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CHAPITRE II

EFFET PHOTOÉLECTRIQUE
-DÉFINITION LORSQU’UN RAYONNEMENT ÉLECTROMAGNÉTIQUE D’UNE
CERTAINE LONGUEUR D’ONDE (UV), PROVENANT D’UNE SOURCE DE
LUMIÈRE FRAPPE UNE PLAQUE DE MÉTAL ALCALIN, DES ÉLECTRONS
PEUVENT ÊTRE ARRACHÉS. CE PHÉNOMÈNE FUT DÉCOUVERT PAR HERTZ
EN 1887 ET ÉTUDIÉ PAR LÉNARD EN 1902.
a) Mise en évidence
Un électroscope initialement chargé verre qui absorbe les rayons ultraviolets, le
négativement se décharge lentement. En phénomène disparaît, ce qui montre qu’il
effet l’irradiation par les photons permet ne se produit que pour certaines
aux charges électriques négatives en excès fréquences.
de s’échapper. Si l’on interpose entre les la
plaque et la source lumineuse une lame de
b) Etude expérimentale
L’expérience est réalisée avec le dispositif ci-dessous
La source de photons S émet les photons qui traversent l’enceinte à travers une fenêtre
de quartz. Ceux-ci arrivent sur la plaque C (cathode) à laquelle ils arrachent des électrons qui
sont accélérés par l’anode accélératrice A portée au potentiel V. Les électrodes E 1 et E2
recueillent les électrons ( L’électrode E2 permet de les identifier quand on leur applique une
induction électromagnétique B perpendiculaire à leur trajectoire (plan de la figure).
Le flux de particules est déterminé par la mesure du courant électrique à l’aide d’un
galvanomètre placé entre l’électrode collectrice E1 et l’anode accélératrice A.
Selon que la tension V est positive ou négative , les électrons émis sont accélérés ou
freinés. V doit donc être positive pour que les électrons puissent atteindre l’électrode
collectrice. On identifie les particules émises par la plaque comme étant des électrons à l’aide
des relations entre l’énergie cinétique et le rayon de courbure par le champ magnétique.
En effet l’énergie cinétique est donnée par Ec = ½ mv2 = q V
Le rayon de courbure s’obtient en écrivant que mv2 = RqvB
Ce qui donne q/m = v/BR.
Connaissant B, R et V, on en déduit que le rapport q/m est identique à celui de
l’électron, donc les particules arrachées par les photons à la plaque sont des électrons, d’où le
nom d’effet photo électrique donné à ce phénomène.

Remarques
1- L’effet photoélectrique ne se produit que pour de la lumière de longueur d’onde
inférieure à une certaine valeur, ou supérieure à fréquence appelé fréquence seuil,
caractéristique du matériau.
2- Le courant mesuré dans le galvanomètre augmente avec la tension V A-Vc, et atteint
une valeur maximale appelée courant de saturation.
3- Ce courant s’annule pour une valeur négative de la tension appelée contre-tension
maximale.
II-Interprétation
1)-Insuffisance de la théorie classique.
a) Les observations expérimentales ont mis en évidence une fréquence seuil. Selon la
théorie classique l’énergie cédée à l’électron par le champ électromagnétique du photon doit
être proportionnelle à la densité d’énergie électromagnétique donc au flux de photons
incident. Donc on doit avoir un seuil de flux.
b) Calculons le temps qu’il faut au champ électromagnétique pour arracher un
électron de l’atome.

1
Considérons une plaque de potassium, placée à 75 cm d’une lampe de 100 watts qui
rayonne 5% de sa puissance . Chaque atome présente au photon un disque de 1 angstrœm de
diamètre. Il faut lui fournir une énergie de 2 électron- volts arracher un électron.
La puissance reçue par un atome est égale à la puissance rayonnée dans l’angle solide
d sous lequel la source est vue :

P= d d

r
Or d = dS/r2, d’où
P= = 5.56 10-21 Watt.
Comme la puissance est l’énergie par unité de temps ( P = E/t),
on a t = =57.6 sec. Ce temps est très élevé part rapport au temps observé
expérimentalement qui est de 10-9sec. On voit que la théorie classique ne permet pas
d’expliquer l’effet photoélectrique.

2)-Interprétation quantique
Einstein a expliqué l’effet photoélectrique en considérant l’interaction du faisceau de
lumière avec les électrons de l’atome comme la collision de particules incidentes que sont les
photons avec les électrons atomiques. Il confirma ainsi l’hypothèse de grains de lumière
(photons) postulés par Planck dans son interprétation du rayonnement thermique (corps
noir).
Les photons ayant une énergie h, celle-ci est transférée à l’électron lors du choc pour
l’arracher à l’atome auquel il est lié par l’énergie de liaison. C’est pour cela qu’il faut une
énergie minimale Ws (fréquence seuil) aux. électrons pour produire l’effet photoélectrique.
La conservation de l’énergie s’écrit (équation d’Einstein) :
h = Ws + Ec,
Ec est l’énergie résiduelle que l’électron emmène sous forme d’énergie cinétique.

