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B.P.

: 2012
KISANGANI

FACULTÉ DE DROIT
Département de Droit Privé et Judiciaire

LE DROIT CONGOLAIS A L’EPREUVE DE LA PREUVE


ELECTRONIQUE : CAS DE LA VENTE EN LIGNE.

Par
KAZINE KWAGE Christian
Mémoire

Défendu publiquement en vue de l’obtention du


Diplôme de Licence en Droit.

Département : Droit Privé et Judiciaire.

Directeur : Pr. Raymond-de-bouillon MANASI


NKUSU.

Encadreur : C.T. ALI HAMADI Goethe.

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2017 - 2018

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RÉSUME

Ce travail est une modeste contribution à la réflexion sur les questions juridiques que pose
le droit de commerce électronique au sein de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du
Droit des Affaires (OHADA). Plus précisément, cette réflexion est une prospective sur l’encadrement
juridique du commerce électronique par le législateur congolais à partir des expériences menées
notamment au Sénégal et au Burkina Faso.

Les nouvelles technologies de l’information posent en Afrique comme elles l’ont fait ailleurs
des défis au droit. Plusieurs initiatives régionales et nationales ont vu le jour au cours des dernières
années pour relever ces défis. Seulement, un gout d’inachevé de l’encadrement du commerce
électronique par l’AUDCG justifie la thèse de la nécessité du législateur congolais à aller dans le sens
d’apporter complément audit Acte Uniforme pour la sécurité juridique à l’échelle nationale.

Prenant appui sur le Sénégal et le Burkina Faso, ce mémoire met en évidence certaines
faiblesses de l’AUDCG sur le e-commerce. L’initiative nationale de légiférer ce secteur peut prendre
en compte les « spécificités congolaises » tout en veillant de conserver l’esprit du législateur OHADA
dans l’AUDCG en matière de commerce électronique.

Mots-clés : AUDCG, Droit, Nouvelles technologies, Commerce électronique, preuve électronique,


OHADA.

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ÉPIGRAPHE

« L’homme ne saurait connaitre la loi, mesurer ses limites, qu’en passant outre »

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DÉDICACE

À la Justice.

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REMERCIEMENTS

Toute ma gratitude à l’Éternel Dieu Tout-Puissant. Maitre de temps et des circonstances.

Mes remerciements à mon directeur de mémoire Professeur Raymond-de-bouillon MANASI


NKUSU ainsi qu’à mon encadreur C.T. ALI HAMADI Goethe pour leur disponibilité et leurs précieux
conseils tout au long de la rédaction du présent mémoire.

Je profite également de l’occasion pour remercier du fond du cœur le corps enseignant de la


faculté de Droit en général pour le travail assidu et le soutien depuis le début de ma formation en
droit jusqu’au dépôt de mon mémoire.

Je remercie ma famille et tous mes proches sans lesquels je n’aurais certainement pas réussi
à aller jusqu’au bout de ce long parcours, en particulier mess parents Flavien KWAGEKWAGE et
Déodathe Mastaki d’avoir toujours eu confiance en moi et de m’avoir toujours soutenu à tous les
niveaux.

Je tiens enfin à dire un immense merci à Pasteur Donat Ushindi, Modeste Mastaki, Deborah
Kaleta, Joël Biona, Twaha Robert, et tous les camarades étudiants pour leur omniprésence, leur
complicité et leur soutien sans failles dans les moments les plus heureux comme les plus difficiles.

À vous tous qui m’êtes chers ! Mon


Mon respect, ma considération et ma
reconnaissance.

KAZINE KWAGE Christian

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LISTE DES SIGLES, ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES

OHADA : Organisation pour l’Harmonisation de Droit des Affaires en Afrique

AUDCG : Acte Uniforme relatif au Droit Commercial Général

E-
: Commerce Electronique
COMMERCE

UNIDROIT : Institut international pour l’unification du droit privé

CPC : Code de Procédure Civile

CPP : Code de Procédure Pénale

RCCM : Registre de Commerce et du Crédit Mobilier

NTIC : Nouvelles Technologies de l’Information et de Communication

CCJA : Cour commune de justice et d’arbitrage

CS : Conseil de Sécurité

AU : Acte Uniforme

RDC : République Démocratique du Congo

CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest

UEMOA : Union Economique et Monétaire ouest-africaine

SADC : Southern African Developpement Community

CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale

CM : Conseil des Ministres

: Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés Commerciales et du


Groupement d’Intérêt Economique

AUSCGIE

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SOMMAIRE

CHAPITRE PREMIER : DES CONSIDERATIONS GENERALES 21


SECTION 1 : DE LA PREUVE EN DROIT CONGOLAIS 21
SECTION 2. DE LA PREUVE ELECTRONIQUE 30
SECTION 3. DE LA VENTE 36
SECTION 4. DE LA VENTE EN LIGNE 40
CHAPITRE DEUXIEME : LE DROIT CONGOLAIS A L’EPREUVE DU COMMERCE ELECTRONIQUE 48
SECTION 1. DE LA COMPATIBILITE DU DROIT OHADA AVEC LE COMMERCE ELECTRONIQUE 48
SECTION 2. DE LA PERTINENCE DES ACTES UNIFORMES 50
SECTION 3 : DE L’INADAPTATION DES TEXTES APPLICABLES AU COMMERCE ELECTRONIQUE 54
SECTION 4. DES INITIATIVES NATIONALES EN AFRIQUE D’ADOPTION DE LEGISLATIONS SUR LE
COMMERCE ELECTRONIQUE : CAS DU BURKINA FASO ET DU SENEGAL 59
SECTION 5 : DE LA SITUATION DU COMMERCE ELECTRONIQUE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE
DU CONGO 62
CHAPITRE TROISIEME : DE LA PREUVE ELECTRONIQUE EN DROIT POSITIF CONGOLAIS 63
SECTION 1. DE LA CREATION ET DES OBJECTIFS DU DROIT OHADA : 63
SECTION 2 : DES ACTES UNIFORMES DU DROIT OHADA 66
SECTION 3: DE RECOURS DU DROIT POSITIF CONGOLAIS AU DROIT OHADA 70
SECTION 4. RECOURS AU MODELE QUEBECOIS 75
SECTION 5. CONSTATS OBSEVES POUR L’AMELIORATION DU DROIT DE LA PREUVE EN DROIT
POSITIF CONGOLAIS 77
BIBLIOGRAPHIE 83
TABLE DES MATIḔRES 89

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0. INTRODUCTION
0.1 ÉTAT DE LA QUESTION

L’apparition d’internet a changé les habitudes de tout le monde en général et les


congolais en particulier. Ainsi divers échanges inquantifiables, des contrats se font sur la toile.
Sur cette lancée, la preuve sur internet a fait son apparition. Peut-on affirmer avec force que la
preuve sur internet est-elle réellement efficace ?

En effet, l’internet regorge des sites variés nous permettant de régulariser des achats,
de s’assurer ou encore de vendre nos produits. Ces activités conduisent à conclure des
contrats qui sont nécessaires dans tout ce qui est relation d’affaire. Afin de sécuriser
juridiquement les transactions sur internet, chaque Etat du monde adopte ainsi ses propres
règles lui permettant de régir, tant du point de vue juridictionnel que normatif, les relations,
généralement liées à son ordre juridique, présentant un ou plusieurs éléments d’extranéité.1

Ainsi grâce aux réseaux numériques, celui qui veut, à condition d’avoir accès à un
outil informatique, peut entrer en contact avec les interlocuteurs qui, en termes terrestres, sont
situés à des milliers de kilomètres. Ces rencontres virtuelles, dématérialisées, peuvent donner
lieu à une grande variété d’activités, qu’elles soient personnelles ou professionnelles créant
fréquemment des liens de droit.2

La distance géographique n’est plus du tout une préoccupation depuis l’internet et


l’avènement du commerce électronique. Les modes de communication ont explosé en
quelques années. On constate un besoin de contracter plus vite, pour consommer plus vite et
efficacement. Le développement technologique répond à un besoin toujours plus grand de
consommer, et de consommer le plus vite possible.3La vente présente également un lien avec
le droit pour la simple raison que c’est dans la vente que l’homme sent le plus intensément
l’acte de contracter. Quelques études épinglées dans les lignes qui suivent s’y sont penchées.

Raymond OMOKOKO OMELONGA soutient que le développement d’internet et


celui du commerce en ligne sont intimement liés du fait que les sites de vente en ligne, avec

1
Augustin NSILAMBI MAMBOTE, De la vente électronique en droit congolais et comparé : étude de la
juridiction compétente, mémoire de licence, F.D, U.L.I.M.A.T, 2011, p.1.
2
Ibidem.
3
P-Y GAUTIER et X. LINANT de BELLEFONDS, De l’écrit électronique et des signatures qui s’y attachent,
JPC G., 2000, p.1.

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leurs fonctionnalités et leur graphisme sommaire sont adaptés aux échanges commerciaux4. Il
s’agit donc d’utiliser un média électronique pour réaliser une transaction commerciale. Il
renchérit que le message électronique est donc admis comme moyen de preuve et bénéficie de
la même valeur probante qu’un document papier original.

Eric A. CAPRIOLI pense que grâce à la connexion des réseaux numériques c’est-à-
dire informatique et télécommunications, les communications s’opèrent à distance, sans
support papier et transmissions et l’accès à l’information sont devenus quasi instantanés. La
dimension légale est susceptible d’engendrer de nombreux risques qu’il convient d’évaluer
lorsqu’une personne (physique ou morale, de droit privé ou de droit publique) ouvre un site
sur internet5. Il poursuit : «En ce domaine, le droit contribue à la confiance, sans elle, le
commerce électronique ne pourra bénéficier au plus grand nombre, générer de la valeur
ajoutée et créer des richesses».

Murielle CAHEN6 martèle : «Dès lors que l’on parle de contrat, il faut
instinctivement penser à la preuve car tout contrat doit être prouvé surtout si nous voulons
faire valoir nos droits sur une chose achetée ou vendue». L’Auteure ajoute : «La preuve sur
internet devient donc chose cruciale et importante. La logistique de la preuve pour des
contrats réalisés dans le monde réel est connue et le droit traite cette matière avec un sérieux
particulier».

Et MALISIA AWUMA7 traite dans sa recherche portant sur le commerce


électronique à l’épreuve de cybercriminalité en Droit Congolais que l’homme est lié à ses
semblables par des nombreux liens de Droit, à l’occurrence, le contrat. Dans ce sens, les
pratiques commerciales et les contrats utilisés par des entreprises offrent d’autres types de
services à exécution successives telles que les services d’accès à l’internet et les services
téléphonique générateurs de nombreuses plaintes. Celles-ci ont trait au caractère incomplet ou
trompeur de certaines présentations faites avant la conclusion du contrat aux modalités de
conclusion et le contenu de celui-ci, à l’exécution de garanties, aux conditions relevées à

4
Raymond OMOKOKO OMELONGA KASONGO, Informatique IV, cours inédit L1, F.D, UNIKIS, 2017,
p.34.
5
Eric A. CAPRIOLI, Démarches juridiques pour l’ouverture d’un site sur l’internet, Droit et Patrimoine, n°76,
1999, p.42s.
6
www.murielle-cahen.com/publications/p_preuve.asp, consulté le 3 Janvier 2018 à 9H30’.
7
MALISSIA A., le commerce électronique à l’épreuve de la cybercriminalité en Droit Congolais, TFC,
UNIKIS, 2015, p.3.

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l’annulation ou la résiliation du contrat, ou encore aux impacts de certaines pratiques de
commerce sur un clientèle plus vulnérable que présente les contractants électroniques.

L’auteur insiste que l’exercice d’une activité de commerce électronique peut causer
dommage à autrui notamment les circonstances de vente via internet d’objets contrefaits, il est
souvent difficile pour la victime d’agir contre l’auteur, celui-ci pouvant être impossible à
identifier ou à atteindre. Il conclut : Dans l’état actuel de la chose, il n’est pas seulement de
l’apanage du législateur de renforcer ou de modifier les dispositions législatives, mais aussi le
gouvernement est appelé à ratifier certains instruments juridiques de lutte contre la
cybercriminalité en matière de commerce électronique et de multiplier les accords avec les
Etats dans le domaine de la coopération contre cette pandémie technologique, qui, mettant en
évidence un réseau transnational de communication internet ne serait totalement neutralisé
que par une politique internationale effective.

Déjà dans l’ordre des problèmes des télécommunications, qui ont connu un boom
spectaculaire avec la libéralisation du secteur des télécoms dans la décennie 1990-2000 en
RDC, – figurent en bonne place ceux de l’encadrement juridique des télécoms et de sa
régulation. Le chantier du Droit congolais des télécommunications reste marqué par la
promulgation de la Loi-cadre sur les télécommunications8 et de la Loi créant l’Autorité de
régulation des télécommunications9.

L’une des dernières problématiques en date soulevée sur ce registre vient de la


Constitution du 18 février 2006 qui n’a pas inscrit les télécoms dans les matières relevant du
domaine de la loi. Ce qui laisse ce secteur important caractérisé par sa contribution à hauteur
de 30% au budget de l’Etat10 sous le régime des actes réglementaires émanant de l’Exécutif.
Certes, dans la liste des matières du domaine de la loi, tel que dressé par l’article 122 de la
Constitution, figure au point 8 « Le commerce, le régime de la propriété des droits et des
obligations civiles et commerciales » ; il n’y a donc pas de problème pour que le Législateur
légifère sur le commerce électronique.

8
Loi-cadre no 013/2002 du 16 octobre 2002 sur les télécommunications en République
Démocratique du Congo, J.O RDC, 44e année, Numéro spécial, Kinshasa, 25 janvier 2003, p.17-
46.
9
Loi-cadre no 014/2002 du 16 octobre 2002 portant création de l’autorité de régulation des postes
et des télécommunications en République Démocratique du Congo, J.O RDC, 44e année, Numéro
spécial, Kinshasa, 25 janvier 2003, p.47-59.
10
www.umoya.org, consulté le 21 Aout à 21H30’.

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Cela entraine deux conséquences : primo, la non intervention automatique du
législateur dans une matière sur laquelle il n’a pas encore fini de légiférer et secundo, les
risques d’instabilité juridique sur l’avenir du cadre des NTIC en RDC.

Le commerce électronique est existentiellement développé avec l’état des NTIC. Les
banques se sont dotées d’ordinateurs et ont informatisé leurs services ; ce qui a créé une
réforme de l’activité des banques dans le fait de l’offre des produits informatiques (guichets
automatiques de banque ou distributeurs automatiques des billets) et de télématiques
bancaires (système bancaire de télécompensation). Bien au-delà des banques, l’internaute
congolais crée des « blogs » participant aux achalandages sur Internet, au concours
promotionnels via SMS, aux réservations d’hôtels en ligne, aux achats de produits et services
par Internet, aux téléchargements de produits numériques, etc. Tous ces phénomènes à la
mode démontrent bien la réalité du commerce électronique en RDC, alors qu’aucun
encadrement législatif efficient n’existe en la matière.11

L’autonomie de la volonté conduit les personnes à s’obliger les unes vis-à-vis des
autres dans le cadre des conventions légalement formées tenant lieu de loi à ceux qui les ont
faites. Cette liberté contractuelle trouve dans le media informatique un cadre et instrument
propices de concrétisation. Cette liberté postule que les particuliers peuvent se lier dans
n’importe quel contrat qu’ils veulent et en définir les effets. De même, ils sont libres d’en
déterminer le contenu ainsi que les variétés qu’ils désirent.

Il est né grâce à Internet une « proximité » aussi bien virtuelle que permanente qui
constitue une véritable aubaine pour la conclusion des contrats entre citoyens du monde. Dans
le monde virtuel, les frontières n’existent plus. L’entreprise commerciale est devenue globale.
L’Internet qui est un espace de rencontre par excellence met aux prises plusieurs internautes
en quête de biens ou de services précis. « Le commerce sur le web est extrêmement conjonctif
: Internet permet de connecter plus de 400 millions d’utilisateurs de par le monde, ce qui fait
croître de manière phénoménale et sans précédent le marché potentiel de chaque entreprise de
la planète »12. Un artisan local peut aisément commercialiser ses marchandises n’importe où
sur le globe selon son bon vouloir… Rien ne limite le périmètre du cybermarché. Internet

11
NDUKUMA ADJAYI KODJO, cyberdroit télécoms, internet, contrats de e-commerce Une contribution au
Droit congolais, presses universitaires du Congo, Kinshasa, 2009, p.20.
12
Danielle ZILLIOX, kit d’initiation au e-commerce, Editions d’organisation, Paris, 2002, p. 4.

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permet une interaction instantanée, une rapidité, une adaptabilité, une égalité et une relativité
des moyens d’accès favorables à la conclusion des contrats.

Cette donne assure au commerce électronique son plein succès, mais rend par
ailleurs complexe la nature du droit applicable au commerce électronique et aux contrats y
afférents.

A juste titre, l’ensemble des techniques électroniques, informatiques et télématiques


permet d’effectuer des transactions commerciales dans des délais relativement courts et en
très grand nombre.

En effet, les problèmes juridiques très variés que soulève principalement le


commerce électronique sont : la signature et la preuve électroniques, la mise en place d’un
système sécurisé garanti ainsi que la réglementation de la certification (clefs de chiffrage), la
protection des données personnelles, la monétique (paiement électronique), la
cybercriminalité, la « pluri normativité » et le caractère transfrontière des normes applicables,
etc.
En fait, la question particulière de la législation du commerce électronique et celle
plus générale des télécommunications sont indispensablement marquées par la nature de
l’outil principal utilisé, à savoir l’Internet, qui par principe est transfrontière, échappe aux
souverainetés étatiques, a un caractère immatériel et évolutif créant la fugacité et la volatilité
des informations échangées sur ce support.

« La question de la législation du commerce électronique et, d’une manière générale,


des NTIC ne peut être correctement abordée qu’en tenant compte de la nature de l’outil
principal utilisé, en l’occurrence l’Internet, par principe transfrontière » martèle le professeur
Filiga Michel SAWADOGO. 13

13
Professeur Filiga Michel SAWADOGO, « Approche nationale et régionale de la mise en place d’une
réglementation du commerce électronique : le cas du Burkina et de l’Afrique de l’ouest », communication à la
3e Conférence régionale Africaine de haut niveau sur les stratégies de commerce électronique pour le
développement, organisée conjointement par le CNUCED et le Ministère du tourisme, du commerce et de
l’artisanat de la Tunisie, à Tunis du 19 au 21 juin 2003 sous le thème/ « Stratégie de commerce électronique
pour le développement/ Promouvoir un dialogue international », page 2.

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Ces études sont liées à la présente du fait que chacune d’entre elles traite
objectivement les questions relatives au contrat de vente et d’achat sur internet ainsi que la
problématique juridique liée à la preuve électronique.

L’étude que nous entreprenons est bornée sur un aspect aussi controversé qu’utile de
nos jours : l’internet ainsi que la régulation des activités contractuelles dématérialisées en
République Démocratique du Congo, plus spécifiquement la preuve du contrat de vente en
ligne. Ainsi, ce travail porte sur : « Le droit Congolais à l’épreuve de la preuve électronique :
cas de la vente en ligne ».

0.2.PROBLÉMATIQUE

Le commerce électronique, du moins la vente en ligne est une réalité et est appelée à
se développer. Pour doper les opérations commerciales sur le réseau, un cadre juridique sûr
est plus que nécessaire. La résolution des questions de preuves participe à cette sécurité
juridique.

Dans cette optique, deux adages du droit Romain14 permettent de saisir les grands
principes relatifs à la charge de la preuve en droit positif Congolais :

 Actori incumbit probatio : «la charge de la preuve incombe au demandeur».


 Reus in excipiendo : «celui qui allègue une exception doit la prouver».

Cette articulation se trouve au sein de l’article 197 du code civil congolais livre III,
qui dispose : «Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver.
Réciproquement celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit
l’extinction de l’obligation».

Dans un sens plus large, prouver c’est établir l’exactitude d’une proposition
quelconque. Au sens judiciaire, prouver c’est soumettre au juge sur un litige des éléments de
conviction propres à justifier la vérité d’un fait allégué par une partie et dénié par l’autre15.

Ainsi évoquée, la question de la charge de la preuve parait simpliste, semble relever


d’une logique implacable. Mais, couplée à la problématique de l’admissibilité des pièces et
insérée au cœur de la société de l’information, la dite question relève d’une toute autre

14
BABIKANGA M., Droit Civil III : les obligations, G3, cours inédit, F.D, UNIKIS, 2017, p.50.
15
BOMPAKA NKEYI, Introduction Générale à l’étude du Droit, G1, cours inédit, UNIKIS, 2010, p.89.

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nature : délicate, incertaine et obligeant le législateur et le juge à œuvrer de concert à
l’obtention d’un régime juste et tirant profit de la modernité technologique16.

Tirant le constat de ce bouleversement technique, le Gouvernement français


demande au conseil d’Etat, en 1997, une étude devant permettre l’identification de moyens
s’offrant aux pouvoirs publics à fin d’appréhender efficacement cette donne nouvelle et
assurer une transition la plus douce possible17. Le rapport de la plus haute juridiction18 se veut
rassurant en plaçant le droit dans une position privilégiée de la construction de ce nouvel
espace.

Comme souvent à l’heure de l’Union Européenne, l’impulsion de la commission


Bruxelloise s’avère décisive. A travers la directive communautaire «commerce électronique »
du 8 juin 2000 qui prescrit la dématérialisation des contrats électroniques19 et, surtout, grâce à
la directive sur « le cadre communautaire pour les signatures électroniques» du 13 décembre
199920, les Etats membres se trouvent enjoints d’adapter leurs législations dans un espace
temporel restreint. Contrairement à sa consœur, la directive de 1999 se concentre d’avantage
sur la notion de signature que de message ou communication électronique21.

Il sied de constater qu’à travers les quelques dispositions évoquées, la société


Européenne en générale et Française en particulier ont fortement sécurisé, sur le plan
juridique, les questions liées au secteur de commerce en ligne ainsi que celles de la signature
électronique et ce, depuis la fin du 20èmesiècle.

Vu l’aspect comparatif de cette étude, il est de grande nécessité, en qualité de juriste


Congolais que nous sommes, d’orienter naturellement notre préoccupation sur la question de
savoir où en est le droit positif congolais dans la régulation du secteur de commerce sur
l’internet et la valeur juridique que le droit Congolais accorde-t-elle à la preuve électronique
qui est, avons-nous constaté, complexe même pour les Etats ayant fait preuve d’avancées
spectaculaires sur le marché du commerce en ligne.

16
BORIS BARRAUD, La preuve de l’acte juridique électronique-Une nouvelle illustration de l’inconséquence
du droit devant la modernité technologique, Revue de la recherche juridique-Droit prospectif, 2012, P.2.
17
Conseil d’Etat, internet et les réseaux numériques, La Documentation française, Paris, 1998.
18
Ibidem.
19
Dir. n°2000/31 du 8 juin 2000 dite « commerce électronique ».
20
Dir. n°1999-93 du 13 déc.1999 « Sur le cadre communautaire pour les signatures électroniques » publiée le 19
janvier 2000 au JOCE.
21
Idem, arts. 2.1 et 2.2.

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On retrouve traditionnellement un régime de preuve libre et un régime de preuve
légale dans lesquels seuls sont admises les preuves limitativement définies par la loi22.

Nous évoluons en République Démocratique du Congo dans un régime de preuve


mixte où existent : un régime de preuve légale(droit pénal, droit administratif, droit
commercial) et un régime de preuve écrit qui impose en général la nécessité d’un écrit : acte
authentique, acte sous seing privé selon la nature des actes passés pour les sommes
supérieures à 2000 zaïres visée à l’article 217 du CCC L III23.

Avec la dématérialisation de l’écrit avec les NTIC par exemple, donc une certaine
dématérialisation de la preuve devenue électronique, la notion de preuve implique une
nouvelle définition, un nouveau mode d’élaboration et de nouveaux effets juridiques. C’est
notamment le cas de la signature électronique en tant que preuve24.

Avec l’avènement de chaque nouvelle technologie, naissent des problèmes nouveaux


que le droit doit nécessairement prendre en considération pour accorder la législation au
niveau d’évolution de la société. Fort malheureusement, on ne peut que le déplorer, l’arrivée
de l’Internet en RDC n’a pas été suivie d’un quelconque mouvement en droit pour tracer les
normes fixant le cadre du nouveau commerce électronique. Comment protéger les citoyens ?
La carte de crédit et le chèque électronique sont déjà en circulation sans que les règles y
relatives aient été circonscrites par l’Etat ! Va-t on, par analogie, appliquer les règles
classiques qui régissent le contrat de vente, alors que l’Internet, transcendant les règles
traditionnelles des frontières qui limitent la compétence d’un Etat, met en ligne et au même
moment des individus (internautes) situés dans plusieurs continents ? Comment le Ministère
public qui a la charge de rechercher tout auteur présumé d’une infraction en vue de l’attraire
en justice peut-il exercer son magistère en dehors de l’arsenal juridique qui justifie sa
compétence ? Car l’Internet, mis à part ses avantages en matière d’information, c’est aussi un
milieu criminogène !

Dans le contexte des NTIC, le développement de l’internet est à l’origine de


problèmes juridiques significatifs sans oublier la problématique de l’admission de la preuve et
signature électronique.25

22
Starmans BOFOE LOKANGU, Informatique III, cours inédit, G3 F.D., UNIKIS, 2016, p.32.
23
BOMPAKA NKEY, op.cit. p.25.
24
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit, p.25.
25
BORIS BARRAUD, op.cit, p.87.

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Le droit congolais qui régit la preuve, en donne la nature et les modes mais
concernant la preuve électronique, il ne semble dire quelque chose26.

Le droit congolais consacre deux procédés pour donner la nature d’une preuve.
Premièrement par la légalité de la preuve ; deuxièmement par la hiérarchisation des moyens
de preuve27 que nous nous réservons de ne pas aborder en détail.

La signature électronique n’a aucune définition dans la loi congolaise. De manière


générale la signature peut se définir simplement comme « est un gros graphisme, une marque
apposée par une personne pour marquer son identité, pour authentifier ce qui est signifié et
pour marquer son consentement». Elle devient électronique une fois apposée
électroniquement.28

En dépit de la consécration du principe d’assimilation de la signature électronique à


la signature traditionnelle sur papier par plusieurs législations de plusieurs Etats du monde, la
législation de la RDC ne prévoit jusqu’alors aucune résolution en la matière. Or il n’est pas
exclu d’assister au conflit entre les deux signatures, comme par exemple le cas de la
contradiction entre elles.29

La preuve électronique est étroitement liée au contrat de vente électronique ou


contrat de vente en ligne, dont il est question dans cette étude, étant exclusivement conclu
entre un commerçant (personne physique ou morale, entreprise) et un consommateur non
commerçant.30 Cette opération semble, au regard du droit Congolais, constituer un tandem
imprégné de vide juridique pouvant irréfutablement engendrer de différends juridiques entre
les parties au contrat. Et par-dessus tout créer diverses ambigüités lors de la vente et l’achat
en ligne de produits à l’intention du public non professionnel.
Pour ce faire, deux questions s’imposent à notre esprit :
1) Quels sont les défis qui s’imposent au droit positif Congolais avec l’émergence du
commerce électronique ?
2) Quelle est la l’alternative adéquate pour la fiabilité de la preuve électronique en droit de la
preuve Congolais ?

26
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit, p.25.
27
Idem, p.26.
28
BABIKANGA M., op.cit, p.
29
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit, p.33.
30
Ibidem.

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0.3.HYPOTHÈSES

Le mot hypothèse, d’après ESSISSO ASIA AMANI est l’idée directive, une
tentative d’explication des faits formulés au début de la recherche et destinée à maintenir ou à
rejeté d’après le résultat de l’observation.31

En guise des réponses provisoires aux interrogations ci haut, nous disons que :

1) Les défis qui s’imposent au droit Congolais en matière de commerce électronique


consisteraient en la production d’une loi spécifique sur le commerce électronique.
2) Etant donné que le droit Congolais qui régit la preuve ne semble dire quelque chose sur la
preuve électronique32, aussi l’inefficacité partielle du droit OHADA en la matière et au
delà d’envisager de poser les bases pour rattraper le retard dans l’accréditation des
prestataires de service de certification électronique, l’alternative adéquate pour le droit
congolais serait la consécration de la règle de la meilleure preuve et du principe de la
neutralité juridique.

0.4.CADRE METHODOLOGIQUE
 Méthodologie Juridique

Du grec ancien methos, le mot méthode signifie la poursuite ou la recherche.

Une recherche scientifique doit se caractériser par une certaine prise de position
scientifique par les tendances principales qui existent en la matière.
Plusieurs définitions sont données par les auteurs pour définir une méthode de
recherche.

D’après OTEMIKONGO MANDEFU, la méthode est l’ensemble d’opérations


intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre la vérité qu’elle poursuit, la
démontre et la vérifie.33 Il s’agit donc d’une démarche organisée rationnellement pour aboutir
à un résultat.

Il est évident que le point de départ de tout travail juridique est constitué de sources
formelles de droit. Nul ne peut en effet prétendre faire une œuvre juridique en ignorant le

31
ESSISSO A., méthode de recherche en sciences sociales, cours inédit G3 sociologie, FSSAP, UNIKIS, 2004,
p.16.
32
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit., p.32.
33
OTEMIKONGO M., Initiation à la recherche scientifique, cours inédit, G2, F.D., UNIKIS, 2015, p.15.

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postulat essentiel suggéré par le professeur Vittorio villa pour qui, tout opérateur juridique
doit avant tout connaitre les paradigmes du droit positif.34 Pour ce faire nous avons recouru à
la méthode de l’exégèse juridique qui permettra d’analyser toute la documentation nécessaire,
interpréter les différents textes de loi en la matière en se demandant quelle a été la volonté du
législateur, pour permettre la réalisation de notre étude et la confronter avec les hypothèses
que nous avons préalablement réservées, de confronter les faits observés sur le terrain aux
dispositions légales en vigueur en la matière, d’en connaitre les causes, les manifestations, les
conséquences et proposer des pistes de solution idoines aux problèmes de droit qui se posent.

 Approche et techniques
• Approche comparatiste

Elle est la clé de voute de notre sujet de travail et exprime un des aspects de son
originalité. Mais on peut se demander s’il est vraiment possible de faire du droit comparé dans
un domaine aussi spécialisé et mouvant que le droit du commerce électronique. L’alchimie
entre cette discipline étrange que constitue le droit comparé et cette matière spécialisée qu’est
la preuve de commerce électronique sont-elles miscibles35 ? L’un des défis majeurs auxquels
est confronté ce travail est lié à cet aspect comparatif, car il ne s’agit en réalité pas de
comparer deux ou plusieurs législations. Il s’agit là bien évidement de la technique de droit
comparé, la technique législative consistant en des études et recherches doctrinales,
historiques, comparatives, etc. ayant pour objet la critique du Droit existant et l’adoption de
réformes souhaitables.

Le droit comparé étant la science qui compare les systèmes juridiques des
36
Etats nous servira de répertorier les lacunes du droit OHADA faisant d’office partie
intégrante de l’arsenal juridique Congolais en matière de commerce électronique par rapport à
d’autres Etats notamment le droit français.

Ainsi, cette approche comparatiste nous est utile pour mieux cerner les limites de
notre droit national et l’améliorer.

• Technique documentaire

34
Vittorio VILLA, La science juridique entre descriptivisme et constructivisme, Paris, PUF, p. 284.
35
Otto PFERSMANN, Le droit comparé comme interprétation et comme théorie du droit, R.I.D.C., 2001, p. 275
36
www.wikipedia.org/wiki/Droit-comparé., consulté le 7 février 2018 à 18H02’.

Page 18 sur 18
Par technique, on entend un procédé opératoire rigoureux, bien défini, pratiqué et
adapté aux problèmes à résoudre.37

La récolte de données a été réalisée en faisant recours à la technique documentaire.

La technique documentaire repose sur la consultation d’ouvrages, les codes, les


monographies, les mémoires, les TFC, les sites internet spécialisés en commerce en ligne,
quelques cours et tout ce qui d’une façon ou d’une autre constitue un support en rapport avec
le travail.

• Observation directe

Elle est mobilisée en fonction de notre vécu quotidien en tant que citoyen congolais,
juriste en formation, vivant et observant les défis auxquels le droit positif congolais est
confronté sur l’ensemble du territoire national.

0.5.OBJECTIFS ET INTERET DU TRAVAIL

En abordant cette thématique, l’étude a pour objectif d’une part de déterminer les
défis qui s’imposent au droit positif congolais avec l’émergence du commerce électronique et
d’autre part, de cerner l’incidence de l’admission de la preuve électronique en droit OHADA
sur le droit de la preuve en droit congolais

En effet, notre travail comporte un double intérêt : pratique et théorique. S’agissant


de l’intérêt pratique, nous mettons à la disposition de notre population les connaissances sur le
lien étroit entre le commerce en ligne, la preuve électronique et le droit en mettant en exergue
les dispositions garantissant le contrat de vente en ligne.

Sur le plan théorique, notre étude est une modeste contribution à la littérature
scientifique sur la valeur juridique de contrat de vente en ligne.

0.6.DÉLIMITATION DU SUJET

Notre étude s’étend de la période allant du 13 juillet 2012 à ce jour. L’année 2012 est
celle qui est marquée par le dépôt des instruments d’adhésion de la RDC auprès du
gouvernement de l’Etat dépositaire du traité de Port-Louis au sens de la promulgation de la

37
OTEMIKONGO M., op.cit, p.16.

Page 19 sur 19
loi-cadre n°013/2002 du 16 octobre 2002 sur les télécommunications. Cette loi reste un
instrument juridique définissant de manière plus claire les principes, les règles et les
institutions qui régissent les activités, les réseaux et les services de télécommunications.38 Elle
se prolonge à ce jour du fait que depuis l’an 2016 le commerce électronique en RDC a atteint
les points temporels culminants avec notamment l’entrée de service de vente et d’achat en
ligne par Procredit Bank Congo le 12 octobre de la même année.39
Quant à l’espace, toute l’étendue de la RDC est préférée car celle-ci s’est classée
depuis belle lurette dans la course vers l’évolution dans le domaine des NTIC.40

0.7.PLAN SOMMAIRE

Hormis l’introduction et la conclusion, ce travail s’articulera autour de trois


chapitres : le premier porte sur les considérations générales, le second traitera la question du
droit congolais à l’épreuve du commerce électronique et enfin le troisième sur la preuve
électronique en droit congolais.

38
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit., p.4.
39
Actualite.cd/2016/10/20/ce-quil-faut-savoir-e-commerce-rdc-al-kitenge-explique, consulté le 11 février 2018.
40
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit., p.4.

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CHAPITRE PREMIER : DES CONSIDERATIONS GENERALES

Dans ce chapitre il sera question d’exposer les cadres théoriques relatifs à la preuve
en droit congolais (section 1), à la preuve électronique (section 2), à la vente (section 2) et la
vente en ligne (section 3).

SECTION 1 : DE LA PREUVE EN DROIT CONGOLAIS

1. Notion de la preuve en droit congolais

La preuve est ce qui démontre, établit la vérité de quelque chose.41 Au sens juridique,
elle est l’établissement de la réalité d’un fait, d’une assertion.42 Prouver c’est établir le
fondement d’une prétention c’est-à-dire démontrer l’existence des faits matériels ou
juridiques qui servent de base à cette prétention et leur conformité à la règle de droit ; la
preuve est donc un principe de nécessité absolue en droit.43

En droit civil comme en droit pénal Congolais, le principe est le même. Le principe
voudrait que celui qui allègue un acte ou un fait doit le prouver. En matière répressive, c’est le
ministère public qui doit rapporter la preuve tandis qu’en matière civile elle est l’affaire des
parties.44

De part ce qui précède, nous pouvons affirmer qu’elle est l’élément fondamental
permettant l’administration d’une bonne justice ; elle conditionne l’effectivité des droits
subjectifs lorsqu’ils sont contestés pour pouvoir bénéficier de ces droits.

2. Types de preuve en droit positif congolais

Parmi les procédés de preuve, certains sont prévus par le code civil livre III et d’autre
par le code de procédure civile. Mais il est important de retenir que tous ces moyens peuvent
être utilisés pour la preuve des faits juridiques. La preuve est libre en matière civile et en
matière commerciale pour les actes juridiques.45

41
Larousse, PUF, Paris, 2010.
42
NGOTO NGALINGI, Droit judiciaire congolais, cours inédit, G2 Droit, FD, UNIKIS, 2014, p.38.
43
IBIDEM.
44
NGOTO NGALINGI, Droit pénal congolais, cours inédit, G2 Droit, UNIKIS, 2015, p.150.
45
Ibidem.

Page 21 sur 21
2.1. Preuves prévues par le code civil

Le droit Congolais en matière civile distingue les preuves parfaites d’une part et les
preuves imparfaites d’autre part.

2.1.1. Preuves parfaites

Il existe trois procédés de preuves dites parfaites : l’écrit ou preuve littérale, l’aveu
judiciaire et le serment décisoire.

 Preuve littérale ou préconstituée46

La preuve littérale est celle qui résulte des écrits dressés en vue de servir de preuve.
Ce sont les actes ou titres. On l’appelle aussi préconstituée parce qu’elle est établie d’avance
en dehors de toute contestation et par pure précaution.

La preuve littérale peut se présenter sous deux formes : acte authentique ou acte
sous seing privé. L’acte authentique ou sous seing privé doit être passé pour toute convention
excédant la valeur ou la somme de deux mille francs Congolais, même pour dépôts
volontaires, et il n’est reçu aucune preuve par témoin contre et outre le contenu à ces actes,
encore qu’il s’agisse d’une somme ou valeur moindre de deux mille francs.

Néanmoins, les engagements commerciaux pourront être constatés par la preuve


testimoniale dans tous les cas où le tribunal croira l’admettre (article 217 CCCLIII).

 Du titre authentique :

Aux termes de l’article 199 du CCCLIII, l’acte authentique est celui qui a été reçu
d’un officier public ayant le droit d’instrumenter dans le lieu où l’acte a été rédigé, et avec les
solennités requises.

Ce sont les actes notariés, les actes civils comme les certificats d’enregistrement
dressés par le conservateur des titres immobiliers, les actes de mariage dressés par l’officier
de l’état civil.

46
BOMPAKA NKEY, IGD, G1 Droit, Cours inédit, UNIKIS, 2010, p.89.

Page 22 sur 22
L’acte authentique est censé refléter la vérité, du moins pour les mentions
correspondant aux constatations personnelles faites par l’officier public. C’est pour cette
raison que la procédure pour combattre un acte authentique, la procédure en inscription de
faux, est difficile à intenter.

Les trois conditions requises pour qu’un acte soit qualifié authentique sont : l’écrit
doit être dressé par un officier public, les formalités prévues par la loi doivent être respectées,
l’acte doit être dressé aves les solennités requises et enfin l’officier public doit être compétent.

La sanction de l’inobservation de l’une ou l’autre de ces conditions est énoncée par


l’article 200 du CCCL III qui dispose que l’acte n’est point authentique par l’incompétence
de l’officier, ou par un défaut de forme, vaut écriture privée, s’il a été signé par des parties.

Force probante :

L’acte authentique fait foi de la convention qu’il renferme entre les contractants et
leurs héritiers ou ayants cause jusqu’à preuve littérale contraire.

L’acte authentique ou sous seing privé fait foi entre les parties, même ce qui n’y est
exprimé qu’en terme énonciatifs, pourvu que l’énonciation ait un rapport direct à la
disposition.

Les énonciations étrangères à la disposition ne peuvent servir que d’un


commencement de preuve.47 On appelle ainsi commencement de preuve tout acte par écrit qui
est émané de celui contre lequel la demande est formée, ou de celui qu’il représente, et qui
rend vraisemblable le fait allégué48.

L’acte authentique irrégulier est l’acte qui n’est point authentique par l’incompétence
ou l’incapacité de l’officier, ou par défaut de forme et vaut comme écriture privée s’il a été
signé des parties.49

Les contre–lettres ne peuvent avoir leur effet qu’entre les parties contractantes : elles
n’ont point d’effet contre les tiers.50

 De l’acte sous seing privé51 :


47
Code civil congolais livre III, Article 201.
48
Idem, Article 223.
49
Idem, Article 200.
50
Idem, Article 203.

Page 23 sur 23
Les actes sous seing privé sont les actes écrits par les particuliers et portant leur
signature. Ils doivent respecter les conditions de forme. La loi exige qu’il y soit apposé la
signature des parties.

La seconde condition est supplétive pour certains actes et obligatoire pour les
contrats synallagmatiques où la loi exige que la production d’originaux soit proportionnelle
aux parties ayant d’intérêt distinct.

Certains actes sous seing privé constituent les moyens de preuve. Il s’agit
notamment des livres des commerçants, des registres et papiers domestiques et les écritures
mises par le créancier sur le titre.

Les livres des commerçants ou registres des marchands ne font point, contre les
personnes non marchandes, preuve des fournitures qui y sont portées, sauf ce qui sera dit à
l’égard du serment (article 211 CCCLIII). Le commerçant ne peut en principe invoquer ses
livres contre un non commerçant car on ne peut se créer unilatéralement de titre à soi-même.
Le commerçant peut se prévaloir des livres d’un commerçant mais ne peut diviser leurs
énonciations pour n’entretenir que ce qui est favorable à ses prétentions.

Les registres et papiers domestiques ne font point un titre pour celui qui les a écrits.
Ils font foi contre lui dans tous les cas où ils énoncent formellement un paiement reçu ou
lorsqu’ils contiennent la mention expresse que la note a été faite pour suppléer le défaut de
titre en faveur de celui au profit duquel ils énoncent une obligation (article 213 CCCLIII). Il
arrive que les particuliers tiennent des registres notamment les livres de compte. Il n’y a quant
à cela aucune obligation légale, aucune règlementation. En faveur de celui qui a tenu les
documents ceux-ci ne font jamais foi, même pour autoriser la délation du serment. Contre
celui qui les a tenus, ils peuvent faire foi dans les conditions indiquées par l’article 213
CCCLIII.

L’écriture mise par le créancier à la suite, en marge ou au dos d’un titre qui est
toujours resté en sa possession fait foi, quoique non signée ni datée par lui, lorsqu’elle tend à
établir la libération du débiteur.

51
BOMPAKA NKEY, op.cit., p.91.

Page 24 sur 24
 L’aveu judiciaire :

D’après AUBRY et RAU l’aveu judiciaire est la déclaration pour laquelle une
personne reconnait pour vrai et comme devant être tenu pour avéré à son égard, un fait de
nature à produire contre elle des conséquences juridiques.52

L’aveu est la reconnaissance par l’une des parties de l’exactitude d’une allégation
dirigée contre elle. Il est à première vue la meilleure des preuves et dans la plupart des cas, il
en est réellement ainsi. Il peut se faire qu’un aveu soit volontairement faux soit pour égarer la
justice soit par plaisanterie, soit par pression.53

L’aveu, d’autre part, pouvait être employé dans le but de faire naitre un droit ou d’y
renoncer indirectement ainsi il pourrait favoriser les fraudes.54

Il y a des matières où pour éviter des collusions et des renonciations à des droits
indisponibles, la loi prohibe l’aveu. Tel est le cas des procès en divorce. Par ailleurs la
doctrine et la jurisprudence jugent une certaine capacité pour faire des aveux. Ceux-ci
engagent en effet le fond du droit et entrainent souvent la perte du procès. Enfin l’aveu d’un
mandataire ne lie le mandant que si celui-ci avait donné à son représentant un pouvoir spécial
(article 232 CCCLIII).55

On distingue, du point de vue force probante de l’aveu, deux sorte d’aveu. Il s’agit
d’aveu extrajudiciaire et de l’aveu judiciaire.

L’aveu extrajudiciaire est celui fait en dehors de présence du juge ou ce qui revient
au même, dans une autre instance. L’aveu extrajudiciaire peut être écrit ou verbal.
L’admissibilité de ce mode de preuve est liée à celle de la preuve testimoniale (article 231
CCCLIII).

52
Séraphin L., L’incidence de l’amission de la preuve électronique en droit OHADA sur le droit de la preuve en
droit congolais, TFC, FD, UNIKIS, 2017, p.18.
53
BOMPAKA NKEY, Droit civil les obligations, cours inédit, G3 Droit, UNIKIS, 2010, p.127.
54
Ibidem.
55
Ibidem.

Page 25 sur 25
L’aveu judiciaire est fait en justice dans l’instance et en présence du juge. C’est
l’aveu proprement dit dans le sens du terme. La procédure employée pour s’efforcer d’obtenir
des aveux est la comparution personnelle.56

La force probante de l’aveu est complète. L’article 232 alinéa 2 du CCCLIII dit qu’il
fait foi. Le juge doit donc s’incliner devant lui et tenir pour vrai ce qu’il contient. Cette
efficacité souffre pourtant de deux restrictions.

Les restrictions se situent à l’indivisibilité de l’aveu et son irrévocabilité.

Diviser un aveu, consiste à prendre ce qui est favorable et rejeter ce qui est
défavorable. Ce procédé est proscrit. Le plaideur qui a fait un aveu se borne rarement à
reconnaitre les faits allégués contre lui sans modifications ni additions.57

L’aveu est en principe irrévocable une fois qu’il a été prononcé. Il n’est pas
nécessaire pour cela que la partie bénéficiaire de cet aveu intervienne pour le recevoir
expressément. Cependant, afin d’éviter toute erreur de mémoire et toute dénégation pour
l’avenir, cette partie agira prudemment en demandant acte de l’aveu de la partie adverse.58

 Le serment :

Le serment est l’acte à la fois civil et religieux par lequel une personne prend Dieu à
témoin de la vérité d’un fait ou de la sincérité d’une promesse et l’invoque comme vengeur du
parjure. C’est l’élément religieux qui à l’origine est la caractéristique essentielle du serment.
L’on distingue le serment décisoire du serment déféré d’office.59

 Serment décisoire :

Le serment étant aussi une déclaration par laquelle un plaideur affirme d’une manière
solennelle et devant le juge, la réalité d’un fait qui lui est favorable, devient décisoire
lorsqu’elle est une convention, sorte de transaction, sous le contrôle du juge, par laquelle
l’une des parties s’en remet à la conscience de son adversaire pour faire dépendre du serment

56
Ibidem.
57
BOMPAKA NKEY, IGD, G1 droit, cours inédit, UNIKIS, 2010, p.89.
58
Ibidem.
59
Ibidem.

Page 26 sur 26
la solution du litige.60 Le juge dans ce cas cesse d’avoir un rôle actif. Il n’est plus qu’un
simple spectateur qui enregistre le résultat de procédure et est lié par le résultat.61

Celui à qui le serment est déféré peut soit prêter le serment auquel cas il gagne son
procès soit refuser de le prêter auquel cas il perd.62

 Serment déféré d’office

Le serment déféré d’office diffère essentiellement du serment décisoire en ce qu’elle


est une simple mesure d’instruction, à laquelle le juge peut recourir en certains cas, mais qui
ne le lie pas et dont il apprécie librement la valeur.63 Il est supplétoire ou estimatoire.64

Le serment supplétoire est celui que le juge peut déférer d’office quand il n’est pas
convaincu par les preuves produites devant lui et qu’il veut en corroborer les conclusions ou
en compenser l’insuffisance. Les deux conditions, nécessaires pour que le serment
supplétoire puisse être déféré par le juge, sont d’une part que la demande ne soit pas
pleinement justifiée et d’autre part, qu’elle ne soit pas complètement dénuée de preuve.65

Le serment estimatoire ou in litem est une variété du serment supplétoire, assez rare
dans la pratique. Il est employé quand il s’agit d’évaluer une chose, objet d’un litige.66

2.1.2. Preuves imparfaites

Les preuves imparfaites sont de deux sortes : la preuve par témoin ou preuve
testimoniale et la preuve par présomption.

 Preuve testimoniale

On appelle preuve testimoniale celle qui se réalise par les déclarations des personnes
qui relatent les faits dont elles ont eu personnellement connaissance (ex propriis sensibus).67

La preuve testimoniale a une importance énorme en droit pénal. Il en a été longtemps


de même en droit civil, d’où l’adage très ancien « Témoins passent lettres ». La moindre

60
MERLE ET VITU, Traité de droit criminel, Cujas, Paris, 1967, 1980, p.749.
61
Code Civil Congolais Livre III, Article 233, alinéa 1er.
62
BOMPAKA NKEY, Droit civil les obligations, cours inédit, G3 droit, UNIKIS, 2010, p.128.
63
Idem, p.129.
64
Code civil congolais livre III, Article 242.
65
Idem, Article 243.
66
BOMPAKA NKEY, Droit civil les obligations, cours inédit, G3 droit, UNIKIS, 2010, p.129.
67
Idem, p.124.

