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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE KASDI MERBAH – OUARGLA-
FACULTE DES HYDROCARBURES DES ENERGIES RENOUVELABLE ET DE SCIENCE
DE LA TERRE ET DE L’UNIVERS

DEPARTEMENT DE LA PRODUCTION

2éme Année Master Production Académique G01


Module : Méthodes d’éxploration pétroliére

Exposé sur :

Les gravimetres
Réalisé Par : Suivi par :
BEKHDIDJA ABDELFATH
Mr. ALI ZERROUKI AHMED
HAMMI ABDELHAK

Année Universitaire : 2020/2021


SOMMAIRE

INTRODUCTION

1. ETUDE GEOPHYSIQUE

2. LA METHODES GRAVIMETRIQUES

3. LES PRINCIPES THEORIQUES

4. NOTIONS DE BASE

5. DONNEES GRAVIMETRIQUES

6. REPRESENTATION D’UNE ANOMALIE

7. METHODE D’ELABORATION DU CALCUL DE L’ANOMALIE GRAVIFIQUE

8. ANOMALIE DE BOUGUER

9. OBJECTIF DE LA MODELISATION 2D

10. EVOLUTION TECHNOLOGIQUE DE LA GRAVIMETRIE

CONCLUSION

REFERENCE ET BIBLIOGRAPHIE

~1~
INTRODUCTION
Le pétrole est devenu, à partir des années 50, la première source d'énergie
dans le monde. Sa forte densité énergétique en fait la matière première
irremplaçable utilisée par l'industrie de la pétrochimie pour un nombre
incalculable de produits de la vie quotidienne : matières plastiques,
médicaments, engrais, matériaux de construction, peintures, vêtements,
colorants, produits cosmétiques, production électrique, carburants qui alimentent
les transports.

Malgré qu‘on puisse trouver le pétrole en grandes quantités sous la


surface de la terre,depuis un certain temps, quelques scientifiques ont découvert
que bientôt la Terre ne pourrait plus fournir cette source d‘énergie. En fait, notre
civilisation industrielle moderne dépend du pétrole et de ses dérivés; la structure
physique et le mode de vie des communautés suburbaines qui entourent les
grandes villes sont le résultat d'un approvisionnement en pétrole à grande
échelle et peu coûteux. Par ailleurs, les objectifs des pays en voie de
développement, à savoir l'exploitation de leurs ressources naturelles et la
fourniture de produits alimentaires à leurs populations en pleine expansion, sont
fondés sur le principe de la libre disponibilité du pétrole. Toutefois, ces
dernières années ont montré que cette disponibilité au plan mondial n'a cessé de
décroître et que son coût relatif a augmenté[3].
On estimait que les réserves totales de pétrole de notre planète s'élevaient à
l'origine à 2000 milliards de barils, dont 900 milliards de barils auraient déjà été
utilisés. Par conséquent, il ne nous resterait alors plus que quelques dizaines
d'années avant d'épuiser nos réserves. Mais la nature est faite de telle manière
que plus nous arrivons à la fin des réserves de pétrole, plus il est difficile de
l'extraire.

De ce fait, l‘exploitation des réserves de pétrole non conventionnel,


anciennement qualifiées d‘être très couteuses s‘avère maintenant rentable par

~2~
rareté. Cela a favorisé les recherches poussées sur les diverses techniques
d‘exploration de ces ressources de pétrole et de gaz.

Ainsi, afin de remédier temporairement à cette situation jusqu‘à


l‘épuisement total des ressources pétrolières, il est indispensable d‘améliorer les
moyens techniques d‘investigation. Le pétrole se trouve après sa formation dans
la terre au fond des mers, pour être extrait et exploité, il existe plusieurs
méthodes d'exploration pour révéler son emplacement précis, sa profondeur, le
type du sol, la roche mère et le réservoir[3].

1-ETUDE GEOPHYSIQUE
La géophysique est la branche d’étude de la Terre utilisant des méthodes
gravimétriques, magnétiques, électriques et sismiques. Certains géophysiciens
passent la plupart de leur temps à l'extérieur à étudier diverses caractéristiques
de la Terre, tandis que d'autres passent la majeure partie de leur temps à
l'intérieur, à utiliser des ordinateurs pour la modélisation et les calculs. Certains
géophysiciens utilisent ces méthodes pour trouver du pétrole, du fer, du

cuivre et de nombreux autres minéraux. Certains évaluent les propriétés de la


terre en fonction des risques environnementaux et des zones de barrages ou de
chantiers de construction. Les géophysiciens dans la recherche étudient la
structure interne de la terre et son évolution, les séismes de l'océan et d'autres
caractéristiques physiques à l'aide de ces méthodes[4] .

