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Applications en Géosciences :

Ecoulements Souterrains
& Pollution des sols
Dr. Robert WOUMENI

1
AVANT-PROPOS
Le parcours idéal en Géosciences consiste à partir de la structure interne
de la Terre, pour poursuivre sur la tectonique des plaques avant de
terminer par des applications sur les sciences environnementales
(hydrologie et climat, pollution des sols, risques naturels,…) et l’étude des
ressources exploitables (extraction minière, hydrogéologie, géothermie,…).
En Géosciences, on a regroupé plusieurs disciplines classiques (chimie,
physique, mathématiques, géologie,…) autour d’un objet d’étude : la Terre.
C’est ainsi devenu une Science à part entière, qui vise à mieux
comprendre la nature et l’évolution de notre espace minéral.

L’objectif de cet enseignement de 8h est l’introduction de quelques notions


qui interviennent dans la résolution des problèmes rencontrés en Génie
Civil ou en Hydrogéologie. On abordera les écoulements à travers les
digues, vers les drains et les puits. On s’intéressera aussi à la question des
impacts d’une pollution des sols, avec quelques moyens mis en œuvre
pour y remédier.
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SOMMAIRE

 Eau et pollution dans les sols.


 Propriétés, lois et équations de bilan.
 Ecoulements permanents.
 Techniques de dépollution des sols.
 Exemple de Calculs Numériques.

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1) Eau et Pollution dans les sols

 L’eau dans les interstices du sol est


un élément de ressource et donc
d’intérêt en Hydrogéologie, mais
représente un facteur de gêne en
Génie Civil.

 Les désordres liées à la circulation


de l’eau à travers un barrage en terre
peuvent provoquer une rupture, et des
dégâts importants.
(Crédit photo: D. Lautrin)

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1) Eau et Pollution dans les sols

 Une rupture de digue à la suite


d’une crue importante, peut engendrer
des inondations aux graves
conséquences.

 L’aménagement des digues


correspond donc à une priorité pour les
Maîtres d’ouvrage.

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1) Eau et Pollution dans les sols

 L’eau souterraine est captée à


des fins de ressource par des puits ou
des forages.

Les puits à drains rayonnants de


Rochefort (Grenoble) permettent de
soutirer 2000 à 3000 m3/h, à 30m de
profondeur dans les alluvions du Drac.
(Crédit photo: Régie des eaux de Grenoble)

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1) Eau et Pollution dans les sols

Parmi les autres problèmes rencontrés en génie civil,


on peut citer :

 Les glissements de terrain sur les talus,


(Résultant d’une pression interstitielle trop élevée, qui diminue la résistance au cisaillement du
sol)
 L’érosion interne (ou phénomène de renard),
(il s’agit d’un entraînement des fines, se propageant de l’aval vers l’amont, et provoquant des
chenaux d’écoulement préférentiel, encore appelés « renards »).
 Les assèchements de fouilles,
(On rabat la nappe phréatique par pompage, afin que le chantier soit hors eau)
 La réduction des débits de fuite (étanchéité), et des sous-pressions (stabilité).

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1) Eau et Pollution dans les sols

 Barrage d’Armous et Cau (Gers):


glissement du talus amont.
(Crédit photo: D. Lautrin)

 Glissement d’un talus de digue en


camargue.
(Crédit photo: DDE 13)

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1) Eau et Pollution dans les sols

 Barrage de Buget (Hte garonne):


renard vu de l’aval.
(Crédit photo: D. Lautrin)

 Barrage de Gourdon (Lot): renard


vu au pied amont.
(Crédit photo: D. Lautrin)

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1) Eau et Pollution dans les sols

Il est donc très important de pouvoir calculer les débits et les niveaux d’eau
dans les interstices du sol, afin d’anticiper sur un plan quantitatif, les
évolutions des désordres (génie civil) ou de la ressource en eau souterraine
(hydrogéologie).