Page 27 sur 27
considération actuelle accordée à la preuve testimoniale est liée à une double évolution :
l’instruction de l’écriture et la disparition progressive du formalisme dans la création des actes
juridiques.68

Le témoignage est en principe oral. Les déclarations de témoins sont reçues tantôt à
l’audience, tantôt hors de l’audience par un juge commis.69

Néanmoins, le témoignage peut être écrit, récit d’un évènement dans une lettre
missive, certificats divers donnés par un homme de l’art, constats d’huissiers adressés à la
requête de particuliers.70

La preuve testimoniale est interdite contre et outre un contenu d’un écrit. Prouver
contre un écrit, c’est établir que l’acte, soit dans son entier soit dans une des clauses est
inexact. C’est simuler. Prouver outre un écrit c’est établir que cet acte est incomplet et que les
conventions des parties contiennent quelque chose de plus.71

 Preuve par présomption

Les présomptions sont les conséquences que la loi ou le magistrat tire d’un fait connu
à un fait inconnu. Il y a deux sortes de présomptions : les présomptions humaines ou du
magistrat et les présomptions légales.72

Les présomptions humaines résultent des indices soumis au juge par les parties. Les
indices peuvent varier à l’infini. Aussi la loi se borne-t-elle, à dire, que les présomptions sont
abandonnées aux lumières ou à la sagesse du magistrat qui ne doit les admettre que si elles
sont graves, précises et concordantes. La loi recommande en réalité au magistrat de n’accepter
des présomptions que si elles assurent vraiment la conviction mais elle le laisse libre
d’apprécier. Une règle fondamentale domine les matières de présomptions humaines, elles
sont quant à leur recevabilité soumises à toutes les règles qui gouvernent la preuve
testimoniale.73

On parle de présomptions légales lorsque c’est la loi qui tire la conséquence d’un fait
connu à un fait inconnu. La présomption ne constitue pas vraiment une dispense de preuve
68
Ibidem.
69
Code de procédure civile, Article 29.
70
BOMPAKA NKEY, Droit civil les obligations, cours inédit, G3 droit, UNIKIS, 2010, p.126.
71
Ibidem.
72
Code civil congolais livre III, Article 225.
73
Séraphin L., op.cit., p.39.

Page 28 sur 28
mais un déplacement du fait à prouver. La loi dispense d’établir un fait difficile et reporte la
preuve sur un fait facile.74

La présomption légale ne diffère dons pas essentiellement da la présomption


humaine quant au raisonnement qui en est la base. Mais elle s’en diffère dans ses effets
légaux.75

La présomption légale n’existe pas sans être prévue par le texte, fait foi et s’impose
au magistrat tandis que la présomption humaine est du domaine d’appréciation du magistrat.76

La loi distingue deux espèces de présomptions légales. Il s’agit des présomptions


irréfragables ou absolues et les présomptions simples ou relatives. Les présomptions
irréfragables ne souffrent d’aucune preuve contraire (juris et de jure) alors que les
présomptions simples (juris tantum) peuvent être renversées.77

2.2. Preuves consacrées par le code de procédure civile78 :

Le code de la procédure civile consacre trois modes de preuves : l’expertise, la visite


des lieux, et enfin la comparution personnelle des parties et leur interrogatoire.

2.2.1. Expertise

L’expertise est un mode de preuve prévu par les articles 39 à 49 du décret du 7 mars
1960. Les experts sont les personnes désignées par le juge dans une affaire déterminée ou à
raison de leur connaissance spéciale et pour donner leur avis. Ainsi, peuvent intervenir en
qualité d’experts les médecins, architectes, expert-comptable, traducteurs, linguistique, etc.

L’expertise est un écrit dans lequel les experts consignent le résultat de leurs
investigations et donnent leur avis ; on parle également de rapport d’expertise. L’expertise
peut être demandée par l’une des parties, par les deux parties ou décidée même d’office par le
tribunal.

2.2.2. Visite des lieux

74
BOMPAKA NKEY, Droit civil les obligations, cours inédit, G3 droit, UNIKIS, 2010, p.127.
75
Ibidem.
76
Ibidem.
77
Ibidem.
78
Ibidem.

Page 29 sur 29
Certains litiges, pour être facilement tranchés, nécessite la visite du juge sur les lieux
afin de constater de visu leur situation. Lorsque cette visite est décidée, ce n’est pas
nécessairement le tribunal tout entier qui se dérange. Il peut commettre un juge pour
l’accomplissement de cette mission.79

En principe, le tribunal décide d’office de se rendre sur les lieux mais rien
n’empêche que l’une des parties voire deux, demandent par voie de conclusion verbale ou
écrite, que cette visite ait lieu. La visite des lieux est ordonnée par un jugement avant dire
droit. En toute hypothèse, le jugement indique le jour et l’heure de la visite.80

2.2.3. Comparution personnelle des parties

La comparution personnelle constitue une exception au principe selon lequel la


représentation est la règle en matière de procédure civile.81L’article 49 du décret du 7 mars
1990 prévoit que « le juge peut, en toute état de cause et en toute matière, ordonner même
d’office, la comparution personnelle des parties devant lui » ; dans ce cas, les parties ne
peuvent être représentées par un avocat et doivent être entendues en personne. Rien
n’empêche cependant le conseil de la partie d’être présenté.82

SECTION 2. DE LA PREUVE ELECTRONIQUE

Le développement de l’internet est à l’origine de l’essor du commerce international.


Toutefois cet essor ne manque de susciter de nos jours beaucoup de problèmes au niveau
juridique. C’est le cas notamment de la preuve d’un trafic ou d’un contrat électronique.

Comme développé dans les lignes précédentes, nous avons remarqué que le droit
Congolais qui régit la preuve, en donne la nature et les modes, mais concernant la preuve
électronique, il ne semble dire quelque chose. Le droit Congolais consacre deux procédés
pour donner la nature d’une preuve. Premièrement par la légalité de la preuve et
deuxièmement par la hiérarchisation de moyens de preuve.

En rapport avec la légalité de la preuve, le législateur Congolais distingue cinq types


de preuve, que nous avons regroupés en preuves parfaites et imparfaites. Mais de ces cinq, le

79
NGOTO NGALIGI, Droit judiciaire congolais, cours inédit, G2 Droit, UNIKIS, 2015, p.39.
80
Décret du 7 mars 1960, Article 46.
81
NGOTO NGALINGI, droit judiciaire congolais, cours inédit, G2 Droit, UNIKIS, 2015, p.39.
82
IDEM, p.40.

Page 30 sur 30
droit civil congolais consacre une force probante à la seule preuve littérale, autrement dit
l’écrit qui a été confondu pendant longtemps avec son support traditionnel qu’est le papier.83

Or, avec la dématérialisation de l’écrit avec le NTIC par exemple, donc une certaine
dématérialisation de la preuve devenue électronique, la notion de preuve implique une
nouvelle définition, un nouveau mode d’élaboration et des nouveaux effets juridiques. C’est
notamment le cas de la signature électronique en tant que preuve.84

1. La signature électronique

La signature électronique n’a aucune définition juridique dans le code civile


congolais. Elle définit simplement à son article 187 le concept signature, qui est un gros
graphisme, une marque apposée par une personne pour marquer son identité, pour authentifier
ce qui est signifiée et pour marquer son consentement. Elle devient électronique une fois
apposée électroniquement.85

1.1. Création de la signature électronique86


En France, en date du 26 avril 2013, un décret renforce les caractéristiques de la
signature électronique, qui doit désormais être fondée sur un certificat électronique qualifié et
être créée par un dispositif sécurisé de création de signature électronique. C’est la première
fois que la notion de signature électronique était définie par le Droit, car en face de nécessité
d’adapter le droit de la preuve à l’ère du numérique, le législateur français se trouvait obligé
de donner une définition de la signature qui, une fois apposée sur un acte, devient une marque
référentielle de l’adhésion du signataire avec le contenu de l’acte.
La validité de la signature électronique n’est assurée que si l’auteur peut être
identifiable. Il n’est pas question de fournir des informations de type état civil, un
pseudonyme est toujours reconnu, même si parfois, son usage doit être limité. Pour certains
actes graves, le signataire doit être formellement identifié, c’est pourquoi, il est important que
le prestataire délivrant le certificat possède toutes les informations à défaut que la signature
perde sa force probante.
Pour connaitre ce qu’est l’acceptation électronique et sa mise en œuvre, il faut se
questionner sur le mécanisme même de la signature électronique.

83
Décret du 7 mars 1960, Article 49.
84
NGOTO NGALINGI, droit judiciaire congolais, cours inédit, G2 droit, UNIKIS, 2015, p. 40.
85
Ursil LELO DI-MAKUNGU, Informatique V, Cours inédit, L2 droit, UNIKIS, 2018, p.59.
86
Idem, p.60.

Page 31 sur 31
1.2. Mécanisme de la signature électronique87

La signature électronique dépend de deux familles d’algorithmes, utilisées de


manière complémentaire que nous nous limitons juste d’énumérer sans faire objets de
développement vu la technicité de la notion étant réservée aux spécialistes dans le domaine
informatique. Il s’agit :

 Des algorithmes de chiffrement dit asymétriques ou clef publique ;


 Des fonctions de hachages.

De nombreux normes et standards gouvernent les certificats et la signature


électronique. Il existe plusieurs mécanismes de la signature électronique notamment :

L’international Standardisation Organisation (ISO) sur l’interconnexion de


système ouvert (OSI, Open Systems Interconnection) ;
Abstract Syntax Notation One (ASN.1) pour traiter les données requises ;
Basic EncodingRules (BER) définis pour encoder de façon standard ces
structures de données sur n’importe quelle plate-forme.

2. La mise en œuvre de la signature électronique en droit français (modèle d’innovation)

La signature est le moyen par lequel est reconnue l’identification d’une personne
dans un acte et par lequel elle exprime son approbation finale sur le contenu de ce
document.88 Tout engagement légal est considéré valide et ayant force probante s’il porte
cette signature manuscrite. Sauf cas particuliers, jusqu’à récemment, un document ne
comportant pas la signature manuscrite de celui auquel on l’oppose était réputé sans valeur
juridique.89

Le texte de la loi de 2000 « portant adaptation du droit de la preuve aux


technologies de l’information et relatif à la signature électronique », est valable à la fois pour
les transmissions des e-mails et pour le courrier télécopié (fax).90 Les conditions de forme des
contrats conclus par voie électronique, sont consultables sur le site de Légifrance le texte de

87
Ibidem.
88
MICKAEL BOUTROS, Le droit du commerce électronique : une approche de la protection du cyber
consommateur, thèse, F.D, UNIVERSITE DE GRENOBLE, 2014, p.119.
89
Idem, p.120.
90
http://www.dictionnaire-judiciaire.com/définition/signature.php, consulté le 15 mai 2018 à 13H05’.

Page 32 sur 32
l’ordonnance n° 2005-674 du 16 JUIN 2005 relative à l’accomplissement de certaines
formalités contractuelles par voie électronique.

La signature est définie comme une suite de lettres, de caractères, de chiffres ou tout
autre signe ou symbole représentant son émetteur et ayant une signification intelligible, quels
que soient leur support et leurs modalités de transmission. L’écrit sur support électronique a la
même force probante que l’écrit sur support papier. La signature électronique est admise
comme preuve au même titre que la signature écrite sur support papier sous réserve que la
personne dont émane soit dument identifiée et qu’elle soit établie et conservée dans les
conditions de nature à en garantir l’intégrité.91

Lorsqu’elle est électronique, la signature consiste en l’usage d’un procédé fiable


d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache.92

Ainsi, l’acte peut être dressé sur support électronique s’il est établi et conservé dans
des conditions fixées par le décret en conseil d’état.93

La signature électronique n’est pas jugée suffisante pour authentifier l’origine d’un
acte destiné à mettre en œuvre une simple demande pour acheter un produit en ligne. Il n’est
pas pratique de demander à tous les consommateurs en ligne de certifier leur signature
électronique.94

Pour justifier sa décision une cours d’appel qui, après avoir délibéré qu’il existait une
incertitude sur l’identification de la personne ayant fait usage d’une signature électronique, en
avait traduit que dans le régime antérieur à la loi du 13 mars 2000, la validité du recours à
cette signature ne pouvait être admise.95

En approuvant l’article 1326 du code civil, dans sa rédaction issue de la loi n°200-
230 du 13 mars 2000, la Cours de Cassation a jugé que, si la mention de la somme, ou de la
quantité en toutes lettres et en chiffres, écrites par la partie même qui s’engage, n’est pas
nécessairement manuscrite, elle doit alors découler, selon la nature du support, d’un des

91
BENSOUSSAN A., Le droit des affaires du XXIe siècle-signature électronique, Colloque Deauville, 2000.
ReV.jur.com, 2001, p.43.
92
Eric A. CAPRIOLI, La directive européenne n°1999/93/CE du décembre 1999 sur un cadre communautaire
pour les signatures électroniques, Gazette du Palais, 2000, P.5.
93
MICHAEL BOUTROS, op.cit., p. 137.
94
Ibidem.
95
C.A. Versailles, 12ème ch., 2ème sec.-25 septembre 2003, BICC n°594 du 15 mars 2004 et 2ème civ.-28 février
2006, BICC n°641 du 1er juin 2006.

Page 33 sur 33
procédés d’identification correspondant aux règles qui gouvernent la signature électronique
ou de tout autre procédé permettant de s’assurer que le signataire est l’auteur de ladite
mention.96

Le cadre juridique définissant le statut de la signature électronique en France, et plus


généralement en Europe, est le résultat de la transposition de la directive Européenne
1999/93/CE. Il y a deux types de signatures :97

• La signature électronique simple : en cas de contestation, c’est donc à celui


qui veut se prévaloir des effets juridiques de cette signature d’apporter la
preuve de la fiabilité du système mis en œuvre.
• La signature électronique présumée fiable : qui ne peut être contestée qu’en
apportant la preuve de sa non fiabilité.

Pour être présumé fiable, le procédé de signature électronique doit remplir trois
conditions :

1) La signature électronique doit être sécurisée ;


2) La signature électronique doit être établie grâce à un dispositif sécurisé de création de
signature ;
3) La vérification de la signature électronique repose sur l’utilisation d’un certificat
électronique qualifié, émis par un prestataire de service de certification électronique.

3. Sources du droit de la preuve en droit positif congolais

En droit positif Congolais, les sources de la preuve sont précisément désignées par le
Constituant dans l’article 153, avant dernier alinéa de la constitution de la République
Démocratique du Congo.

Le juge doit appliquer les principes et les règles de preuve telles qu’énoncés par les
sources susvisées, sans préjudice, toutefois, de ceux portés par la Constitution. Le constituant,

96
MICHAEL BOUTROS, op.cit., p.138.
97
ESNAULT, la signature électronique, mémoire, Université de Paris II, 2003, p.102.

Page 34 sur 34
a, en effet, créé des principes et des règles qu’il exprime de manière générale, qui demeurent
ainsi des dispositions Constitutionnelles supérieures à toutes autres, applicable par le juge.98

En droit positif Congolais, la Constitution, en tant que source première et supérieure,


a donné aux traités et accords internationaux régulièrement conclus et publiés au Journal
Officiel une autorité supérieure à la loi.99

Ainsi, outre la constitution, les conventions internationales régulièrement conclues,


la loi et la Coutume, constituent les sources essentielles du droit de la preuve devant être
appliquées par les cours et tribunaux civils et militaires.100

A titre d’information, nous citons les traités suivants :

 Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ;


 The international Journal of Evidence and Proof (E&P);
 Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) etc.

4. Principes directeurs de la preuve en droit congolais

Il est évident de distinguer les principes qui régissent la matière pénale et ceux qui
régissent la matière civile.

4.1. En matière pénale101

Les principes guidant l’administration de la preuve en droit pénal sont :

 Le principe de la liberté de la preuve ;


 Le principe de la charge de la preuve ;
 Le principe de l’intime conviction du juge ;
 Le principe du contradictoire.

4.2. En matière civile

98
Théodore NGOY ILUNGA WA NSENGA, Contribution à la Systématisation du droit congolais de la preuve
pénale, Thèse, F.D, UNIKIN, 2012, p.201.
99
Constitution de la RDC, Art. 235.
100
Théodore NGOYI ILUNGA WA NSENGA, op.cit., p.202.
101
NGOTO NGALINGI, Droit pénal congolais, cours inédit, G2 droit, UNIKIS, 2015, p.151.

Page 35 sur 35
La preuve en matière civile est organisée par deux principes directeurs à savoir le
principe de la légalité de la preuve ainsi que le principe de la hiérarchisation de la preuve. La
légalité de la preuve se justifie dans le fait que l’organisation de la preuve en cas de
contestation civile est de l’apanage du législateur. Elle est hiérarchisée car le législateur
détermine l’ordre de la preuve en matière civile.102

SECTION 3. DE LA VENTE

1. Notion

La vente est une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose, et l’autre à
la payer. Elle peut être parfaite par un acte authentique ou sous seing privée. Déjà par ici,
laisse une grande appréciation aux contractants de choisir la forme de leur contrat de vente.103

Cette définition du code civil congolais n’est pas complète, c’est ainsi que nous
recourons à la doctrine en nous référant aux auteurs suivants :

Rémy CABRILLAC définit la vente comme « un contrat organisant le transfert de


propriété d’un bien du patrimoine du vendeur à celui de l’acheteur, obligeant le premier à
délivrer le bien vendu et le second à payer le prix convenu ».104 Cette définition est proche de
celle de la convention de vienne du 11 avril 1980 sur la vente internationale de marchandises
que des articles 1582 et suivants du code civil français ont inspiré le législateur OHADA.

Serge GUINCHARD définit la vente comme « le contrat par lequel une personne, le
vendeur, transfère ou s’engage à transférer un bien à une personne, l’acheteur, qui a
l’obligation d’en verser le prix en argent ». Il ajoute que lorsque le droit transféré est un droit
personnel, on parle généralement de « cession ».105

Gérard CORNU définit la vente comme le « contrat par lequel l’une des partie, le
vendeur, transmet la propriété d’une chose et s’engage à livrer celle-ci à une autre,
l’acheteur ou acquéreur, qui s’oblige à lui en payer le prix ». Il peut s’agir de la vente
cession, transmission, mutation, adjudication, à titre onéreux.106

102
BOMPAKA NKEY, IGD, cours inédit, G1 droit, UNIKIS 2010, p.86.
103
Code civil livre III, Article 263.
104
Remy CABLILLAC, dictionnaire du vocabulaire juridique, Paris, éd. Litec, 2008, p.404.
105
Serge GUINCHARD, lexique des termes juridiques, 19ème édition, Paris, Dalloz, 2012, p.881.
106
Gérard CORNU, vocabulaire juridique, 2ème édition, Paris, PUF, 2011, p.1055-1057.

Page 36 sur 36
De ces différentes définitions de la vente par chacun des auteurs précités, nous
pensons à notre avis que « la vente est un contrat passé entre deux parties, le vendeur et
l’acheteur, qui s’obligent, pour le transfert de la propriété d’un bien mobilier ou immobilier
du vendeur, le versement d’une somme d’argent par l’acheteur ».

La vente peut se faire de plusieurs manières par exemple la vente à crédit, la vente à
découvert, la vente à distance par téléachat ou par vidéoachat ou vidéovente, la vente à
domicile, la vente à dégustation ou ad gustum, la vente à l’agrément, la vente à l’essai, la
vente à la sauvette, la vente à l’embarquement, la vente à l’encan, la vente à livrer, la vente à
réclamer, la vente à ramener, la vente à tempérament, la vente à terme, la vente au comptant,
la vente au déballage, la vente aux disponibles ou en disponible, la vente au poids et /ou à la
mesure, la vente aux enchères, la vente aux enchères en ligne, la vente avec prime, la vente
des biens de faillite, la vente de porte à porte ou à domicile, la vente d’immeuble à construire,
la vente de l’immeuble prêt à finir, la vente de l‘état futur d’achèvement, etc.107

2. Formation du contrat de vente

Selon l’article 1er du décret du 30 juillet 1888, le contrat est une convention par
laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent, envers une ou plusieurs autres à donner, à faire
ou à ne pas faire quelque chose.

Le contrat ou convention est un accord de deux ou plusieurs volontés dans le but de


produire des effets juridiques, c’est-à-dire, créer, modifier ou étendre des obligations.

Il résulte de cette définition :108

1) Que le contrat est une convention, c’est-à-dire, un acte juridique formé par l’accord
de volonté de deux ou plusieurs volontés individuelles ;
2) Que toute convention, tout accord en vue de produire un effet juridique n’est pas un
contrat, au sens strict du mot.

Dans la formation du contrat de vente commerciale, il y a deux étapes importantes


qu’il faut observer, à savoir : la négociation précontractuelle d’une part et d’autre part la
formation du lien contractuel proprement dite.109

107
Toussaint KWAMBAMBA, la vente commerciale en Droit OHADA, p.13.
108
Ibidem.

Page 37 sur 37
2.1. La négociation précontractuelle :110

Deux principes obligatoires guident cette phase, le principe de la liberté contractuelle


et le principe de la loyauté contractuelle.

Dans la phase de négociation il faut tenir compte de ces éléments :

 Letter of intent (LOI) : lettre d’intention ;


 Memorandum of understanding (MOU) ;
 Accords de confidentialité car il faut les assortir des clauses pénales du fait que c’est
juste quelques personnes qui peuvent voir ou apposer leur signature sur cet accord de
confidentialité et d’exclusivité ; la durée, les informations à dévoiler sont des
éléments à mentionner ou à tenir compte car toutes informations ne sont pas à
dévoiler.

2.2. La formation des liens contractuels

Pour que l’offre soit valide, elle doit être déterminée, suffisamment précise et ferme
(art. 241. Al. 3 de l’AUDCG).

La révocation n’est pas possible si l’auteur de l’offre a fixé un délai déterminé pour
son acceptation ou si son destinateur était raisonnablement fondé à croire que l’offre était
irrévocable. Si l’offre n’est pas assortie de délai, le principe demeure celui de la libre
révocabilité mais si l’acceptation est intervenue avant l’expiration de délai, l’auteur de l’offre
ne peut se désengager.111

Il ressort clairement des articles 244 et 238 al. 2 de l’AUDCG que l’instant de
l’expression de l’acquiescement parvenu à l’auteur de l’offre est synonyme de l’acceptation
d’une offre et sa prise d’effet sous réserve qu’une clause du contrat ne soit assortie d’une
ambiguïté. Dans la deuxième hypothèse la volonté des parties est interprétée selon qu’elle
devrait être interprétée par une personne raisonnable de même que l’autre aurait déduit du

109
Me Francesca BOLONGA, la rédaction des contrats internationaux : clauses et terminologie juridiques,
cours inédit, 54ème séminaire de droit Européen au centre d’Etudes Juridiques Européennes de l’Université
d’UNIBINO, 2012, p.19.
110
Idem.
111
Acte de commerce de droit de commerce général, Article 278 et AU/contrat de transport de Marchandises par
Route (AUC TMR), Articles 16 à 23.

Page 38 sur 38
comportement de l’autre si elle était dans une situation analogue ; on se réfère tout de même
aux usages et au sens de négociation.

Pour remédier à la violation des clauses du contrat, on peut insérer d’abord les
clauses pénales classiques et mettre autres dispositions.112

3. Le transfert de propriété et des risques

Le transfert de propriété a lieu au moment du retirement de la chose livrée ou la prise


de livraison effectuée par l’acheteur. Le retirement est un contrat spécifique ou une
interpellation qui consiste en une obligation incombant à l’acheteur de retirer la chose vendue,
c’est-à-dire d’en prendre livraison.113

En cas de transport à charge de l’acheteur, le transfert de propriété se fait à partir de


la remise de la marchandise par le vendeur au premier transporteur. Si les parties se
conviennent que le transport est à charge du vendeur, le transfert de propriété s’opère au
moment de la prise de livraison ; il est de même si les parties ont conclu une clause de réserve
de propriété, dans ce cas de figure, le vendeur ayant libéré la marchandise en demeure le
propriétaire tant qu’il ne sera pas totalement désintéressé.114

Le transfert de risque s’opère au même moment que le transfert de propriété, c’est-à-


dire à la prise de livraison. Mais en cas des marchandises vendues en cours de transport, le
vendeur savait ou devait savoir que la détérioration surviendrait, il supportera la charge des
risques.115

Un bien faisant l’objet d’une vente commerciale, la loi reconnait au commerçant


vendeur la clause de réserve de propriété. Cette possibilité n’est pas envisagée lorsqu’il s’agit
d’une vente civile où le vendeur n’a pas qualité de commerçant.116

4. les effets juridiques de la vente commerciale :117

112
Toussaint KWAMBAMA, op.cit., p. 15.
113
Ibidem.
114
Jean François GIBBE, Le commerce électronique, disponible sur www.google.com, consulté le 16 mai 2018 à
19H03’.
115
BARBET P., commerce électronique et régulation des échanges internationaux, éd. Annales des
télécommunications 58, Paris 13, 2003, p.3.
116
KEWANG à NWAL, Droit commercial I, cours inédit, G3, F.D, UNIKIS, 2016, p.38.
117
VANDERMEULEBROEKE, Le droit pénal et procédure pénale confrontés à internet, disponible sur
www.goole.com, consulté le 16 mai 2018 à 20H01’.

Page 39 sur 39
Le législateur OHADA a fait la fusion des obligations de livraison conforme. Le
vendeur livre la marchandise en qualité de garantie de vices cachés, en quantité, aux
spécifications et conditions conformes aux stipulations du contrat.

La conformité de la chose s’apprécie au jour de livraison et l’acheteur a un mois pour


dénoncer au vendeur les défauts apparents des marchandises. Mais en cas de défaut de
conformité caché, l’action de l’acheteur est fondée sur une durée d’un an à compter du jour où
le défaut était constaté ou aurait dû l’être.

L’auteur de l’inexécution partielle ou totale de ses obligations s’expose aux sanctions


générales et/ ou spécifiques telles que le remplacement de la marchandise défectueuse à la
marchandise conforme, la réparation du défaut constaté, l’octroi d’un délai supplémentaire,
réfaction du contrat.

Les articles 294 et 295 de l’AUDCG précisent qu’une partie n’est pas responsable de
l’inexécution de l’une quelconque de ses obligations si elle prouve que cette inexécution est
due à un empêchement indépendamment de sa volonté, tel que notamment le fait d’un tiers,
un cas de force majeure ou un cas fortuit. Lorsque l’inexécution par l’une des parties résulte
du fait d’un tiers chargé par elle d’exécuter tout ou partie du contrat, elle n’est pas exonérée
de sa responsabilité.

S’agissant de la prescription, elle est prévue par les dispositions des articles 16 à 29
de l’AUDCG. Le délai de prescription en matière de vente commerciale est de deux ans sauf
quand les obligations nées à l’occasion de leur commerce entre commerçants, ou entre
commerçants et non-commerçants, se prescrivent par cinq ans si elles ne sont pas soumises à
des prescriptions plus courtes. Cette prescription extinctive est soumise à la loi régissant le
droit qu’elle affecte.

SECTION 4. DE LA VENTE EN LIGNE

La vente en ligne est autrement appelée vente électronique, commerce électronique,


e-commerce ou parfois cybercommerce.118

1. Définition du commerce électronique

118
www.wikipédia.com, consulté le 26 mai 2018 à 15H29’.

Page 40 sur 40
Le commerce est une opération qui a pour objet la vente d'une marchandise, d'une
valeur ou l'achat de celle-ci pour la revendre après l'avoir transformée ou non.119

Le dictionnaire Hachette définit le commerce comme l’activité qui consiste en


l’achat et la vente des marchandises de biens ou de services. Le commerce devient
électronique lorsqu’il est réalisé par le traitement de l’outil informatique et la
communication, ensemble des activités commerciales « en ligne », utilisant le réseau
mondial Internet.

Quelle définition donner au commerce électronique en tant que cadre général des
contrats électroniques ?

Il existe une panoplie de définitions du commerce électronique. Nous en évoquons


quelques-unes exposées par quelques auteurs ayant retenus, et dont l’une parmi elles sera
mise en évidence dans le sens que nous avons de cette étude.

Pour Jean-François GIBBE, le commerce électronique est l’ensemble de transactions


commerciales effectuées par moyen électronique, il regroupe donc :120

 La publicité (par voie électronique) ;


 Le paiement ;
 Les commandes et livraisons de produits ;
 Les prestations de services, etc.

L’organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) définit


le commerce électronique comme toutes formes de transactions liées aux activités
commerciales, associant tant les particuliers que les organisations, et reposant sur le
traitement et la transmission de données numérisées, notamment texte, son et image. Il
désigne aussi les effets que l’échange électronique d’informations commerciales peut avoir
sur les institutions et le processus qui facilitent et encadrent les activités commerciales. Il
souligne que le commerce électronique constitue un vecteur majeur de croissance
économique.121

119
Grand Robert, édition 2017.
120
Jean-François GIBBE, op.cit., disponible sur www.google.com, consulté le 16 mai 2018 à 14H20’.
121
Ibidem.

Page 41 sur 41
Le rapport de Lorentz conçoit le commerce électronique comme « un ensemble des
échanges électroniques liés aux activités commerciales étant le flux d’information et
transaction concernant les produits et services, et s’étend aux relations entre entreprises,
entre entreprises et administrations, entre entreprises et particuliers. Il utilise diverses formes
de transmission numérisée comme téléphone, télévision, réseau informatique, minitel,
internet,… ».122 Le contrat en ligne ou le contrat électronique est celui conclu par
l’intermédiaire d’un réseau de télécommunication. En dépit des efforts de distinction faites
par les auteurs entre contrat hors ligne et contrat en ligne, la « voie électronique » demeure
l’aspect technique certes ambigu mais déterminant pour parler de contrat électronique.

La définition de Lorentz est proche d’être complète puisqu’elle prend en compte


quelques détails indissociables au commerce électronique que sont notamment les GSM,
SMS, etc.

Sur le plan technique, le commerce électronique se présente sous double forme que
sont d’un côté la « business to business »touchant aux relations entre entreprise via un serveur
Internet commun et de l’autre coté la « business to consumer » consistant à ouvrir une
boutique virtuelle sur Internet tel qu’on ouvrirait une boutique dans une rue passante ou
joindre une galerie marchande virtuelle, réunissant de multiples boutiques.123

Le commerce électronique est défini aussi comme la distribution d’informations, de


produits, de services et paiement par téléphone, ordinateur ou tout autre moyen informatique.
Il permet, sous forme électronique et grâce à une communication à distance interactive, de
conclure des contrats de vente de biens ou de prestations de services en ligne.124

Le législateur français définit le commerce électronique comme suit : « L’activité


économique par laquelle une personne propose ou assure par distance ou par voie
électronique la fourniture de biens ou de services. Entrent également dans le champs du
commerce électronique les services tels que ceux consistant à fournir des informations en

122
Rapport F. Lorentz, Commerce électronique, une nouvelle donne pour les consommateurs, les entreprises, les
citoyens et les pouvoirs, Ministère du Commerce, Finances et Industrie, janvier
1998 in www.finances.gouv.fr/commerce elect./lorentz cité par Isabelle DE LAMBERTINE, le contrat
électronique, conférence organisée par le Programme International de coopération scientifique
(CRDP/CECOJI), Montréal, 19 décembre 2003.
123
Ibidem.
124
Ibidem.

Page 42 sur 42
ligne, des communications commerciales et des outils de recherche, d’accès et de
récupération de données, d’accès à un réseau de communication ou d’hébergement
d’informations, y compris lorsqu’ils ne sont pas rémunérés par ceux qui les reçoivent ».125

De ces définitions passées en revues, nous remarquons avec évidence la convergence


des auteurs sur les éléments suivants :

 Activités commerciales entre deux ou plusieurs personnes ;


 Diversité d’objets de vente ou d’achat ;
 L’informatique et les NTIC.

Considérant ces points de convergence, nous pouvons tenter de proposer une


définition à la lumière de notre étude : « le commerce électronique est l’ensemble d’activités
commerciales passées entre deux ou plusieurs personnes grâce à l’outil informatique et les
NTIC ».

Le commerce électronique serait un outil de liberté du consommateur, un accès facile


sur un marché mondial qui exclut la considération classique de la territorialité et enfin un
moyen de faire son choix à distance et de passer commande sans avoir à se déplacer.

2. Bref historique du commerce électronique (e-commerce)

Il faut faire le distinguo entre le commerce électronique et la notion des « NTIC »,


car ces termes ont beau assumer leur marche ensemble mais sont deux concepts totalement
différents. Le commerce électronique étant lui, un concept à caractère commercial et
économique exploitant les NTIC.126

Il apparait au début sous forme d’échange de messages normalisés entre entreprises


mais vit actuellement une expansion fulgurante grâce à internet. Contrairement à l’idée
rependue, le commerce électronique n’est pas un phénomène tout nouveau car depuis les
années cinquante les échanges électroniques existaient grâce principalement aux standards de
l’Electronic Data Inter Change (EDIC) qui consistait en gros en l’échange de données
informatisées par un réseau de partenaire et de fournisseurs ; il standardise la présentation, le

125
Directive 2000/31/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2000 relative à certains aspects
juridiques des services de la société de l’information, et notamment du commerce électronique, dans le
marché intérieur, JOCE, n°L 178/1 du 17 juillet 2000.
126
BARBET P., Commerce électronique et régulation des échanges internationaux, ed. Annales des
télécommunications, Paris 13, 2010, p.42.

Page 43 sur 43
format des messages et des documents pour faciliter la circulation entre les entreprises
membres, permettant ainsi l’automatisation des approvisionnements, la gestion des stocks, la
logistique, les ventes, etc.127

Le commerce électronique ou e-commerce n’est pas non plus l’Internet et par


conséquent ont des origines distinctes. Un des pionniers du e-commerce est « PIZZA Hut », la
chaine de pizzeria qui a proposé vers l’an 1994 d’offrir une pizza à ses clients passant
commande depuis le site internet de la marque. En 1995 deux futurs géants du e-commerce
naissent : il s’agit d’Amazone, et eBay. En 1998les premiers timbres électroniques
apparaissent (il suffit de les acheter, les télécharger et les imprimer). En 2002 eBay rachète
PayPal et constitue ainsi un premier achat d’envergure énorme d’entreprise spécialisée dans
le e-commerce pour la somme reccord de 1,5 milliards de dollars Américains. Le e-commerce
met très longtemps à être rentable et il fallait attendre l’an 2004 pour qu’Amazone réalise
enfin une année pleine de bénéfices et marquer ainsi le début de l’apogée du e-commerce qui
s’étend jusqu’à ces jours.128

3. Sortes de e-commerce :129

Parmi les formes de commerce électronique on distingue principalement :

 Le commerce dit « B to B » (Business to Business): l’entreprise effectue des transactions


commerciales avec d’autres entreprises qui ne concerne que les professionnels entre eux ou
les transactions entre entreprises au pays dans lequel le bénéficiaire a établi sa présence
commerciale, autrement dit le commerce de gros dit « d’entreprise ».
 Le commerce dit « B to C » (Business to Consumer) : ceci concerne les rapports entre
consommateurs et les professionnels, c’est-à-dire le commerce de détail où l’entreprise
vend les produits ou des services à des consommateurs.
 Le commerce dit « C to C » (Consumer to Consumer) : se fait de particulier à particulier,
tel que les enchères entre particulier ou les petites annonces.

A ces principaux types de commerce électronique, s’ajoutent accesoirement:130

127
BARBET P., op.cit, p.43.
128
Jean-François GIBBE, op.cit., consulté le 16 mai 2018.
129
BARBET P., op.cit., p.13.
130
Ibidem.

Page 44 sur 44
• Le commerce dit « B to E » (Business to Employee) :c’est-à-dire d’une entreprise vers ses
employés, souvent sous forme d’un Intranet.
• Le commerce dit « B to G » (Business to Government) : ici les transactions commerciales
se passent d’une entreprise vers un gouvernement ou une collectivité locale, par exemple
sous forme de site réponse à un appel d’offre.

Quant à nous, dans le cadre de cette étude, nous prenons essentiellement en compte
le commerce « B to C » et le commerce « C to C ». Toutefois, il n’est pas à exclure que les
autres types de commerce face objet de cette étude.

4. Commerce électronique objet de notre étude

Affirmer que le commerce électronique est une « activité économique par laquelle
une personne propose ou assure à distance et par voie électronique la fourniture de biens et de
services » ne permet pas de délimiter un champ d’application précis. Aussi, par souci de
clarté, il est essentiel pour nous de circonscrire notre domaine d’étude. Pour y parvenir nous
excluons d’une part certaines activités menées sur internet telles que les trafics de données
commercialisées, la vente d’unités ou package internet par les services de téléphonie mobile,
etc. De l’autre, nous précisons que le commerce électronique objet de notre étude inclut le
mobile commerce.

Il est tout aussi pertinent de préciser que, dans le cadre de cette étude, nous prenons
essentiellement en compte le commerce « B to C » et le commerce « C to C ». Toutefois, il
n’est pas à exclure que les autres types de commerce se comportent comme ceux par nous pris
en compte, d’où la possibilité de les évoquer dans les chapitres qui suivront n’est pas à
écarter.

5. Quelques Cadres réglementaires du commerce électronique131


5.1. Sur le plan international

Plusieurs normes sont produites par les institutions internationales à vocation


universelle en matière du commerce électronique notamment :

 Nations Unies :
 La commission des nations unies pour le droit commercial international (CNUDI).

131
MPUTU M., Les défis juridiques du commerce électronique face au droit Congolais, mémoire, F.D, UNIKIS,
2017, p. 22-31.

Page 45 sur 45
 Conventions pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitraires étrangères de
1958.
 Organisation pour la coopération et le développement économique
(OCDE) :
 Reconnaissance du conseil relatif aux lignes directrices régissant la politique
cryptographique du Mars 1997 ;
 Les lignes directrices de l’OCDE sur la protection de la vie privée et les flux
transfrontaliers de données à caractère personnel.

 Institut international pour l’unification du droit privé (UNIDROIT).

5.2. Europe :

 Directive du 29 juin 1988 sur la procédure de la fourniture d’information dans le domaine


des standards techniques et des régulations ;
 Directive sur la protection des consommateurs en matière des contrats à distance ;
 Directive sur la protection juridique des services basés sur un accès conditionnel ;
 Directive sur la protection légale des bases de données personnelles, etc.

5.3. En droit interne :

Le législateur congolais ne donne aucune définition au commerce électronique. Il y a


un vide juridique définitionnel, bien que le commerce électronique soit en pleine expansion en
RDC.

En droit positif congolais, lorsqu’une matière faisant objet de conflit juridique n’est
pas prévue ni par un décret, ni un arrêté, ni une ordonnance ou une loi promulguée, les
constatations qui sont de la compétence des tribunaux seront jugées d’après les coutumes
locales, les principes généraux du droit et de l’équité.

La constitution du 18 Février 2006 telle que révisée à ce jour par la loi n°11/002 du
er
1 Janvier 2011, en son article 215 dispose que « les traités et accords internationaux
régulièrement conclus ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous
réserve pour chaque traité ou accord, de son application par l’autre partie ».

Page 46 sur 46
Cet article a ouvert en Droit congolais, le débat sur la primauté des conventions
internationales par rapport à la Constitution ainsi que la question de réciprocité.

C’est pour ce motif que, dans les chapitres suivant, nous recourons au Droit
OHADA, entré en vigueur le 12 Septembre 2012, pour tenter d’élucider les questions liées au
commerce électronique (chapitre deuxième) et à la considération de la preuve électronique en
droit positif congolais (chapitre troisième).

Page 47 sur 47
CHAPITRE DEUXIEME : LE DROIT CONGOLAIS A L’EPREUVE DU
COMMERCE ELECTRONIQUE

Ce chapitre met en lumière les éventuelles faiblesses du droit de commerce


électronique en droit OHADA.

Nous apprécierons la compatibilité du droit OHADA avec le commerce électronique


(section 1), analyserons la pertinence des actes uniformes du droit OHADA (section 2),
tenterons d’établir l’inadaptation des textes de l’AUDGC, du traité de l’OHADA ainsi que
l’Avant-projet d’acte uniforme sur le droit des contrats applicables au commerce électronique
(section 3), évoquerons les initiatives d’adoption de législations sur le commerce électronique
de certains Etats Africains (section 4) et enfin porterons un regard sur la situation du
commerce électronique en RDC (section 5).

SECTION 1. DE LA COMPATIBILITE DU DROIT OHADA AVEC LE COMMERCE


ELECTRONIQUE

Pour apprécier cette compatibilité, il nous faut d’une part chercher à savoir si l’article
2 du Traité OHADA qui énumère la liste des matières couvertes inclut aussi le commerce
électronique dans son champ d’application. De l’autre, il importe d’évaluer les potentialités
du commerce électronique dans l’espace OHADA.

1. Le commerce électronique et l’article 2 du traité OHADA

Les matières couvertes par le Traité OHADA sont énumérées en son article 2. Le
commerce électronique n’y est explicitement pas mentionné et on peut se demander s’il entre
dans le domaine du droit des affaires tel que défini par l’article susmentionné.

De l’avis de certains experts, l’expression « droit des affaires » doit ici s’entendre
dans un sens large, notamment au sens du droit économique qui désigne l’ensemble des règles
de droit concourant à l’organisation et au développement de l’économie.132 Ce que veut
mettre en place l’OHADA n’est donc pas à proprement parler et uniquement un droit des
affaires, mais un droit des activités économiques.133 Aussi, ne serait-il pas exagéré d’affirmer

132
JOSEPH ISSA S. et J. LOHOUES-OBLE, op.cit., p.115.
133
Jean PILLUSSEAU, op.cit., p.3.

Page 48 sur 48
que le commerce électronique, discipline transversale par essence fait partie du droit des
activités économiques.134

Cette définition lâche du droit des affaires par l’article 2 du traité donne la latitude au
Conseil des ministres pour y inclure toute matière qu’il jugeait nécessaire.135 Dès lors, les
portes sont grandement ouvertes pour le droit du commerce électronique. Tout observateur
sérieux peut en effet constater le fait que cette discipline juridique est de nature à « faciliter
l’activité des entreprises, à encourager les investissements et à promouvoir les échanges
régionaux et internationaux ».136

L’OHADA peut donc légitimement revendiquer l’encadrement juridique du


commerce électronique. Mais encore il convient de mesurer les potentialités réelles de ce type
de commerce au sein des pays membres de l’organisation.

2. Les potentialités du commerce électronique dans l’espace OHADA

Les pays membres de l’OHADA n’échappent pas aux bouleversements engendrés


par les NTIC ; leur utilisation connait un véritable engouement sur le continent et l’essort
numérique plus qu’évident.137

La Commission Economique pour l’Afrique (CEA) du Conseil économique et Social


des Nations Unies dans un document de travail intitulé le commerce électronique en Afrique
soutient que « le commerce électronique représente une opportunité réelle et très
significative pour l’Afrique qui a des avantages concurrentiels uniques dans quelques
domaines clés du commerce électronique, notamment dans les télé services interentreprises
(Business to Business) tournés vers l’export, un secteur qui s’avère justement être un des

134
V. GAUTRAIS, La couleur du consentement électronique, Cahiers prop. Intel., no 16-1, 2003, p.5.
135
François ANOUKAHA, L’OHADA en marche, Annales de la faculté de droit de Dschang, 2002, p.7.
136
Paul-Gérard POGOUE, Présentation générale et procédure en OHADA, Yaoundé, Presses Universitaire
d’Afrique, 1998, p.12.
137
A. CHENEAU-LOQUAY, Défis liés à l’insertion des technologies de l’information et de la communication
dans les économies africaines, l’exemple de l’internet au Sénégal, Actes du symposium ouestaftech,
Université de Lille, 1999, p.151.

Page 49 sur 49
marchés dont la croissance est la plus rapide. (Que) l’impact économique et social potentiel
du commerce électronique est, tout bien pesé, très positif ».138

Et à la même Commission de préciser dans son Rapport sur le développement d’un


cadre légal pour le commerce électronique dans la CEDEAO, rédigé cette fois en
collaboration avec la CEDEAO que « le commerce électronique a le potentiel pour diriger le
commerce régional et améliorer la compétitivité mondiale au sein de la CEDEAO »139

Les experts internationaux participants à la Conférence régionale africaine de Tunis


sur Les stratégies de commerce électronique pour le développement, dans le même sens que
la Commission précitée, s’accordent à dire que le commerce électronique est assurément un
vecteur de prospérité économique pour les pays en développement ; une de ses applications
intéressantes pour l’Afrique pouvant être la commercialisation sur l’internet des exportations
agricoles. Comme autres créneaux prometteurs, il est souvent mentionné : l’exportation
d’objets d’art africains ; le tourisme, la musique, sans compter toutes les opportunités offertes
par le commerce par téléphone mobile.140

Le commerce électronique semble donc promis à un bel avenir au sein de l’OHADA,


un vaste marché abritant plusieurs millions d’habitants. Toutefois, certains obstacles,
notamment au plan juridique doivent être surmontés pour favoriser sa totale éclosion.141

SECTION 2. DE LA PERTINENCE DES ACTES UNIFORMES

Les premiers Actes uniformes de l’OHADA ont été adoptés en 1997. A cette époque,
le commerce électronique n’était même pas encore, en Afrique, au sud du Sahara à ses
premiers balbutiements. C’est certainement là une des principales raisons du silence du
législateur OHAD sur l’encadrement juridique de ce nouvel outil de communication.142

Cela ne signifie pas que les dispositions des actes uniformes sont totalement
incompatibles avec le commerce électronique car le principe du consensualisme et les règles

138
COMMISSION ECONOMIQUE DES NATIONS UNIES POUR L’AFRIQUE, forum pour le
développement africain : le commerce électronique en Afrique, 2001, en ligne sur : http://www.uneca.org,
consulté le 21 mai 2018 à 7H30’.
139
Idem.
140
CONFERENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DEVELOPPEMENT, Stratégie de
commerce électronique pour le développement : Promouvoir un dialogue international, 2003, en ligne sur :
http://r0.unctad.org/ecommerce/eventdocs/tunis03notif, consulté le 31 mai 2018 à 23H20’.
141
MOUHAMADOU SANNI Y., op.cit., p.58.
142
E. MONTERO, Internet face au droit, facultés universitaires Notre-Dame de la paix de Namur, 1997, p.293.

Page 50 sur 50
relatives à la formation du contrat font que le commerce électronique peut trouver application
dans le droit OHADA.

Formation des contrats

Il est généralement admis en droit que le contrat se forme par la seule rencontre des
volontés, lesquelles se traduisent par une offre et une acceptation143.

Il s’agit ici de vérifier si les règles relatives à la formation de contrat dans l’espace
OHADA sont aptes à régir les transactions en ligne. Pour opérer cette vérification, nous
examinerons successivement l’offre et son acceptation en droit OHADA au regard du
commerce électronique.

1. L’offre

L’offre commende tout. Elle doit remplir des conditions destinées pour que le contrat
se forme.144

Dans le droit OHADA, ce sont les articles 210 de l’AUDCG et 2/2 de l’Avant-projet
d’AU sur le droit des contrats qui énoncent les conditions de fond auxquelles une proposition
doit satisfaire pour être considérée comme une offre : elle doit être adressée à une ou plusieurs
personnes déterminées, être suffisamment précise, (c’est-à-dire qu’elle doit désigner les
marchandises, expressément ou implicitement, fixer la qualité et le prix ou donner les
indications permettant de les déterminer) et indiquer la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation.145 Conformément aux deux actes uniformes, l’offre a d’effet au moment où elle
parvient à son destinataire comme le mentionnent les articles 211 de L’AUDCG et 2 de
l’Avant-projet d’AU sur le droit des contrats. De plus, elle peut être révoquée si cette
révocation parvient au destinataire avant que celui-ci n’expédie son acceptation.146

Si les deux dispositions précédemment citées ne soulèvent aucune difficulté majeure


à la lumière des moyens de communications traditionnels tels que le papier, il y a lieu de
s’interroger sur leur applicabilité en présence des nouvelles technologies de l’information,

143
Michel ZOIA, La notion de consentement à l’épreuve de l’électronique, Gaz, Pal, 2001, p.14.
144
Jean BEAUCHARD, L’offre dans le commerce électronique, Paris, LGDJ, 2005, p.35.
145
Article 210 AUDCG.
146
Alinéa 2 de l’article 11 AUDCG.

