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Revue Spirite 1905

Mai 1905
La pensée 268 à 273

Revue Spirite 1906


Juin 1906
La Discipline de la Pensée et la réforme du caractère 334 à 340
(SUJET COMPLET)

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Revue Spirite 1905
268 à 273 mai

LA PENSÉE
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La véritable force de l'homme c'est la pensée !


La pensée est créatrice. De même que la pensée éternelle projette sans cesse, dans
l'espace, les germes des êtres et des mondes, de même la pensée de l'écrivain, de l'orateur, du
poète, de l'artiste fait jaillir une incessante floraison d'idées, d'œuvres, de conceptions qui
vont influencer, impressionner, en bien ou en mal, suivant leur nature, l'immense foule
humaine.
C'est pourquoi la mission des ouvriers de la pensée est, à la fois, grande, redoutable et
sacrée.
Grande et sacrée, car c'est la pensée qui dissipe les ombres du chemin, résout les
énigmes de la vie et trace la route de l'humanité ; c'est sa flamme qui réchauffe les âmes et
illumine les déserts de l'existence.
Redoutable aussi, parce que ses effets sont puissants pour la descente comme pour
l'ascension : parce que, tôt ou tard - en vertu de la loi de répartition et d'équilibre qui régit
l'univers - toute œuvre revient vers son auteur avec ses conséquences bonnes ou mauvaises,
et entraîne pour celui-ci, selon le cas, une cause de souffrance, d'amoindrissement, une
privation de liberté, ou bien des satisfactions intimes, une dilatation, une élévation de son
être.
La vie présente n'est qu'un épisode de notre longue histoire, un fragment de la grande
chaîne des existences qui se déroule, pour tous, à travers l'immensité des temps et des
espaces. Et, constamment, retombent sur nous, en brumes ou en rayons, les résultats de nos
œuvres. L'âme humaine parcourt sa voie, entourée d'une atmosphère radieuse ou sombre,
peuplée de créations de sa pensée. Et c'est là, dans la vie de l'au-delà, sa gloire ou sa honte.
Car la mort n'est qu'un mensonge ; la vie a deux formes ; tour à tour, restreinte, dans sa prison
de chair, ou épanouie, dans la libre étendue ; la vie a deux aspects, mais pas de fin !

*
* *

Pour donner à la pensée toute sa force et son ampleur, aucun exercice n'est plus
salutaire que l'étude des problèmes éternels, l'élévation vers la source d'infinie beauté où
toutes les beautés se résument ; c'est là que la pensée se retrempe et puise les vastes, les
fécondes inspirations.
Pour bien exprimer, il faut sentir puissamment, et pour goûter les sensations hautes et
profondes, il faut remonter à la source suprême d'où découle toute vie, toute harmonie, toute
beauté.
Ce qu'il y a de noble et d'élevé dans le domaine de l'intelligence émane d'une cause
éternelle vivante et pensante. Plus l'essor de la pensée vers cette cause est grand, plus haut
elle plane, plus radieuses sont les clartés entrevues, plus enivrantes les joies ressenties, plus

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puissantes les forces acquises, plus géniales, plus sublimes les inspirations ! Et après chaque
essor, la pensée redescend, vivifiée, éclairée, dans le champ terrestre, pour reprendre la tâche
par laquelle elle grandira encore, car c'est le travail qui fait l'intelligence, comme c'est
l'intelligence qui fait la beauté, la splendeur de l'œuvre accomplie.
Élève ton regard, ô penseur, ô poète ! jette ton cri d'appel, d'aspiration, de prière !
Devant la mer aux reflets changeants, à la vue de blanches cimes lointaines ou de l'infini
étoilé, n'as-tu jamais éprouvé des heures d'extase et d'ivresse où l'âme se sent plongée dans un
rêve divin, où l'inspiration arrive, puissante, comme un éclair, rapide messager du ciel à la
terre ?
Prête l'oreille ! n'as-tu jamais entendu, au fond de ton être, vibrer ces harmonies
étranges et confuses, ces rumeurs du monde invisible, voix de l'ombre qui bercent la pensée
et la préparent aux intuitions suprêmes ?
En tout poète, artiste, écrivain, il est des germes de médiumnité, inconscients,
inconnus, et qui ne demandent qu'à éclore. C'est par là que l'ouvrier de la pensée entre en
rapport avec la source inépuisable et reçoit sa part de révélation, révélation d'esthétique
appropriée à sa nature, à son genre de talent et qu'il a pour mission d'exprimer en des œuvres
qui feront pénétrer, dans l'âme des foules, une vibration des forces divines, une radiation des
vérités éternelles.
C'est dans la communion fréquente et consciente avec le monde invisible que les génies
de l'avenir puiseront les éléments de leurs œuvres. Dès aujourd'hui, la pénétration des secrets
de sa double vie vient offrir à l'homme des secours et des lumières que les religions
défaillantes ne sauraient plus lui procurer. Dans tous les domaines, l'idée spirite va féconder
la pensée en travail.
La science lui devra une rénovation complète de ses théories et de ses méthodes. Elle
lui devra la découverte de forces incalculables et la conquête de l'univers occulte.
La philosophie y gagnera une connaissance plus étendue et plus précise de la
personnalité humaine. Celle-ci, dans la transe et l'extériorisation, se montre sous des aspects
ignorés. C'est comme une crypte qui s'ouvre, remplie de choses étranges, et où est cachée la
clé du mystère de l'être. Ce mystère ne peut être dévoilé que par l'étude attentive des côtés
énigmatiques de notre nature, par l'étude de nos deux formes alternantes d'existence, se
complétant et s'équilibrant l'une l'autre et également nécessaires à l'éducation et au
perfectionnement de l'âme.
Les religions de l'avenir trouveront dans le spiritisme, les preuves de la survivance et
les règles de la vie dans l'au-delà, en même temps que le principe d'une communion étroite
des deux humanités, visible et invisible, unies dans leur ascension vers le Père commun.
L'art, sous toutes ses formes, y découvrira des sources inépuisables d'inspiration et
d'émotion d'où jailliront, en abondance, des œuvres impérissables.
L'homme du peuple, aux heures de lassitude, y puisera le courage moral et les
consolations qui rendent plus faciles l'accomplissement de sa tâche, et la préparation de
l'avenir. Il comprendra que l'âme peut grandir aussi bien par le labeur humble que par l'œuvre
altière et qu'aucun devoir n'est négligeable ; que l'envie est sœur de la haine et que, souvent,
on est moins heureux dans le luxe que dans la médiocrité.
Le puissant y apprendra la bonté, avec le sentiment de cette solidarité qui nous relie
tous à terre à travers nos vies, et peut nous contraindre à revenir petits pour acquérir les
vertus modestes.
Le sceptique y trouvera la foi ; le découragé, les longs espoirs et les viriles résolutions ;
tous ceux qui souffrent, l'idée profonde qu'une loi de justice préside à toutes choses ; qu'il n'y
a pas en aucun domaine, d'effet sans cause, pas d'enfantement sans douleur, pas de victoire

