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Cours de Modélisation numérique des écoulements

Introduction
Les problèmes physiques rencontrés dans notre quotidien (le transport de polluants, les problèmes de
convection, les écoulements dans les conduites, la modélisation de l’écoulement des polymères fondus, la
modélisation de la pollution atmosphérique, etc.) sont décrits par des équations à dérivées partielles
fortement couplées et non linéaires. En général, Ces équations n’admettent pas de solutions analytiques sauf
dans des cas très simplifiés. C’est pourquoi un recours aux méthodes de résolution numériques s’avère
nécessaire.

Il existe plusieurs méthodes numériques :

- méthode des différences finies

- méthode des volumes finis

- méthode des éléments finis

Chaque méthode de résolution numérique d’un problème continu comporte une phase de maillage et une
phase de discrétisation.

La méthode des volumes finis est l’approche par excellence utilisée en MDF numérique. Elle repose sur un
principe aussi valable en vie courante, en politique qu’en démarche scientifique. En face d’un problème
complexe impossible ou très difficile à résoudre, la méthode la plus efficace est de le subdiviser en plusieurs
petits problèmes beaucoup plus facile à résoudre. Et pas de soucis si le résultat est un millier ou un million
de petit problèmes. Des calculateurs très sophistiqués et de plus en plus rapides sont là pour entrer en action.
Et si un ou plusieurs éléments posent des problèmes un peu particuliers (une singularité, des conditions
d’interface, des frontières…) on peut leurs réserver un traitement à part.

Donc l’approche consiste à diviser le domaine de calcul en plusieurs petits volumes qui ne se chevauchent
pas et dont la somme fait exactement le volume du domaine de calcul à étudier. C’est très important pour
assurer le principe de conservation et surtout la conservation des flux antre l’entrée et la sortie du domaine
de calcul.

Ensuite vient le principe de base de la méthode qui n’est autre que le théorème de la divergence
(Ostrogradski) qui consiste à changer une intégrale de volume en intégrale de surface. L’application de ce
théorème tout en utilisant des schémas de différences finies pour le dérivées partielles, donne naissance à
des équations algébriques qu’on pourra ensuite résoudre via des méthodes directes ou indirecte.

La phase de maillage consiste à diviser le domaine d’étude en de petits volumes appelés volumes de
contrôle.

La phase de discrétisation transforme le problème continu en un problème discret. Les équations ainsi que
les conditions aux limites sont approchées par des équations et conditions discrètes.

L’objectif de ce cours est de développer les principes de la méthode des volumes finis.
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Présentation de la méthode des volumes finis
I. Problème stationnaire de diffusion pure

Les opérateurs de diffusion sont communs en transferts de chaleur, de masse et de quantité de


mouvement et peuvent aussi être utilisés pour modéliser l'électrostatique, le rayonnement ainsi que
d’autres phénomènes physiques. Nous considérons la discrétisation et la solution de l'équation
scalaire de transport pour les problèmes de diffusion stationnaires et instationnaires.

I-1 Introduction

Les méthodes des volumes finis ont été parmi les premières à atteindre un stade de développement avancé
pour les calculs d’écoulements stationnaires et instationnaires.

Elles ont permis une prise en compte complète des effets de non linéarité et de compressibilité ainsi que les
effets de viscosité à l’aide des équations de Navier-Stokes, et de turbulence.

Les méthodes aux volumes finis ont supplanté les méthodes classiques basées sur les différences finies dans
le traitement des problèmes complexes notamment tridimensionnels. La technique comprend deux étapes
importantes :

- le maillage : il consiste à diviser le domaine en plusieurs intervalles réguliers appelés volumes de contrôle.

- La discrétisation : lors de cette étape les équations sont intégrées dans les volumes de contrôle.

I. 2- Etude d’un problème de diffusion à une dimension

Soit le problème de transport de la variable Ф par diffusion régi par l’équation suivante :

où:  est le coefficient de diffusion et S le terme source.

La clé de la méthode des volumes finis réside dans l’application du théorème de la divergence ou
théorème d’Ostrogradski, qui permet de changer une intégrale de volume en intégrale de surface.

(2)

A_ surface enveloppant le volume de contrôle CV.


n_ vecteur unitaire.

A une dimension, l’équation (1) prend la forme suivante:

(3)
II-1 Maillage

Dans le cas d’une étude à une dimension de l’espace, le maillage est constitué d’une droite subdivisée en un
nombre fini de segments réguliers.

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Ceux-ci constituent les volumes de contrôle dans le cas unidimensionnel.

