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Linky

compteur électrique utilisé en France

Linky est le nom du compteur électrique communicant développé par Enedis (anciennement
ERDF « Électricité Réseau Distribution France »), principal gestionnaire du réseau électrique
de distribution en France. En 2015, le déploiement des compteurs communicants pour le
comptage de l'électricité est inscrit dans la loi relative à la « transition énergétique pour la
croissance verte », en application de directives européennes, et en 2016, sur demande de
l'Ademe, Enedis s'engage à les installer dans trente-cinq millions de foyers français à
l'horizon 2021. L'installation du compteur fait l'objet de controverses et de contestations de la
part de nombreux particuliers, d'associations de consommateurs et de plusieurs centaines
de communes.

Linky, compteur communicant.


Puissance apparente instantanée affichée par le compteur Linky.

Affichage compteur Linky montrant la consommation en kilowatt-heure.

Historique

Contexte

Le développement de cette génération de compteurs trouve son origine dans deux directives
européennes datant de 2006[1] et 2009. La dernière (2009/72/CE) dispose (Annexe 1, point
2) : « Si la mise en place de compteurs intelligents donne lieu à une évaluation favorable, au
moins 80 % des clients seront équipés de systèmes intelligents de mesure d’ici à 2020 »[2].
La directive européenne ne crée aucune obligation aux États[3].

Sur les 23 pays de l’Union européenne dont la décision est arrêtée, 7[a] ne prévoient pas le
déploiement de l'installation de compteurs communicants ou bien seulement pour certains
clients : l’Allemagne, la Belgique, la Lituanie, la Lettonie, le Portugal, la République tchèque et
la Slovaquie[4],[5],[6].

Un compteur communicant utilisant la transmission par radio, dénommé Gazpar, est en


cours d'installation chez les onze millions de consommateurs de gaz[7].

Enedis lance le projet Linky en 2007 (le nom est trouvé en mars 2009) et a alors comme
objectif d'équiper toute la France à l'horizon 2021 [réf. nécessaire].

De 2007 à 2009, les grandes orientations sont choisies (spécifications systèmes


d'information, compteurs et concentrateurs, modes de communication, condition de
l'expérimentation) et le consortium chargé de la création conjointe du système d'information
et des matériels, ainsi que de la spécification des protocoles de communication est désigné.
Placé sous la responsabilité d'Atos Origin France, ce dernier regroupe trois constructeurs
(Landis+Gyr, Itron et Iskraemeco) et l'entreprise française Trialog, chargée d'élaborer le
protocole de communication de type CPL[8],[9].

Des projets analogues sont en cours en divers pays du monde, mais ont été repoussés ou
bien limités, par exemple au Québec[10].

Expérimentation

Une expérimentation est lancée en mars 2009[11]. Elle consiste à installer en Indre-et-Loire et
à Lyon 300 000 compteurs[12] issus des productions des sociétés membres du consortium
choisi lors de l'étude et à fournir à la commission de régulation de l'énergie (CRE)[13] le retour
d'expérience permettant au pouvoir public de décider ou non de la phase de
généralisation[14].

Le compteur Linky est utilisé dans le cadre de plusieurs expérimentations de réseaux


intelligents[12] :

Address, projet européen dont la partie expérimentale française s'est déroulée sur les îles
bretonnes de Houat et Hœdic[15],[16] ;

GreenLys, à Lyon et Grenoble[17] ;

IssyGrid, à Issy-les-Moulineaux[18] ;

Nice Grid, à Carros[19] ;

Smart Electric Lyon, à Lyon[20] ;

Solenn (SOLidatrité ÉNergie iNnovation), à Lorient[21] ;


Watt & Moi, à Lyon[22].

Durant la phase d'expérimentation, des interrogations sont soulevées, notamment par la


CRE[23], qui doute de l'efficacité de l'affichage déporté de Linky (estimé à 850 millions d’euros
par l'ADEME[24]). Finalement, alors que l’UFC—Que Choisir[25] se déclare toujours opposé aux
compteurs Linky et affirme, entre autres informations, que l'installation des compteurs
« entraînera une augmentation du tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (Turpe) et
donc de la facture des consommateurs », la Commission de régulation de l'énergie (CRE)
publie un avis favorable en juin 2011[26] et conclut que Linky respecte les critères
d'évaluation[b].

Le bilan de l'expérimentation, publié par le Syndicat départemental de l'énergie d'Indre-et-


Loire (SIEIL)[27], signale que « 85 % des particuliers interrogés ne consultent pas ou
pratiquement pas leur compteur Linky (93 % en collectif) » et que « Une majorité de
particuliers n’est pas convaincue de l’utilité de ce nouveau compteur (61 %) ».

Validation

Pendant l'été 2011, les pouvoirs publics valident la conformité du projet Linky à leurs attentes
et autorisent sa généralisation auprès de tous les clients de France métropolitaine[28],[29].

En décembre 2012, Delphine Batho, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de


l'Énergie, annonce que la mise en œuvre du projet Linky débutera fin 2014[30]. Elle indique
qu'une concertation a été mise en place, en novembre 2012, sous forme de groupes de
travail, entre les pouvoirs publics et de nombreux acteurs concernés par cette question, dont
l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), le médiateur national de
l'énergie, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), les
fournisseurs d'électricité, les gestionnaires de réseaux, les fédérations d'équipementiers et
d'installateurs, les industriels du secteur de l'énergie, des représentants des collectivités
locales et les associations de consommateurs[30]. La ministre prévoie que le dépôt des
conclusions de cette concertation, en janvier 2013, entre dans le débat national sur la
transition énergétique et que les décisions permettant le déploiement des 35 millions de
compteurs chez tous les Français puissent être prises avant le mi-2013 et qu'ainsi, la
concrétisation du projet prenne forme pour la fin 2014[30],[29].

Le 9 juillet 2013, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lors de la présentation de son plan
d'investissements publics pour l'avenir, sur dix ans, relance le projet[31]. Il annonce l'ouverture,
durant l'été 2013, d’un appel d’offres pour le remplacement d'une partie du parc des
compteurs électriques. Le but est de remplacer avant 2016 trois millions de compteurs
électriques par Linky, avant de passer au remplacement total du parc, prévu pour 2020[31].
Toutefois, la Commission de régulation de l'énergie a suggéré de freiner ce déploiement pour
limiter les coûts, proposant d'atteindre un objectif de 90 % de Linky fin 2021[32]. L'Ademe
préconise une installation dans trente-cinq millions de foyers français à l'horizon 2021[33].

Inscription dans la loi

Le 17 août 2015, la loi relative à « la transition énergétique pour la croissance verte » est
promulguée et prévoit l'obligation pour les gestionnaires des réseaux publics d'électricité de
mettre à la disposition des consommateurs les données de comptage issues des compteurs
communicants, des systèmes d'alerte liés au niveau de leur consommation, ainsi que des
éléments de comparaison issus de moyennes statistiques basées sur les données de
consommation locales et nationales[34].

Intérêt et finalités

Selon le ministère de l'Environnement[35] et l'avis de la Commission de régulation de l'énergie


(CRE)[23],[29] les avantages attendus du compteur Linky sont les suivants :

1. Il relève automatiquement les consommations et ne nécessite quasiment plus


l’intervention physique d’un technicien ;

2. Les relevés, étant effectués à distance, ne nécessitent plus la présence de l’usager et


peuvent être plus fréquents, permettant des facturations sur la base de données réelles
et non plus estimées, ce qui devrait éviter les rattrapages de facture ou les trop payés ;

3. Il permet de simplifier certaines opérations sans dérangement ni rendez-vous et dans


des délais réduits (changements de puissance, de fournisseur) et d’améliorer et
d’accélérer les diagnostics en cas de dysfonctionnement d’une installation électrique ;

4. Grâce à une meilleure connaissance de sa consommation, le consommateur pourra


bénéficier d’une offre tarifaire mieux adaptée ;

5. Il facilitera l’émergence de services de pilotage de la consommation (équipements


électroménagers, ballon d’eau chaude, borne de recharge de véhicule électrique, etc.) en
fonction d’options tarifaires ou d’ordres d’effacement de consommation ;

6. Il mesure les volumes d’électricité consommés, mais également les volumes produits
par les installations de production d’électricité des particuliers (panneaux solaires par
exemple) ;

7. Il apporte également des améliorations importantes pour l’optimisation de la gestion, de


l’entretien et du développement des réseaux électriques ; il améliorera la connaissance
des flux d’électricité sur les réseaux de distribution, ce qui permettra d’en adapter le
fonctionnement ; il devrait permettre également d’accélérer les diagnostics en cas de
dysfonctionnement d’une installation électrique et de fournir des informations relatives
à la qualité d’alimentation.

8. Selon la CRE, sa généralisation « serait globalement neutre du point de vue financier


grâce aux futures économies de coûts d'exploitation associées à l’installation du
compteur »[30].

