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Chapitre 2.

L’inventaire des risques financiers


islamiques

La gestion des risques est au cœur de l’actualité financière mondiale avec la


crise que subit actuellement l’ensemble du secteur financier.
Dans un tel contexte, toutes les institutions financières doivent augmenter leur
surveillance, leur contrôle et leur gestion des risques, mesures qui n’échappent
pas aux IFI (Institutions Financières Islamiques). Dans ce chapitre, ce sont
précisément le risques spécifiques qu’encourt la finance basée sur les
principes de la Chari’a
Section 1. Les risques spécifiques à la finance islamique

1.le risque commercial


Il résulte de la concurrence entre banques islamiques et banques conventionnelles.
Il intervient dans le cas où les banques islamiques n’enregistrent pas de rendements
suffisants pour les comptes (Partage de perte et de profit); Les clients auront tendance à
retirer leurs fonds au bénéfice des banques conventionnelles.
Cette situation induit deux risques pour la banque: un risque de rentabilité, ainsi qu’un
risque de crédit important. Afin de résoudre ce problème, les IFI ajustent les rendements
des comptes aux taux de références du marché monétaire afin de proposer des
rendements concurrentiels.

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2.le risque d’enchevêtrement des risques (superposition des risques)
Il s’explique par le fait que les contrats lient le client, la banque islamique et le fournisseur
de biens. Chaque partie du contrat contient des risques différents, ce qui a pour effet
d’alourdir la gestion des risques de la Banque. Parmi ces risques on trouvent
▪Risque de crédit:
Le client ne paie pas ses échéances ou la vendeur ne livre pas le bien à temps
▪Risque de taux de référence:
Le taux d’intérêt de référence varie entre le début et la fin de contrat et fait baisser le
profit de banque islamique
▪Risque de Marge
Suite à la variation des taux d’intérêt la marge bénéficiaire de la banque islamique peut
baisser et le contrat peut devenir plus profitable pour le client que pour la banque.
•Risque de fluctuation des prix
Si le prix du bien augmente au moment de la livraison et dépasse le prix prévu dans le
contrat, la banque islamique devra subir une baisse de son profit.

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3.le manque de produits de couvertures (hedging)
La banque islamique présente un risque liée au manque des produits de
couvertures comme les produits dérivés pour les banques conventionnelles,
puisque que ces produits ne sont pas en adéquation aux principes de la Chari’a,
en considérant leurs caractères spéculatifs et incertains. Il existe pourtant en
pratique quelques produits qui peuvent remplacer les produits dérivés telque: el
Salam ainsi que el Arboun.

4.La quasi-inexistence d’un marché monétaire

La quasi-inexistence d’un marché monétaire permettant le refinancement des


banques islamiques constitue une contrainte qui entrave considérablement la
gestion des risques des IFI.

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Section 2. Le risque de crédit
Le risque de crédit ou risque de contrepartie est défini comme le non respect par l’emprunteur de
ces obligations contractuelles envers le créancier.
2.1.La gestion des risques de crédit
La banque se doit de mener une gestion des risques de crédit , elle doit faire l’arbitrage entre
rendement et risque.
La banque doit être en mesure de définir le degré de solvabilité des débiteurs. Elle doit se baser
sur les agences de notation pour évaluer la qualité d’une contrepartie et le système légal du pays
de la contrepartie lorsqu’il s’agit d’une transaction internationale.

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2.2. Les techniques d’atténuation du risque de crédit
Un certain nombre de méthodes d’atténuation du risque de crédit empruntés à la
finance conventionnelle sont applicables à la finance islamique.
1. Les réserves et provisions
Deux types de réserves existent: la première est une réserve de péréquation des
rendements Elle permet de garder un certain niveau de profit pour les comptes
d’investissement.
La deuxième est une réserve pour risque d’investissement. Elle a pour but de couvrir
la banque en cas de perte sur les comptes d’investissement.

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2. Le nantissement
Cette technique est permise par la Chari’a à l’exception des gages sur créances, sur produits
périssables et sur les instruments financiers à base d’intérêt.
3. Clauses contractuelles atténuant le risque
Des clauses contractuelles sont établies afin de diminuer l’incertitude (prohibée par l’Islam)
et imposent dans le contrat la compensation financière de la partie lésée.
4. Le rating interne
À l’instar des grandes institutions financières conventionnelles la plupart des IFI intégrent des
systèmes de rating interne proche de la méthode de notation, dans le but de minimiser le
risque de crédit.

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Section 3. Le risque de liquidité (refinancement)

« La liquidité de la banque islamique est son aptitude à faire face à ses échéances financières
dans le cadre de son activité courante, à trouver de nouvelles sources de financement, et à
assurer ainsi à tout moment l'équilibre entre ses recettes et ses dépenses»

L’un des enjeux majeurs des banques islamiques est de résoudre leur manque de
liquidités.
En effet, les institutions financières conformes aux principes de la Chari’a doivent
gérer un décalage important des flux intrants et sortants de liquidités.
Effectivement, afin de concurrencer les banques conventionnelles, elles essaient de
générer des rendements élevés à l’aide d’investissements à long terme alors que les
comptes de dépôts, majoritaires dans le bilan des banques islamiques sont à court
et moyen, terme ce qui peut entrainer un risque de liquidité.

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Section 4. Les risques de marché
« le risque de marché se définit comme l’impact que peuvent avoir des changements de
valeur des variables de marché sur la valeur des positions prises par l’institution islamique.
Il se subdivise en risque de taux, risque de change, risque de variation de prix (volatilité) et
risque de liquidité ».
4.1.Le risque de taux d’intérêt ou taux de référence et le risque de marge
En raison des risques commerciaux propre à la finance islamique et pour faire face à la
concurrence des banques conventionnelles, les banques islamiques utilisent des taux de
références pour ajuster les rendements de leurs investissements. Ce faisant, toutes
évolutions des taux de références peuvent avoir des répercussions pour les banques
islamiques sur leurs marges bénéficiaires.

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4.2.Le risque de fluctuations des prix de marché
En raison de leur forte implication dans les transactions commerciales, les banques
islamiques sont amenées à stocker diverses marchandises pour le compte de leur
client ou pour leurs besoins personnels.
La dévalorisation de la valeur de ces actif pourrait être dommageable pour l’IFI. Cette
particularité implique une plus grande sensibilité au risque de volatilité des prix pour
les IFI que leurs concurrents conventionnels.
4.3. Les risques opérationnels
Le risque opérationnel s’explique par le fait que dans certains pays les banques
islamiques ne bénéficient pas des mêmes infrastructures que les banques
conventionnelles et le système législatif n’est pas suffisamment développé pour
permettre la croissance de la finance islamique.

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