de distribution 3


niveaux de vannes d’équilibrage (Ch.1 §4.3.8) ayant une perte de charge minimale en
position ouverte de 3 kPa (Ch.1 §2.2.2). Il faut ajouter également les pertes de charge
créées par la vanne de compensation principale. Cette vanne sert à ajuster le débit principal
au débit nominal.

4.2.1 DÉSÉQUILIBRE HYDRAULIQUE

La Figure 4.29 montre les facteurs de déséquilibre des 15 unités terminales du bâtiment
après la réalisation de l’équilibrage hydraulique de l’installation. Ces résultats montrent que
l’installation est parfaitement équilibrée : les débits traversant les unités terminales
correspondent à leur valeur de consigne pour des conditions de fonctionnement nominales.

Comme pour l’installation non équilibrée, l’algorithme de régulation de la vitesse de la pompe


n’a aucune influence sur le coefficient de déséquilibre de l’installation.

120
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

1.1
R dC - O uest Etage 1 - O uest RdC - Est Etage 1 - Est

C SP -ES
V SP -DB C -E S
V SP -DP C -C OL-E S
V SP -DP C -FL-ES
V SP -DP C -E M-E S
Facteur de déséquilibre [-]

V SP -PD P -C OL-E S
V SP -PD P -FL-ES
V SP -PD P -E M-E S
1

0.9
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des unités terminales [-]

Figure 4.29 : Facteur de déséquilibre des unités terminales

La Figure 4.30 montre les positions des vannes d’équilibrage et de la vanne de


compensation de l’installation. Selon la littérature, l’unité terminale la plus hydrauliquement
défavorisée correspond à la branche dont les vannes d’équilibrage des trois niveaux sont
complètement ouvertes (Ch.1 §2.2.4). Or, la figure indique que la branche la plus
défavorisée de l’installation correspond à celle de l’unité terminale correspondant à la zone
12. Ce résultat corrobore donc celui obtenu au Ch.4 §3.1.

Figure 4.30 : Position des vannes d’équilibrage après équilibrage hydraulique

121
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

4.2.2 CONFORT THERMIQUE

La Figure 4.31 pour la zone 4 et la Figure 4.32 pour la zone 12 montrent les fractiles de la
température résultante pour la période d’occupation de la saison de chauffe. Les fractiles
présentés sont les fractiles 10, 25 et 50.

Ces figures montrent que les niveaux de température de chaque fractile sont du même ordre
de grandeur pour les deux zones. L’équilibrage hydraulique permet donc de répartir la
puissance thermique équitablement pour toutes les zones en fonction de leurs besoins
initiaux et donc, d’homogénéiser les temps de montée en température des différentes zones
quelle que soit leur géométrie.

L’utilisation de pompes à vitesse variable implique en moyenne un doublement des écarts de


la température à la consigne par rapport à l’utilisation de pompes à vitesse constante. En
étudiant les modes de régulation de la pression différentielle, constante ou proportionnelle,
les figures montrent que l’écart de température est plus grand avec une régulation à pression
proportionnelle, de l’ordre de 14% en moyenne.

L’écart de température est plus important de +26% lorsque le point de régulation passe
d’une colonne à un étage et de +49% lorsqu’il passe d’une colonne à une unité terminale.
Cette remarque est valable pour la régulation à pression différentielle constante ou
proportionnelle en fonction du débit. Les niveaux de températures liés à l’algorithme basé sur
la demande sont du même ordre de grandeur que ceux des méthodes de régulation de la
pression différentielle au niveau de l’unité terminale. Les meilleurs niveaux de température
sont obtenus avec une pompe à vitesse constante.
0 0

-0.1 -0.1

-0.2 -0.2

-0.3 -0.3
Ecart de tem pérature [°C]

Ecart de tem pérature [°C]

-0.4 -0.4

-0.5 -0.5

-0.6 C SP -E S -0.6 C SP-E S


VSP-DBC-ES VSP-DBC-E S
-0.7 -0.7
VSP-DPC-CO L-ES VSP-DPC-CO L-ES
-0.8 VSP-DPC-FL-ES -0.8 VSP-DPC-F L-ES
VSP-DPC-EM-ES VSP-DPC-E M-ES
-0.9 -0.9
V SP -PD P-C OL-E S VSP-PD P-C OL -E S

-1 VSP-PD P-FL-ES -1 VSP-PD P-F L-E S


VSP-PD P-EM-ES VSP-PD P-E M-ES
-1.1 -1.1
Fractile 10 Fractile 25 Fractile 50 F ractile 10 F ractile 25 F ractile 50

Figure 4.31 : Écart à la consigne de la température Figure 4.32 : Écart à la consigne de la


résultante de la zone 4 température résultante de la zone 12

Les niveaux de température les plus proches de ceux obtenus avec la solution à vitesse
constante correspondent aux algorithmes basés sur la régulation de la pression différentielle,
constante ou proportionnelle, au niveau d’une colonne.

Les niveaux de température obtenus pour le fractile 50, correspondent à l’écart à la consigne
permanent du à l’utilisation de régulation proportionnelle (ici, des robinets thermostatiques).

4.2.3 FONCTIONNEMENT DE LA POMPE DE CIRCULATION

La Figure 4.33 montre la vitesse de fonctionnement de la pompe de circulation pour la


période d’occupation durant la période de chauffe en fréquences cumulées. Les valeurs
inscrites dans la légende indiquent la vitesse moyenne pour chaque algorithme.

122
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Comme précédemment, la pompe à vitesse constante fonctionne tout le temps, la vitesse


moyenne est donc égale à la vitesse nominale soit 1 900 rpm. En se référant à la Figure
4.18, nous constatons que la courbe de la vitesse du cas VSP-DBC-ES à la même allure que
celle sans équilibrage hydraulique. Sa vitesse moyenne est quasiment identique.

Les vitesses moyennes concernant la régulation à pression différentielle constante sont plus
faibles lorsque le point régulé s’éloigne de la pompe : 1 214 rpm au niveau d’une colonne,
994 rpm au niveau de l’étage et 806 au niveau de l’unité terminale. La régulation de la
pression différentielle proportionnelle au débit offre la même tendance mais à des vitesses
moyennes plus faibles : 996 rpm au niveau de la colonne, 860 rpm au niveau de l’étage et
796 rpm au niveau de l’unité terminale.
2000

1800
CSP-ES : 1900 rpm
VSP-DBC-ES : 899 rpm
VSP-DPC-COL-ES : 1214 rpm
1600
VSP-DPC-FL-ES : 994 rpm
Vitesse de la pompe [rpm]

VSP-DPC-EM-ES : 806 rpm

1400 VSP-PDP-COL-ES : 996 rpm


VSP-PDP-FL-ES : 860 rpm
VSP-PDP-EM-ES : 796 rpm
1200

1000

800

600
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fréquences cumulées [-]

Figure 4.33 : Vitesse de la pompe de circulation

La Figure 4.34 montre les points de fonctionnement des modules hydrauliques régulés en
fonction des algorithmes de régulation de la pompe. Les valeurs dans la légende
correspondent à la moyenne de la pression différentielle mesurée au niveau du module
hydraulique correspondant.

Pour une régulation de la pression différentielle constante, les points de fonctionnement


forment des droites horizontales donnant des pressions différentielles à débit nul
correspondant à la pression différentielle nominale du module hydraulique : 1.20 mCE au
niveau de la colonne, 0.75 mCE au niveau d’un étage et 0.27 mCE au niveau de l’unité
terminale.

Les points de fonctionnement, issus des cas utilisant la régulation de la pression différentielle
proportionnellement au débit, forment des droites qui auraient, pour un débit nul, des pertes
de charges équivalentes à 50% de leur valeur aux conditions nominales, soit 0.60 mCE pour
la colonne, 0.40 mCE pour l’étage et 0.15 mCE pour l’unité terminale. Ces chiffres
correspondent bien à la moitié des valeurs nominales des pertes de charge des modules
hydrauliques vus au paragraphe précédent.

123
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

2.5
VSP-DBC-ES
VSP-DPC-COL-ES
VSP-DPC-FL-ES
VSP-DPC-EM-ES
2 VSP-PDP-COL-ES
VSP-PDP-FL-ES
VSP-PDP-EM-ES
Pression différentielle [mce]

1.5

0.5

0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
D ébit [m ³/h]

Figure 4.34 : Pression différentielle régulée par la pompe

Comme pour l’installation sans équilibrage hydraulique, les points de fonctionnement définis
par l’algorithme de régulation basé sur la demande forment une parabole. Cette parabole a
la même allure que la caractéristique de la vanne de régulation terminale (ici, un robinet
thermostatique) (Ch.1 Fig.37).

Les résultats concernant la pompe à vitesse constante n’apparaissent pas sur la figure pour
les mêmes raisons qu’au paragraphe Ch.4. §3.3 : ils n’ont pas le même ordre de grandeur
que ceux des autres algorithmes de régulation. Les points de fonctionnement forment une
parabole correspondant à la courbe caractéristique de la pompe de circulation (Fig.1.13).

L’ensemble des courbes présentées ici correspondent à la théorie explicitée dans le


paragraphe Ch.1 §2.3.3.

Ces courbes permettent de conclure que les économies d’énergie liées aux différents
algorithmes de régulation de la pompe seront relativement du même ordre de grandeur, tout
comme les conséquences sur le confort thermique dans le bâtiment.

4.2.4 COÛT GLOBAL

La Figure 4.35 détaille la répartition des coûts et du coût global de l’installation pour les huit
scénarii étudiés de l’évaluation des algorithmes de régulation de la pompe avec un
équilibrage statique.

L’utilisation de la vitesse variable au niveau de la pompe de circulation permet de réduire de


manière significative, d’un côté les consommations de la pompe de 91% en moyenne et d’un
autre côté les consommations d’énergie primaire pour le chauffage de 5.9% en moyenne,
par rapport à une solution avec vitesse constante. La diminution des consommations
d’énergie primaire suit le même raisonnement qu’au paragraphe Ch.4 §3. La contrepartie de
ces gains énergétiques est une détérioration des niveaux de température dans les zones.

124
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Des nuances peuvent être apportées au niveau de l’emplacement du point de régulation


dans l’installation, les consommations énergétiques de la pompe de circulation diminuent
lorsqu’il s’en éloigne. Cependant, les niveaux de température se dégradent également. Le
passage du point de régulation de la colonne à un étage implique des consommations de la
pompe inférieures de -23% pour un écart à la température de consigne de +26%. Ces
valeurs sont respectivement de -37% et de +49% pour un passage du point de régulation de
la colonne à l’unité terminale.