D'autres avantages sont cités par diverses sources[29] :

1. Il contribuera à la modernisation du réseau d'électricité en permettant par exemple la


détection à distance des pannes sur le réseau basse tension (BT) et donc une
réalimentation en électricité plus rapide, ce qui diminue significativement les temps de
coupure[36] ;

2. Il permettra de faciliter l'intégration des énergies renouvelables dans le réseau


électrique, en contribuant à gérer l'intermittence de la production d'électricité de ces
sources d'énergie[30],[37]. En ce sens il est un élément essentiel pour pouvoir continuer à
assurer la stabilité des réseaux électriques[23] ;

3. Il permet de comptabiliser en temps réel les kilowattheures injectés dans le réseau et


ceux qui y sont prélevés, ce qui selon le syndicat des énergies renouvelables (SER) va
« lever un frein économique majeur au développement de l’autoconsommation solaire
photovoltaïque dans les secteurs résidentiel et petit professionnel » avec « une
économie de 600 euros en moyenne pour les Français qui s’équiperont »[38] ;

4. Il permet la réduction importante des fraudes[6] et des mauvaises facturations[39].

Fonctionnement

Linky fait partie de la catégorie des compteurs communicants (AMM), c'est-à-dire pouvant
être interrogés et actionnés à distance[29],[30]. Pour cela, Linky utilise la technologie CPL sur le
réseau basse tension, comme premier niveau de communication[14]. Un deuxième niveau de
communication est assuré via le réseau de téléphonie mobile GPRS ou Edge[14] entre le
concentrateur (installé dans un poste de transformation et de distribution HTA/BT[40]) et le
système central. À terme, si les 35 millions de compteurs sont remplacés, il y aura environ
700 000 concentrateurs installés, éléments d'un système d'information (SI)[41] réparti Linky,
avec un SI central et un SI local dans chaque concentrateur[42]. Cette génération de
compteurs communicants est présentée comme une des étapes vers les réseaux intelligents,
appelés smart grids en anglais.
Principe

Métrologie

Le compteur Linky, pour calculer l'énergie consommée ou fournie par le client[30], mesure les
courants (par un shunt placé en série sur le câble de phase dans les modèles monophasés,
par des transformateurs d'intensité dans les modèles triphasés pour les principaux
fournisseurs ou par une solution Embedded Coil donnant des résultats identiques pour
Landis+Gyr[43]) et les tensions pour chaque phase de l'installation[44]. Une seule phase est
concernée en monophasé et les trois phases sont mesurées en triphasé[44].

Ces mesures sont effectuées par calcul de la valeur efficace vraie — ce qui permet de
restituer précisément ces valeurs, même en cas de distorsion harmonique, conformément à
la directive européenne[45] (dite norme MID, pour Measuring Instruments Directive)[43] et en
tenant compte des dispositifs modernes de commutation électroniques présents dans les
ballasts électroniques utilisés dans les ampoules à basse consommation et les LED, dans les
gradateurs[43], les alimentations à découpage, etc., ce qui n'est pas toujours le cas avec les
anciens compteurs[45] ou avec d'autres compteurs « intelligents »[43] —, selon[44] :

pour la tension efficace (en volts) :


{eff} }={\sqrt {{\frac {1}{T}}\int
_{t_{0}}^{t_{0}+T}v^{2}
(t)\,\mathrm {d} t}}}
pour le courant efficace (en ampères) :
{eff} }={\sqrt {{\frac {1}{T}}\int
_{t_{0}}^{t_{0}+T}i^{2}
(t)\,\mathrm {d} t}}}
Afin d'éviter la prise en compte d'évènements transitoires qui fausseraient les mesures, ces
valeurs efficaces sont calculées toutes les secondes ; la période d'intégration (T) des
équations précédentes est donc fixée à une seconde[44].

Calcul de l'énergie consommée et éléments de facturation

Comme c'est la norme et comme pour les anciens compteurs, la facturation est calculée en
kilowatts-heures (kW⋅h ou kWh)[45],[44]. Il s'agit du produit de la puissance active (W) par le
temps.

La puissance active (en watts) est le produit du courant efficace par la tension efficace, c'est-
à-dire, en courant monophasé, le produit de la tension entre la phase et le neutre par le
courant dans la phase :
{\displaystyle
P=U_{\mathrm {eff}
}I_{\mathrm {eff}
}\cos \varphi }
\co
s
\varp
Le hi correspond au facteur de puissance caractérisant l'installation électrique de
l'usager[46],[47]. C'est le rapport entre la puissance active[46],[47] et la puissance apparente (en
VA). Ce facteur de puissance est fonction de la partie dite « réactive » de l'énergie
effectivement livrée à l'abonné mais qui, contrairement à la partie dite « active », n'est pas
directement utile sous forme d'effets caloriques, de travail mécanique, de lumière, d'effets
chimiques, etc.[46],[48],[47] Ceci est dû à la présence dans le circuit, en plus de récepteurs
purement résistifs, de récepteurs comportant des éléments capacitifs ou inductifs (moteurs
électriques, transformateurs, lampes fluorescentes, lampes à décharge, certaines lampes à
LED, alimentations à découpage, plaques à induction, etc.), lesquels ont une puissance active
nulle, mais qui ont pour effet, en introduisant un déphasage entre la tension et le courant,
d'augmenter la puissance apparente fournie, donc l'amplitude du courant circulant dans le
réseau de distribution[46],[48],[47].

En France, seuls les clients raccordés en haute tension (puissance de branchement à partir
de 250 kVA) sont concernés par une tarification qui tient compte de l'énergie réactive[49]. Le
\co {\displaystyl
s e \cos \varphi
\varp \geqslant
seuil de hi en dessous duquel l'énergie réactive est facturée est : 0,93} (à
certaines heures entre novembre et mars)[49]. Cette facturation vise à indemniser le
transporteur d’électricité en raison des pertes supplémentaires causées sur son réseau et à
inciter les clients à l'amélioration de leurs installations[49] (les pertes par effet Joule étant
fonction du carré du courant efficace).

Articles connexes : kilowatt-heure, Puissance en régime alternatif, Puissance active,


Puissance apparente, Puissance réactive, Puissance en régime alternatif – Mesure de la
puissance et Facteur de puissance – Importance du facteur de puissance pour le
distributeur.

Conformément à la directive européenne en vigueur, le Linky ne compte aucune


consommation si le circuit d'utilisation est ouvert (c'est-à-dire si la tension est présente mais
le courant est nul), sa propre consommation n'est donc de ce fait pas à la charge de
l'abonné[45].
Une diode électroluminescente (LED) située en face avant émet un bref flash à chaque watt-
heure consommé[50].

Organe de coupure

À la différence des compteurs électromécaniques ou électroniques qu'il remplace, le Linky


contient un organe de coupure physique du courant. Il est constitué d'un contacteur
(unipolaire ou tripolaire, selon que le compteur est monophasé ou triphasé, sans coupure du
neutre) permettant d'isoler électriquement l'installation du client par rapport au réseau. Ce
contacteur est commandé électroniquement par le circuit interne du compteur et agit selon
différents cas de figure[51].

Contrôle du courant maximum

Le compteur incorpore un dispositif électronique qui contrôle le dépassement de l'intensité


du courant (apparenté à un disjoncteur[52] magnéto-thermique) dont le seuil de détection est
fixé à la valeur du courant correspondant à la puissance souscrite par l'abonnement du
client[44],[53]. La mesure est effectuée par comparaison de l'intensité efficace instantanée
avec l'intensité de référence déduite de la puissance de référence souscrite, soit, en
monophasé[44] :

IR = P référence en VA / 200 V

La valeur de 200 V correspond à la tension minimum du réseau pour laquelle le courant


« alloué » permet de garantir la valeur nominale de la puissance souscrite.

Exemple : pour un contrat 6 kVA :

IR = 6 000 VA / 200 V = 30 A

Soit le courant correspondant exactement au même calibre que le réglage normalisé, pour la
puissance souscrite contractuellement[52],[39], du disjoncteur de branchement[54] (plus
communément appelé « disjoncteur général » ou « DB ») installé chez l'abonné et plombé par
le distributeur d'électricité, propriétaire de cet appareil (ici Enedis). La courbe de
déclenchement thermique de cette protection est basée sur celle du disjoncteur de
branchement de même calibre[53].

Le principe est le même en triphasé, la mesure se faisant sur chaque phase[44] :

IR = P référence en VA / 200 V / 3

Bien qu'il s'agisse d'un contrôle du courant et non de la puissance, ce dispositif est présenté
dans les documents comme « Le contrôle de dépassement de puissance souscrite
(ADPS) »[44]. Le « calibre » du compteur est défini de cette façon et peut être programmé à
distance. L'intensité maximale possible est de 90 ampères en monophasé et de 60 ampères
en triphasé[44].

Vérification du calibre du disjoncteur de branchement

Lors de l'installation des compteurs, les techniciens peuvent vérifier la correspondance de


réglage du disjoncteur de branchement (son calibre en ampères) avec le contrat
souscrit[23],[14],[54]. Dans tous les cas, ce réglage ne peut être supérieur à la puissance de
raccordement du point de livraison qui conserve les mêmes caractéristiques qu'avant la
pose[54].

Ce réglage ne doit pas excéder la puissance technique de raccordement du point de livraison,


c'est-à-dire que si le calibre maximum du disjoncteur de branchement[55] correspond à un
courant inférieur à celui découlant de l'abonnement, il doit rester en l'état : par exemple si en
monophasé le calibre maximum du disjoncteur est 45 ampères et le contrat de 12 kVA[54], car
dans ce cas, il faudrait que le disjoncteur soit de calibre 60 ampères et que la section
conductrice des câbles de liaison entre le Linky et le disjoncteur de branchement soit
compatible avec cette augmentation potentielle de l'intensité susceptible de le traverser[14].

