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F.

GUERBAS Equipements de Protection contre les surtensions

Chapitre : Protection contre les surtensions

VII.1 Introduction
La surtension endommage particulièrement les installations électriques ou électroniques : les
transformateurs, les compteurs électriques, les appareils électroménagers dans le résidentiel
comme dans l’industrie.
Le coût de réparation des dommages causés par la surtension est très élevé. Mais il est très
difficile d’évaluer les conséquences :
 des perturbations causées aux ordinateurs et aux réseaux de télécommunication,
 des défauts créés dans le déroulement de programme des automates ou dans les
systèmes de régulation.
De plus les pertes d’exploitation peuvent avoir des coûts très supérieurs à ceux du matériel
détruit.
Quatre types de surtension peuvent perturber les installations électriques et les récepteurs :
 surtensions de manœuvre :
surtensions à haute fréquence ou oscillatoire amortie causées par une modification du régime
établi dans un réseau électrique (lors d’une manœuvre d’appareillage).
 les surtensions à fréquence industrielle :
surtensions à la même fréquence que le réseau (50, 60 ou 400 Hz) causées par un changement
d’état permanent du réseau (suite à un défaut : défaut d’isolement, rupture conducteur neutre,
..).
 surtensions causées par des décharges électrostatiques.
Surtensions à très haute fréquence très courtes (quelques nanosecondes) causées par la
décharge de charges électriques accumulées (Par exemple, une personne marchant sur une
moquette avec des semelles isolantes se charge électriquement à une tension de plusieurs
kilovolts).
 surtensions d’origine atmosphérique.
 Surtensions transitoires. Dans tous ces réseaux, la méthode de protection contre les
surtensions transitoires consiste en:
 l’installation d’un protecteur ou déchargeur sur la ligne susceptible de recevoir la
surtension, le connectant en parallèle entre celle-ci et la terre.
 De cette façon, en cas de surtension transitoire, le protecteur dérivera à la terre l’excès
d’énergie, limitant ainsi la valeur du pic de tension à une valeur supportable par les
équipements électriques connecté
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Quand le pic de tension atteint une valeur supérieure à celle supportée par l’équipement, cela
provoque sa destruction (zone rouge)

Lors de la sélection d’un dispositif de protection contre les surtensions transitoires vous devez
considérer la topologie et la tension nominale du réseau électrique.
En plus de la polarité de la protection, ces caractéristiques conditionneront la valeur de la
tension maximale de service de celle-ci et la marge de sécurité doit être considérée supérieure
à la tension nominale du réseau.

VII.2 Caractéristiques des surtensions d’origine atmosphérique


Dans le monde, entre 2000 et 5000 orages sont constamment en formation. Ces orages sont
accompagnés de coups de foudre qui constituent un sérieux risque pour les personnes et les
matériels. Les éclairs frappent le sol à la moyenne de 30 à 100 coups par seconde, soit 3
milliards de coups de foudre chaque année.
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Le tableau de la figure VII.1 indique les valeurs caractéristiques de foudroiement. Comme il


peut être constaté, 50% des coups de foudre sont d’intensité supérieure à 33 kA et 5%
d’intensité supérieure à 65 kA. L’énergie transportée par le coup de foudre est donc très
élevée.

Probabilité cumulée % Courant crête (kA) Gradient (kA/μs)


95 7 9,1
50 33 24
5 65 65
1 140 95
0 270

Figure VII.1 : Valeurs des décharges de foudre données par la norme CEI 62305

VII.3 Démarche pour prévenir les risques de foudroiement


Le principe de base de la protection d'une installation contre les risques de foudroiement
consiste à empêcher l'énergie perturbatrice d'atteindre les équipements sensibles. Pour cela, il
est nécessaire :
- de capter et de canaliser le courant de foudre vers la terre par le chemin le plus direct
(en évitant la proximité des équipements sensibles),
- de réaliser l'équipotentialité de l'installation. Cette liaison équipotentielle est réalisée
par des conducteurs d'équipotentialité, complétée par des parafoudres ou par des
éclateurs (éclateur de mât d'antenne par exemple).
- de minimiser les effets induits et indirects par la mise en œuvre de parafoudres et ou
de filtres.
Deux systèmes de protection sont utilisés pour supprimer ou limiter les surtensions :
ils sont désignés comme système de protection du bâtiment (à l’extérieur des bâtiments :
paratonnere) et système de protection de l’installation électrique (à l’intérieur des bâtiments :
parafoudres)
La protection directe, une protection incomplète?

Figure VII.2 Protection directe


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Le paratonnerre protège les structures contre les effets directs de la foudre mais qu’en est il
des effets indirects?

• L’écoulement à la terre provoque des montées en potentiel.


• Les effets du champ électromagnétique.
• Les perturbations conduites par le réseau BT ou TBT
• Les surtensions de manœuvres.