Le coût global de l’installation sur 15 ans peut être diminué de 5.7%, pour une régulation de
la pression différentielle d’une unité terminale proportionnellement à son débit, en admettant
un accroissement de l’écart de température à la consigne de 0.53°C, soit une augmentation
de près de 70% par rapport à la solution à vitesse constante.

L’équilibrage hydraulique d’une installation permet de répartir la puissance thermique du


circuit primaire vers les unités terminales de manière équitable. Ainsi les temps de montée
en température sont équivalents pour l’ensemble des zones du bâtiment chauffé, et ce
quelque soit leur géométrie.

L’utilisation de la variation de vitesse permet de réduire les consommations de la pompe de


91% en moyenne et de l’énergie primaire de 4.6% en admettant un écart à la température de
consigne plus important de 59% pendant plus de 25% du temps d’occupation.

Coûts Coûts Ratio Coût global


Coûts Coûts mise en Consommations Consommations Emission CO2
Cas étudiés application maintenance consommations partagé pour
investissements œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode par an [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_ES 10 487 € 3 172 € 727 € 200 € 22,57 € 1 793 € 8509 31,6 95 329 €
VSP_DBC_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,81 € 1 679 € 7959 29,5 90 576 €
VSP_DPC_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,84 € 1 723 € 8169 30,2 92 156 €
VSP_DPC_FL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,08 € 1 704 € 8081 29,9 91 482 €
VSP_DPC_EM_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,55 € 1 667 € 7901 29,2 90 141 €
VSP_PDP_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,13 € 1 706 € 8089 29,9 91 541 €
VSP_PDP_FL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,74 € 1 682 € 7975 29,5 90 691 €
VSP_PDP_EM_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,53 € 1 662 € 7879 29,2 89 975 €

Figure 4.35 : Récapitulatif des coûts

4.3 IMPACT DE L’ÉQUILIBRAGE HYDRAULIQUE STATIQUE

L’installation décrite a été étudiée sans équilibrage et avec un équilibrage hydraulique


statique. L’objectif de cette partie est de mettre en évidence l’impact de l’équilibrage
hydraulique sur les critères d’évaluation, notamment en termes de confort thermique et de
coûts, d’investissements et de fonctionnement.

4.3.1 IMPACT SUR LE COEFFICIENT DE DÉSÉQUILIBRE

Dans le cas de notre installation, la vanne de compensation principale crée des pertes de
charges de l’ordre de 18 kPa pour une fermeture à 2.3 tours. Les vannes d’équilibrage,
situées sur la branche la plus défavorisée, créent des pertes de charges égalent à 4.1 kPa
pour le 1er niveau, 3.0 kPa pour le second et 0.3 kPa pour le troisième. Cette dernière valeur
est inférieure à la valeur minimale permettant de mesurer le débit traversant la vanne. Ceci
s’explique par le fait qu’il n’existe pas sur le marché de vannes d’équilibrage possédant de
caractéristiques s’adaptant aux faibles débits : la vanne ayant le kvs le plus faible est trop
grande.

Au final, les pertes de charge créées par les éléments de l’équilibrage hydraulique s’élèvent
à 25 kPa. Ceci nécessite donc l’installation d’une pompe de circulation plus puissante que la
même installation sans les éléments de l’équilibrage hydraulique. La hauteur manométrique
de la pompe passe en effet de 2 mCE à 4 mCE.

125
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Les paragraphes précédents ont montré que le facteur de déséquilibre n’est pas influencé
par le choix de l’algorithme de régulation de la pompe, mais seulement par les méthodes de
dimensionnement. Ce facteur est égal à un pour chaque unité terminale en utilisant la
méthode d’équilibrage dite « parfaite ». La Figure 4.36 confirme ces résultats : le facteur de
déséquilibre est identique pour toutes les unités terminales. Pour rappel, les facteurs de
déséquilibre de l’installation non équilibrée étaient de 1.45 pour l’unité terminale favorisée et
de 0.65 pour celle défavorisée (Figure 4.36 : SE).

Figure 4.36 : Facteur de déséquilibre des unités terminales

4.3.2 CONFORT THERMIQUE

La Figure 4.37, pour la zone 4 et la Figure 4.38, pour la zone 12 montrent les écarts à la
température de consigne de la température des zones, en période d’occupation et durant la
saison de chauffe, pour les trois fractiles : 10, 25 et 50. Les résultats de l’installation
équilibrée et non équilibrée sont présentés : ils sont classés deux par deux par algorithme de
régulation de la pompe. Ceci afin de confronter les niveaux de températures pour un même
algorithme de régulation avec (à gauche) et sans (à droite) opération d’équilibrage
hydraulique.

La comparaison des écarts de température à la consigne montre qu’ils sont plus importants
pour une installation équilibrée : +5% au fractile 10 en moyenne. La zone 4 est une zone
hydrauliquement favorisée, i.e. le débit circulant dans son émetteur est supérieur à son débit
nominal. Au début de la période d’occupation, la puissance thermique reçue est donc plus
importante que nécessaire : son temps de montée en température est donc réduit. Dans le
cas de l’installation équilibrée, la puissance thermique est répartie uniformément pour toutes
les zones. Les zones favorisées ne le sont plus, le temps de montée en température
augmente donc.

126
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Figure 4.37 : Écart à la consigne de la température résultante de la zone 4,


installation équilibrée et non équilibrée

Si la puissance est mieux répartie dans le bâtiment, cela doit se traduire par une
amélioration du confort thermique pour les zones dont les unités terminales sont
hydrauliquement défavorisées, comme la zone 12. En effet, les écarts de température à la
consigne sont plus faibles pour une installation équilibrée. Ces écarts sont réduits de 50% au
fractile 10, de 23% au fractile 25 et de 22% au fractile 50.

127
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Figure 4.38 : Écart à la consigne de la température résultante de la zone 12,


installation équilibrée et non équilibrée

L’équilibrage hydraulique permet de répartir la puissance thermique équitablement dans le


bâtiment et donc de réduire les écarts de température à la consigne de près de 50% au
fractile 10 pour les zones dont les unités terminales sont hydrauliquement défavorisées. Pour
les autres zones, le temps de montée en température est légèrement supérieur.

4.3.3 FONCTIONNEMENT DE LA RÉGULATION TERMINALE

Ces variations de vitesse de la pompe et donc des débits circulant dans l’installation
entraînent une modification de l’autorité des robinets thermostatiques (Ch.1 §3.4). L’autorité
de ces robinets thermostatiques est représentée sur la Figure 4.39, en partie supérieure pour
la zone 4, et en partie inférieure pour la zone 12. Chaque graphique présente l’autorité d’un
algorithme de régulation de la pompe pour l’installation équilibrée (ES) et non équilibrée
(SE). Cette autorité est calculée de manière instantanée pour toutes les positions des
robinets thermostatiques. L’autorité est définie en fréquences cumulées pour la période
d’occupation pendant la saison de chauffe.

Les commandes des robinets thermostatiques sont présentées sur la Figure 4.40 en partie
supérieure pour la zone 4 et en partie inférieure pour la zone 12. Ces commandes sont
définies en période d’occupation et pendant la saison de chauffe.

128
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Les figures montrent que les courbes de l’autorité des vannes de régulation se décomposent
en trois parties :
• Les premiers pourcentages forment un palier correspondant à une ouverture
maximale de la régulation terminale alors que le débit dans l’installation est faible : la
pompe n’est pas encore au bon régime de fonctionnement, elle se met en régime
(Figure 4.39). Plus l’unité terminale de la zone est hydrauliquement défavorisée, plus
ce pallier sera long dans le temps car la puissance émise est inférieure à la
puissance nominale.
• Le palier horizontal correspond à une ouverture complète de la régulation terminale
et à un régime de fonctionnement correspondant aux besoins, soit thermiques soit
assurant une bonne relation de la pression différentielle (Figure 4.39),
• Le reste des courbes correspond aux moments où la régulation terminale n’est ni
complètement ouverte ni complètement fermée mais où elle régule effectivement la
température intérieure du bâtiment (Figure 4.39).
Les courbes tendent vers une autorité maximale, i.e. une fermeture complète des
robinets thermostatiques, lorsque la température de consigne est dépassée, soit en
début de période d’inoccupation soit à mi-saison lorsque les gains internes couvrent
les besoins thermiques.

Comme le montrent ces figures, l’autorité des robinets thermostatiques des zones 4 et 12 est
presque toujours supérieure à 0.33, ce qui assure une bonne qualité de la régulation
terminale quel que soit l’algorithme de régulation de la pompe. Parallèlement aux résultats
vus précédemment, les algorithmes de régulation de la vitesse aboutissant à des
consommations de pompe les plus élevées, conduisent à obtenir plus rapidement des
autorités maximales. Or, une autorité supérieure à 0.5 n’apporte aucun supplément de
qualité de régulation mais engendre, au contraire, des consommations énergétiques inutiles.
La diminution du débit permettrait de réduire ces consommations en réduisant l’autorité
maximale mais la vitesse de la pompe est déjà à son point de fonctionnement minimal, soit
35% de sa valeur nominale (Ch.2 §5.1). Il n’est donc pas envisageable avec cette
configuration d’installation de diminuer ces consommations.

Figure 4.39 : Autorité des robinets thermostatiques des zones 4 (ligne supérieure) et 12 (ligne inférieure)
129
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Pour une installation non équilibrée :

• Le fonctionnement des robinets thermostatiques des unités terminales favorisées est


proche d’un fonctionnement tout ou rien (Ch.1 §6.2.1) (Figure 4.40). Sa commande
est soit ouverte (période de relance) soit fermée ou presque fermée (période de
régulation). La surpuissance émise, due au surdébit enregistré, empêche le
régulateur de fonctionner sur sa plage de fonctionnement correcte.
• Dans le cadre d’unités terminales défavorisées, l’ouverture moyenne des robinets
thermostatiques est plus grande que pour l’installation équilibrée (Figure 4.40). Le
manque de puissance enregistrée nécessite une ouverture complète de la régulation
plus longue pour attendre que les unités terminales favorisées se ferment et que la
puissance thermique soit disponible.