Dans ce éxpose , nous allons présenter la méthode d'exploration gravimétrique


qui permettent de localiser un gisement.

2-LA METHODE GRAVIMETRIQUES


La gravimétrie est une méthode géophysique qui cherche à déterminer d'après
les perturbations du champ de la pesanteur en différents points de la surface du
sol, la répartition probable dans le sous-sol, des divers types de roches
caractérisées par leur densité. Cette méthode est une technique qui mesure les
variations spatio-temporelle terrestre liées à la distribution des masses au sein de

~3~
la Terre, à proximité de la surface, voire en surface. La détermination des
anomalies de densité dans le sous-sol. peut être mesurée par des levés

gravimétriques, en utilisant des instruments extrêmement sensibles (gravimètres)


[1].

La fondamentale de ce méthode consiste a la gravimétrie se fonde sur l‘étude


des anomalies du champ de pesanteur à la structure terrestre. L‘inégale
distribution des masses du globe est la cause de ces variations. La localisation
des zones structurales sur la base de données gravimétriques ne s‘avère possible
que grâce à l‘inégalité de densité de ces structures. La différence
d‘enfouissement des discontinuités de densités, c‘est-à-dire des surfaces de
séparation entre les masses de roches hétérogènes sont suffisamment grandes, a
engendré cela. L‘intensité de la pesanteur est

directement liée à l‘attraction subite par l‘instrument de la part de diverses


parties du globe, compte tenu de la force centrifuge due à la rotation)[3].

Fig1 : Gravimétre terrestre

3-LES PRINCIPES THEORIQUES


La gravimétrie est un moyen de déterminer la nature géologique du sous sol.
Une déformation géologique quelconque, tels que anticlinaux, synclinaux,
failles ou remplissage quaternaire mettant en jeu des roches de densités
différentes peut être décelée par l’étude du champ gravifique terrestre.

~4~
Si la Terre était isolée dans l’espace, parfaitement ronde, immobile et formée de
couches concentriques latéralement homogènes, g aurait partout la même valeur.

g = G.M/R2

Or il n’en est rien, la pesanteur varie d’un point à l'autre. Ces variations ont des
causes diverses que l’on peut énumérer:

- l’altitude de la station de mesures.

- la forme du géoïde.

- la topographie ou les irrégularités de la surface du sol au voisinage du

point de mesure.

- la position du point de mesure par rapport à la Lune et au Soleil.

- les hétérogénéités du sous-sol.

Les deux premières sont d’origine géodésique dans lesquelles intervient la


position de la station de mesure sur la Terre. La troisième influence est due au
relief, en supposant un soussol de densité constante choisie arbitrairement. La
quatrième est fonction de la position de la Lune et du Soleil par rapport à la
Terre et du moment de la mesure. La dernière réunit les variations de la
pesanteur ayant une origine géologique ou tectonique.

Les quatre premières causes sont dites non géologiques, la cinquième est dite
géologique et c’est elle qui présente un intérêt pour la géophysique appliquée[2].

4-NOTIONS DE BASE

1 Attraction gravitationnel

~5~
En 1687, Newton il formule la loi de la gravitation universelle : L'interaction de
gravitation est une attraction qui est proportionnelle à la masse des deux corps et
inversement proportionnelle au carré des distancesr.

Avec : m1 et m2 : deux mases séparées par une distance r ;

G : est la constante universelle d'attraction dans le système international SI,


G = 6,67.10-11 N.m2 /Kg2.

Fig 2: Représentation des deux masse ponctuelles m1 et m2 séparées par une


distance r (D’après Telford et al. 1998).