Si le client demande une augmentation de la puissance souscrite (changement de contrat), il


reste de sa responsabilité de vérifier que la capacité de son installation après le disjoncteur
de branchement situé dans son espace privé est suffisante[54],[56].

Protection de surtension

Le même organe de coupure assure également une protection de l'installation du client en


cas de surtension anormale sur le réseau, par exemple lors d'un dysfonctionnement comme
la déconnexion du neutre en distribution triphasée[51],[53].

Télé-information client

Le compteur Linky adopte un nouveau protocole de communication pour la TIC[57],[58] (télé-


information client) mais certains clients peuvent être équipés du compteur en 'Mode
Historique'. La TIC dite historique était transmise à un débit de 1 200 bauds tandis que la TIC
du compteur Linky, dite TIC standard, est transmise au débit de 9 600 baud afin de
moderniser la communication. Cette modification du débit permet au compteur de fournir
une TIC avec plus d'informations plus précises. La TIC standard espace désormais l'étiquette
et la donnée d'une information avec une tabulation notée '\t' dans différents langages
informatiques et dont le code ASCII est 0x09 en hexadécimal, tandis que la TIC historique
utilisait l'espace avec le code 0x20.
Ainsi, désormais, une trame peut compter jusqu'à 72 lignes. Une de ces lignes est nommée
'registre d'état' et portant l'étiquette « STGE » contient une donnée visible en ASCII mais
traduit un champ de bit (en) donnant des informations variées sur le compteur allant de la
présence du cache du boitier à l'horaire de facturation.

Toutes ces modifications impliquent que les deux TIC ne soient plus compatibles. Certains
appareils étaient conçus avec la TIC historique. Une fois le compteur livré, il n'est plus
possible de modifier son mode de TIC.

Un problème de communication peut apparaître avec l'utilisation de gestionnaire délesteur. À


l'installation du compteur Linky, les appareils ne trouvaient pas les informations nécessaires
et engendraient des facturations excessives ou des coupures du compteur. Pour
l'instant [Quand ?], la solution est de vérifier que son gestionnaire ou délesteur communique en
TIC historique ou standard.

Pour relever localement la consommation de son compteur, il existe de nombreux tutoriels


sur Internet[59],[60],[61] permettant de brancher des fils et de collecter les données (en utilisant
le mode historique ou le mode standard). Une autre solution est de passer par un module
radio/wifi créé spécifiquement pour Linky[62],[63],[64] ou non[65],[66].

Initialement, il devait être possible de connecter une clé USB pour accéder aux informations
sur le compteur Linky[67]. Mais ce mode d'accès n'a pas été retenu à la fin des
expérimentations même s'il est noté sur les premières versions des notices[68].

La gestion des contacts côté client

Le compteur dispose de deux sortes de contacts, sec et virtuels qui sont pilotés par le
contrat de fourniture exclusivement :

le contact sec : Comme pour le CBE, le compteur est doté d’un contact sec nommé C1-C2,
qui permet au client de commander ses usages. L’état du contact sec est transmis à la TIC,

les contacts virtuels : Le compteur peut piloter sept contacts virtuels d’asservissement
dont les informations sont transmises à la TIC et interprétables par un appareil adapté
(gestionnaire d’énergie...) pour réaliser l’action physique adaptée. Ceci nécessite que la TIC
soit au format standard.

Pour les compteurs configurés en contrat historique Tempo, l’information de couleur de


lendemain est restituée sur la sortie TIC.

Informations de puissances transmises


Le compteur transmet, entre autres, les informations de puissances apparentes (VA)
maximales soutirées (consommées par l'installation) ou injectées (fournies éventuellement
par un système de production locale d'électricité raccordé au réseau)[44], ainsi que les
puissances réactives (VAR) et, éventuellement, selon le contrat souscrit auprès du
fournisseur, la courbe de charge[44].

Courants porteurs en ligne

Article détaillé : Courants porteurs en ligne.

Pour transmettre les données jusqu'au concentrateur situé au niveau du transformateur BT


de la grappe de compteurs, on utilise des courants porteurs en ligne (CPL) sur le réseau
basse tension[14]. Dans sa délibération du 7 juillet 2011 : « La CRE considère que le
déploiement du compteur Linky doit être initié avec la technologie dite « CPL G1 ». Cette
technologie est mature, robuste, déjà utilisée par ERDF et suffisante pour la mise en œuvre
des fonctionnalités de Linky. En raison des enjeux industriels, la CRE insiste néanmoins sur
l'importance d'annoncer, dès le lancement du déploiement, que le « CPL G3 », aujourd’hui en
phase de développement, constitue la technologie-cible à terme. La technologie « CPL G3 »
apportera des améliorations significatives pour les gestionnaires de réseau d’électricité sans
toutefois comporter de fonctionnalité supplémentaire pour les consommateurs[23]. » Donc la
CPL G1 est déployée jusqu'en 2017 et la G3 ensuite[14],[50]. Cette technique permet de
construire un réseau de communication en utilisant le réseau électrique de groupes
d'habitation ou de bureau, voire de l'ensemble des utilisateurs d'un quartier[12]. Cette
technique de communication nécessite que 70 % au moins des compteurs sur une même
grappe soient des compteurs Linky car la portée du signal étant faible, une répétition entre
compteur est indispensable[6] .

Communication GSM

Article détaillé : Enhanced Data Rates for GSM Evolution.

Un second niveau de communication est assuré par le réseau de téléphonie mobile GPRS
Edge[14] entre le concentrateur (installé dans un poste de transformation et de distribution
HTA/BT[40]) et le système central. Cette technologie est une évolution du GPRS qui est elle-
même une extension du GSM avec rétrocompatibilité. Elle est souvent utilisée en
complément d'un réseau UMTS pour offrir des services à haut débit à davantage
d'utilisateurs en zone rurale ou zone suburbaine non dense plutôt qu'à ceux en zone urbaine.

Production
Fabrication

Les Linky utilisés pour les premières expérimentations sont fabriqués à parité par Iskra
(Slovénie), Itron (États-Unis) et Landis+Gyr (Suisse/Japon)[69], notamment dans les usines de
Chasseneuil-du-Poitou (Itron)[69],[70] et de Montluçon (Landis+Gyr)[69],[71].

Pour la première phase, six entreprises ont été choisies en août 2014 par Enedis à la suite
d'un appel d'offres lancé en 2013 pour produire les trois premiers millions de compteurs
Linky. Il s'agit d'Itron (États-Unis), Landis+Gyr (Suisse/Japon), Sagemcom (France, déjà
retenu pour fabriquer le compteur de gaz Gazpar de GrDF), Maec (France), Elster (Allemagne,
désormais Honeywell[72]) et Ziv (Espagne)[73]. La livraison des premiers compteurs est prévue
à partir de septembre 2015[74].

Depuis juin 2015, de nombreux marchés sont attribués à des entreprises dans toute la France
pour la pose du compteur intelligent, 16 entreprises sont sélectionnées[75].

Tests et contrôle qualité

En octobre 2015, un laboratoire de tests et contrôle qualité des Linky, situé à Nanterre sur une
surface de 1 700 m2 — et en fonctionnement depuis quelques mois —, le « Linky lab », est
inauguré[12]. Il s'agit du premier centre dans ce domaine en Europe[12]. Son rôle est de mettre
à l'épreuve la robustesse et la fiabilité (aussi bien mécanique que fonctionnelle de l'appareil
et de son mode de communication) de ces compteurs avant leur installation sur l'ensemble
du territoire[12]. Ces essais sont menés par une équipe d'environ quarante ingénieurs et
techniciens[12]. L'ensemble des sollicitations susceptibles d'affecter le fonctionnement et le
durée de vie (20 ans prévus) des compteurs est pris en compte : vibrations, température,
hygrométrie, surtensions, interférences, comportement des communications CPL,
compatibilité (entre les différentes fabrications selon les fournisseurs), etc. Quatre autres
laboratoires participent à cet ensemble de tests qui continueront pendant toute la
production[12].

Déploiement
Un compteur Linky tout juste déployé dans l'Ain en mars 2018.

Calendrier

Enedis a publié le calendrier d'installation des compteurs Linky dans l'ensemble des
36 000 communes de France[76].

Le 1er décembre 2015 débute officiellement le déploiement national de la première vague de


trois millions de compteurs communicants Linky par ERDF, qui prévoit de monter en volume
jusqu'à 300 000 compteurs installés par mois en rythme de croisière. L'appel d'offres pour
produire la deuxième tranche, avec 13,8 millions d'appareils au maximum, a été publié début
novembre 2015. Enedis doit aussi passer 300 marchés de pose, avec 30 à 40 entreprises. Le
coût global de cinq milliards d'euros du projet Linky est « globalement économiquement
neutre sur vingt ans » selon la CRE qui précise que sur la période 2014-2034, les économies
sur la relève des compteurs et sur les interventions à distance (1,7 milliard d'euros) ainsi que
la suppression prévue d'un tiers des volumes fraudés (1,9 milliard d'euros[6]) doivent
notamment financer l'investissement[77].

En octobre 2016, 1,5 million de compteurs sont posés[78] et 2,7 millions en janvier 2017[79].