VII.4 Système de protection du bâtiment


Le rôle du système de protection du bâtiment est de le protéger contre les coups de foudres
directs.
Le système est composé :
- du dispositif de capture : le paratonnerre,
- des conducteurs de descente destinés à écouler le courant de foudre vers la terre,
- des prises de terre en patte d’oie reliées entre elles,
- des liaisons entre toutes les masses métalliques (réseau d’équipotentialité) et les prises
de terre.
En effet, lors de l'écoulement du courant de foudre dans un conducteur, si des différences de
potentiel apparaissent entre celui-ci et les masses reliées à la terre qui se trouvent à proximité,
celles-ci peuvent entraîner des amorçages destructeurs.

Figure VII.3 : protection externe de la structure


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Figure VII.4 : réseau d’équipotentialité

VII.5 Les type de paratonnerre


Quatre types de protection du bâtiment sont utilisés :

VII.5.1 Paratonnerre à dispositif d’amorçage : NFC 17102, UNE21186

• Ils Provoquent l’amorçage car ils captent le courant de foudre avant qu’il n’atteigne la
zone protégée.
• Très bon rapport surface protégée / Prix.
• Impact esthétique faible.

Figure VII.5 : Paratonnerre à dispositif d’amorçage


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VII.5.2 Paratonnerre à tige simple

Le paratonnerre à tige est une pointe de capture métallique placée au sommet du


bâtiment. Il est mis à la terre par un ou plusieurs conducteurs (souvent des bandes de
cuivre) (IEC 1024, VDE 0185, BS 6651, NFC17100 ).

Figure VII.6 : Paratonnerre tige simple

• Ils Provoquent l’amorçage de façon plus aléatoire et certains scientifiques affirment


que le vrai paratonnerre c’est le PDA.

• Mauvais rapport surface protégée / Prix.


• Impact esthétique de par la multiplication des pointes
Ce type de protection est particulièrement adapté aux pylônes car le rayon apporté par un
paratonnerre à tige simple, lorsqu’il est installé sur un site de Niveau I, selon la norme
NFC 17100, se limite à 10 mètres et ce, quel que soit sa hauteur d’implantation, si elle est
supérieure à 6 mètres.
La foudre est un phénomène statistique pour lequel une protection à 100 % est quasiment
impossible à atteindre. IEC 62305-3 définit 4 niveaux de protection avec des
performances d’interception associées.
NIVEAU I 99% Structures à très haut risque,
NIVEAU II 97% Structures à haut risque,
NIVEAU III 91% Structures à risque moyen,
NIVEAU IV 84% Structures à faible risque.
Ces informations sont utilisées pour déterminer l’emplacement et le nombre approprie de
paratonnerres.
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VII.5.3 Paratonnerre à fil tendu


Ces fils sont tendus au dessus de la structure à protéger (fig V.7). Ils sont utilisés pour
protéger des structures particulières : aires de lancement de fusées, applications militaires et
protection des lignes aériennes à haute tension

Figure VII.7 : paratonnerre à fil tendu


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VII.5.4 Le paratonnerre à cage maillée (cage de Faraday)

Cette protection consiste à multiplier de manière symétrique les conducteurs-rubans de


descente tout autour du bâtiment. (Fig. V.8). Ce type de paratonnerre est utilisé pour
des bâtiments très exposés abritant des installations très sensibles comme des salles
informatiques.

Figure VII.8: paratonnerre à cage maillée

PROTECTION CONVENTIONNELLE

Une ou plusieurs tiges (longueur mini.2 m) possédant chacune leur descente et leur
prise de terre protègent la structure, dans le cas de paratonnerres à tige simple.

La cage maillée (ou cage de Faraday) est constituée d’un circuit de capture (réseau de
conducteurs et pointes captrices) convenablement dimensionne et dispose, le tout relie
à un ensemble de conducteurs de descente permettant d’acheminer les courants de
foudre jusqu’a la prise de terre de faible impédance prévue pour les dissiper.
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VII.6 Système de protection interne de l’installation électrique


L’objectif principal du système de protection de l’installation électrique est de limiter les
surtensions à des valeurs acceptables pour les équipements. Le système de protection de
l’installation électrique est composé :
- d’un ou de plusieurs parafoudres selon la configuration du bâtiment,
- du réseau d’équipotentialité : maillage métallique des masses et éléments conducteurs.
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VII.6.1 Mise en œuvre


La démarche pour protéger les installations électriques et de communication d’un bâtiment est
la suivante :
a) Recherche d’information
- Identifier tous les récepteurs sensibles et leur localisation dans le bâtiment,
- Identifier les réseaux de puissance et de communication et leur point d’entrée
respectif dans le bâtiment,
- Vérifier la présence éventuelle d’un paratonnerre sur le bâtiment ou à proximité,
- Prendre connaissance de la réglementation applicable à la situation du bâtiment,
- le risque de foudroiement en fonction de la situation géographique, le type
d’alimentation, la densité de foudroiement, …
b) Mise en oeuvre de la solution
- Réaliser l’équipotentialité des masses par un maillage,
- Installer un parafoudre dans le tableau d’arrivée BT,
- Installer un parafoudre complémentaire dans chaque tableau divisionnaire situé à
proximité des équipements sensibles.