Page 51 sur 51
car, l’offre même électronique doit contenir les éléments qui impriment à un contrat sa
coloration propre et en l’absence desquels ce dernier ne peut pas être caractérisé.147

L’AUDCG et l’Avant- projet d’acte uniforme sur le droit des contrats, étant
largement inspirés par la Convention de Vienne et les Principes d’Unidroit, ainsi en matière
électronique le Comité consultatif de la Convention de vienne l’offre est parvenue en
considération du terme « parvient » désigne le moment où une communication électronique
est entrée dans le serveur du destinateur de l’offre. Dans la même veine et suivant le
commentaire 4 sur l’article 1 des principes de l’Unidroit, l’offre n’a pas besoin de parvenir
entre les mains du destinataire ou d’être effectivement lue par le destinataire. Il suffit qu’elle
soit prise par un employé du destinataire autorisé à l’accepter, qu’elle soit placée dans la boite
aux lettres du destinataire, ou qu’elle parvienne sur le télécopieur, le télex ou, en cas de
communications électroniques, qu’elle soit entrée sur le serveur de ce dernier.148

Au sujet de la révocation de l’offre, le Comité consultatif opine qu’une offre, même


si elle est irrévocable, peut être rétractée si la rétractation entre dans le serveur du destinataire
de l’offre avant que l’offre ne parvienne au destinataire ou si la rétractation entre dans ce
serveur au même moment que l’offre. La rétractation par communication électronique n’est
admise que si le destinataire a consenti, de manière expresse ou implicite, à recevoir des
communications électroniques de ce type, de ce format et sous cette adresse.149

Il est de même en ce qui concerne le principe de l’expédition qui est non seulement
applicable à l’article 211 de l’AUDCG qui dispose qu’ « une offre peut être révoquée si la
révocation parvient au destinataire avant que celui-ci n’ait expédié son acceptation »150.

Toutefois aussi à l’article 2 de l’Avant-projet d’acte uniforme sur les contrats on note
que « jusqu’à ce que le contrat ait été conclu, peut être révoquée si la révocation parvient au
destinataire avant que celui-ci ait expédié son acceptation ». Ces deux dispositions peuvent
être appropriées pour un environnement électronique même si elles ne semblent pas assez
précises.

En effet, si le moment auquel une déclaration sur papier est expédiée ne semble
soulever aucun doute, il est en revanche difficile de savoir quand un message électronique

147
M. ZOIA, op.cit., p.8.
148
Idem.
149
M.ZOIA, op.cit. p.11.
150
Article 211 de l’AUDCG.

Page 52 sur 52
doit être considéré comme ayant été envoyé. A cet égard, le Comité Consultatif souligne
qu’ « en matière de communications électroniques, le terme « expédier » désigne le moment
où l’acceptation quitte le serveur du destinataire de l’offre. L’auteur de l’offre peut révoquer
son offre en expédiant une révocation si celle-ci entre dans le serveur de destinataire avant
que l’acceptation de celui-ci quitte ce même serveur. L’acceptation par communication
électronique n’est admise que si l’auteur de l’offre a consenti, de manière expresse ou
implicite, à recevoir des communications électronique de ce type, de ce format et sous cette
adresse.151

Il est évident de déduire que l’offre OHADA possède une bonne marge d’adaptation
au commerce électronique

2. L’acceptation

L’acceptation consisterait à agréer une offre de façon pure et simple. L’article 213 de
l’AUDCG consacre que le délai d’acceptation fixé par l’auteur de l’offre dans une
communication électronique en temps réel commence à courir au moment où l’offre entre
dans le serveur du destinataire de l’offre. Le délai d’acceptation fixé par l’auteur de l’offre
dans une communication par courriel commence à courir au moment de l’expédition de la
communication par courriel. Les moyens de communication instantanés incluent la
communication en temps réel.152

Constitue une acceptation selon l’article 2/6 de l’Avant-projet concernant le droit des
contrats : «1) toute déclaration ou autre comportement du destinataire indiquant qu’il
acquiesce à l’offre. Le silence ou l’inaction ne peuvent à eux seuls valoir acceptation. 2)
L’acceptation d’une offre prend effet au moment où l’indication d’acquiescement parvient à
l’auteur de l’offre. 3)Cependant, si en vertu de l’offre, des pratiques établies entre les parties
ou des usages, le destinataire peut, sans modification à l’auteur de l’offre, indiquer qu’il
acquiesce en accomplissant un acte, l’acceptation prend effet au moment où cet acte est
accompli ».153

L’article 2/7 précise : « l’offre doit être acceptée dans un délai stipulé par l’auteur de
l’offre ou, à défaut d’une telle stipulation, dans un délai raisonnable, compte tenu des

151
CISG ADVISORY COUNCIL, p.13.
152
Article 213 de l’AUDCG.
153
Article 2/6 de l’Avant-projet d’Acte uniforme sur le droit des contrats.

Page 53 sur 53
circonstances, notamment de la rapidité des moyens de communication utilisées par l’auteur
de l’offre. Une offre verbale doit être acceptée immédiatement, à moins que les circonstances
n’indiquent le contraire ».

La formulation de cette disposition a retenu l’attention du groupe de travail chargé de


l’édition 2004 des Principes Unidroit. Suivant les commentaires et illustrations de ces
principes : « une offre doit être considérée comme verbale non seulement lorsqu’elle est faite
en présence du destinataire de l’offre, mais toutes les fois que le destinataire de l’offre peut
répondre immédiatement. C’est le cas d’une offre faite par téléphone ou communiquée de
façon électronique en temps réel (par exemple dans des chat roms) ».154

Ces commentaires fournissent aussi des indications sur la manière de déterminer le


délai raisonnable, compte tenu des circonstances dans une situation où une offre est soumise
via un courrier électronique demandant au destinateur de l’offre de répondre aussi rapidement
que possible et où l’acceptation est donnée par lettre postée. Selon le commentaire et
l’illustration, une lettre envoyée par le poste dans ces circonstances ne répond pas au critère
« dès que possible ». Il nous semble que cela va de soi. Même si la précision est de fait
quelque peu superflue, elle est correcte et sans conséquence.155

En définitive, il semble que les Actes uniformes de l’OHADA soientt de manière


générale appropriés non seulement pour les transactions conclus par les moyens traditionnels,
mais également pour celles conclues électroniquement. Les règles qui y sont énoncées offrent
apparemment des solutions, y compris dans un environnement électronique. En dépit des
possibles solutions qu’offrent les Actes uniformes, certains Etats membres de l’OHADA, ont
pris des initiatives, soit au niveau national, soit dans le cadre d’organisations régionales pour
d’avantage renforcer juridiquement l’encadrement du commerce électronique.

SECTION 3 : DE L’INADAPTATION DES TEXTES APPLICABLES AU


COMMERCE ELECTRONIQUE

L’incompatibilité des dispositions des textes applicables au contrat électronique peut


porter sur les insuffisances liées à des domaines décisifs de la cyberconsommation et sur la
vente en ligne.

154
Commentaires et illustrations sur l’article 2.1.7 des Principes d’Unidroit.
155
Idem.

Page 54 sur 54
1. Les insuffisances liées à des domaines décisifs de la cyberconsommation

Les insuffisances peuvent être révélées dans le Droit OHADA au regard de la


cyberconsommation. Ces insuffisances concernent respectivement la publicité en ligne et le
paiement en ligne.

1.1. Eclatement des règles juridiques encadrant la publicité en ligne

La cyberpublicité est un élément essentiel de commerce électronique.156 Et comme le


souligne un auteur, pour qu’une entreprise dure, elle doit séduire.157

Pour cette raison que les annonceurs font feu et tout bois. Aussi l’internaute est
assailli de tous les procédés l’invitant à contracter. Dans cette course effrénée à la séduction
dont l’objectif ultime est la réalisation du profit, le consommateur en général, le
cyberconsommateur africain et congolais en particulier y trouve-t-il son compte ? Autrement
dit, est-il bien protégé ? Il est à déplorer que les dispositions encadrant la cyberpublicité dans
l’espace OHADA sont disséminées dans différents textes et l’oublie par le législateur de la
publicité électronique soit ciblée.

1.2. La dissémination des dispositions régissant la publicité

Dans l’espace OHADA, la cyberpublicité est au prime abord par les lois nationales
sur le commerce électronique158 ; aucun acte uniforme à notre connaissance ne s’est
spécifiquement penché sur cette question159. En deuxième lieu, les pays membres de
l’OHADA qui n’ont pas de législations sur le commerce électronique mais qui sont également
membres de la CEDEAO pourraient se référer à l’acte additionnel portant transactions
électroniques au sein de cette communauté160. Quid de la RDC ?

Enfin, quant aux pays de l’OHADA qui ne disposent pas encore de législations sur le
commerce électronique et qui n’appartiennent pas non plus à la CEDEAO, une analyse
sommaire de leurs textes nationaux sur la publicité traditionnelle lorsque confrontés à

156
Solveig GODELUCK, le boom de la netéconomie, Paris, La découverte, 2000, p.3 et 4.
157
E. MONTERO, op.cit., p.11.
158
MAHAMADOU SANNI Y., op.cit., p.178.
159
L’Article 36 de l’Avant-projet d’Acte uniforme sur le contrat de consommation qu’ « est interdite toute
publicité qui, par sa présentation, ne peut être nettement distinguée comme telle, à moins qu’elle ne comporte
de manière non équivoque la mention publicité.
160
MOUHAMADOU SANNI YAYA, op.cit., p.187.

Page 55 sur 55
l’internet permet de constater leur inadaptabilité au commerce électronique.161C’est qu’en
effet, la cybercriminalité est différente de la publicité traditionnelle à bien des égards : elle est
non seulement polymorphe parce qu’elle revêt plusieurs visages mais peut être aussi à la fois
subtile et insidieuse162.

Par ailleurs, l’interactivité et l’instantanéité des communications qu’elle favorise ne


laissent presque pas au consommateur le délai de réflexion nécessaire avant la conclusion du
contrat.

Les lois nationales sur la publicité traditionnelle ne s’intéressent qu’au contenu du


message et non aux formes qu’il peut prendre, qui plus est, les recours qu’offrent au
consommateur ces lois en cas d’abus sont plutôt dérisoires parce que le fardeau de la preuve
est relativement lourd, surtout lorsqu’il s’agit de prouver l’intention malicieuse ou la
négligence d’un annonceur. Or tout ceci a un coût qui peut paraitre disproportionné comparé
aux dommages en jeu. Pour pouvoir déposer une plainte contre une entreprise qui ne
respecterait pas les droits des « cyberconsommateurs » il faut pouvoir identifier l’auteur des
infractions. Ce qui peut se révéler délicat sur internet. En effet, les sociétés peuvent être
fictives, voire situées dans un autre pays et ne pas afficher leurs coordonnées sur leur site163.

1.3. Un oubli inexplicable : la publicité ciblée

La publicité ciblée a fait son apparition tout récemment. Les exigences de rentabilité
ont amené la plupart des annonceurs à adopter des techniques de ciblage de plus en plus
précises pour que les publicités adressées à l’internaute soient en adéquation avec ses gouts et
intérêts164.

Pour la Commission Nationale Informatique et libertés (CNIL) de France, cette


forme de publicité se répartit en trois catégories : premièrement, la publicité contextuelle qui
est fonction du contenu immédiat fourni à l’internaute ; deuxièmement, celle personnalisée
qui fait référence aux caractéristiques connues de l’internaute comme par exemple son âge,

161
Marlène LEROY et Bernard MOUFFE, Le droit de la publicité, 2ème éd., Bruxelles, 2001, p.271.
162
M. LACOURSIERE, C. BOUCHARD et J. MC CANN, Les enjeux éthiques d’internet en Afrique de l’Ouest.
Vers un modèle éthique d’intégration, L’Harmattan, CORDI, 2002, p.310.
163
Idem.
164
Eric A. CAPRIOLI, op.cit., p. 38.

Page 56 sur 56
son sexe, ou encore sa localisation géographique et enfin troisièmement, la publicité
comportementale.165

La publicité comportementale est définie comme celle choisie en observant le


comportement de l’internaute à travers le temps, laquelle étudie les caractéristiques de
l’internaute par ses actions pour en déduire son profil et lui proposer des publicités
adaptées.166

Ainsi, il est légitime de s’interroger sur le silence des législations africaines en


générale et congolaises en particulier sur ces nouvelles pratiques alors qu’aucun des Actes
Uniformes actuellement en vigueur en droit OHADA ne permettent d’appréhender de façon
satisfaisante la publicité ciblée.

Il est de nécessité de mettre en place ce dispositif publicitaire car le commerce


électronique de part sa nature ne connait aucune frontière et que le cyberconsommateur
congolais peut bel et bien être visé par des offres étrangères.

Par ailleurs, alors qu’il devient de plus en plus difficile de faire coïncider l’adaptation
ou l’interprétation des règles de droit à l’évolution technologique, on devrait se réjouir si,
pour une fois le législateur congolais décidait d’avancer de prendre ses responsabilités.

2. Réglementation inachevée du paiement électronique : Absence de clauses relatives a


la rétrofacturation

L’adaptation des moyens de paiement a toujours été l’impératif premier de


l’évolution normale du commerce167. Cette évidence est plus marquante avec l’essor des
nouvelles technologies et son pendant, le commerce électronique qui, chaque jour, s’impose
comme le futur mode normal des échanges.

En effet, les transactions peuvent être exécutées de plus en plus rapidement, à des
distances de plus en plus importantes.

165
COMMISSION NATIONALE DE L’INFORMATIQUE ET DES LIBERTES (CNIL), « la publicité ciblée
en ligne », 2009, en ligne sur www.cnil.fr , consulté le 3 juin 2018 à 22H24’.
166
Eric A. CAPRIOLI, op.cit., p. 39.
167
Claude LUCAS de LEYSSAC et Xavier LACASE, Le paiement en ligne, JCP éd. G, 2001, p.302.

Page 57 sur 57
Ainsi, le consommateur OHADA est sollicité non par les produits ou les services,
mais par la facilité avec laquelle il pourra les payer, il entre dans un cercle social qui tend à
imposer comme norme la possession d’une carte de paiement.168

Or, à la nécessité sociale commandant de protéger l’utilisateur contre le pouvoir


aveugle de la machine se substitut une inquiétude plus réaliste, celle de diminuer, sinon
supprimer le risque humain : le danger pour le porteur de la carte de paiement se révèle être
celui qui utilise frauduleusement sa possibilité de virement électronique, comme celui qui sert
d’intermédiaire à l’ordre de paiement.

Un sentiment de surprise semble animer le législateur OHADA car n’ayant pu


répondre à ces défis au paiement électronique que partiellement. D’abord, ni l’acte
additionnel portant transactions électroniques dans l’espace CEDEAO, ni les Actes uniformes
encore moins les législations nationales et régionales sur le commerce électronique n’ont
prévu de clauses relatives à la rétrofacturation. Il y a ensuite de sérieux retards dans
l’accréditation des prestataires de services habilités à délivrer des certificats électronique169.

La rétrofacturation est un néologisme introduit par le législateur québécois dans la


Loi sur la protection du consommateur pour prévoir le cas où le paiement a été effectué par
carte de crédit mais où le commerçant n’a pas remboursé le consommateur. Ce dernier a alors
la possibilité, dans les soixante jours du défaut du commerçant, de demander par écrit à
l’émetteur de la carte de crédit la rétrofacturation des sommes payées en vertu du contrat et
des frais portés à son compte en relation avec le contrat.170

La rétrofacturation s’avère donc un outil équitable et efficace de protection du


cyberconsommateur et son utilisation, à notre sens devrait être généralisée dans l’espace
OHADA et les législations des Etats membres doivent en prendre compte. Ce qui est loin
d’être le cas actuellement pendant qu’un des arguments sous-jacents de l’adoption de la
rétrofacturation est qu’elle vise à replacer le consommateur dans la position où il se trouverait
si le contrat n’avait jamais existé.171

Le législateur congolais doit en prendre compte pour le bien des


cyberconsommateurs.

168
Mouhamadou S., op.cit., p. 200.
169
IBIDEM, p. 199.
170
Eric A CAPRIOLI, op.cit., p.200.
171
Mouhamadou S., op.cit., p. 200.

Page 58 sur 58
SECTION 4. DES INITIATIVES NATIONALES EN AFRIQUE D’ADOPTION DE
LEGISLATIONS SUR LE COMMERCE ELECTRONIQUE : CAS DU BURKINA
FASO ET DU SENEGAL

1. le Burkina Faso

Le Burkina Faso est un pays enclavé de l’Afrique de l’Ouest entouré par le Mali, le
Bénin, le Togo, le Ghana et la Cote d’ivoire. Il a pour capitale Ouagadougou Avec une
superficie d’environ 274 000 km carré et une population dépassant les quatorze (14) millions
d’habitants, ce pays, anciennement connu sous le nom de Haute Volta a acquis son
indépendance de l’ancienne métropole française le 5 aout 1960.172

S’agissant de la qualité des infrastructures de communication, l’Union Internationale


des Télécommunication (UIT) révèle que le Burkina Faso occupe le 165e rang sur 181 pays
pour l’année 2005/2006.173 L’usage des nouvelles technologies de l’information reste donc
encore relativement faible.

Toutefois, au cours des dernières années, plusieurs initiatives ont vu le jour pour
faire face à cette fracture numérique longtemps décriée : tout récemment a été inauguré le
centre de ressources informatique (CRI) de l’Université de Ouagadougou, un exemple
d’initiative susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives au Burkina Faso d’autant plus que
la corrélation développement économique et l’utilisation des nouvelles technologies de
l’information et de télécommunication est aujourd’hui une évidence174.

C’est fort de cette conviction que, dans le cadre du Projet d’appui à la compétitivité
des entreprises, le gouvernement burkinabé a sollicité auprès de la Banque mondiale un appui
financier en vue de commanditer une étude pour l’élaboration d’un cadre juridique propice à
la société de l’information. Six propositions de texte ont été élaborées et un projet de loi
relatif aux nouvelles technologies de l’information parvenu à la commission des affaires
générales, institutionnelles et de droits humains (CAGIDH) de l’Assemblée nationale du

172
JACQUES B., PIERPAOLO F., TANGA P. Z., La vallée du Sourou (Burkina Faso) : genèse d’un territoire
hydraulique dans l’Afrique soudano-sahélienne, Paris, Harmattan, 2003, p. 2.
173
UNION INTERNATIONALE DES TELECOMMUNICATIONS (UIT), Digital Opportunity Index 2007, en
ligne sur http://www.itu.int/ITU-D/ict/doi/material/WISR07-chapter3.pdf, consulté le 3 juin 2018 à 00H12’.
174
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU, Inauguration du centre de ressources informatiques (CRI) de
l’Université de Ouagadougou, en ligne sur http://bourkina-ntic.net/Inauguration-du-Centre-de.html , consulté
le 3 juin 2018 à 00H30’.

Page 59 sur 59
Burkina Faso. Le 10 novembre 2009 la loi n0 45-2009 portant réglementation des services et
des transactions électroniques au Burkina Faso fut adoptée.

Dans l’exposé de ses motifs, la loi affirme qu’elle a pour objectif: « de favoriser le
développement des services de la société de l’information et la mise œuvre de
l’administration électronique au service du citoyen et des entreprises, en apportant la
sécurité juridique et la confiance dans les échanges par voie électronique ».175

Il est à remarquer que le champ d’application de la loi est très vaste. Il vise en effet
non seulement la 176vente de biens et la fourniture de services à distance par voie électronique
dans plusieurs secteurs d’activités, mais également la mise en ligne de la plupart des services
offerts par l’Etat aux administrés. La loi comporte dix chapitres dont le chapitre IV qui traite
du commerce électronique et vise à protéger tout destinataire du service qu’il soit
professionnel ou consommateur et le chapitre V a trait à la diffusion d’informations publique
et plus principalement à la mise à disposition do public, par voie électronique d’information
d’intérêt public.

Etant entendu que la loi est d’une haute teneur technique liée notamment à l’usage
d’un vocabulaire et d’une terminologie technique, le gouvernement du Burkina Faso a tenu
d’organiser des ateliers de formation et de sensibilisation à l’intention des décideurs
politiques, des magistrats, des associations professionnelles, etc.

2. le Sénégal

Le Séné gal est un pays situé à la pointe la plus occidentale du continent africain
avec une superficie de 196 722 km carré et une population de plus de 12,9 d’habitants. Le
pays a pour capitale Dakar et a acquis son indépendance le 20 aout 1960. L’économie est
l’une des plus fleurissantes d’Afrique de l’ouest avec un réseau de télécommunication assez
performant.177

On y note une utilisation croissante des technologies de l’information aussi bien dans
l’administration publique qu’auprès des particuliers. Cet impact ne pouvait longtemps laisser
indifférentes les autorités sénégalaises. Elles ont décidé d’offrir un cadre juridique et

175
Exposé des motifs de la loi.
176
Voir articles 39 de la loi.
177
MOUHAMADOU S., op.cit., p.102.

Page 60 sur 60
institutionnel adéquat. Une série de textes législatifs visant l’encadrement juridique des
transactions électroniques seront adoptés par l’Assemblée national sénégalaise.

Le premier texte est une loi d’orientation sur la société générale ; la loi n0 2008-10
du 25 janvier 2008 portant loi d’orientation sur la société de l’information. Elle vise la mise
en cohérence de l’assemble de dispositif juridique sénégalais en identifiant les droits et
responsabilités des divers acteurs et.

Le deuxième texte est la loi n0 2008-08 du 25 janvier 2008 sur les transactions
électroniques qui a pour objectif la sécurité des transactions électroniques au Sénégal,
notamment les opérations liées au commerce électronique, à la conclusion d’un contrat
électronique, à l’acceptation de la signature et la preuve électroniques et, enfin, aux
possibilités de transmission par voie électronique des documents ou actes administratifs. Dans
le cadre de la présente étude, cette loi attire notre attention, elle indique clairement que le
texte attend « favoriser » le développement du commerce électronique par les nouvelles
technologies d’information et de la communication et de la communication « en posant les
règles précises ». Ce texte, largement inspiré de la loi française sur la confiance dans
l’économie numérique de 2004, prend compte plusieurs aspects du commerce électronique ;
le contrat électronique, la publicité en ligne, et les prestations de service de prestation.

Le troisième texte traite de la cybercriminalité (loi n0 2008-11 du 25 janvier 2008 sur


la cybercriminalité) en mettant l’accent sur l’adoption d’incriminations nouvelles spécifiques
aux TIC. Il s’agit entre autre de :

 La protection pénale des systèmes, des données et des infractions informatiques ;


 La protection contre la pornographie infantile ou des contenus de nature raciste et
xénophobe ;
 Les infractions liées aux activités des prestataires techniques ;
 Infractions liées au commerce électronique, etc.
 La création des nouvelles sanctions pénales adaptées à la cybercriminalité.

Le quatrième texte est la loi n0 2008-12 du 25 janvier 2008 sur la protection des
données à caractère personnel. Celle-ci vise à lutter contre les atteintes à la vie privée
susceptibles d’être engendrées par tout traitement de données à caractère personnel permettant
d’identifier directement ou indirectement une personne. Les dispositifs de cette loi traitent des

Page 61 sur 61
principes fondamentaux de nature à prévenir les abus en matière de collecte et de traitement
de données à caractère personnel.

SECTION 5 : DE LA SITUATION DU COMMERCE ELECTRONIQUE


EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Le terme commerce électronique ne trouve pas de définition de la part du législateur


congolais. Il y a un vide définitionnel ; et pourtant le commerce électronique est en pleine
expansion en RDC. Toutefois il convient de noter que le mot internet est cité dans l’exposé
des motifs de la loi-cadre n0 013/2002 du 16 octobre 2002 sur les télécommunications, mais
jamais le corps de texte de la loi susmentionnée n’évoque ni le mot internet, moins encore le
commerce électronique.178

En droit congolais, quand une matière n’est pas prévue par un décret, un arrêté ou
une ordonnance déjà promulgués, les constatations qui sont de la compétence des tribunaux
seront jugées d’après les coutumes locales, les principes généraux du droit et l’équité.

En outre, au sens de l’Article 215 de la constitution de la RDC du 18 février 2006,


«les traités et accords internationaux régulièrement conclus ont dès leur publication, une
autorité supérieure à celle des lois, sous réserve pour chaque accord, de son application par
l’autre partie ».

C’est dans ce cadre, que les normes produites par les institutions internationales à
vocation régionale, telles que l’OHADA, la CEDEAO, la SADC, et le CEMAC ont produit
pour légiférer le commerce électronique dans la sous-région.

178
Mputu MANGALA M., op.cit., p.55.

Page 62 sur 62
CHAPITRE TROISIEME : DE LA PREUVE ELECTRONIQUE EN DROIT POSITIF
CONGOLAIS

Comme énoncé ci-haut, après avoir fait état des preuves reconnues par le droit Positif
Congolais, le législateur congolais ne semble dire un mot quant à ce qui concerne la preuve
électronique. Il est à se demander si cette dernière peut prétendre avoir réellement une valeur
probante en cas de survenance de conflits liés aux transactions commerciales électroniques.

Afin d’éclairer cette problématique, nous procéderons par analyser le recours du


droit congolais au droit OHADA (section 3) après avoir parlé de la création du droit
OHADA(section 1) et parler des actes uniformes(section 2), enfin nous exposerons notre
contribution en rapport avec le défi à l’amélioration du droit de la preuve ( section 4).

SECTION 1. DE LA CREATION ET DES OBJECTIFS DU DROIT OHADA :179

A l’instar d’autres pays du monde qui ont entrepris des regroupements politiques
et/ou économiques pour faire face à la mondialisation des réalités économiques, des Etats de
la zone Franc CFA, rejoints par les Comores et la Guinée, ont décidé d’harmoniser leur droit
des affaires pour offrir aux opérateurs économiques, étrangers et locaux, une législation
moderne et adaptée aux nouveaux défis de l’économie. Ils ont pour ce faire créé par le Traité
de Port-Louis du 17 octobre 1993 (révisé le 17 octobre 2008 à Québec, Canada),
l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique de droit des affaires (OHADA).

Le système juridique et judiciaire de l’OHADA vise à garantir la sécurité juridique


des affaires en adoptant un droit commun des affaires dont l’interprétation est confiée à une
seule instance juridictionnelle, la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA).

L’OHADA comprend actuellement 17 Etats Parties : le Bénin, le Burkina-Faso, le


Cameroun, la Centrafrique, la Cote d’Ivoire, le Congo, les Comores, le Gabon, la Guinée, la
Guinée-Bissau, la Guinée-Equatoriale, le Mali, le Niger, la République Démocratique du
Congo, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

L’adhésion, prévue par l’article 53 du Traité OHADA, est ouverte à tout Etat
membre de l’union africaine. Un Etat non membre de l’union africaine peut également
adhérer avec l’accord de tous les Etats Parties.

179
www.juriscope.org/programme-ohada/ohada-juriscope.htm., consulté le 27 mai 2018 à 11H07’.

Page 63 sur 63
Le dépôt des instruments d’adhésion de la RDC auprès du gouvernement de l’Etat
dépositaire du traité de Port-Louis est effectif le 13 juillet 2012. En conséquence, comme le
veut l’article 53 in fine du traité, la transfiguration de l’ordre juridique congolais est
intervenue soixante jours à dater du dépôt des instruments d’adhésion.

Le siège social est fixé à Yaoundé et ses langues de travail sont le français, l’anglais,
l’espagnol et le portugais (art.42 du Traité tek que révisé à Québec le 17 octobre 2008).

Page 64 sur 64
Tableau 1 : Dates de ratification et d’entrée en vigueur du Traité OHADA180

(Source : Ohada.com)

Etat partie Ratification / Adhé- Dépôt instrument de Entrée en vigueur

Sion Ratification

Bénin 8 mars 1995 10 mars 1995 18 septembre 1995

Burkina Faso 6 mars 1995 16 avril 1995 18 septembre 1995

Cameroun 20 octobre 1995 4 octobre 1996 3 décembre 1996

Centrafrique 13 janvier 1995 13 janvier 1995 18 septembre 1995

Comores 20 février 1995 10 avril 1995 18 septembre 1995

Congo 28 mai 1997 18 mai 1999 17 juillet 1999

Côte d’Ivoire 29 septembre 1995 13 décembre 1995 11 février 1996

Gabon 2 février 1998 4 février 1998 5 avril 1998

Guinée 5 mai 2000 22 septembre 2000 21 novembre 2000

Guinée Bissau 15 janvier 1994 26 décembre 1995 20 février 1996

Guinée Equatoriale 16 avril 1999 15 juin 1999 13 août 1999

Mali 7 février 1995 23 mars 1995 18 septembre 1995

Niger 5 juin 1995 18 juillet 1995 18 septembre 1995

Sénégal 14 juin 1994 14 juin 1994 18 septembre 1995

Tchad 13 avril 1996 3 mai 1996 2 juillet 1996

Togo 27 octobre 1995 20 novembre 1995 19 janvier 1996

RDC 13 juillet 2012 12 septembre 2012

180
www.ohada.org, consulté le 13 Aout à 8h48min.

Page 65 sur 65
SECTION 2 : DES ACTES UNIFORMES DU DROIT OHADA181

Les règles de droit matériel communes aux Etats membres de l’OHADA sont
contenues dans des actes uniformes, adoptés par le Conseil des Ministres. A ce jour, neuf (09)
Actes uniformes ont déjà été adoptés et, pour certains, révisés. Sont concernées, les
disciplines suivantes :

1. Droit commercial général

Avant l’intervention du législateur OHADA, la matière était soumise à des règles


souvent anciennes et extrêmement diversifiées, tant dans leurs sources (lois, décrets,
ordonnances…) que dans leur objet. Afin de faciliter et de sécuriser les échanges entre
opérateurs économiques, le Conseil des Ministres a adopté, le 17 avril 1997, l’Acte uniforme
relatif au droit commercial général. Ce texte de 289 articles a été remplacé, après plus d’une
décennie d’application, par un nouvel Acte uniforme du 15 décembre 2010.

Encore plus moderne que le précédent, cet AU du 15 décembre 2010 réglemente :

• Le statut du commerçant et celui, nouveau, de l’entreprenant, institué pour favoriser le


passage des acteurs de l’économie informelle vers le secteur formel ;
• Le RCCM qui reçoit les immatriculations des personnes physiques et personnes morales
commerçantes, mais aussi les inscriptions de suretés mobilières, et dont l’informatisation
permettra d’accéder, en temps réel, à une information fiable sur les agents économiques de
l’espace OHADA ;
• Le bail à usage professionnel qui, se substituant au bail commercial, organise une
protection spécifique de tout professionnel exerçant son activité dans un local dont il n’est
pas propriétaire ;
• Le fonds de commerce, constitué de l’ensemble de moyens permettant au commerçant
d’attirer et de conserver une clientèle ; l’intermédiaire de commerce (commissionnaire,
courtier ou agent de commerce), personne physique ou morale agissant
professionnellement pour le compte d’une autre personne afin de conclure avec un tiers un
acte juridique à caractère commercial ;

181
www.ohada.org/index.php/fr/actes-uniformes-de-l’ohada, consulté le 30 juin 2018 à 16H 10’.

Page 66 sur 66
• La vente commerciale, contrat de vente de marchandises entre commerçants, y compris les
contrats de fournitures de marchandises destinées à des activités de fabrication ou de
production ;

Date d’entrée en vigueur : 16/05/2011

2. Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique

Adopté par le CM le 30 janvier 2014, le nouvel AUSCGIE vient substituer celui du


17 avril 1997. Il est constitué de trois (3) parties :

• La première partie énonce des dispositions générales, communes à toutes les formes de
sociétés commerciales : règles de constitution et de fonctionnement, responsabilité des
dirigeants, liens de droit entre sociétés, transformation, fusion, scission, apports partiels
d’actifs, dissolution, liquidation, nullité de la société et des actes sociaux, formalités
diverses et règles de publicité.
• La deuxième partie règlement les diverses formes de sociétés commerciales. Il s’agit de
société en nom collectif (SNC), société en commandite simple (SCS), société à
responsabilité limitée (SARL), société anonyme (SA), société en participation, société de
fait, groupement d’intérêt économique (GIE) et, innovation majeure, société par action
simplifiée (SAS).
• La troisième partie édicte, enfin, des incriminations relatives à la constitution, à la vie, à la
dissolution et à la liquidation des sociétés commerciales, étant précisé que les sanctions
afférentes aux infractions ainsi prévues doivent être précisées par la loi nationale de
chaque Etat Partie.

Date d’entrée en vigueur : 05/05/2014

3. Droit des sûretés

Se substituant à l’AU du 17 avril 1997, le nouvel AU portant organisation des sûretés


(AUS) adopté le 15 décembre 2010 traduit la volonté des Etats membres de l’OHADA de
renforcer la confiance des acteurs économiques, notamment les banquiers et les investisseurs.
L’AUS réglemente :

• Les sûretés personnelles (cautionnement, garantie et contre-garantie autonomes) ;

Page 67 sur 67
• Les sûretés mobilières (droit de rétention, propriété retenue ou cédée à titre de garantie,
gage, nantissements et privilèges) ;
• Les hypothèques, sûretés réelles immobilières.

Date d’entrée en vigueur : 16/05/2011

4. Procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution

Adopté à Libreville le 10 avril 1998, l’AU portant organisation des procédures


simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUVE) organisant, en matière de
recouvrement , deux procédures judiciaires simples à mettre en œuvre par un créancier, afin
de contraindre son débiteur à exécuter ses engagements : l’injonction de payer et l’injonction
de délivrer ou de restituer un bien assortie de deux saisies correspondantes que sont la saisie-
appréhension et la saisie revendication.

Dans le domaine de voies d’exécution, l’AUVE aménage les données de base de


l’exécution forcée, et réglemente les différents procédés de contrainte : les saisies
conservatoires et les saisies exécutoires.

Date d’entrée en vigueur : 10/07/1998

5. Procédures collectives d’apurement du passif

L’AU portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif (AUPC)


adopté le 10 avril 1998 organise les procédures collectives de traitement de l’insolvabilité sur
décision et sous contrôle judiciaires (règlement préventif, avant cessation des paiements ;
redressement judiciaire ou liquidation des biens, après cessation des paiements)

Date d’entrée en vigueur : 01/01/1999

6. Droit de l’arbitrage

L’AU relatif au droit de l’arbitrage (AUA) constitue le droit commun de l’arbitrage


pour l’ensemble des Etats membres de l’OHADA. Il pose les principes du droit de l’arbitrage,
règle les différentes phases de la procédure, fixe les conditions de la reconnaissance et de
l’exécution des voies de recours ouvertes contre les sentences : recours en annulation, recours
en révision et tierce opposition.

Page 68 sur 68
Date d’entrée en vigueur : 11/06/1999

7. Organisation et harmonisation de la compatibilité des entreprises

Adopté le 24 mars 200, l’AU portant organisation et harmonisation des comptabilités


des entreprises, auquel est annexé le système comptable OHADA, établit les normes
comptables, le plan des comptes, les règles de tenue des comptes et de présentation des états
financiers et de l’infirmation financière. Il vise les comptes personnelles des entreprises,
personnes physiques ou morales, les comptes consolidés et comptes combinés, et comporte,
en outre, des dispositions pénales.

Cet AU est en cours d’actualisation.

8. Contrat de transport de marchandises par route

L’AU relatif aux contrats de transport de marchandises (AUTM) par route lorsque le
lieu de prise en charge de la marchandise et le lieu prévu pour sa livraison, tels qu’ils sont
indiqués au contrat, sont situés soit sur le territoire s’un Etat membre de l’OHADA, soit sur le
territoire de deux Etats différents dont l’un au moins est membre de l’OHADA, à l’exclusion
des transports de marchandises dangereuses, des transports funéraires, des transports de
déménagement, ou des transports effectués en vertu des conventions postales. Cet AU est
adopté le 22 mars 2003.

L’AUTM s’applique indépendamment du domicile et de la nationalité des parties au


contrat de transport. Il règle la conclusion, l’exécution, la responsabilité et le contentieux
découlant du transport.

Date d’entrée en vigueur : 01/01/2004

9. Société coopératives

Adopté à Lomé (TOGO) le 15 décembre 2010, l’AU relatif au droit des sociétés
coopérative (AUSCOOP) répond à une demande fortement exprimée par les coopérateurs de
l’espace OHADA qui, n’étant pas soumis aux règles des sociétés commerciales, souhaitaient
des règles spécifiques harmonisées à l’échelle régionale.

Page 69 sur 69
L’AUSCOOP s’applique à toutes les coopératives, sous réserve des règles nationales
ou régionales spécifiques, applicables aux sociétés coopératives exerçant une activité bancaire
ou financière.

Date d’entrée en vigueur : 16 mai 2011

SECTION 3: DE RECOURS DU DROIT POSITIF CONGOLAIS AU DROIT OHADA

Contrairement au droit civil où la preuve est règlementée, le droit commercial


préconise la liberté de la preuve des actes juridiques c’est-à-dire la preuve d’un contrat
commercial peut se faire par tous les moyens.

Le fondement juridique de la liberté de preuve a varié dans le temps. On est parti


d’une règle spéciale et exceptionnelle ; et pour en faire une règle de droit commun en matière
commerciale. L’élargissement a été possible parce que la vente et l’achat sont considérés
comme éléments essentiels de toutes les activités commerciales. Cette solution a été entérinée
par l’AUDCG qui dispose que les actes de commerce peuvent se prouver par tous les moyens
à l’égard des commerçants. Dans les articles 82 à 85 le législateur OHADA érige en principe
l’égalité du support papier au support électronique. Signature électronique est également
légitimée.

1. Opportunités de la preuve électronique


1.1. Equivalence à la preuve écrite sur support papier

Selon l’article 82 de l’AUDCG/OHADA, les formalités accomplies auprès du


Registre du Commerce et du Crédit Mobilier au moyen de documents électroniques et de
transmissions électroniques ont les mêmes effets juridiques que celles accomplies avec des
documents sur support papier, notamment en ce qui concerne leur validité juridique et leur
force probatoire.182

L’alinéa 2ème de l’article consacre l’équivalence fonctionnelle de l’écrit électronique


en disposant que « les documents sous forme électronique peuvent se substituer aux
documents sur support papier et sont reconnus comme équivalents lorsqu’ils sont établis et
maintenus selon un procédé technique fiable, garantissant, à tout moment, l’origine du

182
Ursil LELO D., op.cit., p.72.

Page 70 sur 70
document sous forme électronique et son intégrité au cours des traitements et des
transmissions électroniques ».

Cette formalisation adopte une flexibilité accrue sur les notions comme l’écrit, la
signature, ou l’original, en mettant l’accent non sur le support en soi, mais plutôt sur ses
fonctions. Dès lors, l’équivalence fonctionnelle permet de rechercher les fonctions qu’un écrit
papier possède et de les transposer sur tout autre support qui remplirait les mêmes
fonctions.183

L’équivalence fonctionnelle est le mécanisme du droit international privé par lequel


la Cours de cassation sauve un arrêt lorsque les juges appliquent une autre loi que celle
désignée par la règle de conflit de lois184, à condition que les lois en présence aient un
contenu équivalent et produisant des résultats fonctionnellement équivalents.185

C’est donc une fiction juridique, construction intellectuelle qui consiste en une
méconnaissance volontaire de la réalité en vue de l’obtention d’un résultat de droit. En la
transposant dans la sphère de la technologie, l’on admet que le formalisme classiquement
exigé aussi bien pour la validité du contrat que sa preuve soit pratiquement neutralisée par la
fiction d’équivalence entre les fonctions juridiquement reconnues aux supports papiers et
celles portées par les supports électroniques.186

L’écrit et la signature électronique, pour leur validité et à fin de produire les mêmes
effets que les documents papiers et la signature manuscrite, reposent sur ce fondement.187

A ce sens, le législateur OHADA a appréhendé la signature électronique dans son


aspect définitionnel et son utilisation à des fins juridiques en tant qu’instrument
d’identification et d’authentification dont les caractéristiques et les composantes techniques
sont spécifiées à l’article 83 dudit Acte.

En ce qui concerne les conditions de reconnaissance du certificat électronique, les


mentions minimales qu’il doit comporter sont précisées à l’article 84. Ce mentions minimales
mais obligatoires concernent le nom du titulaire du certificat, la clé cryptologique publique du
183
CAPRIOLI, R. SORIEUL, Le commerce international électronique : vers l’émergence de règles juridiques
transnationales, Journal de droit international, n°2, 1997, p. 382.
184
ILUME MOKE M., Droit International Privé, cours inédit, L2, F.D, UNIKIS, 2018, p. 60.
185
Ph. MALAURIE, L’équivalence en droit international privé, Dalloz, Chr. XXXVI, 1962, p. 220.
186
Ursil LELO D., op.cit., p. 62.
187
J. HUET., Preuve et sécurité juridique en cause dans l’immatériel, Archive de philosophie du droit, CNRS,
1999, p. 166.

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titulaire, la période de validité du certificat, un numéro de série unique et la signature
électronique du prestataire de services de certification électronique.188

1.2. Sécurité des cyberconsommateurs

La portée juridique de la reconnaissance de l’équivalence fonctionnelle des preuves


peut s’apprécier aussi bien sous l’angle de la protection du cyberconsommateur que du point
de vue de la preuve des actes électroniques. En considérant les deux fonctions (fonction
probatoire et fonction de protection des parties faibles) qu’assure le formalisme, la portée de
l’équivalence est forcément limitée au regard de certains contrats nécessitant un formalisme
spécial.189

A cet égard, l’équivalence serait amputée de sa fonction lorsque la protection des


cyberconsommateurs exige le recours au formalisme reconnu dans les contrats régis par le
droit de la consommation. Dans ces conditions, le législateur aurait tendance à instituer un
formalisme plus poussé lorsqu’il n’exclut tout simplement pas certains de ces contrats de
ceux dont la conclusion peut se faire par voie électronique. Dans le même ordre d’idée, on
pourrait imaginer des exceptions à la validité de l’écrit électronique, notamment lorsque
l’écrit est exigé ad validitatem. La preuve électronique facilite le droit de la preuve grâce à la
datation des messages. En plus, elle est conforme aux réalités commerciales de par la célérité.
190

L’admission de la preuve électronique facilite ainsi la preuve du cyber contractant et


pourrait-t-on affirmer qu’elle assure du coup sa protection.

2. Insuffisance du droit OHADA sur la preuve

En analysant le droit OHADA de la preuve, on pourrait néanmoins déplorer que :

Le peu d’importance accordée à l’encadrement de la date dans les procédures et


transactions électroniques, lorsque l’on imagine la complexité de la détermination de la date
certaine dans un contexte dominé par l’horodatage technique.

En effet, en fonction de la nature des actes et des formalités exigées pour leur
validation, la gestion juridique de la date peut revêtir une ampleur considérable, notamment

188
Ursil LELO D., op.cit., p.63.
189
J. HUET, Le code civil et les contrats électroniques, Paris, Dalloz, 2004, p. 539.
190
Ibidem.

Page 72 sur 72
dans le domaine des contrats et des procédures. Ces précautions technologiques permettent
par ailleurs d’apprécier la portée juridique réelle de l’équivalence dans le contexte de
l’OHADA.

Aujourd’hui, des spécialités dans les disciplines du droit sont conçues pour
accompagner l’expansion des affaires par le biais du réseau, soulevant au passage des
problématiques en quête de règles juridiques. Il s’agit entre autre des règles de formation et
d’exécution du contrat de commerce électronique, traitement juridique des sites internet du
point de vue de la commercialité, de l’épineuse question de la détermination de la loi
applicable au contrat de commerce électronique, de la fiscalité du commerce électronique,
etc.

3. Des retards dans l’accréditation des prestataires de service de certification


électronique

Le règlement UEMOA proclame la force probante identique du document signé


électroniquement et celui signé de manière manuscrite.191

C’est le sens du premier alinéa de son article 22 : « une signature électronique ne


peut être déclarée irrecevable au seul motif qu’elle se présente sous forme électronique ou
qu’elle ne repose pas sur un certificat qualifié ou qu’elle n’est pas créée par un dispositif
sécurisé de création de signature ».192

Toutefois, l’alinéa 2 du même article indique qu’il ne peut y avoir équivalence


parfaite entre signature manuscrite et signature électronique que si cette dernière est liée à un
certificat électronique qualifié. Ce qui suppose le recours à ces procédés techniques visant la
construction d’architecture de la confiance présentés à la seconde section du chapitre
premier de ce travail qui permettent de garantir : l’authentification de l’auteur du message ; la
confidentialité du message ; son intégrité et sa non répudiation.

Malheureusement, comme nous l’avons constaté, la mise en œuvre de ces procédés


techniques est tributaire de prestataires de services de certification électronique, seuls
habilités à délivrer aux usagers un certificat électronique juridiquement fiable.

191
Article du règlement UEMOA.
192
Règlement UEMOA, art.22.

Page 73 sur 73
Les accréditations n’étant pas encore effectives, il est douteux pour ne pas dire peu
probable que le sort de la preuve en matière de paiement électronique connaisse une évolution
significative dans l’immédiat.193En conséquence, on se retrouve à la case départ où l’écrit
électronique ne vaudra que comme commencement de preuve ou à titre de simples
présomptions.

Les textes appelés à encadrer le commerce électronique dans l’espace OHADA se


signalent par leur caractère hétérogène. Cette hétérogénéité trouve son origine dans les
initiatives nationales pour prendre en charge les transactions électroniques.

Les Actes uniformes, les législations nationales et régionales mises en place donnent
du droit du commerce électronique de l’espace OHADA un droit émietté qui est susceptible
d’entrainer des concurrences entre normes mettant ainsi en péril la sécurité juridique tant
recherchée par l’organisation.194

Mais fort malheureusement, au-delà de cette concurrence, les aspects des textes de
l’OHADA ne répondent pas aux réalités techniques du commerce électronique du fait qu’ils
pêchent par actions (référence au support papier), et pêchent par omission (rétrofacturation et
publicité en ligne).

C’est pour toutes ces raisons que nous appelons, pour défaut d’une véritable
harmonisation par le droit OHADA, le législateur Congolais de s’y pencher pour raison que
les transactions électroniques constituent un grand avancement et font preuve dans bien des
cas de plus de sécurité technique qu’un contrat papier car ce dernier est plus susceptible de
falsification que le contrat électronique signé avec des clefs privées de chiffrement
adéquatement certifiées.

193
A. OUATTARA, Technologie et preuve : l’apport mitigé du règlement du 19 septembre 2002 relatif aux
systèmes de paiement dans les Etats membres de l’union Economique et Monétaire Ouest-Africaine
(UEMOA), RLDC., Supp1. n°5, 2004, p.2.
194
Mouhamadou S., op.cit., p. 215.

Page 74 sur 74
SECTION 4. RECOURS AU MODELE QUEBECOIS
1. La règle de la meilleure preuve : une option de poids

La règle de la meilleure preuve veut que la preuve soit la meilleure possible. En


pratique cela équivaut à déposer en preuve l’original. Comment un document électronique
peut-il répondre à cette règle? Le droit de la preuve a-t-il été réévalué? Souvent les tribunaux
ont qualifié les documents électroniques d’originaux, de duplicata ou de copies fiables. Dans
un contexte électronique la notion d’original est problématique, c’est pourquoi la Loi
Uniforme sur la Preuve au Québec était à l’effet que pour satisfaire la règle de la meilleure
preuve, il fallait prouver que le document a été « enregistré ou mis en mémoire par un
système d’archivage électronique dont la fiabilité est démontrée195 ».
Vieux principe de Common Law introduit dans la législation québécoise, la règle de
la meilleure preuve contient des exceptions jurisprudentielles et législatives qui atténuent ses
effets. Face à l’avènement de l’immatériel, la règle de la meilleure preuve a subi un
relâchement et est devenue moins exigeante afin de s’adapter au changement. Dans le
contexte électronique, la notion d’original demeure importante. Pour faciliter la procédure et
diminuer les litiges, la Loi Uniforme sur la preuve a introduit des présomptions de fiabilité du
système d’archivage196.
Le législateur québécois, en adoptant ladite Loi, n’a pas choisi de créer un nouveau
moyen de preuve pour les documents électroniques. Par conséquent, le document
électronique, doit emprunter l’un des moyens de preuve déjà existants. Malgré ceci le
législateur a choisit d’intégrer un nouveau critère dominant, celui de l’intégrité. Donc même
s’il n’a pas introduit une nouvelle forme de moyen de preuve pour cet écrit, il a introduit un
régime de preuve distinct. Nous pouvons mentionner que face à une transaction électronique,
la preuve sera plus complexe car de nombreux éléments tels que l’adresse du contractant, les
éléments de sécurité mis en place pour assurer que l’information n’est pas altérée ainsi que la
preuve que le service ou le produit a été envoyé devront être établis197.