Le 23 mars 2017, le nombre de compteurs Linky posés s'élève à 3,47 millions et le rythme de


pose atteint 18 500 par jour, pour atteindre prévisionnellement 35 000 par jour fin 2017[80]. Le
13 décembre 2017 Enedis annonce en avoir installé sept millions avec un rythme de pose de
25 000 par jour pour atteindre 30 000 par jour en rythme de croisière[81].

Selon Enedis, 30 millions de compteurs intelligents devraient etre déployés mi-janvier 2021
en France. Le déploiement de Linky devrait etre terminé fin 2021, atteignant près de
35 millions de compteurs[82].
Stratégie et pose

Enedis adopte pour le déploiement une stratégie dite « en tache de léopard »[30] : la pose est
effectué sur l’ensemble du pays, par zones complètes (parties de commune, communes ou
agglomérations), afin qu'avant fin 2016 l’installation des compteurs Linky commence dans
toutes les régions administratives, avant fin 2017 dans toutes les capitales ou métropoles
régionales et avant fin 2018 dans tous les départements ; la pose de 90 % des compteurs
devant s'achever fin 2021[6].

Enedis devrait former environ 5 000 agents pour la pose journalière de 35 000 compteurs,


soit une moyenne quotidienne de sept compteurs par agent[83].

Seize entreprises sont sélectionnées par Enedis en juillet 2015, lors du premier appel d'offres
lancé pour la pose de 10 millions de compteurs (sur 35 millions prévus d'ici 2021)[84]. Dans
les entreprises sélectionnées, Enedis met en place un programme de « formateurs-relais »
pour former l'ensemble du personnel chargé de la pose des compteurs. La formation des
poseurs est également assurée par l'AFPA[85], l'Apave et le Formapelec[86].

L'« installation repose sur des équipes d’installateurs privés, lesquels disposent de


30 minutes en moyenne par client »[87]. « L’accent particulier mis sur le respect du temps
moyen d’installation, qui certes permet de garantir la rentabilité de l’opération, a sa
contrepartie : la plupart des techniciens d’installation, ne se préoccupent que peu du
consommateur[87]. »

Coût et financement

En juillet 2013, l'enveloppe totale pour le projet (à l'horizon 2021) est estimée à cinq milliards
d’euros[29],[88], soit un coût unitaire moyen d'environ 150 €[29],[89]. Le 9 juillet 2013, le Premier
ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de l'annonce du déploiement du compteur Linky, précise que
l'objectif est que « la charge finale » soit « indolore » pour les consommateurs[90]. Selon la
Commission de régulation de l'énergie, l'autorité de régulation des marchés de l'énergie, les
investissements d'Enedis doivent être contrebalancés par les économies réalisées
(disparition de la relève à pied, réduction des fraudes[39] et des dysfonctionnements de
compteurs, etc.)[29],[91],[92].

Dans une délibération en date du 2 juillet 2014, la CRE défini un mécanisme de « différé
tarifaire » et accorde à Enedis une autorisation de financement de l’investissement avec un
engagement sur dix ans. Le taux de rémunération spécifique des investissements liés au
déploiement de Linky est fixé à 7,25 %/an et pourra atteindre 10,25 %/an, si les objectifs du
projet sont atteints. Ce financement sera répercuté intégralement sur la facture de
l'utilisateur lorsque Enedis sera en mesure de réaliser les gains attendus c'est-à-dire en
2021[6],[39].

La Cour des comptes, dans son rapport de janvier 2018, réévalue le projet à 5,7 milliards
d'euros dont 5,39 milliards pour la part d'Enedis, soit 130 € par compteur qui se répartissent
en : un tiers pour la fabrication, un tiers pour la pose et un tiers pour le reste du dispositif. Elle
calcule que la rentabilité du déploiement à partir des économies réseau est médiocre et que
le mécanisme de différé tarifaire entraîne un surcoût pour les usagers de 506 millions
d'euros. L'accord conclu avec la CRE est qualifié de particulièrement généreux pour Enedis.
Dans ses conclusions, elle demande à ce que cet accord soit revu[6],[39]. Dans ce même
rapport, le président du directoire d'Enedis exprime son désaccord sur ce point, estimant les
conclusions de la Cour « de nature à fausser l'appréciation du lecteur sur la rémunération
d'Enedis » car reposant « sur une comparaison non pertinente entre le taux de rémunération
du différé tarifaire et le taux d’un unique prêt »[93]. Il indique qu'une décision rétroactive du
taux de rémunération, déterminé précédemment dans un cadre réglementaire, mettrait en
cause la stabilité financière à laquelle l'entreprise, comme tout opérateur économique, était
en droit de s'attendre lorsque sa décision de s'engager dans ce projet d'envergure nationale
en 2014 a été prise. Il déplore également l'instabilité réglementaire qui résulterait d'une telle
décision, mettant à mal la confiance des investisseurs dans le domaine énergétique, lesquels
investissent des milliards d'euros dans son l'amélioration[93]. Selon Enedis, « les gains
attendus au niveau de la production, de la commercialisation et de la consommation
apportés par le déploiement du Linky sont à la hauteur des investissements »[94]. Pour
l'entreprise, le bilan pourrait même être légèrement négatif (de 200 millions d'euros) alors que
les consommateurs seraient bénéficiaires, les gains potentiels attendus pouvant s'élever à
plus de 9 milliards d'euros, grâce à une concurrence facilitée, une baisse de la consommation
due à une meilleure maîtrise de la demande en énergie, etc.[94],[6]

En réponse à ce rapport, la CRE indique que concernant cette éventualité de modification a


posteriori d'un dispositif contractuel et du précédent dommageable en matière d'insécurité
juridique relativement à ses décisions de régulateur de l'énergie, elle est opposée à cette
demande[94] qui lui semble basée sur « des raisonnements biaisés »[6].

Le 29 juin 2018, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot demande à


Enedis de modifier sa stratégie de déploiement et de revoir les coûts de l'opération afin
d'assurer une meilleure transparence et d'être attentif aux personnes se prévalant d'électro-
sensibilité. Il rappelle que « Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de rémunérer au
juste niveau Enedis pour ce déploiement industriel de grande ampleur »[95],[96].

Le Parisien lance fin mai 2021 une polémique : selon lui, les usagers vont devoir rembourser
l'installation de leur compteur à partir de 2022, alors qu'en septembre 2011, à la présentation
du nouveau boîtier intelligent, Eric Besson, alors ministre de l’industrie et de l’énergie, avait
affirmé que le nouveau compteur ne coûterait « pas un centime aux particuliers »[97] » et
qu'en 2018 le rapport de la Cour des comptes jugeait que les conditions de l’opération étaient
« avantageuses pour Enedis » par son « financement assuré par les usagers »[98], soit par
« 15 € supplémentaires sur [leur] facture annuelle pour les sept ou huit prochaines années ».
Selon Le Parisien, Enedis a financé Linky par un emprunt auprès de la Banque européenne
d’investissement (BEI) au taux avantageux de 0,77 %. Selon la Cour des Comptes, le taux
d’intérêt appliqué au remboursement par les consommateurs sera de 4,6 % ; Enedis
afficherait alors une marge de 2,8 %, soit 500 millions d’euros d’intérêts supplémentaires.
Pourtant, la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon assure à l'Assemblée
nationale que « les consommateurs ne paieront pas plus au titre de Linky » et « ne paieront
pas un coût supplémentaire dû à Linky » et la Commission de régulation de l'énergie (CRE)
publie un communiqué pour affirmer que « le compteur Linky ne fait pas augmenter la
facture des consommateurs. Les économies associées au déploiement du compteur évolué
Linky compensent les coûts d'investissement du projet ». Elle rappelle avoir mis en place une
« tarification différée » pour que les coûts « soient répercutés dans les tarifs en même temps
que les bénéfices »[99].

Le Ministère de la Transition écologique publie le 1er juin 2021 un démenti des « affirmations
parues dans la presse relatives à une augmentation des factures d’électricité pour
rembourser l’installation des compteurs Linky »[100].

Impact sur l'emploi

Des associations de consommateurs, dont la CLCV, s'inquiètent cependant au sujet de la


relève des compteurs à distance possible grâce à Linky et de possibles licenciements des
techniciens chargés d'effectuer les relevés des compteurs jusqu'alors, ainsi que des agents
en contact avec la clientèle (mises en service, déménagements…), opérations qui pourront
être réalisées à distance[101]. Enedis répond que de sa conception à sa fabrication, le
déploiement du compteur Linky devrait créer près de 10 000 emplois en France[75].
L'association négaWatt estime que 70 % des petites opérations qui nécessitaient le
déplacement d'un technicien pourront désormais se faire à distance et qu'Enedis va donc
pouvoir se séparer de 10 000 sous-traitants grâce à Linky[102] [réf. incomplète].