III-Conséquences
a)- Fréquence seuil
L’effet photoélectrique est observé lorsqu’un électron, est arraché donc si hWs. A la limite
hs = Ws, s est appelée fréquence seuil et est caractéristique du matériau de la cathode. La
formule d’Einstein peut alors s’écrire :
h = Ws + Ec = hs+ Ec
b)- Courant de saturation
Nous avons dit que le courant I mesuré A la sortie du métal les électrons
par le galvanomètre varie avec la tension ont une énergie cinétique , lorsqu’ils ne
V= VA-VP. sont pas accélérés par la tension V A-VP. Il
1) Si on maintient la fréquence se produit une charge d’espace qui les
constante, le courant varie avec V. I freine et les empêche d’atteindre
augmente avec V et atteint une valeur l’électrode collectrice. Le courant est ainsi
limite appelée courant de saturation. diminué. Lorsqu’on augmente V, les
Lorsque V diminue, I continue à électrons sont accélérés et la charge
diminuer, ne s’annule pas pour V=0, mais d’espace diminue. Lorsque V est élevée,
pour une tension négative appelée contre tous les électrons sont collectés et le
tension maximale.

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courant n’augmente plus, d’où le nom de variable
courant de saturation.

I
Puissance
croissante

V
Courant de saturation à  constant
I
 variable

Courant de saturation à  V

c)-Contre tension maximale


A la sortie du métal et lorsque la fréquence des photons est supérieure à la fréquence
seuil, les électrons possèdent une énergie cinétique qui leur permet d’atteindre l’électrode
collectrice même en l’absence de tension accélératrice. Si on applique une tension négative
les électrons se dirigeront toujours vers l’électrode collectrice, tant que l’énergie cinétique
résiduelle sera positive, c’est à dire que 1/2mv2 - eV 0.
Ils s’arrêteront lorsque 1/2mv2 - eVo= 0, Vo est appelée contre-tension maximale que
les électrons sont capables de vaincre.
Comme 1/2mv2 = h - Ws = h( - s) = eVo, Vo = h( - s)/e.
L’équation d’Einstein peut encore s’écrire h = hs + eVo.
La figure ci-contre montre le
comportement de Vo en fonction de  .
Ceci constitue une méthode de
détermination de la constante de Planck.
On en déduit la valeur du potentiel de
sortie :
Vo = he/ = Vs
et Vs= Ws/e = hs /e.
On donne ci-dessous les valeur de Vs pour
différents métaux.

Métal Na Mg K Ca Fe Ni Zn Rb
Vs 2.5 2.4 2.4 2.3 4.8 5 3.4 2.2
La Volongueur d’ondes de l’effet
h/e
photoélectrique s’écrit

s 3

Vs
La longueur d’onde de l’effet photoélectrique s’écrit
s = c/s = (hc/e)x(1/Vs) = (12400/Vs)Å.

IV-Le photon.
L’énergie lumineuse est transportée par des grains de lumière appelés photons
d’énergie W=h. En utilisant la formule d’Einstein pour l’énergie totale W=mc 2, on peut
définir la masse relativiste du photon, en écrivant que h = mc2, soit m= h / c2. Sa
quantité de mouvement est donnée par p = mv =mc ( la vitesse de la lumière étant c). On a
donc p = mc2/c = h/c.
Par alleurs la masse d’un corpuscule varie avec la vitesse selon l’expression
m= . En faisant v = c , dans cette expression, on voit que le photon aurait
une masse infinie, ce qui n’a pas de sens, (nous serions tous assommés par la lumière qui
est constituée de photons !). La seule façon solution d’obtenir une valeur finie pour m est
de faire mà = 0, donc la masse au repos du photon est nulle.
Ce qui fait que le photon n’est pas un corpuscule au sens habituel, car toutes les
particules ayant une masse au repos non nulle, on une vitees inférieure à celle de la
lumière.

V- Application de l’effet photoélectrique : Cellule photoélectrique.


La cellule photoélectrique permet la mesure de l’intensité de la lumière. Elle est
couramment utilisée dans les appareils photographiques où elle reçoit le nom de
posemètre. Elle est constituée par une mince couche de métal sensible à la lumière (alliage

de césium-antimoine, césium-  = n/N. La sensibilité de la cellule


oxygène). Le schéma de principe est devient alors :
représenté sur la figure ci-contre. IM/P = = Ne/ N h = (e/ hc)/ .
Le courant de saturation IM est Les valeurs des rendements quantiques
proportionnel à la puissance P du varient entre 1/5 et 1/500.
faisceau lumineux.La sensibiolité de la Le principe de la cellule
cellule est donnée par le rapport IM/P. photoélectrique est utilisé dans les
Si on suppose que chaque photon cellules solaires pour la production
incident libère un électron,n le nombre d’énergie électrique
dN d’électrons lmibérés est égal au
nombre N de photons incidents. On a
donc IM = Ne.
Comme P = N h, la sensibilité devient
IM/P = Ne/ N h = e/ h= (e/ hc)/ , qui
est proportionnel à la longueur d’onde.
La sensibilité réelle est bien inférieure,
car la majorité des photons incidents

sont transformés en énergie d’agitation A
thermique dans la plaque ou renvoyés
vers l’extérieur. C
On désigne alors par rendement
quantique de la cellule, le rapport du
nombre n de photons efficaces au
nombre N de photons incidents :

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Schéma de principe de la cellule
photoélectrique

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