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UNIVERSITE SIDI MOHAMMED BEN ABDELLAH

Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales- Fès

Département des sciences économiques et gestion

MASTER 2 « Management stratégique des ressources humaines et


gouvernance

Régionale »

Pr. DEBBAGH BOUCHRA

POLITIQUES PUBLIQUES TERRITORIALES ET

RESSOURCES HUMAINES

Année universitaire 2021/2022

PRINCIPALES INTERROGATIONS  DU COURS :

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 Qu’est-ce que la gouvernance régionale et territoriale révèle dans les façons de
penser les changements de l’action politique ?

 Quelles sont les influences qui traversent la prise de décision politique


contemporaine à l’échelon local ?

 Y a-t-il une transformation radicale des normes de l’action publique aujourd’hui ?

 Quels rôles jouent les institutions dans le développement local ?

 Comment des vertus comme la solidarité, la démocratie participative et l’implication


des citoyens, l’organisation, et la coordination des acteurs locaux, s’imposent au
territoire, et comment le local s’en empare-t-il ?

 Comment jouent dans les villes les anciennes valeurs (centralité, segmentation) et les
nouvelles (proximité, identité, réactivité) ?

 Quels sont les acteurs d’une gestion urbaine durable?

 Quels changements opérer dans la gestion des RH afin de répondre aux besoins de la
ville d’une manière durable ?

 Comment répondre aux besoins de la ville d’une manière durable?

 Quels systèmes de gouvernance en assurent le fonctionnement et la pérennité ?

Axes d’intervention :
1) Approche sémantique et théorique des concepts: action publique, gouvernance
locale, espace, territoire local.

2) L’action publique territoriale: évolution et analyse.

3) L’approche par le développement local et la nouvelle gouvernance territoriale :


rendre compte du local dans l’analyse de l’action publique (politiques publiques
territoriales).

APPROCHE SEMANTIQUE ET THEORIQUE DES CONCEPTS

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- Territoire: nationalisme (défense , surveillance), espace délimité
- Espace: produit social, droit à l’appropriation de l’espace à la pratique de
l’espace, librement décidée et mise en œuvre pour les individus; il est sans limite.

 L’aménagement du territoire était défini, commandé, mis en place par le pouvoir


central et ses multiples représentants dans les provinces. L’espace renvoie à une
forme d’organisation qui rassemble tous les flux nécessaires au fonctionnement
d’une société, quelle que soit l’échelle.

 Et la territorialité serait selon Jean Claude Maurel une « relation polymorphe qui se
tisse entre un groupe social et son environnement dans l’activité de production et
de consommation » et qui implique une appropriation et un marquage de l’espace.

 L’espace serait ainsi sans limite, le territoire est lui délimité.

ELEMENTS DE DEFINITION 

Le territoire est « un construit socio économique produit par les interactions entre les
acteurs locaux: économiques, techniques, sociaux, institutionnels qui participent à résoudre
un problème productif ou à réaliser un projet de développement collectif.

Le territoire est caractérisé par sa gouvernance, définie comme l’ensemble des processus
institutionnels qui participent à la régulation locale du système économique territorial ».
(Pecqueur B 2002).

Philippe Bourdeau explique que le développement territorial vise à une répartition optimale
des personnes et des activités dans un espace donné. Dorénavant, il doit intégrer les
principes de durabilité.

Selon Bernard Pecqueur   « le développement territorial peut être défini comme tout
processus de mobilisation des acteurs qui aboutit à l'élaboration d'une stratégie
d'adaptation aux contraintes extérieures, sur la base d'une identification collective à une
culture et à un territoire » .

 Le concept traditionnel d’aménagement du territoire tend à s’élargir, à se lier à


d’autres compétences et à s’inscrire dans une perspective stratégique de
développement. C'est pourquoi on parle de développement territorial ou encore
d’aménagement et de développement des territoires .

Il est maintenant admis qu'elle élargit celle de "développement local", voir la


dépasse. La notion de local repose sur celle de territoire.