L'impact sur l'emploi résultant de la fabrication des compteurs semble limité. Ainsi, pour la
deuxième phase, quatre fabricants sur cinq fabriquent les cartes électroniques à l'étranger (la
fabrication des cartes représente jusqu'à 70 % du coût du produit) et le dernier fournisseur
n'a tenu que partiellement ses engagements, puisqu'une partie a été sous-traitée en
Hongrie[6]. Seul l'assemblage reste localisé sur le territoire national.
Politique tarifaire

Le déploiement général du compteur Linky, lancé le 1er décembre 2015, a fait évoluer les
politiques tarifaires des fournisseurs, qui pourront techniquement, avec l'accord de leurs
clients, leur proposer des offres beaucoup plus individualisées : Engie a ainsi lancé en
mai 2015 une offre pour les premiers utilisateurs de Linky, l'offre « Elec week-end » qui ajoute
au classique système heures pleines-heures creuses une plage de temps allant du vendredi
soir au lundi matin avec un tarif réduit ; le fournisseur affirme qu'ainsi le client peut faire des
économies en reportant une part de sa consommation, tandis que le fournisseur
s'approvisionne moins cher. Les pouvoirs publics envisageraient également d'instaurer pour
les ménages équipés de Linky de nouvelles options de tarif réglementé, par exemple autour
du weekend. D'autres fournisseurs préparent pour 2017 des offres d'effacement de
consommation mettant à profit le futur mécanisme de capacité, ou le développement de
services d'économies d'énergie[103].

En novembre 2015, la Commission de régulation de l'énergie, a lancé une « consultation


publique sur les principes de tarification des prestations annexes relatives aux systèmes de
comptage évolués réalisées à titre exclusif par les gestionnaires de réseaux de distribution
d'électricité et par GRDF »[104].

Bénéfices écologiques controversés


Article connexe : Compteur communicant#Outils d'aide à la maîtrise énergétique.

Un groupe de chercheurs du CNRS publie en 2015 une étude[105] empirique « TicElec[c] »,


réalisée de 2012 à 2014 dont le but est de trouver de premiers éléments de réponse quant
aux réelles économies réalisées avec une technologie comme Linky[105]. À Biot (Alpes-
Maritimes), une centaine de ménages volontaires ont eu accès à une information régulière
(et pour certains non-intrusive) de leur consommation électrique. Deux groupes de familles
étaient équipés de compteurs intelligents ou capteurs nomades et un groupe témoin non
équipé. Les foyers équipés avaient des informations plus ou moins fines (au jour le jour,
jusqu’à une indication de la consommation par type d’équipement (chauffe-eau, chaudière,
électroménagers par exemple). Ceux qui ont suivi leur consommation ont effectivement
réduit (de 23 % en moyenne[106]) leur utilisation d’électricité. En outre une information
« neutre » (ne comparant pas la consommation du foyer avec celle des autres) s'est alors
montrée la plus efficace[106]. Ceux qui ont eu une information plus fine ont moins consommé
que ceux qui n’avaient qu’une information globale.

Une étude comparative entre la France et l'Espagne a porté en 2015 sur les raisonnements de
groupes de citoyens récemment équipés du nouveau compteur et du rôle que celui-ci pourrait
jouer en faveur d'une consommation durable. En France, les résultats [Lesquels ?] paraissent
structurés autour de trois dimensions principales : enjeu global vs vie quotidienne ; sphère
des politiques publiques vs sphère privée ; consumérisme individuel vs formes collectives et
conviviales de consommation. Les économies d'énergie permises par le nouveau compteur
devront s'accompagner, pour être réalisées durablement, de la résolution des problèmes liés
à ces oppositions[107].

Selon une expérience menée en Australie par Landis+Gyr, les consommateurs bénéficiant
d’un affichage dans leur logement bénéficient d'une baisse effective de consommation de
10 % pendant les deux premiers mois, puis seulement 5 % deux mois plus tard, pour revenir à
la situation de départ au bout de six mois[108].

Dans son rapport Le compteur Linky, analyse des bénéfices pour l'environnement, l'ADEME cite
cette étude et conclut que « si le compteur Linky, tel qu’il est actuellement conçu, apporte des
bénéfices en termes de comptage et de gestion du réseau électrique voire de diminution du
contenu CO2 du kWh électrique, ses bénéfices pour le consommateur en termes de maîtrise
de la demande restent encore théoriques[108]. » De même, dans son rapport de janvier 2018,
la Cour des comptes se montre circonspecte concernant les gains liés à la maîtrise de
l'énergie (MDE). Elle s'interroge sur les conclusions de l'étude technico-commercial de la CRE
« Si la prévision de gain obtenu par les actions de MDE était de 2,3 Md €, ces actions
pouvaient aussi, avec d’autres hypothèses, se traduire par des pertes[6]. »

Le rapport du ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer de janvier 2017 pointe


des faiblesses dans le projet Linky concernant la maîtrise des énergies (MDE) : les demandes
de courbes de charge n'excèdent pas 0,3 %, des utilisateurs, l'affichage déporté n'est pas
opérationnel et le système ne rencontre pas, pour l'instant, les besoins des syndicats
d’électrification[109].

À la convention annuelle de l’association européenne de l’électricité — Eurelectric en


juin 2016 — des délégués de l’industrie ont affirmé que les compteurs écologiques étaient
superflus dans une politique globale de maîtrise énergétique[110]. Laurence Carpanini, d'IBM,
précise « Je ne vois pas les compteurs intelligents comme des moteurs de changement —
nous n’en avons pas vraiment besoin »[110]. Selon Markus Merkel, membre du conseil
d'administration du gestionnaire de réseau de distribution allemand EWE, les compteurs
intelligents pourraient être utiles s'il fournissaient aux distributeurs une information en temps
réel et non pas décalée de 15 minutes[110]. « Nous avons besoin de quelque chose de
différent, et peut-être qu’un système de mesure 2.0 — la prochaine génération de compteurs
intelligents — nous donnera quelque chose de plus que nous, en tant que gestionnaire de
réseau de distribution, nous pourrons utiliser »[110],[111].
Autoconsommation

En mai 2016, Enedis annonce mettre à disposition des auto-consommateurs à partir de


janvier 2017 le compteur communicant Linky qui compte en temps réel les kilowattheures
injectés et prélevés dans le réseau, ce qui selon le Syndicat des énergies renouvelables lèvera
« un frein économique majeur au développement de l’autoconsommation solaire
photovoltaïque dans les secteurs résidentiel et petit professionnel avec une économie de
600 € en moyenne pour les Français qui s'équiperont »[38].

En avril 2017, Enedis explique qu’il va accompagner une dizaine d’expérimentations


d’autoconsommation collective en 2017, notamment à Perpignan, et le même nombre en
2018. Ces deux années permettront de tester le fonctionnement de ce nouveau mode de
production-consommation avant une généralisation à partir de 2019[112].

Controverses

Manifestation d'une opposition à l'installation d'un compteur Linky, Najac (Aveyron).

Avant son arrivée dans les foyers français, le compteur Linky est l'objet de diverses critiques
de la part de mouvements minoritaires[113] : mise en cause possible de la vie privée, mise en
cause possible de la santé publique par les ondes électromagnétiques, faute
environnementale, selon eux, consistant à se débarrasser de millions de compteurs actuels
en parfait état de marche pour la plupart, etc.[113],[114]

Jean-Yves Le Déaut, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques


et technologiques, considère « l'opposition absurde au compteur Linky, comme un exemple
d'utilisation hasardeuse du principe de précaution, qui montre comment le débat public peut
déraper faute de parole scientifique claire »[115]. L'Académie des technologies constate que,
« en parallèle au déploiement de Linky, les développements de compteurs communicants
pour le
gaz et l’eau n’ont pas fait l’objet de réactions aussi vives que celles provoquées par
Linky. L’Académie pense qu’il y a là un champ important pour des recherches sociales »[116].

Le 26 avril 2017, le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD)


publie un rapport sur le déploiement du compteur Linky en France[117], commandé par le
ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, afin de faire le point sur les réticences
et proposer de nouvelles orientations pour la suite du déploiement du projet[118].

Confidentialité des données

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) s'inquiète en 2013 du


respect de la vie privée des utilisateurs ; elle recommande que les courbes de charge ne
soient pas collectées de façon systématique, mais uniquement lorsque cela est justifié par
les nécessités de maintien du réseau ou lorsque l'usager en fait expressément la demande
pour bénéficier de services particuliers[119]. Fin novembre 2015, elle précise ses
recommandations : conservation de la courbe de charge dans la mémoire du compteur
limitée à un an, seulement avec l'accord de l'usager, et remontée de ces données à Enedis ou
à des tiers seulement avec le consentement de l'abonné[120].

Finalement, toutes les informations collectées seront chiffrées à la source, c'est-à-dire dans
le compteur[121], et l'enregistrement des données peut être désactivé à tout moment par
l'usager, qui a le droit de refuser dès le départ la transmission des informations par
Enedis[122]. Concernant le possible piratage des boitiers, Libération rapporte que « Chaque
compteur dispose d'une clé spécifique. Si un concentrateur détecte l'ouverture d'un capot et
une forte variation de la consommation, il s'arrête et efface ses clés par précaution »[123]. Par
ailleurs, selon Patrick Dardoise : « Le message envoyé contient le numéro du compteur,
l'évolution de consommation depuis la veille, et des informations techniques. En aucun cas le
profil de consommation toutes les dix minutes. Et tout est crypté. »[114]. La CNIL exige
qu'Enedis ne puisse transmettre des données à des fournisseurs ou à des tiers qu’avec le
consentement exprès du client[124].
Le 19 avril 2016, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) demande par communiqué un
moratoire sur l'installation des compteurs Linky et demande à la CNIL de vérifier le respect
par Enedis du « pack de conformité » qu'elle lui avait assigné[125]. En mai 2016, Joanna
Masson, juriste au service des affaires économiques de la CNIL, confirme dans une interview
qu'Enedis s'est engagée à suivre les recommandations strictes émises par la
Commission[126]. En octobre 2016, par un autre communiqué, la LDH prend acte de la
réponse rassurante de la CNIL[127].