Figure 4.40 : Commande des robinets thermostatiques des zones 4 (ligne supérieure) et 12 (ligne
inférieure)

L’équilibrage hydraulique de l’installation tend à rendre le fonctionnement de la régulation


terminale plus homogène d’une zone à l’autre du fait que la puissance thermique est mieux
répartie dans le bâtiment, à condition que les apports internes soient du même ordre de
grandeur. Un équilibrage hydraulique réduit donc le risque de dysfonctionnement de la
régulation terminale des unités terminales en surdébit.

130
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

4.3.4 COÛTS

Le tableau de la Figure 4.41 récapitule les coûts détaillés des installations non équilibrées et
équilibrées pour les huit algorithmes de régulation de la pompe. Les résultats sont présentés
par paire : pour chaque algorithme, sont présentées les installations non équilibrée et
équilibrée.

Ce tableau montre que l’équilibrage hydraulique engendre un surcoût de l’ordre de 3.1% en


moyenne pour le coût global en réduisant les écarts de température à la consigne de près de
50% au fractile 10 pour les zones défavorisées. La qualité de la régulation terminale est
aussi améliorée.

L’augmentation des coûts est due à l’augmentation du coût du matériel de 10%, du coût de
mise en œuvre de 30% (coût de l’application de la méthode d’équilibrage compris) et des
coûts de consommations de pompage de près de 100%. Ces derniers sont très relatifs vu les
montants qu’ils engendrent.

L’opération d’équilibrage hydraulique nécessite également le réglage des vannes et se


répercute donc sur les coûts.

Coûts Coûts Ratio Coût global


Coûts mise en Consommations Consommations Emission CO2
Cas simulés Coûts matériel application maintenance consommations partagé pour
œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode annuel [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_ES 10 487 € 3 172 € 727 € 200 € 22,57 € 1 793 € 8 509 € 31,6 € 95 329 €
CSP_SE 9 400 € 2 851 € 0€ 200 € 12,52 € 1 786 € 8 471 € 31,4 € 91 529 €
VSP_DBC_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,81 € 1 679 € 7 959 € 29,5 € 90 576 €
VSP_DBC_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 1,15 € 1 701 € 8 062 € 29,8 € 88 106 €
VSP_DPC_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,84 € 1 723 € 8 169 € 30,2 € 92 156 €
VSP_DPC_COL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,92 € 1 674 € 7 938 € 29,4 € 87 181 €
VSP_DPC_FL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,08 € 1 704 € 8 081 € 29,9 € 91 482 €
VSP_DPC_FL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,77 € 1 716 € 8 137 € 30,1 € 88 644 €
VSP_DPC_EM_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,55 € 1 667 € 7 901 € 29,2 € 90 141 €
VSP_DPC_EM_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,77 € 1 715 € 8 133 € 30,1 € 88 614 €
VSP_PDP_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,13 € 1 706 € 8 089 € 29,9 € 91 541 €
VSP_PDP_COL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,83 € 1 689 € 8 008 € 29,6 € 87 694 €
VSP_PDP_FL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,74 € 1 682 € 7 975 € 29,5 € 90 691 €
VSP_PDP_FL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,82 € 1 713 € 8 121 € 30,0 € 88 533 €
VSP_PDP_EM_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,53 € 1 662 € 7 879 € 29,2 € 89 975 €
VSP_PDP_EM_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,77 € 1 700 € 8 060 € 29,8 € 88 080 €

Figure 4.41 : Récapitulatif des coûts

Au final, l’équilibrage hydraulique permet d’améliorer le confort thermique dans le bâtiment,


en réduisant de 50% l’écart de la température résultante à la consigne. En effet, l’équilibrage
permet de répartir de manière équitable la puissance thermique disponible dans l’ensemble
de l’installation. Cependant, l’équilibrage a un coût. Il représente environ 3.1% du coût global
de l’installation sur une période de fonctionnement de 15 ans.

131
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

5. EVALUATION D’UNE INSTALLATION ÉQUIPÉE DE RÉGULATEURS DE LA


PRESSION DIFFÉRENTIELLE

5.1 EVALUATION DE L’INSTALLATION

L’objectif de cette partie est d’évaluer l’impact des régulateurs de la pression différentielle
(Ch.1 § 2.2.3) sur le fonctionnement de l’installation en changeant les algorithmes de
régulation de la pompe de circulation (Ch.1 § 2.3.3) suivant le protocole décrit dans la Figure
4.42.

Ces résultats seront confrontés à ceux de l’équilibrage statique pour mesurer l’impact des
régulateurs de la pression différentielle sur l’installation.

Figure 4.42 : Nomenclature des cas étudiés pour l’installation avec l’utilisation de régulateurs de la
pression différentielle

Les régulateurs de la pression différentielle ont pour but d’absorber la pression


supplémentaire fournie par la pompe de circulation. Le maintien de cette pression à sa
valeur nominale permet de limiter la pression différentielle appliquée au module hydraulique
lié au régulateur de la pression différentielle, et par conséquent de maintenir les organes de
réglage dans une plage de fonctionnement normale.

L’application de régulateurs de la pression différentielle au niveau des étages et des unités


terminales est irréaliste tant les pertes de charge de ces modules hydrauliques sont faibles.
Aucun produit issu des bases de données des constructeurs ne correspond à de telles
pressions différentielles. Pour cela, les algorithmes de régulation de la pompe basée au
niveau des étages et des unités terminales n’ont pas été envisagés.

5.1.1 FACTEUR DE DÉSÉQUILIBRE

Le facteur de déséquilibre des unités terminales de l’installation est présenté sur la Figure
4.36. Ces facteurs sont égaux à 1, ce qui signifie que les débits disponibles au niveau des
unités terminales sont égaux aux débits de calcul. L’installation est donc très bien équilibrée.

L’ajout des régulateurs de la pression différentielle au niveau des pieds de colonne


n’influence pas le coefficient de déséquilibre de l’installation. Leur position de réglage aux
conditions nominales est définie comme pour les vannes d’équilibrage statique : elles sont
réglées de manière à obtenir le débit nominal.

La mise en place des régulateurs permet d’obtenir un équilibrage hydraulique de très bonne
qualité, i.e. un coefficient de déséquilibre égal à 1. Ils vont impacter sur les pertes de charge
de l’installation. En effet, les pertes de charge de la branche la plus défavorisée seront
augmentées des pertes de charge d’une vanne (ici, un STAP [Ch.1 §2.2.3]) en position
ouverte, soit environ 3 kPa.

132
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

1.1
CSP-ED
VSP-DBC-ED
VSP-DPC-COL-ED
VSP-PDP-COL-ED
Facteur de déséquilibre [-]

R dC - O uest Etage 1 - O uest R dC - Est Etage 1 - Est

0.9
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des unités terminales [-]

Figure 4.43 : Facteur de déséquilibre des unités terminales

5.1.2 CONFORT THERMIQUE

Les écarts à la consigne de la température résultante sont représentés sur la Figure 4.44
pour la zone 4 et sur la Figure 4.45 pour la zone 12. Ces températures résultantes sont
calculées pour la période d’occupation pendant la saison de chauffe.

Les écarts de température sont les plus grands pour l’algorithme de régulation basé sur la
demande. Viennent ensuite les méthodes de régulation de la pression différentielle
proportionnellement au débit, puis celle constante. Les écarts de température les plus faibles
sont obtenus avec une pompe à vitesse constante.

Les écarts de température à la consigne sont du même ordre de grandeur pour les zones
favorisées ou défavorisées. La répartition de la puissance thermique est toujours bien
assurée et le temps de montée en température est équivalent pour toutes les zones.

Ces résultats vont dans le même sens que ceux obtenus précédemment pour l’installation
non équilibrée ou équilibrée avec un équilibrage statique. La mise en place des régulateurs
de la pression différentielle n’influence pas le confort thermique dans le bâtiment.

133
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

0 0

-0.1 -0.1

-0.2 -0.2

-0.3 -0.3

Ecart de tem pérature [°C]


Ecart de tem pérature [°C]

-0.4 -0.4

-0.5 -0.5

-0.6 -0.6

-0.7 -0.7
CSP-ED CSP-ED

VSP-DBC-ED VSP-DBC-ED
-0.8 -0.8
VSP-DPC-COL-ED VSP-DPC-COL-ED

VSP-PDP-COL-ED VSP-PDP-COL-ED
-0.9 -0.9
Frac tile 10 Frac tile 25 Fractile 50 Fractile 10 Fractile 25 Fractile 50

Figure 4.44 : Écart à la consigne de la température Figure 4.45 : Écart à la consigne de la température
résultante de la zone 4 résultante de la zone 12

5.1.3 FONCTIONNEMENT DES RÉGULATEURS DE LA PRESSION DIFFÉRENTIELLE

Comme décrit dans le paragraphe (Ch.1 §2.2.4.6), l’équilibrage dynamique fonctionne à


l’aide de régulateurs de la pression différentielle. Leur objectif est de maintenir la pression
différentielle du module hydraulique régulé, ici les colonnes de distribution, constante et
égale à sa valeur aux conditions nominales de fonctionnement.

Les deux figures suivantes montrent la valeur de la pression différentielle régulée au niveau
de la colonne 1 (Figure 4.46) et de la colonne 2 (Figure 4.47). La droite horizontale
correspond à la valeur de consigne de la pression différentielle.
4.5 4.5
CSP-ED CSP-ED
VSP-DBC-ED VSP-DBC-ED
4 4 VSP-DPC-COL-ED
VSP-DPC-COL-ED
VSP-PDP-COL-ED VSP-PDP-COL-ED

3.5 3.5
Pression différentielle [mce]

3
Pression différentielle [mce]

2.5 2.5

2 2

1.5 1.5

1 1

0.5 0.5

0 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
Fréquences cumulées [-] F réquences cumulées [-]

Figure 4.46 : Pression différentielle au niveau des Figure 4.47 : Pression différentielle au niveau des
vannes d’équilibrage dynamique de la colonne 1 vannes d’équilibrage dynamique de la colonne 2
En ce qui concerne les résultats liés à la vitesse constante, la pression différentielle est
régulée à la consigne pendant 60% du temps pour la colonne 1 et 30% pour la colonne 2. La
soupape de pression différentielle est sous-dimensionnée, ce qui implique que pour un taux
de fermeture élevé de la régulation terminale, elle n’assure plus son rôle de bipasse et laisse
la pression dans l’installation augmenter.