195
Loi Uniforme sur la Preuve Electronique, précitée note 6, art. 4.
196
Vincent GAUTRAIS, disponible à l’adresse :
http://www2.droit.umontreal.ca/cours/ecommerce/DRT6903.htm, consulté le 22 Aout 2018 à 09h41’.
197
Guide juridique du commerçant électronique, version préliminaire, p.96, disponible à l’adresse :
http://132.204.136.33/pob/05/fr/guidefinal.pdf. consulté le 22 Aout 2018 à 09h50’.

Page 75 sur 75
La règle de la meilleure preuve se trouve bouleversée car les mêmes critères
applicables aux documents sur support papier pour permettre aux tribunaux d’apprécier leur
force probante. Un document numérique qui remplit les mêmes fonctions qu’un document
papier sera qualifié d’écrit et les règles de preuve applicables à l’écrit lui seront applicables.
La règle de la meilleure preuve applicable à un document écrit est à l’effet que l’acte
juridique constaté par écrit doit être prouvé par la production de l’original ou une copie qui en
tient lieu.198

Une copie au sens du législateur Québécois peut tenir lieu d’original. Ceci permet
deux formes de reproduction des documents électroniques: la copie et le transfert. Le
document, s’il répond aux exigences législatives aura la même valeur qu’un original. Un
document technologique peut remplir la fonction d’original si son intégrité est assurée et si
ses fonctions sont d’établir que le document est la source première de reproduction, qu’il
présente un caractère unique et qu’il est la forme première d’un document relié à une
personne.199

2. Le principe de la neutralité juridique200 : une solution évidente

Le principe de la neutralité juridique est une innovation du Droit Québécois. Le


législateur traduit le principe de la neutralité juridique sur laquelle se base la Loi sur le contrat
électronique.

A cause du mécanisme d’assimilation mis en place en droit québécois, ce principe


veut que « les dispositions applicables pour déterminer la force probante seront celles du
moyen de preuve choisi comme véhicule ». A titre d’exemple, dans le cas où c’est un écrit
instrumentaire sous sein privé numérique, il fera preuve, à l’égard de ceux contre qui il est
prouvé, de l’acte juridique qu’il renferme et des déclarations des parties qui s’y rapportent
directement.
Pour l’écrit instrumentaire non signé, il fera preuve de son contenu s’il est
habituellement utilisé dans le cours des activités d’une entreprise pour constater un acte

198
Ibidem.
199
Vincent GAUTRAIS, disponible à l’adresse :
http://www2.droit.umontreal.ca/cours/ecommerce/DRT6903.htm, consulté le 22 Aout 2018 à 09h41’.

200
Nicolas VERMEYS, Karim BENYEKHLEF et Vincent GAUTRAIS, « Réflexions juridiques autour de la
terminologie associée aux places d'affaires électroniques », (2004) 38 Revue juridique Thémis, Montréal, 643-
710, disponible à l’adresse : http://www.themis.umontreal.ca/pdf/rjtvol38num3/vermeys.pdf.

Page 76 sur 76
juridique215. En ce qui a trait à la conservation des documents technologiques, il existe des
prescriptions minimales dans la Loi, qui garantissent une valeur probante. Peu importe la
technologie utilisée pour conserver des documents, elle «doit permettre une reproduction
indélébile et fidèle du document et doit permettre de déterminer la date et le lieu de
reproduction216 ». Finalement elle doit être effectuée par une personne compétente217.

SECTION 5. CONSTATS OBSEVES POUR L’AMELIORATION DU DROIT DE LA


PREUVE EN DROIT POSITIF CONGOLAIS

Nous remarquons les défis suivant à relever pour surmonter et apporter amélioration
du droit de la preuve en droit positif congolais : les juges généralistes et insuffisance d’une
politique législative offensive.

Les problèmes récurrents en RDC sont liés à la formation académique ou


professionnelle à caractère généraliste. Il est fréquemment d’usage que l’on se retrouve en
droit des affaires avec des juges formés en toutes les matières du droit, comme dirait-on juge
de tout et de rien en réalité, alors que le droit des affaires OHADA est un droit très spécifique
dont l’administration appelle une spécialité professionnelle.

Dans le système juridique congolais, les mêmes magistrats s’occupent de toutes les
matières que soient pénales, administratives, civiles, sociales, et commerciales avec toutes les
contingences sociopolitiques que cela comporte de sorte qu’il devient parfois impossible de
parler d’une spécialisation quand bien-même que les juridictions sont divisées en sections et
chambres de divers ordres.

La solution résiderait en réalité sur une différenciation des formations magistrales


dans le sens de conférer aux juges des compétences précises au sein des juridictions.

Si la nécessité de rendre plus effectif le droit OHADA des affaires impose de


redynamiser les systèmes judiciaires des pays membres, un supplément d’effort devra être
aussi consenti afin de rendre plus vigoureuse la politique législative.

En outre, la revitalisation du droit Congolais doit passer par une grande


accommodation sociale de son arsenal juridique, une mise en place permanente de meilleures
politiques informatives ainsi qu’une uniformisation de la politique pénale pour pallier à
l’insuffisance d’une politique offensive.

Page 77 sur 77
CONCLUSION

Le commerce électronique soulève des interrogations auxquelles le scientifique du


droit se doit de répondre même si les spécialistes en droit des NTIC sont d’avantage portés à
insister sur les particularités de ce droit201.

Les réflexions sur l’encadrement juridique du commerce électronique ont déjà, en


Europe et en Afrique du Nord fait l’objet de longues et riches études202.

En revanche, en Afrique, des études concernant ce domaine particulier du droit sont


encore rares. Il est donc du devoir des juristes africains d’apporter leur pierre à la construction
de cet édifice; de cette cité encore imparfaite que constitue le droit du commerce
électronique.203

L’inadéquation de la pratique contractuelle du commerce électronique sur Internet


avec l’architecture technique et juridique du contrat électronique est plutôt déconcertante.
Conçue ainsi en marge de l’expérience actuelle du commerce électronique, l’œuvre
législative qui régit le contrat électronique trouve forcement ses rationalités ailleurs, dans une
réalité d’anticipation.204
La transnationalité de champs d’application exige aux Etats une réponse juridique et
juridictionnelle à la fois globale, nationale et locale au regard de la complexité des problèmes
posés par le droit de commerce électronique. Il serait important d’envisager de conclure des
ententes de sécurité qui visent à résoudre certains conflits potentiels tels que l’admissibilité de
ces documents en preuve dans un éventuel conflit.

Un examen sommaire des législations encadrant les nouvelles technologies de


l’information dans l’espace OHADA amène rapidement à conclure qu’elles s’adaptent mal

201
V. GAUTRAIS, Introduction générale : le défi de la protection de la vie privée face au besoin de circulation
de l’information personnelle, Lex Electronica, vol 9, n0 9, 2004, p.2.
202
Idem.
203
Richard DELMAS, L’internet et les chantiers législatifs Européens, Actes du colloque organisé par l’école
Doctorale du droit public et de droit fiscal de l’Université Paris 1, 2000, p.71.
204
Éric LABBÉ, « La multiplicité des normes encadrant le contrat électronique: l’influence de la technologie sur
la production de normes, Le contrat électronique », Conférence organisée par le Programme international de
coopération scientifique (CRDP/CECOJI), Montréal, 19 décembre 2003, www.lex-
electronica.org/articles/v9-
2/labbe2.pdf p.14.

Page 78 sur 78
aux réalités techniques du commerce électronique : alors que certains de leurs dispositions
font encore référence au support papier, ces législations en omettent toute une série d’autres
qui auraient dû y figurer.

Ces imperfections se traduisent notamment par:

 L’inadaptation des textes sur la publicité en ligne fragilisant le cyberconsommateur;


 L’absence de clauses relatives à la rétrofacturation constitutives de garantie à l’acheteur ;
 Le retard dans l’accréditation des prestataires de service de certification électronique ;
 La moindre importance accordée à l’encadrement de la date dans les procédure et
transactions électronique.

Tels, nous avons démontré, sont pertinents pour faire l’objet d’une législation
spécifique en République démocratique du Congo au motif qu’ils constituent les défis que le
droit OHADA lance au droit positif congolais.

La dématérialisation de l’écrit avec les NTIC par exemple, donc une certaine
dématérialisation de la preuve devenue électronique, la notion de preuve implique une
nouvelle définition, un nouveau mode d’élaboration et de nouveaux effets juridiques. C’est
notamment le cas de la signature électronique en tant que preuve205.

Dans le contexte des NTIC, le développement de l’internet est à l’origine de


problèmes juridiques significatifs sans oublier la problématique de l’admission de la preuve et
signature électronique

Pour faire face à ces défis, quelques Etats Africains à l’instar du Sénégal et du
Burkina Faso ont mis en place des textes législatifs à même de combler le vide juridique
laissé par le droit OHADA. Ces textes viennent réglementer le secteur du Commerce
électronique sur le plan national de chacun de ces Etats.

L’apport du droit OHADA dans l’amélioration de l’arsenal juridique congolais des


nouvelles technologies est significatif mais pas aussi pertinent malgré le retard qu’enregistre
le droit Congolais dans la reconnaissance du support électronique et le commerce
électronique.

205
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit, p.25.

Page 79 sur 79
En dépit de la consécration du principe d’assimilation de la signature électronique à
la signature traditionnelle sur papier par plusieurs législations de plusieurs Etats du monde, la
législation de la RDC ne prévoit jusqu’alors aucune résolution en la matière. Or il n’est pas
exclu d’assister au conflit entre les deux signatures, comme par exemple le cas de la
contradiction entre elles.

Pour ce faire, notre problématique a porté autour des questions suivantes :

 Quels sont les défis qui s’imposent au Droit positif Congolais avec l’émergence du
commerce électronique ?
 Quelle est la l’alternative adéquate pour la fiabilité juridique de la preuve électronique en
droit de la preuve Congolais ?

Les hypothèses à ces interrogations étaient les suivantes :

 A fin de résoudre les défis que le droit OHADA lance au droit positif congolais en matière
de commerce électronique la solution serait, à l’instar du Sénégal et du Burkina Faso, de
doter la RDC d‘une législation spécifique, à même de combler le vide juridique créé par
les imperfections évoquées ci-haut.
 Etant donné que le droit Congolais qui régit la preuve ne semble dire quelque chose sur la
preuve électronique206, aussi inefficacité partielle du droit OHADA en la matière traduite
par le retard dans l’accréditation des prestataires de service de certification électronique, la
moindre importance accordée à l’encadrement de la date dans les procédure et transactions
électronique faisant ainsi du principe de l’équivalence fonctionnelle prôné par le droit
OHADA une règle chimérique en RDC du fait que, comme dans la plupart des Etats
Africains, les services spécialisés dans la certification électronique pour la signature
électronique soient quasi inexistante. Ainsi l’alternative adéquate pour le droit congolais
serait la consécration de la règle de la meilleure preuve et du principe de la neutralité
juridique.

L’objectif poursuivi dans ce travail était :

D’une part, de déterminer les défis qui s’imposent au droit positif congolais avec
l’émergence du commerce en ligne, et d’autre part, de cerner l’incidence de l’admission de la

206
Starmans BOFOE LOKANGU, op.cit., p.32.

Page 80 sur 80
preuve électronique en droit OHADA sur le droit de la preuve en droit congolais dans le
contexte du commerce électronique.

Pour atteindre nos objectifs, nous avons eu recours à la méthodologie juridique,


assistée par la méthode d’exégèse juridique, l’approche comparatiste et la technique
documentaire ainsi que celle de l’observation libre.

Aux termes de notre recherche, nous soutenons que :

 Le commerce électronique en droit OHADA est confronté par plusieurs imperfections dont
les plus évidentes sont citées dans les lignes précédentes ;
 L’admission de la preuve électronique en droit positif congolais passe par la concrétisation
de la règle de la meilleure preuve ainsi que du principe de la neutralité juridique en matière
de preuve de contrat électronique passé lors de la vente en ligne ;
 Etant donné que le législateur ne devrait accepter de faire la loi que s’il y croit, non pas à
la loi mais à la nécessité d’en faire. Il est pertinent que le législateur congolais agisse dans
le sens du Sénégal et du Burkina Faso qui, bien qu’aussi signataires du Traité OHADA,
ont réglementé le secteur du commerce électronique pour combler les lacunes du droit
OHADA n’ayant pas suffisamment éclairé la question du commerce électronique à travers
l’AUDCG ;
 L’apport partiel du droit OHADA sur le commerce électronique justifie le choix que nous
portons quant aux propositions précédentes.

Ces résultats ont par conséquent confirmés nos hypothèses de départ. Nous sommes
convaincu que le commerce électronique et la preuve électronique ont encore un long chemin
à faire en Afrique en général et en RDC.

Dans ce sens, nous recommandons à l’Etat congolais de :

 Légiférer le secteur du commerce électronique pour palier aux évidentes insuffisances du


droit OHADA ;
 Considérer la concrétisation effective du principe de la neutralité juridique en matière de
preuve de contrat électronique passé lors de la vente en ligne.

Cette recommandation est une interpellation de l’autorité chargée d’édicter les


normes juridiques dans la société. Si les vertiges qu’entrainent les nouvelles technologies

Page 81 sur 81
empêchent l’Etat de remplir sa fonction normative, le danger est d’autant plus grand que dans
le cas qui concerne l’Internet, la population semble abandonnée à la merci des commerçants
indélicats qui vendent du vent dès lors qu’ils ont l’assurance qu’aucune poursuite judiciaire
ne pourra être engagée à leur encontre.

Ce travail ne se limite pas au simple constat d’un vide juridique en ce qui concerne
les NTIC en RDC. Il propose, de lege ferenda, ce que l’Etat congolais devrait faire pour
éviter la fraude en cette matière et assurer une plus grande protection du citoyen.

Il faut espérer que le législateur prendra à son compte cette riche mine d’information
pour doter le pays d’une législation digne du 21e siècle. Plus qu’un simple souhait, cette
étude se veut d’inspirer d’autres études en la matière non seulement pour l’accessibilité aux
nouvelles technologies, mais aussi et surtout pour éviter que les règles du droit de commerce
international soient produites exclusivement ailleurs. Il s’agit aussi d’affirmer la souveraineté
de l’Etat Congolais.

En définitif, le sujet ayant fait objet de notre recherche est vaste et pertinent : cette
réflexion est précisément une prospective sur l’encadrement juridique du commerce
électronique en RDC en réponse à l’apport partiel du droit OHADA en partant des
expériences du Burkina Faso et du Sénégal.

Avec toute humilité, loin de nous la prétention d’avoir épuisé tous les aspects et
contours de ce champ de recherche. De ce fait nous invitons d’autres chercheurs à nous
compléter en abordant plusieurs autres sujets de recherche liés au commerce électronique en
Afrique et plus particulièrement en RDC.

Nous suggérons les sujets suivants pour apporter encore plus de lumière dans la
matière :

• La sécurité juridique du commerce électronique dans l’espace OHADA : mythe ou


réalité ?
• De l’uniformisation du droit OHADA sur le commerce électronique.
• De l’individualisme juridique du droit de commerce dans l’espace OHADA.

Page 82 sur 82
BIBLIOGRAPHIE

Législations nationales, régionales et internationales-Traités

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ntic.net/Inauguration-du-Centre-de.html .
8. www.juriscope.org/programme-ohada/ohada-juriscope.htm.
9. www.ohada.org/index.php/fr/actes-uniformes-de-l’ohada.
10. www.ohada.org.

Page 88 sur 88
TABLE DES MATIḔRES

RESUME……………………………………………………………………………………… i

EPIGRAPHE………………………………………………………………………………..... ii

DEDICACE………………………………………………………………………………….. iii

REMERCIEMENT……………………………………………………………………........... iv

SIGLES, ABREVIATIONS ET
ACRONYMES………………………………………………………………………............. .v

SOMMAIRE ………………………………………………………………………………… vi

0. INTRODUCTION
…………………………………………………………………..1
0.1 ÉTAT DE LA QUESTION ......................................................................................... 8

0.2. PROBLÉMATIQUE ................................................................................................. 13

0.3. HYPOTHÈSES .......................................................................................................... 17

0.4. CADRE METHODOLOGIQUE ............................................................................... 17

0.5. OBJECTIFS ET INTERET DU TRAVAIL .............................................................. 19

0.6. DÉLIMITATION DU SUJET ................................................................................... 19

0.7. PLAN SOMMAIRE .................................................................................................. 20

Page 89 sur 89
CHAPITRE PREMIER : DES CONSIDERATIONS GENERALES ..................................... 21

SECTION 1 : DE LA PREUVE EN DROIT CONGOLAIS ............................................... 21

1. Notion de la preuve en droit congolais ...................................................................... 21

2. Types de preuve en droit positif congolais ................................................................ 21

2.1. Preuves prévues par le code civil ........................................................................... 22

2.1.1. Preuves parfaites ................................................................................................ 22

2.1.2. Preuves imparfaites ............................................................................................ 27

2.2. Preuves consacrées par le code de procédure civile : ............................................ 29

2.2.1. Expertise ............................................................................................................. 29

2.2.2. Visite des lieux .................................................................................................... 29

2.2.3. Comparution personnelle des parties ................................................................ 30

SECTION 2. DE LA PREUVE ELECTRONIQUE ............................................................. 30

1. La signature électronique........................................................................................... 31

1.1. Création de la signature électronique ..................................................................... 31

1.2. Mécanisme de la signature électronique ................................................................ 32

2. La mise en œuvre de la signature électronique en droit français (modèle


d’innovation) ..................................................................................................................... 32

3. Sources du droit de la preuve en droit positif congolais............................................ 34

4. Principes directeurs de la preuve en droit congolais ................................................. 35

4.1. En matière pénale ................................................................................................... 35

4.2. En matière civile .................................................................................................... 35

SECTION 3. DE LA VENTE............................................................................................... 36

1. Notion ........................................................................................................................ 36

2. Formation du contrat de vente ................................................................................... 37

2.1. La négociation précontractuelle : ........................................................................... 38

2.2. La formation des liens contractuels ....................................................................... 38

3. Le transfert de propriété et des risques ...................................................................... 39

Page 90 sur 90
4. les effets juridiques de la vente commerciale : .......................................................... 39

SECTION 4. DE LA VENTE EN LIGNE ........................................................................... 40

1. Définition du commerce électronique ....................................................................... 40

2. Bref historique du commerce électronique (e-commerce) ........................................ 43

3. Sortes de e-commerce :.............................................................................................. 44

4. Commerce électronique objet de notre étude ............................................................ 45

5. Quelques Cadres réglementaires du commerce électronique .................................... 45

5.1. Sur le plan international ......................................................................................... 45

5.2. Europe : .................................................................................................................. 46

5.3. En droit interne : .................................................................................................... 46

CHAPITRE DEUXIEME : LE DROIT CONGOLAIS A L’EPREUVE DU COMMERCE


ELECTRONIQUE ................................................................................................................... 48

SECTION 1. DE LA COMPATIBILITE DU DROIT OHADA AVEC LE COMMERCE


ELECTRONIQUE ................................................................................................................ 48

1. Le commerce électronique et l’article 2 du traité OHADA....................................... 48

2. Les potentialités du commerce électronique dans l’espace OHADA........................ 49

SECTION 2. DE LA PERTINENCE DES ACTES UNIFORMES ..................................... 50

1. L’offre ........................................................................................................................ 51

2. L’acceptation ............................................................................................................. 53

SECTION 3 : DE L’INADAPTATION DES TEXTES APPLICABLES AU COMMERCE


ELECTRONIQUE ................................................................................................................ 54

1. Les insuffisances liées à des domaines décisifs de la cyberconsommation............... 55

1.1. Eclatement des règles juridiques encadrant la publicité en ligne........................... 55

1.2. La dissémination des dispositions régissant la publicité........................................ 55

1.3. Un oubli inexplicable : la publicité ciblée ............................................................. 56

2. Réglementation inachevée du paiement électronique : Absence de clauses relatives a


la rétrofacturation .............................................................................................................. 57

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SECTION 4. DES INITIATIVES NATIONALES EN AFRIQUE D’ADOPTION DE
LEGISLATIONS SUR LE COMMERCE ELECTRONIQUE : CAS DU BURKINA FASO
ET DU SENEGAL ............................................................................................................... 59

1. le Burkina Faso .......................................................................................................... 59

2. le Sénégal ................................................................................................................... 60

SECTION 5 : DE LA SITUATION DU COMMERCE ELECTRONIQUE


EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ........................................................ 62

CHAPITRE TROISIEME : DE LA PREUVE ELECTRONIQUE EN DROIT POSITIF


CONGOLAIS ........................................................................................................................... 63

SECTION 1. DE LA CREATION ET DES OBJECTIFS DU DROIT OHADA : ............. 63

SECTION 2 : DES ACTES UNIFORMES DU DROIT OHADA ...................................... 66

1. Droit commercial général .......................................................................................... 66

2. Droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique................ 67

3. Droit des sûretés ........................................................................................................ 67

4. Procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution............................ 68

5. Procédures collectives d’apurement du passif ........................................................... 68

6. Droit de l’arbitrage .................................................................................................... 68

7. Organisation et harmonisation de la compatibilité des entreprises ........................... 69

8. Contrat de transport de marchandises par route ........................................................ 69

9. Société coopératives .................................................................................................. 69

SECTION 3: DE RECOURS DU DROIT POSITIF CONGOLAIS AU DROIT OHADA 70

1. Opportunités de la preuve électronique ..................................................................... 70

1.1. Equivalence à la preuve écrite sur support papier.................................................. 70

1.2. Sécurité des cyberconsommateurs ......................................................................... 72

2. Insuffisance du droit OHADA sur la preuve ............................................................. 72

3. Des retards dans l’accréditation des prestataires de service de certification


électronique ....................................................................................................................... 73

SECTION 4. RECOURS AU MODELE QUEBECOIS ...................................................... 75

Page 92 sur 92
1. La règle de la meilleure preuve : une option de poids ............................................... 75

2. Le principe de la neutralité juridique : une solution évidente ................................... 76

SECTION 5. CONSTATS OBSEVES POUR L’AMELIORATION DU DROIT DE LA


PREUVE EN DROIT POSITIF CONGOLAIS ................................................................... 77

CONCLUSION ........................................................................................................................ 78

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 83

TABLE DES MATIḔRES ....................................................................................................... 89

Page 93 sur 93
OHADA

Traité OHADA modifié par le traité de Québec


Traité de Port-Louis du 17 octobre 1993

Modifié par le Traité de Québec du 17 octobre 2008

[NB - Traite relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA), fait à Port-
Louis, le 17 octobre 1993.

Modifié par le Traité de Québec du 17 octobre 2008]

Préambule
Le Président de la République du BENIN, Le Président du BURKINA FASO, Le Président
de la République du CAMEROUN, Le Président de la République CENTRAFRICAINE, Le
Président de la République Fédérale Islamique des COMORES, Le Président de la
République du CONGO, Le Président de la République de CÔTE-D’IVOIRE, Le Président
de la République GABONAISE, Le Président de la République de GUINEE EQUATORIA-
LE, Le Président de la République du MALI, Le Président de la République du NIGER, Le
Président de la République du SENEGAL, Le Président de la République du TCHAD, Le
Président de la République TOGOLAISE, Hautes parties contractantes au Traité relatif à
l’harmonisation du droit des affaires en Afrique,

• déterminés à accomplir de nouveaux progrès sur la voie de l’unité africaine et à établir un


courant de confiance en faveur des économies de leurs pays en vue de créer un nouveau
pôle de développement en Afrique ;
• réaffirmant leur engagement en faveur de l’institution d’une communauté économique
africaine ;
• convaincus que l’appartenance à la zone franc, facteur de stabilité économique et
monétaire, constitue un atout majeur pour la réalisation progressive de leur intégration
économique et que cette intégration doit également être poursuivie dans un cadre africain
plus large ;
• persuadés que la réalisation de ces objectifs suppose la mise en place dans leurs Etats
d’un Droit des Affaires harmonisé, simple, moderne et adapté, afin de faciliter l’activité
des entreprises ;
• conscients qu’il est essentiel que ce droit soit appliqué avec diligence, dans les conditions
propres à garantir la sécurité juridique des activités économiques, afin de favoriser l’essor
de celles-ci et d’encourager l’investissement ;
• désireux de promouvoir l’arbitragecomme instrument de règlement des différends
contractuels ;

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• décidés à accomplir en commun denouveaux efforts en vue d’améliorer la formation des
magistrats et des auxi-liaires de justice ;

Conviennent de ce qui suit:

Titre 1 - Dispositions générales


Art.1.- Le présent Traité a pour objetl’harmonisation du droit des affaires dans les Etats -
Parties par l’élaboration et l’adoption de règles communes simples, modernes et adaptées à la
situation de leurs économies, par la mise en œuvre de procé-dures judiciaires appropriées, et
par l’encouragement au recours à l’arbitrage pour le règlement des différends contrac-tuels.
Art.2.- Pour l’application du présent Trai-té, entrent dans le domaine du droit des affaires
l’ensemble des règles relatives au droit des sociétés et au statut juridique des commerçants,
au recouvrement des créan-ces, aux sûretés et aux voies d’exécution, au régime du
redressement des entreprises et de la liquidation judiciaire, au droit de l’arbitrage, au droit du
travail, au droit comptable, au droit de la vente et des transports, et toute autre matière que le
Conseil des Ministres déciderait, à l’unanimité, d’y inclure, conformément à l’objet du
présent Traité et aux disposi-tions de l’article 8 ci-après.

Art.3.- (Québec 2008)La réalisation destâches prévues au présent Traité est assu-rée par une
organisation dénommée Orga-nisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires
(OHADA).

L’OHADA comprend la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, le Conseil des


Ministres, la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage et le Secrétariat Permanent.

Le siège de l’OHADA est fixé à Yaoundé en République du Cameroun. Il peut être transféré
en tout autre lieu sur décision de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gou-vernement.
Art.4.- (Québec 2008)Des règlementspour l’application du présent Traité et des décisions
seront pris, chaque fois que de besoin, par le Conseil des Ministres, à la majorité absolue.

Titre 2 - Les actes uniformes


Art.5. - Les actes pris pour l’adoption desrègles communes prévues à l’article 1 du présent
Traité sont qualifiés « actes uni-formes ».

Les actes uniformes peuvent inclure des dispositions d’incrimination pénale. Les Etats-
Parties s’engagent à déterminer les sanctions pénales encourues.

Art.6. - Les actes uniformes sont préparéspar le Secrétariat Permanent en concerta-tion avec
les gouvernements des Etats-Parties. Ils sont délibérés et adoptés par le Conseil des Ministres
après avis de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage.

Art.7.- (Québec 2008)Les projets d’Actesuniformes sont communiqués par le Secré-tariat


Permanent aux Gouvernements des Etats parties, qui disposent d’un délai de quatre-vingt-dix
jours à compter de la date de la réception de cette communication pour faire parvenir au
Secrétariat Perma-nent leurs observations écrites.

Page 95 sur 95
Toutefois, le délai prévu à l’alinéa premier peut être prorogé d’une durée équivalente en
fonction des circonstances et de la nature du texte à adopter, à la diligence du Se-crétariat
Permanent.

A l’expiration de ce délai, le projet d’Acte uniforme, accompagné des observations des Etats
parties et d’un rapport du Secré-tariat Permanent, est immédiatement transmis pour avis par
ce dernier à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage. La Cour donne son avis dans un
délai de soixante jours à compter de la date de la réception de la demande de consultation.

A l’expiration de ce nouveau délai, le Se-crétariat Permanent met au point le texte définitif du


projet d’Acte uniforme, dont il propose l’inscription à l’ordre du jour du prochain Conseil des
Ministres.

Art.8.- L’adoption des actes uniformes parle Conseil des Ministres requiert l’unani-mité des
représentants des Etats-Parties présents et votants.

L’adoption des actes uniformes n’est vala-ble que si les deux tiers au moins des Etats-Parties
sont représentés.
L’abstention ne fait pas obstacle à l’adoption des actes uniformes.

Art.9.- (Québec 2008)Les Actes unifor-mes sont publiés au Journal officiel de l’OHADA par
le Secrétariat Permanent dans les soixante jours suivant leur adop-tion. Ils sont applicables
quatre-vingt dix jours après cette publication, sauf modali-tés particulières d’entrée en
vigueur pré-vues par les Actes uniformes.

Ils sont également publiés dans les Etats parties, au Journal officiel ou par tout autre moyen
approprié. Cette formalité n’a au-cune incidence sur l’entrée en vigueur des Actes uniformes.

Art.10.- Les actes uniformes sont directe-ment applicables et obligatoires dans les Etats-
Parties, nonobstant toute disposition contraire de droit interne, antérieure ou postérieure.

Art.11.- Le Conseil des Ministres approu-ve sur proposition du Secrétaire permanent le


programme annuel d’harmonisation du droit des affaires.

Art.12.- (Québec 2008)Les Actes unifor-mes peuvent être modifiés, à la demande de tout
Etat Partie ou du Secrétariat Per-manent, après autorisation du Conseil des Ministres.
La modification intervient dans les condi-tions prévues par les articles 6 à 9 ci-dessus.

Titre 3 - Le contentieux relatif à l’interprétation et à l’application des actes


uniformes
Art.13.- Le contentieux relatif àl’application des actes uniformes est réglé en première
instance et en appel par les juridictions des Etats-Parties.
Art.14.- (Québec 2008)La Cour Commu-ne de Justice et d’Arbitrage assure l’interprétation
et l’application communes du Traité ainsi que des règlements pris pour son application, des
actes uniformes et des décisions.

La Cour peut être consultée par tout Etat Partie ou par le Conseil des ministres sur toute
question entrant dans le champ de l’alinéa précédent. La même faculté de sol-liciter l’avis

Page 96 sur 96
consultatif de la Cour est re-connue aux juridictions nationales saisies en application de
l’article 13 ci-dessus.

Saisie par la voie du recours en cassation, la Cour se prononce sur les décisions ren-dues par
les juridictions d’Appel des Etats Parties dans toutes les affaires soulevant des questions
relatives à l’application des actes uniformes et des règlements prévus au présent Traité à
l’exception des déci-sions appliquant des sanctions pénales.

Elle se prononce dans les mêmes condi-tions sur les décisions non susceptibles d’appel
rendues par toute juridiction des Etats Parties dans les mêmes contentieux.
En cas de cassation, elle évoque et statue sur le fond.

Art.15.- Les pourvois en cassation prévusà l’article 14 ci-dessus sont portés devant la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage, soit directement par l’une des parties à l’instance, soit
sur renvoi d’une juridiction nationale statuant en cassation saisie d’une affaire soulevant des
questions relatives à l’application des actes unifor-mes.

Art.16.- La saisine de la Cour Communede Justice et d’Arbitrage suspend toute procédure de


cassation engagée devant une juridiction nationale contre la décision at-taquée. Toutefois
cette règle n’affecte pas les procédures d’exécution.

Une telle procédure ne peut reprendre qu’après arrêt de la Cour Commune de Justice et
d’Arbitrage se déclarant incom-pétente pour connaître de l’affaire.

Art.17.- (Québec 2008)L’incompétencemanifeste de la Cour Commune de Justice et


d’Arbitrage peut être soulevée d’office ou par toute partie au litige in limine litis.

La Cour se prononce dans les trente jours qui suivent la date de réception des obser-vations
de la partie adverse ou celle
d’expiration du délai imparti pour la pré-sentation desdites observations.
Art.18.- Toute partie qui, après avoir sou-levé l’incompétence d’une juridiction na-tionale
statuant en cassation estime que cette juridiction a, dans un litige la concer-nant, méconnu la
compétence de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage peut saisir cette dernière dans un
délai de deux mois à compter de la notification de la dé-cision contestée.

La Cour se prononce sur sa compétence par un arrêt qu’elle notifie tant aux parties qu’à la
juridiction en cause.

Si la Cour décide que cette juridiction s’est déclarée compétente à tort, la décision rendue par
cette juridiction est réputée nul-le et non avenue.

Art.19.- La procédure devant la CourCommune de Justice et d’Arbitrage est fixée par un


Règlement adopté par le Conseil des Ministres dans les conditions prévues à l’article 8 ci-
dessus publié au journal officiel de l’OHADA. Il est égale-ment publié au journal officiel des
Etats - Parties ou par tout autre moyen approprié.

Cette procédure est contradictoire. Le mi-nistère d’un avocat est obligatoire. L’audience est
publique.
Art.20.- Les arrêts de la Cour Communede Justice et d’Arbitrage ont l’autorité de la chose
jugée et la force exécutoire. Ils reçoivent sur le territoire de chacun des Etats-Parties une
exécution forcée dans les mêmes conditions que les décisions des juridictions nationales.
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Dans une même affaire, aucune décision contraire à un ar-rêt de la Cour Commune de Justice
et d’Arbitrage ne peut faire l’objet d’une exécution forcée sur le territoire d’un Etat Partie.

Titre 4 - L’arbitrage
Art.21.- En application d’une clause com-promissoire ou d’un compromis d’arbitra-ge, toute
partie à un contrat, soit que l’une des parties ait son domicile ou sa résidence habituelle dans
un des Etats-Parties, soit que le contrat soit exécuté ou à exécuter en tout ou partie sur le
territoire d’un ou plu-sieurs Etats-Parties, peut soumettre un dif-férend d’ordre contractuel à
la procédure d’arbitrage prévue par le présent titre.

La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage ne tranche pas elle-même les différends. Elle
nomme ou confirme les arbitres, est informée du déroulement de l’instance, et examine les
projets de sen-tences, conformément à l’article 24 ci-après.

Art.22.- Le différend peut être tranché parun arbitre unique ou par trois arbitres. Dans les
articles suivants, l’expression « l’arbitre » vise indifféremment le ou les arbitres.

Lorsque les parties sont convenues que le différend sera tranché par un arbitre uni-que, elles
peuvent le désigner d’un com-mun accord pour confirmation par la Cour. Faute d’entente
entre les parties dans un délai de trente jours à partir de la notifica-tion de la demande
d’arbitrage à l’autre partie, l’arbitre sera nommé par la Cour.

Lorsque trois arbitres ont été prévus, cha-cune des parties - dans la demande d’arbitrage ou
dans la réponse à celle-ci - désigne un arbitre indépendant pour confirmation par la Cour. Si
l’une des par-ties s’abstient, la nomination est faite par la Cour. Le troisième arbitre qui
assume la présidence du tribunal arbitral est nommé par la Cour, à moins que les parties
n’aient prévu que les arbitres qu’elles ont désignés
devraient faire choix du troisième arbitre dans un délai déterminé. Dans ce dernier cas, il
appartient à la Cour de confirmer le troisième arbitre. Si, à l’expiration du délai fixé par les
parties ou imparti par la Cour, les arbitres désignés par les parties n’ont pu se mettre
d’accord, le troisième arbitre est nommé par la Cour.

Si les parties n’ont pas fixé d’un commun accord le nombre des arbitres, la Cour nomme un
arbitre unique, à moins que le différend ne lui paraisse justifier la dési-gnation de trois
arbitres. Dans ce dernier cas, les parties disposeront d’un délai de quinze jours pour procéder
à la désignation des arbitres.

Les arbitres peuvent être choisis sur la liste des arbitres établie par la Cour et mise à jour
annuellement. Les membres de la Cour ne peuvent pas être inscrits sur cette liste.

En cas de récusation d’un arbitre par une partie, la Cour statue. Sa décision n’est pas
susceptible de recours.

Il y a lieu à remplacement d’un arbitre lorsqu’il est décédé ou empêché, lorsqu’il doit se
démettre de ses fonctions à la suite d’une récusation ou pour tout autre motif, ou lorsque la
Cour, après avoir recueilli ses observations, constate qu’il ne remplit pas ses fonctions
conformément aux stipula-tions du présent titre ou du règlement d’arbitrage, ou dans les
délais impartis. Dans chacun de ces cas, il est procédé conformément aux deuxième et
troisième alinéas.

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Art.23.- Tout tribunal d’un Etat Partie sai-si d’un litige que les parties étaient conve-nues de
soumettre à l’arbitrage se déclarera incompétent si l’une des parties le deman-de, et renverra
le cas échéant à la procédu-re d’arbitrage prévue au présent Traité.

Art.24.- Avant de signer une sentence par-tielle ou définitive, l’arbitre doit en sou-mettre le
projet à la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage. Celle-ci ne peut proposer que des
modifications de pure forme.

Art.25.- Les sentences arbitrales renduesconformément aux stipulations du présent titre ont
l’autorité définitive de la chose jugée sur le territoire de chaque Etat Partie au même titre que
les décisions rendues par les juridictions de l’Etat.
Elles peuvent faire l’objet d’une exécution forcée en vertu d’une décision d’exe-quatur.

La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage a seule compétence pour ren-dre une telle
décision. L’exequatur ne peut être refusé que dans les cas suivants :

• 1° si l’arbitre a statué sans conventiond’arbitrage ou sur une convention nulle ou expirée ;


• 2° si l’arbitre a statué sans se confor-mer à la mission qui lui avait été confé-rée ;
• 3° lorsque le principe de la procédurecontradictoire n’a pas été respecté ;
• 4° si la sentence est contraire à l’ordrepublic international.

Art.26.- Le Règlement d’arbitrage de laCour Commune de Justice et d’Arbitrage est fixé par
le Conseil des Ministres dans les conditions prévues à l’article 8 ci-dessus. Il est publié au
Journal Officiel de l’OHADA. Il est également publié au Journal Officiel des Etats- Parties
ou par tout autre moyen approprié.

Titre 5 - Les institutions


Art.27.- (Québec 2008)1) La Conférencedes Chefs d’Etat et de Gouvernement est composée
des Chefs d’Etat et de Gouver-nement des Etats parties. Elle est présidée par le Chef de l’Etat
ou de Gouvernement dont le pays assure la présidence du Conseil des Ministres.

Elle se réunit en tant que de besoin, sur convocation de son Président, à son initia-tive ou à
celle du tiers des Etats parties.
Elle statue sur toute question relative au Traité.
La Conférence ne délibère valablement que si les deux tiers des Etats parties sont représentés.

Les décisions de la Conférence sont prises par consensus ou, à défaut, à la majorité absolue
des Etats présents.

2) Le Conseil des Ministres est composé des ministres chargés de la Justice et des Finances
des Etats parties.

La présidence du Conseil des Ministres est exercée à tour de rôle et par ordre alphabé-tique,
pour une durée d’un an, par chaque Etat Partie.
Le Président du Conseil des Ministres est assisté par le Secrétaire Permanent.
Les Etats adhérents assurent pour la pre-mière fois la présidence du Conseil des Ministres
dans l’ordre de leur adhésion, après le tour des pays signataires du Traité.
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Si un Etat partie ne peut exercer la prési-dence du Conseil des Ministres pendant l’année où
elle lui revient, le Conseil dési-gne, pour exercer cette présidence, l’Etat venant
immédiatement après, dans l’ordre prévu aux alinéas précédents.

Toutefois, l’Etat précédemment empêché qui estime être en mesure d’assurer la pré-sidence
en saisit, en temps utile, le Secré-taire Permanent, pour décision à prendre par le Conseil des
Ministres.

Art.28.- Le Conseil des Ministres se réunitau moins une fois par an sur convocation de son
Président, à l’initiative de celui-ci, ou du tiers des Etats-Parties. Il ne peut va-lablement
délibérer que si les deux tiers au moins des Etats-Parties sont représentés.

Art.29.- Le Président du Conseil des Mi-nistres arrête l’ordre du jour du Conseil sur la
proposition du Secrétaire permanent.

Art.30.- Les décisions du Conseil des Mi-nistres autres que celles prévues à l’article 8 ci-
dessus sont prises à la majorité abso-lue des Etats-Parties présents et votants. Chacun des
Etats dispose d’une voix.

Art.31.- (Québec 2008)La Cour Commu-ne de Justice et d’Arbitrage est composée de neuf
juges.

Toutefois le Conseil des Ministres peut, compte tenu des nécessités de service et des
possibilités financières, fixer un nom-bre de juges supérieur à celui prévu à l’alinéa
précédent.

Les Juges de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage sont élus pour un mandat de sept
ans non renouvelable, parmi les res-sortissants des Etats Parties. Ils sont choi-sis parmi:

• 1° les magistrats ayant acquis une ex-périence professionnelle d’au moins quinze années et
réunissant les condi-tions requises pour l’exercice dans leurs pays respectifs de hautes
fonc-tions judiciaires ;
• 2° les avocats inscrits au Barreau del’un des Etats parties, ayant au moins quinze années
d’expérience profes-sionnelle ;
• 3° les professeurs de droit ayant aumoins quinze années d’expérience pro-fessionnelle.

Un tiers des membres de la Cour doit ap-partenir aux catégories visées aux points 2 et 3 de
l’alinéa précédent.
La Cour ne peut comprendre plus d’un res-sortissant du même Etat.

Les modalités d’application du présent ar-ticle seront précisées par le règlement pré-vu à
l’article 19 ci-dessus.

Art.32.- Les membres de la Cour sont élusau scrutin secret par le Conseil des Minis-tres sur
une liste de personnes présentées à cet effet par les Etats- Parties. Chaque Etat Partie peut
présenter deux candidats au plus.

Art.33.- Le Secrétaire permanent invite lesEtats-Parties à procéder, dans un délai d’au moins
quatre mois, avant les élections, à la présentation des candidats à la Cour. Le Secrétaire
permanent dresse la liste alpha-bétique des personnes ainsi présentées et la communique un
mois au moins avant les élections aux Etats-Parties.

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Art.34.- Après leur élection, les membresde la Cour font la déclaration solennelle de bien et
fidèlement remplir leurs fonctions en toute impartialité.

Art.35.- En cas de décès d’un membre dela Cour, le Président de la Cour en informe
immédiatement le Secrétaire permanent, qui déclare le siège vacant à partir de la date du
décès.

En cas de démission d’un membre de la Cour ou si, de l’avis unanime des autres membres de
la Cour, un membre a cessé de remplir ses fonctions pour toute autre cause qu’une absence de
caractère tempo-raire, ou n’est plus en mesure de les rem-plir, le Président de la Cour, après
avoir invité l’intéressé à présenter à la Cour ses observations orales en informe le Secrétai-re
Permanent, qui déclare alors le siège vacant.

Dans chacun des cas prévus ci- dessus, le Conseil des Ministres procède, dans les conditions
prévues aux articles 32 et 33 ci-dessus, au remplacement du membre dont le siège est devenu
vacant, pour la fraction du mandat restant à courir, sauf si cette fraction est inférieure à six
mois.
Art.36.- Les membres de la Cour sontinamovibles.
Tout membre de la Cour conserve son mandat jusqu’à la date d’entrée en fonction de son
successeur.

Art.37.- La Cour élit en son sein, pour unedurée de trois ans et demi non renouvela-ble, son
Président et ses deux Vice-Présidents. Les membres de la Cour dont le mandat restant à
courir à la date de l’élection est inférieur à cette durée peu-vent être élus pour exercer ces
fonctions jusqu’à l’expiration dudit mandat. Ils peu-vent être renouvelés dans ces fonctions
s’ils sont élus par le Conseil des Ministres pour exercer un nouveau mandat de mem-bre de la
Cour. Aucun membre de la Cour ne peut exercer des fonctions politiques ou administratives.
L’exercice de toute activi-té rémunérée doit être autorisé par la Cour.

Art.38.- La durée du mandat des sept ju-ges nommés simultanément pour la consti-tution
initiale de la Cour sera respective-ment de trois ans, quatre ans, cinq ans, six ans, sept ans,
huit ans et neuf ans. Elle sera déterminée pour chacun d’eux par tirage au sort effectué en
Conseil des Ministres par le Président du Conseil. Le premier renouvellement de la Cour aura
lieu trois ans après la constitution initiale de celle-ci.

Art.39.- (Québec 2008)Le Président de laCour Commune de Justice et d’Arbitrage nomme le


Greffier en chef de la Cour après avis de celle-ci, parmi les greffiers en chef ayant exercé
leurs fonctions pen-dant au moins quinze ans et présentés par les Etats Parties.

Après avis de la Cour, le Président nomme également le Secrétaire Général chargé d’assister
celle-ci dans l’exercice de ses attributions d’administration de l’arbitrage, selon les critères
définis par un règlement du Conseil des Ministres.

Il pourvoit, sur proposition, selon les cas, du Greffier en chef ou du Secrétaire Géné-ral, aux
autres emplois.

Art.40.- (Québec 2008)Le SecrétariatPermanent est l’organe exécutif de l’OHADA. Il est


dirigé par un Secrétaire Permanent nommé par le Conseil des Mi-nistres pour un mandat de
quatre ans re-nouvelable une fois.
Le Secrétaire Permanent représente l’OHADA. Il assiste le Conseil des Minis-tres.

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La nomination et les attributions du Secré-taire Permanent ainsi que l’organisation et le
fonctionnement du Secrétariat Perma-nent sont définis par un règlement du Conseil des
Ministres.

Art.41.- (Québec 2008)Il est institué unétablissement de formation, de perfection-nement et


de recherche en droit des affai-res dénommé Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature
(E.R.SU.MA.).
L’établissement est rattaché au Secrétariat Permanent.

La dénomination et l’orientation de l’établissement peuvent être changées par un règlement


du Conseil des Ministres.

L’établissement est dirigé par un Directeur Général nommé par le Conseil des Minis-tres
pour un mandat de quatre ans renouve-lable une fois.

L’organisation, le fonctionnement, les res-sources et les prestations de l’établisse-ment sont


définis par un règlement du Conseil des Ministres.

Art.42.- (Québec 2008)Les langues detravail de l’OHADA sont : le français, l’anglais,


l’espagnol et le portugais.

Avant traduction dans les autres langues, les documents déjà publiés en français produisent
tous leurs effets. En cas de di-vergence entre les différentes traductions, la version française
fait foi.

Titre 6 - Dispositions financières


Art.43.- (Québec 2008)Les ressources del’OHADA sont composées notamment :

• a) des contributions annuelles des Etatsparties dont les modalités sont définies par un
règlement du Conseil des Mi-nistres ;
• b) des concours prévus par les conven-tions conclues par l’OHADA avec des Etats ou des
organisations internationa-les ;
• c) de dons et legs.

Les contributions annuelles des Etats par-ties sont arrêtées par le Conseil des Minis-tres.
Le Conseil des Ministres approuve les conventions prévues au paragraphe b et accepte les
dons et legs prévus au paragra-phe c.

Art.44.- Le barème des tarifs de la procé-dure d’arbitrage instituée par le présent Traité ainsi
que la répartition des recettes correspondantes sont approuvés par le Conseil des Ministres.

Art.45.- (Québec 2008)Le budget annuelde l’OHADA est adopté par le Conseil des
Ministres.

Les comptes de l’exercice clos sont certi-fiés par des commissaires aux comptes dé-signés
par le Conseil des Ministres. Ils sont approuvés par le Conseil des Minis-tres.

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Titre 7 - Statut, immunités et privilèges
Art.46.- L’OHADA a la pleine personnali-té juridique internationale. Elle a en parti-culier la
capacité :

• a) de contracter ;
• b) d’acquérir des biens meubles et im-meubles et d’en disposer ;
• c) d’ester en justice.

Art.47.- Afin de pouvoir remplir ses fonc-tions, l’OHADA jouit sur le territoire de chaque
Etat Partie des immunités et privi-lèges prévus au présent titre.
Art.48.- L’OHADA, ses biens et sesavoirs ne peuvent faire l’objet d’aucune

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action judiciaire, sauf si elle renonce à cet-te immunité.

Art.49.- (Québec 2008)Dans les condi-tions déterminées par un Règlement, les fonctionnaires
et employés de l’OHADA, les juges de la Cour commune de justice et d’arbitrage ainsi que
les arbitres nommés ou confirmés par cette dernière jouissent dans l’exercice de leurs
fonctions des pri-vilèges et immunités diplomatiques.

Les immunités et privilèges mentionnés ci-dessus peuvent être, selon les circonstan-ces, levés
par le Conseil des Ministres.

En outre, les juges ne peuvent être pour-suivis pour des actes accomplis en dehors de
l’exercice de leurs fonctions qu’avec l’autorisation de la Cour.
Art.50.- Les archives de l’OHADA sontinviolables où qu’elles se trouvent.