2. Potentiel gravitationnel
On applique une force à une masse m2 pour lui faire subir une accélération
gravitationnelle ğ.En utilisant le principe fondamental de la dynamique
l’accélération Gravitationnelle sous la forme suivante :

La force qui engendre ce champ peut être dérivée de la fonction scalaire du


potentiel ce dernier est donné sous la forme suivant :

3.Qu’est ce qu’une Anomalie

~6~
Précisons d'abord le sens que nous attribuons à ce terme ''d'anomalies'' Pour
nous faire une idée nette de sa signification, supposons en premier lieu que les
couches superficielles du globe sont constituées par des terrains homogènes, de
densité constante, sur une épaisseur de quelques centaines de mètres au moins. Il
est alors possible de calculer le champ théorique de la pesanteur en tout point de
la surface du sol. Mais si, après nous être livrés à cette opération, nous passons à
la mesure expérimentale, nous constatons que notre valeur calculée n’est pas
celle que nous mesurons. La différence se nomme ''l'anomalie de la gravité ``

Anomalie = g mesuré – g théorique (calculé)

3-1.Anomalie de Bouguer

La mise en évidence des formations géologiques se fait par comparaison des


valeurs de g mesurées sur le terrain avec celles du modèle théorique.

L’anomalie de Bouguer se définit alors comme la différence entre les valeurs


réelles de la pesanteur (gmes. corrigé) et les valeurs théoriques déterminées par
le modèle de Bouguer.

AB = g mes. corrigé – g modèle


3-2 L'anomalie régionale :

d'origine profonde et étendue, est une anomalie où les isolignes ont de grands
rayons de courbure. Au contraire, l'anomalie résiduelle est provoquée par des
phénomènes plus superficiels et se marque par des isolignes à faibles rayons de
courbure.

Ce sont ces anomalies résiduelles qui ont le plus d'intérêt lorsqu'on s'intéresse
aux structures peu profondes.

L'anomalie régionale peut être calculée de diverses façons selon le sens donné
au terme ''grand rayon de courbure''. La méthode employée ici est l'ajustement
par un polynôme du troisième degré en x et y. L'anomalie résiduelle est obtenue
par la soustraction de la valeur de l'anomalie de Bouguer, la valeur de la
régionale.

Anomalie de résiduelle = Anomalie Bouger - Anomalie régionale

~7~
3-3 L’anomalie résiduelle : est la différence entre l’anomalie de Bouguer et
l’anomalie régionale. C’est elle qu’il faut interpréter[1].

5-DONNEES GRAVIMETRIQUES

1-Corrections
Afin d'obtenir les variations du champ gravitationnel dues à des causes
géologiques, il est nécessaire de corriger les lectures données par le gravimètre
de toutes les autres causes extérieures pouvant les influencer (dérive de
l'appareil, marée, ellipticité de la terre . . .)[3].

L‘anomalie de Bouguer, par exemple, peut se formuler comme suit :

1- Correction de dérive de l‘appareil

2- Correction de latitude ∆L = 0.081 sin 2ᵠ mgal/100m

3- Correction d‘altitude ∆h = 0.3086 h mgal/m

4- Correction de plateau ∆B = - 0. 04191ρBh mgal/m

5- Correction de terrain ∆T

où h est positif si la station est au-dessus du référentiel et négatif en-dessous

et

2-Levé gravimétrique
Une équipe de gravimétrie devrait être composée au moins de deux personnes :

l'opérateur du gravimètre et son aide. Ce dernier pourrait, lorsque les conditions


de terrain ne sont pas trop difficiles, faire les calculs nécessaires à l'obtention de
la carte de Bouguer. Le véhicule devrait avoir les qualités suivantes: être tout
terrain et avec treuil, et fiable.

~8~
Pour le nivellement, il ne faut pas oublier que pour une précision de 0.01mgal, il
faut connaître l'élévation à plus ou moins 3 cm pour la correction air libre et 9
cm pour la correction de plateau.

Il faut repasser à un point de contrôle à toutes les 3-4 heures. Le cheminement


employé dépend du terrain sur lequel les mesures sont prises et le temps requis
pour faire ces mesures. Le plus important est d'établir un bon réseau de stations
de base. Sur une grille traditionnelle d'exploration, on établira les stations de
base sur la ligne de base ou sur une des lignes de rattachement.

Les levés gravimétriques permettent de faire le tracé de cartes à l‘échelle de :

 1 : 25000 et 1 : 100000 pour des études détaillées .

 1 : 200000 pour des levés généraux .

 1 : 500000 et 1 : 1000000 pour les travaux de reconnaissance [3].