Les résultats concernant l’algorithme de régulation de la vitesse de la pompe, maintenant la


pression différentielle constante, montrent que la pression différentielle au niveau des
vannes d’équilibrage dynamique est constante

134
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Les algorithmes de régulation de la pompe, basé sur la demande et régulant la pression


différentielle proportionnellement au débit, impliquent des niveaux de débit du fluide dans
l’installation insuffisants pour créer une pression différentielle suffisante : la pression
différentielle nominale n’est que rarement atteinte. Pour ces algorithmes et dans le cas de
notre installation, l’équilibrage dynamique est inefficace et inutile.
5.1.4 FONCTIONNEMENT DE LA POMPE DE CIRCULATION

Les vitesses de la pompe sont fournies par la Figure 4.48 en occupation pendant la saison
de chauffe. Le fonctionnement moyen de la pompe est le plus élevé pour l’algorithme de
régulation de la pression différentielle constante au débit, vient ensuite celui qui la régule
proportionnellement au débit. La vitesse moyenne de la pompe est la plus faible pour la
régulation en fonction de la demande. Ces résultats vont dans le même sens que ceux
obtenus pour l’équilibrage statique (Ch.4 §4.2.3).
La Figure 4.49 montre les niveaux de pression différentielle au niveau du point régulé en
fonction du débit total pour les algorithmes de régulation définis. L’algorithme de régulation
de la pression différentielle constante au débit fourni des points formant une droite. Pour un
débit nul, la pression différentielle obtenue serait d’environ 1.06 mCE. L’algorithme de
régulation de la vitesse proportionnelle au débit donne des points qui forment une droite
proportionnelle au débit. La pression différentielle pour un débit nul serait de 0.55 mCE.
2000 2
VSP-DBC-ED
VSP-DPC-COL-ED
1.8
CSP-ED : 1900 rpm VSP-PDP-COL-ED
1800
VSP-DBC-ED : 894 rpm
1.6
VSP-DPC-COL-ED : 1397 rpm
VSP-PDP-COL-ED : 923 rpm
1600 1.4
Pression différentielle [mce]
Vitesse de la pompe [rpm]

1.2
1400

1200
0.8

0.6
1000

0.4

800
0.2

600 0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Fréquences cumulées [-] D ébit [m ³/h]

Figure 4.48 : Vitesse de la pompe de circulation Figure 4.49 : Pression différentielle régulée par la
pompe
Ces figures montrent que la régulation de la vitesse de la pompe s’effectue correctement et
correspond bien aux prévisions. La mise en place de régulateurs de la pression différentielle
n’altère donc pas la qualité de la régulation de la pompe.
5.1.5 COÛT GLOBAL

Le coût global de l’installation (Figure 4.50) utilisant des régulateurs de la pression


différentielle suit les mêmes tendances que précédemment : l’algorithme de régulation en
fonction des besoins revient 3.6% moins élevés que pour l’utilisation de la vitesse constante.
Ces coûts sont de 1.9% et 2.7% moins chers respectivement pour les algorithmes de la
régulation de la pression différentielle constante et proportionnelle au débit. Ces tendances
correspondent aux résultats mis en évidence aux paragraphes Ch.4 §3.4 et Ch.4 §4.2.4 pour
l’installation non équilibrée et avec un équilibrage statique.
Coûts Coûts Ratio Coût global
Coûts mise en Consommations Consommations Emission CO2
Cas étudiés Coûts matériels application maintenance consommations partagé pour
œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode par an [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_ED 10 512 € 3 179 € 727 € 200 € 13,68 € 1 766 € 8380 31,1 94 132 €
VSP_DBC_ED 10 488 € 3 175 € 727 € 200 € 1,81 € 1 683 € 7977 29,5 90 744 €
VSP_DPC_COL_ED 10 488 € 3 175 € 727 € 200 € 3,93 € 1 726 € 8182 30,3 92 324 €
VSP_PDP_COL_ED 10 488 € 3 175 € 727 € 200 € 1,94 € 1 706 € 8090 29,9 91 578 €

Figure 4.50 : Récapitulatif des coûts


135
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

5.2 IMPACT DES RÉGULATEURS DE LA PRESSION DIFFÉRENTIELLE

Comme les paragraphes précédents l’ont montré, la mise en place de régulateurs de la


pression différentielle n’impacte pas sur la qualité de l’équilibrage hydraulique. Le coefficient
de déséquilibre est égal à 1 lorsque l’installation est équipée de vannes d’équilibrage ou
avec l’ajout de régulateurs de la pression différentielle. Leur impact se situe au niveau des
consommations énergétiques, liées à l’augmentation des pertes de charges.

5.2.1 CONFORT THERMIQUE

La Figure 4.51 et la Figure 4.52 montrent les écarts de température à la consigne


respectivement pour les zones 4 et 12. Ceux-ci sont présentés deux par deux, en fonction de
l’algorithme de régulation de la pompe, pour l’installation avec un équilibrage statique et
dynamique.

D’une manière générale, les écarts de température à la consigne des cas étudiés utilisant
l’équilibrage dynamique sont légèrement supérieurs à ceux de l’installation avec un
équilibrage statique. Cette différence est d’environ +10%.

Figure 4.51 : Écart à la consigne de la température Figure 4.52 : Écart à la consigne de la température
résultante de la zone 4 résultante de la zone 12

Ces premiers résultats ne permettent pas de conclure sur l’intérêt des régulateurs de la
pression différentielle. L’évaluation des performances de la régulation terminale est
essentielle et permettra de définir l’impact des régulateurs de la pression différentielle sur la
qualité de la régulation terminale.

5.2.2 FONCTIONNEMENT DE LA RÉGULATION TERMINALE

Les commandes des robinets thermostatiques sont présentées sur la Figure 4.53. Les
graphiques de la ligne supérieure correspondent à la zone 4 et ceux de la ligne inférieure à
ceux de la zone 12. Ces commandes sont définies pour la période d’occupation durant la
saison de chauffe.

Dans le cadre de l’utilisation de la variation de vitesse (VSP), les commandes de la


régulation terminale sont identiques. Les régulateurs de la pression différentielle n’ont
aucune influence sur son comportement. Comme le paragraphe précédent l’a montré (Ch.4
§5.1.3), les régulateurs de la pression différentielle restent en position complètement ouverte
et ne régulent pas la pression différentielle de la colonne car elle est inférieure à sa valeur de
consigne. Leur présence n’engendre donc pas de modification des commandes de la
régulation terminale mais entraîne des consommations de pompage supplémentaires.

136
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Avec l’utilisation de pompe à vitesse constante, les résultats sont différents. En effet, comme
le paragraphe précédent l’a montré, les régulateurs de la pression différentielle assurent bien
leur fonction en maintenant la pression différentielle des colonnes à leur valeur de consigne
(Ch.4 §5.1.3). La limitation de ces pressions différentielles implique que la pression
différentielle appliquée au niveau de la régulation terminale sera moindre. La régulation
terminale doit donc créer moins de pertes de charge pour obtenir le débit de fluide
nécessaire. Elle se ferme donc moins comme le montre la Figure 4.53. L’autorité de la
régulation terminale, dans le cadre de l’utilisation de pompes à vitesse constante, en sera
donc modifiée.

Figure 4.53 : Commande de robinets thermostatiques des zones 4 (ligne supérieure) et 12 (ligne
inférieure)

Les commandes de la régulation terminale ne sont pas affectées par l’installation de


régulateurs de la pression différentielle dans le cadre de l’utilisation de pompes à vitesse
variable, leur autorité ne le sera donc pas non plus (Figure 4.54).

Concernant les cas avec l’utilisation de pompes à vitesse constante, l’autorité moyenne des
robinets thermostatiques est plus faible avec les régulateurs de la pression différentielle
(Figure 4.54) mais reste largement supérieure à 0.5. La qualité de la régulation est donc
meilleure car plus progressive.

137
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Figure 4.54 : Autorité des robinets thermostatiques des zones 4 (ligne supérieure) et 12 (ligne inférieure)

Cependant, les avantages des régulateurs de la pression différentielle ne sont pas


clairement mis en évidence dans le cadre de notre installation. Il serait nécessaire de
pousser les évaluations sur des bâtiments de plus grande échelle impliquant des niveaux de
pression différentielle plus élevée au niveau des pieds de colonne.

5.2.3 COÛTS

La confrontation des coûts globaux pour l’installation avec l’équilibrage statique ou


dynamique est fournie par la Figure 4.55. Le coût global ne varie pas beaucoup entre une
solution avec équilibrage dynamique par rapport à une solution d’équilibrage statique.

Des écarts existent tout de même pour les coûts d’investissement, tant au niveau du matériel
que de la mise en œuvre. En effet, la mise en place d’un équilibrage dynamique implique
l’utilisation d’un régulateur de la pression différentielle en plus par module hydraulique
régulé. Les pertes de charge induites par ces régulateurs, au minimum de 3 kPa, conduisent
à une légère augmentation des consommations de pompage.

Coûts Coûts Ratio Coût global


Coûts de mise Consommations Consommations Emission CO2
Cas étudiés Coûts matériels application maintenance consommations partagé pour
en œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode par an [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_ES 10 487 € 3 172 € 727 € 200 € 22,57 € 1 793 € 8509 31,6 95 329 €
CSP_ED 10 512 € 3 179 € 727 € 200 € 24,02 € 1 768 € 8393 31,2 94 558 €
VSP_DBC_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,81 € 1 679 € 7959 29,5 90 576 €
VSP_DBC_ED 10 488 € 3 175 € 727 € 200 € 1,81 € 1 683 € 7977 29,5 90 744 €
VSP_DPC_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,84 € 1 723 € 8169 30,2 92 156 €
VSP_DPC_COL_ED 10 488 € 3 175 € 727 € 200 € 3,93 € 1 726 € 8182 30,3 92 324 €
VSP_PDP_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,13 € 1 706 € 8089 29,9 91 541 €
VSP_PDP_COL_ED 10 488 € 3 175 € 727 € 200 € 1,94 € 1 706 € 8090 29,9 91 578 €

Figure 4.55 : Récapitulatif des coûts

138
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

L’équilibrage dynamique n’impliquera que très peu de coûts supplémentaires par rapport à
un équilibrage statique. Cependant, ses avantages résident dans sa capacité à maintenir la
pression différentielle du module hydraulique régulé constante. Cela se traduit par une
amélioration de la stabilité des boucles de régulation et une meilleure progressivité de
régulation.