Art.51.- L’OHADA, ses avoirs, ses bienset ses revenus ainsi que les opérations au-torisées
par le présent Traité sont exonérés de tous impôts, taxes et droits de douane. L’OHADA est
également exempte de tou-te obligation relative au recouvrement ou au paiement d’impôts, de
taxes ou de droits de douane.

Titre 8 - Clauses protocolaires


Art.52.- Le présent Traité est soumis à laratification des Etats signataires confor-mément à
leurs procédures constitutionnel-les.

Le présent Traité entrera en vigueur soixante jours après la date du dépôt du septième
instrument de ratification. Toute-fois, si la date de dépôt du septième ins-trument de
ratification est antérieure au

cent quatre-vingtième jour qui suit le jour de la signature du Traité, le Traité entrera en
vigueur le deux cent quarantième jour suivant la date de sa signature.

A l’égard de tout Etat signataire déposant ultérieurement son instrument de ratifica-tion, le


Traité et les actes uniformes adop-tés avant la ratification entreront en vi-gueur soixante jours
après la date dudit dépôt.
Art.53.- Le présent Traité est, dès son en-trée en vigueur, ouvert à l’adhésion de tout Etat
membre de l’OUA et non signataire du Traité. Il est également ouvert à l’adhésion de tout
autre Etat non membre de l’OUA invité à y adhérer du commun accord de tous les Etats-
Parties.

A l’égard de tout Etat adhérent, le présent Traité et les actes uniformes adoptés avant
l’adhésion entreront en vigueur soixante jours après la date du dépôt de l’instrument
d’adhésion.
Art.54.- Aucune réserve n’est admise auprésent Traité.

Art.55.- Dès l’entrée en vigueur du Traité,les institutions communes prévues aux ar-ticles 27
à 41 ci-dessus seront mises en place. Les Etats signataires du Traité ne l’ayant pas encore

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ratifié pourront en outre siéger au Conseil des Ministres en qualité d’observateurs sans droit
de vote.

Art.56.- Tout différend qui pourrait surgirentre les Etats -Parties quant à l’interprétation ou à
l’application du pré-sent Traité et qui ne serait pas résolu à l’amiable peut être porté par un
Etat Partie devant la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage.

Si la Cour compte sur le siège un juge de la nationalité d’une des parties, toute autre partie
peut désigner un juge ad hoc pour siéger dans l’affaire. Ce dernier devra remplir les
conditions fixées à l’article 31 ci-dessus.

Art.57.- (Québec 2008)Les instrumentsde ratification et les instruments d’adhésion seront


déposés auprès du Gou-vernement du Sénégal qui sera le Gouver-nement dépositaire. Copie
en sera délivrée au Secrétariat Permanent par ce dernier.

Art.58.- Tout Etat ratifiant le présent Trai-té ou y adhérant postérieurement à l’entrée en


vigueur d’un amendement au présent Traité devient par là-même partie au Traité tel
qu’amendé. Le Conseil des Ministres ajoute le nom de l’Etat adhérent sur la liste prévue avant
le nom de l’Etat qui assure la présidence du Conseil des Ministres à la date de l’adhésion.

Art.59.- (Québec 2008)Le Gouvernementdépositaire enregistrera le Traité auprès de l’Union


Africaine et auprès de l’Organisation des Nations Unies confor-mément à l’article 102 de la
charte des Na-tions-Unies.

Une copie du Traité enregistré sera déli-vrée au Secrétariat Permanent par le Gou-vernement
dépositaire.

Art.60.- Le gouvernement dépositaire avi-sera sans délai tous les Etats signataires ou
adhérents :

• a) des dates de signature ;


• b) des dates d’enregistrement du Trai-té ;
• c) des dates de dépôt des instrumentsde ratification et d’adhésion ;
• d) de la date d’entrée en vigueur duTraité.

Titre 9 - Révision et dénonciation


Art.61.- (Québec 2008)Le Traité peut être amendé ou révisé si un Etat partie envoie, à cet
effet, une demande écrite au Secrétariat Permanent de l’OHADA qui en saisit le Conseil des
Ministres.
Le Conseil des Ministres apprécie l’objet de la demande et l’étendue de la modification.
L’amendement ou la révision doit être adopté dans les mêmes formes que le Traité à la
diligence du Conseil des Ministres.
Art.62.- Le présent Traité a une durée illimitée. Il ne peut, en tout état de cause, être dénoncé
avant dix années à partir de la date de son entrée en vigueur. Toute dénonciation du présent

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Traité doit être notifiée au gouvernement dépositaire et ne produira d’effet qu’une année après
la date de cette notification.

Art.63.- (Québec 2008)Le Traité, rédigé en deux exemplaires en langues française, anglaise,
espagnole et portugaise, sera déposé dans les archives du Gouvernement de la République du
Sénégal qui remettra une copie certifiée conforme à chacun des Etats parties.

[NB - Les dispositions modificatives du Traité de Québec entrent en vigueur soixante jours
après la date du dépôt du huitième instrument de ratification.]

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Acte uniforme OHADA relatif au droit commercial général du 15 décembre 2010

Acte uniforme OHADA du 15 décembre 2010 portant sur le droit commercial général

Art.1.- Tout commerçant, personne physique ou morale y compris toutes sociétés


commerciales dans lesquelles un État ou toute autre personne de droit public est associé, ainsi
que tout groupement d’intérêt économique, dont l’établissement ou le siège social est situé sur
le territoire de l’un des Etats Parties au Traité relatif à l’harmonisation du Droit des Affaires
en Afrique, ci-après dénommés « Etats Parties », est soumis aux dispositions du présent Acte
uniforme.

Sont également soumises, sauf dispositions contraires, au présent Acte uniforme et dans les
conditions définies ci-après, les personnes physiques qui ont opté pour le statut
d’entreprenant.

En outre, tout commerçant ou tout entreprenant demeure soumis aux lois non contraires au
présent Acte uniforme, qui sont applicables dans l’Etat partie où se situe son établissement ou
son siège social.

Les personnes physiques ou morales, et les groupements d’intérêt économique, constitués, ou


en cours de formation à la date d’entrée en vigueur du présent Acte uniforme, doivent mettre
les conditions d’exercice de leur activité en harmonie avec la nouvelle législation dans un
délai de deux ans à compter de la publication du présent Acte uniforme au Journal Officiel.

Passé ce délai, tout intéressé peut saisir la juridiction compétente afin que soit ordonnée cette
régularisation, si nécessaire sous astreinte.

Livre 1 - Statut du commerçant et de l’entreprenant

Titre 1 - Statut du commerçant

Chapitre 1 - Définition du commerçant et des actes de commerce

Art.2.- Est commerçant celui qui fait de l’accomplissement d’actes de commerce par nature
sa profession.

Art.3.- L’acte de commerce par nature est celui par lequel une personne s’entremet dans la
circulation des biens qu’elle produit ou achète ou par lequel elle fournit des prestations de
service avec l’intention d’en tirer un profit pécuniaire. Ont, notamment, le caractère d’actes de
commerce par nature :

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• l’achat de biens, meubles ou immeubles, en vue de leur revente ;
• les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance et de transit ;
• les contrats entre commerçants pour les besoins de leur commerce ;
• l’exploitation industrielle des mines, carrières et de tout gisement de ressources naturelles;
• les opérations de location de meubles ;
• les opérations de manufacture, de transport et de télécommunication ;
• les opérations des intermédiaires de commerce, telles que la commission, le courtage,
l’agence, ainsi que les opérations d’intermédiaire pour l’achat, la souscription, la vente ou
la location d’immeubles, de fonds de commerce, d’actions ou de parts de société
commerciale ou immobilière ;
• les actes effectués par les sociétés commerciales.

Art.4.- Ont notamment le caractère d’actes de commerce, par leur forme, la lettre de change,
le billet à ordre et le warrant.

Art.5.- Les actes de commerce se prouvent par tous moyens même par voie électronique à
l’égard des commerçants.

Tout commencement de preuve par écrit autorise le commerçant à prouver par tous moyens
contre un non-commerçant.

Les livres de commerce tenus en application des dispositions du présent Acte uniforme sont
admis par le juge pour constituer une preuve dans les conditions prévues ci-dessus.

Les livres de commerce et les états financiers de synthèse constituent des moyens de preuve.

Dans le cours d’une contestation, la représentation des livres de commerce et des états
financiers de synthèse peut être ordonnée par le juge, même d’office, à l’effet d’en extraire ce
qui concerne le litige.

Chapitre 2 - Capacité d’exercer le commerce

Art.6.- Nul ne peut accomplir des actes de commerce à titre de profession, s’il n’est
juridiquement capable d’exercer le commerce.

Art.7.- Le mineur, sauf s’il est émancipé, ne peut avoir la qualité de commerçant ni effectuer
des actes de commerce.

Le conjoint du commerçant n’a la qualité de commerçant que s’il accomplit les actes visés
aux articles 3 et 4 ci-dessus, à titre de profession et séparément de ceux de l’autre conjoint.

Art.8.- Nul ne peut exercer une activité commerciale lorsqu’il est soumis à un statut
particulier établissant une incompatibilité.

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Il n’y a pas d’incompatibilité sans texte.

Il appartient à celui qui invoque l’incompatibilité d’en rapporter la preuve.

Les actes accomplis par une personne en situation d’incompatibilité n’en restent pas moins
valables à l’égard des tiers de bonne foi.

Ceux-ci peuvent, si bon leur semble, se prévaloir des actes accomplis par une personne en
situation d’incompatibilité, mais celle-ci ne peut s’en prévaloir.

Art.9.- L’exercice d’une activité commerciale est incompatible avec l’exercice des fonctions
ou professions suivantes :

• fonctionnaires et personnels des collectivités publiques et des entreprises à participation


publique ;
• officiers ministériels et auxiliaires de justice : avocat, huissier, commissaire priseur, agent
de change, notaire, greffier, administrateur et liquidateur judiciaire ;
• expert comptable agréé et comptable agréé, commissaire aux comptes et aux apports,
conseil juridique, courtier maritime ;
• plus généralement, toute profession dont l’exercice fait l’objet d’une réglementation
interdisant le cumul de cette activité avec l’exercice d’une profession commerciale.

Art.10.- Nul ne peut exercer une activité commerciale, directement ou par personne
interposée, s’il a fait l’objet :

• d’une interdiction générale, définitive ou temporaire, prononcée par une juridiction de l’un
des États parties, que cette interdiction ait été prononcée comme peine principale ou
comme peine complémentaire ;
• d’une interdiction prononcée par une juridiction professionnelle ; dans ce cas, l’interdiction
ne s’applique qu’à l’activité commerciale considérée ;
• d’une interdiction par l’effet d’une condamnation définitive à une peine privative de liberté
pour un crime de droit commun, ou à une peine d’au moins trois mois d’emprisonnement
non assortie de sursis pour un délit contre les biens, ou une infraction en matière
économique ou financière.

Art.11.- L’interdiction à titre temporaire d’une durée supérieure à 5 ans, de même que
l’interdiction à titre définitif, peuvent être levées, à la requête de l’interdit, par la juridiction
qui a prononcé cette interdiction.

Cette requête n’est recevable qu’après expiration d’un délai de cinq ans à compter du jour où
la décision prononçant l’interdiction est devenue définitive.

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L’interdiction prend fin par la réhabilitation dans les conditions et les formes prévues par
l’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif.
Art.12.- Sans préjudice d’autres sanctions, les actes accomplis par un interdit sont
inopposables aux tiers de bonne foi.

La bonne foi est toujours présumée.

Ces actes sont toutefois opposables à l’interdit.

Chapitre 3 - Obligations comptables du commerçant

Art.13.- Tout commerçant, personne physique ou morale, doit tenir tous les livres de
commerce conformément aux dispositions de l’Acte uniforme relatif à l’organisation et à
l’harmonisation des comptabilités des entreprises.

Il doit en outre respecter, selon le cas, les dispositions prévues par l’Acte uniforme relatif à
l’organisation et l’harmonisation des comptabilités des entreprises et à l’Acte uniforme relatif
au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.

Art.14.- Les livres de commerce doivent mentionner le numéro d’immatriculation au Registre


du Commerce et du Crédit Mobilier.

Art.15.- Toute personne morale commerçante doit également établir tous les ans ses états
financiers de synthèse conformément aux dispositions de l’Acte uniforme portant organisation
et harmonisation des comptabilités des entreprises et de l’Acte uniforme relatif au droit des
sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.

Chapitre 4 – Prescription

Art.16.- Les obligations nées à l’occasion de leur commerce entre commerçants, ou entre
commerçants et non-commerçants, se prescrivent par cinq ans si elles ne sont pas soumises à
des prescriptions plus courtes.

Cette prescription extinctive est soumise à la loi régissant le droit qu’elle affecte.

Art.17.- A la différence du délai de forclusion qui court, pour la durée fixée par la loi, à
compter de l’événement que celle-ci détermine, le délai de prescription court à compter du
jour où le titulaire du droit d’agir a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant
d’exercer son action.

Art.18.- La prescription se compte par jours et non par heures. Elle est acquise lorsque le
dernier jour du terme est accompli.

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Art.19.- La prescription ne court pas à l’égard d’une créance qui dépend d’une condition
jusqu’à ce que la condition arrive, à l’égard d’une créance à terme jusqu’à ce que ce terme
soit arrivé, à l’égard d’une action en garantie jusqu’à ce que l’éviction ait eu lieu.
Art.20.- La suspension de la prescription a pour effet d’en arrêter temporairement le cours
sans effacer le délai déjà couru.

Art.21.- La prescription ne court pas ou est suspendue à l’égard de celui qui est dans
l’impossibilité d’agir par suite d’un empêchement résultant de la loi, de la convention ou de la
force majeure.

Elle est suspendue à compter du jour où, après la survenance d’un litige, les parties
conviennent de recourir à la médiation ou à la conciliation ou, à défaut d’accord écrit, à
compter du jour de la première réunion de médiation ou de conciliation. Le délai de
prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois, à
compter de la date à laquelle soit l’une des parties ou les deux, soit le médiateur ou le
conciliateur déclarent que la médiation ou la conciliation est terminée. Elle est également
suspendue lorsque le juge accueille une demande de mesure d’instruction présentée avant tout
procès. Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être
inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée.

Art.22.- L’interruption de la prescription a pour effet d’effacer le délai de prescription acquis.

Elle fait courir un nouveau délai de même durée que l’ancien.

Art.23.- La reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrivait


interrompt le délai de prescription.

La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription comme le délai de


forclusion. Il en est de même lorsque la demande est portée devant une juridiction
incompétente ou lorsque l’acte de saisine de la juridiction est annulé par l’effet d’un vice de la
procédure.

L’interruption produit ses effets jusqu’à l’extinction de l’instance. Elle est non avenue si le
demandeur se désiste de sa demande, s’il laisse périmer l’instance ou si sa demande est
définitivement rejetée.

Art.24.- Un acte d’exécution forcée interrompt le délai de prescription comme le délai de


forclusion.

Art.25.- L’interpellation faite à l’un des débiteurs solidaires par une demande en justice ou
par un acte d’exécution forcée ou la reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre
lequel il prescrivait interrompt le délai de prescription contre tous les autres, même contre
leurs héritiers.

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L’interpellation faite au débiteur principal ou sa reconnaissance interrompt le délai de
prescription à l’égard de la caution.

Art.26.- Les juges ne peuvent soulever d’office le moyen résultant de la prescription.

Sauf renonciation, la prescription peut être opposée en tout état de cause, même en appel.

Art.27.- Le paiement effectué pour éteindre une dette ne peut être répété au seul motif que le
délai de prescription était expiré.

Art.28.- Seule une prescription acquise est susceptible de renonciation.

La renonciation à la prescription est expresse ou tacite. La renonciation tacite résulte de


circonstances établissant sans équivoque la volonté de ne pas se prévaloir de la prescription.

Celui qui ne peut exercer par lui-même ses droits ne peut renoncer seul à la prescription
acquise.

Un créancier ou toute autre personne ayant intérêt à ce que la prescription soit acquise peut
l’opposer ou l’invoquer lors même que le débiteur y renonce.

Art.29.- La durée de la prescription peut être abrégée ou allongée par accord des parties. Elle
ne peut toutefois être réduite à moins d’un an ni étendue à plus de dix ans.

Les parties peuvent également, d’un commun accord, ajouter aux causes de suspension et
d’interruption de la prescription.

Titre 2 - Statut de l’entreprenant

Chapitre 1 - Définition de l’entreprenant

Art.30.- L’entreprenant est un entrepreneur individuel, personne physique qui, sur simple
déclaration prévue dans le présent Acte uniforme, exerce une activité professionnelle civile,
commerciale, artisanale ou agricole.

L’entreprenante conserve son statut si le chiffre d’affaires annuel généré par son activité
pendant deux exercices successifs n’excède pas les seuils fixés dans l’Acte uniforme portant
organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises au titre du système minimal
de trésorerie.

Ce chiffre d’affaires annuel est en ce qui concerne les commerçants et les artisans, d’une part,
celui de leurs activités de vente de marchandises, d’objets, de fournitures et denrées ou de
fourniture de logement et, d’autre part, celui de leurs activités de prestations de services, et,
en ce qui concerne les agriculteurs, celui de leurs activités de production.

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Lorsque, durant deux années consécutives, le chiffre d’affaires de l’entreprenant excède les
limites fixées pour ses activités par l’État partie sur le territoire duquel il les exerce, il est
tenu, dès le premier jour de l’année suivante et avant la fin du premier trimestre de cette année
de respecter toutes les charges et obligations applicables à l’entrepreneur individuel. Dès lors,
il perd sa qualité d’entreprenant et ne bénéficie plus de la législation spéciale applicable à
l’entreprenant.

Il doit en conséquence se conformer à la réglementation applicable à ses activités.

L’entreprenant, qui est dispensé d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit


Mobilier, est tenu de déclarer son activité tel qu’il est prévu dans le présent Acte uniforme.

Chaque État partie fixe les mesures incitatives pour l’activité de l’entreprenant notamment en
matière d’imposition fiscale et d’assujettissement aux charges sociales.

Chapitre 2 - Obligations comptables de l’entreprenant

Art.31.- L’entreprenant est tenu d’établir, dans le cadre de son activité, au jour le jour, un
livre mentionnant chronologiquement l’origine et le montant de ses ressources en distinguant
les règlements en espèces des autres modes de règlement d’une part, la destination et le
montant de ses emplois d’autre part. Ledit livre doit être conservé pendant cinq ans au moins.

Art.32.- En outre, l’entreprenant qui exerce des activités de vente de marchandises, d’objets,
de fournitures et denrées ou de fourniture de logement doit tenir un registre, récapitulé par
année, présentant le détail des achats et précisant leur mode de règlement et les références des
pièces justificatives, lesquelles doivent être conservées.

Chapitre 3 – Prescription

Art.33.- Les obligations nées à l’occasion de leurs activités entre entreprenants, ou entre
entreprenants et non entreprenants, se prescrivent par cinq ans si elles ne sont pas soumises à
des prescriptions plus courtes.

Cette prescription extinctive est soumise à la loi régissant le droit qu’elle affecte.
Le régime de la prescription prévu aux articles 17 à 29 du présent Acte uniforme s’applique à
l’entreprenant.

Livre 2 - Registre du commerce et du crédit mobilier

Titre 1 - Dispositions générales

Chapitre 1 - Missions du registre du commerce et du crédit mobilier

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Art.34.- Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est institué aux fins de :
• permettre aux assujettis à la formalité d’immatriculation au Registre du Commerce et du
Crédit Mobilier de faire leur demande d’immatriculation, d’obtenir dès le dépôt de leur
demande leur numéro d’immatriculation et d’accomplir les autres formalités prévues par le
présent Acte uniforme et toute autre disposition légale ;
• permettre aux entreprenants de faire leur déclaration d’activité, d’obtenir dès le dépôt de
celle-ci leur numéro de déclaration d’activité et d’accomplir les autres formalités prévues
par le présent Acte uniforme et toute autre disposition légale ;
• permettre l’accès des assujettis et des tiers aux informations conservées par le Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier ;
• permettre de satisfaire aux exigences de sécurité, de célérité, de transparence et de loyauté
nécessaires au développement des activités économiques ;
• recevoir les inscriptions relatives au contrat de crédit-bail et, aux sûretés prévues par l’Acte
uniforme portant organisation des sûretés ou par toute autre disposition légale.

Art.35.- Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier a pour objet :

1) De recevoir les demandes d’immatriculation, notamment :


• des personnes physiques ayant la qualité de commerçant au sens du présent Acte uniforme;
• des sociétés commerciales ;
• des sociétés civiles par leur forme et commerciales par leur objet ;
• des groupements d’intérêt économique ;
• des succursales au sens de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique ;
• de tous les groupements dotés de la personnalité juridique que la loi soumet à
l’immatriculation audit Registre ;
• de toute personne physique exerçant une activité professionnelle que la loi soumet à
l’immatriculation audit Registre ;
• des établissements publics ayant une activité économique et bénéficiant de l’autonomie
juridique et financière.

L’immatriculation donne lieu à l’attribution dès le dépôt de sa demande par l’assujetti d’un
numéro d’immatriculation qui est personnel à chaque personne immatriculée.

2) De recevoir la déclaration d’activité de l’entreprenant, de lui délivrer, dès le dépôt de sa


déclaration, son numéro de déclaration d’activité, de recevoir ses déclarations modificatives et
de prendre acte de sa déclaration de cessation d’activité.

3) De recevoir le dépôt des actes et pièces et mentionner les informations, prévus par les
dispositions du présent Acte uniforme, par celles de l’Acte uniforme relatif au droit des
sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, par l’Acte uniforme portant
organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises et par toute autre disposition
légale.

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4) De recevoir les demandes de mention modificative, complémentaire et secondaire.

5) De recevoir les demandes de radiation des mentions y effectuées.

6) De recevoir toutes les demandes d’inscription des sûretés prévues par l’Acte uniforme
portant organisation des sûretés et par toute autre disposition légale. Il reçoit également
l’inscription des contrats de crédit-bail.

7) De recevoir toutes les demandes d’inscription modificative ou de renouvellement


d’inscription des sûretés prévues par l’Acte uniforme portant organisation des sûretés et par
toute autre disposition légale.

8) De recevoir toutes les demandes de radiation des inscriptions prévues par l’Acte uniforme
portant organisation des sûretés et par toute autre disposition légale.

9) De délivrer, à toute époque, les documents nécessaires pour établir l’exécution par les
assujettis des formalités prévues par les Actes uniformes et toute autre disposition légale.

10) De mettre à la disposition du public les informations figurant dans les formulaires prévus
aux articles 39 et 40 ci-dessous selon les dispositions de l’article 66 de l’Acte uniforme
portant organisation des sûretés, sous réserve des restrictions légales existantes dans l’Etat
Partie.

Chapitre 2 - Organisation du registre du commerce et du crédit mobilier

Art.36.- Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est tenu par le greffe de la


juridiction compétente ou l’organe compétent dans l’Etat Partie sous la surveillance du
Président de ladite juridiction ou du juge délégué par lui à cet effet ou de l’autorité
compétente dans l’Etat
Partie.

Un Fichier National centralise les renseignements consignés dans chaque Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier.

Un Fichier Régional, tenu auprès de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage, centralise


les renseignements consignés dans chaque Fichier National.

Les informations figurant dans les formulaires remis au greffe ou à l’organe compétent dans
l’Etat Partie et dans les registres et répertoires du Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier sont destinées à l’information du public.

Art.37.- Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, pour accomplir les missions


prévues à l’article 35-1, 2, 3, 4, 5, 9 et 10 ci-dessus, comprend :

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• 1° un registre d’arrivée mentionnant dans l’ordre chronologique du dépôt, la date et le
numéro de chaque déclaration, demande, ou dépôt d’actes ou de pièces reçus par le greffe ou
l’organe compétent dans l’Etat Partie. Le répertoire mentionne également et suivant le cas les
noms, prénoms, raison sociale, dénomination sociale, nom commercial ou appellation du
déclarant ou du demandeur ainsi que l’objet de la déclaration ou de la demande ou du dépôt
des actes ou des pièces ;
• 2° un répertoire alphabétique des personnes immatriculées et des entreprenants ;
• 3° un répertoire par numéro des personnes immatriculées et des entreprenants ;
• 4° un dossier individuel pour chaque entreprenant et chaque personne immatriculée,
constitué suivant le cas par la déclaration d’activité ou la demande d’immatriculation, les
pièces jointes à la déclaration ou à la demande en application des articles ci après.

Le cas échéant le dossier individuel est complété par les mentions subséquentes et leurs pièces
jointes telles que définies par les articles ci-après ou des textes particuliers.

Art.38.- Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, pour accomplir les missions


prévues à l’article 35-6, 7, 8, 9 et 10 ci-dessus, comprend :

1) Un registre chronologique des dépôts mentionnant le dépôt de la demande


d’inscription de la sûreté, de modification, de renouvellement ou de radiation de l’inscription
initiale, avec indication de la date d’arrivée et du numéro d’ordre d’arrivée de chaque
demande reçue.

Le registre chronologique des dépôts mentionne également le dépôt de la demande


d’inscription et de radiation du contrat de crédit-bail.

Le registre chronologique des dépôts mentionne en outre les informations figurant sur le
formulaire utilisé pour la demande d’inscription et prévu par l’article 53 a et b de l’Acte
uniforme portant organisation des sûretés.

2) Un répertoire alphabétique des personnes constituant ou supportant des sûretés et des


crédits- preneurs avec mention pour chacun d’eux, par sûreté et par contrat de crédit-bail, des
inscriptions, des modifications, des renouvellements et des radiations le tout par ordre
chronologique.

3) Un dossier individuel pour chaque personne, physique ou morale, commerçante ou


non commerçante, immatriculée ou non immatriculée dans l’État partie, constituant ou
supportant une sûreté faisant l’objet d’une inscription, ou pour tout crédit-preneur. Le dossier
individuel comprend le formulaire utilisé pour la demande d’inscription ainsi que le
formulaire utilisé pour toute autre demande en relation avec la sûreté.

Art.39.- Toute déclaration de l’entreprenant ou demande d’immatriculation est établie sur le


formulaire mis à disposition à cet effet par le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie,

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sauf le cas d’utilisation des moyens électroniques. La demande est signée suivant le cas par le
déclarant, le demandeur ou son mandataire qui doit à la fois justifier de son identité et, sauf
s’il est avocat, professionnel agréé, huissier, notaire ou syndic, être muni d’une procuration
signée du déclarant ou du demandeur.

Le formulaire dûment rempli est conservé par le greffier ou le responsable de l’organe


compétent dans l’Etat Partie.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie délivre immédiatement


au déclarant ou au demandeur un accusé d’enregistrement avec mention de la date, de la
désignation de la formalité effectuée et selon le cas du numéro de déclaration d’activité ou du
numéro d’immatriculation.

Une copie de ce formulaire avec le dossier individuel constitué des pièces certifiées
conformes est adressée dans un délai d’un mois par le greffier ou le responsable de l’organe
compétent dans l’Etat Partie au Fichier National, pour transmission, dans le même délai,
d’une copie dudit formulaire et d’un extrait du dossier au Fichier Régional.

Art.40.- Toute demande d’inscription, de modification, de renouvellement et de radiation


d’une sûreté et d’un contrat de crédit-bail, est établie sur le formulaire mis à disposition à cet
effet par le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie du Registre du Commerce et du
Crédit Mobilier, sauf le cas d’utilisation des moyens électroniques.

La demande est signée par les personnes visées à l’article 51 de l’Acte uniforme portant
organisation des sûretés. Le signataire, sauf s’il est avocat, professionnel agréé, huissier,
notaire ou syndic, doit justifier de son identité et être muni d’une procuration signée de la
personne qui demande l’inscription.

Le formulaire dûment rempli est conservé par le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.
Une copie de ce formulaire auquel est joint le dossier individuel constitué des pièces certifiées
conformes est immédiatement adressée au Fichier National.

Art.41.- La demande d’inscription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est faite


pour les sûretés par les personnes déterminées par l’article 51 de l’Acte uniforme portant
organisation des sûretés.

La demande d’inscription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier pour le contrat de


crédit-bail est faite par le crédit-bailleur ou le crédit-preneur.

Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier compétent pour recevoir l’inscription du


crédit- bail est celui dans le ressort duquel est immatriculé ou s’est déclaré le crédit-preneur
et, dans les autres cas, dans le ressort du domicile du crédit-preneur.

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Art.42.- La date de l’inscription d’une sûreté ou d’un contrat de crédit-bail est celle
mentionnée au registre chronologique des dépôts prévu par l’alinéa 1 de l’article 38 ci-dessus.

Art.43.- Sont en outre transcrites d’office au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier :

• 1° les décisions intervenues dans les procédures individuelles de faillite ou dans les
procédures collectives d’apurement du passif ;
• 2° les décisions prononçant des sanctions patrimoniales contre les dirigeants des personnes
morales ;
• 3° les décisions de réhabilitation ou les mesures d’amnistie faisant disparaître les
déchéances ou interdictions.

Le greffe de la juridiction ou l’organe compétent dans l’Etat Partie qui a rendu une décision
dont la transcription doit être faite au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier
communique un exemplaire signé de cette décision dans les meilleurs délais aux greffes ou
aux organes compétents dans l’Etat Partie dans le ressort desquels les formalités doivent être
accomplies.

Toute personne intéressée peut également requérir du ou des Registres du Commerce et du


Crédit Mobilier concernés, la transcription de la décision en cause.

Toute personne qui entend se prévaloir d’une des décisions dont la transcription doit être faite
d’office est tenue d’établir que cette décision a été transcrite, à charge pour elle d’en
demander la transcription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier compétent.

Titre 2 - Immatriculation au RCCM

Chapitre 1 - Conditions de l’immatriculation

Section 1 - Immatriculation des personnes physiques

Art.44.- Toute personne physique dont l’immatriculation est requise par la loi doit, dans le
premier mois de l’exercice de son activité, demander au greffe de la juridiction compétente ou
à l’organe compétent dans l’Etat Partie, dans le ressort de laquelle son activité se déroule, son
immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

La demande faite avec le formulaire prévu à l’article 39 ci-dessus indique :

• 1° les noms, prénoms et domicile personnel de l’assujetti ;


• 2° ses date et lieu de naissance ;
• 3° sa nationalité ;
• 4° le cas échéant, le nom sous lequel elle exerce son activité, ainsi que l’enseigne utilisée ;
• 5° la ou les activités exercées ;

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• 6° le cas échéant, la date et le lieu de mariage, le régime matrimonial adopté, les clauses
opposables aux tiers restrictives de la libre disposition des biens des époux ou l’absence de
telles clauses, les demandes en séparation de biens ;
• 7° les noms, prénoms, date et lieu de naissance, domicile et nationalité des personnes ayant
le pouvoir général d’engager par leur signature la responsabilité de l’assujetti ;
• 8° l’adresse du principal établissement et, le cas échéant celle de chacune des succursales
et de chacun des établissements exploités sur le territoire de l’État partie ;
• 9° le cas échéant, la nature et l’adresse des derniers établissements qu’il a exploités
précédemment avec l’indication de leur numéro d’immatriculation au Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier ;
• 10° la date du commencement, par l’assujetti, de son activité et le cas échéant de celle des
autres succursales et établissements ;
• 11° toute autre indication prévue par des textes particuliers.

Art.45.- A l’appui de sa demande, le demandeur est tenu de fournir les pièces justificatives
suivantes quelle que soit leur forme ou leur support :

• 1° un extrait de son acte de naissance ou de tout document administratif justifiant de son


identité ;
• 2° un extrait de son acte de mariage en tant que de besoin ;
• 3° une déclaration sur l’honneur signée du demandeur et attestant qu’il n’est frappé
d’aucune des interdictions prévues par l’article 10 ci-dessus. Cette déclaration sur
l’honneur est complétée dans un délai de soixante-quinze jours à compter de
l’immatriculation par un extrait de casier judiciaire ou à défaut par le document qui en tient
lieu ;
• 4° un certificat de résidence ;
• 5° une copie du titre de propriété ou du bail ou du titre d’occupation du principal
établissement et le cas échéant de celui des autres établissements et succursales ;
• 6° en cas d’acquisition d’un fonds ou de location-gérance, une copie de l’acte d’acquisition
ou de l’acte de location-gérance ;
• 7° le cas échéant, une autorisation préalable d’exercer le commerce ;
• 8° le cas échéant, les pièces prévues par des textes particuliers.

Section 2 - Immatriculation des personnes morales

Art.46.- Les personnes morales soumises par des dispositions légales à l’immatriculation
doivent demander leur immatriculation dans le mois de leur constitution, auprès du greffe de
la juridiction compétente ou de l’organe compétent dans l’Etat Partie dans le ressort duquel
est situé leur siège social ou leur principal établissement.
Cette demande faite avec le formulaire prévu à l’article 39 ci-dessus mentionne :

• 1° la raison sociale ou la dénomination sociale ou l’appellation suivant le cas ;


• 2° le cas échéant, le sigle ou l’enseigne ;

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• 3° la ou les activités exercées ;
• 4° la forme de la personne morale ;
• 5° le cas échéant, le montant du capital social avec l’indication du montant des apports en
numéraire et l’évaluation des apports en nature ;
• 6° l’adresse du siège social, et le cas échéant, celle du principal établissement et de chacun
des autres établissements ;
• 7° la durée de la société ou de la personne morale telle que fixée par ses statuts ou le texte
fondateur ;
• 8° les noms, prénoms et domicile personnel des associés tenus indéfiniment et
personnellement responsables des dettes sociales avec mention de leur date et lieu de
naissance, de leur nationalité, le cas échéant, de la date et du lieu de leur mariage, du
régime matrimonial adopté et des clauses opposables aux tiers restrictives de la libre
disposition des biens des époux ou l’absence de telles clauses ainsi que les demandes en
séparation de biens ;
• 9° les noms, prénoms, date et lieu de naissance, et domicile des gérants, dirigeants,
administrateurs ou associés ayant le pouvoir général d’engager la personne morale ou le
groupement ;
• 10° les noms, prénoms, date et lieu de naissance, domicile des commissaires aux comptes,
lorsque leur désignation est prévue par l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales et des groupements d’intérêt économique ;
• 11° ou toute autre indication prévue par une disposition légale particulière.

Art.47.- A cette demande sont jointes les pièces justificatives suivantes quelle que soit leur
forme ou leur support :

• 1° une copie certifiée conforme des statuts ou de l’acte fondateur ;


• 2° la déclaration de régularité et de conformité ou de la déclaration notariée de souscription
et de versement ;
• 3° la liste certifiée conforme des gérants, administrateurs, dirigeants ou associés tenus
indéfiniment et personnellement responsables ou ayant le pouvoir d’engager la société ou
la personne morale ;
• 4° une déclaration sur l’honneur signée du demandeur et attestant qu’il n’est frappé
d’aucune des interdictions prévues par l’article 10 ci-dessus. Cette déclaration sur
l’honneur est complétée dans un délai de soixante-quinze jours à compter de
l’immatriculation par un extrait de casier judiciaire ou à défaut par le document qui en tient
lieu ;
• 5° le cas échéant, une autorisation préalable d’exercer l’activité du demandeur.

Art.48.- Toute personne physique ou morale non assujettie à l’immatriculation au Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier en raison du lieu d’exercice de son activité ou de son siège
social doit, dans le mois de la création d’une succursale telle que définie par l’Acte uniforme
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, ou d’un
établissement, sur le territoire de l’un des Etats Parties, en requérir l’immatriculation.

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Cette demande faite avec le formulaire prévu à l’article 39 ci-dessus est déposée au Greffe de
la juridiction ou auprès de l’organe compétent dans l’Etat Partie dans le ressort duquel est
établie cette succursale ou cet établissement et doit mentionner :

• 1° le cas échéant, son nom commercial, son sigle ou son enseigne ;


• 2° la dénomination sociale ou le nom de la succursale ou de l’établissement ;
• 3° la ou les activités exercées ;
• 4° la dénomination sociale de la société étrangère propriétaire de cette succursale ou de cet
établissement ; son nom commercial ; son sigle ou son enseigne ; la ou les activités
exercées ; la forme de la société ou de la personne morale ; sa nationalité ; l’adresse de son
siège social ; le cas échéant, les noms, prénoms et domicile personnel des associés
indéfiniment et personnellement responsables des dettes sociales ;
• 5° les noms, prénoms, date et lieu de naissance de la personne physique domiciliée sur le
territoire de l’Etat partie, ayant le pouvoir de représentation et de direction de la
succursale.

Section 3 - Dispositions communes à l’immatriculation des personnes physiques et


morales

Art.49.- L’immatriculation d’une personne physique ou morale a un caractère personnel.

Nul ne peut être immatriculé à titre principal à plusieurs registres ou à un même registre sous
plusieurs numéros.

Art.50.- Dès réception du formulaire de demande d’immatriculation dûment rempli et des


pièces prévues par le présent Acte uniforme, le greffier ou le responsable de l’organe
compétent dans l’Etat Partie délivre au demandeur un accusé d’enregistrement qui mentionne
la date de la formalité accomplie et le numéro d’immatriculation.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie dispose d’un délai de
trois mois pour exercer son contrôle tel que prévu par l’article 66 du présent Acte uniforme et
le cas échéant notifier à la partie intéressée le retrait de son immatriculation et procéder à sa
radiation.

Art.51.- En cas de transfert du lieu d’exercice de son activité dans le ressort territorial d’une
autre juridiction, l’assujetti doit demander :

• sa radiation du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier dans le ressort duquel il était


immatriculé ;
• une nouvelle immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier de la
juridiction dans le ressort de laquelle son activité est transférée ; cette immatriculation
n’est définitive qu’après la vérification prévue aux alinéas 4 et 5 ci-après.

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A cet effet, l’assujetti doit suivant le cas, fournir les renseignements et documents prévus aux
articles 44 à 48 ci-dessus.

Ces formalités doivent être effectuées par l’assujetti dans le mois du transfert.

Le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce et du


Crédit Mobilier dans le ressort duquel l’assujetti a transféré son activité doit, dans le mois de
la nouvelle immatriculation, s’assurer de la radiation de l’assujetti en exigeant de celui-ci un
certificat délivré par le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie du lieu de la
précédente immatriculation.

Faute de diligence de l’assujetti, le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie doit
d’office faire procéder à la mention rectificative, et ce, aux frais de l’assujetti.

Section 4 - Mentions modificatives, complémentaires et secondaires

Art.52.- Si la situation de l’assujetti subit ultérieurement des modifications qui exigent la


rectification ou le complément des énonciations portées au Registre du Commerce et du
Crédit Mobilier, il doit formuler, dans les trente jours de cette modification, une demande de
rectification ou de mention complémentaire.

Toute modification concernant notamment l’état civil, le régime matrimonial, la capacité, et


l’activité de l’assujetti personne physique, ou encore toute modification concernant le statut
des personnes morales assujetties à l’immatriculation doit être mentionnée au Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier.

La cessation partielle d’activité doit également être mentionnée au Registre du Commerce et


du Crédit Mobilier.

Toute demande de modification, ou de mention complémentaire ou secondaire est signée


comme indiqué à l’article 39 du présent Acte uniforme.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie délivre un accusé


d’enregistrement qui mentionne la formalité accomplie ainsi que sa date.

Art.53.- Toute personne physique ou morale assujettie à l’immatriculation au Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier est tenue, si elle exerce son activité à titre secondaire dans le
ressort d’autres juridictions, de souscrire une déclaration d’immatriculation secondaire dans le
délai d’un mois à compter du début de l’exploitation.

Cette déclaration doit mentionner, outre la référence à l’immatriculation principale, les


renseignements requis :

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• pour les personnes physiques par l’article 44 ci-dessus ;
• pour les personnes morales par l’article 46 ci-dessus.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie délivre un accusé


d’enregistrement qui mentionne la formalité accomplie ainsi que sa date.

Art.54.- La demande d’immatriculation secondaire doit être déposée au Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier de la juridiction dans le ressort de laquelle est exercée
l’activité.

Le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie intéressé adresse, dans le mois de
l’immatriculation secondaire, une copie de la déclaration d’immatriculation secondaire au
greffe ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre où a été effectuée
l’immatriculation principale.

Toute inscription d’un lieu d’exercice secondaire de l’activité donne lieu à l’attribution d’un
numéro d’immatriculation.

Section 5 – Radiation

Art.55.- Toute personne physique immatriculée doit, dans le délai d’un mois à compter de la
cessation de son activité, demander sa radiation au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.

Cette formalité doit également être accomplie pour les succursales et établissements.

En cas de décès d’une personne physique immatriculée, ses ayants-droit doivent, dans le délai
de trois mois à compter du décès, demander la radiation de l’inscription au Registre, ou sa
modification s’ils doivent eux-mêmes continuer l’activité.

A défaut de demande de radiation dans le délai visé aux deux premiers alinéas du présent
article, le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie procède à la radiation après décision
de la juridiction compétente ou de l’autorité compétente dans l’Etat Partie, statuant à bref
délai, saisie à sa requête ou à celle de tout intéressé.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre


du Commerce et du Crédit Mobilier délivre un accusé d’enregistrement qui mentionne la
formalité accomplie ainsi que sa date.

Art.56.- Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie procède


d’office à la radiation de la personne physique ou morale immatriculée tel que prévu à
l’article 50 ci-dessus.

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Art.57.- La radiation emporte la perte des droits résultant de l’immatriculation.

Art.58.- La dissolution d’une personne morale, pour quelque cause que ce soit, doit être
déclarée, en vue de sa transcription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, dans le
délai d’un mois au greffe de la juridiction compétente ou à l’organe compétent dans l’Etat
Partie auprès duquel elle est immatriculée.

Il en va de même pour la nullité de la société à compter de la décision qui l’a prononcée.


La radiation doit être demandée par le liquidateur dans le délai d’un mois, à compter de la
clôture des opérations de liquidation.

Le cas échéant, la radiation doit être demandée pour les mentions complémentaires et
immatriculations secondaires ainsi que pour les succursales et établissements.

A défaut de demande de radiation dans le délai prescrit, le greffe de la juridiction compétente


ou l’organe compétent dans l’Etat Partie procède à la radiation sur décision de la juridiction
compétente ou de l’autorité compétente dans l’Etat Partie, statuant à bref délai, saisie à sa
requête ou à celle de tout intéressé.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie délivre un accusé


d’enregistrement qui mentionne la formalité accomplie ainsi que sa date.

Chapitre 2 - Effets de l’immatriculation

Art.59.- Toute personne immatriculée au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est


présumée, sauf preuve contraire, avoir la qualité de commerçant au sens du présent Acte
uniforme.

Toutefois, cette présomption ne joue pas à l’égard des personnes physiques non
commerçantes dont l’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier résulte
d’une disposition légale, et des personnes morales qui ne sont pas réputées commerçantes du
fait du présent Acte uniforme, de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et
du groupement d’intérêt économique ou d’une disposition légale particulière.

Toute personne physique ou morale immatriculée au Registre du Commerce et du Crédit


Mobilier est tenue d’indiquer sur ses factures, bons de commande, tarifs et documents
commerciaux ainsi que sur toute correspondance, son numéro et son lieu d’immatriculation au
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

Art.60.- Toute personne physique assujettie à l’immatriculation au Registre du Commerce et


du Crédit Mobilier qui n’a pas demandé celle-ci dans les délais prévus, ne peut se prévaloir,
jusqu’à son immatriculation, de la qualité de commerçant lorsque son immatriculation est
requise en cette qualité.

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Toute personne morale assujettie à l’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier qui n’a pas demandé celle-ci dans les délais prévus, ne peut se prévaloir de la
personnalité juridique jusqu’à son immatriculation.

Toutefois, elle ne peut invoquer son défaut d’immatriculation au Registre du Commerce et du


Crédit Mobilier pour se soustraire aux responsabilités et aux obligations inhérentes à cette
qualité.

Art.61.- Toute personne assujettie à l’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit


Mobilier ne peut, dans l’exercice de ses activités, opposer aux tiers et aux administrations
publiques, qui peuvent toutefois s’en prévaloir, les faits et actes sujets à transcription ou
mention que si ces derniers ont été publiés au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

Cette disposition n’est pas applicable si l’assujetti établit qu’au moment où ils ont traité, les
tiers ou administrations en cause avaient connaissance des faits et actes dont s’agit.

Titre 3 - Déclaration d’activité de l’entreprenant au RCCM

Art.62.- L’entreprenant déclare son activité avec le formulaire prévu à l’article 39 ci-dessus,
sans frais, au greffe de la juridiction compétente ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie,
dans le ressort duquel il exerce. Il fournit les éléments suivants :
• 1° noms et prénoms ;
• 2° adresse d’exercice de l’activité ;
• 3° description de l’activité ;
• 4° justificatif d’identité ;
• 5° éventuellement, justificatif du régime matrimonial.

Dès réception du formulaire de déclaration d’activité dûment rempli et des pièces prévues par
le présent Acte uniforme, le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat
Partie délivre au déclarant un accusé d’enregistrement qui mentionne la date de la formalité
accomplie et le numéro de déclaration d’activité.

L’entreprenant ne peut commencer son activité qu’après réception de ce numéro de


déclaration d’activité qu’il doit mentionner sur ses factures, bons de commande, tarifs et
documents ou correspondances professionnels, suivi de l’indication du Registre du Commerce
et du Crédit Mobilier qui a reçu sa déclaration et de la mention « Entreprenant dispensé
d’immatriculation ».

Les déclarations de modification de l’activité ou du lieu d’exercice ainsi que la déclaration de


radiation sont adressées de la même manière et sans frais au greffe de la juridiction
compétente ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie.

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Art.63.- A l’appui de sa déclaration, le demandeur est tenu de fournir les pièces justificatives
suivantes quels que soient leur forme et leur support :
1) Un extrait de son acte de naissance ou de tout document administratif justifiant de son
identité.
2) Le cas échéant, un extrait de son acte de mariage.

3) Une déclaration sur l’honneur signée du demandeur et attestant :


• s’il est commerçant, qu’il n’est frappé d’aucune des interdictions prévues par l’article 10
ci-dessus ;
• s’il n’est pas commerçant, qu’il n’a fait l’objet d’aucune interdiction d’exercer en relation
avec sa profession et qu’il n’a fait l’objet d’aucune condamnation pour les infractions
prévues par l’article 10 ci-dessus.

Cette déclaration sur l’honneur est complétée, dans un délai de soixante-quinze jours à
compter de la date de l’immatriculation, par un extrait de casier judiciaire ou à défaut par le
document qui en tient lieu.

4) Un certificat de résidence.

5) Le cas échéant, une autorisation préalable d’exercer l’activité du déclarant.

Art.64.- Le numéro de déclaration d’activité est personnel.

Nul ne peut être déclaré comme entreprenant à plusieurs registres ou sous plusieurs numéros à
un même registre.

L’entreprenant ne peut être en même temps immatriculé au Registre du Commerce et du


Crédit Mobilier. Il n’a pas le même statut que les personnes immatriculées au Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier.

Art.65.- La personne physique qui satisfait aux obligations déclaratives prévues aux articles
62 à 64 ci-dessus est présumée avoir la qualité d’entreprenant.

En cette qualité, elle bénéficie des dispositions :


• de l’article 5 du présent Acte uniforme relatives à la preuve ;
• des articles 17 à 29 et 33 du présent Acte uniforme relatives à la prescription ;
• des articles 101 à 134 du présent Acte uniforme relatives au bail à usage professionnel.

En cas de changement d’activité, l’entreprenant doit en faire la déclaration au greffe


compétent ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie.

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De même, en cas de changement de lieu d’exercice de son activité, il doit faire une
déclaration modificative au greffe ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie du Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier compétent.

En cas de cessation d’activité, l’entreprenant doit faire une déclaration à cet effet auprès du
greffe compétent ou de l’organe compétent dans l’Etat Partie.

Toutes les déclarations de l’entreprenant sont faites sans frais.

Titre 4 - Contentieux relatif au RCCM

Art.66.- Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du


Registre du Commerce et du Crédit Mobilier s’assure, sous sa responsabilité, que la demande
et la déclaration sont complètes et vérifie la conformité de leurs énonciations aux pièces
justificatives produites comme prévu aux articles 50 et 58 ci-dessus.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie exerce son contrôle sur
la régularité formelle de la demande et de la déclaration qui lui sont soumises.