6-REPRESENTATION D’UNE
ANOMALIE :
Au début, ce qui signifie près de préciser la durée du mot «anomalie» afin
d’avoir le sens ou une idée sur sa signification, en mettant une hypothèse que la
surface de la Terre avec des couches et se compose d'une terre homogène de
densité constante, plus que l'épaisseur d'au moins quelques centaines de mètres..
Il est donc possible de calculer le champ gravitationnel théorique à un point
quelconque sur la surface de la terre. Mais si, après l’arrivée à cela, il faut

tournons vers une mesure expérimentale, en constatant que la valeur calculée est
pas celle mesurée. La différence est appelée '' une anomalie de Gravité`[2]`.

Anomalie = g mesuré – g théorique (calculé)

Tableau 03 : construction du modèle de l’anomalie du bougue.

~9~
7-METHODE D’ELABORATION DU
CALCUL DE L’ANOMALIE
GRAVIFIQUE :
la notion d'anomalie peut se présenter sous la forme suivante:

Précisons la façon dont s'élabore ce calcul

1- g mesuré :
Sur le terrain, les mesures exécutées à l’aide d’un gravimètre sont des
mesures relatives. On effectue d’abord une lecture en un point où la valeur de g
est connue puis une autre lecture au point où elle est à déterminer. La différence
des deux lectures devrait être égale à la différence ∆g de l’accélération de la
pesanteur entre le mesuré. Or ce n’est pas exactement le cas, car la valeur du
champ g varie non seulement avec le lieu mais également avec le temps ; il y a
deux raisons à cela :

~ 10 ~
- l’une naturelle, due à l’influence de la Lune et du Soleil.
- L’autre instrumentale, due au vieillissement du ressort du gravimètre, aux
légers chocs provoqués par le transport, la manipulation de l’appareil et aux
faibles variations de températures.
Afin d’avoir des résultats qui sont indépendants des conditions de mesures, il
faut effectuer des corrections qui tiennent compte :
* - de l’influence luni-solaire
* - de l’effet de la hauteur du trépied
* - de la dérive instrumentale

*.1 Influence Luni-solaire :


Cette influence est préétablie à l’avance en fonction du temps (date et
heure) et du lieu (latitude et longitude). Les tables nous donnent la valeur de la
correction à effectuer, en fonction de la position géographique de la région
étudiée et du moment de la mesure. Cette influence Luni-solaire peut être
directement ajoutée à la pesanteur mesurée.

*.2 Effet de la hauteur du trépied :


Pour chaque mesure le gravimètre est posé sur un trépied qui est à une
hauteur variable par rapport au point nivelé. Pour ramener la mesure au point
nivelé il suffit d’ajouter la valeur de l’effet air libre qui est fonction de la
hauteur du trépied.

Où: h : est la hauteur du trépied en mètres.

*.3 Dérive instrumentale :


L ‘existence de cette dérive impose un mode opératoire particulier. On
effectue toutes les mesures en cycles de la façon suivante :
- ouverture à la base
- mesures aux différentes stations
- réitération de quelques stations lors du retour à la base
- fermeture à la base
Le retour à la base permet alors d’évaluer la dérive. La différence entre la valeur
finale et la valeur initiale à la base, corrigée de la Luni-solaire, correspond à la
~ 11 ~
dérive instrumentale, valeur qu’on distribue linéairement en fonction du temps
écoulé entre la lecture à la base et La station donnée.

Le passage de la valeur de la pesanteur lue à la valeur corrigée s’effectue ainsi :


Où:
Gmesuré, corrigé = glue (mgal) + CL.S + Ctrep + Dinst

Glue = Valeur de la pesanteur lue en mgal


C LS = correction luni-solaire (en mgal).
C trep = correction du trépied (en mgal).
D inst = dérive instrumentale (en mgal).

Cette relation permet de connaître de proche en proche les variations de la


pesanteur entre les différents points. Pour définir la valeur de la pesanteur en ces
points il est nécessaire de connaître une valeur de référence de la pesanteur[2].

2- g modèle :
La valeur de g mesuré, ayant subi les seules corrections luni-solaires et
instrumentales ne peut être exploitée pour dégager des enseignements sur la
structure du sous-sol. Pour uniformiser l’ensemble des mesures et les rendre
comparables elles, il faudrait alors les ramener au même niveau.

La valeur de g mesuré et corrigé est comparée à une valeur théorique de la


pesanteur.
Cette dernière, d’abord calculée, sur l'ellipsoïde est transportée au niveau de la
station, là elle subit une correction fonction de l’altitude (correction air libre) et
de la densité (correction du plateau) et une correction du relief.
L’écart normal qui en résulte est appelé Anomalie de Bouguer et s’exprime ainsi
:

Où:
gmes = Valeur de la pesanteur mesuré sur le terrain.