6. OPTIMISATION DE LA CONCEPTION

6.1 PRINCIPE

Les résultats de la section précédente ont mis en évidence l’importance de l’opération


d’équilibrage hydraulique pour le bon fonctionnement de l’installation de chauffage. Il permet
en effet de corriger le déséquilibre hydraulique naturel de l’installation, en ramenant le
coefficient de déséquilibre le plus proche possible de 1, et d’améliorer sensiblement le
confort thermique dans le bâtiment. Cependant, la mise en place de l’équilibrage hydraulique
implique une augmentation des coûts d’investissements (matériel et mise en œuvre) et des
coûts de fonctionnement, notamment par l’augmentation des coûts de pompage.

En sachant que l’opération d’équilibrage hydraulique a pour but de limiter le coefficient de


déséquilibre de l’installation dû au dimensionnement approximatif de l’installation. Cette
approximation n’est pas une erreur de calcul corrigeable puisqu’elle est due aux écarts
existants entre les valeurs théoriques de dimensionnement et les produits fournis par les
constructeurs. Cependant, il est possible d’imaginer un dimensionnement optimisé de
l’installation permettant de réduire, dès la phase de conception, le déséquilibre hydraulique.

Dans un premier temps, l’objectif est de calculer le facteur de déséquilibre des unités
terminales pour un dimensionnement dit standard, i.e. en sélectionnant l’ensemble des
composants de l’installation par excès dans les bases de données des constructeurs.
Ensuite, il s’agit de faire un diagnostic de l’installation en repérant, composant par
composant, les éléments hydrauliquement favorisés et défavorisés. Ensuite, l’installation
sera complètement redimensionnée en tenant compte des facteurs de déséquilibre. L’objectif
est de créer plus de pertes de charge dans une branche favorisée et moins de pertes de
charge dans une branche défavorisée (Figure 4.56). Ainsi, un composant hydrauliquement
favorisé sera sélectionné par défaut dans les bases de données, créant donc plus de pertes
de charge, et un composant hydrauliquement défavorisé sera sélectionné par excès créant
donc moins de pertes de charge. Au final, le coefficient de déséquilibre de l’installation sera
réduit par rapport à l’installation classique non équilibrée. Reste maintenant à évaluer le
niveau de confort thermique et les consommations énergétiques d’une telle installation.

139
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Figure 4.56 : Principe du dimensionnement optimisé

Ce dimensionnement optimisé de l’installation ne peut s’effectuer que pour les éléments de


la tuyauterie. Modifier le dimensionnement des émetteurs reviendrait à remettre en cause le
bilan thermique du bâtiment. Dans le cas présenté ci-après, cette méthode a été appliquée
pour la tuyauterie circulant dans les colonnes et les étages de l’installation. La tuyauterie des
unités terminales a été sélectionnée de manière classique par excès étant donné la faiblesse
des débits circulant.

6.2 FACTEUR DE DÉSÉQUILIBRE

La Figure 4.57 montre le facteur de déséquilibre de chaque unité terminale pour trois types
de l’installation :

• L’installation avec un dimensionnement optimisé de la tuyauterie des colonnes et des


étages (SEOB),

• L’installation non équilibrée avec un dimensionnement standard par excès (SE),

• L’installation avec un équilibrage statique réglé par la méthode « parfaite » (ES).

Ce graphique montre que le coefficient de déséquilibre de l’installation équilibrée est de 1.0


et celui de l’installation non équilibrée de 2.3. Comme pour l’installation sans équilibrage
hydraulique, l’unité terminale de la zone 4 reste la plus hydrauliquement favorisée, son
facteur de déséquilibre est de 1.31 et l’unité terminale de la zone 12 reste la zone la plus
défavorisée avec un facteur de déséquilibre de 0.76. Le coefficient de déséquilibre de
l’installation est ramené à 1.7.

140
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

La figure montre également que l’optimisation du dimensionnement permet de réduire de


manière significative le facteur de déséquilibre de la majorité des unités terminales : les
unités terminales favorisées le sont moins et tout comme les unités défavorisées.
Cependant, pour celles ayant un facteur de déséquilibre proche de 1 avec un
dimensionnement standard, celui-ci peut être plus important avec le dimensionnement
optimisé comme pour les unités terminales 3 et 9.

1.5

1.4
R dC - O uest Etage 1 - Ouest R dC - Est Etage 1 - Est
1.3

SEOB
1.2 SE
Facteur de déséquilibre [-]

ES
1.1

0.9

0.8

0.7

0.6

0.5
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Num éro des unités terminales [-]
Figure 4.57 : Facteur de déséquilibre des unités terminales

Le dimensionnement optimisé de la tuyauterie des colonnes et des étages permet de réduire


les facteurs de déséquilibre des unités terminales et donc de réduire le coefficient de
déséquilibre de l’installation par rapport à l’installation non équilibrée dimensionnée par
excès. La première conclusion est de penser que le confort thermique du bâtiment sera
accru.

6.3 CONFORT THERMIQUE

Les résultats obtenus concernant le facteur de déséquilibre laisse présager que le confort
thermique devrait être amélioré avec le dimensionnement optimisé par rapport à une
installation non équilibrée.

Les deux figures suivantes montrent les écarts de températures à la consigne pour les trois
types de l’installation étudiée. Chaque couleur représente un algorithme de régulation de la
pompe ; les types d’installation se différencient par des motifs.

141
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Les trois types d’installation sont :


• L’installation avec un dimensionnement optimisé de la tuyauterie des colonnes et des
étages (rayures horizontales),
• L’installation non équilibrée avec un dimensionnement standard par excès (sans
motif),
• L’installation avec un équilibrage statique réglé par la méthode « parfaite » (rayures
verticales).

Pour une zone hydrauliquement favorisée comme la zone 4, la Figure 4.58 montre que
l’optimisation du dimensionnement de la tuyauterie ne permet pas de modifier le niveau du
confort thermique. Cette remarque est valable quel que soit l’algorithme de régulation de la
pompe choisi.

L’unité terminale de la zone 4 est toujours hydrauliquement favorisée mais moins que dans
l’installation sans équilibrage (Figure 4.57), ce qui explique que les écarts de température à
la consigne soient globalement légèrement supérieurs à ceux obtenus avec l’installation non
équilibrée.

Figure 4.58 : Écart à la consigne de la température résultante de la zone 4

Les résultats sont différents pour une zone dont l’unité terminale est hydrauliquement
défavorisée comme la zone 12. La réduction de son déséquilibre hydraulique (Figure 4.57)
grâce à l’optimisation du dimensionnement permet d’augmenter les débits de fluide et donc
d’énergie disponible. Ceci a pour conséquences de réduire les écarts à la consigne de la
température de la zone par rapport à une installation sans équilibrage. Au final, les niveaux
de températures sont compris entre ceux obtenus avec les deux autres types d’installation,
avec et sans équilibrage hydraulique (Figure 4.59). Cette remarque est valable pour les
quatre algorithmes de régulation simulés.
142
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

Figure 4.59 : Écart à la consigne de la température résultante de la zone 12


6.4 COÛT GLOBAL

L’approche par le coût global met en évidence l’impact des choix conceptuels de l’installation
en incluant les coûts d’investissements et de fonctionnement. Ces résultats sont regroupés
dans le tableau de la Figure 4.60.
L’optimisation du dimensionnement permet de réduire les coûts d’achat du matériel de
l’ordre de 1.3% par rapport à l’installation non équilibrée et de 11.6% par rapport à
l’installation équilibrée. Ces réductions de coûts se reportent sur le coût de la main d’œuvre
avec, respectivement une diminution des coûts d’environ 1.0% et 11.1%.
Le coût global de l’installation est réduit, en moyenne de 0.8% par rapport à l’installation non
équilibrée et de 4.7% par rapport à l’installation équilibrée.
Coûts Coûts Ratio Coût global
Coûts de mise Consommations Consommations Emission CO2
Cas étudiés Coûts matériels application maintenance consommations partagé pour
en œuvre pompe par an chaudière par an par an [kg]
méthode par an [kWh/m²/an] 15 ans
CSP_SEOB 9 271 € 2 821 € 0€ 200 € 9,93 € 1 777 € 8 428 31,2 90 908 €
CSP_SE 9 400 € 2 851 € 0€ 200 € 12,52 € 1 786 € 8 471 31,4 91 529 €
CSP_ES 10 487 € 3 172 € 727 € 200 € 24,20 € 1 793 € 8 509 31,6 95 386 €
VSP_DBC_SEOB 9 250 € 2 818 € 0€ 200 € 1,29 € 1 694 € 8 031 29,7 87 677 €
VSP_DBC_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 1,15 € 1 701 € 8 062 29,8 88 106 €
VSP_DBC_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 1,81 € 1 679 € 7 959 29,5 90 576 €
VSP_DPC_COL_SEOB 9 250 € 2 818 € 0€ 200 € 1,75 € 1 690 € 8 014 29,7 87 566 €
VSP_DPC_COL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,95 € 1 694 € 8 029 29,7 87 857 €
VSP_DPC_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,84 € 1 723 € 8 169 30,2 92 156 €
VSP_PDP_COL_SEOB 9 250 € 2 818 € 0€ 200 € 1,04 € 1 679 € 7 961 29,5 87 151 €
VSP_PDP_COL_SE 9 370 € 2 847 € 0€ 200 € 0,83 € 1 689 € 8 008 29,6 87 694 €
VSP_PDP_COL_ES 10 463 € 3 168 € 727 € 200 € 2,13 € 1 706 € 8 089 29,9 91 541 €

Figure 4.60 : Récapitulatif des coûts

143
Chapitre 4 : Sensibilité – Étude de cas

En conclusion, l’optimisation du dimensionnement permet de réduire le déséquilibre naturel


de l’installation et donc de diminuer les écarts de la température à la consigne de 40%. Cette
amélioration du confort thermique se fait sans augmentation des coûts, au contraire même,
ils sont réduits de 0.8% en moyenne.

Les résultats de cette optimisation ne sont pas généralisables à ce niveau d’études, il est
nécessaire de poursuivre les recherches en évaluant cet algorithme de dimensionnement à
plusieurs typologies d’installation et de bâtiments. Ces études supplémentaires permettront
de définir une tendance générale applicable au plus grand nombre d’installation de
chauffage et de définir un niveau minimal d’équilibrage hydraulique pour assurer le confort
thermique.