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sans combat, pas de triomphe sans rudes efforts ; mais qu'au-dessus de tout règne une parfaite
et majestueuse sanction et que nul n'est abandonné de Dieu, dont il est parcelle.
Ainsi s'opérera, lentement, la rénovation de l'humanité, si jeune encore, si ignorante
d'elle-même, mais dont l'effort s'accentue chaque jour, vers la compréhension de sa tâche et
de son but, en même temps que s'agrandit son champ d'exploration et la perspective d'un
avenir sans fin, éclairé d'une lumière éternelle. Et bientôt voici qu'elle avance, plus
consciente d'elle-même et de sa force, consciente de sa magnifique destinée. Et à chaque
étape franche, voyant et voulant davantage, sentant briller et s'aviver le foyer qui est en elle,
elle voit aussi les ténèbres reculer, les sombres énigmes du monde se fondre et se résoudre et
le chemin s'illuminer d'un rayon puissant. Avec les ombres, s'évanouissent peu à peu les
préjugés, les erreurs, les fantômes de la superstition, les terreurs vaines ; les contradictions
apparentes de l'univers se dissipent et l'harmonie se fait dans les âmes et dans les choses.
Alors la confiance et l'allégresse pénètrent en elle et l'homme sent grandir sa pensée et son
cœur. Et il avance de nouveau sur la route des âges, vers le terme de son œuvre ; mais son
œuvre n'a pas de terme. Car chaque fois que l'humanité se hausse vers un idéal nouveau elle
croit avoir atteint l'idéal suprême ; mais elle n'a atteint, en réalité, que la croyance ou le
système qui conviennent à son degré d'évolution. Mais chaque fois aussi, de ses élans, de ses
efforts, découlent pour elle des félicités et des forces nouvelles et elle trouve la récompense
de ses labeurs et de ses angoisses dans le labeur même, dans la joie de vivre et de progresser,
qui est la loi des êtres, dans une communion plus intime avec l'Univers, dans une possession
un peu plus entière du Bien et du Beau.

*
* *

Ô écrivains, poètes, artistes, ouvriers de la pensée, vous dont le nombre s'accroît tous
les jours, dont les œuvres se multiplient et montent comme un flot grandissant, œuvres
souvent belles par la forme, mais faibles par le fond, superficielles et matérielles, que de
talent ne dépensez-vous pas pour des causes médiocres ? Que d'efforts gaspillés ou mis au
service de passions malsaines, de voluptés inférieures et d'intérêts vils !
Alors que de vastes et magnifiques horizons se déroulent, que le livre merveilleux de
l'univers et de l'âme s'ouvre, tout grand, devant vous et que le Génie de la pensée vous convie
à tes tâches puissantes, à des œuvres pleines de sève, fécondes pour l'avancement de
l'humanité, vous vous complaisez trop souvent à de puériles et stériles études ; à des travaux
où la conscience s'étiole, où l'intelligence s'affaisse et s'alanguit dans le culte exagéré des
sens et des impurs instincts.
Qui de vous dira la vaste épopée de l'âme, luttant pour la conquête de ses destinées
dans le cycle immense des âges et des mondes ; ses douleurs et ses joies, ses chutes et ses
relèvements, la descente dans les gouffres de vie, les ascensions, les coups d'aile, le triomphe
final dans la lumière, les immolations, les holocaustes qui sont un rachat, une élévation, les
missions rédemptrices, la participation grandissante aux œuvres divines !
Qui dira les puissantes harmonies de l'univers, harpe gigantesque que fait vibrer la
pensée de Dieu, le chant des mondes, le rythme éternel qui berce la genèse des astres et des
humanités ?
Ou bien la lente élaboration, la douloureuse gestation de la conscience à travers les
stades inférieurs, la construction laborieuse d'une individualité, d'un être moral ! Qui dira la
conquête de la vie, toujours plus pleine, plus large, plus haute, plus éclairée des rayons d'en
haut, la marche de sommet en sommet, à la poursuite du bonheur, de la puissance et du pur