Ci-dessous, on donne l’exemple d’un maillage comprenant cinq volumes de contrôle qu’on peut adopter
pour la discrétisation de l’équation (3):

(3)

 : Coefficient de diffusion.
S : Terme source.

La valeur de  aux frontières A et B est maintenue constante (conditions de Dirichlet).

La première étape dans cette méthode consiste à diviser le domaine de calcul en un nombre fini et discret de
volume de contrôle. L’opération consiste à subdiviser le domaine de calcul (Ligne AB) en un certain nombre
de segments (Volume de contrôle). Le centre de chaque volume est placé exactement au milieu du segment
correspondant. Il est commode de s’arranger pour que les facettes des nœuds de frontières coïncident
exactement avec les frontières du domaine de calcul. Dans le cas de la figure ci-dessus le domaine de calcul
est divisé en cinq volumes de contrôles.

Système de notation: La valeur de Ф est maintenue constante aux frontières.

E et W sont appelés « Est » et « West ».

P, E et W sont appelés nœuds et x le pas.

II-2 Discrétisation

L’intégration de l’équation (2) sur le volume de contrôle de centre P donne:

(3)

(4)
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où: 𝑆̅ est la valeur moyenne de la source et V le volume de contrôle correspondant.

Signalons que dans ce cas, une dimension, V=x.

Dans le cas général où le coefficient de diffusivité n’est pas toujours constant, ses valeurs sur les facettes
“w” et “e” du volume de contrôle CV seront exprimées en fonction des valeurs aux points nodaux P,W et E
par:
(5)

Par simplification, on utilise un maillage uniforme (Xe=Xw=X) et appliquer un schéma centré d’ordre
deux pour remplacer les dérivés premières sur les facettes du volume de contrôle:

(6)

(7)

Généralement le terme source S peut aussi dépendre de la fonction  elle-même. Dans une telle situation
nous écrirons :

(8)

En substituant les équations (5), (6), (7) et (8) dans l’équation (4) on obtient :

(9)

Et après arrangement on trouve :

(10)

Avec :

(11)

II-3 Solution des équations

Les volumes de contrôle étant choisis réguliers, on peut supposer que le nœud P occupe une position
d’indice i, le nœud W, la position d’indice i-1, le nœud E, la position d’indice i+1, etc. L’équation (10) peut
donc se mettre sous la forme suivante :

(12)

L’équation (12) est donc construite pour tous les volumes de contrôle du domaine d’intégration qui ne sont
pas influencés par les conditions aux limites.

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Afin de tenir compte des conditions aux limites, un traitement spécial est réservé aux nœuds se trouvant aux
frontières. Le système d’équations résultant est un système d’équations algébriques linéaires comportant
autant d’équations que d’inconnues.

La distribution discrète de la variable Ф sur le domaine de calcul peut alors être obtenue par les méthodes
directes de résolution des systèmes d’équations linéaires: inversion de la matrice du système, méthode des
déterminants,...

Cependant, on préfère les méthodes itératives telles que la méthode de Gauss-Seidel ou la méthode de Jacobi
qui sont bien adaptées pour ce genre de systèmes à matrice bande. Mais comme pour tout calcul itératif, il
faudra alors définir un critère de convergence pour pouvoir arrêter les calculs à un moment donné.

Critère de convergence:

A partir de l’équation (12) nous pouvons écrire une expression du résidu pour estimer la satisfaction
éventuelle de l’équation :

R représente le résidu des calculs et possède par conséquent l’unité de l’équation différentielle intégrée.
Dans notre cas c’est le flux de chaleur.

Exemple 1 :

Considérons la conduction thermique dans un fil isolé de longueur 0,5m, où les deux bouts sont maintenus à
une température constante 100°C et 500°C respectivement.

Soit : =1000 W/(m.K) et A=0.01 m2.

Les nœuds frontières nécessitent un traitement spécial pour l’implémentation des conditions aux limites. Le
coefficient de la face considérée est annulé (coupant la liaison avec la frontière) et le flux à travers cette
frontière est introduit sous forme de source Su ou SP .

Divisons la longueur de la tige en cinq volumes de contrôle égaux comme le montre la figure ci-dessous
Cela donne x=0,1 m.

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Le maillage se compose de cinq nœuds. Pour les nœuds 2, 3 et 4 la température des nœuds voisins, à l'est et
à l'ouest, sont définies. En conséquence, les équations discrétisées de la forme:

peuvent être facilement écrites pour les volumes de contrôle entourant ces nœuds.

