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Fiche de lecture
Kukum (2019) de Michel Jean

L’auteur

1- Qui est Michel Jean ?


Un innu de Mashteuiatsh, écrivain, chef d’antenne et journaliste d’enquête

2- Qu’a-t-il écrit avant ce roman ?


Tsunamis, Édition libre Expression, 2017
« Noir », comme chiens et chats, collectif édition Stanké,2016
La belle Mélancolie, édition libre Expression,2015

3- Quel lien pouvez-vous faire entre certaines de ses œuvres et Kukum ?

Ses origines innues et les enjeux autochtones

Voix narrative
Narratrice homodiégétique parce qu’elle est présente comme personnage dans
l’histoire qu’elle raconte. Elle n’est pas seulement témoins des événements, c’est
l’héroine de son récit. Elle emploie la première personne.

Les prolepses : servent à annoncer les événements qui auront lieu plus tard.
Cela peut donner un aspect tragique au récit.

Les analepses : Des retours en arrière ou Almenda raconte des événements


après-coup

Les ellipses : Ne pas raconter certains événements pour accélérer la narration

Le titre de l’œuvre

1- Que signifie le titre de l’œuvre ?

Grand-mère

2- Quel est le lien entre la réalité de l’auteur (sa vie) et la fiction (l’histoire de ce roman) ?

Les personnages

1- Décrivez physiquement et psychologiquement Almanda Siméon  : prenez des


notes lorsqu’un passage vous apprend quelque chose sur elle.

Curieuse, courageuse, déterminer, forte, entêtée (ne se plaint jamais)

Fiche de lecture Kukum – Littérature québécoise – Hiver 2022


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File de colons, orpheline, yeux bleus, intelligente, rêve d’aventure, aime lire,
cheveux blonds

2- Décrivez physiquement et psychologiquement Thomas Siméon : prenez des notes


lorsqu’un passage vous apprend quelque chose sur lui.

Présomptueux, timide, patient, sage, bonté, généreux, débrouillard, bon sens de


l’orientation

Peau cuivrée, jeune, visage ovale au pommettes saillantes, yeux comme des fentes
rapprochées, regard intense, grand, épaule large et solide, cheveux noirs très dense,
peau lisse et mate

2- Qu’est-ce qui distingue le mode de vie des fermiers de Saint-Prime et celui des
Innus de Pekuakami ?

Saint-Prime :

À Saint-Prime, l'hiver inspirait la crainte. Les gens s'enfermaient dans leurs


cabanes jusqu'au prin temps, vivant des réserves emmagasinées pendant la
période des récoltes. SÉDENTAIRE

Pekuakami :

a trappe, la chasse, les bêtes dont il fallait recueillir la viande et la fumer, les
peaux à conserver - occupait nos journées. NOMADE

L’espace

1- Prenez des notes sur la description des lieux. Comment sont les espaces décrits par
la narratrice ? (Par ex. Pointe-Bleue, Saint-Prime, etc.)

Pekuakami :

Une mer au milieu des arbres. De l'eau à perte de vue, grise ou bleue selon les humeurs
du ciel, tra versée de courants glacés. Ce lac est à la fois beau et effrayant. Démesuré.
Et la vie y est aussi fragile qu'ardente.

Le soleil monte dans la brume du matin, mais le sable reste encore imprégné de la
fraîcheur de la nuit. Depuis combien de temps suis-je assise face à Pekuakami?

Mille taches sombres dansent entre les vagues et cancanent avec insolence. La forêt
est un uni vers de dissimulation et de silences. Proies et pré dateurs y rivalisent
d'habileté pour se fondre dans le décor. Pourtant, le vent porte le vacarme des oiseaux
migrateurs bien avant qu'ils se montrent dans le ciel, et rien ne semble pouvoir contenir
leurs jacassements.