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amour ? Qui dira l'œuvre de l'homme, lutteur immortel, élevant à travers ses doutes, ses
déchirements, ses angoisses et ses larmes, l'édifice harmonique et sublime de sa personnalité
pensante et consciente ? Toujours en avant et plus haut !
Nous ne savons, répond-on. Et l'on se demande : qui nous enseignera ces choses ?
Qui ! Les voix intérieures et les voix de l'au-delà ! Apprenez à ouvrir, à feuilleter, à lire
le livre mystérieux qui est caché en vous-même, le livre des métamorphoses de l'être. Il vous
dira ce que vous avez été et ce que vous serez. Il vous apprendra le plus grand des mystères,
la création de soi par l'effort constant, l'action souveraine qui, dans la pensée silencieuse, fait
germer l'œuvre et, suivant vos aptitudes, votre genre de talent, vous fera peindre les plus
belles toiles, sculpter les plus idéales formes, composer les symphonies les plus vibrantes,
écrire les plus belles pages, réaliser les plus beaux poèmes.
Tout est là, en vous, autour de vous ! Tout parle, tout vibre, le visible et l'invisible, tout
chante et célèbre la gloire de vivre, l'ivresse de penser, de créer, et de s'associer à l'œuvre
universelle. Splendeurs des mers et du ciel étoilé, majesté des cimes, parfums des fleurs,
effluves et rayons, bruits mystérieux des forêts, mélodies de la terre et de l'espace, voix de
l'invisible qui parlent dans le silence du soir, voix de la conscience, écho de la voix divine,
tout est enseignement et révélation pour qui sait voir, écouter, comprendre, penser, agir !
Puis, au-dessus de tout, la Vision Suprême, la vision sans formes, la Pensée incréée,
vérité totale, harmonie finale des essences et des lois qui, depuis le fond de notre être, jusqu'à
la plus lointaine étoile, relie tout et tous dans son unité resplendissante. Et la chaîne de vie,
qui s'étage et se déroule dans l'infini, échelle des puissances invisibles qui portent à Dieu les
appels de l'homme par la prière et à l'homme la réponse de Dieu par l'inspiration.
Et maintenant, pour terminer, une question dernière. Pourquoi, au milieu de l'immense
labeur et de l'abondante production intellectuelle qui caractérise notre époque, pourquoi si
peu d'œuvres puissantes et de conceptions géniales ? Parce que nous avons cessé de voir les
choses divines par les yeux de l'âme ! Parce que nous avons cessé de croire et cessé d'aimer !
Remontons donc aux sources célestes et éternelles ; c'est le seul remède à notre anémie
morale. Tournons notre pensée vers les choses solennelles et profondes. Que la science
s'éclaire et se complète par les intuitions de la conscience et les facultés supérieures de
l'esprit.
Le spiritualisme moderne nous y aidera !

LÉON DENIS.
Au bord de la mer, près de Nice, 20 janvier 1905.

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Revue Spirite 1906
334 à 340 juin

La Discipline de la Pensée et la réforme du caractère


(2e ARTICLE)
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La pensée est créatrice, disions-nous dans un article précédent (1). Elle n'agit pas
seulement autour de nous, influençant nos semblables en bien ou en mal ; elle agit surtout en
nous. C'est elle qui génère nos paroles, nos actions et, par elle, nous construisons chaque jour
l'édifice, grandiose ou misérable de notre vie, présente et à venir. Nous façonnons notre âme et
son enveloppe par nos pensées ; celles-ci produisent des vibrations, des formes, des images qui
s'impriment dans la matière subtile dont le corps fluidique est composé. Ainsi, peu à peu, notre
être se peuple de formes frivoles ou austères, gracieuses ou terribles, grossières ou sublimes ;
l'âme s'ennoblit, se pare de beauté ou se fait une atmosphère de laideur. Selon l'idéal poursuivi,
la flamme intérieure s'avive ou s'obscurcit.

(1) Voir Revue Spirite, mai 1905.

Il n'est pas de sujet plus important que l'étude de la pensée, de ses pouvoirs, de son action.
Elle est la cause initiale de notre élévation ou de notre abaissement ; elle prépare toutes les
découvertes de la science, toutes les conceptions du génie, toutes les merveilles de l'art ; mais
aussi toutes les misères et toutes les hontes de l'humanité. Suivant l'impulsion donnée, elle
fonde ou détruit les institutions comme les empires, les caractères comme les consciences.
L'homme n'est grand, l'homme ne vaut que par sa pensée. C'est par elle que ses œuvres
rayonnent et se perpétuent à travers les siècles.
Le spiritualisme expérimental, beaucoup mieux que toutes les doctrines antérieures, nous
permet de saisir, de comprendre toute la force et le pouvoir de la pensée. Elle est le principe de
la communion universelle. Nous la voyons en action dans le phénomène spirite qu'elle facilite
ou entrave. Son rôle dans les séances d'expérimentation est toujours considérable. La télépathie
nous démontre que les âmes sont des systèmes de forces et des foyers de pensées, qui peuvent
s'impressionner, s'influencer à toutes distances. C'est par là que les humanités de l'espace
arriveront à communiquer entre elles à travers les immensités sidérales. Dans tout le champ des
activités sociales, dans tous les domaines du monde visible ou invisible, l'action de la pensée
est souveraine. Elle ne l'est pas moins, répétons-le, en nous-mêmes et sur nous-mêmes, en
modifiant notre nature intime.
Les vibrations de nos pensées, de nos paroles (2), en se répétant, en se renouvelant dans
un sens uniforme, chassent de notre enveloppe les éléments qui ne peuvent vibrer en harmonie

