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Polytech’ Paris - UPMC Agral 3, 2016 - 2017

TD5 – EDO - existence, unicité et variables séparables

Exercice 1. Pour chacun des problèmes de Cauchy suivants, justifier l’existence d’une unique
solution locale et calculer la solution :
a) y 0 (t) = 4 + y(t), y(0) = 1;
8
b) y 0 (t) = y(t) 3 , y(0) = 1;
Solution.
a) Il suffit de vérifier les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz. La fonction y 7→
f (y) = 4 + y est de classe C 1 pour tout y ∈ R et ainsi elle est localement lipschitzienne.
Calculons l’unique solution du problème de Cauchy. Car 4 + y(t) 6= 0 au voisinage de
y0 = 1, par séparation des variables l’on trouve :

y 0 (t)
Z t Z t
dt = dt,
t0 4 + y(t) t0

ln |4 + y(t)| = t + k,
ou k ∈ R est une constante à determiner à l’aide de la condition initiale :

ln |4 + y0 | = t0 + k ⇒ k = ln 5

|4 + y(t)| = 5et
Ce égalité donne deux solutions possibles pour le problème. Car la solution y(t) = −5et −4
ne vérifie pas la condition initiale, la seule solution du problème de Cauchy est la fonction :

y(t) = 5et − 4,

définie pour tout t ∈ R.


b) Il suffit de vérifier les hypothèses du théorème de Cauchy-Lipschitz. La fonction y 7→
8
f (y) = y 3 est de classe C 1 pour tout y 6= 0 et ainsi elle est localement lipschitzienne au
voisinage de y0 = 1. Calculons l’unique solution du problème de Cauchy. Car y 6= 0 au
voisinage de y0 = 1, par séparation des variables l’on trouve :
Z t 0 Z t
y (t)
8 dt = dt,
t0 y(t) 3 t0

3 5
− y(t)− 3 = t + k,
5
ou k ∈ R est une constante à determiner à l’aide de la condition initiale :
3
k=− .
5
On a :
3 5 3
y(t)− 3 = −t + ,
5 5
5 3 5 3
[y(t)− 3 ]− 5 = [− t + 1]− 5 .
3

1
Finalement la seule solution du problème de Cauchy est la fonction :
5 3 1
y(t) = [− t + 1]− 5 = » ,
3 5
(− 53 t + 1)3

avec t > 35 . Observer que la fonction elle même existe pour tout t 6= 53 mais elle est
solution du problème uniquement dans l’intervalle {t ∈ R t.q. t > 35 } (intervalle contenant
la condition initiale t0 ).
Exercice 2. Montrer que le problème de Cauchy :
2
y 0 (t) = 3y(t) 3 , y(0) = 0

admet une infinité de solutions. Pourquoi il n’y a pas unicité de la solution ? Et si l’on choisit
une condition initiale y0 6= 0 ?
Solution. Une solution triviale est la fonction y(t) = 0. En supposant y(t) 6= 0, on intègre
l’EDO :
1 t 0
Z Z t
− 23
y (t)y(t) dt = dt,
3 t0 t0

y(t) = t3
Cette fonction est aussi solution du problème de Cauchy. A partir de y(t) = t3 on peut construire
une infinité de solutions du problème de Cauchy. Pour tout a, b ∈ R tels que a < 0 < b la
fonction : 
3
 (t − a)
 t<a
y(t) = (t − b) 3 t>b
a≤t≤b

 0

est solution du problème de Cauchy. Pourquoi il n’y a pas unicité de la solution ? Parce que la
2
fonction y 7→ f (y) = y − 3 n’est pas lipschitzienne au voisinage de y = 0. Sa dérivée y 7→ f 0(y) =
2
3 y tend vers ∞ lorsque y → 0. Ainsi on ne peut pas évoquer le théorème de Cauchy-Lipschitz.

Si y 6= 0 la fonction f est de classe C 1 et le théorème de Cauchy-Lipschitz assure l’existe d’une


unique solution locale.
Exercice 3. Résoudre le problème de Cauchy :

y 0 (t) = 3y(t), y(t0 ) = y0

avec t0 , y0 ∈ R.
Solution. Clairement la fonction y → f (y) = 3y est de classe C 1 dans R. Ceci implique que elle
est localement lipschitzienne et à l’aide du théorème de Cauchy-Lipschitz il existe une unique
solution locale du problème de Cauchy pour toute condition initiale.
Si y0 = 0 la solution triviale est la fonction y(t) = 0.
Si y0 6= 0, on intégre par séparation des variables et on trouve :
Z t 0 Z t
y (t)
dt = dt,
t0 y(t) t0

ln |y(t)| = ln |y0 | + t − t0 .
L’unique solution définie pour tout t ∈ R est :

y(t) = y0 et−t0

Exercice 4. Résoudre le problème de Cauchy :

y 0 (t) = e−y(t) cos t

avec condition initiale :