S’il constate des inexactitudes ou s’il rencontre des difficultés dans l’accomplissement de sa
mission, il peut convoquer le demandeur ou le déclarant pour recueillir toutes explications et
pièces complémentaires.

La décision du greffier ou du responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie prise en


application de l’article 50 ci-dessus doit être motivée et notifiée à la partie intéressée. Cette
décision est susceptible de recours dans le délai de quinze jours à compter de sa notification.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie qui a refusé de recevoir
une déclaration ou une demande, ou de faire droit à une demande de pièces ou d’information
d’un assujetti ou d’un tiers, doit motiver sa décision et la notifier à la partie intéressée. Cette
décision peut faire l’objet d’un recours dans un délai de quinze jours à compter de sa
notification.

Le recours contre la décision du greffier ou du responsable de l’organe compétent dans l’Etat


Partie est fait devant la juridiction compétente ou l’autorité compétente dans l’Etat Partie
statuant à bref délai. La décision de la juridiction compétente ou de l’autorité compétente dans
l’Etat Partie est susceptible de recours, dans un délai de quinze jours à compter de la date de
son prononcé, devant la juridiction de recours compétente statuant de la même manière.

La procédure ci-dessus décrite est applicable aux contestations entre les assujettis ou les
déclarants et le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie, et entre les
tiers et le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie.

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Art.67.- Le contentieux relatif aux sûretés et aux privilèges est régi par les dispositions de
l’Acte uniforme portant organisation des sûretés.
Les dispositions des articles 66, 68 et 69 ci-dessous sont applicables au contentieux relatif au
crédit-bail.

Art.68.- Faute par un assujetti à une formalité prescrite au présent Acte uniforme de
demander celle-ci dans le délai prescrit, la juridiction compétente ou l’autorité compétente
dans l’Etat Partie, statuant à bref délai, peut, soit d’office, soit à la requête du greffe ou de
l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier ou de tout autre requérant, rendre une décision enjoignant à l’intéressé de faire
procéder à la formalité en cause.

Dans les mêmes conditions, la juridiction compétente ou l’autorité compétente dans l’Etat
Partie peut enjoindre à toute personne physique ou morale immatriculée au Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier de faire procéder :
• soit aux mentions complémentaires ou rectificatives omises ;
• soit aux mentions ou rectifications nécessaires en cas de déclaration inexacte ou
incomplète ;
• soit à sa radiation.

Art.69.- Toute personne tenue d’accomplir une des formalités prescrites au présent Acte
uniforme, et qui s’en est abstenue, ou encore qui a effectué une formalité par fraude, est punie
des peines prévues par la loi pénale nationale, ou le cas échéant par la loi pénale spéciale prise
par l’État partie en application du présent Acte uniforme.

S’il y a lieu, la juridiction qui prononce la condamnation ordonne la rectification des mentions
et transcriptions inexactes.

Titre 5 - Dispositions particulières

Art.70.- Chaque Etat Partie peut désigner un Registre du Commerce et du Crédit Mobilier
unique pour accomplir les formalités relatives aux sûretés et au crédit-bail prévues par le
présent Acte uniforme, par l’Acte uniforme portant organisation des sûretés et par toutes
autres dispositions légales.

Art.71.- Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du


Registre du Commerce et du Crédit Mobilier désigné à cet effet est seul compétent pour
accomplir les missions prévues à l’article 35 du présent Acte uniforme.
Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre
du Commerce et du Crédit Mobilier désigné utilise pour les formalités visées à l’article 70 ci-
dessus, les registre et répertoire existants et prévus à l’article 38 du présent Acte uniforme.

Art.72.- En vue de permettre au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier désigné de


mettre en œuvre les dispositions de l’article 70 ci-dessus, chaque Registre du Commerce et du

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Crédit Mobilier dispose d’un délai d’un an pour transférer au Registre du Commerce et du
Crédit Mobilier désigné l’ensemble des dossiers relatifs aux sûretés et aux contrats de crédit-
bail inscrits dans ses registres, comportant notamment les dates d’inscription, de modification,
de renouvellement et de radiation.

Nonobstant les dispositions qui précèdent, en cas de modification, renouvellement et radiation


d’une inscription, dès réception de la demande y afférente, le greffe ou l’organe compétent
dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier désigné demande
au greffe ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce et du
Crédit Mobilier ayant reçu l’inscription initiale l’envoi immédiat du dossier concerné. La
transmission doit être faite dans l’urgence, en tout cas dans un délai d’un mois à compter de la
réception de la demande.

Les personnes visées à l’article 51 de l’Acte Uniforme portant organisation des sûretés, à
défaut de transfert du dossier concerné par le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier
dans les délais prévus ci-dessus, peuvent saisir la juridiction compétente ou l’autorité
compétente dans l’Etat Partie statuant à bref délai, à l’effet d’en obtenir le transfert par le
greffier concerné ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie.

Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre


du Commerce et du Crédit Mobilier désigné doit procéder, dès réception du dossier concerné,
à la transcription dans le registre chronologique des dépôts et dans le répertoire alphabétique
des données y figurant.

Les dates d’inscription, de renouvellement, de modification ou de radiation sont notamment


portées sur le registre chronologique des dépôts et dans le répertoire alphabétique avec la
précision qu’il s’agit du report d’une inscription, d’un renouvellement, d’une modification ou
d’une radiation provenant d’un dossier transmis avec notamment indication du Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier d’origine.

Le créancier d’une sûreté, l’agent des sûretés ou le crédit-bailleur, à défaut de transcription


dans le registre chronologique des dépôts et dans le répertoire alphabétique des données
figurant dans le dossier transmis par le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, dans un
délai de 48 heures à compter de la réception dudit dossier, peut saisir la juridiction
compétente ou l’autorité compétente dans l’Etat Partie statuant à bref délai à l’effet d’en
obtenir la transcription par le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat
Partie.

Livre 3 - Fichier national

Chapitre 1 - Dispositions générales

Art.73.- Chaque Etat Partie organise un Fichier National pour :

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• centraliser les renseignements et informations consignés dans chaque Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier ;
• permettre l’accès des assujettis et des tiers aux informations conservées par le Fichier
National ;
• permettre de satisfaire aux exigences de sécurité, de célérité, de transparence et de loyauté
nécessaires au développement des activités économiques ;
• recevoir les déclarations relatives aux hypothèques faites à la diligence de l’autorité en
charge de la publicité des hypothèques ou d’une des personnes visées par l’article 51 de
l’Acte uniforme portant organisation des sûretés.

Le fichier national reçoit de chaque Registre du Commerce et du Crédit Mobilier copies des
formulaires, sous forme papier ou numérique, et des dossiers individuels sous forme
numérique ou constitués des pièces certifiées conformes par le greffier ou le responsable de
l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.

Chapitre 2 - Organisation du fichier national

Art.74.- Chaque Etat Partie désigne l’organe en charge de la tenue du Fichier National.

Le Fichier National est tenu sous la surveillance du ministère en charge de la justice. Les
informations contenues dans les formulaires transmis au Fichier National sont destinées à
l’information du public.

A toute demande d’information faite au Fichier National, le greffier ou le responsable de


l’organe compétent dans l’Etat Partie doit répondre immédiatement ou au plus tard dans un
délai de quarante-huit heures à compter de la réception de la demande. La demande peut être
formulée par voie électronique ainsi que la réponse.

Art.75.- Le Fichier National comprend :

1) Un registre d’arrivée mentionnant, dans l’ordre chronologique la réception de la


transmission, la nature du formulaire et du dossier reçus. Le registre mentionne également
les déclarations relatives aux hypothèques. Un numéro d’ordre d’arrivée est attribué à
chaque transmission et à chaque déclaration d’hypothèque.

2) Un répertoire alphabétique des personnes concernées par les formulaire et dossier relatifs à
l’immatriculation et à la déclaration d’activité reçus de chaque Registre du Commerce et du
Crédit Mobilier avec mention :
• pour les personnes physiques, de leurs nom, prénoms, date et lieu de naissance, du numéro
d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ou du numéro de la
déclaration d’activité au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, de la nature de
l’activité exercée, de l’adresse du principal établissement ou du lieu d’exercice de

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l’activité, des succursales et établissements situés dans le ressort de la juridiction du
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ou hors de ce ressort ;

• b) pour les personnes morales, selon le cas, de leur raison sociale, ou dénomination sociale,
de leur forme juridique, de leur numéro d’immatriculation, de la nature de l’activité
exercée, de l’adresse du principal établissement, de l’adresse du siège social, des
succursales et établissements situés dans le ressort du Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier ou hors de ce ressort.

3) Un répertoire alphabétique des personnes concernées par les formulaires et dossier relatifs
à l’inscription des sûretés et du crédit-bail, ainsi que par les déclarations d’hypothèques. Le
répertoire fait mention des inscriptions supportées par ces personnes, contenant pour chacune
d’elles les données y relatives, le tout par ordre chronologique.
4) Un dossier individuel pour chaque personne concernée par les formulaires, déclaration
d’hypothèque et dossier reçus par le Fichier National.

Livre 4 - Fichier régional

Chapitre 1 - Dispositions générales

Art.76.- Un Fichier Régional, tenu auprès de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage, est
organisé aux fins de :
• centraliser les renseignements et informations consignés dans chaque Fichier National ;
• permettre l’accès des assujettis et des tiers aux informations conservées par le Fichier
Régional ;
• permettre de satisfaire aux exigences de sécurité, de célérité, de transparence et de loyauté
nécessaires au développement des activités économiques.

Il reçoit de chaque Fichier National de chaque État partie copies des formulaires, sous forme
papier ou numérique, et le cas échéant, un extrait des dossiers individuels en forme numérique
ou constitués des pièces certifiées conformes par le greffier ou le responsable de l’organe
compétent dans l’Etat Partie en charge du Fichier National de chaque État partie.

Il assume la même mission d’information du public que le Fichier National.

Chapitre 2 - Organisation du fichier régional

Art.77.- Le Fichier Régional comprend :

1) Un registre d’arrivée mentionnant, dans l’ordre chronologique la réception de la


transmission, la nature du formulaire et du dossier reçus. Un numéro d’ordre est attribué à
chaque transmission.

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2) Un répertoire alphabétique des personnes concernées par les formulaires et le dossier reçus
de chaque Fichier National, portant sur l’immatriculation et la déclaration d’activité avec
mention :
• pour les personnes physiques, de leurs nom, prénoms, date et lieu de naissance, du numéro
d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ou le numéro de
déclaration d’activité au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, de la nature de
l’activité exercée, de l’adresse du principal établissement ou du lieu d’exercice de
l’activité, des succursales et établissements situés dans le ressort de la juridiction du
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ou hors de ce ressort ;
• pour les personnes morales, selon le cas, de leur raison sociale ou dénomination sociale, de
leur forme juridique, de leur numéro d’immatriculation, de la nature de l’activité exercée,
de l’adresse du principal établissement, de l’adresse du siège social, des succursales et
établissements situés dans le ressort du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ou
hors de ce ressort.

3) Un répertoire alphabétique des personnes concernées par les formulaires et déclaration


d’hypothèque reçus de chaque Fichier National avec mention des inscriptions supportées
par elles.

4) Un extrait du dossier individuel pour chaque personne concernée par les formulaires et
déclaration d’hypothèque.

Art.78.- Les informations contenues dans les formulaires et déclaration d’hypothèque


transmis au Fichier Régional sont destinées à l’information du public.

A toute demande d’information formulée au Fichier Régional, le responsable doit répondre


immédiatement ou au plus tard dans un délai de quarante-huit heures à compter de la
réception de la demande.

Livre 5 - Informatisation du RCCM, du fichier national et du fichier régional

Chapitre 1 - Principes généraux de l’utilisation des procédures électroniques

Art.79.- Les dispositions du présent Livre s’appliquent aux formalités ou demandes prévues
par le présent Acte uniforme, par tout autre acte uniforme ou par toute autre règlementation.

Ces demandes ou formalités peuvent être effectuées par voie électronique, dès lors qu’elles
peuvent être transmises et reçues par cette voie par leurs destinataires.

Toutefois, les dispositions du Présent Livre ne s’appliquent pas aux échanges ou


transmissions électroniques qui font l’objet de législations particulières.

Art.80.- Dans chaque État Partie, le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier et le Fichier
National peuvent être tenus et exploités soit sur support papier, soit sous forme électronique.

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Le Fichier Régional est tenu et exploité soit sur support papier, soit sous forme électronique.

Art.81.- Un Comité technique de normalisation des procédures électroniques institué au sein


de l’OHADA est chargé de la normalisation des procédures effectuées au moyen de
documents et de transmissions électroniques.

Chapitre 2 - Validité des documents électroniques et des signatures électroniques

Art.82.- Les formalités accomplies auprès des Registres du Commerce et du Crédit Mobilier
au moyen de documents électroniques et de transmissions électroniques ont les mêmes effets
juridiques que celles accomplies avec des documents sur support papier, notamment en ce qui
concerne leur validité juridique et leur force probatoire.

Les documents sous forme électronique peuvent se substituer aux documents sur support
papier et sont reconnus comme équivalents lorsqu’ils sont établis et maintenus selon un
procédé technique fiable, qui garantit, à tout moment, l’origine du document sous forme
électronique et son intégrité au cours des traitements et des transmissions électroniques.

Les procédés techniques fiables et garantissant, à tout moment, l’origine des documents sous
forme électronique ainsi que leur intégrité au cours de leurs traitements et de leurs
transmissions électroniques sont reconnus valables par le présent Acte uniforme ou par le
Comité technique de normalisation des procédures électroniques prévu à l’article 81 du
présent Acte uniforme.

L’usage d’une signature électronique qualifiée est un procédé technique fiable et garantissant,
à tout moment, l’origine des documents sous forme électronique, leur intégrité au cours de
leurs traitements et de leurs transmissions électroniques.

Art.83.- La signature électronique qualifiée est appliquée à un document et permet


d’identifier le signataire et de manifester son consentement aux obligations qui découlent de
l’acte.

Elle présente les caractéristiques suivantes :


• elle est liée uniquement au signataire ;
• elle permet d’identifier dûment le signataire ;
• elle est créée par des moyens que le signataire peut garder sous son contrôle exclusif ;
• elle est liée au document auquel elle se rapporte de telle sorte que toute modification
ultérieure du document soit détectable.

La signature électronique qualifiée est formée des composants techniques suivants :


• un logiciel de création de signature et un logiciel de vérification de signature ;

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• un certificat électronique, authentifiant le signataire, produit par un prestataire de services
de certification électronique.

Le Comité technique de normalisation des procédures électroniques prévu à l’article 81 du


présent Acte uniforme détermine les critères à remplir pour être un prestataire de services de
certification électronique.

Art.84.- Le certificat électronique employé en support de la signature électronique qualifiée


est une attestation électronique qui lie des données afférentes à la vérification de signature à
une personne et confirme l’identité de cette personne.

Il présente au minimum les mentions suivantes :


• le nom du titulaire du certificat ;
• la clé cryptographique publique du titulaire ;
• la période de validité du certificat ;
• un numéro de série unique ;
• la signature électronique du prestataire de services de certification électronique.

Art.85.- La réglementation de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des


Affaires, et à défaut, le droit interne des États parties, énonce les contraintes techniques
appliquées aux composants de la signature électronique pour que celle-ci soit réputée
qualifiée.

Chapitre 3 - Utilisation et conservation des documents électroniques

Art.86.- La demande ou la déclaration ainsi que les pièces justificatives peuvent se présenter,
totalement ou partiellement, sous forme électronique, sous réserve du respect des dispositions
de l’article 79 du présent Acte uniforme en ce qui concerne le destinataire et du respect des
dispositions des articles 82 à 85 du présent Acte uniforme en ce qui concerne la conformité
des documents.

Art.87.- En cas d’option pour la voie électronique, les personnes en charge des Registres du
Commerce et du Crédit Mobilier délivrent, dans le respect des dispositions du présent Acte
uniforme, les mêmes actes que ceux délivrés en cas d’accomplissement des formalités sur
support papier.

Les documents remis par les autorités en charge des Registres du Commerce et du Crédit
Mobilier sont sous la forme de procédés techniques fiables et garantissant, à tout moment,
l’origine des documents sous forme électronique ainsi que leur intégrité au cours de leurs
traitements et de leurs transmissions électroniques reconnus valables par le présent Acte
uniforme ou par le Comité technique de normalisation des procédures électroniques prévu à
l’article 81 du présent Acte uniforme.

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Ils prennent les dénominations suivantes :
• pour les formalités d’immatriculation : accusé d’enregistrement de l’immatriculation
mentionnant la date et le numéro d’immatriculation ;
• pour les formalités de déclaration : accusé d’enregistrement de la déclaration portant la
date et le numéro de la déclaration d’activité ;
• pour les autres formalités au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier : accusé
d’enregistrement mentionnant la date et la nature de la formalité ;
• pour les formalités liées à l’inscription des sûretés : accusé d’enregistrement ou certificat
de dépôt portant la date, la désignation de la formalité effectuée et le numéro d’ordre ;
• pour les formalités de renouvellement d’inscription : accusé d’enregistrement ou certificat
de renouvellement portant la date, la désignation de la formalité effectuée et le numéro
d’ordre ;
• pour les formalités de modification et de radiation de l’inscription au répertoire : accusé
d’enregistrement ou certificat de modification ou de radiation portant la date, la
désignation et le numéro d’ordre.

Les autres documents prévus dans le cadre des dispositions du présent Acte uniforme et émis
par voie électronique ont les mêmes dénominations que celles prévues dans la procédure par
usage du papier sous réserve des dispositions des articles 82 à 85 ci-dessus. L’accusé
d’enregistrement avec les mentions prévues par le présent Acte uniforme, ou par tout autre
Acte uniforme ou toute autre disposition légale, indique que les formulaires, documents, actes
ou les informations attendus ont bien été reçus par le destinataire et sont exploitables,
notamment par des traitements électroniques.

L’accusé d’enregistrement est délivré par le greffier ou le responsable de l’organe compétent


dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier dès réception de
la demande ou de la déclaration par voie électronique conformément aux dispositions du
présent Acte uniforme.

Art.88.- Le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du


Registre du Commerce et du Crédit Mobilier est habilité à extraire des décisions
juridictionnelles ou administratives, qui lui sont transmises sur support papier ou sous forme
électronique, les mentions à porter dans les dossiers individuels ou en marge des registre et
répertoire.
Les mentions marginales inscrites dans le dossier individuel ou en marge des registre et
répertoire, établis sur support électronique, figurent dans un fichier informatique lié au dossier
individuel d’origine signé par le greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat
Partie au moyen de sa signature électronique qualifiée.
Les copies intégrales des dossiers individuels, complétées de ces mentions marginales, sont
transmises dans les vingt-quatre heures au Fichier National, lequel transmet dans les vingt
quatre heures par voie électronique au Fichier Régional, les copies des formulaires, sous
forme numérique et, le cas échéant, un extrait des dossiers individuels en forme numérique ou

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constitués des pièces certifiées conformes par le greffier ou le responsable de l’organe
compétent dans l’Etat Partie en charge du Fichier National de l’État Partie.

Art.89.- Lorsqu’une demande ou une déclaration est faite sous forme électronique et à défaut
de la signature électronique du demandeur, du déclarant ou de son mandataire, le greffier ou
le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du Commerce
et du Crédit Mobilier valide la demande ou la déclaration par sa propre signature électronique
qualifiée, après examen du document et des pièces justificatives.

Dans ce cas, l’accusé d’enregistrement ne porte pas mention du numéro de déclaration


d’activité, d’immatriculation ou d’ordre.

Le numéro de déclaration d’activité ou le numéro d’immatriculation ou le numéro d’ordre,


selon le cas, est délivré dans un délai de quarante-huit heures, après la validation par le
greffier ou le responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie, de la déclaration ou de la
demande ainsi que des pièces justificatives jointes.

Art.90.- Une autorité administrative peut communiquer au Registre du Commerce et du


Crédit Mobilier, directement sous forme papier ou support électronique, les informations
soumises à publicité en vertu des dispositions du présent Acte uniforme ou de tout autre Acte
uniforme ou de toute autre disposition légale, nonobstant la présence de données à caractère
personnel.

Art.91.- La conservation de la déclaration ou de la demande établies sur support électronique


est assurée dans des conditions de nature à en préserver la durabilité, l’intégrité et la lisibilité.

L’ensemble des informations concernant la déclaration ou la demande dès son établissement,


telles que les données permettant de l’identifier, de déterminer ses propriétés, notamment les
signatures électroniques qualifiées, et d’en assurer la traçabilité, est également conservé.

Les opérations successives justifiées par sa conservation, notamment les migrations d’un
support de stockage électronique à un autre dont les informations peuvent faire l’objet, ne
retirent pas aux enregistrements électroniques des déclarations ou des demandes leur valeur
d’original.

Le procédé de conservation doit permettre l’apposition par le greffier ou le responsable de


l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge de mentions postérieures à l’enregistrement
sans qu’il en résulte une altération des données précédentes.

Chapitre 4 - Utilisation de la voie électronique pour la transmission des documents

Art.92.- Les Registres du Commerce et du Crédit Mobilier, les Fichiers Nationaux et le


Fichier Régional peuvent fournir un service informatique accessible par l’Internet, sécurisé,
permettant au demandeur ou au déclarant, selon son choix, de :

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• faire toute demande ou déclaration ;
• transmettre, notamment par messagerie électronique, un dossier unique de demande ou de
déclaration composé de documents sous forme électronique et de pièces justificatives
numérisées ;
• préparer une demande de manière interactive en ligne, notamment sur le site web du
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier concerné, et la transmettre par cette voie.

Art.93.- Le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier peut répondre par voie électronique à toute demande
d’information qui lui est adressée par cette voie. Aucune confirmation sur papier n’est
nécessaire tant pour la demande que pour la réponse.

Art.94.- Les échanges entre les Registres du Commerce et du Crédit Mobilier, les Fichiers
Nationaux et le Fichier Régional sont revêtus de la signature électronique qualifiée de
l’émetteur afin d’en garantir l’origine et l’intégrité.

Art.95.- Pour toute transmission directe par voie électronique notamment par messagerie
électronique, il est fait usage par le demandeur ou le déclarant de sa signature électronique
qualifiée.

Art.96.- La transmission des dossiers individuels, de copies ou d’extraits prévue par les Actes
uniformes peut s’effectuer par moyens électroniques, notamment en la numérisant
préalablement dans des conditions garantissant sa reproduction à l’identique selon les
recommandations émises par le Comité technique de normalisation des procédures
électroniques prévu à l’article 81 du présent Acte uniforme.

Les informations sont considérées être envoyées par moyens électroniques lorsqu’elles sont
émises et reçues à destination au moyen d’équipements électroniques de traitement, y compris
la compression numérique, et de stockage de données, et entièrement transmises, acheminées
et reçues par fils, par radio, par moyens optiques ou par d’autres moyens électromagnétiques
selon des modalités définies par les États parties, mais permettant l’interopérabilité entre le
système d’information des émetteurs et récepteurs. Des accusés de réception sont envoyés par
les organismes destinataires aux organismes émetteurs. Ils sont munis de la signature
électronique qualifiée du greffier ou du responsable de l’organe compétent dans l’Etat Partie
de l’organisme destinataire.

Chapitre 5 - Publicité et diffusion des informations des registres sous forme électronique

Art.97.- Dans les conditions prévues par le présent Acte uniforme et par l’Acte uniforme
portant organisation des sûretés, toute personne peut obtenir sous forme électronique les
informations figurant sur les formulaires déposés au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.

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Elle peut obtenir en outre communication des extraits ou copies de tout ou partie des
documents publiés au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier en application du présent
Acte uniforme, de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique et de l’Acte uniforme portant organisation et harmonisation
des comptabilités des entreprises.

Art.98.- Le greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie en charge du Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier, après avoir utilisé un système de numérisation dans des
conditions garantissant la reproduction à l’identique, peut procéder à la copie sur support
électronique de tout ou partie d’un dossier individuel sur papier.

Les informations données sous forme électronique ne sont pas certifiées conformes, sauf
demande expresse du demandeur. A défaut de certification, les informations données ne
valent que comme simple renseignement.

La certification des copies électroniques doit garantir à la fois l’authentification de leur


origine et l’intégrité de leur contenu, au moyen au moins d’une signature électronique
qualifiée de l’autorité en charge du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier. La copie
authentique comporte en outre la date et l’image de son sceau. Mention est portée sur la copie
délivrée de sa conformité à l’original.

Les informations, extraits et copies intégrales d’un document peuvent être transmis au
demandeur à l’adresse électronique qu’il a préalablement indiquée, dans des conditions
garantissant l’intégrité de l’acte, la confidentialité de la transmission, l’identité de l’expéditeur
et celle du destinataire.

Art.99.- Le coût de l’obtention d’une information, d’un extrait ou d’une copie intégrale sur
support papier ou sur support électronique ou voie électronique ne peut être supérieur au coût
administratif de l’opération.

Art.100.- Le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier peut transmettre par voie


électronique aux organismes administratifs destinataires de l’État partie les informations et
pièces justificatives les concernant, nonobstant la présence de données à caractère personnel.

Livre 6 - Bail à usage professionnel et fonds de commerce

Titre 1 - Bail à usage professionnel

Art.101.- Les dispositions du présent titre sont applicables à tous les baux portant sur des
immeubles rentrant dans les catégories suivantes :
• 1° locaux ou immeubles à usage commercial, industriel, artisanal ou à tout autre usage
professionnel ;
• 2° locaux accessoires dépendant d’un local ou d’un immeuble à usage commercial,
industriel, artisanal ou à tout autre usage professionnel, à la condition, si ces locaux

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accessoires appartiennent à des propriétaires différents, que cette location ait été faite en
vue de l’utilisation jointe que leur destinait le preneur, et que cette destination ait été
connue du bailleur au moment de la conclusion du bail ;
• 3° terrains nus sur lesquels ont été édifiées, avant ou après la conclusion du bail, des
constructions à usage industriel, commercial, artisanal ou à tout autre usage professionnel,
si ces constructions ont été élevées ou exploitées avec le consentement exprès du
propriétaire ou portées à sa connaissance et expressément agréées par lui.

Art.102.- Les dispositions du présent Titre sont également applicables aux personnes morales
de droit public à caractère industriel ou commercial, et aux sociétés à capitaux publics,
qu’elles agissent en qualité de bailleur ou de preneur.

Chapitre 1 - Conclusion et durée du bail

Art.103.- Est réputé bail à usage professionnel toute convention, écrite ou non, entre une
personne investie par la loi ou une convention du droit de donner en location tout ou partie
d’un immeuble compris dans le champ d’application du présent Titre, et une autre personne
physique ou morale, permettant à celle-ci, le preneur, d’exercer dans les lieux avec l’accord
de celle- là, le bailleur, une activité commerciale, industrielle, artisanale ou toute autre activité
professionnelle.

Art.104.- Les parties fixent librement la durée du bail.

Le bail à usage professionnel peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée.

A défaut d’écrit ou de terme fixé, le bail est réputé conclu pour une durée indéterminée.

Le bail prend effet à compter de la signature du contrat, sauf convention contraire des parties.

Chapitre 2 - Obligations du bailleur

Art.105.- Le bailleur est tenu de délivrer les locaux en bon état. Il est présumé avoir rempli
cette obligation :
• lorsque le bail est verbal ;
• ou lorsque le preneur a signé le bail sans formuler de réserve quant à l’état des locaux.

Art.106.- Le bailleur fait procéder, à ses frais, dans les locaux donnés à bail à toutes les
grosses réparations devenues nécessaires et urgentes.

En ce cas, le preneur en supporte les inconvénients.

Les grosses réparations sont notamment celles des gros murs, des voûtes, des poutres, des
toitures, des murs de soutènement, des murs de clôture, des fosses septiques et des puisards.

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Le montant du loyer est alors diminué en proportion du temps et de l’usage pendant lequel le
preneur a été privé de la jouissance des locaux.

Si les réparations urgentes sont de telle nature qu’elles rendent impossible la jouissance du
bail, le preneur peut en demander la suspension pendant la durée des travaux à la juridiction
compétente statuant à bref délai.

Il peut également en demander la résiliation judiciaire à la juridiction compétente.

Art.107.- Lorsque le bailleur refuse d’assumer les grosses réparations qui lui incombent, le
preneur peut se faire autoriser par la juridiction compétente, statuant à bref délai, à les
exécuter conformément aux règles de l’art, pour le compte du bailleur. Dans ce cas, la
juridiction compétente, statuant à bref délai, fixe le montant de ces réparations et les
modalités de leur remboursement.

Art.108.- Le bailleur ne peut, de son seul gré, ni apporter des changements à l’état des locaux
donnés à bail, ni en restreindre l’usage.

Art.109.- Le bailleur est responsable envers le preneur du trouble de jouissance survenu de


son fait, ou du fait de ses ayants-droit ou de ses préposés.

Art.110.- Le bail ne prend pas fin par la cessation des droits du bailleur sur les locaux donnés
à bail.

Dans ce cas, le nouveau bailleur est substitué de plein droit dans les obligations de l’ancien
bailleur et doit poursuivre l’exécution du bail.

Art.111.- Le bail ne prend pas fin par le décès de l’une ou l’autre des parties.

En cas de décès du preneur, personne physique, le bail se poursuit avec les conjoints,
ascendants ou descendants en ligne directe, qui en ont fait la demande au bailleur par
signification d’huissier de justice ou notification par tout moyen permettant d’établir la
réception effective par le destinataire, dans un délai de trois mois à compter du décès.

En cas de pluralité de demandes, le bailleur peut saisir la juridiction compétente, statuant à


bref délai, afin de voir désigner le successeur dans le bail.

En l’absence de toute demande dans ce délai de trois mois, le bail est résilié de plein droit.

La dissolution de la personne morale preneuse n’entraîne pas, de plein droit, la résiliation du


bail des immeubles affectés à l’activité du preneur. Le liquidateur est tenu d’exécuter les
obligations du preneur, dans les conditions fixées par les parties. Le bail est résilié de plein
droit après une mise en demeure adressée au liquidateur, restée plus de soixante jours sans
effet.

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Chapitre 3 - Obligations du preneur

Art.112.- En contrepartie de la jouissance des lieux loués, le preneur doit payer le loyer aux
termes convenus entre les mains du bailleur ou de son représentant dûment mandaté.

Le paiement du loyer peut être fait par correspondance ou par voie électronique.

Art.113.- Le preneur est tenu d’exploiter les locaux donnés à bail, en bon père de famille, et
conformément à la destination prévue au bail ou, à défaut de convention écrite, suivant celle
présumée d’après les circonstances.

Toutefois il est possible, pour le preneur, d’adjoindre à l’activité prévue au contrat de bail des
activités connexes ou complémentaires relevant d’un même domaine que celui envisagé lors
de la conclusion du bail. Le preneur doit en aviser de manière expresse le bailleur. Le bailleur
peut s’y opposer pour des motifs graves.

En cas de changement de l’activité prévue au contrat, le preneur doit obtenir l’accord


préalable et exprès du bailleur qui peut s’y opposer pour des motifs sérieux. En cas de conflit
entre le bailleur et le preneur, il appartient à la partie la plus diligente de saisir la juridiction
compétente.

Art.114.- Le preneur est tenu aux réparations d’entretien.

Il répond des dégradations ou des pertes dues à un défaut d’entretien au cours du bail.

Art.115.- A l’expiration du bail, le preneur qui, pour une cause autre que celle prévue à
l’article 126 ci-après, se maintient dans les lieux contre la volonté du bailleur doit verser une
indemnité d’occupation égale au montant du loyer fixé pendant la durée du bail, sans
préjudice d’éventuels dommages et intérêts.

Chapitre 4 – Loyer

Art.116.- Les parties fixent librement le montant du loyer, sous réserve des dispositions
législatives ou réglementaires applicables.

Le loyer est révisable dans les conditions fixées par les parties ou à défaut lors de chaque
renouvellement au titre de l’article 123 ci-après.

Art.117.- A défaut d’accord écrit entre les parties sur le nouveau montant du loyer, la
juridiction compétente, statuant à bref délai, est saisie par la partie la plus diligente. Pour fixer
le nouveau montant du loyer, la juridiction compétente tient notamment compte des éléments
suivants :
• la situation des locaux ;

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• leur superficie ;
• l’état de vétusté ;
• le prix des loyers commerciaux couramment pratiqués dans le voisinage pour des locaux
similaires.

Chapitre 5 - Cession et sous-location

Art.118.- Si le preneur cède le bail et la totalité des éléments permettant l’activité dans les
lieux loués, la cession s’impose au bailleur.

Si le preneur cède le bail seul ou avec une partie des éléments permettant l’activité dans les
lieux loués, la cession est soumise à l’accord du bailleur.

Toute cession du bail doit être portée à la connaissance du bailleur par signification d’huissier
de justice ou notification par tout moyen permettant d’établir la réception effective par le
destinataire, mentionnant :
• l’identité complète du cessionnaire ;
• son adresse ;
• et le cas échéant, son numéro d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.

Art.119.- A défaut de signification ou de notification, dans les conditions de l’article 118 ci-
dessus, la cession est inopposable au bailleur.

Art.120.- Lorsque la cession s’impose au bailleur, celui-ci dispose d’un délai d’un mois à
compter de cette signification ou notification pour s’opposer, le cas échéant, à celle-ci et saisir
la juridiction compétente statuant à bref délai, en justifiant des motifs sérieux et légitimes de
s’opposer à cette cession.

La violation par le preneur des obligations du bail, et notamment le non paiement du loyer,
constitue un motif sérieux et légitime de s’opposer à la cession.

Pendant toute la durée de la procédure, le cédant reste dans les lieux et demeure tenu aux
obligations du bail.

Lorsque la cession requiert l’accord du bailleur, celui-ci dispose d’un délai d’un mois à
compter de cette signification ou notification pour communiquer au preneur son acceptation
ou son refus. Passé ce délai, le silence du bailleur vaut acceptation de la cession de bail.

Art.121.- Sauf stipulation contraire du bail, toute sous-location totale ou partielle est interdite.

En cas de sous-location autorisée, l’acte doit être porté à la connaissance du bailleur par tout
moyen écrit.

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A défaut, la sous-location lui est inopposable.

Art.122.- Lorsque le loyer de la sous-location totale ou partielle est supérieur au prix du bail
principal, le bailleur a la faculté d’exiger une augmentation correspondante du prix du bail
principal, augmentation qui à défaut d’accord entre les parties est fixée par la juridiction
compétente, statuant à bref délai, en tenant compte des éléments visés à l’article 117 ci-
dessus.

Chapitre 6 - Conditions et formes du renouvellement

Art.123.- Le droit au renouvellement du bail à durée déterminée ou indéterminée est acquis


au preneur qui justifie avoir exploité, conformément aux stipulations du bail, l’activité prévue
à celui-ci, pendant une durée minimale de deux ans.

Aucune stipulation du contrat ne peut faire échec au droit au renouvellement.

En cas de renouvellement exprès ou tacite, le bail est conclu pour une durée minimale de trois
ans.

En cas de renouvellement pour une durée indéterminée les parties doivent prévoir la durée du
préavis de congé qui ne peut être inférieure à six mois.

Art.124.- Dans le cas du bail à durée déterminée, le preneur qui a droit au renouvellement de
son bail en vertu de l’article 123 ci-dessus peut demander le renouvellement de celui-ci, par
signification d’huissier de justice ou notification par tout moyen permettant d’établir la
réception effective par le destinataire, au plus tard trois mois avant la date d’expiration du
bail.

Le preneur qui n’a pas formé sa demande de renouvellement dans ce délai est déchu du droit
au renouvellement du bail.

Le bailleur qui n’a pas fait connaître sa réponse à la demande de renouvellement au plus tard
un mois avant l’expiration du bail est réputé avoir accepté le principe du renouvellement de ce
bail.

Art.125.- Dans le cas d’un bail à durée indéterminée, toute partie qui entend le résilier doit
donner congé par signification d’huissier de justice ou notification par tout moyen permettant
d’établir la réception effective par le destinataire au moins six mois à l’avance.

Le preneur, bénéficiaire du droit au renouvellement en vertu de l’article 123 ci-dessus peut


s’opposer à ce congé, au plus tard à la date d’effet de celui-ci, en notifiant au bailleur par
signification d’huissier de justice ou notification par tout moyen permettant d’établir la
réception effective par le destinataire sa contestation de congé.

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Faute de contestation dans ce délai, le bail à durée indéterminée cesse à la date fixée par le
congé.

Art.126.- Le bailleur peut s’opposer au droit au renouvellement du bail à durée déterminée ou


indéterminée en réglant au locataire une indemnité d’éviction.

A défaut d’accord sur le montant de cette indemnité, celle-ci est fixée par la juridiction
compétente en tenant compte notamment du montant du chiffre d’affaires, des
investissements réalisés par le preneur, de la situation géographique du local et des frais de
déménagement imposés par le défaut de renouvellement.

Art.127.- Le bailleur peut s’opposer au droit au renouvellement du bail à durée déterminée ou


indéterminée, sans avoir à régler d’indemnité d’éviction, dans les cas suivants :

1) S’il justifie d’un motif grave et légitime à l’encontre du preneur sortant.

Ce motif doit consister soit dans l’inexécution par le locataire d’une obligation substantielle
du bail, soit encore dans la cessation de l’exploitation de l’activité.

Ce motif ne peut être invoqué que si les faits se sont poursuivis ou renouvelés plus de deux
mois après une mise en demeure du bailleur, par signification d’huissier de justice ou
notification par tout moyen permettant d’établir la réception effective par le destinataire,
d’avoir à les faire cesser.

2) S’il envisage de démolir l’immeuble comprenant les lieux loués, et de le reconstruire.


Le bailleur doit dans ce cas justifier de la nature et de la description des travaux projetés.

Le preneur a le droit de rester dans les lieux jusqu’au commencement des travaux de
démolition, et il bénéficie d’un droit de priorité pour se voir attribuer un nouveau bail dans
l’immeuble reconstruit.

Si les locaux reconstruits ont une destination différente de celle des locaux objet du bail, ou
s’il n’est pas offert au preneur un bail dans les nouveaux locaux, le bailleur doit verser au
preneur l’indemnité d’éviction prévue à l’article 126 ci-dessus.

Art.128.- Le bailleur peut, sans versement d’indemnité d’éviction, refuser le renouvellement


du bail portant sur les locaux d’habitation accessoires des locaux principaux, pour les habiter
lui-même ou les faire habiter par son conjoint ou ses ascendants, ses descendants ou ceux de
son conjoint.

Cette reprise ne peut être exercée lorsque le preneur établit que la privation de jouissance des
locaux d’habitation accessoires apporte un trouble grave à la jouissance du bail dans les

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locaux principaux, ou lorsque les locaux principaux et les locaux d’habitation forment un tout
indivisible.

Art.129.- Le nouveau bail prend effet à compter de l’expiration du bail précédent si celui-ci
est à durée déterminée, ou à compter de la date pour laquelle le congé a été donné si le bail
précédent est à durée indéterminée.

Art.130.- Le sous-locataire peut demander le renouvellement de son bail au locataire


principal dans la mesure des droits que celui-ci tient de la personne investie par la loi ou une
convention du droit de donner en location. Ce droit est soumis aux dispositions des articles
118 à 122 du présent Acte uniforme.

L’acte de renouvellement de la sous-location doit être porté à la connaissance du bailleur dans


les mêmes conditions que la sous-location initialement autorisée.

Art.131.- Le preneur sans droit au renouvellement, quel qu’en soit le motif, peut être
remboursé des constructions et aménagements qu’il a réalisés dans les locaux avec
l’autorisation du bailleur.

A défaut d’accord entre les parties, le preneur peut saisir la juridiction compétente dès
l’expiration du bail à durée déterminée non renouvelé, ou encore dès la notification du congé
du bail à durée indéterminée.

Art.132.- Sauf convention contraire des parties, les contestations découlant de l’application
des dispositions du Titre I du présent Livre sont portées à la requête de la partie la plus
diligente, sauf dispositions contraires du présent Livre, devant la juridiction compétente,
statuant à bref délai, dans le ressort de laquelle sont situés les locaux donnés à bail.

Chapitre 7 - Résiliation du bail

Art.133.- Le preneur et le bailleur sont tenus chacun en ce qui le concerne au respect de


chacune des clauses et conditions du bail sous peine de résiliation.

La demande en justice aux fins de résiliation du bail doit être précédée d’une mise en demeure
d’avoir à respecter la ou les clauses ou conditions violées. La mise en demeure est faite par
acte d’huissier ou notifiée par tout moyen permettant d’établir sa réception effective par le
destinataire.

A peine de nullité, la mise en demeure doit indiquer la ou les clauses et conditions du bail non
respectées et informer le destinataire qu’à défaut de s’exécuter dans un délai d’un mois à
compter de sa réception, la juridiction compétente statuant à bref délai est saisie aux fins de
résiliation du bail et d’expulsion, le cas échéant, du preneur et de tout occupant de son chef.

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Le contrat de bail peut prévoir une clause résolutoire de plein droit. La juridiction compétente
statuant à bref délai constate la résiliation du bail et prononce, le cas échéant, l’expulsion du
preneur et de tout occupant de son chef, en cas d’inexécution d’une clause ou d’une condition
du bail après la mise en demeure visée aux alinéas précédents.

La partie qui entend poursuivre la résiliation du bail doit notifier aux créanciers inscrits une
copie de l’acte introductif d’instance. La décision prononçant ou constatant la résiliation du
bail ne peut intervenir qu’après l’expiration d’un délai d’un mois suivant la notification de la
demande aux créanciers inscrits.

Chapitre 8 - Dispositions d’ordre public

Art.134.- Sont d’ordre public les dispositions des articles 101, 102, 103, 107, 110, 111, 117,
123, 124, 125, 126, 127, 130 et 133 du présent Acte uniforme.

Sauf convention contraire entre le bailleur et l’entreprenant, ce preneur ne bénéficie ni d’un


droit au renouvellement du bail, ni d’un droit à la fixation judiciaire du loyer du bail
renouvelé.

Titre 2 - Fonds de commerce

Chapitre 1 - Définition du fonds de commerce

Art.135.- Le fonds de commerce est constitué par un ensemble de moyens qui permettent au
commerçant d’attirer et de conserver une clientèle.

Art.136.- Le fonds de commerce comprend nécessairement la clientèle et l’enseigne ou la


clientèle et le nom commercial, sans préjudice du cumul de la clientèle avec l’enseigne et le
nom commercial.

Art.137.- Le fonds de commerce peut comprendre différents éléments mobiliers, corporels et


incorporels, notamment les éléments suivants :
• les installations ;
• les aménagements et agencements ;
• le matériel ;
• le mobilier ;
• les marchandises en stock ;
• le droit au bail ;
• les licences d’exploitation ;
• les brevets d’inventions, marques de fabrique et de commerce, dessins et modèles, et
tout autre droit de propriété intellectuelle nécessaires à l’exploitation.

Chapitre 2 - Modes d’exploitation du fonds de commerce

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Art.138.- Le fonds de commerce peut être exploité directement ou en exécution d’un contrat
de location-gérance.

L’exploitation directe peut être le fait d’un commerçant, même s’il est entreprenant, ou d’une
société commerciale.

La location-gérance est une convention par laquelle le propriétaire du fonds de commerce,


personne physique ou morale, en concède la location, en qualité de bailleur, à une personne
physique ou morale, locataire-gérant, qui l’exploite à ses risques et périls. L’entreprenant ne
peut être partie à un contrat de location-gérance.

Le locataire-gérant doit payer au bailleur du fonds un loyer correspondant à la redevance due


pour la jouissance des locaux, et un loyer pour la jouissance des éléments corporels et
incorporels du fonds de commerce tels que décrits dans le contrat de location-gérance. Ces
deux éléments de loyer sont obligatoirement déterminés de façon séparée dans le contrat de
location- gérance, même si leurs échéances sont fixées aux mêmes dates. En accord avec le
bailleur des locaux, le locataire-gérant peut être dispensé de lui assurer directement, à chaque
échéance, le paiement du loyer dû à la rémunération de la jouissance des locaux.

Art.139.- Le locataire-gérant a la qualité de commerçant, et est soumis à toutes les obligations


qui en découlent.

Il doit se conformer aux dispositions réglementant l’immatriculation au Registre du


Commerce et du Crédit Mobilier.

Tout contrat de location-gérance doit en outre être publié, par la partie la plus diligente et aux
frais du locataire-gérant, dans la quinzaine de sa date, sous forme d’extrait dans un journal
habilité à publier les annonces légales et paraissant dans le lieu où le fonds de commerce est
inscrit au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

Le propriétaire du fonds, s’il est commerçant, est tenu de faire modifier à ses frais son
inscription au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier par la mention de la mise en
location gérance de son fonds.

L’expiration au terme prévu ou anticipé du contrat de location-gérance donne lieu aux mêmes
mesures de publicité aux frais du locataire-gérant.

Art.140.- Le locataire-gérant est tenu d’indiquer en tête de ses bons de commande, factures et
autres documents à caractère financier ou commercial, avec son numéro d’immatriculation au
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, sa qualité de locataire-gérant du fonds.

Toute infraction à cette disposition est punie par la loi pénale nationale.

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Art.141.- La personne physique ou morale qui concède une location-gérance doit avoir
exploité, pendant deux ans au moins en qualité de commerçant, le fonds mis en gérance.

Toutefois, ne peuvent consentir une location-gérance les personnes interdites ou déchues de


l’exercice d’une profession commerciale.

Art.142.- Le délai prévu à l’article précédent peut être réduit, sans pouvoir être inférieur à un
an, par la juridiction compétente, notamment lorsque la personne physique ou morale justifie
qu’elle a été dans l’impossibilité d’exploiter son fonds personnellement ou par l’intermédiaire
de ses préposés.

Art.143.- Les conditions fixées par l’article 141 ci-dessus ne sont pas applicables :
• à l’État ;
• aux collectivités locales ;
• aux établissements publics ;
• aux incapables, en ce qui concerne le fonds dont ils étaient propriétaires avant la
survenance de leur incapacité ;
• aux héritiers ou légataires d’un commerçant décédé, en ce qui concerne le fonds
exploité par ce dernier ;
• aux mandataires de justice chargés, à quelque titre que ce soit, de l’administration d’un
fonds de commerce, à condition qu’ils y aient été autorisés par la juridiction compétente et
qu’ils aient satisfait aux mesures de publicité prévues.

Art.144.- Les dettes du bailleur nées de l’exploitation du fonds peuvent être déclarées
immédiatement exigibles par la juridiction compétente si elle estime que la location-gérance
met en péril leur recouvrement.

L’action est introduite par tout intéressé, à peine de forclusion, dans le délai de trois mois de
la date de publication du contrat de location-gérance, tel que prévu à l’article 139 du présent
Acte uniforme.

Art.145.- Jusqu’à la publication du contrat de location-gérance, le propriétaire du fonds est


solidairement responsable des dettes du locataire-gérant nées de l’exploitation du fonds donné
en location-gérance.

Art.146.- L’expiration du contrat de location-gérance à son terme normal ou anticipé rend


immédiatement exigible les dettes contractées par le locataire-gérant du fonds pendant la
gérance.

Chapitre 3 - Cession du fonds de commerce

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Art.147.- La cession du fonds de commerce obéit aux règles générales de la vente, sous
réserve des dispositions ci-dessous et des textes spécifiques à l’exercice de certaines activités
commerciales.

Art.148.- La cession du fonds de commerce porte nécessairement sur les éléments énumérés à
l’article 136 du présent Acte uniforme.

En l’absence de cession simultanée des éléments précités, la cession d’autres éléments, tels
ceux énumérés à l’article 137 ci-dessus, demeure possible mais n’emporte pas cession du
fonds de commerce, quelles que soient les dispositions convenues dans l’acte constatant la
cession.

Art.149.- La vente d’un fonds de commerce peut être réalisée soit par acte sous seing privé,
soit par acte authentique.

Les dispositions du présent Chapitre s’appliquent à tout acte constatant une cession de fonds
de commerce, consentie même sous condition, y compris en cas d’apport d’un fonds de
commerce à une société.