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Principales raisons :
 Modification du rôle de l’Etat: les politiques d’aménagement du territoire ne sont
plus seulement du ressort de l’État. De nouveaux acteurs aux compétences étendues
sont apparus au cours des années 1980.

 La nature de l’aménagement s’est également modifiée : rôle important des


entreprises et transformation du rôle de l’Etat qui devient tout à la fois
accompagnateur, facilitateur, innovateur et financeur

 Multiplication des territoires:

alors qu’il s’agissait dans les premiers temps de mettre en œuvre une politique globale sur
un territoire national considéré de façon abstraite, la réalité a peu à peu donné une vision
multiple de l’espace: il ne s’agit plus de ne prêter attention qu’aux territoires en difficulté
mais de valoriser les potentialités de tous les territoires.

 Ils constituent tous autant d’espaces présentant des enjeux différenciés et qui
appellent des politiques de développement sur mesure (développement par le bas).

 Dans ce contexte, la compétitivité des territoires et la performance des villes sont


devenues des préoccupations majeures au cœur de la politique de développement
territorial.

 Aussi, le développement territorial ne saurait s’épanouir sans un minimum de


consensus entre les différents partenaires de l’espace socio-économique local, sans
une mobilisation en vue d’objectifs précis et cohérents (gouvernance territoriale).

LA GOUVERNANCE : ORIGINES DU TERME

Le mot a disparu pendant des siècles avant de réapparaître dans un contexte très différent à
partir des années 1970 : celui de l’entreprise, à travers l'expression de corporate governance
(Gouvernance d'entreprise).

C'est donc à partir du secteur privé qu'a resurgi la notion, qui désignait alors un mode de
gestion des firmes fondé sur une articulation entre le pouvoir des actionnaires et celui de la
direction.

La pensée politique et administrative emprunte ensuite au management d’entreprise la


notion de gouvernance: conception de la gouvernance liée à la logique du management
public (années 80-90)

CONCEPTS PROCHES :

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 Gouvernement, gestion, transparence, performance, partenariat, démocratisation…

Elle se démarque de ces termes par certaines de ses caractéristiques intrinsèques


génératrices d’une dynamique sociale multidimensionnelle: accès à l’information, lutte
contre la corruption, ouverture et responsabilisation, gestion efficace des ressources, culture
professionnelle, reconnaissance des générations futures, protection de l’environnement et
développement durable.

La gouvernance est une notion controversée, floue, car définie et entendue de diverses
manières, elle recouvre des thèmes proches du « bien gouverner ». Utilisée aussi bien dans
le secteur public que privé, elle désigne avant tout :

1) Un mouvement de « décentrement » de la réflexion, de la prise de décision, et de


l'évaluation, avec une multiplication des lieux et acteurs impliqués dans la décision
ou la construction d'un projet.

Le décentrement de la prise de décision signifie le transfert ou le partage du siège de la


décision entre plusieurs centres et acteurs.

2) Elle renvoie à la mise en place de nouveaux modes de pilotage ou de régulation plus


souples et éthiques, fondés sur un partenariat ouvert entre différents acteurs et parties
prenantes, tant aux échelles locales que globales. La gouvernance s’intéresse aux relations
de pouvoir entre acteurs différenciés

 La gouvernance désigne aussi une manière d’aborder la question du gouvernement


qui donne la priorité non seulement aux techniques de conduite de l’action, mais
surtout aux relations entre les dirigeants et les dirigés (la société civile et l’Etat;
dirigeants et actionnaires).

 C’est une analyse simultanée du pouvoir et de la décision.

 On distingue deux principaux types de gouvernance: La gouvernance d’entreprise


pour le secteur privé. La gouvernance politique pour la pensée politique et
administrative. En gouvernance politique, on parle de gouvernance mondiale ou
globale, de gouvernance territoriale ou locale en fonction des échelles de
gouvernance abordées.

Gouvernance politique :

Dans les sociétés régies par la démocratie libérale, la gouvernance renvoie aux
interactions entre l’Etat et la société, c'est-à-dire aux systèmes de coalition d’acteurs
publics et privés.