Le 27 mars 2018, la CNIL met en demeure le fournisseur d'électricité Direct Énergie de


recueillir un consentement préalable, « libre, éclairé et spécifique » à la collecte des données
de consommation horaires et quotidiennes[128]. Le 31 décembre 2019, c'est au tour d'EDF et
d'Engie d'être mis en demeure par la CNIL pour un consentement non explicite des données
collectées ainsi que de leur durée de conservation trop longues[129]. Les deux entreprises
promettent le 12 février 2020 de réaliser les corrections[130].

Risques sanitaires allégués

En novembre 2011, l'association Robin des Toits s'inquiète de risques sanitaires pouvant être
causés par les ondes électromagnétiques émises par le compteur Linky et son utilisation des
courants porteurs en ligne (CPL)[131].

En juillet 2014 à l'Assemblée nationale, le ministère, questionné, déclare qu'une étude du


Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements
électromagnétiques (le CRIIREM, une association militante) a montré qu'« il n'y avait pas de
risque sanitaire aigu ni de risque d'effets physiopathologiques à craindre en lien avec
l'exposition aux rayonnements très basses fréquences, radiofréquences et
hyperfréquences »[132] au niveau du compteur lui-même qui est un système CPL. Pierre Le
Ruz, président du CRIIREM a protesté[133] : « C’est une présentation très malhonnête de notre
expertise ! », arguant que cette absence de risque concerne uniquement les « effets
thermiques » de ces compteurs. Or, pour en subir, il faut se placer à quelques centimètres
d’une antenne relais ou sous une ligne à haute-tension. Mais le risque sanitaire à long terme
(cancers, électrosensibilité) n'est pas avéré. Selon cette association il faut être à au moins
deux mètres d’un compteur et à au moins cinq mètres d’un répéteur, ou d’un concentrateur,
pour éviter les ondes dangereuses. Quant à l’environnement extérieur, ces compteurs ne
feront qu’« augmenter le brouillard électromagnétique », qui n’en avait pas besoin. « C’est du
délire technologique, estime Pierre Le Ruz. On fait encore passer les problèmes de rentabilité
avant les problèmes de santé »[133].
Pour le ministère de l'Écologie « le niveau d'ondes électromagnétiques générées par Linky est
conforme à la réglementation en vigueur et qu'il n'y a donc pas de risque sanitaire attaché à
l'utilisation de ce compteur »[134]. Le Conseil de l'Europe a émis le 12 juillet 1999 une
recommandation relative à la limitation de l'exposition du public aux champs
électromagnétiques (de 0 à 300 GHz)[135],[d]

Depuis 2012, trois syndicats régionaux d'Indre-et-Loire (SIEIL), de Lyon (SIGERLy) et de Paris
(SIPPEREC) ont également réalisé des mesures complètes relatives aux émissions de Linky
et concluent à son innocuité pour la santé.

Le 26 avril 2016, le Premier ministre Manuel Valls dans son discours de clôture de la
quatrième conférence environnementale affirme son soutien au Linky qui, selon lui, « ne
présente aucun risque pour la santé[136] ».

Enedis précise que l'envoi d'informations via le réseau électrique ne dure pas toute la journée,
mais uniquement quelques secondes par jour[137] et qu'il existe d'autres sources d'ondes
radioélectriques plus intenses que le Linky[113] dans l'habitat (Wi-Fi, ADSL ou des câbles
Ethernet non blindés).

Des associations de personnes déclarant souffrir d'hypersensibilité aux ondes, comme


l'association Priartem-Electrosensibles[138], s'inquiètent de l'envoi par Linky « en permanence
des informations par CPL » qui ferait rayonner le compteur « dans toutes les pièces de la
maison »[138].

Le 22 septembre 2016 l'Agence nationale des fréquences (ANFR) publie de nouvelles


mesures faites en laboratoire, et in situ dans des maisons de plusieurs communes[139],[140].
L’agence en conclut que le champ électromagnétique du « compteur intelligent » est
comparable à celui des compteurs qu’il remplace ou encore des plaques à induction[141] et
« correspond aux objets électriques du quotidien »[139]. Comme tout appareil électrique, Linky
génère un champ électromagnétique, mais « faible », « presque du même ordre que celui des
anciens compteurs », soit 0,25 à 0,8 volt par mètre (V/m) à 20 cm du compteur (ce niveau
décroissant fortement quand on s'éloigne du compteur). Ce champ est moindre que celui
d'une ampoule à économie d'énergie et 150 à 350 fois inférieurs à la limite réglementaire
(87 V/m, pour la bande de fréquence utilisée par le compteur) selon l'agence[139], car le
compteur envoie ses informations à un concentrateur, localisé dans les transformateurs du
quartier, via les courants porteurs en ligne (CPL) le long des câbles électriques, et non par
des ondes radioélectriques, comme les téléphones portables ou la connexion Wi-Fi[139].
L'ANFR, pour répondre aux préoccupations des citoyens, continuera à effectuer des mesures
sur les différents compteurs existants[139].
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail
(ANSES) a publié le 5 décembre 2016 son avis relatif à l’évaluation de l’exposition de la
population aux champs électromagnétiques émis par les « compteurs communicants », sur
saisine de la direction générale de la Santé : elle confirme des niveaux « très faibles vis-à-vis
des valeurs limites réglementaires », comparables « que ce soit en champ électrique ou
magnétique » à « d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de
nombreuses années », « compte tenu des faibles niveaux d’exposition engendrés par les
compteurs et concentrateurs, il est peu vraisemblable que ces appareils représentent un
risque pour la santé à court ou long terme »[142].

Le 20 juin 2017, l’ANSES publie un nouvel avis, basé sur de nouvelles données scientifiques,
obtenues par le CSTB : « les résultats de cette campagne de mesure, désormais disponibles,
mettent en évidence des durées d’exposition plus longues que celles initialement attendues,
sans que les niveaux de champ électromagnétique ne soient cependant plus élevés. Ces
niveaux d’exposition restent faibles et inférieurs aux valeurs limites réglementaires et ne
remettent pas en cause les conclusions initiales de l’ANSES »[143],[142]. Parmi d'autres
recommandations le comité d'experts spécialisé (CES) « Agents physiques, nouvelles
technologies et grands aménagements » suggère « d'étudier la possibilité d'installer des
filtres, pour les personnes qui le souhaiteraient, permettant d’éviter la propagation des
signaux CPL à l'intérieur des logements[142]. » ainsi que « de mener des études, portant
spécifiquement sur les compteurs communicants, pour tenter de faire la part entre de
possibles effets sanitaires directement liés à l’exposition et ceux dus à un effet nocebo[142]. »

En décembre 2017, le ministre d'État et ministre de la Transition écologique et solidaire


Nicolas Hulot exprime sur France Inter sa position concernant le Linky : « Moi j’ai fait partie,
comme chaque citoyen, de ceux qui s’interrogeaient sur le côté un peu intrusif, sur les
éventuels effets [du compteur]. J’ai été rassuré, je vous le dis, pendant un temps je me suis
même opposé à ce qu’on installe chez moi un compteur Linky, je me suis fait une religion et
je pense très sincèrement qu’il n’y a aucun danger, je fais confiance là pour le coup à mon
agence »[144].

Invoquant le principe de précaution, en avril 2018, l'ex-ministre Corinne Lepage demande


l'arrêt du déploiement du compteur auprès du Ministère de la santé[145],[146].

En juin 2019, alors que plus de 50 % des foyers sont équipés – et que, selon l'Ademe, il y a
environ 700 millions de compteurs communicants fonctionnant dans le monde fin 2017 –
l'Académie des technologies publie un avis sur le Linky[116], qui va dans le sens des avis
précédents.
Obligation d'installation

Propriété du compteur

Les collectivités locales sont, de droit, propriétaires des ouvrages, des réseaux de distribution
basse tension (< 1 kV) sur leurs territoires, des compteurs et des systèmes de comptage,
comme cela est prévu dans les cahiers des charges de concession, signés par EDF puis
Enedis, ainsi que par la loi (article L322-4 du Code de l’énergie)[147].

Tout comme les anciens compteurs, le Linky n'est donc pas la propriété de l'abonné[148]. Sur
95 % du territoire, il est posé par Enedis au titre du contrat de fourniture d'électricité, les
collectivités territoriales ayant concédé le service public de l'électricité à cette entreprise qui
en assure donc la pleine responsabilité[148]. Sur le reste du territoire il est de la responsabilité
d'entreprises locales de distribution[148].

Refus par des particuliers

À la suite de suspicions sur le nouveau compteur, un certain nombre d'usagers s'opposent à


la pose du compteur[81] par courrier recommandé, sommation d'huissier ou dispositifs
bloquant l’accès au compteur et s’organisent en association (stop Linky)[149]. Enedis rapporte
que le taux de refus moyen au premier semestre 2016 est de 2,6 % mais peut monter
localement jusqu’à 6,9 % (en moyenne cumulée), voire ponctuellement 10,4 %[150]. Pourtant,
la loi impose de mettre en œuvre des dispositifs de comptage, aussi dans les nouveaux
contrats de 2016 (contrat GRD), il est précisé : « le client doit s’engager à prendre toute
disposition pour permettre à Enedis d’effectuer la pose, la modification, l’entretien et la
vérification du matériel de comptage (art. 2.3) »[25].