Art.150.- Tout acte constatant la cession d’un fonds de commerce doit énoncer :
• 1° pour les personnes physiques, l’état civil complet du vendeur et de l’acheteur, et,
pour les personnes morales, leur nom, leur dénomination sociale, leur forme juridique,
l’adresse de leur siège ;
• 2° les activités du vendeur et de l’acheteur ;
• 3° leurs numéros d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ;
• 4° s’il y a lieu, l’origine du fonds au regard du titulaire qui a précédé le vendeur ;
• 5° l’état des privilèges, nantissements et inscriptions grevant le fonds ;
• 6° le chiffre d’affaires réalisé au cours de chacune des trois dernières années
d’exploitation, ou depuis son acquisition si le fonds n’a pas été exploité depuis plus de trois
ans ;
• 7° les résultats commerciaux réalisés pendant la même période ;
• 8° le bail annexé à l’acte avec l’indication, dans l’acte, de sa date, de sa durée, du nom
et de l’adresse du bailleur et du cédant s’il y a lieu ;
• 9° le prix convenu ;
• 10° la situation et les éléments du fonds vendu ;
• 11° le nom et l’adresse du notaire ou de l’établissement bancaire désigné en qualité de
séquestre si la vente a lieu par acte sous seing privé.

Art.151.- L’omission ou l’inexactitude des mentions requises ci-dessus peut entraîner la


nullité de la vente, si l’acquéreur le demande, et s’il prouve que cette omission ou cette
inexactitude a substantiellement affecté la consistance du fonds cédé et qu’il en subit un
préjudice.

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Cette demande doit être formée dans le délai d’un an à compter de la date de l’acte.

Art.152.- Tout acte constatant une cession de fonds de commerce doit être déposé en une
copie certifiée conforme par le vendeur ou l’acquéreur au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier.

Il appartient au vendeur et à l’acquéreur, chacun en ce qui le concerne, de faire procéder à la


mention modificative correspondante.

Art.153.- Dans un délai de quinze jours francs à compter de sa date, l’acte constatant la
cession du fonds de commerce doit être publié à la diligence de l’acquéreur, sous forme
d’avis, dans un journal habilité à publier des annonces légales et paraissant dans le lieu où le
vendeur est inscrit au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

Art.154.- Le vendeur du fonds de commerce est tenu de mettre le fonds cédé à la disposition
de l’acheteur à la date prévue dans l’acte de cession.

Toutefois, si le paiement du prix a été prévu au comptant, le vendeur n’est tenu, sauf
convention contraire entre les parties, de mettre l’acheteur en possession qu’à la date du
complet paiement.

Art.155.- Le vendeur du fonds de commerce doit s’abstenir de tout comportement qui serait
de nature à gêner l’acquéreur dans l’exploitation du fonds vendu.

Les clauses de non-rétablissement ne sont valables que si elles sont limitées soit dans le
temps, soit dans l’espace ; une seule de ces limitations suffit pour rendre la clause valable.

Le vendeur doit assurer à l’acquéreur la possession paisible de la chose vendue, et en


particulier le garantir contre les droits que d’autres personnes prétendraient faire valoir sur le
fonds vendu.

Art.156.- Si l’acquéreur est évincé partiellement, ou s’il découvre des charges qui n’étaient
pas déclarées dans l’acte de vente, ou encore si le fonds de commerce est affecté de vices
cachés ou défauts de conformité, il peut demander la résolution de la vente, mais seulement si
la diminution de jouissance qu’il subit est d’une importance telle qu’il n’aurait pas acheté le
fonds s’il en avait eu connaissance.

Art.157.- L’acheteur doit payer le prix, aux jour et lieu fixés dans l’acte de vente, entre les
mains du notaire ou de tout établissement bancaire désigné d’un commun accord entre les
parties à l’acte.

Le notaire ou l’établissement bancaire ainsi désigné doit conserver les fonds en qualité de
séquestre pendant un délai de trente jours, ce délai commençant à courir au jour de la parution

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dans un journal habilité à publier la vente au titre des annonces légales. Si au terme de ce
délai, aucune opposition n’a été notifiée au séquestre, celui-ci doit tenir le prix de vente à la
disposition du vendeur.

Si une ou plusieurs oppositions sont notifiées pendant ce délai, le prix de vente n’est
disponible pour le vendeur que sur justification de la mainlevée de toutes les oppositions.

Art.158.- Est nulle et de nul effet toute contre-lettre ou convention ayant pour objet ou pour
effet de dissimuler tout ou partie du prix de cession du fonds de commerce.

Art.159.- Tout créancier du vendeur qui forme opposition doit notifier celle-ci par acte
d’huissier ou par tout moyen permettant d’en établir la réception effective :
• 1° au notaire ou à l’établissement bancaire désigné en qualité de séquestre ;
• 2° à l’acquéreur pris à son adresse telle que figurant dans l’acte ;
• 3° au greffe de la juridiction ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie qui tient le
Registre du Commerce et du Crédit Mobilier auquel est inscrit le vendeur, à charge pour le
greffe ou l’organe compétent dans l’Etat Partie de procéder à l’inscription de cette opposition
sur le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

L’acte d’opposition doit énoncer, outre les mentions d’identification du créancier opposant, le
montant et les causes de la créance, et contenir élection de domicile dans le ressort de la
juridiction où est tenu le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier.

Les formalités ainsi mises à la charge du créancier opposant par le présent article sont
édictées à peine de nullité de son opposition.

Art.160.- L’opposition produit un effet conservatoire.

Il appartient au créancier opposant de saisir la juridiction compétente pour faire constater sa


créance, et recevoir le paiement de celle-ci.

Art.161.- Le vendeur ne peut obtenir de la juridiction compétente statuant à bref délai la


mainlevée de l’opposition et le versement des fonds entre ses mains qu’en contrepartie d’un
cautionnement, ou d’une garantie équivalente au montant de la créance objet de l’opposition.

Le vendeur peut également obtenir du créancier opposant la mainlevée amiable de


l’opposition ; dans ce cas, la mainlevée doit être notifiée par le créancier opposant dans les
formes prévues à l’article 159 ci-dessus.

Art.162.- L’opposition qui, dans le mois de sa notification, n’est pas levée amiablement ou ne
donne pas lieu à saisine du juge en application de l’article 160 ci-dessus est nulle de plein
droit et de nul effet. A la requête de tout intéressé, la juridiction compétente statuant à bref
délai constate au besoin cette nullité et ordonne la mainlevée de l’opposition, sans préjudice
de l’action en dommages-intérêts pour opposition abusive.

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Art.163.- Tout créancier ayant inscrit un privilège ou un nantissement, ou ayant
régulièrement fait opposition peut, dans le mois de la publication de la vente dans un journal
habilité à publier les annonces légales, former une surenchère du sixième du prix du fonds de
commerce figurant à l’acte de vente.

Lorsque le fonds a fait l’objet d’une vente forcée, les créanciers nantis et opposants
bénéficient du même droit de surenchère qui doit s’exercer dans le même délai à compter de
l’adjudication.

Le surenchérisseur doit consigner, dans le même délai, au greffe de la juridiction compétente


ou auprès de l’organe compétent dans l’Etat Partie, le montant du prix augmenté du sixième.

Art.164.- Le cahier des charges, établi antérieurement à la vente en justice à la diligence du


surenchérisseur, reproduit intégralement l’acte de cession ayant donné lieu à surenchère et
mentionne les nantissements antérieurement inscrits ainsi que les oppositions régulièrement
notifiées à la suite de la publication de la vente volontaire du fonds, ou au cours de la
procédure de vente forcée.

Dans les quinze jours francs de la surenchère, le surenchérisseur publie, à ses frais avancés,
dans un journal habilité à publier des annonces légales et paraissant dans le lieu où le vendeur
est inscrit au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, un avis comportant l’indication du
lieu et de la date de la vente en justice ainsi que des modalités de consultation du cahier des
charges. Passé ce délai, la surenchère est nulle de plein droit et les frais en sont définitivement
supportés par le seul surenchérisseur sans préjudice des dommages-intérêts éventuellement
dus pour surenchère abusive.

Aucune nouvelle opposition ne peut être formée pendant la procédure de surenchère.

Art.165.- La vente se fait à la barre de la juridiction compétente, dans les formes des criées.

Art.166.- Lorsque le prix n’est pas payé comptant, le vendeur dispose d’un privilège sur le
fonds de commerce vendu.

Il doit à cet effet procéder à l’inscription de son privilège de vendeur dans les formes requises
au présent Acte uniforme.

Art.167.- Si le vendeur n’est pas payé aux échéances convenues, il peut demander la
résolution de la vente, conformément au droit commun.

Art.168.- Le vendeur qui exerce l’action résolutoire notifie celle-ci par acte extrajudiciaires
ou par tout moyen prouvant par écrit la notification aux créanciers inscrits sur le fonds, et ce,
au domicile élu par eux dans leurs inscriptions.

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Il procède également à la pré notation de son action résolutoire conformément aux
dispositions prévues à cet effet par l’Acte uniforme portant organisation des sûretés.

La résolution ne peut être prononcée que par la juridiction compétente du lieu


d’immatriculation du vendeur du fonds.

Toute convention de résolution amiable d’une vente de fonds de commerce est inopposable
aux créanciers de l’acquéreur du fonds qui ont pris une inscription sur le fonds.

Livre 7 - Intermédiaires de commerce

Titre 1 - Dispositions communes

Chapitre 1 - Définition et champ d’application

Art.169.- L’intermédiaire de commerce est une personne physique ou morale qui a le pouvoir
d’agir, ou entend agir, habituellement et professionnellement pour le compte d’une autre
personne, commerçante ou non, afin de conclure avec un tiers un acte juridique à caractère
commercial.

Art.170.- L’intermédiaire de commerce est un commerçant ; il est soumis aux conditions


prévues par les articles 6 à 12 du présent Acte uniforme.

Les conditions d’accès aux professions d’intermédiaires de commerce peuvent en outre être
complétées par des conditions particulières à chacune des catégories d’intermédiaires visées
au présent Livre.

Art.171.- Les dispositions du présent Livre régissent non seulement la conclusion des contrats
par l’intermédiaire de commerce, mais aussi tout acte accompli par lui en vue de la conclusion
ou pour l’exécution de ces contrats.

Elles s’appliquent aux relations entre toutes les personnes pour lesquelles agit l’intermédiaire,
et entre ces personnes et l’intermédiaire lui-même.

Elles s’appliquent que l’intermédiaire agisse en son nom propre, tel le commissionnaire ou le
courtier, ou au nom du représenté, tel l’agent commercial.

Art.172.- Les dispositions du présent Livre s’appliquent même si le représenté, ou le tiers


visé à l’article 169 ci-dessus, ont leurs établissements dans des États différents de ceux
signataires du présent Acte uniforme, dès lors :
• que l’intermédiaire est inscrit au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier de l’un
des États Parties ;
• ou que l’intermédiaire agit sur le territoire de l’un des Etats Parties ;

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• ou que les règles du droit international privé conduisent à l’application du présent Acte
uniforme.

Art.173.- Les dispositions du présent Livre ne s’appliquent pas :


• à la représentation résultant d’une habilitation légale ou judiciaire à agir pour des
personnes qui n’en ont pas la capacité juridique ;
• à la représentation par toute personne effectuant une vente aux enchères, ou par
autorité administrative ou de justice ;
• à la représentation légale dans le droit de la famille, des régimes matrimoniaux et des
successions.

Art.174.- Les dispositions du présent Livre ne s’appliquent pas aux dirigeants des sociétés,
associations ou autres groupements dotés de la personnalité juridique qui en sont les
représentants légaux.

Chapitre 2 - Constitution et étendue du pouvoir de l’intermédiaire

Art.175.- Les règles du mandat s’appliquent aux relations entre l’intermédiaire et la personne
pour le compte de laquelle celui-ci agit, même de façon occulte. Les relations entre
l’intermédiaire, le représenté et le tiers visé à l’article 169 ci-dessus sont régies par les articles
180, 181, 183, 184 et 185 du présent Acte uniforme.

Art.176.- Le mandat de l’intermédiaire peut être écrit ou verbal.

Il n’est soumis à aucune condition de forme.

En l’absence d’un écrit, il peut être prouvé par tous moyens, y compris par témoin.

Art.177.- Le représenté et l’intermédiaire d’une part, l’intermédiaire et le tiers visé à l’article


169 ci-dessus d’autre part, sont liés par les usages dont ils avaient ou devaient avoir
connaissance, et qui, dans le commerce, sont largement connus et régulièrement observés par
les parties à des rapports de représentation de même type, dans la branche commerciale
considérée.

Ils sont également liés par les pratiques qu’ils ont établies entre eux.

Art.178.- Sauf stipulation expresse du contrat, l’étendue du mandat de l’intermédiaire est


déterminée par la nature de l’affaire à laquelle il se rapporte.

Le mandat comprend le pouvoir d’accomplir les actes juridiques nécessités par son exécution.

Toutefois, l’intermédiaire ne peut, sans un pouvoir spécial, engager une procédure judiciaire,
transiger, compromettre, souscrire des engagements de change, aliéner ou grever des
immeubles, ni consentir de donation.

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Art.179.- L’intermédiaire qui a reçu des instructions précises ne peut s’en écarter, sauf à
établir que les circonstances ne lui ont pas permis de rechercher l’autorisation du représenté,
lorsqu’il y a lieu d’admettre que celui-ci l’aurait autorisé s’il avait été informé de la situation.

Chapitre 3 - Effets juridiques des actes accomplis par l’intermédiaire

Art.180.- Lorsque l’intermédiaire agit pour le compte du représenté dans les limites de son
pouvoir, et que les tiers connaissaient ou devaient connaître sa qualité d’intermédiaire, ses
actes lient directement le représenté au tiers visé à l’article 169 ci-dessus, à moins qu’il ne
résulte des circonstances de l’espèce, notamment par la référence à un contrat de commission
ou de courtage, que l’intermédiaire n’a entendu engager que lui-même.

Art.181.- Lorsque l’intermédiaire agit pour le compte d’un représenté dans les limites de son
pouvoir, ses actes ne le lient au tiers visé à l’article 169 ci-dessus que :
 si celui-ci ne connaissait pas ou n’était pas censé connaître sa qualité d’intermédiaire ;
 ou si les circonstances de l’espèce, notamment par référence à un contrat de commission,
démontrent que l’intermédiaire a entendu n’engager que lui-même.

Art.182.- La responsabilité de l’intermédiaire est soumise d’une manière générale aux règles
du mandat.

L’intermédiaire est ainsi responsable envers le représenté de la bonne et fidèle exécution du


mandat.

Il est tenu de l’exécuter personnellement, à moins qu’il ne soit autorisé à le transférer à un


tiers, qu’il y soit contraint par les circonstances ou que l’usage permette une substitution de
pouvoirs.

Art.183.- Lorsque l’intermédiaire agit sans pouvoir, ou au-delà de son pouvoir, ses actes ne
lient ni le représenté ni le tiers visé à l’article 169 ci-dessus.

Toutefois, lorsque le comportement du représenté conduit ce tiers à croire, raisonnablement et


de bonne foi, que l’intermédiaire a le pouvoir d’agir pour le compte du représenté, ce dernier
ne peut se prévaloir à l’égard dudit tiers du défaut de pouvoir de l’intermédiaire.

Art.184.- Un acte accompli par un intermédiaire qui agit sans pouvoir, ou au-delà de son
pouvoir, peut être ratifié par le représenté.

Cet acte produit, s’il est ratifié, les mêmes effets que s’il avait été accompli en vertu d’un
pouvoir.

Art.185.- Un intermédiaire qui agit sans pouvoir, ou au-delà de son pouvoir, est tenu, en
l’absence de ratification, d’indemniser le tiers visé à l’article 169 ci-dessus afin de rétablir

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celui-ci dans la situation qui aurait été la sienne si l’intermédiaire avait agi en vertu d’un
pouvoir et dans les limites de ce pouvoir.

L’intermédiaire n’encourt pas de responsabilité si le tiers visé à l’article 169 ci-dessus savait
ou devait savoir que l’intermédiaire n’avait pas de pouvoir ou agissait au-delà de son pouvoir.

Art.186.- Le représenté doit rembourser à l’intermédiaire, en principal et intérêts, les avances


et frais que celui-ci a engagés pour l’exécution régulière du mandat, et le libérer des
obligations contractées.

Art.187.- L’intermédiaire est tenu, à la demande du représenté, de lui rendre en tout temps
compte de sa gestion.

Il est redevable des intérêts produits par les sommes pour le versement desquelles il est en
retard et de l’indemnisation du dommage causé par l’inexécution ou la mauvaise exécution du
mandat, sauf s’il prouve que ce dommage est survenu sans sa faute.

Chapitre 4 - Cessation du mandat de l’intermédiaire Art.188.- Le mandat de


l’intermédiaire cesse :
• par l’accord entre le représenté et l’intermédiaire ;
• par l’exécution complète de l’opération ou des opérations pour lesquelles le pouvoir a
été conféré ;
• par la révocation à l’initiative du représenté ;
• par la renonciation de l’intermédiaire.

Le représenté qui révoque de manière abusive le mandat confié à l’intermédiaire doit


l’indemniser des dommages causés.

L’intermédiaire qui renonce de manière abusive à l’exécution de son mandat doit indemniser
le représenté des dommages causés.

Art.189.- Le mandat de l’intermédiaire cesse également en cas de décès, d’incapacité ou dans


les cas prévus par l’Acte uniforme portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif, que ces événements concernent le représenté ou l’intermédiaire.

Art.190.- La cessation du mandat donné par le représenté à l’intermédiaire est sans effet à
l’égard du tiers visé à l’article 169 ci-dessus, sauf s’il connaissait ou devait connaître cette
cessation.

Art.191.- Nonobstant la cessation du mandat, l’intermédiaire demeure habilité à accomplir


pour le compte du représenté ou de ses ayants-droits les actes nécessaires et urgents de nature
à éviter tous dommages.

Titre 2 – Commissionnaire

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Art.192.- Le commissionnaire est un professionnel qui, moyennant le versement d’une
commission, se charge de conclure tout acte juridique en son propre nom mais pour le compte
du commettant qui lui en donne mandat.

Art.193.- Le commissionnaire est tenu d’exécuter, conformément aux directives du


commettant, les opérations faisant l’objet du contrat de commission.

Si le contrat de commission contient des instructions, le commissionnaire doit s’y conformer,


sauf à prendre l’initiative de la résiliation si la nature du mandat ou les usages s’opposent à
ces instructions.

S’il s’agit d’indications, le commissionnaire doit agir comme si ses propres intérêts étaient en
jeu, et en se rapprochant le plus possible des conseils reçus.

Le commissionnaire doit agir de la façon qui sert le mieux les intérêts du commettant et le
respect des usages.

Art.194.- Le commissionnaire doit agir loyalement pour le compte du commettant. Il ne peut


en particulier acheter pour son propre compte les marchandises qu’il est chargé de vendre, ou
vendre ses propres marchandises à son commettant.

Art.195.- Le commissionnaire doit donner au commettant toutes les informations utiles sur
l’opération, objet de la commission, et lui rendre compte de ses actes jusqu’à l’achèvement de
l’opération.

Art.196.- Le commettant est tenu de verser au commissionnaire une rémunération ou


commission qui est due dès lors que le mandat est exécuté, et ce, que l’opération soit ou non
bénéficiaire, sous réserve des règles de la responsabilité contractuelle.

Art.197.- Le commettant doit rembourser au commissionnaire les frais et débours normaux


exposés par ce dernier, à condition qu’ils aient été utiles à l’opération, et qu’ils soient
accompagnés de pièces justificatives.

Art.198.- Tout commissionnaire a, pour toutes ses créances contre le commettant, un droit de
rétention sur les marchandises qu’il détient.

Art.199.- Lorsque les marchandises expédiées en commission pour être vendues se trouvent
dans un état manifestement défectueux, le commissionnaire doit sauvegarder les droits de
recours contre le transporteur, faire constater les avaries, pourvoir de son mieux à la
conservation de la chose et avertir sans retard le commettant.

A défaut, il répond du préjudice causé par sa négligence.

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Lorsqu’il y a lieu de craindre que les marchandises expédiées en commission pour être
vendues ne se détériorent promptement, et si l’intérêt du commettant l’exige, le
commissionnaire a l’obligation de les faire vendre.

Art.200.- Le commissionnaire qui a vendu en dessous du prix minimum fixé par le


commettant est tenu envers lui de la différence, sauf s’il prouve qu’en vendant, il a préservé le
commettant d’un dommage, et que les circonstances ne lui ont pas permis de prendre ses
ordres.

S’il est en faute, il doit réparer tout le dommage causé par l’inobservation du contrat.

Le commissionnaire qui achète à plus bas prix, ou qui vend plus cher que ne le portaient les
ordres du commettant, ne peut bénéficier de la différence.

Art.201.- Le commissionnaire agit à ses risques et périls si, sans le consentement du


commettant, il consent un crédit ou une avance à un tiers.

Toutefois, le commettant est tenu d’indemniser le commissionnaire de ses pertes si ce dernier


démontre avoir agi dans l’intérêt du commettant.

Art.202.- Le commissionnaire ne répond du paiement, ou de l’exécution des autres


obligations incombant à ceux avec lesquels il a traité, que s’il s’en est porté garant ou si tel est
l’usage du commerce dans le lieu où il est établi.

Le commissionnaire qui se porte garant de celui avec lequel il traite a droit à une commission
supplémentaire, dite de ducroire.

Art.203.- Le commissionnaire perd tout droit à commission s’il s’est rendu coupable d’actes
de mauvaise foi envers le commettant, notamment s’il a indiqué au commettant un prix
supérieur à celui de l’achat ou inférieur à celui de la vente.

Dans ces cas, le commettant est en droit d’obliger le commissionnaire en qualité d’acheteur
ou de vendeur.

Art.204.- Le commissionnaire expéditeur ou agent de transport qui, moyennant rémunération


et en son nom propre, se charge d’expédier ou de réexpédier des marchandises pour le compte
de son commettant, est assimilé au commissionnaire. Il reste soumis, en ce qui concerne le
transport des marchandises, aux dispositions qui régissent le contrat de transport.

Art.205.- Le commissionnaire expéditeur ou agent de transport répond notamment de


l’arrivée de la marchandise dans les délais fixés, des avaries et des pertes, sauf fait d’un tiers
ou cas de force majeure.

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Art.206.- Le commissionnaire agréé en douane est tenu d’acquitter, pour le compte de son
client, le montant des droits, taxes ou amendes, liquidés par le service des Douanes.

Le commissionnaire agréé en douane qui a acquitté pour autrui des droits, taxes ou amendes
dont la douane assure le recouvrement, est subrogé dans les droits des Douanes.

Art.207.- Le commissionnaire agréé en douane est responsable envers son commettant de


toute erreur dans la déclaration ou l’application des tarifs de douane, ainsi que de tout
préjudice pouvant résulter du retard dans le paiement des droits, taxes ou amendes.

Il est responsable vis-à-vis des administrations des douanes et du Trésor des opérations en
douane effectuées par ses soins.

Titre 3 – Courtier

Art.208.- Le courtier est un professionnel qui met en rapport des personnes en vue de faciliter
ou faire aboutir la conclusion de conventions entre ces personnes.

Art.209.- Le courtier doit demeurer indépendant des parties. Il doit limiter ses activités à la
mise en relation des personnes qui désirent contracter, et à l’organisation des démarches
propres à faciliter l’accord entre elles.

Il ne peut intervenir personnellement dans une convention sans l’accord des parties.

Art.210.- Le courtier doit :


• donner aux parties toutes les informations utiles à leur consentement libre et éclairé ;
• faire tout ce qui est de nature à faciliter la conclusion du contrat.

Le courtier est responsable du préjudice résultant de ses fausses déclarations si, en vue
d’amener une partie à contracter, il lui présente sciemment l’autre partie comme ayant des
capacités et des qualités qu’elle n’a pas.

Art.211.- Le courtier ne peut réaliser des opérations de commerce, ni pour son propre compte,
soit directement ou indirectement, ni sous le nom d’autrui ou par personne interposée.

Art.212.- La rémunération du courtier est constituée par un pourcentage du montant de


l’opération.

Dans le cas d’un courtage portant sur une vente, si le vendeur est seul donneur d’ordre, la
commission ne peut être supportée, même partiellement, par l’acheteur et elle est, au besoin,
prélevée sur le montant du prix convenu entre les parties et payée par l’acheteur.

Si l’acheteur est seul donneur d’ordre, la commission est supportée par lui, en sus du prix
payé au vendeur.

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Si les deux parties sont donneuses d’ordre, le pourcentage correspondant à la commission due
au courtier est fixé et réparti entre elles par accord commun avec lui.

Art.213.- Le courtier a droit à sa rémunération dès que l’indication qu’il a donnée ou la


négociation qu’il a conduite aboutit à la conclusion du contrat.

Lorsque le contrat a été conclu sous condition suspensive, la rémunération du courtier n’est
due qu’après l’accomplissement de la condition.

S’il a été convenu que les dépenses du courtier lui seraient remboursées, elles lui sont dues
lors même que le contrat n’a pas été conclu.

Art.214.- La rémunération qui n’est pas déterminée par les parties s’acquitte sur la base du
tarif en usage, s’il en existe ; à défaut de tarif, la rémunération est fixée conformément à
l’usage.

En l’absence d’usage, le courtier a droit à une rémunération qui tient compte de tous les
éléments qui ont trait à l’opération.

Art.215.- Le courtier perd son droit à rémunération et à remboursement de ses dépenses s’il a
agi dans l’intérêt du tiers contractant au mépris de ses obligations à l’égard de son donneur
d’ordre, ou s’il s’est fait remettre, à l’insu de ce dernier, une rémunération par le tiers
contractant.

Titre 4 - Agents commerciaux

Art.216.- L’agent commercial est un mandataire professionnel chargé de façon permanente


de négocier et, éventuellement, de conclure des contrats de vente, d’achat, de location ou de
prestation de services, au nom et pour le compte de producteurs, d’industriels, de
commerçants, ou d’autres agents commerciaux, sans être lié envers eux par un contrat de
travail.

Art.217.- Le contrat entre l’agent commercial et son mandant est conclu dans l’intérêt
commun des parties.

L’agent commercial et son mandant sont tenus, l’un envers l’autre, d’une obligation de
loyauté et d’un devoir d’information.

L’agent commercial doit exécuter son mandat en bon professionnel ; le mandant doit mettre
l’agent commercial en mesure d’exécuter son mandat.

Art.218.- L’agent commercial peut accepter sans autorisation, et sauf stipulation contraire, de
représenter d’autres mandants.

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Il ne peut accepter la représentation d’une entreprise concurrente de celle de l’un de ses
mandants sans l’accord écrit de ce dernier.

Art.219.- L’agent commercial ne peut, même après la fin du contrat, utiliser ou révéler les
informations qui lui ont été communiquées par le mandant à titre confidentiel, ou dont il a eu
connaissance à ce titre en raison du contrat.

Lorsqu’une interdiction de concurrence a été convenue entre l’agent commercial et son


mandant, l’agent a droit à l’expiration du contrat à une indemnité spéciale.

Art.220.- Tout élément de la rémunération variant avec le nombre ou la valeur des affaires
constitue une commission.

Dans le silence du contrat, l’agent commercial a droit à une commission conforme aux usages
pratiqués dans le secteur d’activités couvert par son mandat.

En l’absence d’usage, l’agent commercial a droit à une rémunération qui tient compte de tous
les éléments qui ont trait à l’opération.

Art.221.- L’agent à qui a été attribuée l’exclusivité dans un secteur géographique, ou sur un
groupe de clients déterminés, a droit à une commission pour toute opération conclue pendant
la durée du contrat d’agence.

Art.222.- Pour toute opération commerciale conclue après la cessation du contrat d’agence,
l’agent commercial a droit à une commission lorsque l’opération est principalement due à son
activité au cours du contrat d’agence, et a été conclue dans un délai raisonnable à compter de
la cessation du contrat.

Art.223.- A moins que les circonstances ne rendent équitable le partage de la commission


entre deux ou plusieurs agents commerciaux, l’agent commercial n’a pas droit à une
commission si celle-ci est déjà due :
• à l’agent qui l’a précédé pour une opération commerciale conclue avant le début
d’application de son contrat d’agence ;
• à l’agent qui lui succède pour une opération commerciale conclue après la cessation de
son contrat d’agence.

Art.224.- La commission est acquise dès que le mandant a exécuté l’opération, ou devrait
l’avoir exécutée en vertu de l’accord conclu avec le tiers visé à l’article 169 ci-dessus, ou bien
encore dès que ledit tiers a exécuté l’opération.

La commission est payée au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre au cours
duquel elle a été acquise, sauf convention contraire des parties.

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Art.225.- Le droit à la commission ne peut s’éteindre que s’il est établi que le contrat entre le
tiers visé à l’article 169 ci-dessus et le mandant n’est pas exécuté en raison de circonstances
imputables à l’agent commercial ou en raison de circonstances indépendantes du
comportement du mandant.

Art.226.- Sauf convention ou usage contraire, l’agent commercial n’a pas droit au
remboursement des frais et débours résultant de l’exercice normal de son activité, mais
seulement de ceux qu’il a assumés en vertu d’instructions spéciales du mandant.

Le remboursement des frais et débours est dû dans ce cas, même si l’opération n’a pas été
conclue.

Art.227.- Le contrat d’agence conclu pour une durée déterminée prend fin à l’expiration du
terme prévu, sans qu’il soit nécessaire d’y mettre un terme par une quelconque formalité.

Le contrat d’agence conclu pour une durée déterminée, qui continue à être exécuté par les
deux parties après son terme, est réputé transformé en contrat à durée indéterminée.

Art.228.- Lorsque le contrat est à durée indéterminée, chacune des parties peut y mettre fin
moyennant un préavis.

La durée du préavis est d’un mois pour la première année du contrat, de deux mois pour la
deuxième année commencée, de trois mois pour la troisième année commencée et les années
suivantes.

En l’absence de convention contraire, la fin du délai de préavis coïncide avec la fin d’un mois
civil.

Dans le cas d’un contrat à durée déterminée, transformé en contrat à durée indéterminée, la
durée du préavis se calcule à compter du début des relations contractuelles entre les parties.

Les parties ne peuvent convenir de délais de préavis plus courts.

Si elles conviennent de délais plus longs, les délais de préavis doivent être identiques pour le
mandant et pour l’agent.

Ces dispositions ne s’appliquent pas lorsque le contrat prend fin en raison d’une faute grave
de l’une des parties, ou de la survenance d’un cas de force majeure.

Art.229.- En cas de cessation de ses relations avec le mandant, l’agent commercial a droit à
une indemnité compensatrice, sans préjudice d’éventuels dommages-intérêts.

L’agent commercial perd le droit à réparation s’il n’a pas signifié par acte d’huissier au
mandant ou notifié à ce dernier par tout moyen permettant d’établir la réception effective par

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le mandant, dans un délai d’un an à compter de la cessation du contrat, qu’il entend faire
valoir ses droits.

Les ayants-droit de l’agent commercial bénéficient également du droit à l’indemnité


compensatrice lorsque la cessation du contrat est due au décès de l’agent.

Art.230.- L’indemnité compensatrice prévue à l’article précédent n’est pas due :


• 1° en cas de cessation du contrat provoquée par la faute grave de l’agent commercial ;
• 2° en cas de cessation du contrat résultant de l’initiative de l’agent, à moins que cette
cessation ne soit justifiée par des circonstances imputables au mandant ou ne soit due à l’âge,
l’infirmité ou la maladie de l’agent commercial, et plus généralement, par toutes circonstances
indépendantes de la volonté de l’agent par suite desquelles la poursuite de son activité ne peut
plus être raisonnablement exigée ;
• 3° lorsqu’en accord avec le mandant, l’agent commercial cède à un tiers les droits et
obligations qu’il détient en vertu du contrat d’agence.

Art.231.- L’indemnité compensatrice est égale au minimum à :


• un mois de commission à compter de la première année entièrement exécutée du
contrat ;
• deux mois de commission à compter de la deuxième année entièrement exécutée du
contrat;
• trois mois de commission à compter de la troisième année entièrement exécutée du
contrat.

L’indemnité compensatrice est librement fixée entre l’agent commercial et son mandant au-
delà de la troisième année entièrement exécutée du contrat.

A défaut d’accord, elle ne peut être inférieure à trois mois de commission.

La mensualité à prendre en compte pour le calcul de l’indemnité est celle de la moyenne des
douze derniers mois d’exécution du mandat.

Ces dispositions ne s’appliquent pas lorsque le contrat prend fin en raison d’une faute grave
de l’agent ou de la survenance d’un cas de force majeure.

Art.232.- Est réputée non écrite toute clause ou convention dérogeant, au détriment de l’agent
commercial, aux dispositions des articles 186 à 189 ci-dessus.

Art.233.- Chaque partie est tenue de restituer à la fin du contrat tout ce qui lui a été remis
pour la durée de ce contrat, soit par l’autre partie, soit par des tiers pour le compte de l’autre
partie, et ce, sans préjudice pour l’une ou l’autre des parties de son droit de rétention.

Livre 8 - Vente commerciale

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Titre 1 - Champ d’application et dispositions générales

Chapitre 1 - Champ d’application

Art.234.- Les dispositions du présent Livre s’appliquent aux contrats de vente de


marchandises entre commerçants, personnes physiques ou personnes morales, y compris les
contrats de fourniture de marchandises destinées à des activités de fabrication ou de
production.

Sauf stipulations conventionnelles contraires, le contrat de vente commerciale est soumis aux
dispositions du présent Livre dès lors que les contractants ont le siège de leur activité dans un
des États Parties ou lorsque les règles du droit international privé mènent à l’application de la
loi d’un Etat Partie.

Art.235.- Les dispositions du présent Livre ne régissent pas :


• les ventes de marchandises achetées pour un usage personnel, familial ou domestique,
à moins que le vendeur, à un moment quelconque avant la conclusion ou lors de la conclusion
du contrat, n’ait pas su et n’ait pas été censé savoir que ces marchandises étaient achetées
pour un tel usage ;
• les contrats de fourniture de marchandises dans lesquels la part prépondérante de
l’obligation de la partie qui fournit les marchandises consiste dans une fourniture de main-
d’œuvre ou d’autres services.

Art.236.- Les dispositions du présent Livre ne régissent pas davantage les ventes soumises à
un régime particulier, notamment :
• les ventes aux enchères ;
• les ventes sur saisie ou de quelque autre manière par autorité de justice ;
• les ventes de valeurs mobilières, d’effets de commerce ou de monnaies ;
• les mobilisations et autres opérations sur créances ou instruments financiers ;
• les ventes de navires, bateaux, aéroglisseurs et aéronefs ;
• les ventes d’électricité.

Chapitre 2 - Dispositions générales

Art.237.- La vente commerciale est soumise aux règles du droit commun des contrats et de la
vente qui ne sont pas contraires aux dispositions du présent Livre. Les parties sont tenues de
se conformer aux exigences de la bonne foi. Elles ne peuvent exclure cette obligation, ni en
limiter la portée.

Art.238.- Lorsqu’une clause est ambiguë, la volonté d’une partie doit être interprétée selon le
sens qu’une personne raisonnable, de même qualité que l’autre partie, placée dans la même
situation, aurait déduit de son comportement.

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Pour déterminer la volonté d’une partie, il doit être tenu compte des circonstances de fait, et
notamment des négociations qui ont pu avoir lieu entre les parties, des pratiques qui se sont
établies entre elles, voire des usages en vigueur dans la profession concernée.

Art.239.- Les parties sont liées par les usages auxquels elles ont consenti et par les pratiques
qui se sont établies dans leurs relations commerciales.

Sauf convention contraire des parties, celles-ci sont réputées avoir adhéré aux usages
professionnels dont elles avaient connaissance ou auraient dû avoir connaissance et qui, dans
le commerce, sont largement connus et régulièrement observés par les parties à des contrats
de même nature dans la branche d’activité concernée.

Art.240.- Le contrat de vente commerciale peut être écrit ou verbal ; il n’est soumis à aucune
condition de forme. Il est prouvé par tous moyens.

Titre 2 - Formation du contrat

Art.241.- Le contrat se conclut soit par l’acceptation d’une offre, soit par un comportement
des parties qui indique suffisamment leur accord.

Une offre est suffisamment précise lorsqu’elle désigne les marchandises et, expressément ou
implicitement, fixe la quantité et le prix ou donne les indications permettant de les déterminer.

Une proposition de conclure un contrat, adressée à une ou plusieurs personnes déterminées,


constitue une offre si elle est suffisamment précise et si elle indique la volonté de son auteur
d’être lié en cas d’acceptation.

Une proposition adressée à des personnes indéterminées est considérée seulement comme une
invitation à l’offre, à moins que la personne qui a fait la proposition n’ait clairement indiqué
le contraire.

Art.242.- L’offre prend effet lorsqu’elle parvient à son destinataire.

L’offre peut être révoquée si la révocation parvient au destinataire avant que celui-ci n’ait
exprimé son acceptation.

Cependant, l’offre ne peut être révoquée si elle indique, en fixant un délai déterminé pour
l’acceptation, qu’elle est irrévocable ou si le destinataire était raisonnablement fondé à croire
que l’offre était irrévocable et a agi en conséquence.

L’offre prend fin lorsque son rejet parvient à son auteur.

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Art.243.- L’offre doit être acceptée dans le délai stipulé par l’auteur de l’offre ou, à défaut
d’une telle stipulation, dans un délai raisonnable, compte tenu des circonstances, notamment
de la rapidité des moyens de communication utilisés par l’auteur de l’offre. Une offre verbale
doit être acceptée immédiatement, à moins que les circonstances n’indiquent le contraire.

Constitue une acceptation, toute déclaration ou autre comportement du destinataire indiquant


qu’il acquiesce à l’offre. Le silence ou l’inaction ne peut à lui seul valoir acceptation.

Art.244.- L’acceptation d’une offre prend effet au moment où l’expression de


l’acquiescement parvient à l’auteur de l’offre.

Cependant, si en vertu des dispositions de l’offre, des pratiques établies entre les parties ou
des usages, le destinataire peut, sans notification à l’auteur de l’offre, exprimer qu’il
acquiesce en accomplissant un acte, l’acceptation prend effet au moment où cet acte est
accompli.

Art.245.- La réponse à une offre qui se veut acceptation de cette offre, mais qui contient des
additions, des limitations ou d’autres modifications, vaut rejet de l’offre et constitue une
contre-proposition.

Toutefois, la réponse qui se veut acceptation mais qui contient des éléments complémentaires
ou différents n’altérant pas substantiellement les termes de l’offre, constitue une acceptation,
à moins que l’auteur de l’offre, sans retard indu, n’exprime son désaccord sur ces éléments.

S’il ne le fait pas, les termes du contrat sont ceux de l’offre avec les modifications énoncées
dans l’acceptation.

Art.246.- Le délai d’acceptation fixé par l’auteur de l’offre commence à courir au moment où
l’offre est exprimée. La date indiquée dans l’offre est présumée être celle de son expédition, à
moins que les circonstances n’indiquent le contraire.

Art.247.- L’acceptation peut être révoquée pourvu que la révocation parvienne à l’auteur de
l’offre au plus tard au moment où l’acceptation aurait pris effet.

Art.248.- Le contrat peut être valablement conclu même si les parties renvoient la
détermination d’une clause à un accord ultérieur ou à la décision d’un tiers.

L’existence du contrat n’est pas compromise par le défaut d’accord des parties sur cette clause
ou l’absence de décision du tiers dès lors qu’en raison des circonstances et de l’intention des
parties, cette clause est déterminable.

Art.249.- Les parties sont libres de négocier et ne peuvent être tenues pour responsables si
elles ne parviennent pas à un accord.

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Toutefois, la partie qui conduit ou rompt une négociation de mauvaise foi est responsable du
préjudice qu’elle cause à l’autre partie.

Est, notamment, de mauvaise foi la partie qui entame ou poursuit des négociations sans
intention de parvenir à un accord.

Titre 3 - Obligations des parties

Chapitre 1 - Obligations du vendeur

Art.250.- Le vendeur s’oblige, dans les conditions prévues au contrat et au présent Livre, à
livrer les marchandises et à remettre, s’il y a lieu, les documents et accessoires nécessaires à
leur utilisation, à la preuve de l’achat et à la prise de livraison.

Il est tenu, en outre, de s’assurer de la conformité des marchandises à la commande et


d’accorder sa garantie.

Section 1 - Obligation de livraison

Art.251.- Lorsque le vendeur n’est pas tenu de livrer la marchandise en un lieu particulier, il
doit la tenir à la disposition de l’acheteur soit au lieu où elle a été fabriquée ou stockée, soit au
siège de son activité de vendeur.

Art.252.- Lorsque le contrat de vente prévoit la remise des marchandises à un transporteur, le


vendeur satisfait à son obligation de livraison envers l’acheteur du seul fait de cette remise.

Toutefois, le vendeur est tenu de conclure les contrats nécessaires pour que le transport soit
effectué par les moyens appropriés et selon les conditions d’usage jusqu’au lieu fixé avec
l’acheteur.

Le vendeur n’est pas tenu de souscrire lui-même une assurance de transport, mais il doit, à la
demande de l’acheteur, lui fournir tous les renseignements nécessaires à l’élaboration d’un tel
contrat d’assurance.

Art.253.- Le vendeur doit livrer les marchandises à la date fixée par le contrat ou déterminée
selon ses stipulations.

Si la livraison est prévue au cours d’une certaine période, il peut livrer à un moment
quelconque de celle-ci.

En l’absence de stipulation, la livraison doit être effectuée par le vendeur dans un délai
raisonnable après la conclusion du contrat.

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Art.254.- Si le vendeur est tenu de remettre des documents et accessoires de la marchandise,
il doit s’acquitter de cette obligation au moment, au lieu, et dans la forme prévus au contrat ou
par les usages de la branche d’activité concernée.

Section 2 - Obligation de conformité

Art.255.- Le vendeur doit livrer les marchandises en quantité, qualité, spécifications et


conditionnement conformes aux stipulations du contrat.

Dans le silence du contrat, le vendeur doit livrer des marchandises propres aux usages
auxquels elles servent habituellement ou dotées des mêmes qualités que les échantillons ou
modèles présentés. Il doit aussi les livrer dans des emballages ou conditionnement
habituellement utilisés pour ce type de marchandises ou, à défaut de mode habituel, dans des
conditions propres à les conserver et protéger.

Art.256.- La conformité de la chose vendue s’apprécie au jour de la prise de livraison, même


si le défaut n’apparaît qu’ultérieurement.

Art.257.- En cas de livraison anticipée, le vendeur peut, jusqu’à la date prévue pour la
livraison, soit imposer la livraison de nouvelles marchandises conformes, soit effectuer la
réparation du défaut de conformité des marchandises livrées dès lors que l’exercice de ce droit
ne cause à l’acheteur ni dommage, ni frais.

Art.258.- Sous peine de déchéance pour l’acheteur du droit de s’en prévaloir, un défaut de
conformité apparent le jour de la prise de livraison doit être dénoncé par l’acheteur au
vendeur dans le mois qui suit la livraison.

Art.259.- L’action de l’acheteur, fondée sur un défaut de conformité caché le jour de la prise
de livraison, est prescrite dans le délai d’un an à compter du jour où ce défaut a été constaté
ou aurait dû l’être.

Ce dernier délai ne peut avoir pour effet de réduire la durée de la garantie contractuelle
éventuellement consentie.

Section 3 - Obligation de garantie

Art.260.- Le vendeur doit livrer les marchandises libres de tout droit ou prétention d’un tiers,
à moins que l’acheteur n’accepte de les prendre dans ces conditions.

Le vendeur doit garantir l’acheteur de toute éviction par son fait personnel.

Art.261.- Toute clause limitative de la garantie due par le vendeur s’interprète


restrictivement.

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Le vendeur qui invoque une telle clause doit démontrer que l’acheteur a connu et accepté
cette clause lors de la conclusion de la vente.

Chapitre 2 - Obligations de l’acheteur

Art.262.- L’acheteur s’oblige à payer le prix et à prendre livraison des marchandises.

Section 1 - Paiement du prix

Art.263.- L’acheteur est tenu de payer le prix convenu. Le prix exprimé dans le contrat est
présumé convenu hors taxes.
S’il y a lieu à détermination du prix, les parties peuvent se référer à la valeur habituellement
attribuée au moment de la conclusion du contrat à des marchandises vendues dans des
circonstances comparables au sein de la même branche d’activité.

Art.264.- L’acheteur est tenu de prendre toutes mesures nécessaires à l’accomplissement des
formalités préalables au paiement effectif du prix.

Art.265.- Lorsque le prix est fixé d’après le poids des marchandises, ce prix est déterminé, en
cas de doute, à partir de leur poids net.

Art.266.- Le paiement du prix au vendeur est fait soit au siège de son activité, soit au lieu de
la livraison si le prix est payable comptant ou si la livraison est effectuée contre remise de
documents.

Art.267.- Lorsque le contrat de vente prévoit la remise des marchandises à un transporteur, le


vendeur peut subordonner leur expédition ou la remise à l’acheteur du document qui les
représente au paiement préalable du prix.

Les parties peuvent aussi prévoir que l’acheteur n’est tenu de payer le prix qu’après avoir été
mis en mesure d’examiner les marchandises.

Art.268.- L’acheteur doit payer le prix à la date convenue et ne peut subordonner son
paiement à une démarche du vendeur.

Section 2 - Prise de livraison

Art.269.- L’acheteur doit prendre livraison en accomplissant les actes permettant au vendeur
d’effectuer la livraison, puis il doit retirer les marchandises.

Art.270.- L’acheteur doit examiner les marchandises ou les faire examiner dans un délai aussi
bref que possible. Lorsque le contrat de vente prévoit la remise des marchandises à un
transporteur, l’examen peut être différé jusqu’à l’arrivée de ces marchandises à leur
destination.

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Si les marchandises sont déroutées ou réexpédiées par l’acheteur sans que celui-ci ait eu
raisonnablement la possibilité de les examiner, et si au moment de la conclusion du contrat le
vendeur connaissait ou aurait dû connaître la possibilité de ce déroutage ou de cette
réexpédition, l’examen peut être différé jusqu’à l’arrivée des marchandises à leur nouvelle
destination.

Art.271.- Lorsque le paiement est prévu au jour de la livraison et que l’acheteur tarde à
prendre livraison des marchandises ou n’en paie pas le prix, le vendeur, s’il a les
marchandises en sa possession ou sous son contrôle, est fondé à les retenir jusqu’à leur
complet paiement.

Le vendeur doit cependant prendre les mesures raisonnables, eu égard aux circonstances, pour
assurer la conservation des marchandises et l’acheteur doit lui en rembourser les frais.

Art.272.- Si l’acheteur a reçu les marchandises et entend les refuser, il doit prendre les
mesures raisonnables, eu égard aux circonstances, pour en assurer la conservation. Il est fondé
à les retenir jusqu’à ce qu’il ait obtenu du vendeur le remboursement des frais de conservation
qu’il a engagés.

Art.273.- La partie tenue de prendre des mesures pour assurer la conservation des
marchandises peut les déposer dans les magasins d’un tiers aux frais de l’autre partie mais est
tenue de supporter les frais excessifs qui pourraient résulter de ce dépôt.

Art.274.- La partie qui doit assurer la conservation des marchandises peut les vendre par tous
moyens appropriés si l’autre partie tarde à en prendre possession, à en payer le prix, ou à
rembourser les frais de leur conservation. Elle doit préalablement notifier à l’autre partie son
intention de vendre ces marchandises.

La partie qui vend les marchandises peut retenir sur le produit de la vente un montant égal à
ses frais de conservation, et elle doit le surplus à l’autre partie.

Titre 4 - Effets du contrat

Chapitre 1 - Transfert de propriété

Art.275.- La prise de livraison opère transfert à l’acheteur de la propriété des marchandises


vendues.

Art.276.- Les parties peuvent, toutefois, convenir de différer le transfert de propriété en


application d’une clause de réserve de propriété régie par les articles 72 à 78 de l’Acte
uniforme portant organisation des sûretés.

Chapitre 2 - Transfert des risques

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Art.277.- Le transfert de propriété entraîne le transfert des risques à l’acheteur.

La perte ou la détérioration des marchandises survenue après le transfert des risques ne libère
l’acheteur de son obligation de payer le prix que si ces événements sont le fait du vendeur.

Art.278.- Lorsque le contrat de vente prévoit la remise des marchandises à un transporteur,


les risques sont transférés à l’acheteur par la remise des marchandises au premier transporteur.

L’autorisation donnée au vendeur de conserver les documents représentatifs des marchandises


n’affecte pas le transfert des risques.

Art.279.- Les risques des marchandises vendues en cours de transport sont transférés à
l’acheteur dès la conclusion du contrat de vente.

Néanmoins si le vendeur avait alors connaissance ou aurait dû avoir connaissance de la perte


ou de la détérioration de ces marchandises, il supporte seul la charge de ces risques s’il n’en a
pas informé l’acheteur.