Les aspects qualitatifs deviennent prépondérants lorsqu’on s’intéresse à


l’impact d’une pollution sur la ressource.

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1) Eau et Pollution dans les sols

 Les anciennes décharges


sauvages libèrent dans
l’environnement et en particulier dans
les eaux souterraines, des produits
toxiques divers et variés.

 L’arrêt d’une activité industrielle est


souvent l’occasion de constater que
des produits de l’exploitation ont migré
dans les sols et menacent la ressource
en eau potable.

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1) Eau et Pollution dans les sols

On peut distinguer :

deux grandes familles de pollution selon l’étendue des zones touchées :


Les pollutions diffuses (nitrates, pesticides,….);
Les pollutions ponctuelles (sites de stockage de produits dangereux,…).

trois grandes familles de pollution selon la nature des produits :


Les produits organiques :
Hydrocarbures: Essences : Cn H m , HAP, BTEX 
Produits organo chlorés:

 
Les produits inorganiques:
Métaux lourds As, Cu, Zn , Cd, Pb,..., Ni,2Cr , Co , Pt ,..., Hg
Sels   2
Cl , S , NO3 , SO4 , PO4 , CN ,... 

Les produits divers :
Pesticides à base d’arsenic ou de plomb;

Radionucléides 239 Pu, 241Pu, 238 U , 232 U , 226 Ra, 228 Ra,135 Cs,134 Cs
94 94 92 92 88 88 55 55

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1) Eau et Pollution dans les sols

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1) Eau et Pollution dans les sols

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1) Eau et Pollution dans les sols
Quelques abréviations.
Ademe: Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
BTEX: Benzène, Toluène, Ethylbenzène, Xylène
C6 H 6 C6 H 5  CH 3 C6 H 5  C2 H 5 C2 H 5  C6 H 4  C2 H 5
BRGM: Bureau de recherches géologiques et minières
CEA: Commissariat à l’énergie atomique
COV: Composés organo volatils
DCE,TCE,PCE: Dichloéthylène, Trichloéthylène, Polychloéthylène
DDT: Dichloro diphényl trichloroéthane
DRIRE: Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement
FEDER: Fond européen de développement des régions
HAP: Hydrocarbures aromatiques polycycliques
HCB: Hexachlorobenzène (lindane)
ICPE: Installation classée pour la protection de l’environnement
INERIS: Institut national de l’environnement industriel et des risques
PCB: Polychlorobiphényl
UPDS: Union professionnelle pour la dépollution des sols.

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1) Eau et Pollution dans les sols

Métaleurop Nord: Fermeture en 2003 sans Une usine de cyanures.


prise en charge de la dépollution.

Une carrière à l’île d’Yeu. Yucca Mountain: un stockage profond.


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2) Propriétés, Lois et Equations

La phase fluide

Les propriétés de l’eau sont rappelées ci-après:


-la masse volumique  ML3
-la viscosité cinématique v  L2 T 1
NB : Ces propriétés dépendent étroitement des grandeurs thermodynamiques ( P , T ) .
P
-la pression interstitielle MCE
g
1 
-la compressibilité de l’eau   . 1 / Pa
 P
NB :la pression atmosphérique est choisie comme référence .
P
-la charge hydraulique H z L
g
V2
NB:le terme cinétique dans la définition de la charge est négligeable dans les sols.
2g

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2) Propriétés, Lois et Equations

La phase solide
Soit : VV le volume des vides
VS le volume des solides
V  VV  VS le volume total d’ un échantillon de sol
M sec la masse de l' échantillon de sol sec ;
On définit les propriétés suivantes :
-la porosité n et l' indice des vides e ,
V V n
n V ; e V 
V VS 1  n
-les masses volumiques du solide et du sol sec,
M M
 s  sec et  sec  sec
VS V
Il est facile de vérifier que:
 sec
n  1 ou  sec  1  n   s
s
NB : Le matériau sec peut se présenter sous forme consolidée (ie : grès) ou
granulaire (ie : alluvions). On se préoccupera essentiellement de ce dernier cas.
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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide


On introduit de nouvelles variables:
Soit : Ve , M e respectivement le volume et la masse de l’ eau dans le sol,
M M S
la masse de la phase solide aussi égale à la masse sèche;
sec

V
s e la saturation en eau du sol
VV
Ve
   s  n la teneur volumique en eau du sol
V
M 
  e   la teneur en eau pondérale
MS  sec
V
s  e la saturation en eau du sol
VV
- la masse volumique d’un sol saturé s1
MS  Ms
 
sat
 1  n    S  n    1     sec
V
-pour un terrain humide on a : 0 s1
 hum  (1  n)   s  s  n  
- la masse volumique apparente, d’un sol immergé
M   V
 
app
Sat
     1  n      
sat S
V
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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide:


Loi de Darcy
Les expériences conduites par Henri Darcy en 1856
ont montré que le débit spécifique q (débit/section)
transitant dans une colonne de sol était
proportionnel à la perte de charge, et inversement
proportionnel à la longueur de filtration L :
Ham  Hav
q  K  K i (m/s)
L
i étant le gradient hydraulique. ( - )
q
K représente la perméabilité du sol,
i
encore appelé conductivité hydraulique.
La relation avec la perméabilité intrinsèque
et l’influence de la température s’expriment ainsi :
kg KT  vT
K K 20 
v v20

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide :


perméamètres de laboratoire

(A) Perméamètre à charge constante


En mesurant les niveaux amont et aval,
puis le débit spécifique on évalue
la perméabilité en utilisant la loi de Darcy:
q Q L
K  
i S Ham  Hav

(B) Perméamètre à charge variable


La conservation du volume d'eau
s'écrit sous forme différentielle:
H 0 s d (ln H )
 s  dH  S  K  dt  K    L 
L S dt
On obtient :
L s H
K   ln( 1 )
t2  t1 S H2

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide :


perméamètres de laboratoire

(C) Perméamètre avec surface libre


En mesurant le débit traversant un échantillon
de sable avec une ligne de saturation (surface libre)
parabolique, on obtient la perméabilité selon
l’expression suivante dûe à DUPUIT :
H12  H 22
Q  K a
2 L

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide : phénomène de boulance

Lorsqu’ on considère un écoulement ascendant à travers une tranche de sol granulaire


de densité apparente d app de section S , et de hauteur L , une situation instable en
regard des particules solides (situées à l’aval) pourra se produire si la charge est trop
importante. En effet les principales forces s’exerçant sur un cube élémentaire de sol
s’écrivent: -le poids apparent pour un sol immergé
 app  g  S  L
-et la poussée hydrodynamique
  g  H  S
l’équilibre mécanique de l’ échantillon requiert:
  H   app  L
Autrement dit, le gradient hydraulique doit être inférieure à un seuil critique ic .
H   
soit : i  i  app
 1  n     1
S

 
c
L 
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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide :


phénomène de renard

Si la condition d’équilibre n’est pas remplie,


les contraintes effectives sur les grains solides
s’annulent; l’échantillon perd sa cohésion et
les fines particules sont alors entraînées
dans le mouvement de l’eau. Un objet dense
placé en surface peut ‘couler’ : il y a boulance.
Il se crée souvent par la suite,
une érosion régressive qui emporte
les particules les plus fines et conduit à des
chemins préférentiels pour l' eau.
On parle alors de "renard".

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide :


perméabilités équivalentes.

(A) Disposition des couches en parallèle


La perte de charge sur une distance de filtration L ,
est la même dans toutes les couches ;
( H1  H2  H )
le débit total est donné par:
H H1 H2
(b1  b2 )  K p 
 b1  q1  b2  q2  b1  K1   b2  K2 
L L L
b K b K
d' où: K p  1 1 2 2
b1  b2

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide : perméabilités équivalentes.