~ 12 ~
gth = Valeur théorique de la pesanteur calculée au niveau de l'ellipsoïde de référence.
∆gal = Correction air libre.
∆gpl = Correction plateau.

∆gtopo = correction relief. V

2-1 Effet de la latitude :


La Terre, n’étant pas parfaitement sphérique, peut être assimilée en
première approximation à un ellipsoïde de révolution. Le gth, pour tout point de
l’ellipsoïde terrestre d’altitude zéro, peut être calculé par la formule
internationale de 1930 dite de Cassinis, valeur définie par rapport au réseau
international de Postdam.

Où φ - latitude du point
978 049.0 = g à l’altitude zéro sur l’équateur.

2-2 Effet de l’altitude ou correction à l’air libre :


En s’élevant de la surface de référence, la valeur de la pesanteur g
diminue en raison de inverse du carré de la distance R au centre de la Terre. Cet
écart est déduit de l’équation:

M : masse de la Terre
En différenciant par rapport à l’altitude on trouve:

2-3 Effet de la densité ou correction du plateau ∆gpl :


En introduisant la correction du plateau ∆gpl , on complète notre modèle
en remplissant l'espace compris entre le niveau de la station de mesure et celui
de l'ellipsoïde de référence par de la matière d'une densité ρ et avec une
extension latérale infinie. Cette action est très assimilable à celle d'un plateau
horizontal dont l'épaisseur h est l'altitude du point de mesure.
L’effet de ce plateau s’écrit alors:

~ 13 ~
Où h est l’épaisseur du plateau en mètres et ρ est la densité du plateau en
g/cm3 ; ∆g s’exprime en milligals.
Cette correction s'ajoute au résultat à l'air libre puisque le plateau vient ajouter
son attraction à celle de l'ellipsoïde. C'est ce qu'on appellera correction du
plateau ou tout simplement correction de Bouguer du nom du géodésien (1618-
1758).
2-4 Effet du relief ou correction topographique ∆g topo :
Jusqu’ici nous avons considéré la surface terrestre comme plane, or nous
devons encore tenir compte des effets provoqués par le relief. Un relief positif
induit une attraction supplémentaire T+ dirigée vers le haut, T+ diminue ainsi la
valeur du gth il est donc à retrancher. Un creux topographique entraîne une
diminution gravifique T cette masse ayant déjà été prise en considération dans la
correction du plateau (figure11), il faut également la retrancher.
La correction topographique totale est ainsi la somme des contributions
négatives des bosses et des creux. Pour éliminer cet effet topographique, il faut
exécuter les corrections topographiques[2].
Le principe de ces corrections est le suivant : La zone entourant le point de
mesure est subdivisée en couronnes successives, elles mêmes subdivisées en
secteurs.
L’attraction de chaque couronne vaut :

Où h - est la différence entre l’altitude de la couronne et celle du point


d'observation (en mètres)
G- constante universelle des roches de la couronne envisagée
ρ - densité en g/cm3
On en conclut que la correction topographique, quelle que soit la forme du
relief considéré, est à retrancher au cours de l'élaboration du modèle de Bouguer.
Le modèle théorique de Bouguer (g modèle) peut être calculé suivant
l'expression:

~ 14 ~
Fig 3 : Effet du relief topographique (In R.Aouissi ;2009)itre IV

8-ANOMALIE DE
BOUGUER :
La mise en évidence des formations géologiques se fait par comparaison des
valeurs de g mesurées sur le terrain avec celles du modèle théorique.

L’anomalie de Bouguer se définit alors comme la différence entre les valeurs


réelles de la pesanteur (gmes.corrigé) et les valeurs théoriques déterminées par le
modèle de Bouguer[2].

1. Généralités sur les cartes gravimétriques:

Les cartes gravimétriques de Bouguer représentent les anomalies dues aux


hétérogénéités du sous-sol. La forme et l'amplitude de l'anomalie seront
différentes selon la profondeur, la forme et le contraste de densité des corps
perturbateurs par rapport à l'encaissant.
Ainsi, pour arriver à donner une signification géologique à l'anomalie de
Bouguer, on sépare cette dernière en une anomalie régionale et en une anomalie
résiduelle.