La conductivité thermique (ke=kw=k), l'espacement de nœud (x) et la section transversale (Ae=Aw= A) sont
tous constants. Par conséquent, l'équation discrétisée pour les nœuds 2, 3 et 4 est:

Dans ce cas Su et Sp sont nuls, puisque il n'y a pas de terme source dans l’équation de la chaleur.

Les nœuds 1 et 5 sont des nœuds de frontières, et nécessitent une traitement particulier.

L'intégration de l'équation de la chaleur par rapport au volume de contrôle entourant le point 1 donne:

Cette expression montre que le flux à travers la frontière du volume de contrôle a été approchée en
supposant une relation linéaire entre les températures à la frontière du point A et le nœud P. Nous pouvons
réorganiser l’équation comme suit:

La comparaison de l'équation:

avec l'équation:

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On peut facilement identifier que la condition aux frontières de température fixée entre dans le calcul en tant
que terme source (Su+SPTP) avec Su = (2kA/x)TA et SP=-2kA/x, et que

le côté Ouest de la frontière a été éliminé par la mise à zéro du coefficient a W.

L'équation discrétisé aux frontière peut être mise sous la forme:

équation de nœud de frontière 1:

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Le volume de contrôle entourant le nœud 5 peut être traité de la même façon. Son équation discrétisée est
donnée par

Comme précédemment, en supposant une distribution de température linéaire entre le nœud P et la frontière
au point B pour approximer le flux de chaleur à travers la frontière du volume de contrôle. L'équation
obtenue est la suivante:

L'équation discrétisée du nœud de frontière 5 est:

Le processus de discrétisation a donné une équation pour chacun des nœuds de 1 à 5. En remplaçant les
valeurs numériques données kA/x=100, et les

coefficients de chaque équation discrétisée peuvent facilement obtenus. leur

valeurs sont données dans le tableau suivant:

L'ensemble résultant des équations algébriques pour cet exemple est:

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Cet ensemble d'équations peut être mis sous forme matricielle:

La résolution du système d’équations par les méthodes numériques donne la solution suivante:

Exemple 2: Equation de diffusion 1D ave terme source


Considérons une plaque d’épaisseur L=2cm, et de conductivité thermique
constante k=0,5 W/(m.K), assez haute et large pour qu’on puisse considérer que
le transfert de chaleur existe seulement dans le sens de l’épaisseur. Les deux
faces de la plaque sont maintenues à des températures constantes de 100°C et
200°C.
Supposons qu’il existe une génération de chaleur interne uniforme de
q=1000kW/m3.
Calculer la distribution de la température à travers l’épaisseur de la plaque.
Comparer le résultat avec la solution analytique :

Solution de l’exercice n°2

Le domaine est divisé en cinq volumes de contrôle (voir Figure), donnant x = 0,004 m; surface unitaire est
considérée dans le plan y-z.

𝑑 𝑑𝑇
𝑘 +𝑞 =0
𝑑𝑥 𝑑𝑥
L'intégration de l'équation de la chaleur sur un volume de contrôle donne:
𝑑 𝑑𝑇 𝑑 𝑑𝑇
𝑘 𝑑𝑉 + 𝑞𝑑𝑉 = 0  𝑘 𝐴𝑑𝑥 + 𝑞𝐴𝑑𝑥 = 0
𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑥
∆𝑉 ∆𝑉

Nous traitons le premier terme de l'équation ci-dessus comme dans l'exemple 1.


Dans la deuxième intégrale, le terme source de l'équation, est évaluée en calculant la production moyenne
(c-à-d SΔV=qΔV) au sein de chaque volume de contrôle.

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L'équation de la chaleur peut se écrire:

L'équation ci-dessus peut être réarrangé que

Cette équation est écrit dans la forme générale de

Puisque ke=kw=k nous avons les coefficients suivants:

L'équation est valable pour les volumes de contrôle des nœuds 2, 3 et 4.