Elle postule la mise en place de nouveaux modes de régulation plus souples, fondés sur le
partenariat entre acteurs publics et privés. Cette démarche de coordination d’acteurs

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différenciés a pour but de rendre l’action publique plus efficace et les sociétés plus
facilement gouvernables.

C'est donc aussi une théorie de la régulation sociale, qui pour fonctionner doit être déclinée
à toutes les échelles de gouvernement.

Ainsi on parle de gouvernance locale, régionale, urbaine, de gouvernance territoriale, de


gouvernance européenne, et de gouvernance mondiale : Il n'y a donc pas un modèle unique
de gouvernance mais bien des systèmes de gouvernance.

La bonne gouvernance :
 A la suite des résultats catastrophiques des Programmes d’Ajustement Structurel
(PAS) la Banque Mondiale lança pour la première fois la notion de bonne
gouvernance dans une étude « l’Afrique subsaharienne : de la crise au
développement durable, une perspective à long terme » ( 1989).

 Cette notion sera reprise avec force dans un document intitulé «Gouvernance et
Développement » (Banque Mondiale 1992).

2 conceptions de la bonne gouvernance :

Conception économiciste de la Banque Mondiale qui ramène la BG à « une gestion


économiquement saine, transparente et efficace des deniers publics. Selon cette conception,
la BG se résume à un ajustement économique ».

- Conception des mouvements de revendications démocratiques (années 90):la BG n’est pas


seulement une question de gestion économique rigoureuse ; elle postule également et
surtout un régime politique fondé sur la démocratie et l’Etat de droit (ajustement politique).

La bonne gouvernance vise à rendre l’action publique plus efficace, proche du bien public et
de l'intérêt général, et donc plus légitime. Elle est supposée rendre les sociétés plus
facilement ou harmonieusement gouvernables.

Une bonne gouvernance doit reposer sur les principes généraux suivants:

 La clarification des responsabilités et l’obligation de rendre compte

 Une plus grande transparence dans tous les aspects de la gestion publique (budgets,
marchés publics….) et surtout la lutte contre la corruption.

 Mise en place des procédures de dialogue et des formes de partenariat entre


différents services et échelons administratifs.

 Une meilleure articulation entre les différents échelons territoriaux : local, régional,
national, et même international.

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 Stratégie de gestion du temps et prospective.

 Des solutions intégrées répondant à une efficience et efficacité.

 Mobilisation de la population : la participation de la population locale permet de


s’appuyer sur des savoir-faire et des valeurs pouvant améliorer l’exécution des
projets de développement.

L’action publique territoriale: évolution et analyse


Au niveau territorial il s’avère plus pertinent de parler « d’action publique ».

1) Définition: Action Publique

« .…Face à une vision inspirée par la primauté accordée à l’action de l’Etat , on indique par ce
renversement, le choix d’une approche où sont prises en compte à la fois les actions des
institutions publiques et celles de la pluralité d’acteurs publics et privés, issus de la société
civile comme de la sphère étatique, agissant conjointement dans des interactions multiples
au niveau national mais aussi local et éventuellement supranational pour produire des
formes de régulation des activités collectives (…),» ( Comaille, 2004)

Il faut attendre les années 80 dans les pays développés (années 90 dans les PVD) et le
processus de décentralisation pour marquer un retour au  territoire   « territorialisation des
politiques publiques ».

Des politiques publiques qui s’inscrivent dans d’autres cadres territoriaux, régionaux,
communaux …Ces nouvelles formes de gouvernance territoriale ne signifient pas la « fin » de
l’ Etat ni celle des politiques sectorielles.

Mais des changements d’échelle de l’action publique qui contribuent à la complexification


croissante des modes de régulation de sociétés elles mêmes de plus en plus complexes
(transferts de compétences, nouveaux cadres d’actions, nouvelles procédures…).