(B) Disposition des couches en série (C) Terrains anisotropes
Le débit est le même dans les couches. On considère les composantes principales ( KH , KV )
 
de la perméabilité dans le repère (O, x , z )
les distances de filtration s’ identifient
En choisissant de nouvelles coordonnées telles que:
aux épaisseurs de couche; K
x'  x
q1  q2  q KH
la perte de charge totale est donnée par: K
z'  z
H  H1  H 2 KV
q  (b1  b2 ) q1  b1 q 2  b2
 
Ks K1 K2 pour un repère dans lequel le système serait isotrope,
la relation entre les débits dans les 2 repères s' écrit alors :
1 K2
 1 b b  Qiso  Q
on tire: K s    ( 1  2 ) KH  KV
 b1  b2 K1 K2 
On en déduit la "perméabilité" équivalente:
Il en résulte qu’un terrain stratifié (donc non homogène) K  KH  KV
peut être remplacé par un terrain homogène
mais anisotrope de perméabilités ( K p , K s ) .
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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide : synthèse des propriétés.

La variable principale:
La charge hydraulique H (x,y,t) (m)

Les paramètres:
Epaisseur de la nappe m (m)
Perméabilité K (m/s)
Porosité n (-)
Transmissivité T=K . M (m2/s)
Coefficient d’emmagasinement S (- )

Les contraintes:
Les pompages q m3/j/m2

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide : équations de conservation de la masse d’eau.

 Loi de Darcy :

V   K  grad H 
 Equations de la charge hydraulique (sans et avec surface libre) :

S
H
t
 
 div m  K  grad H   qi
i

n
H
t

  div K  H  grad H   qi
i

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2) Propriétés, Lois et Equations

L’ensemble fluide & solide : Quelques ordres de grandeur

sols de (mm) Ssp  m1  K (m / s) ne A(m2 / kg )


gravier >2 7,5 104 101 0,25 0,2
sable 0,2-2 6,0 104 103 0,30 2
sable fin 0,06-0,2 8,0 104 105 0,20 20
silt 0,002-0,06 9,2 104 107 0,08 200
argile <0,002 9,8 104 109 0,02 2000
N.B. Il faut distinguer la porosité associée au drainage encore appelée
porosité effective de la porosité totale (qui ne prend pas en compte l’eau immobile ou
liée du sol) qui varie souvent dans l’ intervalle  0,30  0,45 y compris pour l’argile.

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3) Ecoulements Permanents
H  0
 Dans les cas simples (sol homogène et isotrope, contours réguliers du
domaine d’écoulement), on peut rechercher des solutions analytiques par
intégration mathématique directe des équations du problème.

 Il faudra souvent distinguer les cas d’écoulement avec ou sans surface libre
(les équations étant quelque peu différentes).

 On présentera ci-après quelques solutions courantes en hydraulique


souterraine.

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3) Ecoulements Permanents
H  0
Exemples d’écoulements avec ou sans surface libre,
à travers des digues ou autour de puits.

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3) Ecoulements Permanents
H  0
L’approximation de Dupuit
suppose que les pentes de la
surface libre (et du substratum)
soient faibles.

On peut alors considérer que la


charge est constante sur la
verticale, et que l’écoulement se fait
uniquement dans le plan horizontal.