En effet l'anomalie de Bouguer met en évidence de façon qualitative en même


temps les variations gravifiques à grands rayons de courbure d'origine profonde
et les variations locales à petits rayons de courbure d'origine proche de la

~ 15 ~
surface. L'anomalie régionale, d'origine profonde et étendue, est une anomalie
où les isolignes ont de grands rayons de courbure. Au contraire, l'anomalie
résiduelle est provoquée par des phénomènes plus superficiels et se marque par
des isolignes à faibles rayons de courbure.
Ce sont ces anomalies résiduelles qui ont le plus d'intérêt lorsqu'on s'intéresse
aux structures peu profondes.
L'anomalie régionale peut être calculée de diverses façons selon le sens donné
au terme ''grand rayon de courbure''. La méthode employée ici est l'ajustement
par un polynôme du troisième degré en x et y. L'anomalie résiduelle est obtenue
par la soustraction de la valeur de l'anomalie de Bouguer, la valeur de la
régionale[2].

2.Le filtrage des dérivées :

Les filtres de dérivations amplifient l’effet des sources superficielles en


atténuant l’effet des celles profondes, focalisent les anomalies et permettent de
cerner d’avantage les limites géométriques du corps
2.1. La dérivée horizontale X : Ce filtre permet la mise en évidence des contacts
lithologiques de direction Nord-Sud.
2.2. La dérivée horizontale Y : Ce filtre est utilisé pour mettre en évidence les contacts
lithologiques de direction Est- Ouest .
2.3. La dérivée verticale Z : Ce filtre est utilisé pour amplifier les courtes longueurs d’onde
et individualiser les corps.
Autrement dit la dérivée verticale est utilisée pour amplifier les anomalies de courtes
longueurs d’ondes et focaliser l’effet des sources superficielles[2].

9-Objectif de la modélisation 2D :
Au terme de l'analyse qualitative de la carte des anomalies gravimétriques nous
avons pu établir la corrélation entre les anomalies observées et les différentes
entités géologiques. L'analyse a aussi permis de voir les signatures
gravimétriques des directions tectoniques majeures de la zone d'étude. Nous
allons à présent procéder à l'interprétation quantitative des données
expérimentales. Elle consiste à obtenir un modèle de structure du sous-sol
comportant différentes couches de terrain avec leurs épaisseurs et à déterminer
la géométrie des surfaces de contact entre terrains différents ainsi que celle des
~ 16 ~
accidents éventuels. Pour le faire, on procédera à une interprétation directe des
anomalies par une modélisation 2D1/2 le long d'un profil ; la modélisation sera
précédée par une analyse spectrale des données[1].

10-EVOLUTION TECHNOLOGIQUE
DE LA GRAVIMETRIE

1-Gravimétrie terrestre statique


Les mesures gravimétriques réalisées à la surface de la Terre donnent accès à la

pesanteur terrestre avec une résolution directement fonction de la densité des


points de mesure. Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les développements
technologiques ont suscité des progrès considérables en instrumentation
marqués par l‘apparition de gravimètres portables de grande précision. Il s‘agit
d‘un instrument qui mesure l‘intensité de la pesanteur (gravimètre scalaire), soit
par sa valeur absolue, soit par la variation de cette dernière depuis un point de

mesure pris comme référence. Pour cette technique, on a recours à :

 un gravimètre relatif à peson dont la précision est de 10-2 mgal. Le peson à


ressort utilisé est sensible aux variations de l‘intensité de la pesanteur. Une
telle précision nécessite cependant la correction des mesures d‘une dérivée
temporelle inhérente au capteur.

 un gravimètre relatif dit cryogénique permet de réaliser les mesures des


variations temporelles de la pesanteur en des points fixes. C‘est un
instrument à très faible dérive temporelle, de l‘ordre du microgal par an.

 des gravimètres balistiques sont essentiellement utilisés pour les mesures de


la valeur absolue de l‘intensité de la pesanteur. Ces derniers possèdent une
chambre à vide dans laquelle un corps pesant est susceptible d‘effectuer un
mouvement de quasi chute libre.

~ 17 ~
À l‘origine, les gravimètres balistiques étaient particulièrement encombrants et
donc plutôt destinés aux points gravimétriques fondamentaux et aux mesures des
variations temporelles de la pesanteur. Cependant, une version transportable de
ce gravimètre a été mise au point par la société américaine Micro-g sous le nom
d‘A10.

