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 IMPLANTATION
DE POINTS EN PLANIMÉTRIE
Pour tout chantier, il est indispensable de disposer de points de référence en planimétrie.
Ces points permettent l’implantation des travaux et le contrôle de leur avancement. Ils
doivent être matérialisés par des bornes ou des repères durables situés à proximité
immédiate du chantier, mais hors de l’emprise des travaux. Deux points au minimum sont
nécessaires, par exemple A et B, station A et orientation sur B, de coordonnées connues :
● soit en repère général (Lambert) : on les détermine alors par les procédés classiques
de densification de canevas ou plus généralement par des cheminements appuyés sur
des points proches connus en système général (voir tome 2, chap. 2, § 1). Étant donné
le grand nombre de points présents sur notre territoire, c’est la méthode la plus
employée ;
● soit en repère local : on peut alors se fixer une base de deux points qui sert de
référence, un point A origine et un point B à une distance donnée de A. L’orientation
peut s’effectuer à la boussole pour obtenir une valeur approximative du gisement de
la direction AB.

 Par abscisses et ordonnées


Cette méthode est utilisable si l’on ne dispose que
d’un ruban en terrain régulier et à peu près hori-
zontal ou d’une équerre optique en terrain acci-
denté. À partir d’un alignement de référence AB,
on implante un point P à partir de ses coordonnées
rectangulaires dans le repère (A, [, \), l’axe des x
étant la ligne AB ; on reporte la cote [3 sur AB
(point H) puis on trace la perpendiculaire à AB
)LJ$EVFLVVHVHWRUGRQQpHV passant par H et on y reporte la cote \3 , (fig. 9.23.).
On contrôle que AP2 = [32 + \32.

 Par rayonnement


Ce procédé est adapté aux théodolites, mécaniques ou électroniques avec ou sans IMEL.
On connaît les coordonnées polaires topographiques d’un point P dans le repère (A, x,
y), y étant un alignement AB donné.

 TECHNIQUES D’IMPLANTATION


Les coordonnées polaires topographiques
sont, dans l’ordre, la distance horizontale 'K
= AP et l’angle α = BAP positif en sens horaire
(fig. 9.24.).
Attention : si l’on dispose des coordonnées
polaires mathématiques ('K , θ), il faut
implanter l’angle (100 – θ) depuis l’axe y.
Si l’on ne dispose pas d’un théodolite, on
implante l’angle α par des mesures linéaires
)LJ5D\RQQHPHQW
(§ 1.3) et on reporte la distance 'K sur l’ali-
gnement AP. Veillez à tenir compte de la déni-
2 2
velée en terrain incliné : on reporte la distance suivant la pente 'S = ( 'K + Δ+ )
Si l’on dispose d’un théodolite et d’un ruban en terrain régulier et à peu près horizontal,
l’opérateur stationne le théodolite en A et positionne le zéro du cercle horizontal sur AB.
Il ouvre ensuite de l’angle α depuis B et positionne P à la distance horizontale 'K de A.
Le contrôle est effectué en calculant BP et en vérifiant cette cote sur le terrain. BP est
calculée par résolution du triangle ABP dans lequel on connaît AB, AP et α.
On réalise l’implantation directe du point P si l’on peut tendre le ruban entre A et P :
l’opérateur maintient l’origine du ruban sur le point de station par l’intermédiaire d’un
clou ou bien il le maintient au pied et aligne un aide dans la direction α. L’aide place le
point à la distance 'K de la station. Si le point P est hors d’atteinte du ruban, on peut
implanter deux points de l’alignement autour de P et s'appuyer sur ces points pour tendre
le ruban et positionner P.
Si l’on dispose d’un IMEL, l’opérateur en station en A guide un aide tenant le miroir : il
l’aligne d’abord dans la direction AP puis effectue une première lecture de la distance
station-miroir. Il en déduit la valeur à corriger pour se positionner sur le point P, déter-
miné ainsi en quelques approximations.
Il est aussi possible de réaliser cette implantation seul au moyen d’une station robotisée :
l’opérateur stationne l’appareil en A puis se déplace vers le point P. Il envoie par radio à
la station robotisée les coordonnées, rectangulaires ou polaires, du point à implanter et
l’appareil pointe automatiquement en direction de ce point. L’opérateur déplace alors un
récepteur jusqu’à ce que la station robotisée indique qu’il se situe sur le point P.

Remarque
Il arrive fréquemment que l’on connaisse les coordonnées des points à implanter et des
points de référence A et B en système général (Lambert). Dans ce cas, si l’on ne
dispose que d’un théodolite mécanique, sans fonctions de calculs de coordonnées, il est
pratique de calculer les coordonnées polaires des points à implanter : distance horizon-
tale et gisement, et de les reporter directement sur le terrain. Pour cela, il suffit de
calculer au préalable le gisement *AB et, lors de la mise en station de l’appareil en A,

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d’afficher *AB sur B (fig. 9.25.). Pour implanter un point P, on affiche *AP sur le
théodolite et on matérialise P à la distance horizontale 'K. Si les distances dépassent
200 m, il faut faire les calculs de réduction des distances (voir chap. 4, § 7).