7. CONCLUSION

Ce chapitre a permis l’évaluation d’une installation de chauffage avec et sans équilibrage


hydraulique. Les critères d’évaluation étaient :

• La température résultante pour estimer le confort thermique pour la période


d’occupation pendant la saison de chauffe,

• Les consommations énergétiques de la production d’eau chaude et des auxiliaires,

• Le coût global de l’installation (coûts d’investissements, coûts de la main d’œuvre et


consommations énergétiques) pour un cycle de vie de 15 ans,

• La qualité de la régulation.

Les simulations annuelles ont montré qu’une installation non équilibrée est sujette à un
déséquilibre hydraulique important qui induit une mauvaise répartition de la puissance
thermique dans le bâtiment. Ainsi, le confort thermique n’est pas assuré pour une partie du
bâtiment qui est donc sous-chauffée. La mise en place de l’équilibrage hydraulique permet
une meilleure répartition de l’énergie dans le bâtiment. En effet, les écarts de température à
la consigne sont réduits de 50% en moyenne. Cependant, il engendre un doublement des
consommations énergétiques des auxiliaires et une augmentation du coût global de
l’installation de l’ordre de 3.1%.

L’évaluation des méthodes d’équilibrage pour une même configuration n’a pas permis de
mettre en évidence des différences majeures quant à la position finale des vannes
d’équilibrage. La différence majeure soulignée est le temps d’application de la méthode et
les coûts impliqués. Pour le cas étudié, l’écart des coûts peut aller jusqu’à 40%. Une étude
sur une installation de taille plus importante est souhaitée pour compléter l’analyse.

L’évaluation des algorithmes de régulation de la vitesse des pompes de circulation a mis en


évidence une réduction des coûts de pompage de l’ordre de 90% par rapport à une pompe à
vitesse constante. Ce résultat est valable pour tous les moyens d’équilibrage étudiés.
Cependant, la variation de vitesse engendre un doublement des écarts de température à la
consigne.

Enfin, l’optimisation de la conception de la tuyauterie permet de réduire le coefficient de


déséquilibre naturel de l’installation par rapport à une installation non équilibrée, passant de
2.3 à 1.7. Ainsi, la puissance thermique est mieux répartie et le confort thermique proche de
celui obtenu avec une installation équilibrée tout en ayant un coût global équivalent à celui
d’une installation non équilibrée.

144
Conclusion générale

CONCLUSION GÉNÉRALE

Les principaux objectifs de cette recherche étaient de mettre en avant l’importance de


l’équilibrage hydraulique et de montrer l’impact de l’utilisation de la vitesse variable par le
biais de la simulation numérique pour un bâtiment typique. Ces évaluations ont été
effectuées en estimant plusieurs critères que sont le confort thermique, les consommations
énergétiques, le coût global et la qualité de la régulation.

Pour cela, la première étape consistait à se doter d’un outil adéquat pour la simulation du
comportement thermo-hydraulique d’une installation de chauffage. Le choix de
l’environnement Matlab/Simulink a été retenu pour le développement de ce simulateur de
réseaux hydrauliques pour sa convivialité et son environnement graphique. Les acquis de la
bibliothèque SIMBAD Building and HVAC Toolbox sont un plus.

La modélisation du simulateur s’est appuyée sur une démarche précise :


• Le développement de modèles élémentaires des installations de chauffage en
complément de la bibliothèque SIMBAD,
• La définition d’une structuration modulaire en couche simplifiant la mise en place de
réseaux hydrauliques,
• Le couplage du réseau hydraulique avec un modèle de bâtiment,
• La mise en place d’une procédure de dimensionnement automatique facilitant
l’implémentation des réseaux hydrauliques,
• La validation expérimentale du simulateur de réseaux hydrauliques par évaluation sur
un banc d’essais.

Ce simulateur de réseaux hydrauliques permet de simuler le comportement thermo-


hydraulique d’une installation de chauffage couplé à un bâtiment.

La validation expérimentale de ce simulateur par comparaison avec un banc d’essais a


permis de déterminer une incertitude de l’ordre de 5% concernant les résultats. De plus, les
essais effectués ont également permis de valider l’application d’une méthode d’équilibrage
par le simulateur, la méthode proportionnelle.

La suite des travaux a été consacrée à l’implémentation d’un cas d’étude : un bâtiment
tertiaire situé dans la banlieue parisienne. L’installation de chauffage associée a été évaluée
sans équilibrage hydraulique, pour établir une référence, puis équilibrée et enfin avec
l’utilisation de régulateurs de la pression différentielle. De plus, chacun de ces cas a été
évalué pour plusieurs algorithmes de régulation de la pompe.

145
Conclusion générale

Les critères d’évaluation sont relatifs au confort thermique dans le bâtiment, aux
consommations énergétiques de la production d’eau chaude et des auxiliaires, au coût
global intégrant également les coûts d’investissements, de main d’œuvre et de maintenance,
et en dernier point à la qualité de la régulation.

Des simulations annuelles utilisant un pas de temps de simulation de trente secondes ont
été effectuées pour tous les cas précités. L’évaluation globale grâce aux critères d’évaluation
permet de dire qu’une installation non équilibrée possède un coefficient de déséquilibre
hydraulique élevé ne permettant pas une répartition correcte de la puissance thermique. Une
partie du bâtiment est sous-chauffée et donc en inconfort thermique. L’équilibrage
hydraulique permet une homogénéisation du confort thermique dans le bâtiment mais
augmente le coût global de l’installation de 3%. L’utilisation de régulateurs de la pression
différentielle n’apporte pas de changements conséquents. En effet, l’installation est trop
petite pour utiliser leur potentiel : aucun changement notable n’est noté sur la qualité de la
régulation.

L’évaluation des méthodes d’équilibrage indique que les résultats sont du même ordre pour
toutes les méthodes testées. Seul leur temps et donc leur coût d’application varient.

L’utilisation de la vitesse variable permet de réduire de manière significative les


consommations des auxiliaires, de l’ordre de 90% par rapport à une pompe à vitesse
constante. Cependant, le confort thermique est légèrement dégradé quel que soit
l’algorithme de régulation choisi : les écarts de température à la consigne sont doublés par
rapport à ceux obtenus avec l’utilisation de pompes à vitesse constante.

L’optimisation de la conception n’implique pas de changement dans le coût global de


l’installation ni de ses consommations par rapport à l’installation non équilibrée. Son
avantage réside dans un coefficient de déséquilibre plus faible. La puissance thermique est
mieux répartie et le confort thermique proche de celui d’une installation équilibrée.

Les perspectives de ce travail se situent sur plusieurs plans. Tout d’abord, l’évaluation des
conséquences d’un déséquilibre hydraulique sont à étudier sur des bâtiments de taille plus
importante et pour des climats différents. Ceci permettrait de mieux appréhender les
phénomènes liés à l’utilisation des régulateurs de la pression différentielle, notamment
l’amélioration de la qualité de la régulation terminale.

Le couplage du simulateur à des bases de données dynamiques permettrait de transférer


l’outil vers les bureaux d’études pour toute la phase de conception de l’installation. Ils
pourraient également faire un bilan prévisionnel des consommations énergétiques.

Enfin, le couplage à ce simulateur de réseaux hydrauliques d’une partie Eau Chaude


Sanitaire permettrait d’effectuer un suivi sanitaire de l’installation par une détection des
points froids.

De manière générale, l’équilibrage hydraulique et la généralisation de la vitesse variable ont


montré leur aptitude à assurer un bon confort thermique tout en minimisant les
consommations énergétiques. Ils correspondent à une solution à approfondir en rapport avec
le concept des bâtiments à énergie positive dans le contexte actuel de réduction des
consommations énergétiques s’appuyant sur la directive performance énergétique des
bâtiments.

146
Bibliographie

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152
Annexes

ANNEXES

1. ANNEXE 1 : BASES DE DONNÉES DU SIMULATEUR

1.1 Émetteurs de chaleur,


1.2 Tuyauterie,
1.3 Vannes d’équilibrage,
1.4 Régulateurs de la pression différentielle,
1.5 Pompe de circulation,
1.6 Chaudière.

2. ANNEXE 2 : TABLEAU SES COÛTS D’INVESTISSEMENTS

3. ANNEXE 3 : TENDANCE DES COÛTS D’INCESTISSEMENTS ET DE MAIN


D’ŒUVRE

3.1 Émetteurs de chaleur,


3.2 Régulation terminale,
3.3 Tuyauterie,
3.4 Calorifugeage de la tuyauterie,
3.5 Vanne d’équilibrage,
3.6 Soupape de pression différentielle,
3.7 Pompe,
3.8 Chaudière.

153
Annexes

ANNEXE 1

1. EMETTEURS DE CHALEUR

L’Annexe 1.1 décrit la base de données des constructeurs des émetteurs de chaleur.

Puissance Température Température Température Coefficient Masse d'eau Mass de Surface de


nominale [W] d'entrée [°C] de sortie [°C] ambiante [°C] d'émission [-] [kg] l'émetteur [kg] l'émetteur [m²]
695 90 70 20 1,3527 2,0 10,85 0,160
903 90 70 20 1,3527 2,6 13,95 0,208
1042 90 70 20 1,3527 3,0 15,92 0,240
1250 90 70 20 1,3527 3,6 18,96 0,288
1389 90 70 20 1,3527 4,0 20,99 0,320
1598 90 70 20 1,3527 4,6 24,03 0,368
1737 90 70 20 1,3527 5,0 26,06 0,400
1945 90 70 20 1,3527 5,6 29,10 0,448
2084 90 70 20 1,3527 6,0 31,13 0,480
2292 90 70 20 1,3527 6,6 34,17 0,528
2431 90 70 20 1,3527 7,0 36,19 0,560
2778 90 70 20 1,3527 8,0 41,26 0,640
3126 90 70 20 1,3527 9,0 46,33 0,720
3473 90 70 20 1,3527 10,0 51,40 0,800
3820 90 70 20 1,3527 11,0 56,47 0,880
4168 90 70 20 1,3527 12,0 61,54 0,960
4515 90 70 20 1,3527 13,0 66,61 1,040
4862 90 70 20 1,3527 14,0 71,68 1,120
5210 90 70 20 1,3527 15,0 76,75 1,200
5361 90 70 20 1,4097 17,3 95,13 0,960
6031 90 70 20 1,4097 19,4 106,9 1,080
6701 90 70 20 1,4097 21,6 118,8 1,200
7371 90 70 20 1,4097 23,8 130,6 1,320
8041 90 70 20 1,4097 25,9 142,4 1,440
8711 90 70 20 1,4097 28,1 154,2 1,560
9381 90 70 20 1,4097 30,2 166,0 1,680
10051 90 70 20 1,4097 32,4 177,8 1,800
10575 90 70 20 1,4218 37,4 218,2 2,160
11456 90 70 20 1,4218 40,6 236,3 2,340
12337 90 70 20 1,4218 43,7 254,5 2,520
13218 90 70 20 1,4218 46,8 272,7 2,700

Annexe 1.1 : Base de données constructeur des émetteurs de chaleur [De Dietrich, Ornis II]

154
Annexes

2. TUYAUTERIE

L’Annexe 1.2 décrit la base de données des constructeurs de la tuyauterie.