Pour introduire les conditions aux limites au niveau des nœuds 1 et 5, nous appliquons une approximation
linéaire pour des températures comprises entre le nœud de la frontière et le nœud adjacent.
Au nœud 1 la température à la frontière Ouest est connu. Intégration de l'équation de la chaleur au volume
de contrôle entourant le nœud 1 donne:

L'introduction de l'approximation linéaire pour des températures comprises entre A et P

L'équation ci-dessus peut être réarrangé, en utilisant ke=kA=k, pour donner l’équation discrétisé du nœud de
frontière 1:

Au nœud 5, la température sur la frontière du volume de contrôle est connu. Le nœud est traité d'une
manière similaire du nœud 1. Au nœud frontière du point 5, nous avons

L'équation ci-dessus peut être réarrangé, en utilisant kB=kw=k, pour donner l’équation discrétisé du nœud de
frontière 5:

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La substitution de valeurs numériques de A=1m2, k=0,5W/mK, q=1000 kW/m3 et x=0,004 m partout
donne les coefficients des équations discrétisées résumés dans le tableau:

Sous forme matricielle:

Comparaison avec la solution analytique


La solution analytique à ce problème peut être obtenue en intégrant l'équation par rapport à x et par
application ultérieure de la conditions aux limites. Cela donne:

La comparaison entre la solution des volumes finis et la solution exacte est indiqué dans le tableau et la
figure ci-dessous, et on peut voir que, même avec un maillage grossier de cinq nœuds, l'accord est très bon.

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Exemple 3: Equation de diffusion 1D ave convection à la surface et bord isolé
Soit une ailette de refroidissement de section droite
cylindrique. La base de l’ailette est maintenue à une
température constante égale à 100°C (TB). L’autre
extrémité est adiabatique. L’ailette est exposée à une
température ambiante de 20°C. Le transfert de chaleur est
contrôlé par l’équation suivante:

où h représente le coefficient d’échange thermique par convection, P le périmètre de l’ailette,  le coefficient


de conductivité thermique et T la température de l’air ambiant.

Calculer la distribution de la température le long de l’ailette et comparer le résultat avec la solution


analytique.

où , L est la longueur de l’ailette.

données: L=1m, = 25m-2 .

Dans cet exemple, l'équation de la chaleur contient le terme,

-hP (TT∞), la perte de chaleur par convection, qui est une fonction de la température T.

La première étape dans la résolution du problème par la méthode des volumes finis est de mettre en place un
maillage. Nous utilisons un maillage uniforme et nous divisons la longueur en cinq volumes de contrôle de
sorte que les volumes x=0,2 m. Le maillage est représentée sur la figure ci-dessous.

Lorsque kA=constante, l'équation régissant peut être écrite comme suit:

L'intégration de l'équation ci-dessus dans un volume de commande donne:

La première intégrale de l'équation ci-dessus est traité comme dans les exemples 1 et 2; en raison de terme
source dans l'équation, la deuxième intégrale est évaluée en supposant que l'intégrale est localement constant
au sein de chaque volume de contrôle:

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D'abord, nous développons une formule valable pour les nœuds 2, 3 et 4 en introduisant les approximations
linéaires habituels pour le gradient de température. Après division par la section transversale A, on obtient:

Ceci peut être réarrangé pour obtenir:

Pour les nœuds intérieurs 2, 3 et 4 nous écrivons, en utilisant l’équation générale

Ensuite, nous appliquons les conditions aux limites aux nœuds 1 et 5. Au nœud 1 la limite de volume de
contrôle à l‘Ouest est maintenu à une température imposée. il est traité de la même manière que dans
l'exemple 1:

Les coefficients de l'équation discrétisée au nœud de frontière 1 sont:

Au nœud 5 le flux à travers la frontière Est est nul car le volume de contrôle limite est isolée:

D'où le coefficient Est est mis à zéro. Il n'y a pas de termes sources supplémentaires associé à la condition
aux limites de flux zéro. Les coefficients du nœud 5 sont donnés par:

En substituant les valeurs numériques le tableau donne les coefficients:

Sous forme matricielle

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Comparaison avec la solution analytique
Tableau ci-dessous compare la solution des volumes finis avec la solution analytique.
L'erreur maximale en pourcentage:
((solution analytique – solution des volumes finis)/solution analytique) est d'environ 6%.
Compte tenu de la grosseur de la grille utilisé dans le calcul, la résolution numérique est assez proche de la
exacte solution.

La solution numérique peut être améliorée en utilisant un maillage plus fin. Prenons le même problème avec
la longueur de tige divisée en 10 volumes de contrôle. La dérivation des équations discrétisées est le même
qu’avant, mais les valeurs numériques des coefficients et les termes sources sont
différente en raison de l'espacement du maillage plus petit x=0,1 m. La comparaison des résultats du
deuxième calcul avec la solution analytique est montrée dans la figure et le tableau ci-dessous. Les secondes
résultats numériques montre un meilleur accord avec la solution d'analyse; maintenant l'écart maximal n’est
que de 2%.