2
a) y(0) = 0
b) y(2π) = 0
c) y(0) = 2π

Solution. La fonction (t, y) → f (t, y) = e−y cos t est continue et de classe C 1 par rapport à
y pour tout y parce que composition de fonctions C 1 . Ceci implique que elle est localement
lipschitzienne et à l’aide du théorème de Cauchy-Lipschitz il existe une unique solution locale
du problème de Cauchy pour toute condition initiale.
On intégre par séparation des variables et on trouve :
Z t Z t
0 y(t)
y (t)e dt = dt,
t0 t0

ey(t) = sin t + k.
Les solutions de l’EDO ( il y en a une infinité) sont de la forme :

y(t) = ln(sin t + k),

avec la condition de compatibilité sin t + k > 0.


a) Si l’on impose y(0) = 0 alors :

y(t) = ln(sin t + 1),

avec t 6= − π2 et t 6= 3π
2 .
b) Si l’on impose y(2π) = 0 alors :

y(t) = ln(sin t + 1),


3π 7π
avec t 6= 2 et t 6= 2 .
c) Si l’on impose y(2π) = 0 alors :

y(t) = ln(sin t + e2π ),

avec t ∈ R.

Exercice 5. Résoudre le problème de Cauchy :


»
y 0 (t) = |y(t)|, y(t0 ) = y0

avec t0 , y0 ∈ R.
»
Solution. Si y0 6= 0 la fonction f = |y(t)| est de classe C 1 au voisinage de y0 et le théorème
de Cauchy-Lipschitz assure l’existe d’une unique solution locale. Cette solution se calcule par
séparation des variables. On intègre l’équation différentielle :

y 0 (t)
Z t Z t
» dt = dt
t0 |y(t)| t0

. Si y0 > 0 on trouve : » √
2 y(t) − 2 y0 = t − t0 .
Donc l’unique solution du problème de Cauchy est donnée par :
1 √
y(t) = (t − t0 + 2 y0 )2 .
4

3

Noter que y(t) est définie pour t > t0 − 2 y0 . Si y0 < 0 on trouve :
» √
−2 −y(t) − 2 −y0 = t − t0 .

Donc l’unique solution du problème de Cauchy est donnée par :


1 √
y(t) = − (t − t0 − 2 −y0 )2 .
4

Noter que y(t) est définie»pour t < t0 + 2 −y0 .
La fonction y 7→ f (y) = |y(t)| n’est pas lipschitzienne au voisinage de y = 0. Sa dérivée tend
vers ∞ lorsque y → 0. Ainsi on ne peut pas évoquer le théorème de Cauchy-Lipschitz. En fait
si y = 0 il y a une infinité de solutions. Par exemple la fonction constante y(t) = 0 est solution
du problème de Cauchy. Pour tout a, b ∈ R, a < 0 < b la fonction :

1 2
 − 4 (t + a)
 t<a
1
y(t) = 4 (t − b)2 t>b
a≤t≤b

 0

est solution du problème de Cauchy.

Exercice 6. Résoudre le problème de Cauchy :


5 1
y 0 (t) = y(t) 5 , y(0) = 0
4
1
Solution. La fonction y 7→ f (y) = 45 y(t) 5 n’est pas lipschitzienne au voisinage de y = 0. Sa
dérivée tend vers ∞ lorsque y → 0. Ainsi on ne peut pas évoquer le théorème de Cauchy-
Lipschitz. En fait le problème de Cauchy admet une infinité de solutions. La fonction constante
y(t) = 0 est solution. En supposant y(t) 6= 0, on intègre l’EDO :
Z t Z t
1 5
y 0 (t)y(t)− 5 dt = dt,
t0 4 t0

5 4 5
y(t) 5 = t + k,
4 4
avec k ∈ R à determiner à l’aide de la condition initiale. On trouve k = 0. Donc :
5
y(t) = t 4 .

Cette fonction est aussi solution du problème de Cauchy. Autres solutions sont :
5
y(t) = −t 4

et ®
0 t<a
y(t) = 5
(t − a) 4 t≥a
et aussi ®
0 t<a
y(t) = 5
−(t − a) 4 t≥a
avec a ∈ R, a ≥ 0.

Exercice 7. Résoudre le problème de Cauchy :

y 0 (t) = y(t)(y(t) − 1)(t + 1), y(0) = 2

4
Solution. Le théorème de Cauchy-Lipschitz assure l’existence d’une unique solution au voisinage
de la condition initiale (0, 2). Pour calculer cette solution on procède par separation des variables.
On trouve :
y 0 (t)
Z t Z t
dt = (t + 1)dt
t0 y(t)(y(t) − 1) t0

. Pour résoudre l’intégrale de gauche on cherche deux coefficients A, B ∈ R tels que :


1 A B
= + .
y(y − 1) y y−1

Un simple calcul conduit à A = −1, B = 1. Donc :


y−1 1
log| | = t2 + t + k
y 2

avec k ∈ R constante à determiner à l’aide de la condition initiale. On trouve k = log 12 .

y−1 1 12
| | = e 2 t +t
y 2
y−1
La fonction y 7→ y est positive autour de t0 = 0 et donc :

y(t) − 1 1 12
= e 2 t +t ,
y(t) 2
1
y(t) = 1 2 .
1 − 21 e 2 t +t

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