La charge hydraulique se confond


alors avec la cote de la surface
libre.
Cette approximation simplifie
énormément les calculs.
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3) Ecoulements Permanents
H  0
 On a les exemples suivants en coordonnées cartésiennes :
-Equation de Laplace en 1D (écoulement sans surface libre) :
2 H
0 H (0 )  H H ( L)  H
x 2 1 2

la solution est une droite:


H1  H 2 q
H ( x)  a  x  b a  b  H1
L K

-Equation de Dupuit-Forchheimer en 1D (écoulement avec surface libre sans apports


superficiels) :
 H
(K  H  )0 H (0 )  H H ( L)  H
x x 1 2

la solution est une parabole:


~
H 22  H 22 2Q
H ( x)  a  x  b
2
a  b  H 12
L K
H 22  H 22
~
Q  K formule de Dupuit m 3
/ s / m
2L
-En prenant en compte les apports superficiels dans l’équation précédente:
 H
(K  H  )  pS  0
x x
pS 2
La solution est une ellipse: H 2 ( x)   x ax b
K
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3) Ecoulements Permanents
H  0
 Les solutions sont quelques peu différentes pour les écoulements plan à
symétrie de révolution.
-L’ équation de Laplace pour un écoulement sans surface libre devient:
1   H 
 r  0 H (r )  H H ( R)  H
r r  r 
P 1 0

avec une solution sous la forme :


r H R   H r  Q
H (r )  a  ln( )  b a  P
b  H R 
R R 2  T
Ln 
r  P

-L’ équation pour les nappes à surface libre sous l’approximation de Dupuit, sans
apports superficiels s’écrit :
1   H 
0   K  H  r  H (r )  H H ( R)  H
r r  r 
P 1 0

la solution s’ écrit:
H R   H r
2 2
 Q
H (r )  a  ln(r )  b
2
a P
 b  H R 
2

R  K
Ln 
r  P

et lorsque les apports superficiels ne sont pas nuls dans l’équation précédente
1   H  1  pS r 2 
0   K  H  r   p on trouve : H 2
( r )       a  ln( r )  b 
r r  r  K  2 2
S

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3) Ecoulements Permanents
H  0
Pour les problèmes de pompage dans les sols, on préfère souvent raisonner en terme de
rabattement, défini de la manière suivante :
s(r )  H  H (r ) 0

Rappel : H  H R 
0
représente la charge au repos.
la relation précédente donnant la charge devient alors :
Q R
s (r )   ln 
2  T  r 
On a souvent à faire à un groupe de plusieurs pompages. Le rabattement en un point
M se calcul alors par une superposition des contributions de chaque pompage.
 Pour les nappes captives :
F
H H 
2  T
0

 Pour les nappes libres :


F
H H 
2 2

 K
0

R 
F   Q  ln 
n
i
avec
r 
i
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i 1
i
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3) Ecoulements Permanents
H  0
Solutions numériques:
La puissance de calcul des
ordinateurs combinée à des
algorithmes efficaces de
résolution permet d’aborder les
problèmes plus complexes
(sols hétérogènes, contours
irréguliers du domaine,
conditions aux limites
instationnaires,….)

L’équation sous forme discretisée


(en différences finies) du
problème sans surface libre de
l’écoulement sous un barrage
s’écrit :
H i  1, j
H i 1 , j
H i , j 1
H i , j 1
 4 H i 1 , j
0
Dr. Robert WOUMENI 36
3) Ecoulements Permanents
H  0
Solutions numériques:

Ecoulement vers un fond de fouille à


l’aide du code de calcul
Hydronap98.

Sol homogène et anisotrope;

Ham-Hav=10 m

K=0.005 m/s

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4) Techniques de dépollution des Sols
Le choix d’un procédé de dépollution dépend essentiellement de :

 nature du polluant (volatilité dans l’air, solubilité dans l’eau, adsorption sur
les sols);
 niveaux de pollution (quantité des polluants mise en jeu, et une question
importante est de savoir la pollution concerne uniquement le sol ou bien le sol
+ la nappe phréatique);
 nature du sol (i.e. sableux, argileux,…)
 contraintes pratiques (possibilité d’excavation) ou économiques (délais).