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Home work

Déterminer la distribution de température à travers la paroi d'un tube de cuivre de


10/14 (diamètres interne et externe en mm) et de longueur 1m. La température de la
paroi interne est de 100,0°C celle de la paroi externe 90,0°C. De plus Cu=400 W/m.K.

Comparer le résultat avec la solution analytique:


𝑻𝒔,𝟏 − 𝑻𝒔,𝟐 𝒓
𝑻(𝒓) = 𝒓𝟏 𝒍𝒏 𝒓 + 𝑻𝒔,𝟐
𝐥𝐧⁡(𝒓 ) 𝟐
𝟐

Elaborer un programme en Fortran qui donne la distribution de température à travers


la paroi du cylindre

Supposé le transfert de chaleur monodimensionnel à travers le cylindre

Rappel: L'équation de la chaleur en coordonnées cylindriques est:


𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝟏 𝝏 𝝏𝑻 𝝏 𝝏𝑻 𝝏𝑻
𝒌𝒓 + 𝟐 𝒌 + 𝒌 + 𝒒 = 𝝆𝒄𝒑
𝒓 𝝏𝒓 𝝏𝒓 𝒓 𝝏𝜽 𝝏𝜽 𝝏𝒛 𝝏𝒛 𝝏𝒕

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III- Etude d’un problème de diffusion à deux dimensions

III-1 Introduction

L’équation qui gouverne le problème stationnaire de diffusion en deux dimensions dépend des variables de
l’espace "x" et « y". Il convient de rappeler que dans ce cas, deux dimensions de l’espace, le volume de
contrôle est constitué du produit "Δx.Δy ". A deux dimensions, l’équation (1) prend la forme suivante :

Fig. Disposition du V.C 2D.


III-2 Maillage

A deux dimensions, le domaine est subdivisé en un nombre fini de volumes de contrôle qui sont alors
constitués d’éléments de surface réguliers. Le maillage a la forme suivante:

où: P est le nœud principal,

i l’indice de discrétisation suivant l’axe des "x",

j l’indice de discrétisation suivant l’axe des « y".

Le temps sera indexé par l’indice "k".

En général, les lettres E, W, N et S représentent respectivement l’Est, l’Ouest (West), le Nord et le Sud.

Le carré coloré en gris représente un élément de volume de contrôle.

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Les segments [PE] et [PN] valent respectivement Δx et Δy.

Par la suite, on adoptera les maillages suivants:

→ Suivant l’axe des "x": x(i) = (i–1)∆x

où: x est le pas de discrétisation suivant cette direction.

→ Suivant l’axe des « y": y(j) = (j-1)∆y

où : y est le pas de discrétisation suivant cette direction.

III-3 Discrétisation

L’intégration de l’équation (13) sur le volume de contrôle de centre P donne :

On utilisant les égalités suivantes: Ae= Aw=y et An=As=x, nous obtenons:

où : S est la valeur moyenne de la source et V le volume de contrôle correspondant.

En général, le terme source peut dépendre de la fonction Ф elle-même. C’est pourquoi on l’écrit:

L’équation (15) traduit un principe de conservation.

En utilisant les mêmes approximations centrées utilisées dans le paragraphe précèdent nous posons :

Le flux à travers la face ouest = (17)

Le flux à travers la face est = (18)

Le flux à travers la face nord = (19)

Le flux à travers la face sud = (20)

Et l’équation (14) devient

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en linéarisant le terme source comme précédemment et en arrangeant l’équation, nous obtenons la forme
suivante:

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Les volumes de contrôle étant choisis réguliers, on peut supposer que le nœud P occupe une position
d’indice (i,j), le nœud O, la position d’indice (i-1,j), le nœud E, la position d’indice (i+1,j), le nœud S, la
position d’indice (i,j-1), le nœud N, la position d’indice (i,j+1), L’équation (24) peut donc se mettre sous la
forme suivante :

L’équation (26) est donc construite pour tous les volumes de contrôle du domaine d’intégration qui ne sont
pas influencés par les conditions aux limites. Afin de tenir compte des conditions aux limites, un traitement
spécial est réservé aux nœuds se trouvant aux frontières. Le système d’équations résultant est un système
d’équations algébriques linéaires comportant autant d’équations que d’inconnues.

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Exemple d’application:
Une plaque bidimensionnelle d'épaisseur 1cm est représentée dans la figure ci-dessous. La conductivité
thermique du matériau de la plaque est k=1000 W/m.K. La frontière Ouest reçoit un flux de chaleur constant
de 500 kW/m2 et les frontières Sud et Est sont isolés. Si la frontière Nord est maintenue à une température
de 100°C.
Utiliser un maillage uniforme avec x=y=0,1m pour calculer la distribution de température de l'état
d'équilibre au niveau des nœuds 1, 2, 3, 4,. . . etc.