Epaisseur de la Epaisseur Conductivité thermique


Matériau [-] Diamètre [m]
canalisation [m] d'isolant [m] de l'isolant [W/m²/K]
Cuivre 0,010 0,0009 0,01 0,026
Cuivre 0,012 0,0011 0,01 0,026
Cuivre 0,016 0,0015 0,01 0,026
Acier 0,020 0,0019 0,02 0,026
Acier 0,025 0,0023 0,02 0,026
Acier 0,032 0,0029 0,02 0,026
Acier 0,040 0,0037 0,02 0,026
Acier 0,050 0,0046 0,02 0,026
Acier 0,063 0,0058 0,02 0,026

Annexe 1.2 : Base de données constructeur de la tuyauterie [Tréfimétaux]

3. VANNE D’ÉQUILIBRAGE

L’Annexe 1.3 décrit la base de données des constructeurs des émetteurs de chaleur.

Kv en Kv en Kv en Kv en Kv en Kv en Kv en Kv en
Kvs [m /h] Kv0 [m /h] position 0,5 position 1,0 position 1,5 position 2,0 position 2,5 position 3,0 position 3,5 position 4,0
3 3
Section
3 3 3 3 3 3 3 3
[m /h] [m /h] [m /h] [m /h] [m /h] [m /h] [m /h] [m /h]
DN 10/09 1,47 0,001 0,045 0,090 0,137 0,260 0,480 0,826 1,26 1,47
DN15/14 2,52 0,001 0,127 0,212 0,314 0,571 0,877 1,38 1,98 2,52
DN 20 5,7 0,001 0,511 0,757 1,19 1,90 2,80 3,87 4,75 5,70
DN 25 8,7 0,001 0,60 1,03 2,10 3,62 5,30 6,90 8,00 8,70
DN 32 14,2 0,001 1,14 1,90 3,10 4,66 7,10 9,50 11,80 14,20
DN 40 19,2 0,001 1,75 3,30 4,60 6,10 8,80 12,60 16,00 19,20
DN 50 33 0,001 2,56 4,20 7,20 11,70 16,20 21,50 26,50 33,00

Annexe 1.3 : Base de données constructeur des vannes d’équilibrage [Tour & Andersson]

155
Annexes

4. RÉGULATEUR DE LA PRESSION DIFFÉRENTIELLE

L’Annexe 1.4 décrit la base de données des constructeurs des régulateurs de la pression
différentielle.

3 3 3 Pression Débit minimum Débit nominal Débit maximum


Kvmin [m /h] Kvnom [m /h] Kvmax [m /h]
différentielle [kPa] [L/h] [L/h] [L/h]
0,07 1 1,4 10 25 310 440
0,07 1 1,4 20 35 440 620
0,07 1 1,4 30 45 540 750
0,07 1 1,4 40 50 620 880
0,07 1 1,4 50 55 680 980
0,07 1 1,4 60 60 760 1080
0,16 2,2 3,1 10 50 690 980
0,16 2,2 3,1 20 70 980 1390
0,16 2,2 3,1 30 85 1200 1700
0,16 2,2 3,1 40 100 1380 1960
0,16 2,2 3,1 50 110 1540 2190
0,16 2,2 3,1 60 120 1690 2400
0,28 3,8 5,5 10 90 1190 1740
0,28 3,8 5,5 20 130 1680 2460
0,28 3,8 5,5 30 160 2060 3010
0,28 3,8 5,5 40 180 2380 3480
0,28 3,8 5,5 50 200 2660 3890
0,28 3,8 5,5 60 220 2910 4260
0,42 6 8,5 20 190 2670 3820
0,42 6 8,5 30 230 3270 4680
0,42 6 8,5 40 270 3780 5400
0,42 6 8,5 50 300 4220 6040
0,42 6 8,5 60 330 4620 6620
0,42 6 8,5 70 360 5000 7150
0,42 6 8,5 80 380 5340 7640
0,64 9 12,8 20 290 4010 5730
0,64 9 12,8 30 360 4910 7020
0,64 9 12,8 40 410 5670 8100
0,64 9 12,8 50 460 6340 9060
0,64 9 12,8 60 500 6950 9920
0,64 9 12,8 70 540 7500 10700
0,64 9 12,8 80 580 8020 11500
1,2 17 24,4 20 540 7570 10900
1,2 17 24,4 30 660 9270 13300
1,2 17 24,4 40 760 10700 15400
1,2 17 24,4 50 850 12000 17200
1,2 17 24,4 60 940 13100 18900
1,2 17 24,4 70 1010 14200 20400
1,2 17 24,4 80 1080 15100 21800

Annexe 1.4 : Base de données constructeur des régulateurs de la pression différentielle [Tour &
Andersson]

156
Annexes

5. POMPE DE CIRCULATION

L’Annexe 1.5 décrit la base de données des constructeurs des pompes de circulation.

Hauteur Vitesse du Débit de fonctionnement Hauteur manométrique de Puissance de la


manométrique [m] moteur [rpm] nominal [kg/s] fonctionnement nominal [mce] pompe [W]
3,50 1900 0,68 2,25 73
2,00 1900 0,50 1,50 65
3,00 1900 0,61 2,00 70
4,00 1900 0,72 2,50 75
5,00 1900 0,83 3,00 80
7,50 1850 1,11 4,50 93
10,00 1350 4,33 6,00 660
12,50 1450 3,10 7,50 835
15,00 2050 2,39 9,00 788
15,00 1400 2,82 9,00 1285
18,75 1350 4,94 11,25 1350
22,10 1600 5,55 13,25 1400
27,50 2770 6,90 16,50 1100
37,50 3000 7,30 22,50 2000
50,00 2800 8,00 30,00 2100
58,30 1350 4,90 35,00 2300
66,70 1350 4,91 40,00 2400
75,00 1350 4,92 45,00 2500
83,00 1350 4,93 50,00 2600

Annexe 1.5 : Base de données constructeur des émetteurs de chaleur [Salmson]

6. CHAUDIÈRE

L’Annexe 1.6 décrit la base de données des constructeurs des chaudières.

Puissance Débit nominale Pertes de charge au


Efficacité [-] Masse [kg]
nominale [W] [kg/s] débit nominal [Pa]
18000 0,217 89,6 109 800
24000 0,286 89,9 126 1500
30000 0,358 90,1 143 2300
36000 0,428 90,2 160 3200
42000 0,499 90,2 177 4200
48000 0,569 90,2 194 5300
54000 0,639 90,2 211 6500
60000 0,710 90,2 228 7800
66000 0,780 90,2 245 9200
72000 0,851 90,2 262 10700
78000 0,921 90,2 279 12300
84000 0,992 90,2 296 14000
90000 1,062 90,2 313 15800
96000 1,133 90,2 330 17700

Annexe 1.6 : Base de données constructeur des chaudières [Tour & Andersson]

157
Annexes

ANNEXE 2

L’Annexe 2.1 décrit la première partie du tableau des coûts d’investissements des
composants des réseaux hydrauliques.

Désignation Référence U Total matériel Total main d'oeuvre Total


Pompe de circulation 125 W (vitesse constante) 125 W 227,24 € 64,02 € 291,26 €
Pompe de circulation 250 W (vitesse constante) 250 W 310,96 € 64,02 € 374,98 €
Pompe de circulation 500 W (vitesse constante) 500 W 448,50 € 64,02 € 512,52 €
Pompe de circulation 125 W (vitesse variable) 125 W 298,65 € 74,69 € 373,34 €
Pompe de circulation 250 W (vitesse variable) 250 W 448,61 € 74,69 € 523,30 €
Pompe de circulation 500 W (vitesse variable) 500 W 703,64 € 74,69 € 778,33 €
Chaudière gaz allure progressive 10 à 42 kW 26,00 kW 1 088,48 € 106,70 € 1 195,18 €
Chaudière gaz allure progressive 30 à 80 kW 55,00 kW 1 447,51 € 117,37 € 1 564,88 €
Chaudière gaz allure progressive 50 à 150 kW 100,00 kW 1 457,38 € 128,04 € 1 585,42 €
Vidange installation de chauffage 14 à 35 kW 0,00 € 74,69 € 74,69 €
Intervention et entretien chaudière 35 kW 0,00 € 50,15 € 50,15 €
Ramonage de la cheminée de la chaufferie 0,00 € 58,69 € 58,69 €
Soupape pression différentielle 15/21 mm 15,00 43,37 € 11,74 € 55,11 €
Soupape pression différentielle 20/27 mm 20,00 43,37 € 12,80 € 56,17 €
Soupape pression différentielle 26/34 mm 26,00 60,70 € 13,87 € 74,57 €
Soupape pression différentielle 33/42 mm 33,00 69,37 € 14,94 € 84,31 €
Robinet d'équilibrage 12/17 mm 12,00 44,91 € 12,80 € 57,71 €
Robinet d'équilibrage 15/21 mm 15,00 45,05 € 13,87 € 58,92 €
Robinet d'équilibrage 20/27 mm 20,00 45,66 € 14,94 € 60,60 €
Robinet d'équilibrage 26/34 mm 26,00 52,72 € 16,01 € 68,73 €
Robinet d'équilibrage 33/42 mm 33,00 66,84 € 17,07 € 83,91 €
Robinet d'équilibrage 40/49 mm 40,00 81,72 € 19,21 € 100,93 €
Robinet d'équilibrage 50/60 mm 50,00 97,30 € 21,34 € 118,64 €
Robinet thermostatique 12/14 mm 12,00 27,52 € 10,67 € 38,19 €
Robinet thermostatique 14/16 mm 14,00 27,52 € 10,67 € 38,19 €
Robinet thermostatique 20/22 mm 20,00 32,35 € 10,67 € 43,02 €
Regulation en fonction de la temperature extérieure 724,54 € 106,70 € 831,24 €
Sonde d'ambiance programmable 175,50 € 10,67 € 186,17 €
Vase d'expension à pression d'azote 23,63 € 34,14 € 57,77 €
Canalisation cuivre en sol 10/12 mm 10,00 4,16 € 5,59 € 9,75 €
Canalisation cuivre en sol 12/14 mm 12,00 4,50 € 5,59 € 10,09 €
Canalisation cuivre en sol 14/16 mm 14,00 5,53 € 6,34 € 11,87 €
Canalisation cuivre en sol 16/18 mm 16,00 5,87 € 6,34 € 12,21 €
Canalisation cuivre en sol 18/20 mm 18,00 7,10 € 6,34 € 13,43 €
Canalisation cuivre en sol 20/22 mm 20,00 7,39 € 7,08 € 14,47 €
Calorifugeage 30 mm 15/21 mm 15,00 3,32 € 5,12 € 8,44 €
Calorifugeage 30 mm 20/27 mm 20,00 3,55 € 5,34 € 8,89 €
Calorifugeage 30 mm 26/34 mm 26,00 3,82 € 5,55 € 9,37 €
Calorifugeage 30 mm 33/42 mm 33,00 4,17 € 5,98 € 10,14 €