Saint-Prime

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Le dimanche, nous allons à l'église de Saint Prime. Ce n'était à l'époque qu'un simple
bâtiment de planches avec des fenêtres de chaque côté et un clocher argenté où l'on
gelait l'hiver et où l'on étouf fait à la belle saison. Nous n'avions pas de costumes chics à
nous mettre, comme certains, mais nos vête ments étaient propres. Par respect pour la
maison de Dieu.
Même si Saint-Prime n'était guère plus qu'un hameau perdu, les constructions y étaient
disposées avec ordre de chaque côté de la route principale. On y trouvait un magasin
général et quelques maisons serrées autour de l'église. On pouvait apercevoir plus loin
les fermes avec leurs bâtiments secondaires et leurs clôtures délimitant les champs.

Roberval

Roberval n'était qu'une petite ville de campagne, mais l'église, avec sa haute flèche de
fer-blanc étince lant dans le ciel, y était imposante. Des maisons cos sues aux belles
galeries peintes s'alignaient sur la rue principale, bordée de trottoirs de bois. Les
femmes vêtues de robes longues, coupées dans de riches tissus, protégeaient la pâleur
de leur peau du soleil avec des ombrelles aux couleurs pastel. Les hommes, habillés de
costumes sombres, portaient d'élégants chapeaux de feutre.

Le temps

1- En quelle année commence le récit ?

1895 quand Almanda a 15 ans

2- En quelle année s’achève-t-il ?

3- Quels liens pouvez-vous effectuer entre certains événements du récit et les


événements qui ont marqué l’histoire du Québec ?

La sédentarisation forcée des autochtones, qui ont été dépossédés en quelques


décennies de leur territoire ancestral

Les thèmes

Relevez et commentez les passages portant sur les thèmes suivants :

1- Les réserves.

« Nous, nous sommes restés dans la réserve. Il n'y avait de toute façon nulle part
ailleurs où aller. »

Les réserves étaient ce que le gouvernement considérait comme remplacement aux


forêts de la première Nation. Il s’agissait d’un cadeau empoisonné forçant les peuples
nomades à la sédentarisation. Sédentarisation forcée des autochtones, qui ont été
dépossédés en quelques décennies de leur territoire ancestral.

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2- La modernité.

« -Si vous refusez, c'est l'armée qui va les emmener, a lancé le fonctionnaire. N'essayez
pas de jouer aux plus fins avec le gouvernement. Vous n'avez pas le choix Les Indiens
doivent apprendre à lire comme les autres Canadiens. C'est aussi simple que ça. Il est
temps, même pour les sauvages, de devenir modernes. »

La modernité selon les Canadiens Français serait leur peuple. La sédentarité, la


technologie, les moyens de transport au diesel apporte cette modernité.

3- Les pensionnats autochtones.

« Mes enfants sont nés dans le bois. Mes petits-enfants ont grandi sur une réserve. Les
premiers ont reçu leur éducation en territoire, les seconds, au pensionnat. En en
revenant, les enfants s'exprimaient en français. Les pères blancs leur interdisaient de
parler l'innu aimun et punissaient même ceux qui le faisaient. Un autre pont a été coupé
entre les générations. Ils ont pensé qu'en les dépossédant de leur langue, ils en feraient
des Blancs. Mais un Innu qui parle français reste un Innu. »

Les pensionnats étaient un prétexte à assimiler les jeunes des famille dite « Sauvage »
afin de changer complètement leur tradition et mode de vie.

4- Le territoire.
« C'est ardu à expliquer parce que cela n'existe plus. Les usines à papier ont dévoré la
forêt. La Péribonka a été soumise et souillée. D'abord par la drave, puis les barrages ont
avalé ses chutes impétueuses et créé des réservoirs dont l'eau nourrit maintenant les
cen trales électriques.

Les Passes-Dangereuses, où mes enfants sont nés, où j'ai élevé ma famille et où


Thomas et moi nous sommes aimés si souvent, ont disparu, englouties sous des tonnes
d'eau. Sorte d'Atlantide innue, ce lieu n'existe plus que dans les souvenirs des vieux
comme moi et il disparaîtra pour de bon avec nous. Bientôt. »

5- L’identité innue (sa culture, ses traditions, sa langue, etc.)

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