On distingue aussi les 3 modes opératoires de dépollution suivants :

 in situ (on intervient sur la pollution sans excaver les terres);


 on site (on installe une unité de dépollution sur le site, ce qui limite les
déplacements assez coûteux de terre);
 off site (on déplace les terres polluées vers un centre de traitement qui
peut être assez loin du site). 38
Dr. Robert WOUMENI
4) Techniques de dépollution des Sols
On classe les procédés de dépollution en 4 grandes catégories :

1) La dégradation biologique (in situ ou on site) :


En apportant de l’oxygène et des engrais (ou nutriments) dans les sols, on
favorise le développement des bactéries naturellement présentes qui ainsi
dégradent la pollution. Ce procédé est assez efficace pour les hydrocarbures
et les solvants chlorés. Par ailleurs c’est une technique peu coûteuse,
puisqu’il s’agit en définitive d’accélérer un processus de dégradation naturel.

Dr. Robert WOUMENI 39


4) Techniques de dépollution des Sols
Il est fréquent en dépollution des sols de combiner plusieurs techniques de
traitement. En guise d’exemple, on peut associer la dégradation
biologique à la méthode d’extraction en phase vapeur (SVE, voir plus
loin) encore appelée Venting. Cela conduit à la technique du Bioventing
(figure de gauche).
On peut aussi favoriser la volatilisation des produits polluants et la
dégradation bactérienne dans une nappe phréatique polluée en y
injectant de l’air. Combiné à du venting, cela débouche sur une technique
appelée Biosparging (ou encore air Sparging, figure de droite).

Dr. Robert WOUMENI 40


4) Techniques de dépollution des Sols
Dans le tableau suivant, on a pu associer une ou plusieurs bactéries à un
polluant particulier :

On évoquera aussi dans cette catégorie, la phyto-rémédiation : En effet,


certaines plantes produisent des enzymes capables de faciliter la
transformation des métaux lourds, des radionucléides et des composés
organiques polluants en produits moins toxiques ou non-toxiques.
Dr. Robert WOUMENI 41
4) Techniques de dépollution des Sols
2) La dégradation chimique : On introduit un agent oxydant puissant tel
que le peroxyde d’hydrogène associé au Fer (Fenton), l’ozone, le
permanganate et le persulfate de potassium ou de sodium. Cette technique
est bien adaptée pour le traitement de polluants organiques : BTEX, HAP,
Solvants chlorés, PCB, Phénol.

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4) Techniques de dépollution des Sols
3) L’extraction ;
• Pompage et traitement : On pompage l’eau polluée de la nappe
phréatique puis on effectue un traitement.
• Aspiration (Venting pour les sols, et Stripping pour les eaux
souterraines). On fait passer par aspiration de l’air dans le sol ou dans les
eaux souterraines. L’air se charge en polluant et est ensuite traité. Cette
technique (SVE : soil vapor extraction) est très efficace pour les
polluants volatils (i.e. hydrocarbures, solvants chlorés). Ces polluants
peuvent être flottants (i.e. LNAPL) ou coulants (i.e. DNAPL), donnant
ainsi la possibilité de récupérer une partie de la pollution avec des
pompes spéciales.

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4) Techniques de dépollution des Sols
• Traitement par chauffage (in situ, on site ou off site) encore appelé
désorption thermique : le sol pollué subit un chauffage entre 80° et 450° C
afin de faciliter la volatilisation des polluants. L’air chargé en pollution est
ensuite brûlé. Lorsque la méthode peut être appliquée in-situ, c’est plus
intéressant d’un point de vue des coûts. Techniques très utilisées et adaptée
à tous polluants sauf pour les métaux lourds.
• Traitement par lavage (in situ ou on site) avec un solvant (qui peut être
de l’eau). Les polluants sont entraînés dans le flux du solvant à travers le sol
et récupérés dans un puits de collecte pour la méthode in situ, encore appelé
Flushing. NB: Comme pour la méthode de Pompage et traitement (pump
and treat), une faible perméabilité du sol peut être un facteur limitant.