Evolution des cycles des politiques publiques:

a) Le cycle libéral industriel : il couvre la période qui va de la fin du 19 èmes à la crise


de 1929.  Cette période correspond à l’instauration de formes bureaucratiques
telles que Weber les a décrites, et constitue pour l’Etat la période de
l’organisation Fordiste de l’industrie.

Vision libérale fondée sur le  «  laissez- faire » : le rôle des politiques publiques qui
se mettent en place n’est pas de transformer la société mais d’accompagner le
développement économique tout en préservant l’ordre social (Etat faiblement
interventionniste).

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Crise de 1929:remise en cause du « laissez-faire », nécessité de penser autrement le
rôle de l’Etat.

b) Le cycle de l’Etat providence (période des 30 glorieuses 1950-1973) : remise en


cause des politiques sectorielles et nouvelles politiques reflétant la nouvelle
vision de l’Etat (mise en place de politiques accompagnant les transformations et
la modernisation des sociétés occidentales: politiques sociales, urbaine, de
recherche, d’aménagement du territoire…).

  A partir de la crise des années 70 : remise en cause du rôle de l’Etat face au marché et des
politiques keynésiennes : stagflation, les systèmes de protection sociale n’empêchent pas la
montée de l’exclusion et le service public devient synonyme d’archaisme, les recettes de
politiques publiques (comme la relance par la demande et l’investissement public par
exemple) ne fonctionnent plus.

c) Le cycle de l’Etat –Entreprise: c’est le tournant néolibéral qui correspond à une


redéfinition de la frontière « Etat marché » avec un recentrage du rôle des
politiques publiques au détriment de certaines prestations de services.

Nouveau référentiel global : «  le référentiel de la performance publique »

- L’accent n’est plus mis sur le rôle de l’Etat pour conduire et orienter la
croissance mais sur les mesures à prendre pour que l’Etat ne soit plus un
« fardeau »pour le développement économique et social.

Ce nouveau référentiel est porteur de nouvelles normes pour l’action publique :


limitation des dépenses publiques, modernisation de l’Etat, remise en cause des
politiques industrielles, ouverture à la concurrence des services publics,
réarticulation du social et de l’économique avec une norme de limitation des
dépenses sociales.

- Les modes de gestion privés sont érigés en modèle pour la gestion publique avec pour
objectif d’améliorer l’efficacité et surtout l’efficience (le rapport coûts résultats) des
politiques publiques.

d) Cycle de la gouvernance globale: sans remettre en cause la norme de marché qui reste
dominante, la crise actuelle contribue à reformuler la question des régulations étatiques et
plus généralement la question des rapports entre Etats et marché.

 Reconfiguration du rôle et du fonctionnement des institutions.

 Montée en puissance de nouveaux enjeux : vision du développement durable, et de


la responsabilité éthique, sociale et environnementale, crise financière de 2008-2009

 Entrée dans une phase nouvelle de la globalisation qui n’est plus une « globalisation
occidentale »mais intègre de plus en plus les nouvelles puissances éco du sud.

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 A coté des normes et des programmes d’action publique élaborés à l’échelle
nationale ,il existe aussi des politiques publiques qui s’inscrivent dans d’autres cadres
territoriaux, régionaux, communaux …Ces nouvelles formes de gouvernance
territoriale ne signifient pas la fin de l’Etat« Si ces processus de changement d’échelle
peuvent ouvrir des espaces de jeu, ils s’imposent aussi aux acteurs comme une
contrainte dans la mesure où ils correspondent à une modification de la règle du jeu.

 Le changement de niveau conduit à des transferts de compétences plus ou moins


voulus ou souhaités, à l’imposition de nouveaux cadres d’action et de nouvelles
procédures (décentralisation)

Action publique locale et gouvernance territoriale :


Une bonne gouvernance territoriale impose la prise en compte des conditions du
développement local car l'action publique locale résulte de la coordination des acteurs qui
appartiennent à des champs de compétences différents, et qui interviennent chacun en
fonction du rôle qui lui est attribué.

L'action publique locale joue un rôle important de part l'intervention de divers acteurs dans
le champ des politiques publiques.