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avec elles ; elles attirent des éléments similaires qui accentuent les tendances de l'être. Une
œuvre, souvent inconsciente, s'élabore ; mille ouvriers mystérieux travaillent dans l'ombre ; aux
profondeurs de l'âme, toute une destinée s'ébauche ; le diamant caché s'épure ou se ternit dans
sa gemme.

(2) N’avons-nous pas la preuve que les vibrations créent des formes, dans le fait qu’a
laide de certains appareils on peut, en faisant résonner des notes de musique, produire, sur du
sable fin, des formes géométriques ? La théorie des effluves ou radiations, est aujourd’hui
admise par la science, et de nombreuses expériences ont démontré que les images crées par la
pensée sont perçues par les sensitifs, et qu’elles peuvent impressionner les plaques
photographies.

Si nous méditons sur des sujets élevés, sur la sagesse, le devoir, le sacrifice, notre être
s'imprègne peu à peu des qualités de notre pensée. C'est pourquoi la prière improvisée, ardente,
l'élan de l'âme vers les puissances infinies, a tant de vertus. Dans ce dialogue solennel de l'être
avec sa cause, l'influx d'en haut nous envahit et des sens nouveaux s'éveillent au fond de l'âme.
La compréhension, la conscience de la vie s'augmente et nous sentons, mieux qu'on ne peut
l'exprimer, la gravité et la grandeur de la plus humble des existences. La prière, la communion
par la pensée avec l'univers spirituel et divin, c'est l'effort de l'âme vers la beauté et la vérité
éternelles ; c'est l'entrée pour un instant dans les sphères de la vie réelle et supérieure, celle qui
n'a pas de terme.
Si, au contraire, notre pensée est inspirée de mauvais désirs, par la passion, la jalousie, la
haine, les images qu'elle enfante se succèdent, s'accumulent dans notre corps fluidique et
l'enténèbrent. Ainsi, nous pouvons, à volonté, faire en nous la lumière ou l'ombre. C'est ce
qu'affirment tant de communications d'outre-tombe par lesquelles des esprits égoïstes,
médisants, arriérés, déclarent se trouver plongés dans la nuit.
Nous sommes ce que nous pensons, à la condition de penser avec force, volonté,
persistance. Mais presque toujours nos pensées flottent et passent constamment d'un sujet à
l'autre. Nous pensons rarement par nous-mêmes, nous reflétons les milles pensées incohérentes
du milieu où nous vivons. Peu d'hommes savent penser par eux-mêmes, puiser aux sources
profondes du moi, à ce grand réservoir de forces inépuisables que chacun porte en soi, mais que
la plupart des hommes ignorent. Aussi se font-ils une enveloppe peuplée des formes les plus
disparates. Leur esprit est comme une demeure ouverte à tous les passants. Les rayons du bien
et les lueurs du mal s'y confondent en un perpétuel chaos. C'est l'incessant combat de la passion
et du devoir, où, presque toujours, la passion l'emporte. Avant tout, il faut apprendre à contrôler
nos pensées, à les discipliner, à leur imprimer une direction précise, un but noble et élevé.
Le contrôle des pensées entraîne le contrôle des actes, car si les unes sont bonnes, les
autres le seront également, et toute notre conduite se trouvera réglée par un enchaînement
harmonique. Tandis que si nos actes sont bons et nos pensées mauvaises, il ne peut y avoir là
qu'une fausse apparence du bien, et nous continuerons à porter en nous un foyer malfaisant dont
les influences se répandront tôt ou tard, fatalement sur notre vie.