Ainsi, la gravimétrie terrestre statique permet de mesurer l‘intensité de la


pesanteur terrestre avec une précision ultime d‘un microgal, mais uniquement
sur les régions accessibles.

En réalité, la densité en points de mesure gravimétrique est extrêmement


variable à la surface de la Terre où certaines régions d‘accès difficile telles les
chaînes de montagnes, les zones volcaniques, les déserts, les zones à végétation
dense (forêt amazonienne) sont complètement vierges de toutes mesures
gravimétriques[3].

Fig 4 : Gravimétres terrestes statiques

2-Gravimétrie terrestre mobile

La gravimétrie mobile consiste à mesurer la pesanteur depuis un véhicule en

mouvement tel une automobile, un bateau ou un avion. Dans ce cas, on utilise


un capteur d‘accélération (accéléromètre). En effet, un capteur d‘accélération ou
accéléromètre est un dispositif de mesure de l‘intensité de l‘accélération du
mobile sur lequel il est monté dans une direction particulière appelée direction
sensible. Un accéléromètre, qui peut être un gravimètre classique, embarqué à
bord d‘un véhicule en mouvement ne peut distinguer l‘accélération

~ 18 ~
gravitationnelle de la Terre des accélérations propres du véhicule induites par le
mouvement. En réalité, un accéléromètre mesure une accélération de rappel «
specific force » qui correspond à la différence entre l‘accélération totale du
véhicule et l‘accélération gravitationnelle de la Terre. Un système de gravimétrie
mobile doit donc comporter, outre un ou plusieurs accéléromètres, un dispositif
de mesure de l‘accélération du véhicule par rapport à un référentiel inertiel et un
dispositif de détermination de l‘attitude du véhicule. Ces mesures
complémentaires permettent alors de séparer l‘accélération gravitationnelle de
l‘accélération totale.

Compte tenu de son évolution, on a pu distinguer :

 Installation d‘un gravimètre relatif à peson sur une plate-forme mécanique


stabilisée conçu pour les systèmes d‘opérations offshore et aérienne. Il suffit
alors de compléter l‘instrumentation par un système de positionnement pour
obtenir, par double différenciation, l‘accélération totale du véhicule. Ce type
de système fut employé lors des premières mesures de gravimétrie
aéroportée dans les années 60, avec un radar altimétrique pour assurer le
positionnement vertical de l‘avion.

 les systèmes de gravimétrie mobile scalaire composés par un gravimètre


relatif monté sur une plate-forme stabilisée couplée à une centrale inertielle
de navigation et/ou un récepteur GPS pour assurer le positionnement. La
plate-forme mécanique peut être remplacée par une plate-forme électronique
liée rigidement au gravimètre dans laquelle les données des accéléromètres
et des gyromètres sont utilisées pour ramener les mesures réalisées in situ
dans la direction verticale.

La résolution et la précision des données de gravimétrie marine et de gravimétrie


aéroportée dépendent fortement des conditions de mesure (vitesse du porteur,
bathymétrie et état de la houle pour une acquisition marine ; altitude de vol, état
des turbulences pour une acquisition aéroportée), de la qualité de l‘estimation
des accélérations induites par le mouvement, ainsi que des procédures de filtrage
destinées à minimiser l‘effet du bruit de mesure Cette évolution a permis
d‘estimer les trois composantes de l‘accélération de la pesanteur et non plus
l‘intensité seulement. Aussi, il est possible de construire son propre système
inertiel en utilisant les gyromètres et les accéléromètres de son choix. Grâce aux
progrès effectués, les nouvelles technologies ont pu conduire à une

~ 19 ~
instrumentation plus légère et plus facile à mettre en œuvre tout en cherchant à
minimiser les coûts[3].

3-Gravimétrie spatiale
Toute variation spatiale ou temporelle de la gravité perturbe sensiblement la
trajectoire d‘un satellite artificiel en orbite autour de la Terre. Dès lors, la
mesure des perturbations d‘orbite par des techniques de poursuite telle la
télémétrie laser, permet de reconstituer les variations de gravité qui résultent de
la structure interne réelle de la Terre. La trajectoire du satellite est déterminée
par ailleurs grâce à l‘orbitographie, ce qui permet de connaître la hauteur du
satellite par rapport à un ellipsoïde de référence. La différence entre cette
hauteur et la distance entre le satellite et l‘océan correspond à l‘ondulation de
l‘océan par rapport à l‘ellipsoïde de référence.