La conduction thermique en régime permanent est gouverné par l’équation suivante:


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Sa discrétisation donne:

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IV- Etude d’un problème de diffusion à trois dimensions
Dans le cas d’un problème 3D, chaque nœud P a six nœuds voisins notés W, E, S, N, B et T. et les six
facettes du volume de contrôle sont notées w, e, s, n, b et t respectivement.
L’intégration et la discrétisation de l’équation (1) donne :

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Problème stationnaire de diffusion convection

Introduction

 La convection est toujours associée à un mouvement macroscopique des particules fluides. Elle est
très différent de la diffusion qui est un mouvement microscopique à l’échelle des atomes et des
molécules.

 Donc l’intensité du transfert de la convection est beaucoup plus importante que la diffusion.

 D’où la particularité des schémas de convection. Ils sont étroitement liés à la direction de
l’écoulement.

 C’est ce qui rend le schéma ‘upwind=amont’ très stable bien qu’il est seulement de premier ordre
en termes de précision.

 Il utilise l’information qui vient de la direction de l’écoulement et c’est très logique, puisqu’avec
l’écoulement, cette valeur arrivera au point P dans un laps de temps. Par contre, le schéma centré,
bien qu’il soit plus précis, peut donner des valeurs non réalistes. Ce qui influe sur la stabilité du
schéma.

 Il faut prendre en considération l’information dans la direction inverse de celle de l’écoulement.


Tous les autres schémas sont basés sur ce principe pour proposer des schémas plus ou moins précis
et/ou stable.

L’équation en régime stationnaire d’un transport convection-diffusion prend la forme suivante :

(31)

Transport par convection = Transport par diffusion + terme source

En appliquant le théorème de la divergence sur un volume de contrôle CV, l’équation devient:

(32)

Cette équation traduit bien un principe de conservation, où la partie gauche exprime le flux par convection
alors que celle de droite représente le flux par diffusion et la génération ou la destruction de la variable 

Problème à une seule dimension (1D)

Reprenons l’exemple précédent en une seule dimension d’espace et sans terme source:

(33)

Pour fermer le système nous avons besoin de l’équation de continuité (conservation de la masse), d’où:

30
(34)

L’intégration des deux équations précédentes sur un volume de contrôle donne:

(35)

(36)

Pour des raisons de simplicité nous représentons le flux convectif par la lettre F et le flux diffusif par la lettre
D, qui seront définit comme suit :

(37)
Les valeurs de ces variables sur les deux facettes e et w s’écrivent:
(38)

(39)

Pour simplifier, la section droite de part et d’autre sera maintenue constante.

Enfin, les deux équations (35) et (36), s’écrivent:

(40)
(41)

Pour se concentrer sur le problème de la convection nous allons supposer que la distribution de la vitesse est
connue.

La résolution des équations précédentes passe par la détermination des variables de la convection.

Le schéma aux différences centrées

En supposant que le maillage est uniforme, la valeur de  s’écrit:

(42)
(43)

Et en remplaçant dans l’équation (44), nous obtenons:

(44)

Et après arrangement:

(45)

(46)

31
32
ou encore :

(47)

Cette forme rappelle celle des équations de pure diffusion, avec un léger changement dans l’expression des
différents coefficients. La méthode de résolution reste la même que précédemment.

Exemple 5.1 :

Nous proposons de résoudre l’équation de convection-diffusion stationnaire à travers un domaine


unidimensionnelle représenté par la figure ci-dessous:

avec les conditions aux limites suivantes :

0=1 à x=0 et L=0 à x=1,

utiliser un maillage uniforme de cinq volumes et un schéma aux différences centrées.

Calculer la distribution de  en fonction de x pour les cas suivants:

Cas n°1: u=0,1 m/s,

Cas n°2: u=2,5 m/s, et comparer les résultats avec la solution analytique

Cas n°3: recalculer la distribution de  pour u=2,5 m/s avec 20 volumes, et comparer les résultats avec la
solution analytique.

Données: L=1,0 m; =1,0 kg/m3; =0,1 kg/m.s.

En utilisant un maillage simple où le domaine est divisé en cinq volumes de contrôle donnant x = 0,2 m.

F=ρu, D=Γ/x, Fe=Fw=F et De=Dw=D partout.