*
* *

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Il est bon de vivre en contact par la pensée avec les écrivains de génie, avec les hommes
véritablement grands et sublimes de tous les temps et de tous les pays, en lisant, en méditant
leurs œuvres, en imprégnant tout notre être de la substance de leur âme. Les vibrations de leurs
pensées éveilleront en nous des vibrations semblables et amèneront à la longue des
modifications profondes de notre caractère et de notre conscience, par la nature même de nos
impressions et de nos sensations.
Il faut choisir nos lectures avec soin, puis les mûrir, et s'en assimiler la quintessence. En
général, on lit trop, on lit hâtivement, et l'on ne médite pas ses lectures. Il serait préférable de
lire moins et de réfléchir davantage à ce qu'on a lu. C'est un sûr moyen de fortifier notre
intelligence, de recueillir les fruits de sagesse et de beauté que peuvent contenir nos lectures.
En cela, comme en toutes choses, le beau attire et génère le beau, de même que la bonté attire le
bonheur et le mal, la souffrance.
L'étude silencieuse et recueillie est toujours féconde pour le développement de la pensée.
C'est dans le silence que s'élaborent les œuvres puissantes. La parole est brillante, mais elle
dégénère trop souvent en propos stériles, parfois malfaisants ; par-là, la pensée s'affaiblit et
l'âme se vide. Tandis que dans la méditation silencieuse, la pensée se concentre ; elle se tourne
vers le côté grave et solennel des choses ; la lumière du monde spirituel le baigne de ses ondes.
Il y a autour du penseur de grands Êtres invisibles et silencieux qui ne demandent qu'à l'inspirer
; mais ils ne peuvent entrer en communication avec lui que dans le demi-jour des heures
tranquilles et recueillies, ou bien sous la lumière discrète de sa lampe de travail. Partout et
toujours, une vie invisible se mêle à notre vie.
Évitons les discussions bruyantes, les paroles vaines, les lectures frivoles. Soyons sobres
de journaux. La lecture des journaux, en nous faisant passer sans cesse d'un sujet à l'autre, rend
la pensée encore plus instable. Nous vivons à une époque d'anémie intellectuelle, qui est causée
par la rareté des études sérieuses, par la recherche abusive du mot pour le mot, de la forme
enjolivée et vide et surtout par l'insuffisance des éducateurs de la jeunesse. Attachons-nous à
des œuvres plus substantielles, à tout ce qui peut nous éclairer sur les lois profondes de la vie et
faciliter notre évolution. Peu à peu s'édifieront en nous une intelligence, une conscience plus
fortes, et notre corps fluidique s'illuminera des reflets d'une pensée haute et pure.
L'âme recèle des profondeurs où la pensée descend rarement, parce que mille objets
extérieurs l'occupent sans cesse. La surface, comme celle d'une mer, en est souvent agitée ;
mais au-dessous s'étendent des régions mystérieuses que les orages n'atteignent pas. Là
dorment les forces secrètes, les puissances cachées qui n'attendent que notre appel pour
émerger et apparaître. L'appel se fait rarement entendre, et l'homme s’agite dans son indigence,
ignorant des trésors inappréciables qui reposent en lui.
Il faut le choc des épreuves, les heures tristes et désolées pour lui faire comprendre la
fragilité des choses extérieures et le conduire vers la recherche de soi-même, vers la découverte
de ses véritables richesses spirituelles.
Et c'est pourquoi les grandes âmes deviennent d'autant plus nobles et plus belles que leurs
douleurs sont plus vives. À chaque nouveau malheur qui les frappe, elles ont la sensation de
s'être rapprochées un peu plus de la vérité et de la perfection, et, à cette pensée, elles éprouvent
comme une volupté amère. Une étoile nouvelle s'est levée dans le ciel de leur destinée, une
étoile dont les rayons tremblants pénètrent au sanctuaire de leur conscience, en éclairant les
replis cachés. Chez les intelligences de haute culture, le malheur sème, et chaque douleur est un
sillon où lève une moisson de vertu et de beauté.

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À certaines heures de notre vie, à la mort de notre mère, à l'écroulement d'une espérance
ardemment caressée, à la perte d'une femme, d'un enfant aimés, chaque fois que se brise un des
liens qui nous attachaient à ce monde, une voix mystérieuse s'élève dans les profondeurs de
notre âme, voix solennelle qui nous parle de mille lois plus augustes, plus vénérables que les
lois de la terre, et tout un monde idéal s'entrouvre. Mais les bruits du dehors ont bientôt couvert
ces voix, ces harmonies, et l'être humain retombe presque toujours dans ses doutes, ses
hésitations, dans la plate vulgarité de son existence.

*
* *

Il n'est pas de progrès possible sans une étude attentive de soi-même. Il faut observer tous
nos actes impulsifs, afin d'arriver à nous bien connaître, à savoir dans quel sens nous devons
porter nos efforts pour nous améliorer et développer les germes du bien qui sont en nous.
D'abord, régler la vie physique, modérer les appétits, réduire les besoins matériels au
nécessaire, afin d'assurer la santé du corps, cet instrument indispensable de notre rôle terrestre,
afin surtout d'assurer la suprématie de l'esprit sur la matière. Puis, discipliner ses impressions,
ses émotions ; apprendre à leur commander, à les utiliser comme des agents de notre
perfectionnement moral. Apprendre surtout à s'oublier, à faire le sacrifice du moi, à nous
dégager de tout sentiment d'égoïsme. On n'est vraiment heureux en ce monde que dans la
mesure où l'on sait s'oublier.
Il ne suffit pas de croire et de savoir, il faut vivre sa croyance, c'est-à-dire faire pénétrer
dans la pratique quotidienne de la vie les principes supérieurs que nous avons adoptés. Il faut
s'habituer à communier par la pensée et par le cœur avec les Esprits éminents qui ont été les
révélateurs, avec toutes les âmes d'élite qui ont servi de guides à l'humanité, vivre avec eux
dans une intimité de chaque jour, nous inspirer de leur vues et ressentir leur influence par cette
perception intime de l'âme que développent nos rapports avec le monde invisible.
Parmi ces grandes âmes, il est bon d'en choisir une comme exemple, la plus digne de
notre admiration, et dans toutes les circonstances difficiles, dans tous les cas où notre
conscience oscille entre deux partis à prendre, nous demander ce qu'elle aurait résolu et agir
dans le même sens.
C'est ainsi que nous nous construirons peu à peu, d'après ce modèle, un idéal moral qui se
reflètera dans tous nos actes. Tout homme, dans l'humble réalité de chaque jour, peut se
modeler par ses pensées une conscience, une personnalité sublime. L'œuvre est lente et
difficile, mais les siècles nous sont donnés pour cela, car c'est le but de toutes nos vies de nous
façonner une âme toujours plus parfaite.
Concentrons donc souvent nos pensées pour les dominer et les ramener, par la volonté,
vers l'idéal rêvé. Méditons chaque jour sur cet idéal, à une heure choisie, le matin de
préférence, lorsque tout est calme, lorsque tout repose encore autour de nous, à ce moment que
le poète appelle « l'heure divine », lorsque la nature, fraîche et reposée, s'éveille aux clartés du
jour. Aux heures matinales, l'âme, dans la prière et la méditation, puise des forces et des
énergies nouvelles. Elle s'élève d'un plus facile élan jusqu'à ces hauteurs, d'où l'on voit, d'où
l'on comprend que tout - la vie, les actes, les pensées, - tout est lié à quelque chose de grand et
d'éternel, que nous habitons un monde où des puissances invisibles, où de grands Êtres
mystérieux vivent sans cesse et travaillent avec nous. Et qu'il y a dans la vie la plus simple,
dans l'œuvre la plus modeste, dans l'existence la plus effacée, des côtés profonds, une réserve