Une fois corrigée des phénomènes de marées et de la contribution des grands


courants océaniques issue des modèles océanographiques, cette ondulation
instantanée est transformée en une ondulation moyenne des océans qui
correspond à l‘ondulation du géoïde marin. La mise en œuvre de l‘altimétrie
satellitaire a permis de cartographier le champ de gravité terrestre sur les

océans avec une précision comprise entre 4 et 10 mgal et le géoïde avec une
précision inferieure au mètre. La résolution spatiale atteinte par cette technique
se situe entre 5 et 10 km, soit une progression d‘un ordre de grandeur par rapport
à la technique des perturbations d‘orbite.

 En cette première décennie du 21e siècle, la gravimétrie spatiale connaît un


essor sans précédent grâce à la programmation de trois missions spatiales
successives dédiées à la gravité terrestre. La première mission dénommée
CHAMP (CHAllenging Minisatellite Payload for geoscience and
application) a été lancée le 15 juillet 2000 par l‘Agence Spatiale Allemande
(DLR, Deutsches Zentrum für Luftund Raumfahrt) sur proposition du centre
de recherche de Potsdam (GFZ, Geo-ForschungsZentrum). La deuxième
mission dénommée GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) a
été lancée le 16 mars 2002 pour une durée de cinq ans extensible. La
troisième mission spatiale dénommée GOCE (Gravity field and steady state
Ocean Circulation Explorer mission) devrait être lancé en 2008 par l‘Agence
Spatiale Européenne (ESA). Les résolutions spatiales des modèles de champ
de gravité terrestre ou du géoïde combinant les données de CHAMP,
GRACE et l‘altimétrie satellitaire atteignent couramment 130 km pour le
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champ statique et 485 km pour les variations mensuelles du champ. L‘apport
des données de GOCE devrait conforter et améliorer ces résolutions.

De nos jours, il est possible de visionner ces images satellites qui


offrent une vue globale des anomalies gravimétriques accessibles sur Google
Earth et dont la précision mentionnée est de 20 mgal[3].

Conclusion
L‘objet principal de cette technique est de mesurer l’intensité de la pesanteur en
un point donné et d‘exploiter les résultats effectués en un grand nombre de
station.

L‘exploitation de ces mesures a conduit aux résultats suivants :


 Fournir des informations sur les structures géologiques (région bien limitée)
 Déterminer la forme d‘ensemble du globe terrestre (vaste région)
Ainsi, on peut dire que cette méthode participe directement à la découverte des
minerais denses ou au contraire à des cavités, mais aussi indirectement à la
recherche du pétrole. Dans le cas de ce dernier, on cherche des structures pièges
ou à connaître l'épaisseur des sédiments ou d'un bassin. Rappelons que le pétrole
a été découvert dans des anciennes formations récifales de calcaire et on
s'intéresse à connaître leur signature en gravité. Ceci n'est possible que s'il y a
contraste de densité entre la formation récifale et les roches sédimentaires qui
l'entourent. En effet, pour l‘exploration pétrolière, le but est d‘avoir une idée des
mouvements du socle cristallin ou ceux des couches moins profondes[3].

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REFERENCES ET BIBLIOGAPHIES

[1] Mémoire de Master (Contribution de la gravimétrie à l’étude structurale de


la région de Sillet-Abalessa (Sud Algérien):implications hydrogéologiques )
Filière Géologie-UNIVERSITE KASDI MERBAH-OUARGLA.

[2] Mémoire de Master (Contribution géologique et interprétation des données


gravimétriques de la région de Debbagh ( Constantinois oriental ; N-E
algérien )) Filière Géologie-UNIVERSITE KASDI MERBAH-OUARGLA.

[3] MEMOIRE DE FIN D’ETUDES En vue de l’obtention du diplôme d’Ingénieur


des Mines OPTION : INGENIERIE PETROLIERE Intitulé(Analyse de
l’évolution des technologies appliquées à l’exploration et au développement des
gisements pétroliers ).

[4] Mémoire de fin d’études En vue de l’obtention du diplôme de Master en


Génie Mécanique Option Energétique ( Etude et perspectives de l’exploitation
du pétrole en offshore dans le monde)UNIVERSITE KASDI MERBAH-
OUARGLA.

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