VII.6.2 Les éclateurs de protection


L’éclateur est le dispositif le plus simple pour protéger les équipements du réseau et
les personnes contre les surtensions.

Inconvénients
• Tension d’amorçage mal définie : elle dépend non seulement du type de surtension
mais aussi des conditions atmosphériques.
• Extinction de l’arc non contrôlée : si l’arc se maintient (alimenté par le réseau), il
provoquera le déclenchement d’une protection (disjoncteur).

Les éclateurs sont de plus en plus souvent remplacés par des parafoudres.

Protection des oiseaux


Les distances prescrites entre les conducteurs doivent tenir compte de l’envergure des
grands oiseaux.
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VII.6.3 Le Parafoudre
Le parafoudre est un composant du système de protection de l’installation électrique. Ce
dispositif est connecté en parallèle sur le circuit d’alimentation des récepteurs qu’il doit
protéger. Il peut aussi être utilisé à tous les niveaux du réseau d’alimentation.
C’est le type de protection contre les surtensions le plus utilisé et le plus efficient.
Définitions:
Le parafoudre est un appareil destiné à protéger le matériel électrique contre les surtensions
transitoires élevées et à limiter la durée et souvent l’amplitude du courant de suite.
Types de construction :
-parafoudre à éclateur.
- parafoudre à résistance variable (ZnO).
- parafoudre combiné.
L’amorçage est la décharge disruptive survenant entre les électrodes du parafoudre.
La tension d’amorçage à fréquence industrielle est la tension efficace qui provoque
l’amorçage à 50 Hz.
La tension d’amorçage au choc est la plus faible valeur de crête présumée d’un choc
provoquant l’amorçage à chaque fois.
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Caractéristiques des parafoudres


La durée jusqu’à l’amorçage est l’intervalle de temps entre l’origine conventionnelle d’un
choc et l’instant d’amorçage.

La courbe tension – temps d’amorçage au choc représente la variation de la tension la plus


élevée atteinte avant l’amorçage en fonction de la durée jusqu’à l’amorçage.

Le courant de décharge est le courant qui s’écoule durant l’amorçage.

La tension résiduelle est la tension qui apparaît entre les bornes du parafoudre pendant le
passage du courant de décharge.
Le courant de suite est le courant débité par le réseau et écoulé par le parafoudre, après le
passage du courant de décharge.

Prescriptions des parafoudres :


• La tension d’amorçage à fréquence industrielle doit être supérieure à 1,5 x Un .
• La tension maximale d’amorçage au choc doit être inférieure à une valeur de crête
comprise entre 2,6 et 8 x Un (selon le type de parafoudre), pour les deux polarités.
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• La tension résiduelle au choc de foudre est mesurée en fonction du courant de


décharge, sous chocs de courant 8/20 (durée conventionnelle du front : 8 ms, évaluée
entre 10% et 90% de la valeur de crête ; durée à mi-valeur : 20 ms).
• Coupure du courant de suite : en moins de 25 ms.
Les parafoudres destinés à l’extérieur seront également soumis à des essais sous pluie, sous
pollution, etc.

VII.6.2.1 Principe
Le parafoudre est un dispositif destiné à limiter les surtensions transitoires d’origine
atmosphérique et à dériver les ondes de courant vers la terre, afin de limiter l’amplitude de
cette surtension à une valeur non dangereuse pour l’installation électrique et l’appareillage
électrique.
Le parafoudre élimine les surtensions :
- en mode commun, entre phase et neutre ou terre,
- en mode différentiel, entre phase et neutre.
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En cas de surtension supérieure au seuil de fonctionnement, le parafoudre


- conduit l’énergie à la terre, en mode commun,
- répartit l’énergie dans les autres conducteurs actifs, en mode différentiel.

VII.6.3 Les trois types de parafoudre :


a) Parafoudre de type 1
Le parafoudre de type 1 est préconisé dans le cas particulier des bâtiments tertiaires et
industriels, protégés par un paratonnerre ou par une cage maillée. Il protège l’installation
électrique contre les coups de foudre directs. Il permet d’écouler le courant de foudre « en
retour » se propageant du conducteur de terre vers les conducteurs du réseau.
Les parafoudres de type 1 sont caractérisés par une onde de courant 10/350 μs.

b) Parafoudre de type 2
Le parafoudre de type 2 est la protection principale de toutes les installations électriques basse
tension. Installé dans chaque tableau électrique, il évite la propagation des surtensions dans
les installations électriques et protège les récepteurs.
Les parafoudres de type 2 sont caractérisés par une onde de courant 8/20 μs.

c)Parafoudre de type 3
Ces parafoudres possèdent une faible capacité d’écoulement. Ils sont donc obligatoirement
installés en complément des parafoudres de type 2 et à proximité des récepteurs sensibles.
Les parafoudres de type 3 sont caractérisés par une combinaison des ondes de tension (1,2/50
μs) et de courant (8/20 μs).

VII.6.4 Caractéristique tension – temps


Le temps t que met le parafoudre pour réagir est en partie aléatoire.

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