Les conditions aux limites sont désignés par A et B.

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L'équation de discrétisation (47) et ses coefficients s’appliquent au nœuds internes 2, 3 et 4, mais les
volumes de contrôles 1 et 5 ont besoin d'un traitement spécial car elles sont adjacentes aux frontières du
domaine.

Nous intégrons l'équation (33) en utilisant la différence centrée pour les deux termes de diffusion et le flux
par convection à travers la face Est du nœud 1.

La valeur de  est donnée sur la face ouest de ce volume (w=A=1) de sorte que nous ne avons pas besoin
de faire une approximations dans le terme convectif à cette frontière. On obtient une équation de nœud
suivant:

(48)

Pour le volume de contrôle 5, la valeur de  à la face Est est connu (e=B=0). on obtient:

(49)

Réarrangement des équations (48) et (49), notant que DA=DB=2Γ/x=2D et FA=FB=F, donne les équations
discrétisées aux nœuds de frontières de la forme suivante:

Avec le coefficient central

On introduit les conditions par introduction du flux entrant du côté de la frontière aux limites dans le terme
source.

Cas n°1:

u=0,1 m/s: F=ρu=0,1; D=Γ/x=0,1/0,2=0,5 donne les coefficients résumés dans le tableau ci-dessous.

34
La forme de la matrice de l'équation avec A=1 et B=0 est:

Comparaison avec la solution analytique


De la même façon que le cas 1 et en remplacement les données dans l'équation:

la solution exacte du problème:

Les solutions numériques et analytiques sont comparées dans le tableau ci-dessous et représentés à la figure
ci-desous.

Le schéma de différence centrée a produit une solution qui semble osciller autour de la solution exacte.
L'accord avec la solution analytique est clairement pas très bonne.

et figure suivante:

35
Malgré la grosseur du maillage du schéma aux différence centrées, le régime donne un accord raisonnable
avec la solution analytique.

Cas n°2:
u=2,5 m/s: F=ρu=2,5; D=Γ/x=0,1/0,2=0,5 donne les coefficients résumés dans le tableau ci-dessous.

En remplacement des données dans l'équation

la solution exacte du problème:

Les solutions numériques et analytiques sont comparées dans le tableau suivant:

Cas n°2:
u=2,5 m/s: un maillage de 20 nœuds, donne x=0,05, F=ρu=2,5; D=Γ/x=0,1/0,05=2,0. Les coefficients sont
résumés dans le tableau ci-dessous.

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L'accord entre les résultats numériques et la solution analytique est maintenant bien. Comparaison des
données pour ce cas avec celui calculé sur la grille en cinq points du cas n°2 montre que le raffinement de
maillage a réduit le rapport F/D de 5 à 1,25. Le schéma de différence centrée semble donner des résultats
précises lorsque le rapport F/D est faible.
Les principales propriétés d’un schéma de convection :

Théoriquement, la solution numérique est indépendante du schéma de discrétisation utilisé quand le nombre
de nœuds considérés tend vers l’infini, alors qu’en pratique ce nombre est toujours fini. Ceci nous conduit à
une étude plus détaillée des schémas de convection :

Un bon schéma de convection doit vérifier les trois propriétés suivantes :

Conservativeness: Le flux sortant par la face e d’un volume i doit être égale au flux entrant par la face w du
volume i+1. Cette propriété est généralement satisfaite par la formulation de la méthode des volumes finis
elle-même. (Ce qui n’est pas le cas en différences finies)

Boundedness: Par exemple la valeur calculé de  sur une face du volume de contrôle ne doit pas être
supérieur ou inférieur aux valeurs voisines utilisées pour son calcul. En général cette propriété est vérifiée si
tous les coefficients son positifs.

Transportiveness: Cette propriété est liée à la nature du transport qui est généralement traduit par le
nombre de Peclet (rapport entre le coefficient de convection et celui de diffusion). Les faibles valeurs du
nombre de Peclet reflètent un transport dominé par la diffusion alors que l’inverse caractérise un transport
dominé par la convection. Un bon schéma de convection doit refléter cette propriété.

Le CDS vérifie bien la propriété de conservation, alors que la limitation n’est pas toujours vérifiée puisque
le coefficient E a peut devenir négatif dans le cas d’un écoulement fortement convectif. Pour que E a soit
toujours positif il faut que

(49)

Si le nombre de Peclet est supérieur à 2, le coefficient aE devient alors négatif et la condition n’est plus
vérifiée.