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d'idéal, des sources possibles de beauté. Chaque âme peut se faire, par ses pensées, une
atmosphère spirituelle aussi belle, aussi resplendissante de lumière que les paysages les plus
enchantées ; et dans la demeure la plus chétive, dans le logis le plus misérable, il y a des
ouvertures vers Dieu et vers l'infini !

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* *

Dans toutes nos relations sociales, dans nos rapports avec nos semblables, il faut
constamment se rappeler une chose. C'est que les hommes sont des voyageurs en marche,
occupant des points divers de la longue route des destinées, des situations très différentes sur
l'échelle d'évolution que nous gravissons tous. Par conséquent, nous ne devons rien exiger, rien
attendre d'eux qui ne soit en rapport avec leur degré d'avancement.
À tous, nous devons la tolérance, la bienveillance et même le pardon ; car si l'on nous
cause du préjudice, si l'on nous raille et nous offense, c'est presque toujours par suite du
manque de compréhension et de savoir qui résulte d'un développement insuffisant. Dieu ne
demande aux hommes que ce qu'ils ont pu acquérir par leurs lents et pénibles efforts. Nous
n'avons pas le droit d'en exiger davantage. N'avons-nous pas été semblables aux plus arriérés
d'entre eux ? Si chacun de nous pouvait lire dans son passé ce qu'il a été, ce qu'il a fait, combien
nous serions plus indulgents pour les fautes d'autrui ! Parfois encore, nous avons besoin de la
même indulgence que nous leur devons. Beaucoup, parmi nous, ne sont encore que des esprits
enfants, appelés à se perfectionner par la douloureuse éducation des vies successives. Or,
demande-t-on à l'enfant ce que l'homme seul peut donner ? Soyons sévère pour nous-mêmes et
tolérants pour les autres. Instruisons-les ; éclairons-les ; guidons-les avec douceur : c'est là ce
que la loi de solidarité nous commande.

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* *

Enfin, il faut savoir supporter toutes choses avec patience et sérénité. Quels que soient les
agissements de nos semblables envers nous, nous ne devons en concevoir aucune animosité,
aucun ressentiment ; mais au contraire, faire servir toutes les causes d'ennui ou d'affliction à
notre propre éducation morale. Nul revers ne pourrait nous atteindre, si, par nos vies antérieures
et coupables, nous n'avions laissé prise à l'adversité. C'est là ce qu'il faut souvent se dire. Nous
arriverons ainsi à accepter sans amertume toutes les épreuves, en les considérant comme une
réparation du passé, ou comme un salutaire exercice pour l'avancement de nos âmes. Au lieu de
maudire ceux qui nous font souffrir, nous les remercions, puisqu'ils nous procurent un moyen
d'épuration.
De degré en degré, nous parviendrons ainsi à ce calme d'esprit, à cette possession de soi-
même, à cette confiance absolue en l'avenir, qui donnent la force, la quiétude, la satisfaction
intime et nous permettent de rester fermes au milieu des plus dures vicissitudes.
Quand l'âge est venu, les illusions, les vaines espérances tombent comme des feuilles
mortes ; mais les hautes vérités n'en apparaissent que plus brillantes, comme les étoiles dans le
ciel d'hiver, à travers les branches dépouillées de nos jardins.
Il importe peu que la destinée ne nous ait offert aucune gloire, aucun sourire, aucun rayon
de joie, si elle a enrichi notre âme d'une vertu de plus, d'un peu de beauté morale. Les vies

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obscures et tourmentées sont parfois les plus fécondes, tandis que les vies éclatantes nous rivent
trop souvent et pour longtemps à la chaîne redoutables des responsabilités.
Le bonheur n'est pas dans les choses extérieures ou les hasards du dehors, mais seulement
en nous-mêmes, dans la vie intérieure que nous savons nous faire. Qu'importe que le ciel soit
noir sur nos têtes et les hommes mauvais autour de nous, si nous avons la lumière au front, la
joie du bien et la liberté morale au cœur. Mais si j'ai honte de moi-même, si le mal a envahi ma
pensée, si le crime et la trahison habitent en moi, toutes les faveurs, toutes les félicités de la
terre ne me rendront pas la paix silencieuse et la joie de la conscience. Le sage, dès ce monde,
se crée en lui-même un refuge assuré, un lien sacré, une retraite profonde où ne parviennent pas
les discordes et les contradictions du dehors. De même, dans la vie de l'espace, la sanction du
devoir et la réalisation de la justice sont d'ordre tout intime. Chaque âme porte en soi sa clarté
ou son ombre, son paradis ou son enfer. Mais souvenons-nous qu'il n'est rien d'irréparable, et
que la situation présente de l'esprit inférieur n'est qu'un point presque imperceptible dans
l'immensité de ses destinées.