Art.280.- Si les marchandises vendues ne sont pas individualisées, le transfert des risques
s’effectue au moment de leur identification qui emporte mise à disposition de l’acheteur.

Titre 5 - Inexécution et responsabilité

Chapitre 1 - Dispositions générales

Art.281.- Toute partie à un contrat de vente commerciale est fondée à en demander au juge
compétent la rupture pour inexécution totale ou partielle des obligations de l’autre partie.

Toutefois, la gravité du comportement d’une partie au contrat de vente commerciale peut


justifier que l’autre partie y mette fin de façon unilatérale à ses risques et périls. La gravité du
motif de rupture est appréciée par le juge compétent à la demande de la partie la plus
diligente.

Quelle que soit la gravité du comportement, la partie qui l’invoque peut être tenue de
respecter un préavis avant de notifier à l’autre partie sa décision unilatérale. Faute de préavis
suffisant, l’auteur de la rupture engage sa responsabilité même si la juridiction admet le bien-
fondé de la rupture.

La partie qui impose ou obtient la rupture du contrat peut obtenir en outre des dommages
intérêts en réparation de la perte subie et du gain manqué qui découlent immédiatement et
directement de l’inexécution.

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Chapitre 2 - Inexécution des obligations du vendeur

Art.282.- Si le vendeur ne paraît pas en mesure d’exécuter dans les délais convenus
l’intégralité de son obligation de livraison des marchandises, en raison d’une insuffisance de
ses capacités de fabrication ou d’une inadaptation de ses moyens de production, l’acheteur
peut obtenir de la juridiction compétente, statuant à bref délai, l’autorisation de différer
l’exécution de son obligation de payer. Cette autorisation peut être assortie de l’obligation de
consigner tout ou partie du prix.

Art.283.- Si l’acheteur invoque dans les délais fixés aux articles 258 et 259 du présent Acte
uniforme un défaut de conformité des marchandises livrées, le vendeur a la faculté d’imposer,
à ses frais exclusifs et sans délai, à l’acheteur le remplacement des marchandises défectueuses
par des marchandises conformes.

En outre, l’acheteur peut convenir avec le vendeur d’un délai supplémentaire pour le
remplacement, aux frais exclusifs du vendeur, des marchandises défectueuses par des
marchandises conformes. L’acheteur ne peut, avant le terme de ce nouveau délai, invoquer
l’inexécution des obligations du vendeur et si le vendeur exécute ses obligations dans ce délai,
l’acheteur ne peut prétendre à des dommages-intérêts.

Art.284.- Passé le délai prévu aux alinéas 2 et 3 de l’article 283 ci-dessus le vendeur peut
encore réparer à ses frais exclusifs tout manquement à ses obligations mais l’acheteur, qui
conserve alors le droit de demander des dommages-intérêts, peut s’y opposer.

Chapitre 3 - Inexécution des obligations de l’acheteur

Art.285.- Si l’acheteur ne paraît pas en mesure de payer l’intégralité du prix, en raison de son
insolvabilité ou de la cessation de ses paiements ou encore de ses retards dans les échéances
convenues, le vendeur peut obtenir de la juridiction compétente, statuant à bref délai,
l’autorisation de différer l’exécution de ses obligations de livraison. Cette autorisation peut
être assortie de l’obligation de consigner les marchandises à ses frais avancés.

Art.286.- Si le vendeur accorde un délai supplémentaire pour le paiement du prix, il ne peut,


avant le terme de ce nouveau délai, invoquer l’inexécution des obligations de l’acheteur. Si
l’acheteur exécute ses obligations dans ce délai, le vendeur ne peut prétendre à des
dommages- intérêts.

Art.287.- Passé le délai prévu à l’article 289 ci-dessus, l’acheteur peut encore exécuter ses
obligations mais le vendeur, qui conserve alors le droit de demander des dom-mages-intérêts,
peut s’y opposer.

Art.288.- En cas de défaut de conformité des marchandises, que le prix ait été ou non déjà
payé, l’acheteur peut réduire le prix du montant de la différence entre la valeur que des

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marchandises conformes auraient eu au moment de la livraison et la valeur que les
marchandises effectivement livrées avaient à ce moment.

Art.289.- Si le vendeur ne livre qu’une partie des marchandises ou si une partie seulement des
marchandises livrées est conforme, l’acheteur qui a accepté d’en prendre livraison ne peut
invoquer la rupture du contrat et ne peut prétendre qu’à des dom-mages-intérêts se rapportant
à la partie manquante ou non conforme.

Art.290.- Si le vendeur livre les marchandises avant la date fixée, l’acheteur a la faculté
d’accepter ou de refuser d’en prendre livraison.

Si le vendeur livre une quantité supérieure à celle prévue au contrat, l’acheteur a la faculté
d’accepter ou de refuser de prendre livraison de la quantité excédentaire.

Si l’acheteur accepte tout ou partie de l’excédent, il doit le payer au tarif du contrat.

Chapitre 4 - Intérêts et dommages-intérêts

Art.291.- Tout retard dans le paiement du prix oblige au paiement des intérêts calculés au
taux de l’intérêt légal et ce, sans préjudice des dommages-intérêts éventuellement dus pour
autre cause.

Les intérêts courent à compter de l’envoi de la mise en demeure adressée par le vendeur à
l’acheteur par lettre recommandée avec avis de réception ou tout autre moyen équivalent.

Art.292.- Lorsque le contrat est rompu et que l’acheteur a procédé à un achat de


remplacement, il peut obtenir des dommages-intérêts correspondant à la différence entre le
prix de l’achat de remplacement et le prix convenu au contrat, ainsi que tous autres dommages
intérêts dus pour autre cause.

Lorsque le contrat est rompu et que le vendeur a procédé à une revente des marchandises, il
peut obtenir des dommages-intérêts correspondant à la différence entre le prix convenu au
contrat et le prix de revente, ainsi que tous autres dommages-intérêts dus pour autre cause.

Art.293.- La partie qui invoque une inexécution des obligations du contrat doit prendre toutes
mesures raisonnables, eu égard aux circonstances, pour limiter sa perte, ou préserver son gain.

Si elle néglige de le faire, la partie en défaut peut demander une réduction des dommages
intérêts égale au montant de la perte qui aurait pu être évitée et du gain qui aurait pu être
réalisé.

Chapitre 5 - Exonération de responsabilité

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Art.294.- Une partie n’est pas responsable de l’inexécution de l’une quelconque de ses
obligations si elle prouve que cette inexécution est due à un empêchement indépendant de sa
volonté, tel que notamment le fait d’un tiers ou un cas de force majeure. Constitue un cas de
force majeure tout empêchement indépendant de la volonté et que l’on ne peut
raisonnablement prévoir dans sa survenance ou dans ses conséquences.

Art.295.- Lorsque l’inexécution par l’une des parties résulte du fait d’un tiers chargé par elle
d’exécuter tout ou partie du contrat, elle n’est pas exonérée de sa responsabilité.

Chapitre 6 - Rupture du contrat

Art.296.- La rupture du contrat libère les parties de leurs obligations mais ne les exonère pas
des dommages-intérêts éventuels.

Elle n’a pas d’effet sur les stipulations du contrat relatives au règlement des différends ou aux
droits et obligations des parties en cas de rupture.

Art.297.- La partie qui a exécuté totalement ou partiellement ses obligations peut obtenir la
restitution par l’autre partie de ce qu’elle a fourni ou payé en exécution du contrat.

Art.298.- L’acheteur ne peut obtenir la rupture du contrat ou exiger la livraison de


marchandises de remplacement s’il lui est impossible de restituer les marchandises dans l’état
où il les a reçues, et si cette impossibilité est due à un acte ou une omission de sa part.

Art.299.- L’acheteur qui a perdu le droit de déclarer le contrat rompu ou d’exiger du vendeur
la livraison de marchandises de remplacement en vertu de l’article précédent, conserve le
droit de se prévaloir de tous les autres droits qu’il tient du contrat.

Art.300.- Si le vendeur est tenu de restituer le prix, il doit payer des intérêts sur son montant à
compter du jour où il a reçu le paiement.

Si l’acheteur doit restituer tout ou partie des marchandises, il doit payer au vendeur tout ou
partie du montant du profit qu’il en a retiré.

Chapitre 7 - Prescription

Art.301.- La prescription des actions en matière de vente commerciale est soumise aux
dispositions énoncées au chapitre IV du Livre I du présent Acte uniforme, sous réserve des
dispositions suivantes.

Le délai de prescription en matière de vente commerciale est de deux ans sauf dispositions
contraires du présent Livre.

Art.302.- Si le vendeur a donné une garantie contractuelle, le délai de prescription de l’action

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visée à l’article 259 ci-dessus commence à courir à partir de la date d’expiration de la garantie
contractuelle.

Livre 9 - Dispositions transitoires et finales

Art.303.- La mise en place des moyens de traitement et de transmission électronique du


Fichier Régional est effective dans un délai de deux ans à compter de la date d’entrée en
vigueur du présent Acte uniforme.

La mise en place des moyens de traitement et de transmission électronique du Fichier


National dans chaque État Partie est effective dans un délai de deux ans à compter de la date
d’entrée en vigueur du présent Acte uniforme.

La mise en place des moyens de traitement et de transmission électronique du ou des


Registre(s) du Commerce et du Crédit Mobilier dans chaque État Partie est réalisée dans un
délai de deux ans à compter de la date d’entrée en vigueur du présent Acte uniforme.

Art.304.- Les Etats Parties veillent à ce que, dans un délai de deux ans à compter de la date
d’entrée en vigueur du présent Acte uniforme, les sociétés et autres personnes et organismes
amenés à procéder ou à participer à des inscriptions puissent déposer par voie électronique
tous les actes et informations soumis à publicité. En outre, les Etats Parties peuvent obliger
toutes les sociétés, ou certaines catégories d’entre elles, à déposer tout ou partie des actes et
informations en cause par voie électronique.

Art.305.- Dans un délai de deux ans à compter de la date d’entrée en vigueur du présent Acte
uniforme, tous les actes et informations prévus par le présent Acte uniforme et toute autre
disposition légale, déposés sur support papier ou par voie électronique, sont remis selon le cas
au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier puis retranscrits au Fichier National et au
Fichier Régional, sous forme électronique. A cette fin, les Etats Parties veillent à ce que tous
les actes et informations qui sont déposés sur support papier à cette date soient convertis par
le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier en format électronique.

Art.306.- Le présent Acte uniforme abroge l’Acte uniforme du 17 avril 1997 portant sur le
droit commercial général.

Art.307.- Le présent Acte uniforme sera publié au Journal Officiel de l’OHADA dans un
délai de soixante jours à compter de la date de son adoption. Il sera également publié dans les
Etats Parties, au Journal Officiel ou par tout moyen approprié. Il sera applicable quatre-vingt
dix jours à compter de la date de sa publication au Journal officiel de l’OHADA
conformément à l’article 9 du Traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique,
signé à
• port Louis le 17 octobre 1993, tel que révisé à Québec le 17 octobre 2008.

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SENEGAL/Loi n° 2008 – 08 sur les transactions électroniques

LOI SUR LES TRANSACTIONS ELECTRONIQUES


Exposé des motifs
Conformément aux objectifs, axes et principes dégagés par la Loi d’Orientation sur la Société
de l’Information (LOSI), la présente loi relative aux transactions électroniques (le mot «
transaction » étant, ici, pris dans son sens courant ou économique et non dans le sens juridique
classique de mode alternatif de règlement des conflits) vise, de façon globale, à favoriser le
développement du commerce par les Technologies de l’Information et de la Communication
(TIC) en posant des règles précises.

Avec le développement des réseaux informatiques, le nombre de transactions électroniques


est en constante augmentation. A titre indicatif, les transactions électroniques portent sur la
production, la promotion, la vente, la distribution de produits et les échanges par des réseaux
de télécommunication ou informatiques (interrogation à distance, envoi d’une facture, etc.).

Les aspects juridiques ont été trop souvent considérés comme un frein à leur développement.
En effet, à l’heure actuelle, plusieurs questions demeurent sans réponse, notamment, la
manière de prendre en compte :

- la signature électronique ;
- la preuve électronique ;
- la sécurité des échanges électroniques ;
- la protection du consommateur ;
- la coexistence des documents papiers et des documents électroniques ;
- l’application des techniques électroniques aux actes commerciaux et administratifs ;
- les éléments probants introduits par les techniques numériques (horodatage,
certification, etc.).

L’importance des transactions électroniques est actuellement relativement faible au Sénégal


mais son potentiel de croissance est indéniable. Ce qui justifie la mise en place d’un cadre
normatif approprié correspondant à notre environnement juridique, culturel, économique et
social.

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L’objet de ce présent projet de loi vise donc à assurer la sécurité et le cadre juridique
nécessaires à l’émergence d’un commerce électronique fiable au Sénégal.
Il adopte une approche neutre face à la technologie en appuyant les transactions électroniques
et en précisant les exigences en matière de preuve et de signature.

Aussi, afin d'éliminer les contraintes juridiques qui bloquent le recours aux transactions
électroniques, le projet de loi consacre l’équivalence entre dossiers électroniques et
documents papiers.
Par ailleurs, il prévoit notamment :

1) une définition claire de la notion de communication électronique;


2) une définition claire de la notion de commerce électronique ainsi que la responsabilité
du commerçant électronique, un encadrement des sollicitations commerciales par
l’interdiction de la publicité non sollicitée par message électronique, sans avoir obtenu
le consentement préalable des destinataires ;
3) une consécration de la liberté de communication en ligne ;
4) une consécration, dans un double souci d’efficacité et de sécurité, de l’écrit
électronique comme équivalent du support papier à plusieurs niveaux : obligations
conventionnelles en général, contrats en général, preuve, signature (avec un corps de
mesures réglementaires), facturation ;
5) des obligations minimales de surveillance et, partant des règles relatives à la
responsabilité des prestataires techniques ;
6) la participation des hébergeurs et des fournisseurs d’accès à la lutte contre
l’acceptation, le traitement et la diffusion de contenus illicites.

Telle est l’économie du présent projet de loi.

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REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple – Un But - Une Foi

Loi n° 2008 – 08 sur les transactions électroniques

L’Assemblée nationale a adopté, en sa séance du vendredi 30 novembre 2007 ; Le Sénat a


adopté, en sa séance du mardi 15 janvier 2008 ;
Le Président de la République promulgue la loi sont la teneur suit :

TITRE PREMIER : LIBERTÉ DE COMMUNICATION PAR VOIE


ELECTRONIQUE
CHAPITRE PREMIER : COMMUNICATION AU PUBLIC PAR VOIE
ELECTRONIQUE
Article premier :

Sauf dispositions contraires, la communication par voie électronique ne peut être limitée que
dans la mesure requise, d'une part, par le respect de la dignité de la personne humaine, de la
liberté et de la propriété d'autrui, du caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée
et d'opinion et, d'autre part, par la sauvegarde de l'ordre public, les besoins de la défense
nationale, les exigences de service public et les contraintes techniques inhérentes au moyen de
communication.
Article 2 :
Au sens de la présente loi, on entend par :

1) Communication par voie électronique :toute mise à disposition au public ou


d’une catégorie de public, par un procédé de communication électronique ou
magnétique, de signes, de signaux, d'écrits, d'images, de sons ou de messages
de toute nature ;
2) Courrier électronique : tout message, sous forme de texte, de voix, de son ou
d'image, envoyé au moyen d’un réseau public de communication, stocké sur
tout serveur ou dans l'équipement terminal du destinataire, jusqu'à ce que ce
dernier en prenne connaissance.
3) Prestataires techniques de service au public utilisant les technologies de
l’Internet : Tout prestataire utilisant les protocoles de l’Internet qui met à la
disposition des personnes physiques ou morales, publiques ou privées, des
biens et services.

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4) Prospection directe : toute sollicitation effectuée au moyen de l’envoi de
message, quel qu’en soit le support ou la nature notamment commerciale,
politique ou caritative, destinée à promouvoir, directement ou indirectement,
des biens, des services ou l'image d'une personne vendant des biens ou
fournissant des services.

5) Service de communication au public en ligne : toute transmission de données


numériques n'ayant pas un caractère de correspondance privée, par un procédé
de communication électronique utilisant le réseau Internet permettant un
échange réciproque ou non d'informations entre l'émetteur et le récepteur.

6) Standard ouvert : tout protocole de communication, d'interconnexion ou


d'échange et tout format de données inter opérable et dont les spécifications
techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en œuvre.

CHAPITRE II : PRESTATAIRES TECHNIQUES DE SERVICES AU PUBLIC


UTILISANT LES TECHNOLOGIES DE L’INTERNET
Article 3 :

1) Les personnes dont l'activité est d'offrir un accès à des services au public par le
biais des technologies de l'information et de la communication sont tenues de
mentionner dans les contrats de leurs abonnés l'existence de moyens techniques
permettant de restreindre l'accès à certains services ou au moins de les
sélectionner. Les moyens techniques, dépendant de la nature de la prestation,
sont précisés par décret.

2) Les personnes physiques ou morales qui assurent, même à titre gratuit, par la
mise à disposition au public des biens et services, le stockage de signaux,
d'écrits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des
destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilité civile
engagée du fait des activités ou des informations stockées à la demande d'un
destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de
leur caractère illicite ou de faits et circonstances faisant apparaître ce caractère
ou si, dès le moment où elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi
promptement pour retirer ces données ou en rendre l'accès impossible.

L'alinéa précédent du présent article ne s'applique pas lorsque le destinataire du service agit
sous l'autorité ou le contrôle de la personne visée audit alinéa.

3) Les personnes visées au point 2 du présent article ne peuvent voir leur responsabilité pénale
engagée à raison des informations stockées à la demande d'un destinataire de ces services si
elles n'avaient pas effectivement connaissance de l'activité ou de l'information illicite ou si,

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dès le moment où elles en ont eu connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces
informations ou en rendre l'accès impossible.

L'alinéa précédent ne s'applique pas lorsque le destinataire du service agit sous l'autorité ou le
contrôle de la personne visée audit alinéa.

4) La connaissance des faits litigieux est présumée acquise par les personnes désignées au
point 2 du présent article lorsqu'il leur est notifié les éléments suivants :

a) la date de la notification des faits litigieux ;


b) si le notifiant est une personne physique : nom, prénoms, profession, domicile, nationalité,
date et lieu de naissance ;
c) si le requérant est une personne morale : sa forme, sa dénomination, son siège social et
l'organe qui la représente légalement ;
d) le nom et domicile du destinataire ou, s'il s'agit d'une personne morale, sa dénomination et
son siège social ;
e) la description des faits illicites et leur localisation précise ;
f) les motifs pour lesquels le contenu doit être retiré, comprenant la mention des dispositions
légales et des justifications de faits ;
g) la copie de la correspondance adressée à l'auteur ou à l'éditeur des informations ou activités
litigieuses demandant leur interruption, leur retrait ou leur modification, ou la justification
de ce que l'auteur ou l'éditeur n'a pu être contacté.

5) Les personnes visées aux points 1 et 2 du présent article ne sont pas soumises à une
obligation générale de surveiller les informations qu'elles transmettent ou stockent, ni à une
obligation générale de rechercher des faits ou des circonstances révélant des activités illicites.
Le précédent alinéa est sans préjudice de toute activité de surveillance ciblée et temporaire
demandée par l'autorité judiciaire.

Compte tenu de l'intérêt général attaché à la répression de l'apologie des crimes contre
l'humanité, de l'incitation à la haine raciale ainsi que de la pornographie infantile, les
personnes mentionnées ci-dessus doivent concourir à la lutte contre de tels agissements.

A ce titre, elles doivent mettre en place un dispositif facilement accessible et visible


permettant à toute personne de porter à leur connaissance ce type de données. Elles ont
également l'obligation, d'une part, d'informer promptement les autorités publiques
compétentes de toutes activités illicites mentionnées à l'alinéa précédent qui leur sont
signalées et qu'exercent les destinataires de leurs services, et, d'autre part, de rendre public les
moyens qu'elles consacrent à la lutte contre ces activités illicites.

Tout manquement aux obligations définies à l'alinéa précédent est puni en vertu des
dispositions légales en vigueur.
6) Le juge compétent peut prescrire, en référé ou sur requête, à toute personne mentionnée au
point 2 du présent article ou, à défaut, à toute personne mentionnée au point 1 du présent

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article, toute mesure propre à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné
par le contenu d'un service de communication au public en ligne.
Article 4 :
Les personnes mentionnées aux points 1 et 2 de l’article 3 de la présente loi détiennent et
conservent les données de nature à permettre l'identification de quiconque a contribué à la
création du contenu ou de l'un des contenus des services dont elles sont prestataires.

Les personnes mentionnées aux points 1 et 2 de l’article 3 de la présente loi fournissent aux
personnes qui éditent un service de communication au public en ligne des moyens techniques
permettant à celles-ci de satisfaire aux conditions d'identification prévues à l’article 5 de la
présente loi.
L'autorité judiciaire peut requérir la communication auprès des prestataires mentionnés aux
points 1 et 2 de l’article 3 de la présente loi, des données mentionnées au premier article.

Le traitement de ces données est soumis aux dispositions de la loi sur la protection des
données à caractère personnel.

Un décret, pris après avis de la Commission des Données Personnelles, définit les données
mentionnées au premier alinéa du présent article et détermine la durée et les modalités de leur
conservation.
Article 5 :

1) Les personnes dont l'activité est d'éditer un service de communication au


public par le biais des technologies de l’Internet mettent à disposition du
public, dans un stand ouvert :
a) s'il s'agit de personnes physiques, leur nom, prénoms, domicile et numéro de
téléphone et, si elles sont assujetties aux formalités d'inscription au registre du
commerce et du crédit mobilier, le numéro de leur inscription ;
b) s'il s'agit de personnes morales, leur dénomination ou leur raison sociale et leur
siège social, leur numéro de téléphone et, s'il s'agit d'entreprises assujetties aux
formalités d'inscription au registre du commerce et du crédit mobilier ou au répertoire
national des entreprises et associations, le numéro de leur inscription, leur capital
social, l'adresse de leur siège social ;
c) le nom du directeur ou du codirecteur de la publication du service de
communication au public par voie électronique et, le cas échéant, celui du responsable
de la rédaction ;
d) le nom, la dénomination ou la raison sociale, l'adresse et le numéro de téléphone
du prestataire mentionné au point 2 de l’article 3 de la présente loi.

2) Les personnes éditant à titre non professionnel un service de communication au


public en ligne peuvent ne tenir à la disposition du public, pour préserver leur
anonymat, que le nom, la dénomination ou la raison sociale et l'adresse du
prestataire, sous réserve de lui avoir communiqué les éléments d'identification
personnelle prévus par la présente loi.

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Les personnes mentionnées au point 2 de l’article 3 de la présente loi sont assujetties au secret
professionnel dans les conditions prévues à l’article 363 du code pénal, pour tout ce qui
concerne la divulgation de ces éléments d'identification personnelle ou de toute information
permettant d'identifier la personne concernée.
Ce secret professionnel n'est pas opposable à l'autorité judiciaire.
Article 6 :

Toute personne nommée ou désignée dans un service de communication au public utilisant les
technologies de l’Internet dispose d'un droit de réponse, sans préjudice des demandes de
modification ou d’opposition au message qu'elle peut adresser au service.

La demande d'exercice du droit de réponse est adressée au directeur de publication ou, lorsque
la personne éditant à titre non professionnel a conservé l'anonymat, à la personne mentionnée
au point 2 de l’article 3 de la présente loi qui la transmet sans délai au directeur de la
publication. Elle est présentée au plus tard dans un délai de trois (3) mois à compter de la mise
à disposition du public du message justifiant cette demande.
Un décret fixe les modalités d’application du présent article.
Article 7 :

Lorsque les personnes visées au point 1 de l'article 3 de la présente loi invoquent, à des fins
publicitaires, la possibilité qu'elles offrent de télécharger des fichiers dont elles ne sont pas les
fournisseurs, elles font figurer dans cette publicité une mention facilement identifiable et
lisible rappelant que le piratage nuit à la création artistique.

TITRE II : COMMERCE ÉLECTRONIQUE


CHAPITRE PREMIER : DISPOSITIONS GENERALES
Section Première : Définitions
Article 8 :

Le commerce électronique est l'activité économique par laquelle une personne propose ou
assure, à distance et par voie électronique, la fourniture de biens et la prestation de services.

Entrent également dans le champ du commerce électronique les services tels que ceux
consistant à fournir des informations en ligne, des communications commerciales, des outils
de recherche, d’accès et de récupération de données, d'accès à un réseau de communication ou
d'hébergement d'informations, même s’ils ne sont pas rémunérés par ceux qui les reçoivent.

Une personne est considérée comme étant établie au Sénégal au sens du présent chapitre
lorsqu'elle s'y est installée d'une manière stable et durable pour exercer effectivement son
activité. S'agissant d'une personne morale, lorsque s'y trouve l'implantation de son siège
social.

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Section II : Liberté d’exercice du commerce électronique et de ses limites
Article 9 :

L'activité définie à l'article 8 de la présente loi s'exerce librement sur le territoire national à
l'exclusion des domaines suivants :

1) les jeux d'argent, mêmes sous forme de paris et de loteries, légalement


autorisés;
2) les activités de représentation et d'assistance en justice ;
3) les activités exercées par les notaires en application des textes en vigueur.

Par ailleurs, lorsqu'elle est exercée par des personnes établies dans un pays tiers, l'activité
définie à l'article précédent est soumise aux dispositions légales en vigueur.
Section III : Obligation d’information du fournisseur électronique de biens ou de services
Article 10 ;

Sans préjudice des autres obligations d'information prévues par les textes législatifs et
réglementaires en vigueur, toute personne qui exerce l'activité définie à l'article 8 de la
présente loi est tenue d'assurer à ceux à qui est destinée la fourniture de biens ou la prestation
de services un accès facile, direct et permanent utilisant un standard ouvert aux informations
suivantes :

1) s'il s'agit d'une personne physique, ses nom et prénom et, s'il s'agit d'une personne morale,
sa raison sociale ;
2) l'adresse complète de l’endroit où elle est établie, son adresse de courrier électronique,
ainsi que son numéro de téléphone ;
3) si elle est assujettie aux formalités d'inscription au registre du commerce et du crédit
mobilier ou au répertoire national des entreprises et associations, le numéro de son inscription,
son capital social et l'adresse de son siège social ;
4) si elle est assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée et immatriculée au répertoire national
des entreprises et associations, son numéro d'identification national des entreprises et
associations (NINEA) ;
5) si son activité est soumise à un régime d'autorisation, le nom et l'adresse de l'autorité ayant
délivré celle-ci ;
6) si elle est membre d'une profession réglementée, la référence aux règles professionnelles
applicables, son titre professionnel, l'Etat membre dans lequel il a été octroyé ainsi que le nom
de l'ordre ou de l'organisme professionnel auprès duquel elle est inscrite.

Toute personne qui exerce l'activité définie à l'article 8 de la présente loi doit, même en
l'absence d'offre de contrat, dès lors qu'elle mentionne un prix, indiquer celui-ci de manière
claire et non ambiguë, et notamment si les taxes et les frais de livraison sont inclus.

Section IV : Responsabilité contractuelle du fournisseur électronique de biens ou de


services

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Article 11 :

Toute personne physique ou morale exerçant l'activité définie au premier alinéa de l'article 8
de la présente loi est responsable de plein droit à l'égard de son cocontractant de la bonne
exécution des obligations résultant du contrat, que ces obligations soient à exécuter par elle-
même ou par d'autres prestataires de services, sans préjudice de son droit de recours contre
ceux-ci.

Toutefois, elle peut s'exonérer de tout ou partie de sa responsabilité en apportant la preuve que
l'inexécution ou la mauvaise exécution du contrat est imputable, soit au cocontractant, soit à
un cas de force majeure.

Section V : Dispositions de droit international privé


Article 12 :

L'activité définie à l'article 8 de la présente loi est soumise à la loi de l'Etat sur le territoire
duquel la personne qui l'exerce est établie, sous réserve de la commune volonté de cette
personne et de celle à qui sont destinés les biens ou services.
L'application de l'alinéa précédent du présent article ne peut avoir pour effet de :

1) priver un consommateur ayant sa résidence habituelle sur le territoire national de la


protection que lui assurent les dispositions impératives de la loi sénégalaise relative aux
obligations contractuelles, conformément aux engagements internationaux souscrits par le
Sénégal. Au sens du présent article, les dispositions relatives aux obligations contractuelles
comprennent les dispositions applicables aux éléments du contrat, y compris celles qui
définissent les droits du consommateur, qui ont une influence déterminante sur la décision de
contracter ;
2) déroger aux règles de forme impératives prévues par la loi sénégalaise pour les contrats
créant ou transférant des droits sur un bien immobilier situé sur le territoire national ;
3) déroger aux règles déterminant la loi applicable aux contrats d'assurance pour les risques
situés sur le territoire d'un ou plusieurs États membres de la Zone Franc, parties au Traité
instituant une organisation intégrée de l'industrie des assurances dans les États africains et
pour les engagements qui y sont pris.

CHAPITRE II : PUBLICITE PAR VOIE ELECTRONIQUE


Article 13 :
Toute publicité, sous quelque forme que ce soit, accessible par un service de communication
au public en ligne, doit pouvoir être clairement identifiée comme telle. Elle doit rendre
clairement identifiable la personne physique ou morale pour le compte de laquelle elle est
réalisée.
Article 14 :

Les publicités, et notamment les offres promotionnelles, telles que les rabais, les primes ou les
cadeaux, ainsi que les concours ou les jeux promotionnels, adressés par courrier électronique,

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doivent pouvoir être identifiés de manière claire et non équivoque sur l’objet du courrier dès
leur réception par leur destinataire, ou en cas d'impossibilité technique, dans le corps du
message.
Article 15 :

Les conditions auxquelles sont soumises la possibilité de bénéficier d'offres promotionnelles


ainsi que celle de participer à des concours ou à des jeux promotionnels, lorsque ces offres,
concours ou jeux sont proposés par voie électronique, doivent être clairement précisées et
aisément accessibles.
Article 16 :

1) Est interdite la prospection directe par envoi de message au moyen d'un automate d'appel,
d'un télécopieur ou d'un courrier électronique utilisant, sous quelque forme que ce soit, les
coordonnées d'une personne physique qui n'a pas exprimé son consentement préalable à
recevoir des prospections directes par ce moyen.
2) Toutefois, la prospection directe par courrier électronique est autorisée si :

a) les coordonnées du destinataire ont été recueillies directement auprès de lui, dans le respect
des dispositions de la loi sur la protection des données à caractère personnel,
b) à l'occasion d'une vente ou d'une prestation de services, si la prospection directe concerne
des produits ou services analogues fournis par la même personne physique ou morale, et si
le destinataire se voit offrir, de manière expresse et dénuée d'ambiguïté, la possibilité de
s'opposer, sans frais, hormis ceux liés à la transmission du refus, et de manière simple, à
l'utilisation de ses coordonnées lorsque celles-ci sont recueillies et chaque fois qu'un
courrier électronique de prospection lui est adressé.

Dans tous les cas, il est interdit d'émettre, à des fins de prospection directe, des messages au
moyen d'automates d'appel, télécopieurs et courriers électroniques, sans indiquer de
coordonnées valables auxquelles le destinataire puisse utilement transmettre une demande
tendant à obtenir que ces communications cessent sans frais autres que ceux liés à la
transmission de celle-ci.

Il est également interdit de dissimuler l'identité de la personne pour le compte de laquelle la


communication est émise et de mentionner un objet sans rapport avec la prestation ou le
service proposé.

3) Un décret précise les conditions d'application du présent article, notamment eu égard aux
différentes technologies utilisées.
Article 17 :

Sans préjudice des dispositions résultant de l’article 16 précédent, le consentement des


personnes dont les coordonnées ont été recueillies avant la publication de la présente loi, dans
les conditions prévues par la loi sur la protection des données à caractère personnel à

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l'utilisation de celles-ci à fin de prospection directe, peut être sollicité par voie de courrier
électronique, pendant les six (6) mois suivant la publication de la présente loi.

A l'expiration de ce délai, ces personnes sont présumées avoir refusé l'utilisation ultérieure de
leurs coordonnées personnelles à fin de prospection directe si elles n'ont pas manifesté
expressément leur consentement à celle-ci.

CHAPITRE III : OBLIGATIONS CONVENTIONNELLES SOUS FORME


ELECTRONIQUE EN GENERAL
Article 18 :

A défaut de dispositions légales contraires, nul ne peut être contraint de poser un acte
juridique par voie électronique.
Article 19 :

Lorsqu'un écrit est exigé pour la validité d'un acte juridique, il peut être établi et conservé
sous forme électronique dans les conditions prévues aux articles 37 et 41 de la présente loi.

Lorsqu'un acte authentique est requis, son établissement et sa conservation sous forme
électronique obéissent aux conditions posées à l’article 41 de la présente loi.

Dans l’hypothèse où il est exigé une mention écrite de la main même de celui qui s'oblige, ce
dernier peut l'apposer sous forme électronique si les conditions de cette apposition sont de
nature à garantir qu'elle ne peut être effectuée que par lui-même.

Lorsque celui qui s’oblige par voie électronique ne sait ou ne peut écrire, il doit se faire
assister de deux témoins qui certifient, dans l'acte, son identité et sa présence et attestent, en
outre, que la nature et les effets de l'acte lui ont été précisés. La présence des témoins
certificateurs dispense celui qui s’oblige électroniquement de l'accomplissement des
formalités prévues par l'alinéa précédent.
Article 20 :
Il est fait exception aux dispositions de l'article 19 de la présente loi pour :

1) les actes sous seing privé relatifs au droit de la famille et des successions ;
2) les actes sous seing privé relatifs à des sûretés personnelles ou réelles, de nature civile ou
commerciale, sauf s'ils sont passés par une personne pour les besoins de sa profession.

CHAPITRE IV : CONTRATS SOUS FORME ELECTRONIQUE EN GENERAL


Section Première : Echange d'informations en cas de contrat sous forme électronique
Article 21 :

La voie électronique peut être utilisée pour mettre à disposition des conditions contractuelles
ou des informations sur des biens ou services.

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Article 22 :

Les informations qui sont demandées en vue de la conclusion d'un contrat ou celles qui sont
adressées au cours de son exécution peuvent être transmises par courrier électronique si leur
destinataire a accepté l'usage de ce moyen.
Article 23 :

Les informations destinées à un professionnel peuvent lui être adressées par courrier
électronique, dès lors qu'il a communiqué son adresse professionnelle électronique. Si ces
informations doivent être portées sur un formulaire, celui-ci est mis, par voie électronique, à
la disposition de la personne qui doit le remplir.

Section II : Conclusion d'un contrat sous forme électronique


Article 24 :

Quiconque propose, à titre professionnel, par voie électronique, la fourniture de biens ou la


prestation de services, met à la disposition de la clientèle les conditions contractuelles
applicables d'une manière qui permette leur conservation et leur reproduction. Sans préjudice
des conditions de validité mentionnées dans l'offre, son auteur reste engagé par elle tant
qu'elle est accessible par voie électronique de son fait.
L'offre énonce en outre :

1) les différentes étapes à suivre pour conclure le contrat par voie électronique ;
2) les moyens techniques permettant à l'utilisateur, avant la conclusion du contrat, d'identifier
les erreurs commises dans la saisie des données et de les corriger ;
3) les langues proposées pour la conclusion du contrat ;
4) en cas d'archivage du contrat, les modalités de cet archivage par l'auteur de l'offre et les
conditions d'accès au contrat archivé ;
5) les moyens de consulter par voie électronique les règles professionnelles et commerciales
auxquelles l'auteur de l'offre entend, le cas échéant, se soumettre.

Article 25 :

Pour que le contrat soit valablement conclu, le destinataire de l'offre doit avoir eu la
possibilité de vérifier le détail de sa commande et son prix total, et d’exiger la correction
d'éventuelles erreurs, avant de confirmer celle-ci pour exprimer son acceptation.

L'auteur de l'offre doit accuser réception sans délai injustifié et par voie électronique de la
commande qui lui a été ainsi adressée.

La commande, la confirmation de l'acceptation de l'offre et l'accusé de réception sont


considérés comme reçus lorsque les parties auxquelles ils sont adressés peuvent y avoir accès.
Article 26 :

Il peut être dérogé aux dispositions de l'article 24 de la présente loi dans les conventions
conclues entre professionnels.

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Section III : Envoi ou remise d'un écrit par voie électronique
Article 27 :

L’écrit résulte d'une suite de lettres, de caractères, de chiffres ou de tous autres signes ou
symboles dotés d'une signification intelligible, quels que soient leur support et leurs modalités
de transmission.
Article 28 :

Une lettre simple relative à la conclusion ou à l'exécution d'un contrat peut être envoyée par
courrier électronique.

L'apposition de la date d'expédition résulte d'un procédé électronique dont la fiabilité est
présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsqu'il satisfait à des exigences fixées par décret.
Article 29 :

Une lettre recommandée relative à la conclusion ou à l'exécution d'un contrat peut être
envoyée par courrier électronique à condition que ce courrier soit acheminé par un tiers selon
un procédé permettant d'identifier le tiers, de désigner l'expéditeur, de garantir l'identité du
destinataire et d'établir si la lettre a été remise ou non au destinataire.

Le contenu de cette lettre, au choix de l'expéditeur, peut être imprimé par le tiers sur papier
pour être distribué au destinataire ou adressé à celui-ci par voie électronique. Dans ce dernier
cas, si le destinataire n'est pas un professionnel, il doit avoir demandé l'envoi par ce moyen ou
en avoir accepté l'usage au cours d'échanges antérieurs.

Un avis de réception peut être adressé à l'expéditeur par voie électronique ou par tout autre
dispositif lui permettant de le conserver.
Les modalités d'application du présent article de la présente loi sont fixées par décret.
Article 30 :

Hors les cas prévus aux articles 24 et 25 de la présente loi, la remise d'un écrit sous forme
électronique est effective lorsque le destinataire, après en avoir pris connaissance, en a accusé
réception.

Si une disposition prévoit que l'écrit doit être lu au destinataire, la remise d'un écrit
électronique à l'intéressé dans les conditions prévues au premier alinéa vaut lecture.
Section IV : Exigences de forme et de conservation
Article 31 :

Lorsque l'écrit sur papier est soumis à des conditions particulières de lisibilité ou de
présentation, l'écrit sous forme électronique doit répondre à des exigences équivalentes.

L'exigence d'un formulaire détachable est satisfaite par un procédé électronique qui permet
d'accéder au formulaire et de le renvoyer par la même voie.
Article 32 :

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L'exigence d'un envoi en plusieurs exemplaires est réputée satisfaite sous forme électronique
si l'écrit peut être imprimé par le destinataire.
Article 33 :
Lorsque le contrat est conclu par voie électronique et qu'il porte sur une somme égale ou
supérieure à un montant fixé à 20.000 francs, le contractant professionnel assure la
conservation de l'écrit qui le constate pendant un délai déterminé par l’article 37 de la
présente loi et en garantit à tout moment l'accès à son cocontractant si celui-ci en fait la
demande.

CHAPITRE V : FACTURATION SOUS FORME ELECTRONIQUE


Article 34 :

L'écrit sous forme électronique est admis en facturation au même titre que l'écrit sur support
papier, pour autant que l’authenticité de l’origine des données qu’il contient et l’intégrité de
leur contenu soient garanties.
Article 35 :

La conservation d’une facture par voie électronique est effectuée au moyen d’équipements
électroniques de conservation de données, y compris la compression numérique.
Pour les factures qui sont conservées par voie électronique, les données garantissant
l’authenticité de l’origine et l’intégrité du contenu de chaque facture doivent également être
conservées.

TITRE III : MECANISMES DE SECURISATION DES TRANSACTIONS


ELECTRONIQUES
Article 36 :

La preuve par écrit ou preuve littérale est établie conformément aux dispositions de l’article
27 de la présente loi.
Article 37 :

L'écrit sous forme électronique est admis en preuve au même titre que l'écrit sur support
papier et a la même force probante que celui-ci, sous réserve que puisse être dûment identifiée
la personne dont il émane et qu'il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en
garantir l'intégrité.
La conservation des documents sous forme électronique doit se faire pendant une période de
dix (10) ans et dans les conditions suivantes :

1) l'information que contient le message de données doit être accessible, lisible et intelligible
pour être consultée ultérieurement ;

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2) le message de données doit être conservé sous la forme sous laquelle il a été créé, envoyé
ou reçu, ou sous une forme dont on peut démontrer qu'elle n'est susceptible ni de modification
ni d'altération dans son contenu et que le document transmis et celui conservé sont strictement
identiques ;
3) les informations qui permettent de déterminer l'origine et la destination du message de
données, ainsi que les indications de date et d'heure de l'envoi ou de la réception, doivent être
conservées si elles existent.

Article 38 :

Le fournisseur de biens ou prestataire de services par voie électronique qui réclame


l’exécution d’une obligation doit en prouver l’existence et, lorsqu’il se prétend libéré, doit
prouver que l’obligation est inexistante ou éteinte.
Article 39 :

Lorsque la loi n'a pas fixé d'autres principes, et à défaut de convention valable entre les
parties, le juge règle les conflits de preuve littérale en déterminant par tous moyens le titre le
plus vraisemblable, quel qu'en soit le support.
Article 40 :

La copie ou toute autre reproduction d’actes passés par voie électronique a la même force
probante que l’acte lui-même lorsqu’elle est certifiée conforme par des organismes agréés par
l’Agence de l’Informatique de l’Etat selon des règles définies par décret.
La certification donne lieu, le cas échéant, à la délivrance d'un certificat de conformité.
Article 41 :

La signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique identifie celui qui l'appose. Elle
manifeste le consentement des parties aux obligations qui découlent de cet acte. Quand elle
est apposée par un officier public, elle confère l'authenticité à l'acte.
Lorsqu'elle est électronique, elle consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification
garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache.
La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature
électronique est créée.

L'acte authentique peut être dressé sur support électronique s'il est établi et conservé dans des
conditions fixées par décret.
Article 42 :

Sans préjudice des dispositions en vigueur, une signature électronique créée par un dispositif
sécurisé que le signataire puisse garder sous son contrôle exclusif et qui repose sur un
certificat numérique est admise comme signature au même titre que la signature autographe.
Nul ne peut être contraint de signer électroniquement.

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TITRE IV - TRANSMISSION PAR VOIE ELECTRONIQUE DES DOCUMENTS OU
ACTES ADMINISTRATIFS
Chapitre Premier - Echanges d’informations par voie électronique
Article 43 :

Tous les échanges d’informations, de documents ou des actes administratifs peuvent faire
l’objet d’une transmission par voie électronique.
Article 44 :

Les échanges d'informations intervenant en application du code des marchés publics peuvent
faire l'objet d'une transmission par voie électronique.
1° - Le règlement de la consultation, la lettre de consultation, le cahier des charges, les
documents et les renseignements complémentaires peuvent être mis à disposition des
entreprises par voie électronique dans des conditions prévues à l’article 45 ci-dessous.
Néanmoins, au cas où ces dernières le demandent, ces documents leur sont transmis par voie
postale.

2° - Sauf disposition contraire prévue dans l'avis de publicité, les candidatures et les offres
peuvent également être communiquées à la personne publique par voie électronique, dans des
conditions définies par l’article 45 ci-dessous.

3° - Les dispositions du code des marchés publics qui font référence à des écrits ne font pas
obstacle au remplacement de ceux-ci par un support ou un échange électronique.
Article 45 :

Les modalités du réseau informatique, sur lequel les documents et renseignements visés au
point 1 de l’article 44 de la présente loi peuvent être mis à la disposition des personnes
intéressées, sont précisées dans l'avis d'appel public à la concurrence.
Quel que soit le mode de passation des marchés, les personnes intéressées doivent pouvoir
consulter et archiver sur leur ordinateur le règlement de la consultation. A cet effet, les
responsables du marché doivent fournir le nom de l'organisme, celui de la personne physique
à contacter, les documents à télécharger et une adresse permettant de façon certaine une
correspondance électronique assortie d'une procédure d'accusé de réception.

Quel que soit le mode de passation des marchés, la personne responsable du marché peut
également envoyer par voie électronique la lettre de consultation aux candidats invités à
présenter une offre. Hormis le cas des marchés par entente directe ou de gré à gré, mention
doit avoir été faite de cette possibilité dans l'avis d'appel public à concurrence.

Les personnes intéressées et les candidats peuvent demander que les documents mentionnés
au premier alinéa du présent article leur soient envoyés par voie postale, sous forme d'un
support physique électronique ou sous forme d'un support papier.

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Les candidats qui choisissent de prendre connaissance par voie électronique des documents
mentionnés au premier alinéa du présent article conservent la possibilité, au moment du dépôt
de leur candidature ou de leur offre, de choisir entre la transmission par voie électronique et la
transmission sur un support papier ou, si le règlement de la consultation le permet, la
transmission sur un support physique électronique.
Article 46 :

La décision par laquelle la personne publique accepte la transmission des candidatures et des
offres par voie électronique ainsi que les modalités de cette transmission sont mentionnées
dans l'avis d'appel d’offres ou, dans le cas des marchés par entente directe ou de gré à gré,
dans la lettre de consultation.

Les candidatures et les offres transmises par voie électronique doivent être envoyées dans des
conditions qui permettent d'authentifier la signature du candidat selon les exigences posées
par la présente loi.

Dans les documents ou informations fournis à l'appui de leur candidature, qui pourront être
également transmis par voie électronique, les candidats doivent désigner la personne habilitée
à les représenter. Ils mettent en place des procédures permettant à la personne responsable du
marché de s'assurer que les candidatures et les offres sont signées et transmises par la
personne habilitée.

La transmission des candidatures et des offres doit pouvoir faire l'objet d'une date certaine de
réception et d'un accusé de réception électronique.
Article 47 :

Dans le cas où une offre est susceptible d'entraîner la transmission de documents volumineux,
et pour éviter tout retard consécutif aux aléas de transmission électronique qui pourraient en
résulter, la personne publique peut autoriser les candidats à envoyer leur offre sous la forme
d'un double envoi. En premier lieu, ils transmettent leur signature électronique. La réception
de cette signature vaut date certaine de réception de l'offre. En second lieu, ils transmettent
l'offre elle-même.
Lorsque la possibilité prévue à l'alinéa ci-dessus est utilisée, la personne responsable du
marché indique dans l'avis d'appel d’offres ou dans la lettre de consultation le délai qui peut
séparer la réception de la signature électronique de la réception de l'offre elle-même. Ce délai
ne peut dépasser vingt-quatre (24) heures, sous peine d'irrecevabilité de l'offre.
Article 48 :

Les candidats doivent choisir entre, d'une part, la transmission électronique de leurs
candidatures et de leurs offres et, d'autre part, leur envoi sur un support papier ou, le cas
échéant, sur un support physique électronique.
Article 49 :

En cas d'appel d'offres ouvert, si une candidature n'est pas admise, l'offre correspondante est
éliminée des fichiers de la personne publique sans avoir été lue. Le candidat en est informé.

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Article 50 :

La personne publique assure la sécurité des transactions sur un réseau informatique accessible
à tous les candidats de façon non discriminatoire. Les frais d'accès au réseau et de recours à la
signature électronique sont à la charge de chaque candidat.
Article 51 :

La personne publique prend les mesures propres à garantir la sécurité des informations portant
sur les candidatures et les offres. Elle s'assure que ces informations demeurent confidentielles.

A cet effet, la personne responsable des marchés peut demander aux candidats d'assortir leurs
fichiers d'un système de sécurité tel que les candidatures et les offres ne puissent être ouvertes
qu'avec leurs concours.
Article 52 :

Dans le cas de candidatures groupées, le mandataire assure la sécurité et l'authenticité des


informations transmises au nom des membres du groupement.
Article 53 :

Tout document électronique envoyé par un candidat dans lequel un virus informatique est
détecté par l'acheteur public peut faire l'objet par ce dernier d'un archivage de sécurité sans
lecture dudit document. Ce document est dès lors réputé n'avoir jamais été reçu et le candidat
en est informé.

Chapitre II : Recommandé électronique

Article 54 :
Le message signé électroniquement sur la base d’un certificat numérique, dont l’heure et la
date sont certifiées par le prestataire, constitue un envoi recommandé.
La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat.

Fait à Dakar, le 25 Janvier 2008

Par le Président de la République Abdoulaye WADE


Le Premier Ministre

Cheikh Hadjibou SOUMARE

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