 On peut parler d'une contractualisation des actions publiques car les acteurs
appliquent les directions fixées par les politiques publiques locales.

 L'Etat garde la régulation administrative et financière mais c'est au niveau local que
se décide la manière dont sera appliquée la politique publique par des groupes
sociaux et les institutions locales.

A ce titre la notion de politique publique locale demande à être explicitée:

 Une politique publique peut être élaborée et formulée en pleine autonomie par une
collectivité territoriale, dans son champ de compétence. C'est plus souvent, une
politique menée en partenariat avec d'autres acteurs, intervenant à plusieurs niveaux
de gouvernement (local, national).

 On peut aussi considérer comme politique locale l'application territoriale d'une


politique nationale, dans la mesure où ses effets pourront être influencés par les
caractéristiques du champ géographique et institutionnel dans lequel elle s'inscrit.

 Ainsi, dès lors que les collectivités ont l'autonomie suffisante pour développer, dans
un champ particulier, une action autonome, elles ont toute capacité pour mettre en
œuvre des politiques publiques : par exemple :

-      une politique régionale de l'aide à l'innovation ou du développement touristique.

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-      une politique municipale sportive, culturelle ou éducative.

 Les collectivités concernées disposent de la faculté d'évaluer les politiques qu'elles


mettent en œuvre.

Enjeux de l'analyse des actions locales:

On peut dire que la territorialisation des politiques publiques locales permet de voir les
résultats d'une politique publique car l'évaluation se porte mieux dans un champ
géographiquement délimité.

En effet, il sera plus facile d'évaluer les problèmes et les actions à mener sur un territoire
géographiquement délimité

Les actions publiques locales ont donc un rôle très important car se sont les problématiques
de l'accumulation de ses territoires qui font les politiques publiques nationales.

La nouvelle économie institutionnelle et l’approche par le


développement local
Le développement de la pensée institutionnaliste en économie est assez ancien, et parallèle
à celui du courant néoclassique (courant qui a ignoré le rôle des institutions).

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 L’économie va ignorer le rôle des institutions jusqu’aux années 70, à partir desquelles
l’économie standard va tenter de l’intégrer à son cadre d’analyse.

 C’est Ronald Coase, en 1937 déjà, qui dans un article « the nature of the firm »
souligne la place de l’entreprise à travers la théorie  « des coûts de transaction », et
avance que le marché n’est pas l’institution exclusive dans nos économies.

 La théorie des coûts de transaction(TCT) s’écarte un peu plus du corpus néo classique
en postulant que les agents ne sont dotés que d’une rationalité limitée tout en se
comportant de manière opportuniste.

 « TCT : toute transaction éco engendre des coûts préalables à leur réalisation : coûts
liés à la recherche d’information, d’un partenaire, à la négociation de l’échange, aux
défaillances du marché. Ainsi certaines transactions se déroulant sur le marché
peuvent engendrer des CT très importants. Les agents éco peuvent alors être amenés
à rechercher des arrangements institutionnels alternatifs permettant de minimiser
ces coûts.

 L’idée de Coase n’a été redéveloppée qu’à partir des années 70 par Oliver Williamson
donnant ainsi naissance à la nouvelle économie institutionnelle (NEI).

  La NEI regroupe des approches assez différentes qui vont contribuer au
renouvellement de l’analyse économique des institutions (on peut y inclure
également les courants français de l’école des conventions et de l’école de la
régulation).

 Définitions: ensemble des règles et des normes qui encadrent et régulent les
comportements.

Leur principale problématique :

Alors que pendant longtemps l’économie politique a consisté en l’analyse de l’activité éco
en elle-même et de ses propriétés (formation, et propriété de l’équilibre éco, effets et
fondements des politiques économiques, formation des prix..). La NEI met l’accent sur le fait
que l’enjeu se situe plutôt au niveau de l’étude des éléments encadrant l’activité
économique : les institutions.

  A l’opposé du marché, Williamson distingue ainsi à la suite de Coase la hiérarchie qui


correspond en fait à l’entreprise.