LÉON DENIS.

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Liste des publications de Léon Denis 2022
1. 1880 : Tunis et l'Île de Sardaigne (brochure)
2. 1880 : Le Médecin de Catane (nouvelle) *
3. 1880 : Giovanna (nouvelle)
4. 1885 : Le Pourquoi de la Vie
5. 1889 : Après la Mort (dernière édition revue et corrigée : 1920)
6. 1898 : Christianisme et Spiritisme (dernière édition revue et corrigée : 1920)
7. 1901 : L'Au-delà et la Survivance de l'Être (brochure)
8. 1903 : Dans l'Invisible (dernière édition revue et corrigée : 1924)
9. 1905 : Le Problème de l'Etre et de la Destinée (dernière édition : 1922)
10. 1910 : Jeanne d'Arc Médium (dernière édition revue et corrigée : 1926)
11. 1911 : La Grande Énigme (dernière édition revue et corrigée : 1921)
12. 1918 : Le Spiritisme et les contradictions du Clergé catholique *idem (brochure)
1918 : Le Spiritualisme et le Clergé catholique *idem (ERREUR sur copie moderne)
13. 1919 : Le Monde Invisible et la Guerre
14. 1921 : Esprits et Médiums (brochure)
15. 1921 : Synthèse doctrinale et pratique du Spiritualisme
16. 1927 : Le Génie Celtique et le Monde Invisible

Rouge : Document papier manquant (introuvable actuellement) et inexistant numériquement.


Le Médecin de Catane, cette nouvelle, a du être publiée dans une revue spirite de l’époque.

Conférences
1. 1923 : Le Progrès (La conférence faite à Tours dans la Salle du Cirque le 29
février 1880 et à Orléans dans la Salle de l’Institut le 4 avril 1800
(Imprimerie de Juliot 1880 72 pages)
2. 1905: Conférence donnée au congrès de Liège en 1905
3. 1908 : Conférence faite; au siège de la Société théosophique, 59, avenue de la
Bourdonnais, à Paris le 5 avril 1908. 27p * IDEM
4. 1925 : Discours prononcé au Congrès mondial de 1925

Annales théosophiques 1908


Conférence faite; au siège de la Société théosophique, 59, avenue de la Bourdonnais, à
Paris le 5 avril 1908. 27p * IDEM

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Revue Spirite 1901- 1927 + (1938)

1901 : Conférences et courriers. RS 6p


1902 : AUCUNE PUBLICATION
1903 : Idée de Dieu. Peine de mort. Matérialisation. RS 22p
1904 : Harmonies de l'espace. Forces Psychiques. Giovanna. RS 33p
1905 : La Pensée. La réforme du caractère RS 5p
1906 : Réponse à la Jeunesse. Pensée. Réforme de caractère. Miller 13p
1907 : Allan Kardec et la doctrine du spiritisme 5p
1908 : La vie invisible A propos du médium Miller 13p
1909 : Ultimes appréciations sur C V Miller 11p
1910 : Christianisme et Spiritisme. RS 5p
1911 : Correspondance (Mise au point Paul Nord) RS 3p
1912 : Jeanne d’Arc. Liberté et Responsabilité. RS 1912 11p
1913 : Tournée spirite. Mort de Sir Alfred Russel Wallace RS 3p
1914 : AUCUNE PUBLICATION
1915 : La Justice Divine et la Guerre actuelle. RS 5p
1916 : AUCUNE PUBLICATION
1917 : Actions des esprits. Responsabilité. Autorité Liberté etc RS 58p
1918 : L’Avenir du Spiritisme et Divers. RS 52p
1919 : L’Expérimentation Spirite et Divers. RS 44p
1920 : Coup d’œil sur les temps présents. RS 24p
1921 : Libre arbitre et Déterminisme. Divers. RS 46p
1922 : Le Spiritisme dans l’art. RS 70p
1923 : Le Spiritisme et les forces radiantes. Divers. RS 47p
1924 : Socialisme et Spiritisme. Jaurès Spiritualiste et Divers. RS 56p
1925 : Ciel et Terre. Liberté Fatalité. Divers. RS 41p
1926 : La Réincarnation et la Tradition Celtique et Divers. RS 37p
1927 : La Question Celtique. Rénovation. Testament. Divers. RS 34p
1938: Denis Léon 1938 Extraits des papiers de Léon Denis RS 9p

Uniquement publiés dans la Revue Spirite et numérisés sauf : « Le spiritisme et les
contradictions du clergé catholique », « Les réincarnations et l’Eglise catholique », ensemble publiés
dans la Revue Spirite de 1917 et publiés en brochure.