Dans l’exemple précèdent, cas 2, Pe=5, la condition de limitation n’a pas été vérifiée, alors que pour les cas
1 et 3 cette condition est très bien vérifiée.

La troisième propriété n’est pas vérifiée par le CDS puisque la direction de l’écoulement n’intervient pas
dans la formulation de ce schéma.

La précision du CDS d’ordre 2 (erreur de troncature) est très satisfaisante mais son instabilité pour les
nombres de Peclet supérieur à deux le rend inacceptable pour les calculs pratiques.

On peut bien remarquer que pour un fluide donnée (masse volumique et coefficient de diffusion constants)
le nombre de Peclet combine la vitesse de l’écoulement et la taille du maillage ( X ). C’est à dire que pour
une vitesse donnée on peut assurer la stabilité par l’adoption d’un maillage d’une finesse appropriée.

Le schéma aux différences avant (First Order Upwind Differencing Scheme, UDS)

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Pour assurer la troisième propriété citée ci-dessous (la transportivité) le schéma avant attribue à la facette du
volume de contrôle la valeur de la variable au centre du volume voisin en amont de la direction de
l’écoulement. C’est à dire pour la facette e la variable aura la valeur du volume P si la direction de
l’écoulement est de gauche vers la droite et la valeur du volume E si elle est de droite vers la gauche.

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Pour le cas précèdent, si Fe et Fw sont positifs, l’UDS s’écrit:

(50)

L’équation (40) s’écrit :

(40)

(51)

et après arrangement

(52)

ou encore

(53)

Pour un écoulement dans le sens contraire, c’est à dire de l’est vers l’ouest, l’UDS s’écrit :

(54)

et l’équation (40) :

(55)

ou

En résumé:

(57)

(58)

La forme compacte suivante exprime l’UDS en tenant compte des deux directions de l’écoulement

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Exemple 2 : Reprendre l’exemple 1 avec le schéma UDS.

Pour le cas 2, où le CDS a échoué à prédire une solution raisonnable, l’UDS reproduit une solution
qualitativement acceptable vis-à-vis de la solution analytique.

Le schéma UDS vérifie la propriété de conservation.

Les coefficients sont toujours positifs, d’où la propriété de limitation.

La transportivité est aussi assurée par ce schéma.

Conclusion:

le schéma UDS est le schéma stable par excellence, à utiliser systématiquement dans le cas des problèmes à
convergence difficile. Il est souvent utilisé pour les équations du modèle de turbulence ou encore dans les
calculs préliminaires en vue d’avoir une solution initiale à utiliser pour les schémas de second ordre. Son
principal inconvénient, c’est bien sur la précision qui n’est que d’ordre un. Un autre inconvénient du schéma
UDS réside dans sa diffusivité numérique, appelée aussi fausse diffusion. L’influence de cette fausse
diffusion est plus marquée pour les situations où la direction de l’écoulement ne coïncide pas avec les lignes
du maillage utilisé, ce qui est généralement le cas.

Le schéma hybride

L’idée de construire un schéma ayant la précision du CDS et la stabilité de l’UDS, a été matérialisé e par
SPALDING en 1972 par un schéma hybride composé des deux schémas et permettant de basculer
automatiquement de l’un vers l’autre suivant la valeur du nombre de Pe. Le test est fait pour chaque volume
de contrôle et dès que sa taille vérifie un Peclet inférieur à 2, le schéma CDS est utilisé.

(59)

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Le schéma hybride s’exprime sous la forme compacte suivante:

Une autre variante du schéma hybride permettant d’utiliser un facteur de pondération entre les deux
schémas, et a été proposée par Raithby et Torrance en 1974. Le nouveau schéma est nommé Upstream
Weighted Differencing Scheme (UWDS) et il prend la forme suivante:

(60)

G. D. Raithby and K. E. Torrance, Upstream-weighted Differencing Schemes and Their Application to


Elliptic Problems Involving Fluid Flow, Comp, Fluids, Vol. 8, N°.12, pp. 191-206, 1974.

(61)

Il est clair que pour les écoulements faiblement convectifs caractérisés par un faible nombre de Peclet le
facteur de pondération tend vers zéro et le schéma devient purement centré alors que pour les écoulements
fortement convectifs (Pe supérieur à 10) le facteur de pondération tend vers l’unité et le schéma bascule vers
la forme UDS. Pour un Peclet égal à 2 le schéma 44% UDS et 56% CDS.

Pour terminer cette partie nous développons, l’expression du schéma hybride pour un problème de
convection-diffusion en trois dimensions:

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