L'organisme UFC—Que Choisir rappelle que selon les dispositions générales relatives à
l’accès et à l’utilisation du réseau public de distribution (contrat GRD), « en refusant à Enedis
l’installation du compteur, le consommateur refuserait de faire une mise aux normes et
s’exposerait donc à la suspension de l’accès et de l’utilisation du RPD [réseau public de
distribution d'électricité] »[25]. Dans un avis complémentaire l'UFC—Que Choisir déclare : « [le]
contrat de concession incluant la gestion des compteurs et les missions de comptage, le
client ne peut pas s’opposer à l’installation du nouveau compteur[148] ». A contrario, d'« autres
associations de consommateurs, notamment celles qui défendent les personnes
hypersensibles aux ondes, soulignent que la loi n'interdit pas explicitement à l'utilisateur de
refuser cette installation, donnant pour preuve que l'amende de 1 500 € initialement prévue
dans la loi de transition énergétique a été retirée du texte[151]. »

Le président du directoire d'ERDF, Philippe Monloubou, précise devant l'Assemblée nationale,


le 2 février 2016 « Nous n'avons pas vocation et nous ne sommes pas habilités à forcer la
porte des clients qui in fine ne voudraient pas de la nouvelle installation »[152]. De même, en
réponse au député Loïc Prud'homme qui interroge le gouvernement sur l'obligation faite au
particulier d'installer le compteur Linky et réclame pour les citoyens le droit de les refuser
dans la séance de questions orales du 30 janvier 2018 à l'Assemblée nationale, la ministre ne
fait pas mention d'une obligation légale faite aux particuliers, mais stipule que « le
remplacement du compteur est de la responsabilité du gestionnaire. S'il n'a pas pu procéder
à l'installation du compteur communicant à la suite d'un refus du client, celui-ci ne pourra pas
prétendre aux avantages tarifaires et ne pourra pas prétendre aux prestations actuellement
gratuites qu'il propose »[149].

En novembre 2016, une femme se déclarant électrosensible, a obtenu du tribunal de grande


instance de Grenoble le remplacement du compteur d'eau à télérelève de son domicile par un
compteur classique[153]. Le tribunal décide également que des compteurs communicants
tels que Linky pour l'électricité ou Gazpar pour le gaz ne devront pas être installés au
domicile de la plaignante[153]. Le juge a déclaré par ailleurs que ces mesures seront
insuffisantes pour résoudre les problèmes de santé de cette personne, « la plupart des
pollutions hautes fréquences étant en partie dues aux diverses connexions Wi-Fi des
appartements de l'immeuble. »[153] La personne a demandé que « des travaux d'isolation de
son appartement[153] » soient réalisés, lesquels ont été pris en charge partiellement par la
Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Isère[153].

Le 20 septembre 2017, le même tribunal donne raison à un couple d'opposants et interdit à la


société Enedis la pose du compteur Linky chez les plaignants au motif que leur fils est
reconnu médicalement électrosensible[154].

Refus par des communes, actions collectives

Des communes de plusieurs dizaines de milliers d'habitants jusqu'à cinquante mille habitants
(par exemple : Bondy, Fontenay-sous-Bois[155],[156],[157],[158],[159]) s'opposent au déploiement
des compteurs Linky sur leur territoire.

À la mi-mai 2016, selon le journal La Dépêche, 149 communes s'opposent à l'installation des
nouveaux compteurs[160], dont dix en Dordogne[161].

La commune de Yerres dans l'Essonne, ainsi que huit autres communes - Briis-sous-Forges,
Brunoy, Juvisy-sur-Orge, Janvry, Grigny, Fleury-Mérogis, Quincy-sous-Sénart, Savigny -,
« s'oppose au déploiement de ce type de compteurs, par une délibération datant de 2016 »
qui « a depuis été attaquée par la société Enedis devant le tribunal administratif de Versailles
et jugée illégale ». La ville a fait appel[162].
En juillet 2017, selon l'Agence France-Presse, « environ 400 communes » s'opposent au
déploiement des compteurs Linky[163].

Les collectifs opposés aux compteurs Linky ont annoncé une manifestation nationale contre
le déploiement de ces compteurs communicants le 22 mars 2017 à Paris[164],[165].

Le 17 novembre 2020, un arrêt rendu en référé par la cour d'appel de Bordeaux précise
qu'Enedis ne peut invoquer « une obligation légale » pour installer son nouvel équipement.
L'entreprise est également sommée de poser des filtres spécifiques chez 13 plaignants
électrosensibles[166].

Recours judiciaires

Le 1er avril 2016, la Direction générale des Collectivités locales (DGCL) adresse un courrier
aux préfectures et affirme que les collectivités territoriales ne peuvent faire obstacle au
déploiement de Linky[167]. Selon elle, si les compteurs sont effectivement la propriété des
autorités organisatrices de distribution (AOD) d'électricité, « seul le concessionnaire a le droit
de les développer et de les exploiter » et, les communes ayant conclu un contrat de
concession avec Enedis, ne peuvent pas refuser le déploiement du compteur[168].

La Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) demande entre-


temps à un cabinet d'avocat une étude juridique, qui affirme que le déploiement des
compteurs est une obligation légale et estime qu'il serait « inadéquat pour le maire de se
prévaloir de son pouvoir de police générale » pour refuser l’installation des compteurs
communicants dans le territoire de sa commune[169].

En avril 2016, Enedis dépose un recours devant le tribunal administratif de Melun pour
contester une délibération de la commune de Varennes-sur-Seine s'opposant au déploiement
de Linky[170]. La commune a néanmoins décidé de maintenir sa délibération[171]. Le
14 octobre 2016, le tribunal administratif de Bordeaux suspend la délibération municipale
d'un village de Dordogne, Montferrand-du-Périgord, qui s'opposait à l'installation de Linky[172].
Le village de 160 habitants est condamné à payer 1 200 euros de frais de justice[172].

En janvier 2017, le tribunal administratif d'Orléans annule les délibérations des conseils
municipaux de deux communes de Valencisse et Thauvenay jugeant que les maires, hostiles
au compteurs, ont commis « un excès de pouvoir »[173] et rappelant que les communes ne
sont pas « propriétaires des compteurs des usagers et ne sont pas chargées d'exercer les
activités de comptage et la mise en œuvre des dispositifs du comptage »[173].

Selon la FNCCR, au 24 mars 2017, 43 des 47 délibérations anti-Linky de communes en phase


de déploiement du nouveau compteur ont été retirées, dont 80 % à la suite d'une demande de
la préfecture, et parmi les communes devant installer Linky les prochaines années,
230 délibérations négatives ont été recensées, mais 147 ont déjà été retirées[174].

En juin 2017, un juge de proximité du tribunal d'instance de La Rochelle a relaxé un particulier


qui avait expulsé de sa propriété un sous-traitant d'Enedis[175].

Le 21 juillet 2017, le tribunal administratif de Pau donne raison à l’État et à Enedis contre la
commune de Tarnos (Landes) qui refusait de procéder à l’installation de compteurs Linky sur
son territoire[176],[163].

Incidences sur la facture d'électricité

Selon l’UFC—Que Choisir, la généralisation des compteurs Linky pourrait entraîner dix
millions de foyers à souscrire à une puissance d'abonnement plus élevée car ce nouveau
compteur, plus précis que l'ancien et moins tolérant face aux dépassements de puissance, à
l'inverse des compteurs actuellement en service, ne supporterait aucun dépassement de la
puissance souscrite[177] et « disjoncte[rait] quasi systématiquement lorsqu'elle dépasse le
niveau souscrit[178]. » En réalité, les anciens compteurs ne comportant pas, à la différence du
Linky, de disjoncteur incorporé[52],[23],[179], ils ne peuvent prendre en compte les
dépassements de puissance souscrite (qu'ils soient intentionnels, par exemple par des
changements de calibre[23] après déplombage, ou non[180]) et c'est le disjoncteur
raccordement du tableau de l'abonné qui coupe l'alimentation en cas de dépassement de
courant (et non de puissance, comme le Linky)[52],[23].

Ce surcoût d'abonnement représenterait globalement 308 millions d'euros pour les clients


d'EDF[177] sur la base d'une facturation unitaire de 36 euros pour le simple changement de
puissance (effectué à distance via le réseau informatique) et qui selon UFC—Que Choisir,
pourrait rapporter à EDF 724 millions d'euros[177],[178]. Inversement, cinq millions de clients
payant un abonnement surestimé par rapport à leur installation peuvent, en connaissant la
puissance maximale utilisée, prendre un abonnement moins couteux[177]. Selon UFC—Que
Choisir, cette surfacturation représenterait 35 millions d'euros par an[177].

Enedis conteste les éléments communiqués par UFC—Que Choisir notamment sur le coût
d'un changement d'abonnement. Depuis la délibération du 7 juillet 2011, la CRE a demandé
que « la prestation de changement de puissance soit réalisée gratuitement par Enedis »[52].
Dans sa réponse à l'UFC—Que Choisir, Enedis a en conséquence rappelé que l'entreprise
« respectera le barème de prestations décidé par la CRE »[181].