Revue « Le Spiritisme » 1885-1894


1885 : Harmonie de l’univers. Paul Grendel et ses œuvres
1887 : Discours du 31 mars 1887 concernant l’anniversaire de la mort d’Allan Kardec
1888 : La prière
1889 : Politique et spiritisme. Positivisme et idéalisme. Un dernier mot

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1893 : Le Spiritisme (journal). Réponse
1894 : Réponse

Lista de traduções e publicações


em português de Léon Denis 2022
1. 1880 Tunis e a Ilha de Sardenha
2. 1880 O medico de Catana *
3. 1880 Giovanna (Lachatre)
4. 1885 Porquê da Vida (FEB)
5. 1889 Depois da Morte (FEB)
6. 1898 Cristianismo e Espiritismo (FEB)
7. 1901 Além e a Sobrevivência do Ser (FEB)
8. 1903 No Invisível (FEB)
9. 1905 Problema do Ser, do Destino e da Dor (FEB)
10. 1910 Joana D'Arc, Médium (FEB)
11. 1911 Grande Enigma (FEB)
12. 1918: O Espiritismo e as contradições do Clero Católico*idem (brochura)
1918: O Espiritismo e o Clero Católico *idem (ERROs na cópia moderna)
13. 1919 Mundo Invisível e a Guerra (CELD)
14. 1921 Espíritos e Médiuns (CELD)
15. 1921 Síntese Doutrinária e Prática do Espiritismo (Eduardo Felipe Freitas)
16. 1927 Gênio Céltico e o Mundo Invisível (CELD)

1. Não publicado.
2. *Documento em papel ausente (atualmente não encontrado) e inexistente digitalmente. O
medico de Catana, esta novela, deve ter sida publicada em um jornal espírita da época.

Revista Espírita
1918: O Futuro do Espiritismo e Diversos (CELD)
1920: Um olhar sobre os tempos atuais (CELD)
1922: Espiritismo na arte (Lachâtre) (Autch Editora)
1923: O Espiritismo e as forças radiantes. Diversos (CELD)
1924: Socialismo e Espiritismo (O Clarim)

1. 1923 Progresso (CELD) (Conférencia) 1880


2. 1905 Conferencia pronunciada no Congreso de Liège 1905
3. Conferencia pronunciada no Congreso da “Société théosophique », 59, av de la Bourdonnais,
Paris o 5 abril 1908. (Não publicado no Brasil, descoberto em França em 2022) *IDEM
4. 1925 Conferencia pronunciada ao Congreso mundial 1925

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Provas Experimentais da Sobrevivência (Clarim)
Catecismo espirita (Numérico)
1905 Problema da Dor Léon Denis (Editora Petit) 1905 Problema do Destino (EditorRa Petit)
1905 Problema do Ser Léon Denis (Editora Petit)

Anais Teosóficos 1908

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Conferencia pronunciada no Congreso da “Société théosophique », 59, av de la Bourdonnais,
Paris o 5 abril 1908. 27p * IDEM

Revista Espírita 1901- 1927 + (1938)


* PUBLICADO NO BRASIL

1901: Conferências e cartas. RS 6p


1902: SEM PUBLICAÇÃO
1903: Ideia de Deus. Sentença de morte. Materialização. RS 22p
1904: Harmonias do espaço. Forças Psíquicas. Giovanna. RS 33p
1905: O Pensamento. Reforma de personagem RS 5p
1906: Resposta à Juventude. Pensamento. Reforma do personagem. Miller 13p
1907: Allan Kardec e a Doutrina do Espiritismo 5p
1908: A vida invisível Sobre o médium Miller 13p
1909: Apreciações finais em C V Miller 11p
1910: Cristianismo e Espiritismo. RS 5p
1911: Correspondência (Desenvolvimento Paul Nord) RS 3p
1912: Joana d'Arc. Liberdade e Responsabilidade. RS 1912 11p
1913: Palestra espírita. Morte de Sir Alfred Russel Wallace RS 3p
1914: SEM PUBLICAÇÃO
1915: Justiça Divina e a Guerra Presente. RS 5p
1916: SEM PUBLICAÇÃO
1917: Ações dos espíritos. Responsabilidade. Liberdade de autoridade etc RS 58p
1918: O Futuro do Espiritismo e Diversos. RS 52p *
1919: A Experimentação Espírita e Diversos. RS 44p
1920: Um olhar sobre os tempos atuais. RS 24p*
1921: Livre Arbítrio e Determinismo. Diversos. RS 46p
1922: Espiritismo no arte. RS 70p*
1923: O Espiritismo e as forças radiantes. Vários. RS 47p*
1924: Socialismo e Espiritismo. Jaurès Espírita e Diversos. RS 56p
1925: Céu e Terra. Fatalidade da Liberdade. Vários. RS 41p
1926: Reencarnação e a Tradição Celta e Diversos. RS 37p
1927: A Questão Celta. Renovação. Testamento. Diversos. RS 34p
1938: Denis Léon 1938 Extratos dos papéis de Léon Denis RS 9p

Apenas publicado na Revue Spirite e digitalizado, exceto: "O Espiritismo e as contradições do


Clero Católico", "Reencarnações e a Igreja Católica", todos publicados na Revue Spirite de 1917
e publicados em brochura.

Revista “Le Spiritisme” 1885-1894


1885: Harmonia do universo. Paul Grendel e suas obras
1887: Discurso de 31 de março de 1887 sobre o aniversário da morte de Allan Kardec
1888: Oração
1889: Política e Espiritismo. Positivismo e idealismo. Uma última palavra

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1893: Le Spiritisme (jornal). Reposta
1894: Reposta

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