)LJ,PSODQWHUDYHFJLVHPHQWHWGLVWDQFH

 Intersection de deux alignements


On cherche à construire le point P matérialisant l’intersection des alignements AB et CD
(fig. 9.26.). Si l’on ne dispose pas d’un théodolite, on peut utiliser le matériel suivant :

● un cordex : c’est un cordeau


permettant de laisser une trace
bleu ou rouge sur un support en
béton, en plâtre, etc. Le cordex est
tendu entre les points matériali-
sant les alignements dont on
)LJ,QWHUVHFWLRQ laisse la trace au sol. P est à
l’intersection des deux traces ;

● des cordeaux ou des fils de fer tendus entre les points


définissant les alignements : les cordeaux sont tendus au-
dessus du sol ; l’opérateur fait coulisser un fil à plomb sur
l’un des deux cordeaux jusqu’à toucher l’autre cordeau ;
le point P cherché est matérialisé par l’extrémité du fil à
plomb. On tiendra compte de l’éventuel décalage des cor-
deaux dû à l’épaisseur des jalons (fig. 9.26.).
Si l’on dispose d’un théodolite (fig. 9.27.), on repère à
vue la zone dans laquelle se situe le point d’intersection.
Ensuite, en station sur A, l’opérateur vise le point B puis,
en abaissant la lunette du théodolite, il guide un aide dans
)LJ,QWHUVHFWLRQ
le positionnement approximatif d’un piquet B′, ou une

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chaise d’implantation (voir § 4.1.2), au-delà du point P cherché. On affine en plantant un
clou sur le piquet dans l’alignement AB. La même opération est répétée sur un piquet A′
situé en deçà du point P. Il reste à tendre un cordeau entre les deux clous plantés pour
matérialiser l’alignement AB autour du point P. On procède de même pour l’alignement
CD.

On place un dernier piquet au niveau de l’intersection des deux cordeaux et on plante un


clou pour matérialiser le point P. Pour gagner du temps, il est possible de n’implanter que
les piquets A′ et B′ puis positionner directement le point P au théodolite sur l’alignement
A′B′.

Si le sol ne permet pas l’utilisation de piquets ni de chaises et si les points de base des
alignements sont trop éloignés pour utiliser le cordex, on plante les clous directement
dans le support, en s’appuyant sur la visée au théodolite, et l’on tend un cordex ou un
cordeau entre ces clous.

 Contrôle d’une implantation


La phase de contrôle d’une implantation est aussi importante que l’implantation elle-
même.

Pour être fiable et représentatif de la précision d’implantation, un contrôle doit porter sur
des dimensions non implantées déduites par calcul des éléments implantés.

)LJ&RQWU{OHVDSUqVLPSODQWDWLRQ

Par exemple, si l’on implante une figure polygonale en coordonnées polaires, le premier
contrôle à effectuer est la mesure des distances entre les sommets (a-b, b-c, etc., voir
fig. 9.28.). Ceci renseigne sur la précision de l’implantation. Un deuxième contrôle
consiste en la mesure de diagonales du polygone de manière à s’assurer de l’allure

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générale de la figure implantée sur le terrain ; un contrôle complet, mais redondant,
nécessiterait un découpage en triangles et la mesure de tous les côtés de tous les triangles.
Le dernier contrôle est la position du polygone par rapport à un point de référence, si
possible non utilisé pour l’implantation ; cela permet de s’assurer qu’il n’y a pas eu
d’erreur en orientation angulaire de l’ensemble du polygone. On implante le polygone a-
b-c-d-e-f-g (fig. 9.28.) depuis A avec une visée de référence sur B et l’on contrôle depuis
le point B. En phase de contrôle, on peut voir en pointillé le minimum de mesures
linéaires à effectuer pour contrôler l’implantation (en plus des mesures des côtés a-b, b-
c, etc.).

 Exercice
Cet exercice est tiré d’une épreuve du BTS bâtiment (session de 1990).
Établir le tableau d’implantation des axes des poteaux P1, P2, P3 et P4 (fig. 9.29.) ainsi
que le tableau des contrôles à effectuer. Les points de référence sont A et B, connus en
coordonnées locales associées au chantier. On souhaite implanter directement les
poteaux depuis une station unique en A.
Les données sont les suivantes : Point N (m) O (m)
A 100,000 500,000
On en déduit *AB = 90,221 gon.
B 109,882 501,530

)LJ9XHHQSODQGHO¶LPSODQWDWLRQGHPDQGpH

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