Pour la CRE : « Le compteur Linky offre la même souplesse que les compteurs actuels en cas
de dépassement de la puissance souscrite : il ne disjoncte pas plus fréquemment[52]. » De
plus, Enedis note que l'UFC a réalisé une étude sur un panel de 201 compteurs classiques et
a extrapolé les résultats à 35 millions de futurs compteurs communicants, ce qui poserait un
problème méthodologique de fond. Le retour d'expérience réalisé sur les 300 000 compteurs
Linky actuellement en service (validé par la CRE) montre que les cas de modification
d'abonnement n'ont représenté que 0,87 % des situations rencontrées[182]. D'autre part,
quelques cas de clients se plaignant de forte augmentation de facture ont été médiatisés
sans que la cause soit établie[183],[25].

Dans son rapport annuel 2018, la Cour des comptes, tout en ne mettant pas en cause le bien-
fondé du projet, critique les conditions de déploiement de Linky trop profitables à Enedis, qui
l'assure pour un coût de plus de cinq milliards d’euros entre 2014 et 2024. Un système de
tarif différé, mis en place par la Commission de régulation de l'énergie, permet de ne pas
imputer immédiatement l'intégralité de cette somme aux abonnés. Le financement est
avancé par Enedis qui se remboursera avec intérêts sur la facture des consommateurs
lorsque le programme atteindra ses objectifs, à partir de 2021. Cependant, la Cour, analysant
la construction de ce tarif, estime qu'Enedis sera bénéficiaire de près de 500 millions d’euros.
La Cour relève que « les gains que les compteurs peuvent apporter au consommateur sont
encore insuffisants ». Le rapport « estime que les informations disponibles sont insuffisantes
pour permettre aux utilisateurs de connaître leur consommation détaillée. » Il indique que
l’« impact sur la consommation d’électricité pourrait être assez faible ». À la fin de l'année
2017, parmi les usagers disposant d'un compteur Linky, il en recense 1,5 % ayant ouvert un
compte afin de connaître leur consommation. La Cour déplore également, de la part de l’État
et d’Enedis, concernant la pédagogie et la communication, un « défaut de pilotage ». Ces
conclusions sont contestées par la Commission de régulation de l'énergie et Enedis qui
dénoncent une analyse erronée de la Cour des comptes[94] car elle néglige les bénéfices
résultants des compteurs après leur installation. Pour la Commission de régulation de
l'énergie, « donner des conditions financières avantageuses et stables à Enedis était une des
conditions de la faisabilité du programme[184]. »

Dans une interview sur France Info, le 7 février 2018, Bernard Lassus, directeur du
programme Linky chez Enedis répond aux critiques de la Cour des comptes en indiquant que
« ce programme sera neutre pour les consommateurs », car il faut prendre en compte les
économies qu'ils peuvent faire à l'aide des informations disponibles grâce à ce compteur.
Pour ce faire, il invite les abonnés à venir de plus en plus nombreux sur le site de l'entreprise
pour se créer un compte, en déclarant que si « le compteur est communicant, le client est
intelligent » et qu'« il va pouvoir voir les effets de ses éco-gestes », bien que selon lui, cela
prendra du temps, si l'on en croit le retour d'expérience des pays bien plus en avance que la
France en ce domaine : « 600 millions de compteurs communicants posés dans le monde et
bientôt un milliard ». Il note également que le rapport de la Cour des comptes n'a pas le
même calendrier qu'Enedis, les éléments sur lesquels il se base datant de plus d'un an, tandis
qu'à ce jour, 9 millions de compteurs sont posés et qu'il s'en pose 30 000 par jour. À la
question de savoir si Enedis va revoir le mode de financement, il répond que cela est du
ressort de la Commission de régulation de l'énergie qui a elle seule ce pouvoir et qu'Enedis,
quant à elle, s'en tient strictement au cadre défini par cette commission, lequel inclut des
mesures incitatives mais aussi des pénalités financières en termes de non-respect de la
qualité et des délais. Sur le fait de savoir si les clients ont besoin de ce type de compteur,
Lassus déclare que les compteurs actuels sont obsolètes car ils datent pour la plupart des
années 1960, à une époque où la demande d'électricité, le problèmes de ressource
énergétique et les contraintes environnementales étaient loin d'être ce qu'elles sont devenues
et qu'il est donc nécessaire de s'adapter. Sur le manque d'informations des clients, Lassus
déclare qu'Enedis prend en compte ce reproche en faisant de plus en plus de
« communication ciblée »[185].

En mars 2018, une pétition en ligne est lancée par le mensuel Que choisir, dénonçant le coût
du programme Linky et son faible intérêt pour le consommateur[186]. La Commission de
régulation de l'énergie (CRE) a réagi en affirmant que « son financement sera totalement
neutre pour les clients grâce aux nombreux gains que ces compteurs permettront,
notamment pour maîtriser la demande d'énergie : au global, leur facture n'en sera pas
affectée[187]. »

Le remboursement est prévu à partir de 2022[188].

Notes et références

Notes
a. Le rapport de la Cour des comptes, qui dénombre huit pays dans ce cas, cite deux fois la
Slovaquie.

b. Critères et fonctionnalités fixées par la CRE dans sa communication du 6 juin 2007 et dans
ses orientations du 10 septembre 2007 selon le rapport 2011.

c. Étude initiée par le CNRS, soutenu par l'État, l'ADEME, la région PACA et le conseil général
des Alpes-Maritimes, conduite de 2012 à 2014 par le « Groupe de recherche en droit,
économie et gestion » (CNRS/université Nice Sophia Antipolis), en partenariat avec une
société privée (Ubinode qui a conçu l’aspect TIC de l’opération et l’Observatoire français
des conjonctures économiques (OFCE) et la commune de Biot. Remarque : l’acronyme
TicElec signifie : « Technologies de l'information pour une consommation électrique
responsable ».
d. Ces valeurs limites sont contestées par un certain nombre d'associations de
consommateur qui recommandent une valeur bien plus basse de 0,6 V/m (volt par mètre).
Cette valeur très restrictive avait été initialement proposée en 1998 par le département de
santé de la ville de Salzbourg, consécutivement à une étude de Mann et Röschke publiée
en 1996 qui dénotait des effets sur l'électroencéphalogramme durant le sommeil, d'un
champ électromagnétique à la fréquence de 900 MHz, appliqué avec une densité de
puissance de 0,5 W/m2. En prenant un facteur de sécurité de 500, la densité de puissance
de 1 mW/m2 correspondait à un champ électrique de 0,614 V/m. Bien que cette étude n'ait
pas été confirmée par les travaux ultérieurs des mêmes auteurs, publiés en 1998 et 2000,
menés pourtant avec des valeurs d'exposition bien supérieures sans qu'aient pu être
retrouvés les mêmes effets, ces résultats ont été ignorés et la valeur de 0,6 V/m a continué
à être préconisée sans justification scientifique.

Références
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1er juin 2021 :

« Le mécanisme de financement du projet Linky a été défini par la


Commission de régulation de l’énergie qui est une autorité
administrative indépendante. Les coûts d’investissements et
d’installation ont été intégralement portés par Enedis et sont
compensés dans la durée par les économies générées par le
déploiement de 35 millions de compteurs à fin 2021. Ces économies
ne pourraient pas être réalisées sans le déploiement d’un compteur
Linky. Le montant de 130 € de coût d’installation par compteur,
repris d’un rapport de la Cour des comptes, n’est pas supporté par le
consommateur final. Ce coût est directement supporté par
l’entreprise Enedis qui le recouvre par les économies d’exploitation
d’un réseau plus moderne, plus flexible et mieux équipé, permettant
par exemple de réduire les frais liés aux relevés de compteurs. Il n’y
aura donc pas, comme cela a pu être avancé, d’augmentation de 15 €
sur la facture annuelle d’électricité des consommateurs pour
rembourser l’installation des compteurs »
.

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187. « Communiqué de presse : Mise au point sur les compteurs Linky » (http://www.cre.fr/do
cuments/presse/communiques-de-presse/mise-au-point-sur-les-compteurs-linky/consulte
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188. https://www.ladepeche.fr/2021/05/31/compteur-linky-les-particuliers-vont-devoir-
rembourser-leur-boitier-9577855.php

Annexes

Articles connexes
Compteur électrique et communicant

Réseau électrique intelligent

Gazpar

Liens externes
Linky, le compteur communicant d'Enedis (http://www.enedis.fr/linky-le-compteur-commu
nicant-derdf/) , sur le site d'Enedis.

Site de la Commission de régulation de l'énergie, traitant des compteurs communicants (ht


tp://www.smartgrids-cre.fr/index.php?p=compteurs) , sur smartgrids-cre.fr.

« Guide pratique à l'usage de la maitrise d'ouvrage de construction – Compteur


communicant Linky » (http://www.enedis.fr/sites/default/files/Sequelec_GP15_Linky_201
7_03_01.pdf) [PDF], sur enedis.fr, Fiches et guides SéQuélec – Référence : GP 15,
mars 2017.

Plus d’informations sur la TIC (http://www.enedis.fr/sites/default/files/Enedis-NOI-CPT_54


E.pdf)

[PDF] Dossier « Linky » (https://www.cpchardware.com/download/hw28_linky.pdf) ,


Canard PC, avril-mai 2016.

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