Annexe 2.1 : Base de données constituée à partir de Batitel (partie 1)

158
Annexes

L’Annexe 2.2 décrit la seconde partie du tableau des coûts d’investissements des
composants des réseaux hydrauliques.

Désignation Référence U Total matériel Total main d'oeuvre Total


Radiateur 9 éléments 10S/600 mm 332,10 W 24,03 € 27,96 € 51,99 €
Radiateur 12 éléments 10S/600 mm 442,80 W 32,04 € 29,24 € 61,28 €
Radiateur 18 éléments 10S/600 mm 664,80 W 48,06 € 31,80 € 79,86 €
Radiateur 24 éléments 10S/600 mm 885,60 W 64,08 € 34,36 € 98,44 €
Radiateur 9 éléments 10S/750 mm 407,70 W 28,62 € 27,96 € 56,58 €
Radiateur 12 éléments 10S/750 mm 543,60 W 38,16 € 29,24 € 67,40 €
Radiateur 18 éléments 10S/750 mm 815,40 W 57,24 € 31,80 € 89,04 €
Radiateur 24 éléments 10S/750 mm 1087,20 W 76,32 € 34,36 € 110,68 €
Radiateur 9 éléments 11S/600 mm 558,90 W 32,31 € 27,96 € 60,27 €
Radiateur 12 éléments 11S/600 mm 745,20 W 43,08 € 29,24 € 72,32 €
Radiateur 18 éléments 11S/600 mm 1117,80 W 64,62 € 31,80 € 96,42 €
Radiateur 24 éléments 11S/600 mm 1490,40 W 86,16 € 34,36 € 120,52 €
Radiateur 9 éléments 11S/750 mm 662,40 W 38,43 € 27,96 € 66,39 €
Radiateur 12 éléments 11S/750 mm 883,20 W 51,24 € 29,24 € 80,48 €
Radiateur 18 éléments 11S/750 mm 1324,80 W 76,86 € 31,80 € 108,66 €
Radiateur 24 éléments 11S/750 mm 1766,40 W 102,48 € 34,36 € 136,84 €
Radiateur 9 éléments 11S/900 mm 751,50 W 45,45 € 27,96 € 73,41 €
Radiateur 12 éléments 11S/900 mm 1002,00 W 60,60 € 29,24 € 89,84 €
Radiateur 18 éléments 11S/900 mm 1503,00 W 90,90 € 31,80 € 122,70 €
Radiateur 24 éléments 11S/900 mm 2004,00 W 121,20 € 34,36 € 155,56 €
Radiateur 9 éléments 21S/600 mm 760,50 W 47,25 € 27,96 € 75,21 €
Radiateur 12 éléments 21S/600 mm 1014,00 W 63,00 € 29,24 € 92,24 €
Radiateur 18 éléments 21S/600 mm 1521,00 W 94,50 € 31,80 € 126,30 €
Radiateur 24 éléments 21S/600 mm 2028,00 W 126,00 € 34,36 € 160,36 €
Radiateur 9 éléments 21S/750 mm 897,30 W 55,17 € 27,96 € 83,13 €
Radiateur 12 éléments 21S/750 mm 1196,40 W 73,56 € 29,24 € 102,80 €
Radiateur 18 éléments 21S/750 mm 1794,60 W 110,34 € 31,80 € 142,14 €
Radiateur 24 éléments 21S/750 mm 2394,80 W 147,12 € 34,36 € 181,48 €
Radiateur 9 éléments 21S/900 mm 1024,20 W 71,01 € 27,96 € 98,97 €
Radiateur 12 éléments 21S/900 mm 1365,60 W 94,68 € 29,24 € 123,92 €
Radiateur 18 éléments 21S/900 mm 2048,40 W 142,02 € 31,80 € 173,82 €
Radiateur 24 éléments 21S/900 mm 2731,20 W 189,36 € 34,36 € 223,72 €
Radiateur 9 éléments 22S/600 mm 1037,70 W 63,27 € 27,96 € 91,23 €
Radiateur 12 éléments 22S/600 mm 1383,60 W 84,36 € 29,24 € 113,60 €
Radiateur 18 éléments 22S/600 mm 2075,40 W 126,54 € 31,80 € 158,34 €
Radiateur 24 éléments 22S/600 mm 2767,20 W 168,72 € 34,36 € 203,08 €
Radiateur 9 éléments 22S/750 mm 1221,30 W 75,33 € 27,96 € 103,29 €
Radiateur 12 éléments 22S/750 mm 1628,40 W 100,44 € 29,24 € 129,68 €
Radiateur 18 éléments 22S/750 mm 2442,60 W 150,66 € 31,80 € 182,46 €
Radiateur 24 éléments 22S/750 mm 3256,80 W 200,88 € 34,36 € 235,24 €
Radiateur 9 éléments 22S/900 mm 1380,60 W 91,53 € 27,96 € 119,49 €
Radiateur 12 éléments 22S/900 mm 1840,80 W 122,04 € 29,24 € 151,28 €
Radiateur 18 éléments 22S/900 mm 2761,20 W 183,06 € 31,80 € 214,86 €
Radiateur 24 éléments 22S/900 mm 3681,60 W 244,08 € 34,36 € 278,44 €

Annexe 2.2 : Base de données constituée à partir de Batitel (partie 2)

159
Annexes

ANNEXE 3

1. COÛTS DES ÉMETTEURS DE CHALEUR

Le graphique de l’Annexe 3.1 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre des émetteurs de chaleur.

300 €

250 €

200 €
Prix [€]

150 €

100 €

50 €

0€
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000
Puissance [W]

Total Matériel Main d'oeuvre

Annexe 3.1 : Courbes de tendance des coûts des émetteurs de chaleur

2. COÛTS DE LA RÉGULATION TERMINALE

Le graphique de l’Annexe 3.2 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre de la régulation terminale.
50 €

45 €

40 €

35 €

30 €
Prix [€]

25 €

20 €

15 €

10 €

5€

0€
0 5 10 15 20 25
Section [mm]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.2 : Courbes de tendance des coûts de la régulation terminale

160
Annexes

3. COÛTS DE LA TUYAUTERIE

Le graphique de l’Annexe 3.3 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre de la tuyauterie.

16 €

14 €

12 €

10 €
Prix [€]

8€

6€

4€

2€

0€
0 5 10 15 20 25
Section [mm]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.3 : Courbes de tendance des coûts de la tuyauterie

4. COÛTS DU CALORIFUGEAGE DE LA TUYAUTERIE

Le graphique de l’Annexe 3.4 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre du calorifugeage de la tuyauterie.

16 €

14 €

12 €

10 €
Prix [€]

8€

6€

4€

2€

0€
0 5 10 15 20 25
Section [mm]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.4 : Courbes de tendance des coûts du calorifugeage de la tuyauterie

161
Annexes

5. COÛTS DES VANNES D’ÉQUILIBRAGE

Le graphique de l’Annexe 3.5 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre des vannes d’équilibrage.

16 €

14 €

12 €

10 €
Prix [€]

8€

6€

4€

2€

0€
0 5 10 15 20 25
Section [mm]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.5 : Courbes de tendance des coûts des vannes d’équilibrage

6. COÛTS DE LA SOUPAPE DE PRESSION DIFFÉRENTIELLE

Le graphique de l’Annexe 3.6 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre des régulateurs de la pression différentielle.

90 €

80 €

70 €

60 €

50 €
Prix [€]

40 €

30 €

20 €

10 €

0€
0 5 10 15 20 25 30 35
Section [mm]

Materiel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.6 : Courbes de tendance des coûts de la soupape de pression différentielle

162
Annexes

7. COÛTS DE LA POMPE DE CIRCULATION

7.1. POMPE À VITESSE CONSTANTE

Le graphique de l’Annexe 3.7 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre des pompes à vitesse constante.

900 €

800 €

700 €

600 €

500 €
Prix [€]

400 €

300 €

200 €

100 €

0€
0 100 200 300 400 500 600
Puissance [W]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.7 : Courbes de tendance des coûts de la pompe de circulation à vitesse constante

7.2. POMPE À VITESSE VARIABLE

Le graphique de l’Annexe 3.8 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre des émetteurs de chaleur.

900 €

800 €

700 €

600 €

500 €
Prix [€]

400 €

300 €

200 €

100 €

0€
0 100 200 300 400 500 600
Puissance [W]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.8 : Courbes de tendance des coûts de la pompe de circulation à vitesse variable

163
Annexes

8. COÛTS DE LA CHAUDIÈRE

Le graphique de l’Annexe 3.9 décrit les courbes de tendance des coûts d’investissements et
de main d’œuvre des chaudières.
1 800 €

1 600 €

1 400 €

1 200 €

1 000 €
Prix [€]

800 €

600 €

400 €

200 €

0€
0 20 40 60 80 100 120
Puissance [kW]

Matériel Main d'oeuvre Total

Annexe 3.9 : Courbes de tendance des coûts de la chaudière

164

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