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4) Techniques de dépollution des Sols
• Séparation de la fraction fine du sol (on site). Dans certains cas, la
pollution est essentiellement adsorbée sur les particules fines du sol. Une
opération de lavage à l’eau permet d’extraire ces particules fines du sol, et
par conséquent la pollution.
• Traitement électrocinétique (in situ) : Il s’agit à partir d’électrodes
enfichée dans le sol, de provoquer un déplacement des cations vers la
cathode et des anions vers l’anode. Cette méthode sera bien adaptée pour
les métaux lourds (Hg, Pb, Cr, Cu, Cd,…) et les radionucléides.

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4) Techniques de dépollution des Sols
4) La fixation : La pollution peut subir un confinement à l’intérieur d’une
barrière étanche (géo-membranes, mur de béton, couche d’argile,
membranes en PEHD,…). On peut placer dans cette catégorie les procédés
par inertage ou stabilisation, qui consistent à fixer la pollution par un liant
(tel que la chaux vive) à l’intérieur d’une matrice. Naturellement ces procédés
sont réservés à des pollutions difficiles à traiter par les autres méthodes. On
peut aussi compter dans cette catégorie, les barrières réactives ou bio-
réactives qui combinent le principe d’une fixation avec celui d’une
neutralisation chimique ou biologique.

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5) Exemple de Calculs Numériques
Nous présentons ci-après un exemple d’application de modélisation de
l’écoulement puis du transport d’une pollution dans une nappe phréatique.
A partir d’un point source, une pollution saline sera simulée dans les
alluvions de l’Isère sur une distance d’environ 300 m. Les codes de calculs
retenus sont MODFLOW et MT3D.

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5) Exemple de Calculs Numériques
1) Objectifs de l’ étude:
Il s’agira d’étudier la migration d’ une pollution (un traceur conservatif) dans une nappe
phréatique, puis de tester les possibilités d’une réhabilitation par confinement.
2) Conception du modèle
On choisit de travailler sur une zone de superficie 600x400 m2 et sur 10m de hauteur. Les
mailles de calcul feront à la base 10x10 m2 selon les axes x et y, mais il y aura un
sous maillage avec une grille de 2x2 m2 sur les zones de fortes contraintes
hydrodynamiques (pompage ou injection de polluant). La modélisation se fera entre
les lignes 2 à 80, et les colonnes 10 à 93. Ce contour est retenu à partir des conditions
aux limites jugées pertinentes (rivière, lignes de flux nul ou de piézométrie constante).
On obtient les vues en plan et en coupe suivantes:

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5) Exemple de Calculs Numériques
Après T= 7 jours (figure de gauche), notre mur est particulièrement efficace dans le rôle de
barrière à l’avancement de la pollution. On note cependant que pour T= 10 jours,
(figure de droite) l’iso-valeur des faibles concentrations a pu se retrouver après le mur.
Cela permet d’insister sur le fait que pour des produits à forte toxicité, il faut rester très
prudent avec les barrières de confinement. On comprend également pourquoi, il faudra
toujours prévoir des piézomètres de contrôle dans la zone confinée mais aussi dans le
proche voisinage.

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CONCLUSION
Ce cours nous a permis d’aborder de façon rapide mais avec précision,
l’important sujet de la migration d’une pollution dans les sols. On a pu
décrire de façon illustrée quelques techniques souvent mises en œuvre
pour réhabiliter les sols pollués, et ainsi prévenir un impact négatif sur les
captages d’eau potable.

Il apparaît qu’une bonne compréhension de ces problèmes passe d’abord


par une maîtrise des notions sur la circulation de l’eau dans les sols (loi de
Darcy et Hydrodynamique en milieux poreux). Ensuite, il faut aborder de
façon correcte les aspects sur la géochimie.

De nombreuses techniques de dépollution sont aujourd’hui pratiquement


disponibles, mais compte tenu des coûts souvent élevés, la prévention
(bonnes pratiques environnementales, périmètres de protection,…) doit
être privilégiée.

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