 Lorsque les coûts de transaction sont suffisamment importants, il peut alors devenir
économiquement intéressant pour les parties en présence de substituer à la relation
marchande une relation hiérarchique fondée sur un rapport d’autorité

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 Selon Douglas North, les institutions sont « des contraintes humainement conçues
qui façonnent les interactions entre les hommes »elles constituent « les règles du jeu
d’une société ».

 Elles correspondent à des règles et des normes (formelles ou non) et à des


organisations qui encadrent les activités humaines ; elles diffèrent selon les pays et
les époques.

 Dans tous ces cas, les institutions sont interprétées comme des dispositifs de
régulation alternatifs au marché mis en place par les agents pour minimiser les coûts
de transaction.

Ce courant s’intéresse donc:

- aux imperfections du marché: dans les PSD les marchés ne sont pas harmonieux
(segmentation du marché du travail, situation d’extrême pauvreté),les
comportements ne sont pas conformes à la rationalité néoclassique.

- au rôle des institutions et des mécanismes qui corrigent l’action régulatrice du


marché.

- au fonctionnement efficace du marché qui doit être accompagné d’institutions


fortes garantissant un Etat de Droit.

- à côté de l’Etat et du marché il existe d’autres formes de coordination


institutionnelle comme l’entreprise, l’Université, la société civile, les ONG…..

Les marchés sont imparfaits lorsqu’ils perpétuent les déséquilibres au lieu d’être auto-
régulateurs, ou lorsque l’équilibre qu’ils déterminent est sous optimal en ce sens qu’il serait
toujours possible de le modifier par une intervention exogène (comme l’Etat) afin
d’améliorer le bien être de certains agents sans détériorer celui des autres agents

 Ex: imperfection du marché du crédit (la croissance ne profite pas aux pauvres)

 Les institutions peuvent donc être inadaptées au bien être des pauvres : les
imperfections des marchés sont dues à la défaillance des institutions qui les
encadrent.

L’approche par le développement local et la nouvelle


gouvernance territoriale

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Les théories du développement (post ajustement) sont devenues institutionnalistes et
systémiques.

C’est un système complexe qui combine des institutions économiques, sociales, culturelles
et politiques dont les interactions changent au cours du temps; les interventions doivent
être multiformes.

Pour maîtriser et gérer cette complexité il faut la participation de tous les acteurs (approche
participative) :

 il faut une « nouvelle gouvernance », de nouveaux processus de décision fondés sur


la négociation entre différents acteurs et sur la décentralisation: c’est la nouvelle
approche du développement local

 La question de la gouvernance territoriale renvoie à celle du développement local et


de l’implication croissante des acteurs locaux — privés, publics, associatifs — dans les
dynamiques de développement, dans leur capacité à se mobiliser et à se prendre en
charge.

 C’est une approche « par le bas »c’est-à-dire que la croissance repose sur des
initiatives de la société locale et non pas sur des initiatives inspirées par l’extérieur

  Le développement local est la contribution qu'un petit territoire apporte au


mouvement général du développement, en termes de plus-value économique,
sociale, culturelle, spatiale. C'est un produit de nature globale instrumenté par le
projet de territoire d'une équipe, articulé autour d'initiatives économiques et
écologiques. 

 L’approche par le développement local confirme l’existence d’univers hétérogènes


différents qui n’ont pas la même capacité d’adaptation par rapport à ce qui vient de
l’extérieur, il existe une influence des contextes et des sites locaux  « théorie des
sites »: il n’y a pas de loi naturelle, les lois de l’éco changent en fonction de l’espace,
du site d’application (on parle d’Homositus).

 Etre rationnel dans un pays sous développé c’est s’ajuster à son site d’appartenance
qui produit ses propres règles locales de comportement.

 Selon Coase Ronald « l’Economie institutionnelle moderne devrait étudier l’homme


tel qu’il est agissant sous le poids des contraintes imposées par les institutions
existantes. L’éco institutionnelle moderne c’est l’éco telle qu’elle devrait être ».

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